mardi 13 mars 2018

« Trous noirs fiscaux » découverts au sein de l’UE : la bravoure d’un commissaire européen ?

Dans le contexte des révélations successives d’évasion fiscale aux quatre coins du globe, un commissaire européen s’indignait en début d’année de l’existence de « trous noirs fiscaux » au sein même de l’UE.  Quelques semaines plus tard, le même fonctionnaire européen regrette que les pratiques fiscales de certains Etats membres « nuisent à l’équité ».

TL MOSCOVICI PARADIS FISCAUX

La Commission européenne a publié le 7 mars son rapport annuel sur la situation économique et sociale des Etats membres (dans le cadre du « semestre européen »). On y « apprend » que sept pays de l’UE favoriseraient une « planification fiscale agressive ».

Commentant ce document qui épingle les Pays-Bas, le Luxembourg, la Belgique, l’Irlande, la Hongrie, Chypre et Malte, Pierre Moscovici a déploré le recours par ces États à des « pratiques qui empêchent une concurrence loyale dans le marché intérieur ».

Quelques semaines plus tôt, le commissaire européen à la fiscalité s’inquiétait de l’existence de « trous noirs fiscaux » au sein même de l’Union européenne. Alors que Pierre Moscovici est membre de la commission depuis près de trois ans et demi, d’aucuns assimilent son audace à des pirouettes survenant à l’approche de sa fin de mandat. Les plus soupçonneux pourraient même évoquer un coup de com’ de celui qui affiche sa potentielle ambition de briguer la présidence de la commission européenne

Quant à l’optimisation fiscale sur le Vieux continent, on ne saurait s’en offusquer sans pointer ce qui la rend possible : la libre circulation des capitaux. Cette « liberté » constitue l’une des valeurs fondatrices de l’Union européenne.

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Face à une potentielle remise en question de cette libre circulation, on notera que le rapport épinglant les sept Etats membres est rédigé par la même commission européenne qui salue les « progrès » réalisés par ces pays et qui affirme tout de même  qu’ils « ne sont pas des paradis fiscaux ».

Ouf, on respire.

Fabien Rives

https://ruptures-presse.fr/actu/trous-noirs-fiscaux-moscovici/

samedi 10 mars 2018

Industrie : un rebond en trompe l'oeil ?

En 2017, 125 ouvertures de sites industriels ont été recensées contre 100 fermetures selon le cabinet Trendeo. Ce solde positif ne doit pas faire oublier que l'industrie française continue de traverser des difficulté à répétition.

ACT INDUSTRIE BAISSE

Le tissu industriel français retrouve quelques couleurs. Selon la dernière étude du cabinet Trendeo publiée le 2 mars dernier, le nombre d'ouvertures d'usines a dépassé celui des fermetures en 2017 et le nombre de créations d'emplois présente un solde positif de 93.038. Un chiffre inédit depuis que l'organisme privé a commencé sa collecte de données en 2009. De son côté, la direction générale de l'industrie a noté que la production manufacturière a bondi au quatrième trimestre 2017 (+2,5% après +0,8%), dans un bulletin de conjoncture publié le premier mars dernier. Ce rebond est porté par une croissance de l'ensemble des activités.

Si ces constats peuvent paraître favorables à première vue, l'industrie française reste un secteur très fragile dans l'économie française. Les derniers déboires de l'usine Ford Aquitaine et la fermeture récente de l'usine Tupperware à Joué-lès-Tours illustrent bien toutes les difficultés d'une industrie tricolore sous tension.

Une baisse des suppressions d'emplois

La dynamique de l'emploi est particulièrement portée par une baisse prolongée des suppressions d'emplois, qui se réduisent chaque année depuis 2012 (-35% en 2017). Il faut noter également que les créations d'emplois sont aussi en hausse, ce qui permet à cet indicateur "de regagner la moitié du terrain perdu depuis leur maximum de 2010". L'industrie automobile et les services ont été particulièrement dynamiques tout comme le secteur du logiciel qui est à son meilleur niveau depuis 2009.

À l'inverse, les secteurs qui présentent des difficultés, les services bancaires et financiers connaissent leur année la plus difficile en atteignant un total de 32.000 emplois perdus depuis 2009, "pas loin des pertes du secteur automobile". Ces destructions d'emplois "attestent de la violence du choc de 2008, tout autant que la mutation des usages des consommateurs".

Le rebond actuel de l'emploi bénéficie principalement à des secteurs qui ont été très touchés pendant la crise de 2009/2013 comme l'automobile. Par conséquent, les régions qui présentent une économie fortement liée à l'industrie de la voiture voient leur situation s'améliorer. Les Hauts-de-France sont par exemple la région qui a connu le plus de créations nettes d'emplois en 2017. Et selon les experts de la DGE, les patrons de l'industrie manufacturière en France prévoient d'augmenter leurs effectifs au cours des trois prochains mois.

Un solde de créations d'usines relativement faible

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Si les ouvertures d'usines ont dépassé les fermetures en 2017 sur le territoire français, le solde est relativement faible (25). Ce solde positif entamé en 2014 repose avant tout sur une accélération de la baisse des fermetures que sur une hausse des créations. D'ailleurs, les créations recensées par Trendeo sont en baisse constante depuis 2014. Mais ces chiffres sont à manier avec précaution. Le cabinet indique d'ailleurs que les données (*) "ne peuvent en aucun cas prétendre à l'exhaustivité des données publiques."

Une désindustrialisation en marche

En dépit de tous ces bons chiffres, le poids de l'industrie dans l'économie française ne cesse de se dégrader depuis des années. Et malgré le plan de soutien du gouvernement français prévu pour ce secteur et une embellie de l'activité économique ces derniers mois, il semble que le processus de décomposition du tissu industriel soit inéluctable. Les derniers chiffres du ministère de l'Économie indiquent qu'entre 2000 et 2016, le poids de l'industrie dans l'économie française est passé de 16,5% à 12,5% du produit intérieur brut. Du côté de l'industrie manufacturière, l'évolution est quasi similaire à celle de l'industrie en général. Dans une perspective historique plus large, les données de la Banque mondiale illustrent parfaitement la perte de vitesse de l'industrie dans la valeur ajoutée française depuis plusieurs décennies.

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Un plan pour rien ?

Le 26 février, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a présidé le comité exécutif du Conseil national de l'industrie (CNI) pour valider une liste de 10 comités stratégiques autour de 10 filières (**). L'un des objectifs annoncé est l'élaboration de contrat de filière. Le président de France industrie Philippe Varin a rappelé à cette occasion :

" La compétitivité n'est plus uniquement celle de l'entreprise, mais celle d'une filière dans son ensemble. Le CNI labellise aujourd'hui 10 filières mobilisées autour de projets concrets dont la dynamique est pilotée par les industriels, et dont le but est d'améliorer la compétitivité et l'attractivité de l'industrie en France, et de créer des emplois qualifiés dans nos territoires."

Si de nombreux efforts des pouvoirs publics sont entrepris depuis plusieurs années pour soutenir ce secteur, les différentes politiques industrielles menées à l'échelle nationale n'ont pas montré de résultats convaincants au regard des chiffres de la direction générale de l'entreprise.

(*) Trendéo précise que leurs données "constituent un indicateur avancé, permettant d'estimer les tendances de façon immédiate et ne peuvent en aucun cas prétendre à l'exhaustivité des données publiques. Nos chiffres sont en effet inférieurs, pour les créations d'emplois comme pour les suppressions (nous pensons prendre en compte environ 40% des mouvements d'emplois. Nos chiffres devraient donc être multipliés par 2,5 si l'on devait les redresser. Nous prenons en effet moins bien en compte l'évolution des emplois intérimaires, ainsi que les embauches ou réductions d'effectifs par petit nombre, ou encore les mouvements des TPE, qui ne sont que très difficilement repérables".

(**)  Aéronautique, Alimentaire, Automobile, Bois, Chimie et matériaux, Ferroviaire, Industries et technologies de santé, Industrie navale et maritime, Mode et luxe, Nucléaire.

Grégoire Normandhttps://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/industrie-un-rebond-en-trompe-l-oeil-770643.html#xtor=EPR-2-[l-actu-du-jour]-20180306
Voir aussi:

Industrie : un poids économique toujours plus faible

 |  08/12/2017
La place de l'industrie française dans l'économie ne cesse de se réduire selon les derniers chiffres de la direction générale des entreprises. Pour faire face à ce déclin, le gouvernement a multiplié les annonces en faveur d'une industrie sous perfusion. Un choix qui suscite déjà des débats.

La désindustrialisation se poursuit en France. Selon une étude de la direction générale des entreprises publiée ce 7 décembre, la place de l'industrie dans l'économie française ne cesse de se dégrader depuis des années. Et malgré le plan de soutien du gouvernement français prévu pour ce secteur et une embellie de l'activité économique ces derniers mois, il semble que le processus de décomposition du tissu industriel soit inéluctable.

(...)

Un solde commercial négatif

Au niveau des échanges commerciaux, la situation est guère meilleure. Depuis 2010, le solde commercial du secteur industriel est toujours négatif. En 2016, le déficit s'élevait à 44,5 milliards d'euros contre 36,8 milliards d'euros l'année précedente. Et d'après les derniers chiffres du commerce extérieur de la France, la balance commerciale pour l'industrie est encore déficitaire. Les principaux partenaires commerciaux de la France se situent en Europe et en Asie.

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Par ailleurs, les parts de marché mondial de la France pour les produits manufacturés ne cessent de s'effondrer, passant de 4,7% en 2006 à 3,5% en 2016. Une situation qui se retrouve également pour la plupart des voisins de la France (Allemagne, Royaume-Uni, Espagne et Italie). De son côté, la Chine a gagné de nombreuses parts de marché durant la dernière décennie pour les produits manufacturés mais la transformation de l'économie chinoise vers une économie de services pourrait changer la donne dans les années à venir.

Enfin, du côté du personnel, si la France comptait 2,8 millions de salariés dans l'industrie manufacturière (soit 11,1% de l'emploi salarié total) à la fin du second trimestre 2017, toutes les régions, sauf l'Occitanie et la Corse, ont connu des destructions d'emplois entre 2010 et 2016. Et ce déclin de l'emploi industriel a lieu alors que pour la première fois depuis 2009,  les ouvertures de sites industriels ont été nettement plus nombreuses que les fermetures en France sur les huit premiers mois de l'année d'après les derniers chiffres du cabinet Trendéo.

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/services/industrie-un-poids-economique-toujours-plus-faible-760989.html

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vendredi 9 mars 2018

Ces camionnettes de l’Est zigzaguent avec la loi

Les réglementations sur le transport routier imposent des limitations sur le temps de repos, le nombre de chargements, la circulation le week-end, la limitation de vitesse… La parade a été trouvée, avec la multiplication de véhicules de moins de 3,5 tonnes. À leur volant, des chauffeurs, travailleurs détachés, originaires des pays de l’Est, sous-payés et corvéables à merci.

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Source : Ouest-France (3 mars) UPR.fr/UPR 87

Temps de repos, nombre de chargements, circulation le week-end, limitation de vitesse… Ces véhicules de moins de 3,5 tonnes sont la parade idéale à la réglementation transport routier.

Sur les routes, les aires de repos ou les parkings, vous en avez forcément croisé sans leur prêter attention. Des camionnettes bâchées, grosses comme des camping-cars, immatriculées en Pologne, Lituanie, Roumanie et Bulgarie. Depuis quatre ou cinq ans, leur nombre a explosé. À leur volant, des chauffeurs originaires des pays de l’Est, sous-payés et corvéables à merci.

« Le phénomène s’amplifie, on en voit de plus en plus », constate Éric Petras, responsable des contrôles à la Dreal d’Ille-et-Vilaine, (...)

https://www.ouest-france.fr/economie/transports/chauffeurs-routiers/ces-camionnettes-de-l-est-zigzaguent-avec-la-loi-5599457

Ces camions venus des pays de l'Est qui détournent la loi

Ces camionnettes bâchées de transport de marchandises, le plus souvent immatriculées en Pologne, ne payent pas de mine. Mais elles dévorent, tous les jours de l’année, sans contrainte de pause, des centaines de kilomètres de bitume sur les routes nationales et autoroutes de la Nièvre et de la France entière.

Leurs chauffeurs, polonais, bulgares ou lituaniens, payés au lance-pierres et au kilomètre parcouru, livrent autant de clients, au mépris des limites imposées par le cabotage, que le souhaitent les patrons des sociétés de leurs pays qui les envoient en France à la demande d’entreprises… françaises.

« Ils ne sont pas soumis à une limitation de vitesse à 90 km/h comme nous… »

En pagaille, voire à la queue leu leu sur l’A77 ou l’ancienne route nationale 7, ces camionnettes sont dans la ligne de mire des professionnels de la route français depuis deux à trois ans. Contraints, au volant de leurs bahuts de plus de 3,5 tonnes, de respecter des temps de conduite et de repos, obligés de laisser leurs poids lourds sur le bord des routes tous les week-ends, quand d’autres Européens ont une liberté totale, ces salariés et patrons de l’hexagone crient à la concurrence déloyale. « C’est complètement illégal », s’étrangle François Mercier, secrétaire général de l’Organisation des transporteurs routiers européens (Otre) de Bourgogne-Franche-Comté.

« C’est une catastrophe », dénonce Luc Beaunée, le président des Transports Charrier et Compagnie, à Decize. Vingt-quatre heures sur vingt-quatre, trois cent soixante-cinq jours par an, rien n’arrête ces camionnettes sans confort (pas de réfrigérateur…) et parfois en surcharge, lancées tels des rouleaux compresseurs contre les entreprises tricolores et leurs salariés.

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« Certains chauffeurs sont là à demeure », juge Romain Soulat, contrôleur divisionnaire des transports terrestres Nièvre et Yonne à la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal), chargée de veiller au respect des règles du cabotage par de fréquents contrôles. Et leurs employeurs font fi de la limitation à trois chargements et déchargements sur le sol français dans un délai de sept jours avant retour au pays.

« Leurs chauffeurs peuvent faire ce qu’ils veulent. Les véhicules n’ont pas de chronotachygraphe pour contrôler les heures passées au volant. Ils ne sont pas soumis à une limitation de vitesse à 90 km/h comme nous… », enrage le président des Transports Charrier et Compagnie.

« Ces chauffeurs peuvent rouler vingt heures de suite s’ils le souhaitent », s’indigne encore le secrétaire général de l’Otre. « C’est une fraude organisée », poursuit-il en pointant du doigt de « vraies organisations avec des vraies sociétés et d’énormes bénéfices ».

Et pour cause : selon le président des Transports Charrier et Compagnie, le salaire brut chargé d’un conducteur français est de 46.176 € par an quand il n’est que de… 20.100 € pour un Polonais ! « Nous demandons des contrôles accrus face à ce phénomène », insiste Éric Rousseau, le patron de la société de transport éponyme, à Corvol-l’Orgueilleux.

« Fraude organisée »

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Aujourd’hui, l’arrivée massive de ces camionnettes des pays de l’est a un « vrai impact sur nos prix, notre rentabilité, notre compétitivité ».

À Noël, tous ces chauffeurs étrangers ont repris la route de leur pays, laissant respirer leurs homologues français. « Pendant les périodes de fêtes, nous retrouvons un bol d’air, des parts de marché, un filet d’activité », se réjouit Éric Rousseau. Mais, depuis la mi-janvier, les véhicules bâchés sont de retour. Qui ne les a jamais vus sur l’A77 ? Sur l’aire des Vignobles, à Tracy-sur-Loire, ils sont parfois une trentaine à stationner.

À savoir

Définition. Le cabotage est l’autorisation temporaire, accordée à un transporteur européen, de réaliser un transport intérieur sur le territoire français.

Nombre. Le cabotage routier sur le territoire français est limité à trois opérations de chargement et de déchargement dans un délai de sept jours.

Mouchard. À la différence des poids lourds, les camionnettes de moins de 3,5 tonnes ne sont pas équipées de chronotachygraphe. Cet appareil sert à contrôler les temps de conduite et de repos.

Amende. Le non-respect de la réglementation est réprimé par une amende de 15.000 € maximum. Le véhicule en cause est immobilisé tant que l’infraction n’a pas cessé.

https://www.lejdc.fr/nevers/transport/faits-divers/2017/02/20/ces-camions-venus-des-pays-de-l-est-qui-detournent-la-loi_12291119.html

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samedi 3 mars 2018

Licenciés, les salariés de Castorama et Brico Dépôt priés de former leurs remplaçants polonais avant de dégager

La mondialisation au comble de son cynisme. Alors que la direction du groupe britannique d'enseignes de bricolage Kingfisher a confirmé ce mercredi 28 février la délocalisation en Pologne de la partie comptable de son activité actuellement basée à Templemars, dans le Nord de la France, et donc la suppression de 450 emplois français, elle a également fait une demande particulièrement culottée aux employés ainsi dégagés. Ces salariés des enseignes Castorama et Brico Dépôt auront, avant de quitter leur poste, à former les Polonais censés les remplacer à terme. Le but étant de leur transmettre leur savoir-faire.

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Une demande qui a été faite lors du comité central d'entreprise au siège ce mercredi. A la sortie, Jean-Paul Gathier, délégué du personnel Force ouvrière (FO), a détaillé le processus prévu par la direction. "On prévoit que les salariés polonais viennent suivre des stages en France pour savoir et s'adapter à la comptabilité française, donc ils seraient formés par ceux qui sont licenciés et qui perdent leur emploi par rapport à cette délocalisation", a-t-il expliqué au micro de Franceinfo. Une formule a particulièrement fait tiquer le syndicaliste :"On leur a dit qu'on comptait sur elles et sur eux pour 'être professionnels jusqu'au bout'". Et le syndicaliste de pointer un "capitalisme poussé à son cynisme extrême".

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Les salariés ne devraient cependant pas accepter cette proposition, d'après Jean-Paul Gathier : "Quand ils ont appris ça, ils ont dit : "Ce sera sans nous. C'est hors de question". Des actions de protestation seraient en préparation, indiquent les syndicats.

L'annonce de ces suppressions de postes n'a pas constitué une surprise. Le 8 novembre dernier, Kingfisher avait déjà évoqué un probable regroupement à Cracovie, en Pologne, de ses services comptables et de gestion. Le groupe a justifié cette décision par les difficultés rencontrées ces derniers mois par les 221 magasins Castorama et Brico Dépôt de France.

Des propositions de reclassement auraient été adressées aux employés concernés mais elles ne seraient en l'état "pas acceptables", selon la CGT. "On supprime des comptables, des analystes, des assistantes de ressources humaines et on leur propose d'aller en magasin, dans la vente, à la caisse", précise Jean-Paul Gathier au Parisien. La question des indemnités est également en débat. Les montants soumis étant pour le moment "insuffisants" selon les représentants du personnel.

https://www.marianne.net/economie/licencies-les-salaries-de-castorama-et-brico-depot-pries-de-former-leurs-remplacants?_ope=eyJndWlkIjoiYWMyOWU1Y2FmYjA3MWM5ODc0NzFmNzZlMmM0NTQwMTgifQ==

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L' article 63 du TFUE interdit à tout "gouvernement" de l'UE de s'opposer aux délocalisations. Les syndicats le savent bien d'ailleurs, puisqu'on en est à négocier les reclassements et les indemnités de départ....  P.G.

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mardi 20 février 2018

Rapport Spinetta : l’euro privatisation de la SNCF pour détruire les chemins de fer français.

TRIBUNE LIBRE / PRCF

TL SNCF

Le régime Macron a confié à une vieille barbe de la privatisation Spinetta le soin de lancer les annonces impulsant la privatisation de la , son démantèlement, les fermetures massives de lignes et de gares et la casse du statut public des . Car Spinetta n’est pas une personnalité neutre, mais l’ex patron de Air France, celui qui a mis en oeuvre la privatisation de l’entreprise publique sous les ordres du ministre PCF Gayssot du gouvernement de la gauche plus rien, application des directives européennes dite du “ciel européen”. On connait le résultat conduisant à plan de licenciement sur plan de licenciement. Ce 16 février le patron a rendu son rapport. Celui ci ne comporte aucune surprise et se borne à énoncer le détail des ordres de Bruxelles pour finir de libéraliser le chemin de fer en France et privatiser la

Rapport Spinetta : la traduction des ordres de la Commission Européenne et de ses directives européennes. Libéraliser et privatiser :

Le contenu du rapport est très clair. Il ne laisse ni doute ni surprise. Car il est la traduction des ordres de la Commission Européenne et de ses directives européennes

  • supprimer massivement des lignes et gares, afin de transformer la SNCF service public de transport dédié à l’ensemble du territoire en machine à profit. Avec l’ouverture à la concurrence du transport de passagers imposé par l’Union Européenne, la SNCF ne sera plus en mesure de desservir les campagnes et villes moyennes en France, ces lignes essentielles pour les territoires ruraux où vivent près de 20 millions de Français, n’étant évidemment pas rentables.
  • privatiser la SNCF – actuellement établissement public – en société anonyme pour permettre sa privatisation en ouvrant son capital à des intérêts privés; C’est un ordre explicite de la Commission Européenne en application des directives des trois paquets ferroviaires. En effet, en tant qu’EPIC propriété de tout les français la SNCF bénéficie d’une garantie financière par l’Etat ce qui lui permet de se financer à moindre coût. Au delà de la privatisation, la transformation en société anonyme induira nécessairement un renchérissement des coûts financiers de fonctionnement de la SNCF et donc une augmentation des tarifs
  • supprimer le statut des cheminots. Demain ceux ci seront sans aucun doute alignés sur le dumping social européen en vigueur pour les chauffeurs routiers, à coup de travailleurs détachés et de délocalisation. Tirant toujours plus vers le bas, salaires, droits et condition de travail des travailleurs en France et en Europe.

Il est ici important de rappeler que d’ici la fin de l’année 2018 la Commission Européenne impose la libéralisation du transport ferroviaire de voyageurs. Abolissant le monopole de la SNCF et cassant le service public français qui a pourtant fait la démonstration de sa performance et de son efficacité. De fait, le but est de faire revenir ce service public dans le domaine privé pour permettre de remplir les coffres des oligarques – bien planqués dans les paradis fiscaux, grâce à l’Union Européenne et sa libre circulation des capitaux – mais également de démanteler la SNCF pour faire voler en éclat un bastion de la résistance sociale en France. Pour ceux qui l’aurait oublié, des grèves de 1920 au front populaire en passant par 1995, chaque travailleur de France doit un peu de sa sécu, de sa retraite, de son salaires aux combats menés à l’avant garde par les cheminots et à leur capacité à aider à bloquer la production et ainsi les profits des capitalistes. En privatisant la SNCF, en faisant sauter le statut des cheminots, le régime Macron, et derrière lui l’oligarchie capitaliste et européenne compte faire coup double.

Les usagers, les cheminots et l’écologie victimes

Les conséquences de la politique du régime Macron seraient de

  • renchérir les tarifs des billets de
  • priver d’accès à la grande vitesse les habitants des villes de moins de un million d’habitants, priver de trains ceux des villes moyennes. La réduction de l’offre TGV permettrait de gonfler la marge opérationnelle – le taux de profits – de la SNCF de 20% de quoi remplir les poches des futurs actionnaires. Mais ce sont les français qui resteront sur le quai et seront condamnés à reprendre leurs voitures.
  • exploiter encore plus les cheminots, avec les conséquences que l’on sait en termes de dégradation de la sécurité du rail, et de qualité de service
  • L’objectif du rapport Spinetta est également fixé, réduire de moitié la taille du réseau ferroviaire : là c’est l’écologie et la sécurité des français qui est sacrifié au profit d’une politique toute routière dont on connait les dangers que ce soit sur le plan écologique, sur le plan de la santé publique et de la sécurité routière. La politique ferroviaire du régime Macron qui est celle dictée par l’Union Européenne est une politique criminelle.

Pour ceux qui refuseraient d’ouvrir les yeux et se laisseraient prendre aux mensonges dignes des plus mauvais vendeurs de foire de l’équipe Macron et de ses propagandistes médiatiques, le mieux est qu’il compare la situation actuelle de la SNCF avec celle de la SNCF d’avant les directives européennes sur le rail :

  • les tarifs ont sérieusement augmenté et se sont complexifiés rendant difficile l’accès aux trains
  • le transport de marchandise a été quasi totalement supprimé
  • le transport de voyageurs est en recul.

Pour la convergence des luttes et faire gagner les travailleurs, briser les chaines de l’Union Européenne

La SNCF qui avait appelé à une journée d’action commune avec la énergie contre les euro privatisations visant la SNCF et EDF le 8 février dernier vient d’appeler à une journée d’action le 22 mars prochain.
Une journée d’action déjà retenue par une large intersyndicale des 7 principales confédérations de la fonction publique alors que le régime Macron veut liquider 120 000 postes de fonctionnaires et y accélérer la privatisation en Marche.
Une journée d’action également à Air France.Alors que les personnels de santé, les agriculteurs, les lycéens et les profs sont mobilisés, la colère monte de toutes parts. 9 français sur 10 déclarent soutenir les mouvements sociaux. La question posée est bien celle de la convergence des luttes, aujourd’hui, dynamiques et fortes, mais trop éclatées pour gagner. Elle n’est pas à négocier des régressions. D’une part car c’est brader les droits des travailleurs, d’autre part car le gouvernement et le président Macron ont fait la preuve que le soit disant “dialogue social” si cher au syndicalisme rassemblé qui veut toujours commencer par s’assoir pour toujours coucher et se coucher est un leurre (voir la vidéo où Macron explique qu’il n’y a pas de dialogue social).

Face à la politique d’euro privatisation du pays et d’euro destruction des droits sociaux et démocratiques des travailleurs de France, l’heure doit en effet être à la convergence des luttes : le mot d’ordre de sortie de l’Union Européenne devrait être un formidable accélérateur de la mobilisation populaire, un catalyseur du tous ensemble et en même temps. Du bac à la privatisation de la SNCF, du plan social euro austéritaire dans la fonction publique aux délocalisations, du scandale de la PAC écrasant les paysans à l’euro libéralisation attaquant les métiers réglementées des artisans et professions libérales, l’ensemble du monde du travail est dans le viseur de la guerre de classe menée par la classe capitaliste contre les travailleurs de France à l’aide de son arme d’exploitation massive qu’est l’euro et à coup des directives de cette dictature du Capital qu’est l’Union Européenne. Pour une politique de progrès social et écologique, pour la démocratie des travailleurs il est impératif de briser les chaines de l’Union Européenne. Et avec ce mot d’ordre fédérateur – y compris des peuples de toutes l’Europe qui subissent les mêmes attaques, ce seraient ainsi engager une formidable dynamique permettant aux travailleurs de relever la tête et de s’en sortir; (...)

JBC pour www.initiative-communiste.fr

vendredi 8 décembre 2017

Dominique Tian, fervent opposant à la fraude sociale, épinglé par le fisc

Le premier adjoint au maire de Marseille, Dominique Tian, a été jugé pour fraude fiscale en raison de comptes cachés en Suisse. L'homme politique avait fait de la fraude sociale un de ses champs de bataille.

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Dominique Tian est le premier adjoint au maire de Marseiile, Jean-Claude Gaudin. Il est poursuivi par la justice pour omission dans sa déclaration de patrimoine et blanchiment de fraude fiscale, car il a caché l'existence de ses comptes en Suisse jusqu'en 2014. Ironie du sort, cet ancien député Les Républicains est célèbre pour sa lutte contre la fraude sociale qui, selon lui, "exaspère tout le monde, notamment la France qui travaille".

12 ans de prison, 300 000 euros d'amende et 5 ans d'inéligibilité requis

Lors d'une séance à l'Assemblée nationale, il avait notamment dénoncé le fait qu'une habitante de Suresnes (hauts-de-Seine) avait, en 2007, "réussi le tour de force de déclarer des quintuplés dans 17 caisses d'allocations familiales différentes et d'empocher plusieurs dizaines de milliers d'euros. Pour information, le montant des comptes en Suisse rapatriés par Dominique Tian s'élève à 2 millions d'euros, sur lesquels il a payé 664 000 euros d'amende.

Lors de l'audience, le 1er décembre, la présidente du tribunal lui a demandé : "N'y a-t-il pas une forme de schizophrénie à fustiger les petits fraudeurs au RSA et à dissimuler parallèlement des comptes en Suisse ? Douze mois de prison avec sursis, 300 000 euros d'amende et cinq ans d'inéligibilité ont été requis contre Dominique Tian. Le jugement sera rendu le 26 janvier prochain.

https://www.francetvinfo.fr/economie/fraude/comptes-en-suisse/dominique-tian-fervent-opposant-a-la-fraude-sociale-epingle-par-le-fisc_2498747.html

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jeudi 7 décembre 2017

« Comment on se fiche de vous. La preuve en images par les paradis fiscaux !! »

On se fiche de nous. Je sais, ce n’est pas un scoop, ni une nouveauté, mais c’est toujours avec une certaine forme de délectation intellectuelle que j’aime bien prendre le temps de pointer, au-delà des absurdités du système, les mensonges éhontés auxquels nous sommes priés de croire et que des médias aux ordres (qui sont à peu près tous devenus la propriété de grandes multinationales) n’oseront jamais signaler à votre auguste sagacité.

ARG PARADIS UE

Par exemple, cette histoire de paradis fiscal est assez marrante, voire cocasse.

À chaque fois que le système se fait avoir sur ses dérives fiscales, qui sont tout de même juste totalement organisées par nos dirigeants avec leur complicité la plus totale, il faut faire quelque chose pour donner quelques gages et quelques miettes de bonne conscience aux petits peuples que nous sommes tous.

Et à chaque fois, l’os qui nous est jeté et que nous rongeons collectivement est identique. C’est le même os.

Exactement le même.

Et tout le monde fait semblant de s’extasier en criant waouh, le beau nonos tout neuf !

L’os à ronger c’est la liste noire des paradis fiscaux…. 

Hahahahahahahaha, mes amis, la liste noire, hahahahahahaha, je m’en étouffe de rire, ohouhouhohouououh arrêtez cela tout de suite, j’ai mal aux côtes et les crampes assaillent mes zygomatiques.

Vous allez me dire, Charles cessez de faire l’esprit chafouin.

Je vous dirais, non, jamais, la “chafouinerie” est un art de vivre de même que l’insolence. Un art exquis d’ailleurs et franchouillard (c’était pour la rime en “ar”).

Bref, comme personne ne va me croire, revenons sur ces mensonges hallucinants que personne ne dénonce en image.

Voici la capture d’écran d’un article en date du 5 décembre 2017, c’est-à-dire avant-hier…

Moscovici espère une liste noire des paradis fiscaux. Célébrons cette avancée mes amis !

Bon, en 2009, déjà, on avait mis en place plein de listes noires, blanches et même grises concernant les paradis fiscaux contre lesquels il est très important de faire semblant de lutter. Comme personne ne dit rien et que tout le monde fait semblant d’y croire, tout va donc très bien dans le meilleur des mondes.

Mais il faut savoir quand même qu’en 2012, la France virait tous les pays inscrits sur sa liste noire des paradis fiscaux… histoire de pouvoir continuer à blanchir tranquillement puisque tout le monde avait la tête tournée ailleurs !

Mais comme nous vivons en “Absurdie”, ce n’est pas bien grave. Tenez d’ailleurs les articles que nous trouvions en 2015, oui 2015 il y a deux ans, avec d’ailleurs le même Moscovici dont on se demande du coup ce qu’il a fait en deux ans…

Résumons donc avec ces deux articles côte à côte pour plus de cruauté !!!

Conclusion : on ne se fiche pas seulement de vous. On vous prend ostensiblement pour des cons décérébrés et sans mémoire.

On prend les citoyens pour des crétins dont on fait ce que l’on veut grâce à une maîtrise jamais atteinte, aussi bien des canaux de communication que des techniques de manipulation.

À ce niveau, c’est du grand art, et dans le rôle du benêt de service désigné pour faire le pitre, notre Moscovici est un maître.

La première technique de résistance intellectuelle, c’est la mémoire.

Charles SANNAT

https://insolentiae.com/comment-on-se-fiche-de-vous-la-preuve-en-image-par-les-paradis-fiscaux-ledito-de-charles-sannat/

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Quand l’île d’Oléron se déchire autour de l’arrivée d’un McDonald’s…

Unee publication proposée par S.R. (UPR 87)

Comment se fait-il qu’un maire qui a été élu démocratiquement, ne puisse pas décider de ce qui doit se faire ou pas sur sa commune, et doive rendre des comptes au tribunal administratif saisi par un géant américain ?

ACT OLERON

Voici un aperçu de ce qui nous attend à cause de tous ces politiques à la botte de l’UE, qui travaillent pour le capital et pas pour le pays.. Bon courage au maire Dolus d’Oléron, ce n’est pas gagné..

Le géant américain de la restauration rapide se heurte depuis 2014 à l’opposition farouche du maire de Dolus d’Oléron de voir arriver un fast-food sur sa commune. Débouté devant le tribunal administratif, l’édile doit maintenant faire face aux pro-McDo.

Pas un restaurant d’ouvert. Lundi 27 novembre, le centre de la petite commune de Dolus d’Oléron a des allures de ville morte. Pour le visiteur qui souhaite déjeuner, il faut se rabattre sur un sandwich froid de l’Intermarché de cette ville de 3 200 habitants. C’est précisément à quelques encablures de l’enseigne de grande distribution que McDonald’s cherche à s’implanter depuis 2014. Le géant américain de la restauration rapide rêve d’y installer le premier McDo d’Oléron. Pour manger un Big Mac, les Oléronais doivent pour le moment prendre le volant direction Marennes, sur le continent, à une vingtaine de minutes de voiture.

Cette absence de concurrence sur l’île aiguise les appétits de la multinationale, car le marché est potentiellement très lucratif : la population de l’île passe de 30 000 personnes en basse saison à 200 000 l’été. Oui, mais voilà, McDonald’s a croisé sur son chemin un obstacle de taille : le maire de Dolus, Grégory Gendre, qui refuse obstinément de délivrer le précieux permis de construire.

« On serait la première île de l’Atlantique à accueillir un McDo »

« Pourquoi il va pas à l’île de Ré ? » Attablée, mardi 28 novembre, dans un café du centre de Dolus, Lili vient d’interrompre Donato, le gérant du lieu, qui explique depuis quelques minutes que « non, ça ne le dérange pas du tout » de voir McDonald’s s’installer sur l’île. Mais Lili, elle, ça ne lui plaît pas. Avec son amie Antoinette, cette retraitée n’a pas du tout envie de voir débarquer la célèbre enseigne américaine. « On n’en a pas besoin sur l’île », assure-t-elle. « Pour manger des frites congelées, franchement, c’est pas la peine, je peux faire ça chez moi », renchérit Antoinette. Toutes les deux soutiennent le maire, Grégory Gendre, dans son combat contre McDonald’s

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Ancien journaliste économique, ex-militant de Greenpeace, fondateur de l’association « Roule ma frite » qui recycle l’huile de friture des restaurateurs ou des cantines scolaires, il se sait « marqué au fer vert ». L’élu de 39 ans mène une campagne active contre le McDo.

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Grégory Gendre a déjà pris trois arrêtés de refus de permis de construire du McDo en mai 2014, juste après son élection, puis en avril 2015 et en août 2016. « Le programme sur lequel on a été élus et sur lesquels les gens ont voté, c’est de soutenir une agriculture durable et des circuits courts, explique Grégory Gendre. Les fonds d’investissement détenteurs de McDo font un métier d’investisseurs et aujourd’hui, on ne peut pas cautionner ce modèle. »

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Grégory Gendre assure pouvoir compter sur le soutien de ses administrés et brandit pour cela une consultation organisée en 2015, où 97 personnes sur 137 s’étaient prononcées contre le McDo. « C’est de la malbouffe, on n’en a pas besoin ici », lâche Cédric, infirmier libéral, l’un des opposants croisés dans les rues de Dolus.

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Un projet accidentogène ? 

Mais, devant le tribunal, Grégory Gendre n’a pas pu faire valoir ses seules convictions. Pour empêcher le géant du fast-food de s’installer, il a donc soulevé la question de la circulation qu’engendrerait un McDonald’s. « On a pris les chiffres de McDo, c’est 100 à 120 véhicules par jour, ça ne rentre pas. Déjà l’été, c’est un bordel sans nom », dit-il. Son équipe a même réalisé une vidéo pour prouver le caractère accidentogène du projet.

Vidéo

« C’est un faux argument, cette histoire de parking, il y a largement assez de places, balaye le propriétaire du terrain, Philippe Villa, ancien candidat aux municipales. Dans un permis de construire, l’idéologie n’a pas sa place »*. L’homme est un peu le porte-parole officieux de la firme américaine, qui refuse de s’exprimer sur le sujet, et avec laquelle il a « re-signé une convention de location pour trois ans ».

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Lire l’article complet de Margaux Duguet

Source FranceTvInfo

https://lesmoutonsenrages.fr/2017/12/05/quand-lile-doleron-se-dechire-autour-de-larrivee-dun-mcdonalds/#more-108400

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*Pour certains, l'"idéologie", c'est toute pensée qui met en cause la voracité insatiable des multinationales...et au passage leur intérêt personnel, bien sûr.    P.G.

lundi 4 décembre 2017

Délocalisations : les salariés de Castorama et Brico Dépôt nouvelles victimes de l’Union Européenne

Dans un département du Nord déjà ravagé par le après les délocalisations massives de l’industrie textile puis de l’automobile, c’est désormais les travailleurs des services qui sont victimes de l’, de ses délocalisations et de son .

ACT UE DUMPING

Ainsi plus de 750 emplois sont menacés au sein des magasins de bricolage biens connus Castorama et Brico Dépôt, dont plus de 250 au niveau de son siège de Templemars dans la banlieue lilloise. C’est que le groupe Kingfisher propriétaire des magasins a décidé de délocaliser ses services centraux à Cracovie en .

Au millieu de dizaines de délocalisations frappant chaque jour l’industrie en France, si celle-ci fait tant parler c’est aussi parceque que pour la première fois une massive concerne des cols blancs.

30 millions d’euros de CICE donnés par Macron au patron, 750 emplois supprimés

Les salariés du groupe expliquent clairement la situation :

 «C’est du dumping social, le groupe affiche sans vergogne sa volonté de faire des économies de main-d’œuvre» explique à la rédaction de Libération Jean-Paul Gathier, syndicaliste FO.
Plus de 500 emplois d’experts comptables et de contrôleurs de gestion son menacés à Castorama, et 250 pour l’enseigne sœur Brico Dépôt.
Le travailleurs se fera désormais en Pologne, à Cracovie pour permettre de gonfler les profits des capitalistes propriétaires du groupe en profitant des salaires bien moins élevés.
Le SMIC en France est de 1480 €, il est de 473 € en Pologne. en délocalisant 750 emplois, c’est 9 millions d’euros chaque années dans les coffres du patron de Castorama / Brico Dépôt !
Faut il rappeler que chaque année, avec le CICE (crédit d’impôts compétitivité emplois) censé permettre en faisant rembourser par les travailleurs de France une partie du salaire que devrait payer les patrons à leurs salariés, une invention de Hollande/Macron lors du dernier quinquenat, c’est 30 millions d’euros dont Macron a directement fait cadeau aux patrons de Castorama / Bricot Dépôt.
Soit disant cette diminution des salaires devait permettre de créer un million d’emplois d’après le MEDEF. Le chômage a continué d’augmenter. Le scandale Castorama vient ici confirmer ce que dénoncer les communistes du PRCF avant même que le CICE ne soit mis en place (lire ici) : il ne s’agit que d’un énorme cadeau payé par les travailleurs fait aux ultra riches !

Euro Délocalisations : chantage et méthodes de voyou légalisés par la Loi Travail

C’est par une vidéo que la directrice générale du groupe Véronique Laury a courageusement osé annoncer que “pour maintenir la compétitivé de Kingfisher, elle voulait réduire les couts. Traduction, pour que les actionnaires puissent recevoir encore plus de dividendes, la direction de Kingfisher a décidé de mettre sur la paille des centaines de travailleurs et de réduire les salaires versés à ceux restants.

Car faut il préciser que cette charrette de licenciement intervient non pas à cause de difficultés économiques puisque le groupe est largement bénéficiaire. Au troisième 2017, le chiffre d’affaire du groupe était en hausse de 3% . Le groupe a versé un dividende de 10,4 £ par action sur l’exercice 2016-2017, soit un retour sur investissement de 3,15% par action ! Et le groupe dégage un bénéfice avant impôt de près de 750 millions de livres en 2017 c’est à dire près de 850 millions d’euros, pour un chiffre d’affaire de 12,7 milliards d’euros. Cela signifie que chacun des 77 000 employés du groupe a en moyenne fait gagner plus de 11 000 € au groupe l’année dernière !

Faut il ici rappeler que cette délocalisation et ces centaines de suppressions d’emplois ne seraient pas possible sans les lois Macron, Loi travail et ordonances Macron ?* Kingfisher est bénéficiaire et n’aurait pas sans ces lois la possibilité de mener ces licenciements massifs.

Une vague de licenciement qui en annoncent d’autres, puisque les syndicats expliquent que pour réduire les coûts et alors que l’ensemble des services supports des deux enseignes seront désormais communs et situés à distance en Pologne, les deux marques Castorama et Brico Dépôt vont sans aucun doute être rapprochées.
JBC pour www.initiative-communiste.fr
https://www.initiative-communiste.fr/articles/europe-capital/delocalisations-salaries-de-castorama-brico-depot-nouvelles-victimes-de-lunion-europeenne/?ct=t(RSS_EMAIL_CAMPAIGN)

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*"Faut il ici rappeler que cette délocalisation et ces centaines de suppressions d’emplois ne seraient pas possibles sans les lois Macron, Loi travail et ordonances Macron ?": en fait, une stricte application des GOPE (grandes orientations de politique économique) dans le cadre de l'article 121 du TFUE, et une mise en oeuvre de l'article 63 du TFUE interdisant toute restriction à la liberté de circulation des mouvements de capitaux. Macron n'est qu'un lampiste...
P.G.

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dimanche 3 décembre 2017

Alstom : le dépeçage se confirme

L’Allemand Siemens va mettre la main sur la branche ferroviaire d’Alstom, après que ce dernier avait déjà été dépouillé de son secteur Energie au profit de General Electric. La « souveraineté européenne » vantée par Emmanuel Macron recouvre ainsi une succession d’abandons industriels et technologiques nationaux, dont Laurent Santoire, responsable CGT chez GE-Alstom, précisait les enjeux dans l’édition de Ruptures du 26 octobre. Compte tenu de l’actualité, nous publions ici désormais cette analyse.

 

ARG RUPTURE ALSTOM

Coup de tonnerre industriel : le 26 septembre, un communiqué du Français Alstom et du géant allemand Siemens annonçait le « rapprochement » entre les deux firmes. En réalité, une prise de contrôle du premier par le géant d’outre-Rhin.

Déjà, après le rachat de sa branche énergie (fabrication de turbines) par le conglomérat américain General Electric (GE) en 2015, l’activité d’Alstom s’était réduite à sa branche ferroviaire.

Le groupe français, qui compta dans ses activités les Chantiers de l’Atlantique, était issu de la Compagnie générale d’électricité (CGE), ex-fleuron industriel et technologique jadis aussi présent dans les télécommunications via Alcatel (vendu au Finlandais Nokia en 2016).

Se profile donc un nouveau démantèlement d’une filière industrielle et technologique nationale, au sein de laquelle avait été développé notamment l’emblématique TGV. Cependant, l’accord ne sera juridiquement effectif que d’ici douze à dix-huit mois.

Plus précisément, le projet prévoit la création d’une entreprise baptisée Siemens-Alstom qui regrouperait l’actuel Alstom (7,3 milliards de chiffre d’affaire, 10 milliards de commandes, 8 500 salariés en France, 3 000 en Allemagne) et la branche ferroviaire de Siemens (7,8 milliards de CA, soit 12 000 salariés outre-Rhin).

Siemens va souscrire à une augmentation de capital d’Alstom qui lui sera réservée, ce qui permettra au géant allemand de détenir 50% des actions de la nouvelle firme, et de faire siéger six administrateurs sur onze au Conseil d’administration.

Mais pour préserver les apparences, l’actuel PDG d’Alstom restera à la tête de l’entreprise pour quatre ans, et le siège central de celle-ci sera en France. Pendant cette même période, des « garanties » sont données en termes de maintien de l’emploi tant en France qu’en Allemagne – mais pas dans les pays tiers où le groupe est également implanté.

Le protocole prévoit également un versement de dividendes exceptionnels pour « consoler » les actionnaires d’Alstom : 8 euros par action, soit un manque à gagner pour la trésorerie de l’entreprise de 1,8 milliard. Pour le groupe Bouygues, actionnaire de référence d’Alstom avec 28,3% des parts, cela représente un pactole de 500 millions d’euros. Plusieurs banques d’affaires ont piloté étroitement l’opération, dont Rothschild pour Alstom.

Lors de la vente d’Alstom Energie à GE en 2015, une clause de l’accord prévoyait la possibilité pour l’Etat français de racheter, à l’échéance d’octobre 2017, une partie des actions détenues par Bouygues et de reprendre ainsi une influence sur l’avenir du groupe français. Bercy n’a pas exercé cette option, ce qui donne implicitement carte blanche à Siemens. Ce renoncement aurait été demandé par Angela Merkel.

Car l’opération a été supervisée au plus haut niveau : par l’Elysée et par la chancellerie allemande. Son annonce a été rendue publique le jour même où Emmanuel Macron prononçait un discours solennel consacré à l’avenir de l’UE, et vantait en particulier l’objectif de « souveraineté européenne » en lieu et place d’une souveraineté nationale qui serait obsolète .

Similitudes

Responsable CGT chez Alstom Power System (GE), Laurent Santoire relève les similitudes entre l’opération avec Siemens et avec General Electric, deux ans plus tôt. A commencer par l’habillage trompeur d’une « alliance entre égaux », alors qu’il s’agit avant tout de servir l’appétit des actionnaires au détriment tant de l’emploi que de la maîtrise industrielle et technologique nationale.

De même, le syndicaliste pointe aujourd’hui ce que valaient les « assurances » données à l’époque. La direction de la firme américaine avait promis de créer 1 000 emplois nets en France au sein de trois co-entreprises lancées en commun par GE et Alstom dans des domaines des turbines pour centrales nucléaires, des réseaux, ainsi que des turbines hydro-électriques. Or au 1er janvier 2017, relève Laurent Santoire, le solde est déjà de 400 emplois nets supprimés. Et pourrait bien s’alourdir, n’était-ce un tour de passe-passe : l’intégration des effectifs de certains sous-traitants.

Parmi les points « chauds » actuels figure en particulier la co-entreprise GE-Hydro (turbines pour l’hydro-électricité) dont le site historique de Grenoble est occupé par les salariés contre la menace de 350 licenciements (sur 800).

C’est que les actionnaires du géant américain, pourtant déjà largement profitable, exigent plus de rentabilité, ce qui passe par une vaste restructuration mondiale, dont les co-entreprises créées en 2015 pourraient faire les frais. GE a l’habitude de récupérer ce qui l’intéresse le plus : la maîtrise, les savoir-faire et les brevets (développés en partie grâce à des financements publics). Mais il ergote désormais sur le prix (pourtant fixé dans le contrat de 2015 : 2,5 milliards d’euros) auquel Alstom a la possibilité de lui revendre ses parts d’ici septembre 2018. Une possibilité que le protocole Siemens-Alstom a transformé en obligation, plaçant ainsi les salariés des co-entreprises en victimes collatérales à la merci de la direction américaine du groupe.

« Airbus du ferroviaire » ?

Or, explique le cégétiste, le ferroviaire comme les turbines constituent des filières industrielles nationales essentielles. D’autant que ce ne sont pas les projets d’ampleur qui manquent. La perspective d’équipement des futurs réseaux ferroviaires du « Grand Paris » en est un exemple.

Qu’en est-il, dans ces conditions, de l’« Airbus du ferroviaire » vanté par les promoteurs du projet ? Laurent Santoire conteste formellement cette présentation abusive, d’autant que l’actuel Airbus, rappelle-t-il, a tourné le dos à ce qui présida à sa naissance (fin des années 1960) : un projet industriel à l’initiative d’Etats souverains. L’esprit était de mener des coopérations, non pilotées par la rentabilité, s’appuyant sur des entreprises publiques – en France en tout cas. Un tel montage serait aujourd’hui interdit par la Commission européenne.

Pour Alstom ferroviaire, les partisans de l’absorption par Siemens mettent par ailleurs en avant l’argument de la concurrence chinoise : deux groupes de ce pays ont récemment fusionné pour former un mastodonte mondial (public, donc non soumis aux exigences de rentabilité, tout en bénéficiant d’un marché intérieur géant captif). Cette nouvelle donne imposerait des regroupements européens… En réalité, une telle assertion anticipe et accompagne un contexte où l’on accepte la libre circulation des marchandises et des capitaux, sans aucune autre règle que celle du libre échange mondial.

A l’inverse, pour Laurent Santoire, la priorité devrait être, aujourd’hui, de réintroduire l’Etat dans le jeu. En particulier pour le secteur de l’énergie, ce dernier – et non GE – devrait racheter les actions qu’Alstom détient dans les co-entreprises ; et négocier en mettant en avant l’importance de la commande publique, décisive pour les filières concernées.

Mais cela nécessite de mobiliser les salariés, et, au-delà, de faire intervenir les citoyens dans ces débats cruciaux pour l’avenir du pays, conclut le syndicaliste.

https://ruptures-presse.fr/actu/alstom-ge-depecage-santoire/

Screen-Shot-10-28-17-at-10Cela nécessite aussi que les salariés et l'ensemble des citoyens  mesurent l'importance d'un FREXIT le plus vite possible!

P.G.