mercredi 18 juillet 2018

Larmes, bousculades et gaz lacrymogènes à Felletin contre l'expulsion d'un jeune Soudanais

Affrontements devant la gendarmerie de Felletin. Les militaires ont fait appel à des renforts pour briser les barrages dressés par 150 manifestants devant leur bâtiment. Des habitants du plateau de Millevaches se sont opposés, en vain, à l'expulsion d'un jeune réfugié soudanais ce lundi 9 juillet.

ACT EXPULSION FELLETIN

Des cris, des larmes et une grosse bousculade devant la gendarmerie de Felletin. Ce lundi après-midi, environ 150 habitants venus de tout le plateau de Millevaches ont tenté de s'opposer à l'expulsion d'un jeune soudanais de 21 ans.

Nordeen E. a fuit son pays en guerre, et par le biais de hasard et de coups du sort, il a trouvé refuge à Faux-La-Montagne, commune connue pour son esprit d'entraide et d'accueil. Le jeune homme y séjourne depuis huit mois , mais ses papiers ne sont pas en règle. La France lui demande de retourner en Italie, le pays par lequel il est arrivé en Europe pour instruire son dossier de demande d'asile.  

Le jeune soudanais ne s'est jamais caché, et il s'est rendu de lui-même à une convocation de la gendarmerie de Felletin.  Ses amis, ses soutiens, convaincus de ne pas le voir ressortir ont dressé un barrage devant la caserne.

Environ 150 personnes se sont opposées à cette expulsion - Radio FranceEnviron 150 personnes se sont opposées à cette expulsion © Radio France - Olivier Estran

Larmes et cris de rage

Les habitants ont barré la rue de la gendarmerie avec un fourgon, des voitures.. prêts à passer la nuit sur place, en espérant que les autorités reviennent sur leur décision et laissent Nordeen compléter son dossier en France. 

Sur le coup de 20 heures, les gendarmes ont reçu d'importants renforts venus en fourgons immatriculés en Haute-Vienne ou en Corrèze.  Une brève sommation, et les gendarmes ont enfoncé le barrage des militants, utilisant des gaz lacrymogènes pour évacuer les récalcitrants.

Face à face tendu et bousculades - Radio FranceFace à face tendu et bousculades © Radio France - Olivier Estran

Coups, larmes et colère: le récit de l'évacuation du barrage de la gendarmerie

Les gendarmes ont découpé une portion du grillage de leur caserne pour évacuer le jeune soudanais loin des manifestants. Les habitants sont écœurés.  Les militaires ont fait face à leur colère et leur dégoût : "Je jouais au foot avec lui. En le renvoyant en Italie, c'est direction le Soudan, et vous le condamnez à l'abattoir," lâche un jeune homme, "ce n'est pas une question de légalité mais d'humanité "

"Comment allez vous expliquer à vos enfants ce que vous faites, là ?" demande un autre, certains sont à bout de nerfs, il y a des insultes, des appels à la démission, mais les militaires restent le plus souvent impassibles. "S'il y en a une qui doit avoir honte, c'est la préfète de la Creuse", assure un des habitants. Selon lui, à deux jours près, Nordeen aurait pu avoir le droit de compléter son dossier en France. 

"Actes de rébellion"

"A chaque fois qu'il y'aura une expulsion sur le plateau, vous serez là ? Eh bien, on sera là nous aussi. On va apprendre à se connaitre !" promet un des manifestants.

Le face-a-face des habitants et des gendarmes s'est prolongé jusqu'à 23 heures. Un des habitants est resté une partie de la soirée en garde à vue. Il est accusé d'avoir poussé une gendarmette, et pourrait répondre devant la  justice "d'actes de rébellion".

La préfète félicite les gendarmes

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Dans un communiqué de presse publié ce mardi matin, Magali Debatte, préfète de la Creuse "condamne ces actes de violence envers les forces de sécurité intérieure dans l’exercice de leur mission et salue le grand professionnalisme et le sang froid dont les gendarmes ont fait preuve lors de cette opération "

La préfète confirme que le jeune soudanais a été conduit en centre de rétention administrative. Elle affirme qu'elle n'a pas voulu en faire un exemple. Pas de zèle, et apporte les précisions suivantes : "La procédure de réadmission vers l’Italie est une procédure normale conduite au titre des accords de Dublin III qui permet à cet État européen, seul compétent désormais, de réexaminer sa demande d’asile déposée initialement par l’intéressé. Il n’y a donc aucune raison d’en dispenser M. Nordeen E et de retarder son retour vers l’Italie qui a accepté sa réadmission et l’instruction de sa demande d’asile. Dans cette situation, le droit s’applique dans le respect de la réglementation liée aux étrangers."

https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/larmes-bousculades-et-gaz-lacrymogenes-a-felletin-contre-l-expulsion-d-un-jeune-soudanais-1531176687

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Des logiques contradictoires s'affrontent dans ce genre de situations: la logique humanitaire, bien compréhensible, et que certains tendent à oublier: il s'agit d'abord de personnes, avec leur histoire, leur parcours et parfois des situations tragiques; en face, l'application de la loi, du droit international mais aussi en l'occurence des traités européens, souvent sous l'angle de "dossiers" à traiter. Au milieu, les manipulations des uns et des autres, l'intérêt du patronat à récupérer une main d'oeuvre "bon marché", certains lobbies dont les finalités géopolitiques sont diverses et bien loin de l'intérêt des gens concernés, les manoeuvres politiciennes et les récupérations idéologiques des uns et des autres... La situation actuelle est d'autant plus étonnante qu'on avait cru comprendre, lors du dernier sommet européen, qu'il était question de décharger l'Italie de la gestion quasi- unilatérale des "arrivants", mettant ainsi un terme de fait au traité de Dublin, mais les voies de LREM et des européistes sont impénétrables!  P.G.

mardi 17 juillet 2018

CGT : l'illusion mortelle d'une issue européenne à la crise actuelle

TRIBUNE LIBRE / Publié le 4 juillet 2018 par FSC (Front syndical de Classe)

TL FSC LUTTES UE

le communiqué de la cgt :

GUERRE COMMERCIALE  Indistinctement les salariés en sont les premières victimes

jeudi 28 juin 2018

Sortie de l’accord sur le nucléaire iranien, taxes sur l’acier et l’aluminium, la politique de Trump oblige à s’interroger sur les conséquences de décisions et sur la capacité de la France et de l’Europe à développer une politique industrielle. Les seuls perdants d’une guerre économique seraient les travailleurs de tous les pays.

Il est nécessaire d’agir pour impulser la construction d’une réponse, en France et en Europe, qui parte de la satisfaction des besoins des populations et de la prise en compte des défis environnementaux. C’est le seul chemin pour bâtir la paix ici et ailleurs.
La mise en compétition des pays, la mise en concurrence des travailleurs font que la politique industrielle européenne est inexistante. C’est encore plus vrai pour la France dont l’obsession à offrir aux actionnaires des dividendes toujours plus élevés a conduit à des sous-investissements massifs dans l’appareil productif, la recherche, la formation, les qualifications, les salaires. Cela rend notre système productif encore plus sensible aux politiques des autres pays en la matière avec des répercussions directes sur l’emploi.
L’arme de justice extraterritoriale américaine a déjà servi à liquider certains de nos fleurons industriels. Le scandale d’Alstom et de la vente de la branche énergie à Général Electric revient sur le devant de l’actualité avec le piétinement par Général Electric de son engagement à créer 1000 emplois en France.
Nous sommes dans un affrontement qui dépasse les enjeux commerciaux à court terme.
Pour résister, il est nécessaire d’avoir une véritable politique industrielle pour notre pays et que la France joue son rôle pour impulser la construction d’une politique industrielle européenne qui fait cruellement défaut.

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Pour la CGT, le moment est venu d’une mise à plat des questions fondamentales :

clarification de la logique des échanges. Multilatéralisme maîtrisé. Ni , ni fermeture des frontières ;

remise en ordre du système monétaire international et fin du privilège du dollar. Mobilisation de la création monétaire en euro au service d’un nouveau développement ;

élaboration d’une politique industrielle européenne et nationale ouverte aux coopérations mutuellement avantageuses ;

prise en compte des intérêts sociaux et climatiques dans les échanges.

Mesures en faveur des pays les moins développés ;

fin du privilège juridique d’extraterritorialité de la législation américaine.

AUTRE EUROPE 3

Loin d’un repli, la mise en place de mécanismes de coopération ainsi que de filtres aux frontières de l’Europe pour « avantager » les produits correspondants à des normes sociales, environnementales, fiscales dignes de ce siècle et la vérité des prix pour favoriser les produits issus d’une économie réellement circulaire avec des circuits courts constitueraient une ébauche de réponse.
 Au final, il s’agit d’impulser une autre construction européenne, sociale, solidaire et démocratique avec l’intervention des citoyens, des travailleurs, pour peser dans le sens de l’intérêt des peuples.

Montreuil, le 28 juin 2018


 

Le récent communiqué de la direction confédérale à propos des décisions de Trump sur la sortie de l’accord nucléaire iranien et de ses conséquences  pose de sérieuses questions.

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Les conséquences de cette sortie de l’accord sont évidemment extrêmement néfastes ET sur le plan de la paix et de l’équilibre mondial ET sur le plan économique.

Mais qu’attendre de l’Union européenne ?

Que dans leur réponse ses dirigeants partent “de la satisfaction des besoins des populations et de la prise en compte des défis environnementaux“?

Qu’ils impulsent ” une autre construction européenne, sociale, solidaire et démocratique avec l’intervention des citoyens, des travailleurs, pour peser dans le sens de l’intérêt des peuples” ?

Allons donc !

Laisser croire que cela puisse advenir c’est entretenir des illusions mortelles dans le monde du travail!

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C’est oublier qu’à la fois la politique macronienne, celle de l’oligarchie en France et celle de l’Union européenne depuis sa fondation est structurée sur la mise en concurrence des travailleurs et des peuples, sur le organisé pour peser sur les salaires, les dépenses sociales, les dépenses publiques.

Et sur la guerre économique mondiale qui traverse aussi les puissances occidentales par ailleurs coalisées contre les puissances émergentes qui contestent leurs prétentions unilatérales!

La crise d’hégémonie états-unienne accentuant considérablement la pression US sur ses vassaux et alliés!

Le bradage d’Alstom sous chantage extra-territorrial à General Electric avec la bénédiction de Macron alors ministre de l’économie de Hollande, le retrait actuel d’Iran de PSA, de Total, d’Accor … montrent à l’évidence, derrière les protestations sur le comportement erratique et imprévisible de Trump, que les classes dirigeantes européennes et françaises se comportent en vassales du grand suzerain atlantique et que pour des raisons de classe elles ne l’affronteront pas!

En tout cas pas sur le terrain de la politique sociale!

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Simplement elles utilisent la conjoncture inédite actuelle pour pousser les feux vers une Europe fédérale, une Europe de la défense consacrant d’énormes moyens en dépenses militaires au détriment par conséquent des dépenses utiles aux populations.

La politique réactionnaire macronienne de remise en cause systématique de TOUS les conquis de la Libération est donc totalement intégrée à sa politique européenne!

Et c’est au nom de sa capacité à “réformer” la France qu’il se présente au niveau européen en champion d’une Europe régénérée!

Dans la situation actuelle, partir “de la satisfaction des besoins des populations et de la prise en compte des défis environnementaux” ne peut résulter que des  luttes autonomes des travailleurs sur leurs propres objectifs sociaux, en les liant à la bataille pour une alternative politique authentiquement au service des travailleurs et par conséquent en dénonçant et en combattant les choix et les orientations du pouvoir français comme de l’Union européenne au service exclusif de l’oligarchie!

La nécessaire remise en cause des privilèges du dollar, des prétentions extra-territoriales des États-Unis, la nécessaire mobilisation monétaire pour l’investissement, une véritable politique industrielle, la prise en compte des intérêts sociaux et environnementaux … ne résulteront pas d’une impossible réorientation européenne que ses institutions et ses traités verrouillés ne permettent pas et que ses classes dirigeantes accrochées à leurs privilèges ne laisseront pas faire, l’exemple grec en atteste, MAIS résulteront donc d’un rassemblement populaire lucide sur les enjeux à la construction duquel le mouvement syndical et la CGT en particulier doivent contribuer!

https://www.initiative-communiste.fr/articles/europe-capital/cgt-lillusion-mortelle-dune-issue-europeenne-a-la-crise-actuelle/?ct=t(RSS_EMAIL_CAMPAIGN)

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La bataille pour dénoncer l'imposture de "l'autre Europe" se mène aussi sur le terrain social et syndical, et c'est une excellente nouvelle!   P.G.

AFFICHE UE CODE DU TRAVAIL OLIGARCHIE

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dimanche 15 juillet 2018

Brèves d'antipresse

BREVES ANTIPRESSEMEDIAS | Quand la RTS réécrit l'histoire ukrainienne

Le défenseur croate Domagoj Vida a été sanctionné par la FIFA pour sa provocation à la gloire de l'Ukraine après le match Croatie-Russie. Rendant compte de l'incident, la Radio-Télévision d'Etat suisse écrit:

"Gloire à l'Ukraine!" est un slogan du soulèvement pro-européen qui a conduit à la destitution du président ukrainien Viktor Ianoukovitch en 2014 et à une grave crise dans les relations entre les deux pays voisins.

L'affaire est ainsi réglée et la FIFA passe pour une vilaine mégère qui punit les victorieux européistes! En réalité, cette interprétation ne fait pas qu'illustrer l'inculture historique totale des journalistes «professionnels» et payés par le contribuable de la RTS. Elle dénote aussi un refus d'affronter la réalité contemporaine de l'Ukraine, où les idées, les slogans et les mouvements néonazis ont pignon sur rue.

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Dire que «Gloire à l'Ukraine» est un slogan pro-européen, cela équivaut à soutenir que le salut nazi n'est jamais qu'un héritage de l'ancienne Rome. Ou alors, que le nazisme — ce qui est au fond vrai — était une idée de l'Europe.

L'histoire de ce slogan remonte à 1917 et non à 2014 comme tend à le croire la mémoire de batraciens des journalistes «professionnels» payés par le contribuable de la RTS. Et elle est uniquement et exclusivement associée, dans toutes les circonstances historiques — en particulier le bandérisme et la collaboration — au nationalisme ukrainien.

En réalité, la salutation «Gloire à l'Ukraine! Gloire aux héros!», accompagnée du salut romain (bras droit levé) a surtout été rodée par l'Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN) sur le modèle de la salutation nazie des partis fascistes ou fascisants d'Allemagne (NSDAP d'Adolf Hitler), Italie (Parti national fasciste de Benito Mussolini) et Croatie (Oustachis d'Ante Pavelić)...

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Cette mise en perspective éclairerait bien mieux la prise de position du footballeur croate que son adhésion hypothétique à des idées «pro-européennes». Mais il est vrai que de faire débuter l'histoire ukrainienne «racontable» en 2014 est un moyen commode d'escamoter toute une série de questions gênantes, dont celle-ci:

Si «Gloire à l'Ukraine» est à la fois le slogan de la révolution de l'«Euromaïdan» et celui des fascistes ukrainiens, cela suggère-t-il plutôt que les fascistes sont teintés d'européanisme ou que l'Euromaïdan est teinté de fascisme?

 <log.antipresse.net>...


 

La grande métamorphose

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«Il m'arrive même de tenir pour un privilège d'avoir pu assister sur place à un changement de civilisation, même pays, même population, disons au passage de la France-République à la France-entreprise, d'une nation tribunitienne et méditerranéenne à une province transatlantique et semi-anglophone, des sociétés de pensée aux think tanks. Aucun citoyen de l'Antiquité n'a pu voir en direct la Rome du forum devenir celle des basiliques. Je fais simplement le constat d'une inaptitude personnelle à me rendre utile dans ce nouveau bocal. Avec le sentiment, comme vous dites, d'avoir sauté en une vie de l'adolescence à l'obsolescence sans passer par la maturité, un peu comme ces villes du Brésil décrites par Lévi-Strauss qui passaient directement de l'état de chantier à l'état de vestige

— Régis Debray

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vendredi 13 juillet 2018

Au bout d'un an, la ministre de la Culture Françoise Nyssen reconnaît un conflit d'intérêts avec l'édition

Dans un décret paru au Journal officiel ce lundi 9 juillet, la ministre de la Culture Françoise Nyssen, qui dirigeait auparavant la maison d'édition Actes Sud, se retire de la régulation économique du secteur de l'édition littéraire.

ACT NYSSEN CONFLIT

Il lui aura donc fallu un an pour s'en rendre compte. Dans un décret paru au Journal officiel ce lundi 9 juillet, la ministre de la Culture Françoise Nyssen, issue de la maison d'édition Actes Sud, reconnaît que son ancienne profession lui pose un potentiel problème de conflit d'intérêts et se retire donc de la régulation de l'édition.

Concrètement, ce décret signé par le Premier ministre "sur la proposition de la ministre de la Culture" et relatif aux attributions de la ministre, retire à Françoise Nyssen trois domaines de responsabilité qui relèvent habituellement de son maroquin : "la régulation économique du secteur de l'édition littéraire", "l'exercice de la tutelle du Centre national du livre" et, bien sûr, "des actes de toute nature relatifs" à son ancienne société, Actes Sud, fondée par son père et qu'elle dirigeait jusqu'à son entrée dans le gouvernement d'Edouard Philippe.

Le précédent Buzyn

BUZYN PAROLES

Une clarification bienvenue, donc, dont on pourrait toutefois s'étonner qu'elle n'ait pas parue plus tôt nécessaire aux yeux de Françoise Nyssen. Pour sa collègue de la Santé, Agnès Buzyn, dont l'époux dirige l'Inserm, le gouvernement s'était réveillé dès le 29 mai 2017, via un décret stipulant que "la ministre des Solidarités et de la Santé ne connaît pas des actes de toute nature relatifs à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale".

Reste la question : qu'est-ce qui a soudain décidé Matignon à éclaircir la situation de Françoise Nyssen après un an ? Curieusement, l'intéressée a réagi comme si… elle n'avait pas pris part à ce décret pourtant présenté comme ayant été pris "sur la proposition de la ministre de la Culture". "Une décision est tombée, j'en prends acte et ce qui m'importe c'est de continuer à faire. Je suis là pour faire", a-t-elle ainsi déclaré à l'AFP, avec un enthousiasme manifeste…

https://www.marianne.net/politique/la-ministre-de-la-culture-francoise-nyssen-reconnait-un-potentiel-conflit-d-interets-avec-l?_ope=eyJndWlkIjoiYWMyOWU1Y2FmYjA3MWM5ODc0NzFmNzZlMmM0NTQwMTgifQ==

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Pour en savoir plus sur cette étrange Mme Nyssen, voir ce blog intéressant:

https://labiodynamieaurisquedelanthroposophie.com/2018/06/01/mme-nyssen-dans-lobscurite-anthroposophique/

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jeudi 12 juillet 2018

Paris : vous n’allez pas reconnaître la gare du Nord

La partie de Monopoly sur les gares parisiennes a commencé. La direction de la SNCF a décidé de vendre la plus importante gare d’Europe au groupe Auchan pour 46 ans. Le projet ? Naturellement un nouveau centre commercial.

ACT PRIVATISATION GARE DU NORD

Le projet de rénovation de la plus grande gare d’Europe a été validé ce lundi matin. 600 M€ vont être investis pour transformer cette gare, d’ici à 2023. A terme, la SNCF n’y sera qu’un actionnaire minoritaire, associé à Ceetrus (groupe Auchan).

Le projet qui doit voir la gare du Nord tripler de volume, dans la perspective des Jeux Olympiques de 2024 a été validé ce lundi matin, lors d’un conseil d’administration extraordinaire de SNCF Mobilités. Et c’est avec le groupe Auchan (Ceetrus) que l’entreprise ferroviaire a finalement choisi de s’associer.

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La gare du Nord deviendra ainsi la première dont l’actionnaire majoritaire sera une entreprise privée, pour une durée de 46 ans. En attendant, 600 millions d’euros vont être investis dans cette gare, où l’arrivée et le départ des trains ne seront plus qu’une activité... parmi de nombreuses autres.

Tour d’horizon.

Découvrez la gare du Nord en...2024

Une nouvelle «rue » centrale baignée de lumière. Si la halle originelle va globalement rester identique, l’entrée «Transilien », avec ses murs en verre, va être profondément transformée. Cette entrée va en effet devenir une «rue » centrale dans la gare, surmontée d’un toit transparent, sous lesquels vont être «plantés » des arbres. On aura donc un couloir de plus de 300 mètres très lumineux, d’où il devrait être facile d’accéder aux différents quais : Eurostar, TGV, RER et Transilien.

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Des jardins et une piste d’athlétisme sur les toits. La nouvelle gare du Nord va voir devenir plus verte, avec 7 000m² d’espaces verts et 3 200m² de panneaux solaires. Ce futur jardin public, situé sur les toits de la gare du Nord, côtoiera également des espaces dédiés au sport, au coworking et enfin, une piste de « trail » longue de 1 km, qui vous permettra de faire votre jogging sur le toit de la gare, offrant une vue imprenable sur la capitale.

Une salle de concert et des espaces culturels. En 2023, la surface dédiée aux commerces, aux restaurants et aux services, aura été multipliée par cinq, pour atteindre 50 000 m². Ainsi, trois autres restaurants, plutôt chics, doivent ouvrir dans la gare. Mais aussi de nouveaux espaces culturels, avec notamment une salle de concerts de 2 000 spectateurs qui sera gérée par Live Nation, ainsi qu’une zone d’exposition, tournée essentiellement sur les arts numériques.

Un parking vélo géant et trois fois plus d’escalators. Et les usagers du quotidien dans tout ça ? Le projet de la SNCF vise également à améliorer sensiblement les flux de circulation dans cette gare, qui verra passer chaque jour 800 000 passagers en 2024, et 900 000 en 2030. D’abord en leur accordant plus de place, puisque les espaces de circulation vont plus que doubler de surface, passant de 15 000 à 37 000 m².

Et parce que la gare du Nord est avant tout une gare «verticale », il y aura beaucoup plus d’ascenseurs (55 contre 20 actuellement) et d’escalators (105 contre 45). Il est également prévu de construire un immense garage à vélos de 1 200 places à l’entrée de la gare, sur la rue de Dunkerque. Enfin, la gare routière, va être également agrandie et complètement réaménagée.

La SNCF ne sera plus «chez elle » à gare du Nord. Pour la première fois dans l’histoire de la SNCF, quand la rénovation de la gare du Nord sera achevée, elle n’y sera plus vraiment chez elle. D’abord engagée avec le promoteur Ceetrus (ex Immochan) dans le cadre d’une société d’économie mixte, la SNCF sera à terme actionnaire minoritaire (à 34%) au sein d’une société anonyme aux côtés de Ceetrus, qui pour les 46 prochaines années, sera le véritable «taulier » de la gare du Nord.

http://www.leparisien.fr/info-paris-ile-de-france-oise/transports/vous-n-allez-pas-reconnaitre-la-gare-du-nord-09-07-2018-7813650.php

AFFICHE PRIVATISATION GARE DU NORD

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"On risque l'insurrection"​ : même Alain Minc trouve que Macron exagère

Interrogé par "Libération" ce lundi 9 juillet, Alain Minc demande au gouvernement une politique plus sociale. Si même le théoricien du "cercle de la raison" et de la "mondialisaiton heureuse" le dit...

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Si même lui s'y met… Ce lundi 9 juillet, le consultant libéral Alain Minc se livre dans les colonnes de Libération. Il adresse un sévère avertissement à Emmanuel Macron, dont il juge la politique… économiquement trop à droite. "Les inégalités engendrées par le système de marché accroissent le risque d’un spasme sociétal, d’une révolte dont la forme est imprévisible", tremble l'énarque, qui a pourtant soutenu le fondateur d'En Marche en 2017. Avant de clairement s'inquiéter : "On ne peut pas continuer comme cela, l’inégalité est trop forte. On risque l’insurrection". Et, comme chacun sait, les insurrections, ce n'est pas bon pour le commerce.

Cela n'étonnera personne, Alain Minc a une idée précise des rectificatifs à apporter à la politique économique du gouvernement. L'augmentation ciblée des impôts n'en fait pas partie. "En Europe, les'1%' reçoivent 8% du revenu (…). Une telle inégalité est insoutenable. Mais si l’on cherche à y remédier par les mécanismes classiques de la redistribution égalitaire, on a besoin de sommes énormes, qui seront prélevées sur la classe moyenne, ce qui n’est guère plus satisfaisant", se justifie cette figure de l'élite financière française. L'ex-inspecteur des finances préfèrerait mettre en place un intéressement des salariés à la réussite des entreprises : "Il faut instaurer le principe de l’équité : réserver la redistribution à ceux qui en ont le plus besoin en révisant les méthodes de l’Etat-providence. Quant aux salariés, ils doivent bénéficier d’un partage du capital, sous la forme d’une distribution d’actions qui leur garantit un patrimoine". Une réforme qui profiterait surtout - par définition – aux salariés des entreprises les plus prospères.

Mondialisation plus si heureuse ?

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Jusqu'à présent, Alain Minc ne passait pas vraiment pour un héraut de la redistribution des richesses. Conseiller de nombreux patrons du Cac 40, comme François Pinault ou Vincent Bolloré, il est l'inventeur de concepts définitifs tels que le "cercle de la raison" pour qualifier la Fondation Saint-Simon, repaire de libéraux de gauche et de droite, ou la "mondialisation heureuse" à propos de l'internationalisation de l'économie.

A croire qu'un début de fébrilité commence à gagner certaines élites. Il est vrai que la popularité d'Emmanuel Macron s'est sérieusement érodée, pour tomber à 31% d'approbation en juin. Le 4 juin dernier, les économistes Philippe Aghion, Philippe Martin et Jean Pisani-Ferry, qui ont inspiré le programme d'En Marche, ont adressé au Président une note dénonçant "l’image d’un pouvoir indifférent à la question sociale".

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De là à affirmer qu'une révolution est en germe, il y a un pas qu'on ne franchira pas. C'est qu'Alain Minc ne s'est pas toujours signalé par sa prescience économico-politique. En 2016, il voyait Hillary Clinton élue à la présidentielle américaine, "Dieu merci, en faisant de la politique classique". En janvier 2008, neuf mois avant le krach boursier, il annonçait dans une émission de télévision qu'une crise financière d'ampleur était évitée. "Ce que je voudrais quand même ajouter (...), c'est quand même l'incroyable plasticité du système. Parce que, on nous aurait dit que, au fond, le système financier serait régulé avec un doigté tel qu'il évitera une crise qui aurait pu être quand même de l'ampleur des très grandes crises financières qu'on a connues dans le passé... (…) L'économie mondiale est plutôt bien gérée". On ne se refait pas.

https://www.marianne.net/economie/risque-l-insurrection-meme-alain-minc-trouve-que-macron-exagere?_ope=eyJndWlkIjoiYWMyOWU1Y2FmYjA3MWM5ODc0NzFmNzZlMmM0NTQwMTgifQ==

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mercredi 11 juillet 2018

Crise au Royaume-Uni : après ​le ministre du Brexit David Davis, Boris Johnson démissionne

Après le ministre du Brexit David Davis la veille, c'était autour de Boris Johnson de démissionner ce lundi 9 juillet.

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Un double camouflet de taille pour la Première ministre Theresa May, deux jours après l'adoption par son gouvernement d'un plan pour un "Brexit doux" qui doit encore être confirmé par le Parlement britannique.

Le ministre des Affaires étrangères Boris Johnson a annoncé sa démission dans l'après-midi de ce lundi 9 juillet. Flamboyante figure du camp du "Leave" , l'ancien maire de Londres avait rejoint le gouvernement de Theresa May après le référendum de 2016 ayant entériné le Brexit. Ce week-end, il avait comparé le fait de défendre le plan de "Brexit doux" proposé par Theresa May à "cirer une merde". Son départ fait suite à celui du "ministre du Brexit" David Davis, parti du gouvernement dans la soirée de dimanche.

Theresa May pensait peut-être arriver enfin au bout de ses peines quand elle a annoncé, vendredi, qu'elle était parvenue à rassembler son gouvernement derrière un "Brexit doux", qui assurerait le maintien d'une relation commerciale étroite avec l'Union européenne. Deux jours plus tard, la démission ce dimanche 8 juillet de son ministre chargé de mener la négociation à Bruxelles compromet fortement les plans de la Première ministre et replonge le Royaume-Uni dans la crise.

Le jeu de chaises musicales a commencé : le démissionnaire a été remplacé ce lundi par le conservateur Dominic Raab, jusqu'ici secrétaire d'Etat au Logement, a annoncé le 10 Downing Street. Cet eurosceptique, ancien membre de la campagne pro-Brexit, fait partie de la jeune génération montante du parti de Theresa May.

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David Davis, était le "Monsieur Brexit" du gouvernement depuis le référendum de juin 2016. Dans sa lettre de démission, il dénonce la voie de négociation imposée par Theresa May. Selon lui, les "règles communes" avec l'UE, adoptées par le gouvernement réuni en séminaire vendredi, "laissent le contrôle de larges parts de (leur) économie à l'Union européenne". Il déplore que ce "Brexit doux" ne permette pas de respecter la volonté de rupture avec Bruxelles que les Britanniques ont exprimée à travers leur vote et qu'il encourage l'UE à faire "de nouvelles demandes en vue de concessions" de la part du Royaume-Uni. Dans cette configuration, le contrôle du parlement britannique, qui ne s'est pas encore prononcé sur le plan proposé par le gouvernement May, est selon lui "illusoire". "Au mieux, nous serons dans une position de faiblesse pour négocier" avec l'UE, assure-t-il. Or, explique-t-il : "L'intérêt national exige un ministre du Brexit qui croie fermement en votre approche, pas seulement un conscrit réticent".

Risque de démissions en série

Cette démission a été suivie par celle d'un de ses adjoints en charge de la sortie du pays de l'Union européenne, Steve Baker, mais surtout par celui ce lundi d'un autre mastodonte du gouvernement, Boris Johnson, également adepte d'une ligne dure sur le Brexit. Dans les jours à venir, Theresa May va donc non seulement devoir nommer des remplaçants, mais aussi convaincre ces nouveaux venus d'adhérer à son plan.

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La situation est d'autant plus à risque pour la Première ministre que David Davis, maintenant hors du gouvernement, pourrait fédérer derrière lui une large partie des eurosceptiques du pays. Même s'il a assuré refuser cette position de leadership, beaucoup le voient devenir le fer de lance de plusieurs élus conservateurs critiquant le "Brexit doux". "Bravo", a ainsi salué Nigel Farage, ancien patron du Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP). "Pour que le Brexit réussisse, nous devons nous débarrasser de cette horrible et duplice Première ministre".

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De nombreux députés Tories ont également annoncé ces derniers jours qu'ils retiraient leur soutien à Theresa May, souhaitant la remplacer par un défenseur d'une sortie beaucoup plus dure de l'Union européenne. Interrogées dans les médias ce lundi sur la crise politique provoquée par le départ de David Davis, plusieurs figures du mouvement conservateur britannique ont ainsi émis le souhait de la voir remplacée. Mais David Davis lui-même, questionné par la BBC, a estimé qu'elle devait rester en poste : "Je l'apprécie, a-t-il expliqué. C'est une bonne Première ministre". La locataire de Downing Street pourrait pourtant devoir gérer une motion de défiance dans les jours à venir.

https://www.marianne.net/monde/crise-au-royaume-uni-apres-le-ministre-du-brexit-david-davis-boris-johnson-demissionne?_ope=eyJndWlkIjoiYWMyOWU1Y2FmYjA3MWM5ODc0NzFmNzZlMmM0NTQwMTgifQ==

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En matière d'UE, la trahison n'est jamais loin dans les milieux politiques, comme les Français l'ont appris à leurs dépens en 2008 (mise en oeuvre du Traité de Lisbonne), et les "faux nez" de l'opposition aux traités européens ne manquent pas, ceux qui font semblant d'être contre tout en oeuvrant pour le contraire.  A titre d'énième illustration, voir cette vidéo qui vient de sortir:

MELANCHON ELKRIEF BFM

Melenchon refuse clairement de sortir de l UE et de l euro dans son plan B

https://www.youtube.com/watch?v=_TgOqrW7c8w

Mélanchon récidive en réaffirmant que le "plan B" n'est en aucun cas une sortie possible de l'Union européenne!

P.G.

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GUETTA, C’EST PAS MOI.

TRIBUNE LIBRE / Par Floréal, Prcf.

TL GUETTA FLOREAL

Ce 6 juillet, toute la rédaction matinale d’Inter emmenée par Mme Salamé et M. Demorand, auxquels s’était ajoutée la directrice de chaîne en personne, pleurait à chaudes larmes le départ de l’inamovible Bernard Guetta, l’homme qui n’a cessé durant 27 ans ( !!!) de fixer le cap de l’Europe fédérale, du Oui à la constitution européenne, des ingérences à répétition de l’UE-OTAN en Libye, en Ukraine, en Syrie ; l’homme qui n’a tiré aucune leçon des énormes hécatombes qu’ont produites ces ingérences ; le grand amoureux de la paix ( !) et de l’indépendance des peuples ( !!) qui chaque matin, tançait les gouvernements maastrichtiens parce qu’à ses yeux, ils n’allaient jamais assez loin dans l’euro-dissolution de notre pays (pardon : dans la « mise en place d’une Europe politique ») et dans l’alignement empressé sur Clinton, sur Obama, sur Sainte Angela, « l’honneur de l’Europe » (car prôner l’alignement français sur Trump est désormais plus compliqué : il est fâché avec Merkel et l’esclave le plus veule doit presque se poser des questions quand il lui faut servir à la fois deux maîtres qui s’affrontent…).

Plusieurs comportements suscitaient la pitié ce matin à l’audition de "la France-Inter".

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Tout d’abord, celui de Guetta lui-même qui disait naïvement, et disons-le, sottement, « ne rien comprendre » à ce qui suscite le désamour massif actuel des peuples européens à l’égard de cette si belle Europe de la prospérité, de la paix et du progrès social que lui avaient promis les zélotes de Maastricht et de l’euro-Constitution. Bien sûr, l’ayatollah des Nouveaux Croyants risquait l’hypothèse que, peut-être, les peuples n’aiment pas perdre massivement, fût-ce au nom de « L’EUROPE, L’EUROPE, L’EUROPE ! », leurs acquis sociaux si difficilement gagnés dans le cadre des États-nations constitués. Mais bien entendu, le réflexe pavlovien revenait aussitôt et la réponse attendue arrivait vite : pour sauver les acquis sociaux, il faudrait… mais oui, vous avez deviné : PLUS D’EUROPE POLITIQUE, voyons ! Comme si chaque pas en avant de la construction européenne n’avait pas été suivi de DIX pas en arrière en matière de délocalisations, de privatisations, de casse des protections sociales, d’humiliation des peuples traités comme de sales gosses insensibles aux beautés de la belle Europe néolibérale. Comme si les gouvernants européens, Macron en tête, étaient des résistants potentiels aux gros actionnaires européens qui paient leurs campagnes , ainsi qu’aux USA qui, très souvent, ont financé leurs études. Comme si les traités supranationaux ne stipulaient pas cette merveilleuse « économie de marché ouverte sur le monde où la concurrence est libre et non faussée » qui fixe le cap de la dé-protection sociale, de l’américanisation totale de la langue et des modes de vie, de la thatchérisation de toutes les conquêtes civilisatrices du mouvement ouvrier ! Bref, soit ce Monsieur ment, soit il se ment, soit… c’est une bille politique et géopolitique, les trois réponses ne s’excluant d’ailleurs pas forcément …

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Plus grave encore, Guetta a avoué ce matin qu’il n’avait jamais cultivé « l’objectivité », ce qui est pourtant son devoir le plus élémentaire en tant que journaliste d’une part, et que journaliste du service public par ailleurs. Toujours, a-t-il avoué, il fut un « journaliste engagé » pour la « construction » européenne. Y compris en 2005 quand il terminait tous ses éditos sentencieux, non pas par « il faut détruire Carthage » (on a les Caton qu’on peut !), mais par : il serait catastrophique de voter non à l’Europe. Et là, notre critique s’adresse moins à lui, qui a peut-être fini par se convaincre à force d’euro-rabâcher, qu’aux directeurs de chaînes successifs nommés par les pouvoirs maastrichtiens successifs, lesquels ont choisi puis RECONDUIT PENDANT 27 ANS un éditorialiste international qui proclamait chaque matin, sans nulle considération pour les Français en désaccord avec lui, son positionnement UNILATÉRAL ; car si Guetta avoue qu’il était « engagé », c’est-à-dire clairement d’un bord contre un autre, alors pourquoi et au nom de quoi les directeurs successifs d’Inter, et leurs vrais maîtres, les présidents de la République successifs, l’ont-il choisi lui et lui seul, et non pas tel autre journaliste faisant la part des choses, nuançant le propos, essayant au moins d’être « objectif », ne présentant pas son idéologie va-t-en-guerre comme le comble de l’attachement à « la gauche », bref, un journaliste respectant la MAJORITÉ DES FRANÇAIS payeurs de redevance qui ont voté NON à l’euro-constitution et à qui, chaque matin Guetta a dit en quelque sorte : « VOUS EN BOUFFEREZ QUAND MÊME ! » ?

Et si on veut du débat et de « l’engagement », comment se fait-il qu’il n’y ait toujours qu’une couleur représentée sur chacun des grands sujets matinaux d’Inter, Léa Salamé affichant sa sainte horreur de la France insoumise, Guetta sa détestation de l’ex-URSS, de Cuba, du Venezuela bolivarien et de la Russie, Bernard Seux (Les Échos) vantant chaque matin le néolibéralisme patronal et pointant sans trêve les « archaïsmes » du mouvement syndical français ? Curieux « engagement », curieux goût du « décryptage », qui se situe toujours DU CÔTÉ DU MANCHE, toujours du côté des puissants et de l’ordre brutal que recouvrent les mots « euro », « UE » et « OTAN » ; surtout quand on regarde ce qui arrive, non seulement aux migrants chassés de chez eux par les guerres néocoloniales de l’Occident et littéralement noyés par ledit Occident, mais aux peuples grec, portugais, italien et, de plus en plus, au peuple français (mais rassurons-nous, « on est en demi ! »), en matière de macro-chômage, de macro-précarité, de macro-paupérisation et pire encore, de macro-abrutissement des couches populaires et de la jeunesse !

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Pire que pire maintenant : les larmoiements radiodiffusés de « la France-Inter » en grand deuil au matin de ce 6 juillet : certes, ça fait longtemps que le standard d’Inter trie politiquement ses intervenants (ou plutôt, ses faire-valoir, puisqu’ils n’ont jamais le droit de répondre à la réponse et qu’un enfant sage sur deux de cette radio croit bon de commencer en disant, à la manière de Mireille Matthieu remerciant « son public » : « je vous félicite pour la qualité de vos émissions » !), et l’auteur de ces lignes en sait quelque chose lui qui, en dix ans, n’a jamais pu poser à l’antenne la moindre question sur la politique de substitution linguistique du tout-anglais transatlantique à notre langue nationale en perdition. Mais n’empêche, combien ces larmoyants Guettophiles matinaux étaient-ils piteusement emblématiques de ce qu’est devenue une bonne partie de la France-qui-se-croit-de-gauche, tel cet émouvant auditeur matutinal qui pleurait au téléphone pour saluer « Bernard », toute pudeur bue ! ce gentil auditeur, sans doute partisan d’une « guerre de gauche » à outrance en Syrie, ne perdait pas en l’occurrence un journaliste, il perdait un directeur de conscience, un grand-prêtre de cette très sainte Religion euro-œcuménique qui fédère aujourd’hui tous les privilégiés de France et toute la théorie de  leurs affidés bien-pensants…

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Reconnaissons-le cependant, Guetta avait un mérite : il « écrivait » ses papiers et était un des rares journalistes du service public (France-Culture est encore pire qu’Inter de ce point de vue) à savoir lire et à faire des liaisons correctes alors que le débraillé linguistique, que l’avalanche des anglicismes paresseux, que les phrases absurdes du style « les universités vont désormais pouvoir trier leurs-H-étudiants » font désormais florès sur Inter dans la parfaite indifférence du CSA (Cancres Supervisant l’Audimat ?)… Maigre satisfaction toutefois, car à quoi bon parler un français châtié si par ailleurs on appuie fanatiquement un processus global qui détruit la France et qui relègue sa langue de lumière(s) au 36ème dessous ?

Bref, le géo-croisé Guetta va ENFIN prendre sa retraite, contrairement à tant de gens qui, grâce à sa maudite Europe, auront été licenciés et renvoyés à l’enfer des minima sociaux bien avant de parvenir à la date-limite et d’obtenir une super-retraite dorée…

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Laissons la veulerie sangloter. Et demandons-nous si Duclos et Thorez pourraient encore aujourd’hui, étant donné l’état mental d’une bonne partie de « la France-Inter » (l’autre partie n’ayant jamais la parole), lancer encore la fameuse formule qui concluait le vibrant appel diffusé par le PCF clandestin le 10 juillet 40 :  « jamais, non jamais, le peuple de France ne sera un peuple d’esclaves ».

https://www.initiative-communiste.fr/articles/billet-rouge-2/guetta-cest-pas-moi-par-floral-prcf-2/?ct=t(RSS_EMAIL_CAMPAIGN)

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mardi 10 juillet 2018

XIe-XXIe siècles Mille ans d'Histoire belge

La Belgique, État improbable, n'en finit pas de s'interroger sur son identité, son passé, son présent et son avenir.

HIST FRANCE BELGIQUE

Curieux État il est vrai, guère plus étendu que la Bretagne (30 000 km2) mais trois fois plus peuplé (10 millions d'habitants), né en 1830 de la scission des Pays-Bas.

À défaut d'une d'une langue commune, les Belges partagent un art de vivre original, tissé d'humour et d'épicurisme. Au carrefour de toutes les cultures ouest-européennes, ils ont en commun la bande dessinée et le football, la bière et le cyclisme, les Brueghel, Paul Rubens et René Magritte, Hans Memling et Charles Quint... ce qui n'est pas rien !

La Belgique à travers les âges

Les Belges sont cités pour la première fois dans le compte-rendu de Jules César sur La Guerre des Gaules. Depuis cette date, il y a 2000 ans, ils ont connu bien des avatars sans jamais perdre leur spécificité : germaniques par un bout, romans par l'autre. En 1830 naît la Belgique sur un air d'opéra...

Désordres féodaux

Au Moyen Âge, la Belgique, qui n'est encore qu'un concept géographique et non national, est divisée entre d'innombrables seigneuries plutôt prospères et dynamiques, plus ou moins indépendantes : comté de Flandre, duchés de Brabant et de Hainaut, évêché de Liège...

- Conformément au traité de Verdun (843), les comtés de Flandre, de Boulogne et d'Artois, à l'ouest, font allégeance aux rois capétiens, mais avec réticence car ils tiennent à commercer librement avec les Anglais, ennemis traditionnels des Capétiens. Le comte de Flandre figure au premier rang des ennemis de Philippe Auguste à la bataille de Bouvines (1214).

Avec la bataille de Courtrai, le roi Philippe IV le Bel tente de remettre les Flamands dans le droit chemin mais il doit y renoncer... Il faudra attendre Louis XIV et le traité d'Aix-la-Chapelle de 1668 pour que la Flandre méridionale, autour de Lille, Boulogne et Arras, entre dans le giron français !

- À l'est de l'Escaut, on quitte le domaine capétien pour entrer dans le duché de Basse-Lorraine. Il fait partie du Saint Empire romain germanique et s'étend jusqu'au Rhin.

En 1339, profitant de la guerre entre France et Angleterre, la Flandre, le Hainaut et le Brabant-Limbourg se lient par un pacte pour consolider leur indépendance. Ainsi s'efface la frontière de l'Escaut.

Charles Quint réunit les Dix-Sept Provinces

En 1369, Marguerite de Male, comtesse de Flandre, épouse le duc de Bourgogne Philippe le Hardi. Leur petit-fils Philippe le Bon acquiert le comté de Namur, le duché de Brabant-Limbourg, puis les comtés de Hainaut, Zélande, Hollande et Frise, et jusqu'à l'évêché de Liège, jusque-là indépendant.

Ainsi les Pays-Bas et la Belgique se trouvent-ils pour la première fois unis sous la férule d'un même souverain, le duc de Bourgogne. Après la mort tragique de Charles le Téméraire, cet héritage fabuleux passe à Maximilien 1er de Habsbourg, époux de Marie de Bourgogne, fille unique du dernier duc de Bourgogne.

Le petit-fils de Maximilien, l'empereur Charles Quint n'aura de cesse de consolider ses possessions occidentales. Né près de Gand et de culture française, Charles Quint est attaché à ses « Dix-Sept Provinces » des Pays-Bas plus qu'à aucune autre de ses immenses possessions. À ce titre, il peut être considéré comme le premier souverain belge !

Plus prospères qu'aucune autre région d'Europe grâce à l'industrie du drap, au commerce, à la pêche, à l'agriculture... les Dix-Sept Provinces connaissent une très grande effervescence intellectuelle et culturelle.

Ainsi accueillent-elles avec ferveur l'imprimerie et la Réforme protestante. Il s'ensuit des persécutions et des déchirements qui ternissent la fin du règne de Charles Quint et le règne de son fils et successeur, le roi d'Espagne Philippe II.

À la fin du XVIe siècle, la religion protestante (version calviniste) s'impose dans les provinces du Nord tandis que le Sud (la Belgique et le Nord de la France actuelles) reste bon gré mal gré fidèle au catholicisme et à l'Espagne. C'est la scission. Le Nord calviniste devient indépendant sous le nom de Provinces-Unies.

Au sud, les Jésuites assurent le triomphe de la Contre-Réforme catholique. Malgré les conditions douloureuses de leur naissance et leur implication dans les guerres européennes, les Pays-Bas espagnols (l'actuelle Belgique) s'épanouissent sous la gestion quelque peu débonnaire des Habsbourg d'Espagne puis d'Autriche. On conserve le souvenir de leur plus prestigieux enfant, le peintre baroque Pierre Paul Rubens.

Champ de bataille européen

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Par les traités d'Utrecht (1713) et de Rastatt (1714), les Pays-Bas espagnols tombent dans l'escarcelle des Habsbourg d'Autriche. En 1792, les révolutionnaires français, en guerre contre Vienne, n'ont qu'une hâte, c'est d'occuper les Pays-Bas autrichiens, menaçants car très proches de Paris.

Pour la maîtrise d'Anvers, Bruxelles, Liège et la Belgique, Anglais et Français vont se faire la guerre jusqu'à la défaite totale des seconds, en 1815, à Waterloo (en Belgique !).

Les Anglais obtiennent la création d'un État-tampon au nord de la France, le royaume des Pays-Bas. Mais cette construction artificielle, dans laquelle les Bruxellois et wallons se sentent humiliés, ne dure guère. Elle aboutit à la nouvelle scission de 1830 et à la naissance de la Belgique moderne.

Le nouvel État, dirigé par un roi et une bourgeoisie très francophile, magnifié par d'illustres écrivains de langue français (y compris ceux d'origine flamande : Émile Verhaeren, Maurice Maeterlinck, Charles de Coster... Jacques Brel), va laisser croire au monde entier qu'il est lui-même à dominante francophone (c'est en français qu'il va administrer et éduquer sa colonie du Congo).

Tensions communautaires

En 1914 comme en 1940, le malheureux pays retrouve sa vocation de champ de bataille de l'Europe. En lot de consolation, après la Seconde Guerre mondiale, sa capitale Bruxelles a l'honneur d'accueillir le siège de l'OTAN et mieux encore [sic] les principales institutions européennes.

Considérée à tort par beaucoup comme une relique médiévale, la monarchie demeure depuis les origines le principal facteur d'unité de la Belgique, sinon le seul ! Léopold 1er (roi des Belges de 1831 à 1865) oriente sans réticence la Belgique vers un régime parlementaire.

Son fils et successeur Léopold II (1835-1909) favorise l'industrialisation du royaume et finance de ses deniers l'expansion ultramarine et la conquête du Congo, au demeurant très critiquée.

Albert 1er (1909-1934) suscite l'admiration par son engagement personnel pendant la Grande Guerre sur le front de l'Yser. Son successeur Léopold III (1934-1951) a une attitude beaucoup plus équivoque après l'invasion allemande de 1940. Il demeure en Belgique, en résidence surveillée au château de Laeken, contre l'avis de son gouvernement, réfugié à Londres.

La question royale divise le pays à la Libération : appelés à se prononcer par référendum en mars 1950 sur le retour du roi sur le trône, les Flamands répondent Oui à 70% et les Wallons Non à 57% ! Léopold III met tout le monde d'accord en abdiquant au profit de son fils. Baudouin 1er monte sur le trône le 16 juillet 1951, à 20 ans. Son frère lui a succédé à sa mort, le 31 juillet 1993, sous le nom d'Albert II.

Albert II ayant décidé de démissionner pour raisons de santé le 21 juillet 2013, à 79 ans, son fils né en 1960 lui a succédé sous le nom de Philippe 1er, avec la lourde responsabilité de maintenir l'unité menacée par les tensions communautaires... 

https://www.herodote.net/histoire/synthese.php?ID=222&ID_dossier=322

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lundi 9 juillet 2018

Loi privatisant les HLM : pourquoi il sera bientôt encore plus galère de trouver un logement décent

Privatiser progressivement le logement social : tel est l’un des objectifs du projet de loi « Elan », en cours d’examen parlementaire.

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Les conséquences de ce texte sont potentiellement désastreuses pour les locataires de HLM, en particulier les moins aisés. Après avoir fragilisé la situation de bailleurs sociaux, le gouvernement propose sa solution miracle : vendre 1% du parc chaque année, soit 40 000 logements par an basculés sur le marché privé. Les exemples de privatisation du logement social en Angleterre et en Allemagne laissent pourtant présager le pire : baisse du nombre des logements, dégradation des résidences, augmentation drastique des loyers, et explosion du mal-logement.

1,5 milliard d’euros : c’est la brutale coupe budgétaire réalisée par le gouvernement à l’encontre du logement social. 800 millions en moins sur les allocations logement versées aux locataires du parc social, et 700 autres millions via une augmentation de la TVA sur les HLM, qui passera de 5,5 à 10 %. « 1,5 milliard, cela représente les deux-tiers des fonds propres des organismes HLM, décrit Manuel Domergue, directeur des études à la fondation Abbé Pierre (FAP). Cet argent sert à la rénovation et la construction. » Le fait que les organismes HLM, pour le moment en bonne santé économique, se retrouvent sur la corde raide rendra certaines négociations difficiles. Celles permettant de faire baisser les loyers pour les personnes en grande difficulté, par exemple. « L’annonce de ce budget en baisse a eu des conséquences immédiates : le nombre de projets de constructions a diminué dès le mois de décembre 2017 », remarque Manuel Domergue.

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La France compte 4,8 millions de logements sociaux, qui abritent 10 millions de personnes. Un Français sur deux loge ou a logé dans un logement social [1]. Outre le soutien de l’État (subventions directes, exonération d’impôts, accès facilité au foncier), le secteur du logement social reçoit l’aide des collectivités territoriales. La Caisse des dépôts et consignations, institution financière publique, lui octroie des prêts à très long terme, sur 30 ou 70 ans. Ces prêts constituent près de 75% du financement total du secteur, adossés sur les dépôts de l’épargne populaire du livret A. Entreprises et salariés participent également au financement des HLM, à travers le 1% logement. Les bailleurs peuvent, enfin, compter sur les locataires, qui reversent chaque année plusieurs milliards d’euros de loyers.

Bientôt 40 000 logements sociaux en moins chaque année

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La mise sous tension financière du secteur, qui inquiète nombre d’acteurs, va en fait permettre au gouvernement d’imposer son agenda. La loi Elan – pour « Évolution du logement, de l’aménagement et du numérique » – qui vient d’être adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale et passe actuellement au Sénat, en donne l’illustration. « [Cette loi] est pour une large part la conséquence de la loi de finances 2018 », analyse l’Union sociale pour l’habitat. Pour compenser cette coupe budgétaire, le gouvernement avance une solution miracle : la vente accrue de logements sociaux avec un objectif à terme de 1% du parc cédé chaque année, soit 40 000 logements – contre 8000 actuellement. « Nous aurons donc 40 000 logements sociaux en moins chaque année », confirme Manuel Domergue. Or, ce qu’il faudrait, c’est au contraire augmenter leur nombre. En 2017, selon la fondation Abbé Pierre, deux millions de ménages étaient en attente d’un logement à loyer modéré ; 3,8 millions de personnes mal logées, et 12 millions éprouvaient des difficultés locatives.

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« La vente d’un logement permet le financement de deux ou trois logements (40 000 logements vendus pour 100 000 à 120 000 logements construits) », affirment Christophe Denormandie et Jacque Mézard, secrétaire d’État et ministre de la Cohésion des territoires. Problème : « On ne sait pas d’où vient ce chiffre, annonce Clément Allègre, chargé de mission logement social pour l’association Consommation, logement et cadre de vie (CLCV). Il n’apparaît pas dans l’étude d’impact du projet de loi Elan, ni dans aucune autre étude publique. Mais il est impossible qu’un logement vendu à Paris, par exemple, soit équivalent à trois logements construits au même endroit, étant donné le prix du foncier. »

Privatisation du logement social : les désastreux modèles allemands et anglais

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Que s’est-il passé chez nos voisins européens ? En Allemagne, l’important mouvement de privatisation du secteur du logement social à partir de 1990 s’est traduit par une diminution du nombre de logements disponibles. Les bailleurs communaux – équivalent de nos bailleurs sociaux – ont été massivement vendus à des entreprises et fonds d’investissements privés entre 1990 et le milieu des années 2000. Avec comme objectif affiché d’assainir les finances municipales. « Depuis 1990, le stock de logements sociaux en Allemagne a baissé d’environ 60 %», alertait l’Association nationale d’aides aux sans-abri (Bundesarbeitsgemeinschaft Wohnungslosenhilfe). À Berlin, 482 000 logements appartenaient aux bailleurs communaux en 1990. Il n’en restait plus que 273 000 en 2005, soit 209 000 en moins [2].

Même scénario en Angleterre, où la politique du « right to buy », le « droit à acheter », mise en place par Margaret Thatcher en 1980 - qui ressemble fort au projet du gouvernement français avec la loi Elan - a entraîné la privatisation de 1,8 million de logements sociaux publics en 30 ans [3]. À Londres, 40 % des logements sociaux publics ont été privatisés entre 1980 et le début des années 2010, sans que les constructions neuves puissent compenser ces pertes. « Le "Right to buy" a certes permis à des milliers de familles d’accéder à la propriété, mais les règles n’ont pas permis aux autorités locales de remplacer les logements vendus, alors que nous en avons désespérément besoin dans de nombreuses régions du pays », soulignait en avril dernier l’association des municipalités britanniques, la Local Governement Association.

Appropriation par des fonds d’investissement

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La possibilité accrue d’achats de HLM est présentée par le gouvernement d’Édouard Philippe comme une accession sociale à la propriété pour les locataires actuels du parc HLM. Sauf que ces derniers n’en ont pas nécessairement les moyens, bien au contraire. L’Union sociale pour l’habitat estime que l’objectif de 40 000 ventes par an est « trop important au regard de la paupérisation des locataires du parc social, de la variété des marchés locaux et des besoins en logements locatifs sociaux, en particulier dans les communes en manque de logements sociaux. » Loin de bénéficier des possibilités d’achat, les locataires risquent plutôt d’en pâtir. Vendus à la découpe, les HLM se transformeront peu à peu en copropriétés avec des risques importants de problèmes de gestion, de manque d’entretien, et de dégradations du bâti. « Ceux qui resteront seront soumis à des pressions pour partir, puisque seule leur présence empêchera les bailleurs de vendre », ajoute Manuel Domergue, de la Fondation Abbé Pierre.

Lobby

En Allemagne, seuls 11 000 des 209 000 logements berlinois privatisés ont atterri entre les mains de particuliers (soit 5 %). 11 000 autres ont été cédés à des coopératives d’habitants – un modèle qui n’existe pas en France. La très grandes majorité, 120 000 logements, a été vendue à des fonds d’investissements. En 2004, la ville de Berlin a ainsi vendu un bailleur entier, la GSW, et ses 65 700 logements, au fonds d’investissement états-unien Cerberus. Deux ans plus tard, la ville de Dresde, dans l’est de l’Allemagne, a cédé la totalité de ses logements communaux, plus de 48 000, à un autre fonds d’investissements états-unien, Fortress [4]. Un situation qui change radicalement la donne : alors que les bailleurs avaient pour mission de proposer aux locataires des logements décents à prix raisonnable, les fonds d’investissement travaillent d’abord à générer des bénéfices pour leurs membres.

Augmentation des loyers, coupes dans l’entretien des bâtiments

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Quel a été l’impact de ces transferts au privé pour les locataires ? « Quelques semaines seulement après la privatisation, la GSW a imposé pour de nombreux logements des hausses de loyers de 20 %», rapportait en 2006 l’association des locataires de Berlin, dans son livre noir de la privatisation. Ailleurs en Allemagne, les nouveaux propriétaires ont tout simplement cessé l’entretien des bâtiments et des logements. Comme dans la ville de Wilhelmshaven, où le même fond d’investissement, Cerberus, a acheté 7500 logements communaux en 2004. Deux ans plus tard, ces logements avaient déjà changé deux fois de propriétaire. Aucun des trois n’a entretenu les bâtiments, tout en décrétant des hausses de loyers [5].

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La possibilité de voir le parc HLM français se transformer en simple produit financier inquiète énormément les associations d’aide au logements et les bailleurs sociaux. D’autant plus qu’un amendement de la loi Elan offre la possibilité de vendre les logements sociaux à n’importe qui, y compris à des fonds de pension. « Le bailleur vend les murs et il garde l’usufruit du logement, c’est à dire qu’il le gère et touche les loyers, pendant dix, vingt ou trente ans, la durée étant fixée à la signature du contrat », précise Manuel Domergue. La pleine propriété revient ensuite à l’acquéreur.

Obliger les habitants à se surendetter ou à partir

À long terme, des pans entiers du logement social pourraient d’un seul coup passer au privé, obligeant les habitants à se surendetter ou à partir. Sous tension, les organismes HLM ne seront pas en situation de négocier les contrats à leur avantage, et pourront difficilement renoncer aux sommes importantes qu’ils pourraient toucher dans le cadre de ces ventes « en bloc », aussi peu fréquentables soient les acheteurs. « Nous appelons le gouvernement à interdire la vente en bloc d’immeubles HLM à des acteurs qui n’ont en rien contribué à leur construction », s’est alarmé l’Union sociale pour l’habitat le 12 juin, alors que le texte venait d’être voté par l’Assemblée nationale en première lecture.

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Autre injonction de la loi Elan, censée permettre au secteur de réaliser des économies : le regroupement des organismes HLM, jugés trop nombreux et trop petits. Pour le moment, seuls 10% des bailleurs ont la taille requise, à savoir 15 000 logements minimum. « Les bailleurs vont être absorbés par cette question du regroupement, regrette Manuel Domergue. Ce sera autant de temps passé en moins sur la rénovation, par exemple. » « Avec ces regroupements, il y a pour nous un vrai risque de pertes de proximité avec les locataires, qui en ont pourtant grandement besoin », ajoute Clément Allegre, de la CLCV. Comment négocier avec des acteurs encore plus lointains ? Comment feront les locataires en milieu rural, de plus en plus âgés et donc peu mobiles ? Tous les sièges sociaux des organismes vont se retrouver dans les métropoles.

La loi solidarité en communes menacée

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Actuellement discutée au Sénat, la loi Elan pourrait revenir à l’Assemblée lestée d’un autre point noir pour les locataires HLM : le détricotage de la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbain (loi SRU). Votée en décembre 2000 sous le gouvernement socialiste de Lionel Jospin, cette loi impose 20 à 25% de logements sociaux par commune d’ici à 2025, pour lutter contre la ségrégation territoriale. Jusqu’à présent, aucun gouvernement n’avait osé y toucher. Celui d’Édouard Philippe a avancé à petits pas vers sa remise en cause, en comptabilisant dans le quota de HLM d’ex-logements sociaux vendus depuis des années. Mais les sénateurs pourraient profiter de l’occasion pour assouplir encore les choses, alors que de nombreux élus locaux sont déjà hors-la-loi concernant cette obligation, en particulier au sein des communes riches [6]. « Le passage au Sénat présente un vrai risque, s’inquiète Manuel Domergue. Le gouvernement pourrait trouver un compromis avec les sénateurs sur la loi SRU, en commission mixte paritaire, d’autant qu’il aura besoin d’eux pour le vote de la réforme constitutionnelle. »

En Angleterre, une autre conséquence de la politique du « Right to buy » est la ghettoïsation et la stigmatisation des quartiers de logements sociaux restants. Car les locataires sociaux qui ont racheté leur logement étaient les plus aisés. Les logements sociaux non-privatisés abritent donc aujourd’hui les plus pauvres parmi les pauvres [7]. La privatisation massive a aussi un effet sur les difficultés d’accès au logement pour les foyers les plus pauvres. Les logements vendus à leurs locataires peuvent ensuite être revendus à d’autres propriétaires, qui peuvent tout à fait les louer ensuite aux prix du marché privé.

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« Quatre logements sur dix vendus en "droit à acheter" sont désormais entre les mains de propriétaires privés »,titrait The Guardian en décembre 2017. « Les locataires qui vivent dans des logements vendus sous le dispositif de Margaret Thatcher paient aujourd’hui des loyers deux fois plus élevés que ceux des logements sociaux détenus par les autorités locales », précisait aussi le quotidien britannique.

Explosion du nombre de mal-logés en Allemagne

En Allemagne comme en Angleterre, la privatisation du secteur du logement social fragilise les plus précaires, éloignant sans cesse la possibilité d’un accès à un logement décent. « En 2016, il n’y avait plus que 1,2 million de logement sociaux en Allemagne. Les communes, les Länder et l’État ont vendu les logements qui étaient en leur possession à des investisseurs privés. Ils ont ainsi cédé leurs réserves de logements à prix accessible », souligne l’association nationale d’aide aux sans-abri. Selon cette dernière, l’Allemagne comptait 420 000 personnes sans véritable logement en 2016, dont 52 000 vivant purement et simplement à la rue. Le nombre de mal-logés a augmenté d’un tiers en deux ans ! Sans compter les réfugiés nouvellement arrivés, encore hébergés dans des centres de premier accueil souvent aménagés dans des hangars ou des gymnases.

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L’Angleterre quant à elle fait face à un manque chronique de logement. La politique du "Right to buy" n’y a pas remédié, au contraire. « La construction de logement n’a pas suivi l’augmentation de la demande depuis les années 1980, en particulier à Londres, rappelle la Fondation Abbé-Pierre dans sa dernière étude sur le mal-logement en Europe. La construction de logements publics a chuté, et celle de logements privés a été impactée par les récessions économiques. » La transformation de près de la moitié des logements sociaux privatisés depuis 1980 en logements loués sur le marché locatif privé augmente de fait le risque de mal-logement. En Angleterre, « la fin du bail dans le secteur privé est devenue la première cause de sans-abrisme », précise la Fondation Abbé-Pierre. Est-ce vraiment la voie sur laquelle souhaite nous engager le gouvernement français ?

Rachel Knaebel, Nolwenn Weiler

 
- Photo : quartier des Chartreux à Moulins (Allier) - Jean-Louis Zimmermann (CC BY 2.0).

Notes

[1Voir le site de l’Union sociale pour l’habitat, ici.

[2Voir « Privatisierung der Berliner Wohnungsbaugesellschaften », 2005, Andrej Holm.

[3Voir les chiffres ici.

[4Voir ici.

[5Voir cette étude de l’association des villes et communes allemandes en 2007. L’association cite d’autres exemples.

[6Voir le palmarès des hors-la-loi de la réglementation SRU.

[770% des foyers anglais qui habitent aujourd’hui dans les logements sociaux dépendent des prestations sociales pour vivre.

https://www.bastamag.net/Loi-privatisant-les-HLM-pourquoi-il-sera-bientot-encore-plus-galere-de-trouver

Posté par UPR Creuse à 04:15 - - Permalien [#]
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