dimanche 20 mai 2018

BlackRock: ce Léviathan de la finance qui pèse sur les choix européens

TRIBUNE LIBRE/  par JORDAN POUILLE (INVESTIGATE EUROPE) - www.mediapart.fr et publié depuis Overblog

TL BLACKROCK

BlackRock: ce Léviathan de la finance qui pèse sur les choix européens

8 MAI 2018 PAR JORDAN POUILLE (INVESTIGATE EUROPE)

BlackRock est l’institution financière la plus puissante au monde, gérant plus de 6 000 milliards de dollars d’actifs. À la fois conseiller des banques centrales et principal actionnaire de fleurons industriels nationaux, BlackRock murmure désormais à l’oreille des États européens. Ses combats : contrer toute régulation financière et imposer la retraite par capitalisation pour tous.

C’est une anecdote rapportée par une ancienne salariée de BlackRock, de celles que l’on se raconte à la machine à café. Larry Fink, le PDG du plus puissant fonds mondial, est dans son avion, destination l’Europe. Au-dessus de l’Atlantique, il demande au commandant de bord de faire cap sur l’Allemagne. Il appelle son responsable régional à Francfort et exige un entretien avec Angela Merkel. Si possible dans cinq heures, dès son atterrissage.

Le subalterne s’agite comme un beau diable mais n’obtient pas ce rendez-vous espéré. Il lui propose un lot de consolation : le vice-président du constructeur BMW, rien que pour lui. La rencontre démarre, les palabres se succèdent, quand Larry Fink dégaine de nouveau son téléphone et prépare son prochain rendez-vous, laissant son interlocuteur sans voix.

 

Larry Fink, fondateur et PDG de BlackRock © Reuters.Larry Fink, fondateur et PDG de BlackRock © Reuters.

 

Cette désinvolture du fondateur illustre la toute-puissance de l’entreprise. Fils d’un marchand de chaussures et d’une professeure d’anglais, l’homme a fondé sa société il y a trente ans, avec une dizaine de collègues, après avoir fait ses gammes dans une banque d’affaires new-yorkaise. À 65 ans, il est multimilliardaire. Et son fonds gère 6 280 milliards de dollars d'actifs, dont un tiers en Europe.

Cet argent est d’abord celui de fonds de pension, notamment des fonctionnaires californiens et new-yorkais. Tous ont des retraites par capitalisation et espèrent voir fructifier leur propre épargne, complétée par l’employeur, par une gestion active de BlackRock sur les marchés financiers.

Le fonds emploie 13 900 personnes, réparties dans une trentaine de pays, chargées de vendre des produits financiers, d’investir dans de nouvelles sociétés. Mais au fil des ans, surtout depuis la crise financière, il a accru sa puissance bien au-delà de la gestion d’actifs : on le retrouve comme auditeur des banques à la demande des autorités de régulation, comme conseiller des États pour la privatisation. À l'automne 2017, il a été invité par le gouvernement français à siéger au « comité Action publique 2022 » (CAP 2022), une sorte de deuxième commission Attali, censée dessiner les futurs contours de l’État. Et dans les coulisses européennes, il s’active beaucoup pour contrer toute tentative de régulation.

En Europe, BlackRock est un nom qui n’évoque rien au-delà du monde financier. L’univers des gestionnaires d’actifs et leurs obscurs fonds indiciels semblent réservés aux initiés. Mais sa puissance impressionne : interroger les acteurs de la finance sur BlackRock, qu’ils soient administrateurs, petits et grands porteurs, gestionnaires de patrimoine, c’est courir le risque de se voir opposer d’innombrables refus, plus ou moins civils.

Rien qu’en France, ce fonds est actionnaire, via une ribambelle de filiales, entre 5 et 10 %, d’Eiffage, Danone, Vinci, Lagardère, mais aussi de Renault, Peugeot, Société générale, Axa, Vivendi, Total, Sanofi, Legrand, Schneider Electric, Veolia, Publicis, etc. BlackRock est l’actionnaire, souvent principal, d’au moins 172 des 525 sociétés françaises cotées en Bourse. Et de 17 000 sociétés dans le monde, à chaque assemblée générale desquelles il ne manque pas de voter.

« Dès que BlackRock apparaît parmi vos actionnaires, votre entreprise sort du lot et acquiert énormément de prestige », résume le journaliste Grégoire Favet, habitué à voir défiler tout le petit monde de la finance française sur le plateau de son émission sur BFM Business. « Quand vous êtes Larry Fink, vous pouvez parler d’égal à égal avec la directrice du FMI ou un chef d’État. » M. Fink a déjà été reçu deux fois à l’Élysée depuis l’élection d’Emmanuel Macron.

Ambulancier de la crise financière

Créé en 1988, BlackRock a acquis son pouvoir actuel à la faveur de la crise financière de 2008. Avec la chute de Lehman Brothers, Wall Street est en pleine perdition : plus personne ne sait ce que recèlent les milliers de portefeuilles financiers, ce qui se cache derrière les dérivés, ce qui est toxique ou non, dangereux ou non.

BlackRock comprend vite tout le parti qu’il peut tirer de cette situation. Depuis sa création, la firme a développé en interne son propre outil de gestion des risques, Aladdin. « Il est capable d’analyser les risques d’investissement dans n’importe quelle action, de mettre en évidence où il faut vendre des obligations pour en tirer le meilleur prix, de suivre toutes les transactions, de combiner toutes les données pour trouver les informations essentielles pour les investisseurs », explique le Financial Times                                                             Profitant de la panique, BlackRock propose à d’autres financiers de mettre son outil de gestion des risques à leur disposition, moyennant finances naturellement. Mais le fonds offre aussi ses services aux autorités financières. Celles-ci le sollicitent donc pour évaluer la santé de grands établissements bancaires considérés comme systémiques : la banque d’investissement Bear Stearns, le géant de l’assurance American International Group et le conglomérat financier Citigroup. BlackRock décroche aussi un contrat pour surveiller Fannie Mae et Freddie Mac, ces établissements publics spécialistes du crédit hypothécaire que le gouvernement fédéral vient alors de sauver.

Dès 2009, des élus pourtant s’interrogent. « Comment se fait-il qu’une seule société soit qualifiée pour gérer ces actifs récupérés par le gouvernement ? », demande alors le sénateur républicain Charles Grassley. Auditer pour le public et investir dans le privé : deux casquettes a priori incompatibles… Un mélange des genres que BlackRock reproduit désormais savamment à travers toute l’Europe.

Conseiller des banques centrales européennes

En 2011, la banque centrale d’Irlande décide ainsi de solliciter, sans appel d’offres, BlackRock Solutions, la branche conseil du fonds, pour évaluer l’état des six principales banques irlandaises. Trois d’entre elles viennent juste d’être renflouées en catastrophe par l’État pour éviter la faillite. Croulant sous les dettes, l’Irlande a dû faire appel à l’Europe et au FMI dans le cadre d’un plan de « sauvetage » de 85 milliards d’euros et veut conduire des « stress tests » pour vérifier la solidité du paysage bancaire en cas de nouveaux pépins.

Plus tard, devant des députés irlandais dubitatifs, le ministre des finances de l’époque a expliqué avoir fait appel à BlackRock sous la pression des institutions internationales ayant prêté de l’argent à l’Irlande, la fameuse « Troïka » de la crise de l'euro : la Banque centrale européenne (BCE), l’Union européenne et le FMI. Ce fut une « mission gigantesque », a reconnu Larry Fink, « la plus grande qui nous ait jamais été confiée par un gouvernement ».

BlackRock Solutions, la branche conseil, acquiert ainsi de nouvelles références. Elle sera à nouveau sollicitée en 2012 puis en 2013 pour évaluer les besoins en capitaux des banques irlandaises. Le 4 novembre 2013, le fonds BlackRock achète 3 % de l’une de ces banques, Bank of Ireland, et indique détenir 162 milliards d’euros d’actifs domiciliés en Irlande.

Un ancien conseiller de Chirac à la tête de l'antenne française

En Grèce, également sous pression de la Troïka, la banque centrale de Grèce a aussi fait appel à BlackRock Solutions pour disséquer les portefeuilles de prêts de dix-huit banques en 2011, puis des quatre plus grosses en 2013. Prudente, BlackRock utilisa un faux nom, Solar, loua des bureaux modestes dans un quartier résidentiel d’Athènes, et fit escorter ses employés par des vigiles armés. Une dernière mission fut menée en 2015. Aujourd'hui, le gestionnaire fait construire à Athènes un centre commercial pour 300 millions d’euros. Et possède des parts dans deux banques, chez le principal fournisseur d’énergie et dans la loterie nationale, en voie de privatisation.

« Rien n’indique que les employés de BlackRock venus tester nos banques aient transmis des infos à d’autres de leurs équipes, tempère un investisseur à Athènes, sous le sceau de l'anonymat. BlackRock n’aurait pas risqué de démolir sa réputation pour si peu ! » Pour lui, le problème se situe plus haut. « Lorsque vous grimpez l’échelle hiérarchique, vous finissez par atteindre un niveau où vous accédez aux informations de toute l’entreprise, aussi bien le conseil que l’investissement. » Alors, quand Larry Fink rencontre un chef d’État grec, espagnol ou irlandais, que choisit-il d’aborder ? La partie audit ou la partie investissement ? Et pourquoi pas les deux, au gré de ses intérêts ?

Cette ambivalence finit par créer des remous. En Espagne, quatre des plus gros promoteurs immobiliers comptent aujourd’hui BlackRock parmi leurs investisseurs, tout comme les six plus grosses banques espagnoles. Or en mai 2012, l’État avait sollicité la firme pour évaluer les créances douteuses et les actifs immobiliers de ses établissements de crédit et leurs besoins de recapitalisation. Des parlementaires espagnols y ont vu de possibles conflits d’intérêts, poussant le ministre de l’économie Luis de Guindos, aujourd’hui vice-président de la BCE, à faire volte-face et à opter pour le cabinet allemand Roland Berger.

Même gêne aux Pays-Bas quand, en décembre 2012, la banque centrale demande à BlackRock Solutions d’analyser le portefeuille de prêts du géant bancaire national ING, puis, en juillet 2013, le patrimoine immobilier de l’ensemble des banques néerlandaises. À l’époque, BlackRock possédait déjà plus de 5 % d’ING, au travers d’une vingtaine de filières. Interpellé par un député, le ministre des finances Jeroen Dijsselbloem, également président de l’Eurogroupe à l’époque, s’était justifié en invoquant l’existence d’une muraille de Chine entre les activités de conseil et de gestion de fonds chez BlackRock. Ironie du sort, pour éviter elle-même tout conflit d’intérêts, la banque centrale hollandaise avait décidé en 2007 de confier la gestion du fonds de pension de ses salariés à… BlackRock.

Pantouflage et lobbyisme

Pour étendre son influence en Europe, BlackRock s’est entouré de personnalités connues. George Osborne, 46 ans et ministre des finances britannique de 2010 à 2016, sous David Cameron, dirige aujourd’hui la rédaction du quotidien The Evening Standard et se rend un jour par semaine chez BlackRock, comme conseiller. Sa rémunération est à la hauteur de sa notoriété : 650 000 livres (739 600 euros) par an.

Au cours des deux dernières années à son ministère, George Osborne a rencontré à cinq reprises des cadres de BlackRock… tandis qu’il réformait les retraites et permettait aux gestionnaires d’actifs d’accéder à un marché annuel de 25 milliards de livres. Rupert Harrison, son chef de cabinet, a lui aussi été débauché par le fonds. « Compte tenu de son expérience dans la mise en place de la récente réforme des retraites au Royaume-Uni, il jouit d’une position unique pour nous aider à développer notre offre aux retraités », déclarait sans ambages l’entreprise américaine dans un communiqué.

En Allemagne, c’est Friedrich Merz, l’ancien chef du CDU au Parlement, le parti d’Angela Merkel, qui gère actuellement l’antenne locale du gestionnaire d’actifs. En Suisse, c’est Philippe Hildebrand, l’ancien patron de la banque centrale de Suisse, qui a été recruté. En Grèce, BlackRock opte pour Paschalis Bouchoris, l’ex-responsable d’un programme gouvernemental de privatisation.

Quant à la France, son président s’appelle Jean-Francois Cirelli, ancien conseiller économique de Jacques Chirac, puis directeur de cabinet adjoint de Jean-Pierre Raffarin. Cet énarque a dirigé GDF à partir de 2004 en menant le groupe vers la privatisation. Puis, lors des dernières élections présidentielles, il a rejoint le comité de campagne d’Alain Juppé, tout comme l’actuel premier ministre Édouard Philippe.

Et à Bruxelles ? Depuis 2010, BlackRock est installé au premier étage du 35, square de Meeûs, face à un parc où se pressent, le midi en semaine, quand le soleil est au rendez-vous, les fonctionnaires européens. D’après le registre de transparence de l’Union européenne, BlackRock a déclaré avoir dépensé en 2012 quelque 150 000 euros pour son activité bruxelloise. Mais dix fois plus dès 2014.

Entre novembre 2014 et mars 2018, le gestionnaire américain a sollicité à 33 reprises – et obtenu – une rencontre avec des membres de la Commission européenne. D’après une source au Parlement européen, BlackRock organise aussi des « journées d’information »à destination des assistants parlementaires. « Pour leur expliquer le fonctionnement d’un produit ou comment des fonds passifs peuvent servir à améliorer la croissance économique. Au bout du compte, ces assistants parlementaires sauront conseiller les députés au mieux… », précise-t-elle.

 

Christine Lagarde (FMI), Haruhiko Kuroda (banque du Japon), Philip Hammond, ministre britannique des finances, Larry Fink (BlackRock) et Wolfgang Schäuble, ministre allemand des finances, à Davos en 2017. © Reuters © ReutersChristine Lagarde (FMI), Haruhiko Kuroda (banque du Japon), Philip Hammond, ministre britannique des finances, Larry Fink (BlackRock) et Wolfgang Schäuble, ministre allemand des finances, à Davos en 2017. © Reuters © Reuters

 

Contre toute régulation 

Professeur de macroéconomie à l’Université de l’ouest de l’Angleterre (UWE) à Bristol, Daniela Gabor, a suivi bien des débats bruxellois sur la régulation de la finance dès 2013, quand le commissaire européen au marché intérieur Michel Barnier promettait de renforcer les règles du système financier. « Le commissaire britannique voulait que la commission travaille main dans la main avec les financiers et à chaque fois qu’un débat, qu’une audition était organisée, les gens de BlackRock étaient là », se souvient Daniela Gabor.

« J’ai alors compris que ce n’étaient plus les banques qui avaient le pouvoir mais les gestionnaires d’actifs. On nous répète souvent qu’un gestionnaire est là pour placer notre argent, pour nos vieux jours… mais c’est bien plus que ça, poursuit-elle. Selon moi, BlackRock reflète le renoncement de l’État-providence. Sa montée en puissance va de pair avec des changements structurels en cours : des changements dans la finance mais aussi dans la nature du contrat social qui unit le citoyen et l’État. »

Daniela Gabor explique que la Banque centrale européenne, qui sollicite BlackRock pour auditer les banques, n’a aucun pouvoir sur cette société. « L’argument de BlackRock est simple : nous ne faisons pas de leverage, nous n’agissons pas comme les banques donc nous n’avons pas besoin d’être régulés comme une institution systémique. » De fait, BlackRock passe sous tous les radars. « Ils peuvent être régulés pour des raisons dites microprudentielles, pour protéger leurs clients, mais pas en tant qu’institution financière en vue de garantir une stabilité financière globale. »

AMF et BlackRock, deux compagnons de route

Côté français, comme tout gestionnaire d’actifs, BlackRock doit déclarer auprès de l’Autorité des marchés financiers (AMF) le franchissement de certains seuils – 5 % puis 10 % – lors d’une prise de participation dans une société cotée à la Bourse de Paris. En outre, l’AMF vérifie les brochures commerciales de ses produits financiers adressés aux clients potentiels. Et rien d’autre. Un cadre du gendarme de la Bourse s’étonne de nos questions sur la faiblesse des contrôles autour de ce gestionnaire. « Pour ses activités en Europe, BlackRock a son siège en Angleterre, c’est avec eux qu’il faut voir. Nous ne donnons qu’un coup de tampon. »

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Quand, par exemple, BlackRock déclare à l’AMF détenir 5,16 % du groupe Casino à travers deux filiales, la base de données financières Thomson One, du groupe Thomson Reuters, comptabilise pour sa part, à la même période, déjà 9,66 % via six filiales différentes. Idem chez Safran avec un enregistrement de 6,22 % à l’AMF, soit moins que les 9,03 % indiqués par Thomson One. Devant cette incohérence de chiffres, le régulateur français ne livre aucun commentaire. Mêmes bizarreries auprès du régulateur allemand à propos de sociétés comme Deutsche Wohnen, Vonovia, Deutsche Post, Bayer AG. L’autorité promet une « clarification ».

 

Si l’AMF semble peu regardante vis-à-vis de BlackRock, celui-ci ne se prive pas en retour de lui donner quelques conseils. « Nous invitons l’AMF à réduire les barrières juridiques » ou « nous serons heureux d’aider l’AMF à développer une approche adaptée » sont quelques-unes des formules figurant dans une lettre adressée en 2013 aux autorités boursières. L’objectif est simple : éviter toute régulation.

Régulièrement, des enquêtes de BlackRock figurent dans les publications de l’AMF. La Lettre mensuelle de l’observatoire de l’épargne donne des sondages « BlackRock » sur les comportements des épargnants français. Les Français sont-ils suffisamment confiants pour investir (juin 2016) ? Les Françaises épargnent-elles plus que les Français (avril 2016) ? Les Français sont-ils plus nombreux à préparer leurs vacances ou leur retraite (décembre 2013) ? BlackRock a réponse à tout.

En novembre dernier, l’AMF organisait une table ronde où le président de BlackRock France comptait parmi les intervenants. Jean-François Cirelli a souligné leurs atomes crochus : « Nous tenons à ce que les régulateurs nationaux gardent cette proximité de terrain. […] Comment renforcer l’idée auprès de nos autorités publiques, auprès de nos clients qu’il faut investir pour la retraite dans les marchés de capitaux ? Comment peut-on profiter du post-Brexit ? L’AMF a publié un rapport sur [la façon de bien] investir à long terme sur les actions et cela va dans ce sens aussi. »

Attentif à une réforme française de l’épargne-retraite en sa faveur, dont les contours ont été distillés par le ministre Bruno Le Maire, BlackRock peut déjà compter sur le zèle de Valdis Dombrovskis sur le front européen. Ce Letton est commissaire européen à la stabilité financière, mais aussi l'un des vice-présidents de cette commission. Il est à l’origine du produit paneuropéen d’épargne-retraite individuelle (PEPP), une nouvelle catégorie de produits d'épargne-retraite annoncée pour l’an prochain au sein de l’Union et actuellement en phase d’expérimentation auprès des salariés chercheurs, du privé comme du public. Fondé sur le volontariat, le programme s’appelle Resaver… et c’est à BlackRock que Valdis Dombrovskis a confié la tâche de gérer l’épargne des participants.

Conflit d’intérêts

Le pouvoir d’influence qu’a acquis BlackRock en quelques années sur les États finit par interroger. Ses multiples rôles aussi. Un point notamment pose question : le pouvoir« horizontal » qu’il a construit dans certains secteurs – aéronautique, construction, spiritueux, petit appareillage électrique… – au travers de ses investissements dans les sociétés. Il se retrouve vite actionnaire de tous les grands du même secteur. En chimie par exemple, BlackRock domine de chaque côté de l’Atlantique avec des participations importantes – entre 5 et 10 % – dans tous les grands groupes mondiaux de chimie : Bayer, BASF, DuPont, Monsanto, Linde et les français Arkema et Air Liquide. Ces entreprises a priori en concurrence se retrouvent de fait avec un même actionnaire qui peut, au gré de ses intérêts, pousser à des concentrations, des spécialisations, des cessions.

Cette situation ne faisait pas débat jusqu’à ce que deux économistes, José Azar et Martin Schmalz, de l’université du Michigan, publient un rapport sur le « common ownership » (« propriété commune ») en 2016. D’après eux, les clients de BlackRock n’auraient rien à gagner à ce que des entreprises dans lesquelles le gestionnaire est actionnaire se mènent un combat sans merci. Les deux chercheurs se sont penchés sur le secteur de l’aviation commerciale et ont constaté un alignement du prix des billets à la hausse parmi les cinq principales compagnies aériennes américaines, dans lesquelles BlackRock et son rival Vanguard ont des participations.

En Allemagne, l’autorité de la concurrence a exprimé des doutes : « Il existe un risque potentiel significatif de déformer la concurrence à travers des actionnariats horizontaux, entre des sociétés du même secteur économique. »  En France, l’Autorité de la concurrence botte en touche : « Nous n’avons pas de travail de réflexion spécifique en cours sur ce sujet en ce moment. » Mais le 16 février dernier, la commissaire européenne à la concurrence Margrethe Vestager a prononcé un discours sur ce thème et promis le lancement d’une étude pour mesurer l’ampleur de cet actionnariat horizontal.

Naturellement, BlackRock préférerait rester éloigné de ces polémiques et offrir le visage d’une entreprise engagée pour le bien-être de l’humanité. Dans une lettre envoyée le 12 janvier aux patrons des entreprises dont il est actionnaire, Larry Fink invitait à travailler plus activement au service du bien commun. Ce à quoi s’emploierait âprement son représentant français.

Jean-François Cirelli est quant à lui membre du « comité Action publique 2022 », créé par le premier ministre Édouard Philippe pour réfléchir aux services publics de demain. Quand on lui demande la nature de sa contribution, il désigne le service public pour l’accès à l’emploi et le mécanisme du financement des retraites complémentaires. « Je réfléchis sur deux points. 1) Que faut-il faire pour que Pôle emploi réponde encore mieux aux évolutions de l’emploi et permette de mieux orienter les chômeurs. 2) Est-ce que les cotisations Agirc Arrco devraient être prélevées par l’Urssaf qui en collecte déjà plus de 400 milliards plutôt que de laisser l’Agirc Arrco les collecter eux-mêmes. » Puis ajoute : « Et je vous le confirme, il n’y a rien de BlackRock là-dedans. D’ailleurs, j’ai fait exprès de prendre des sujets sans conflits d’intérêts… »

http://www.rallumerlesetoiles.com/2018/05/blackrock-ce-leviathan-de-la-finance-qui-pese-sur-les-choix-europeens.html

Posté par UPR Creuse à 08:05 - - Permalien [#]
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dimanche 6 mai 2018

« Macron se prend pour ‘l’émanation du goût du peuple français pour le romanesque’ »

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Deux pamphlets au vitriol sur Macron, par Bruno Adrie
On pensait que Hollande était le roi des gaffes et des bourdes,
mais Macron le surpasse !!!
Mais qu'attendent les députés et sénateurs pour faire ce que François Asselineau a demandé :
destituer cet homme dangereux qui fait honte à la France !
  S.R.

TRIBUNE LIBRE / par Bruno Adrie

TL MACRON RIDICULE

lundi 23 avril 2018

A quand l’éclatement de la prochaine bulle mondiale et de la zone euro ?

La zone euro sur la sellette

ARG CRISE ZONE EURO FiNANCE

Bridgewater, le plus gros hedge fund (fonds d’investissement — gère 160 Mds $ d’actifs) du monde a misé 22 Md $ contre la zone euro : les positions à la baisse (« vendeuses  ») du fonds prouvent qu’il parie contre de nombreuses entreprises "européennes" (Airbus), allemandes (Siemens, Deutsche Bank) françaises (Total, BNP Paribas) et italiennes (Intesa Sanpaolo, Enel et Eni), entre autres. La société n’est pas connue pour s’attaquer à des entreprises en particulier, mais plutôt pour parier sur la santé de l’économie en général.

 

Depuis 2011, 4 000 Mds € ont été injectés dans la zone euro (c’est-à-dire au sein des banques commerciales) par la Banque Centrale Européenne (BCE), ce qui représente plus d’un tiers du PIB de la zone. La majorité de cette monnaie se situe principalement en Allemagne et au Luxembourg, pays qui, vous en conviendrez, ne sont pas les plus en difficulté de la zone. Plus grave, une grande partie de ces liquidités n’ont pas financé l’économie réelle par le biais du crédit aux particuliers et aux entreprises. À la place, les banques commerciales ont épargné 2 000 Mds € de cet argent frais sur leur compte à la BCE jusqu’à fin 2017 (contre 300 Mds € début 2011) pour « respecter leur ratio de liquidité » (avoir suffisamment de dépôt en cas de crise de monnaie liquide). Comme aux États-Unisl’assouplissement quantitatif a permis à la banque centrale de renflouer les banques privées en rachetant leurs créances. Autrement dit, les dettes du secteur privé sont payées par le contribuable sans aucun retour sur investissement. Parallèlement, François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, a lancé un appel en faveur de moins de régulation et plus de fusions-acquisitions bancaires dans l’UE, en prenant pour modèle… le secteur bancaire US.

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La BCE prévient aussi que la zone euro risque carrément d’éclater à la prochaine crise si elle n’est pas renforcée. Autrement dit les États membres doivent d’ici là réformer leur économie, dégager des marges budgétaires et intégrer les marchés et les services à l’échelle de la zone pour mieux absorber les pertes potentielles sans faire appel aux contribuables. Un instrument fiscal comme un budget de la zone euro contrôlé par un ministre des finances européen, comme le défend le président Emmanuel Macron, aiderait également à faire face à un choc économique majeur qui semble inévitable. Autant dire que cela s’avère problématique au vu du peu de consensus sur le sujet et notamment une frilosité allemande. La Banque centrale européenne a émis l’idée fin 2017, prévue de longue date par les économistes sérieux, d’abolir la limite de 100 000 € garantis en cas d’opération de sauvetage ou de faillite bancaire (Faits & Document n° 443, 15/11/17–15/12/17 p.8 et 9).

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La Bundesbank juge également que l’économie allemande est plus fragile qu’il n’y parait, avec des prix immobiliers survalorisés de 15 % à 30 % et des banques parmi les moins rentables du continent avec un rendement des actifs parmi les plus bas et un ratio coût/bénéfice parmi les plus élevés de la zone euro (74,9 %). En lien, le rapport confidentiel gouvernemental allemand Prospective stratégique 2040 a été révélé par l’hebdomadaire allemand Der Spiegel : le Ministère fédéral allemand de la Défense a officiellement entériné la possibilité d’un effondrement de l’UE (!)

Fin 2017, le solde Target 2 de l’Allemagne a dépassé les +900 Mds €, un record depuis la création de l’euro. Ce terme de Target 2 traduit, entre autres, l’état des balances des paiements courants intra-zone euro, et donc dans notre cas, le solde de la balance de l’Allemagne sur les autres pays membres. Si la France est presque à l’équilibre, le solde négatif de l’Italie avoisine les -450 Mds € et celui de l’Espagne les -400 Mds €La classe politico-financière germanique est très inquiète des capacités du bilan de la Bundesbank à absorber les créances (douteuses) des autres banques centrales des pays du sud de l’Europe.

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Le parti politique Union Populaire Républicaine a traduit un article du journal allemand Die Welt (15/03/18) traitant d’une récente conférence à Berlin, réunissant plusieurs économistes allemands célèbres. Le thème de la conférence annonce la couleur : « L’euro peut-il vraiment survivre et, sinon, que va-t-il se passer ? ». C’est la viabilité de la monnaie unique et l’asymétrie des soldes Targets qui y ont été questionnéesM. Fuest, n°1 du prestigieux institut d’études économiques Institut für Wirtschaftsforschung (IFO), y a plaidé pour l’introduction d’une clause de sortie de la monnaie euroHans-Werner Sinn, ancien patron de l’IFO a y notamment déclaré : « Je ne sais pas si l’euro va tenir dans la durée, mais son système de fonctionnement est condamné. »

 

 

Les conséquences inéluctables de l’économie financiarisée

C’est la seconde fois en un siècle que l’indice de Shiller (qui analyse les probabilités de bulles financières) dépasse son record : la dernière fois qu’un tel niveau d’euphorie boursière avait été atteint, c’était juste avant le krach de 1929, soit la plus grande crise économique du 20ème siècle. Des points communs avec l’avant-crise de 2008 sont également à signaler. La Banque des règlements internationaux (« la banque centrale des banques centrales »), la Banque d’Angleterre et le célèbre gestionnaire de fonds Neil Woodford relèvent des signaux économiques inquiétants dans le monde : surchauffe des marchés financiers, dette des consommateurs et des devises et actifs financiers surévalués. Tandis qu’une énième étude prouve que les inégalités socio-économiques et la concentration des capitaux se sont accrues dans le monde entier ou presque depuis plus de 30 ans, selon un rapport du World Wealth and Income Database (travail collectif de plus d’une centaine de chercheurs).

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Suite à la chute récente et vertigineuse du dollar (une baisse comme on n’en avait pas constaté depuis 2003), les banquiers centraux auront besoin de désigner un responsable pour se dédouaner en cas d’éclatement de bulle, qui serait concevable à court terme. Certains analystes postulent même que la Réserve fédérale des États- Unis a désormais son excuse pour augmenter ses taux d’intérêt rapidement maintenant que le dollar chute, pour que cette bulle explose rapidement sous l’administration Trump. En 2018, le cours du dollar a perdu 4 % de sa valeur par rapport aux six principales devises mondiales et la tendance continue. Le FMI avait d’ailleurs assuré au dernier Forum économique mondial (ou Forum de Davos), que la prochaine crise frappera plus fort et plus tôt que prévu. De même que l’augmentation importante de la cotation de l’or ne laisse présager rien de bon pour l’économie internationale.

Patrick Artus, économiste directeur de la recherche et des études de Natixis, montre dans une récente étude que les économies développées de l’OCDE sont entrées dans la dynamique finale décrite par Karl Marx. La baisse du rendement du capital s’accroît (les investissements rapportent de moins en moins) et les baisses de salaires pour compenser le phénomène commencent à s’essouffler. Les opérations spéculatives (rachat d’actions, spéculations immobilière et financière, achats d’actifs risqués, bitcoins, etc.) explosent, car la productivité réelle ne suffit plus. Les prochaines étapes se résumeront donc en une hausse des inégalités de revenu et une énorme crise financière, selon Artus et Marx.

 

Bourse - Economie

 


 

Source :

http://www.geopolitique-profonde.com/

https://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/a-quand-l-eclatement-de-la-203577

http://www.les7duquebec.com/7-de-garde-2/a-quand-leclatement-de-la-prochaine-bulle-mondiale-et-de-la-zone-euro/

https://aphadolie.com/2018/04/23/a-quand-leclatement-de-la-prochaine-bulle-mondiale-et-de-la-zone-euro/

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mercredi 7 mars 2018

Gaz de schiste : la Soc Gen dénoncée pour son rôle actif dans l'exportation

Dans un rapport publié ce lundi, l'association des Amis de la Terre pointe du doigt "l'assaut engagé par la Société Générale sur un marché en pleine expansion", celui de l'exportation du gaz de schiste américain vers l'Europe sous forme de gaz liquide. Elle l'appelle à suivre l'exemple de BNP Paribas et à se retirer du projet texan controversé Rio Grande LNG.

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"Minimales", "insuffisantes" : les mesures annoncées par la Société Générale en décembre, notamment l'engagement à ne plus financer la production de pétrole issu de sables bitumeux, à la veille du One Planet Summit, avaient été jugées bien trop timides par l'association Les Amis de la Terre qui publie ce lundi matin un rapport à charge, "Société Générale, plein gaz sur les fossiles". L'ONG environnementale la qualifie de "super gazière" et de championne du gaz naturel liquéfié (GNL), du méthane refroidi à -161 °C pour atteindre son état liquide, souvent présenté comme "vert" alors que "le gaz est bel et bien une énergie fossile", dont la combustion produit certes moitié moins de CO2 que le charbon mais dont le bilan carbone sur 20 ans serait très mauvais. 

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L'association demande notamment à la banque de La Défense de se retirer de son mandat de conseiller financier du projet de terminal d'exportation de gaz de schiste liquéfié Rio Grande LNG au Texas et de double gazoduc Rio Bravo Pipeline, porté par l'entreprise américaine NextDecade.

"Ignorant les impératifs climatiques et injonctions scientifiques, la Société Générale persiste à financer à coup de milliards de dollars les énergies fossiles les plus polluantes dans le monde. Elle part à l'assaut d'un marché qui, en dépit du bon sens, est en pleine expansion : l'exportation de gaz, et notamment du gaz de schiste, sous la forme liquide.

La Société Générale se positionne en leader du secteur aux États-Unis, appuyant la construction de nouveaux mégaprojets de terminaux d'exportation de gaz de schiste liquéfié aux impacts climatiques dramatiques. Détournant les interdictions légales, la banque contribue ainsi à faire arriver le gaz de schiste états-unien en France" écrit l'ONG dans ce rapport.

Banque française la plus exposée

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Les Amis de la Terre étayent leur plaidoyer en rappelant que, parmi les clients de la banque, se trouve l'opérateur texan Cheniere Energy, "qui a déjà signé des contrats avec EDF et Engie pour une exportation en France." L'association cite aussi un communiqué de NextDecade qui relève que la Société Générale a été impliquée dans l'intégralité des projets de terminaux GNL autorisés aux États-Unis et a participé dans le monde à 45 opérations dans le secteur du gaz liquéfié. Sur la période 2014-2016, la banque française a "accordé plus de 2,4 milliards de dollars aux entreprises développant ces projets en Amérique du Nord".

"La Société Générale [...] est ainsi la septième banque internationale et la première française la plus exposée au secteur, loin devant BNP Paribas, Crédit Agricole et Natixis" observe l'ONG.

En décembre, en dévoilant ses engagements sur la production des pétroles issus des sables bitumineux (mais pas sur les activités d'exploration, de distribution, de marketing ou de trading de ce type de pétrole, dont le processus d'extraction est parmi les plus polluants), la Société Générale avait souligné qu'elle se classait "parmi les leaders mondiaux du financement de l'énergie". Or les plus grands contrats ne se trouvent guère dans les énergies renouvelables et peu polluantes. "Pour un banquier, il est toujours très difficile de renoncer à un client" nous confiait récemment le responsable du développement durable d'un établissement concurrent.

"Avec ces projets d'exportation, la Société Générale contribue à faire entrer en France le gaz de schiste que nous avons banni il y a déjà 7 ans. L'hypocrisie est totale : si nous refusons le gaz de schiste en France, ce n'est pas pour le voir arriver par bateau des États-Unis, et avec la complicité d'une banque française" s'indigne Lorette Philippot, chargée de campagne Finance privée aux Amis de la Terre.

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L'association espère faire jouer l'esprit d'émulation. Elle montre en exemple BNP Paribas, qui a pris en octobre dernier l'engagement de se retirer de tout le secteur du gaz de schiste, couvrant son exploration et sa production mais aussi son transport et son exportation sous forme liquéfié. En mai dernier, l'organisation écologiste s'était invitée aux assemblées générales d'actionnaires de ces grandes banques et avait organisé un happening devant une agence de la Société Générale à Paris. Au Climate Finance Day organisé début décembre à Bercy, des militants des Amis de la Terre avaient défilé déguisés en escargots en tenue rouge et noire, couleurs de la banque, tandis que d'autres portaient des banderoles "Société Générale à la traîne #StopRioGrandeLNG".

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/gaz-de-schiste-la-soc-gen-denoncee-pour-son-role-actif-dans-l-exportation-770592.html#xtor=EPR-2-[l-actu-du-jour]-20180305

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dimanche 4 mars 2018

L'Amérique a fait payer cher la crise aux banques de la planète

Les grandes banques américaines et européennes ont déboursé pas moins de 345 milliards de pénalités financières entre 2009 et 2017. Une somme très largement captée par les autorités américaines, et seulement à 6 % par les régulateurs européens.

ACT JUSTICE US BANQUES

Depuis la crise financière, une avalanche d'amendes, pénalités et règlements à l'amiable s'est abattue sur les grandes banques américaines et européennes. Selon une étude du Boston Consulting Group, les géants de la finance ont ainsi été contraints de débourser pas moins de 345 milliards de dollars entre 2009 et 2017. Encore, ce montant est certainement inférieur à la réalité, les décomptes du BCG ne retenant (jusqu'en 2015) que les coûts supérieurs à 50 millions de dollars, et ne concernant que les 50 plus grandes banques de la planète. 

Le mouvement paraît ralentir en 2017 avec « seulement » 22 milliards de dollars de pénalités financières en 2017. Ce montant reste conséquent puisque la même année les banques américaines ont généré un « profit économique » (mesure raffinée du volume d'activité, NDLR) de 47 milliards de dollars de profits, selon BCG.

Souvenir cuisant

Ce sont sans surprise les banques nord-américaines qui ont payé le plus lourd tribut, avec un total de 220 milliards de pénalités de dollars sur la période, avec une période particulièrement « chaude »  entre 2012 et 2014 . Mi-2014 justement, Citigroup écope d'une amende de 7 milliards de dollars pour son rôle dans la crise des subprimes. Même raison, même punition deux ans plus tard pour  Goldman Sachs qui débourse alors 5 milliards de dollarsLes banques européennes se partagent logiquement le solde (un tiers du total) avec 125 milliards de dollars principalement versés aux gendarmes bancaires américains. Le souvenir reste cuisant pour  BNP Paribas qui aura versé près de 9 milliards de dollars pour rupture d'embargo. Deutsche Bank n'a pas été épargnée, avec une amende de 7,2 milliards de dollars pour son rôle dans les subprimes.

Couper le lien

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A l'image de la crise financière - traitée de façon plus radicale aux Etats-Unis - ce sont les autorités américaines qui ont le plus sorti les dents. Elles ont perçu sur la période 2009-2017 près de 200 milliards de pénalités... soit 55 % du total, au bénéfice des finances publiques. Autre grand vainqueur de ce passage en caisse : les consommateurs à qui ont été versés 133 milliards de dollars en dédommagements sur la période, pour les victimes de la crise immobilière américaine, mais aussi pour les ventes abusives de produits financiersCe sont finalement les régulateurs européens qui ont paru les plus timides . Ces derniers n'ont perçu depuis 2009 que 22 milliards de dollars, à peine 6 % du total. 

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Possible explication - parmi d'autres - jusqu'en 2014, les gendarmes bancaires européens avançaient en ordre totalement dispersé. A partir de cette date, la BCE prend en charge le rôle de superviseur unique . L'un des buts de cette bascule était de couper le lien « national », jugé parfois trop étroit, entre une banque et son superviseur. A ce jour, les gendarmes européens - certes très sévères - n'ont que peu agité la menace financière.

200 réglementations par jour

Est-ce à dire que la vague de pénalités appartient au passé ? Difficile à dire a priori. « Ce qui est sûr par contre c'est que c'est devenu année après année une forme de coût récurrent à l'échelle de l'industrie. Mais certains y échappent totalement, d'autres en subissent les conséquences très visibles dans leurs comptes », souligne Gwenhaël Le Boulay, directeur associé senior au BCG. Le cabinet estime qu'en moyenne 200 nouvelles réglementations sont publiées chaque jour, dont certaines très structurantes, qu'il s'agisse de transparence sur les marchés (MiFID 2) ou de protection des données personnelles des consommateurs. « Avec l'évolution du rôle et la spécialisation des régulateurs européens, les banques vont affronter une pression croissante sur leurs procédures de contrôle et de conformité », souligne le rapport.

https://www.lesechos.fr/finance-marches/banque-assurances/0301356722599-comment-lamerique-a-fait-payer-la-crise-aux-banques-de-la-planete-2157302.php#2joAJ2pF67BzYYRo.99

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Banques : la facture colossale de la crise
345 milliards de dollars. Le chiffre est spectaculaire.
C'est la somme des diverses amendes et transactions que les banques ont dû régler aux autorités
depuis la crise pour solder leurs errements passés.
Davantage que toute la richesse produite en une année par l'Afrique du Sud.
Presque de quoi nourrir le budget de l'Etat français !
Cette somme, pourtant, n'a pas bénéficié à tout le monde.
Les Etats-Unis – le Trésor américain, les régulateurs de Wall Street et les consommateurs lésés –
se sont arrogé la part du lion, en récoltant plus de 300 milliards.
L'Europe n'a récupéré qu'un maigre 22 milliards.
Etrange morale de l'histoire.
Car c'est bien l'Amérique qui a engendré la pire crise financière depuis la Grande dépression.
Et c'est elle qui impose ses vues aujourd'hui sur les plans réglementaire ou judiciaire
face à des autorités européennes souvent désarmées.
On pourrait presque parler de « diktat » américain sur la finance mondiale.    S.R.
.

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vendredi 23 février 2018

Une première : la BCE gèle tous les paiements d'une banque européenne

La Banque centrale européenne a imposé un moratoire à la troisième banque commerciale lettone, dans la tourmente depuis que le Trésor américain l'a classée comme établissement à haut risque de blanchiment, la soupçonnant d'avoir participé au financement de la vente de missiles balistiques à la Corée du Nord.

ACT LETTONIE BANQUE

Du jamais-vu dans l'Europe bancaire : la BCE a décidé, en urgence ce lundi, d'imposer un « moratoire » à la banque lettone ABLV, le troisième plus important établissement de crédit du pays balte, dans la tourmente depuis qu'elle n'avait plus accès aux marchés financiers, après une sanction des Etats-Unis.

« Cela signifie qu'à titre temporaire, et jusqu'à nouvel ordre, une interdiction de tous paiements par la Banque ABLV sur ses passifs financiers a été imposée et est actuellement en vigueur », explique la BCE dans un communiqué.

Le moratoire, imposé au régulateur letton, a été jugé nécessaire « pour trouver une solution » en coordination avec les autorités lettones et remédier aux problèmes de pénuries de financement. Il s'agit aussi d'éviter un "bank run", une ruée au guichet des dépositaires, même si ABLV est plutôt une banque d'entreprise et de gestion de fortune. Une telle mesure n'avait pu être imposée l'an dernier au moment des difficultés de Banco Popular, rachetée pour un euro symbolique par Santander, car la loi espagnole ne permet pas de décréter de moratoire sur les dépôts.

« La situation financière de la banque s'est fortement dégradée ces derniers jours suite à une annonce effectuée le 13 février par le réseau de lutte contre la délinquance financière (Financial Crimes Enforcement Network) du Département du Trésor des États-Unis de proposer à partir de février une mesure désignant la Banque ABLV comme un établissement représentant un risque majeur en matière de blanchiment des capitaux, conformément à la Section 311 du Patriot Act américain », contextualise la Banque centrale européenne.

"Blanchiment institutionnalisé" et financement en Corée du Nord

Le réseau anti-délinquance financière du Département du Trésor américain a, en effet, rendu des conclusions alarmantes :

« ABLV a institutionnalisé le blanchiment d'argent en tant que pilier des pratiques commerciales de la banque », écrit le FinCEN dans un communiqué.

« Les pratiques déficientes des banques favorisent un large éventail de comportements illicites, y compris l'activité liée au programme d'armement de la Corée du Nord et la corruption liée à la Russie et à l'Ukraine », a déclaré Steven Mnuchin, le secrétaire au Trésor de l'administration Trump.

Dans son rapport, le FinCEN détaille que « l'activité illégale de la banque lettone inclut des transactions avec des parties connectées à des entités désignées par les Etats-Unis et l'Onu, dont certaines impliquées dans la fourniture ou l'export de missiles balistiques à la Corée du Nord. »  Pointant la défaillance des systèmes de contrôle et procédures, il affirme aussi que la banque a vu transiter « des milliards de dollars dans la corruption publique et le dépouillement d'actifs par le biais de comptes de sociétés écrans. »

Affaire de corruption à la banque centrale lettone

Fondée en 1993, la banque ABLV, issue de la privatisation d'une branche régionale de la banque nationale, est spécialisée dans la banque privée, de financement et d'investissement. Depuis son siège de Riga, elle s'est fortement développée dans les Etats de la CEI, Ukraine, Azerbaïdjan, etc. A la fin de 2017, elle disposait de liquidités de 1,7 milliard d'euros pour un total de bilan de 3,63 milliards d'euros et un produit net bancaire de 140 millions d'euros (en 2016). ABLV, qui emploie plus de 800 personnes, est la deuxième banque lettone en termes de dépôts (2,6 milliards d'euros, derrière la Swedbank et devant SEB). La cotation de son action a été suspendue à la Bourse Nadsaq de Riga.

« Cette décision est prise afin de donner à la banque suffisamment de temps pour prendre des mesures en vue de stabiliser la situation existante et d'accumuler les fonds nécessaires pour assurer un fonctionnement normal », fait valoir la direction d'ABLV dans un communiqué.

La banque de Riga explique qu'elle a décidé « de mettre en gage une partie des titres à sa disposition en demandant à la Banque de Lettonie, à son tour, d'accorder un prêt à hauteur de 480 millions d'euros ». La solution pourrait passer par un rachat de ses actifs, à l'image du sauvetage de Popular par Santander.

Cette affaire interroge sur la qualité des contrôles anti-blanchiment en Lettonie et de la supervision bancaire du régulateur national, le FCMC (Financial and Capital Market Commission), responsable de la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme, qui n'est pas dans les attributions directes de la BCE.

L'affaire tombe au plus mal pour le pays balte : le gouverneur de la Banque centrale de Lettonie a été arrêté ce week-end par le bureau national anti-corruption. Il est soupçonné d'avoir reçu un pot de vin de 100.000 euros, dans un dossier qui n'a, semble-t-il, rien à voir avec les déboires d'ABLV, mais jette un voile de suspicion sur l'ensemble du système financier letton et ses gendarmes.

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/une-premiere-la-bce-gele-tous-les-paiements-d-une-banque-europeenne-769077.html#xtor=EPR-2-[l-actu-du-jour]-20180220

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mercredi 21 février 2018

« Le plus gros hedge fund du monde parie 22 milliards contre l’Europe !! »

TRIBUNE LIBRE / par | 19 Fév 2018 |

TL SANNAT BRIDGEWATER

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Voilà une information comme je les affectionne. Certaines mauvaises langues, qui jugent bien vite, diront, évidemment, c’est inquiétant, apocalyptique et donc c’est bon pour vendre sa “soupe”… pessimiste.

Laissons-les dire.

Évidemment, ce type d’information, au premier abord, peut sembler inquiétant. Pourtant, ce n’est pas là ni l’important ni l’essentiel.

Trouver cela inquiétant est une émotion. Considérer cela comme faisant peur, c’est laisser les émotions et l’irrationalité prendre le pas sur l’intelligence et la réflexion.

Cette information totalement vraie et vérifiable est simplement révélatrice du fonctionnement de nos économies, de notre système mondialisé.

Cette information pointe du doigt, froidement, nos faiblesses, nos abandons, nos résignations et nos lâchetés de souveraineté.

Une entité au pouvoir financier considérable peut donc effectivement en toute impunité “jouer” et miser 22 milliards de dollars contre les intérêts souverains de pays européens qui sont composés de gens formant ce que l’on appelle des peuples !

Le plus gros hedge fund du monde mise 22 milliards contre l’Europe

Voilà ce que nous rapporte cet article du quotidien économique Les Échos.

L’analyse des positions «vendeuses» du fonds Bridgewater montre qu’il parie contre nombre d’entreprises allemandes, françaises et italiennes.
Bridgewater mise gros contre l’Europe. En quelques mois, le plus grand fonds spéculatif au monde, gérant environ 160 milliards de dollars d’actifs, a sensiblement augmenté ses positions à la baisse dans des entreprises du Vieux Continent. Selon les chiffres analysés par Reuters et Bloomberg, le total de ces positions s’élèverait à 22 milliards de dollars.

Tout a commencé en Italie cet automne lorsque le fonds a pris des positions « short » sur les banques du pays. Les bilans de la plupart d’entre elles sont criblés de créances douteuses, qui minent leur performance et font peser d’importants risques en matière de régulation. La Banque centrale européenne presse les établissements de les nettoyer, mettant sous pression leur cours de Bourse. Bridgewater s’est notamment attaqué à Intesa Sanpaolo.

Le hedge fund a ensuite pris des positions vendeuses sur d’autres sociétés italiennes : Enel et Eni… pour un total de 18 sociétés représentant 3 milliards de dollars. Ces dernières semaines, il a étendu ses paris à la baisse à toute l’Europe. Le fonds est « short » sur les allemands Siemens et Deutsche Bank, l’européen Airbus, la française BNP Paribas, la banque néerlandaise ING, Sanofi, Nokia ou encore sur le pétrolier Total… Il a pris des positions courtes sur près de la moitié des sociétés du DAX allemand, pour un total de 7,3 milliards de dollars outre-Rhin. Dans l’Hexagone, le total s’élève à 4,5 milliards.”

L’abandon du politique et des… opportunités économiques !

Ce que nous montre cette information, c’est que nos pays ont été abandonnés en rase campagne par l’élite au pouvoir, censée veiller aux intérêts des populations qu’elle représente.
Elle représente encore officiellement et incarne “en semblant”  – comme dirait mon petit dernier quand il joue – le pouvoir, mais un pouvoir qu’elle n’exerce pas pour laisser volontairement le champ libre aux forces spéculatives et de marché.
Le combat à mener doit être donc politique par la reconquête de notre souveraineté, c’est-à-dire du choix de décider nous-mêmes, citoyens, de notre destin et de la façon dont nous souhaitons utiliser nos ressources. L’action politique n’a de sens que lorsqu’elle est orientée vers le service du bien commun.

Pour le reste, et en l’absence pour le moment d’alternative politique crédible et cohérente, il ne vous reste plus qu’à considérer vos propres opportunités économiques à titre personnel.

Et cet article vous en dit beaucoup sur ce que vous pouvez faire et les opportunités que vous pouvez éventuellement saisir.

Je ne vous inciterai jamais à la spéculation, mais si le plus gros hedge fund de la planète joue à la baisse massivement sur le secteur bancaire européen, vous pouvez vous aussi parier à la baisse sur ces mêmes banques à travers des trackers parfois éligibles dans vos PEA.

Autre élément de réflexion à vous soumettre : si Bridgewater joue massivement à la baisse le secteur bancaire européen, cette entreprise crée les conditions éventuelles d’une nouvelle crise bancaire de grande ampleur nécessitant à terme une intervention massive de la BCE… ou aboutissant à l’explosion de la monnaie unique l’euro.

Vous le voyez, en réalité, nous tournons en rond, comme des poissons rouges dans un bocal, nous sommes toujours prisonniers du même bocal. Ce bocal, c’est celui de l’Union européenne.

Notre soumission à l’Europe entraîne notre soumission à des entreprises comme Bridgewater.

« Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes. »

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

https://insolentiae.com/le-plus-gros-hedge-fund-du-monde-parie-22-milliards-contre-leurope-ledito-de-charles-sannat/

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lundi 12 février 2018

« Ceci n’est pas un krach, par Bruno Le Maire, hahahahahahaha !! »

TRIBUNE LIBRE / par | 9 Fév 2018 |

TL SANNAT BOURSE

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Ma femme vous le dirait, j’ai un grand sens de l’humour (noir), de l’autodérision et j’aime beaucoup, beaucoup rire et rire de tout (mais pas avec tout le monde).

Est-ce que vous avez déjà assisté à des procès ? Jeune étudiant, notre professeur de droit nous invitait souvent à aller en cour d’assises voir les procès. C’était impressionnant, fort instructif. C’était même assez prévisible au bout d’un certain temps, ce qui expliquait une forme d’attitude en retrait, plus que blasée d’ailleurs, des magistrats.

Il y avait le méchant (présumé innocent mais à la tête de coupable) et les gentils (les victimes). Les méchants disaient toujours et invariablement “ce n’est pas moi” suivi, en fonction, du “m’sieur” ou du “m’dame” de rigueur quand ils arrivaient à l’ânonner péniblement.

Eh bien quand on parle de la crise, c’est à peu près les mêmes inepties et nos mamamouchis ne valent guère mieux que nos criminels de droit commun.

Au classement des âneries économiques qui me font rire, le “number one” c’est le :

1/ “Cette fois c’est différent”… À chaque fois qu’on vous sort cet argument, préparez-vous, fermez les écoutilles et repliez la grand-voile. Pour la bulle Internet, c’était différent, pour le Bitcoin, c’était différent, pour les actions actuellement c’est différent… et bing bang boum, patatras quand même !

2/ “On ne pouvait pas prévoir”… Notez que cette excuse est utilisée dans tous les domaines. Par exemple “on ne pouvait pas prévoir qu’il neigerait cet hiver et que la N118, qui est en pente, serait bloquée comme à chaque fois qu’il neige depuis 50 ans que la N118 existe et la neige aussi”…. Mais on ne pouvait pas prévoir !

3/ “Le propre des bulles c’est de se rendre compte qu’elles existent que quand elles ont éclaté… Ce qui est évidemment une absurdité totale, car si l’on ne peut prévoir le moment de l’explosion, en général votre bulle de savon, vous savez que c’est une bulle de savon (cela fonctionne aussi avec les chewing-gum) et vous savez aussi que plus elle grossit, plus vous vous rapprochez du moment où elle va vous péter à la figure et vous recouvrir de Malabar collant… Parfois, un bon copain passe par là et se charge de la faire exploser un peu plus vite. Qui n’a pas joué à ça !!! Eh bien la FED, quand elle monte les taux, au moment où la bulle est grosse, vient donner le petit coup qui fait tout péter… Bref, tout cela est bien prévisible contrairement à ce que l’on dit.

4/ “Ceci n’est pas un krach”. C’était la perle de Christine Lagarde, alors ministre de l’Économie et des Finances, et qui ne voulait surtout pas “inquiéter” le petit peuple. Il faut dire que chez ces gens-là, Monsieur, on a le sens des responsabilités ! Surtout quand il s’agit du porte-monnaie des autres ou de leur santé. Souvenez-vous : les nuages radioactifs n’atteignent jamais la France.

5/ “Je ne suis pas inquiet” dit Bruno Le Maire. Cette année, et pour le millésime 2018, c’est notre Bruno Le Maire qui s’y colle pour la postérité. Je l’aime bien moi Bruno, il est un peu normand comme moi, on vient du même département, alors forcément, ça crée des liens….

Mais j’ai envie de lui dire à Bruno, attention à ne pas dire trop d’âneries, car avec Internet, on pourra ressortir quelques images bien embêtantes à la lecture de l’histoire qui se sera déroulée.

Ne pas inquiéter certes, mais ne pas rassurer non plus. La réalité, c’est que si les mamamouchis de la FED souhaitent créer un krach, ils le feront, que cela plaise ou pas à Macron ou à Le Maire.

Vous avez aimé le “ce n’est pas un krach” de Lagarde, vous trouverez exquis, le “je ne suis pas inquiet” de Le Maire !

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

 

Charles SANNAT

https://insolentiae.com/ceci-nest-pas-un-krach-par-bruno-le-maire-hahahahahahaha-ledito-de-charles-sannat/

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[RussEurope en Exil] Crise, krach, ou simple avertissement ?

TRIBUNE LIBRE / Jacques SAPIR.

La secousse financière qui affecte les marchés d’actions depuis vendredi 2 février dernier constitue un véritable avertissement. Le CAC-40, qui caracolait au-delà de 5400 points est revenus sous les 5100 points ce vendredi 9 février, soit une baisse de 9%, un mouvement identique à celui de l’indice DOW JONES à la bourse de New -York. Même si ces effets tendent à s’amenuiser, et la chute des marchés financiers devrait se ralentir fortement, voire s’arrêter, la semaine prochaine, on aurait tort de négliger cet avertissement.

TL SAPIR BOURSE

Les causes de la secousse boursière

Les causes de cette secousse sont relativement claires, du moins en ce qui concerne les causes immédiates. A la base, il y a la remontée des taux obligataires aux Etats-Unis. Les taux d’intérêts sur les emprunts à 10 ans ont atteint 2,5%. Cette remontée, qui indique probablement que la période de taux extrêmement bas que l’on connaît depuis ces dernières années est en train de se clore, a eu un effet direct sur les marchés d’actions. Des sommes ont été transférées de ces marchés vers le marché obligataire, entrainant évidemment des ventes d’actions. Cela induit une tendance baissière.

Il faut ensuite tenir compte de facteurs techniques, qui ont accéléré, voire dramatisé, cette tendance baissière. Des opérateurs avaient acheté des actions à des niveaux très hauts en décembre et début janvier. Surpris par le retournement de tendance, ils ont vendu brutalement ce qu’ils avaient acheté. De plus, un certain nombre de « produits dérivés » sont indexés sur les indicateurs de volatilité du marché. La brutale augmentation de cette dernière a entraîné un surcroit de ventes. Enfin, les algorithmes qui gèrent les plateformes automatiques ont réagi brutalement dès que la baisse a dépassé un certain niveau.

Cette combinaison de facteurs explique en partie la brutalité de la baisse qui a commencé le vendredi 2 février et qui s’est amplifiée le lundi 5 et dans les jours qui ont suivi. Mais, derrière ces facteurs, il y a des raisons d’être pessimiste sur le long terme, même si aucune de ces raisons n’implique la baisse brutale de ces derniers jours.

Graphique 1

Evolution du CAC-40

Graphique 2

Evolution de l’indice DOW JONES

Source : Bloomberg

La théorie du « ruissellement » en échec

On parle en effet beaucoup d’une embellie de la croissance, d’un retour à la normale après la longue période qui a succédé à la crise. Il est clair que les taux de croissance se sont améliorés. Mais, ils restent inférieurs à ce qu’ils étaient, en moyenne, dans la période 1998-2008. Surtout, l’accroissement des bénéfices des sociétés, et des dividendes des actions, ne correspond pas à un enrichissement identique des salariés, et de la majorité de la population. Or, au bout du compte, c’est l’enrichissement de l’ensemble de la population, et non de sa fraction la plus riche, qu’il s’agisse des 0,1%, des 1%, voire des 10% aux revenus les plus élevés, qui ouvre un marché en expansion capable d’absorber la production des firmes et de garantir leurs profits. Il y a un aphorisme bien plus vrai que le fameux théorème d’Helmut Schmitt : « les profits d’aujourd’hui sont les investissements de demain et les emplois d’après demains ». Ce théorème n’évoque pas la capacité des « riches » à thésauriser et à dilapider une bonne partie de leur richesse sur les marchés financiers. Notons, d’ailleurs, que ces « théorème » est aujourd’hui largement discrédité par tout une série d’études empiriques.

L’aphorisme véritable est plutôt : « la hausse des revenus du plus grand nombre est la garantie de l’écoulement du surcroit de production qui justifie les investissements d’aujourd’hui ». Or, la structure de l’économie financiarisée, qui domine le monde depuis près de 25 ans, empêche la redistribution des gains de productivité, gains qui sont toujours élevés dans l’industrie, aux salariés.

Il en résulte une sourde inquiétude, que l’on perçoit dans les rapports des différentes institutions internationales. Cette hausse importante des bénéfices et des dividendes est excessive, et elle fait peser la menace d’une crise future résultant du désajustement brutal entre le rythme de croissance de la production et celle de la consommation [1].

La souveraineté, facteur de croissance ?

Le problème fondamental auquel l’économie mondiale est aujourd’hui confrontée est un problème de répartition. Et, la répartition elle-même dépend des institutions dans chaque pays, mais aussi du contexte politique général. Ce n’est QUE dans le cadre d’Etats souverains, et pleinement souverains, qu’une majorité d’électeurs peut imposer des règles différentes de répartition, mais aussi – et sans cela ces différentes règles seront minées par la concurrence internationale dès le départ – imposer des règles de commerce international qui redonnent au corps législatif national la possibilité réelle d’agir sur les structures sociales et économiques du pays.

Le retour à la souveraineté des Etats apparaît donc comme la condition nécessaire (mais pas nécessairement suffisante) à l’inversion de cette tendance malsaine qui a entraîné un désajustement toujours croissant entre les rythmes de croissance des revenus des « 1% » et ceux de la majorité de la population. L’enjeu est ici certes social mais pas seulement. Il en va du bon fonctionnement de l’économie. Or, si la hausse des dividendes et des bénéfices tire les marchés d’action vers le haut, la force de rappel que constitue la possible, et maintenant probable, crise de surproduction constitue une menace qui plane de plus en plus sur les marchés financiers.

[1] NATIXIS, Flash Economie, 2 février 2018 – n°130

https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-crises-krach-ou-simple-avertissement-par-jacques-sapir/

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dimanche 11 février 2018

Des milliers de logements grecs bradés par les banques sur Internet

Attention, ventes immobilières sous haute tension. En Grèce, depuis fin novembre, les résidences principales des habitants endettés sont vendues aux enchères sur internet, par les banques.

ACT GRECE LOGEMENTS

La maison est saisie et les enchères démarrent très bas. Certains logements sont mis en vente à partir de... 25.000 euros. Jusqu’ici, ces transactions se déroulaient au tribunal, sous l’œil des notaires, mais les manifestations et menaces contre les notaires, les ont rendues impossibles. Les créanciers du pays, ont donc autorisé la vente en ligne d’environ 15.000 logements. Ce sont les quatre principaux établissements financiers grecs qui s’en chargent.

Ne vous attendez pas à du grand luxe. Leurs atouts principaux? Leur prix et la proximité avec la mer. Ne soyez pas surpris de voir peu de photos d’intérieur. Les logements ayant été saisis, les propriétaires ont souvent causé pas mal de dégâts avant de laisser la banque s’en emparer. Des travaux plus ou moins importants seront donc à prévoir. Découvrez quelques-unes de ces maisons à la vente.

Un rapport qualité/prix plus qu’intéressant

C’est ainsi qu’un appartement de 165 m² (voir notre illustration principale), avec vue sur la mer, situé à Thessalonique (deuxième ville de Grèce) pourrait être vendu autour de 280.000 euros, soit moins de 1700 euros le m², selon le site de la banque du Pirée. L’annonce précise cependant que le logement nécessite des «rénovations ciblées».

Même type d’offres si vous naviguez sur le site d’Eurobank, la troisième banque grecque. Vous aurez le choix entre plusieurs dizaines de biens immobiliers situés de Rhodes à Athènes, en passant par Thessalonique, Corfou, la Crête ou encore le Péloponnèse. Mise à prix? De 15.500 à 271.000 euros. Construite en 2004, la maison la plus chère (pour le moment), d’entre elles, dispose d’une surface de 372 m², soit moins de 1000 euros le m².

Pour la suivante, direction Asvestochori, près de Thessalonique. Construite en 2009, une maisonnette de 181 m² au total (59 mètres carrés pour le sous-sol, 57 mètres pour le rez-de-chaussée et 61 mètres carrés pour le premier étage s’y trouve.

Vous disposerez d’une pièce à vivre, d’une cuisine ouverte, de deux chambres, d’une grande salle de bains avec spa ou encore d’une remise. Mise à prix? 141.000 euros, soit 779 euros le m².

En voici une autre, située à Ravdoucha, à l’est de la Crête. Construite en 2000, une maison de 57 m², située au bord de la mer, avec deux chambres, pourrait aussi vous séduire. Mise à prix? 83.000 euros, soit 1456 euros le m².7

Et enfin pour la dernière, dirigeons-nous plus à l’est de la Crète désormais pour rejoindre la ville de Melisochori. Construite en 2009, une charmante maisonnette de 142 mètres au total (49 m² pour le sous-sol, 42 mètres pour le rez-de-chaussée et 51 m² pour le 1er étage), vous y attend. Comptez également sur un jardin de 16 m². Mise à prix? 54.500 euros, soit 384 euros le m²!

http://immobilier.lefigaro.fr/article/des-milliers-de-logements-grecs-brades-par-les-banques-sur-internet_d8a5db8a-f60e-11e7-adbe-e5630109b1d6/

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Une loi du parti de la droite conservatrice Nouvelle Démocratie (ND), dite loi « Hatzidakis », établissait un plafond de 200 000 euros en dessous duquel les expulsions étaient interdites. Cette interdiction s'appliquait à la fois aux résidences principales et secondaires.

Mais, dans le cadre du troisième mémorandum de la loi « Katseli » du PASOK (le parti « socialiste » grec), cette mesure a été annulée. Le gouvernement actuel n'a cessé de répéter que les résidences principales ne pouvaient être saisies mais c'était faux !
En effet, les conditions pour bénéficier de la loi « Katseli » sont presque impossibles à réunir et ne s'appliquent qu'à une très petite partie des débiteurs. Propriétaires de maisons, de terrains et de PME sont littéralement spoliés de leurs biens au profit de l'étranger !

Et le Figaro Immobilier regretterait presque que les Grecs saccagent leurs maisons avant de les quitter !!
Et à aucun moment, ce journal ne manifeste ne serait-ce qu'une petite indignation !!!

Qui a dit que l'UE c'était la paix ! S.R. (UPR 87)

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