vendredi 23 février 2018

Une première : la BCE gèle tous les paiements d'une banque européenne

La Banque centrale européenne a imposé un moratoire à la troisième banque commerciale lettone, dans la tourmente depuis que le Trésor américain l'a classée comme établissement à haut risque de blanchiment, la soupçonnant d'avoir participé au financement de la vente de missiles balistiques à la Corée du Nord.

ACT LETTONIE BANQUE

Du jamais-vu dans l'Europe bancaire : la BCE a décidé, en urgence ce lundi, d'imposer un « moratoire » à la banque lettone ABLV, le troisième plus important établissement de crédit du pays balte, dans la tourmente depuis qu'elle n'avait plus accès aux marchés financiers, après une sanction des Etats-Unis.

« Cela signifie qu'à titre temporaire, et jusqu'à nouvel ordre, une interdiction de tous paiements par la Banque ABLV sur ses passifs financiers a été imposée et est actuellement en vigueur », explique la BCE dans un communiqué.

Le moratoire, imposé au régulateur letton, a été jugé nécessaire « pour trouver une solution » en coordination avec les autorités lettones et remédier aux problèmes de pénuries de financement. Il s'agit aussi d'éviter un "bank run", une ruée au guichet des dépositaires, même si ABLV est plutôt une banque d'entreprise et de gestion de fortune. Une telle mesure n'avait pu être imposée l'an dernier au moment des difficultés de Banco Popular, rachetée pour un euro symbolique par Santander, car la loi espagnole ne permet pas de décréter de moratoire sur les dépôts.

« La situation financière de la banque s'est fortement dégradée ces derniers jours suite à une annonce effectuée le 13 février par le réseau de lutte contre la délinquance financière (Financial Crimes Enforcement Network) du Département du Trésor des États-Unis de proposer à partir de février une mesure désignant la Banque ABLV comme un établissement représentant un risque majeur en matière de blanchiment des capitaux, conformément à la Section 311 du Patriot Act américain », contextualise la Banque centrale européenne.

"Blanchiment institutionnalisé" et financement en Corée du Nord

Le réseau anti-délinquance financière du Département du Trésor américain a, en effet, rendu des conclusions alarmantes :

« ABLV a institutionnalisé le blanchiment d'argent en tant que pilier des pratiques commerciales de la banque », écrit le FinCEN dans un communiqué.

« Les pratiques déficientes des banques favorisent un large éventail de comportements illicites, y compris l'activité liée au programme d'armement de la Corée du Nord et la corruption liée à la Russie et à l'Ukraine », a déclaré Steven Mnuchin, le secrétaire au Trésor de l'administration Trump.

Dans son rapport, le FinCEN détaille que « l'activité illégale de la banque lettone inclut des transactions avec des parties connectées à des entités désignées par les Etats-Unis et l'Onu, dont certaines impliquées dans la fourniture ou l'export de missiles balistiques à la Corée du Nord. »  Pointant la défaillance des systèmes de contrôle et procédures, il affirme aussi que la banque a vu transiter « des milliards de dollars dans la corruption publique et le dépouillement d'actifs par le biais de comptes de sociétés écrans. »

Affaire de corruption à la banque centrale lettone

Fondée en 1993, la banque ABLV, issue de la privatisation d'une branche régionale de la banque nationale, est spécialisée dans la banque privée, de financement et d'investissement. Depuis son siège de Riga, elle s'est fortement développée dans les Etats de la CEI, Ukraine, Azerbaïdjan, etc. A la fin de 2017, elle disposait de liquidités de 1,7 milliard d'euros pour un total de bilan de 3,63 milliards d'euros et un produit net bancaire de 140 millions d'euros (en 2016). ABLV, qui emploie plus de 800 personnes, est la deuxième banque lettone en termes de dépôts (2,6 milliards d'euros, derrière la Swedbank et devant SEB). La cotation de son action a été suspendue à la Bourse Nadsaq de Riga.

« Cette décision est prise afin de donner à la banque suffisamment de temps pour prendre des mesures en vue de stabiliser la situation existante et d'accumuler les fonds nécessaires pour assurer un fonctionnement normal », fait valoir la direction d'ABLV dans un communiqué.

La banque de Riga explique qu'elle a décidé « de mettre en gage une partie des titres à sa disposition en demandant à la Banque de Lettonie, à son tour, d'accorder un prêt à hauteur de 480 millions d'euros ». La solution pourrait passer par un rachat de ses actifs, à l'image du sauvetage de Popular par Santander.

Cette affaire interroge sur la qualité des contrôles anti-blanchiment en Lettonie et de la supervision bancaire du régulateur national, le FCMC (Financial and Capital Market Commission), responsable de la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme, qui n'est pas dans les attributions directes de la BCE.

L'affaire tombe au plus mal pour le pays balte : le gouverneur de la Banque centrale de Lettonie a été arrêté ce week-end par le bureau national anti-corruption. Il est soupçonné d'avoir reçu un pot de vin de 100.000 euros, dans un dossier qui n'a, semble-t-il, rien à voir avec les déboires d'ABLV, mais jette un voile de suspicion sur l'ensemble du système financier letton et ses gendarmes.

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/une-premiere-la-bce-gele-tous-les-paiements-d-une-banque-europeenne-769077.html#xtor=EPR-2-[l-actu-du-jour]-20180220

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mercredi 21 février 2018

« Le plus gros hedge fund du monde parie 22 milliards contre l’Europe !! »

TRIBUNE LIBRE / par | 19 Fév 2018 |

TL SANNAT BRIDGEWATER

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Voilà une information comme je les affectionne. Certaines mauvaises langues, qui jugent bien vite, diront, évidemment, c’est inquiétant, apocalyptique et donc c’est bon pour vendre sa “soupe”… pessimiste.

Laissons-les dire.

Évidemment, ce type d’information, au premier abord, peut sembler inquiétant. Pourtant, ce n’est pas là ni l’important ni l’essentiel.

Trouver cela inquiétant est une émotion. Considérer cela comme faisant peur, c’est laisser les émotions et l’irrationalité prendre le pas sur l’intelligence et la réflexion.

Cette information totalement vraie et vérifiable est simplement révélatrice du fonctionnement de nos économies, de notre système mondialisé.

Cette information pointe du doigt, froidement, nos faiblesses, nos abandons, nos résignations et nos lâchetés de souveraineté.

Une entité au pouvoir financier considérable peut donc effectivement en toute impunité “jouer” et miser 22 milliards de dollars contre les intérêts souverains de pays européens qui sont composés de gens formant ce que l’on appelle des peuples !

Le plus gros hedge fund du monde mise 22 milliards contre l’Europe

Voilà ce que nous rapporte cet article du quotidien économique Les Échos.

L’analyse des positions «vendeuses» du fonds Bridgewater montre qu’il parie contre nombre d’entreprises allemandes, françaises et italiennes.
Bridgewater mise gros contre l’Europe. En quelques mois, le plus grand fonds spéculatif au monde, gérant environ 160 milliards de dollars d’actifs, a sensiblement augmenté ses positions à la baisse dans des entreprises du Vieux Continent. Selon les chiffres analysés par Reuters et Bloomberg, le total de ces positions s’élèverait à 22 milliards de dollars.

Tout a commencé en Italie cet automne lorsque le fonds a pris des positions « short » sur les banques du pays. Les bilans de la plupart d’entre elles sont criblés de créances douteuses, qui minent leur performance et font peser d’importants risques en matière de régulation. La Banque centrale européenne presse les établissements de les nettoyer, mettant sous pression leur cours de Bourse. Bridgewater s’est notamment attaqué à Intesa Sanpaolo.

Le hedge fund a ensuite pris des positions vendeuses sur d’autres sociétés italiennes : Enel et Eni… pour un total de 18 sociétés représentant 3 milliards de dollars. Ces dernières semaines, il a étendu ses paris à la baisse à toute l’Europe. Le fonds est « short » sur les allemands Siemens et Deutsche Bank, l’européen Airbus, la française BNP Paribas, la banque néerlandaise ING, Sanofi, Nokia ou encore sur le pétrolier Total… Il a pris des positions courtes sur près de la moitié des sociétés du DAX allemand, pour un total de 7,3 milliards de dollars outre-Rhin. Dans l’Hexagone, le total s’élève à 4,5 milliards.”

L’abandon du politique et des… opportunités économiques !

Ce que nous montre cette information, c’est que nos pays ont été abandonnés en rase campagne par l’élite au pouvoir, censée veiller aux intérêts des populations qu’elle représente.
Elle représente encore officiellement et incarne “en semblant”  – comme dirait mon petit dernier quand il joue – le pouvoir, mais un pouvoir qu’elle n’exerce pas pour laisser volontairement le champ libre aux forces spéculatives et de marché.
Le combat à mener doit être donc politique par la reconquête de notre souveraineté, c’est-à-dire du choix de décider nous-mêmes, citoyens, de notre destin et de la façon dont nous souhaitons utiliser nos ressources. L’action politique n’a de sens que lorsqu’elle est orientée vers le service du bien commun.

Pour le reste, et en l’absence pour le moment d’alternative politique crédible et cohérente, il ne vous reste plus qu’à considérer vos propres opportunités économiques à titre personnel.

Et cet article vous en dit beaucoup sur ce que vous pouvez faire et les opportunités que vous pouvez éventuellement saisir.

Je ne vous inciterai jamais à la spéculation, mais si le plus gros hedge fund de la planète joue à la baisse massivement sur le secteur bancaire européen, vous pouvez vous aussi parier à la baisse sur ces mêmes banques à travers des trackers parfois éligibles dans vos PEA.

Autre élément de réflexion à vous soumettre : si Bridgewater joue massivement à la baisse le secteur bancaire européen, cette entreprise crée les conditions éventuelles d’une nouvelle crise bancaire de grande ampleur nécessitant à terme une intervention massive de la BCE… ou aboutissant à l’explosion de la monnaie unique l’euro.

Vous le voyez, en réalité, nous tournons en rond, comme des poissons rouges dans un bocal, nous sommes toujours prisonniers du même bocal. Ce bocal, c’est celui de l’Union européenne.

Notre soumission à l’Europe entraîne notre soumission à des entreprises comme Bridgewater.

« Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes. »

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

https://insolentiae.com/le-plus-gros-hedge-fund-du-monde-parie-22-milliards-contre-leurope-ledito-de-charles-sannat/

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lundi 12 février 2018

« Ceci n’est pas un krach, par Bruno Le Maire, hahahahahahaha !! »

TRIBUNE LIBRE / par | 9 Fév 2018 |

TL SANNAT BOURSE

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Ma femme vous le dirait, j’ai un grand sens de l’humour (noir), de l’autodérision et j’aime beaucoup, beaucoup rire et rire de tout (mais pas avec tout le monde).

Est-ce que vous avez déjà assisté à des procès ? Jeune étudiant, notre professeur de droit nous invitait souvent à aller en cour d’assises voir les procès. C’était impressionnant, fort instructif. C’était même assez prévisible au bout d’un certain temps, ce qui expliquait une forme d’attitude en retrait, plus que blasée d’ailleurs, des magistrats.

Il y avait le méchant (présumé innocent mais à la tête de coupable) et les gentils (les victimes). Les méchants disaient toujours et invariablement “ce n’est pas moi” suivi, en fonction, du “m’sieur” ou du “m’dame” de rigueur quand ils arrivaient à l’ânonner péniblement.

Eh bien quand on parle de la crise, c’est à peu près les mêmes inepties et nos mamamouchis ne valent guère mieux que nos criminels de droit commun.

Au classement des âneries économiques qui me font rire, le “number one” c’est le :

1/ “Cette fois c’est différent”… À chaque fois qu’on vous sort cet argument, préparez-vous, fermez les écoutilles et repliez la grand-voile. Pour la bulle Internet, c’était différent, pour le Bitcoin, c’était différent, pour les actions actuellement c’est différent… et bing bang boum, patatras quand même !

2/ “On ne pouvait pas prévoir”… Notez que cette excuse est utilisée dans tous les domaines. Par exemple “on ne pouvait pas prévoir qu’il neigerait cet hiver et que la N118, qui est en pente, serait bloquée comme à chaque fois qu’il neige depuis 50 ans que la N118 existe et la neige aussi”…. Mais on ne pouvait pas prévoir !

3/ “Le propre des bulles c’est de se rendre compte qu’elles existent que quand elles ont éclaté… Ce qui est évidemment une absurdité totale, car si l’on ne peut prévoir le moment de l’explosion, en général votre bulle de savon, vous savez que c’est une bulle de savon (cela fonctionne aussi avec les chewing-gum) et vous savez aussi que plus elle grossit, plus vous vous rapprochez du moment où elle va vous péter à la figure et vous recouvrir de Malabar collant… Parfois, un bon copain passe par là et se charge de la faire exploser un peu plus vite. Qui n’a pas joué à ça !!! Eh bien la FED, quand elle monte les taux, au moment où la bulle est grosse, vient donner le petit coup qui fait tout péter… Bref, tout cela est bien prévisible contrairement à ce que l’on dit.

4/ “Ceci n’est pas un krach”. C’était la perle de Christine Lagarde, alors ministre de l’Économie et des Finances, et qui ne voulait surtout pas “inquiéter” le petit peuple. Il faut dire que chez ces gens-là, Monsieur, on a le sens des responsabilités ! Surtout quand il s’agit du porte-monnaie des autres ou de leur santé. Souvenez-vous : les nuages radioactifs n’atteignent jamais la France.

5/ “Je ne suis pas inquiet” dit Bruno Le Maire. Cette année, et pour le millésime 2018, c’est notre Bruno Le Maire qui s’y colle pour la postérité. Je l’aime bien moi Bruno, il est un peu normand comme moi, on vient du même département, alors forcément, ça crée des liens….

Mais j’ai envie de lui dire à Bruno, attention à ne pas dire trop d’âneries, car avec Internet, on pourra ressortir quelques images bien embêtantes à la lecture de l’histoire qui se sera déroulée.

Ne pas inquiéter certes, mais ne pas rassurer non plus. La réalité, c’est que si les mamamouchis de la FED souhaitent créer un krach, ils le feront, que cela plaise ou pas à Macron ou à Le Maire.

Vous avez aimé le “ce n’est pas un krach” de Lagarde, vous trouverez exquis, le “je ne suis pas inquiet” de Le Maire !

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

 

Charles SANNAT

https://insolentiae.com/ceci-nest-pas-un-krach-par-bruno-le-maire-hahahahahahaha-ledito-de-charles-sannat/

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[RussEurope en Exil] Crise, krach, ou simple avertissement ?

TRIBUNE LIBRE / Jacques SAPIR.

La secousse financière qui affecte les marchés d’actions depuis vendredi 2 février dernier constitue un véritable avertissement. Le CAC-40, qui caracolait au-delà de 5400 points est revenus sous les 5100 points ce vendredi 9 février, soit une baisse de 9%, un mouvement identique à celui de l’indice DOW JONES à la bourse de New -York. Même si ces effets tendent à s’amenuiser, et la chute des marchés financiers devrait se ralentir fortement, voire s’arrêter, la semaine prochaine, on aurait tort de négliger cet avertissement.

TL SAPIR BOURSE

Les causes de la secousse boursière

Les causes de cette secousse sont relativement claires, du moins en ce qui concerne les causes immédiates. A la base, il y a la remontée des taux obligataires aux Etats-Unis. Les taux d’intérêts sur les emprunts à 10 ans ont atteint 2,5%. Cette remontée, qui indique probablement que la période de taux extrêmement bas que l’on connaît depuis ces dernières années est en train de se clore, a eu un effet direct sur les marchés d’actions. Des sommes ont été transférées de ces marchés vers le marché obligataire, entrainant évidemment des ventes d’actions. Cela induit une tendance baissière.

Il faut ensuite tenir compte de facteurs techniques, qui ont accéléré, voire dramatisé, cette tendance baissière. Des opérateurs avaient acheté des actions à des niveaux très hauts en décembre et début janvier. Surpris par le retournement de tendance, ils ont vendu brutalement ce qu’ils avaient acheté. De plus, un certain nombre de « produits dérivés » sont indexés sur les indicateurs de volatilité du marché. La brutale augmentation de cette dernière a entraîné un surcroit de ventes. Enfin, les algorithmes qui gèrent les plateformes automatiques ont réagi brutalement dès que la baisse a dépassé un certain niveau.

Cette combinaison de facteurs explique en partie la brutalité de la baisse qui a commencé le vendredi 2 février et qui s’est amplifiée le lundi 5 et dans les jours qui ont suivi. Mais, derrière ces facteurs, il y a des raisons d’être pessimiste sur le long terme, même si aucune de ces raisons n’implique la baisse brutale de ces derniers jours.

Graphique 1

Evolution du CAC-40

Graphique 2

Evolution de l’indice DOW JONES

Source : Bloomberg

La théorie du « ruissellement » en échec

On parle en effet beaucoup d’une embellie de la croissance, d’un retour à la normale après la longue période qui a succédé à la crise. Il est clair que les taux de croissance se sont améliorés. Mais, ils restent inférieurs à ce qu’ils étaient, en moyenne, dans la période 1998-2008. Surtout, l’accroissement des bénéfices des sociétés, et des dividendes des actions, ne correspond pas à un enrichissement identique des salariés, et de la majorité de la population. Or, au bout du compte, c’est l’enrichissement de l’ensemble de la population, et non de sa fraction la plus riche, qu’il s’agisse des 0,1%, des 1%, voire des 10% aux revenus les plus élevés, qui ouvre un marché en expansion capable d’absorber la production des firmes et de garantir leurs profits. Il y a un aphorisme bien plus vrai que le fameux théorème d’Helmut Schmitt : « les profits d’aujourd’hui sont les investissements de demain et les emplois d’après demains ». Ce théorème n’évoque pas la capacité des « riches » à thésauriser et à dilapider une bonne partie de leur richesse sur les marchés financiers. Notons, d’ailleurs, que ces « théorème » est aujourd’hui largement discrédité par tout une série d’études empiriques.

L’aphorisme véritable est plutôt : « la hausse des revenus du plus grand nombre est la garantie de l’écoulement du surcroit de production qui justifie les investissements d’aujourd’hui ». Or, la structure de l’économie financiarisée, qui domine le monde depuis près de 25 ans, empêche la redistribution des gains de productivité, gains qui sont toujours élevés dans l’industrie, aux salariés.

Il en résulte une sourde inquiétude, que l’on perçoit dans les rapports des différentes institutions internationales. Cette hausse importante des bénéfices et des dividendes est excessive, et elle fait peser la menace d’une crise future résultant du désajustement brutal entre le rythme de croissance de la production et celle de la consommation [1].

La souveraineté, facteur de croissance ?

Le problème fondamental auquel l’économie mondiale est aujourd’hui confrontée est un problème de répartition. Et, la répartition elle-même dépend des institutions dans chaque pays, mais aussi du contexte politique général. Ce n’est QUE dans le cadre d’Etats souverains, et pleinement souverains, qu’une majorité d’électeurs peut imposer des règles différentes de répartition, mais aussi – et sans cela ces différentes règles seront minées par la concurrence internationale dès le départ – imposer des règles de commerce international qui redonnent au corps législatif national la possibilité réelle d’agir sur les structures sociales et économiques du pays.

Le retour à la souveraineté des Etats apparaît donc comme la condition nécessaire (mais pas nécessairement suffisante) à l’inversion de cette tendance malsaine qui a entraîné un désajustement toujours croissant entre les rythmes de croissance des revenus des « 1% » et ceux de la majorité de la population. L’enjeu est ici certes social mais pas seulement. Il en va du bon fonctionnement de l’économie. Or, si la hausse des dividendes et des bénéfices tire les marchés d’action vers le haut, la force de rappel que constitue la possible, et maintenant probable, crise de surproduction constitue une menace qui plane de plus en plus sur les marchés financiers.

[1] NATIXIS, Flash Economie, 2 février 2018 – n°130

https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-crises-krach-ou-simple-avertissement-par-jacques-sapir/

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dimanche 11 février 2018

Des milliers de logements grecs bradés par les banques sur Internet

Attention, ventes immobilières sous haute tension. En Grèce, depuis fin novembre, les résidences principales des habitants endettés sont vendues aux enchères sur internet, par les banques.

ACT GRECE LOGEMENTS

La maison est saisie et les enchères démarrent très bas. Certains logements sont mis en vente à partir de... 25.000 euros. Jusqu’ici, ces transactions se déroulaient au tribunal, sous l’œil des notaires, mais les manifestations et menaces contre les notaires, les ont rendues impossibles. Les créanciers du pays, ont donc autorisé la vente en ligne d’environ 15.000 logements. Ce sont les quatre principaux établissements financiers grecs qui s’en chargent.

Ne vous attendez pas à du grand luxe. Leurs atouts principaux? Leur prix et la proximité avec la mer. Ne soyez pas surpris de voir peu de photos d’intérieur. Les logements ayant été saisis, les propriétaires ont souvent causé pas mal de dégâts avant de laisser la banque s’en emparer. Des travaux plus ou moins importants seront donc à prévoir. Découvrez quelques-unes de ces maisons à la vente.

Un rapport qualité/prix plus qu’intéressant

C’est ainsi qu’un appartement de 165 m² (voir notre illustration principale), avec vue sur la mer, situé à Thessalonique (deuxième ville de Grèce) pourrait être vendu autour de 280.000 euros, soit moins de 1700 euros le m², selon le site de la banque du Pirée. L’annonce précise cependant que le logement nécessite des «rénovations ciblées».

Même type d’offres si vous naviguez sur le site d’Eurobank, la troisième banque grecque. Vous aurez le choix entre plusieurs dizaines de biens immobiliers situés de Rhodes à Athènes, en passant par Thessalonique, Corfou, la Crête ou encore le Péloponnèse. Mise à prix? De 15.500 à 271.000 euros. Construite en 2004, la maison la plus chère (pour le moment), d’entre elles, dispose d’une surface de 372 m², soit moins de 1000 euros le m².

Pour la suivante, direction Asvestochori, près de Thessalonique. Construite en 2009, une maisonnette de 181 m² au total (59 mètres carrés pour le sous-sol, 57 mètres pour le rez-de-chaussée et 61 mètres carrés pour le premier étage s’y trouve.

Vous disposerez d’une pièce à vivre, d’une cuisine ouverte, de deux chambres, d’une grande salle de bains avec spa ou encore d’une remise. Mise à prix? 141.000 euros, soit 779 euros le m².

En voici une autre, située à Ravdoucha, à l’est de la Crête. Construite en 2000, une maison de 57 m², située au bord de la mer, avec deux chambres, pourrait aussi vous séduire. Mise à prix? 83.000 euros, soit 1456 euros le m².7

Et enfin pour la dernière, dirigeons-nous plus à l’est de la Crète désormais pour rejoindre la ville de Melisochori. Construite en 2009, une charmante maisonnette de 142 mètres au total (49 m² pour le sous-sol, 42 mètres pour le rez-de-chaussée et 51 m² pour le 1er étage), vous y attend. Comptez également sur un jardin de 16 m². Mise à prix? 54.500 euros, soit 384 euros le m²!

http://immobilier.lefigaro.fr/article/des-milliers-de-logements-grecs-brades-par-les-banques-sur-internet_d8a5db8a-f60e-11e7-adbe-e5630109b1d6/

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Une loi du parti de la droite conservatrice Nouvelle Démocratie (ND), dite loi « Hatzidakis », établissait un plafond de 200 000 euros en dessous duquel les expulsions étaient interdites. Cette interdiction s'appliquait à la fois aux résidences principales et secondaires.

Mais, dans le cadre du troisième mémorandum de la loi « Katseli » du PASOK (le parti « socialiste » grec), cette mesure a été annulée. Le gouvernement actuel n'a cessé de répéter que les résidences principales ne pouvaient être saisies mais c'était faux !
En effet, les conditions pour bénéficier de la loi « Katseli » sont presque impossibles à réunir et ne s'appliquent qu'à une très petite partie des débiteurs. Propriétaires de maisons, de terrains et de PME sont littéralement spoliés de leurs biens au profit de l'étranger !

Et le Figaro Immobilier regretterait presque que les Grecs saccagent leurs maisons avant de les quitter !!
Et à aucun moment, ce journal ne manifeste ne serait-ce qu'une petite indignation !!!

Qui a dit que l'UE c'était la paix ! S.R. (UPR 87)

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jeudi 8 février 2018

La chute des Bourses mondiales en trois questions

Depuis la chute du Dow Jones américain, lundi 5 février, toutes les places financières du monde sont à la baisse, en raison d’une crainte de forte inflation.

ACT BOURSE CRISE

Quelle est la situation ?

Hong-Kong, New York, Londres, Paris, Amsterdam… Toutes les places boursières sont en chute après la plongée de Wall Street, lundi 5 février. En Europe, la Bourse de Paris a ouvert en baisse à – 3,43 %, celle de Londres à – 3,5 %, celle de Francfort à – 3,58 % et celle d’Amsterdam a connu le record de – 3,6 %.

Sur les marchés asiatiques, la situation n’était guère plus florissante. Tokyo a perdu 4,73 % mardi 6 février. Du jamais vu depuis l’élection de Donald Trump à la Maison-Blanche. Hong Kong a aussi perdu plus de 5 % en clôture et Shanghaï plus de 3 %.

► Pourquoi les Bourses sont-elles en chute ?

La publication du rapport mensuel sur l’emploi aux États-Unis a eu un effet négatif sur les marchés financiers, alors même que les nouvelles sont bonnes pour l’économie et l’emploi américains. Mais l’annonce d’une augmentation significative des salaires en janvier a ravivé les craintes d’inflation, et donc d’un resserrement monétaire américain à un rythme plus rapide que prévu.

Dans la foulée, les taux de rendement des bons du Trésor se sont enflammés et Wall Street a trébuché. Lundi, les pertes se sont accrues et l’indice vedette Dow Jones a chuté de près de 1 600 points en séance, avant de clôturer en baisse de 4,60 %.

« Les investisseurs sont convaincus que l’inflation revient et que les taux d’intérêt vont grimper plus haut que ce qui avait été anticipé », a résumé Stephen Innes, responsable des transactions Asie-Pacifique chez Oanda, interrogé par l’AFP. Après la fièvre qui s’était emparée des marchés ces dernières semaines, « cette soudaine baisse est un choc », a commenté Toshihiko Matsuno, de SMBC Nikko Securities.

► Faut-il s’attendre à un véritable krach ?

C’est la question que tout le monde se pose : la baisse est-elle passagère ou durable ? Selon les experts de Mirabaud Securities Genève, « la séance d’aujourd’hui sera extrêmement importante (peut-être la plus importante depuis le début de l’année), car elle va tester les nerfs des investisseurs et confirmer (ou non) si nous sommes rentrés » dans une phase de baisse du marché, « ce que nous ne pensons pas ».

Les analystes d’Aurel BGC sont également optimistes. S’ils estiment que « la baisse pourrait durer encore un peu d’ici à la fin de la semaine », ils jugent néanmoins que « les liquidités sont également abondantes et les investisseurs devraient rapidement juger que cette baisse est davantage saine que malsaine », ouvrant la voie à une stabilisation. « Évidemment, si de nouveaux signes tendent à confirmer que l’inflation accélère réellement aux États-Unis, la volatilité pourrait rester durablement plus forte », complètent-ils.

La Croix (avec AFP)
https://www.la-croix.com/Economie/Monde/chute-Bourses-mondiales-trois-questions-

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samedi 3 février 2018

Scénario noir pour les stress test de l’Autorité bancaire européenne

L’Autorité bancaire européenne a lancé sa troisième vague de tests de résistance aux chocs auxquels elle va soumettre 48 banques de l’UE.

ACT ABE

C’est une épreuve redoutée par les banques européennes : la troisième vague de « stress tests », les tests de résistance aux chocs, macro-économiques et financiers, qu’elles se doivent de pouvoir encaisser. L’Autorité bancaire européenne (ABE), qui doit prochainement déménager à Paris, en a donné le coup d’envoi (...) en dévoilant les hypothèses qu’elle a imaginées : c’est « le scénario le plus sévère à ce jour » depuis la première édition remontant à 2014, souligne-t-elle dans un communiqué.

Ce scénario noir serait celui de deux années consécutives de récession dans l’Union européenne, en 2018 (-1,2%) et en 2019 (-2,2%), suivies d’un modeste rebond en 2020 (+0,7%). Cela reviendrait à un écart de PIB de 8,3% en 2020 par rapport aux hypothèses actuelles de croissance dans l’UE, à un accroissement de 3,3 points du taux de chômage et à une chute de 27,7% des prix de l’immobilier par rapport aux estimations en vigueur. La sévérité de ces hypothèses se situe « entre le scénario négatif et le scénario extrêmement négatif » de la Fed américaine en 2017 estime l’ABE.

Ces tests seront appliqués à un échantillon de 48 banques représentant 70% des actifs bancaires de la zone euro, avec l’aide de la Banque centrale européenne (BCE). Les résultats seront publiés au plus tard le 2 novembre. Ils serviront à la BCE à affiner les niveaux de capitaux requis des banques qu’elle surveille.

La précédente vague, à l’été 2016, avait notamment montré la grande fragilité de la banque italienne Monte dei Paschi di Siena, renflouée par l’État italien l’an dernier.

Correction sur les marchés, dette publique et privée

L’ABE a identifié quatre risques systémiques et détaille les menaces les plus significatives pour la stabilité du secteur bancaire européen, qui peuvent en outre s’enchaîner par un effet boule de neige.

Tout d’abord, un risque de correction brutale sur les marchés financiers (d’actions et obligataires) mondiaux, dont « les valorisations sont élevées » souligne l’ABE : des tensions géopolitiques ou des changements d’attentes des investisseurs pourraient entraîner la chute de la valeur des actifs et une accentuation de la courbe des taux, donc des conditions de financement plus tendues.

Ensuite, l’impact d’un recul de l’activité économique et de la hausse du chômage sur la rentabilité déjà faible des banques de certains pays (on pense à l’Italie notamment).

Troisième menace : une éventuelle remontée des primes de risques (donc des taux) pourrait rendrait difficilement soutenables les dettes publiques et les dettes privées (des entreprises).

Enfin, les problèmes de liquidités dans la finance non bancaire : si les fonds d’investissement, les fonds de pension, les assurances, étaient contraints de brader des actifs, cela accentuerait la chute de la valeur de ces actifs et pourrait contaminer l’ensemble du système.

L’ABE, qui déménagera dans quelques mois de Londres à Paris à cause du Brexit, ne mentionne que très peu la sortie du Royaume-Uni de l’UE : elle indique que son scénario noir « balaie un large éventail de risques macroéconomiques associés au Brexit », notamment les effets sur les échanges commerciaux avec l’Union européenne.

https://www.euractiv.fr/section/economie/news/scenario-noir-pour-les-stress-test-de-lautorite-bancaire-europeenne/

Voir aussi:

Paiement: les changements de la directive DSP2

La directive européenne sur les services de paiement 2ème version (DSP2) entre officiellement en vigueur. Elle rend obligatoire l’authentification forte pour les paiements de plus de 30 euros.

« Des services de paiements moins chers, plus sûrs et plus innovants. » Le samedi 13 janvier entrait en vigueur dans toute l’Union européenne la directive révisée sur les services de paiement (DSP2), qui « intègre et abroge » la première directive sur le sujet adoptée en 2007. Ce texte a fait l’objet d’une âpre bataille entre la Commission européenne, l’Autorité bancaire européenne (ABE), les banques et les startups de la Fintech (technologies financières). L’objectif est de « favoriser l’innovation, la concurrence et l’efficience » du marché et plus précisément de « moderniser les services de paiement en Europe au profit tant des consommateurs que des entreprises, de manière à rester en phase avec ce marché en évolution rapide » selon la Commission.

La DSP2, qui a été transposée en droit français par ordonnance cet été, comprend plusieurs volets et instaure de nouvelles règles intéressant directement les consommateurs dont :

  • L’interdiction de la surfacturation, autrement dit l’application de suppléments en cas de paiement par carte de débit ou de crédit, aussi bien dans un magasin qu’en ligne.
  • Le renforcement des droits de consommateurs, avec par exemple l’abaissement  de la franchise restant à la charge du client en cas de paiement frauduleux par carte avant opposition de 150 à 50 euros, des délais plus courts de remboursement et l’introduction d’un droit au remboursement inconditionnel pour les prélèvements en euros.
  • L’obligation de l’authentification forte (c’est-à-dire à deux facteurs au moins entre un code ou mot de passe que l’on sait, un appareil que l’on possède, une donnée biométrique telle que l’empreinte digitale, la voix ou l’iris) pour les paiements en ligne de plus de 30 euros, afin de réduire la fraude dans l’e-commerce.
  • L’ouverture du marché à de nouveaux acteurs en donnant accès aux informations sur les comptes par un canal de communication sécurisé.

Ces deux dernières dispositions n’entrent pas en vigueur immédiatement : un délai d’adaptation de 18 mois après la publication au JO de l’UE des normes techniques est prévu, ce qui devrait reporter leur application à septembre 2019.

(...)

https://www.euractiv.fr/section/economie/news/paiement-les-changements-de-la-directive-dsp2/

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jeudi 25 janvier 2018

Collusion ! Mario Draghi interdit de fréquenter le club secret dit des 30 banquiers !!!

TRIBUNE LIBRE / Charles Sannat

TL COMPLOT BANQUIERS SANNAT(...)

Bien entendu, de très nombreuses âneries circulent sur Internet. Mais… qui peut s’arroger le droit de dire ce qui est vrai ou faux?, tout en sachant qu’avant de devenir vrai, certaines idées sont d’abord considérées comme fausses.

Par exemple, dire que les banquiers se retrouvent, et se mettent d’accord, pour « comploter » dans leur coin, contre l’intérêt général et pour leurs propres profits, cela est suffisant pour vous faire mettre à l’index et excommunier pour toujours par la nouvelle bien-pensance, et j’en sais quelque chose.

Pourtant, Mario Draghi, notre bon Mario, l’homme le plus puissant d’Europe, le banquier des banquiers, le grand timonier de l’euro, le gouverneur de la Banque centrale européenne lui-même vient d’être officiellement attrapé les mains dans le pot de miel (on peut remercier nos gentils partenaires allemands qui n’aiment pas la politique monétaire du sieur Draghi).

Mario Draghi mis en demeure de cesser d’être membre du club secret des banquiers appelé le groupe G30 par la médiatrice de l’Union européenne !

Le Médiateur européen est chargé du contrôle de l’Union européenne et siège à Strasbourg. Il sert d’intermédiaire entre les citoyens et les autorités européennes. À ce titre, le Médiateur européen renforce les droits des citoyens européens ainsi que le caractère démocratique de l’Union européenne.

Le Médiateur européen a pour mission d’enquêter sur des cas de « mauvaise administration » dans les agissements des institutions, des organes et des organismes de l’Union européenne. Le terme « mauvaise administration » désigne une situation dans laquelle une institution de l’Union enfreint les procédures administratives, les principes de bonne administration ou les droits de l’homme. Les cas de « mauvaise administration » concernent essentiellement les irrégularités administratives, l’injustice et les pratiques inéquitables, la discrimination, les abus de pouvoir, le manque ou le refus d’information ainsi que les retards injustifiés…

Rien que cela ! C’est important la démocratie en Europe voyez-vous, et la seule façon de renforcer la démocratie en Europe, ce n’est pas juste d’avoir quelques médiateurs, aussi utiles soient-ils… Mais d’avoir un véritable contrôle accompagné de sanctions pénales fortes. Alors nous pourrons parler de démocratie. Mais c’est un autre débat.

Voici la traduction de cet article du très sérieux Guardian à ce sujet

« Le président de la Banque centrale européenne s’est fait dire par le chien de garde de l’UE qu’il devrait cesser d’appartenir à un club secret de banquiers d’affaires.

Après une enquête d’un an, Mario Draghi a été informé mercredi par le Médiateur européen, Emily O’Reilly, que ses relations étroites avec le groupe G30 basé à Washington menaçaient la réputation de la banque, malgré ses assurances contraires.

Les membres de ce club exclusif, dont seulement deux des 33 membres actuels sont des femmes, sont choisis par un conseil d’administration anonyme.

Seule l’identité du président du conseil d’administration, Jacob A Frenkel, président de JPMorgan Chase International, a été rendue publique.

O’Reilly a noté le secret et le manque de transparence du groupe quant au contenu de ses réunions. Elle a également demandé que tous les futurs présidents de la BCE soient interdits d’adhésion au club, qui était auparavant nommé Groupe consultatif pour les affaires économiques et monétaires internationales.

Cette décision faisait suite à une plainte déposée par le Corporate Europe Observatory (CEO), une ONG basée à Bruxelles, qui affirmait que la relation étroite de Draghi avec le G30 était contraire au code d’éthique de la BCE.

Au cours de sa présidence de la BCE, M. Draghi, un économiste italien qui a précédemment travaillé chez Goldman Sachs, a assisté à quatre réunions du G30, en 2012, en 2013 et à deux reprises en 2015.

Mme O’Reilly a déclaré qu’il y avait un danger que l’indépendance de la banque pourrait être perçue comme compromise par l’implication de Draghi dans le groupe, dont les membres comprennent un certain nombre de gouverneurs de banque centrale, des banquiers du secteur privé et des universitaires. Le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mark Carney, en est membre. Mais Mme O’Reilly a dit qu’il n’y avait aucune preuve que des renseignements de nature délicate étaient échangés.

La médiatrice a déclaré : “La BCE prend des décisions qui affectent directement la vie de millions de citoyens. Au lendemain de la crise financière, et compte tenu des pouvoirs supplémentaires conférés à la BCE ces dernières années pour superviser les banques des États membres dans l’intérêt public, il est important de démontrer à ce public qu’il existe une séparation claire entre la BCE, en tant que superviseur, et le secteur financier qui est affecté par ses décisions.”

Mme O’Reilly a déclaré que toute réunion entre la BCE et le G30 devrait à l’avenir être rendue publique et que des résumés des discussions devraient être fournis.

Une plainte déposée en 2012 avait été rejetée par le médiateur, mais Mme O’Reilly a déclaré que les choses avaient changé et que la BCE n’avait pas montré comment le public avait bénéficié de l’adhésion de Draghi. La relation entre la banque et le G30 devrait être alignée sur certaines règles et certains codes de gouvernance propres à la banque, a-t-elle déclaré.

Un porte-parole de la BCE a déclaré qu’elle avait pris note de la décision et qu’elle répondrait en temps utile. »

La preuve que tout est parfaitement coordonné !

Cette information est capitale car elle montre à celles et ceux qui en doutaient encore, en le prouvant cette fois de façon incontestable, que tout est « organisé », tout est parfaitement « géré » de façon concertée.

J’ai toujours affirmé qu’il n’y avait aucune guerre des monnaies entre les grands blocs économiques, mais bien des interventions parfaitement coordonnées entre ces différents blocs, même s’ils peuvent savamment entretenir l’illusion de certains désaccords.

Ils finissent par se mettre d’accord dans quelques petits cénacles secrets et discrets, entre eux, pour gérer en dehors de tout processus démocratique digne de ce nom l’avenir de centaines de millions de gens à qui l’on ne demande même plus leur avis sur leur propre avenir.

Vous touchez du doigt pourquoi cette Europe-là est l’antithèse de la démocratie et de l’idée que l’on peut s’en faire.

Vous avez sous les yeux la négation du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, à commencer par le peuple de France.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

« Insolentiae » signifie « impertinence » en latin

« À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes » (JFK)

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur www.insolentiae.com. »

Source The Guardian ici

https://insolentiae.com/collusion-mario-draghi-mis-en-demeure-de-ne-plus-frequenter-le-club-secret-dit-des-30-banquiers-ledito-de-charles-sannat/

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lundi 18 décembre 2017

[Vidéo] Les gangsters de la finance, par Arte

Blanchiment, fraude fiscale, corruption, manipulation des cours… : depuis la crise de 2008, la banque HSBC est au coeur de tous les scandales.

TL HSBC ARTE

Cinq ans après leur film sur Goldman Sachs, Jérôme Fritel et Marc Roche passent au crible cet empire financier au-dessus des lois. Créée à Hong Kong, il y a un siècle et demi, par des commerçants écossais liés au trafic d’opium, HSBC (Hongkong and Shanghai Banking Corporation) n’a cessé de prospérer en marge de toute régulation. Aujourd’hui, la banque britannique à l’ADN pirate incarne à elle seule les excès et les dérives de la finance internationale. Blanchiment de l’argent du crime – celui des cartels de la drogue mexicains et colombiens –, évasion fiscale massive, corruption ou manipulation du cours des devises et des taux d’intérêt : depuis la crise de 2008, ce géant a été mêlé à de nombreux scandales avec régularité et en toute impunité.

Car l’opaque HSBC, experte en sociétés-écrans, dont les coffres débordent d'argent liquide déposé par ses clients discrets et douteux, est devenue “too big to jail”, “trop grosse pour aller en prison”. La banque, riche de quelque 3 000 milliards de dollars, s’en tire chaque fois avec des amendes dérisoires.

Trait d’union entre l’Orient et l’Occident, elle sert aussi désormais de pipeline pour les centaines de milliards d’euros de capitaux chinois partant à la conquête des marchés occidentaux : HSBC navigue aujourd'hui sous pavillon rouge.

Nouvelles menaces

De Hong Kong aux États-Unis en passant par l’Europe, cette édifiante enquête révèle non seulement l’ampleur ahurissante des malversations commises par HSBC, mais éclaire aussi – avec une remarquable limpidité – les menaces qui se profilent sur la stabilité financière mondiale, dix ans après la crise des “subprimes”.

Documentaire de Jérôme Fritel (France, 2016, 1h30mn) ARTE F

Source : Arte plus 7, Jéröme Fritel, 11-12-2017

https://www.les-crises.fr/video-les-gangsters-de-la-finance-par-arte/#!prettyPhoto

Les gangsters de la finance - ARTE

https://www.youtube.com/watch?time_continue=1&v=ykxkA-radQU
Ajoutée le 11 déc. 2017

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Commentaires relevés sur le site d'Olivier Berruyer:
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Rien que le titre est un pléonasme !
Ces mêmes financiers qui sont les architectes de la construction européenne.
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Oui d’ailleurs Roland Veillepeau , ancien Directeur National des Enquêtes Fiscales en France ( promu Conservateur des hypothèques honoraire….) , qui témoigne à plusieurs reprises dans cette enquête, écrit sur son blog en utilsant des arguments de droit:
“Pourquoi le Parquet Financier national refuse t’il de s’attaquer aux dirigeants étrangers qui pillent nos finances publiques ? Le PNF, si rapide à dégainer et si sensible aux fraudes complexes, ne veut pas poursuivre les personnes étrangères, et notamment les ministres des finances, qui ont systématiquement mis en place dans leur pays des dispositifs d’optimisation fiscale pour des français”.
Et de citer les Ministres de Malte,du Luxembourg, d’Irlande,etc. …
https://blogs.mediapart.fr/roland-veillepeau/blog/060617/pourquoi-le-parquet-financier-national-ne-s-attaque-pas-aux-dirigeants-etrangers
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pas un mot sur la BRI ni sur les paradis fiscaux anglo-saxons… à croire que HSBC n’a aucun lien avec eux ! les affaires continuent…
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Laissez-moi rigauler : ” … ,mêlées à des des organisations terroristes ou des dictatures, comme la Corée du Nord ou la Syrie …”
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En moins de 30 secondes on a déjà compris ou veut en venir cette émission … désigner un coupable à combattre pour la gabegie mondiale, et donc dédouaner notre économie suicidaire de tous les jours !!!
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samedi 16 décembre 2017

[GEAB] Petroyuan et Arabie Saoudite : De la tentation du “QE militaire” US à la naissance du Moyen Orient 3.0

Fin 2017-début 2018, toutes les grandes banques centrales occidentales sortent des politiques monétaires non conventionnelles, les fameux quantitative easing (QE) qui ont permis d’approvisionner en liquidités les banques en manque de confiance mutuelle de l’après-crise des subprimes.

TL MONNAIES

QE fiscaux dans les pays riches
La Banque centrale européenne, la Bank of England et la Bank of Japan s’approchent toutes d’un ralentissement du rachat d’obligations. En Europe, Draghi l’a répété à l’envi[1] : la banque centrale ne peut pas tout et il faut donc des réformes structurelles de la monnaie unique. C’est ainsi qu’on parle de « QE fiscal »[2] (permettant notamment de financer les infrastructures via un renforcement des politiques fiscales au niveau européen) qui servirait l’économie réelle et qui serait le renforcement logique du plan Juncker[3].
La politique annoncée de la BoJ consiste grosso modo en la même stratégie, à ceci près qu’elle n’a pas à consolider une gouvernance pour sa monnaie comme préalable. La victoire électorale récente de Shizo Abe fournit a priori les conditions nécessaires et suffisantes pour enclencher la transition de diminution du rythme des rachats et du montant de leur dette (200 % du PNB)[4].

QE militaire dans les autres
Quant à la BoE, elle n’en est pas encore à annoncer la fin du resserrement de sa politique monétaire, mais les problèmes d’inflation qu’elle rencontre actuellement (3 % malgré une hausse des taux) ne devraient pas tarder à l’y obliger[5]. Il est probable qu’une politique fiscale ne constitue pas une option pour le Royaume-Uni dont les habitants connaissent des problèmes d’endettement importants[6]. Alors, sont-ils susceptibles de s’engager eux aussi dans un QE militaire convaincant ? Ou bien l’Europe constituera-t-elle in fine la seule planche de salut disponible ?

Côté États-Unis, les choses sont un peu différentes : la Fed a mis fin à son QE il y a trois ans déjà et se contentait depuis d’entretenir son stock en réinvestissant systématiquement les montants des obligations qui arrivaient à échéance dans de nouvelles obligations[7]. Or, depuis le mois d’octobre, la Fed a entrepris de diminuer le stock d’obligations qu’elle avait acquises pour soutenir son économie. Cette diminution se fait essentiellement : 1/ en « annulant » les écritures de monnaie créée sur les comptes des banques (pour la partie création monétaire pure) ; 2/ en trouvant pour les émissions ou renouvellement de bons du Trésor de vrais clients puisque la Fed ne jouera plus ce rôle. Problème : dans un monde désormais multipolaire et ultra-concurrentiel, comment créer un fort différentiel positif d’attractivité de l’économie nord-américaine ?

Les bons du Trésor pourraient être vendus aux citoyens américains eux-mêmes, mais encore faudrait-il qu’ils aient de l’épargne. Ce n’est toujours pas le cas… Au contraire, on note actuellement une ré-augmentation de l’endettement des ménages et des défauts de paiement[8]. Cette situation donne deux informations : une politique fiscale n’est pas plus envisageable que la vente des T-Bonds aux Américains, et il n’y a pas de temps à perdre si on veut éviter une nouvelle crise des subprimes. Ce deuxième point montre que la stratégie de relance de l’économie par affaiblissement du dollar (et donc l’enchérissement des produits importés) est une politique de bien trop longue haleine.

De quoi les États-Unis disposent-ils qui présente un potentiel de très forte rentabilité à part leur fameux appareil militaro-industriel ? Pas grand-chose en fait, en tout cas pas grand-chose qui ne soit déjà optimisé. Selon ce qu’on intègre au budget militaire, il représente tout de même entre 700 et 1000 milliards de dollars par an[9]

Figure 1 – Budgets militaires 2016 des neuf pays les plus dépensiers. Source : PGPF.

C’est ainsi qu’est apparu à l’esprit de notre équipe le concept de « QE militaire », en écho au « QE fiscal » européen. La question devenant alors : comment les États-Unis pourraient-ils optimiser de manière rapide et significative la rentabilité de ce pan de leur économie ?

Les trois pistes

Trois pistes simples apparaissent alors :

1- Piste européenne : les États-Unis mettent de l’huile sur les nombreux conflits de la planète, justifiant leur présence qu’ils font payer aux pays concernés. La crise euro-russe de 2014, le déploiement de troupes US-Otan en Europe et l’augmentation des contributions des membres de l’Alliance au budget, sont en fin de compte une première application de cette notion de QE militaire (au moment précis où la Fed arrêtait son QE, d’ailleurs…).

Défauts :

. en augmentant leurs contributions, les alliés reprennent la main sur les fonctions de commandement et peuvent utiliser cette marge de manœuvre pour calmer les tensions (la Corée du Sud en fournit un bon exemple) ;

. ça rapporte, mais ça coûte aussi. Même si les alliés contribuent mieux au budget, si le budget total augmente, la part US augmente également ;

. et si personne ne calme les tensions, il y a aussi des risques de réel embrasement qui ne sont en fait pas l’objectif de l’appareil militaire US : problème de coûts, mise en transparence de l’avantage réel de l’arme US sur les autres, image désastreuse conduisant au déploiement de stratégies de découplage de l’ « allié » US.

2- Piste japonaise : au lieu de miser sur le « militaro », les États-Unis misent sur l’« industriel » et opèrent une vraie réforme de leur appareil suivant un principe de rationalité économique : diminution des dépenses (bases, hommes, missions, etc.) et optimisation des recettes (vente d’armements). Dans cette logique, il peut toujours y avoir intérêt à attiser les conflits, mais en laissant les pays concernés prendre leur indépendance stratégique (une tendance dont le Japon fournit le parfait exemple[10]).

Défaut : le monde peut devenir un endroit très dangereux, ce qui n’est in fine dans l’intérêt de personne. Aucun dirigeant moderne ne peut ignorer le fait de la globalisation (non pas économique, mais sociétale). Ce qui arrive en un point a des conséquences d’un bout à l’autre du globe.

3- Piste moyen-orientale (?) : les États-Unis misent résolument sur l’explosion des dépenses militaires dans un monde multipolaire pour profiter de ce marché au moment où leur primauté technologique est encore avérée et crédible[11]. Ils recréent la confiance de leurs futurs clients en adoptant une plus grande impartialité dans les conflits, voire en participant à la réduction des tensions. Ils ramènent vers eux une partie des dépenses liées à la mise en place des systèmes de défense des gros acteurs géopolitiques émergents qui commençaient à regarder davantage vers la Russie ou la Chine. Ils dégagent des marges, redonnent de la matière à leur économie, et peuvent même réinvestir une partie des bénéfices dans la recherche pour augmenter à nouveau leurs chances de garder leur avance sur les concurrents (c’est le Moyen-Orient qui inaugure, si l’analyse que nous faisons dans les Perspectives de ce numéro est juste, cette nouvelle stratégie, pensons-nous).

Défaut : même si ces conditions de déploiement du marché de l’armement mondial sont plus rassurantes, le monde peut quand même devenir un lieu dangereux à terme. Sauf si l’évolution est concomitante de la mise en place d’une nouvelle gouvernance multipolaire qui, sur le plan stratégique notamment, fonde la confiance de ses partenaires sur des systèmes militaires de défense et non d’attaque.

En chiffres…

Livrons-nous alors à un petit exercice mental… Le pays n’a plus les moyens de maintenir les 800 bases militaires qu’il possède à l’étranger et qui lui coûtent de l’ordre de 160 milliards de dollars par an[12].

Figure 2 – Bases militaires US à l’étranger, 2015. Source : Politico.

Si les États-Unis abandonnaient la moitié de leurs bases étrangères, les économies s’élèveraient à environ 65 milliards par an[13]. Par ailleurs, dans un monde multipolaire où la paix serait assurée par l’équilibre des forces, le besoin d’armement est encore énorme. Ainsi, par exemple, le Japon se remilitarise rapidement[14]. Les exportations étasuniennes d’armes seraient donc considérablement renforcées. Si celles-ci augmentent par exemple de 50 %, ce serait encore de l’ordre de 25 milliards de rentrée d’argent supplémentaire[15]. On atteint ainsi 90 milliards de dollars par an d’économies ou de bénéfices. Si l’on tient compte en outre de la forte augmentation du budget militaire 2018 voulue par Trump et votée presque à l’unanimité par le Congrès[16], on atteint un « stimulus » de l’ordre de 150 milliards de dollars par an. Le voilà, le nouveau QE : c’est un « QE militaire » dans le sens où, plus que jamais (ce n’est pas peu dire concernant les États-Unis), les dépenses militaires soutiennent massivement l’économie. Les montants en jeu sont évidemment bien moindres que ceux du QE de la Fed, mais il faut se rappeler aussi qu’un tel soutien est beaucoup plus efficace pour l’économie réelle. D’ailleurs, les premiers signes du remplacement du pétrodollar par le QE militaire que nous venons de décrire semblent d’ores et déjà visibles, quand on sait par exemple que les exportations d’armes US vers l’Arabie saoudite ont augmenté en 2016, tandis que dans le même temps les importations US de pétrole en provenance de ce pays ont fortement baissé[17], rééquilibrant de ce fait la balance commerciale US-AS en faveur des premiers. Étant donné les balances commerciales auxquelles les États-Unis nous ont habitués depuis plusieurs décennies, ce genre de petit fait peut facilement être interprété comme un vrai changement de tendance et le début du fameux « atterrissage économique » des États-Unis que nous anticipons depuis plusieurs mois, et dont le pays a tant besoin pour réduire ses doses de perfusions financières et recommencer à marcher tout seul…

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[1] Dernier discours en date le 18 octobre. Source : BCE, 18/10/2017
[2] À ce sujet, lire CNBC, 05/10/2016
[3] Plan que nous avons étudié dans notre article sur la BEI dans le GEAB n°118 d’octobre 2017
[4] Source : Tokyo Foundation, 09/11/2017
[5] Source : Seeking Alpha, 10/11/2017
[6] Source : The Guardian, 18/09/2017
[7] Source : Les Echos, 08/11/2017
[8] Source : MarketWatch, 14/11/2017
[9] Sources : The Balance (24/05/2017), POGO (10/02/2016)
[10] Shinzo Abe travaille depuis des années à l’obtention d’une modification de la constitution japonaise devant permettre au pays de reprendre la main sur sa défense nationale. Il paraît aujourd’hui bien positionné pour obtenir cet amendement d’ici 2020. Source : Japan Times, 03/05/2017
[11] Voir l’article du GEAB n°117 (« La supériorité de l’armement US en question ») sur le resserrement de l’avance technologique US vis-à-vis des nouveaux acteurs de l’industrie de l’armement. Source : GEAB n°117, 15/09/2017
[12] Source : Mint Press News, 07/03/2016
[13] Soit 80 milliards par an correspondant à la moitié du coût des bases étrangères, à quoi il faut tout de même retrancher les dépenses en personnel qui resteront à honorer, soit environ 15 milliards. En effet, Il y a environ 300 000 soldats US à l’étranger, soit 150 000 à rapatrier. Chacun « coûte » en moyenne 100 000 $ par an. Source : Wikipedia, ici et
[14] Sources : Reuters (04/06/2016), BFMTV (05/09/2017)
[15] En moyenne, les États-Unis ont exporté pour 47 milliards par an entre 2012 et 2016. Source : Wikipedia
[16] Dans une étonnante entente entre démocrates et républicains qui ont alloué plus que ce que Donald Trump demandait… Signe sans doute que chacun a conscience du soutien à l’économie que représentent les dépenses militaires. Source : New York Times, 18/09/2017
[17] Source : Bloomberg, 14/11/2017

Source : GEAB

https://www.les-crises.fr/geab-petroyuan-et-arabie-saoudite-de-la-tentation-du-qe-militaire-us-a-la-naissance-du-moyen-orient-3-0/


 

Commentaires glanés sur ce site:

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=> De quoi les États-Unis disposent-ils qui présente un potentiel de très forte rentabilité à part leur fameux appareil militaro-industriel ?

Les États-Unis peuvent aussi compter sur l’application du principe d’extraterritorialité du droit américain pour rançonner leurs partenaires.

https://fr.sputniknews.com/international/201712121034288329-airbus-usa/

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Ils peuvent compter également sur la veulerie et le masochisme de leurs partenaires européens, comme en témoigne la carte mondiale de l’occupation militaire américaine.

Ils peuvent compter encore sur la fascination de leurs partenaires pour la langue de l’Empire : incapables de traduire en français “Quantative easing”, ou les légendes de leurs cartes. Quant à l’expression à la mode 2.0, 3.0, j’aimerais qu’on me dise ce qu’elle apporte de plus.

Ils peuvent compter enfin sur la nullité intellectuelle des experts européens, qui produisent ce genre de sentence : “Aucun dirigeant moderne ne peut ignorer le fait de la globalisation (non pas économique, mais sociétale). Ce qui arrive en un point a des conséquences d’un bout à l’autre du globe.”

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oui, très bon rappel. En dehors des attaques contre BNP, Airbus, on se souvient des attaques contre Pirate Bay, et le fait que Kim Dotcom a eu des actifs saisis par décision US alors qu’il n’y a jamais mis les pieds. Ou le cas Assange
et également une suprématie effroyable (hors Chine) dans le domaine d’internet: GAFA + surveillance totale.
et aussi le contrôle total du vivant, avec les OGM imposés partout et maintenant le forçage génétique
et aussi de nombreux domaines industriels de pointe. En concurrence serrée avec la Chine et l’Allemagne en général, mais souvent une longueur d’avance
et le mythe du rêve américain et Hollywood, qui attirent des millions d’immigrés qualifiés venant innover et produire

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@Jean,Nicolas et Fritz.
Vous apportez de l’eau au moulin à la thèse du GEAB en évoquant l’extraterritorialité.
En effet,d”après ce think-tank , les US sont obligés de revoir la stratégie de leur système militaro- industriel en raison :
-de leur endettement massif
-qui ne sera plus possible dans les mêmes proportions en raison de l’avènement du PetroYuan.

Mais de même que s’organise une alternative au dollar ,il se met en place une alternative à extraterritorialité.
Dans le monde: http://geab.eu/a-lecoute-des-signaux-faibles-de-tendances-notre-selection/
En France:voir l’intervention d’Hubert Védrine sur ce sujet qui explique que les français réalisent des montages pour faire du commerce avec l’Iran.Ici à 29 mn https://www.franceinter.fr/emissions/le-grand-face-a-face du 10 12.
Les US, anticipent ces réactions aux différents outils de leur hégémonie, en changeant de stratégie militaro-industrielle, selon le prospective du Geab.

ps: petroyuan et SWIFT http://www.leap2020.net/une-reaction-a-notre-article-du-geab-sur-le-petroyuan-par-irina-yarigina-professeur-de-luniversite-financiere-detat-de-moscou/

 

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