mardi 24 octobre 2017

Rohingyas: Washington annonce des mesures punitives contre l’armée birmane

Les Etats-Unis ont annoncé lundi réduire encore davantage leur aide aux unités birmanes et aux officiers impliqués dans les violences contre la communauté musulmane des Rohingyas, à l'origine d'un exode massif.

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La porte-parole du département d'Etat, Heather Nauert, a annoncé une série de mesures punitives comme la suspension de l'examen des dispenses de voyage pour les hauts responsables militaires birmans et l'annulation des invitations faites aux hauts responsables des forces de sécurité birmanes pour assister à des manifestations parrainées par les Etats-Unis. «Il est impératif que toute personne ou entité responsable d'atrocités, y compris les acteurs non-gouvernementaux et les justiciers, soit tenue responsable», assure la porte-parole, annonçant de nouvelles mesures «en plus des restrictions existantes» vis-à-vis des forces armées birmanes et de l'embargo américain «de longue date sur toutes les ventes de matériel militaire». Les Etats-Unis ont aussi annoncé étudier la mise en place de «mesures économiques ciblées contre des individus liés aux «atrocités».

D'après les derniers chiffres des Nations unies, plus de 580 000 musulmans rohingyas ont fui la Birmanie depuis le 25 août, pour se réfugier au Bangladesh voisin. Cette crise a débuté quand des rebelles rohingyas, dénonçant les mauvais traitements subis par leur minorité en Birmanie, ont attaqué des postes de police fin août, entraînant une répression sévère de l'armée. (Photo AFP).

http://www.liberation.fr/direct/element/rohingyas-washington-annonce-des-mesures-punitives-contre-larmee-birmane_72680/


 

Voir notre article:

Pourquoi les États-Unis et l’Arabie Saoudite soutiennent les Rohingyas du Myanmar

http://www.frexit-limousin.fr/archives/2017/10/23/35795371.html

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Londres se paye Macron après ses critiques contre le Brexit : “il a totalement tort !”

Critique. Le ministre du Commerce britannique n'a pas tardé à réagir aux critiques d'Emmanuel Macron...

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Le ministre du Commerce britannique Liam Fox l'a affirmé hier : si les négociations pour le Brexit se font toujours avec autant de tensions entre le Royaume-Uni et l'Union européenne, alors le pays, qui souhaite redevenir souverain, sortira de l'UE... sans accord.

Jamais avare d'un commentaire, le président français Emmanuel Macron avait jugé cette hypothèse irréalisable, parlant de “bluff” et de “fausse information”.

Il fait la leçon à Theresa May

En conclusion de ce conseil européen qui s'est tenu le week-end dernier, Emmanuel Macron n'a pas hésité à déclarer : “Le problème aujourd'hui de Theresa May, c'est que celles et ceux qui ont prôné le Brexit n'ont jamais expliqué au peuple britannique quelles en étaient les conséquences (...) Qu'il y ait du bruit, du bluff, des fausses informations des uns et des autres acteurs secondaires ou spectateurs de cette discussion, c'est, si je puis dire, la vie des affaires ou la vie des médias”.

Le ministre du Commerce britannique se paie le président français

“Il a totalement tort” : c'est par ces mots que Liam Fox, invité de la télévision anglaise, a interprété les propos d'Emmanuel Macron, confirmant qu'une sortie sans accord était bien une option envisagée, tout en précisant que ce ne serait pas “un scénario catastrophe”.

https://www.valeursactuelles.com/monde/londres-se-paye-macron-apres-ses-critiques-contre-le-brexit-il-totalement-tort-89999

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lundi 23 octobre 2017

Pourquoi les États-Unis et l’Arabie Saoudite soutiennent les Rohingyas du Myanmar

Ce matin sur France Inter, les auditeurs subisssent un nouveau reportage sur la situation des Rohingyas en Birmanie (Myanmar), suivi d'un entretien entre Léa Salamé et l'incontournable Bernard- Henri Lévy qui s'insurge contre "l'abandon des Kurdes" par les "démocraties occidentales" et soutient l'indépendance du Kurdistan en Irak ("c'est bon pour Israel").

Je change de station et je tombe sur RMC où on nous explique que le Brexit est lié au populisme et à l'extrême droite anti- UE et anti- euro...

BASE 14 995X225La propagande euro- atlantiste fait rage en continu sur les ondes françaises, radios de "service public" ou non. Raison de plus pour faire de la contre- information. Je vous propose ici un article récapitulatif sur l'affaire des Rohingyas et ses dessous géopolitiques. Histoire d'avoir un autre son de cloches...    P.G.


 

ARG ROYINGAS OBJECTION

Des manifestations, des protestations et des pétitions en ligne sont apparues dans le monde entier pour défendre la lutte des Rohingyas expulsés du Myanmar. Ce qui est préoccupant, c’est que des forces politiques qui n’ont jamais défendu les droits des opprimés et n’ayant aucun intérêt à les défendre, y compris les régimes américain et saoudien, se sont joints à cet effort.

Alors qu’il menaçait la Corée, l’Iran et le Venezuela lors de son discours aux Nations Unies, le président américain Donald Trump a également exigé que le Conseil de sécurité des États-Unis prenne des mesures énergiques pour mettre fin à la violence contre la population rohingya du Myanmar.

Des représentants du gouvernement américain, dont l’ambassadeur des États-Unis auprès de l’ONU, Nikki Haley, le secrétaire d’État Rex Tillerson et le vice-président Mike Pence, ont appelé à une action immédiate et à l’acheminement d’une aide humanitaire aux Rohingyas.

Depuis que Washington et Riyad ont infligé une guerre meurtrière à des millions de personnes au Yémen, sans parler des autres parties du monde, les mouvements ouvriers et les forces anti-impérialistes du monde entier se demandent ce qui se cache derrière leur inquiétude soudaine pour un petit groupe ethnique d’Asie du Sud-Est. Cela pourrait-il avoir quelque chose à voir avec les manœuvres géopolitiques au Myanmar qui opposent la Chine aux États-Unis?

En tant qu’économie en plein essor dotée d’une planification centrale, d’une participation importante de l’État et de réserves de liquidités, la Chine est en mesure d’offrir un vaste développement des infrastructures. Le projet chinois One Belt One Road et d’autres plans économiques suscitent un grand intérêt (voir:http://lagazetteducitoyen.over-blog.com/2017/09/myanmar/birmanie-le-gaz-le-petrole-et-les-tentatives-de-soros-pour-faire-imploser-un-etat-nation.html).

La politique américaine est de plus en plus axée sur le sabotage de ces plans de développement avec une militarisation considérablement élargie et des guerres régionales. C’est la stratégie majeure du « Pivot vers l’Asie » du Pentagone. Un réseau occidental d’organisations non gouvernementales et d’extrémistes soutenus par les Saoudiens font parties du plan de déstabilisation.

Le Myanmar et les Rohingyas

Le Myanmar, anciennement appelé Birmanie, est un pays autrefois colonisé, sous-développé et extrêmement diversifié de 51 millions de personnes. Il compte 135 groupes ethniques distincts parmi ses huit nationalités.

Le Myanmar est un pays riche en ressources et stratégiquement important qui borde la Chine, le Bangladesh, l’Inde, la Thaïlande et le Laos. Il est stratégiquement important pour les banques de Wall Street et les décideurs américains car c’est un grand exportateur de gaz naturel et il est prévu d’en faire un nouveau fournisseur de pétrole.

Au Myanmar, le peuple rohingya est un groupe ethnique opprimé d’environ un million de personnes. La majorité des Rohingyas sont musulmans, bien qu’ils représentent moins de la moitié de la population musulmane du Myanmar qui est dispersée dans tout ce pays majoritairement bouddhiste.

Les Rohingyas sont considérés comme apatrides. Ils vivent dans l’État Rakhine situé dans la baie du Bengale et qui partage une longue frontière commune avec le Bangladesh.

Dans des articles sur le Myanmar et les Rohingyas, Reuters News (https://www.reuters.com/article/us-myanmar-rohingya/myanmars-rohingya-insurgency-has-links-to-saudi-pakistan-report-idUSKBN1450Y7, publié le 16 décembre 2016), le Chicago Tribune (http://www.chicagotribune.com/news/nationworld/sns-bc-as–ap-explains-myanmar-rohingya-insurgency-20170831-story.html, publié le 31 août 2017), le Wall Street Journal (https://www.wsj.com/articles/myanmar-conflict-puts-rebel-group-at-center-of-crisis-1505338893, publié le 13 septembre 2017) et le Centre de réflexion sur les études stratégiques et internationales (https://www.csis.org/analysis/myanmar-and-its-rohingya-muslim-insurgency, publié le 7 septembre 2017), ont tous rapporté le soutien saoudien à la lutte des Rohingyas.

Le groupe menant la résistance armée au Myanmar, connue sous le nom de Harakah al-Yaqin (HaY, mouvement de foi en arabe) et maintenant appelé l’Armée Rohingya pour le Salut de l’Arakan (ARSA), a son siège à La Mecque, en Arabie Saoudite. Ataullah abu Ammar Junjuni, ressortissant pakistanais qui vivait en Arabie saoudite, est le chef de l’ARSA. Ce groupe a mené une attaque coordonnée contre 30 postes militaires du Myanmar le 25 août dernier.

L’armée du Myanmar a répondu par une vague de contre-attaques répressives contre les Rohingyas, ce qui a poussé des dizaines de milliers de personnes à franchir la frontière.

Crimes américains et saoudiens au Yémen

Pendant ce temps, le royaume saoudien mène une guerre génocidaire contre le Yémen, imposant un blocus de nourriture et d’aide contre le pays le plus pauvre de l’Asie du Sud-Ouest. Cette guerre n’est possible qu’en utilisant des avions à réaction et des bombes fabriqués aux États-Unis. L’armée saoudienne ne peut pas piloter ses propres avions à réaction ou effectuer des bombardements sans l’aide directe et le ravitaillement en vol des États-Unis. En outre, le Pentagone effectue actuellement au moins une frappe secrète tous les deux jours au Yémen.

Le Yémen est en train de subir « la plus grave crise de la faim dans le monde », « causée par l’homme » et qui affame « toute une génération ». (Washington Post, 19 mai 2017). Selon les chiffres américains, plus de 7 millions de Yéménites soufrent de la famine.

L’Organisation mondiale de la santé a mis en garde contre « la pire épidémie de choléra du monde » au Yémen (CNN, 4 octobre). Les États-Unis ont dénombré 777,229 cas de choléra le 2 octobre denier, dont beaucoup parmi les enfants.

Les bombardements saoudiens des infrastructures d’assainissement et d’égouts dans ce pays appauvri sont la cause majeure de cette mortelle épidémie. Pourtant, cette crise désespérée n’était pas à l’ordre du jour de l’ONU et est à peine mentionnée dans les médias alors que les dirigeants du monde se sont rencontrés à New York en septembre. L’accent médiatique a été mis sur le discours de Trump promettant d’aider les Rohingyas.

Le Département d’État américain a promis de fournir « des abris d’urgence, la sécurité alimentaire, une assistance nutritionnelle, une assistance psychosociale, de l’eau, l’assainissement et l’hygiène, des moyens de subsistance, une inclusion sociale, des articles non alimentaires, une réduction des risques de catastrophe et de crise, le rétablissement des liens familiaux, et la protection aux plus de 400,000 personnes déplacées en Birmanie et au Bangladesh » (https://www.state.gov/r/pa/prs/ps/2017/09/274283.htm).

Rappelez-vous que l’armée américaine est engagée dans des bombardements, des attaques de drones, des assassinats ciblés et des sanctions causant la famine contre au moins huit pays musulmans: la Syrie, la Libye, le Yémen, l’Irak, l’Afghanistan, le Pakistan, la Somalie et le Soudan.

Le Royaume d’Arabie Saoudite n’accorde aucun droit aux peuples vivant à l’intérieur de ses frontières. Les communautés religieuses minoritaires et les millions de travailleurs immigrés, même après y avoir vécu pendant des générations, ne sont pas considérés comme des citoyens. Sa vaste richesse pétrolière appartient à une seule famille: la maison des Saoud.

L’Arabie saoudite a joué un rôle réactionnaire en finançant des groupes extrémistes, souvent avec le soutien discret des États-Unis, en Afghanistan, en Syrie et à travers le Moyen-Orient. De plus en plus en Asie du Sud-est, l’extrémisme politique et religieux influencé par l’Arabie Saoudite a un impact.

L’Arabie Saoudite dépense plus de 1 milliard de dollars pour financer 560 mosquées wahhabites et centres islamiques au Bangladesh, un pays frontalier du Myanmar. Cela signifie la création d’un nouveau centre de réaction dans presque tous les villages et villes du Bangladesh. Un financement similaire est en cours depuis longtemps en Inde et au Pakistan.

Le pivot vers l’Asie des États-Unis

Le soutien américain et saoudien aux Rohingyas musulmans sert la stratégie de « pivot vers l’Asie » des États-Unis. Pour les stratèges américains, c’est un moyen de bloquer l’influence chinoise dans une région stratégique.

Quatre-vingt pour cent du pétrole dont la Chine a besoin et une grande partie de son commerce passent par le détroit de Malacca – un point d’étranglement étroit entre l’Indonésie et Singapour – et dans la mer de Chine du Sud ou la situation est de plus en plus tendue. La flotte de combat américaine, composée de porte-avions, stationnée là-bas pourrait facilement bloquer cet important point de passage des ressources nécessaires.

Pour contrer les mesures agressives des États-Unis, les programmes de développement de la Chine visent à diversifier et à trouver des solutions autres qu’une confrontation directe avec la puissance militaire américaine.

La Chine construit un port en eau profonde, un parc industriel et des gazoducs et oléoducs à Kyauk Pyu, au Myanmar, dans le golfe du Bengale. Cela offrira à la Chine une voie alternative pour les importations d’énergie en provenance du Moyen-Orient qui évitera le détroit de Malacca. Le projet de construction de plusieurs milliards de dollars est également extrêmement bénéfique pour l’économie du Myanmar, contribuant ainsi au développement de ses gisements de gaz. L’intervention américaine et saoudienne dans l’escalade de la lutte contre les Rohingyas menace ce projet de développement.

Il n’y a pas de région dans le monde en développement, que ce soit en Asie, en Afrique ou en Amérique latine, où l’impérialisme américain, pourtant actuellement dans un stade de décrépitude, prévoit de contribuer au développement économique dont le besoin est criant. L’économie américaine est axée sur les super profits obtenus par la guerre, la vente d’armes et les onéreuses dettes. L’impérialisme américain ne peut continuer à dominer qu’en perturbant le développement de tout concurrent potentiel ou bloc économique de concurrents.

Tactiques de diviser pour régner

En soutenant consciemment et en enflammant les deux camps d’une lutte nationale, les cyniques puissances impérialistes occidentales emploient la vieille tactique de diviser pour mieux régner, ceci dans le but de dominer toute une région en devenant l’arbitre extérieur.

Les impérialistes américains ont fait cela lors de nombreuses crises internationales. En Irak, les États-Unis ont construit des bases dans la région kurde tout en prétendant soutenir l’unité de l’État irakien. Jouer sur cette division a renforcé l’implication ruineuse du Pentagone dans la région.

Aux Philippines, l’insurrection soudaine d’une population musulmane minoritaire sur l’île de Mindanao est devenue la dernière excuse des États-Unis pour offrir une formation conjointe et le stationnement de ses troupes là-bas.

Les camps de réfugiés du Myanmar au Bangladesh pourraient devenir des zones de recrutement et des bases d’intervention futures pour le groupe État islamique (ISIS), a déclaré Forbes, un magazine sur les finances des entreprises, le 11 juillet dernier.

Les plans du Pentagone pour une intervention élargie, coordonnée avec l’organisation et le financement saoudiens, peuvent être vus comme un avertissement par le Centre d’études stratégiques et internationales: « Il existe une préoccupation légitime comme quoi la violence attirera des forces extérieures. Maintenant que des milliers de combattants étrangers de l’Etat islamique sont à la recherche de nouvelles missions au-delà de l’Etat islamique en Syrie et en Irak, de nouvelles opportunités pour défendre les musulmans les intéresseront inévitablement »(https://www.csis.org/analysis/myanmar-and-its-rohingya-muslim-insurgency publié le 7 septembre 2017).

Tous les pays de la région, y compris le Bangladesh, le Myanmar et la Chine, ont tout intérêt à une réconciliation pacifique avec le peuple rohingya. La région a besoin d’un développement coordonné, pas de l’énorme perturbation produite par la guerre.

Par Sara Floundersworkers.org | 10 octobre 2017

Article original en anglais: https://www.workers.org/2017/10/10/why-u-s-and-saudi-arabia-back-rohingya-in-myanmar/

Traduit par La Gazette du Citoyen

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Marcel Gauchet : «L’idée que le passé peut être remodelé à volonté est une idée totalitaire»

L’historien et philosophe déplore que nous soyons passés du roman national à la fable multiculturaliste, troquant une fiction pour une autre, là où l’histoire devrait chercher la vérité.

ARG HISTOIRE GAUCHETL’histoire est devenue un champ de bataille. De la polémique autour du livre de Patrick Boucheron à la volonté affichée par certains d’effacer les personnages controversés de notre passé, la querelle historique, spécialité française, continue de plus belle. L’historien et philosophe Marcel Gauchet analyse le nouveau rôle de l’histoire dans des sociétés mondialisées. Il déplore que nous soyons passés du roman national à la fable multiculturaliste, troquant une fiction pour une autre, là où l’histoire devrait chercher la vérité. Il met en lumière les paradoxes d’une époque à la fois obsédée par la mémoire et désireuse de remodeler le passé au nom d’un «ethnocentrisme du présent». Mettant en garde contre les dérives d’une histoire pénitentielle et moralisante, il plaide pour un nouvel enseignement qui aide à comprendre le monde de plus en plus complexe dans lequel nous vivons.

LE FIGARO. – Durant la présidentielle, les quatre principaux candidats ont évoqué le «récit» ou «roman» national. Pourquoi le retour de cette question sur la scène politique?

Marcel GAUCHET. – Une remarque préalable: la notion de «roman» est pour le moins malheureuse. Toute histoire revêt la forme d’un récit, mais ce récit a la particularité de chercher à être vrai. La préoccupation qui ramène la question sur le devant de la scène me semble double. Elle naît d’abord d’une inquiétude devant le fait que l’enseignement scolaire de l’histoire «n’imprime plus». Les élèves l’oublient aussitôt qu’ils l’ont appris. D’où une certaine anxiété devant la perspective d’une société dont les jeunes générations n’auraient plus de lien avec le passé. Or, l’élément de légitimation historique de la conscience collective a en France une importance très grande. Car, depuis la Révolution française, le débat politique s’est organisé sur fond de bataille historique. Au-delà, il y a une inquiétude plus diffuse, qui n’a pas trouvé son langage, …

Source : Lefigaro.fr  (pour les abonnés seulement)


 

Version pdf de l'article disponible sur demande auprès de la délégation régionale (je n'ai pas pu télécharger le fichier sur le site)

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 P.G.

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L’UE donne ses directives aux médias pour contrôler la pensée des citoyens

Article suggéré par S.R. (UPR 87)


 

(...)

ARG LIBERTE EXPRESSION RUEUn nouveau projet de l’UE intitulé pudiquement « Respect des mots » (1) doit servir de guide aux journalistes européens. Il est destiné à opérer un grand lavage de cerveau des Européens, puis à contrôler leur esprit pour qu’ils modifient la perception de ce qu’ils voient et ce qu’ils vivent.

(...)

Selon la directive européenne, nous autre journalistes, ne devons plus parler d’«extrémistes» et, lorsque nous parlons de la criminalité des migrants, nous ne devons pas mentionner leur ethnicité, à moins que cela ne soit «pertinent» par rapport au contexte de l’histoire. Selon moi, si les migrants représentent une catégorie à risque, il est pertinent d’en informer les citoyens. L’UE pense le contraire.

Je me souviens encore de ces deux homosexuels qui ont été lynchés devant un club gay du Marais à Paris, et dont les visages tuméfiés ont fait la une des médias pendant toute une semaine pour dénoncer l’homophobie des Français, afin de diaboliser ceux qui s’opposaient au mariage pour tous. Sauf que les médias oublièrent de préciser que les agresseurs étaient musulmans… Désinformation réussie.

Les « directives » sont promues sous le slogan: « Le journalisme éthique contre le discours haineux ». Ben voyons ! Comme il est facile de coller l’étiquette « haine » sur tout ce qu’on ne souhaite pas voir publié.

(...)

Les directives contiennent des suggestions sur la manière dont les journalistes doivent s’exprimer sur certains sujets : l’immigration, l’islam et l’islamisation en sont quelques exemples. Tout cela avec le recours inévitable à une terminologie politiquement correcte qu’il serait plus juste de renommer pour ce qu’elle est : le contrôle de la pensée. Poussé à l’extrême aux Etats-Unis, ce contrôle a donné en retour de boomerang la victoire au Président Trump qui viole plusieurs fois par jour le politiquement correct.

Même si les directives disent prudemment qu’il n’y a pas de «définition spécifique» du «discours de haine», elles suggèrent que nous les journalistes ne devrions pas produire de «discours de haine». Autrement dit : nous ne voulons pas définir ce qu’est un discours de haine car il engloberait des sujets sur lesquels nous approuvons les discours de haine, mais vous demandons de ne pas en produire. Facile et vicieux.

Aussi, lorsque nous jugeons nécessaire de produire un discours de haine, nous devrions «fournir un contexte et remettre en question ces notions».

Les lignes directrices disent aussi que les «extrémistes» devraient être totalement ignorés, alors que, fait intéressant, il y a beaucoup de chapitres appelant les médias à publier plus d’histoires sur les immigrants, les musulmans etc. et que les extrémistes de droite doivent être abondamment dénoncés.

(...)

«L’autre» dit une autre directive, consiste à créer une opposition binaire et mutuellement exclusive entre les deux groupes supposés homogènes: «nous» et «eux».(...)

Remarquez le choix des mots.

  • On nous demande de parler des migrants du Moyen-Orient et d’Afrique comme s’ils n’étaient pas différents de nous, alors qu’ils le sont en réalité.
  • On laisse sous-entendre que l’utilisation de mots décrivant d’autres groupes comme étant «différents» de nous est quelque chose de haineux ou d’insultant. Ce n’est pas le cas ! Il s’agit juste d’énoncer une réalité. Mais cette réalité contredit le narratif, alors il faut faire comme si la réalité n’existe pas.

Conclusion

Voilà encore une nouvelle tentative totalitaire de l’UE pour imposer sa vision du monde, et dire en substance aux citoyens européens qu’ils doivent être protégés contre eux-mêmes, et que les Eurocrates savent mieux que les citoyens ce qui est bon pour eux, et qu’il faut remettre entre leurs mains votre destin, votre volonté propre, vos pensées.

L’UE nous ordonne, à nous journalistes, quoi écrire et comment l’écrire. Ce n’est pas plus dangereux que ce qui se passait dans les dictatures communistes.

Et si les gens ne veulent pas prendre conscience de toutes ces choses, s’ils ne veulent pas décider par eux-mêmes, je respecte leur droit au confort qui consiste à laisser les élites contrôler leurs pensées, je respecte leur décision de disparaître en tant que peuples européens, leur droit au suicide collectif.

© Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

(1) respectwords.org/Reporting-on-Migration-and-Minorities

 

 

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dimanche 22 octobre 2017

La chaîne russe RT France lancée en décembre

Opération séduction pour la chaîne d'information russe RT. En amont du lancement à la fin de l'année de sa version française, elle mène actuellement une intense campagne de communication au Mipcom, le marché des programmes audiovisuels de Cannes. Objectif : faire entendre sa voix alternative, et redorer son image. Financé à 100% par l'État russe, l'organe de presse est soupçonné d'être un instrument d'influence du gouvernement de Vladimir Poutine.

ARG PEUR POUTINEEn acceptant de quitter Berlin -et la direction de l'agence de presse Ruptly- pour Paris, Xenia Fedorova savait qu'elle relevait un défi. Elle n'avait pas mesuré à quel point la marque RT sentait le soufre dans la sphère politico-médiatique française. Depuis plusieurs mois, la jeune présidente et directrice de l'information de RT France prépare le lancement en décembre prochain de la version française de la chaîne d'information russe (ex-Russia Today). Mais depuis la campagne présidentielle, elle est sous pression. Financé à 100% par l'état russe, RT est soupçonnée, au même titre que l'agence de presse en ligne Sputnik, d'être un instrument de propagande et une source d'informations mensongères (« fake news ») au service de la politique de Vladimir Poutine. Des accusations émises par le président Macron lui-même.

Xenia Fedorova a donc profité du marché des programmes audiovisuels, le Mipcom de Cannes, pour se lancer dans une opération séduction. Cette intense campagne de communication menée auprès de toute la presse française a deux objectifs : redorer la réputation de RT, mise à mal « par la presse et les médias » et promouvoir la future version française. Forte de son slogan « Osez questionner », RT France entend proposer une « perspective différente », une voix alternative face à la « pensée unique ».

« Nous sommes une chaîne russe financée par l'État, mais dans un groupe où les équipes sont internationales et composées de peu de Russes. Notre modèle économique et notre concept ne sont pas tellement différents celui de chaines d'information internationales comme BBC News ou France 24, défend Xenia Fedorova. Notre objectif est de couvrir les actualités locales, régionales et internationales qui touchent la France et le monde francophone, tout en mettant l'accent sur les aspects trop souvent négligés par nos confrères. »

Jugeant absurde de « critiquer une chaîne qui n'est pas encore lancée », Xenia Fedorova, qui indique que l'audience de son site en français lancé en 2015 a doublé depuis un an, veut surtout croire au soutien du public. Notamment jeune, qui ne se retrouve pas dans l'offre actuelle.

 Un lancement à 20 millions d'euros

Pour cela, RT France peaufine sa programmation : elle diffusera 24 heures sur 24, produira plus de 10 heures de direct par jour et un journal par heure. Des créneaux seront consacrés à des documentaires et des magazines, produits en interne ou achetés. Côté distribution, la chaîne espère être reprise sur les box des opérateurs télécoms. À ce jour, aucun accord n'a été conclu, mais Xenia Fedorova se veut « confiante », expliquant que RT France pourrait aussi selon les cas, se substituer à RT International, sa grande sœur diffusée en anglais. Elle sera en parallèle disponible en clair sur les satellites Astra 19.2 et Eutelsat 5W.

Avec un budget de lancement de 20 millions d'euros (un peu moins en fonctionnement annuel par la suite), le projet RT France n'est pas un mince chantier, mais « représente une étape logique dans la croissance du groupe ».

Depuis le lancement de sa chaîne en anglais en 2005, RT a lancé depuis Moscou des déclinaisons en arabe en 2007, en espagnol en 2009, a créé la filiale RT Doc en 2011, l'agence de presse Ruptly en 2013 en Allemagne et la chaîne RT UK  en 2014. Le groupe revendique 70 millions de téléspectateurs chaque semaine dans 38 pays et 5 milliards de vues sur YouTube.

Une équipe de 150 personnes

Dans l'équipe française, c'est Jerôme Bonnet, cofondateur du journal satirique Zelium, qui a été nommé rédacteur en chef adjoint pour le digital. « Les équipes s'étoffent, mais ne sont pas encore au complet »précise Xenia Fedorova qui prévoit d'embaucher près de 150 personnes, dont 50 journalistes. Elle vient de recruter Nadia de Mourzitch, ancienne directrice adjointe des magazines de TF1, comme directrice des programmes. Celle-ci travaillera notamment avec Jean-Maurice Potier, ex-présentateur de JT sur LCI et l'ancien consultant Vincent Fazekas, nommé directeur du marketing. Xenia Fedorova cherche aussi une personnalité forte pour animer les débats de la chaîne.

Jouer la transparence

Tout comme France 24 porte le point de vue de la France sur les affaires du monde, RT France donnera écho aux positions russes. Pour autant, sa présidente affirme que sa chaîne se pliera aux règles d'indépendance de l'information. Elle est en tout cas très attendue par le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) sur ce point.

« Un article de notre convention signée en 2015 est consacré à l'indépendance de l'information, une charte interne est aussi en cours de rédaction rapporte Xenia Fedorova. Nous reviendrons prochainement aussi vers le CSA avec le nom de la troisième personne de notre comité d'éthique. »

Composé de Jacques Sapir  (professeur à l'EHESS et animateur d'une émission sur Radio Sputnik), et de l'ancien député Thierry Mariani, le comité doit trouver le remplaçant d'Hélène Carrère d'Encausse, qui s'est désistée.

« Je suis pour la transparence, nous n'avons rien à cacher », martèle Xenia Fedorova.

À Cannes, RT France a aussi organisé une soirée : sa boucle de programmes, à l'habillage punchy et au bandeau vert, démontait ostensiblement un reportage de France 2 évoquant les « fake news » qu'auraient orchestré les organes de presse russe.

Les médias français mis à la question ? Réponse en décembre !

http://www.latribune.fr/technos-medias/medias/la-chaine-russe-rt-france-lancee-en-decembre-754728.html#xtor=EPR-2-[l-actu-du-jour]-20171019

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samedi 21 octobre 2017

Information et désinformation, une expérience de journaliste

Avec sincérité et une grande sensibilité, Frédéric Saillot nous parle ici d’une expérience qui est aussi la nôtre : la lutte éprouvante contre la désinformation de la presse traditionnelle. Il s’agissait alors du Kosovo. De la Libye à la Syrie, tant d’autres pays allaient suivre. [ASI]

ARG OTAN YOUGORetranscription de l’exposé de Frédéric Saillot à la conférence sur “La société civile, les médias et le pouvoir”, organisée à Moscou le 2 novembre 2016 par l’Association des Fondations internationales pour la paix, la Fondation des perspectives historiques et l’Université des sciences humaines de Russie, avec le soutien du Syndicat des retraités de Russie.

Source: Eurasiexpress

(...)

 

 

Tout d’abord je voudrais vous dire que mon expérience de la désinformation, dont je vais vous parler aujourd’hui, est une expérience très ancienne, parce qu’une partie de ma famille vient de Russie, via la Pologne. Ce qui fait que comme beaucoup de gens en France, à l’Ouest, qui sont dans cette situation, nous étions sensibles à la façon dont l’information était faite sur ce qui se passait à l’Est, notamment du fait qu’il y avait le mur, il y avait le rideau de fer, il n’y avait pas internet à cette époque-là, et donc nous étions d’une certaine manière formés à la lecture et au décryptage des informations qui nous parvenaient de là-bas, ou qui nous parvenaient “sur là-bas”, avec tous les prismes idéologiques, culturels, etc, que nous avons appris à prendre en compte.

Ce qui fait que lorsque l’éclatement de la Yougoslavie a commencé au début des années 90, c’est avec une extrême méfiance que j’ai reçu les informations qui étaient données sur cette situation, notamment dans le journal Le Monde, que je lisais depuis l’adolescence, qui était un excellent journal d’informations internationales, mais qui à cette époque-là a commencé à donner de fausses informations, de mauvaises informations sur ce qui se passait là-bas, diabolisant notamment les Serbes, leur faisant porter la responsabilité de tout ce qui se passait de conflits d’abord en Croatie, ensuite en Bosnie et enfin au Kosovo.

Toute une génération de journalistes français ont été formés à véhiculer la propagande de l’OTAN dans ces années-là, ce qui explique le diagnostic qui a été porté par certains d’entre vous sur l’état de la presse française.

A cette époque-là j’étais dans l’Education nationale, j’étais professeur de français, dans un milieu très particulier, qui à mon sens est une sorte de goulag idéologique, qui véhicule le politiquement correct, l’information déformée par le politiquement correct, ce qui participe de cette désinformation au sens large – j’en parlerai plus précisément tout à l’heure – qui commence à se faire à cette époque. Jusqu’aux bombardements du Kosovo, qui ont été terribles pour ceux qui avaient un lien avec cette partie de l’Europe, avec les Balkans et avec l’Est en général. Nous étions non pas sous les bombes mais nous ressentions les bombardements de façon très charnelle, très sensible, et nous subissions le matraquage de la presse. Ca a été une période de deux mois et demi qui a été épouvantable et qui a changé la vie de beaucoup de gens à ce moment-là, dont la mienne.

Et c’est en lisant un livre, un roman, le roman de Vladimir Volkoff qui s’intitule L’Enlèvement, que j’ai commencé à lire l’envers du décor. Vladimir Volkoff a écrit ce livre qui se passe en Bosnie, c’est une fiction, mais j’ai su plus tard qu’il avait recueilli l’expérience d’un officier français du renseignement qui avait opéré en Bosnie et qu’il avait aussi recueilli pas mal de témoignages sur ce qui se passait notamment dans les camps dans lesquels les Musulmans enfermaient les Serbes.

En 2003, après avoir vainement lutté contre la réforme de l’Education nationale qui coupe la jeunesse française de ses racines aussi bien historiques que culturelles et littéraires, puisque c’était le domaine que j’enseignais, je décide de démissionner, en septembre 2003, pour m’occuper de ce qui commençait à m’intéresser de plus en plus, à savoir la culture de l’Est et notamment polonaise à cette époque-là.

J’écris un livre, je ne trouve pas à le publier, et en mars 2004 éclatent les émeutes au Kosovo, où la population albanaise, les franges radicalisées de la population albanaise, s’en prennent aux monuments religieux et à la population serbe, faisant des morts et détruisant des villages et des édifices religieux. Recommence à ce moment-là la campagne médiatique qui avait eu lieu pendant les bombardements de 99. Comme je n’ai pas réussi à vendre mon livre et qu’il faut que je trouve quelque chose, et que de toutes façons je suis motivé par un intérêt pour ce qui se passe, et pour vérifier ce qui se dit dans la presse, à savoir : “si on avait donné l’indépendance plus tôt aux Albanais, tout cela ne serait pas arrivé”, je décide d’aller là-bas pour faire un premier reportage qui va me conduire quinze jours au Kosovo et à interviewer un certain nombre d’anciens responsables de la mission  internationale lorsque je rentre du Kosovo.

Je me rends compte alors que ce qui est raconté dans la presse est totalement faux : on raconte dans la presse que les bombardements ont été nécessaires parce que les Serbes s’apprêtaient à faire une purification ethnique des Albanais au Kosovo, je me rends compte qu’au Kosovo des Serbes survivent, ils sont persécutés par la majorité albanaise. Ils ne survivent que grâce à des institutions qu’ils maintiennent comme les écoles, les hôpitaux et certaines municipalités. Par contre, du côté majoritairement serbe, c’est à dire à Mitrovica et au nord de Mitrovica, des Albanais vivent, alors peut-être pas en parfaite bonne entente avec la population serbe, mais ils peuvent y vivre, alors que les Serbes sont chassés du sud de Mitrovica. Leur cimetière est vandalisé alors que le cimetière musulman qui est au nord de Mitrovica, dans la partie serbe, a été respecté, car les Serbes respectent les morts.

Quand je rentre du Kosovo j’essaie de vendre mon reportage qui est, pardonnez-moi mon manque de modestie, relativement bien ficelé, qui me prouve en tout cas à mes yeux que je suis capable de faire un reportage, ce qui n’était pas évident au départ. Je vais alors à la librairie de l’Âge d’homme, à côté de la place Saint-Sulpice, qui est un lieu connu de ceux qui s’intéressaient au monde slave, je parle au passé parce que cette librairie n’existe plus, Vladimir Dimitrijevic qui la tenait et qui était le directeur des éditions de l’Âge d’homme est malheureusement décédé il y a de cela quelques années. Et là je trouve conseil de placer mon article chez B.I.(Balkans Infos) ou chez Spectacle du monde, une revue assez luxueuse, mensuelle, alors que B.I. est un journal de réinformation sur les événements de Yougoslavie depuis 1996. Il a été fondé par Louis Dalmas et par d’autres personnages assez prestigieux comme Vladimir Volkoff que je citais tout à l’heure, le général Gallois, ancien chef d’état-major de l’armée de l’air française et géopolitologue, ou comme Kosta Christitch, ancien grand reporter au Point pour les Balkans et l’Europe de l’est. Spectacle du monde refuse mon article mais me dit qu’à l’automne 2004 ils allaient me faire commande d’un article pour plusieurs centaines d’euros sur les Albanais du Kosovo, à l’occasion des élections locales dans la perspective de la discussion du futur statut du Kosovo. Donc moi je suis tout content, parce que j’ai pas un sou. Je publie mon article dans Balkans Infos, je fais connaissance de Louis Dalmas qui me reçoit très chaleureusement et au mois de novembre j’ai la commande de l’article par Spectacle du monde sur les Albanais du Kosovo.

J’écris donc un article dans la perspective de la discussion du futur statut, où je montre ce que je viens de vous dire à propos de mon premier reportage et où je dis qu’étant donnée la situation dans cette région, où sévit une mafia très puissante, basée sur l’organisation clanique de la société albanaise, et où la guérilla séparatiste désarmée pour la forme fait régner la terreur, l’indépendance ce sera l’épuration ethnique totale des Serbes qui vivent au sud du Kosovo, ce n’est pas une solution dans la mesure où ils ont déjà beaucoup de mal à y vivre.

Lorsque cet article est publié au mois de janvier 2005, je me rends compte qu’il a été déformé, qu’il a été falsifié, et que sur plusieurs points, Spectacle du monde ajoute des éléments que je n’ai pas écrits et qui sont : les Serbes auraient pratiqué une sorte d’apartheid dans leurs structures parallèles, à savoir que leurs écoles, leurs hôpitaux et leurs municipalités étaient réservés à eux seuls et qu’ils en excluaient les Albanais, et Spectacle du monde excuse d’une certaine manière les émeutes de 2004 en disant qu’il s’agit d’un “nettoyage ethnique à l’envers”, à savoir que les Serbes auraient pratiqué auparavant le nettoyage ethnique, ce qui justifie a posteriori les bombardements de l’OTAN. Donc on me paie l’article plusieurs centaines d’euros et je suis confronté à un choix : soit j’accepte l’article tel qu’il a été déformé par la rédaction de Spectacle du monde sans m’en informer et je conserve un moyen d’exercer une activité dans laquelle je pourrai glisser un minimum de vérité sur les reportages que je ferai, soit je refuse et j’attaque en justice la rédaction de Spectacle du monde mais je m’expose, déjà à un échec, et à une sorte de mise à l’écart sur le plan professionnel. Je suis tellement dégoûté par la façon dont la rédaction a agi, me mettant au pied du mur, m’obligeant à pratiquer un journalisme mercenaire ou de faire autre chose, que je décide d’attaquer en justice la rédaction de Spectacle du monde. Grâce à Louis Dalmas je suis défendu par maître Roland Dumas, et par sa très efficace collaboratrice, maître Agathe Denis, qui obtient la condamnation de Spectacle du monde pour atteinte à mon droit moral d’auteur, jugement confirmé en appel qui fait jurisprudence dans la presse française.

Lorsque l’on pratique le journalisme, on est en effet face à un choix : celui d’accepter ou non la situation que vous imposent les rédactions. Pour Spectacle du monde quelqu’un a dit tout à l’heure que l’oligarque qui détient le groupe Valmonde dont fait partie Spectacle du monde, il s’agit du groupe Dassault, est plutôt favorable à la Russie. Il s’est avéré dans l’enquête que j’ai faite après pour comprendre pourquoi mon article avait été falsifié, qu’il avait été l’objet d’une opération de désinformation : Spectacle du monde entérinait d’une certaine manière les bombardements et  promouvait un parachèvement du règlement de la question yougoslave par la partition ethnique, ce qui était contre les principes affichés des bombardements, qui étaient précisément de défendre le multiethnisme qu’on accusait les Serbes de mettre à mal, alors que les Serbes sont les seuls dans la région à pratiquer un multiethnisme réel, concret, dans les parties où ils vivent.

Je vais conclure en disant qu’après cela, j’ai rencontré Vladimir Volkoff : je lui ai envoyé mon premier reportage, et il m’a tout de suite proposé d’écrire un livre sur les massacres falsifiés de l’histoire, dont Katyn et Racak, pour sa collection sur la désinformation qu’il dirigeait aux éditions du Rocher. J’accepte et je travaille sur le massacre de Katyn. Vous savez tous que c’est un massacre ordonné par Staline, Molotov et ses collègues, et le fait de l’attribuer aux Allemands après la guerre a participé au règlement de Yalta, dans la mesure où, si la vérité avait éclaté sur le massacre de Katyn, à savoir que c’était un crime du NKVD commandé par Staline, il n’aurait pas été aussi facile à Staline d’imposer la domination soviétique sur l’Europe centrale.

Quant à Racak, c’est la façon dont un certain nombre de cadavres sont présentés par la mission internationale, l’OSCE, un petit matin de janvier 99 dans le centre du Kosovo à toute la presse internationale en présentant ces cadavres comme étant le fait d’une épuration ethnique pratiquée par les troupes serbes dans un village albanais, les morts sont présentés comme des villageois assassinés. Et cette désinformation, parce qu’il s’agit d’une désinformation, je vais un peu vite mais c’est au terme d’une véritable enquête journalistique que je suis arrivé à cette conclusion, cette désinformation devait servir à un casus belli pour faire entrer l’aviation de l’OTAN en action. Je fais une enquête très poussée, notamment grâce à Renaud Girard, qui est grand reporter au Figaro, une des rares exceptions dans le paysage médiatique français. Il me briefe sur ce qui s’est réellement passé à Racak dans la mesure où il y avait un journaliste présent le jour de la prétendue descente de l’armée serbe pour y assassiner des villageois, alors qu’il s’agissait de combats à proximité contre une unité séparatiste, il s’agit de Christophe Châtelot du journal Le Monde. Renaud Girard apprend qu’il était ce jour-là à Racak, et il l’incite à témoigner. Il se trouve qu’il y avait aussi une équipe de télévision ce jour-là AP (Associated Press) TV news. Donc je me rends compte qu’on a affaire à une véritable opération de désinformation.

Car la désinformation ce n’est pas seulement dire autre chose que la vérité, ça n’est pas seulement dire une vérité biaisée, comme on le conçoit généralement, c’est une véritable opération qui est sourcée dans l’Etat qui la réalise à l’aide de ses services, qui utilise le média de la presse internationale de façon à convaincre l’opinion publique. Vous savez que dans les démocraties, lorsqu’une décision stratégique est à prendre, il faut que l’opinion publique adhère à la décision qui va être prise, comme aujourd’hui on cherche à faire croire que la Russie et Assad massacrent la population syrienne de façon à justifier une intervention des forces occidentales. Donc en investiguant sur le cas Racak, je me suis rendu compte que la CIA, pour ne pas la nommer, était intervenue dans la polémique qui a surgi au lendemain du “massacre de Racak” et du témoignage des journalistes français, pour faire passer cette désinformation, au sens fort du terme.

Eurasiexpress

Publié le 5 novembre 2016

Source: http://www.eurasiexpress.fr/information-et-desinformation-une-experience-de-journaliste/
http://arretsurinfo.ch/information-et-desinformation-une-experience-de-journaliste/

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Washington reconnaît l'usage d'armes chimiques par des djihadistes issus du Front Al-Nosra

Dans un texte de recommandations à destination de ses ressortissants, le département d'Etat américain signale que le groupe Hayat Tahrir al-Cham, rassemblant notamment les combattants de l'ex-Front Al-Nosra, employait des armes chimiques.

59e9f01f488c7b09178b4567Le porte-parole du ministère de la Défense russe, le général Igor Konachenkov a pointé du doigt, le 20 octobre, un texte publié par le département d'Etat américain, exprimant pour la première fois, selon le militaire russe, la reconnaissance par Washington de l'utilisation d'armes chimiques par les djihadistes de l'ex-Front Al-Nosra.

Dans ce texte à destination des ressortissants américains en Syrie, le département d'Etat fait un tour d'horizon de la situation du pays. Evoquant les agissements du groupe Hayat Tahrir al-Cham, né de la fusion de plusieurs groupes rebelles djihadistes syriens dont le Fatah Al-Cham (ex-Front Al-Nosra, issu d'Al-Qaïda), l’institution précise que ce groupe a consolidé son pouvoir dans la province d'Idleb à partir de juillet 2017.

«Les tactiques de l'Etat islamique, Hayat Tahrir al-Cham et d'autres groupes extrémistes violents incluent l'usage d'attaques suicides, d'enlèvements, d'armes lourdes et légères, d'explosifs artisanaux et d'armes chimiques», peut-on lire sur le site officiel du ministère américain des Affaires étrangères. Pour les autorités russes, il s'agit d'une première reconnaissance des crimes de guerre commis par les djihadistes de l'ex-Front Al-Nosra.

«C'est la première reconnaissance officielle du département d'Etat [américain], pas simplement de la présence, mais, je le souligne, de l'usage d'armes chimiques par les terroristes du Front Al-Nosra dans cette partie de la Syrie pour commettre des attaques terroristes, ce que nous avons maintes fois dénoncé», a ainsi déclaré le général russe, non sans rappeler au passage que le seul cas d'usage d'armes chimiques connu dans la province d'Idleb était celui de Khan Cheikhoun, en avril 2017.

Or, cet incident chimique, qui a causé la mort d'environ 80 personnes, a été imputé à l'armée syrienne par les Etats-Unis, mais aussi ultérieurement par une commission d'enquête de l'ONU. En réaction, bien avant la publication des résultats de cette enquête et sans fournir de preuves sur l'origine de cette attaque, les Etats-Unis avaient tiré 59 missiles Tomahawk sur la base aérienne syrienne d’Al-Chaayrate, près de Homs. 

Le gouvernement syrien avait pourtant formellement démenti être l'auteur de ce drame, accusant par la suite les enquêteurs de l'ONU de se baser sur «des témoins, des victimes, des membres de services de secours et des médecins», venant de la province d'Idleb contrôlée par les islamistes du Front Fatah Al-Cham.

Une collusion entre les services américains et les djihadistes d'Al-Nosra ?

La Russie a dénoncé à plusieurs reprises une certaine tolérance, voire des formes de collusions, entre Washington et les islamistes du Front Al-Nosra ou assimilés. Le 20 octobre 2017, le chef de l’état-major russe, Sergueï Roudskoï avait, par exemple, accusé les services américains d'avoir planifié une offensive très importante des djihadistes du Front Fatah Al-Cham et d'autres groupes sur les troupes gouvernementales dans la province d'Idleb.

Le 26 juin à Moscou, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, s'était déjà étonné d'une relative tolérance des Etats-Unis envers le groupe terroriste.

«Nous avons la très forte impression, dans notre combat quotidien contre le terrorisme en Syrie, que les Etats-Unis épargnent le Front Al-Nosra, ou peu importe son nom actuel», avait-il déclaré lors d'une conférence de presse.

https://francais.rt.com/international/44788-departement-detat-americain-a-reconnu-al-nusra-utilise-armes-chimiques-selon-moscou


 

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Migrants et médias, Macron tient ses promesses, approbation discrète

Promesses tenues ! Avec discrétion. Une nouvelle sobre tombe sur les prompteurs des salles de rédaction le 9 octobre 2017 peu avant minuit. Le Figaro et Le Point sont les premiers à réagir en ligne : « La France va accueillir 10 000 réfugiés » d’ici 2019. Comment cette nouvelle est-elle relayée dans les médias entre le 9 et le 12 octobre ?

ARG MIGRANTS OJIMLe sujet est évidemment très sensible

La question se pose ou devrait se poser tant le sujet des migrants est sensible depuis deux ans. Chacun ayant pris conscience des omissions volontaires relatives à l’origine de la majorité des migrants. Omissions au niveau de l’Union Européenne et des États, largement relayées par une presse sous influence. Tous l’affirmaient comme un seul homme : les migrants seraient tous des « réfugiés ». Des personnes obligées de fuir des pays en guerre que nous aurions le devoir d’accueillir. Il s’agissait pourtant et avant tout d’hommes jeunes, migrant pour des raisons économiques. L’Europe aurait un tel besoin de bras jeunes, masculins et corvéables, qu’un petit mensonge… La donne a un peu changé : un effet des récentes élections, en France comme en Allemagne. Nombre d’observateurs le notent, par exemple en France : la transformation du paysage ethnique des villes ne va pas sans poser de problèmes. Alors, comment maintenir la fable ?

Les faits ? La France va ouvrir 10 000 places

L’information tombée le 9 octobre au soir et relayé ensuite jusqu’au 12 octobre ? Le Figaro a dégainé le premier, suivi de peu par Le Point : « La France va démarrer “dans les prochaines semaines” des missions au Niger et au Tchad pour identifier des personnes pouvant bénéficier du droit d’asile, sur des listes proposées par le Haut Commissariat de l’ONU pour les Réfugiés (HCR), a annoncé Emmanuel Macron lundi. Ces missions menées par l’Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides) visent aussi à “mieux prévenir la situation depuis le Niger et le Tchad pour prévenir un afflux de migrants économiques” non éligibles au droit d’asile, a expliqué le président, après avoir reçu à l’Élysée le président du HCR, Filippo Grandi. Au total, la France “ouvrira sur les deux prochaines années 10.000 places” pour ces réfugiés “réinstallés” depuis le Niger, le Tchad, mais aussi de Turquie, du Liban et de Jordanie, a annoncé le président ». C’est à peu de différences près ce que l’ensemble des médias relaient dans les jours suivants. Peu de choses, mais des nuances de taille.

Un seul mot vous manque et tout est…

Dès le 10 octobre, le mot « réfugiés » apparaît sur les sites de la plupart des médias. Il est parfois, mais rarement, remplacé par l’expression « migrants réinstallés ». BFMTV répercute l’information telle que fournie par la présidence de la République, introduisant cependant une première nuance de taille. D’après la chaîne d’informations en continue, ce sont toujours des « réfugiés » et non des migrants – mais ce sont aussi des « réfugiés supplémentaires ». Ce que l’immense majorité des autres médias passe sous silence. Par contre, à l’instar de l’ensemble des journaux, la chaîne répercute aussi l’élément de langage voulu par l’Élysée, sans esprit critique : il s’agit de « prévenir l’afflux de migrants économiques ». Cet élément de langage est présent dans tous les médias : de Franceinfo au Monde en passant par La Croix ou RFI. L’information est rarement dans les pages papier des quotidiens, jamais en Une. Sur les sites internet surtout. Une information de peu d’importance en somme. Résumons-nous : La France s’engage à accueillir 10 000 « réfugiés », autrement dit des personnes menacées pour cause de guerre, en plus de ceux déjà prévus – mais cela on ne le dit pas. Et ces « réfugiés » sont accueillis dans le but de restreindre l’arrivée de migrants économiques sur le territoire français. La pensée du président semble en effet bien complexe.

Complexe ? Comme une entourloupe ?

Ainsi, tout semble fait pour ne pas inquiéter une population française qui montre des signes d’agacement devant les flux migratoires. Ce n’est pas la réalité de l’inquiétude ou du risque accru de tensions que les médias relaient. Plutôt la simple parole officielle du président et de son gouvernement. Ainsi, en prolongement de l’annonce d’Emmanuel Macron, le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb a indiqué dans un communiqué que 3000 de ces migrants seront « issus des missions avancées de Ofpra au Niger et au Tchad ». Autrement dit : un tiers des « réfugiés » sont des réfugiés. 70 % seront des migrants ne venant pas d’espaces sous tensions. Le 10 octobre, lors des matinales de France Inter ou d’Europe 1, ce sont les mêmes éléments de langage. L’information disparaît ensuite des médias, et n’est du reste pas relayée par les principaux hebdomadaires en fin de semaine – ni dans L’Obs ni dans L’Express par exemple. Seuls les versions internet des hebdomadaires et quotidiens papier s’en sont fait l’écho. Une information reléguée au second plan pour cause de Catalogne et de mouvements sociaux ?

Conclusion ?

L’État français va accueillir plus de migrants que prévu et continuer d’imprimer dans l’opinion publique cette idée que la majorité d’entre eux sont des « réfugiés ». Avec l’aide de médias qui ne s’interrogent ni sur les éléments de langage fournis par le pouvoir politique ni sur la réalité du terrain, autrement dit sur ce qui est vécu par les populations amenées à concrètement accueillir ces migrants. Tout se passe comme si pouvoirs politiques et médiatiques avaient entériné ce fait que les migrations seraient devenues la norme. Une prétendue norme jamais questionnée par les médias. Par contre, le 12 octobre L’Obs se pose d’autres questions urgentes : « Pourquoi les nationalismes progressent ? » ou « Qui veut la peau d’Anne Hidalgo ? ». Drôle d’époque pour une presse qui ne paraît plus à même de faire de liens entre différents faits, ni de hiérarchiser les informations par rapport au Pays réel. À moins que ce ne soit délibéré ?

https://www.ojim.fr/migrants-medias-macron-tient-promesses-approbation-discrete/?utm_source=Newsletter&utm_campaign=a317b1bbf7-mailchimp&utm_medium=email&utm_term=0_ca15a58a97-a317b1bbf7-71509009


 

BASE 14 995X225Quelle que soit l'opinion qu'on ait sur les questions migratoires, force est de constater une fois de plus que la presse en France n'est pas l'expression d'une information diversifiée et pluraliste mais fonctionne avant tout au service de la communication des pouvoirs en place. Quitte à se décrédibliser toujours un peu plus. Voire déservir la cause défendue en renforçant l'agacement des lecteurs. Une telle stratégie ne peut fonctionner qu'avec des subventions, échange de bons procédés...  P.G.

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vendredi 20 octobre 2017

«Avant/Après» 1948 : des affiches sur le sort des Palestiniens bannies des transports londoniens

Des affiches dénonçant le non-respect de l'engagement pris en 1917 par le Royaume-Uni de protéger les populations non-juives de Palestine, ont été bannies des transports londonniens. Le représentant de l’Autorité Palestinienne crie à la censure.

59e8cc2d488c7beb768b4567Les interdictions d’afficher dans les stations de métro et de bus de la Transport for London (TfL), l'organisme public responsable des transports en commun de Londres, sont fréquentes pour des motifs de nudité, mais le sont plus rarement pour des raisons politiques. Or, elles viennent de frapper une campagne sur le sort des Palestiniens depuis la création de l'Etat d'Israël en 1948, selon des informations rapportées par plusieurs médias, dont le Guardian

Trois types d’affiches mettaient en parallèle, chacune, deux clichés photographiques, l'un présenté comme issu d'avant la création d’Israël, l'autre après. Plus précisément, une photo en noir et blanc représentait le peuple palestinien dans des scènes de rue ou de la vie familiale, du temps où la Palestine était sous mandat britannique. En-dessous de celle-ci, une photo en couleur figurait le présent – des ruines, des femmes endeuillées en pleurs et des camps de réfugiés.

L'organisme public des transports londonien a fait valoir que la campagne avait contrevenu aux règles, en présentant des «images ou messages en rapport avec des controverses ou avec la sensibilité individuelle». Pourtant, curieusement, une image similaire avait été autorisée dans la station de métro de Westminster, l'an dernier, selon le Guardian.

«L’histoire de la Palestine est une histoire censurée»

La campagne d’affichage, intitulée «Make It Right» («Soyez juste»), a été organisée par la Mission palestinienne au Royaume-Uni, qui représente l'Autorité Palestinienne. Son représentant diplomatique dans le royaume, Manuel Hassassian, a qualifié cette interdiction de «censure».

«L’histoire de la Palestine est une histoire censurée. Cela fait 100 ans que le gouvernement britannique masque ses promesses non tenues dans la déclaration de Balfour de protéger les Palestiniens, quand il a cédé leur pays à un autre peuple», a martelé Manuel Hassassian. Et le représentant diplomatique d'ajouter : «Il existe peut-être une liberté d’expression sur tous les sujets en Angleterre, sauf sur la Palestine.»

La campagne d'affichage en question dénonçait les conséquences de la déclaration Balfour, du nom du secrétaire britannique des Affaires étrangères de l’époque, Arthur James Balfour, signée le 2 novembre 1917. Il annonçait l’intention du gouvernement d’établir un Etat pour le peuple juif en Palestine. La déclaration comportait une promesse : «Rien ne doit être fait qui puisse porter préjudice aux droits des communautés non juives existant en Palestine». Or, cette déclaration a ouvert la voie à l'expulsion d'autochtones arabes de leurs terres.

Une campagne à l'occasion du centenaire de la déclaration Balfour

Les affiches de la campagne «Make It Right» devaient être placardées en amont des célébrations du centenaire de cette déclaration, le 2 novembre 2017.

Theresa May et son homologue, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, sont attendus à un dîner londonien célébrant l'événement. Londres, à qui le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas avait demandé des excuses pour les conséquences de la déclaration Balfour, a exprimé son refus de le faire en avril 2017. Des manifestations doivent être organisées pour le respect des droits des Palestiniens et la reconnaissance du préjudice entraîné par la promesse non-respectée des Britanniques.

La campagne d'affichage interdite dans les stations de métro et de bus sera toutefois visible sur des taxis, dont les règles d’affichages sont moins contraignantes.

https://francais.rt.com/international/44768-affiches-sur-question-palestinienne-bannies-transports

59e8cda709fac2084e8b4567

Le texte de la déclaration Balfour:

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