mardi 12 décembre 2017

Brèves d'antipresse

Fin 2017

ARG BREVES NOEL

ART | Le Sauveur du monde ira bénir les Arabes

Vendu à un acquéreur secret pour 450 millions de dollars lors d’une vente aux enchères chez Christie’s, le Salvator Mundi de Léonard de Vinci est devenu le tableau le plus cher au monde.

La signification artistique de l’œuvre ne semble pas avoir retenu l’attention, encore moins son sens spirituel. Une seule question passionne les foules: qui est donc ce richissime amateur?

Bloomberg a livré un indice en annonçant que l’œuvre serait hébergée au Louvre d’Abu Dhabi. Peu de chances que l’acquéreur soit brésilien ou chinois… Le New York Times a aussitôt avancé le nom d’un prince saoudien.

«Le Louvre d’Abu Dhabi — une franchise de l’original parisien — est un symbole des efforts consentis par l’émirat pétrolier pour booster son prestige dans le domaine du “soft power".»

On imagine que quelques bédouins imbibés de pétrole doivent bien rire à l’idée d’avoir soustrait la plus coûteuse représentation du Christ à la culture qui l’a créée.

http://log.antipresse.net/post/art-le-sauveur-du-monde-ira-benir-les-arabes?mc_cid=69d7c2ec6a&mc_eid=3a5e263339

FRANCE | Que représente le CRIF ?

Le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) «invite» le Président Macron à suivre l'exemple du président étasunien Trump proclamant Jérusalem Capitale d'Israël. Faisant fi de l'histoire et du droit international, le CRIF ignore la responsabilité de la France à Jérusalem. Chrétienne pendant les croisades, Jérusalem fut musulmane de 638 à 1917. En 1535, Soliman le Magnifique et François Ier ont signé les Capitulations qui accordaient à la France un rôle particulier dans la protection des lieux saints catholiques, de concert avec la Custodie des franciscains. Aujourd'hui encore, le C​onsul de France est le dépositaire de ce droit. En outre, la ville est placée sous l'autorité administrative des Nations-Unies.

Voilà pourquoi, n'en déplaise à Donald Trump, les ambassades sont toutes à Tel-Aviv. Le CRIF représente-t-il des institutions juives de France ou les intérêts d’un gouvernement étranger?

http://log.antipresse.net/post/france-que-represente-le-crif?mc_cid=69d7c2ec6a&mc_eid=3a5e263339

UKRAINE | Emigration massive… chez l'ennemi !

Selon l'illustre Yulia Timochenko, désormais à la tête du parti «La Patrie», quelque huit millions de personnes ont quitté l'Ukraine depuis la révolution de Maïdan, début 2014. Et où sont-ils allés, tous ces Ukrainiens? Le plus souvent (55% des cas), se jeter dans les bras de leur «agresseur» — ou en tout cas désigné comme tel par leurs autorités et leurs alliés occidentaux. 4,4 millions ont en effet trouvé refuge en Russie, contre 1,2 millions en Pologne et au Canada, 1 million aux USA etc.

«Les recherches montrent que la moyenne d'âge des expatriés tourne autour des 32 ans. Ce sont surtout des gens éduqués, des intellectuels.»

Etrange, tout de même, que la frange la plus instruite et la plus capable de la population ukrainienne aille se jeter directement dans la gueule de l'ours russe. Ces «intellectuels» sont-ils complètement stupides ou y aurait-il une faille dans la narration?

http://log.antipresse.net/post/ukraine-emigration-massive-chez-l-ennemi?mc_cid=69d7c2ec6a&mc_eid=3a5e263339

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mardi 28 novembre 2017

Ukraine: des témoignages fracassants... passés sous silence

LA POIRE D'ANGOISSE par Slobodan Despot

ARG OTAN UKRAINE

La «Georgian connexion»: peut-être un sujet de film, mais certainement pas une info.

Le site d'Olivier Berruyer, Les Crises, propose la traduction d'un reportage vidéo stupéfiant diffusé par la chaîne italienne Canale 5. Le reporter Gian Micalessin a en effet interviewé trois mercenaires géorgiens qui auraient été dépêchés à Kiev début 2014 dans le but d'envenimer la «révolution colorée» du Maïdan et de précipiter le renversement du président élu Yanoukovitch.

Le 20 février 2014, on s'en souvient, de mystérieux snipers avaient tiré sur la foule et sur les policiers, faisant plus de 80 morts. Ecartant du même coup la perspective d'élections anticipées et d'une issue pacifique à la crise. Or, selon ces «tueurs malgré eux» retrouvés par le journaliste italien, les ordres et les armes venaient directement de l'opposition, assistée notamment d'un officier américain.

Branle-bas? Tremblement de terre dans le mainstream médiatique? Loin de là: bien au contraire, une belle omerta sur cet événement historique à propos duquel les médias occidentaux avaient fait preuve d'un unanimisme pour ainsi dire... totalitaire:

«Nous resterons relativement prudents à ce stade, ceci restant au conditionnel, mais ceci nécessiterait du coup un enquête urgente et approfondie de la Justice et des grands médias – du moins s'ils ne veulent pas alimenter le "complotisme", d'autant que, depuis 5 jours, aucun grand média n'a repris ces informations, à l'exception du grand journal italien Il Giornale...»

Les sujets d'enquête — c'est le moins qu'on puisse dire — ne manqueraient pourtant pas. A commencer par cette mystérieuse Georgian connexion, où l'on voit défiler le pion américain Saakashvili (celui-là même qui lança une guerre désastreuse contre la Russie en 2008) et sa ribambelle de «conseillers» plus bizarres les uns que les autres, pourvus du jour au lendemain de passeports ukrainiens. Telle, par exemple, Eka Zguladze, la vice-ministre de la justice de Géorgie infiltrée exactement au même rang dans le gouvernement putschiste de Kiev de fin 2014 à mai 2016, et qui se trouvait incidemment être l'épouse du philosophe héréditaire Raphaël Glucksmann, donneur de leçons notoire sur la «démocratie» ukrainienne.

Nous n'irons pas jusqu'à établir des liens entre le maquillage de la révolution en Ukraine et le maquillage de l'information en Europe de l'Ouest, mais il nous semble que ce serait une intéressante piste à étudier pour des journalistes intrépides et intègres.

Source: Antipresse

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dimanche 26 novembre 2017

L’OTAN demande une conversion à l’économie de guerre

Article proposé par P.M. (UPR 23)


 

Le Secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg a appelé, à l’occasion de la rencontre des ministres de la Guerre de l’OTAN, à orienter la planification de l’infrastructure civile vers les besoins de l’armée : « Il ne s’agit pas seulement de commandement. Nous devons également veiller à ce que les routes et les ponts soient assez solides pour supporter les plus massifs de nos véhicules et que les réseaux ferroviaires pour le transport rapide de blindés et de matériel lourd soient bien équipés. »

ARG OTAN UKRAINE

Les rôles clés seraient assurés par les gouvernements nationaux, le secteur privé et l’Union européenne.

Stoltenberg n’a laissé planer aucun doute sur la direction que prendront les mouvements de troupes : « Les routes et les voies mal adaptées pour le transport des chars rendent actuellement difficile par exemple un déplacement rapide de troupes vers les pays baltes. »

C’est de nouveau contre la Russie. Exactement comme le Führer avait développé le réseau d’autoroutes par tous les moyens dans les années 1930, pour déplacer le plus rapidement possible des troupes et du matériel vers l’Est (le dernier tronçon de l’A2, qui reliait Berlin à la Ruhr, a été inauguré ponctuellement le 23 septembre 1939, pour le début de la Seconde Guerre mondiale), le renforcement de l’infrastructure de transport fait partie aujourd’hui encore d’une préparation consciencieuse et responsable de la guerre.

L’ensemble de l’UE a immédiatement pris position, claqué des talons et promis solennellement de remettre prochainement en état le réseau de transports à l’abandon en Europe. Die Zeit rapporte : « Federica Mogherini, la représentante de l’UE pour les affaires étrangères, a annoncé à Bruxelles que la Commission européenne diffuserait, d’ici la fin de la semaine, des propositions sur la manière dont le transport de troupes à l’intérieur de l’Europe peut être amélioré. »

Cette entrée massive de la politique en faveur d’une économie de guerre, dans laquelle toutes les activités se concentrent uniquement sur le renforcement de la capacité de faire la guerre, est le point culminant d’une propagande belliqueuse s’aggravant sans cesse. En la matière, un pas entraîne toujours l’autre. Il semble toujours que l’OTAN soit en position défensive par rapport à la Russie et qu’en plus sa force militaire doive être nettement supérieure.

Ainsi les agressions actuelles de l’OTAN contre la Russie sont fondées sur la situation en Ukraine, sa prétendue annexion de la Crimée et son intervention dans la guerre en Syrie. Ici, la véracité des faits et du contexte historique ne joue aucun rôle. L’important est de présenter toutes les agressions par les États-Unis et l’OTAN exclusivement comme des mesures défensives. Presque toujours, au début d’une crise, d’un conflit, on peut entendre les bruits de bottes de l’OTAN.

Par exemple, les États-Unis ont mis le feu en Ukraine il y a plusieurs années, lorsque s’y jouait en 2004, aux yeux du public, une mise en scène convaincante.

« Soixante-cinq millions de dollars fournis par les contribuables ont été versés depuis 2002 par le Département d’État américain pour les élections en Ukraine, par le biais du NED et des fondations des partis Démocrate et Républicain aux États-Unis, respectivement le NDI et l’IRI », écrit Der Spiegel dans son numéro 46 de 2005. Il cite le sénateur républicain Ron Paul :

« Nous ne savons pas exactement combien de millions ou de douzaines de millions de dollars le gouvernement des États-Unis a dépensé pour l’élection présidentielle en Ukraine. Mais nous savons qu’une grande partie de cet argent était destinée à soutenir un candidat spécifique ». Puis il explique à ses lecteurs : « Victor Iouchtchenko ».

En ce moment, des faits importants, selon lesquels les élections présidentielles aux États-Unis auraient été manipulées par la Russie, constituent ainsi un levier pour continuer à stigmatiser la Russie.

Comme on le sait, l’affaire du changement de régime et de l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN a mal tourné à l’époque. Der Spiegel a toutefois écrit ces mots prophétiques en 2005 déjà :

« D’un autre côté, il n’y a plus de retour en arrière possible pour les États-Unis et leurs alliés. Beaucoup d’argent, beaucoup d’efforts ont été investis. Dans les semaines précédant l’élection (de Iouchtchenko à la présidence de l’Ukraine), des valises d’argent liquide provenant des États-Unis furent livrées à l’aéroport de Kiev, raconte la comptable de l’organisation d’opposition ‘Notre Ukraine’. Un don américain privé de plus de 150 000 dollars a été temporairement mis à l’écart parce que personne ne savait plus où l’affecter. »

Ce qui était vrai alors l’est encore plus aujourd’hui. S’il y avait à l’époque « beaucoup de millions ou de douzaines de millions de dollars », en 2014, dix ans plus tard, selon la secrétaire d’État américaine alors en poste Victoria Nuland, c’était plus de 5 milliards de dollars que les États-Unis et leurs alliés avaient investis dans un changement de régime en Ukraine, dont l’unique but était d’encercler la Russie. Nuland a mentionné cette somme dans une conversation téléphonique interceptée par le service de renseignement ukrainien le 28 janvier 2014.

Tout le monde sait qu’il faut des retours sur investissement. Les retours, dans une Ukraine colonisée par l’Occident, permettraient avant tout de bloquer facilement les livraisons de pétrole et de gaz de la Russie, puisque ces sources d’énergie sont amenées dans l’UE par le système de pipeline ukrainien. Ensuite, les fournisseurs d’énergie dominés par les États-Unis se précipiteraient.

L’hebdomadaire Die Zeit cite le prof. John Mearsheimer, qui enseigne la science politique à l’Université de Chicago, dans un article d’Alice Bota du 17 mai 2015, dans lequel celle-ci se donne toute les peines du monde pour nier l’influence américaine en Ukraine :

« Selon lui (le prof. Maersheimer), Washington poursuit sa politique d’ingérence en Ukraine, dix ans après la Révolution orange. Pour lui, c’est clair : les manifestations sur le Maïdan, qui ont finalement abouti au renversement du président Victor Ianoukovitch le 22 février 2014, ont été préparées par les Américains pendant des années, avec beaucoup d’argent. Un coup d’État. L’Amérique voulait un changement de pouvoir car elle voulait gagner de l’influence sur l’Ukraine. »

Bien que l’on veuille absolument nous faire croire que les manifestations du Maïdan ont conduit au renversement de Ianoukovitch, les manifestants étaient, dans le meilleur des cas, des figurants dans un drame qui se déroulait devant l’opinion publique mondiale, et dont le déroulement et l’issue étaient décidés depuis longtemps. Les temps changent, de même que Serge Eisenstein a essayé en 1928, avec les moyens du cinéma muet et des milliers de figurants, de donner une image de la Révolution d’Octobre qui avait très peu à voir avec la réalité, les tireurs de ficelles aux États-Unis ont donné, avec l’aide des nouveaux médias, l’image d’une insurrection populaire en Ukraine qui n’a jamais eu lieu.

Le renversement du pouvoir à Kiev était décidé depuis longtemps. Le Maïdan n’a été que l’occasion bienvenue de frapper enfin. Après plusieurs semaines de manifestations contre un gouvernement corrompu, qui n’a pas hésité à « violer son propre peuple », le monde était prêt pour le « décompte final ». Le 20 février, la violence s’est intensifiée. Il y a eu des coups de feu. Le soir, 70 personnes gisaient, mortes, sur le pavé. Les responsables des tirs en embuscade ne sont toujours pas identifiés, encore moins jugés. [Si, on sait aujourd’hui qui étaient les tireurs. Voir cet article, NdT] Notamment parce que le nouveau gouvernement a montré peu d’enthousiasme pour faire la lumière.

L’important n’était pas la vérité, mais ce qui était tenu pour la vérité dans l’opinion publique et c’était l’histoire que les médias racontaient déjà alors que les corps des morts n’étaient pas encore froids : les Berkut, les forces spéciales de Ianoukovitch, avaient tiré indistinctement dans la foule – sur ordre du président. Ainsi Ianoukovitch était définitivement discrédité et visé. Il a fui la foule excitée par le parti nazi « Secteur droit » : « Ils réclament la peine de mort, ils veulent le mettre au pilori, mais il doit au moins aller au tribunal », et Der Spiegel se réjouissait encore le 24 février de voir enfin en Russie un spectacle semblable à la pendaison publique de Saddam Hussein ou à l’ignoble assassinat de Kadhafi.

Les forces qui se trouvaient maintenant au pouvoir en Ukraine ne représentaient plus du tout une grande partie de la population ukrainienne. Selon le dernier recensement à peu près fiable, environ 8 334 100 Russes ethniques vivaient en Ukraine, soit 17,3% de la population totale. L’une des premières mesures du nouveau gouvernement a été la suppression du russe comme deuxième langue officielle. Cela a suscité la colère, en particulier, des habitants des oblasts de Lougansk et de Donetsk, où la proportion de la population russe est respectivement de 39% et de 38,2%, et en Crimée, où les Russes sont majoritaires. La loi existe toujours. Si elle n’est plus en vigueur actuellement, elle  pourrait à tout moment le redevenir.

La population a protesté, ce qui a poussé le nouveau gouvernement à envoyer des troupes [contre les régions rétives du Donbass, NdT] qui, armées jusqu’aux dents, ont même utilisé l’artillerie. En juillet, le nouveau président ukrainien, le fabricant de chocolat et oligarque Porochenko, a déclaré, tout à fait dans le style des généraux de la Wehrmacht lors de la Seconde Guerre mondiale : « Les militants paieront de centaines de vies celle de chacun de nos soldats. »

Die Welt écrivait le 19 décembre 2012 :

« Les directives du haut commandement de la Wehrmacht de septembre 1941 ordonnaient par exemple de fusiller de 40 à 100 ‘communistes, nationalistes ou démocrates’ par soldat allemand tué… Dans la Yougoslavie occupée, le général Franz Böhme avait établi que pour chaque soldat allemand tué, il fallait fusiller 100 otages, et que pour chaque blessé, il fallait en fusiller 50. »

Wilhelm Keitel, le commandant en chef de l’armée allemande, a été condamné à mort par pendaison le 1er octobre 1946 lors du procès de Nuremberg contre les principaux criminels de guerre, entre autres à cause de ses « ordonnances de représailles » [contre les otages civils, NdT]. La peine a été exécutée le 16 octobre 1946 à Nuremberg.

En Crimée, le gouvernement russe devait craindre pour le maintien de sa flotte de la mer Noire à Sébastopol. Déjà sous le président Iouchtchenko, pro-occidental, l’accord conclu en 1997 et valable jusqu’en 2017 sur l’utilisation des installations par la flotte russe à Sébastopol était utilisé par l’Ukraine comme moyen de chantage sur la Russie.

Au cours du conflit gazier de 2005-2006, l’Institut pour la sécurité nationale de l’Ukraine a proposé qu’« une série de compromis politiques devait être recherchée suite à l’augmentation rapide des prix de l’approvisionnement en gaz, fixés dans l’accord ukrainien [avec la Russie, NdT]. Cela comprenait l’accord sur le retrait anticipé (au 1er janvier 2012) de Crimée de la flotte russe en mer Noire et le protocole dans lequel la Russie devrait déclarer explicitement qu’elle n’aurait pas d’objections à l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN dans un avenir prévisible (2008-2010) », comme l’écrit assez maladroitement Lyudmyla Synelnyk dans l’ouvrage paru en 2013 Energieressourcen und politische Erpressung : Der Gasstreit zwischen Russland und der Ukraine” (Ressources énergétiques et chantage politique : le conflit gazier entre la Russie et l’Ukraine). En 2008, Iouchtchenko se penchait encore une fois personnellement sur la question. Lyudmyla Synelnyk écrit :

« C’est ainsi que le 20 mai 2008 (donc quelques mois avant la guerre en Géorgie d’août 2008) – contrairement aux affirmations de la presse occidentale selon lesquelles cette exigence était une réaction à la participation d’éléments de la flotte russe à la guerre) – le gouvernement ukrainien a été chargé par décret présidentiel de préparer un projet de loi sur l’abrogation de l’accord russo-ukrainien sur le stationnement de la flotte de la mer Noire russe après 2017. »

Bien que le traité ait été prolongé de 2010 à 2042, Poutine savait que l’expulsion de la flotte de Sébastopol menaçait la Russie au plus tard en 2017, les États-Unis prenant ensuite possession des installations, les forces au pouvoir à Kiev n’ont d’entrée pas reconnu la prolongation de l’accord.

On peut appeler cela une politique de puissance, mais la Russie devait agir, tant en Ukraine de l’Est, dont la séparation du reste du pays était planifiée et acceptée tout à fait ouvertement avec un haussement d’épaules dans les médias occidentaux dès le début du Maïdan, qu’en Crimée. La Russie avait été massivement défiée par les États-Unis, l’OTAN et l’Union européenne. Mais maintenant, elle était présentée comme l’unique agresseur.

On reconnaît sans peine le même schéma dans le cas de la Syrie. Des troubles intérieurs limités ont été utilisés pour amener dans le pays des mercenaires, des armes et des munitions en grand nombre sous le prétexte de protéger la population d’un dictateur massacreur de son propre peuple. Un mémorandum qui se trouvait dans les courriels piratés de Hillary Clinton démontre qu’il ne s’agit en aucun cas, pour les États-Unis, de liberté et de droits de l’homme pour la population syrienne.

Le document ne porte ni la date ni le nom de son auteur, d’où on peut déduire qu’il s’agit d’un proche collaborateur de Clinton, ou de la ministre américaine des Affaires étrangères de l’époque elle-même. À partir de quelques passages du texte, on peut facilement dater la rédaction du papier à mars-avril 2012, donc à un stade très précoce de la guerre en Syrie.

La toute première phrase dans le document de WikiLeaks dément la version américaine de l’ingérence : « La meilleure façon d’aider Israël à faire face à la menace nucléaire croissante de l’Iran est d’aider les Syriens à renverser le régime de Bachar al-Assad. »

Il s’agissait donc à l’évidence d’affaiblir l’Iran en le privant de son plus fidèle allié. Il s’agissait de maintenir le monopole d’Israël sur les armes nucléaires au Proche-Orient : « Ce dont l’armée israélienne s’inquiète vraiment – mais ne peut pas en parler ouvertement – c’est de la perte de son monopole nucléaire. Une capacité nucléaire iranienne ne mettrait pas seulement fin à ce monopole, mais pourrait aussi inciter d’autres adversaires, comme l’Arabie saoudite et l’Égypte, à s’équiper d’armes nucléaires. »

La secrétaire d’État américaine ou l’un de ses plus proches collaborateurs révèlent au printemps 2012 les vraies réflexions de l’administration Obama : « C’est la relation stratégique entre l’Iran et le régime de Bachar al-Assad en Syrie qui permet à l’Iran de saper la sécurité d’Israël (…) par ses alliés au Liban, comme le Hezbollah, qui est soutenu, armé et formé par l’Iran en Syrie. »

De cela, il n’y a qu’une conclusion à tirer : « La fin du régime d’Assad mettrait fin à cette alliance dangereuse. »

Visiblement, on ne faisait pas confiance à ses propres négociations avec l’Iran sur la limitation de son programme nucléaire, ces dernières n’avaient d’emblée qu’une fonction d’alibi : « Les négociations sur la limitation du programme nucléaire iranien ne résoudront pas le dilemme sécuritaire d’Israël. Elles n’empêcheront pas non plus l’Iran de continuer à développer la partie décisive de son programme nucléaire – la capacité d’enrichir l’uranium. »

Et donc, en 2012, le renversement d’Assad n’était considéré à Washington que comme la première étape d’une importante solution définitive. La petite guerre avant la très grande contre l’Iran : « Faire tomber Assad ne serait pas seulement une énorme bénédiction pour la sécurité d’Israël, cela atténuerait également la peur compréhensible d’Israël de la perte de son monopole nucléaire. Ensuite Israël et les États-Unis pourraient développer une vision commune au moment où le programme iranien serait si dangereux qu’une action militaire pourrait se justifier. »

On pensait procéder avec Assad et sa famille comme auparavant avec Saddam Hussein en Irak ou Mouammar Kadhafi en Libye : « Sa vie et sa famille étant en danger, seule la menace ou l’usage de la force changera l’esprit du dictateur Bachar al-Assad. »

On n’avait pas non plus l’intention de se laisser entraver par le droit international. Le Conseil de sécurité de l’ONU, qui devait approuver une intervention militaire contre la Syrie, a été écarté d’autorité : « La Russie ne soutiendra jamais une telle mission, donc cela n’a aucun sens de passer par le Conseil de sécurité des Nations unies. »

Quant à la Russie alliée de la Syrie, où se trouve sa seule base militaire en Méditerranée, elle était encore considérée comme beaucoup trop faible pour qu’on doive se préoccuper davantage de sa réaction : « Certains soutiennent que la participation des États-Unis fait courir le risque d’une autre guerre avec la Russie. Mais l’exemple du Kosovo montre autre chose. Dans ce cas, la Russie avait de vrais liens ethniques et politiques avec les Serbes, des liens qui n’existent pas entre la Russie et la Syrie, et même alors elle n’avait rien fait de plus que se plaindre. »

Comme on sait, tout s’est ensuite déroulé un peu différemment. Vraisemblablement aussi parce que Hillary Clinton n’était plus la ministre des Affaires étrangère des États-Unis pendant le second mandat d’Obama et qu’elle se préparait, avec son équipe de néocons et de fauteurs de guerre, à sa propre campagne présidentielle de 2016. Obama a reculé plusieurs fois devant une participation directe des États-Unis à la guerre en Syrie.

À la demande d’Assad, la Russie s’est activement engagée en septembre 2015 contre les terroristes islamistes avec des frappes aériennes et a mis fin à l’interminable effusion de sang du peuple syrien, à quelques exceptions près. Mais dans la propagande, la Russie était désormais l’agresseur, comme si c’était Poutine qui avait été à l’origine des nombreux morts en Syrie pour des raisons stratégiques et non les États-Unis.

Revenons maintenant à la demande de l’OTAN de transformer graduellement notre économie en une économie de guerre. Avec la stigmatisation en tant qu’agresseur qui a attaqué d’autres pays comme l’Ukraine et la Syrie, en violation du droit international, il y a l’avertissement injustifiable que l’ours russe pourrait aussi intervenir militairement contre d’autres pays, et en premier lieu contre les États baltes. Alors la peur a été attisée et rapidement, l’appel à s’armer a retenti. La Russie ne comprend que le langage de la force, il faut la retenir, montrer sa force.

Aucun épouvantail, aucune comparaison avec des événements historiques catastrophiques n’a été et n’est suffisant pour retenir les applaudissements de l’industrie de l’armement et des faucons. On a cité à maintes reprises la politique d’apaisement du Premier ministre britannique Neville Chamberlain à l’égard d’Hitler en 1938. Si Chamberlain avait alors remis énergiquement Hitler à sa place, soutient-on encore et encore, la Seconde Guerre mondiale n’aurait jamais eu lieu.

La stupide comparaison de Poutine avec Hitler est censée faire peur aux gens. Ils doivent se préparer à la grande confrontation avec le Mal éternel. Comme dans toute économie de guerre, ils doivent mettre de côté leurs besoins personnels au profit du grand effort nécessaire pour écraser l’ennemi décrit comme hyper-puissant.

Adieu les nouvelles places en crèche, adieu les écoles toute la journée, la prise en charge des enfants et des jeunes, adieu les systèmes de retraite équitables, la dignité dans la vieillesse, les investissements dans le système de santé et les soins. Dorénavant, chaque euro sera utilisé pour la formation à la défense. Chaque pays doit consacrer 2% du produit intérieur brut, chaque année, pour son armement. À cela s’ajoutent maintenant les coûts énormes pour élargir les routes sur lesquelles les blindés pourront rouler vers l’Est, pour renforcer des ponts qui devront supporter les énormes colosses de métal. Sans aucun égard pour l’environnement, les autoroutes devront pouvoir être utilisées en cas de guerre comme pistes d’atterrissage et de décollage pour les bombardiers meurtriers. Les lignes de chemin de fer doivent être modernisées, non pas pour se rendre mieux, plus vite et plus ponctuellement de A à B, mais pour qu’on puisse les employer, en cas de besoin, pour la victoire.

Mais chers concitoyens, soyez confiants et donnez volontiers pour les chars, les fusées et les bombardiers. Pour le moment, ils ne veulent que votre argent. Mais tôt ou tard, ils viendront et ils vous demanderont vos enfants et vos petits-enfants.

Wolfgang Jungmann

http://lesakerfrancophone.fr/lotan-demande-une-conversion-a-leconomie-de-guerre

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jeudi 2 novembre 2017

Maïdan 3.0

Situation économique et sociale, guerre dans le Donbass - L'Ukraine s'enfonce de manière irrémédiable dans le chaos.

 

ARG US UKRAINE

Lorsqu'on regarde la convergence d'événements qui ont lieu en Ukraine, on y voit le chaos grandir sans cesse de manière inexorable, comme un incendie gagnant toujours plus de terrain de manière totalement imprédictible.

C'est ce côté imprévisible de la façon dont les événements s'enchaînent en Ukraine qui rend toute prédiction ou anticipation des évolutions à venir très difficile. Ce que l'on pensait hier prendre quelques semaines, peut finalement prendre des mois, et inversement, en fonction de l'ajout ou non d'huile sur le feu déjà bien galopant. Mais la tendance globale reste la même : un accroissement constant de l'entropie du système appelé « Ukraine ».

Alors que la ville de Marioupol est toujours sans eau chaude ni chauffage depuis six mois, pour cause de dette de gaz non payée par la municipalité, et que l'Ukraine tire de plus en plus sur ses centrales nucléaires en mauvais état, pour compenser le fait qu'elle a dû arrêter la plupart de ses centrales électriques à charbon faute de combustible, l'hiver promet d'être particulièrement dur pour les Ukrainiens cette année à cause du déficit en charbon.

Car sur les 4 millions de tonnes de charbon qui font actuellement défaut à l'Ukraine, 3 millions doivent absolument être de l'anthracite. Or, à part les Républiques Populaires de Donetsk et de Lougansk (RPD et RPL) qui sont désormais sous blocus commercial total, le seul autre pays qui peut fournir cette qualité de charbon, c'est la Russie ! Et c'est là qu'on voit que la politique russophobe des autorités ukrainiennes actuelles confine au suicide collectif.

Le déficit de charbon est tel, que l'expert Valentin Zemlyansk a déclaré que l'Ukraine n'avait jamais connu une situation aussi catastrophique, même dans les années 90, après la chute de l'URSS. Pour lui, l'Ukraine risque de se retrouver à court de charbon dès le milieu de l'hiver, vers le mois de janvier. Sans charbon, les Ukrainiens risquent d'utiliser au maximum des radiateurs électriques pour compenser l'absence de chauffage et ne pas mourir de froid.

En sachant que sans livraisons de charbon suffisantes, l'Ukraine ne pourra quasiment compter que sur ses centrales nucléaires mal entretenues et antédiluviennes, on imagine sans peine le niveau de risque d'un nouveau Tchernobyl que cette situation pourrait engendrer.

Enfin, si les Ukrainiens arrivent à continuer de payer leurs factures d'électricité, et en ce domaine, rien n'est moins sûr, au vu de la chute vertigineuse que le niveau de vie des Ukrainiens connaît depuis l'Euromaïdan. C'est Ioulia Tymochenko elle-même qui l'a déclaré sur le plateau de la chaîne télévisée ukrainienne 112.

« Malheureusement, l'Ukraine est classée dernière de tous les anciens pays soviétiques en termes de PIB par habitant. [] En 2008, le PIB nominal par habitant, c'est-à-dire quand j'étais Premier ministre, était de 8 000 dollars par habitant. Et c'était l'un des premiers au sein des pays de la CEI. Et aujourd'hui, il est de 2 000 dollars par habitant... Le PIB par habitant a été divisé par quatre, et, en fait, c'est le niveau de vie des gens, » a-t-elle déclaré.

Un niveau de vie divisé par quatre, il n'y a pas à dire, le résultat du Maïdan précédent (la révolution de la dignité comme ils l'appellent) a été une grande réussite…

À Kiev, pendant ce temps-là, Saakachvili continue de semer le chaos, en laissant aux autorités ukrainiennes jusqu'au 7 novembre pour voter la levée de l'immunité parlementaire, la création d'une cour anti-corruption et la modification du système électoral. Faute de quoi, promet Saakachvili, une nouvelle manifestation aura lieu devant la Rada avec 40 000 personnes. Le village de tentes quant à lui se maintient devant la Rada, grâce à un financement généreux, qui permet de payer chaque manifestant 150 hryvnias pour deux heures (et la nourriture est fournie), plus une prime de déplacement qui monte à 800 hryvnias pour ceux qui viennent depuis Marioupol, alors que le transport leur est payé aussi.

Le but évident de Saakachvili est de destituer Porochenko, et ses déclarations le montrent amplement, comme celle où il propose déjà de futurs candidats pour briguer le poste de président ukrainien : Victor Tchoumak, Ioulia Tymochenko, et Anatoliy Grytsenko. Si l'ancien président géorgien a déjà prévu les éventuels remplaçants pour Porochenko, c'est que le plan prévoit qu'il ne restera pas à son poste. CQFD.

Et quand on regarde l'implication importante des ultra-nationalistes dans ce Maïdan 3.0, et les provocations et attentats qui ont frappé deux d'entre eux (un commandant de bataillon et un député) à quelques jours d'écart, on se dit que la poudrière de Kiev risque bien de s'enflammer sous peu.

Que ces actes aient été des tentatives ratées de Porochenko pour se débarrasser de chefs ultra-nationalistes devenus dangereux pour lui, ou de provocations délibérément orchestrées pour exciter les ultra-nationalistes contre Porochenko, le résultat final risque bien d'être le même pour celui qui occupe actuellement le poste de président de l'Ukraine.

D'ailleurs on en voit déjà les prémices avec le blocus de l'usine Roshen à Vinnitsa (qui appartient à Porochenko) par les radicaux ukrainiens depuis samedi soir. Le même jour, ils ont annoncé vouloir aussi bloquer le centre logistique de l'entreprise situé près de Kiev, et ont déclaré que Roshen devrait être nationalisée.

Il faut dire que le fait que Porochenko n'ait toujours pas vendu son entreprise alors que son poste de président rend cette démarche obligatoire, et que cela lui a permis de continuer à augmenter sa fortune de 7 % en 2016 pour atteindre un milliard de dollars, alors que la population ukrainienne a vu son niveau de vie divisé par quatre en quelques années, cela a de quoi exciter les ultra-nationalistes autant que le reste de la population.

Et quoi de mieux dans une telle situation que de dériver l'attention de la population mécontente vers une bonne guerre ? Surtout quand votre patron, pardon, partenaire américain, vous en donne le feu vertCar c'est bien ainsi qu'il faut interpréter l'autorisation que Kurt Volker (représentant américain en Ukraine) a donné à Kiev d'appeler officiellement la Russie « état agresseur ». Cela équivaut à un blanc seing pour relancer la guerre à grande échelle dans le Donbass.

Une crainte exprimée par Alexander Hug, le chef adjoint de la MSS de l'OSCE en Ukraine, au vu du nombre croissant de violations du cessez-le-feu depuis un mois.

« Toutes ces violations ne sont rien d'autre qu'un conflit qui couve, et personne ne sait à quel stade [du conflit] nous en sommes maintenant. Nous ne pouvons pas ignorer les faits et espérer que la situation restera la même. L'augmentation progressive du nombre de violations couplée à la présence d'armes prohibées, et le déploiement rapproché des forces et des installations sont une sonnette d'alarme, dont nous devons sérieusement tenir compte, » a ainsi déclaré Hug lors d'une réunion à Kiev.

L'OSCE craint désormais une reprise des hostilités qui se ferait de manière extrêmement rapide, brutale et totalement imprévisible.

Or, au vu de l'état de l'armée ukrainienne, cela reviendrait à un suicide militaire collectif pur et simple. Jamais une armée moderne n'a eu de pertes hors-combat (10 103 en trois ans !) presque aussi élevées que ses pertes officielles au combat (10 710) ! Seule l'armée ukrainienne a réussi ce tour de force.

Bien sûr l'état-major ukrainien conteste les chiffres du procureur militaire général pour essayer de sauver la face. Mais Matios a un capital crédibilité bien plus élevé que l'état-major ukrainien depuis qu'il a dévoilé à plusieurs reprises les cadavres que ce dernier essayait de cacher dans ses armoires (comme le bataillon Tornado par exemple).

Ces chiffres alarmants ont fait dire à Frants Klintsevitch vice-président de la commission de la défense et de la sécurité du Conseil de la Fédération de Russie, que « l'armée ukrainienne s'est engagée dans une spirale d'autodestruction ». Malheureusement pour l'Ukraine, il n'y a pas que son armée qui s'est engagée dans une telle spirale, c'est le pays tout entier qui file tout droit vers l'annihilation.

Christelle Néant

Article original sur DoniPress

https://www.levilainpetitcanard.be/articles/actu/maidan-30_856926167

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Etats-Unis : l'ancien directeur de campagne de Donald Trump inculpé pour complot

Paul Manafort a dirigé la campagne de Donald Trump jusqu'en août 2016 avant d'être contraint de démissionner. Il serait notamment ciblé pour des activités non déclarées de lobbyiste et consultant.

ACT TRUMP RUSSIE

Sommé de se rendre à la justice, l'ancien directeur de campagne de Donald Trump, Paul Manafort, a été inculpé notamment pour "complot" contre les Etats-Unis, lundi 30 octobre. Il est arrivé dans la matinée au siège du FBI à Washington pour répondre à 12 chefs d'inculpation dans le cadre de l'enquête sur l'affaire russe, dont blanchiment, fausses déclarations et non déclarations de comptes détenus à l'étranger.

Il pourrait être présenté à la justice dans la foulée, a précisé Peter Carr, le porte-parole de Robert Mueller, le procureur spécial chargé de diriger l'enquête. Paul Manafort avait dirigé la campagne de Donald Trump jusqu'en août 2016 avant d'être contraint de démissionner.

Soupçons de versements de commissions occultes

Paul Manafort a démissionné après la publication d'articles affirmant qu'il avait reçu des millions de dollars de commissions occultes versées par un parti politique pro-russe d'Ukraine. Il serait aussi ciblé pour des activités non déclarées de lobbyiste et consultant, notamment auprès de l'ancien président ukrainien pro-russe Viktor Ianoukovitch.

Selon le New York Times (en anglais), le nom de Rick Gates, un associé de Paul Manafort, apparaît sur des documents de sociétés domiciliées à Chypre et par lesquelles Paul Manafort aurait reçu des paiements en provenance d'Europe de l'EstLa chaîne CNN (en anglais) avait annoncé vendredi qu'un grand jury fédéral avait approuvé les premières inculpations dans l'enquête du procureur Mueller.

Ces actions judiciaires marquent une nouvelle étape dans l'enquête sur les ingérences russes supposées dans la campagne présidentielle américaine. Le président républicain, dans une série de tweets dimanche, a encore réfuté la moindre "collusion" avec la Russie durant la campagne.

"Toutes ces histoires 'russes' juste quand les républicains s'attaquent à une baisse et réforme historiques des impôts. Est-ce une coïncidence ? NON !", a-t-il tweeté. Lui-même ne semble pas visé, dans l'immédiat, par l'enquête. C'est ce qu'a assuré le gouverneur républicain du New Jersey, Chris Christie, un allié, dimanche : "Le président ne fait pas l'objet d'une enquête."

http://www.francetvinfo.fr/monde/usa/presidentielle/soupcons-d-ingerence-russe-aux-etats-unis-l-ancien-directeur-de-campagne-de-donald-trump-inculpe-pour-complot


 

BASE 14 995X225"des activités non déclarées de lobbyiste": quand on connait les dessous de l'affaire ukrainienne du "Maïdan" et l'implication d'Hillary Clinton...

Dans cette affaire, il semble qu'il y ait un mélange de malversations financières et de revanches politiques. A suivre, sans doute à partir d'autres sources que France Info.

P.G

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mercredi 1 novembre 2017

Loi sur l'enseignement en Ukraine : la Hongrie met des bâtons dans les roues de Kiev

Article présenté par S.R. (UPR 87)

ACT UKRAINE DONIPRESS

Après le vote de la loi sur la langue d'enseignement en Ukraine, Budapest avait promis de tout faire pour gêner Kiev auprès des instances internationales, et surtout auprès de l'UE et de l'OTAN où elle dispose d'un droit de veto.

Pour rappel, cette loi prévoit que l'enseignement se fera uniquement en ukrainien à partir de la 5e classe, dans un pays qui compte plusieurs minorités ethniques importantes (Roumaine, Hongroise et même Bulgare), sans parler de toute la partie russophone du pays (je parle là des gens dont la langue maternelle, c'est-à-dire la première langue qu'ils apprennent dès le plus jeune âge, est le russe).

Suite au vote de cette loi, la Roumanie et surtout la Hongrie avaient fait savoir publiquement qu'elles désapprouvaient cette loi qui discrimine les minorités qui se trouvent en Ukraine. La Hongrie avait même menacé l'Ukraine de lui nuire en guise de réponse au vote de cette loi.

La Hongrie n'a pas fait cette promesse en l'air, et a saisi la première occasion pour rappeler à l'Ukraine qu'elle ne peut pas faire n'importe quoi en matière de législation. Et c'est la tenue du sommet Ukraine-OTAN, prévu en décembre, qui en a fait les frais.

La convocation à ce sommet a été soumise cette semaine au vote des pays membres de l'OTAN, et l'unanimité était requise afin qu'il puisse avoir lieu. Le vote négatif de la Hongrie a donc été l'équivalent d'un veto, empêchant le sommet d'avoir lieu.

C'est le chef de la diplomatie hongroise, Peter Siyarto, qui l'a annoncé sur le site de son département, de manière très directe, et sans ambages :

« La Hongrie ne peut soutenir l'aspiration de l'Ukraine à l'intégration, c'est pourquoi elle a mis son veto à la convocation du sommet Ukraine-OTAN en décembre », a ainsi déclaré le ministre hongrois des Affaires étrangères.

Devant la détermination évidente de la Hongrie et des autres pays voisins à pourrir la vie de l'Ukraine en réponse à cette loi, il semble que cette dernière pourrait faire marche arrière.

C'est en tout cas ce qu'a déclaré le journaliste Vyacheslav Pikhovchek, sur le plateau de la chaîne ukrainienne NewsOne. Ce dernier a déclaré en effet que l'Ukraine pourrait faire des concessions et adoucir la norme linguistique pour les minorités nationales.

Mais, car il y a un mais, cette concession ne s'appliquerait QUE pour les minorités hongroise, roumaine et peut-être la minorité bulgare. Les enfants russophones, eux, seraient toujours forcés de subir l'ukrainisation de force que représente ce texte de loi.

Pourquoi, accorder seulement ce « privilège » aux voisins européens ? Eh bien parce que ces derniers peuvent sévèrement nuire aux aspirations européennes et OTANiennes de l'Ukraine ! La Russie non.

« Ma prédiction est que la seule option possible est de formuler certaines conditions spécifiques uniquement pour les enfants de citoyens ukrainiens de nationalité hongroise, roumaine, et peut-être bulgare, puisque les gouvernements de ces pays se battent pour eux et ont de l'influence sur les officiels de Kiev. Mais pas pour les enfants russophones…Un autre problème s'est ajouté à la guerre et à la crise en Ukraine - Kiev se fait de nouveaux ennemis avec les dispositions de la loi sur l'éducation et les minorités ethniques, » a ainsi déclaré Pikhovchek.

Cette idée de Pikhovchek, est sûrement issue du fait, que Kiev est déjà prête à faire un amendement à cette loi pour la minorité polonaise, en signant un accord avec Varsovie à ce sujet. Cet accord a d'ailleurs provoqué l'ire de la Hongrie, qui a vu cela comme une trahison de la part de la Pologne.

Mais de tels amendements, accordant des exceptions à certaines minorités et pas aux russophones, alors qu'ils sont bien plus qu'une minorité, rendraient la loi encore plus discriminatoire qu'elle ne l'est déjà.

C'est d'ailleurs sur cet argument, que la Russie a fait appel à l'ONU, à l'OSCE et au conseil de l'Europe, afin qu'ils fassent pression sur Kiev.

Il est invraisemblable de voir l'Ukraine poursuivre la Russie devant la CIJ pour discrimination ethnique envers les Tatars de Crimée, alors que ces derniers peuvent désormais recevoir un enseignement dans leur langue maternelle (depuis la réintégration de la Crimée au sein de la fédération de Russie), alors que dans le même temps, Kiev vote des lois ouvertement discriminatoires envers ses minorités ethniques et sa population russophone. C'est vraiment l'hôpital qui se moque de la charité !

Mais en ne faisant marche arrière que pour les minorités ethniques, et pas pour les russophones, Kiev pourrait bien faire une énorme faute de calcul géopolitique. Car si Moscou ne dispose pas d'un droit de veto bloquant les aspirations européennes ou OTANiennes de Kiev, la Russie a néanmoins un certain nombre de leviers qu'elle peut utiliser afin de nuire à l'Ukraine en guise de réponse.

Bogdan Bezpalko, membre du Conseil pour les relations interethniques auprès du Kremlin, en a listé quelques-unes, allant du fait de compliquer le travail des représentations ukrainiennes dans les organisations internationales, jusqu'au fait de reconnaître les Républiques Populaires de Donetsk et de Lougansk (RPD et RPL), en passant par la rupture du Grand Accord sur l'amitié signé entre les deux pays, ou le renforcement du contingent militaire présent en Crimée ou à la frontière de la RPD et de la RPL.

L'option qui serait le camouflet le plus sévère pour Kiev, a même été justifiée de manière pragmatique par monsieur Bezpalko :

« En fin de compte, la Russie pourrait reconnaître les républiques de Donetsk et de Lougansk. Vu que le format de Minsk ne fonctionne plus, tôt ou tard il sera possible de reconnaître les « républiques populaires » comme des États indépendants et de conclure avec elles des accords, notamment dans le domaine de la défense », a-t-il ainsi expliqué.

Voilà de quoi donner à réfléchir à Kiev, du moins tant qu'il en est encore temps. Car le Maïdan 3.0 se poursuit, entre coups de communication de Saakachvili, et étranges attentats terroristes contre des députés radicaux (alors que ce sont justement ces forces radicales qui sont à l’œuvre pour destituer Porochenko).

L'entropie de l'Ukraine continue de croître de manière accélérée, et le pays se dirige de plus en plus vers une désintégration totale.

https://dnipress.com/fr/posts/loi-enseignement-ukraine-hongrie-met-des-batons-dans-les-roues-de-kiev-qui-est-prete-faire-partiellement-marche-arriere/

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lundi 30 octobre 2017

Ukraine : l’inauguration d’une statue dédiée à Simon Petlioura, signe de la montée du nationalisme ?

Dans la ville de Viinnitsa, un monument en l'honneur du nationaliste ukrainien Simon Petlioura a été inauguré. Un événement qui a indigné la communauté juive dans le pays et au-delà, étant donné qu'il est accusé d'avoir organisé plusieurs pogroms.

ACT UKRAINE RT

Un monument dédié au nationaliste ukrainien Simon Petlioura a été inauguré dans la ville de Vinnitsa, en Ukraine. Ce personnage est immortalisé par une statue en bronze, assis sur un banc, avec une carte du pays sur les genoux.

«C’était un homme qui aimait sincèrement son pays, sa langue natale, qui essayait d’être honnête envers son peuple», a déclaré le chef de l’administration de la ville, Valéri Korovi, lors de la cérémonie d’inauguration, affirmant que les autorités soviétiques avaient «fait tout pour le noircir».

Le monument a été présenté le 15 octobre, Jour du Défenseur de l’Ukraine – une nouvelle fête introduise par le Président Petro Porochenko en 2014. C’est le premier monument représentant Simon Petlioura en pied même si on pouvait déjà voir son buste à Kiev et une plaque dédiée à son souvenir à Poltava.

La ville de Vinnitsa a servi de capitale temporaire à la République populaire ukrainienne, dirigée par Simon Petlioura en 1919-1920. Cet Etat autoproclamé a été créé en 1917, après la révolution bolchevique d’octobre en Russie.  

A tête de la République populaire d'Ukraine, Simon Petlioura a combattu pour affranchir son pays de la Russie soviétique ce qui n'empêche pas des soldats de cet Etat autoproclamé d'avoir organisé plusieurs dizaines, voire de centaines, de pogroms contre la population juive.

Après la défaite et la proclamation de la République socialiste soviétique ukrainienne, en 1920, Simon Petlioura se réfugia à Paris. Six ans plus tard, il a été tué par Sholem Schwartzbard, un horloger et écrivain juif d’origine ukrainienne. Même si ce dernier a clairement revendiqué l’assassinat, la justice française l’a acquitté, jugeant qu’il avait agi sous le coup de l’émotion. 15 membres de la famille de Schwartzbard avaient péri dans des pogroms en Ukraine.

Bernard Lecache, l'un des journalistes qui a suivi le procès, avait même créé la Ligue contre les pogroms pour soutenir l’accusé. C’est cette organisation qui est revenue par la suite la LICA, la Ligue internationale contre l'antisémitisme et ensuite la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (LICRA).

Les partisans de Simon Petlioura ont affirmé qu’à titre personnel, il s'était opposé à ces pogroms, mais qu'il avait perdu le contrôle de ses forces armées qui ont entamé des persécutions contre les juifs. Pourtant, la défense de Sholem Schwartzbard, ainsi que plusieurs historiens, ont tenu Petlioura directement responsable, en tant que chef du gouvernement, au motif qu'il n'avait pas mis fin à ces pogroms.

Colère en Israël

La statue de Simon Petlioura a été installée dans le centre d’un ancien quartier juif de Vinnitsa, ce qui n'a pas manqué de susciter d'importantes tensions. La ville de Vinnitsa abrite en effet l'une des plus importantes communautés juives du pays, dont plusieurs membres restent persuadés que Simon Petlioura est responsable de la mort de leurs aînés.

Ksenia Svetlova, députée du parlement israélien, a envoyé une note de protestation à l’ambassadeur d'Ukraine dans son pays, Guennadi Nadolenko. «A mon avis, ce monument insulte la mémoire de plusieurs milliers d’innocents, qui sont morts dans des pogroms terribles», a-t-elle écrit sur sa page Facebook. Quelques jours plus tard, l’ambassadeur d’Israël en Ukraine est lui aussi passé à l'action, utilisant l’installation de ce monument pour évoquer une «tendance de hausse du nationalisme» en Ukraine.

Le 18 octobre, le Congrès juif mondial a dénoncé l’installation de cette statue. «Il est impossible d’imaginer que l’homme que nous qualifions aujourd’hui sans  hésitations de terroriste soit honoré dans la ville où, lui et son régime, ont essayé d’éradiquer la population juive», peut-on lire dans le communiqué du Congrès.

Poussée nationaliste

Lors de la Seconde Guerre mondiale, l’Ukraine faisait partie de l’Union soviétique et a lutté contre le nazisme. Près de 1,3 million de soldats venus de l'Ukraine soviétique ont péri pendant le conflit. Cependant, l’attitude du gouvernement ukrainien envers l'héritage de la Grande Guerre patriotique (Seconde Guerre mondiale) a beaucoup changé depuis.

Un jour avant l’inauguration du monument dédié au nationaliste ukrainien, des centaines d'activistes d’extrême-droite avaient procédé à une marche aux flambeaux à Kiev. Ils célébraient le 75e anniversaire de création de l’Armée insurrectionnelle ukrainienne, un groupe paramilitaire nationaliste ukrainien qui a ouvertement coopéré avec les nazis et est considérée responsable de graves violences, dont les massacres des Polonais en Volhynie.

Un dernier épisode dans une longue série de marches en honneur des collaborationnistes ukrainiens, organisés par les groupes nationalistes qui sont de plus en plus actifs dans le pays. Il en va jusqu’à l’intégration de certains mouvements ultranationalistes dans les structures étatiques : c’est le cas pour le bataillon Azov, une organisation paramilitaire de volontaires qui s’est formée en 2014 des membres de groupes de l’extrême-droite. Intervenant à Donetsk et Lougansk contre les milices populaires, le bataillon controversé a été intégré à la Garde nationale ukrainienne en septembre 2014.

En 2010, Stepan Bandera, nationaliste ukrainien a reçu le titre de «héros de l'Ukraine». Dans les années 1940, il avait créé une légion ukrainienne de la Werhmacht pour lutter contre la Pologne et l’Union soviétique dans le cadre de son combat pour l’indépendance de l’Ukraine. Les autorités ukrainiennes ont érigé de nombreux monuments et nommé des rues en l’honneur de ce chef de l'Armée insurrectionnelle ukrainienne, ainsi que du commandant d'un autre bataillon ukrainien de la Wehrmacht, Roman Choukhevytch.

En 2015, l'Ukraine avait adopté une loi de «décommunisation», mettant à égalité les symboles nazis et soviétiques, bannissant du même coup ces derniers.

Et à quelques jours du 72e anniversaire de la victoire sur les nazis, le procureur général d'Ukraine a ouvert une enquête contre un ancien combattant soviétique de la Seconde Guerre mondiale accusé d'avoir tué, il y a plus de 65 ans, des membres d’un groupe nationaliste ayant collaboré avec l'occupant nazi.

https://francais.rt.com/international/44974-monument-nationaliste-petlioura-responsable-pogroms


 

Espérons que BHL a été invité par ses amis ukrainiens...

BASE 14 995X225P.G.

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jeudi 26 octobre 2017

De la Yougoslavie à l’Ukraine le Tchernobyl médiatique se répète

En complément de notre dernière publication sur la Yougoslavie, où je cherchais une approche non officielle, et surtout différente de la version euro- atlantiste de la question.

BASE 14 995X225Ici ça tombe bien, on parle à la fois de Yougoslavie et d'Ukraine, mais aussi de propagande médiatique, d'histoire et de géopolitique. A mettre en perspective avec ce qui se passe en Espagne avec la tentative de sécession catalane, bien sûr. P.G.

http://www.frexit-limousin.fr/archives/2017/10/24/35799307.html

Une vidéo proposée par H.J. (UPR 23)


 

De la Yougoslavie à l’Ukraine le Tchernobyl médiatique se répète - Slobodan Despot

ARG SLOBODAN VIDEO

Ajoutée le 16 mars 2015

https://www.youtube.com/watch?v=7xtXVFd3M5k

DURÉE 1H50

Le conférencier est l'éditeur suisse d'origine serbo-croate Slobodan Despot

Une conférence ayant pour thématique le rôle des médias dans le conflit ukrainien. Slobodan Despot met en perspective la guerre du démantèlement de l'ex-Yougoslavie et la situation actuelle en Ukraine. Il s'agit de mettre en lumière l'implication des pratiques médiatiques dans les enjeux géopolitiques des guerres de l'OTAN.

À travers cette comparaison entre les crises ukrainienne et yougoslave, Despot brosse aussi l'histoire de la période du démantèlement de la Yougoslavie.


 

Voir aussi les vidéos de propagande pour l'indépendance de l'Ukraine et de la Catalogne:

https://francais.rt.com/opinions/44939-help-catalonia-copier-coller-propagande-maidan

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«Help Catalonia» : un copier-coller de la propagande de Maïdan

Pour l'historien John Laughland, le souverainisme catalan, tout comme le Maïdan ukrainien, se base sur un «provincialisme artificiel» et le «droit-de-l'hommisme», ignorant l'Etat de droit et toute réalité géographique, historique ou culturelle.

ARG ESPAGNE CATALOGNE

Plusieurs médias espagnols, dont le grand quotidien El Pais, ont attiré l'attention de leurs lecteurs sur la similarité entre une vidéo récemment publiée par l'association sécessionniste catalane, Omnium Cultural, intitulée «Help Catalonia», et un autre court-métrage, «I am a Ukrainian», diffusé en 2014 pendant le mouvement dit du Maïdan.  Dans les deux films, une jeune et jolie femme s'adresse à la caméra pour expliquer pourquoi les gens manifestent et quels sont leurs objectifs. El Pais qualifie la vidéo catalane de «copie» de la vidéo ukrainienne. 

Ce rapprochement entre ces deux cas d'école de propagande politique est sans doute l'une des raisons pour lesquelles la Fondation Open Society, qui a un bureau à Barcelone mais pas à Madrid, s'est sentie obligée de nier, dans un communiqué officiel, tout soutien aux indépendantistes catalans. 

Pourtant, même s'il est vrai que, à la différence du mouvement du Maïdan, le sécessionnisme catalan n'est pas nécessairement téléguidé par des puissances étrangères, le phénomène catalan puise dans exactement les mêmes sources idéologiques que les événements qui se sont déroulés à Kiev fin 2013 début 2014.

La première grande analogie entre les deux mouvements est que ni l'un ni l'autre ne vise la vraie indépendance. Le président régional de Catalogne, Carles Puigdemont, a beau jeu d'évoquer le Brexit, dans la lettre qu'il a adressée au président du gouvernement espagnol le 19 octobre au matin, essayant ainsi de démontrer la légitimité de sa cause. Ce faisant, il oublie deux éléments clés : d'abord, la loi européenne permet à un pays membre de quitter l'UE, tout comme le droit international permet à tout pays souverain de dénoncer un traité, à la différence de la constitution du Royaume d'Espagne, qui ne prévoit pas la sécession légale d'une partie de son territoire; et ensuite, et surtout, que le Brexit était un vote pour la vraie indépendance du Royaume-UniLe sécessionnisme catalan, au contraire, ne vise pas l'indépendance de la Catalogne mais sa réinsertion dans l'ensemble européen ou, de toute évidence, il n'y a aucune souveraineté nationale.

Cette volonté de remplacer le gouvernement de Madrid par le celui de Bruxelles rappelle le désir des politiciens issus du Maïdan en Ukraine de pousser leur pays vers une plus grande dépendance à l'égard de l'UE.

Peu après leur prise de pouvoir, ils ont signé l'accord d'association avec Bruxelles, qui avait été la cause de la vague de protestation et avait réduit considérablement l'indépendance de l'Ukraine en permettant une surveillance accrue de sa politique interne par les institutions européennes. Ils ont également annoncé leur intention de rompre avec la neutralité arrêtée par le régime précédent et d'intégrer l'OTAN, alliance militaire qui exige une subordination de chaque pays membre au commandement intégré dominé par les Etats-Unis

La politique du Maïdan rappelle la déclaration d'«indépendance» du Kosovo de février 2008, qui était en réalité une déclaration de dépendance de cette province à l'égard de l'UE et de l'OTAN.

Les deux institutions reçoivent dans cette déclaration, qui sert de Constitution pour le Kosovo, un rôle déterminant dans le gouvernement de celui-ci. (Les références clés sont celles au Plan Ahtisaari que la déclaration promet d'intégrer dans sa loi fondamentale, paragraphe 12 : ce plan stipule que l'OTAN et l'UE feront partie intégrante du dispositif gouvernemental du Kosovo.)

La contradiction entre ces déclarations dites d'indépendance et la réalité de la dépendance qu'elles proclament n'est qu'un aspect de la caractéristique principale de tous ces mouvements: leur post-modernisme, si par cela on entend une idéologie qui refuse le principe de la non-contradiction et qui promeut, à sa place, une doctrine de no borders logiques et physiques. 

Ce culte de la contradiction était très frappant  sur le Maïdan, où ont combattu ensemble des nationalistes et des européistes, des catholiques fervents et des activistes LGBT, des néo-nazis et des Juifs. 

Bref, le Maïdan était un chaos idéologique – mais le chaos était voulu. En effet, certains stratèges de l'OTAN ont conçu le déploiement du chaos comme une arme de guerre, résumant leur idée par l'acronyme Vuca pour volatility, uncertainty, complexity, ambiguity (volatilité, incertitude, complexité, ambiguïté).  L'aspect apparemment jeune, joyeux, spontané et multiforme du mouvement du Maïdan avait pour but de condamner la Russie en la faisant apparaître comme l'incarnation d'un autoritarisme brutal.

Voilà le point névralgique du conflit entre Madrid et Barcelone : Madrid et son intransigeance sur la loi et sur le respect de celle-ci, une insistance qui est dénoncée injustement comme exagérée, veut incarner l'ordre; Barcelone, avec le flou délibérément entretenu non seulement sur la finalité de son «indépendance» mais aussi sur la question, posée plusieurs fois par Manuel Rajoy, de savoir si, oui ou non, Puigdemont l'avait vraiment déclaré, veut incarner la fluidité et l'ambiguïtéC'est très exactement ce que Karl Marx et Friedrich Engels ont conceptualisé avec la doctrine de la dialectique et leur refus d'accepter qu'un oui soit un oui ou un non un non. En déclinant de répondre à la question posée par Madrid, Barcelone agit en bon marxiste. La stratégie catalane est de cultiver l'ambiguïté pour ainsi imposer à Madrid la lourde responsabilité d'être le porteur de la clarté. Le défi pour Madrid est que, le marxisme culturel étant si fortement implanté en Europe, toute tentative de restaurer l'autorité de l'Etat est assimilée, au moins par certains, au franquisme et à la dictature, et ceci malgré le fait que le Royaume est une démocratie exemplaire depuis des décennies.

Comme en Ukraine, les sécessionnistes catalans veulent se séparer d'un espace linguistique gigantesque et de portée mondiale pour sombrer dans un provincialisme artificiel car en réalité cosmopolite

Fluidité et post-modernisme aussi dans le langage des indépendantistes : voilà ce qui est frappant dans le discours catalan. Si l'Ukraine avait un discours national très faible, dû notamment à l'absence de tout précédent historique pour un état ukrainien indépendant, mais aussi à son faible héritage littéraire et civilisationnel, la Catalogne est pire encore. Son sécessionnisme ne repose sur aucune différence majeure sur les plans linguistique, religieux, géographique, historique ou culturel entre elle et le reste de l'Espagne. Le contraste avec les sécessionnismes basque, croate, irlandais, écossais ou jurassien est saisissant.

Au contraire, le souverainisme catalan est un pur produit de l'idéologie droit-de-l'hommiste. Comme en Ukraine, les sécessionnistes catalans veulent se séparer d'un espace linguistique gigantesque et de portée mondiale pour sombrer dans un provincialisme artificiel, car en réalité cosmopolite. Leur identité puise uniquement dans les banalités abstraites du politiquement correct – le désir de démocratie, de liberté, de paix etc. – qui sont toutes une façon de se présenter – et c'est l'essentiel – comme les victimes de l'Etat espagnol et de sa police.

Ce souverainisme factice, qui est assaisonné d'une forte dose de gauchisme bobo, correspond parfaitement à l'idéal post-moderne – et très européiste – d'un Etat qui n'est basé sur aucune réalité déterminée, géographique, historique ou culturelle, mais uniquement sur la volonté de ses adhérents et sur des valeurs abstraites et universelles. 

C'est très exactement l'idéologie de l'intégration européenne qui véhicule les mêmes platitudes ringardes à propos des Etats-membres existants. Le Catalan, à en croire certaines vidéos, est composite, cosmopolite, européen, ouvert, dépourvu de toute particularité. Rien ne le définit sauf son statut d'opprimé. Il incarne ainsi l'universalisme – et donc le déracinement – d'une souffrance imaginaire.  Oui, la Catalogne c'est l'Europe – dans la mesure où l'Europe de Bruxelles, tout comme Barcelone, ne croit plus à sa propre spécificité ni à sa propre civilisation.

Par John Laughland
https://francais.rt.com/opinions/44939-help-catalonia-copier-coller-propagande-maidan
John Laughland est directeur des Etudes à l'Institut de la Démocratie et de la Coopération (Paris), philosophe et historien. De nationalité britannique, il est l’auteur de plusieurs ouvrages historiques et géopolitiques traduits en sept langues.

 

 

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vendredi 6 octobre 2017

La Catalogne et le Kosovo : qui sème le vent récolte la tempête

Le précédent du Kosovo a jeté «dans les poubelles de l’histoire» les principes du droit international, autrefois stables, qui interdisaient la déclaration unilatérale d’indépendance. Selon John Laughland, l’Espagne en subit les conséquences.

 

ARG ESPAGNE CATAALOGNEIl semble inévitable que les autorités catalanes déclareront bientôt leur indépendance et que l’Etat espagnol répondra en abrogeant l’autonomie de cette région, licenciant ainsi les indépendantistes. Dans cette hypothèse, de futures confrontations entre la police et les indépendantistes sont à craindre. Celles qui ont été filmées et diffusées le 1er octobre, le jour du référendum, ont déjà fait réagir. La condamnation de la violence et les appels au dialogue sont de mise.

Quel contraste avec le silence total à l’égard de l’extrême violence utilisée contre les indépendantistes à l’Est de l’Ukraine, dans le Donbass, contre lesquels Kiev a déployé non seulement la police mais aussi son armée. Si Madrid envoie l’armée espagnole à Barcelone, les commentateurs hurleront que c’est le retour du franquisme.  Ils évoqueront la gloire de la Barcelone républicaine pendant la guerre civile espagnole et l’héroïsme des brigades internationales. Mais quand Kiev déploie des milices nazies contre les indépendantistes, on n’en parle pas, et on passe sous silence le caractère clairement aveugle des bombardements qu’ont subi les villes rebelles. Le jour où il y aura une Anna Tuv catalane, tout le monde sera au courant : mais la triste histoire de cette femme ukrainienne, victime des bombardements ukrainiens qui ont tué sa fille et son mari en 2015, reste totalement inconnue au grand public.

En réalité, le soutien aux mouvements indépendantistes est toujours à géométrie variable – c’est-à-dire totalement contradictoire. Particulièrement criantes sont les incohérences qui interviennent quand une sécession en cache une autre. Quand la République soviétique de Moldavie proclama sa souveraineté en août 1991, c’était bien. Mais quand la République de la Transnistrie déclara son indépendance de la Moldavie en 1992, ce n’était pas bien. Quand la Bosnie-Herzégovine fit sécession de la Yougoslavie, c’était très bien. Mais quand la République serbe fit sécession de la Bosnie-Herzégovine, l’ONU envoya ses casques bleus sur le terrain pour l’en empêcher, et cela pendant trois ans de guerre. Quand les Etats-Unis proclamèrent leur indépendance de la Grande-Bretagne, de nouveaux horizons s’ouvrirent pour toute l’humanité ; mais quand les Etats confédérés déclarèrent leur indépendance des Etats-Unis, le monde fut plongé dans une nouvelle ère de ténèbres. Aujourd’hui encore, on enlève les statues de leurs généraux, tellement honnie est la cause pour laquelle ils se battirent. On peut multiplier les exemples de sécessions condamnées (Rhodésie, Chypre-Nord) ou soutenues (Timor Oriental, Soudan du Sud) quasiment à l’infini.

Dans ces conditions de désarroi intellectuel, il peut sembler fastidieux de parler de droit. Cette approche, qui est celle de Madrid, peut vite tourner au vinaigre car nous savons depuis le dialogue mélien raconté par Thucydide que les grands enjeux en politique sont décidés non pas par le droit, mais par la force. Théophile Delcassé, ministre des Affaires étrangères français au moment de la crise de Fachoda en 1898, où l’armée britannique expulsa les troupes françaises d’un poste militaire dans le sud du Soudan, résuma fort bien le dilemme ainsi : «Ils [les Britanniques] ont des soldats. Nous n’avons que des arguments.» Or, les Catalans sont sans doute moins forts sur le plan militaire que l’Espagne mais ils ont aussi des armes de propagande non négligeables, dont la plus efficace est leur soi-disant statut de victimes.

Mais il existe une bonne jurisprudence sur la question de l’indépendance : à part les situations de colonialisme, ou les cas de violations graves des droits de l’homme, la jurisprudence internationale considère qu’il n’y a pas de droit général à l’indépendance unilatérale ou à la sécession. L’intégrité territoriale des Etats existants, surtout si ceux-ci sont démocratiques et respectueux de l’Etat de droit, ne peut être remise en cause par une déclaration unilatérale, qu’elle soit la conséquence d’un référendum ou non. L’un des précédents judiciaires les mieux connus pour cette position est l’arrêt de la Cour suprême du Canada de 1998 qui a stipulé que le Québec ne disposait pas d’un droit unilatéral d’indépendance : «Le Québec ne pourrait, malgré un résultat référendaire clair, invoquer un droit à l’autodétermination pour dicter aux autres parties à la fédération les conditions d’un projet de sécession.» Venant d’un pays éminemment démocratique, cet arrêt faisait autorité aussi dans le droit international, qui dans ses propres documents confirme, de manière explicite et répétée, le principe de l’intégrité territoriale des Etats (ex : Article 2.4 de la Charte de l’ONURésolution 2625 de l’Assemblée générale de l’ONU du 24 octobre 1970).

Certes, dans l’histoire des relations internationales, ces principes sont des coutumes que les grandes puissances pensent qu’il est plus honorable de violer que d’observer. Mais cette relative stabilité du droit international a volé en éclats en 2010 à cause d’un arrêt hautement regrettable de la Cour internationale de justice, l’organe judiciaire suprême de l’ONU et une instance qui, jusqu’à cette date avait agi en tant que gardien respectable du droit international. Saisi par l’Assemblée générale de l’ONU sur la question de la licéité de la déclaration de l’indépendance du Kosovo en 2008, une question à laquelle la Serbie était convaincue qu’une seule réponse était possible car le statut de sa province méridionale était gouverné par une résolution du Conseil de sécurité, la résolution 1244 de juin 1999, et parce que son initiative avait recueilli une grande majorité de voix des Etats membres de l’ONU au sein de l’Assemblée générale, la Cour internationale de justice, à la grande déception de Belgrade, statua que cette déclaration ne violait «aucune règle applicable du droit international».

Or, nous savons que les mains de ceux qui rédigèrent la déclaration du Kosovo de février 2008 furent tenues par les Etats membres de l’Union européenne (avec quelques exceptions, dont l’Espagne), qui gouvernera désormais la province par le biais d’une nouvelle agence, EULEX, et par les Etats-Unis, véritable auteur de la guerre de l’OTAN de 1999, dont la conséquence était l’occupation de cette province par ses troupes. La fameuse déclaration d’indépendance du Kosovo, d’ailleurs, est en réalité une déclaration de dépendance de la province à l’égard de l’OTAN et de l’UE, qui font partie de la minorité des Etats reconnaissant cette indépendance. Ces grandes puissances avaient-elles réussi à peser sur les réflexions des juges à La Haye, peut-être par l’intermédiaire du juge britannique, Sir Christopher Greenwood, ancien professeur de droit qui travaillait en cachette pour le gouvernement de Tony Blair et qui était à l’origine du célèbre avis légal du gouvernement britannique en 2003 proclamant la guerre en Irak légale ?

Ce qui est certain, c’est que l’affirmation de certains gouvernements pro-kosovars selon laquelle le Kosovo serait un cas unique qui ne fournirait aucun précédent à d’autres déclarations d’indépendance est parfaitement mensongère. La Cour ayant conclu qu’aucune règle de droit international n’avait été violée par cette déclaration, il faut par définition arguer – comme le fait la Cour – que le droit international ne contient aucune interdiction générale applicable aux sécessions unilatérales. Celles-ci sont donc autorisées et la sauvegarde de l’intégrité territoriale des Etats est lettre morte. L’arrêt canadien se trouve désormais dans la poubelle de l’histoire.

Nous savons depuis la sécession de la Crimée en 2014 quelles sont les conséquences de cet arrêt : il est moralement intenable de soutenir la sécession en 2008 du Kosovo d’un Etat, la Yougoslavie, qui était devenu parfaitement «démocratique» (aux dires de l’Occident) en 2000, mais de condamner la sécession de la Crimée de l’Ukraine putschiste en 2014. Cet arrêt a donc mis le feu aux poudres et nous en voyons maintenant les conséquences au sein même de cette Europe qui, l’Espagne comprise, avait attaqué la Yougoslavie en 1999. Autrement dit : qui sème le vent récolte la tempête.

John Laughland | 4 oct. 2017

John Laughland est directeur des Etudes à l’Institut de la Démocratie et de la Coopération (Paris), philosophe et historien. De nationalité britannique, il est l’auteur de plusieurs ouvrages historiques et géopolitiques traduits en sept langues.

Source: https://francais.rt.com/opinions/44156-catalogne-kosovo-qui-seme-vent-recolte-tempete

http://arretsurinfo.ch/la-catalogne-et-le-kosovo-qui-seme-le-vent-recolte-la-tempete/

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