jeudi 12 octobre 2017

Il est grand temps de réviser la directive sur les travailleurs détachés

Pour Patrick Bernasconi et Georges Dassis, du CESE, la révision de la directive sur les travailleurs détachés est urgente et et indispensable dans une union qui doit constamment viser une harmonisation vers le haut.

Patrick Bernasconi est le président du Conseil économique, social et environnemental (CESE). Georges Dassis est le président du Comité social et économique européen, le CES européen.

ARG TRAVAILLEURS DETACHESLa Commission européenne a mis sur la table du Parlement européen et du Conseil de l’Union, en mars 2016, une proposition de révision de la fameuse directive 96/71/CE concernant le détachement de travailleurs effectué dans le cadre d’une prestation de services.

En août 2017, Emmanuel Macron, le président de la République française, a remis cette question des travailleurs détachés au cœur du projet européen. Lors de son déplacement en Europe centrale, il a relancé le débat autour de la réforme de cette directive, une condition, selon lui, du maintien de « l’unité européenne ».

Comme représentants de la société civile organisée en France et en Europe, nous nous en réjouissons. Depuis 2015, le Conseil économique, social et environnemental français et le Comité économique et social européen n’ont cessé de se mobiliser pour encourager une refonte du statut des travailleurs détachés, en y consacrant deux avis, en septembre 2015 et  en décembre 2016.

Chaque année, le nombre de travailleurs détachés n’a cessé de croître, engendrant des dysfonctionnements entre pays. Le CESE français, notamment, a mis en évidence des fraudes massives, le recours à une main d’œuvre sous-payée et privée de droits ou encore la création de fausses entreprises.

La révision de cette directive est donc urgente et indispensable, mais s’oppose encore à une certaine résistance. Au niveau européen, elle divise les entreprises, notamment parce qu’elle effraye celles des États membres où les salaires sont les plus bas.

En 2016, plusieurs ministres du Travail ont d’ailleurs repris des propositions formulées par le CESE français dans une tribune en faveur de conditions de vie et de travail décentes pour tous, d’une rémunération équivalente à celle des travailleurs du pays d’accueil dès le premier jour du détachement, et d’une lutte contre les entreprises créées uniquement pour profiter des écarts de coûts salariaux entre les pays de l’UE.

Mais le projet n’a pas pu voir le jour en raison d’une opposition vigoureuse des chefs d’État et de gouvernement de onze pays, au motif qu’il s’agissait, pour eux, d’une question d’ordre national. C’est pourtant bien d’une directive européenne qu’il s’agit.*

L’Union doit tendre à une amélioration constante, pour tous. Elle doit viser une harmonisation, mais vers le haut. Jamais vers le bas.*

Nous avons donc la conviction qu’il faut mettre en place une meilleure protection des travailleurs et réduire le dumping social, qui engendre aussi un dumping entrepreneurial. Le principe selon lequel un même travail effectué au même endroit devrait être rémunéré de manière identique est la clef de voûte du socle des droits sociaux en Europe.*

Nous encourageons le Conseil de l’Union et le Parlement européen à aller plus loin. Les partenaires sociaux et les conventions collectives doivent servir de point de référence pour déterminer le niveau de rémunération des travailleurs concernés. Nous réclamons que soit assuré le caractère temporaire du détachement. Nous voulons davantage de coopération entre les États, avec mise en commun des données dont ils disposent afin de déjouer les fraudes et d’empêcher la concurrence déloyale. Nous insistons pour que la directive demeure applicable au secteur routier. Nous voulons que des mesures concrètes soient prises pour que les travailleurs détachés soient affiliés à un régime de sécurité sociale en temps utile, c’est-à-dire un certain temps avant le détachement, et nous pensons qu’il serait opportun de créer une « carte européenne du travailleur détaché » afin de faciliter les contrôles et de simplifier les procédures.

Les pouvoirs publics nationaux, y compris quand ils se réunissent au niveau européen, devraient répondre aux attentes de la société civile organisée. Une ambition : changer la perception de l’Union par les citoyens.

Elle doit en effet cesser d’apparaître comme responsable ici de la régression et là de la stagnation des conditions de vie et de travail, pour être perçue, à nouveau, comme un facteur efficace de progrès économique, social et environnemental pour tous.

http://www.euractiv.fr/section/economie/opinion/il-est-grand-temps-de-reviser-la-directive-sur-les-travailleurs-detaches/


 

OUTIL LOGO FREXIT LIMOUSINComme l'avait dit Bossuet, "Dieu se rit de ceux qui déplorent les malheurs publics dont ils chérissent les causes". Ce plaidoyer pour une Europe impossible est pathétique. Les dysfonctionnements reconnus ici et déplorés à juste titre auraient pour cause une forme d'égoïsme des Etats, ce qui est méconnaître la nature réelle de l'UE: une juxtaposition d'intérêts nationaux divergents censée aboutir à un compromis, ce qui n'arrive jamais, sauf sous une forme insatisfaisante pour toutes les parties. Ces appels désespérés sont d'autant plus pathétiques que leurs auteurs ont bien conscience des effets désastreux des politiques communautaires sur l'opinion publique dans les pays membres, mais faute d'imagination, ils persistent à déplorer la situation et à en appeler à la sagesse des institutions européennes. Ce qui n'arrivera pas, bien sûr. Et ils feront partie, en bout de course, de ceux qui nous expliqueront qu'il faut, d'urgence, une "autre Europe", enfin sociale! Comme le disait François Asselineau: "c'est dormir toute sa vie que de croire à ses rêves". Avec de telles protestations, l'oligarchie peut dormir tranquille...

P.G.

 

 

samedi 7 octobre 2017

Brexit : Quand ceux qui ont tout à perdre négocient avec ceux qui n’ont rien à gagner…

Les négociations sur le Brexit continuent et bien entendu la presse française continue à faire preuve de la remarquable objectivité dont elle est coutumière.

ARG BREXIT NEGOCIATIONSTout français qui chercherait à s’instruire sur le sujet en lisant les journaux de notre pays est en fait aussi bien informé qu’un lecteur de la Pravda dans les années 70 sur ce qui se passait alors à Prague, tant les consignes sont suivies avec diligence par ceux qui se disent journalistes. Comme me le disait un ami récemment : « Il y a deux sortes de journalistes en France : ceux qui sont compétents et honnêtes, qui sont au chômage, et les autres. »
J’ai donc décidé de consacrer ma chronique du Lundi à ces négociations simplement pour essayer d’expliquer aux lecteurs quels sont vraiment les enjeux.
Je vais essayer de faire simple.
Commençons par les deux parties qui négocient.

D’un coté, nous avons le gouvernement britannique de madame May, de l’autre la Commission Européenne emmenée par monsieur Barnier.
Le gouvernement Britannique est mené par Madame May, très affaiblie par sa dissolution ratée de la Chambre des Communes qui a été suivie par ce qui aurait pu être un désastre électoral puisque les Conservateurs sont passés d’une solide majorité à une quasi- minorité, ne gouvernant qu’avec l’aide des protestants de l’Irlande du Nord. Il n’est pas certain que Madame May reste au pouvoir. Elle pourrait être débarquée bientôt, ayant commis vraiment trop d’erreurs, ce qui ne changerait rien au fond du problème.

Dans ce gouvernement, deux groupes se font face : ceux qui ont fait campagne pour le Brexit, emmenés par Boris Johnson (le ministre des affaires étrangères) et David Davies (le ministre chargé des négociations avec la Commission), qui tous deux avaient milité pour le Brexit et de l’autre ceux qui avaient voté pour « Bremain » sous la conduite du ministre des finances monsieur Hanson, qui a le charisme d’une huitre et est l’esclave de son administration.

Les premiers veulent une sortie claire, rapide et franche, les seconds sont à la recherche d’une solution du type de celle que monsieur Sarkozy a imposé aux Français qui avaient refusé la Constitution Européenne soumise à referendum, en leur collant son frère jumeau à sa place, le Traité de Lisbonne, faisant ainsi fi de la décision du Peuple, ce qui n’a pas porté chance à monsieur Sarkozy.

Pour faire bref et pour utiliser ma propre terminologie, les premiers représentent les hommes des arbres, les deuxièmes les hommes de Davos et les ODS locaux. (Note de les-crises.fr : ODS = Oints du Seigneur[1] = incompétents médiatiques qui pensent détenir la vérité).

Et Madame May essaye, sans beaucoup de succès, de naviguer entre ces deux groupes en expliquant dans son discours de Florence la semaine dernière que tout cela prendrait un peu plus de temps que prévu et qu’elle était prête à faire des concessions financières pour que la Grande-Bretagne continue à avoir un accès « normal » à l’Europe etc. etc.….

Venons-en à la Commission Européenne.

A l’évidence monsieur Barnier se met dans la position du mari cocu que sa femme a abandonné et qui veut la punir de cette trahison. En général, et comme chacun le sait, ce genre de divorce se passe mal. Il faut cependant bien comprendre ici que monsieur Barnier, qui n’est pas complètement idiot, agit sur instruction.
Et les instructions sont très claires.

Le but de la négociation n’est en aucun cas d’arriver à une solution satisfaisant tout le monde mais de préserver l’idée que nul ne peut faire marche arrière dans le mouvement historique qui doit consacrer la fin des nations européennes et l’arrivée du Messie sur terre, je veux dire l’Etat Européen.

Or, et il faut s’en souvenir, le mouvement à marche forcée vers un état fédéral européen n’a aucune légitimité démocratique : Il a toujours été imposé de facto et de jure « par le haut » et chaque fois que l’on a demandé son avis à un Peuple, il a dit qu’il ne voulait pas de structure fédérale.

Et donc, il faut bien comprendre, que si la sortie de la Grande-Bretagne n’entrainait pas une catastrophe pour l’économie anglaise voila qui pourrait donner des idées à d’autres pays tels la Pologne, la Suède ou l’Italie (qui va voter prochainement et qui elle fait partie de l’Euro…).

Il s’ensuit que pour la Commission et quelque soient les répercussions défavorables sur les économies en Europe ou en Grande-Bretagne, il faut absolument que les négociations entre la Grande Bretagne et la Commission échouent pour maintenir en vie leur rêve d’un Etat Européen, et que crèvent les peuples n’a aucune importance.

Pour Bruxelles, créer de toutes pièces une catastrophe économique en Grande-Bretagne est une question de vie ou de mort. Et si cette catastrophe amène à une dépression en Europe, cela n’a aucune importance, seul compte le but final.

Passons maintenant aux différents sujets qu’il va falloir traiter lors de ces discussions et commençons par un point de Droit.
La Grande-Bretagne doit-elle payer une « soulte » pour pouvoir sortir de l’Europe ? La réponse est NON. Il n’y a strictement rien de prévu dans les traités. Que les Européens s’imaginent que la Chambre des Communes vote un « tribut « de plus de 20 milliards d’Euro sans aucune contrepartie prouve à quel point ces gens sont dans le rêve…

Venons-en aux questions économiques.

La Grande-Bretagne a un déficit extérieur dans le domaine des biens de …95 milliards avec la zone Euro et un surplus dans le domaine des services d’environ 30 milliards, l’Allemagne comptant pour 50 % du surplus Européen et ces surplus étant massivement dus à des ventes de matériel de transport (voitures, camions, pièces détachées). Préserver ce surplus est essentiel pour l’Allemagne.

La City, qui représente une part importante du PIB anglais est de fait et de droit la principale place financière mondiale et bien sûr la seule vraie place financière européenne.Le but du gouvernement Britannique est de préserver la City autant que faire se peut.
Il ne faut pas être très grand clerc pour comprendre que les accords sur lesquels tous les gens de bonne compagnie pourraient se retrouver devraient être le maintien de la prééminence de la City en Europe contre la libre importation de voitures allemandes et de champagne ou de Bordeaux français.

Mais voila qui n’est pas possible puisque cela voudrait dire que le Droit Anglais ne serait plus sous le contrôle du Droit Européen pour toutes les opérations de fusions et acquisitions concernant deux entreprises si celles-ci avaient lieu à Londres. Voila qui signifierait la fin de la Cour de Justice Européenne (CdJE) et donc la fin de la tentative de créer un Etat Européen.
Bruxelles HAIT la city puisque la City, par son contact avec le « grand large », lui échappe et lui a toujours échappé. Pour les Delors de ce monde, ne pas pénaliser la City, c’est détruire l’idée même d’un Etat Européen dont les fonctionnaires contrôleraient toutes les entreprises par l’intermédiaire du Droit et des réglementations. Ce qui voudrait dire la fin du capitalisme de connivence en Allemagne et en France, ce qui est moralement insupportable, chacun en conviendra.

Et donc, il va falloir que l’Allemagne choisisse : soutenir la CdJE et la Commission, ou fermer les usines de Wolfsburg et de Munich.
Je n’ai pas le moindre doute que les autorités françaises vont être jusqu’auboutistes, tant pour elles, la continuation de leur rêve européen est essentielle. Sans rentes à tirer sur Bruxelles, que ferait- on des politiciens battus en France et de tous nos seconds couteaux ? Ils seraient peut être obligés de travailler ! On imagine le désastre.
Mais pour Madame Merkel, fraichement réélue, voila qui va être une décision difficile…
Le deuxième problème pour l’Europe est encore plus compliqué.

Le départ de la Grande Bretagne va faire perdre 16 % de ses ressources au budget européen et s’imaginer que la Commission va couper ses coûts de 16 % est plaisant mais peu probable. Il va donc falloir augmenter massivement les prélèvements sur les pays restants dont beaucoup ont de fort importants déficits budgétaires et à un moment où Bruxelles est tout sauf populaire.
Ou bien alors, il faudra tailler dans les programmes d’infrastructures, ce qui plaira énormément aux Polonais, Tchèques ou Portugais… Le route des subventions va être coupée et monsieur Juncker sera peut être forcé de payer des impôts normaux sus sa consommation d’alcool journalière, ce qui contribuera un peu à combler le trou créé par le départ des anglais mais restera insuffisant. Quant à créer un nouvel impôt européen géré par un ministre des finances européen, la grande idée de monsieur Macron, voila un projet qui va déclencher un enthousiasme assourdissant à Berlin, Dublin ou Varsovie.

Dur, dur…
Quant à l’économie anglaise, je ne me fais guère de soucis. Les exportations anglaises vers le reste du monde connaissent une croissance très forte depuis plus d’une décennie (contre zéro pour les exportations vers l’Europe) et la Grande-Bretagne va recommencer à acheter ses produits agricoles au Canada, en Australie et en Nouvelle Zélande, ce qui fait que les prix alimentaires vont baisser très fortement ainsi que les factures pour les importations de nourriture. Une forte amélioration du commerce extérieur anglais est donc quasiment certaine.

Et, si par hasard, les choses se passaient plus mal que je ne le pense pour l’économie Britannique alors nul doute que la Livre- déjà très sous évaluée- ne plonge un peu plus, ce qui donnerait un violent coup d’accélérateur à un système productif ou le chômage est déjà à un plus bas et l’emploi à un plus haut (en particulier les emplois féminins). Et comme la Grande Bretagne produit plus de voitures que la France, remplacer des voitures allemandes, françaises, italiennes ou espagnoles par des voitures faites en Grande Bretagne ne serait pas extrêmement pénible, sauf pour quelques bobos snobs du coté de Hampstead , qui pourront continuer à se singulariser en achetant des véhicules Coréens ou Nippons tout en noyant leur chagrin en buvant des vins en provenance de l’Australie, de l’Afrique du Sud ou de la Nouvelle Zelande, tous pays qui jouent au rugby et avec lesquels on peut donc faire des affaires en toute confiance puisqu’ils utilisent le même Droit.

Conclusion

Dans le titre quelque peu énigmatique de cet article, ceux qui ont tout à perdre sont les Européens. Ceux qui n’ont rien à perdre sont les Anglais.
A lire la presse, contrôlée par les ODS et les hommes de Davos, on jurerait que le contraire correspondrait à la réalité.
Le but de cet article est donc tout simplement de rappeler que menacer des pires sévices le principal consommateur de vos produits est rarement une bonne idée. C’est ce qu’avait fait avec beaucoup de conviction Louis XIV quand il a supprimé l’Edit de Nantes, forçant les Protestants au départ, ou quand Napoléon institua le blocus continental. Tout le monde se souvient de l’effet heureux que ces brillantes idées ont eu sur la croissance économique respectivement en France et en Grande- Bretagne.
Plus ca change, plus c’est la même chose…
La seule chose immuable est la capacité des gouvernements français à faire la fortune de l’Angleterre.

Article de Charles Gave paru sur http://institutdeslibertes.org le 25 septembre 2017.

A propos de l’auteur

Charles Gave

Charles Gave : Economiste et financier, Charles Gave s’est fait connaitre du grand public en publiant un essai pamphlétaire en 2001 “ Des Lions menés par des ânes “(Éditions Robert Laffont) où il dénonçait l’Euro et ses fonctionnements monétaires. Son dernier ouvrage “Sire, surtout ne faîtes rien” aux Editions Jean-Cyrille Godefroy (2016) rassemble les meilleurs chroniques de l’IDL écrites ces dernières années. Il est fondateur et président de Gavekal Research [2].

 

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mardi 3 octobre 2017

4 pays s'opposent à l'initiative proposée par la France pour taxer davantage les GAFA en Europe

Les dirigeants de l'Union européenne se sont réunis vendredi 29 septembre 2017 à Tallinn (Estonie) à l'occasion du premier sommet européen dédié à l'économie numérique.

drapeau-europeen-2_4525960L'un des sujets au menu des discussions était une nouvelle taxation des géants de l'Internet initiée par la France et soutenue par 19 pays de l'UE dont l'Allemagne, l'Italie, la Grèce ou encore l'Espagne.

Cette nouvelle taxation, qui concernerait les "GAFA" (Google, Apple, Facebook et Amazon), régulièrement accusés de faire de l'optimisation fiscale en Europe, se ferait sur la base de leur chiffre d'affaires réalisé dans chaque pays et non plus sur les bénéfices logés dans les filiales installées dans les Etats à faible fiscalité comme cela se fait actuellement. 

Alors que le président français Emmanuel Macron a réaffirmé la nécessité d'une "régulation ambitieuse" qui "doit faire partie du marché unique du numérique", quatre pays de l'UE se sont opposés à cette nouvelle taxation des GAFA: l'Irlande, le Luxembourg, Malte et Chypre.

Ces pays abritent pour certains les sièges européens des géants tech, qui y bénéficient de faibles taux d'imposition

Voici ce qu'a déclaré le Premier ministre irlandais Leo Varadkar, lors du sommet de Tallinn:

"Si nous voulons que l'Europe devienne numérique, la solution ne passe pas par plus de taxes et de règles. Les gens se plaignent qu'il n'y ait pas de Google européen, de Facebook européen mais personnellement je pense que si vous voulez que cela arrive en Europe (...) vous n'y parviendrez pas" avec une plus forte régulation.

Même opposition de la part du Luxembourg. Son Premier ministre Xavier Bettel, cité par le journal Les Echos, a ainsi affirmé:

"Je suis d'accord avec 90% des propositions d'Emmanuel Macron pour l'Europe, mais celle sur la taxation du numérique est problématique. Ce n'est pas un sujet européen, mais un sujet mondial, sans quoi on va juste rendre l'Europe moins compétitive. Le Luxembourg est ouvert à la discussion sur la fiscalité numérique, mais dans le cadre de l'OCDE, et en taxant alors les profits plutôt que le chiffre d'affaires."

L'idée d'une réforme dans le cadre de l'OCDE — rendue difficile en raison des réticences des Etats-Unis — est aussi soutenue par les Pays-Bas, qui estiment que la proposition d'Emmanuel Macron semble juridiquement bancale et inadaptée aux modèles économiques des géants tech, rapportent Les Echos. 

Les décisions de l'Union européenne en matière fiscale requièrent l'unanimité de tous les États membres, mais la Commission européenne a récemment évoqué la possibilité de priver les Etats membres de leur droit de veto en se basant sur un article des traités européens permettant de telles exceptions en cas de distorsion des marchés.

A l'issue de ce premier sommet européen consacré à l'économie numérique, la Commission européenne a annoncé qu'elle proposerait dès 2018 de nouvelles règles afin de mieux taxer les géants du numérique opérant sur le sol européen.

"Nous sommes d'avis que, dans le secteur du numérique, les taxes doivent être payées là où elles sont dues", a souligné le président de la Commission, Jean-Claude Juncker.

Selon le rapport d'un député européen favorable à une réforme de la taxation, l'UE aurait ainsi perdu 5,4 milliards d'euros en impôts de Google et Facebook entre 2013 et 2015 à cause de leurs mesures d'optimisation fiscale.

https://fr.finance.yahoo.com/actualites/4-pays-s-apos-opposent-081949253.html

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lundi 2 octobre 2017

Après la victoire du «oui», les indépendantistes catalans en appellent à l'UE et à la grève

Alors que le «oui» l'a emporté à 90% lors du référendum illégal organisé par les autorités catalanes, syndicats et indépendantistes ont appelé à la grève. De son côté, Madrid estime que la répression policière était«proportionnée».

59d1daa2488c7bac648b4567Le gouvernement catalan, majoritairement composé d’indépendantistes, a affirmé dans la nuit du 1er au 2 octobre que le «oui» à l'avait emporté avec 90% des voix à l'issue d'un référendum d'autodétermination illégal. Après une journée marquée par des violences policières, par ailleurs considérées comme «proportionnées» par le ministre des Affaires étrangères Alfonso Dastis, interrogé par SkyNews. C'est désormais un bras-de-fer politique qui s'engage entre l'Etat espagnol et les autorités catalanes.

Selon les affirmations de l'exécutif catalan, la participation atteindrait 42,3%. Le porte-parole du gouvernement régional, Jordi Turull, a assuré que 2,26 millions de personnes auraient participé au scrutin dimanche et que 2,02 millions d'entre eux auraient voté «oui», malgré les tentatives des autorités espagnoles pour empêcher la tenue du scrutin, ainsi que les nombreuses violences policières ayant fait environ 800 blessés le jour du vote.

Les électeurs devaient répondre à la question «voulez-vous que la Catalogne devienne un Etat indépendant sous forme de République?». Le référendum était néanmoins organisé dans des conditions qui ne pouvaient garantir la fiabilité des résultats : absence de listes électorales transparentes, de commission électorale indépendante, ou d'assurance du secret du vote. En outre, la totalité des organisations et mouvements politiques opposés à l'indépendance de la Catalogne avaient appelé à ne pas participer à ce qu'ils considéraient comme une parodie de référendum.

Selon plusieurs sondages récents, la Catalans seraient divisés sur la question de l'indépendance, qui agite le Nord de l'Espagne depuis de nombreuses années. Néanmoins, ils sont près de 80% à se prononcer en faveur de la tenue d'un référendum légal, reconnu par l'Etat espagnol, qui permettrait de trancher la question.

Deux camps divisés et un appel à la grève générale

L'intervention de police, ayant donné lieu à des débordements violents, a eu pour principal effet d'unir les opposants au gouvernement madrilène. Au lendemain du vote, 44 organisations - dont les principaux syndicats catalans et deux associations indépendantistes - ont appelé à une journée de grève générale et de mobilisations le 3 octobre en Catalogne.

En outre, les deux camps assurent être dans la légitimité et refusent pour le moment toute conciliation. «Nous avons gagné le droit d'avoir un Etat indépendant qui prenne la forme d'une République», a assuré Carles Puigdemont, président de la Catalogne et leader séparatiste. Face à la situation de blocage qui s'annonce, cet ancien maire de Gérone en a appelé à l'Union européenne, l'enjoignant à «ne plus regarder ailleurs» et à prendre en compte les velléités d'indépendance de cette région représentant 20% du PIB espagnol à elle seule.

En face, le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a au contraire estimé qu'il n'y avait «pas eu de référendum d'autodétermination en Catalogne» et que cette consultation n'a été qu'une «simple mise en scène». Le Premier ministre a accusé Carles Puigdemont d'avoir promu «la violation de la loi et la rupture du vivre-ensemble». «Ne cherchez pas d'autre coupables, il n'y en a pas», a-t-il en outre assuré après l'annonce des résultats.

https://francais.rt.com/international/44050-catalogne-independantistes-appellent-ue-greve-madrid-mise-scene


 L'avantage de cet appel à la grève générale, notamment des syndicats catalans, est que personne ne souhaitant une révolution sociale, et surtout pas les commanditaires, amoureux de la construction européenne, la portée de cette action devrait être limitée...

P.G.

Le bilan sur le terrain:

Les heurts qui ont opposé dimanche la police et les partisans du référendum catalan ont fait 844 blessés, d’après le gouvernement de la communauté autonome.

844 personnes ont été blessés dimanche dans les heurts entre la police et les partisans du référendum sur l'autodétermination de la Catalogne, a annoncé le département catalan de la Santé publique.

«Au total, 844 personnes ont eu besoin de soins médicaux», a indiqué le département.

Le bilan précédent faisait état de 765 blessés.

Selon le ministère espagnol de l'Intérieur, 12 policiers ont été blessés dans les heurts.

https://fr.sputniknews.com/international/201710011033287637-catalogne-blesses-nouveau-bilan-844/

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dimanche 1 octobre 2017

Faire l’Europe et défendre les « fleurons français »

Editorial du « Monde ». Ce n’est qu’« un léger décalage », comme le dirait Sempé. Un écart d’à peine 0,5 % ou 1 %. Mais, dans les deux gros dossiers de politique industrielle bouclés cette semaine par Emmanuel Macron,il se traduit par une distance problématique entre le discours officiel et la réalité. Comme si les pouvoirs publics n’assumaient qu’à demi la ligne européenne qu’ils ont adoptée.

c29b4b8_43594d1bd8c34904884bee6bd3c73360-43594d1bd8c34904884bee6bd3c73360-0L’affaire des chantiers navals de Saint-Nazaire est frappante. Après des mois de négociations, la France a accepté de rapprocher le dernier grand chantier tricolore de son principal concurrent, Fincantieri. L’accord va permettre au groupe public italien de « diriger les destinées de cette entreprise », a reconnu M. Macron mercredi. Cependant, il n’était pas question de laisser les Italiens seuls maîtres à bord d’un site jugé stratégique.

Paris a donc échafaudé un montage subtil. L’Italie et la France détiendront chacune 50 % du capital. Mais Paris prêtera à Fincantieri 1 %, avec la possibilité de le reprendre si le groupe de Trieste ne tient pas ses promesses. Le résultat ? « Nous sommes à 50-50, avec de vraies garanties », s’est réjoui mercredi M. Macron. « Fincantieri aura la disponibilité directe de 51 %, et donc le plein contrôle », ont déclaré les officiels italiens. Et les deux parties disent vrai !

Une confiance limitée

Chez Alstom, le gouvernement a aussi vanté le « rapprochement entre égaux » conclu avec Siemens, la création d’un leader européen dans lequel l’industriel allemand détiendra au départ « 50 % » et ne pourra pas dépasser 50,5 % pendant quatre ans. Une égalité de façade. Car, face à Siemens, le reste du capital sera éclaté. Le grand actionnaire d’Alstom, Bouygues, compte se retirer, et l’Etat ne veut pas le remplacer. Au bout de quatre ans, Siemens pourra monter librement au-delà du plafond initial.

50 % ou bien 50,5 % voire 51 % ? Cette légère marge, celle qui sépare l’alliance entre égaux de la vraie prise de contrôle, est symptomatique du double discours français. D’un côté, M. Macron donne son aval à de grandes fusions. Face à des rivaux chinois ou nord-américains offensifs, il veut constituer des champions estampillés « Union européenne ». « L’avenir de l’industrie française (…) se joue dans le partenariat avec les autres Européens », a dit le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, chez Alstom. Et si, pour faire naître ces géants, la France doit renoncer au contrôle qu’elle détenait, elle y est prête.

D’un autre côté, l’Etat n’entend pas tout à fait lâcher prise. Il n’a qu’une confiance limitée en ses nouveaux partenaires, comme le montre la kyrielle d’engagements demandés à Fincantieri et à Siemens, et la possibilité de reprendre la main à Saint-Nazaire. Le gouvernement sait qu’il est politiquement risqué de dire : « Peu importe la nationalité des entreprises, tant qu’elles sont européennes ».Ces derniers jours, les souverainistes de droite comme de gauche ont immédiatement critiqué la « capitulation » de M. Macron et l’« éviscération » de l’industrie française.

Faire l’Europe et défendre les « fleurons français », céder les rênes tout en gardant un contrôle ultime : toutes les limites du « en même temps » macronien, version industrielle, sont là. En ce sens, le nouveau président peine à rompre avec une politique industrielle qui depuis trente ans s’est refusée à arbitrer entre l’efficacité économique, les intérêts particuliers et l’intérêt de l’Etat. On voulait éviter le désastre industriel et la colère populaire. On peut avoir en même temps l’un et l’autre.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/09/30/le-et-en-meme-temps-de-macron-en-version-industrielle_5194052_3232.html#ejkSVQ1kBX5e6lik.99

Si même Le Monde le dit...
P.G.

La Commission européenne propose une modification des règles de l’espace Schengen

L’instance européenne répond aux demandes de plusieurs pays, dont la France, afin de prolonger les contrôles à certaines frontières intérieures de l’UE

ill_1200637_e5f5_flagLa Commission de Bruxelles a proposé, mercredi 27 septembre, une modification du code Schengen, à savoir les règles qui régissent l’espace européen sans passeport. Sous la pression d’une série de pays, et en raison de la crise migratoire et de la menace terroriste, elle a dû se résoudre à admettre que les contrôles rétablis par plusieurs pays aux frontières intérieures de l’Union peuvent être maintenus, voire prolongés.

Usant d’éléments de langage assez transparents, Bruxelles nie tout « feu vert automatique » et affirme que l’absence de contrôles aux frontières est « l’essence même » d’un système qu’il convient de préserver absolument car, s’il était mis en danger, « cela signifierait le début de la fin de l’Europe », a insisté le commissaire aux affaires intérieures, Dimitris Avramopoulos. Les conditions d’application des nouvelles règles seront « strictes », les éventuels abus sanctionnés, souligne son collègue néerlandais Frans Timmermans. Plutôt que d’une mise à mal de Schengen, la Commission parle de son « renforcement ».

La réalité semble différente. Six Etats (la France, qui a invoqué le danger terroriste, l’Allemagne, le Danemark, l’Autriche, la Suède et la Norvège, pour des raisons liées à la pression migratoire après l’afflux massif de 2015), ont bel et bien rétabli les contrôles. L’autorisation accordée à Paris expire le 31 octobre, la tolérance dont bénéficient les autres capitales doit s’arrêter le 11 novembre. Ensemble, les gouvernements de ces pays ont plaidé récemment pour un assouplissement des règles, estimant que les dangers auxquels ils sont confrontés n’ont pas disparu.

Dans un savant exercice sémantique, la Commission leur répond que les contrôles doivent demeurer « l’exception », la mesure « en dernier recours ». Elle admet toutefois qu’elle doit assurer l’équilibre entre la liberté de mouvement et la sécurité. D’où sa proposition de maintenir, voire d’étendre les contrôles. La période « maximale » autorisée passera de six mois à douze. Et elle pourra, ensuite, être étendue jusqu’à vingt-quatre mois supplémentaires (trois ans au total, donc), à condition que le pays concerné se coordonne avec ses voisins, recueille l’autorisation des autres Etats membres et convainque la Commission.

Porte entrouverte à la Roumanie

Celle-ci prendrait-elle le risque de s’opposer à une capitale qui invoquerait un danger grave pour la sécurité de ses citoyens ou s’opposerait, par principe, à l’entrée de migrants sur son territoire – comme c’est déjà le cas pour une série de pays de l’Est ? C’est peu probable. D’où l’idée que, de détricotage en détricotage, c’est le projet même de Schengen qui pourrait finir par être enterré.

Schengen a déjà été plusieurs fois sous pression quand, en 2015, la Grèce a été menacée d’une suspension, voire d’une exclusion, ou quand, en 2012, Nicolas Sarkozy a menacé Bruxelles d’une sortie de la France si les « clauses de sauvegarde » de Schengen n’étaient pas révisées. C’est la gestion des frontières extérieures qui était en cause à l’époque. Et c’est ce point qui incite aussi une série de pays (Allemagne et Pays-Bas en tête) à refuser, depuis plusieurs années, l’entrée de la Roumanie et de la Bulgarie dans l’espace de libre circulation. Lors de son récent voyage à Bucarest, le président Macron a, lui, entrouvert la porte à la Roumanie, mais seulement quand Schengen aura été réformé, prévenait-il.

Mercredi, pour contrebalancer l’idée d’un rétrécissement de celui-ci, la Commission a, elle, proposé d’intégrer rapidement les deux pays. Elle est appuyée par le Parlement européen, mais il est peu probable que sa nouvelle tentative aboutisse. Réaliste, elle a d’ailleurs retiré la Croatie de sa liste de candidats alors que le président Jean-Claude Juncker l’avait citée lors de son récent discours sur l’état de l’Union, à Strasbourg.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/09/27/la-commission-europeenne-propose-une-modification-des-regles-de-l-espace-schengen_5192516_3214.html#HjFlryOXjZL8WOSV.99

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samedi 30 septembre 2017

Vidéos du jour: manifester pour dénoncer quoi?

Les manifestations se multiplient; logique, Macron met en oeuvre la feuille de route imposée par Bruxelles et les mesures anti- sociales provoquent la colère populaire. Mais défiler derrière des organisations qui ne désignent pas les vrais responsables pose problème...

VID MANIFS MACRON

JE NE MANIFESTERAI PAS CONTRE MACRON !!

https://www.youtube.com/watch?v=INTtkLrt8wE&feature=share

Ajoutée le 26 sept. 2017

Voir également, la dénonciation de Yannick de ceux qui ne veulent pas voir l'UE derrière ce que fait Macron:

Pourquoi Macron prend aux pauvres pour donner aux riches ?

https://www.youtube.com/watch?v=ry_cF829li4

Ajoutée le 30 juil. 2017
"Comme on le sait tous, les hommes politiques sont méchants et ils font le mal par plaisir de faire le mal. Ou bien est-ce que l'explication est un poil plus compliquée que ça et qu'il y a une logique à l'oeuvre dans ces décisions ? Et si en fait Macron n'était pas le vrai responsable de cette politique austère ? Dans cette vidéo, nous allons voir qu'en fait c'est pas de la gentillesse de nos élus qu'il est question, mais surtout on va le faire sans remettre en doute l'idée que Macron soit un connard, parce que faut pas déconner non plus.
/!\ Attention /!\ : A priori il y a eu une confusion de ma part sur la réforme des APL, il s'agit d'une baisse de 5€ (unique) sur le montant mensuel et non pas d'une baisse de 5€ chaque mois comme l'a laissé entendre la formulation communiquée dans les médias. Donc mon reproche adressé aux journaliste est injustifié sur cet exemple, en revanche ça n'invalide pas le reste de mon propos."

vendredi 29 septembre 2017

Les retraités descendent dans la rue pour dénoncer la hausse de la CSG

A l'appel de neuf organisations syndicales et associations, une journée de mobilisation des retraités a été lancée dans toute la France ce 28 septembre. Elle s'est traduite à Paris par une manifestation suivie par plusieurs milliers de personnes.

MANIF RETRAITES SEPT17«On nous demande encore un effort !», «On n'est pas des nantis !» : quelques milliers de retraités ont fait passer ce message en manifestant dès le matin du 28 septembre dans plusieurs villes en France, pour protester contre la hausse de la CSG.

A l'appel de neuf organisations syndicales et associations, cette journée annuelle de mobilisation des retraités a été lancée dès la matinée en région, avant la manifestation parisienne qui a débuté à 14h30 au départ de la place de l'Opéra.

Des députés de La France insoumise (LFI), dont Adrien Quatennens, député du Nord, ont rejoint le cortège parisien de manifestants.

«Nous allons faire savoir à Emmanuel Macron que, s'il a été élu au nom de la République, il n'a pas la majorité pour appliquer cette politique», a notamment déclaré Adrien Quatennens devant plusieurs milliers de retraités rassemblés près de la place de l'Opéra.

«Avec 1 300 euros par mois, j'ai du mal à vivre et le président Macron, avec l'augmentation des CSG va me prendre 400 euros par an. Je ne sais même pas comment je vais payer ma prime d'assurance pour ma maison», a également tempêté un retraité au micro de RT France.

Les cortèges les plus importants ont réuni environ 2 000 personnes à Bordeaux, 850 à Toulouse et 700 à Brest, selon la police, ou encore 1 000 à Rouen, selon les organisateurs. Ils étaient également quelques centaines à Rennes, Reims, Strasbourg et Besançon.

Dès 2018, près de 60% des retraités, soit huit millions de personnes, seront touchés par l'augmentation de 1,7 point du taux normal de la CSG. Cette mesure doit servir à compenser la suppression des cotisations chômage et maladie pour les salariés du secteur privé.

Emmanuel Macron avait qualifié la mesure d'«effort» aux «retraités les plus aisés» pour «récompenser le travail» en redonnant du pouvoir d'achat aux actifs. Cependant, selon le chef de l'Etat, cette hausse des prélèvements sera atténuée par la baisse de la taxe d'habitation pour une partie des retraités.

En revanche, la mesure ne concerne pas les 40% des retraités les plus modestes, exonérés ou soumis à la CSG à taux réduit.

https://francais.rt.com/france/43900-retraites-dans-rue-pour-denoncer-hausse-csg


 

UPR-GOPE-image-site-2N'oublions jamais l'origine réelle de la politique sociale de Macron: les grandes orientations de politique économique, document dont les objectifs doivent être suivis, quelle que soit la couleur politique des gouvernements, et qui ont été définis par la Commission européenne. Une information trop souvent "oubliée" sur les banderoles des manifestants, hélas.

P.G.

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mercredi 27 septembre 2017

L’Etat supprime les aides au maintien de l’agriculture bio

Le ministre de l’agriculture recentre les aides sur le soutien aux nouveaux producteurs, provoquant l’incompréhension de la filière.

Par Laurence Girard

2e30f8e_7422-5fv6wsPhoto: Gwénolé Le Roy cultive des légumes en pleine terre selon les règles de l’agriculture biologique, à Plouescat (Finistère), depuis 2012. FRED TANNEAU / AFP

Stéphane Travert se savait attendu. En visite au salon Tech & Bio, à Bourg-lès-Valence, dans la Drôme, mercredi 20 septembre, le ministre de l’agriculture a livré son projet pour l’agriculture biologique en France. En l’occurrence, il a annoncé que l’Etat se désengageait des aides au maintien, une part des soutiens versés aux agriculteurs souhaitant s’engager dans la voie d’une agriculture plus respectueuse de l’environnement.

 « Nous allons, dès 2018, recentrer les budgets disponibles sur le financement des nouveaux contrats d’aide à la conversion », a déclaré M. Travert. Sachant que le soutien aux agriculteurs se décline en deux formes de subsides, une aide à la conversion et une autre au maintien. La première accompagne la période de transition de trois ans pendant laquelle l’exploitant voit ses rendements chuter et est payé à un prix intermédiaire. La seconde prend le relais, après la certification, pour consolider le nouveau modèle économique de la ferme.

Depuis plusieurs mois, la question du financement du bio était posée. Paradoxalement, cette agriculture est victime de son succès. Les crises agricoles, mais aussi l’appétit des consommateurs, ont suscité un flot de conversions. Au point que les enveloppes se sont retrouvées vides. En 2012, le montant était fixé à 90 millions d’euros annuels. Stéphane Le Foll s’était engagé, en 2013, à le porter graduellement à 160 millions d’euros par an. Insuffisant. En 2016, il avait annoncé le déblocage de 50 millions supplémentaires pour financer l’agriculture bio, mais aussi les mesures agro-environnementales.

Les aides sont gérées conjointement par l’Etat et les régions

Autre élément de complexité, avec la nouvelle politique agricole commune (PAC), mise en pratique en 2015, les aides sont gérées conjointement par l’Etat et les régions. Depuis le flou, voire l’opacité, règne. M. Travert a d’ailleurs renvoyé la balle aux régions affirmant « qu’elles pourront continuer de financer des aides au maintien sur de nouveaux contrats, mais elles devront le faire en responsabilité et sans mobiliser les crédits du ministère ».

Pour faire face à ces difficultés et anticiper le développement futur de cette agriculture, la Fédération nationale de l’agriculture biologique (FNAB) demandait que 3 % du budget du premier pilier de la PAC (il s’élève à 7,44 milliards d’euros), qui correspond aux aides directes versées au niveau national, soient transférés sur le second pilier. Le financement de l’agriculture bio, comme celui de l’agriculture de montagne, dépend en effet de ce second pilier destiné à renforcer les politiques de développement rural. Il est doté de 1,7 milliard d’euros. Des budgets gérés par les régions qui abondent les crédits européens au gré de leur politique d’investissement. Les 3 % réclamés par la FNAB représentaient un montant annuel de 230 millions d’euros.

Fin juillet, le ministre de l’agriculture a décidé d’un transfert supplémentaire de 4,2 % du premier vers le second pilier, à partir de 2018. Soit un transfert annuel estimé à près de 300 millions d’euros. Mais ce montant doit être réparti entre les aides à l’agriculture de montagne, c’est-à-dire l’indemnité compensatoire de handicaps naturels (ICHN), les mesures agro-environnementales, l’assurance récolte et le bio. Sachant que, pour la seule ICHN, le manque de financement jusqu’à 2020 est estimé à 850 millions d’euros. La FNAB s’était alors inquiétée de l’insuffisance de moyens de l’agriculture bio.

En accord avec la FNSEA

La répartition des aides a été au cœur des débats d’une réunion entre Etat et régions, organisée le 19 septembre. Les discussions se poursuivent. M. Travert n’a d’ailleurs pas chiffré le montant des aides qui seront versées in fine à l’agriculture biologique après 2016 – il y a en effet deux ans de décalage entre l’année de production et le versement des aides. Il a simplement indiqué que les engagements budgétaires pris par le programme Ambition bio, d’un montant de 160 millions d’euros, seront atteints dès 2016. Et a répondu aux agriculteurs confrontés aux retards de paiement répétés qu’« un versement des aides à l’agriculture biologique au titre de la campagne 2015 interviendra à partir de novembre 2017. Le paiement des aides 2017 débutera à compter de mars 2018 ».

sur le même sujet Le changement de répartition des aides agricoles européennes suscite la polémique

En choisissant de ne plus soutenir les aides au maintien, l’Etat est en accord avec le syndicat agricole FNSEA. « Il y a un arbitrage à faire entre aide à la conversion et aide au maintien. La priorité, c’est l’aide à la conversion. Pour l’aide au maintien, nous pensons que c’est au marché de prendre le relais », affirmait Jérôme Despey, secrétaire général de la FNSEA, en juillet. Une position soutenue par Pascal Viné, directeur général de Coop de France, l’organe représentatif de la coopération agricole française. « Il faut que le marché rémunère le bio. Il serait bien qu’il n’y ait plus une aide au maintien spécifique. »

Le syndicat Confédération paysanne qualifie, lui, de « nouveau renoncement », la décision prise par M. Travert. « Le ministre dit clairement au monde agricole et à la société : le marché décidera », affirme-t-il dans un communiqué. D’autant qu’il considère comme urgent de « légiférer à l’issue des Etats généraux de l’alimentation pour rééquilibrer le rapport de force entre les paysans et l’aval, et que l’Etat réendosse la responsabilité qui est la sienne, à savoir engager et accompagner la nécessaire transition agricole ».

Pour la FNAB, « la suppression des aides au maintien est un déni des services environnementaux rendus à la collectivité par la bio ». Elle s’interroge également sur l’ambition politique pour l’agriculture bio, alors que M. Travert a fixé un objectif de 8 % des surfaces agricoles utiles en bio d’ici à 2020, contre 6,5 % actuellement. La FNAB estime que l’Etat doit se fixer un « objectif ambitieux d’être le premier pays bio d’Europe avec 20 % des surfaces agricoles utiles bio en 2022 ».

M. Travert a rappelé qu’il avait suggéré qu’un « fonds privé puisse être mis en place pour venir financer des projets de développement et de structuration des filières bio » et qu’il attendait « des travaux des états généraux de l’alimentation des propositions concrètes et responsables ».

http://mobile.lemonde.fr/economie/article/2017/09/22/l-etat-supprime-les-aides-au-maintien-de-l-agriculture-bio_5189584_3234.html?xtref=http%3A%2F%2Fm.facebook.com%2F

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dimanche 24 septembre 2017

LETTRE OUVERTE DE CHARLES-HENRI GALLOIS « À SES AMIS CATALANS »

Charles-Henri Gallois, responsable national de l'UPR en charge des questions économiques, a passé une partie de ses études supérieures à Barcelone, chef-lieu de la province espagnole de Catalogne.
À l'occasion du conflit entre le gouvernement de Madrid et les autorités catalanes sur le projet de référendum d'indépendance de la province espagnole, Charles-Henri Gallois a publié une petite lettre ouverte « à ses amis catalans ».
Il a publié cette lettre en français et en espagnol, tous les Catalans parlant évidemment la langue de Cervantès.

CHARLES HENRI CATALOGNEÀ mes amis catalans,

La grande faiblesse de l'indépendantisme catalan est de faire des promesses intenables et incompatibles.

Si l'on met de côté la CUP, le grand parti indépendantiste Junts pel sí (coalition de la gauche indépendantiste ERC et de la droite indépendantiste PDeCAT) promet une indépendance dans la cadre de l'UE et de l'euro !

Quiconque a étudié ce qu'implique la participation à l'UE sait qu'il n'y a aucune indépendance possible dans ce cadre. Un État est souverain et indépendant quand :

1)- il décide de ses lois (l'immense majorité de nos lois nationales viennent de l'UE) ;

2)- il rend la justice (la juridiction européenne surplombe la nationale et quand vous ne décidez de toute façon plus de la majorité de vos lois...) ;

3)- il a le pouvoir de battre monnaie (de facto, un pouvoir inexistant dans l'euro) ;

4)- il décide de faire la guerre ou non (l'UE a désormais une politique de Défense commune et est soumise à l'OTAN dans le cadre de l'article 42 du TUE).

On voit par conséquent que l'indépendance et la souveraineté sont incompatibles avec l'appartenance à l'UE et à l'euro.

Il en résulte que les partisans de l'indépendance de la Catalogne auront forcément la gueule de bois :

a)- ceux qui veulent être "indépendants" mais rester dans l'UE et dans l'euro vont sans aucun doute être trompés car toute région de l'UE qui se sépare d'un pays sort automatiquement de l'UE et doit candidater pour re-rentrer. On voit mal l'Espagne accepter l'adhésion de ce nouveau pays ;

b)- ceux qui veulent vraiment être indépendants, s'ils parviennent à rester dans l'UE et dans l'euro vont découvrir qu'ils ne le sont pas du tout et vont également se sentir trompés. De surcroît, ils paieront pour la Roumanie ou la Pologne au lieu de payer pour l'Andalousie ! La belle affaire !

Dans les deux cas, la promesse initiale d'indépendance de la #Catalogne dans l'UE et l'euro est trompeuse.

Une histoire qui commence par un double mensonge finit rarement bien.

Charles-Henri Gallois
Responsable national de l'UPR en charge des questions économiques
23/09/2017