samedi 26 mai 2018

Les grandes orientations des politiques économiques (GOPÉ) 2018-2019

La feuille de route économique et sociale d’« Emmanuel Macron » est mise à jour : les grandes orientations des politiques économiques (GOPÉ) 2018-2019

ARG GOPE 2018

Pendant toute la campagne présidentielle,  François Asselineau et l’UPR avaient annoncé quel serait le VRAI programme des dix autres candidats, qui refusaient tous les dix de proposer aux Français de faire sortir la France de l’UE par la mise en œuvre la plus rapide possible de l’article 50 du traité sur l’Union européenne (TUE). Les Français et des pseudo-spécialistes de l’analyse politique découvrent avec effroi les réformes anti-sociales qui ont lieu depuis le début du quinquennat (SNCF, casse droit du travail, rabotage de l’ISF, baisse de l’impôt sur les sociétés, hausse de la CSG, baisse de l’assurance chômage, stagnation du SMIC, etc.) alors qu’il suffisait de lire les GOPÉ 2016-2017 et 2017-2018.

Du fait de l’engagement de la France dans l’euro et dans l’Union européenne, toutes les grandes décisions de notre politique économique et sociale sont directement dictées par les « recommandations » de la Commission européenne, également intitulées « grandes orientations des politiques économiques (GOPÉ) », que l’institution technocratique bruxelloise publie chaque année à la mi-mai.

Or, la Commission européenne vient de publier, ce 23 mai 2018, la mise à jour annuelle de ces fameuses « recommandations » [1].

LE PRÉAMBULE DU RAPPORT DES « GOPÉ » 2018-2019

Notons tout d’abord trois éléments intéressants dans le préambule :

  • 1er élément du préambule

Le document précise que, « en tant qu’État membre dont la monnaie est l’euro, et compte tenu des liens étroits entre les économies de l’Union économique et monétaire, la France devrait veiller à mettre en œuvre intégralement et en temps utile la recommandation concernant la zone euro, qui est prise en compte dans les recommandations figurant aux points 1 et 2 ci-dessous ».

Il faut noter ici que les points 1 et 2 correspondent aux deux tiers des « recommandations ». Cette note du préambule tord en soi l’argumentaire des européistes (et des crédules) qui ont tendance à atténuer la portée des GOPÉ en expliquant qu’il ne s’agirait que de recommandations et non pas d’obligations.

Rappelons que cela est faux pour au moins deux raisons :

  • Depuis le pacte de stabilité et de croissance (PSC) de 1997 [2], et avec le «six-pack» [3], la Commission peut sanctionner financièrement les pays en cas de manquement ou de retard dans l’application des mesures préconisées. En cas d’« écarts importants », la Commission adresse à l’État membre un avertissement et sa situation est suivie tout au long de l’année. Si elle n’est pas « redressée », la Commission peut proposer la constitution d’un dépôt correspondant à 0,1 % du PIB. Pour la France, il s’agirait donc d’un dépôt de 2,2 milliards d’euros.  Les « recommandations » dans les textes se transforment donc, dans les faits, en obligations.
  • C’est aussi nier le fonctionnement des institutions européennes puisque la machine bruxelloise repose sur le concept de « soft law» et de « pression des pairs ». Le principe même de ces GOPÉ, c’est justement d’exercer constamment une pression sur les représentants d’un État.
    Certes, ils peuvent ne pas appliquer telle ou telle « recommandation », pendant un certain temps,  en échappant aux sanctions. Mais, concrètement, il leur est impossible de refuser d’appliquer toutes les mesures tout le temps.
    Du reste, le principe même des GOPÉ serait sinon vide de sens. En fait, il s’agit d’un étau intellectuel, juridique et moral qui se resserre peu à peu, et auquel il est impossible de se soustraire durablement.
  • 2e élément du préambule

Le document précise par ailleurs que, « le 25 avril 2018, la France a présenté son programme national de réforme et de stabilité pour 2018 ».

Il s’agit du mécanisme classique des GOPÉ où la France présente sa copie économique et sociale, tel l’élève qui rend sa copie au professeur.

C’est d’autant plus ahurissant pendant les années d’élection présidentielle comme l’année dernière puisque cela doit être appliqué sur les deux années en question, peu importe le résultat des élections. Le nouveau gouvernement italien se heurte et va se heurter à cela. Il n’y aura pas 36 issues :

  • ils rentrent dans le rang comme Tsipras et appliquent finalement les « recommandations » ;
  • ils n’appliquent pas les GOPÉ, vont à l’affrontement : soit ils rentrent dans le rang après le conflit, soit alors ils seront sanctionnés financièrement jusqu’à une sortie ;
  • ils décident quasiment d’emblée de sortir de l’Union européenne par l’article 50 du TUE et évitent les sanctions et les querelles avec les partenaires européens mais cela est peu probable étant donné que cela n’était au programme d’aucun des deux partis. Ils n’auront en aucun cas la légitimité démocratique nécessaire à un tel bouleversement géopolitique.
  • 3e élément du préambule

Le préambule du document indique enfin : « À la lumière des résultats du bilan approfondi de la Commission et de cette évaluation, le Conseil a examiné le programme national de réforme et le programme de stabilité. »

Nous avions montré dans un article précédent le lien direct entre les GOPÉ et le programme national de réforme ou PNR [4].

La preuve est ainsi apportée une nouvelle fois que, contrairement à ce que les médias et les dirigeants des partis politiciens veulent faire croire aux électeurs, le gouvernement français n’est pas libre de ses choix : les GOPÉ se retrouvent bien dans le PNR et sont donc bien la feuille de route économique et sociale du gouvernement français.

LE CONTENU DES « RECOMMANDATIONS » POUR 2018-2019

Il convient maintenant de lire ces « recommandations » et d’en décrypter les six principales.

En voici le texte qui était malheureusement dans un premier temps cette année uniquement disponible en anglais, preuve que le Brexit ne change absolument rien à la soumission intellectuelle de l’UE au monde anglo-saxon, américain en particulier. Nous avons mis à jour cet article, une fois le rapport publié en français.

Décryptage

1) Que signifie : « veiller à ce que le taux de croissance nominal des dépenses publiques primaires ne dépasse pas 1,4% en 2019 » ?

Cette formule pour initiés signifie que, comme tous les ans, la Commission européenne exige que la France poursuive une politique d’austérité renforcée.

La version du rapport de l’année 2015 [5] insistait sur le fait qu’ « il est impossible de dégager à court terme d’importantes économies sans ralentir considérablement la croissance des dépenses de sécurité sociale. […] Des économies de 11 milliards d’euros sur les dépenses de santé sont prévues pour 2015-2017, mais des efforts supplémentaires seront nécessaires pour limiter les hausses de dépenses dans ce domaine. »

En bref, les coupes sombres dans la santé, l’assurance-chômage et les retraites vont donc continuer et s’accentuer !

C’est d’ailleurs comme par hasard ce qu’a laissé entendre récemment Bruno Le Maire, comme si l’initiative venait de lui. [6]

2) Que signifie : « utiliser les recettes exceptionnelles pour accélérer la réduction du ratio d’endettement public »  ?

Cela veut tout simplement dire qu’il faut privatiser des biens publics pour réduire la dette publique. En effet, la croissance n’étant pas fabuleuse et les taxes mises en place telles que celles sur le diesel et l’essence, que les Français constatent au quotidien, étant établies pour durer, « les recettes exceptionnelles » ne peuvent être que des cessions d’actifs publics, ce qui est d’ailleurs cohérent avec l’article 106 du TFUE.

Il ne faut pas donc s’étonner de voir plus ou moins publiquement sur la table les privatisations des aéroports de Paris [7], de la Française des jeux [8] ou de la SNCF [9].

3) Que signifie : « uniformiser progressivement les règles des différents régimes de retraites » ?

Cette formule signifie, comme c’est habituellement le cas avec l’UE, harmoniser vers le moins-disant pour diminuer la dépense publique. Dans le préambule, il est d’ailleurs indiqué que cela pourrait faire économiser 5 milliards d’euros de dépenses publiques.

 

4) Que signifie : «  garantir  la compatibilité des évolutions du salaire minimum avec la création d’emplois et la compétitivité » ?

Cela signifie que, le taux de change de l’euro étant trop cher pour la compétitivité de l’économie française, il faut procéder à une « dévaluation interne », comme le disent les économistes ayant le goût de l’euphémisme.

En clair, cela veut dire qu’il faut geler le niveau du SMIC ou en tout cas arrêter tout coup de pouce, comme ce fut d’ailleurs déjà le cas cette année. Le salaire minimum en Bulgarie étant d’environ 235 euros par mois selon le cours de l’euro, ce n’est pas demain la veille que l’on verra la Commission européenne demander à la France de redonner du pouvoir d’achat aux Français en relevant substantiellement le SMIC.

En outre, va-t-on vers des SMIC variables comme en Allemagne ? Rappelons que là-bas, il n’y a pas de SMIC horaire dans l’agriculture, dans les secteurs concernés par les travailleurs détachés ou pour les chômeurs de longue durée.

5) Que signifie : « en supprimant les impôts inefficaces et en réduisant les impôts sur la production prélevés sur les entreprises » ?

Comme ce qui précède, c’est une reprise des GOPÉ 2016-2017/2017-2018 et c’est très simple à comprendre. Il s’agit de baisser l’impôt sur les sociétés et les cotisations sociales. Peut-être même d’augmenter la TVA et/ou à nouveau la CSG que paient tous les ménages, à commencer par les plus modestes. C’est Robin des Bois à l’envers puisqu’il s’agit de faire payer davantage les pauvres pour enrichir les très riches.

On pourrait imaginer un impôt sur les sociétés plus progressif avec une baisse du taux pour les artisans, PME et TPE qui sont les principaux créateurs d’emplois. Ce n’est pas du tout ce qui est demandé.

C’est à la fois une injustice morale, un scandale social et une stupidité économique insondable.

Cela peut aussi signifier supprimer entièrement l’ISF qui ne demeure plus que sur le patrimoine immobilier. Profitons-en pour dire que de ne laisser l’ISF que sur les biens immobiliers est aussi injuste car les très riches ont très peu d’immobilier en pourcentage de leur richesse. L’exonération n’a donc bénéficié quasiment exclusivement qu’aux ultra-riches et non pas à une classe moyenne supérieure qui aurait pu accumuler des biens immobiliers.

6) Que signifie : « réduire la charge réglementaire et administrative afin de renforcer la concurrence dans le secteur des services et favoriser la croissance des entreprises » ?

Cette formulation est particulièrement fourbe. Rappelons tout d’abord que, question normes, l’UE s’y connaît étant donné que le coût d’application des normes européennes pour l’économie française est de l’ordre de 38,7 milliards d’euros par an (30 milliards d’euros pour les entreprises/8,7 milliards d’euros pour les administrations publiques).

Quand on lit dans le détail le préambule, c’est en fait et encore, les professions réglementées qui sont dans l’œil du cyclone.

Parler à cet égard de renforcement de la concurrence est se moquer du monde car on sait très bien que les milliers de pharmaciens, médecins, dentistes, kinésithérapeutes, avocats, notaires, huissiers, géologues, artisans-taxis, architectes, ingénieurs, experts-comptables, etc. seront remplacés et concurrencés par quelques très grands groupes avec, pourquoi pas, des travailleurs détachés meilleur marché. Cela marche comme cela dans l’UE !

CONCLUSION

En conclusion, la feuille de route économique et sociale est dans la continuité des années précédentes. Il s’agit d’une politique économique inefficace dans son ensemble qui bénéficiera à quelques-uns (les fameux 1%) au détriment du plus grand nombre et de la France dans son ensemble.

Quoi qu’il en soit, la publication de ce rapport confirme encore une fois toutes les analyses de l’UPR et décrédibilise tous les pseudo-opposants, de Jean-Luc Mélenchon à Marine Le Pen, qui tapent sur Emmanuel Macron et s’indignent de sa politique, sans jamais nommer les causes.

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Si tous ces souverainistes d’opérette avaient fait le travail pédagogique de l’UPR depuis 30 ou 40 ans, nous n’en serions pas là. La seule façon d’éviter ce programme mortifère, c’est de sortir de l’UE et de l’euro. Rappelons à cet égard que « changer l’Union européenne », comme le proposent tous les tartuffes, implique de changer les traités, ce qui nécessite l’unanimité des États-membres. Cela n’arrivera jamais [10] !

Pour libérer la France des GOPÉ, il faut tout simplement sortir de l’UE, comme le proposent et l’expliquent François Asselineau et l’UPR depuis 11 ans. Il n’y a pas d’autre solution.

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Nous, nous répéterons inlassablement, notamment à l’occasion des élections européennes de 2019 (dans un an), que :

Oui, l’Union européenne est néfaste.

Non, elle n’est pas réformable.

Oui, il faut en sortir.

En d’autres termes : UE/ GOPÉ soumission, Frexit solution !

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Sources et Notes

[1] http://ec.europa.eu/transparency/regdoc/rep/1/2018/FR/COM-2018-409-F1-FR-MAIN-PART-1.PDF

[2]https://fr.wikipedia.org/wiki/Pacte_de_stabilit%C3%A9_et_de_croissance#Volet_d.C3.A9s.C3.A9quilibres_macro.C3.A9conomiques

[3] https://fr.wikipedia.org/wiki/Six-pack_(Union_europ%C3%A9enne)#Volet_correctif

[4] https://www.upr.fr/actualite/europe/gope-nos-gouvernements-subordonnes-a-commission-europeenne-preuve

[5] http://ec.europa.eu/europe2020/pdf/csr2015/csr2015_council_france_fr.pdf

[6]https://www.lesechos.fr/politique-societe/politique/0301699379052-bruno-le-maire-il-peut-etre-legitime-de-reduire-la-politique-sociale-sur-lemploi-2177254.php

[7] https://www.capital.fr/entreprises-marches/aeroports-de-paris-la-privatisation-sur-les-rails-1288952

[8] http://www.europe1.fr/societe/le-plan-du-gouvernement-pour-privatiser-la-francaise-des-jeux-3620846

[9] https://bfmbusiness.bfmtv.com/entreprise/sncf-un-document-interne-relance-l-hypothese-d-une-privatisation-1444439.html

[10] https://www.youtube.com/watch?v=8Y8EUaFmTyY

Trésorier et responsable national de l’Économie de l’UPR

https://www.upr.fr/actualite/france/la-feuille-de-route-economique-et-sociale-d-emmanuel-macron-est-mise-a-jour-les-grandes-orientations-des-politiques-economiques-gope-2018-2019

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vendredi 18 mai 2018

Recours massif aux contractuels dans la fonction publique : le projet radical des "experts" du gouvernement

Chargé par l'exécutif de rendre un rapport sur la réforme de l'Etat, le Comité action publique 2022 s'apprête à rendre au gouvernement un projet qui devrait provoquer la fureur des syndicats de fonctionnaires : au programme, généralisation du recours aux contractuels, et une grande "rationalisation" des prestations sociales...

ACT REFORME ETAT

Déjà considérablement dégradées, les relations entre le gouvernement et les syndicats de la fonction publique pourraient encore s'effilocher dans les prochaines semaines. En octobre dernier, le gouvernement a chargé un groupe de 34 personnalités d'imaginer la future réforme de l'Etat, des collectivités locales et de la sécurité sociale. Nom du collectif : le Comité action publique 2022 (Cap22). L'exécutif a fixé trois objectifs à ces "experts" : "passer d'une culture de contrôle à une culture de confiance" dans les services publics, "offrir un environnement de travail modernisé" aux fonctionnaires, et, bien sûr, "accompagner la baisse des dépenses publiques". Le tout avec la remise d'un rapport fin mai ou début juin - les premières pistes étant présentées dès ce mercredi 16 mai lors d'une réunion à Matignon.

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Libération a obtenu des premières informations sur le contenu dudit rapport. Et elles ne vont pas rassurer les fonctionnaires anxieux de savoir à quelle sauce ils vont être mangés : la mesure phare prônée par les "experts" consiste à généraliser le recours à des contractuels dans la fonction publique, c'est-à-dire à cesser tout bonnement d'embaucher des personnes bénéficiant du statut de fonctionnaire. Concrètement, cela signifie, comme l'imagine Libé, "des profs avec un CDD de cinq ans, des policiers embauchés pour seulement dix ans, des agents territoriaux en contrats de deux ou trois ans renouvelables"... Le quotidien de gauche qualifie cette piste d'"authentique casus belli" pour les syndicats de fonctionnaires, inquiets d'une remise en cause du statut de la fonction publique.

Ballon d'essai ?

Fin 2016, 16,5% des agents de la fonction publique étaient des contractuels, soit 940.200 personnes, principalement employées dans le secteur de l'école et de la santé. Lorsque le gouvernement a présenté ses premières pistes de réforme, en février dernier, il était alors question d'étendre le recours aux contractuels, une orientation que Gérald Darmanin et Olivier Dussopt, chargés de la réforme, ont confirmé cette semaine. Mais il ne s'agissait pas de "généraliser" cette pratique... Une mesure tellement radicale que Libé estime probable qu'elle sera écartée par le gouvernement "pour mieux promouvoir une simple 'extension' du recours au contrat". Ce procédé - lancer des pistes extrêmes pour faire accepter des réformes finalement perçues comme plus douces - est récurrent pour le gouvernement, qui l'a par exemple mis en œuvre s'agissant de la réforme de la SNCF ou de la révision constitutionnelle.

OUTIL FL EUROREGIONS

D'autres projets, également de nature à hérisser le poil des syndicats, sont présents dans le futur rapport du Cap22. Ainsi, de nouveaux transferts de compétences de l'Etat vers les collectivités locales sont évoqués. Tout comme "une grande révision des prestations sociales", qui d'après Les Echos consisterait en une "simplification et rationalisation" du système. Ce qui, généralement, ne rime pas vraiment avec "revalorisation". Les syndicats de fonctionnaires, déjà très remontés contre le gel du point d'indice et la hausse de la CSG (qui a pour eux un impact plus négatif que pour les salariés du privé), appellent déjà à manifester le 22 mai. D'ici là, le rapport sera peut-être sorti...

Par Hadrien Mathoux

https://www.marianne.net/politique/recours-massif-aux-contractuels-dans-la-fonction-publique-le-projet-radical-des-experts-du?_ope=eyJndWlkIjoiYWMyOWU1Y2FmYjA3MWM5ODc0NzFmNzZlMmM0NTQwMTgifQ==

 

jeudi 17 mai 2018

319 collectivités sommées de limiter à 1,2 % l’évolution de leurs dépenses de fonctionnement

Six présidents de conseils départementaux de Nouvelle-Aquitaine s’élèvent contre « la méthode » et « un contrat qui n’en est pas un ».

ACT ELUS COLLECTIVITES

Réunis à Bordeaux le 2 mai autour du président du conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, Alain Rousset (PS), les présidents de six départements de la nouvelle région (cinq de gauche et un de droite, la Charente) ne ménagent pas leurs critiques au sujet du "pacte de confiance" imaginé par le Gouvernement pour contenir l'évolution des dépenses de fonctionnement des 319 principales collectivités françaises, dont 29 en Nouvelle-Aquitaine : « En l'état, le projet du Gouvernement n'est tout simplement pas acceptable » estiment les présidents des départements de la Charente, de la Dordogne, de la Gironde, des Landes, du Lot-et-Garonne et de la Haute-Vienne.

MONTAGE REFORMES TERRITORIALES

« Ce sont les collectivités locales qui servent de variable d'ajustement pour permettre au Gouvernement de respecter l'objectif européen de déficit public » poursuivent-ils dans un communiqué commun daté du 3 mai. Pour eux, « ce contrat n'en est pas un car il ne constitue pas un accord entre deux parties, mais un cadrage financier imposé par Bercy, au mépris de quarante ans de décentralisation ininterrompue. »

Le "pacte de confiance" présenté par le Gouvernement en septembre dernier prévoit une limitation de l'évolution des dépenses de fonctionnement des collectivités concernées (régions, départements, villes de plus de 50.000 habitants, agglomérations) à +1,2 % par an, « alors, précise le communiqué, que l'État prévoit de son côté une hausse de ses dépenses de fonctionnement de 2,5 % ».

La-démocratie-et-la-liberté-dexpression-en-France-au-quotidien

Les six présidents signataires s'accordent sur « le principe d'une contribution des collectivités territoriales à l'effort de la Nation », mais rappellent que lesdites collectivités ont « déjà réalisé 90 % des 11 milliards d'euros d'économies exigées sur la période 2012-2017 par l'État qui ne réalisait pour sa part que 24 % des économies auxquelles il s'était engagé. »

Le président du conseil départemental de la Haute-Vienne, Jean-Claude Leblois (PS), ne décolère pas : « Que l'État nous donne déjà ce qu'il nous doit sur les allocations individuelles de solidarité (RSA, PCH, APA). Car nous, dans les départements, on n'a pas le choix et on doit même intégrer dans nos budgets des charges de fonctionnement supplémentaires imputables à des décisions de l'État. Quand il supprime les emplois aidés, il crée des allocataires du RSA, donc des dépenses supplémentaires pour les collectivités. Idem pour les mineurs non accompagnés dont nous avons la charge financière et qui sont de plus en plus nombreux. Là-dessus, comme sur les frais de fonctionnement des services de secours et d'incendie, on ne peut pas mégoter, non ? » s'indigne l'élu.

En conséquence, le président du conseil départemental de la Haute-Vienne l'affirme, il ne signera pas le "pacte de confiance" ainsi que sont appelées à le faire, avant le 30 juin, les 319 collectivités concernées, dont 29 en Nouvelle-Aquitaine : « Seul Alain Juppé, pour la ville et l'Agglo de Bordeaux, a annoncé qu'il signera ce pacte et la ville de Pau, dirigée par François Bayrou, dit y réfléchir », fait remarquer Jean-Claude Leblois, qui n'ignore pas que ce sont deux solides alliés du président de la République. Les conséquences si l'évolution des dépenses de fonctionnement dépasse 1,2 % en 2018 ? Une baisse annoncée des dotations de l'État et, par ricochet, des subventions aux associations, des aides aux communes et une limitation des frais de personnel : « Ce sont les seuls leviers que l'on peut encore actionner » fait remarquer Jean-Claude Leblois, entre fatalisme et agacement.

Marcel Oudot

https://www.lepopulaire.fr/limoges/politique/2018/05/11/319-collectivites-sommees-de-limiter-a-1-2-levolution-de-leurs-depenses-de-fonctionnement_12843639.html

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Quand tous ces élus qui protestent contre les mesures imposées par l'UE auront compris qu'un seul parti a la réponse à leurs problèmes,, la France pourra se permettre de reprendre son avenir en main !

Car, ils protestent, ils râlent, mais ne veulent pas couper les chaînes qui les emprisonnent !  S.R

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NON À LA PASTEURISATION DU CAMEMBERT DE NORMANDIE D’APPELLATION D’ORIGINE !

ACT CAMEMBERT

Le plus populaire des fromages tricolores, le camembert, né dans les limbes de la Révolution française au cœur du bocage normand, va basculer dans la pasteurisation. Autant dire qu’il va perdre son caractère et sa typicité, pour devenir une vulgaire pâte molle sans goût. Ce n’est plus du camembert !

Honte, scandale, imposture… les mots ne sont pas assez forts pour dénoncer la forfaiture dont la France, créatrice du système des appellations d’origine qu’elle brandit partout en modèle, sera accusée d’avoir commis si les Français ne protestent pas. Au nom de la loi économique, fallait-il sacrifier le vrai camembert qui doit sa singularité au lait cru (non chauffé) et au moulage à la louche, seuls aptes à développer une intensité et une complexité aromatiques et à restituer le terroir normand ? Cela ressemble à un mauvais rêve qui se répète. Mais cette fois-ci, on se réveille avec la gueule de bois.

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Le 21 février dernier, sous l’égide de l’Institut national de l’origine et de la qualité (Inao), les poids lourds du secteur ont remporté le morceau. Un accord entre tous les fabricants a ouvert la voie à la pasteurisation et plus seulement au lait cru, dans un cahier des charges de l’appellation d’origine protégée (AOP) « Camembert de Normandie ».

Notre symbole national si populaire, le « véritable camembert de Normandie » sera un produit de luxe, réservé aux initiés, tandis que la masse des consommateurs devra se contenter d’un ersatz fabriqué selon les méthodes industrielles. Pour les uns, le lait cru, moulé à la louche, aux arômes complexes. Pour les autres, un plâtre pasteurisé mais pouvant néanmoins se réclamer d’une appellation d’origine protégée (AOP) Camembert de Normandie. Voilà ce que les « sages » de l’Inao appellent un bon accord !

À quoi sert l’Inao ?

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Il est en principe chargé d’être le garant des usages « ancestraux, loyaux et constants, », ces valeurs sont les piliers des signes de qualité. Le lait cru vivant et savoureux est de toute évidence un marqueur de ce patrimoine fromager à préserver. Or, sous couvert de protéger une zone géographique « Normandie », le compromis rédigé au burin techno-bureaucratique consacre deux versions de camembert. L’une respecte la tradition et le palais du consommateur ; l’autre, de piètre qualité gustative, a pour vertu essentielle d’être adaptée au modèle économique mortifère de la grande distribution, autant dire 9 camemberts sur 10 (60 000 tonnes contre 5 400 tonnes). L’original sera englouti dans un océan de médiocrité.

À quoi sert l’Inao si un signe de qualité cautionne l’original et sa copie ?

Tous les fromages d’appellation qui ont choisi la voie de la pasteurisation, ont dégradé la qualité tout en ne réglant rien à la question de la rémunération des producteurs laitiers. Seuls les grands groupes y ont prospéré. Certaines AOP ne comptent presque plus de fabrications artisanales. La cohabitation lait cru – lait pasteurisé, pratiquée dans plus de 50 % des AOP nationales – pont-l’évêque, neufchâtel, livarot, ossau-iraty, cantal, fourmes d’Ambert et de Montbrison, bleu d’Auvergne, époisses, maroilles, munster... Le bleu des Causses AOP ne compte plus aucun fermier. Demain, ce sera le brie de Meaux, l’autre pâte molle, qui pasteurisera sans états d’âme ! Puis le reblochon…

La France, reconnue comme le pays du fromage, serait-elle à contre-courant ? Le fromage au lait cru se développe partout, même aux États-Unis !

Si les géants industriels veulent bénéficier de l’image de l’appellation d’origine, qu’ils se mettent à faire de la qualité en fabriquant exclusivement au lait cru, l’incomparable exception française.

Nous réclamons le droit au bien-manger pour tous dans la République française.

AFFICHE FL EEM

Le Véritable camembert au lait cru ne doit pas être réservé à une certaine catégorie de consommateurs, mais un produit fier de ses origines populaires et rustiques. Durant toute la Première Guerre mondiale, il nourrissait les soldats dans les tranchées, il était fabriqué dans toutes les régions de France, il trônait sur les tables paysannes et embaumait les cuisines. Les étiquettes en témoignent. Vouloir en faire un produit de luxe est une injustice et une insulte à l’histoire.

https://www.change.org/p/c-est-le-camembert-de-normandie-au-lait-cru-aop-que-l-on-assassine

Posté par UPR Creuse à 05:15 - - Permalien [#]
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mercredi 2 mai 2018

Comment la dette de la SNCF enrichit les marchés financiers, au détriment des cheminots et des usagers [réédition]

En raison de la mobilisation sociale et militante autour du 1° mai, l'équipe de Frexit-Limousin.fr représente des articles de fond publiés sur ce site à des fins d'argumentaire. Merci de votre compréhension. P.G.

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TRIBUNE LIBRE / par

TL SNCF SOBRE

 

Sous prétexte de sauver la SNCF, endettée de près de 50 milliards d’euros, le gouvernement Philippe prépare une profonde réforme du secteur ferroviaire, ouvrant la porte à sa privatisation de fait. Présentée comme la conséquence de performances insuffisantes de l’entreprise, cette dette résulte pourtant très largement de choix politiques et organisationnels antérieurs. Loin des fantasmes sur le statut des cheminots, Basta ! retrace l’histoire de cet endettement, qui constitue aussi une rente annuelle de plus d’un milliard d’euros pour les marchés financiers. Pour en venir à bout, d’autres solutions sont possibles.

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Lors de l’inauguration de la ligne grande vitesse Paris-Rennes, en juillet dernier, Emmanuel Macron a évoqué une offre : l’État pourrait prendre en charge la dette de la SNCF en échange d’un « nouveau pacte social » au sein de l’entreprise publique, qui verrait le statut des cheminots progressivement supprimé. Emmanuel Macron faisait ainsi implicitement le lien entre l’endettement colossal de la SNCF – 46,6 milliards d’euros – et le « coût du statut » des cheminots, qui leur donne notamment la possibilité de partir en retraite plus tôt. Le rapport Spinetta, remis le 15 février dernier au gouvernement en vue d’une loi réformant la SNCF, reprend cette thèse d’un coût du travail trop élevé qui viendrait grever les finances du système ferroviaire français.

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« C’est une escroquerie intellectuelle de laisser penser cela, s’insurge Jean-René Delépine, représentant du syndicat Sud-rail au conseil d’administration de SNCF réseau, la branche qui gère les voies ferrées. Cette dette, c’est d’abord la contre-valeur d’un bien commun : un réseau de chemin de fer. Elle est visible parce qu’elle se trouve au sein d’une seule société. Si une entreprise avait, à elle seule, la charge de maintenir et de développer le réseau routier, sa dette serait infiniment supérieure ! L’État, qui se présente comme la victime d’un endettement non maîtrisé de la SNCF, est en fait le premier responsable de l’explosion de la dette. »

Une dette « mise sous le tapis » il y a vingt ans

Dans les années 80, la politique du « tout TGV », vers lequel les investissements sont essentiellement dirigés, se traduit par une diminution continuelle des budgets de maintenance et de renouvellement du reste du réseau – dessertes des agglomérations, lignes rurales, lignes inter-cités – qui aboutit à un état de délabrement alarmant d’une partie des voies. « En 2005, un audit sur l’état du réseau français réalisé par l’école polytechnique fédérale de Lausanne (Suisse) à la demande de Réseau ferré de France (RFF) et de la SNCF alertait sérieusement sur le vieillissement du réseau et pointait la responsabilité de l’État », souligne la CGT dans un récent rapport sur l’avenir du service public ferroviaire. Plus de 9000 kilomètres (sur un total de 30 000) sont considérés comme vétustes voire dangereux [1]. À certains endroits, les rails sont si dégradés que les trains doivent ralentir. Tout cela oblige l’État à engager un important et très coûteux programme de travaux au début des années 2000.

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En 1997, pour répondre aux critères du traité de Maastricht qui conditionne le passage à l’euro à la maîtrise du déficit public, la France choisit de loger sa dette ferroviaire dans un nouvel établissement public, séparé de la SNCF : Réseau ferré de France (RFF, renommé SNCF réseau en 2014). « C’est une façon de masquer la dette publique, estime Jean-René Delépine. À la même époque, l’Allemagne a de son côté décidé de reprendre la dette du système ferroviaire, alors qu’elle était en pleine réunification ! »

La dette de 46,6 milliards d’euros qui plombe actuellement le système ferroviaire est celle de SNCF réseau, mise sous le tapis il y a vingt ans [2]. « RFF puis SNCF réseau se retrouvent à porter, seules, des investissements qui doivent normalement revenir à l’État, poursuit Jean-René Delépine. C’est pourtant lui qui prend les décisions d’aménagements ! »

Dix milliards ponctionnés par les marchés financiers

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À la fin des années 2000, le gouvernement de Nicolas Sarkozy décide de lancer un vaste programme de travaux, mais sans y allouer les finances nécessaires. À la remise en état des voies vieillissantes, s’ajoute la construction de quatre nouvelles Lignes à grande vitesse (LGV) [3]. En 2010, SNCF réseau investit 3,2 milliards d’euros tout en percevant 2,2 milliards de subventions. Il faut donc emprunter sur les marchés pour trouver le milliard manquant. En 2012, les investissements s’élèvent à 4,3 milliards d’euros quand les subventions de l’État plafonnent à 1,2 milliard. Nouvel emprunt. En 2015, rebelote : alors que SNCF réseau doit débourser 5,3 milliards, il ne reçoit que 1,1 milliard de l’État. Cette année là, les subventions ne couvrent que 23 % des besoins d’investissement. Le recours à l’emprunt augmente encore. Depuis, les subventions consenties par l’État restent bien inférieures aux montants de travaux... pourtant engagés à sa demande ! « En 2017, 5,4 milliards d’euros ont été investis pour la régénération du réseau. 2,2 milliards ont été versés par des subventions. Le reste a été emprunté », illustre Jean-René Delépine.

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À ce système structurellement déficitaire, s’ajoute le fait qu’« SNCF Réseau doit payer les intérêts de sa dette passée, comme l’explique Adrien Coldrey, économiste au sein du cabinet d’expertise Degest [4]. Or, il n’a plus aucune ressource pour payer ces intérêts puisque celles-ci ont été utilisées pour l’investissement : il doit donc s’endetter pour les payer. C’est un effet boule de neige, qui ressemble à une situation de surendettement pour un particulier. »

Ces dix dernières années, cette charge de la dette – 10,3 milliards d’euros seulement pour les intérêts – pèse plus lourd que l’entretien et le développement du réseau – 7,2 milliards d’euros ! « Quand la SNCF emprunte 100 euros pour le réseau, il ne peut en utiliser que 41. Les 59 restant sont ponctionnés par le système financier », détaille Arnaud Eymery, le directeur du cabinet Degest. Soit les banques, assurances et fonds d’investissement qui prêtent à la SNCF [5].

« On travaille pour financer les banques »

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« Pour le dire autrement, afin d’investir 100 euros sur la modernisation des voies, la SNCF doit emprunter 243 euros ! Le surcoût est considérable. C’est une rente pour les marchés financiers, même si les taux sont actuellement très bas. » Si les taux devaient remonter, l’absurdité de ce choix économique serait encore plus flagrante. « La charge de la dette avale les trois quarts de la performance économique de l’outil industriel, assène Jean-René Delépine, de Sud-rail. On travaille pour financer les banques. C’est une honte. » Et plus le temps passe, plus la dette se creuse. « Si l’État l’avait reprise en 2010, seulement 7,2 milliards d’euros d’endettement auraient été générés, contre 17,5 milliards actuellement », calcule Arnaud Eymery du cabinet Degest.

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Autre choix politique absurde : en 2006, le gouvernement de Dominique de Villepin privatise les autoroutes, ce qui provoque un gros manque à gagner pour le système ferroviaire. Une partie des subventions versées par l’État à la SNCF provient de l’agence de financement des investissements de transports de France, qui était alimentée par les redevances des concessions d’autoroutes...

Pour se faire une idée des sommes dont est aujourd’hui privé le système ferroviaire, il suffit de regarder le montant des dividendes que se sont partagés les actionnaires des sociétés concessionnaires d’autoroute (SCA) en 2016 : 4,7 milliards d’euros [6] ! « La suppression du projet d’écotaxe en octobre 2014 [par le gouvernement de Manuel Valls, ndlr], également prévue par le Grenelle de l’environnement pour financer la construction des LGV, vient à nouveau gréver les finances et donc le report des trafics de la route vers le train », ajoute Arnaud Eymery.

Pour les usagers, le prix des billets explose

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Le report de la route vers le train constitue un défi crucial face au réchauffement climatique et à l’aggravation de la pollution atmosphérique. Mais pour les usagers, le coût du train s’envole. Car pour faire face à sa situation financière, le tarif facturé par RFF aux sociétés exploitants les trains – et donc principalement à la SNCF – a été considérablement augmenté (+26 % entre 2007 et 2013). « La hausse est aussitôt répercutée sur le prix des billets, qui augmente de 20% entre 2008 et 2013 », souligne Arnaud Eymery. Résultat : les Français délaissent le train jugé hors de prix.

Dès 2010, la fréquentation des TGV est en baisse. Un cercle infernal se met en place : les gens prennent moins le train, le nombre de trains diminue, les péages augmentent, de même que les billets, ainsi que les investissements nécessaires. Entre 2010 et 2016, le trafic ferroviaire enregistre une hausse de 1 % quand la voiture bondit de 7 % et le transport aérien de 17 %.

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Plutôt que de taxer la route pour financer le transport ferroviaire, beaucoup moins polluant, l’État prétend que celui-ci peut s’autofinancer à condition que les cheminots travaillent plus et mieux. Pourtant, d’importants efforts ont déjà été consentis. « Chaque année, on demande à la SNCF d’économiser 1,5 milliard d’euros. Et la principale source d’économies, c’est l’emploi », poursuit Arnaud Eymery. Entre 2004 et 2014, les effectifs cheminots ont chuté. Ces derniers passent de 175 000 à 154 000 salariés, soit 2000 emplois supprimés chaque année.

Productivité élevée, espérance de vie réduite

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Selon le cabinet Degest, une étude des gains de productivité laisse apparaître, entre 2004 et 2014, une progression plus forte pour les cheminots (+3,2% par an) que pour l’économie française dans sa globalité (+1,9%). Une tendance qui devrait se prolonger ces prochaines années du fait des contrats de performance signés entre l’État et la SNCF. Néanmoins, le coût de cette pression sur le travail est élevé. À la SNCF comme ailleurs, les salariés sont écartelés entre des objectifs sans cesse accrus et des moyens revus à la baisse. Au point que certains ne peuvent plus assurer correctement la sécurité sur les voies (lire notre enquête sur l’accident de Brétigny en 2013). Et que d’autres sont sommés de proposer aux voyageurs les billets les plus chers [7].

Pour que les trains puissent rouler en continu, la maintenance est davantage assurée de nuit, alors que le travail nocturne a des effets importants sur la santé. « Les indices de morbidité [le nombre de jours d’absence des salariés pour maladie ou accident du travail, ndlr] ont augmenté au fur et à mesure que des gains de productivité étaient enregistrés », remarque Arnaud Eymery.

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L’espérance de vie des cheminots est inférieure à la moyenne nationale, notamment pour les personnels de l’exécution et de la traction. Ces derniers meurent quatre ans plus tôt que le reste de la population [8]. La fédération Sud-rail, à qui la direction refuse de fournir des chiffres, estime qu’une cinquantaine de cheminots se suicident chaque année.

1269 euros, le salaire de base d’un chef de bord

En parallèle, les réorganisations et le déploiement de nouvelles technologies entraînent une hausse de l’encadrement. « En créant trois entités en 2014, on a créé trois états-majors différents, illustre Jean-René Delépine. Cela augmente automatiquement la masse salariale puisque les cadres sont plus nombreux et mieux payés. » L’augmentation exponentielle de la sous-traitance a également entraîné une augmentation du taux d’encadrement. Pour réaliser des économies, il serait ainsi possible de regarder du côté de l’organisation du travail, ou encore... de la direction.

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En 2017, les onze membres du comité exécutif de SNCF Réseau se sont ainsi partagés une rémunération nette imposable de 2,5 millions d’euros, assortis de 38 000 euros d’avantages en nature, soit une moyenne de 19 000 euros par mois et par personne. En 2017, Florence Parly, l’actuelle ministre des Armées, a été payée 52 000 euros par mois en tant que directrice générale chargée de SNCF voyageurs. Par comparaison, le traitement de base d’un chef de bord, qui assure les trajets à bord d’un train corail, est de 1269 euros nets, assortis de plusieurs primes.

(...)

Nolwenn Weiler

Photo : CC Renaud Chodkowski

- Lire aussi : Comment la SNCF a créé des centaines de filiales pour mieux préparer le démantèlement du transport ferroviaire.

Notes

[1L’audit réalisé par l’école polytechnique de Lausanne est disponible ici.

[2Les deux autres établissements publics à caractère industriel et commercial (EPIC) du groupe n’ont pas de dettes « inquiétantes » pour le moment. On parle là de l’« Epic de tête » (la holding qui chapeaute l’ensemble) et de SNCF mobilités qui fait rouler les trains (et qui possède par ailleurs des centaines de filiales).

[3Paris-Strasbourg, Paris-Bordeaux, Paris-Rennes, contournement Nîmes-Montpellier.

[4Le Cabinet Degest a rédigé en 2013 un rapport très documenté pour la SNCF en vue de la réforme ferroviaire de 2014. Les principales conclusions de ce rapport sont à lire ici. Le rapport est consultable .

[5Voir ici l’analyse de Degest sur le coût de la dette.

[6Pour consulter la synthèse des comptes des concessions autoroutières, voir ici.

[8Espérance de vie à l’âge de 60 ans : 24,9 ans pour la France entière ; 20,3 ans pour les personnels d’exécution à la SNCF, 22 pour les personnels de traction.

[9La TICPE est la quatrième recette fiscale de l’État derrière la TVA, les impôts sur le revenu et sur les sociétés.

https://www.bastamag.net/Comment-la-dette-de-la-SNCF-enrichit-les-marches-financiers-au-detriment-des

Posté par UPR Creuse à 05:30 - - Permalien [#]
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mardi 1 mai 2018

Privatisation de la FDJ : «Ce gouvernement applique très sèchement l’agenda néolibéral»

En raison de la mobilisation sociale et militante autour du 1° mai, l'équipe de Frexit-Limousin.fr représente des articles de fond publiés sur ce site à des fins d'argumentaire. Merci de votre compréhension. P.G.

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Liêm Hoang-Ngoc est économiste. Ancien socialiste, il a été député européen encarté au Parti socialiste (PS) entre 2009 et 2014. Il est actuellement orateur national pour La France insoumise. Il a écrit plusieurs ouvrages comme La facture sociale : sommes-nous condamnés au libéralisme ? ou Les théories économiques : Petit manuel hétérodoxe.

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Alors que La FDJ a enregistré un bénéfice net de 181 millions d'euros, la privatisation de l'entreprise est toujours dans les cartons du gouvernement. Pour l'économiste et orateur national LFI, Liêm Hoang-Ngoc, cette vente «est tout un symbole».

RT France : La Française des jeux (FDJ) vient de communiquer ses chiffres. Ils sont bons, puisque la société a enregistré un bénéfice net en hausse de 2,8% à 181 millions d'euros l'an dernier. Quel est donc l'intérêt du gouvernement à souhaiter la privatisation de cette entreprise ?

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Liêm Hoang-Ngoc (L. H-N.) : Le gouvernement est dans une stratégie de privatisation des profits. Il se couvre derrière l’idéologie libérale selon laquelle le caractère public d’une entreprise qui «marche bien» ne se justifie pas. Cela dit, cette privatisation est évidemment discutable, parce que la FDJ collecte d’une certaine façon l’impôt, sa contribution fiscale – c'est-à-dire ce que la FDJ reverse à l'Etat – étant de 3,3 milliards d’euros par an. C’est donc une forme de privatisation de la collecte de l’impôt.

RT France : A l'inverse, qu'est-ce qui justifie que la FDJ demeure publique ?

L. H-N. : L'Etat a pour mission d’assurer la santé publique et cela justifie qu’il contrôle l’organisme qui est chargé de gérer les jeux. En effet, il y a une certaine forme d’addiction aux jeux qu’il faut combattre. Il est évident que la privatisation va conduire les actionnaires privés à rechercher un développement et une croissance de ce type d’activité. On sait que cette activité engendre des pathologies, et notamment des comportements addictifs. Or, c’est le rôle du service public que de réguler l’activité des jeux en ligne, mais également de garder la main sur un secteur aussi particulier.

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RT France : Des socialistes sous le précédent quinquennat, ou encore Nicolas Sarkozy avant eux, ont eu cette idée. La privatisation de la FDJ dépasse-t-elle les clivages politiques ?

L. H-N. : C’est tout un symbole. La Française des jeux est l’héritière de la loterie nationale, créée en 1933 pour abonder les caisses qui étaient destinées aux anciens combattants. Ce gouvernement est en train d’appliquer très sèchement l’agenda néolibéral pour lequel il a été élu et il fait feu de tout bois. La privatisation de la FDJ fait partie de la dernière vague de privatisation que le gouvernement pense mettre en place, au sein de laquelle il a déjà programmé des cessions d’actifs chez Aéroports de Paris [groupe ADP] et chez Engie.

La FDJ fait assez logiquement partie de la charrette. Cette privatisation se fait au nom de l’abondement d’une caisse pour l’innovation des entreprises mais cela reviendrait à, une nouvelle fois à céder les bijoux de famille que constitutent ces entreprises stratégiques à des intérêts privés. S’agissant d’Aéroports de Paris, par exemple, on sait déjà que Vinci est sur les rangs…

RT France : Vendre les «bijoux de famille» de l'Etat, n'est-ce pas une vision économique à court-terme ?

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L. H-N. : C’est un choix de société. Ce gouvernement revendique haut et fort son attachement à l’idéologie libérale. Il applique son agenda de façon tout à fait cohérente. Et l’agenda de ce gouvernement est de détricoter le modèle social français qui incluait des entreprises stratégiques contrôlées par l’Etat. La privatisation de la FDJ, héritière de la loterie nationale, je le redis, c’est tout un symbole.

RT France : Mais la vente de ces entreprises publiques n'est-elle pas aussi une bonne manière de gonfler les recettes, de rééquilibrer le budget de l'Etat ?

L. H-N. : Le problème des privatisations, c’est que c’est un one shot. L’objectif est clairement de confier à des intérêts privés la gestion d’entreprises qui devaient être contrôlées par l’Etat, par ses missions d’intérêt général, de santé publique, de collecte de l’impôt.  

RT France : Le gouvernement, par cette manœuvre, va montrer aux citoyens et au peuple qu'il peut récolter de l'argent par les ventes. A la fin, ne pourraient-ils pas être satisfaits ?

L. H-N. : Cela ne s’adresse pas au peuple. Le gouvernement s’adresse aux 20% d’électeurs libéraux qui votaient auparavant LR [Les Républicains] ou socialistes. Il essaie donc de les rassembler dans un projet libéral auquel ces gens-là faisaient semblant de s’opposer pendant des années. Ainsi, les gages, que le gouvernement donne sur de nombreux dossiers économiques, sont des gages qu’il donne à l’électorat LR, qu’il cherche à capter.

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Le peuple, quant à lui, est attaché à la FDJ, comme il l’était à la Loterie nationale, comme entreprise publique collectant une partie de l’impôt de façon indirecte. En effet, quand vous jouez, vous savez que vous versez de l’argent qui finira dans les caisses de l’Etat. Même si vous perdez, cela sert à quelque chose dans l’inconscient collectif. Désormais, avec la privatisation, cet argent ira dans les dividendes des actionnaires. Ces actionnaires seront plus nombreux, ils vont nécessairement demander à l’entreprise d'accroître la masse de dividendes à verser. Par conséquent, cela va conduire à accroître son activité et à dangereusement engendrer de l’addiction aux jeux, un phénomène qu'il s’agit de combattre. Je comprendrai que des députés à l’Assemblée nationale, notamment chez les Insoumis, s’opposent à la privatisation.

RT France :Toutefois, les Insoumis pourraient ne pas être seuls. A droite aussi cela peut faire débat...

L. H-N. : Oui, la privatisation devrait même remonter les gaullistes... s’il en reste.

https://francais.rt.com/entretiens/50030-privatisation-fdj-gouvernement-applique-tres-sechement-l-agenda-neoliberal

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Cet ancien socialiste, complice donc des politiques précédentes, passé à la France Insoumise, a "oublié" un détail lorsqu'il évoque la "feuille de route" de Macron et de son gouvernement. Saurez- vous le trouver?   P.G.

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mercredi 25 avril 2018

L'hécatombe des oiseaux de nos campagnes s'accélère en Limousin

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L'UE, aux ordres des lobbys, continue, sciemment, d'empoisonner notre Nature et les populations !!!
Et nos élus, le président,les ministre de l'écologie, de l'agriculture et de la santé se couchent, alors qu'ils ont tous, ce qui est paradoxal, le mot biodiversité à la bouche !!!

Nous devons les obliger à respecter leurs déclarations, pour le moment mensongères !
Et pour cela, nous devons sortir de... l'UE !
  S.R.

Nos campagnes seront bientôt silencieuses. Depuis des années, les scientifiques annoncent la disparition de nos oiseaux communs ; il y a à peine un mois, ils parlaient d’un déclin massif, « proche de la catastrophe écologique ».

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L’étude menée par le CNRS et le Museum national d’histoire naturelle l’a confirmé le 20 mars : en quinze ans, un tiers des populations d’avifaune, toutes espèces confondues, a disparu en France. Et le phénomène va en s’intensifiant. En Limousin, la Sepol (1), présente sur le terrain depuis 40 ans, a constaté une baisse de 21,9% des populations d’oiseaux des milieux agricoles sur une douzaine d’années dans sa dernière étude 2002-2014. 

L'étude Stoc EPS est un protocole utilisé par les associations et les observateurs de terrain pour recenser les populations d'oiseaux communs à l'échelle régionale et nationale. D'autres études sont menées durant des études de baguage @ Mathieu Tijeras

En Auvergne aussi les oiseaux disparaissent

« Ca ne se passe pas bien au niveau national, ça ne se passe pas bien au niveau régional non plus même si c’est moins marqué chez nous », confie Jérôme Roger, responsable territorial de la LPO du Limousin. Ce que l’on constate d’une manière générale, que ce soit pour les milieux agricoles ou pour les autres milieux, que ce soit les espèces granivores ou insectivores, c'est que les populations sont en nette diminution. »

Le tarier des prés, dont on n'a aucun indice de reproduction ici depuis 2010 a vu ses population chuter de 80% en dix ans. Cette espèce des prairies humides du plateau de Millevaches est classé “en danger critique” dans la Liste rouge des espèces rares et menacées du Limousin. « On ne lui connaît plus qu’un ou deux sites sur le plateau de Millevaches, avec un ou deux couples, confie Jérôme Roger de la LPO Limousin. Il suffit de pas grand-chose et c’est terminé. »
 

La moitié des espèces recencées en Limousin sont en déclin

Sur 54 espèces répertoriés dans l’étude (2), trois sont en déclin fort et 21 en déclin modéré. La moitié des oiseaux observés voient donc leur population décliner. En 2014, la Sepol a poussé plus loin ses analyses en regroupant les espèces recensées selon leur habitat. Les espèces dites « spécialistes » des milieux agricoles, forestiers, bâtis, sont nettement plus touchées que les espèces dites « généralistes», qui exigent des conditions environnementales moins spécifiques. Et parmi ces espèces, celles des milieux agricoles (-21,9%) et bâtis (-10,9%) sont les plus durement touchées. Les espèces généralistes elles, voient leur population se tasser légèrement mais s'en sortent mieux. On retrouve la même tendance sur le reste de l'Europe.

« Sur la période 2002-2014, les espèces granivores ont baissé de 30 % en Limousin et les espèces insectivores de 11%. Les polyphages –qui se nourrissent et de graines et d'insectes– sont plutôt stables parce qu’elles peuvent s’adapter » mais affichent aussi une baisse de 3% »

Le serin cini a vu ses population dégringoler de 50% en dix ans à cause de l'intensification agricole, de la disparition des vergers et plus généralement, de la simplification des paysages. @ Christian Peyrau

Qu'est-ce qu'une espèce spécialiste ?


Les espèces spécialistes d'un habitat (agricole, forestier, bâti) ont des exigences écologiques et environnementales plus strictes que les espèces généralistes qui peuvent, elles, s'adapter partout. Elles sont donc aussi plus vulnérables à toute perturbation de leur milieu. Une diminution de ces espèces est le témoin d'une altération quantitative ou qualitative de leur habitat : la nourriture n'est plus suffisamment abondante (la pollution phytosanitaire fait disparaître les insectes et l'intensification de l'agriculture prive de prairies laissées à grainer), les sites de nidification sont indisponibles (la rénovation du bâti ancien prive de nombreuses caches), le dérangement lié à l'activité humaine est trop important.
En plus d'être spécialistes d'un habitat, elles peuvent également être spécialistes d'un régime alimentaire, c'est-à-dire être strictement soit granivores (chardonneret élégant), insectivores (mésange bleue),  herbivores (canard siffleur), carnivores (faucon pèlerin), piscivores (martin pêcheur), nécrophages (vautour fauve). 

Si la dégringolade des insectivores semble moins abrupte, c’est qu’il ont déjà payé un lourd tribut avant les années 2000, où l’on signalait déjà leur disparition en lien avec l’utilisation des produits phytosanitaires. « Il y a une quinzaine d’années, quand on se baladait en voiture l’été, il fallait tout le temps faire fonctionner les essuie glaces parce qu’on avait le pare-brise plein de milliers d’insectes, se rappelle Jérôme Roger. Aujourd’hui, on peut traverser de long en large le Limousin et ne pas s'en servir une seule fois. Il y a quand même un phénomène là... » Dans les campagnes, la disparition des insectes, celle également de la flore sauvage, liées à l’usage des pesticides et des herbicides, ont considérablement fragilisé les populations d’oiseaux.

 

Le verdier d’Europe au beau plumage souffre aussi en Limousin avec 37,75% de population disparue en douze ans. @ Christian Peyraud

« Les prairies naturelles avec des fleurs sauvages n’existent plus, c’est devenu de la culture d’herbe. Et on sait que ce qui produit des réactions fortes sur l’évolution des populations, c’est principalement la destruction des habitats ».

Jérôme Roger (responsable territorial LPO Limousin)

La chimie mais aussi l’intensification de l’agriculture sont à l'origine de cette hécatombe. En Limousin, la disparition progressive des zones de polycultures élevage, des terroirs historiques au profit d’exploitations plus grandes, conçues sur un même modèle, sans jachère, sans diversification, entraîne peu à peu, avec l’uniformisation du paysage, l’appauvrissement de sa biodiversité.

Le bruant jaune est parmi les espèces granivores en déclin modéré en Limousin avec des populations qui ont chuté de 23,5% en douze ans. @ Christian Peyraud

« On se retrouve avec de grands champs de céréales, tous pareils et ensuite de grandes parcelles où il n’y a plus d’arbre au milieu des prairies, plus de haie en bordure, avec des vaches d’un côté, des moutons de l’autre. Les prairies naturelles avec des fleurs sauvages n’existent plus, c’est devenu de la culture d’herbe. Et on sait que ce qui produit des réactions fortes sur l’évolution des populations, c’est principalement la destruction des habitats », constate Jérôme Roger. Résultat, après le couvert, c’est le gîte qui manque aux oiseaux qui ne trouvent plus à nicher.  Sur certaines espèces, les populations se retrouvent en chute de 70 %. 

Viennent ensuite d’autres facteurs qui n’aident pas les oiseaux : les collisions routières, l’éclairage nocturne, « une catastrophe pour les espèces migratrices », les lignes à haute et moyenne tension, éoliennes, etc.

La LPO vous rappelle qu'il est strictement interdit de tailler toute haie, bosquet durant la période de nidification des oiseaux : du 1er avril au 31 juillet. En cas de non respect de la loi, vous êtes susceptibles de poursuites devant la justice (prison avec sursis et amende pouvant aller jusqu'à plusieurs milliers d'euros). Il est évident également qu'il est interdit de défricher une haie ou un bosquet dans vos vergers pour faire "propre".
La loi s'applique également en milieu agricole, à tout citoyen qu'il soit particulier urbain ou agriculteur.

La fauvette grisette a vu ses populations limousines chuter de 27,6%. Elle affectionne le bocage, les jeunes plantations et les friches herbeuses avec des arbres qui se font de plus en plus rares où elle dénichent des insectes et des fruits rouges à l'automne. @ Christian Peyraud

Quels sont les oiseaux
qui disparaissent ?


3 espèces limousines sont en déclin fort depuis 2002 :
Le moineau friquet (- 96 %), le busard saint-Martin (-82,5%) et le milan royal (-94,4%).

Le moineau friquet, plus petit que son cousin le moineau domestique, est durement touché avec une baisse de 96% de ses effectifs en Limousin. Il affectionne les milieux parcellaires complexes et souffre de la disparition des haies et des arbres creux. L'espèce est classée en danger critique, au bord de l'extinction. @ Christian Peyraud


21 espèces limousines sont en déclin modéré sur la même période :
La buse variable (-24,3%), le chardonneret élégant (-53,3%), le verdier d’Europe (-37,75%), l'hirondelle de fenêtre (-49%),  l'hirondelle rustique (-36,8%), le martinet noir (-23,9%), le rougegorge familier (-36,9%), l'alouette lulu (-36,24%), l'alouette des champs (-79,7%), le roitelet huppé (-51%), le serin cini (-44,7%), la tourterelle des bois (-34,8%), le troglodyte mignon (-31,2%), le héron cendré (-55,1%), le bruant jaune (-23,5%), le grèbe huppé (-58,36%), le grand cormoran (-46%), le coucou gris (-17,8%), la fauvette grisette (-27,6%), le tarier des prés (-73,8%), le vanneau huppé (-76%).  

Même le rougegorge familier, populaire hôte de nos jardins au si joli chant, est en régression de 36,9%. @

Le oiseaux continentaux régressent à cause du réchauffement climatique

Le changement climatique a également semble-t-il déjà des incidences avec une Europe qui se réchauffe. La Sepol a étudié les évolutions sur les espèces limousines dites « thermophiles », qui affectionne plus les zones chaudes et « continentales », qui affectionne plutôt les zones froides. « On a remarqué que les espèces thermophiles étaient stables avec une baisse seulement de moins de 2%. Les espèces continentales, par contre, ont chuté de 41% sur la même période 2002-2014, et le chiffre est similaire pour la France ». L’exemple avec le bruant jaune, une espèce continentale, qui est en diminution de 23% en Limousin, et de la même façon en France et en Europe.

Aucun chiffre n'est encourageant, tous les voyants sont dans le rouge et la courbe des populations continue de s'effondrer.
« Ce qui nous alarme, c’est la disparition des espèces spécialisées. On tend vers une banalisation de notre avifaune, regrette Jérôme Roger. On est en train de perdre plein d'espèces, toutes leurs petites originalités, toutes leurs petites particularités, et de perdre en abondance d’individus. Il va nous rester des merles noirs, des pinsons des arbres et des pigeons ramier... Quand on a ces démarches d’alerte, ce ne sont pas des lubies ; le souci, c’est que l’on met toujours face à la préservation de la biodiversité, des enjeux économiques et c’est toujours la biodiversité qui doit plier. Comme si ce que l’on défendait, c’était notre passe temps, notre petit jardin à nous. Non. Ce que l’on essaie de sauver, c’est la vie sur terre, c’est le vivre ensemble avec notre environnement, la faune, la flore, et ça, dans de bonnes conditions de vie, parce que ce qui affecte la biodiversité affecte aussi l’homme. »

Le troglodyte mignon a perdu 31,2% de ses populations locales. Ce minuscule insectivore était autrefois très commun mais la dégradation de son habitat, les forêts humides de feuillus et mixtes au sous-bois dense ou en ripisylve, rendent sa nidification plus difficile.

Inverser la tendance ? « Ça demanderait d’avoir un courage politique très important en matière d’aménagement du territoire, qu’il soit humain, agricole, forestier... », confie Jérôme Roger qui rappelle que faire en sorte que ces espèces d’hier soient encore là demain, c’est s’assurer d’un environnement sain, « pour elles, mais aussi pour nous ».

En résumé


Depuis une douzaine d'années, les population d'oiseaux communs sont en forte diminution en Limousin, comme en France et à plus grande échelle, en Europe.
Les oiseaux spécialistes des milieux agricoles (-21,9%), bâtis (-10,9%), granivores (-30%) et continentaux (-41%) sont les plus durement touchés en Limousin, les insectivores ont perdu 11% de leur population et les oiseaux polyphages, 3%.
Les espèces forestières affichent une régression plus importante dans notre région qu'au national (-14,36%).


Espèce forestière par excellence, le roitelet huppé a perdu la moitié de sa population en Limousin en douze ans. @ Christian Peyraud

43,1% de ces oiseaux sont sur la Liste rouge des oiseaux rares et menacés du Limousin


Ces oiseaux, communs hier, pourraient très vite rejoindre la Liste rouge des oiseaux rares et menacés du Limousin dont la dernière édition, en 2015, répertoriait 44 espèces d'oiseaux nicheurs menacés ou quasi-menacés, soit 43,1% des espèces nicheuses représentées. Elles y sont classées en catégories “quasi menacée”, “vulnérable”, “en danger”, “en danger critique”, jusqu’aux espèces disparues au niveau régional voire mondial…

« Le chardonneret a perdu en 10 ans 50 % de ses populations. Aujourd’hui, elle est retenue comme espèce vulnérable en Limousin. Si ses populations continuent de chuter à ce rythme, elle sera classée “espèce en danger” », explique par exemple Jérôme Roger.

Autre espèce qui, en plus de la disparition de sa nourriture, doit faire face au braconnage, le chardonneret élégant. Granivore, il se nourrit plus particulièrement des graines d’astéracées (chardons, asters, tussilage), et « le fait que dans les champs, en bordure de route, de prairie, on ne laisse plus de flore sauvage », le prive de nourriture et fait chuter sa population de moitié. @ Christian Peyraud
 

L’objectif de cette liste rouge, c’est de dresser un état des lieux tous les 10 à 15 ans des populations de ces oiseaux pour voir s‘ils changent de catégorie et surtout dans quel sens. « Certaines espèces qui aujourd’hui sont par exemple en danger ou vulnérables, peuvent ne plus l’être demain », c’est souvent une espérance plus qu’un fait car la tendance est plutôt à l'inverse ou bien concerne souvent des espèces généralistes.

Une liste rouge d'espèces menacées qui s'allonge bien tristement
Parmi les espèces quasi menacées en Limousin, on compte le martin pêcheur d'Europe, l'effraie des clochers, la caille des blés. Ces espèces pourraient devenir menacées si des mesures spécifiques de conservation ne sont pas prises.


Notées comme espèces vulnérables menacées dont le risque de disparition est relativement élevé  : le hibou moyen-duc, l'alouette lulu, l'autour des palombes, le chardonneret élégant, la mésange boréale, le faucon hobereau, le faucon pèlerin, l'hirondelle de fenêtre, l'hirondelle de rivage, le pouillot fitis, le roitelet huppé, la tourterelle des bois, le pigeon colombin, le grand corbeau.

L'hirondelle rustique est de plus en plus rare et a perdu 36,8% de sa population en Limousin en douze ans. @ Christian Peyraud

L'hirondelle de fenêtre, comme sa cousine l'hirondelle rustique voit ses lieux de nidification se réduire de plus en plus : les étables se font rares, les anciens bâtiments rénovés n'offrent plus d'espace pour nicher, pire leurs nids sont détruits (ce qui est strictement interdit) par souci de "propreté". La raréfaction de leur nourriture, les insectes, rendent aussi leur survie difficile d'année en année et a causé la perte de 49% des populations en Limousin. @Christian Peyraud

Chez nous, l’alouette lulu, une espèce des prairies et du bocage est en régression de 36 %. Sa cousine, l’alouette des champs, inféodée elle, aux plaines céréalières, a diminué de 80 %. « Les deux types de zones sont touchés, mais ça illustre bien le fait que les milieux de plaines agricoles, à majorité céréalières sont plus impactés que les zones d’élevage et de prairie », explique Jérôme Roger. @ Christian Peyraud


Parmi les espèces en danger dont le risque de disparition est élevé : le milan royal, la pie-grièche grise, le serin cini, l'aigle botté, la bergeronnette printanière, le bruant des roseaux, le bruant fou, le circaète Jean-le-blanc, l'hirondelle de rochers, le pipit farlouse, l'oedicnème criard.

Le milan royal est fortement menacé par l'intensification de l'agriculture. La fermeture des milieux, le retournement des prairies naturelles, les dérangements liées aux travaux forestiers mais aussi les collisions avec les éoliennes et les empoisonnements au rodonticides sont responsables de sa disparition. @ Hervé Chellé 


Enfin, parmi les espèces en danger critique, c'est-à-dire dont le risque de disparition est très élévé, on compte le tarié des prés, le busard saint-Martin, la fauvette pitchou, le moineau friquet, le grand-duc d'Europe et le guêpier d'Europe. 

Le busard saint-Martin ne compte plus que 40 à 60 couples en Limousin. La disparition des landes, la réduction des proies liées à l'intensification de l'agriculture ainsi que les destructions involontaires et dérangement lui sont préjudiciables @ Romain Riols

La chouette de Tengmalm est également parmi ces espèces au bord de l'exctinction avec moins de dix couples nicheurs qui survivent en Limousin. Son avenir est lié à la présence de vieux arbres, notamment des hêtres, où elle occupe les anciennes loges de pics. Les coupes à blanc sont son pire ennemi.

(1) La Sepol a fusionné avec la LPO Corrèze pour devenir la LPO Limousin.

(2) L'étude Stoc EPS (Suivi temporel des oiseaux communs par échantillonnages ponctuels simples) et toutes celles réalisées sur le territoire français ont été utilisées par le Museum national d'histoire naturelle pour dresser leur constat. Ce protocole étudie les variations dans le temps et dans l'espace des effectifs des populations d'oiseaux communs l'échelle régionale et nationale.

 

Julie Ho Hoa

https://www.lepopulaire.fr/gueret/loisirs/science/2018/04/22/l-hecatombe-des-oiseaux-de-nos-campagnes-s-accelere-en-limousin_12816058.html

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lundi 23 avril 2018

Impôts : Attention ils vont continuer d’augmenter, voici pourquoi

Emmanuel Macron l’a promis, il n’y aura pas de nouveaux impôts. Toutefois, depuis quelques années une mutation s’opère sans bruit… Et elle risque très fortement de vous retomber dessus.

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Impôts : une hausse inévitable ?

Emmanuel Macron l’a assuré à plus d’une reprise et lors de sa dernière interview disputée face au duo Plenel-Bourdin. Il n’y aura pas de création d’un nouvel impôt, fût-il local ou national, au cours de son mandat. Les ménages de France ne devraient pas non plus faire face à une augmentation de la pression fiscale d’ici à 2022. Pas de hausse d’impôt donc, ni de la CSG !

Vraiment ? Pour Frédéric Farah, économiste parfois classé à gauche, chercheur affilié au PHARE et enseignant à l’université Panthéon-Sorbonne, la déclaration semble trop belle pour être vraie. « On peut rester réservé. Même sans prêter au président de la République une quelconque volonté d’enfumage, gardons à l’esprit que ces annonces sont tablées sur une situation contextuelle favorable », indique l’économiste pour qui une croissance plus forte que les années précédentes et des rentrées plus soutenues ne suffiront pas. « Sur la durée d’un quinquennat, beaucoup de choses peuvent arriver et parmi elles beaucoup peuvent résulter sur la création d’un nouvel impôt. Certains épisodes climatiques entraînent la création d’impôt sécheresse, par exemple », rappelle-t-il. A ses yeux il est tout simplement exclu qu’Emmanuel Macron ne vienne pas à l’impôt en temps et en heure.

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« C’est mécanique », assure Frédéric Farah, « Macron utilisera l’impôt pour financer sa politique ». Malgré les belles promesses du locataire de l’Elysée, « Il y sera contraint », explique le chercheur. Et pour cause ! Il ne dispose plus que d’un seul outil pour se donner les moyens de son action : la fiscalité. « Emmanuel Macron ne peut plus jouer sur la monnaie pour créer de la compétitivité. Il ne peut pas avoir recours aux cotisations qui alourdissent le ‘coût’ du travail. Il ne lui reste donc que l’impôt », détaille l’enseignant.

La CSG va continuer d’augmenter

CSG-retraite

Naturellement, l’un des impôts qui s’en trouvera impacté c’est la CSG. « La CSG va monter en puissance. Compte-tenu de la situation structurelle du pays, dont la population vieillit, il ne peut pas en être autrement », précise l’enseignant-chercheur. (...) Du fait de la démographie française, mais aussi de la situation de chômage chronique qui touche le pays, la sécurité sociale dépense toujours plus. « A l’origine, la CSG ne représentait rien dans le financement de la sécurité sociale parce que l’Etat avait recours aux cotisations sociales plutôt qu’à l’impôt. Aujourd’hui, elle pèse pour près de 20% », explique l’économiste affilié au PHARE pour qui il ne faut pas écarter la potentielle création d’une 5ème branche qui prendrait en charge la dépendance. « La création d’une nouvelle cotisation ferait hurler les organisations patronales. Quant à la possibilité de revenir sur des réformes coûteuses perçues comme des cadeaux fiscaux aux plus aisés, elle n’est pas envisageable : dans la vision du président ce serait prendre un risque pour la dynamique économique du pays. Il ne reste que la CSG », souligne-t-il, un peu résigné.

Retraites-problème

Ce n’est qu’une question de « timing politique », précise l’économiste, car une telle mesure serait suicidaire aujourd’hui. Mais, à ses yeux, les retraités constituent une cible facile pour l’exécutif. « Emmanuel Macron demande un effort aux retraités, ce qui n’est pas dénué d’une certaine logique : il s’agit d’une base fiscale fixe, qui n’a pas la possibilité de s’échapper, contrairement à d’autres. » Tout cela résulte, pour le chercheur, d’une volonté politique. Celle de ne plus créer du pouvoir d’achat par la hausse des revenus, parce que le salaire est désormais compris comme un coût, mais par la baisse des charges sur la paie. « Sauf que cette baisse des charges rogne nécessairement le budget de la sécurité sociale… qui est compensé par une hausse de la CSG et un plus grand recours à l’impôt. C’est ce que Frédéric Lordon appelle le capitalisme à basse pression salariale. »

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D’autant plus qu’en dépit des promesses de l’exécutif, Emmanuel Macron ne devrait avoir aucune difficulté à justifier la création d’un nouvel impôt ou l’augmentation de la pression fiscale déjà subie par les ménages. Plusieurs avocats fiscalistes l’ont pointé du doigt, le phrasé du président est pensé pour qu’il n’ait rien à s’interdire. « Les gouvernements successifs promettent souvent qu’ils n’imposeront pas plus les ménages. Dans les faits il lui suffirait de faire un audit pour pouvoir réutiliser une rhétorique classique qui viendrait légitimer le nouvel impôt»

 

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Une mutation économique et européenne

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Derrière tout cela se cache une mutation profonde de notre système social, à l’origine basé sur les cotisations et qui glisse maintenant vers l’impôt. Une mutation dérangeante en cela, au moins, qu’elle s’opère en silence, sans faire l’objet d’un débat réel. « On va vers une couverture plus universelle, certes, mais moins généreuse… une sorte de filet minimal parce que l’économie commanderait au social », analyse l’économiste, qui s’inscrit en faux avec cette vision des choses. « Si l’économie commandait véritablement au social, nous n’aurions jamais pu faire la sécurité sociale au sortir de la guerre, quand les caisses étaient vides », rappelle-t-il. Avant d’ajouter : « C’est le social qui a permis la moyennisation de nos modes de vie»

Selon lui, cette mutation qui progresse dans le sens d’une « modernisation inégalitaire assumée » croise la construction européenne. « Le traité de Maastricht, entré en vigueur en novembre 93, a créé l’Union économique et monétaire de l’UE et donc, de facto, l’euro. C’est lui qui impose la limitation des dépenses sociales, notamment en bloquant la possibilité de coupler une hausse des cotisations sociales avec un travail sur la monnaie pour garder une compétitivité », conclut l’économiste.


 

Source :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Contribution_sociale_généralisée

http://www.planet.fr/impots-impots-attention-ils-vont-continuer-daugmenter-voici-pourquoi.1546498.1556.html

https://aphadolie.com/2018/04/22/impots-attention-ils-vont-continuer-daugmenter-voici-pourquoi/

https://www.legifrance.gouv.fr/affichSarde.do;jsessionid=2AD5F1EF2C38248965B7494100840B1F.tpdjo16v_3?reprise=true&page=1&idSarde=SARDOBJT000007110277&ordre=null&nature=null&g=ls

mercredi 11 avril 2018

Isère : une chaîne humaine contre la privatisation des barrages hydroélectriques

Plusieurs centaines de personnes ont protesté dimanche contre l'ouverture à la concurrence d'une partie du parc hydroélectrique français, envisagée par le gouvernement dès 2018.

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Plusieurs centaines de personnes ont constitué dimanche une chaîne humaine près d'un barrage de l'Isère pour protester contre l'ouverture à la concurrence d'une partie du parc hydroélectrique français, envisagée par le gouvernement dès 2018.

Réunis à l'initiative du Parti communiste, élus locaux, syndicats et sympathisants se sont alignés vers 14h sur un pont surplombant le barrage du Sautet, à Corps, pour s'ériger symboliquement contre une "logique libérale" qu'ils jugent "contraire à l'intérêt général". "Non à la privatisation de l'hydroélectricité" et "Non à la privatisation des barrages", pouvait-on lire sur deux grandes banderoles déployées sur les barrières de sécurité du pont, tandis qu'un rassemblement semblable se tenait au même moment dans l'Indre.

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"Nous lançons un appel à la mise sous protection publique et citoyenne de tous les barrages en France. La logique dans laquelle le gouvernement s'engage risque de conduire à la privatisation de cette ressource utile à la transition écologique", a souligné le secrétaire national du PCF Pierre Laurent.

150 ouvrages ouverts à la concurrence d'ici à 2022. Début janvier, le gouvernement Macron a transmis à l'UE une liste de 150 ouvrages hydroélectriques - sur les 400 du parc français - pouvant être ouverts à la concurrence d'ici à 2022. Parmi eux les barrages alpins de Lac Mort, Drac amont, Beaufortain et Super Bissorte pourraient être les premiers proposés à un rachat dès 2018. Les manifestants reprochent au gouvernement d'avoir cédé en catimini à une injonction de l'Union Européenne, qui fait pression sur la France depuis plusieurs années pour que soit mis un terme au monopole historique d'EDF.

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"Dommages collatéraux". "L'injonction de l'UE se base sur un argument qui ne tient plus car ce monopole s'affaisse un peu plus chaque année. Dès lors, pourquoi la France engage-t-elle cette ouverture alors qu'elle a auparavant toujours résisté ?", s'interroge Fabrice Coudour, secrétaire général CGT Energie Savoie. Le responsable syndical, qui prédit des "dommages collatéraux" dans divers secteurs comme le tourisme, souligne l'importance de manœuvrer dans "une logique de défense des concessions au travers des Services d'intérêt généraux (SIG)". "On veut disséminer ce patrimoine dans les mains d'opérateurs privés qui auront d'autres objectifs, et notamment ceux d'engranger des profits", déplore Pierre Laurent, rappelant que l'État "a beaucoup d'argent à faire" car "ces barrages sont aujourd'hui largement amortis".

Auteure en 2013 d'un rapport parlementaire sur les concessions hydroélectriques, la député PS Marie-Noëlle Battistel constate de son côté le "manque de réciprocité" dans la plupart des autres pays européens, qui "se sont organisés pour échapper à cette mise en concurrence". "Une situation de monopole en amont n'empêche pas l'ouverture du marché à l'aval", insiste-t-elle.

http://www.europe1.fr/societe/isere-une-chaine-humaine-contre-la-privatisation-des-barrages-hydroelectriques-3621314

https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/isere-une-chaine-humaine-contre-la-privatisation-des-barrages-hydroelectriques_122880

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Le PCF qui soutient la construction européenne en déplore les conséquences et veut faire croire qu'on peut ne pas appliquer les directives en appelant la population à "résister". Pierre Laurent fait semblant de découvrir la logique qui se cache derrière et qu'il est censé combattre. Il devrait sans doute relire les déclarations de ses prédecesseurs au poste de secrétaire général...

P.G.

PROJET BOSSUET

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samedi 31 mars 2018

« Journée morte » des greffiers et avocats pour protester contre la réforme de la justice

La justice ou plutôt l'institution judiciaire au pain sec (ce n'est pas un scoop). Mais les juristes ne semblent pas ou ne veulent pas comprendre l'origine de ces réformes comme bien d'autres secteurs économiques. Il est vrai que le Tue ou le Tfue ne sont jamais invoqués au cours des procédures, sauf exceptionnellement.

 A noter : réduire l'importance du juge d'instruction (qui instruit à charge et à décharge) c'est virer vers une justice à l'anglo-saxonne où cette fonction n'existe pas. Sarkozy voulait le faire. Le prévenu est obligé de mettre en oeuvre (avec son portefeuille) les investigations qui lui permettront de prouver son innocence le cas échéant etc... alors qu'aujourd'hui c'est le travail du juge d'instruction.
Pour info : les tribunaux de proximité viennent d'être supprimés. Il étaient parfois critiquables, mais certains rendaient d'excellentes décisions et ce n'est pas en diminuant le nombre de magistrats que l'on rendra la justice plus fluide.
La justice est par excellence le  recours du faible.    C.S.

Avocats et greffiers de toute la France ont rivalisé d’actions symboliques ce vendredi 30 mars, baptisé « journée justice morte », pour montrer leur opposition au projet de réforme de la justice.

ACT JUSTICE JOURNEE MORTE

Ceux de Bordeaux, Marseille et Besançon ont opté pour une minute de silence en hommage à la mémoire de « cette justice morte qu’on veut nous imposer », leurs comparses nantais pour une couronne de fleurs mortuaire barrée du message « Justice morte par ordonnance » jetée à l’eau. A Lyon, ils ont entassé au sol des codes Dalloz, la bible des juristes. Ambiance plus traditionnelle dans la capitale, où une centaine de professionnels de la justice se sont réunis sur les marches du Palais de justice et ont scandé « non » à l’énoncé de plusieurs points de la réforme.

Le projet de loi de programmation de la justice, qui couvre un large spectre (réforme de la procédure pénale, de la procédure civile, numérisation de la justice, réforme des peines et de l’organisation territoriale), devrait être examiné en conseil des ministres le 18 avril. Il pourrait être soumis avant l’été au Parlement.

« Sacrifier tout ce qui peut l’être »

Ce projet de réforme de la justice annonce « sans surprise la mort de la justice, au terme d’une longue maladie », dénoncent dans un communiqué l’Union syndicale des magistrats (USM), le Syndicat de la magistrature (SM), le Syndicat des avocats de France (SAF) ainsi que la CGT-Chancelleries et services judiciaires et d’autres syndicats.

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Les organisations mobilisées ont dressé une liste de leurs principaux griefs contre cette réforme : « Suppression des 307 tribunaux d’instance et de la fonction spécialisée de juge d’instance, organisation judiciaire illisible et éloignée du citoyen, déshumanisation de la justice, privatisation du contentieux civil ». Ils dénoncent aussi une « régression des droits de la défense, [un] recul du contrôle de la justice sur les atteintes aux libertés publiques, [une] suppression larvée du juge d’instruction et du juge de l’application des peines, [une] réduction de la collégialité ».

« Le projet du gouvernement a le mérite de la cohérence : racler, réduire, supprimer, sacrifier tout ce qui peut l’être, au détriment de la qualité, pour que les jugements – ou leurs ersatz – sortent le plus vite possible, à moindre coût et que les personnels ne soient plus que des pions à déplacer », critiquent-ils. Une deuxième journée « justice morte », avec un rassemblement national à Paris, est déjà annoncée pour le 11 avril.

 http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2018/03/30/journee-morte-des-greffiers-et-avocats-pour-protester-contre-la-reforme-de-la-justice_5278878_1653578.html#sGlgGBeM4QbWwtZB.99

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