jeudi 21 juin 2018

Chomsky signataire d’un appel « progressiste » pour la poursuite de l’implication militaire américaine en Syrie

TRIBUNE LIBRE /  Whitney Webb

TL CHOMSKY SYRIE

Publié le 26 avril 2018 sur Mintpressnews sous sous le titre Chomsky Among “Progressives” Calling for US Military Involvement in Syria

Traduit de l’anglais par Sylvie Jolivet pour Arrêt sur info

Dans la mesure où les personnalités les plus progressistes n’appellent jamais ouvertement à une intervention militaire américaine accrue dans un pays extérieur, cette pétition montre que la propagande en faveur de la guerre en Syrie – surtout celle en lien avec la cause kurde – a très habilement réussi à retourner l’opinion de la gauche pacifiste et progressiste sur le sujet.

Lundi dernier, le magazine New York Review of Books a publié une lettre ouverte et une pétition pour se joindre aux pressions occidentales exercées sur la Turquie, pour contraindre cette dernière à mettre fin à l’occupation d’Afrin. La pétition s’opposait aussi à toute incursion ultérieure de la Turquie en Syrie et soutenait l’autonomie du Rojava – cette région du Nord de la Syrie qui s’auto-administre depuis, qu’en 2012, des factions kurdes y ont pris le pouvoir avec l’appui des Etats-Unis. Le texte émane du Comité d’urgence pour le Rojava et a été signé depuis par des personnalités connues, telles que Noam Chomsky et Judith Butler, qui se sont ralliées à son projet de mutualisation des efforts en vue de soutenir les revendications des groupes kurdes.

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Ces revendications portent entièrement sur la politique du gouvernement américain. Elles insistent pour que ce dernier « impose des sanctions économiques et politiques à la Turquie… interdise les ventes et livraisons d’armes entre la Turquie et les pays de l’OTAN… fasse en sorte que le Rojava soit représenté dans les négociations de paix … » et, ce qui semble  le plus paradoxal, « continue de soutenir les Forces Démocratiques Syriennes », ce groupe majoritairement constitué de Kurdes qui a joué les intermédiaires pour l’administration américaine et est suspecté d’avoir procédé à des opérations de nettoyage ethnique en vue de faire aboutir son projet d’Etat ethno-nationaliste kurde au nord de la Syrie.

Les trois premières revendications du groupe paraissent raisonnables, en ce sens qu’elles demandent de sanctionner la Turquie pour son invasion illégale du territoire syrien. Mais elles sont aussi fantaisistes, dans la mesure où l’administration américaine n’a l’intention, ni d’interrompre les ventes d’armes, ni de sanctionner la Turquie, – qu’elle a besoin de courtiser pour empêcher un rapprochement d’Ankara avec la Russie. A ce titre, les Etats-Unis ont prouvé – en refusant de soutenir les Kurdes pendant la bataille d’Afrin – que leur « alliance » avec les Kurdes était purement opportuniste et passait après le maintien de leurs liens  avec la Turquie.

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La troisième revendication a également peu de chances d’aboutir, puisque, la Turquie a estimé d’emblée inacceptable la participation des Kurdes de Syrie aux pourparlers de paix et conditionné sa participation à ces derniers sous forme d’ultimatum : «C’est nous ou eux ». Sans compter les précédentes tentatives d’inviter les Kurdes dans les discussions qui ont été rejetées par des nations occidentales, dont les Etats-Unis, dans leur volonté de ne pas déplaire à la Turquie.

Plus récemment encore, devant l’absence de réaction internationale à l’événement, les Kurdes eux-mêmes ont refusé en début d’année de participer aux négociations sur l’occupation turque d’Afrin. Et même avant cette occupation, les Kurdes de Syrie s’étaient déclarés « non tenus » de respecter les décisions qui pourraient être prises durant les pourparlers, réduisant de ce fait les chances d’aboutir à la paix.

Mais au-delà du caractère irréaliste des trois premières revendications de la pétition, c’est surtout la suivante – celle portant sur la poursuite d’une assistance militaire américaine aux Forces Démocratiques Syriennes (FDS) – qui est de loin la plus inattendue : en signant cette pétition, des personnalités connues pour leur progressisme revendiquent la poursuite de l’occupation américaine en Syrie et l’accroissement de l’aide militaire et financière aux FDS, qui leur servent de forces intermédiaires sur le terrain.

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Qui se serait attendu à ce que des progressistes aussi engagés appellent un jour publiquement au prolongement d’une occupation militaire américaine ?

La pétition montre également l’effet redoutable que la propagande pour la guerre en Syrie – et surtout celle qui a trait aux Kurdes – a exercé sur la gauche pacifiste.

De fait, les Kurdes de Syrie font l’objet d’un traitement romancé dans la presse occidentale qui les présente comme les “fondateurs de la démocratie la plus avancée au monde” et les pionniers  de l’égalité de genre et des droits des homosexuels. Mais si les Kurdes ont bien instauré des mesures politiques d’avant-garde, la réalité sur le terrain est plus nuancée. Et surtout, « l’aide » américaine au Rojava, que la pétition souhaite voir renforcée, ne bénéficie vraiment ni aux progressistes, ni même aux Kurdes.

Kurdes et FDS : deux entités distinctes

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Depuis la montée en puissance de l’Etat Islamique dans le conflit syrien, les médias occidentaux mettent les Kurdes sur un piédestal et n’ont de cesse de les présenter comme les seuls opposants « véritables » du groupe terroriste. Mais on est peu à peu passé de l’éloge des milices kurdes locales à celui des Forces Démocratiques Syriennes, alors que ces deux entités ne sauraient être plus éloignées.

Bien qu’elles se vantent de compter un nombre important de Kurdes dans leurs rangs, les FDS ne sont pas expressément kurdes et sont en fait l’organisation parapluie de plusieurs milices. Ce qui ne serait pas gênant en soi ; ce qui l’est, c’est l’identité de nombre de ses combattants arabes. L’un des groupes combattant sous la bannière des FDS est par exemple le Conseil militaire de Deir Ezzor (Deir Ezzor Military Council (DMC) – il s’agit d’une organisation dont les combattants,  auparavant affiliés à l’organisation Etat islamique ou à Al-Nosra (groupe affilié à Al-Qaïda) ont été ensuite « retenus » par l’armée américaine dans le nord de la Syrie après s’être rendus aux FDS et autres forces soutenues par l’armée américaine à Raqqa. De plus, des tribus antérieurement alliées avec l’Etat islamique se sont jointes à ces forces aux côtés des FDS au cours de l’année écoulée.

 

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En plus d’abriter dans leurs rangs d’anciens membres de l’Etat islamique et d’autres organisations terroristes, les FDS collaborent également régulièrement avec l’Etat islamique dans le nord-est de la Syrie en s’attaquant à des cibles syriennes et russes. Bien qu’apparemment « ennemis », les Kurdes et l’Etat islamique se sont déjà montrés circulant les uns parmi les autres en toute connivence; et il est même arrivé que les Kurdes coopèrent avec l’Etat islamique sous la coordination des forces spéciales américaines. Ce qui explique peut-être pourquoi, après s’être emparées de Raqqa en juin dernier, les FDS ont laissé les terroristes de l’Etat islamique quitter tranquillement la ville. [1]

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Cette collaboration avec des groupes tels que l’Etat islamique – collaboration que les médias occidentaux ont travestie en un combat contre le terrorisme – a d’ailleurs entraîné des défections importantes de Kurdes au sein des FDS – notamment son ex porte-parole, Talal Silo, qui a accusé l’organisation de pactiser secrètement avec les terroristes.

A côté de ces liens troublants et de leur collaboration avec l’Etat islamique les FDS ont, conjointement avec l’armée américaine, participé à des crimes de guerre en Syrie, et sont accusés d’opérations de nettoyage ethnique qu’ils justifient par leur projet de création d’un Etat ethno-nationaliste kurde dans des zones du nord de la Syrie majoritairement peuplées d’Arabes.

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C’est ainsi qu’au cours de la bataille de Raqqa, les FDS – en lien avec la coalition dirigée par les Etats-Unis – ont commis des crimes de guerre, notamment en recourant à des armes chimiques et en coupant l’approvisionnement en eau de la ville, qui reste  privée d’eau un an après sa « libération ». Les FDS ont également joué un rôle central dans l’opération qui, selon plusieurs estimations, a fait 8000 morts et chassé hors de chez elles plus de 160 000 personnes. Cette opération a rendu 80 pour cent de la ville complètement inhabitable et six mois après la fin des combats, on évalue à 6,000  le nombre de corps encore ensevelis sous les gravats.*

Des journalistes tels que Andrew Korybko ont fait valoir que la population civile de Raqqa était directement visée dans la mesure où il était hautement improbable que ses habitants arabes ou non kurdes, vivant dans une ville dont la population est majoritairement arabe, acceptent de leur plein gré de vivre dans un petit Etat dominé par les Kurdes où ils seraient considérés comme des citoyens de seconde zone, et préféreraient conserver leur statut, au sein de la République Arabe Syrienne. En clair, plutôt que l’Etat islamique, que l’on a laissé s’enfuir et que l’on a ensuite réincorporé au sein des FDS, l’opération visait en partie des civils susceptibles de résister à l’annexion de Raqqa par des Kurdes soutenus par les Américains. Ce qui n’a pas empêché les Nations Unies de déclarer que l’élimination de la population arabe de Raqqa par les FDS avait été une  « nécessité militaire » et ne constituait donc pas une opération de « nettoyage ethnique ».

Les progressistes ont-ils bien évalué les enjeux de cette pétition ?

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La question des FDS mise à part, demander à l’Amérique de continuer à soutenir ce groupe revient à lui demander de prolonger son occupation illégale de la Syrie. Comme déjà expliqué sur le site Mintpress, cette occupation vise à la partition du pays et à mettre le nord-est de la Syrie hors de contrôle du gouvernement central.

Bien que cette partition ait également été un objectif de certains nationalistes Kurdes alliés aux Etats-Unis, qui ont voulu se servir de la division de la Syrie comme d’une rampe de lancement pour un « Kurdistan » indépendant, les Etats-Unis ont clairement indiqué au cours des mois précédents que cette partition du nord-est syrien ne bénéficierait pas autant aux Kurdes qu’aux Sunnites Wahhabites, dont l’idéologie se confond pratiquement avec celle de l’Etat islamique.

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Au début de la semaine dernière, le Wall Street Journal nous informait que John Bolton, nouveau conseiller de Trump à la Sécurité Nationale, travaillait avec les Etats alliés du Moyen Orient à la création d’une « coalition islamique » qui remplacerait les troupes américaines actuellement stationnées dans le nord-est de la Syrie par une armée constituée de soldats venus de l’Arabie Saoudite, du Qatar et de l’Egypte. Cette coalition constituerait une « force de stabilisation » militaire permanente dans la région.

Non contente d’envoyer des militaires arabes mettre de l’ordre dans le Rojava, l’Administration Trump a également sollicité une mise de fonds saoudienne dans la reconstruction de la région. L’Arabie Saoudite – réputée pour son traitement déplorable des minorités ethniques et religieuses et son financement de groupes terroristes tels que l’Etat islamique – et ses alliés du Golfe ne risquent pas de servir la cause des nationalistes kurdes, et encore moins leur “démocratie » directe progressiste ou leur promotion de l’égalité de genre et du droit des homosexuels. Monarchie dictatoriale bien connue  pour sa  répression des femmes et des minorités et pour la mise à mort de membres de la communauté LGBT, l’Arabie Saoudite se situe vraiment aux antipodes des idées que les progressistes occidentaux se font des Kurdes. C’est néanmoins à elle que les Etats-Unis confient les rênes pour gouverner la région de Syrie qu’ils occupent actuellement.

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De fait, en revendiquant la poursuite de la présence militaire américaine en Syrie pour appuyer les FDS, le Comité d »urgence pour le Rojava sape en réalité la cause des Kurdes « progressistes » qu’ils voudraient aider, et favorise au contraire une nouvelle tentative américaine de nation building (reconstruction de nation), qui va probablement aboutir à une enclave wahhabite peu différente d’un « califat » dirigé par l’Etat islamique.

Les efforts du Comité d’urgence pour le Rojava rejoignent d’autres tentatives plus importantes visant à défendre et à prolonger l’engagement militaire américain illégal en Syrie. Certes, cette pétition est destinée aux progressistes occidentaux, qui se sont historiquement opposés aux occupations militaires américaines illégales et aux guerres. Mais le ralliement de membres connus du camp des progressistes à cette pétition prouve que la poussée en faveur d’une intervention « humanitaire » en Syrie est plus forte que jamais.

Whitney Webb

Whitney Webb est rédactrice à MintPress News et collabore avec le site de Ben Swann’s, Truth in Media. Elle intervient sur différents sites tels que l’institut Ron Paul

[1] C’est Arrêt sur info qui souligne en gras

Article original: Chomsky Among “Progressives” Calling for US Military Involvement in Syria

Traduit par Sylvie Jolivet

Crédit image Noam Chomsky: Andrew Rusk/Flickr

Source: https://arretsurinfo.ch/chomsky-signataire-dun-appel-progressiste-pour-la-poursuite-de-limplication-militaire-americaine-en-syrie/

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*Voir notre publication: Raqqa : Guerre d’anéantissement, par Amnesty International

P.G.

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vendredi 6 avril 2018

La Turquie, la Russie et l'Iran plaident pour un «cessez-le-feu durable» en Syrie

Vladimir Poutine, Hassan Rohani et Recep Tayyip Erdogan, qui se rencontraient ce 4 avril à Ankara, en Turquie, ont annoncé qu'ils organiseraient un prochain sommet sur la Syrie, appelant à un «cessez-le-feu durable» dans le pays.

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Vladimir Poutine, Recep Tayyip Erdogan et Hassan Rohani participent ce 4 avril à un sommet trilatéral à Ankara, en Turquie. A cette occasion, ils ont évoqué plusieurs dossiers internationaux, dont celui de la Syrie. lls se sont accordés pour organiser un prochain sommet sur cette question en Iran, tout en plaidant en faveur d'un «cessez-le-feu durable» en Syrie entre les parties en conflit.

«Il n'existe pas de solution militaire au conflit syrien»

Ils ont également rappelé leur attachement à «l'élimination complète des groupes Daesh, Front al-Nosra, ainsi que d'autres organisations liées à Daesh ou Al-Qaïda».

«[Les chefs d'Etat] ont exprimé leur conviction du fait qu'il n'existe pas de solution militaire au conflit syrien et qu'il ne peut être réglé que par la voie d'un processus politique et de négociations», peut-on lire dans une déclaration publiée sur le site de la présidence iranienne. 

Depuis janvier 2017, la Turquie, la Russie et l'Iran se sont portés garants du processus dit d'Astana. Le 4 mai 2017, un accord était signé entre les trois puissances régionales établissant alors des zones de désescalade, dont une dans la Ghouta orientale (à l'est de Damas). En effet, si l'année 2017 s'était terminée sur des perspectives optimistes après l'élimination de Daesh de la quasi-totalité du territoire syrien, le début de 2018 a été marqué par une dégradation de la situation militaire dans le pays.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a en outre annoncé que la Turquie et la Russie mettront sur pied un hôpital dans la ville syrienne de Tell Abyad afin d'y soigner ceux qui ont fui la Ghouta orientale.

https://francais.rt.com/international/49435-turquie-russie-iran-plaident-pour-cessez-feu-durable-syrie

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«Il n'existe pas de solution militaire au conflit syrien»: alors qu'un des protagonistes est engagé sur le terrain en violation de la souveraineté syrienne...Poutine semble jouer un jeu d'équilibriste: amener Erdogan à la table des négociations tout en évinçant les occidentaux du processus. Les joies de la subtilité diplomatique...   P.G.

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mercredi 4 avril 2018

Alien vs Predator: Erdogan et Netanyahu rivalisent pour la domination du Moyen-Orient

TL ALIEN ERDOGAN NETANYAHOU

TRIBUNE LIBRE  - Max Blumenthal

Benjamin Netanyahu et Recep Tayyip Erdogan s'accusent mutuellement de crimes contre l'humanité et tous les deux ont raison sur ce point : aucun ne peut prétendre être un parangon de moralité, tous deux se disputant plutôt les tréfonds de la dépravation, a déclaré à RT Max Blumenthal.

 

Israël est critiqué pour la façon dont son armée gère les manifestations en cours à la frontière de Gaza. La marche annuelle du retour, une manifestation dénonçant l'occupation israélienne, a déjà fait 17 morts et plus d'un millier de blessés, selon le ministère palestinien de la Santé.

Les dirigeants du monde qui ont condamné les actions israéliennes contre ces manifestants ont été accusés d'appliquer des doubles standards par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Subitement le président turc Recep Tayyip Erdogan a lancé une attaque virulente contre Netanyahou, qualifiant Israël d ' "Etat terroriste" et son Premier ministre "de terroriste", à la suite des tirs meurtriers sur les manifestants à Gaza. Le Premier ministre israélien lui a ensuite répondu sur le même mode en qualifié le dirigeant turc de "boucher".

Max Blumenthal a déclaré à RT qu'il lui semblait que Netanyahu et Erdogan se renvoyaient la patate chaude.

RT: La situation à Gaza a relancé le vieux conflit israélo-turc. Les deux parties se sont déjà accusées d'être des États terroristes. Quelle est votre opinion à ce sujet?

© Reuters

 

Max Blumenthal: Je suis assez amusé par les dénonciations réciproques échangées entre Benjamin Netanyahu et le dirigeant turc Recep Tayyip Erdogan. Tous deux s'accusent mutuellement d'atteintes massives aux droits de l'homme et tous deux ont en effet commis les abominables méfaits dont ils s'accusent, Netanyahou à Gaza et le peuple palestinien en général, et Erdogan maintenant à Afrin en Syrie où plus de 100 000 personnes ont été déplacées s'ajoutant aux milliers de victimes. L'ironie de cette prise de bec entre Erdogan et Netanyahu est que depuis le premier véritable échange d'hostilités entre Erdogan et Israël en 2009, puis après le massacre des activistes turcs en 2010 sur la flottille du Mavi Marmara en route vers Gaza, la Turquie et Israël ont substantiellement normalisé leurs relations et ont rétabli de nombreux liens économiques et même des liens militaires. Ce n'est donc qu'un coup de sang circonstanciel destiné à animer la rhétorique de propagande de bazar entre dirigeants qui prétendent rivaliser pour la domination au Moyen-Orient.

RT: Pourquoi semblent-ils utiliser des accusations presque identiques pour se décrire les uns les autres, mais dans un cas sur Afrin, l'autre sur Gaza. Est-ce qu'ils ont tous deux raison, ils combattent tous les deux la terreur, mais tous les deux font face à des accusations répandues d'actions très discutables?

MB: J'ai comparé ce conflit entre Netanyahu et Erdogan au film 'Alien vs Predator' de 2004 où deux monstres s'affrontent à mort. Dans la vraie vie, comme je l'ai mentionné, Netanyahu et Erdogan coopèrent sous la surface. Aucun des deux hommes ne peut se prétendre un bienfaiteur des populations locales. Donc, ils sont essentiellement en compétition pour le titre de plus abject massacreur de la région. Et fondamentalement, ce que chacun fait est en réalité de satisfaire sa base la plus réactionnaire. Erdogan en Turquie avec son parti islamiste de droite AKP. Et Netanyahu en Israël avec son parti Likoud également de droite. Et cela s'inscrit aussi dans la stratégie globale d'Erdogan.Il s'adresse plus largement à l'opinion, au-delà de la Turquie en essayant de se présenter comme un leader du monde islamique défenseur des Palestiniens. Mais il a en fait abandonné Gaza à bien des égards et il a fait très peu de choses concrètement pour la libération des Palestiniens ou pour le soulagement du siège de 11 ans sur Gaza.

RT: Pensez-vous que le ministre israélien de la Défense, Avigdor Liberman, a raison de dire que la communauté internationale devrait d'abord enquêter sur toutes les morts en Syrie, au Soudan et en Libye et ensuite seulement attirer l'attention sur Gaza?
 
© Reuters

 

MB: Il y a une amère ironie ici à observer les réactions d'Israël et ses alliés à ce qui n'était rien moins qu'un massacre de manifestants non armés désespérés et révoltés contre un siège de 11 ans, vivant dans l'une des pires situations humanitaires au monde. L'ONU considère que Gaza sera définitivement invivable dans deux ans. J'étais dernièrement dans la bande de Gaza et j'ai constaté que c'était le cas de beaucoup de gens - il n'y a tout simplement pas assez d'argent ou d'activité pour permettre aux gens de se nourrir. L'insécurité alimentaire touche plus de 50% de la population. Les gens marchent pour protester contre cela et ils ont été abattus par plus de 100 tireurs d'élite israéliens, ils ont reçu des tirs d'artillerie de chars. Israël a même testé un drone qui a largué des gaz lacrymogènes du ciel. Et maintenant, nous entendons le ministre israélien de la Défense déclarer que la communauté internationale n'a pas le droit de condamner ce massacre. De plus, nous avons vu Nikki Haley, l'ambassadeur [américain] à l'ONU, montrant des images d'enfants syriens morts à Khan Shaykhun dans une palinodie publique en avril 2017, exigeant une intervention militaire en Syrie. Ce faisant Nikki Haley a personnellement voulu empêcher une résolution de l'ONU condamnant Israël pour ce massacre. Ainsi, l'hypocrisie d'Israël et de ses alliés, notamment américains, est ici proprement stupéfiante par contraste avec leur comportement envers les violations des droits de l'homme qu'ils dénoncent en Syrie, en regard de ceux commis et revendiqués par leurs clients en Israël.

RT: Croyez-vous que l'appel de l'ONU pour une enquête sur la violence à Gaza est hypocrite, comme le prétend Israël?

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MB: La prétention israélienne à taxer l'ONU d'hypocrisie est le genre de rhétorique que nous entendons depuis toujours de la part du pays qui dans le monde a reçu le plus de condamnations de l'ONU. Pourtant c'est aussi le pays qui obtient systématiquement la protection au Conseil de sécurité des États-Unis. L'hypocrisie dont nous avons été témoins vient en vérité des États-Unis et d'Israël parce que les États-Unis ont toujours protégé Israël face aux conséquences de ses violations répétées des droits de l'homme, tout en accusant des pays dont ils cherchent à renverser le gouvernement - de la Corée du Nord à la Syrie en passant par l'Iran. - de violations massives des droits de l'homme aux seules fins de les faire condamner par des résolutions de l'ONU, alors que ces pays ne font, dans la plupart des cas, que se défendre contre leurs agresseurs, dans des guerres par procuration initiées par l'Occident et des complots visant à renverser leurs gouvernements.

http://www.librairie-tropiques.fr/2018/04/alien-et-predator-debarquent-au-levant.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

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samedi 10 février 2018

«Personne ne les a invités»: la présence militaire américaine en Syrie est illégale, rappelle Moscou

Lors d'une réunion à huis-clos du Conseil de sécurité, le 8 février, l'ambassadeur russe auprès des Nations unies (ONU), Vassili Nebenzia, a rappelé aux Etats-Unis que leur présence militaire en Syrie était illégale du point de vue du droit international.

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«Je leur ai demandé de se souvenir qu'ils étaient en Syrie de façon illégale. Personne ne les a invités», a-t-il déclaré devant des journalistes à la sortie de la réunion, d'après l'agence TASS. «Ils affirment en permanence qu'ils combattent là-bas contre le terrorisme, mais nous ne pouvons que constater qu'ils vont au-delà de ce cadre», a poursuivi le diplomate russe.

La déclaration faisait suite au raid de la coalition arabo-occidentale dirigée par Washington dans la province de Deir ez-Zor contre des forces pro-gouvernementales syriennes, dans la nuit du 7 au 8 février. Le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient a justifié l'opération, en affirmant que la coalition avait été contrainte de riposter à une attaque des forces pro-Damas contre le quartier général des forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance de rebelles dirigée par les Unités de protection du peuple kurdes (YPG), soutenues par les Etats-Unis.

Le 6 février, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, avait souligné le changement de discours et de stratégie des Etats-Unis en Syrie après la défaite de Daesh en 2017, estimant que Washington avait probablement pour but désormais de diviser le pays. Le chef de la diplomatie russe avait également averti que le soutien financier des Etats-Unis aux groupes rebelles armés de l’Armée syrienne libre (ASL) et des forces démocratiques syriennes (FDS) pouvait avoir «des conséquences très dangereuses».

Damas a également condamné les frappes de la nuit du 7 au 8 février, qui ont fait une centaine de morts selon les Etats-Unis, et dénoncé un «crime de guerre», tout en accusant Washington d'«intentions ignobles» à l’égard de la Syrie et de sa souveraineté.

https://francais.rt.com/international/47963-personne-ne-les-a-invites-etats-unis-syrie-moscou

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lundi 5 février 2018

Les États-Unis provoquent et alimentent de nouvelles guerres au Moyen-Orient

TRIBUNE LIBRE /

L’actuelle incursion turque montre qu’Ankara ne tolérera à aucun prix la création d’un nouvel État kurde sous protection américaine dans le nord de la Syrie.

TL TURQUIE KURDISTAN

Patrick Cockburn | 26 janvier 2017 | The Independent

Rarement, une nouvelle politique étrangère américaine importante s’est effondrée si rapidement et si spectaculairement, atteignant des résultats très opposés à ceux voulus.

Il y a seulement dix jours, le secrétaire d’État américain Rex Tillerson annonçait à l’improviste que les forces militaires américaines resteraient en Syrie après la défaite de l’État Islamique (EI). Leur objectif n’était rien sinon ambitieux : il incluait la stabilisation du pays, le départ forcé de Bachar al-Assad, le recul de l’influence iranienne, empêcher la résurgence de l’EI et la fin de la guerre syrienne qui dure depuis de sept ans. Tillerson ne semblait pas s’inquiéter de ce que ce nouveau départ puisse inquiéter beaucoup d’acteurs puissants en Syrie et dans la région alentour, et était tout à fait contraire aux promesses des États-Unis de ne combattre en Syrie que pour vaincre l’EI et sans aucun autre objectif.

En effet, les États-Unis renonçaient à leur vieille politique consistant à se tenir à l’écart du bourbier syrien et plongeaient allègrement dans l’une des guerres civiles les plus sinistres de l’Histoire.

Le premier signe de ce nouveau développement radical est survenu au début de la semaine dernière avec l’annonce que les États-Unis allaient former une force frontalière de 30 000 hommes qui, bien que cela ne soit pas clairement dit, serait principalement kurde. Cela a été furieusement dénoncé par la Turquie et Tillerson a semblé vouloir se désavouer. Mais son discours, le 17 janvier, énonçant la nouvelle politique interventionniste américaine était tout aussi explosif et la raison pour laquelle, cinq jours plus tard, les chars turcs grondaient à travers la frontière turco-syrienne pour pénétrer dans l’enclave kurde d’Afrin.

Territoire fertile et densément peuplé, c’est l’une des rares parties de la Syrie qui n’ait pas été dévastée par la guerre.

Mais les changements ont été rapides à mesure que les bombardiers et l’artillerie turcs se soient mis à pilonner la ville d’Afrin et les 350 villages qui l’entourent. Les unités de protection du peuple kurdes (YPG) se battent durement, mais à moins de trouver une solution diplomatique à la crise, l’enclave finira par ressembler au reste de la Syrie avec des rues entières réduites à des monticules de maçonnerie brisée.

Les combats au cours des cinq derniers jours ont mis en évidence que l’espoir des États-Unis que leur nouvelle politique interventionniste puisse stabiliser le nord de la Syrie était un dangereux fantasme. Au lieu d’affaiblir le président Bachar al-Assad et l’Iran, cela leur profitera, montrant aux Kurdes qu’ils ont grand besoin d’un protecteur autre que les États-Unis.

Les Kurdes exigent à présent que l’armée syrienne se rende à Afrin pour la défendre contre les Turcs parce que cette ville fait partie intégrante de la Syrie. Une confrontation militaire entre la Turquie et les États-Unis serait dans l’intérêt de Téhéran et de Damas. Les Iraniens, pointés du doigt par les États-Unis comme étant la source de tous les maux, seront trop heureux de voir l’Amérique en proie à de nombreux problèmes en Syrie sans qu’ils aient eux eux-mêmes a tirer un seul coup de feu.

Pourtant, l’éclatement d’une nouvelle guerre kurdo-turque au cours de la dernière semaine aurait dû être très prévisible. Les États-Unis se sont engagés militairement en Syrie en 2014 afin d’empêcher la capture de la ville kurde de Kobani par l’EI. L’intervention américaine fut couronnée de succès et marqua le début d’une alliance entre la force aérienne américaine et les troupes terrestres des YPG, laquelle devait vaincre l’EI.

Cette évolution était profondément alarmante pour la Turquie qui se sentait menacée en voyant un État kurde de facto, bien armé et soutenu par les États-Unis, s’installer le long de sa frontière méridionale. Pire encore, du point de vue turc, cette nouvelle entité, connue par les Kurdes sous le nom de « Rojava », était contrôlée par la branche syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui mène une rébellion kurde en Turquie depuis plus de 30 ans .

Les États-Unis avaient rassuré les Turcs en affirmant que l’alliance américaine avec les YPG était purement militaire, tactique et dirigée contre l’EI. Mais, si les 2000 soldats américains restent dans la partie syrienne tenue par les Kurdes, ils changeront l’équilibre militaire dans la région parce qu’ils seront sous la protection de la gigantesque puissance de feu de l’US Air Force. En effet, les États-Unis garantiront avec leur force militaire l’indépendance de fait d’un État kurde dans le nord et l’est de la Syrie.

Compte tenu de l’oppression et de la violence dont les Kurdes ont été victimes en Syrie et ailleurs, ils ont parfaitement le droit de rechercher une certaine autonomie proche de l’autodétermination nationale, mais ni les gouvernements turcs ni les gouvernements syriens n’accepteront cela.

Jusqu’à présent, le président Trump avait impulsé peu de changements dans la stratégie en Irak et en Syrie du président Obama, qui était plus énergique qu’elle n’y paraissait. Mais elle était également prudente parce qu’Obama avait un sens aigu de ce qui pouvait mal se passer dans de telles entreprises. Il veillait à ne pas trop se faire forcer la main ou à se laisser manipuler par les pouvoirs régionaux.

La politique américaine post-EI de l’administration Trump en Syrie et en Irak a des objectifs plus ambitieux qu’auparavant, mais elle est vague sur la façon dont ils devraient être atteints. Il y a la même bouffée de vœux pieux dans le discours de Tillerson que ceux que l’on retrouve dans les désastres américains passés au Moyen-Orient.

Les précédents fâcheux incluent le Liban en 1983 où les États-Unis avaient une présence militaire limitée à Beyrouth en tant que symbole du pouvoir et de la détermination des États-Unis. Mais un symbole peut également être une cible et le 23 octobre de cette même année, un véhicule bourré d’explosifs a forcé l’entrée de la caserne des Marines américaines près de l’aéroport de Beyrouth et a explosé, tuant 241 militaires américains.

Un sentiment autodestructeur de confiance en soi et de supériorité était très évident chez les Américains occupant Bagdad en 2003. Les généraux américains croyaient qu’ils combattaient les restes de l’ancien régime alors qu’ils faisaient face à un soulèvement de masse, et rapidement ne contrôlaient plus que quelques îlots de territoire.

Les États-Unis auraient voulu peut-être se débarrasser d’Assad et affaiblir l’Iran dans toute la région, mais il est à présent trop tard. Les gouvernements pro-iraniens en Irak et en Syrie sont au pouvoir et le Hezbollah est la force la plus puissante au Liban. Cela ne changera pas de sitôt et, si les Américains veulent affaiblir Assad en maintenant une guerre de bas niveau, alors cela le rendra encore plus dépendant de l’Iran.

L’actuelle incursion turque montre qu’Ankara ne permettra pas la création d’un nouvel État kurde sous protection américaine dans le nord de la Syrie, et se battra plutôt que de laisser cela se produire. Mais les YPG sont très motivés, bien armés et militairement expérimentés et vont se battre très durement, même s’ils peuvent finalement être submergés par des forces supérieures ou parce que les gouvernements turcs et syriens conjuguent leurs forces pour les écraser.

Ce fut une mauvaise idée de la part des États-Unis de remuer le pot en disant qu’ils resteraient en Syrie et cibleraient Assad et l’Iran. Une guerre kurdo-turque dans le nord de la Syrie sera très féroce. L’obsession des États-Unis pour une menace iranienne exagérée – sur laquelle, en tout cas, elle ne peut pas faire grand-chose – rend difficile la tâche de Washington de négocier et de calmer la situation.

Trump et son administration chaotique n’ont pas encore eu à faire face à une véritable crise au Moyen-Orient, et les événements de la semaine dernière nous permettent de supposer qu’ils ne seront pas à la hauteur.

Patrick Cockburn 

Patrick Cockburn est un journaliste de The Independent spécialisé dans l’analyse de l’Irak, la Syrie et les guerres au Moyen-Orient. Il est l’auteur de Muqtada Al-Sadr, the Shia Revival, and the Struggle for Iraq et de Age of Jihad: Islamic State and the Great War for the Middle East

Source : Chronique de Palestine

https://arretsurinfo.ch/les-etats-unis-provoquent-et-alimentent-de-nouvelles-guerres-au-moyen-orient/

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lundi 29 janvier 2018

SYRIE | Les Français causent trop

Le 20 janvier à 20h, France 2 diffusait une interview d'un jihadiste français arrêté en zone kurde turco-syrienne. Pourquoi son garde geôlier est-il lui aussi français? Que fait la France dans les parages?

ARG SYRIE FR2 DJIHADISTE

Pour rappel: les armées kurdes en question ont officiellement été formées pour combattre Daech dans leur région, il s'avère qu'elles ont aussi combattu l'armée syrienne avant d'y instaurer une base US. Elles comptent aujourd'hui 3000 soldats américains, 15000 Kurdes et 15000 combattants de Daech qui les ont rejoints.

Il s'agit donc pour les USA de créer une zone "autonome" entre les 2 pays et d'y maintenir une base arrière capable d'assurer leur hégémonie sur la région.

Voir la vidéo:

« Tu crois qu'on va oublier ? » / djihadiste français recadré par son geôlier français

djihadiste france2

https://www.youtube.com/watch?time_continue=162&v=16ugKgbkVKg

Cette vidéo n'est donc qu'un aveu du repositionnement français non plus derrière Daech/EI/Nosra totalement vaincus, mais encore une fois derrière la nouvelle stratégie de déstabilisation américaine de la région.

L'intervention turque entamée le 21 janvier dans la région et le retrait des troupes russes en parallèle est toutefois une réponse inattendue pour l'Occident. L’espoir US de laisser une écharde entre Turquie et Syrie s’amenuise, même si ce n'est pas rassurant pour la Syrie qui y voit encore une invasion.

Erdogan, qui a lui-même beaucoup flirté avec les intégristes, semble avoir tourné casaque depuis le coup d'État manqué orchestré contre lui par les USA l'an dernier. Il a promis de quitter le sol syrien aussitôt les forces Kurdes écrasées.
L'avenir nous en dira plus…

http://log.antipresse.net/post/syrie-les-francais-causent-trop?mc_cid=f993a6159a&mc_eid=3a5e263339

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lundi 22 janvier 2018

Opération turque en Syrie : Moscou accuse Washington d'avoir mis de l'huile sur le feu

Le gouvernement russe accuse les Etats-Unis d'être en partie responsables de la crise dans le nord de la Syrie, après le déclenchement par Ankara d’une offensive sur la région d’Afrin, tenue par des milices kurdes soutenues par Washington.

ACT TURQUIE FRONTIERE

«Les livraisons incontrôlées d’armements modernes du Pentagone aux combattants pro-américains dans le nord de la Syrie […] ont contribué à l'escalade rapide des tensions et ont provoqué l'opération spéciale turque», a fait savoir le 20 janvier 2018 le ministère russe de la Défense dans un communiqué, au sujet de l'opération «Rameau d'olivier» lancée par la Turquie sur la région syrienne d'Afrin. Qualifiant les actions des Etats-Unis dans la région de «provocatrices», la Défense russe a en outre accusé la Maison Blanche de vouloir «l'anéantissement de la souveraineté syrienne».

Le gouvernement russe accuse les Etats-Unis d'être en partie responsables de la crise dans le nord de la Syrie, après le déclenchement par Ankara d’une offensive sur la région d’Afrin, tenue par des milices kurdes soutenues par Washington.

«Les livraisons incontrôlées d’armements modernes du Pentagone aux combattants pro-américains dans le nord de la Syrie […] ont contribué à l'escalade rapide des tensions et ont provoqué l'opération spéciale turque», a fait savoir le 20 janvier 2018 le ministère russe de la Défense dans un communiqué, au sujet de l'opération «Rameau d'olivier» lancée par la Turquie sur la région syrienne d'Afrin. Qualifiant les actions des Etats-Unis dans la région de «provocatrices», la Défense russe a en outre accusé la Maison Blanche de vouloir «l'anéantissement de la souveraineté syrienne».

Ce 20 janvier, le chef d'Etat turc a déclaré que l'opération militaire turque visant la ville syrienne d'Afrin – l'opération «Rameau d'olivier» – avait «de facto commencé sur le terrain».

https://francais.rt.com/international/47460-intervention-turque-syrie-moscou-accuse-washington-escalade

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lundi 8 janvier 2018

Erdogan s'en prend à un journaliste après une question sur la Syrie

Le journaliste a interrogé le président turc sur l'interception en janvier 2014 de camions appartenant aux services secrets turcs (MIT) et transportant supposément des armes destinées à l'EI.

ACT ERDOGAN

Le président turc s'en est pris vendredi à un journaliste français l'interrogeant sur la livraison supposée d'armes par Ankara au groupe Etat islamique en 2014, au cours d'une conférence de presse, à l'issue d'un entretien à Paris avec son homologue français.

Des armes destinés à l'EI transportées par les Turcs ? Le journaliste, travaillant pour le magazine "Envoyé spécial" de la chaîne de télévision France 2, a interrogé le président Recep Tayyip Erdogan sur l'interception en janvier 2014, révélée en mai 2015, de camions appartenant aux services secrets turcs (MIT) et transportant supposément des armes destinées à l'EI. Lorsque cette affaire avait éclaté en Turquie, Ankara l'avait qualifiée de machination fomentée par Fethullah Gülen, un prédicateur installé aux Etats-Unis, ancien allié d'Erdogan devenu sa bête noire.

C'est également à Fethullah Gülen et à ce que le gouvernement turc appelle "l'Organisation terroriste des partisans de Fethullah" (FETO), qu'Ankara impute le putsch manqué de juillet 2016, accusation que rejette catégoriquement M. Gülen.

"Les mots de FETO". "Tu parles avec les mots de FETO, pas comme un journaliste", s'est énervé Recep Tayyip Erdogan, qui s'exprimait au cours d'une conférence de presse avec son homologue français Emmanuel Macron avec qui il s'est entretenu dans l'après-midi. "Ceux qui ont fait ces opérations étaient des procureurs de FETO, maintenant ils sont en prison." La Turquie a lancé de vastes purges depuis le putsch manqué, arrêtant plus de 55.000 personnes et en limogeant ou suspendant plus de 144.000. 

"Tu me poses cette question, mais pourquoi tu n'interroges pas les Etats-Unis qui ont envoyé 4.000 camions d'armes en Syrie ?", a-t-il poursuivi. La Turquie critique régulièrement la livraison d'armes par Washington à des milices kurdes en Syrie qu'Ankara considère comme terroristes. "Tu es journaliste, non ? Tu aurais dû enquêter là-dessus aussi", a ajouté Recep Tayyip Erdogan, mettant en garde : "Vous n'avez pas face à vous quelqu'un qui va avaler ça facilement".

Au cours de cette visite à Paris, la plus importante du président turc dans un pays de l'UE depuis le putsch manqué de 2016, la question de la liberté de la presse a été abordée par Emmanuel Macron qui a appelé son homologue turc à "respecter l'Etat de droit".

http://www.europe1.fr/international/erdogan-sen-prend-a-un-journaliste-apres-une-question-sur-la-syrie-3538094

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Au vu du récent discours prononcé lors de ses voeux, Macron ferait bien de se faire plus discret sur la question de la liberté de la presse! Quant à la presse française...

Pour ce qui concerne les livraisons d'armes en Syrie, il n'y a pas que les milices kurdes qui ont été bénéficiaires des largesses américaines (et françaises), ce qu'oublie de mentionner le journaliste, et que tout le monde sait...sauf ceux qui n'écoutent qu'Europe 1.  P.G.

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