mercredi 16 mai 2018

FRANCE | Tu dénonces Soros? Tu es antisémite!

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La couverture de Valeurs actuelles fait la polémique cette semaine. On y voit le portrait du vieux requin de la finance sous le titre «Le milliardaire qui complote contre la France». Etrangement, cela vaut au magazine l'accusation d'antisémitisme de la part de juges autorisés. Régis de Castelnau résume avec brio et humour cette nouvelle chasse aux sorcières:

Rubrique : dévoiement.

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«J'ignorais (vraiment) que George Soros était juif. Je savais seulement qu'il était américain, un super riche sans scrupule ayant bâti une immense fortune en spéculant contre les États. Fortune qu'il met désormais au service du projet politique néoconservateur américain. En intervenant avec son pognon partout sur la planète pour mettre le bazar. Donc pour moi, un ennemi.

Je ne lis pas Valeurs Actuelles (faut pas déconner), mais sa couverture que j'avais regardée distraitement ne m'avait pas frappé. Aussi nulle et racoleuse que celles de tous ses concurrents.

– Ah oui mais non, cette couverture est antisémite !

– Ah bon ?

– Ben oui, il y a le mot « milliardaire », qui est un synonyme du mot « juif ». Comme « banquier ». Critiquer un milliardaire ou un banquier, c'est antisémite. Tu ne savais pas ?

– Mais moi, mon banquier il n'est pas juif. Enfin je crois.

– Tu as vérifié ?

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Heureusement, trois preux chevaliers viennent à son secours. Glucksmann (le fils), Plenel et Askolovitch. Et avec la bonne foi qui les caractérise, ils nous disent que publier la photo d'un vieux monsieur et parler de milliardaire en même temps, comment que c'est pas antisémite, protocole des sages de Sion, les heures sombres et tout ça.

En nous prenant pour des jambons. Glucksmann, on sait avec certitude depuis le coup d'État en Ukraine qu'il est un agent américain, c'est de famille. Les deux autres aussi, ça fait longtemps.

Qu'est-ce qui motive cette intervention précipitée au soutien des intérêts de l'oligarque ? Chacun aura son opinion mais cette façon de dévoyer le nécessaire et urgent combat contre l'antisémitisme est simplement dégueulasse.»

(Régis de Castelnau, 11 mai 2018)


 

«Antisémite», «complotiste», «islamophobe» : la une de Valeurs actuelles sur Soros fait réagir

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Valeurs actuelles publie une enquête sur «l'empire du milliardaire George Soros, qui n'hésite pas à employer sa fortune pour influencer la société». Plusieurs personnalités se sont indignées de ce choix de sujet comme de son traitement.

Valeurs actuelles a publié une enquête le 9 mai sur l'homme d'affaires hongrois George Soros, comparé par l'hebdomadaire à un «milliardaire qui complote contre la France». Pour le magazine, «l'empire» de George Soros, «n'hésite pas à employer sa fortune pour influencer la société». Des formules choc qui ont fortement déplu à certains intellectuels français.

Ainsi, l'essayiste Raphaël Glucksmann rappelle dans un tweet l'épisode de la publication au début du XXe siècle des Protocoles des Sages de Sion, un écrit factice supposé prouver une conspiration juive pour conquérir le monde et ayant servi de base à de nombreuses théories antisémites par la suite. Dressant un parallèle entre cet ouvrage et l'hebdomadaire, le philosophe commente : «Le protocole des sages de Sion, version 2018. Le remake hongrois vient d’être traduit en Français.»

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Le directeur de la publication de Mediapart, Edwy Plenel, est également virulent contre Valeurs actuelles : «Quand le complotisme mainstream de l'hebdo islamophobe Valeurs actuelles flirte avec le vieil antisémitisme du milliardaire juif cosmopolite qui financerait l'anti-France.»

L'éditorialiste Claude Askolovitch préfère, pour sa part, l'ironie : «Un milliardaire juif complote contre la France pour l’islamiser [...] Valeurs actuelles connait les classiques.»

Thomas Snégaroff, historien pour France Info, considère, avec la couverture de Valeurs actuelles, «que le vieil antisémitisme n'est pas mort».

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George Soros est une personnalité controversée, notamment dans son pays natal. Il est accusé par les autorités hongroises de s'ingérer dans les affaires du pays en encourageant notamment l'immigration par le biais de financements d'ONG. Milliardaire américano-hongrois à la tête de la fondation Open Society (OSF) intervenant dans la vie politique de nombreux pays, notamment en finançant des ONG pro-UE ou pro-migrants, George Soros s'était alarmé en janvier dernier d'être en train de perdre la bataille idéologique qu'il mène à travers elle. Les ONG financées par George Soros militent, entre autres, pour l'accueil des réfugiés dans les pays occidentaux et la défense des sanctions occidentales contre la Russie.

https://francais.rt.com/france/50532-antisemitisme-complotisme-islamophobie-la-une-de-valeurs-actuelles-sur-george-soros-fait-reagir?mc_cid=3386296fec&mc_eid=3a5e263339

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dimanche 6 mai 2018

Contre l’antisémitisme, avec détermination et sang-froid

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Critiquer les Etats- Unis revient souvent à se faire accuser d'anti- américanisme, parfois par ceux qui ne cachent pas leur russophobie et trouvent ça très bien. Mais l'affaire est encore plus compliquée quand on s'avise de critiquer Israël: Emmanuel Macron, après Valls et bien d'autres, a récemment fait le lien entre antisionisme et antisémitisme. C'est en réaction à cet amalgame infâmant, repris par les signataires du "manifeste des 300" que l'auteur de la tribune libre ci- dessous tente de rétablir quelques vérités. Le texte lui- même n'est pas exempt de toute critique, mais il a l'avantage de résumer un courant d'opinion légitime et qui ne saurait être taxé d'un quelconque racisme. Il en va de la liberté de critique et d'opinion en France, et c'est en cela que ça nous intéresse et que nous le publions.   P.G.

TRIBUNE LIBRE / Source : Le Blog Mediapart, Dominique Vidal,

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Je partage avec les signataires du Manifeste des 300 une seule conviction : la lutte contre l’antisémitisme constitue un impératif moral et politique majeur, dans une société encore rongée par toutes les formes de racisme. Il en va de l’avenir de la démocratie et donc de la République. Mais je ne suis d’accord, ni avec leur analyse du phénomène, ni avec leur démarche pour le combattre.

Et pour cause : ils ignorent complètement les indications que nous donne, depuis des années, la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), avec laquelle, je le rappelle, les institutions et organismes communautaires juifs collaborent pourtant étroitement. Le « Rapport sur la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie », que la Commission publie chaque année, met à la fois à notre disposition un état de l’opinion et une évaluation des violences perpétrées.

Quelles leçons se dégagent du travail des sondeurs, des sociologues et du ministère de l’Intérieur ?

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Que l’idéologie antisémite n’a cessé de reculer parmi nos concitoyens depuis la Seconde Guerre mondiale, au point d’y devenir marginale : 89 % d’entre eux considèrent les Juifs comme « des Français comme les autres », soit une proportion supérieure de 8 points à celle observée pour les musulmans et de 30 points comparée à celle des Roms ;

Qu’en revanche, les préjugés antisémites, bien qu’en diminution, restent influents, si bien que 35 % des Français pensent encore que « les Juifs ont un rapport particulier à l’argent », 40 % que, « pour les Juifs français, Israël compte plus que la France » ou 22 % que « les Juifs ont trop de pouvoir »;

Que les violences anti-juives, après un pic au début du siècle, ont connu depuis une décrue progressive, confirmée en 2017. Les violences antimusulmans, elles, ont culminé en 2015, alimentées par l’horreur des attentats terroristes, mais reflué elles aussi depuis. Rapportés au nombre de personnes concernées, les chiffres montrent que les Juifs constituent la principale cible des actes racistes, par ailleurs moins nombreux mais plus violents ;

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Que, pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, des Juifs ont été assassinés, en tant que tels – indépendamment des attentats terroristes comme ceux de la synagogue de la rue Copernic ou de la rue des Rosiers. Si, certains de ces meurtres sont indiscutablement antisémites, comme ceux de Mohamed Merah ou d’Amedi Coulibaly, d’autres imbriquent haine des Juifs, motivations crapuleuses, voire signes de maladie mentale ;

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– Que cet antisémitisme – idéologie, préjugés, violences – est le fait de groupes divers. S’il reste caractéristique de l’extrême droite, y compris du Front national dont la « dédiabolisation » n’a pas éradiqué le vieux racisme anti-juif et le négationnisme, cet antisémitisme s’est aussi développé parmi les enfants de l’immigration. Mais une sociologue comme Nonna Mayer met en garde contre le concept de « nouvel antisémitisme », inspiré des thèses de Pierre-André Taguieff qui, écrit-elle, « voit un antisémitisme masqué derrière la critique d’Israël et du sionisme, au nom de l’antiracisme et des droits de l’homme, et porté tant par l’islamisme radical que par les idéologies tiers-mondistes d’extrême gauche ».

Ces analyses, on en conviendra, tranchent avec le simplisme et l’alarmisme du Manifeste de Philippe Val. Tout ce qui est excessif ne compte pas, disait Talleyrand : comment peut-on parler, à propos des Juifs français, de « terreur » ou d’« épuration ethnique » ? Mais surtout les pistes que suggèrent les signataires sont de fausses pistes, le plus souvent dangereuses :

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– Faire du seul islam radical la cause de la violence antijuive, c’est ignorer une partie importante du phénomène. D’abord parce que, je l’ai rappelé, l’antisémitisme de l’extrême droite reste vivace et souvent violent. Ensuite parce que, même parmi les jeunes de banlieue, la violence – comme d’ailleurs le djihadisme – n’a pas qu’une dimension idéologique ou religieuse : elle s’enracine aussi, n’en déplaise aux signataires, dans la désespérance sociale, elle-même produite par les discriminations économiques, sociales et ethniques qui les frappent dans notre société. Autrement dit, la vigilance et la répression nécessaires doivent aller de pair avec des efforts d’intégration considérables. Pour que la République se réconcilie avec sa jeunesse, y compris immigrée.

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Dénoncer « l’antisémitisme d’une partie de la gauche radicale qui a trouvé dans l’antisionisme l’alibi pour transformer les bourreaux des Juifs en victimes de la société »(sic), c’est tout simplement infâme. Mais d’où sort ce fantasme d’une extrême gauche antisémite en France aujourd‘hui ? De qui parle-t-on ? Des communistes ? Des insoumis ? Des écologistes ? Des trotskistes ? Des chrétiens de gauche ? Aucun de ces partis, groupes ou mouvements n’a jamais flirté, de près ou de loin, avec la haine des Juifs ! Au contraire, c’est de ce côté-là que les Juifs ont trouvé, à l’heure du plus grand péril, leurs défenseurs les plus héroïques. Faut-il rappeler qu’en France, contrairement à la plupart des autres pays occupés, la solidarité populaire, des communistes aux gaullistes en passant par les chrétiens, a permis à près de quatre cinquièmes des Juifs d’échapper au génocide ?

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– Infâme, cette affirmation relève aussi de l’analphabétisme historique. L’antisémitisme est un délit, poursuivi à juste titre, comme toutes les formes de racisme, par les lois, anciennes et récentes, de la République. L’antisionisme, lui, est une opinion, selon laquelle Theodor Herzl a eu tort de considérer les Juifs comme inassimilables et de prôner en conséquence leur rassemblement dans un État qui leur soit propre. L’immense majorité des Juifs, jusqu’en 1939, s’est opposée au projet sioniste : à cette date, la communauté juive de Palestine ne représente que 2,5 % de la population juive mondiale. Après le génocide nazi, des centaines de milliers de survivants, qui n’avaient pas où aller, faute de visas américains, ont choisi de rebâtir leur vie en Israël. Il en ira de même pour les Juifs des pays arabes, puis pour les Juifs soviétiques, venus par nécessité plus que par choix sioniste. Et, malgré ces vagues d’immigration, la majorité des Juifs vivent ailleurs qu’en Israël, et ils s’intègrent si bien en Amérique et en Europe que la majorité d’entre eux y concluent des mariages « mixtes ». En quoi ces rappels historiques relèveraient-ils de l’antisémitisme ?

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– Avec la conclusion du Manifeste, on sombre dans l’absurdité pure et simple. Les signataires demandent que « les versets du Coran appelant au meurtre et au châtiment des juifs, des chrétiens et des incroyants soient frappés d’obsolescence par les autorités théologiques, comme le furent les incohérences de la Bible et l’antisémitisme catholique aboli par Vatican II, afin qu’aucun croyant ne puisse s’appuyer sur un texte sacré pour commettre un crime ». J’avoue avoir du mal à imaginer que tant de personnalités ignorent un fait simple : si l’Église catholique a pu renoncer dans son discours à la dénonciation des Juifs comme un « peuple déicide », responsable de siècles de massacres en Europe, c’est qu’elle s’organise autour d’une structure hiérarchique, avec un clergé, un pape et des conciles. Tel n’est pas le cas de l’islam, qui ne dispose pas d’« autorités théologiques » à même de modifier des versets du Coran. Il en va d’ailleurs de même du judaïsme, où personne n’est en droit de censurer les commentaires du Talmud contre les goyim et encore moins les nombreux appels au génocide que contient l’Ancien Testament – et que pourtant des dirigeants, religieux et politiques, invoquent pour justifier le sort fait aux Palestiniens. Si les Livres saints étaient amendables, ça se saurait !

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– Voilà, pour conclure, le grand absent du « Manifeste » : le conflit israélo-palestinien. Cette lâcheté, sans doute nécessaire pour bricoler un groupe aussi hétéroclite, est absurde. Qui osera le nier ? Les massacres de ces dernières semaines contre les manifestations de Gaza, justifiés par une partie des signataires, provoquent par exemple plus d’antisémitisme que tous les versets dénoncés du Coran. De quand date la dernière explosion de violences contre les Juifs dans notre pays, sinon de la Seconde Intifada et de sa répression brutale ? Et la droite et l’extrême droite israéliennes nous annoncent bien pire, avec l’annexion annoncée de la Cisjordanie, l’enterrement de la solution des deux États et la perspective d’un seul État où les Palestiniens annexés avec leur terre n’auraient pas le droit de vote… La paix au Proche-Orient ne fera pas disparaître miraculeusement l’antisémitisme, mais elle y contribuera décisivement : raison de plus pour s’engager sur ce chemin.

Un dernier mot : hiérarchiser les racismes, c’est tomber dans le racisme. Et hiérarchiser le combat contre le racisme, c’est le saboter. Cette lutte indispensable, nous la remporterons ensemble ou jamais. Avec détermination et sang froid.

Dominique Vidal. Historien et journaliste, spécialiste des relations internationales et notamment du Proche-Orient, collaborateur du “Monde diplomatique”

https://www.les-crises.fr/contre-lantisemitisme-avec-determination-et-sang-froid/


 

Manifeste «contre le nouvel antisémitisme»

Ce manifeste, rédigé par Philippe Val et publié dans Le Parisien le dimanche 22 avril 2018, réunit plus de 300 signataires. Parmi eux, trois anciens Premiers ministres, des élus, des intellectuels, des artistes…

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Dans un livre à paraître mercredi chez Albin Michel*, quinze intellectuels prennent la plume pour dénoncer le poison de l’antisémitisme. L’ouvrage, préfacé par la philosophe Elisabeth de Fontenay, est écrit avec l’énergie de la colère. Une colère qui prend aujourd’hui la forme d’un manifeste qu’« Aujourd’hui en France Dimanche » a décidé de publier. Elle grandit depuis la mort de Sarah Halimi, Parisienne de 65 ans défenestrée après avoir été rouée de coups le 4 avril 2017. La justice a mis plus de dix mois à reconnaître la circonstance aggravante de l’antisémitisme. Le 23 mars, moins d’un an plus tard, dans le même arrondissement, au cœur de la capitale, l’assassinat de Mireille Knoll, 85 ans, ravivait l’émotion et l’indignation nées de l’affaire Halimi. L’enquête est en cours.

Plus de 250 signataires ont répondu à l’appel rédigé par un collectif, dont Philippe Val, l’ancien directeur de « Charlie Hebdo ». Parmi eux, trois anciens Premiers ministres, des élus de tous bords, des représentants des différentes religions, des intellectuels, des artistes…


« Cette terreur se répand »

« L’antisémitisme n’est pas l’affaire des Juifs, c’est l’affaire de tous. Les Français, dont on a mesuré la maturité démocratique après chaque attentat islamiste, vivent un paradoxe tragique. Leur pays est devenu le théâtre d’un antisémitisme meurtrier. Cette terreur se répand, provoquant à la fois la condamnation populaire et un silence médiatique que la récente marche blanche a contribué à rompre.

Lorsqu’un Premier ministre à la tribune de l’Assemblée nationale déclare, sous les applaudissements de tout le pays, que la France sans les Juifs, ce n’est plus la France, il ne s’agit pas d’une belle phrase consolatrice mais d’un avertissement solennel : notre histoire européenne, et singulièrement française, pour des raisons géographiques, religieuses, philosophiques, juridiques, est profondément liée à des cultures diverses parmi lesquelles la pensée juive est déterminante. Dans notre histoire récente, onze Juifs viennent d’être assassinés - et certains torturés - parce que Juifs, par des islamistes radicaux.

« Une épuration ethnique à bas bruit »

Pourtant, la dénonciation de l’islamophobie - qui n’est pas le racisme anti-Arabe à combattre - dissimule les chiffres du ministère de l’Intérieur : les Français juifs ont 25 fois plus de risques d’être agressés que leurs concitoyens musulmans. 10 % des citoyens juifs d’Ile-de-France - c’est-à-dire environ 50 000 personnes - ont récemment été contraints de déménager parce qu’ils n’étaient plus en sécurité dans certaines cités et parce que leurs enfants ne pouvaient plus fréquenter l’école de la République. Il s’agit d’une épuration ethnique à bas bruit au pays d’Émile Zola et de Clemenceau.

Pourquoi ce silence ? Parce que la radicalisation islamiste - et l’antisémitisme qu’il véhicule - est considérée exclusivement par une partie des élites françaises comme l’expression d’une révolte sociale, alors que le même phénomène s’observe dans des sociétés aussi différentes que le Danemark, l’Afghanistan, le Mali ou l’Allemagne… Parce qu’au vieil antisémitisme de l’extrême droite, s’ajoute l’antisémitisme d’une partie de la gauche radicale qui a trouvé dans l’antisionisme l’alibi pour transformer les bourreaux des Juifs en victimes de la société. Parce que la bassesse électorale calcule que le vote musulman est dix fois supérieur au vote juif.

« Nous attendons de l’islam de France qu’il ouvre la voie »

Or à la marche blanche pour Mireille Knoll, il y avait des imams conscients que l’antisémitisme musulman est la plus grande menace qui pèse sur l’islam du XXIème siècle et sur le monde de paix et de liberté dans lequel ils ont choisi de vivre. Ils sont, pour la plupart, sous protection policière, ce qui en dit long sur la terreur que font régner les islamistes sur les musulmans de France.

En conséquence, nous demandons que les versets du Coran appelant au meurtre et au châtiment des juifs, des chrétiens et des incroyants soient frappés d’obsolescence par les autorités théologiques, comme le furent les incohérences de la Bible et l’antisémitisme catholique aboli par Vatican II, afin qu’aucun croyant ne puisse s’appuyer sur un texte sacré pour commettre un crime.

Nous attendons de l’islam de France qu’il ouvre la voie. Nous demandons que la lutte contre cette faillite démocratique qu’est l’antisémitisme devienne cause nationale avant qu’il ne soit trop tard. Avant que la France ne soit plus la France. »

*« Le Nouvel Antisémitisme en France », Ed. Albin Michel, 213 p., 15 euros.

Les 300 premiers signataires :
Charles Aznavour ; Françoise Hardy ; Pierre Arditi ; Elisabeth Badinter ; Michel Drucker ; François Pinault ; Eric-Emmanuel Schmitt ; Marceline Loridan-Ivens ; Radu Mihaileanu ; Elisabeth de Fontenay ; Nicolas Sarkozy ; Pascal Bruckner ; Laure Adler ; Bertrand Delanoë ; Manuel Valls ; Michel Jonasz ; Xavier Niel ; Jean-Pierre Raffarin ; Gérard Depardieu ; Renaud ; Pierre Lescure ; Francis Esménard ; Mgr Joseph Doré ; Grand Rabbin Haïm Korsia ; Imam Hassen Chalghoumi ; Carla Bruni ; Boualem Sansal ; Imam Aliou Gassama ; Annette Wieviorka ; Gérard Darmon ; Antoine Compagnon ; Mofti Mohamed ali Kacim ; Bernard Cazeneuve ; Bernard-Henri Lévy ; Philippe Val ; Zabou Breitman ; Waleed al-Husseini ; Yann Moix ; Xavier De Gaulle ; Joann Sfar ; Julia Kristeva ; François Berléand ; Olivier Guez ; Jeannette Bougrab ; Marc-Olivier Fogiel ; Luc Ferry ; Laurent Wauquiez ; Dominique Schnapper ; Daniel Mesguich ; Laurent Bouvet ; Pierre-André Taguieff ; Jacques Vendroux ; Georges Bensoussan ; Christian Estrosi ; Brice Couturier ; Imam Bouna Diakhaby ; Eric Ciotti ; Jean Glavany ; Maurice Lévy ; Jean-Claude Casanova ; Jean-Robert Pitte ; Jean-Luc Hees ; Alain Finkielkraut ; Père Patrick Desbois ; Aurore Bergé ; François Heilbronn ; Eliette Abécassis ; Bernard de la Villardière ; Richard Ducousset ; Juliette Méadel ; Daniel Leconte ; Jean Birenbaum ; Richard Malka ; Aldo Naouri ; Guillaume Dervieux ; Maurice Bartelemy ; Ilana Cicurel ; Yoann Lemaire ; Michel Gad Wolkowicz ; Olivier Rolin ; Dominique Perben ; Christine Jordis ; David Khayat ; Alexandre Devecchio ; Gilles Clavreul ; Jean-Paul Scarpitta ; Monette Vacquin ; Christine Orban ; Habib Meyer ; Chantal Delsol ; Vadim Sher ; Françoise Bernard ; Frédéric Encel ; Christiane Rancé ; Noémie Halioua ; Jean-Pierre Winter ; Jean-Paul Brighelli ; Marc-Alain Ouaknin ; Stephane Barsacq ; Pascal Fioretto ; Olivier Orban ; Stéphane Simon ; Laurent Munnich ; Ivan Rioufol ; Fabrice d’Almeida ; Dany Jucaud ; Olivia Grégoire ; Elise Fagjeles ; Brigitte-Fanny Cohen ; Yaël Mellul ; Lise Bouvet ; Frédéric Dumoulin ; Muriel Beyer ; André Bercoff ; Aliza Jabes ; Jean-Claude Zylberstein ; Natacha Vitrat ; Paul Aidana ; Imam Karim ; Alexandra Laignel-Lavastine ; Lydia Guirous ; Rivon Krygier ; Muriel Attal ; Serge Hefez ; Céline Pina ; Alain Kleinmann ; Marie Ibn Arabi-Blondel ; Michael Prazan ; Jean-François Rabain ; Ruth Aboulkheir ; Daniel Brun ; Paul Aidane ; Marielle David ; Catherine Kintzler ; Michèle Anahory ; Lionel Naccache ; François Ardeven ; Thibault Moreau ; Marianne Rabain-Lebovici ; Nadège Puljak ; Régine Waintrater ; Michèle Anahory ; Aude Weill-Raynal ; André Aboulkheir ; Elsa Chaudun ; Patrick Bantman ; Ruben Rabinovicth ; Claire Brière-Blanchet ; Ghislaine Guerry ; Jean-Jacques Moscovitz ; Amine El Khatmi ; André Zagury ; François Ardeven ; Estelle Kulich ; Annette Becker ; Lilianne Lamantowicz ; Ruth Aboulkheir ; Christine Loterman ; Adrien Barrot ; Sibyle Veil ; Talila Guteville ; Florence Ben Sadoun ; Michèle Anahory ; Paul Zawadzki ; Serge Perrot ; Patrick Guyomard ; Marc Nacht ; André Aboulkheir ; Laurence Bantman ; Josiane Sberro ; Anne-Sophie Nogaret ; Lucile Gellman ; Alain Bentolila ; Janine Atlounian ; Claude Birman ; Danielle Cohen-Levinas ; Laurence Picard ; Sabrina Volcot-Freeman ; Gérard Bensussan ; Françoise-Anne Menager ; Yann Padova ; Evelyne Chauvet ; Yves Mamou ; Naem Bestandji ; Marc Knobel ; Nidra Poller ; Brigitte-Fanny Cohen ; Joelle Blumberg ; Catherine Rozenberg ; André Aboulkheir ; Caroline Bray-Goyon ; Michel Tauber ; André Zagury ; Laura Bruhl ; Eliane Dagane ; Paul Zawadzki ; Michel Bouleau ; Marc Zerbib ; Catherine Chalier ; Jasmine Getz ; Marie-Laure Dimon ; Marion Blumen ; Simone Wiener ; François Cahen ; Richard Metz ; Daniel Draï ; Jacqueline Costa-Lascoux ; Stéphane Lévy ; Arthur Joffe ; Antoine Molleron ; Liliane Kandel ; Stéphane Dugowson ; David Duquesne ; Marc Cohen ; Michèle Lévy-Soussan ; Frédéric Haziza ; Martine Dugowson ; Jonathan Cohen ; Damien Le Guay ; Patrick Loterman ; Mohamed Guerroumi ; Wladi Mamane ; William de Carvalho ; Brigitte Paszt ; Séverine Camus ; Solange Repleski ; André Perrin ; Sylvie Mehaudel ; Jean-Pierre Obin ; Yael Mellul ; Sophie Nizard ; Richard Prasquier ; Patricia Sitruk ; Renée Fregosi ; Jean-Jacques Rassial ; Karina Obadia ; Jean-Louis Repelski ; Edith Ochs ; Jacob Rogozinski ; Roger Fajnzylberg ; Marie-Helène Routisseau ; Philippe Ruszniewski ; André Senik ; Jean-François Solal ; Paule Steiner ; Jean-Benjamin Stora ; Anne Szulmajster ; Maud Tabachnik ; Daniel Tchenio ; Julien Trokiner ; Fatiha Boyer ; Cosimo Trono ; Henri Vacquin ; Caroline Valentin ; Alain Zaksas ; Slim Moussa ; Jacques Wrobel ; Roland Gori ; Nader Alami ; Céline Zins ; Richard Dell’Agnola ; Patrick Beaudouin ; Barbara Lefebvre ; Jacques Tarnéro ; Georges-Elia Sarfat ; Lise Boëll ; Jacques Wrobel ; Bernard Golse ; Céline Boulay-Esperonnier ; Anne Brandy ; Imam Karim ; Sammy Ghozlan.

https://www.change.org/p/emmanuel-macron-manifeste-contre-le-nouvel-antis%C3%A9mitisme

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samedi 10 mars 2018

Présidentielle russe : les ultranationalistes jurent d'empêcher la tenue du scrutin en Ukraine

Le 18 mars 2018, les citoyens russes vivant en Ukraine auront à leur disposition plusieurs bureaux de vote, hébergés dans des bâtiments diplomatiques. La tenue du scrutin a déclenché l'hostilité des milices ukrainiennes d'extrême droite.

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Les nationalistes ukrainiens veulent perturber le bon déroulement du scrutin pour les citoyens russes vivant en Ukraine. «Les forces combinées des nationalistes, Svoboda, Secteur droit et le Corps national ne permettront pas que l'élection du président russe ait lieu en Ukraine», a fait savoir le parti d'extrême droite Svoboda, cité ce 9 mars par l'agence TASS. Les nationalistes ukrainiens projetteraient ainsi de bloquer l'accès aux bâtiments diplomatiques russes, où des urnes seront mises à disposition des votants le 18 mars 2018.

En février, Moscou a informé le ministère ukrainien des Affaires étrangères de l'ouverture de quatre lieux de vote en Ukraine à destination des expatriés russes. Il a également été demandé aux autorités ukrainiennes d'assurer la sécurité aux abords de ces bâtiments, conformément aux usages diplomatiques.

Sur fond de guerre civile dans le Donbass russophone, les groupes radicaux ultranationalistes ukrainiens s'en prennent régulièrement aux intérêts russes en Ukraine. En février 2017, notamment, des banques russes avaient été attaquées par des miliciens du Corps national. Ce parti, créé en 2016, est la branche politique d'une unité paramilitaire aux références nazies, le bataillon Azov.

https://francais.rt.com/international/48598-presidentielle-russe-ultranationalistes-jurent-empecher-scrutin

Voir aussi:

Des nationalistes ukrainiens honorent un collaborateur nazi lors d'une marche aux flambeaux

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Des militants d’extrême droite ukrainiens ont organisé un défilé en hommage à un collaborateur nazi de la Seconde Guerre mondiale et aux «héros» décédés dans la guerre civile ukrainienne qui se poursuit depuis 2014 dans l'est du pays.

Un défilé éclairé à la lueur des torches qui avait pour but de «rendre hommage aux héros» a eu lieu dans la soirée du 5 mars dans les rues de Lvov, importante agglomération de l’ouest de l’Ukraine. Les militants ultranationalistes qui composaient le cortège brandissaient des drapeaux du parti nationaliste «Corps national» en scandant «Gloire à la nation, morts aux ennemis !» et «Gloire à l’Ukraine !».

La marche s'est terminée par un rassemblement devant le monument aux Combattants pour la liberté de l'Ukraine. La foule a alors entonné un «hymne du nationaliste ukrainien» en hommage à Roman Choukhevytch, collaborateur notoire et commandant d'un bataillon de la Wehrmacht durant la Seconde Guerre mondiale, ainsi qu'aux «héros nationaux» contemporains décédés dans le conflit actuel dans l’est de l’Ukraine.

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Le Corps national ukrainien, créé en octobre dernier, se veut le bras politique du Régiment Azov, une unité paramilitaire ultranationaliste intégrée à la Garde nationale ukrainienne depuis septembre 2014. Après les événements de la place Maïdan de 2014, la Garde nationale a été déployée dans l’est du pays pour combattre les rebelles dans les régions de Donetsk et de Lougansk.

Depuis l’effondrement de l’Union soviétique, certains chefs nationalistes de l'Armée insurrectionnelle ukrainienne de l’époque de la Seconde Guerre mondiale, tels que Roman Choukhevytch et Stepan Bandera, sont qualifiés de «héros de la liberté ukrainienne», malgré leur implication dans des massacres de juifs et de Polonais dans l’ouest du pays. Il se sont aussi battus contre l’armée Rouge et l’armée polonaise qui défendaient l’ouest de l’Ukraine de l'offensive nazie.

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Les autorités ukrainiennes ont érigé de nombreux monuments et nommé des rues en l’honneur de ces chefs de l'Armée insurrectionnelle ukrainienne. En 2000, Roman Choukhevytch et Stepan Bandera se sont vus décerner, à titre posthume, la haute distinction de «Héros d'Ukraine», décision ensuite été annulée sous la pression du Parlement européen et d'organisations russes, polonaises et juives.

Plusieurs pays, notamment la Russie, ont condamné les efforts ukrainiens de réhabilitation des nationalistes qui avaient coopéré avec les nazis. En juillet 2016, le parlement polonais a adopté une résolution qualifiant de «génocide» les crimes commis par l'Armée insurrectionnelle ukrainienne pendant la Seconde Guerre mondiale.

https://francais.rt.com/international/34860-nationalistes-ukrainiens-honorent-collaborateur-nazi

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