dimanche 15 juillet 2018

Brèves d'antipresse

BREVES ANTIPRESSEMEDIAS | Quand la RTS réécrit l'histoire ukrainienne

Le défenseur croate Domagoj Vida a été sanctionné par la FIFA pour sa provocation à la gloire de l'Ukraine après le match Croatie-Russie. Rendant compte de l'incident, la Radio-Télévision d'Etat suisse écrit:

"Gloire à l'Ukraine!" est un slogan du soulèvement pro-européen qui a conduit à la destitution du président ukrainien Viktor Ianoukovitch en 2014 et à une grave crise dans les relations entre les deux pays voisins.

L'affaire est ainsi réglée et la FIFA passe pour une vilaine mégère qui punit les victorieux européistes! En réalité, cette interprétation ne fait pas qu'illustrer l'inculture historique totale des journalistes «professionnels» et payés par le contribuable de la RTS. Elle dénote aussi un refus d'affronter la réalité contemporaine de l'Ukraine, où les idées, les slogans et les mouvements néonazis ont pignon sur rue.

APTOPIX-Russia-Crimea_Horo

Dire que «Gloire à l'Ukraine» est un slogan pro-européen, cela équivaut à soutenir que le salut nazi n'est jamais qu'un héritage de l'ancienne Rome. Ou alors, que le nazisme — ce qui est au fond vrai — était une idée de l'Europe.

L'histoire de ce slogan remonte à 1917 et non à 2014 comme tend à le croire la mémoire de batraciens des journalistes «professionnels» payés par le contribuable de la RTS. Et elle est uniquement et exclusivement associée, dans toutes les circonstances historiques — en particulier le bandérisme et la collaboration — au nationalisme ukrainien.

En réalité, la salutation «Gloire à l'Ukraine! Gloire aux héros!», accompagnée du salut romain (bras droit levé) a surtout été rodée par l'Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN) sur le modèle de la salutation nazie des partis fascistes ou fascisants d'Allemagne (NSDAP d'Adolf Hitler), Italie (Parti national fasciste de Benito Mussolini) et Croatie (Oustachis d'Ante Pavelić)...

10832869

Cette mise en perspective éclairerait bien mieux la prise de position du footballeur croate que son adhésion hypothétique à des idées «pro-européennes». Mais il est vrai que de faire débuter l'histoire ukrainienne «racontable» en 2014 est un moyen commode d'escamoter toute une série de questions gênantes, dont celle-ci:

Si «Gloire à l'Ukraine» est à la fois le slogan de la révolution de l'«Euromaïdan» et celui des fascistes ukrainiens, cela suggère-t-il plutôt que les fascistes sont teintés d'européanisme ou que l'Euromaïdan est teinté de fascisme?

 <log.antipresse.net>...


 

La grande métamorphose

régis-debray

«Il m'arrive même de tenir pour un privilège d'avoir pu assister sur place à un changement de civilisation, même pays, même population, disons au passage de la France-République à la France-entreprise, d'une nation tribunitienne et méditerranéenne à une province transatlantique et semi-anglophone, des sociétés de pensée aux think tanks. Aucun citoyen de l'Antiquité n'a pu voir en direct la Rome du forum devenir celle des basiliques. Je fais simplement le constat d'une inaptitude personnelle à me rendre utile dans ce nouveau bocal. Avec le sentiment, comme vous dites, d'avoir sauté en une vie de l'adolescence à l'obsolescence sans passer par la maturité, un peu comme ces villes du Brésil décrites par Lévi-Strauss qui passaient directement de l'état de chantier à l'état de vestige

— Régis Debray

Posté par UPR Creuse à 08:13 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

lundi 11 juin 2018

Un «néonazi» à l'Assemblée nationale : de Rugy assume de recevoir le co-fondateur de Svoboda

Critiqué par Jean-Luc Mélenchon mais aussi par Olivier Berruyer, le président de l'Assemblée nationale française a réagi à la venue d'Andry Parouby à Paris. Président de la Rada ukrainienne, celui-ci a fondé le Parti social-nationaliste d'Ukraine.

ACT DE RUGY PAROUBY

«Il est normal que je reçoive un homologue, élu à l’issue d’élections libres», a commenté le président de l'Assemblée nationale François de Rugy, interpellé sur Twitter par le rédacteur en chef du site Les Crises, Olivier Berruyer, au sujet de la réception d'Andry Parouby à l'Assemblée nationale le 11 juin.

Co-fondateur en 1991 du Parti social-nationaliste d'Ukraine (mouvement néonazi et antisémite désormais appelé Svoboda) et actuel président de la chambre des députés ukrainiens (Rada), Andry Parouby sera en effet de passage dans la capitale française, où il devrait également s'entretenir avec Gérard Larcher, président du Sénat.

Une réception qu'Olivier Berruyer juge «scandaleuse». Répondant au tweet de ce dernier, François de Rugy a affirmé : «La diplomatie parlementaire, c’est parler à tous les acteurs d’une crise : je vais ainsi reprendre les contacts avec la Douma de Russie interrompus depuis plusieurs années.»

«Auriez-vous également reçu dans les années 30 Hermann Göring, élu président du Reichstag "à l'issue d'élections libres" ?», a rétorqué le blogueur.

Ce à quoi le président de l'Assemblée a répondu : «Allez-vous aussi me reprocher de relancer l’échange entre l’Assemblée nationale et la Douma ?»

ECHANGE DE RUGY BERRUYER

La France insoumise monte au créneau

Auparavant, Jean-Luc Mélenchon avait lui aussi reproché à François de Rugy de recevoir Andry Parouby. Sur Twitter, le 10 juin, le leader de La France insoumise a ainsi écrit : «Demain, de Rugy reçoit solennellement le néonazi antisémite ukrainien [fondateur de] Svoboda ! Voilà où mène l'atlantisme forcené.»

Le député LFI Alexis Corbière avait en outre demandé à François de Rugy d'annuler son rendez-vous.

Andry Parouby a quitté le Parti social-nationaliste d'Ukraine en 2004, année de son changement de nom pour devenir Svoboda, parti fasciste qui a participé au coup d'Etat de 2014 en Ukraine. Après son passage à Paris, Andry Parouby doit se rendre au Royaume-Uni pour rencontrer notamment le ministre de la Défense britannique.

https://francais.rt.com/france/51477-neonazi-assemblee-nationale-rugy-recoit-andry-parouby-cofondateur-svoboda

TWEET MARC PERE

parouby-4

La-grosse-inspiration-de-Francois-de-Rugy-a-Bruno-Le-Maire-avec-son-slogan-de-campagne

BASE 14 995X225

On attend avec imaptience les réactions indignées de BHL... 

Les "antifas" dénonceront- ils désormais la présence des écolos dans les cortèges?  P.G.

Posté par UPR Creuse à 08:42 - - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

jeudi 31 mai 2018

Le journaliste russe Arkadi Babtchenko «assassiné» à Kiev est vivant et apparaît devant la presse

CONTR BABCHENKO

Coup de théâtre en Ukraine : après l'annonce par Kiev de son assassinat aussitôt imputé à Moscou, le journaliste Arkadi Babtchenko est apparu vivant. L'Ukraine a déclaré avoir eu recours à une ruse pour déjouer un complot russe contre lui.

Le journaliste et écrivain russe Arkadi Babtchenko annoncé mort assassiné par balle le 29 mai au soir à Kiev est vivant, a-t-on appris le 30 mai dans l'après-midi. Il est apparu devant la presse en Ukraine.

Les autorités ukrainiennes ont déclaré que l'assassinat du journaliste russe Arkadi Babchenko était en fait une ruse de leur part pour empêcher une attaque contre lui. Le chef du SBU, le service de sécurité nationale ukrainien, Vassili Gritsak, a rapporté que Arkadi Babchenko était vivant et indemne. Il a affirmé que le SBU avait des informations sur une tentative d'assassinat prévue sur le journaliste et avait agi pour déjouer le complot. 

«Grâce à cette opération, nous avons réussi à déjouer une provocation cynique et à documenter les préparatifs de ce crime par les services spéciaux russes», a déclaré Vassili Gritsak, aux côtés du journaliste, précisant que cette «provocation» consistait à assassiner Arkadi Babtchenko. Quelques minutes plus tard, Kiev a annoncé l'arrestation d'un homme accusé de préparer l'assassinat du journaliste.

1139400_1

Le président ukrainien Petro Porochenko a déclaré que les services de sécurité ukrainiens se renforcent de jour en jour pour contrer les agressions russes, ajoutant qu'il «était peu probable que Moscou se calme». Le président ukrainien a également assuré que le journaliste Arkadi Babchenko bénéficierait d'une protection pour lui et sa famille après le complot dont il aurait été victime.

Le ministère russe des Affaires étrangères a réagi immédiatement en déclarant qu'il était «heureux» que le journaliste russe Arkadi Babchenko soit finalement vivant, tout en dénonçant l'utilisation par l'Ukraine de son histoire à des fins de propagande. Il dénonce en outre une «provocation antirusse».

Pour sa part, Reporters sans Frontières condamne une simulation «navrante».

Le journaliste s'était exilé à Kiev, se disant menacé après avoir dénoncé les positions de la Russie dans le conflit dans l'est de l'Ukraine. Le meurtre annoncé de ce reporter de guerre a provoqué un choc dans la profession en Russie.

La femme du journaliste Arkadi Babtchenko avait déclaré avoir découvert le corps inanimé de ce dernier le 29 mai dans leur appartement à Kiev. Son décès avait été annoncé dans l'ambulance qui le transportait à l'hôpital.

https://francais.rt.com/international/51165-journaliste-russe-arkadi-babtchenko-assassine-kiev-vivant-apparait-presse

Pour connaître les dessous de cette histoire, voir sur notre site national:

BABTCHENKO, UNE NOUVELLE AFFAIRE SKRIPAL = Ridiculisés par une « fake news » qu’ils n’ont pas vérifiée, l’AFP, Le Monde et toute la presse occidentale pris en flagrant délit de « complotisme » anti-russe

Screen-Shot-05-30-18-at-05

Le journaliste et écrivain russe Arkadi Babtchenko, qui avait été présenté par la presse occidentale « mainstream » comme probablement « assassiné par Moscou » le 29 mai vient de réapparaître en pleine santé à Kiev le 30 mai !

 

Dépêche de l’AFP du 30 mai à 14h48, environ deux heures avant que l’on apprenne que l’assassinat n’était qu’un canular monté par les services ukrainiens.

 

Screen-Shot-05-30-18-at-04


Article publié par le journal « Le Monde » le 30 mai à 15h43,

environ une heure avant que l’on apprenne que l’assassinat n’était qu’un canular

monté par les services ukrainiens.

Cet article purement « complotiste » suggère

de façon évidente que le commanditaire de cet assassinat

était Vladimir Poutine…

ANALYSE : UNE NOUVELLE BÉRÉZINA POUR LA PRESSE OCCIDENTALE
Le journaliste et écrivain russe Arkadi Babtchenko annoncé mort assassiné par balle le 29 mai au soir à Kiev est apparu vivant ce 30 mai dans l’après-midi devant la presse en Ukraine.

Les autorités ukrainiennes ont déclaré que l’assassinat du journaliste russe Arkadi Babchenko – qu’elles avaient annoncé avec force détails – était en fait une ruse de leur part pour empêcher une attaque contre lui. Le chef du SBU, le service de sécurité nationale ukrainien, Vassili Gritsak, a affirmé qu’il avait des informations sur une tentative d’assassinat prévue sur le journaliste par les services spéciaux russes et qu’il avait agi pour déjouer le complot.

Ce rebondissement rocambolesque pose 6 questions essentielles :

QUESTION 1
Il est désormais avéré que les informations diffusées par les autorités ukrainiennes hier, affirmant qu’Arkadi Babchenko avait été assassiné et incriminant aussitôt la Russie dans cet assassinat étaient des informations fausses. Ce sont les autorités de Kiev elles-mêmes qui l’ont annoncé.
Mais alors, pourquoi faudrait-il croire sur parole, ce 30 mai, ces mêmes autorités ukrainiennes alors qu’elles ont eu l’audace de mentir aussi effrontément à la planète entière hier ?

QUESTION 2
La nouvelle version ukrainienne est ubuesque : après avoir assuré la sécurité de ce journaliste, les autorités ukrainiennes auraient mis en scène son faux assassinat par les Russes afin… de le protéger contre un assassinat à venir par ces mêmes Russes.
En supposant que cette nouvelle version ukrainienne soit exacte, quel a été l’intérêt de monter un tel canular puisque l’intéressé était déjà sous la protection des services ukrainiens ?

QUESTION 3
Toute la presse occidentale a repris instantanément la « fake news » de Kiev et les accusations de l’Ukraine contre la Russie, sans évoquer le moindre doute sur la réalité de l’assassinat présumé lui-même.
Pourquoi aucun journaliste occidental n’a-t-il éprouvé le besoin de vérifier la réalité du fait lui-même en se renseignant pour savoir où était le corps de la victime et pour interroger le maximum de témoins potentiels ?
Pourquoi la nouvelle de l’assassinat a-t-elle ainsi été publiée au mode indicatif et non pas au mode conditionnel ?

QUESTION 4
Depuis plusieurs années, un certain nombre d’informations diffusées en Occident concernant la Russie, l’Ukraine ou la Syrie présentent la particularité désagréable de « sonner faux ».
Les bombardements chimiques allégués en Syrie, que la presse occidentale a aussitôt attribués au « régime de Bachar el Assad », suscitent encore beaucoup de doutes et de scepticisme plusieurs mois après, quant à leur réalité ou à leurs auteurs.
Il en est de même de la très étrange « affaire Skripal », au cours de laquelle un agent double russe donné pour mort (lui aussi !) et sur ordre de Poutine (lui aussi !) est paraît-il frais comme un gardon sans que nul journaliste ne l’ait revu depuis son empoisonnement présumé.
Comment se fait-il que les dirigeants russes – qui sont accusés par ailleurs d’être à la tête d’une des plus puissantes armées du monde – soient à ce point maladroits qu’ils ne sont parvenus à assassiner ni Skripal ni Babtchenko ?

QUESTION 5
Dans l’affaire Skripal, comme dans l’affaire Babtchenko, le Kremlin a aussitôt protesté de son innocence mais ses déclarations ont aussitôt été présentées dans la presse occidentale comme un summum de cynisme et d’hypocrisie.
Pourtant, si l’on s’en tient strictement aux faits avérés, dans l’affaire Skripal, comme dans l’affaire Babtchenko, les déclarations faites par le gouvernement russe n’ont jamais été contredites par la suite des événements alors que celles des gouvernements de Londres et de Kiev sont apparues comme suspectes sinon carrément mensongères.
Dans ces conditions, pourquoi aucun journaliste français ne met-il les pieds dans le plat en faisant remarquer que, jusqu’à preuve du contraire, les faits établis ne justifient en aucun cas le climat d’accusation constant qui vise les autorités russes et la bienveillance systématique dont bénéficient les fake news avérées diffusées par la presse occidentale ?

QUESTION 6
Si les plus grands médias français se font avoir comme des novices en répandant des fake news comme dans les affaires Skripal et Babtchenko, comment le projet de loi « anti-fake news » d’Emmanuel Macron va-t-il faire pour ne pas pousser les juges et le grand public à attaquer désormais tous les grands médias du pays ?

FA
30 mai 2018

Source (notamment)  : https://francais.rt.com/international/51165-journaliste-russe-arkadi-babtchenko-assassine-kiev-vivant-apparait-presse?utm_source=browser&utm_medium=push_notifications&utm_campaign=push_notifications

Si vous avez trouvé une erreur dans ce contenu, vous pouvez nous la signaler en la sélectionnant et en appuyant simultanément sur les touches Ctrl + Entrée.

Posté par UPR Creuse à 08:24 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

dimanche 27 mai 2018

L’armée russe accusée d’avoir détruit le Boeing MH17

L’enquête judiciaire menée par les Pays-Bas et quatre autres pays sur le crash du vol MH17 conclut que le missile a été tiré par une unité militaire russe qui avait franchi la frontière de l’Ukraine pour combattre aux côtés des séparatistes.

PROP BOING MALAYSIA AIRLINE

Il n’y a plus beaucoup de doutes sur la cause du crash du Boeing 777 de la Malaysia Airlines, au-dessus de l’Ukraine, avec 298 personnes à bord, parmi lesquels 198 Néerlandais, le 17 juillet 2014. [1]  Au terme de quatre années de labeur, de centaines de milliers de photos et de pages Web scrutés et de dizaines de milliers d’échanges téléphoniques écoutés, l’enquête internationale menée par les Pays-Bas et quatre autres pays (Malaisie, Australie, Ukraine et Belgique) accuse clairement la Russie d’être à l’origine du tir de missile. [2]

L’équipe a retracé, vidéos et photos à l’appui, le trajet de l’unité militaire appartenant à la 53e brigade antiaérienne russe, de sa base de Koursk, en Russie, jusqu’au territoire contrôlé par les séparatistes pro-russes, dans l’est de l’Ukraine. L’impressionnant convoi militaire qui avait été abondamment filmé par des automobilistes durant son parcours transportait un missile Bouk-Telar de type 9M38. L’engin dont des débris ont été retrouvés à proximité de la carcasse de l’avion possède un « nombre de caractéristiques uniques qui en tant que telles constitueraient une sorte d’empreinte digitale pour un missile », ont précisé les enquêteurs.

Pour la Russie, une enquête « biaisée » et « politiquement motivée »

À l’été 2014, le déploiement de batteries antiaériennes par les rebelles séparatistes et leur allié russe avait mis fin à la supériorité aérienne des forces ukrainiennes engagées dans la reconquête de la région du Donbass. Après la destruction du Boeing MH17, les soupçons s’étaient rapidement tournés vers les insurgés qui avaient déclaré, par la voix de leur chef, avoir abattu un avion ukrainien à l’heure précise du drame. Sous le choc, les Européens avaient adopté une série de sanctions économiques contre la Russie, accusée de déstabiliser son voisin.

 

Sans surprise, la Russie a réfuté les conclusions de l’enquête internationale qu’elle n’a eu de cesse de qualifier de « biaisée » et de « politiquement motivée ». Malgré l’accumulation des indices et des témoignages de soldats russes, dont un tankiste de la province russe de Bouriatie longuement interviewé sur son rôle durant la bataille de Debaltseve, une ville de l’est de l’Ukraine, les autorités russes ont toujours rejeté les accusations sur leur participation au conflit ukrainien, aux côtés des séparatistes.

Il existe de fortes probabilités que les présumés coupables ne soient jamais jugés

Alors que la destruction du vol MH17 a suscité une forte émotion aux Pays-Bas, il existe de fortes probabilités que les présumés coupables ne soient jamais jugés. Dès 2015, le Kremlin avait refusé la création d’un tribunal sous l’égide des Nations unies, tout en présentant ses propres autres hypothèses, allant d’un tir commis par un chasseur ukrainien à la piste du missile parti depuis une zone contrôlée par les troupes de Kiev. Des scénarios écartés un par un par les enquêteurs internationaux.

 

Ceux-ci ont lancé un appel à témoin pour mettre des noms et des visages sur l’unité militaire russe accusée d’avoir détruit le Boeing de la Malaysia Airlines. [3] « Comment était constituée l’équipe ? De qui recevaient-ils leur ordre ? Qui était aux commandes le jour fatidique du 17 juillet 2014 ? Nous sommes convaincus que de nombreuses personnes ont ces informations », prévient le policier néerlandais Wilbert Paulissen.

Olivier Tallèshttps://www.la-croix.com/Monde/Larmee-russe-accusee-davoir-detruit-Boeing-MH17-2018-05-24-1200941461?utm_source=Newsletter&utm_medium=email&utm_content=20180526&utm_campaign=NEWSLETTER__CRX_PERSONNALISEE&PMID=ac29e5cafb071c987471f76e2c454018&_ope=eyJndWlkIjoiYWMyOWU1Y2FmYjA3MWM5ODc0NzFmNzZlMmM0NTQwMTgifQ==

BASE 14 995X225

[1] "Il n’y a plus beaucoup de doutes sur la cause du crash du Boeing 777 de la Malaysia Airlines": les conclusions d'une enquête qui laisseraient des doutes?
[2] Des enquêteurs de 5 pays dont deux (Pays Bas, Belgique) sont membres de l'UE, l'Ukraine, (le fait que la tragédie se soit passée sur son sol n'empêche pas le fait qu'elle est partie prenante du conflit avec la Russie), l'Australie (connue pour sa proximité avec les Etats- Unis et le Royaume- Uni), et enfin la Malaisie, évidemment concernée, mais connue elle aussi:
"En 2018, Reporters sans frontières place la Malaisie au 145e rang de son classement mondial de la liberté de la presse, notant les campagnes de harcèlement, les blocages et la surveillance dont sont l'objet des journalistes enquêtant sur les affaires de corruption impliquant le gouvernement, ainsi que la possibilité offerte par la loi d'infliger à des journalistes des peines allant jusqu'à 20 ans de prison pour « sédition »" [https://fr.wikipedia.org/wiki/Malaisie].
[3] "un appel à témoin pour mettre des noms et des visages sur l’unité militaire russe accusée d’avoir détruit le Boeing de la Malaysia Airlines": question bête, pourquoi n'ont- ils pas attendu ces témoignages avant de remettre leurs "conclusions"?
Conclusion: nul ne connaît à ce stade la vérité sur cette affaire, et cette "enquête pseudo- internationale" n'est pas de nature à fournir des "conclusions" satisfaisantes, telles que présentées par cet article.   P.G.

Posté par UPR Creuse à 04:15 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,

lundi 7 mai 2018

Brèves d'antipresse

BREVES 7MAI18

9/11 | Si ce n’est toi, c’est donc l’Iran!

C’est si burlesque qu’on aurait envie d’en tirer une comédie bouffonne, ou au moins une fable de La Fontaine! Après avoir servi de prétexte à l’invasion de l’Afghanistan et à la deuxième destruction de l’Irak, voici que les attentats du Onze-Septembre sont facturés à… l’Iran.

«Un juge fédéral de New York, dans un verdict par contumace, a condamné l’Iran à payer des milliards de dollars de dommages et intérêts aux familles affectées par les attaques terroristes du Onze-Septembre. Le juge George Daniels a établi que la République islamique et d’autres institutions devaient payer 12,5 millions par époux, 8,5 millions par parent, 8,5 millions par enfant et 4,25 par frère ou sœur tués dans les attentats.»

Quel rapport entre le 9/11 et l’Iran? Mystère! Et pourquoi ne pas adresser la facture à l’Arabie saoudite, 15 des 19 terroristes impliqués étant citoyens de ce pays? Personne n’y pense. La condamnation, bien entendu, risque de rester «largement symbolique». Aussi longtemps qu’on n’aura pas parachuté un gouvernement complaisant à Téhéran…

http://log.antipresse.net/post/9-11-si-ce-nest-toi-cest-donc-liran?mc_cid=5b73872d1b&mc_eid=3a5e263339

RAPPEL | Yougoslavie-Ukraine, la manipulation comme système (conférence)

Entre le bizarre empoisonnement de Salisbury, le gazage suspect de Douma et les calamiteuses «révélations» de M. Netanyahou sur un hypothétique programme nucléaire iranien, l’actualité internationale des dernières semaines ressemble à un catalogue de manipulations.

On peut toutefois y discerner des constantes. En particulier lorsqu’on a étudié de près les campagnes de désinformation liées à la crise ukrainienne, elle-même calquée sur le modèle yougoslave.

En 2015, Slobodan Despot avait donné une conférence exhaustive sur le sujet à Genève, à l’invitation de l’Agence pour les Droits de l’Homme.

https://www.youtube.com/watch?v=7xtXVFd3M5k&feature=share

http://log.antipresse.net/link/rappel-yougoslavie-ukraine-la-manipulation-comme-systeme-conference?mc_cid=5b73872d1b&mc_eid=3a5e263339

IRAN | Qui menace qui?

Une infographie très éloquente circule depuis quelque temps sur les réseaux sociaux. Elle montre, comme dans Astérix, montre la disposition des 26 campements américains aux frontières de l’Iran. C’est vrai: qu’avaient-ils, ces Perses, à s’approcher aussi dangereusement des bases militaires U. S.?

 

http://log.antipresse.net/post/iran-qui-veut-la-guerre?mc_cid=5b73872d1b&mc_eid=3a5e263339

 

 

 

IDÉES | La «culture» aura-t-elle la peau de l’art?

Féroce coup de gueule de Cécile Guilbert dans La Croix sur l’étouffement de l’art par la «culture», «cette industrie appliquée aux Beaux-Arts, ce bazar mondial que le génial polémiste viennois Karl Kraus définissait déjà en son temps comme "le mal rapporté au système des valeurs esthétiques"».

«D’où mon interrogation sur la prolifération contemporaine croissante d’« installations », de « dispositifs », d’« événements » culturels à propos desquels même le mot exposition ne convient plus tant ils semblent n’avoir pour finalité que de nous en mettre justement « plein la vue », c’est-à-dire – CQFD – nous dissuader de penser. Démesure et monumentalité des formats, des lieux d’expos, des coûts et des prix, n’est-ce pas là d’ailleurs le propre d’un certain art dit contemporain, entreprise d’intimidation et de terreur habile à compenser l’anéantissement des facultés sensibles par l’ironie de ses gros jouets pour milliardaires ?»

http://log.antipresse.net/post/idees-la-culture-aura-t-elle-la-peau-de-lart?mc_cid=5b73872d1b&mc_eid=3a5e263339

USA | Implication militaire directe contre le Yémen

Puisque c’est le New York Times qui le dit: des Bérets verts américains ont prêté assistance aux troupes saoudiennes dans leur lutte contre la «menace» des rebelles houthis.

«Pendant des années, l’armée américaine a essayé de se distancer de la guerre civile brutale au Yémen, où les forces dirigées par l’Arabie saoudite combattent des rebelles qui ne représentent aucune menace directe pour les Etats-Unis. Mais vers la fin de l’année dernière, une équipe d’une douzaine de Bérets verts est arrivée à la frontière arabo-yéménite, dans le cadre d’une escalade continuelle des guerres secrètes américaines. Pratiquement sans aucun débat public, les commandos de l’armée sont allés aider à localiser et détruire des caches de missiles balistiques et des sites de lancement que les rebelles houthis du Yémen utilisent pour attaquer Riyadh et d’autres villes saoudites.»

Pendant qu’ils crient au boucher en Syrie, les Etats-Unis et leurs satellites occidentaux contribuent donc directement à une guerre féroce dont les populations du Yémen sont les premiers martyrs.

http://log.antipresse.net/post/usa-implication-militaire-directe-contre-le-yemen?mc_cid=5b73872d1b&mc_eid=3a5e263339

TSAHAL | La sénatrice est trop curieuse

C’est une curiosité administrative qui commence à faire dresser les oreilles: les dons (indirects) à l’armée israélienne ont la vertu miraculeuse de vous valoir une exemption fiscale à hauteur de 60%. La sénatrice de l’Orne UDI-UC Nathalie Goulet a posé par écrit une question sur cette anomalie au secrétaire d’Etat chargé du budget.

«Reste que Nathalie Goulet n'a pas eu de réponse du ministre, mais a reçu des menaces de mort anonymes sur les réseaux sociaux.»

http://log.antipresse.net/post/tsahal-la-senatrice-est-trop-curieuse?mc_cid=5b73872d1b&mc_eid=3a5e263339

Posté par UPR Creuse à 04:00 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , ,

samedi 5 mai 2018

Pour construire une “Europe de la paix”, la France doit sortir de l’OTAN

TRIBUNE LIBRE / Source : Huffington Post, Thomas Guénolé, 04/05/2018

TL SYRIE UKRAINE OTAN

Les grandes puissances membres de l’Union européenne se trouvent à un moment charnière. Que ce soit en Ukraine, en Libye, en Syrie ou en Irak, l’une après l’autre les poudrières s’accumulent et s’embrasent à leur voisinage. Or, depuis plusieurs années leur tendance est au suivisme de la ligne pyromane de Washington: que ce soit en s’impliquant activement dans ces conflits, en participant à une stratégie de la tension envers la Russie, ou encore en relançant la course aux armements sur le continent européen. Ainsi bâtissent-elles une “Europe de la guerre”, qui transforme l’argument massue pro-Union européenne, “L’Europe-c’est-la-paix”, en mensonge.

1239422_387393998056511_1012425107_n

Sur la question syrienne, leur position est à la fois va-t’en-guerre et incohérente. Ce fut flagrant avec les situations d’Alep et de La Ghouta. En particulier, le second cas servit de motif à des bombardements sur la Syrie. Ces frappes aériennes ont été présentées comme un devoir face aux attaques chimiques de Bachar al-Assad sur les civils, crime de guerre ayant franchi une “ligne rouge”. En réalité cette position ne tient pas. D’abord, il est absurde de décider via l’arbitraire de quelques grandes puissances que les morts civils d’une guerre sont inacceptables si c’est une attaque chimique, mais acceptables si c’est par bombardement “classique” ou à la machette. Ensuite, aller jusqu’aux frappes aériennes pour les crimes de guerre imputés à telle puissance, mais rester silencieux sur ceux de telle autre, c’est un “deux poids deux mesures” qui disqualifie l’argument moral sous-jacent. De fait, cette contradiction est insoutenable: bombarder la Syrie en accusant son gouvernement d’attaques chimiques sur des civils; mais se taire sur la dizaine de milliers de morts et les millions de civils en détresse humanitaire provoqués au Yémen par les bombardements de l’Arabie saoudite.

À cela s’ajoute la “jurisprudence Colin Powell”: il ne peut plus être question que telle grande puissance, le cas échéant une fiole à la main, décrète la culpabilité d’une autre et que sur sa seule bonne parole, il nous faille valider une chose aussi grave que des bombardements – c’est-à-dire un acte de guerre. Avant de bombarder quiconque pour punir des crimes de guerre, il faut attendre l’identification certaine des coupables par une enquête de l’organisme compétent de la communauté internationale, en l’occurrence le secrétariat technique de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC). A défaut, l’on aboutit à l’invasion étatsunienne de l’Irak pour neutraliser des armes de destruction massive que Saddam Hussein ne possédait pas: une invasion qui fit plus d’un million de morts selon le rapport conjoint “Body Count : Casualty Figures after 10 years of the ‘War on Terror” de l’Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (prix Nobel de la paix 1985), de Physicians for Social Responsibility, et de Physicians for Global Survival. De surcroît, l’on ne saurait bombarder un pays sans avoir au moins un mandat des Nations-Unies, certes plus difficile à obtenir depuis que Washington, Paris et Londres ont outrepassé le mandat obtenu pour agir en Libye, jusqu’à renverser le gouvernement de Mouammar Kadhafi.

macron-preuve

Plus simplement, la position des grandes puissances de l’Union européenne sur la question syrienne pose le problème d’un récit trompeur : “les gentils contre les méchants”. En fait, le conflit oppose aujourd’hui le régime autoritaire de Bachar al-Assad à des groupes armés islamistes, tels qu’Al-Qaida en Syrie ou ce qui reste de l’organisation “Etat islamique”. Quant aux forces qui veulent une Syrie laïque et démocratique, elles sont hélas depuis longtemps réduites à la portion congrue. Comme l’a résumé Robert Baer, ancien spécialiste de la CIA pour ce pays, en 2014: “Il n’y a pas de rebelles modérés en Syrie”. Dépeindre autrement la situation, c’est soit faire de la propagande, soit prendre ses désirs pour la réalité.

A ces acteurs s’ajoutent des puissances, grandes ou régionales, qui s’immiscent dans la guerre pour pousser ou défendre leurs propres intérêts dans la région. La Russie intervient pour soutenir son allié syrien, qui héberge une de ses rares bases à l’étranger. Flanqués de leurs alliés européens, les Etats-Unis interviennent au contraire pour subvertir cet Etat lié à la Russie et pousser ainsi plus loin leurs positions dans la région. L’Iran intervient pour maintenir son allié syrien et contenir l’expansion de ses rivaux régionaux. La Turquie se focalise sur le containment des enclaves kurdes qui émergent lorsque s’affaiblit l’Etat central en Syrie ou en Irak. L’Arabie saoudite cherche à participer au conflit sur le terrain de peur d’être marginalisée face à Ankara et Téhéran. En toile de fond, la rivalité croissante de ces trois puissances pour le leadership régional les encourage à intensifier leurs ingérences: ainsi l’actuelle guerre civile au Yémen est-elle indirectement, derrière les forces gouvernementales et les rebelles houthis, une guerre entre l’Arabie saoudite et l’Iran. Similairement, il n’est pas interdit de penser que si Washington, Paris et Londres ont procédé aux récentes frappes aériennes, c’était surtout pour revenir dans le jeu géopolitique par un acte symbolique spectaculaire (des bombes sur des installations militaires syriennes vidées après qu’ils ont eux-mêmes prévenu la Russie). Le “processus d’Astana” mené en tripartite par Moscou, Téhéran et Ankara menaçait en effet, humiliation géopolitique suprême, de résoudre le conflit syrien sans les Etats-Unis.*

GUERRE 1418 4

Toujours est-il que l’accumulation des actes de guerre unilatéraux par ces puissances* porte le risque croissant de déclencher un conflit régional majeur, à l’instar des guerres balkaniques du début du 20ème siècle. L’implication des plus grandes puissances militaires du monde – Etats-Unis, Russie, France, Royaume-Uni, Arabie saoudite, Turquie… – porte même en germe un conflit bien plus vaste. Cette situation n’est pas sans rappeler celle décrite par l’historien Christopher Clark dans Les Somnambules pour la 1ère Guerre Mondiale: à tort, chacun part du principe que ses intérêts à lui sont légitimes et raisonnables, que ceux des autres ne le sont pas, et que c’est aux autres de faire l’effort de courber l’échine ; ceci, jusqu’à la déflagration globale.

Au lieu de contribuer ainsi à jouer avec le feu, les grandes puissances de l’Union européenne, France en tête, pourraient passer de l’Europe de la guerre à l’Europe de la paix**. A très court terme, cela supposerait de garantir une enquête indépendante de l’OIAC sur les attaques chimiques en Syrie, afin que sur cette base les coupables soient châtiés, qui qu’ils soient. Cela supposerait aussi d’organiser, conformément à la position des Nations-Unies, une grande conférence internationale de négociations sur l’avenir de la Syrie, avec toutes les puissances impliquées, qu’elles soient grandes ou régionales. Compte tenu du rapport de force, un objectif raisonnable serait d’obtenir alors en Syrie : la protection de toutes les minorités ; le progrès des libertés fondamentales pour la population dans son ensemble ; l’arrêt total des fournitures d’appui et d’armes aux belligérants, en particulier aux groupes armés islamistes ; et l’élimination concertée de ces derniers. Inévitablement, cela supposerait plus largement qu’une conférence similaire traite globalement la poudrière du Moyen-Orient, avec autour de la table aussi bien l’Iran, l’Arabie saoudite et la Turquie que la Russie, les Etats-Unis et les plus grandes puissances d’Europe.*

29028891-Loupe-sur-la-carte-de-l-Europe-une-partie-de-l-Asie-et-de-l-Afrique-en-se-concentrant-Ukraine-et-la--Banque-d'images

À dire vrai, l’Europe de la guerre prévaut également sur la question ukrainienne. Là aussi, sa position est trompeuse. Il y aurait d’un côté les milices pro-russes fascisantes, adeptes des violences contre les civils ukrainophones, tournées vers la Russie ; et de l’autre les militants de la liberté et de la démocratie, tournés vers l’Europe et les Etats-Unis. Plus largement, lors de la “Révolution Euromaïdan” de 2013, qui a vu des manifestations à Kiev renverser le président pro-russe Viktor Ianoukovitch, il y aurait eu d’un côté un gouvernement corrompu, népotique et pro-Kremlin; et de l’autre des forces politiques démocratiques, intègres et pro-Union européenne. Logiquement, ces mêmes puissances européennes soutiendraient donc le gouvernement ukrainien au nom de la démocratie et des droits de l’Homme.

Là encore, cette position ne tient pas. D’abord, si le président pro-russe renversé en 2013 était effectivement à la tête d’une oligarchie corrompue et népotique, multipliant les actifs bancaires de son fils par dix de 2010 à 2012, les figures de proue du camp opposé ne sont pas en reste. Par exemple, Ioulia Tymochenko, célèbre égérie pro-Union européenne, fait partie elle aussi des oligarques ukrainiens richissimes qui ont participé dans les années 1990, comme dans la Russie des années Eltsine, à de vastes privatisations mêlant clientélisme, affairisme, népotisme et pratiques mafieuses politico-financières. En d’autres termes, en Ukraine le choix n’est pas entre des oligarques corrompus pro-Kremlin et des combattants de la démocratie et de la liberté : il est entre des oligarques corrompus pro-Kremlin et des oligarques corrompus pro-Washington.

5aa2a3f209fac2cf588b4567

Plus grave: parmi les forces politiques qui ont renversé le gouvernement pro-russe de 2013 pour installer à sa place un pouvoir pro-OTAN, l’on trouve des néonazis assumés. Par exemple, l’actuel président du parlement ukrainien, Andrey Parouby, est le fondateur du Parti social-nationaliste d’Ukraine, c’est-à-dire du parti néonazi ukrainien créé en 1991. De plus, les violences commises par des milices nationalistes sur des civils sont attestées dans les deux camps: à l’est, par des milices pro-Kremlin sur des civils ukrainophones; à l’ouest, par des milices pro-OTAN sur des civils russophones.

Bref, en réalité il y a là une confrontation très dure d’intérêts géopolitiques incompatibles entre une grande alliance, l’OTAN, et une grande puissance, la Russie, dans ce pays que le géopolitologue étatsunien Zbigniew Brzeziński considérait déjà dans son livre Le Grand Echiquier comme un espace stratégiquement crucial pour Washington. A cet égard, la question ukrainienne s’inscrit dans le contexte plus large du dépeçage systématique de la sphère d’influence russe en Europe par les Etats-Unis et leurs alliés européens, en avalant les pays concernés dans l’OTAN et dans l’Union européenne – généralement dans cet ordre.

Yougoslavie-Force-françaises-dans-la-guerre-de-Bosnie-de-1992-à-1995

L’Europe qui participe à cette expansion géopolitique étatsunienne déraisonnable aux marches de la Russie est clairement une Europe de la guerre, de l’hybris ; et non pas une Europe de la paix. Tandis que l’Ukraine reste une poudrière, les grandes puissances de l’Union européenne, France en tête, pourraient changer leur fusil d’épaule, ou plutôt délaisser leur fusil, en prenant l’initiative d’une conférence paneuropéenne sur les frontières du continent européen, avec par conséquent autour de la table l’ensemble des pays dudit continent, Russie incluse. C’est une chose de répéter en se bouchant les oreilles l’intangibilité sacrée des frontières en Europe, dans le déni de chamboulements récents tels que l’éclatement de la Yougoslavie dès les années 1990. C’en est une autre d’examiner la situation rationnellement, pour constater ceci: il n’y a plus de principe de stabilité des frontières en Europe, depuis qu’en dehors de toute décision de la communauté internationale via les Nations-Unies, l’OTAN a imposé unilatéralement la partition de la Serbie, avec pour résultat l’indépendance du Kosovo. A cet égard, l’intervention militaire unilatérale de Moscou pour imposer l’indépendance de la Crimée, suivie de son annexion, est la fille de l’intervention militaire unilatérale de Washington pour imposer l’indépendance du Kosovo.

AUTRE EUROPE 4

Une telle conférence paneuropéenne sur les frontières, qui aurait dû avoir lieu dès la chute de l’URSS, pourrait avoir comme objectif raisonnable de les stabiliser en établissant explicitement leurs tracés, ce qui romprait le principe d’instabilité propagé ces quelque vingt-cinq dernières années de part et d’autre du rapport de force. Elle pourrait également organiser un effort de démilitarisation d’une partie du continent. En particulier, démilitariser l’essentiel de l’Europe centrale et la neutraliser (au sens “proclamer des pays neutres”) serait un bon moyen de faire chuter la tension actuelle, irrespirable, entre l’est et l’ouest du continent.

Ceci pose la question plus large de la course aux armements sur le continent européen. Les Etats-Unis entendent ne plus contribuer dans les proportions actuelles aux dépenses militaires de l’OTAN. Ils exigent donc que leurs alliés d’Europe révisent à la hausse leurs propres dépenses: le secrétaire d’Etat Mike Pompeo est d’ailleurs récemment venu le leur marteler à Bruxelles sitôt confirmé dans ses fonctions. Dans un contexte d’austérité obligatoire encore renforcée par le traité budgétaire européen de 2012, il est très tentant pour les grandes puissances de l’Union européenne de répondre par la mutualisation la plus poussée possible de leur effort capacitaire: d’où la résurrection récente du thème de “l’Europe de l’armement”. Si l’on ajoute à cela l’actuelle stratégie de la tension face à Moscou, qui multiplie les mainmises sur des ex-satellites de la Russie pour en faire des membres de l’OTAN littéralement à ses portes, le risque d’un double engrenage de la course aux armements et du bellicisme contaminant toute l’Europe est bien réel.

otan

Avant de se soumettre aux desiderata de Washington, il est donc temps de soulever la question qui fâche: à quoi sert l’OTAN? Elle ne sert pas à défendre la démocratie: la Grèce a pu en rester membre lorsqu’elle était sous la botte du “régime des colonels”. Elle ne sert pas à défendre les droits de l’Homme: des pays qui accumulent les violations des libertés fondamentales, tels la Turquie de Recep Tayyip Erdoğan, peuvent eux aussi en rester membres. Plus prosaïquement, elle sert tout simplement à rassembler dans une même alliance militaire les vassaux des Etats-Unis de part et d’autre de l’Atlantique Nord.

Plutôt que d’intensifier l’Europe de la guerre, les grandes puissances de l’Union européenne pourraient au contraire saisir l’opportunité du désengagement militaire des Etats-Unis pour désarrimer de l’OTAN la défense européenne.** La France pourrait être à l’avant-garde du mouvement: soit en quittant l’organisation; soit en quittant seulement son commandement intégré, comme elle le fit une première fois en 1966. Dans les deux cas, elle redeviendrait une grande puissance non-alignée, garante de sa souveraineté grâce à sa propre force armée, et extérieure aux aventures bellicistes dont l’accumulation sous l’égide de Washington s’accélère depuis deux décennies. Comme ce fut le cas hier, de Charles de Gaulle à François Mitterrand et jusqu’au duo Chirac-Villepin, Paris serait alors un facteur de paix et de concertation des nations, en sa qualité de grande puissance indépendante qui veut et peut dialoguer avec toutes les puissances dans l’intérêt supérieur de la paix.

Source : Huffington Post, Thomas Guénolé, 04/05/2018

https://www.les-crises.fr/pour-construire-une-europe-de-la-paix-la-france-doit-sortir-de-lotan-par-thomas-guenole/

BASE 14 995X225

*Il est curieux que dans cette analyse assez correcte de la géopolitiqe régionale, aucune mention ne soit faite du rôle d'Israël!

**"les grandes puissances de l’Union européenne, France en tête, pourraient passer de l’Europe de la guerre à l’Europe de la paix": l'auteur n'a visiblement pas lu les traités européens (TUE & TFUE), notamment l'article 42:

otan42Il est vrai qu'à la France Insoumise, on prétend vouloir sortir de l'OTAN (et même pour certains uniquement du commandement militaire intégré) sans sortir de l'Union européenne! Cherchez l'erreur...   P.G.

116653612_o

Posté par UPR Creuse à 09:15 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , ,

dimanche 25 mars 2018

[RussEurope-en-Exil] La réélection de V. Poutine : enseignements

TRIBUNE LIBRE / Jacques Sapir

(...)

tl sapir election russe

Les conclusions évidentes

Ces résultats sont tout d’abord un succès évident pour Vladimir Poutine et cela pas seulement parce qu’il a été réélu. Il a reçu 76,7% des votes exprimés mais, et ceci est important, le pourcentage de votes exprimés est de 68% à la fin du décompte final (les premières estimations ne comptant que 75% des votants – essentiellement dans l’est de la Russie – donnaient 64%). Cela indique que, proportionnellement, la participation a été plus importante dans la partie Ouest du pays. Or, traditionnellement, c’est dans cette partie de la Russie que sont concentrés les « libéraux ». Cela montre qu’ils n’ont pas du tout été sensible aux consignes de boycott lancées par Navalny, dont on a la confirmation qu’il ne pèse rien en Russie.

Tableau 1

Participation aux élections présidentielles en Russie

Date 1996 2000 2004 2008 2012 2018
Participations 70% 69% 64% 70% 65% 68%

Source : Commission électorale fédérale

Le contexte de ces élections fut, naturellement, bien différent. En 1970, la compétition avait été rude entre Guennadi Ziouganov, le candidat du KPRF et Boris Eltsine. Pourtant le taux de participation n’est pas fondamentalement différent de celui que l’on a eu dimanche 18 mars. Cela traduit le fait que le vote pour Vladimir Poutine a d’abord été un vote de confiance pour ce dernier.

L’opposition a toujours été partagée entre trois courants : les « ultra-nationalistes » (Zhirinovsky et le LDPR), les « Libéraux » qui sont les héritiers de Gaïdar et des politiciens des années 1990, et la « gauche », représentée par le Parti Communiste (le KPRF) mais aussi par diverses organisations. Or, et c’est le second résultat marquant de cette élection, le courant libéral a été écrasé.

Tableau 2

Poutine face aux candidats libéraux

  2000 2004 2012 2018
Poutine 52% 71% 64% 77%
« Libéraux » 5,8% 3,8% 8,0% 2,8%
Candidats « libéraux » G. Yavlinsky I. Khakamada M. Prokhorov K. Sobtchak et G. Yavlinsky

Source : Idem tableau 1

On constate que le vote « libéral » et pro-occidental est aujourd’hui au plus bas en Russie. Cela traduit tant la réaction des russes face aux conséquences des politiques que l’on appelle « libérales » (et de ce point de vue le chaos existant aujourd’hui en Ukraine rappelle fâcheusement la situation en Russie dans les années 1990), qu’une réaction patriotique face aux tentatives d’ingérence des puissances occidentales sur la politique russe. Cet effondrement du vote libéral est lié à la bonne participation que l’on a pu constater dans le dernier scrutin.

Deux conclusions s’imposent donc : les russes ont massivement exprimé leur confiance en Vladimir Poutine et, pour l’heure, les « libéraux » n’existent plus en Russie comme force politique. Ils peuvent, certes, compter sur les moyens financiers de certains oligarques et sur l’appui des médias occidentaux, mais cela équivaut pour eux au « baiser de la mort ».

Des conclusions moins évidentes…

Mais, ces conclusions n’épuisent pas les leçons que l’on peut tirer du scrutin. Le bon résultat de Pavel Groudinine, le candidat soutenu par le KPRF et les « forces de gauche », qui fait 11,4% des suffrages (et auquel on peut associer un candidat dissident des « communistes de Russie » qui a fait 0,7%) est à noter. Ce résultat est pratiquement le double de celui du nationaliste Zhirinovsky qui voit son électorat se restreindre drastiquement. En fait, avec 14,5% en Extrême-Orient et des scores au-dessus de 13,5% en Sibérie, en règle général Groudinine est largement au-dessus de sa moyenne nationale dans l’Oural et en Sibérie. Cela correspond à ce qui avait pu être noté lors de la campagne électoral.

Pavel Groudinine

Cela traduit le malaise social qui a été décrit par de nombreux observateurs et ce que j’ai décrit dans plusieurs notes[2]. Il traduit les effets de la crise que l’économie russe a traversée en 2015 et 2016 du fait de l’effondrement des prix du pétrole. Ce malaise, Vladimir Poutine en avait lui-même pris acte lors de son discours devant les « corps constitués » du jeudi 1er mars. Plus généralement, il indique la nécessité d’une inflexion dans l’idéologie du pouvoir russe. Cette idéologie peut être qualifiée de « national-conservatrice ». La dimension « patriotique » est évidente, et semble d’ailleurs convaincre une bonne partie des russes. Elle trouve sa source dans le sentiment d’humiliation engendré par le comportement des pays occidentaux vis-à-vis de la Russie dans les années 1990. Et il faut se souvenir que quand E. Primakov devint Premier-ministre en septembre 1998, il s’attacha d’emblée à faire respecter la souveraineté de la Russie, que ce soit face au FMI ou sur d’autres terrains. Mais, on a tendance à ne pas mesurer l’ampleur de la vague « conservatrice » actuellement en Russie (mais vague qui touche aussi de nombreux pays européens). Ce « conservatisme » s’enracine à la fois dans le souvenir des troubles inouïs que la Russie a connus dans les années 1990, mais aussi dans un sentiment de très grande insécurité sociale qui est le produit tant des changements économiques qui se déroulaient à cette période (et qui ont continué par la suite) que des transformations que la société russe continue de connaître. De ce point de vue, la prégnance de l’idéologie conservatrice n’est nullement surprenante. Elle correspond à une réaction classique chez les individus qui ne peuvent tolérer de voir l’ensemble des aspects de leur vie changer en même temps et qui recherchent dans le cas de changements importants des plages de stabilité. D’ailleurs, le thème de la « stabilité » a été mis en avant par Vladimir Poutine, et cela non sans un évident succès.

Ce « national-conservatisme » peut évoluer dans deux directions. L’une d’entre elles pourrait être qualifiée de tendance réactionnaire (on pourrait alors parler de national-conservatisme réactionnaire), avec un renforcement des inégalités appuyé sur une rigidification des formes patriarcales qui continuent de demeurer fortes en Russie. Cette évolution cependant se heurtera de front avec la montée de nouvelles générations qui supporteront de plus en plus mal les inégalités inhérentes à la forme « réactionnaire ». Ou alors, ce « national-conservatisme » peut prendre une forme « sociale », conservant le besoin de sécurité qui est patent dans la population, mais l’accompagnant d’une forte réduction des inégalités et de la montée d’une protection publique (par le développement des services publics) qui sera d’ailleurs à même d’assurer cette demande de « sécurité ». C’est le ressort principal du vote pour Groudinine, et c’est vers cette forme idéologique, que l’on peut appeler le « national-conservatisme social » que devrait évoluer l’idéologie du pouvoir en Russie s’il entend se consolider dans la durée. Or, ce problème de la durée se posera, et plus rapidement qu’on ne le croit, car tout porte à croire que le mandat obtenu dimanche 18 mars sera le dernier pour Vladimir Poutine. Ce dernier a exprimé, à de maintes reprises, sa volonté de respecter l’ordre constitutionnel qui lui interdit de se représenter pour un troisième mandat consécutif.

Des leçons pour l’étranger

referendum-crimee

Le scrutin du 18 mars contient aussi des enseignements et des leçons pour les partenaires de la Russie. La première leçon réside dans les résultats du vote en Crimée ? La participation y a été légèrement supérieure à la moyenne nationale (71,5%) mais Poutine y a fait son score le plus élevé : plus de 90%. Autrement dit, plus de 64% des électeurs de Crimée se sont prononcés pour Vladimir Poutine. Ce vote écrasant vaut second référendum pour le rattachement de la Crimée à la Russie. L’attitude des pays occidentaux se devrait donc d’évoluer sur ce point et de reconnaître un fait d’évidence : l’immense majorité des habitants de Crimée veut être russe et se sent russe. Il convient de le reconnaître et de tirer les conséquences de la décision d’une population. C’est un cas où le droit international, ce droit qui fut si souvent bafoué du Kosovo à l’Irak et à la Libye, doit se mettre au diapason des réalités.

l-ukraine-ouvre-une-enquete-sur-la-mort-d-un-membre-de-l-osce

La seconde leçon réside dans l’attitude du gouvernement ukrainien qui a empêché les russes vivant en Ukraine de voter. C’est une décision mesquine, mais une décision grave dans son principe et ses conséquences. Elle montre le peu de cas que fait le gouvernement de Kiev quant aux droits démocratiques. Cette décision vient à la suite du refus répété de ce gouvernement d’appliquer les accords de Minsk du début février 2015[3]. Les pays de l’Union européenne, qui viennent de revoter pour une période de 6 mois les sanctions à l’égard de la Russie, seraient bien avisés d’appliquer aussi ces mêmes sanctions à l’Ukraine, car très matériellement et très concrètement c’est elle qui se comporte de manière non-démocratique et qui empêche la mise en œuvre des accords de Minsk. Il devient incompréhensible de pénaliser un pays sans pénaliser l’autre. Ou alors, cela revient à dire que pour les gouvernements des pays de l’UE, il y a deux poids et deux mesures dans tout ce qui touche à la Russie.

D’une manière plus générale, les gouvernements des pays occidentaux seraient bien inspirés de prendre en considération ce que nous apprend cette élection, qu’il s’agisse de la légitimité de Vladimir Poutine, légitimité qui a été incontestablement renforcée le dimanche 18 mars, ou qu’il s’agisse des deux crises qui cristallisent le conflit avec la Russie, la question de la Crimée et celle de la crise dans l’est de l’Ukraine. La tiédeur – et c’est un euphémisme – du message d’Emmanuel Macron à Vladimir Poutine à l’occasion de sa réélection montre que l’on en est encore loin[4]. Pourtant Emmanuel Macron a été élu avec 43% du corps électoral et Vladimir Poutine avec 52%. Cette différence de 9 points devrait inciter le Président français à une certaine humilité…

 

[1] Voir le compte-rendu fait par Jacques Myard de sa mission d’observation en Crimée : https://www.facebook.com/Jacques-MYARD-532814636848757/

[2] Voir les notes du 17 mars https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-la-situation-economique-de-la-russie-et-les-elections-par-jacques-sapir/ et du 1er mars https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-les-defis-de-leconomie-russe-video-par-jacques-sapir/

[3] Voir la note que j’ai consacrée à cette question le 14 février 2015 : https://russeurope.hypotheses.org/3448

[4] http://www.elysee.fr/communiques-de-presse/article/communique-entretien-telephonique-entre-emmanuel-macron-president-la-republique-et-vladimir-poutine-president-de-la-federation-de-russie/

https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-la-reelection-de-v-poutine-enseignements-par-jacques-sapir/

BASE 14 995X225

"Il devient incompréhensible de pénaliser un pays sans pénaliser l’autre. Ou alors, cela revient à dire que pour les gouvernements des pays de l’UE, il y a deux poids et deux mesures dans tout ce qui touche à la Russie": c'est incompréhensible si on refuse d'admettre que la "construction européenne" est avant tout une entreprise de domination géopolitique menée par les Etats- Unis, sinon, c'est très clair au contraire...   P.G.

Posté par UPR Creuse à 04:30 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

dimanche 11 mars 2018

Le futur leader nazi de l’Ukraine ?

TRIBUNE LIBRE / Par ORIENTAL REVIEW 

TL UKRAINE NAZIS

L’Ukraine d’aujourd’hui rappelle douloureusement l’Allemagne dans les années 1920 : une mauvaise gouvernance à la suite d’une guerre perdue qui, ajoutée au sentiment d’espoirs trahis et à la forte baisse des revenus moyens couplée à la hausse des prix, entraîne une masse critique de population ukrainienne vers un sentiment de désespoir écrasant. Une demande du public pour une «main forte» – un nouveau dirigeant autoritaire – est en train de se former rapidement, en raison de leur insatisfaction à l’égard du président Porochenko et de tous les autres facteurs qu’ils ont reçus de ce minable jeu de cartes politiques.

Et un tel homme existe déjà dans ce pays démuni et en train de se désintégrer. Andriy Biletsky, le commandant du bataillon Azov, que ses camarades d’armes surnomment le «Führer blanc», se fait de plus en plus remarquer au Parlement ukrainien.

biletsky-1728x800_c

Il ne cache pas son point de vue – dans sa Déclaration du programme de 2014,  « le nationalisme social racial ukrainien est au cœur de l’idéologie de l’organisation « Patriot of Ukraine » ; il a déclaré sans ambages : " la mission historique de notre pays à ce moment critique est de diriger la race blanche mondiale dans sa dernière croisade pour sa survie. Une croisade contre les Untermenschen dirigés par les Sémites. "

Il était attiré par l’idéologie nazie alors qu’il était encore étudiant à l’université. Au début des années 2000, alors qu’il étudiait au département d’histoire de l’Université nationale de Kharkov, il écrivit un article sur les activités de l’Armée insurgée ukrainienne collaboratrice pendant la Seconde Guerre Mondiale. Plus tard, comme le dit cet étudiant en histoire et boxeur amateur, "la préférence fut donnée à la création, plutôt qu’à l’étude de l’histoire, et à se battre dans les rues plutôt que sur les rings" . Dans les années 1990 et 2000, alors qu’il s’apprêtait à créer ses propres organisations nationalistes, comme Patriot of Ukraine (fondée conjointement avec l’actuel président du parlement ukrainienAndriy Parubiy ) et plus tard le bataillon Azov, Biletsky a réussi à prendre part à presque tous les groupes d’extrême droite en Ukraine: le Stepan Bandera Tryzub, le Parti social-national d’Ukraine et le parti Svoboda (Liberté). Maintenant, il dirige également l’Assemblée nationale-sociale, un groupe parapluie pour un certain nombre d’organisations ukrainiennes racistes et néo-nazies. Il a lui-même prétendu avoir participé directement à ce qu’on appelle des actions directes, c’est-à-dire des opérations militaires et terroristes.

En 1999, avec un groupe de «fans de sport» nationalistes de Kharkiv, Biletsky a essayé de se rendre au Kosovo pour aider à combattre les musulmans. En 2001, il a participé aux émeutes à Kiev lors de la campagne de protestation « Ukraine sans Koutchma ». En 2008, il a été impliqué dans des affrontements avec la police lors d’une marche en l’honneur de l’armée insurgée ukrainienne. Entre 2008 et 2009, des militants de l’organisation Patriot of Ukraine qui était sous sa direction ont attaqué à plusieurs reprises des individus d’apparence non-slave.

En 2011, Biletsky, avec deux autres membres de Patriot of Ukraine, a été arrêté et accusé d’agression armée: le 23 août de cette année, il y a eu une altercation dans le bureau de cette organisation avec le journaliste Sergei Kolesnik qui faisait un reportage sur leurs activités. En conséquence, le journaliste s’est retrouvé aux urgences avec une blessure à la tête et des lacérations à la poitrine. L’organisation a affirmé que les accusations avaient été forgées de toutes pièces et que les militants détenus avaient été victimes d’une chasse aux sorcières politique. Ils ont été libérés en février 2014 après la victoire de la Révolution de la Dignité, lorsque la Verkhovna Rada a adopté la résolution N° 4202 sur la libération des prisonniers politiques. Il y avait 23 personnes sur la liste des détenus à libérer, principalement des membres de Patriot of Ukraine. L’auteur du projet de loi était le chef du Parti radical, le député Oleh Lyashko, qui a ensuite travaillé en étroite collaboration avec le bataillon Azov.

Immédiatement après sa libération, Biletsky fut chargé des «opérations spéciales» de l’organisation néo-nazie Right Sector et procéda à des représailles contre les «indésirables» – les Ukrainiens qui s’opposaient à la prise illégale du pouvoir dans leur paysEn mars 2014, il a été responsable d’un attentat qui a fait exploser un monument, puis de quelques attaques contre des habitants de Kharkov, causant la mort de deux personnes et de graves blessures à un officier de police. En mai 2014, lui et certains de ses sous-fifres ont été impliqués dans l’exécution de policiers à Marioupol qui avaient refusé d’utiliser leurs armes contre des civils.

À cette époque, Biletsky créa le bataillon Azov, une unité de représailles armée composée d’activistes d’organisations racistes et néo-nazies. Son idéologie est basée sur le néonazisme, le militarisme agressif et le racisme flagrant. Le groupe emploie les symboles nazis Wolfsangel et Black Sun (« die Schwarze Sonne » – un type de croix gammée à rayons multiples).

Dans l’article «Langue et race: la primauté de la question», trouvé à la page 28 de son livre Les mots du Führer blanc (en ukrainien), Biletsky insiste sur les exigences pour la pureté raciale de la «nation ukrainienne» et sur l’inconvenance d ‘« accepter une personne d’une autre lignée, mentalité ou culture dans sa famille et nation et de permettre à ses propres gènes de se mélanger avec ceux d’une race différente et inférieure.  » Le social-nationalisme ukrainien considère la nation ukrainienne comme une société fondée sur une lignée et une race communes. « La race est primordiale pour la genèse d’une nation « , affirme le leader de l’organisation. " Les personnes naissent naturellement avec des capacités et des opportunités différentes, et le bonheur d’une personne vient donc de sa place dans la hiérarchie nationale et de l’accomplissement consciencieux de la tâche que la vie lui a assignée. "

"Ukraine, vous êtes la lumière de l'Europe! Notre nation a suffisamment de force pour résister aux pressions des étrangers, purifier notre terre et attiser les flammes de la purification dans toute l'Europe! "(Biletsky, Les mots du Führer blanc, page 23)

« Ukraine, vous êtes la lumière de l’Europe! Notre nation a suffisamment de force pour résister aux pressions des étrangers, purifier notre terre et attiser les flammes de la purification dans toute l’Europe! « (Biletsky, Les mots du Führer blanc, page 23)

Peu de temps avant les élections de la Verkhovna Rada (parlement) de 2014, lorsqu’on lui a demandé si ses opinions avaient changé, Biletsky a répondu: « Nous restons fidèles à nous-mêmes. L’âme même d’Azov se compose de l’idéologie de droite qui lui a été léguée par Patriot of Ukraine. « 

Refusant d’être inscrit sous l’étiquette du parti du peuple (dirigé par Arseniy « Yats » Yatsenyuk) lors des élections parlementaires de 2014, Biletsky a renforcé sa position de leader des nazis d’Ukraine et a remporté un siège au parlement en tant que candidat indépendant de l’un des districts à un seul siège de Kiev. À la Verkhovna Rada, il est chef adjoint du Comité de la sécurité nationale et de la défense et, ironiquement, membre d’un groupe sur les relations interparlementaires avec la Géorgie, la Grande-Bretagne, Israël, les États-Unis, la Pologne et la Lituanie.

Son alliance avec le nouveau gouvernement à Kiev a permis au Führer blanc de «légitimer» ses militants et d’amener l’Etat à payer leur entretien. Le bataillon Azov a été incorporé à la garde nationale de l’Ukraine, qui est sous le contrôle du ministre des affaires intérieures et ancien gouverneur de la région de Kharkov, Arsen Avakov. En novembre 2014, Avakov a publié ce qui suit sur sa page Facebook: " Le travail a commencé à amener ce régiment jusqu’aux standards de combat des brigades de la garde nationale. Cela signifie également en termes d’armes et de technologie. Actuellement, des douzaines d’enfants du bataillon Azov sont déjà formés dans une école d’artillerie. Ils apprennent ainsi à coordonner leurs opérations avec l’escadron de chars affecté à leur régiment. "

Andriy Biletsky (C) et Arsen Avakov (devant à droite) annonçant l'incorporation du bataillon Azov dans la garde nationale de l'Ukraine, oct 2014

Andriy Biletsky (C) et Arsen Avakov (devant à droite) annonçant l’incorporation du bataillon Azov dans la garde nationale de l’Ukraine, oct 2014

C’était à peu près au même moment qu’Azov a présenté son équipe de jeunes – la Jeunesse Biletsky, parfois appelée Jeunesse de la Grande Ukraine. Il attire des adolescents de 14 à 18 ans. Ses membres sont tenus de se développer physiquement et mentalement, d’étudier les fondements du social-nationalisme, et de reconnaître Andriy Biletsky comme leur Führer …

Malgré le fait qu’en juin 2015, la Chambre des représentants des États-Unis ait bloqué le transfert de missiles antiaériens à épaulement, connus sous le nom de MANPADS, en Ukraine, craignant qu’ils ne tombent entre les mains de néo-nazis d’Azov, certains politiciens européens ne semblent pas le considérer comme un « intouchable » politique – peu de temps après l’approbation du projet de loi américain, l’eurodéputé tchèque Jaromír Štětina a invité Biletsky à visiter le Parlement européen et à partager son point de vue (l’invitation n’a apparemment pas été acceptée).

En octobre 2016, Biletsky a créé son propre parti politique, le National Corps, et a annoncé qu’il était prêt à assumer la responsabilité de ce qui se passait dans le pays. Le 22 février 2017, ce parti, avec Svoboda et Right Sector, a organisé une marche de la dignité nationale à Kiev, qui a abouti à un ultimatum au gouvernement, dans lequel les nationalistes ont annoncé la coordination des efforts pour  » résister à la reddition du pays aux envahisseurs armés de l’Est et aux sangsues financières de l’Ouest. « Le 16 mars, ces forces, en plus du Congrès des nationalistes ukrainiens, de l’Organisation des nationalistes ukrainiens et du groupe néo-nazi C14, ont signé leur Manifeste nationalUne fois que vous aurez supprimé les clauses de la démagogie social-populiste, cette affirmation se résume principalement comme suit:

– ne pas regarder vers l’ouest ni vers l’est, mais vers la formation d’une sorte de « nouvelle alliance européenne – une union entre la mer Baltique et la mer Noire »

– lancer une guerre économique, de propagande et de guérilla contre la Crimée russe

– rétablir l’Ukraine au statut de puissance nucléaire « en raison de la violation du Mémorandum de Budapest »

– la nationalisation des ressources minérales et de l’industrie, l’interdiction totale de la vente gratuite de terres agricoles et l’interdiction de retirer des capitaux du pays pour les mettre à l’étranger

Ainsi, les forces d’extrême droite en Ukraine se sont consolidées et sont prêtes à agir. Au cours des trois dernières années, Biletsky a soigneusement évité de faire des déclarations racistes et a été occupé à essayer de donner une image positive de lui-même à son public ukrainien et international. Lui et ses mécènes s’attendent à une aggravation de la crise du pouvoir en Ukraine et à la chute imminente du régime de Porochenko pour leur offrir une opportunité unique de prendre le pouvoirSa haine maniaque contre la Russie et son désir d’intensifier le conflit armé dans l’est du pays lui rapportera probablement la « neutralité bienveillante » des grandes puissances occidentales, tout comme Hitler l’a fait à la veille de son attaque contre l’URSSEt à tout observateur impartial, il est clair que Les « républiques de Weimar » se métamorphosent toujours en Reich.

« La nouvelle Ukraine n’est pas une république ou une dictature, mais une république ET une dictature. Pas le socialisme et le nationalisme, mais le socialisme national. Pas un empire et pas la démocratie, mais un empire ET la démocratie. « ( Biletsky, Les mots du Führer blanc, page 20 )

Source : https://orientalreview.org/2018/01/04/ukraines-future-nazi-leader/

Traduction : AvicRéseau International

 https://reseauinternational.net/le-futur-leader-nazi-de-lukraine/#GVvY2Jqkj0Bp6g0W.99

Posté par UPR Creuse à 04:00 - - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

samedi 10 mars 2018

Présidentielle russe : les ultranationalistes jurent d'empêcher la tenue du scrutin en Ukraine

Le 18 mars 2018, les citoyens russes vivant en Ukraine auront à leur disposition plusieurs bureaux de vote, hébergés dans des bâtiments diplomatiques. La tenue du scrutin a déclenché l'hostilité des milices ukrainiennes d'extrême droite.

ACT UKRAINE ELECTION RUSSE

Les nationalistes ukrainiens veulent perturber le bon déroulement du scrutin pour les citoyens russes vivant en Ukraine. «Les forces combinées des nationalistes, Svoboda, Secteur droit et le Corps national ne permettront pas que l'élection du président russe ait lieu en Ukraine», a fait savoir le parti d'extrême droite Svoboda, cité ce 9 mars par l'agence TASS. Les nationalistes ukrainiens projetteraient ainsi de bloquer l'accès aux bâtiments diplomatiques russes, où des urnes seront mises à disposition des votants le 18 mars 2018.

En février, Moscou a informé le ministère ukrainien des Affaires étrangères de l'ouverture de quatre lieux de vote en Ukraine à destination des expatriés russes. Il a également été demandé aux autorités ukrainiennes d'assurer la sécurité aux abords de ces bâtiments, conformément aux usages diplomatiques.

Sur fond de guerre civile dans le Donbass russophone, les groupes radicaux ultranationalistes ukrainiens s'en prennent régulièrement aux intérêts russes en Ukraine. En février 2017, notamment, des banques russes avaient été attaquées par des miliciens du Corps national. Ce parti, créé en 2016, est la branche politique d'une unité paramilitaire aux références nazies, le bataillon Azov.

https://francais.rt.com/international/48598-presidentielle-russe-ultranationalistes-jurent-empecher-scrutin

Voir aussi:

Des nationalistes ukrainiens honorent un collaborateur nazi lors d'une marche aux flambeaux

58bd38d8c4618895798b4568

Des militants d’extrême droite ukrainiens ont organisé un défilé en hommage à un collaborateur nazi de la Seconde Guerre mondiale et aux «héros» décédés dans la guerre civile ukrainienne qui se poursuit depuis 2014 dans l'est du pays.

Un défilé éclairé à la lueur des torches qui avait pour but de «rendre hommage aux héros» a eu lieu dans la soirée du 5 mars dans les rues de Lvov, importante agglomération de l’ouest de l’Ukraine. Les militants ultranationalistes qui composaient le cortège brandissaient des drapeaux du parti nationaliste «Corps national» en scandant «Gloire à la nation, morts aux ennemis !» et «Gloire à l’Ukraine !».

La marche s'est terminée par un rassemblement devant le monument aux Combattants pour la liberté de l'Ukraine. La foule a alors entonné un «hymne du nationaliste ukrainien» en hommage à Roman Choukhevytch, collaborateur notoire et commandant d'un bataillon de la Wehrmacht durant la Seconde Guerre mondiale, ainsi qu'aux «héros nationaux» contemporains décédés dans le conflit actuel dans l’est de l’Ukraine.

bilets-1024x684

Le Corps national ukrainien, créé en octobre dernier, se veut le bras politique du Régiment Azov, une unité paramilitaire ultranationaliste intégrée à la Garde nationale ukrainienne depuis septembre 2014. Après les événements de la place Maïdan de 2014, la Garde nationale a été déployée dans l’est du pays pour combattre les rebelles dans les régions de Donetsk et de Lougansk.

Depuis l’effondrement de l’Union soviétique, certains chefs nationalistes de l'Armée insurrectionnelle ukrainienne de l’époque de la Seconde Guerre mondiale, tels que Roman Choukhevytch et Stepan Bandera, sont qualifiés de «héros de la liberté ukrainienne», malgré leur implication dans des massacres de juifs et de Polonais dans l’ouest du pays. Il se sont aussi battus contre l’armée Rouge et l’armée polonaise qui défendaient l’ouest de l’Ukraine de l'offensive nazie.

Biletskiy-i-Avakov

Les autorités ukrainiennes ont érigé de nombreux monuments et nommé des rues en l’honneur de ces chefs de l'Armée insurrectionnelle ukrainienne. En 2000, Roman Choukhevytch et Stepan Bandera se sont vus décerner, à titre posthume, la haute distinction de «Héros d'Ukraine», décision ensuite été annulée sous la pression du Parlement européen et d'organisations russes, polonaises et juives.

Plusieurs pays, notamment la Russie, ont condamné les efforts ukrainiens de réhabilitation des nationalistes qui avaient coopéré avec les nazis. En juillet 2016, le parlement polonais a adopté une résolution qualifiant de «génocide» les crimes commis par l'Armée insurrectionnelle ukrainienne pendant la Seconde Guerre mondiale.

https://francais.rt.com/international/34860-nationalistes-ukrainiens-honorent-collaborateur-nazi

Posté par UPR Creuse à 08:27 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,