samedi 26 mai 2018

Les grandes orientations des politiques économiques (GOPÉ) 2018-2019

La feuille de route économique et sociale d’« Emmanuel Macron » est mise à jour : les grandes orientations des politiques économiques (GOPÉ) 2018-2019

ARG GOPE 2018

Pendant toute la campagne présidentielle,  François Asselineau et l’UPR avaient annoncé quel serait le VRAI programme des dix autres candidats, qui refusaient tous les dix de proposer aux Français de faire sortir la France de l’UE par la mise en œuvre la plus rapide possible de l’article 50 du traité sur l’Union européenne (TUE). Les Français et des pseudo-spécialistes de l’analyse politique découvrent avec effroi les réformes anti-sociales qui ont lieu depuis le début du quinquennat (SNCF, casse droit du travail, rabotage de l’ISF, baisse de l’impôt sur les sociétés, hausse de la CSG, baisse de l’assurance chômage, stagnation du SMIC, etc.) alors qu’il suffisait de lire les GOPÉ 2016-2017 et 2017-2018.

Du fait de l’engagement de la France dans l’euro et dans l’Union européenne, toutes les grandes décisions de notre politique économique et sociale sont directement dictées par les « recommandations » de la Commission européenne, également intitulées « grandes orientations des politiques économiques (GOPÉ) », que l’institution technocratique bruxelloise publie chaque année à la mi-mai.

Or, la Commission européenne vient de publier, ce 23 mai 2018, la mise à jour annuelle de ces fameuses « recommandations » [1].

LE PRÉAMBULE DU RAPPORT DES « GOPÉ » 2018-2019

Notons tout d’abord trois éléments intéressants dans le préambule :

  • 1er élément du préambule

Le document précise que, « en tant qu’État membre dont la monnaie est l’euro, et compte tenu des liens étroits entre les économies de l’Union économique et monétaire, la France devrait veiller à mettre en œuvre intégralement et en temps utile la recommandation concernant la zone euro, qui est prise en compte dans les recommandations figurant aux points 1 et 2 ci-dessous ».

Il faut noter ici que les points 1 et 2 correspondent aux deux tiers des « recommandations ». Cette note du préambule tord en soi l’argumentaire des européistes (et des crédules) qui ont tendance à atténuer la portée des GOPÉ en expliquant qu’il ne s’agirait que de recommandations et non pas d’obligations.

Rappelons que cela est faux pour au moins deux raisons :

  • Depuis le pacte de stabilité et de croissance (PSC) de 1997 [2], et avec le «six-pack» [3], la Commission peut sanctionner financièrement les pays en cas de manquement ou de retard dans l’application des mesures préconisées. En cas d’« écarts importants », la Commission adresse à l’État membre un avertissement et sa situation est suivie tout au long de l’année. Si elle n’est pas « redressée », la Commission peut proposer la constitution d’un dépôt correspondant à 0,1 % du PIB. Pour la France, il s’agirait donc d’un dépôt de 2,2 milliards d’euros.  Les « recommandations » dans les textes se transforment donc, dans les faits, en obligations.
  • C’est aussi nier le fonctionnement des institutions européennes puisque la machine bruxelloise repose sur le concept de « soft law» et de « pression des pairs ». Le principe même de ces GOPÉ, c’est justement d’exercer constamment une pression sur les représentants d’un État.
    Certes, ils peuvent ne pas appliquer telle ou telle « recommandation », pendant un certain temps,  en échappant aux sanctions. Mais, concrètement, il leur est impossible de refuser d’appliquer toutes les mesures tout le temps.
    Du reste, le principe même des GOPÉ serait sinon vide de sens. En fait, il s’agit d’un étau intellectuel, juridique et moral qui se resserre peu à peu, et auquel il est impossible de se soustraire durablement.
  • 2e élément du préambule

Le document précise par ailleurs que, « le 25 avril 2018, la France a présenté son programme national de réforme et de stabilité pour 2018 ».

Il s’agit du mécanisme classique des GOPÉ où la France présente sa copie économique et sociale, tel l’élève qui rend sa copie au professeur.

C’est d’autant plus ahurissant pendant les années d’élection présidentielle comme l’année dernière puisque cela doit être appliqué sur les deux années en question, peu importe le résultat des élections. Le nouveau gouvernement italien se heurte et va se heurter à cela. Il n’y aura pas 36 issues :

  • ils rentrent dans le rang comme Tsipras et appliquent finalement les « recommandations » ;
  • ils n’appliquent pas les GOPÉ, vont à l’affrontement : soit ils rentrent dans le rang après le conflit, soit alors ils seront sanctionnés financièrement jusqu’à une sortie ;
  • ils décident quasiment d’emblée de sortir de l’Union européenne par l’article 50 du TUE et évitent les sanctions et les querelles avec les partenaires européens mais cela est peu probable étant donné que cela n’était au programme d’aucun des deux partis. Ils n’auront en aucun cas la légitimité démocratique nécessaire à un tel bouleversement géopolitique.
  • 3e élément du préambule

Le préambule du document indique enfin : « À la lumière des résultats du bilan approfondi de la Commission et de cette évaluation, le Conseil a examiné le programme national de réforme et le programme de stabilité. »

Nous avions montré dans un article précédent le lien direct entre les GOPÉ et le programme national de réforme ou PNR [4].

La preuve est ainsi apportée une nouvelle fois que, contrairement à ce que les médias et les dirigeants des partis politiciens veulent faire croire aux électeurs, le gouvernement français n’est pas libre de ses choix : les GOPÉ se retrouvent bien dans le PNR et sont donc bien la feuille de route économique et sociale du gouvernement français.

LE CONTENU DES « RECOMMANDATIONS » POUR 2018-2019

Il convient maintenant de lire ces « recommandations » et d’en décrypter les six principales.

En voici le texte qui était malheureusement dans un premier temps cette année uniquement disponible en anglais, preuve que le Brexit ne change absolument rien à la soumission intellectuelle de l’UE au monde anglo-saxon, américain en particulier. Nous avons mis à jour cet article, une fois le rapport publié en français.

Décryptage

1) Que signifie : « veiller à ce que le taux de croissance nominal des dépenses publiques primaires ne dépasse pas 1,4% en 2019 » ?

Cette formule pour initiés signifie que, comme tous les ans, la Commission européenne exige que la France poursuive une politique d’austérité renforcée.

La version du rapport de l’année 2015 [5] insistait sur le fait qu’ « il est impossible de dégager à court terme d’importantes économies sans ralentir considérablement la croissance des dépenses de sécurité sociale. […] Des économies de 11 milliards d’euros sur les dépenses de santé sont prévues pour 2015-2017, mais des efforts supplémentaires seront nécessaires pour limiter les hausses de dépenses dans ce domaine. »

En bref, les coupes sombres dans la santé, l’assurance-chômage et les retraites vont donc continuer et s’accentuer !

C’est d’ailleurs comme par hasard ce qu’a laissé entendre récemment Bruno Le Maire, comme si l’initiative venait de lui. [6]

2) Que signifie : « utiliser les recettes exceptionnelles pour accélérer la réduction du ratio d’endettement public »  ?

Cela veut tout simplement dire qu’il faut privatiser des biens publics pour réduire la dette publique. En effet, la croissance n’étant pas fabuleuse et les taxes mises en place telles que celles sur le diesel et l’essence, que les Français constatent au quotidien, étant établies pour durer, « les recettes exceptionnelles » ne peuvent être que des cessions d’actifs publics, ce qui est d’ailleurs cohérent avec l’article 106 du TFUE.

Il ne faut pas donc s’étonner de voir plus ou moins publiquement sur la table les privatisations des aéroports de Paris [7], de la Française des jeux [8] ou de la SNCF [9].

3) Que signifie : « uniformiser progressivement les règles des différents régimes de retraites » ?

Cette formule signifie, comme c’est habituellement le cas avec l’UE, harmoniser vers le moins-disant pour diminuer la dépense publique. Dans le préambule, il est d’ailleurs indiqué que cela pourrait faire économiser 5 milliards d’euros de dépenses publiques.

 

4) Que signifie : «  garantir  la compatibilité des évolutions du salaire minimum avec la création d’emplois et la compétitivité » ?

Cela signifie que, le taux de change de l’euro étant trop cher pour la compétitivité de l’économie française, il faut procéder à une « dévaluation interne », comme le disent les économistes ayant le goût de l’euphémisme.

En clair, cela veut dire qu’il faut geler le niveau du SMIC ou en tout cas arrêter tout coup de pouce, comme ce fut d’ailleurs déjà le cas cette année. Le salaire minimum en Bulgarie étant d’environ 235 euros par mois selon le cours de l’euro, ce n’est pas demain la veille que l’on verra la Commission européenne demander à la France de redonner du pouvoir d’achat aux Français en relevant substantiellement le SMIC.

En outre, va-t-on vers des SMIC variables comme en Allemagne ? Rappelons que là-bas, il n’y a pas de SMIC horaire dans l’agriculture, dans les secteurs concernés par les travailleurs détachés ou pour les chômeurs de longue durée.

5) Que signifie : « en supprimant les impôts inefficaces et en réduisant les impôts sur la production prélevés sur les entreprises » ?

Comme ce qui précède, c’est une reprise des GOPÉ 2016-2017/2017-2018 et c’est très simple à comprendre. Il s’agit de baisser l’impôt sur les sociétés et les cotisations sociales. Peut-être même d’augmenter la TVA et/ou à nouveau la CSG que paient tous les ménages, à commencer par les plus modestes. C’est Robin des Bois à l’envers puisqu’il s’agit de faire payer davantage les pauvres pour enrichir les très riches.

On pourrait imaginer un impôt sur les sociétés plus progressif avec une baisse du taux pour les artisans, PME et TPE qui sont les principaux créateurs d’emplois. Ce n’est pas du tout ce qui est demandé.

C’est à la fois une injustice morale, un scandale social et une stupidité économique insondable.

Cela peut aussi signifier supprimer entièrement l’ISF qui ne demeure plus que sur le patrimoine immobilier. Profitons-en pour dire que de ne laisser l’ISF que sur les biens immobiliers est aussi injuste car les très riches ont très peu d’immobilier en pourcentage de leur richesse. L’exonération n’a donc bénéficié quasiment exclusivement qu’aux ultra-riches et non pas à une classe moyenne supérieure qui aurait pu accumuler des biens immobiliers.

6) Que signifie : « réduire la charge réglementaire et administrative afin de renforcer la concurrence dans le secteur des services et favoriser la croissance des entreprises » ?

Cette formulation est particulièrement fourbe. Rappelons tout d’abord que, question normes, l’UE s’y connaît étant donné que le coût d’application des normes européennes pour l’économie française est de l’ordre de 38,7 milliards d’euros par an (30 milliards d’euros pour les entreprises/8,7 milliards d’euros pour les administrations publiques).

Quand on lit dans le détail le préambule, c’est en fait et encore, les professions réglementées qui sont dans l’œil du cyclone.

Parler à cet égard de renforcement de la concurrence est se moquer du monde car on sait très bien que les milliers de pharmaciens, médecins, dentistes, kinésithérapeutes, avocats, notaires, huissiers, géologues, artisans-taxis, architectes, ingénieurs, experts-comptables, etc. seront remplacés et concurrencés par quelques très grands groupes avec, pourquoi pas, des travailleurs détachés meilleur marché. Cela marche comme cela dans l’UE !

CONCLUSION

En conclusion, la feuille de route économique et sociale est dans la continuité des années précédentes. Il s’agit d’une politique économique inefficace dans son ensemble qui bénéficiera à quelques-uns (les fameux 1%) au détriment du plus grand nombre et de la France dans son ensemble.

Quoi qu’il en soit, la publication de ce rapport confirme encore une fois toutes les analyses de l’UPR et décrédibilise tous les pseudo-opposants, de Jean-Luc Mélenchon à Marine Le Pen, qui tapent sur Emmanuel Macron et s’indignent de sa politique, sans jamais nommer les causes.

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Si tous ces souverainistes d’opérette avaient fait le travail pédagogique de l’UPR depuis 30 ou 40 ans, nous n’en serions pas là. La seule façon d’éviter ce programme mortifère, c’est de sortir de l’UE et de l’euro. Rappelons à cet égard que « changer l’Union européenne », comme le proposent tous les tartuffes, implique de changer les traités, ce qui nécessite l’unanimité des États-membres. Cela n’arrivera jamais [10] !

Pour libérer la France des GOPÉ, il faut tout simplement sortir de l’UE, comme le proposent et l’expliquent François Asselineau et l’UPR depuis 11 ans. Il n’y a pas d’autre solution.

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Nous, nous répéterons inlassablement, notamment à l’occasion des élections européennes de 2019 (dans un an), que :

Oui, l’Union européenne est néfaste.

Non, elle n’est pas réformable.

Oui, il faut en sortir.

En d’autres termes : UE/ GOPÉ soumission, Frexit solution !

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Sources et Notes

[1] http://ec.europa.eu/transparency/regdoc/rep/1/2018/FR/COM-2018-409-F1-FR-MAIN-PART-1.PDF

[2]https://fr.wikipedia.org/wiki/Pacte_de_stabilit%C3%A9_et_de_croissance#Volet_d.C3.A9s.C3.A9quilibres_macro.C3.A9conomiques

[3] https://fr.wikipedia.org/wiki/Six-pack_(Union_europ%C3%A9enne)#Volet_correctif

[4] https://www.upr.fr/actualite/europe/gope-nos-gouvernements-subordonnes-a-commission-europeenne-preuve

[5] http://ec.europa.eu/europe2020/pdf/csr2015/csr2015_council_france_fr.pdf

[6]https://www.lesechos.fr/politique-societe/politique/0301699379052-bruno-le-maire-il-peut-etre-legitime-de-reduire-la-politique-sociale-sur-lemploi-2177254.php

[7] https://www.capital.fr/entreprises-marches/aeroports-de-paris-la-privatisation-sur-les-rails-1288952

[8] http://www.europe1.fr/societe/le-plan-du-gouvernement-pour-privatiser-la-francaise-des-jeux-3620846

[9] https://bfmbusiness.bfmtv.com/entreprise/sncf-un-document-interne-relance-l-hypothese-d-une-privatisation-1444439.html

[10] https://www.youtube.com/watch?v=8Y8EUaFmTyY

Trésorier et responsable national de l’Économie de l’UPR

https://www.upr.fr/actualite/france/la-feuille-de-route-economique-et-sociale-d-emmanuel-macron-est-mise-a-jour-les-grandes-orientations-des-politiques-economiques-gope-2018-2019

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vendredi 25 mai 2018

SNCF : mobilisation en baisse mais un vote écrasant contre la réforme

Près de 95 % des cheminots qui ont voté à la consultation organisée par l’intersyndicale se sont dits hostiles à la réforme ferroviaire.

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La mobilisation faiblit alors que les syndicats doivent être reçus par le premier ministre vendredi 25 mai

Des usagers sont bloqués dans la gare de Lille Flandres, Lille le 18 mai 2018. 

Des usagers sont bloqués dans la gare de Lille Flandres, Lille le 18 mai 2018. / Pascal Bonniere/Voix Du Nord/MAXPPP

Le résultat est écrasant : près de 95 % des cheminots qui ont voté à la consultation organisée par l’intersyndicale (CGT cheminots, Unsa ferroviaire, Sud-Rail, CFDT cheminots) se sont dits hostiles à la réforme ferroviaire. Selon les syndicats qui ont présenté, mercredi 23 mai, les résultats de ce « vot’action » ouvert du 14 au 22 mai, 91 000 agents de la SNCF ont voté, soit une participation dépassant les 60 %.

« L’hostilité des cheminots doit être entendue contre la réforme du gouvernement », a déclaré Laurent Brun, secrétaire général de la CGT cheminots. On ne fait pas une réforme contre l’avis des principaux experts en la matière et de ceux qui vont devoir la mettre en œuvre au travers de leur travail »

Seulement une « pétition »

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Dans un communiqué, la direction de la SNCF dit respecter l’expression des signataires et comprendre « l’inquiétude » des cheminots. Mais selon elle, « les modalités d’organisation de ce vot’action ne présentent pas toutes les garanties qui auraient pu être réunies : ni isoloir pour garantir le secret du vote, ni présence d’huissiers ou de tiers permettant de garantir la sincérité de l’expression, ni listing coordonné des salariés pour éviter les votes multiples. »

Bref, la SNCF considère que cette consultation est organisée « en dehors de tout cadre légal et s’apparente de ce fait à une pétition ». La direction de la compagnie rappelle aussi les résultats d’un récent sondage selon lequel 77 % des Français considèrent cette réforme « nécessaire ».

21e jour de grève

Ce 23 mai correspond aussi à la 21e journée de grève depuis le début avril. Le taux de grévistes a atteint 14,22 %, son plus bas niveau en semaine depuis le début du conflit. Le taux de conducteurs ayant cessé le travail est même passé pour la première fois sous les 50 % selon la direction.

Selon Erik Meyer, de Sud-Rail, certains cheminots vont déjà perdre l’équivalent d’un mois de salaire dans l’année. « C’est un énorme sacrifice », a renchéri Laurent Brun selon lequel les salariés « n’arrêteront pas la grève tant qu’ils n’auront pas des éléments concrets ».

Rencontres à Matignon

Les syndicats attendent beaucoup des rencontres bilatérales prévues avec Édouard Philippe vendredi 25 mai. Le premier ministre pourrait préciser à cette occasion comment le gouvernement prévoit de reprendre une partie de la dette colossale de SNCF Réseau (plus de 46 milliards d’euros).

« Il faut que le premier ministre trace un processus pour la suite », estime la CFDT qui veut des garanties sur la poursuite de négociations sociales. La CGT, elle, demande le début d’un vrai cycle de négociations avec le gouvernement et des réponses écrites aux différentes questions syndicales

Sortie de crise

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Pour la CGT et Sud-Rail, même si le processus législatif va jusqu’au bout, il ne réglera pas la question. De leur côté, la CFDT et l’Unsa ont porté des amendements au projet de loi à même d’apporter le plus de garanties sociales possible pour les cheminots. Elles attendent notamment des assurances sur le calendrier de négociations au sein de l’UTP (le syndicat patronal) pour la création d’une convention collective du ferroviaire.

Il ne serait pas alors impossible que la CFDT et l’Unsa proposent à l’intersyndicale une suspension du mouvement pour garder des forces de mobilisation au cas où la poursuite du processus se complique…

Démission

En attendant, l’intersyndicale pointe la crise de confiance à la SNCF que traduit le résultat du vote. Mais si Sud-Rail demande au patron de la compagnie, Guillaume Pepy, de « tirer les conséquences » de la consultation et « de présenter sa démission au gouvernement avant la fin de la semaine », la CFDT comme l’Unsa estiment qu’il n’y a pas « de question de personnes »

« La rupture de confiance entre la direction et le corps social de la SNCF est extrêmement forte », a cependant souligné Sébastien Mariani, secrétaire général adjoint de la CFDT. Un état de fait qui devra être pris en compte quelle que soit l’issue du conflit. « La réforme passera mais il est certain que cela laissera des traces », estime un bon connaisseur de l’entreprise.

https://www.la-croix.com/Economie/Social/A-SNCF-mobilisation-baisse-vote-ecrasant-contre-reforme-2018-05-23-1200941148?utm_source=Newsletter&utm_medium=e-mail&utm_content=20180523&utm_campaign=newsletter__crx_alert&utm_term=1043244&PMID=ac29e5cafb071c987471f76e2c454018#

CES-accompagnement

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jeudi 24 mai 2018

« Les insurgés italiens sous la menace d'un gel de la BCE ! »

TRIBUNE LIBRE / Charles sannat

TL ITALIE EURO

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

C’est un article de notre cher Ambrose Evans-Pritchard du Telegraph de Londres qui se fend d’un long papier sur la situation italienne, peu brillante à ses yeux, et qui nous mène vraisemblablement à la destruction de l’euro et la dissolution de l’Union européenne telle que nous la connaissons.

Il pense que la BCE pourrait être contrainte et forcée de couper les lignes de crédit à l’Italie si la coalition rebelle italienne décide de ne plus tenir compte des règles budgétaires européennes et ainsi remettre en question les fondations du traité qui a institué l’euro…

Ambiance donc !

Sanctions de la BCE envers l’Italie pour faire plier les insurgés italiens !

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« Le professeur Clemens Fuest, patron de l’influent think tank allemand IFO Institute, a déclaré que les autorités européennes ne peuvent rester les bras croisés si le mouvement néo-anarchiste Cinq Étoiles et les nationalistes antieuropéens de la Ligue du Nord appliquent leurs politiques révolutionnaires qui risquent de mettre en danger la stabilité de l’union monétaire.

Le professeur Fuest a averti que la BCE devra couper les lignes de crédit Target 2 accordées à la banque d’Italie dans le cadre de son système de paiement interne, ce qui pourrait accentuer gravement la crise.

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«Si l’Italie se met à violer les règles fiscales de la zone euro, la BCE devra agir, même si elle ne le souhaite pas. Ce sera comme la crise grecque. L’Italie devra mettre en place des contrôles des capitaux et sera forcée de quitter la zone euro», a-t-il déclaré.

«Ce serait un revers majeur mais je pense que l’euro pourrait survivre avec la France, l’Allemagne et l’Espagne. Ce serait cependant un euro différent», a-t-il déclaré. »

Les Allemands sont furieux !…

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« L’establishment allemand a très mal réagi à une fuite faisant état d’un plan de la Ligue du Nord et du Mouvement 5 étoiles ayant pour objectif de passer outre l’architecture de discipline du projet de l’euro. Pour les Allemands, un tel projet tue dans l’œuf toute possibilité d’accord sur la mutualisation des dettes ou la tentative d’une union fiscale. »

«En bref, il s’agit d’un ultimatum. Ils exigent des changements fondamentaux pour la zone euro, avec des transferts fiscaux vers l’Italie, ou ils quitteront l’euro», a-t-il déclaré au Daily Telegraph.

Le professeur Fuest a déclaré que le brouillon original préparé par les 2 partis radicaux a exposé leurs réflexes idéologiques. De ce fait, ils ont irrémédiablement cassé la confiance, même si le texte final est plus pragmatique.

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«Il a confirmé les pires craintes que l’on pouvait avoir, il a eu un très mauvais impact en Allemagne. Comment pouvez-vous mutualiser les garanties bancaires avec un pays doté d’un gouvernement tel que celui de l’Italie ? C’est tout simplement impensable», a-t-il déclaré.

«Ils menacent de saper le pacte de stabilité ainsi que l’intégralité de la base institutionnelle de l’union monétaire.»

Les économistes allemands sont abasourdis par la radicalité des exigences italiennes, notamment la demande de l’annulation des 250 milliards d’euros d’obligations italiennes détenues par la BCE. La clause a été depuis supprimée du texte, mais le mal est déjà fait.

…Et veulent se protéger du risque italien !

 

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«La politique italienne avance à visage découvert. Elle souhaite que les autres prennent en charge sa dette», a déclaré Lars Fed, l’un des « 5 sages » allemands du Conseil des experts économiques.

«Pourquoi devrait-on partager le risque dans l’union monétaire européenne si le nouveau gouvernement italien demande une annulation partielle de sa dette de 250 milliards d’euros ? Il est temps de prendre des mesures pour se protéger du risque italien», a-t-il déclaré sur Twitter. »

Italexit, la fin de l’euro ?

« La question de savoir si les retombées d’un Italexit pourraient vraiment être contenues reste une question ouverte. Beaucoup pensent que la contagion deviendrait incontrôlable.

De plus, l’intention non dissimulée des membres les plus durs de la Ligue et du Mouvement 5 étoiles est de forcer l’Allemagne à quitter la zone euro en la rendant dysfonctionnelle.

Les Allemands devraient alors riposter en émettant une devise parallèle au sein de la zone euro. Cela ne ferait que davantage compliquer la situation.

La dette Target 2 de l’Italie au sein du système de compensation interne de la BCE (nous en avons déjà largement parlé dans ces colonnes) est devenue un sujet névralgique.

Le passif italien a atteint 426 milliards d’euros en avril, soit 26 % du PIB. Ce constat reflète les sorties chroniques de capitaux d’Italie. Certains craignent de voir ces montants atteindre des montants systémiques, ce qui déboucherait sur une crise. (…)

Les Allemands se pensent déjà ruinés par l’Italie et veulent arrêter les frais !

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« Selon Hans-Werner Sinn, un économiste très écouté de l’université de Munich, il n’existe aucun mécanisme qui permettra à l’Allemagne de récupérer les quantités astronomiques d’argent qu’elle possède disséminées dans la zone euro, notamment les 923 milliards de crédits Target 2* qui sont dus à la Bundesbank. «Nous ne reverrons jamais la couleur de cet argent. Il est déjà perdu», a-t-il déclaré… »

Voilà de quoi agacer fortement nos amis outre-Rhin !

« Selon le professeur Sinn, la structure actuelle est aussi inadaptée pour le Nord que pour le Sud, laissant les 2 parties frustrées. «Il n’y a pas de solution. La catastrophe est en train d’avoir lieu. Cela débouchera sur la destruction de l’Europe, pour le dire franchement. Cela portera également les populistes de l’Afd au pouvoir en Allemagne», a-t-il déclaré au Daily Telegraph. (…) »

Macron à contre-temps !

Ces développements explosifs en Italie balayent les espoirs d’Emmanuel Macron à propos d’un grand accord pour la zone euro. Le président français avait spéculé sur le bon vouloir de l’Allemagne d’accepter de faire des pas allant dans le sens d’une union économique si la France parvenait à se réformer.

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C’était déjà difficile à vendre.

Les pays du Nord, menés par les Pays-Bas, avaient averti qu’ils ne se laisseraient pas emporter dans des aventures « romantiques », en appelant à des règles budgétaires strictes.

Chaque pays est responsable de sa dette. Les desiderata italiens sont la goutte qui fait déborder le vase.

Olaf Scholz, ministre des Finances social-démocrate, a déjà averti que la majorité du plan de Macron ne verra jamais le jour. (…) «Macron n’obtiendra rien de l’Allemagne. Scholz est similaire en tout point à Schauble», a déclaré Heiner Flassbeck, ancien secrétaire d’État économique allemand.

«Les Allemands pensent qu’ils ont toujours raison et que la seule façon de conduire l’Union européenne consiste à ce que tous les pays se comportent comme eux», a-t-il déclaré. »

La fin annoncée de la zone euro !

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 Ce Nein allemand retentissant signifie que la zone euro restera en l’état, non réformée, à la merci de la prochaine crise.

Presque rien n’a été fait pour éviter de tomber à nouveau dans un cercle vicieux. Les banques et les États, vulnérables, pourront à nouveau s’entraîner les uns les autres dans la crise.

La situation n’augure rien de bon. Près une décennie après la crise Lehman, les taux d’intérêt dans la zone euro sont toujours négatifs, les injections de liquidités ont atteint leurs limites techniques et politiques. La zone euro est toujours engluée dans un piège de basse inflation alors que la dette est plus élevée.

Désormais, les politiques au sein de l’union monétaire deviennent particulièrement toxiques.

Le projet européen va bientôt être confronté à l’épreuve du feu, au prochain retournement économique. »

C’était un article d’Ambrose Evans-Pritchard, publié le 17 mai 2018 sur le site du Telegraph à Londres…

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

https://insolentiae.com/les-insurges-italiens-sous-la-menace-dun-gel-de-la-bce-ledito-de-charles-sannat/

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*Une confirmation de plus des analyses économiques de l'UPR, notamment sur le mécanisme des "target 2" (Vincent Brousseau, Charles- Henri Gallois...) et les dysfonctionnements prévisibles de la zone euro...   P.G.

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Le nouveau gouvernement italien et l’agonie de l’Union européenne

TRIBUNE LIBRE / par Jacques Sapir

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La constitution d’un gouvernement de coalition entre le M5S et la Lega est désormais chose quasiment faite. Ceci constitue un véritable cauchemar que ce soit pour les dirigeants de l’Union européenne, les Juncker et les Tusk, ou que ce soit pour les dirigeants des autres pays de l’UE qui s’affichent comme des européistes, et en premier lieu le Président Emmanuel Macron. Ce gouvernement, même s’il a accepté de mettre un peu de San Pellegrino dans son Chianti, sera un gouvernement ouvertement eurosceptique. Sa volonté de s’affranchir des règles budgétaires et financières imposées par l’UE, ce carcan qui s’appelle l’euro-austérité, en témoigne. Le poids de deux économistes connus pour leur farouche opposition tant à l’Euro qu’aux politiques d’austérité qui en découlent, mes collègues Bagnai et Borghi qui ont été élus sénateurs, dans la politique du gouvernement ne sera pas mince. Il est cependant clair que cela entraînera un conflit avec le Président de la République italienne, M. Mattarella, dont le pouvoir de nuisance est plus important que ce que l’on imagine ici en France.

Un nouveau front dans la crise de l’UE

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De fait, cela signifie l’ouverture d’un nouveau front dans la crise que connaît l’UE depuis des années, en fait depuis 2005. A vouloir systématiquement outrepasser le vote des électeurs quand ce dernier remettait en cause les constructions institutionnelles concoctées à Bruxelles ou à Francfort, nous sommes arrivés probablement à un point de non-retour. Après la fronde, et même la révolte, de pays comme la Hongrie, la Pologne, mais aussi la République Tchèque, nous avons eu le Brexit, et la décision de la Grande-Bretagne de quitter l’Union européenne. On l’oublie trop souvent, mais cette décision est largement majoritaire en Grande-Bretagne, et elle l’est en raison des empiètements constants de Bruxelles sur les libertés démocratiques britanniques.

 

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Après le référendum de 2016 qui conduisit au Brexit, après les élections en Autriche, après les élections en Hongrie, c’est donc un nouveau pays et non des moindres, un des pays du groupe fondateur qui signa en 1957 le Traité de Rome, qui est donc en passe de se doter d’un gouvernement « eurosceptique ». C’est un point important, et un point qui fragilise un peu plus la stratégie de notre Président Emmanuel Macron et ses tirades enamourées sur l’Union européenne ainsi que ses tentatives pour renforcer la dimension « fédérale » de l’UE. Une première leçon doit donc en être tirée. A trop vouloir se focaliser sur les aspects légaux, à trop s’appuyer sur la « légalité », l’Union européenne a oublié l’importance de la légitimité, qui fonde en réalité la dite légalité. A trop vouloir privilégier « l’état de droit », qui n’est pas sans mérite, on a oublié qu’il n’était pas l’achèvement de la démocratie. De fait, et on le sait bien depuis les études de cas qui proposées dans l’ouvrage de David Dyzenhaus The Constitution of Law[1] l’obsession pour la rule by law (i.e. la légalité formelle) et la fidélité au texte tourne bien souvent à l’avantage des politiques gouvernementales quelles qu’elles soient. À quelques reprises, l’auteur évoque ses propres analyses des perversions du système légal de l’Apartheid[2] en rappelant que cette jurisprudence avilissante tenait moins aux convictions racistes des juges sud-africains qu’à leur « positivisme»[3]. Il y a là une leçon importante pour tous les politiciens, et en particulier pour le Président de la République italienne, M. Mattarella.

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Cela montre que la montée désormais irréversible des opposants à « cette » Europe, c’est-à-dire à l’Union européenne, est un fait dont les politiques se doivent de tenir compte. L’Union européenne agonise, du moins dans sa forme actuelle, et toutes les tentatives pour en renforcer les pouvoirs au détriment des Etats qui la composent sont donc vouées à l’échec[4].

Mais, il y a aussi une dimension spécifiquement italienne dans la prise de conscience des électeurs de l’étouffement de leur pays par l’Union européenne.

Spécificité de la crise Italienne

La situation de l’Italie est importante dans l’Union européenne. Ce pays représente désormais, hors la Grande-Bretagne qui est en passe de sortir de l’UE, la troisième économie de l’Union. Tout le monde comprend bien qu’une crise entre Bruxelles et Rome pourrait bien provoquer la fin de l’Union européenne et l’éclatement de toute le « projet européen ». Pourtant, l’Italie passait, et ce jusqu’à ces dernières élections, pour un pays solidement amarré dans l’UE. L’Italie, il convient de la rappeler, était l’un des membres fondateurs de la Communauté Economique Européenne lors du Traité de Rome en 1957, le « marché commun » qui est l’ancêtre de l’UE. Mais, et cela a été oublié, par ignorance ou à dessein, tant par les politiciens que par les journalistes à gages, l’Italie souffre de l’Euro, et souffre de l’Union européenne, depuis le début des années 2000.

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L’impact de l’Euro sur l’économie italienne[5], qui était dans les années 1960 à 1990 une économie dynamique au point que l’on a pu parler d’un « miracle italien », a été terrible. L’impossibilité pour l’Italie de déprécier sa monnaie par rapport à l’Allemagne et aux pays de l’Europe du Nord, les fluctuations erratiques de l’Euro par rapport au Dollar des Etats-Unis, qui ont conduit à une surévaluation évidente de l’Euro, tout cela a eu un effet très délétère sur la croissance de l’Italie[6]. Les investissements[7] sont tombés en dessous de leur volume de 1994-1996 et sont, aujourd’hui, à un niveau proche de l’Espagne.

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Le PIB est retombé au niveau du début des années 2000, et le PIB par tête (PIB per capita) n’a cessé de baisser. Enfin, l’épargne elle-même est en train de s’effondrer depuis plusieurs années, car les mesures fiscales prises par les divers gouvernements sont devenues insupportables. Enfin, et cela est sans doute le plus inquiétant, la productivité du travail ne cesse de baisser en Italie.

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Ce pays souffre donc de l’Euro, mais il souffre aussi de l’Union Européenne. Cela s’est d’ailleurs traduit par l’imposition par le gouvernement Renzi du trop fameux « Job Act », modelé à Bruxelles et imité par les gouvernements français de Hollande à Macron, qui a abouti à une véritable catastrophe au point que de nombreuses voix désormais s’élèvent pour le faire supprimer.

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L’UE, pour l’Italie, depuis des années, cela signifie des restrictions à son commerce extérieur (en particulier avec la Russie, point sur lequel le futur gouvernement entend faire changer les choses) mais aussi le fait que ce pays a été laissé seul face à la vague migratoire venue de l’autre rive de la Méditerranée. L’Italie a été laissée sans aide face à une véritable catastrophe migratoire. Devant le désastre, le pays a bien réagi, et l’humanité des italiens n’est plus à démontrer. Mais, l’Italie ne peut faire face, dans le cadre des règles européennes. Cela, aussi, explique le désamour des italiens pour l’Union européenne.

Deux populismes ?

Il n’est pas étonnant qu’aux dernières élections deux partis, le M5S et la Lega aient rassemblé le plus de suffrages. Cette élection a d’ailleurs montré l’effondrement du « centre-gauche », représenté par le PD du très européiste Renzi, mais aussi l’effacement relatif du centre-droit de Berlusconi. Très clairement les électeurs italiens ont émis un vote de rejet des partis traditionnels qui – eux – s’affichaient clairement pour la continuité avec les pratiques pas toujours glorieuses de la classe politique italienne et pour l’Europe.

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Le M5S et la Lega sont, l’un et l’autre, des partis que l’on peut considérer comme populistes. Ils expriment ce rejet des élites corrompues de l’Italie, de ce système de connivence et de complaisance qui lie les uns et les autres et qui fait que rien ne bouge. Le M5S, créé par un homme, Beppe Grillo qui n’était pas du sérail, incarne plus directement cette ligne populiste. Il a été repris en mains par d’autres, dont les ambitions sont évidentes, et qui ont beaucoup fait pour gommer les aspects les plus « anti-système » de ce mouvement, pour le rendre plus présentable et plus compatible avec le cadre politique traditionnel, mais aussi avec le cadre européen. Le M5S a ainsi mis de côté sa proposition d’organiser un référendum sur l’Euro.

La Lega est, elle, issue d’un mouvement autonomiste du Nord de l’Italie, et peut être classée plus a droite que le M5S du moins en apparence. Mais, ces dernières années, ses dirigeants ont beaucoup fait pour transformer ce mouvement en un véritable parti national. Il a aussi radicalisé ses positions, que ce soit sur l’UE ou sur l’Euro, et cela explique en bonne partie ses récents succès. D’ailleurs, les sondages effectués après les élections, en avril et en mai, montrent une hausse constante de ce parti, au détriment du M5S. Il n’en reste pas moins que la répartition géographique des voix lors des dernières élections générales a montré une domination du M5S au sud de Rome et une domination de la Lega au nord.

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Ce point est important. L’Italie est une construction politique récente. Elle résulte de l’imposition des structures institutionnelles du Royaume du Piémont, et en particulier de sa monnaie. En un sens l’Italie a déjà connu l’expérience malheureuse d’une monnaie unique. De cette histoire découle la coupure entre deux Italie, coupure qui a pris la forme du problème du mezzogiorno dans les années 1950. Même l’émergence de la « troisième Italie », cette Italie des petites et moyennes entreprises de Toscane et de Vénétie, n’a pu combler le fossé. D’ailleurs, une partie de cette « troisième Italie » s’est ralliée à la Lega. On doit y ajouter l’inachèvement de l’Etat italien, qui dès la période de la royauté s’est constitué en « surplomb » par rapport à la société italienne. C’est ce qui explique en particulier l’épisode fasciste des années 1920 à 1943 où cette position en « surplomb » a été portée à sa quintessence.

L’alliance de ces deux partis était dans la logique des choses. De fait, les dirigeants du M5S se sont rendus compte que tel était le souhait d’une majorité de leurs électeurs. Mais cette alliance n’est pas sans soulever de nombreux problèmes.

Difficultés en vue

Le premier des problèmes qui se manifeste dès aujourd’hui tient aux pouvoirs accordés, dans la Constitution italienne, au Président de la République. Il n’est pas le strict homologue de nos Présidents de la IVème République qui, suivant l’expression consacrée, devaient se borner à « inaugurer les chrysanthèmes ». Le Président est le garant des traités et, à ce titre, des traités européens. On voit immédiatement tout ce qu’un europhile convaincu, et donc peu soucieux d’entendre la voix des électeurs, peut en tirer. D’où la difficulté pour l’alliance M5S-Lega de ne pas décourager les électeurs en rabotant par trop dans son programme les points anti-Euro et anti-UE, tout en passant sous les fourches caudines du Président, du moins tant qu’un référendum n’aura pas eu lieu. Cela explique les acrobaties, il n’y a pas d’autres mots, auxquelles se livrent Salvini pour la Lega et le dirigeant du M5S.

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Le fait que le dirigeant de la Sinistra Italiana la « gauche italienne », Stefano Fassina, envisage de soutenir de manière critique cet hypothétique gouvernement de coalition[8] entre le M5S et la Lega indique bien un possible rassemblement des forces autour de la matrice souverainiste. Fassina tire la leçon du naufrage de la « gauche » italienne qui s’est perdue dans l’européisme. Il déclare ainsi, dans la revue Le vent se lève : « Pour nous, Sinistra Italiana était un nouveau départ. Nous voulu inscrire les intérêts nationaux au cœur du programme. L’adjectif « italiana » n’est pas dû au hasard. pour rappeler que nous souhaitons redonner des moyens d’intervention à l’Etat national, complètement sacrifié non seulement en Italie mais dans toute l’Europe, par l’orientation néolibérale des traités européens et de l’euro »[9]. Il ajoute sa volonté d’examiner une à une les propositions de lois de la coalition, et se réserve la possibilité de voter pour celles qui iraient dans un sens véritablement progressiste. Cette attitude pragmatique est à retenir. Elle tranche avec les partis pris que l’on peut entendre en France. Elle montre la voie pragmatique par laquelle pourra se construire un bloc souverainiste susceptible de s’opposer au bloc bourgeois-européiste qui s’est constitué dans de nombreux pays, ce bloc que des collègues italiens appellent les euronoïmanes

[1] Dyzenhaus D., The Constitution of Law. Legality In a Time of Emergency, Cambridge University Press, Londres-New York, 2006

[2] Dyzenhaus D, Hard Cases in Wicked Legal Systems. South African Law in the Perspective of Legal Philosophy, Oxford, Clarendon Press, 1991.

[3] Dyzenhaus D., The Constitution of Law. Legality In a Time of Emergency, op.cit., p. 22.

[4] J. Zielonka, Is the EU Doomed? Polity Press, Cambridge (2014)

[5] Voir Bagnai, A., Mongeau Ospina, C.A., 2014. « The a/simmetrie annual macroeconometric model of the Italian economy: structure and properties ». Working Papers Series 1405, Italian Association for the Study of Economic Asymmetries, Rome, Italy.

[6] Voir , Alberto Bagnai , Brigitte Granville , Christian A. Mongeau Ospina, « Withdrawal of Italy from the Euro area, Stochastic simulations of a structural macroeconometric model », in Economic Modelling, Volume 64, August 2017, Pages 524-538 , http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0264999316308689

[7] Voir NATIXIS, L’Europe est-elle le problème de l’Italie ? , Flash Economie, n°271, 12 mars 2018.

[8] Voir son interview dans Le vent se lève, http://lvsl.fr/14367-2

[9] Idem.

https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-le-nouveau-gouvernement-italien-et-lagonie-de-lunion-europeenne-par-jacques-sapir/

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La nouvelle campagne de Trump contre l’Iran n’atteindra pas ses objectifs

TRIBUNE LIBRE /  Moon of Alabama

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Publié le 21 Mai 2018 sous le titre Trump’s New Campaign Against Iran Will Not Achieve Its Aims

L’administration Trump a dit clairement aujourd’hui qu’elle avait l’intention de provoquer un changement de régime en Iran par tous les moyens possibles.

Dans un discours à la Heritage Foundation qui a fait grand bruit, le secrétaire d’État Pompeo a présenté douze demandes à l’Iran. Il l’a menacé « des sanctions les plus sévères de l’histoire » si ces exigences n’étaient pas satisfaites.

Mais ces demandes n’ont pas de sens. Elles ne font que démontrer l’incompétence de l’administration Trump. Les moyens que l’administration Trump a mis en place pour atteindre ses objectifs ne sont pas réalistes et, même s’ils étaient réalisables, ils seraient insuffisants pour atteindre les résultats souhaités.

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Il est demandé à l’Iran de cesser tout enrichissement d’uranium. Mais l’Iran ne peut pas arrêter l’enrichissement. Ce programme est un des fleurons de la politique iranienne et il bénéficie d’un large soutien public car il est considéré comme un attribut de sa souveraineté.

Pompeo exige que l’Iran ferme son réacteur à eau lourde. L’Iran ne peut pas fermer son réacteur à eau lourde. Il n’en a pas. Celui qu’il construisait à Arak a été rendu inutilisable du fait de l’accord nucléaire (JCPOA). Du béton a été coulé dans son noyau sous la supervision des inspecteurs de l’AIEA. Comment le secrétaire d’État des États-Unis peut-il faire une demande qui ne tient aucun compte de la réalité dans un discours préparé à l’avance ?

Une autre exigence est que l’Iran cesse de soutenir la résistance palestinienne. L’Iran ne cessera jamais de soutenir la Palestine tant que l’occupation israélienne se poursuit. Il est aussi demandé à l’Iran de ne pas développer de missiles « nucléaires ». L’Iran s’est déjà engagé à le faire dans le cadre du JCPOA que Trump a fait exploser. Une autre exigence est que l’Iran retire toutes ses troupes de Syrie et mette fin à toute ingérence en Irak, au Yémen, en Afghanistan et ailleurs.

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Tout cela exigerait un changement radical du caractère national et des politiques de l’Iran. Il faudrait qu’il devienne quelque chose comme le Lichtenstein. L’administration de Trump n’a aucun moyen de l’y contraindre.

A l’issue d’un dur labeur, l’administration Obama avait réussi à amener une grande partie du monde à accepter des sanctions contre l’Iran. Cela a été possible parce que les autres pays ont cru la promesse d’Obama d’honorer l’accord à venir et de négocier sérieusement. Il a fallu beaucoup d’unité et de confiance internationales pour parvenir à l’accord nucléaire.

Aujourd’hui, Trump exige beaucoup plus, mais il n’a pas de front international uni derrière lui. Personne ne croit en sa parole. Les Européens sont furieux que Trump les menace de sanctions secondaires s’ils s’en tiennent à l’accord qu’ils ont signé, et continuent de traiter avec l’Iran. Même s’ils finissent par plier et qu’ils cessent, dans une certaine mesure, de traiter avec l’Iran, ils essaieront de contourner les sanctions unilatérales des États-Unis.

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Ni la Chine, ni la Russie, ni l’Inde ne cesseront de faire des affaires avec l’Iran. En fait, les sanctions unilatérales américaines leur ouvrent de nouveaux marchés. La compagnie pétrolière française Total a annoncé qu’elle allait renoncer à son projet de développement du champ gazier iranien de South Pars afin d’éviter des sanctions américaines secondaires sur ses autres intérêts. La Chine a dit « merci » et a pris le relais. De même, la Russie poursuivra tout qu’elle le peut. Son industrie agricole fournira à l’Iran tout ce dont il a besoin. Elle continuera de vendre des armes à l’Iran. La Chine, l’Inde et d’autres continueront d’acheter du pétrole iranien.

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L’administration de Trump va provoquer quelques désordres économiques. Elle va également affaiblir les États-Unis et l’Europe et renforcer la Russie et la Chine. La menace de sanctions secondaires conduira à terme à la création d’une économie mondiale parallèle sécurisée. Le réseau d’échange d’informations financières SWIFT, qui achemine les paiements internationaux entre banques, peut être remplacé par des systèmes de pays à pays qui ne dépendent pas d’institutions sanctionnables. Au lieu du dollar étasunien comme moyen de change universel, on peut utiliser d’autres devises ou faire du troc. L’abus ridicule des sanctions économiques et financières finira par détruire la capacité des États-Unis à s’en servir comme outil de politique étrangère.

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Le discours de Pompeo va unir le peuple iranien. Les néolibéraux modérés qui entourent l’actuel président Rohani rejoindront les tenants de la ligne dure nationaliste dans la résistance. Les exigences étasuniennes dépassent largement ce qu’un gouvernement iranien quel qu’il soit peut assumer. Un Iran qui prend en compte la volonté de son peuple ne les acceptera jamais.

Le seul moyen pour l’administration Trump d’atteindre ses objectifs serait un changement de régime. Mais il y a déjà eu une tentative de changement de régime dans l’Iran actuel et elle a échoué. La « révolution verte » a été fortement soutenue par Obama. Mais elle a été aisément contrecarrée et elle a échoué. Il y a eu diverses campagnes d’assassinats en Iran, mais cela n’a pas changé sa politique. La taille et le relief de l’Iran rendent impossible une attaque militaire directe comme en Libye. L’Iran est en mesure de riposter contre une attaque en frappant des intérêts américains dans le Golfe.

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Les États-Unis peuvent, et vont sans doute, continuer à attaquer les forces et les intérêts iraniens en Syrie et ailleurs. Leur armée va s’efforcer de faire obstacle à l’Iran dans le Golfe. La CIA va essayer d’envenimer les dissensions iraniennes internes.  L’aggravation des sanctions portera préjudice à l’économie iranienne. Mais rien de tout cela ne pourra empêcher le sentiment national de l’Iran de se concrétiser dans sa politique étrangère, telle qu’elle est aujourd’hui.

Dans un an ou deux, l’administration Trump constatera que sa campagne de sanctions a échoué. Il y aura des pressions en faveur d’une attaque militaire directe contre l’Iran. Mais il y a déjà eu des plans pour attaquer l’Iran sous George W. Bush. À l’époque, le Pentagone avait indiqué qu’une telle guerre entraînerait de très graves pertes et échouerait probablement malgré tout. Je doute donc qu’elle ait jamais lieu.

Qu’est-ce que l’administration Trump pourra faire quand il s’avérera que le plan A qu’elle vient de rendre public a échoué ?

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Article original: Trump’s New Campaign Against Iran Will Not Achieve Its Aims

Traduction : Dominique Muselet

URL: https://arretsurinfo.ch/la-nouvelle-campagne-de-trump-contre-liran-natteindra-pas-ses-objectifs/

« Si l’Italie prend feu, on ne saura pas éteindre l’incendie »

Directeur de l’Institut Jacques-Delors et ancien journaliste à « La Croix », Sébastien Maillard décrypte les conséquences pour l’UE, et en particulier pour la zone euro, de l’imminente coalition gouvernementale, en Italie, entre la Ligue et le Mouvement 5 étoiles.

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La Croix : Une coalition anti-système et eurosceptique à la tête d’un des membres fondateurs de l’Union européenne, est-ce le « problème de trop » pour Bruxelles ?

Sébastien Maillard : C’est un problème de plus, qui survient à un moment où il n’y a pas de nouvelle dynamique véritablement imprimée à l’élan européen. Le moteur franco-allemand n’a pas retrouvé sa vigueur et à un an des élections européennes, ce gouvernement est facteur d’inquiétude supplémentaire. Il risque d’empêcher la timide relance. Heureusement, il ne survient pas à un moment de crise existentielle de l’Europe.

Pourrait-il toutefois causer une crise existentielle de la zone euro ?

S. M. : Oui, si l’Italie allait jusqu’au bout de ses projets funestes – à savoir la sortie de la zone euro initialement évoquée. L’Italie n’est pas seulement un membre fondateur de l’UE, mais aussi la troisième économie de la zone euro.

En France, Marine Le Pen a perdu sur cette question de l’euro qu’elle voulait quitter. Il est risqué, dangereux, de vouloir s’en émanciper. Pour l’Italie aussi, jouer avec cette appartenance est dommageable.

La sortie de la zone euro n’est finalement pas mentionnée dans le programme commun de Luigi Di Maio et Matteo Salvini…

S. M. : C’est une excellente nouvelle pour tous ceux qui sont attachés à l’euro et pour tous les partenaires de l’Italie, mais aussi pour les Italiens eux-mêmes : certes, ils ont une balance commerciale excédentaire, mais ils importent beaucoup. Personne ne peut leur souhaiter d’avoir une monnaie dévaluée, qui ne ferait qu’augmenter le coût de la dette.

Des projets coûteux comme un revenu universel et des impôts très bas viendraient à coup sûr violer le pacte de stabilité et de croissance. Que se passera-t-il si l’Italie enfreint les règles budgétaires de l’UE ?

S. M. : Jusqu’à un certain point, il peut ne pas se passer grand-chose : France et Allemagne pourraient fermer les yeux et la Commission, sortante, ne pas faire de zèle, car personne n’a intérêt à créer un trop gros « problème italien ». L’Italie en est consciente et pourrait abuser de sa situation pour pousser le bouchon. Le Pacte et la Commission joueront là leur crédibilité.

Pourquoi l’Italie a-t-elle abandonné l’idée de réclamer l’effacement des quelque 250 milliards d’euros de dette publique détenus par la Banque centrale européenne ?

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S. M. : En renégociant la dette, on perd la confiance des investisseurs. De tels signaux provoquent la panique, les taux d’intérêt augmentent. Le principe de réalité semble avoir repris le dessus. Il en va de même pour l’idée de sortir de la zone euro : il ne peut s’agir d’une vaste improvisation ! C’est bien là le problème des populistes : quand ils arrivent aux choses sérieuses, ils se rendent compte qu’il faut composer avec la réalité.

Serait-il vraiment impossible de « sauver » l’Italie, comme cela fut le cas avec la Grèce ?

S. M. : L’Italie n’est pas la Grèce, ni Portugal ou l’Irlande… C’est un pays du G7 ! C’est aussi pour cela qu’il ne faut pas que survienne un « problème italien » : si c’est cette maison-là qui prend feu, on ne saura pas éteindre l’incendie.

N’est-ce pas inquiétant au moment où la tendance, dans la zone euro, est à vouloir davantage partager les risques ?


S. M. : Partager les risques oui, notamment à travers un budget commun. Mais tant que l’Italie ne montre pas des signes en vue d’assainir son secteur bancaire et d’alléger sa dette, les Allemands, qui ont déjà du mal en théorie avec l’idée de la responsabilité collective, ne voudront jamais partager le risque. Ils redoutent, in fine, d’éponger les dégâts italiens. Le cas italien aggrave donc les difficultés auxquelles Emmanuel Macron fait face en matière de réforme de la zone euro, alors que traditionnellement, Rome était l’alliée de Paris sur beaucoup de ces questions.

Quel sera le premier message des dirigeants européens au nouveau premier ministre italien ?

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S. M. : Que lorsqu’on est dans l’UE, on a des droits et des devoirs. Que ce club comporte un règlement intérieur – encore plus strict dans la zone euro. Et qu’il faut le respecter.

Recueilli par Céline Schoen (à Bruxelles)https://www.la-croix.com/Economie/Monde/Si-lItalie-prend-feu-saura-pas-eteindre-lincendie-2018-05-18-

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"sortir de la zone euro : il ne peut s’agir d’une vaste improvisation !": voilà au moins un point d'accord! En effet, sans sortie raisonnée et étudiée de l'euro (et de l'UE), le nouveau gouvernement italien court le risque de l'improvisation, ce qui, dans ces domaines, est facteur de catastrophes en chaîne...
Pour le reste, entre mensonges et éléments de langage relevant davantage de la propagande et de la "méthode Coué" que de la véritable argumentation, l'auteur semble mettre sur le dos des italiens l'échec prévisible de Macron et le refus allemand de "mutualiser" les risques, ce qui est un peu gonflé...   P.G.

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mercredi 23 mai 2018

"Il n'y aura pas de remise en cause" du statut des fonctionnaires (Olivier Dussopt)

Alors que les fonctionnaires étaient appelés mardi à une journée de grève et de manifestations sur les salaires, le secrétaire d'Etat à la Fonction publique, Olivier Dussopt, assure que le gouvernement ne remettra pas en cause le statut des fonctionnaires.

ACT FP MANIF GOUV

Le secrétaire d'Etat à la Fonction publique, Olivier Dussopt, assure lundi dans Libération que le gouvernement ne remettra pas en cause le statut des fonctionnaires, à la veille de la troisième journée de grève depuis le début du quinquennat. "Il y aura des ajustements, une modernisation mais pas de remise en cause", a expliqué Olivier Dussopt.

A l'appel unitaire des syndicats de la fonction publique, les fonctionnaires étaient appelés mardi à une journée de grève et de manifestations sur les salaires, les effectifs et les réformes en cours. Les organisations syndicales dénoncent les orientations du gouvernement, qui constituent selon elles une "attaque" du statut de fonctionnaire: simplification du dialogue social, extension du recours aux contractuels, part accrue de rémunération au mérite et accompagnement des mobilités de carrière, y compris vers le secteur privé.

Un rapport explosif attendu

OUTIL GOPE SILENCE

Les orientations du gouvernement, qui doivent déboucher sur un projet de loi au 1er semestre 2019 et auxquels s'ajoutent les inquiétudes entourant le futur rapport d'experts CAP 22, qui dégagera  des pistes d'économies, ont continué d'attiser la tension qui règne depuis l'arrivée au pouvoir d'Emmanuel Macron. Concernant CAP 22, Olivier Dussopt s'attend à "un certain nombre de propositions, plus ou moins disruptives" mais "ce rapport n'engage pas le gouvernement et une phase de concertation avec les différentes parties prenantes s'ouvrira à la remise de celui-ci".

"Ces dernières années, à chaque fois qu'un gouvernement a initié une réforme de la fonction publique, il l'a fait uniquement avec un prisme budgétaire. Du coup, toute réforme en la matière devient anxiogène. Mais je le répète : nous ne remettrons pas en cause le statut des fonctionnaires", a martelé le ministre.

https://www.latribune.fr/economie/france/il-n-y-aura-pas-de-remise-en-cause-du-statut-des-fonctionnaires-olivier-dussopt-779070.html#xtor=EPR-2-[l-actu-du-jour]-20180521

mardi 22 mai 2018

30% d’oiseaux en moins, un ciel vide: pour Moreau, «le rôle de l’UE est essentiel»

Deux études datées de fin mars ont montré la diminution des populations d’oiseaux en moins de 20 ans en France. Avec une baisse de 30%, leur nombre devient préoccupant. Le député LREM de la Creuse, Jean-Baptiste Moreau, a expliqué dans un entretien à Sputnik quelles pistes étaient étudiées pour enrayer cette désertification de notre ciel.

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Le 20 mars dernier, le CNRS et le Muséum national d'Histoire naturelle (MNHN) publiaient deux études dont les conclusions ont fait l'effet d'un petit séisme. En effet, en moins de 20 ans, ce sont près d'un tiers des oiseaux qui ont disparu.

Interrogé à ce sujet, Jean-Baptiste Moreau, député LREM de la Creuse, estime que la diminution des populations d'oiseaux n'est qu'une partie du problème et déclarait:

«Au-delà des oiseaux, ce sont les insectes, c'est l'ensemble de la biodiversité qui est menacée aujourd'hui, par les pesticides, mais pas seulement, par la monoculture aussi: par la culture de céréales et la disparition des rotations, la disparition des haies, des forêts…»

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© AFP 2018 Pascal Lachenaud

Le député de la Creuse partage l'analyse des études du CNRS et du MNHN, qui pointe du doigt à la fois l'usage abusif des produits phytosanitaires et la diminution des surfaces d'habitat naturel. Il rappelle la nécessité d'agir «sur plusieurs paramètres».

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«Dans le cadre de la loi, on a étendu l'interdiction des néonicotinoïdes, qui sont responsables en grande partie de la disparition des insectes aujourd'hui. […] Nicolas Hulot va faire des annonces vendredi d'après ce que j'ai compris sur une vraie loi sur la biodiversité. Je pense que c'est important d'agir plusieurs paramètres: l'urbanisation, les monocultures, etc.»

Bien que «la Creuse [soit] un peu moins touchée que d'autres départements céréaliers», monsieur Moreau, éleveur, plaide pour une diversification de l'agriculture afin de résoudre le problème de la disparition des oiseaux, mais aussi celui de l'appauvrissement des sols, par exemple:

«Il faut diversifier notre agriculture et aller vers une agriculture plus respectueuse de l'environnement, parce que ce sera la première à subir les conséquences d'une dégradation de l'environnement.»

Pourtant, l'élu de La République en marche rejette l'idée que la France se dirige seule vers un type d'agriculture plus respectueux de l'environnement et de la biodiversité et se prononce en faveur d'une action au niveau européen pour trois raisons. La première est que, selon lui, de nombreuses décisions à prendre pour assurer la pérennité des populations d'oiseaux se prennent à Bruxelles. Il rappelle ainsi que

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«Le rôle de l'UE est essentiel sur cette thématique puisqu'on est bloqués, sur un certain nombre d'initiatives que nous pourrions prendre au niveau français, par le fait qu'il faut que ces décisions soient prises au niveau de l'UE.»

La seconde est qu'il se montre convaincu que cela ira de pair avec une perte de compétitivité de l'agriculture française soumise à plus de normes que ses voisins.

«La préservation et l'amélioration de la biodiversité ne peuvent passer que par un cadre européen, voir au-delà. Si on ne le fait qu'au niveau français, on va imposer un certain nombre de normes à nos producteurs qui ne seront pas les mêmes ailleurs. Ailleurs, il y aura une baisse de la biodiversité, nous, nous aurions peut-être un léger renforcement, mais ce ne sera pas améliorateur de façon significative.»

AFFICHE FL EEM

La dernière raison pour laquelle monsieur Moreau détaille la pertinence de l'échelle européenne est la force d'entraînement de la France à Bruxelles. C'est pourquoi il n'hésite pas à déclarer:

«Sur les néonicotinoïdes, la France était partie en premier et avait finalement été rejointe par l'ensemble de l'UE. Je pense qu'il faut que l'on continue cette stratégie d'entraînement et entraîner l'ensemble de l'UE derrière nous.»

https://fr.sputniknews.com/international/201805181036426653-oiseaux-moreau-populations/

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«Il faut diversifier notre agriculture et aller vers une agriculture plus respectueuse de l'environnement, parce que ce sera la première à subir les conséquences d'une dégradation de l'environnement.»
Encore un qui a pris le gros melon après avoir été désigné député Lremiste !
Encore un qui ne sait pas ce qu'est l'environnement !
L'agriculture est l'environnement !
On doit simplement aller vers une agriculture "intelligente" (puisque le mot est à la mode) et abandonner l'agriculture au service des multinationales !
Et non, nous n'avons pas besoin de l'UE puisque le but de l'UE est de détruire l'agriculture, et surtout l'agriculture française ! Elle l'a récemment démontré et Macron et Hulot se sont d'ailleurs "couchés" !
S'il n'a pas compris ça, cet homme n'a rien à faire en politique !
Et nous n'avons pas besoin de l'UE pour replanter des haies !

S.R.

OUTIL FREXIT URGENT

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Les Etats-Unis et l'abus de droit

TRIBUNE LIBRE / Daniel Fortin / Rédacteur en chef

TL TRUMP SOUVERAINETE

Les nouvelles menaces de sanctions contre les entreprises commerçant avec l'Iran montrent la faiblesse de l'Europe face à l'impérialisme juridique américain.

L' « Oracle » Trump a parlé et voici les entreprises françaises - comme du reste leurs homologues étrangères et américaines -  sommées de quitter l'Iran avant le 4 novembre prochain sous peine de lourdes sanctions financières et/ou de rétorsions commerciales. La décision prise par Washington de se retirer de l'accord sur le nucléaire iranien signé en 2015 rouvre ainsi de façon spectaculaire le débat sur l'impérialisme juridique des Etats-Unis, autorisés à imposer leurs règles partout où ils le souhaitent hors de leurs frontières.

souverainet-europenne

Vu d'Europe, on ne peut qu'être choqué par l'ingérence de l'ambassadeur des Etats-Unis à Berlin, sommant mardi les entreprises allemandes de cesser « immédiatement » leurs activités en Iran. Et l'on est abasourdi par l'incapacité européenne à s'opposer à la toute-puissance d'un droit américain que Donald Trump a choisi d'utiliser pour ce qu'il est, c'est-à-dire une redoutable arme économique.

On aura beau jeu de s'indigner contre cette confiscation des règles du commerce international au profit d'une seule puissance, fût-elle la plus grande du monde. Ce serait oublier que le principe d'extraterritorialité du droit américain n'est pas nouveau et que Donald Trump ne l'a pas inventé. Faut-il rappeler ici que c'est sous le mandat du modéré Barack Obama que BNP Paribas s'est vu infliger en 2014  une amende de 8,9 milliards de dollars pour avoir violé l'embargo américain contre Cuba, le Soudan et - déjà - l'Iran entre 2002 et 2009 ?

OUTIL STRATAGEME

Renault, PSA, Total ou Airbus, qui s'étaient à nouveau ouvert le marché iranien, n'ont évidemment pas attendu le verdict de Washington pour prévoir une révision de leurs engagements. Mais à quel prix ? Et combien de temps l'Europe laissera-t-elle ses fleurons industriels à la merci de règles léonines dont la brutalité prend toute son ampleur lorsqu'un président sans scrupule est installé à la Maison-Blanche ? Il y a six mois, Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, avait invité l'Europe à se doter d'outils susceptibles de résister à l'emprise de la législation américaine sur le commerce mondial. Tout en admettant que la réflexion sur ce sujet était « embryonnaire ». C'est bien tout le problème.

Daniel Fortin
https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/0301659363583-les-etats-unis-et-labus-de-droit-2174945.php

citation-dieu-se-rit-des-hommes-qui-se-plaignent-des-consequences-alors-qu-ils-en-cherissent-les-causes-jacques-benigne-bossuet-165383

L’Union Européenne, en sortir pour s’en sortir ? La vidéo du débat PRCF PCF Attac FI FSC POID à l’Isle sur la Sorgue

TRIBUNE LIBRE / PRCF

tl debat prcf ue

Ce 19 mai 2018 à l’Isle-sur-la-Sorgue, le PRCF 84 a organisé un large débat réunissant des représentants de plusieurs partis, organisations politiques et syndicats pour échanger autour de la question de l’Union Européenne. www.initiative-communiste.fr y était et a pu vous permettre des suivre en direct et en vidéo sur les réseaux sociaux les interventions des représentants du PRCF, du , d’, de la , du Front Syndical de Classe et du . Des interventions qui ont permis à la cinquantaine de personnes présentes, réunissant un large arc de sensibilité, des jeunes communistes à un militant de l’UPR en passant par des syndicalistes de la CGT à la confédération paysanne ou des militants de la campagne stop Linky, de prendre connaissance des positions, analyses et propositions des uns et des autres, et de nourrir le débat par leurs questions et propositions.Des questions de fond ont ainsi pu être posées et analysées permettant un débat très constructif et d’une grande richesse. Question de la souveraineté populaire, des leçons de la crise grec et des referendums bafoués de ces dernières années, question de la lutte contre la xénophobie et la fascisation, question de la conscience d’appartenance à la classe ouvrière, question de la Nation, du patriotisme et de l’internationalisme, question de la souveraineté populaire sur la monnaie, question de la lutte pour la paix et contre l’impérialisme, question du syndicalisme et des organisations politiques des travailleurs, question de la convergence des luttes face à la cohérence des directives européennes et du dumping social faisant voler en éclat les droits des travailleurs, les protections de l’environnement dans tous les secteurs (agriculture, éducation, la Poste …), question du danger d’un système capitaliste menant à l’exterminisme … [?] on ne peut citer ici et rendre compte de tout ce qui a été débattu en ces quelques lignes seulement.

Point de convergence de l’ensemble des participants, le plaisir de se retrouver ensemble pour débattre d’un sujet central –  celui de l’Union Européenne et de l’Euro, et de leur rôle dans la guerre de classe menée pour exploiter toujours plus les travailleurs – qui pour beaucoup a été bien trop longtemps un tabou et pour lequel le débat est indispensable. Point de convergence également que la condamnation unanime de l’Union Européenne et de ses politiques et structures ou institutions qui attaquent les travailleurs en France comme dans les autres pays de l’UE.

Benoit Foucambert, représentant le PRCF, a exposé en détail le pourquoi de la nécessité de la sortie de l’Union Européenne et de l’Euro, une sortie qui doit se conjuguer avec celle de la sortie de l’OTAN, et du Capitalisme.

Plus largement, la nécessité de débattre et d’agir ensemble, de se rassembler tous ensemble et en même temps à l’image de la dynamique à l’œuvre pour la grande journée nationale d’action du 26 mai prochain, dynamique dont participait également cette journée du 19 mai à l’Isle sur la Sorgue, a été soulignée par tous. Le PRCF 84 a remercié chaleureusement toutes les organisations qui ont répondu présent pour cette belle après midi de dialogue, de débat et – malgré les divergences – de rassemblement. Apportant la démonstration qu’il n’y a rien à craindre à ouvrir le débat sur l’Union Européenne et l’Euro, sur la possibilité et les moyens d’en sortir pour s’en sortir. Au contraire, loin de diviser, c’est un moyen d’unir et d’avancer, tous ensemble, en même temps.

Une journée et une initiative du PRCF 84 qui devrait se poursuivre à l’évidence dans d’autres lieux et également sur d’autres sujets, et qui ne devrait pas manquer d’inspirer bien au delà des rives de la Sorgues.

Retrouvez les interventions de chacune des organisations participantes, en intégralité et en vidéo

https://www.facebook.com/prcf.initiative.communiste/videos/1481935938584658

https://www.initiative-communiste.fr/articles/europe-capital/lunion-europeenne-en-sortir-pour-sen-sortir-la-video-du-debat-prcf-pcf-attac-fi-fsc-poid-a-lisle-sur-la-sorgue/?ct=t(RSS_EMAIL_CAMPAIGN)

L'union Europeenne s'en sortir pour en sortir ? débat organisé par le PRCF 84

https://www.youtube.com/watch?time_continue=153&v=bPTYA0CiD_0

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J'invite nos militants à se rendre dans ce type de réunions, quels que soient les organisateurs, afin de tenter de faire comprendre à nos compatriotes l'intérêt d'une démarche de type "CNR" (un large rassemblement au- delà des clivages partisans) pour libérer la France. Dans cette réunion, il est question de "sortir par la gauche", et ils ne sont même pas d'accord entre eux... Cela dit, la vidéo est instructive, et on ne peut que regretter que la partie "débat avec le public" n'ait pas été présentée.    P.G.

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