mardi 24 juillet 2018

Un rapport accablant dénonce l'état des routes de France

Nous avons pu consulter un audit externe, réalisé à la demande du ministère des Transports, qui stigmatise la dégradation du réseau routier géré par l'Etat. Pour régler le problème, il va falloir mettre la main à la poche.

ACT ETAT DES ROUTES

Dans un tweet du 10 juillet, la ministre des Transports, Élisabeth Borne, publie des photos du chantier du viaduc de Gennevilliers (Hauts-de-Seine), sur l'A15. Le pont s'était affaissé le 15 mai, causant la fermeture de l'autoroute, qui n'est encore que partiellement rouverte. "Ces dégâts sur l'A15 sont emblématiques de la situation dont souffre notre réseau routier du quotidien, qu'on a laissé depuis des décennies se dégrader faute d'entretien suffisant", écrit la ministre. Elle s'appuie alors sur l'audit commandé par la Direction des infrastructures de transport du ministère à NiBuxs et IMDM, des bureaux d'études suisses.

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Consacré à "l'état du réseau routier national non concédé" - les 12.000 km d'autoroutes et de routes nationales gérées par l'État où circule 18,5 % du trafic français - il se penche aussi sur "la politique d'entretien de ce réseau". Les conclusions de cette étude conduite entre octobre 2017 et février 2018, discrètement mise en ligne sur le site du ministère il y a quelques jours, sont accablantes. En effet, 17% du réseau présente aujourd'hui un état de dégradation plus ou moins important, et 7% des autres infrastructures (ponts, tunnels) nécessitent des travaux de rénovation, venant conforter une préoccupation ancienne. En 2015, l'association 40 millions d'automobilistes lançait l'opération participative "J'ai mal à ma route", invitant les usagers à signaler les voiries les plus dangereuses sur Internet. Il existe désormais une application pour smartphone.

Il faudrait un milliard d'euros par an

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Selon Pierre Chasseray, délégué général de l'association, "47% des accidents de la route mettent en cause la qualité ou l'entretien des infrastructures routières". Pierre Fayolle a récemment alerté l'association. Tous les jours, il emprunte "la route du pavé de Meudon, entre Chaville et la N118, qui passe dans la forêt, extrêmement fréquentée", et de profonds nids-de-poule l'obligent à "zigzaguer" sur cette route à double sens. Il y a quelques semaines, il a eu un accident, une voiture a heurté son scooter. Depuis peu, les trous "ont été un peu colmatés avec du goudron, peint en rose, fluo la nuit". "Le nid-de-poule est l'étape presque ultime de dégradation, commente Pierre de Thé, porte-parole de la Fédération des routes de France. C'est comme si vous attendiez la carie pour vous brosser les dents." Parmi les nombreux signalements, la route de la Ferme à Paris, dans le bois de Vincennes, mise hors service tant elle était dangereuse. A travers la France, les exemples sont légion : le tunnel de la citadelle, à Besançon, sera fermé jusqu'au 20 août : son plafond s'effondrait ; la route départementale 1212 des gorges de l'Arly (Savoie) a dû subir des travaux d'urgence en raison des fortes intempéries de cet hiver.

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Les auteurs de l'audit constatent "un sous-investissement chronique en matière d'entretien routier". L'étude teste cinq scénarios budgétaires, sur vingt ans, dont l'un correspond au cadre défini pour 2018-2023, à savoir 800 millions d'euros par an : "Seul le scénario prévoyant une hausse substantielle des ressources financières permet de garantir la pérennité des niveaux de service." En clair, pour que les routes restent praticables, l'Etat va devoir payer environ un milliard d'euros par an, jusqu'en 2037. Sur les ponts routiers, l'audit est particulièrement inquiétant : "Aucun scénario ne permet le maintien de l'état actuel du parc d'ici vingt ans." A l'heure actuelle, sur les 12.000 ponts que compte le réseau national non concédé, un tiers nécessite des réparations. "En France, un pont par jour disparaît de la liste des ponts sécurisés", indique Christian Tridon, du Syndicat des entrepreneurs spécialistes de réparation et de renforcement des structures.

Des voiries en mauvais état faute d'entretien

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Hervé Maurey, sénateur de l'Eure et président de la commission de l'aménagement du territoire et du développement durable, est ravi de cette "prise de conscience des pouvoirs publics". "L'état des routes est quelque chose dont on s'était peu préoccupé, on a voulu tirer la sonnette d'alarme pour que ça ne devienne pas comme le ferroviaire. C'est une situation d'urgence que l'on découvre." Pourquoi ces années d'incurie sur les routes de France? "C'est facile : quand on a besoin de boucler un budget, on rabote sur l'état du réseau, poursuit le sénateur. C'est de la mauvaise politique, car plus on tarde à investir, plus les investissements seront importants. C'est comme si quelqu'un disait dans une maison : “La toiture n'est pas ma priorité, je préfère refaire le papier peint.”"

MONTAGE REFORMES TERRITORIALES

Pour Pierre de Thé, pas de mystère : si les voiries sont en si mauvais état, c'est faute d'entretien : "Les entreprises de maintenance des routes ont perdu 30% de leur chiffre d'affaires en sept ans! Les départements font face à des dépenses sociales qui augmentent, des dotations qui baissent ; ils font des choix." Tout comme l'Etat : "Il faut que l'argent des routes revienne à l'entretien des routes. Les investissements, tous intervenants confondus, sont passés de 15,5 milliards en 2010 à à peine plus de 12 en 2017." L'audit pointe le mauvais état du réseau national, mais Hervé Maurey n'oublie pas les routes départementales : "Quand je circule dans l'Eure, il y a des portions où on ne risque pas de dépasser les 80 km/h!"

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Tous les professionnels de la route attendent la loi d'orientation des mobilités, qui devrait être présentée en Conseil des ministres à la rentrée, puis sa traduction budgétaire dès la loi de finances pour 2019, comme l'a indiqué Elisabeth Borne. "La clé, insiste Pascal Tebibel, du groupe Colas, leader mondial de la construction de routes, est que le coût de l'entretien curatif est vingt fois plus élevé que celui de l'entretien préventif." Mieux vaut prévenir que guérir, oui, mais ce stade est aujourd'hui dépassé.

https://www.lejdd.fr/societe/un-rapport-accablant-denonce-letat-des-routes-de-france-3716093

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Comment ça "Pour régler le problème, il va falloir mettre la main à la poche. " ?!!!!!!!
Mais nous payons des impôts pour que l'Etat entretienne nos routes !
ET puis, je croyais que c'était la vitesse qui était responsable des accidents !!!  S.R.

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samedi 7 juillet 2018

Cour d'appel de Limoges : les avocats encore abasourdis par l'annonce du directeur des services judiciaires...

Les avocats du Limousin espéraient beaucoup de la réunion avec le directeur des services judiciaires, Peimane Ghaleh-Marzban. Mais après deux heures de réunion, ils en sont ressortis avec une certaine amertume...

ACT AVOCATS LIMOGES

Le directeur a en effet confirmé mardi soir aux bâtonniers la suppression d'une partie du contentieux de la cour d'appel de Limoges. Il a convié les avocats à demander des compensations, évoquant même la possibilité de récupérer dans l'avenir le droit minier, douanier... et maritime ! « Le droit maritime à Limoges... On rêve », s'offusquait un avocat. 

Une situation d'autant plus inadmissible pour les bâtonniers que les tribunaux de commerce du Limousin ont perdu récemment les redressements judiciaires des entreprises de plus de 250 salariés au profit de Poitiers. C'est pour cette raison, par exemple, que le dossier GM&S a été traité là bas... et que les salariés ont dû effectuer des centaines de kilomètres pour aller plaider leur cause.

(...)

https://www.lepopulaire.fr/limoges/justice/2018/07/04/cour-d-appel-de-limoges-les-avocats-encore-abasourdis-par-l-annonce-du-directeur-des-services-judiciaires_12912446.html

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L'UE et l'oligarchie mondialiste l'ont décidé :
Le Limousin doit mourir, disparaître à jamais !

Et si les avocats aaient mieux écouté Ned (UPR 87) lors de leur débat en décembre

dernier,s'ils ne l'avaient pas dédaigneusement méprisé,
ils ne seraient peut-être pas en train de dormir par terre dans leur tribunal
et ils ne se feraient peut-être pas mépriser par un représentant de ce pouvoiraux ordres !

S.R.

vendredi 6 juillet 2018

« La dette, la dette, la dette ! »

Cet argument antisocial que l’on vous rabâche est bidon

TL DETTE MACRON LE MAIRE

Voici pourquoi les partisans du remboursement de la dette par l’austérité budgétaire sont des charlatans.

"Parce que la dette" . Tel est l’argument absolu des partisans des politiques anti-services publics et anti-protection sociale.

Première lame des ciseaux : ils s’en servent pour refuser toute mesure de justice sociale. Par exemple, si vous expliquez qu’un tiers du personnel hospitalier est en risque de burn-out (source: ANFH) et qu’il est donc urgent de recruter davantage, ils vous répondront que c’est impossible « parce que la dette »

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Seconde lame : ils s’en servent pour présenter leurs réformes antisociales comme des mesures inévitables de saine gestion. Par exemple, si vous rappelez que les aides sociales sont indispensables pour limiter la pauvreté, puisque sans elles la pauvreté toucherait 24% des Français au lieu de 14% (Eurostat), ils vous répondront qu’il faut quand même les baisser « parce que la dette ». Ainsi essaient-ils d’enfermer le débat politique dans une camisole de fer : si vous êtes d’accord avec eux vous êtes un gestionnaire vertueux; si vous n’êtes pas d’accord vous êtes un panier percé irresponsable.

Cette argumentation est pourtant fallacieuse, pour plusieurs raisons.

D’abord, leur façon de compter la dette des Etats est absurde. « Dette de la France à 98% du PIB ! » « Bientôt 100% ! » De bonne foi, le public non-spécialiste va s’imaginer que si l’on dépasse 100% c’est forcément une catastrophe. Il va donc se résigner d’autant plus facilement à des saignées dans nos dépenses sociales. Or, le PIB est la richesse totale produite par le pays sur 1 an; et l’Etat français, actuellement, rembourse ses prêteurs au bout d’un peu plus de 7 ans. En toute rigueur, si l’on compare notre dette publique au PIB du pays sur 7 ans, cela donne alors 14%, et non pas 98%. La baudruche de « l’apocalypse de la dette » se dégonfle immédiatement.

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Ensuite, il faut rappeler que la garantie ultime de la dette d’un Etat, ce n’est pas la richesse produite par le pays tout entier sur 1 an. La garantie ultime, c’est l’existence ou pas d’un patrimoine public total supérieur à la dette, car cela signifie que l’Etat détient davantage qu’il ne doit. C’est d’ailleurs la raison fondamentale pour laquelle la France, pays doté d’un très vaste patrimoine public (infrastructures, immobilier, entreprises publiques…), est considérée par les prêteurs comme un emprunteur sûr, alors que des Etats pauvres qui n’ont quasiment pas de patrimoine public sont considérés comme des emprunteurs risqués. L’incurie des partisans des politiques antisociales « parce que la dette » éclate alors au grand jour : alors que c’est notamment l’existence d’un puissant patrimoine public qui fait de la France un emprunteur solide, les mêmes ne cessent d’affaiblir cette garantie en multipliant les privatisations ! C’est la vieille histoire du pompier pyromane.

Enfin et surtout, l’idée qu’on puisse rembourser la dette publique grâce à d’énormes saignées dans nos dépenses publiques est en soi une idiotie. A titre d’exemple, si la France arrivait, au prix d’une austérité sans précédent, à dégager un excédent budgétaire d’environ 1% du PIB et le consacrait à rembourser sa dette publique, cela prendrait environ…100 ans ! Qui peut croire sérieusement à pareil scénario ? Cela suffit à prouver que les partisans du remboursement par l’austérité budgétaire sont des charlatans.

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Il y a une alternative. La dette publique de la France, et plus largement celle des pays de la zone euro, peuvent parfaitement être résorbées sans politiques antisociales d’austérité. Il suffit pour cela que la Banque centrale européenne (BCE) rachète les dettes aux prêteurs grâce à la création monétaire (la « planche à billets »); et qu’une fois rachetées, elle les efface. C’est légal, car la BCE a déjà le droit de racheter des dettes publiques à des créanciers : elle l’a d’ailleurs déjà fait ces dernières années. Dans un scénario maximaliste, à raison d’une création monétaire de 960 milliards d’euros par an, l’intégralité de la dette publique de la zone euro pourrait ainsi disparaître en une dizaine d’années, sans subir ni la vente à la découpe du patrimoine public, ni des saignées dans nos dépenses sociales. Pour mémoire, la BCE a déjà créé rien qu’en 2017, 720 milliards d’euros pour soutenir les banques privées : cet ordre de grandeur n’est donc pas choquant. Et de toute façon, l’on peut aussi imaginer un scénario intermédiaire, qui résorberait une grande partie de la dette publique de la zone euro mais pas sa totalité.

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Le grand argument habituel contre cette alternative est bien connu : « la planche à billets provoquera de l’hyperinflation ! ». En réalité, c’est faux. Tant qu’elle garde des proportions maîtrisées, la création monétaire ne provoque pas d’hyperinflation : en l’occurrence, même le scénario maximaliste que j’évoque accroîtrait la masse monétaire de seulement 4%, et à un rythme assez lent. De surcroît, dans l’économie telle qu’elle est et pas telle qu’on la fantasme, ce qui provoque l’hyperinflation, c’est l’écroulement de la confiance des ménages et des investisseurs dans l’économie du pays, qui se traduit par la fin de la confiance dans la valeur de la monnaie elle-même. Par exemple, dans le cas sans cesse invoqué des brouettes de billets de banque de l’Allemagne de Weimar pour aller acheter du pain, c’est l’écroulement de la confiance collective dans l’économie allemande qui a provoqué l’hyperinflation; et non pas une politique préexistante de création monétaire.

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Jadis Molière décrivait les médecins de son époque comme des charlatans cachant leur ignorance derrière des formules obscures en latin, et qui n’étaient bons qu’à multiplier les saignées sur les malades au risque de les tuer. Mutatis mutandis, les partisans des privatisations, des politiques anti-services publics et des politiques anti-protection sociale sont les médecins de Molière d’aujourd’hui : eux aussi justifient des mesures mortifères avec du charabia pseudo-expert; et eux aussi sont de dangereux charlatans.

Thomas Guénolé, Coresponsable de l’école de la France insoumise, politologue et essayiste

Vidéo:

Notre modèle social est en cours de destruction et tout est fait pour vous empêcher de réagir

https://www.youtube.com/watch?time_continue=1&v=klGq4TKUlLo

GUENOLE ANTISOCIAL

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Reste à Thomas Guénolé à lire les traités européens: il constatera que l'indépendance de la banque centrale est incompatible avec ses propositions, et qu'aucune politique de création monétaire ne peut être mise en oeuvre sans souveraineté...Il n'y a que dans ses rêves qu'un hypothétique "gouvernement de la zone euro" prendrait de telles mesures totalement contraires à l'esprit même des traités depuis l'origine!   P.G.

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Nuit de colère à la cour d'appel de Limoges pour les avocats du Limousin

Une nuit de colère pour les robes noires du Limousin. Lundi soir, les avocats de Brive, Tulle, Guéret et Limoges, s’étaient donné rendez-vous à la cour d’appel de Limoges, avec leur matelas, pour protester contre un décret, dont la publication serait prévue en juillet. Celui-ci viserait à créer un pôle social à la cour d’appel de Poitiers.

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Ce nouveau pôle absorberait les contentieux des trois départements du Limousin, liés aux accidents du travail, à la protection sociale et l’invalidité. Pour plusieurs raisons, cette mesure non-officielle scandalise la profession, au point de donner aux avocats l’envie de découcher.

Poitiers, le cauchemar des justiciables en Limousin 

Dans le cadre des négociations liées au maintien des cours d’appel de plein exercice, ce projet est considéré comme un démantèlement qui ne porte pas son nom pour la cour de Limoges. « On voit une nette différence entre les paroles et les actes de la part de notre ministre. Faire un pôle social à Poitiers aurait pour conséquences une perte de 30 % d’activité pour la chambre de Limoges », explique Frédéric Olivé, bâtonnier désigné de Limoges. « On nous tient un double discours. Cette réforme est un passage en force et cela n’est pas acceptable », souligne Christine Marche, bâtonnière de Tulle.

Cette réforme pourrait également avoir d’importantes conséquences pour les justiciables les plus fragiles, qui se verraient dans l’obligation de se rendre dans la Vienne pour défendre leur dossier devant le juge. « En Creuse, nous avons déjà beaucoup de dossiers caducs, car les personnes ne peuvent pas se rendre à Guéret. Dans ce cas de figure, le risque est de voir les gens ne plus faire valoir leurs droits », s’inquiète Corinne Jouhanneau-Boureille, bâtonnière de Guéret. Une cinquantaine d’avocats ont participé à cette nouvelle mobilisation.

Les avocats du Limousin manifestent contre la disparition du pôle social.

Pierre Vignaud

https://www.lepopulaire.fr/limoges/justice/2018/07/02/nuit-de-colere-a-la-cour-d-appel-de-limoges-pour-les-avocats-du-limousin_12909950.html

Voir aussi:


Les avocats des quatre barreaux du Limousin (Brive, Guéret, Limoges et Tulle) se mobilisent une nouvelle fois contre la réforme de la carte judiciaire. Afin de défendre le maintien de la Cour d'appel de Limoges, ils ont décidé, ce 2 juillet 2018, d'occuper les lieux, place d'Aine. 

Dans le rapport remis au ministère de la justice le 15 janvier 2018, il n'y avait pas d'ambiguïté : "Toutes les Cours d'appel sont maintenues avec à leur tête un premier président et un procureur général. Il y aura donc une conservation du maillage des juridictions d'appel. Aucune cour d'appel ne sera fermée."

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Les avocats vont-ils redescendre sur terre ?
Pourront-ils faire abstraction de leur dogme politique pour analyser intelligemment les discours politiques ,
les objectifs des soi-disant réformes et les conséquences de ces réformes qui ne sont que des destructions ?

ET quand le ministre les rassure en disant qu'il n'y aurait pas de fermeture de la cour d'appel, pourquoi n'ont-ils pas compris que cette phrase avait un double sens ?

Oui, on ne ferme pas la cour d'appel, on la vide progressivement et, très rapidement, on la fermera car elle n'aura plus aucune activité !
C'est la perversion politique !
Il est temps qu'ils se réveillent !
S'ils avaient écouté François Aselineau, ils sauraient tout cela !
  S.R.

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samedi 30 juin 2018

Des médecins dénoncent le manque de moyens et alertent sur « une mise en danger de la vie d’autrui »

Dans une lettre ouverte au Premier ministre, Édouard Philippe, rendue publique dimanche, des médecins affirment ne plus pouvoir remplir leur « mission de service public » par manque de moyens. Ils alertent le gouvernement sur « une mise en danger de la vie d’autrui ».

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Dans ce courrier, les 175 signataires, médecins hospitaliers ou libéraux de différentes régions de France, demandent à être reçus par le Premier ministre, parce qu’une précédente requête à l’attention de la ministre de la Santé Agnès Buzyn est « restée sans réponse depuis septembre 2017 ».

Les signataires disent représenter les « plus de 1 350 confrères et consœurs de différentes spécialités et disciplines » qui avaient signé une précédente lettre ouverte à Agnès Buzyn. Celle-ci était née à l’initiative de médecins hospitaliers d’Auvergne-Rhône-Alpes.

« Si nous faisons appel à vous de façon pressante, c’est parce que nous ne pouvons plus actuellement remplir notre mission de service public », écrivent les médecins à Edouard Philippe.

Les décès récents ne sont pas de « faits isolés »

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« Nous vous alertons sur une mise en danger de la vie d’autrui et non-assistance à personne en danger. Mise en danger de la population qui s’adresse à nous, et mise en danger des professionnels qui doivent remplir cette tâche sans en avoir les moyens », ajoutent-ils. « Les décès médiatisés survenus récemment » ne sont pas de « faits isolés », mais des « signes patents de la dégradation nationale des services hospitaliers », estiment-ils, appelant à « réinjecter au plus vite dans le système de santé les moyens indispensables ».

« Il s’agit de stopper immédiatement toute fermeture de lit, suppression de poste soignant et d’embaucher du personnel formé ou à former au plus vite. Il coûtera certainement très cher, trop cher de laisser poursuivre la dégradation exponentielle du service public hospitalier, aussi bien en tant que souffrance physique et psychique que financièrement », concluent-ils.

 

Urgence - Saturation - Hôpitaux

 


 

Médecin - Pousse en bas

 


 

Source :

https://fr.news.yahoo.com/médecins-inquiets-écrivent-à-edouard-123302210.html?guccounter=1

https://fr.sott.net/article/32724-Des-medecins-denoncent-le-manque-de-moyens-et-alertent-sur-une-mise-en-danger-de-la-vie-d-autrui

http://www.leparisien.fr/societe/des-medecins-denoncent-le-manque-de-moyens-et-alertent-sur-une-mise-en-danger-de-la-vie-d-autrui-24-06-2018-7791246.php

https://aphadolie.com/2018/06/27/des-medecins-denoncent-le-manque-de-moyens-et-alertent-sur-une-mise-en-danger-de-la-vie-dautrui/

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vendredi 22 juin 2018

Nouvelles inquiétudes des avocats autour de la cour d'appel de Limoges

Ils viennent d'apprendre que le contentieux social pourrait être transféré à Poitiers.

ACT AVOCATS TRANSFERT CONTENTIEUX

Les justiciables les plus fragiles devront-ils faire plusieurs heures de routes pour aller plaider leur cause aux côtés de leur avocat en matière d'accidents du travail ou de maladies professionnelles ? C'est ce que craignent aujourd'hui les différents bâtonniers de la Corrèze, de la Creuse et de la Haute-Vienne. 

Un sujet de discorde que l'on croyait derrière nous est donc de retour : la disparition programmée de la cour d'appel de Limoges.

Selon les avocats, en créant des pôles sociaux au sein des cours d'appel, Limoges pourrait perdre beaucoup. Ce mardi lors d'un point presse, ils ont voulu sensibiliser la population, interpeller les politiques sur ce sujet.

« Il leur appartient d'intervenir sur ce dossier. Faut-il le rappeler, ce sont les populations les plus faibles qui seraient touchées par cette réforme.»

Franck Lagier

https://www.lepopulaire.fr/limoges/justice/2018/06/19/nouvelles-inquietudes-des-avocats-autour-de-la-cour-d-appel-de-limoges_12893169.html

 

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Et ils avaient cru les promesses du ministre et les affirmations des petits députés ???

En décembre, celle qui est au ministère de la justice avait déclaré : 

"Aucune cour d'appel ne sera supprimée"

Bon, elle avait simplement oublié d'ajouter que ce ne serait plus qu'une boîte vide !

Le regroupement des régions commence à devenir catastrophique car même le CHU est vidé de tous ses talents et pour se faire soigner correctement il faut désormais aller à Bordeaux.

Si personne ne se réveille, à terme, les classes moyennes et les pauvres n'auront que deux choix :
- soit d'aller vivre dans des cages à lapins dans la métropole bordelaise
- soit de tenter de survivre dans une région où tout aura disparu !

S.R.

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jeudi 21 juin 2018

L'éclatement de l'Espagne

Alors que l'exécutif espagnol vient de changer de main, le géopolitologue Alphonse Moura revient sur la situation, hautement problématique, dans laquelle se trouve le nouveau gouvernement.

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Après la récente chute de Mariano Rajoy et l'intronisation de Pedro Sánchez, ce dernier s'est déjà distingué sur la scène européenne : l'Italie et Malte n'ont pas voulu accueillir le bateau Aquarius mais Madrid a volé au secours des malheureux. Les Espagnols font bonne figure. Disent-ils «Je suis Aquarius»?

Alphonse Moura est géopolitologue, maître en Sciences politiques et Relations internationales par l'Institut d'études politiques de l'Université catholique portugaise

Nous pouvons légitimement nous interroger sur le bien fondé de ces expéditions d'ONG qui sont à la recherche des clandestins (oui, des clandestins et non des «migrants», comme la novlangue voudrait l'imposer) pour les amener en Europe. Que viennent faire ces pauvres diables en Europe? Solidarité avec les extra-Européens, austérité pour les Européens? A-t-on oublié le sort des Grecs? Chômage, précarité et appauvrissement accompagnent quotidiennement Portugais, Espagnols, Napolitains, Siciliens... et la situation est particulièrement grave chez les jeunes.

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Les clandestins sont souvent aidés, notamment par George Soros et sa Open Society, et ceux qui nous disent qu'il faut être solidaires sont les mêmes qui œuvrent constamment à la destruction des systèmes sociaux européens, les précarisant, les libéralisant. Tout cela est logique : ce faux humanisme entraîne une baisse du niveau de vie des Européens les plus démunis qui devront aimbablement accepter la concurrence des clandestins. Ces derniers feront le même boulot pour moins cher, Marx nous avait prévenu : l'immigration est l'armée de réserve du capitalisme.

La générosité de Sánchez a deux buts. Le premier : se démarquer de la politique du Partido Popular. Le second : cacher les problèmes internes en mettant en avant les questions internationales. La stratégie est bonne, il joue la carte de l'ouverture socialiste contre le passéisme du centre-droit – qui a des électeurs bien sûr moins accueillants que le centre-gauche. Néanmoins, rien ne nous laisserait penser que Rajoy n'aurait pas eu la même attitude : on sait très bien que l'Espagne a été la plus fidèle alliée de l'Allemagne pendant le long règne d'Angela Merkel. Mais peu importe, il faut, communication oblige, présenter l'accueil de l'Aquarius comme un geste que le précédent gouvernement n'aurait pas été trop enclin à faire.

Le Parti socialiste ouvrier espagnol essaie d'occuper les journaux et les écrans avec un événement d'ordre supérieur, qui se veut bien plus important que l'architecture même de l'Espagne. Détourner le curseur et espérer que l'environnement s'améliore de lui-même, la réalité étant assez peu plaisante : se retrouver en charge des affaires espagnoles après avoir bénéficié de l'aide des indépendantistes pour chasser Rajoy est une situation pour le moins épineuse. S'appuyant sur 84 députés socialistes, ce gouvernement est l'exécutif le plus minoritaire depuis la mise en place des cadres constitutionnels en vigueur, après la fin du franquisme. Sa légalité est forte mais sa légitimité est tout sauf solide.

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En effet, si on s'attarde sur l'actuelle Constitution espagnole, celle de 1978, on verra que l'avenir est incertain, voire angoissant. La Catalogne et le Pays basque semblent imparables dans leur quête émancipatrice : juridiquement, l'indivisibilité de la nation est contredite par les articles sur les communautés autonomes (comunidades autónomas). Et au-delà de ces insuffisances constitutionnelles, le dogme décentralisateur, diffusé par l'Union européenne pour promouvoir les régions contre l'Etat-central, accentue la tension entre Madrid et Barcelone. Sans une remise en question de l'encadrement juridique actuel il sera difficile de trouver la stabilité nécessaire et les forces capables de mettre un coup d'arrêt aux mouvements centrifuges.

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Quand il était dans l'opposition, les critiques de Sánchez à l'égard de Rajoy et des mesures prises durant la tentative indépendantiste catalane furent très révélatrices. L'ancien chef du gouvernement a en réalité été très modéré au regard d'une situation où une partie de son territoire voulait faire sécession. Mais, hélas, la modération est bien peu utile quand on est face aux grands défis de l'Histoire, cette Histoire que les Européens ont voulu croire qu'elle était finie après la chute du mur de Berlin. L'explosion démographique en Afrique et la rébellion catalane sont les deux faces d'une même pièce, d'un même processus, d'un même déracinement.

L'été offrira à Pedro Sánchez une fenêtre pour se préparer. Espérons qu'il comprenne la hauteur de sa mission, pour le bien de l'Espagne, et de l'Europe. 

https://francais.rt.com/opinions/51729-eclatement-espagne-alphonse-moura

vendredi 15 juin 2018

Des parents d’élèves se mobilisent contre la fin du ramassage scolaire au rond-point de Glane à Saint-Junien

Trop coûteux, le ramassage scolaire au rond-point de la Glane de Saint-Junien va être supprimé. Les parents d’élèves s’en offusquent et se mobilisent.

ACT RAMASSAGE SCOLAIRE 87

Tout est parti d'une lettre. Reçue le 30 avril dernier, par des familles dont les enfants utilisent quotidiennement, ou presque, l'arrêt de bus scolaire du rond-point de la Glane à Saint-Junien. Dans ce courrier envoyé par la municipalité, les parents ont été informés de la fin du ramassage scolaire à cet emplacement dès la rentrée prochaine, et qui concerne selon la mairie, 15 familles et 23 enfants. Ces derniers sont principalement scolarisés au collège Louise-Michel et au lycée Paul- Eluard, ainsi qu'au collège Paul- Langevin pour quelques-uns.

Inquiets, les parents se sont alors réunis pour lancer une pétition. Car selon eux, la sécurité de leur progéniture ne serait pas assurée si ces jeunes devaient se rendre en classe à pied.

Un trajet controversé

Philippe Leemans, père de l'un des élèves concernés et organisateur de la pétition, explique que « les enfants seront obligés d'emprunter une route sinueuse qui passe par des endroits boisés, sans éclairage public ni trottoir ». Il déplore également les risques en cas de conditions météorologiques compliquées, sous de fortes chaleurs ou des pluies battantes. « De plus, les sacs des élèves peuvent peser jusqu'à 10 kg, donc se rendre à pied en classe signifierait une fatigue importante dès le matin ». Mais pourquoi, alors, supprimer cet arrêt scolaire ?

Concernant les élèves en enseignement secondaire, la loi stipule qu'il ne peut y avoir de ramassage, lorsque la distance entre l'arrêt et l'établissement scolaire est inférieure à 3 km. Et pour le rond-point de la Glane, la distance est de 2,4 km selon les parents, et environ 1,7 km selon la municipalité.

MONTAGE REFORMES TERRITORIALES

La mairie n'a pas  les pleins pouvoirs

Depuis le 1 er septembre 2017, c'est la région et en l'occurrence la Nouvelle-Aquitaine, qui est en charge de la gestion des lignes de bus scolaires. Pierre Allard, maire de Saint-Junien, explique que « la municipalité ne s'occupe que de l'inscription des enfants, et encore, n'est qu'un intermédiaire ». Avant la région, c'était le département qui gérait ce secteur, et la « règle des 3 km » existait déjà. Mais pour éviter la fermeture de cette ligne de bus, « la mairie avait trouvé un accord avec le département », détaille Pierre Allard. Or, désormais, ce n'est plus possible. Car maintenir une ligne coûte cher : environ 35.000 euros, qui étaient au frais de la municipalité.

Les parents se mobilisent

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Mais ces explications ne convainquent pas les parents d'élèves. Ce mardi, la pétition lancée comptait environ 580 signatures. De plus, les familles ont fait parvenir la pétition aux différentes instances concernées comme le conseil régional de Nouvelle-Aquitaine. « On nous dit que dans le temps, les élèves allaient en classe à pied, fustige Philippe Leemans. Mais ce n'est pas une raison ! »

Du côté de la municipalité, le maire rencontrera vendredi l'un des responsables des transports scolaires sur le secteur, pour tenter, ensemble, de trouver une solution. Cependant, l'édile de Saint-Junien rappelle que « la mairie n'a pas de compétence dans ce domaine, et ne peut donc pas s'engager, même si l'on veut trouver une solution ».

Le maire se veut donc conciliant, sans pour autant faire des promesses qu'il ne pourrait tenir. Également un autre rendez-vous avec la municipalité aura lieu samedi matin, et par la suite les parents d'élèves ont prévu de manifester place Auguste-Roche entre 9 heures et 11 heures « si l'entrevue ne donne rien », prêts à tout pour le bien-être de leur progéniture.

Marie Bardet

https://www.lepopulaire.fr/saint-junien/vie-pratique-consommation/transport/2018/06/13/des-parents-deleves-se-mobilisent-contre-la-fin-du-ramassage-scolaire-au-rond-point-de-glane-a-saint-junien_12883988.html

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Rousset, dont le salaire est de 5 600 euros (+ les avantages en nature) et qui doit cumuler de multiples retraites
puisqu'il a 67 ans et qu'il a été maire, député, conseiller général, président de la communauté urbaine de Bordeaux, soit au minimum deux retraites (+ son salaire donc).

Et n'oublions pas qu'il est également président d'une horreur : l'euro-région Nouvelle Aquitaine-Euskadi-Navarre !!!!
Qui le savait ? Nous a t-on consulté pour cette chose aussi grave ?

Et Monsieur trouve qu'un bus pour 23 enfants, ça coûte trop cher !!!!!
Et tous les élus parasites, ils ne coûtent pas trop cher ???  S.R.

dimanche 27 mai 2018

Les travailleurs européens trahis

TRIBUNE LIBRE/ Source : Andrew Spannaus, Consortium News, 12-04-2018

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Contrairement aux États-Unis, les syndicats de travailleurs en Europe sont puissants et influents ; pourtant ils n’ont pas pu, ou pas voulu, empêcher les politiques d’austérité imposées par les institutions européennes, rapporte Andrew Spannaus.

Milan, Italie

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Des employés du rail font grève à travers toute la France, interrompant la circulation de près de 80% des trains à grande vitesse. Dans un pays européen majeur dépendant du rail pour une part importante de son transport, l’on s’attend à ce que les manifestations causent du désordre, tandis que les syndicats bandent les muscles pour montrer à tous qu’ils sont encore une force dont il faut tenir compte.

Le 10 avril, les employés des aéroports allemands se sont aussi mis en grève, provoquant l’annulation de plus de 800 vols par la compagnie nationale Lufthansa. Dans ce cas le conflit porte sur une hausse des salaires pour quelque 2,3 millions d’employés du secteur public, qui ont vu leur revenu stagner malgré la croissance économique globale du pays.

De tels actes de protestation ne sont pas rares en Europe, et de fait sont acceptés comme courants dans de nombreux pays. L’adhésion aux syndicats varie beaucoup à travers le continent, de moins de 10% en France – malgré l’efficacité des grèves – jusqu’à presque 70% dans les pays scandinaves comme la Suède ou le Danemark. Cependant, et bien que les chiffres des adhésions soient modestes, les syndicats ont souvent un rôle central dans les négociations collectives, et ils ont à cœur de montrer qu’ils sont toujours aussi pertinents dans un monde qui a grandement changé suite à la dérégulation et à la mondialisation au cours des 35 dernières années.

L’influence des syndicats en Europe est toutefois déclinante, ce qui n’est pas vraiment une surprise. L’un des principes centraux des politiques économiques adoptées par l’Union européenne est la « flexibilité » du marché du travail, qui participe de la philosophie néolibérale qui voit toute sorte de restriction ou règle concernant le travail et le capital comme asphyxiant la rentabilité et la libre entreprise.

Faciliter les licenciements

 

Depuis les années 1990 en particulier, il y a eu un effort concerté, dirigé vers le bas, pour affaiblir la protection des travailleurs, clamant qu’il s’agissait de la seule manière d’attirer le capital et de libérer une nouvelle vague de croissance économique. L’UE insiste lourdement sur la nécessité des « réformes structurelles » qui vont permettre de « lever les contraintes à la création d’emplois et à la participation au marché du travail ». Cela revient en général à faciliter les licenciements, ce qui en théorie permettrait aux entreprises d’embaucher de nouveaux employés quand elles en auraient besoin sans craindre un fardeau économique permanent dans le futur.

Les lois du travail sont en effet strictes dans de nombreux pays européens. Pourtant il n’est un secret pour personne que, pour des travailleurs traversant une crise économique, de telles réformes sont à sens unique et abaissent le niveau de vie, précisément au mauvais moment.

Les offensives législatives vers une plus grande flexibilité du marché du travail en Europe se sont souvent accompagnées d’un dénigrement public vis-à-vis des syndicats et de toute sorte de régulation des services publics.

Défendre les emplois est perçu comme égoïste. Par exemple, quand des travailleurs âgés cherchent à éviter de se retrouver au chômage dans leur cinquantaine ou soixantaine, ou quand ils obtiennent des aides d’État de différentes sortes qui permettent d’amortir les chocs sociaux, un débat s’ensuit inévitablement dans lequel ils sont accusés de voler leur travail aux jeunes. Dans un contexte de ressources soi-disant limitées, l’establishment, et les médias qui les servent, poussent les générations à la confrontation.

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L’un des principaux reproches faits aux syndicats est de ne penser qu’à eux, et pas aux besoins de la société dans son ensemble. Cependant, les travailleurs constituent la majorité de la société. Il n’est clairement pas dans leur intérêt d’accepter ce que leur demande l’establishment néolibéral, à savoir qu’ils acceptent la « nouvelle réalité » et embrassent la mondialisation.

Au cours des dernières décennies les syndicats en Europe ont généralement échoué à œuvrer au bien commun. Non qu’ils n’aient pas défendu les droits des travailleurs face aux changements du marché du travail, mais ils se sont plutôt concentrés sur des objectifs étriqués, tout en ne parvenant pas à contrecarrer les politiques économiques de l’Union européenne elle-même, qui priment sur la prise de décision politique.

La question fondamentale aujourd’hui en UE est celle des effets socio-économiques des politiques monétaristes et mesures d’austérité émanant de Bruxelles et Francfort. Ces politiques ont provoqué une réaction violente à l’encontre des institutions gouvernementales, qui s’est répandue et s’exprime sous la forme d’une ascension de partis politiques soi-disant populistes et anti-système.

 

Les syndicats : une partie du problème

Il est légitime de se demander où étaient les syndicats majeurs quand la Troïka – l’alliance formelle entre la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international – imposait une politique d’austérité massive à des pays tels que la Grèce, l’Espagne et l’Italie.

Que faisaient-ils pour arrêter la construction de l’UE sur des principes néolibéraux, qui a amené un taux de chômage élevé et des conditions de travail instables, tout en garantissant des renflouements pratiquement illimités pour le secteur financier ? Il est bien loin, le temps de l’âge d’or de l’action militante industrielle et des grèves générales du début du XXème siècle !

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Il y a bien eu nombre de manifestations et de grèves au fil du temps, mais un pas en arrière permet de constater que l’affrontement ne s’est pas fait au plus haut niveau. La cause en est que de nombreux syndicats ont été sur le fond récupérés par l’establishment au cours des 25 dernières années. Les syndicats ont, plutôt que d’y faire face, participé à la constitution de politiques économiques qui sont diamétralement opposées aux intérêts de la plupart des travailleurs.

L’UE a formellement adopté le dogme néolibéral selon lequel toute intervention économique est négative, et la seule voie vers la croissance est celle de la « flexibilité » et de l’attraction de l’investissement financier. Il y a bien sûr des exceptions, mais l’idéologie est claire, et fait office de matraque dès qu’un État-membre tente de réagir à une crise avec des armes telles que l’investissement public ou une meilleure régulation. Celles-ci ont été désignées contraires au principe supérieur de la « concurrence ».

La trahison de Maastricht

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Il avait été promis aux travailleurs européens une protection de leurs intérêts à l’approche de l’intégration au marché européen. Par exemple, Jacques Delors, alors président de la Commission des Communautés européennes, en photo ci-contre  en train de s’adresser au Congrès des syndicats britanniques à Bournemouth en 1988, promit qu’un marché européen intégré développerait « les régions reculées de la communauté », « restructurerait les régions industrielles en déclin », « lutterait contre le chômage de longue durée », « fournirait du travail aux jeunes » et protégerait le filet de la sécurité sociale.

« Il serait inacceptable que l’Europe devienne la source d’une régression sociale, alors que nous essayons de redécouvrir ensemble le chemin vers la prospérité et l’emploi », disait M. Delors. Et les syndicats y ont cru. « La seule partie de cartes en ville a lieu dans une ville nommée Bruxelles », disait Ron Todd, alors secrétaire général du Syndicat des travailleurs du transport et des travailleurs généraux.

Mais le Traité de Maastricht en 1992 a balayé ces promesses, se durcissant progressivement avec les années alors que s’élargissait le périmètre de la législation de l’UE, qui allait finalement de pair avec les sévères coupes budgétaires et les hausses d’imposition demandées durant la crise de l’Euro qui a affecté de nombreux pays à compter de 2009-2010.

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En raison du manque de « confiance des marchés » dans la dette souveraine de la Grèce, de l’Espagne, de l’Italie et d’autres, la Troïka a demandé des coupes dans les salaires, les pensions, les services de santé et de nombreux autres services publics. Ces choix exprimaient un respect envers les marchés financiers, ce qui a finalement fait empirer les choses. Ils ont eu un effet amortisseur sur l’activité économique et donc aggravé plus encore la crise fiscale.

Il en a résulté, même après la relance, un chômage de longue durée, une explosion du pourcentage d’emplois précaires et à durée limitée, de faibles salaires, soit l’opposé exactement de ce que M. Delors avait promis.

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Or, parce que cela était dans leur intérêt, et non dans celui des travailleurs, les officiels de la Troïka continuent d’imposer la même formule. Il y a quelques jours seulement, par exemple, David Lipton du Fonds monétaire international a déclaré aux Espagnols que, grâce à la « modération salariale » et à la « flexibilité », l’emploi se redressait en Espagne.

Mais compte tenu des problèmes pérennes « on a encore besoin d’une plus grande flexibilité des marchés du travail pour alimenter le moteur de la croissance », a-t-il demandé. Traduit sans langue de bois, le message est celui-ci : travailler pour moins d’argent, avec moins de garanties, est votre seul espoir d’obtenir un emploi, tout court.

Un discours de plus en plus audible

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Le 6 avril, je me suis rendu à une réunion d’un syndicat à Milan pour entendre un discours de Giorgio Cremaschi, ancien directeur du syndicat des ouvriers métallurgistes FIOM (Fédération syndicale internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie), affilié à l’une des plus grosses organisations du travail en Italie, le CGIL (Confédération générale italienne du travail).

Cremaschi a prononcé un discours vibrant à l’adresse des membres locaux du syndicat indépendant USB (Syndicat unitaire des travailleurs) au sujet des politiques désastreuses imposées par l’UE, qui ont donné la priorité aux règles budgétaires sur le bien-être humain. C’est arrivé à un point – note Cremaschi – tel que les acquis sociaux de base entérinés dans la Constitution italienne passent désormais au second plan, bien après le dernier ajout aux lois constitutionnelles du pays, à savoir l’obligation d’un budget équilibré.

Le problème évoqué à la réunion de l’USB est que les plus gros syndicats italiens ont invariablement refusé de s’opposer aux politiques néolibérales de l’UE. Ils ne se sont opposés à aucun des traités européens adoptés au cours des 25 dernières années, qui ont progressivement retiré les pouvoirs de décision des mains des gouvernements nationaux pour les remettre entre les mains d’une bureaucratie supranationale qui pourvoit aux besoin d’un système dominé par la finance spéculative.

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Néanmoins, les remarques les plus acerbes de Cremaschi n’étaient pas destinées aux institutions de Bruxelles ou aux banquiers de Wall Street ; il a accusé d’avoir laisser imposer ce qu’il appelle un « fascisme » aux familles des travailleurs, à la classe politique en Italie et aux grands syndicats eux-mêmes. [he laid the blame for the imposition of what he calls “fascism” against working families, squarely at the feet of the political class in Italy, and the large labor unions themselves.]

Cremaschi a critiqué les leaders centristes pour avoir accepté le récit selon lequel la mondialisation, malgré ses effets négatifs sur les travailleurs, est un processus objectif et inévitable. La vérité est, selon lui, qu’une série de décisions ont été prises pour imposer l’idéologie de l’économie libérale, ceci au bénéfice de quelques-uns, tout en appauvrissant la plupart des autres. Sa conclusion est qu’un réel changement ne peut intervenir qu’en s’opposant à l’instrument utilisé pour forcer l’acceptation de ces politiques, l’Union européenne.

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Cremaschi et l’USB abordent ces questions d’un point de vue de gauche, mais ces arguments de base sont aussi largement utilisés par les groupes de droite qui ont fait surface lors des élections de l’année passée à travers toute l’Europe. Les politiques économiques de l’UE représentent l’ennemi commun pour ces syndicats et partis politiques anti-système, et à leur avis, les syndicats dominants sont tout aussi coupables que la Troïka quant aux difficultés économiques rencontrées par les classes moyennes et populaires européennes.

Andrew Spannaus est journaliste et analyste stratégique, installé à Milan, Italie. Malgré une année passée à tenter de l’exclure en raison de son indépendance, il a été élu président de l’Association des correspondants étrangers de Milan en mars 2018. Il a publé les ouvrages « Perché vince Trump » (Pourquoi Trump l’emporte, juin 2016) et « La Rivolta degli elettori » (La Révolte des électeurs, juillet 2017).

https://www.les-crises.fr/les-travailleurs-europeens-trahis-par-andrew-spannaus/