dimanche 1 juillet 2018

Les dix salariés du magasin Espace Émeraude à Cressat (Creuse) ont perdu leur emploi...

Vendredi 23 juin au soir, les salariés d’Espace Émeraude à Cresat (Creuse) ont baissé définitivement le rideau. Qu’ils aient débuté leur carrière professionnelle ici ou aient été embauchés plus récemment, ils se posent tous la même question : que faire demain ?

ACT CRESSAT CREUSE

«Pour la première fois, on a délégué quelqu’un qui va fermer la porte à notre place. » Pour la première et pour la dernière fois aussi. Vendredi, 18h30, le rideau de fer d’Espace Émeraude à Cressat (Creuse) s’est baissé. Définitivement.

« On ferme mais on ne se rend pas compte qu’on ne rouvrira plus », lâche Marie.
Dans le magasin, des clients de la première heure et des anciens employés sont venus soutenir ceux qui, ce soir-là, se retrouvent sans emploi. Et qui, pour certains, ferment la porte sur trente années de vie. Comme Franck, responsable d’activité, qui a débuté sa carrière dans ce magasin de matériel agricole, il y a trente ans.

« Ça été mon premier vrai boulot ici. J’avais 19 ans quand je suis rentré au service express. Après, j’ai été magasinier, puis aux pièces détachées et là, je suis responsable du magasin. » Il a un peu de mal à réaliser, comme ses neuf collègues, que ce vendredi soir, c’est fini.

« Entre mourir d’une crise cardiaque ou d’une longue maladie, autant que ce soit bref »

« Quand on l’a appris à la mi-mai, on ne s’y attendait pas. Sur le coup, on n’y croit pas vraiment. Même encore aujourd’hui. On va réaliser tout à l’heure quand on va fermer mais surtout dans les semaines qui viennent. » « C’est surtout en septembre qu’on va vraiment se rendre compte, pense Chantal qui a passé trente ans ici. Là, c’est l’été, c’est un peu comme si on était en vacances mais à la rentrée, c’est là que ça va être le plus dur. ». « Oui, ça a été rapide mais en même temps, je préfère autant, poursuit Franck. C’est pas facile de venir travailler quand on sait que c’est bientôt fini. Et entre mourir d’une crise cardiaque ou d’une longue maladie, autant que ce soit bref. »


« Franchement, quand on apprend la nouvelle, c’est un monde qui s’écroule sous nos pieds, confie Manu, 25 ans de boîte. Je suis en colère, je ressens de l’injustice et de la déception. On a évolué au sein de ce groupe pendant 25 ans, on leur a rapporté de l’argent et là, on est complètement lâchés. Tout ça parce qu’on ne correspond pas à leur axe de développement! Qu’est-ce que je vais faire après ? Je n’en sais rien. Je n’ai jamais été demandeur d’emploi. Comment ça se passe ? Je vais aller à Pôle emploi, voir si je peux faire des formations… »

« On est tous creusois, on a nos vies ici »

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Alors oui, bien sûr, « on a eu des propositions de reclassement dans le groupe, rapporte Franck. Mais qui ne correspondent pas franchement à nos profils et qui sont dans le Maine-et-Loire. Nous, on est tous creusois, on a nos vies ici et on n’a pas vingt ans. » « J’ai mes enfants au collège et au lycée, enchaîne Manu. Et ma femme vient juste d’être reclassée, elle, après la fermeture de l’IME du Monteil-au-Vicomte où elle bossait! ». Marie, elle, est plus jeune. Mais elle vient d’avoir un bébé et d’acheter une maison. « Si je n’avais pas d’attaches, si j’étais seule, sans doute que je partirais mais là… Notre petit apprenti qui a 18 ans, il va sûrement partir, lui, mais ça sera bien le seul à accepter un reclassement. Je vais essayer de trouver dans ma branche, j’étais comptable ici. On se dit qu’on va bien trouver quelque chose mais bon… En même temps, je m’inquiète plus pour mes collègues qui sont plus âgés. »

« Comment on  va rebondir après ? Est-ce qu’on aura la force ? »

« Oui, on s’inquiète tous pour les autres en fait, reconnaît Franck. On pense à nos clients et à la Creuse qui perd un commerce de plus. Et on pense à chacun d’entre nous. On a toujours été une équipe soudée, il y avait une bonne ambiance entre nous, on va rester solidaires. Mais on se demande aussi comment on va rebondir après. Est-ce qu’on aura la force ? On s’est tous dit qu’on allait garder le contact, pour se donner un coup de main s’il y a besoin. »


Le contact, certains aimeraient bien même le garder avec leurs clients. « Il y en a qui nous disent : “Faut monter quelque chose les gars, faut pas laisser tomber. Nous, on a besoin de vous”. » Alors Franck, Manu et quelques autres y pensent : « Pourquoi pas monter une Scop ? On a des projets mais est-ce que c’est réalisable ? Nous, on est convaincus que notre activité en Creuse, il y en a besoin mais après ? Il faut voir. »

Vendredi soir, le rideau s’est baissé. Définitivement. À l’intérieur, des clients, des anciens employés et ceux qui viennent de perdre leur boulot « Ça y est, lâche Franck. Le rideau est tombé. Maintenant, on va aller boire un coup tous ensemble. On fait en deux étapes. Pour faire passer la pilule. »

Séverine Perrierhttps://www.lepopulaire.fr/cressat/economie/commerce-artisanat/2018/06/25/vendredi-soir-les-dix-salaries-du-magasin-espace-emeraude-a-cressat-creuse-ont-perdu-leur-emploi_12899791.html

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vendredi 8 juin 2018

Carrefour : des milliers d'emplois supprimés et un ex-PDG qui s'enrichit

Libération s'est penché sur la rémunération de l'ex-PDG de Carrefour, qui multiplie les fermetures de magasins.

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Après son départ en juillet 2017, il a touché près de 16 millions d'euros et une retraite à vie d'environ 500 000 euros par an.

Carrefour vit des heures difficiles : fermetures de magasins et suppression de près de 2 000 postes. Malgré tout, si de nombreux salariés peuvent s'inquiéter de leur avenir, notamment financier, ce n'est pas le cas de l'ancien PDG, parti en juillet 2017, Georges Plassat. C'est lui qui a été le stratège au sein de Carrefour en 2014 pour le rachat de plus de 800 magasins DIA... dont plus de 200 sont aujourd'hui menacés.

Le bon moment pour l'outil Checknews de Libération d'enquêter sur les émoluments reçus par l'ancien patron de l'enseigne, le montant de sa retraite et les futures rémunérations qu'il percevra. Au total, on apprend ainsi que lors de son départ en 2017, Georges Plassat a ainsi touché – entre les actions, les avantages en nature ou le salaire fixe – près de 16 millions d'euros, contre environ 10 millions en 2016. En 2016, Georges Plassat était d'ailleurs le dirigeant du CAC 40 le mieux payé... Difficile de comprendre dès lors les difficultés financières du groupe et les choix opérés.

En effet, Libération ajoute que Georges Plassat touche une retraite à vie de 517 810 euros par an. Un cachet revu à la hausse par le conseil d'administration en avril 2018, «eu égard aux performances du groupe en 2017», selon le quotidien.

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Mais ce n'est pas tout... Georges Plassat devrait toucher courant juin 2018, près d'un an après son départ, une nouvelle rétribution de plus de 800 000 euros de part variable au titre de 2017, sauf si l'assemblée générale des actionnaires en décide autrement le 15 juin prochain. Ce qui semble peu probable. Carrefour a semble-t-il bien appliqué la phrase d'Emmanuel Macron le 15 octobre 2017 : «Si l'on commence à jeter des cailloux sur les premiers de cordée, c'est toute la cordée qui dégringole».

Toutefois, la cordée formée par les 2 000 salariés Carrefour, ex-Dia, semble bel et bien se rompre sous l'effet de la politique menée par l'ex-premier de cordée Georges Plassat.

https://francais.rt.com/france/51363-carrefour-des-milliers-d-emplois-supprimes-et-un-ex-pdg-qui-s-engraisse

EUROPE CORDE 1"Le bon moment pour l'outil Checknews de Libération d'enquêter sur les émoluments reçus par l'ancien patron de l'enseigne, le montant de sa retraite et les futures rémunérations qu'il percevra": si cet outil leur sert à faire leur travail, on est content pour eux, mais ce journal euro- atlantiste est bien mal placé pour s'indigner...

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samedi 2 juin 2018

Unédic. Les évadés fiscaux font leur beurre sur l’argent des chômeurs

Des citoyens ont retracé le circuit très opaque de la dette de l'assurance-chômage française. Leur enquête montre que les détenteurs de cette créance, auxquels l'Unédic verse 400 millions d'euros d'intérêts par an, opèrent dans les paradis fiscaux.

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Ce vendredi matin, au moment même où le Conseil des ministres se penche sur les réformes de la formation professionnelle, de l’apprentissage et du système d’indemnisation du chômage qui constituent le projet de loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » – un titre pour le moins décomplexé –, une quinzaine de membres du Groupe d’audit citoyen de la dette de l’assurance-chômage (Gacdac) rendent public un premier rapport sur la dette de l’Unédic. Ils dénoncent l’opacité du financement de l’organisme chargé de la gestion des cotisations de 16,5 millions de salariés, un « système-dette » volontairement mis en place par ses dirigeants avec le soutien de l’État et des investisseurs sur les marchés financiers, détenteurs de 35 milliards d’euros de titres de créances sur l’assurance-chômage. Des investisseurs dont certains flirtent avec les paradis fiscaux, et se trouvent en bonne place sur les listings des Panamas et Paradise Papers révélés dans la presse.

Où va l’argent de l’Unédic ? Quel est le niveau d’évasion fiscale tiré des cotisations des salariés et de la CSG, l’impôt payé par les salariés et les retraités pour financer une partie de la protection sociale ? Après plusieurs semaines d’enquête dans les méandres de la comptabilité et des opérations financières de l’Unédic, ce que les membres du Groupe d’audit citoyen de la dette de l’assurance-chômage (Gacdac) ont découvert les a laissés pantois. D’autant que plus d’un chômeur sur deux n’est pas indemnisé.

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Si le montant de la dette du gestionnaire des allocations-chômage, estimée entre 34 et 37 milliards d’euros, n’a pas vraiment surpris les membres du Gacdac, la proximité de l’Unédic avec certains créanciers adeptes de l’optimisation, voire de l’évasion fiscales les a, en revanche, stupéfiés. « L’opacité du système ne nous a pas aidés. Nous ignorons précisément où sont les titres (de dette de l’Unédic), mais nous savons avec certitude que les entités qui les détiennent sont présentes dans les listings des Paradise ou Panama Papers (ces fichiers de comptes cachés dans les paradis fiscaux qui ont fuité dans la presse – NDLR). Sur cinquante investisseurs que j’ai réussi à repérer, la moitié est présente sur ces listes », révèle Louise Ferrand, qui a conduit les recherches ­documentaires pour le groupe d’audit.

Pour emprunter sur les marchés financiers, l’Unédic, via des banques dites « placeuses », émet des titres, des obligations, pour l’essentiel assez encadrés. Pour ses besoins de financement à court terme, elle recourt à des Euro Medium Term Notes (EMTN) imaginés aux États-Unis, des prêts très flexibles en taux, durée et peu réglementés, donc très prisés des « investisseurs », qui peuvent les échanger sans trop de contraintes. Pour ses affaires, l’Unédic fait appel à une vingtaine d’établissements financiers : les banques françaises BNP Paribas, Société générale, Crédit agricole, Bred et ­Natixis, les britanniques Barclays et HSBC, la suisse Crédit suisse, ou encore l’italienne Unicrédit, les allemandes Commerzbank AG, Nord/LB, Landesbank Baden-Württemberg, DZ Bank AG et Helaba, les américaines Citigroup et J.P. Morgan, la canadienne Scotiabank et la japonaise Daiwa Capital.

«Nous ignorons qui sont les vendeurs et les acheteurs »

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« Aucune de ces banques, quel que soit le montant des titres qu’elle achète, n’a à rougir puisqu’on estime qu’elles pratiquent toutes, avec plus ou moins de dextérité, l’évasion fiscale », notent les auteurs de l’audit, déçus de n’avoir pu présenter un tableau exhaustif des acteurs de la dette de l’assurance-chômage. Notamment ceux du marché dit secondaire, où se joue le gros de la partie, et qui, grâce à des réformes des Codes du commerce, monétaire et financier de 2002, bénéficient de véritables paravents qui garantissent leur anonymat.

Une fois acquis par les banques, les titres de l’Unédic sont en effet revendus sur un autre marché, le marché secondaire, en échange d’une commission, bien sûr, via une chambre de compensation, institution financière qui joue les intermédiaires dans les transactions en assurant leur bonne exécution. En l’occurrence, Euroclear, l’une des deux chambres européennes ; la seconde, Clearstream, avait défrayé la chronique dans les années 2000. Selon le Gacdac, l’Unédic verserait autour de 400 millions d’intérêts aux investisseurs sans les connaître vraiment, expliquait son directeur, Vincent Destival, auditionné par les sénateurs en 2015 : « Nous n’avons pas de suivi précis sur la manière dont notre dette est renégociée sur les marchés entre détenteurs primaires et des investisseurs intéressés. Nous savons à quel prix mais nous ignorons qui sont les vendeurs et les acheteurs. » L’un d’eux a pourtant été repéré par les auteurs du rapport : Sicav-Fis, adepte de l’optimisation fiscale. « En fouillant, je suis tombée sur ce fonds de compensation privé. Il a été créé pour gérer la réserve du régime général des pensions de retraite des Luxembourgeois. En 2016, il possédait pour 7,95 millions d’euros de titres de l’Unédic », précise Louise Ferrand.

La dette équivaut à un an de recettes de cotisations

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Les citoyens auditeurs ont ainsi retracé le circuit d’une partie de la dette de l’assurance-chômage française passant par le Luxembourg : le Crédit suisse (sous le coup d’une enquête pour blanchiment aggravé, pour ne pas avoir déclaré des milliers de comptes au fisc français) gère pour Sicav-Fis un emprunt de 252 millions d’euros qu’il a lui-même placé avec HSBC (un champion des placements dans les paradis fiscaux, qui vient d’éviter un procès en versant 300 millions à l’État français pour compenser les impôts dus) sur le marché primaire pour le compte de l’Unédic. « Nous demandons que la clarté soit faite sur l’identité des créanciers. Nous voulons savoir où passe l’argent de la collectivité », explique Pascal Franchet, du Gacdac. Lui ne se fait pas d’illusions sur la réponse attendue à la longue liste de questions que les auditeurs posent, dans une lettre jointe à leur rapport, à la ministre du Travail, aux administrateurs et à la direction de l’Unédic. « Les dirigeants ont fait le choix du système-dette, de l’endettement pour financer l’assurance-chômage avec le soutien de l’État qui garantit les emprunts. Cet aval de l’État permet à l’Unédic d’obtenir des taux d’emprunt très bas auprès des banques. Mais, si les taux remontent, ce qui est probable, ce sera une catastrophe pour le système d’assurance-chômage », poursuit Pascal Franchet.

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La dette équivaut désormais à un an de recettes de cotisations. Des cotisations dont le taux stagne depuis maintenant quinze ans, alors que le nombre de chômeurs a, lui, doublé. « En fait, les allocations-chômage sont une variable d’ajustement. D’où la nouvelle course à la radiation qui s’annonce », déplore Pascal Franchet.

Journaliste
http://gacdac.canalblog.com/

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jeudi 31 mai 2018

95 suppressions de postes annoncées chez Anovo à Brive

L'entreprise Anovo, spécialisée dans les outils de communication et la maintenance téléphonique, basée à Brive, est à nouveau dans la tourmente. Un plan social prévoyant 95 suppressions de postes sur 182 a été annoncé à Paris.

ACT ANOVO EMPLOI BRIVE

Chez Anovo, les échos n'étaient pas bons depuis plusieurs mois.

L'entreprise spécialisée dans les outils de communication a annoncé vouloir se séparer de 95 salariés comme nous l'a confirmé l'un d'entre eux.

La décision a été annoncée en CCE extraordinaire (comité central d'entreprise) ce mardi matin à Paris.

Aujourd'hui, l’entreprise de Brive recense 182 salariés qui ont appris avec stupeur le lancement d'un plan social. "Nous savions qu'il allait se passer quelque chose mais quand nous avons appris pour les 95 postes, ça a été un choc", confie une salariée du site.

Les salariés brivistes ont appris qu'ils étaient les seuls touchés par cette procédure sur les 4 sites français du groupe. Le site de Saint-Augustin ne serait pas concerné.

Le directeur des ressources humaines France, Philippe Albert, n'a pas souhaité faire de déclaration ce mardi soir.

Employant plus de 300 personnes avant son rachat en 2011 par Butler Capital, Anovo est entré dans le giron d'Ingram Micro en 2015. Le site briviste comptait alors 210 personnes.

"On fait le dos rond et ça continue"

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Ce n'est pas la première fois qu'Anovo est dans la tourmente. En 2015, une cinquantaine de postes avaient été supprimés suite à la perte d'un gros client. Etaient à cette éqoque concernés les deux sites corréziens, celui de Brive et celui de Saint-Augustin.

"J'ai connu le redressement judiciaire, les rachats, les plans sociaux...On fait des efforts, le dos rond et ça continue", lâche, fataliste, la salariée.

C'est un nouveau coup dur pour l'entreprise et pour le bassin de Brive après la fermeture annoncée en début d'année du site d'Euralis.

Laetitia Soulier et Emilie Auffret

https://www.lamontagne.fr/brive-la-gaillarde/economie/social/2018/05/29/95-suppressions-de-postes-annoncees-chez-anovo-a-brive_12865584.html

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La mondialisation heureuse, qu'ils disaient !!

Anovo, une entreprise française créée à Beauvais en 1987.
Anovo, racheté en 2011 par Butler capital partners, une société d'investissements française qui pratique le LBO (beurk).
Butler capital partners a été créée par Walter Butler, américain-Brésilien-Français ; énarque, il patauge au milieu des politiques (de Villepin,  Léotard, Jean-Marie Messier), participe à la privatisation de TF1, puis est embauché par... et oui, goldman sachs et puis créé son entreprise.
Puis racheté par Ingram Micro en 2015.
Ingram Micro racheté par le conglomérat chinpois HNA Group.
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Comme on le constate, les entreprises ne sont que des boîtes à finance, le capital humain n'étant qu'une variable d'ajustement !   S.R.

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dimanche 6 mai 2018

« McDo dégraisse… pas ses Big Mac mais son personnel ! »

TRIBUNE LIBRE / par

TL MACDO DEGRAISSE

La preuve par MacDo! Comme vous le savez, je suis passionné par les mutations massives qui touchent le marché de l’emploi car cela concerne évidemment la vraie vie des vrais gens. Vous, moi, nous serons tous touchés par les immenses bouleversements qu’annonce la « robolution », la révolution robotique.

Il est de bon ton de passer à l’antenne et, comme je le dis souvent, de citer l’histoire éclusée et usée jusqu’à la corde des canuts qui ne veulent pas disparaître et de dire que l’automatisation ne fait pas perdre de travail et que c’est d’ailleurs dans les pays où il y a le plus de robots qu’il y a le moins de chômeurs.

Fin du débat.

Les canuts et la queue qui remue le chien!

Sauf que la réalité, ce n’est pas que plus il y a de robots moins il y a de chômeurs. La vérité c’est que les pays dans lesquels il y a le plus de robots sont par nature les pays les plus industriels, comme l’Allemagne ou la Corée du Sud, ou bien encore le Japon, et que dans ces pays industrieux, il y a effectivement moins de chômeurs parce qu’à la base, il y avait une industrie plus forte.

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Il convient de rajouter aussi que dans ces pays autrefois en plein emploi, nous avons assisté ces dernières années à l’apparition du chômage ou d’une classe très pauvre de travailleurs, voire les deux, comme en Allemagne et, dans une moindre mesure, au Japon.

Dire que plus il y a de robots, moins il y a de chômage est aussi crétin que de dire que c’est la queue qui remue le chien…

L’automatisation en marche chez McDo

La réalité de l’emploi est donc toute autre.
Très différente.
Effrayante.

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Prenons par exemple le cas emblématique d’une entreprise mondialement connue et reconnue à travers le monde.

Une entreprise qui a besoin de beaucoup de main-d’œuvre, qui recrute tout le temps car ayant beaucoup de « turn-over », c’est-à-dire des taux de « rotation » importants de ses effectifs. En clair, beaucoup partent volontairement (ou non) chaque année.

Normal, c’est un métier difficile, un métier également temporaire. Celui d’équipier. Équipier Mc Do !

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Un boulot de jeunes, d’étudiants, un boulot pour se mettre le pied à l’étrier ou remplir la gamelle. Mais un métier quand même, et au-delà d’un métier, une véritable école. Celle du travail dur et harassant. L’école de la rigueur et de l’obéissance, l’école où l’on apprend à appliquer les règles, mêmes celles qui consistent à brosser les joints des carrelages une fois l’an à la brosse à dents pour que le restaurant soit rutilant. Ceux qui ont travaillé chez McDo sauront de quoi je parle.

Si vous voulez recruter un « jeune » qui sait bosser, un jeune courageux, prenez celui qui sort de deux ou trois ans chez McDo, vous ne vous tromperez sans doute pas !

Chaque année, McDo forme des milliers de jeunes. C’est moins le cas et cela le sera de moins en moins, comme en témoigne ce graphique effarant sur l’emploi chez McDo par rapport au nombre de restaurants !

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McDo : graphique de l’automatisation de l’emploi

Comme vous pouvez le voir, en 2013, les 35 429 restaurants avaient besoin de 440 000 collaborateurs pour tourner.

En 2017, avec 37 241 restaurants, soit nettement plus, McDo n’a plus besoin que de 235 000 personnes.

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Comme le taux de rotation des effectifs est très important, il n’a pas été nécessaire de faire de plans de licenciement, cela ne s’est donc pas vu ni étalé à la une des journaux.

Pourtant, le phénomène est là.

En 5 ans, McDo aura divisé par 2 ses effectifs.

Remarquable non ?

Les profits suivent évidemment la courbe inverse.

Plus encore, comme client, c’est vous qui maintenant passez commande aux bornes automatiques, en trouvant cela « vachement bien », parce que « c’est nettement plus pratique ».

Le résultat ? 200 000 postes en moins.

Vous ne faites donc pas face à la disparition du travail du jour au lendemain, mais à sa raréfaction.

À cela, vous devez vous préparer, vous-même comme vos proches, et en particulier vos enfants. Si vous êtes retraité, et que vous pensez que vous n’êtes plus concerné, vous vous trompez, hélas.

Tout le financement des retraites repose sur la capacité des actifs à payer des cotisations sur des salaires versés qui servent à payer les pensions de nos anciens.

Point de salariés, point de salaire. Point de salaire, point de cotisation. Point de retraite !

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

https://insolentiae.com/mcdo-degraisse-pas-ses-big-mac-mais-son-personnel/

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mardi 1 mai 2018

Sébastien, 32 ans, BAC +6, raconte avec force sa vie de chômeur (réédition)

En raison de la mobilisation sociale et militante autour du 1° mai, l'équipe de Frexit-Limousin.fr représente des articles de fond publiés sur ce site à des fins d'argumentaire. Merci de votre compréhension. P.G.

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En 2018, on estime qu’un Français sur 7 vit sous le seuil de pauvreté, soit avec moins de 1 015 euros par mois. C’est le cas de Sébastien.

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Sébastien, 32 ans, bac + 6 et deux masters en poche, est au chômage, tout comme un jeune sur quatre en France. Ayant grandi dans une famille modeste, il a financé lui-même ses études, convaincu qu’elles lui permettraient de décrocher facilement du travail à l’avenir. Une promesse qui se confronte à une sacrée désillusion.

Le 11 avril, France 5 diffusait le documentaire Pauvres de nous réalisé par Claire Lajeunie. En France, la pauvreté contemporaine revêt de nombreux visages. Une précarité qui influe très concrètement sur le quotidien de ces êtres humains victimes du système, de l’enfance à la retraite.

Comme Sébastien, surdiplômé, qui survit avec moins de 7 euros par jour et vit dans un logement social à Strasbourg, après avoir dormi 6 mois dans sa voiture.

SEBASTIEN CHOMEUR

« Je m’appelle Sébastien. J’ai 32 ans, 33 cette année. J’ai bac + 6. J’ai deux masters. Le premier en développement social, intervention et conflit. Et le deuxième, que j’ai fait à Sciences Po, en politiques européennes et affaires publiques.

 

Il y a trois ans, concrètement, j’étais chef de service, un service médico-social. Du jour au lendemain, je suis débarqué, voilà. Je sais pas pourquoi. Donc je perds mon emploi, et là les ennuis commencent.

Ce serait faux de dire qu’on sort de là indemne. C’est sûr que c’est pas la grosse joie. Être précaire, c’est être dans une espèce d’antichambre de la vie, c’est à dire que t’es pas vraiment dedans, mais t’es pas vraiment en dehors. Quand tu dois attendre la journée, parce que t’as pas de boulot, parce que tu peux rien faire, c’est un peu comme si t’avais le bracelet électronique quoi, en gros. T’es chez toi mais tu peux rien faire, t’as pas de liberté. Pas de boulot, pas d’argent, pas de vie sociale. Et à côté, la vie s’arrête en fait.

Y’a un moment, quand vous sortez avec des potes, ils disent bon bah on va se boire un coup ? Bah ouais mais non les gars, on va pas aller se boire un coup parce que je suis un peu ric-rac. On est dans une société de paraître, aujourd’hui on n’existe qu’à travers sa bagnole, à travers ses fringues, à travers son statut. Comment exister quand on n’est rien ?

(…)

Se coucher avec le ventre vide, ça m’est arrivé un bon paquet de fois quand même. Et ça m’arrive de temps en temps. Et puis des amis je pense. Quand ils me disent, t’as besoin de quelque chose, tu me le dis, je leur dis ‘ouais ouais t’inquiète, je te dirai’, je le dirai pas. Mais du coup, ils vont faire des courses ils vont dire, écoute j’ai fait ça. C’est un peu dur d’accepter, t’en parles pas, tu le dis pas.

(…)

Franchement, à choisir entre un copain qui te file 10 balles et un copain qui te file un paquet de pâtes, je préfère un pote qui te file un paquet de pâtes. »


 

Pour (re)voir le documentaire Pauvres de nous dans son intégralité, rendez-vous sur le replayde France TV.

 


 

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« La pauvreté n’est pas un accident. Comme l’esclavage et l’apartheid, elle a été faite par l’Homme et peut être supprimée par des actions communes de l’humanité. »

 

Nelson Mandela

 


 

Source :

https://positivr.fr/temoignage-pauvrete-precarite-chomage-documentaire-pauvres-de-nous/

https://aphadolie.com/2018/04/22/sebastien-32-ans-bac-6-raconte-avec-force-sa-vie-de-chomeur/

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lundi 23 avril 2018

Impôts : Attention ils vont continuer d’augmenter, voici pourquoi

Emmanuel Macron l’a promis, il n’y aura pas de nouveaux impôts. Toutefois, depuis quelques années une mutation s’opère sans bruit… Et elle risque très fortement de vous retomber dessus.

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Impôts : une hausse inévitable ?

Emmanuel Macron l’a assuré à plus d’une reprise et lors de sa dernière interview disputée face au duo Plenel-Bourdin. Il n’y aura pas de création d’un nouvel impôt, fût-il local ou national, au cours de son mandat. Les ménages de France ne devraient pas non plus faire face à une augmentation de la pression fiscale d’ici à 2022. Pas de hausse d’impôt donc, ni de la CSG !

Vraiment ? Pour Frédéric Farah, économiste parfois classé à gauche, chercheur affilié au PHARE et enseignant à l’université Panthéon-Sorbonne, la déclaration semble trop belle pour être vraie. « On peut rester réservé. Même sans prêter au président de la République une quelconque volonté d’enfumage, gardons à l’esprit que ces annonces sont tablées sur une situation contextuelle favorable », indique l’économiste pour qui une croissance plus forte que les années précédentes et des rentrées plus soutenues ne suffiront pas. « Sur la durée d’un quinquennat, beaucoup de choses peuvent arriver et parmi elles beaucoup peuvent résulter sur la création d’un nouvel impôt. Certains épisodes climatiques entraînent la création d’impôt sécheresse, par exemple », rappelle-t-il. A ses yeux il est tout simplement exclu qu’Emmanuel Macron ne vienne pas à l’impôt en temps et en heure.

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« C’est mécanique », assure Frédéric Farah, « Macron utilisera l’impôt pour financer sa politique ». Malgré les belles promesses du locataire de l’Elysée, « Il y sera contraint », explique le chercheur. Et pour cause ! Il ne dispose plus que d’un seul outil pour se donner les moyens de son action : la fiscalité. « Emmanuel Macron ne peut plus jouer sur la monnaie pour créer de la compétitivité. Il ne peut pas avoir recours aux cotisations qui alourdissent le ‘coût’ du travail. Il ne lui reste donc que l’impôt », détaille l’enseignant.

La CSG va continuer d’augmenter

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Naturellement, l’un des impôts qui s’en trouvera impacté c’est la CSG. « La CSG va monter en puissance. Compte-tenu de la situation structurelle du pays, dont la population vieillit, il ne peut pas en être autrement », précise l’enseignant-chercheur. (...) Du fait de la démographie française, mais aussi de la situation de chômage chronique qui touche le pays, la sécurité sociale dépense toujours plus. « A l’origine, la CSG ne représentait rien dans le financement de la sécurité sociale parce que l’Etat avait recours aux cotisations sociales plutôt qu’à l’impôt. Aujourd’hui, elle pèse pour près de 20% », explique l’économiste affilié au PHARE pour qui il ne faut pas écarter la potentielle création d’une 5ème branche qui prendrait en charge la dépendance. « La création d’une nouvelle cotisation ferait hurler les organisations patronales. Quant à la possibilité de revenir sur des réformes coûteuses perçues comme des cadeaux fiscaux aux plus aisés, elle n’est pas envisageable : dans la vision du président ce serait prendre un risque pour la dynamique économique du pays. Il ne reste que la CSG », souligne-t-il, un peu résigné.

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Ce n’est qu’une question de « timing politique », précise l’économiste, car une telle mesure serait suicidaire aujourd’hui. Mais, à ses yeux, les retraités constituent une cible facile pour l’exécutif. « Emmanuel Macron demande un effort aux retraités, ce qui n’est pas dénué d’une certaine logique : il s’agit d’une base fiscale fixe, qui n’a pas la possibilité de s’échapper, contrairement à d’autres. » Tout cela résulte, pour le chercheur, d’une volonté politique. Celle de ne plus créer du pouvoir d’achat par la hausse des revenus, parce que le salaire est désormais compris comme un coût, mais par la baisse des charges sur la paie. « Sauf que cette baisse des charges rogne nécessairement le budget de la sécurité sociale… qui est compensé par une hausse de la CSG et un plus grand recours à l’impôt. C’est ce que Frédéric Lordon appelle le capitalisme à basse pression salariale. »

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D’autant plus qu’en dépit des promesses de l’exécutif, Emmanuel Macron ne devrait avoir aucune difficulté à justifier la création d’un nouvel impôt ou l’augmentation de la pression fiscale déjà subie par les ménages. Plusieurs avocats fiscalistes l’ont pointé du doigt, le phrasé du président est pensé pour qu’il n’ait rien à s’interdire. « Les gouvernements successifs promettent souvent qu’ils n’imposeront pas plus les ménages. Dans les faits il lui suffirait de faire un audit pour pouvoir réutiliser une rhétorique classique qui viendrait légitimer le nouvel impôt»

 

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Une mutation économique et européenne

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Derrière tout cela se cache une mutation profonde de notre système social, à l’origine basé sur les cotisations et qui glisse maintenant vers l’impôt. Une mutation dérangeante en cela, au moins, qu’elle s’opère en silence, sans faire l’objet d’un débat réel. « On va vers une couverture plus universelle, certes, mais moins généreuse… une sorte de filet minimal parce que l’économie commanderait au social », analyse l’économiste, qui s’inscrit en faux avec cette vision des choses. « Si l’économie commandait véritablement au social, nous n’aurions jamais pu faire la sécurité sociale au sortir de la guerre, quand les caisses étaient vides », rappelle-t-il. Avant d’ajouter : « C’est le social qui a permis la moyennisation de nos modes de vie»

Selon lui, cette mutation qui progresse dans le sens d’une « modernisation inégalitaire assumée » croise la construction européenne. « Le traité de Maastricht, entré en vigueur en novembre 93, a créé l’Union économique et monétaire de l’UE et donc, de facto, l’euro. C’est lui qui impose la limitation des dépenses sociales, notamment en bloquant la possibilité de coupler une hausse des cotisations sociales avec un travail sur la monnaie pour garder une compétitivité », conclut l’économiste.


 

Source :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Contribution_sociale_généralisée

http://www.planet.fr/impots-impots-attention-ils-vont-continuer-daugmenter-voici-pourquoi.1546498.1556.html

https://aphadolie.com/2018/04/22/impots-attention-ils-vont-continuer-daugmenter-voici-pourquoi/

https://www.legifrance.gouv.fr/affichSarde.do;jsessionid=2AD5F1EF2C38248965B7494100840B1F.tpdjo16v_3?reprise=true&page=1&idSarde=SARDOBJT000007110277&ordre=null&nature=null&g=ls

vendredi 23 mars 2018

Mondialisation : les Français toujours inquiets

Grégoire Normand

@gregoirenormand

Selon un sondage OpinionWay, 60% des personnes interrogées ont une image négative de la mondialisation. Il semble que les inégalités engendrées par ce phénomène contribuent à exacerber les craintes.

La mondialisation tracasse les Français. Selon les derniers résultats du sondage OpinionWay pour le Printemps de l'économie, 6 personnes interrogées sur 10 ont une mauvaise opinion de ce phénomène et 14% en ont une très mauvaise opinion. Les Français sont avant tout inquiets pour leur avenir dans le contexte de la mondialisation. Alors que les populismes continuent de progresser en Europe et notamment en Italie, les effets de la mondialisation restent au centre des préoccupations des citoyens.

Des effets économiques contestés

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Les retombées économiques de la mondialisation ne semblent pas partagées par les Français. Pour les interrogés, il existe clairement des vainqueurs et des perdants dans le processus de globalisation à l'échelle de la planète. Certaines régions ont réussi à tirer leur épingle du jeu et à bénéficier d'effets positifs de la globalisation comme l'Asie (pour 55% des personnes interrogées) et l'Amérique du Nord (51%).

Les Français se montrent plus partagés concernant les effets de ce phénomène sur l'Europe. 47% des personnes questionnées jugent qu'elles a eu des effets négatifs contre 39% pensent qu'elle eu des effets positifs. Les conséquences sont également perçus en demi-teinte pour la Russie (36% positifs, 39% négatifs) et pour l'Océanie (29% positifs, 41% négatifs). À l'opposé, certaines régions ont souffert d'effets néfastes liés à ce phénomène comme l'Afrique (55%) et l'Amérique du Sud (50%). Au regard des résultats, des disparités apparaissent en fonction des catégories socioprofessionnelles. Les répondants appartenant aux catégories populaires sont bien plus critiques sur les effets de la mondialisation dans les différentes régions du monde.

"Pour chacune des régions testées, moins de la moitié considèrent que les effets de la mondialisation ont été positifs, alors que 56% des personnes issues des catégories favorisées jugent les effets positifs en Asie et 54% en Amérique du Nord. "

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L'échantillon considère également que l'éradication de la faim, la baisse des inégalités ou la préservation de l'environnement semblent être des objectifs peu compatibles avec ce phénomène. Pour les interrogés, seule l'innovation technologique profiterait des effets de tous ces échanges.

La France loin d'être épargnée

Dans l'enquête menée par l'institut de sondages, les Français n'ont pas manqué de critiquer les effets de la mondialisation sur l'hexagone. Plus de 55% des interrogés jugent que dans le domaine économique et environnemental, la globalisation a eu des effets négatifs. Les personnes interrogées critiquent fortement ces effets sur les salaires (65%), l'emploi (64%) et le pouvoir d'achat (58%). Sur la croissance, les avis sont plus partagés. 49% considèrent que la mondialisation a eu une influence négative, tandis qu'un tiers des personnes interrogées lui attribuent des effets positifs.

Les Français inquiets pour leur avenir

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Pour les trois quart des interrogés, la mondialisation devrait continuer de s'étendre et devrait toucher à terme tous les secteurs de l'économie. L'uniformisation est également une crainte exprimée par 54% des Français tant au niveau du mode de vie que des pratiques culturelles similaires qui pourraient aboutir à ce que toutes les sociétés se ressemblent. Seule une minorité de Français (34%) jugent que la mondialisation favorisera la paix dans le monde et que les inégalités de revenus diminueront sous son influence. Au final, les Français sont plutôt pessimistes sur leur avenir dans le contexte de la mondialisation. Il s'inquiètent en particulier du futur des générations à venir.

"L'avenir de la France (67%) et du monde (65%) représentent également des sources d'inquiétude fortes et à leur échelle personnelle, les Français reconnaissent également être pessimistes pour leur propre avenir (63%)".

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Le niveau vie des interrogés semble également jouer un rôle primordial dans la perception de la mondialisation. Les catégories les plus défavorisées qui expriment le plus de critiques à l'égard de la mondialisation sont également celles qui se sentent le plus démunies pour l'avenir. Ainsi, 58% des interrogés issus des catégories populaires (contre 54% des personnes issues des catégories favorisées), 62% des personnes non diplômées (contre 46% des personnes ayant un diplôme du supérieur à bac+2) et 57% des personnes ayant un niveau de revenu inférieur à 2.000 euros par mois (contre 51% des personnes gagnant 3.500 euros par mois ou plus) déclarent être pessimistes sur ces perspectives d'avenir dans le cadre de la mondialisation.

(*) Cette étude a été réalisée auprès d'un échantillon de 1.002 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d'âge, de catégorie socioprofessionnelle, de catégorie d'agglomération et de région de résidence. Les interviews ont été réalisées par questionnaire autoadministré en ligne sur système CAWI (Computer Assisted Web Interview). Les interviews ont été réalisées du 14 au 16 février 2018.

https://www.latribune.fr/economie/france/mondialisation-les-francais-toujours-inquiets-771303.html#xtor=EPR-2-[l-actu-du-jour]-20180316

jeudi 22 mars 2018

Sanctions contre les chômeurs : le gouvernement annonce ses projets

Étape de la concertation avec les partenaires sociaux, le ministère du Travail a présenté le 19 mars de nouveaux axes de son projet de réforme de l’assurance chômage : plus de contrôles et des sanctions alourdies contre les chômeurs.

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Partenaires sociaux, organisations patronales et syndicats qui gèrent l’Unédic ont été reçus au ministère du Travail, ce 19 mars, pour prendre connaissance des arbitrages du gouvernement sur l’assurance-chômage.

Le cabinet de la ministre Muriel Pénicaud dévoilait les grandes lignes du projet de «Loi sur la liberté de choisir son avenir professionnel» qui doit être présenté mi-avril pour un vote au Parlement d’ici cet été. Il s’agissait principalement de notifier aux trois organisations patronales (Medef, CPME et U2P) et aux cinq syndicats (CGT, CFDT, CFE-CGC, CFTC et FO) un renforcement des mesures de contrôle des demandeurs d’emploi qui avaient été annoncées pendant la campagne.

Selon les projets du gouvernement, refuser une «offre raisonnable d’emploi» ou l’insuffisance de recherche d’emploi seront désormais passibles de suspension d’allocations pendant un mois la première fois, deux mois la deuxième fois et quatre mois la troisième fois. Au deuxième et troisième manquement, l’allocation ne sera pas seulement suspendue mais définitivement amputée. Il s’agit donc surtout de modifications rendant plus sévères les sanctions déjà prévues par la loi de 2008, adoptée sous le deuxième gouvernement Fillon, qui avait déjà introduit la notion d’ «offre raisonnable d’emploi».

Triplement des agents pour contrôler les demandeurs d’emploi

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Parmi les mesures phares chères à Muriel Pénicaud : le triplement des agents de Pôle Emploi affectés au contrôle des demandeurs d’emploi. Ils devraient passer de 200 actuellement à 600 selon le projet de loi. Mais est-ce à cause d’un manque de moyens ou d’un manque de cas correspondants que la loi prévoyant les radiations a donné jusqu’ici peu de résultats ? Interviewé le jour même sur la chaîne Public Sénat, Hervé Chapron, ancien directeur général adjoint de Pôle Emploi, a rappelé que «Toutes les études avaient montré que 90% à 92% des demandeurs d’emploi cherchaient vraiment un travail. »; avant d’analyser : « Se focaliser sur le contrôle des chômeurs est une chose qui peut être intéressante médiatiquement mais qui […] ne rapportera pas l’équilibre des comptes

Toutefois, de nombreux points restent à préciser, comme les critères définissant les «offres raisonnables» qui doivent en partie être définis avec le demandeur d’emploi et être personnalisés. Parmi eux, la distance entre le domicile et le lieu de travail, mais aussi le salaire en deçà duquel un demandeur d’emploi peut refuser une offre. Il doit, actuellement être d’au moins 85% du salaire précédent dans une fonction comparable après six mois d’inscription à Pôle Emploi.

 

Dans une interview exclusive accordée au Parisien, il y a environ un an, le candidat Macron annonçait déjà un durcissement, en prévoyant d’abaisser ce seuil à 80%, voire 75%, sans parler d’attendre six mois : «Si des emplois décents correspondent à votre qualification et que le salaire n’est pas inférieur de plus de 20-25 % à votre ancien poste, vous ne pourrez pas refuser plus de deux offres. Sinon, vos indemnités seront suspendues. C’est ça la vraie révolution de la flexi-sécurité.»

A l’époque, Emmanuel Macron présentait ces nouvelles contraintes comme une «contrepartie» de l’extension des droits à l’allocation aux démissionnaires, mais aussi aux indépendants. En effet, ces derniers, auraient désormais droit, en cas de liquidation judiciaire, à une allocation de 800 euros par mois durant six mois, sous certaines  conditions. Mais aucune cotisation supplémentaire ne serait prélevée pour financer ce nouveau droit qui devrait donc alourdir la charge de l’assurance chômage. La logique peine toutefois à expliquer le lien entre le durcissement des contrôles pour des salariés devenus chômeurs et de nouveaux droits accordés aux indépendants et non financés au préalable.

Cela fait les bons comptes du Medef puisque cette mesure permet de précariser davantage les travailleurs en les obligeant à accepter toute forme d’emploi au rabais, sans quoi ces derniers se verraient supprimer leurs allocations.

Une stratégie qui permet dés lors de flexibiliser davantage le marché du travail, et qui permet également de faire baisser la courbe du chômage en faisant tout bonnement disparaître nombre de chômeurs des statistiques officielles.

Une baisse du taux de chômage par la radiation ou la précarisation.

Source :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Muriel_Pénicaud

https://francais.rt.com/economie/48953-sanctions-contre-chomeurs-gouvernement-annonce-durcissement

https://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do;jsessionid=2002675F696E8AA92A78D674377C1C86.tplgfr30s_1?idArticle=LEGIARTI000006903813&cidTexte=LEGITEXT000006072050&dateTexte=20180319

https://aphadolie.com/2018/03/21/sanctions-contre-les-chomeurs-le-gouvernement-macron-annonce-ses-projets/

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dimanche 11 mars 2018

Travailleurs pauvres en Europe : des chiffres alarmants

Ceci complète notre publication d'hier Les chômeurs européens de plus en plus pauvres, surtout les Allemands

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TRIBUNE LIBRE /

Grégoire Normand

En dépit d'une amélioration de la conjoncture, la paupérisation des travailleurs s'aggrave en Europe et la situation est encore plus préoccupante chez les chômeurs. À l'heure où les populismes gagnent du terrain notamment en Italie, les défis pour l'économie européenne restent immenses.

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La pauvreté s'accroît dans le monde du travail européen. Selon les derniers chiffres de l'Office européen de la statistique publiés il y a quelques jours, la part des travailleurs pauvres en zone euro est passée de 7,3% en 2006 à 9,5% en 2016. Du côté de l'Union européenne à 28, ce taux est passé de 8,3% en 2010 (première année disponible) à 9,6% en 2016. Les effets de la crise et les mesures d'austérité ont contribué à cette paupérisation du monde du travail. Si la réduction du nombre de personnes confrontées au risque de pauvreté ou d'exclusion sociale est l'un des objectifs de la stratégie Europe 2020, les derniers chiffres relatifs à la population active indiquent que le pari est loin d'être gagné.

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De plus en plus de chômeurs pauvres

Les derniers chiffres de la Commission européenne sont particulièrement alarmants pour la population frappée par le chômage. Sur la décennie 2006-2016, la proportion de personnes sans emploi en risque de pauvreté a augmenté continuellement passant de 41,5% en 2006 à 48,8% en 2016. Dans l'union monétaire, cette part est passée de 39,2% à 48,9%. Évidemment, ces moyennes masquent des contrastes au sein du continent.

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Parmi les États membres, l'Allemagne est le pays qui connaît le plus fort taux de chômeurs en risque de pauvreté (70,8%), suivie de très loin par la Lituanie 60,5%. Dans bien d'autres pays, des taux supérieurs à 50% sont également recensés en Lettonie (55,8%), Bulgarie (54,9%), Estonie (54,8%), République tchèque (52,3%), Roumanie (51,4%) ou la Suède (50,3%).

 

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Entre 2006 et 2016, des contrastes apparaissent également en Europe. La Lituanie, la Hongrie et la République Tchèque ont connu de fortes hausses de la proportion de demandeurs d'emploi en risque de pauvreté. À l'opposé, quelques pays dont la France ont connu des baisses sur la même période.

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 La Roumanie et la Croatie ne figurent pas sur le graphique en raison de l'absence de données pour 2006.

Un salarié sur 6 est un travailleur pauvre

Selon Eurostat, la part des bas salaires parmi les salariés s'élevait à 17,2% dans l'Union européenne en 2014. "Cela signifie qu'ils gagnaient deux-tiers ou moins du salaire horaire national brut médian". Cette proportion varie énormément d'un État à l'autre et dessine une Europe à plusieurs vitesses. C'est en Europe de l'Est et du centre que les proportions de salariés à bas salaires sont les plus visibles (Lettonie, Roumanie et Lituanie ou Pologne). À l'inverse, la Suède, la Belgique et la Finlande affichent les taux les moins élevés du continent. Quant à la France (8,8%), elle se situe bien en dessous de la moyenne européenne.

Du côté de l'Allemagne, la situation des travailleurs pauvres est plus préoccupante. Les réformes "Hartz" mises en oeuvre en 2003 et 2005, ont favorisé le développement des mini-jobs faiblement rémunérés. La montée en puissance de ces emplois, ces dernières années, a contribué à une précarisation des travailleurs et un accroissement des inégalités de revenus, comme le rappelle une étude de la direction générale du Trésor.

"Cette performance sur le front de l'emploi doit pourtant être pondérée par la hausse des inégalités de revenus et de la pauvreté en Allemagne. Le taux de pauvreté a augmenté nettement entre 2000 et 2005, de 12,5% à 14,7%. La hausse est particulièrement marquée pour les personnes en emploi et plus encore pour celles au chômage."

Pour faire face à ce risque de pauvreté, plusieurs millions d'actifs ont donc cumulé deux emplois voire plus, comme l'illustre le graphique ci-dessous pour réussir à joindre les deux bouts.

 

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 (*) Un graphique de notre partenaire Statista.

https://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/travailleurs-pauvres-en-europe-des-chiffres-alarmants-769827.html

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