samedi 24 février 2018

François Asselineau au Salon de l’agriculture samedi 24 février 2018, en compagnie d’une délégation de l’UPR

François Asselineau, candidat à l’élection présidentielle de 2017 et président de l’Union populaire républicaine (UPR) se rendra au Salon international de l’agriculture le jour de son ouverture, samedi 24 février, à Paris accompagné d’une délégation de militants.

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Sa visite, qui commencera à 10h, sera composée d’un parcours entre différents stands de professionnels de l’agriculture, de rencontres avec des responsables de syndicats agricoles et d’échanges avec des journalistes.

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Les militants de l’UPR effectueront également une distribution de tracts autour du salon, dès 8h30.

Au cours de sa visite, François Asselineau exposera sa vision du « Frexit » pour les agriculteurs, ainsi que les propositions de son programme présidentiel destinées à sauver l’agriculture française.

Il rappellera que, contrairement à ce que veulent faire croire les européistes, les fonds touchés par les agriculteurs dans le cadre de la Politique agricole commune (PAC) sont en réalité l’argent versé par les Français à l’Union européenne (UE) ;

il rappellera que le gouvernement français n’a aucune prise sur les traités commerciaux négociés par l’UE avec d’autres régions du monde, comme le traité CETA ou l’accord avec le Mercosur ;

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il rappellera que le modèle d’agriculture inscrit dans le marbre des traités européens est celui d’une agriculture ultra productiviste qui condamne à terme l’existence même de l’agriculture traditionnelle et familiale française, ainsi que la notion de terroir.

Le programme de François Asselineau sur l’agriculture est à retrouver ici.

https://www.upr.fr/actualite/francois-asselineau-visitera-salon-de-lagriculture-demain-samedi-24-fevrier-compagnie-dune-delegation-de-lupr

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Agriculteurs en colère : blocages, pneus brûlés, défilés de tracteurs dans toute la France

Les agriculteurs ont mené des opérations de blocage et des actions coup de poing à travers toute la France le 21 février pour protester contre l'accord UE-Mercosur et les prix d'achat proposés par la grande distribution.

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Les deux grands syndicats agricoles, la FNSEA (majoritaire) et les Jeunes agriculteurs avaient appelé à une mobilisation générale le 21 février : ils ont été écoutés. Blocages d'autoroutes, opérations escargot, entassements de mottes de paille, de fumier ou d'objets devant des supermarchés, incendies de pneus, simulacres d’enterrement ou encore défilés de tracteurs : les actions se sont succédé dans toute la France.

Le moment était choisi : Emmanuel Macron s'apprêtait à accueillir 1 000 jeunes agriculteurs le 22 février à l'Elysée, à la veille de l'ouverture du 55e Salon de l'agriculture à Paris. C'est le point d'orgue de protestations et manifestations du monde agricole qui se déroulent en France depuis plusieurs semaines.

C'est l'occasion pour les agriculteurs d'exposer une de leurs revendications phares, les prix d'achat au rabais pratiqués par les supermarchés qui les laissent exsangues. Dans la Vienne ou en Alsace, des actions de blocage ont eu lieu et des barrages dressés devant les grandes surfaces.

Le Mercosur dans le viseur des agriculteurs

Autre motif de colère pour les exploitants : le projet d'accord commercial européen de libre-échange avec les pays du Mercosur : le Brésil, l'Argentine, l'Uruguay et le Paraguay. Si la France l'accepte, entre 50 000 et 70 000 de tonnes de viande bovine, 80 000 tonnes de volailles et de grands volumes de sucre pourraient inonder le marché européen, et venir concurrencer des filières déjà très développées en France. La Vendée, le Puy-de-Dôme, l'Aquitaine, Nantes ou Dijon comptent parmi les lieux où des agriculteurs se sont mobilisés contre cet accord.

Cédric Mandin, secrétaire général de la Fédération nationale bovine a répondu aux questions de RT France sur l'accord du Mercosur qui fâche tant les agriculteurs. Il redoute des «pertes directes» pour leurs exploitations qui connaissent déjà «une difficulté de rentabilité». Il déplore «l'incohérence de la position du gouvernement à l'heure actuelle alors qu'on sort des Etats généraux de l'alimentation où on a émis la volonté de continuer à travailler dans le bon sens avec les consommateurs». Cédric Mandin fustige en outre le fait que ces accords internationaux vont autoriser la vente de viande produite avec des «antibiotiques, des farines animales, plein de produits totalement interdits en France et en Europe». «On va faire venir ça sous prétexte que c'est pas cher. Et nous on le refuse», a-t-il tonné.

https://francais.rt.com/france/48236-agriculteurs-colere-blocages-pneus-brules

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"Si la France l'accepte", "ils ont été écoutés": des éléments de propagande que l'on pourrait qualifier de "fake news": ce n'est pas la France qui négocie les traités de libre- échange, mais l'Union européenne. Faut- il rappeler que le CETA (accord UE/Canada) est mis en oeuvre pour l'essentiel sans même attendre la ratification des parlements nationaux des états membres? En quoi les agriculteurs ont- ils été écoutés?  P.G.

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vendredi 23 février 2018

Les agriculteurs exclus des zones défavorisées en colère

Le ministre de l’agriculture, Stéphane Travert, a présenté une nouvelle carte des zones défavorisées, qui ouvrent droit à des aides européennes. Le nombre de paysans aidés augmente, mais les perdants ne décolèrent pas.

Les agriculteurs exclus des zones défavorisées en colère 

C’est une annonce qui a beaucoup fait parler d’elle sur le site de ventes d’occasion Leboncoin. Brice Asensio, maire de Cazalrenoux, dans l’Aude, a décidé d’y proposer son village. « Une belle commune de 13,5 km² », précise l’annonce. Plus étonnant encore, les éleveurs du village, qui compte une centaine d’âmes, font aussi partie du lot à céder, en tant qu’« espèce en voie de disparition, mais non protégée ». Pour l’édile le constat est simple : « Quand les agriculteurs ne seront plus là, on perdra encore des habitants, il n’y aura plus l’école, les commerces fermeront, ce qu’il nous reste de service public aussi. Et là, on sera obligés de vendre pour de bon », résume-t-il.

De l’Aude à l’Aveyron, plusieurs élus ont poussé le même cri que Brice Asensio. Tous craignent que la nouvelle carte des zones défavorisées, rendu publique le 20 février par le ministère de l’agriculture, prive leurs exploitants d’aides financières dont ils bénéficiaient jusque-là. En particulier l’Indemnité compensatoire de handicaps naturels (ICHN), versée à 75 % par l’Union européenne. [avec l'argent des Français, NdR.]

Une carte jugée obsolète

Instaurée en 1976, cette allocation vise à favoriser l’agriculture dans des zones souffrant de contraintes géographiques. Sont concernés les zones de montagne, mais aussi des territoires accidentés ou souffrant de handicaps naturels, appelés zones défavorisées simples (ZDS). Ce sont ces derniers qui sont aujourd’hui redessinés.

Selon l’ancienne carte, près de 53 000 agriculteurs, répartis sur plus de 10 000 communes étaient intégrés à ces ZDS. Mais la carte a fini par être jugée obsolète par les instances communautaires, qui ont imposé à la France un redécoupage.

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Le travail a commencé en 2016 et le ministère de l’agriculture doit rendre sa copie le 1er mars. Le 20 février, une version – encore provisoire – de la nouvelle carte a été présentée, par le ministre, Stéphane Travert. Elle doit servir de « base de travail » pour négocier avec la Commission européenne.

Pour certains c’est le couperet

Selon ce nouveau morcellement, 1 349 communes et 5 200 exploitants sortiraient du zonage, tandis que 3 570 communes et quelque 7 000 exploitants y entreraient. Soit un nombre total de bénéficiaires supérieur.

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Mais pour Brice Asensio, c’est le couperet : la carte confirme que les trois agriculteurs de sa commune ne rentrent plus dans le dispositif. Dans la Piège, petite région à l’ouest de l’Aude, c’est la nature des terres, argileuses et peu profondes, et un relief escarpé qui justifiaient ces aides depuis leur création. « Cette décision n’a rien de rationnel. On nous supprime nos aides alors que nos collines n’ont pas disparu, les cailloux non plus et la terre n’a pas changé », déplore Brice Asensio.

Installé il y a trois ans à la suite d’une reconversion professionnelle, Yvan Teyssandier est l’un des trois éleveurs concernés. Sur ses 30 hectares de terre, 25 sont des collines ou des coteaux qui rendent impossible toute culture.

Pour son élevage de brebis et de cochons en plein air, il a élaboré avec la chambre d’agriculture un plan de développement sur quatre ans, dans lequel les aides – 5 000 € par an – sont intégrées. « On n’a pas le choix, car nos petites fermes ne sont pas rentables, souligne-t-il. Si on les perd, c’est la pérennité même de l’exploitation qui est menacée. »

Dans la ferme voisine, Frédérique Bromet est à la tête d’une exploitation tenue par sa famille depuis trois générations. « Nous avons toujours connu ces aides, précise-t-elle. Si on les perd on sera obligés d’arrêter, car nous travaillons déjà à perte. »

Un accompagnement financier

Pour venir en aide aux exploitants laissés du mauvais côté du nouveau tracé, le ministre de l’agriculture Stéphane Travert a promis un accompagnement financier, avec, « dès 2019, un soutien à hauteur de 80 % de l’aide qu’il recevait, puis de 20 % en 2020 ». Des solutions jugées « insuffisantes » par la FNSEA, le principal syndicat agricole. « Une aberration, pour Brice Asensio : on va compenser d’un côté ce qu’on nous retire de l’autre, ça n’a pas de sens ».

Yvan Teyssandier s’inquiète lui davantage de la pérennité de ces compensations : « combien de temps vont-elles être versées ? Moi je veux penser mon exploitation agricole sur la durée. » le 23 février, avec d’autres exploitants du département, ainsi que plusieurs élus, il prendra un bus de nuit pour se rendre au salon de l’agriculture, où, depuis le stand Occitanie, il compte bien se faire entendre auprès du président de la République.

Quentin Bas Lorant
https://www.la-croix.com/Economie/France/agriculteurs-exclus-zones-defavorisees-colere-

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lundi 19 février 2018

Vidéo: entretien d'actualité # 58

Le président de l’UPR François Asselineau analyse l’actualité récente au 15 février 2018.

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Sommaire :
00:34 Question : Quelle est la bonne nouvelle de la semaine pour l’UPR ?
09:23 Question : Que pensez-vous des dernières déclarations de Macron sur la situation en Syrie ?
24:09 Question : Des nouvelles du Brexit ?
27:36 Question : Une réunion de l’OTAN se tient ces jours-ci, quelle est votre analyse ?
33:18 Parenthèse : Vidéo sur l’OTAN, réalisé par un militant (« Géronimo »)
35:59 Question : Le débat sur les élections européennes de 2019 a lieu actuellement à l’Assemblée. Quelle est votre analyse ?
44:55 Question : La Ministre du travail a annoncé vouloir lutter contre les travailleurs détachés, Qu’en pensez-vous ?
53:26 Autre sujet : La situation des agriculteurs
53:50 Parenthèse : Présentation d’Hervé Minec, candidat UPR des législatives partielles de la 8e circonscription de Haute-Garonne.
55:00 Parenthèse : Présentation de Georges Mignot, candidat UPR des législatives partielles de la 2e circonscription de Guyane.
55:20 Parenthèse : Une délégation de l’UPR, menée par Christophe Blanc, sera présente au salon de l’agriculture.
56:11 Autre sujet : Les Jeux Olympiques
56:57 Autre sujet : Réforme de la justice de Mme Belloubet
58:18 Conclusion

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Crédits : Intervenant : « François Asselineau » – Président de l’UPR.
Voix off : « Thibaud Lonjon »
Technique : « Sylvain Gargasson », « Fabien Sémat »
Animations graphiques : @PierreDuNet
Prospection de contenu : @Bechir, @PierreDuNet
Montage : « Fabien SEMAT »
Vidéo sur l’OTAN réalisée par « Géronimo »

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vendredi 16 février 2018

Une éleveuse bio poursuivie pour avoir soigné ses brebis par les plantes

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Encore une fois, nous avons la preuve que l'UE se mêle de ce qui ne devrait pas la regarder, qu'elle intervient dans les affaires d'un pays souverain !
Et notre administration a tendance à oublier que les fonds de la PAC ne sont que NOS impôts et non pas l'argent généreusement distribué par l'UE !
L'intérêt de l'agriculture est d'offrir des produits sains tout en permettant aux agriculteurs de vivre dignement et ce n'est pas d'enrichir les multinationales (alimentaires et pharmaceutiques) qui font du lobbying auprès de l'UE.
Cette histoire valide l'existence de l'UPR, la sortie de l'UE s'imposant de plus en plus !  S.R.


Éleveuse bio à Bourdeaux dans la Drôme, Sandrine Lizaga a reçu un "rappel réglementaire" de la préfecture concernant les soins naturels qu'elle offre à ses 60 brebis laitières. Acte jugé non conforme à la réglementation européenne, Sandrine risque de perdre ses primes annuels de la PAC qui la font vivre.

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L'affaire a commencé le 6 août dernier, lorsque deux inspectrices de la Direction Départementale de la Protection des Populations (DDPP) sont venues effectuer un contrôle en vue des aides européennes et des conditions de leurs attributions.

Celles-ci ont été très étonnées en découvrant une pharmacie uniquement composée de tubes d'huiles essentielles et de granulés d'homéopathie. Sandrine raconte : "l'inspectrice ne savait pas ce qu'était un tube de granules, elle m'a demandé comment je faisais, je pensais que tout le monde connaissait l'arnica (plante vivace couramment utilisée sous forme de crème ou de pommade pour traiter différentes affections bénignes d'origine inflammatoire - ndlr)".

Suite à cette visite, l'éleveuse a reçu un courrier début septembre du directeur de la DDPP :

"ce contrôle a mis en évidence plusieurs non-conformités à la réglementation auxquelles je vous demande d'apporter les mesures correctives. L'utilisation d'homéopathie et d'huiles essentielles à des fins thérapeutiques sont soumises à prescription après examen des animaux par un vétérinaire".

Installée à la ferme du Serre depuis bientôt 4 ans, cette mère de deux enfants ne savait pas si elle allait être pénalisée. Dans la lettre, la DDPP indique qu'elle risque une réduction de ses primes de Politique Agricole Commune. Ces aides représentent actuellement 40% de son chiffre d'affaire, l'équivalent du salaire qu'elle se verse. L'éleveuse craignait également d'autres sanctions comme l'interdiction de commercialiser ou la saisie de ses animaux.

C'est alors qu'elle décida d'alerter ses collèges et la confédération paysanne. Cet effort a payé, amenant un second rendez-vous et un nouveau courrier dans lequel l'administration admet que les médicaments homéopathiques ne sont pas soumis aux prescriptions d'un vétérinaire, par contre, les huiles essentielles et les plantes le sont. Ces dernières devant faire l'objet d'une autorisation de mise sur le marché garantissant leur innocence.

L'éleveuse se défend :

"mais si je vais ramasser de la prêle ou de l'ortie, des plantes minéralisantes pour mes bêtes, c'est interdit. Je ne joue pas à l'apprentie sorcière, je sais que les huiles essentielles ne sont pas anodines, j'ai suivi plusieurs formations avec des pharmaciens et des vétérinaires".

Pour se mettre en conformité avec la loi, Sandrine Lizaga va devoir demander une ordonnance à sa vétérinaire, ce qu'elle trouve "totalement hypocrite".

Les consommateurs, comme le gouvernement, plaident pour une baisse de l'usage des antibiotiques sur les animaux d'élevage. Encore une fois, on constate que la réglementation dans l'utilisation de méthodes alternatives est parsemé d'embûches. "Les solutions alternatives permettent de gérer 75% des maladies des troupeaux" affirme Philippe Labre, vétérinaire-formateur, considéré comme le grand spécialiste des médecines naturelles en élevage en France. (...)

https://fr.sott.net/article/31864-Une-eleveuse-bio-poursuivie-pour-avoir-soigne-ses-brebis-par-les-plantes

Voir aussi:

Soins aux plantes : une éleveuse de brebis bio rappelée à l’ordre

Une éleveuse de brebis bio installée à Bourdeaux (Drôme provençale) s’est vue reprocher d’utiliser des médicaments à base de plantes pour soigner ses animaux sans ordonnance vétérinaire. La Confédération paysanne appelle à la résistance.

(...)

« Une absurdité et une hypocrisie »

Cette jeune éleveuse installée depuis trois ans à son compte a décidé depuis d’alerter le syndicat auquel elle adhère, la Confédération paysanne, et les éleveurs locaux contre ce qu’elle considère comme une « absurdité » et une « hypocrisie » à une époque où justement pouvoirs publics comme consommateurs appellent à une réduction de l’usage des antibiotiques face à une antibiorésistance qui inquiète.

« Les services de la DDPP se sont quand même rétractés un mois plus tard sur les granulés homéopathiques, qui sont bien autorisés sans ordonnance vétérinaire, contrairement à ce qui m’avait d’abord été affirmé », précise-elle. Seules sont concernées les huiles essentielles, selon le second courrier qu’elle a donc reçu.

« C’est absurde : il y a des plantes que les brebis vont d’elles-même consommer dans la nature comme des fougères, des prêles et des buis qui ont des vertus médicinales. Et je ne vais pas non plus appeler un vétérinaire pour désinfecter le cordon ombilical d’un agneau avec de l’huile essentielle de lavande ou pour donner une infusion de thym contre un rhume ! ! », s’indigne-t-elle. Ces connaissances ancestrales des plantes sont utilisées depuis des siècles pour soigner et prévenir des maladies, rappelle-t-elle.

Bien sûr, tout ce qui est naturel n’est pas forcément bon, Sandrine Lizaga le sait. Les huiles essentielles sont à manier avec précaution. « J’ai d’ailleurs suivi des formations financées par la chambre d’agriculture. Mais ce que nous recherchons avant tout pour proposer des produits de qualité aux consomateurs, c’est d’avoir à soigner le moins possible nos bêtes. C’est donc aussi au quotidien qu’on fait attention par exemple, à avoir une bonne ventilation et un bon état de la bergerie… et les brebis ont été au préalable sélectionnées pour leur résistance physique et physiologique ».

Jean-Louis Meurot, co-responsable de la commission sanitaire nationale de la Confédération paysanne, qui y voit une atteinte à la liberté des éleveurs veut rappeler qu’un éleveur « n’est pas seulement apte à préparer l’alimentation de son troupeau mais il est capable de soigner les principales maladies», défend-il. Et cet éleveur drômois d’accuser la pression du lobby de l’industrie pharmaceutique, dans les récentes mises à jour des règlementations européennes toujours plus contraignantes quant à l’usage des plantes.

« Je n’ai eu aucune pénalité financière suite à ce contrôle, c’est sûr, mais il est important de se battre contre ces règlementations », défend Sandrine Lizaga.

La Confédération paysanne, syndicat agricole minoritaire, veut alerter aussi sur des contradictions d’un département à l’autre en France , entre aussi ce qui est autorisé comme “soin” ou comme “aliment”, ou encore entre ce qui est autorisé pour l’homme mais pas pour l’animal…

Une soirée d’information et de débat à destination des agriculteurs et du grand public devrait être organisée en avril prochain, avec divers intervenants. Dont certainement des petits producteurs locaux d’huiles essentielles notamment de lavande qui voient d’un mauvais œil que l’Europe assimile leur huile à un produit chimique.

Ce sont plusieurs règlementations allant dans le sens d’ une restriction toujours plus de l’usage des plantes que les éleveurs et la confédération paysanne pointent du doigt :- la Directive REACH de 2007 qui met les huiles essentielles au même niveau que des produits chimiques toxiques - le règlement UE 230-2013 de mars 2013 qui a retiré du marché plusieurs centaines d’extraits aromatiques végétaux employés en aliments complémentaires- la note de rappel de l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation) sur le statut juridique du médicament vétérinaire.

http://www.ledauphine.com/drome/2014/01/28/soins-aux-plantes-une-eleveuse-de-brebis-bio-rappelee-a-l-ordre

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mardi 13 février 2018

COLÈRE PAYSANNE À VICHY

Le récent déplacement du président de la république dans le Puy-de-Dôme et le cirque réglé comme du papier musique à Saint-Genès-Champanelle a laissé sceptiques les agriculteurs auvergnats, du —moins ceux de l’Allier.

ACT VICHY PAYSANS

L’allocution qu’il a prononcée relève du double discours, selon les instances syndicales bourbonnaises. (1) Prôner une agriculture haut de gamme d’une part et négocier, via l’UE, le libre échange avec les pays du Mercosur (2) d’autre part, voilà qui ne passe pas. Une fois de plus, le feu couve dans le monde agricole.

Les contingents de viandes bovines et porcines, de poulets brésiliens, de sucre et d’éthanol qui vont déferler sur les pays membres de l’UE ne sont pas soumis aux contraintes sanitaires et environnementales qui caractérisent la production française. Cela ne dérange pas le Luxembourg ou les pays baltes, mais en France c’est une autre affaire. « Comment peut-on promouvoir l’engagement dans la transition écologique, une sécurité sanitaire irréprochable et, en même temps, autoriser des importations de production dont les méthodes de production sont interdites », interroge Gilles Cabard, le président de la FNSEA 03. (1)

Mercredi 7 février, Vichy fut envahie par une cohorte de tracteurs et d’engins agricoles, bloquant deux voies principales de la cité thermale ainsi que le centre-ville. Agriculteurs et éleveurs sont venus y manifester leur colère après l’avoir fait la veille devant la préfecture à Moulins.

Un Instantané :
— Bonjour Messieurs, pourquoi êtes-vous venus manifester ?
— Bonjour (air exaspéré). À cause de tout. L’Etat, le CETA, le Mercosur. Vous êtes au courant ?
— Oui, j’ai une idée sur la question. Vous voyez mon badge, qu’est-il marqué dessus ?
— Frexit.
— Vous savez ce que ça veut dire ?
— Oui, comme pour les Anglais.
— Oh, très bien ! Vous savez que l’Etat et le gouvernement dont vous vous plaignez ne font qu’obéir aux ordres de Bruxelles, qu’ils n’ont plus aucun pouvoir ? (Sourires). Il n’y a pas d’autre moyen de redresser la situation que de se dégager de ce binz.
Sourires, hochement de tête.
— Au revoir messieurs, je suis solidaire avec vous.
— Merci, Au revoir…
Poignée de main.

La scène s’est produite plusieurs fois, avec des variantes, le long de la rue Jean-Jaurès puis au carrefour des Quatre chemins et, pour finir, autour d’un apéro dans un bistrot en compagnie de jeunes éleveurs.

L’UPR-Allier renouvelle ici toute sa solidarité avec les agriculteurs bourbonnais.

(1) La Montagne, 8 février 2018
(2) Marché commun du sud, qui regroupe plusieurs pays de l’Amérique du sud, dont l’Argentine, le Brésil et le Venezuela, et auquel sont associés d’autres pays de la même zone géographique, la Bolivie, l’Equateur et le Chili entre autres.

vendredi 9 février 2018

Transition écologique : le député de la Creuse Jean-Baptiste Moreau veut convaincre les agriculteurs

Une séquence de forte exposition a débuté pour le député LREM de la Creuse : il jouera un rôle clé dans l’adoption de la loi sur l’alimentation. Jean-Baptiste Moreau s’impose plus que jamais comme une charnière incontournable entre l’action gouvernementale et le monde agricole.

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En ce moment, il est partout. Jean-Baptiste Moreau, éleveur à Aulon et député La République en marche de la Creuse est très sollicité par les médias nationaux. Ce mercredi, il a été désigné officiellement comme rapporteur de la loi sur l’alimentation.

Serez-vous celui qui parviendra à rallier les agriculteurs à la nécessité de la transition écologique ?

Je peux assumer aussi ce rôle. La place de l’agriculture française sera toujours sur les créneaux de qualité et pas du tout dans la production de masse.

C’est l’esprit du discours du président Macron à Clermont-Ferrand la semaine dernière….

Je ne sais pas si c’est lui ou moi qui l’a inspiré à l’autre (rires), mais on est d’accord. Avec le ministre de l’Environnement Nicolas Hulot, ça se passe très bien, c’est quelqu’un de pragmatique, qui est à l’écoute. Comme mes collègues agriculteurs, j’avais des appréhensions avant de le rencontrer. Il sait ce que sont des contraintes économiques et des contraintes sociétales.

La profession agricole est-elle mûre pour accepter ce basculement vers un autre modèle ?

Il faut y aller, on voit bien que le système actuel ne convient pas. Si les agriculteurs grincent encore un peu des dents, ils ont conscience qu’il n’y a plus d’acceptation au niveau de la société sur certains produits phytosanitaires. On peut continuer à hurler mais, au final, ça nous dessert.

Vous êtes donc favorable à l’interdiction du glyphosate ?

Je ne sais pas personnellement si le glyphosate est dangereux ou pas. Ce qui est sûr, c’est que médiatiquement, la bataille est perdue. Il faut qu’on mette en place des conditions qui permettent de nous passer du glyphosate. C’est un message qui est plus difficile à faire passer chez les céréaliers. Le rapport de l’INRA montre que dans 90 % des cas on peut se passer de ce produit. Il reste 10 %, c’est-à-dire les non-labours et l’agriculture de conservation des sols, là on est dans une impasse technique. On a trois ans pour trouver une solution alternative, mais on ne va pas interdire ces techniques agro-écologiques.

Comment envisagez-vous votre rôle de rapporteur de la loi sur l’alimentation ?

Je vais négocier avec le ministère de l’agriculture et le ministre, les amendements, les modifications proposées par les parlementaires. Je n’ai aucun souci avec le fond de ce projet, je pense qu’on peut l’enrichir dans l’axe de la transition écologique. C’est le travail du législateur d’améliorer les textes de lois tels qu’ils sont présentés par le Gouvernement. Par exemple, on peut éclaircir les procédures à mettre en place autour de la méthanisation.

Les conditions d'abattage du bétail sont bien abordées dans ce texte ?

Oui, il y avait une commission d'enquête sur le sujet lors de la précédente mandature, présidée par Olivier Falorni. Son rapport mentionnait qu'il fallait installer des webcams dans les abattoirs. Proposition qui n'a pas été retenue dans le projet de loi mais qui, je pense, devra être intégrée afin de rassurer le consommateur.

Dans ce projet de loi, qu’est-ce qui vous semble le plus important ?


C’est clairement de ramener de la valeur dans les exploitations agricoles, de permettre aux agriculteurs de vivre de leur production. C’est le cœur du modèle, avec en parallèle l’évolution vers une agriculture plus respectueuse de l’environnement. Et ce changement de modèle est vertueux car il va permettre aux agriculteurs de mieux vivre de leurs productions et pas seulement des aides.

Cette loi promet aussi une alimentation de meilleure qualité. Qui va payer le surcoût ?

Il ne faut plus dire : l’alimentation ça ne coûte rien. La part de l’alimentation dans le budget des ménages a considérablement baissé ces dernières décennies. C'est bien, c’était le but de la politique agricole commune mais on ne peut pas descendre en dessous d’un certain prix. Il faut que le consommateur mette en cohérence ses actes d’achat avec ses demandes. Il veut des produits qui respectent l’environnement, plus naturels et donc qu’il paye le juste prix des coûts de production supérieur. Il faut aussi agir sur la marge de la grande distribution.

Ce projet de loi va-t-il assez loin notamment sur les contraintes qui pèseront sur la grande distribution ?

Ceux qui le critiquent vont pouvoir l’amender et ce sera ensuite à moi de négocier avec le ministère s’il y a des propositions intéressantes à reprendre. Je vais être ouvert aux idées de l’opposition comme de la majorité. Ça ira de toute façon un peu plus loin que le projet présenté la semaine dernière en conseil des ministres. 

Recueilli par Julien Rapegno

https://www.lepopulaire.fr

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Bel exemple de langue de bois politicarde !
Il ne mérite pas sa place de député et il devrait démissionner ! Voir sa honteuse réponse à la question "Cette loi promet aussi une alimentation de meilleure qualité. Qui va payer le surcoût ?"
A aucun moment il ne parle des intermédiaires entre l'agriculteur et la grande distribution !!! Et dire qu'il est Limousin !!
Et si on sortait de l'UE, on pourrait mieux rémunérer les agriculteurs ! Il n'y a pas pensé ?  S.R.

jeudi 8 février 2018

« C’est qui le patron ?!® » La marque qui rend consom’acteur

Consommer autrement et de manière responsable, c’est possible. La marque du consommateur le prouve en proposant une brique de lait équitable qui s’est déjà vendue à 18 millions d’unités en 10 mois. Son cahier des charges et son prix – assurant une juste rémunération aux producteurs – ont été fixés par des consommateurs.

 

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Après la marque Le Petit Producteur® et le collectif Les Gueules Cassées®, la nouvelle initiative de Nicolas Chabanne fait beaucoup parler d’elle. Le principe : demander au consommateur son avis sur la qualité souhaitée d’un produit et combien il est prêt à payer pour. Une idée qui paraît pleine de bon sens… et qui n’avait pourtant jamais été concrétisée ! C’est aujourd’hui chose faite, en tandem avec Laurent Pasquier, cofondateur du fameux moteur de recherche alimentaire mesGoûts.fr. La brique de lait estampillée à juste titre « C’est qui le patron ?!® » est devenue en quelques mois un véritable phénomène de société… qui fera sans doute des petits à l’étranger. Cette démarche de transparence, qui redonne de la valeur ajoutée au travail des producteurs, place le consommateur face à ses responsabilités.

Une rémunération juste pour le producteur

L’initiative a été lancée en août 2016 par une consultation publique via Internet. Origine du lait, rémunération du producteur, alimentation des animaux, type d’emballage… Plusieurs critères sont proposés à l’internaute pour élaborer le cahier des charges du produit qu’il désire voir commercialisé au juste prix. Au final, 7 850 « consom’acteurs » répondent au formulaire en choisissant majoritairement les critères les plus qualitatifs. Et, notamment, celui d’une rétribution décente pour l’éleveur, qui puisse aussi lui permettre de prendre quelques jours de vacances en se faisant remplacer. « Mais attention », précise Nicolas Chabanne, « ce n’est pas de la charité : pour en moyenne 4 € de plus par an, le consommateur sait qui produit son lait et comment il travaille ; c’est un engagement bilatéral ». Un véritable engouement médiatique et populaire qui s’est fait quasiment sans publicité, grâce au relais des réseaux sociaux et à une action collective.

Un modèle économique gagnant-gagnant

Dans ce climat morose pour la filière française de production du lait, l’initiative a fait du bien à la coopérative de Bresse-Val-de-Saône (Ain), qui regroupe une cinquantaine d’exploitations, dont certaines étaient en grande difficulté. La marque du consommateur leur garantie en effet 39 centimes par litre de lait via la laiterie de Saint-Denis-de-l’Hôtel (LSDH), soit environ 25% en plus du prix consenti par les grands collecteurs de lait français. Et pour le producteur, ces quelques centimes font toute la différence. « Cela montre qu’il est possible de faire différemment », explique Martial Darbon, président de la coopérative. « Aujourd’hui, on peut tabler sur une production mensuelle stable correctement rémunérée. » De son côté, La marque du consommateur prélève 5% sur les ventes, somme qui alimente le développement d’une Société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) à laquelle chacun peut devenir actionnaire pour 1€.

De nombreux développement en cours

Si l’enseigne Carrefour a été la première à la proposer en rayon, la brique de lait « C’est qui le patron ?!® » est aujourd’hui disponible dans 8 500 points de vente de la grande distribution (Auchan, Intermarché, Colruyt, Casino, Migros, Cora et Leclerc). Forte du succès de sa première référence, La marque du consommateur vient d’étendre sa gamme avec un jus de pomme et une pizza (en rayon depuis fin avril) et du beurre bio (en rayon le 18 septembre prochain). D’autres produits sont d’ores et déjà en préparation : compote de pommes, crème fraîche, œufs, fruits, jambon, steak haché, yaourts, pâtes, fromage blanc, farine, salade, sardines, soupe de légumes, cookies…

Les questionnaires d’élaboration du steak haché, des pâtes et de la salade sont actuellement en ligne.

 

Logo - C'est qui le patron

 


 

Source :

https://lamarqueduconsommateur.com/

http://agriculture.gouv.fr/cest-qui-le-patron-r-la-marque-qui-rend-consomacteur

https://spotjardinmonsite.com/2018/02/06/bravo-pour-cette-tres-belle-initiative/comment-page-1/#comment-8874

https://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/c-est-qui-le-patron-nicolas-chabanne-le-vrp-des-terroirs_1945266.html

 

 

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En attendant la mise en oeuvre de la Politique nationale agricole de l'UPR...  P.G.

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dimanche 4 février 2018

Le conseiller régional Eric Correia propose de faire de la Creuse le labo de la légalisation du cannabis

La Creuse, paradis de la fumette ? C’est certainement l’idée la plus iconoclaste qui soit arrivée sur le bureau du préfet de ce département. Celui-ci a en en effet été chargé de présenter au gouvernement des propositions d’ expérimentation sur ce territoire hyper-rural. Propositions qui doivent servir de support à un un plan de redymanisation de la Creuse.

ACT CREUSE FUMETTE

L’idée devrait plaire à ceux qui se sont offusqués cet automne en lisant que l’une des pistes du "plan de redynamisation" de la Creuse pourrait-être la construction d’un centre pénitentiaire.

« La Creuse, territoire d’expérimentation de la légalisation du cannabis à usage médicinal et récréatif ». Cette proposition n’a pas été glissée entre deux portes, ni-même sur un post-it : Eric Correia, président de l’ Agglo du Grand-Guéret et conseiller régional de Nouvelle Aquitaine a rédigé une fiche complète et très argumentée sur le sujet à l’attention du préfet de la Creuse. Cet élu socialiste ( qui a pris du recul avec ce parti au niveau local) ne fait « que reprendre un point du programme de Benoît Hamon », tempère-t-il.

Sauf que l’idée d’une «  légalisation » anticipée et donc localisée sur un territoire donné contient la promesse d’effets secondaires significatifs au plan économique. « Si l’on pouvait implanter une production de cannabis encadrée en Creuse, c’est toute l’économie du territoire qui décollerait », s’enthousiasme Eric Correia.

Ce responsable politique est connu pour sa sensibilité rock’n’ roll. Il est notamment à l’origine du festival El Clandestino qui a permis de faire venir Manu Chao en Creuse en juillet 2017 : « personnellement, je ne suis pas consommateur », tient toutefois à préciser le quinquagénaire , qui est aussi soignant de profession. Son argumentaire est en partie axé sur l’intérêt du « cannabis médicinal et thérapeutique, qui permet de diminuer considérablement la consommation d’antalgiques ».

Comme le Colorado, état américain qui tire profit de la légalisation

La Creuse pourrait se positionner comme l’équivalent hexagonal du Colorado ou de la Californie, états américains qui ont légalisé dans un objectif thérapeutique. Reste que la France n’est pas un état fédéral : difficile d’imaginer une légalisation « dérogatoire » et locale, tant le sujet est sensible.

Sur un plan politique et moral, la « fiche action » développe l’argumentaire des pro-légalisation : « En France, malgré la répression de l’usage, 45 % des jeunes ont déjà testé le cannabis contre moins de 30 % aux Pays-Bas où le cannabis est à peu près légalisé de fait. La France est régulièrement en tête des classements européens pour la consommation de cannabis  (…) L’échec est également sécuritaire et judiciaire puisque les interpellations sont en hausse constante pour usage de cannabis et vente illégale alors même que les tribunaux pourraient être avantageusement désengorgés en légalisant le cannabis pour effet récréatif ».

Tant qu’à être iconoclaste, Eric Correia n’exclut  donc  pas l’ « usage récréatif » de son argumentaire. Il envisage  que le tourisme de la fumette pourrait profiter au département, à l’image de ce qui s’est passé au Pays-Bas.

A la base de ce « levier économique », générateur de ressources fiscales ( le cannabis serait légalisé mais évidemment pas détaxé), c’est bien une filière agricole spécifique qui pourrait se développer : «  Si la Creuse ne possède pas de climat tropical, il semble tout à fait possible d’y faire pousser du cannabis pour plusieurs récoltes annuelles », assure l’élu.

Eric Correia va jusqu ’au bout de sa logique : «  C’est plus qu’un pari, c’est une certitude. Le Grand Guéret se tient prêt à relever le défi ». Si l’expérience était circonscrite au Grand Guéret, cela pourrait faire des jaloux sur le plateau de Millevaches. De toute façon, la perspective est encore un peu lointaine. Après le maire d’Aubusson Michel Moine qui demande au préfet de la Creuse d’user de son pouvoir dérogatoire exceptionnel pour conserver la limitation de vitesse à 90km/h sur les radiales qui raccordent Aubusson aux 2X2 voies, Philippe Chopin risque de se sentir débordé par les propositions planantes. Il n’a d’ailleurs pas retenu la proposition d’Eric Correia pour le premier comité interministériel dédié au plan de redynamisation de la Creuse. Le préfet s’est en somme refusé à faire le joint.
Julien Rapegno

https://www.lepopulaire.fr/gueret/art-de-vivre-bien-etre/vie-pratique-consommation/2018/02/02/le-conseiller-regional-eric-correia-propose-de-faire-de-la-creuse-le-labo-de-la-legalisation-du-cannabis_12725524.html

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ça tombe bien, j'ai découvert dans mon quartier (à Aubusson) de nouveaux dessins_ graffiti de jolies plantes et quelques "nique la police", sans doute l' anticipation d'un nouvel esprit pionnier en Creuse...   P.G.

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samedi 3 février 2018

Emmanuel Macron souhaite le meilleur aux agriculteurs et leur prépare le pire.

info upr auvergne

Le président de la République était  jeudi 25 janvier, à Saint-Genès-Champanelles dans le Puy-de-Dôme, pour présenter ses vœux aux agriculteurs.(1) J’étais avec des adhérents de l’UPR devant les grilles de sécurité où les non-invités restent. Chose prévisible, le Président est passé, vitres teintées fermées, quel dommage ! les gens étaient venus lui parler de leur retraite ou de leur condition d’agriculteur.
M. Macron n’a pas présenté ses vœux devant des agriculteurs, mais face à un parterre d'officiels soigneusement sélectionnés pour percuter frénétiquement leurs paumes de mains lorsqu'on leur fait signe.
  • Personne pour rappeler la situation catastrophique des agriculteurs Français.
  • Personne pour demander au Président d’arrêter de fanfaronner et prendre enfin la question agricole à bras-le-corps.
  • Personne pour lui rappeler que l'Union européenne, de par ses traités, organise la ruine de l’agriculture française.
Avec lui comme Président, je vous souhaite... bien du courage !
Emmanuel Macron, fort de sa connaissance profonde du monde agricole et rural, a formulé des vœux profondément rassurants. Nous vous laissons juger de leur profondeur :
« Faisons printemps, ensemble, pour cette année qui s'ouvre, pour l'agriculture française, pour les femmes et les hommes qui la font parce qu'ils sont courageux et parce qu'il y a aussi, sur ce plan, un formidable territoire de conquête. Je vous remercie » [ndlr : ce n'est pas une plaisanterie mais réellement la clôture du discours officiel du Président]
Il faut vraiment se moquer éperdument des agriculteurs pour applaudir après une telle conclusion.
En 2016, 30% des agriculteurs touchaient moins de 350 euros par mois, 20% d’entre eux étaient en déficit, c'était 15% en 2015. C'est plus de la moitié des exploitations agricoles françaises qui a disparu en 25 ans. Selon le dernier recensement en date de 2015, il reste 474.000 fermes dans l'Hexagone contre plus d'un million à la fin des années 80, et 664.000 en 2000. La superficie moyenne des exploitations s'est accrue nettement ; elle atteignait environ 61 hectares en 2013 contre 43 en 2000. Ce qui veut dire que les petites exploitations mettent la clef sous la porte et se font racheter par des grosses dont le modèle agricole est de plus en plus intensif.
C’est ce que l'UPR ne cesse d'expliquer (2), mais trop de Français l'ignorent encore ; ce que l'on voit en France est exactement le résultat de la politique de l'Union européenne.
Cette politique est gravée dans les traités européens inamovibles (3), elle organise :
  • L'augmentation de la taille des parcelles, donc la destruction des exploitations plus petites.
  • La mise en place d'une agriculture intensive qui ne respecte plus en rien tout ce qui fait une agriculture de qualité respectueuse des terroirs.
  • La baisse du coût de la main d’œuvre dans le monde agricole, donc des saisonniers et ouvriers payés au lance-pierre.
  • La concurrence généralisée des agriculteurs français avec ceux du monde entier. (Par l'article 63 du TFUE)
Mais réjouissons-nous, il est écrit dans l'article 39 du TFUE que les très rares paysans survivants, seront bien payés. Ils ne seront plus qu’une poignée de chefs d'immenses entreprises, gestionnaires d'exploitations similaires aux fermes aux mille vaches ou aux grandes plaines désolantes que l'on peut voir en Amérique.
La France des terroirs vous dites ?
Pourtant, Emmanuel Macron, salue les “Appellations d'Origines Protégées”, citant comme exemple le Saint-nectaire. L'agriculture française doit-elle se réduire à une stratégie de niche ? Les AOP seraient les seuls modèles possibles qui résistent encore à la politique agricole européenne ultra-productiviste ? Créant une France de “zones musées” encerclée de fermes aux mille vaches et de parcelles sans limites.
Et c'est bien là qu’Emmanuel Macron se trahit tout seul. Il fait les louanges des stratégies agricoles qui sortent de la libre concurrence, comme les AOP qui ne peuvent être produites que sur un territoire délimité. Autrement dit, partout où la « libre concurrence » fait loi, l'agriculture française en souffre terriblement. Partout où les stratégies de niche épargnent les agriculteurs du marché commun, l’agriculture se développe. Pourtant nous ne devons pas oublier que les terres de France produisent 80 quintaux à l'Hectare ! (8 tonnes pour 10 000 m²) c'est une très bonne terre. Et malgré cela, la concurrence généralisée mine nos exploitations.
Ce que le Président a oublié de dire hier, c'est que les traités européens l’empêchaient de refuser l’importation massive de céréales ou de volailles produites dans des conditions catastrophiques pour la terre et pour tout ce qui vit autour de ces terres, hommes compris. Ainsi donc, nos agriculteurs ne peuvent que tenter de concurrencer les modèles ultra-intensifs calamiteux et surenchérir dans une agriculture contraire à tous nos principes.
Quiconque connaît un peu l'agriculture sait que les pesticides et les entrants remplacent la main d’œuvre. Quiconque connaît un peu l’économie sait que le coût de la main d’œuvre est déterminant dans le prix des produits. Donc, il ne faut pas être sorti de Saint-Cyr pour comprendre que la libre concurrence nous oblige à remplacer nos agriculteurs par des pesticides, du phosphate et du nitrate dans nos eaux… Dans l'élevage, on remplace les éleveurs, par des antibiotiques, des robots et un maximum de souffrance animale.
Si je ne me trompe pas, il y a en France du chômage, nos rivières et lacs subissent une eutrophie rapide à cause des nitrates, les pesticides font beaucoup de mal à notre santé et pourtant, nous promouvons un modèle agricole qui supprime la main d’œuvre et augmente les entrants chimiques... cherchez l’erreur !
Si vous êtes contre la destruction de l'agriculture française par l'Union européenne, vous êtes donc contre la paix, le progrès et le genre humain.
Ce qu'Emmanuel Macron explique, c'est qu'en restant dans l'Union européenne, donc en imposant la concurrence mondiale aux agriculteurs Français, ces derniers doivent se réfugier dans des niches ou dans une course folle à l’ultra-productivisme, parfois perdue d’avance. Il l'a clairement fait comprendre hier :
« Par contre, je sais qu'il y a des modèles productifs qui n'ont plus d'avenir. 
Ça ne sert à rien de concurrencer les poulets brésiliens ou le lait néo-zélandais.
Ça ne sert à rien, [...] Nous n'irons nulle part lorsque sur certaines stratégies
nous ne sommes pas positionnés sur le bon niveau de qualité et que nous avons des
concurrents qui ont fait des choix qui rendent impossible notre vie.
Et ce n'est pas vrai que pour l'agriculture ! [Sic…] Vous avons parfois commis cette
erreur dans l'automobile ou dans d'autres filières.
Et donc nous aurons dans certaines filières des changements stratégiques à faire.
Il faut regarder en face, cette réalité ».
Le summum du progrès et de la civilisation.
Ce n'est pas une réalité, M. le Président, c'est un dogme que vous défendez et que l'Union européenne impose. Vous livrez les agriculteurs Français à la libre concurrence face aux pires modèles agricoles du monde. Sortir de l’Union européenne permettrait tout simplement d’appliquer les normes sanitaires et sociales françaises aux importations.
Finis les brocolis italiens fabriqués par des esclaves africains sans papiers (mais label AB), finis les poulets élevés dans des batteries interminables, gavés aux hormones et au antibiotiques. Finis les céréales transgéniques, le cochon cloné chinois et autres infamies qui nous donnent honte d’être les “maitres” de cette terre.
Si les agriculteurs Français étaient en concurrence avec des productions qui ne pratiquent, ni l’exploitation ignoble des ouvriers agricoles, ni le saccage des terres dans des modèles ultra-productivistes, il y a fort à parier qu’en quelques années, on voie l'agriculture française reprendre du poil de la bête. Mais tant que nous resterons dans l’UE, celle-ci veillera à ce que le nombre d’agriculteurs diminue encore et encore, et la taille des exploitations grandisse encore et encore. Encore une fois, l’UE impose aux Français tout ce qu’ils ne veulent pas.
Être à l'écoute du mal-être des agriculteurs c'est bien, mais lorsqu'on le provoque, il y a une certaine perversité...
Agri’écoute est un dispositif téléphonique mis en place par le gouvernement et la mutuelle sociale agricole, afin que les agriculteurs au bout du rouleau puissent les appeler. Ceci a été mis en place par l’État français pour tenter d’endiguer l’augmentation des suicides dans le monde agricole. Le nombre d'appels auprès de cette permanence au premier semestre de 2016 était de 1.700, soit une moyenne de 285 appels par mois, contre une centaine par mois sur la même période un an plus tôt. Le nombre d’appels est en forte augmentation, signe que les agriculteurs, qui sont tout sauf des fainéants, n’en peuvent plus... On leur souhaitera de penser printemps…
Mathias Masclet
UPR Auvergne
Avec un profond remerciement pour tous les agriculteurs qui m’ont transmis cet amour pour leur travail.
(2) Lire ce dossier de Christophe Blanc, responsable national de l’UPR pour les questions agricoles : https://www.upr.fr/actualite/les-fr...
(3) Il est question ici de l’article 39 du TFUE. Cette politique est inamovible puisqu’il faut l’unanimité des 28 États membres pour changer un seul traité européen.
Paquet bonus : Notre tentative vaine de rencontrer M. Macron pour lui poser deux trois questions https://www.youtube.com/watch?v=EmK...
https://www.facebook.com/notes/mathias-masclet/emmanuel-macron-souhaite-le-meilleur-aux-agriculteurs-et-leur-pr%C3%A9pare-le-pire/541440876211594/

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