vendredi 8 décembre 2017

Dominique Tian, fervent opposant à la fraude sociale, épinglé par le fisc

Le premier adjoint au maire de Marseille, Dominique Tian, a été jugé pour fraude fiscale en raison de comptes cachés en Suisse. L'homme politique avait fait de la fraude sociale un de ses champs de bataille.

ACT FRAUDEUR

Dominique Tian est le premier adjoint au maire de Marseiile, Jean-Claude Gaudin. Il est poursuivi par la justice pour omission dans sa déclaration de patrimoine et blanchiment de fraude fiscale, car il a caché l'existence de ses comptes en Suisse jusqu'en 2014. Ironie du sort, cet ancien député Les Républicains est célèbre pour sa lutte contre la fraude sociale qui, selon lui, "exaspère tout le monde, notamment la France qui travaille".

12 ans de prison, 300 000 euros d'amende et 5 ans d'inéligibilité requis

Lors d'une séance à l'Assemblée nationale, il avait notamment dénoncé le fait qu'une habitante de Suresnes (hauts-de-Seine) avait, en 2007, "réussi le tour de force de déclarer des quintuplés dans 17 caisses d'allocations familiales différentes et d'empocher plusieurs dizaines de milliers d'euros. Pour information, le montant des comptes en Suisse rapatriés par Dominique Tian s'élève à 2 millions d'euros, sur lesquels il a payé 664 000 euros d'amende.

Lors de l'audience, le 1er décembre, la présidente du tribunal lui a demandé : "N'y a-t-il pas une forme de schizophrénie à fustiger les petits fraudeurs au RSA et à dissimuler parallèlement des comptes en Suisse ? Douze mois de prison avec sursis, 300 000 euros d'amende et cinq ans d'inéligibilité ont été requis contre Dominique Tian. Le jugement sera rendu le 26 janvier prochain.

https://www.francetvinfo.fr/economie/fraude/comptes-en-suisse/dominique-tian-fervent-opposant-a-la-fraude-sociale-epingle-par-le-fisc_2498747.html

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jeudi 7 décembre 2017

« Comment on se fiche de vous. La preuve en images par les paradis fiscaux !! »

On se fiche de nous. Je sais, ce n’est pas un scoop, ni une nouveauté, mais c’est toujours avec une certaine forme de délectation intellectuelle que j’aime bien prendre le temps de pointer, au-delà des absurdités du système, les mensonges éhontés auxquels nous sommes priés de croire et que des médias aux ordres (qui sont à peu près tous devenus la propriété de grandes multinationales) n’oseront jamais signaler à votre auguste sagacité.

ARG PARADIS UE

Par exemple, cette histoire de paradis fiscal est assez marrante, voire cocasse.

À chaque fois que le système se fait avoir sur ses dérives fiscales, qui sont tout de même juste totalement organisées par nos dirigeants avec leur complicité la plus totale, il faut faire quelque chose pour donner quelques gages et quelques miettes de bonne conscience aux petits peuples que nous sommes tous.

Et à chaque fois, l’os qui nous est jeté et que nous rongeons collectivement est identique. C’est le même os.

Exactement le même.

Et tout le monde fait semblant de s’extasier en criant waouh, le beau nonos tout neuf !

L’os à ronger c’est la liste noire des paradis fiscaux…. 

Hahahahahahahaha, mes amis, la liste noire, hahahahahahaha, je m’en étouffe de rire, ohouhouhohouououh arrêtez cela tout de suite, j’ai mal aux côtes et les crampes assaillent mes zygomatiques.

Vous allez me dire, Charles cessez de faire l’esprit chafouin.

Je vous dirais, non, jamais, la “chafouinerie” est un art de vivre de même que l’insolence. Un art exquis d’ailleurs et franchouillard (c’était pour la rime en “ar”).

Bref, comme personne ne va me croire, revenons sur ces mensonges hallucinants que personne ne dénonce en image.

Voici la capture d’écran d’un article en date du 5 décembre 2017, c’est-à-dire avant-hier…

Moscovici espère une liste noire des paradis fiscaux. Célébrons cette avancée mes amis !

Bon, en 2009, déjà, on avait mis en place plein de listes noires, blanches et même grises concernant les paradis fiscaux contre lesquels il est très important de faire semblant de lutter. Comme personne ne dit rien et que tout le monde fait semblant d’y croire, tout va donc très bien dans le meilleur des mondes.

Mais il faut savoir quand même qu’en 2012, la France virait tous les pays inscrits sur sa liste noire des paradis fiscaux… histoire de pouvoir continuer à blanchir tranquillement puisque tout le monde avait la tête tournée ailleurs !

Mais comme nous vivons en “Absurdie”, ce n’est pas bien grave. Tenez d’ailleurs les articles que nous trouvions en 2015, oui 2015 il y a deux ans, avec d’ailleurs le même Moscovici dont on se demande du coup ce qu’il a fait en deux ans…

Résumons donc avec ces deux articles côte à côte pour plus de cruauté !!!

Conclusion : on ne se fiche pas seulement de vous. On vous prend ostensiblement pour des cons décérébrés et sans mémoire.

On prend les citoyens pour des crétins dont on fait ce que l’on veut grâce à une maîtrise jamais atteinte, aussi bien des canaux de communication que des techniques de manipulation.

À ce niveau, c’est du grand art, et dans le rôle du benêt de service désigné pour faire le pitre, notre Moscovici est un maître.

La première technique de résistance intellectuelle, c’est la mémoire.

Charles SANNAT

https://insolentiae.com/comment-on-se-fiche-de-vous-la-preuve-en-image-par-les-paradis-fiscaux-ledito-de-charles-sannat/

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Quand l’île d’Oléron se déchire autour de l’arrivée d’un McDonald’s…

Unee publication proposée par S.R. (UPR 87)

Comment se fait-il qu’un maire qui a été élu démocratiquement, ne puisse pas décider de ce qui doit se faire ou pas sur sa commune, et doive rendre des comptes au tribunal administratif saisi par un géant américain ?

ACT OLERON

Voici un aperçu de ce qui nous attend à cause de tous ces politiques à la botte de l’UE, qui travaillent pour le capital et pas pour le pays.. Bon courage au maire Dolus d’Oléron, ce n’est pas gagné..

Le géant américain de la restauration rapide se heurte depuis 2014 à l’opposition farouche du maire de Dolus d’Oléron de voir arriver un fast-food sur sa commune. Débouté devant le tribunal administratif, l’édile doit maintenant faire face aux pro-McDo.

Pas un restaurant d’ouvert. Lundi 27 novembre, le centre de la petite commune de Dolus d’Oléron a des allures de ville morte. Pour le visiteur qui souhaite déjeuner, il faut se rabattre sur un sandwich froid de l’Intermarché de cette ville de 3 200 habitants. C’est précisément à quelques encablures de l’enseigne de grande distribution que McDonald’s cherche à s’implanter depuis 2014. Le géant américain de la restauration rapide rêve d’y installer le premier McDo d’Oléron. Pour manger un Big Mac, les Oléronais doivent pour le moment prendre le volant direction Marennes, sur le continent, à une vingtaine de minutes de voiture.

Cette absence de concurrence sur l’île aiguise les appétits de la multinationale, car le marché est potentiellement très lucratif : la population de l’île passe de 30 000 personnes en basse saison à 200 000 l’été. Oui, mais voilà, McDonald’s a croisé sur son chemin un obstacle de taille : le maire de Dolus, Grégory Gendre, qui refuse obstinément de délivrer le précieux permis de construire.

« On serait la première île de l’Atlantique à accueillir un McDo »

« Pourquoi il va pas à l’île de Ré ? » Attablée, mardi 28 novembre, dans un café du centre de Dolus, Lili vient d’interrompre Donato, le gérant du lieu, qui explique depuis quelques minutes que « non, ça ne le dérange pas du tout » de voir McDonald’s s’installer sur l’île. Mais Lili, elle, ça ne lui plaît pas. Avec son amie Antoinette, cette retraitée n’a pas du tout envie de voir débarquer la célèbre enseigne américaine. « On n’en a pas besoin sur l’île », assure-t-elle. « Pour manger des frites congelées, franchement, c’est pas la peine, je peux faire ça chez moi », renchérit Antoinette. Toutes les deux soutiennent le maire, Grégory Gendre, dans son combat contre McDonald’s

…/…

Ancien journaliste économique, ex-militant de Greenpeace, fondateur de l’association « Roule ma frite » qui recycle l’huile de friture des restaurateurs ou des cantines scolaires, il se sait « marqué au fer vert ». L’élu de 39 ans mène une campagne active contre le McDo.

…/…

Grégory Gendre a déjà pris trois arrêtés de refus de permis de construire du McDo en mai 2014, juste après son élection, puis en avril 2015 et en août 2016. « Le programme sur lequel on a été élus et sur lesquels les gens ont voté, c’est de soutenir une agriculture durable et des circuits courts, explique Grégory Gendre. Les fonds d’investissement détenteurs de McDo font un métier d’investisseurs et aujourd’hui, on ne peut pas cautionner ce modèle. »

…/….

Grégory Gendre assure pouvoir compter sur le soutien de ses administrés et brandit pour cela une consultation organisée en 2015, où 97 personnes sur 137 s’étaient prononcées contre le McDo. « C’est de la malbouffe, on n’en a pas besoin ici », lâche Cédric, infirmier libéral, l’un des opposants croisés dans les rues de Dolus.

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Un projet accidentogène ? 

Mais, devant le tribunal, Grégory Gendre n’a pas pu faire valoir ses seules convictions. Pour empêcher le géant du fast-food de s’installer, il a donc soulevé la question de la circulation qu’engendrerait un McDonald’s. « On a pris les chiffres de McDo, c’est 100 à 120 véhicules par jour, ça ne rentre pas. Déjà l’été, c’est un bordel sans nom », dit-il. Son équipe a même réalisé une vidéo pour prouver le caractère accidentogène du projet.

Vidéo

« C’est un faux argument, cette histoire de parking, il y a largement assez de places, balaye le propriétaire du terrain, Philippe Villa, ancien candidat aux municipales. Dans un permis de construire, l’idéologie n’a pas sa place »*. L’homme est un peu le porte-parole officieux de la firme américaine, qui refuse de s’exprimer sur le sujet, et avec laquelle il a « re-signé une convention de location pour trois ans ».

…/…

Lire l’article complet de Margaux Duguet

Source FranceTvInfo

https://lesmoutonsenrages.fr/2017/12/05/quand-lile-doleron-se-dechire-autour-de-larrivee-dun-mcdonalds/#more-108400

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*Pour certains, l'"idéologie", c'est toute pensée qui met en cause la voracité insatiable des multinationales...et au passage leur intérêt personnel, bien sûr.    P.G.

lundi 4 décembre 2017

Délocalisations : les salariés de Castorama et Brico Dépôt nouvelles victimes de l’Union Européenne

Dans un département du Nord déjà ravagé par le après les délocalisations massives de l’industrie textile puis de l’automobile, c’est désormais les travailleurs des services qui sont victimes de l’, de ses délocalisations et de son .

ACT UE DUMPING

Ainsi plus de 750 emplois sont menacés au sein des magasins de bricolage biens connus Castorama et Brico Dépôt, dont plus de 250 au niveau de son siège de Templemars dans la banlieue lilloise. C’est que le groupe Kingfisher propriétaire des magasins a décidé de délocaliser ses services centraux à Cracovie en .

Au millieu de dizaines de délocalisations frappant chaque jour l’industrie en France, si celle-ci fait tant parler c’est aussi parceque que pour la première fois une massive concerne des cols blancs.

30 millions d’euros de CICE donnés par Macron au patron, 750 emplois supprimés

Les salariés du groupe expliquent clairement la situation :

 «C’est du dumping social, le groupe affiche sans vergogne sa volonté de faire des économies de main-d’œuvre» explique à la rédaction de Libération Jean-Paul Gathier, syndicaliste FO.
Plus de 500 emplois d’experts comptables et de contrôleurs de gestion son menacés à Castorama, et 250 pour l’enseigne sœur Brico Dépôt.
Le travailleurs se fera désormais en Pologne, à Cracovie pour permettre de gonfler les profits des capitalistes propriétaires du groupe en profitant des salaires bien moins élevés.
Le SMIC en France est de 1480 €, il est de 473 € en Pologne. en délocalisant 750 emplois, c’est 9 millions d’euros chaque années dans les coffres du patron de Castorama / Brico Dépôt !
Faut il rappeler que chaque année, avec le CICE (crédit d’impôts compétitivité emplois) censé permettre en faisant rembourser par les travailleurs de France une partie du salaire que devrait payer les patrons à leurs salariés, une invention de Hollande/Macron lors du dernier quinquenat, c’est 30 millions d’euros dont Macron a directement fait cadeau aux patrons de Castorama / Bricot Dépôt.
Soit disant cette diminution des salaires devait permettre de créer un million d’emplois d’après le MEDEF. Le chômage a continué d’augmenter. Le scandale Castorama vient ici confirmer ce que dénoncer les communistes du PRCF avant même que le CICE ne soit mis en place (lire ici) : il ne s’agit que d’un énorme cadeau payé par les travailleurs fait aux ultra riches !

Euro Délocalisations : chantage et méthodes de voyou légalisés par la Loi Travail

C’est par une vidéo que la directrice générale du groupe Véronique Laury a courageusement osé annoncer que “pour maintenir la compétitivé de Kingfisher, elle voulait réduire les couts. Traduction, pour que les actionnaires puissent recevoir encore plus de dividendes, la direction de Kingfisher a décidé de mettre sur la paille des centaines de travailleurs et de réduire les salaires versés à ceux restants.

Car faut il préciser que cette charrette de licenciement intervient non pas à cause de difficultés économiques puisque le groupe est largement bénéficiaire. Au troisième 2017, le chiffre d’affaire du groupe était en hausse de 3% . Le groupe a versé un dividende de 10,4 £ par action sur l’exercice 2016-2017, soit un retour sur investissement de 3,15% par action ! Et le groupe dégage un bénéfice avant impôt de près de 750 millions de livres en 2017 c’est à dire près de 850 millions d’euros, pour un chiffre d’affaire de 12,7 milliards d’euros. Cela signifie que chacun des 77 000 employés du groupe a en moyenne fait gagner plus de 11 000 € au groupe l’année dernière !

Faut il ici rappeler que cette délocalisation et ces centaines de suppressions d’emplois ne seraient pas possible sans les lois Macron, Loi travail et ordonances Macron ?* Kingfisher est bénéficiaire et n’aurait pas sans ces lois la possibilité de mener ces licenciements massifs.

Une vague de licenciement qui en annoncent d’autres, puisque les syndicats expliquent que pour réduire les coûts et alors que l’ensemble des services supports des deux enseignes seront désormais communs et situés à distance en Pologne, les deux marques Castorama et Brico Dépôt vont sans aucun doute être rapprochées.
JBC pour www.initiative-communiste.fr
https://www.initiative-communiste.fr/articles/europe-capital/delocalisations-salaries-de-castorama-brico-depot-nouvelles-victimes-de-lunion-europeenne/?ct=t(RSS_EMAIL_CAMPAIGN)

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*"Faut il ici rappeler que cette délocalisation et ces centaines de suppressions d’emplois ne seraient pas possibles sans les lois Macron, Loi travail et ordonances Macron ?": en fait, une stricte application des GOPE (grandes orientations de politique économique) dans le cadre de l'article 121 du TFUE, et une mise en oeuvre de l'article 63 du TFUE interdisant toute restriction à la liberté de circulation des mouvements de capitaux. Macron n'est qu'un lampiste...
P.G.

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dimanche 3 décembre 2017

Alstom : le dépeçage se confirme

L’Allemand Siemens va mettre la main sur la branche ferroviaire d’Alstom, après que ce dernier avait déjà été dépouillé de son secteur Energie au profit de General Electric. La « souveraineté européenne » vantée par Emmanuel Macron recouvre ainsi une succession d’abandons industriels et technologiques nationaux, dont Laurent Santoire, responsable CGT chez GE-Alstom, précisait les enjeux dans l’édition de Ruptures du 26 octobre. Compte tenu de l’actualité, nous publions ici désormais cette analyse.

 

ARG RUPTURE ALSTOM

Coup de tonnerre industriel : le 26 septembre, un communiqué du Français Alstom et du géant allemand Siemens annonçait le « rapprochement » entre les deux firmes. En réalité, une prise de contrôle du premier par le géant d’outre-Rhin.

Déjà, après le rachat de sa branche énergie (fabrication de turbines) par le conglomérat américain General Electric (GE) en 2015, l’activité d’Alstom s’était réduite à sa branche ferroviaire.

Le groupe français, qui compta dans ses activités les Chantiers de l’Atlantique, était issu de la Compagnie générale d’électricité (CGE), ex-fleuron industriel et technologique jadis aussi présent dans les télécommunications via Alcatel (vendu au Finlandais Nokia en 2016).

Se profile donc un nouveau démantèlement d’une filière industrielle et technologique nationale, au sein de laquelle avait été développé notamment l’emblématique TGV. Cependant, l’accord ne sera juridiquement effectif que d’ici douze à dix-huit mois.

Plus précisément, le projet prévoit la création d’une entreprise baptisée Siemens-Alstom qui regrouperait l’actuel Alstom (7,3 milliards de chiffre d’affaire, 10 milliards de commandes, 8 500 salariés en France, 3 000 en Allemagne) et la branche ferroviaire de Siemens (7,8 milliards de CA, soit 12 000 salariés outre-Rhin).

Siemens va souscrire à une augmentation de capital d’Alstom qui lui sera réservée, ce qui permettra au géant allemand de détenir 50% des actions de la nouvelle firme, et de faire siéger six administrateurs sur onze au Conseil d’administration.

Mais pour préserver les apparences, l’actuel PDG d’Alstom restera à la tête de l’entreprise pour quatre ans, et le siège central de celle-ci sera en France. Pendant cette même période, des « garanties » sont données en termes de maintien de l’emploi tant en France qu’en Allemagne – mais pas dans les pays tiers où le groupe est également implanté.

Le protocole prévoit également un versement de dividendes exceptionnels pour « consoler » les actionnaires d’Alstom : 8 euros par action, soit un manque à gagner pour la trésorerie de l’entreprise de 1,8 milliard. Pour le groupe Bouygues, actionnaire de référence d’Alstom avec 28,3% des parts, cela représente un pactole de 500 millions d’euros. Plusieurs banques d’affaires ont piloté étroitement l’opération, dont Rothschild pour Alstom.

Lors de la vente d’Alstom Energie à GE en 2015, une clause de l’accord prévoyait la possibilité pour l’Etat français de racheter, à l’échéance d’octobre 2017, une partie des actions détenues par Bouygues et de reprendre ainsi une influence sur l’avenir du groupe français. Bercy n’a pas exercé cette option, ce qui donne implicitement carte blanche à Siemens. Ce renoncement aurait été demandé par Angela Merkel.

Car l’opération a été supervisée au plus haut niveau : par l’Elysée et par la chancellerie allemande. Son annonce a été rendue publique le jour même où Emmanuel Macron prononçait un discours solennel consacré à l’avenir de l’UE, et vantait en particulier l’objectif de « souveraineté européenne » en lieu et place d’une souveraineté nationale qui serait obsolète .

Similitudes

Responsable CGT chez Alstom Power System (GE), Laurent Santoire relève les similitudes entre l’opération avec Siemens et avec General Electric, deux ans plus tôt. A commencer par l’habillage trompeur d’une « alliance entre égaux », alors qu’il s’agit avant tout de servir l’appétit des actionnaires au détriment tant de l’emploi que de la maîtrise industrielle et technologique nationale.

De même, le syndicaliste pointe aujourd’hui ce que valaient les « assurances » données à l’époque. La direction de la firme américaine avait promis de créer 1 000 emplois nets en France au sein de trois co-entreprises lancées en commun par GE et Alstom dans des domaines des turbines pour centrales nucléaires, des réseaux, ainsi que des turbines hydro-électriques. Or au 1er janvier 2017, relève Laurent Santoire, le solde est déjà de 400 emplois nets supprimés. Et pourrait bien s’alourdir, n’était-ce un tour de passe-passe : l’intégration des effectifs de certains sous-traitants.

Parmi les points « chauds » actuels figure en particulier la co-entreprise GE-Hydro (turbines pour l’hydro-électricité) dont le site historique de Grenoble est occupé par les salariés contre la menace de 350 licenciements (sur 800).

C’est que les actionnaires du géant américain, pourtant déjà largement profitable, exigent plus de rentabilité, ce qui passe par une vaste restructuration mondiale, dont les co-entreprises créées en 2015 pourraient faire les frais. GE a l’habitude de récupérer ce qui l’intéresse le plus : la maîtrise, les savoir-faire et les brevets (développés en partie grâce à des financements publics). Mais il ergote désormais sur le prix (pourtant fixé dans le contrat de 2015 : 2,5 milliards d’euros) auquel Alstom a la possibilité de lui revendre ses parts d’ici septembre 2018. Une possibilité que le protocole Siemens-Alstom a transformé en obligation, plaçant ainsi les salariés des co-entreprises en victimes collatérales à la merci de la direction américaine du groupe.

« Airbus du ferroviaire » ?

Or, explique le cégétiste, le ferroviaire comme les turbines constituent des filières industrielles nationales essentielles. D’autant que ce ne sont pas les projets d’ampleur qui manquent. La perspective d’équipement des futurs réseaux ferroviaires du « Grand Paris » en est un exemple.

Qu’en est-il, dans ces conditions, de l’« Airbus du ferroviaire » vanté par les promoteurs du projet ? Laurent Santoire conteste formellement cette présentation abusive, d’autant que l’actuel Airbus, rappelle-t-il, a tourné le dos à ce qui présida à sa naissance (fin des années 1960) : un projet industriel à l’initiative d’Etats souverains. L’esprit était de mener des coopérations, non pilotées par la rentabilité, s’appuyant sur des entreprises publiques – en France en tout cas. Un tel montage serait aujourd’hui interdit par la Commission européenne.

Pour Alstom ferroviaire, les partisans de l’absorption par Siemens mettent par ailleurs en avant l’argument de la concurrence chinoise : deux groupes de ce pays ont récemment fusionné pour former un mastodonte mondial (public, donc non soumis aux exigences de rentabilité, tout en bénéficiant d’un marché intérieur géant captif). Cette nouvelle donne imposerait des regroupements européens… En réalité, une telle assertion anticipe et accompagne un contexte où l’on accepte la libre circulation des marchandises et des capitaux, sans aucune autre règle que celle du libre échange mondial.

A l’inverse, pour Laurent Santoire, la priorité devrait être, aujourd’hui, de réintroduire l’Etat dans le jeu. En particulier pour le secteur de l’énergie, ce dernier – et non GE – devrait racheter les actions qu’Alstom détient dans les co-entreprises ; et négocier en mettant en avant l’importance de la commande publique, décisive pour les filières concernées.

Mais cela nécessite de mobiliser les salariés, et, au-delà, de faire intervenir les citoyens dans ces débats cruciaux pour l’avenir du pays, conclut le syndicaliste.

https://ruptures-presse.fr/actu/alstom-ge-depecage-santoire/

Screen-Shot-10-28-17-at-10Cela nécessite aussi que les salariés et l'ensemble des citoyens  mesurent l'importance d'un FREXIT le plus vite possible!

P.G.

jeudi 30 novembre 2017

Paradis fiscaux : quatre pays de l'Union européenne méritent d'être sur liste noire, selon Oxfam

Alors que la Commission européenne doit dévoiler sa liste noire des paradis fiscaux le 5 décembre, l'ONG prend Bruxelles de court et énumère ce mardi les 35 pays, hors-Union européenne, qui mériteraient d'y figurer.

ACT UE PARADIS FISC

Après les "SwissLeaks", les "LuxLeaks" et les "Panama Papers"... les révélations récentes des "Paradise Papers" - sur les pratiques d'optimisation (parfois de fraude) fiscale des grandes entreprises et fortunes de ce monde - exercent une pression supplémentaire sur les décideurs politiques. A ce titre, la Commission européenne, désireuse de frapper "au portefeuilles" les fraudeurs, doit dévoiler le 5 décembre sa liste noire des paradis fiscaux.

L'ONG Oxfam, à la pointe sur cette question, prend Bruxelles de court en désignant ce mardi "les pays qui devraient figurer sur une liste se voulant objective, efficace et crédible", assène-t-elle dans un communiqué.

A partir de trois critères - à savoir la transparence, la fiscalité "équitable" (dont le taux d'impôt sur les sociétés n'est pas nul par exemple) et la participation aux forums internationaux sur la fiscalité -, l'organisation a recensé 35 pays* qui méritent, selon elle, d'être identifiés publiquement comme paradis fiscaux. Sa liste noire inclut la douzaine de pays déjà dans le viseur de Bruxelles, comme l'avait révélé Le Monde début novembre. Elle comprend notamment des territoires sous tutelle du Royaume-Uni, à l'instar de l'île de Man, des îles Caïmans et des Bermudes.

Irlande, Luxembourg, Malte et Pays-Bas

Oxfam a également fait figurer plusieurs pays du continent européen, mais qui ne sont pas membres de l'Union européenne. Il s'agit, entre autres, de la Suisse (dont la révision de sa fiscalité est au point mort) et des anciennes nations yougoslaves : la Bosnie-Herzégovine, l'Albanie, la Macédoine et la Serbie. [certains journalistes devraient prendre des cours d'histoire- géographie, l'Albanie n'a jamais étéé une nation yougoslave! NdR]

L'ONG s'est gardée d'intégrer des Etats de l'UE, car Bruxelles a d'ores-et-déjà assuré qu'aucun des 28 ne sera inscrit sur liste noire. Oxfam estime pourtant que quatre d'entre eux méritent d'être considérés comme des paradis fiscaux.

On retrouve alors l'Irlande, au milieu du bras de fer entre Apple et la Commission européenne. Le Luxembourg, déjà éclaboussé par les révélations des "LuxLeaks". L'île de Malte, déjà au cœur des "Malta Files" puis des "Paradise Papers", tout comme les Pays-Bas, dont le système de double domiciliation permet à des grands groupes de s'affranchir de l'impôt en Europe et dans leur pays d'origine.

Oxfam critique d'ailleurs ce choix de Bruxelles de ne pas cibler les acteurs présents à l'intérieur de ses frontières :

"Cette approche nuit considérablement à la crédibilité du processus, car plusieurs États membres comme l'Irlande, le Luxembourg et les Pays-Bas figurent parmi les paradis fiscaux les plus puissants au monde."

 

Quid des sanctions ?

Établir une liste noire est une chose, mais pour garantir l'efficacité du dispositif, encore faut-il prévoir des sanctions. Jusqu'à présent, la Commission européenne s'est contentée d'une liste non-publique d'une cinquantaine de pays identifiés comme "suspects" en matière de transparence fiscale. L'objectif était d'entrer en contact avec les Etats concernés pour les inciter à modifier leur législation et de sanctionner ceux qui s'y refusaient.

Les "Paradise Papers" forcent Bruxelles à agir plus rapidement, d'où la publication prochaine de cette liste noire. Pour l'instant, le cadre des sanctions n'a pas été dévoilé. Plusieurs pistes sont à l'étude, "comme une privation des fonds européens pour les pays ciblés, ou des sanctions pour les entreprises qui transfèrent des sommes vers un pays désigné comme paradis fiscal par la liste noire", selon Europe 1.

Le ministre français de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, a pour sa part proposé sur France 2 que les "États qui n'apportent pas les informations nécessaires pour lutter contre l'évasion fiscale n'aient plus accès aux financements des grands organismes internationaux comme le FMI ou la Banque mondiale".

Pour d'autres, le fait de figurer sur une liste noire publique est déjà une sanction en soit, car cela ternit l'image du pays vis-à-vis de ses partenaires internationaux.

350 milliards d'euros par an

Les "Paradise Papers" ont permis d'affiner le montant estimé de l'évasion fiscale. D'après les calculs de l'économiste français Gabriel Zucman, professeur à l'université de Berkley (Californie) et auteur des rares travaux sur les paradis fiscaux, 350 milliards d'euros échappent chaque année aux administrations fiscales. Ces pertes se chiffrent à 120 milliards d'euros pour l'Union européenne et 20 milliards pour la France.**

Oxfam rappelle que ces scandales fiscaux ne nuisent pas seulement aux pays européens. "On estime que les pays en développement perdent environ 100 milliards de dollars par an à cause de l'évasion fiscale des entreprises", souligne l'organisation. "Un tiers de ce montant suffirait à lui seul pour financer les soins de santé essentiels qui permettraient d'éviter la mort de huit millions de personnes."

________________

*Albanie, Guam Niué, Ancienne république yougoslave de Macédoine, Hong Kong, Oman, Anguilla, Îles Caïmans, Palaos, Antigua-et-Barbuda, Îles Cook, Serbie, Aruba, Îles Féroé, Singapour, Bahamas, Îles Marshall, Suisse, Bahreïn, Île Maurice, Taiwan Bermudes, Îles Vierges Britanniques, Trinité-et-Tobago, Bosnie Herzégovine, Îles Vierges des États-Unis, Vanuatu, Curaçao, Jersey, Émirats arabes unis, Monténégro, Gibraltar, Nauru, Groenland et Nouvelle Calédonie.

https://www.latribune.fr/economie/international/paradis-fiscaux-quatre-pays-de-l-union-europeenne-meritent-d-etre-sur-liste-noire-selon-oxfam-759371.html#xtor=EPR-2-[l-actu-du-jour]-20171128

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**Les chiffres avancés sont visiblement sous- estimés: rien que pour la France, d'autres études font état de 80 milliards de pertes par an...  P.G.

Posté par UPR Creuse à 09:23 - - Permalien [#]
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lundi 13 novembre 2017

"Paradise Papers": Bernard Arnault dit avoir agi "de manière parfaitement légale"

Bernard Arnault, première fortune française et patron de LVMH, affirme mercredi que les actifs cités par Le Monde dans le cadre des "Paradise Papers" ont été "constitués de manière parfaitement légale", dans une déclaration transmise à l'AFP.

ACT BERNARD ARNAUD

Le quotidien français - qui fait partie du Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ) dévoilant depuis dimanche des enquêtes basées sur une fuite de millions de documents financiers - affirme que Bernard Arnault aurait "fait appel à au moins huit cabinets de conseil différents pour localiser ses actifs dans six paradis fiscaux différents".

"Tous les actifs évoqués dans cet article ont été constitués de manière parfaitement légale et sont naturellement connus des autorités fiscales", a affirmé M. Arnault dans sa déclaration.

Le milliardaire dénonce "une opération journalistique de ce média pour créer une sensation en utilisant [son] patrimoine", et dénonce le fait que certains de ses investissements ont été "présentés comme des biens cachés et non déclarés, fiscalement répréhensibles, ou à la limite de la légalité".

Dans son article, Le Monde cite notamment une propriété au nord de Londres de 4.300 m2, dont le propriétaire apparaissait jusqu'à présent dans le cadastre britannique comme "une simple société enregistrée à Jersey": mais "les investigations du Monde dans les +Paradise Papers+ révèlent" qu'"il s'agit de Bernard Arnault", écrit le quotidien.

Cette propriété "est déclarée depuis l'origine aux autorités fiscales françaises comme anglaises, et a fait l'objet, depuis son acquisition, du paiement de l'ISF", affirme pour sa part Bernard Arnault.

Il assure en outre que le "mode de détention" du bien ne l'a "fait bénéficier d'aucun avantage fiscal, de même que les autres actifs évoqués".

"A aucun moment, tout cela n'est mentionné dans le journal alors que cela a été expliqué au rédacteur de l'article; seule la recherche d'un effet journalistique était visée", affirme le milliardaire.

Dans son article, Le Monde affirme de son côté avoir "sollicité" l'homme d'affaires "sur la légalité de ce montage et pour savoir s'il était déclaré au fisc", mais que M. Arnault "s'est refusé à tout commentaire".

Le milliardaire conclut sa déclaration en soulignant qu'il "figure parmi les premiers contribuables français" et que le groupe LVMH, dont il est le principal actionnaire, "verse plus d'un milliard d'euros d'impôts en France annuellement".

Dans son article, Le Monde a cité également un "luxueux yacht de 101 mètres réputé appartenir" à Bernard Arnault, "détenu par une société maltaise" avec "des prête-noms qui dirigent et possèdent officiellement les parts" de cette société, "mais qui appartient en réalité à LVMH, comme le révèle une petite ligne dans le rapport annuel du groupe".

"Les empreintes du champion du luxe" ont aussi été relevées au Luxembourg, affirme le quotidien, où une holding du milliardaire aurait été utilisée pour des investissements dans des fonds luxembourgeois, selon son enquête.

08/11/2017 14:40:49 -          Paris (AFP) -          © 2017 AFP

http://www.lepoint.fr/economie/paradise-papers-bernard-arnault-et-son-groupe-lvmh-cites-a-leur-tour-08-11-2017-2170727_28.php#xtor=CS2-239

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lundi 30 octobre 2017

Vignobles: plus de 150 châteaux français sont devenus chinois

Dans le monde du vin, le chiffre est symbolique, 150 châteaux français sont désormais détenus par des intérêts chinois.

ACT VID CHINOIS VIN

 

Et ça continue puisqu’un château sur deux mis en vente aujourd’hui est acheté par un chinois. Nous avons eu la chance de rencontrer le tout dernier d’entre eux: un homme d’affaires qui a décidé d’investir, mais aussi de s’investir, personnellement, dans la production de son vin.

Voir la vidéo:

http://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/vignobles-plus-de-150-chateaux-francais-sont-devenus-chinois-994745.html

1.27 mn

Quand l'UE et ses traités (Art 63 du TFUE) permet de "brader" à des intérêts étrangers le patrimoine des nations sous "tutelle" ! FREXIT VITE

 

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jeudi 21 septembre 2017

Caterpillar va fermer son usine près d'Arras pour délocaliser

L'usine, qui emploie 70 personnes, va être délocalisée en Irlande du Nord et au Brésil. 

Caterpillar-va-fermer-son-usine-pres-d-Arras-pour-delocaliserLe groupe américain Caterpillar va fermer son usine de Monchy-le-Preux, dans le Pas-de-Calais. Le site, qui emploie 70 personnes près d'Arras, va délocaliser la production en Irlande du Nord et au Brésil, a-t-on appris lundi de source syndicale et auprès de la direction. Annoncée aux salariés jeudi en CE, selon son secrétaire Jean-François Pierrot (CGT), cette décision devrait entrer en vigueur "au quatrième trimestre 2017 pour s'achever vers la fin de 2018", d'après un communiqué de la direction du fabricant d'engins de chantier.

Un site américain également menacé. Le groupe, qui prévoit également la fermeture de son site de Dyersburg (Etats-Unis, 85 salariés), où sont également fabriqués des éléments de transmission et des boîtes de vitesse, assure que cette décision lui permettra de gagner "sur le plan des coûts pour ces composants, d'améliorer les temps de réaction, de réduire les surfaces de production excédentaires et de mieux utiliser ses outils industriels".

Un résultat net de l'ordre de 10%. Caterpillar ne nie pas cependant les "performances du personnel". De fait, souligne Jean-François Pierrot auprès de l'AFP, le site de Monchy-le-Preux a toujours dégagé un résultat net de l'ordre de 10%, pour un chiffre d'affaires oscillant entre 80 et 90 millions d'euros "ces dernières années". La production serait regroupée en Irlande du Nord et au Brésil, d'après le syndicaliste. 

"Cette annonce ne m'a pas surpris, car nous fournissions le site de Charleroi (Belgique), qui a fermé en juillet. On savait qu'on était sur la sellette. Mais l'entreprise se porte très bien et il s'agit de délocaliser uniquement pour gagner plus d'argent", dénonce Jean-François Pierrot. "Il y a beaucoup de colère, car cela va laisser sur le carreau des salariés à la seule fin de satisfaire Wall Street et la finance".

vendredi 25 août 2017

Défaite du « made in France » : un produit acheté sur trois vient de l’étranger

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Jamais les Français n’ont eu autant recours aux importations.
Le chiffre est frappant : en France, un produit acheté sur trois vient désormais de l’étranger. Les Français ont beau se déclarer dans les sondages de plus en plus sensibles à l’argument du « made in France », se dire prêts à payer davantage pour un article bleu-blanc-rouge, la réalité est tout autre. Jamais ils n’ont autant acheté de produits importés, qu’il s’agisse de chaussures, de fours à micro-ondes, d’ordinateurs ou encore de machines-outils. C’est ce qui ressort des données fournies au Monde par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).
De l’après-guerre jusqu’en 1968, la part des importations dans le marché intérieur est restée stable, autour de 13 %. Elle n’a, ensuite, pratiquement pas cessé de grimper. Lentement mais très sûrement, elle a franchi le cap des 20 % en 1977, celui des 25 % en 2004, pour monter à 30 % en 2014. L’activisme d’Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif puis de l’économie entre 2012 et 2014 et chantre des produits tricolores, n’y a rien changé. Les importations ont poursuivi leur ascension, avec un sommet à 33 % de la consommation nationale au premier semestre 2017.

Les Français se fournissent ailleurs

Une poussée directement liée à la reprise économique. L’appareil productif industriel se révèle si dégradé qu’« il est incapable de répondre normalement à la hausse de la demande intérieure », comme l’expliquait l’économiste Patrick Artus (Natixis) dans une note publiée mi-juillet. Faute de trouver des produits « made in France » qui les satisfont, les Français se fournissent ailleurs. Les particuliers s’offrent une voiture Dacia importée de Tanger, un téléphone coréen, des jouets chinois pour les enfants. Les entreprises incitées à investir achètent une machine-outil allemande ou un robot japonais. Les importations ont ainsi bondi de 4,4 % en un an, selon les données du commerce extérieur publiées mercredi 8 août.


Résultat : « La reprise est là, les sociétés sont reparties dans un cycle d’investissement et d’expansion, mais ce sont nos partenaires qui en profitent le plus », constate Olivier Chemla, économiste à l’Association française des entreprises privées.

François Mitterrand s’était déjà heurté au problème en 1981. La relance keynésienne du président de la République avait fait le bonheur de l’Allemagne et du Japon. Le gouvernement d’alors avait tenté d’endiguer l’afflux de produits étrangers, notamment en mettant en place à Poitiers un improbable blocus contre les magnétoscopes japonais. Sans succès.

Depuis, la situation ne s’est guère améliorée. Des années de désindustrialisation galopante sont passées par là. Des centaines et des centaines d’usines fermées. Peu d’ouvertes. Des pans entiers de l’industrie ont disparu. Dans le textile, l’habillement, le cuir et la chaussure, la production tricolore a fondu de 87 % en vingt ans ! L’industrie du meuble, celle du papier ont été mises à mal. Dans l’automobile, Renault et PSA ont transféré hors des frontières l’assemblage d’une bonne part de leurs véhicules, surtout pour le bas et le milieu de gamme.


L’économiste Sylvain Broyer, de Natixis, a fait ses calculs. Depuis vingt ans, quand la consommation française croît de 1 %, les importations s’emballent, elles, de 1,8 %. Il en va différemment en Allemagne. Une hausse de 1 % du marché intérieur y entraîne une progression de seulement 0,8 % des achats à l’étranger. Conclusion : « En France, la consommation fabrique du déficit commercial ; en Allemagne, elle donne de la production et des emplois. »

http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/08/09/defaite-du-made-in-france-un-produit-achete-sur-trois-vient-de-l-etranger_5170523_3234.html#GMwkYHbYCrJXZrRi.99

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