lundi 15 janvier 2018

Classement Forbes 2018 : Le Royaume-Uni Nommé Meilleur Pays Pour Les Entreprises

Après le vote serré des Britanniques en faveur du Brexit l’année dernière, beaucoup ont pensé que l’économie du pays allait s’effondrer.

ACT BREXIT LIZ

Si la livre sterling a en effet reculé de 9 % par rapport au dollar, et reste plus basse qu’auparavant, l’économie dans son ensemble se porte plutôt bien. Le PIB a augmenté de 1,8 % en 2016, soit juste derrière l’Allemagne et sa croissance de 1,9 %, en tête du G7. La croissance économique s’est poursuivie en 2017, les prix de l’immobilier augmentent et le chômage, à 4,3 %, n’a jamais été aussi bas depuis 42 ans.

La sortie de l’Union Européenne (UE) est prévue pour mars 2019, mais beaucoup de choses sont encore incertaines. Certaines entreprises britanniques n’osent pas investir et attendent de voir comment le Brexit affectera les relations commerciales, et les prévisions de croissances sont plus basses pour 2018, mais le climat entrepreneurial anglais reste attractif. Le Royaume-Uni arrive pour la première fois en tête de ce 12ème classement Forbes annuel des Meilleurs Pays pour les Entreprises.

Il fait partie des 25 pays les mieux classés (sur 153) dans chacun des 15 paramètres mesurés, en dehors du risque politique où il arrive 28ème. Il arrivait 5ème au classement général en 2016.

Wells Fargo et Apple ont tous deux entrepris des mouvements importants vers Londres depuis l’annonce du Brexit. Le premier a ainsi dépensé 337 millions d’euros pour acquérir un nouveau siège social européen dans le quartier des affaires londonien. Quant à Apple, il a annoncé son intention d’ouvrir un nouveau campus londonien de presque 46 000 m² en 2021. Facebook est aussi sur le coup avec 65 000 m² à aménager pour 9 000 employés. « Ces engagements sont la preuve que les entreprises ont confiance en la stabilité économique à long-terme du Royaume-Uni », analyse Jeff Lessard, consultant pour Cushman & Wakefield, qui aide les entreprises à trouver des locaux.

Le pays du thé s’en est particulièrement bien sorti en termes de préparation technologique (4ème) et au niveau de la taille et de la formation de sa main d’œuvre (3ème). Son économie d’une valeur de 2 200 milliards d’euros est la 5ème du monde. La capitale bitannique est le centre des services financiers européens, et abrite des géants de la finance comme HSBC, Prudential et Barclays. « L’avantage du Royaume-Uni, c’est que Londres est l’un des trois plus grands centres financiers de la planète, explique M. Lessard. Après le Brexit, quelques villes européennes pourront concurrencer Londres, mais toutes ont leurs défauts ».

La domination de l’Angleterre sur ce classement pourrait être de courte durée avec la sortie de l’UE. Londres pourrait perdre 10 000 emplois liés au secteur bancaire, d’après le groupe de réflexion Bruegel. Citigroup, Morgan Stanley, Nomura et Standard Charter déménagent à Francfort, et Paris et Dublin font de l’œil aux autres banques qui ne veulent pas perdre l’accès au marché unique européen.

« Le plus gros problème du pays sera la facilité de la participation de jeunes talents européens à la croissance de son économie. Le talent est la clé qui mène à l’innovation, la croissance et la compétitivité », explique Matthew De Luca, consultant en stratégie chez Cushman & Wakefield.

Nous avons mis au point ce classement des Meilleurs pays pour les entreprises en évaluant 153 États selon 15 critères différents, notamment le droit à la propriété, l’innovation, la fiscalité, la technologie, la corruption, la liberté (liberté individuelle, liberté de commerce et liberté monétaire), la simplicité des démarches administratives et la protection des investisseurs. Tous ont le même coefficient.

Nous avons changé notre méthodologie pour la première fois cette année, après en avoir discuté avec plusieurs experts de choix de localisation pour entreprises. Nous ne prenons plus en compte les performances boursières, et nous avons ajouté la main d’œuvre, les infrastructures, la taille du marché, la qualité de vie et le risque politique à nos estimations pour mieux évaluer l’attractivité d’un pays pour les investisseurs. Ces données sont tirées de rapports publiés par Freedom House, Heritage Foundation, Property Rights Alliance, les Nations Unies, Transparency International, la Banque Mondiale, Aon, Marsh & McLennan et World Economic Forum (cliquez ici pour obtenir plus de détails notre méthodologie et les classements pas critères).

La Nouvelle-Zélande arrive en 2ème position au classement général pour la troisième année consécutive. Cette île d’Océanie ne compte que 4,5 millions d’habitants, mais son économie se porte comme un charme avec une croissance de 3,6 % en 2016. Parmi les 20 meilleurs pays du classement, seule l’économie irlandaise a obtenu un meilleur score.

Les Kiwis sont parvenus à passer d’une économie agraire à une économie industrielle et de libre marché en 40 ans. Ils ont privatisé des dizaines d’entreprises comme des compagnies d’aviations, des assurances, des banques ou des entreprises de télécommunication auparavant dirigée par l’État. Ce pays est le meilleur en matière de simplicité administrative, de corruption et de droits de propriété.

Les Pays-Bas, la Suède et le Canada complètent ce top 5.

Les États-Unis étaient sur une mauvaise pente depuis une dizaine d’années, passant de la première place en 2006 à la 23ème position en 2016 à cause de la multiplication des démarches administratives et bureaucratiques, ainsi que de moins bons résultats en termes de libertés commerciales et monétaires. Mais ce pays à 15 700 milliards d’euros remonte à la 11ème place cette année grâce à de meilleurs scores par rapport à ses concurrents en préparation technologique, en innovation et en liberté de commerce.

« Les États-Unis ont de très bons accès à la fois aux économies européennes et à celles du Pacifique, ils ont une main d’œuvre variée et bien formée, des entreprises à la pointe de l’innovation et un environnement économique stable, confie M. Lessard. Et la grande réforme fiscale de l’administration Trump ne va qu’augmenter l’intérêt qu’ont les entreprises à s’implanter sur le sol américain ».

Le changement de méthodologie avantage les Américains, avec la nouvelle prise en compte de la main d’œuvre (par sa taille et son niveau de formation) et de la taille du marché (produit national brut). Les U.S.A arrivent premiers dans ces deux catégories.

« Les investissements directs à l’étranger en direction des États-Unis sont importants ces dernières années car les multinationales cherchent à se rapprocher de leurs clients et mieux contrôler leur chaîne de production sur le plus marché le plus riche du monde », explique Jerry Szatan, consultant en choix d’installation d’entreprise, basé à Chicago.

Les deuxième et troisième économies mondiales, la Chine et le Japon, sont arrivées respectivement 66ème et 21ème dans notre classement. La Chine est handicapée par son manque de libertés commerciale et monétaire. Quand au Japon, il a beau avoir diminué la taxe sur les entreprises de 8 % depuis 2012, sa lourde fiscalité le laisse à la traîne derrière les autres pays développés, d’après la Banque Mondiale. Il fait tout de même partie du top 10 quand il est question d’innovation et d’infrastructures.

Les pays d’Afrique font partie des pires pays pour les entreprises, avec six d’entre eux parmi les dix derniers du classement (Haïti est le moins bien classé des pays non africains). La plupart de ces pays ont de mauvais résultats en innovation, en liberté commerciale et en protection des investisseurs. Le Tchad est bon dernier pour la troisième fois d’affilée. Les pays africains enclavés souffrent d’un manque d’infrastructure et du manque de formation de leur main d’œuvre, ainsi que d’une lourde bureaucratie et d’importants problèmes de corruption.

https://www.forbes.fr/classements/entreprises/classement-forbes-2018-le-royaume-uni-nomme-meilleur-pays-pour-les-entreprises/

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Si on prend en compte les critères retenus, voilà qui devrait faire réfléchir ceux qui prétendent que la France seule ne pourrait pas se défendre dans l'univers impitoyable de la mondialisation, et qu'elle aurait absolument besoin de l'Union européenne. L'argument de l'hostilité de principe des marchés ne tient pas face aux exigences concrètes des entreprises en terme d'environnement politique et commercial. Une politique économique indépendante nous ferait sans doute régresser sur certains critères, mais aussi augmenter sur d'autres (infrastructures, innovation, qualité de la main d'oeuvre...)   P.G.

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samedi 30 décembre 2017

.[RussEurope en Exil] Le BREXIT, les médias et un sondage

Depuis plusieurs semaines une petite musique, diffusée par des chaînes de télévision (France2, TF1, etc…) insinue que les britanniques regretteraient leur choix de juin 2016 et que le BREXIT n’aurait plus la côte outre-manche.

TL SAPIR BREXIT

Un bon exemple de cela est le sujet diffusé dans le journal de France2 le 22 décembre dernier[1]. On a tendance à se dire qu’une chaîne publique, comme France2 ne va pas nous mentir. Cela se saurait, non ? C’était comme Colin Powell brandissant les « preuves » des armes de destruction massive détenues par Saddam Hussein en Conseil de Sécurité de l’ONU[2]. Un Secrétaire d’Etat des Etats-Unis, cela ne ment pas, ou au mieux par omission…Bon, là, c’est loupé, car ces armes, nul ne les a trouvé et Colin Powell lui-même, dans une interview donnée à la chaîne ABC a reconnu que son discours devant le Conseil de Sécurité resterait comme une « tache » en raisons des mensonges qu’il avait été obligé de dire[3]. Colin Powell avait une excuse : il avait lu un texte préparé par le secrétariat du Vice-Président, le sinistre Dick Cheney. Seulement, sur la question du BREXIT, France2 n’a aucune excuse. Explications.

Les résultats du sondage YouGov

Un sondage réalisé par l’institut YouGov du 13 au 19 décembre, et portant sur 1692 personnes au Royaume-Uni[4], montre que 48 % des personnes interrogées sont en faveur du BREXIT et seulement 39 % lui sont opposées (avec 13% d’indécis ou de sans opinion). En fait, les opinions de 7 pays, dont 6 de l’Union européenne, ont été sondées (Royaume-Uni, Allemagne, France, Danemark, Suède, Finlande et Norvège). La comparaison de ces opinions est intéressante :

Tableau 1

Données en pourcentage

Vous préférez que le Royaume-Uni            
  Royaume-Uni Allemagne France Danemark Suède Finlande Norvège
Reste dans l’UE 39 55 37 62 59 54 37
Quite l’UE 48 21 36 15 18 23 34
Ne sait pas 13 24 27 23 23 23 29
                           

Source : https://d25d2506sfb94s.cloudfront.net/cumulus_uploads/document/xnnrrb0gi9/Euro track_December.pdf , p.3.

On constate que la France est le seul pays de l’UE a avoir une attitude relativement équilibrée sur le BREXIT. Les 4 autres pays de l’UE sont contre, et la Norvège, qui ne fait pas partie de l’UE, a une attitude relativement proche de la France.

Mais, c’est bien entendu le cas du Royaume-Uni qui nous importe ici. Avec un écart de 9 points, les partisans du BREXIT sont toujours largement en tête. Rappelons, cependant, que ces résultats ne sont que ceux d’un sondage, et qu’il n’y a pas eu de campagne. On ne peut en déduire mécaniquement le sens d’un vote, si par hasard on voulait forcer les britanniques à revoter.

Il reste que la nature de ce BREXIT est aussi un sujet important. Et de ce point de vue, le même sondage YouGov donne des résultats intéressants :

Tableau 2

Résultats en %

Si vous aviez à choisir préfèreriez vous que le Royaume-Uni quitte l’UE      
  Royaume-Uni Allemagne France Danemark Suède Finlande Norvège
Immédiatement

30

18 22 12 14 12 17
Après des négociations complètes 54 60 52 66 60 66 53
Ne sait pas 16 22 26 22 25 22 31

Source : Idem tableau 1

Une majorité se prononce pour un BREXIT « dans les règles » : mais, au Royaume-Uni, la proportion de ceux qui pensent que ces règles ne doivent pas être respectées et que le pays doit quitter l’UE immédiatement est particulièrement élevée, avec près d’un tiers des réponses.

Une opinion défavorable du fédéralisme européen

On peut alors interpréter ces résultats comme traduisant un certain euroscepticisme en France (et en Norvège). Mais, en fait, la question est bien plus complexe. Les pays d’Europe du Nord qui sont ceux qui désirent le plus que le Royaume-Uni reste dans l’UE sont aussi ceux qui sont le plus opposés à l’idée d’une Europe fédérale. En fait le « regret » par rapport au fait que le Royaume-Uni quitte l’UE semble bien traduire le fait que ces pays craignent de perdre un allié qui, lui aussi, refuserait la marche vers l’Europe fédérale.

Tableau 3

Résultats en %

Êtes-vous d’accord avec la proposition de M. Schulz pour transformer l’UE en des Etats-Unis d’Europe?    
  Royaume-Uni Allemagne France Danemark Suède Finlande Norvège
Oui 10 30 28 12 12 13 12

Non

43

33

26

48

48

56

55

Ni oui, ni non 18 21 27 15 13 11 12
Ne savent pas 28 17 19 24 27 20 20

Source : Idem tableau 1, p. 2.

En fait, à l’exception de la France et de l’Allemagne, les trois autres pays de l’Europe du Nord (et bien évidemment la Grande-Bretagne) sont fortement opposés à l’idée d’une transformation de l’Union européenne en des « Etats-Unis d’Europe ». En fait, on peut se demander si ce projet, qui est une partie importante de l’imaginaire de Bruxelles et des institutions européennes, n’a pas joué un rôle au moins aussi important que la question de l’immigration dans le vote britannique en faveur du BREXIT. Quoi qu’il en soit, et connaissant par ailleurs les positions des pays de l’Europe Centrale et Danubienne (Pologne, Hongrie, Slovaquie, République tchèque et maintenant Autriche), on peut penser que les opposants à ce projet d’Europe fédérale sont largement majoritaires. C’est un fait que notre Président de la République, M. Emmanuel Macron, ferait bien de prendre en compte et le plus rapidement possible.

Les Médias et le BREXIT

Il faut maintenant revenir sur la manière dont les médias comme France2 ou TF1 traitent le BREXIT. Ce sondage ayant eu lieu du 13 au 19 décembre, il était peut-être déjà connu quand France2 a fait son sujet, outrageusement orienté « anti-BREXIT » le 22 décembre. A tout le moins, on aurait pu s’attendre, dans une chaîne normalement « pluraliste » à ce que ce sondage bénéficie de la même couverture dans un journal suivant. Il n’en a rien été, et cela porte condamnation des méthodes de traitement et de présentation de l’information dans ces médias.

Dans le numéro 1 du Lab Eco sur RT France[5], Jean-Marc Sylvestre et moi-même n’avions pas connaissance de ce sondage quand l’émission fut tournée le 5 décembre. Rappelons qu’elle fut diffusée le lundi 18 décembre à 20h30. Il est clair que si nous en avions eu connaissance, nous l’aurions discuté et analysé.

Le « loupé » de France2 attire néanmoins l’attention sur la nécessité de faire des émissions pluralistes et qui ne soient pas à charge, sur un sujet ou sur un autre. C’est ce à quoi nous nous efforçons, et nous nous efforcerons avec Jean-Marc Sylvestre, n’en déplaise aux grincheux et aux jaloux[6], si prompt à parler de « propagande » quand il s’agit des autres et si satisfaits d’eux-mêmes…

Jacques Sapir

[1] https://mobile.francetvinfo.fr/monde/europe/la-grande-bretagne-et-l-ue/brexit-un-an-apres-le-doute-s-installe-chez-les-britanniques_2527547.html

[2] http://www.heraldtribune.com/news/20030605/bush-team-didnt-level-with-us

[3] Voir http://abcnews.go.com/2020/Politics/story?id=1105979&page=1

[4] https://d25d2506sfb94s.cloudfront.net/cumulus_uploads/document/xnnrrb0gi9/Euro track_December.pdf Sondage réalisé sur : 1692 adultes britanniques, 2032 adultes allemands, 1002 adultes français, 1018 adultes danois, 1018 adultes suédois, 974 adultes finlandais, 402 adultes norvégiens

[5] Voir l’émission à https://francais.rt.com/economie/46732-emission-ton-plus-libre-sylvestre-sapir-bousculent-economie-rt-france

[6] Voir https://francais.rt.com/france/46726-appel-interdire-chaine-rt-france-provoque-vive-levee-boucliers

https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-le-brexit-les-medias-et-un-sondage/

 

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vendredi 29 décembre 2017

Brexit : Fin de première manche

Entre le décès de Jean d’Ormesson et celui de Johny Halliday dans la même semaine, les cérémonies commémoratives1 diffusées ad nauseam sur les chaînes d’abrutissement en continu, les médias ne réservent que la portion congrue à la fin de la première partie des négociations entre le Royaume-Uni et les Vingt-Sept (représentés par la commission européenne) consacrées à la mise en œuvre concrète du « Brexit » (référendum du 23 juin 2016) conclue le 8 décembre 2017.

TL BREXIT

Négociation inédite s’agissant du départ d’un des membres de l’Union européenne, hypothèse qui paraissant invraisemblable il y a quelques années encore pour la bienpensance intellectuelle ! Une fois l’effet de sidération passé, il a bien fallu se rendre à l’évidence. La communauté réduite aux acquêts devait être traduite en procédure de divorce entre l’Ile et le continent2. Comme souvent dans la pratique des relations internationales, il existe deux niveaux d’analyse d’un évènement qui nous est présenté à travers quelques extraits choisis de Jean-Claude Juncker (le président de la commission européenne), Donald Tusk (le président du conseil européen) et de Theresa May (le premier ministre britannique). La fin de première partie de négociation au long cours (plus d’un an pour débroussailler le terrain) sur le « Brexit ». n’échappe pas à la règle3. Nous pouvons distinguer un niveau médiatique et un niveau diplomatique.

LE NIVEAU MÉDIATIQUE : L’EUROPE EN NOIR ET BLANC

Portés par les éléments de langage (E.D.L.) et la pensée rapide (le prêt à penser), les médias ont tôt fait de tirer des conclusions hâtives et manichéennes de cette première phase de la négociation comme si la vie internationale était manichéenne : les bons et les méchants, les gagnants et les perdants, la morale et l’immoralité… Comme dans un combat de boxe, l’Union européenne est déclarée vainqueur de la première manche par K.O. de la Perfide Albion4. Comment pourrait-il en être autrement avec l’as de la négociation diplomatique qui a pour nom, Michel Barnier (« qui a jusqu’ici réalisé un sans-faute et dont l’expertise et la maîtrise de la diplomatie ont été précieuses… ») ? Malgré ses esquives permanentes, son alter ego britannique, David Davis n’a rien vu venir. Il est encore groggy dans les cordes sonné par les coups des Vingt-Sept. Il a dû faire sienne toutes les exigences du continent. Et tous les médias de faire chorus pour reprendre les trois points principaux de l’accord (il comporte quinze pages qu’aucun de nos perroquets à carte de presse n’a pris le temps de lire) : montant de la facture du divorce (50 milliards d’euros), statut des ressortissants européens au Royaume-Uni (protégés par la Cour de Justice de l’Union européenne), statut de l’Irlande (pas de rétablissement des frontières entre la République d’Irlande et l’Irlande du Nord). Nous pouvons dormir sur nos deux oreilles tant les Britanniques ont dû aller à Canossa et arrivent en position de faiblesse pour aborder la deuxième phase de la négociation portant sur les relations futures entre Londres et les Vingt-Sept rescapés5.

LE NIVEAU DIPLOMATIQUE : L’EUROPE EN DEMI-TEINTE

Comme souvent dans les relations internationales, pour celui qui dispose d’un minimum de pratique de la diplomatie multilatérale, les choses se présentent rarement de manière aussi tranchée que l’on veut bien le prétendre. Même s’il s’agit d’une vérité d’évidence, rien n’est définitivement agréé tant que tout n’est pas agréé (le fameux rien n’est décidé avant que tout soit décidé que connaissent bien les diplomates). La négociation sur le « Brexit » constitue un tout et il est hasardeux de pouvoir la saucissonner artificiellement. La découpe en phases est un artifice théorique destiné à en faciliter l’approche mais ne correspond qu’approximativement à la réalité. À ce jour, la conclusion de la première phase doit être appréhendée comme le signe d’une volonté politique des négociateurs de démontrer que la négociation avance et ne fait pas du surplace. Ni plus, ni moins. Car, si nous entrons plus avant dans le détail de l’accord du 8 décembre 2017, la victoire des Vingt-Sept est moins écrasante qu’il n’y paraît tant elle est l’archétype de l’application de la théorie de « l’ambiguïté constructive »6. Bien connue des négociateurs chevronnés, elle consiste à masquer des désaccords substantiels derrière des formules vagues, évasives permettant de s’accorder et de botter en touche (renvoyer au lendemain le traitement des différends). La ficelle est grosse mais elle est aussi vieille que le monde. De quoi s’agit-il dans le cas d’espèce ? Pour ce qui est des 50 milliards d’euros que Londres doit à Bruxelles, à y regarder de plus près, le montant n’a pas encore été arrêté de manière aussi précise. Ce pourrait être 40 ou 45 milliards d’euros. Diantre. Pour ce qui est de la protection des ressortissants européens au Royaume-Uni par la CJUE, elle ne vaudra que pour huit ans, sera facultative et n’empêchera pas une intervention des tribunaux britanniques. Quant à l’Irlande rien n’est réglé – il est vrai que le problème est d’une rare complexité -, nous apprenons que l’accord conclu le 8 décembre 2018 formule deux promesses contradictoires : changer et rien changer au statu quo actuel. Bravo les artistes ! Comme le déclare Donald Tusk : « il reste moins d’un an pour négocier un arrangement transitoire et le cadre de nos futures relations ». En termes peu diplomatiques, cela signifie que nous ne sommes pas sortis de l’auberge tant les questions pendantes sont multiples et complexes. Le plus dur reste à faire en une petite année, jusqu’au mois de mars 2019 pour conclure la négociation. À titre de comparaison, l’accord sur le nucléaire entre l’Iran et les cinq – plus limité et plus simple – a été négocié sur une période de treize ans. On comprend mieux ainsi pourquoi les rodomontades de nos journalistes incultes n’étaient que des farces. Dans la diplomatie, chevaucher des chimères ne conduit nulle part, au mieux, mais plus souvent dans le mur, au pire. L’histoire des négociations diplomatiques des dernières décennies nous apprend pourtant une chose : il ne faut pas sous-estimer les Britanniques.

L’accord du 8 décembre 2017 est un excellent texte au sens où l’entendait François Mitterrand lorsqu’il déclarait en 1989 : « C’est un excellent texte, car il exprime les arrière-pensées de tout le monde ». Surtout lorsqu’il s’agit des Britanniques. Tout reste encore à faire. Comme cela était largement prévisible, Theresa May a fait au mieux, dans le contexte actuel, pour défendre les intérêts de la Couronne. Comme le soulignait justement Winston Churchill : « Les Anglais ne fixent jamais une limite sans l’estomper ». Négocier est un métier, pas une posture. Cela s’appelle précisément la diplomatie, et il semblerait que nos dirigeants en manquent fichtrement. Avant de passer à la deuxième phase de la négociation, ils devraient profiter de la trêve des confiseurs pour méditer cette réflexion d’un ambassadeur de France dignitaire, l’un des meilleurs de sa génération, Gabriel Robin : « Hors de cette réalité, il n’y a que des mots et si les mots à eux seuls peuvent suffire à masquer une contradiction, il est vain de leur demander de la surmonter ».



1 Patrick Garcia, L’inflation des hommages aux grandes figures de la nation, Le Monde, 10-11 décembre 2017, p. 23.
2 Cécile Ducourtieux, Brexit : accord sur les préalables au divorce. Fin du premier acte, Le Monde, 9 décembre 2017, pp. 1-2.
3 Jean-Jacques Mével, Brexit : Londres et Bruxelles ont fixé les termes du divorce, Le Figaro, 9-10 décembre 2017, p. 7.
4 Éditorial, Brexit : avantage Bruxelles, Le Monde, 10-11 décembre 2017, p. 26.
5 Marion L’Hour, Boris Johnson, le ministre cauchemar de Theresa May, www.mediapart.fr , 9 décembre 2017.
6 Philippe Bernard, Brexit : un accord mais des ambiguïtés, Le Monde, 10-11 décembre 2017, p. 5.

Source : Proche & Moyen-Orient, Guillaume Berlat

https://www.les-crises.fr/brexit-fin-de-premiere-manche-par-guillaume-berlat/

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mardi 12 décembre 2017

Prenez garde à la colère des affamés qui ont faim de dignité.

Déclaration Trump versus Balfour.

 

HIST BALFOUR TRUMP NETANYAOU

 

Donald Trump rejoue sous la forme d’une bouffonnerie le premier acte de la tragédie palestinienne signée par Balfour en novembre 1917, il y a maintenant 100 ans. Par une déclaration solennelle, le secrétaire au Foreign Office promettait au banquier britannique Rothschild une terre sur laquelle il n’avait aucun titre puisqu’à ce moment, le Royaume Uni n’était pas encore mandataire sans l’accord de ses réels ayant droit.

Une fois l’Empire Ottoman démembré, les Britanniques se sont attribués la Palestine qu’ils ont administrée et occupée militairement jusqu’en 1948. Tous les Hauts Commissaires pour la Palestine désignés par Londres furent choisis parmi les membres les plus zélés du Congrès sioniste d’Angleterre. Le premier d’entre eux, Herbert Samuel (1920-1925) mit en place sans perdre de temps les bases des infrastructures éducatives, militaires et sanitaires du futur Etat juif.

Balfour agissait dans un contexte de la deuxième partie de la première guerre mondiale, très meurtrière et très coûteuse, l’opinion était lasse de la boucherie. Par cette signature, il satisfaisait à plusieurs exigences de l’heure.

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Tenter de soustraire une part des intellectuels juifs à l’activisme internationaliste communiste en les recrutant pour un nationalisme lié à une terre ‘promise’. Cette opération eut un faible succès car le sionisme n’était pas une idéologie prisée ni répandue à l’époque du triomphe de la révolution bolchevique. L’argent des Rothschild aidait surtout à installer des familles pauvres de l’Europe de l’Est, victimes d’un antisémitisme latent toujours prêt à être réactivé.

Consolider la prise en main du territoire de l’Irak en le prolongeant par un accès vers la Méditerranée. Le pétrole de Mossoul pouvait alors être acheminé vers le port de Haïfa ou vers le golfe arabique. Mais surtout, en contrôlant la Palestine, la Transjordanie et l’Irak, la route vers l’Inde par voie terrestre est coupée pour l’URSS.

De façon accessoire, il fallait récompenser la contribution du chimiste sioniste Weizman (production industrielle de l’acétone) à l’amélioration des munitions pour l’armée britannique.

Le tout adossé à un certain courant protestant millénariste en Angleterre sensible à la cause sioniste car le rassemblement des Juifs accélérerait la venue du Christ-Messie sur terre.

Il y a cent ans, l’Empire britannique était à l’apogée de sa puissance.

Le déclin certes était en train de poindre et les Usa étaient en train de prendre le relais.

Mais en attendant, la dislocation de l’Empire ottoman a augmenté son aire en lui affectant un contrôle économique et militaire sur la Palestine, la Transjordanie, l’Irak et l’Egypte, occupée militairement depuis 1882 mais sous protectorat effectif depuis 1914 seulement. L’Irak ne sera pacifié qu’au terme de trois années de résistance acharnée et le parti Wafd en Egypte a obtenu dès 1919 la direction politique du pays.

Un système politique et symbolique à l’agonie.

En 2017, les Usa ont vu leur intervention militaire au Moyen Orient contrariée en Syrie puisque la guerre qu’ils y ont menée contre un Etat appartenant à l’axe du mal a résisté à sa disparition en dépit des moyens mis à la disposition de leurs mercenaires engagés sous la bannière du terrorisme islamiste. Elle fut spectaculairement contrariée aussi en Irak car la sécession du Kurdistan n’a pu avoir lieu. L’assistance qu’ils monnayent à l'Arabie Saoudite contre le Yémen en proie à un printemps sanglant interminable s ‘avère inefficace(1) la protection par les antimissiles Patriot laisse passer des missiles longue portée, près de 1400 Km, adaptés par les Yéménites qui parviennent à perturber l’aéroport international de Ryad. (1) L’une des dernières mises en œuvre d’une révolution colorée en Ukraine échoue lamentablement. Le PIB du pays s’est effondré de moitié depuis l’organisation de la tuerie place du Maïdan, accomplie par quatre Géorgiens et coordonnée par leur agent Saakachvili. Le pays s’est littéralement vidé de ses forces vives qui ont fui la baisse de salaire de l’équivalent e 400 euros à près de 190 euros.

Le Président Trump est toujours menacé de destitution plus d’un an après sa victoire électorale pour diverses raisons alléguées par ses adversaires, santé mentale défaillante, corruption, haute trahison et compromission avec l’ennemi russe. Cette situation qui traîne en longueur est inédite dans l’histoire de la première puissance qui a pour habitude de régler le sort des indésirables à cette fonction par un assassinat ou une démission annoncée dignement. Ses rodomontades, réplique par un feu nucléaire, proférées à l’égard de la Corée du Nord sont vite contredites par le Secrétaire préposé à la Défense. L’annonce, énoncée unilatéralement , que Jérusalem connue et désignée par un milliard de musulmans sous le simple nom de La (ville) Sainte, Al Qods, serait la capitale de l’entité sioniste a été accueillie avec réserve par Tillerson, l’homme d’Exxon propulsé au Secrétariat d’Etat. A l’évidence, le pouvoir est éclaté à Washington et ses centres, nombreux, non seulement ne coordonnent pas leurs positions publiques mais exposent leur antagonisme à la face du monde. Les derniers mouvements respiratoires d’un organisme en voie de trépasser sont anarchiques et inefficaces, cette dernière billevesée signe que l’agonie est bien en cours. Il est probable même qu’elle a été accomplie sans l’aval de la direction actuelle de l’entité sioniste. Elle a suscité une condamnation unanime de tous les dirigeants de la planète avec toute une palette de nuances selon leur degré de soumission, depuis le ‘regrettable’ jusqu’à l’indignation authentique. Elle offense surtout trois cents millions d’Arabes, sans distinction de leur religion, un milliard de musulmans et tous ceux qui espèrent un règlement à cette colonisation atroce par la voie de la négociation. Elle les unit aussi. Le jeu pervers de l'Arabie Saoudite est non seulement mis à jour mais est devenu intolérable à tous ceux qui subissent depuis des décennies l’islamophobie comme stratégie néoconservatrice manipulée par les officines qui pilotent ou au moins facilitent le ‘terrorisme islamiste’.

Ce vendredi 8 décembre, dans chaque mosquée, le sermon a été consacré à la (ville) Sainte, dans tous les pays du monde sauf dans l'Arabie Saoudite qui en a interdit l’évocation.

 

La situation est désormais clarifiée.

Plus aucune partie ne pourra encore se réclamer d’un quelconque processus de paix, ce qui ne pourra que faciliter l’unité du rang des Palestiniens. L’Autorité Palestinienne, née des accords d’Oslo, doit renoncer à sa politique de collaboration sécuritaire avec l’occupant et cesser de livrer les militants à la police et l’armée sioniste. Elle doit refuser de cautionner le grignotage incessant des zones théoriquement prévues comme bantoustans émiettés où seront encagés les Palestiniens. Elle devra revenir à la charte de l’OLP, incontournable, qui revendiquait un seul Etat, laïc, pour tous ses citoyens.

Cette dernière blessure ouverte dans le cœur et l’esprit du milliard de musulmans va se traduire par leur rejet de l’américanisme sous toutes ses formes. Un boycott des produits étasuniens en sera l’effet immédiat le plus perceptible. Coca Cola, Mac Do, Apple, Google, Facebook pourront en remercier Trump. La planète aussi, elle sera plus vite délivrée de l’abaissement symbolique et éthique imposé par l’hégémonie étasunienne.

 

Badia Benjelloun

9 décembre 2017

 

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samedi 2 décembre 2017

Esclavage en Libye : merci l’OTAN !

par Bruno Guigue

ARG BHL LIBYE

Une découverte, les pratiques esclavagistes filmées par CNN ? On tombe vraiment des nues ? Certainement pas. Le 11 avril 2017, l’Office international des migrations publiait un rapport indiquant que des milliers de migrants transitant par la étaient vendus comme du bétail sur des marchés aux esclaves, avant d’être soumis au travail forcé ou à l’exploitation sexuelle. Cette réalité, tout le monde la connaissait, et personne n’a rien fait.

Lorsque Emmanuel Macron a consacré son premier voyage présidentiel à la région sahélienne, on n’a pas le souvenir qu’il ait dit quelque chose. Mais on le comprend : la sécurité des approvisionnements miniers de l’ex-puissance coloniale est une affaire beaucoup plus sérieuse, et on ne va quand même pas perdre son temps avec des broutilles. C’est vraiment dommage, car la France aurait eu beaucoup à dire sur la situation en Libye.

Il ne faudrait pas l’oublier : si ce pays est à la dérive, s’il est dépecé par les factions rivales, si la violence y règne, c’est parce que la France et ses alliés l’ont anéanti en 2011. Les marchands d’esclaves ne sont pas tombés du ciel : ils sont arrivés dans les bagages de l’. Sous des prétextes humanitaires fabriqués par la propagande, Paris, Londres et Washington se sont arrogé le droit de détruire un État souverain. Ils l’ont remplacé par la loi de la jungle et le chaos milicien. On voit le résultat.

Où sont-ils, ceux qui ont décidé de renverser Mouammar Kadhafi ? On aimerait les entendre, ces visionnaires. Nicolas Sarkozy voulait faire de cette croisade le joyau de son mandat. “Le chef de l’État a fait de l’intervention en Libye un combat personnel. Pour le rayonnement de la France”, titre “Le Monde” le 23 août 2011. Le rayonnement est aveuglant ! Pour Alain Juppé, l’intervention en Libye est “un investissement pour l’avenir”. Il aurait dû préciser que cet investissement n’était pas seulement pétrolier. Les esclavagistes le remercient. Eux aussi, ils investissent.

Du côté de l’opposition de “gauche”, ce n’est guère mieux. François Hollande approuve le recours à la force contre Kadhafi “parce que sinon Kadhafi aurait massacré une partie de son peuple”. Qu’il se rassure : pour ce qui est des massacres, l’OTAN a fait ses preuves. Le 21 mars 2011, “Libération” demande à Jean-Luc Mélenchon pourquoi il approuve les frappes aériennes en Libye. Il répond : “La première question à se poser est la suivante : y a-t-il un processus révolutionnaire au Maghreb et au Moyen-Orient ? Oui. Qui fait la révolution ? Le peuple. Il est donc décisif que la vague révolutionnaire ne soit pas brisée en Libye.”

Il faudrait pourtant que les progressistes ou prétendus tels se mettent sérieusement à méditer la leçon des faits. Car la politique occidentale, c’est toujours le grand écart : on part avec les droits de l’homme et on finit avec le marché aux esclaves. Certains ont beau l’emballer de rhétorique humaniste ou révolutionnaire, l’impérialisme reste l’impérialisme. On peut multiplier à foison les variantes du cache-misère idéologique, le prétendu devoir d’ingérence n’est que le droit que l’on s’arroge à écraser le voisin. C’est le droit du plus fort revu et corrigé par BHL.

Les hypocrites diront que l’esclavage ne date pas d’hier et que cette affaire concerne les Africains, niant la responsabilité du néo-colonialisme. Poussés par la misère, ils sont des centaines de milliers à vouloir franchir la Méditerranée au péril de leur vie. La destruction de l’État libyen les a mis à la merci des passeurs qui les vendent comme du bétail. S’ils échappent à leurs griffes, leur calvaire ne fait que commencer. Quel paradoxe ! Victimes d’un monde dual, ces damnés de la terre n’ont d’autre espoir que d’aller traîner leur misère dans les pays qui ont fait leur malheur.

https://www.initiative-communiste.fr/articles/billet-rouge-2/esclavage-libye-merci-lotan-bruno-guigue/?ct=t(RSS_EMAIL_CAMPAIGN)

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mardi 28 novembre 2017

Brexit : l'absence d'accord commercial avec l'UE ne serait "pas la fin du monde" (OMC)

L'absence d'accord commercial avec l'Union européenne au moment du Brexit ne serait "pas la fin du monde" pour le Royaume-Uni, même si cela pourrait entraîner "des rigidités et des coûts" pour ce pays, a estimé dimanche le patron de l'OMC, Roberto Azevedo.

ACT BREXIT 2 DRAPEAUX

Des échanges soumis aux règles de l'OMC

Sans accord commercial au moment de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, celui-ci se verrait appliquer les règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), c'est-à-dire des barrières douanières et tarifaires.

"Environ la moitié du commerce du Royaume-Uni est déjà soumise aux règles de l'OMC - avec les États-Unis, la Chine et plusieurs grands pays émergents où l'UE ne dispose pas d'accords commerciaux", déclare M. Azevedo dans un entretien accordé au journal britannique The Sunday Telegraph"Ainsi, si le commerce du Royaume-Uni avec l'UE est régi par les règles de l'OMC, ce n'est pas la fin du monde", juge-t-il, tout en estimant préférable la conclusion d'un accord de libre-échange (ALE) entre les deux parties.

Le Royaume-Uni a prévu de quitter le marché unique européen et l'Union douanière en se retirant de l'UE le 29 mars 2019, tout en espérant pouvoir conclure d'ici là un accord de libre-échange avec Bruxelles.

"Un impact parfaitement gérable"

L'UE refuse d'entamer des négociations sur sa future relation commerciale avec le Royaume-Uni sans accord préalable sur trois dossiers qu'elle juge prioritaires, dont la facture du divorce et la frontière entre les deux Irlande, alimentant l'hypothèse de la possibilité d'une absence d'accord.

"Si vous ne disposiez pas d'un ALE totalement fonctionnel avec l'UE, il pourrait y avoir des rigidités et des coûts - mais ce n'est pas comme si le commerce entre le Royaume-Uni et l'UE allait s'arrêter. Il y aura un impact, mais je suppose qu'il est parfaitement gérable", estime M. Azevedo.

Avant le référendum britannique du 23 juin 2016 en faveur du Brexit, le patron de l'OMC avait averti qu'une sortie de l'UE risquait d'entraîner pour les exportateurs britanniques 5,6 milliards de livres par an de droits de douane supplémentaires. Il avait également prévu que Londres devrait négocier de nouveaux accords commerciaux avec les 58 pays liés au bloc européen par un accord de libre-échange. "Bien sûr, nous préférerions conclure un accord avec l'Union européenne mais nous ne craignons pas de ne pas en avoir", a déclaré sur la chaîne de télévision Sky News le ministre britannique du Commerce, Liam Fox.

(Avec AFP)

http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/brexit-l-absence-d-accord-commercial-avec-l-ue-ne-serait-pas-la-fin-du-monde-omc-759326.html


 

BASE 14 995X225Une illustration de plus que certaines affirmations péremptoires formulées avant le référendum n'avaient qu'un seul objectif réel: faire peur aux Britanniques!

P.G.

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jeudi 23 novembre 2017

Grande-Bretagne: L'industrie engrange ses plus fortes commandes depuis 1988

LONDRES (Reuters) - L'industrie britannique a enregistré en novembre ses plus fortes commandes depuis près de 30 ans, semblant montrer à son tour que la chute du sterling qui a suivi le vote en faveur du Brexit a été bénéfique aux usines.

ACT BREXIT EL

L'indice mensuel de la fédération patronale CBI (Confederation of British Industry) mesurant les commandes en carnet a bondi à +17 ce mois-ci, après -2 en octobre, à son plus haut niveau depuis août 1988. Des économistes interrogés par Reuters l'anticipaient à +3 seulement.

L'étude montre que les commandes à l'exportation ont également progressé, à leur niveau le plus élevé depuis juin 1995.

La Banque d'Angleterre (BoE) espère que les exportations de l'industrie manufacturière britannique pourront partiellement compenser la baisse des dépenses des ménages, pénalisées par une inflation importée imputable à la baisse du sterling.

Les entreprises britanniques ont également profité de la croissance dans la zone euro et ailleurs dans le monde.

"Les industriels britanniques ont une fois de plus enregistré une solide performance, la croissance mondiale et le faible niveau de la livre continuant à soutenir la demande. La croissance de la production a à nouveau accéléré et les commandes à l'exportation atteignent leurs plus hauts niveaux en plus de 20 ans", a déclaré Anna Leach, responsable du département de l'intelligence économique chez CBI.

"Toutefois, l'incertitude continue à peser sur l'investissement et les pressions sur les coûts restent fortes", souligne-t-elle.

L'indice des anticipations du secteur manufacturier pour les trois prochains mois ressort ainsi à son plus bas niveau depuis octobre 2016.

© 2017 Thomson Reuters. All rights reserved.

http://www.boursorama.com/actualites/grande-bretagne-l-industrie-engrange-ses-plus-fortes-commandes-depuis-1988-57e50fa372692cb71c191ce1ac18bacb

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jeudi 16 novembre 2017

«Lobby juif» et «migration juive» : un ancien courrier du prince Charles fait polémique

Le Daily Mail a déniché un courrier du prince Charles datant de 1986, dans lequel l'héritier de la couronne, de retour d'Arabie saoudite, évoque un certain «lobby juif» et semble considérer qu'il s'agit de la cause des problèmes au Moyen-Orient.

ACT CHARLES

Dans un courrier daté de 1986 et dévoilé le 11 novembre par le Daily Mail britannique, qui se l'est procuré auprès des archives publiques, le prince Charles s'ouvrait à son ami et écrivain Laurens van der Post de ses premières impressions au retour d'un voyage en Arabie saoudite, à Bahreïn et au Qatar, en compagnie de la princesse Diana.

Dans cette lettre, l'héritier de la couronne anglaise lui faisait notamment part de ses découvertes sur la situation géopolitique au Moyen-Orient : «Je suis à présent informé du fait que les Arabes et les Juifs appartenaient initialement au même peuple sémite et que c'est la migration juive européenne (venant surtout de Pologne, m'a-t-on dit) qui a apporté tous ces grands problèmes.»

«Je suppose que je suis trop naïf», confesse le prince

Plus loin, le prince Charles, énigmatique, s'interroge : «Je sais bien qu'il y a de nombreux facteurs à prendre en compte ici, mais comment peut-on venir à bout du terrorisme si personne n'en élimine les causes ?»

Et le prince de Galles d'appeler de ses vœux, in petto, une réaction de Washington : «Il y aura bien un président américain qui aura le courage de s'élever contre le lobby juif aux Etats-Unis ? Je suppose que je suis trop naïf !»

Erreur de jeunesse ?

Les services de la résidence royale de Clarence House, cité par le journal The Independent, ont réagi à ces révélations et ont assuré que les propos contenus dans ce courrier signé de la main du prince ne reflétaient pas ses propres opinions, mais celles des personnes qu'il avait rencontrées au cours de ce voyage.

Clarence House a également rappelé que le prince Charles s'était depuis lors illustré sur la scène de la diplomatie internationale et avait démontré ses compétences dans la promotion du dialogue interculturel et interconfessionnel entre les communautés juives et arabes à travers le monde.

La communauté juive d'outre-Manche réagit

La communauté juive du Royaume-Uni s'est émue et l'éditorialiste du Jewish Chronicle, Stephen Pollard, s'est fendu d'un Tweet cinglant résumant son état d'esprit. «A la fois choqué et pas surpris», a-t-il déploré, avant de glisser un lien vers une tribune de sa confection dans laquelle il étrille l'emploi de l'expression «lobby juif».

«Pour moi, le lobby juif est un de ces thèmes antisémites qui ont traversé les siècles. Il s'agit de ce mythe selon lequel il y aurait des juifs très puissants qui contrôleraient la diplomatie, les médias, les banques et je ne sais quoi encore.»

Puis il ajoute, visiblement alarmé : «Le fait que ces propos émanent de l'héritier de la couronne, c'est pour le moins déstabilisant.»

https://francais.rt.com/international/45592-lobby-juif-migration-juive-ancien-courrier-prince-charles-polemique


 

BASE 14 995X225Il eût sans doute été plus judicieux et adéquat de parler de "lobby israélien", mais quand certains lobbyistes, voire des hommes politiques de premier plan (cf. Manuel Valls...), prétendent que l'anti- sionisme, voire la moindre critique d'Israel relèvent de l'anti- sémitisme, comment s'étonner des dérives inévitables? A moins que ce soit le but recherché par certains... 

Evidemment, on peut difficilement imaginer que le Prince Charles ne soit pas rompu aux subtilités du langage diplomatique, et on peut concevoir que ses propos aient été perçus comme une provocation, surtout en cette période de fortes tensions géopolitiques où la Grande Bretagne n'est pas un acteur de second plan: peut- être devrait- il prendre conseil auprès de sa maman dont la discrétion sur les sujets "sensibles" est légendaire...  P.G.

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Les rêves contrariés du Kurdistan, par Lawrence Davidson

Il y a presque un siècle, les puissances européennes promettaient aux Kurdes un état, mais sont vite revenues sur leur promesse, laissant les nationalistes Kurdes enrager pour des générations, et conduisant l’Irak à la capture militaire récente de Kirkuk, comme le rapporte Lawrence Davidson.

C’était en 1916, au milieu de la Première Guerre mondiale que l’Angleterre et la France ( opposés à l’Allemagne, à l’Autriche et aux Turcs Ottomans) ont signé leur infâme accord Sykes-Picot. Dans le grand style impérial, ils ont utilisé cet accord pour se partager le Moyen-Orient.

HIST MOYEN ORIENT KURDISTAN

C’était une décision osée, considérant que la guerre se trouvait dans une impasse et que les deux alliés ne savaient pas s’ils gagneraient le combat. Néanmoins, ils s’engagèrent dans cet accord et ce faisant, ils ont pris un nombre de décisions qui continuent encore à configurer la région aujourd’hui.

En plus d’apporter l’impérialisme traditionnel européen plus tard dans le vingtième siècle, ce qui rend tristement célèbre les accords Sykes-Picot est le fait qu’il brise une promesse faite précédemment aux Arabes. En 1916, les Arabes ont gagné des batailles contre les Turcs. En reconnaissance, les Anglais leur ont promis de soutenir la création d’un grand état arabe.

Mais cette promesse s’est toujours heurtée aux ambitions impérialistes de l’Angleterre et de la France, et donc, pour finir, ils ont conspiré secrètement pour trahir leurs alliés non-occidentaux. Parmi les conséquences finales de cette trahison, l’État Arabe s’est limité à ce qu’il est aujourd’hui, l’Arabie saoudite. La Palestine, (qui était originellement une partie de l’état arabe) deviendra « la patrie des Juifs » ; la Syrie revint aux Français, et la plus grande partie de la région a été donnée aux Britanniques.

Les accords Sykes-Picot ont permis un changement ultérieur. Ils ont rendu possible un Etat pour les Kurdes — un peuple constitué des quatre plus grandes ethnies du Moyen-Orient. Cet état connu sous le nom de Kurdistan, aurait du être taillé dans les territoires de l’Empire Ottoman finalement vaincu. Cette intention fut confirmée publiquement dans le Traité de Sèvres en 1920.

Les leaders Kurdes, qui entre temps ont réalisé que les puissances occidentales trahissaient les Arabes, n’auraient donc pas dû être surpris quand, malgré le traité, les Britanniques et les Français les ont aussi trahis. Le traité de Lucerne en 1923 a amendé le traité de Sèvres et, bien sûr, l’état du Kurdistan a été oublié. Les terres qui auraient dû composer la nation kurde, sont, au lieu de cela, devenues parties de la Turquie, de la Syrie et de l’Irak. Par conséquent, les Kurdes restèrent sans État. Cependant, ils n’ont jamais abandonné l’idée d’avoir une nation, comme but.

Maintenant, nous pouvons avancer jusqu’au 19 mars 2003, date à laquelle le Président George W. Bush a décidé d’envahir l’Irak. Bush avait un étalage de pauvres excuses pour le faire : les armes nucléaires de Saddam Hussein inexistantes, et autres armes de destruction massive, le soit-disant complot de Saddam visant à assassiner le père de Bush, le rêve (en fait le cauchemar) de « changement de régime » nécessaire comme moyen de rendre le Moyen-Orient plus sûr pour les États-Unis et Israël, ou peut-être juste l’offensive belliciste des néoconservateurs. Quelque soit la profondeur de l’ignorance du Président et où cela l’a amené, l’invasion a libéré des forces que Bush et ses successeurs à la Maison-Blanche ont été incapables de contrôler. Parmi lesquelles sont les conséquences qui ont suivi l’écroulement de l’Irak.

Le problème Kurde refait surface

Comme la destruction de l’Empire ottoman à la fin de la Première Guerre mondiale, la destruction de l’Irak qui a résulté de l’invasion américaine de 2003 a ouvert une boîte de Pandore de changements territoriaux potentiels. La création possible de l’Etat du Kurdistan n’était pas la moindre de ces choses.

Une carte montrant comment le « territoire » kurde déborde dans plusieurs nations du Moyen-Orient.

Comme les Arabes durant la Première Guerre mondiale, les Kurdes devinrent un allié combatif de l’Occident à la suite de l’invasion de l’Irak et de la guerre civile syrienne qui s’ensuivit. Le chaos de la région a permis l’émergence de « l’État islamique d’Irak et du Levant » (alias EI, ISIL et Daesh). L’EI s’est avéré être une manifestation sinistre et brutale du fanatisme religieux devenu incontrôlable. Sa montée menaçait à peu près tous les États de la région, ainsi que les citoyens de l’Union européenne et des États-Unis.

Si la stabilité devait finalement prévaloir, l’EI devait être vaincu avec les Kurdes jouant et continuant de jouer un rôle notable dans ce combat. Il y a peu de doute que l’un de leurs objectifs soit de créer des conditions favorables pour un État kurde.

Pour toutes ces puissances régionales (Turquie, Iran, Syrie, Irak) qui cherchent à rétablir le statu quo précédent, la perspective d’un état Kurde indépendant est un anathème. Chaque État a des minorités kurdes et craint qu’un Kurdistan indépendant, même si celui-ci est découpé dans le territoire d’un autre État, conduise à exacerber les insurrections kurdes dans leur propre pays. La possibilité qu’un tel État puisse à la place provoquer une diminution de l’animosité des Kurdes par l’immigration volontaire ne semble pas être évidente aux dirigeants de l’Iran, de la Turquie et de la Syrie.

Comme Jonathan Cook l’a récemment clarifié, la question de l’indépendance kurde a été compliquée par l’influence d’Israël sur le sujet. Les Israéliens sont depuis longtemps attachés à un Kurdistan indépendant, non pas parce que, comme certains de leurs politiciens le prétendent hypocritement, les Kurdes ont un « droit moral » à un État (les Palestiniens aussi). Au contraire, les Israéliens ont une politique non déclarée mais officielle visant à « balkaniser » les États arabes. Ils ont encouragé « la discorde sectaire et ethnique » afin de déstabiliser leurs voisins. En d’autres termes, le soutien israélien aux Kurdes est un effort pour affaiblir principalement l’Irak, et accessoirement, la Syrie et l’Iran (la Turquie n’étant qu’un « dommage collatéral » dans ce processus).

La meilleure option

On peut difficilement reprocher aux Kurdes d’accepter de l’aide là où ils peuvent en obtenir – en l’occurrence d’Israël – dans une lutte pour l’indépendance qui dure depuis des siècles. Néanmoins, on peut également comprendre que l’ingérence israélienne effraie sérieusement les autres États touchés.

Le président George W. Bush en combinaison de vol après avoir atterri sur l’USS Abraham Lincoln pour donner son discours « mission accomplie » sur la guerre en Irak le 1er mai 2003

Laissant de côté la question israélienne pour un moment, la question qui devrait guider la politique est la suivante : l’Irak peut-il être rétabli en tant qu’État viable? Posant la question de manière plus informelle, en 2003, un président américain plutôt stupide – travaillant sous l’influence de sionistes, de néo-conservateurs idiots et des nationalistes irakiens apportant de faux témoignages – a fait tomber le crâne d’œuf irakien de son mur précaire. Est-ce que l’Irak peut être restauré à nouveau ? La réponse est, eh bien, peut-être – mais il semble y avoir seulement deux façons de le faire. L’une est une guerre quasi-génocidaire menée par les puissances régionales contre les Kurdes. Alternativement, l’Irak pourrait être ressuscité si les Kurdes sont disposés à se contenter d’une demi-mesure sous la forme d’une partie autonome d’un état confédéré.

En ce moment, le futur est incertain. On a l’impression que les Turcs et les Irakiens (dont les forces ont attaqué la ville kurde de Kirkouk le 16 octobre) sont tout disposés à tenter de résoudre le problème par une guerre prolongée. Ce serait une grosse erreur. Cela conduirait à un Irak qui pourrait être techniquement réuni mais en vérité serait encore plus faible qu’il ne l’est actuellement, et pas vraiment indépendant du tout.

Sa région nord serait probablement sous le contrôle de facto de la Turquie et de l’Iran, et le reste du pays continuerait d’être dans un gâchis décentralisé expérimentant une guerre civile sectaire sans fin. D’un autre côté, un règlement pacifique de la question kurde pourrait conduire à la stabilisation du reste de l’Irak en tant qu’État confédéré. En outre, dans le cadre d’un Irak confédéré, l’autonomie du Kurdistan peut empêcher une politique étrangère indépendante, minimisant ainsi l’influence israélienne.

En dépit du vote récent des Kurdes pour l’indépendance, leurs chefs doivent savoir que cela ne peut être réalisé que s’ils peuvent gagner une guerre prolongée contre la Turquie, l’Iran et l’Irak. Israël n’est pas en position géographique pour les aider efficacement. Donc les Kurdes ne peuvent probablement pas supporter un tel combat. Cela les laisse avec seulement un choix rationnel.

Les Kurdes sont maintenant plus proches d’un statut d’indépendance qu’ils ne l’ont jamais été depuis les jours ratés de la Première Guerre mondiale. Leur meilleure stratégie est de tirer le meilleur parti (sinon le plus grand) de ce statut au sein d’un Irak confédéré et de mettre fin à leur interaction avec Israël. Cela doit être mieux qu’une guerre quasi-génocidaire dont ils seraient les victimes. Cependant – et c’est la question habituelle dans de telles situations – les émotions de tous les côtés vont-elles permettre à la raison de s’imposer ?

Lawrence Davidson est professeur d’histoire à l’Université West Chester en Pennsylvanie.

Source : Lawrence Davidson, Consortium News, 17-10-2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

lundi 13 novembre 2017

Royaume-Uni : le Brexit aura officiellement lieu le 29 mars 2019 à 23 heures

L'amendement sera intégré au projet de loi de retrait de l'UE, qui doit faire l'objet d'un examen détaillé en commission à partir du mardi 14 novembre.

ACT BREXIT

Le gouvernement britannique a annoncé vendredi 10 novembre que le Brexit aurait lieu le 29 mars 2019 à 23 heures (minuit à Paris). Cette précision qui fera l'objet d'un amendement au projet de loi de retrait de l'UE, en cours d'élaboration au parlement.

(...)

L'heure choisie, une surprise

Après le vote des Britanniques en faveur du Brexit lors du référendum de juin 2016, la Première ministre Theresa May avait officiellement formalisé le 29 mars l'intention de son pays de quitter l'UE.

Elle avait ainsi ouvert une période de tractations de deux ans avant le retrait officiel du Royaume-Uni. Lors de son discours de Florence, le 22 septembre, elle avait répété son intention de voir le Brexit se concrétiser le 29 mars 2019, une date qui n'est donc pas une surprise.

Plus surprenante est l'heure choisie par le gouvernement britannique : les dirigeants européens s'attendaient à ce que le Brexit survienne à minuit heure de Londres. Il surviendra finalement à minuit heure de Bruxelles, et donc une heure plus tôt au Royaume-Uni.

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