mardi 24 octobre 2017

Londres se paye Macron après ses critiques contre le Brexit : “il a totalement tort !”

Critique. Le ministre du Commerce britannique n'a pas tardé à réagir aux critiques d'Emmanuel Macron...

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Le ministre du Commerce britannique Liam Fox l'a affirmé hier : si les négociations pour le Brexit se font toujours avec autant de tensions entre le Royaume-Uni et l'Union européenne, alors le pays, qui souhaite redevenir souverain, sortira de l'UE... sans accord.

Jamais avare d'un commentaire, le président français Emmanuel Macron avait jugé cette hypothèse irréalisable, parlant de “bluff” et de “fausse information”.

Il fait la leçon à Theresa May

En conclusion de ce conseil européen qui s'est tenu le week-end dernier, Emmanuel Macron n'a pas hésité à déclarer : “Le problème aujourd'hui de Theresa May, c'est que celles et ceux qui ont prôné le Brexit n'ont jamais expliqué au peuple britannique quelles en étaient les conséquences (...) Qu'il y ait du bruit, du bluff, des fausses informations des uns et des autres acteurs secondaires ou spectateurs de cette discussion, c'est, si je puis dire, la vie des affaires ou la vie des médias”.

Le ministre du Commerce britannique se paie le président français

“Il a totalement tort” : c'est par ces mots que Liam Fox, invité de la télévision anglaise, a interprété les propos d'Emmanuel Macron, confirmant qu'une sortie sans accord était bien une option envisagée, tout en précisant que ce ne serait pas “un scénario catastrophe”.

https://www.valeursactuelles.com/monde/londres-se-paye-macron-apres-ses-critiques-contre-le-brexit-il-totalement-tort-89999

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lundi 23 octobre 2017

Pour sortir de l'impasse, May va offrir des garanties aux expatriés

LONDRES (Reuters) - Theresa May s'est engagée jeudi à rendre aussi facile que possible le maintien des expatriés européens au Royaume-Uni afin de tenter de débloquer les discussions avec les Européens qui butent principalement sur les modalités financières du Brexit.

ARG UK EUAlors que s'ouvre dans l'après-midi à Bruxelles un nouveau Conseil européen, les dirigeants des Vingt-Sept semblent exclure d'engager formellement la deuxième phase des négociations, qui doit porter sur les relations futures avec le Royaume-Uni une fois le divorce prononcé.

A la suite de leur négociateur, Michel Barnier, ils devraient juger "insuffisants" les progrès réalisés dans les discussions portant sur la première phase, consacrée aux modalités du divorce en lui-même.

Dans une tribune mise en ligne jeudi matin sur sa page Facebook, la Première ministre britannique propose des concessions sur les droits des citoyens européens d'outre-Manche, l'un des points clefs de la première phase des négociations.

Faute de changer le cours du sommet européen, cette annonce pourrait toutefois signaler l'adoption d'une nouvelle approche britannique, plus souple, face aux négociateurs du bloc.

Dans ce texte, Theresa May estime qu'un accord sur les droits des trois millions de ressortissants européens vivant au Royaume-Uni est "à portée de main".

A son arrivée à Bruxelles, la Première ministre a déclaré : "nous allons examiner les progrès concrets qui ont été accomplis dans les négociations pour notre sortie et établir des projets ambitieux pour les prochaines semaines. Par exemple, je souhaite qu'on parvienne d'urgence à un accord sur les droits des citoyens".

La dirigeante britannique propose de mettre en place un groupe de représentants des expatriés, ainsi que les services d'experts juridiques et techniques pour garantir une transition fluide.

ESPRIT D'OUVERTURE

"Je sais que les deux camps vont considérer les propositions mutuelles de finalisation de l'accord dans un esprit d'ouverture. Avec de la flexibilité et de la créativité des deux côtés, je suis persuadée que nous pourrons conclure les discussions sur les droits des citoyens dans les prochaines semaines", poursuit-elle dans la tribune sur Facebook.

Au titre de ces concessions, les citoyens européens n'auraient notamment plus à fournir la preuve de leur souscription à une couverture maladie complète, comme c'est le cas aujourd'hui.

"Pour tous les citoyens européens qui détiennent un permis permanent de résidence dans l'ancien système, un système simple sera mis en place pour passer de leur statut actuel à un statut de résident au Royaume-Uni", dit-elle.

Dans sa tribune, Theresa May ne dit rien de la question du rôle dévolu à la Cour de justice de l'Union européenne après le Brexit.

Mais dans une interview accordée à plusieurs journaux européens, dont Le Figaro, son ministre du Brexit, David Davis, rappelle que lors de son discours de Florence, le 22 septembre dernier, elle a proposé que "les tribunaux britanniques prennent en compte les jugements de la Cour européenne de justice".

"Aucun pays au monde hors de l'UE n'accepte les règles de la Cour européenne de justice", poursuit-il, ajoutant que cette proposition est de nature à "donner de la certitude aux citoyens européens en faisant en sorte que leur traitement soit équivalent des deux côtés de la Manche".

Avant le début du Conseil européen, la chef du gouvernement britannique a rappelé qu'elle avait fait lors de son discours à Florence des propositions qu'elle a qualifiées d'audacieuses et d'ambitieuses.

A dix-sept mois seulement de la date du divorce, fixée à fin mars 2019, Theresa May est soumise à de fortes pressions pour débloquer les négociations ou de risquer un retrait de l'UE sans accord, un scénario du "saut dans le vide" qui plongerait les acteurs économiques dans l'incertitude.

Pour ajouter à ses difficultés, le dirigeant de l'opposition travailliste, Jeremy Corbyn, sera également à Bruxelles jeudi, pour rencontrer les eurodéputés et tenter de sortir d'une "impasse du Brexit" créée selon lui par les "cafouillages" du gouvernement.

May doit aussi compter avec un début de fronde au sein du groupe parlementaire du Parti conservateur à la Chambre des communes.

(Elizabeth Piper avec Alastair Macdonald à Bruxelles; Julie Carriat et Henri-Pierre André pour le service français)

http://www.latribune.fr/depeches/reuters/KBN1CO0DQ/pour-sortir-de-l-impasse-may-va-offrir-des-garanties-aux-expatries.html#xtor=EPR-2-[l-actu-du-jour]-20171019

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vendredi 20 octobre 2017

«Avant/Après» 1948 : des affiches sur le sort des Palestiniens bannies des transports londoniens

Des affiches dénonçant le non-respect de l'engagement pris en 1917 par le Royaume-Uni de protéger les populations non-juives de Palestine, ont été bannies des transports londonniens. Le représentant de l’Autorité Palestinienne crie à la censure.

59e8cc2d488c7beb768b4567Les interdictions d’afficher dans les stations de métro et de bus de la Transport for London (TfL), l'organisme public responsable des transports en commun de Londres, sont fréquentes pour des motifs de nudité, mais le sont plus rarement pour des raisons politiques. Or, elles viennent de frapper une campagne sur le sort des Palestiniens depuis la création de l'Etat d'Israël en 1948, selon des informations rapportées par plusieurs médias, dont le Guardian

Trois types d’affiches mettaient en parallèle, chacune, deux clichés photographiques, l'un présenté comme issu d'avant la création d’Israël, l'autre après. Plus précisément, une photo en noir et blanc représentait le peuple palestinien dans des scènes de rue ou de la vie familiale, du temps où la Palestine était sous mandat britannique. En-dessous de celle-ci, une photo en couleur figurait le présent – des ruines, des femmes endeuillées en pleurs et des camps de réfugiés.

L'organisme public des transports londonien a fait valoir que la campagne avait contrevenu aux règles, en présentant des «images ou messages en rapport avec des controverses ou avec la sensibilité individuelle». Pourtant, curieusement, une image similaire avait été autorisée dans la station de métro de Westminster, l'an dernier, selon le Guardian.

«L’histoire de la Palestine est une histoire censurée»

La campagne d’affichage, intitulée «Make It Right» («Soyez juste»), a été organisée par la Mission palestinienne au Royaume-Uni, qui représente l'Autorité Palestinienne. Son représentant diplomatique dans le royaume, Manuel Hassassian, a qualifié cette interdiction de «censure».

«L’histoire de la Palestine est une histoire censurée. Cela fait 100 ans que le gouvernement britannique masque ses promesses non tenues dans la déclaration de Balfour de protéger les Palestiniens, quand il a cédé leur pays à un autre peuple», a martelé Manuel Hassassian. Et le représentant diplomatique d'ajouter : «Il existe peut-être une liberté d’expression sur tous les sujets en Angleterre, sauf sur la Palestine.»

La campagne d'affichage en question dénonçait les conséquences de la déclaration Balfour, du nom du secrétaire britannique des Affaires étrangères de l’époque, Arthur James Balfour, signée le 2 novembre 1917. Il annonçait l’intention du gouvernement d’établir un Etat pour le peuple juif en Palestine. La déclaration comportait une promesse : «Rien ne doit être fait qui puisse porter préjudice aux droits des communautés non juives existant en Palestine». Or, cette déclaration a ouvert la voie à l'expulsion d'autochtones arabes de leurs terres.

Une campagne à l'occasion du centenaire de la déclaration Balfour

Les affiches de la campagne «Make It Right» devaient être placardées en amont des célébrations du centenaire de cette déclaration, le 2 novembre 2017.

Theresa May et son homologue, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, sont attendus à un dîner londonien célébrant l'événement. Londres, à qui le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas avait demandé des excuses pour les conséquences de la déclaration Balfour, a exprimé son refus de le faire en avril 2017. Des manifestations doivent être organisées pour le respect des droits des Palestiniens et la reconnaissance du préjudice entraîné par la promesse non-respectée des Britanniques.

La campagne d'affichage interdite dans les stations de métro et de bus sera toutefois visible sur des taxis, dont les règles d’affichages sont moins contraignantes.

https://francais.rt.com/international/44768-affiches-sur-question-palestinienne-bannies-transports

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Le texte de la déclaration Balfour:

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mardi 10 octobre 2017

L'avenir de l'Europe se joue à Barcelone

Rarement l'Histoire a été aussi imprévisible qu'en cette veille de (non)-déclaration d'indépendance de la Catalogne.

ARG ESP CAT DRAPEAUXLe sort de l'Espagne et de l'Union européenne se joue sur la décision qu'annoncera le soir du 10 octobre 2017 le président de la Généralité, Carles Puigdemont, parfaitement inconnu il y a trois ans et devenu le chef de file des jusquauboutistes catalans.

Pour l'anthropologue Emmanuel Todd, la revendication identitaire catalane peut s'expliquer par une société anciennement organisée autour de la famille-souche : les garçons demeurent sous l'autorité du père de famille et l'aîné se réserve l'héritage. Ces principes d'autorité et d'inégalité débouchent dans le domaine politique sur de fortes revendications identitaires, comme en Suisse alémanique et en Écosse, autres pays de famille-souche.

 

Où l'on voit que la Catalogne n'est pas l'Écosse

Justement, le contraste est saisissant entre le déroulement du référendum du 1er octobre 2017 en Catalogne et celui du 18 septembre 2014 en Écosse, qui s'est déroulé dans le calme et le respect du droit et a abouti de justesse au rejet de l'indépendance.

C'est que le gouvernement de Londres est l'héritier d'une tradition libérale indéfectible et nul ne doute que si le référendum écossais avait été favorable à l'indépendance, il aurait accepté celle-ci sans ciller. Rien de tel avec le gouvernement de Madrid, héritier d'une tentation centralisatrice aussi ancienne. [1]

En 1707, c'est de de façon concertée que l'Écosse et l'Angleterre ont uni leurs destins au sein d'un Royaume-Uni de Grande-Bretagne. Sept ans plus tard, c'est à l'issue d'un siège éprouvant que les Barcelonais ont renoncé à leurs velléités autonomistes. 

Ces velléités vont ressurgir au XXe siècle avec la victoire électorale de la Lliga regionalista en 1901 et  la création d'une Généralité de Catalogne autonome en 1932. Pendant la guerre civile (1936-1939), les Catalans seront à la pointe du combat contre les nationalistes de Franco mais leurs anarchistes, « organisées » au sein du POUM, vont donner du fil à retordre aux brigades staliniennes engagées aux côtés des républicains espagnols. [2]

On peut heureusement douter d'une répétition de l'Histoire. Les indépendantistes et les légalistes d'aujourd'hui ne sont pas prêts à mourir pour leurs idées. Ils ont trop à perdre et l'enjeu n'en vaut pas la peine. Reste que la crise peut coûter très cher tout à la fois à la Catalogne, à l'Espagne et à l'Union européenne. L'annonce par la plus puissante banque catalane, la Caixa, de son départ pour Palma de Majorque donne un aperçu du désordre à venir. 

Comment en est-on arrivé là ? Comment la région la plus riche d'Espagne et l'une des plus prospères d'Europe a-t-elle pu tout d'un coup se ruer vers une indépendance à très hauts risques ?

La rançon d'une excessive rigueur

La chronologie est très éclairante :

Le 11 janvier 1980, la jeune démocratie espagnole a accordé une large autonomie à la Catalogne ainsi qu'à la Galice et au Pays basque. Ces autonomies se sont consolidées au fil des décennies, jusqu'au Statut de 2006, accordé à la Catalogne par le gouvernement socialiste de Luis Zapatero. L'Espagne vivait alors dans l'euphorie du crédit bon marché grâce à des taux d'intérêt alignés sur ceux de l'Allemagne. 

Miracle de la zone euro et de la monnaie unique instituée en 1999/2002 : malgré leurs faiblesses structurelles, l'Espagne et les autres États méditerranéens pouvaient emprunter à des taux très bas sur les marchés financiers car les investisseurs faisaient confiance à l'Allemagne et aux solides États de l'ancienne zone mark pour soutenir le taux de change de l'euro.

Mais en 2007, dans l'année qui suit le Statut d'autonomie de la Catalogne, patatras ! des firmes de prêt immobilier font faillite aux États-Unis. C'est la crise des « subprimes ». Tandis que les États-Unis et le reste du monde vont rapidement la surmonter, la zone euro la subit de plein fouet et manque d'y succomber. C'est que les difficultés des banques européennes mettent à nu l'anomalie congénitale de la monnaie unique.

Auparavant, les pays ayant une forte propension à consommer en étaient retenus par leur monnaie (celle-ci voyait sa valeur glisser jusqu'à ce que les exportations rééquilibrent les importations). Même chose en sens inverse pour les pays ayant une forte propension à exporter plutôt que consommer (l'Allemagne en premier lieu).

Désormais, avec la monnaie unique et la suppression du régulateur monétaire, les déséquilibres commerciaux explosent et s'installent dans la durée. Pour compenser la monnaie perdue en paiement des importations et préserver la paix sociale, les gouvernements n'ont d'autre recours que de s'endetter à l'étranger (c'est une façon de rapatrier cette monnaie).

Aveugles sur cette évidence qui contrevient à leurs croyances et à leurs envies, les gouvernants se convainquent que les déficits publics sont la cause de leurs maux. [3] Ils ne voient pas qu'ils sont simplement la conséquence d'un système monétaire anormal, ainsi que nous l'avons exposé et ainsi que s'obstinent à le répéter différents économistes de haut rang (Joseph Stiglitz, Paul Krugman...).

Revenons-en à l'Espagne : 

Déstabilisé par la crise, le gouvernement de Madrid met en place une très sévère politique de rigueur, tout comme les gouvernements d'Athènes, de Lisbonne, de Rome et de Paris. Il augmente la pression fiscale et coupe dans les dépenses (dans les années 1930, on appelait cela « déflation »). Il s'en prend aussi à l'autonomie fiscale accordée aux Catalans et obtient son abrogation par la Cour constitutionnelle en 2010. Dès lors, les impôts des riches Catalans peuvent être en partie réorientés vers les régions en souffrance. En 2016, on évalue ce transfert entre dix et seize milliards d'euros sur un PIB catalan de 224 milliards.

Et c'est ainsi qu'a ressurgi avec une vigueur renouvelée le spectre indépendantiste. Aux vieilles revendications culturelles et linguistiques, largement satisfaites, s'est ajoutée la revendication d'autonomie fiscale jusqu'à provoquer le référendum de ce 1er octobre 2017.

Entre insoumission et résignation

La Catalogne n'a pas été la seule à manifester son insoumission face au nouvel ordre européen. En 2013, en Bretagne, la révolte fiscale des Bonnets rouges a un moment ébranlé le gouvernement français, lui aussi soucieux de satisfaire les injonctions comptables de Bruxelles, Francfort et Berlin. Un peu plus tard, saignée à blanc par une troïka financière, la Grèce s'est révoltée mais craignant plus que tout d'être expulsée de l'Union européenne et renvoyée à un médiocre statut d'État balkanique ou oriental, elle s'est finalement inclinée. Plutôt mourir avec l'euro que vivre sans.

En France, les citoyens et les partis politiques, par lassitude, s'accommodent du système monétaire et de ses conséquences. [4] La révolte est désormais silencieuse et non moins brutale. C'est par dizaines de milliers que les jeunes Français diplômés quittent chaque année le pays pour des cieux plus cléments. L'Allemagne ? Que nenni. (...). Ce mouvement a pris une telle ampleur que, selon le démographe Hervé le Bras, le solde migratoire de la France serait désormais quasi nul !

Parions que l'Union européenne résorbera le choc catalan comme les autres. Elle en tirera la leçon qu'à tout prendre, de grands États dociles valent mieux que des régions insoumises. Elle sortira de l'épreuve simplement un peu plus affaiblie et un peu moins démocratique comme à chaque fois, jusqu'à décourager ses plus chauds partisans, comme le journaliste Jean Quatremer. Mais qu'importe pourvu que vive la monnaie unique.

Rappelons que tous les acquis européens (Parlement européen, zone Schengen, Erasmus, Arianespace, Airbus...) sont antérieurs à 1988.[5] Depuis cette date, l'Union européenne n'a rien réalisé d'autre que la monnaie unique, la déréglementation (on se souvient de la crise de la « vache folle » causée il y a vingt ans par l'assouplissement d'une norme sous la pression des industriels) et l'ouverture des marchés à la mondialisation (CETA). Toute son énergie est consacrée à ces tâches. Il est hélas normal qu'elle y réussisse. 

Joseph Savès
https://www.herodote.net/L_avenir_de_l_Europe_se_joue_a_Barcelone-article-1677.php

OUTIL LOGO FREXIT LIMOUSIN[1] "le gouvernement de Madrid, héritier d'une tentation centralisatrice aussi ancienne": la formule me semble maladroite à ce stade, c'est faire peu de cas des "tentations centralisatrices" de l'Angleterre, autrement redoutables à certains moments, sans même parler du rôle de la "City"...Demandez aux Irlandais ce qu'ils en pensent!

[2] 1° erreur historique: les anarchistes catalans n'étaient pas organisés au sein du POUM, mais de la CNT- FAI...
[3]"les gouvernants se convainquent que les déficits publics sont la cause de leurs maux": c'est surtout la Commission européenne qui les contraint à réduire ces déficits (la fameuse "règle d'or" des 3%)! L'auteur le reconnaît un peu plus loin: "le gouvernement français, lui aussi soucieux de satisfaire les injonctions comptables de Bruxelles, Francfort et Berlin".
[4]"En France, les citoyens et les partis politiques, par lassitude, s'accommodent du système monétaire et de ses conséquences": par lassitude ou soumission?
[5] 2° erreur historique: Airbus, Ariane et même l'Espace Schengen n'ont rien à voir avec la construction européenne. Voir les conférences de François Asselineau...
Conclusion: ce qui m'a semblé intéressant dans cet article est la thèse selon laquelle la monnaie "unique" détruit également et nécessairement la cohésion interne des états- membres.
P.G.

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Theresa May sommée de publier un rapport secret assurant que le Brexit peut encore être évité

Une conseillère de la reine d'Angleterre a publiquement demandé à Theresa May de révéler une note juridique que le gouvernement aurait commandée à des experts. Celle-ci démontrerait que le Brexit peut encore être annulé...

ARG MAY BLAIR BREXITTheresa May traverse une période plus que délicate depuis les élections anticipées du 9 juin dernier, qui ont privé les conservateurs de leur majorité absolue au Parlement. Alors que les négociations sur le Brexit piétinent et qu'une fronde s'organise au sein du parti de Theresa May, c'est un rapport secret concernant un possible maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne (UE) qui plonge le Premier ministre dans la tourmente.

Le 7 octobre, The Guardian se faisait l'écho d'une lettre ouverte adressée au Premier ministre par Jessica Simor, conseillère de la reine et juriste éminente. Cette dernière demande à ce que soit publié un mystérieux «rapport» remis par des experts au gouvernement, dont l'existence lui aurait été révélée par «deux très bonnes sources» proches des négociateurs du Brexit. Jessica Simor invoque le Freedom of Information Act (loi sur la liberté d'information) de 2000, qui oblige les pouvoirs publics à communiquer tous les documents administratifs non classés.

D'après Jessica Simor, la révélation de cette note juridique pourrait avoir l'effet d'une bombe et expliquerait que Theresa May ne souhaite pas en révéler la teneur. «Il démontre que la notification de l'article 50 [du Traité sur l'Union européenne, permettant à un Etat membre de la quitter] peut être retirée à tout moment avant le 29 mars 2019, autorisant ainsi le Royaume-Uni à demeurer dans l'UE dans des conditions favorables», assure la juriste.

L'espoir renaît chez les anti-Brexit

Les conclusions de la note confirmeraient donc que le Brexit peut encore être annulé. «Cela abonde dans le sens des analyses de Lord Kerr, l'un des rédacteurs de l'article 50, de Jean-Claude Piris, ancien directeur général du service juridique du Conseil européen et de Martin Selmayr, avocat et chef de cabinet du président de la Commission européenne [Jean-Claude Juncker]», estime Jessica Simor. Si toutes ces personnalités sont des anti-Brexit déclarés, c'est néanmoins en leur qualité d'experts du droit qu'ils se seraient exprimés quand, par le passé, ils ont chacun livré des conclusions similaires à celle de la fameuse note secrète. «Il est essentiel que le grand public et ses représentants aient accès à ce document le plus vite possible», s'inquiète Jessica Simor.

Si le contenu de ce rapport est aussi brûlant, c'est en partie parce que le gouvernement assure depuis plusieurs mois que le Brexit, fort de sa légitimité acquise par le référendum et par la ratification du Parlement, est désormais inéluctable : il resterait donc aux parlementaires à choisir entre un accord médiocre avec l'UE... ou pas d'accord du tout. Face à des pays européens bien décidés à négocier le plus durement les conditions auxquelles le Royaume Uni sortira de l'UE, Theresa May semble avoir de la peine à s'imposer comme leader et à asseoir son autorité de négociatrice. 

Il ne fallait pas davantage que cette polémique pour redonner du poil de la bête aux opposants politiques de Theresa May, qui entendent bien faire échouer le Brexit«L'idée que l'article 50 est irréversible est un mythe forgé par les partisans du Brexit afin d'empêcher les Britanniques de changer d'avis», a réagi l'ancien vice-Premier ministre libéral-démocrate Nick Clegg, après la publication de la lettre ouverte de la conseillère de la reine. Même son de cloche du côté des travaillistes. «Le Brexit se révèle bien plus complexe qu'annoncé et ne tient pas ses promesses, comme celle des 350 millions [de livres sterling] supplémentaires pour le système de santé», a constaté Chuka Umunna, député travailliste et figure phare de l'opposition à Theresa May. «Légalement, rien n'est inévitable et le Royaume-Uni garde le droit de changer d'avis», a-t-il encore martelé.

La fronde gagne même les rangs conservateurs. Après la conférence du parti chaotique qui s'est déroulée à Manchester le 4 octobre dernier, le député Grant Shapps, ancien ministre du Développement international, avait finalement confirmé l'existence d'un groupe de 30 députés exigeant le départ de Theresa May. Alors que les éditoriaux se multiplient dans la presse pour demander sa démission, le Premier ministre semble vouloir maintenir le cap. «Ce dont le pays a besoin, c'est d'un leadership calme et c'est exactement ce que j'assure, avec le soutien complet de mon gouvernement», assurait-elle encore la veille de la publication de la lettre de Jessica Simor.

Des négociations âpres qui mettent Theresa May sous pression

Un an après le référendum, le Royaume-Uni et l’Union européenne ont commencé le 19 juin 2017 les négociations sur le Brexit. Londres et Bruxelles doivent se mettre d'accord sur les conditions de leur divorce d’ici fin mars 2019. Depuis, les embûches se sont multipliées, le Royaume-Uni soupçonnant certains Etats membres de l'UE de chercher à obtenir les conditions les plus défavorables pour les Britanniques, voire à se venger du référendum par lequel ces derniers ont choisi de quitter l'UE en juin 2016.

Le Premier ministre britannique, Theresa May, avait dévoilé en janvier 2017 un plan pour le Brexit contenant 12 priorités. Les aspects les plus importants concernaient la sortie du marché unique et de l'union douanière. Une telle approche, qualifiée de «Brexit dur», lui avait valu une certaine popularité parmi les conservateurs. «Pas d'appartenance partielle à l'UE, pas de statut de membre associé à l'UE, rien qui nous laisse à moitié dehors, à moitié dedans. Nous ne cherchons pas à adopter un modèle dont bénéficient déjà d'autres pays», avait-elle martelé.

Alors que l'essor des mouvements critiques ou hostiles à l'égard de l'UE se confirme un peu partout sur le continent, cette dernière n'entend pas céder sur ses principes. Bruxelles continue par exemple d'exiger le paiement des 50 à 60 milliards d’euros que Londres s’était engagé à payer au titre de contribution au budget de l'UE sur les prochaines années. Une commission de la Chambre des Lords avait pourtant affirmé en mars dernier que le Royaume-Uni n'aurait plus aucune obligation légale de contribuer au budget européen.

Alors que le bras de fer ne fait que commencer, Theresa May devra prouver qu'elle est à même de pouvoir le poursuivre. La pression qu'elle subit est d'autant plus forte que ses opposants ont déjà réussi à faire monter les enchères : ce n'est plus seulement son avenir politique, déjà incertain, qui est en jeu, mais bien le Brexit lui-même.

https://francais.rt.com/international/44317-theresa-may-sommee-publier-rapport-secret-assurant-brexit-encore-evite

Voir aussi:

Tony Blair : «Il est possible – et nécessaire – que le Brexit n'ait pas lieu»

16 juil. 2017

L'ancien Premier ministre britannique estime que l'opinion publique a évolué sur la question de la sortie du Royaume-Uni de l'UE. Il entrevoit la possibilité de son abandon. Une telle option est d'ailleurs pour lui cruciale pour l'avenir de son pays.

Farouche opposant au Brexit, l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair n'a pas abandonné la partie. Un an après le oui au référendum des Britanniques, et alors que le Parlement a voté fin mars le déclenchement de l'article 50 – qui acte le début du processus de sortie –, l'ex-chef du gouvernement estime que l'opinion publique a changé de cap sur la question.

«Je pense qu'il est désormais possible que le Brexit n'ait pas lieu», a-t-il confié dans une interview à Sky News le 15 juillet. «Je pense qu'il est absolument nécessaire qu'il n'ait pas lieu», a-t-il poursuivi, jugeant que chaque jour qui passait apportait les preuves des dommages autant économiques que politiques causés par le Brexit.

Ces propos de l'ancien Premier ministre ne sont guère surprenants, Tony Blair ayant clamé en mai dernier son intention de s'investir davantage contre le Brexit, se disant déterminé à se «salir les mains» pour le combattre.*

Si les élection législatives de juin ont affaibli la position de Theresa May pour ses futures négociations avec Bruxelles sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, Londres peut néanmoins se satisfaire du souhait de plusieurs pays de conclure des accords commerciaux bilatéraux post-Brexit avec le Royaume-Uni. Le président américain Donald Trump s'était même montré, le 8 juillet, très enthousiaste à ce sujet.

https://francais.rt.com/international/41063-tony-blair-il-est-possible-necessaire-brexite-ait-pas-lieu


 

OUTIL LOGO FREXIT LIMOUSINTous ces grands démocrates prêts à trahir la volonté des électeurs par des arguties juridiques. Mais si on les prend au mot, on se demande bien pourquoi la "magna carta" de 1215 n'a pas encore été abrogée, sans parler de l'habeas corpus...les électeurs ont sans doute évolué depuis lors!

Politiciens de droite comme de gauche, journalistes, lobbyistes influents mettent la pression pour bafouer la démocratie et rejoindre le club de leur chère Union européenne, qui, il est vrai, n'est, elle, pas démocratique. Logique.

Quant à Tony Blair, le fossoyeur du travaillisme anglais,  prêt à "se salir les mains" pour empêcher le Brexit, on peut lui faire confiance, c'est un habitué...

P.G

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samedi 16 septembre 2017

Brexit: les expatriés s'estiment victimes de discrimination à l'embauche

Le collectif des 3 millions rassemble des travailleurs européens souhaitant continuer à travailler en Grande-Bretagne après le Brexit. Lors d'une journée d'action à Londres, ils ont dénoncé l'attitude des employeurs qui donnent la préférence aux candidats britanniques.

1b3afae9591501dba8742a406b767Ils sont venus travailler à Londres et ils ne comptent pas voir leur choix remis en cause par le Brexit. Le collectif The3millions rassemble des expatriés qui veulent attirer l'attention du gouvernement britannique sur leur sort. La sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne fait planer le doute sur leur statut de travailleur expatrié. Même si Theresa May a affirmé en juin qu'aucun citoyen de l'Union européenne ne serait contraint de quitter le pays, il reste encore beaucoup d'incertitudes sur le statut de résident qui leur sera accordé. Le flou est tel que les entreprises ne veulent plus prendre le risque de les embaucher.

Lors d'une journée d'action qui s'est tenue devant le parlement de Londres le 13 septembre, plusieurs membres du collectif sont venus dénoncer leur situation. Ils s'estiment victimes de discrimination à l'embauche. "Je travaille dans le secteur de l'électricité, j'ai postulé pour plusieurs postes en Angleterre où de manière surprenante la préférence était nettement donnée aux candidats britanniques," témoigne Dominique sur France info.

Difficultés aussi pour se loger

Axel Antoni, un expatrié allemand à l'origine du collectif, a relevé plusieurs offres d'emploi qui mentionnaient la préférence pour des candidats anglais. "En deux jours seulement, on a trouvé deux douzaines d'offres qui stipulaient 'Passeport britannique uniquement'. Ce sont surtout des petites entreprises parce que le recrutement, la formation coûte cher", explique-t-il sur France Info. Axel Antoni a transmis au Parlement britannique les preuves de ces discriminations à l'embauche, pourtant interdites.

Mais l'incertitude sur les conditions de résidents de ces expatriés a des conséquences au-delà de leurs carrières professionnelles. Ils rencontrent aussi des difficultés pour se loger. Les propriétaires n'ont pas non plus envie de louer à des gens qui peuvent être obligés de quitter le pays dans les deux ans. Les agences de voyage, les cuisinistes ou encore les concessionnaires auto se montrent tout aussi réservés à l'égard de cette clientèle, pointe du doigt le collectif.

http://bfmbusiness.bfmtv.com/emploi/brexit-les-expatries-s-estiment-victimes-de-discrimination-a-l-embauche-1256184.html


Manifestations spontanées bien entendues, et relayées de manière neutre par BFM TV, qui est d'une objectivité parfaite dans cette affaire, comme chacun sait. La propagande anti- brexit ne va pas cesser dans les médias de l'oligarchie, et c'est toujours au nom de la lutte contre "les discriminations" et pour les "droits de l'homme" que la presse néo- conservatrice entend faire plier les peuples épris de liberté et de souveraineté.

P.G.

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mercredi 13 septembre 2017

Brexit : le Parlement met fin à la suprématie du droit européen

Les députés britanniques ont adopté le « Repeal Bill » visant à abroger le droit européen. Une décision qualifiée d' « historique » par la Première ministre Theresa May

BByYGA3Le Brexit a franchi une première étape législative. Le Parlement britannique a voté dans la nuit de lundi à mardi en faveur du  projet de loi gouvernemental destiné à mettre fin à la suprématie du droit européen au Royaume-Uni. 

Après plusieurs heures de débat, les députés de la chambre des Communes ont voté à 326 voix contre 290 en seconde lecture pour ce texte crucial dans le processus de sortie du pays de l'Union européenne. 

Le projet de loi doit désormais être étudié dans le détail par la chambre des Communes en comité, étape au cours de laquelle sera livrée une bataille pour amender ce texte, qui fait polémique en raison de l'étendue des pouvoirs qu'il octroie à l'exécutif.

« Décision historique »

« Le Parlement a pris la décision historique de soutenir la volonté du peuple britannique et de voter pour une loi qui apporte certitude et clarté avant notre retrait de l'Union européenne », s'est réjoui la Première ministre Theresa May dans un communiqué. 

Baptisé « Loi de (retrait de) l'Union européenne », le texte vise à abroger l' « European Communities Act » de 1972 qui avait marqué l'adhésion du Royaume-Uni à l'UE et introduit la primauté du droit communautaire sur le droit britannique. 

Il doit transposer telles quelles ou amender une grande partie des lois européennes dans le droit britannique, un travail titanesque au regard des quelque 12.000 règlements européens qui s'appliquent actuellement dans le pays.

Risque d'un vote contre

Concrètement, cette loi doit permettre au Royaume-Uni de continuer à fonctionner normalement lorsqu'il aura effectivement coupé le cordon avec l'UE, fin mars 2019 théoriquement, à l'issue du processus de négociation avec Bruxelles. 

Son passage devant le Parlement constitue donc l'une des grandes étapes dans la mise en oeuvre du Brexit, après le référendum historique sur l'UE du 23 juin 2016 et l'activation, fin mars, de l'article 50 du traité de Lisbonne, qui a officiellement déclenché la procédure de divorce.

Le ministre du Brexit, David Davis, avait mis en garde dimanche contre un vote de rejet qui équivaudrait à « une sortie chaotique de l'Union européenne ». Il avait insisté : « Entreprises et particuliers doivent être rassurés sur le fait qu'il n'y aura pas de changement inattendu de nos lois » après la sortie du giron européen.

La méthode fait polémique

Malgré l'opposition du Labour, principal parti d'opposition, du Parti national écossais (SNP, pro-UE et indépendantiste) et du Parti libéral-démocrate, un porte-parole de la Première ministre Theresa May s'était dit confiant lundi dans le résultat du vote, le gouvernement conservateur disposant d'une courte majorité grâce à son alliance avec le petit parti ultra-conservateur nord-irlandais DUP. 

Mais la partie n'est pas pour autant gagnée pour l'exécutif, fragilisé depuis les élections générales de juin. Son projet de loi mécontente de nombreux députés, jusque dans les rangs conservateurs, non pas tellement en raison de leur opposition au Brexit, mais plutôt à cause de la méthode préconisée. 

Le gouvernement sollicite en effet des pouvoirs exceptionnels afin de procéder lui-même aux lourdes modifications nécessaires pour transposer le droit européen, en s'exonérant du plein contrôle du Parlement.

Le Brexit continue de diviser au Royaume-Uni, où plusieurs milliers de personnes avait manifesté samedi dans le centre de Londres pour demander au gouvernement d'y « renoncer ».*

Source AFP


En savoir plus sur https://www.lesechos.fr/monde/europe/030550652223-brexit-les-deputes-britanniques-mettent-fin-a-la-suprematie-du-droit-europeen-2113550.php#RYVoOxc1hLHJMA7p.99

*Cet article est la réplique exacte de celui du journal "Le Monde" à ceci près (passage censuré par "les Echos"):
Le gouvernement sollicite en effet des pouvoirs exceptionnels afin de procéder lui-même aux lourdes modifications nécessaires pour transposer le droit européen, en s’exonérant du plein contrôle du Parlement (dits « pouvoirs d’Henry VIII », qui s’apparentent aux ordonnances françaises).

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/referendum-sur-le-brexit/article/2017/09/12/brexit-le-parlement-approuve-l-abrogation-du-droit-europeen-lors-d-un-premier-vote_5184160_4872498.html#22bPbbxUQGYx6CM5.99
Ce n'est pas très honnête de pointer une "exonération des droits du parlement" au Royaume- Uni alors qu'on trouve ça très bien en France...
P.G.

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lundi 11 septembre 2017

Brexit: le vote sur l’abrogation du droit européen fait polémique

La possible abrogation de la primauté du droit européen, l'une des étapes clés de la mise en œuvre du Brexit, rencontre la virulente opposition de nombreux députés travaillistes qui redoutent l’accroissement des pouvoirs de l’exécutif.

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Plus d'un an après le «oui» historique au référendum, la polémique est loin de s'être apaisée. Ce lundi, le parlement britannique se prononcera pour la première fois sur le projet de loi gouvernemental destiné à mettre fin à la suprématie du droit européen. Un vote qui n'a pas manqué de susciter de virulents débats entre les conservateurs et leurs rivaux travaillistes.

Baptisé «Loi de (retrait de) l'Union européenne», le document vise à abroger «l'European Communities Act» de 1972 qui a marqué l'adhésion du Royaume-Uni à l'Union européenne et acté la primauté du droit communautaire sur le droit britannique.

Concrètement, cette loi doit permettre au Royaume-Uni de continuer à fonctionner normalement lorsqu'il aura effectivement coupé le cordon avec l'Union européenne, soit fin mars 2019 théoriquement, à l'issue du processus de négociation avec Bruxelles.

Mais pour réaliser les modifications nécessaires et transposer le droit européen, le gouvernement conservateur sollicite des pouvoirs exceptionnels. Une perspective qui fait grincer les dents chez l'opposition travailliste, qui a dénoncé un «camouflet» au Parlement et a déposé un amendement visant à faire capoter le vote, au motif que le texte conférerait à l'exécutif «des pouvoirs étendus (…) sans contrôle parlementaire significatif ou garantie».

Les prérogatives dont pourrait disposer l'exécutif inquiètent également les syndicats. «Il est ulcérant de voir un gouvernement qui a promis de protéger les droits des travailleurs présenter un projet de loi sur le retrait de l'UE truffé de failles sur les droits des travailleurs», a dénoncé dimanche la secrétaire générale de la confédération syndicale TUC, Frances O'Grady.

Malgré l'hostilité du Labour, des centristes du parti Libéral-démocrate pro-UE, ou des indépendantistes écossais du SNP, le texte devrait néanmoins, sauf surprise, être voté lundi, la Première ministre Theresa May disposant d'une courte majorité (13 voix) grâce à son alliance avec le petit parti ultra-conservateur nord-irlandais DUP.

https://fr.sputniknews.com/international/201709111032994094-brexit-vote-abrogation-droit-europeen/

Voir aussi:

Brexit: l'UE traite Londres comme elle traitait Athènes auparavant, selon UKIP

Pour le fondateur du Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP), Alan Sked, l'UE traite Londres comme elle traitait Athènes lors de la crise de la dette grecque.

Les dirigeants européens ont adopté une position malhonnête dans les négociations avec Londres sur le Brexit, a déclaré à Sputnik Alan Sked, fondateur du Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP).

«Ils mènent les négociations de façon malhonnête. Ils nous traitent avec arrogance et nous insultent. Ils ont commencé à traiter le Royaume-Uni tout comme ils traitaient la Grèce lors des négociations sur la dette», affirme M.Sked.

Selon lui, Bruxelles exerce des pressions sur le gouvernement britannique pour que ce dernier lui fasse des concessions, notamment sur l'aspect financier du Brexit.

«Une fois que le Royaume-Uni aura quitté l'UE, il y aura un énorme trou dans le budget de l'Union, et les autorités européennes ne savent pas comment le remplir (…). C'est pourquoi ils ont désespérément besoin d'argent», a-t-il déclaré.

M.Sked souligne que le gouvernement britannique a clairement exprimé sa position sur toutes les questions relatives à la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.

«Notre gouvernement leur a présenté un tas de documents et bien expliqué sa position. Il veut commencer à conclure des accords commerciaux avec d'autres pays», souligne l'homme politique.

Pour lui, le Royaume-Uni ferait mieux de sortir des négociations avec Bruxelles s'il veut «avancer sur son chemin».

https://fr.sputniknews.com/international/201708311032863349-brexit-ukip-position/


 

De toute façon, l'article 50 stipule que la sortie de l'UE est de plein droit au bout de 2 ans, même en l'absence d'accord...

P.G.

Posté par UPR Creuse à 09:48 - - Permalien [#]
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samedi 9 septembre 2017

Brexit : l’éternel retour de l’arrogance des dirigeants européens

Le Brexit « est une décision stupide ». L’auteur de cette toute récente amabilité se nomme Martin Selmayr. Très peu connu du grand public, cet Allemand n’est autre que le chef de cabinet de Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne. Dans les cercles bruxellois bien informés, on lui prête une influence aussi discrète qu’étendue au sein des institutions européennes. Sa petite phrase du 4 septembre n’est donc pas passée tout à fait inaperçue. L’homme de l’ombre a cependant admis : « je suis un réaliste ; le Brexit aura bel et bien lieu en mars 2019 ».

ARG BREXIT NEGO RUPTUREES

 

De son côté, le négociateur en chef de l’UE avec Londres, Michel Barnier, avait, la veille, tenu des propos peu amènes vis-à-vis des citoyens britanniques, auprès de qui il serait nécessaire d’« expliquer les conséquences extrêmement sérieuses d’une sortie du marché unique ». « Nous devons (leur) enseigner cela », a martelé l’ancien commissaire européen (et ancien chef du Quai d’Orsay). Se rendant compte de la maladresse du vocabulaire, il a tenté ensuite d’en minimiser la portée.

Mais c’est ainsi : quinze mois après le référendum qui avait tranché en faveur de la sortie de l’UE, les dirigeants européens n’ont rien perdu ni de leur arrogance, ni de leur frustration. Même si, négociations obligent, le ton se veut en principe plus policé.

Séries de pourparlers

Lesdits pourparlers ont formellement démarré le 19 juin dernier. Trois séries d’échanges ont déjà été menées, dont la plus récente s’est achevée fin août. Une nouvelle doit démarrer le 18 septembre. Une autre est prévue pour octobre. Lors du Conseil européen des 19 et 20 octobre, les chefs d’Etat et de gouvernement des Vingt-huit seront censés évaluer les « progrès » réalisés sur trois questions concernant le divorce : la situation future des expatriés continentaux au Royaume-Uni (et de leurs homologues anglais sur le continent) ; le statut de la frontière entre la République d’Irlande (membre de l’UE) et l’Irlande du Nord britannique ; et – point plus délicat encore – l’évaluation de l’ardoise que les dirigeants européens entendent imposer à Londres avant son départ de l’Union.

Ce n’est que si des « avancées substantielles » ont été réalisées sur ces conditions préalables posées par Bruxelles qu’une deuxième phase de négociations pourrait être lancée : celles portant sur un futur accord de libre-échange entre les deux parties. Londres souhaitait, mais n’a pas obtenu, que les négociations commerciales puissent être menées en parallèle. Le monde des affaires britannique – qui était très majoritairement opposé au Brexit – redoute qu’un tel accord commercial ne puisse être trouvé.

Moyen de pression

A Bruxelles, on ne se prive pas d’utiliser cette arme comme moyen de pression pour tenter de vider le Brexit de son contenu. Et l’on souligne le peu de progrès réalisés depuis juin. De son côté, le ministre britannique du Brexit, David Davis, exhorte les Européens à faire preuve de « flexibilité » et d’« imagination ». Peine perdue : M. Juncker a déclaré le 1er septembre que, sur les onze documents de travail présentés à ce jour par Londres « aucun n’est en réalité satisfaisant ».

Sans doute certains dirigeants de l’UE spéculent-ils sur la situation politique intérieure difficile dans laquelle se trouve Theresa May : cette dernière, tout en ayant progressé en voix et en pourcentage lors des élections du 8 juin qu’elle avait provoquées, avait perdu son pari de renforcer sa majorité.

A l’issue de celles-ci, nombre d’observateurs britanniques et européens pariaient sur le fait que Mme May « ne passerait pas l’été ». En réalité, au-delà des chausse-trappes, des difficultés et des contradictions, un fait politique majeur s’impose à tous : le Brexit reste une exigence populaire. Ni les conservateurs pro-UE, ni le Parti travailliste n’envisage désormais de le remettre en cause.

C’est probablement cette constance – malgré des efforts de propagande démesurés des deux côtés de la Manche de la part des partisans de l’intégration européenne, à commencer par ceux du patronat – qui insupporte le plus à Bruxelles.

Car, malgré la méthode Coué, le danger de « contagion » sur le Continent reste plus vivace que jamais. Et ce n’est pas la chute particulièrement brutale de la cote du très pro-européen Emmanuel Macron qui rassurera les européistes échevelés…

https://ruptures-presse.fr/actu/brexit-negociations-selmayr-barnier/

Posté par ddupr à 09:33 - - Permalien [#]
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mardi 5 septembre 2017

Essai nucléaire nord-coréen : légitime et nécessaire

La République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) vient de réussir spectaculairement, dimanche 3 septembre, son sixième essai nucléaire. Le gotha des élites politico-médiatiques mondialisées redouble d’indignation contre ce qu’il qualifie de « nouvelle provocation ».

ARG RUPTURES COREE

Il convient de rappeler d’emblée que, contrairement à une affirmation ressassée, ce pays ne viole nullement le droit international, puisqu’il s’était retiré du traité de non-prolifération en 2003. Et il n’est au pouvoir légal de personne, fût-ce du Conseil de sécurité, d’interdire unilatéralement à un Etat de choisir son armement, dès lors qu’il n’en fait pas un usage d’agression.

Mal placés

Cette quasi-unanimité à elle seule, au sein de laquelle l’Union européenne entend prendre toute sa part comme vient de l’y inviter Emmanuel Macron, devrait inciter tout esprit raisonnable à la prudence critique face à ce consensus obligé. D’autant que ceux qui s’étranglent de colère et de menaces sont particulièrement mal placés pour condamner le programme atomique de Pyongyang : les cinq puissances membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU sont précisément celles qui détiennent l’arme nucléaire – et en quantité évidemment incomparable avec ce que prépare le gouvernement nord-coréen.

Parmi ces dernières, les trois pays occidentaux – la France, le Royaume-Uni, et bien sûr les Etats-Unis – sont bien connus pour leur comportement particulièrement pacifique et modéré. Jamais, au grand jamais, il n’est venu à l’idée de leurs dirigeants d’attaquer, de mener des actions hostiles, voire de menacer un pays tiers…

Quant aux autres puissances nucléaires « officieuses » – mais dont personne ne met en doute, ni en cause, qu’elles possèdent la bombe atomique – elles sont des modèles de pacifisme. Ainsi, il y a quelques jours encore, Inde et Pakistan étaient à deux doigts d’affrontements armés sur les territoires disputés du Cachemire. Quant à Israël, c’est bien simple : la simple évocation de la force militaire – contre ses voisins ou dans les territoires occupés – provoquerait un tollé général, tant au sein dU pouvoir que dans la population…

Irrationnel et imprévisible ?

Il n’y a donc que la Corée du Nord dont la nucléarisation représenterait une menace pour l’humanité… Et pour cause, nous explique-t-on : son dirigeant Kim Jong-un, comme ses prédécesseurs, est irrationnel et imprévisible.

On peut penser ce qu’on veut de la RPDC (et il est vivement conseillé de penser le plus grand mal d’un des derniers pays du monde même pas capable de créer une Bourse ou des marchés financiers), s’il y a bien un reproche qu’on ne peut certainement pas lui faire, c’est d’être irrationnelle. Depuis la fin de la guerre de Corée (1950-1953), ce pays a, en politique étrangère, un objectif majeur dont elle n’a pas bougé : obtenir des garanties de sécurité, et pour ce faire signer un Traité de paix avec, en particulier, les Etats-Unis.

Depuis plus d’un demi-siècle, Washington ne veut aucunement entendre parler d’un traité de paix

Et depuis plus d’un demi-siècle, Washington ne veut aucunement en entendre parler. Les quelques tentatives de dégel entre les deux puissances ont toutes été finalement sabotées par la partie américaine. A Pyongyang, on en est venu à la conclusion que la possession de la dissuasion nucléaire était le seul moyen d’écarter la menace d’agression.

Car – faut-il le rappeler ? – il n’est jamais venu à l’idée des dirigeants nord-coréens d’attaquer, d’envahir et d’occuper pas plus le Japon que les Etats-Unis… L’histoire montre que la réciproque n’est pas tout à fait exclue.

Si l’Afghanistan, l’Irak ou la Libye avaient détenu l’arme nucléaire, les stratèges occidentaux y auraient certainement regardé à deux fois avant de déchaîner leurs bombardiers et leurs fantassins…

Souffre-t-on de paranoïa dans les couloirs du pouvoir nord-coréen ? Il y a quelques années encore, les naïfs pouvaient soutenir cette thèse. Après l’invasion de l’Afghanistan, l’occupation de l’Irak, et l’attaque contre la Libye, force est pourtant de constater que si ces pays avaient détenu l’arme nucléaire, les stratèges occidentaux y auraient certainement regardé à deux fois avant de déchaîner leurs bombardiers et leurs fantassins… avec les résultats que l’on sait.

On peut certes souhaiter un monde débarrassé des armes et des guerres. Le moins qu’on puisse dire est qu’une telle perspective n’est pas à la veille de se réaliser. Dès lors, aussi insatisfaisant soit-il, l’« équilibre de la terreur » reste un facteur dissuasif contre les agressions extérieures. En ce sens, la possession effective et opérationnelle par la RPDC des charges nucléaires et de la balistique associée calmerait à l’évidence les velléités d’agression tournées contre elle. Et serait donc, aussi paradoxal que cela puisse paraître, un facteur d’apaisement.

https://ruptures-presse.fr/actu/rpdc-coree-nord-pyongyang-nucleaire/