jeudi 7 décembre 2017

Ce fut un jeu d’enfant pour les Etats-Unis de disloquer l’Etat multiethnique de Yougoslavie

Yougoslavia delenda est

Par Marc Jean | 30 novembre 2017

On se souvient de la phrase célèbre ‘‘Carthago delenda est » de Caton l’Ancien qui concluait chaque intervention devant le sénat romain par cette exhortation à détruire la ville rivale de Rome, Carthage. Il finit par obtenir gain de cause (1).

ARG YOUGOSLAVIE HISTOIRE

Mais l’opinion publique s’est-elle jamais interrogée sur les raisons de la destruction de la Yougoslavie dans les années 1991 à 2001 et de sa dislocation en plusieurs mini Etats ? Il est vrai qu’aucun journaliste n’a sérieusement examiné l’origine de ces guerres fratricides entre des communautés qui avaient vécu ensemble dans ce qui était alors la Fédération de la Yougoslavie. En France, les journalistes se sont contentés, pendant toute la durée de ces guerres, de présenter la surface des événements, en publiant des reportages sur quelques faits militaires comme le  »siège de Sarajevo », l’intervention de la Forpronu, le massacre de Srebrenica, le prétendu génocide du Kosovo, etc. Mais à qui peut-t-on faire croire que, soudain, des populations se sont entre-tuées dans une guerre civile effroyable, alors même qu’elles cohabitaient, apparemment sans difficultés, pendant de nombreuses années?

Pour prendre un exemple, imagine-t-on, soudainement, en France, une guerre civile mettre aux prises, les Alsaciens contre les Lorrains, les Francs-Comtois contre les Auvergnats, les Bretons contre les Normands, ou les Catalans contre les Occitans ?

Aucun journaliste français hormis Jacques Merlino – n’a essayé d’analyser un tant soit peu les raisons cachées de cette destruction de la Yougoslavie. Aucun média n’a voulu (ou pu) révéler la vérité sur les acteurs et les buts secrets de ces événements. Il était plus facile et plus racoleur de les présenter comme une lutte entre des « gentils » opprimés et faibles – les Bosniaques, les Croates, les Kosovars -, et des « méchants » Serbes. Comme dans un jeu de guignols mettant aux prises un méchant et un gentil, avec les applaudissements à la chute du méchant.

Dans son livre(3), Daniele Ganser nous révèle les dessous des cartes sur cette guerre intestine au bilan effroyable (150 000 victimes et 4 millions de déplacés). Nous invitons nos lecteurs à découvrir cet excellent ouvrage, bien entendu ignoré par les médias dominants.

L’extension continue de l’empire US

Nous avions démontré, dans un précédent article(4), comment l’Otan, (c’est à dire les Etats-Unis), au mépris de toutes les promesses antérieures, avait progressivement absorbé un certain nombres de pays de l’ancien Pacte de Varsovie. La Yougoslavie n’était pas membre de ce pacte de Varsovie. Aujourd’hui la Croatie, la Slovénie et le Monténégro sont membres de l’Otan. Le Kosovo, quant à lui, abrite la plus vaste base militaire américaine dans la région, le camp Bondsteel, installé dès la fin de la campagne de bombardement sur la Serbie en 1999. Le lieutenant-colonel Jacques Hogard en avait témoigné(5).

Un ancien agent de la CIA, Robert Baer, présente une version toute autre de ces événements tragiques(6). Il explique, dans des « aveux » que les Etats-Unis ont volontairement exacerbé et instrumentalisé les rivalités historiques entre les différentes communautés composant la Yougoslavie. Robert Baer entra à la CIA en 1976 à l’âge de 24 ans qu’il quitta en 1997. Depuis il donne des conférences et écrit des livres pour informer le public sur les aspects souvent occultés de la politique étrangère américaine(7).

Diviser pour régner 

Ce fut un jeu d’enfant pour les Etats-Unis de disloquer l’Etat multi-ethnique de Yougoslavie car il existait des rivalités et des tensions historiques sous-jacentes entre les différents groupes ethniques. Il suffit de rappeler à cet égard les atrocités commises par les croates oustachis(8) et les bosniaques musulmans, alliés aux Allemands, envers la population serbe pendant la deuxième guerre mondiale.

Après la chute du mur de Berlin, et la réunification de l’Allemagne, le 3 octobre 1990, l’Europe semblait enfin, après les années de guerre froide, entrer dans une période de paix. Ce fut alors qu’éclata le conflit en Yougoslavie. Ce que l’opinion publique ignore, c’est que le 5 novembre 1990, le Congrès des Etats-Unis adopta une loi sur l’octroi de moyens financiers à l’étranger (Foreign Operations Appropriations Law 101-513) décidant que tout soutien financier à la  Yougoslavie serait suspendu dans les six mois et que tous les crédits et emprunts seraient annulés(9). De plus, cette loi, totalement occultée par nos médias, exigeait que des élections soient conduites SÉPARÉMENT dans chacune des six républiques yougoslaves. Les résultats du scrutin devaient ensuite être présentés à Washington. Ce n’était qu’une fois cette condition remplie qu’on accepterait d’octroyer une aide financière séparée aux différentes républiques.

Nous sommes là en présence d’une ingérence grossière dans les affaires intérieures d’un pays souverain. Un coup de force parfaitement calculé aux conséquences prévisibles, et d’ailleurs parfaitement prévues par les donneurs d’ordre américains.

D’ailleurs déjà le 27 novembre 1990, le New York Times citait un rapport de la CIA prédisant qu’une guerre civile éclaterait en Yougoslavie.(10) [mais c ‘était le  but poursuivi par les initiateurs de ces initiatives]

La discorde s’installa rapidement, car le pays ne pouvait plus rembourser ses dettes. Les républiques riches, comme la Slovénie et la Croatie, réclamaient une plus grande part du gâteau, arguant que c’étaient-elles qui créaient le plus de valeur, les autres entités quant à elles exigeaient plus de moyens financiers, argumentant qu’un rééquilibrage entre les régions était le garant de la cohésion de l’ensemble. L’exemple des velléités de sécession de la Catalogne pour des motifs similaires illustre parfaitement ce phénomène. Sauf qu’en Yougoslavie, les républiques de Croatie et de Slovénie déclarèrent simultanément leur indépendance le 25 juin 1991. Curieusement l’Union européenne, si prompte aujourd’hui à condamner la Catalogne, n’avait pas réagi. Sans doute, ses dirigeants étaient-ils dans le secret de ce qui se tramait et avaient-ils reçu des instructions de leurs mentors états-uniens.

Le complot réussissait au-delà de toute espérance. Les vrais criminels sont ceux qui allumèrent la mèche. L’explosion de la Yougoslavie était engagée…

Le début de la guerre civile

La Serbie envoya la troupe en Slovénie mais la guerre fut de faible intensité, car Belgrade n’y tenait pas vraiment. Par contre, la Croatie se déchira rapidement entre les Croates catholiques et la minorité serbe orthodoxe. Franjo Tudjman, élu Président par les Croates après la déclaration d’indépendance s’empressa de jeter de l’huile sur le feu, en incitant à la division. En octobre 1991, suivit la déclaration d’indépendance de la Bosnie-Herzégovine. La guerre de Bosnie éclata le 7 avril 1992. Les Etats-Unis soutinrent la sécession de cette république en reconnaissant l’indépendance du jeune Etat, suivis par l’Union Européenne, qui fit preuve d’un aventurisme imprudent. A cette occasion, elle démontra encore une fois qu’elle n’était qu’une vassale de l’Empire US. La guerre civile en Bosnie-Herzégovine fut particulièrement atroce. Des combattants musulmans qui avaient combattu dans les années 1980 en Afghanistan, avec le soutien de la CIA, furent envoyés en Bosnie et commirent des exactions envers la population serbe. L’ambassadeur yougoslave Dragomir Djokic transmit le 19 février 1993 au Conseil de sécurité des documents qui énuméraient des villages serbes détruits par les Bosniaques musulmans, mais sans résultat [ces faits nous rappellent les nombreuses notes adressées par la Syrie au Conseil de sécurité concernant les exactions des miliciens des groupes islamistes pendant la guerre en Syrie, toutes restées sans réponse…].

On ne retracera pas tous les épisodes de cette sale guerre, où tous les coups étaient permis. De prétendus  »massacres » servirent de prétextes pour permettre à l’OTAN, de bombarder les Serbes. Je renvoie à mon article sur les attentats sous faux drapeaux(11).

La Serbie n’était pas de taille à résister militairement et par ailleurs, elle perdit rapidement la guerre de la communication. Des officines au service des Etats-Unis diffusèrent dans les médias de fausses informations pour  »diaboliser » les Serbes. Pendant la guerre civile bosno-serbe, le dirigeant bosniaque Iztbegovic chargea une société de lobbying américaine, PRRuder Finn, de convaincre l’opinion américaine du bienfondé de sa cause. La plupart des citoyens américains confondaient la Bosnie avec quelque lointain pays africain…

Le 23 juin 1992, le gouvernement d’Izetbegovic ratifia un contrat avec la société de relations publiques PRRuder Finn pour mettre en œuvre un lobbying auprès des médias américains, britanniques et français ; mais aussi en direction des membres du Congrès et de personnalités influentes, comme Al Gore, Margaret Thatcher…ainsi que 17 sénateurs américains. Ruder Finn allait ainsi fournir les médias de l’establishment – tels le New York Times, le Washington Post, USA Today, le Wall Street Journal – en articles décrivant les Serbes comme les « nouveaux nazis »

Aujourd’hui les vrais responsables de cette décennie d’effroyables tueries en ex-Yougoslavie coulent des jours paisibles dans leur retraite. Seuls les exécutants sur le terrain ont été livrés au Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, principalement d’ailleurs des Serbes et quelques Croates. Le Tribunal de la Haye a clos sa dernière session sur le suicide du général croate Slobodan Praljak filmé en direct(12).

Mais laissons Robert Baer conclure par ce conseil aux Serbes, Croates et Albanais :  »Oubliez le passé, car c’était une mise en scène, il était faux. On vous a tout simplement manipulé pour attendre ce qu’on voulait. Je voudrais sincèrement m’excuser auprès de vous. C’est la raison pour laquelle je fais des recherches depuis un certain temps et que j’écris des livres pour révéler les secrets de la CIA et de la Maison-Blanche » (13).

MARC Jean | 30 novembre 2017

(1)http://latogeetleglaive.blogspot.fr/2012/09/carthago-delenda-est-les-guerres.html

(2)https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerres_de_Yougoslavie

(3) Daniele Ganser: La plupart des guerres menées par des membres de l’OTAN commencent par des mensonges

(4) http://arretsurinfo.ch/les-mensonges-des-etats-unis/

(5) L’Europe est morte à Pristina. Jacques Hogard. Editions Hugo, 2014

(6) Schuldbekenntnis eines CIA-Agenten : Man gab uns Millionen für die Zerstückelung Jugoslawiens[Les aveux d’un agent de la CIA : on nous a donnés des millions pour le démembrement de la Yougoslavie ! ],Info-Direkt, 2 janvier 2016, (cité dans Les Guerres illégales de l’OTAN,Daniele Ganser p.185)

(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Baer

(8https://fr.wikipedia.org/wiki/Oustachis

(9) Daniele Ganser, Les guerres illégales de l’OTAN, p.187

(10)Mansur Kahn : Die geheime Geschichte der amerikanischen Kriege . Verschwörung und Krieg in der US-Aussenpolitik [L’Histoire secrète des guerres américaines.Complot et guerre dans la politique étrangère des USA], Grabert, 1998,p.453 ( cité dans Les Guerres illégales de l’OTAN Daniele Ganser p.187)

(11) http://arretsurinfo.ch/les-faux-attentats-font-toujours-recette/

(12) http://arretsurinfo.ch/quand-la-yougoslavie-demembree-se-reunifie-dans-les-supplices/

(13) Schuldbekenntnis eines CIA-Agenten :Man gab uns Millionen für die Zerstückelung Jugoslawiens [Les aveux d’un agent de la CIA : on nous a donnés des millions pour le démembrement de la Yougoslavie] ,Info-Direkt, 2 janvier 2016,( cité dans Les Guerres illégales de l’OTAN, Daniele Ganser p.186)

Source: http://arretsurinfo.ch/ce-fut-un-jeu-denfant-pour-les-etats-unis-de-disloquer-letat-multiethnique-de-yougoslavie/

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lundi 4 décembre 2017

Accusé de crime de guerre, un ex-militaire croate se suicide en plein procès avec du poison

Slobodan Praljak était un des rares non-Serbes à avoir été traîné devant le Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie, une institution qui s’est largement discréditée en refusant de prendre en compte le fait que les patriotes serbes de Yougoslavie comme Ratko Mladic avaient combattu des djihadistes armés qui menaçaient de tuer davantage encore de civils serbes s’ils n’étaient pas affrontés sur le champ de bataille.

ARG YOUGOSLAVIE OTAN 2

Peu après la condamnation de Mladic, qui a accusé cette cour d’être un OTAN politique, Praljak, se voyant condamner pour avoir ordonné à ses troupes croates d’ouvrir le feu sur des musulmans bosniaques, a avalé une fiole de poison après avoir dénoncé la légitimité du tribunal. Il est mort quelques heures plus tard.

Cette fois, l’accusé s’est soustrait au verdict illégitime de la seule façon qui lui était laissée : en avalant une fiole de poison. Aussitôt les fantoches de s’agiter, de « suspendre l’audience », d’appeler l’ambulance et même de déclarer – enfin ! – leur tribunal « scène de crime ».


Slobodan Praljak, ancien chef militaire des Croates de Bosnie âgé de 72 ans a bu une substance liquide alors que Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), qui le jugeait à La Haye, lui lisait son verdict le 29 novembre.

Son avocat a alors fait savoir à la cour que son client venait « d’avaler du poison ». Le juge a immédiatement suspendu la séance et appelé les secours en urgence, selon Reuters. Pris en charge par les secours, il est ensuite décédé, selon l’agence de presse croate HINA.

« Scène de crime » : une enquête ouverte

« La salle d’audience 1 est une scène de crime » a déclaré le juge président Carmel Agius après l’annonce de la mort de l’accusé. Une enquête a par ailleurs été ouverte par la police néerlandaise.

Avant de boire la substance, Slobodan Praljak, qui avait fait appel, s’est vu dire que sa peine de prison de 20 ans pour de présumés crimes de guerre dans la ville bosnienne de Mostar était maintenue. Pour sa part, il clame son innocence.

Il est accusé d’avoir ordonné la destruction d’un pont en novembre 1993, un acte qui a « causé des dommages disproportionnés à la population civile Musulmane » selon le juge.

La séance était retransmise en direct depuis l’intérieur du tribunal.

Ratko Mladic, condamné le 22 novembre à la réclusion perpétuelle 

La semaine précédente, le même tribunal a condamné à perpétuité l’ancien chef militaire des Serbes de Bosnie Ratko Mladic pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité durant la guerre de Bosnie-Herzégovine. Peu avant l’énoncé du verdict, le prévenu, qui plaidait non-coupable, avait été évacué de la salle d’audience du tribunal pénal international de La Haye après s’être levé et avoir crié, énervé, aux juges, qu’ils mentaient. « Ce n’est pas une cour de justice, c’est l’OTAN », avait-il notamment lancé.

Certains observateurs remettent en cause l’impartialité des jugements internationaux pour des crimes de guerre commis durant la guerre des Balkans. Parmi les 161 individus poursuivis par le TPIY, 94 sont serbes, tandis que 29 sont croates. Le tribunal se défend toutefois de tout déséquilibre et soutient que les inculpations reflètent la réalité du conflit. [Lequel conflit a été déclenché dans leur seul intérêt et perpétré de toutes les façons possibles par les puissances jugeantes…ndR]

Il y a deux ans, la Russie avait utilisé son droit de veto au Conseil de Sécurité de l’ONU pour bloquer une résolution sur le vingtième anniversaire de la tragédie de Srebrenica, estimant que le projet de résolution présentait les Serbes comme la seule partie coupable d’un conflit armé complexe en Yougoslavie dans lequel l’OTAN est intervenue.

Source : https://francais.rt.com/international/46051-accuse-crime-guerre-ex-militaire-croate-avale-poison-proces

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samedi 2 décembre 2017

Mladic et le tribunal pénal international pour l’ex Yougoslavie

Ratko Mladic a été condamné à la prison à vie par les juges du Tribunal pénal international pour l’ex- (), mercredi 22 novembre. Dénonçant les mensonges du tribunal, Mladic a immédiatement fait appel

ARG YOUGO OTAN


Tout d’abord rappelons ce qu’est le TPI pour l’ex-Yougoslavie.
Le TPI se dit tribunal international, ce qu’il n’est pas. Il n’a aucune légitimité pour s’exprimer au nom des peuples. Il représente seulement les pays de l’, agresseurs armés de la . Il est leur instrument. C’est une arme de guerre destinée, avec les apparences de la justice, à justifier l’agression impérialiste contre la Yougoslavie. Le TPI fut financé par des fonds privés et par les pays de l’, États-Unis en tête.
D’ailleurs ce sont principalement les patriotes serbes qui furent soumis à la vindicte du TPI et de l’ OTAN. Par exemple Ante Gotovina un général croate accusé de crimes contre l’humanité sur les Serbes, qui dans un premier temps fut condamné à 24 ans de prison, a été libéré en appel, en novembre 2012, provoquant l’incompréhension et le doute sur la crédibilité du Tribunal même des plus naïfs. Quelques jours plus tard c’est Ramush Harandinaj un des principaux chefs militaires des Albanais du Kosovo anti-Serbes qui est libéré car les neuf témoins qui devaient comparaître contre lui ont été assassinés ou sont morts dans des conditions suspectes…
Et que dire sur le fait que nul ne songe à un TPI sur la destruction de l ‘Irak ou du plus grand massacre de l’après-guerre le carnage anti-communiste en Indonésie ou encore sur la guerre du Vietnam où le gouvernement des États-Unis massacra trois millions de Vietnamiens.
Pour vérifier le sérieux des accusations contre le général Mladic rappelons un exemple : Mladic est condamné pour avoir utilisé des “snipers” lors du siège de Sarajevo. Or des militaires alliés commandant en Yougoslavie avaient honnêtement dit la vérité comme le général britannique Michael Rose qui avait démontré que les tirs meurtriers de tireurs embusqués ne pouvaient provenir du camp serbe, à Sarajevo – comme le TPI le proclame – mais des positions occupées par les Bosniaques musulmans, lesquels réclamaient, et obtenaient, grâce à cette provocation, que l’on sanctionnât les Serbes (lire l’enquête du New York Time à ce propos ci -après).
Le principal crime de guerre est l’agression de l’ OTAN contre la Yougoslavie.
Le principal crime de Mladic aux yeux du TPI c’est que ce fils de Partisan anti-fasciste, mort au combat contre les nazis et outsachis croates, ait défendu la souveraineté et l’unité de la République fédérative socialiste de Yougoslavie.
Antoine Manessis, Commission internationale du PRCF

Il est important de rappeler que selon une enquête publiée par la Libre Belgique, les services secrets français auraient protégé Ante Gotovina durant des années, après que la France aurait livré en violation de l’embargo de l’ONU des armes aux croates durant la guerre en Yougoslavie : http://www.lalibre.be/actu/international/comment-la-dgse-a-protege-ante-gotovina-51b8cf3fe4b0de6db9c04abb

Il faut également rappeler la condamnation par plusieurs juges ayant participé au TPIY de ce même TPIY comme une institution ayant peu à voir avec un tribunal. Citons par exemple le juge du TPIY, Fausto Pocar, qui a l’unissons de son collègue le juge Agius avait voté contre l’acquittement des généraux croates et a indiqué dans une déclaration  on ne peut plus claire publiée par le Tribunal de l’ONU :Je conteste profondément la totalité du verdict en appel qui contredit toute notion de justice”

Snipers de Sarajevo : l’armée française a prouvé les crimes de soldats bosniens

Traduction d’extraits de l’enquête de Mike O’Connor publié le 1 août 1995 dans le journal américain New York Time

Sarjevo, , 31 juillet – Des casques bleus français essayant de confondre des snipers des Serbes de visant les civils dans Sarajevo ont conclu que depuis la mi-juin certains tirs proviennent des soldats du gouvernement tirant délibérément sur leurs propres civils.

Après ce qu’elle qualifie d’une enquête “incontestable”, une unité de fusiliers marins français qui patrouille contre les snipers a déclaré qu’elle a localisé un tir de sniper depuis un immeuble occupé par les soldats et autres forces de sécurité bosniennes.

(..)

Sous couvert de l’anonymat, un officier français indique que les preuves sont politiquement sensibles. Six casques bleus français de l’unitié anti-sniper qui ont pris part à l’enquête ont été interviewés et souhaité être identifiés par leur nom mais leur commandant, le général Hervé Gobilliard, a insisté pour censurer leurs noms pour ne pas les mettre en danger.

(…)

Les officiers français qui ont mené l’enquête défendent vigoureusement leurs preuves.

Ils disent que le tir de sniper depuis une position du gouvernement (bosnien) s’est arrêté à la mi-juin, quand, après plusieurs mois de suspicion que cet immeuble était utilisé par des snipers, un homme armé a été vu tirant depuis l’immeuble. Les officiers disent qu’ils ont notifié à l’armée bosnienne que ce sniper serait abattu par les soldats français comme ils étaient autorisés à le faire.

“Nous étions sur le point de le tuer comme nous l’aurions fait d’un sniper serbe” a déclaré un officier français partie prenante de l’enquête.

L’armée bosnienne a protesté qu’elle ne connaissait rien au sujet de cet homme armé, mais les tirs depuis cet immeuble ont immédiatement stoppé a indiqué l’officier.

(…)

Les scènes de civils abattus en pleines rues ont aidé à construire le soutien à la cause bosnienne. Les reporters de presse attendent souvent près des zones les plus vulnérables au tir de sniper.

CONFLICT IN THE BALKANS: IN SARAJEVO; Investigation Concludes Bosnian Government Snipers Shot at Civilians

https://www.initiative-communiste.fr/articles/europe-capital/mladic-tribunal-penal-international-lex-yougoslavie/?ct=t(RSS_EMAIL_CAMPAIGN)

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vendredi 10 novembre 2017

Un spécialiste US du changement de régime cible le dirigeant hongrois Orban

De nombreux lecteurs n’ont probablement jamais entendu le nom du remarquable opérateur politique né en Serbie, Srđa Popović. Pourtant, lui et son organisation, CANVAS, ont joué un rôle de premier plan dans la plupart des Révolutions de couleur soutenues par la CIA depuis qu’il a dirigé le renversement du président serbe Slobodan Milosevic en 2000, puis dans au moins cinquante pays selon le dernier dénombrement.

Par F. William Engdahl | 13 octobre 2017

ARG SOROS HONGRIE SERBIE

Le 8 septembre, le spécialiste professionnel du changement de régime, Srđa Popović, est venu à Budapest et s’est joint aux groupes d’opposition anti-Orban devant le Parlement hongrois.

 

Il est clair que Popović n’était pas en ville pour promouvoir son livre hongrois sur le changement de régime non violent mais plutôt pour aider les partis anti-Orban avant les élections hongroises du printemps 2018.

Beaucoup en Hongrie sentent la main grasse du financier des changements de régime d’origine hongroise George Soros derrière l’apparition de Popović maintenant à Budapest.

Au delà de la réputation auto-fabriquée de « bon samaritain » qui auréole Srđa Popović, il est utile de regarder de plus près qui a parrainé sa remarquable carrière depuis qu’il a fondé une petite ONG d’opposition étudiante à Belgrade, appelée Otpor !, en 1998, avec son désormais célèbre logo au poing fermé.

La carrière de Srđa Popović, de 2000 à aujourd’hui, suggère un manipulateur remarquablement malhonnête, au service des agences de renseignement étrangères et des gouvernements, malgré ses dénégations véhémentes.

Otpor ! en Serbie

Popović a attiré l’attention internationale pour la première fois en tant que fondateur en 1998, de Otpor ! qui signifie Résistance ! en serbe, d’abord comme groupe de protestation des étudiants à l’Université de Belgrade, qui s’occupait des griefs des étudiants.

Cela allait bientôt changer.

Lui, et d’autres fondateurs d‘Optor !, ont été formés aux méthodes US de changement de régime par Gene Sharp, fondateur de l’Albert Einstein Institute, à Cambridge, dans le Massachusetts, spécialiste américain du coup d’État, et par l’ambassadeur US à Belgrade Richard Miles, et d’autres agents de renseignement américains entraînés, spécialistes en conception d’images de relations publiques.

Guidant l’opération d’éviction de Milošević, soutenue par Otpor !, l’ambassadeur des États-Unis en Serbie, Richard Miles, était spécialiste du changement de régime, bien plus que de la diplomatie classique.

Il a orchestré le coup d’État de la CIA en Azerbaïdjan, qui a amené Aliyev au pouvoir en 1993, avant d’arriver à Belgrade, et ensuite celui, toujours de la CIA, en Géorgie qui a porté au pouvoir Mikhaïl Saakachvili.

L’Agence américaine pour le développement international (USAID), largement connue comme l’antenne de la CIA, avait financé Otpor ! avec des millions de dollars par le biais d’entreprises commerciales et par des ONG subventionnées par le gouvernement américain : le National Endowment for Democracy (NED), le National Democratic Institute et l’International Republican Institute.

L’Open Society Institute de George Soros canalisait également de l’argent vers le mouvement Otpor ! de Popović pour le renversement de Milosevic.

Je n’ai pas encore trouvé de changement de régime organisé par la CIA et le département d’État américain, ou de Révolution de couleur, dans lesquels la fondation pour la « construction de la démocratie » de Soros n’était pas en phase avec les plans du Département d’État de Washington et de la CIA. Il s’agit peut-être juste d’une coïncidence.

Au début des années 1980, la NED et toutes ses filiales étaient un projet de Bill Casey, le chef de la CIA à l’époque de Ronald Reagan, pour dissimuler les opérations de changement de régime de la CIA dans le monde entier sous les auspices d’une ONG « privée » pour promouvoir la démocratie, la NED. Allen Weinstein, cofondateur de la NED a l’admis au Washington Post : « Beaucoup de ce que nous faisons aujourd’hui a déjà été fait secrètement il y a 25 ans par la CIA. »

Selon Michael Dobbs, qui était journaliste d’investigation étranger pour le Washington Post pendant l’éviction de Milosevic, l’International Republican Institute a payé Popović, et une douzaine d’autres dirigeants de Otpor ! pour assister à un séminaire de formation sur la résistance non violente à l’hôtel Hilton de Budapest en octobre 1999.

Popović et d’autres étudiants serbes triés sur le volet ont reçu une formation sur des sujets tels que l’organisation d’une grève et la façon de communiquer avec des symboles, tels que le poing fermé qui est devenu leur logo. Ils ont appris comment surmonter la peur et comment miner l’autorité d’un régime dictatorial.

Le principal conférencier à la réunion secrète de l’hôtel Hilton était l’associé de Gene Sharp, le colonel à la retraite de l’armée américaine Robert Helvey, un ancien analyste de la Defense Intelligence Agency qui a formé puis utilisé les activistes d’Otpor ! pour distribuer 70 000 exemplaires d’un manuel sur la résistance non violente en traduction serbe.

Helvey a travaillé avec Gene Sharp, fondateur du controversé Albert Einstein Institute, enseignant des techniques au gouvernement américain pour dissimuler ses coups d’États sous le couvert de la non-violence. Sharp était décrit par Helvey comme « le Clausewitz du mouvement de la non-violence », une référence au célèbre stratège militaire prussien.

Popović et son ONG Otpor ! ont reçu une part importante des 41 millions de dollars distribués par le gouvernement américain pour sa campagne de « construction de la démocratie » en Serbie.

Dobbs décrit l’implication des États-Unis :

« Derrière l’apparente spontanéité du soulèvement de rue qui a forcé Milošević à respecter les résultats d’une élection présidentielle très contestée le 24 septembre, une stratégie soigneusement étudiée par des militants démocrates serbes avec l’aide active de conseillers occidentaux et de sondeurs (…). Les consultants financés par les États-Unis ont joué un rôle crucial dans pratiquement toutes les facettes de l’opération, en organisant des sondages de suivi, en formant des milliers de militants de l’opposition et en aidant à organiser un décompte parallèle de votes d’une importance vitale. Les contribuables américains ont payé 5 000 bombes de peinture en aérosol utilisées par les étudiants militants pour griffonner des graffitis anti-Milošević sur des murs à travers toute la Serbie.

Pour résumer, Popović a commencé sa carrière de révolutionnaire en tant que spécialiste du changement de régime dans une opération financée par la CIA, le Département d’État américain, des ONG du gouvernement américain, dont l’infâme NED et l’Open Society Institute de George Soros. La question est de savoir ce qu’a fait Srđa Popović après son premier service utile à Washington en 2000.

Mondialisation des révolutions

Après avoir réussi à se débarrasser de Milosevic pour le compte de ses sponsors du gouvernement américain, Popović a créé une nouvelle organisation appelée CANVAS. Il a décidé de globaliser son modèle qui a si bien fonctionné à Belgrade en 2000 afin de se faire passer, au yeux du département d’État américain, pour une personnalité internationale indispensable à l’organisation d’un changement de régime prétendument démocratique.

Le CANVAS – Centre for Applied Nonviolent Action and Strategies – se présente comme non lucratif, et non gouvernemental avec la description suivante : « Établissement d’enseignement axé sur l’utilisation de conflits non-violents. »

Selon WikipediaCANVAS cherche à « éduquer les militants pros-démocratie à travers le monde dans ce qu’il considère comme des principes universels pour le succès dans la lutte non-violente ».

Popović et CANVAS affirment qu’au moins 50% du financement apparent  de cette activité philanthropique vient de l’allié de Popović à Optor !, Slobodan Đinović, coprésident de CANVAS et de l’ONG Otpor ! de Popović, et PDG de quelque chose appelé Orion Telecom à Belgrade.

Une recherche auprès de Standard & Poors Bloomberg ne révèle aucune information sur Orion Telecom, hormis le fait qu’elle est détenue à 100% par une holding cotée à Amsterdam appelée Greenhouse Telecommunications Holdings BV et que le même Slobodan Đinović est PDG d’une holding décrite uniquement comme fournissant « des services de télécommunication alternatifs dans les Balkans ».

Cela ressemble à une version business des célèbres poupées russes matriochka pour cacher quelque chose.

En laissant de côté la déclaration peu convaincante de Popović prétendant que la moitié des fonds de CANVAS provient de la générosité désintéressée de Dinovic et de son fabuleux succès en tant que PDG d’une entreprise de télécoms en Serbie, cela laisse l’autre 50% des fonds ignoré car Popović refuse d’en révéler l’origine,

Bien entendu, l’ONG de Washington est juridiquement privée, bien que ses fonds proviennent principalement de l’USAID. Bien sûr, les fondations Soros Open Society sont privées.

Est-ce que ce sont des clients privés de CANVAS ? Nous ne le saurons pas puisque Popović refuse de divulguer les informations de manière légalement vérifiable.

Il n’y a pas de frais pour les séminaires de CANVAS et son savoir-faire révolutionnaire peut être téléchargé gratuitement sur Internet.

Cette générosité, lorsqu’elle est rapprochée des pays dans lesquels CANVAS a formé des « activistes pros-démocratie » de l’opposition pour un changement de régime suggère que l’autre 50%, sinon plus, du financement de CANVAS provient de canaux qui conduisent au moins en partie au Département d’État américain et à la CIA.

Le Washington Freedom House, étroitement lié au lobby pro-guerre des néocons, et qui reçoit l’essentiel de ses fonds du gouvernement US, est connu pour avoir financé au moins une partie des activités de CANVAS. 

Cette dernière organisation prétend avoir formé des « militants pros-démocratie » dans plus de 50 pays, dont l’Ukraine, la Géorgie, le Zimbabwe, la Birmanie – en fait le nom légal depuis l’indépendance est le Myanmar, mais Washington insiste sur le nom colonial – l’Ukraine, la Géorgie, l’Érythrée, la Biélorussie, l’Azerbaïdjan, la Tunisie, l’Égypte et la Syrie.

Le CANVAS de Popović a également été impliqué dans des tentatives infructueuses de changement de régime lors de la Révolution de couleur contre Hugo Chavez au Venezuela, et dans l’échec de la Révolution verte en Iran en 2009.

Tous ces pays sont également des cibles pour le régime de Washington, leurs gouvernements refusant de suivre la ligne sur des questions clés de politique étrangère qui concernent des matières premières vitales telles que le pétrole, le gaz naturel ou les minéraux stratégiques.

Goldman Sachs et Stratfor

Des détails récents, encore plus intéressants, sont apparus concernant les liens intimes entre Stratfor, connu sous le nom de « CIA occulte » par ses clientes multinationales, dont Lockheed Martin, Northrop Grumman, Raytheon, et des agences gouvernementales américaines dont le Department of Homeland Security et la Defence Intelligence Agency.

Il a été révélé, en 2012, dans une énorme diffusion – quelque cinq millions d’emails – de mémos internes de Strafor dénichés par la communauté de hackers Anonymous, que Popović, après la création de CANVAS, entretenait également des relations très étroites avec Stratfor.

Selon les emails internes de Stratfor, Popović a travaillé pour Stratfor pour espionner des groupes d’opposition. La relation entre Popović et Stratfor était si intime qu’il avait fait travailler sa femme au sein de l’entreprise et avait invité plusieurs personnes de Stratfor à son mariage à Belgrade.

Également révélée par WikiLeaks, dans les mêmes emails de Stratfor,  se trouve l’information intrigante que l’une des poules aux œufs d’or de la mystérieuse CANVAS était une banque de Wall Street nommée Goldman Sachs.

Satter Muneer, un associé de Goldman Sachs, est cité par l’analyste de Stratfor à l’époque, spécialiste de l’Eurasie, Marko Papic. Papic, à qui un collègue de Strafor a demandé si Muneer était la poule aux œufs d’or finançant CANVAS, a répondu par écrit : « Ils ont plusieurs poules aux œufs d’or, je crois. Il est sûr que c’est l’une d’entre elles. »

Maintenant, le très remarquable M. Popović fait étalage de sa carrière malhonnête en Hongrie, où un démocrate très populaire – et non un dictateur – qui laisse choisir ses électeurs, est une cible pour le talent particulier de Popović agissant pour le compte du Département d’État US.

Cela ne sera pas du tout aussi facile que de renverser Milošević, même s’il a l’aide d’étudiants militants formés à l’Université d’Europe centrale de Soros, à Budapest.

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dimanche 5 novembre 2017

La Croatie veut passer à l'euro, mais pas la Suède, le Danemark, la Pologne...

Après avoir rejoint l'Union européenne comme 28e Etat membre en 2013, la Croatie fait un pas de plus dans l'intégration : elle espère pouvoir satisfaire aux "critères de convergence" et notamment réduire sa dette publique (80% du PIB). Elle serait le 20e Etat à rejoindre la monnaie unique.

ACT ZONE EURO

Devenue le 28e pays membre de l'Union européenne le 30 juin 2013, dix ans après sa demande d'adhésion, la Croatie fait un pas de plus dans l'intégration européenne : elle espère pouvoir passer à l'euro dans un délai de sept à huit ans, c'est-à-dire à l'horizon 2024-2025, a indiqué le Premier ministre croate Andrej Plenkovic, ce lundi 30 octobre.

"Nous ne voulons pas fixer de date précise mais nous voulons que la Croatie devienne membre de la zone euro dans deux législatures", a déclaré Andrej Plenkovic lors d'une conférence économique consacrée à cette question.

L'adhésion à l'euro est un processus complexe et long. Le dernier pays à avoir intégré l'Eurozone est la Lituanie, le 1er janvier 2015. C'était le 19e Etat passant à l'euro fiduciaire, à l'issue d'un parcours semé d'embûches entamé en mai 2004 avec l'adhésion à l'UE, puis en juillet de la même année, la participation au Mécanisme de taux de change européen ou MCE-2.

Le MCE-2 définit le cadre de la coopération en matière de politique des taux de change entre l'Eurosystème (constitué des banques centrales de la zone euro et de la BCE) et les États membres de l'Union européenne préparant leur passage à l'euro.

Période d'observation

En Croatie, le gouvernement de centre droit, au pouvoir depuis un an, souhaite intégrer ce Mécanisme de change européen (MCE-2) dans les trois ans qui viennent, c'est-à-dire avant que le pays prenne la présidence de l'Union européenne, en 2020.

Les Etats de l'UE qui n'ont pas encore adopté la monnaie unique doivent observer une période de deux ans au sein du MCE-2, mécanisme qui vise à établir la stabilité de la monnaie du nouvel entrant avant qu'il accède à la zone euro.

La banque centrale croate intervient sur le marché local des changes afin d'assurer une stabilité de la kuna dans une fourchette de parité face à l'euro comprise entre 7,3 et 7,7.

Réduction de la dette publique

Le principal défi du gouvernement croate pour parvenir à intégrer la zone euro est de réduire sa dette publique qui dépasse légèrement les 80% du produit intérieur brut.

"Notre objectif est de réduire la dette publique à 72% du PIB d'ici 2020. Nous travaillons à une importante consolidation budgétaire et cette année, le déficit budgétaire sera inférieur à celui de l'an passé qui était de 0,9% du PIB", a annoncé Andrej Plenkovic.

De nombreux pays de l'UE toujours en dehors de l'eurozone

Tous les États membres de l'Union européenne sont censés adopter l'euro comme monnaie et adhérer à la zone euro. Pour ce faire, ils doivent satisfaire aux « critères de convergence ». Néanmoins, de nombreuses exceptions existent, soit parce qu'ils ne répondent pas aux critères d'adhésion, soit parce qu'ils ne le souhaitent pas. Illustration, avec ces quatre exemples : Danemark, Royaume-Uni, Suède et Pologne.

Le Danemark, membre de l'UE depuis le 1er janvier 1973, avait en juin 1992 voté "non" au traité de Maastricht (février 1992). Suite à ce refus, l'Accord d'Edimbourg signé six mois plus tard, en décembre, avec le Conseil européen permettait au pays de négocier pas moins de quatre options de retrait (ou opting-out), dont celle sur l'euro. Voilà comment le pays a conservé sa monnaie nationale, la couronne danoise, et finalement ratifié le traité de Maastricht, avec ses quatre dérogations, en mai 1993.

Le Royaume-Uni, qui est engagé depuis le référendum du 23 juin 2016 dans une procédure de sortie de l'UE (Brexit), bénéficie d'une dérogation (opting out) permanente au traité de Maastricht pour conserver sa devise, la livre sterling. En novembre 2015, David Cameron avait voulu aller plus loin en tentant d'ériger cette dérogation en règle commune - ce qui, selon la fondation Robert Schuman, aurait transformé l'UE en communauté "multidevises".

La Suède fait, quant à elle, partie des pays sans dérogation et qui auraient dû rejoindre l'eurozone, surtout après avoir massivement voté en faveur de l'adhésion à l'UE en 1994... Mais le référendum du 14 septembre 2003, après une décennie de crise économique, avait massivement confirmé le scepticisme grandissant des Suédois à l'égard de l'UE (notamment face aux dérives budgétaires de ses principaux membres) et leur refus d'intégrer la zone euro. Et, selon certains sondages, le Brexit ferait progresser le camp en faveur d'une sortie de l'UE.

La Pologne, qui a rejoint l'UE en mai 2004, aurait dû passer à l'euro entre 2011 et 2012 en vertu de l'obligation contractée avec le traité d'Athènes (2003) qu'elle a adopté par référendum en 2003. Mais de nombreux points de tension sont apparus entre la Pologne et certains pays de l'UE, notamment l'Allemagne avec des sujets comme la crise des réfugiés, ou la France avec la question des travailleurs détachés. Le pays est devenu très jaloux de sa souveraineté. Ainsi, après d'autres prises de position semblables de ses prédécesseurs depuis plusieurs années, la Première ministre Beata Szydlo déclarait en mars 2017 que Varsovie ajournait ses plans pour rejoindre la zone euro, car "il est plus avantageux de garder sa propre monnaie, le zloty".

(avec Reuters)

http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/la-croatie-espere-passer-a-l-euro-d-ici-a-2025-et-abandonner-la-kuna-756114.html

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jeudi 26 octobre 2017

De la Yougoslavie à l’Ukraine le Tchernobyl médiatique se répète

En complément de notre dernière publication sur la Yougoslavie, où je cherchais une approche non officielle, et surtout différente de la version euro- atlantiste de la question.

BASE 14 995X225Ici ça tombe bien, on parle à la fois de Yougoslavie et d'Ukraine, mais aussi de propagande médiatique, d'histoire et de géopolitique. A mettre en perspective avec ce qui se passe en Espagne avec la tentative de sécession catalane, bien sûr. P.G.

http://www.frexit-limousin.fr/archives/2017/10/24/35799307.html

Une vidéo proposée par H.J. (UPR 23)


 

De la Yougoslavie à l’Ukraine le Tchernobyl médiatique se répète - Slobodan Despot

ARG SLOBODAN VIDEO

Ajoutée le 16 mars 2015

https://www.youtube.com/watch?v=7xtXVFd3M5k

DURÉE 1H50

Le conférencier est l'éditeur suisse d'origine serbo-croate Slobodan Despot

Une conférence ayant pour thématique le rôle des médias dans le conflit ukrainien. Slobodan Despot met en perspective la guerre du démantèlement de l'ex-Yougoslavie et la situation actuelle en Ukraine. Il s'agit de mettre en lumière l'implication des pratiques médiatiques dans les enjeux géopolitiques des guerres de l'OTAN.

À travers cette comparaison entre les crises ukrainienne et yougoslave, Despot brosse aussi l'histoire de la période du démantèlement de la Yougoslavie.


 

Voir aussi les vidéos de propagande pour l'indépendance de l'Ukraine et de la Catalogne:

https://francais.rt.com/opinions/44939-help-catalonia-copier-coller-propagande-maidan

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mardi 24 octobre 2017

Expansion du salafisme wahhabite à Sarajevo et en Bosnie (vidéo)

Source: Dominique Bianchi

Ajoutée le 23 sept. 2017

ARG YOUGO ISLAM

Islamisme à Sarajevo 2017

Ajoutée le 23 sept. 2017
https://www.youtube.com/watch?time_continue=174&v=SHS8QBb5Ghk

Voir aussi, pour la version style "tout ça n'est pas si grave,
on peut tous vivre ensemble, avec nos sensibilités différentes..."
La guerre est pudiquement évoquée, pas un mot sur l'OTAN, bien sûr,
pas même sur la défunte Yougoslavie.

La Bosnie-Herzégovine, fief du salafisme européen #Reporters

Ajoutée le 27 nov. 2015
https://www.youtube.com/watch?v=KD_-6yw2a00

J'ai cherché en vain jusqu'à présent un résumé à peu près correct de l'histoire de la Yougoslavie
pour ceux qui ne connaissent pas et qui trouvent cette affaire un peu compliquée (à juste titre).
En attendant, voici une des versions les plus originales, celle- là, je ne l'avais jamais entendue:
la création de la Yougoslavie, c'est un complot des Russes! Bien dans l'air du temps...
Mais ce n'est pas la pire des thèses qu'on trouve sur you tube.
La plupart du temps on a droit à la fable euro- atlantiste sur les méchants nationalistes
(surtout serbes) fauteurs de guerre.  P.G.

BASE 14 995X225

HISTOREVUE - Yougoslavie
https://www.youtube.com/watch?v=KFI3wHbmqck
Ajoutée le 25 sept. 2016

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samedi 21 octobre 2017

Information et désinformation, une expérience de journaliste

Avec sincérité et une grande sensibilité, Frédéric Saillot nous parle ici d’une expérience qui est aussi la nôtre : la lutte éprouvante contre la désinformation de la presse traditionnelle. Il s’agissait alors du Kosovo. De la Libye à la Syrie, tant d’autres pays allaient suivre. [ASI]

ARG OTAN YOUGORetranscription de l’exposé de Frédéric Saillot à la conférence sur “La société civile, les médias et le pouvoir”, organisée à Moscou le 2 novembre 2016 par l’Association des Fondations internationales pour la paix, la Fondation des perspectives historiques et l’Université des sciences humaines de Russie, avec le soutien du Syndicat des retraités de Russie.

Source: Eurasiexpress

(...)

 

 

Tout d’abord je voudrais vous dire que mon expérience de la désinformation, dont je vais vous parler aujourd’hui, est une expérience très ancienne, parce qu’une partie de ma famille vient de Russie, via la Pologne. Ce qui fait que comme beaucoup de gens en France, à l’Ouest, qui sont dans cette situation, nous étions sensibles à la façon dont l’information était faite sur ce qui se passait à l’Est, notamment du fait qu’il y avait le mur, il y avait le rideau de fer, il n’y avait pas internet à cette époque-là, et donc nous étions d’une certaine manière formés à la lecture et au décryptage des informations qui nous parvenaient de là-bas, ou qui nous parvenaient “sur là-bas”, avec tous les prismes idéologiques, culturels, etc, que nous avons appris à prendre en compte.

Ce qui fait que lorsque l’éclatement de la Yougoslavie a commencé au début des années 90, c’est avec une extrême méfiance que j’ai reçu les informations qui étaient données sur cette situation, notamment dans le journal Le Monde, que je lisais depuis l’adolescence, qui était un excellent journal d’informations internationales, mais qui à cette époque-là a commencé à donner de fausses informations, de mauvaises informations sur ce qui se passait là-bas, diabolisant notamment les Serbes, leur faisant porter la responsabilité de tout ce qui se passait de conflits d’abord en Croatie, ensuite en Bosnie et enfin au Kosovo.

Toute une génération de journalistes français ont été formés à véhiculer la propagande de l’OTAN dans ces années-là, ce qui explique le diagnostic qui a été porté par certains d’entre vous sur l’état de la presse française.

A cette époque-là j’étais dans l’Education nationale, j’étais professeur de français, dans un milieu très particulier, qui à mon sens est une sorte de goulag idéologique, qui véhicule le politiquement correct, l’information déformée par le politiquement correct, ce qui participe de cette désinformation au sens large – j’en parlerai plus précisément tout à l’heure – qui commence à se faire à cette époque. Jusqu’aux bombardements du Kosovo, qui ont été terribles pour ceux qui avaient un lien avec cette partie de l’Europe, avec les Balkans et avec l’Est en général. Nous étions non pas sous les bombes mais nous ressentions les bombardements de façon très charnelle, très sensible, et nous subissions le matraquage de la presse. Ca a été une période de deux mois et demi qui a été épouvantable et qui a changé la vie de beaucoup de gens à ce moment-là, dont la mienne.

Et c’est en lisant un livre, un roman, le roman de Vladimir Volkoff qui s’intitule L’Enlèvement, que j’ai commencé à lire l’envers du décor. Vladimir Volkoff a écrit ce livre qui se passe en Bosnie, c’est une fiction, mais j’ai su plus tard qu’il avait recueilli l’expérience d’un officier français du renseignement qui avait opéré en Bosnie et qu’il avait aussi recueilli pas mal de témoignages sur ce qui se passait notamment dans les camps dans lesquels les Musulmans enfermaient les Serbes.

En 2003, après avoir vainement lutté contre la réforme de l’Education nationale qui coupe la jeunesse française de ses racines aussi bien historiques que culturelles et littéraires, puisque c’était le domaine que j’enseignais, je décide de démissionner, en septembre 2003, pour m’occuper de ce qui commençait à m’intéresser de plus en plus, à savoir la culture de l’Est et notamment polonaise à cette époque-là.

J’écris un livre, je ne trouve pas à le publier, et en mars 2004 éclatent les émeutes au Kosovo, où la population albanaise, les franges radicalisées de la population albanaise, s’en prennent aux monuments religieux et à la population serbe, faisant des morts et détruisant des villages et des édifices religieux. Recommence à ce moment-là la campagne médiatique qui avait eu lieu pendant les bombardements de 99. Comme je n’ai pas réussi à vendre mon livre et qu’il faut que je trouve quelque chose, et que de toutes façons je suis motivé par un intérêt pour ce qui se passe, et pour vérifier ce qui se dit dans la presse, à savoir : “si on avait donné l’indépendance plus tôt aux Albanais, tout cela ne serait pas arrivé”, je décide d’aller là-bas pour faire un premier reportage qui va me conduire quinze jours au Kosovo et à interviewer un certain nombre d’anciens responsables de la mission  internationale lorsque je rentre du Kosovo.

Je me rends compte alors que ce qui est raconté dans la presse est totalement faux : on raconte dans la presse que les bombardements ont été nécessaires parce que les Serbes s’apprêtaient à faire une purification ethnique des Albanais au Kosovo, je me rends compte qu’au Kosovo des Serbes survivent, ils sont persécutés par la majorité albanaise. Ils ne survivent que grâce à des institutions qu’ils maintiennent comme les écoles, les hôpitaux et certaines municipalités. Par contre, du côté majoritairement serbe, c’est à dire à Mitrovica et au nord de Mitrovica, des Albanais vivent, alors peut-être pas en parfaite bonne entente avec la population serbe, mais ils peuvent y vivre, alors que les Serbes sont chassés du sud de Mitrovica. Leur cimetière est vandalisé alors que le cimetière musulman qui est au nord de Mitrovica, dans la partie serbe, a été respecté, car les Serbes respectent les morts.

Quand je rentre du Kosovo j’essaie de vendre mon reportage qui est, pardonnez-moi mon manque de modestie, relativement bien ficelé, qui me prouve en tout cas à mes yeux que je suis capable de faire un reportage, ce qui n’était pas évident au départ. Je vais alors à la librairie de l’Âge d’homme, à côté de la place Saint-Sulpice, qui est un lieu connu de ceux qui s’intéressaient au monde slave, je parle au passé parce que cette librairie n’existe plus, Vladimir Dimitrijevic qui la tenait et qui était le directeur des éditions de l’Âge d’homme est malheureusement décédé il y a de cela quelques années. Et là je trouve conseil de placer mon article chez B.I.(Balkans Infos) ou chez Spectacle du monde, une revue assez luxueuse, mensuelle, alors que B.I. est un journal de réinformation sur les événements de Yougoslavie depuis 1996. Il a été fondé par Louis Dalmas et par d’autres personnages assez prestigieux comme Vladimir Volkoff que je citais tout à l’heure, le général Gallois, ancien chef d’état-major de l’armée de l’air française et géopolitologue, ou comme Kosta Christitch, ancien grand reporter au Point pour les Balkans et l’Europe de l’est. Spectacle du monde refuse mon article mais me dit qu’à l’automne 2004 ils allaient me faire commande d’un article pour plusieurs centaines d’euros sur les Albanais du Kosovo, à l’occasion des élections locales dans la perspective de la discussion du futur statut du Kosovo. Donc moi je suis tout content, parce que j’ai pas un sou. Je publie mon article dans Balkans Infos, je fais connaissance de Louis Dalmas qui me reçoit très chaleureusement et au mois de novembre j’ai la commande de l’article par Spectacle du monde sur les Albanais du Kosovo.

J’écris donc un article dans la perspective de la discussion du futur statut, où je montre ce que je viens de vous dire à propos de mon premier reportage et où je dis qu’étant donnée la situation dans cette région, où sévit une mafia très puissante, basée sur l’organisation clanique de la société albanaise, et où la guérilla séparatiste désarmée pour la forme fait régner la terreur, l’indépendance ce sera l’épuration ethnique totale des Serbes qui vivent au sud du Kosovo, ce n’est pas une solution dans la mesure où ils ont déjà beaucoup de mal à y vivre.

Lorsque cet article est publié au mois de janvier 2005, je me rends compte qu’il a été déformé, qu’il a été falsifié, et que sur plusieurs points, Spectacle du monde ajoute des éléments que je n’ai pas écrits et qui sont : les Serbes auraient pratiqué une sorte d’apartheid dans leurs structures parallèles, à savoir que leurs écoles, leurs hôpitaux et leurs municipalités étaient réservés à eux seuls et qu’ils en excluaient les Albanais, et Spectacle du monde excuse d’une certaine manière les émeutes de 2004 en disant qu’il s’agit d’un “nettoyage ethnique à l’envers”, à savoir que les Serbes auraient pratiqué auparavant le nettoyage ethnique, ce qui justifie a posteriori les bombardements de l’OTAN. Donc on me paie l’article plusieurs centaines d’euros et je suis confronté à un choix : soit j’accepte l’article tel qu’il a été déformé par la rédaction de Spectacle du monde sans m’en informer et je conserve un moyen d’exercer une activité dans laquelle je pourrai glisser un minimum de vérité sur les reportages que je ferai, soit je refuse et j’attaque en justice la rédaction de Spectacle du monde mais je m’expose, déjà à un échec, et à une sorte de mise à l’écart sur le plan professionnel. Je suis tellement dégoûté par la façon dont la rédaction a agi, me mettant au pied du mur, m’obligeant à pratiquer un journalisme mercenaire ou de faire autre chose, que je décide d’attaquer en justice la rédaction de Spectacle du monde. Grâce à Louis Dalmas je suis défendu par maître Roland Dumas, et par sa très efficace collaboratrice, maître Agathe Denis, qui obtient la condamnation de Spectacle du monde pour atteinte à mon droit moral d’auteur, jugement confirmé en appel qui fait jurisprudence dans la presse française.

Lorsque l’on pratique le journalisme, on est en effet face à un choix : celui d’accepter ou non la situation que vous imposent les rédactions. Pour Spectacle du monde quelqu’un a dit tout à l’heure que l’oligarque qui détient le groupe Valmonde dont fait partie Spectacle du monde, il s’agit du groupe Dassault, est plutôt favorable à la Russie. Il s’est avéré dans l’enquête que j’ai faite après pour comprendre pourquoi mon article avait été falsifié, qu’il avait été l’objet d’une opération de désinformation : Spectacle du monde entérinait d’une certaine manière les bombardements et  promouvait un parachèvement du règlement de la question yougoslave par la partition ethnique, ce qui était contre les principes affichés des bombardements, qui étaient précisément de défendre le multiethnisme qu’on accusait les Serbes de mettre à mal, alors que les Serbes sont les seuls dans la région à pratiquer un multiethnisme réel, concret, dans les parties où ils vivent.

Je vais conclure en disant qu’après cela, j’ai rencontré Vladimir Volkoff : je lui ai envoyé mon premier reportage, et il m’a tout de suite proposé d’écrire un livre sur les massacres falsifiés de l’histoire, dont Katyn et Racak, pour sa collection sur la désinformation qu’il dirigeait aux éditions du Rocher. J’accepte et je travaille sur le massacre de Katyn. Vous savez tous que c’est un massacre ordonné par Staline, Molotov et ses collègues, et le fait de l’attribuer aux Allemands après la guerre a participé au règlement de Yalta, dans la mesure où, si la vérité avait éclaté sur le massacre de Katyn, à savoir que c’était un crime du NKVD commandé par Staline, il n’aurait pas été aussi facile à Staline d’imposer la domination soviétique sur l’Europe centrale.

Quant à Racak, c’est la façon dont un certain nombre de cadavres sont présentés par la mission internationale, l’OSCE, un petit matin de janvier 99 dans le centre du Kosovo à toute la presse internationale en présentant ces cadavres comme étant le fait d’une épuration ethnique pratiquée par les troupes serbes dans un village albanais, les morts sont présentés comme des villageois assassinés. Et cette désinformation, parce qu’il s’agit d’une désinformation, je vais un peu vite mais c’est au terme d’une véritable enquête journalistique que je suis arrivé à cette conclusion, cette désinformation devait servir à un casus belli pour faire entrer l’aviation de l’OTAN en action. Je fais une enquête très poussée, notamment grâce à Renaud Girard, qui est grand reporter au Figaro, une des rares exceptions dans le paysage médiatique français. Il me briefe sur ce qui s’est réellement passé à Racak dans la mesure où il y avait un journaliste présent le jour de la prétendue descente de l’armée serbe pour y assassiner des villageois, alors qu’il s’agissait de combats à proximité contre une unité séparatiste, il s’agit de Christophe Châtelot du journal Le Monde. Renaud Girard apprend qu’il était ce jour-là à Racak, et il l’incite à témoigner. Il se trouve qu’il y avait aussi une équipe de télévision ce jour-là AP (Associated Press) TV news. Donc je me rends compte qu’on a affaire à une véritable opération de désinformation.

Car la désinformation ce n’est pas seulement dire autre chose que la vérité, ça n’est pas seulement dire une vérité biaisée, comme on le conçoit généralement, c’est une véritable opération qui est sourcée dans l’Etat qui la réalise à l’aide de ses services, qui utilise le média de la presse internationale de façon à convaincre l’opinion publique. Vous savez que dans les démocraties, lorsqu’une décision stratégique est à prendre, il faut que l’opinion publique adhère à la décision qui va être prise, comme aujourd’hui on cherche à faire croire que la Russie et Assad massacrent la population syrienne de façon à justifier une intervention des forces occidentales. Donc en investiguant sur le cas Racak, je me suis rendu compte que la CIA, pour ne pas la nommer, était intervenue dans la polémique qui a surgi au lendemain du “massacre de Racak” et du témoignage des journalistes français, pour faire passer cette désinformation, au sens fort du terme.

Eurasiexpress

Publié le 5 novembre 2016

Source: http://www.eurasiexpress.fr/information-et-desinformation-une-experience-de-journaliste/
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mercredi 4 octobre 2017

Catalogne et Kosovo : la Serbie dénonce «l'hypocrisie» et le «deux poids deux mesures» de l'UE

Le président serbe Aleksandar Vucic a critiqué la position de l'UE sur le référendum catalan jugé «illégal», rappelant que Bruxelles avait reconnu la déclaration d'indépendance du Kosovo en 2008, alors qu'elle n'avait pas fait l'objet d'un vote.

59d338cd09fac29f1e8b4567Le référendum sur l'indépendance de la Catalogne organisé le 1er octobre a suscité de nombreuses réactions à travers le monde. Certains ont soutenu la démarche des indépendantistes, d'autres, comme la Russie, ont préféré ne pas prendre parti. Certains, enfin, ont condamné un scrutin jugé illégal, à l'instar de l'Union européenne. Lors d'une conférence de presse donnée le 2 octobre, le président serbe Aleksandar Vucic a dénoncé une incohérence dans la position adoptée par Bruxelles.

«La question que chaque citoyen serbe se pose aujourd'hui en regardant l'Union européenne est la suivante : comment se fait-il que, dans le cas de la Catalogne, le référendum d'indépendance ne soit pas valide, mais qu'à ses yeux la sécession du Kosovo, pourtant organisée sans référendum, le soit ?», s'est-il interrogé, comme le rapporte la chaîne de télévision serbe B92.

En effet, la Commission européenne s'est alignée sur la position du gouvernement espagnol*, considérant que le référendum catalan était illégal, car non-constitutionnel. Ce refus européen d'entendre les revendications d'indépendances catalanes n'a pas échappé à Belgrade. Dans le cas de l'indépendance du Kosovo proclamée en 2008, l'Union européenne avait appuyé les démarches de sécession de l'ancienne province autonome serbe.

Le contraste, selon Aleksandar Vucic, est d'autant plus flagrant que l'Union européenne a affirmé que la répression violente par la police espagnole le jour du référendum relevait d'une «affaire interne» dans laquelle elle ne voulait pas faire ingérence. Or, dans le cas du Kosovo, Bruxelles avait rapidement pris position, jusqu'à adopter une résolution demandant aux Etats européens de reconnaître le Kosovo indépendant. «C'est le meilleur exemple du deux poids deux mesures et de l'hypocrisie dans le domaine de la politique internationale», a martelé Aleksandar Vucic.

Le Kosovo : un précédent majeur dans les relations internationales

Le Kosovo, province serbe majoritairement peuplée d'Albanais, a déclaré son indépendance en 2008 après une longue et meurtrière guerre débutée en 2009. Au cours du conflit, les Etats-Unis et l'OTAN étaient intervenus sans mandat de l'ONU à l'appel des rebelles albanais qui luttaient pour l'indépendance contre le gouvernement yougoslave de Belgrade, attaché à l'unité du pays. Si une grande partie de la minorité serbe du Kosovo a fui le pays par peur des représailles des milices albanaises, un certain nombre demeurent toujours dans le nord du pays.

La question du Kosovo constitue depuis près de dix ans un précédent en matière de politique internationale, auquel sont particulièrement sensibles les pays où des mouvements séparatistes agissent. Ainsi, le pays n'est par exemple pas reconnu par la Grèce, la Tunisie, la Roumanie... ou l'Espagne, qui a préféré faire le choix de la cohérence plutôt que de se plier à la résolution européenne de 2010.

C'est également la position adoptée depuis toujours par la Russie, notamment parce qu'elle révèle l'ambivalence de la position occidentale dans le dossier criméen. «Nos partenaires occidentaux ont créé le précédent du Kosovo de leurs propres mains», avait déclaré Vladimir Poutine devant le parlement russe en 2014. Il avait alors souligné que la situation au Kosovo et en Crimée était «exactement la même», mais que la diplomatie occidentale, dans sa grande majorité, avait choisi de traiter les deux cas de manière différente.

https://francais.rt.com/international/44102-catalogne-kosovo-serbie-denonce-hypocrisie-occident


 

*L'UE soutient le gouvernement espagnol pour 2 raisons majeures à mon avis:

1/L'Espagne est un membre à part entière de l'UE, censé partager les "valeurs démocratiques de l'Union": difficile de présenter ce pays et son gouvernement servile pour un Etat colonisateur et dictatorial.

2/L'imbroglio juridique que poserait l'indépendance catalane pourrait s'avérer dangereuse pour la cohésion de l'UE: il faudrait l'unanimité des Etats membres pour intégrer la Catalogne, donc l'acceptation de l'Espagne! Quant à envisager qu'une des régions les plus riches d'Espagne se retrouve en dehors de l'UE, même pour un temps limité, en période post- Brexit, voilà une perspective inquiétante en termes financiers...

P.G.

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jeudi 21 septembre 2017

Les Serbes oubliés du Kosovo – La Serbie abandonne le Kosovo [3/3]

Devant un tel déluge de feu, la résistance ne pouvait durer éternellement (plus de 500 civils tués) et la Yougoslavie capitula.

ARG KOSOVO SERBIELe 10 juin 1999, les militaires yougoslaves commencent donc à se retirer du Kosovo, après la signature des accords de Kumanovo. Le Kosovo passe alors sous administration de la MINUK (Mission d’administration intérimaire des Nations unies au Kosovo) créée par la résolution 1244 du Conseil de sécurité dans le but « d’assurer une administration transitoire … pour que tous les habitants du Kosovo puissent vivre en paix et dans des conditions normales ». Beaux engagements, que personne ne respectera, à commencer par les principaux Etats signataires de ces accords. Suite à la déclaration unilatérale d’indépendance du Kosovo le 17 février 2008, et illégale, car contraire à ces accords, (indépendance reconnue bien entendu par les Etats Unis, l’Angleterre et parmi d’autres Etats, malheureusement la France dirigée par Nicolas Sarkozy, violant ainsi la signature de notre pays), la Minuk sera remplacée par l’Eulex, une mission civile conduite par l’Union européenne et chargée de surveiller la justice, la police et les douanes. La faillite totale de l’Eulex a fait l’objet d’un article par Ana Otasevic (1).

L’épuration ethnique des Serbes du Kosovo

Les spécialistes du monde entier, écrit Nikola Mirkovic (2) vont se précipiter au Kosovo pour exhumer et filmer les prétendus 100 000 à 200 000 Kosovars albanais tués selon les dires de certains dirigeants occidentaux (3). En vain. Au total, le Tribunal pénal international de La Haye pour les guerres de Yougoslavie a comptabilisé 2108 morts, tous peuples confondus et majoritairement pour faits de guerre. Quant aux Serbes du Kosovo, leur sort va être tragique, et le vieux dicton, « Malheur aux vaincus » va s’appliquer à eux. Les forces de l’OTAN, baptisées pour l’occasion KFOR, vont se déployer et être accueillies comme des libérateurs par les Kosovars albanais. « Mais les crimes et les atrocités de l’UCK vont se poursuivre sous le regard impassible de l’Otan (4) qui reste l’arme au pied sans aucune réaction. »

Dans toute la région, des Serbes sont enlevés, le monastère de la Sainte Trinité (XIV°siècle) est pillé puis miné, le monastère des saints anargyres Côme et Damien (du XIV° siècle également) est détruit à Staro Grako, 14 paysans serbes sont massacrés (5). D’après la Croix rouge, 75000 Serbes quittent le Kosovo dans les 18 jours qui ont suivi les accords de Kumanovo… Les experts internationaux vont découvrir de vrais charniers, mais ce sont ceux des cadavres serbes : des corps torturés et mutilés jetés dans des fosses communes comme des chiens. Le nombre de Serbes enlevés atteint le chiffre de 1200 à la fin de 1999, après 6 mois d’occupation par la KFOR écrit encore Nikola Mirkovic.

Ainsi, « ce que ni les Ottomans pendant 5 siècles d’occupation, ni Hitler, ni Mussolini, ni Tito n’avaient réussi à faire, la politique criminelle de Bill Clinton y arriva en quelques semaines, c’est à dire l’expulsion de 250 000 Serbes, la destruction d’une centaine d’églises, l’incendie de milliers de maisons et la profanation de la totalité des cimetière serbes » ajoute Nikola Mirkovic.

A quoi bon les confessions tardives du général canadien à la retraite Lewis Mac Kenzie, ancien commandant de la Forpronu en Bosnie-Herzégovine : « Le génocide proclamé par l’Occident au Kosovo n’a jamais eu lieu…Les Albanais du Kosovo nous ont joué comme un stradivarius.

Nous avons financé et indirectement soutenu leur violente campagne pour l’indépendance d’un Kosovo ethniquement pur. Nous ne leur avons jamais reproché d’être les responsables des violences du début des années 1990 et nous continuons à les désigner comme les victimes aujourd’hui malgré l’évidence du contraire » (6). Non, Général MacKenzie, les dirigeants occidentaux criminels n’ont pas été « joués » au son d’un « stradivarius », ils agissaient dans le cadre d’un plan d’ensemble conçu de longue date, minutieusement planifié, pour disloquer la Yougoslavie, la démembrer, dans le cadre de leur politique d’encerclement de la Russie. En voulez-vous la preuve ?

Le Kosovo tombe dans l’escarcelle des Etats-Unis

Dès leur arrivée au Kosovo, les militaires américains, et le colonel Jacques Hogard en est le témoin direct, vont ériger un camp militaire sur une superficie de 3600 hectares pouvant héberger jusqu’à 7000 personnes. Ses frais de fonctionnement annuels sont de 38 millions d’euros et on peut y trouver de tout… Bundsteel, car tel est le nom de ce camp, sert également à former des milliers de civils qui travaillent pour l’armée américaine sur ses différents théâtres d’opération dans le monde entier. Un article publié dans le recueil Censored 2000 (7) affiche sans détours le projet des Etats Unis : « Derrière la propagande de la guerre humanitaire, des bases américaines/OTAN ont été construites en Albanie, en Croatie, en Macédoine et au Kosovo. Les Balkans, une région d’importance stratégique, riche en ressources naturelles et avec des capacités industrielles importantes, sont maintenant occupés par des milliers de soldats américains. Tout cela s’est déroulé sans débats ni discussions. »

Les Serbes survivants au Kosovo résistent

Abandonnés par l’Occident, les Serbes rescapés de l’épuration ethnique résistent avec un courage exemplaire. Parqués dans des enclaves, en butte aux vexations, attaques et agressions de leurs voisins albanophones, ils survivent dans une grande précarité. La police kosovare ne réagit jamais à leurs plaintes et n’engage aucune poursuite envers les auteurs de faits délictueux commis envers des Serbes. Pour communiquer entre villages et enclaves, des convois sont organisés sous escorte de la KFOR, mais même ceux-ci sont régulièrement caillassés ou parfois attaqués avec des armes de guerre. Les médias occidentaux, si prompts à s’apitoyer sur le sort des Kosovars albanais, sont devenus étrangement silencieux. Il a fallu le déchaînement de violence au printemps 2004 pour que les médias se souviennent du sort des Serbes du Kosovo (8). Les grands défenseurs des droits de l’homme, et partisans du droit d’ingérence humanitaire, sont eux aussi silencieux.

Aidons-les

Heureusement des hommes et des femmes de bonne volonté, et de grande générosité, se sont levés en France pour les secourir. Une association a vu le jour en 2005 fondée par Arnaud Gouillon « Solidarité-Kosovo » (9). Elle soutient les Serbes des enclaves par l’envoi de convois humanitaires, une aide financière à la réhabilitation des établissements scolaires, à la modernisation des exploitations agricoles pour assurer l’autosuffisance alimentaire. Elle organise des vacances pour les enfants des enclaves au bord de la mer, leur permettant un temps de quitter leur triste quotidien, de se ressourcer et de se créer de nouvelles amitiés d’une enclave à l’autre. Solidarité-Kosovo organise aussi en France des conférences pour faire connaître la réalité méconnue des chrétiens survivant du Kosovo.

Les Serbes du Kosovo méritent toute notre admiration pour leur courage dans l’adversité. Soutenons-les.

MARC Jean | 18 septembre 2017

(1) Le Monde diplomatique, Juin 2015, Faillite de la mission européenne au Kosovo, « Des crimes impunis, un déficit extérieur colossal, une partie de la population fuyant un chômage de masse, des responsables rêvant tout haut de « Grande Albanie » : le Kosovo semble livré à ses démons. Le patronage de l’Union européenne ne lui a pas permis de décoller, et des affaires de corruption entachent la mission internationale visant à instaurer un Etat de droit. »

(2) Nikola Mirkovic, Le Martyre du Kosovo, Editions Jean Piccollec, 2013, p.94

(3) William Cohen dans une interview à la chaîne nord-américaine CBS pour l’émission Face the nation, 16 mai 1999, annonce que « au moins 100 000 Kosovars albanais en âge de se battre ont disparu et ont peut-être été tués par les forces serbes ». Lors d’une conférence de presse avec Jamie Shea, l’ambassadeur américain pour les crimes de guerre, David Scheffer racontera même qu’il y a 225 000 hommes âgés entre 14 et 59 ans qui ont disparu…

(4) Le colonel Jacques Hogard qui commandait un détachement français de la KFOR relate avoir été témoin de la collusion entre les militaires anglais et les bandes armées de l’UCK qui avaient tendu une embuscade à un convoi de civils serbes. Seule l’intervention vigoureuse des militaires français a permis de dégager le convoi. (Jacques Hogard, l’Europe est morte à Pristina, Editions Hugo&Cie, Paris,2014).  Nous en avions rendu compte dans un article publié sur le site Arrêts sur infos : Lorsque les EtatsUnis soutenaient les islamistes radicaux …

(5) J’ai souvenir d’avoir vu, aux actualités télévisées, débarquer dans le champ de blé, où avaient été massacré ces 14 paysans serbes, le 14 juillet 1999, le fameux French Doktor Bernard Kouchner, nommé par Kofi Annan haut représentant du Secrétariat général des Nations unies au Kosovo, déclarant avec emphase devant les caméras que « ce crime abominable ne resterait pas impuni ». Autant en emporte le vent (note personnelle du rédacteur).

(6) « We bombed the wrong side » (« On a bombardé le mauvais camp »), Lewis MacKenzie, The National Post, Toronto, 6 avril 2004

(7) « NATO Defends Private Economic Interest in the Balkans » (« L’OTAN défend ses propres intérêts économiques au Kosovo »), Censored 2000 : the year’s Top 25 Censored Stories, Seven Stories, 2000, p.44, cité par Nikola Mirkovic dans Le Martyre du Kosovo, Editions Jean Piccollec, 2013,p.133

(8) « Une vague de persécutions planifiée va se déclencher, suite à de fausses rumeurs. Le bilan sera effarant : une dizaine de milliers de personnes chassés de leur domicile, une quinzaine de villes et villages ethniquement purifiés…A Pdoujevo, les profanateurs du cimetière vont jusqu’à exhumer les morts et disperser les ossements sous les applaudissements de la foule et les regards désolés des officiers tchèques. Car ce pogrom s’est déroulé sous les yeux des militaires de la KFOR, spectateurs impuissants, car sans ordre d’en-haut » (j’ajouterai : soi-disant sans ordres d’en haut). Quelques extraits d’un excellent reportage « Retour du Kosovo‘ » de Jean-François Colosimo, paru dans Marianne du 24 décembre 2015

(9) Solidarité Kosovo : association de soutien aux Serbes du Kosovo …

Partie 1, Partie 2, Partie 3 

Source: http://arretsurinfo.ch/les-serbes-oublies-du-kosovo-la-serbie-abandonne-le-kosovo-33/

Posté par ddupr à 08:24 - - Permalien [#]
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