vendredi 18 mai 2018

Jean Bernadotte (1763 - 1844) « Sergent Belle-Jambe », roi de Suède

HIST BERNADOTTE

 

Le maréchal Jean-Baptiste Bernadotte en prince héritier de Suède (1811, François Gérard, collections royales de Stockholm)Peu de destins auront été plus singuliers que celui de Jean-Baptiste Bernadotte.

Comment ce modeste Béarnais au teint basané, né dans la France de Louis XV, et qui selon la légende s’était fait tatouer « Mort aux rois ! » sur la poitrine, aurait-il pu imaginer qu’il deviendrait roi de Suède ?

De son couronnement, le 11 mai 1818 à Stockholm, est issue une dynastie qui règne depuis lors avec sérénité sur ce grand pays du Nord.

La réalité a dépassé la fiction...

Soldat de la République

C’est à Pau, patrie d’Henri IV, que Jean-Baptiste Bernadotte voit le jour le 26 janvier 1763. Fils d’un tailleur d’habits, il s’engage à 17 ans comme simple soldat au régiment d’infanterie Royal-La Marine.

Sérieux et travailleur, il grimpe lentement, grade après grade, les échelons militaires. À la veille de la Révolution, Bernadotte est promu sergent major. Apprécié pour son physique avantageux et sa prestance, le Béarnais est alors surnommé dans son régiment « Sergent Belle-Jambe ».

Bernadotte lieutenant du-36e régiment de ligne en 1792 (Louis-Felix Amiel, 1834)Les guerres de la Révolution vont lui permettre une rapide promotion. En 1793, il accède au grade de capitaine puis de chef de bataillon. L’année suivante, il participe à la bataille de Fleurus. Son rôle décisif dans la victoire lui vaut d’être aussitôt promu général de brigade. Quelques mois plus tard, il est nommé général de division.

Durant trois ans, Bernadotte va combattre en Belgique et aux Pays-Bas au sein de l'armée de Sambre­et-Meuse, commandée par Jourdan et Kléber. En 1797, il est envoyé avec sa division en Italie pour assister Bonaparte. Entre les deux hommes, le contact est froid car Bernadotte admet difficilement d’être sous les ordres d’un général plus jeune que lui. Le Béarnais mène avec succès l’avant-garde française contre l'archiduc Charles et c’est lui qui est chargé de rapporter au Directoire les drapeaux pris à l’ennemi.

Parent par alliance de Joseph Bonaparte

Nommé ambassadeur à Vienne, Bernadotte n’est pas de l'expédition d'Égypte. De retour en France au printemps 1798, il se rapproche de Joseph Bonaparte, alors député au Conseil des Cinq-Cents. Celui-ci est marié à la fille d’une des plus riches familles de Marseille, Julie Clary. Le Béarnais en profite pour épouser la sœur de cette dernière, Désirée, qui n’est autre que l’ancienne fiancée de… Napoléon !

Le mariage est célébré le 17 août 1798 à Sceaux, en présence de Joseph et Lucien Bonaparte. Un an plus tard, Désirée accouche d’un enfant, Oscar, et propose à Napoléon d’en être le parrain. Le futur Premier Consul accepte de bon cœur. Le destin de Bernadotte sera désormais étroitement lié à celui des Bonaparte.

Le 3 juillet 1799, le Béarnais est nommé ministre de la Guerre du Directoire. Il est alors un farouche républicain et Sieyès, qui complote pour renverser le régime, s’arrange pour le faire démissionner au bout de deux mois.

Lors du coup d’État du 18 Brumaire, Bernadotte refuse à la fois de se rallier à Bonaparte et de défendre le régime.

Maréchal d’Empire

En mai 1804, Bernadotte accepte néanmoins de se rallier à l'Empire. En récompense, il est fait Maréchal d'Empire et deviendra deux ans plus tard prince de Ponte-Corvo. Bernadotte participe aux guerres de l’Empire. Il ne s’illustre guère durant les batailles, se voyant régulièrement reprocher son attentisme par Napoléon.

Mais le 7 novembre 1806, lors de la bataille de Lübeck, sur la Baltique, Bernadotte se comporte avec une rare urbanité à l'égard des officiers suédois qui ont été faits prisonniers. À leur retour, ceux-ci chanteront ses louanges à Stockholm...

La bataille de Lübeck (6 et 7 novembre1806)

Prince-héritier de Suède

Alors qu'il est en semi-disgrâce, Bernadotte va soudainement voir son destin basculer à l’été 1810. Le 28 mai 1810, le prince-héritier Charles-Auguste de Suède, décède d’une chute de cheval.

Son père adoptif, le roi Charles XIII, malade et sans enfant, cherche donc un nouveau prince héritier. La Suède souhaite se rapprocher de la France, afin de contrer la Russie, et se met en quête d’un futur roi ayant les faveurs de Napoléon. Craignant que l’Empereur n’impose un membre de sa famille, le gouvernement suédois propose le titre à Bernadotte, en souvenir de sa bienveillance à l’égard des prisonniers.

Napoléon hésite. Il se méfie de Bernadotte et redoute que cette promotion ne donne des idées de trône à ses autres maréchaux. Il finit toutefois pas accepter, espérant disposer ainsi d’un solide allié en Europe du Nord.

Le 21 août 1810, les états généraux d'Örebro désignent à l'unanimité Bernadotte prince royal et successeur du roi Charles XIII. Deux mois plus tard, le Béarnais débarque en Suède. Il se convertit au luthéranisme et prend le prénom de Charles Jean. À la cour de Stockholm, il fait très vite oublier son passé révolutionnaire.

Son épouse Désirée Clary est quant à elle peu disposée à s’installer dans ce royaume nordique, si loin de sa famille et dont elle ne connait rien. Prétextant des problèmes de santé, elle fait traîner les choses et ne rejoint son mari que six mois plus tard, avec leur fils unique, Oscar. Mais la Marseillaise qui se fait très mal au climat scandinave et à l’austérité de la religion luthérienne, supporte encore moins l’éloignement de sa sœur, devenue de son côté reine d’Espagne. Elle choisit de revenir rapidement en France, laissant son fils à Stockholm.

Adversaire de la France

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En juin 1812, Napoléon envahit la Russie. Alors que l’empereur espère une attaque de la Suède contre la Finlande, Bernadotte lui fait faux bond en déclarant sa neutralité. Napoléon lui en gardera une éternelle rancune.

Bernadotte n'en a cure. Il signe un traité d'alliance avec la Russie et rejoint la coalition formée contre la France, en échange de l’annexion de la Norvège, alors unie au Danemark dont le souverain est jugé trop favorable à Napoléon !

Il combat ses anciens frères d'armes en Allemagne mais répugne toutefois à envahir la France. 

Roi de Suède et de Norvège

Le 5 février 1818, Charles XIII meurt. Bernadotte lui succède sur le trône de Suède et de Norvège sous le nom de Charles XIV.

Souverain d’une monarchie encore à mi-chemin entre absolutisme et parlementarisme, Bernadotte va régner en monarque tantôt libéral, tantôt conservateur. Bénéficiant du contexte pacifique de l’après traité de Vienne, il rétablit les fiances du royaume et fait de la Suède, pays jusqu’alors belliqueux, un État neutre, sur le modèle de la Suisse. Depuis son accession au trône, le royaume n’a plus participé à un conflit.

Bien qu’il n’ait jamais réussi à parler la langue de ses sujets, il resta très populaire. Son jubilé, en 1843, fut l’occasion d’une immense ferveur. Bernadotte meurt à 81 ans, le 8 mars 1844. Son fils Oscar lui succède sous le nom d’Oskar Ier. L’actuel roi de Suède, Charles XVI, est son arrière-arrière-arrière-petit-fils !

https://www.herodote.net/histoire/synthese.php?ID=2410&ID_dossier=345

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lundi 12 février 2018

Brèves d'antipresse

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RUSSIE | Blocus sur l’Arctique

La Russie — on le sait et c’est peut-être son principal problème — est assise sur la plus vaste réserve d’énergies fossiles du monde. Selon une estimation de la statistique géologique des Etats-Unis, l’Arctique pourrait receler — quelque 90 milliards de barils d’huile exploitables et 47 trillions de mètres cubes de gaz naturel. Or c’est la Russie qui en détient, géographiquement, le plus gros morceau: 48 milliards de barils et 43 trillions de m3 respectivement.

L’exploitation de ces gisements subpolaires se heurte à des difficultés techniques considérables. Une analyse captivante de Stanislav Pritchine, publiée sur le site de l’Institut royal britannique des Affaires internationales, suggère même que l’un des motifs des sanctions occidentales à l’égard de la Russie serait de faire obstacle à cette exploitation… En attendant, on l’imagine, un «printemps russe» qui porterait au pouvoir des partenaires plus compréhensifs pour les multinationales anglosaxonnes.

«Les sanctions occidentales sont partiellement destinées à entraver la capacité de la Russie à exploiter les ressources de l’arctique, et elles ont également suspendu des projets déjà en cours avec des partenaires occidentaux. Par exemple, au lendemain de l’imposition des sanctions US en 2014, ExxonMobil fut contrainte de cesser ses activités en Russie avec Rosneft. Privée de l’aide d’Exxon, Rosneft a suspendu son exploration du champ pétrolifère Victory dans la mer de Kara.»

Cependant, l’auteur esquisse aussi le contrecoup possible de cette stratégie: le développement de technologies en interne, notamment par des partenariats entre les géants énergétiques d’Etat (Lukoil et Rosneft) avec des entreprises privées russes ayant accumulé du savoir-faire de pointe, entre autres, dans des contrats à l’étranger.

Après avoir forcé la Russie à assurer son autarcie agricole, l’Occident va-t-il une fois de plus se tirer dans le pied?

http://log.antipresse.net/post/russie-blocus-sur-larctique?mc_cid=800042b4a1&mc_eid=3a5e263339

SUÈDE | Le féminisme à l’épreuve de la neige

Les Suédois.es viennent d’écrire un nouveau chapitre de la Psychopathia occidentalis en matière de politiquement correct. Constatant que les trottoirs étaient plus fréquentés par les personnes du sexe féminin, alors que les usagers de la route sont en majorité d’ordinaires mâles, les autorités roses-vertes de Stockholm ont décidé de déneiger en priorité les voies piétonnières. En est résultée une mémorable gabegie sur les routes… suivie d’un pugilat généralisé dans la presse.

«Début novembre, le système a été mis à l’épreuve par les premières chutes de neige importantes dans la capitale suédoise. Les voitures ont été bloquées sur le périphérique pendant des heures, des écoles ont été fermées faute de bus en circulation, des habitants appelés à rester chez eux… […] La patronne des conservateurs, Anna Kinberg Batra, s’est fendue d’un tweet grinçant, constatant que “tout n’est pas question de sexe. La neige, par exemple ". Avant de se demander : “En quoi la Suède est-elle plus égalitaire quand les bus n’arrivent pas à rejoindre les écoles ?"»

Faut-il y voir un début d’agacement face aux précieuses ridicules de l’égalitarisme?

http://log.antipresse.net/post/suede-le-feminisme-a-lepreuve-de-la-neige?mc_cid=800042b4a1&mc_eid=3a5e263339

ARMEMENTS | Les drones terroristes entrent en scène

Dans la nuit du 6 au 7 janvier dernier, la Syrie a été le théâtre d’une première historique dans l’art de la guerre — qui est pourtant passée presqu’inaperçue. Alors qu’elles fêtaient leur Nativité, les bases russes de Hmeimim et de Tartous étaient visées par un essaim de 13 drones équipés de bombes gravitationnelles. L’attaque n’a pas fait de dégats: la défense aérienne a détruit 7 drones en vol et réussi à prendre le contrôle des 6 autres pour les poser.

Les médias occidentaux ont insisté sur le caractère «artisanal» et «low-tech» de ces bombardiers radiocommandés. Les Russes, de leur côté, ont souligné les connaissances technologiques nécessaires pour réaliser une telle attaque, notamment en matière de coordination au GPS. En soutenant qu’une telle opération dépassait les compétences d’une poignée d’islamistes d’Idlib, ils sous-entendent qu’une puissance étrangère pourrait leur avoir donné un «coup de pouce». Le ministère de la Défense russe s’est interrogé sur l’«étrange coïncidence» que constituait la présence d’un avion de reconnaissance U. S. dans le secteur.

Quoi qu’il en soit, l’humanité est officiellement entrée cette nuit-là dans l’ère des attaques d’armes miniatures robotisées en essaim prédite, notamment, par un Michael Crichton (dans La Proie en 2002).

«“Si l’incident en soi n’était pas forcément très spectaculaire du point de vue des critères terroristes, il augure sans doute d’un avenir très sombre", a déclaré Colin Clarke, chercheur en science politique auprès du think tank RAND spécialisé dans le terrorisme, les insurrections et les réseaux criminels.»

Il est à souligner que l’armée américaine étudie cette technologie depuis quelque temps déjà et qu’elle s’enorgueillit de son avance dans le domaine. Cela pourrait expliquer la relative discrétion des médias de grand chemin sur cette «excitante» innovation technologique.

http://log.antipresse.net/post/armements-une-premiere-historique-passee-inapercue?mc_cid=800042b4a1&mc_eid=3a5e263339

FAKE NEWS | Comment France 2 défend le 80 km/h

La décision gouvernementale de réduire la vitesse de 90 à 80 km/h sur les nationales françaises n’a pas été accueillie, c’est le moins qu’on puisse dire, par une approbation unanime. Heureusement, les médias de grand chemin sont là pour prêter main forte au pouvoir!

Le «20 Heures» de France 2 a ainsi organisé un test «impartial» entre les deux limitations (80 et 90 km/h) du point de vue de la consommation et du freinage. Or le comparatif apparaît grossièrement pipé dès le début, notamment en opposant, sur le même exercice, deux automobiles du même modèle (Peugeot 308), mais de deux générations différentes. le site auto-moto.com s’est livré à une analyse minutieuse de la démonstration de France 2. Il n’en est resté qu’un… cas d’école de fabrication de fake news!

http://log.antipresse.net/post/fake-news-comment-france-2-defend-le-80-km-h?mc_cid=800042b4a1&mc_eid=3a5e263339

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