samedi 24 février 2018

François Asselineau au Salon de l’agriculture samedi 24 février 2018, en compagnie d’une délégation de l’UPR

François Asselineau, candidat à l’élection présidentielle de 2017 et président de l’Union populaire républicaine (UPR) se rendra au Salon international de l’agriculture le jour de son ouverture, samedi 24 février, à Paris accompagné d’une délégation de militants.

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Sa visite, qui commencera à 10h, sera composée d’un parcours entre différents stands de professionnels de l’agriculture, de rencontres avec des responsables de syndicats agricoles et d’échanges avec des journalistes.

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Les militants de l’UPR effectueront également une distribution de tracts autour du salon, dès 8h30.

Au cours de sa visite, François Asselineau exposera sa vision du « Frexit » pour les agriculteurs, ainsi que les propositions de son programme présidentiel destinées à sauver l’agriculture française.

Il rappellera que, contrairement à ce que veulent faire croire les européistes, les fonds touchés par les agriculteurs dans le cadre de la Politique agricole commune (PAC) sont en réalité l’argent versé par les Français à l’Union européenne (UE) ;

il rappellera que le gouvernement français n’a aucune prise sur les traités commerciaux négociés par l’UE avec d’autres régions du monde, comme le traité CETA ou l’accord avec le Mercosur ;

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il rappellera que le modèle d’agriculture inscrit dans le marbre des traités européens est celui d’une agriculture ultra productiviste qui condamne à terme l’existence même de l’agriculture traditionnelle et familiale française, ainsi que la notion de terroir.

Le programme de François Asselineau sur l’agriculture est à retrouver ici.

https://www.upr.fr/actualite/francois-asselineau-visitera-salon-de-lagriculture-demain-samedi-24-fevrier-compagnie-dune-delegation-de-lupr

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vendredi 23 février 2018

Les agriculteurs exclus des zones défavorisées en colère

Le ministre de l’agriculture, Stéphane Travert, a présenté une nouvelle carte des zones défavorisées, qui ouvrent droit à des aides européennes. Le nombre de paysans aidés augmente, mais les perdants ne décolèrent pas.

Les agriculteurs exclus des zones défavorisées en colère 

C’est une annonce qui a beaucoup fait parler d’elle sur le site de ventes d’occasion Leboncoin. Brice Asensio, maire de Cazalrenoux, dans l’Aude, a décidé d’y proposer son village. « Une belle commune de 13,5 km² », précise l’annonce. Plus étonnant encore, les éleveurs du village, qui compte une centaine d’âmes, font aussi partie du lot à céder, en tant qu’« espèce en voie de disparition, mais non protégée ». Pour l’édile le constat est simple : « Quand les agriculteurs ne seront plus là, on perdra encore des habitants, il n’y aura plus l’école, les commerces fermeront, ce qu’il nous reste de service public aussi. Et là, on sera obligés de vendre pour de bon », résume-t-il.

De l’Aude à l’Aveyron, plusieurs élus ont poussé le même cri que Brice Asensio. Tous craignent que la nouvelle carte des zones défavorisées, rendu publique le 20 février par le ministère de l’agriculture, prive leurs exploitants d’aides financières dont ils bénéficiaient jusque-là. En particulier l’Indemnité compensatoire de handicaps naturels (ICHN), versée à 75 % par l’Union européenne. [avec l'argent des Français, NdR.]

Une carte jugée obsolète

Instaurée en 1976, cette allocation vise à favoriser l’agriculture dans des zones souffrant de contraintes géographiques. Sont concernés les zones de montagne, mais aussi des territoires accidentés ou souffrant de handicaps naturels, appelés zones défavorisées simples (ZDS). Ce sont ces derniers qui sont aujourd’hui redessinés.

Selon l’ancienne carte, près de 53 000 agriculteurs, répartis sur plus de 10 000 communes étaient intégrés à ces ZDS. Mais la carte a fini par être jugée obsolète par les instances communautaires, qui ont imposé à la France un redécoupage.

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Le travail a commencé en 2016 et le ministère de l’agriculture doit rendre sa copie le 1er mars. Le 20 février, une version – encore provisoire – de la nouvelle carte a été présentée, par le ministre, Stéphane Travert. Elle doit servir de « base de travail » pour négocier avec la Commission européenne.

Pour certains c’est le couperet

Selon ce nouveau morcellement, 1 349 communes et 5 200 exploitants sortiraient du zonage, tandis que 3 570 communes et quelque 7 000 exploitants y entreraient. Soit un nombre total de bénéficiaires supérieur.

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Mais pour Brice Asensio, c’est le couperet : la carte confirme que les trois agriculteurs de sa commune ne rentrent plus dans le dispositif. Dans la Piège, petite région à l’ouest de l’Aude, c’est la nature des terres, argileuses et peu profondes, et un relief escarpé qui justifiaient ces aides depuis leur création. « Cette décision n’a rien de rationnel. On nous supprime nos aides alors que nos collines n’ont pas disparu, les cailloux non plus et la terre n’a pas changé », déplore Brice Asensio.

Installé il y a trois ans à la suite d’une reconversion professionnelle, Yvan Teyssandier est l’un des trois éleveurs concernés. Sur ses 30 hectares de terre, 25 sont des collines ou des coteaux qui rendent impossible toute culture.

Pour son élevage de brebis et de cochons en plein air, il a élaboré avec la chambre d’agriculture un plan de développement sur quatre ans, dans lequel les aides – 5 000 € par an – sont intégrées. « On n’a pas le choix, car nos petites fermes ne sont pas rentables, souligne-t-il. Si on les perd, c’est la pérennité même de l’exploitation qui est menacée. »

Dans la ferme voisine, Frédérique Bromet est à la tête d’une exploitation tenue par sa famille depuis trois générations. « Nous avons toujours connu ces aides, précise-t-elle. Si on les perd on sera obligés d’arrêter, car nous travaillons déjà à perte. »

Un accompagnement financier

Pour venir en aide aux exploitants laissés du mauvais côté du nouveau tracé, le ministre de l’agriculture Stéphane Travert a promis un accompagnement financier, avec, « dès 2019, un soutien à hauteur de 80 % de l’aide qu’il recevait, puis de 20 % en 2020 ». Des solutions jugées « insuffisantes » par la FNSEA, le principal syndicat agricole. « Une aberration, pour Brice Asensio : on va compenser d’un côté ce qu’on nous retire de l’autre, ça n’a pas de sens ».

Yvan Teyssandier s’inquiète lui davantage de la pérennité de ces compensations : « combien de temps vont-elles être versées ? Moi je veux penser mon exploitation agricole sur la durée. » le 23 février, avec d’autres exploitants du département, ainsi que plusieurs élus, il prendra un bus de nuit pour se rendre au salon de l’agriculture, où, depuis le stand Occitanie, il compte bien se faire entendre auprès du président de la République.

Quentin Bas Lorant
https://www.la-croix.com/Economie/France/agriculteurs-exclus-zones-defavorisees-colere-

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vendredi 16 février 2018

Une éleveuse bio poursuivie pour avoir soigné ses brebis par les plantes

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Encore une fois, nous avons la preuve que l'UE se mêle de ce qui ne devrait pas la regarder, qu'elle intervient dans les affaires d'un pays souverain !
Et notre administration a tendance à oublier que les fonds de la PAC ne sont que NOS impôts et non pas l'argent généreusement distribué par l'UE !
L'intérêt de l'agriculture est d'offrir des produits sains tout en permettant aux agriculteurs de vivre dignement et ce n'est pas d'enrichir les multinationales (alimentaires et pharmaceutiques) qui font du lobbying auprès de l'UE.
Cette histoire valide l'existence de l'UPR, la sortie de l'UE s'imposant de plus en plus !  S.R.


Éleveuse bio à Bourdeaux dans la Drôme, Sandrine Lizaga a reçu un "rappel réglementaire" de la préfecture concernant les soins naturels qu'elle offre à ses 60 brebis laitières. Acte jugé non conforme à la réglementation européenne, Sandrine risque de perdre ses primes annuels de la PAC qui la font vivre.

ACT SANDRINE

L'affaire a commencé le 6 août dernier, lorsque deux inspectrices de la Direction Départementale de la Protection des Populations (DDPP) sont venues effectuer un contrôle en vue des aides européennes et des conditions de leurs attributions.

Celles-ci ont été très étonnées en découvrant une pharmacie uniquement composée de tubes d'huiles essentielles et de granulés d'homéopathie. Sandrine raconte : "l'inspectrice ne savait pas ce qu'était un tube de granules, elle m'a demandé comment je faisais, je pensais que tout le monde connaissait l'arnica (plante vivace couramment utilisée sous forme de crème ou de pommade pour traiter différentes affections bénignes d'origine inflammatoire - ndlr)".

Suite à cette visite, l'éleveuse a reçu un courrier début septembre du directeur de la DDPP :

"ce contrôle a mis en évidence plusieurs non-conformités à la réglementation auxquelles je vous demande d'apporter les mesures correctives. L'utilisation d'homéopathie et d'huiles essentielles à des fins thérapeutiques sont soumises à prescription après examen des animaux par un vétérinaire".

Installée à la ferme du Serre depuis bientôt 4 ans, cette mère de deux enfants ne savait pas si elle allait être pénalisée. Dans la lettre, la DDPP indique qu'elle risque une réduction de ses primes de Politique Agricole Commune. Ces aides représentent actuellement 40% de son chiffre d'affaire, l'équivalent du salaire qu'elle se verse. L'éleveuse craignait également d'autres sanctions comme l'interdiction de commercialiser ou la saisie de ses animaux.

C'est alors qu'elle décida d'alerter ses collèges et la confédération paysanne. Cet effort a payé, amenant un second rendez-vous et un nouveau courrier dans lequel l'administration admet que les médicaments homéopathiques ne sont pas soumis aux prescriptions d'un vétérinaire, par contre, les huiles essentielles et les plantes le sont. Ces dernières devant faire l'objet d'une autorisation de mise sur le marché garantissant leur innocence.

L'éleveuse se défend :

"mais si je vais ramasser de la prêle ou de l'ortie, des plantes minéralisantes pour mes bêtes, c'est interdit. Je ne joue pas à l'apprentie sorcière, je sais que les huiles essentielles ne sont pas anodines, j'ai suivi plusieurs formations avec des pharmaciens et des vétérinaires".

Pour se mettre en conformité avec la loi, Sandrine Lizaga va devoir demander une ordonnance à sa vétérinaire, ce qu'elle trouve "totalement hypocrite".

Les consommateurs, comme le gouvernement, plaident pour une baisse de l'usage des antibiotiques sur les animaux d'élevage. Encore une fois, on constate que la réglementation dans l'utilisation de méthodes alternatives est parsemé d'embûches. "Les solutions alternatives permettent de gérer 75% des maladies des troupeaux" affirme Philippe Labre, vétérinaire-formateur, considéré comme le grand spécialiste des médecines naturelles en élevage en France. (...)

https://fr.sott.net/article/31864-Une-eleveuse-bio-poursuivie-pour-avoir-soigne-ses-brebis-par-les-plantes

Voir aussi:

Soins aux plantes : une éleveuse de brebis bio rappelée à l’ordre

Une éleveuse de brebis bio installée à Bourdeaux (Drôme provençale) s’est vue reprocher d’utiliser des médicaments à base de plantes pour soigner ses animaux sans ordonnance vétérinaire. La Confédération paysanne appelle à la résistance.

(...)

« Une absurdité et une hypocrisie »

Cette jeune éleveuse installée depuis trois ans à son compte a décidé depuis d’alerter le syndicat auquel elle adhère, la Confédération paysanne, et les éleveurs locaux contre ce qu’elle considère comme une « absurdité » et une « hypocrisie » à une époque où justement pouvoirs publics comme consommateurs appellent à une réduction de l’usage des antibiotiques face à une antibiorésistance qui inquiète.

« Les services de la DDPP se sont quand même rétractés un mois plus tard sur les granulés homéopathiques, qui sont bien autorisés sans ordonnance vétérinaire, contrairement à ce qui m’avait d’abord été affirmé », précise-elle. Seules sont concernées les huiles essentielles, selon le second courrier qu’elle a donc reçu.

« C’est absurde : il y a des plantes que les brebis vont d’elles-même consommer dans la nature comme des fougères, des prêles et des buis qui ont des vertus médicinales. Et je ne vais pas non plus appeler un vétérinaire pour désinfecter le cordon ombilical d’un agneau avec de l’huile essentielle de lavande ou pour donner une infusion de thym contre un rhume ! ! », s’indigne-t-elle. Ces connaissances ancestrales des plantes sont utilisées depuis des siècles pour soigner et prévenir des maladies, rappelle-t-elle.

Bien sûr, tout ce qui est naturel n’est pas forcément bon, Sandrine Lizaga le sait. Les huiles essentielles sont à manier avec précaution. « J’ai d’ailleurs suivi des formations financées par la chambre d’agriculture. Mais ce que nous recherchons avant tout pour proposer des produits de qualité aux consomateurs, c’est d’avoir à soigner le moins possible nos bêtes. C’est donc aussi au quotidien qu’on fait attention par exemple, à avoir une bonne ventilation et un bon état de la bergerie… et les brebis ont été au préalable sélectionnées pour leur résistance physique et physiologique ».

Jean-Louis Meurot, co-responsable de la commission sanitaire nationale de la Confédération paysanne, qui y voit une atteinte à la liberté des éleveurs veut rappeler qu’un éleveur « n’est pas seulement apte à préparer l’alimentation de son troupeau mais il est capable de soigner les principales maladies», défend-il. Et cet éleveur drômois d’accuser la pression du lobby de l’industrie pharmaceutique, dans les récentes mises à jour des règlementations européennes toujours plus contraignantes quant à l’usage des plantes.

« Je n’ai eu aucune pénalité financière suite à ce contrôle, c’est sûr, mais il est important de se battre contre ces règlementations », défend Sandrine Lizaga.

La Confédération paysanne, syndicat agricole minoritaire, veut alerter aussi sur des contradictions d’un département à l’autre en France , entre aussi ce qui est autorisé comme “soin” ou comme “aliment”, ou encore entre ce qui est autorisé pour l’homme mais pas pour l’animal…

Une soirée d’information et de débat à destination des agriculteurs et du grand public devrait être organisée en avril prochain, avec divers intervenants. Dont certainement des petits producteurs locaux d’huiles essentielles notamment de lavande qui voient d’un mauvais œil que l’Europe assimile leur huile à un produit chimique.

Ce sont plusieurs règlementations allant dans le sens d’ une restriction toujours plus de l’usage des plantes que les éleveurs et la confédération paysanne pointent du doigt :- la Directive REACH de 2007 qui met les huiles essentielles au même niveau que des produits chimiques toxiques - le règlement UE 230-2013 de mars 2013 qui a retiré du marché plusieurs centaines d’extraits aromatiques végétaux employés en aliments complémentaires- la note de rappel de l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation) sur le statut juridique du médicament vétérinaire.

http://www.ledauphine.com/drome/2014/01/28/soins-aux-plantes-une-eleveuse-de-brebis-bio-rappelee-a-l-ordre

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mardi 13 février 2018

COLÈRE PAYSANNE À VICHY

Le récent déplacement du président de la république dans le Puy-de-Dôme et le cirque réglé comme du papier musique à Saint-Genès-Champanelle a laissé sceptiques les agriculteurs auvergnats, du —moins ceux de l’Allier.

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L’allocution qu’il a prononcée relève du double discours, selon les instances syndicales bourbonnaises. (1) Prôner une agriculture haut de gamme d’une part et négocier, via l’UE, le libre échange avec les pays du Mercosur (2) d’autre part, voilà qui ne passe pas. Une fois de plus, le feu couve dans le monde agricole.

Les contingents de viandes bovines et porcines, de poulets brésiliens, de sucre et d’éthanol qui vont déferler sur les pays membres de l’UE ne sont pas soumis aux contraintes sanitaires et environnementales qui caractérisent la production française. Cela ne dérange pas le Luxembourg ou les pays baltes, mais en France c’est une autre affaire. « Comment peut-on promouvoir l’engagement dans la transition écologique, une sécurité sanitaire irréprochable et, en même temps, autoriser des importations de production dont les méthodes de production sont interdites », interroge Gilles Cabard, le président de la FNSEA 03. (1)

Mercredi 7 février, Vichy fut envahie par une cohorte de tracteurs et d’engins agricoles, bloquant deux voies principales de la cité thermale ainsi que le centre-ville. Agriculteurs et éleveurs sont venus y manifester leur colère après l’avoir fait la veille devant la préfecture à Moulins.

Un Instantané :
— Bonjour Messieurs, pourquoi êtes-vous venus manifester ?
— Bonjour (air exaspéré). À cause de tout. L’Etat, le CETA, le Mercosur. Vous êtes au courant ?
— Oui, j’ai une idée sur la question. Vous voyez mon badge, qu’est-il marqué dessus ?
— Frexit.
— Vous savez ce que ça veut dire ?
— Oui, comme pour les Anglais.
— Oh, très bien ! Vous savez que l’Etat et le gouvernement dont vous vous plaignez ne font qu’obéir aux ordres de Bruxelles, qu’ils n’ont plus aucun pouvoir ? (Sourires). Il n’y a pas d’autre moyen de redresser la situation que de se dégager de ce binz.
Sourires, hochement de tête.
— Au revoir messieurs, je suis solidaire avec vous.
— Merci, Au revoir…
Poignée de main.

La scène s’est produite plusieurs fois, avec des variantes, le long de la rue Jean-Jaurès puis au carrefour des Quatre chemins et, pour finir, autour d’un apéro dans un bistrot en compagnie de jeunes éleveurs.

L’UPR-Allier renouvelle ici toute sa solidarité avec les agriculteurs bourbonnais.

(1) La Montagne, 8 février 2018
(2) Marché commun du sud, qui regroupe plusieurs pays de l’Amérique du sud, dont l’Argentine, le Brésil et le Venezuela, et auquel sont associés d’autres pays de la même zone géographique, la Bolivie, l’Equateur et le Chili entre autres.

vendredi 9 février 2018

Transition écologique : le député de la Creuse Jean-Baptiste Moreau veut convaincre les agriculteurs

Une séquence de forte exposition a débuté pour le député LREM de la Creuse : il jouera un rôle clé dans l’adoption de la loi sur l’alimentation. Jean-Baptiste Moreau s’impose plus que jamais comme une charnière incontournable entre l’action gouvernementale et le monde agricole.

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En ce moment, il est partout. Jean-Baptiste Moreau, éleveur à Aulon et député La République en marche de la Creuse est très sollicité par les médias nationaux. Ce mercredi, il a été désigné officiellement comme rapporteur de la loi sur l’alimentation.

Serez-vous celui qui parviendra à rallier les agriculteurs à la nécessité de la transition écologique ?

Je peux assumer aussi ce rôle. La place de l’agriculture française sera toujours sur les créneaux de qualité et pas du tout dans la production de masse.

C’est l’esprit du discours du président Macron à Clermont-Ferrand la semaine dernière….

Je ne sais pas si c’est lui ou moi qui l’a inspiré à l’autre (rires), mais on est d’accord. Avec le ministre de l’Environnement Nicolas Hulot, ça se passe très bien, c’est quelqu’un de pragmatique, qui est à l’écoute. Comme mes collègues agriculteurs, j’avais des appréhensions avant de le rencontrer. Il sait ce que sont des contraintes économiques et des contraintes sociétales.

La profession agricole est-elle mûre pour accepter ce basculement vers un autre modèle ?

Il faut y aller, on voit bien que le système actuel ne convient pas. Si les agriculteurs grincent encore un peu des dents, ils ont conscience qu’il n’y a plus d’acceptation au niveau de la société sur certains produits phytosanitaires. On peut continuer à hurler mais, au final, ça nous dessert.

Vous êtes donc favorable à l’interdiction du glyphosate ?

Je ne sais pas personnellement si le glyphosate est dangereux ou pas. Ce qui est sûr, c’est que médiatiquement, la bataille est perdue. Il faut qu’on mette en place des conditions qui permettent de nous passer du glyphosate. C’est un message qui est plus difficile à faire passer chez les céréaliers. Le rapport de l’INRA montre que dans 90 % des cas on peut se passer de ce produit. Il reste 10 %, c’est-à-dire les non-labours et l’agriculture de conservation des sols, là on est dans une impasse technique. On a trois ans pour trouver une solution alternative, mais on ne va pas interdire ces techniques agro-écologiques.

Comment envisagez-vous votre rôle de rapporteur de la loi sur l’alimentation ?

Je vais négocier avec le ministère de l’agriculture et le ministre, les amendements, les modifications proposées par les parlementaires. Je n’ai aucun souci avec le fond de ce projet, je pense qu’on peut l’enrichir dans l’axe de la transition écologique. C’est le travail du législateur d’améliorer les textes de lois tels qu’ils sont présentés par le Gouvernement. Par exemple, on peut éclaircir les procédures à mettre en place autour de la méthanisation.

Les conditions d'abattage du bétail sont bien abordées dans ce texte ?

Oui, il y avait une commission d'enquête sur le sujet lors de la précédente mandature, présidée par Olivier Falorni. Son rapport mentionnait qu'il fallait installer des webcams dans les abattoirs. Proposition qui n'a pas été retenue dans le projet de loi mais qui, je pense, devra être intégrée afin de rassurer le consommateur.

Dans ce projet de loi, qu’est-ce qui vous semble le plus important ?


C’est clairement de ramener de la valeur dans les exploitations agricoles, de permettre aux agriculteurs de vivre de leur production. C’est le cœur du modèle, avec en parallèle l’évolution vers une agriculture plus respectueuse de l’environnement. Et ce changement de modèle est vertueux car il va permettre aux agriculteurs de mieux vivre de leurs productions et pas seulement des aides.

Cette loi promet aussi une alimentation de meilleure qualité. Qui va payer le surcoût ?

Il ne faut plus dire : l’alimentation ça ne coûte rien. La part de l’alimentation dans le budget des ménages a considérablement baissé ces dernières décennies. C'est bien, c’était le but de la politique agricole commune mais on ne peut pas descendre en dessous d’un certain prix. Il faut que le consommateur mette en cohérence ses actes d’achat avec ses demandes. Il veut des produits qui respectent l’environnement, plus naturels et donc qu’il paye le juste prix des coûts de production supérieur. Il faut aussi agir sur la marge de la grande distribution.

Ce projet de loi va-t-il assez loin notamment sur les contraintes qui pèseront sur la grande distribution ?

Ceux qui le critiquent vont pouvoir l’amender et ce sera ensuite à moi de négocier avec le ministère s’il y a des propositions intéressantes à reprendre. Je vais être ouvert aux idées de l’opposition comme de la majorité. Ça ira de toute façon un peu plus loin que le projet présenté la semaine dernière en conseil des ministres. 

Recueilli par Julien Rapegno

https://www.lepopulaire.fr

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Bel exemple de langue de bois politicarde !
Il ne mérite pas sa place de député et il devrait démissionner ! Voir sa honteuse réponse à la question "Cette loi promet aussi une alimentation de meilleure qualité. Qui va payer le surcoût ?"
A aucun moment il ne parle des intermédiaires entre l'agriculteur et la grande distribution !!! Et dire qu'il est Limousin !!
Et si on sortait de l'UE, on pourrait mieux rémunérer les agriculteurs ! Il n'y a pas pensé ?  S.R.

vendredi 15 septembre 2017

La PAC et l’endettement des agriculteurs-trices : Quelles politiques alternatives ?

Depuis 1980, la Belgique a perdu 63 % de ses fermes, principalement des petites fermes de moins de 5 ha. Ces chiffres reflètent une lourde tendance à la disparition des petits agriculteurs-trices et à une concentration foncière grandissante aux mains de grandes exploitations agro-industrielles. Le résultat d’une situation où politiques publiques et endettement ont été utilisés comme armes politiques pour orienter tout le système agricole.


 

ARG AGRICULTURE PAC UELe malaise qui pèse sur le monde paysan a rarement été aussi fort : baisse tendancielle et volatilité des prix des matières premières agricoles, non-valorisation des fonctions sociales du métier d’agriculteur-trice, lourdeurs administratives pour la gestion des subsides, endettement de plus en plus important, etc. On constate également un phénomène extrêmement inquiétant de vieillissement de la population agricole : moins de 5 % des fermiers ont moins de 35 ans et 65 % de ceux-ci se verront pensionnés dans les 10 années à venir, dont la majorité sans repreneur-euse.

L’isolement et la marginalisation des agriculteurs-trices s’accompagnent de taux inquiétants de suicide, particulièrement chez les petits producteurs (en France, un agriculteur se suicide tout les deux jours). Cette situation ne constitue pas seulement une violation des droits fondamentaux des paysans mais constitue aussi une menace croissante pour le droit à l’alimentation de l’ensemble des citoyen-nes belges.


A l’origine : la Politique agricole commune

Depuis l’après-guerre, les politiques agricoles européennes, au premier rang desquelles la Politique agricole commune (PAC), ont considérablement transformé l’agriculture en favorisant l’agrandissement, la concentration et l’industrialisation des exploitations. La PAC a été mise en place en 1962 au niveau de l’Union européenne avec l’objectif d’accroître la productivité de l’agriculture, d’assurer un niveau de vie équitable à la population agricole, de stabiliser les marchés, de garantir la sécurité des approvisionnements, d’assurer des prix raisonnables aux consommateurs. Elle a relativement bien rempli son rôle jusqu’au début des années 1980 grâce à la protection des marchés européens et en garantissant un prix d’achat aux producteurs-trices. Suite à une crise de surproduction et à de nombreuses critiques qui ont vu le jour, la PAC a connu plusieurs réformes. En 1992, elle a été orientée sur la production pour les marchés mondialisés en donnant la priorité à l’importation/exportation et à la dérégulation des marchés agricoles. Le budget de la PAC est alors réduit et le prix garanti aux producteurs-trices est diminué. Cette diminution a été compensée par des aides directes, proportionnelles à la taille des exploitations.

La PAC est depuis réformée tous les 6 ans mais reste constamment critiquée pour ses aides à l’exportation (distorsion de concurrence) et ses aides favorisant les grosses exploitations. La dernière réforme couvre la période 2014-2020. Il est prévu que 34,9 % du budget de l’UE soit consacré à la PAC en 2020 (actuellement de 37,8 %). Bien que la PAC ait été un outil important pour le secteur agricole en permettant à un certain nombre de fermes de se maintenir à flot, le monde agricole en paie aujourd’hui le prix fort.


Un endettement presque inévitable

La logique d’augmentation de la production soutenue par la PAC a amené les fermes à s’agrandir. Les aides directes, liées à la superficie exploitée, ont provoqué une course à l’hectare (et donc aux primes). Alors que le nombre de fermes ne cesse de diminuer, la SAU (superficie agricole utile) par exploitation fait l’inverse, avec comme corollaire une forte augmentation du prix du foncier. Ainsi aujourd’hui, en Belgique, les 50 % des plus petits agriculteurs-trices ne perçoivent que 12 % des subventions de la PAC, alors que seulement 5 % des plus grands agriculteurs-trices accaparent près d’un quart des subventions. Au niveau européen, c’est 80 % des subventions qui vont à moins de 20 % des agriculteurs.

Pour faire face à cet impératif de production, la majorité des agriculteurs-trices ont dû opter pour la mécanisation et l’industrialisation de leurs exploitations Pour les 36 913 fermes présentes sur le territoire belge en 2016, on ne dénombre pas moins de 186 334 tracteurs !

L’accès à la terre de plus en plus coûteux et l’alourdissement des équipements agricoles a contraint le monde agricole à s’endetter. La ferme, devenue au fur et à mesure des années une exploitation agricole, nécessite désormais des capitaux importants lors de son acquisition et de son fonctionnement. L’endettement est ainsi devenu quasi obligatoire lors d’une installation.

La prochaine PAC devra être équitable, durable et locale afin de protéger les agriculteurs et les consommateurs !

Bien que la ferme familiale soit encore monnaie courante en Belgique, elle se mécanise sans cesse. La pression du remboursement de la dette conjuguée à la concurrence internationale et la logique du marché créent un cercle vicieux. La plus-value est captée par les banques ou des groupes agro-industriels et les exploitations agricoles sont prises dans l’engrenage. Pour rembourser et survivre, il faut produire encore plus, en accentuant le choix d’une agriculture de plus en plus productiviste.


Une transition impossible ?

Dans ces conditions, la transition vers une agriculture locale, socialement juste et verte est difficile à envisager*. Le combat est largement déséquilibré du point de vue économique entre l’agriculture paysanne et l’agriculture industrielle largement favorisée par les aides de la PAC. De plus, l’agriculture industrielle repose sur des pratiques destructrices pour l’environnement (pollution des sol, des sous-sols, de l’eau) et la santé qui ne sont pas prises en compte dans le prix, mais qui ont néanmoins un coût réel pour la société. Mais si l’agriculture paysanne ne peut pas compter sur des politiques publiques permettant de soutenir ses modes de productions durables, elle risque de continuer à perdre du terrain face à l’agro-industrie et son monde. Or il s’agit du modèle de ferme le plus durable qui crée de loin le plus d’emplois à l’hectare. C’est un enjeu majeur pour l’avenir de l’agriculture en Belgique et en Europe.

Les politiques doivent en prendre conscience et favoriser une agriculture locale, socialement juste et verte. La prochaine réforme de la PAC pour 2020-2026 est une opportunité pour répondre à ces enjeux majeurs. La mise en place d’un revenu compensatoire déterminé sur base de la main-d’oeuvre et non des hectares permettrait par exemple de favoriser la reprise et l’installation de nouveaux agriculteurs-trices (issu-es du milieu agricole ou non) et réduirait la spéculation foncière. Approfondir le soutien aux projets de diversification agricole en permettant simplement de réduire les coûts en utilisant du matériel d’occasion permettrait au secteur d’assurer une meilleure rentabilité. S’assurer que les aides ne s’adressent qu’aux agriculteurs-trices actif-ves portant des projets agricoles répondant aux besoins de la société garantirait un modèle agricole durable. L’avenir de l’agriculture en Belgique dépendra de la politique qui sera menée dans les prochaines années : avoir une agriculture rémunératrice incitera les jeunes à vouloir s’investir en agriculture ! Avoir une agriculture respectueuse de l’environnement incitera les consommateurs à acheter local ! La prochaine PAC devra être équitable, durable et locale afin de protéger les agriculteurs de la concurrence extérieure (ex : CETA, TTIP…) et les consommateurs !

Il y a fort à parier que les propositions de réforme de la Commission européenne ne seront pas en faveur de ces principes et que l’UE restera sourde aux recommandations internationales qui prônent une transition urgente vers l’agroécologie, avec des modèles de production durables, résilients et respectueux du droit à l’alimentation des citoyens*.

Les prochaines années vont donc être essentielles pour la société civile et les mouvements paysans pour revendiquer une autre politique agricole et alimentaire commune, qui rompe avec la logique actuelle d’un modèle agricole concurrentiel intégré dans un commerce international toujours plus libéralisé*.


Cet article est extrait du magazine du CADTM : Les Autres Voix de la Planète

Source: CADTM

http://www.investigaction.net/fr/la-pac-et-lendettement-des-agriculteurs-trices-quelles-politiques-alternatives/


 *Les prochaines années vont donc être essentielles pour la société civile et les mouvements paysans pour revendiquer une autre politique agricole et alimentaire commune, qui rompe avec la logique actuelle d’un modèle agricole concurrentiel intégré dans un commerce international toujours plus libéralisé.

Dans le cadre d'une "autre Europe"? Comme le souligne très bien l'auteur:

Il y a fort à parier que les propositions de réforme de la Commission européenne ne seront pas en faveur de ces principes et que l’UE restera sourde aux recommandations internationales qui prônent une transition urgente vers l’agroécologie, avec des modèles de production durables, résilients et respectueux du droit à l’alimentation des citoyens.

Alors, un peu d'audace: il faut sortir de l'UE, et vite! Il y a encore trop de gens, en Belgique comme en France, qui comprennent que l'UE n'est pas réformable, qui mènent des analyses lucides comme en témoigne cet article, mais qui n'ont pas le courage de franchir le pas, par idéologie ou par intérêt politicien à court terme. J'en profite pour saluer les nombreux sympathisants de l'UPR en Belgique.

P.G.