vendredi 12 janvier 2018

[RussEurope en Exil] La Laïcité, et les variations des ministres et de notre Président

TRIBUNE LIBRE/ Jacques SAPIR

Les déclarations de plusieurs ministres[1], et du Président de la République lui-même[2], ont remis sur le devant de la scène la question de la laïcité. Un reportage de TF1 sur la situation dans un quartier de Marseille a contribué, lui aussi, à ce que l’on se pose à nouveau le problème[3]. Notons, d’ailleurs, que la loi dite « El-Khomri » va poser cette question au sein des entreprises[4].

TL SAPIR BODIN LAICITE

J’ai publié, en 2016, un ouvrage dans lequel je traitais de cette question[5], et je suis intervenu à de multiples reprises sur mon carnet scientifique RussEurope, avant que ce dernier ne soit fermé par une mesure arbitraire et scandaleuse[6]. Mais, le débat actuel, s’il est nécessaire en raison de la remontée des intégrismes religieux, et en particulier de l’islamisme (ou « islam politique »), est rendu obscur, et parfois incompréhensible, par une série d’ignorances. Je voudrai ici en débusquer quelques unes.

  1. La loi de 1905 n’est pas « la laïcité »

C’est une confusion qui est souvent faite. Bien des gens, et même des ministres (qui sont sensés connaître la nature d’une législation) confondent le principe et la loi. Toute loi est l’application d’un (ou de plusieurs) principes dans des contextes particuliers et elle contient des commandements (ce qui est interdit et ce qui est autorisé) qui peuvent varier. Si l’on peut dire que la laïcité inspire la loi de 1905, cette dernière ne l’incarne nullement. D’ailleurs, le texte de la loi ne fait nullement mention du principe. En réalité, la loi de 1905[7], que fit voter Aristide Briand, met fin au Concordat et organise et codifie les règles de séparation entre l’église et l’Etat. Elle ne fait pas autre chose. C’était d’ailleurs, après les troubles du processus politique de « séparation », une loi de paix et de concorde civile.

Cette loi est donc utile, et doit être conservée. Mais, elle est aujourd’hui insuffisante, compte tenu des menaces qui pèsent sur l’application du principe de laïcité. Ceux qui disent « toute la loi de 1905, rien que la loi » se trompent, et ils se trompent par la confusion entre le principe mis en œuvre et les conditions de son application.

  1. La loi de 1905 n’est pas « anti-islam »

Un petit nombre de musulmans (que l’on peut qualifier d’islamistes ce qui en fait une catégorie séparée du reste des musulmans) prétend que la loi de 1905 viserait l’Islam et uniquement celui-ci. Or, au début du XXème siècle, la question de l’Islam était mineure dans la politique française. C’est donc très clairement un anachronisme. Rappelons que ce furent les congrégations catholiques qui furent visées, et que la loi de 1905 n’interdit nullement la construction de la grande mosquée de Paris (dans les années 1920). Mais, il est clair que les religions chrétiennes et juives se sont accommodées de cette loi. Si les islamistes disent aujourd’hui que celle-ci est « anti-Islam », et s’ils construisent un conflit particulier autour de cette loi de 1905, c’est bien parce qu’ils sont sur une position de rupture par rapport à tout ce qui évoque la laïcité, même de loin. Et cela montre que leur conception de l’Islam est clairement incompatible avec la culture politique française[8].

  1. La laïcité n’est pas la liberté de conscience

Un certain nombre de responsables politiques ont prétendu que la liberté de conscience et la laïcité étaient la même chose. C’est faux, et c’est une dangereuse erreur. La première fois où l’on parle de « liberté de conscience » en France c’est au cours des guerres de religion[9]. Il n’est alors nullement question de « laïcité ». La liberté de conscience signifie simplement que chaque individu est libre de penser ce qu’il veut, ce qui constitue naturellement un progrès, mais reste en deçà de la notion de laïcité.

La laïcité n’est pas non plus la tolérance, même si elle s’inspire d’un principe de tolérance[10]. La tolérance peut-être plus directement rattachée aux valeurs individuelles qu’il est bon de cultiver.

Si la laïcité n’est ni la liberté de conscience, ni la tolérance, c’est qu’elle est un principe d’organisation de l’espace public. C’est elle qui permet à un peuple traversé de croyances multiples de pouvoir se constituer en une communauté politique, et cela sans aucune relation avec l’ethnicité ou la langue. C’est la laïcité qui permet le passage du peuple à la Nation. Ce que dit et fait la laïcité c’est de renvoyer à la sphère privée (qu’il ne faut pas confondre avec la sphère individuelle) la question des croyances religieuses. Il n’est pas anodin que l’un des grand penseur de la souveraineté, Jean Bodin, qui écrivit au XVIème siècle dans l’horreur des guerres de religion, ait écrit un traité sur la laïcité[11]. En fait, on voit très vite apparaître le lien avec la souveraineté.

Cette dernière implique la définition d’un souverain. Une fois qu’il est établi que la « chose publique » ou la Res Publica est le fondement réel de ce souverain, comme nous y invite Jean Bodin, on doit définir le « peuple » qui exercera, soit directement soit par l’entremise de formes de délégation, cette souveraineté. Dès lors, obliger à nous définir selon des croyances religieuses, des signes d’appartenances, aboutit en réalité à briser le « peuple ». C’est la logique du communautarisme qui s’oppose de manière radicale à la notion de souveraineté du peuple. S’il existe un lien logique entre la démocratie et la souveraineté, de même existe-t-il un lien logique entre la souveraineté et la laïcité, car cette dernière, mettant hors de l’espace public la dispute entre religions permet de se réunir autour du Res Publica.

  1. Athéisme, anticléricalisme et laïcité

La laïcité est présentée par ses ennemis comme une forme d’athéisme (le fait de ne pas croire en Dieu), voire comme une forme d’anticléricalisme (la détestation des églises). C’est une erreur profonde, et bien souvent en réalité un artifice conçu pour dénigrer et déconsidérer le principe politique de laïcité.

Il convient dès lors de rappeler que l’on peut être catholique ET laïque. D’ailleurs Jean Bodin, le père de la laïcité moderne, était lui-même un fervent catholique. John Locke, qui est aussi associé à l’émergence de la laïcité, était initialement calviniste avant de s’orienter vers le Socinisme[12]. Être athée n’implique nullement être anticlérical. Nombre d’anticléricaux célèbres, dont le « petit pères » Emile Combes, étaient en réalité déistes (Combes était un ancien séminariste[13]). La loi de 1905, qui ramena le calme après les troubles de 1903 et 1904, résulte non des efforts de Combes mais des travaux de la commission Buisson-Briand, Fernand Buisson étant un protestant et Aristide Briand un athée tolérant. La laïcité n’a donc rien à voir ni avec l’athéisme ni avec l’anticléricalisme. C’est un principe organisateur de l’espace politique, et c’est en cela que la laïcité est essentielle. Mais, ce principe politique, par contre, s’oppose radicalement aux interprétations littérales de toutes les religions et à la tentative d’instrumentaliser le sentiment religieux à des fins politiques.

  1. Les principes politiques sont différents des valeurs individuelles.

La confusion est ici extrême car de nombreux politiques usent du terme des « valeurs » alors qu’ils devraient en réalité parler des « principes ».

Rappelons ici que chaque individu a des valeurs dans lesquelles il croit, qu’il s’agisse de croyances religieuses ou philosophiques. Il est impossible de ne pas croire (et si certains veulent y voir la « preuve » de l’existence de Dieu, que grand bien leur fasse) car tout ne peut être démontré. Mais, ces croyances, qui sont multiples et diverses, ne sont pas pour autant des règles d’organisation de l’espace public. Ces règles, comme l’égalité de tous devant la loi et bien entendu le cantonnement des croyances à la sphère privée, sont nécessaires à la constitution d’un espace de débat et de conflit d’où sont issus les institutions. D’autres règles peuvent aussi s’imposer, comme la question du respect de l’autorité, de ne pas discuter sans cesse des mêmes questions[14]…Ces principes sont importants, mais ils sont d’une nature inférieure aux précédents. Les premiers permettent la constitution de l’espace politique public alors que les seconds visent à en optimiser le fonctionnement. On peut admettre un débat sur les seconds mais les premiers, eux, ne sont en débat que dans la mesure où l’existence même de l’espace public peut être en débat. Nous sommes donc en présence de deux niveaux distincts, la constitution d’un espace public et son mode d’organisation. Les valeurs individuelles ont une influence sur les principes, ou plus précisément sur notre classement de ces derniers, mas ne sont pas réductibles à ceux-ci.

Il convient ici de comprendre que si la souveraineté doit être dite, en son essence, puissance profane, c’est parce qu’elle ne repose pas sur une loi de nature ou une loi révélée. De ce point de vue, Jean Bodin anticipe sur Spinoza qui écrira lui aussi que « la nature ne crée pas le peuple », autrement dit qu’il est vain de vouloir imaginer une origine « naturelle » à l’ordre social. Cet ordre social et politique ne procède pas de la loi divine ni pour son origine ni pour son fondement. Si le Prince pour Jean Bodin est « image » de Dieu, il ne tient pas pour autant son pouvoir de Dieu[15]. La distinction entre le monde symbolique et le monde réel est désormais acquise.

  1. Des « lois des hommes » et des « lois de Dieu ».

L’un des points les plus dangereux dans la rhétorique islamiste est la contestation des « lois des hommes » au nom d’un principe supérieur qui serait la loi divine. On voit bien ici le piège. Si l’on prétend que les « lois des hommes » sont incontestables, il nous faut alors supposer que le législateur est à la fois « bon » et omniscient par nature. Et la critique contre ces hypothèses a été faite par Carl Schmitt il y a près d’un siècle[16]. On tombe alors dans le fétichisme de l’état de droit, qui a été clairement dénoncé par David Dyzenhaus[17]. Mais, si l’on admet que les « lois des hommes » sont contestables, comment éviter de réintroduire la question de la religion dans l’espace politique ?

Si l’on estime, comme Hans Kelsen, qu’il existe un système de « lois naturelles » qui seraient propre à la condition humaine, servant alors de normes pour le droit des États, alors on se rapproche dangereusement du raisonnement des intégristes religieux. C’est le principe de la norme hypothétique fondamentale, dite aussi la Grundnorm (Grund désignant le fondement). On est ici en présence d’une norme de nature logico-transcendantale[18]. Mais, les thèses de Kelsen sont loin de faire l’unanimité et il lui est reproché, non sans raison, un positivisme juridique[19] qui aboutit à un aplatissement des principes du droit.

En effet, la conception de la « nature » spécifique humaine, même si elle a des fondements dans la pensée antique[20], n’est en réalité propre qu’au christianisme[21]. Pour le christianisme l’homme et au sommet de la Création[22], car il a été fait à l’image de Dieu. La distinction vis-à-vis des animaux est nette et elle se caractérise par le concept de l’« âme », qui est vue comme « l’esprit employant le Verbe » des Évangiles, et non comme un principe vital de toutes les créatures. Cette séparation radicale entre humanité et animalité a été vigoureusement critiquée, par Claude Lévi-Strauss en particulier[23] : « Jamais mieux qu’au terme des quatre derniers siècles de son histoire l’homme occidental ne put-il comprendre qu’en s’arrogeant le droit de séparer radicalement l’humanité de l’animalité, en accordant à l’une tout ce qu’il refusait à l’autre, il ouvrait un cercle maudit, et que la même frontière, constamment reculée, servirait à écarter des hommes d’autres hommes, et à revendiquer au profit de minorités toujours plus restreintes le privilège d’un humanisme corrompu aussitôt né pour avoir emprunté à l’amour-propre son principe et sa notion ».

Or, le propre de l’homme n’est pas d’avoir créé la société, mais de pouvoir en transformer les règles. Cela implique à l’évidence une définition « faible » et une définition « forte » de la culture[24]. Pascal Picq, dans un ouvrage collectif consacré à Qu’est-ce que l’Humain précise cela par la citation suivante : «L’humain est bien une invention des hommes, qui repose sur notre héritage historique partagé, mais n’est pas une évidence pour autant. Homo sapiens n’est pas humain de fait »[25].

On pourrait dire, en d’autres termes, que l’homme s’est en réalité constitué, voire « construit » lui-même, progressivement, au contact de ses semblables. Maurice Godelier écrit ainsi très justement dans un ouvrage de 2004: « Si les hommes n’ont pas pu se donner à eux-mêmes la vie en société, ils ont pu, à la différence des autres primates, transformer leurs façons de vivre en société, inventer de nouvelles formes de société[26] ».

Il convient alors de penser la contestation des « lois humaines » d’un point de vue « des hommes » et non de celui de principes « supra-humains ».

Ceci pose directement la question de l’existence de la Tyrannie. On appelle Tyrannie tout pouvoir illégitime sans la confondre avec la Dictature. Cette dernière est en réalité partie prenante de l’espace démocratique. Une dictature est un pouvoir légitime mais non légal, dont le but est justement de rétablir un ordre légal qui soit légitime. C’est, par exemple, le cas de la France Libre[27]. A l’opposé, une tyrannie est un pouvoir qui peut être légal (cas du Tyrannus ab Exercitio) mais qui est dépourvue de toute légitimité, par exemple par l’usage qu’il fait des normes légales. Cela correspond tout à fait au régime de Vichy. Cette distinction fait alors apparaître la centralité de la notion d’ordre démocratique. Il est une réponse au fait que la coordination de décisions décentralisées, dans une société répondant au principe d’hétérogénéité, implique que des agents ayant des positions inégales se voient mis dans une position formelle d’égalité. Le couple contrôle/responsabilité résulte ainsi du principe de densité; il en est une manifestation.

Il implique alors que le peuple soit identifié à travers la détermination d’un espace de souveraineté. C’est pourquoi l’ordre démocratique implique des frontières (qui est responsable de quoi), mais aussi une conception de l’appartenance qui soit territoriale (le droit du sol). L’absence de frontières, l’indétermination de la communauté de référence, découplent le contrôle de la responsabilité. Cet ordre démocratique doit être capable de penser l’articulation entre les principes de légitimité et de légalité hors de toute référence religieuse et permettre de gérer les conflits qui naissent de l’hétérogénéité sans aboutir à des logiques de ségrégation.

De la souveraineté du peuple découlent trois principes qui fondent le droit de l’ordre démocratique. On peut formuler ces derniers de la manière suivante:

  • (I). Nul ne peut prétendre au contrôle sans endosser une responsabilité des actes issus de son contrôle. La garantie que tous accordent au contrôle de un s’accompagne de la responsabilité de un devant tous. La souveraineté nationale est alors le garant ultime de l’exercice de nos droits, comme l’exprimait la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de la Constitution de 1793.
  • (II). Nul ne peut fixer seul un mode de coordination, ou inversement exclure de ce mode certaines formes ou certains participants de la communauté. C’est là la conclusion logique qu’il faut tirer de l’hypothèse de connaissance imparfaite. Les discriminations fondées sur l’être de l’individu ou sur son origine sont par nature nulles et non avenues. Aucun système politique, qu’il soit local ou national, ne peut être fondé sur des différences ethniques, culturelles, religieuses, sexuelles ou autres car ces différences ne sont pas du ressort du choix des individus.
  • (III). Nous avons tous, au sein d’une même communauté qui ne peut être que territoriale, le même droit à participer à la constitution, intentionnelle ou non, des modes de coordination.

On comprend, dès lors, pourquoi la laïcité, en cela qu’elle permet l’organisation d’un espace politique commun, est tout à fait indispensable à l’ordre démocratique.

  1. Laïcité et « signes extérieurs ».

Il convient, enfin, de séparer les principes de leur mode d’application. Sur les principes, la reconnaissance des deux sphères de la vie des individus et l’appartenance de la religion à la sphère privée, il n’y a pas à transiger. C’est bien dans une exclusion de la place publique des revendications religieuses et identitaires que pourra se construire la paix civile. Si la communauté politique a besoin d’une escalade en symbolique, cette dernière doit se faire en évitant soigneusement le registre du religieux tel que nous le concevons aujourd’hui après les religions transcendantes. Ce registre est désormais un piège pour qui veut construire du social. Quant aux conditions d’application de ces principes, il est clair qu’ils doivent faire la place aux traditions et à la culture d’une société.

Les signes religieux, dès lors qu’ils relèvent du prosélytisme ou de la provocation dans la sphère publique, doivent être interdits[28]. Il convient, ici, de se rappeler les mots écrits par John Locke, dans son Essai sur la Tolérance : « «Il est dangereux qu’un grand nombre d’hommes manifestent ainsi leur singularité quelle que soit par ailleurs leur opinion. Il en irait de même pour toute mode vestimentaire par laquelle on tenterait de se distinguer du magistrat et de ceux qui le soutiennent ; lorsqu’elle se répand et devient un signe de ralliement pour un grand nombre de gens…le magistrat ne pourrait-il pas en prendre ombrage, et ne pourrait-il pas user de punitions pour interdire cette mode, non parce qu’elle serait illégitime, mais à raison des dangers dont elle pourrait être la cause?»[29]. L’amour que l’on doit avoir pour la liberté individuelle n’interdit nullement, que dans certains contextes, le pouvoir politique puisse procéder à une interdiction, au nom de l’ordre public.

John Locke (ci- contre)

Il convient aussi de rappeler que la provocation religieuse est aujourd’hui interdite par la loi de 1905. En effet, quand l’appel à provocation est le fait d’un religieux ou qu’il se produit sur un lieu de culte, il tombe sous le coup de la loi, ainsi que le précise l’article 35 de la loi de 1905 :« Article 35 :
Si un discours prononcé ou un écrit affiché ou distribué publiquement dans les lieux où s’exerce le culte, contient une provocation directe à résister à l’exécution des lois ou aux actes légaux de l’autorité publique, ou s’il tend à soulever ou à armer une partie des citoyens contre les autres, le ministre du culte qui s’en sera rendu coupable sera puni d’un emprisonnement de trois mois à deux ans, sans préjudice des peines de la complicité, dans le cas où la provocation aurait été suivie d’une sédition, révolte ou guerre civile »[30].

Il convient donc de rappeler ici le contexte général :

  • (a) La France fait l’objet de tests de la part d’une petite minorité qui cherche à imposer une discrimination visible à la fois entre ce que cette minorité considère comme des « bons » et des « mauvais » pratiquants de sa religion mais aussi une discrimination visible entre homme et femme. Le vêtement est ici clairement un prétexte à stigmatisation de la part d’une minorité à l’encontre d’une majorité.
  • Le port d’un certain type de vêtements s’inscrit aujourd’hui clairement dans un projet politique d’affirmation explicite d’un culte et de prosélytisme de ce dernier sur la voie publique. A cet égard, il est donc clair que nous sommes en présence d’une affirmation agressive d’une religion par rapport à l’espace public.

Cette volonté d’imposer une discrimination visible s’inscrit dans une affirmation identitaire de nature communautariste. On voit que si l’on cède sur ce point ressurgiront immédiatement d’autres revendications comme celles de non-mixité ou de refus de certaines disciplines à l’école. Il est, de ce point vue, étonnant (ou pas…) qu’une certaine « gauche » dénonce (et avec raison) les revendications identitaires quand elles proviennent d’une certaine aile de l’arc politique mais accepte celle émise par une fraction, clairement extrémiste, se réclamant de l’Islam.

L’habillement est déjà soumis à des règles, qu’elles soient dites « de mœurs » ou « d’ordre public ». Ainsi, il est interdit de se promener en ville en maillot de bain, de même que l’affichage d’un prosélytisme outrancier est strictement réglementé. Il convient de rappeler l’existence de ces règles. Il faut alors rappeler que l’interdiction du port d’un vêtement n’est pas le symétrique de l’obligation de porter un type spécifique de vêtement. En effet, une personne peut porter des milliers de types de vêtements. Le fait de ne pas pouvoir en porter un ne lui ôte pas la possibilité de porter les autres. De ce point de vue les comparaisons faites entre l’interdiction du « burkini » (ou de la « burqa ») et l’obligation faite par les hitlériens du port de l’étoile jaune ne sont pas simplement stupides, elles sont aussi injurieuses pour la mémoire des victimes de la persécution nazie.

Ces motifs laissent à penser qu’une loi pourrait donc être prise, condamnant le port de vêtements qui constituent, dans le contexte actuel, de véritables manifestes politico-religieux. Cela n’implique pas d’aller au-delà. La loi, tout comme la tradition républicaine, tolère les signes d’appartenance religieux que l’on qualifiera de « discrets » tout comme elle distingue les habits des ministres des cultes de ceux du tout venant. Si une loi devait donc être prise, il conviendrait qu’elle respecte cette tradition.

Jacques Sapir

Notes

[1] Par exemple Mme Frédérique Vidal, ministre de l’enseignement supérieur : https://www.la-croix.com/Religion/Laicite/Laicite-Frederique-Vidal-ministre-lenseignement-superieur-corrige-propos-2018-01-08-1200904334?from_univers=lacroix

[2] Comparer ses déclaration durant la campagne présidentielle (http://www.lefigaro.fr/politique/2016/10/18/01002-20161018ARTFIG00411-macron-defend-sa-vision-de-la-laicite.php ) et après (https://www.lesechos.fr/politique-societe/emmanuel-macron-president/030985832498-macron-avance-a-pas-prudents-sur-la-laicite-2136575.php)

[3] https://tv-programme.com/journal-de-tf1_emission/replay/ecole-primaire-quand-la-laicite-recule_5a52c3c3b1b3f

[4] https://lentreprise.lexpress.fr/rh-management/droit-travail/loi-travail-nouvelles-querelles-autour-de-la-laicite_1814228.html ainsi que https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/tout-est-politique/tout-est-politique-emmanuel-macron-et-la-laicite-c-est-le-silence-et-lambiguite_2532485.html#xtor=CS2-765-[twitter]-

[5] Sapir J., Souveraineté, Démocratie, Laïcité, Paris, ed. Michalon, 2016.

[6] Voir, en particulier, http://russeurope.hypotheses.org/5207 et http://russeurope.hypotheses.org/5212

[7] Dont le texte se trouve ici : https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000508749

[8] http://avcparcours1combattant.over-blog.com/2018/01/chantal-delsol-le-probleme-religieux-vis-a-vis-de-la-laicite-est-specifique-aux-musulmans.html

[9] Voir, Weiss N., La Chambre ardente; étude sur la liberté de conscience en France sous François Ier et Henri II (1540-1550), Paris, Fischbacher, 1889 et L’édit de Baulieu (6 mai 1576) appelé aussi la Paix de Monsieur, en raison de l’influence du frère d’Henri III sur cette paix reconnaissant le culte protestant et en lui accordant de nombreuses garanties. Voir, http://elec.enc.sorbonne.fr/editsdepacification/edit_07#art_07_06

[10] Lecler J., Histoire de la tolérance au siècle de la Réforme, Paris, Albin Michel, 1994.

[11] Bodin J., Colloque entre sept sçavants qui sont de différents sentiments des secrets cachés des choses relevées, traduction anonyme du Colloquium Heptaplomeres de Jean Bodin, texte présenté et établi par François Berriot, avec la collaboration de K. Davies, J. Larmat et J. Roger, Genève, Droz, 1984, LXVIII-591.

[12] Waldron J., God, Locke and Equality, Londres, Cambridge University Press, 2002

[13] Merle G., Emile Combes, Paris, Fayard, 1995

[14] Holmes S., “Gag-Rules or the politics of omission”, in J. Elster & R. Slagstad, Constitutionalism and Democracy, op.cit., pp. 19-58.

[15] Bodin J., Les Six Livres de la République, (1575), Librairie générale française, Paris, Le livre de poche, LP17, n° 4619. Classiques de la philosophie, 1993

[16] Schmitt C., Légalité, Légitimité, traduit de l’allemand par W. Gueydan de Roussel, Librairie générale de Droit et Jurisprudence, Paris, 1936; édition allemande, 1932

[17] Dyzenhaus D, Hard Cases in Wicked Legal Systems. South African Law in the Perspective of Legal Philosophy, Oxford, Clarendon Press, 1991

[18] Kelsen H., Théorie générale des normes, (traduction d’Olivier Beaud) PUF, 1996, Paris.

[19] A. Hold-Ferneck, H. Kelsen, Lo Stato come Superuomo, un dibattito a Vienna, édité par A. Scalone, Il Mulino, Turin, 2002

[20] Cicéron, De Republica, III, § XXII, 33 édition Gallimard, Paris, 1994

[21] Lactance, Institutions divines. Livre I ; introduction, texte critique, traduction par Pierre Monat. Paris : Éditions du Cerf, 1986.

[22] Saint Paul, Première épître aux Thessaloniciens, chapitre 5, verset 23. Voir : Serres, M. P. Picq, J-D. Vincent, Qu’est-ce que l’Humain, Ed du Pommier et de la Cité des sciences, Paris, 2003.

[23] Levy-Strauss C., Anthropologie Structurale, Paris, Plon, 1958.

[24] Godelier, M., « Quelles cultures pour quels primates, définition faible ou définition forte de la culture ? », in Ducros A., Ducros J. & F. Joulian, La culture est-elle naturelle ? Histoire, épistémologie et applications récentes du concept de culture, Paris, Errance, 1998, p. 217-222.

[25] Picq P., « L’humain à l’aube de l’humanité » in Serres, M. P. Picq, J-D. Vincent, Qu’est-ce que l’Humain, op.cit., p. 64.

[26] M. Godelier, Métamorphoses de la Parenté, Paris, Fayard, 2004, p. 469.

[27] Cartier E., La transition constitutionnelle en France (1940-1945). La reconstruction « révolutionnaire » d’un ordre juridique « républicain », LGDJ, col. Droit public, Paris, 2005, 665 p.

[28] Je reprends ici une partie de ce que j’écrivais en 2016 sur mon carnet RussEurope : http://russeurope.hypotheses.org/5182

[29] Locke J., Essai sur la Tolérance, Paris, Éditions ressources, 1980 (1667)

[30] http://russeurope.hypotheses.org/5204

https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-la-laicite-et-les-variations-des-ministres-et-de-notre-president-par-jacques-sapir/

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"En effet, la conception de la « nature » spécifique humaine, même si elle a des fondements dans la pensée antique[20], n’est en réalité propre qu’au christianisme[21]. Pour le christianisme l’homme et au sommet de la Création[22], car il a été fait à l’image de Dieu. La distinction vis-à-vis des animaux est nette et elle se caractérise par le concept de l’« âme », qui est vue comme « l’esprit employant le Verbe » des Évangiles, et non comme un principe vital de toutes les créatures. Cette séparation radicale entre humanité et animalité a été vigoureusement critiquée, par Claude Lévi-Strauss en particulier[23]:"

Ce passage mérite à mon avis d'être largement discuté, voire contesté, car l'origine antique me semble ici minorée; par ailleurs, d'autres sources gnostiques ne sont pas évoquées. Le débat est ouvert...  P.G.

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lundi 8 janvier 2018

1027 NOUVEAUX ADHÉRENTS VONT PROCHAINEMENT RECEVOIR LEUR LIVRET ET LEUR CARTE.

Comme nous l'avons souvent expliqué, chaque adhésion entraîne la confection d'une carte d'adhérent personnalisée et d'un livret d'adhérent, mais ces envois sont regroupés par lots afin de diminuer le coût de fabrication.

INFO UPR CARTES


Nous sommes actuellement en cours de finalisation du prochain envoi, pour lequel toutes les mises sous pli sont effectuées avec l'aide de bénévoles sous la houlette de Catherine Lassenay.


Ce sont 1027 nouveaux adhérents qui devraient recevoir leur carte et leur livret dans le courant de la semaine prochaine.

 

UPR - Union Populaire Républicaine REJOIGNEZ L'UPR, LE SEUL MOUVEMENT POLITIQUE DE RASSEMBLEMENT NATIONAL QUI FAIT CONSTAMMENT LES BONNES ANALYSES, validées par les événements depuis plus de 10 ans !

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J'ai eu plusieurs demandes d'adhérents à ce sujet, voici la réponse. Merci pour votre compréhension.  P.G.

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Démission fracassante à la Commission nationale des comptes de campagne

Un rapporteur de la Commission nationale des comptes de campagne révèle pourquoi il a décidé de démissionner. 

ACT CNCCFP

Le 20 novembre, les portes ont claqué dans le huis clos du 36, rue du Louvre, siège de la discrète Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP). Une séance « longue, houleuse et difficile », au dire de notre témoin, qui s'est résigné à démissionner, la mort dans l'âme.

« Vous ne m'offrez d'autre alternative que celle de me soumettre ou de me démettre », écrit Jean-Guy de Chalvron dans une lettre adressée au président de la CNCCFP, François Logerot, dont nous avons obtenu copie, paraphrasant la tirade de Gambetta. Durant toute sa carrière, cet inspecteur général de l'administration, aujourd'hui retraité, a été un grand serviteur de l'Etat, passé par dix ministères, de l'Industrie à l'Intérieur. Il fut aussi directeur de cabinet de Louis Mexandeau aux Anciens combattants. De solides gages de sérieux pour ce haut fonctionnaire qui met en avant dans sa lettre de rupture les « valeurs d'indépendance et de rigueur » qui l'ont toujours guidé. Que s'est-il donc passé pour qu'il en arrive là et rompe le silence ?

« La colère », nous explique-t-il, « révolté ». Pendant cinq mois, il a été l'un des deux rapporteurs chargés d'éplucher les 52 cartons de factures d'un grand candidat à la présidentielle. Or, il dit avoir déniché nombre de dépenses litigieuses qui ne pouvaient pas, selon lui, ouvrir droit à un remboursement par l'Etat, donc par le contribuable, mais pas à même toutefois d'entraîner un rejet du compte de campagne. Le tout portait sur près de 1,5 millions d'euros, sur un total de 10,7 millions d'euros de dépenses.

Un système opaque

Ces anomalies ont été détaillées lors de la fameuse réunion du 20 novembre, où fut examinée une « lettre des griefs » destinée au candidat. Jean-Guy de Chalvron se serait alors, assure-t-il, heurté à un refus « extrêmement brutal » de la commission, qui lui aurait suggéré de revoir nettement à la baisse ses propositions de régularisation. Raison pour laquelle il a préféré partir, pour ne pas avoir à couvrir de potentielles irrégularités.

Ce candidat, c'était Jean-Luc Mélenchon. Mais si Jean-Guy de Chalvron a accepté de témoigner, ce n'est pas pour mettre à l'index le patron de la France insoumise. N'ayant pas eu accès aux comptes des autres candidats, il ignore en effet s'ils ont donné lieu à des difficultés. Or, selon nos informations, deux voire trois autres rapporteurs auraient aussi claqué la porte. Non, ce qu'il souhaite, c'est alerter sur de « graves dysfonctionnements » au sein de la CNCCFP, dont il juge le système opaque et fort peu démocratique. Une commission débordée qui a dû, pour éplucher les comptes de la présidentielle, recruter des rapporteurs vacataires, tous hauts fonctionnaires et retraités. Des intermittents en somme, donc peu préparés à la mission. Ils étaient seize, deux par « grand » candidat et un par « petit », épaulés par de simples étudiants stagiaires. Or, le travail est ingrat : une masse de documents colossale (5 000 factures pour Mélenchon), un temps bref (six mois) et un salaire peu attrayant (18 euros la vacation de six heures). Mais il s'y est attelé avec enthousiasme.

Or, reproche-t-il, on lui aurait demandé de fermer les yeux. « De nombreuses divergences de fond sont apparues entre mes propres propositions de réformation et les recommandations de la commission, écrit-il dans sa lettre de démission. Vous m'imposez donc de signer une lettre de griefs au candidat qui ne reflète plus du tout le travail que j'ai fourni. » De fait, à la CNCCFP, ce ne sont pas les rapporteurs, chargés d'enquêter, qui ont le dernier mot, mais les neuf permanents.

En résumé, les rapporteurs proposent, la commission dispose. « Bâillonnés », juge de Chalvron, encore outré.

http://www.leparisien.fr/politique/demission-fracassante-a-la-commission-nationale-des-comptes-de-campagne-07-01-2018-7486773.php#xtor=AD-1481423551

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Est-il besoin de préciser que pour ce qui concerne l'UPR, nos comptes sont irréprochables et qu'ils ont été validés sans réserve. Il est vrai que nous n'avions pas les moyens de dépenser autant que certain candidats...  P.G.

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Discours en langue corse, Diu vi salvi Regina, le parti de François Asselineau veut des sanctions

L’installation de la nouvelle collectivité unique de Corse fait décidément des remous. Au lendemain de son installation, le parti politique de l’Union populaire républicaine (UPR), celui de l’ancien candidat à l’élection présidentielle de mai dernier François Asselineau, a indiqué vouloir que le gouvernement engage des poursuites contre Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni.

ACT FA CORSE



Dans un communiqué, daté du 3 janvier, l’UPR accuse le président du conseil exécutif de Corse et le président de l'Assemblée de Corse d’ « actes séditieux » et « inconstitutionnels ». Les raisons : l'abscence du drapeau français dans le bureau du premier et le discours en langue corse du second lors de la séance inaugurale de la collectivité unique de Corse de 2 janvier dernier.

Étiolement de « l’autorité de la République »


« Ils [les élus de la collectivité unique] ne cessent de violer la Constitution de la République française, et notamment son article 2 qui pose que : la langue de la République est le français. L’emblème national est le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge. L’hymne national est ‘‘La Marseillaise’’ », insiste l’UPR.

Et le parti ne s’arrête pas là. Il annonce aussi qu’il a engagé des poursuites contre les élus de La République en marche « le parti même du chef de l’État ». Ces derniers ont osé entonner le « Diu vi salvi Regina » à l’intérieur même de l’institution.

Ces actes sont pour l’UPR une preuve de l’étiolement de « l’autorité de la République ». Une situation qui serait d’ailleurs légitimée par un acte précis d’Emmanuel Macron. En mai dernier, pour fêter sa victoire à l’élection présidentielle, le candidat La République en marche avait choisi l’hymne européen… Et de violer, par la même occasion, l’article 2 de la Constitution.

https://france3-regions.francetvinfo.fr/corse/haute-corse/corse/discours-langue-corse-diu-vi-salvi-regina-parti-francois-asselineau-veut-sanctions-1395959.amp?__twitter_impression=true

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lundi 1 janvier 2018

C’est officiel, Toulon-Provence-Méditerranée est bien une métropole au 1er janvier 2018

Le décret, pris par le conseil des ministres du 26 décembre, est paru au journal officiel ce jeudi 28 décembre. Toulon-Provence-Méditerranée passera bien de communauté d’agglomération à métropole au 1er janvier 2018.

ACT TOULON METROPOLE

Une publication qui s’est fait attendre quasiment jusqu’au dernier moment et qui vient confirmer les délibérations prises par l’ensemble des conseils municipaux des douze villes(1), qui constitueront cet établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre.

La métropole TPM – son nom demeure –, forte de 434.000 habitants devient ainsi la 14e de France.

Sur Twitter, Hubert Falco, maire de Toulon et président de TPM, se réjouit de "cette évolution historique, [qui] s’inscrit dans cette dynamique intercommunale: défendre, construire, développer l’attractivité du territoire et la qualité de vie de ses habitants".


1. Carqueiranne, La Crau, La Garde, Hyères, Ollioules, Le Pradet, Le Revest-les-Eaux, Saint-Mandrier-sur-Mer, Six-Fours-les-Plages, La Seyne-sur-Mer, Toulon, La Valette-du-Var.

http://www.varmatin.com/politique/cest-officiel-toulon-provence-mediterranee-sera-bien-une-metropole-au-1er-janvier-2018-195714

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Pour les uns, servitude volontaire, pour les autres, trahison délibérée: comme le souligne le maire de Toulon, une "évoution" historique (en novlangue européenne, une régression), la destruction lente et oligarchique de la France se poursuit...   P.G.

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mercredi 27 décembre 2017

La venue dans une université d'Houria Bouteldja, accusée de «racialisme», fait scandale

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J'avais loupé cet épisode, mais il n'est jamais trop tard pour bien faire, comme disait ma grand- mère. P.G.


 

L'invitation de la porte-parole du PIR à Limoges s'est accompagnée d'une vive polémique. RT France a interrogé l'université, qui se dit «contre la censure», mais aussi les opposants de la militante qui la jugent «islamiste, homophobe et antisémite».

ACT BOUTELDJA LAICITE

Son livre, Les Blancs, les Juifs et nous : vers une politique de l'amour révolutionnaire (La Fabrique Editions)a fait scandale en 2016. Si elle se présente comme une militante antiraciste, Houria Bouteldja, porte-parole des Indigènes de la République (PIR) se voit régulièrement accusée dans les médias d'être «racialiste» et de considérer l'appartenance ethnique comme la principale cause d'oppression.

Invitée à débattre lors d'un «séminaire d'études décoloniales» à l'université de Limoges ce 24 novembre, sa venue fait polémique. L'association de défense de la laïcité Printemps républicain a notamment dénoncé sur Twitter «un moyen de faire la promotion des thèses racialistes».

Fatiha Boudjahlat, cofondatrice d'une autre association de défense de la laïcité, Viv(r)e la République, déclare à RT France : «On ne crée pas du débat en invitant une militante [Houria Bouteldja] qui est indigéniste, islamiste, homophobe et antisémite, qui n'a personne pour lui donner la réplique, qui n'a personne pour contre-argumenter. L'université s'encanaille à rencontrer quelqu'un d'aussi sulfureux.»

L'université de Limoges, elle, tente de se justifier. «Comme toutes les universités, nous ne partageons pas les valeurs de l'intéressée [...] Mais, étant donné qu'Houria Bouteldja n'a jamais été condamnée, on se voyait mal la censurer. Il nous a semblé plus opportun d'ouvrir la parole plutôt que de la censurer», explique à RT France le cabinet du président de l'établissement.

Fatiha Boudjahlat réplique : «Quelle censure ? Ils sont dans le discours unique. C'est une tribune ouverte, ce n'est pas un débat. Houria Bouteldja est invitée en tant que personne experte, à quel titre ? Au nom de son bouquin qui est antisémite ? Hors de question que l'Etat finance ses ennemis de l'intérieur ; hors de question ! L'université c'est le débat mais lorsqu'on entend qu'un seul son de cloche, où est le débat ?»

Une discussion sur son livre avec des chercheurs de l'établissement doit pourtant avoir lieu après la prise de parole d'Houria Bouteldja. Ainsi, la faculté des lettres et des sciences humaines propose d'aborder les thématiques de «la race, le féminisme décolonial, le racisme d'Etat» ou encore «l'islamophobie». Sur ces sujets, l'écrivain a des positions bien tranchées, elle qui considère dans une tribune du 11 mars 2015, publiée sur le site des Indigènes de la République : «Il est important d’identifier le lieu de production du racisme : l’Etat-Nation impérialiste [...] On ne peut pas comprendre le racisme républicain, si pour la survie de l’Etat-Nation, on ne comprend pas la nécessité pour lui d’élire un corps de privilégiés, les Blancs, et de distribuer le pouvoir et la richesse en fonction notamment de critères raciaux. Autrement dit, il faut comprendre l’existence du "salaire de la blanchité".»

La direction de l'université, quant à elle, semble gênée par la polémique. Si la communication autour de ce colloque a dans un premier temps été publique, avec un affichage sur le site de la faculté, le cabinet de la direction avoue avoir été «pris de court».

Toutefois, pour éviter un rétropédalage et assumant la présence d'Houria Bouteldja, l'institution a décidé de maintenir le «colloque privé», tout en supprimant sa publicité sur internet. Par cette démarche, Fatiha Boudjahlat estime pourtant que l'université enfreint volontairement le caractère scientifique qu'est supposé revêtir le colloque.

«Ces universitaires sont dans le mensonge. Houria Bouteldja est invitée en tant qu'experte mais elle n'est experte de rien alors que le colloque est censé être dans un cadre universitaire de recherche. Qu'ils invitent des militants laïcs !», déclare-t-elle.

Un entrisme de l'islamisme dans le milieu universitaire ?

Remontée, Fatiha Boudjhalat pointe le danger islamiste qui menacerait les milieux universitaires, notamment dans les sciences sociales.

«Il suffit de regarder comment Tariq Ramadan a obtenu sa thèse», lance-t-elle avant de s'en prendre aux «directeurs de thèse aussi impliqués, aussi militants que [Directeur de recherche à l'Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman] François Burgat qui soutiennent la thèse de Nabil Ennasri sur [le théologien proche des Frères musulmans Youssef] Al Qaradawi, interdit dans plusieurs pays pour ses appels à tuer les juifs, à tuer les apostats», ou encore à «des militants politiques qui se font passer pour des ONG et des experts». «Cet entrisme à l'université est terrible et c'est une réalité», conclut Fatiha Boudjhalat.

Le 3 octobre, l'université Lyon 2 a aussi été la cible de critiques pour avoir tenté l'organisation de conférences sur l'islamophobie avec une discussion sur «l'islamophobie d'Etat». Des association comme le Comité Laïcité République (CLR), le Printemps républicain ou la Licra étaient montés au créneau, dénonçant la présence de membres controversés appartenant au Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF) et à la Coordination contre le racisme et l'islamophobie (CRI). Un «colloque laïcophobe» pour le CLR et la Licra, un «colloque plein d'intervenants islamistes sous couvert académique» selon le Printemps républicain. Face à la contestation, Lyon II avait alors annulé l'événement.

Sollicitée par RT France pour commenter la polémique, Houria Bouteldja n'était pas joignable dans l'immédiat.

https://francais.rt.com/france/45820-venue-dhouria-bouteldja-indigenes-republique-cree-polemique-universite-limoges

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Diplômé de l'université de Rennes, l'imam controversé de Brest pourra devenir «référent laïcité»

L'imam controversé, connu pour des prêches radicaux, a été récompensé par un diplôme universitaire à Rennes, lui permettant de devenir «référent laïcité» dans divers domaines professionnels et associatifs. Des commentateurs s'en sont scandalisés.

act imam laicite

Il a défendu un islam ultraconservateur et souvent considéré comme proche du salafisme : l'imam de Brest Rachid El Jay, connu sous le nom de Rachid Abou Houdeyfa, s'est-il racheté une conduite ? Il vient en tout cas d'être diplômé par l'université de droit à Rennes 1 en «Religions, droit et vie sociale».

L'université Rennes 1 précise qu'avec l'obtention de ce diplôme, Rachid Abou Houdeyfa pourra désormais être l'un «des référents laïcité dans divers domaines de la vie professionnelle ou associative». «Ces référents peuvent être amenés à éclairer, du point de vue du droit, de multiples situations quotidiennes où la question religieuse est susceptible de croiser les règles de l’Etat républicain et laïc», précise l'établissement.

En septembre 2016, l'imam entamait ce cursus universitaire, selon des informations rapportées par Libérationafin de «se conformer aux règles de la laïcité et du vivre ensemble français». «Soutenus par le ministère de l’Intérieur, ces [diplômes universitaires] sont l’une des actions promues par le gouvernement pour rendre "républicano-compatibles" les imams des mosquées françaises», affirmait le quotidien. 

Après un an de cursus, Rachid Abou Houdeyfa ne cache pas sa satisfaction de recevoir ce diplôme universitaire : «C'est un diplôme que l'on demande pour celles et ceux qui désirent être, entre autres, aumôniers dans les hôpitaux, aumôniers dans les prisons. C'est un diplôme intéressant dans le sens où aujourd'hui on entend un peu parler de la laïcité à toutes les sauces», assure l'imam, qui affirme avoir reçu son diplôme avec la mention «bien».

Dr. Jekyll et Mr. Hyde ?

Néanmoins, un certain nombre d'intellectuels et responsables politiques ne voient dans ce projet universitaire qu'une façade provisoire, qui cacherait la véritable identité du religieux.

Ainsi, l'écrivain palestinien Waleed Al-Husseini, auteur d'Une trahison française, ouvrage dans lequel il défend avec vigueur la laïcité et critique la religion islamique, s'étonne qu'un individu qui «justifiait le viol de femmes non-voilées» reçoive un «diplôme de laïcité».

(...)

Fortement inquiété après les attentats de 2015, sa mosquée subissant une perquisition, Rachid Abou Houdeyfa, est une personnalité qui fait polémique depuis plusieurs années.

L'ancien président de la République, François Hollande, avait même fait référence à Rachid Abou Houdeyfa : «Il est Français, il ne peut pas être expulsé, mais son lieu de prière [...] ce lieu de haine, a été fermé», avait-il déclaré en avril 2016 sur France 2.

La haine dont il est question ici découle des nombreux prêches que Rachid Abou Houdeyfa diffusait abondamment sur internet. Entre autres exemples, en 2012, il avait déclaré : «Si la femme sort sans honneur, qu’elle ne s’étonne pas que les hommes abusent de cette femme-là.» En 2015, il avait affirmé dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux que la musique était prohibée par l'islam et que Dieu pouvait transformer ceux qui l'écoutaient en porcs ou en singes.

https://francais.rt.com/france/46764-accuse-pour-ses-preches-radicaux-imam-brest-recoit-diplome-universitaire

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Pas assez laïc, un film d'animation sur la Nativité arrêté en pleine séance scolaire

Alors que les enfants du groupe scolaire de Langon, dans la Gironde, croyaient assister à un conte de Noël, les enseignantes ont dû interrompre la séance et les renvoyer en classe... Le film contrevenait aux valeurs de l'école.

Le 13 décembre, les 83 écoliers du groupe scolaire de Langon, une petite commune du Sud-Ouest située entre Bordeaux et Agen, assistaient à une projection du film d’animation américain L’Etoile de Noël au cinéma local, quand celle-ci a été interrompue à la demande des enseignantes, selon Le Républicain Sud-Gironde du 22 décembre.

ACT PROF INSOUMISE

Après quelques minutes de visionnage, ces dernières se sont aperçues que le film de Noël choisi n'était pas en accord avec les valeurs de l'école républicaine laïque.

En effet, L'Etoile de Noël, long-métrage d'animation américain réalisé par Timothy Reckart, est un conte de Noël qui raconte le mythe de la naissance de Jésus-Christ selon les préceptes de la Bible, une épopée enrichie d'animaux qui parlent et largement inspirée des succès de l'animation des années 2000, comme en témoigne le pitch : «Un petit âne courageux, Bo, rêve d’une vie meilleure loin du train-train quotidien du moulin du village. Un jour, il trouve le courage de se libérer pour vivre enfin la grande aventure avec une brebis, une colombe, trois chameaux déjantés et des animaux de la ferme, très excentriques…»

Malheureusement pour les enseignantes, une fois la séance commencée, elles ont réalisé leur erreur : L'Etoile de Noël n'est pas seulement un conte de fin d'année, mais relate surtout le périple de Marie et Joseph jusqu'à Bethléem.

Interrogé par le journal Le Républicain, le responsable du cinéma a lui-même reconnu qu'il n'avait pas encore visionné le film et a accepté de rembourser la séance à l'école. Les enfants ont donc quitté le cinéma en pleine séance et sont retournés en classe... Il faudra attendre l'année suivante pour une nouvelle séance scolaire en toute laïcité.

https://francais.rt.com/france/46789-laicite-film-danimation-sur-nativite-arrete-pleine-seance-scolaire-video

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Une belle réussite pédagogique! Un projet visiblement bien préparé et une éducation à l'esprit critique pour le moins audacieuse...  A un tel niveau de compétence, on ne peut que s'incliner.    P.G.

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dimanche 26 novembre 2017

Réduction des dépenses : Blanquer annonce un nouveau baccalauréat pour 2021

Le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer a confirmé qu'une réforme en profondeur du baccalauréat était prévue pour 2021, notamment afin d'en réduire le coût. Parmi les pistes possibles : une réduction à quatre épreuves principales.

ACT BAC

L'austérité budgétaire mise en place par le gouvernement d'Edouard Philippe n'épargnera pas l'école. Invité sur le plateau de BFMTV le 16 octobre, le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer a annoncé qu'il envisageait une réforme du baccalauréat pour 2021.

La refonte de l'épreuve annoncée par le ministre vient confirmer ce qu'avait déjà évoqué le Premier ministre Edouard Philippe en juillet, lors de sa déclaration de politique générale. Il avait alors clairement expliqué que cette réforme visait notamment à faire des économies. «Nous dépensons bien plus que les autres pays pour le lycée, notamment parce que notre système est rigide et conçu autour du baccalauréat», avait-il martelé face aux députés.

La question du coût de l'épreuve fait débat : si la rue de Grenelle avance celui de 500 millions d'euros, nombre de syndicats ont toujours accusé le ministère de maquiller les chiffres. Une étude publiée en 2013 par le principal syndicat de chefs d'établissement évoquait la somme de 1,5 milliard d'euros. A titre de comparaison, l'Italie dépense environ 70 millions d'euros pour organiser un examen équivalent.

Une promesse commune à Macron, Fillon et Hollande

De son côté, Jean-Michel Blanquer a assuré qu'une «concertation» débuterait dans peu de temps et qu'elle permettrait de dégager de grands axes de réforme pour 2018. Mais le programme d'Emmanuel Macron avançait déjà quelques pistes. L'objectif : diminuer drastiquement le nombre d'épreuves pour ne retenir que quatre matières principales. Le contrôle continu serait alors intégré à la note finale.

De telles mesures figuraient d'ailleurs dans le programme de François Fillon, qui pointait également du doigt le coût jugé trop élevé de l'épreuve pendant la campagne présidentielle. Ces mesures faisaient aussi partie du programme de François Hollande en 2012. Il n'avait finalement pas ouvert ce chantier lors de son quinquennat.

Jean-Michel Blanquer a également avancé la nécessité de faire du baccalauréat une épreuve plus équitable. «Des bacheliers, y compris parmi les plus méritants, se retrouvent exclus par tirage au sort des filières universitaires qu’ils ont choisies ! Où est l’égalité ? Où est le mérite ? Où est la République ?», s'est-il interrogé. Il n'a néanmoins pas précisé comment la réduction du nombre des épreuves devait permettre l'amélioration de l'orientation et de l'affectation des lycéens dans l'enseignement supérieur.

Source: RT.


 

BASE 14 995X225Comme le souligne cet article: Fillon et Hollande avaient le même projet: Macron ne fait qu'appliquer les directives européennes, comme ses petits copains.

P.G.

mardi 14 novembre 2017

Symboles européens: Macron finit le boulot...

Jean-Luc Mélenchon a eu le courage – que n’avaient pas eu avant lui, notons-le, les députés du PCF – de contester la présence du prétendu drapeau européen dans l’enceinte de l’Assemblée soi-disant NATIONALE, même s'il a reculé depuis en en réclamant... un autre avec plus d'étoiles! L'article qui suit nous explique comment les symboles européens rejetés par les Français en 2005 sont désormais officiels en France...en toute illégitimité démocratique, par simple "fait du Prince".    P.G.


Tout se tient… Et à travers l’étude de nos propres symboles et de ceux de l’Union européenne, par rapport à l’initiative épidermique de notre Président, je ne pouvais pas ne pas aborder le problème de la souveraineté du peuple qui est aussi celui de la démocratie à laquelle nous sommes les uns et les autres attachés (...)

ARG MELUCH DRAPEAUX

En effet, pour mieux imposer le drapeau européen au sein de l’Assemblée nationale, notre Président a cru devoir prendre, le 17 octobre 2017, une initiative discutable et regrettable en reconnaissant les symboles européens contre la volonté du peuple français qui s’était manifestée le 29 mai 2005 par le rejet du Traité constitutionnel européen qui nous proposait de tels symboles.

A priori cette décision pourrait sembler anodine mais elle marque davantage, de la part de nos gouvernants actuels, leur volonté de placer la France dans une situation d’allégeance vis-à-vis de l’Union européenne en mettant les symboles européens sur le même pied d’égalité que les symboles français qui, chargés de sens, sont le fruit de notre longue histoire nationale.

L’amendement, déposé par les dix-sept députés LFI, prévoyait que « seuls peuvent être présents dans l’hémicycle le drapeau tricolore (…) et le drapeau de l’Organisation des nations unies » au motif que « la France n’est pleinement en phase avec son projet politique historique d’indépendantisme et de promotion de la paix que si elle dépasse tout ancrage régional et zonal » (amendement rejeté par la Commission des lois le 4 octobre 2017).

Or voici que dans un courrier adressé le 17 octobre 2017 au président du Conseil européen Donald TUSK, le Président MACRON reconnaît le drapeau bleu aux 12 étoiles ainsi que les autres symboles de l’UE en joignant la France à la Déclaration N° 52 signée par 16 Etats membres de l’UE reconnaissant les symboles européens.

“C’est un geste avant tout symbolique et politique”, explique l’Élysée.

“La France confirme ainsi son attachement aux symboles européens. »

Le fait que cela soit un geste symbolique, cela va de soi et on l’avait compris…

Mais que ce geste engage la France dans son attachement aux « symboles européens », cela est beaucoup plus discutable car le Président ne possède que des pouvoirs qui lui sont délégués par notre texte constitutionnel et devant s’exprimer selon certaines formes. Or il affirme ici ses propres convictions européennes et il n’est pas sûr, ce faisant, qu’il représente ainsi l’opinion des Français qui s’était d’ailleurs déjà exprimée régulièrement (par référendum) et négativement sur le sujet le 29 mai 2005

Cette décision du Président avait été annoncée le 10 octobre 2017 à l’occasion d’un débat sur l’Europe à Francfort (Allemagne). Le courrier d’Emmanuel Macron, dont le contenu n’a pas été rendu public par l’Élysée, porte sur l’acceptation de la Déclaration 52 du Traité de Lisbonne, qui stipule que “le drapeau représentant un cercle de douze étoiles d’or sur fond bleu, l’hymne tiré de L’Ode à la joie de la Neuvième symphonie de Beethoven, la devise “Unie dans la diversité”, l’euro en tant que monnaie de l’UE et la Journée de l’Europe le 9 mai continueront d’être les symboles de l’appartenance commune des citoyens à l’UE et de leur lien avec celle-ci”.

Rappelons que cette Déclaration N°52 ne fait pas corps avec le Traité de Lisbonne lui-même. Il s’agit, en effet, vis-à-vis de ces symboles, d’une « déclaration », annexée à l’Acte final du Traité de Lisbonne, par laquelle 16 États membres (et non tous les États membres) se sont engagés à adopter ceux-ci dans les termes suivants :

« La Belgique, la Bulgarie, l’Allemagne, la Grèce, l’Espagne, l’Italie, Chypre, la Lituanie, le Luxembourg, la Hongrie, Malte, l’Autriche, le Portugal, la Roumanie, la Slovénie et la Slovaquie déclarent que le drapeau représentant un cercle de douze étoiles d’or sur fond bleu, l’hymne tiré de « l’Ode à la joie » de la Neuvième symphonie de Ludwig van Beethoven, la devise « Unie dans la diversité », l’euro en tant que monnaie de l’Union européenne et la Journée de l’Europe le 9 mai continueront d’être, pour eux, les symboles de l’appartenance commune des citoyens à l’Union européenne et de leur lien avec celle-ci. » (Dernière partie, Journal officiel de l’Union européenne, 2007 C 306-2).

Ainsi donc, jusqu’à ce jour, la France ne faisait pas partie – et elle n’était pas la seule (l’Union européenne comptant 27 pays) – des États ayant déclaré leur adhésion et allégeance aux symboles européens et, juridiquement, la position défendue par J.L. MÉLENCHON était fondée.

Si la France, pendant 10 ans, n’avait pas adopté une telle déclaration, ça n’était pas un hasard…

Le projet de Traité sur la Constitution européenne (TCE) établissait, en son article I-8 « Les symboles de l’Union » parmi lesquels le drapeau : « le drapeau de l’Union représente un cercle de douze étoiles d’or sur fond bleu ». Les autres symboles  officiels de l’UE étaient la devise (« Unie dans la diversité »), l’hymne (l’Ode à la joie = quatrième mouvement de la neuvième symphonie de Ludwig van BEETHOVEN) et l’euro.

Cet article n’entra jamais en vigueur du fait du « non » lors des référendums français et néerlandais.

Le peuple français ayant pour sa part rejeté le 29 mai 2005 le TCE qui prévoyait l’adoption des symboles de l’UE.

L’on pouvait donc démocratiquement et légitimement considérer que ce qui avait été rejeté avec ce Traité n’était pas accepté par le peuple français ni davantage adopté au niveau européen et que le Chef de l’Etat français (Nicolas Sarkozy en 2007) et le Gouvernement français en s’abstenant de se joindre à la Déclaration des 16 au moment de la signature du Traité de Lisbonne en 2007 entendaient bien se soumettre, sur les symboles, à la décision du peuple français.

En effet, le traité de Lisbonne en tant que tel – adopté le 13 décembre 2007-, très prudemment, ne mentionne plus les symboles précités, sauf  l’euro déclaré monnaie officielle de l’Union.

http://www.ideesaisies.org/ 1206-2/

https://www.initiative-communiste.fr/articles/culture-debats/deux-drapeaux-oui-lesquels/?ct=t(RSS_EMAIL_CAMPAIGN)