jeudi 19 avril 2018

Salve de missiles dans le ciel de Damas : le nouveau forfait d'un Occident en mal d'hégémonie

Pour Bruno Guigue, les frappes de Washington, Paris et Londres sur la Syrie sont une «pluie de pétards mouillés». Dénonçant un Occident «en mal d'hégémonie», l'analyste estime que cette manœuvre ne changera rien : les ennemis de Damas ont perdu.

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C’est fait. Le gang Washington-Paris-Londres vient de bombarder la Syrie. Abdiquant toute pudeur, l’habituel trio d'experts en coups tordus a expédié ses engins de mort sur un Etat-membre des Nations unies. A grand renfort de missiles, un Occident déclinant a joué les durs à distance, se gardant bien d’affronter sur le terrain un adversaire qui lui mettrait une bonne fessée. En attaquant l’appareil militaire syrien, cette coalition étriquée conduite par des pantins vaniteux a cru que sa quincaillerie de luxe lui permettrait de s’imposer. Mais c’est oublier que la donne stratégique change à toute vitesse. En matière militaire, il y a loin de la coupe aux lèvres, surtout lorsque l’objectif à atteindre est fantasmatique. Expérimentée sous la présidence de Bill Clinton, la technique des frappes chirurgicales vient de connaître un nouvel avatar, dont il n’est pas sûr qu’il soit le plus réussi.

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N’en déplaise à des dirigeants auto-satisfaits, cette opération-éclair a brillé par sa nullité et sa fourberie politique n’a eu d’égale que son inanité militaire. En réalité, le bilan est proche de zéro. Aucun résultat opérationnel, aucun impact psychologique, aucun intérêt politique. Ce fut tout juste une pluie de pétards mouillés sur Damas, un exercice d’entraînement grandeur nature pour la défense anti-aérienne syrienne, un tir au pigeon où le missile occidental, ce joujou prétentieux, a fini par jouer le rôle du pigeon. Les «beaux missiles» de Trump ont fini en morceaux, pitoyables tas de ferraille destinés au futur musée de l’impérialisme à Damas. Ce résultat est d’autant plus significatif que la Défense contre avions (DCA) syrienne a combattu seule l’agresseur étranger, sans l’aide de ses alliés, même si l’appui technique russe a sans doute joué un rôle décisif.

Même désastre sur le plan de la guerre psychologique. On ne s’imaginait quand même pas, à Washington, Londres et Paris, que le peuple syrien serait tétanisé par cette lâche agression. Elle a plutôt produit l’effet inverse, car la couardise de l’adversaire, en général, consolide le moral des troupes. Les premières images en provenance de Damas furent celles d’une population souriante, brandissant fièrement le drapeau national et le portrait du président Bachar Al-Assad. Les trois pieds nickelés de la géopolitique n’impressionnent pas les Syriens. En détruisant les trois quarts des missiles ennemis, la défense anti-aérienne syrienne a résumé à sa façon la réponse de ce peuple courageux à l’agresseur néo-colonial. La DCA de l’armée arabe syrienne est comme la métaphore d’un peuple qui résiste victorieusement, depuis 2011, à une tentative de destruction multiforme.

Bien entendu, les fauteurs de guerre occidentaux ont fait tourner les rotatives d’une propagande mensongère pour tenter de justifier leur entreprise erratique. Mais la supercherie a fait long feu. Il s’agissait, dit-on, de punir le régime syrien pour l’emploi de l’arme chimique contre les civils de la Ghouta. Mais où sont les preuves détenues par les trois agresseurs ? On nous répond qu’elles sont accablantes mais qu’il est impossible de les communiquer, car elles sont «classifiées». Un enfant de quatre ans comprendrait le stratagème. S’il y a des «preuves», au demeurant, on pourrait les trouver sur place, et c’est pourquoi l’Organisation internationale pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) a accepté l’invitation du gouvernement syrien. Mais le jour même de l’arrivée de ces experts, le trio occidental a bombardé Damas. Inutile de faire un dessin : quand on accuse sans preuves un coupable désigné d’avance, on n’a pas besoin d’enquête.

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En réalité, la politique belliciste d’un Occident en mal d’hégémonie pourrit tout ce qu’elle touche. Elle brandit les droits de l’homme, mais c’est pour soutenir les terroristes. Elle chante les louanges du droit international, mais c’est pour mieux l’anéantir. Elle parle de démocratie, mais elle la viole à domicile tout en déniant aux autres nations le droit à l’autodétermination. Quand Macron annonce qu’il va «punir» le président syrien lors d’une conférence conjointe avec le prince héritier d’Arabie saoudite, il se moque du peuple français. La triplette belliciste USA/France/Grande-Bretagne est comme la grenouille qui veut être plus grosse que le bœuf. Elle s’imagine qu’elle est le centre du monde alors qu’elle en est l’appendice. Elle est seulement le club de l’oligarchie occidentale, mais elle se prend pour la «communauté internationale». Et lorsque le monde assiste médusé à une fanfaronnade où le criminel le dispute au grotesque, elle s’imagine qu’elle a remporté une victoire. Cette salve de missiles sur la Syrie ne changera rien au cours des événements. La Ghouta est libérée et les autres provinces le seront bientôt. La guerre à distance menée par les ennemis de la Syrie est perdue d’avance.

https://francais.rt.com/opinions/49974-salve-missiles-dans-ciel-damas-bruno-guigue

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Mise en scène de guerre: dossier spécial

 

DS CASQUES BLANCS

 

L'UE et la guerre en Syrie : pas en notre nom !

14 avril 2018 - Après l'agression nocturne – évidemment ! – de la Syrie par les missiles des Etats-unis, de la Grande-Bretagne et de la France, l'Union Européenne a déclaré « se tenir aux côtés de ses alliés ». Voilà comment les citoyens européens qui n'ont pas été consultés sur un sujet aussi grave se trouvent pris au .piège et emportés malgré eux par une décision décidée par des eurocrates non élus. Un comble ! Qui permet de vomir un peu plus cette 'Union' qui ne représente plus que son ombre.

L'attaque chimique à Douma, une «mise en scène» des Casques blancs pour la Russie

11 avril 2018- L'attaque aurait fait une quarantaine de morts dans cette enclave rebelle de la Ghouta orientale. L'attaque chimique présumée contre les rebelles syriens à Douma a été « mise en scène devant les caméras » par les Casques blancs, l'organisation de sauveteurs syriens en zone rebelle qui a la première dénoncé cette attaque, a accusé l'armée russe mercredi.

Ghouta orientale : les Casques blancs préparent un nouveau scénario chimique

24 février 2018 - En pleine opération militaire de l'armée syrienne, destinée à déloger les terroristes de leur fief le plus important à l'est de Damas, deux camions, chargés de cargaison de chlore, sont arrivés sur le territoire syrien, en provenance de la Turquie et les Casques blancs se préparent à réaliser un nouveau spectacle anti-Damas.

 

La Ghouta orientale... Les «Casques blancs» vont-ils jouer une nouvelle pièce de théâtre ?

25 février 2018 - Damas s'est habituée, la veille de chaque action militaire gagnante, menée par l'armée syrienne, à voir tourner là où l'armée avance, une scène sanglante ou une pièce de théâtre relative à une attaque chimique causant de nombreuses victimes, des femmes et des enfants. Ces victimes peuvent être «ressuscitées» plus tard une fois que l'«objectif politique» de la pièce jouée est atteint. L'objectif de ces scènes, est de freiner l'avancée et de défigurer les réalisations  de l'armée syrienne sur le terrain l'accusant ainsi que le gouvernement syrien d'être les responsables de ces faux massacres
 

De Mossoul à Damas, une route pavée de propagande

25 févr. 2018 - Comme à chaque fois que les « gentils opposants au régime de Bachar » se trouvent dans une situation désespérée, on assiste ébahis à un véritable déferlement de propagande de la part des médias dominants. Plutôt que dénoncer, pour la énième fois, une manipulation scandaleuse, je me propose de vous donner quelques outils qui devraient permettre à chacun de reconnaître la propagande, quand il en voit, et ainsi préserver sa capacité d'analyse et son esprit critique, parce que la propagande la plus perverse est celle qu'on n'identifie pas comme telle.

 

Des Casques... pas si blancs encore invités à l'Assemblée ... - Sputnik

13 févr. 2018 - Le changement de législature n'a visiblement pas découragé les efforts de communication des Casques Blancs syriens. Malgré leur réputation sulfureuse, la nouvelle majorité a décidé d'ouvrir les portes du Palais Bourbon à des hommes fréquemment présentés comme sauveteurs le jour et terroristes la nuit. Piqûre de rappel.

«Les Français doivent se demander pourquoi ces terroristes sont reçus à l'Assemblée et considérés comme des VIP, alors que leurs organisations sont liées à celles qui ont mené les attaques terroristes à Nice et à Paris.»

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Dans une de ses conférences, François Asselineau a commencé par donner une définition de l'intelligence et qui était "savoir relier les choses entre elles" !

Sachons regarder, sachons analyser les infos avec recul et sachons ne pas oublier les infos datant de quelques jours, voire de quelques mois ou de quelques années 
Et sachons aussi regarder calmement les photos, avec raison et non avec émotion ! Et regardons bien la photo publiée par le Parisien : curieux la tenue des "casques blancs" ! Ils sortent des blessés d'une zone de guerre et leurs tenues semblent tout droit sorties du pressing, pas un grain de poussière sur les casques blancs !!!!

Les trois pays félons ne pouvaient donc ignorer la préparation de cette fausse ou vraie attaque chimique par les casques blancs, qui, rappelons-le, sont les alliés des terroristes ! Ils ont été créés en 2013 par
James le Mesurier, un ancien officier britannique reconverti dans le mercenariat, dont la société est basée à Dubai (oups !!). Ils ne sont pas reconnus par l'OIPC, Organisation Internationale de Protection Civile (re-oups !!) !

Et pourquoi nos élus, Hollande, Macron, et députés ont reçu, avec les honneurs, ces terroristes ?

Soyons très vigilants !    S.R.

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Lettre ouverte à Bernard de la Villardière et son équipe, suite au reportage sur la Hongrie du 8 avril 2018

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Je n'ai pas vu le reportage incriminé mais je connais suffisamment les méthodes de nos médias pour accorder du crédit à la critique qui suit, au- delà des opinions personnelles de l'auteur, qui relèvent du débat, et non de l'attaque haineuse dans laquelle certains se complaisent. Et puisqu'il y a eu, semble- t- il, manque de respect envers la Hongrie, j'en profite pour rappeler que c'est plutôt une marque de fabrique des européistes, les vrais patriotes ayant le plus grand respect pour les autres peuples...   P.G.


 

TRIBUNE LIBRE / Par Ferenc Almássy, journaliste indépendant franco-hongrois, rédacteur en chef du Visegrád Post.

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Lettre ouverte à Bernard de la Villardière et son équipe, suite au reportage d’Enquête exclusive sur la Hongrie, diffusé le 8 avril 2018 sur M6 intitulé Hongrie : tensions maximales au coeur de l’Europe.

À Monsieur Bernard de la Villardière et son équipe d’Enquête exclusive,

Je suis un journaliste indépendant franco-hongrois ; vos équipes me connaissent, nous avons tourné de nombreuses heures sur plusieurs jours pour votre « reportage ». J’ai parlé de la situation de l’opposition, de l’affrontement avec George Soros, de l’évolution de Viktor Orbán et de son parti, mais aussi du colonialisme économique allemand, de la Russie, du groupe de Visegrád, ou encore de la transition économique et politique à la sortie du communisme. Votre chef d’équipe, Laetizia Kretz, – qui m’a vite retiré de facebook avant la diffusion – m’a même félicité pour mon professionnalisme et le sérieux de mes propos à la fin d’un énième tournage où j’avais pris la peine d’expliquer clairement la situation hongroise – notamment sur les plans politiques, sociaux, économiques, mais encore culturel. J’ai compris maintenant que derrière ce compliment se cachait un autre message : « nous n’utiliserons rien de tout ce que tu as dit, car ce n’est ni caricatural, ni exploitable pour un reportage sensationnaliste ».

Pour les autres lecteurs de cette lettre, je m’excuse par avance de sa longueur. Mais pour qui s’est infligé l’intégralité du « reportage », cette lettre peut être non seulement utile, mais également bienvenue. Bien entendu, comme je vais devoir argumenter et expliquer, je n’arriverai pas à répondre à tous les éléments du « reportage ».

Je suis un patriote hongrois, et c’est aussi à ce titre que j’ai bien voulu donner de mon temps à votre équipe, qui m’avait assuré de « vouloir faire quelque chose de différent de ce qui se fait sur la Hongrie », de vouloir expliquer la situation… Quel naïf j’ai été. Les tentatives hasardeuses de « libérer la parole » par votre cadreur, disant qu’il y a trop d’Arabes en France, m’ont cependant mis la puce à l’oreille. Mais qu’importe.

Préambule de la vidéo : le sensationnalisme comme seul objectif

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Venons-en à votre production – je ne peux décemment qualifier cette vidéo de reportage. Votre production, donc, commence fort avec un préambule grotesque : musique anxiogène, enchaînement de phrases « choc » coupées et d’images rapides… des techniques efficaces pour instiller l’angoisse chez le spectateur qu’on hypnotise. Le ton est donné : on va nous faire ressentir des choses, que l’on ne s’attende pas à des analyses…

Introduction de la vidéo : le déshonneur de Bernard de la Villardière

Vient ensuite la présentation du sujet par la vedette, Monsieur de la Villardière. Les allégations typiques de la gauche libérale militante tombent. Sans preuve, ce sont des faits établis, évidemment, c’est entendu que la Hongrie est un pays fermé, xénophobe et autoritaire. Oui, la Hongrie est tout ça, malgré Budapest qui accueille chaque année un million de touristes de plus que Bruxelles ainsi que le plus important festival européen de musique. La Hongrie, ce pays fermé qui fait partie de Schengen. La Hongrie, ce pays autoritaire où 6 consultations nationales ont eu lieu en 8 ans afin de demander l’avis de la population sur des sujets importants. La Hongrie, ce pays xénophobe qui accorde plus de droits aux minorités nationales que la République française – notamment le droit d’étudier dans leur langue. Un député de la minorité nationale allemande vient même de faire son entrée au parlement.

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Puis, vient l’accusation d’être « anti-migrants ». Qu’est-ce que cela veut dire ? La Hongrie est contre l’immigration massive et incontrôlée, et a fortiori pour limiter drastiquement l’immigration extra-européenne, consciente et responsable de ses capacités réelles d’intégration. En cela la République française n’a aucune leçon à donner : il suffit de se rappeler le traitement des immigrés en France, les bidonvilles où étaient entassés les Portugais, devenus de véritables ghettos, sans parler des Harkis qui ont été mis en camp. La Hongrie n’est pas « anti-migrants », mais anti-immigration massive et incontrôlée. Le choix des mots est important. Dire que la Hongrie est « anti-migrants », c’est sous-entendre qu’elle est hostile à des individus, alors qu’elle s’oppose à un phénomène politique, économique et social de façon responsable. Qualifier la Hongrie de pays « anti-migrants », c’est soit un manque de sérieux très grave lorsque l’on a une telle audience et tant de moyens, soit une attaque déguisée, volontaire, vile et malhonnête.

L’affirmation concernant les exactions de groupuscules ne mérite presque aucun commentaire. Je demande simplement de trouver une affaire de ce genre ayant moins de 5 ans. Bonne chance !

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Enfin, voilà le couplet sur la corruption. Comme le dit si bien Gyula Thürmer, le président du parti des travailleurs hongrois, la corruption n’est pas le fait d’un gouvernement mais d’un système, elle est consubstantielle aux régimes capitalistes. Donc oui, la corruption est là, mais elle est non pas systématique, mais systémique. Oui, il y a de la corruption en Hongrie. Mais ce qui choque, c’est qu’elle est parfois visible. Visible car petite. Mais nous y reviendrons.

Avant que le reportage ne commence donc vraiment vers la 10e minute, vous avancez, Monsieur de la Villardière, une fois de plus comme si c’était un fait évident, entendu, qui ne nécessite aucune preuve – malgré la gravité du propos ! – qu’en Hongrie, il y a un recul des libertés démocratiques ! Voulez-vous bien comparer à la situation française, encore une fois ? Combien de gens en Hongrie ont été condamnés pour leurs propos, aussi extrémistes soient-ils ? Et en France…? Vous serez également bien aise d’apprendre qu’en Hongrie, contrairement à la France, la police n’use pas de moyens aussi violents. Il n’y a pas de quartier de non-droit, tout au plus des ghettos tsiganes, mais la police et la loi n’y sont pas étrangères, pas comme chez vos amis de certains quartiers qui vous ont malmené.

Vous concluez votre présentation en disant que c’est du fait de ce climat que les jeunes veulent émigrer. Là encore, il s’agit soit d’une malhonnêteté flagrante, soit d’un manque sérieux de connaissances de la région. Or, j’ai pris soin d’expliquer à Laetizia Kretz les raisons systémiques de cette émigration, d’ordre économique, caractéristique non pas de la Hongrie mais des pays périphériques, qui en Europe se trouvent être les pays post-communistes. Ce phénomène touche par ailleurs bien plus gravement la Roumanie par exemple, qui n’a jamais autant perdu d’habitants que depuis la fin du communisme. Mais ça, ça contrevient à votre détestable dessein : donner une image noire et effrayante de la Hongrie, sans aucune déontologie.

Le « reportage », ses mensonges et son biais idéologique

Je le redis : il y a tellement de mensonges, de manipulations, de procès d’intention et d’associations malhonnêtes qu’il m’est impossible de tout reprendre – ce texte sera déjà assez long comme ça. Je vais me concentrer sur le plus important. Je vais d’ailleurs me débarrasser tout de suite des remarques d’ordre général.

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Élément récurrent : la mauvaise prononciation systématique des noms propres. Tous, sauf un seul il me semble, tous les noms, de lieux, de gens, sont mal prononcés. Mais après tout, ces attardés de l’Est ne méritent même pas qu’après des mois de travail et des heures à leur contact, avec l’aide d’interprètes, on fasse l’effort de bien prononcer leurs noms barbares, n’est-ce pas ? Éminente démonstration du profond mépris et du manque de connaissance et de respect envers la Hongrie et les Hongrois.

Je passe sur les petits mensonges et approximations nombreuses (salaires, nombre d’habitants, position de la Hongrie – oui, la Hongrie est véritablement au cœur de l’Europe, et non à sa frontière -, nombre de manifestants, …).

Enfin, à plusieurs reprises, la voix hors champ assène que la Hongrie ne veut pas d’immigration, alors qu’elle n’a même pas d’immigrés, comme si cela était absurde, contradictoire ou illogique. « Gouverner, c’est prévoir » : cette maxime de Richelieu semble bien périmée à vos yeux. La Hongrie n’a pas d’immigrés justement parce qu’elle n’en veut pas !

Vous dites aussi que Daech n’a jamais menacé la Hongrie : c’est faux. En mars 2016, Al Wafa, le responsable média de l’État islamique a explicitement menacé la Hongrie.

La police hongroise et les migrants

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La production commence donc avec des images d’élèves policiers – oui, les uniformes bleus avec marqué POLICE dessus, c’est la police, pas l’armée, vous n’avez visiblement pas saisi ce détail. Musique ridicule, images de la formation. Et là, on apprend même que les policiers seront, au terme de leur formation, armés d’un… pistolet ! Horreur ! Pendant ce temps-là, dans les rues de Paris, les policiers patrouillent avec des gilets pare-balles et des armes de guerre. Bref, les Hongrois arment donc leur police… effrayant !

(...) Vous n’évoquez pas les agressions et les fuites des clandestins, qui ne sont pas, comme vous l’affirmez, « de simples migrants », mais bel et bien des délinquants, des criminels – passer illégalement une frontière, surtout en connaissance de cause, est un crime – et il ne faut pas oublier que dans le flot de « simples migrants » se sont cachés (et se cachent probablement encore) des terroristes. C’est un fait. Voir par exemple le Bataclan, ou, puisqu’il est passé à Ásotthalom que vous montrez après, l’attaquant à la hache de Würzburg.

Autre élément intéressant : nombreux sont les témoignages oraux des clandestins concernant une soit disant violence policière, mais malgré leurs portables dernier cri, aucune vidéo ne circule de ces violences si nombreuses, répétées, systématiques !

Et puisqu’on parle de brutalité policière, où étiez-vous en automne 2006 lorsqu’en Hongrie le gouvernement social-libéral pro-UE a commis des exactions graves contre les manifestants ? Soit, c’était il y a 12 ans. Je vous invite alors plutôt à vous tourner vers Notre-Dame-des-Landes, si vous voulez voir ce que signifie le manquement à l’État de droit, le recul des droits démocratiques, l’empêchement de la presse de travailler librement et les violences policières.

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Vous mentez éhontément lorsque vous affirmez que la Hongrie ne respecte pas le droit et les traités en bloquant la frontière. En tant qu’État membre de l’espace Schengen et responsable d’une frontière qui se trouve être aussi la frontière de l’espace Schengen, la Hongrie a justement l’obligation de contrôler cette frontière ! Vous ne pouvez pas ne pas le savoir. Vous mentez également lorsque vous dîtes que la Hongrie a finalement mis en place des points de passages pour ceux désirant entrer légalement en Hongrie sous la pression internationale, elle l’a annoncé dès le début – vous reconnaissez à ce moment votre mensonge et vos manipulations, avouant que les clandestins entrent donc illégalement en Hongrie… Oui, pour maintenir l’État de droit qui vous est a priori si cher, il convient de faire respecter la loi, qui est la même pour tous : il y a des règles européennes qui s’appliquent aux frontières, et la Hongrie les applique à la lettre, malgré ses petits moyens et l’absence d’aides. Vous avez dit solidarité européenne ? Seuls les pays du Visegrád ont aidé la Hongrie. Au fait, à quand un reportage sur les barrières et les violences policières à Calais ?

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Plus tard dans la vidéo, vous revenez aux migrants en montrant une famille : une fois encore, vous êtes malhonnêtes. Vous présentez les choses comme s’ils étaient assurés de passer en Hongrie, puis internés sans raison. Or il est clair pour chaque personne désirant entrer légalement en Hongrie qu’elle doit attendre en quarantaine le temps que les services de sécurité s’assurent qu’elle ne représente aucun danger. Vous montrez à un moment le malheureux geste de la cadreuse hongroise Pétra László, faisant un croche-pied à « un père et son enfant ». Savez-vous que ce clandestin forçant le passage de la frontière, Osama Al Abd Al Mohsen, était membre d’une organisation impliquée dans du nettoyage ethnique ? Juste un détail sans importance…

Du reste, la Serbie n’étant pas un pays en guerre, les migrants arrivant de Serbie ne sont pas des réfugiés, et leurs vies n’étant pas menacées en Serbie, les traités sur les réfugiés ne les concernent pas. Franchir illégalement la frontière hongroise n’est donc pas justifié par un besoin vital : la majorité des migrants qui arrivent à la frontière hongroise tentent de passer, en connaissance de cause – ils sont même aidés par les ONG pour cela – de passer illégalement la frontière hongroise afin d’essayer de se faire enregistrer dans des pays où ils auront des aides sociales et plus de chances d’accueil par la population et les autorités.

Reprocher à la Hongrie de prendre trop peu de demandeurs d’asile est je crois malvenu. La Hongrie en a accepté de son propre chef plus de 2.300 depuis 2015 en accord avec les traités internationaux qu’elle a toujours respecté. C’est à elle de déterminer sa capacité d’accueil. Dernier point, la comparaison avec la France, puisque vous aimez tant cela. La Hongrie a 6,7 fois moins d’habitants que la France, et un PIB 20 fois inférieur. En revanche, il n’y a pas de migrants qui dorment dans les rues de la capitale depuis des années.

Fidesz, droite, extrême-droite

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L’enchaînement des images et du texte de la voix hors champ lorsque vous parlez des « partis d’extrême-droite », incluant le parti national-conservateur de Viktor Orbán, est scandaleux. La croix gammée du blouson d’un motard saute aux yeux juste après votre amalgame politique niveau antifa. Mais là encore, je n’ose pas croire que vous êtes stupides : vous êtes donc simplement des manipulateurs, cherchant à provoquer la peur chez le spectateur mal informé sur la Hongrie et ayant si peu de moyens de vérifier les informations sur la Hongrie.

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Lorsque vous montrez László Toroczkai, vous dîtes que le Jobbik « assume ses références néo-nazies ». Prouvez-le ! Vous ne le pourrez pas. Outre que c’est devenu un parti centriste, il n’a évidemment aucune « référence néo-nazie ». On est dans la calomnie, encore une fois. Mais vient ensuite une manipulation grossière et éhontée : M. Toroczkai, explique qu’il défend la vision des gens normaux, qui veulent vivre normalement, selon leurs mœurs et leurs coutumes, et qui veulent en toute simplicité garder leur mode de vie et préserver leurs maigres acquis, en vivant en paix. Inutile je crois d’expliquer outre mesure le degré de malhonnêteté (je dois me répéter, vous mentez tellement que les synonymes me manquent !) dont vous faîtes preuve en disant qu’il considère les migrants comme anormaux. C’est complètement hors de propos.

Ensuite, vous vous focalisez sur un groupuscule de quelques crânes rasés, et une bande de quelques motards. Idem : je ne vais pas m’étendre. Je crois que tout le monde comprend que 10 crânes rasés et une bande de motards aux codes particuliers ne sont pas du tout représentatifs d’un pays. Quant à l’armée des brigands, et leur marche dans le village de Gyöngyöspata, vous omettez de préciser qu’ils étaient venu suite à l’appel à l’aide des locaux, exaspérés et terrifiés par la criminalité tsigane face à laquelle les autorités étaient impuissantes.

Et vous insistez, faisant croire que les crânes rasés règnent dans les rues et ratonnent à tour de bras. La vérité, c’est que le Fidesz de Viktor Orbán a considérablement amélioré la situation, réformant en profondeur la police et ses cadres, éliminant la corruption et les éléments indisciplinés. Et aujourd’hui, l’État remplissant bien mieux son rôle, non seulement les groupes de crânes rasés ne défilent plus, mais la plupart n’existent même plus : leur existence était due à un État faible du fait d’un gouvernement corrompu, inefficace et en faillite. Avec tous ses défauts, le gouvernement Orbán a rétabli l’ordre et dissous de fait les groupes dangereux.

(...)

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Je passe sur la voix hors champ qui, évoquant les mouvements nationalistes marginaux présents dans le pays, ne manque pas d’affirmer que leurs propos en France seraient punis par la loi, détaillant même le montant de la peine encourue. On n’aurait jamais pensé qu’une législation liberticide serait un jour revendiquée par des Français comme une référence progressiste. Mais là encore, on se focalise sur quelques individus isolés pour donner une fausse image de la Hongrie. C’est clairement réalisé par sensationnalisme, au mieux, par projet politique, au pire. Hélas, je crains que ce ne soit les deux, car vous cherchez à tout prix à amalgamer les conservateurs à des extrémistes marginaux.

L’exercice devient sidérant quand une séquence de plusieurs minutes s’appesantit sur un ancien cadre du parti (anciennement) d’extrême-droite Jobbik qui a rompu ses liens avec l’extrême-droite après que ses origines juives aient été révélées. Oui, vous ne dites pas non plus qu’il avait tenté de soudoyé le fuiteur. La question se pose : quel rapport avec la politique en Hongrie ? Aucun. Cela au moins à le mérite de nous montrer que ce triste sire dont personne n’a entendu parler depuis 5 ans va bien. Mais le soupçon d’antisémitisme se répand ainsi sur tout ce qui est national ou même traditionnel. On veut faire du patriotisme une pathologie.

Le recentrage du Jobbik, son jeu d’alliance avec la gauche libérale, nous n’en entendrons pas parler. L’analyse, ce n’est pas votre créneau, malgré ce que vous nous avez vendu. Les succès du Fidesz, la complexité de son électorat, l’évolution du parti, la lutte contre George Soros ? Silence radio.

(...)

Le récit de l’opposition

Après avoir présenté les deux-tiers des Hongrois comme des néo-nazis dangereux et effrayants, voilà le portrait du troisième tiers, tout aussi peu représentatif de la population hongroise. On rencontre deux lycéens – faut-il en dire plus…? – dont l’un souhaite partir à l’étranger pour combattre son gouvernement démocratique et légitime, et l’autre, reste mais ne sait pas pourquoi « elle s’inflige ce cauchemar », sirotant sa boisson dans un des bars les plus chers de la capitale. La souffrance pécuniaire des bourgeois, un vrai drame. Merci à l’équipe pour cette véritable exclusivité.

(...)

La corruption

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Pour terminer comme il se doit, impossible de ne pas sortir le couplet obligatoire sur la corruption. Comme dit plus haut, oui, la corruption existe, bien entendu. Encore qu’il faille clarifier ce que cela signifie. En Hongrie, le délit d’initié est puni, mais aux États-Unis, depuis 2015, la jurisprudence l’a pour ainsi dire annulé. Donc, c’est légal, donc ça ne compte pas comme corruption. Malin ! Mais puisqu’on parle de justice, pouvez-vous prouver vos accusations de corruption ? On entend parler depuis des années de « soupçons de corruption ». Où sont les preuves ? Où sont les condamnations ? Qu’il n’y ait pas de fumée sans feu est une chose, mais vous en rajoutez à des fins politiques : discréditer par la calomnie et les spéculations. Certes, vous avez fait appel à l’expertise d’une serveuse et d’un vieux communiste, tous deux aux visages floutés. Mais n’aurait-il pas été plus judicieux de demander aux autorités compétentes, voire même aux ONG anti-gouvernementales et spécialisées sur la corruption ?

Non, car une fois de plus, le but n’est pas de chercher la vérité, mais de raconter une histoire. Et qu’importe la complexité de la réalité. Bon, puisque vous souhaitez du sensationnel, je vais vous aider. Allez enquêter sur le chantier de Jussieu, à Paris. Budget initial, 183 millions d’euros, coût final, 2,05 milliards d’euros. De l’argent public, des détournements, de l’exploitation de sans-papiers maliens, des petits entrepreneurs poussés à la faillite pour finir le désamiantage et ne pas devoir être payés, les ouvriers polonais qui devaient vider à l’aube et sans protection les sacs d’amiante dans la Seine, les rétrocommissions … enquêtez donc, on ne compte pas en ridicules ces petits millions d’euros là.

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Juste un point sur le stade, tout de même. Que Viktor Orbán ait poussé à ce qu’une académie de football soit mise en place dans sa commune d’origine est une chose. Mais critiquer qu’un stade y soit construit avec 4.500 places me paraît ridicule. Combien de stades en France ont plus de places que d’habitants dans leur commune ? Combien sont pleins à chaque match ? Je passerai également sur le « choc » du prix de construction d’un stade neuf : 12 millions d’euros ! Quelle somme incroyable : le prix de 1.200m² à Paris… Voyons ce qui se fait en France : le stade Pierre Mauroy à Lille peut accueillir 50.000 personnes et a coûté 282 millions d’euros. Je vous laisse faire le calcul du coût à la place et comparer les deux.

Rien n’est dit des succès que connait la Hongrie depuis 8 ans, de la prospérité économique à la bonne santé budgétaire, de l’embellissement des villes à l’augmentation continue du tourisme, ou encore sur l’effondrement du chômage, ou la politique sociale et familiale. Il conviendra en revanche de s’interroger sur le niveau de corruption réel, puisque les Hongrois qui subissent ce fléau semblent s’en accommoder bien mieux – en reconduisant leurs représentants – que la presse occidentale qui le dénonce de façon obsessionnelle.

Pas un mot non plus sur la politique économique non-orthodoxe menée par Viktor Orbán et qui a permis – notamment en taxant les entreprises multinationales installées en Hongrie et qui y réalisent de gigantesques profits – d’éviter à la Hongrie, qui fut le premier État à solliciter l’aide d’urgence du FMI en 2008, une banqueroute et une situation cataclysmique comme celle qu’endure la Grèce depuis des années. Pas un mot sur le fait que la Hongrie a remboursé sa dette en avance et a fait partir le FMI.

Conclusion

Monsieur de la Villardière, chère équipe,

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Vous avez trahi la confiance d’un grand nombre de personnes qui ont accepté de répondre à vos questions et de vous offrir leur temps pour vous parler de leur pays. Mais cela est le moins grave. L’irrespect envers la Hongrie, ses habitants que vous caricaturez grossièrement, son système que vous jugez sans connaître et sans avoir enquêté, tout cela, passe encore. La Hongrie en ressort défigurée et hargneuse, alors que le succès d’une voie nationale préserve dans ce pays une véritable douceur de vivre que les étrangers de passage apprécient. Prêter d’une part à la Hongrie une violence qu’elle n’a pas, et d’autre part masquer à la France la décrépitude sociale qui résulte, notamment, de l’immigration de masse : c’est la double falsification à laquelle vous, Bernard de la Villardière et votre équipe, vous êtes abaissés.

Il y aurait encore tant à dire, mais c’est presque impossible d’être exhaustif tant votre travail est à charge… et je suis déjà sceptique, du fait de la longueur de ma lettre ouverte, sur le nombre de gens qui se seront donné la peine de tout lire, après avoir déjà enduré le calvaire qu’aura été le visionnage de votre production.

Votre travail indigne et grossier fera un peu de bruit en Hongrie. Et je peux vous assurer qu’il sera à l’avenir beaucoup plus difficile pour M6, vous et vos équipes, de venir produire de nouvelles œuvres insultantes de cet acabit. Pour ma part, je ne répondrai plus jamais aux sollicitations des médias occidentaux de votre genre. Et je ne suis pas le seul.

Je vois également le résultat de votre sale besogne : des commentaires haineux et des insultes de gens peu informés et effrayés par votre production. Je vois les insultes envers la Hongrie et son peuple, l’introduction de préjugés odieux dans le cœur des gens. Votre document incite à la haine en profitant du manque de connaissance des gens sur la Hongrie.

J’imagine que vous avez voulu vous essuyer les pieds sur le paillasson hongrois pour vous racheter de vos prises de position sur l’Islam politique en République française. Soit, c’est votre affaire. Mais je crois qu’aux yeux de beaucoup de gens vous avez perdu l’estime, le respect et la considération qui vous revenaient, et c’est mérité.

Je ne vous salue pas.

Ferenc Almássy

https://visegradpost.com/fr/2018/04/13/lettre-ouverte-a-bernard-de-la-villardiere-et-son-equipe-suite-au-reportage-sur-la-hongrie-du-8-avril-2018/

 

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Syrie : les inconsistances du discours gouvernemental

TRIBUNE LIBRE / par Jacques Sapir

TL SAPIR MACRON PREUVES

Le document officiel du gouvernement français censé établir la preuve de l’usage d’armes chimiques par le gouvernement syrien contre les groupes rebelles dans la ville de Douma (Ghouta orientale) pose plusieurs problèmes[1]. (...). Très clairement, ce document ne contient pas les preuves qu’Emmanuel Macron prétend détenir, pour justifier les frappes du samedi 14 dans la nuit. Une action d’une telle gravité exigeait, en effet, que ces preuves soient réunies et soient présentées aux Français. Ces problèmes amènent à questionner le narratif du gouvernement français et du Président de la République, M. Emmanuel Macron.

L’établissement des faits

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Ce document de plusieurs pages précise donc dans son point n°1 :

« Les services français ont procédé à l’analyse des témoignages, photos et vidéos apparus spontanément sur les sites spécialisés, dans la presse et les réseaux sociaux dans les heures et jours qui ont suivi l’attaque. Des témoignages obtenus par les services ont également pu être analysés. L’examen des vidéos et images montrant des victimes et mises en ligne ont permis de conclure avec un haut degré de confiance que la grande majorité est de facture récente et ne relève pas d’une fabrication. La nature spontanée de la mise en circulation des images sur l’ensemble des réseaux sociaux confirme qu’il ne s’agit pas d’un montage vidéo ou d’images recyclées. Enfin, une partie des entités ayant publié ces informations est reconnue comme habituellement fiable. »

On doit noter que TOUTES les sources utilisées sont des sources de seconde main ou des sources dérivées sur les réseaux sociaux. Comment peut-on affirmer avec un « haut degré de confiance » que ces sources ne correspondent pas à une manipulation ? Ceci est un vrai mystère. Nous savons tous que ce qui circule sur les réseaux sociaux à propos de la Syrie doit être pris avec beaucoup de précaution. De même, il est affirmé que les sources sont « habituellement fiables ». Ce n’est pas un argument recevable dans le cadre d’une déclaration officielle (cela pourrait l’être pour des journalistes) parce qu’une déclaration officielle est bien plus lourde de conséquences. Soit on affirme (et on prouve) que la source EST fiable soit on n’affirme pas. L’impression d’un certain amateurisme prévaut.

Le document poursuit ensuite :

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« Les experts français ont analysé les symptômes identifiables sur les images et vidéos rendues publiques, prises soit en espace clos dans un immeuble présentant une quinzaine de victimes décédées, soit dans les hôpitaux locaux ayant accueilli des patients contaminés. Ces symptômes peuvent être décrits comme suit (cf. images en annexe) :

  • suffocation, asphyxie ou difficultés respiratoires,
  • mentions de fortes odeurs de chlore et présence d’une fumée verte sur les lieux touchés,
  • hyper salivation et hyper sécrétions (notamment orales et nasales),
  • cyanoses,
  • brûlures cutanées et brûlures de la cornée.

Aucune mort par effet mécanique n’est visible. L’ensemble de ces symptômes est caractéristique d’une attaque par armes chimiques, notamment par des agents suffocants et par des agents organophosphorés ou de l’acide cyanhydrique. Par ailleurs, l’utilisation supposée de bronchodilatateurs par les services médicaux observée dans les vidéos renforce l’hypothèse d’une intoxication par des agents suffocants. »

On constate, dans le texte, un mélange d’affirmations et de suppositions avec des glissements incessants de l’un des registres à l’autre. Des personnes sont vues, décédées (affirmation), mais les « fortes odeurs de chlore et présence d’une fumée verte sur les lieux touchés » sont de simples mentions de « témoins » sur les vidéos et non des observations directes, et le document le reconnait. Le lien entre les deux n’est pas évident. Les autres symptômes sont aussi des affirmations mais peuvent être attribués soit effectivement à l’usage de gaz (essentiellement du chlore) soit à d’autres possibles causes.

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Les sources indirectes utilisées permettent d’avoir une suspicion d’une possible attaque aux gaz mais certainement pas des certitudes. Une enquête sur place s’imposait. Les enquêteurs de l’ONU et de l’ OPCW étaient arrivés sur place quand la frappe des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne et de la France a eu lieu. Cela pose immédiatement le problème de savoir pourquoi cette frappe a été décidée avant que l’enquête ait eu lieu. La logique la plus évidente voulait que l’on laisse l’enquête aller à son terme, si cela était possible, et que l’on ne décide de possible frappes qu’une fois l’ensemble des éléments clairement établis.

La « preuve » par l’intention supposée

La partie analysant le contexte opérationnel est aussi intéressante à bien des égards. « La tactique utilisée par les forces pro-régime a consisté à séparer les différents groupes (Ahrar al-Cham, Faïlaq al-Rahmane et Jaïch al-Islam) afin de concentrer l’effort et d’obtenir des accords de reddition négociés. Les trois principaux groupes armés se sont ainsi engagés dans des tractations parallèles avec le régime et la Russie. Les deux premiers groupes (AaC et FaR) ont effectivement conclu de tels accords obtenant l’évacuation de près de 15.000 combattants et de leur famille. Dans cette première phase, la stratégie politique et militaire du régime syrien a consisté à alterner actions militaires offensives indiscriminées contre les populations locales, avec possible usage de chlore, et pause opérationnelle permettant des négociations.

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Le texte ici évoque un entrelacs de combats et de négociations et conclut à un «possible usage de chlore ». Dans le paragraphe suivant, il analyse alors le cas spécifique des négociations avec le Jaïsh al-Islam un groupe clairement djihadiste. « Les négociations avec Jaïsh al-Islam, entamées en mars n’ont pas été pleinement concluantes. Le 4 avril, une partie seulement des JaI (estimée à un quart du groupe) a accepté l’accord de reddition, transférant les combattants et leurs familles à destination d’Idlib (environ 4.000 personnes, avec les familles). Cependant, de 4.500 à 5.500 combattants du JaI, localisés principalement à Douma, ont refusé les termes de la négociation. Dès lors, à compter du 6 avril, le régime syrien, appuyé par les forces russes, a repris ses bombardements intensifs sur la localité, mettant fin à une pause opérationnelle, tant terrestre qu’aérienne, constatée depuis le lancement des négociations mi-mars. C’est dans ce contexte que sont intervenues les frappes chimiques analysées ici. »

On constate que le document devient brutalement bien plus affirmatif. Rien n’indique, si ce n’est le « haut degré de confiance » dans des sources secondaires ce qui pourrait motiver le glissement d’une « possible usage du chlore » à l’affirmation que ces frappes sont bien survenues. Ce qui pose immédiatement le problème de la vérification (qui est en réalité en cours…) mais aussi de l’usage d’une « analyse opérationnelle » comme moyen d’argumentation. Non que cette « analyse opérationnelle » ne soit, sous certains points, pertinente. Mais le fait qu’un adversaire puisse avoir eu intérêt à commettre une certaine action ne vaut pas preuve qu’il l’ait commise. A ce titre là tout chef d’entreprise devrait être inculpé pour fraude fiscale et tout pauvre pour vol à la tire… Il y a là un glissement méthodologiquement dangereux et dont on voit bien qu’il vient servir une cause particulière. A l’appui de ses dires, le document officiel produit une analyse des motivations supposées pour l’utilisation des armes chimiques :

« L’utilisation d’armes chimiques par le régime syrien fait sens dans ce contexte, d’un double point de vue militaire et stratégique :

  • tactiquement, l’utilisation de telles munitions permet de déloger des combattants ennemis abrités dans des habitations afin d’engager le combat urbain dans les conditions les plus avantageuses pour le régime ; cette utilisation constitue un accélérateur de conquête et un démultiplicateur d’effet visant à faire tomber au plus vite le dernier bastion des groupes armés ;
  • stratégiquement, l’utilisation d’armes chimiques, notamment au chlore, documentée depuis le début 2018 dans la Ghouta orientale, a notamment pour objectif de punir les populations civiles présentes dans les zones tenues par des combattants opposés au régime, et de provoquer sur elles un effet de terreur et de panique incitant à la reddition ; alors que la guerre n’est pas terminée pour le régime, il s’agit, par des frappes indiscriminées, de démontrer que toute résistance est inutile et de préparer la réduction des dernières poches. »

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Cette analyse fait sens. Mais, on peut aussi considérer qu’elle est incomplète. Elle ne dit rien de l’intérêt pour certains groupes et en particulier pour ceux clairement identifiés comme djihadistes, d’utiliser eux-aussi, des armes chimiques. Or, des laboratoires ont été découvert dans la Ghouta, et ces laboratoires étaient sous le contrôles des groupes soient « rebelles » soient djihadistes. De même, le document ne dit rien des cas bien répertoriés de l’emploi de gaz par des groupes djihadistes, en particulier contre les kurdes. La présentation de l’analyse opérationnelle, sans être fausse, ne présente qu’une petite partie des motivations des uns et des autres dans cette affaire. Clairement, un usage des gaz pourrait faire sens pour les forces du régime de Damas. Mais, dire qu’un usage « fait sens » n’est nullement apporter la preuve de cet usage. De même, l’usage des gaz ne ferait pas sens que pour ces forces. Il peut faire sens aussi pour des groupes rebelles. Ici encore, on est renvoyé au fait que seul une enquête impartiale aurait pu prouver ce qui est véritablement advenu. Mais, le choix des présidents des Etats-Unis, de la France et de la Première-ministre de Grande-Bretagne a bien été de frapper avant que les faits ne soient établis. Cette décision renvoie sans doute à d’autres motifs.

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Les témoignages contredisant l’analyse officielle

Le journaliste britannique Robert Fisk, deux fois récipiendaire de la plus haute distinction pour les reporters (le British Press Awards) donne quant à lui une autre version de l’affaire de Douma dans le journal britannique The Independent[2]. Lui non plus n’a pas à être cru sur parole. Mais, son article à du moins l’avantage par rapport au document analysé d’avoir été rédigé à partir de Douma.

Alors, on peut dire bien sûr que Fisk ne s’est rendu à Douma qu’une fois que la localité ait été récupérée par le régime de Damas, qu’il opère avec l’accord du régime, qu’il intervient avec une semaine d’écart sur les supposés événements. C’est vrai et exact. Mais, ce n’est pas une analyse faite sur la base des réseaux sociaux. Et c’est cela le problème.

Le document officiel nous présente un raisonnement construit essentiellement par inférences, inférences quant aux symptômes (symptômes qui sont attribués par Robert Fisk après une discussion avec des médecins locaux aux poussières provoquées par les bombardements des troupes régulières), mais aussi inférences de ce que l’on croit que les forces du régime syrien veulent faire, et cela sans jamais prendre en compte aussi ce que les forces opposées, qu’on les appelle « rebelles » ou djihadistes, pourraient aussi vouloir faire.

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C’est la raison pour laquelle il eut été immensément plus préférable d’avoir d’abord une enquête indépendante sur le terrain avant de prendre une quelconque décision. Cette enquête, et il ne faut pas être naïf sur ce point, aurait pu être bloquée par le gouvernement syrien. Mais, en ce cas, le fait d’empêcher une équipe d’enquêteur officiellement mandatée par les Nations Unies de travailler aurait signifié une présomption de plus.

Conséquences politiques

La rapidité avec laquelle les trois pays occidentaux ont pris la décision d’exécuter les frappes laisse donc à penser que, contrairement à ce qui est publiquement affirmé, ces frappes n’avaient pas pour but de « punir » un gouvernement pour une usage de gaz qui n’était pas avéré, ni de changer la donne militaire dans la Ghouta (ce que ces frappes ont été dans l’incapacité de faire), mais que ces frappes poursuivaient un but politique. C’est encore plus vrai dans le cas de la France, où le faible nombre de missiles (12 sur 104) dénote une participation à la limite du symbolique.

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Mais, si le but réel de ces frappes est un but politique, alors, la légitimité de ces frappes devient hautement problématique. Dans un acte de guerre, et ces frappes constituent à l’évidence un acte de guerre, les « buts de guerre » doivent être clairement annoncés. Or, ici, nous avons une gesticulation devant des buts supposés qui pourraient bien masquer des buts très différents. Les conditions de réalisation de cette frappe, conditions qui ont abouti à la destruction d’un nombre important de missiles par les défenses anti-aériennes syriennes, renforcent cette hypothèse.

Les principales victimes de ces frappes seront, dans l’ordre, le droit international qui a été clairement violé, mais aussi le contrôle démocratique – et en particulier en France – sur les actions des gouvernements, contrôle qui n’a pu être mis en œuvre que ce soit de manière procédurale ou de manière substantielle. Il convient de s’interroger sur la volonté d’agir à tout prix, sans preuve substantielle et sans mandat de notre gouvernement. Nous sommes bien en présence d’une irresponsabilité politique profonde, irresponsabilité qui se combine avec un mépris des règles et des principes de la démocratie des plus inquiétants.

Notes

[1] Il s’agit du document titré « Evaluation Nationale » qui a été produit à partir de sources ouvertes par les services du Ministère de la défense.

[2] https://www.independent.co.uk/voices/syria-chemical-attack-gas-douma-robert-fisk-ghouta-damascus-a8307726.html

https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-syrie-les-inconsistances-du-discours-gouvernemental-par-jacques-sapir/

mercredi 18 avril 2018

« Macron a-t-il bombardé une usine de... Paic Citron ? »

TRIBUNE LIBRE / par | 17 Avr 2018

TL MR PROPRE

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Mes amis, nous sommes soumis, vous êtes soumis à une propagande intense et il est très compliqué d’y voir clair dans cette affaire syrienne.

Il y a néanmoins quelques certitudes qui permettent d’être sûrs que l’on nous mène en bateau dans les grandes largeurs, et que rien de ce que l’on nous raconte ne tient sérieusement la route.

J’ai la preuve.

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« Nous avons la preuve que la semaine dernière, des armes chimiques ont été utilisées, au moins du chlore, et qu’elles ont été utilisées par le régime de Bachar al-Assad ».

C’est ce qu’avait dit Jupiter, devenu martien, à savoir dieu de la guerre le temps d’un week-end, c’est-à-dire notre illustre président (béni soit son saint nom) sachant descendre les escaliers de manière majestueuse avec la reine mère à ses côtés….

Bref, notre « chef des armées », qui fait ce qu’il veut conformément à la Constitution, vu que vous l’avez élu, même avec 24 % des voix, cela lui donne le droit y compris moral de bombarder en notre nom à tous qui il a envie, à tout moment de la journée.

Je précise, à ce stade du raisonnement, que ledit garçon dispose également d’un bouton rouge ultra puissant capable d’éradiquer la vie sur cette planète.

Donc notre Jupiter a les preuves.

Et Jupiter est un grand démocrate.

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Il a donc fait publier, sur le site du ministère de la Défense, une « synthèse » permettant d’informer les abrutis de sans-dents que nous sommes des preuves en sa possession et qui ont justifié une attaque sans résolution de l’ONU, donc sans aucun cadre légal, d’un autre pays souverain quand bien même on ne l’aime pas…

Voici les preuves… Accablantes !

Je vous rappelle que vous devez faire très attention en utilisant Internet et vous méfier des réseaux sociaux et autres site complotistes sur lesquels on peut trouver tout et n’importe quoi, ce qui n’est pas faux.

Méfiez-vous des « fake news », ce qui est l’un des grands chevaux de bataille de notre sainteté du Palais de Chaillot ou de l’Élysée sans oublier celui de Versailles.

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Voilà donc ce que nous explique le ministère de la Défense !

« Les services français ont procédé à l’analyse des témoignages, photos et vidéos apparus spontanément sur les sites spécialisés, dans la presse et les réseaux sociaux dans les heures et jours qui ont suivi l’attaque. Des témoignages obtenus par les services ont également pu être analysés. L’examen des vidéos et images montrant des victimes et mises en ligne ont permis de conclure avec un haut degré de confiance que la grande majorité est de facture récente et ne relève pas d’une fabrication. La nature spontanée de la mise en circulation des images sur l’ensemble des réseaux sociaux confirme qu’il ne s’agit pas d’un montage vidéo ou d’images recyclées. Enfin, une partie des entités ayant publié ces informations est reconnue comme habituellement fiable. »

Hahahahahahaha !

Sinon, cela m’inspire aussi une autre réaction plus sérieuse cette fois : hihihihihihihhihi !

Ou encore un ineffable houhouhouhouhouhouhou.

Quel humour…

Donc, la source principale d’information c’est l’analyse de vidéos apparues spontanément sur Facebook….

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Alors là, effectivement, cela vaut le coup que nous payons des satellites, des agents secrets, des espions, des bateaux qui écoutent avec de grandes oreilles sans parler de nos avions aussi espions à grands frais pour sortir de telles crétineries en une du site du ministère de la Défense.

Je ne sais pas ce qu’il s’est passé, mais je sais quand on me prend pour un con !

Alors je ne prétends en aucun cas savoir ce qu’il s’est passé. Nous le saurons, plus tard. En revanche, je suis toujours agacé d’être pris ostensiblement pour un imbécile, ce qui est évidemment le cas ici.

Savoir que notre Président, aussi jupitérien soit-il, peut décider de la paix ou de la guerre sur l’analyse d’une vidéo postée sur le profil Facebook d’une association syrienne « habituellement fiable » me hérisse le poil.

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Même Libération titre « Ils ont bombardé une usine de liquide vaisselle »…

Vu l’absence de réaction russe, le peu de trous dans le sable visible, l’absence de victimes humaines (ce dont on ne peut que se réjouir), cette série de frappes et cette aventure syrienne semblent tourner à la bouffonnade internationale.

Notre Macron national vient donc vraisemblablement de bombarder une usine de Paic Citron…

À propos de Jupiter !

Au fait à propos de Jupiter, vous savez comment s’appelle le tombeau sous l’Élysée ? Je dis tombeau parce qu’un abri antiatomique n’est rien de plus qu’un tombeau en cas de coup direct.

C’est le PC Jupiter… Que Monsieur Propre évite donc de se prendre pour Mars.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

https://insolentiae.com/macron-a-t-il-bombarde-une-usine-de-paic-citron-ledito-de-charles-sannat/

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lundi 16 avril 2018

Debriefing de l’état-major général russe sur les frappes occidentales en Syrie

Le chef de la principale direction opérationnelle de l’état-major général russe, le général Sergei Rudskoy, a réalisé ce briefing le 14 avril pour les médias.

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Transcription :

Bonjour.

Les États-Unis et leurs alliés ont mené une attaque de missiles par leurs transporteurs aériens et navals ciblant des installations militaires et civiles de la République Arabe Syrienne le 14 avril dans la période de 3h42 à 5h10 (heure de Moscou).

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Les systèmes de défense aérienne russes présents sur la base aérienne de Khmeimim et de Tartous ont localisé et contrôlé en direct tous les lancements navals et aériens effectués par les États-Unis et le Royaume-Uni.

Les avions français annoncés n’ont pas été enregistrés par les systèmes de défense aérienne russes.

Il a été signalé que des avions B-1B, F-15 et F-16 de l’aviation américaine ainsi que des avionsTornado de la Royal Air Force britannique au-dessus de la mer Méditerranée, ainsi que le destroyer USS Laboon et le porte-avions USS Monterey, localisés dans la mer Rouge, ont été utilisés durant l’opération.

Les bombardiers stratégiques B-1B ont approché des installations sur le territoire syrien près d’Al-Tanf, illégalement occupée par les Etats-Unis, pour effectuer leurs frappes.

Un certain nombre d’aérodromes militaires et d’installations industrielles et de recherche syriens ont subi la frappe de missiles.

Selon nos informations, il n’y a pas de victimes civiles ni de pertes parmi l’Armée Arabe Syrienne. Des informations plus détaillées seront rendues publiques par la suite.

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Comme l’indiquent les données disponibles, 103 missiles de croisière ont été lancés, y compris des missiles navals Tomahawk ainsi que des bombes aériennes guidées GBU-38 tirées du B-1B. Les avions F-15 et F-16 ont lancé des missiles air-sol.

Les avions Tornado de la RAF britannique ont lancé huit missiles Scalp-EG.

Les systèmes de défense antiaérienne syriens, qui sont principalement des systèmes de défense antiaérienne fabriqués par l’URSS, ont contré avec succès les frappes aériennes et navales.

Au total, 71 missiles de croisière ont été interceptés. Les systèmes de défense antiaérienne syriens  S-125, S-200, Buk, Kvadrat et Osa ont été impliqués pour contrer l’attaque.

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Cela prouve la haute efficacité de l’armement syrien et les compétences professionnelles des militaires syriens formés par les spécialistes russes.

Au cours des dix-huit derniers mois, la Russie a complètement restauré les systèmes de défense antiaérienne syriens, et leur développement se poursuit.

Il convient de souligner qu’il y a plusieurs années, étant donné la requête pressante de nos partenaires occidentaux, la Russie a choisi de ne pas fournir de systèmes de défense anti-aérienne S-300 à la Syrie. Compte tenu de cet incident, la Russie estime qu’il est possible de reconsidérer cette question non seulement en ce qui concerne la Syrie, mais également pour d’autres pays.

La frappe a également visé des bases aériennes syriennes. La Russie a enregistré les données suivantes.

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Quatre missiles ont visé l’aéroport international de Damas, et douze missiles ont visé l’aérodrome d’Al-Dumayr : tous ces missiles ont été interceptés.

Dix-huit missiles ont visé l’aérodrome de Blai, et tous ont été interceptés.

Douze missiles ont visé la base aérienne de Shayrat, et tous ont été interceptés. Les bases aériennes n’ont pas été affectées par les frappes.

Cinq missiles sur neuf ciblant l’aérodrome inoccupé de Mazzeh ont été interceptés.

Treize missiles sur seize ciblant l’aérodrome de Homs ont été interceptés. Il n’y a pas de destructions sérieuses.

Au total, trente missiles ont ciblé des installations près de Barzah et de Jaramana. Sept d’entre eux ont été interceptés. Ces installations prétendument liées au « programme chimique militaire de Damas » ont été partiellement détruites. Cependant, elles n’ont pas été utilisées depuis longtemps, et il n’y avait donc ni personnels ni équipements sur les lieux.

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Les systèmes de défense antiaérienne russes ont été alertés. Les avions de combat sont maintenant en patrouille aérienne de combat.

Aucun missile de croisière n’a pénétré dans la zone de responsabilité de défense antiaérienne russe. Les systèmes de défense antiaérienne russes n’ont pas été utilisés.

La Russie considère que les frappes constituent une réponse au succès des forces armées syriennes dans la lutte contre le terrorisme international et à la libération de leur territoire, plutôt que comme une réponse à la prétendue attaque chimique.

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En outre, l’attaque a eu lieu le jour où la mission spéciale de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) devait commencer à enquêter sur un incident survenu dans la ville de Douma où une attaque chimique aurait eu lieu.

Il convient de souligner qu’il n’y a pas d’installations de production d’armes chimiques en Syrie, ce que l’OIAC a documenté.

L’agression américaine prouve que les Etats-Unis n’ont aucun intérêt à l’objectivité de l’enquête en cours et cherchent à détruire le règlement pacifique de la situation  en Syrie et à déstabiliser l’environnement au Moyen-Orient, et tout cela n’a rien à voir avec les objectifs déclarés de lutte contre le terrorisme international.

Actuellement, la situation à Damas et dans les autres lieux habités est jugée stable. Vous pouvez le voir en temps réel sur les écrans [derrière moi]. L’environnement est surveillé.

Je vous remercie de votre attention.


Source : http://eng.mil.ru/en/news_page/country/more.htm?id=12171300@egNews

Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr

https://arretsurinfo.ch/debriefing-de-letat-major-general-russe-sur-les-frappes-occidentales-en-syrie/

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Le Middle-Western spaghetti de Trump et Macron

TRIBUNE LIBRE /

TL WESTERN SYRIE

Pour quelques dollars de plus !

Par Badia Benjelloun

 

L’escouade d’Hollywood

Cette fois, l’Observatoire des Droits de l’Homme syrien qui, depuis 2011, à partir de son arrière boutique de Londres, a donné toute sorte d’informations sur les exactions de l’horrible dictateur Bachar Al Assad contre son peuple, n’a pas relayé l’attaque au gaz de Douma ce 7 avril 2018. Ni le Croissant Rouge syrien ni la coordination de l’ONU en Syrie, présents tous deux dans la Ghouta orientale, n’ont été en mesure de confirmer l’existence de victimes d’une intoxication aux armes chimiques.

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Seuls les Casques Blancs, primés par le cinématographe mondial d’Hollywood qui a reconnu là l’un des siens, ont diffusé des images de corps amoncelés et d’enfants dénudés avec un masque censé délivrer de l’oxygène en guise d’assistance ventilatoire. (1). Ils ont également fourni le film de la dévastation d’un appartement au toit défoncé par la chute d’un obus intact gisant dans un lit qui n’a pas souffert de dommages de la part d’une masse atterrie brutalement sur lui.(2) Il semble que dans ce cas, la mise en scène a choisi de présenter les effets de gaz suffocants non neurotoxiques. Ceux-ci sont doués d’un fort pouvoir rémanent, les symptômes cliniques qu’ils produisent sont difficiles à mimer et ils obligent de plus à une protection drastique des sauveteurs, jusque là négligée dans la post production des Casques Blancs. Le chlore et autres agents vésicants génèrent des risques de mort immédiate mais aussi des effets retardés de plusieurs heures redoutables liés à l’œdème résultant des brûlures de l’arbre respiratoire et des alvéoles pulmonaires. (3)

Le 7 avril, il aurait été dénombré 48 morts parmi les 500 personnes atteintes par les armes chimiques. La sincérité d’une telle allégation doit être mesurée à l’enquête sur le devenir des 452 personnes rescapées. Les observations diligentées par l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques devra s’y intéresser et exposer publiquement et de manière argumentée leur devenir. Plusieurs jours plus tard, les gaz même si plus denses que l’air prétendument utilisés auront été dispersés mais les lésions et séquelles inévitables des désordres anatomiques induits sont identifiables longtemps après.

L’opération faux drapeau prévue et non prévenue

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Quelques arguments militent en faveur d’une infiltration des agents de la propagande djihado-occidentales par le renseignement syrien et russe. Au cours du mois de mars, le gouvernement russe a annoncé être au courant d’une préparation en cours d’une provocation sous forme d’attaque chimique sous faux drapeau. Des citoyens syriens et des membres du personnel de l’hôpital de Douma témoignent de l’irruption d’inconnus dans la ville faisant irruption dans l’établissement munis de caméras et arrosant d’eau des personnes présentes.

(...)

La manipulation.

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Les Occidentaux comptent sur l’effet d’horreur déclenchée par l’évocation ‘gaz et armes chimiques’ et liée dans la construction d’un inconscient collectif autour de l’extermination nazie, toujours mise en avant dans les mass medias et les programmes scolaires comme la quintessence du Mal. Un tel effet de sidération n’a jamais obtenu avec les agents exfoliants fabriqués par Monsanto et délivrés par les bombardiers américains sur le Vietnam, tuant des civils par centaines de milliers et détruisant la végétation et stérilisant les sols pour des siècles. Ni avec l’usage d‘armes chimiques encore plus sophistiquées et non identifiées à Gaza en ce moment pour réprimer une population qui se révolte contre sa situation d’assiégée sous blocus. (5) Pas plus le phosphore blanc étasunien à Fallouja en 2004 (6) ni l’israélien à Gaza en 2009 n’ont ému en leur temps la communauté internationale de la même manière.

Propagande, l’ascension.

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L’attaque dans la nuit du 13 au 14 avril de la Syrie par la coalition des Usa et de ses vassaux britanniques et français est venue couronner celle de montée médiatique irrésistible contre le camp syrien et ses alliés. Le mois de mars a été marqué par les condamnations de la Russie dans l’affaire Skripal, dont le père, la fille ainsi que leur chat et leurs deux hamsters ont fait les frais. Les humains ont survécu à l’ingestion de moules contaminées par des saxitoxines (8) mais pas les animaux domestiques qui ont dépéri dans leur résidence mise sous scellés. Puis vint à point nommé le relais occasionné par les trois obus de chlore prétendument largués depuis des hélicoptères de l’armée arabe syrienne. Celle-ci était en voie d’achever la libération totale de la Ghouta orientale des mercenaires qui l’occupaient depuis 2012 (9) et la soumettaient à une économie de pénurie et de contrebande.

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La montée de la propagande et l’agencement des scénarios (devenus des "narratifs") ont encadré le long périple du successeur auto-désigné au trône du troisième royaume des Séoud en Ocident.

Du bruit.

La démonstration de force, menée depuis les bases étasuniennes dans ses quasi-colonies arabes du Golfe, s’est limitée à détruire des sites inoccupés et n’a pas fait de victimes humaines en dehors de quelques blessés.

Elle a pris un soin extrême à ne toucher aucune cible russe.

Elle a démontré l’efficacité de vieux systèmes anti-missiles soviétiques utilisés par l’armée syrienne avec un taux d’efficacité de 71 missiles détruits sur 103 .

NdE : on imagine ce que ça donnera quand les russes fourniront des S300 à l'armée syrienne...les S400 ( actuellement imparables) étant réservés à la sanctuarisation des bases russes... et turques.

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Elle se devait de punir le succès des forces syriennes qui ont chassé les mercenaires à l’Ouest de Damas, leurs bandes sont désormais cantonnées à Idlib.

Les trois pays concernés par les ventes d’armes aux pays arabes du Golfe ont offert ce spectacle comme garantie de leur engagement en faveur des pétro-monarques de moins en moins enclins à croire en l’efficacité de leur arsenal. Ils se sont ridiculisés. Mais en jouant ainsi leur piètre numéro, ils espèrent maintenir l’atmosphère de tension nécessaire à leur funeste commerce. Ils appliquent ainsi leur doctrine en adéquation avec leurs objectifs et leurs moyens, pas de conflagration mondiale, mais conflits régionaux de moyenne à faible intensité toujours en cours.

En attendant la chute du dollar, beaucoup de pays périphériques risquent encore de souffrir de cette confrontation entre une Eurasie en montée de puissance irrépressible et cet Occident fané et sans crédit, sinon celui du mensonge et de la tromperie terriblement difficiles à contrer tant leurs peuples sont ‘zombifiés’.

Badia Benjelloun

http://www.librairie-tropiques.fr/2018/04/le-middle-western-spaghetti-de-trump-et-macron.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

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Soyons justes: l'affaire du napalm au Vietnam avait suscité une émotion internationale et provoqué des manifestations gigantesques aux Etats- Unis et partout dans le monde, au point de provoquer des changements politiques importants à Washington, notamment.

Par contre, il est vrai que depuis, c'est le "2 poids 2 mesures" qui l'a emporté, selon la volonté des médias. On a même eu droit à de nouveaux éléments de langage du type "dommages collatéraux" ou "frappes chirurgicales"...   P.G.

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dimanche 15 avril 2018

Les médias sans vergogne

TRIBUNE LIBRE /

TL FAKE NEWS

13 avril 2018
Source: Vilain petit canard

Tout est bon pour tenter d’enrayer l’inéluctable défaite des terroristes de Jaïch al Islam et de leurs parrains occidentaux, les bonnes fées qui les soutiennent financièrement et leur tiennent lieu de force aérienne en Syrie.

Pourtant, la guerre est perdue, même un enfant le comprendrait. Mais comprendre n’est pas accepter. Les USA ne peuvent se résigner à l’idée qu’ils ne pourront plus, désormais, se placer en véritables démiurges, façonnant le destin du monde, et détruisant à loisir les États souverains au gré de leurs intérêts. Et les caniches — tenus tout autant par leur alliance mortifère à l’OTAN qu’à son versant économique, l’Union Européenne — aboient avec leur maître, tirant même sur la laisse pour lui montrer combien ils sont combatifs et fidèles compagnons.

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Dans un sursaut désespéré, l’alliance de bric et de broc tente le tout pour le tout, jouant une partie de poker menteur dont les cartes ont déjà été rebattues cent fois déjà, dans l’espoir de faire reculer la Russie, qui campe fermement sur ses positions, sûre de son bon droit. L’affaire Skripal, c’était juste l’échauffement, histoire de voir jusqu’à quel point les médias pouvaient raconter n’importe quoi sans que personne n’y trouve rien à redire; et de ce point de vue, il est vrai qu’en examinant attentivement l’alignement des médias, on n’aurait pas vu une oreille dépasser.

La première chaîne de radio francophone de Belgique en flagrant délit de mensonge

Par la voix du journaliste Daniel Fontaine, dans l’émission soir première, et plus précisément lors du journal de 18h, qui lisait son texte :

Elle (la Russie, ndlr) accuse les casques blancs, l’organisation de sauveteurs Syriens, dans les zones rebelles, d’avoir mis en scène cette attaque chimique, pour les caméras. Pourtant, l’Organisation Mondiale de la Santé, affirme que 70 personnes sont bien mortes, samedi, dans des caves, à Douma. La majorité des victimes présentaient des symptômes d’exposition à des agents chimiques (…)

Écoutant tout d’abord d’une oreille distraite les gazouillements du journaliste se livrant à son activité favorite — la propagande — je n’en crûs pas mes oreilles, tout d’abord. Avait-il bien parlé de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) ? L’affaire Skripal nous a montré, s’il le fallait encore, que les journalistes sont passés maîtres dans l’art de la suggestion, ainsi, je pense que bon nombre d’auditeurs/téléspectateurs restent, encore aujourd’hui, persuadés que Sergueï Skripal et sa fille sont morts, empoisonnés par un agent innervant.

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Dès qu’il a été disponible sur la plateforme, j’ai été réécouter l’extrait en question, accessoirement accompagné des images tournées par les caméras du studio. Et aux alentours de 18h03, il prononce exactement les mots figurant dans la citation ci-dessus, en prenant un soin tout particulier à articuler Organisation Mondiale de la Santé, comme pour l’enfoncer mieux dans la masse gélatineuse du cerveau de ses auditeurs.

Or Douma, au moment des faits (supposés) était aux mains des rebelles de Jaïch al Islam, qui sont parmi les plus fanatiques des rebelles takfiristes ayant combattu le régime Syrien : quelle ONG prendrait le risque d’y avoir une antenne ? Certainement pas les Nations Unies, pas même MSF, pas même la Croix-Rouge.

Je suis donc parti en quête de la dépêche ou du communiqué sur lequel ces affirmations se basaient. Je n’ai pas eu à chercher longtemps, il s’agissait d’un communiqué de l’OMS, daté du même jour, le 11 avril, qui disait ceci :

L’Organisation mondiale de la Santé est profondément alarmée par les rapports soupçonnant l’utilisation de produits chimiques toxiques dans la ville de Douma, dans la Ghouta orientale.

Selon les rapports des partenaires du groupe de responsabilité sectorielle Santé, on estime qu’au cours du bombardement de Douma samedi, 500 patients se sont présentés dans les établissements de santé avec des signes et symptômes correspondant à une exposition à des produits chimiques toxiques, en particulier des signes d’irritation sévère des muqueuses, d’insuffisance respiratoire et de troubles du système nerveux central chez ceux qui ont été exposés.

L’OMS précise donc d’emblée que cette information lui est parvenue via « les rapports des partenaires du groupe de responsabilité sectorielle Santé ». En creusant un peu, sur les sites de presse, on comprend que ces « partenaires » sont, nommément :

  • La Syrian American Medical Society
  • Les casques blancs

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Faut-il préciser que les casques blancs sont à l’objectivité ce que Boris Johnson est à l’honnêteté intellectuelle ? On ne compte plus les manipulations avérées de ces soi-disant sauveteurs, qui ne sont qu’une émanation des services secrets britanniques destinées à donner une apparence de respectabilité à la rébellion. Sauveteurs devant les caméras, terroristes quand les projecteurs sont éteints. [Note d’Entelekehia : et la Syrian American Medical Society est un organisme régulièrement dénoncé comme une émanation d’al-Qaïda, encore récemment dans un article du journaliste Max Blumenthal]

N’est-il pas dès lors pour le moins étrange que la RTBF confonde les casques blancs avec rien moins que l’OMS ? N’allez pas croire une seconde que ce soit une erreur, il s’agissait bien de donner à cette information toutes les apparences de la légitimité, quitte à violer allègrement les règles les plus élémentaires de la déontologie journalistique.

D’ailleurs, l’immense majorité des médias a relayé la même version dans un parfait unisson, ce qui indique, comme dans l’affaire Skripal d’ailleurs, qu’on n’a pas affaire à des dérapages, mais à une manipulation délibérée et parfaitement orchestrée.

Par Philippe Huysmans
Source: Vilain petit canard

https://arretsurinfo.ch/les-medias-sans-vergogne/

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En France également, de nombreux médias se sont clairement positionnés pour une intervention militaire en Syrie, sur la base des mêmes allégations mensongères...  

Voir par exemple nos publications:

Les médias américains exigent une agression à grande échelle contre la Syrie

Quels effets aurait une intervention occidentale en Syrie ?

D'autres par contre, mais c'était plus rare, ont au moins donné la parole à une autre version, comme par exemple:

Pourquoi la France ne doit pas s’associer aux frappes en Syrie

Vidéos du jour

La réalité du conflit syrien face à Bourdin, par une experte en géopolitique ! (12/04/18)

P.G.

AFFICHE FL PROPAGANDE SYRIE

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[RussEurope-en-Exil] Syrie : frappes à dingues ?

Article rédigé juste avant les frappes du trio US/UK/France

TL SAPIR PREUVES

TRIBUNE LIBRE / J. Sapir

L’attitude ce certains pays occidentaux, les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne au sujet de la Syrie soulève de nombreux problèmes. Ces pays, sur la base d’accusations d’emploi de gaz qui sont loin d’être prouvées, veulent faire des frappes sur des objectifs tant militaires que civils pour « punir » le régime syrien. Quand on connaît la cruauté et la brutalité du régime syrien, l’accusation est plausible*. Mais, il convient de rappeler que d’autres accusations précédentes le visant ont été démenties[1], et que les groupes s’opposant au régime, qui ne sont pas moins cruels ni moins brutaux que le régime et cela sans même parler de DAECH, ont développé et usé eux aussi d’armes chimiques. Ils portent la responsabilité de certaines des attaques chimiques qui ont été perpétrées durant cette guerre.

Cette attitude des trois pays occidentaux soulève, de plus, la question du respect du droit international. S’ils effectuaient des bombardements, dans la situation actuelle, cette action serait clairement illégale.

Les « preuves » et le précédant de 2003

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Les accusations concernant une attaque chimique dans le secteur de la ville de Douma se sont multipliées depuis ces derniers jours. Mais, des éléments irréfutables n’ont pas été présentés au public. La Russie prétend que cette attaque n’a pas existé, et qu’elle relève d’un montage de l’un des groupes combattant à Douma[2]. Il convient de rappeler que des soldats russes ont pu se rendre dans la ville de Douma, qui a été reprise par les forces de Bachar-el-Assad. Devant cette situation, Emmanuel Macron, lors de son interview de jeudi 12 avril, a affirmé détenir des preuves. Néanmoins, depuis le scandale des affirmations américaines et britanniques à l’ONU au sujet des armes de destruction massive soi-disant détenues par l’Irak, ce genre d’affirmation n’est plus recevable. L’ancien secrétaire d’Etat américain, M. Colin Powell a reconnu, depuis, le mensonge, et indiqué qu’il avait été manipulé par une frange des services secrets[3]. De même, il a été prouvé que Tony Blair, le Premier ministre britannique avait lui aussi menti[4].

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Ce précédent a durablement invalidé la parole publique des responsables politiques. Emmanuel Macron dispose peut-être de preuves irréfutables. Mais, il ne peut être cru sur parole. Ces preuves, il doit les montrer à l’opinion, et les soumettre à critique et discussion. Faute de faire cela, il ne pourra emporter aucune conviction. Nous en sommes donc là.

Or, c’est sur la base de cette accusation, dont on mesure la fragilité, que ces trois pays veulent attaquer un pays souverain. Il y a là un problème politique évident. C’est ce qui explique que d’autres pays européens, et en particulier l’Allemagne et l’Italie aient refusé de s’associer à cette attaque. Face à cette menace, la Russie a menacé d’abattre les missiles et de frapper les bases d’où ils auraient été tirés si des soldats russes étaient blessés lors de ces frappes. Non seulement nous sommes en présence d’un acte irréfléchi de la part de ces trois pays occidentaux, mais aussi d’un acte très dangereux.

Quelle rationalité ?

De nombreux commentateurs se sont étonnés que le régime de Bachar-el-Assad utilise ce type d’armes alors qu’il est en train de gagner la guerre, mi-civile, mi intervention étrangère. C’est un argument à prendre en compte. Aucune raison militaire ne militait pour l’emploi de gaz à Douma. Mais, il convient aussi de dire que l’on ne sait pas à quel point le régime syrien contrôle ses forces armées. De plus, le rôle politique de ces gaz peut être de terroriser une fraction de la population. La motivation qui sous-tendrait un possible usage de ces gaz par les forces de Bachar-el-Assad n’apparaît donc pas clairement[5]. Quels que soient les motifs possibles, le régime syrien savait que s’il commettait cet acte une riposte des Etats-Unis, comme en 2017, était probable. Par contre, s’il s’agit d’une provocation menée par les groupes combattant Assad, la motivation apparaît plus clairement. Aux abois, ces groupes n’ont guère d’autre choix que de chercher à tout prix à internationaliser le conflit. Il convient donc de garder cela en tête avant que de se précipiter dans une logique d’intervention et de bombardements.

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Car la guerre, et l’on se souvient de la formule de Clausewitz, aussi cruelle qu’elle soit, doit toujours servir une politique. La guerre est toujours la poursuite de la politique par d’autres moyens. Or, quelle est la politique des Etats-Unis et de leurs alliés ? La perspective d’un renversement pas la force de Bachar-el-Assad n’a plus aujourd’hui la moindre crédibilité. On voit bien ici que des frappes n’auraient pas d’autres justification que la vengeance et le fait de vouloir faire mal au régime. La stupidité de cette attitude est évidente.

Des voix protestataires

Il convient alors de revenir sur ce que seraient les « buts de guerre » des Etats-Unis et de leurs alliés. L’économiste Jeffrey D. Sachs, qui n’est pas un de mes amis et dont j’ai dénoncé la politique quand il conseillait Boris Eltsine et Yegor Gaïdar en Russie, décrit très bien les contradictions de la politique des Etats-Unis dans une vidéo[6]. Ce que dit Jeffrey Sachs est intéressant à plus d’un titre, et ne serait-ce que parce qu’il était bien placé auprès de l’appareil d’Etat américain[7]. Il commence à expliquer que les Etats-Unis ont fait une erreur stratégique il y a 7 ans de cela, et que la CIA (avec l’aide de l’Arabie Saoudite) cherchait à renverser Assad. Puis, pour décrire les réseaux qui poussaient (et qui poussent toujours) à la guerre il emploie la formule de « Permanent State ». C’est, en un sens, ce que l’on pourrait appeler la « bureaucratie », mais dans un sens plus pervers ; cette formule désigne en fait aussi ce que le Président Eisenhower appelait en son temps le « complexe-militaro-industriel »[8], mais un « complexe » où l’idéologie jouerait certainement un rôle plus important. Enfin il conclut en appelant Donald Trump à se fier à son instinct qui lui conseillait de se dégager au plus vite du bourbier Syrien.

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Les propos de Jeffrey Sachs sont à mettre en parallèle avec ceux de nombreux hommes politiques en Europe, de Jeremy Corbyn et Jean-Luc Mélenchon à gauche à Matteo Salvini ou Jacques Myard et Gérard Longuet à droite. De fait, l’intervention militaire que veulent nos hystériques va-t-en-guerre, que ce soit BHL, Hollande ou Macron et ses soutiens n’aurait pas d’autres résultats que de faire monter la tension jusqu’à des extrêmes et de nous mettre hors-jeu quant à l’avenir du Moyen-Orient.

La politique française : hors-jeu ou inclusion ?

Car, et il n’en faut pas douter, Bachar-el-Assad a gagné. Certains en seront soulagés, d’autres le regretteront, mais cette victoire est désormais incontestable. Il a gagné militairement cette guerre, mais il n’a pas encore gagné la paix. Et l’on peut douter qu’il soit en mesure de la faire, du moins tant qu’il restera dans la situation actuelle.

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Si la France a un objectif, ce devrait être justement celui-là : se réinsérer dans le jeu politique du Moyen-Orient pour pouvoir peser sur la paix qui vient, et garantir que le jihadisme soit réellement vaincu mais aussi qu’une situation acceptable soit faite aux minorités, tant cultuelles que politiques. On comprend bien que cela constituera – s’il est possible de le mettre en place – la meilleure garantie pour que le jihadisme ne puisse revenir. Contribuer à une paix réelle, à une paix qui passe par des compromis, mais aussi par la reconnaissance des droits des kurdes, envers qui nous avons une vieille dette, telle devrait être l’objectif de la France, car cette objectif est le seul qui associe tant les principes démocratiques que les conditions de notre sécurité. Cet objectif, de plus, est le seul qui soit compatible avec le droit international. Or ce droit, tout imparfait et limité qu’il soit, reste le meilleure garantie de stabilité au niveau mondial.

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Nous avons donc le choix entre une politique qui renforcera notre exclusion de la zone du Moyen-Orient, car nous n’avons pas les moyens de présence des Etats-Unis, et qui fragilisera notre sécurité, et une politique d’inclusion. Mais, cette dernière ne peut se mener que dans un dialogue avec la Russie et l’Iran. On peut d’ailleurs constater que l’attitude, bien plus prudente, de l’Allemagne, tend en réalité vers cela. Il convient donc de rouvrir un véritable dialogue politique tant avec la Russie qu’avec l’Iran, et pour cela commencer à se détacher du cadre de l’OTAN qui nous enferme et qui nous contraint. Il convient aussi d’apporter dans ce dialogue nos moyens et notre capacité économique pour la reconstruction de la Syrie et, au-delà, de l’Irak. Car, reconstruire un pays est une chose que nous savons faire et ce certainement mieux que les Etats-Unis.

Mais, choisir cette stratégie d’inclusion implique de fermer la porte aux options militaires irréfléchies et irresponsables. Il ne semble pas que notre Président, Emmanuel Macron l’ait compris.

Notes

[1] Voir l’analyse des déclarations du Secrétaire à la défense des Etats-Unis James Mattis, http://www.newsweek.com/now-mattis-admits-there-was-no-evidence-assad-using-poison-gas-his-people-801542

[2] Voir https://francais.rt.com/international/49727-moscou-detient-preuves-irrefutables-que-attaque-chimique-ghouta-mise-en-scene et https://fr.sputniknews.com/international/201804131035935022-moscou-attaque-presumee-douma/

[3] Voir http://www.nti.org/gsn/article/powell-blames-himself-iraqi-wmd-speech-un/ Voir aussi https://www.huffingtonpost.com/jonathan-schwarz/colin-powell-wmd-iraq-war_b_2624620.html

[4] Voir https://www.independent.co.uk/news/uk/politics/chilcot-report-inquiry-tony-blair-iraq-war-weapons-of-mass-destruction-evidence-verdict-a7122361.html

[5] Voir l’interview de Peter Ford, l’ancien ambassadeur de Grande-Bretagne en Syrie, https://www.youtube.com/watch?v=3j_Z1f84Ps8

[6] https://www.youtube.com/watch?v=-vwKk4pADCw&app=desktop

[7] Sur les liens de Sachs avec l’appareil d’Etat démocrate, voir le chapitre 1 de Sapir J., Les économistes contre la démocratie, Paris, Albin Michel, 2002.

[8] https://www.history.com/this-day-in-history/eisenhower-warns-of-military-industrial-complex

https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-syrie-frappes-a-dingues-par-jacques-sapir/

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*Commentaire relevé sur le site:

« Quand on connaît la cruauté et la brutalité du régime syrien » : bla-bla conformiste. Le pouvoir syrien résiste, et il incarne une nation qui résiste à l’impérialisme.
De toute façon, « Bachar al-Assad a gagné » ; quant à gagner la paix, les Russes notent que c’est au moment où se dessinait un avenir de paix que les agresseurs ont frappé la Syrie.
https://www.rt.com/news/424096-syria-strike-peaceful-future/

Après les diplomates : Haley, Pierce, Delattre, les dirigeants : Trump, May, Macron. Elle s’allonge, la liste des criminels contre la paix.

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samedi 14 avril 2018

Quelques citations contre la Guerre…

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Dans ce sombre climat, je vous propose quelques citations contre la guerre – au format “réseaux sociaux” pour une meilleure diffusion.

N’hésitez pas à les enrichir en commentaire avec les vôtres.

« L’intelligence défend la paix. L’intelligence a horreur de la guerre. » [Paul Vaillant-Couturier]

« L’humanité devra mettre un terme à la guerre, ou la guerre mettra un terme à l’humanité. » [John Fitzgerald Kennedy]

« On ne fait pas la guerre pour se débarrasser de la guerre. » [Jean Jaurès]

« La guerre apprend à tout perdre, et à devenir ce qu’on n’était pas. » [Albert Camus]

« Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire.» [Albert Einstein]

« Ceux qui aiment la paix doivent apprendre à s’organiser aussi efficacement que ceux qui aiment la guerre. » [Martin Luther King]

Rappel :

« Les Membres de l’Organisation règlent leurs différends internationaux par des moyens pacifiques, de telle manière que la paix et la sécurité internationales ainsi que la justice ne soient pas mises en danger. [Ils] s’abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l’emploi de la force, soit contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout État, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations Unies. » [Charte des Nations-Unies, art. 2]

https://www.les-crises.fr/quelques-citations-contre-la-guerre/