mardi 12 décembre 2017

Prenez garde à la colère des affamés qui ont faim de dignité.

Déclaration Trump versus Balfour.

 

HIST BALFOUR TRUMP NETANYAOU

 

Donald Trump rejoue sous la forme d’une bouffonnerie le premier acte de la tragédie palestinienne signée par Balfour en novembre 1917, il y a maintenant 100 ans. Par une déclaration solennelle, le secrétaire au Foreign Office promettait au banquier britannique Rothschild une terre sur laquelle il n’avait aucun titre puisqu’à ce moment, le Royaume Uni n’était pas encore mandataire sans l’accord de ses réels ayant droit.

Une fois l’Empire Ottoman démembré, les Britanniques se sont attribués la Palestine qu’ils ont administrée et occupée militairement jusqu’en 1948. Tous les Hauts Commissaires pour la Palestine désignés par Londres furent choisis parmi les membres les plus zélés du Congrès sioniste d’Angleterre. Le premier d’entre eux, Herbert Samuel (1920-1925) mit en place sans perdre de temps les bases des infrastructures éducatives, militaires et sanitaires du futur Etat juif.

Balfour agissait dans un contexte de la deuxième partie de la première guerre mondiale, très meurtrière et très coûteuse, l’opinion était lasse de la boucherie. Par cette signature, il satisfaisait à plusieurs exigences de l’heure.

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Tenter de soustraire une part des intellectuels juifs à l’activisme internationaliste communiste en les recrutant pour un nationalisme lié à une terre ‘promise’. Cette opération eut un faible succès car le sionisme n’était pas une idéologie prisée ni répandue à l’époque du triomphe de la révolution bolchevique. L’argent des Rothschild aidait surtout à installer des familles pauvres de l’Europe de l’Est, victimes d’un antisémitisme latent toujours prêt à être réactivé.

Consolider la prise en main du territoire de l’Irak en le prolongeant par un accès vers la Méditerranée. Le pétrole de Mossoul pouvait alors être acheminé vers le port de Haïfa ou vers le golfe arabique. Mais surtout, en contrôlant la Palestine, la Transjordanie et l’Irak, la route vers l’Inde par voie terrestre est coupée pour l’URSS.

De façon accessoire, il fallait récompenser la contribution du chimiste sioniste Weizman (production industrielle de l’acétone) à l’amélioration des munitions pour l’armée britannique.

Le tout adossé à un certain courant protestant millénariste en Angleterre sensible à la cause sioniste car le rassemblement des Juifs accélérerait la venue du Christ-Messie sur terre.

Il y a cent ans, l’Empire britannique était à l’apogée de sa puissance.

Le déclin certes était en train de poindre et les Usa étaient en train de prendre le relais.

Mais en attendant, la dislocation de l’Empire ottoman a augmenté son aire en lui affectant un contrôle économique et militaire sur la Palestine, la Transjordanie, l’Irak et l’Egypte, occupée militairement depuis 1882 mais sous protectorat effectif depuis 1914 seulement. L’Irak ne sera pacifié qu’au terme de trois années de résistance acharnée et le parti Wafd en Egypte a obtenu dès 1919 la direction politique du pays.

Un système politique et symbolique à l’agonie.

En 2017, les Usa ont vu leur intervention militaire au Moyen Orient contrariée en Syrie puisque la guerre qu’ils y ont menée contre un Etat appartenant à l’axe du mal a résisté à sa disparition en dépit des moyens mis à la disposition de leurs mercenaires engagés sous la bannière du terrorisme islamiste. Elle fut spectaculairement contrariée aussi en Irak car la sécession du Kurdistan n’a pu avoir lieu. L’assistance qu’ils monnayent à l'Arabie Saoudite contre le Yémen en proie à un printemps sanglant interminable s ‘avère inefficace(1) la protection par les antimissiles Patriot laisse passer des missiles longue portée, près de 1400 Km, adaptés par les Yéménites qui parviennent à perturber l’aéroport international de Ryad. (1) L’une des dernières mises en œuvre d’une révolution colorée en Ukraine échoue lamentablement. Le PIB du pays s’est effondré de moitié depuis l’organisation de la tuerie place du Maïdan, accomplie par quatre Géorgiens et coordonnée par leur agent Saakachvili. Le pays s’est littéralement vidé de ses forces vives qui ont fui la baisse de salaire de l’équivalent e 400 euros à près de 190 euros.

Le Président Trump est toujours menacé de destitution plus d’un an après sa victoire électorale pour diverses raisons alléguées par ses adversaires, santé mentale défaillante, corruption, haute trahison et compromission avec l’ennemi russe. Cette situation qui traîne en longueur est inédite dans l’histoire de la première puissance qui a pour habitude de régler le sort des indésirables à cette fonction par un assassinat ou une démission annoncée dignement. Ses rodomontades, réplique par un feu nucléaire, proférées à l’égard de la Corée du Nord sont vite contredites par le Secrétaire préposé à la Défense. L’annonce, énoncée unilatéralement , que Jérusalem connue et désignée par un milliard de musulmans sous le simple nom de La (ville) Sainte, Al Qods, serait la capitale de l’entité sioniste a été accueillie avec réserve par Tillerson, l’homme d’Exxon propulsé au Secrétariat d’Etat. A l’évidence, le pouvoir est éclaté à Washington et ses centres, nombreux, non seulement ne coordonnent pas leurs positions publiques mais exposent leur antagonisme à la face du monde. Les derniers mouvements respiratoires d’un organisme en voie de trépasser sont anarchiques et inefficaces, cette dernière billevesée signe que l’agonie est bien en cours. Il est probable même qu’elle a été accomplie sans l’aval de la direction actuelle de l’entité sioniste. Elle a suscité une condamnation unanime de tous les dirigeants de la planète avec toute une palette de nuances selon leur degré de soumission, depuis le ‘regrettable’ jusqu’à l’indignation authentique. Elle offense surtout trois cents millions d’Arabes, sans distinction de leur religion, un milliard de musulmans et tous ceux qui espèrent un règlement à cette colonisation atroce par la voie de la négociation. Elle les unit aussi. Le jeu pervers de l'Arabie Saoudite est non seulement mis à jour mais est devenu intolérable à tous ceux qui subissent depuis des décennies l’islamophobie comme stratégie néoconservatrice manipulée par les officines qui pilotent ou au moins facilitent le ‘terrorisme islamiste’.

Ce vendredi 8 décembre, dans chaque mosquée, le sermon a été consacré à la (ville) Sainte, dans tous les pays du monde sauf dans l'Arabie Saoudite qui en a interdit l’évocation.

 

La situation est désormais clarifiée.

Plus aucune partie ne pourra encore se réclamer d’un quelconque processus de paix, ce qui ne pourra que faciliter l’unité du rang des Palestiniens. L’Autorité Palestinienne, née des accords d’Oslo, doit renoncer à sa politique de collaboration sécuritaire avec l’occupant et cesser de livrer les militants à la police et l’armée sioniste. Elle doit refuser de cautionner le grignotage incessant des zones théoriquement prévues comme bantoustans émiettés où seront encagés les Palestiniens. Elle devra revenir à la charte de l’OLP, incontournable, qui revendiquait un seul Etat, laïc, pour tous ses citoyens.

Cette dernière blessure ouverte dans le cœur et l’esprit du milliard de musulmans va se traduire par leur rejet de l’américanisme sous toutes ses formes. Un boycott des produits étasuniens en sera l’effet immédiat le plus perceptible. Coca Cola, Mac Do, Apple, Google, Facebook pourront en remercier Trump. La planète aussi, elle sera plus vite délivrée de l’abaissement symbolique et éthique imposé par l’hégémonie étasunienne.

 

Badia Benjelloun

9 décembre 2017

 

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jeudi 7 décembre 2017

La communauté internationale contre la décision de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme la capitale d'Israël

"Les missions de Bolivie, d'Egypte, de France, d'Italie, du Sénégal, de Suède, du Royaume-Uni et d'Uruguay", ont, mercredi soir, demandé cette réunion.

ACT JERUSALEM ONU

Le Conseil de sécurité de l'ONU se réunira en urgence vendredi matin après la décision de Donald Trump de reconnaître "officiellement Jérusalem comme capitale d'Israël", a annoncé la présidence japonaise de l'instance, dans la nuit du mercredi 6 décembre au jeudi 7 décembre.

Le Premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou a salué un "jour historique", après la déclaration de Donald Trump, assurant que cela ne changerait rien en ce qui concerne les lieux saints des trois grandes religions monothéistes à Jérusalem. Mais mis à part le gouvernement israélien, cette décision a été vivement critiquée par la communauté internationale. Franceinfo revient sur les principales réactions.

L'ONU se dit "contre toute mesure unilatérale"

Huit pays ont demandé une réunion d'urgence du Conseil de sécurité. "Les missions de Bolivie, d'Egypte, de France, d'Italie, du Sénégal, de Suède, du Royaume-Uni et d'Uruguay demandent à la présidence" japonaise du Conseil de sécurité "d'organiser une réunion d'urgence du Conseil, avec un exposé du secrétaire général, avant la fin de la semaine", indique un communiqué de la mission suédoise. La présidence de l'instance a annoncé, peu après, que le Conseil se réunirait vendredi matin, en urgence.

Pour le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, le statut de Jérusalem ne peut être résolu que par une "négociation directe" entre Israéliens et Palestiniens. Il dit avoir toujours été "contre toute mesure unilatérale". "Il n'y a pas d'alternative à la solution de deux Etats" avec "Jérusalem comme capitale d'Israël et de la Palestine", a-t-il insisté.

L'Union européenne fait part de sa "sérieuse préoccupation"

Dans un communiqué, la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini a écrit : "L'Union européenne exprime sa sérieuse préoccupation à propos de l'annonce aujourd'hui du président des Etats-Unis Trump sur Jérusalem et les répercussions que cela peut avoir sur la perspective de paix."

Paris condamne une décision "regrettable"

"C'est une décision regrettable que la France n'approuve pas et qui contrevient au droit international et aux résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU", a réagi Emmanuel Macron, depuis l'Algérie. "Le statut de Jérusalem est une question de sécurité internationale qui concerne toute la communauté internationale. Je veux l'affirmer clairement, le statut de Jérusalem devra être déterminé par les Israéliens et les Palestiniens dans le cadre de négociations sous l'égide des Nations Unies", a-t-il poursuivi.

Berlin "ne soutient pas" cette décision

Le gouvernement allemand "ne soutient pas cette position car le statut de Jérusalem ne peut être négocié que dans le cadre d'une solution de deux Etats", a déclaré la chancelière, citée dans un tweet de son porte-parole Steffen Seibert. Le chef de la diplomatie allemande, Sigmar Gabriel, a dit redouter que cette décision ne conduise à une "nouvelle escalade dans le conflit entre Israël et les Palestiniens". Et d'ajouter : "Nous espérons que (nos) inquiétudes pourront être (...) calmées. Mais cette volte-face est déjà un gros problème."

 

Londres n'est "pas d'accord"

"Nous ne sommes pas d'accord avec la décision américaine de transférer son ambassade à Jérusalem et de reconnaître Jérusalem comme la capitale israélienne avant un accord final sur son statut", a déclaré la Première ministre britannique Theresa May dans un communiqué. Pour elle, cette décision n'est "d'aucune aide" pour les perspectives de paix dans la région.

Ankara critique une décision "irresponsable"

"Nous condamnons la déclaration irresponsable de l'administration américaine (...) cette décision est contraire au droit international et aux résolutions de l'ONU", a réagi le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu. Avant l'annonce de cette décision largement anticipée, le président turc Recep Tayyip Erdogan avait averti que la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël par Washington "ferait le jeu des groupes terroristes".

Pour le président palestinien, les Etats-Unis ne peuvent plus être médiateur

"Par ces décisions déplorables, les Etats-Unis sapent délibérément tous les efforts de paix et proclament qu'ils abandonnent le rôle de sponsor du processus de paix qu'ils ont joué au cours des dernières décennies", a déclaré Mahmoud Abbas sur la télévision palestinienne, déclarant que Jérusalem était "la capitale éternelle de l'Etat de Palestine".

Le Hamas estime que Trump "ouvre les portes de l'enfer"

C'est ce qu'a déclaré Ismaïl Radouane, un haut responsable du mouvement islamiste palestinien aussitôt après la déclaration de Donald Trump. Il a appelé les pays arabes et musulmans à "couper les liens économiques et politiques" avec les ambassades américaines, et à expulser les ambassadeurs américains.

Le pape exprime sa "profonde inquiétude"

"J'adresse un appel vibrant pour que tous s'engagent à respecter le statu quo de la ville, en conformité avec les résolutions pertinentes de l'ONU", a déclaré le pape François, qui a fait part de "profonde inquiétude". Le souverain pontife ne peut qu'accorder un intérêt tout particulier à la ville qui abrite les lieux les plus saints des trois grandes religions monothéistes, y compris le Saint-Sépulcre.

https://www.francetvinfo.fr/monde/proche-orient/israel-palestine/la-communaute-internationale-contre-la-decision-de-donald-trump-de-reconnaitre-jerusalem-comme-la-capitale-d-israel_2502167.html#xtor=EPR-51-[jerusalem-le-conseil-de-securite-de-l-onu-se-reunira-en-urgence-vendredi-matin-apres-la-decision-de-donald-trump_2502167]-20171207-[titre]

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Statut de Jérusalem : entre folie et provocation à la guerre

Robert Fisk | 5 décembre 2017 | The Independent

Au milieu de trois guerres catastrophiques au Moyen-Orient, il serait difficile d’imaginer quelque chose de plus provocateur, dangereux – ou tout simplement délirant – que l’initiative des États-Unis de déplacer leur ambassade de Tel Aviv à Jérusalem. Pourtant, c’est exactement ce que Donald Trump est en train de faire cette semaine. D’une certaine manière, nous aurions dû nous y attendre : des présidents fous font des choses folles.

ARG JERUSALEM US

Mais n’y a-t-il personne à la Maison Blanche qui puisse le retenir ? Pas même Jared Kushner, qui est censé être la main de Trump au Moyen-Orient ? Ou Kushner est-il trop impliqué dans son dernier scandale – tel que révélé par Newsweek : qu’il n’a pas fait connaître sa co-direction d’une fondation finançant des colonies juives illégales en Cisjordanie quand il a déposé ses dossiers financiers au Bureau de l’Éthique gouvernementale cette année – pour oser se faire entendre ?

Car ce n’est pas que l’ambassade elle-même ne soit qu’un geste symbolique. Cela signifie que les États-Unis reconnaîtraient que la ville de Jérusalem, sacrée pour les musulmans, les juifs et les chrétiens, est la capitale de l’État israélien et que les Palestiniens ne pourront jamais la partager. Le moribond « processus de paix » – abandonné par les Israéliens, puis par les Palestiniens puis par les Américains il y a des années, bien que « les hommes d’État » en parlent encore dans le monde virtuel dans lequel ils vivent – n’existerait plus, même dans nos imaginations.

C’est pourquoi tout le monde de Macron à Erdogan, des Saoudiens à l’Union Européenne, et bien sûr les malheureux Palestiniens, ont critiqué et condamné de diverses manières la décision à venir de Trump. S’il ne signe pas de report officiel – qui doit être renouvelé tous les six mois – à la loi américaine pour déplacer l’ambassade, alors il va en effet, pour reprendre les termes des dirigeants palestiniens, prendre le risque d’un conflit « ethnique ».

N’y a-t-il pas assez de guerres au Moyen-Orient pour occuper la Maison blanche même dirigée par un fou ? Trump a depuis longtemps pris le parti sunnite dans le conflit sunnite-chiite – mais maintenant il risque d’augmenter les tensions en les exaspérant tous les deux. Les Arabes savent tous – et beaucoup d’Israéliens sont d’accord – que le président Trump est dingue. Mais les implications de tout déplacement de l’ambassade – ou en d’autres termes l’acceptation par Trump que Jérusalem est en effet la capitale d’Israël – seront énormes. Cela revient à signifier aux Arabes, musulmans et chrétiens, que leur deuxième ville la plus sainte appartient aux Juifs d’Israël et non à eux. Cela dira aux Iraniens la même chose. Cela signifiera la même chose pour tous les pays musulmans du monde.

Trump espère-t-il un autre accueil chaleureux et une autre danse traditionnelle à l’épée à Riyad ? Est-ce que les Saoudiens achèteront toutes ces milliards d’armes américaines s’il livre Jérusalem aux Israéliens ? Les musulmans croient généralement que le Prophète, né en Arabie, est monté de Jérusalem au ciel.

En Occident, cela va pourrir davantage les relations entre Washington et l’Union Européenne, cela nuira aux relations canado-américaines – car Ottawa ne suivra sûrement pas l’initiative de Washington – et l’UE, qui croit encore cruellement au fameux « processus de paix » , ne va certainement pas répondre en déplaçant ses propres ambassades à Jérusalem. Il y a, bien sûr, des consulats européens à Jérusalem – mais pour couvrir Jérusalem-Est et la Cisjordanie, pas Israël.

Bibi Netanyahu et son gouvernement israélien extraordinairement « extrême-droitier » seront certainement heureux, car cela déclenchera une nouvelle et bien plus grande expansion des colonies juives – que nous appelons étrangement des « implantations » – sur les terres arabes, dépouillant encore plus les Palestiniens. Les Israéliens ont volé des terres à leurs propriétaires arabes légaux pendant des années, mais le président Trump enlèverait alors aux Palestiniens l’espoir même d’une capitale à Jérusalem-Est.

Et comment vont réagir les Palestiniens des camps de réfugiés au Liban ? Il n’y a guère d’habitation palestinienne sans une photo de la mosquée Al-Aqsa apposée au mur. Comment le Hezbollah répondra-t-il ? Peuvent-ils simplement se contenter de la rhétorique – ou devront-ils tirer des missiles sur la frontière israélo-libanaise pour exprimer leur colère ?

Et les Russes, le plus grand allié de la Syrie – où Bachar al-Assad déclarera sûrement son régime comme porte-drapeau dans une nouvelle bataille pour une « Jérusalem libérée » – ne peuvent guère laisser passer une telle initiative sans prendre le parti arabe. Et en vendant aux Arabes les navires de guerre, les avions de chasse et les missiles que ceux-ci achetaient jusqu’ici aux Américains.

Un rêve israélien pourrait devenir réalité si Trump annonce Jérusalem comme étant la capitale d’Israël. Mais ce sera aussi un cauchemar arabe. Au moins, quand Jérusalem restait l’objet de négociations israélo-palestiniennes, les Arabes de Cisjordanie pouvaient s’accrocher au vague espoir de disposer un jour d’une partie de la ville. Mais si Trump va de l’avant, l’Amérique ne pourra plus jamais prétendre mettre en place un autre « processus de paix », même imaginaire. « Une erreur colossale » sera le moins que le monde pourra dire à propos des États-Unis si Trump ne signe pas la dite suspension.

Robert Fisk | 5 décembre 2017 | The Independent

Robert Fisk est le correspondant du journal The Independent pour le Moyen Orient. Il a écrit de nombreux livres sur cette région dont : La grande guerre pour la civilisation : L’Occident à la conquête du Moyen-Orient.

Source: Chronique de Palestine

http://arretsurinfo.ch/statut-de-jerusalem-entre-folie-et-provocation-a-la-guerre/

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dimanche 26 novembre 2017

Mohammed ben Salmane officialise des décennies de rapprochement entre l’Arabie saoudite et Israël

Les Saoudiens ne tarderont sans doute pas à voir le drapeau israélien hissé sur un toit à Riyad

ARG ISRAEL ARABIE

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane (MBS) ne manque aucune occasion de choquer l’opinion publique – peut-être pas si involontairement que cela – locale et mondiale.

L’entretien que le chef de l’armée israélienne, le lieutenant-général Gadi Eisenkot, a accordé la semaine dernière au site d’informations saoudien Elaph (en langue arabe) est un autre signe du changement significatif de la politique saoudienne, régionale et internationale, depuis que le prince héritier est parvenu au sommet du pouvoir dans son propre pays.

Rapprochement entre Saoudiens et Israéliens

L’entretien a été publié et signalé dans Haaretz et, le même jour, Middle East Eye a révélé en exclusivité que la monarchie jordanienne était extrêmement préoccupée de voir les Saoudiens si empressés de faire la paix et normaliser les relations avec Israël, aux dépends des Jordaniens et des Palestiniens.

La Jordanie a signé son propre traité de paix avec Israël en 1994 mais semble néanmoins craindre un retour de bâton si les Saoudiens devaient conclure un accord qui supprimerait le droit au retour des Palestiniens.

Mais il serait inexact de supposer que le rapprochement entre Saoudiens et Israéliens a commencé avec l’ascension de MBS. Pendant quelques années, plusieurs Saoudiens, agissant ostensiblement à titre personnel, ont été chargés de la tâche d’explorer et de tâter le terrain ou, du moins, en ont-ils reçu le feu vert.

Deux d’entre eux, en particulier, ont rencontré des responsables israéliens à différents niveaux et dans diverses enceintes internationales. Ils ont même fait plusieurs visites en Israël : l’ancien chef du Renseignement saoudien, le prince Tourki ben Fayçal, et l’ancien général saoudien, Anwar Eshki.

Certains vont même jusqu’à faire remonter à 1981 l’année où le prince héritier Fahd ben Abdelaziz s’est mis en tête de commercer avec Israël, car c’est en novembre cette année-là qu’il a, lors de la conférence au sommet arabe de Fès (Maroc), proposé son plan de paix en huit points.

C’était un peu moins de trois ans après que l’Égypte provoque la division du monde arabe en signant unilatéralement son propre traité de paix avec Israël, à Camp-David en 1978. Le plan de paix de Fahd ne s’est jamais concrétisé parce qu’il n’est pas parvenu à obtenir l’aval de la majorité arabe.

Il a fallu vingt ans de plus pour que les Saoudiens obtiennent le consensus de presque tous les Arabes sur ce qui était initialement une initiative de paix du prince héritier saoudien, Abdallah ben Abdelaziz. Ce projet devint alors le Plan de paix arabe.

Or, ce plan – où les Arabes offraient à Israël pleine reconnaissance et normalisation en échange d’un retrait israélien des frontières tracées avant juin 1967 – n’a jamais été véritablement accepté par Israël, du moins non sans de trop nombreuses réserves.

Réussite de la contre-révolution

La hâte actuelle de l’Arabie saoudite de normaliser ses relations avec Israël fait suite à des changements spectaculaires sur la scène politique.

Tout d’abord, les Saoudiens, premiers responsables – avec les Émirats arabes unis – du déraillement de la tentative de démocratisation du monde arabe, jubilent du succès de leur contre-révolution à rétablir l’ordre, tel qu’ils le définissent et le promeuvent – ordre qui leur garantit l’emprise sur le pouvoir et le monopole des ressources.

Suite à la défaite du Printemps arabe et à l’effondrement du soi-disant camp de la résistance – coalition qui, avant le Printemps arabe, comprenait l’Iran, la Syrie, le Hezbollah, le Hamas, le djihad islamique et d’autres factions de l’OLP – les Palestiniens ont été « lâchés » au milieu d’une crise sans précédent et les factions de leur mouvement de libération, le Hamas en particulier, ont désormais du mal à exister.

C’est alors qu’arriva Donald Trump, dont l’entrée à la Maison-Blanche marqua le début d’une nouvelle ère dans la politique américaine, promesse d’une approche différente du Moyen-Orient. Faire de la politique comme on fait des affaires, voilà qui semble convenir aux familles royales arabes de la région du Golfe, ainsi qu’aux chefs militaires égyptiens.

La première transaction commerciale conclue avec l’administration Trump fut l’adoubement par l’Amérique de MBS comme futur roi d’Arabie saoudite, en échange de centaines de milliards d’investissements saoudiens aux États-Unis. L’accord a également ouvert la voie à une normalisation des relations des pays du Golfe avec Israël.

L’accord, négocié par le prince héritier Mohammed ben Zayed d’Abou Dabi (appelé aussi MBZ), fut consommé lors du sommet de Riyad, où les dirigeants de presque 50 pays musulmans se sont rassemblés pour rencontrer le nouveau président américain. Depuis, Trump a transmis le dossier à son gendre, Jared Kushner, connu pour ses liens commerciaux, politiques et idéologiques privilégiés avec Israël.

Un prétexte utile

L’Iran et ses mandataires dans la région ont offert au prince héritier saoudien une série de prétextes extrêmement utiles pour lui permettre d’avancer bille en tête vers la conclusion d’un accord avec Israël.

Après avoir lamentablement échoué tant au Yémen qu’en Syrie et en Irak, l’Arabie saoudite a perdu énormément de terrain au profit des Iraniens, qui, à maintes reprises, se sont vantés de leurs succès et de tirer désormais les ficelles dans le gouvernement des capitales de quatre pays arabes : le Liban, la Syrie, l’Irak et le Yémen.

L’Arabie saoudite n’hésite plus à souligner sa vision commune avec Israël au sujet de l’Iran et du Hezbollah. Leur hostilité commune envers l’Iran, considéré comme la plus grave menace pesant sur l’Arabie saoudite et Israël, aurait plus que jamais rapproché les deux régimes.

En septembre, il se disait même que le mystérieux prince saoudien de haut rang qui rendit visite à Israël n’était autre que le prince héritier lui-même. Pourtant, ce qui motive le plus les Saoudiens à fraterniser avec Israël, c’est encore le désir fébrile de MBS de devenir roi, avec la bénédiction du maître de la Maison-Blanche.

Le prince s’est montré disposé à faire tout le nécessaire pour répondre à cet urgent besoin, quel qu’en soit le prix. Il est fort probable que le train de mesures prises localement pour freiner toute opposition potentielle ne soit pas sans rapport avec cette quête de normalisation avec Israël.

Première collaboration importante

En retirant de la scène intellectuels, érudits, universitaires, académiciens, princes de haut rang, ainsi que magnats des affaires et des médias, tout en enlevant tout pouvoir aux institutions religieuses traditionnelles, MBS est convaincu qu’a été ôté de son chemin tout obstacle éventuel.

Tout cela n’est pas étranger non plus au fiasco de la détention du Premier ministre libanais, Saad Hariri, ni à l’annonce de sa démission à partir de la capitale saoudienne, Riyad.

Manifestement, les Saoudiens se sont hâtés de fomenter une crise qui pourrait, à leur avis, déboucher sur une confrontation israélo-iranienne au Liban et permettre, peut-être, la première collaboration significative entre le royaume et Israël.

Pendant une allocution télévisée, le leader du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a affirmé ceci : des sources crédibles l’ont averti que son organisation avait reçu des informations selon lesquelles l’Arabie saoudite venait d’offrir des milliards à Israël en prévision de la prochaine guerre contre le Hezbollah.

Parmi les événements spectaculaires de ces dernières semaines, citons la convocation à Riyad du président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, à qui on aurait signifié sans ambages qu’il devrait choisir entre soit collaborer à l’initiative de paix du président Trump, soit tout bonnement démissionner.

On pense qu’il s’agit d’une faveur accordée par MBS à Kushner – chargé de préparer le terrain pour préparer l’initiative de paix de Trump.

Les Palestiniens soumis au chantage

Les Palestiniens se trouvent dans une situation des plus embarrassantes. L’empressement du prince héritier saoudien à normaliser ses relations avec Israël semble les avoir pris de court, et ils ne sont pas les seuls.

Si des sources proches d’Abbas ont nié avoir reçu un ultimatum lors de sa brève visite à Riyad, en privé, l’Autorité palestinienne avouait craindre le pire.

Ces craintes ne tardèrent pas à se concrétiser. L’ultimatum saoudien fut bientôt confirmé et l’administration Trump lui apporta un soutien de taille.

Dans un acte flagrant de chantage, le Département d’État a informé les Palestiniens que leur autorisation d’occuper leur bureau de l’OLP ne serait pas renouvelée, sauf à remplir deux conditions : s’engager dans le processus de paix avec Israël et s’abstenir de poursuivre ce pays devant la Cour pénale internationale de La Haye.

Le cours des événements indique clairement que l’ultimatum posé par l’administration Trump – avertissant l’Autorité palestinienne (AP) qu’elle serait ostracisée pour en avoir appelé au droit international et aux institutions internationales – n’aurait pas pu l’être sans coordination avec les Saoudiens et les Israéliens.

Avant que les Palestiniens se remettent de leur choc, le ministre israélien de l’énergie, Yuval Steinitz, parla publiquement de l’étroite coopération entre Saoudiens et Israéliens, sans doute pas vraiment par hasard.

Bien que l’accent ait été mis sur la tentative de contester l’expansionnisme iranien, voici le message destiné aux Palestiniens : avec ou sans vous, « nous décollons ». Les remarques de Steinitz confirment ce que le chef d’état-major israélien a déclaré en début de semaine au site Elaph quant à la coordination sécuritaire et aux liens intimes tissés entre Israéliens et Saoudiens.

Selon certaines rumeurs, l’Arabie saoudite pourrait, dès la semaine prochaine, procéder au couronnement officiel de MBS, suite à l’abdication de son père. Les Saoudiens ne tarderont sans doute pas à voir le drapeau israélien hissé sur un toit à Riyad.

– Azzam Tamimi est un universitaire et activiste politique palestino-britannique.

Article original

Source: MEE

http://arretsurinfo.ch/mohammed-ben-salmane-officialise-des-decennies-de-rapprochement-entre-larabie-saoudite-et-israel/


 

BASE 15 995X225Je rappelle que ce type d'information a pour but d'éclairer les sympathisants et militants de ce qui se passe dans cette région, à chacun de juger en fonction de ses propres sources. Comprendre le monde actuel et surtout les arguments qu'on n'entend pas sur Radio- Paris est le devoir de toute personne qui souhaite s'impliquer dans les affaires publiques de façon honnête, à une époque de tensions internationales où la propagande fait rage dans chaque camp, et, au bout du compte, de tenter de rendre service à la France par une meilleure connaissance des dossiers. Tout contre- argument ou contre- article est bienvenu, comme vous le savez depuis la création de ce site: il suffit d'envoyer vos propositions à la délégation régionale.

P.G.

 

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mardi 21 novembre 2017

Les Saoudiens se trompent s’ils pensent qu’ils peuvent retourner les Palestiniens contre le Hezbollah

Abbas va-t-il succomber à l’argent saoudien ?

Par Abdel Bari Atwan | 16 novembre 2017

arg palestine as

Bien que l’Arabie saoudite et ses machinations régionales aient été très médiatisées au cours des dernières semaines, un récent visiteur à Riyad a attiré relativement peu l’attention des médias. L’ex-président palestinien Mahmoud Abbas est resté bouche bée pendant son séjour la semaine dernière dans la capitale saoudienne, où il a reçu un accueil exceptionnellement hospitalier de la part de ses hôtes, dont le roi Salman Bin-Abdelaziz qui a organisé une réception en son honneur.

La plupart des visites précédentes de l’Arabie Saoudite par Abbas ont été des affaires sans lendemain et rapides, pour la plupart d’une journée seulement. Les responsables saoudiens faisaient la sourde oreille à ses demandes – en particulier pour un soutien financier – et Abbas revenait en général de ses voyages à Riyad en faisant une sale tête.

La dernière visite, organisée à la hâte – plus comme une convocation qu’une visite d’un chef d’État – a coïncidé avec une nouvelle campagne saoudienne contre l’Iran et ses alliés, notamment au Liban. Inévitablement, cela a soulevé des questions. La grande tractation pour le Moyen-Orient que le président américain Donald Trump et son beau-fils Jared Kushner auraient organisée avec le Premier ministre israélien Binyamin Netanyahu, était-elle à l’ordre du jour ? A-t-on demandé à Abbas de soutenir Trump et d’appuyer la campagne saoudienne contre l’Iran et le Hezbollah ?

Les dirigeants saoudiens ne veulent pas de réconciliation entre les mouvements palestiniens du Fatah et du Hamas, et cherchent à engager Abbas et son Autorité Palestinienne (AP) dans une confrontation avec le Hezbollah au Liban – en attirant précisément du côté pro-saoudien les 300 000 habitants des camps de réfugiés palestiniens.

L’actuel prince héritier saoudien Muhammad Bin-Salman a l’intention de priver l’Iran de ses soutiens périphériques – au Liban (Hezbollah), au Yémen (l’alliance Houthi-Saleh) et en Irak (en renforçant les divisions sectaires entre sunnites et chiites). Faire entrer les Palestiniens à prédominance sunnite dans l’équation est considéré comme un élément crucial dans ce schéma, comme «couverture» d’une confrontation avec les chiites dans les pays concernés.

Cette même carte sectaire a été employée au début de la crise en Syrie, avec un succès considérable, en particulier au sein et parmi les partisans du mouvement Hamas. Mais elle est devenue progressivement moins efficace au fur et à mesure que la guerre se prolongeait pour près de sept années, l’armée syrienne demeurant ferme et soudée et l’État et ses institutions ne s’effondrant pas comme escompté.

Les dirigeants saoudiens ne font pas confiance au Hamas et le considèrent comme un allié stratégique de l’Iran, surtout après que le mouvement ait élu une nouvelle direction « combative » dans les territoires occupés. Ils misent sur la prétendue « légitimité » institutionnelle d’Abbas et sur l’influence continue du Fatah dans les camps de réfugiés au Liban, pour recruter des combattants afin de les armer et de les engager contre le Hezbollah.

Muhammad Bin-Salman a certainement offert à Abbas un accord politique et financier. Nous n’en connaissons pas ses détails. L’information n’est tout simplement pas disponible. Mais la question la plus importante est de savoir s’il l’a accepté ou non.

Les habitants des camps palestiniens au Liban vivent dans des conditions misérables. Mais la grande majorité n’a que faire du sectarisme et ne prendra jamais les armes contre le Hezbollah. Le récent rapprochement du Hamas avec l’Iran et le Hezbollah ne peut que renforcer cette façon de penser. Le « meilleur » que les dirigeants saoudiens peuvent espérer est que les Palestiniens au Liban restent neutres et ne rejoignent pas le Hezbollah à l’occasion d’une quelconque confrontation – mais même cela ne peut en aucun cas être garanti.

Abdel Bari Atwan | 16 novembre 2017 | Raï al-Yaoum

Abdel Bari Atwan est le rédacteur en chef du journal numérique Rai al-Yaoum. Il est l’auteur de L’histoire secrète d’al-Qaïda, de ses mémoires, A Country of Words, et d’Al-Qaida : la nouvelle génération.

Titre original: Riyadh Courts Abbas – The Saudis are mistaken if they think they can turn Palestinians in Lebanon against Hezbollah

Source: Chronique de Palestine

http://arretsurinfo.ch/les-saoudiens-se-trompent-sils-pensent-quils-peuvent-retourner-les-palestiniens-contre-le-hezbollah/

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jeudi 16 novembre 2017

Les rêves contrariés du Kurdistan, par Lawrence Davidson

Il y a presque un siècle, les puissances européennes promettaient aux Kurdes un état, mais sont vite revenues sur leur promesse, laissant les nationalistes Kurdes enrager pour des générations, et conduisant l’Irak à la capture militaire récente de Kirkuk, comme le rapporte Lawrence Davidson.

C’était en 1916, au milieu de la Première Guerre mondiale que l’Angleterre et la France ( opposés à l’Allemagne, à l’Autriche et aux Turcs Ottomans) ont signé leur infâme accord Sykes-Picot. Dans le grand style impérial, ils ont utilisé cet accord pour se partager le Moyen-Orient.

HIST MOYEN ORIENT KURDISTAN

C’était une décision osée, considérant que la guerre se trouvait dans une impasse et que les deux alliés ne savaient pas s’ils gagneraient le combat. Néanmoins, ils s’engagèrent dans cet accord et ce faisant, ils ont pris un nombre de décisions qui continuent encore à configurer la région aujourd’hui.

En plus d’apporter l’impérialisme traditionnel européen plus tard dans le vingtième siècle, ce qui rend tristement célèbre les accords Sykes-Picot est le fait qu’il brise une promesse faite précédemment aux Arabes. En 1916, les Arabes ont gagné des batailles contre les Turcs. En reconnaissance, les Anglais leur ont promis de soutenir la création d’un grand état arabe.

Mais cette promesse s’est toujours heurtée aux ambitions impérialistes de l’Angleterre et de la France, et donc, pour finir, ils ont conspiré secrètement pour trahir leurs alliés non-occidentaux. Parmi les conséquences finales de cette trahison, l’État Arabe s’est limité à ce qu’il est aujourd’hui, l’Arabie saoudite. La Palestine, (qui était originellement une partie de l’état arabe) deviendra « la patrie des Juifs » ; la Syrie revint aux Français, et la plus grande partie de la région a été donnée aux Britanniques.

Les accords Sykes-Picot ont permis un changement ultérieur. Ils ont rendu possible un Etat pour les Kurdes — un peuple constitué des quatre plus grandes ethnies du Moyen-Orient. Cet état connu sous le nom de Kurdistan, aurait du être taillé dans les territoires de l’Empire Ottoman finalement vaincu. Cette intention fut confirmée publiquement dans le Traité de Sèvres en 1920.

Les leaders Kurdes, qui entre temps ont réalisé que les puissances occidentales trahissaient les Arabes, n’auraient donc pas dû être surpris quand, malgré le traité, les Britanniques et les Français les ont aussi trahis. Le traité de Lucerne en 1923 a amendé le traité de Sèvres et, bien sûr, l’état du Kurdistan a été oublié. Les terres qui auraient dû composer la nation kurde, sont, au lieu de cela, devenues parties de la Turquie, de la Syrie et de l’Irak. Par conséquent, les Kurdes restèrent sans État. Cependant, ils n’ont jamais abandonné l’idée d’avoir une nation, comme but.

Maintenant, nous pouvons avancer jusqu’au 19 mars 2003, date à laquelle le Président George W. Bush a décidé d’envahir l’Irak. Bush avait un étalage de pauvres excuses pour le faire : les armes nucléaires de Saddam Hussein inexistantes, et autres armes de destruction massive, le soit-disant complot de Saddam visant à assassiner le père de Bush, le rêve (en fait le cauchemar) de « changement de régime » nécessaire comme moyen de rendre le Moyen-Orient plus sûr pour les États-Unis et Israël, ou peut-être juste l’offensive belliciste des néoconservateurs. Quelque soit la profondeur de l’ignorance du Président et où cela l’a amené, l’invasion a libéré des forces que Bush et ses successeurs à la Maison-Blanche ont été incapables de contrôler. Parmi lesquelles sont les conséquences qui ont suivi l’écroulement de l’Irak.

Le problème Kurde refait surface

Comme la destruction de l’Empire ottoman à la fin de la Première Guerre mondiale, la destruction de l’Irak qui a résulté de l’invasion américaine de 2003 a ouvert une boîte de Pandore de changements territoriaux potentiels. La création possible de l’Etat du Kurdistan n’était pas la moindre de ces choses.

Une carte montrant comment le « territoire » kurde déborde dans plusieurs nations du Moyen-Orient.

Comme les Arabes durant la Première Guerre mondiale, les Kurdes devinrent un allié combatif de l’Occident à la suite de l’invasion de l’Irak et de la guerre civile syrienne qui s’ensuivit. Le chaos de la région a permis l’émergence de « l’État islamique d’Irak et du Levant » (alias EI, ISIL et Daesh). L’EI s’est avéré être une manifestation sinistre et brutale du fanatisme religieux devenu incontrôlable. Sa montée menaçait à peu près tous les États de la région, ainsi que les citoyens de l’Union européenne et des États-Unis.

Si la stabilité devait finalement prévaloir, l’EI devait être vaincu avec les Kurdes jouant et continuant de jouer un rôle notable dans ce combat. Il y a peu de doute que l’un de leurs objectifs soit de créer des conditions favorables pour un État kurde.

Pour toutes ces puissances régionales (Turquie, Iran, Syrie, Irak) qui cherchent à rétablir le statu quo précédent, la perspective d’un état Kurde indépendant est un anathème. Chaque État a des minorités kurdes et craint qu’un Kurdistan indépendant, même si celui-ci est découpé dans le territoire d’un autre État, conduise à exacerber les insurrections kurdes dans leur propre pays. La possibilité qu’un tel État puisse à la place provoquer une diminution de l’animosité des Kurdes par l’immigration volontaire ne semble pas être évidente aux dirigeants de l’Iran, de la Turquie et de la Syrie.

Comme Jonathan Cook l’a récemment clarifié, la question de l’indépendance kurde a été compliquée par l’influence d’Israël sur le sujet. Les Israéliens sont depuis longtemps attachés à un Kurdistan indépendant, non pas parce que, comme certains de leurs politiciens le prétendent hypocritement, les Kurdes ont un « droit moral » à un État (les Palestiniens aussi). Au contraire, les Israéliens ont une politique non déclarée mais officielle visant à « balkaniser » les États arabes. Ils ont encouragé « la discorde sectaire et ethnique » afin de déstabiliser leurs voisins. En d’autres termes, le soutien israélien aux Kurdes est un effort pour affaiblir principalement l’Irak, et accessoirement, la Syrie et l’Iran (la Turquie n’étant qu’un « dommage collatéral » dans ce processus).

La meilleure option

On peut difficilement reprocher aux Kurdes d’accepter de l’aide là où ils peuvent en obtenir – en l’occurrence d’Israël – dans une lutte pour l’indépendance qui dure depuis des siècles. Néanmoins, on peut également comprendre que l’ingérence israélienne effraie sérieusement les autres États touchés.

Le président George W. Bush en combinaison de vol après avoir atterri sur l’USS Abraham Lincoln pour donner son discours « mission accomplie » sur la guerre en Irak le 1er mai 2003

Laissant de côté la question israélienne pour un moment, la question qui devrait guider la politique est la suivante : l’Irak peut-il être rétabli en tant qu’État viable? Posant la question de manière plus informelle, en 2003, un président américain plutôt stupide – travaillant sous l’influence de sionistes, de néo-conservateurs idiots et des nationalistes irakiens apportant de faux témoignages – a fait tomber le crâne d’œuf irakien de son mur précaire. Est-ce que l’Irak peut être restauré à nouveau ? La réponse est, eh bien, peut-être – mais il semble y avoir seulement deux façons de le faire. L’une est une guerre quasi-génocidaire menée par les puissances régionales contre les Kurdes. Alternativement, l’Irak pourrait être ressuscité si les Kurdes sont disposés à se contenter d’une demi-mesure sous la forme d’une partie autonome d’un état confédéré.

En ce moment, le futur est incertain. On a l’impression que les Turcs et les Irakiens (dont les forces ont attaqué la ville kurde de Kirkouk le 16 octobre) sont tout disposés à tenter de résoudre le problème par une guerre prolongée. Ce serait une grosse erreur. Cela conduirait à un Irak qui pourrait être techniquement réuni mais en vérité serait encore plus faible qu’il ne l’est actuellement, et pas vraiment indépendant du tout.

Sa région nord serait probablement sous le contrôle de facto de la Turquie et de l’Iran, et le reste du pays continuerait d’être dans un gâchis décentralisé expérimentant une guerre civile sectaire sans fin. D’un autre côté, un règlement pacifique de la question kurde pourrait conduire à la stabilisation du reste de l’Irak en tant qu’État confédéré. En outre, dans le cadre d’un Irak confédéré, l’autonomie du Kurdistan peut empêcher une politique étrangère indépendante, minimisant ainsi l’influence israélienne.

En dépit du vote récent des Kurdes pour l’indépendance, leurs chefs doivent savoir que cela ne peut être réalisé que s’ils peuvent gagner une guerre prolongée contre la Turquie, l’Iran et l’Irak. Israël n’est pas en position géographique pour les aider efficacement. Donc les Kurdes ne peuvent probablement pas supporter un tel combat. Cela les laisse avec seulement un choix rationnel.

Les Kurdes sont maintenant plus proches d’un statut d’indépendance qu’ils ne l’ont jamais été depuis les jours ratés de la Première Guerre mondiale. Leur meilleure stratégie est de tirer le meilleur parti (sinon le plus grand) de ce statut au sein d’un Irak confédéré et de mettre fin à leur interaction avec Israël. Cela doit être mieux qu’une guerre quasi-génocidaire dont ils seraient les victimes. Cependant – et c’est la question habituelle dans de telles situations – les émotions de tous les côtés vont-elles permettre à la raison de s’imposer ?

Lawrence Davidson est professeur d’histoire à l’Université West Chester en Pennsylvanie.

Source : Lawrence Davidson, Consortium News, 17-10-2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

samedi 4 novembre 2017

Balfour, cent ans après : la réalité qui continue de couvrir Israël de honte

Peter Oborne a été élu meilleur journaliste indépendant de l’année 2016 à l’occasion des Online Media Awards. Il a également été élu Chroniqueur britannique de l’année en 2013. Il a démissionné de son poste de chroniqueur politique du quotidien The Daily Telegraph en 2015. Il a publié de nombreux livres dont Le triomphe de la classe politique anglaiseThe Rise of Political Lying et Why the West is Wrong about Nuclear Iran.

ARG ISRAEL APARTHEID

Photo1 prise en octobre 2017 : la route du haut est réservée aux véhicules israéliens, le tunnel aux Palestiniens (MEE)/Photo2: répression à Hébron.

Un siècle après la Déclaration Balfour, le traitement réservé aux Palestiniens n’est pas seulement physiquement dégradant pour eux. Il est également moralement dégradant pour les Israéliens.

Par Peter Oborne | 29 Octobre 2017

CISJORDANIE OCCUPÉE  Il y a exactement cent ans aujourd’hui, le ministre britannique des Affaires étrangères Arthur Balfour écrivait sa célèbre lettre [#] à Walter Rothschild, dans laquelle il promettait l’aide de la Grande-Bretagne pour créer un « foyer national pour le peuple juif » en Palestine.

L’actuelle Première ministre, Theresa May, soutient que la Déclaration Balfour a été « l’une des lettres les plus importantes de l’histoire ». Elle a entraîné en à peine trois décennies la création de l’État d’Israël. Il n’est donc pas étonnant que Benyamin Netanyahou se soit envolé pour Londres afin de célébrer l’anniversaire de cette lettre.

Il est compréhensible que les dirigeants palestiniens n’aient pas été conviés. En fait, ils n’ont même pas été consultés.

Cette décision est injuste. La Déclaration Balfour n’a pas seulement promis d’offrir une patrie aux juifs. Elle a également promis que « rien ne serait fait qui puisse porter atteinte aux droits civiques et religieux des communautés non juives existantes en Palestine ».

Cette promesse a-t-elle été tenue ?

Je me suis rendu en Israël et en Cisjordanie pour le découvrir. Le traitement réservé aux Palestiniens dont j’ai été témoin n’est pas seulement physiquement dégradant pour eux. Il est également moralement dégradant pour les Israéliens.

Hébron : une ville fermée pour les Palestiniens

Je suis d’abord allé dans la ville cisjordanienne d’Hébron, à environ une heure de route au sud de Jérusalem. Lorsque j’ai tapé « Hébron » sur Waze (l’équivalent local de Google Maps), un message d’avertissement est apparu : « Cette destination est une zone à haut risque ou interdite par la loi aux Israéliens. »

Les colons israéliens y occupent cependant un secteur résidentiel situé au-dessus du marché historique, où ils sont protégés par l’armée israélienne.

Ces soldats – au moins un par colon, dirais-je –, restent les bras croisés pendant que les colons harcèlent, persécutent et agressent la population locale.

Des Palestiniens ont affirmé que rien que ce matin-là, un colon masqué avait attaqué deux enfants âgés de 10 et 11 ans dans les rues. On m’a dit que les soldats n’avaient pas tenté d’intervenir.

Ces incidents sont courants, ont expliqué les habitants. En octobre 2015, Dania Ersheid, une étudiante originaire d’Hébron, a été abattue à un poste de contrôle. Elle avait 17 ans.

Selon Breaking the Silence – une ONG qui publie des témoignages de vétérans de l’armée israélienne ayant servi en Palestine occupée –, les liens personnels étroits entre les colons et l’armée, outre le fait qu’en tant que citoyens israéliens, les colons sont légalement responsables non pas devant l’armée mais devant la police, signifient que les soldats ne font souvent rien pour protéger les Palestiniens de la violence des colons.

L’armée israélienne a créé une ville fantôme dans certaines parties de la vieille ville d’Hébron. En juillet, le Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO a accordé à ces zones le statut de site classé, suscitant l’ire d’Israël.

Les marchés historiques sont en grande partie fermés pour des « raisons de sécurité ». Plus de 1 000 maisons ont été condamnées et plus de 1 300 magasins ont été fermés.

J’ai traversé cette zone de désolation. Des slogans tels que « Hevron Yehudit » – « Hébron est juive » – ont été gribouillés sur les murs. L’étoile de David a été taguée sur les portes de nombreuses boutiques. Les noms de rues palestiniens ont été hébraïsés.

J’ai rejoint la mosquée al-Ibrahimi, connue des juifs sous le nom de tombeau des Patriarches, car Abraham, Isaac, Sarah, Jacob et Léa y seraient enterrés.

C’est l’un des sites religieux les plus importants au monde. Il souligne ce que les juifs, les musulmans et les chrétiens ont en commun. Nous vénérons tous (je suis chrétien) le Dieu d’Abraham.

Si les magnifiques enseignements de ces trois grandes religions ont un sens, alors nous devrions tous nous réunir sur ce site.

Mais à l’extérieur, dans la rue, il y a une ligne invisible que les Palestiniens ne peuvent franchir. Une femme palestinienne s’est aventurée trop loin. Un soldat lui a demandé : « Êtes-vous musulmane ? »

Inégaux dans la mort comme dans la vie

À l’intérieur, le site est divisé, comme c’est souvent le cas en Israël et en Palestine occupée. Un tiers est réservé aux musulmans et deux tiers sont réservés aux juifs.

La séparation a été effectuée après 1994, date à laquelle Baruch Goldstein, un colon israélien ayant émigré depuis les États-Unis, est entré avec une mitrailleuse et a abattu de sang-froid 29 fidèles musulmans. D’autres ont été tués à l’extérieur de l’hôpital par l’armée israélienne au cours de protestations.

Non loin de là se trouve un petit musée. Je suis entré. Il était vide et sans visiteurs. J’ai demandé s’il y avait quelqu’un.

Une dame est sortie d’une arrière-salle et m’a fait visiter les lieux. La première salle était consacrée à la présence juive historique à Hébron. La deuxième se concentrait sur le massacre de juifs perpétré par des Arabes en 1929, dans le cadre de tensions à plus grande échelle sur l’accès au Mur des Lamentations à Jérusalem. Elle contenait des photographies d’époque horrifiantes et saisissantes et des témoignages de cette atrocité, au cours de laquelle 69 juifs furent tués.

Ce musée m’a aidé à comprendre la certitude morale et religieuse absolue des colons selon laquelle Hébron leur appartient. Pour eux, les usurpateurs sont les Arabes et non les juifs.

En partant, j’ai confié à ma guide à quel point j’avais été ému par le témoignage de l’atrocité de 1929. Puis je lui ai demandé pourquoi son musée ne rendait pas également compte du massacre d’Arabes commis par Goldstein en 1994.

Elle a répondu que cela n’était pas comparable puisque le massacre de juifs en 1929 était un acte systématique, alors que Goldstein était un individu dérangé qui avait agi de son propre chef.

Je me suis ensuite rendu dans la colonie voisine de Kiryat Arba, où Baruch Goldstein est enterré. Un garde m’a fait signe de la tête lorsque j’ai passé la porte d’entrée.

Les autorités israéliennes ont détruit un sanctuaire et un site de prière qui avaient été construits en hommage à Goldstein, après l’adoption par la Knesset d’une loi interdisant les monuments dédiés aux terroristes. La tombe et la plaque comportant la gravure sont cependant restées.

J’ai trouvé la tombe derrière une rangée de boutiques dans un parc public. Une partie de l’inscription en hébreu indiquait : « Au saint Baruch Goldstein, qui donna sa vie pour le peuple juif, la Torah et la nation d’Israël. » Près de la tombe, un récipient en verre contenait deux bougies et des allumettes éteintes. Des personnes endeuillées avaient également posé individuellement de nombreuses petites pierres, comme le veut la tradition de deuil juive.

Je suis retourné vers les magasins et j’ai essayé de discuter avec des colons. La plupart travaillaient dans l’armée ou la police. Ils ont poliment refusé de répondre à mes questions.

J’ai trouvé une femme qui a affirmé avoir connu Goldstein. « C’était mon médecin, m’a-t-elle expliqué. C’était un homme merveilleux. C’était une personne incroyable qui prenait soin des Arabes comme des juifs. »

Elle a expliqué qu’elle avait quitté les États-Unis pour Kiryat Arba pendant son enfance et qu’elle était « contre la violence des deux côtés ». Quant à Goldstein, selon elle, « il y a quelque chose qui l’a poussé. Il y avait beaucoup de violence des deux côtés à l’époque. »

La femme a néanmoins insisté sur le fait que la tombe de Goldstein à Kiryat Arba n’avait rien de « symbolique ». Il a été enterré dans la colonie parce qu’il ne pouvait pas être enterré dans la ville voisine d’Hébron, a-t-elle expliqué.

Il n’est pas difficile d’imaginer comment les Israéliens réagiraient si un Palestinien qui aurait abattu de sang-froid 29 juifs se voyait accorder un lieu de repos si important dans une ville ou un village de Cisjordanie.

Gardez à l’esprit que de nombreux Palestiniens tués au cours d’attaques contre des Israéliens sont enterrés dans des cimetières secrets, avec des tombes sans nom (mais numérotées). Cela signifie que les familles des défunts ne peuvent pas leur rendre visite.

Mais Goldstein, terroriste religieux et meurtrier de masse, repose en paix et sous les honneurs dans la colonie israélienne où il a vécu. Ce n’est là qu’un exemple du système double qui règne en Cisjordanie occupée par Israël.

Les Palestiniens sont soumis au droit militaire. Les colons sont des citoyens israéliens qui bénéficient de toutes les protections du droit civil.

Des écoles, des habitations et des espoirs détruits

Lorsque j’ai visité Israël il y a dix ans avec le lobby des Conservative Friends of Israel, mes guides ont dépeint les colons comme des hommes et des femmes sauvages qui agissent indépendamment du gouvernement dans leur quête de réaliser une vision religieuse spéciale.

Je dois reconnaître qu’avant mon voyage de la semaine dernière, je n’avais absolument pas saisi à quel point les colons étaient devenus une partie intégrante de l’appareil fondamental de l’État israélien.

Les investissements en matière d’infrastructures, de routes, de services et de sécurité en faveur des colons sont colossaux. En parallèle, les infrastructures de base et la sécurité rudimentaire sont refusées aux Palestiniens ou, comme le définit la Déclaration Balfour, aux « communautés non juives existantes en Palestine ».

En Cisjordanie, ces « communautés non juives » sont vulnérables aux arrestations et aux détentions arbitraires. Leurs maisons sont démolies sans avertissement préalable. Ils vivent une vie kafkaïenne, à la merci des caprices d’autorités inaccessibles et largement hostiles, ne bénéficiant d’aucun des droits liés à la citoyenneté.

Les check-points rendent même les petits trajets laborieux, imprévisibles et souvent impossibles. Les Palestiniens consacrent leur vie à s’accrocher à leur terre pendant que les colons essayent désespérément de la leur prendre.

Nous avons rencontré Abdul Rahim Bisharat, un chef bédouin qui vit à al-Hadidiya, un campement isolé à flanc de colline surplombant la vallée du Jourdain.

Âgé de 67 ans, Bisharat m’a raconté que l’armée israélienne avait confisqué son bétail, abattu ses animaux depuis des jeeps et même des hélicoptères et rasé sa maison à plusieurs reprises avec des bulldozers. À une époque, ils ont attaqué ses tentes 32 fois en seulement 16 jours, a-t-il indiqué.

La fille de Bisharat, Somood, âgée de 10 ans, nous a servi du thé. Son prénom signifie « ténacité » en arabe : elle est née pendant que des bulldozers israéliens démolissaient le camp.

L’éducation de Somood est problématique. Son père m’a raconté qu’il avait construit une école mais que celle-ci avait été détruite par l’armée israélienne. Il a essayé de construire un jardin d’enfants, qui a également été détruit.

En désespoir de cause, les Bédouins ont décidé d’envoyer leurs enfants dans une école située à plusieurs kilomètres de là. Pour cela, il fallait rénover le sentier reliant le camp à la route principale. Mais lorsqu’ils l’ont fait, les Israéliens ont démoli leur travail.

Les Israéliens semblent vouloir détruire le mode de vie bédouin. Cela implique de les chasser de leurs terres, de détruire leurs maisons et leur bétail, mais aussi de leur refuser l’accès à l’eau.

Traditionnellement, le Jourdain a été leur principale source d’eau, mais les Bédouins n’ont pas le droit d’y accéder dans la mesure où le fleuve est une zone militaire.

Les Bédouins puisent leur eau dans des ruisseaux. Toutefois, les Israéliens creusent des puits artésiens profonds pour accéder aux eaux souterraines, ce qui fait que les ruisseaux se sont en grande partie asséchés. Désormais, ils doivent acheter leur eau aux Israéliens qui la leur ont prise.

Le cheikh a expliqué qu’au début de l’occupation de la Cisjordanie, en 1967, son camp comptait environ 300 familles, soit 2 000 personnes. Aujourd’hui, il ne reste plus que 16 familles, ce qui équivaut à une centaine de personnes à peine.

« Certains ont vendu leurs moutons et sont partis travailler dans les colonies, m’a-t-il expliqué. Les autres sont sans emploi. Nous sommes tout le temps chassés et expulsés d’une zone ou d’une autre. »

Comment le gouvernement britannique fait encore écho à Balfour

Les Israéliens veulent déplacer les Bédouins vers ce qui est fréquemment désigné comme des townships et mettre fin à leur mode de vie nomade historique.

Il y a ici un profond paradoxe. Les Israéliens imposent leur propre système juridique arbitraire en Cisjordanie, alors que l’occupation israélienne est elle-même illégale en vertu du droit international.

Les Britanniques traitaient à l’époque les Palestiniens comme un non-peuple et continuent aujourd’hui de les traiter comme un non-peuple

Certes, les juifs ont obtenu la patrie nationale promise il y a un siècle par les Britanniques. Je partage entièrement l’opinion britannique répandue selon laquelle aucun autre peuple n’a autant souffert que les juifs sous le joug de divers persécuteurs tout au long de leur histoire extraordinaire.

C’est pourquoi j’ai toujours soutenu l’existence d’un État israélien.

Toutefois, l’exclusion des Palestiniens des célébrations par Theresa May reflète avec une précision étonnante l’exclusion des Palestiniens de la déclaration Balfour il y a cent ans.

Les Britanniques traitaient à l’époque les Palestiniens comme un non-peuple et continuent aujourd’hui de les traiter comme un non-peuple. À mes yeux, cette négligence méprisante est peut-être encore plus dommageable pour les Israéliens que pour les Palestiniens eux-mêmes, dans la mesure où il s’agit d’une trahison particulièrement flagrante de la vision idéaliste et humaniste qui a abouti à la naissance d’Israël.

Peter Oborne | 29 Octobre 2017 | MEE

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vendredi 3 novembre 2017

Déclaration Balfour, la violence du texte

La lecture occasionnelle du Figaro permet parfois de dénicher quelques perles ! Je cite : “La Déclaration Balfour est l’un des documents diplomatiques les plus importants de l’histoire du Moyen-Orient au XXe siècle : la promesse d’un foyer national juif en Palestine ; le sionisme politique obtient une garantie juridique internationale” (Véronique Laroche-Signorile, 31/10). Voilà qui est fort, très fort même. Faire passer la Déclaration Balfour pour une “garantie juridique internationale” relève carrément de l’exploit conceptuel.

HIST BALFOUR 2

Signée le 2 novembre 1917, cette déclaration était une lettre du ministre des affaires étrangères britannique, Lord Balfour, au dirigeant sioniste Lord Rothschild. Que dit-elle ? “Le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif, et emploiera tous ses efforts pour faciliter la réalisation de cet objectif, étant clairement entendu que rien ne sera fait qui puisse porter atteinte ni aux droits civils et religieux des collectivités non juives existant en Palestine, ni aux droits et au statut politique dont jouissent les Juifs dans tout autre pays.”

Pour Londres, ce texte poursuivait un double objectif. La Première Guerre mondiale battait son plein, et il s’agissait de rallier à l’Entente l’opinion juive mondiale. En déposant ce présent aux pieds du mouvement sioniste, on comptait obtenir le soutien enthousiaste des juifs américains. Mais ce n’est pas tout. Parrainé par l’Empire britannique, le foyer national juif devait en devenir le bastion avancé au cœur du Moyen-Orient. La Déclaration Balfour, en réalité, est un acte unilatéral qui relève de la politique impériale britannique.

C’est pourquoi ce texte n’offrait aucune “garantie juridique internationale” à qui que ce soit. Mal nommer les choses interdit de les comprendre, et en fait ce fut exactement l’inverse. Nouant l’alliance entre l’Empire et un mouvement nationaliste européen pétri d’ambition coloniale, la lettre de Balfour est précisément la négation de toute garantie légale internationale. Elle acte la dépossession des propriétaires légitimes d’une terre qui est offerte à la prédation sioniste en violation du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. La Déclaration Balfour, c’est le viol colonial de la Palestine arabe, et rien d’autre.

Comme le dit l’écrivain sioniste Arthur Koestler, “une nation a offert à une autre nation le territoire d’une troisième”. Le foyer national juif s’est épanoui grâce à cette forfaiture, la violence de la conquête sioniste se trouvant sanctifiée au nom d’une “œuvre civilisatrice” dont l’occupant britannique (1922-1947) osa se prévaloir sans vergogne. Ce qui est au cœur de la Déclaration Balfour, c’est le colonialisme européen dans son affligeante banalité. Elle distingue en effet deux populations qui ne sont pas logées à la même enseigne. La première se voit reconnaître des droits politiques, tandis que la seconde (90% des habitants) est balayée d’un trait de plume. La première est un sujet, la seconde un simple objet.

Certes on reconnaît aux “collectivités non juives” des “droits civils et religieux”. Mais cette reconnaissance se fait en creux, par défaut. Pour les définir, on emploie la négation. Ce sont des “populations non juives”, et non des populations arabes. Le texte les prive de toute existence positive, il les traite comme des surnuméraires qu’on exclut du bénéfice de l’autodétermination. Car les “droit civils et religieux” ne sont pas des “droits politiques”, mais des droits relatifs au statut personnel et à l’exercice du culte. Que les Arabes conservent leurs coutumes, du moment qu’ils n’entravent pas la marche du peuple juif vers la souveraineté !

Contre les Palestiniens, la Déclaration Balfour a exercé une violence symbolique de longue portée. Elle scella l’alliance entre un mouvement nationaliste qui voulait “une Palestine aussi juive que l’Angleterre est anglaise” (Haïm Weizmann) et un Empire hégémonique qui entendait le rester. L’Empire a fondu, mais le sionisme s’est imposé par la force. En les privant de droits politiques, Balfour a transformé les autochtones en résidents de seconde zone, il en a fait des étrangers dans leur propre pays. La violence du texte colonial n’a cessé d’exercer ses méfaits depuis un siècle, culminant en une tentative d’oblitération que seule la résistance du peuple palestinien a pu mettre en échec.

Par Bruno Guigue | 01/11/2017

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jeudi 2 novembre 2017

Banksy célèbre les 100 ans de la déclaration Balfour à Bethléem : des Palestiniens s’invitent

Le street artist Banksy a célébré à sa manière le centenaire de la très controversée déclaration Balfour, en organisant une «cérémonie d’excuses». Des activistes palestiniens s'y sont invités.

ACT BALFOUR PALESTINIENS

Le street artist Bansky a organisé le 1er novembre 2017 un événement pour marquer le centenaire de la déclaration Balfour, une lettre britannique controversée qui avait ouvert la voie à la création d’Israël. Il a convoqué une cinquantaine d’enfants palestiniens et des comédiens autour d’une table face à son hôtel artistique Walled-Off. Cet établissement a été ouvert par Banksy en mars 2017, près de Bethléem, à 500 mètres du checkpoint pour aller à Jérusalem, toutes les chambres ayant une vue sur le mur de séparation empiétant sur le territoire cisjordanien. Des activistes palestiniens se sont invités à la fête, et ont planté un drapeau palestinien dans le gâteau en signe de protestation.

Une anti-fête teintée d'humour anglais 

Banksy, qui n’a pas assisté à la cérémonie, avait soigné les détails. Les enfants ont joyeusement pris le thé, coiffés de casques frappés du drapeau britannique, face à une pièce montée aux couleurs de la Grande-Bretagne, sous les ballons, fanions et confettis. Puis une actrice déguisée en Elizabeth II a surgi pour dévoiler un pan du mur, sur lequel était gravé «Er…Sorry» Er, pour «Elizabeth Regina», mais qui signifie aussi «Euh…pardon».

Un comédien est apparu, des feuilles à la main : «J’ai un message de Banksy pour vous», a-t-il expliqué. «Nous avons organisé cet événement pour marquer le centenaire de l’écriture d’une lettre par un homme. Le 2 novembre 1917, en Angleterre un homme politique a fait une déclaration de soutien à la création de l'Etat d'Israël. Mais il n’était pas très soucieux des gens qui vivaient déjà ici. Il a été le point de départ d’un siècle de conflits et de confusion en 126 mots seulement», a-t-il déclaré à l’assistance

«Ce conflit a causé tant de souffrances de tous les côtés. Je ne pensais pas qu'il était approprié de "célébrer" le rôle britannique dans ce conflit», avait déclaré l’artiste dans un communiqué. «Les Britanniques n'ont pas bien géré les choses ici. Quand vous organisez un mariage, il est préférable de s'assurer que la mariée n'est pas déjà mariée», avait-il conclu.

Des activistes du camp de réfugié d’Aida se sont invités à l’événement artistique pour protester contre sa tenue. «Nous sommes venus car nous n’aimons pas l’utilisation des drapeaux anglais ni la manière dont ils se sont servis des enfants palestiniens» a déclaré Munther Amira, qui a planté un drapeau palestinien dans le gâteau, selon le journal britannique The Guardian. Peut-être n’avait-il pas saisi ou apprécié l’ironie de l’événement, mais les images montrent ensuite activistes et enfants festoyer ensemble.

https://francais.rt.com/international/44768-affiches-sur-question-palestinienne-bannies-transports

La déclaration Balfour : une lettre qui fait débat

La déclaration de Balfour, signée par le ministre des Affaires étrangères Arthur Balfour en 1917 et adressée à Lord Walter Rothschild (l'un des représentants du judaïsme britannique), donnait l'approbation officielle du Royaume-Uni aux objectifs du mouvement sioniste, à savoir l'établissement d'un «foyer juif» en Palestine, encore sous administration ottomane à l'époque. Mais la lettre comportait aussi un passage en forme de promesse : «Rien ne doit être fait qui puisse porter préjudice aux droits des communautés non juives existant en Palestine.» Or, cette déclaration a ouvert la voie à l'expulsion d'autochtones arabes de leurs terres. Selon le Guardian, Roderick Balfour, un descendant de Lord Balfour a déclaré que l’absence de création d’Etat palestinien aurait déplu à son célèbre ancêtre.

La Grande-Bretagne assurera le 2 novembre 2017 les célébrations du centenaire prévues en grande pompe, le point d’orgue étant un dîner auquel Theresa May a convié son homologue Benjamin Netanyahou. En Israël, une session spéciale au Parlement viendra célébrer la création de ce document fondateur. 

De leur côté, les Palestiniens, par l’entremise d’associations et du président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas ont demandé des excuses au gouvernement, qui a refusé de le faire en avril 2017. Des manifestations doivent être organisées en Angleterre pour le respect des droits des Palestiniens et la reconnaissance du préjudice entraîné par la promesse non-respectée des Britanniques, ainsi bien entendu qu'en Palestine.

https://francais.rt.com/international/45236-banksy-celebre-100-ans-declaration-balfour-palestiniens

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2 novembre 1917: La Déclaration Balfour

Le 2 novembre 1917, en pleine guerre mondiale, le ministre britannique des Affaires étrangères, Lord Balfour, publie une lettre où il indique que son gouvernement est disposé à créer en Palestine un « foyer national juif ».

HIST BALFOUR 2

Cette lettre ouverte n'a pour les Anglais d'autre intérêt que de rassurer les juifs américains, plus portés à soutenir les Puissances centrales qu'une alliance où figure la Russie au passé lourdement antisémite. Mais elle va légitimer trente ans plus tard la création de l'État d'Israël.

Adressée au baron de Rothschild, la lettre a été en fait rédigée en étroite concertation avec ce dernier, qui préside l'antenne anglaise du mouvement sioniste, promoteur de l'installation des juifs en Palestine.

Les juifs dans la Grande Guerre

Au début de la Grande Guerre, les juifs combattent loyalement dans les armées de leur pays respectif. Toutefois, ceux qui vivent aux États-Unis, pays neutre, ne cachent pas leur sympathie pour les puissances centrales, l'Allemagne et l'Autriche, plus tolérantes que la Russie et même la France à l'égard du judaïsme !

À mesure que l'Europe s'enfonce dans la guerre, chaque camp tente de rallier un maximum de soutiens, au prix parfois de tractations secrètes que la morale réprouve. Il en va ainsi du traité secret de Londres avec l'Italie.

En 1916, les Français et les Anglais concluent les accords secrets Sykes-Picot, du nom de leurs signataires, en vue de se partager les futures dépouilles de l'empire turc, allié des puissances centrales, notamment la Syrie, la Palestine et l'Irak. Dans le même temps, les Britanniques n'ont pas de scrupule à promettre au chérif Hussein qui gouverne La Mecque tous les territoires arabes sous occupation turque.... y compris Palestine et Syrie. Le colonel T.E. Lawrence, animé par son amour de l'Orient arabe, fait son possible pour mettre en oeuvre cette promesse. Il y gagne le surnom de « Lawrence d'Arabie ».

Le summum de l'hypocrisie est atteint avec la déclaration Balfour destinée à rallier les communautés juives en leur promettant de façon vague, non pas un État mais un « foyer national juif » en Palestine.

Six semaines plus tard, le 9 décembre 1917, le général britannique Robert Allenby entre à Jérusalem sans coup férir. Son armée, venue d'Égypte, compte trois bataillons juifs. C'en est donc fini de onze siècles de domination musulmane sur la Ville sainte, arabe puis turque (mis à part l'intermède croisé).

Les malentendus de la paix

Avec la fin de la Grande Guerre, les Alliés ont, comme prévu, le plus grand mal à concilier leurs promesses aux uns et aux autres. La Société des Nations (SDN), à peine née, reconnaît la déclaration Balfour. Elle fait de la création d'un « foyer national juif » en Palestine l'un des principaux objectifs du mandat confié aux Britanniques.

Fayçal, fils du défunt chérif de La Mecque et compagnon d'armes de T.E. Lawrence, ne voit pas d'inconvénient à une cohabitation des Palestiniens avec les colons juifs. Il signe dans ce sens un accord avec le représentant des sionistes, Chaïm Weizmann, le 3 janvier 1919 à Akaba. Mais il exige en parallèle que soit reconnue sa souveraineté sur le monde arabe.

Fayçal, comme tous les nationalistes arabes, rêve de reconstituer un empire arabe dont la capitale serait Damas ou à tout le moins d'une « Grande Syrie ». Il réunirait le Proche-Orient, de la Méditerranée à l'Euphrate. Ce rêve se volatilise lorsque la France chasse Fayçal de Damas et met la main sur la Syrie et le Mont Liban, conformément aux accords Sykes-Picot. Fayçal doit se contenter du trône d'Irak, sous la tutelle britannique.

Dans l'ancienne province ottomane de Palestine germe alors l'idée d'une nation palestinienne.

Les Arabes commencent à s'en prendre aux implantations juives mais ils ne pourront empêcher la fondation de l'État d'Israël le 14 mai 1948. Le conflit entre l'état hébreu et ses voisins arabes ne semble pas près de cesser 80 ans après.

https://www.herodote.net/2_novembre_1917-evenement-19171102.php

 

Commentaires critiques:

JEAN LOUIS (02-11-201015:56:20)

Ce texte affirme des choses inexactes et n’en fait pas ressortir d’autres essentielles.
Il est faux que « cette lettre ouverte n’a ... d’autre intérêt que de rassurer les juifs américains ».
La déclaration fut l’aboutissement d’un long processus autour du sionisme tel qu’initié par Herzl, et longuement développé par Chaïm Weizmann en Angleterre. Les juifs américains ne furent pas partie prenante dans cette politique. Ils furent consultés en fin de parcours et de manière marginale.
Les britanniques disposèrent de territoires qui, stricto sensu, ne leur appartenaient pas. En outre comme le relèvent quelques historiens, rien ne disait en 1916 et en 1917, que les puissances centrales allaient perdre la guerre.
Ajoutons que l’opposition des populations arabes locales fut immédiate. Quand monsieur Churchill, alors secrétaire d’état aux colonies en 1921, fit un voyage au MO, il fut reçu à coup de fusil dès son arrivée au Caire.
Ajoutons aussi que cette création fut jugée sans intérêt par la plus grande partie de la diaspora installée en Angleterre, beaucoup à des postes brillants de la grande bourgeoisie, et britanniques avant tout.
Essayons de faire de l’histoire de 1917, en se positionnant dans la situation de l’époque et non avec des lunettes de 2010, et tout ce que nous savons de 90 ans de conflits.
Simple recherche bibliographique : seul ouvrage en français, La Déclaration Balfour de Jean-Pierre ALEM, editions complexe ; les autres en anglais


 

BASE 14 995X225Même quand on choisit une version pas trop "complotiste" sur cet épisode historique, le débat fait rage, comme on le voit sur n'importe quel site, tant des décennies de guerre et de haine ont installé des crispations définitives de part et d'autre. La récente décision britannique de "célébrer" l'anniversaire de la Déclaration Balfour à Londres, en compagnie de Netanyahou, ne peut qu'ajouter à la polémique, même si plus grand monde ne croit à une "solution de paix" dans cette région. Une telle démonstration d'un colonialisme triomphant en pleine tragédie palestinienne ne peut qu'accentuer les haines, si c'est encore possible, et renforcer le ressentiment arabe face à un Occident arrogant, "sûr de lui et dominateur", comme aurait dit le Général, sur fond de guerre au Moyen- Orient de surcroît, où la Grande Bretagne a joué un rôle important au côté des Etats- Unis. On s'indignera après, officiellement, de la multiplication  d'attentats "terroristes"...

P.G.

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