dimanche 15 juillet 2018

Brèves d'antipresse

BREVES ANTIPRESSEMEDIAS | Quand la RTS réécrit l'histoire ukrainienne

Le défenseur croate Domagoj Vida a été sanctionné par la FIFA pour sa provocation à la gloire de l'Ukraine après le match Croatie-Russie. Rendant compte de l'incident, la Radio-Télévision d'Etat suisse écrit:

"Gloire à l'Ukraine!" est un slogan du soulèvement pro-européen qui a conduit à la destitution du président ukrainien Viktor Ianoukovitch en 2014 et à une grave crise dans les relations entre les deux pays voisins.

L'affaire est ainsi réglée et la FIFA passe pour une vilaine mégère qui punit les victorieux européistes! En réalité, cette interprétation ne fait pas qu'illustrer l'inculture historique totale des journalistes «professionnels» et payés par le contribuable de la RTS. Elle dénote aussi un refus d'affronter la réalité contemporaine de l'Ukraine, où les idées, les slogans et les mouvements néonazis ont pignon sur rue.

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Dire que «Gloire à l'Ukraine» est un slogan pro-européen, cela équivaut à soutenir que le salut nazi n'est jamais qu'un héritage de l'ancienne Rome. Ou alors, que le nazisme — ce qui est au fond vrai — était une idée de l'Europe.

L'histoire de ce slogan remonte à 1917 et non à 2014 comme tend à le croire la mémoire de batraciens des journalistes «professionnels» payés par le contribuable de la RTS. Et elle est uniquement et exclusivement associée, dans toutes les circonstances historiques — en particulier le bandérisme et la collaboration — au nationalisme ukrainien.

En réalité, la salutation «Gloire à l'Ukraine! Gloire aux héros!», accompagnée du salut romain (bras droit levé) a surtout été rodée par l'Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN) sur le modèle de la salutation nazie des partis fascistes ou fascisants d'Allemagne (NSDAP d'Adolf Hitler), Italie (Parti national fasciste de Benito Mussolini) et Croatie (Oustachis d'Ante Pavelić)...

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Cette mise en perspective éclairerait bien mieux la prise de position du footballeur croate que son adhésion hypothétique à des idées «pro-européennes». Mais il est vrai que de faire débuter l'histoire ukrainienne «racontable» en 2014 est un moyen commode d'escamoter toute une série de questions gênantes, dont celle-ci:

Si «Gloire à l'Ukraine» est à la fois le slogan de la révolution de l'«Euromaïdan» et celui des fascistes ukrainiens, cela suggère-t-il plutôt que les fascistes sont teintés d'européanisme ou que l'Euromaïdan est teinté de fascisme?

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La grande métamorphose

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«Il m'arrive même de tenir pour un privilège d'avoir pu assister sur place à un changement de civilisation, même pays, même population, disons au passage de la France-République à la France-entreprise, d'une nation tribunitienne et méditerranéenne à une province transatlantique et semi-anglophone, des sociétés de pensée aux think tanks. Aucun citoyen de l'Antiquité n'a pu voir en direct la Rome du forum devenir celle des basiliques. Je fais simplement le constat d'une inaptitude personnelle à me rendre utile dans ce nouveau bocal. Avec le sentiment, comme vous dites, d'avoir sauté en une vie de l'adolescence à l'obsolescence sans passer par la maturité, un peu comme ces villes du Brésil décrites par Lévi-Strauss qui passaient directement de l'état de chantier à l'état de vestige

— Régis Debray

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vendredi 29 juin 2018

Accord-cadre institutionnel Suisse–UE: Stratégie ou confusion?

TRIBUNE LIBRE /

TL SUISSE DROIT UE 2

Par Marianne Wüthrich, docteur en droit

Publié dans Zeit Fragen FR,  N° 14, 25 juin 20  2018 

Bien qu’aucun citoyen n’ait jamais vu l’accord planifié par le Conseil fédéral, le noyau dur de l’accord est établi depuis longtemps:  Ce sont la reprise automatique du droit communautaire actuel et futur et la jurisprudence de la Cour de justice européenne.

Cela signifie que le peuple ne serait plus l’organe législatif suprême de la Suisse. Beaucoup de citoyens ne peuvent probablement pas imaginer à quel point notre structure d’Etat démocratique et fédéraliste serait gravement atteinte par un accord institutionnel juridiquement supérieur au droit suisse, d’autant plus que le Conseil fédéral évite soigneusement depuis plusieurs années de rendre public le contenu des négociations.

Le système de l’UE n’est pas compatible avec la structure de l’Etat suisse. Exemple de la directive de l’UE sur les armes

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Actuellement, nous constatons cela avec la directive européenne sur les armes. Avec l’Accord de Schengen (Bilatérales II), la Suisse s’est engagée à adopter le futur droit européen. La modification de la législation européenne sur les armes est une adaptation du droit de l’UE concernant Schengen, à laquelle ne s’attendait aucun Suisse ayant accepté en 2004 l’Accord de Schengen lors de la votation.

Il est bien connu que les interdictions et les restrictions sur les armes ne sont d’aucune utilité contre le terrorisme. (La fin des guerres de l’OTAN et de l’UE serait beaucoup plus utile.) Pourtant, l’UE veut imposer des restrictions sur la possession d’armes aux Etats membres de Schengen et donc aussi à la Suisse. Une intervention flagrante dans la tradition du Suisse libre, qui a depuis toujours défendu son pays l’arme à la main. Le 13 février 2011, le peuple a réaffirmé ce point de vue et a rejeté l’initiative populaire fédérale «Pour une protection face à la violence des armes» avec 56,3% des voix.

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Il est intéressant de noter que sur ce point, le Conseil fédéral a réussi à faire respecter la volonté du peuple à Bruxelles en insistant sur le fait que les soldats suisses doivent pouvoir conserver leurs armes après la fin de leur service obligatoire. (Apparemment, c’est possible quand le Conseil fédéral se souvient pendant les négociations de quel côté de la table il se trouve.)
Récemment, on a appris que la République tchèque se sentait discriminée par cette exemption pour la Suisse et a donc intenté une action en justice devant la CJCE («Sankt-Galler Tagblatt» du 14/5/18). Et maintenant?

Quoi qu’il en soit, cet exemple montre que l’imposition de directives européennes est incompatible avec la démocratie directe: nous Suisses, nous avons l’habitude de pouvoir voter sur des changements législatifs, et nous voulons continuer à faire usage de ce droit fondamental.

Davantage de sécurité juridique avec un accord-cadre? Pour qui?

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Il est étonnant qu’il y ait des Suisses prétendant qu’un accord-cadre apporte «davantage de sécurité juridique». Davantage de sécurité juridique pour qui? Certainement pas pour les citoyens que nous sommes – au contraire, nous n’aurions plus voix au chapitre. Et pour les entreprises suisses ce serait similaire. La sécurité juridique ne peut résulter que d’un accord d’égal à égal. On pourrait penser que nous avons entre-temps suffisamment d’expérience avec l’UE: quand quelque chose ne convient pas à ces messieurs de Bruxelles, ils prennent des mesures, arbitrairement et en violation du contrat.

Exemples:
–    l’expulsion du programme d’échange d’étudiants Erasmus+ en réponse à l’acceptation du souverain suisse de l’initiative contre l’immigration de masse: sans bases légales et sans aucun lien avec le contenu,
–    la limitation temporelle de l’accès à la bourse pour le commerce de titres de l’UE jusqu’à la fin 2018, en réponse au fait que le Conseil fédéral n’aurait pas signé l’accord-cadre assez rapidement: également sans base juridique et sans aucun lien avec le contenu.

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Avec un accord-cadre, nous ne serions pas mieux protégés contre ce genre de comportement de grande puissance, bien au contraire. L’objectif de l’accord-cadre est précisément que la Commission européenne et la Cour de justice de l’UE puissent décider si et de quelle manière ils peuvent forcer la Suisse à accepter la bureaucratie de l’UE. L’accord-cadre apporterait certainement davantage de pouvoir à Bruxelles – mais certainement pas davantage de sécurité juridique pour nous Suisses et nos entreprises! Nous exigeons de nos politiciens et de nos autorités de défendre les intérêts du peuple suisse au lieu de se soumettre aux demandes de l’élite bruxelloise.

A quels accords bilatéraux l’accord-cadre s’appliquerait-il?

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Dans les médias, il y a beaucoup de spéculations à ce sujet – mais même sur ce point essentiel, il n’y a pas d’unanimité entre Berne et Bruxelles.
Selon la «Neuer Zürcher Zeitung» du 3 mai, Ignazio Cassis a donné l’impression qu’on s’était mis d’accord: l’accord-cadre concernerait les «accords d’accès au marché» des Bilatérales I, à savoir cinq accords: Libre circulation des personnes, obstacles techniques au commerce, transports aériens et terrestres, et agriculture (seule une partie limitée de l’agriculture est incluse dans les Bilatérales I). En outre, il y a encore l’Accord sur l’électricité préparé par le Conseil fédéral. L’accord agricole, avec lequel le conseiller fédéral Schneider-Ammann menace les paysans, n’est mentionné nulle part pour ne pas effrayer le peuple, mais il ferait également partie de l’accord-cadre.

Selon la «Neue Zürcher Zeitung», Bruxelles veut également inclure l’Accord sur les marchés publics (c’est-à-dire pratiquement tous les accords des Bilatérales I) et même l’Accord de libre-échange (ALE) de 1972, couvrant en réalité tous les échanges commerciaux.
Ce que nous pouvons dire aujourd’hui déjà: l’UE voudra inclure autant de domaines du droit que possible. Cela montre clairement pourquoi le Conseil fédéral ne veut pas divulguer les contenus de l’accord-cadre. Car, si nous citoyens pouvions lire ouvertement dans quels domaines Bruxelles veut s’immiscer, la Berne fédérale pourrait abandonner définitivement son accord-cadre.    •

Marianne Wüthrich

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Principaux accords Suisse–UE

Accord de libre-échange de 1972

Pilier important pour les échanges économiques Suisse–UE, accepté par le peuple avec 72,5% des voix et la majorité des cantons.
Accords bilatéraux I (7 accords)
Adoptés par le peuple comme «paquet» le 21 mai 2000 et en vigueur depuis le 1er juin 2002
•    Libre circulation des personnes
•    Obstacles techniques au commerce
•    Marchés publics
•    Agriculture
•    Transports terrestres
•    Transport aérien
•    Recherche

Accords bilatéraux II (9 accords)

Référendum uniquement contre Schengen/Dublin, adopté par le peuple avec 54,4% des voix le 5 juin 2005
•    Schengen/Dublin
•    Fiscalité de l’épargne
•    Lutte contre la fraude
•    Produits agricoles transformés
•    Environnement
•    Statistique
•    MEDIA (Europe Créative)
•    Pensions
•    Education, formation profes­sionnelle, jeunesse

Informations sur les accords individuels: https://www.eda.admin.ch/dea/fr/home/bilaterale-abkommen/abkommen-umsetzung/)

Source: https://www.zeit-fragen.ch/fr/ausgaben/2018/nr-14-19-juni-2018/institutioneller-rahmenvertrag-schweiz-eu-strategie-oder-konfusion.html

Source: Zeit-fragen.ch

https://arretsurinfo.ch/accord-cadre-institutionnel-suisse-ue-strategie-ou-confusion/

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samedi 16 juin 2018

La Suisse, l’UE et la démocratie [réédition]

COMMUNICATION REEDITION

TRIBUNE LIBRE / http://non-ue.ch/news/lue-et-la-dmocratie_64

ARG SUISSE DROIT NATIONAL

Le principe valable dans l’Union européenne, selon lequel la Cour de justice de l'UE a le dernier mot concernant l’application du droit valable dans l’UE, est incompatible avec le concept de démocratie directe tel qu’il est ancré dans la Constitution fédérale suisse.

Dans les domaines où le droit européen s’applique, l’ensemble des citoyennes et des citoyens ayant le droit le vote ne peut plus assumer sa fonction de souverain, donc celle d’instance politique suprême du pays. Car dans les domaines où s’applique le droit de l'UE, la Cour de justice de l'UE peut corriger, voire annuler toute décision du souverain qu’elle interprète comme une violation du droit européen. L’accord-cadre, qui subordonne la Suisse à la CJUE comme instance ultime (donc sans recours possible), constitue donc une attaque frontale contre la démocratie directe. Conclusion: l’entrée en vigueur de l’accord-cadre mettrait non seulement fin à la voie bilatérale, mais elle éliminerait aussi la démocratie directe.

« Option Suisse »

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Le 16 octobre 2017, le Français Michel Barnier, négociateur en chef de l’UE, a rendu compte devant le parlement belge de l’état des négociations sur le Brexit. Assistant à cette intervention, le correspondant de la BBC Londres a été surpris de constater que Michel Barnier fondait son exposé sur un document de travail portant le titre d’ "Option Suisse". La BBC Londres a donné une large place à ce document dans son compte rendu sur l’intervention de Michel Barnier.

Dans le document « Option Suisse », la Commission européenne formule ses objectifs dans les négociations sur la conclusion d’un accord-cadre avec la Suisse.

BBC London a relevé que l’objectif de l’UE était de contraindre la Suisse par le biais de cet accord-cadre de reconnaître la Cour de justice de l'UE comme instance judiciaire suprême, donc comme tribunal sans appel possible, dans tous les domaines que Bruxelles déclare « significatifs pour le marché intérieur de l'Union européenne ».

Hormis le quotidien « Basler Zeitung » aucun média suisse n’a pris acte du compte rendu de la BBC sur le document « Option Suisse » qui confirme que l’UE veut imposer à la Suisse une perte substantielle de souveraineté par le biais de cet accord-cadre.

Le Conseil fédéral s’est lui aussi bien gardé jusqu’ici de prendre position sur le document de travail « Option Suisse » de l’UE.

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Thomas Cottier, ancien professeur ordinaire de droit européen et de droit international économique, s’exprimant à propos de la Cour de justice de l'UE:

« Ce projet a pour effet que les accords bilatéraux concernant la Suisse seront désormais jugés en dernière instance par un tribunal au sein duquel la Suisse et sa tradition juridique ne sont pas représentées. (…) Ce qui est certain, cependant, c’est que la Suisse ne pourra pas ignorer les décisions de la CJUE sans s’exposer à des coûts politiques élevés. L’argument des ‘juges étrangers’ est évident. De plus, il faut rappeler que la CJUE tend régulièrement dans sa pratique (…) à adopter des interprétations restrictives quand il s’agit de la Suisse. » (NZZ, 12 juillet 2013)

Selon le document « Option Suisse », l’UE entend imposer à la Suisse le principe suivant par le truchement de l’accord-cadre:

Toutes les décisions de la Cour de justice de l'UE doivent être considérées comme des jugements. Or, des jugements sont contraignants pour les parties concernées. Si certains entendent donner un autre nom aux décisions émanant de la Cour de justice UE, ils sont libres de le faire, mais cela ne change rien au caractère contraignant des jugements de la CJUE: ces jugements sont définitifs et contraignants pour toutes les parties et n’admettent pas de recours. Si ces jugements sont débattus dans n’importe quel organe national ou international, cela ne change rien à leur contenu, ni à leur caractère contraignant.

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Selon l’article de la « Basler Zeitung » qui reposait sur le compte rendu de la BBC Londres, Michel Barnier aurait adopté la position suivante par rapport à la Suisse dans son intervention devant le parlement belge:

« Un accord-cadre est en négociation avec la Suisse qui ‘imposerait la jurisprudence de la Cour de justice de l'UE lorsque le droit de l'UE est concerné’. Du point de vue de l’UE, il appartient donc aux juges de l'UE de décider des règles valables entre la Suisse et l’UE. Cela correspond au mandat de négociation que l’UE a adopté il y a quatre ans en vue de ces négociations. Mais c’est tout à fait autre chose que ce que le conseiller fédéral démissionnaire Didier Burkhalter et son directeur des affaires européennes, l’ambassadeur Henri Gétaz, ont déclaré concernant l’accord-cadre.

Ces deux personnes ont en effet toujours affirmé que le Cour de justice UE ne décidait pas de manière définitive et qu’en cas de jugement de la CJUE, la Suisse pourrait toujours décider autrement et faire valoir sa position devant le Comité mixte Suisse-UE. L’UE pourrait ensuite prendre des mesures, mais celles-ci seraient appréciées par un tribunal arbitral auquel participerait la Suisse. »

 

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Ni le document baptisé « non-paper » du 13 mai 2013, ni le mandat de négociation de la Commission UE ne soufflent mot d’un tribunal arbitral, d’un débat qui s’ensuivrait, voire d’un comité mixte qui serait chargé de l’affaire. Les déclarations dans ce sens faites par le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) ne sont que de pures inventions de l’ancien conseiller fédéral Didier Burkhalter, allégations que le Conseil fédéral n’a cependant jamais démenties et qui servent à tromper le peuple pour réduire les résistances à l’accord-cadre.

L’UE comme organe de surveillance

Mais le point de vue développé par Michel Barnier en Belgique sous le titre d' »Option Suisse » a encore bien d’autres conséquences. Citons encore une fois textuellement la « Basler Zeitung »: « Cela signifierait que la Suisse devrait reprendre à l’avenir du droit européen qu’elle n’a pas appliqué jusqu’ici dans le cadre des accords sectoriels. Par exemple, la citoyenneté européenne. »

Il est évident que l’UE entend se donner une fonction de surveillance de la Suisse par le biais de l’accord-cadre. Cela confirme une fois de plus, si besoin en était, que l’accord-cadre entre Berne et Bruxelles n’est ni un accord de consolidation, ni un accord d’accès au marché pour reprendre des noms enjolivant la réalité que la Berne fédérale donne à ce traité. Cet accord-cadre n’apporte pas non plus un renouvellement de la voie bilatérale. Bien au contraire, il détruit la voie bilatérale. Avec cet accord, la Suisse ne serait en effet plus un partenaire de droit égal négociant avec l’UE des ententes bilatérales, donc intéressant les deux parties. Elle serait dégradée un niveau d’une exécutante des ordres de Bruxelles. Bruxelles seule aurait voix au chapitre.

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Cet accord-cadre est en réalité un traité de subordination. Il subordonne la Suisse à l’autorité judiciaire de Bruxelles. La Suisse serait condamnée à un mariage forcé avec l’UE.

Droit national et droit international

Selon une règle juridique admise par la majorité des milieux politiques de Suisse, la priorité du droit international par rapport au droit national découle d’une norme internationale.

La réalité est qu’à part la Suisse aucun pays au monde n’a accepté un tel principe ou ne l’a systématiquement appliqué. Cette interprétation n’a d’ailleurs aucune légitimité démocratique en Suisse. Elle a été imposée d’en-haut.

Ce principe juridique admis par la Suisse repose uniquement sur deux jugements du Tribunal fédéral. A noter qu’un de ces jugements a été prononcé par la majorité des juges d’une seule cour alors que le plénum du Tribunal fédéral n’a jusqu’à ce jour jamais pris position à ce sujet.

Professeur Dieter Freiburghaus, expert en droit européen:

« Si la Suisse accepte la Cour de justice de l'UE comme instance judiciaire, des juges étrangers décideraient de la Suisse. Nous irions vers une perte de souveraineté. » (20 Minuten, 27 juin 2013)

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Selon la Constitution fédérale en vigueur, seul le « droit international impératif » (interdiction de la torture, de l’esclavage, de l’agression, etc.) est prioritaire par rapport à la Constitution fédérale.

Alors que le plénum du Tribunal fédéral n’a pas encore pris position de manière claire et contraignante, la cour constitutionnelle allemande a prononcé le 15 décembre 2015 un jugement ayant valeur de référence sur le rapport entre le droit national et le droit international.

Dans son jugement, la cour allemande retient d’abord clairement que dans un Etat de droit démocratique tout tribunal est soumis au principe de la démocratie.

Selon le principe démocratique, le souverain d’un Etat de droit démocratique a toujours le droit, que doit respecter tout tribunal, de modifier ou d’adapter des états de fait juridiques sur la base de nouvelles expériences et de nouveaux développements et conformément aux règles données par la constitution. Même des dispositions du droit international ne peuvent pas enlever ce droit au souverain démocratique.

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La constitution de chaque Etat de droit démocratique contient des dispositions réglant la manière dont le droit en vigueur peut être adapté en fonction des convictions confirmées du souverain.

Si une décision du souverain d’adapter le droit national est en opposition avec le droit international en vigueur, le gouvernement est contraint par la décision du souverain d’intervenir au niveau international pour obtenir une modification, respectivement une correction du principe de droit international en opposition avec le choix du souverain. Si cette intervention n’est pas couronnée de succès, le gouvernement doit engager une procédure de résiliation de l’accord ou de la convention qui est en opposition avec le droit national.

Toujours selon la cour constitutionnelle allemande, une décision d’annuler, voire d’interdire une décision du souverain prise conformément aux règles constitutionnelles est en opposition avec le principe démocratique tout comme la non-application d’une décision prise par le souverain en opposition avec une convention de droit international.

(...)

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L’allégation selon laquelle il existe parmi les Etats de droit un consensus mondial en vertu duquel le droit international est toujours prioritaire par rapport au droit national ne repose sur aucune base, qu’elle soit juridique ou politique.

En Suisse, le droit en vigueur est né d’un débat démocratique au sein du Parlement, voire du peuple si ce dernier est appelé à trancher. Un tel droit issu de la base démocratique a aussi une légitimité démocratique.

Le droit international, en revanche, est un droit contractuel créé par des diplomates. Il n’a donc aucune légitimité démocratique aussi longtemps que le souverain du pays concerné ne l’a pas explicitement approuvé et déclaré valable conformément aux règles que lui prescrit sa constitution.

Source: http://non-ue.ch/news/lue-et-la-dmocratie_64

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mardi 10 avril 2018

Brèves d'antipresse + entretien avec Slobodan Despot.

NP HUMOUR ANTIPRESSE

GB | Pinocchio ministre

La nouvelle a mis en ébullition les réseaux sociaux cette semaine, cependant que les médias de grand chemin la commentaient le sphincter serré: le laboratoire officiel chargé d’analyser la substance qui a empoisonné les Skripal s’est dit incapable de démontrer son origine russe.

L’aveu était d’une inconcevable impolitesse à l’égard de M. Boris Johnson, le ministre des Affaires étrangères, qui venait d’affirmer que les chimistes avaient été «catégoriques» et n’avaient «aucun doute» sur la provenance russe de l’agent neurotoxique.

L’amateurisme et l’improvisation dont fait montre le montage «Skripal» témoignent d’une surprenante fébrilité au Services des Affaires sordides et des Coups tordus de Sa Majesté. La perfide Albion nous avait habitués à mieux…

http://log.antipresse.net/post/gb-pinocchio-ministre?mc_cid=b1487ef156&mc_eid=3a5e263339

CULTURE | L’Antiquité intéresse les jeunes… mais pas les écoles

Passionnant dossier dans The Conversation sur l’engouement pour l’Antiquité qui se fait jour dans les jeunes générations. Aidé, il faut bien le dire, par quelques héros de fiction comme Harry Potter ou… Astérix. Dont le dernier album, Astérix et la Transitalique, a crevé le plafond des best-sellers de BD avec 10 millions d’exemplaires. Outre le dépaysement, les jeunes y trouvent aussi des valeurs que le monde actuel ne semble plus leur fournir:

«Les héros épiques, Ulysse, Jason ou Hercule étaient des modèles pour les jeunes grecs qui écoutaient et lisaient leurs aventures avec admiration. Pour les jeunes d’aujourd’hui, identification et fascination se mêlent, car ils découvrent, à travers la mythologie, un monde a priori différent du leur, un univers où les normes ne sont pas celles de leur quotidien. La possibilité que les dieux interviennent directement dans le monde lorsqu’on a besoin d’eux satisfait un désir de protection. De même, les héros peuvent paraître rassurants : ils représentent un monde où dominent des valeurs de bravoure et de courage.»

Au même moment, les systèmes scolaires abolissent à tour de bras les cours de langues et d’histoire anciennes. Au rebut, ces vieilleries poussiéreuses, et faisons table rase…

http://log.antipresse.net/post/culture-lantiquite-interesse-les-jeunes-mais-pas-les-ecoles?mc_cid=b1487ef156&mc_eid=3a5e263339

MEDIAS | Un dossier à ne pas manquer

Le magazine suisse Immorama publie un dossier original et étayé sur les coulisses des médias d’aujourd’hui, leurs grandes manœuvres de concentration, leurs difficultés et leur désemparement face aux nouveaux modes d’information et de communication. Le magazine fait bon accueil aux médias alternatifs comme l’Antipresse. En plus, il est entièrement accessible en ligne.

Avec, notamment, des interviews de Guy Mettan, Jacques Pilet et Slobodan Despot (celle-ci reproduite in extenso sur notre blog Medium).

http://log.antipresse.net/post/medias-un-dossier-a-ne-pas-manquer?mc_cid=b1487ef156&mc_eid=3a5e263339

Entretien avec Slobodan Despot, éditeur, écrivain et fondateur du site «Antipresse.net» (Immorama n° 42, Printemps 2018)

Le concept de «média alternatif» semble avoir été créé pour vous. Que pensez-vous de l’essor de ce nouveau modèle de communication et de débat?

  • Il y a deux raisons à ce développement d’un nouveau type de média. La première est tout simplement technique et opérationnelle: il n’était pas imaginable, ou en tout cas pas facile, avant Internet, de diffuser un journal, une revue ou même un bulletin de paroisse qui touche un assez grand nombre de destinataires. Cela impliquait une mise de fond, l’intervention de professionnels du graphisme, de l’imprimerie. De nos jours, n’importe qui peut créer un site — on serait étonné de découvrir que certains médias du Web couronnés de succès sont l’œuvre d’une ou deux personnes — et on peut estimer que dans le cas d’espèce, l’organe crée la fonction! Second motif de cet élan: l’évidence de l’insatisfaction croissante du public à l’égard de ce que j’appelle les médias de grand chemin, les médias institutionnels si l’on préfère. Sans même parler du biais politique de certains, il est étonnant que tous les journaux, stations, agences — y compris du service public — ne soient ouvertement plus intéressés que par leur rentabilité, leurs parts de marché publicitaire, et plus du tout par leur contenu ou leur lectorat. Ils ont perdu le contact avec leurs lecteurs et finissent, comme de juste, par devenir les valets de ceux qui les financent.

Votre principale motivation, pour vous lancer dans l’aventure d’«Antipresse», était-elle d’ordre politique?

  • Plus précisément, nous souhaitions lutter contre un nivellement par le bas de toutes les opinions, de tous les points de vue. Chacun sait aujourd’hui qu’on a toujours l’impression de lire le même journal, ou d’écouter les mêmes commentaires, non seulement sous des titres différents, mais dans des langues et des pays différents!La réalité est évidemment plus vaste, plus nuancée, plus complexe que ce que veulent bien nous en dire même les grands journaux supposés les plus sérieux; il y a des domaines explorés par tous les médias, puis abandonnés, tandis que d’autres sont carrément ignorés. J’ai beaucoup étudié la période soviétique, notamment sous l’angle de la presse du régime. Depuis des années, nos journaux occidentaux paraissent avoir adopté une attitude similaire à leurs homologues sous Brejnev: le système est conscient que son fonctionnement ne peut mener à l’avenir promis, ni même perdurer très longtemps; les médias entretiennent une sorte de réalité virtuelle, amusent et tranquillisent le bon peuple. Les voix exposant les failles menaçantes, ne serait-ce que du système financier, semblent résonner dans le désert.

Qualifieriez-vous «Antipresse» de site de réinformation?

  • La plupart des altermédias revendiquent cette vocation. Ils entendent démontrer la fausseté des «fake news» dont les médias classiques sont les plus grands diffuseurs, consciemment ou non (tout en faisant mine de les combattre), ou mettre en exergue des faits dont personne ne parle. Nous nous plaçons plutôt dans l’école du regard, non dans l’information directe, à l’exception de quelques enquêtes. Il s’agit de déployer une autre manière de voir les choses, manière différente de celle de la presse ordinaire. Nous essayons d’apporter nos propres conclusions et manions volontiers l’ironie.

Justement, à la lecture d’«Antipresse», on se prend à se demander où vous classer politiquement et quels lecteurs sont susceptibles de vous suivre sans être heurtés dans leurs convictions…

  • En effet! Lorsque j’ai créé «Antipresse» en 2015, j’étais encore collaborateur extérieur du conseiller d’État valaisan Oskar Freysinger. Bien que je n’aie jamais fait partie de l’UDC, on m’y a immédiatement associé et nous avons compté beaucoup d’abonnés fidèles à ce parti… qui ont parfois été déçus et nous ont quittés assez fâchés! Il y a eu ensuite notre passage, voilà quelques mois, à la version payante. Autant dire qu’aujourd’hui, celles et ceux qui sont abonnés à «Antipresse» sont des gens intéressants, qui ont une culture, une ouverture d’esprit et pas de préjugés. La réalité n’a pas d’étiquette, tel est notre principe! Nous disposons d’un fichier d’abonnés qui comprend des adresses américaines (plusieurs centaines), japonaises et naturellement de nombreux pays francophones. Nous préférons l’influence à l’affluence et n’accordons pas grand intérêt au nombre de connexions; l’objectif n’est pas de prêcher des convaincus et d’entretenir un circuit fermé de ronchonneurs. Nous visons les gens qui réfléchissent.

Les réalistes ouverts d’esprit, cultivés et intelligents ne sont sans doute pas légion par les temps qui courent…

  • Pour être réaliste, pour comprendre la réalité et y réfléchir, il faut en effet une culture générale et notre époque ne facilite pas cette approche «universelle». La plupart des gens, notamment ceux nourris d’Internet, n’acquièrent qu’une culture partielle. Le Web tend à vous pousser vers des chapelles, des communautés, des réseaux où l’on se conforte dans ses passions, dans ses opinions. Le terrain du réel reste en friche et si quelqu’un a le malheur de s’en occuper, il est immédiatement classé: extrémiste, complotiste, etc. Pire: prenez le cas d’Eric Zemmour, par exemple. Il a exprimé certains faits réels, mais peu agréables à entendre; vite considéré comme infréquentable, il s’est retrouvé entouré de soutiens… venus à lui pour de mauvaises raisons. Le cercle vicieux était refermé. Aujourd’hui, un pays ou une collectivité dirigée par des gens réalistes et honnêtes, c’est difficile à trouver!

Souffrez-vous d’un déficit de notoriété?

  • On ne nous cite pas dans les revues de presse. Mais le bouche-à-oreille fonctionne bien. Lors de notre lancement, nous avons eu droit à quelques articles, mais notre développement régulier tient aux réseaux sociaux, aux citations (quand la source est mentionnée!) et aux recommandations de lecteurs à leurs amis. Plus tard, nous envisageons de lancer une version sur papier, pour exercer notre modeste influence sur le monde réel! «Antipresse», en tout cas, ne recourra pas aux systèmes de publicité Google ou à des sponsorings de contenu. Nos abonnés détermineront eux-mêmes les moyens et la forme de notre développement, en parfaite transparence. En un peu plus de deux ans, nous avons réuni par pollinisation quelques milliers de lecteurs solidaires de notre expérience: réfuter la loi de la quantité et affirmer celle de la qualité. Les médias de grand chemin sont enfermés dans l’entre-soi, dans une sorte de tour d’ivoire. Nous savons tous que les tours d’ivoire se construisent, puis s’écroulent. •

https://medium.com/antipresse/antipresse-linfluence-plut%C3%B4t-que-l-affluence-772c560d646f

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mercredi 7 mars 2018

Les Suisses rejettent la suppression de la redevance

L'initiative populaire en faveur de la suppression de la redevance audiovisuelle suisse, l'une des plus élevées d'Europe, qui sert à financer à 75% la RTS, a été largement refusée ce dimanche.

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"No Billag" : c'était le slogan de cette initiative appelant les citoyens de la Confédération helvétique à se prononcer en faveur de la fin de la redevance audiovisuelle, en référence à Billag, le nom de la société chargée de la perception de cette taxe imposée à tous. Les Suisses ont largement rejeté cette proposition très controversée lors d'une votation ce dimanche. Selon les premières projections fournies par gfs.bern pour la chaîne publique SRF, le "non" l'a emporté à 71,6% des votants et la totalité des cantons. La marge d'erreur est de 3%.

La redevance en Suisse est l'une des plus chères d'Europe : elle s'élève actuellement à 451 francs suisses (392 euros). En 2019, son montant sera abaissé à 365 francs (319 euros) soit 1,2 milliard de francs suisses pour la Radio Télévisions Suisse (RTS), qui en tire 75% de ses ressources et emploie 6.000 personnes. Cette taxe sera désormais payée par tous, même ceux qui n'ont pas de poste de télévision ou de radio, les autorités ayant fait valoir que la télévision et la radio étaient désormais regardées et écoutées sur internet.

La proposition "No Billag" a été élaborée par le mouvement de jeunesse du parti Libéral radical, notamment au nom de la liberté de choix du consommateur :

"En forçant tout ménage à payer plus de 450 francs suisses chaque année pour une redevance radio et télévision, on porte atteinte à son droit à l'autodétermination" explique l'initiative sur son site, qui ajoute dans son argumentaire que "la suppression de la redevance permettrait de libérer un pouvoir d'achat de 1,35 milliard de francs suisses chaque année".

Autre critique : "Les privilèges accordés par l'Etat à la SSR (le groupe public propriétaire de la RTS) font d'elle une entreprise quasi-monopolistique qui possède de bien meilleures armes que la concurrence. Ce qui fausse le marché."

suisse

Question de cohésion nationale

La RTS est la seule radio-TV nationale de la Confédération : elle diffuse des programmes dans les quatre langues officielles du pays (allemand, français, italien et romanche). Sa société-mère, la SSR, propose 17 stations radio et 7 chaînes tv : elle "distribue les recettes de la redevance et de la publicité à ses unités radio/tv des quatre régions linguistiques selon une clé de répartition qui soutient les régions linguistiques minoritaires" explique le groupe média sur son site, qui souligne qu'il s'agit d'une "question de cohésion nationale".

Le Parlement suisse avait recommandé le rejet de cette initiative populaire. Seule l'Union démocratique du centre, le premier parti de Suisse (droite populiste) avait apporté son soutien à cette proposition, très clivante, mais qui n'a pas fait ressortir d'antagonismes par canton.

"Le rejet le plus important de cette proposition revient à Neuchâtel avec 78,25% devant le Jura 78,09%. Côté romand, Fribourg dit non à 77,62%, Vaud à 76,47%, Berne à 75,10%, Genève à 74,80% et le Valais à 71,16%" détaille la RTS sur son site.

https://www.latribune.fr/economie/international/les-suisses-rejettent-la-suppression-de-la-redevance-770584.html#xtor=EPR-2-[l-actu-du-jour]-20180305

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Il s'agit donc d'un choix de société, dans un pays souverain (la Suisse n'est pas membre de l'UE): les citoyens suisses considèrent qu'il faut maintenir un service public, même si celui- ci a un coût important, dans un souci de cohésion nationale, et rejettent très majoritairement  le principe du "tout libéral", avec sa "concurrence libre et non faussée". Souveraineté, consultation populaire... démocratie, tout simplement.

 

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jeudi 1 mars 2018

Le journal Suisse « Le Matin » a consacré un long article à François Asselineau

Ce 28 février 2018, le quotidien de Suisse romande « Le Matin » – lu par plus de 270 000 personnes – a accordé un entretien sur 2 pages à François Asselineau.

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Il est à noter qu’aucun média français n’a jamais égalé cette performance depuis la création de l’UPR, il y a 11 ans, même pendant la présidentielle.
Il est surement à considérer qu’il s’agit là d’un indicateur certain quant à la situation de la liberté d’opinion en France.

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Nous invitons nos sympathisants et adhérents à partager cet article à leurs connaissances et à remercier le journal pour leur souci du pluralisme et de la démocratie !


 

François Asselineau… Ce nom ne vous dit rien? Il s’agit de celui d’un ex- «petit» candidat de la dernière présidentielle française «en train de devenir grand» et qui cite souvent la Suisse en exemple.

Ce haut fonctionnaire de 60 ans avait fait le buzz pour avoir mouché Emmanuel Macron lors du grand débat en lui lançant: «Vous, de toute façon, vous êtes toujours d’accord avec tout le monde!» À l’époque, certains s’étaient moqués de son penchant à citer doctement les articles des traités européens.

Lequel se révèle au final plutôt efficace: bien que boudé des grands médias de son pays, l’Union Populaire Républicaine, le parti présidé par François Asselineau, connaît une croissance impressionnante ces derniers mois. Il vient de dépasser les 30 000 adhérents, ce qui en fait le cinquième parti de France.

Quant à son site Internet, il est le plus consulté des partis politiques français. Faut-il y voir la preuve que son programme mantra «Sortir de l’UE, de l’euro et de l’OTAN», préalable indispensable – d’après lui – à tout changement véritable, fait son chemin chez les Français? L’intéressé veut y croire. Entretien.

● Pourquoi vantez-vous si souvent la Suisse?

Car votre pays, qui est le plus démocratique qui soit et ouvert sur le monde, prouve que ne pas appartenir à l’UE n’est pas synonyme d’isolement. Les Suisses méritent l’admiration du monde. Ils ont refusé d’entrer dans l’UE et ce vote a été respecté, contrairement à ce que l’on a vécu en France après le vote sur la Constitution européenne de 2005 (ndlr: refusée à 55%). La Suisse cumule les succès. Les médias m’y semblent plus libres d’exprimer la diversité des opinions qu’en France. Le niveau et la qualité de vie y sont élevés. Votre pays figure d’ailleurs systématiquement sur le podium du classement de l’Indice de développement humain (IDH).

● Vos opposants ne partagent pas toujours cette analyse…

Des européistes, connaissant mal la Suisse, me rétorquent souvent avec mépris qu’elle ne vit que sur les banques. La réalité est que ce pays, contrairement au nôtre, soigne ses industries dans l’horlogerie, l’optique et la pharma notamment. Sans parler du tourisme et des services. Mieux encore: la Suisse, l’Islande et la Norvège, soit les trois pays d’Europe occidentale qui ont refusé d’intégrer l’UE, sont au sommet du classement IDH! La Suède, le Danemark et le Royaume-Uni, qui ont refusé l’euro, sont parmi les plus dynamiques économiquement de l’UE!

● La Suisse est liée à l’UE par des accords bilatéraux et les pressions européennes se renforcent. Serons-nous un jour contraints d’intégrer l’UE?

Les accords bilatéraux sont utiles, mais le peuple doit suivre de près ce qui en est fait car votre pays compte également des élites mondialisées qui veulent imposer l’Europe dans son dos. Il ne faudrait pas que la démocratique Suisse, poussée par un grand frère aux méthodes de voyou dont les dirigeants n’ont été élus par personne, se retrouve demain à devoir respecter les contraintes européennes sans participer aux décisions. Si j’étais Suisse, je serais donc très vigilant. La Suisse garde le pouvoir de faire prévaloir ses intérêts nationaux. La France, ligotée aux intérêts divergents des 27 autres membres de l’UE, ne le peut plus!

● Pour vous, réformer l’Europe est impossible. Pourquoi?

«L’autre Europe» revendiquée de toutes parts par les tartuffes, les incompétents ou les «idiots utiles» est irréaliste car modifier le moindre mot des traités européens exige l’unanimité des 28 membres et des 28 peuples dont les intérêts s’opposent dans tous les domaines. La France est par exemple contributrice nette (c.-à-d. qu’elle verse plus d’argent à l’UE qu’elle n’en reçoit) et souffre de la directive des travailleurs détachés. La Bulgarie, elle, en bénéficie et touche plus qu’elle ne verse. La seule solution raisonnable est de quitter l’UE comme l’a fait le grand peuple britannique en activant l’article 50. Je relève au passage que contrairement à ce qu’avaient claironné les prophètes de l’Apocalypse, le Royaume-Uni se porte bien. Le taux de chômage y est même à son plus bas depuis 1975 (4,2%)!

● À vous entendre, la Suisse ferait donc tout juste?

Non. Le fait qu’elle soit membre du Partenariat pour la paix, une structure otanienne dont le nom est digne de la novlangue de 1984, m’étonne. Si j’étais Suisse, j’en serais scandalisé. La Suisse agit ainsi en contradiction totale avec la neutralité qui fait sa force. Elle se retrouve embrigadée dans la géopolitique américaine de «choc des civilisations» ou à envoyer des soldats au Kosovo. C’est contraire à toute son histoire et à ses intérêts. Par contre, sa démocratie directe et notamment ses référendums populaires me semblent un exemple à suivre.

● Comme le prétendent le Prix Nobel d’économie, Joseph Stiglitz, ou l’historien Emmanuel Todd, pour vous aussi, l’euro est condamné. Pourquoi?

L’euro se porte très mal, notamment du fait des déficits italiens, mais les spécialistes le cachent au grand public. Il faudrait tout un article pour l’expliquer. Vincent Brousseau, notre spécialiste à l’UPR qui a travaillé 15 ans à la BCE, le fait très bien. Disons seulement que l’euro est une monnaie dont le taux de change vis-à-vis du dollar n’est pas assez cher pour l’économie allemande mais l’est trop pour la française et la plupart des autres de la zone. Ce qui y creuse le chômage et les déficits commerciaux. Résultat: la Bundesbank ne cesse d’accumuler des créances pourries sur le sud de l’Europe. Ces dernières dépassent désormais les 900 milliards. Quand la barre des 1000 sera franchie, les Allemands seront contraints de trancher sous peine de chuter comme en 1923. Comme Stiglitz, je suis convaincu que les premiers États partis s’en sortiront le mieux.

● Qu’impliquerait la fin de l’euro pour la Suisse?

Votre franc jouerait à plein son rôle de valeur refuge. Il hausserait fortement. Les importations deviendraient meilleur marché et les exportations en pâtiraient. Ça risquerait de secouer mais bien moins que dans l’UE. De toute façon, la réalité des faits ne nous laisse pas le choix: l’euro va s’effondrer et l’UE avec !

https://www.upr.fr/actualite/journal-suisse-matin-a-consacre-long-article-a-francois-asselineau

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jeudi 22 février 2018

KOSOVO | Le calamiteux «bébé» de la diplomatie suisse

*A l’occasion des dix ans de la république autoproclamée du Kosovo, les médias occidentaux et suisses en particulier y sont allés de leur pommade… sachant que la ministre suisse des Affaires Etrangères de l’époque fut en pointe du combat pour la reconnaissance de cette «république» arrachée à la Serbie par l’OTAN. Quelques voix, tout de même, détonnent dans le concert de louanges.

TL SUISSE KOSOVO

ERRARE HUMANUM EST, PERSEVERARE DIABOLICUM

Madame Calmy-Rey peut s’enorgueillir à bon droit de quelques succès durant sa charge de cheffe du département fédéral des affaires étrangères, de 2003 à 2011. Ses engagements pour les femmes, dans les dossiers iranien ou coréen furent au nombre de ses actions courageuses. Sur le Kosovo, à la faveur du dixième anniversaire, elle persiste et signe son soutien à l’indépendance, en dépit de nombreux rapports sur le piteux état du pays, y compris pour les [mauvais traitements infligés par des proxénètes ​ aux femmes](https://www.osar.ch/assets/herkunftslaender/europa/kosovo/151007-kos-gewaltgegenfrauen-themenpapier-f.pdf), dont MCR se veut une défenseure ​ zélée​. Les connaisseurs du droit international avaient pointé l’illégalité de l’indépendance autoproclamée et souligné le précédent que cela ne manquerait pas de constituer. Madame Calmy-Rey afficha son dédain du droit et son déni de la réalité.

Dans l’affaire de la Crimée, la Russie ne manque pas de se référer au précédent Kosovar. Avec son livre KOSOVO, une guerre juste pour un État mafieux, Pierre Péan est loin d’être le seul à dénoncer l’enfant chéri de l’ancienne cheffe du DFAE.

A ce jour, ni l’ONU ni l’UE n’ont reconnu l’indépendance du Kosovo. Le premier pays a l’avoir reconnu fut significativement l’Autriche, ennemie historique de la Serbie. L’islamisme se porte bien au Kosovo, un détail sans doute. Les États-Unis y ont installé le camp Bondsteel (nom d’un général de la guerre du Vietnam), qui, avec près de 4000 km2, est leur seconde base militaire en Europe, gérée par quelques militaires et nombre de personnels de sociétés privées de sécurité. ​ La Suisse, sous l’impulsion de MCR, fut au nombre des sages-femmes ​qui mirent au monde un bébé conçu par les bombes de l’OTAN. La Confédération avait d’ailleurs rejoint deux ans avant la Guerre du Kosovo, en 1996, le «Partenariat pour la Paix», antichambre de l’OTAN. Aux côtés de l’OTAN, la Suisse participe aux manœuvres aériennes au-dessus de la Baltique, censées impressionner la Russie. Est-ce encore de la neutralité?

Madame Calmy-Rey, en dépit de tout cela, baigne avec délectation dans son autosatisfaction.

http://log.antipresse.net/post/kosovo-le-calamiteux-bebe-de-la-diplomatie-suisse?mc_cid=c4d7b7c51c&mc_eid=3a5e263339

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dimanche 11 février 2018

3 des 4 pays les plus heureux au monde sont justement les trois États européens restés en dehors de l’UE

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Un article proposé par J.M. (UPR 23)

Tiens tiens, comme par hasard, les pays les plus heureux au monde sont ceux, occidentaux, qui n’ont pas cédé à la pression de la propagande européiste. Il n’y a pas de meilleure preuve que celle-ci.

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Une nouvelle fois, la Norvège est désignée en 2016 comme « le pays le plus heureux du monde ».

Selon le très documenté rapport du Réseau de solutions pour un développement durable (SDSN), un organisme lié aux Nations-Unies, ce pays a combiné les meilleurs résultats dans un nombre varié de domaines (santé, sécurité, bien-être, libertés publiques…).

Oslo est un habitué de cette médaille d’or. Les Norvégiens ont par ailleurs refusé par deux fois (1972 et 1994) leur entrée au sein de l’Union européenne. Et le rejet populaire de l’UE est tel que personne n’imagine plus, désormais, organiser un nouveau référendum.

Comme régulièrement, la Norvège est suivie par l’Islande, la Suisse et le Danemark. Ce dernier est le seul pays du quatuor qui soit membre de l’Union européenne, mais il a majoritairement rejeté en 2000 l’entrée dans la zone euro. Il fut également celui qui, en 1992, a dit Non au traité de Maëstricht, avant de se faire tordre le bras, lors d’une seconde consultation qui inversa ce verdict un an plus tard. En décembre 2015 enfin, le peuple danois fit un nouveau bras d’honneur à Bruxelles en refusant d’intégrer l’Europe de la Justice et de la Police.

Le peuple islandais, reste, lui aussi, opposé à l’adhésion à l’UE

Le peuple islandais, reste, quant à lui, opposé à l’adhésion à l’UE, au point que le gouvernement interrompit en 2013 les négociations engagées dans ce sens en 2010. Enfin, le peuple suisse n’a jamais cessé de faire de la résistance contre l’intégration européenne pour préserver sa démocratie, au grand désespoir d’une large part de la classe politique helvétique.

Bref, trois des quatre pays les plus heureux au monde sont les trois seuls pays d’Europe de l’Ouest à rester en dehors de l’UE.

Est-ce justement parce qu’ils sont heureux qu’ils refusent de rentrer dans le bloc ? Ou bien est-ce parce qu’ils ne font pas partie de ce dernier qu’ils sont les champions du bonheur ? Un mélange des deux, peut-être…

Reste évidemment l’hypothèse de Bruxelles : une bien regrettable coïncidence…

Ruptures. Le site progressiste radicalement eurocritique

https://ruptures-presse.fr/

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samedi 27 janvier 2018

Modèle suisse ou bureaucratie européenne?

La directive de l’UE sur les armes est contraire à la liberté du citoyen

Par Marianne Wüthrich, docteur en droit

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Publié le 22 janvier 2018 sur Zeit-fragen.ch

Lors des sessions de printemps (Conseil national) et d’automne 2017 (Conseil des Etats), les Chambres fédérales ont délibéré sur la directive de l’UE sur les armes. Cette dernière a été renforcée sous le prétexte de «mieux lutter contre le terrorisme» (cf. «Les traditions suisses ne doivent pas être envahies par le droit de l’UE», Horizons et débats no 24 du 2/10/17). Du 29 septembre 2017 au 5 janvier 2018, dans le cadre d’une phase de consultation, les cantons et les partis politiques, les associations et les citoyens intéressés ont pu s’exprimer par écrit au sujet de la mise en œuvre de la directive de l’UE sur les armes dans le droit suisse (le soi-disant «développement de l’acquis de Schengen»).1

Même pour ceux n’ayant aucune connaissance dans le domaine des armes, une chose s’avère évidente en lisant les modifications prévues de la loi sur les armes: on exige des citoyens suisses l’acceptation d’un droit étranger mettant sérieusement en question leur compréhension du droit, de la liberté et du rapport de confiance de l’Etat envers eux. Suite à l’opposition de divers pays membres de l’UE, la Commission européenne a bel et bien fait marche arrière, mais pas suffisamment. Donc les réponses à la consultation des organisations suisses concernées ne sont guère enthousiastes.

La Suisse a désormais le temps jusqu’au 31 mai 2019 pour adapter sa loi sur les armes selon la directive de l’UE. Nous avons encore le déroulement parlementaire et la démocratie directe dans le domaine de la législation. Cependant, n’oublions pas ceci dans ce cas et dans toute future «reprise autonome du droit»: suite à un accord-cadre institutionnel, l’ensemble du processus législatif suisse, y compris le référendum facultatif et donc la discussion entre les citoyens dans le pays tout entier serait supprimée. En conséquence, tout «développement de la législation européenne» entrerait directement en vigueur en Suisse et cela signifierait la fin de la démocratie directe en Suisse.


Restriction du tir traditionnel, de la chasse, de la liberté du citoyen: la plupart des politiciens – à l’exception de ceux préférant adhérer immédiatement à l’UE – ne veulent pas vraiment cela. Toutefois, certains politiciens et médias se comportent une fois de plus devant la centrale bruxelloise comme des vassaux soumis à un suzerain.

Restriction de la liberté contre la volonté du peuple et beaucoup de travail pour les administrations cantonales

La directive européenne entrainerait une énorme complication du droit suisse en vigueur et des procédures administratives … Ce sont de longues listes d’«armes, d’éléments essentiels d’armes et des accessoires d’armes», dont l’achat, la vente, l’importation et possession devraient être interdites à l’avenir en Suisse. (Loi sur les armes, art. 5)2 Toutefois, les activités des associations de tir et le «tir de chasse» sont en principe autorisés. Puis, suivent des longues listes d’éventuelles autorisations exceptionnelles pour les tireurs sportifs, les collectionneurs, des musées (art. 28b–e) que les cantons «peuvent accorder» (art. 5 al. 6). «Des raisons méritoires» pour une autorisation exceptionnelle sont entre autres la «légitime défense nationale» (art. 28c al. 2d) – c’est bien gentil de la part des dirigeants de l’UE! L’idée est que les soldats suisses peuvent continuer à emporter leur arme personnelle à la maison et, sous certaines conditions, la garder également après la fin de leur obligation militaire, comme c’est la coutume dans notre armée de milice. Le peuple souverain a clairement confirmé cela le 13 févier 2011: 56,3% des électeurs et 20 de 26 cantons se sont opposés à l’initiative fédérale «Pour la protection face à la violence des armes».

L’exclusion de Schengen est-elle une catastrophe?

«Le système d’information de Schengen est essentiel pour nos organes de sécurité dans la lutte contre le terrorisme, une exclusion serait une catastrophe», a déclaré la conseillère nationale Ida Glanzmann, PDC («Neue Zürcher Zeitung» du 1/5/18). En réalité, la Suisse a toujours eu des traités de coopération policière avec les Etats limitrophes. Avant l’intégration de notre pays dans l’Accord de Schengen, nous pouvions surveiller nous-mêmes nos frontières nationales (ce que différents Etats membres de l’UE ont recommencé depuis le flux migratoire de 2014, malgré Schengen …). Il est incertain que les dirigeants de l’UE veuillent réellement exclure la Suisse de l’accord, car notre pays apporte sa contribution pour surveiller les frontières extérieures de l’espace de Schengen. Et au cas où ils le feraient tout de même, n’oublions pas à quel point l’effervescence dans les universités suisses est vite retombée, lorsque l’UE nous a exclus – en violant le droit international – du programme d’échange Erasmus+. Car, après le premier choc, il s’est avéré que l’expulsion ne portait préjudice ni aux étudiants ni au trésor fédéral – tout au contraire.3Aujourd’hui, c’est le Conseil fédéral qui reporte l’association renouvelée de la Suisse au programme Erasmus+. Il n’est pas exclu que cela se passerait de manière similaire pour Schengen.

Les réactions des associations importantes à la consultation sur le renforcement du droit suisse à la suite de la directive de l’UE sur les armes illustre leur scepticisme face à l’idée qu’elle puisse servir à la lutte contre le terrorisme. En outre, les gouvernements cherchant à protéger leurs populations contre les attaques terroristes devraient sérieusement envisager de ne plus participer à des guerres illégales contre des peuples ne leur ayant fait aucun mal.   

Marianne Wüthrich | 22 janvier 2018 | Zeit-fragen.ch

1) Département fédéral de justice et police (DFJP). Consultation sur l’avant-projet de l’arrêté fédéral sur l’approbation et la mise en œuvre de l’échange de notes entre la Suisse et l’UE concernant la reprise de la directive (UE) 2017/853 modifiant la directive européenne sur les armes 91/477/CEE (Développement de l’acquis de Schengen).
2) Projet du Conseil fédéral visant à modifier la loi fédérale sur les armes, d’accessoires d’armes et de munitions (Loi sur les armes, LArm) du 20/6/1997
3) cf. «Examinez d’abord votre contractant à la loupe!» in Horizons et débats no 1 du 12/1/15

Source: Zeit-fragen.ch

https://arretsurinfo.ch/modele-suisse-ou-bureaucratie-europeenne/

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lundi 22 janvier 2018

Brexit novembre 2017- RTS fact checking

TRIBUNE LIBRE / Par Michel Piccand | 28 Novembre 2017

TL BREXIT INTOX SUISSE

En ce samedi soir de novembre, dans cette période où les guirlandes de Noël commencent à décorer nos rues, à se couvrir du glacis de l’hiver dans un froid vif et piquant, la RTS dans son prime time s’est adressée à nos cœurs pour nous informer du sujet le plus brûlant. Le moment a été bien choisi pour nous parler de ces petites anglaises qui ne pourront pas bénéficier cette année de vacances de neige à la montagne… à cause du Brexit.

La RTS dans sa mission d’information a tenu à nous montrer avec acuité les dernières conséquences post-brexit, on ne sait jamais, cela pourrait influencer les téléspectateurs qui se débattent aussi dans ce problème de libre-circulation avec l’UE, et les prévenir qu’il ne faut surtout pas en sortir. Leurs enfants pourraient être privés de vacances de neige. La RTS s’est donc fait un point d’honneur à nous montrer les conséquences concrètes et funestes du Brexit. Dieu soit loué.

Que la RTS ne vous ait jamais parlé des véritables raisons qui ont déterminés les Britanniques à sortir de l’UE n’est qu’une anecdote, savoir pourquoi c’est un pro-UE – David Cameron qui a mis en place le référendum de sortie n’intéresse pas les électeurs de notre pays, l’important est qu’ils se rendent compte que sortir de la libre-circulation reconduit immédiatement à la case Charles Dickens, aux enfants de dix ans qu’on exploite pour coller des étiquettes sur des pots de cirage. (Faire de l’amplification est à la portée de tous n’est-ce pas ? Après le « C’est bon pour la jeunesse » des années 90 il faudra désormais vous habituer à l’ambiance Dickens, vous êtes prévenus.)

Plus sérieusement. Face au lamento nouvelle mode servi par notre radiotélévision d’Etat ce samedi soir il s’imposait de recourir à un fact checking pour vérifier les faits et l’exactitude des affirmations posées dans ce reportage misérabiliste sur les effets du Brexit. Dont acte. La narration par le journaliste y commence ainsi :

« Direction le Royaume-Uni maintenant, Londres et Bruxelles sont en pleine discussion pour préparer le Brexit, mais les effets sont déjà là, pour beaucoup de Britanniques, les prix ont augmenté, nombreux sont ceux qui doivent se serrer la ceinture et s’ils pouvaient revenir en arrière, une majorité de Britanniques choisiraient aujourd’hui de rester dans l’Union européenne, selon les derniers sondages. C’est le grand format de ce journal, il est signé Laurent Burkhalter

Mais qu’en est-il de ce sondage qui selon la RTS dit que les Britanniques décideraient de rester dans l’UE s’ils devaient revoter aujourd’hui ?
Voici l’avis du professeur John Curtice, chercheur au NatCen, professeur de politique à Strathclyde University, et commentateur en chef à What UK Thinks, organisme non partisan:

« Dans ce contexte, un commentateur sage s’avancerait avec précaution. Il y a clairement une évidence fournie à la lecture la plus récente du sondage YouGov, une preuve suggérant qu’il y aurait pu y avoir une légère inclinaison d’opinion en faveur de Rester (ndt dans l’UE) et, par suite, en faveur d’un Brexit plus souple. Mais de même que cette preuve est à la fois limitée et pas entièrement consistante telle qu’elle est, elle ne fait qu’indiquer un très léger glissement. Bien sûr, il suffirait d’un léger changement pour qu’un deuxième référendum produise un résultat différent de celui du scrutin de l’an dernier – mais il est loin d’être certain que le résultat serait différent si un deuxième vote devait avoir lieu maintenant. La seule conclusion sûre que nous puissions tirer est que la Grande-Bretagne est divisée sur le Brexit – et cela a toujours été le cas depuis le 23 juin de l’année dernière. » [1]

Et à cela rien d’étonnant, si l’on y rajoute que les résultats des sondages dépendent de qui pose la question et de comment elle est posée, de qui y répond, de même de qui fait la loi de l’opinion dans les médias lorsque le sondage est posé.

Ainsi la question «Avoir plus de contrôle sur l’immigration est-il plus important que d’avoir accès au libre-échange avec l’UE ?» qui a été posée quatre fois avant le référendum et quatre fois après ne varie guère et obtient toujours une majorité claire de 44% pour trouver plus important de contrôler l’immigration contre 41% pour l’inverse. Il y a quand même des moments où on ne peut pas dire qu’un chien est un cheval.

On comprend ainsi que sur les questions de libre-circulation les journalistes de la RTS orientent clairement la manière dont ils présentent les faits. A quoi aurait ressemblé ce reportage sur le Brexit présenté par des journalistes objectifs et non partisans ? Auraient-ils affirmé « nombreux sont ceux qui doivent se serrer la ceinture et s’ils pouvaient revenir en arrière, une majorité de Britanniques choisiraient aujourd’hui de rester dans l’Union européenne » ? Certainement pas. Auraient-ils montré des petites filles qui n’auront pas droit à la neige cet hiver en faisant l’association avec le Brexit ? Il n’est même pas besoin d’y répondre.

Les Suisses ont un problème avec leur radio-télévision d’Etat. Elle les manipule et essaie d’influencer l’opinion des téléspectateurs au mépris des faits.
Pour le reste le reportage de la RTS mélange ses exagérations à des données exactes, mais dont elle limite alors l’analyse. S’il est parfaitement exact que l’inflation britannique sur les produits alimentaires a explosé de 4 % depuis le Brexit du fait de la baisse de la Livre et de son effet sur les importations, dire que les Britanniques doivent désormais se serrer la ceinture est une totale exagération, d’autant que le quintile des plus défavorisés a vu cette année la plus grande progression de tous les salaires au Royaume-Uni, une situation quasi inédite, certes aussi grâce à la hausse du salaire minimum [2].

Présenter une situation économique post-brexit à la manière de la RTS est totalement aberrant et inacceptable pour qui prétend faire de l’information. Les produits alimentaires ont augmenté ? Oui. Mais c’est le bien de consommation qui allait réagir le plus rapidement du fait de la grande dépendance du Royaume-Uni à ses importations alimentaires. Bien évidemment que dans l’immédiat c’est ce qui allait se passer. Mais c’est aussi de nouvelles chances pour l’agriculture britannique de produire plus de biens locaux. De nouvelles chances qui bien évidemment ne peuvent pas se mettre en place du jour au lendemain alors que l’effet de la baisse de la Livre est lui immédiat sur la hausse du prix des aliments importés. Une leçon en passant pour les Suisses qui ont récemment choisi une plus grande dépendance aux importations alimentaires par le biais du vote sur la pseudo sécurité alimentaire.

Les produits alimentaires ont augmenté ? Oui. Mais les prix de l’immobilier montrent qu’une amorce à la baisse est en train de se mettre en place et pourrait à terme venir soulager grandement les loyers et le portemonnaie des citoyens britanniques et augmenter ainsi leur revenu disponible, c’est-à-dire ce qu’il leur reste concrètement à la fin du mois une fois qu’ils ont tout payé. Ils pourront ainsi réalimenter leur consommation et leur épargne qui actuellement sont en baisse.

La croissance britannique ralentit ? C’est exact. Elle est aussi due pour une bonne partie au ralentissement dans la construction qui découle du ralentissement prévisible de l’immigration. Moins d’immigration c’est moins de logements à construire. Mais comme le souligne la Banque d’Angleterre la croissance britannique devrait reprendre quand les entreprises exportatrices pourront commencer à bénéficier à la fois du coût réduit de la livre sterling et de la reprise de l’économie mondiale qui va induire de nouvelles demandes.

On comprend alors que cette économie post-brexit est dans une période de transition et de redéploiement, qu’il peut y avoir des pertes momentanées pour des gains qui se développeront demain. Dans le jeu du mondialisme et d’une concurrence croissante la reprise en main des coûts immobiliers et une valeur plus basse de sa devise et donc des coûts d’exportation ne sont certainement pas des paramètres que l’on peut négliger, ce sont au contraire des paramètres fondamentaux de compétitivité. Il se pourrait même que le Royaume-Uni soit en train de se préparer une longueur d’avance pour demain. Un pays plus équilibré avec des coûts globalement moins élevés.

Si l’on dresse un tableau général actuel de l’économie britannique, excepté l’inflation actuelle de 2.8 % à laquelle la Banque d’Angleterre va répondre par une hausse du taux d’intérêt à 1% à l’horizon 2020 au lieu du 0.5% actuel, on constate que pour l’instant le taux de sans-emploi n’a jamais été aussi bas depuis 40 ans, que les salaires nominaux continuent d’augmenter, surtout celui des plus défavorisés, même si cette augmentation pour les salaires médians est consommée par la hausse actuelle de l’inflation, que les prix de l’immobilier et des loyers sont en train d’amorcer une baisse, que le montant de la livre est extrêmement favorable aux exportations. N’est-ce pas exactement ce que demande le peuple suisse aujourd’hui ? Et qu’on lui refuse.

Une hausse des salaires, une baisse des loyers, une monnaie plus basse pour les exportateurs. C’est ce qui ressort à ce stade de la sortie de la libre-circulation européenne du Royaume-Uni.

On se demande parfois pour qui travaillent les journalistes de la RTS ?

Par Michel Piccand

Michel Piccand, a fait des études de droit à Genève. Auteur de plusieurs essais et articles consacrés à la Suisse, il ne se revendique d’aucune couleur politique. Il se définit comme un essayiste attaché à la démocratie directe de son pays. Sa démarche, dit-il, « est avant tout éthique; il faut commencer par dire la vérité, sans vérité il n’y a pas de démocratie, il n’y a même pas de débat possible. »

[1] “Has There Been A Swing Against Brexit? 18 October 2017 by John Curtice”

[2] L’évolution des salaires au Royaume-Uni depuis le Brexit diffère selon les secteurs. Le salaire moyen général de juin 2016 à novembre 2017 a progressé de 3.45 %. Les progressions les plus élevées se sont produites dans des secteurs où la concurrence de migrants européens était manifeste, les salaires dans la construction ont progressés sur cette période de 5.2 % et dans les services de 4%. [EARN01 Average Weekly Earnings – total pay. 15 Nov. 2017]
L’ONS, Office for National Statistics, relevait que ce sont surtout les plus bas salaires qui ont progressé. La part des travailleurs gagnant moins des deux tiers du salaire moyen a chuté de 19.4% en 2016 à 18.4% en 2017. De même le différentiel de salaires entre hommes et femmes chutant à son plus bas niveau depuis que cette donnée a commencé à être prise en compte en 1997. [Annual Survey of Hours and Earnings: 2017 provisional, ONS].
En Suisse les syndicats ouvriers défendent la libre-circulation des personnes. On n’ose imaginer ce que deviendrait leur légitimité si les mêmes hausses de salaires se produisaient dans notre pays une fois quitté la libre-circulation.

Post scriptum

Il est assez étonnant de voir les commentaires que certains dans notre pays osent porter sur les capacités des Britanniques à comprendre les processus économiques. Les Britanniques n’ont rien compris ? A voir. On trouve au Royaume-Uni des raisonnements économiques qui vont bien plus loin que ceux que l’on trouve en Suisse dans notre appareil politico-économique.

Ainsi dans les discussions avant le Brexit qui inondèrent le Royaume-Uni cette position particulièrement étonnante d’un politicien conservateur qui dénonçait la sous-enchère salariale induite par la libre-circulation avec l’UE, qui faisait affluer nombres de ressortissants est-européens qui cassaient le niveau des bas salaires au Royaume-Uni. La première réaction helvétique était de se demander comment un conservateur capitaliste pouvait trouver inacceptable la sous-enchère salariale. N’est-ce pas précisément ce qui était recherché ? La réponse vaut ici son pesant d’or.

Cet éminent parlementaire britannique, dont la culture économique est ici remarquable, expliquait en substance la chose suivante : les bas salaires induits par l’immigration de l’est au Royaume-Uni sont désormais si bas qu’ils ne permettent même plus à ces salariés de vivre et d’assurer leurs besoins. Alors c’est l’Etat qui doit leur venir en aide par les aides sociales pour compléter leurs salaires. Et finalement, disait-il, c’est comme si c’est l’Etat qui payait une partie du salaire auquel ils devraient avoir droit. Ce qui pour ce conservateur, revenait à dire que l’Etat devant payer à la place des entreprises une partie des salaires qu’elles devraient payer, ces aides sociales revenaient en réalité à subventionner ces entreprises en payant une partie des salaires à leur place. Pour lui, ce n’était plus ici les règles du jeu du capitalisme. De manière sous-jacente on comprenait qu’il s’agissait du débat qui a lieu actuellement dans le monde anglo-saxon sur le capitalisme de copinage ou crony capitalism et dont Trump est le porteur aux USA, et qui dénonce le favoritisme pour certaines entreprises au détriment des autres et de l’ensemble de la collectivité.

La grande intelligence de ce politicien britannique était de comprendre l’autre versant du problème. Que plus les aides sociales deviendraient massives et nécessaires, plus les impôts et la pression fiscale pour les financer allaient s’accroître – situation qui est précisément celle qui était en train de se produire au Royaume-Uni et que justement en conservateur et capitaliste ennemi de l’impôt il cherchait à éviter, et qui selon lui ne pouvait être réglée qu’en sortant de la libre-circulation des personnes avec l’UE et en retrouvant la maîtrise de leur flux migratoire.

Une réflexion éminemment intéressante pour la Suisse, dans tous les cas à méditer. Combien de ces entrepreneurs politiciens libéraux pro-UE en Suisse qui ne voient que leurs gains immédiats, la politique du cochon à gagner, et se moquent des effets que tout cela entraîne sur les structures et le fonctionnement général de toute notre économie ?

Source: Michel Piccand

https://arretsurinfo.ch/brexit-novembre-2017-rts-fact-checking/

 

Posté par UPR Creuse à 07:58 - - Permalien [#]
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