jeudi 7 décembre 2017

EDF perd 100 000 clients par mois depuis 6 mois

C’est une dépêche Reuters qui nous apprend que “les opérateurs alternatifs d’électricité accélèrent depuis six mois leurs gains de part de marché en France.

ACT EDF SERVICE PUBLIC

EDF perd en moyenne 100 000 clients par mois, c'est le dernier bilan de l’ouverture des marchés de détail de l’énergie que la Commission de régulation de l’énergie (CRE)”.

Les fournisseurs alternatifs représentent une part de marché qui atteint désormais 17 %.

On peut s’en féliciter sur l’autel de la libre concurrence ou s’en agacer comme moi, car l’énergie a un coût, et son acheminement nécessite des infrastructures tellement coûteuses qu’en réalité, aucune entreprise, et pas même EDF, ne peut vendre de l’énergie à un prix où l’on peut se la payer.

La réalité, c’est que sans l’intervention des États, il n’y a pas d’infrastructures viables financièrement. Nous sommes donc simplement en train de privatiser les gains en attendant de devoir socialiser les pertes.

C’est d’ailleurs exactement le cas avec EDF et le démantèlement des centrales nucléaires. Personne ne sait par quel bout prendre les problèmes aussi bien techniques que financiers que pose la fin de nos centrales.

Cette histoire d’ouverture à la concurrence du marché de l’énergie est une vaste fumisterie économique, doublée d’une bouffonnade politique et se terminera inévitablement par une Bérézina financière dont nous serons les payeurs et derniers ressorts.

Pathétique.

Charles SANNAT

Source Reuters via Boursorama.com

https://insolentiae.com/edf-perd-100-000-clients-par-mois-depuis-6-mois/

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Et les décérébrés de Français qui partent à la concurrence en se réjouissant du gain qu'ils obtiennent mais en oubliant que l'électricité est produite par EDF, que c'est un service public qu'un jour, proche probablement, ils devront payer pour la tombe qu'ils sont en train de creuser !
Et tout ça, "grâce" à l'UE !!!   S.R.

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samedi 7 octobre 2017

Brexit : Quand ceux qui ont tout à perdre négocient avec ceux qui n’ont rien à gagner…

Les négociations sur le Brexit continuent et bien entendu la presse française continue à faire preuve de la remarquable objectivité dont elle est coutumière.

ARG BREXIT NEGOCIATIONSTout français qui chercherait à s’instruire sur le sujet en lisant les journaux de notre pays est en fait aussi bien informé qu’un lecteur de la Pravda dans les années 70 sur ce qui se passait alors à Prague, tant les consignes sont suivies avec diligence par ceux qui se disent journalistes. Comme me le disait un ami récemment : « Il y a deux sortes de journalistes en France : ceux qui sont compétents et honnêtes, qui sont au chômage, et les autres. »
J’ai donc décidé de consacrer ma chronique du Lundi à ces négociations simplement pour essayer d’expliquer aux lecteurs quels sont vraiment les enjeux.
Je vais essayer de faire simple.
Commençons par les deux parties qui négocient.

D’un coté, nous avons le gouvernement britannique de madame May, de l’autre la Commission Européenne emmenée par monsieur Barnier.
Le gouvernement Britannique est mené par Madame May, très affaiblie par sa dissolution ratée de la Chambre des Communes qui a été suivie par ce qui aurait pu être un désastre électoral puisque les Conservateurs sont passés d’une solide majorité à une quasi- minorité, ne gouvernant qu’avec l’aide des protestants de l’Irlande du Nord. Il n’est pas certain que Madame May reste au pouvoir. Elle pourrait être débarquée bientôt, ayant commis vraiment trop d’erreurs, ce qui ne changerait rien au fond du problème.

Dans ce gouvernement, deux groupes se font face : ceux qui ont fait campagne pour le Brexit, emmenés par Boris Johnson (le ministre des affaires étrangères) et David Davies (le ministre chargé des négociations avec la Commission), qui tous deux avaient milité pour le Brexit et de l’autre ceux qui avaient voté pour « Bremain » sous la conduite du ministre des finances monsieur Hanson, qui a le charisme d’une huitre et est l’esclave de son administration.

Les premiers veulent une sortie claire, rapide et franche, les seconds sont à la recherche d’une solution du type de celle que monsieur Sarkozy a imposé aux Français qui avaient refusé la Constitution Européenne soumise à referendum, en leur collant son frère jumeau à sa place, le Traité de Lisbonne, faisant ainsi fi de la décision du Peuple, ce qui n’a pas porté chance à monsieur Sarkozy.

Pour faire bref et pour utiliser ma propre terminologie, les premiers représentent les hommes des arbres, les deuxièmes les hommes de Davos et les ODS locaux. (Note de les-crises.fr : ODS = Oints du Seigneur[1] = incompétents médiatiques qui pensent détenir la vérité).

Et Madame May essaye, sans beaucoup de succès, de naviguer entre ces deux groupes en expliquant dans son discours de Florence la semaine dernière que tout cela prendrait un peu plus de temps que prévu et qu’elle était prête à faire des concessions financières pour que la Grande-Bretagne continue à avoir un accès « normal » à l’Europe etc. etc.….

Venons-en à la Commission Européenne.

A l’évidence monsieur Barnier se met dans la position du mari cocu que sa femme a abandonné et qui veut la punir de cette trahison. En général, et comme chacun le sait, ce genre de divorce se passe mal. Il faut cependant bien comprendre ici que monsieur Barnier, qui n’est pas complètement idiot, agit sur instruction.
Et les instructions sont très claires.

Le but de la négociation n’est en aucun cas d’arriver à une solution satisfaisant tout le monde mais de préserver l’idée que nul ne peut faire marche arrière dans le mouvement historique qui doit consacrer la fin des nations européennes et l’arrivée du Messie sur terre, je veux dire l’Etat Européen.

Or, et il faut s’en souvenir, le mouvement à marche forcée vers un état fédéral européen n’a aucune légitimité démocratique : Il a toujours été imposé de facto et de jure « par le haut » et chaque fois que l’on a demandé son avis à un Peuple, il a dit qu’il ne voulait pas de structure fédérale.

Et donc, il faut bien comprendre, que si la sortie de la Grande-Bretagne n’entrainait pas une catastrophe pour l’économie anglaise voila qui pourrait donner des idées à d’autres pays tels la Pologne, la Suède ou l’Italie (qui va voter prochainement et qui elle fait partie de l’Euro…).

Il s’ensuit que pour la Commission et quelque soient les répercussions défavorables sur les économies en Europe ou en Grande-Bretagne, il faut absolument que les négociations entre la Grande Bretagne et la Commission échouent pour maintenir en vie leur rêve d’un Etat Européen, et que crèvent les peuples n’a aucune importance.

Pour Bruxelles, créer de toutes pièces une catastrophe économique en Grande-Bretagne est une question de vie ou de mort. Et si cette catastrophe amène à une dépression en Europe, cela n’a aucune importance, seul compte le but final.

Passons maintenant aux différents sujets qu’il va falloir traiter lors de ces discussions et commençons par un point de Droit.
La Grande-Bretagne doit-elle payer une « soulte » pour pouvoir sortir de l’Europe ? La réponse est NON. Il n’y a strictement rien de prévu dans les traités. Que les Européens s’imaginent que la Chambre des Communes vote un « tribut « de plus de 20 milliards d’Euro sans aucune contrepartie prouve à quel point ces gens sont dans le rêve…

Venons-en aux questions économiques.

La Grande-Bretagne a un déficit extérieur dans le domaine des biens de …95 milliards avec la zone Euro et un surplus dans le domaine des services d’environ 30 milliards, l’Allemagne comptant pour 50 % du surplus Européen et ces surplus étant massivement dus à des ventes de matériel de transport (voitures, camions, pièces détachées). Préserver ce surplus est essentiel pour l’Allemagne.

La City, qui représente une part importante du PIB anglais est de fait et de droit la principale place financière mondiale et bien sûr la seule vraie place financière européenne.Le but du gouvernement Britannique est de préserver la City autant que faire se peut.
Il ne faut pas être très grand clerc pour comprendre que les accords sur lesquels tous les gens de bonne compagnie pourraient se retrouver devraient être le maintien de la prééminence de la City en Europe contre la libre importation de voitures allemandes et de champagne ou de Bordeaux français.

Mais voila qui n’est pas possible puisque cela voudrait dire que le Droit Anglais ne serait plus sous le contrôle du Droit Européen pour toutes les opérations de fusions et acquisitions concernant deux entreprises si celles-ci avaient lieu à Londres. Voila qui signifierait la fin de la Cour de Justice Européenne (CdJE) et donc la fin de la tentative de créer un Etat Européen.
Bruxelles HAIT la city puisque la City, par son contact avec le « grand large », lui échappe et lui a toujours échappé. Pour les Delors de ce monde, ne pas pénaliser la City, c’est détruire l’idée même d’un Etat Européen dont les fonctionnaires contrôleraient toutes les entreprises par l’intermédiaire du Droit et des réglementations. Ce qui voudrait dire la fin du capitalisme de connivence en Allemagne et en France, ce qui est moralement insupportable, chacun en conviendra.

Et donc, il va falloir que l’Allemagne choisisse : soutenir la CdJE et la Commission, ou fermer les usines de Wolfsburg et de Munich.
Je n’ai pas le moindre doute que les autorités françaises vont être jusqu’auboutistes, tant pour elles, la continuation de leur rêve européen est essentielle. Sans rentes à tirer sur Bruxelles, que ferait- on des politiciens battus en France et de tous nos seconds couteaux ? Ils seraient peut être obligés de travailler ! On imagine le désastre.
Mais pour Madame Merkel, fraichement réélue, voila qui va être une décision difficile…
Le deuxième problème pour l’Europe est encore plus compliqué.

Le départ de la Grande Bretagne va faire perdre 16 % de ses ressources au budget européen et s’imaginer que la Commission va couper ses coûts de 16 % est plaisant mais peu probable. Il va donc falloir augmenter massivement les prélèvements sur les pays restants dont beaucoup ont de fort importants déficits budgétaires et à un moment où Bruxelles est tout sauf populaire.
Ou bien alors, il faudra tailler dans les programmes d’infrastructures, ce qui plaira énormément aux Polonais, Tchèques ou Portugais… Le route des subventions va être coupée et monsieur Juncker sera peut être forcé de payer des impôts normaux sus sa consommation d’alcool journalière, ce qui contribuera un peu à combler le trou créé par le départ des anglais mais restera insuffisant. Quant à créer un nouvel impôt européen géré par un ministre des finances européen, la grande idée de monsieur Macron, voila un projet qui va déclencher un enthousiasme assourdissant à Berlin, Dublin ou Varsovie.

Dur, dur…
Quant à l’économie anglaise, je ne me fais guère de soucis. Les exportations anglaises vers le reste du monde connaissent une croissance très forte depuis plus d’une décennie (contre zéro pour les exportations vers l’Europe) et la Grande-Bretagne va recommencer à acheter ses produits agricoles au Canada, en Australie et en Nouvelle Zélande, ce qui fait que les prix alimentaires vont baisser très fortement ainsi que les factures pour les importations de nourriture. Une forte amélioration du commerce extérieur anglais est donc quasiment certaine.

Et, si par hasard, les choses se passaient plus mal que je ne le pense pour l’économie Britannique alors nul doute que la Livre- déjà très sous évaluée- ne plonge un peu plus, ce qui donnerait un violent coup d’accélérateur à un système productif ou le chômage est déjà à un plus bas et l’emploi à un plus haut (en particulier les emplois féminins). Et comme la Grande Bretagne produit plus de voitures que la France, remplacer des voitures allemandes, françaises, italiennes ou espagnoles par des voitures faites en Grande Bretagne ne serait pas extrêmement pénible, sauf pour quelques bobos snobs du coté de Hampstead , qui pourront continuer à se singulariser en achetant des véhicules Coréens ou Nippons tout en noyant leur chagrin en buvant des vins en provenance de l’Australie, de l’Afrique du Sud ou de la Nouvelle Zelande, tous pays qui jouent au rugby et avec lesquels on peut donc faire des affaires en toute confiance puisqu’ils utilisent le même Droit.

Conclusion

Dans le titre quelque peu énigmatique de cet article, ceux qui ont tout à perdre sont les Européens. Ceux qui n’ont rien à perdre sont les Anglais.
A lire la presse, contrôlée par les ODS et les hommes de Davos, on jurerait que le contraire correspondrait à la réalité.
Le but de cet article est donc tout simplement de rappeler que menacer des pires sévices le principal consommateur de vos produits est rarement une bonne idée. C’est ce qu’avait fait avec beaucoup de conviction Louis XIV quand il a supprimé l’Edit de Nantes, forçant les Protestants au départ, ou quand Napoléon institua le blocus continental. Tout le monde se souvient de l’effet heureux que ces brillantes idées ont eu sur la croissance économique respectivement en France et en Grande- Bretagne.
Plus ca change, plus c’est la même chose…
La seule chose immuable est la capacité des gouvernements français à faire la fortune de l’Angleterre.

Article de Charles Gave paru sur http://institutdeslibertes.org le 25 septembre 2017.

A propos de l’auteur

Charles Gave

Charles Gave : Economiste et financier, Charles Gave s’est fait connaitre du grand public en publiant un essai pamphlétaire en 2001 “ Des Lions menés par des ânes “(Éditions Robert Laffont) où il dénonçait l’Euro et ses fonctionnements monétaires. Son dernier ouvrage “Sire, surtout ne faîtes rien” aux Editions Jean-Cyrille Godefroy (2016) rassemble les meilleurs chroniques de l’IDL écrites ces dernières années. Il est fondateur et président de Gavekal Research [2].

 

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jeudi 20 juillet 2017

Gaz : le Conseil d'Etat demande la fin du tarif réglementé

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Gaz : le Conseil d'Etat demande la fin du tarif réglementé

http://www.valeursactuelles.com/economie/gaz-le-conseil-detat-demande-la-fin-du-tarif-reglemente-86571

Energie. Le Conseil d'Etat a décidé d'annuler la grille des tarifs réglementés, estimant qu'elle posait un problème de concurrence.

Le Conseil d'Etat a ouvert mercredi la porte à la libéralisation totale du marché du gaz. Saisi par l'association des opérateurs alternatifs, il a estimé que le tarif réglementé était contraire au droit européen et qu'il devait donc être enterré par les autorités. “Le Conseil d'État, par la décision de ce jour, annule le décret du 16 mai 2013 relatif aux tarifs réglementés de vente de gaz naturel au motif que le maintien de tels tarifs est contraire au droit de l'Union européenne”, avance-t-il
5 millions de clients
Pas moins de 5 millions de foyers dépendent encore du tarif réglementé. Fixé par l'Etat et réévalué périodiquement par la Commission de régulation de l'énergie (CRE), il est en pratique géré par Engie. L'entreprise compte donc deux catégories de clients, ceux qui ont souscrits à son offre de marché et ceux qui préfèrent l'offre réglementée, ce qui lui confère une part de marché “artificiellement” plus élevée que ses concurrents.

Or, estime-t-on au Conseil d'Etat, cette distorsion de la concurrence n'a aujourd'hui plus aucune raison d'être : la grille tarifaire de la CRE est souvent supérieure aux prix du marché, si bien qu'“il n'est plus possible de se fonder sur un objectif d'intérêt général”, estiment les sages.


Une disposition pas facile à annuler


Les particuliers vont-ils devoir changer rapidement d'abonnement au gaz ? Pas encore. Bien que cassée par le Conseil d'Etat, cette disposition est inscrite dans le code de l'énergie de 2015, ce qui rend très difficile sa suppression : seule une abrogation par l'Etat permettrait d'acter la fin du tarif réglementé.

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L'information tourne en boucle dans les médias, sur le mode "pas de panique, ce n'est pas encore fait" etc. Pour les naïfs qui sentiraient rassurés, désolés de casser l'ambiance.

v. notre article = COMMUNIQUÉ DE PRESSE = Tarifs réglementés du gaz

http://www.frexit-limousin.fr/archives/p50-20.html

P.G.