dimanche 31 décembre 2017

Les USA entraîneraient des anciens combattants de l’Etat islamique afin de déstabiliser la Syrie

Par Jason Ditz le 27 décembre 2017 | Antiwar

Pendant longtemps, la Russie et les États-Unis ont divergé sur les stratégies en Syrie et se sont vus tenter délibérément de saper les efforts de l’autre. Le chef d’état-major de Russie, le général Valery Gerassimov, voit un tel effort de la part des États-Unis à partir de la base frontalière d’Al-Tanf.

TL GUERRE SYRIE US

Lors d’une interview, le général Gerassimov a accusé les Etats-Unis d’utiliser la base de Tanf comme un « trou noir » pour que les anciens combattants de l’Etat islamique soient formés par les Etats-Unis en tant que membres de nouvelles factions militantes islamistes.

La base du Tanf a longtemps été un mystère, les Etats-Unis déployant de grands efforts pour établir une base à la frontière entre la Jordanie, l’Irak et la Syrie, y installant une faction rebelle qui n’est pratiquement présente nulle part ailleurs que dans cette base. Cette faction sort parfois pour attaquer les forces syriennes qui se trouvent près de la zone.

À un moment donné, les États-Unis présentaient la base comme leur base d’opérations contre l’Etat islamique, mais depuis que ce dernier a été expulsé de la quasi-totalité du territoire syrien, Tanf est à la limite du territoire tenu par le gouvernement syrien.

Il n’est pas rare que les Russes accusent les Etats-Unis de « soutenir l’Etat islamique » ou d’anciens membres […]; les opérations de contrebande d’armes de la CIA ont donné à l’Etat islamique une énorme puissance de feu […]

Cela cadre parfaitement avec la stratégie américaine pour la Syrie, mise au point par l’administration Obama, qui consistait à maintenir la guerre en soutenant suffisamment de rebelles pour empêcher la victoire d’Assad, mais pas assez pour qu’ils puissent l’emporter face aux troupes du gouvernement syrien.

Depuis que le président Trump a pris ses fonctions, les déclarations sur la stratégie syrienne ont toujours été axées sur la « victoire », même si ce n’est pas toujours clair. Cependant, si ce que le commandant russe dit est vrai, la stratégie américaine pourrait être celle d’une guerre permanente.

Original:http://news.antiwar.com/2017/12/27/russia-us-training-former-isis-fighters-to-destabilize-syria/

Traduit en français par: La gazette du citoyen

http://arretsurinfo.ch/les-usa-entraineraient-des-anciens-combattants-de-letat-islamique-afin-de-destabiliser-la-syrie/

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De bien sombres perspectives pour 2018. Espérons que des hommes d'Etat d'envergure sauront faire prévaloir la sagesse et le respect du droit international, c 'est en tous cas le souhait que nous formulons en ce dernier jour de 2017.

Bonne année à tous!   P.G.

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jeudi 28 décembre 2017

La Syrie enjoint les troupes américaines et turques à quitter le pays au plus vite

L’ambassadeur de Syrie auprès des Nations unies, Bachar al-Jaafari, a demandé le 22 décembre aux troupes américaines et turques de quitter le pays au plus vite. Damas n'a jamais autorisé Washington ni Ankara à y déployer des forces militaires au sol.

ACT SYRIE US

Présent à Astana (Kazakhstan) le 22 décembre, afin de participer aux discussions sur le règlement politique à la crise syrienne, Bachar al-Jaafari, l'ambassadeur de la Syrie auprès de l'ONU, a prié les troupes américaines et turques de quitter le territoire syrien dans les plus brefs délais.

Damas dénonce en effet régulièrement leur déploiement qui n'a pas été autorisé par les autorités syriennes.

Le 17 mars, le président syrien Bachar el-Assad avait par exemple déclaré à l’agence chinoise Phoenix TV, citée par l'agence syrienne Sana : «Tous les militaires étrangers qui gagnent la Syrie sans invitation, consultation ou permission, qu’ils soient américains, turcs ou autres, sont des envahisseurs

En réaction au lancement d'une opération militaire turque en Syrie incluant des chars, le 12 octobre 2017, Mohamed Ramez Torjmane, le ministère syrien de l'Information, avait réclamé le départ immédiat de ces forces, invoquant une agression flagrante contre la souveraineté et l'intégrité territoriale du pays. La Turquie avait assuré opérer dans le cadre de la mise en application d'une «zone de désescalade», conformément aux accords d'Astana – une justification contestée par Damas. 

En ce qui concerne les troupes américaines présentes sur le sol syrien – dont le nombre ne semble pas clair même pour les officiels américains – le secrétaire américain à la Défense, James Mattis, a fait savoir qu'il n'était pas prévu qu'elles partent pour l'instant. Selon lui, les forces de la coalition attendront pour se retirer que le processus de Genève – au point mort depuis plusieurs années – «ait progressé».

Les forces russes commencent à quitter le pays

L'appel de l'ambassadeur syrien à l'ONU intervient alors que la Russie a entamé, le 12 décembre, le retrait des troupes qu'elle avait commencé à déployer pour combattre Daesh il y a deux ans, à la demande du gouvernement syrien.

Sergueï Choïgou, ministre russe de la Défense, a annoncé ce jour que le retrait de ses unités des forces aériennes, de ses médecins militaires, de ses démineurs, d'un bataillon de police militaire, de 36 avions et de quatre hélicoptères était achevé.

Le 11 décembre, le président russe avait annoncé le début de ce retrait lors de sa visite surprise sur la base militaire de Hmeimim, estimant terminée la mission de soutien des troupes russes au gouvernement syrien. Quelques jours plus tôt, le 6 décembre, Moscou avait annoncé la libération totale de la Syrie des terroristes de Daesh.

La Russie va néanmoins conserver en Syrie son Centre de réconciliation des belligérants, trois bataillons de police militaire, la base aérienne de Hmeimim et la base militaire navale de Tartous, selon des déclarations du 22 décembre du ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou. La veille, les députés russes avaient d'ailleurs ratifié un accord entre Moscou et Damas prévoyant l'agrandissement des installations portuaires militaires russes à Tartous.

https://francais.rt.com/international/46765-syrie-exhorte-troupes-us-turques-quitter-territoire

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vendredi 22 décembre 2017

L’affaire Lafarge dévoile les liens entre Daesh et l’élite dirigeante française

L’enquête sur le financement de Daesh (l’Etat islamique) par LafargeHolcim souligne le caractère frauduleux de la lutte antiterroriste prétendument menée par la France et ses alliés de l’Otan. Elle laisse entrevoir un financement délibéré sur cinq ans par une entreprise du CAC 40 d‘organisations terroristes responsables d‘attentats dans toute l‘Europe, notamment en France.

TL LAFARGE FABIUS JIHAD

Elle pose directement la question du rôle joué par l’Etat et le gouvernement PS de François Hollande. Le PS a réagi aux attentats meurtriers de janvier et novembre 2015 en France en imposant l’état d’urgence et il a promu le FN en invitant Marine Le Pen à l’Elysée. L’état d’urgence a fourni un faux prétexte à la répression brutale de manifestations contre la loi travail du PS, à savoir, que ces luttes gênaient le travail de police nécessaire à la lutte contre le terrorisme et à l’unification de la France autour d’un projet sécuritaire et une lutte contre l’islamisme.

Or, selon les informations ressorties lors de la mise en examen ces deux dernières semaines de six dirigeants du cimentier – dont l’ex-PDG de LafargeHolcim, Bruno Lafont et l’ex-directeur général du groupe, Éric Olsen – Lafarge finançait le milieu des milices terroristes en Syrie à l’époque où celles-ci commettaient les attentats qui ont servi de prétexte à l’état d’urgence.

Le Monde a traité la mise en examen des patrons de Lafarge de «coup de tonnerre». «C‘est la première fois qu’un patron du CAC 40 est mis en cause pour une infraction terroriste» écrit ce journal.

De plus, Lafarge aurait eu recours au mensonge et à la production de faux pour justifier son financement des groupes terroristes. Le Service national de douane judiciaire (SNDJ), qui a mené les interrogatoires des cadres de Lafarge ayant conduit à leur mise en examen a estimé que la direction française du groupe avait «validé ces remises de fonds en produisant de fausses pièces comptables».

Les informations fournies par Lafarge invalident son alibi précédent, à savoir que le groupe n’avait versé ces sommes aux milices terroristes que parce que le groupe devait se plier à un «racket» de Daesh afin de protéger son usine de ciment située près de Raqqa, dans le nord de la Syrie.

Un rapport de la société d’audit londonienne PricewaterhouseCoopers (PWC), commandité par Lafarge, précise que le groupe aurait versé 13 millions de dollars entre 2011 et 2015 aux diverses milices islamistes en Syrie. Selon ce rapport, ce financement a continué jusqu’en 2015, bien après la fermeture de l’usine en septembre 2014.

Selon les avocats de Sherpa – l‘association qui s‘est portée partie civile dans cette affaire en 2016 pour «mise en danger de la vie d‘autrui» et a ainsi déclenché l’enquête pour «financement d‘entreprise terroriste» menée par trois juges des pôles antiterroriste et financier de Paris – une grande partie de cet argent est allé, indirectement ou directement, dans les poches de Daesh.

Un autre rapport rédigé par le cabinet d‘expertise américain Baker McKenzie, lui aussi missionné par Lafarge, révèle que la filiale syrienne de Lafarge aurait à elle seule versé de juillet 2012 à septembre 2014 près de 5,6 millions de dollars aux milices, dont plus de 500.000 dollars à Daesh. Le fils de l‘ex-ministre de la Défense syrien, Firas Tlass, aurait servi d’intermédiaire.

Ainsi, alors même que la classe politique française débattait en 2014 et 2015 de l‘opportunité ou non de bombarder Daesh en Syrie, Lafarge finançait la milice terroriste. Le gouvernement Hollande a ordonné le premier bombardement des positions de Daesh en Syrie juste après les attentats du 13 novembre 2015 à Paris. Jusqu’alors, la France ne bombardait que les positions irakiennes de Daech et gardait ainsi la possibilité de profiter des actions de Daesh en Syrie.

L‘image ressortant de l’enquête n‘est pas celle d‘une entreprise ayant voulu rester en Syrie pour y représenter la France ou encore rentabiliser un des plus gros investissements français hors pétrole au Moyen Orient, et aurait donc accepté le «racket» de Daesh, comme l’ont prétendu les cadres incriminés. C‘est plutôt celle du financement délibéré d’organisations terroristes que le PS présentait alors comme des forces légitimes dans sa guerre, menée en alliance avec Washington, pour renverser le gouvernement de Bachar al-Assad.

Une lutte intense se poursuit à l’intérieur des milieux officiels français à propos de cette affaire, que suivent manifestement de près les milieux financiers et judiciaires anglo-américains.

Cette semaine, Sherpa a demandé au parquet de lancer une enquête «pour entrave à l’exercice de la justice» et accusé Lafarge d‘avoir voulu «acheter le silence» des six cadres mis en examen et ainsi «devancer les interrogations qui pourraient leur être soumises».

L‘association a réitéré sa demande que les investigations ne se limitent pas à Lafarge mais qu‘elles fassent aussi la lumière sur le rôle des autorités françaises de l’époque. Son porte-parole a évoqué «la frilosité, la complaisance, voire la complicité» des ces autorités. «Qui nous dit qu’entre-temps, une partie de l’argent versé à l’EI (Daesh) n’a pas servi à financer un attentat en France?» s’est interrogée son avocate Marie Dosé.

En fait, l’affaire Lafarge soulève le rôle non seulement de la France, mais des gouvernements de toutes les grandes puissances de l’Otan. A partir de 2011, ces puissances ont organisé avec les monarchies du Golfe le financement de milices islamistes en Syrie à la hauteur de milliards de dollars. Cette guerre a dévasté la Syrie, fait des centaines de milliers de morts, et forcé plus de 10 millions de Syriens à fuir leurs foyers.

Les médias et les responsables politiques des pays de l’Otan ont tenté de cacher autant que possible le caractère politiquement criminel de cette guerre, et notamment le fait que les alliés de l’Otan en Syrie, comme dans la guerre de 2011 en Libye, étaient des milices terroristes liées à Al Qaïda.

L’affaire Lafarge montre aussi le rôle réactionnaire et mensonger des groupes de la pseudo gauche petite-bourgeoise, comme le Nouveau parti anticapitaliste en France, qui ont été des partisans et des complices de l’impérialisme dans ces conflits. Ils ont présenté éhontément les groupes djihadistes anti-Assad comme l‘émanation d‘une révolte populaire. Alors que le CAC-40 finançait les différentes milices islamistes sur le terrain en Syrie, ils prétendaient que cette opération était une révolution démocratique syrienne.

Dans ces conditions, il faut poser la question: pourquoi les responsables du gouvernement PS ne sont-ils pas entendus – a commencer par l’ex-président Hollande, qui a décidé en 2012 de reconnaître les milices d’opposition en tant que gouvernement de la Syrie? La «demande d‘acte» de Sherpa en octobre avait d’ailleurs exigé que les ambassadeurs français en Syrie et l‘ex-ministre PS des Affaires étrangères Laurent Fabius soient entendus. Toutefois, les médias et la classe politique française font le silence sur cet aspect central de l‘affaire.

Par Francis Dubois et Alexandre Lantier
18 décembre 2017

Source: http://www.wsws.org/fr/articles/2017/12/18/lafa-d18.html

http://arretsurinfo.ch/laffaire-lafarge-devoile-les-liens-entre-daesh-et-lelite-dirigeante-francaise/

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Précision: le site wsws.org est un site "trotskyste", d'où la diatribe (justifiée de mon point de vue) envers le NPA et le vocabulaire utilisé.  P.G.

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lundi 18 décembre 2017

Brèves d'antipresse

TECHNOLOGIE | La Silicon Valley protège ses enfants, elle!

MC ECOLE SYRIE DEC17

Le journaliste qui a découvert, tout à fait par hasard, que Steve Jobs ne laissait pas ses gosses utiliser l’iPad, en est resté bouche bée :

«“Alors, vos enfants adorent surement l'iPad?", ai-je demandé à M. Jobs, en essayant de changer de sujet. La première tablette de l'entreprise venait juste de sortir. “Ils ne l'ont jamais utilisé“, m'a-t-il dit. “Nous limitons la quantité de technologie que nos enfants utilisent à la maison."»

Depuis lors, les gouvernements ont massivement équipé les écoles de tablettes, les enfants sans smartphone se sont faits rares (et bizarres), mais les parents de la Silicon Valley ont continué de faire exception.

Même les enfants de Sergey Brin, de Google, grandissent avec un temps d’écran strictement limité, affirme leur maman, Anne Wojcicki, fondatrice de l’entreprise de testes génétiques 23andMe.

Le tout dernier exemple vient de Chamath Palihapitiya, ancien cadre de Facebook et poids lourd dans les investissements technologiques, dont les enfants n’ont aucun accès du tout aux écrans!

«Palihapitiya dit que ses trois enfants, âgés de 5 à 9 ans, «le demandent tout le temps parce que leurs amis l'ont tout le temps». Mais il assure qu'il ne cède jamais, sauf occasionnellement pour un film.»

Il ajoute encore que les médias sociaux sont en train de «démolir» la société.

Les parents ordinaires, impuissants face à l’addiction de leurs enfants à la technologie, seront rassurés d’apprendre que les barons de la Silicon Valley protègent aussi bien leur progéniture contre les drogues qu’ils vendent au reste du monde.

http://log.antipresse.net/post/technologie-la-silicon-valley-protege-ses-enfants-elle?mc_cid=c9010debfb&mc_eid=3a5e263339

USA | Quand le « Russiagate » débouche en… Israël

L’Amérique est tout entière suspendue aux résultats de l’enquête sur le Russiagate. Jusqu’ici ni la meute des limiers des agences de renseignement, ni celle des journalistes branchés sur l’affaire du siècle, ni les recherches du procureur spécial Robert Mueller n’ont fourni la preuve d’une collusion de l’équipe de Trump avec le Kremlin pour manipuler l’élection présidentielle. Mais les récents aveux du Général Michael Flynn ont au moins révélé une chose et la preuve est là : il y a eu effectivement collusion! Non pas avec la Russie, mais avec Israël, pour mettre en échec une résolution des Nations Unies condamnant la politique de colonisation en Cisjordanie!

«Jusqu’à ce que Mueller publie son rapport final, nous pouvons tous nous mettre d’accord sur nos désaccords au sujet de la collusion ou non entre la campagne électorale de Trump et la Russie. Pour le moment, toutefois, ce que nous savons avec certitude et qui semble indiscutable, c’est que Flynn et Kushner sont entrés en collusion avec Netanyahu et Dermer, sur l’ordre de Trump, pour rendre l’Amérique non pas great again, mais bien moins sûre.»

«Pourquoi cela ne fait pas la une des nouvelles?» se demande avec une fausse candeur The Intercept. La réponse est toute trouvée: c’est qu’il n’y a pas là de quoi fouetter un chat.

http://log.antipresse.net/post/usa-quand-le-russiagate-debouche-en-israel?mc_cid=c9010debfb&mc_eid=3a5e263339

FRANCE | Apprend-on encore à lire à l’école?

Pendant que la nation pleurait la mort de deux géants de sa culture, Jean d’Ormesson et Johnny Hallyday, un avis de décès moins spectaculaire mais plus affligeant encore passait inaperçu: celui de l’alphabétisation au pays de Jules Ferry!

Les conclusions de l’enquête Pirls sur les niveaux scolaires dans 50 pays sont affligeantes pour la France, qui tombe à l’avant-dernier rang européen, tout juste devant la Belgique!

«Les écoliers français se classent 34e sur 50 en compréhension en lecture, avec 511 points. Ils sauvent tout juste l'honneur, en dépassant de peu le dernier pays européen, la Belgique francophone (497 points).»

En quinze ans, seuls la France et les Pays-Bas ont régressé en matière d’apprentissage de la lecture, tandis que la Belgique, en queue de peloton, consolide son bonnet d’âne. Il faudra nommer une commission interdisciplinaire de haut niveau pour essayer de comprendre pourquoi…

http://log.antipresse.net/post/france-apprend-on-encore-a-lire-a-lecole?mc_cid=c9010debfb&mc_eid=3a5e263339

SYRIE | Au fait, QUI a vaincu Daech?

Pendant que nos médias s’indignent de l’«appropriation» de la victoire contre Daech en Syrie par Vladimir Poutine, on apprend tout de même que «l’aide militaire fournie aux rebelles syriens a indirectement contribué à armer l’EI». Une aide militaire qui, entendons-nous bien, n’a pas été fournie par la Russie, mais bien par les Occidentaux. Lesquels ont également — c’est désormais confirmé — conclu un accord secret avec les djihadistes à Raqqa, qui a «boosté la lutte des Etats-Unis contre les forces du président syrien Bashar al-Assad». Lequel accord avait pour but de permettre auxdits djihadistes d’évacuer la ville et aller combattre le gouvernement de M. Assad ailleurs en Syrie.

Quels mythomanes, ces Russes! Aller prétendre qu’ils ont éliminé l’EI tout seuls avec Bashar!

http://log.antipresse.net/post/syrie-au-fait-qui-a-vaincu-daech?mc_cid=c9010debfb&mc_eid=3a5e263339

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samedi 9 décembre 2017

Lafarge en Syrie : trois cadres mis en examen pour "financement d'une entreprise terroriste"

Trois cadres du cimentier Lafarge, soupçonnée d'avoir indirectement financé des organisations jihadistes, dont le groupe Etat islamique, pour continuer à faire fonctionner sa cimenterie de Jalabiya dans le nord de la Syrie malgré la guerre, ont été mis en examen vendredi 1er décembre, a appris France Inter de source judiciaire.

ACT LAFARGE SYRIE

Bruno Pescheux, directeur de l'usine de 2008 à 2014, et Frédéric Jolibois, éphémère directeur de l'usine à partir de l'été 2014, pour les chefs de "financement d'une entreprise terroriste", "violation de la réglementation relative aux relations financières avec l'étranger" et "mise en danger de la vie d'autrui".

Jean-Claude Veillard, directeur sûreté chez Lafarge, est lui mis en examen pour "financement d'une entreprise terroriste" et "mise en danger de la vie d'autrui".

Bruno Pescheux a reconnu avoir indirectement versé de l'argent à des groupes armés

Jean-Claude Veillard et Frédéric Jolibois ont été placés sous contrôle judiciaire, tout comme Bruno Pescheux qui a fourni un cautionnement à hauteur de 150 000 euros. Ce dernier est un des rares dans ce dossier à avoir reconnu avoir indirectement versé de l'argent à des groupes armés.

Le groupe Lafarge est soupçonné d'avoir versé de l'argent au groupe Etat islamique pour continuer à faire fonctionner en 2013 et 2014 son usine de Jalabiya, dans le nord de la Syrie. Depuis juin 2017, trois juges - un juge antiterroriste et deux magistrats du pôle financier du tribunal de grande instance de Paris - enquêtent sur ces soupçons de financement du terrorisme et sur une possible mise en danger de la vie d'autrui des salariés.

https://www.francetvinfo.fr/monde/proche-orient/offensive-jihadiste-en-irak/lafarge-en-syrie-un-cadre-mis-en-examen-

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vendredi 1 décembre 2017

Le véritable agenda des Caques blancs

Dans cette publication, vous pourrez lire un article de "Ouest france", qui, c'est le moins qu'on puisse dire, vous présente la version" officielle" (c'est- à dire euro- atlantiste, la seule autorisée dans les médias français) sur les fameux "casques blancs" en Syrie.

 

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Dans un 2° temps, vous pourrez visionner, à partir du lien présenté, une conférence qui vient d'avoir lieu en Suisse sur la question, et qui a fait l'objet de pressions, notamment de "Reporters Sans Frontières" en vue de son annulation.

A vous de juger!

P.G.


Qui sont les « Casques blancs » de Syrie ?

 

ARG EXPRESSION SUISSE OTAN

 

Sélectionnés et favoris, selon certains observateurs internationaux, pour le prix Nobel de la Paix 2016, les Casques blancs syriens sont l’objet d’une forte attention médiatique. Mais qui sont-ils vraiment ?

Pourquoi on en parle ?

À Alep, en Syrie, après chaque bombardement de l’armée de Bachar el-Assad, des dizaines de personnes se précipitent vers les décombres afin de sauver le maximum de vies. Parmi eux, certains portent des casques blancs. Ces bénévoles qui risquent leur vie en essayant de sauver celles des autres ont reçu le Right Livelihood Award, un « prix Nobel alternatif », le 22 septembre dernier. Ils figurent également parmi les candidats au prix Nobel de la Paix 2016 dont le nom du ou des lauréats est attendu vendredi 7 octobre à Oslo, en Norvège. [Le prix Nobel de la paix a été décerné ce vendredi à Juan Manuel Santos, le président colombien, pour avoir tenté de rétablir la paix avec les Farc. Le "non" des Colombiens n'a pas découragé l'académie suédoise.7 oct. 2016/NdR]

Un événement qui, selon Nina Walch, coordinatrice à Amnesty International France, permet « d’attirer l’attention de l’opinion internationale sur le conflit syrien et son impact destructeur sur la vie quotidienne des habitants assiégés de la ville d’Alep ».

Les Casques blancs sauvent des vies au péril de la leur.

Qui sont les casques blancs ?

Ces sauveteurs font partie de la Défense civile syrienne, une organisation née en 2013 qui regroupe les habitants qui interviennent spontanément dans leurs villes et villages, afin de répondre aux urgences humanitaires imposées par la guerre civile de leur pays. D’un effectif d’à peine 20 personnes il y a trois ans, les rangs des Casques blancs ont grossi au point d’atteindre près de 3 000 volontaires en uniformes et coiffés de casques blancs.

Dans la ville assiégée d’Alep, 120 sauveteurs mettent leur vie en danger. Dans leurs rangs, les professions sont aussi multiples que les bombardements de l’armée de Bachar el-Assad sont fréquents. « Ce sont des boulangers, des professeurs, des ouvriers… Tous issus de la société civile syrienne », précise Nina Walch.

Quelles sont leurs missions ?

Leurs objectifs sont simples. Après chaque bombardement, les Casques blancs s’efforcent d’arriver le plus vite possible sur les lieux touchés par les frappes aériennes afin de sauver le maximum de blessés coincés sous les décombres. Toutefois, les hommes de la Défense civile syrienne sont également soldats du feu, plombiers, ambulanciers, infirmiers…

Enfin, ils ne portent pas d’armes pendant leurs missions. Ils ne poursuivent qu’un but humanitaire. « La population syrienne les voit presque comme des héros, qui les aident au quotidien. Pour les Casques blancs, secourir les victimes des bombardements est le moyen d’aider leur peuple qui souffre », ajoute Nina Walch.

142 Casques blancs sont morts depuis le début de la guerre civile.

Pris pour cibles par le régime

À Alep, les membres de l’organisation présents sur place vivent « dans les mêmes conditions que les autres civils »,

déclarait dernièrement Raed Saleh, le chef de l’organisation des Casques blancs.

De plus, ils sont traités comme des membres de l’opposition au gouvernement de Bachar el-Assad.

Raed Saleh est convaincu que « le régime fera tout pour les assassiner ou les appréhender ».

En portant secours aux populations prises au piège par le siège et les bombardements continus d’Alep,

les Casques blancs sont pris pour cibles par les

avions et hélicoptères du régime.

« Les bénévoles redoutent les « double tap strikes ».

Après avoir frappé une cible,

l’armée de Bachar el-Assad attend que les Casques blancs

soient sur place afin de bombarder une

nouvelle fois la même cible et faire des victimes

parmi les secouristes », indique Nina Walch,

d’Amnesty International France. Depuis le début du conflit syrien,

142 membres de l’organisation

de Défense civile syrienne ont perdu la vie.

De nombreux soutiens internationaux

La situation précaire des Casques blancs a attiré l’attention

de différentes organisations

non gouvernementales (ONG), d’élus et de citoyens.

Ils ont également fait l’objet d’un documentaire,

The White Helmets, diffusé depuis le 16 septembre sur le service de streaming Netflix.

En tout, 130 organisations se sont engagées pour que le prix Nobel

leur soit attribué par

l’intermédiaire d’une importante campagne de soutien.

Avec succès ?

https://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/data/853/reader


 

Vous pouvez assister à la conférence qui s’est déroulée

au Club de la presse à Genève ce 28 novembre, comme si vous y étiez,

en visionnant la vidéo ci-dessous

http://arretsurinfo.ch/le-veritable-agenda-des-caques-blancs-

"They don’t care about us". White Helmets true agenda

Diffusé en direct le 28 nov. 2017
https://www.youtube.com/watch?time_continue=365&v=lC7ZxdFzdzQ

Conférenciers

Vanessa Beeley

Independent investigative journalist and photographer

from Great Britain specializing in the Middle East. Associate editor at 21st Century Wire.

Richard Labévière

French journalist specializing in the Middle East and international terrorism,

editor of the internet portal “Proche et Moyen Orient”

Prof. Marcello Ferrada De Noli

Chairman of the NGO Swedish Doctors for Human Rights. (Président de l'ONG

"Docteurs pour les Droits de l'Homme").

 

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lundi 27 novembre 2017

L'Arabie saoudite lance une coalition antiterroriste de pays musulmans... sans la Syrie ni l'Irak

Même s’ils combattent Daesh depuis des mois, Damas et Bagdad ne figurent pas sur la liste des 40 pays membres d'une nouvelle coalition antiterroriste lancée par Riyad. Grand rival régional, l'Iran en est également exclu, au contraire du Qatar.

ACT COALITION MBS

Le 26 novembre, l'Arabie saoudite a lancé une coalition antiterroriste de 40 pays musulmans d'Asie et d'Afrique.

Au cours d'une réunion des ministres de la Défense de ces nations, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane (MBS) a appelé à une «coordination forte, excellente et spéciale» entre les membres de cette nouvelle coalition. «Nous allons continuer à pourchasser les terroristes jusqu'à ce qu'ils disparaissent de la terre», a encore lancé le Saoudien.

L'Iran, la Syrie et l'Irak exclus

Même s'ils combattent depuis de longs mois l'organisation terroriste Daesh, en net recul sur leur territoire, la Syrie et l'Irak ne figurent pas dans la liste communiquée par l'agence de presse officielle saoudienne SPA. L'Iran, le grand rival de Riyad dans la région, n'apparaît pas non plus sur la listes des 40 pays membres de cette coalition.

A noter toutefois que le Qatar en fait partie, selon SPA, même si aucun de ses ministres n'était présent à la réunion du 26 novembre. L'Arabie saoudite accuse en effet Doha de soutenir des groupes extrémistes et, à ce titre, Riyad avait rompu en juin ses relations diplomatiques avec ce pays, en dépit de ses dénégations.

Au sein de cette coalition, à dominante sunnite, on retrouve encore des pays comme le Pakistan, la Turquie ou le Nigeria.

«Plus de 40 pays envoient un signal très fort consistant à dire que nous allons travailler ensemble et que nous allons mettre ensemble nos capacités militaires, financières, politiques et de renseignement», a encore déclaré MBS, ajoutant : «Cela se fera à partir d'aujourd'hui et chaque pays va y contribuer à hauteur de ses capacités.»

«Le terrorisme déforme l'image de l'islam»

Exprimant sa solidarité envers l'Egypte, frappée le 24 novembre par un attentat qui a fait 305 morts, le prince héritier saoudien, dont le pays est lui-même accusé de soutenir le terrorisme a promis de se tenir aux côtés «de tous les pays du monde qui combattent le terrorisme et l'extrémisme».

«Plus que le meurtre d'innocents et la propagation de la haine, le terrorisme et l'extrémisme déforment l'image de notre religion», a en outre déclaré le jeune prince saoudien.

Le général pakistanais Raheel Sharif a été désigné commandant militaire de la coalition. Il aura son quartier général dans la capitale saoudienne.

Coalition antiterroriste ou défense d'intérêts régionaux ?

L'Arabie saoudite est par ailleurs membre d'une alliance occidentale antidjihadistes conduite par les Etats-Unis en Irak et en Syrie.

La diplomatie syrienne a critiqué à plusieurs reprises l'action de la monarchie, l'accusant d'avoir «tué davantage de civils innocents que de terroristes» et lui reprochant de violer la souveraineté de la Syrie car les autorités syriennes ne l'ont pas invitée à intervenir sur son territoire.

Le lancement de cette nouvelle coalition intervient au moment où les relations entre Téhéran et Riyad sont plutôt tendues, les deux pays n'ont plus de relations diplomatiques depuis janvier 2016. Leurs positions sont en outre radicalement opposées dans les conflits syrien et yéménite.

Dans un récent entretien accordé au New York Times, MBS avait qualifié Ali Khamenei, le guide suprême iranien, de «nouvel Hitler du Moyen-Orient».

«Personne dans le monde n’accorde le moindre crédit à des remarques de ce genre», lui avait répondu Bahram Ghassemi, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères.

https://francais.rt.com/international/45965-arabie-saoudite-lance-coalition-antiterroriste-sans-syrie-irak

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jeudi 23 novembre 2017

Réunion trilatérale à Sotchi sur la Syrie : «Une vraie chance» de mettre fin au conflit pour Poutine

En marge du sommet réunissant les trois chefs d'Etat de la Russie, de l'Iran et de la Turquie, Vladimir Poutine a annoncé le début de la phase politique de résolution du conflit syrien. Le processus s'inscrira dans le respect du droit international.

ACT SYRIE RUSSIE IRAN TURQUIE

A l'issue d'un sommet à Sotchi avec le président turc Recep Tayyip Erdogan et le président iranien Hassan Rohani ce 22 novembre 2017, Vladimir Poutine a annoncé que lui et ses homologues allaient organiser le Congrès du dialogue national syrien. Ce format de négociations qui a pour objectif est de favoriser la reprise du dialogue politique en Syrie et amorcer des réformes politiques, avait été annoncé le 19 octobre dernier lors d'une séance plénière du club de discussions Valdaï. «Nous avons chargé nos ministres des Affaires étrangères [respectifs], les diplomates, ainsi que nos ministères de la Défense d'élaborer une liste des participants et de fixer un calendrier pour le Congrès, qui se tiendra ici, à Sotchi», a annoncé le président russe. «Nous sommes convenus de lancer cet événement et d'assurer la participation des représentants des différents secteurs de la société syrienne», a-t-il encore précisé.

Coup d'envoi de la phase politique de la sortie de crise en Syrie

Plus tôt dans la journée, à l'ouverture du sommet, le président russe Vladimir Poutine a donné le coup d'envoi de la résolution politique du conflit qui ravage la Syrie depuis 2011. «Une vraie chance de mettre fin à cette guerre civile datant de plusieurs années est apparue», a-t-il déclaré, alors que Daesh est en voie d'effondrement final en Syrie.

Au sujet du volet des opérations militaires qui touchent à leur fin un peu plus de deux ans après l'intervention de la Russie en Syrie, Vladimir Poutine a tenu à saluer la contribution de l'Iran et de la Turquie à l'écrasement de l'opposition armée et de l'organisation terroriste Daesh. «Nous arrivons à une nouvelle étape», s'est-il félicité.

Relance des pourparlers de Genève, respect du droit international

Pour autant, Vladimir Poutine a replacé l'action des trois pays dans le cadre du droit international et réaffirmé son attachement aux négociations parallèles de Genève, actuellement au point mort. La sortie de crise en Syrie devra également passer par une résolution des Nations unies. Toujours conformément au droit international, le président russe a également rappelé qu'il revenait au peuple syrien de déterminer lui-même son avenir. «Il est évident que le processus [...] ne sera pas simple et exigera des compromis et des concessions de tous les participants, y compris du gouvernement syrien», a-t-il encore tempéré. Et le dirigeant russe d'ajouter : «[Moscou, Téhéran et Ankara] entreprendront les efforts les plus actifs pour rendre ce travail le plus productif possible.»

Le président iranien demande la fin de l'ingérence étrangère en Syrie

Prenant la parole à son tour, le dirigeant iranien Hassan Rohani a appelé à la fin de l'ingérence étrangère en Syrie, faisant référence au fait que les Occidentaux – contrairement à la Russie, agissent sans mandat de Damas dans le pays. Hassan Rohani a ajouté qu'il était «vital» à ses yeux que la résolution du conflit en Syrie respecte le peuple syrien.

L'Iran, la Turquie et la Russie coopèrent déjà sur le dossier syrien, notamment après la mise en place du processus d'Astana, qui a permis la mise en place successive de quatre zones dites de «désescalade» sur le terrain en Syrie. Ces zones ont non seulement permis d'abaisser la tension sur le terrain et mais aussi de réunir autour d'une table des représentants du gouvernement syrien et de l'opposition.

Le lancement de la campagne de frappes aériennes russes en septembre 2015 avait constitué un tournant dans cette guerre qui a fait plus de 330 000 morts et des millions de réfugiés en six ans.

https://francais.rt.com/international/45848-reunion-trilaterale-sotchi-sur-syrie

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Syrie, Russie et Iran font de la diplomatie, Washington et ses alliés poussent à la guerre

Alors que des pourparlers ont lieu à Sotchi en vue d'une résolution politique de la crise syrienne, le journaliste Finian Cunningham s'inquiète de l'implantation militaire toujours plus envahissante de Washington dans la région.

ARG POUTINE BACHAR US OTAN

Pendant cette grande semaine de négociations de paix concernant la Syrie, le président Assad a été accueilli par le président russe Vladimir Poutine à Sotchi, où doivent aussi se rendre les dirigeants iranien et turc. A cette occasion, les Etats-Unis n’ont pas eu leur mot à dire quant à la reprise des efforts destinés à instaurer la paix en Syrie.

Poutine a déclaré qu’avec la défaite, quasiment acquise, de l’Etat islamique (Daesh) et des autres groupes terroristes en Syrie, les parties au conflit devaient être en faveur d'une voie politique pour restaurer la paix. Il faut noter que les négociations qui se déroulent dans la station balnéaire de Sotchi, sur la mer Noire, entérinent l’accord précédemment signé à Genève et qui confirme le président Bachar el-Assad et son gouvernement de Damas comme autorité souveraine en Syrie.

L'exigence de Washington et ses alliés européens de voir Assad quitter le pouvoir a disparu. Ceci constitue une reconnaissance tacite du fait que la guerre qui dure depuis presque sept ans en Syrie dans le but d’un changement de régime a échoué.

L’absence de représentants officiels des Etats-Unis et des pays européens aux négociations de paix de Sotchi cette semaine est très révélatrice de leur rôle pernicieux dans la guerre en Syrie.*

Pendant que la Syrie, la Russie, l’Iran et la Turquie s’efforcent de reprendre les négociations de paix il est révélateur que James Mattis, le chef du Pentagone, ait dit la semaine dernière que les troupes américaines continueraient à s’implanter en territoire syrien.

La réticence des troupes américaines à quitter la Syrie malgré la disparition des groupes terroristes doit être avant tout perçue comme une composante de la résurgence de la présence militaire américaine dans la région. Sous le président Trump – et ce malgré ses promesses de campagne – la quantité de forces américaines aura substantiellement augmenté en Afghanistan et en Irak, et le déploiement en Syrie s’inscrit dans le cadre d’une montée en puissance au niveau régional.

Le renforcement de la puissance militaire américaine dans la région met aussi en évidence les pressions omniprésentes de l’Arabie Saoudite et d’Israël, dont l’hostilité à l’encontre de l’Iran et du Liban ne fait que croître.

La semaine dernière, James Mattis a déclaré que les forces américaines resteraient en Syrie malgré la débâcle des groupes terroristes. Les requêtes de Mattis pour faire en sorte que les forces américaines aient un mandat officiel de l’ONU pour leur présence en Syrie ont été rejetées par la Russie et la Syrie qui ont invoqué une interprétation biaisée du droit international.

Mais même en prenant en compte son irrecevable raisonnement, les demandes de Mattis sont suspectes. Si les troupes américaines avaient un mandat leur permettant d’être en Syrie pour combattre les terroristes, comme ils l’ont prétendu, alors pourquoi y sont-ils, étant donné que les terroristes ont déjà clairement été défaits ?

Mattis a affirmé que le nouveau but des troupes américaines était de prévenir l’apparition d’un Etat islamique 2.0. Et ce alors que les Américains ont rarement été engagés dans des combats contre l’Etat islamique, assurant en fait aux combattants, comme l’a rapporté la BBC, une évacuation en lieu sûr, avec notamment un transfert par hélicoptère pour les commandants.

Ce sont l’armée syrienne, la Russie, l’Iran et le Hezbollah qui ont fait le plus gros des efforts pour repousser les groupes terroristes armés et financés en secret par les Etats-Unis ainsi que par leurs alliés de l’OTAN et par les régimes de la région qui sont leurs clients. Daesh, Al-Nosra, et tous les autres groupes terroristes à sigles variés n’ont jamais été qu’un prétexte pour les Etats-Unis en vue de déployer leurs avions de combat et leurs forces spéciales en Syrie. Une présence qui constitue de fait une agression extérieure, comme le gouvernement syrien et la Russie l’ont constamment souligné.

Mattis prétend maintenant que les Etats-Unis ont vaincu l’Etat islamique en Syrie et prévient que le spectre de cette émanation américaine pourrait réapparaître en un Etat islamique 2.0. Cet ennemi fantôme des Américains a bon dos : il est doublement utile, puisqu’il permet de «légitimer» l’intervention américaine en Syrie et justifie le besoin des troupes américaines de rester sur place au moment même où les véritables vainqueurs des terroristes (la Syrie, la Russie et l’Iran) cherchent à démilitariser le pays.

Loin des caméras, les troupes américaines renforcent leur présence en Syrie, en Afghanistan et en Irak. Politico a qualifié cela de «farce officielle». L’administration Trump et le Pentagone agissent dans le dos du peuple américain et déploient des milliers d’hommes supplémentaires dans tout le Moyen-Orient.

Au grand déplaisir de Washington, la Turquie a révélé la semaine dernière que les Etats-Unis disposaient de 13 bases militaires en Syrie. La Russie, apparemment, n’en a que cinq, alors même que, depuis deux ans, elle a eu un impact militaire beaucoup plus significatif sur l’Etat islamique et les autres réseaux terroristes.

Une des bases américaines les plus importantes est celle de Kobani, à 140 kilomètres de la ville de Raqqa. Ce doit être la base à laquelle Mattis faisait allusion en disant, la semaine dernière, que les Etats-Unis s’implanteraient davantage. Elle a été nettement améliorée durant l’année écoulée pour passer de l’état d’aérodrome militaire réservé à certains types d’appareils sélectionnés à une base accessible à «tous types d’appareil» de la flotte du Pentagone, y compris les gros porteurs.

La base américaine de Kobani constitue aussi un maillon dans la chaîne de nouvelles bases reliant celle de Qayarrah ouest, au nord de l’Irak à celle du barrage de Taqba, au nord de Raqqa.

Officiellement il ne devait y avoir que 500 hommes en Syrie d’après la Politique de gestion des forces du Pentagone. Mais comme pour l’Afghanistan et l’Irak, le nombre réel devrait être bien supérieur à ce qui a été officiellement annoncé.

Une bonne partie de cette comptabilité erronée est due au fait que le Pentagone ne prend pas en compte les unités qui passent moins de 120 jours dans le pays. Ces unités comprennent des éléments du génie et des troupes chargés de construire des ponts, des routes et des pistes d’atterrissage.

On voit ici une claire similitude avec la façon dont les troupes des Etats-Unis et de l’OTAN avaient minimisé leurs effectifs en Baltique et dans la mer Noire en refusant arbitrairement de prendre en compte les troupes, appareils et navires considérés comme étant «en rotation». Mais si vous effectuez un roulement assez régulier, le niveau de présence devient permanent dans les faits et est donc bien plus important en pratique que ce qui est officiellement admis.

Par ailleurs, pour s’assurer que leurs proxys ne puissent pas revenir sous la forme d'un «Etat islamique 2.0» (voilà qui ne manque pas d'air !) Mattis a également dit que les troupes américaines, renforcées, étaient là pour garantir une relance des futurs pourparlers de paix de Genève, qui doivent reprendre le 28 novembre.

«Nous ne pouvons pas abandonner juste avant la reprise du processus de Genève», a déclaré Mattis la semaine dernière, lors d’une rencontre à Londres avec ses homologues britanniques.

Ce qui laisse penser que Washington se sert de son occupation militaire illégale du territoire syrien pour influer sur le processus politique. En se maintenant par la force sur le territoire syrien, Washington fait peut-être le calcul que le gouvernement d’Assad finira par céder à ses demandes ou laissera l’opposition vaincue participer à l’élaboration d’une nouvelle constitution.

Si les Etats-Unis sont réellement impliqués dans un processus politique en Syrie, dans ce cas, pourquoi leurs diplomates ne donnent-ils pas un coup de pouce aux négociations russes de Sotchi cette semaine en préparation du prochain sommet de Genève ?

Mais encore plus lugubre est le renforcement,  largement à l’insu du peuple américain, des troupes américaines dans cette vaste région. Avec les régimes clients de Washington, l’Arabie saoudite et Israël, qui poussent à une confrontation avec l’Iran, directement ou via le Liban et le Yémen, une présence militaire renforcée en Syrie montre que la guerre dans ce pays est loin d’être terminée. Au contraire, cela pourrait être le prélude à une conflagration bien plus dévastatrice pour la région.

https://francais.rt.com/opinions/45847-syrie-russie-iran-font-diplomatie-washington-poussent-guerre

Finian Cunningham a beaucoup écrit sur les relations internationales. Ses articles ont été publiés en plusieurs langues. Originaire de Belfast, en Irlande du Nord, il est titulaire d’un Master en chimie agricole et a travaillé en tant que rédacteur scientifique pour la Royal Society of Chemistry, à Cambridge, en Angleterre, avant de poursuivre une carrière en tant que journaliste de presse écrite. Depuis plus de 20 ans, il travaille en tant que rédacteur et écrivain dans les principaux médias britanniques et irlandais, dont The Mirror, The Irish Times et The Independent. Journaliste freelance basé en Afrique de l’Est, ses chroniques sont publiées par RT, Sputnik, Strategic Culture Foundation et Press TV.


 

BASE 14 995X225*L'absence des pays européens à Sotchi révèle une fois de plus à ceux qui feignent de l'ignorer la dépendance totale de l'UE envers les Etats- Unis et son bras armé, l'OTAN (art. 42 du TFUE).

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mardi 21 novembre 2017

Le sauvetage de l’État islamique à Raqqa par la coalition US est révélé

Un reportage d’investigation de la BBC intitulé « Le sale secret de Raqqa » confirme les accusations de l’Iran, de la Russie et du gouvernement syrien selon lesquelles le Pentagone aurait collaboré avec l’État islamique d’Irak et de Syrie (ÉI) pour l’évacuation des combattants de l’ÉI au milieu du siège de la ville par l’armée américaine.

ARG US DAECH

Le récit de la BBC, basée sur des entretiens avec certains de ceux qui ont organisé l’évacuation avec les chauffeurs de camion qui ont été amenés pour transporter les combattants et d’autres qui l’ont observé, décrit un convoi de quatre kilomètres de longue comprenant « 50 camions, 13 bus et plus de 100 véhicules appartenant au groupe État islamique. Les combattants de l’ÉI, les visages couverts, étaient assis avec défiance sur les toits certains des véhicules ».

Au total, le convoi, qui est parti le 12 octobre, a transporté quelque 4000 personnes – des combattants de l’ÉI et leurs familles – ainsi que des tonnes d’armes, de munitions et d’explosifs. L’armée américaine et sa force terrestre par procuration : les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, se sont assurées que les journalistes et les « cameramen » étaient tenus à l’écart de Raqqa afin d’empêcher que des images de la longue colonne de camions soient diffusées dans le monde.

Le récit a été largement ignoré par les médias américains. Cela va à l’encontre des déclarations répétées de hauts responsables américains qui jurent d’annihiler l’ÉI jusqu’au dernier homme en Irak et en Syrie et démystifie la plus grande affaire de fausses nouvelles du 21ᵉ siècle – la prétendue guerre américaine contre le terrorisme.

Face aux preuves découvertes par la BBC, le Pentagone a été obligé de reconnaître que l’évacuation avait eu lieu, tout en insistant sur l’idée que l’armée américaine n’était simplement qu’un spectateur innocent.

« Nous ne voulions pas que quelqu’un parte », a déclaré à l’agence de presse le colonel Ryan Dillon, porte-parole de l’Opération « Inherent Resolve ».

« Mais cela touche au cœur de notre stratégie “par, avec et à travers” les chefs locaux sur le terrain. Cela revient aux Syriens – ce sont eux qui se battent et qui meurent, ils prennent les décisions concernant les opérations », a-t-il dit.

C’est un non-sens patent.

Le siège de Raqqa a été organisé par l’armée américaine et mené au moyen d’une campagne impitoyable de frappes aériennes et de bombardements d’artillerie menée par les forces américaines qui ont fait des milliers de morts et blessés chez les civils et la majeure partie de la ville sous les décombres. La milice des « Forces de défense syrienne » opère sous la direction des États-Unis avec des troupes d’opérations spéciales américaines intégrées dans ses rangs.

La décision de transporter des combattants armés de l’État islamique en sécurité ailleurs en Syrie a été prise aux plus hauts échelons de l’appareil militaire et du renseignement américain et pour des raisons stratégiques évidentes.

En termes d’objectifs immédiats, Washington était impatient de terminer le siège de Raqqa afin de lancer une offensive rapide visant à battre l’armée syrienne pour le contrôle des champs de pétrole et de gaz stratégiquement vitaux dans la province orientale de Deir Ezzor en Syrie. Les FDS ont depuis capturé deux des plus grands champs pétroliers, Al-Tanak et al-Umar.

Plus largement, cependant, Washington a un intérêt important à voir l’ÉI vivre pour se battre un autre jour. L’existence continue de la milice islamiste fournit un prétexte à l’occupation permanente de la Syrie et de l’Irak au nom de la lutte contre le terrorisme.

Le secrétaire américain à la défense, le général James Mattis (surnommé Chien enragé), a directement exprimé ces objectifs lors d’un briefing lundi au Pentagone, déclarant que l’armée américaine resterait en Syrie pour combattre l’ÉI « tant qu’ils veulent encore se battre ».

Il a poursuivi en indiquant que les États-Unis avaient l’intention de continuer leur occupation militaire illégale du pays jusqu’à ce qu’il y ait un règlement politique mettant fin à la guerre que la CIA elle-même orchestrait pour effectuer un changement de régime en Syrie il y a cinq ans.

« Nous n’allons pas simplement partir maintenant sans que le processus de Genève ne soit en phase », a-t-il déclaré, faisant référence aux négociations longtemps interrompues entre le gouvernement du président Bachar al-Assad et les prétendus rebelles soutenus par la CIA, L’Arabie Saoudite et les autres pétromonarchies du Golfe.

L’ÉI est apparu comme une force majeure dans la région grâce à la guerre américaine pour le changement de régime, s’engraissant sur les milliards de dollars d’armes et d’aide acheminée en Syrie par la CIA et les alliés régionaux de Washington. Il a continué à bénéficier de ce soutien jusqu’à ce qu’il s’oriente vers l’est en Irak, acheminant les forces de sécurité irakiennes entraînées par les États-Unis à Mossoul et dans une grande partie de l’Irak en 2014.

À la suite de la défaite supposée de Daech et de la reprise de sa « capitale » Raqqa, ces mêmes forces peuvent être rebaptisées « rebelles » anti-Assad et utilisées dans la poursuite des objectifs de l’impérialisme américain de sécuriser le changement de régime en Syrie, préparer la confrontation militaire avec l’Iran et la Russie et affirmer l’hégémonie américaine au Moyen-Orient au moyen des forces armées.

Bill Van Auken | 16 novembre 2017

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