dimanche 1 avril 2018

Le solde de la balance des comptes de la Pologne présente un excédent de 23 millions d'euros pour le dernier trimestre 2017

Une petite info :
Le solde de la balance des comptes de la Pologne présente un excédent de 23 millions d'euros pour le dernier trimestre 2017 alors que les estimations prévisionnelles de février faisaient état d'un déficit de 583 millions d'euros.
Cet excédent, certes très raisonnable, dû sans aucun doute à la directive sur les travailleurs détachés leur a sans doute permis de mettre en oeuvre la solidarité européenne inversée en achetant un système de missibles de défense patriot.
La dépêche est en anglais.

ACT POLOGNE EXCEDENT


Poland's Q4 current account revised to surplus of 23 mln euros

WARSAW, March 30 (Reuters) - Poland's central bank revised the current account balance in the last quarter of 2017 to a surplus of 23 million euros ($28.4 million) from a deficit of 583 million euros indicated by preliminary monthly data, the bank said on Friday. ($1 = 0.8113 euros)

http://www.kitco.com/news/2018-03-30/Poland-apos-s-Q4-current-account-revised-to-surplus-of-23-mln-euros.html

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... et un taux de chômage à 6,5 % de la population active. Et une croissance à 3,5 %. Etc...
Et pas question d'entrer dans la zone euro ! Pourquoi la Pologne devrait-elle le faire, alors que le Royaume-Uni en a toujours été "dispensé" ?
Et là, la Commission européenne s'écrase. Sinon, la Pologne quitte l'UE aussi vite que possible... C'est plus facile quand on a sa monnaie propre...
Et pourquoi devrait-elle acheter "européen" alors que la Tchéquie a acheté un TGV chinois ? Etc...
Une preuve (supplémentaire) que l'Union européenne n'en est pas une au niveau de la solidarité... Et ce n'est pas prêt de changer !

C.S.

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vendredi 30 mars 2018

La Pologne signe un contrat de 3,8 milliards d'euros pour l'achat de missiles américains Patriot

Après plusieurs années de négociations, Varsovie a finalement conclu l'achat de deux systèmes de défense antimissile et antiaérienne Patriot. Dès 2015, la Pologne avait écarté le système de défense proposé par le groupe français Thales-MBDA.

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Le ministre polonais de la Défense, Mariusz Blaszczak, a signé le 28 mars à Varsovie le contrat d'achat du système antimissile américain Patriot pour 4,75 milliards de dollars (3,8 milliards d'euros). Les livraisons des premières batteries sont prévues à partir de 2022. Lors de la signature, le ministre polonais de la Défense a déclaré : «Ce système a été acheté pour l’armée polonaise aussi en raison du stationnement sur notre territoire des unités de l’OTAN. Ce système permettra donc la sécurité et l’intégration de l’armée polonaise avec l’armée des Etats-Unis.»

La cérémonie s'est déroulée en présence du président Andrzej Duda, qui a parlé d'un «moment historique» et du Premier ministre Mateusz Morawiecki, ainsi que de l'ambassadeur des Etats-Unis Paul Jones, à qui le contrat signé a été remis.

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La négociation de ce contrat avait commencé il y a plusieurs années. En avril 2015, le gouvernement polonais avait déjà annoncé qu’il avait fait son choix en faveur du système de défense anti-aérienne produit par la société américaine Raytheon au détriment du consortium européen Eurosam, composé de Thales et MBDA. Peu de temps après, il avait annulé le projet d’achat de 50 hélicoptères Caracal d’Airbus helicopters, à la grande fureur de Paris, au profit de Black Hawk S-70 de l’américain Sikorsky (filiale de Lockheed-Martin).

Toutefois, pour ce qui est du système Patriot, Varsovie avait buté sur le montant initial du contrat qui était de 10,5 milliards de dollars, correspondant à la livraison de quatre radars et stations de contrôle, 16 rampes de lancement, 208 missiles intercepteurs MSE (Missile Segment Enhancement) et différents équipements annexes, soit quatre systèmes complets. Rapidement la Pologne avait réduit ses ambitions à deux systèmes, pour un montant de 5 milliards de dollars, exigeant en contrepartie des transferts de technologie.

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Cette condition a, semble-t-il, été acceptée par les Américains. Selon le quotidien polonais Gazeta Wyborcza qui cite des sources au sein du ministère polonais de la Défense, Lockheed Martin a consenti à un investissement de 724 millions de zlotys, (172 millions d’euros) en transfert de technologie. C’est-à-dire que les missiles devraient être en partie fabriqués en Pologne avec la participation d’entreprises polonaises.

La presse polonaise affirme également que la phase définitive des pourparlers a commencé peu de temps avant la visite de Donald Trump en Pologne, en juillet 2017. Une lettre d’intention pour l'achat de deux batteries avant 2019 et une série complémentaire d'ici 2026, avait alors été signée.


Les premiers lanceurs devraient être livrés à la Pologne d’ici 2020. Auparavant, la Roumanie avait déjà fait le choix de systèmes Patriot. Enfin, début mars, le département d’Etat américain a donné son aval à la livraison en cours de négociation de missiles anti-char Javelin du même constructeur américain Raytheon.

https://francais.rt.com/economie/49257-pologne-contrat-38-milliards-missiles-patriot

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Et pendant ce temps- là, la France, en tant que "contributeur net", finance la Pologne... Cherchez l'erreur!       PG.

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mercredi 28 février 2018

Macron veut priver Pologne et Hongrie d'aides européennes, car elles «ne respectent pas les valeurs»

Alors que Bruxelles cherche à faire des économies pour pallier le départ du Royaume-Uni, le président français a proposé de conditionner le versement des fonds européens au respect des «valeurs» de l'UE, pointant du doigt la Hongrie et la Pologne.

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Le Brexit devrait laisser un trou d'environ 10 à 13 milliards d'euros par an dans le budget de l'Union européenne : de quoi raviver les tensions entre les Etats membres et notamment entre les pays occidentaux et les pays de l'Est. A l'occasion d'un premier sommet européen consacré à la question budgétaire post-Brexit qui se tenait le 23 février à Bruxelles, le président français Emmanuel Macron a brandi la menace d'une éventuelle diminution des versements de l'UE aux pays ne respectant pas la ligne politique fixée par les 28 Etats, qui ne seront bientôt plus que 27.

Le chef de l'Etat estime en effet que la Pologne et la Hongrie tirent excessivement profit des règles européennes dans leur propre intérêt. «Ils nous prennent un peu pour des imbéciles», a-t-il déclaré au sujet de Viktor Orban et Mateusz Morawiecki, respectivement Premier ministre hongrois et Président du conseil des ministres polonais.

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Si le président français tente bien évidemment de s'imposer comme le porte-voix de la refondation de l'UE sur la scène européenne, son irritation reflète bien les tensions qui s'accroissent depuis plusieurs mois entre Bruxelles et ces deux pays. Alors qu'une procédure contre la Pologne a été déclenchée par la Commission européenne le 20 décembre 2017, l'UE estimant que Varsovie commettait une «violation grave» de l'Etat de droit avec sa réforme judiciaire, Emmanuel Macron a fortement condamné les choix politiques du gouvernement polonais, allant jusqu'à  évoquer des sanctions : «Il serait de bon sens de suspendre le versement de fonds [...] quand les gens ne respectent pas les valeurs» européennes.

Quant à Viktor Orban, Emmanuel Macron lui a réservé ses propos les plus durs. Si les différends entre Bruxelles et Budapest sur la question des quotas de migrants font régulièrement surface dans le débat politique, le chef de l'Etat français a élargi sa critique de la ligne politique hongroise à la question économique. «Quand on détricote l'Europe, quand on utilise les fonds [européens] pour faire du dumping social et fiscal, on prend les contributeurs nets un peu pour des imbéciles : la solidarité se justifie parce que nous avons des valeurs et des projets communs. Ce n'est pas un self-service», s'est agacé Emmanuel Macron.

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La perspective de la sortie du Royaume-Uni de l'UE impose aux 27 pays restants de rogner sur certaines dépenses. Si la Politique agricole commune (PAC) devrait en faire les frais, les fameux fonds de cohésion et les aides territoriales, supposés égaliser les niveaux économiques des différents Etats membres, devraient être les premières dépenses réduites : ils représentent près d'un tiers du budget de l'UE. Or, la Hongrie et la Pologne comptent parmi les premiers bénéficiaires de ces aides, touchant respectivement 25 milliards et 80 milliards d'euros pour la période 2014-2020.

https://francais.rt.com/economie/48287-macron-veut-priver-pologne-hongrie-aides-europeennes-valeurs

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mardi 20 février 2018

Le Premier ministre polonais vivement critiqué après avoir évoqué «les auteurs juifs» de la Shoah

Le Premier ministre polonais Mateusz Morawieck a provoqué la polémique après avoir évoqué les «auteurs juifs» de la Shoah alors qu’il défendait la récente loi censée défendre son pays contre les accusations de complicité dans le génocide juif.

ACT POLOGNE SHOAH

La promulgation de la récente loi prévoyant trois années de prison pour les personnes, y compris les étrangers, accusant la nation ou l'Etat polonais de participation aux crimes de l'Allemagne nazie, continue de susciter la colère de ses détracteurs.

Interrogé par le journaliste israélien Ronen Bergman, qui demandait s’il était passible d’une condamnation dans le cas où il raconterait l'histoire de membres de sa famille, déportés après avoir été dénoncés à la Gestapo par des Polonais, le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a répondu : «Ce ne sera pas puni, ce ne sera pas considéré comme criminel que de dire qu'il y avait des auteurs polonais [du génocide juif], tout comme il y avait des auteurs juifs, des auteurs ukrainiens ou allemands.»

Il a poursuivi : «Bien sûr qu'il n'y aura pas de poursuites contre les gens qui disent qu'il y avait des auteurs polonais, car il y en avait. Mais nous ne pouvons mélanger auteurs et victimes car ce serait une insulte envers tous les juifs et tous les Polonais qui ont tant souffert pendant la Seconde Guerre mondiale

Une déclaration qui passe mal en Israël 

Après cette déclaration faite à Munich, dans le cadre de la Conférence sur la sécurité, les réactions hostiles ne se sont pas fait attendre. «Il y a un problème lié à une incapacité de comprendre l'histoire et un manque de sensibilité face à la tragédie de notre peuple», a fait savoir le Premier ministre israélien dans un communiqué, après avoir qualifié les propos du chef du gouvernement polonais de «scandaleux». Le chef du gouvernement israélien avait déjà accusé la Pologne le 27 janvier de vouloir «changer l'histoire». 

Même son de cloche auprès de Noa Landau, journaliste au quotidien israélien Haaretz. Sur Twitter, il a notamment accusé la salle qui, après avoir applaudi à la question du journaliste, serait restée silencieuse après la réponse formulée par le responsable polonais

Les dirigeants israéliens et des organisations juives internationales voient dans l’adoption de cette loi une tentative de nier la participation de certains Polonais au génocide juif, voire d'empêcher les survivants de la Shoah de raconter leur expérience – ce que Varsovie dément catégoriquement.

https://francais.rt.com/international/48166-premier-ministre-polonais-polemique-auteurs-juifs-shoah

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vendredi 19 janvier 2018

«Mort aux Moscovites!» : cette Ukraine que Bruxelles tolère

Face aux critiques de Bruxelles de la marche nationaliste de Varsovie, l'historien John Laughland revient sur les manifestations nationalistes, rejetées lorsqu'elles ont lieu au sein de l'UE, favorisées lorsqu'elles sont dirigées contre la Russie.

TL UKRAINE LAUGHLAND

La marche nationaliste organisée à Varsovie le 11 novembre s'est attiré les foudres de la totalité de l'establishment européen et des médias qui le soutiennent. [voir notre publication http://www.frexit-limousin.fr/archives/2017/12/26/35988671.html, NdR]

Le député européen emblématique Guy Verhofstadt a qualifié les manifestants de «fascistes», provoquant la colère des députés polonais. Pour Le Point, cette marche était organisée par l'«extrême droite» et son slogan, «Nous voulons Dieu», était islamophobe. Pour d'autres médias, la marche avait des accents ouvertement racistesL'indignation des forces du politiquement correct était telle que même le président Andrzej Duda s'est senti obligé de condamner certains aspects de la marche qui a eu lieu en marge d'une commémoration officielle de la restauration de l'Etat polonais en 1918.

Quel contraste avec le silence de ces mêmes médias à l'égard de la marche nationaliste qui a eu lieu à Kiev le 14 octobre ! Seuls les médias russes comme Sputnik et RT ont évoqué celle-ci pour en exprimer leur désapprobation. Je ne trouve aucune référence à cette marche dans aucun média mainstream francophone ou anglophone. Die Zeit et Der Spiegel ont sauvé l'honneur de la presse allemande. Aucun discours n'a été prononcé au Parlement européen pour condamner cette marche ; aucune pression n'a été exercée sur le président Porochenko pour la condamner.

Bien au contraire. La marche de Kiev ne peut en aucun cas être considérée comme un événement qui irait à l'encontre de l'événement officiel, comme on peut, par contre, l'affirmer pour la marche à Varsovie, certains propos extrémistes tenus pendant celle-ci n'ayant rien à voir avec l'indépendance de la Pologne en 1918. A Kiev, la marche non officielle était en harmonie totale avec l'esprit et la lettre de la commémoration officielle, par le président Porochenko de la création de l'Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA) le 14 octobre 1942. Le président ukrainien, dans son discours devant l'armée, a loué l'UPA qui, pourtant, s'était illustrée dans le philo-nazisme et l'antisémitisme pendant la guerre. Il est allé jusqu'à dépeindre les soldats de l'UPA comme une inspiration pour la lutte nationale d'aujourd'hui

Le discours officiel du président d'un pays européen pour chanter les louanges d'une milice pro-nazie, celle créée par le nationaliste Stepan Bandera, n'offusque apparemment personne, à Bruxelles ou ailleurs. A la différence de la marche à Varsovie, où les débordements qui ont pu avoir eu lieu étaient parfaitement fortuits et sans rapport avec la fête officielle, la marche à Kiev faisait partie intégrante de la commémoration officielle de la création de l'armée bandériste. Elle a été organisée, entre autres, par le bataillon Azov, milice néonazie intégrée en 2014 dans les forces armées de l'Etat ukrainien. Elle s'inscrivait dans la droite ligne du discours prononcé par le président Porochenko devant ses militaires.

Cette indulgence à l'égard de la politique officielle de l'Etat ukrainien, qui consiste à encourager la mémoire d'une milice coupable d'atroces massacres pendant la Seconde Guerre mondiale et qui a collaboré avec les Einsatzgruppen allemands pour tuer des Juifs (même si elle se retournera plus tard contre l'occupant allemand) n'a qu'une explication. Tout comme pendant le Maïdan, quand l'Occident faisait la sourde oreille devant la présence de groupes armés parmi les manifestants, un nouveau petit flirt avec le néo-nazisme passe, aujourd'hui encore, sous le radar parce qu'il est dirigé contre la Russie.

Quelle serait la réaction de la classe politico-médiatique européenne si, en Europe, il y avait une milice armée d'extrême droite, comme le bataillon Azov qui organise chaque année un camp d'entrainement militaire pour enfants près de Kiev, où les petits Ukrainiens sont encouragés dès leur plus jeune âge à crier des slogans de haine et des appels au meurtre ? The Guardian est allé jusqu'à tourner une sympathique vidéo de ce camp d'été, se demandant s'il s'agissait vraiment d'une milice fasciste ou d'un simple camp de scouts. En 2015, le Congrès américain avait bloqué tout financement au bataillon Azov, qu'il qualifiait d'«ouvertement néo-nazi» et «fasciste», mais en 2016, en toute discrétion, ce même Congrès est revenu sur sa décision. Désormais, les dollars arrosent aussi cette partie des forces armées ukrainienneFaisant part de sa compréhension pour ceux qui veulent apprendre à leurs enfants à utiliser un fusil pour tuer des Russes, The Guardian ne fait que suivre la voix de son maître.

Les deux poids, deux mesures sont flagrants. Toute manifestation de nationalisme est rejetée au sein de l'Union européenne car incompatible avec le projet post-national de Bruxelles. Même les slogans chrétiens sont désapprouvés. Mais toute manifestation de nationalisme, y compris extrémiste, est tolérée dès lors qu'il est dirigé contre Moscou et Poutine. Les nazis ukrainiens ne représentent aucun danger pour le projet post-national européen : au contraire, ils en sont les alliés objectifs car ils partagent la même vision d'une Europe qui serait menacée par la grande puissance barbare et quasi-asiatique à l'Est

Cette hypocrisie s'inscrit dans la droite ligne de toute instrumentalisation du principe national. Marx, qui méprisait le nationalisme en tant que tel – comme Engels, il déployait le terme péjoratif Natiönchen pour établir une hiérarchie entre les grandes nations et les petites nations dont il considérait qu'elles n'avaient aucun rôle à jouer dans l'histoire – soutenait pourtant deux nationalismes qu'il jugeait légitimes : le polonais et l'irlandais, contre la Russie réactionnaire et le Royaume-Uni capitaliste respectivement.

Mais, au moins, les deux auteurs du Manifeste communiste, à la différence de leurs avatars européistes d'aujourd'hui, avaient vu juste, au moins sur un point. Ancrés dans des réalités historiques, religieuses et géographiques incontestables, ces deux nationalismes étaient basés sur un vrai socle sociologique. Ils visaient le vrai épanouissement de leurs peuples respectifs. Le nationalisme ukrainien, par contre, tout comme le sentiment pro-UE, est factice et inventé, d'où, sans doute, l'indulgence de Bruxelles à son égard. Dépourvu de tout vrai enracinement linguistique, géographique ou religieux, et, à la différence de la Pologne, de tout précédent historique comme Etat, l'Ukraine ne peut se définir que contre la Russie. Par conséquent, toute affirmation de l'identité ukrainienne se réduit, pour citer le titre du livre-programme du deuxième président de l'Ukraine indépendante, Leonid Kuchma, à «L'Ukraine n'est pas la Russie».  Voilà pourquoi le seul slogan que l'on entend dans la bouche du pauvre petit enfant endoctriné dans la vidéo précitée est «Smert, smert, Moskalyam!  Mort, mort aux Moscovites!» Voilà donc ce que Bruxelles envisage pour l'avenir de l'Europe

https://francais.rt.com/opinions/46755-mort-moscovites-ukraine-que-bruxelles-tolere

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jeudi 18 janvier 2018

La Pologne pourrait tenir un référendum pour quitter l'UE, selon Donald Tusk

La Pologne pourrait prendre certaines mesures pour quitter l'Union européenne si celle-ci ne finançait plus le pays, a estimé Donald Tusk, Président du Conseil européen, relayé par The Telegraph.

ACT POLOGNE UE

Selon lui, le parti Droit et justice (PiS, au pouvoir) n'apprécie au sein de l'UE que l'avantage de toucher des ressources de sa part, sans faire grand cas des avantages comme un marché commun, un régime juridique et une sécurité garantie.

«Je peux facilement imaginer la situation si un jour la Pologne se retrouve parmi les contributeurs [de l'UE, ndlr]. Le gouvernement polonais décidera alors qu'il est temps de demander aux Polonais s'ils veulent toujours voir leur pays dans l'UE et ensuite tout faire pour qu'ils arrivent à la conclusion qu'il est nécessaire de dire au revoir à l'adhésion», a-t-il expliqué.

Mais tant que Varsovie est financée par l'UE, «le jeu en vaut la chandelle» pour les autorités du pays, selon lui.

«Bruxelles garde encore l'espoir — je ne dirais pas confiance, qui, elle, a malheureusement disparu — que la Pologne restera néanmoins dans l'UE», a indiqué Donald Tusk.

La Commission européenne critique depuis deux ans déjà la réforme judiciaire en Pologne. Elle estime que ces lois violent les principes de la primauté du droit et placent la justice sous contrôle du pouvoir politique.

En vertu de l'article 7 du traité de l'UE, la réforme du système judiciaire menace la Pologne de suspension des droits de vote au sein du Conseil de l'Union, si les pays membres de l'UE approuvent cette décision. L'examen de la décision pourrait se tenir en février.

Le commissaire au Budget et aux Ressources humaines à Bruxelles, l'Allemand Günther Oettinger, a déclaré que la Commission européenne pourrait conditionner à l'avenir l'accès aux fonds européens au respect des valeurs et des décisions de l'UE, une déclaration qui vise clairement la Pologne.

https://fr.sputniknews.com/international/201801111034706165-pologne-ue-tusk/

 

mardi 26 décembre 2017

Pologne, novembre 2017 : deux semaines de désinformation intensive

La Pologne a été particulièrement choyée par les grands médias internationaux au cours des semaines écoulées, et le traitement très particulier qui lui a été réservée ne saurait se passer d’une analyse de l’Observatoire du Journalisme. En ce qui concerne les médias français, ces semaines de désinformation sur la Pologne se sont déroulées en trois actes.

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Acte I – La grande marche « fasciste / néonazie » du 11 novembre à Varsovie

La Marche de l’Indépendance du 11 novembre – Les faits

Le 11 novembre, jour de Fête nationale, la Pologne commémore le 11 novembre 1918 qui, avec la fin de la Première guerre mondiale, marqua le début de sa guerre d’indépendance d’abord contre l’Allemagne en 1918-19 puis contre la Russie bolchevique de 1919 à 1921. Outre les commémorations officielles, les mouvements nationalistes organisent de leur côté une Marche de l’Indépendance. Jusqu’en 2009, cet événement ne rassemblait que quelques centaines de personnes. Depuis 2010, quand certains milieux liés à la gauche libertaire et à l’extrême gauche antifa ont voulu interdire cette marche qualifiée de « fasciste », cette manifestation attire de nombreux patriotes polonais qui ne partagent pas forcément les convictions politiques des nationalistes, mais qui veulent ainsi montrer leur attachement à la patrie et, pour beaucoup, leur foi catholique. Cette année la Marche de l’Indépendance se déroulait sous le mot d’ordre « Nous voulons Dieu ». Les organisateurs de la marche ne sont ni fascistes ni néonazis, mais se revendiquent nationalistes chrétiens et affichent leur hostilité à tous les totalitarismes. Ils puisent en outre leur tradition dans la lutte des nationaux-démocrates polonais d’avant-guerre contre l’occupant nazi et rappellent volontiers les noms des nationalistes polonais – pour certains des antisémites notoires avant la guerre – qui ont risqué ou même sacrifié leur vie en tentant de sauver des compatriotes juifs du génocide nazi. Les mouvements nationalistes polonais d’aujourd’hui rejettent l’antisémitisme des nationaux-démocrates d’avant-guerre.

Provocation d’un groupuscule

Sur un nombre total de manifestants compris entre 60 000 (estimation de la police) et 125 000 personnes (estimation des organisateurs), entre une cinquantaine et une centaine de membres de petits groupes ultra-nationalistes, non liés aux organisateurs, ont marché avec deux banderoles portant les inscriptions suivantes : « Europe blanche de peuples frères » sur la première et « Sang pur, esprit lucide » / « L’Europe sera blanche ou elle sera déserte » sur la deuxième banderole. Ils ont pris soin de se faire repérer par les caméras de télévision en ralentissant le cortège pour faire le vide devant eux. Le film du passage de la marche tourné par la caméra de TV Libertés et du Visegrád Post permet de constater qu’en 39 minutes de passage de la manifestation, il n’y a que ces deux banderoles que l’on peut qualifier de racistes et qui peuvent être apparentées à une idéologie de style fasciste ou néonazie. On apercevait par contre à la marche une profusion de symboles de la lutte contre l’occupant nazi, et notamment les symboles de l’Insurrection de Varsovie d’août-septembre 1944 (quelque 200 000 Polonais tués par les Allemands en deux mois, dont environ un dixième de combattants).

Deuxième couac le lundi 13 novembre au matin : le site de l’hebdomadaire conservateur Do Rzeczy publiait une interview avec le porte-parole d’une des deux principales organisations nationalistes à l’origine de la Marche de l’Indépendance, Mateusz Pławski, qui défendait ces banderoles en expliquant que son organisation n’était pas raciste mais pour un « séparatisme » des races, chaque ethnie devant rester sur son continent. Ce porte-parole de l’organisation Jeunesse pan-polonaise (Młodzież Wszechpolska) a été limogé dans la journée de son poste et les dirigeants de cette organisation ainsi que du comité organisateur de la Marche de l’Indépendance ont condamné à la fois les banderoles racistes et les propos tenus par Mateusz Pławski. Les nationalistes ont redit leur position officielle qui est que l’identité polonaise est une notion culturelle et non pas raciale. Les organisateurs se sont engagés à mieux filtrer l’année prochaine les banderoles amenées à la marche de l’Indépendance et à expulser les groupes qui brandiront ou proféreront des slogans racistes ou fascistes. Les banderoles et slogans à caractère racial ont également été condamnés par le président Andrzej Duda, la première ministre Beata Szydło, plusieurs ministres, le président de la Conférence des Évêques, etc. etc. L’incitation à la haine raciale et l’apologie des idéologies totalitaires (communisme compris) étant un délit en Pologne, le parquet a ouvert une enquête pour identifier et poursuivre les personnes qui brandissaient ces slogans.

Autre incident créé par un groupe de femmes de l’organisation Obywatele RP, qui se spécialise dans les tentatives de blocage des manifestations à sensibilité de droite (telles les commémorations mensuelles de la catastrophe de Smolensk) : elles se sont introduites dans la manifestation et se sont couchées en travers de son passage en criant des slogans antifascistes et en résistant aux tentatives des participants de la marche pour les dégager de la chaussée. Si les grands médias de gauche ont affirmé que les contre-manifestantes avaient été insultées et frappées, le film mis en ligne par Obywatele RP et repris par exemple sur le site du journal libéral-libertaire (très anti-PiS et très anti-nationaliste) Gazeta Wyborcza (sous le titre « Les femmes frappées à coups de pieds et insultées à la Marche de l’Indépendance protestaient contre le fascisme ») ne permet de confirmer que les insultes qui ont fusé de part et d’autres. Certains jeunes manifestants nationalistes ont bien tenté de mettre quelques coups de pieds à ces femmes, mais un cordon de manifestants s’est immédiatement formé pour les protéger de toute agression physique. Une des femmes d’Obywatele RP apparaît comme ayant perdu connaissance, mais l’on ne voit aucun coup précéder cette situation et elle est immédiatement secourue par des participants à la Marche de l’Indépendance avant l’arrivée d’une équipe de secouristes.

La couverture médiatique de la marche

Dès le 10 novembre, des journaux comme le Britannique The Independant et le Russe Sputnik titrait sur une marche de fascistes, d’extrême droite, avec un discours de haine. On notera au passage que le média russe appartient à l’État et que le média britannique appartient au Russe Alexandre Lebedev, ancien membre du KGB comme Vladimir Poutine. En Russie non plus, en tout cas dans les cercles dirigeants, le patriotisme polonais n’est pas bien vu. Mais d’autres grands médias internationaux ont adopté le même discours, tel le Daily Mail évoquant la venue de « dizaines de milliers de fascistes » pour prendre l’exemple d’un autre journal britannique. Ensuite, à partir du 11 novembre, les médias internationaux ont repris l’image des deux banderoles sur une Europe blanche pour projeter ce slogan sur l’ensemble des manifestants et parler de 60 000 fascistes / néonazis / suprémacistes blancs. Pour donner du poids à ces lourdes accusations, certains n’ont pas hésité à publier des photos provenant d’ailleurs en affirmant qu’il s’agissait d’une banderole vue à la Marche de l’Indépendance du 11 novembre à Varsovie. C’est ce qu’a fait CNN avec la photo d’une banderole suspendue à un pont deux ans plus tôt dans une autre ville de Pologne, où l’on pouvait lire « Priez pour un Holocauste islamique ». CNN a ensuite publié un erratum, mais une multitude de médias avaient déjà fait circuler ce fake news sans forcément corriger ensuite leur erreur, puisqu’ils citaient CNN ou un autre média ayant relayé la fausse nouvelle avant eux.

Le journal Le Monde a prétendu, contre toute évidence, que « à l’unisson, les manifestants ont scandé des slogans appelant à la violence et à la xénophobie, tels que : ‘La Pologne pure, la Pologne blanche’ Libération a affirmé qu’il y avait 30 % d’extrémistes à la manifestation. Sa source ? « Un témoin cité par l’AFP ». Pour RFI, « les slogans étaient ouvertement anti-européens, anti-libéraux et islamophobes ». Exemple donné par RFI (et vu/entendu par le correspondant de l’Observatoire du journalisme) : « Pas de Pologne islamiste, pas de Pologne laïque, mais une Pologne catholique ». L’exemple est vrai, mais il ne confirme pas la thèse avancée par RFI, car en quoi une Pologne catholique et non islamiste est-elle anti-européenne et islamophobe ? Les titres angoissants se sont succédés les jours suivants pendant ces Semaines de la Pologne dans les médias, à l’exemple du Figaro qui titrait le 19 novembre : « La Pologne s’interroge sur les démons de l’extrémisme et de la xénophobie ».

Acte II – Le “débat” sur la Pologne du 15 novembre au Parlement européen

Les politiques se sont joints aux accusations, tel Jesse Lehrich, conseiller de Hillary Clinton pour les questions internationales pendant la dernière campagne présidentielle, qui a publié le 11 novembre au soir le tweet : «60 000 nazis ont marché sur Varsovie aujourd’hui », en ajoutant que les banderoles de la manifestions portaient les slogans : « Sang pur », « L’Europe sera blanche », et « Priez pour un Holocauste islamique », avec comme source un article du Wall Street Journal. Le fake news circulait déjà. Lors du débat sur la Pologne le 15 novembre au Parlement européen, le chef de file des Libéraux, l’ancien premier ministre belge Guy Verhofstadt, a lui aussi parlé de « 60 000 fascistes dans les rues de Varsovie, des néo-nazis, des suprémacistes blancs (…) à Varsovie, en Pologne, à environ 300 km d’Auschwitz et Birkenau». Cela lui vaut d’ailleurs, et c’est assez comique, d’être attaqué en diffamation par un patriote polonais noir (de père nigérian) et handicapé de naissance qui était à la manifestation pour la quatrième année consécutive et qui n’accepte pas d’être qualifié de néo-nazi et de suprémaciste blanc. La résolution adoptée le 15 novembre par le Parlement européen demande au gouvernement polonais, entre autres choses très variées, de «condamner fermement la marche xénophobe et raciste qui a eu lieu à Varsovie le samedi le 11 novembre 2017». Ceci alors que le gouvernement polonais avait déjà condamné fermement les slogans racistes et qu’une enquête est ouverte. Pourquoi donc devrait-il condamner la manifestation patriotique elle-même ? Tout simplement parce que les médias l’ont décrite comme une grande marche fasciste. Ils ont ensuite largement couvert la question de la résolution du Parlement européen condamnant la Pologne dont ils avaient eux-même facilité l’adoption par leur campagne antipolonaise. Sur ce «débat» du 15 novembre, tout est résumé par l’intervention du député du PiS Ryszard Legutko devant le Parlement européen (ici avec un sous-titrage en français), juste avant celle où Verhofstad a traité des dizaines de milliers de patriotes polonais de fascistes, de nazis et de suprémacistes blanc.

Acte III – La visite d’État de la première ministre Beata Szydło à Paris

Pour clore ces semaines de désinformation sur la Pologne dans les médias, la visite d’État de la première ministre polonaise Beata Szydło à Paris et sa rencontre avec le président français Emmanuel Macron, avec conférence de presse commune et poignée de main à l’issue des discussions au sommet, a fait l’objet d’une couverture médiatique en Pologne mais a été complètement passée sous silence par les médias français. Après les amalgames, les manipulations et les fake news, nous avons donc eu droit au mensonge par omission face à un événement qui aurait pu donner une image sans doute trop « normale » de la Pologne gouvernée par les chrétiens-démocrates conservateurs du parti Droit et Justice (PiS).

https://www.ojim.fr/pologne-novembre-2017-deux-semaines-de-desinformation-intensive/?utm_source=Newsletter&utm_campaign=f1adfe20c2-mailchimp&utm_medium=email&utm_term=0_ca15a58a97-f1adfe20c2-71509009

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Difficile de savoir qui dit vrai, mais les manipulations médiatiques incessantes et leur utilisation du "fascisme" et du "complotisme" à profusion afin de discréditer sans nuances tous ceux qui s'opposent au consensus idéologique dominant finissent par semer un doute général  sur les informations elles- mêmes. Il est grand temps de revenir aux principes de la "charte de Munich de 1971".

Quant à ceux qui souhaitent à juste titre le retour d'un vrai pluralisme dans la presse, encore feraient- ils bien de veiller à ne pas prêter le flanc à des manipulations faciles...Ils n'ont pas de service d'ordre, dans les manifestations polonaises?   P.G.

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mercredi 13 septembre 2017

«C'est lui qui a commencé» : le mythe de la menace militaire russe refait surface

Les exercices militaires russes «Occident 2017» suscitent des tensions en Europe, selon les médias occidentaux... qui ne disent pas combien de militaires de l'OTAN se trouvent près de la frontière russe. Analyse de l'historien John Laughland.

 

ARG EST OUESTTout parent le sait : les enfants peuvent être terriblement aveugles dans les situations de conflit. Quand une bagarre éclate, chacun en rejette la responsabilité sur l'autre, incapable de voir la conséquence et le rôle de ses propres actes. Les adultes y voient un élément clé de l'infantilisme, dont il incombe aux parents de sortir leurs enfants par l'éducation. Ceux qui n'acquièrent pas la conscience de leur propre responsabilité deviennent des criminels se considérant toujours et uniquement victimes. Cet état d'esprit est souvent la cause directe de leurs crimes.

Il en est de même en politique. Il y a un risque de conflit chaque fois qu'un Etat ne voit pas comment ses propres actes sont perçus par la partie adverse. Voilà où nous en sommes, aujourd'hui, avec l'état actuel des relations est-ouest. Une pluie de critiques occidentales s'est abattue sur les exercices militaires russes, «Occident 2017» (Zapad 2017, en russe), qui commencent cette semaine. Le ministre allemand de la Défense, Ursula van der Leyen, suivant les propos de ses homologues estonien et letton, a multiplié par dix le nombre de troupes russes qui doivent y participer. Les médias publics, comme d'habitude, suivent la ligne de leurs gouvernements : le média national britannique, la BBC, accuse les exercices d'«augmenter les tensions» en Europe, reprenant à son compte l'affirmation du président ukrainien selon laquelle la Russie s'apprête à envahir l'Ukraine. La BBC semble avoir oublié que Poroshenko affirmait déjà en 2015 que la Russie avait déjà 200 000 troupes sur le territoire ukrainien, et qu'elle s'apprêtait à envahir la Finlande, les Etats baltes et les pays de la Mer noire.

Peut-être, comme une pendule qui se serait arrêtée, le président ukrainien aura-t-il raison un jour. Peut-être, aussi, les manœuvres occidentales fournissent un prétexte à ces exercices dont certains politiciens préféreraient ne pas témoigner. Peut-être, aussi, la visite du même président Porochenko au Pentagone à Washington, en juin, a-t-elle été remarquée à Moscou, les Etats-Unis ayant alors convenu d'accroître leur collaboration militaire avec Kiev. Après cette visite, le journal de l'armée américaine a confirmé que la présence militaire américaine en Ukraine serait renforcée l'année prochaine. Une nouvelle base navale américano-ukrainienne a été ouverte en juillet. En juin, le parlement ukrainien a voté en faveur de l'intégration dans l'OTAN. Pour la BBC, visiblement, tout cela n'a aucune incidence sur les tensions en Europe.

Et que dire de la visite du vice-président Mike Pence en Estonie, en juillet, où il a souligné la doctrine de la «présence avancée» de l'OTAN dans les pays baltes et dans les pays du sud-est européen ? Cette «présence avancée», c'est en fait une présence renforcée des troupes otaniennes dans des zones sensibles, sur la frontière russe. Les troupes britanniques, canadiennes, allemandes, françaises, polonaises, espagnoles, néerlandaises et, bien sûr, américaines, se massent dans la région baltique – et la Russie est censée ne pas réagir ?

N'oublions pas non plus la visite du président Trump en Pologne, en juillet, où il a été accueilli comme un sauveur. Que diraient les Américains si le président Poutine proposait une alliance militaire à un pays du continent américain, le Mexique par exemple ? Trump a saisi l'occasion de son voyage à Varsovie pour donner son plein soutien à l'Initiative des trois mers dont le président polonais, Andrzej Duda, est l'auteur : Trump a assisté au sommet de ce groupe pendant son bref séjour à Varsovie. Rassemblant douze pays littoraux de la mer Baltique, de la mer Noire et de l'Adriatique, ce projet a pour but principal (mais tacite) de créer un marché pour le gaz liquéfié américain. Il n'est pas non plus sans rappeler le vieux rêve mégalomane du maréchal Pilsudski de créer un cordon sanitaire anti-russe, qui devait s'étendre de la mer Baltique à la mer Noire, l'Intermarium, en unifiant la Pologne et l'Ukraine. On parle maintenant ouvertement de Miedzymorze (Intermarium, Entre-Mers) dans les universités polonaises. Redevenu d'actualité, ce projet excite non seulement les milieux nationalistes (y compris russes) les plus durs en Europe mais aussi plusieurs gouvernements et l'OTAN. Car ce cordon sanitaire, quelque soit son nom, fait depuis longtemps partie du raisonnement géopolitique de l'Alliance atlantique : celui qui met toujours en juxtaposition sa présence renforcée dans la région de la mer Noire et dans celle de la Baltique. D'énormes exercices militaires de l'OTAN ont eu lieu simultanément en mer Noire et dans la Baltique en juillet – avec un but «purement défensif», bien entendu.

Ce sont surtout les troupes de pays tiers, et notamment américaines, qui participent à ces manœuvres. Les exercices russes, par contre, ont lieu sur le territoire de la Russie et sur celui de son partenaire dans l'Etat de l'Union de la Russie et de la Biélorussie. Il n'y a aucune présence de pays tiers. Qui peut, dans ce genre de situation asymétrique, parler d'une posture agressive ou intimidante de la Russie ? Seulement quelqu'un qui serait frappé d'une cécité inquiétante, qu'elle soit volontaire ou involontaire. Cette cécité n'est que le prolongement du même aveuglement qui ne voit pas le putsch en Ukraine du 21 février 2014 mais seulement sa conséquence inévitable, la sécession de la Crimée et son adhésion à la Fédération de Russie. 

La politique occidentale se réduit donc au cri du petit enfant pris en flagrant délit de frapper son frère : «C'est lui qui a commencé!» Il est temps de grandir.

https://francais.rt.com/opinions/43060-cest-lui-qui-a-commence-mythe-menace-militaire-russe-refait-surface

Par John Laughland

John Laughland est directeur des Etudes à l'Institut de la Démocratie et de la Coopération (Paris), philosophe et historien. De nationalité britannique, il est l’auteur de plusieurs ouvrages historiques et géopolitiques traduits en sept langues.

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mardi 5 septembre 2017

Pierre-Yves Rougeyron : « L’Union Européenne est, comme l’Union soviétique, irréformable »

France – Entretien avec Pierre-Yves Rougeyron, intellectuel souverainiste français : « L’Union Européenne est, comme l’Union soviétique, irréformable ».

ARG ROUGEYRON EUROPE

Pierre-Yves Rougeyron est un jeune intellectuel souverainiste français. Ancien élève de l’École de Guerre Économique, il a notamment écrit un ouvrage sur la loi du 3 janvier 1973, une loi aux apparences anodines mais qui a dès lors contraint l’État à emprunter (avec intérêts) à des banques privées plutôt qu’à la banque centrale (sans intérêts). Il a fondé la revue et la maison d’édition Perspectives Libres et jouit par ailleurs en France d’une audience non-négligeable sur Internet au travers de ses vidéos qui analysent l’actualité.

Il a accordé au Visegrád Post un entretien sans concessions sur les conséquences des élections en France, les évolutions de l’Union Européenne, les perspectives du groupe de Visegrád.


Visegrád Post : La longue séquence électorale française vient de se terminer, avec l’élection d’Emmanuel Macron à la Présidence de la République et d’un Parlement qui lui est majoritairement favorable. Vous avez comparé son ascension une révolution de couleur disposant des forces d’argent et de média. N’est-ce pas un peu exagéré ?

Pierre-Yves Rougeyron : Sur les procédés de ce que nous appelons « révolution colorée », le mot est peut-être un peu fort mais Macron a quand même tous les traits des bourgeoisies compradores qui sont installées dans les pays non souverains à travers le monde pour servir des intérêts étrangers. En ce sens je maintiens qu’il fait un bon parallèle avec un oligarque ukrainien revu et corrigé par Gala.

VP : Selon vous, quelles seront les conséquences de l’élection de M. Macron au niveau de l’Union Européenne ?

Pierre-Yves Rougeyron : L’Allemagne sent qu’elle a une France croupion pour collaborer. Macron pense que s’il saigne le peuple français il pourra en échange de cette livre de chair négocier avec les Allemands. C’est écrit presque noir sur blanc dans son livre Révolution. Il sera Tsipras en pire. Mais les réalités des divergences économiques et de la nocivité de l’euro resteront. On n’arrête pas plus le réel par de la communication qu’on arrête la mer avec les mains.

VP : Durant l’entre-deux-tours de l’élection présidentielle française, l’affaire de l’usine Whirlpool qui sera délocalisée en Pologne a animé les débats. Emmanuel Macron a vivement critiqué la Pologne, l’accusant notamment de jouer sur les écarts fiscaux. Quel regard porter sur ces critiques ?

Pierre-Yves Rougeyron : Il y a trois aspects à voir. La libre circulation des personnes et des capitaux dans des zones si hétérogènes allait fatalement entraîner une saignée des emplois dans les pays où les luttes sociales avaient permis un meilleur rapport de force aux peuples. C’est le premier point qui est un des canons du catéchisme européen gravé dans les traités.

Le second est que les pays de l’Est n’ont pas eu la chance de former une zone avec droits de douane unique et de se développer à part. À la chute du mur ils ont subi un véritable interdit de développement industriel autonome. Ils n’ont pas pu avoir l’équivalent d’un État développeur à l’asiatique par exemple, car l’Allemagne voulait les «hinterlandiser» selon les vieux buts de guerre de l’Allemagne impériale.

Enfin, Macron fait semblant de s’intéresser au sort des Français. C’est le prix de l’Europe que de multiplier les “gueules cassées” des guerres économiques. C’est un Moloch auquel on sacrifie déjà des enfants déjà en Grèce (42% d’augmentation de la mortalité infantile depuis la prise de pouvoir par les oligarques pro-UE), alors pourquoi pas des ouvriers en France.

VP : Lorsque les pays d’Europe centrale et orientale ont mis un terme à la période socialiste en 1989, puis rejoint l’UE en 2004, c’était, entre autres, avec l’espérance de parvenir à rattraper le retard économique qu’ils avaient sur l’Ouest. Aujourd’hui, le constat est celui d’un échec, désormais aggravé par l’émigration et le « brain-drain » (fuite des cerveaux). Quel regard porter sur cette période pour ces pays ?

Pierre-Yves Rougeyron : Je pense qu’ils ont cru au pire des mythes occidentaux. Celui du développement par l’extérieur. Le développement est endogène par nature. Les pays de l’Est sont en train de l’apprendre cruellement. Mais ce qui compte, c’est ce qu’ils vont faire pour ne pas être complètement saignés, car l’Europe est une formule unique : OTAN-finance-droits des minorités-immigration. L’Europe à la carte relève de la promesse de boutiquier.

VP : Le Groupe de Visegrád suscite beaucoup d’intérêt depuis 2015 chez les populistes d’Europe occidentale en raison de son opposition forte au projet merkélien de quotas de migrants. Au delà de cette crise particulière, certains y voient même une alternative à Bruxelles et la possibilité d’une révolution interne des institutions de l’UE. Qu’en pensez-vous ?

Pierre-Yves Rougeyron : L’espoir fait vivre mais la naïveté tue. Il n’y a aucune alternative car le groupe de Visegrád (création allemande) pliera gentiment lors de la renégociation des fonds structurels en fin d’année 2017. La liberté à crédit n’existe pas. Quant aux institutions de l’UE, elles ne changeront pas. Rappelez-vous que le slogan « l’autre Europe » fut inventé par François Mitterrand contre le général de Gaulle. L’UE est, comme l’Union soviétique, irréformable. D’ailleurs, contrairement à ceux qui se voilent la face, les eurocrates de Juncker (pas de démocratie contre les traités) à Schäuble (les traités européens ne sont pas réformables) vous le disent. Ensuite vous pouvez repeindre les barreaux de la prison si vous voulez.

VP : L’ancien Président de la République tchèque, Václav Klaus, vient d’en appeler à la sortie de son pays de l’Union Européenne pour mettre un terme au chantage « subventions contre migrants ». Qu’une personnalité ayant exercé les plus hautes fonctions dans un pays d’Europe centrale en appelle ainsi franchement à la sortie de l’UE est assez inédit…

Pierre-Yves Rougeyron : En effet, c’est un signe d’espoir. Mais je crains que peu de dirigeants des pays de l’Est ne soient prêts à payer le prix de la lucidité.

VP : Vous êtes un critique de la construction européenne. Elle apporte pourtant parfois des choses positives. Par exemple, elle vient de mettre un terme aux surfacturations des appels téléphoniques passés au sein des pays de l’Union. N’y voyez-vous pas une avancée ?

Pierre-Yves Rougeyron : Très bel exemple des bienfaits de l’UE. Les happy few ne vont plus payer le portage d’appel. Mais les autres vont payer pour eux. Or, 80% de l’économie d’un pays comme la France repose sur … les Français et leurs actes économiques (production, consommation etc..) en France. Donc on va faire payer 80% de gens qui vivent de leur travail chez eux pour 20% de globe-trotters à l’utilité économique dans certains cas discutables. Mais bon, la subvention à la mobilité contre la production enracinée, c’est une définition comme une autre de l’Europe.

 http://lesobservateurs.ch/2017/08/31/pierre-yves-rougeyron-lunion-europeenne-est-comme-lunion-sovietique-irreformable/

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samedi 26 août 2017

"Arrogance" et "manque d'expérience": la Première ministre de Pologne dézingue Emmanuel Macron

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Alors que la Pologne refuse de modifier la directive sur les travailleurs détachés, Emmanuel Macron a sévèrement tancé ses dirigeants, ce vendredi 25 août. La Première ministre lui a vertement répliqué, mettant en avant ses "déclarations arrogantes", son "manque d'expérience" et ses "lacunes".

Même à l'échelle européenne, l'état de grâce est bel et bien fini pour le "New Boy". Alors que l'arrivée au pouvoir d'Emmanuel Macron avait été jusqu'ici bien accueillie par ses partenaires européens, le Président français vient de se faire très sévèrement recadrer par Varsovie. Dans une interview accordée ce vendredi 25 août au média conservateur wpolityce, la Première ministre polonaise, Beata Szydlo, y va à la sulfateuse contre lui : "Peut-être ses déclarations arrogantes sont-elles dues à son manque d'expérience et de pratique politique, ce que j'observe avec compréhension, mais j'attends qu'il rattrape rapidement ces lacunes et qu'il soit à l'avenir plus réservé".

Il faut dire que notre Jupiter national l'a un peu cherché. Ce vendredi, le chef de l'Etat a critiqué très sévèrement le refus de la Pologne de réviser la directive sur les travailleurs détachés, qui permet aux citoyens européens d'être embauchés dans un pays tout en payant leurs cotisations sociales dans leur pays d'origine. Ce texte profite à de nombreux citoyens polonais qui se font facilement embaucher dans des pays plus riches, pour un salaire moins élevé que le Smic local mais plus important que ce qu'ils toucheraient dans leur pays d'origine.

Le Président aimerait limiter ces pratiques qu'il apparente à du "dumping social" et en a fait un des enjeux de son actuelle tournée européenne. D'où un certain désappointement en apprenant la fin de non-recevoir polonaise. "Le peuple polonais mérite mieux que cela et la Première ministre aura beaucoup de mal à expliquer qu'il est bon de mal payer les Polonais", a tancé Emmanuel Macron en conférence de presse ce vendredi.

On pouvait se douter que la chef du gouvernement polonais ne se laisserait pas humilier ainsi. Dans la même interview, elle se permet une vive réplique en pointant les difficultés de la France face au chômage et au terrorisme. "Je conseille à monsieur le Président qu'il s'occupe des affaires de son pays, il réussira alors peut être à avoir les mêmes résultats économiques et le même niveau de sécurité de ses citoyens que ceux garantis par la Pologne." Histoire d'enfoncer le clou, Beata Szydlo se pose même en défenseure des idéaux européens face à un Emmanuel Macron qui défendrait un certain protectionnisme : "Pour ce qui est des travailleurs délégués, c'est la Pologne et l'Europe centrale qui défendent les principes du marché commun alors que la France tente de démonter l'un des piliers de l'UE".

Le message paraît clair : la Pologne ne cèdera pas face aux coups de pression du Président français. A croire qu'à l'échelle internationale, il ne suffit pas de se proclamer "maître des horloges" pour imposer ses vues…

https://www.marianne.net/politique/arrogance-et-manque-d-experience-la-premiere-ministre-de-pologne-dezingue-emmanuel-macron


C'est beau la paix et l'amitié entre les peuples au sein de l'UE! Quant à l'Europe sociale, il faudra patienter...P.G.

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