samedi 7 juillet 2018

=Destruction de l'Etat français=méthodes=responsables=...

ARCHIVES 1

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Pierre Yves Rougeyron Qui veut la peau de l'Etat français Partie 1

https://www.youtube.com/watch?v=Qi8AlVDE2QU

Pierre Yves Rougeyron Qui veut la peau de l'Etat français Partie 2

https://www.youtube.com/watch?v=wZbr70N1Dh4

Pierre Yves Rougeyron Qui veut la peau de l'Etat français Partie 3

https://www.youtube.com/watch?v=6z-uaHc2wu0

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CNR 1

§ Détruire le socle intellectuel de l'Etat et de ses symboles

§ Attaques sur les institutions (Villepin supprime le Plan, premières attaques sous VGE...) le Plan remplacé par les "clubs" (think tanks)

§ Les économistes à gages en première ligne (Michel Godet, Alain Minc...)

§ Les destructeurs:

- à droite: 

Le Club de l'Horloge

Surrenchère entre RPR et FN sur le libéralisme

- à gauche

La 2° gauche

Alliance des "démocrates- Chrétiens" (chrétiens "de gauche") et des progressistes gauchistes

La gauche "anti- totalitaire" (BHL, Glucksman...)

CFTC, CFDT... Delors...

1982 Fondation St Simon, Pierre Rosanvallon, François Furet, Jacques Julliard...

Manifeste: "la République du Centre".

Rocard, Jospin, Straus- Kahn (le plus décomplexé), néo- libéralisme.

§ Les "évangélistes du Marché".

Jacques-Delors-709892

§ Les publicistes (la Presse se structure) vont attaquer l'Etat: Denis Olivennes, Nicolas Baverez...

§ Alain Minc, Michel Crozier, rapport Trilatérale, 1973.

-haine de l'inflation

-désengagement de l'Etat

§ Au cours des années 80, un autre groupe de "pantouflards": les Privatiseurs (Peyrelevade, Denis Kessler (ancien maoïste)...)

Dans les années 2000, vocabulaire de la gestion de fonds. La "compétitivité des territoires", cabinets d'audit et de conseil, ...

PROCEDURES

UE JUSTICE 1

-échelon communautaire (cf. Asselineau)

-échelon national:

§ Jean Pisani- Ferry: utilisation de l'Europe à des fins d'ajustement structurel.

§ L'UE comme croyance religieuse (pour contrer la perte de confiance).

§ La magistrature au service du droit européen, les cours nationales se rangent (double éthique).

§ Les Hauts fonctionnaires se rangent (les diplomates représentent désormais l'UE)

§ Le droit communautaire statue sur la règle ET sur le périmètre de juridiction.

§ CJCE (devenue la CJUE en 2009), arguties juridiques perverses...

§ Etat: en 1981, 700 Mds d'actifs contre 200 aujourd'hui.

EXTERNALISATIONS

§ Corruption intellectuelle et morale de nos élites, encouragée par l'UE qui se pense comme état fédéral.

METHODE MONNET

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§ Théorie de l'engrenage, un pas après l'autre."Vous avez renoncé à votre monnaie? On vous prend votre budget" [logique].

§ Monnet a trouvé le moyen de tuer l'Etat: il doit s'auto- détruire!

TECHNIQUES

§ RGPP / LOLF "une nouvelle manière de gérer" [Jospin] / Partenariats public/privé, New Public Management, Evaluation

§ L'Etat- entreprise: missions, programmes, indicateurs de performance

§ Utilisation des Droits de l'Homme à des fins libérales ("le droit à..."), l'individu se substitue au citoyen.

LA DETTE

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§ Destruction de l'Etat par l'endettement, théorie des "caisses vides": endetter l'Etat pour le contraindre. Logique de la dette et de la baisse d'impôts.

[Voir « La dette, la dette, la dette ! »]

"la dette resserre l'emprise du Capital sur l'Etat".

TERRITOIRE: démantèlements

§ Destruction des territoires, réformes territoriales, euro- régions...

§ désinvestissement étatique

§ destruction des tissus sociaux- économiques, droit d'établissement européen...

§ Abandon de territoires (Outre- mer...)

Conclusion:

L'Etat a été une oeuvre patiente de nos monarques et de nos républiques.

Il faut une théorie de l'Etat pour le XXI° siècle. Si on ne pense pas l'Etat, on ne pense pas le Politique.

MONTAGE DELACROIX 2

mardi 3 juillet 2018

Devoirs de vacances

ARCHIVES 1

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Norman Palma Penser avec Aristote

https://www.youtube.com/watch?v=4eP1EKTh6fA

 Chez Aristote, la monnaie c'est du droit objectivé, et le propre du droit c'est de se reproduire à partir de lui- même (jurisprudence), Le prêt avec intérêt, c'est la monnaie qui se reproduit elle- même, mais cette reproduction doit être encadrée par le droit ! D'où l'interdiction du taux d'usure dans les pays développés, inspirés par cette philosophie.

Le crédit encadré par le droit apparaît tardivement, car le crédit lui- même a été longtemps condamné par l'Eglise (jusqu'à la fin du XVIII°), d'après une interprétation erronée, selon l'auteur, d'Aristote précisément.

Celui- ci critiquait fermement l'usure, pas le crédit et surtout pas la monnaie; pour lui, il n'y a pas de vie sociale possible sans échanges dont la monnaie est la manifestation, le besoin que nous avons les uns les autres d'une mesure commune qui sauvegarde la vie sociale. (« Ethique à Nicomaque »).

Pour Marx, comme pour l'Eglise (!) au contraire, il faut détruire la monnaie, expression de la vénalité (valeur d'échange), Il faut revenir à la valeur d'usage.

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Pour Aristote, le social et l'économique sont des manifestations du Droit. Ce qui se déroule à la base du politique et de l'économique, selon lui, c'est l'éthique: le politique est un processus d'accomplissement; l'être humain est le seul animal capable d'avoir le sentiment du bien et du mal, du juste et de l'injuste; c'est cette communauté de sentiments qui donne naissance à la famille et à la cité; l'éthique se manifeste dans le droit, qui par la suite se manifeste dans le politique et l'économie. Marx considère que c'est l'économie qui est le fondement du social [1] et que la politique et le droit font partie de la « superstructure ». Il n'y a pas pour Marx de processus d'accomplissement (qui doit aboutir par nature*), la négation de l'économie va donner la négation du droit (ou dépassement du droit bourgeois), la disparition de l'Etat etc.

Pour Aristote, l'idée fondamentale est la force de la justice; la justice s'objective dans le social d'abord sous la forme de justice corrective (droit civil, droit pénal...); par la suite la justice se manifeste au niveau de l'Etat et ça donne la justice contributive (contribution publique) et la justice distributive (aide sociale et dépense publique). Si on lit correctement Aristote, nous sommes égaux devant le droit, pas devant la chose publique: il est tout à fait normal qu'on ne paie pas tous la même chose. Il est normal de donner à ceux qui ont besoin, pas à ceux qui n'ont pas besoin. Il est logique de choisir les responsables selon leurs capacités à contribuer au bien- être général (critère éthique). Cette approche va inspirer bien des théories politiques et va favoriser des concepts à la base de la philosophie grecque, tels que « l'égalité en dignité » ou « égalité en puissance » (rapport singularité/universel) qui va justifier l'égalité en droit, qui va à son tour justifier l'égalité devant le Pouvoir (communauté d'égaux). Ce processus est au fondement de la démocratie grecque et apparaîtra progressivement dans la civilisation occidentale. Exemple: la déclaration des droits anglaise de 1689: « le roi n'est pas au- dessus des lois ». Pour Aristote, la communauté sociale existe en vue de l'accomplissement du Bien et non pas en vue de la vie en société [2]; et le bien n'est que le juste, c'est à dire l'intérêt général.

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L'esclavage comme « droit naturel »: encore un passage mal compris. Aristote explique que l'homme est par nature un animal politique en puissance*. Destiné à vivre normalement en société, c'est à dire à s'intégrer dans une communauté politique. Toutes les sociétés ont vocation à devenir des sociétés politiques. Il n'a jamais dit que toute une population était esclave par nature!

Les interprétations qui ont été données viennent de l'Ancien Testament, pas d'Aristote. Sont esclaves les hommes qui ne forment pas une société politique.

 *la nature d'une chose est sa fin. C'est donc à la fin que nous constatons de la chose ce qu'elle doit être; l'être humain accompli, c'est l'être adulte; la fin du politique, c'est un pouvoir d'hommes libres et égaux.

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En conclusion de ce petit résumé, l'objectif d'Aristote n'est donc pas la négation du droit et du politique, mais au contraire une réflexion sur l'accomplissement de ces derniers: l'état de justice.

DESCARTES BILLET

 A la mort d'Aristote, l'idée de « polis » (cité) va disparaître plus ou moins pendant des siècles, pour réapparaître avec la Renaissance, l'Humanisme et les Lumières, avec plus ou moins de bonheur selon les auteurs. D'où l'importance de se pencher sur ce grand philosophe pour enrichir notre propre réflexion, nous qui nous interrogeons sur le rapport entre monnaie et souveraineté autour de la question de l'euro, ou encore sur la problématique de l'indépendance nationale et de l'avenir de la cité...

Pour ceux qui souhaiteront raviver une querelle des anciens et des modernes, certains fustigeant un “idéalisme politique et philosophique” par essence “bourgeois”, rappelons que derrière la modernité d'apparence se cachent parfois des philosophies de l'histoire empreintes d'un millénarisme gnostique très ancien.

Les tragédies du XX° siècle ont fort heureusement ramené certains à plus de prudence, à défaut de modestie. L'heure n'est donc plus aux invectives, mais à une vraie réflexion car l'offensive que nous subissons est aussi culturelle et philosophique.    P.G.


[1] un préalable partagé par tous les courants du libéralisme...V. Jean- Claude Michéa (« l'Empire du moindre mal » et autres). Primauté de l'économie, du calcul égoïste, de l'intérêt...

[2] le « vivre ensemble » par exemple, dont on nous rebat les oreilles.

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lundi 18 juin 2018

L’unification du système des retraites « risque d’aggraver les inégalités » [réédition]

COMMUNICATION REEDITION

Faut-il un système unifié des retraites ? La réponse de Jean-Marie Harribey, économiste, coprésident du conseil scientifique de l’association Attac et membre des Économistes Atterrés.

TL RETRAITES ATTAC

Selon Emmanuel Macron, avec sa réforme des retraites, un euro de cotisation donnera les mêmes droits à tout le monde. Mais c’est doublement faux.

Premièrement, dans un tel système, on évacue toute notion de redistribution et de solidarité. On pousse à son maximum la contributivité de l’individu à sa future retraite : un euro de cotisation sera égal à un euro de pension dans le meilleur des cas.

Ce système, par points ou par comptes notionnels – dans lequel on divise le montant des cotisations versées par l’espérance de vie de l’individu lorsqu’il part à la retraite –, perpétuera voire aggravera les inégalités.

Si on laisse les gens libres de prendre leur retraite quand ils le veulent, les salariés ayant eu les travaux les plus pénibles et étant les moins bien payés seront incités à travailler le plus longtemps possible, pour avoir une retraite la plus décente possible. Sinon, ils auront une retraite très faible. L’affirmation selon laquelle la réforme permettrait une meilleure justice et une meilleure solidarité est donc fausse.

Évolutions

la retraite a 65

Deuxièmement, le gouvernement prétend que notre système actuel serait mal préparé pour affronter les secousses démographiques et économiques. Mais c’est le cas de tous les systèmes de retraite. Les systèmes par points ou par comptes notionnels sont confrontés de la même manière à ces évolutions.

Par exemple, au moment de la crise économique de 2008, le système par comptes notionnels de la Suède a volé en éclats, à tel point que le pays est obligé aujourd’hui d’introduire le recul de l’âge de départ à la retraite. Et selon les dernières informations, les inégalités ont en plus explosé.

Plus vous rapprochez le système de retraites de la contributivité à 100 % – je cotise un euro, je perçois un euro –, plus vous instillez dans la tête des gens que c’est leur propre argent qu’ils récupèrent lorsqu’ils partent à la retraite.

Or, c’est faux. Tous les revenus sont engendrés par l’activité productive du moment. On ne peut pas sortir les pensions d’un congélateur, où on les aurait mises il y a 30 ou 40 ans, lorsque l’on a commencé à travailler.

Accompagner le mouvement

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Donc aucun système de retraite n’est à l’abri d’un chamboulement démographique ou économique. Si jamais il n’y a plus personne pour travailler au moment où je pars à la retraite, j’ai beau avoir versé des cotisations, je ne les retrouverai pas, car ces cotisations ont été utilisées pour verser des pensions pendant que moi je travaillais.

Si la population vieillit et si la proportion de personnes âgées augmente, ce qui sera sans doute le cas dans les décennies à venir, il n’y a que deux solutions : soit on condamne ces personnes à la misère, soit on accompagne ce mouvement, c’est-à-dire que la société assume ces besoins collectifs. Changer de système de retraites n’est pas la solution miracle.

Recueilli par Julien Da Sois
https://www.la-croix.com/Debats/Forum-et-debats/Lunification-systeme-retraites-risque-daggraver-inegalites-2018-05-31-1200943418

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lundi 4 juin 2018

Un ancien de la BCE spécialiste des questions monétaires analyse la crise italienne pour RT

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Cet article a été publié avant le retour de Guiseppe Conte avec un nouveau ministre des finances, mais il garde évidemment toute sa pertinence. Loin des outrances verbales de certains, il a le mérite de rappeler que sans objectif clair de sortie, les "eurosceptiques" sont condamnés à des manoeuvres politiciennes sans fin, en réponse aux manoeuvres adverses des "europhiles".  Le président de l'UPR en parle également lors de son récent "entretien d'actualité" (#63) diponible sur le site national upr.fr.

TL VINCENT RT ITALIE


 

Après avoir refusé la présence d'un eurosceptique au ministère des Finances, le président Mattarella a chargé un ancien du FMI de former un gouvernement. Vincent Brousseau analyse pour RT France la place de l'UE dans la crise politique italienne.

Ancien spécialiste des questions monétaires à la Banque centrale européenne pour laquelle il a travaillé de 1998 à fin 2013, Vincent Brousseau est aujourd'hui responsable national de l’UPR en charge de l’euro et des questions monétaires.

RT France : Après avoir refusé la présence d’un eurosceptique au ministère des Finances, le président italien Sergio Mattarella a fait appel à un ancien du FMI pour former le gouvernement. Pourquoi une telle décision ?

Vincent Brousseau : Le camp des «pro-euro», dont Mattarella fait partie, devait éviter qu’un ministre eurosceptique soit aux finances alors qu’à la fin du mois de juin un sommet européen est prévu autour de la crise de la zone euro. Or, 154 économistes allemands ont récemment demandé à ce que ce sommet introduise une nouvelle clause spécifique relative à la sortie de l’euro : l’Allemagne pourrait donc, sinon soumettre, du moins défendre des idées iconoclastes lors de ce rendez-vous européen, si ces idées étaient proposées par quelque autre pays membre.

Le scénario qui aurait pu se produire est donc celui où les Italiens auraient demandé l'application de cette clause... et où les Allemands ne s'y seraient pas opposés. Pour éviter cela, il fallait absolument que le ministère italien des Finances ne tombe pas dans les mains d’un eurosceptique. L’enchaînement des conséquences aurait été hors de contrôle pour les pro-européens.

De fait, Sergio Mattarella a choisi Carlo Cotarelli, un ancien gradé du FMI qui a travaillé à la banque d’Italie. C’est un européiste convaincu. Cela fait penser au référendum du Brexit que ses partisans ont remporté. C’est Theresa May, qui avait fait campagne dans l’autre sens, qui est chargée de l’appliquer. La décision de Mattarella est extrêmement voyante mais ce n’est pas une maladresse, il n’avait pas le choix, il était coincé : c’était ça ou avoir un eurosceptique au sommet européen de juin.

RT France : Sergio Mattarella a affirmé que «la désignation du ministre de l’Economie constitu[ait] toujours un message immédiat de confiance ou d’alarme pour les opérateurs économiques et financiers». Quelles sont les raisons du refus catégorique du président italien de voir un eurosceptique aux finances ?

Vincent Brousseau : Selon les propos avancés par Sergio Mattarella, la présence d’un eurosceptique au ministère des Finances aurait induit une sortie italienne de l’euro. Cependant, cette sortie devrait dépendre d'un choix explicite de l'électorat. Or il se peut que des électeurs de la Ligue ou du Mouvement 5 étoiles n’aient pas eu l’intention de sortir de l’euro : la question ne leur a pas été posée ainsi.

Rappelons par exemple que Luigi di Maio [leader du Mouvement 5 étoiles] avait dit qu’il ne souhaitait pas une sortie de l’euro : un tel choix aurait donc pris les électeurs italiens par surprise.

Je ne pense pas que Mattarella soit sincère dans la raison qu’il invoque. Néanmoins l’argument n’est pas sans force : c’est vrai que si les électeurs votent pour un Premier ministre qui n’envisage pas la sortie de l’euro et qu’ils se retrouvent avec une sortie de l’euro qu’ils n’ont pas voulue, cela pose problème.

De fait, si on veut sortir de l’euro, il faut non seulement gagner les élections, mais il faut les gagner en ayant explicitement dit que c’est cela que l’on ferait. Ça n’est pas le cas en Italie, mais ce fut le cas au Royaume-Uni : la question qui avait été posée aux Britanniques lors du référendum sur le Brexit ayant eu explicitement trait à la sortie. Le résultat n’est pas contestable outre-Manche.

RT France : La décision du président italien a provoqué la colère de la coalition. Luigi di Maio, le chef du Mouvement 5 étoiles, a déploré que les gouvernements étaient «faits par les agences de notation et les lobbies financiers» ; de son côté, Matteo Salvini, le leader de la Ligue, a parlé d’«occupation financière». Que pensez-vous de ces propos ?

Vincent Brousseau : C’est de la rhétorique. Concernant les agences de notation, elles ne sont que des épouvantails : les gens ne les aiment pas sans trop savoir comment ça marche…

Quant à l’«occupation financière», c’est une référence à l’occupation militaire. Ça n’est pas vraiment justifié car si vous êtes occupés par une puissance militaire hostile, il y a un chef et une structure de décision coordonnée. Dans le cadre des marchés financiers, qui est le chef, y-a-t-il une hiérarchie des marchés financiers ?

En réalité, de tels propos visent à exciter les électeurs. Pour autant, il est exact qu’il y a une occupation européenne qui cherche à contraindre les pays membres sur des questions économiques, monétaires et financières. Si la formulation relève de la démagogie, ce qu’elle tend à prouver est quand même vrai en substance. L’idée qu’il y a une contrainte importée est réelle.

Pour dire la vérité, Matteo Salvini aurait dû parler d’occupation européenne. Mais supposons qu’il l’ait fait et qu’il soit devenu ministre : il se serait retrouvé autour de la table des négociations face à des interlocuteurs qu’il aurait traités d’occupants ! Parler des marchés financiers, cela marche à tous les coups et ça comporte moins de risque que de citer le vrai coupable : l’Union européenne. Le leader de la Ligue voulait entretenir le sentiment de colère des électeurs italiens sans faire de déclarations qui auraient pu être gênantes.

RT France : Alors que le président italien semble avoir suivi les procédures permises par la Constitution de son pays, beaucoup de personnalités politiques françaises ont également réagi. La France insoumise, à travers la voix de Djordje Kuzmanovic, a dénoncé une «ingérence insupportable»; Marine Le Pen a de son côté évoqué un «coup d’Etat». Comment analysez-vous les arguments ?

Vincent Brousseau : On peut évidemment parler d’«ingérence insupportable», elle est par ailleurs maladroite car elle peut avoir l’effet contraire à celui recherché. En effet, la position adoptée par le président italien va justement déplacer le débat sur la question qu’il ne fallait pas toucher : la sortie de l’euro.

Quant au «coup d’état» évoqué par Marine Le Pen, c’est une formulation techniquement fausse. C’est la Constitution italienne qui a permis à Mattarella de faire ce qu’il a fait. Il a pour lui la lettre de la Constitution et la jurisprudence. Ceci étant, l’intention du président italien est évidente : il est un «pro-euro» depuis longtemps et face à une situation dangereuse pour le maintien de la monnaie unique, il a préféré bafouer le choix des électeurs.

RT France : Emmanuel Macron a rapidement affiché son soutien à son homologue italien, doit-on s’attendre à une attitude commune de la part des représentants européens dans les prochains mois ?

Vincent Brousseau : Il est difficile de savoir comment va réagir la Commission européenne : elle marche sur des œufs.

 

En évoquant le fait que les Italiens seraient bientôt amenés à «ne plus voter pour les populistes», le commissaire européen Oettinger a tenu des propos très révélateurs. Je l’interprète comme une réaction de panique : les représentants des instances européennes disent rarement ce qu’ils pensent aussi crûment. Cela montre que face à la Commission européenne, nous n’avons plus à faire à une armée en ordre de bataille mais à une armée en déroute.

Quand les représentants des instances européennes ne savent plus, ils récitent le dogme : «une union toujours plus étroite», la «conviction d’un électorat qui a conscience de son destin européen», etc. Cela occupe de l’espace et ça donne l’impression qu’on a dit quelque chose. Les instances européennes ne peuvent pas provoquer l’évolution des marchés financiers, elles ne peuvent que faire des conjectures et les commenter.

Toutefois, la BCE pourrait prendre des mesures techniques qui rendraient difficiles les financements de projets en Italie. Mais elle n’a justement pas intérêt à cela : ce n’est pas le moment, ça serait jeter de l’huile sur le feu. Quelles que soient les tentatives d’interférence de Bruxelles, elles seront mal prises, le mieux que les institutions européennes puissent faire, c’est ne rien faire.

RT France : L'Union européenne a déjà dû composer avec des courants eurosceptiques au sein de ses pays membres (en Grèce par exemple), qu'en est-il de l'Italie ? Quel est le risque pour l'UE ?

Vincent Brousseau : Si on prend l’exemple de la Grèce, la question posée n’était pas la sortie de l’euro. Le référendum grec portait sur la politique d’austérité imposée par Bruxelles. C’est important de nommer l’objectif sans quoi il pourra être interprété de plusieurs façons et n’aura pas d’effet.

Se centrer sur la réforme qu’on veut faire est essentiel, sinon il existe un doute qui va être exploité par les opposants : c’est ce qui s’est passé en Grèce.

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La situation italienne n’est pas plus annonciatrice que le reste. Nous assistons à un processus de délitement, les choses sautent les unes après les autres. Je ne pense pas qu’on en soit actuellement à une sortie de l’euro de l’Italie, mais la situation participe à un processus qui amènera l’Italie à quitter l’euro. C’est un mécanisme qui va étape par étape, même si ce n’est pas immédiat, je suis persuadé que l’Italie va sortir de l’euro.

Rappelons que si le gouvernement mis en avant par la coalition avait vu le jour, l’Italie aurait vu naître le «minibot» : il a été proposé par Matteo Salvini, c’est un système de monnaie parallèle qui se base sur un voucher (titre échangeable) avec lequel on peut payer ses impôts. Tout le monde devant payer ses impôts, l’idée est que tout le monde peut potentiellement utiliser cette monnaie : elle aurait la même acceptabilité que l’euro sans avoir pourtant le pouvoir libératoire légalement défini qui serait resté l'apanage de l'euro : la lettre des Traités n'aurait pas été violée. Ce système pourrait servir de base à une nouvelle lire italienne lors d'un processus futur de sortie de l’euro...

https://francais.rt.com/opinions/51183-ancien-specialiste-questions-monetaires-bce-analyse-crise-italienne-rt

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samedi 26 mai 2018

Les grandes orientations des politiques économiques (GOPÉ) 2018-2019

La feuille de route économique et sociale d’« Emmanuel Macron » est mise à jour : les grandes orientations des politiques économiques (GOPÉ) 2018-2019

ARG GOPE 2018

Pendant toute la campagne présidentielle,  François Asselineau et l’UPR avaient annoncé quel serait le VRAI programme des dix autres candidats, qui refusaient tous les dix de proposer aux Français de faire sortir la France de l’UE par la mise en œuvre la plus rapide possible de l’article 50 du traité sur l’Union européenne (TUE). Les Français et des pseudo-spécialistes de l’analyse politique découvrent avec effroi les réformes anti-sociales qui ont lieu depuis le début du quinquennat (SNCF, casse droit du travail, rabotage de l’ISF, baisse de l’impôt sur les sociétés, hausse de la CSG, baisse de l’assurance chômage, stagnation du SMIC, etc.) alors qu’il suffisait de lire les GOPÉ 2016-2017 et 2017-2018.

Du fait de l’engagement de la France dans l’euro et dans l’Union européenne, toutes les grandes décisions de notre politique économique et sociale sont directement dictées par les « recommandations » de la Commission européenne, également intitulées « grandes orientations des politiques économiques (GOPÉ) », que l’institution technocratique bruxelloise publie chaque année à la mi-mai.

Or, la Commission européenne vient de publier, ce 23 mai 2018, la mise à jour annuelle de ces fameuses « recommandations » [1].

LE PRÉAMBULE DU RAPPORT DES « GOPÉ » 2018-2019

Notons tout d’abord trois éléments intéressants dans le préambule :

  • 1er élément du préambule

Le document précise que, « en tant qu’État membre dont la monnaie est l’euro, et compte tenu des liens étroits entre les économies de l’Union économique et monétaire, la France devrait veiller à mettre en œuvre intégralement et en temps utile la recommandation concernant la zone euro, qui est prise en compte dans les recommandations figurant aux points 1 et 2 ci-dessous ».

Il faut noter ici que les points 1 et 2 correspondent aux deux tiers des « recommandations ». Cette note du préambule tord en soi l’argumentaire des européistes (et des crédules) qui ont tendance à atténuer la portée des GOPÉ en expliquant qu’il ne s’agirait que de recommandations et non pas d’obligations.

Rappelons que cela est faux pour au moins deux raisons :

  • Depuis le pacte de stabilité et de croissance (PSC) de 1997 [2], et avec le «six-pack» [3], la Commission peut sanctionner financièrement les pays en cas de manquement ou de retard dans l’application des mesures préconisées. En cas d’« écarts importants », la Commission adresse à l’État membre un avertissement et sa situation est suivie tout au long de l’année. Si elle n’est pas « redressée », la Commission peut proposer la constitution d’un dépôt correspondant à 0,1 % du PIB. Pour la France, il s’agirait donc d’un dépôt de 2,2 milliards d’euros.  Les « recommandations » dans les textes se transforment donc, dans les faits, en obligations.
  • C’est aussi nier le fonctionnement des institutions européennes puisque la machine bruxelloise repose sur le concept de « soft law» et de « pression des pairs ». Le principe même de ces GOPÉ, c’est justement d’exercer constamment une pression sur les représentants d’un État.
    Certes, ils peuvent ne pas appliquer telle ou telle « recommandation », pendant un certain temps,  en échappant aux sanctions. Mais, concrètement, il leur est impossible de refuser d’appliquer toutes les mesures tout le temps.
    Du reste, le principe même des GOPÉ serait sinon vide de sens. En fait, il s’agit d’un étau intellectuel, juridique et moral qui se resserre peu à peu, et auquel il est impossible de se soustraire durablement.
  • 2e élément du préambule

Le document précise par ailleurs que, « le 25 avril 2018, la France a présenté son programme national de réforme et de stabilité pour 2018 ».

Il s’agit du mécanisme classique des GOPÉ où la France présente sa copie économique et sociale, tel l’élève qui rend sa copie au professeur.

C’est d’autant plus ahurissant pendant les années d’élection présidentielle comme l’année dernière puisque cela doit être appliqué sur les deux années en question, peu importe le résultat des élections. Le nouveau gouvernement italien se heurte et va se heurter à cela. Il n’y aura pas 36 issues :

  • ils rentrent dans le rang comme Tsipras et appliquent finalement les « recommandations » ;
  • ils n’appliquent pas les GOPÉ, vont à l’affrontement : soit ils rentrent dans le rang après le conflit, soit alors ils seront sanctionnés financièrement jusqu’à une sortie ;
  • ils décident quasiment d’emblée de sortir de l’Union européenne par l’article 50 du TUE et évitent les sanctions et les querelles avec les partenaires européens mais cela est peu probable étant donné que cela n’était au programme d’aucun des deux partis. Ils n’auront en aucun cas la légitimité démocratique nécessaire à un tel bouleversement géopolitique.
  • 3e élément du préambule

Le préambule du document indique enfin : « À la lumière des résultats du bilan approfondi de la Commission et de cette évaluation, le Conseil a examiné le programme national de réforme et le programme de stabilité. »

Nous avions montré dans un article précédent le lien direct entre les GOPÉ et le programme national de réforme ou PNR [4].

La preuve est ainsi apportée une nouvelle fois que, contrairement à ce que les médias et les dirigeants des partis politiciens veulent faire croire aux électeurs, le gouvernement français n’est pas libre de ses choix : les GOPÉ se retrouvent bien dans le PNR et sont donc bien la feuille de route économique et sociale du gouvernement français.

LE CONTENU DES « RECOMMANDATIONS » POUR 2018-2019

Il convient maintenant de lire ces « recommandations » et d’en décrypter les six principales.

En voici le texte qui était malheureusement dans un premier temps cette année uniquement disponible en anglais, preuve que le Brexit ne change absolument rien à la soumission intellectuelle de l’UE au monde anglo-saxon, américain en particulier. Nous avons mis à jour cet article, une fois le rapport publié en français.

Décryptage

1) Que signifie : « veiller à ce que le taux de croissance nominal des dépenses publiques primaires ne dépasse pas 1,4% en 2019 » ?

Cette formule pour initiés signifie que, comme tous les ans, la Commission européenne exige que la France poursuive une politique d’austérité renforcée.

La version du rapport de l’année 2015 [5] insistait sur le fait qu’ « il est impossible de dégager à court terme d’importantes économies sans ralentir considérablement la croissance des dépenses de sécurité sociale. […] Des économies de 11 milliards d’euros sur les dépenses de santé sont prévues pour 2015-2017, mais des efforts supplémentaires seront nécessaires pour limiter les hausses de dépenses dans ce domaine. »

En bref, les coupes sombres dans la santé, l’assurance-chômage et les retraites vont donc continuer et s’accentuer !

C’est d’ailleurs comme par hasard ce qu’a laissé entendre récemment Bruno Le Maire, comme si l’initiative venait de lui. [6]

2) Que signifie : « utiliser les recettes exceptionnelles pour accélérer la réduction du ratio d’endettement public »  ?

Cela veut tout simplement dire qu’il faut privatiser des biens publics pour réduire la dette publique. En effet, la croissance n’étant pas fabuleuse et les taxes mises en place telles que celles sur le diesel et l’essence, que les Français constatent au quotidien, étant établies pour durer, « les recettes exceptionnelles » ne peuvent être que des cessions d’actifs publics, ce qui est d’ailleurs cohérent avec l’article 106 du TFUE.

Il ne faut pas donc s’étonner de voir plus ou moins publiquement sur la table les privatisations des aéroports de Paris [7], de la Française des jeux [8] ou de la SNCF [9].

3) Que signifie : « uniformiser progressivement les règles des différents régimes de retraites » ?

Cette formule signifie, comme c’est habituellement le cas avec l’UE, harmoniser vers le moins-disant pour diminuer la dépense publique. Dans le préambule, il est d’ailleurs indiqué que cela pourrait faire économiser 5 milliards d’euros de dépenses publiques.

 

4) Que signifie : «  garantir  la compatibilité des évolutions du salaire minimum avec la création d’emplois et la compétitivité » ?

Cela signifie que, le taux de change de l’euro étant trop cher pour la compétitivité de l’économie française, il faut procéder à une « dévaluation interne », comme le disent les économistes ayant le goût de l’euphémisme.

En clair, cela veut dire qu’il faut geler le niveau du SMIC ou en tout cas arrêter tout coup de pouce, comme ce fut d’ailleurs déjà le cas cette année. Le salaire minimum en Bulgarie étant d’environ 235 euros par mois selon le cours de l’euro, ce n’est pas demain la veille que l’on verra la Commission européenne demander à la France de redonner du pouvoir d’achat aux Français en relevant substantiellement le SMIC.

En outre, va-t-on vers des SMIC variables comme en Allemagne ? Rappelons que là-bas, il n’y a pas de SMIC horaire dans l’agriculture, dans les secteurs concernés par les travailleurs détachés ou pour les chômeurs de longue durée.

5) Que signifie : « en supprimant les impôts inefficaces et en réduisant les impôts sur la production prélevés sur les entreprises » ?

Comme ce qui précède, c’est une reprise des GOPÉ 2016-2017/2017-2018 et c’est très simple à comprendre. Il s’agit de baisser l’impôt sur les sociétés et les cotisations sociales. Peut-être même d’augmenter la TVA et/ou à nouveau la CSG que paient tous les ménages, à commencer par les plus modestes. C’est Robin des Bois à l’envers puisqu’il s’agit de faire payer davantage les pauvres pour enrichir les très riches.

On pourrait imaginer un impôt sur les sociétés plus progressif avec une baisse du taux pour les artisans, PME et TPE qui sont les principaux créateurs d’emplois. Ce n’est pas du tout ce qui est demandé.

C’est à la fois une injustice morale, un scandale social et une stupidité économique insondable.

Cela peut aussi signifier supprimer entièrement l’ISF qui ne demeure plus que sur le patrimoine immobilier. Profitons-en pour dire que de ne laisser l’ISF que sur les biens immobiliers est aussi injuste car les très riches ont très peu d’immobilier en pourcentage de leur richesse. L’exonération n’a donc bénéficié quasiment exclusivement qu’aux ultra-riches et non pas à une classe moyenne supérieure qui aurait pu accumuler des biens immobiliers.

6) Que signifie : « réduire la charge réglementaire et administrative afin de renforcer la concurrence dans le secteur des services et favoriser la croissance des entreprises » ?

Cette formulation est particulièrement fourbe. Rappelons tout d’abord que, question normes, l’UE s’y connaît étant donné que le coût d’application des normes européennes pour l’économie française est de l’ordre de 38,7 milliards d’euros par an (30 milliards d’euros pour les entreprises/8,7 milliards d’euros pour les administrations publiques).

Quand on lit dans le détail le préambule, c’est en fait et encore, les professions réglementées qui sont dans l’œil du cyclone.

Parler à cet égard de renforcement de la concurrence est se moquer du monde car on sait très bien que les milliers de pharmaciens, médecins, dentistes, kinésithérapeutes, avocats, notaires, huissiers, géologues, artisans-taxis, architectes, ingénieurs, experts-comptables, etc. seront remplacés et concurrencés par quelques très grands groupes avec, pourquoi pas, des travailleurs détachés meilleur marché. Cela marche comme cela dans l’UE !

CONCLUSION

En conclusion, la feuille de route économique et sociale est dans la continuité des années précédentes. Il s’agit d’une politique économique inefficace dans son ensemble qui bénéficiera à quelques-uns (les fameux 1%) au détriment du plus grand nombre et de la France dans son ensemble.

Quoi qu’il en soit, la publication de ce rapport confirme encore une fois toutes les analyses de l’UPR et décrédibilise tous les pseudo-opposants, de Jean-Luc Mélenchon à Marine Le Pen, qui tapent sur Emmanuel Macron et s’indignent de sa politique, sans jamais nommer les causes.

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Si tous ces souverainistes d’opérette avaient fait le travail pédagogique de l’UPR depuis 30 ou 40 ans, nous n’en serions pas là. La seule façon d’éviter ce programme mortifère, c’est de sortir de l’UE et de l’euro. Rappelons à cet égard que « changer l’Union européenne », comme le proposent tous les tartuffes, implique de changer les traités, ce qui nécessite l’unanimité des États-membres. Cela n’arrivera jamais [10] !

Pour libérer la France des GOPÉ, il faut tout simplement sortir de l’UE, comme le proposent et l’expliquent François Asselineau et l’UPR depuis 11 ans. Il n’y a pas d’autre solution.

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Nous, nous répéterons inlassablement, notamment à l’occasion des élections européennes de 2019 (dans un an), que :

Oui, l’Union européenne est néfaste.

Non, elle n’est pas réformable.

Oui, il faut en sortir.

En d’autres termes : UE/ GOPÉ soumission, Frexit solution !

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Sources et Notes

[1] http://ec.europa.eu/transparency/regdoc/rep/1/2018/FR/COM-2018-409-F1-FR-MAIN-PART-1.PDF

[2]https://fr.wikipedia.org/wiki/Pacte_de_stabilit%C3%A9_et_de_croissance#Volet_d.C3.A9s.C3.A9quilibres_macro.C3.A9conomiques

[3] https://fr.wikipedia.org/wiki/Six-pack_(Union_europ%C3%A9enne)#Volet_correctif

[4] https://www.upr.fr/actualite/europe/gope-nos-gouvernements-subordonnes-a-commission-europeenne-preuve

[5] http://ec.europa.eu/europe2020/pdf/csr2015/csr2015_council_france_fr.pdf

[6]https://www.lesechos.fr/politique-societe/politique/0301699379052-bruno-le-maire-il-peut-etre-legitime-de-reduire-la-politique-sociale-sur-lemploi-2177254.php

[7] https://www.capital.fr/entreprises-marches/aeroports-de-paris-la-privatisation-sur-les-rails-1288952

[8] http://www.europe1.fr/societe/le-plan-du-gouvernement-pour-privatiser-la-francaise-des-jeux-3620846

[9] https://bfmbusiness.bfmtv.com/entreprise/sncf-un-document-interne-relance-l-hypothese-d-une-privatisation-1444439.html

[10] https://www.youtube.com/watch?v=8Y8EUaFmTyY

Trésorier et responsable national de l’Économie de l’UPR

https://www.upr.fr/actualite/france/la-feuille-de-route-economique-et-sociale-d-emmanuel-macron-est-mise-a-jour-les-grandes-orientations-des-politiques-economiques-gope-2018-2019

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mercredi 23 mai 2018

Pourquoi la gauche devrait se rallier au Brexit

TRIBUNE LIBRE / Source : Jacobin, 29-04-2018

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Les partisans du maintien dans l’UE prétendent que Brexit sera une apocalypse économique. Mais il donne aussi l’occasion d’une rupture radicale avec le néolibéralisme.

Rien ne reflète mieux la confusion mentale de la gauche européenne dominante que sa position sur le Brexit. Chaque semaine on voit apparaître un nouveau chapitre de l’effrayante histoire du Brexit : le retrait de l’UE sera une catastrophe économique pour le Royaume-Uni ; des dizaines de milliers d’emplois seront perdus ; les droits de l’homme seront massacrés ; les principes de protection du justiciable, de liberté d’expression et de droit du travail seront tous menacés. En résumé, le Brexit transformera la Grande-Bretagne en une dystopie, un État en déliquescence – ou pire, un paria international – coupé du monde civilisé. Dans ce contexte, on comprend aisément pourquoi le leader du Parti travailliste Jeremy Corbyn est souvent critiqué pour sa réticence à adopter un programme pro-maintien dans l’UE.

L’hystérie anti-Brexit de la gauche, cependant, repose sur un mélange de mauvaise économie, de mauvaise compréhension de l’Union européenne et de manque d’imagination politique. Non seulement il n’y a aucune raison de penser que le Brexit serait une apocalypse économique, mais, plus important encore, l’abandon de l’UE offre à la gauche britannique – et plus généralement à la gauche européenne – une occasion unique de montrer qu’une rupture radicale est possible avec le néolibéralisme et avec les institutions qui le soutiennent.

Modéliser la dystopie

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Pour comprendre pourquoi la position anti-Brexit de la plupart des progressistes européens est infondée, et même nuisible, il faut commencer par examiner le mythe le plus répandu lié au Brexit : l’idée qu’il conduira à un apocalypse économique. Pour de nombreux critiques, il s’agit d’une affaire entendue, prouvée tout simplement en citant un rapport très médiatisé qui a fuité du Département pour la sortie de l’Union européenne (DExEU) du gouvernement britannique. Le document conclut que, quelle que soit la forme prise par le Brexit, qu’il s’agisse de rester dans le marché unique, d’un accord de libre-échange ou de l’absence d’accord, il y aurait un coût pour le Royaume-Uni en termes de PIB. Les estimations pour les quinze prochaines années vont d’une baisse de 2 % du PIB et 700 000 emplois à une baisse de 8 % du PIB et 2,8 millions d’emplois.

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Cette argumentation figure dans un article récent du commentateur anti-Brexit Will Denayer, pour qui le fait que le rapport ait été produit par un « gouvernement pro-Brexit » est une preuve de sa fiabilité. Toutefois, il ne reconnaît pas que ces prévisions souffrent d’un biais néolibéral qui est intégré dans les modèles de prévision eux-mêmes. Les modèles mathématiques utilisés par le gouvernement britannique sont très complexes et abstraits, et leurs résultats sont sensibles au calibrage numérique des relations dans les modèles et aux hypothèses faites sur, par exemple, les effets des progrès technologiques. Les modèles sont notoirement peu fiables et facilement manipulables pour atteindre n’importe quel résultat désiré. Le gouvernement britannique a refusé de publier les aspects techniques de leur modélisation, ce qui suggère qu’ils ne veulent pas que des analystes indépendants examinent les hypothèses de leur « boîte noire ».

Les préjugés néolibéraux intégrés à ces modèles comprennent l’affirmation selon laquelle les marchés se régulent automatiquement et que leur efficience est optimale quand ils ne sont pas entravés par l’intervention publique ; que le « libre-échange » est sans ambiguïté positif ; que la capacité de financement public est restreinte ; que les facteurs liés à l’offre sont beaucoup plus importants que ceux liés à la demande ; et que les individus fondent leurs décisions sur des « attentes rationnelles » au vu des variables économiques, entre autres. Bon nombre des hypothèses clés utilisées pour construire ces simulations n’ont aucun rapport avec la réalité. En termes simples, les modèles de prévision – à l’instar de la macroéconomie en général – reposent sur une série de mythes interdépendants. Paul Romer, qui a obtenu son doctorat en économie dans les années 1980 à l’Université de Chicago, le temple de l’économie néolibérale, a récemment lancé une attaque cinglante contre sa propre profession dans un article intitulé The Trouble With Macroeconomics, [Le problème avec la macroéconomie]. Romer décrit les approches de modélisation standard utilisées par les économistes traditionnels – qu’il appelle « post-réelles » – comme le point final d’une régression intellectuelle de trois décennies.

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Il n’est donc pas surprenant que ces modèles aient échoué à prédire la crise financière et la Grande Récession, et qu’ils ne parviennent pas aujourd’hui à produire des prévisions fiables sur quoi que ce soit. Le Brexit en est un exemple évident. Dans les mois qui ont précédé le référendum, le monde a été noyé sous les avertissements – du FMI, de l’OCDE et d’autres bastions de l’économie contemporaine – affirmant qu’un vote en faveur de la sortie de l’UE au référendum aurait des conséquences apocalyptiques immédiates pour le Royaume-Uni, qu’il provoquerait un effondrement financier et plongerait le pays dans une profonde récession. La prévision la plus embarrassante sur « l’impact économique immédiat pour le Royaume-Uni d’un vote pour quitter l’UE » a été publiée par le gouvernement conservateur. L’objectif de « l’étude » en question, publiée en mai 2016 par le Trésor britannique, était de quantifier « l’impact… sur la période immédiate de deux ans suivant un vote en faveur du Brexit ».

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Dans les deux ans suivant un tel vote, le Trésor a prédit que le PIB chuterait de 3,6 à 6 % et que le nombre de chômeurs augmenterait de 820 000. Les prévisions de « l’étude » de mai 2016 semblaient terribles et visaient clairement à avoir le maximum d’impact sur le vote qui allait se tenir un mois plus tard. Quelques semaines avant le référendum, le chancelier de l’époque, George Osborne, a cité le rapport pour avertir que « un vote en faveur du Brexit représenterait un choc immédiat et profond pour notre économie » et que « le choc entraînerait notre économie en récession et conduirait à une augmentation du chômage d’environ 500 000 personnes ».

Néanmoins, la majorité des électeurs ont opté pour le Brexit. Ce faisant, ils ont prouvé, une fois de plus, que les économistes avaient tort, car aucun des scénarios catastrophes prédits avant le référendum ne s’est produit. Larry Elliott, rédacteur de la rubrique économie du Guardian, a écrit : « L’Armageddon post-Brexit était une perspective terrifiante – mais cela ne s’est tout simplement pas produit ». Alors que près de deux ans se sont écoulés depuis le référendum, les données économiques provenant du Royaume-Uni tournent en dérision ces avertissements pessimistes – et en particulier le rapport gouvernemental susmentionné. Les données de l’Office for National Statistics (ONS) montrent que fin 2017, le PIB britannique était déjà plus élevé de 3,2 % par rapport à son niveau au moment du vote – bien loin de la profonde récession à laquelle on nous avait préparés.

Source: Office of National Statistics [Bureau des statistiques nationales] et calculs de l’auteur.

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En fait, entre juin 2016 et janvier 2018, le taux de chômage a chuté de 4,9 % à 4,3 %, tandis que le nombre de chômeurs a baissé de 187 000, atteignant son plancher depuis quarante-trois ans. Le nombre des inactifs – qui ne travaillent pas et qui ne cherchent pas d’emploi – a connu sa baisse la plus massive depuis près de cinq ans et demi. Voilà pour ce qui est des innombrables travailleurs qui étaient censés perdre leur emploi suite au vote sur le Brexit.

Les données sur l’industrie britannique, au cours des deux dernières années, sont particulièrement embarrassantes pour ces prophètes de malheur professionnels. Malgré l’incertitude concernant les négociations avec l’UE, « l’industrie manufacturière connaît sa plus forte croissance depuis la fin des années 1990 », selon The Economist ainsi que selon la Fédération Britannique des Industries (EEF). Cela s’explique en grande partie par une demande croissante à l’exportation, dynamisée par la baisse de la livre sterling et l’amélioration de la situation économique mondiale. Selon un rapport de l’aéroport de Heathrow et du Centre for Economics and Business Research (CEBR), les exportations britanniques atteignent leur sommet depuis 2000. Comme The Economist l’a publié récemment : « Les industriels britanniques, après une longue période de souffrance, bénéficient d’un boom qui n’arrive qu’une fois en une génération », car les changements consécutifs au Brexit engendrent un « rééquilibrage » bien nécessaire de la croissance, depuis les services financiers vers l’industrie manufacturière. Cela stimule également l’investissement. La dépense totale d’investissement au Royaume-Uni – publics plus privés – a crû en 2017 plus que dans aucun autre pays du G7 : +4% par rapport à l’année précédente.

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Les prédictions selon lesquelles une victoire du vote pro-Brexit broierait l’économie britannique suite à un effondrement du cours de la livre sterling se sont révélées tout aussi infondées : oui, la livre sterling a effectivement perdu du terrain par rapport aux autres grandes monnaies depuis le référendum, mais non seulement cela n’a pas détruit l’économie britannique – bien au contraire, en fait, comme nous l’avons vu – mais son cours est à nouveau à la hausse depuis début 2017.

Le Saint marché unique

Donc, puisque rien n’est venu confirmer que le Brexit pouvait déclencher un effondrement économique, qu’est-ce qui se cache derrière la certitude aveugle des commentateurs de l’actualité ? Un élément important de l’idéologie qui sous-tend l’ensemble du débat sur le Brexit est l’idée que la Grande-Bretagne a tiré d’énormes avantages économiques de son adhésion à l’UE (ou CEE comme on l’appelait en 1973). Cette affirmation est-elle étayée ? Comme le montre une étude récente du Centre for Business Research (CBR) de l’Université de Cambridge (voir graphique ci-dessous), « La croissance du PIB britannique par habitant après 1973 n’a pas été supérieure à celle des décennies précédentes. En fait, le PIB par habitant a augmenté bien plus lentement après l’adhésion qu’au cours de la décennie précédant l’adhésion ».

Source : Centre de recherche sur le commerce, Université de Cambridge.

Les chercheurs concluent que « rien ne prouve que l’adhésion à l’UE a amélioré le taux de croissance économique au Royaume-Uni ». L’établissement du sacro-saint marché unique, en 1992, n’a pas changé les choses – ni pour le Royaume-Uni ni pour l’UE dans son ensemble. Même lorsque nous nous limitons à évaluer le succès du marché unique sur la base de paramètres économiques généraux – productivité et PIB par habitant – il y a très peu de raisons de penser qu’il a tenu les promesses de ses partisans ou les prévisions officielles. Le graphique suivant fournit une comparaison à long terme entre l’UE-15 et les États-Unis en termes de PIB par heure travaillée (une mesure de la productivité du travail) et de PIB par habitant.

Source: US Conference Board [Fédération patronale des USA, NdT], Total Economy Database.

Les données montrent clairement que non seulement le marché unique (à partir de la ligne verte) n’a pas réussi à améliorer les économies de l’UE15 par rapport aux États-Unis, mais qu’il semble même les avoir pénalisées.

Plus intéressant encore, la création du marché unique n’a même pas stimulé les échanges au sein de l’UE. Le graphique suivant montre le pourcentage que représentent les exportations entra pays de l’UE et l’UEM [l’Union monétaire européenne, qui se développe dans la zone euro] rapportées aux exportations totales de l’UE et de l’UEM. Après avoir connu une hausse régulière tout au long des années 1980, cette proportion a effectivement stagné entre la création du marché unique au milieu des années 1990 et le milieu des années 2000, puis a suivi une tendance à la baisse (avec une légère reprise après 2014). Une note de Bruegel ajoute que « la zone euro a suivi à peu près le même schéma que l’Union européenne dans son ensemble, ce qui donne à penser que la monnaie commune n’a peut-être pas eu l’effet escompté sur le commerce entre membres de la zone euro ».

Fonds monétaire International, Direction des statistiques du Commerce

Il en va de même pour la part des exportations britanniques vers l’UE et l’UEM, qui stagne depuis la création du marché unique et décline même depuis le début des années 2000 (retour au niveau du milieu des années 1970), les marchés d’exportation hors UE croissant beaucoup plus rapidement que celle vers l’UE et la zone euro.

Fonds monétaire International, Direction des statistiques du Commerce et calculs de l’auteur

Comme le notent les chercheurs de l’Université de Cambridge, cela suggère « un bénéfice négligeable, pour le Royaume-Uni, à être membre de l’UE ». En outre, cela montre que la Grande-Bretagne diversifie ses exportations depuis un certain temps et qu’elle dépend beaucoup moins de l’UE aujourd’hui qu’il y a vingt ou trente ans. Une autre observation tirée de la base de données de la Direction des Statistiques du Commerce du FMI est que, alors que les exportations mondiales ont quintuplé depuis 1991 et que celles des économies avancées ont été multipliées par 3,91, les exportations de l’UE et de l’UEM n’ont augmenté que d’un facteur 3,7 et 3,4 respectivement.

Ces résultats sont cohérents avec d’autres études qui montrent que la libéralisation des tarifs douaniers, en elle-même, ne favorise pas la croissance, ni même le commerce. En fait, le contraire est souvent vrai : comme l’a montré l’économiste de Cambridge Ha-Joon Chang, tous les pays riches d’aujourd’hui ont développé leur économie à l’abri de mesures protectionnistes. Cela jette de sérieux doutes quant à l’affirmation largement répandue selon laquelle quitter le marché unique signifierait nécessairement « une productivité plus faible et un niveau de vie plus bas ». Il révèle également comme totalement « invraisemblable », selon les mots des chercheurs de Cambridge, l’affirmation du Trésor selon laquelle la Grande-Bretagne a connu une augmentation de 76 % de ses échanges commerciaux en raison de l’adhésion à l’UE, tendance qui pourrait s’inverser en quittant l’UE. Les économistes de Cambridge concluent que les tarifs douaniers moyens sont déjà si bas pour les pays non membres de l’UE qui cherchent à commercer au sein de l’UE que, même dans le cas d’un « Brexit dur », les pertes commerciales seraient vraisemblablement limitées et temporaires.

La gauche et la libéralisation

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Cela rend encore plus ridicule le soutien de la gauche contemporaine en faveur du « libre-échange ». Nous devrions frémir à l’idée que les historiens du futur se feront des aberrations telles que la campagne du Parti Travailliste en faveur du marché unique, celle de ses alliés Yanis Varoufakis avec son groupe DiEM25. Surtout si l’on considère que même les économistes orthodoxes, comme Dani Rodrik, disent maintenant explicitement que la libéralisation du commerce « cause plus de problèmes qu’elle n’en résout », qu’elle est l’une des causes profondes des réactions anti-establishment qui se développent en Occident, et que le moment est venu de « mettre des grains de sable dans les roues de la mondialisation ». En ce sens, on s’attendrait à ce que la gauche voie dans le Brexit une opportunité parfaite de « réécrire[les] règles multilatérales », comme le conseille Rodrik, au lieu de s’accrocher bec et ongles à un système en faillite.

En outre, on oublie souvent dans le débat sur Brexit que le marché unique dépasse largement la simple libéralisation du commerce. L’un des principes fondamentaux du marché unique était la déréglementation des marchés financiers et l’abolition du contrôle des capitaux, non seulement entre les membres de l’UE, mais aussi entre les membres de l’UE et d’autres pays. Comme nous le soutenons dans notre récent livre, Reclaiming the State [Réhabiliter l’État, NdT], cet aspect du marché unique reflète le nouveau consensus qui avait émergé, même au sein de la gauche, dans les années 1970 et 1980. Selon ce consensus, l’internationalisation économique et financière – ce que nous appelons aujourd’hui « mondialisation » – a rendu l’État de plus en plus impuissant face aux « forces du marché ». Dans cette lecture, les pays n’avaient donc pas d’autre choix que d’abandonner les stratégies économiques nationales et tous les instruments traditionnels d’intervention dans l’économie, et d’espérer, au mieux, des formes transnationales ou supranationales de gouvernance économique.

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Il en est résulté une dépolitisation progressive de la gestion de l’économie, qui a été un élément essentiel du projet néolibéral, en visant, d’une part, à établir des barrières étanches entre les politiques macroéconomiques et les aspirations de la population et, d’autre part, à éliminer les obstacles aux flux de capitaux. Le marché unique a joué un rôle crucial dans la néolibéralisation de l’Europe, ouvrant la voie au traité de Maastricht, qui a fait pénétrer le néolibéralisme au sein même de l’Union européenne. Ce faisant, il a établi de facto un ordre constitutionnel supranational qu’aucun gouvernement, seul, n’est en mesure de changer. En ce sens, il est impossible de séparer le marché unique de tous les autres aspects négatifs de l’Union européenne. L’UE est de nature structurellement néolibérale, antidémocratique et néocoloniale. Elle est politiquement dominée par son membre le plus important et les politiques qu’elle a menées ont eu des effets sociaux et économiques désastreux.

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Alors pourquoi la gauche de gouvernement a-t-elle tant de mal à accepter le Brexit ? Les raisons, comme nous l’avons noté, sont nombreuses et liées les unes aux autres : la croyance fausse, à gauche, selon laquelle l’ouverture et le commerce apportent la prospérité ; son acceptation des mythes économiques dominants, en particulier en ce qui concerne les déficits et les dettes publiques ; son incapacité à comprendre la véritable nature du marché unique et de l’Union européenne en général ; l’illusion que l’UE peut être « démocratisée » et réformée dans une direction progressiste ; l’idée, erronée, que la souveraineté nationale n’est plus pertinente dans une économie internationale de plus en plus complexe et interdépendante, et que le seul espoir d’obtenir un changement significatif est que les pays “mettent en commun” leur souveraineté et la transfèrent à des institutions supranationales.

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L’une des raisons essentielles du ralliement de la gauche à la panique anti-Brexit a été la diversion qui a opportunément permis de ne pas s’atteler à un problème plus substantiel : le système économique qui sous-tend l’Occident en général est en grave déclin. Une autre étude de la CBR de l’Université de Cambridge a révélé que l’impact du Brexit serait probablement beaucoup plus limité que prévu par le gouvernement « même dans l’hypothèse où le Royaume-Uni n’obtiendrait pas d’accord de libre-échange ni d’accès privilégié au marché unique de l’UE » – c’est-à-dire même dans le cas d’un « Brexit dur ». Dans l’ensemble, les chercheurs de Cambridge ont trouvé :

Les perspectives économiques sont en demi-teinte plutôt que sombres, mais cela aurait été le cas, à notre avis, même sans Brexit. La réalité, plus profonde, est la poursuite d’une croissance faible, tant de la production que de la productivité qui a marqué le Royaume-Uni et d’autres économies occidentales depuis la crise bancaire. La croissance lente du crédit bancaire, dans un contexte d’endettement déjà élevé et d’austérité du secteur public, empêche la demande globale de croître significativement.

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En d’autres termes, le Royaume-Uni continue d’être confronté à de graves problèmes économiques – demande intérieure insuffisante, bulle de la dette privée, infrastructures sur le déclin et désindustrialisation – qui n’ont rien à voir avec Brexit, mais qui résultent plutôt des politiques économiques néolibérales menées par les gouvernements britanniques successifs au cours des dernières décennies, y compris le gouvernement conservateur actuel.

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Ces idées néolibérales sont ancrées tellement profondément qu’elles ne pourront être remises en question que par une révolution démocratique dans la politique britannique – mais là encore, le débat sur le Brexit a bridé tout progrès, et révélé une profonde défiance à l’égard de la démocratie. Ceci est illustré par les affirmations selon lesquelles, sans la « protection » du marché unique, le Royaume-Uni sombrerait dans un cauchemar dystopique, où il aurait à faire face à « des aliments génétiquement modifiés, du poulet au chlore et à la privatisation des secteurs protégés comme les soins de santé » et où, comme l’écrit Denayer, les droits de l’homme seraient réduits à la portion congrue, et les « principes de procès équitables, de liberté d’expression et de normes de travail décentes » seraient compromis. S’il est vrai que, dans certains domaines, les précédents gouvernements britanniques, de droite, ont été contrariés – dans le bon sens – par l’UE dans leurs tentatives de déréglementation et de marchandisation, l’idée que le peuple britannique est incapable de défendre ses droits en l’absence d’une certaine forme de “contrainte extérieure” est condescendante et réactionnaire.

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Tout comme les déboires économiques actuels de la Grande-Bretagne ont beaucoup plus à voir avec les politiques économiques nationales qu’avec le résultat du référendum, l’avenir du pays dépendra largement des politiques nationales suivies par les futurs gouvernements britanniques, et non du résultat des négociations du Royaume-Uni avec l’UE. Comme l’écrit John Weeks, professeur émérite à l’Université de Londres : « La douloureuse vérité est que la grande majorité des ménages britanniques seront mieux lotis hors de l’Union européenne avec un gouvernement travailliste dirigé par Jeremy Corbyn que dans l’Union européenne sous le joug d’un gouvernement conservateur dirigé par n’importe qui. »

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En effet : un gouvernement socialiste démocratique dirigé par Corbyn est la meilleure option pour la majorité des citoyens britanniques et pour l’économie du pays. D’où une conclusion évidente : pour un gouvernement travailliste dirigé par M. Corbyn, ne pas être membre de l’Union européenne « résout plus de problèmes qu’il n’en crée », comme le fait remarquer M. Weeks. Il fait référence au fait que de nombreux aspects du programme de Corbyn – tels que la renationalisation des services postaux, des chemins de fer et des entreprises du secteur de l’énergie, ainsi que le soutien au développement de certaines entreprises – ou d’autres politiques qu’un futur gouvernement travailliste pourrait décider de mettre en œuvre, comme l’adoption de contrôles des capitaux, seraient difficiles à mettre en œuvre en vertu du droit communautaire et seraient presque certainement contestées par la Commission européenne et la Cour de justice des Communautés européennes. Après tout, l’UE a été créée avec l’intention précise d’interdire définitivement des politiques aussi « radicales ».

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C’est pourquoi Corbyn doit résister aux multiples pressions – d’abord et avant tout au sein de son propre parti – qui l’incitent à soutenir un « Brexit doux ». Au contraire, il doit trouver tisser autour du Brexit une histoire radicalement progressiste et émancipatrice. Une fenêtre de tir unique s’est ouverte pour la gauche britannique – et la gauche européenne en général – pour montrer qu’une rupture radicale avec le néolibéralisme, et avec les institutions qui le soutiennent, est possible. Mais elle ne restera pas ouverte éternellement.

Thomas Fazi est écrivain, journaliste, traducteur et chercheur. Il est le coauteur de Reclaiming the State : A Progressive Vision of Sovereignty for a Post-Neoliberal World [Réhabiliter l’État : une vision progressiste de la souveraineté pour un monde post-néolibéral] (Pluto Press ; 2017).

William Mitchell est le co-auteur de Reclaiming the State : A Progressive Vision of Sovereignty for a Post-Neoliberal World (Pluto Press ; 2017). Il est professeur d’économie et directeur du Centre of Full Employment and Equity [Centre de plein emploi et d’équité] à l’Université de Newcastle, en Australie.

Source : Jacobin, Thomas Fazi & William Mitchell, 29-04-2018

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

https://www.les-crises.fr/pourquoi-la-gauche-devrait-se-rallier-au-brexit/

jeudi 17 mai 2018

Vidéos du jour (en vrac)

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En vrac, quelques vidéos qui m'ont semblé intéressantes (ce qui ne veut pas dire que je suis d'accord avec tout ce qui est dit!). En particulier la série "Gazage en Syrie" de notre ami "Trouble Fait", 3 numéros sont déjà sortis, vous les trouverez sur sa chaîne youtube.   P.G.

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[Gazage en Syrie 1/5] – Des preuves "irréfutables".

https://www.youtube.com/watch?v=6qSa7iIHoA4

PIERRE YVES 2017 ENTRETIEN

Pierre Yves Rougeyron sur Radio Courtoisie le 7 mai 2018

https://www.youtube.com/watch?v=c7bhhfsyN34

 

 

LUCIEN CERISE RADIO COURTOISIE

Lucien Cerise sur Radio Courtoisie : Formatage social et manipulation des radicalisés (avril 2018)

https://www.youtube.com/watch?v=K9DRH7fuBZI

 

Ambassade US à Jérusalem : « Coup de pied dans la fourmilière » ou « machineries infernales » ? (Vidéo)

A l’occasion du 70e anniversaire de la proclamation de l’Etat d’Israël, l’ambassade des Etats-Unis est inaugurée à Jérusalem. Pour RT France, Richard Labévière et Richard Abitbol confrontent leur analyse de la situation dans la région.

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Ce 14 mai 2018, l’inauguration de l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem marque un tournant majeur après des décennies de prudence diplomatique. Comme prévu, l’événement n’a pas manqué d’exacerber les tensions déjà vives dans cette région du monde : pour protester contre l’événement, des milliers de Palestiniens se sont dirigés vers la frontière israélo-palestinienne, dans la région de Gaza, et des dizaines d’entre eux ont perdu la vie sous les tirs israéliens.

Sur le plateau de RT France, le rédacteur en chef du site Proche et Moyen-Orient, Richard Labévière, ainsi que le président de la confédération des juifs de France, Richard Abitbol, ont livré leur analyse de la situation. Des visions totalement opposées qui ont parfois mené à de vifs échanges…

Le déplacement controversé d’une ambassade

Premier à prendre la parole, Richard Abitbol s’est félicité de la décision de Donald Trump qui, selon lui, « crée le conflit pour régler le conflit ». « [Donald Trump] donne un coup de pied dans la fourmilière », a poursuivi le président de la confédération des juifs de France, comparant le locataire de la Maison Blanche à l’ancien conseiller à la sécurité nationale des Etats-Unis, Henry Kissinger, qui selon lui, « attendait le conflit pour traiter le conflit ».

De son côté, Richard Labévière a déploré une décision qu’il estime être à la source de trois « machineries infernales ».

Ainsi, le rédacteur en chef du site Proche et Moyen-Orient a déploré un « piétinement du droit international », « la fin des accords d’Oslo [conclus en 1994] », ainsi qu’« une action de négationnisme historique scandaleuse et inédite dans l’histoire du Proche-Orient ».

Avant Trump… l’administration américaine ?

Les deux invités, chacun à leur tour, n’ont pas manqué d’évoquer le rôle global de l’administration américaine dans l’évolution de la situation au Proche-Orient.

« Ce n’est pas Monsieur Trump qui a décidé de faire que l’ambassade américaine vienne à Jérusalem, c’est une décision de l’administration Clinton, c’est une loi américaine qui doit s’appliquer et qui a été suspendue. », a argué Richard Abitbol.

Quant à Richard Labévière, il a dénoncé l’influence américaine dans la région, n’hésitant pas à évoquer l’implication des « lobbies juifs [américains] pro-israéliens » et des « PAC » [en français, comités d’action politique, organisations privées dont le but est d’infléchir les choix des élus américains]. Il a ainsi déclaré : « La médiation américaine s’est tellement ridiculisée […] Depuis le départ, la question israélo-palestinienne est une question de politique domestique intérieure aux Etats-Unis.»

Quel chemin pour la paix ?

Richard Abitbol s’est montré catégorique : « Il y a aujourd’hui une chance comme jamais pour avoir une paix au Proche-Orient avec une alliance nouvelle entre tous les pays sunnites et Israël. »

Richard Labévière, lui, a considéré qu’« il [fallait] sortir du théologico-politique […] pour laïciser le problème et revenir à une technicité diplomatique ».

Le dossier iranien

En fin de débat, les deux interlocuteurs ont été interrogés sur le récent retrait de Washington de l’accord sur le nucléaire iranien.

A ce sujet, Richard Labévière s’est inquiété d’une « convergence américaine, israélienne et saoudienne pour faire une guerre à l’Iran ». Il a poursuivi en exprimant ses craintes sur un « conflit [qui] pourrait s’élargir au-delà du Moyen-Orient », évoquant le rôle de pays comme la Russie et la Chine.

De son côté, Richard Abitbol a salué la décision de Donald Trump, développant une virulente critique de la République islamique d’Iran : « C’est une décision qui devrait ravir le monde entier, l’Iran n’a pas seulement une politique anti-israélienne, l’Iran est à l’origine de beaucoup d’attentats antisémites […] l’Iran finance des groupes terroristes qui ont généré des attentats antisémites un peu partout dans le monde, l’Iran n’est pas une démocratie ! »

Source :

https://francais.rt.com/entretiens/50678-ambassade-us-jerusalem-coup-pied

https://www.la-croix.com/Monde/Moyen-Orient/marche-sanglante-Gazaouis-2018-05-14-1200938870

Voir notamment :

Censures « françaises » – Richard Labévière

https://aphadolie.com/2018/05/16/ambassade-us-a-jerusalem-coup-de-pied-dans-la-fourmiliere-ou-machineries-infernales-video/

Voir la vidéo:

 

VIDEO DEBAT JERUSALEM

Ambassade US à Jérusalem : Richard Labevière et Richard Abitbol confrontent leur analyse

https://www.youtube.com/watch?time_continue=800&v=H7zDgJM3G6Q

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mercredi 9 mai 2018

Syrie : l’Occident ne veut pas entendre les témoins de Douma

TRIBUNE LIBRE / Par Jonathan Cook

TL SINGES CHINOIS


Paru sur le blog de l’auteur sous le titre The west closes its ears to Douma testimony

La réponse des USA, du Royaume-Uni et de la France au briefing de mardi de l’OIAC, à La Haye, a été perverse, pour dire le moins. La Russie avait présenté 17 témoins de Douma, qui ont déclaré qu’il n’y avait pas eu d’attaque chimique – le prétexte à des frappes illégales contre la Syrie par trois États occidentaux.

Les témoins, des victimes et les médecins qui les avaient soignés, ont donné des explications qui confirmaient le reportage ramené de Douma, la semaine dernière, par le journaliste d’investigation britannique Robert Fisk [Lien en français]un reportage, faut-il noter, qui a presque entièrement été occulté par les médias occidentaux. Selon leurs témoignages à l’OIAC, les victimes montrées dans la vidéo de l’attaque alléguée souffraient d’hypoxie due à l’inhalation de fumée et de poussières après un bombardement, et non de gaz.

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La première chose étrange à noter est que les USA, le Royaume-Uni et la France ont boycotté la rencontre, dénoncé la Russie pour avoir présenté les témoins et appelé l’événement « une mascarade obscène » et du « théâtre ». Cela suggère que ce trio, qui se comporte comme les trois singes chinois, pensent que ces témoignages vont disparaître s’ils les ignorent. Ils n’ont aucun intérêt à écouter des témoins, sauf s’ils s’accordent avec la version occidentale utilisée pour justifier les frappes de missiles en Syrie. [Leur boycott de l’événement et leur a priori, avant même qu’ils les aient entendus, contre les témoins prouve également qu’ils savaient d’avance ce que ces gens allaient dire, et pour cause… NdT]

RFS FAKE WH

Le témoignage des gens présents au moment des faits est sûrement déterminant pour comprendre ce qui s’est réellement passé. Les USA, le Royaume-Uni et la France sont sûrement obligés d’écouter les témoins d’abord, et ensuite seulement de tenter de les discréditer s’ils pensent que leur histoire n’est pas plausible ou qu’il ont été intimidés. Les preuves ne peuvent pas être évaluées ou réfutées si elles ne font pas l’objet du moindre examen.

La deuxième est que les médias se font l’écho de ce mépris déplacé envers les éléments de preuve. Eux aussi semblent avoir jugé d’avance de la crédibilité des témoins avant mêmes d’entendre ce qu’ils avaient à dire (tout comme dans le cas de Fisk). De façon symptomatique, le Guardian a décrit ces témoins comme des « témoins supposés » , ce qui n’est pas une formulation encourageante quant à son degré d’impartialité dans cette affaire.

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Remarquons que, quand le Guardian se réfère à des témoins qui soutiennent la version des USA-Royaume-Uni-France, souvent des gens qui vivent sous la coupe de djihadistes violents, le journal ne les désigne pas comme des « témoins supposés » ou comme des gens intimidés. Pourquoi est-ce que, pour le Guardian, quelques-uns des témoins ne font qu’affirmer être des témoins, alors que d’autres sont des vrais témoins ? La réponse semble dépendre de l’accord du témoignage avec la version officielle occidentale. Il y a un mot pour cela, et ce n’est pas « journalisme ».

Le troisième problème et le plus important, toutefois, est qu’aucun des membres du trio de pays occidentaux ne nie que ces « témoins supposés » aient été présents à Douma, et quelques-uns d’entre eux figurent dans la vidéo. La ligne adoptée par le Guardian et d’autres est que « La véracité des déclarations des témoins triés par les Russes sera remise en question, puisque leur capacité à parler librement est limitée. »

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Ainsi, la question n’est pas de savoir s’ils étaient présents au moment des faits, mais si ils sont forcés de raconter une histoire qui contredit la version officielle, et du même coup la raison douteuse de l’attaque contre la Syrie.

Mais cela nous laisse une autre difficulté. Personne, par exemple, ne semble douter que Hassan Diab, un garçon qui a témoigné à l’audience, soit bien le garçon montré dans la vidéo, qui avait censément été gazé avec un agent innervant trois semaines plus tôt. Comment expliquer qu’aujourd’hui, il resplendisse de santé ? Ce n’est pas comme si les gouvernements américain, britannique et français n’avaient pas eu le temps de procéder à leur propre enquête. Son père et lui disent la même chose depuis au moins une semaine à la télévision russe, qu’il n’y a pas eu d’attaque chimique à Douma.

Au lieu de quoi, nous avons des révisions qui s’ajoutent aux révisions dans une histoire qui nous avait été présentée comme si limpide qu’elle justifiait un acte d’agression militaire par les USA, le Royaume-Uni et la France contre la Syrie, sans autorisation du Conseil de sécurité de l’ONU – en d’autres termes, un crime de guerre de premier ordre.

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Il est utile de noter le bref reportage de la BBC. Il a suggéré que Diab était là, que c’est le garçon de la vidéo, mais que ce n’était pas l’une des victimes de l’attaque chimique. Il implique qu’il y avait deux types de victimes dans la vidéo de Douma : ceux qui étaient victimes de l’attaque chimique, et à côté, des victimes d’hypoxie.

Ce qui représente un sérieux rétropédalage par rapport à la première version.

Il est concevable, je suppose, qu’il y ait eu une attaque chimique contre ce voisinage de Douma, dans laquelle des gens comme Diab étaient certains d’avoir été gazés alors que ce n’était pas le cas, mais que d’autres à côté aient pu être réellement gazés. Il est également concevable que les effets de l’inhalation de fumée et de poussières et de gaz chimiques soient si similaires que les Casques blancs ont filmé les « mauvaises victimes », montrant des victimes comme Diab qui n’avaient pas été gazées. Il est également possible, j’imagine, que Diab et sa famille soient forcés de mentir sous la pression des Russes, et de dire qu’il n’y a pas eu d’attaque chimique.

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Mais même si chacun de ces scénarios est possible en lui-même, sont-ils plausibles ensemble ? [Et surtout, pourquoi les trois pays occidentaux, qui sont si sûrs de leur fait, n’ont-ils pas demandé à interroger eux-mêmes les témoins et, s’ils pensent que ces gens mentent sous pression russe, pourquoi n’ont-ils pas demandé à l’ONU de prendre des mesures pour à les mettre à l’abri de toute possibilité de coercition, par exemple en exigeant un statut de témoin protégé pour eux ? NdT]. Ceux d’entre nous qui avons préféré ne pas nous précipiter pour juger et attendre les preuves d’une réelle attaque chimique avons invariablement été traité de « complotistes ». Mais qui propose la théorie du complot la plus fantaisiste ici, ceux qui veulent des preuves, ou ceux qui créent une série élaborée de révisions pour tenter de maintenir la crédibilité de leur version originelle ?

S’il y a quelque chose de certain dans tout ceci, c’est que la vidéo censée représenter la preuve formelle d’une attaque chimique s’est avérée n’être rien de tel.

Traduction Entelekeheia
Photo Pixabay

http://www.entelekheia.fr/syrie-loccident-ne-veut-pas-entendre-les-temoins-de-douma/

Voir aussi:

FA RT 7MAI18sur le site national et sur You Tube.

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Esclavage : une mémoire mal orientée

TRIBUNE LIBRE /

ARG ESCLAVAGE POLEMIQUE

Est-il opportun d'installer au cœur de Paris une « Fondation pour la mémoire de l’esclavage » ? se demande notre chroniqueur Alban Dignat...

170 ans après son abolition, l’esclavage revient en France au cœur des enjeux mémoriels. Le phénomène est corrélé à l'augmentation rapide du nombre de résidents originaires d’Afrique subsaharienne et à la montée des revendications racialistes. 

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Tout a commencé en 2001 avec la loi Taubira qui a fait de la traite européenne (et elle seule) un crime contre l’humanité. Le 10 mai, anniversaire de cette loi, est devenu une Journée des « Mémoires de la traite négrière, de l'esclavage et de leurs abolitions ».

Le 27 avril 2018, anniversaire de l’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises, le président Macron a aussi annoncé la création d’une « Fondation pour la mémoire de l’esclavage ». Son siège devrait être installé au cœur de Paris, dans le superbe hôtel de la Marine, sur la place de la Concorde, où fut signé le décret d’abolition.

Le choix de cet endroit au cœur de la France paraît malvenu car, s’il y a un territoire dans le monde qui a été épargné par l’esclavage au cours du dernier millénaire, c’est bien l’Europe occidentale !

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Une réalité quasi-universelle

Une série documentaire diffusée le 1er mai 2018 sur Arte rappelle que l’esclavage était une institution très répandue sous l’Antiquité à de rares exceptions près (Ancien Empire égyptien, Crète, Étrurie). Il était avant tout la conséquence des guerres, les captifs ayant vocation à servir leurs maîtres.

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En Afrique subsaharienne, du fait de l’abondance des terres et de la rareté des hommes, c’était le nombre d’esclaves et de femmes (polygamie) qui déterminait le rang social de chacun, au contraire de l’Europe ou de l’Extrême-Orient, où la richesse se mesurait à la possession de terres.  Dès avant notre ère, l’esclavage est donc devenu un élément central des sociétés subsahariennes (*).

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Quand les Arabes musulmans sont entrés en relations avec les chefs africains au VIIIe siècle, ceux-ci n’ont trouvé à leur vendre que des esclaves (et de l’or). Et peu à peu, dans le monde musulman, l’esclave s’est confondu avec le Noir, les mêmes termes désignant en arabe l’un et l’autre. Ainsi est né le racisme avec même une justification religieuse, la « malédiction de Cham ».

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Au XVe siècle, des négociants espagnols et portugais achetèrent des esclaves au Maghreb et introduisirent l’économie de plantation au sud de la péninsule ibérique puis dans les terres tropicales du Nouveau Monde, sans se soucier des interdictions pontificales.

La traite atlantique prit de l’ampleur au Siècle des Lumières, le mal-nommé. Elle a été rendue possible parce que, sur les côtes du golfe de Guinée, des chefs africains se montraient désireux de vendre leurs propres esclaves aux navires de passage. Cela relevait pour eux d’un commerce ordinaire, grâce auquel ils pouvaient s'approvisionner en biens manufacturés et en armes.

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Dans les colonies hispaniques, encore imprégnées d’esprit médiéval, les esclaves étaient assimilés aux anciens serfs ; les préjugés raciaux étaient limités et les métissages fréquents. Dans les colonies françaises et anglaises, d’esprit plus moderne, l’esclavage avait un caractère plus formaliste. Il était ressenti comme une aberration morale et néanmoins pratiqué parce qu’il apportait du confort à bon compte (un peu comme aujourd’hui nous persistons à brûler du pétrole pour notre agrément, tout en ayant clairement conscience de détruire la planète).

La morale est sauve, peut-on dire, puisque toutes les régions qui ont pratiqué (ou pratiquent encore) l’esclavage figurent parmi les plus pauvres de leur catégorie. Du sud des États-Unis aux Indes en passant par l’Amérique tropicale, l’Afrique et le Moyen-Orient, l’asservissement des hommes n’a jamais produit d’enrichissement durable. L’esclavage a pu être un mode d’enrichissement spéculatif. Il n’a jamais été un facteur de progrès.

Une annonce clientéliste

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Au vu de ce rappel historique et en regard de la situation actuelle, avec une résurgence de l’esclavage en Amérique latine, en Afrique, au Moyen-Orient et aux Indes (esclavage pour dettes, ventes d'enfants, capture de migrants), on peut se demander s'il est bien nécessaire de créer en France une fondation mémorielle et si l’hôtel de la Marine est le lieu le plus approprié pour celle-ci.

Mais ne s’agirait-il pas de persuader les Français de leur responsabilité dans un fléau auquel la majorité d’entre eux n’ont jamais pris la moindre part, pas plus que leurs ancêtres jusqu’à la trentième génération ?

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Destinée à satisfaire quelques associations racialistes, dans une approche clientéliste, l'annonce du président Macron est de nature à aggraver un peu plus les fractures au sein de la nation française. 

Alban Dignat
https://www.herodote.net/Esclavage_une_memoire_mal_orientee-article-1723.php

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