vendredi 13 avril 2018

Vidéos du jour

La réalité du conflit syrien face à Bourdin, par une experte en géopolitique ! (12/04/18)

VID BOURDIN SYRIE

https://www.youtube.com/watch?v=nbOlS0Ms978

Une fois n'est pas coutume, voilà que des thèses jadis considérées comme "complotistes" se font entendre sur un média de l'oligarchie euro- atlantiste. Certes, au milieu d'un flot d'informations qui récitent la position habituelle en boucle, mais c'est déjà ça! Signe des temps? Prise de conscience de certains que la pillule est cette fois- ci trop grosse à avaler?

Quoiqu'il en soit, cette vidéo complète notre publication : Pourquoi la France ne doit pas s’associer aux frappes en Syrie.

Docteur en sciences politique et colonel au sein de la réserve opérationnelle des Armées, Caroline Galactéros dirige le cabinet d’intelligence stratégique Planeting. Auteur du blog Bouger Les Lignes, elle a notamment publié Guerre, Technologie et société (éd. Nuvis, 2014).

Bonus:

L'horrible accueil de l'armée syrienne/russe par la population, après avoir libéré Douma ! (12/04)

VID LIBERATION DOUMA

https://www.youtube.com/watch?v=2xHoUi7ggcg

La joie de la population après la libération de la ville syrienne de Douma, et ses remerciements au "régime" et à ses alliés russes...

P.G.

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mardi 10 avril 2018

Brèves d'antipresse + entretien avec Slobodan Despot.

NP HUMOUR ANTIPRESSE

GB | Pinocchio ministre

La nouvelle a mis en ébullition les réseaux sociaux cette semaine, cependant que les médias de grand chemin la commentaient le sphincter serré: le laboratoire officiel chargé d’analyser la substance qui a empoisonné les Skripal s’est dit incapable de démontrer son origine russe.

L’aveu était d’une inconcevable impolitesse à l’égard de M. Boris Johnson, le ministre des Affaires étrangères, qui venait d’affirmer que les chimistes avaient été «catégoriques» et n’avaient «aucun doute» sur la provenance russe de l’agent neurotoxique.

L’amateurisme et l’improvisation dont fait montre le montage «Skripal» témoignent d’une surprenante fébrilité au Services des Affaires sordides et des Coups tordus de Sa Majesté. La perfide Albion nous avait habitués à mieux…

http://log.antipresse.net/post/gb-pinocchio-ministre?mc_cid=b1487ef156&mc_eid=3a5e263339

CULTURE | L’Antiquité intéresse les jeunes… mais pas les écoles

Passionnant dossier dans The Conversation sur l’engouement pour l’Antiquité qui se fait jour dans les jeunes générations. Aidé, il faut bien le dire, par quelques héros de fiction comme Harry Potter ou… Astérix. Dont le dernier album, Astérix et la Transitalique, a crevé le plafond des best-sellers de BD avec 10 millions d’exemplaires. Outre le dépaysement, les jeunes y trouvent aussi des valeurs que le monde actuel ne semble plus leur fournir:

«Les héros épiques, Ulysse, Jason ou Hercule étaient des modèles pour les jeunes grecs qui écoutaient et lisaient leurs aventures avec admiration. Pour les jeunes d’aujourd’hui, identification et fascination se mêlent, car ils découvrent, à travers la mythologie, un monde a priori différent du leur, un univers où les normes ne sont pas celles de leur quotidien. La possibilité que les dieux interviennent directement dans le monde lorsqu’on a besoin d’eux satisfait un désir de protection. De même, les héros peuvent paraître rassurants : ils représentent un monde où dominent des valeurs de bravoure et de courage.»

Au même moment, les systèmes scolaires abolissent à tour de bras les cours de langues et d’histoire anciennes. Au rebut, ces vieilleries poussiéreuses, et faisons table rase…

http://log.antipresse.net/post/culture-lantiquite-interesse-les-jeunes-mais-pas-les-ecoles?mc_cid=b1487ef156&mc_eid=3a5e263339

MEDIAS | Un dossier à ne pas manquer

Le magazine suisse Immorama publie un dossier original et étayé sur les coulisses des médias d’aujourd’hui, leurs grandes manœuvres de concentration, leurs difficultés et leur désemparement face aux nouveaux modes d’information et de communication. Le magazine fait bon accueil aux médias alternatifs comme l’Antipresse. En plus, il est entièrement accessible en ligne.

Avec, notamment, des interviews de Guy Mettan, Jacques Pilet et Slobodan Despot (celle-ci reproduite in extenso sur notre blog Medium).

http://log.antipresse.net/post/medias-un-dossier-a-ne-pas-manquer?mc_cid=b1487ef156&mc_eid=3a5e263339

Entretien avec Slobodan Despot, éditeur, écrivain et fondateur du site «Antipresse.net» (Immorama n° 42, Printemps 2018)

Le concept de «média alternatif» semble avoir été créé pour vous. Que pensez-vous de l’essor de ce nouveau modèle de communication et de débat?

  • Il y a deux raisons à ce développement d’un nouveau type de média. La première est tout simplement technique et opérationnelle: il n’était pas imaginable, ou en tout cas pas facile, avant Internet, de diffuser un journal, une revue ou même un bulletin de paroisse qui touche un assez grand nombre de destinataires. Cela impliquait une mise de fond, l’intervention de professionnels du graphisme, de l’imprimerie. De nos jours, n’importe qui peut créer un site — on serait étonné de découvrir que certains médias du Web couronnés de succès sont l’œuvre d’une ou deux personnes — et on peut estimer que dans le cas d’espèce, l’organe crée la fonction! Second motif de cet élan: l’évidence de l’insatisfaction croissante du public à l’égard de ce que j’appelle les médias de grand chemin, les médias institutionnels si l’on préfère. Sans même parler du biais politique de certains, il est étonnant que tous les journaux, stations, agences — y compris du service public — ne soient ouvertement plus intéressés que par leur rentabilité, leurs parts de marché publicitaire, et plus du tout par leur contenu ou leur lectorat. Ils ont perdu le contact avec leurs lecteurs et finissent, comme de juste, par devenir les valets de ceux qui les financent.

Votre principale motivation, pour vous lancer dans l’aventure d’«Antipresse», était-elle d’ordre politique?

  • Plus précisément, nous souhaitions lutter contre un nivellement par le bas de toutes les opinions, de tous les points de vue. Chacun sait aujourd’hui qu’on a toujours l’impression de lire le même journal, ou d’écouter les mêmes commentaires, non seulement sous des titres différents, mais dans des langues et des pays différents!La réalité est évidemment plus vaste, plus nuancée, plus complexe que ce que veulent bien nous en dire même les grands journaux supposés les plus sérieux; il y a des domaines explorés par tous les médias, puis abandonnés, tandis que d’autres sont carrément ignorés. J’ai beaucoup étudié la période soviétique, notamment sous l’angle de la presse du régime. Depuis des années, nos journaux occidentaux paraissent avoir adopté une attitude similaire à leurs homologues sous Brejnev: le système est conscient que son fonctionnement ne peut mener à l’avenir promis, ni même perdurer très longtemps; les médias entretiennent une sorte de réalité virtuelle, amusent et tranquillisent le bon peuple. Les voix exposant les failles menaçantes, ne serait-ce que du système financier, semblent résonner dans le désert.

Qualifieriez-vous «Antipresse» de site de réinformation?

  • La plupart des altermédias revendiquent cette vocation. Ils entendent démontrer la fausseté des «fake news» dont les médias classiques sont les plus grands diffuseurs, consciemment ou non (tout en faisant mine de les combattre), ou mettre en exergue des faits dont personne ne parle. Nous nous plaçons plutôt dans l’école du regard, non dans l’information directe, à l’exception de quelques enquêtes. Il s’agit de déployer une autre manière de voir les choses, manière différente de celle de la presse ordinaire. Nous essayons d’apporter nos propres conclusions et manions volontiers l’ironie.

Justement, à la lecture d’«Antipresse», on se prend à se demander où vous classer politiquement et quels lecteurs sont susceptibles de vous suivre sans être heurtés dans leurs convictions…

  • En effet! Lorsque j’ai créé «Antipresse» en 2015, j’étais encore collaborateur extérieur du conseiller d’État valaisan Oskar Freysinger. Bien que je n’aie jamais fait partie de l’UDC, on m’y a immédiatement associé et nous avons compté beaucoup d’abonnés fidèles à ce parti… qui ont parfois été déçus et nous ont quittés assez fâchés! Il y a eu ensuite notre passage, voilà quelques mois, à la version payante. Autant dire qu’aujourd’hui, celles et ceux qui sont abonnés à «Antipresse» sont des gens intéressants, qui ont une culture, une ouverture d’esprit et pas de préjugés. La réalité n’a pas d’étiquette, tel est notre principe! Nous disposons d’un fichier d’abonnés qui comprend des adresses américaines (plusieurs centaines), japonaises et naturellement de nombreux pays francophones. Nous préférons l’influence à l’affluence et n’accordons pas grand intérêt au nombre de connexions; l’objectif n’est pas de prêcher des convaincus et d’entretenir un circuit fermé de ronchonneurs. Nous visons les gens qui réfléchissent.

Les réalistes ouverts d’esprit, cultivés et intelligents ne sont sans doute pas légion par les temps qui courent…

  • Pour être réaliste, pour comprendre la réalité et y réfléchir, il faut en effet une culture générale et notre époque ne facilite pas cette approche «universelle». La plupart des gens, notamment ceux nourris d’Internet, n’acquièrent qu’une culture partielle. Le Web tend à vous pousser vers des chapelles, des communautés, des réseaux où l’on se conforte dans ses passions, dans ses opinions. Le terrain du réel reste en friche et si quelqu’un a le malheur de s’en occuper, il est immédiatement classé: extrémiste, complotiste, etc. Pire: prenez le cas d’Eric Zemmour, par exemple. Il a exprimé certains faits réels, mais peu agréables à entendre; vite considéré comme infréquentable, il s’est retrouvé entouré de soutiens… venus à lui pour de mauvaises raisons. Le cercle vicieux était refermé. Aujourd’hui, un pays ou une collectivité dirigée par des gens réalistes et honnêtes, c’est difficile à trouver!

Souffrez-vous d’un déficit de notoriété?

  • On ne nous cite pas dans les revues de presse. Mais le bouche-à-oreille fonctionne bien. Lors de notre lancement, nous avons eu droit à quelques articles, mais notre développement régulier tient aux réseaux sociaux, aux citations (quand la source est mentionnée!) et aux recommandations de lecteurs à leurs amis. Plus tard, nous envisageons de lancer une version sur papier, pour exercer notre modeste influence sur le monde réel! «Antipresse», en tout cas, ne recourra pas aux systèmes de publicité Google ou à des sponsorings de contenu. Nos abonnés détermineront eux-mêmes les moyens et la forme de notre développement, en parfaite transparence. En un peu plus de deux ans, nous avons réuni par pollinisation quelques milliers de lecteurs solidaires de notre expérience: réfuter la loi de la quantité et affirmer celle de la qualité. Les médias de grand chemin sont enfermés dans l’entre-soi, dans une sorte de tour d’ivoire. Nous savons tous que les tours d’ivoire se construisent, puis s’écroulent. •

https://medium.com/antipresse/antipresse-linfluence-plut%C3%B4t-que-l-affluence-772c560d646f

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mardi 20 mars 2018

Russie : premières leçons du scrutin présidentiel

110 millions d’électeurs russes étaient appelés, le 18 mars, à élire leur président. La participation, un enjeu important du scrutin, s’est élevée à 67,4%, soit 2,1 points de plus qu’en 2012.

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Vladimir Poutine a été réélu pour un mandat de six ans avec 76,7% des suffrages. Même s’il partait ultra-favori, ce résultat a de quoi réjouir l’hôte du Kremlin, qui progresse de 13,1 points par rapport à 2012.

Les facteurs de ce succès sont connus : pour une grande majorité de ses concitoyens, il symbolise et assure la stabilité du pays, et a rendu à ce dernier sa place et sa dignité sur la scène internationale ; il incarne celui qui a sorti la Russie du cauchemar qu’a représenté la période Eltsine (1991-1999), caractérisée tout à la fois par un cataclysme social sans précédent et par une vassalisation vis-à-vis de l’Occident.

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Le scrutin se déroulait quatre ans jour pour jour après le retour – non reconnu par les Occidentaux – de la Crimée au sein de la « mère-patrie » russe, un événement qui avait à l’époque fait grimper la popularité du chef de l’Etat. Les électeurs de Crimée – dont la population s’est toujours sentie russe très majoritairement – ont d’ailleurs plébiscité Vladimir Poutine lors de ce présent scrutin.

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Il est en outre possible que les vives tensions causées par l’affaire Skripall aient joué – même marginalement – en faveur du président sortant : le 4 mars, cet ancien espion militaire russe ayant trahi ses collègues il y a vingt ans faisait l’objet d’une tentative d’assassinat en Angleterre. Londres, suivi par ses alliés occidentaux, accusait immédiatement Moscou de cette action malgré l’absence de preuves et la faible vraisemblance d’une telle tentative eu égard aux intérêts russes.

Si Vladimir Poutine a bénéficié d’une très large approbation liée à sa défense reconnue des intérêts nationaux et son action ayant garanti un socle politico-social stable, cela ne signifie pas une approbation sans réserve. Pavel Groudinine, présenté par le Parti communiste (PCFR), obtient ainsi près de 12% des suffrages – c’est du reste le seul concurrent à pouvoir afficher un score à deux chiffres.

Certes, le chef du PCFR, Guennadi Ziouganov, obtenait en 2012 17,8% des voix. Ce parti avait cette fois-ci fait le choix de présenter un candidat non issu de ses rangs, un riche homme d’affaires à la tête d’une florissante entreprise agricole issue d’une ferme d’Etat du temps de l’URSS. Ce dernier a mis en avant sa réussite économique et les retombées sociales pour ses salariés qui bénéficient des avantages intégrés rappelant la période soviétique (crèches, écoles, culture…).

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Traditionnellement, la candidature communiste exprime les préoccupations sociales, qui restent fortes dans la population. Cette fois-ci, le profil du candidat a-t-il renforcé ou bien brouillé le message ? Sous réserve d’analyse plus poussée, on peut déjà remarquer que le score de M. Groudinine a été le plus fort dans la partie orientale de la Russie, peut-être plus attachée à la période soviétique qu’une part de la population urbanisée des métropoles comme Moscou ou Saint-Pétersbourg.

Peut-être aussi les électeurs résidant à l’ouest du pays se sont-ils sentis plus exposés aux tensions avec les Occidentaux, et ont-ils dès lors préféré conforter le président sortant dans ce contexte. Même en recul, le score du candidat soutenu par le PCFR constitue notamment le signe que les problèmes sociaux sont loin d’être résolus dans le pays. Le président reconduit pourrait même faire valoir ce résultat, le moment venu, face aux pressions et à l’influence des libéraux qui restent actifs au sein du pouvoir.

D’autant que les libéraux revendiqués ayant fait le choix de l’opposition essuient, eux, un échec cinglant : ils arrivent non seulement derrière M. Groudinine, mais également derrière l’ultranationaliste Vladimir Jirinovski (5,7%). Xenia Sobtchak (qui avait fait campagne sur la modernité occidentale) et Gregori Iavlinski (connu pour avoir conçu, sous Mikhaïl Gorbatchev, un plan censé opérer un basculement capitaliste « en 500 jours ») obtiennent respectivement 1,6% et 1% des voix.

Observateurs internationaux

Les opérations de vote se sont déroulées en présence de plus de 1 500 observateurs internationaux. Les quelques cas rapportés de fraude censée faire grimper la participation – probablement organisée par des autorités locales souhaitant se faire mousser – n’ont clairement pas influé sur les chiffres globaux.

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Une majorité de grands médias occidentaux avait, dès avant le vote, voulu déconsidérer celui-ci, en insistant sur un résultat « joué d’avance » issu d’une « mascarade » où tous les concurrents auraient été « désignés par le Kremlin ». Alexeï Navalny, un blogueur qui n’avait pu se présenter du fait d’une condamnation pour escroquerie financière, fut présenté comme « l’opposant principal du Kremlin », alors même qu’aucun sondage ne lui a jamais accordé plus de quelques pourcents au niveau national.

Dans un contexte où les rapports entre Londres et Moscou restent très tendus, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE, qui se réunissent en Conseil européen les 22 et 23 mars, devraient avoir un échange sur le résultat du scrutin russe. Le président chinois, pour sa part, a été l’un des premiers à féliciter son homologue, et s’est réjoui des relations sino-russes « à leur plus haut niveau historique ».

https://ruptures-presse.fr/actu/russie-presidentielles-elections-poutine-groudinine/

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lundi 5 mars 2018

Revivez les Rencontres de Ruptures en vidéo

La réunion-débat organisée le 9 février à l’ENS par le mensuel Ruptures a connu une forte affluence. Le thème en était : souveraineté… mais qui décide vraiment ? Et qui influence ?

VID RUPTURES FEV18

Deux brefs extraits sont en ligne :

– des idées clés exprimées par les invités : Marie-Françoise Bechtel, Jacques Sapir, Jean Bricmont, Bruno Drweski, John Laughland :

https://ruptures-presse.fr/actu/rencontres-ruptures-videos/

– ainsi qu’une partie de la conclusion prononcée par Pierre Lévy, rédacteur en chef de Ruptures :

https://ruptures-presse.fr/actu/rencontres-ruptures-videos/

Comme le journal s’y était engagé, l’intégrale des débats est maintenant disponible.

Les abonnés au mensuel peuvent la visionner gratuitement (le code d’accès qui leur est réservé figure dans l’édition papier arrivant le 1er mars)

Les non-abonnés peuvent accéder à cette intégrale moyennant une petite contribution, qui rémunère le travail de nos partenaires de la chaîne Guerre & Paix.

https://ruptures-presse.fr/actu/rencontres-ruptures-videos/

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mercredi 28 février 2018

Dossier syrien (1) La Guerre Syrienne pour les Nuls - Trois versions

TRIBUNE LIBRE / Chris Kanthan
Sott.net
ven., 16 fév. 2018

DS SYRIE 1

Bien que la guerre en Syrie soit presque terminée, de nombreux Américains ne comprennent toujours pas ce qui s'est passé au cours des sept dernières années, car le récit dominant est un mélange embarrassant de propagande, de demi-vérités et de mensonges. Trois versions du conflit sont présentées ici et le lecteur peut choisir celle qui lui paraît la plus logique.

Version Disney

Quand-Mickey-s-incruste-dans-d-autres-Walt-Disney



Il était une fois, un pays appelé Syrie qui était dirigé par un dictateur impitoyable nommé Bachar Al-Assad. C'était un homme cruel qui gazait son propre peuple. Ses actions causèrent une guerre civile en Syrie. L'Amérique et l'Europe ont fait de leur mieux pour mettre fin à la guerre civile dévastatrice, et ont même généreusement accepté de nombreux réfugiés syriens. Finalement, l'Amérique s'est rendue en Syrie, a battu ISIS, et tente maintenant de rétablir la stabilité.

La version ci-dessus est très populaire auprès de nombreux Américains et Européens ainsi qu'auprès des médias occidentaux.

Version Enseignement du secondaire

pc 2

Opprimé par le régime brutal d'Assad, le peuple syrien aspirait à la liberté et à la démocratie. Un jour, les gens ont commencé à protester dans une petite ville. En réponse, Assad a tué de nombreux manifestants pacifiques. Cependant, cela s'est retourné contre lui et tout le pays a été submergé de protestations. Bientôt, une guerre civile éclate et des millions de réfugiés fuient la Syrie.

L'Amérique a été scandalisée et, pour des raisons humanitaires, a décidé d'aider les Syriens qui combattaient Assad. Quand Assad a gazé son propre peuple, l'Amérique est intervenue et a retiré toutes ses armes chimiques. Malheureusement, après quelques années, Assad s'est débrouillé pour à nouveau gazer des civils innocents. Ensuite, l'Amérique s'est rendue en Syrie, a battu ISIS, et essaie maintenant de rétablir la stabilité.

La version ci-dessus est présentée dans la plupart des médias grand public mondiaux.

Version universitaire

academic

En termes simples, la " guerre civile " syrienne est une guerre illégale par procuration menée contre la Syrie. Au mépris des lois internationales, de nombreux pays envoient depuis sept ans des armes et des mercenaires terroristes en Syrie (si vous voulez mieux comprendre qui veut renverser Assad et pourquoi, lisez mon article : "Chaos in Syria: Part 1 - Three Motives and Seven Countries").

2011

Début 2011, les forces spéciales US/Royaume-Uni ont utilisé la base militaire jordanienne pour organiser des manifestations contre Assad dans une ville frontalière appelée Daraa. Avec les capacités d'organisation des Frères musulmans et les profondes poches de l'Arabie saoudite, des manifestations violentes se répandent en Syrie. Bientôt, une milice organisée et armée, connue sous le nom d'armée syrienne libre (FSA) est créée par les étrangers.

Après la chute de Kadhafi fin 2011, le département d'État américain et les services de renseignement américains ont organisé l'expédition de tonnes d'armes meurtrières, telles que les missiles Stinger et le gaz Sarin, de la Libye détruite vers la Syrie, via la Turquie. Malgré toute cette aide, la force mandataire américaine connue sous le nom de FSA n'a pas pu gagner la guerre. À ce moment-là, l'OTAN et les Néoconservateurs voulaient bombarder la Syrie, mais la Russie et la Chine ont opposé leur veto à la motion à l'ONU, de sorte que la guerre impériale par tromperie est passée à la phase suivante.

2012

Au début de 2012, quelqu'un a composé le numéro d'Al-Qaïda (appelé QA ou IQA dans les documents gouvernementaux). Zawahiri, le plus haut dirigeant d'AQ, a appelé à l'aide et des terroristes islamistes expérimentés du monde entier se sont précipités en Syrie par l'intermédiaire de l'agence internationale de recrutement djihadiste d'Arabie saoudite. La secrétaire d'État, Hillary Clinton, a reçu un courriel de sa conseillère en chef disant que "Al-Qaïda est de notre côté".

Al-Qaïda s'est rebaptisée Al Nusra, et des armes redoutables comme des lance-grenades, des mortiers, des chars d'assaut et des missiles antichars ont commencé à affluer en Syrie via la Turquie et la Jordanie.

Syria weapons

La CIA a dépensé 100 000 $ pour entraîner chaque rebelle. Des milliards de dollars des contribuables américains ont été gaspillés une fois de plus pour soutenir les mêmes groupes terroristes qui ont attaqué les États-Unis le 11 septembre 2001.

En regardant les médias occidentaux, le citoyen moyen n'avait aucune idée que nous soutenions Al-Qaïda ni de l'ampleur de l'armement de ces "rebelles".

Les médias et les politiciens occidentaux se sont également tenus à leurs arguments et ont qualifié tous ces combattants de "rebelles modérés". Cependant, beaucoup d'entre eux sont des islamistes impitoyables qui utilisent des kamikazes, décapitent même des enfants et commettent des atrocités innommables. Ce sont aussi des fanatiques religieux qui cherchent et tuent des chrétiens et des chiites. Je le décris en détail dans mon livre Deconstructing the Syrian War.

Une note de service du Pentagone mettait en garde contre cette politique imprudente et prédisait précisément la montée de groupes comme ISIS. De toute évidence, la Maison-Blanche et d'autres fonctionnaires ont ignoré (ou même accepté avec joie) la note de service.

2012 a également été l'année où la crise des réfugiés est devenue un grave problème international. A la fin de l'année, près de 200 000 personnes avaient fui la Syrie. Dans les années à venir, il augmenterait à cinq millions.

2013

Après que la FSA et AQ n'eurent pas réussi à évincer Assad, les puissances qui ont l'autorité (en anglais les "powers-that-be") ont commencé à recruter des extrémistes sunnites en Irak. En avril 2013, ISIS a été officiellement créé. L'année suivante, ces mercenaires barbares s'empareront d'une grande partie de la Syrie orientale.

Syria jihadists

- Leader de Al Qaeda/ISIS qui a envoyé sa propre fille de 9 ans comme kamikaze.

- Décapitation par des "rebelles modérés".

C'était aussi l'année où la ligne rouge d'Obama a été franchie - l'utilisation d'armes chimiques par Assad. Les experts de l'ONU qui se sont rendus sur le site ont vite découvert que ce sont probablement les rebelles qui avaient utilisé les armes chimiques. Le reportage fut rapidement noyé par la machine de propagande occidentale.

2014 - 2016

Les deux années suivantes ne furent que des répétitions de la brutalité quotidienne de la guerre, ISIS faisant d'énormes avancées à l'Est. Chaque fois que les rebelles commençaient à perdre, ou bien d'autres armes arrivaient, ou bien Israël s'envolait vers la Syrie et bombardait l'armée syrienne.

Fin 2015, le gouvernement syrien a sollicité l'aide de la Russie. En un mois, les forces aériennes russes ont affaibli ISIS en détruisant la plupart des pétroliers qu'ISIS utilisait pour transporter le brut vers la Turquie. A la fin de l'année 2016, le gouvernement syrien avait le dessus - Alep était libéré d'Al-Qaïda, et ISIS manquait d'argent et de moral.

Assad visits Western countries

- Assad avec sa femme lors d'une rencontre avec la reine britannique.
- Assad rencontrant Jimmy Carter et Nancy Pelosi.

2017 s'est avéré être une grande année pour Assad. En mars, ISIS avait perdu plus de trois cents villes au profit de l'armée syrienne.

Al-Qaïda faisait face à une défaite similaire, perdant une grande ville après l'autre.

De plus, Trump avait cessé d'armer les rebelles en février. Fin mars, Trump et Tillerson abandonnèrent le slogan "Assad doit partir".

Enfin, Assad se préparait pour une conférence de paix UE-ONU les 4 et 5 avril.

C'est à ce moment-là - alors que les événements avaient tourné en faveur du gouvernement syrien - que l'attaque chimique présumée a eu lieu dans une zone contrôlée par les rebelles. De plus, c'est arrivé le jour même où la conférence de paix a commencé.

Sans aucune enquête, dans l'heure qui a suivi la sortie des photos et des vidéos, les bellicistes occidentaux ont déclaré Assad responsable. Aucun médecin ou expert indépendant n'a été envoyé sur le site. Quiconque prenait le temps d'analyser de façon critique la situation pouvait voir que l'attaque chimique était soit un canular, soit une fausse attaque.

2018

Après que la Russie ait efficacement battu ISIS, les Etats-Unis n'ont pas simplement quitté la Syrie, puisque le véritable objectif est de balkaniser ce pays et de préparer une guerre contre l'Iran. Les Globalistes essaient donc maintenant d'utiliser les Kurdes comme un outil de remplacement dans cette démarche. Il est probable que les Etats-Unis auront des bases militaires en Syrie pour longtemps. Tant que le gouvernement américain continuera à emprunter de l'argent, ces aventures folles continueront.

Dans leur quête d'objectifs géopolitiques hégémoniques, les élites sèment encore plus de chaos dans le monde et endommagent irrémédiablement la boussole morale des Occidentaux. La règle de la mafia mondiale semble être la suivante: si vous jouez selon nos règles, nous serons gentils avec vous. Si ce n'est pas le cas...

Ce sont les trois versions de la guerre civile syrienne. Laquelle les Américains choisiront-ils de croire ?

P.S. Voici quelques liens à lire si vous souhaitez obtenir une version doctorale du conflit syrien:

a. 1956: CIA plot to overthrow the Syrian government (Le complot de la CIA pour renverser le gouvernement syrien)

b. 1983: CIA document on plans to obliterate Syria to enable an oil pipeline (Document de la CIA sur des plans pour anéantir la Syrie et installer un pipeline pour le pétrole)

c. 1986: CIA document on how to use Muslim Brotherhood to fuel a sectarian (Sunni v. Shiite) civil war in Syria (Document de la CIA sur l'utilisation des Frères musulmans pour alimenter une guerre civile sectaire (Sunni c. Chiite) en Syrie)

d. 2001: Wesley Clark told that USA will take out 7 countries in 5 years (Libya, Syria etc.) (Wesley Clark a dit que les USA vont éliminer 7 pays dans 5 ans (Libye, Syrie etc.))

e. 2005: CNN Interview. Christiane Amanpour tells Assad that the western governments are plotting a regime change in Syria (Interview à CNN où Christiane Amanpour dit à Assad que les gouvernements occidentaux préparent un changement de régime en Syrie)

f. 2006: State Dept cable: Detailed discussion of various strategies to enable regime change in Syria (Discussion détaillée des différentes stratégies visant à permettre un changement de régime en Syrie)

g. 2009: State Dept Email: Saudi Arabia is worried that a Shiite crescent is turning into a full moon (referring to a possible Iran-Iraq-Syria-Lebanon coalition) (L'Arabie saoudite craint qu'un croissant chiite ne se transforme en une pleine lune (en se référant à une éventuelle coalition Iran-Iraq-Syrie-Liban))

h. 2009: State Dept Cable: Saudi Arabia is the #1 source of funding of terrorism worldwide (L'Arabie saoudite est la première source de financement du terrorisme dans le monde.)

i. 2012 State Dept Email: Conquest of Syria means a weakened Iran and this is important for Israel (La conquête de la Syrie signifie un Iran affaibli, ce qui est important pour Israël.)

j. 2012: State Dept Email: Use Saudi Arabia, Qatar and Turkey to arm/train rebels (Utiliser l'Arabie Saoudite, le Qatar et la Turquie pour armer/entraîner les rebelles)

k. 2014: Hillary Clinton admits in an email that Saudi Arabia and Qatar fund ISIS (Hillary Clinton admet dans un courriel que l'Arabie Saoudite et le Qatar financent ISIS)

l. 2015: Joe Biden says Saudi Arabia and Qatar arming/funding Al Qaeda in Syria (Joe Biden dit que l'Arabie saoudite et le Qatar armement/financement d'Al-Qaïda en Syrie)

m. 2016: John Kerry in a leaked audio recording explains how the US trained/armed the opposition and was hoping to use ISIS to force Assad into negotiation (John Kerry dans un enregistrement audio qui a fui explique comment les Etats-Unis ont entraîné/armé l'opposition et espéraient utiliser ISIS pour forcer Assad à négocier.)

n. Israel's Mossad chief admits helping Al Qaeda and says that it's because Al Qaeda never attacks Israel (Le chef du Mossad d'Israël admet avoir aidé Al-Qaïda et dit que c'est pour cela qu'Al-Qaïda n'attaque jamais Israël.)

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Chris Kanthan (Profile)

Chris Kanthan est l'auteur d'un nouveau livre, Deconstructing the Syrian war. Chris habite dans la baie de San Francisco, a voyagé dans 35 pays, et écrit sur des sujets concernant les affaires du Monde, la politique, l' économie et la santé. Son autre livre est intitulé Deconstructing Monsanto.. Follow him on Twitter: @GMOChannel

https://fr.sott.net/article/31878-La-Guerre-Syrienne-pour-les-Nuls-Trois-versions

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jeudi 8 février 2018

La chute des Bourses mondiales en trois questions

Depuis la chute du Dow Jones américain, lundi 5 février, toutes les places financières du monde sont à la baisse, en raison d’une crainte de forte inflation.

ACT BOURSE CRISE

Quelle est la situation ?

Hong-Kong, New York, Londres, Paris, Amsterdam… Toutes les places boursières sont en chute après la plongée de Wall Street, lundi 5 février. En Europe, la Bourse de Paris a ouvert en baisse à – 3,43 %, celle de Londres à – 3,5 %, celle de Francfort à – 3,58 % et celle d’Amsterdam a connu le record de – 3,6 %.

Sur les marchés asiatiques, la situation n’était guère plus florissante. Tokyo a perdu 4,73 % mardi 6 février. Du jamais vu depuis l’élection de Donald Trump à la Maison-Blanche. Hong Kong a aussi perdu plus de 5 % en clôture et Shanghaï plus de 3 %.

► Pourquoi les Bourses sont-elles en chute ?

La publication du rapport mensuel sur l’emploi aux États-Unis a eu un effet négatif sur les marchés financiers, alors même que les nouvelles sont bonnes pour l’économie et l’emploi américains. Mais l’annonce d’une augmentation significative des salaires en janvier a ravivé les craintes d’inflation, et donc d’un resserrement monétaire américain à un rythme plus rapide que prévu.

Dans la foulée, les taux de rendement des bons du Trésor se sont enflammés et Wall Street a trébuché. Lundi, les pertes se sont accrues et l’indice vedette Dow Jones a chuté de près de 1 600 points en séance, avant de clôturer en baisse de 4,60 %.

« Les investisseurs sont convaincus que l’inflation revient et que les taux d’intérêt vont grimper plus haut que ce qui avait été anticipé », a résumé Stephen Innes, responsable des transactions Asie-Pacifique chez Oanda, interrogé par l’AFP. Après la fièvre qui s’était emparée des marchés ces dernières semaines, « cette soudaine baisse est un choc », a commenté Toshihiko Matsuno, de SMBC Nikko Securities.

► Faut-il s’attendre à un véritable krach ?

C’est la question que tout le monde se pose : la baisse est-elle passagère ou durable ? Selon les experts de Mirabaud Securities Genève, « la séance d’aujourd’hui sera extrêmement importante (peut-être la plus importante depuis le début de l’année), car elle va tester les nerfs des investisseurs et confirmer (ou non) si nous sommes rentrés » dans une phase de baisse du marché, « ce que nous ne pensons pas ».

Les analystes d’Aurel BGC sont également optimistes. S’ils estiment que « la baisse pourrait durer encore un peu d’ici à la fin de la semaine », ils jugent néanmoins que « les liquidités sont également abondantes et les investisseurs devraient rapidement juger que cette baisse est davantage saine que malsaine », ouvrant la voie à une stabilisation. « Évidemment, si de nouveaux signes tendent à confirmer que l’inflation accélère réellement aux États-Unis, la volatilité pourrait rester durablement plus forte », complètent-ils.

La Croix (avec AFP)
https://www.la-croix.com/Economie/Monde/chute-Bourses-mondiales-trois-questions-

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mercredi 7 février 2018

La croissance française freinée par l’euro

Pour Jacques Sapir, l’euro est prépondérant dans l’incapacité française à faire de la croissance.  A-t-il raison ?

TL SANNAT SAPIR EURO

Oui en très grande partie, mais si je suis le premier à critiquer l’euro pour ses impacts économiques désastreux, impacts cachés par le mensonge et les manipulations aux populations qui sinon rejetteraient aussi bien la monnaie unique que le projet européen mortifère que l’on nous impose.

Mais l’euro n’est pas le seul coupable de tous nos maux. Loin s’en faut.

La deuxième cause c’est les institutions européennes qui nous imposent les dumping sociaux et fiscaux au sein même de l’Union.

Enfin, troisième grande cause… la mondialisation mal gérée.*

En réalité, tous ces sujets ont un point commun : la souveraineté. Quand un peuple abandonne sa souveraineté, cela veut dire qu’il accepte que son destin soit le fruit des décisions des autres.

Ce n’est évidemment pas la meilleure façon de s’occuper de soi.

Charles SANNAT


 

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*François Asselineau parle de "mondialisation asymétrique": les règles ne sont pas les mêmes pour toute le monde...  P.G.


 

La croissance de 2017, qui a été estimée par l’INSEE à 1,9 % (1), a été saluée comme « bonne » dans la presse (2) et par de nombreux économistes. Pourtant, même si les chiffres sont nettement supérieurs à ceux enregistré de 2012 à 2016, le taux de croissance pour 2017 reste inférieur aux taux de croissance du début des années 2000.

La croissance moyenne de 1998 à 2007 s’établissait à 2,4 %, soit 0,5 % au-dessus du chiffre (estimé) pour 2017, et de 1998 à 2002 à 2,8 %. On constate ainsi que le chiffre estimé pour 2017 est ainsi nettement inférieur aux résultats d’il y a dix ans. Ce qui pose la question du rôle de l’euro dans ce freinage de la croissance.

1 — L’impact de l’euro sur la croissance

Les statistiques de l’INSEE montrent d’ailleurs bien ce freinage important de la croissance, et ce, dès avant la crise de 2008-2009, et qui était déjà fort bien décrit dans l’ouvrage collectif publié par Biböw et Terzi en 2007 (3). Les données disponibles montrent aussi que la crise de 2008-2009 a cassé la croissance, et que les politiques mises en œuvre à partir de cette crise ont eu un effet très délétère sur l’économie.

Graphique 1

Taux de croissance
INSEE

Source : INSEE

On peut raisonnablement penser que l’impact de l’euro ne s’est pas fait immédiatement sentir. Mais, dans les années ultérieures, l’écart de taux de change réel avec l’Allemagne s’est accru, l’Allemagne bénéficiant d’une sous-évaluation de sa monnaie et la France se trouvant progressivement en situation de surévaluation en termes réels. La publication de l’édition 2017 du External Sector Report du FMI (4) a souligné le problème posé par l’euro pour des pays comme la France, mais aussi pour des pays comme l’Italie et l’Espagne. On voit que le problème s’est même aggravé par rapport à l’édition 2016.

L’impact sur la croissance a donc été important mais progressif. On peut chercher à le calculer de deux manières différentes. Soit on considère que la France, sans l’euro, aurait continué sur la pente de 1998-2002 (avec un taux de 2,8 % par an), soit on considère que l’impact de l’euro peut se calculer à travers la comparaison des taux de croissance d’avant la crise financière de 2008, avec le taux de 1998-2002 pouvant être considéré comme représentatif de la dynamique « hors euro » et celui de 2003-2007 comme représentatif de la dynamique « dans l’euro ». Dans ce cas, on est conduit à estimer à – 0,8 % l’impact de l’euro sur le taux de croissance de l’économie française.

2 — Une croissance contrainte par l’euro

La détermination du freinage de la croissance permet de calculer ce qu’aurait pu être le PIB de l’économie française sans l’euro. Le freinage induit par l’euro est probablement sous-estimé pour la période 2010-2017 car à l’effet mécanique de l’euro est venu s’ajouter l’impact des politiques mises en œuvre soi-disant pour « sauver la zone euro », politiques qui bien entendu n’auraient pas concerné la France si cette dernière n’avait pas adhéré à l’euro. Cependant, à titre conservatoire, on gardera l’idée d’un freinage annuel de – 0,8 %.

Graphique 2
Comparaison des PIB avec et sans l’Euro

2 – Une croissance contrainte par l’Euro
 

Source : INSEE et données du FMI

On voit donc, sur le graphique (2), la zone orangée qui indique ce que l’économie française a perdu du fait de l’euro. Ce calcul résulte de la transposition des taux de croissance en indice, et de l’application de cet indice à la valeur du PIB pour 1997, calculé par le FMI. On constate alors que le PIB calculé sans l’effet de l’euro est en 2017 plus élevé de 12,5 % que le PIB « réel » correspondant à l’économie française au sein de la zone euro. On constate aussi que l’écart s’accroît progressivement à partir de 2003 et qu’il atteint, en sommes cumulées, 2 025 milliards d’euros en 2017, soit environ 94 % de la valeur du PIB réel pour cette année. Le taux d’imposition générale en France a oscillé entre 42 et 45 % dans cette période et on peut l’estimer en moyenne à 43,5 % du PIB. Les 2 025 milliards d’euros que l’économie française aurait produit si elle n’avait pas été assujettie à l’euro se seraient traduits par une recette fiscale cumulée de 881 milliards d’euros, soit 58,7 milliards d’euros annuels. Mais, cette somme correspond à une hypothèse linéaire, qui n’est pas vérifiée. En réalité, le surcroît de recette fiscale aurait été très faible pour 2003-2005, et ne serait devenu consistant, voire important, que les années suivantes. Il n’en reste pas moins que cette somme aurait pu permettre d’engager des dépenses en investissement public et d’accroître les budgets de fonctionnement des administrations vitales (enseignement, hôpitaux, armées) et de stabiliser la dette entre 70 % et 75 % du PIB.

On peut donc mesurer ce que l’euro a coûté à l’économie française et aux Français. Voilà pourquoi il n’est pas de discours s’attaquant de manière crédible aux maux dont la société, l’économie, et les structures sociales souffrent aujourd’hui en France qui puisse être tenu en négligeant la question de l’euro. Même si ces maux se représentent à nous de manière non-économique, leur source est commune : l’existence de l’euro et l’intégration de la France à l’Union économique et monétaire.


(1) https://fr.news.yahoo.com/linsee-dévoile-estimation-croissance-france-2017-035248512–finance.html et https://www.insee.fr/fr/statistiques/3315254

(2) Voir http://amp.parismatch.com/Actu/Economie/La-croissance-a-decolle-en-2017-pour-atteindre-1-9-1448957 ou https://www.lesechos.fr/monde/europe/0301225600538-la-zone-euro-affiche-un-record-de-croissance-pour-2017-2149274.php ou https://www.latribune.fr/economie/france/quelle-croissance-economique-en-france-en-2017-766385.html

(3) Bibow J. et A. Terzi (dir.), Euroland and the World Economy: Global Player or Global Drag?, New York (N. Y.), Palgrave Macmillan, 2007

(4) Voir http://www.imf.org/en/Publications/Policy-Papers/Issues/2017/07/27/2017-external-sector-report et http://www.imf.org/en/Publications/Policy-Papers/Issues/2016/12/31/2016-External-Sector-Report-PP5057

https://insolentiae.com/la-croissance-francaise-freinee-par-leuro/

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dimanche 4 février 2018

Vidéos du jour

Le Brexit expliqué avec Pascale Joannin

VID FS UE

Quand la directrice de la Fondation Shuman expliquait doctement que la sortie de la Grande Bretagne de l'UE aurait pour conséquence...qu'elle ne serait plus membre de l'UE! Et qu'elle terminait sa brillante démonstration par la nécessité de ne pas faire la même erreur que David Cameron: un réferendum. Heureusement, ça ne dure que 10 minutes. A destination de celles et ceux qui découvrent le fascisme européiste.

https://www.youtube.com/watch?v=sqQL1qhurjg&feature=youtu.be

Si ce genre de vidéo vous a énervé (comme mon fils qui m'a envoyé ce lien), vous avez largement de quoi décompresser avec ceci:

Conférence de François Asselineau à sciences po Lille - 31 janvier 2018

VID FA LILLE

L'image n'est pas géniale (c'est un smartphone qui est utilisé) mais le son est assez correct. Du grand Asselineau, comme d'habitude. Et il fait en plus bien rire la salle à la fin.

https://www.youtube.com/watch?v=O52uZWSAqxk

 

 


 

A voir aussi;

Pierre Yves Rougeyron : Janvier 2018

TL PIERRE YVES JANVIER 2018

Fake News, féminisme, Maurras, Céline, vaccins, souveraineté...

https://www.youtube.com/watch?v=diN2xx7dFyQ

A propos de l'Ecole de la République: "Une société libérale qui s'interdit un certain nombre de transmissions de vertus: elle ne transmet que des valeurs, c'est à dire rien: les valeurs, ça fluctue par nature..." .

Pierre- Yves, fidèle à lui- même.

Sur la querelle UPR/ Les Patriotes, il a sa propre vision, et ne souhaite pas prendre parti. C'est son droit.

(Mais il ne peut pas nier le fait que le parti de Philippot ne souhaite pas la sortie de l'OTAN, ce n'est pas un fantasme de l'UPR...).

Il se réjouit de l'avancée de l'idée de souveraineté à gauche, et soutient nos amis de Ruptures.

On enchaîne ensuite sur d'autres sujets. Bon visionnage!  P.G.

 

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samedi 3 février 2018

Scénario noir pour les stress test de l’Autorité bancaire européenne

L’Autorité bancaire européenne a lancé sa troisième vague de tests de résistance aux chocs auxquels elle va soumettre 48 banques de l’UE.

ACT ABE

C’est une épreuve redoutée par les banques européennes : la troisième vague de « stress tests », les tests de résistance aux chocs, macro-économiques et financiers, qu’elles se doivent de pouvoir encaisser. L’Autorité bancaire européenne (ABE), qui doit prochainement déménager à Paris, en a donné le coup d’envoi (...) en dévoilant les hypothèses qu’elle a imaginées : c’est « le scénario le plus sévère à ce jour » depuis la première édition remontant à 2014, souligne-t-elle dans un communiqué.

Ce scénario noir serait celui de deux années consécutives de récession dans l’Union européenne, en 2018 (-1,2%) et en 2019 (-2,2%), suivies d’un modeste rebond en 2020 (+0,7%). Cela reviendrait à un écart de PIB de 8,3% en 2020 par rapport aux hypothèses actuelles de croissance dans l’UE, à un accroissement de 3,3 points du taux de chômage et à une chute de 27,7% des prix de l’immobilier par rapport aux estimations en vigueur. La sévérité de ces hypothèses se situe « entre le scénario négatif et le scénario extrêmement négatif » de la Fed américaine en 2017 estime l’ABE.

Ces tests seront appliqués à un échantillon de 48 banques représentant 70% des actifs bancaires de la zone euro, avec l’aide de la Banque centrale européenne (BCE). Les résultats seront publiés au plus tard le 2 novembre. Ils serviront à la BCE à affiner les niveaux de capitaux requis des banques qu’elle surveille.

La précédente vague, à l’été 2016, avait notamment montré la grande fragilité de la banque italienne Monte dei Paschi di Siena, renflouée par l’État italien l’an dernier.

Correction sur les marchés, dette publique et privée

L’ABE a identifié quatre risques systémiques et détaille les menaces les plus significatives pour la stabilité du secteur bancaire européen, qui peuvent en outre s’enchaîner par un effet boule de neige.

Tout d’abord, un risque de correction brutale sur les marchés financiers (d’actions et obligataires) mondiaux, dont « les valorisations sont élevées » souligne l’ABE : des tensions géopolitiques ou des changements d’attentes des investisseurs pourraient entraîner la chute de la valeur des actifs et une accentuation de la courbe des taux, donc des conditions de financement plus tendues.

Ensuite, l’impact d’un recul de l’activité économique et de la hausse du chômage sur la rentabilité déjà faible des banques de certains pays (on pense à l’Italie notamment).

Troisième menace : une éventuelle remontée des primes de risques (donc des taux) pourrait rendrait difficilement soutenables les dettes publiques et les dettes privées (des entreprises).

Enfin, les problèmes de liquidités dans la finance non bancaire : si les fonds d’investissement, les fonds de pension, les assurances, étaient contraints de brader des actifs, cela accentuerait la chute de la valeur de ces actifs et pourrait contaminer l’ensemble du système.

L’ABE, qui déménagera dans quelques mois de Londres à Paris à cause du Brexit, ne mentionne que très peu la sortie du Royaume-Uni de l’UE : elle indique que son scénario noir « balaie un large éventail de risques macroéconomiques associés au Brexit », notamment les effets sur les échanges commerciaux avec l’Union européenne.

https://www.euractiv.fr/section/economie/news/scenario-noir-pour-les-stress-test-de-lautorite-bancaire-europeenne/

Voir aussi:

Paiement: les changements de la directive DSP2

La directive européenne sur les services de paiement 2ème version (DSP2) entre officiellement en vigueur. Elle rend obligatoire l’authentification forte pour les paiements de plus de 30 euros.

« Des services de paiements moins chers, plus sûrs et plus innovants. » Le samedi 13 janvier entrait en vigueur dans toute l’Union européenne la directive révisée sur les services de paiement (DSP2), qui « intègre et abroge » la première directive sur le sujet adoptée en 2007. Ce texte a fait l’objet d’une âpre bataille entre la Commission européenne, l’Autorité bancaire européenne (ABE), les banques et les startups de la Fintech (technologies financières). L’objectif est de « favoriser l’innovation, la concurrence et l’efficience » du marché et plus précisément de « moderniser les services de paiement en Europe au profit tant des consommateurs que des entreprises, de manière à rester en phase avec ce marché en évolution rapide » selon la Commission.

La DSP2, qui a été transposée en droit français par ordonnance cet été, comprend plusieurs volets et instaure de nouvelles règles intéressant directement les consommateurs dont :

  • L’interdiction de la surfacturation, autrement dit l’application de suppléments en cas de paiement par carte de débit ou de crédit, aussi bien dans un magasin qu’en ligne.
  • Le renforcement des droits de consommateurs, avec par exemple l’abaissement  de la franchise restant à la charge du client en cas de paiement frauduleux par carte avant opposition de 150 à 50 euros, des délais plus courts de remboursement et l’introduction d’un droit au remboursement inconditionnel pour les prélèvements en euros.
  • L’obligation de l’authentification forte (c’est-à-dire à deux facteurs au moins entre un code ou mot de passe que l’on sait, un appareil que l’on possède, une donnée biométrique telle que l’empreinte digitale, la voix ou l’iris) pour les paiements en ligne de plus de 30 euros, afin de réduire la fraude dans l’e-commerce.
  • L’ouverture du marché à de nouveaux acteurs en donnant accès aux informations sur les comptes par un canal de communication sécurisé.

Ces deux dernières dispositions n’entrent pas en vigueur immédiatement : un délai d’adaptation de 18 mois après la publication au JO de l’UE des normes techniques est prévu, ce qui devrait reporter leur application à septembre 2019.

(...)

https://www.euractiv.fr/section/economie/news/paiement-les-changements-de-la-directive-dsp2/

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mardi 30 janvier 2018

Vidéo: L'UE a-t-elle une politique étrangère ?

Cette vidéo date de 2015 et je suis un peu tombé par hasard sur ce lien, mais j'ai trouvé ça instructif avec le recul. Notons que Jacques Myard fur l'un des rares députés à ne pas commettre la forfaiture de voter le traité de Lisbonne, ce qui est à mettre à son actif, ainsi que sa position claire contre le traité de Maastricht et ses positions plus récentes sur la situation en Syrie.

VID MYARD SAPIR CRE

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Il parle de tout cela dans cette vidéo, et notamment de l'article 42 qui lie la politique étrangère de l'UE à l'OTAN. Avec Jacques Sapir, qu'on ne présente plus sur ce site, et les jeunes du CRE ("Critique de la Raison européenne") de Sciences- Po, on a là un ensemble qui mérite d'être consulté, même si c'est un exercice un peu frustrant pour les militants UPR que nous sommes, car il y a tant de choses qu'on aimerait commenter, compléter,  critiquer, voire parfois contredire...Mais bon, comme je le dis souvent, c'est quand même mieux qu'à la télé!

P.G.

Jacques Sapir et Jacques Myard à Sciences Po : L'UE a-t-elle une politique étrangère ?

https://www.youtube.com/watch?v=3dIZiTTzre8

 

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