vendredi 13 octobre 2017

Les Etats-Unis et Israël quittent l’Unesco, accusée d’être « anti-israélienne »

Washington avait prévenu, début juillet, de son intention de réexaminer ses liens avec l’Unesco après sa décision d’inscrire la vieille ville de Hébron au patrimoine mondial.

918353a_PAR01_UNESCO-ELECTION-USA_1012_11Les Etats-Unis ont annoncé, jeudi 12 octobre, leur retrait de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), accusant l’institution d’être « anti-israélienne ».

Quelques heures après, Israël a également décidé de se retirer de l’Unesco, en raison du parti pris anti-israélien, selon lui, de l’organisation onusienne devenue un « théâtre de l’absurde ». Peu après l’annonce du retrait américain, l’Etat hébreu avait salué le début d’une « nouvelle ère aux Nations unies : celle où quand on pratique la discrimination contre Israël, il faut en payer le prix ».

Washington conservera toutefois un statut d’observateur en lieu et place de leur représentation à l’agence onusienne sise à Paris, a précisé le département d’Etat américain. Le retrait ne sera effectif qu’à compter du 31 décembre 2018, conformément aux statuts de l’Unesco, a-t-il ajouté :

« Cette décision n’a pas été prise à la légère, et reflète les inquiétudes des Etats-Unis concernant l’accumulation des arriérés à l’Unesco, la nécessité d’une réforme en profondeur de l’organisation, et ses partis pris anti-israéliens persistants. »

Arrêt du financement américain en 2011

Washington avait prévenu, début juillet, de son intention de réexaminer ses liens avec l’Unesco après sa décision de déclarer la vieille ville de Hébron, en Cisjordanie occupée, « zone protégée » du patrimoine mondial. Cette décision, qualifiée d’« affront à l’histoire », « discrédite encore plus une agence onusienne déjà hautement discutable », avait alors déclaré l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley.

Les Etats-Unis, grand allié d’Israël, avaient déjà pris leurs distances avec l’Unesco. Ils avaient ainsi arrêté de participer à son financement en 2011 après que l’agence a admis la Palestine parmi ses Etats membres. Mais ils continuaient depuis à siéger au conseil exécutif de l’Unesco, composé de 58 membres.

Selon le département d’Etat, un statut d’observateur permettrait de continuer d’apporter la « vision » et « l’expertise » américaines « sur certains dossiers importants gérés par l’organisation », notamment « la protection du patrimoine mondial, la défense de la liberté de la presse » et la promotion des sciences et de l’éducation.

Regrets « profonds » de l’Unesco

La directrice générale de l’organisation, Irina Bokova, a réagi dans un communiqué, regrettant « profondément » la décision américaine, et se disant « convaincue » que ses missions répondent « aux préoccupations du peuple américain » :

« L’universalité est essentielle à la mission de l’Unesco pour construire la paix et la sécurité internationales face à la haine et à la violence, par la défense des droits de l’homme et de la dignité humaine. »

Une position partagée par la France, canditate à la tête de l’Unesco, qui « regrette » ce retrait américain « dans une période où le soutien de la communauté internationale à cette organisation est primordial » et estime que cette décision donne « une signification nouvelle » à sa candidature.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/international/article/2017/10/12/les-etats-unis-se-retirent-de-l-unesco_5199987_3210.html#O5oceBumYwkvHqSw.99

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Dans l'indifférence générale, le Qatar s'apprête à prendre la tête de l'Unesco !!

" Le Qatar à la tête de l'UNESCO ? Mais non je rêve!

ARG QATARJe l’ai cité en juin 2015 dans mon article «Mediapart, la qatarie ?», non pas parce qu’il aurait une quelconque ressemblance physique avec Edwy Plenel, mais parce que c’était lui — en plus d’être ministre de la culture et des arts — qui était au commande du conseil consultatif de la revue «Doha magazine». Celle qui avait traduit en arabe et distribué gratuitement, en plusieurs milliers d’exemplaires, le plaidoyer «Pour les musulmans» du directeur de Mediapart. Son nom est Hamad Bin Abdulaziz al-Kawari. Depuis 2016, il est conseiller de l’émir du Qatar et très proche du régime des mollahs iraniens. Le monde entier risque de l’avoir à la tête du temple international de la culture à Paris : l’UNESCO (l’Organisation des Nations Unies pour l’Éducation, la Science et la Culture).

Depuis lundi, se tient à Paris l’élection (à 5 tours au maximum) du nouveau directeur de cette instance onusienne très importante. 58 pays membres de son conseil exécutif y participent. Le premier tour, qui s’est déroulé ce lundi à bulletin secret, a donné le candidat du Qatar en tête du scrutin, avec 19 voix, suivi de l’ex-ministre française de la culture Audrey Azoulay, 13 voix, puis la candidate égyptienne, 11 voix, puis la candidate libanaise, 9 voix et enfin le candidat chinois, avec 5 voix. Pour que le Qatar puisse prendre les commandes internationales de la culture, il lui faut 30 voix. 19 sont déjà acquises. Au deuxième tour, le candidat qatari a gagné une voix de plus!
La campagne électorale semble être très rude dans les coulisses. Elle se passe aussi sur les réseaux sociaux et dans les colonnes de la presse arabe et internationale. La couverture médiatique française de cette élection à enjeux reste modeste. «Qui sera le prochain directeur ? Poker menteur à l’UNESCO», titre L’Obs. «Élections à la tête de l’UNESCO sur fonds de querelles diplomatiques», titre France 24. «UNESCO : l’ex-ministre Azoulay coiffée au poteau par un qatari ?», titre Le Point. «L’UNESCO est-elle à vendre ?», peut-on lire aussi dans le Huffpost. Sur Twitter, plusieurs Hashtag pullulent comme celui-ci : #Save_Unesco_from_Terrorism
La candidature du Qatar ne passe pas. Par-ci, on rappelle l’implication certaine du Qatar dans le financement du terrorisme islamiste. Celui-là même qui a déstabilisé bien des régions et causé la destruction de nombreux sites culturels et monuments historiques, patrimoine de l’Humanité, en Irak, en Syrie et au Sahel. Une implication que reprochent de nombreux pays arabes à l’émirat, à tel point qu’ils ont décidé de lui infliger, depuis quelques mois, des pressions diplomatiques et des sanctions économiques pour qu’il se détache de l’islamisme et surtout des Frères Musulmans. Par-là, on rappelle la puissance financière de la diplomatie du carnet de chèques utilisée à outrance par le Qatar. On craint que la machine à billet ne tourne à plein régime comme lors de l’attribution de la Coupe du Monde 2022 au Qatar. Le nom du nouveau directeur (ou de la nouvelle directrice) sera connu dans les jours à venir. Un nom qui sera validé (ou pas) par l’ensemble des 195 membres de l’ONU. D’ici là, alors que le slogan français de l’UNESCO est «Construire la paix dans l’esprit des hommes et des femmes», avec une direction qatarie, on peut se demander légitimement ce qu'il resterait de ce slogan.
Si le Qatar est aux commandes de l’UNESCO, ce sont les Frères Musulmans et les Ayatollahs iraniens qui inspireront la politique culturelle, scientifique et artistique de ce temple universel ! "
Mohamed Lazraoui
http://corto74.blogspot.fr/
Et pour ceux qui ont un peu de courage, je vous invite à visiter le site de l'organisation ISESCO, Organisation islamique pour l’Education, les Sciences et la Culture ICI ou LA , c'est quasiment inconnu, visiblement implanté partout, avec de gros moyens. La quasi totalité des Etats musulmans du monde - y compris les frères ennemis Iran / Irak ainsi que ceux appliquant la charia - ont adhéré à cette organisation dont le but est la diffusion et l'implantation de l'Islam par le biais de la culture , de l'éducation et de la science dans la Oumma et dans le monde ... Une sorte d'Unesco bis à la sauce muzz.

A voir aussi, sur les relations entre la France et le Qatar, sur notre site national:

FA QATAR CONF

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jeudi 12 octobre 2017

Contre les sanctions internationales, la bataille de l’information

Pour Pierre Lévy du mensuel Ruptures, la banalisation des sanctions, armes de guerre dans les relations internationales, marque une régression vers les temps barbares de l’humanité et rend impérieuse l’existence d’une information à contre-courant.

ARG ONU INFOSS’il fallait récompenser le pire, il conviendrait d’inventer un nouveau Prix Nobel : celui des auteurs de sanctions internationales. Hélas, les lauréats potentiels ne manquent pas. Il ne se passe guère de mois sans qu’un pays ne soit «puni», ou que sa stigmatisation soit prolongée.

Ainsi, d’ici la fin de l’année, l’Union européenne devrait reconduire les mesures prises contre la Russie. Celles-ci furent initialement décidées en 2014, et sont renouvelées tous les six mois depuis lors. Mais ce n’est qu’un exemple. La mise en œuvre de sanctions s’est banalisée dans l’ordre mondial actuel. On peut même considérer que celles-ci en sont devenues une caractéristique structurelle majeure.

Les initiateurs de sanctions (diplomatiques, économiques, financières, commerciales, militaires…) se placent souvent sous couvert des Nations unies. La charte de celles-ci, en son chapitre VII, prévoit la possibilité d’actions coercitives (y compris armées, du reste) «en cas de menace contre la paix, de rupture de la paix et d’acte d’agression». En réalité, c’est peu de dire que l’interprétation de cette condition est de plus en plus extensive, pour ne pas dire fantaisiste.

En outre, diverses institutions, telles l’OTAN ou l’UE, ne rechignent pas à décréter leurs propres sanctions de manière discrétionnaire, que leurs Etats membres sont tenus de suivre.Pour ne prendre que le seul exemple de la France, celle-ci applique des restrictions contre près d’une trentaine de pays.

Les sanctions sont bien entendu dissymétriques, c’est-à-dire toujours exercées des forts sur les faibles. Elles sont souvent criminelles dans leurs conséquences ; toujours hypocrites dans leur justification ; et totalement illégitimes dans leur principe. Et ce, quelle que soient leurs formes, l’opinion qu’on a des régimes ciblés, ou les prétextes mis en avant.

Ajoutons qu’elles sont parfois inefficaces au regard des objectifs proclamés, et peuvent même s’avérer contre-productives en renforçant, sur le long terme, les pays visés. Mais sur ce point, on laissera leurs auteurs se débrouiller avec les effets boomerang qu’ils pourraient bien causer.

Dissymétriques ? Cela tombe sous le sens : personne n’imagine le Zimbabwe sanctionner les Etats-Unis, ni la Pridniestrovie (Transnistrie) mettre sous embargo l’Union européenne.

Criminelles ? Dans bien des cas, le mot n’est pas trop fort. Pour prendre le cas tout récent du garrot encore resserré sur la République démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), chaque litre de pétrole non livré à ce pays peut entraîner des dégâts mortels en matière d’alimentation et de santé. Et qui ne se souvient des sanctions infligées – sous couvert de l’ONU ! – à l’Irak ? On estime qu’elles causèrent la mort d’un demi-million d’enfants ; mais, au-delà de ce chiffre effroyable, qui évaluera les conséquences à moyen et long terme sur ce pays martyrisé ?

Hypocrites ? Fréquemment mises en œuvre au nom du «bien» proclamé (les droits de l’Homme, l’humanitaire, les «valeurs»…), elles constituent en réalité une arme de guerre, mais qui n’ose pas dire son nom. Ainsi, après l’échec retentissant de l’action militaire américaine contre Cuba (1961, débarquement de la Baie des cochons), Washington imposait, à peine quelques mois plus tard, un sévère embargo contre l’île rebelle – qui, pour une part, dure toujours.

Enfin – et surtout – les sanctions sont illégitimes dans leur essence même. Car elles constituent une pression visant à influer de l’extérieur sur la politique d’un pays, en foulant aux pieds le principe de souveraineté. Ce dernier donne à chaque peuple – et à lui seul – la légitimité pour décider de son avenir, de sa politique, de ses dirigeants.

La souveraineté nationale est comme le bannissement de la torture : dès lors qu’on accepte – toujours pour une «bonne» raison – de faire une exception, alors la porte est ouverte au pire.

Certes, la mise en œuvre de sanctions est aussi vieille que l’histoire de l’humanité : punitions collectives, vengeances tribales, menaces et diktats impériaux jalonnent les conflits depuis l’Antiquité.

Mais précisément, à travers un cheminement douloureux et jamais rectiligne, des règles émergeaient de nature à limiter progressivement la barbarie et la loi de la jungle. Les rapports internationaux incluaient petit à petit des principes acceptés par les uns et les autres. Les contradictions et conflits n’en étaient certes pas abolis, mais une conception plus civilisée des rapports internationaux ouvrait la voie à la coexistence, voire à la coopération, entre pays indépendamment de leur régime, de leur puissance et de leur taille.

A cet égard, le préambule de la Charte des Nations unies, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, posait l’un d’entre eux, fondamental : la non-ingérence dans les affaires intérieures des Etats, c’est-à-dire, concrètement, la non-ingérence des plus puissants chez les plus modestes. Certes, il s’agissait d’une ligne d’horizon plus que d’un objectif réaliste à court terme. Mais il était fondateur.

Dans le monde post-guerre froide, la banalisation des sanctions représente une régression potentielle vers les temps barbares de l’humanité : on trouve à nouveau normal d’infliger des punitions collectives. Même si ces dernières ne menacent pas toutes ouvertement la vie de milliers de gens, cela ne change rien au principe : qu’un pays de la zone euro puisse se voir infliger une sanction en cas d’indiscipline budgétaire (et qu’on se soit habitué à cette épée de Damoclès) en dit long sur le retour en arrière civilisationnel.

Face à cela, la souveraineté nationale est d’abord la réponse à l’aspiration des peuples (au sens politique du terme) à décider eux-mêmes de leur avenir. Mais c’est aussi la pierre angulaire d’un ordre international plus stable et pacifique. Car dès lors que la menace, la force, le chantage (qui fonde toute sanction) prennent le pas sur la liberté des Etats et le respect de leur indépendance, c’est la loi de la jungle et le chaos mondial qui guettent. 

Cette loi de la jungle, c’est l’essence même de la mondialisation : pour le plus grand profit des multinationales et des oligarchies hors sol, et au détriment toujours plus brutal des peuples, et plus particulièrement, en leur sein, des salariés qui sont les véritables créateurs de richesses.

Cependant, régression, domination, sanctions et guerres – tout cela n’est pas inévitable. Face aux puissances qui disposent de ces armes mondialisées, la bataille de l’information peut être décisive, en rétablissant la vérité, en donnant du grain à moudre à l’esprit critique, en rappelant les enjeux.

Pour cela, on ne saurait évidemment s’en remettre aux médias dominants. Mais sans doute pas non plus aux projets de médias alternatifs, surtout s’ils se proposent d’être «humanistes», «antiracistes», «féministes», «écologistes»… et qu’ils omettent de faire allusion aux enjeux internationaux (cette lacune, incroyable mais significative, apparaît par exemple dans le «Manifeste pour la naissance d’un nouveau média citoyen» rédigé par un collectif de personnalités).

Face aux sanctions, aux guerres ouvertes ou insidieuses, à la soumission des peuples, la bataille de l’information et des idées ne fait que commencer.

Pierre Lévy

https://francais.rt.com/opinions/44412-contre-sanctions-internationales-bataille-information

mardi 26 septembre 2017

Afrique du Sud : la France a joué un rôle central pour armer le régime de l'apartheid

Selon les travaux de l'ONG sud-africaine Open Secrets, la France a fourni des armes au régime raciste sud-africain pendant des décennies, en violation d'un embargo international.

ARG MANDELA PARISJuin 1990. La France est le premier pays occidental à recevoir Nelson Mandela, libéré de prison. Tout un symbole : le pays de naissance de la Déclaration des droits de l'Homme accueille le président du Congrès national africain (ANC) et héros de la lutte contre l'apartheid, comme un chef d'Etat.

Pourtant, la France est loin d'être exemplaire. Bien au contraire, depuis les années 1970, elle est l'une des pièces maîtresses d'un réseau international qui fournit des armes au pouvoir ségrégationniste blanc en Afrique du Sud, en violation de l'embargo international instauré en 1963 par les Nations unies.

Un bureau clandestin à Paris

C'est ce que révèle le chercheur sud-africain Hennie van Vuuren, directeur de l'ONG sud-africaine Open Secrets, dans son livre Apartheid, guns and money. Cette enquête de 600 pages menée sur la base de plus de 2 millions de documents d'archives et de nombreuses interviews dévoile l'un des volets les plus secrets de l'apartheid. 

C'est à Paris que Pretoria crée un bureau clandestin, au sein de son ambassade construite en 1974 qui sert de point de passage pour acheter des armes dans toute l'Europe occidentale. Une trentaine d'agents sud-africains y travaillent au service de l'organisme public sud-africain en charge des programmes d'armement, Armscor

Les autorités françaises sont au courant. Elles participent activement au système. Bien avant, la France avait déja posé les bases d'une relation avec le régime de l'apartheid pour lui vendre des armes. En visite en France en 1969, le ministre de la Défense sud-africain de l'époque est invité par l'entreprise française Thomson-CSF pour tester des missiles... et déguster du vin. Ce ministre n'est autre que Pieter Willem Botha, futur Premier ministre sud-africain sous l'apartheid de 1978 à 1984.

Entre le régime raciste et la France, une véritable alliance se noue, par le biais des services de renseignements, d'industriels et d'hommes politiques, dans le plus grand secret. Pour contourner l'embargo, la France propose à Pretoria de faire transiter les armes par le Zaïre, future République démocratique du Congo.

Autre exemple de la "bonne volonté" française, en 1987, Paris offre des prototypes de missiles Mistral dernier cri, dans l'espoir qu'ils soient testés par les Sud-Africains, en guerre en Angola.

En 1988, en plein coeur de Paris, la militante de l'ANC Dulcie September est exécutée de cinq balles dans la tête près des locaux de son parti. Un crime non élucidé. En fait, elle enquêtait sur le trafic d'armes illégal entre le régime de l'apartheid et la France.

Blanchiment d'argent à grande échelle

Le système mis en place par Prétoria pour contourner l'embargo international et obtenir des armes implique beaucoup d'autres acteurs, dont les 5 membres du Conseil de sécurité de l'ONU.

Selon Open Secrets, l'entreprise publique sud-africaine Armscor disposera de 844 comptes bancaires dans 196 banques d'au moins 27 pays, dont la Suisse et la Belgique qui jouent les premiers rôles au sein d'un des plus vastes schémas de blanchiment d'argent jamais élaborés.

http://information.tv5monde.com/afrique/afrique-du-sud-la-france-joue-un-role-central-pour-armer-le-regime-de-l-apartheid-191629

Interview. La France et l’apartheid : “une boîte noire que je voulais ouvrir”

Dans un article saisissant (traduit par Courrier international) le directeur d’Open Secrets, Hennie van Vuuren, apporte de nouvelles révélations sur les liens troubles entre la France et le régime de l’apartheid. Auteur du livre Apartheid, Guns and Money (Jacana Media, mai 2017), ce chercheur sud-africain nous a raconté les coulisses de son enquête.

Grâce à des archives inédites, Hennie van Vuuren raconte comment, installés à Paris, des agents du régime de l’apartheid (pouvoir ségrégationniste de la minorité blanche en Afrique du Sud, 1948-1991) ont pu acheter illégalement des armes avec l’aide des services français. La compagnie Thomson-CSF (devenue Thales) a été l’un des principaux bénéficiaires.

Courrier international : Qu’est-ce qu’Open Secrets ?

Hennie van Vuuren : C’est une organisation à but non lucratif, indépendante, basée en Afrique du Sud, qui a été créée en 2012. Elle travaille sur les crimes économiques du secteur privé qui ont un impact sur les droits de l’homme. Nous nous appuyons sur le droit pour faire en sorte que les auteurs de ces crimes rendent des comptes.

Pourquoi avoir travaillé sur le régime de l’apartheid ?

Je voulais savoir comment la jeune démocratie sud-africaine a pu se retrouver aussi vite engluée dans des affaires de corruption. Le scandale de l’“Arms Deal” en est une parfaite illustration [plusieurs hommes d’affaires et politiciens, dont l’actuel président Jacob Zuma, sont accusés d’avoir touché des pots-de-vin, notamment émanant d’une filiale de la compagnie française Thales, lors de la signature en 1999 du plus gros contrat d’armement depuis la chute de l’apartheid, d’un montant d’1,9 milliard d’euros].

Qu’avez-vous découvert ?

En réalité, les connexions entre les hommes d’affaires, les banques, les services de renseignement des pays impliqués et les compagnies d’armement sont anciennes. Elles ont été mises en place sous l’apartheid, notamment pour violer l’embargo sur les armes. Et ces réseaux, qui constituent “l’État profond” sud-africain, ont continué à fonctionner après l’arrivée de la démocratie.

C’est cette boîte noire que je voulais ouvrir et explorer. Son contenu montre que l’intérêt démocratique est largement entravé par le souci de tous ces acteurs, y compris des dirigeants de la “nouvelle Afrique du Sud”, de vouloir se faire de l’argent à tout prix.

Comment avez-vous eu accès à ces archives ?

Nous avons collecté pendant trois à quatre ans 40 000 pages d’archives en provenance de sept pays*, que nous avons sélectionnées à partir d’une base de 1,5 million de documents. Certaines archives étaient déjà disponibles, mais personne n’était encore jamais allé les lire. Pour les autres, nous avons fait des demandes de déclassification. Dans plusieurs pays occidentaux, comme la France, nous n’avons rien obtenu.

Ensuite, il a fallu assembler toutes les pièces disponibles du puzzle pour faire des découvertes. Car vous pouvez tomber sur un document intéressant, mais si vous n’en avez pas un deuxième qui vous donne le contexte, vous ne pouvez pas exploiter le premier.

Existe-il encore d’autres archives à exploiter ?

Juste avant l’arrivée de la démocratie en 1994, le gouvernement a détruit près de 44 tonnes d’archives pour faire disparaître des informations compromettantes. Mais il était impossible pour le régime de tout effacer, donc il reste des quantités de documents sur lesquels travailler.

Vos révélations ont-elles provoqué des réactions ?

Non, aucune. Ni du gouvernement démocratique sud-africain, ni des entreprises d’armement ou encore des banques pointées du doigt. Nous sommes profondément déçus. Il y a pourtant un fort intérêt du public. Mon livre Apartheid, Guns and Money, qui rassemble toutes ces informations, est dans les meilleures ventes en Afrique du Sud.

Mais nous allons poursuivre notre travail et bientôt porter plainte dans plusieurs pays européens, y compris en France, principalement contre des banques qui ont tiré profit de l’argent de l’apartheid.

Craignez-vous de nouveaux scandales en Afrique du Sud ?

Oui. Un seul exemple : depuis plusieurs années, le gouvernement sud-africain parle d’acheter des centrales nucléaires. En raison des liens personnels entre le président Jacob Zuma et Vladimir Poutine, les Russes semblent bien placés. Mais sur les rangs, il y a aussi les Chinois, les Américains, ainsi que la France avec Areva.

Nous avons appris de l’affaire de l’“Arms Deal” que ce type de méga-contrat, d’un coût de près de 1 000 milliards de rands [63 milliards d’euros] est plus propice à la corruption qu’à la transparence. Nous incitons les autorités sud-africaines à faire les choses dans les règles, et les gouvernements des pays vendeurs à s’assurer que leurs entreprises ne font rien d’illégal pour décrocher le contrat.

Avez-vous pu élucider l’assassinat en 1998 à Paris de la militante anti-apartheid Dulcie September ?

Nous n’avons pas le nom de l’assassin mais nous avons désormais une meilleure compréhension du contexte. Les services secrets du régime de l’apartheid et ceux de la France avaient des relations très étroites. Dulcie September, alors représentante de l’ANC[Congrès national africain, mouvement emblématique de la lutte anti-apartheid] en France, était en train d’enquêter sur ces liens.

Et si elle était tombée sur quelque chose de très préjudiciable pour les intérêts des uns et des autres, elle serait clairement devenue une cible. En France, parmi les sources potentiellement intéressantes, quasiment personne n’a accepté de me parler, même de façon anonyme.
* Afrique du Sud, Allemagne, Belgique, États-Unis, Royaume-Uni, Pays-Bas, Suisse

Propos recueillis par Sébastien Hervieu
http://www.courrierinternational.com/article/interview-la-france-et-lapartheid-une-boite-noire-que-je-voulais-ouvrir

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vendredi 22 septembre 2017

Laissez tomber la Syrie, M. Macron, vous êtes “out”

Devant l’assemblée générale de l’ONU, vous avez traité M. Bachar Al-Assad de “criminel” et déclaré qu’il devrait rendre des comptes à la “justice internationale”. Infligeant un démenti à ceux qui s’obstinaient à voir un tournant dans votre politique, vous avez proféré cette accusation gravissime à l’encontre du chef d’Etat légitime d’un Etat-membre de l’ONU.

ARG MACRON SYRIEQuelle juridiction, M. Macron, vous a-t-elle habilité à lancer des mandats d’arrestation à l’encontre de dirigeants étrangers qui, soit dit en passant, pourraient vous en apprendre un bout ? De quel droit un chef d’Etat européen, représentant l’ancienne puissance coloniale en Syrie (1918-1946), se permet-il de décerner des certificats de bonne ou de mauvaise conduite à ses homologues du Proche-Orient ?

Cette ingérence est d’autant plus consternante que vous persévérez, comme vos prédécesseurs, dans la complaisance à l’égard de ces pétromonarchies auxquelles vous vendez des armes qui leur servent à massacrer le courageux peuple yéménite. Vous dénoncez les crimes que vous imputez au président syrien, mais vous détournez les yeux devant ceux des coupeurs de têtes, ces chouchous fortunés de l’Occident. Les 10 000 morts du Yémen, les 500 000 enfants souffrant de malnutrition, l’effroyable épidémie de choléra provoqués par les bombardements saoudiens ne vous troublent pas, ne vous arrachent aucun remords, et vous voudriez qu’on prenne au sérieux votre indignation à propos de la Syrie ?

Que le drame syrien ait fait des milliers de victimes innocentes, que ce bain de sang n’ait que trop duré et qu’il faille trouver une solution politique une fois éliminé le conglomérat terroriste, tout le monde le sait. Pendant que vous parlez, les Russes, les Iraniens et les Turcs réunis à Astana y travaillent. Mais lorsque vous imputez des crimes à M. Assad, de quoi parlez-vous au juste ? Dès le printemps 2011, les manifestations contre le gouvernement ont été polluées par des insurgés ouvrant le feu sur la police. La “Mission des observateurs arabes en Syrie” s’est rendue sur place du 24 décembre 2011 au 18 janvier 2012 à la demande de la Ligue arabe. Malgré les pressions saoudiennes, son rapport dénonce les violences exercées par les deux camps. En Syrie, il n’y a ni bons ni méchants, M. Macron. Le mythe d’une “révolution pacifique” a fait long feu, et il serait temps de rompre avec cette version romanesque.

Préméditée par les sponsors de l’opposition, cette guerre résulta d’une tentative de subversion de l’Etat syrien. Le régime baasiste avait ses défauts, mais la Syrie était un pays désendetté, productif, où coexistaient populations et confessions d’origines diverses. Les manifestations les plus imposantes, en 2011, furent en faveur du gouvernement et des réformes. Imputer la responsabilité de la guerre à un gouvernement confronté à une insurrection armée soutenue par l’étranger, c’est tordre le cou à la réalité. C’est retenir certains faits parce qu’ils servent la narration qu’on veut défendre. Cessez, M. Macron, de faire le tri parmi les faits comme vous le faites parmi les victimes ! Cruelle comme toutes les guerres, celle-ci a connu son lot d’exactions. Mais qui en porte la responsabilité, sinon ceux qui voulaient prendre Damas pour y instaurer la charia wahhabite avec l’aide des USA, de la France, de la Grande-Bretagne et des rois du pétrole ?

Même dans les bilans publiés par l’OSDH, organisme proche de l’opposition, 40% des victimes – dès l’été 2011 – appartenaient aux forces de sécurité, 40% aux groupes armés et 20% aux civils pris au piège d’un affrontement généralisé. Si une guerre pouvait épargner les civils, cela se saurait, et la guerre que la France soutient au Yémen ne le fait guère, pas plus que les bombardements occidentaux sur Mossoul ou Raqqa. Mais accuser l’armée syrienne de commettre délibérément des crimes contre sa propre population est une insulte au bon sens. Cette armée est une armée de conscrits qui défend le territoire national contre des hordes de fanatiques. Pendant que vous pérorez à l’ONU, M. Macron, les “soldats de M. Assad” franchissent l’Euphrate pour régler son compte à Daech.

Bien sûr, en guise de carte maîtresse dans ce jeu d’illusionnistes, il vous reste encore le “false-flag” chimique pour faire tourner les rotatives de la manipulation. Exploitant ce roman-feuilleton made in CIA, vous avez même prétendu fixer une “ligne rouge” ! Qu’une expertise du prestigieux MIT ait démontré que l’attaque du 21 août 2013 ne pouvait venir que de la zone rebelle vous importe peu. Que les mêmes experts américains aient dénoncé la vacuité du dossier accusant Damas à propos de Khan Cheikhoun (avril 2017) ne vous ébranle pas davantage. Pas plus que vous n’avez lu la remarquable enquête publiée par le meilleur journaliste américain, Seymour Hersch, qui met en pièces la version d’une attaque chimique de l’armée syrienne.

Méfiez-vous, M. Macron, parce que cette farce chimique, véritable mantra de la propagande occidentale, finit par donner la nausée. Elle détrône au palmarès du mensonge d’Etat le précédent de Colin Powell brandissant sa fiole au Conseil de sécurité de l’ONU. Chaque jour qui passe, elle perd son pouvoir d’ensorcellement. Ceux qui y croient encore sont ceux qui veulent y croire, ou qui pensent que les gouvernements occidentaux ne mentent jamais. Mais la majorité du peuple syrien n’y croit pas, et c’est l’essentiel. Lorsqu’une zone est libérée par l’armée, les réfugiés s’y réinstallent, la vie reprend, l’espoir renaît. Faire des moulinets avec vos petits bras à la tribune de l’ONU n’y changera rien, et ce bavardage inutile se perd déjà dans le brouhaha médiatique. Votre “groupe de contact”, M. Macron, est un gadget mort-né dont on ne parlera plus dans huit jours.

Car qui écoute encore la présidence française, au juste ? Cette présidence – peu importe le titulaire – qui dès 2011 a diabolisé le gouvernement syrien, qui a porté aux nues les traîtres à leur pays déguisés en opposants, qui a cautionné la violence de l’opposition armée, qui a encouragé les départs de terroristes vers la Syrie, qui a fermé le Lycée français de Damas, qui a refusé la coopération sécuritaire avec les services syriens, qui a livré des armes aux groupes extrémistes, qui a refusé de combattre Daech quand Daech combattait Damas, qui a appelé au meurtre d’un chef d’Etat légitime, qui a infligé au peuple syrien un embargo sur les médicaments, cette présidence qui a bafoué le droit international et renoué avec le pire des néo-colonialismes, en effet, qui l’écoute encore ? En choisissant de s’immiscer dans les affaires des autres, la France s’est mise hors jeu. Laissez tomber, M. Macron, vous êtes “out”.

Bruno Guigue | 20 SEPTEMBRE 2017

Source: BRUNO GUIGUE

http://arretsurinfo.ch/laissez-tomber-la-syrie-m-macron-vous-etes-out/

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jeudi 21 septembre 2017

Trump envoie des bombardiers et des chasseurs en Corée du Nord

Des bombardiers B-1B et des chasseurs F-35 américains ont effectué lundi des exercices de bombardement au-dessus de la péninsule coréenne, a fait savoir le ministère sud-coréen de la Défense.

cover-r4x3w1000-59bf68fe250c7-170425-f-wz808-901Des bombardiers B-1B et des chasseurs F-35 américains ont effectué lundi des exercices de bombardement au-dessus de la péninsule coréenne, a fait savoir le ministère sud-coréen de la Défense. Les bombardiers avaient décollé de l'île américaine de Guam dans le Pacifique et les chasseurs venaient du Japon. Ont pris part aussi à ces exercices six chasseurs sud-coréens, a précisé un fonctionnaire du ministère de la Défense à Séoul.

Dimanche, l'administration de Trump a martelé qu'elle profiterait de l'Assemblée générale des Nations unies pour exiger la pleine application des sanctions internationales votées contre la Corée du Nord, menaçant celle-ci de "  destruction  " si elle continuait de provoquer Washington et ses alliés. "  L'enjeu crucial va être de faire appliquer les sanctions par tous les pays afin qu'ils fassent tout ce qui est en leur pouvoir pour résoudre ce problème, sans aller jusqu'au conflit militaire  ", a déclaré dimanche matin le général H. R. McMaster, conseiller à la sécurité nationale du président Donald Trump, sur la chaîne ABC.

Par "  tous les pays  ", les Américains désignent principalement la Chine et la Russie, deux pays liés économiquement à l'État reclus et avec qui ils partagent une frontière. "  Toutes les options sont sur la table  ", a aussi prévenu le général, une formule diplomatique utilisée pour qualifier l'action militaire.

(Avec Reuters)

https://www.challenges.fr/monde/asie-pacifique/trump-envoie-des-bombardiers-et-des-chasseurs-en-coree-du-nord_500217?xtor=RSS-32&utm_content=buffer7318a&utm_medium=social&utm_source=facebook.com&utm_campaign=buffer


Commentaire d'un internaute:
Apocalypse now...

Trump va-t-il nous rejouer la guerre du Viet Nam ?

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mercredi 20 septembre 2017

Et si le «multilatéralisme» de Macron n'était qu'une version édulcorée de la ligne Trump ?

Nul doute que le discours d'Emmanuel Macron à l'Assemblée générale de l'ONU semble être l'antithèse de celui tenu par Donald Trump un peu plus d'une heure plus tôt. Pourtant, à bien y regarder, les divergences sont avant tout dans les apparences.

59c1647e09fac296168b4567S'exprimant peu de temps l'un après l'autre, Donald Trump et Emmanuel Macron ont chacun livré leur premier discours à l'Assemblée générale des Nations unies ce 19 septembre. Très attendues, les allocutions respectives des deux chefs d'Etat ont frappé par leurs dissonances.

Multipliant les références aux menaces futures et invoquant volontiers la force de l'armée américaine, Donald Trump a souhaité donner à son discours des accents quasi bellicistes. A l'inverse, évoquant à de multiples reprises des témoignages d'individus confrontés à l'exil, aux catastrophes naturelles ou à la guerre, Emmanuel Macron a misé sur la compassion et l'émotion.

Mais c'est surtout leurs visions respectives des relations internationales qui pourraient sembler, de prime abord, en opposition frontale. Tandis que Donald Trump a clairement donné le ton, réaffirmant la volonté claire des Etats-Unis de se défendre coûte que coûte, Emmanuel Macron a appelé au dialogue et à la négociation, allant jusqu'à citer la Chine et la Russie comme partenaires. Le président français a d'ailleurs répété à l'envi le mot «multilatéralisme», semblant vouloir poser les jalons d'une doctrine contrastant avec ce qui, dans les propos du président américain, a pu ressembler à une défense de l'unilatéralisme. Mais derrière les apparences et les discours, le clivage est-il aussi net et la vision des deux hommes si différente ?

Le «multilatéralisme» de Macron : un concept creux ?

C'est le mot que le président français a souhaité que les commentateurs retiennent. Avec des accents rappelant parfois Barack Obama, susceptibles de plaire à une frange anti-Trump de l'opinion américaine, Emmanuel Macron a martelé sa volonté de «dialoguer avec tous et toutes». S’appuyant sur l'exemple de 1945, convoqué à de nombreuses reprises au cours de son allocution pour évoquer les succès d'un monde capable de surmonter les déchirures de la guerre, il a posé un objectif clair : «Notre défi contemporain, celui de notre génération est de savoir refonder le multilatéralisme.»

D'emblée, la référence historique semble pourtant porteuse d'une certaine contradiction. En effet, l'après-guerre n'est pas la période de notre histoire pendant laquelle le multilatéralisme semble avoir le plus fait florès. Marquée par la constitution de deux blocs ennemis et d'une diplomatie pour le moins parcourue de tensions, elle fait bien plutôt figure d'ère de divisions et d'escalade verbale tant que militaire. Contresens dans la bouche d'Emmanuel Macron, la référence aurait en revanche parfaitement pu seoir à Donald Trump, qui a évoqué «les Etats voyous» et «les Etats vertueux», dans une véritable réactualisation de l'«axe du mal» cher à George W. Bush.

Au-delà des mots, l'ode au multilatéralisme d'Emmanuel Macron pose des questions concrètes. N'y a-t-il pas, en effet, une contradiction à vanter un monde multipolaire tout en regrettant que les Etats aient «trop souvent laissé entendre des dissonances» ? A quoi sert un concert de voix si tous doivent chanter en chœur ? «Nous avons besoin d'un Conseil de sécurité qui puisse prendre des décisions efficaces et ne pas rester enfermé dans le droit de veto quand des crimes de masse sont organisés», a même été jusqu'à affirmer le président français – de quoi rappeler... les propos tenus quelques minutes plus tôt par Donald Trump, qui annonçait vouloir «réformer l'ONU» pour la rendre «plus efficace et plus performante».

Opposés sur la forme, unis sur le fond ?

Loin de représenter une doctrine pacifiste, le multilatéralisme d'Emmanuel Macron «n'exclut pas le recours à guerre», a précisé celui-ci lors d'une conférence de presse tenue après son discours. Réciproquement, la vision des relations internationales défendue par Donald Trump, admettant de manière franche l'éventualité d'un conflit armé, n'était pas exempte d'égards et de prise en compte du dialogue diplomatique. «En Arabie saoudite, j'ai eu le grand honneur de m'adresser à plus de 50 chefs d'Etat de pays arabes ou musulmans», a par exemple souligné le président américain, soucieux de battre en brèche l'idée selon laquelle les Etats-Unis seraient isolés et en froid avec le monde musulman.

Un éloge du dialogue international n'excluant toutefois pas la possibilité d'une guerre est-il foncièrement moins belliciste qu'un discours admettant clairement la possibilité d'un conflit armé tout en appelant à la coopération? Certaines ressemblances entre la ligne d'Emmanuel Macron et celle de Donald Trump accroissent encore davantage le doute. Ainsi, alors que la Chine et la Russie appellent à un «double gel» des tensions dans la crise nord-coréenne, les présidents américains et français estiment à l'unisson que Pyongyang est responsable de l'escalade récente – «la Corée est à la poursuite effrénée de l'arme nucléaire» dans le lexique de Donald Trump, «Pyongyang a franchi un seuil majeur» dans celui d'Emmanuel Macron. Au sujet du Venezuela, difficile également de saisir la nuance entre la partition jouée par le chef d'Etat français et le chef d'Etat américain, si ce n'est que le premier parle de «tendances dictatoriales» quand l'autre parle de «dictature socialiste».

Demeurent bien sûr les différends, au premier chef desquels l'accord sur le climat, fustigé par Donald Trump mais au sujet duquel Emmanuel Macron a affirmé qu'il «ne reculerai[t] pas»... tout en prenant soin de rappeler qu'il s'assurerait qu'il reste toujours une «porte ouverte» pour les Etats-Unis. Faut-il voir là une volonté de la part du locataire de l'Elysée, sur les rares sujets où Washington et Paris sont en désaccord, de ne pas assumer d'opposition frontale vis-à-vis de son homologue américain ?

Pour trouver un début de réponse à cette question, il est utile de se pencher sur la manière dont Emmanuel Macron a abordé le second point de divergence profonde entre les deux chefs d'Etat : le traité de Vienne de 2015 sur la question du nucléaire iranien. De nombreux médias rapportent que le président français aurait déclaré : «Dénoncer l'accord sur le nucléaire iranien serait une grave erreur.»

A y regarder de plus près, les propos exacts d'Emmanuel Macron sont légèrement plus subtils : «Le dénoncer aujourd'hui, sans rien proposer d'autre, serait une lourde erreur». Y aurait-il, là aussi, une porte ouverte ?

https://francais.rt.com/international/43443-si-multilateralisme-macron-etait-version-edulcoree-ligne-trump

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mardi 12 septembre 2017

Israël – Le dernier ordre militaire est une nouvelle étape vers l’annexion d’Hébron

Le 31 août, le Commandement central militaire israélien a émis une ordonnance donnant un statut officiel au comité municipal d’Hébron qui représente les colons juifs israéliens vivant dans la ville d’Hébron, en Cisjordanie occupée. [1]

ARG HEBRONCette démarche a été annoncée par le ministre israélien de la Défense, Avigdor Liberman, le 29 août lors d’une conférence de presse. [2] L’action, à tout le moins, viole à la fois les Accords d’Oslo et le Protocole d’Hebron de 1997, mais est surtout une violation grave du droit international humanitaire qui équivaudrait à l’annexion de jure d’un territoire occupé.

Le nouvel ordre militaire transfère la responsabilité sur les besoins d’infrastructure des colons, comme l’électricité, les réseaux d’égouts et le pavage routier, de la municipalité palestinienne au conseil colonial local, qui relève de la juridiction du ministère israélien de l’Intérieur. [3] Les problèmes d’infrastructure échappant au contrôle colonial mais affectant les colons continueront de dépendre de la municipalité palestinienne, mais l’ordre militaire établit que si la municipalité palestinienne n’agit pas « dans un délai raisonnable », le conseil local peut intervenir après approbation de l’administration civile israélienne. Ce libellé abstrait concède un pouvoir considérable au conseil local des colons pour agir non seulement sur les colonies, mais aussi sur d’autres infrastructures, y compris dans les zones palestiniennes.[4]

L’octroi du statut officiel au conseil local n’est pas une première en Cisjordanie occupée, mais il place la communauté des colons d’Hébron à égalité avec d’autres colonies de la Cisjordanie qui ont leurs propres conseils municipaux locaux et régionaux et fait du conseil colonial l’égal des conseils en Israël.

L’Accord d’Oslo de 1995 a établi que « la municipalité d’Hébron continuera à fournir tous les services municipaux dans toutes les parties de la ville d’Hébron » [5]. Cette disposition est réaffirmée par l’article 16 du Protocole d’Hébron de 1997, qui réglemente la situation à l’intérieur de la ville. Le Protocole, signé par l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) et Israël, a divisé la ville en deux parties : H1 comprenant environ 80 pour cent de la ville et sous le contrôle total de l’Autorité palestinienne (PA) et H2, soit environ 20 pour cent, sous le contrôle d’Israël. En H2, l’AP a reçu le contrôle des affaires civiles, à l’exception de celles relatives aux colons israéliens et à leurs biens. [6] Par conséquent, le transfert de responsabilité des services municipaux au conseil colonial local est contraire aux Accords d’Oslo et au Protocole d’Hébron.

De plus, il faut souligner l’illégalité de toute colonie en Cisjordanie occupée, y compris la ville d’Hébron, car cela constitue une violation de l’article 49 et une violation grave de la quatrième Convention de Genève. Le transfert de civils par la puissance occupante dans un territoire occupé peut également représenter un crime de guerre. [7]

Le ministre israélien de la Défense, Liberman, l’un des principaux responsables de l’ordre militaire, a déclaré lors de l’annonce de la création du conseil colonial local, qu’il était déterminé à continuer de promouvoir la colonisation [en territoire occupé] afin qu’elle fleurisse et prospère. » [8] Pendant ce temps, le ministre adjoint de la Défense, Eli Dahan, a déclaré que donner un statut municipal à la communauté des colons à Hébron est « une autre étape importante dans la normalisation de la vie des Juifs à Hébron en particulier et dans tout le Judée et Samarie [nom israélien pour la Cisjordanie ], en général. »[9] Ces déclarations illustrent clairement l’intention du gouvernement israélien de soutenir les colonies, des déclarations qui ont été validées par les actions du gouvernement israélien, indépendamment du fait qu’elles violent les interdictions de droit international.

La création de conseils municipaux locaux et régionaux dans les colonies et leur placement sous la juridiction du ministère israélien de l’Intérieur constituent une extension de la souveraineté israélienne sur le territoire occupé. [10] Le droit international établit clairement que le territoire occupé doit être administré par un commandant militaire et que la puissance occupante ne peut en aucun cas étendre sa souveraineté. [11] Dans ce contexte, le changement de souveraineté par une extension illégale constituerait un mouvement vers l’annexion de jure.

Le conseil local d’Hébron répondra à ses électeurs, dans ce cas la communauté des colons. En d’autres termes, le conseil est susceptible d’utiliser les pouvoirs nouvellement acquis pour promouvoir des plans et des projets visant à consolider et à augmenter la présence coloniale dans la ville occupée. Cela entraînera non seulement une augmentation du nombre de colons, mais aussi l’intensification de l’environnement coercitif subi par les résidents palestiniens dans le secteur H2. La présence des colons s’accompagne souvent de violences contre les Palestiniens, d’un accroissement de la présence militaire, de davantage de postes de contrôle et de restrictions de mouvement, de ségrégation et de discrimination. [12] De telles situations constituent un puissant élément déclencheur poussant les Palestiniens hors du secteur. Les politiques israéliennes de transfert forcé, y compris la promotion de la présence coloniale, ont entraîné une forte diminution de la population palestinienne dans la zone H2. Le transfert forcé de Palestiniens est une violation grave de la Quatrième Convention de Genève et constitue un crime de guerre.

Lorsque l’extension de la souveraineté, la création d’institutions permanentes et de faits sur le terrain, les déclarations de fonctionnaires israéliens et le transfert forcé des Palestiniens sont combinés, une situation d’annexion a lieu, l’intention d’annexer le territoire occupé devient évidente. L’interdiction de l’acquisition de territoire par la force, également appelée annexion, est une disposition bien établie et sa violation constitue l’une des violations les plus graves du droit international. [13] Les politiques israéliennes précitées correspondent également au crime de colonisation, ce qui contrevient directement au droit inaliénable du peuple palestinien à l’autodétermination, qui est consacré dans de multiples résolutions de l’ONU. [14]

Cette décision de donner une position municipale officielle au conseil colonial local à Hébron devrait être contrée par une action immédiate au niveau officiel et populaire, visant à inverser la situation dans la zone H2 d’Hébron et plus généralement à dénoncer les politiques israéliennes d’annexion et de colonisation en cours. Ces crimes déclenchent la responsabilité d’États tiers de mettre un terme à ces politiques.

Enfin, la vieille ville d’Hébron, incluse dans la zone H2, a récemment été classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Cette reconnaissance a placé Hébron dans la liste « en danger » de l’UNESCO, qui devrait permettre à la ville historique de jouir d’une mesure de protection supplémentaire. [15] Cette reconnaissance ne doit pas se réduire à un acte purement symbolique, mais plutôt servir de mesure supplémentaire pour obliger Israël à se conformer au droit international.

Cf. l’article original en anglais pour retrouver les liens actifs des notes :
[1] Tovah Lazaroff, “IDF Order Gives Hebron’s Jewish Community Independent Municipal Standing,” Jerusalem Post, 1 September 2017, available at: http://www.jpost.com/Israël-News/IDF-order-gives-Hebrons-Jewish-community-independent-municipal-standing-503979 [accessed 6 September 2017].
[2] Id.
[3] Jacob Magid, “Army gives Hebron settlers new municipal powers,” The Times of Israël, 31 August 2017, available at: https://www.timesofisrael.com/army-gives-hebron-settlers-new-municipal-powers/ [accessed 6 September 2017][hereinafter Magid, “New municipals powers”].
[4] Peace Now, “Updates on Developments in Hebron,” 4 September 2017, available at: http://peacenow.org.il/en/updates-developments-hebron [accessed 6 September 2017].
[5] Israëli-Palestinian Interim Agreement on the West Bank and the Gaza Strip (Oslo II), Annex I: Protocol Concerning Redeployment and Security Arrangements, art. VII, para. 5, 28 September 1995, available at: http://www.mfa.gov.il/MFA/ForeignPolicy/Peace/Guide/Pages/THE%20ISRAELI-PALESTINIAN%20INTERIM%20AGREEMENT%20-%20Annex%20I.aspx#article7 [accessed 6 September 2017].
[6] Protocol Concerning the Redeployment in Hebron, PLO-Isr., Article 10(b), 17 January 1997, available at: http://www.mfa.gov.il/mfa/foreignpolicy/peace/guide/pages/protocol%20concerning%20the%20redeployment%20in%20hebron.aspx [accessed 6 September 2017].
[7] Rome Statute of the International Criminal Court, art. 8, 17 July 1998, A/CONF.183/9, available at: https://www.icc-cpi.int/nr/rdonlyres/ea9aeff7-5752-4f84-be94-0a655eb30e16/0/rome_statute_english.pdf
[8] Magid, « New municipals powers, » supra note 3.
[9] Tovah Lazaroff, “Hebron’s Jewish Community Receives Separate Municipal Standing,” Jerusalem Post, 29 August 2017, available at: http://www.jpost.com/Israël-News/Israël-declares-Hebron-an-official-Jewish-settlement-503705 [accessed 6 September 2017].
[10] Israël Ministry of Foreign Affairs, “Ministry of Interior”,n.d., available at: http://mfa.gov.il/MFA/MFA-Archive/2001/Pages/Ministry%20of%20the%20Interior.aspx
[11] Jean S. Pictet, ed., Commentary on Geneva Convention (IV) Relative to the Protection of Civilian Persons in Time of War (Geneva: International Committee Of The Red Cross, 1958), 273.
[12] BADIL Resource Center for Palestinian Residency and Refugee Rights, Forced Population Transfer: The Case of the Old City of Hebron, Bethlehem: August 2016, 44, available at: http://badil.org/phocadownloadpap/badil-new/publications/research/working-papers/CaseStudyFPT-Hebron(August2016).pdf
[13] UN Security Council, Resolution 478, 20 August 1980, available at: https://unispal.un.org/DPA/DPR/unispal.nsf/0/DDE590C6FF232007852560DF0065FDDB SCR 478 of 1980; Eyal Benvenisti, The International Law of Occupation (Princeton University Press,1993), 5-6.
[14] UN General Assembly [hereinafter UNGA], International Covenant on Civil and Political Rights, 16 December 1966, United Nations, Treaty Series, vol. 999, art.1, available at: http://www.refworld.org/docid/3ae6b3aa0.html [accessed 6 September 2017]; UNGA, International Covenant on Economic, Social and Cultural Rights, 16 December 1966, United Nations, Treaty Series, vol. 999, art.1, available at: http://www.refworld.org/docid/3ae6b36c0.html [accessed 6 September 2017]; UNGA, Importance of the universal realization of the right of peoples to self-determination and of the speedy granting of independence to colonial countries and peoples for the effective guarantee and observance of human rights, 30 November 1973, A/RES/3070, available at: http://www.refworld.org/docid/3b00f1c630.html [accessed 6 September 2017]; UNGA Resolution A/RES/3246, 29 November 1974; UNGA Resolution A/RES/33/24, 29 November 1978; UNGA Resolution A/RES/34/44, 23 November 1979; UNGA Resolution A/RES/35/35, 14 November 1980; and, UNGA Resolution A/RES/36/9, 28 October 1981.
[15] Peter Beaumont, “Unesco makes Hebron old city Palestinian world heritage site,” The Guardian, 7 July 2017, available at: https://www.theguardian.com/world/2017/jul/07/unesco-recognises-hebron-as-palestinian-world-heritage-site [accessed 6 September 2017]. 

Source : Badil

Traduction : ISM

http://arretsurinfo.ch/israel-le-dernier-ordre-militaire-est-une-nouvelle-etape-vers-lannexion-dhebron/

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Désarmement nucléaire ? La Corée du Nord propose à la France de montrer l'exemple

Réagissant aux récentes déclarations de l'exécutif français, appelant à la fermeté contre Pyongyang, un dignitaire nord-coréen a proposé à la France de renoncer à son propre arsenal nucléaire, puisqu'elle n'est pas menacée.

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Alors que les dirigeants français se sont positionnés, à plusieurs reprises, pour la fermeté envers la Corée du Nord, Pyongyang n'est pas resté silencieux.

Réagissant aux propos du chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, qui avait estimé que la Corée du Nord serait en capacité de frapper l'Europe «en quelques mois», Ri Tok-Son, directeur adjoint du département européen du ministère des Affaires étrangères nord-coréen, a opté pour le sarcasme lors d'un entretien accordé à l'AFP.

«Il est ridicule de dire que les armes nucléaires de la Corée du Nord, la force dissuasive contre le chantage et la menace nucléaire américaine, puissent viser l'Europe», a ainsi expliqué le dignitaire nord-coréen, le 8 septembre. Et d'ajouter : «Si les armes nucléaires sont si mauvaises, la France devrait alors d'abord abandonner ses armes nucléaires puisqu'elle n'est sous la menace nucléaire de personne».

Des propos qui semble-t-il n'ont pas obtenu un grand succès auprès de l'exécutif français. Le 9 septembre, l'Elysée a fait savoir qu'Emmanuel Macron s'était entretenu avec le président américain Donald Trump et le Premier ministre japonais Shinzo Abe sur cette question et s'était prononcé en faveur de nouvelles sanctions contre Pyongyang. Assurant au chef du gouvernement japonais le soutien de la France, l'Elysée a qualifié les «provocations» de la Corée du Nord de «menace pour la paix et la sécurité internationale». «La priorité [est] d'accentuer la pression sur Pyongyang par le renforcement des sanctions», a précisé la présidence française. 

Depuis le récent essai nucléaire nord-coréen, présenté par Pyongyang comme un test de bombe H, les Etats-Unis réclament de nouvelles sanctions contre la Corée du Nord. Ils veulent que le Conseil de sécurité des Nations unies vote un texte en ce sens le 11 septembre, malgré l'opposition de Pékin et Moscou – qui appellent au dialogue entre les parties.

https://francais.rt.com/international/42990-responsable-nord-coreen-propose-que-france-renonce-armes-nucleaires

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lundi 11 septembre 2017

Un rapporteur spécial de l’ONU exige d’en finir avec l’ingérence étrangère

Venezuela

Prise de position d’Alfred de Zayas, rapporteur spécial pour la promotion d’un ordre international démocratique et équitable

ARG ONU VENEZUELAAlfred de Zayas, le rapporteur spécial pour la promotion d’un ordre international démocratique et équitable, demande aux Etats de ne pas interférer dans les affaires intérieures du Venezuela et de s’abstenir de prendre des mesures unilatérales contraignantes compliquant les choses et mettant en péril la paix dans la région.
«Par contre, il faut encourager les services consultatifs et l’assistance technique aux pays se trouvant en difficultés, dans un esprit constructif en vue de surmonter les litiges», a déclaré Alfred de Zayas. Et de continuer: «La menace ou l’adoption de sanctions est destructrice pour un ordre mondial démocratique et juste ainsi qu’incompatible avec le devoir des Etats de ne pas s’immiscer dans les affaires intérieures d’autres Etats
Alfred de Zayas a également rendu attentif aux principes fondamentaux du droit international tels qu’ils sont inscrits dans la Charte de l’ONU et dans d’innombrables résolutions des Nations Unies, y compris dans la déclaration de l’Assemblée générale concernant les relations amicales, la Résolution 2625, précisant notamment: «Les Etats doivent conduire leurs relations internationales dans les domaines économique, social, culturel, technique et commercial conformément aux principes de l’égalité souveraine et de la non-intervention
Le document définitif du Sommet mondial de 2005 souligne qu’il tient à relever une fois de plus que «la démocratie, le développement et le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales sont interdépendants et se renforcent mutuellement» et relève en outre que «quand bien même les démocraties ont des caractéristiques communes, il n’existe pas de modèle unique de démocratie». La campagne permanente menée par quelques pays pour déstabiliser un gouvernement démocratiquement élu et délégitimer le processus électoral au Venezuela est en contradiction avec les objectifs du Sommet mondial de promouvoir tant la démocratie que le développement et elle diminue l’effort de la part du peuple vénézuélien de résoudre par lui-même les différends dans un dialogue ouvert entre les parties sans ingérence étrangère. En particulier, la menace ou l’adoption de sanctions contre le Venezuela et contre des personnes spécifiques au Venezuela va à l’encontre du droit international coutumier de la non-ingérence dans les affaires intérieures des Etats, compliquant encore plus les difficultés économiques affectant le pays; beaucoup d’entre elles sont dues aux effets des interventions étrangères.
Le rapporteur spécial revendique la prise de mesures immédiates en faveur d’une meilleure conciliation y compris une enquête sur les décès provoqués pendant la campagne électorale.  Il faut impérativement que l’Etat de droit et les droits de l’homme soient respectés par toutes les parties telles qu’elles sont ancrées dans le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) et dans le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (ICESCR) pour rétablir la paix sociale. En vertu de l’article 21 du PIDCP, le droit de réunion pacifique pour toutes personnes doit être respecté.
En conclusion, le rapporteur spécial invite toutes les parties au Venezuela d’initier un dialogue sincère en vue de la préparation des élections présidentielles de 2018. Le rapporteur dénonce la désinformation par les médias et l’agitation. Toute ingérence étrangère ne fera qu’aggraver la situation et viole le droit des Vénézuéliens de décider librement de leur propre avenir. Les différends entre les parties ne peuvent être résolus que par le dialogue et l’établissement du consensus, tout en respectant entièrement l’Etat de droit, la souveraineté et le droit à l’autodétermination.   

Source: http://www.ohchr.org/EN/Issues/IntOrder/Pages/Articles.aspx, du 4/8/17

(Traduction Horizons et débats)

http://www.zeit-fragen.ch/fr/editions/2017/no-21-6-septembre-2017/un-rapporteur-special-de-lonu-exige-den-finir-avec-lingerence-etrangere.html

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