jeudi 8 mars 2018

Oligarques : La population ne doit pas se tromper d’adversaire

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Un exemple d'intelligence critique et "en même temps" de récupération politique en faveur de médias, syndicats et partis qui, concrètement, de mon point de vue, sont au moins objectivement complices des méfaits oligarchiques qu'ils dénoncent, de par leur refus de rompre avec l'Union européenne, premier vecteur de cet "antisocial" fort justement dénoncé ici. Le titre de l'article me semble donc éminemment trompeur!      P.G.


 

TL GUENOLE

Après La mondialisation malheureuse, le politologue et essayiste français Thomas Guénolé publie Antisocial, livre dans lequel il décrit le processus de destruction systématique du modèle social français au profit de 10 % de la population. Aussi percutant qu’inquiétant, son nouvel ouvrage dresse le bilan des politiques publiques de ces 30 dernières années et interroge : alors que les droits de 90 % des citoyens et des citoyennes reculent et continuent d’être attaqués, verra-t-on à nouveau étudiants, agriculteurs, ouvriers, cheminots, fonctionnaire etc. se tendre la main pour résister ?

L’Antisocial paraît ce 1er Mars 1er aux Editions Plon. Mr Mondialisation a échangé avec l’auteur.

Mr Mondialisation : Après « La Mondialisation malheureuse », vous publiez un nouvel ouvrage, consacré à la régression des droits sociaux en France. Qu’est-ce que l’« Antisocial » ?

Thomas Guénolé : L’Antisocial, c’est le processus politique actuel de destruction du modèle social français. C’est un travail au bulldozer. Les conditions d’indemnisation des chômeurs sont de plus en plus durcies. Les protections des salariés sont de plus en plus affaiblies. La possibilité réelle de manifester est amoindrie par diverses techniques policières. Le droit de grève est remis en cause, notamment en obligeant les fonctionnaires à se dénoncer quand ils comptent faire grève. L’accès aux soins de l’hôpital public pèse de plus en plus lourd dans le budget des plus pauvres. Les retraites baissent et l’âge auquel on peut les toucher recule. La machine éducative reproduit de plus en plus les inégalités sociales de départ. Les prélèvements obligatoires les plus équitables, c’est-à-dire plus lourds dans le budget des plus privilégiés, baissent, tandis que les prélèvements obligatoires les plus injustes, c’est-à-dire plus lourds dans le budget des plus démunis, augmentent. Les conditions de travail de nombreux fonctionnaires se dégradent au point de mettre en danger leur santé et de démolir la qualité du service. Le mal-logement s’enracine profondément dans notre société et frappe plus violemment les plus jeunes. Les habitants des banlieues pauvres sont systématiquement plus durement touchés que les autres par les maux du pays : en particulier le chômage, la précarité et la criminalité. La population rurale est lentement abandonnée à un inexorable isolement par la fermeture progressive des services publics et des commerces de proximité. Bref, l’Antisocial, c’est un grand mouvement « en marche arrière ».

 

 

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L’antisocial, c’est un grand mouvement « en marche arrière »

 

 

Mr Mondialisation : Les 10 chapitres de votre livre décrivent, dans différents secteurs – santé, éducation, retraites, chômage, etc. –, ces attaques successives contre les acquis sociaux. Ces attaques sont-elles toutes animées par une même idéologie ?

 

Thomas Guénolé : Oui. Cette idéologie est souvent appelée « néolibéralisme ». Je pense que c’est une erreur. D’abord, le préfixe « néo » est inapproprié, car il s’agit à chaque fois de revenir en arrière : revenir à moins de protections sociales, revenir à moins de droits des salariés, revenir à moins de services publics, revenir à moins d’entreprises publiques, revenir à moins d’Etat régulateur, revenir à moins de redistribution des richesses… Ensuite, tout cela n’est même pas « libéral » ! Car en fait, les pères du libéralisme n’ont jamais été pour la transformation de l’économie en un Monopoly géant entre une poignée d’oligarques. Dans sa Richesse des nations, Adam Smith s’insurge contre les coalitions de patrons pour maintenir bas le niveau des salaires et pour briser par la force les protestations des ouvriers. Quant à l’argument des bienfaits des privatisations et de la mise en concurrence, en réalité le père de cette théorie, Léon Walras, a écrit noir sur blanc que pour tout ce que l’Antisocial privatise en priorité – le rail, les routes, l’eau… – il vaut mieux un grand monopole d’Etat ! Autrement dit, il y a usurpation du vrai libéralisme. La véritable idéologie de l’Antisocial, c’est l’oligarchisme, au sens d’Aristote : gouverner la Cité au bénéfice d’une toute petite minorité, l’oligarchie, et au détriment de la grande majorité, c’est-à-dire tous les autres.

Car il faut bien comprendre que toutes ces grandes réformes ont en commun de profiter au petit nombre des oligarques et de nuire à l’intérêt du reste de la population. Moins de protection des salariés, plus de pression sur les chômeurs, cela leur donne une main d’œuvre moins coûteuse et plus facile à pressurer. Privatiser les services publics – hier l’aviation civile, aujourd’hui La Poste, demain la SNCF –, cela leur permet de s’y tailler des grands oligopoles en situation de rente : voyez ce qui s’est passé pour la téléphonie. Faire reculer la redistribution des richesses, cela leur permet de payer massivement moins d’impôts : voyez la réforme récente de l’ISF, qui leur rend des milliards. On a donc bien affaire à un régime politique de facto oligarchique.

Mr Mondilisation : Les différentes réformes que vous énumérez sont toujours accompagnées du même discours : celui de la modernité, celui de la nécessaire adaptation aux nouvelles conditions économiques nationales et mondiales. Un autre modèle – et vison du monde – est-il possible ?

Thomas Guénolé : L’Antisocial est un projet d’aggravation de l’injustice, d’aggravation des inégalités, et de dérive autoritaire de l’exercice du pouvoir. Il s’accompagne donc du mantra « Il n’y a pas d’alternative ». Ce mantra sert à prétendre que la montée de l’injustice serait inévitable, et à justifier les multiples passages en force par le fait que si vous n’êtes pas d’accord, c’est parce que vous n’avez pas compris. C’est d’ailleurs pour cela qu’invariablement, face aux contestations et aux mobilisations, les gouvernements successifs disent qu’ils vont faire de la « pédagogie ». Là encore ça signifie qu’il n’y aurait pas d’alternative, qu’il n’y a que le chemin de toujours plus d’inégalités, et que si vous refusez, c’est que vous n’êtes pas raisonnable.

 


 

« Si vous refusez, c’est que vous n’êtes pas raisonnable. »

 


 

Or, en réalité, un autre chemin est possible. Au lieu d’aller toujours plus loin dans les inégalités, on peut choisir d’aller toujours plus loin dans le partage. Au lieu d’aller toujours plus loin dans le pouvoir autoritaire, on peut choisir d’aller toujours plus loin vers la démocratie directe. Au lieu d’aller toujours plus loin dans le productivisme, on peut choisir d’aller toujours plus loin dans l’écologisme. Au lieu d’aller toujours plus loin dans l’intérêt de l’oligarchie, on peut choisir d’aller toujours plus loin dans l’intérêt du collectif. Je suis profondément convaincu que le grand face-à-face politique de notre siècle est entre d’un côté l’oligarchisme, et de l’autre une démocratie totale : démocratie directe politique, démocratie sociale sous la forme de services publics autogérés, démocratie économique sous la forme des coopératives ; le tout complété par une « règle verte » de transition écologique complète de l’économie du pays et un respect extrêmement exigent de la Déclaration universelle des droits de l’Homme.

Mr Mondialisation : On peut avoir le sentiment que les mouvements sociaux sont désormais désorganisés, qu’ouvriers, étudiants, agricultures, fonctionnaires etc. ont l’impression d’avoir des intérêts divergents à défendre, si bien que les divisions priment sur l’action collective. Qu’en pensez-vous ?

Thomas Guénolé : Il y a effectivement un manque de front commun social. Or, je montre dans Antisocial que l’histoire du 20ème siècle nous apprend ceci : à chaque fois qu’il y a un tel front commun, l’oligarchisme est battu et les conquêtes démocratiques avancent. C’est systématique. La journée de huit heures a été obtenue par une menace de grève générale en 1919. Les grandes conquêtes sociales des accords de Matignon, à l’époque du Front populaire, ont été obtenues par la grève générale de 1936. L’augmentation spectaculaire des salaires et les grandes libertés syndicales des accords de Grenelle ont été obtenues par la grève générale de Mai 68. C’est une leçon toujours d’actualité : deux ou trois semaines de grève générale suffisent pour vaincre sur le front social. A contrario, quand en 2016 ou en 2017 il y a des manifestations mais pas de grandes grèves massives, l’Antisocial gagne.

Mr Mondialisation : Cette division est-elle alimentée par les gouvernements successifs ?

Thomas Guénolé : Bien sûr. Les gouvernements successifs passent leur temps à monter les victimes de l’Antisocial les unes contre les autres. Ils opposent les salariés précaires aux « privilèges » des fonctionnaires, alors qu’en réalité le statut des fonctionnaires a été créé après Vichy pour que les administrations soient à l’abri des pressions du pouvoir politique pour garantir que la République reste RépubliqueIls opposent les salariés du privé au statut des cheminots, alors que c’est précisément leur statut qui a permis plusieurs fois aux cheminots de protéger nos droits à tous en lançant de grandes grèves ferroviaires. Ils opposent les « usagers pris en otages » aux grévistes qui sont accusés de défendre des privilèges, alors qu’en réalité souvent les grévistes défendent les droits des salariés du privé. Ils opposent les Français aux immigrés et aux réfugiés, alors que notre pays, sixième pays le plus riche du monde, est largement assez prospère pour bien traiter à la fois les autochtones et les immigrés. Cette technique est tellement ancienne qu’elle a son propre proverbe très ancien : « Diviser pour régner ». La grande masse de la population ne doit pas se tromper d’adversaire : le problème, ce sont les oligarques.

 


 

« Les gouvernements successifs passent leur temps à monter les victimes de l’antisocial les unes contre les autres. »

 


 

Mr Mondialisation : Vous estimez que les médias dominants sont également en cause et légitiment le discours « réformateur » ?

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Thomas Guénolé : Oui. Ces trois dernières décennies, les grands médias privés audiovisuels et de la presse écrite sont devenus un vaste oligopole tenu par une poignée de milliardaires. C’est un fait. Or, presque tous ces médias perdent de l’argent. Si ces oligarques les conservent, c’est donc qu’ils en attendent un retour sur investissement qui, s’il n’est pas financier, est nécessairement un pouvoir d’influence. De fait, qu’il s’agisse de leurs grandes chaînes d’information privées, de leurs grandes radios ou de leurs grands titres de presse, la ligne politique exprimée, par exemple par leurs éditorialistes et par les économistes qu’ils choisissent d’inviter en priorité, est toujours la même : il n’y a pas d’alternative, il faut enlever des protections aux salariés, il faut durcir le traitement des chômeurs, il faut privatiser les services publics, il faut que l’État régule moins l’activité économique, il faut moins de fonctionnaires, etcCe matraquage d’un catéchisme antisocial constitue un feu roulant de propagande pour obtenir la résignation du plus grand nombre à la démolition du modèle social français. C’est ce que Noam Chomsky et Edward Herman appellent le modèle de propagande dans La fabrication du consentement. Je fais mien ce cadrage théorique dans Antisocial.

 


 

« La ligne politique exprimée est toujours la même : il n’y a pas d’alternative. »

 


 

Mr Mondialisation : La précarisation touche 90 % de la population selon vous, pendant que les 10 % les plus riches profitent de l’ « Antisocial ». Malgré ce que vous décriviez précédemment, les conditions sont-elles réunies pour voir éclore un nouveau mouvement social d’ampleur ?

Thomas Guénolé : Les conditions objectives d’un changement de système politique, économique et social sont réunies, puisque les perdants de la mise en œuvre de l’Antisocial sont déjà majoritaires. Cela explique qu’au référendum français de 2005 sur le traité européen rendant obligatoire les politiques antisociales, ou sur le maintien du Royaume-Uni dans ces traités antisociaux, le peuple dans les deux cas ait voté majoritairement « Non ».

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Sur le front social, les deux grands problèmes sont de combattre la résignation qui s’empare du plus grand nombre sous l’effet de la propagande médiatique, et de surmonter les divisions dans le monde syndical entre ceux qui sont prêts aux grandes grèves et ceux qui préfèrent négocier avec l’Antisocial – alors que ce dernier avance au bulldozer. Concernant la question médiatique, il faut développer de plus en plus massivement des médias généralistes d’alternative au système : Le Monde Diplomatique, Le Média, Arrêt sur images, Alternatives Economiques, Mister Mondialisation, notamment, sont des exemples pionniers. Concernant la question syndicale, les adhérents des syndicats doivent prendre leurs responsabilités : ils doivent porter à leur tête des équipes déterminées à orchestrer de grandes grèves comme celles de 1936 ou de 1968.

Sur le front politique, il faut développer de grands mouvements ouverts militant à la fois dans les batailles électorales, dans les batailles sociales de terrain, et dans la bataille des idées partout où il y a espace de débat public. Podemos en Espagne, la France Insoumise en France, la transformation en cours du Labour britannique de Jeremy Corbyn en mouvement à la fois politique et social, entre autres, sont des modèles de cette évolution nécessaire.

Source :

https://mrmondialisation.org/la-population-ne-doit-pas-se-tromper-dadversaire/

https://aphadolie.com/2018/03/07/oligarques-la-population-ne-doit-pas-se-tromper-dadversaire/

dimanche 4 mars 2018

Bruno Le Maire vivement interpellé par un syndicaliste devant l’usine de Mulhouse

Une dizaine de représentants CGT de l’usine automobile ont pris à parti Bruno Le Maire, l’accusant de cautionner la « destruction d’emplois » par une entreprise « obèse de fric ». « Comment se fait-il que cette entreprise continue à supprimer des emplois alors qu’elle gagne des milliards d’euros ? On ne voit pas de retour. », ont-ils lancé au ministre.

 

ACT CGT LE MAIRE

Salah Keltoumi, délégué CGT chez PSA Mulhouse, s’est emporté contre le ministre, comme vous pouvez le voir dans la vidéo ci-dessous. « Vous savez combien on a eu d’augmentation cette année ? On a eu 19 euros. Avec 19 euros on achète combien de baguettes, vous savez combien cela coûte la baguette ? Vous savez combien coûte un ticket de bus ? Vous ne le savez pas. Vous savez que les gens ici ils touchent moins que le SMIC ?! »

« Vous êtes l’avocat de Carlos Tavarès (le président de PSA), vous êtes le copain des patrons. », a critiqué Salah Keltoumi, délégué CGT chez PSA Mulhouse. « Qu’est ce vous êtes venu faire ici ? Vous êtes venu faire des cadeaux aux patrons ? Vous passez souvent à la télé, on vous écoute souvent vous, on vous paye à faire des choses, vous faites rien pour les ouvriers, écoutez pour une fois que vous en avez un en face de vous», lâche-t-il au ministre.

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« Je suis venu ici pour garantir aux Français qu’on va garder une industrie automobile, pour garantir que le site restera ouvert. », répond Bruno Le Maire. Une répartie qui semble exaspérer le syndicaliste : « On était 14 000 on est bientôt 5000 dans l’usine ! »

Bruno Le Maire a jugé « caricaturale » cette « vision qui coule la France depuis des années ». Selon lui, elle ne traduit pas la position des salariés PSA « qui sont fiers de travailler dans cette entreprise » et saluent son « redressement après avoir failli mettre la clé sous la porte il y a cinq ans ».

L’échange devenant de plus en plus vif, Bruno Le Maire a critiqué ses interlocuteurs comme « faisant partie de ces gens qui mènent le pays à la ruine ». « Le peuple français compte plus que trois syndicalistes qui ne veulent pas discuter, c’est lui que nous écoutons », a dit Bruno Le Maire.

« Nous ne nous laisserons impressionner par personne. Nous avons reçu des Français le mandat de réaliser enfin la transformation du pays et nous irons jusqu’au bout de cette transformation. », a répété le ministre plus tard dans l’usine, dans son allocution aux dirigeants de PSA et aux élus locaux.

La CGT est le seul syndicat qui n’a pas signé l’accord de compétitivité « Nouvel élan pour la croissance » en 2016. Les autres syndicats, « représentant 80% des salariés, co-construisent l’avenir de l’entreprise », a commenté sur place Carlos Tavarès, qualifiant les organisations signataires de « réformistes ». « Seule la performance protège véritablement l’entreprise. Nos organisations syndicales signataires, réformistes, l’ont parfaitement compris. », a-t-il déclaré.

Source :

https://www.agoravox.fr/actualites/article/bruno-le-maire-laquais-du-capital-201868

https://www.businessbourse.com/2018/02/27/clash-bruno-maire-cgt-a-psa-mulhouse-mr-maire-y-a-reprise-reprise/

https://www.huffingtonpost.fr/2018/02/23/psa-bruno-le-maire-vivement-interpelle-par-un-syndicaliste-devant-lusine-de-mulhouse-vous-etes-venu-faire-des-cadeaux-aux-patrons_a_23369450/

Voir la vidéo:

Bruno Le Maire vivement interpellé par un ouvrier de PSA Mulhouse

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https://www.youtube.com/watch?time_continue=2&v=UU5yG6xxvUc

https://aphadolie.com/2018/02/28/bruno-le-maire-vivement-interpelle-par-un-syndicaliste-devant-lusine-de-mulhouse/

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Pour le ministre et ses amis, la cause essentielle de la désindustrialisation de la France est... la vision "caricaturale" de certains ouvriers insuffisamment "réformistes",  rien à voir avec la libre circulation des capitaux autorisée par les traités européens.  Une analyse très fine de la situation, pas du tout caricaturale...   P.G.

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samedi 3 mars 2018

SNCF: Macron et les médias ciblent les cheminots, l’UE prépare la privatisation

TRIBUNE LIBRE / Sputnik

TL SNCF SPUTNIK

Depuis les annonces du Premier ministre, le débat sur la privatisation du rail se cristallise autour du sort des cheminots. Un traitement politico-médiatique qui éclipse totalement les enjeux derrière cette privatisation, exigée par Bruxelles, à savoir les questions de souveraineté nationale et d’un modèle de service public, aujourd’hui en sursis.

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69% des Français favorables à la fin du statut des cheminots, à en croire le résultat d'un sondage Harris interactive pour RMC et Atlantico, publié le 27 février. Un constat sans appel qui contraste avec le discours des syndicats, qui dénoncent un «passage en force» depuis l'annonce des principales mesures de la réforme du rail par le Premier ministre et notamment le recours aux ordonnances et la suppression du statut de cheminots pour les nouvelles recrues de la SNCF.

«Il va sans doute falloir un mois de grève», déclarait au Parisien quelques heures après l'annonce des mesures, Laurent Brun, secrétaire général de la CGT-Cheminots. «Nous allons relever le défi. On est sûrement partis pour l'un des plus importants mouvements sociaux de l'histoire de la SNCF». «Je ne laisserai personne cracher à la figure des cheminots» avertissait le même jour dans une interview aux Échos Laurent Berger, Secrétaire général de la CFDT. Ce même Laurent Berger, qui le premier mai dernier appelait à «mettre un bulletin de Monsieur Macron dans l'urne» afin de faire barrage au Front national.

La base semble aussi mobilisée, si l'on en croit cette jeune conductrice de train, interrogée par BFMTV: «on se battra pour défendre notre métier et défendre les conditions de travail!».

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La mobilisation promet donc d'être massive et particulièrement lourde pour les usagers. Il faut dire que c'est une occasion en or pour les syndicats de montrer qu'ils ne sont pas en perte de vitesse, comme de nombreux observateurs ont été tentés de les présenter depuis la réforme du Code du travail —elle aussi passée à coups d'ordonnances sur fond de faible mobilisation.

Cependant, cette ultramédiatisation du bras de fer qui s'annonce, le recentrage de la couverture médiatique de cette fameuse «réforme du rail» autour de la seule question des cheminots provoque deux choses:

1) Elle crée un consensus autour de la réforme de la SNCF- et derrière elle de tout le rail français- via sa personnification en une catégorie de fonctionnaires mal-aimée d'une majorité de Français

2) Elle élude des points bien plus importants liés à notre souveraineté nationale, à savoir le poids de Bruxelles, ainsi que la survie du modèle des services publics dans notre pays, tous appelés à subir le même sort que la SNCF.

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Ainsi, si beaucoup connaissent le nom de Bolkestein, l'ancien Commissaire européen au Marché intérieur, récemment décrié dans le cadre de la directive des travailleurs détachés (ou directive Bolkestein) à laquelle Emmanuel Macron a tenté de s'opposer, qui en France connaît le «règlement van de Camp-Dijksma»? Un directive qui porte le nom des deux eurodéputés néerlandais, Wim van de Camp, membre du parti Appel Chrétien Démocrate, ainsi que Sharon Dijksma, issue du Parti Travailliste néerlandais, qui ont «mené les négociations sur l'acte [sur l'ouverture du marché des services nationaux de transport de voyageurs par chemin de fer, ndlr] au nom du Parlement et du Conseil respectivement» comme le souligne le site du Parlement européen.

Difficile en effet d'estimer la proportion de Français qui ont pleinement conscience que la «libéralisation du marché du transport des passagers» est une exigence de la Commission européenne, avalisée par le Parlement européen en décembre 2016. La France ayant donc, comme tous ses voisins européens, jusqu'en 2019 pour ouvrir son rail aux compagnies privées tant françaises qu'étrangères, ce qui devrait se traduire par la mise en circulation de trains de compagnies privées sur les lignes TGV dès 2020 et TER d'ici 2023.

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Nous ne sommes, certes, encore qu'au début du processus devant aboutir à la réforme… Néanmoins, force est de constater que ces deux dernières semaines, rares sont les articles qui ont explicitement évoqué l'origine communautaire de cette réforme: Libération le 15 février, Le JDD le 22 février, ou encore Les Échos le 27 février, dans l'une de ses tribunes.

Pour autant, ce recentrage d'une actualité très européenne autour des seuls cheminots est-il injustifié? Si on peut y voir une occasion pour le gouvernement et le chef de l'État de faire avaler la pilule aux Français, c'est notamment parce que les cheminots ont mauvaise presse. En effet, qui n'a jamais eu des difficultés dans son travail- ou même d'embauche- à cause des retards et mouvements sociaux? Une exaspération visible lors de chaque mouvement social, face à laquelle les Français semblent faire preuve de beaucoup de résilience —voire de résignation.

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Une «prise en otage», systématique et assumée par les cheminots afin de faire pression en faveur de leurs propres avantages sociaux (dont la retraite à partir de 50 ans) et qui aujourd'hui pourrait bien leur avoir mis un pied dans la tombe.*

On note en effet que la Commission européenne, dans la préparation du «4e paquet» de sa réforme- hormis les questions de performance relevant «des écarts considérables» entre «l'efficacité opérationnelle» des systèmes ferroviaires nationaux- s'appuie sur une étude d'opinion réalisée en 2012 (Eurobaromètre) auprès des citoyens de l'Union à l'égard de leurs chemins de fer nationaux et selon laquelle 54% des sondés «ne sont pas satisfaits de leurs systèmes de transport national et régional par chemin de fer».

Autre point sur lequel s'alarme l'organe exécutif européen: le déficit de «nombreuses entreprises ferroviaires», ayant par conséquent des «besoins de financement public nettement supérieurs à ceux d'autres secteurs économiques (si on laisse de côté le financement des infrastructures).» Difficile de ne pas penser au 47 milliards d'euros de dette de la SNCF. Deux fois plus que l'italien Trenitalia, qui avec son gestionnaire d'infrastructure (RFI), culmine à 20 milliards d'euros, un niveau assez proche des espagnoles Renfe et Adif (16,5 milliards) ou que les 17 milliards d'euros de l'allemande Deutsche Bahn et de DB Netze Track. Des entreprises allemandes régulièrement érigées en modèle, tant au niveau de la reprise de dette par l'État ou de la séparation entre opérateurs ferroviaires et gestionnaires d'infrastructures. Bons élèves, les belges avec à peine 3 milliards d'endettement entre Infrabel et SNCB.

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Un endettement —même des meilleurs- qui en dit long sur la nécessité de soutien par les pouvoirs publics à un mode de transport difficilement comparable —comme le fait la Commission- aux autres modes de transport, dont l'aérien. En effet, plus que la voiture ou l'avion, le train fait indéniablement figure de colonne vertébrale en matière d'aménagement du territoire. Un moyen de locomotion historiquement assuré par l'État et sur lequel des gens modestes peuvent compter lorsqu'ils n'ont pas les moyens de recourir à un autre moyen de transport. Un fait qui s'illustre dans la préconisation du rapport Spinetta —rejetée par le gouvernement- de couper dans les 200 «petites lignes.»

Ainsi, au-delà de la gestion budgétaire, s'il est pour l'heure hasardeux de s'avancer sur les conséquences concrètes qu'aura cette réforme européenne sur les tarifs ou la qualité de service pour les… clients (et non plus «usagers»), on peut toutefois s'intéresser à un autre de nos «voisins européens», qui n'apparaît plus depuis longtemps dans les comparatifs dressés par les journalistes.

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En effet, un pays de l'UE —officiellement jusqu'en 2019- a précédé tous ses voisins en termes de privatisation du rail: le Royaume-Uni. Comme le soulignait un article de La Tribune en janvier 2017, depuis la privatisation du réseau en 2010 et l'apparition d'opérateurs ferroviaires privés, les Britanniques ont vu leur budget transports exploser de 27%. Comme le soulignait le journal économique et financier, pour se rendre simplement sur leur lieu de travail, les Britanniques dépensent «14% de leur revenu mensuel, très exactement, contre 2% pour les usagers de l'Hexagone

Une augmentation des tarifs qui ne s'est pas accompagnée d'une augmentation de la qualité des services ou de la ponctualité des trains, bien au contraire. Le tout pouvant s'expliquer de manière tout à fait rationnelle d'un point de vue économique: la recherche d'une réduction des coûts afin de maximiser les profits. Des trains en partie opérés par des opérateurs étrangers, dont Keolis, filiale de la SCNF.

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En conclusion, si la fréquence des trains et leurs tarifs risquent de changer pour les voyageurs dès 2020, pour les contribuables la situation restera la même. Avec d'une part une reprise par l'État de la dette de la SNCF (qui continuera d'exister en tant qu'entité publique et opérera sur le réseau au milieu de ses concurrents privés) et d'autre part l'entretien du réseau ferré dont la charge restera à l'État.
S'ajoute à cela les cheminots, car si la réforme de leur statut ne concerne potentiellement que les futures embauches, les pensions de retraite des cheminots d'aujourd'hui et d'hier demeureront logiquement à la charge de l'État.

Contrairement à ce qu'avait affirmé Philippe Martinez, patron de la CGT, le régime spécial des cheminots n'est pas «excédentaire». Comme le soulignait en septembre 2017 Géraldine Woessner dans une chronique au micro d'Europe 1, «l'État a du allonger l'an dernier 3,3 milliards d'euros pour payer les pensions des anciens cheminots et de leurs familles. Cela représente près de deux tiers de toutes les pensions versées. C'est simple, les cotisations ne représentent que 37% des recettes du régime, tout le reste ce sont vos impôts!» Un point qui n'est pas près de changer, privatisation du rail français ou pas.

https://fr.sputniknews.com/france/201802281035328783-france-sncf-macron/

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*"Une «prise en otage», systématique et assumée par les cheminots afin de faire pression en faveur de leurs propres avantages sociaux" : le terme PRISE EN OTAGE  a été repris inlassablement par les médias pendant des années afin de disqualifier les professions protégées par des acquis sociaux issus du Conseil national de la Résistance et des luttes sociales. L'objectif était de diviser les salariés au nom d'une prétendue "égalité" contre les "privilèges" de certains, égalité conçue bien évidemment comme un alignement vers le bas. Dans le même temps, pas question de mettre en cause les privilèges, bien réels ceux- là, d'autres catégories sociales...Opération d'autant plus réussie que les syndicats se sont effectivement peu souciés des répercussions très négatives de leurs grèves sur des catégories de travailleurs progressivement en situation de précarité extrême. Une stratégie étroitement corporatiste complémentaire, au final, de la stratégie des gouvernements successifs de division et d'éclatement des solidarités interprofessionnelles. Il en va de même pour la visibilité de l'origine "européenne" des réformes: les syndicats se sont abstenus pendant des années de désigner les vrais responsables: la Commission européenne et la mise en application des traités, et notamment du Traité de Lisbonne. Avec la complicité des gouvernements de droite comme de gauche, et, bien entendu, des médias!

Aucune raison de changer de stratégie pour tous ces serviteurs de la "construction européenne".

P.G.

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Licenciés, les salariés de Castorama et Brico Dépôt priés de former leurs remplaçants polonais avant de dégager

La mondialisation au comble de son cynisme. Alors que la direction du groupe britannique d'enseignes de bricolage Kingfisher a confirmé ce mercredi 28 février la délocalisation en Pologne de la partie comptable de son activité actuellement basée à Templemars, dans le Nord de la France, et donc la suppression de 450 emplois français, elle a également fait une demande particulièrement culottée aux employés ainsi dégagés. Ces salariés des enseignes Castorama et Brico Dépôt auront, avant de quitter leur poste, à former les Polonais censés les remplacer à terme. Le but étant de leur transmettre leur savoir-faire.

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Une demande qui a été faite lors du comité central d'entreprise au siège ce mercredi. A la sortie, Jean-Paul Gathier, délégué du personnel Force ouvrière (FO), a détaillé le processus prévu par la direction. "On prévoit que les salariés polonais viennent suivre des stages en France pour savoir et s'adapter à la comptabilité française, donc ils seraient formés par ceux qui sont licenciés et qui perdent leur emploi par rapport à cette délocalisation", a-t-il expliqué au micro de Franceinfo. Une formule a particulièrement fait tiquer le syndicaliste :"On leur a dit qu'on comptait sur elles et sur eux pour 'être professionnels jusqu'au bout'". Et le syndicaliste de pointer un "capitalisme poussé à son cynisme extrême".

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Les salariés ne devraient cependant pas accepter cette proposition, d'après Jean-Paul Gathier : "Quand ils ont appris ça, ils ont dit : "Ce sera sans nous. C'est hors de question". Des actions de protestation seraient en préparation, indiquent les syndicats.

L'annonce de ces suppressions de postes n'a pas constitué une surprise. Le 8 novembre dernier, Kingfisher avait déjà évoqué un probable regroupement à Cracovie, en Pologne, de ses services comptables et de gestion. Le groupe a justifié cette décision par les difficultés rencontrées ces derniers mois par les 221 magasins Castorama et Brico Dépôt de France.

Des propositions de reclassement auraient été adressées aux employés concernés mais elles ne seraient en l'état "pas acceptables", selon la CGT. "On supprime des comptables, des analystes, des assistantes de ressources humaines et on leur propose d'aller en magasin, dans la vente, à la caisse", précise Jean-Paul Gathier au Parisien. La question des indemnités est également en débat. Les montants soumis étant pour le moment "insuffisants" selon les représentants du personnel.

https://www.marianne.net/economie/licencies-les-salaries-de-castorama-et-brico-depot-pries-de-former-leurs-remplacants?_ope=eyJndWlkIjoiYWMyOWU1Y2FmYjA3MWM5ODc0NzFmNzZlMmM0NTQwMTgifQ==

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L' article 63 du TFUE interdit à tout "gouvernement" de l'UE de s'opposer aux délocalisations. Les syndicats le savent bien d'ailleurs, puisqu'on en est à négocier les reclassements et les indemnités de départ....  P.G.

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vendredi 2 mars 2018

Usagers, contribuables, cheminots : SNCF Renationalisation complète !

TRIBUNE LIBRE / PRCF 13

TL PRCF SNCF ART106

Autrefois reconnue dans le monde entier pour la qualité, la sécurité et l’efficacité de son réseau et de ses agents, la SNCF (nationalisée en 1937 dans la foulée du Front Populaire après de nombreuses luttes des cheminots mais aussi à la suite de graves accidents occasionnés par les compagnies privées) a été depuis des années affaiblie, divisée, ouverte à la concurrence« libre et non faussée » sous les coups conjugués de l’UNION EUROPÉENNE et des gouvernements français au travers des différents “paquets ferroviaires” dictés par Bruxelles contre l’intérêt du public pour ouvrir la voie à la privatisation totale.

Les cheminots et leurs syndicats de lutte, surtout la CGT, ont été systématiquement dénigrés et traités de preneurs d’otages dès lors qu’ils luttaient pour leurs droits et ceux des usagers du rail en s’opposant aux contre-réformes, aux suppressions de postes, aux fermetures de lignes et de gares, à la mise en cause de leur statut garant de la sécurité.

En application directe de la volonté européenne de libéralisation du ferroviaire et de l’ouverture à la concurrence du transport voyageurs, le dernier rapport de JC Spinetta (ancien patron de grosses boîtes privées telles Air France KLM) avec ses 40 propositions pour réformer la SNCF, ne nous surprend pas!

Le PRCF dénonce, depuis bien longtemps, cette politique de casse des services publics dictée par l’UE au service du capitalisme financier. Depuis 1992 et le traité de Maastricht, les directives européennes (« paquets ferroviaires »), n’ont eu de cesse de pilonner la SNCF pour la désosser et casser son unité.

Le nouveau secrétaire général de la CGT des cheminots dit : « je ne serai pas celui qui enterrera le statut des cheminots » ! Or, les oligarques de la finance de l’UE veulent tout privatiser et comptent sur Macron pour cela ! Comment fera-t-il, ce nouveau « patron » des cheminots CGT, pour endiguer le « laisser-faire » de ses prédécesseurs (Thibault, Le Paon, Le Duigou etc…) qui ne se sont jamais attaqués à l’UE et à son appendice syndical, la Confédération Européenne des Syndicats ?

  • Lepaon, ex-secrétaire général de la CGT, avait même été le rapporteur d’un avis positif pour l’ouverture à la concurrence des services ferroviaires régionaux de voyageurs ! La SNCF est désormais divisée en 5 branches principales en France avec 1300 filiales dans le monde ! Et pendant ce temps l’entreprise prospère avec sa filiale Géodis, 2éme transporteur sur route (bravo l’écologie !) en Europe et Keodis. La SNCF est devenue une véritable holding avec à sa tête des énarques, non cheminots, dont Pepy, serviteur des politiciens de tout poil. Il a été reconduit dans ses fonctions par Hollande pour terminer sa mission de liquidation du service public du transport ferroviaire avec Macron !
  • L’ouverture à la concurrence entre métropoles est la mise à mort du statut des cheminots actifs et retraités. Sans l’intervention forte des citoyens et administrés locaux, des usagers, le sauvetage du transport public ferroviaire, qui est le seul à présenter des normes intrinsèques pour la sécurité pour tous, voyageurs et marchandises, pour l’environnement, aura pour conséquences de voir à très court terme cette entreprise livrée aux requins de la finance, sans aucun respect des normes sécuritaires précitées tout en faisant payer les collectivités donc les populations.

Plus que jamais il faut se mobiliser contre la casse de ce fleuron de la Nation !

Tous dans l’action en mars avec les vrais défenseurs de la SNCF !

Jacky Omer – syndicaliste cheminot – PRCF 13

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Les syndicats et les partis politiques qui ne veulent pas sortir de l'Union européenne sont complices de cette politique de destruction des services publics. Certains parmi nous participeront aux mobilisations sociales, d'autres auront du mal à défiler derrière les banderoles d'organisations européistes. Quoiqu'il en soit, la solution pour nous est avant tout politique: le FREXIT!     P.G.

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jeudi 1 mars 2018

MACRON-MEDEF et l’UE détruisent l’agriculture paysanne française !

TRIBUNE LIBRE / PRCF

TL PRCF AGRICULTEURS

Alors que l’ française est capable depuis toujours de nourrir la population de l’Hexagone et qu’elle est encore une source majeure d’exportations et de devises, tout est fait pour qu’elle ne cesse de reculer en plongeant dans l’angoisse du lendemain des dizaines de milliers d’agriculteurs.

Et c’est l’Union européenne (UE) qui modifie brutalement ses subventions aux zones agricoles à développer au risque de ruiner des milliers de travailleurs de la terre… tout en favorisant les capitalistes de l’agriculture, déjà principaux bénéficiaires de la politique agricole européenne. Bien entendu, Macron aplatit [sic] : c’est un « grand Européen » qui veut « toujours plus d’Europe », de « gouvernance européenne », de « défense européenne », de « budget européen ». Et la souveraineté politique et alimentaire de la nation dans tout ça ?

Et c’est cette même UE, servilement suivie par Macron, qui met en application le CETA (libre-échange avec le Canada) sans même attendre sa validation par la représentation nationale, au risque de favoriser la grande agriculture et de généraliser la malbouffe. Et comme si ça ne suffisait pas, voici le traité de libre-échange avec le Mercosur, qui déstabilisera encore plus les marchés agricoles. En outre, Macron et Cie ne le disent évidemment pas, mais l’un des enjeux à la mise en place du gouvernement de grande coalition CDU-SPD à Berlin, est le retour du TAFTA, le Traité transatlantique qui donnerait le coup de grâce à ce qui resterait de notre agriculture paysanne, et peut-être à notre agriculture tout court.

On ne peut séparer cette honteuse casse de la France agricole et rurale de l’entreprise générale de casse euro-atlantique de la France que couvre le pseudo-modernisme « centriste » de Macron : la casse agricole est un élément de la destruction généralisée du produire en France qui vise aussi l’industrie (tout récemment, dégraissage chez PSA, qui prépare sa délocalisation, dépeçage d’Alsthom ou de STX aux capitaux étrangers, mainmise croissante des capitaux allemands sur Airbus, etc.) ; elle va de pair avec la mise en extinction des services publics, Poste, SNCF, EDF, et les agriculteurs qui se laissent tromper par les partis de droite* et par la FNSEA jouent contre leur propre camp, celui des travailleurs, quand ils se laissent monter contre les cheminots, fonctionnaires et autres travailleurs qui vivent sans discontinuer le blocage des salaires, les suppressions de postes par milliers, la casse de leurs métiers.

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Face à l’UE, cette machine à détruire les revenus et les conditions de vie des travailleurs, face à l’euro, dont l’alignement structurel sur le Deutsche-Mark renchérit toutes nos exportations, face aux capitalistes richissimes de la grande distribution qui écrasent à la fois leurs salariés, les petits producteurs agricoles et les consommateurs, face au grand patronat qui joue sur le chômage de masse pour comprimer le pouvoir d’achat de 19 millions de salariés (ce qui pave la voie des importations à bas coût et sans garanties sociales et écologiques), les travailleurs salariés et non salariés de la ville et de la campagne doivent refuser la division. Héritier d’un parti, le grand PCF du Front populaire et de la Résistance, qui a toujours associé la faucille paysanne au marteau ouvrier, le PRCF appelle les travailleurs salariés à soutenir chaleureusement les revendications paysannes. Il appelle aussi les paysans à soutenir le grand mouvement « tous ensemble en même temps » qui se prépare pour le 22 mars prochain dans le but de battre les contre-réformes Macron dictée par le MEDEF et par l’UE du grand capital.

Plus largement, le PRCF appelle les agriculteurs à refuser désormais leur confiance aux LR, à Macron et au FN* qui les flattent mais qui, comme les dirigeants de la FNSEA, ne servent en fait que l’UE du grand capital, que la très grosse agriculture capitaliste, que les maîtres de la grande distribution au détriment des paysans, des consommateurs salariés et de l’intérêt national. Plus d’illusions sur l’UE et l’euro, ces cadeaux empoisonnés au monde agricole qui, depuis 40 ans, ont surtout servi à démolir l’agriculture paysanne et le droit de bien-vivre à la campagne en jouissant du produit de son travail !

https://www.initiative-communiste.fr/articles/prcf/macron-medef-lue-detruisent-lagriculture-paysanne-francaise-salondelagriculture/?ct=t(RSS_EMAIL_CAMPAIGN)

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*Etrange cette mention des "partis de droite"! J'avais cru comprendre que le PRCF était également critique des partis de "gauche", notamment le PCF, le PS ou ce qu'il en reste, voire même la France Insoumise. Comme quoi les vieux réflexes...

Quant à la sortie de l'UE par la gauche, les lecteurs de ce site savent ce que nous en pensons...   P.G.

lundi 26 février 2018

L'entrepreneur et député LREM Bruno Bonnell aurait fait travailler gratuitement un assistant

Selon Mediapart, un collaborateur du député macroniste Bruno Bonnell a décidé de jeter l’éponge, déclarant n'avoir reçu ni salaire, ni contrat. Un couac pour le député-chef d'entreprise qui est l'une des têtes d'affiche médiatique de LREM.

ACT DEP EM

Un chef d'entreprise devenu député qui ne paie pas l'un de ses collaborateurs parlementaires ? Cela a tout l'air d'une nouvelle polémique pour La République en marche (LREM) dont les parlementaires accumulent les couacs depuis leur prise de fonction en juin 2017. Le très médiatique député du Rhône et entrepreneur Bruno Bonnell doit ainsi faire face à de nouvelles révélations compromettantes, ce 24 février.

Selon Mediapart, l'un de ses collaborateurs parlementaires a décidé de quitter son équipe, assurant avoir travaillé pendant plusieurs mois sans contrat de travail ni rémunération. Interviewé par le site d'investigation, le militant LREM Hadj Djennas annonce avoir «travaillé de septembre à décembre en circonscription pour assurer l'ancrage local du député».

Alors que son statut n'aurait jamais été tranché, Hadj Djennas dit avoir représenté Bruno Bonnell lors de manifestations publiques ou rédigé des mails pour l'élu de la nation. Même si auprès de Mediapart, il confie que sa collaboration ne dépendait pas d'une question d'argent, étant donné sa situation professionnelle, il souhaitait avoir «la protection d'un contrat de travail, notamment en cas d'accident», et «disposer d'un statut de collaborateur parlementaire pour crédibiliser [ses] actions»». En conséquence, Hadj Djennas aurait proposé à plusieurs reprises à Bruno Bonnell de clarifier sa situation, sujet que ce dernier aurait «éludé ou reporté [...] sans remettre en cause la qualité de [son] travail».

Mediapart a d'ailleurs retrouvé des documents attestant du fait qu'Hadj Djennas était un collaborateur actif pour Bruno Bonnell. Il l'aurait notamment représenté officiellement au «forum des réfugiés», lors d'une visite de quartier ou à l’inauguration du nouveau local de l’Association d’aide au logement des jeunes (AILOJ) et, à chaque fois, sous une casquette de «collaborateur parlementaire».

Contacté par Mediapart, Bruno Bonnell a refusé de commenter l'affaire. Hadj Djennas a, lui, confirmé pour le site d'investigation que son avocat avait engagé «une tentative de résolution amiable du litige avec Bruno Bonnell», faute de quoi il serait prêt à engager une procédure aux prud'hommes.

Récemment, Bruno Bonnell a fait parler de lui, suscitant l'ire de personnalités de l'opposition, en raison de propos tenus le 9 février sur RMC : «[On] n'entend que ça, le pouvoir d'achat, comme si la vie se résumait au pouvoir d'acheter».

https://francais.rt.com/france/48294-entrepreneur-depute-lrem-bruno-bonnell-a-fait-travailler-gratuitement-un-assistant-selon-mediapart

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Décidément, ce député macronien n'en rate pas une. Voir notre récente publication:

Un député En Marche multimillionnaire trouve qu’on parle trop de pouvoir d’achat

P.G.

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samedi 24 février 2018

Agriculteurs en colère : blocages, pneus brûlés, défilés de tracteurs dans toute la France

Les agriculteurs ont mené des opérations de blocage et des actions coup de poing à travers toute la France le 21 février pour protester contre l'accord UE-Mercosur et les prix d'achat proposés par la grande distribution.

ACT AGRICULTEURS MERCOSUR

Les deux grands syndicats agricoles, la FNSEA (majoritaire) et les Jeunes agriculteurs avaient appelé à une mobilisation générale le 21 février : ils ont été écoutés. Blocages d'autoroutes, opérations escargot, entassements de mottes de paille, de fumier ou d'objets devant des supermarchés, incendies de pneus, simulacres d’enterrement ou encore défilés de tracteurs : les actions se sont succédé dans toute la France.

Le moment était choisi : Emmanuel Macron s'apprêtait à accueillir 1 000 jeunes agriculteurs le 22 février à l'Elysée, à la veille de l'ouverture du 55e Salon de l'agriculture à Paris. C'est le point d'orgue de protestations et manifestations du monde agricole qui se déroulent en France depuis plusieurs semaines.

C'est l'occasion pour les agriculteurs d'exposer une de leurs revendications phares, les prix d'achat au rabais pratiqués par les supermarchés qui les laissent exsangues. Dans la Vienne ou en Alsace, des actions de blocage ont eu lieu et des barrages dressés devant les grandes surfaces.

Le Mercosur dans le viseur des agriculteurs

Autre motif de colère pour les exploitants : le projet d'accord commercial européen de libre-échange avec les pays du Mercosur : le Brésil, l'Argentine, l'Uruguay et le Paraguay. Si la France l'accepte, entre 50 000 et 70 000 de tonnes de viande bovine, 80 000 tonnes de volailles et de grands volumes de sucre pourraient inonder le marché européen, et venir concurrencer des filières déjà très développées en France. La Vendée, le Puy-de-Dôme, l'Aquitaine, Nantes ou Dijon comptent parmi les lieux où des agriculteurs se sont mobilisés contre cet accord.

Cédric Mandin, secrétaire général de la Fédération nationale bovine a répondu aux questions de RT France sur l'accord du Mercosur qui fâche tant les agriculteurs. Il redoute des «pertes directes» pour leurs exploitations qui connaissent déjà «une difficulté de rentabilité». Il déplore «l'incohérence de la position du gouvernement à l'heure actuelle alors qu'on sort des Etats généraux de l'alimentation où on a émis la volonté de continuer à travailler dans le bon sens avec les consommateurs». Cédric Mandin fustige en outre le fait que ces accords internationaux vont autoriser la vente de viande produite avec des «antibiotiques, des farines animales, plein de produits totalement interdits en France et en Europe». «On va faire venir ça sous prétexte que c'est pas cher. Et nous on le refuse», a-t-il tonné.

https://francais.rt.com/france/48236-agriculteurs-colere-blocages-pneus-brules

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"Si la France l'accepte", "ils ont été écoutés": des éléments de propagande que l'on pourrait qualifier de "fake news": ce n'est pas la France qui négocie les traités de libre- échange, mais l'Union européenne. Faut- il rappeler que le CETA (accord UE/Canada) est mis en oeuvre pour l'essentiel sans même attendre la ratification des parlements nationaux des états membres? En quoi les agriculteurs ont- ils été écoutés?  P.G.

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Retraites : attention au bonus-malus à partir de 2019

A compter du 1er janvier prochain, les salariés nés après 1956 voient les règles de leur retraite évoluer. Le point sur la réforme.

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Dur, dur pour les générations de l'après-baby-boom. Aujourd'hui les salariés qui prennent leur retraite à l'âge légal et qui ont la durée d'assurance requise (42 ans) touchent leurs pensions complémentaires intégralement. Tout va changer à compter du 1er janvier 2019. L'accord d'octobre 2015 signé par les partenaires sociaux pour renflouer les caisses des régimes de retraite complémentaire (Agirc-Arrco) va instaurer un système de bonus-malus. Objectif : inciter les personnes nées à partir de 1957 à travailler plus longtemps.

La pension va en prendre un coup

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Tous les salariés nés après 1956 qui demanderont à bénéficier de leur retraite avant 67 ans, dès lors qu'ils sont munis de tous leurs trimestres, subiront automatiquement une minoration de 10 % sur leurs pensions complémentaires. Ce malus sera appliqué durant trois ans et ce au plus tard jusqu'à 67 ans, âge à partir duquel il ne s'applique plus.

Les grands perdants

Plus la retraite complémentaire pèse dans le montant total de la pension, plus l'impact sera lourd. C'est pourquoi les cadres seront particulièrement impactés. Prenons l'exemple d'un cadre né en 1957, dont le montant de la retraite complémentaire est estimé à 2 000 euros. S'il part à 62 ans (avec le taux plein), il se verra appliquer une décote de 10 % pendant trois ans, soit 200 euros de moins par mois pendant trente-six mois. Le manque à gagner total pour lui sera de 7 200 euros. Pour un non-cadre, dont le montant de la retraite complémentaire est estimé à 500 euros, la perte totale représentera 1 800 euros. Autres grands perdants en vue, les chômeurs : beaucoup de seniors finissent leur carrière comme demandeur d'emploi. Dès lors qu'ils remplissent les conditions d'une retraite à taux plein, Pôle emploi cesse de les indemniser. Ils devront solder leur retraite et subiront de plein fouet la décote.

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Un bonus en contrepartie

Ceux qui décideront de travailler un an de plus (à partir de la date où ils peuvent obtenir le taux plein) seront exemptés de la décote. S'ils travaillent deux ans de plus que prévu, ils obtiendront, pendant un an, une majoration de 10 % des pensions complémentaires. Majoration qui grimpera à 20 % s'ils travaillent trois ans de plus et à 30 % s'ils restent en activité quatre ans de plus. A signaler : les salariés prenant leur retraite anticipée au titre d'une carrière longue seront concernés par ce bonus-malus, qui s'appliquera jusqu'à l'âge de 67 ans maximum.

Des salariés épargnés

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Les retraités à très faibles revenus, exonérés de CSG (contribution sociale généralisée), échapperont au dispositif, et ceux qui, un peu moins mal lotis financièrement, bénéficieront d'un taux réduit de CSG ne subiront qu'une décote de 5 %. Autres exemptions prévues par les textes : les handicapés avec au moins 50 % de taux d'incapacité, les aidants familiaux (ayant un enfant handicapé), les assurés bénéficiaires du régime de base dans le cadre du dispositif amiante, les personnes reconnues inaptes au travail, les mères ouvrières ayant élevé au moins trois enfants.

Quant aux salariés qui n'ont pas tous leurs trimestres pour pouvoir bénéficier d'une retraite à taux plein avant 67 ans, ce dispositif ne s'applique pas pour eux. C'est le système de décote habituel qui sera alors mis en oeuvre : jusqu'à 22 % de décote possible s'il manque des trimestres pour obtenir le taux plein.

Vérifiez bien votre dossier

« La méfiance est la plus sûre compagne de la sagesse... » Le montant de votre pension de retraite a-t-il été bien calculé ? Les futurs retraités se posent souvent cette question lorsqu'ils reçoivent leurs avis de notification, ces fameux documents envoyés par les différents régimes indiquant, par des projections, les montants qu'ils verseront au retraité le jour J. Et si une erreur s'était glissée en leur défaveur...

Le montant des pensions est calculé à partir des données transmises au fil de votre carrière par vos employeurs et différents organismes (Pôle emploi, Assurance maladie...). Les erreurs peuvent survenir à deux niveaux : lors du calcul du montant de votre pension, effectué par les régimes au moment de la retraite, et au cours de votre carrière, lors de l'enregistrement de vos droits. Risques de pertes de données, oublis, erreurs de calcul... personne n'est à l'abri surtout lorsque les parcours professionnels sont hachurés (chômage, licenciement à la suite d'une faillite...), ou ponctués de multiples employeurs. Attention aussi aux changements de statut, en cas de passage du public au privé (ou vice versa). Autant d'éventuelles anomalies qui doivent inciter les futurs retraités à vérifier régulièrement les droits inscrits dans leur dossier retraite, afin de repérer et signaler le plus tôt possible tout oubli ou erreur. Une préoccupation bien légitime, si l'on en croit la Cour des comptes.

Chaque année, en effet, les Sages de la rue Cambon livrent (dans le rapport de certification des comptes de la Sécu) un indicateur de « qualité des dossiers validés ». Sur un échantillon d'environ 10 000 dossiers passés au crible, la part de ceux entachés d'une erreur financière est passée de 8 % à un peu plus de 11 % entre 2015 et 2016. Plus d'un tiers de cette hausse tient à des changements dans la procédure de contrôle, note la Cour des comptes.

Le reste résulte d'« une détérioration de la qualité de la liquidation ».

L'Assurance retraite (du régime général) a, de son côté, mis en place une procédure d'évaluation : chaque mois, 50 dossiers (déjà notifiés), tirés au hasard, sont examinés à la loupe par la caisse. « La plupart sont de très faible montant, 14 % représentent moins de 10 euros par an et 51 % moins de 100 euros », affirme l'Assurance retraite.

Mieux vaut faire preuve de vigilance car une fois que la retraite sera officielle (soldée avec notification de la pension), il vous restera deux mois seulement pour rectifier le tir. Passé ce délai, il sera trop tard.

http://www.leparisien.fr/vie-quotidienne/argent/retraites-attention-au-bonus-malus-a-partir-de-2019-20-02-2018-7568835.php

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De Hollande à Macron, avec la complicité des "partenaires sociaux", dont les syndicats membres de la Confédération européenne des Syndicats (CES), la mise en oeuvre des GOPE (grandes orientations de politique économique) imposées par la Commission européenne.  P.G.

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mardi 20 février 2018

« Un cas de tartufferie insoumise: quand Quatennens veut une autre Europe, avec ou sans Hamon »

TRIBUNE LIBRE / par Bruno Adrie

TL QUATENNENS MELUCH

Dans un tweet daté du 14 février, le petit coq Quatennens répond à Benoît Hamon qui l’a invité à le rejoindre sur le rafiot PS, à condition qu’il abandonne l’idée de sortir de l’Europe. Très touché par l’invitation mais décidé à ne pas jouer les seconds couteaux sur une embarcation prise dans les algues flottantes de la Mer des Sarcasmes, le député coupé en brosse – à reluire – l’a invité à son tour à monter à bord de l’arche insubmersible des Insoumis et à se placer, de facto, sous les ordres du capitaine Mélenchon le navigateur en eaux troubles,  en affirmant au “cher Benoît Hamon” que leur projet n’est pas de sortir de l’Europe mais de la refonder en l’extirpant “de la camisole des traités actuels”.
Photo : tweet daté du 14 février 2018 sur le compte d’Adrien Quatennens.
Adrien Quatennens semble à son aise au milieu des brumes stagnantes du mensonge! Il fallait oser joindre ses convictions de gosier au chant des sirènes d’une Europe sociale qui n’aura pas lieu. Car tout de même, comment peut-il omettre le fait que l’Europe est, à l’origine, un projet américain financé par les seuls Américains, que la monnaie unique européenne est un vieux rêve de Wall Street et que l’Europe est une grosse éponge imprégnée de tous les sucs du lobbying? Le tout, bien entendu hermétiquement emballé dans le cercueil de plomb d’une OTAN qui vient de réaffirmer sa volonté de régner nos destinées militaires c’est-à-dire sur nos destinées tout court. Mais Adrien Quatennens a peut-être un plan pour prendre le pouvoir au sein de cette organisation bienfaitrice, à l’image de son alter ego ibérique, catogan et barbichu, Pablo Iglesias…
En bon coq au plumage moiré ondoyant dans le faux jour d’une insoumission brevetée et confisquée aux insoumis authentiques, le caquetant Quatennens fait comme si rien n’avait jamais été écrit sur la question, comme si les traités pouvaient disparaître alors qu’ils ne disparaîtront pas (puisqu’il n’obtiendra jamais l’unanimité au sein de l’Union), comme si les banquiers et les hommes d’affaires allaient renoncer à leurs leviers du Transatlantic Business Dialogue ou de l’European Round Table, comme s’il allait pouvoir tordre le bras du libérateur américain, venu – faut-il le rappeler – un peu tard, en 1944, pour affronter les 32 divisions bancales qu’un Reich à bout de souffle avait éparpillées sur la façade atlantique (de la France à la Hollande), pendant que les Russes aplatissaient – à un rythme un peu trop soutenu – les 185 divisions que le Furax à visière originaire de Braunau-am-Inn leur avait destinées.
Sans vouloir le surcharger dans la tâche qui lui incombe de parler beaucoup et en vain sous les sunlights d’une assemblée prise dans les griffes d’une dictature de cinq ans renouvelables par gogos à mains coincées dans les urnes, je lui conseillerai de lire les travaux d’un Raoul-Marc Jennar par exemple, un monsieur qui en saura toujours plus que lui sur l’Europe et qui, contrairement à lui, ne cherchera jamais à nous faire prendre les vessies pour des lanternes.
Etant alors plus informé sur l’Europe, peut-être prendra-t-il conscience du caractère indécent d’une correspondance, même succincte, avec le timonier d’un PS tournoyant, privé de gouvernail et aspiré par les glouglous d’une politique de caniveau dans laquelle le surfeur d’argent Macron lui-même, pourtant spécialiste en aerials, cut-back et autres figurent retournantes et hawaïennes, est en train de s’enfoncer dangereusement.
En espérant que ces sportifs virevoltants plongeront un jour la tête la première dans les trous de coraux qui sans eux ne serviraient à rien et qu’ils rendront l’âme, leurs sales âmes asphyxiées, sous les vagues bleutées transpercées de rayons
Ah, le monde du silence…
 
Bruno Adrie
 http://www.librairie-tropiques.fr/2018/02/l-europe-des-cabris.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail