lundi 2 juillet 2018

Brèves d'antipresse

BREVES ANTIPRESSE

UE | Encore une fake news officielle

Vendredi 29 juin 2018, à 4 h 30 du matin, la fake news de Macron® tombe: «La coopération européenne l’a emporté (…). La solidarité que nous devons aux premiers pays d’entrée a été actée lors de ce sommet» a-t-il déclaré à tous les micros.

En fait, le seul accord de principe qu’on lit dans le texte officiel vise la création de centres de contrôle en matière de droit d’asile («Hot Spots») dans les pays européens mais, «uniquement sur une base volontaire». Autrement dit personne n’est obligé de créer de tels centres.

Et voilà que Macron désacte ensuite ce qu’il venait d’acter une seconde plus tôt avouant à la presse que la France n’ouvrira pas de tels centres sur son territoire.

A force de dire une chose et son contraire, ça va finir par se voir.

Pour le reste on mouline du vent avec des formules vides du type: il faut «une nouvelle approche, fondée sur des actions menées en commun ou de manière complémentaire entre les États membres». Encore un Conseil européen qui fait pschiiit…

http://log.antipresse.net/post/ue-encore-une-fake-news-officielle?mc_cid=0f6071ae7e&mc_eid=3a5e263339

SOROSPHÈRE | Le Macron®, un véritable titre boursier

C’est Il Populista, en Italie, qui vend la mèche: les courriels du candidat Macron® divulgués par Wikileaks n’étaient pas si dénués d’intérêt que ça. Parmi ses généreux mécènes, on trouverait, outre le Crédit Agricole (8 millions d’euros), les philanthropes suivants:

  • George Soros: 2.365.910,16 €
  • David Rothschild: 976.126,87 €
  • Goldman-Sachs: 2.145.100 €

Et le journaliste italien de se demander ingénument:

«A ce point, il est légitime de se demander ce qu’ils ont demandé en échange, ces magnats de la finance qui n’ont sans doute pas agi par pur esprit «patriotique». E ce qu’aura pesé leur soutien dans les choix du président…»

http://log.antipresse.net/post/sorosphere-le-macron-r-un-veritable-titre-boursier?mc_cid=0f6071ae7e&mc_eid=3a5e263339

RACISME | Des Lumières qu’on préferait n’avoir pas allumées

Etonnant! Même Slate.fr a fini par le remarquer: le racisme n’est pas un produit du «repli» culturel des peuples ignares, mais bien des élites dites «éclairées». Avant de retourner leurs vestes, les apôtres du Progrès avaient théorisé la «mission» de la race blanche dans l’éducation des peuples colorés.

Ce paradoxe entre le libéralisme des Lumières et la domination raciale aura été repéré dès le départ. «Vous, les Américains, faites une grande clameur de chaque petite violation imaginaire de ce que vous estimez être vos libertés; et pourtant il n'y a pas de peuples sur Terre qui soient autant des ennemis de la liberté, des tyrans aussi absolus dès qu'ils en ont l'opportunité que vous-mêmes», raillait un interlocuteur anglais de Benjamin Franklin en 1764.

http://log.antipresse.net/post/racisme-des-lumieres-quon-preferait-navoir-pas-allumees?mc_cid=0f6071ae7e&mc_eid=3a5e263339

ART | Les sublimes cauchemars de Zdzisław Beksiński

Il est l’un des plus grands peintres du XXe siècle, mais le monde ne le sait pas, parce que le monde croit que les «peintres de genre» — en l’occurrence, les fantastiques — ne peuvent être géniaux. Or l’imagination et la palette de Beksiński donnent corps aux rêves les plus dérangeants, renvoyant les délires d’un Dalí dans les bancs de l’académie des Beaux-Arts.
Rien d’étonnant à cela: Beksiński n’était pas un peintre «de métier». Il était ingénieur. Et il a retourné comme une chaussette l’univers mécanique et totalitaire créé par les ingénieurs pour en révéler la réalité de cauchemar. Un bel article de *boredpanda.com* (en anglais) résume la vie et l’univers de ce génie encore si mal connu.
http://log.antipresse.net/post/art-les-sublimes-cauchemars-de-zdzislaw-beksinski?mc_cid=0f6071ae7e&mc_eid=3a5e263339

 

Posté par UPR Creuse à 04:15 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

vendredi 8 juin 2018

Au « 8-9 Café Pro » à Limoges, on a parlé développement économique, French Tech et « Now 2018 »

BASE 14 995X225

Une délégation de l'UPR avait lancé une opération sur le thème de la sauvegarde du français et pour dénoncer les mots étrangers !
Et là, on tient le pompon !
On a le premier prix !!!!   S.R.

La troisième édition du « 8-9 Café Pro » s'est déroulée ce mardi à la Giraffe.

ACT LIMOGES NOW2018

On a parlé développement économique mardi matin, à la Giraffe, espace de coworking situé rue Haute-Vienne, à Limoges lors du troisième « 8-9 Café Pro ». Organisé par le Populaire du Centre en partenariat avec Engie, Limoges Métropole, la Banque Populaire Centre Atlantique, ce rendez-vous mensuel avait pour invité Gaston Chassain, vice-président de Limoges Métropole.

Ce dernier a passé en revue les différentes zones d'activités existantes et les possibilités pour les entreprises de s'y installer. La zone nord, la zone sud sont déjà toutes deux bien remplies, le parc Ester où il reste de la place et la zone d'Ocealim (dont le dernier terrain a été vendu cette semaine). Gaston Chassain a également parlé du parc des portes de Feytiat où il y a encore quelques possibilités et la Grande pièce, la dernière réalisation, où se situe la SOPCZ. « Tous les terrains ont été vendus. Mais entre le moment où on pense à s'installer et le moment où on y est, 7 ou 8 ans se passent...» 

Deux entreprises s'installent

Gaston Chassain annonce également avoir vendu « deux terrains à deux entreprises qui vont venir s’installer à Limoges et qui vont amener chacune, 25 à 30 emplois. L’entreprise PRB, spécialisée dans le revêtement des façades, installée aux Sables d’Olonne (85), qui va installer un entrepôt sur la zone de la Grand Pièce. L’entreprise Pro Armature, spécialisée dans la fabrication d’armatures, qui vient de Corbas près de Lyon qui a souhaité s’implanter à Limoges.»

On aussi évoqué la French Tech et  l'appel à projet qui va être lancé par Limoges Métropole avec 50.000 euros à la clé.

 « L'idée est de faire émerger les start-ups locales et d'en attirer d'autres sur des thématiques comme l'e-santé, la silver economie, les bâtiments et les objets connectés. Deux lauréats seront désignés ». 

A noter aussi la deuxième édition de l'accélérateur qui sera lancée cette année. « Cela permet aux start-ups ayant pignon sur rue d'aller plus loin », continue Gaston Chassain.

 

 

Le 28 juin, au Zénith de Limoges, un nouveau rendez-vous baptisé  NOW 2018  sera organisé. Des spécialistes de l'économie seront présents, dont Carlos Diaz, originaire de Limoges, créateur du groupe Reflect.

« L'économie est sans cesse en mouvement. On va faire venir des spécialistes de l'économie dans tous les domaines. Carlos Diaz, originaire de Limoges qui vit aujourd'hui en Californie sera de la partie », note le vice président de Limoges Métropole.

 « On veut montrer que Limoges est force de propositions, présente  un énorme potentiel économique dans l'éco traditionnelle mais aussi innovante. On est là aussi pour accompagner le monde économique dans sa réflexion et sa transition. »

3.000 personnes sont attendues.

https://www.lepopulaire.fr/limoges/economie/commerce-artisanat/2018/06/05/au-8-9-cafe-pro-a-limoges-on-a-parle-developpement-economique-french-tech-et-now-2018_12874386.html

https://www.lepopulaire.fr/limoges/economie/commerce-artisanat/2018/06/05/au-8-9-cafe-pro-a-limoges-on-a-parle-developpement-economique-french-tech-et-now-2018_12874386.html

affiche FL on parle français

Posté par UPR Creuse à 04:15 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

lundi 28 mai 2018

Gaza, de la Marche du retour à l’État unique

TRIBUNE LIBRE / Le chirurgien Christophe Oberlin a effectué à Gaza en avril 2018 une mission médicale.

TL OBERLIN GAZA

Avec les manifestations pacifiques le long de la frontière qui sépare Gaza d’Israël, les Palestiniens sont en passe de réussir une couteuse mais efficace campagne de communication. Alors qu’Israël réagit de manière disproportionnée et fait usage d’armes prohibées, se précise l’objectif à long terme d’un Etat unique et démocratique sur l’ensemble de la Palestine.

Liban, 1992

Il y a 25 ans, le 15 décembre 1992, Itzhak Rabin déportait au Sud Liban 400 sympathisants du Hamas et du Jihad islamique. Le Premier ministre pensait ainsi éloigner définitivement les plus fermes opposants aux futurs accords d’Oslo dont les négociations secrètes venaient de commencer. Mais les déportés refusaient d’entrer au Liban et s’installaient tant bien que mal à quelque distance en contrebas du dernier check point israélien (Israël occupait alors le Sud Liban). Désormais chaque semaine les déportés allaient s’ébranler symboliquement en « Marches du retour » depuis leurs camps de toile vers la frontière, manifestant pacifiquement la volonté des Palestiniens de revenir sur leur terre. Ils essuyaient alors des tirs des soldats israéliens, l’un eut le visage emporté. Mais, bien avant l’heure d’internet, les images de leur détresse faisaient un « buzz » mondial, l’illégalité de leur expulsion était clamée par l’ONU. Neuf mois plus tard Israël cédait et les déportés rentraient chez eux.

Palestinien handicapé - Balle explosive

 

Les Marches du retour, version 2018

En 2018, les déportés, les assiégés, ne sont pas quatre cent, mais près de deux millions. Sans drapeaux partisans et sans armes, ils manifestent dans un espace vital pour eux : la zone frontalière sur laquelle Israël s’arroge le droit de vie et de mort ; un kilomètre de large sur quarante kilomètres de long, et qui correspond aux dernières terres agricoles de l’enclave. En déclarant ce territoire « zone tampon », ce sont trois mille hectares de terres agricoles sur laquelle Israël tire à vue. Au cours de l’année 2017, vingt-cinq Palestiniens ont été les cibles. Et voilà que ce ne sont plus de jeunes agriculteurs qui sont là, mais des familles entières, hommes femmes et enfants, des poussettes. Tous les vendredis, après l’heure de la prière, on piquenique en famille. Du nord au sud de la Bande de Gaza, cinq villages de tentes sont dressés avec des stands, des buvettes, des falafels, des podiums. Pour un de mes amis Francilien : « C’est la fête de l’Humanité avec beaucoup plus de monde ! »

Israël aggrave son cas

1018316866

Mais voilà que des jeunes s’approchent de la barrière, cette fois-ci sous les yeux du monde entier. Des centaines de portables diffusent en direct les images. Une fois de plus Israël réagit de la pire des façons, blesse et tue sans honte : « Nous savons où va chaque balle ». Mais en face une autre défense est organisée, non violente celle-là. Sur le terrain, dans les postes de secours, les ambulances, à l’entrée des services d’urgences des hôpitaux, dans les blocs opératoires, c’est toute une escouade formée au recueil de preuves médicolégales qui s’active sans relâche. En décembre dernier Ibrahim Abu Thuraya, handicapé amputé des deux jambes, a été tué d’une balle en plein front. Mais les témoins ont témoigné, les films sont là, et la balle extraite du crane est bien israélienne. Au soir du premier vendredi des Marches du retour, qui a fait 17 morts, ce sont plus de deux cent mandats des familles qui ont été recueillis et abondent les signalements déjà parvenus à la Cour pénale internationale. A tel point que la Procureure, fait totalement inédit dans l’histoire de la Cour, a fait savoir publiquement que ces actes « étaient susceptibles de relever de sa compétence ». Mais les soldats israéliens n’utilisent pas seulement les fines balles qui transpercent des enfants ou des journalistes. Je peux en témoigner. J’ai opéré à l’hôpital Shifa, le principal hôpital de la Bande de Gaza, du 8 au 15 avril. Les soldats israéliens utilisent aussi les « soft-nose bullets », ces balles à effet explosif qui font éclater les os, transforment en une bouillie sanglante l’intérieur des cranes, broient les corps en y laissant des cratères où l’on peut passer le poing. Et ils utilisent aussi les gaz. Des attaques chimiques comme celles, simultanée sur le nord et le sud de la Bande de Gaza qui ont laissé au sol des dizaines de blessés inconscients et agités de convulsions pendant de longues minutes. Des convulsions qui se reproduisent régulièrement chez les victimes hospitalisées dans les services de soins intensifs. Des gaz neurotoxiques. D’autres gaz, de couleur différente, produisent vomissements et diarrhées sanglantes. A la Cour, le dossier israélien pèse de plus en plus lourd.

2018-05-14t141118z_1990950836_rc159b817ea0_rtrmadp_3_israel-usa-protests-palestinians_0

Les commentaires habituellement lisses des médias occidentaux commencent à se fissurer. Certes persistent quelques rapports « équilibrés », présentant à égalité oppresseur et victime. On évoque le pathétique ou le dérisoire à la vue de ces jeunes qui jouent avec leur vie sans objectif réaliste, ou qui seraient « manipulés par le Hamas ». On se désole de ces images de violence qui se répandent sur internet et ne constitueraient que d’autres appels à la violence. Mais n’est-ce pas justement parce que la réaction israélienne provoque des morts qu’on en parle ? Quelle relation a-t-on fait des centaines de milliers de Gazaouis qui manifestent régulièrement contre ce siège ? Evoque-t-on la misère massive qui s’est abattue sur Gaza sans eau potable ni électricité ? Sont-ce les Palestiniens qui ont besoin de martyrs, ou les médias occidentaux qui ont besoin d’images de sang et de morts pour animer la Une ? Alors quelques journalistes occidentaux, très peu, s’enhardissent à se glisser dans la Bande de Gaza. Et voilà même que le discours de tel ou tel responsable politique du parti diabolisé, le Hamas, se retrouve sur nos ondes aux heures de grande écoute. Avec quelle revendication ? Un objectif à long terme qu’il est bien difficile d’argumenter en contre : un Etat unique sur toute la Palestine, où tous jouiraient des mêmes droits : juifs, chrétiens et musulmans. Mais combien de Marches d’ici là ?

Pr Christophe Oberlin

 

Pr Christophe Oberlin - 1

 


 

Source :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Christophe_Oberlin

https://blogs.mediapart.fr/christophe-oberlin/blog/220418/gaza-de-la-marche-du-retour-letat-unique

http://www.france-irak-actualite.com/2018/04/gaza-balles-a-effet-explosif-et-gaz-neurotoxiques-la-guerre-d-israel-contre-les-civils-pacifistes.html

https://aphadolie.com/2018/05/27/gaza-munitions-illegales-handicapantes-utilisees-par-larmee-israelienne-bullet-soft-nose-pr-christophe-oberlin/

Voir aussi la vidéo:

VIDEO OBERLIN GAZA

Gaza : Munitions illégales handicapantes utilisées par l’armée israélienne (Bullet Soft Nose) – Pr Christophe Oberlin

https://www.youtube.com/watch?v=ZeYEBkElx2Y

mardi 22 mai 2018

Massacre colonial pour un « jour de gloire »

TRIBUNE LIBRE / Bruno Guigue

TL MASSACRE COLONIAL BG

52 morts et 2400 blessés dont 1200 par balles.. C’est le dernier bilan de la sanglante journée du 14 mai 2018 dans la bande de   Mais pour Netanyahou, c’est un “jour glorieux”. Lors de la cérémonie d’inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem, il a remercié Donald Trump avec des trémolos dans la voix. “Quel jour glorieux ! Souvenez-vous toujours de ce moment, c’est un jour historique. C’est un grand jour pour Jérusalem et pour l’État d’. Un jour qui restera dans nos mémoires pour des générations et des générations”. Cette journée restera dans les mémoires, en effet, mais pour ce qu’elle est vraiment : un nouveau massacre colonial.

Déversant un déluge de feu sur des manifestants palestiniens désarmés, l’appareil répressif israélien s’est surpassé dans l’horreur. Où sont ses laudateurs habituels, toujours prompts à répéter le laïus officiel sur cette vertueuse armée israélienne pénétrée d’impératifs moraux et soucieuse d’épargner les civils ? On ne les entend guère, ils rasent les murs. Quand les courageux pionniers de l’idéal sioniste se livrent à un pogrom en direct, ces imposteurs abonnés aux plateaux-télé ont la mine basse et le regard chafouin.

Mais peu importe. D’autres se mettent à l’ouvrage, bien décidés à maquiller la scène de crime. Hypocrites, les médias français prennent le relais, nous expliquant du bout des lèvres que “les tensions sont vives” et qu’il y a des “affrontements à la frontière”. Quel sens de l’euphémisme ! On se demande bien, d’ailleurs, de quelle frontière il s’agit, car Israël n’en a aucune. La bande de Gaza est un morceau libéré – et assiégé – de la Palestine historique. Lorsque ses habitants veulent se rendre dans une autre région de la Palestine, ils rentrent chez eux, tout simplement. Parler de frontière, c’est faire comme si l’occupation était légale, c’est joindre le mensonge à la justification du forfait colonial.

Cette journée du 14 mai est la plus meurtrière depuis la guerre de l’été 2014 contre Gaza. Mais une fois de plus, dès qu’il s’agit de nommer l’oppression subie par les Palestiniens, les mots sont démonétisés, vidés de leur substance, frappés par une censure invisible. On connaît la rengaine : “Israël a le droit de se défendre”, les colonies sont des “implantations », les résistants des “terroristes”, le mur de séparation “un mur de sécurité”, Israël une “démocratie”, les manifestants de Gaza des “provocateurs” et des “extrémistes”. Dans cette novlangue invasive, les expressions apparemment les plus anodines sont trompeuses.

Au nom de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, par exemple, appelle “toutes les parties à agir avec la plus grande retenue, afin d’éviter des pertes de vies humaines supplémentaires”. On savait déjà que l’UE ne servait à rien, mais il faut avouer que cette inutilité finit par se voir de très loin. Dans le même registre, “la France, elle, appelle l’ensemble des acteurs à faire preuve de responsabilité afin de prévenir un nouvel embrasement au Proche-Orient”, déclare le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.

Sournoises à l’excès, ces formules laissent entendre que deux peuples s’affrontent sur le champ de bataille, alors qu’il s’agit de la révolte d’un peuple colonisé contre le colonisateur. Elles font comme si le conflit provenait d’une double intransigeance et qu’il suffisait, au fond, de ramener à la raison les forces antagonistes pour rétablir la paix. On sait ce que signifie cet angélisme de façade : il s’agit d’obtenir la reddition de ceux qui protestent contre l’occupation. D’une lutte de libération, cette rhétorique lénifiante fait une obscure querelle. Son artifice, dans le meilleur des cas, consiste à renvoyer dos-à-dos l’occupant et l’occupé, comme si les responsabilités étaient partagées.

En attendant, la débauche de violence de l’occupant fait renaître l’atmosphère sanguinaire des pires massacres coloniaux. Enracinée dans les esprits par une idéologie raciste, la diabolisation du Palestinien autorise toutes les transgressions. Des citoyens israéliens s’installent sur les miradors pour assister en direct aux tirs à balles réelles sur cibles humaines. Quel beau spectacle ! Après tout, les héros de “Tsahal” excellent dans leur spécialité. Flinguer des civils, hommes, femmes et enfants confondus, c’est quand même plus facile que vaincre le Hezbollah au Liban-Sud ou aller chercher le combattant palestinien, à la baïonnette, dans les ruelles obscures de Gaza.

“Nos soldats défendent nos frontières”, déclare Netanyahou. Va-t-il également proclamer l’époustouflante victoire de sa vaillante armée ? Déjà, durant l’été 2014, le bombardement massif et meurtrier d’un immense camp de réfugiés était censé relever, dans la novlangue sioniste, du paradigme de la victoire militaire. Comme si le bilan de ce bain de sang perpétré à distance pouvait s’apparenter à celui d’une guerre remportée à la loyale, sur un champ de bataille, face aux soldats d’une armée digne de ce nom, l’Etat-colon se vantait de ses turpitudes. Aujourd’hui encore, comme un serial killer de série B, il se regarde dans son miroir, fasciné par sa propre image mortifère.

https://www.initiative-communiste.fr/articles/billet-rouge-2/massacre-colonial-pour-un-jour-de-gloire-par-bruno-guigue/?ct=t(RSS_EMAIL_CAMPAIGN)

AFFICHE GAZA MASSACRE

Posté par UPR Creuse à 06:22 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,

lundi 21 mai 2018

Gaza : des civils massacrés et une pensée malmenée

TRIBUNE LIBRE / Après la mort de plusieurs dizaines de Palestiniens tués par des soldats israéliens à Gaza, le spécialiste du monde arabe Adlene Mohammedi décrypte les réactions médiatiques et diplomatiques qui ont suivi le massacre.

TL GAZA PRESSE

A l’occasion des 70 ans de la proclamation de l’Etat d'Israël et du transfert, décidé par Donald Trump, de l’ambassade américaine à Jérusalem, plus d'une cinquantaine de Palestiniens ont été tués le 14 mai par l’armée israélienne. Au massacre de civils s’ajoutent des commentaires, parfois déconcertants, qui révèlent l’absurdité du regard porté sur la situation au Proche-Orient et la politique israélienne. 

«La fête a été gâchée par les morts palestiniens», déclarait ainsi tranquillement l’éditorialiste de BFM TV Ulysse Gosset. Même morts, les Palestiniens sont ainsi décrits comme ces empêcheurs de fêter en rond, de transférer son ambassade en rond, d’occuper en rond. Depuis le début des manifestations en mars, les forces israéliennes ont tué plus de 100 Palestiniens et le nombre de blessés avoisine 12 000. Le 14 mai, le nombre de morts s’élevait à 59 (dont plusieurs enfants) et celui des blessés à 2 700. A moins d’une contorsion de l’esprit, il est très difficile d’y voir autre chose qu’un massacre perpétré par une armée d’occupation, dans une zone assiégée, une prison à ciel ouvert.

Des réactions contrastées : entre fermeté et pusillanimité

Cette violence israélienne a assurément, comme toujours, ému les opinions publiques. Les réactions officielles et médiatiques sont, quant à elles, contrastées. Si des pays comme la Turquie et l’Afrique du Sud ont tout simplement rappelé leurs ambassadeurs, l’attitude israélienne semble rencontrer assez peu d’obstacles.

Comme toujours, un discours faussement équilibré s’installe, où le besoin de «neutralité» (au service du plus fort) prend le dessus sur la description du réel. Ainsi, pour Le Figaro, «des heurts violents ont éclaté lundi entre manifestants palestiniens et soldats israéliens». Dans ce cas unique, le manifestant désarmé et le soldat seraient également responsables. Le Palestinien apparaît comme l’homo sacer du droit romain : exclu, dépourvu de droits, on peut allègrement le tuer sans en pâtir.

De ce point de vue, la position française a le mérite d’identifier une responsabilité unique puisque le président Macron a condamné «les violences des forces armées israéliennes contre les manifestants». La suite du communiqué laisse cependant sceptique : «Il a appelé tous les responsables à la retenue et à la désescalade et a insisté sur la nécessité que les manifestations des prochains jours demeurent pacifiques.» Comme s’il fallait atténuer la condamnation, elle-même bénigne, de l’armée israélienne. Il n’est plus question ici de la diplomatie des «lignes rouges» et des «punitions» si prisées ailleurs. Mais il y a pire, comme le montre l’exemple de la diplomatie canadienne qui préfère condamner «l’implication» du Hamas. En d’autres termes, si les Palestiniens se font tuer par l’armée israélienne, c’est qu’ils l’ont tout bonnement bien cherché. Au nom de la modération, le discours peut devenir immodérément sordide.

43446282_303

Un contexte géopolitique en partie favorable à Israël

Ces violences israéliennes ne peuvent être séparées du contexte international et régional. Pour tuer avec une telle facilité des manifestants, Israël a pu compter sur des signaux encourageants. Le premier de ces signaux est évidemment le soutien indéfectible apporté par le président américain, du transfert de l’ambassade à Jérusalem à la sortie de l’accord sur le nucléaire iranien. Appartenir à un axe anti-iranien plus ou moins informel, qui englobe l’Arabie saoudite et qui jouit du parrainage américain, cela ne peut qu’exacerber l’impunité israélienne face aux Palestiniens.

Bain-de-sang-crimes-de-guerre-apres-la-repression-violente-a-Gaza-les-condamnations-internationales

Le sang qui coule à Gaza est celui d’une résistance à l’éventualité d’un plan de «paix» qui s’imposerait au peuple palestinien et qui aurait pour parrains honnis Riyad et Washington. Les Palestiniens se font massacrer tout simplement parce qu’ils refusent de voir leur cause noyée dans des calculs régionaux auxquels ils ne sont pas associés.

https://francais.rt.com/opinions/50727-gaza-civils-massacres-pensee-malmenee-adlene-mohammedi

dimanche 20 mai 2018

En coulisses, la France reconnaît l’impuissance de l’UE face aux sanctions américaines contre l’Iran

L’Europe peut-elle résister aux sanctions américaines contre l’Iran ? Le risque pour les entreprises européennes de perdre leur accès au marché américain devrait primer sur les velléités de défendre une souveraineté plus que jamais illusoire.

act ue us iran

Cité par Reuters, un conseiller de la présidence de la République française a reconnu le 15 mai, lors d’une réunion avec des journalistes, qu’un mécanisme de financement en euros élaboré par les pays européens pour le commerce avec l’Iran serait insuffisant pour maintenir des liens économiques avec Téhéran dans le contexte des sanctions économiques américaines.

Il a ajouté que l’Europe avait besoin d’une «approche plus globale pour renforcer [son] arsenal légal» et défendre les entreprises du continent menacées par les sanctions unilatérales américaines. Ce 16 mai, les chefs d’Etat européens se retrouvaient justement à Sofia à l’occasion d’un sommet qui devait initialement être consacré au projet d’une «Europe numérique», mais qui fut très fortement bousculé par l’agenda international récent, comme l’avait résumé la veille dans un tweet le président du Conseil européen, Donald Tusk. Il annonçait ainsi la publication de sa lettre aux dirigeants de l'UE et appelait entre autres à «reconfirmer l’accord sur le nucléaire iranien et protéger les entreprises européennes», ainsi qu’à «rester accrochés à ses armes [stick to our guns] dans le commerce UE-Etats-Unis».

Iran-USA-400x225

Le même jour, les plus grands chefs d'entreprise français avaient rencontré des responsables du gouvernement alors qu’Emmanuel Macron pressait Washington de concéder des dérogations couvrant des sociétés telles qu'Airbus, Sanofi, Renault et le groupe PSA. Ces fleurons français ont beaucoup réinvesti en Iran depuis l'accord de 2015, qui a suspendu les sanctions en échange de la limitation des programmes nucléaires de Téhéran.

La France, l'Italie et l'Allemagne les plus sévèrement touchées

La France, l'Italie et l'Allemagne font partie des pays qui ont mis en place des mécanismes d'exportation destinés à éviter les transactions en dollars et à résister, par conséquent, au renouvellement anticipé des sanctions américaines. Mais le mécanisme français, administré par la banque publique d'investissement Bpifrance, a semble-t-il été récemment mis en attente, selon des sources reprises sous couvert d’anonymat par les agences de presse.

europe_usa

Lors du briefing du 15 mai mentionné par Reuters, le conseiller de la présidence a martelé : «Il est important que nous développions des mécanismes nous permettant de contrer les lois extraterritoriales et un véhicule de financement tel que le BPI en fait partie […] Mais l'Iran est un cas particulièrement difficile et je ne suis pas sûr que le BPI seul permettra aux grandes entreprises d'aller investir en Iran.» Il a plus loin reconnu : «Nous n'avons pas grand-chose pour menacer les Américains : quand vous êtes un acteur économique et une multinationale avec des intérêts aux Etats-Unis qui travaillent en dollars, vous avez le choix et ce choix est fait rapidement»

Autrement dit, quelles que soient les mesures prises par l’Union européenne et les mécanismes de financement du commerce extérieur hors dollars qu’elle pourrait mettre sur pied comme l’ont déjà fait la France, l’Allemagne et l’Italie, les grandes entreprises ont le choix entre poursuivre leurs investissements en Iran ou continuer à profiter du débouché incomparable qu’offre le marché américain.

Un commerce transatlantique très bénéfique aux entreprises européennes

Or, en 2017, le commerce de biens entre les Etats-Unis et l’Union européenne a atteint un nouveau record à plus de 718 milliards de dollars (609 milliards d’euros) avec un excédent budgétaire de 151 milliards de dollars (128 milliards d’euros) au profit des entreprises du Vieux Continent – surtout allemandes. A elles seules,  elles représentent plus de la moitié de cet excédent. La tendance s’est encore accentuée au cours du premier trimestre 2018 avec un commerce Etats-Unis/UE en hausse de 12% par rapport au 1er trimestre 2017, toujours au bénéfice des entreprises européennes.

1024499190

Parmi les mesures couramment évoquées pour contourner l’embargo commercial contre l’Iran décidé par les Etats-Unis, figure l’idée d’un financement exclusif en euros des transactions réalisées entre les entreprises européennes et l’Iran. Jusqu’ici, le département de la Justice américain ne pouvait enclencher de poursuites judiciaires que lorsque des US persons, c’est-à-dire des personnes morales ou physiques américaines ou résidant sur le territoire américain, étaient impliquées ou que les échanges étaient libellés en dollars.

Mais il semble qu’en se retirant de l’accord, les Etats-Unis ont réduit à zéro la portée réelle de ces mécanismes de financement hors dollar. Dans une note intitulée «Comment l’Europe peut sauver l’accord sur le nucléaire iranien», publiée le 2 mai sur son site web, l’organisation indépendante pour la prévention des conflits, International Crisis group, avait interrogé plusieurs hauts responsables européens au cours du mois d’avril. L'un de ses interlocuteurs avait déclaré : «Nos entreprises ont expliqué sans détour qu'elles ne seraient pas en mesure de faire des affaires avec l'Iran si les sanctions étaient rétablies. Ce n'est pas comme les années 1990 ; toutes nos entreprises sont en contact avec les Etats-Unis et ont beaucoup à perdre.» 

Les règlements européens impuissants face à l'extraterritorialité de la justice américaine

us justice 5

Interviewé sur RFI dans la matinée du 16 mai, l’avocat à la Cour franco-iranien Ardavan Amir-Aslani a estimé que l’accord sur le nucléaire iranien était «mort-né». De plus, il doute sérieusement des capacités de l'Union européenne a défendre les entrerprises du Vieux-Continent qui commercent avec l'Iran. «Cela ne marchera jamais… Est-ce que vous croyez que ça va empêcher les tribunaux américains de poursuivre les entreprises françaises ?», s'est-il demandé à propos des mesures de protection sur lesquelles planche l'UE. Et en particulier à propos de la réactivation du Règlement (décret du conseil européen) de blocage adopté en 1996 pour contrer les sanctions prévues par les lois américaines Helms-Burton (Cuban Liberty and Democratic Solidarity Act) et d’Amato-Kennedy (Iran and Libya Sanctions Act) adoptées la même année aux Etats-Unis.

Il n’a pas été plus optimiste au sujet du projet de fonds européen en euros pour financer le commerce avec l’Iran en expliquant : «La création de ce fonds souverain européen à un moment où la France, elle-même, dans le cadre d’une relation bilatérale avec l’Iran n’a pas réussi, à travers sa banque nationale BPI, à ouvrir des lignes de crédit pour le financement de projets en Iran après deux ans de discussions. Comment voulez-vous que le projet de fonds souverain européen puisse voir le jour rapidement ?»

Une sortie ordonnée du marché iranien

souverainet-europenne

Pourtant, la veille, le 15 mai, le ministre allemand des Finances, Olaf Scholz, avait déclaré devant les députés du Bundestag, la chambre basse du Parlement, que c'était un bon signe que les pays de l'Union européenne restent unis dans leur différend commercial avec les Etats-Unis et la rupture diplomatique afin de maintenir l'accord nucléaire avec l'Iran, ajoutant : «C’est une question de souveraineté européenne qui nous permet de nous défendre et d'exister.»

Des propos qui faisaient echo à ceux exceptionnellement vifs de Bruno Le Maire, le ministre français de l’Economie et des Finances, qui avait déclaré le 11 mai sur les ondes d’Europe 1 : «Voulons-nous être des vassaux des Etats-Unis ?»

Mais, à court terme, la France s'attache surtout à «assurer une sortie ordonnée du marché iranien» pour les entreprises qui cherchent désormais à se retirer, selon les propos rapportés par Reuters que le conseiller à la présidence avait tenus le 15 mai.

Les entreprise allemandes doivent quitter l'Iran «immédiatement» 

clint-eastwood-a-fistful-of-dollars

D’ailleurs, le nouvel ambassadeur des Etats-Unis en Allemagne, Richard Grenell, avait rappelé, le 8 mai, quelques heures seulement après avoir reçu sa lettre d’accréditation, le peu de cas que les Etats-Unis faisaient de cette prétendue souveraineté européenne en un seul tweet, demandant aux entreprises allemandes qui faisaient des affaires en Iran de les interrompre «immédiatement».

https://francais.rt.com/economie/50749-france-reconnait-impuissance-ue-sanctions-us-iran

vendredi 18 mai 2018

Quand Gaza fait irruption au Festival de Cannes

Présenté à la Quinzaine des réalisateurs, un formidable documentaire animé, Samouni Road, de Stefano Savona, revient sur la mort de 29 membres d’une famille gazaouie en 2009.

ACT SOUMANI FILM

Samouni Road ***
de Stefano Savona
Film franco-italien, 2 h 10
Quinzaine des réalisateurs

Le Festival de Cannes présente souvent des films en prise avec les tourments du monde. Mais il aura rarement été rattrapé de façon si tragique par l’actualité du moment. Pour la première fois présent sur la Croisette cette année, le pavillon de la délégation palestinienne, drapeau en berne, était en deuil.

Réunis en cercle, les festivaliers présents, parmi lesquels on comptait les membres du jury. Un certain regard, la comédienne française Virginie Ledoyen, l’acteur portoricain Benicio del Toro, et la réalisatrice palestinienne Annemarie Jacir, ont observé une minute de silence en mémoire des 60 Gazaouis tués lors d’une manifestation lundi 14 mai.

Quelques minutes plus tôt, lors d’une discussion organisée dans le cadre du marché du film autour de Samouni Road, documentaire sur la bande de Gaza présenté à la Quinzaine des réalisateurs, l’un des membres de la délégation disait son espoir qu’un tel film ait le pouvoir de guérir les blessures de la guerre.

Son réalisateur, l’Italien Stefano Savona, est moins optimiste, mais aspire tout de même à un travail de mémoire salutaire. Il passe dans son film par la restitution de la façon la plus fidèle possible de la terrible histoire de la famille Samouni, paisibles paysans vivant dans le nord de la bande de Gaza, non loin de la frontière israélienne. Certains travaillent à Tel-Aviv, parlent hébreu et gardent leur distance avec les partis politiques rivaux.

gaza2009

En janvier 2009, pourtant, lors de l’opération israélienne à Gaza baptisée « Plomb durci » visant à mettre fin aux tirs de roquettes du Hamas, 29 membres de cette famille sont tués par des soldats de l’État hébreu. Stefano Savona, qui venait de filmer la guerre au jour le jour, les rencontre à la fin de l’intervention militaire.

Frappé par la qualité des témoignages des femmes et enfants rescapés, allant au-delà de la colère ou de l’affliction, il décide de revenir un an plus tard à l’occasion du mariage d’un jeune couple. Les Samouni font preuve d’une telle résilience que le cinéaste décide de raconter leur quotidien avant, pendant et après la perte de leurs proches mais aussi de leurs maisons.

1141451_3_b838_explosion-a-rafah-dans-la-bande-de-gaza

Pour pallier l’absence d’images, il se tourne vers le cinéma d’animation, après avoir découvert le travail de son compatriote Simone Massi, réalisateur de courts-métrages au style unique sur la de sa famille dans le centre de l’Italie. Grattant avec divers outils pointus du papier enduit de pastel noir, cet animateur fait surgir la lumière de l’obscurité, les souvenirs de l’oubli.

La première partie mêle avec une fluidité confondante dessins du passé (ré) animé et témoignages recueillis sur le vif lors des tâches ménagères quotidiennes ou des discussions à l’ombre des oliviers et amandiers encore debout après le passage des tanks.

La nuit d’angoisse à l’issue fatale est quant à elle restituée par une demi-heure d’animation dont le tremblement du trait accentue l’émotion et la tension du drame qui se noue. Cette séquence éprouvante donne également à voir des vues aériennes du village comme celles que peuvent en filmer les drones militaires. Cherchant à donner à comprendre plus qu’à juger, Stefano Savona a recoupé les témoignages avec les rapports de la Croix-Rouge et ceux de l’armée israélienne qui a diligenté une enquête sur ces exactions.

2018-03-30t115706z_464541827_rc18e12603f0_rtrmadp_3_israel-palestinians-protests

Le réalisateur n’escamote pas non plus la réalité d’une société patriarcale avec son lot de mariages arrangés et d’épouses reléguées dans des positions subalternes. Il montre aussi les ferments de la vengeance semés dans l’esprit des jeunes garçons. Mais tout autant, dans le regard brillant d’Alma, petite fille de 10 ans sauvée des décombres trois jours après le bombardement de sa maison, la volonté de se reconstruire malgré le traumatisme.

Stéphane Dreyfus, à Cannes
https://www.la-croix.com/Culture/Cinema/Quand-Gaza-fait-irruption-Festival-Cannes-2018-05-16-

Posté par UPR Creuse à 04:45 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,

mardi 15 mai 2018

52 Palestiniens tués par des tirs israéliens à Gaza, les autorités accusent Israël de «massacre»

Selon un bilan provisoire, 52 Palestiniens ont été tués et des centaines blessés par des tirs de soldats israéliens dans la bande de Gaza, où des milliers de personnes protestent contre le transfert à Jérusalem de l'ambassade américaine en Israël.

ACT NAQBA MANIF

La tension est de nouveau montée d'un cran dans la bande de Gaza où 52 Palestiniens ont été abattus par des tirs israéliens le 14 mai, selon un bilan provisoire fourni par les autorités gazaouies. L'ambasadeur palestinien à l'ONU a évoqué de son côté la mort de «huit enfants de moins de 16 ans» et au moins 2 000 blessés.

L'armée israélienne a en outre affirmé avoir mené des raids contre des cibles du Hamas, sans fournir de bilan de ces bombardements. Des milliers de personnes manifestent dans les territoires palestiniens contre le transfert de l'ambassade des Etats-Unis en Israël, de Tel-Aviv à Jérusalem.

Les autorités palestiniennes dénoncent un «horrible massacre»

585f807fc361880c208b456f

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a dénoncé un «massacre» israélien. Qualifiant l'ambassade étasunienne de «nouveau poste avancé de la colonisation», Mahmoud Abbas a affirmé : «Les Etats-Unis ne sont plus un médiateur au Moyen-Orient.» Il a en outre annoncé trois jours de deuil dans les Territoires palestiniens et une grève générale le 15 mai.

Le porte-parole du gouvernement palestinien, Youssouf al-Mahmoud, a réagi dans un communiqué, réclamant une «intervention internationale immédiate pour stopper l'horrible massacre commis à Gaza par les forces occupantes israéliennes contre notre peuple héroïque». Amnesty International a pour sa part dénoncé une «violation abjecte» des droits de l'homme, accusant Israël de commettre des «crimes de guerre».

«Nous demandons à toutes les parties d'agir avec la plus grande retenue afin d'éviter des pertes de vie humaine supplémentaires», a pour sa part affirmé le chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini dans un communiqué.

L'armée israélienne avait largué auparavant des tracts mettant en garde les Gazaouis : «Vous prenez part à des rassemblements violents au péril de votre vie [...] Ne laissez pas le Hamas, de la manière la plus cynique, se servir de vous comme de ses jouets.» Le ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman, a prévenu que l'armée emploierait «tous les moyens» pour défendre la frontière, les soldats et les civils israéliens riverains de l'enclave.

Plus de 100 morts depuis le 30 mars

Ces décès portent à 106 le nombre de Palestiniens tués dans la bande de Gaza depuis le début d'un mouvement de protestation massif le 30 mars afin de réclamer l'application du droit au retour des Palestiniens, qui ont fui ou ont été chassés de leur terre en 1948 lors de la création de l'Etat hébreuLe 14 mai est la journée la plus meurtrière du conflit israélo-palestinien depuis la guerre de 2014 dans l'enclave. 

En plus de leur opposition au transfert de l'ambassade, les Palestiniens protestent aussi contre le blocus de Gaza imposé par Israël et l'occupation militaire. L'armée israélienne a dénié le caractère pacifiste de la mobilisation, revendiqué par les participants, la qualifiant «d'opération terroriste» conduite par le Hamas, qui gouverne l'enclave palestinienne et auquel il a livré trois guerres.

Ivanka Trump représentera les Etats-Unis lors de la cérémonie du transfert de l'ambassade américaine à Jérusalem

Israel-1-4

L'ambassade des Etats-Unis en Israël a été officiellement inaugurée à Jérusalem le 14 mai en présence d'Ivanka Trump et Jared Kushner, la fille et le gendre du président américain qui sont aussi ses conseillers. La cérémonie concrétise l'une des promesses de campagne du président Donald Trump. La promesse avait déjà été faite par d'autres présidents américains, et la reconnaissance de Jérusalem comme capitale de l'Etat d'Israël ainsi que le principe du déplacement de l'ambassade des Etats-Unis sont l'objet d'une loi adoptée à une écrasante majorité par les deux chambres du Congrès en octobre 1995. 

Salué comme «historique» par Israël, ce déménagement est largement perçu comme un acte de défi envers la communauté internationale dans une période de grande inquiétude pour la stabilité régionale.

https://francais.rt.com/international/50660-dizaine-palestiniens-tues-ouverture-ambassade

Posté par UPR Creuse à 09:21 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,

L’occupation israélienne : 50 ans de spoliations

BASE 14 995X225

Dans ce texte, Amnesty International décrit (fort justement me semble-t- il) la situation depuis 1967, sans questionner les évènements qui ont conduit à la création de l'Etat d'Israël, car ce n'est pas son rôle.  Et c'est précisément parce que le texte se place strictement du point de vue du droit international et du droit humanitaire que les arguments prennent toute leur force, au- delà de la question- politique- du sionisme.   P.G.

TRIBUNE LIBRE / par Amnesty International

TL ISRAEL AMNESTY

Source : Amnesty International, 2018

Depuis un demi-siècle, l’occupation israélienne de la Cisjordanie (y compris de Jérusalem-Est) et de la bande de Gaza entraîne des violations systématiques des droits humains des Palestiniens vivant dans ces zones.

La consommation moyenne d’eau des Israéliens est au moins quatre fois supérieure à celle des Palestiniens dans les territoires palestiniens occupés. À Gaza, 96 % de l’eau est contaminée et impropre à la consommation humaine. – © SAID KHATIB/AFP/Getty Images

Depuis le début de l’occupation en juin 1967, les politiques impitoyables de confiscation des terres, de colonisation illégale et d’expropriation menées par Israël, associées à la discrimination omniprésente, ont causé d’immenses souffrances aux Palestiniens et les ont privés de leurs droits fondamentaux.

Le régime militaire d’Israël bouleverse tous les aspects de la vie quotidienne dans les territoires palestiniens occupés. Pour les Palestiniens, c’est toujours ce régime militaire qui détermine s’ils peuvent, quand ils peuvent et comment ils peuvent se déplacer pour aller travailler ou à l’école, se rendre à l’étranger, rendre visite à leurs proches, gagner leur vie, participer à une manifestation, accéder à leurs terres agricoles ou même avoir accès à l’électricité ou à une source d’eau potable. Cela entraîne une humiliation, une peur et une oppression quotidiennes. Israël a de fait pris en otage la vie de ces personnes.

Le pays a également adopté un ensemble complexe de lois militaires destinées à étouffer la critique de ses politiques, et des hauts responsables du gouvernement ont qualifié de « traîtres » les Israéliens faisant campagne pour les droits des Palestiniens.

Raja Shehadeh, avocat et écrivain palestinien
LE PIRE, C’EST CE SENTIMENT D’ÊTRE ÉTRANGER SUR VOTRE PROPRE TERRE ET L’IMPRESSION QU’AUCUNE PARTIE DE CETTE TERRE NE VOUS APPARTIENT.

Cela fait 50 ans qu’Israël expulse de force des milliers de Palestiniens de leurs terres, qu’il les occupe et les utilise de manière illégale pour créer des colonies dans lesquelles vivent exclusivement des colons juifs israéliens.

Des communautés palestiniennes entières ont été déplacées par ces colonies. Leurs maisons et leurs moyens de subsistance ont été détruits, et ils doivent subir des restrictions à leur liberté de mouvement, et à l’accès à leurs propres terres, eau et autres ressources naturelles. Les communautés ont également été violemment attaquées par les soldats et les colons israéliens. Nous devons agir maintenant.

Nous voulons que les gouvernements cessent de faire vivre l’économie qui permet à ces colonies illégales de croître et qui alimente la souffrance des Palestiniens. Et vous pouvez nous aider.

Ce problème ne concerne pas uniquement le fait qu’Israël se soit approprié illégalement les terres et les ressources palestiniennes. Les gouvernements du monde entier laissent entrer sur leurs marchés des biens produits dans ces colonies, et autorisent leurs entreprises nationales à être actives dans les colonies. Tout cela aide les colonies illégales à faire des profits et à prospérer.

Appelez dès maintenant votre gouvernement à interdire l’entrée sur votre marché des biens produits dans les colonies israéliennes, et à empêcher les entreprises basées dans votre pays d’être actives dans les colonies ou d’y vendre leurs biens, et aidez à mettre fin au cycle des violations des droits humains subis par les Palestiniens qui vivent sous l’occupation israélienne.

L’accaparement de terres incessant par Israël : les colonies israéliennes illégales

La politique israélienne de construction et d’expansion des colonies illégales sur les terres palestiniennes occupées est l’un des principaux éléments moteurs des violations massives des droits humains provoquées par l’occupation. Ces cinquante dernières années, Israël a détruit la propriété de dizaines de milliers de Palestiniens et a déplacé une grande partie de la population pour construire des logements et des infrastructures pour installer sa propre population sur les territoires occupés. Israël a également détourné des ressources naturelles palestiniennes telles que l’eau ou des terres agricoles pour les utiliser dans les colonies.

droit-international 1

L’existence même des colonies dans les territoires palestiniens occupés bafoue le droit international humanitaire et constitue un crime de guerre. Malgré les nombreuses résolutions de l’ONU, Israël a continué de s’approprier des terres palestiniennes et de soutenir au moins 600 000 colons installés en Cisjordanie occupée, notamment à Jérusalem-Est. Jusqu’à 2005, plus de 9 000 colons vivaient illégalement à Gaza.

Ces derniers mois, Israël a accéléré l’expansion des colonies. Le gouvernement a annoncé un projet de construction de mille nouveaux logements dans les colonies existantes, ainsi que la construction de deux nouvelles colonies en Cisjordanie occupée.

ISRAEL

En plus de la construction illégale de logements et d’infrastructures dans les colonies sur le territoire palestinien, des entreprises israéliennes et internationales dans les colonies ont créé une économie prospère permettant d’assurer leur présence et leur développement. Ce « programme de colonisation » dépend de l’appropriation illégale des ressources palestiniennes (notamment les terres, l’eau et les minéraux) pour produire des biens qui sont exportés et vendus au profit d’entités privées. Les biens produits dans les colonies et exportés à l’étranger représentent chaque année des centaines de millions de dollars.

Nous voulons que les gouvernements cessent de faire vivre l’économie qui permet à ces colonies illégales de croître et qui alimente la souffrance des Palestiniens. Et vous pouvez nous aider.

Appelez dès maintenant votre gouvernement à interdire l’entrée sur votre marché des biens produits dans les colonies israéliennes, et à empêcher les entreprises basées dans votre pays d’avoir des activités dans les colonies ou d’y vendre leurs biens, et aidez à mettre fin au cycle des violations des droits humains subies par les Palestiniens qui vivent sous l’occupation israélienne.

La vie quotidienne sous occupation : pris au piège et oppressés

Les centaines de blocages militaires en Cisjordanie (postes de contrôle, barrages routiers et routes « réservées aux colons »), ainsi que le régime général de permis, font des tâches quotidiennes des Palestiniens qui essaient de se rendre au travail, à l’école ou à l’hôpital une lutte constante. Israël affirme que le mur/barrière de 700 km est destiné à empêcher les attaques armées menées par des Palestiniens contre Israël. Mais cela n’explique pas pourquoi 85 % de ce mur/barrière est construit sur le territoire palestinien, notamment sur des terres au cœur de la Cisjordanie. En réalité, le mur/barrière sépare les populations palestiniennes les unes des autres et déchire des familles. Il empêche également des Palestiniens d’avoir accès à des services de base et sépare les agriculteurs de leurs terres et d’autres ressources, paralysant ainsi l’économie palestinienne. Des lois par nature discriminatoires et injustes empêchent également de nombreuses personnes de se marier, de se déplacer sur les territoires occupés ou de se rendre en Israël pour rendre visite à leurs proches ou vivre avec eux. Ces restrictions arbitraires sont discriminatoires et illégales et doivent être levées immédiatement.

Israël est tenu de restituer les terres, les vergers, les oliveraies et les autres biens immobiliers saisis à toute personne physique ou morale en vue de l’édification du mur dans le territoire palestinien occupé. Tous les États sont dans l’obligation de ne pas reconnaître la situation illicite découlant de la construction du mur.
Avis consultatif de la Cour internationale de justice, 2004
Bien qu’Israël ait retiré ses troupes au sol de la bande de Gaza en 2005, le pays continue d’imposer un blocus aérien, maritime et terrestre à Gaza et maintient une « zone d’accès limité » ou « zone tampon » sur le territoire de Gaza. Cela a isolé plus de deux millions de Palestiniens d’autres parties des territoires palestiniens occupés et du reste du monde pendant 10 ans.

Restrictions des ressources naturelles

En plus de déterminer où les Palestiniens peuvent se rendre et qui ils peuvent voir, Israël contrôle et restreint arbitrairement leur accès à l’eau potable. La consommation d’eau des Israéliens est au moins quatre fois supérieure à celle des Palestiniens vivant dans les TPO.

L’eau c’est la vie. Sans eau nous ne pouvons pas vivre… Les soldats ont d’abord détruit nos maisons et les abris avec nos troupeaux, ont déraciné tous nos arbres, puis ils ont détruit nos citernes d’eau… Nous luttons tous les jours car nous n’avons pas d’eau.
Fatima al Nawajah, habitante de Susya, un village palestinien dans les collines au sud d’Hébron.
La quantité d’eau limitée qu’Israël accorde aux Palestiniens n’est pas suffisante pour couvrir les besoins de base de la population palestinienne et ne constitue pas une distribution équitable des ressources hydriques communes. Les piscines, les pelouses bien arrosées et les immenses domaines agricoles irrigués dans les colonies israéliennes des territoires occupés, dont l’herbe est verte même au plus fort de la saison sèche, forment un contraste saisissant avec les terres desséchées et arides des villages palestiniens au pas de leur porte, où les habitants luttent pour avoir suffisamment d’eau pour se laver, prendre une douche, cuisiner, nettoyer, boire, sans parler d’arroser leurs cultures.

50 ans d’expulsions forcées, de démolitions et de transferts forcés

Au cours des 50 dernières années, Israël a expulsé et déplacé de force des communautés palestiniennes entières et a démoli des dizaines de milliers d’habitations et d’autres structures palestiniennes, rendant des dizaines de milliers de personnes sans-abris et causant des souffrances et des traumatismes terribles. Les forces israéliennes ont également transféré de force de nombreux Palestiniens au sein des territoires occupés ou les ont contraints à l’exil. Les démolitions des habitations qui continuent d’avoir cours sont l’une des principales raisons pour lesquelles des transferts ont encore lieu aujourd’hui. Ces mesures permettent à Israël d’asseoir son contrôle du territoire palestinien et de ses ressources, de continuer l’expansion des colonies et de chasser les Palestiniens de certaines zones considérées comme stratégiques, telles que la fertile vallée du Jourdain ou Jérusalem-Est. Elles représentent également des mesures punitives et s’apparentent à des sanctions collectives.

50 ans d’arrestations arbitraires, de détentions et de procès iniques

 

18039-israel-palestinianssettlers

Depuis 1967, les autorités israéliennes ont arrêté des centaines de milliers de Palestiniens, parmi lesquels des femmes et des enfants, au titre d’ordres militaires qui, souvent, érigent en infraction un vaste éventail d’activités pacifiques. Lors des périodes de fortes tensions et de violences, les hommes et les garçons de villages entiers ont été arrêtés arbitrairement. Au cours de la révolte palestinienne entre 1987 et 1993, près de 100 000 Palestiniens ont été arrêtés par les forces israéliennes.

Les autorités israéliennes ont également détenu arbitrairement des dizaines de milliers de Palestiniens, parmi lesquels des prisonniers d’opinion, les plaçant en détention administrative indéfiniment sans qu’ils soient inculpés ni jugés.

La politique appliquée depuis 50 ans par Israël et consistant à emprisonner des Palestiniens des territoires occupés dans des prisons en Israël bafoue le droit international. Les prisonniers palestiniens font également l’objet de restrictions des visites familiales et de leur accès à l’éducation et aux soins médicaux, entre autres.

Les autorités israéliennes jouent avec nos émotions, elles nous torturent et nous punissent.
« Reham » s’est vu refuser des permis réguliers de visite à son frère qui a été arrêté à l’âge de 12 ans et est détenu dans une prison en Israël depuis 15 ans

Des supporters du club de foot Shabab Rafah à Gaza croisent leurs bras en solidarité avec les prisonniers palestiniens en grève de la faim © MAHMUD HAMS/AFP/GettyImages

Israël a également mis en place des tribunaux militaires destinés à juger des Palestiniens, et ne respectant pas les garanties fondamentales en termes de procès équitables. Presque toutes les affaires jugées devant des tribunaux militaires se soldent par des condamnations. La plupart de ces condamnations sont le résultat de négociations de réduction de peine, car les accusés palestiniens savent que le système tout entier est tellement injuste qu’ils seront déclarés coupables et condamnés à des peines plus lourdes si l’affaire est jugée. À l’inverse, les colons israéliens des territoires palestiniens occupés sont poursuivis devant des tribunaux civils en Israël et bénéficient de meilleures protections au titre du droit civil israélien.

À ce jour, la torture n’est pas érigée en infraction dans la législation israélienne, et les prisonniers palestiniens peuvent de ce fait être victimes d’actes de torture et d’autres mauvais traitements pendant leur détention.

Omar Ghanimat, un Palestinien, photographié lors d’une audience devant la Haute Cour en 1997. Il présentait des traces de torture sur son corps à la suite de son interrogatoire qui a duré 45 jours. © David Mizrahi/Ha’aretz

50 ans d’homicides illégaux

Les forces israéliennes ont de lourds antécédents en matière de recours à une force excessive et souvent meurtrière contre des hommes, des femmes et des enfants palestiniens, notamment à titre de représailles contre des manifestants ou pour étouffer la dissidence. Des milliers de personnes ont été tuées et bien plus encore ont été blessées. Le fait que les autorités n’aient pas mené d’enquêtes approfondies, impartiales et indépendantes en vue de mettre fin au cycle de l’impunité a permis à ces violations de continuer d’être commises pendant un demi-siècle.

Depuis 1987, plus de 10 200 Palestiniens ont été tués, souvent dans des circonstances laissant penser que les homicides étaient illégaux et qu’ils pouvaient s’apparenter à des crimes de guerre. Sur la même période, plus de 1 400 Israéliens ont été tués par des Palestiniens. Parmi ces personnes, des centaines étaient des civils tués par des groupes armés palestiniens lors d’attaques qui représentent des crimes au titre du droit international.

Source : Amnesty International, 2018

https://www.les-crises.fr/loccupation-israelienne-50-ans-de-spoliations-par-amnesty-international/


 

Commentaire sur le site “les crises”

Aladin0248 // 14.05.2018 à 06h58

La chose la plus scandaleuse n’est pas la politique colonialiste, terroriste et raciste de cet État psychopathe, politique avérée qui se développe effectivement depuis 50 ans sans vergogne ni restriction : on trouvera sans doute des exemples pires dans le monde. Le plus affreux est que cette politique est plutôt bien acceptée et parfois même encouragée par les gouvernements occidentaux, au moins par les plus puissants d’entre eux, et par nombre de nos politiques et qu’en plus on nous la colle sur le dos comme si cet État était des nôtres et méritait notre indulgence pour ses pires exactions « parce que ce peuple a beaucoup souffert dans le passé ». Non ! 

samedi 12 mai 2018

Total, Renault, PSA... les entreprises françaises dans la panade après le retrait des Etats-Unis de l'accord iranien

Donald Trump a annoncé le retrait des Etats-Unis de l'accord iranien, et avec lui le rétablissement des sanctions contre les entreprises qui continueront de commercer avec Téhéran. Les grands groupes français comme Renault, Total ou encore PSA en craignent les répercussions, comme les PME françaises installées en Iran.

ACT IRAN US SANCTIONS

Cette fois, il n'y aura pas d'allers-retours avec le Congrès : Donald Trump a annoncé avoir déchiré l'accord iranien ce mardi 8 mai, retirant les Etats-Unis du texte signé en juillet 2015 à Vienne. C'est après son allocution, par l'intermédiaire de John Bolton, que les implications économiques d'une telle décision ont pris tout leur sens. Sa grande moustache blanche frémissante, le nouveau conseiller à la sécurité nationale a annoncé les sanctions auxquelles s'exposeront les entreprises qui garderont un lien avec Téhéran. Les quelque 300 entreprises françaises qui ont afflué à Téhéran depuis la signature de l'accord en 2015 sont en première ligne. Surtout, elles ont toutes en mémoire un souvenir douloureux : celui de la banque BNP-Paribas, qui, en 2014, est tombée sous le coup d'une amende de 9 milliards de dollars pour avoir contourné les précédentes sanctions américaines.

capitalism

Comme l'a expliqué John Bolton, ces sanctions seront "immédiates" pour les nouveaux contrats. Toute entreprise en lien avec les Etats-Unis tombera sous le couperet de lourdes amendes à la moindre signature d'un accord commercial avec l'Iran à partir de ce mardi 8 mai. Pour ce qui est des entreprises déjà en relation avec Téhéran, Bolton a précisé qu'elles bénéficieraient d'un peu de répit pour "sortir" de leurs engagements. La durée de ces "quelques mois" accordés par les Etats-Unis ? Une simple période de transition pouvant durer entre 90 et 180 jours, selon le Trésor américain. Mais le temps laissé par Washington n'est évidemment pas innocent. La machine législative américaine en a besoin pour se mettre en branle : "Il faut que le Congrès américain puisse revoter l'ensemble des sanctions qui avaient été prises par le passé, décrypte Régis Bismuth, professeur à l'école de droit de Sciences Po. Il sera nécessaire que les parlementaires adaptent les textes à la situation internationale actuelle… Tout ça va prendre du temps". D'autant que, comme Bolton l'a ajouté, les autorités américaines n'hésiteront pas à se pencher sur l'hypothèse de sanctions "beaucoup plus larges".

Une situation "très dangereuse" pour les grands groupes français

cover-r4x3w1000-580f368a7bbec-SIPA_ap21850609_000071

En attendant, les entreprises françaises se retrouvent dans une position très délicate : depuis la signature de l'accord iranien, les projets d'exportation vers ce pays sont passés de 400 millions à 1,5 milliard d'euros selon un rapport de la banque publique d'investissement. Des fleurons français ont largement profité de l'opportunité de l'accord et sont aujourd'hui menacés : "Si les Américains vont au bout de leurs sanctions, la situation peut vite devenir très dangereuse pour des grands groupes français s'étant engouffrés dans l'accord", analyse Thierry Coville, chercheur à l'Iris et spécialiste de l'Iran.

Au premier rang desquels l'avionneur européen Airbus : "Airbus a signé la vente d'une centaine d'avions à des compagnies iraniennes", rappelle Fereydoun Khavand, spécialiste des relations économiques internationales et maître de conférences à l'Université de Paris-V. De juteux contrats pour un coût total de 17,5 milliards de dollars… aujourd'hui compromis par les étroites relations de la firme européenne avec les Etats-Unis. Car depuis 2015, l'entreprise a implanté plusieurs usines d'assemblage dans le pays : "L'entreprise s'est mise singulièrement en danger, car les avions qu'elle livre sont dotés d'une technologie américaine : 10% des pièces qui les constituent viennent des Etats-Unis ! Elle tombe directement sous le coup des nouvelles sanctions", poursuit Fereydoun Khavand.

La tentative d'une dérogation pour le pétrolier Total

total-corruption

Le pétrolier Total est également dans les entreprises visées par les sanctions : en juillet 2017, le groupe tricolore a conclu un contrat pour un investissement initial de 1,5 milliard de dollars visant à exploiter le plus grand gisement de gaz naturel au monde, South Pars. Un investissement total de 5 milliards a été avancé, dont l'entreprise française, avec ses 50,1% des parts (aux côtés du Chinois CNPC (30%) et de l'Iranien NIOC (19,9%)), devra payer la moitié. Plusieurs millions de dollars ont déjà été dépensés pour cette opération d'envergure, qui ne seront certainement pas remboursés à Total en cas de sanctions américaines : "Si Total, en dehors de la mise en oeuvre de sanctions du Conseil de sécurité (de l'ONU), annonce qu'il a l'intention de renoncer au contrat, aucun capital ne sera rendu à cette entreprise et aucune somme ne sera transférée à l'entreprise", avait déclaré Biian Zanganeh, ministre du pétrole iranien.

France-Usa-Iran

Le pétrolier se trouve donc entre le marteau et l'enclume : soit il continue de commercer avec l'Iran et subit les sanctions américaines, soit il arrête et perd l'ensemble de son investissement. L'entreprise compte néanmoins avoir une porte de sortie, à savoir une demande de dérogation auprès du gouvernement américain. Une solution que le PDG du groupe, Patrick Pouyanné, avait déjà évoquée en mars dernier : "Total explique que, le contrat d'investissement s'étant conclu pendant la période de validité de l'accord iranien, il ne peut pas être considéré comme illégal par les Etats-Unis, et qu'ils devraient donc bénéficier d'une dérogation, explique Fereydoun Khavand. Mais rien n'est moins sûr".

Dans une moindre mesure, il en va de même pour l'hôtelier Accor. Le Français devra lui aussi choisir entre ses établissements américains et l'hôtel iranien qu'il a ouvert en 2015. Les groupes automobiles PSA et Renault sont eux aussi concernés : "Ces deux entreprises ont une longue histoire de commerce avec l'Iran, avec des liens commerciaux complexes", rappelle Fereydoun Khavand. Comme Airbus et Accor, les deux entreprises ont à la fois des intérêts en Iran et aux Etats-Unis. Renault a par exemple vendu plus de 160.000 véhicules l'an dernier sur le territoire iranien. Le groupe de Carlos Ghosn serait handicapé par les sanctions américaines, son partenaire, Nissan, étant implanté aux Etats-Unis. Son concurrent français ne s'en sort pas mieux : s'il s'est retiré du pays depuis 1991, il avait indiqué en janvier vouloir y retourner en 2016, dans un plan de reconquête étalé jusqu'en 2026. Mais PSA devra probablement renoncer à ce projet, alors que 30% de ses parts de marché dépendent de ses partenaires iraniens.

Les PME aussi touchées par les sanctions

299181Image1

Les grands groupes français ne sont pas les seuls à être menacés par la décision des Etats-Unis. Dans l'administration française, sous couvert de off, on admet sentir le danger que peuvent courir les centaines de PME présentes actuellement sur le territoire iranien. "Le tableau d'Épinal que l'on dépeint souvent où seules les entreprises du CAC 40 sont mises en difficulté par les sanctions américaines est une illusion, surenchérit Régis Bismuth. Par obliques, les petites et moyennes entreprises présentes sur le territoire vont elles aussi être touchées : il suffira qu'elles fassent des affaires en Iran et que l'un de leurs fournisseurs ou clients soit américain pour qu'elles en subissent les conséquences". Dans quelle mesure pourraient-elles être affectées par d'éventuelles sanctions américaines ? Nul ne le sait. Chaque dossier, dit-on, devra être consulté au cas-par-cas.

La solution dans l'après-dollar ?

Banque-centrale-européenne-administration-Trump-dollar-commerce-extérieur-Etats-Unis-e1519398899341

Depuis de nombreuses années, Téhéran tente de marginaliser la devise américaine dans ses échanges commerciaux à l'international. Mais la majorité de ces échanges se fait toujours en dollar, ce qui les rend d'autant plus vulnérables aux sanctions américaines. L'Iran avait anticipé ces dernières semaines la décision de Donald Trump. Le 18 avril dernier, le conseil des ministres iranien a pris la décision d'utiliser l'euro à la place du dollar : "Ce remplacement peut être une solution pour se passer du dollar, remarque Fereydoun Khavand. Mais le processus risque d'être très long". Une autre piste de substitution est également envisagée par certains spécialistes : celle du yuan, la monnaie d'un des principaux partenaires commerciaux de l'Iran, la Chine.

https://www.marianne.net/economie/total-renault-psa-les-entreprises-francaises-dans-la-panade-apres-le-retrait-des-etats-unis?_ope=eyJndWlkIjoiYWMyOWU1Y2FmYjA3MWM5ODc0NzFmNzZlMmM0NTQwMTgifQ==

BASE 14 995X225

Il est tout de même surprenant que tant d'entreprises françaises n'aient pas anticipé cette décision de Trump qui avait clairement annoncé ses intentions pendant la campagne électorale américaine...   P.G.