vendredi 17 novembre 2017

« Chaud devant ! Prochainement, pour vous, les ruptures conventionnelles collectives ! »

par | 10 Nov 2017

C’est la dernière nouveauté en date, et je peux vous dire que cela va faire hurler chez les ex-futurs salariés bientôt tous virés ou presque et que l’on va se taper sur le ventre dans les antres du Medef.

ARG LICENCIEMENTS UE

Les ruptures conventionnelles sont devenues en quelques années la principale manière de licencier, et cela a considérablement flexibilisé le marché du travail pour les employeurs, permettant aussi, il faut le dire, pour certains salariés de partir plutôt sur une rupture conventionnelle, et donc les droits au chômage, plutôt que sur une démission.

Il n’en reste pas moins que jusqu’à présent, une rupture conventionnelle était par nature, par essence même, une décision individuelle, à tel point d’ailleurs que l’inspection du travail surveille de relativement près le nombre de ruptures conventionnelles (qui doivent être déclarées) par chaque entreprise afin d’être sûre que par certains effets d’aubaines, certaines entreprises ne masquent pas un plan social à travers de multiples ruptures conventionnelles.

D’un côté donc la rupture conventionnelle, unitaire, personnelle, individuelle et de l’autre, les plans sociaux avec la cohorte de coûts et de contraintes attachées, comme les indemnités mais aussi des notions de formation ou de « reclassements », bref, autant d’éléments qui empêchent notre gentil patronat de virer comme il l’entend et de gagner autant qu’il le souhaite.

Pourtant, c’est l’un des éléments que pas grand monde n’a vu venir des ordonnances Macron qui devraient prochainement autoriser les entreprises à mettre en place des procédures de ruptures conventionnelles collectives au lieu d’un plan social coûteux.

La différence, nous la voyons tous. Vous aurez a priori des ruptures conventionnelles collectives sur la base du volontariat et cela viendra remplacer les plans dits « volontaires » et puis nous devrions sans doute conserver les plans sociaux quand on dégraisse sans laisser le choix ou sans faire appel aux « volontaires ».

Mais le décret peut aller aussi loin que le voudra le président Macron, puisque l’Assemblée nationale lui a voté les pleins pouvoirs économiques et sociaux.

Demain, peut-être, allez-vous vous réveiller dans un monde où l’idée même de plan social aura disparu.

Et vous devez voir la logique d’ensemble.

Nos mamamouchis ont d’abord réduit le coût maximum des licenciements en mettant des plafonds même en cas de licenciements abusifs que les juges ne peuvent plus dépasser.

Puis maintenant qu’en réalité on a mis des seuils, on vous explique très doctement qu’il faut pouvoir faire baisser le coût des plans sociaux…

Sur la partie volontaire, on va donc faire de la simple rupture conventionnelle… Voilà une idée risquant fort de plaire grandement à SFR qui va devoir se délester rapidement de quelques milliers de ses collaborateurs, qui ne vont pas partir avec grand-chose malgré toute leur implication.

Les ruptures conventionnelles collectives, sur vos écrans au plus tard le 1er janvier 2018.

Le gouvernement a transmis son projet de décret fixant les modalités pratiques de ces ruptures conventionnelles collectives aux partenaires sociaux.

Dès la publication de ce décret, ces ruptures conventionnelles collectives seront possibles dans les entreprises, or selon les syndicats, et je veux bien les croire, cette nouvelle formule est un véritable plébiscite auprès des entreprises qui assaillent de coups de téléphone aussi bien les administrations que les experts comptables pour savoir comment faire pour en bénéficier et faire quelques charrettes à pas cher !
Le tsunami de licenciements en début de quinquennat, pas à la fin !

Les syndicats redoutent donc une vague de plans sociaux.

Ils ont parfaitement raison, et cela a aussi une grande logique politique.

Mieux vaut que les gens qui sont aussi des électeurs soient virés en début de quinquennat qu’en fin de mandat, bien que Macron, et c’est tout à son honneur n’a jamais caché ses intentions de casse sociale parfaitement assumées lors de la campagne.

Les fêtes de Noël risquent d’être particulièrement moroses et tristes pour bon nombre de nos concitoyens.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

https://insolentiae.com/chaud-devant-prochainement-pour-vous-les-ruptures-conventionnelles-collectives-ledito-de-charles-sannat/


 

BASE 14 995X225N'oublions pas que Macron ne fait que mettre en oeuvre les grandes orientations de politiques économiques (GOPE) préconisées par la Commission européenne.

Screen-Shot-10-28-17-at-10P.G.

dimanche 5 novembre 2017

Cabinets ministériels : la hausse des salaires en marche

Dans le nouveau monde d’Emmanuel Macron, les cabinets ministériels subissent une cure d’amaigrissement. Moins de conseillers, pour économiser de l’argent public ? Pas si simple.

ACT AUGMENTATION MINISTERES

Pas plus de dix membres dans un cabinet ministériel, c’est la règle depuis le premier conseil des ministres du quinquennat Macron. Résultat, entre le gouvernement de Manuel Valls l’année dernière et celui d’Edouard Philippe, il y a 124 conseillers ministériels en moins. Une économie de 6 543 071 euros. Mais en même temps, ils se sont octroyés une augmentation: 18% de hausse de salaire en moyenne par rapport à leurs prédécesseurs.

A partir du "Jaune" budgétaire publié avec le PLF 2018, nous avons comparé, ministère par ministère, la rémunération des conseillers entre 2016 et 2017. Certains écarts sont étonnants.

Au ministère des Affaires étrangères par exemple, la rémunération moyenne des conseillers est passée de 5 898 euros bruts par mois, à 10 043 euros. Au ministère de la Justice, le salaire des membres du cabinet a augmenté de 7 992 euros mensuel à 10 549 euros bruts. Mais c’est au ministère de la Santé qu’on est le mieux payé : 11 665 euros mensuels contre 9 569 euros l’année dernière. C’est plus que ce que gagne la ministre elle-même !

En pleine cure d’austérité, comment expliquer ces augmentations de salaire ? Pour l’ancien député René Dosière (PS), qui a effectué des calculs similaires, les ministres qui viennent du monde de l’entreprise ont tendance à davantage rémunérer leurs collaborateurs :

«Les ministres sont issus pour beaucoup de la société civile, ils gagnaient beaucoup plus avant d’être ministres... Ils ont laissé courir le niveau des rémunérations.»

La baisse du nombre de conseillers ministériels dans le gouvernement d’Edouard Philippe a permis d’économiser plus de 6 millions d’euros. Mais sans les hausses de salaires, nous aurions pu économiser 5 millions d’euros de plus.

http://blog.francetvinfo.fr/oeil-20h/2017/11/01/cabinets-ministeriels-la-hausse-des-salaires-en-marche.html#xtor=EPR-51-[enquete-france-2-comment-les-salaires-des-conseillers-ministeriels-ont-explose-depuis-l-election-de-macron_2448422]-20171102-[titre]

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dimanche 8 octobre 2017

Immobilier : les APL "accession" vont disparaître dès 2018

Les APL accession, qui facilitent l'emprunt immobilier pour les ménages aux revenus modestes, devraient être supprimées dès le 1er janvier 2018.

logement-social-la-cour-des-comptes-suggere-des-economiesC'est un dispositif assez méconnu mais pourtant potentiellement très avantageux pour ses bénéficiaires. L'APL accession permet aux primo-accédants aux revenus modestes de se faire rembourser une partie de leurs mensualités de crédit immobilier. Malheureusement, il vit ses dernières heures...

Passée inaperçu lors de la présentation du budget 2018 mercredi dernier, la suppression de l'APL accession a été repérée par le courtier en crédit Vousfinancer ce lundi 2 octobre, et cette mesure sera regrettée par les futurs accédants. Selon les calculs effectués par le courtier, l'APL accession pouvait presque réduire de moitié le taux d'endettement de certains de ses bénéficiaires.

  • Un parent isolé avec 2 enfants et un revenu net imposable annuel de 15.000 euros en 2015 et une mensualité de 500 euros pouvait toucher 236 euros, et ainsi voir son taux d'endettement passer de 41 à 20%.
  • Pour un couple avec 2 enfants dont le revenu net imposable est de 20.000 euros pour le ménage, les APL font baisser les mensualités de 600 à 462 euros, le taux d'endettement passant ainsi de 36 à 27%.

Ces APL sont versées dans le cadre d'un prêt d'accession sociale ou d'un prêt conventionné, et elles sont donc soumises à des conditions de revenus. Ce dispositif permet l'accès à la propriété de personnes n'ayant pas les revenus suffisants pour le faire, car comme on le voit avec les exemples cités ci-dessus, sans les APL, les ménages passent au dessus du seuil d'endettement maximal, estimé à 33% (un tiers des ressources).

Un dispositif inefficace ?

Et les personnes concernées par les APL accession sont bien plus nombreuses qu'on le croit, car cette année, "45 % des emprunteurs financés par Vousfinancer - et même 68 % des moins de 30 ans - ont des revenus inférieurs à 25.000 nets annuels et sont potentiellement éligibles aux APL", précise le courtier. Et 13% des prêts financés par le courtier en 2017 peuvent donner potentiellement droit à ces APL.

Pour justifier la suppression du dispositif dès le 1er janvier 2018, le gouvernement a parlé d'un effort en faveur de le politique d'accession à la propriété qui serait désormais "prioritairement porté sur le PTZ, qui sera prorogé". Sachant que le prêt à taux zéro, qui existait déjà, a été prolongé mais réduit sur certaines zones, la fin du dispositif des APL accession doit surtout s'expliquer par une logique d'économie budgétaire.

Sandrine Allonier, responsable des relations banques chez Vousfinancer, rejette en tout cas l'idée d'un dispositif moins efficace que les autres: "L'APL accession est l'une des aides les plus efficaces car elle est directement versée à la banque prêteuse par la CAF." Les banques peuvent ainsi les prendre en compte dans leur plan de financement et ainsi accorder plus facilement des prêts à des ménages qui n'auraient pas eu droit à un financement sans ce dispositif.

Voir l'article- source publié le 2 octobre:

Le PLF 2018 prévoit la suppression de l’APL accession : Un coup dur pour les primo-accédants passé inaperçu

Paris, le 2 octobre 2017C’est un coup dur pour les primo-accédants passé quasi-inaperçu… Le projet de loi de finances 2018 prévoit de supprimer l’APL Accession, un dispositif peu connu mais très efficace qui accorde une aide mensuelle sous conditions de ressources aux primo-accédants. Fin 2014, le gouvernement Hollande avait déjà tenté de réformer ces aides avant finalement d’y renoncer compte-tenu de l’impact potentiel. Pour Vousfinancer, courtier en crédit immobilier, la suppression de cette aide va exclure du marché de nombreux emprunteurs modestes qui n’auront plus la possibilité d’acheter sans l’APL, leur taux d’endettement devenant trop important.

Alors que la baisse des APL location de 5 € par mois a fait grand bruit, une autre mesure est passée presque inaperçue, malgré son impact important pour les jeunes ménages : sans que l’on s’y attende, le projet de loi de finances 2018 (article 52) prévoit la suppression de l’APL accession, cette aide personnalisée au logement accordée sous conditions de ressources aux emprunteurs qui deviennent propriétaires via un Prêt conventionné (PC) ou un Prêt Accession Sociale (PAS), des prêt accordés sur des durées allant jusqu’à 30 ans avec des frais de dossiers et de garanties réduits. Motif avancé : « l’article porte extinction du bénéfice de l’APL pour les accédants à la propriété, le Gouvernement assignant un objectif équivalent à des instruments de politique publique plus efficients ». « L’APL accession est l’une des aides les plus efficaces car elle est directement versée à la banque prêteuse par la CAF et vient donc réduire la mensualité de crédit payée par l’emprunteur, jusqu’à 50 % dans certains cas ! Prise en compte par les banques dans le plan de financement, elle permet donc à des ménages dont l’endettement aurait été trop élevé sans cette aide de devenir propriétaire » explique Sandrine Allonier, responsable des relations banques chez Vousfinancer.

Par exemple, un couple avec 2 enfants ayant des revenus nets de 20 000 € par an, achetant un bien ancien en zone A avec un prêt à l’accession sociale pour une mensualité de 600 € peut prétendre actuellement à 145 € d’APL par mois, réduisant sa mensualité à 455 € et son taux d’endettement à 27 %. Sans l’APL, le couple devrait verser une mensualité de 600 € ce qui ferait grimper son taux d’endettement à 36 %, rendant le projet non finançable. Voici quelques autres simulations pour l'un achat d'un logement ancien en zone A.

Revalorisée en 2013 lors de la modification du zonage et de la hausse des plafonds de revenus, l’APL accession avait failli être modifiée en 2015 et n’être accordée qu’en cas de « baisse des revenus de plus de 30 % », avant que le gouvernement ne se ravise finalement et maintienne le dispositif en l’état…  Cette nouvelle volonté de la supprimer tout bonnement cette fois-ci, pourrait exclure de l’accès à la propriété un certain nombre de jeunes emprunteurs. « La suppression de l’APL accession risque d’avoir un impact très négatif sur les primo-accédants qui pâtissent déjà de la hausse des prix dans les zones tendues et bientôt du recentrage du prêt à taux zéro. En outre supprimer l’APL accession pourrait contraindre certains ménages à rester locataires, et donc de continuer à bénéficier des APL locations, annulant de fait les économies potentiellement réalisées… A un moment où les primo-accédants semblaient de retour, ce type de mesure pourrait casser la dynamique enclenchée en pénalisant surtout les ménages les plus modestes » conclut Jérôme Robin, président et fondateur de Vousfinancer.

En 2017, 45 % des emprunteurs financés par Vousfinancer – et même 68 % des moins de 30 ans - ont des revenus inférieurs à 25 000 nets annuels et sont potentiellement éligibles aux APL. En 2017, 13% des prêts financés par le courtier donnent droit aux APL.

A propos de Vousfinancer

Fondé en 2008 par Jérôme Robin, Vousfinancer, réseau de courtiers en crédits immobiliers, accompagne de façon personnalisée, les particuliers dans la recherche de la meilleure solution de financement pour leur projet immobilier.

La stratégie de Vousfinancer se base sur la rencontre avec un seul et unique interlocuteur expert en financement, la transparence (montage du dossier financier réalisé avec le client), et la garantie de trouver rapidement (moins d’une semaine) la solution globale la plus adéquate (assurance de prêt, taux, garanties, mensualités, durées, coût du crédit, frais de dossiers, partenaires bancaires). Vousfinancer propose également des solutions pour les crédits professionnels et le rachat de crédits.

Chiffres clés : 170 agences, 600 collaborateurs, 2 milliard d’euros de crédits financés en 2017

https://www.vousfinancer.com/franchise/presse/communiques/le-plf-2018-prevoit-la-suppression-de-lapl-accession-un-coup-dur-pour-les-primo-accedants-passe-inapercu


 

Commentaire d'une de nos adhérentes en Haute- Vienne:

Macron a décidé dans la loi de finances 2018 de supprimer l'APL pour les primo accédants dès le 1er janvier 2018 !
Et je peux voir la catastrophe de cette mesure puisque mon fils est concerné.
Il vient d'acheter une toute petite maison (63 m2) et son prêt lui a été accordé, compte tenu de l'APL qu'il pouvait obtenir.
Sans cette APL, il dépassait le plafond d'endettement et il n'aurait pas eu son prêt.
La vente ne sera finalisée qu'au mois de novembre et donc sa demande d'APL sera pour le 1er janvier !
C'est une véritable catastrophe et je n'ose lui annoncer !!

 

A Madrid, chez Goldman Sachs, propriétaire d’HLM

Pour se désendetter, la ville a cédé des logements sociaux à la banque, qui cherche à expulser les locataires.

14233023_10154556345377612_8508891134644044798_nVeronica Hidalgo n’a pas entendu parler de Goldman Sachs et pourtant le fonds d’investissement américain prévoit de l’expulser de son domicile le 18 février. Si cette mère célibataire au chômage, qui vit avec ses deux enfants dans un logement social du prolongement de Vallecas, l’une des banlieues ouvrières de Madrid, risque de se retrouver sans toit, c’est parce que le gouvernement régional a vendu son deux-pièces il y a un peu plus d’un an au géant américain, sans l’en informer.

Les autorités madrilènes avaient bien assuré à Veronica et à ses voisins, la plupart des jeunes sans emploi, que les conditions d’hébergement ne changeraient pas et qu’elle aurait toujours droit à ses subventions. Le nouveau bailleur a peu à peu remis les appartements sur le marché et demande désormais des loyers exorbitants à des locataires qui, dans le meilleur de cas, ne perçoivent que le RMI.

Son immeuble gris aux fenêtres étroites, édifié dans une zone de développement urbain à une heure en métro du centre de la capitale, n’a pourtant pas l’air d’un investissement qui pourrait intéresser la société basée à Manhattan. En fait, c’est une très bonne affaire. Après l’explosion de la bulle immobilière en 2008, de nombreuses administrations locales, qui avaient construit alors que le prix des terrains était au plus haut, se sont trouvées fortement endettées. C’est ainsi qu’en 2013 Madrid a vendu, en l’espace de quelques semaines, 15 % de ses logements sociaux, la plupart situés dans des quartiers périphériques comme Vallecas ou Carabanche et généralement remplis de locataires. En août, la municipalité se débarrassait de 1 860 appartements qu’elle vendait au fonds d’investissement américain Blackstone pour 128 millions d’euros ; en septembre, c’était au tour de Goldman Sachs et d’un fonds espagnol, Azora, d’acheter 2 935 appartements au gouvernement de la région (communauté autonome) pour 201 millions d’euros. Prix moyen de chaque unité : 67 000 euros (...)

L’accès à la totalité de l’article est protégé
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/01/08/a-madrid-chez-goldman-sachs-proprietaire-d-hlm_4551664_3214.html#cm9zsFXemJzYSd50.99


Voir aussi:
Stéphane Troussel, président (PS) de la Seine-Saint-Denis, fustige dans un courrier adressé ce mercredi au gouvernement la baisse de l'APL, selon lui lourde de conséquences pour les bailleurs sociaux.

Son courrier rageur a dû arriver sur le bureau de Jacques Mézard, ministre de la Cohésion des territoires. Alors que le plan Logement du gouvernement était présenté ce mercredi midi, Stéphane Troussel, président PS du conseil départemental de la Seine-Saint-Denis, également président de l'Office public Seine-Saint-Denis Habitat, entend bien organiser localement la mobilisation pour, espère-t-il, faire modifier la mesure annoncée. « La baisse de l'APL dans le logement social, c'est une arme de destruction massive pour les bailleurs, s'indigne-t-il. Et encore plus dans un département comme le nôtre, où 50 % de nos locataires perçoivent l'APL. »

Le patron de l'office HLM de Seine-Saint-Denis a fait ses calculs : la baisse de l'APL, supportée par les bailleurs sociaux qui devront diminuer d'autant les loyers, rognera chaque année les recettes de près de 10 M€. « Cela représente un mois de loyer par an pour l'ensemble des locataires, précise Stéphane Troussel. Pour nous, c'est colossal. »

Pourtant, le gouvernement a déjà annoncé des compensations pour faire face à cette baisse de ressources. « Il se moque de nous ! tempête-t-il. Elles ne seront clairement pas suffisantes. Le maintien du taux du livret A (NDLR : qui finance le logement social) ne devrait nous rapporter que 350 000 € par an. Face à 10 M€ de pertes, c'est une goutte d'eau. » Quid de l'augmentation du surloyer de solidarité (NDLR : pour les locataires dont les revenus dépassent d'au moins 20 % les plafonds de ressources), qui doit profiter aux caisses des bailleurs ? « En Seine-Saint-Denis, ce sera la portion congrue, poursuit-il. Sur nos 27 227 logements, nous percevons environ 20 000 € de surloyers par mois. » Mais, au-delà de la dimension financière, l'enjeu est aussi social, selon lui. Car augmenter le surloyer risque de faire partir des familles de quartiers sensibles et de réduire la mixité dans certains immeubles.

«Les dépenses d'entretien seront réduites au minimum» 

Mais si les bailleurs vont tirer la langue, quelles conséquences concrètes pour les locataires ? «Si rien ne bouge, nos investissements en matière de démolition, de construction ou de réhabilitation seront largement revus à la baisse, liste-t-il. Sans compter les dépenses d'entretien qui seront réduites au minimum. » Au quotidien, il faudra alors attendre plus longtemps pour voir les parties communes nettoyées, la pelouse tondue... Rien de nouveau, pourraient ironiser certains locataires. « Nous ne sommes pas parfaits et nous en avons conscience, se justifie le président de l'office. Mais les deux plans Anru (Agence nationale de rénovation urbaine) ont largement contribué à redresser le niveau. Et il y a un réel élan qui risque, avec cette mesure, d'être complètement plombé. »

http://www.leparisien.fr/economie/baisse-des-apl-une-arme-de-destruction-massive-selon-le-patron-de-la-seine-saint-denis-20-09-2017-7273239.php

Si on rapproche les 2 articles, on a une piste de plus pour comprendre ce qui pourrait motiver le gouvernement aux ordres de Bruxelles en matière de logement social...P.G.

Posté par ddupr à 08:23 - - Permalien [#]
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mercredi 4 octobre 2017

Ça gaze pour les personnels de l’APHP !

Cela faisait 11 jours que les personnels de l’APHP, soignant-es, administratifs-ives, techniques et ouvrier-es marchaient pour dénoncer le nème plan d’économie fait au dépens des personnels et de la qualité des soins. Cette marche pacifique avait relié pendant deux semaines les établissements de l’APHP, fleuron de la Fonction Publique Hospitalière (bien mal en point aujourd’hui), pour alerter la population sur le démantèlement à l’œuvre de ce bien commun qu’est le service public hospitalier

 

ARG SUD PERSONNEL HOSPITALIERCommuniqué de SUD Santé APHP Gazés mais toujours debout !

Ce matin lundi 2 octobre, la marche des hospitaliers rejoignait l’hôpital Bichat au siège central de l’APHP avenue Victoria. Martin Hirsch y réunissait le comité technique d’établissement central pour présenter son bilan social de l’année. La date était trop bonne de lui faire connaître notre propre bilan d’un an de la nouvelle organisation de travail à commencer par les 5 suicides de professionnels mettant en cause les conditions de travail. La manifestation qui se voulait à la fois pacifiste et solennelle, mettait en scène les 5 cercueils devant l’entrée du siège central. Les manifestants décidant alors de symboliquement brûler les photocopies du bilan social comme un refus de celui-ci.

 

Les forces de police, prendront ce prétexte pour bousculer et vaporiser à bout portant de gaz lacrymogènes les manifestants. Les violences policières sont sans communes mesures avec l’esprit de la manifestation. Une de nos camarades sera hospitalisée aux urgences de Cochin qu’elle quittera du reste sans avoir été examinée par un médecin.

Le syndicat Sud-Santé APHP dénonce la répression policière comme seule réponse aux légitimes revendications des hospitaliers de l’APHP. Le dialogue social n’est définitivement plus de pratique ni par le gouvernement ni par la direction générale de l’institution.

Sud-Santé APHP ne se laissera pas intimider par de tels agissements, les revendications portées par la marche des hospitaliers ont vocation à s’étendre sur l’ensemble du territoire. C’est pour le moins l’objectif que les organisateurs se donnent.

Secoués, gazés, meurtris, mais toujours déterminés, Sud-Santé ne lâchera rien !

Les marches vont reprendre à n’en pas douter…allez !!!

La Fédération SUD Santé Sociaux appelle toutes ses équipes, ses adhérent-es et plus largement les personnels hospitaliers et médico-sociaux à une heure de débrayage en signe de protestation, lundi 9 octobre de 12h à 13h, dans tous les établissements. Cette initiative sera reconduite tous les lundi tant que des excuses officielles n’auront pas été exprimées par les responsables politiques.

http://www.sudsantesociaux.org/ca-gaze-pour-les-personnels-de-l.html

dimanche 1 octobre 2017

L'allocation de base versée aux parents de jeunes enfants va baisser en 2018

Elle passera de 184 euros à 169 à partir du 1er avril prochain, confirme l'entourage de la ministre des Solidarités.

AAsxgdMLe gouvernement va aligner l'allocation versée aux parents de jeunes enfants sur les montants et plafonds de ressources d'une autre prestation familiale, ce qui représente une perte de 15 euros mensuels pour les naissances déclarées à partir du 1er avril, a-t-on appris mercredi auprès de l'entourage de la ministre des Solidarités.

À partir de cette date, il s'agira de "faire converger pour les nouvelles naissances les barèmes de montants et de plafonds de ressources de l'allocation de base de la Prestation d'accueil du jeune enfant (Paje) sur ceux du Complément familial", a déclaré à l'AFP l'entourage d'Agnès Buzyn, confirmant une information du Figaro.

De 184 à 169 euros

Le montant de l'allocation de base est actuellement de 184 euros versés mensuellement sous conditions de ressources aux parents d'enfants de moins de trois ans. Celui du Complément familial, versé aux allocataires modestes ayant au moins trois enfants de plus de trois ans, est de 169 euros. Cet "alignement" s'appliquera "pour les naissances à partir d'avril 2018, le montant ne changera pas pour les parents qui en bénéficient déjà", a-t-on précisé de même source.

En ce qui concerne les plafonds de ressources, ils passeront par exemple pour un enfant, de 30.000 euros à 26.000 euros pour un couple avec un seul revenu d'activité, et de 38.000 à 34.000 euros pour une personne seule ou un couple avec deux revenus d'activité. De ce fait, "des familles vont sortir des critères" d'attribution, a ajouté cette source sans en préciser le nombre.

Une économie de 70 millions d'euros en 2018

Selon Le Figaro, la baisse des plafonds entraînera une baisse de 10% des bénéficiaires de l'allocation de base de la Paje. D'après le quotidien, cette mesure concernera également la prime à la naissance, avec une diminution de 5% des bénéficiaires.

En 2016, l'allocation de base de la Paje comptait un peu plus d'1,5 million de bénéficiaires à taux plein. Cet alignement permettra l'économie de près de 70 millions d'euros en 2018 et 500 millions en trois ans, a ajouté l'entourage de la ministre.

http://www.msn.com/fr-fr/actualite/france/lallocation-de-base-vers%C3%A9e-aux-parents-de-jeunes-enfants-va-baisser-en-2018/ar-AAsx730?ocid=sf

Posté par ddupr à 07:56 - - Permalien [#]
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Budget : la contribution de la France à l'UE en hausse en 2018, à 20,2 milliards d'euros

Le ministre de l'Économie a une nouvelle fois promis une sortie rapide de la France de la procédure de déficit public excessif engagée contre elle par l'Union européenne.

Budget-la-contribution-de-la-France-a-l-UE-en-hausse-en-2018-a-20-2-milliards-d-eurosLa contribution de la France au budget de l'Union européenne va augmenter pour atteindre 20,2 milliards d'euros en 2018, selon le projet de loi de finances pour l'an prochain présenté mercredi par le gouvernement. La contribution française au budget européen, qui résulte d'un cadre pluriannuel négocié par la France avec ses partenaires au sein de l'Union, va ainsi gonfler de 2,3 milliards par rapport en 2017, a précisé Bercy.

S'exprimant lors d'une conférence de presse, le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, a une nouvelle fois promis une sortie rapide de la France de la procédure de déficit public excessif engagée contre elle par l'Union européenne. "Il faut respecter l'Europe, la France qui ne tient pas ses engagements budgétaires, qui accumule les déficits et qui se trouve en procédure de déficit public excessif est une France dont la parole politique a perdu toute crédibilité", a estimé le ministre, tout en assurant que le niveau de déficit public serait ramené à 2,9% du Produit intérieur brut en 2017 et 2,6% en 2018.

Taxer les géants du numérique : cheval de bataille du gouvernement. Bruno Le Maire a par ailleurs réaffirmé les chevaux de bataille du gouvernement français à l'échelon européen, insistant tout particulièrement sur la question de la taxation des géants du numérique et celle de la concurrence fiscale en Europe. Il a notamment plaidé pour "taxer de manière juste et équitable tous les géants du numériques qui opèrent en France et en Europe, (...) sans payer leur juste contribution aux trésors publics des nations européennes", a taclé le ministre.

Réduire les écarts entre les taux d'imposition européens. En outre, "nous lutterons contre le dumping fiscal en Europe, (...) nous fixons désormais un objectif clair, réduire les écarts entre les taux d'imposition européens à la fin du quinquennat et faire dépendre de cette réduction de l'écart le versement des aides européennes pour les fonds structurels", a-t-il ajouté. Mardi, Emmanuel Macron a proposé lors d'un discours à La Sorbonne une série de propositions pour relancer le projet européen, notamment la création d'un ministre des Finances de la zone euro, d'un budget autonome et d'un contrôle parlementaire spécifique.

http://www.europe1.fr/economie/budget-la-contribution-de-la-france-a-lue-en-hausse-en-2018-a-202-milliards-deuros-3448094

Posté par ddupr à 07:50 - - Permalien [#]
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mercredi 27 septembre 2017

Les taxes sur le diesel grimperont de 10% en 2018 pour s'aligner sur l'essence

A deux jours de la présentation du budget, le gouvernement a annoncé lundi une hausse de 10% des taxes sur le diesel en 2018, afin de l'aligner sur la fiscalité de l'essence, dans la lignée du mouvement déjà engagé sous le précédent quinquennat.

DIESEL"Je vous le confirme. C'est la volonté d'avoir une convergence entre l'essence et le diesel", a dit sur RMC et BFMTV le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner.

Cette hausse de 10% de la fiscalité du diesel, révélée par les Échos, l'an prochain correspond à un montant de 7,6 centimes.

Quant à une hausse de 3,9 centimes sur l'essence également évoquée par le journal, "on est dans ces eaux-là, je ne vais pas vous dire que vous vous trompez", a-t-il dit.

Sur un prix à la pompe du litre de gazole "d'environ 1,18 euro, les taxes s'élèvent déjà à plus de 70 centimes, c'est donc une augmentation de 10% qui s'annonce", relevaient les Échos.

Cette hausse doit permettre d'absorber la baisse du prix du pétrole constatée ces derniers mois.

Le diesel est de loin le premier carburant vendu en France avec 80% des volumes et il a bénéficié pendant longtemps de nombreux avantages fiscaux, mais un rééquilibrage a été entamé depuis 2015.

Dans la lignée du mouvement engagé sous la présidence de François Hollande, le gouvernement d'Édouard Philippe a indiqué vouloir en finir avec cette situation d'ici à la fin de la mandature dans cinq ans.

"Délire fiscal"

L'association d'usagers Automobile Club Association (ACA) a fortement critiqué cette nouvelle hausse de la fiscalité du diesel, évoquant un "délire fiscal".

Le gouvernement "veut augmenter le diesel pour le mettre au prix de l'essence, mais on va quand même remonter le prix de l'essence, il y a quelque chose d'ahurissant", s'est exclamé auprès de l'AFP Yves Carra, porte-parole de l'association.

Et de dénoncer un rattrapage "par le haut". "Pourquoi le gouvernement ne baisse pas le prix de l'essence au prix du diesel?", a-t-il encore souligné.

"On aurait dû privilégier une baisse des taxes sur l'essence pour favoriser le convergence" au lieu de voir "des taxes supplémentaires se rajouter", abonde Fabrice Godefroy, président de l'association "Diéselistes de France", qui rassemble les professionnels de cette motorisation.

Ces professionnels approuvent en revanche le principe du rééquilibrage: "il y a en effet une certaine logique à ne pas favoriser plus le diesel que l'essence", a dit M. Godefroy à l'AFP.

Une convergence "va permettre de réguler le marché" selon lui, et faire en sorte "que les gens achètent un véhicule par rapport à leur type d'utilisation".

Ainsi, si les véhicules essence concernent plutôt "les petits rouleurs", "les grands rouleurs, qui font plus de 20.000 km/an, auront eux toujours intérêt à acheter un véhicule diesel, compte-tenu de sa consommation inférieure de 20 à 25% par rapport à un véhicule essence", a encore souligné M. Godefroy.

Le gouvernement présentera mercredi son projet de budget pour 2018, chargé de concilier les vastes baisses d'impôts promises par Emmanuel Macron avec une réduction du déficit public français.

http://www.lavoixdunord.fr/223563/article/2017-09-25/les-taxes-sur-le-diesel-grimperont-de-10-en-2018-pour-s-aligner-sur-l-essence#

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samedi 16 septembre 2017

Selon un économiste allemand, «le miracle économique allemand doit peu aux réformes structurelles»

Parmi les économistes allemands, on commence à mettre en cause les bienfaits des réformes Schröder du début des années 2000, celles, précisément, dont l'actuel gouvernement français - en retard d'un bon petit paquet de guerres - entend s'inspirer pour déréguler le marché du travail. 

ARG EMPLOI ALLEMAGNEL'article ci-dessous est initialement paru dans le journal belge Le Soir, et reproduit ici pour en assurer une diffusion en France. Il relaie les propos de l'économiste Christian Odendhal, membre du CER (Centre for European Reform) un think tank basé à Londres (...) fondé par un ancien du très libéral hebdomadaire The Economist.

***
Il y a une quinzaine d'années, l'Allemagne était « l'homme malade » de l'Europe. L'économie stagnait, le chômage touchait plus de 10 % de la population active et le déficit public frôlait les 4 % du PIB – un comble pour le pays qui, dix ans plus tôt, avait imposé la fameuse « règle des 3 % » dans le traité de Maastricht.
Depuis, la situation s’est complètement inversée : nos voisins d’outre Rhin ont rapidement digéré la Grande Récession qui a suivi la crise financière, et surfé sur la crise des dettes souveraines, évitant la rechute en récession dont ont pâti la plupart des économies partageant la monnaie unique. Le taux de chômage est au plus bas, à 3,8 %. Le budget public en surplus.
Le modèle
L'Allemagne, de manière assez compréhensible, est donc apparue comme le modèle à suivre, et cette imitation de l'Allemagne comme le nouvel Evangile européen, a été portée sinon imposée aux quatre coins de la zone euro aussi bien par la Commission que par la Banque centrale européenne (BCE) et par les dirigeants nationaux. 
De quoi parle-t-on ? Des fameuses « réformes structurelles » - en particulier du marché du travail – qui forment le cœur de la stratégie de sortie de crise, aussi bien dans les pays de la périphérie de la zone euro (les plus touchés) qu'ailleurs, chez nous (NB : ce sont des Belges qui parlent), mais aussi en France. Au delà du Quiévrain, le nouveau président (Macron donc) mise tout - ou presque - sur ses réformes pour doper la croissance et l'emploi. 
En Allemagne, les réformes Hartz, du nom de leur principal concepteur Peter Hartz, alors membre du comité directeur de Volkswagen, ont été mises en œuvre sous la houlette du chancelier social-démocrate Gerhard Schröder entre 2003 et 2005. Elles visaient quatre objectifs principaux : réduire le coût des pensions et plus généralement de l’État providence; flexibiliser le marché du travail, d'une part en favorisant l'auto-entrepreneuriat, les « mini-jobs », les CDD et la sous-traitance, et d'autre part en réduisant le coût des licenciements pour les petites entreprises; inciter au retour à l'emploi en réduisant la durée d'indemnisation du chômage et le montant des aides sociales; augmenter le taux d'emploi des plus âgés en durcissant les conditions de départ anticipé. 
Dès 2005, l'économie allemande rebondit. L'emploi repart à la hausse alors que le chômage baisse. Ni la crise financière ni celle de l'euro ne contrarient durablement cette « renaissance économique ». Nos voisins d'outre-Rhin auraient donc mis au point la bonne recette, oserait-on dire la « potion magique » ? 
Un coup de chance
«C'est un mythe» explique Christian Odendhal, chief economist au Centre for European Reform, un think tank basé à Londres, dans une étude qu'il a récemment publiée. «Il s'agissait de changements importants, mais ces réformes ne peuvent expliquer le rebond de l'économie allemande après 2004». 
«Quatre autre facteurs ont joué un rôle plus important.» D'abord, le boom des économies émergentes, et parmi celles-ci la Chine, a dopé la demande pour les biens d'équipements – une spécialité allemande de longue date - et pour les biens de consommation «made une Germany» - en particulier l'automobile. Et après la Grande Récession, ce boom s'est poursuivi, dopé par les plans de relance chinois. 
Christian Odendhal réfute également la vulgate selon laquelle les réformes Hartz auraient mis sous pression les travailleurs, les forçant à modérer leurs exigences salariales, et dopé ainsi la compétitivité de l'industrie allemande. Depuis le milieu des années 1990, les syndicats avaient en effet accepté de privilégier l'emploi, non les salaires. «Les réformes Hartz ont permis de donner un nouveau tour de vis pour les bas salaires, mais l'essentiel de la modération salariale s'était produit avant cela». 
De même – et c'est en partie lié – les entreprises allemandes s'étaient profondément restructurées afin de réduire leurs coûts et de doper leur profitabilité en organisant le recours systématique à la sous-traitance en Allemagne, mais aussi et surtout dans les pays à bas salaires de l'est de l'Europe. Enfin, Christian Odendhal pointe un quatrième facteur : le redémarrage du secteur de la construction après dix ans de déclin. 
«La raison pour laquelle les réformes Hartz ont acquis un statut mythique, c'est parce qu'elles ont été mises en œuvre au bon moment». L'Allemagne, en particulier parce qu'elle disposait d'un panier d'exportation adapté à la demande des pays émergents, a pu profiter pleinement du boom économique mondial. «L'Allemagne a eu la chance que la demande extérieure soit venue à son secours», explique Odendhal. 
Le test Macron
«Alors que la croissance chinoise ralentit, que les importations allemandes ne montrent aucun signe de hausse importante et que l'économie américaine poursuit son petit bonhomme de chemin à un rythme modéré, les autres membres de l'union monétaire n'auront pas la même chance». 
L'économiste pointe également les effets secondaires de ces réformes au niveau social en Allemagne et du point de vue économique au sein de la zone euro. «La modération salariale en Allemagne a eu des effets négatifs pour l'Europe. Des salaires plus bas se sont traduits par une consommation et des importations plus faibles. En conséquence, l'Allemagne (accumulant des surplus extérieurs) a exporté du capital – lequel a contribué à nourrir les bulles immobilières et l'endettement ailleurs en Europe».
Il souligne également les limites des politiques de flexibilisation du marché du travail et de pression à la baisse sur les salaires et les conditions de travail. «Cela contribue peu, voire pas du tout, à booster la productivité. En réalité, ça peut même être nuisible si de telles réformes réduisent l'incitation des entreprises à investir dans les travailleurs et dans les équipements».
Si l'Europe ne semble pas tirer les bonnes leçons de l'expérience allemande, «l'élection d'Emmanuel Macron, qui a juré de réformer le marché du travail en France, va mettre à l'épreuve cette rhétorique construite autour des réformes Hartz. Si elle s'avère être fausse, le président français pourrait bien échouer à relancer la croissance et l'emploi, ouvrant ainsi la voie à un populiste lors des prochaines élections présidentielles » prévient Christian Odendhal. 

En clair, certains libéraux commencent à s'inquiéter des conséquences désastreuses des politiques anti- sociales sur l'avenir de la construction européenne, qui provoque un rejet de plus en plus visible, ce qu'ils appellent "populisme".
P.G.

jeudi 14 septembre 2017

Portugal : un redressement économique et social qui prend Bruxelles à contre-pied

Le Portugal n'a presque plus de déficit budgétaire, bénéficie d'une des meilleures croissances de la zone euro, a fait baisser son chômage et attire les investisseurs. Le petit miracle économique et social portugais s'est réalisé en moins de 2 ans avec une politique pourtant opposée aux demandes de la Commission européenne. Doit-on parler désormais du modèle portugais plutôt que du modèle allemand ou suédois ?

ARG PORTUGAL 111 sep 2017

Posté par ddupr à 09:28 - - Permalien [#]
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