lundi 18 juin 2018

Contre-feux républicains [réédition]

COMMUNICATION REEDITION

TRIBUNE LIBRE / Source : Emmanuel Maurel, 28-05-2018

TL CONTREFEUX REPUBLICAINS

En France, les Républicains ne sont pas à la fête. Certes, personne ne remet en cause la République comme régime politique. Mais les principes qui la fondent sont en revanche malmenés, voire contestés, aussi bien par le pouvoir en place que par une partie croissante du monde politique.

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Oui, le « modèle républicain», fait l’objet d’attaques insidieuses ou frontales. Et l’exemple vient d’en haut. En libéral assumé, Emmanuel Macron s’en prend logiquement aux protections (droit du travail, assurance chômage) et au patrimoine collectif (privatisations, réforme de la SNCF), au risque de fissurer la cohésion sociale. Mais sa volonté transformatrice ne se limite pas à la sphère économique et sociale. A l’instar de Thatcher, le président pense que la société n’existe pas. Seuls valent les individus, qu’il convient d’armer pour la compétition et la concurrence. D’où une défiance pour les corps intermédiaires (syndicats, élus locaux, parlementaires, associations) qui, traditionnellement, contribuent à organiser l’action collective. D’où aussi une tentation, celle de renvoyer les individus ainsi plongés dans le grand bain libéral à une ultime bouée, la communauté supposée première, c’est à dire ethnico-religieuse.
Deux petits faits récents illustrent cette tentation.
On se souvient peut être du discours du chef de l’Etat au couvent des Bernardins. Ce jour là, plus chanoine de Latran que Président de la République laïque, Emmanuel Macron se faisait fort de réparer le lien « abîmé » entre l’Eglise et l’Etat, et encourageait les catholiques à s’engager dans la vie publique en tant que tels. En contradiction flagrante avec le principe de séparation dont il est pourtant censé être le garant, le président présente comme une blessure ce que l’immense majorité des Français considèrent pourtant comme une libération : la neutralité de l’Etat, la liberté absolue de conscience, la protection des incroyants comme des croyants, le droit au blasphème, etc.
Ce n’est pas la première fois qu’Emmanuel Macron malmène ainsi un élément fondateur du pacte républicain. Déjà, lors de ses vœux aux autorités religieuses, le président avait, devant les représentants des cultes qui n’en demandaient pas tant, fustigé une « radicalisation de la laïcité », menace qui semble avoir échappé à la plupart de nos concitoyens, contrairement à la radicalisation religieuse (notamment celle de l’Islam politique) qui elle, est bien réelle.

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Ce faisant, le président semble encourager le regain de religiosité qu’on observe dans la plupart des sociétés. Comme si, dans le monde épuisant et déprimant du tout-concurrence dont il accompagne l’avènement, la foi seule apparaissait comme le dernier réconfort.
Le 22 mai dernier, Emmanuel Macron a franchi une étape supplémentaire dans son raisonnement libéral-communautariste. Lors de la présentation du mort-né plan Borloo, le chef de l’Etat a contesté en bloc la logique de la “politique de la ville”, pointant du doigt ses incontestables échecs (l’aggravation des phénomènes de ghettoïsation urbaine) et aveugle à tous ses mérites (lutte pour le maintien du lien social, efforts accrus en faveur de l’éducation, du sport, de la diffusion de la culture, rénovation du bâti). Au détour d’une phrase, entre deux réflexions blessantes envers les élus locaux, le président croit bon de plaisanter sur l’auteur et le récipiendaire du rapport : « ce n’est pas deux mâles blancs qui vont donner des leçons sur la banlieue ».

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Cette allusion aux “mâles blancs” se veut disruptive et moderne. Elle constitue en réalité une inquiétante derive sémantique et idéologique, puisqu’elle officialise une racialisation qui ne dit pas son nom. À la fois condescendante et régressive, l’expression laisse à penser qu’il n’y a pas de “blanc” en banlieue (ce qui témoigne d’une navrante méconnaissance que ne saurait excuser le recours à la caricature à des fins pédagogiques). Si les « blancs » ne sont pas légitimes pour parler des quartiers populaires, c’est que ceux-ci sont, dans son esprit, réservés aux “noirs” et aux “arabes”. La couleur de peau qualifie ou disqualifie. Ici, Macron se rend coupable d’une double assignation à résidence, territoriale et symbolique.

Religions et communautés (réelles ou fantasmées) sont donc convoquées à la rescousse de l’individu libéral, solitaire et atomisé. Dans cette démocratie identitaire, le particulier éclipse l’universel, et la citoyenneté censée élaborer un projet collectif se retrouve prisonnière des différentialismes.

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Face à cette régression, on attendrait de la gauche qu’elle réagisse avec force et vigueur. Mais elle est elle-même traversée, sur ce sujet, par de puissantes contradictions.
Par une curieuse ruse de la raison, la stigmatisation macroniste du “mâle blanc” rejoint celle d’une partie du camp « progressiste » qui a fait de ce stéréotype de genre et de couleur une des figures du mal (« petit blanc » devenant, au fil du temps, une sorte d’insulte définitive).
Ce cheminement a vu des intellectuels et des militants abandonner la lutte des classes au profit de la survalorisation de la “diversité” et de l’exaltation du multiculturalisme. Le grand sociologue américain Christopher Lash a minutieusement décrit cette évolution au sein du Parti Démocrate dans les années 70 et 80.
Mais la France n’a pas été épargnée par cette recherche d’un « peuple de substitution » dont parle Michéa. Au départ, il y a la critique, légitime, de « l’universalisme abstrait » qui, au nom de principes sublimes, méconnaît la réalité des rapports de force dans la société française. Ainsi, la République de la fin du 19ème siècle s’accommode fort bien de la colonisation, voire l’exalte. Cent ans plus tard, elle ferme les yeux sur les discriminations dont sont victimes les descendants des colonisés, et justifie la relégation de certaines populations sous prétexte de refuser la différence des droits. Pour les contempteurs de l’universalisme abstrait, la “promesse républicaine” n’est qu’une figure de style pour occulter l’éternelle domination des mêmes. Cette critique rejoint en partie celle des marxistes qui fustigent « l’égalité formelle », celle de la démocratie bourgeoise. Mais elle l’enrichit de concepts nouveaux, puisque l’exploitation n’est pas seulement classiste, mais aussi ethnico-culturelle.

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Reste que l’effet déceptif lié à cette promesse républicaine non tenue ne se traduit pas forcément par une remise en cause des fondements de la république. Au contraire. Les grands mouvements antiracistes des années 80 par exemple, se revendiquaient précisément de l’universalisme. Et c’est en son nom qu’ils exigeaient des progrès concrets dans l’égalité des droits.
Le tournant idéologique a lieu plus tard, il y a une vingtaine d’années. Certains militants de gauche, plutôt que de tenter d’homogénéiser des aspirations apparemment divergentes (travailleurs français et d’origine immigrée, ouvriers de la France périphérique et précaires banlieusards, etc.) ont préféré épouser des revendications religieuses et/ou identitaires prêtées à celles et ceux qui, à l’évidence, étaient le plus touchés par les injustices.
Le résultat est catastrophique : le petit jeu de la concurrence des dominations aboutit à une logique de scissiparité sans fin du corps social qui rend impossible l’élaboration de mots d’ordre unifiants. Au point de légitimer des pratiques de « non mixité » (c’est l’exemple des réunions « réservées aux racisés ») qui minent l’idée magnifique et moderne de Fraternité.
Ainsi, croyant agir au nom de la justice, les différentialistes de gauche se comportent en réalité comme de véritables idiots utiles du communautarisme libéral. Le soutien apparemment paradoxal de certaines organisations ouvertement féministes et laïques (dernièrement, et à notre grande surprise, l’UNEF) à des traditions et à des symboles qui fleurent bon la bigoterie et le patriarcat (par exemple le port du hidjab) témoigne de cette dérive navrante.

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A l’autre bout de l’échiquier politique, une partie de la droite s’égare elle aussi. Sans faire sienne l’aversion séculaire de l’extrême droite pour “La Gueuse”, elle n’hésite pas à recourir à la rhétorique du « pays réel ». Sens Commun ressuscite la « France fille aînée de l’Eglise » et la campagne d’un François Fillon (poursuivie par Laurent Wauquiez) jouait parfois la carte d’une identité nationale moins républicaine que religieuse et ethnique.
Face à toutes ces attaques, il est donc temps d’allumer, partout, des contre-feux. En reprenant à notre compte une conception militante de la République : à la fois une forme de gouvernement et un contenu philosophique qui en est indissociable, résultat de deux siècles de lutte.
Le magnifique préambule de la Constitution de 1946 en dessine les contours : l’adhésion au pacte républicain implique de reconnaître qu’en sus du respect des libertés fondamentales, le citoyen se voit doté de droits sociaux, protégé de la tutelle de tous les clergés, émancipé par l’école.

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La nation se confond avec la “République une et indivisible” : on peut considérer qu’il s’agit là, en partie, d’une fiction. Mais, comme souvent quand il s’agit des cultures politiques et des identités nationales, c’est une fiction nécessaire qui convient à un peuple épris d’égalité jusqu’à l’obsession. Et qui, quoi qu’on en dise, a permis, pendant des générations, l’assimilation des importantes vagues d’immigration successive. Le « creuset français », servi par les puissants outils d’intégration qu’ont été l’école et le service militaire, renforcé par le droit du sol hérité de la tradition révolutionnaire, n’est pas un mythe. Et contrairement à ce que prétendent les déclinistes et autres identitaires de droite comme de gauche, il fonctionne toujours!
La République Française privilégie systématiquement le commun au particulier. Elle est un projet politique, conscient et performatif, de résistance à l’empiètement permanent de la sphère privée sur la sphère publique. Évidemment, cela ne se passe pas sans heurt. La séparation des Eglises et de l’Etat, la relégation -partielle- de la religion dans la sphère privée, s’était opérée dans la violence. De même, le combat contre tous les particularismes n’a pas été exempt de brutalité. Les choses ont certes évolué : prise en compte de ce que Jaurès appelait les “petites patries”, décentralisation, etc. Mais, pour ne prendre qu’un exemple, il n’y a qu’en France que le débat autour des “langues régionales” soulève encore autant de passion.

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Aujourd’hui encore, le refus des “statistiques ethniques” ou la réfutation d’un « droit à la différence » (auquel les républicains opposent avec constance le “droit à l’indifférence “) surprend bien des observateurs étrangers. Tant mieux!
Assumer notre singularité historique, défendre et promouvoir une conception exigeante du “vouloir vivre ensemble”, c’est une des tâches politiques du moment.
Être pleinement républicain, mais aussi agir en républicain : il nous appartient d’imaginer les réponses qui permettront de donner une matérialité à cette promesse d’égalité, jamais achevée. Mixité sociale à l’école, aménagement du territoire, vraie politique d’intégration, extension du domaine des Biens Communs et des services publics, lutte contre le chômage de masse, nouvelles protections sociales : les chantiers pour de futures conquêtes sont innombrables. Il n’y a pas de temps à perdre.
Source : Emmanuel Maurel, 28-05-2018

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Dommage que la question de la souveraineté ne soit pas abordée ici: la perte du "modèle républicain" n'est pas seulement le fait d'une idéologie libérale et différencialiste. Elle a des sources anglo- saxonnes, et est constamment  promue par l'Union européenne. Notre simple appartenance à cet ensemble politique est en soi, selon moi,  une négation de la République.   P.G.

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jeudi 31 mai 2018

Un cabinet d'avocats s'installe à Limoges malgré l'interdiction du conseil de l'ordre... et provoque sa colère !

L'initiative du cabinet AGN Avocats qui s'est installé à Limoges sans en avoir l'autorisation suscite des remous au sein des avocats limougeauds... et l'ire de l'ordre. 

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C'est ce qu'on appelle un passage en force. L'agence AGN Avocats a finalement ouvert une antenne à Limoges rue Turgot malgré le refus du conseil de l'ordre des avocats. AGN avocats possède quatorze agences en France et dit n'avoir rencontré aucun souci de ce type par le passé, si ce n'est à Toulouse.

Sur le réseau social Twitter, elle a publié un communiqué pour justifier sa position et résume le sujet à une bataille entre anciens et modernes, dénonçant le côté rétrograde du conseil de l'ordre.

Contacté par téléphone, le conseil de l'ordre reconnaît avoir interdit à quatre reprises les requêtes d'AGN. Sur la première demande, celle concernant l'ouverture d'un cabinet secondaire, la cour d'appel saisie par AGN Avocats doit se prononcer le 13 juin prochain. Trois autres demandes différentes ont été réalisées. Toutes ont été retoquées. 

AGN Avocats, particulièrement pugnace sur le dossier, a finalement ouvert son agence ce mercredi 30 mai en créant une EURL (entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée) détenue par une avocate qui n'est pas inscrite au barreau de Limoges.

En matière de pugnacité, le conseil de l'ordre n'est pas le dernier... « Ils ont commencé à exercer la profession sans être inscrits. Ils ne peuvent pas procéder ainsi sans avoir une réponse de notre part », résume le bâtonnier maître Abel-Henri Pleinevert. « Ils veulent passer en force sur un billet médiatique. Nous leur répondrons en faisant du droit. »

Le cabinet s'est installé rue Turgot à Limoges avec sur la photo Maître Emilie Robelin, Maître Paul Fourastier et Emilie Tabaraud, élève avocate.
 

Maître Frédéric Moreas, créateur d'AGN Avocats dit ne pas comprendre. « On nous interdit tout ce qui est possible d'interdire à un avocat : avoir un site internet, une collaboratrice, un local. Ils n'ont pas voulu que notre collaboratrice prête serment à Limoges et elle l'a fait dans les Hauts-de-Seine. C'est bien dommage, ils se sont privés d'une cotisation...» Selon lui, c'est la première fois que l'agence, créée en 2012 rencontre une telle opposition en France.

« C'est simple, on leur a fermé la porte, ils sont revenus par la fenêtre. On leur a fermé la fenêtre, ils reviennent par les égouts », tonne un avocat du barreau de Limoges.

« Notre agence à Limoges est basée sous la forme d'une EURL. C'est simple, ils n'ont pas la possibilité de refuser son ouverture, assure Frédéric Moreas. Le conseil de l'ordre interprète la loi telle qu'elle existait avant 2015 ! Nous avons nous aussi tous les diplômes requis, nous avons étudié, nous avons prêté serment. Nous voulons simplement exercer à Limoges. »

La peur de la concurrence serait-elle au final à l'origine de cette bataille ?

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« Peut-être, reconnaît-il. Pour un divorce, nous proposons une prestation en ligne à 990 euros TTC, annonce Frédéric Moreas. Lorsque j'ai été convoqué par le conseil de l'ordre et que j'ai annoncé ces tarifs, ils ont tiqué ».

Frédéric Moreas assure avoir voulu « rendre accessible le droit » en créant un réseau d'agences d'avocats sur le principe des agences immobilières et bancaires. « Nous avons numérisé nos prestations pour proposer des prix plus attractifs.»

Les avocats du barreau de Limoges ont reçu un mail très récemment de la part d'AGN Avocats expliquant la situation et laissant entendre au passage que plusieurs robes noires s'étaient positionnées en leur faveur. « Ils ont écrit que certains d'entre nous les avaient soutenus et ils les remercient », témoigne un avocat. « Honnêtement, je n'en connais aucun qui les soutienne...»

Franck Lagier

https://www.lepopulaire.fr/limoges/justice/2018/05/30/un-cabinet-d-avocats-s-installe-a-limoges-malgre-l-interdiction-du-conseil-de-l-ordre-et-provoque-sa-colere_12866724.html

Voir aussi:

Limoges: un cabinet d'avocats low cost interdit d'exercer au nom de la "déontologie"

Règlements de comptes dans les prétoires à Limoges: AGN, une franchise d'avocats cassant les prix sur le marché français depuis 2012, attaque devant l'Autorité de la concurrence et la Cour d'appel l'Ordre des avocats local qui refuse de l'inscrire au barreau.

Selon l'Ordre de Limoges, le concept d'AGN, qui dispose déjà de quatorze agences dans huit différents barreaux de France, n'est tout simplement "pas conforme à la déontologie".

La firme, elle, crie à l'"entente concurrentielle". "Quatre interdictions ont été prononcées contre nous: implantation, exercice, recrutement et ouverture d'un site internet. Comme si internet s'arrêtait aux frontières de Limoges", ironise Me Philippe Charles, co-fondateur d'AGN. 

 

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Inspiré du modèle anglo-saxon, AGN entend rompre avec les cabinets d'avocats traditionnels en ouvrant par exemple des pas de porte avec vitrine, et en proposant des prestations de droit dans les grands domaines de la vie quotidienne (travail, famille, immobilier, affaires) facturées au forfait. "Comme dans une agence bancaire ou une société de service", affirme Me Paul Fourastier, 34 ans, porteur du projet d'ouverture de l'agence de la discorde à Limoges. 

Fondé par Philippe Charles et Frédéric Moréas, du barreau de Paris, également enseignants à HEC, AGN a été accepté dans huit barreaux, dont Paris, où l'ordre a "longuement audité notre concept avant de conclure qu'il était conforme et innovant", affirme Me Charles. 

Mais avec ses calculatrices gratuites d'indemnité de rupture de contrat ou sa procédure de divorce par consentement mutuel en ligne facturée moins de 1.000 euros, la marque agace certains confrères. 

Du coté de l'Ordre des avocats de Limoges, sollicité par l'AFP, la ligne officielle est "pas de commentaire", conformément aux consignes du bâtonnier Abel-Henri Pleinevert. 

- Conflit générationnel ? - 

Sous couvert d'anonymat toutefois, les critiques des avocats limougeauds fusent.  

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"AGN prétend démocratiser le droit quand la maison de l'avocat dispense chaque année quelque 1.500 consultations, sans condition de ressources, gratuites et anonymes", lance l'un d'eux. 

"Leur +magasin+ n'offre aucune discrétion: quid pour une femme qui voudrait se renseigner sur le divorce, si elle est vue par les collègues de son mari? Et quid de l'indépendance financière d'un jeune avocat et de sa liberté de refuser une affaire absurde ou non plaidable quand, avant même de se rémunérer, il doit remonter à la franchise plus de 10% de son chiffre?", interroge un autre. 

"La révolution numérique a tout changé", rétorque Philippe Charles, pour qui "AGN défend la profession face aux sites qui proposent des services juridiques en ligne délivrés par des non avocats, donc non soumis à la déontologie."  

Empêchée de prêter serment par l'interdiction délivrée par l'Ordre, Emilie Robelin, 28 ans, recrutée par AGN, s'estime mise au ban injustement. Avec sa collègue Emilie Tabaraud, stagiaire-avocate, elles regrettent "un conflit générationnel" et revendiquent une "approche +business compatible+ avec la déontologie"

Justice

En position d'arbitre moral dans cette lutte fratricide, le Conseil national des barreaux (CNB), sans réel pouvoir décisionnaire, est tiraillé par des dissensions internes. Ces difficultés sont "révélatrices d'évolutions des modes d'exercice de notre profession" d'avocat qui "suscitent comme toujours des tensions", a commenté auprès de l'AFP Christiane Féral-Schuhl, présidente du CNB. 

Pour elle, "le mode d'exercice d'AGN ne pose pas de difficulté sous réserve que les règles de déontologie soient respectées". Mais "le CNB n'a pas à intervenir dans les décisions prises par les bâtonniers"... 

Saisies par AGN, la Cour d'appel et l'Autorité de la concurrence ne devraient pas rendre leur décision avant plusieurs mois.

https://www.lexpress.fr/actualites/1/styles/limoges-un-cabinet-d-avocats-low-cost-interdit-d-exercer-au-nom-de-la-deontologie_1990365.html

 

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Et voilà comment Macron met la France dans les mains de la finance !!!
Et les gogos vont se faire attraper ! On va les attirer avec des prix sympas, des procédures simplifiées, etc... au début, et après, quand tout sera libéralisé, dans les mains de la finance, qu'arrivera t-il ? Le piège se refermera t-il ?  L'Etat ne sera plus là pour garantir l'égalité, la justice !
Le gagnant risque bien d'être celui qui paiera le plus !

Et quand on fait une levée de fonds d' un million d'euros et qu'on veut que cette levée reste anonyme, à qui obéit t-on ? Ceux qui ont investi ne l'ont pas fait pour les beaux yeux de ces avocats, mais pour la rentabilité !

Est-ce cela que l'on souhaite : la Justice en France, un produit commercial qui doit être rentable ?  S.R.

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mardi 29 mai 2018

13 ans : le référendum volé de 2005 ou le passé qui ne passe pas

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Publication d'un article de Coralie Deleaume paru en 2015, qui bien sûr reste d'actualité, surtout quand on observe ce qu'il se passe en Italie...   P.G.

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(...) J'espère qu'on me pardonnera cet accès de feignasserie mais je me contente de reproduire pour l'occasion un morceau du chapitre six de Europe, les Etats désunis. Joyeux anniversaire à tous les démocrates ! 
***
 
 
Le « référendum volé » de 2005 ou le passé qui ne passe pas

 

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Le pessimisme hexagonal est partagé, on le sait, par d'autres peuples d'Europe. En France, il existe toutefois une circonstance aggravante. Elle relève de ces événements qui, si on parvient à les mettre entre parenthèses suffisamment longtemps pour les croire oubliés, finissent par se rappeler à notre souvenir faute d'avoir été jamais digérés. Le « référendum volé » de 2005 relatif au projet de traité constitutionnel européen est assurément de cet ordre. Il appartient à ce passé qui ne passe pas car il n'est ni du registre de l'erreur, ni du registre de l'échec, mais de celui de la tromperie. En choisissant d'ignorer le choix fait par le peuple le 29 mai 2005, les dirigeants français ont tout révélé de cette Europe-là. D'abord qu'elle était l'antithèse-même de la démocratie. Ensuite que cela leur convenait et qu'ils étaient décidés à consentir à tout dans le but de préserver cet objet désincarné.
Les Français n'ont pourtant été ni les seuls ni les premiers faire l'amère expérience que leur voix comptait désormais pour presque rien dans l'inexorable déploiement de l'a-démocratie européenne. D'autres peuples se sont vus rabroués par leurs propres mandataires au motif que, décidément, ils n'y comprenaient rien. Le tout généralement enveloppé dans le discours infantilisant d'usage : si les électeurs votent de travers c'est parce que le sujet est « trop compliqué » et qu'on n'a pas suffisamment mis l’accent sur « la pédagogie ». A la bêtise fondamentale de citoyens peu avertis, mieux vaudrait donc opposer la compétence et l'acuité lucide des élites « éclairées », les seules, d'ailleurs, à bénéficier d'une véritable « expérience européenne ». Dormez, braves gens, ou zonez devant des talk-shows. On s'occupe à votre place de concevoir votre Bien.

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Chez certains de nos voisins, on a au moins tenté de préserver les apparences. On y a rappelé aux urnes les « mal-votant », comme on appelle les pécheurs à confesse. A grand peine parfois. En Irlande, par exemple, il a fallu pas moins de quatre votes pour avaliser deux traités. Celui de Nice, d'abord, avait été rejeté par 54 % des électeurs irlandais en juin 2001 avant d'être accepté un an et demi plus tard, à l'occasion d'un second vote. Celui de Lisbonne, ensuite, a également nécessité deux votes. Le premier, en 2008, ayant concentré plus de 53 % de « non », on revota, très favorablement cette fois (67%), en 2009.

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A l'encontre des récalcitrants de 2005, on fut moins scrupuleux. Aux Pays-Bas, on n'osa pas plus qu'en France redonner la parole à des électeurs a priori peu enclins à en faire bon usage. Les Néerlandais subirent à peu près le même traitement que les Français. On s'en souvient, eux aussi avaient vivement rejeté le projet de traité en 2005. A la question « Etes-vous pour ou contre l'approbation par les Pays-Bas du traité établissant une Constitution pour l'Europe ? », plus de 61 % des électeurs avaient répondu par la négative. En 2008, c'est donc au Parlement du pays, bien plus docile, qu'il fut demandé de ratifier Lisbonne.
 
 
Un tweet de Nicolas Sarkozy
Lisbonne : la copie, ou presque, du projet de traité constitutionnel. Un jumeau auquel il ne manque que quelques grains de beauté discrets pour être un clone parfait. Grosso modo, on s'est contenté de gommer le mot « Constitution » pour le remplacer par « traité » et par ôter les éléments à caractère symbolique qui visaient à simuler la création d'un pseudo-Etat. Comme l'hymne, par exemple, ou le drapeau étoilé, ce qui n'empêche nullement ce dernier de flotter partout, puisqu'il est l'emblème des Communautés européennes depuis 1985. Comble de la mièvrerie, la devise « unis dans la diversité » fut évacuée également. La voilà donc à nouveau disponible pour servir de slogan à une future publicité pour les vêtements Benetton. Enfin, le personnage qui devait porter le titre de « Ministre des affaires étrangères » écope de celui de « Haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères », avec le succès que l'on sait : il n'y a pas plus erratique - plus inexistant, même - que la diplomatie européenne.
 

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Outre cela, le contenu est le même. Il est simplement éclaté dans les traités préexistants qu'il amende, de sorte que l'Union est désormais régie par deux textes : le traité sur le fonctionnement de l'Union européenne (TFUE), c'est à dire le traité de Rome modifié, et le traité sur l'Union européenne (TUE), soit Maastricht adapté. Une simple réorganisation, donc, mais pas une réécriture. Un juriste, Jean-Luc Sauron, auteur d'un livre intitulé Comprendre le traité de Lisbonne1 expliquait d'ailleurs la chose très simplement. Interrogé sur la question de savoir s'il existait une différence entre le projet constitutionnel et le nouveau traité, il répondait : « Faut-il en chercher une ? Le TCE a été ratifié par une majorité d’États membres représentant 56 % de la population européenne. Pouvait-on, dans ces conditions, gommer ce texte ? »2. C'est vrai, ça ! On avait suffisamment travaillé sur ce projet en 2005, on n'allait tout de même pas, au motif de deux référendums négatifs et France et aux Pays-Bas, s'amuser à tout reprendre. L’Europe, c'est du sérieux ! Elle n'a pas que ça à faire ! Quant à ceux qui réclamaient que le nouveau texte soit à son tour soumis à référendum, le juriste leur répondait : « le référendum, c’est la négation du destin commun. Ce n’est pas Lisbonne que refusent les tenants du référendum, c’est une plaisanterie. Ils refusent l’Union européenne comme elle est, le monde comme il est, le marché comme il fonctionne ». Et refuser le marché comme il fonctionne, ça, vraiment, c’est impardonnable...

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Il n'était pas dans les usages de la droite sarkozyste de refuser le marché tel qu'il fonctionne. Le traité de Lisbonne, proposé à la ratification du Parlement, n'avait certainement pas cette ambition. Durant la campagne présidentielle de 2007, la candidate socialiste, elle, avait appelé de ses vœux un texte plus « social ». Surtout, Ségolène Royal avait suggéré que ce nouveau texte soit soumis, comme son prédécesseur de 2005, à un nouveau référendum. Il était en effet de bon aloi de considérer à gauche qu'un traité rejeté par le peuple devait être représenté au peuple même s’il avait changé de contenu. C'est en tout cas ce que défendra longuement le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault, dans un fort beau discours prononcé dans l’hémicycle le 6 février 2008. Il y expliquera notamment combien lui semble mortifère la substitution, pour la première fois dans l'histoire de la République, du Parlement au peuple à la suite d'un échec référendaire. Combien l'Europe, parce qu'elle lui est chère, lui semble mériter une appropriation populaire et combien il lui paraît urgent de l'extirper du giron des spécialistes pour la confier aux soins des citoyens.
 
Au moment de voter la révision constitutionnelle préalable à la ratification de Lisbonne, la gauche française, pourtant, reniera sa parole. Au sein du Parlement réuni en Congrès, 142 députés et sénateurs socialistes s'abstiendront. Pis, plus d'une trentaine d'entre eux votera favorablement. C'est cela, ce consentement muet de certains, cette complicité explicite de quelques autres, qui permettra à Nicolas Sarkozy d'obtenir la majorité des trois cinquièmes nécessaire à la ratification du texte – le même texte – rejeté trois ans plus tôt.
Pourquoi est-il utile de revenir sur cet événement aujourd'hui vieux de plusieurs années et qui fut largement commenté en son temps ? Simplement parce qu'il s'agit d'un séisme antidémocratique qui connaît aujourd'hui des répliques. Parce que cette maladie du politique qui consiste à ne jouer la comédie d'une démocratie strictement procédurale que pour mieux vider de sa substance la démocratie réelle, produit aujourd'hui des symptômes.
« L'épisode Lisbonne », qui a consisté, pour la première fois, à transformer les représentants du peuple en censeurs de celui-ci était appelé à avoir des répercussions de long terme. Il a révélé un large consensus dans la classe politique, non plus seulement pour fabriquer une Europe techno-libérale mais également pour transformer les Assemblées en instances de reformulation d'une parole populaire dont on admettait clairement, désormais, qu'on la trouvait impropre. On est au-delà de l’œcuménisme pro-européen décrit supra3. Ici, le consensus ne se fait plus sur la physionomie et sur l’orientation que l’on souhaite donner à l’Union européenne. Il se fait sur les moyens qu'on est prêt à employer pour parvenir à poursuivre l’intégration. Ces moyens sont lourds puisqu'ils consistent à transformer le statut-même du Parlement. Celui-ci cesse d'être le lieu privilégié d'expression de la volonté populaire, pour devenir, purement et simplement, le lieu de son invalidation.

Les-traites-europeens-apres-le-traite-de-Lisbonne

A cet égard, « l'épisode TSCG » n'est que la toute petite réplique d'un séisme antérieur. Le retournement de point de vue d'un seul et même homme, François Hollande, en l'espace de quelques semaines et l’enterrement rapide d’une promesse de campagne paraît presque véniel. Le candidat Hollande avait assuré, lors de la campagne présidentielle de 2012, qu'il renégocierait, sitôt élu, le « traité Merkozy » hérité de son prédécesseur. Il n’avait pas dû lui échapper que le TSCG et sa règle d’or constituaient des dispositions supplémentaires en faveur d’une austérité dont on peine toujours à comprendre que la gauche puisse s’en accommoder. Le président Hollande a choisi de répudier son engagement et d’opter, à la place, pour un colifichet - la négociation d'un « Pacte de croissance » dont on n'a plus, depuis, aucune nouvelle -. Ce faisant, il a confirmé une chose à laquelle, cette fois-ci, beaucoup le monde s'attendait : il n'existe, concernant ce qu'il est convenu d'appeler « la réorientation de l'Europe », pas l'ombre d'un projet véritable. Surtout, il n’existe pas l'ombre d'une volonté solide.
1 Jean-Luc Sauron, Comprendre le traité de Lisbonne, Gualino éditeur, décembre 2007.
2 Jean-Luc Sauron, « le traité de Lisbonne est un simple aménagement du règlement intérieur de l’Union », interview publié sur le blog Coulisses de Bruxelles, 25 février 2008.
3 Va falloir acheter le livre !    
Ce qui est bien c'est que les choses ont changé depuis.... ;-)

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mardi 22 mai 2018

L’Union Européenne, en sortir pour s’en sortir ? La vidéo du débat PRCF PCF Attac FI FSC POID à l’Isle sur la Sorgue

TRIBUNE LIBRE / PRCF

tl debat prcf ue

Ce 19 mai 2018 à l’Isle-sur-la-Sorgue, le PRCF 84 a organisé un large débat réunissant des représentants de plusieurs partis, organisations politiques et syndicats pour échanger autour de la question de l’Union Européenne. www.initiative-communiste.fr y était et a pu vous permettre des suivre en direct et en vidéo sur les réseaux sociaux les interventions des représentants du PRCF, du , d’, de la , du Front Syndical de Classe et du . Des interventions qui ont permis à la cinquantaine de personnes présentes, réunissant un large arc de sensibilité, des jeunes communistes à un militant de l’UPR en passant par des syndicalistes de la CGT à la confédération paysanne ou des militants de la campagne stop Linky, de prendre connaissance des positions, analyses et propositions des uns et des autres, et de nourrir le débat par leurs questions et propositions.Des questions de fond ont ainsi pu être posées et analysées permettant un débat très constructif et d’une grande richesse. Question de la souveraineté populaire, des leçons de la crise grec et des referendums bafoués de ces dernières années, question de la lutte contre la xénophobie et la fascisation, question de la conscience d’appartenance à la classe ouvrière, question de la Nation, du patriotisme et de l’internationalisme, question de la souveraineté populaire sur la monnaie, question de la lutte pour la paix et contre l’impérialisme, question du syndicalisme et des organisations politiques des travailleurs, question de la convergence des luttes face à la cohérence des directives européennes et du dumping social faisant voler en éclat les droits des travailleurs, les protections de l’environnement dans tous les secteurs (agriculture, éducation, la Poste …), question du danger d’un système capitaliste menant à l’exterminisme … [?] on ne peut citer ici et rendre compte de tout ce qui a été débattu en ces quelques lignes seulement.

Point de convergence de l’ensemble des participants, le plaisir de se retrouver ensemble pour débattre d’un sujet central –  celui de l’Union Européenne et de l’Euro, et de leur rôle dans la guerre de classe menée pour exploiter toujours plus les travailleurs – qui pour beaucoup a été bien trop longtemps un tabou et pour lequel le débat est indispensable. Point de convergence également que la condamnation unanime de l’Union Européenne et de ses politiques et structures ou institutions qui attaquent les travailleurs en France comme dans les autres pays de l’UE.

Benoit Foucambert, représentant le PRCF, a exposé en détail le pourquoi de la nécessité de la sortie de l’Union Européenne et de l’Euro, une sortie qui doit se conjuguer avec celle de la sortie de l’OTAN, et du Capitalisme.

Plus largement, la nécessité de débattre et d’agir ensemble, de se rassembler tous ensemble et en même temps à l’image de la dynamique à l’œuvre pour la grande journée nationale d’action du 26 mai prochain, dynamique dont participait également cette journée du 19 mai à l’Isle sur la Sorgue, a été soulignée par tous. Le PRCF 84 a remercié chaleureusement toutes les organisations qui ont répondu présent pour cette belle après midi de dialogue, de débat et – malgré les divergences – de rassemblement. Apportant la démonstration qu’il n’y a rien à craindre à ouvrir le débat sur l’Union Européenne et l’Euro, sur la possibilité et les moyens d’en sortir pour s’en sortir. Au contraire, loin de diviser, c’est un moyen d’unir et d’avancer, tous ensemble, en même temps.

Une journée et une initiative du PRCF 84 qui devrait se poursuivre à l’évidence dans d’autres lieux et également sur d’autres sujets, et qui ne devrait pas manquer d’inspirer bien au delà des rives de la Sorgues.

Retrouvez les interventions de chacune des organisations participantes, en intégralité et en vidéo

https://www.facebook.com/prcf.initiative.communiste/videos/1481935938584658

https://www.initiative-communiste.fr/articles/europe-capital/lunion-europeenne-en-sortir-pour-sen-sortir-la-video-du-debat-prcf-pcf-attac-fi-fsc-poid-a-lisle-sur-la-sorgue/?ct=t(RSS_EMAIL_CAMPAIGN)

L'union Europeenne s'en sortir pour en sortir ? débat organisé par le PRCF 84

https://www.youtube.com/watch?time_continue=153&v=bPTYA0CiD_0

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J'invite nos militants à se rendre dans ce type de réunions, quels que soient les organisateurs, afin de tenter de faire comprendre à nos compatriotes l'intérêt d'une démarche de type "CNR" (un large rassemblement au- delà des clivages partisans) pour libérer la France. Dans cette réunion, il est question de "sortir par la gauche", et ils ne sont même pas d'accord entre eux... Cela dit, la vidéo est instructive, et on ne peut que regretter que la partie "débat avec le public" n'ait pas été présentée.    P.G.

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jeudi 10 mai 2018

6 mai 2018 : 260e anniversaire de la naissance de Robespierre,

TRIBUNE LIBRE / PRCF

TL ROBESPIERRE ANNIV

 

260e anniversaire de la naissance de  figure de proue de la Révolution française et vrai fondateur de la République ».

Inlassablement calomnié, l’homme qui dirigea la lutte épique des Jacobins et des Sans Culottes contre l’Europe monarchique, est né le 6 mai 1768, et très logiquement la pseudo- « République » actuelle, qui n’est qu’un proconsulat monarchique déguisé de l’UE, ne lui accordera pas une seconde de mémoire, sinon pour vomir sa mémoire. Mais qu’attendre d’autre d’un MACRON, qui se réclame du « pacte girondin » et qui croit pouvoir dé-maastricoter à toute vitesse la France issue de 1789-94, de février 1848, de la Commune, de 1905, du Front populaire et du CNR ?
Eh bien nous, militants franchement communistes 100% opposés à l’UE néolibérale et à ses commis hexagonaux, nous ne pouvons que reprendre le mot de Jean FERRAT : « elle répond toujours du nom de ROBESPIERRE, Ma France »…
https://www.initiative-communiste.fr/articles/culture-debats/6-mai-2018-260e-anniversaire-de-la-naissance-de-robespierre-figure-de-proue-de-la-revolution-francaise-et-vrai-fondateur-de-la-republique...
Voir aussi (publicité)

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Robespierre
La fabrication d'un monde

Jean-Clément MARTIN

Collection : Tempus
Date de parution : 22/02/2018
Comment fabrique-t-on un monstre, ou un nouveau portrait de Robespierre.
 
Comme l’on sait, aucune artère parisienne ne porte le nom de Robespierre, passé à la postérité comme l’archétype du monstre. Sans l’absoudre ni l’accabler, mais en le suivant pas à pas à travers chacune de ses prises de position politiques, Jean-Clément Martin montre que cette réputation a été fabriquée par les Thermidoriens. Après avoir abattu le « tyran », ils voulurent en effet se dédouaner de leur propre recours à la violence d’État. Ainsi, les 10 et 11 thermidor, qui voient l’exécution de « l’Incorruptible » et d’une centaine de révolutionnaires, servent à imputer au premier la seule responsabilité de la « Terreur ». Non seulement cette accusation a réécrit l’histoire de la Révolution, mais elle continue à s’imposer encore à nous. Une démonstration sans faille et un livre à l’image de Robespierre : éminemment politique.
 
Jean-Clément Martin, Professeur émérite à l’université Paris 1, Panthéon-Sorbonne, ancien directeur de l’Institut d’histoire de la Révolution française, a notamment publié La Guerre de Vendée, La Machine à fantasmes et, chez Perrin, la Nouvelle Histoire de la Révolution française.
https://www.lisez.com/livre-de-poche/robespierre/9782262074487

Robespierre, le grand mensonge

Selon l’interprétation traditionnelle, Robespierre reste l’incarnation sanglante, redoutable et redoutée de la Révolution française. Dans « Robespierre, la fabrication d’un monstre », Jean-Clément Martin, ancien directeur de l’Institut d’histoire de la Révolution française, professeur émérite à l’université Paris-1 Panthéon-Sorbonne, démolit l’image caricaturale du tyran, savamment façonnée, selon lui, immédiatement après sa mort. L’historien y dévoile un personnage plus nuancé, discret, complexe et souvent indécis, en proie à une situation politique chaotique à laquelle il s’adapte plus qu’il ne la provoque.

Qui était le jeune Maximilien ?

Maximilien est un enfant de son temps. Issu d’une famille de la petite bourgeoisie de droit et de commerce, il perd sa mère très tôt et son père quitte rapidement le foyer. Cet épisode est toujours mentionné concernant Robespierre ; or c’est le lot de nombreux enfants à cette époque. Malgré tout, le jeune Maximilien bénéficie d’un bon encadrement familial et surtout d’un soutien clérical important : l’évêque d’Arras l’envoie étudier au lycée Louis-le-Grand, à Paris. C’est certes la reconnaissance de ses qualités intellectuelles mais cela n’a rien d’exceptionnel. Chaque année, 200 à 300 enfants – les plus doués – sont sélectionnés dans toute la France puis aidés pour faire leurs études.

Élève studieux, Robespierre devient avocat à 21 ans. Il retourne à Arras prendre la succession de son père. Il y mène une carrière académique de jeune roturier. Sa jeunesse n’a sans doute pas été facile mais pas aussi dramatique que beaucoup l’ont affirmé. Il n’y a donc pas à chercher dans son enfance une quelconque revanche à prendre.

Quelle est la ligne politique de Robespierre ?

Dès 1790, Robespierre apparaît à l’Assemblée constituante comme le représentant du peuple parce qu’il y défend le droit de vote au suffrage universel. Il acquiert une réelle notoriété, une vraie reconnaissance en juillet 1791. Contrairement à la majorité des députés, il soutient la grande manifestation populaire parisienne réclamant la destitution du roi après sa fuite. Robespierre rompt alors avec les Jacobins (qui deviendront les Feuillants), entre en dissidence et crée le club des Jacobins. Les faits lui donneront raison : le testament du roi, prouvant qu’il était hostile à la révolution, est retrouvé trois mois plus tard.

À l’Assemblée, Maximilien s’impose comme un fervent opposant à la royauté, proche des sans-culottes parisiens. Si cette position affirmée lui assure sa popularité, elle ne lui donne pas pour autant une fonction centrale, ni un rôle politique important. Élu à la Convention en août 1792, il défend la réduction des inégalités, prend position contre la traite des Noirs, mais refuse en revanche de soutenir les citoyennes révolutionnaires républicaines qui revendiquent l’égalité femme-homme. Robespierre est extrêmement attaché à la justice et à la loi. C’est une priorité absolue car il estime que c’est par elles que la société pourra être changée, politiquement, moralement et économiquement.

Il se consacre à la réforme des lois en 1793 et rédige les bases de la Constitution dite montagnarde, adoptée en juin 1793. Il considère que le salut de l’État et de la révolution est supérieur aux intérêts des groupes. Robespierre vise à établir une société dans laquelle les citoyens, égaux et responsables, auraient le droit de se rebeller contre un État despote. C’est indiscutablement sa marque.

Maximilien Robespierre : buste en terre cuite de Claude-André Deseine, 1971. Exposé au château de Vizille (Isère). ©Wikimedia commons

Quelles sont les circonstances qui l’ont fait chuter ?

C’est la crainte de sa puissance, réelle ou fantasmée, de la concentration des pouvoirs de police et de justice autour de lui. Au printemps 1794, Robespierre est très populaire dans Paris. Se distinguant des autres révolutionnaires, il donne clairement une unité à cette révolution morale et vertueuse. Il apparaît alors comme le garant de la liberté des cultes. Mais certains députés athées le perçoivent comme un danger. D’une part, tous les pouvoirs parisiens sont dans les mains de ses proches (la mairie, la commune, la Garde nationale…). D’autre part, sa loi du 22 Prairial, une réforme du tribunal révolutionnaire qui en accélère les procédures (en sélectionnant au préalable les accusés), est très controversée et mal interprétée. À l’époque, près de 300 000 personnes sont emprisonnées (sur 27 millions d’habitants). Avec la loi du 22 prairial, seuls les accusés sur lesquels pèsent des présomptions extrêmement graves sont jugés par le tribunal révolutionnaire : c’est l’acquittement ou la mort.

Là encore, contrairement à ce qu’on affirme – il ne faut pas l’oublier – Robespierre vide progressivement les prisons à ce moment-là. Mais les députés redoutent que les comités opérant les sélections préalables soient sous son contrôle. C’est pourquoi, dès juin-juillet 1794, certains conventionnels conspirent, manipulant clairement l’opinion publique contre lui ; ils fomentent des révoltes dans les prisons ; des prisonniers sont envoyés à l’échafaud, et en imputent la responsabilité à Robespierre. Une partie des députés (de la droite à l’extrême gauche) craignent un coup d’État de Robespierre le 10 thermidor (28 juillet), à l’occasion de la grande fête populaire, estimant qu’il a mené la France dans un gouvernement personnel dangereux pour eux. Dès lors, l’opposition se met en place : ils se liguent contre lui. Robespierre est arrêté le 9 thermidor.

Comment la légende du tyran sanguinaire s’est-elle installée ? Et pourquoi a-t-elle perduré ?

Le lendemain de sa mort, le 11 thermidor, tout le monde affirme que Robespierre est un tyran. Un mois après, on l’accuse de tous les maux : traîtrise, répression et surtout instauration ce qu’on va appeler la Terreur. On a bien affaire là à cette invention d’un Robespierre tyran, instigateur de la Terreur, rumeur lancée par Tallien. Lequel Tallien a incontestablement été mêlé aux massacres de septembre 1792. Ça arrange donc tout le monde ! Cela permet à tous ces gens de s’exonérer de leurs propres responsabilités dans les massacres et crimes qu’ils ont réellement commis.

Je l’écris, et le maintiens : selon moi, Robespierre a servi de fusible et de bouc émissaire. On n’en avait plus besoin ! La Révolution française ne peut se comprendre que si l’on admet que ce sont les luttes de clans, de factions et de groupes politiques qui dominent. Entrer dans cette vision fait redescendre tout le monde du piédestal. Ce ne sont pas les idées qui gouvernent à ce moment-là, mais les alliances, les tactiques, les compromissions : c’est embêtant !

L’image de la Révolution en prend un coup ; elle est un peu plus grisâtre. Or, tout le monde a intérêt à prétendre que la Révolution est unifiée, que la faute incombe au seul Robespierre parce qu’ainsi on jette un voile pudique sur les responsabilités de tous. En l’accusant de tous les maux, de la Terreur notamment, cela permet de dire qu’un petit courant a entraîné la révolution là où elle ne devait pas aller, dans des excès qui sont regrettables. On peut ainsi sauver l’esprit révolutionnaire et le principe de la République.

Caricature de Robespierre qui, n’ayant plus personne à exécuter, guillotine le bourreau. (18è siècle) ©Wikimedia commons

Si, ainsi que vous le démontrez, Robespierre n’a pas été le monstre que l’historiographie a voulu voir en lui, qui était-il alors ?

Robespierre n’est pas l’un des meneurs les plus déterminants de l’Assemblée. Il n’est pas au premier plan. Il prononce des discours toujours percutants avec des argumentations théoriques précises très fortes. Il exerce une sorte de magistère moral et juridique ; c’est une référence en matière de droit et de justice. Mais, s’il est porteur d’une parole forte qui marque les esprits, il est rarement suivi par les députés. Prenons l’exemple du procès du roi que Robespierre refuse, considérant que ce dernier s’étant placé lui-même au-dessus des lois il n’a donc pas à être jugé. La grande majorité des députés votera pour la tenue d’un procès. On ne le voit pas intervenir de façon évidente – c’est l’une de ses caractéristiques – mais son rôle politique est tactique. On ne le dira jamais assez : il a par exemple protégé les Girondins et sauvé 73 d’entre eux de la guillotine. Très présent en coulisse dans les relations politiciennes, Robespierre se positionne continuellement dans un jeu d’alliances que l’on ne découvre qu’a posteriori. Ses positions complexes sont en partie liées aux difficultés de l’exercice du pouvoir et aux circonstances.

Il faut bien comprendre que tous les députés jouent leur tête en permanence. Ils s’adaptent aux conditions qui changent radicalement sans arrêt, et avec des alliances à remodeler en permanence. C’est par la parole et la radicalité de ses démonstrations que Robespierre est écouté. C’est incontestablement l’un des arbitres essentiels de la Révolution dont la position est à la fois exemplaire et marginale. En décembre 1793-janvier 1794, il apparaît comme le seul capable de concilier deux courants opposés : les sans-culottes, partisans de la violence et d’une répression très forte, et les Indulgents (Danton et Desmoulins). Il abandonne les sans-culottes dont il a toujours été proche, au nom du salut de l’État. Il considère en effet que le salut de la Révolution est supérieur à l’intérêt des groupes. Dès lors, Robespierre change de posture et prend réellement la stature d’un homme d’Etat.

« Robespierre, la fabrication d’un monstre »,
de Jean-Clément Martin, éd. Perrin, 2016, 400 p., 22,50 euros.

https://histoireetsociete.wordpress.com/2018/01/11/robespierre-le-grand-mensonge-2/

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Nous n'entrerons pas dans cette querelle historique, mais les "Girondins" d'aujourd'hui (Macron, Onfray...) et de nombreux libéraux s'accomodent bien trop  d'une diabolisation de Robespierre pour que cette question historique soit éludée   P.G.

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mardi 8 mai 2018

Eugène Delacroix (1798 - 1763) L'Indomptable

HIST DELACROIX

Il aurait pu devenir l'homme d'un seul tableau, l'iconique Liberté guidant le peuple, présenté au public le 1er mai 1831. Mais Eugène Delacroix est beaucoup plus que cela...

Lui qui n'a vécu que par et pour la peinture a su tracer son chemin entre romantisme et orientalisme et ouvrir la voie à l'Art moderne. « La peinture me harcèle ! » disait-il. Nous allons voir qu'il ne pouvait mieux définir la toute-puissance de la force de création qui l'a toujours habité.

Eugène Delacroix, Tigre attaquant un cheval, 1826, Paris, musée du Louvre

Une jeunesse entre floréal et tragédies

Chez les Delacroix, l'arrivée du petit Eugène le 26 avril 1798 vient compléter une famille déjà comblée par la vie. Son père Charles Delacroix, ancien secrétaire de Turgot, incarne cette bourgeoisie qui prend le pouvoir en votant la mort de Louis XVI, avant de devenir ministre sous le Directoire puis préfet.

Cahier de thèmes et de versions latines, s. d., Paris, Musée national Eugène DelacroixLa mère est une femme du monde accomplie qui, à près de quarante ans, ne s'attendait certainement pas à cet heureux événement. Deux parcours singuliers !

Ajoutons à ce couple l'ombre du diable boiteux en la personne de Talleyrand, un proche (très proche !) de la famille... A-t-il pris la place de Charles, victime d'une tumeur empêchant toute procréation, dans le lit conjugal quelques mois avant l'arrivée d'Eugène ? Les experts en histoires d'alcôve en discutent encore.

Toujours est-il que c'est une famille heureuse qui passe de Marseille à Bordeaux où l'enfant grandit dans le raffinement des préfectures jusqu'à ce qu'en 1805 la mort prématurée du père vienne détruire cet enchantement. C'est le début d'un deuil sans fin : deux ans plus tard, c'est Henri, le frère aîné, qui est tué lors de la bataille de Friedland.

Le Rastignac de la peinture

En 1814, le sort frappe de nouveau avec la mort de la mère tant aimée, celle qui avait su donner à Eugène le goût des belles choses et des belles manières, forgeant sans le savoir un des dandys les plus célébrés de Paris.

Thales Fielding, Portrait d'Eugène Delacroix, 1824-1825, Paris, Musée national Eugène DelacroixOn doit désormais faire payer sa pension à Eugène qui souffre de devoir porter chemises usées et souliers abîmés alors qu'il ne rêve que d'acquérir un peu de gloire comme son frère Charles-Henri, soldat d'Empire et futur général.

Heureusement, à sa sortie du lycée en 1815, il peut compter sur deux talents pour décider de sa vocation future : la musique et le dessin.

Dès octobre, il s'inscrit dans l'atelier du néoclassique Pierre Narcisse Guérin. Il y rencontre Théodore Géricault qui, dit-on, lui demande de poser comme modèle pour un des cannibales mourants de son Radeau de la Méduse. Mais faire le cadavre ne nourrit pas. Après quelques œuvres de commande, l'apprenti artiste se lance donc dans un projet d'envergure censé lui apporter gloire et argent : réaliser une œuvre pour le prochain Salon de 1822.

Eugène Delacroix, La Barque de Dante, 1822, Paris, musée du Louvre

Embarquement pour la gloire

Ce 24 avril 1822, tout ce que la France compte d'amateurs et experts en Art se pressent au musée du Louvre pour assister à l'inauguration du Salon. Delacroix parvient à faire remarquer parmi 1378 tableaux son Dante et Virgile aux Enfers (rebaptisé La Barque de Dante) qu'il a peint en moins de trois mois.

Eugène Delacroix, Jeune orpheline au cimetière, vers 1824, Paris, musée du LouvreSi Adolphe Thiers, alors journaliste, y voit « la hardiesse de Michel-Ange et la fécondité de Rubens », d'autres peinent à y distinguer autre chose qu'une « tartouillade ». Qu'importe ! L'État lui achète l'œuvre 2000 francs, lui permettant de faire quelque peu face à la ruine qui touche la famille.

Encouragé par ce succès, il enchaîne avec un sujet contemporain puisqu'il s'agit des Scènes des massacres de Scio inspirées par la tragédie des 25 000 grecs exterminés par les Ottomans en 1822.

Il se place ainsi dans le grand mouvement de philhellénisme qui pousse les intellectuels européens à soutenir le peuple grec opprimé, auquel il dédiera en 1825 l'allégorique La Grèce sur les ruines de Missolonghi.

Deux ans plus tard, il frappe un grand coup en proposant au Salon l'immense Mort de Sardanapale

Eugène Delacroix, Recherches pour l'esclave étendu sur la couche de Sardanapale et l'éthiopien, vers 1827, Paris, musée du Louvre

C'est un coup de maître ! Personne ne peut rester indifférent à ce déploiement de violence et de contrastes, de sensualité et de couleurs même si celles-ci, à la suite d'emploi de matériaux de mauvaise qualité, ont depuis un peu passé.

La liberté au bout du pinceau

Ces œuvres lui ont apporté la gloire et donc la liberté, il est même devenu le chef de file du romantisme ! On veut désormais du mouvement, du clair-obscur, de la dissonance ! Mais, loin de rejeter les classiques, Delacroix raffole de Raphaël, de Titien, de Poussin et refuse de les vouer aux gémonies sous prétexte de renouveler l'Art.

Quelques mois plus tard, voici l'arrivée fracassante dans le monde des Arts de La Liberté guidant le peuple (1831), scène de rue représentant les Trois Glorieuses qui viennent de mettre fin au règne de Charles X.

Eugène Delacroix, La Liberté guidant le peuple (détail), 1831, Paris, musée du Louvre

Forcément séduit, son successeur Louis-Philippe s'empresse de faire entrer l'œuvre dans les collections du Musée royal après l'avoir fait acquérir par le ministère de l'Intérieur.

Eugène Delacroix, Jeune tigre jouant avec sa mère, 1831, Paris, musée du LouvreÀ côté de cette toile, les connaisseurs peuvent remarquer un Jeune tigre jouant avec sa mère.

Il annonce la série de tableaux que Delacroix, entraîné par son ami le sculpteur Louis Barye devant les cages du Muséum d'histoire naturelle, consacrera aux fauves et autres animaux en liberté, notamment sa grande passion, les chevaux.

Habité par cette sauvagerie qui fait exploser les couleurs et multiplier les mouvements, son pinceau s'est nourri des règles pour mieux s'en affranchir... La révolution picturale est en marche.

Le Maroc, l'escapade enchantée

Partir ! Et si c'était de l'autre côté de l'océan qu'il fallait fuir la morosité ?...

Depuis l'expédition en Égypte de Bonaparte, le beau monde rêve d'aller respirer les senteurs de l'Orient qui sont venues envahir les poésies de Victor Hugo (Les Orientales, 1829) et avant lui de Lord Byron (« La fiancée d'Abydos », 1813). Delacroix, grand admirateur de cet auteur qu'il a découvert lors de son voyage en Angleterre en 1825, ne pouvait échapper au mouvement.

Alors, en 1831, il profite d'une mission diplomatique pour aller voir de l'autre côté de la Méditerranée.

Entre Tanger, Meknès et Alger, il va pendant 6 mois se nourrir d'images sans réaliser un seul tableau. Sa production essentielle va consister en un très beau carnet de voyage illustré d'aquarelles qu'il remplit au fil de son périple. Il lui faudra revenir dans son atelier pour donner vie aux scènes qu'il a engrangées comme Le Combat du Giaour et Pacha (1835), les Noces juives au Maroc (1841) et les célèbres Femmes d'Alger (1833).

Sous le soleil il oublie les grandes compositions travaillées pendant des mois, il veut de l'instantané et de la fraîcheur. Cette parenthèse va renouveler son art et faire naître non seulement une soixantaine de tableaux au contenu « exotique », mais aussi un regard novateur sur la peinture.

Eugène Delacroix, Femmes d'Alger dans leur appartement, détail, 1834, Paris, musée du Louvre

« Un cratère de volcan artistement caché par des bouquets de fleurs » (Baudelaire)

Tous ceux qui couraient les salons mondains dans le milieu du XIXe siècle auraient pu vous le dire : Delacroix était partout ! Dandy jusqu'au bout de la lavallière, il croise tout ce que le siècle propose de célébrités littéraires, à commencer par Hugo, Stendhal et Dumas.

Eugène Delacroix, Portrait de Frédéric Chopin, 1838, Paris, musée du LouvreLa rencontre avec George Sand était donc inévitable : véritable coup de foudre amical, cette relation lui permit de lier connaissance avec Frédéric Chopin dans lequel il reconnut son double. Avec « ce grand cher homme », il passa des journées merveilleuses à Nohant à discuter musique, son autre grande passion.

Enfin il pouvait se reposer de la frénésie parisienne dans laquelle il cherchait la reconnaissance mais, qu'au fond de lui, il abhorrait.

En fait il n’a jamais été plus serein que dans son ermitage de Champrosay (Essonne) où, loin des fastes de la capitale, il aima à se retirer à partir de 1858.

Finalement, c'est une fois de plus l'auteur des Fleurs du mal qui sut le définir avec le plus de discernement : « Eugène Delacroix était un curieux mélange de scepticisme, de politesse, de dandysme, de volonté ardente, de ruse, de despotisme, et enfin d’une espèce de bonté particulière et de tendresse modérée qui accompagne toujours le génie » (L'Œuvre et la vie d'Eugène, Baudelaire, 1863). Pour le peintre, il n'y avait qu'une règle pour accéder à ce génie : « Oser être soi-même ».

Eugène Delacroix, La Mer à Dieppe, 1852, Paris, musée du Louvre

La reconnaissance, enfin ! Ou presque…

C'est fait ! Delacroix vient de décrocher grâce à son ami Adolphe Thiers une première commande officielle, et pas des moindres : il s'agit de la décoration du Salon du Roi au Palais-Bourbon (1833-1838). Quel prestige ! Quelle promesse de renommée ! Les années difficiles semblent désormais bien terminées.

À lui de faire ses preuves, une fois de plus ! Et c'est un succès : il se sent dans son élément face à ces « grandes murailles à peindre », les critiques applaudissent, les commandes tombent : bibliothèque du palais du Luxembourg (1840-1851), galerie d'Apollon au Louvre (1850-1851), salon de la Paix à l'Hôtel de Ville (1852-1854, disparu dans l'incendie de 1871).

Mais cet agnostique qui considérait son travail comme une « prière quotidienne » poursuit avec le même enthousiasme une série de toiles religieuses.

Le combat de Jacob et l'ange, par Delacroix (La Poste)Ces deux tendances se rejoignent dans les compositions murales de la chapelle des Saints-Anges à Saint-Sulpice où il produit une étonnante Lutte de Jacob avec l'Ange (1855-1861) qui semble refléter les souffrances de cet artiste solitaire en lutte avec son Art et avec la société...

Et c'est seul, veillé par sa fidèle servante, qu'il meurt le 13 août 1863. L'hommage minimal qui lui est rendu par l'État choque ses admirateurs inconditionnels, à commencer par Baudelaire, Édouard Manet et Henri Fantin-Latour qui ne peuvent admettre les modestes obsèques qui lui ont été réservées et le silence des institutions et de la presse.

La revanche se présentera sous la forme d'une toile de Fantin-Latour regroupant, sous le portrait du maître, ses adorateurs, et portant ce titre-manifeste Hommage à Delacroix (1864).

Henri Fantin-Latour, Hommage à Delacroix, 1864, Paris, musée d'Orsay

Dans les années 1920, ce sont entre autres Paul Signac et Édouard Vuillard qui vont se mobiliser pour transformer sa dernière demeure, place Fürstenberg à Paris, en musée.

Celui que ses homologues considéraient comme « le peintre le plus original des temps anciens et des temps modernes » avait su se faire une place majeure dans l'histoire de l'Art, entre les peintres de la Renaissance et les impressionnistes et fauvistes, avec une définition de la peinture toute simple : « Le premier mérite d’un tableau est d’être une fête pour l’œil ! » (Journal).

https://www.herodote.net/histoire/synthese.php?ID=2405&ID_dossier=39

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vendredi 27 avril 2018

Jean-Michel Blanquer veut revenir aux fondamentaux au CP

C’est un serpent de mer. Depuis des décennies, la question de l’apprentissage de la lecture oppose en effet les tenants de la méthode globale – selon laquelle l’enfant doit reconnaître des mots – aux partisans de la méthode syllabique – le fameux « B-A, BA ».

ACT LECTURE BLANQUER

Le 26 avril, Jean-Michel Blanquer a tranché dans le vif. « Entre quelque chose qui ne marche pas – la méthode globale – et quelque chose qui fonctionne – la syllabique –, il ne peut y avoir de compromis mixte », a-t-il expliqué dans les colonnes du Parisien, balayant le consensus en vigueur dans de nombreux établissements pour une méthode mi-globale, mi-syllabique.

 

Le retour à la méthode syllabique pure figure donc en bonne place des recommandations que le ministre a adressé toutes les écoles de France dans quatre circulaires publiées au Journal officiel le 26 avril et un guide de 130 pages intitulé « Pour enseigner la lecture et l’écriture au CP ».

Un retour aux fondamentaux

Le texte, très précis et qui se revendique des connaissances scientifiques du moment, se veut une boîte à outils afin d’« améliorer le niveau des élèves », explique le ministère. Il marque aussi un retour aux fondamentaux : copie, dictée, calcul mental, apprentissage par cœur constituent l’essentiel des pratiques recommandées aux enseignants.

Ainsi, le guide suggère d’organiser des leçons de grammaire sur un mode ludique, sous forme d’un jeu de « devinettes orthographiques » avec les élèves. Par exemple, la phrase « je suis bleue » est écrite au tableau. L’instituteur demande : « Suis-je la mer ou l’océan ? ». Cela « place les élèves en situation de tenter de retrouver le sens des lettres non audibles (…) L’échange collectif clarifie la notion et permet de construire progressivement une justification grammaticale solide. »

Autre exemple, le document énonce qu’« il paraît souhaitable que les élèves écrivent lors de deux séances quotidiennes qui sont complétées par une dictée. La durée de ces séances doit osciller entre 10 et 20 minutes ». Plus loin, les enseignants sont invités à faire preuve de discernement dans leurs corrections : « L’erreur doit faire partie de l’apprentissage et en constituer une étape. On veillera à ce qu’elle ne soit pas perçue négativement. »

La pédagogie de l’erreur reconnue

La démarche est diversement accueillie. Les tenants des neurosciences saluent une avancée. « Toutes les études des sciences cognitives de la lecture confirment l’importance de l’apprentissage systématique des relations entre les lettres et les sons » et donnent donc l’avantage à la méthode syllabique, confirme ainsi Olivier Houdé, directeur de recherches au CNRS. « De même, elles confirment l’importance du geste d’écriture. » Les 15 minutes d’écriture quotidiennes sont ainsi approuvées par le chercheur.

Mais l’apport essentiel consiste selon lui dans le fait de reconnaître la pédagogie de l’erreur : « Le cerveau des enfants n’est pas un ordinateur ! Il a besoin d’autre chose que d’algorithmes : des émotions et un sens personnel. »

D’autres à l’inverse dénoncent un grand retour en arrière. Ainsi pour l’historien de l’éducation Claude Lelièvre, il n’appartient pas au ministre de se mêler de pédagogie. « Jean-Pierre Chevènement en 1985 avait déjà tenu ce type de discours afin de montrer lui aussi le retour à la grande tradition républicaine », rappelle-t-il.*

Un partage de bonnes pratiques

Le ministère, lui, fait valoir que ces circulaires n’ont pas force de loi. « L’idée n’est pas de contrôler ce qui se passe dans les classes. Nous avons souhaité poser un cadre parce que certains enseignants sont demandeurs d’un partage de bonnes pratiques. Là, pour la première fois, ils ont un guide de référence commun. Nous avons aussi voulu diffuser les meilleures informations disponibles pour que chaque enseignant puisse trouver des ressources afin de lutter contre les difficultés de certains élèves. »

 

Jean-Michel Blanquer y voit une question de justice sociale. « La pédagogie est une clé majeure de lutte contre les inégalités sociales, explique-t-il dans Le Parisien. Aujourd’hui, on constate que les méthodes les plus fragilisantes se déploient dans les milieux déjà les plus fragilisés. » Ces dernières années, plusieurs enquêtes ont ainsi pointé des performances décevantes des élèves français en lecture, notamment dans les familles les plus défavorisées.

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Les jeunes Français et la lecture

Depuis deux décennies, les performances des élèves de CM1 en lecture n’ont cessé de baisser, selon l’étude internationale Pirls publiée le 5 décembre 2017. Avec un score de 511 points, la France reste légèrement au-dessus de la moyenne, mais ce résultat est en nette baisse par rapport aux éditions précédentes (525 points en 2001).

Les résultats scolaires des jeunes Français se situent dans la moyenne des pays de l’OCDE, mais l’Hexagone se distingue toujours par le poids des inégalités sociales sur les destins scolaires, selon la dernière enquête Pisa de l’OCDE publiée en décembre 2016.

Emmanuelle Lucashttps://www.la-croix.com/Famille/Education/Jean-Michel-Blanquer-veut-revenir-fondamentaux-
*Claude Lelièvre, né le 25 juin 1941, est un historien de l'éducation français.
Après des études de philosophie, Claude Lelièvre se spécialise en histoire de l'éducation, particulièrement dans l'histoire des politiques scolaires aux XIXe et XXe siècles, et obtient un doctorat ès sciences de l'éducation (1979)1 et un doctorat d'État ès lettres et sciences humaines (1985)2.

Il est professeur (aujourd'hui émérite) à l'université Paris-Descartes3.

Il a notamment participé aux travaux de la commission Thélot, dans le cadre du débat national sur l’avenir de l’École (2003-2004)4,5.

Il a rejoint en juillet 2011 l'équipe de campagne de Martine Aubry pour l'élection présidentielle de 2012, chargé de l'Education avec Bruno Julliard 6 .

Il est souvent invité par les médias sur les questions liées aux réformes scolaires, par exemple sur France Culture dans les émissions Rue des Écoles

https://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Leli%C3%A8vre

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Le retour du bon sens face à certains idéologues qui maintiennent leurs certitudes malgré un échec retentissant de leurs méthodes? Peut- être la fin des pressions ahurissantes de certains inspecteurs sur les instituteurs. Les mêmes qui se retranchent aujourd'hui derrière la "liberté pédagogique" trouvaient ça très bien...    P.G.

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mardi 17 avril 2018

Sibyle Veil, une camarade de promo de Macron nommée à la tête de Radio France

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Pure coïncidence - évidemment.  E. H

ACT SIBYLLE RADIO FRANCE

Décidément, la promotion "Senghor" de l'Ena (2002-2004) est une fabrique à cadors. Après Emmanuel Macron, élu président de la République à 39 ans, Sibyle Veil a été nommée ce jeudi 12 avril présidente de Radio France par le CSA. Cette ex-conseillère de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, âgée de 40 ans, était depuis 2015 directrice financière de la Maison Ronde. Elle est nommée pour cinq ans.

Première femme à cette fonction depuis Michèle Cotta en 1981, elle succède à Mathieu Gallet, débarqué de Radio France après avoir été condamné en première instance pour favoritisme dans une affaire concernant ses fonctions précédentes à la tête de l'Ina.

Sibyle Veil a formé un "ticket" avec l'actuel directeur des Antennes de Radio France, Laurent Guimier. Celui-ci reste numéro deux de la maison.

Avant de rejoindre l'univers de la radio, Sibyle Veil a été directrice de la transformation à l'AP-HP, entre 2011 et 2015. Née Petitjean, elle est l'épouse de Sébastien Veil, le petit-fils de Simone Veil.

https://www.marianne.net/medias/sibyle-veil-une-camarade-de-promo-de-macron-ena-nommee-la-tete-de-radio-france

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jeudi 29 mars 2018

L’hommage des anonymes à Arnaud Beltrame

Des milliers de personnes ont tenu à être présentes, au Panthéon et aux Invalides, pour témoigner de leur admiration et de leur peine pour le gendarme qui s’est sacrifié pendant les attaques terroristes dans l’Aude.

ACT HOMAGE BELTRAME

Si le soleil a boudé, ce n’est pas du tout le cas des Français. Dès 9 heures ce mercredi, ils ont été nombreux à se réunir, malgré les barrages de police, dans les rues de Paris pour rendre hommage au colonel Arnaud Beltrame, assassiné vendredi dernier par Radouane Lakdim.

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Postées notamment rue Soufflot au Panthéon, qui abrite les grandes figures républicaines, de nombreuses personnes, parfois sans capuche ou parapluie, ont bravé le mauvais temps pour accompagner le cortège funèbre d’une dernière pensée. C’est le cas d’Aurélie, mère au foyer, qui va pendant une poignée de secondes le suivre du regard avant qu’il ne disparaisse : « Même si c’est court, c’est important d’être à ses côtés une dernière fois. On lui doit bien ça, je crois… » Le défilé s’estompe, et sans un murmure la foule se disperse aussi vite qu’elle était apparue.

A quelques centaines de mètres à vol d’oiseau du Panthéon, c’est aux Invalides que le cercueil du militaire doit recevoir les honneurs du Chef de l’Etat. Mais bien avant son arrivée, les organisateurs doivent gérer un public nombreux. Entre ceux qui veulent assister à la cérémonie et ceux qui veulent visiter, comme ce groupe de collégiens étrangers, la cohue arrive vite. Une fois l’ordre rétabli, le public doit se diriger vers une artère spécialement dédiée située au rez-de-chaussée. L’endroit est familier pour les inconditionnels de ces cérémonies, alors, hors de question de ne pas avoir sa place aux premières loges. Comme Jean-Pierre, 66 ans : « Je suis là depuis ce matin, 7 heures, sous la flotte mais tant pis ça vaut le coup ». Sous son parapluie, ce néoretraité est fier de « faire honneur à l’homme qui a fait le sacrifice suprême ». Cette reconnaissance qualifiée « d’héroïque » est partagée de tous.

La tension est à son comble, le temps semble figé

En attendant le début de l’hommage, chacun essaye de se rapprocher au plus près des ouvertures. L’objectif est de voir le cercueil et la cérémonie sous le meilleur angle. Une fois installé au mieux, la période la plus terrible arrive : l’attente. Sans bouger, serré les uns contre les autres dans le froid, les pieds finissent par s’engourdir. Mais pas question de faiblir. « Ça vaut bien quelques crampes », souffle discrètement une dame à son conjoint.

Mais déjà, les premières notes de la garde républicaine résonnent. Le cercueil s’avance lentement dans la cour des Invalides au rythme des tambours et des trombones. Les corps se raidissent, les respirations se coupent, l’émotion est palpable. Au milieu des toussotements et des reniflements, le silence est maître. Amassée derrière la tribune des officiels, la foule est sérieuse, grave, imperturbable. Quand résonne la Marseillaise, les gendarmes et militaires, parfois à la retraite, bombent le torse en saluant le drapeau. La tension est à son comble, le temps semble figé. Un vieux soldat, tenant fermement sur ses jambes frêles, brise ce moment en aboyant sur un civil qui a gardé son bonnet. Geste irréparable. Ce dernier s’excuse immédiatement et entonne même l’hymne national.

«On était ensemble dans la même promotion»

Le président Macron débute son discours en rappelant le déroulement des faits et provoque aussitôt les larmes des plus sensibles. Les mouchoirs se succèdent dans les mains tremblantes des hommes et des femmes qui ne connaissaient pourtant pas le commandant en second du groupement des gendarmes de l’Aude. Ce n’est pas le cas de Valérie Lacombe qui l’a connu à l’école Européenne d’Intelligence Economique à Versailles. « On était ensemble dans la même promotion et me déplacer aujourd’hui était une évidence. On rencontre souvent les héros dans les livres d’Histoire, mais dans la vraie vie ça prend tout son sens », confesse-t-elle avant d’être rattrapée par ses émotions.

Quand le cercueil disparaît avec la famille, la foule reste statique comme pétrifiée par le moment unique dont elle a été le témoin. Le président de l’ordre national du mérite dans le Calvados, le Docteur Michel Cours-Mach, nous confie : « La cérémonie a été très belle, assez sobre et c’est ce qu’il fallait. J’ai pu partager mon émotion qui est celle de tous les Français face à ce sacrifice extraordinaire et c’est très bien comme ça ».

http://www.leparisien.fr/politique/l-hommage-des-anonymes-a-arnaud-beltrame-28-03-2018-7634577.php

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lundi 26 mars 2018

Attentat de Trèbes : le gendarme qui avait remplacé une otage est mort de ses blessures

Le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame, qui s'était proposé comme otage auprès du terroriste auteur des attaques dans l'Aude, est mort des suites de ses blessures dans la nuit du 23 au 24 mars.

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Il s'était livré au ravisseur en échange de la libération d'otages : le lieutenant-colonel de gendarmerie Arnaud Beltrame a payé de sa vie l'héroïsme dont il a fait preuve pendant la prise d'otages de Trèbes, dans le sud de la France.

Grièvement blessé par l'assaillant, cet officier de 45 ans est décédé le 24 mars. «Jamais la France n'oubliera son héroïsme, sa bravoure, son sacrifice», a tweeté le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb.

Le président Emmanuel Macron lui a également rendu hommage, déclarant qu'il était «tombé en héros» et méritait «l'admiration de la nation tout entière». Sur place, un premier hommage a déjà été rendu à Arnaud Beltrame, dès le lendemain de sa mort, devant la gendarmerie où il officiait. Les drapeaux ont été mis en berne.

Alors que l'assaillant venait d'abattre deux personnes dans un supermarché de la région de Carcassonne, «au péril de sa vie», il a fait le choix de prendre la place des otages retenus à l'intérieur du supermarché, a expliqué le procureur de la République de Paris François Molins lors d'une conférence de presse.

«[Le gendarme] avait laissé son téléphone ouvert sur la table [...] et c'est lorsque nous avons entendu les coups de feu que le GIGN est intervenu» et a abattu l'auteur de l'attaque, qui se réclamait de l'Etat islamique, avait auparavant détaillé à la presse le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb.

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Il a été blessé par balle à deux reprises et a reçu plusieurs coups de couteau par l'assaillant, a expliqué à l'AFP une source proche de l'enquête. «Un acte d'héroïsme comme en sont coutumiers les gendarmes, les policiers qui s'engagent au service de la Nation», a conclu le ministre.

Nommé officier adjoint au commandement du groupement de gendarmerie de l'Aude en 2017, Arnaud Beltrame a été commandant de la compagnie d'Avranches jusqu'en 2014, avant de devenir conseiller auprès du secrétaire général du ministère de l’Ecologie. Il a accédé au rang de lieutenant-colonel en 2016. Marié, sans enfant, l'officier est décoré de l'ordre national du Mérite.

Fait prémonitoire : en décembre 2017, il avait participé à un exercice simulant une tuerie de masse dans un supermarché de la région, selon le quotidien régional La Dépêche du Midi. Les forces de l'ordre procèdent régulièrement à ce type d'entraînement pour améliorer leur mode d'intervention en cas d'attentat.

https://francais.rt.com/france/49103-mort-pour-patrie-gendarme-qui-avait-remplace-otage-succombe-blessures

L'ex-candidat LFI qui s'était réjoui de la mort du gendarme Arnaud Beltrame placé en garde à vue

(...)

Stéphane Poussier, cet ancien candidat de la France insoumise aux législatives dans le Calvados qui avait publié plusieurs messages sur Internet dans lesquels il se réjouissait du décès du gendarme Arnaud Beltrame, a été placé en garde à vue, selon une information de franceinfo ce 25 mars. Il est poursuivi pour «apologie du terrorisme».

Dans un tweet, Stéphane Poussier avait écrit : «À chaque fois qu'un gendarme se fait buter, et c'est pas tous les jours, je pense à mon ami Rémi Fraisse, là c'est un colonel, quel pied ! Accessoirement, un électeur de Macron en moins.»

Ces propos de Stéphane Poussier avaient suscité une très vive indignation et une condamnation unanime. La France insoumise avait immédiatement réagi. «Les propos honteux et abjects de Stéphane Poussier n'ont rien à voir avec la France insoumise. Nous les condamnons fermement. Nous avons immédiatement retiré cette personne de la plate-forme de la France insoumise», avait écrit La France insoumise dans un tweet relayé par Jean-Luc Mélenchon.

https://francais.rt.com/france/49124-ex-candidat-lfi-qui-etait-rejoui-mort-gendarme-arnaud-beltrame-place-garde-vue

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