dimanche 25 février 2018

La température de l’Arctique 25 degrés au-dessus de la normale

Pour ceux qui penseraient que le record de froid à venir serait contradictoire avec un réchauffement global… 🙂

ARG ARTICQUE

Source : Énergie et environnement, Philippe Gauthier, 22/02/2018

L’extrémité nord du Groenland a connu des températures exceptionnellement chaudes les 19 et 20 février dernier. L’écart de température avec la normale a atteint jusqu’à 25 °C et la température a dépassé le point de congélation pendant près de 24 heures d’affilée, une anomalie extrême en hiver sous ces latitudes où le soleil s’est couché en octobre et ne reviendra pas avant mars.

La situation au Pôle Nord au début de la semaine.

La station météorologique où ces températures ont été enregistrées, celle du Cap Morris Jesup, n’est située qu’à 650 km du Pôle Nord. La température devrait y être d’environ -30 °C en cette saison, mais toutes les zones arctiques situées au-dessus du 80e parallèle connaissent en moyenne un temps 6 °C au-dessus de la normale depuis le début de l’année, avec des pointes à +14 °C. Il s’agit d’un record pour cette région du monde.

Ces anomalies, qui étaient rarissimes dans le passé, se font de plus en plus fréquentes depuis quelques années. On a connu deux épisodes comparables de temps doux en 2011 et en 2017. Mais le record du 20 février risque de ne pas tenir longtemps : le Groenland attend une autre vague de chaleur ce week-end, cette fois-ci de 25 à 35 °C au-dessus de la normale.

En Alaska aussi

L’Alaska connaît également un temps exceptionnellement doux, puisque la température a atteint -1 °C à Utqiaġvik mardi, soit 22 °C au-dessus de la normale. Le couvert de glace sur l’océan arctique est de loin le plus faible jamais enregistré dans ce secteur à cette période de l’année. Ceci a des conséquences sur les riverains, puisque l’absence de glace permet aux tempêtes hivernales de battre la côte, provoquant une forte érosion des berges.

ours polaire

Selon la NOAA, la quantité de glace était la plus faible jamais enregistrée partout en Arctique en janvier. Ceci correspond aux projections établies par les climatologistes ces dernières années, mais cela signifie aussi qu’on ne pourra plus miser sur des couverts de glace assurés à l’avenir. Les anomalies des derniers jours sont encore rares, mais semblent devoir devenir de plus en plus fréquentes à l’avenir.

Source : Énergie et environnement, Philippe Gauthier, 22/02/2018

https://www.les-crises.fr/la-temperature-de-larctique-25-degres-au-dessus-de-la-normale/

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jeudi 18 janvier 2018

Petite leçon de sophistique à l'usage des bulots, par Monsieur Joffrin

Benoit Rittaud, mathématicien et président de l'Association des climato-réalistes était le 5 janvier dernier invité sur le plateau de l’émission l’Heure des Pros sur CNews. L'occasion pour l'éditocrate Laurent Joffrin d'endosser le rôle de Torquemada, et de nous servir quelques perles de sophistique.

TL CLIMAT DEBAT

Préambule

Soyons clair, le but de cet article n'est pas de traiter du fond, à savoir en somme si le réchauffement climatique bouleversement climatique est principalement d'origine anthropique, ce dont je doute, pour les mêmes raisons que Benoît Rittaud. D'ailleurs à aucun moment de l'émission l'aspect scientifique n'a été abordé. Non, dans le chef de Pascal Praud, il s'agissait de créer un clash, un effet de buzz en amenant sur le tapis un sujet hautement explosif, politiquement incorrect. Face à lui, six invités : Elisabeth Lévy, Benoît Rittaud, Jean-Louis Burgat, Clément Viktorovitch, Michel Chevalet et l'inénarrable Laurent Joffrin qu'on ne présente plus.

L'émission

Sur les six invités, vous l'aurez compris, deux se sont montrés particulièrement agressifs face à Benoît Rittaud : le petit Viktorovitch, qui s'est comporté comme tout bon chihuahua doit se comporter quand il voit passer des gens sous la fenêtre de l'appartement à sa mémère, aboyant ses « Monsieur » dégoulinants de mépris, sûr qu'il est d'être, lui, du bon côté de la fenêtre de la majorité, celui de la réconfortante bienpensance. Incapable d'apporter d'autre argument que l'effet Panurge, le principe de la « preuve sociale ». Ah mais « Monzieu », il y a des Nobel ! Ah que oui, j'ai vérifié moi-même et y ai trouvé aussi bien Albert Einstein que Winston Churchill (prix Nobel de littérature en 1953). Bon, d'accord, ils étaient déjà morts au moment où la pétition a été mise en ligne, mais cela n'est nullement rédhibitoire ! En pratique, c'est seulement si vous êtes mort et socialement infréquentable que vous risquez l'exclusion.

Exégèse de la pensée de Maître Joffrin

Afin de pouvoir mieux comprendre la pensée profonde de l'inquisiteur de service, je me suis livré au petit exercice qui consiste à retranscrire ses interventions, que nous analyserons plus bas.

Laurent Joffrin (6'44) : Laurent, j'ai l'impression d'être revenu vingt ans en arrière, parce que toutes ces discussions ont eu lieu il y a dix, quinze ans. L'idée que, soit il n'y a pas de réchauffement, soit elle (sic) est pas due à l'activité humaine, a été réfutée par l'ensemble des savants qui s'occupent de cette question, ou 98%, disons. Que la plupart de ceux qui émettaient des objections chiffrées, etc, on s'est aperçu que c'étaient des gens en général liés aux industries émettrices de carbone, ils étaient payés, et depuis, tous les chefs d'État de la planète ont (sic) des farfelus, à part Trump, 'fin, bon, ouais... Et Monsieur (Rittaud, ndlr), enfin, je sais pas, je ne connais pas ses arguments. Je, tout ça a été, eh euh, personne n'a jamais dit que le réchauffement provoquait immédiatement une augmentation du nombre d'ouragans ou des intensités plus fortes, personne n'a jamais dit ça. À chaque fois qu'on pose la question...

François Rittaud : Ah bon ?

Laurent Joffrin : Ben personne. À chaque fois qu'on fait une enquête journalistique pour dire « mais est-ce que cette tempête a un rapport avec le réchauffement », le journaliste scientifique qui s'occupe de ça revient en disant « Mais non, c'est pas prouvé. Peut-être, mais peut-être pas » . Donc on fait dire à la science des choses qu'elle ne dit pas, on dit « Voilà, la science dit qu'il y a plus de tempêtes à cause du réchauffement » Elle ne dit pas ça, donc déjà c'est un faux, heu, on met un faux...

Michel Chevalet : Non ça c'est l'interprétation qu'en donnent les journalistes, hein, ce n'est pas ce que dit Benoît Rittaud

Laurent Joffin : pas mes (sic) journalistes, moi ils m'ont jamais dit ça, à moi, ils m'ont toujours dit le contraire.

Laurent Joffin (16'42) : Je pense qu'on devrait faire un débat sur un scientifiquement correct insupportable, c'est la question de savoir si la terre tourne autour du soleil parce que, là-dessus, il y a une espèce de consensus, mais ça se discute beaucoup... Tous les médias disent la même chose sur la question, mais il y a des gens qui disent le contraire.

L'intervention de Laurent Joffrin se résume donc à deux arguments : l'argument de la majorité (ad populum), et un autre, sous forme de contrefeu : on n'a jamais prétendu que lorsqu'il se produisait un événement climatique on l'attribuait d'office au réchauffement climatique...

Argument ad-populum

En gros, la question a été tranchée une fois pour toutes, par des « savants » . Pas par de quelconques chercheurs, non, pas par des scientifiques, non, par des « savants » . Sauf que le principe même de la science c'est que rien n'est définitivement établi. Si demain quelqu'un vient en réfutant tel ou tel aspect de la théorie de la relativité ou des Principes de Newton et qu'il apporte la preuve de ce qu'il avance, eh bien la science s'en trouvera changée. L'argument de la majorité ne vaut rien, il suffit d'une seule preuve scientifiquement établie pour aller... contre la majorité s'il le faut ! Et avoir raison.

La boutade qu'il sert à 16'42 sur le fait de savoir si la terre tourne autour du soleil est, à cet égard, un exemple particulièrement mal choisi, puisqu'au moment du procès de Galilée, l'opinion qui prévalait chez les théologiens et la majorité des savants depuis Aristote était que la terre, immobile, était au centre de l'univers. Mauvaise pioche ! Pire, on retrouve aujourd'hui bon nombre des méthodes qui étaient utilisées à l'époque de Galilée pour faire taire toute voix dissidente : exclusion sociale, campagnes calomnieuses, menaces : c'est pour le moins étrange, quand on sait qu'une théorie scientifique n'a nullement besoin d'être « défendue » , elle est prouvée ou pas. Qui se soucie que les religions remettent régulièrement en question la théorie de l'évolution parce qu'elle télescope quelque peu leur propre chronologie du livre ?

Inversion accusatoire

Tranquille, Laurent Joffrin affirme que « personne n'a jamais dit que le réchauffement provoquait immédiatement une augmentation du nombre d'ouragans ou des intensités plus fortes, personne n'a jamais dit ça. À chaque fois qu'on pose la question... » Et se fait recadrer par Michel Chevalet, à qui on ne la fait pas : « Non ça c'est l'interprétation qu'en donnent les journalistes, hein, ce n'est pas ce que dit Benoît Rittaud » .

JournalDateContenu
Libération 06.09.2017

Cyclones et changement climatique : que dit la science ?

Face à la succession dans l’océan Atlantique d’ouragans d’intensité exceptionnelle, la responsabilité du dérèglement du climat est soulevée.

« [... ] Les gens veulent toujours savoir si des phénomènes particuliers sont causés par le réchauffement climatique, résume Katharine Hayhoe. La réponse n’est ni oui ni non, mais entre les deux (...) »

Libération 30.08.2017

Climat : Harvey met un vent à Trump

Trois mois après la sortie des Etats-Unis des accords de Paris, l’intensité de l’ouragan qui dévaste le sud du pays rappelle brutalement au président américain la réalité du dérèglement climatique.

Comme une ritournelle, la question revient à l’esprit à chaque catastrophe naturelle : le changement climatique, exacerbé par l’activité humaine, y est-il pour quelque chose ? Alors que le Texas et la Louisiane sont dévastés par l’ouragan Harvey, que Bombay (en Inde) est sous les eaux après une mousson particulièrement meurtrière et que Freetown (Sierra Leone) enterre toujours ses morts après d’énormes coulées de boue, cette interrogation prend tout son sens. « Nous vivons dans un monde où les humains ont altéré le système climatique, explique à Libération Andrew Dessler, climatologue à l’université Texas A&M. Nous devons maintenant envisager ce changement comme un possible facteur dans chaque événement catastrophique. »

Libération 29.08.2017

Ouragans Katrina et Harvey : circonstances différentes mais polémiques toujours présentes

Bien qu’ayant frappé des régions distantes de seulement 500 kilomètres, ces deux tempêtes monstrueuses ont peu de points communs. Si ce n'est l'impréparation à un tel événement.

[...] La tempête a, en revanche, refait émerger dans le débat national la question du changement climatique, et l’exposition des Etats-Unis à ces risques. Donald Trump va, sans nul doute, être confronté, dans les jours à venir, à des questions sur sa volonté de sortir le pays de l’accord de Paris sur le climat, annoncée le 1er juin

Libération 17.11.2017

Nouvelle-Calédonie: « Le changement climatique bouleverse notre mode de vie traditionnel »

A l'occasion de la 23e Conférence des Nations unies sur le climat, qui a débuté le 6 novembre à Bonn, « Libération » publie une série d'interviews-solutions pour limiter le changement climatique.

[...] On voit la montée des eaux, les cyclones deviennent de plus en plus intenses, durent plus longtemps. On ne peut plus parler d’adaptation parce que les tempêtes s’enchaînent. C’est impossible de vivre comme cela.

Libération 05.11.2015

Le changement climatique a amplifié des phénomènes météo extrêmes

Vagues de chaleur, cyclones et autres inondations sont accentués par l'activité humaine. Le lien n'est en revanche pas avéré concernant les fortes tempêtes de neige.

Le réchauffement planétaire induit par les activités humaines a amplifié un grand nombre de phénomènes météorologiques extrêmes en 2014, conclut jeudi l’Administration américaine océanique et atmosphérique (NOAA), un groupe international de recherche. Ces scientifiques ont analysé 28 de ces phénomènes dans le monde l’année dernière. Ils citent notamment des cyclones dans le centre du Pacifique, la sécheresse en Afrique de l’Est, des vagues de chaleur en Australie, en Asie et en Amérique du Sud, ou encore des inondations dans les Cévennes, dans le sud de la France

Libération 06.09.2016

Changement climatique : les océans dans la tourmente

Un rapport sur les conséquences du réchauffement des océans, publié lundi, exhorte les pays à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et à mettre en œuvre l'accord de la COP21.

[...] Enfin, les événements climatiques, comme les cyclones, risquent d’être plus importants.

Libération 07.09.17

Les îles du Pacifique ont besoin d'aide face au changement climatique

Un rapport de la Banque mondiale confirme que les îles du Pacifique vont être les plus frappées par les effets du changement climatique, menaçant même des populations entières de relocalisation.

[...] Le changement climatique est déjà visible dans la région, avec l’érosion côtière, la contamination des terres agricoles et l’eau potable par le sel, ainsi qu’une pluviométrie imprévisible qui provoque inondations et sécheresse.

[...] Le Pacifique est souvent frappé par des cyclones mais le rapport prévient que les tempêtes de catégorie 5, les plus destructrices, vont devenir plus fréquentes, affectant d’autant plus une région aux ressources économiques déjà faibles.

Libération 26.01.2017

L'Europe déjà durement touchée par le changement climatique

Une étude de l'Agence européenne de l'environnement, publiée mercredi, détaille les conséquences du réchauffement climatique sur le continent, des littoraux au tourisme, en passant par la santé publique.

« Le changement climatique a considérablement augmenté l’occurrence d’événements climatiques et météorologiques extrêmes en Europe », tranche l’étude Changement climatique, impacts et vulnérabilité en Europe, publiée mercredi, par l’Agence européenne de l’environnement (EEA).

Libération 28.09.2016

Le réchauffement, c’est maintenant

Alors que les records de chaleur s’enchaînent, le seuil critique de 2°C d’élévation des températures risque d’être atteint dès 2050, alerte un groupe de scientifiques. Quand bien même l’Accord de Paris serait respecté…

[...] Que la température moyenne du globe pourrait atteindre dès 2050 la fameuse limite des + 2 °C de réchauffement par rapport à l’ère préindustrielle, perçue par les climatologues comme un seuil à ne surtout pas dépasser sous peine de ne plus pouvoir contrôler l’emballement du climat et ses funestes conséquences (élévation du niveau des océans, aggravation et fréquence accrue des sécheresses, cyclones et inondations, chute des rendements agricoles, migrations massives, épidémies…).

Libération 30.12.2016

Brice Lalonde : « le changement climatique, c’est le changement aquatique »

Rareté, pollution, conflits... Comment répondre aux nouveaux défis de l'eau ?

[...] Or le changement climatique, c’est le changement aquatique. Sécheresse ici, déluge là, ce ne sont plus les mêmes pluies, ce n’est plus le même cycle. Absente ou torrentielle, L’eau devient violente. Les peuples devront s’y faire, ou migrer.

Libération 22.09.17

Le direct

Changement climatique : les îles dévastées par les ouragans demandent des comptes aux grandes puissances.

[...] « Nous sommes bien seuls » mais « il est impossible de faire abstraction des changements climatiques » qui provoquent « des épisodes météorologiques extrêmes », a-t-il dit.

Libération 14.10.2015

« Le lien entre changement climatique et conflits n'est ni à surévaluer ni à négliger »

Spécialisé dans les impacts géopolitiques du dérèglement climatique, le chercheur Bastien Alex souligne que celui-ci ne provoque pas directement les conflits mais qu'il en est un facteur aggravant.

[...] Mais à partir de quand peut-on attribuer cette sécheresse au changement climatique? C’est le travail des scientifiques du Giec. Ils nous disent que dans certaines régions du monde, les événements climatiques extrêmes vont se multiplier, soit en fréquence, soit en intensité, soit les deux.

Libération 15.03.2015

Après le cyclone Pam, l'appel à un « sursaut » face au réchauffement climatique

La Banque mondiale a estimé dimanche que les ambitions de la communauté internationale n'étaient pas à la hauteur de l'urgence de la situation.

[...] La Banque mondiale (BM) a appelé dimanche la communauté internationale à un sursaut face au changement climatique, après le passage du cyclone Pam sur le Vanuatu, pendant une conférence de l’Onu sur la prévention des catastrophes naturelles.

[...] Dans le cas du Vanuatu, « je ne prétends pas que le changement climatique soit à l’origine de Pam » - cyclone de catégorie 5 (la plus élevée) -, a nuancé la dirigeante de la BM. « Mais le fait est que ces trois à quatre dernières années, cette catégorie est revenue à une fréquence inédite. » « Et cela a un lien avec le changement climatique. Il est indéniable que cette partie de l’océan Pacifique s’est réchauffée, donc ces tempêtes s’intensifient. »

Libération 16.09.2016

Climat : Nicolas Sarkozy, dangereux marchand de doute

En confirmant son virage climato-sceptique sur France 2 jeudi soir dans « l’Emission politique », l'ex-président vient de saper des dizaines d’années de pédagogie et d’information menées par les scientifiques et les ONG.

[...] Et d’accentuer le message d’urgence, tant les conséquences des dérèglements climatiques se font, chaque année passant, plus durement sentir : notre printemps exceptionnellement pluvieux, notre été exceptionnellement chaud, et le flot des réfugiés climatiques jetés sur la route par ces dérèglements globaux ne nous le rappellent-ils pas au quotidien ?

Libération 10.09.2017

Irma : « peut-être » le réchauffement…

Pour le climatologue Jean Jouzel, la puissance dévastatrice des cyclones est liée au changement climatique. Pourtant, on préfère globalement entretenir la confusion et le flou scientifique.

Même si nous n’attribuons pas directement pour le moment, on ne peut pas le faire immédiatement en tout état de cause, ce cyclone aux activités humaines, il y a un lien avec le réchauffement, et ça risque de préfigurer ce vers quoi nous allons dans un climat plus chaud. D’où des phénomènes plus intenses, et donc « plus destructeurs ».

Vous avez bien lu ? Relisez. Pas de place pour le « peut-être ».

Voilà, on pourrait en trouver d'autres, sans doute, mais on a déjà là, me semble-t-il, un bon échantillon, et dans les deux sens : soit en attribuant la cause des phénomènes météorologiques au changement climatique, soit en présentant des « études » qui nous disent que les conséquences du réchauffement climatique seront une augmentation (en fréquence, puis, rétropédalage, en importance) de l'occurrence de ce type d'événements.

À cet égard, et toujours sur le même Libération, je ne puis que vous conseiller la lecture de l'article qu'avait publié le journaliste Olivier Postel-Vinay, le 18.10.2016 intitulé « Toujours plus de cyclones ? » . Dans cet article, on peut lire :

[...] On en est là. Contrairement à ce qu’on entend souvent répéter, le consensus scientifique actuel ne décèle pas de surcroît d’activité des cyclones. A vrai dire, la tendance est plutôt inverse. En 2014, Nature publiait une étude montrant que « l’activité des cyclones en Australie est plus faible qu’à aucune époque au cours des derniers 500 à 1 500 ans ».

Le Giec a admis s’être trompé sur l’évolution de la température moyenne globale de la Terre, qui aurait dû, selon les prévisions, continuer d’augmenter régulièrement après 1998, date d’un événement El Niño. Si l’on excepte le nouvel événement El Niño de 2015-2016, la température globale est restée pratiquement stable. Les scientifiques ignorent pourquoi l’activité cyclonique n’a pas augmenté. Ils ignorent pourquoi la température de la Terre est restée relativement stable entre 1998 et 2015. Ils ignorent aussi, soit dit en passant, la cause profonde des événements El Niño, qui viennent de temps à autre perturber le climat de la planète.

Ouch, ça pique un peu.

https://www.levilainpetitcanard.be/articles/actu/sophistique-a-lusage-des-bulots-par-monsieur-joffrin_1733290246

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dimanche 17 décembre 2017

Bobard climatique : l’ours mourant n’a pas été victime du réchauffement

Il y a une dizaine de jours, la presse mondiale s’était émue d’une photo montrant un ours blanc famélique et mourant.

ARG OURS POLAIRE

Le cliché, repris des milliers de fois dans tous les pays du monde en étant présenté comme la preuve du réchauffement climatique était un pur bobard. Le figaro esquisse timidement un mea culpa.

Premier mensonge éhonté : La vidéo dont est issue la photo présente l’ours dans un environnement très vert alors que vu la latitude on s’attend, au mois de décembre, à un environnement gelé et neigeux. Ce qui n’a pas été dit, c’est que la vidéo n’a pas été prise en décembre, mais… pendant l’été c’est à dire à une saison où la région est naturellement dénuée de glace ! Son auteur l’a gardée quelques mois avant de la diffuser massivement à l’approche de l’hiver. Deuxième mensonge éhonté : La vidéo a été prise dans une région où les populations d’ours polaire sont stables et pas en déclin, ce que n’a évidemment pas dit son auteur. Troisième mensonge éhonté : Cet ours a été présenté comme victime de la faim, ce qui choque la communauté scientifique. D’une part, rappelle Steven Amstrup, « Les ours polaires ont peu de prédateurs naturels. Bien qu’ils vivent assez longtemps, ils ne sont pas immortels. Tous finissent par mourir, et la plupart meurent parce qu’ils n’ont pas réussi à se procurer assez de nourriture. La malnutrition reste leur principale cause de décès. » Réchauffement climatique ou non. D’autre part, l’auteur de la vidéo s’est bien gardé d’alerter les autorités locales compétentes afin que l’ours fût euthanasié puis autopsié. On aurait pu connaître avec certitude les raisons de son agonie qui peut être non alimentaire (blessure antérieure l’empêchant de chasser, maladie, senescence…)

http://www.contre-info.com

Cet ours polaire mourant de faim est-il réellement victime du réchauffement ?

Les images d'un animal efflanqué peinant à marcher sur ses terres ont choqué le monde entier, devenant instantanément le symbole du réchauffement climatique. Sans doute à tort. Dommage.

L'image est saisissante. Presque insoutenable. Un ours polaire marche avec difficulté, la peau sur les os, dans l'archipel arctique canadien. La vidéo est prise par le photographe Paul Nicklen pour le compte de SeaLegacy, une organisation à but non lucratif cofondée avec sa consœur Cristina Mittermeier et dont l'objectif affiché est d'établir «un pont entre les données scientifiques et l'émotion humaine». Elle fait rapidement le tour du monde. Comme la plupart des grands médias internationaux, Le Figaro la reprend en émettant déjà quelques réserves. Ces images deviennent instantanément le symbole du réchauffement climatique. Et l'on finit par oublier de se poser une question toute simple: cet ours polaire mourant de faim est-il véritablement victime du réchauffement climatique? La réponse est loin d'être triviale.

Commençons tout d'abord par dissiper tout éventuel malentendu: aucun scientifique sérieux ne doute à ce jour du danger que représente le réchauffement climatique pour les ours polaires.* En accroissant la fonte saisonnière de la banquise (en durée et en surface), elle prive ces animaux d'une ressource naturelle qui leur est indispensable pour chasser, pour se déplacer ou pour se reproduire. Sur les 19 populations d'ours polaires identifiées - qui vivent toutes dans le cercle arctique sur des territoires détenus (ou partagés) par le Canada, les États-Unis, la Russie, le Groenland et la Norvège - trois sont en déclin, six sont stables, une est en accroissement et neuf sont tout simplement trop mal étudiées pour en dire quoi que ce soit. N'oublions pas que l'Arctique reste une région hostile et difficile d'accès (et que les crédits manquent pour monter des expéditions). Les projections sont néanmoins très pessimistes et prévoient leur probable extinction avant la fin du siècle.

Pas d'autopsie

Pour autant, «nous sommes incapables de dire à partir de ces images si la malnutrition de cet ours a été provoquée par le réchauffement climatique et la fonte de la banquise associée», reconnaît Steven Amstrup, responsable scientifique de l'association Polar Bear International. «Les ours polaires ont peu de prédateurs naturels. Bien qu'ils vivent assez longtemps, ils ne sont pas immortels. Tous finissent par mourir, et la plupart meurent parce qu'ils n'ont pas réussi à se procurer assez de nourriture. La malnutrition reste leur principale cause de décès.» Réchauffement climatique ou non.

Les autorités locales compétentes n'ayant pas été contactées, cet ours n'a pas été euthanasié puis autopsié comme cela aurait dû être le cas, fait pour sa part remarquer sur Twitter un spécialiste de la faune arctique, Jeff Higdon. Impossible dans ces conditions d'écarter l'hypothèse d'une maladie grave, par exemple. Ou d'estimer l'âge de l'animal, tout simplement. Les auteurs des images reconnaissent de leur côté ne pas pouvoir dire s'il existe un lien direct entre le réchauffement et la mort de cet animal en particulier. Ils jouent habilement sur les mots en expliquant avoir voulu montrer ce à quoi ressemblait un ours en train de mourir de faim, car c'est le destin qui attend ces animaux si le réchauffement en cours continue de s'accentuer. Il n'y a pas de raison a priori de douter de leur bonne foi.

Une vidéo prise en été

Ce qui est gênant, c'est que ces images ont été prises en plein été, une époque où la région est naturellement dénuée de glace, pour être diffusées à la fin de l'automne. Et que cette information a été soigneusement éludée au moment de leur publication, comme le souligne le National Post canadien dans une excellente analyse. Pour frapper un peu plus les esprits? Probablement. Autre souci, le cliché a été pris dans l'une des régions où les populations d'ours polaire sont stables, note le journal. Une information encore une fois passée sous silence.

Inévitablement, les climatosceptiques de tout poil ont contre-attaqué. Ils n'en demandaient pas tant. Mettre en doute la disparition progressive des ours polaires est une façon indirecte, mais très efficace, de contester la réalité du réchauffement climatique, comme le souligne une récente étude parue dans BioScience. Le flou qui entoure ces images est du pain béni pour ces négationnistes du climat. Il permet de nourrir à peu de frais leur argumentaire conspirationniste. À vouloir trop jouer avec les symboles, ce film se retourne finalement contre ses auteurs et la cause légitime qui est la leur.

http://www.lefigaro.fr/sciences/2017/12/14/01008-20171214ARTFIG00297-cet-ours-polaire-mourant-de-faim-est-il-reellement-victime-du-rechauffement.php

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*"aucun scientifique sérieux ne doute à ce jour du danger que représente le réchauffement climatique pour les ours polaires"/aucun jounaliste sérieux ne publie un tel bobard sans un minimum de vérifications, ça n'a pas empêché le Figaro de se précipiter comme les autres, même avec quelques réserves. Mais donnons leur acte d'avoir rectifié le tir, contrairement à d'autres.

Cela dit, de telles pratiques médiatiques relancent la suspicion sur la thèse générale reprise par toute la presse concernant le réchauffement climatique, on dénonce ensuite à bon compte la prolifération de thèses "complotistes", quitte à faire de la surenchère verbale: "négationnisme", "argumentaire conspirationniste" ...

P.G.

Lire aussi le texte, ci-dessous, évoquant un montage similaire daté d’octobre 2015

Écologie : l’ours polaire et sa doublure médiatique

 

ours polaire

Une photo d’ours polaire famélique, symbole du combat écologique, a fait le tour du monde. C’était un hoax. Décodage.

Nous proposons de distinguer, à compter de ce jour, deux variétés d’ours polaires : l’ursus maritimus, ours polaire au sens strict, et l’ursus mediaticus, son équivalent médiatique. L’écart qui s’est creusé entre ces deux variétés, depuis vingt ans, est trop grand pour qu’on puisse encore les confondre.

Tout a commencé lorsque le groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat, ou GIEC, s’est mis à populariser l’idée que la Terre se réchauffe abominablement suite aux émissions humaines de CO2 et autres gaz à effet de serre. Très vite, la presse se chargea de « traduire » cette théorie à l’usage du grand public en l’illustrant par de malheureux ours polaires (ursus maritimus) perdus sur des morceaux détachés d’une banquise fondant comme neige au soleil. Ce qui donna une célébrissime image, dont le triomphe planétaire ne le cède qu’à de très rares concurrents.

Seul problème : c’est un faux, un montage Photoshop. Il n’est pas jusqu’à la prestigieuse revue Science, pourtant peer-reviewed, qui ne s’y soit laissée prendre, avant de se rétracter, grâce leur en soit rendue2.

Comme les meilleures arnaques ne meurent jamais, elles se contentent de changer de forme, des esprits bien intentionnés ont récemment diffusé une nouvelle image d’un ours polaire, cette fois non seulement esseulé, mais efflanqué, quasiment mourant. Le message est clair : le réchauffement s’accélère, voyez nos amies les bêtes, resterons-nous insensibles à la disparition de l’ursus maritimus ? Le succès de cette image, là encore, fut instantané et mondial, aucun d’entre nous n’y a échappé.

ours polaire rené le honzecUn détail était omis : l’ours photographié souffre visiblement de la patte postérieure gauche3, ce qui le condamne en effet à brève échéance, telle est la dure loi de la nature. Quand même ce « détail » ne serait pas, pas plus qu’une hirondelle ne fait le printemps, l’image d’un ours ne prouve rien.

Qu’en est-il de la réalité ? Depuis 1950, la population des ours polaires, loin de régresser, a été multipliée par 5 (estimation faible) ou 7 (estimation forte, soit une augmentation de 600%)4. Autrement dit, dans la réalité des faits, ces féroces prédateurs n’ont jamais été aussi nombreux, et ils ne se sont jamais aussi bien portés.

Vu cette explosion en un demi-siècle de la population des ours polaires, si nous nous contentions de raisonnements de type GIEC, nous serions tentés de proposer une causalité du type : plus l’homme émet de CO2, plus il y a d’ours polaires.

Bien entendu, cela n’aurait aucun sens, la corrélation n’est pas la causalité. Alors nous nous limiterons à suggérer une loi Markó-Godefridi relevant de ce que Kant appelait la raison pratique : « Quand un ursus mediaticus pointe son museau, fuyez ! »

  1. István Markó est docteur en chimie (Université catholique de Louvain), Drieu Godefridi est docteur en philosophie (Sorbonne).
  2. Nous racontons cette histoire dans notre ouvrage Climat :15 vérités qui dérangent, 1ère éd., Texquis, 2013, p.150.
  3. Ce qui fut reconnu par l’auteur de la photo : http://www.cbc.ca/news/trending/thin-bear-photo-kerstin-1.3232725
  4. Voy. http://polarbearscience.com/ et le site du Norvegian Polar Institute, dont l’adresse est :
    http://www.npolar.no/en/the-arctic/svalbard/ et plus spécifiquement pour les ours :
    http://www.npolar.no/en/search.html?query=polar+bears. Ces données ne sont pas contestées.

https://www.contrepoints.org/2015/10/15/225428-ecologie-lours-polaire-et-sa-doublure-mediatique

http://arretsurinfo.ch/bobard-climatique-lours-mourant-na-pas-ete-victime-du-rechauffement/

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mercredi 16 août 2017

Les trois quarts des émissions de gaz à effet de serre sont causées par 100 entreprises

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Les trois quarts des émissions de gaz à effet de serre sont causées par 100 entreprises

http://mashable.france24.com/tech-business/20170711-emissions-gaz-effet-de-serre-100-entreprises

Cent grands groupes, essentiellement dans le secteur des énergies fossiles, sont responsables de 71 % des émissions de gaz à effet de serre depuis 1998, d'après un nouveau rapport publié, lundi, par une ONG environnementale.

 

Elles sont 100, et sans elles la Terre aurait beaucoup moins chaud. Cent grandes entreprises sont responsables des trois quarts des émissions de gaz à effet de serre depuis 1988, a conclu l’ONG environnementale Carbon Disclosure Project dans un nouveau rapport paru lundi 10 juillet. Ces particules sont en grande partie à l'origine du réchauffement climatique.

Ces méga-pollueurs viennent principalement de Chine, d’Iran, d’Arabie saoudite ou encore des États-Unis et de la Russie. Ils s’appellent Gazprom, Saudi Aramco ou encore ExxonMobil et jouent tous dans la même cour : celle de l'exploitation des énergies fossiles. Le seul Français du lot, Total, se classe dans le top 25 des plus gros émetteurs de gaz à effet de serre. Un club encore plus sélect qui est responsable de plus de la moitié de ces émissions.

Les États sur le banc des accusés aussi

L’industrie des énergies fossiles a doublé sa contribution au réchauffement climatique en émettant autant de gaz à effet de serre en 28 ans (1988-2016) qu’en 237 ans auparavant”, ont constaté les auteurs de l’étude qui se sont basés uniquement sur des données publiques.

Si Carbon Disclosure Project pointe clairement un doigt accusateur sur ces entités, l’ONG n’en oublie pas moins les États qui ont bien souvent investi dans le développement de ces grands groupes. Saudi Aramco (Arabie saoudite), CNPC (Chine) ou encore National Iranian Oil sont tous des groupes publics. D’autres, comme Gazprom en Russie, sont étroitement liés à l’État.

Ces géants soutenus par la puissance publique se classent dans les 10 principaux émetteurs de gaz à effet de serre. Pour Carbon Disclosure Project, les États concernés démontrent ainsi leur double langage entre des engagements publics pour lutter contre le réchauffement climatique et leur participation aux conseils d’administration de certains des principaux responsables de la situation climatique actuelle.

Environnement et économie

Le risque de continuer à soutenir financièrement ces mastodontes du pétrole ou du gaz est certes environnemental avant tout. Si Exxon, BP, Total et les autres continuent à extraire ces énergies fossiles au même rythme que ces derniers 28 ans, la hausse de la température dépassera les 4°C d'ici 2100, très loin de l’objectif d'une hausse inférieure à 2°C fixé par l’accord de Paris sur le climat. D'après un rapport de la Banque mondiale en 2012, une telle différence de température entraînerait des inondations à répétition dans les villes côtières, une baisse de la production de certains aliments (céréales, riz) potentiellement mortelle dans les régions les plus pauvres et l’extinction d’une part non négligeable de la faune et de la flore.

Mais ce risque a aussi une dimension économique. Le rythme de développement des énergies renouvelables menace la survie même de ces grands fauves à un horizon de dix ans, d’après les auteurs du rapport. Entre les géants de la Tech, comme Apple ou Facebook, qui ont majoritairement recours à des énergies renouvelables et certains constructeurs automobiles, comme Volvo, qui veulent se convertir dans les années qui viennent au tout électrique ou à l’hybride, les signes d’un déclin du fossile se multiplient. Carbon Disclosure Project appelle ces groupes à changer radicalement de modèle économique, s'ils ne veulent pas prendre le risque de voir les investisseurs s'en aller les uns après les autres.

– Article initialement publié sur le site de France 24.

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vendredi 28 juillet 2017

Métaux : les besoins colossaux de la transition énergétique

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Métaux : les besoins colossaux de la transition énergétique

En savoir plus sur https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/030454538803-metaux-les-besoins-colossaux-de-la-transition-energetique-2103122.php#TZRmWXZL1UeYOY0d.99

 

Les technologies requises pour limiter le réchauffement du climat feront grimper la demande de ressources naturelles.

C’est, selon la Banque mondiale, un risque majeur pour l’environnement.

Un avenir bas carbone ne se construira pas sans minerais ni métaux. Loin s'en faut. Pour contenir le réchauffement planétaire sous les 2 °C, comme ambitionné par plus de 170 pays signataires de l'Accord de Paris fin 2015, il faudra en fait en extraire d'énormes quantités, avance la Banque mondiale dans un rapport sur le rôle primordial que jouera le secteur dans une telle économie « verte ».

Le constat paraît sans appel. « Le rapport montre clairement que la composition des technologies supposées alimenter le passage à une énergie propre - éolien, solaire, hydrogène et systèmes électriques - nécessite en fait significativement PLUS [sic] de ressources que les ­systèmes d'alimentation en énergie traditionnels », écrivent les auteurs qui se sont penchés sur trois grandes technologies renouvelables : l'éolien, le solaire et les batteries de stockage d'énergie.

Les besoins futurs ne seront absolument pas les mêmes selon que le réchauffement de la ­planète est limité à 2 °C, ou qu'il atteigne 4 °C voire 6 °C, les trois scénarios envisagés par l'organisation. Sans surprise, le premier scénario se révèle le plus « ressourçovore ». La demande de métaux pourrait doubler avec le boom des technologies éoliennes et solaires, dit la Banque mondiale. Mais c'est dans les accumulateurs électriques que l'exemple est le plus frappant : leur développement pourrait entraîner un bond de 1.000 % de la demande de lithium, si le monde prend les mesures requises pour contenir l'élévation de la tempé­rature ­nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels.

Choix politiques

La Banque mondiale a listé les ­ressources clefs de la transition énergétique, à l'instar du cuivre, de l'argent, de l'aluminium (bauxite), du nickel, du zinc et, probablement, du platine. Des marchés qui devraient donc bénéficier d'un virage vert. Elle cite aussi les terres rares, neodymium et indium.

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Evidemment, beaucoup dépendra du nombre de turbines, de panneaux solaires ou encore de véhicules fabriqués - et donc des choix politiques des gouvernements. Le type de technologies déployées dans chacun de ces segments sera également déterminant. « Les technologies renouvelables qui émergeront comme les plus adaptées et les plus avantageuses seront essentielles pour définir le marché des matières premières sur les cinquante prochaines années », estiment les auteurs.

En se fiant aux tendances actuelles, le Chili, le Pérou et, potentiel­lement, la Bolivie auront un rôle majeur à jouer en fournissant du cuivre et du lithium ; le Brésil avec la bauxite et le fer ; l'Inde pour le fer, l'acier, le titane ; l'Afrique australe et la Guinée seront « incontournables » pour répondre aux besoins grandissants en platine, manganèse, bauxite et chrome ; et la Chine pour à peu près tous les produits. La Banque mondiale cite en outre la Nouvelle-Calédonie et ses « réserves massives de nickel », matière première utilisée aujourd'hui dans les batteries pour voitures électriques.

Jusqu'à présent, peu d'analyses du genre ont été faites sur les implications matérielles d'un adieu aux systèmes fondés sur les combustibles fossiles. Avec ce rapport, la Banque mondiale met en garde sur l'impact que peut avoir une économie bas carbone sur l'environnement.

Compléter et non pas concurrencer

« Si elle n'est pas correctement gérée, cette croissance de la demande de minerais et métaux pourrait aller à l'encontre des efforts et des politiques des pays riches en ressources pour atteindre les objectifs qu'ils se sont fixés en matière de changement climatique », préviennent les auteurs. Une attention particulière devra également être ­portée pour que l'eau utilisée par les communautés locales et les écosystèmes ne soit pas trop ­fortement touchée.

Le directeur du pôle mondial d'expertise en énergie et industries extractives du Groupe de la Banque mondiale, Riccardo Puliti, plaide pour l'ouverture d'un « dialogue entre les groupes d'intérêt sur le climat, l'énergie verte et les industries extractives ». Pour cela, les pays ­doivent intégrer que « le développement d'une ressource naturelle vient compléter et non pas concurrencer un avenir plus vert et plus durable ».

Muryel Jacque, Les Echos

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dimanche 4 juin 2017

Actualités européennes (9)

ACTUALITES EUROPEENNES

Bruxelles vole au secours de la finance persécutée en redynamisant le marché de la titrisation

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La Commission européenne avait exprimé sa volonté de redynamiser le marché de la titrisation en septembre 2015 (cf. Ruptures du 27/10/15). Le 30 mai, après plusieurs mois de négociations, Bruxelles est parvenu à un accord pour relancer cette pratique qui consiste à créer des produits financiers à partir de paquets de prêts, d’hypothèques ou d’autres formes de dettes. La titrisation est à l’origine des subprimes aux États-Unis, et donc de la crise de 2007-2008. Mais, bien sûr, cette fois-ci il s’agit de produits sans danger…

https://ruptures-presse.fr/actu/finance-marche-titrisation-commission-union-europeenne/

Bravo Donald, et maintenant, c’est le moment de sortir de l’OTAN !

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La décision annoncée par Donald Trump de sortir de l’accord de Paris sur le climat suscite un tollé sans précédent. Chacun sait que dans ces colonnes, on ne donne pas dans le soutien inconditionnel au maître de la Maison Blanche. Mais cette fois…

Il l’a fait ! Donald Trump avait jusqu’à présent si fréquemment tourné le dos à ses promesses électorales qu’on désespérait qu’il tînt cet engagement-là. Finalement, il a eu le courage d’aller contre les objurgations des élites mondialisées (lire le compte-rendu du G7  du 26 mai dans l’édition papier de Ruptures), des partis installés, des médias les plus divers – bref, de l’idéologie dominante qui, sur le dossier « environnement », flirte carrément avec le terrorisme intellectuel.

Le président américain a donc, le 1er juin, annoncé la sortie de son pays de l’accord « climat » signé à Paris. Ce faisant, il désespère tout ce que l’Union européenne compte de sommités, du président du Conseil, Donald Tusk, à celui de la Commission, Jean-Claude Juncker, de la chancelière allemande au président français. S’il ne s’était pas agi des Etats-Unis mais des îles Fidji, gageons qu’un corps expéditionnaire européen, alimenté en carburant bio, serait déjà En Marche pour rétablir la sacro-sainte défense de la planète.

Il désespère également ces autres progressistes bien connus que sont Apple, Facebook, Google, Microdsoft, mais aussi Unilever, ConocoPhilipps et Exxon Mobil : toutes ces firmes avaient, au dernier moment, tenté de dissuader la Maison Blanche de commettre l’ « irréparable »…

https://ruptures-presse.fr/actu/trump-climat-mansholt-juncker-tusk/

Un nouveau référendum piétiné : les Pays-Bas ratifient le traité UE-Ukraine

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Les annulations de référendum se suivent et se ressemblent au sein de l’Union européenne. Le 6 avril 2016, les Néerlandais votaient nettement Non (à 61 %) à l’accord de « partenariat » – incluant un large volet de libre-échange – entre l’UE et l’Ukraine. Quatorze mois plus tard, le 31 mai 2017, presque deux tiers des sénateurs ont annulé ce résultat et ratifié le traité.

Respecter l’issue d’un référendum est l’exception en régime bruxellois. Les dirigeants ont tellement pris l’habitude de piétiner le verdict populaire quand celui-ci leur déplaît que l’on finit par ne plus être surpris. Amplifiant le Non français du 29 mai 2005, les Néerlandais avaient rejeté le TCE trois jours plus tard à 61,5 %. On sait ce qu’il advint de ces votes démocratiques… Douze ans plus tard, presque jour pour jour, un autre référendum est contourné aux Pays-Bas.

Parmi les États membres, seul Amsterdam n’avait pas ratifié l’accord d’association avec l’Ukraine signé entre Bruxelles et Kiev en 2014. Cela dit, bizarrerie légale, celui-ci s’appliquait malgré tout de façon provisoire. Les deux chambres néerlandaises avaient elles-mêmes ratifié l’accord mais en octobre 2015, des citoyens avaient activé un dispositif légal obligeant le gouvernement à organiser un référendum, le résultat étant non contraignant. Et en effet…

Les rebondissements ont été nombreux après le scrutin d’avril 2016, les difficultés étant amplifiées par les enjeux des élections législatives du 15 mars dernier. Le Premier ministre Mark Rutte, farouche partisan de l’accord UE-Ukraine, n’a pas ménagé ses efforts pour convaincre les parlementaires de s’asseoir sur la volonté populaire. La semaine dernière, il est parvenu à obtenir l’approbation d’une majorité de sénateurs de l’Appel démocrate-chrétien (CDA), dont le chef de file, Sybrand Buma, est opposé au traité et avait même promis de le « jeter à la poubelle » si son parti avait gagné les élections législatives.

" L’avenir de l’Ukraine est en Europe " – Jean-Claude Juncker

Mark Rutte a argué que le traité était nécessaire pour maintenir « une Europe unie et stable », en insistant sur l’incertitude produite par le Brexit. Pour convaincre les parlementaires réticents, il avait précédemment demandé aux dirigeants européens de produire une déclaration écrite dans laquelle ceux-ci s’engageaient sur plusieurs aspects des futures relations UE-Ukraine.

Sans modifier une ligne de l’accord d’association, les partenaires d’Amsterdam ont notamment certifié que celui-ci « ne contenait aucune obligation pour l’UE ou pour les États membres d’apporter une garantie collective de sécurité ou d’assistance militaire » à Kiev. Ils se sont également engagés à ce que l’Ukraine n’obtienne pas le statut de pays candidat à l’entrée dans l’UE, en précisant que le traité n’offrirait pas cette possibilité à l’avenir.

Le vote des sénateurs néerlandais était à peine connu que Jean-Claude Juncker, enchanté par ce nouveau viol de la démocratie, revenait implicitement sur cette dernière promesse : « l’avenir de l’Ukraine est en Europe ». Dans son communiqué, le président de la Commission européenne a remercié le gouvernement de Mark Rutte pour les efforts qui ont permis que « ce processus débouche sur une issue positive ». Il a ajouté qu’il fallait profiter de cette dynamique favorable pour renforcer… l’association avec l’Ukraine.

Le vote des Néerlandais : piétiné. Les garanties européennes : piétinées. Bruxelles vient de lancer la danse de l’été.

https://ruptures-presse.fr/actu/referendum-pietine-pays-bas-ratification-traite-association-ue-ukraine/

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