mercredi 13 septembre 2017

«C'est lui qui a commencé» : le mythe de la menace militaire russe refait surface

Les exercices militaires russes «Occident 2017» suscitent des tensions en Europe, selon les médias occidentaux... qui ne disent pas combien de militaires de l'OTAN se trouvent près de la frontière russe. Analyse de l'historien John Laughland.

 

ARG EST OUESTTout parent le sait : les enfants peuvent être terriblement aveugles dans les situations de conflit. Quand une bagarre éclate, chacun en rejette la responsabilité sur l'autre, incapable de voir la conséquence et le rôle de ses propres actes. Les adultes y voient un élément clé de l'infantilisme, dont il incombe aux parents de sortir leurs enfants par l'éducation. Ceux qui n'acquièrent pas la conscience de leur propre responsabilité deviennent des criminels se considérant toujours et uniquement victimes. Cet état d'esprit est souvent la cause directe de leurs crimes.

Il en est de même en politique. Il y a un risque de conflit chaque fois qu'un Etat ne voit pas comment ses propres actes sont perçus par la partie adverse. Voilà où nous en sommes, aujourd'hui, avec l'état actuel des relations est-ouest. Une pluie de critiques occidentales s'est abattue sur les exercices militaires russes, «Occident 2017» (Zapad 2017, en russe), qui commencent cette semaine. Le ministre allemand de la Défense, Ursula van der Leyen, suivant les propos de ses homologues estonien et letton, a multiplié par dix le nombre de troupes russes qui doivent y participer. Les médias publics, comme d'habitude, suivent la ligne de leurs gouvernements : le média national britannique, la BBC, accuse les exercices d'«augmenter les tensions» en Europe, reprenant à son compte l'affirmation du président ukrainien selon laquelle la Russie s'apprête à envahir l'Ukraine. La BBC semble avoir oublié que Poroshenko affirmait déjà en 2015 que la Russie avait déjà 200 000 troupes sur le territoire ukrainien, et qu'elle s'apprêtait à envahir la Finlande, les Etats baltes et les pays de la Mer noire.

Peut-être, comme une pendule qui se serait arrêtée, le président ukrainien aura-t-il raison un jour. Peut-être, aussi, les manœuvres occidentales fournissent un prétexte à ces exercices dont certains politiciens préféreraient ne pas témoigner. Peut-être, aussi, la visite du même président Porochenko au Pentagone à Washington, en juin, a-t-elle été remarquée à Moscou, les Etats-Unis ayant alors convenu d'accroître leur collaboration militaire avec Kiev. Après cette visite, le journal de l'armée américaine a confirmé que la présence militaire américaine en Ukraine serait renforcée l'année prochaine. Une nouvelle base navale américano-ukrainienne a été ouverte en juillet. En juin, le parlement ukrainien a voté en faveur de l'intégration dans l'OTAN. Pour la BBC, visiblement, tout cela n'a aucune incidence sur les tensions en Europe.

Et que dire de la visite du vice-président Mike Pence en Estonie, en juillet, où il a souligné la doctrine de la «présence avancée» de l'OTAN dans les pays baltes et dans les pays du sud-est européen ? Cette «présence avancée», c'est en fait une présence renforcée des troupes otaniennes dans des zones sensibles, sur la frontière russe. Les troupes britanniques, canadiennes, allemandes, françaises, polonaises, espagnoles, néerlandaises et, bien sûr, américaines, se massent dans la région baltique – et la Russie est censée ne pas réagir ?

N'oublions pas non plus la visite du président Trump en Pologne, en juillet, où il a été accueilli comme un sauveur. Que diraient les Américains si le président Poutine proposait une alliance militaire à un pays du continent américain, le Mexique par exemple ? Trump a saisi l'occasion de son voyage à Varsovie pour donner son plein soutien à l'Initiative des trois mers dont le président polonais, Andrzej Duda, est l'auteur : Trump a assisté au sommet de ce groupe pendant son bref séjour à Varsovie. Rassemblant douze pays littoraux de la mer Baltique, de la mer Noire et de l'Adriatique, ce projet a pour but principal (mais tacite) de créer un marché pour le gaz liquéfié américain. Il n'est pas non plus sans rappeler le vieux rêve mégalomane du maréchal Pilsudski de créer un cordon sanitaire anti-russe, qui devait s'étendre de la mer Baltique à la mer Noire, l'Intermarium, en unifiant la Pologne et l'Ukraine. On parle maintenant ouvertement de Miedzymorze (Intermarium, Entre-Mers) dans les universités polonaises. Redevenu d'actualité, ce projet excite non seulement les milieux nationalistes (y compris russes) les plus durs en Europe mais aussi plusieurs gouvernements et l'OTAN. Car ce cordon sanitaire, quelque soit son nom, fait depuis longtemps partie du raisonnement géopolitique de l'Alliance atlantique : celui qui met toujours en juxtaposition sa présence renforcée dans la région de la mer Noire et dans celle de la Baltique. D'énormes exercices militaires de l'OTAN ont eu lieu simultanément en mer Noire et dans la Baltique en juillet – avec un but «purement défensif», bien entendu.

Ce sont surtout les troupes de pays tiers, et notamment américaines, qui participent à ces manœuvres. Les exercices russes, par contre, ont lieu sur le territoire de la Russie et sur celui de son partenaire dans l'Etat de l'Union de la Russie et de la Biélorussie. Il n'y a aucune présence de pays tiers. Qui peut, dans ce genre de situation asymétrique, parler d'une posture agressive ou intimidante de la Russie ? Seulement quelqu'un qui serait frappé d'une cécité inquiétante, qu'elle soit volontaire ou involontaire. Cette cécité n'est que le prolongement du même aveuglement qui ne voit pas le putsch en Ukraine du 21 février 2014 mais seulement sa conséquence inévitable, la sécession de la Crimée et son adhésion à la Fédération de Russie. 

La politique occidentale se réduit donc au cri du petit enfant pris en flagrant délit de frapper son frère : «C'est lui qui a commencé!» Il est temps de grandir.

https://francais.rt.com/opinions/43060-cest-lui-qui-a-commence-mythe-menace-militaire-russe-refait-surface

Par John Laughland

John Laughland est directeur des Etudes à l'Institut de la Démocratie et de la Coopération (Paris), philosophe et historien. De nationalité britannique, il est l’auteur de plusieurs ouvrages historiques et géopolitiques traduits en sept langues.

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mardi 5 septembre 2017

Pierre-Yves Rougeyron : « L’Union Européenne est, comme l’Union soviétique, irréformable »

France – Entretien avec Pierre-Yves Rougeyron, intellectuel souverainiste français : « L’Union Européenne est, comme l’Union soviétique, irréformable ».

ARG ROUGEYRON EUROPE

Pierre-Yves Rougeyron est un jeune intellectuel souverainiste français. Ancien élève de l’École de Guerre Économique, il a notamment écrit un ouvrage sur la loi du 3 janvier 1973, une loi aux apparences anodines mais qui a dès lors contraint l’État à emprunter (avec intérêts) à des banques privées plutôt qu’à la banque centrale (sans intérêts). Il a fondé la revue et la maison d’édition Perspectives Libres et jouit par ailleurs en France d’une audience non-négligeable sur Internet au travers de ses vidéos qui analysent l’actualité.

Il a accordé au Visegrád Post un entretien sans concessions sur les conséquences des élections en France, les évolutions de l’Union Européenne, les perspectives du groupe de Visegrád.


Visegrád Post : La longue séquence électorale française vient de se terminer, avec l’élection d’Emmanuel Macron à la Présidence de la République et d’un Parlement qui lui est majoritairement favorable. Vous avez comparé son ascension une révolution de couleur disposant des forces d’argent et de média. N’est-ce pas un peu exagéré ?

Pierre-Yves Rougeyron : Sur les procédés de ce que nous appelons « révolution colorée », le mot est peut-être un peu fort mais Macron a quand même tous les traits des bourgeoisies compradores qui sont installées dans les pays non souverains à travers le monde pour servir des intérêts étrangers. En ce sens je maintiens qu’il fait un bon parallèle avec un oligarque ukrainien revu et corrigé par Gala.

VP : Selon vous, quelles seront les conséquences de l’élection de M. Macron au niveau de l’Union Européenne ?

Pierre-Yves Rougeyron : L’Allemagne sent qu’elle a une France croupion pour collaborer. Macron pense que s’il saigne le peuple français il pourra en échange de cette livre de chair négocier avec les Allemands. C’est écrit presque noir sur blanc dans son livre Révolution. Il sera Tsipras en pire. Mais les réalités des divergences économiques et de la nocivité de l’euro resteront. On n’arrête pas plus le réel par de la communication qu’on arrête la mer avec les mains.

VP : Durant l’entre-deux-tours de l’élection présidentielle française, l’affaire de l’usine Whirlpool qui sera délocalisée en Pologne a animé les débats. Emmanuel Macron a vivement critiqué la Pologne, l’accusant notamment de jouer sur les écarts fiscaux. Quel regard porter sur ces critiques ?

Pierre-Yves Rougeyron : Il y a trois aspects à voir. La libre circulation des personnes et des capitaux dans des zones si hétérogènes allait fatalement entraîner une saignée des emplois dans les pays où les luttes sociales avaient permis un meilleur rapport de force aux peuples. C’est le premier point qui est un des canons du catéchisme européen gravé dans les traités.

Le second est que les pays de l’Est n’ont pas eu la chance de former une zone avec droits de douane unique et de se développer à part. À la chute du mur ils ont subi un véritable interdit de développement industriel autonome. Ils n’ont pas pu avoir l’équivalent d’un État développeur à l’asiatique par exemple, car l’Allemagne voulait les «hinterlandiser» selon les vieux buts de guerre de l’Allemagne impériale.

Enfin, Macron fait semblant de s’intéresser au sort des Français. C’est le prix de l’Europe que de multiplier les “gueules cassées” des guerres économiques. C’est un Moloch auquel on sacrifie déjà des enfants déjà en Grèce (42% d’augmentation de la mortalité infantile depuis la prise de pouvoir par les oligarques pro-UE), alors pourquoi pas des ouvriers en France.

VP : Lorsque les pays d’Europe centrale et orientale ont mis un terme à la période socialiste en 1989, puis rejoint l’UE en 2004, c’était, entre autres, avec l’espérance de parvenir à rattraper le retard économique qu’ils avaient sur l’Ouest. Aujourd’hui, le constat est celui d’un échec, désormais aggravé par l’émigration et le « brain-drain » (fuite des cerveaux). Quel regard porter sur cette période pour ces pays ?

Pierre-Yves Rougeyron : Je pense qu’ils ont cru au pire des mythes occidentaux. Celui du développement par l’extérieur. Le développement est endogène par nature. Les pays de l’Est sont en train de l’apprendre cruellement. Mais ce qui compte, c’est ce qu’ils vont faire pour ne pas être complètement saignés, car l’Europe est une formule unique : OTAN-finance-droits des minorités-immigration. L’Europe à la carte relève de la promesse de boutiquier.

VP : Le Groupe de Visegrád suscite beaucoup d’intérêt depuis 2015 chez les populistes d’Europe occidentale en raison de son opposition forte au projet merkélien de quotas de migrants. Au delà de cette crise particulière, certains y voient même une alternative à Bruxelles et la possibilité d’une révolution interne des institutions de l’UE. Qu’en pensez-vous ?

Pierre-Yves Rougeyron : L’espoir fait vivre mais la naïveté tue. Il n’y a aucune alternative car le groupe de Visegrád (création allemande) pliera gentiment lors de la renégociation des fonds structurels en fin d’année 2017. La liberté à crédit n’existe pas. Quant aux institutions de l’UE, elles ne changeront pas. Rappelez-vous que le slogan « l’autre Europe » fut inventé par François Mitterrand contre le général de Gaulle. L’UE est, comme l’Union soviétique, irréformable. D’ailleurs, contrairement à ceux qui se voilent la face, les eurocrates de Juncker (pas de démocratie contre les traités) à Schäuble (les traités européens ne sont pas réformables) vous le disent. Ensuite vous pouvez repeindre les barreaux de la prison si vous voulez.

VP : L’ancien Président de la République tchèque, Václav Klaus, vient d’en appeler à la sortie de son pays de l’Union Européenne pour mettre un terme au chantage « subventions contre migrants ». Qu’une personnalité ayant exercé les plus hautes fonctions dans un pays d’Europe centrale en appelle ainsi franchement à la sortie de l’UE est assez inédit…

Pierre-Yves Rougeyron : En effet, c’est un signe d’espoir. Mais je crains que peu de dirigeants des pays de l’Est ne soient prêts à payer le prix de la lucidité.

VP : Vous êtes un critique de la construction européenne. Elle apporte pourtant parfois des choses positives. Par exemple, elle vient de mettre un terme aux surfacturations des appels téléphoniques passés au sein des pays de l’Union. N’y voyez-vous pas une avancée ?

Pierre-Yves Rougeyron : Très bel exemple des bienfaits de l’UE. Les happy few ne vont plus payer le portage d’appel. Mais les autres vont payer pour eux. Or, 80% de l’économie d’un pays comme la France repose sur … les Français et leurs actes économiques (production, consommation etc..) en France. Donc on va faire payer 80% de gens qui vivent de leur travail chez eux pour 20% de globe-trotters à l’utilité économique dans certains cas discutables. Mais bon, la subvention à la mobilité contre la production enracinée, c’est une définition comme une autre de l’Europe.

 http://lesobservateurs.ch/2017/08/31/pierre-yves-rougeyron-lunion-europeenne-est-comme-lunion-sovietique-irreformable/

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samedi 26 août 2017

"Arrogance" et "manque d'expérience": la Première ministre de Pologne dézingue Emmanuel Macron

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Alors que la Pologne refuse de modifier la directive sur les travailleurs détachés, Emmanuel Macron a sévèrement tancé ses dirigeants, ce vendredi 25 août. La Première ministre lui a vertement répliqué, mettant en avant ses "déclarations arrogantes", son "manque d'expérience" et ses "lacunes".

Même à l'échelle européenne, l'état de grâce est bel et bien fini pour le "New Boy". Alors que l'arrivée au pouvoir d'Emmanuel Macron avait été jusqu'ici bien accueillie par ses partenaires européens, le Président français vient de se faire très sévèrement recadrer par Varsovie. Dans une interview accordée ce vendredi 25 août au média conservateur wpolityce, la Première ministre polonaise, Beata Szydlo, y va à la sulfateuse contre lui : "Peut-être ses déclarations arrogantes sont-elles dues à son manque d'expérience et de pratique politique, ce que j'observe avec compréhension, mais j'attends qu'il rattrape rapidement ces lacunes et qu'il soit à l'avenir plus réservé".

Il faut dire que notre Jupiter national l'a un peu cherché. Ce vendredi, le chef de l'Etat a critiqué très sévèrement le refus de la Pologne de réviser la directive sur les travailleurs détachés, qui permet aux citoyens européens d'être embauchés dans un pays tout en payant leurs cotisations sociales dans leur pays d'origine. Ce texte profite à de nombreux citoyens polonais qui se font facilement embaucher dans des pays plus riches, pour un salaire moins élevé que le Smic local mais plus important que ce qu'ils toucheraient dans leur pays d'origine.

Le Président aimerait limiter ces pratiques qu'il apparente à du "dumping social" et en a fait un des enjeux de son actuelle tournée européenne. D'où un certain désappointement en apprenant la fin de non-recevoir polonaise. "Le peuple polonais mérite mieux que cela et la Première ministre aura beaucoup de mal à expliquer qu'il est bon de mal payer les Polonais", a tancé Emmanuel Macron en conférence de presse ce vendredi.

On pouvait se douter que la chef du gouvernement polonais ne se laisserait pas humilier ainsi. Dans la même interview, elle se permet une vive réplique en pointant les difficultés de la France face au chômage et au terrorisme. "Je conseille à monsieur le Président qu'il s'occupe des affaires de son pays, il réussira alors peut être à avoir les mêmes résultats économiques et le même niveau de sécurité de ses citoyens que ceux garantis par la Pologne." Histoire d'enfoncer le clou, Beata Szydlo se pose même en défenseure des idéaux européens face à un Emmanuel Macron qui défendrait un certain protectionnisme : "Pour ce qui est des travailleurs délégués, c'est la Pologne et l'Europe centrale qui défendent les principes du marché commun alors que la France tente de démonter l'un des piliers de l'UE".

Le message paraît clair : la Pologne ne cèdera pas face aux coups de pression du Président français. A croire qu'à l'échelle internationale, il ne suffit pas de se proclamer "maître des horloges" pour imposer ses vues…

https://www.marianne.net/politique/arrogance-et-manque-d-experience-la-premiere-ministre-de-pologne-dezingue-emmanuel-macron


C'est beau la paix et l'amitié entre les peuples au sein de l'UE! Quant à l'Europe sociale, il faudra patienter...P.G.

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jeudi 24 août 2017

Pourquoi le couple Merkel-Macron sème la discorde en Europe centrale

ARG MACRON MERKEL

 

 

© Stephane Mahe/REUTERS La vision d'un couple franco-allemand «moteur de l'UE» a-t-elle encore de l'avenir?

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L'article qui suit est un plaidoyer pro- américain qui témoigne de l'inquiétude de certains milieux face aux derniers bouleversements géopolitiques consécutifs de l'élection de Donald trump à la Maison Blanche, au fiasco des affaires ukrainienne, syrienne voire coréenne, et au jeu trouble, de leur point de vue, d'une Allemagne qui se sent "pousser des ailes" alors que l'UE se trouve fragilisée par le Brexit et une succession de crises internes. Cela méritait quelques commentaires...

P.G.

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Patrick Edery est Président directeur général de Partenaire Europe, un cabinet de conseil originaire d'Europe centrale.

FIGAROVOX/TRIBUNE - Patrick Edery, PDG de Partenaire Europe, déplore que le maintien discutable de la domination du couple franco-allemand dans l'UE se fasse au mépris des puissances d'Europe centrale, et notamment de la Pologne.

Emmanuel Macron, en cette fin du mois d'août, a décidé de rencontrer les chefs d'État des gouvernements autrichien, bulgare, roumain, slovaque et tchèque. Bien sûr l'on remarque tout de suite la grande absente de cette tournée: la Pologne. Certains s'empresseront d'affirmer que Jupiter assouvit sa juste colère contre l'impudente Varsovie en la bannissant de l'Olympe européen. La réalité est peut-être moins glamour. En effet, les Pays d'Europe Centrale et Orientale (PECO), étaient en train de s'unifier autour de la Pologne afin de gagner un peu d'autonomie face à la toute-puissante Allemagne. Berlin au regard de son passé et ses échéances électorales (élections législatives en septembre) ne pouvait intervenir directement. Aussi notre président s'en vient essayer de semer la zizanie en opposant les dirigeants sociaux-libéraux autrichien, bulgare, tchèque, slovaque et roumain aux conservateurs polonais, hongrois et croate. Et en leur demandant de choisir leur camp.

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1° constat: si l'affirmation est vraie, l'UE n'empêche nullement les manoeuvres géopolitiques classiques sur la scène internationale où chaque Etat défend ses intérêts stratégiques en se cherchant des alliés, n'en déplaise aux européistes qui prétendent le contraire.

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Les travailleurs détachés, la partie émergée de l'Iceberg

L'objectif, louable, de la tournée présidentielle serait la révision de la directive européenne sur le travail détaché. Cette dernière organise une concurrence déloyale des pays «Low Cost» de l'U.E. sur le territoire français. Les 4 principales nationalités de travailleurs détachés en France sont les Polonais (46 000), les Portugais (44 000), les Espagnols (34 000) et les Roumains (30 000).

Les pays choisis pour cette tournée ont des profils très hétérogènes. Ils ont, par contre, un point commun: leurs dirigeants sont des sociaux-libéraux, à l'exception du premier ministre bulgare de centre-droit, mais qui rencontrera M. Macron en compagnie de son Président de la République, lui, désigné par les sociaux-démocrates.

Selon la presse, l'Élysée a choisi ces pays car se sont «les plus attachés à leur ancrage européen» et qu'Emmanuel Macron va rencontrer les pays de l'Est qui «ont été plutôt ignorés» depuis plusieurs années par la France.

Résumons. Le Président se rend dans les PECO au sujet des travailleurs détachés. Il n'y rencontre pas le pays qui représente 1/3 de la population et du PIB de la zone et qui est le premier pourvoyeur de travailleurs détachés en France: la Pologne. Il a des RDV uniquement avec ceux qui sont les plus «coopératifs» et proche de ses opinions: les sociaux-libéraux. Il souhaite tellement démontrer aux PECO qu'ils ont de l'importance pour lui qu'il leur parlera de ses problèmes.

Or M. Macron n'arrive pas en terrain conquis. Il a appuyé Mme Merkel dans sa «demande» à la Commission d'engager une procédure visant à contraindre la Tchéquie et ses voisins polonais et hongrois à accepter la répartition des demandeurs d'asile au sein de l'U.E. Tous les pays de la zone ont noté que cette procédure n'a englobé ni l'Autriche ni la Slovaquie, ces deux pays ayant feint d'accueillir des réfugiés (respectivement une cinquantaine et une vingtaine) pour échapper, avec succès, aux sanctions. Ils interprètent cette procédure comme une punition contre ceux qui ont osé s'opposer publiquement à la politique migratoire allemande, imposée unilatéralement par Mme Merkel. Alors que cette dernière, dans le même temps, leur imposait une politique énergétique germano-russe, contraire aux intérêts européens.

Nord Stream 2: un gazoduc symbole d'injustice et de domination

Ce nouveau projet consiste à dupliquer le gazoduc existant Nord Stream qui relie directement la Russie à l'Allemagne via la Baltique et dont la principale caractéristique est qu'il évite tous les pays de l'Est. Les capacités Nord Stream 1 et 2 supplanteront les deux gazoducs passant actuellement par l'Europe centrale. Pour les pays de cette zone, mais aussi les pays scandinaves, ce projet mine la sécurité énergétique européenne. D'un point de vue légal, il pose problème car la législation énergétique définie par Bruxelles interdit à une entreprise d'assurer à la fois l'extraction, le transport et la vente de gaz. Malgré cela, Berlin maintient son projet qui lui permettra de couvrir ses besoins annuels en gaz via une seule source d'approvisionnement: la société russe Gazprom.

La Russie s'assure ainsi de l'approvisionnement direct de son principal client en Europe, elle évite de s'acquitter des droits de passage aux pays de l'Est, et pourra utiliser la menace de couper les robinets pour faire pression sur les PECO, comme elle l'a fait avec l'Ukraine.

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2° constat: le mythe de l'intérêt général européen vole en éclat, comme tout le monde le savait sauf les propagandistes de la construction européenne: que ce soit sur la question migratoire ou sur les dossiers économiques, à commencer par la question de l'approvisionnement énergétique. Quant à la qualification de "Nord Stream" d'instrument de domination, c'est un peu "gonflé" de la part de ceux qui considèrent la domination US comme normale...

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Aussi lorsque la Commission poursuit la Pologne sur la question migratoire et ferme les yeux sur la politique énergétique de l'Allemagne qui met en péril les intérêts vitaux des pays de l'Est, comment ces derniers ne pourraient-ils y voir, au mieux, une injustice, au pire, l'hégémonie allemande en action?

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3° constat: le mythe des institutions démocratiques de l'Union s'effondre à son tour: le principe "fédéral" implique que les régions riches soient plus fortes que les régions pauvres, en dépit des beaux principes affichés.. L'arnaque est d'autant plus grande que les régions pauvres sont loin d'obtenir les transferts de fond qu'elles souhaiteraient; du coup, elles deviennent des dépotoirs à usines "low cost" et leurs travailleurs une main d'oeuvre corvéable à merci. Et surtout, leur poids est faible au sein des institutions.

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L'Initiative des Trois Mers (I3M) ou l'instrument d'endiguement du leadership allemand

Pour échapper à cette domination, douze pays de l'UE (l'Autriche, la Bulgarie, la Croatie, la République tchèque, l'Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie), ont signé un accord en 2016 pour améliorer leur coopération économique et créer une nouvelle alliance énergétique.

L'I3M est clairement une déclaration d'indépendance à Berlin et Moscou mais aussi une réponse au projet d'Europe à deux vitesses du couple franco-allemand. Cette alliance part d'un constat simple: en Europe centrale l'écrasante majorité des routes, pipelines et lignes ferroviaires se trouvent dans un axe est-ouest, principalement en raison de la longue domination germano-russe. Aussi l'objectif de l'I3M est de développer des infrastructures et connexions le long d'un axe nord-sud complètement indépendant de l'Allemagne et de la Russie. Concrètement l'I3M c'est trois projets principaux: une autoroute reliant la Lituanie à la Grèce et deux gazoducs: un premier de la Bulgarie à l'Autriche, et un autre de la Croatie à la Pologne. Ce dernier gazoduc devrait être alimenté par méthanier par les USA qui proposent des prix inférieurs à ceux des Russes. De plus, le Sénat américain s'est rangé du côté des pays de l'I3M en approuvant diverses mesures permettant de sanctionner les sociétés qui investissent ou participent au gazoduc russo-allemand.

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4° constat: le démantèlement progressif de l'UE se profile sous nos yeux, avec la création d'une zone stratégique et économiquement plus cohérente à l'Est, mais sur le même modèle: il lui faudra donc, elle aussi, une puissance régionale dominante!

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La Pologne, une puissance qui compte de nouveau en Europe centrale

La Pologne apparaît donc en Europe centrale comme celle qui ose dire «non» à l'Allemagne. Elle est porteuse d'un projet qui pourrait assurer à la fois un minimum d'indépendance énergétique par rapport à la Russie et une autonomie politique vis-à-vis de Berlin. Varsovie est aussi en train de devenir la colonne vertébrale de la défense en Europe Centrale et s'affiche comme le principal opposant à Moscou au sein de l'UE.

La crainte, pour les pays d'Europe centrale, est que la Russie, après la Tchétchénie, la Géorgie, l'Ukraine, ne déclenche un nouveau conflit de basse intensité dans les pays Baltes qui comptent de fortes minorités russophones (9% en Lituanie, 26 % en Estonie et 29% en Lettonie). Et ce ne sont pas les déclarations à répétition de M. Poutine, faisant de la protection des minorités russophones, où qu'elles soient dans le monde, un impératif pour Moscou, qui vont rassurer.

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Là on ou trouve normal que la Pologne défende ses intérêts géostratégiques, il n'en va pas de même pour la Russie, qui reste l'"axe du mal", quoiqu'il arrive, et pas seulement en Europe de l'Est.

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Profitant du Brexit et des tropismes prorusse et pro allemands supposés de Paris, Varsovie a réussi à apparaître à ses voisins comme le seul pilier de sécurité régionale de confiance au sein de l'UE. Ce pays est un des rares membres de l'Otan qui a consacré 2% de son PIB à l'armée. Outre le fait que la Pologne modernise à marche forcée son armée et représente plus de 40% des forces des pays de l'Otan en Europe de l'Est, elle accueille sur son sol 4000 soldats américains et leurs systèmes antimissiles les plus perfectionnés. Ce leadership a même été consacré par le président américain Trump, le 6 juillet 2017 à Varsovie, devant les 12 chefs d'État de l'I3M (tous membres de l'UE).

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Pour ce qui concerne le tropisme prorusse de la France, il faudra rester prudent mais il est vrai que les intérêts économiques priment souvent en Europe sur d'autres intérêts, et Macron sert d'abord les intérêts de l'oligarchie. Pour ce qui est du tropisme proallemand, on en avait l'habitude. 

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Quand on confond la raison d'État avec celle du Chef de l'État

Le couple Merkel-Macron semble, pour l'instant, sur la même longueur d'onde et plus proche que ne l'ont jamais été aucuns de leurs prédécesseurs. Ensemble ils jouent de plus en plus la Chine contre les USA, comme sur la question du climat. Ils en arrivent même à se rallier aux positions chinoises appelant la Corée du Nord et les USA à la désescalade, mettant ainsi dans le même panier Washington et Pyongyang. Ils sont sans concession avec la Pologne sur la question des migrants syriens et sont d'une extrême délicatesse avec l'Arabie Saoudite qui les refuse. Pourquoi un tel renversement de nos préférences?

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Une clé de compréhension se trouve probablement dans les cercles dirigeants à Washington où, depuis l'élection de Donald Trump, deux camps s'affrontent sur le plan intérieur comme sur le plan international, entre ceux qui veulent en découdre avec Poutine (cette partie de l'oligarchie a encore de puissants relais en France et en Allemagne, notamment dans la presse française) et ceux qui veulent barrer la route commerciale et stratégique des Chinois.

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La position de Berlin, qui nous a habitués à plus de pragmatisme et de consensus, peut paraître étonnante. L'Allemagne retrouverait-elle ses ambitions impériales? Ou plus prosaïquement la Chancelière Merkel, les élections approchant, essaye de laisser le moins d'espace à son adversaire socialiste M. Schultz et aux écologistes en s'opposant à M. Trump sur le climat et aux pays de l'Est sur les réfugiés?

Notre Président ne trouverait-il pas aussi son avantage à traiter ainsi les États-Unis et la Pologne? En termes de politique intérieure, ayant fait une OPA sur les courants libéraux du PS et des LR, son seul réel adversaire sera le courant conservateur des LR (incarné un temps par M. Fillon et peut-être demain par M. Wauquiez). Aussi décrédibiliser les conservateurs polonais et américains est une manière de ringardiser leurs homologues français.

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C'est dans ce contexte qu'on comprend mieux les déclarations de Fillon et Wauquiez et leurs déboires ultérieurs: (Europe à géométie variable et rapprochement avec les russes...).

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Le couple Merkel-Macron au-dessus de notre raison d'État

Nul ne peut nier le rôle du couple franco-allemand dans l'établissement en Europe d'une paix longue de trois quarts de siècle*. Pour autant, n'érige-t-on pas ce qui était au départ une nécessité en un dogme? Avec le Brexit et les mécontentements des pays de l'Est mais aussi latins envers Berlin, Paris avait toutes les cartes en main pour redevenir la puissance continentale dominante. Opportunité qui ne s'était plus présentée depuis deux siècles. Et en trois mois que faisons-nous? Nous menons une contestation stérile contre notre plus ancien allié: les USA. Nous demandons la tête de notre plus vieille amie: la Pologne. Nous arrivons même à nous mettre à dos les Italiens à qui nous faisons de mauvaises manières avec le tunnel du Mont Blanc, les migrants et la Libye. Si l'intérêt de l'Allemagne dans ce jeu d'influence est identifiable, quel est celui de la France?

http://www.msn.com/fr-fr/actualite/monde/pourquoi-le-couple-merkel-macron-s%C3%A8me-la-discorde-en-europe-centrale/ar-AAqzSLC?li=BBwlBpb&ocid=spartandhp

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*Nul ne peut nier le rôle du couple franco-allemand dans l'établissement en Europe d'une paix longue de trois quarts de siècle: il faut savoir ressortir le dogme de la propagande, et en raffermir la portée, car il est au coeur même de la "construction européenne": l'assujetissemenr de la France aux intérêts américains par l'intermédiaire de l'Allemagne. C'est ce que réclame une partie du clergé bruxellois qui craint le retour d'une Allemagne impériale et la destruction à terme de l'édifice européen au profit de cette dernière. En gros, si les Allemands ne jouent pas le jeu, c'est à la france de prendre le relais.

C'est en tous cas mon interprétation, mais le débat est ouvert.

P.G.

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dimanche 30 juillet 2017

L’Europe ouvre une procédure pour sanctionner la Pologne

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L’Europe ouvre une procédure pour sanctionner la Pologne

http://www.ouest-france.fr/europe/pologne/l-europe-ouvre-une-procedure-pour-sanctionner-la-pologne-5162217

La Commission européenne a lancé samedi une procédure d’infraction contre la Pologne après la publication d’une nouvelle loi qui, aux yeux de Bruxelles, sape l’indépendance des tribunaux ordinaires polonais.

« La Commission européenne a lancé une procédure d’infraction contre la Pologne, par une lettre de notification formelle, à la suite de la publication dans le Journal officiel polonais de la Loi sur l’organisation des juridictions de droit commun le vendredi 28 juillet », indique-t-elle dans un communiqué.

L’exécutif européen a donné un mois à la Pologne pour répondre à cette procédure qui peut conduire à des sanctions financières.

La Commission européenne avait lancé une première salve d’avertissements la semaine dernière en demandant la suspension des réformes controversées du gouvernement conservateur polonais, contestées par des manifestations massives. Lundi, le président polonais Andrzej Duda, issu du parti au pouvoir, avait opposé son veto à deux des lois accusées de menacer l’indépendance de la justice du pays. Mais ce veto ne concernait pas la nouvelle loi sur l’organisation des juridictions de droit commun, officialisée vendredi.

La commission européenne met ses menaces à exécution

Selon Bruxelles, cette réforme des tribunaux ordinaires contient des mesures discriminatoires, avec des âges différents de départ à la retraite pour les hommes et les femmes. La Commission déplore également une mesure accordant au ministre de la Justice le pouvoir de prolonger le mandat des juges ayant atteint l’âge de la retraite.Mercredi, Bruxelles avait durci le ton, se disant « prête à déclencher immédiatement » la procédure de l’article 7 du traité de l’UE, pouvant suspendre les droits de vote dans l’UE d’un pays membre. Varsovie avait de son côté crié au « chantage ».

Cet article 7, encore jamais utilisé, est souvent décrit comme « l’arme nucléaire » dans la panoplie de mesures que peut prendre l’Union contre l’un de ses membres. Au terme d’une procédure complexe, il peut déboucher sur une suspension des droits de vote d’un pays au sein du Conseil de l’Union, l’instance regroupant les 28 Etats membres.

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samedi 22 juillet 2017

Le Sénat polonais approuve la réforme controversée de la Cour suprême

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Le Sénat polonais approuve la réforme controversée de la Cour suprême

https://francais.rt.com/international/41254-senat-polonais-approuve-reforme-controversee-cour-supreme-justice

 

 Le Sénat du parlement polonais, dominé par les conservateurs, a approuvé une réforme controversée de la Cour suprême, en dépit des mises en garde de l'UE, des appels de Washington et des manifestations de rue massives.

Le texte de réforme de la Cour suprême polonais, adopté le 19 juillet par la chambre basse, a été soutenu par 55 sénateurs, contre 23 voix d'opposition, dans la nuit du 21 au 22 juillet. Deux sénateurs se sont abstenus. 

Tout au long des débats qui ont duré 15 heures, des milliers de manifestants ont protesté dans toute la Pologne contre cette loi qui renforce le contrôle politique sur la Cour Suprême.

Après le vote, les manifestants rassemblés devant le Parlement, ont scandé «Honte !», «Traîtres !», «Démocratie !».

Pour entrer en vigueur, le texte doit encore être promulgué par le président Andrzej Duda, lui même issu du parti conservateur Droit et Justice (PiS) de Jaroslaw Kaczynski au pouvoir. Le chef d'Etat dispose de 21 jours pour signer le texte, y opposer son véto ou, en cas de doute, le soumettre au Tribunal constitutionnel.

 L'opposition, des organisations de magistrats, le médiateur public et les manifestants ont appelé le président Duda à opposer son véto à cette réforme, ainsi qu'à deux autres réformes adoptées récemment qui, selon eux, accroissent le contrôle du pouvoir exécutif sur le système judiciaire.

Une réforme décriée par l'opposition et la Commission européenne et Washington

L'opposition dénonce un «coup d'Etat», alors que le PiS présente les réformes comme indispensables pour rationaliser le système judiciaire et combattre la corruption. Il considère la résistance à ces initiatives comme la défense des privilèges et de l'impunité d'une «caste» des juges.

Le 19 juillet, la Commission européenne avait sommé Varsovie de «mettre en suspens» ses réformes, agitant la menace de possibles sanctions comme la suspension des droits de vote de la Pologne au sein de l'UE.

Tout en soulignant que la Pologne est «un proche allié» de Washington, le département d'Etat américain a déclaré que les Etats-Unis étaient «préoccupés» par une législation qui, selon eux, semble «limiter le pouvoir judiciaire et potentiellement affaiblir l'état de droit en Pologne». 

«Nous exhortons toutes les parties à assurer qu'aucune réforme judiciaire ne viole la Constitution polonaise ou les obligations juridiques internationales et respecte les principes de l'indépendance de la justice et la séparation des pouvoirs», a déclaré Washington via un communiqué.

La loi sur la Cour suprême arrive juste après deux autres textes votés le 12 juillet. Le premier porte sur le Conseil national de la Magistrature et stipule que ses membres seront désormais choisis par le Parlement. Le deuxième modifie le régime des tribunaux de droit commun, dont les présidents seront nommés par le ministre de la Justice.

 

Manifestations à Varsovie contre les réformes du système judiciaire 

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Des milliers de personnes ont manifesté le 16 juillet en Pologne, notamment devant le parlement et la cour suprême à Varsovie, pour dénoncer les réformes controversées du système judiciaire menées par les conservateurs au pouvoir.

«A bas Kaczor, le dictateur !», ont scandé les manifestants rassemblés dans l'après-midi du 16 juillet devant le parlement polonais dans la capitale. «Kaczor», le «canard mâle» en polonais, est le sobriquet dont est affublé Jaroslaw Kaczynski, le chef du parti au pouvoir. D'autres manifestants utilisaient le même sobriquet, mais traduit en anglais, des panneaux portant l'inscription «duck off!».

Le nombre des manifestants qui ont répondu à l'appel du Comité de défense de la démocratie (KOD) s'élève à 4 500, selon la police, tandis que la mairie, fief de l'opposition, a annoncé 10 000 participants.

 Les dirigeants des deux principaux partis d'opposition, Plateforme civique (PO, centriste) et Nowoczesna (libéral), Grzegorz Schetyna et Ryszard Petru, ont prononcé des discours musclés, s'engageant à collaborer étroitement pour s'opposer à la politique de Droit et Justice (PiS), dirigé par Jaroslaw Kaczynski.

Les deux chambres du parlement polonais ont approuvé cette semaine deux projets de loi qui, aux yeux de l'opposition, marquent un pas vers la prise de contrôle du système judiciaire par la majorité conservatrice et affaiblissent la séparation des pouvoirs.

(...)

 Une autre proposition de loi, très controversée mais encore en discussion, donne au ministre de la Justice d'importants pouvoirs sur la Cour suprême. 

«Cet ensemble de lois sur le système judiciaire est un scandale», a estimé Agnieszka Janczarska, une juriste de Varsovie âgée de 39 ans, qui manifeste avec des petits drapeaux polonais et européen.

«C'est la destruction des principes fondamentaux de la démocratie, à savoir de la séparation des pouvoirs», a-t-elle assuré à l'AFP.

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mardi 23 mai 2017

Revue de presse (sélection semaine du 15 au 22 mai 2017) 2° partie

Espagne-désintégration

Conformément à l’objectif sous-jacent des « eurorégions », la désintégration de l’Espagne continue de progresser.

La menace très grave que fait peser la prétendue « construction européenne » sur l’unité des grands États-nations, dont la France, aurait dû être l’un des sujets majeurs de la campagne présidentielle en France.

Hélas ! À part moi – qui en ai parlé à chaque fois que j’ai pu – aucun autre candidat à la présidentielle n’a évoqué cette question essentielle de l’unité nationale.

J’ai même été le seul à attirer l’attention des électeurs sur l’annonce – discrète – faite par Macron, selon laquelle il procèderait à la suppression de 25% des départements et au renforcement – encore et encore – du pouvoir des régions.

Aucun média n’a repris mes mises en garde.

Pourtant, le processus de désintégration est bel et bien à l’œuvre, comme on le voit en Espagne où il est le plus avancé.

On apprend ainsi aujourd’hui que le gouvernement régional indépendantiste de Catalogne – qui a prévu d’organiser, le 17 septembre 2017, un référendum (inconstitutionnel) sur l’indépendance, a déjà mis au point un mécanisme de « détachement immédiat » de l’Espagne si le gouvernement de Madrid bloque par la force le déroulement de ce référendum.

NOTA : Le référendum sur l’indépendance de la Catalogne est programmé par le gouvernement régional indépendantiste de Catalogne, mais refusé par le gouvernement central de Madrid.
C’est la Cour constitutionnelle de Madrid qui a jugé que ce référendum séparatiste était « inconstitutionnel ».
Mais les autorités locales de Barcelone comptent passer outre. Avec le risque d’une intervention de l’armée espagnole…

———————–
CONCLUSION
———————–
Avec l’explosion inéluctable de l’euro et la prochaine crise financière mondiale, la politique de désintégration des États-nations européens menée à l’insu des peuples est sans doute l’une des menaces les plus graves et les plus urgentes que la majorité de nos compatriotes ne voit pas venir.

François Asselineau
22 mai 2017

Source : El Pais, cité par https://fr.sputniknews.com/international/201705221031485438-catalogne-loi-rupture-espagne/

Royaume-Uni

Varoufakis conseille à May de surtout éviter de négocier avec l'UE
Dans cet article saisissant, l'ancien ministre grec fait part de son expérience, qui lui fait affirmer que l'UE est une dictature et que les élections n'ont aucune incidence sur les choix économiques. Il conseille à May de ne pas tenter de négocier, sous peine de tomber dans le même piège que Tsipras qui finit par capituler.
Le Royaume-Uni menace l'UE de l'arrêt des négociations sur le Brexit
Le Ministre du Brexit, David Davis, menace de claquer la porte des négociations si Bruxelles n'abandonne pas l'exigence d'un paiement de sortie de 100 milliards d'euros. Au pire, sans accord, le pays sortirait alors de son plein droit au bout de 2 ans (article 50 du TUE).

Union européenne

La Commission européenne assouplit les règles sur les dérivés
Cette décision montre bien qui décide à Bruxelles: rien n'a changé depuis la crise de 2007, et le lobby bancaire, en voulant démultiplier ses bénéfices, risque de produire les mêmes effets avec les mêmes causes.
Merkel confirme à Macron qu'une modification des traités européens est irréaliste
C'est en somme ce que dit François Asselineau depuis 10 ans que la chancelière d'Allemagne vient de confirmer! La conséquence logique étant: si on ne peut pas changer l'UE, alors il faut évidemment la quitter.

Pologne

La première ministre refuse la politique migratoire de l'UE
Beata Szydlo a rappelé que le groupe de Visegrad (Pologne, Slovaquie, Hongrie, République tchèque) n'avait pas été d'accord avec la politique des quotas de l'UE. Cela risque bien de se finir devant la CJUE car la détermination de la politique de quotas migratoires est bien du ressort de l'UE en vertu des articles 67, 77 et 79 du TFUE.

Grèce

Malgré les plans d'aide, la Grèce retombe en récession
C'est le énième sauvetage de la Grèce, avec un plan d'austérité censé permettre l'allègement de la dette publique. Résultat: nouvelle récession, tandis que la Grèce continue d'être dépecée et les Grecs de souffrir.

Syrie

Frappe des Etats-Unis contre les forces gouvernementales syriennes
Voilà une nouvelle violation du droit international et de la souveraineté de la Syrie, des mains de Trump qui décidément a bien retourné sa veste sur la politique internationale par rapport à ses promesses de campagne.

Russie

Poutine pointe du doigt les services de renseignement étatsuniens à propos de la cyber- attaque
Russie et Etats-Unis s'entre-accusent donc. Mais Poutine a rappelé que les Etats-Unis ont refusé l'année dernière une offre russe de collaborer contre le cyberterrorisme.

Etats-Unis

Procédure de destitution de Donald Trump préparée au Congrès
Un député démocrate texan entend destituer Trump et va soumettre au Congrès une proposition en ce sens. Un sondage affirme que 48% des habitants des Etats-Unis y seraient favorables.
Premier voyage à l'étranger de Trump... en Arabie Saoudite!
Il est loin le temps où il dénonçait le financement de Daech par l'Arabie Saoudite et le Qatar.

 

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mardi 21 mars 2017

Revue de presse (sélection semaine du 13 au 20 mars 2017) 2° partie

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France - autres campagnes

Mélenchon ne donnera pas de détail sur son plan B
Avis à tous ceux qui étaient inquiets car ils ne comprennent pas comment marche le plan B: Mélenchon ne donnera pas de détail et demande le chèque en blanc.
Mélenchon prêt à gouverner avec les socialistes
Mélenchon l'insoumis est ouvert à gouverner avec les "soumis" socialistes: cherchez l'erreur?
Patrimoine de Macron: Anticor saisit la haute autorité pour la transparence
Il s'agit d'approfondir le manque de cohérence déjà levé, entre des revenus de 3,3 millions d'euros, et un patrimoine net beaucoup plus faible, de 200000€.
Macron en roue libre
Plus personne ne comprend ce qu'il dit...!
Hollande prédit Macron comme prochain président
Il a d'ailleurs dit "Macron, c'est moi". Qu'on se le dise...
Florian Philippot, le petit plagiaire d'Asselineau!
Signe d'un grand manque d'imagination sur leurs analyses et programme au FN?
Valls n'a pas apporté son parrainage à Hamon
C'est assez incroyable de voir le manque de respect total de nombre de responsables du PS, par rapport aux électeurs de la primaire de gauche. C'est aussi pour Valls un beau reniement de ses paroles, car il s'était engagé à soutenir le vainqueur.
Qui sont les petits candidats?
Pour leurs meetings: 949 visionnages en direct pour Benoît Hamon, 6074 pour François Asselineau.

Yémen

Bombardement de la ville portuaire d'Al Hudaydah
Moscou est inquiète des conséquences humanitaires de ce bombardement lancé par la coalition dirigée par l'Arabie Saoudite. N'oublions pas que l'Arabie Saoudite est un pays ami de l'OTAN.

Royaume-Uni

Les députés britanniques autorisent le déclenchement du Brexit
Ils ont rejeté 2 amendements de la chambre des Lords, donc la faculté pour ces derniers d'avoir un veto sur le résultat des négociations liées à la sortie de l'UE.
Le chômage au plus bas depuis 1975
Le pays a le vent en poupe avec le Brexit: le chômage a reculé à 4,7% fin janvier - pas vu depuis 1975!

Pologne

La Pologne pas pressée de passer à l'euro
D'après le vice-premier ministre, la Pologne ne compte pas introduire l'euro avant 10 ou 20 ans... le temps pour l'euro d'exploser?

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