dimanche 17 juin 2018

Loi sur les « fake news » : du monopole de la vérité au règne du mensonge [réédition]

COMMUNICATION REEDITION

TRIBUNE LIBRE / Bruno Guigue

TL BG LOI FAKE

Cette histoire commence comme un conte de fées. Dans notre merveilleuse démocratie, tout allait pour le mieux. La presse était libre, le citoyen informé et le pouvoir impartial. Mais c’était trop beau. Imprudente, la démocratie n’a pas senti venir l’ennemi. Tapi dans l’ombre, il était prêt à fondre sur sa proie. Qui ? Le Russe, bien sûr. Il a fallu que ce barbare vienne gâcher la fête en propageant ses odieux mensonges. Heureusement, montant son blanc destrier, notre héroïque ministre de la culture a donné l’alerte : “La manipulation de l’information, dit-elle, est un poison lent qui abîme notre vie démocratique. L’attitude liberticide, face aux dangers actuels, c’est la passivité”.

Réagir, oui, mais comment ? Présentant le projet de loi “contre les fake news”, rebaptisé projet de loi “contre la manipulation de l’information”, Françoise Nyssen a employé un argument de poids : “La capacité de discernement des citoyens ne suffit plus”. On avait pourtant pris toutes les précautions possibles, dans les hautes sphères, pour inciter les gueux à se comporter comme des moutons. Contrôle de 95 % de la presse traditionnelle par une dizaine de milliardaires, ligne éditoriale uniforme calquée sur l’agenda libéral-atlantiste, subventions publiques réservées à des médias orthodoxes ou inoffensifs : au paradis des droits de l’homme, tout était verrouillé. Manifestement cela n’a pas suffi. Pour ramener le troupeau, il va falloir trouver autre chose. On va les aider à penser comme il faut, ces manants, car ils ont la fâcheuse manie de s’égarer sur la Toile pour entendre un autre son de cloche.

Interview véridique du chien du Président par la presse autorisée

Dans un vibrant hommage aux officines chargées de diffamer toute pensée dissidente (le “Décodex” du Monde et le “Check News” de Libération), la ministre de la culture révèle alors le fond de sa pensée : puisque “leur capacité de discernement ne suffit plus”, il importe absolument de “former les citoyens”. D’habitude, cette formation commençait et finissait avec l’école. Mais il est clair que c’est insuffisant ! Les citoyens ayant vraiment tendance à mal voter (référendum de 2005, Brexit, Italie), il va falloir les rééduquer. Comment ? En les orientant vers les bons médias, ceux qui ne mentent jamais. On pensait jusqu’à présent que les citoyens étaient assez grands pour faire leur choix parmi les organes d’information. C’est fini. Le gouvernement, dans son infinie bonté, les exonère de cette lourde tâche. Il va désormais leur signifier qui il faut lire, écouter à la radio ou regarder à la télévision.

 

TOUS LES JOURS

Pour clarifier les choses, Françoise Nyssen a précisé que la future loi contre la manipulation de l’information, évidemment, ne concernait pas “les journalistes de la presse professionnelle”. Ne mélangeons pas les torchons et les serviettes ! Il n’est pas question de mettre en cause le “professionnalisme” de ceux qui ont affirmé, par exemple, que le régime de Bachar Al-Assad allait s’écrouler sous quinze jours, ou que la Russie avait assassiné le journaliste Arkadi Babchenko, qui ressuscita au deuxième jour d’une mare de sang de cochon. Sans parler du “charnier de Timisoara”, des “couveuses de Koweit City”, de la “fiole de Colin Powell” et des innombrables bobards colportés avec zèle par des médias pour qui professionnel est synonyme de mercenaire. Bref. Si cette presse était passionnément attachée à la distinction entre le vrai et le faux, cela se saurait.

Mais peu importe. Pour nos dirigeants, c’est comme un théorème : les médias qui ont la confiance du ministre de la propagande ne mentent jamais. Puisqu’on vous le dit, c’est que c’est vrai. D’ailleurs, cette presse que le monde nous envie a deux caractéristiques qui en garantissent l’indépendance : elle appartient à la bourgeoisie d’affaires et elle reçoit des subventions du gouvernement. Double certificat de vertu ! Ce n’est pas comme si elle était animée par des bénévoles qui prennent des risques et ne gagnent pas un sou. On peut toujours rêver d’un monde meilleur sous d’autres latitudes, mais le système médiatique des “démocraties” repose à la fois sur la concentration capitaliste et la faveur du pouvoir. Un “bon journal” est un journal qui dit ce qu’il faut dire, et à qui l’État donne les moyens d’éliminer la concurrence.

 

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Le projet de loi contre les “fake news” ne déroge pas à cette règle, qui est de l’ordre de la structure. Il a pour seul objectif de garantir l’homogénéité de la sphère médiatique, indispensable à la promotion de l’idéologie libérale, européiste et atlantiste. En incriminant les médias russes, l’exécutif français fait coup double : il sanctionne la Russie tout en diffamant la concurrence. Mais tous les médias citoyens sont dans la ligne de mire, car ils échappent à la double emprise du capital et du pouvoir. Ajoutée au déclin des médias classiques, la liberté conquise sur Internet effraie des élites qui voient le contrôle de l’opinion leur échapper. La propagation de fausses nouvelles nuit gravement à la démocratie, certes. Mais quand on prétend exercer le monopole de la vérité, c’est que le règne du mensonge n’est pas loin. Et ces médias “professionnels” qui ne cessent de mentir au profit des puissances d’argent en savent quelque chose.

Bruno Guigue

http://www.librairie-tropiques.fr/2018/06/verite-et-mensonge.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

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mardi 5 juin 2018

Les censeurs Potier et Stasi frappent encore et veulent aller plus loin

TRIBUNE LIBRE / OJIM

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Il y a des noms qu’il faut retenir pour l’histoire. Par exemple ceux qui veulent imposer la censure pour tous et partout. Au moment où le livre prophétique de George Orwell 1984 ressort chez Gallimard dans une nouvelle traduction, il n’est pas indifférent de se pencher sur le cas de deux partisans de la novlangue. La novlangue dont Syme, cadre administratif travaillant dans le roman d’Orwell à la nouvelle (et dernière) édition du dictionnaire de la novlangue, en proclame l’objectif « Ne voyez vous pas que le véritable but de la novlangue est de réduire les limites de la pensée ? À la fin nous rendrons littéralement impossible le crime par la pensée car il n’y aura plus de mots pour l’exprimer ».

Deux artisans de la novlangue, Mario Stasi et Frédéric Potier

Mario Stasi porte le même nom que son père Mario Stasi, avocat comme lui. Il a remplacé fin 2017 Alain Jacubowicz démissionnaire à la tête de la Ligue contre le racisme et l’antisémitisme (LICRA)

Frédéric Potier est énarque, il a travaillé notamment aux cabinets de Claude Bartolone (PS) lorsque ce dernier présidait l’Assemblée Nationale et de Manuel Valls lorsqu’il était premier ministre. Il a remplacé à la tête de la Dilcrah, la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (marchez, soufflez) le préfet Gilles Clavreul en mai 2017.

La Dilcrah a été créée par Nicolas Sarkozy et ses pouvoirs ont été élargis par François Hollande. Potier s’est notamment illustré par son action au moment de l’affaire Defend Europe. Rappelons les faits : un groupe de militants du groupe Génération Identitaire bloque symboliquement une frontière dans les Alpes en posant une banderole et appellent au contrôle des clandestins, il n’y a ni violence ni intervention de la police.

 

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Quelques jours plus tard la page Facebook de Defend Europe est supprimée par Facebook, puis ensuite celle de Génération Identitaire. Le sous-préfet Potier se vante d’être à l’initiative de cette interdiction, découvrant ainsi la nouvelle alliance d’une censure d’État avec la censure privée d’une multinationale américaine.(...) Cette démarche a provoqué la surprise chez le politologue Dominique Reynié dans un article remarqué du Figaro.

Stasi et Potier s’acharnent contre la liberté d’expression

Un peu plus tard nos deux comparses ont cosigné une tribune dans le Figaro du 21 mai 2018. Un véritable florilège, nous citons « Facebook a fait application de ses propres règles d’utilisation contre un groupuscule d’extrême droite véhiculant un discours xénophobe. Nulle censure d’État. Nul complot. Nulle violation d’une liberté fondamentale ».

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Une analyse sémantique simple et de bon sens permet de dévoiler, de dévoiler quoi ? Le mensonge tout simplement. Le sous-préfet Potier s’est vanté d’être à l’origine de la suppression des pages Facebook concernées. Quand il dit Nulle censure d’État, il ment tout simplement. Et quand le couple Anastasie (la figure de la censure avec ses grands ciseaux) dit tranquillement Nulle violation d’une liberté fondamentale, il illustre les valeurs de Big Brother dans 1984 :

LA GUERRE C’EST LA PAIX

LA LIBERTÉ C’EST L’ESCLAVAGE

Mario Stasi a un nom prédestiné, nous ignorons s’il est originaire de Corse, d’Italie, d’Allemagne de l’est ou d’ailleurs mais son patronyme évoque irrésistiblement la police politique de la partie orientale de l’Allemagne, alors communiste. Nous lui recommandons chaudement de voir (ou revoir) le superbe film consacré à cette charmante institution en 2006 par Florian Henckel von Donnersmark, La Vie des autres. Hélas la Stasi ne recrute plus, mais on dit que les services secrets cubains…

https://www.ojim.fr/les-censeurs-potier-et-stasi-frappent-encore-et-veulent-aller-plus-loin/?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=observatoire_du_journalisme_les_dernieres_publications&utm_term=2018-06-01

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Quoiqu'on pense de Génération identitaire ou de l'opération "Defend Europe" (en langue bruxelloise s'il vous plaît), ce qui est dérangeant ici, c'est la collusion entre censure d'Etat et censure d'une multinationale américaine, comme le souligne très bien cet article, mais aussi le "deux poids deux mesures": d'autres pages FB comme celle du mouvement "black blocs" n'ont pas été inquiétées, à ma connaissance.   P.G.

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samedi 2 juin 2018

Loi contre les fausses informations

Une loi qui ne nous protégera pas des « fake news » répandues essentiellement par l’appareil médiatique du « bloc occidental »; comme on l’a vu dans toutes les guerres d’ingérence récentes: en Yougoslavie, en Afghanistan, en Irak, en Libye, en Ukraine, en Palestine, en Syrie… Cette loi servira uniquement à museler les journalistes indépendants [hors système] et les blogs alternatifs qui ont une autre manière de voir les choses et qui s’attachent justement à dévoiler les mensonges des médias intitutionnels.

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TRIBUNE LIBRE / p

Source: 

Les pièges de la définition :

Le projet de loi sur les « fake news » change d’intitulé. Ce mauvais anglicisme est remplacé dans l’intitulé de la loi sur la « manipulation de l’information » et dans le corps du texte, la fausse information, celle à combattre, est décrite comme « toute allégation ou imputation d’un fait dépourvu d’élément vérifiable de nature à le rendre vraisemblable ». Pour mémoire, la loi de 1881 punissait déjà la publication, la diffusion ou la reproduction, par quelque moyen que ce soit, de nouvelles fausses, de pièces fabriquées, falsifiées ou mensongèrement attribuées à des tiers lorsque, faite de mauvaise foi, elle aura troublé la paix publique, ou aura été susceptible de la troubler… .

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Ce pinaillage sémantique est-il vraiment important ? Oui, car dès qu’il s’agit de définir le vrai, le faux et l’interdit, les mots comptent. Accordons que « fake news » est un mauvais anglicisme qui souffre de deux défauts principaux :

– la confusion avec des notions comme désinformation, intoxication, rumeur sans oublier le canular, la parodie, le sensationnel des pièges à clics, etc.

– son usage devenu totalement polémique et dont témoigne  la situation américaine : les démocrates accusent les trumpistes d’avoir gagné les élections sur de fausses nouvelles et les seconds accusent les premiers de tenter de déstabiliser le président et de défendre le pouvoir idéologique de la bien-pensance à grands coups de "fakes".

Donc il est bien d’avoir traduit en français en se référant à la notion de fausses informations, sous réserve qu’il s’agisse bien d’informations au sens des nouvelles, c’est-à-dire le récit ou la représentation d’événements passés qui se sont ou pas déroulés comme on le prétend.

En revanche, la définition du « faux » montre un singulier glissement. La loi de 1881 parle bien de fabriquer, de falsifier ou d’attribuer mensongèrement, trois actes délibérés, trois choses qui ne peuvent se faire innocemment (au moins chez le premier falsificateur qui lance une nouvelle destinée à être reprise). À l’origine des fausses nouvelles, il y a toujours forcément un initiateur qui a inventé une fait, ou qui a imité ou truqué un document, éventuellement photographique ou numérique. Le mot ancien de forgerie traduit bien cette idée de fabriquer : c’est un acte dont il faut prouver l’effectivité. Un fait qui peut être ou pas établi.

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En revanche, la nouvelle définition proposée par la loi commence bien (allégation ou imputation d’un fait) mais se termine dans le flou. Est-ce une loi anti-crétins destinée à punir les gens qui croient des choses invraisemblables ? Ou contre les paresseux qui reprennent une information sans avoir pris la peine de la vérifier ?

Surtout comment le juge des référés fera-t-il pour évaluer le dégré de vraisemblance d’une information venue de l’étranger, comme un crime de guerre en Syrie, l’existence d’un compte au Bahamas ou l’assassinat du journaliste Babchenko ?

Pour reprendre des exemples récents et bien français : comment juger de la vraisemblance d’un cas d’étudiant matraqué dans le coma ou d’un faux tweet anti-immigré de Dupont-Aignan en toute objectivité politique ? De la démonstration d’un acte on passe à l’évaluation d’une autorité ou d’une cohérence – choses éminemment subjectives voire idéologiques. Car il n’y a rien de plus idéologique que de décider ce qui doit être tenu pour vraisemblable et énonçable.

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À l’évidence la loi servira moins à protéger l’opinion, en démontrant des manœuvres ou des maquillages (la probabilité qu’une fausse nouvelle grossière ne soit pas très vite repérée par les internautes et les nombreux dispositifs de fact-checking est faible) qu’à creuser le fossé idéologique entre médias classiques et contestation sur les réseaux sociaux. Ce qui est peut-être l’effet rhétorique recherché.

François-Bernard Huyghe  | 30 mai 2018

Source: https://www.huyghe.fr/actu_1537.htm

https://arretsurinfo.ch/loi-contre-les-fausses-informations/

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lundi 28 mai 2018

Vidéos du jour

L’entretien libre : Alain Deneault, par Aude Lancelin

VID LANCELIN DENAULT

Source : Le Média, Aude Lancelin, 30-04-2018

Aude Lancelin reçoit Alain Deneault, philosophe québécois, auteur de “La Médiocratie” et “Le totalitarisme pervers”.

L'ENTRETIEN LIBRE #11 : AUDE LANCELIN / ALAIN DENEAULT

https://www.youtube.com/watch?time_continue=18&v=Zq9cqddCm24

Commentaire recommandé

ZX // 27.05.2018 à 08h41

Les cinq caractéristiques de l’extrême centre de Macron, selon Alain Deneault :
1) Favoriser les multinationales
2) Favoriser les dividendes pour les actionnaires
3) Donner accès aux paradis fiscaux
4) Réduire les services publics
5) Réduire les droits des travailleurs.

Autrement dit si “Macron varie, bien fol est qui s’y fie” (dixit Olivier Berruyer dans une interview sur RT), ce n’est que dans sa communication, pensant, peut-être, qu’il faut toujours dire ce que l’autre veut entendre pour mieux le manipuler. Mais son idéologie, et les actes qui la trahissent, est aussi fixe et immobile que la pierre : tout pour ceux qui ont, ou qui sont, tout, rien pour ceux qui n’ont, ou ne sont, rien. Car pour le “philosophe de l’Élysée” être et avoir c’est la même chose.

https://www.les-crises.fr/video-lentretien-libre-alain-deneault-par-aude-lancelin/

OUTIL GOPE SILENCE

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"Si la République en Marche s'appelait "le Capital en marche", les Républicains "les Capitalistes", les socialistes "les sociaux- capitalistes"..."

Des réflexions intéressantes sur la manipulation des idées, sur le rôle de l'affect contre la Raison.

Malheureusement, il y a toujours un débat absent à gauche, celui qui porte sur le rôle de la "construction européenne" et la possibilité de s'en émanciper. Ce serait pourtant une bonne première étape pour ceux qui aspirent à changer la société...

 

Voir aussi:

Natacha Polony réfléchit sur la violence et la politique (avant sa revue de presse début mai): ça tombe bien, à l'UPR, nous n'avons aucune complaisance envers la violence politique, et nous ne proposons pas d'imposer une autre Europe par la force, ou de "désobéir aux traités", mais d'en sortir pacifiquement et légalement, par l'article 50 du TUE (FREXIT).   P.G.

NATACHA VIDEO

"Mélenchon est Piégé" N. Polony Analyse Parfaitement la Situation entre Macron et Mélenchon

https://www.youtube.com/watch?v=lXglaPiI8Yo

samedi 5 mai 2018

Déclaration des devoirs et des droits des journalistes, dite « Charte de déontologie de Munich » de 1971

Déclaration des devoirs et des droits des journalistes, dite « Charte de déontologie de Munich » de 1971 : « TOUT JOURNALISTE DIGNE DE CE NOM… ».

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Le scandale médiatique et démocratique qu’a constitué l’occultation totale, par tous les grands médias, de notre grande manifestation parisienne du 1er mai nous conduit à publier ci-dessous la Charte de déontologie du journalisme, telle qu’elle fut adoptée à Munich en 1971.

Selon les termes même du texte, « tout journaliste digne de ce nom se fait un devoir d’observer strictement » cette Charte internationale de déontologie.

En particulier, « tout journaliste digne de ce nom se fait un devoir » de « ne pas supprimer les informations essentielles » et « doit s’interdire » la « suppression d’une information ». 

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les grands médias français bafouent ce principe éthique fondamental.

Cette brève et limpide « Charte de Munich » est aujourd’hui largement méconnue des journalistes eux-mêmes, comme je l’avais découvert non sans surprise, en mars 2017, lors de ma première conférence de presse en tant que candidat à l’élection présidentielle (vidéo: https://www.upr.fr/actualite/france/declaration-des-devoirs-et-des-droits-des-journalistes-dite-charte-de-deontologie-de-munich-de-1971-tout-journaliste-digne-de-ce-nom).

La lecture de cette Charte prouve à quel point le monde occidental en général, et la France tout particulièrement, ont subi une effrayante régression de la liberté de la presse depuis 47 ans. 

Sa lecture et sa diffusion permettra à nos adhérents, sympathisants et lecteurs, de le démontrer au plus grand nombre possible de personnes de leur entourage familial, amical et professionnel.

François Asselineau
4 mai 2018
———————————————–

RAPPELS HISTORIQUES

La Charte de déontologie de Munich (ou Déclaration des devoirs et des droits des journalistes), signée le 24 novembre 1971 à Munich et adoptée par la Fédération européenne des journalistes, est une référence européenne concernant la déontologie du journalisme, en distinguant dix devoirs et cinq droits. Le texte reprend les principes de la Charte des devoirs professionnels des journalistes français écrite en 1918 et remaniée en 1938, pour y préciser les droits permettant de les respecter. Il reprend le principe du secret professionnel (article 7), en y ajoutant un devoir jugé essentiel, celui de la protection des sources d’information des journalistes.

La Charte de Munich a été rédigée avec le concours de Paul Parisot, président du Syndicat des journalistes français (CFDT), devenu Union syndicale des journalistes CFDT, journaliste à Franc-Tireur, embauché au début des années 1960 à la rédaction du quotidien France-Soir de Pierre Lazareff, où il a tenté d’empêcher l’arrivée de Robert Hersant, avec la société des rédacteurs du journal. Paul Parisot obtient la création de l’Union nationale des syndicats de journalistes (UNSJ) en 1966. Lors du congrès de la FIJ (Fédération Internationale des Journalistes) à Dublin en avril 1968, les syndicats de journalistes français, belges et allemands demandent que des garanties soient recherchées en Europe, pour l’indépendance des journalistes, face aux pressions du patronat et des États.

Ensuite, lors d’une conférence organisée en 1971 à Munich à l’invitation du Deutscher Journalisten-Verband, Paul Parisot rédige la déclaration des droits et des devoirs des journalistes. Rédigés dans un style direct et concis, pour être accessibles à tous, les 15 articles de la charte tiennent sur une page. La rédaction est précise, pour être facile à interpréter, en cas de recours en droit. Concret et pratique, le texte se veut un guide utile à l’exercice du journalisme au quotidien.

Cette Charte de déontologie a été adoptée par les syndicats de journalistes des 6 pays du Marché commun réunis à Munich, le 24 novembre 1971, qui ont voté à l’unanimité cette « Déclaration des devoirs et des droits des journalistes ». Les syndicats de journalistes de Suisse et d’Autriche, ont participé à la réunion et voté également la charte.

Elle a ensuite été adoptée par la Fédération internationale des journalistes (FIJ), puis plus tard par l’Organisation internationale des journalistes (OIJ) qui était son pendant soviétique durant la Guerre froide.

L’Union nationale des syndicats de journalistes français a ensuite demandé aux organisations d’employeurs que ce texte figure en préambule de la convention collective des journalistes, afin d’imposer à tous « les principes éthiques de la profession et les clauses nécessaires à son extension », selon Bernard Voyenne, dans Les journalistes français. Cette demande n’a pas abouti, et une partie des directeurs de journaux français indiquaient, dans une enquête effectuée en 2000, ne pas connaître la Charte de Munich.

 

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Préambule

Le droit à l’information, à la libre expression et à la critique est une des libertés fondamentales de tout être humain.
Ce droit du public de connaître les faits et les opinions précède l’ensemble des devoirs et des droits des journalistes.
La responsabilité des journalistes vis-à-vis du public prime toute autre responsabilité, en particulier à l’égard de leurs employeurs et des pouvoirs publics.
La mission d’information comporte nécessairement des limites que les journalistes eux-mêmes s’imposent spontanément. Tel est l’objet de la déclaration des devoirs formulés ici.
Mais ces devoirs ne peuvent être effectivement respectés dans l’exercice de la profession de journaliste que si les conditions concrètes de l’indépendance et de la dignité professionnelle sont réalisées. Tel est l’objet de la déclaration des droits qui suit.

Déclaration des devoirs

 Les devoirs essentiels du journaliste, dans la recherche, la rédaction et le commentaire des événements, sont :
  • 1) respecter la vérité, quelles qu’en puissent être les conséquences pour lui-même, et ce, en raison du droit que le public a de connaître ;
  • 2) défendre la liberté de l’information, du commentaire et de la critique ;
  • 3) publier seulement les informations dont l’origine est connue ou les accompagner, si c’est nécessaire, des réserves qui s’imposent ; ne pas supprimer les informations essentielles et ne pas altérer les textes et les documents ;
  • 4) ne pas user de méthodes déloyales pour obtenir des informations, des photographies et des documents ;
  • 5) s’obliger à respecter la vie privée des personnes ;
  • 6) rectifier toute information publiée qui se révèle inexacte ;
  • 7) garder le secret professionnel et ne pas divulguer la source des informations obtenues confidentiellement ;
  • 8) s’interdire le plagiat, la calomnie, la diffamation, les accusations sans fondement ainsi que de recevoir un quelconque avantage en raison de la publication ou de la suppression d’une information ;
  • 9) ne jamais confondre le métier de journaliste avec celui du publicitaire ou du propagandiste ; n’accepter aucune consigne, directe ou indirecte, des annonceurs ;
  • 10) refuser toute pression et n’accepter de directives rédactionnelles que des responsables de la rédaction.
Tout journaliste digne de ce nom se fait un devoir d’observer strictement les principes énoncés ci-dessus ; reconnaissant le droit en vigueur dans chaque pays, le journaliste n’accepte, en matière d’honneur professionnel, que la juridiction de ses pairs, à l’exclusion de toute ingérence gouvernementale ou autre.

Déclaration des droits

  • 1) Les journalistes revendiquent le libre accès à toutes les sources d’information et le droit d’enquêter librement sur tous les faits qui conditionnent la vie publique. Le secret des affaires publiques ou privées ne peut en ce cas être opposé au journaliste que par exception en vertu de motifs clairement exprimés.
  • 2) Le journaliste a le droit de refuser toute subordination qui serait contraire à la ligne générale de son entreprise, telle qu’elle est déterminée par écrit dans son contrat d’engagement, de même que toute subordination qui ne serait pas clairement impliquée par cette ligne générale.
  • 3) Le journaliste ne peut être contraint à accomplir un acte professionnel ou à exprimer une opinion qui serait contraire à sa conviction ou sa conscience.
  • 4) L’équipe rédactionnelle doit être obligatoirement informée de toute décision importante de nature à affecter la vie de l’entreprise. Elle doit être au moins consultée, avant décision définitive, sur toute mesure intéressant la composition de la rédaction : embauche, licenciement, mutation et promotion de journaliste.
  • 5) En considération de sa fonction et de ses responsabilités, le journaliste a droit non seulement au bénéfice des conventions collectives, mais aussi à un contrat personnel assurant sa sécurité matérielle et morale ainsi qu’une rémunération correspondant au rôle social qui est le sien et suffisante pour garantir son indépendance économique.
Munich, 1971

François Asselineau, Président de l’Union populaire républicaine. La France doit sortir de l’Union européenne, de l’euro et de l’Otan.

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TOUS LES MÉDIAS DU PAYS ONT GARDÉ LE SILENCE LE PLUS TOTAL SUR NOTRE MANIFESTATION

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BANDEAU MANIF

Selon un décompte minutieux réalisé à partir d’une vidéo, la manifestation du 1er mai 2018 de l’UPR à Paris a rassemblé 3450 participants, soit 3 fois plus que le nombre de « casseurs » du défilé syndical.

Pourtant, TOUS LES MÉDIAS DU PAYS ONT GARDÉ LE SILENCE LE PLUS TOTAL SUR NOTRE MANIFESTATION (à part 30 secondes sur BFMTV, donnant une grave sous-estimation du nombre de nos manifestants).


Décidément, l’UPR ne fait pas comme les autres partis politiques puisque la première estimation que nous avons donnée de la participation à notre manifestation (environ 3 000) doit être révisée… à la hausse !

Rappels :

– 14 h : BFM-TV estime à 1 500 le nombre de nos manifestants rassemblés place de la République à 14 h, soit une demi-heure avant que la manifestation ne démarre et alors que des groupes continuaient d’arriver !

– 16 h 30 : du haut du char où il prononce son discours final, François Asselineau estime entre 2 500 et 3 000 le nombre de nos manifestants.

– 17 h : la préfecture de police estime à 2 000 le nombre de manifestants de l’UPR.

– en fin de soirée : nous diffusons un communiqué assorti d’une petite vidéo estimant ce nombre à « environ 3000 ».

– Aujourd’hui : un décompte minutieux des manifestants, réalisé par l’un de nos adhérents à partir de l’examen au ralenti d’une vidéo présentant de façon exhaustive l’ensemble du cortège, aboutit à la conclusion qu’il y a eu environ 3 453 manifestants.

 

 

Ce comptage des manifestants a été effectué sur la base de cette vidéo du cortège, filmée à un passage piéton rue Beaubourg, qui donne un très bon point de repère : https://www.youtube.com/watch?v=jFy7FdValiY

Détail du comptage : ( début comptage -> fin comptage ; total période ; note de comptage)
0′ 00 » -> 0′ 47 » ; 40 personnes
0′ 47″ -> 1′ 00 » ; 46 personnes
1′ 00 » -> 2′ 02″ ; 950 personnes (sur la base de 46 personnes toutes les 3 secondes)
2′ 02 » -> 3′ 01 » ; 20 personnes
3′ 01 » -> 3′ 20 » ; 52 personnes
3′ 20 » -> 3′ 42 » ; 40 personnes
3′ 42 » -> 4′ 40 » ; 734 personnes (sur la base de 38 personnes toutes les 3 secondes)
4′ 54 » -> 6′ 33 » ; 942 personnes (avec un trou de 14 secondes sans manifestant puis sur la base de 28 personnes toutes les 3 secondes)
6′ 33 » -> 8′ 04 » ; 629 personnes (sur la base de 17personnes toutes les 3 secondes, avec 20 s de défilé non filmé en restant compté).

Total estimé : 3 453 personnes

LA CENSURE FÉROCE DE L’UPR

Le défilé syndical du 1er mai (réalisé sur un autre parcours que le nôtre), perturbé par de violents heurts, a rassemblé 55 000 personnes à Paris, selon les chiffres communiqués par la CGT (contre 80 000 l’année dernière), et 20 000 personnes selon la police [ source : http://www.leparisien.fr/…/suivez-en-direct-les-manifestati… ]

Si l’on postule que le nombre annoncé par la police pour cette manifestation (10 fois supérieur à celui annoncé par l’UPR) doit faire l’objet du même correctif que le nôtre, on peut estimer que le nombre de personnes rassemblées dans le défilé syndical était de l’ordre de 34 à 35 000, dont 1 200 « casseurs » et « black blocs ».

Les adhérents et sympathisants de l’UPR noteront ainsi :

a) que l’UPR a rassemblé un nombre de manifestants égal à 10 % de ceux du défilé syndical et près de 3 fois plus nombreux que les mystérieux « casseurs »;

b) qu’à part une misérable trentaine de secondes accordée par BFM-TV à notre manifestation (annonçant un nombre d’ailleurs inférieur de 57 % à la réalité), les grands médias français ont accordé 0 % à la manifestation parisienne de l’UPR et 100 % à la manifestation syndicale et à ses « casseurs »;

c) que l’UPR a réussi cet exploit d’organiser, pour la première fois depuis 61 ans, une manifestation de masse pour réclamer que la France sorte de la construction européenne en révoquant tous les traités européens depuis le traité de Rome du 25 mars 1957.

Rappelons qu’aucun autre parti politique (à part peut-être France insoumise) n’a fait défiler autant de manifestants à Paris sous sa propre bannière à l’occasion de ce 1er mai.

Force est ainsi de constater que cet événement historique a été purement et simplement censuré par tous les grands médias du pays.

De telle sorte que seuls les Français consultant Internet et les réseaux sociaux en ont eu connaissance.

Nous avions pourtant dûment prévenu tous les grands médias par un communiqué de presse plusieurs jours auparavant et par une relance téléphonique personnalisée la veille ou le matin même.

 

CONCLUSION : NE LAISSONS PAS LA DICTATURE S’INSTALLER !

Nous saisissons aujourd’hui même le Conseil supérieur de l’audiovisuel, l’ensemble des directions des chaînes de radio et de télévision pour dénoncer cette censure inouïe et demander une nouvelle fois qu’il y soit porté remède.

Nous demandons également une audience au directeur général de l’Agence France Presse, qui n’a consacré aucune dépêche à l’existence même de notre manifestation.

Nous appelons tous les adhérents et sympathisants de l’UPR à relayer au maximum la présente analyse sur tous les réseaux sociaux, à tous leurs amis et connaissances, et à faire part poliment mais fermement de leur indignation à tous les médias.

Nous appelons tous les journalistes qui entendent continuer à faire leur métier, tous les artistes, acteurs de théâtre ou de cinéma, musiciens, essayistes, romanciers, philosophes, responsables d’associations de défense des droits de l’homme et des libertés publiques, à mettre à profit les ouvertures médiatiques dont ils peuvent bénéficier pour faire part de leur indignation face au sort réservé en France à l’UPR.

Ceux qui ne bougent pas pour l’UPR aujourd’hui seront responsables devant leurs enfants et petits-enfants de ce que sera devenue la France dans vingt ans.

3 mai 2018

François Asselineau, Président de l’Union populaire républicaine. La France doit sortir de l’Union européenne, de l’euro et de l’Otan.

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jeudi 26 avril 2018

Le CSA songe à assouplir les règles de temps de parole en campagne électorale

Dans son rapport sur les élections qui se sont tenues en France en 2017, le CSA plaide pour une réduction de la période d'égalité stricte de temps de parole et s'interroge sur les cas exceptionnels lors de la réserve. [?]

ACT CSA CENSURE

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel a rendu ce mardi son rapport sur les campagnes électorales des élections présidentielle et législatives de 2017.

"Jamais le CSA n'a été autant mis à contribution pour assurer sa mission de garant de l'expression pluraliste des courants de pensée et d'opinion, avec indépendance et impartialité", souligne le Conseil à cette occasion. "Jamais l'institution n'a reçu aussi peu de réclamations", note-t-il également.

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En complément du rapport, plusieurs propositions sont formulées en réponse à "certaines difficultés rencontrées par les éditeurs (...) dans le cadre des règles en vigueur".


Notamment celle de réduire à une semaine la période d'égalité stricte de temps de parole entre les prétendants à l'Elysée avant le premier tour. Le Conseil fait en effet remarquer que les "petits" candidats ont ainsi bénéficié de près de la moitié du temps de parole, pour un score relativement faible à l'issue du premier tour.

http://www.bfmtv.com/politique/le-csa-songe-a-assouplir-les-regles-de-temps-de-parole-en-campagne-electorale-1429489.html

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La "moitié du temps de parole" dont il est question ne concernait que les 15 jours précédant le premier tour; pendant plusieurs mois auparavant, certains candidats n'avaient pratiquement aucune couverture médiatique tandis que d'autres (suivez mon regard) étaient omniprésents dans les médias, non seulement par leur présence physique, mais aussi à travers de multiples commentaires "d'experts", de reportages... Quant à François Asselineau, c'est encore plus simple: 0 minute, 0 seconde. Avec ce nouveau projet, il aura droit au même traitement (il n'est invité pratiquement nulle part depuis l'élection de Macron) et il ne lui restera plus qu'une semaine pour...répondre aux accusations de complotisme et autres calomnies des journalistes. La démocratie selon le CSA...     P.G.

CSA UPR 1

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jeudi 22 mars 2018

Affaire Skripal... ou opération Artichok ?

TRIBUNE LIBRE / Par Ph. Huysmans

tl poutine poison uk

Le Royaume-Uni, en butte à ses turpitudes économiques, et suivant la déconfiture en rase campagne de son Suzerain américain dans ses projets de « regime change » au Moyen Orient, veut, plus que jamais, faire taire toute voix dissidente... Avec en ligne de mire la chaîne Russia Today, qualifiée par Theresa May d'officine de propagande de l'État russe.

 

Source : google street viewTout commence le 4 mars dernier, quand au sortir d'un restaurant italien, situé sur Castle Street, à Salisbury, un ancien agent russe — en fait un agent double — et sa fille, sont retrouvés inconscients sur un banc, à une trentaine de mètres de là. Immédiatement, les autorités envisagent un empoisonnement, suivent la piste d'un agent innervant de la famille des novichoks, et à peine quelques jours plus tard, désignent comme coupable la Russie de Vladimir Poutine avant de monter d'un cran, et d'impliquer directement la responsabilité personnelle du président russe dans cette agression.

« Il y a deux erreurs par rapport à la théorie du complot. La première c’est d’en voir partout et la deuxième c’est de n’en voir nulle part » (Frank Lepage)

À quelque chose malheur est bon, dit-on, et il se trouve que cette affaire, est un cas d'école en matière de coup monté aux fins de propagande. C'est ce que je me propose de vous démontrer, sans avoir à faire appel à des théories nébuleuses ou des références aussi rares qu'invérifiables en la matière, s'agissant de produits tellement secrets que personne ne sait exactement s'ils ont jamais existé. D'autre part, et il convient de ne pas perdre tout ceci de vue, toute cette histoire se déroule littéralement dans un mouchoir de poche, et comme nous le verrons, aucun des protagonistes ne peut être immédiatement écarté de la liste des instigateurs eux-mêmes.

Dans lequel on rappelle quelques évidences

  • Corpus delicti : Pour qu'il y ait crime, il faut d'abord qu'il y ait une ou plusieurs victimes. C'est étrange de devoir rappeler ceci, mais sans mort, pas de crime. Or en l'espèce, personne n'est mort, que je sache. C'est d'autant plus étrange quand on évoque un poison dix fois plus létal que l'agent VX — pourtant réputé comme étant l'agent le plus toxique jamais produit. Petit clin d'oeil en passant, l'agent VX a été inventé par les Anglais au plus fort de la guerre froide, en 1952, puis synthétisé et produit à Porton Down, située à moins de dix kilomètres de Salisbury. Les médias ont pris un malin plaisir, ces derniers jours, à suggérer par tous les moyens que les Skripal seraient, en fait, morts des suites de l'empoisonnement mais il n'en est rien. Aux dernières nouvelles, ils sont dans un état « critique mais stable », ce qui est légèrement... ridicule, en raison de la nature même du supposé poison.
  • Drôle de poison : Les agents innervants sont tous, depuis le sarin jusqu'au supposé « novichok » en passant par le VX, des organophosphorés : ils agissent sur la manière dont les influx nerveux sont transmis au système musculaire[1]. D'une façon générale, si un antidote n'est pas administré presque immédiatement, l'issue est fatale, même à des doses infimes. Cet antidote prendra le plus souvent la forme d'une injection d'atropine, qui est un puissant antagoniste à l'acétylcholine. Ce qui est interpellant, dans le cas de Skripal, c'est qu'on parle d'un homme retrouvé « à l'agonie », présentant tous les symptômes d'une intoxication aigüe par un agent innervant... qui se serait subitement retapé au point de pouvoir parler aux enquêteurs avant de sombrer à nouveau ? Soyon clairs : ces poisons tuent en quelques minutes, et lorsqu'ils ne tuent pas, ce qui reste, c'est plus ou moins un géranium. Si vous avez ingéré une dose suffisante pour vous plonger dans le coma (qui est l'état qui précède immédiatement la mort), vous êtes fichu, et il n'y a aucune chance de vous retrouver en état « critique mais stable ».
  • Agent... russe : il n'est pas inutile de préciser, parce que les médias s'en gardent bien, que Sergeï Skripal, s'il était bien un agent russe (il avait le grade de colonel du GRU - le renseignement militaire), a trahi son pays, et était un agent double pour le compte des services secrets de Sa Gracieuse Majesté, le MI6[2]. À ce titre, le dépeindre comme « ancien agent russe » est trompeur, c'est bien, aux dernières nouvelles, un agent britannique.

Pourquoi ça ne tient pas la route

On se trouve face à une véritable caricature, ou plus rien n'a plus de sens, sitôt que vous essayez d'admettre ou de comprendre la version telle que présentée par le gouvernement britannique. C'est donc un excellent exercice de debunking que chacun peut réaliser lui-même, il suffit d'avoir deux sous de bon sens.

  • Cui bono : la première question que doit se poser tout enquêteur amené à résoudre une affaire criminelle... À qui profite le crime ? J'ai beau me retourner le ciboulot dans tous les sens, je ne vois pas quel avantage opérationnel ou ne serait-ce que de « prestige » la Russie aurait pu tirer de l'élimination de Sergeï Skripal, et encore moins de sa fille. Il faut tout de même se rappeler que les autorités russes, lorsqu'elle se sont aperçues de la trahison de Skripal, l'ont arrêté, jugé, et condamné à 13 ans de prison. Ils l'avaient donc « sous la main », et s'ils avaient souhaité le laisser au trou, ils auraient parfaitement pu le faire. Et s'ils avaient souhaité s'en débarrasser, quoi de plus simple que de le « suicider » discrètement dans sa cellule ? L'intéressé avait été interrogé après son arrestation, et ce qui intéressait surtout le FSB, c'était la teneur des informations que Skripal avait révélées au MI6. Il est parfaitement évident que Skripal ne savait rien de plus qui aurait pu mettre en danger la vie ou la position d'autres agents russes, sans quoi jamais Dimitri Medvedev n'aurait permis qu'il fît l'objet d'un échange.
  • Signature : on ne signe un crime que lorsqu'on est sûr de son impunité, ou pour terroriser d'éventuels opposants, comme les narcotrafiquants le font régulièrement en Colombie, par exemple. Dans ce cas-ci, choisir une « arme » qui ne pourrait provenir que de l'arsenal des services secrets russes équivaudrait à laisser sur le cadavre la carte de visite de Vladimir Poutine. L'histoire nous montre que lorsque les services secrets veulent éliminer un opposant, ils choisiront au contraire des méthodes plus simples, susceptibles de ne pas éveiller l'attention des enquêteurs et des médecins : accidents domestiques, accidents de la circulation, arrêt cardiaque, bref, tout ce qui mènera à un diagnostic de mort naturelle ou accidentelle.
  • Les preuves : aucune preuve d'utilisation d'un agent innervant n'a à ce jour été communiquée par les autorités britanniques. C'est le laboratoire de Porton Down (militaire) qui a identifié le produit, ce sont les autorités britanniques qui ont mené l'enquête, et c'est le NHS qui a pris en charge les « victimes ». Comme déjà dit, tout cela se passe dans un mouchoir et les seuls à avoir eu accès aux « preuves » sont les mêmes qui accusent la Russie — voire le président russe lui-même — sans avancer le début du commencement d'un élément probant pour étayer leurs accusations. Or s'il me souvient, la charge de la preuve revient toujours à l'accusation. Dans ce cas-ci, au contraire, on en arrive à décréter que l'absence d'aveu de culpabilité de la Russie prouve « en soi » sa culpabilité, en faisant comme si on ne se rendait pas compte qu'il s'agit d'une logique circulaire. Il fallait oser.

Un complot

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Ce qui suit est mon opinion personnelle. On me fera remarquer que je n'ai aucune preuve de ce que j'avance, je répondrai qu'à ce jour, le gouvernement britannique n'a fourni aucune preuve de ce qu'il avance non plus. On est priés de les croire... Ou pas.

Pour qu'il y ait complot, il faut qu'il y ait des conspirateurs, un mobile, des moyens, et l'occasion :

  • Les conspirateurs : pas besoin qu'ils soient bien nombreux, une demi-douzaine suffit, issus du gouvernement de Theresa May, du MI6, sans parler de Skripal dont on peut imaginer qu'il a une dent contre l'État russe.
  • Un mobile : faire retirer la license d'exploitation de Russia Today par l'Ofcom, de telle manière que le gouvernement lui-même n'aura pas à se salir les mains.
  • Les moyens : presque rien, une petite mise en scène autour d'un banc public, on ajoute les enquêteurs habillés en combinaison NBC pour faire joli et il ne reste qu'à faire monter la mayonnaise.
  • L'occasion : l'affaire étant simplissime à orchestrer, elle pouvait être déclenchée n'importe quand.

(...)

Force est de constater que l'hypothèse d'un complot est parfaitement plausible, au contraire des accusations, qui ne tiennent pas la route, et constituent de fait une théorie du complot nettement plus difficile à croire encore.

Véritable objectif du gouvernement britannique

L'objectif ultime, en toile de fond, c'est de mettre au silence la chaîne de télévision Russia Today, qui vient régulièrement mettre à mal la propagande du gouvernement, que ce soit dans le dossier syrien, les supposées ingérences russes dans les élections américaines, ou d'autres sujets sensibles. Mais comme elle l'avait si bien dit devant la Chambre des Communes, Theresa May ne peut prendre pareille décision sans que celle-ci ne soit vue comme totalement anti-démocratique. Ainsi, il s'agit de faire pression sur le régulateur de radiodiffusion, l'Ofcom, afin qu'il retire lui-même la licence accordée à RT.

Déclaration concernant RT | 13 mars

Suivant le discours du premier ministre à la Chambre des Communes, hier, l'Ofcom a déclaré qu'il examinerait les implications pour les licences de radiodiffusion de RT après avoir entendu les déclarations ultérieures du premier ministre.

En tant que régulateur indépendant de radiodiffusion du Royaume-Uni, l'Ofcom a un devoir permanent de s'assurer que les attributaires de licences restent aptes et adéquats à les conserver.

Nous avons écrit ce jour à ANO TV Novosti, titulaire des licences de diffusion de RT UK, qui est financé sur le budget de la Fédération de Russie. Cette lettre expliquait que, si l'enquête des autorités britanniques devait conclure à un usage illégal de la force par l'État russe à l'encontre du Royaume-Uni, nous considérerions ceci comme pertinent dans le cadre de notre devoir d'évaluation continue des critères auxquels RT doit satisfaire (fit & proper).

La lettre à RT précisait que nous mènerions notre propre évaluation indépendante des critères selon une procédure accélérée, et que nous écririons à RT sous peu pour préciser les détails de notre évaluation.

Vous aurez remarqué que c'est pour le moins étrange, un régulateur de radiodiffusion qui réévaluerait les conditions d'octroi de la licence de RT, non plus sur les critères du « fit & proper » (apte et adéquat), mais sur base de motifs politiques, sous la pression du gouvernement, et ce, sans autre élément au dossier que les accusations portées par ce même gouvernement.

Une petite note d'optimisme pour terminer

La décision de retirer la licence de radiodiffusion de RT ne peut être vue autrement que comme une censure pure et simple d'un média qui est vu comme une épine dans le pied par les gouvernements occidentaux. Nul doute que la France, dans la foulée, essaiera de jouer l'argument de « la solidarité face à l'agression scandaleuse bla bla... » pour entamer auprès de son propre régulateur, une procédure similaire. Ceci expliquerait le brutal revirement du président Macron qui, le matin déclarait que le dossier n'était étayé par aucune preuve, et l'après-midi, publiait un communiqué commun dénonçant les « comportements russes irresponsables ».

Et inévitablement, cela fait quelque peu couler le masque de la démocratie bienveillante, du sacro-saint respect de la liberté d'expression. Et forcément, ça va se voir.

Notes

[1] Les organophosphorés (OP) sont des toxiques létaux, à action systémique prédominante, dont le mécanisme d'action principal est de bloquer la dégradation de l'acétylcholine au niveau des synapses cholinergiques par inhibition irréversible des cholinestérases, d'autres mécanismes encore mal connus aggravant cette toxicité. Source : Urgences-Online

[2] Skripal - Treize ans de prison pour « haute trahison » : Pour son pays d’origine, Skripal est un traître. La séquence filmée de son arrestation en décembre 2004, par des hommes en civil, le montre hagard et anxieux. Il y a de quoi. L’ex-officier supérieur reconnaît avoir, jusqu’en 1995, transmis des informations au MI 6 (le service de renseignement extérieur britannique) sur les taupes russes infiltrées en Occident. Verdict : une condamnation à treize ans de prison pour « haute trahison ». Mais la vie en général, et celle de l’espionnage, en particulier, est inventive…

En 2010, alors que Skripal purge sa peine, dix agents dormants russes sont démasqués aux Etats-Unis, des « illégaux » parfaitement intégrés dans l’American way of life. Parmi eux, Anna Chapman, mariée au fils d’un homme d’affaires britannique et installée à New York. Comme au temps de l’affrontement Est/Ouest, le scandale débouche sur un échange d’agents. En juillet de cette année-là, à Vienne (Autriche), sur le tarmac d’un aéroport surchauffé, les dix agents russes expulsés des Etats-Unis (dont Chapman) sont remis à leurs autorités, contre trois de leurs compatriotes (dont Skripal), soupçonnés d’avoir renseigné l’Occident. Source : Le Parisien

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vendredi 16 mars 2018

Fake news, les projets du gouvernement

TRIBUNE LIBRE / OJIM

Les effets de la farce des « Fake news », inventée par l’idéologie dominante pour donner une explication à des défaites électorales « immorales » pour la doxa en cours – nommément le Brexit et l’élection de Trump – ne cessent de se propager en cercles qui s’élargissent constamment. Une loi liberticide a déjà été mise en application en Allemagne, le gouvernement d’Édouard Philippe veut suivre la même voie en France. Pour aller où ?

TL OJIM CENSURE

Censurer les réseaux sociaux

La ministre de la Culture Françoise Nyssen a présenté la future loi comme « nécessaire pour protéger notre démocratie contre les ingérences extérieures » faisant écho aux propos du Président Macron lors de ses vœux à la presse qui condamnait « les bobards inventés pour salir ». Le Président a confirmé ses intentions lors du dîner du CRIF du mercredi 7 mars 2018, parlant de « combattre les discours haineux ».

Le texte prévoirait une procédure judiciaire d’urgence lors des élections. Un juge pourrait en 48h faire cesser la diffusion de « fausses informations », ordonnant la « suppression du contenu », voire le « déréférencement d’un site » ou même la suppression d’un compte sur un réseau social.

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Ce qui implique la collaboration des GAFA et surtout ce qui les incite à produire en amont leurs propres instruments internes de censure ce qu’ils sont en train de faire à marche forcée. Les réseaux sociaux aussi bien que les fournisseurs d’accès et les plates-formes internet seraient tenus de proposer aux internautes un mécanisme de remontée des « fausses informations », ce que font déjà les polices médiatiques du type Decodex du Monde, financé par Google. Pire « toute personne ayant intérêt à agir » pourrait saisir le juge des référés ce qui permet d’imaginer une belle foire d’empoigne entre sycophantes* professionnels.

Surveiller et punir Russia Today

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Le texte prévoirait un renforcement de l’autorité du CSA sur les chaînes liées à un État étranger ce qui ne concerne en réalité que Russia Today (lancé en France en décembre 2017, jusqu’ici avec un succès limité) et la radio Sputnik tous deux liés à l’agence de presse nationale russe. La convention leur permettant d’émettre pourrait être « suspendue » lors des élections. Suspension veut dire interdiction d’émettre pendant plusieurs semaines.

Mais le CSA pourrait résilier unilatéralement la totalité de la convention qui permet d’émettre sur le câble. Comme la convention de RT signée en 2015 se termine en 2019, année électorale, on imagine que la direction de la chaîne russe sera particulièrement attentive. D’autant que le CSA pourra « tenir compte des contenus électroniques des filiales de la maison mère », autrement dit RT États-Unis.

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Enfin le Conseil d’État pourrait intervenir lorsque les chaînes passent par le satellite. Tout cet arsenal ne touchera en rien les grandes chaînes américaines grosses productrices de fausses nouvelles comme CNN. Cherchez l’erreur.

https://www.ojim.fr/fake-news-les-projets-du-gouvernement/?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=observatoire_du_journalisme_les_dernieres_publications&utm_term=2018-03-13

*

A. − HIST. [Dans la Grèce antique, à Athènes] Dénonciateur professionnel qui assignait en justice des citoyens riches afin d'obtenir une part de leurs biens s'ils étaient condamnés. (Dict. xixeet xxes.).

B. − Littér. Calomniateur, délateur; p. ext., personnage hypocrite, fourbe. (...)

http://www.cnrtl.fr/definition/sycophante

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jeudi 15 mars 2018

Incroyable mais vrai : le Parti socialiste en mesure de remporter une élection partielle

Joël Aviragnet, le député PS sortant de la huitième circonscription de Haute-Garonne, est en très bonne position à l'issue du premier tour de la législative partielle qui a eu lieu ce dimanche 11 mars. Il a réuni 38,74% des voix, près du double de son rival macroniste.

ACT CENSURE HAUTE GARONNE

Vous ne rêvez pas. Le Parti socialiste est en passe de remporter une victoire électorale ! Ce dimanche 11 mars avait lieu une élection législative partielle dans la huitième circonscription de Haute-Garonne. Le scrutin de juin 2017 avait été invalidé par le Conseil constitutionnel en raison d'irrégularités concernant les listes d'émargement. Une tuile pour le PS, à première vue : Joël Aviragnet, le député sortant qui ne l'avait emporté qu'avec 91 voix d'avance, était l'un des seuls socialistes rescapés de la débâcle du parti aux législatives. Empêtré dans une séquence électorale calamiteuse depuis 2012, le parti à la rose craignait donc de perdre l'un des 29 précieux sièges qu'il avait conservés à l'Assemblée.

Le PS à la hausse, En Marche vers la défaite

Finalement, le seul socialiste élu dans la Haute-Garonne devrait réussir à être reconduit, et fait même mieux qu'il y a 9 mois ! A l'issue du premier tour, Joël Aviragnet a en effet réuni 38,74% des suffrages, alors qu'il n'en avait obtenu que 17,78% lors de la première mouture de cette législative. C'est le parti du président Emmanuel Macron qui fait le plus les frais de cette embellie socialiste : alors que Michel Montsarrat avait obtenu 33,40% en juin 2017, il n'a totalisé que 20,31% des voix cette fois-ci. Il comptabilise quasiment moitié moins de voix que Joël Aviragnet, qui est donc en très bonne posture pour le second tour.

Suivent Philippe Gimenez (France insoumise, 13,02%), Marie-Christine Parolin (Front national, 11,73%) et Philippe Maurin (Les Républicains, 4,94%), tous éliminés. La participation a été beaucoup plus faible qu'en juin (un peu plus de 35%, contre 52,76%), ce qui est traditionnel pour une élection partielle.

L'exemple est évidemment trop localisé pour parler d'un début de renaissance du PS. Mais le parti de gauche a su mobiliser son électorat dans une circonscription qui lui est historiquement acquise. Pour La République en marche, ce résultat constitue un avertissement, après une première salve de partielles compliquées en février. Une autre élection partielle avait toutefois lieu ce même dimanche, en Guyane. Elle a été remportée par le député LREM sortant, Lénaïck Adam. Il reste à l'Assemblée grâce à 213 voix d'avance sur Davy Rimane, son adversaire de la France insoumise.

https://www.marianne.net/politique/incroyable-mais-vrai-le-parti-socialiste-en-mesure-de-remporter-une-election-partielle?_ope=eyJndWlkIjoiYWMyOWU1Y2FmYjA3MWM5ODc0NzFmNzZlMmM0NTQwMTgifQ==

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Le journaliste de Marianne,  Hadrien Mathoux, a oublié de mentionner la présence d'un candidat UPR dans cette circonscription. Etrange, non? Mais ne soyons pas trop durs avec Hadrien, il est l'un des rares journalistes à faire preuve d'audace, mais bon, il y a des limites à ce qui est tolérable dans la presse "mainstream"...   P.G.

COMMUNIQUÉ DE PRESSE : L’UPR progresse et obtient 1,07% des suffrages à l’élection législative partielle de Haute-Garonne

Le candidat de l’Union populaire républicaine (UPR) à l’élection législative partielle de la 8e circonscription de Haute-Garonne, Hervé Minec, a obtenu 1,07% des voix au scrutin qui s’est déroulé ce dimanche 11 mars, sur la base des données disponibles à 22h30.

Ce score s’inscrit en progression par rapport au scrutin de juin 2017 lors duquel le candidat de l’UPR avait rassemblé 0,64% des suffrages. Fait notable, l’UPR progresse en nombre de voix entre les deux scrutins, passant de 278 voix à 297, et ce alors que l’abstention a bondi de 18 points, passant de 47% en juin 2017 à 65% en mars 2018.

Le score de l’UPR, bien qu’encore modeste, franchit ainsi la barre symbolique du 1%, et témoigne de la poursuite, pas à pas, de notre implantation sur le territoire français et de la propagation de l’idée de « Frexit » au sein de la population. Hervé Minec, maire du village d’Ore, a obtenu en particulier 60% des voix dans sa commune.

maire upr candidat

La République en marche (REM), qui était arrivée en tête en juin 2017, s’effondre, passant de 33,4% des voix à 20,3%. Les partis présentés par les médias comme la principale opposition au gouvernement ont, eux aussi, dévissé. Cela signifie qu’ils n’ont pas réussi à capter le rejet dont la REM a été l’objet.

On note notamment :

– que le PS connaît une très forte progression de près de 21 points (c’est la prime au candidat invalidé) ;
– que tous les autres « grands partis » (LREM, FI, FN, LR, PCF) enregistrent une baisse, particulièrement spectaculaire pour En Marche qui perd plus de 13 points, mais aussi pour LR/UDI (-3,83%) et pour le FN (-3,51 points) ;
– que les « petits partis » (EELV, DLF, UPR et LO) enregistrent une hausse, l’UPR bénéficiant d’une hausse de +0,43 point.

 

 

Un résultat encore modeste pour l’UPR mais néanmoins encourageant.

Le résultat obtenu par l’UPR reste modeste, mais il est triplement encourageant :
a) notre candidat Hervé Minec recueille 19 voix de plus que notre candidat de 2017 (Kevin Redondo), et cela alors que la participation s’est effondrée, passant de 53 à 35%.
b) notre score passe de 0,64% à 1,07%, ce qui nous permet de franchir la barre des 1% ; tous les grands partis, sauf le PS, voient leur score diminuer sensiblement.
c) notre candidat progresse dans le classement des candidats : — le 11 juin 2017, le candidat UPR était arrivé 12e sur 13 candidats — le 11 mars 2018, soit neuf mois après, le candidat UPR arrive 9e sur 12 candidats.

—–

Le vainqueur du scrutin est le candidat du PS avec 38,7% des voix en mars 2018 contre 17,8% en juin 2017. Cette progression, qui n’a rien à voir avec une approbation soudaine des propositions du PS par les électeurs, est due essentiellement :

  • à la démobilisation des électeurs de la REM de juin 2017, dont une fraction significative s’est abstenue ce dimanche,
  • à la nature même des élections législatives partielles lors desquelles les électeurs se focalisent sur le candidat invalidé et sur son principal concurrent. En l’occurrence, cette logique de match entre deux personnalités a tourné à l’avantage du candidat du PS, qui a aussi bénéficié de son implantation locale.

L’UPR remercie son candidat, Hervé Minec, son suppléant, Sébastien Fabre, ainsi que les militants pour tout le travail de terrain effectué, qui était pratiquement le seul moyen d’entrer en contact avec les électeurs, en dehors de quelques articles dans la presse écrite locale qu’il convient de saluer pour son souci de la démocratie et du pluralisme politique.

Il n’y a eu, en particulier, aucune intervention ni aucun débat dans les médias audiovisuels locaux, notamment France 3 Occitanie et France Bleu Occitanie qui ont refusé toute interview d’Hervé Minec.

Quant aux médias nationaux, ils n’ont plus donné la parole à François Asselineau depuis le soir du premier tour de l’élection présidentielle, où il avait rassemblé pourtant près de 1% des suffrages, il y a 322 jours.

https://www.upr.fr/actualite/elections-legislatives-2017-actualite/communique-de-presse-election-circo3108-2018

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