dimanche 25 mars 2018

EXCELLENT ACCUEIL DE LA PART DE NOMBREUX MANIFESTANTS CHEMINOTS LORS DE LA MANIFESTATION DU 22 MARS

FRANÇOIS ASSELINEAU PROMET D'ORGANISER UNE PRÉSENCE MASSIVE DE L'UPR À LA MANIFESTATION DU 1er MAI À PARIS.

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La présence de François Asselineau et de l'UPR à la manifestation du 22 mars 2018 à Paris pour la défense de la SNCF et des services publics (RATP, Air France, etc.) n'est pas passée inaperçue.

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Non seulement la ferveur et la détermination de la bonne centaine de militants UPR présents a surpris les journalistes et les observateurs présents, mais l'accueil a été franchement excellent - à quelques très rares exceptions près.

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Le président de l'UPR a ainsi été abordé de façon très chaleureuse par des cheminots syndiqués de la CGT, de l'UNSA, de la CFDT et de SUD, qui voulaient le remercier pour tout le travail d'éducation populaire réalisé depuis tant d'années quant à la responsabilité décisive de l'Union européenne et des traités européens dans la destruction des services publics et des acquis sociaux des Français.

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Un certain nombre de manifestants, dans tous ces syndicats, ont tenu à montrer à François Asselineau à quel point ils avaient une connaissance stupéfiante de ses conférences, notamment en citant des articles des traités européens et en acquiesçant à l'idée qu'il était impossible de modifier l'UE et qu'il fallait désormais en sortir.

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Plusieurs ont aussi souligné à quel point ils suivaient désormais régulièrement et avec beaucoup d'intérêt ses entretiens d'actualité (https://www.youtube.com/user/UPRdiffusion/about).

Certains ont déclaré qu'ils avaient voté Asselineau au 1er tour de l'élection présidentielle et quelques-uns se sont même fait connaître comme ayant adhéré récemment à l'UPR !

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Et tous ceux qui l'ont abordé, notamment pour faire des photos, l'ont remercié, parfois avec émotion, de rendre à la politique son honnêteté et sa vérité, sans lesquelles il n'y a plus de vie démocratique.

Le président de l'UPR a manifesté à la tête du cortgège de l'UPR, fermant le défilé, entre la Gare de l'est et la Bastille, via la place de la République.

Devant cet excellent accueil et l'intérêt suscité chez les journalistes et les badauds présents le long des trottoirs ou même dans les immeubles, François Asselineau a annoncé par mégaphone, lors de la dispersion du cortège, que l'UPR allait rééditer cette présence, mais de façon beaucoup plus massive, lors du défilé du 1er mai prochain à Paris.

Dans les jours et les semaines qui viennent, toutes les délégations départementales de l'UPR vont ainsi être chargées de préparer ce qui sera sans nul doute la manifestation la plus importante réalisée par notre mouvement depuis sa création.

D'ores et déjà TOUS LES ADHÉRENTS ET SYMPATHISANTS DE L'UPR SONT CONVIÉS À CONVERGER À PARIS - DEPUIS LES QUATRE COINS DE LA FRANCE ET MÊME DE L'ETRANGER - LE MARDI 1er MAI 2018.

Nous allons tout faire pour que l'ambiance et la participation soit aussi fervente et nombreuse que lors du 10e anniversaire de l'UPR qui avait réuni plus de 6000 personnes à Paris le 25 mars 2017 !

https://www.facebook.com/upr.francoisasselineau/videos/10156238878892612/

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Corée du Sud : Quand les robots recrutent les employés

Quand les robots recrutent les humains

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Plusieurs entreprises sud-coréennes commencent à confier à des robots la tâche de recruter leurs employés.

Le conglomérat sud-coréen Lotte recrute 800 employés en ce mois de mars et il se fait aider par une intelligence artificielle pour analyser les milliers de CV et de lettres de motivation envoyés par les candidats. Et cette tendance est en plein essor en Corée du Sud.

En janvier 2018, les candidats à un emploi chez le géant sud-coréen des processeurs, SK Hynix, avaient déjà vu leur lettre de motivation être évaluée par une intelligence artificielle. Une technologie similaire à celle utilisée par l’entreprise Lotte qui a tout de même précisé que ce serait un recruteur humain qui prendrait la décision finale, après entretien.

La startup sud-coréenne Midas IT, elle, a justement présenté début mars un système d’entretien d’embauche mené par un ordinateur : le candidat est face à son écran, il répond à des questions, joue à des jeux, tandis que le robot analyse ses réponses, la tonalité de sa voix, et même ses expressions faciales. L’entreprise s’est servie de ce système l’année dernière pour choisir ses employés parmi 10 000 candidats. Elle assure que son intelligence artificielle permet de déterminer quel type de poste convient le mieux à chaque employé.

Réduire la discrimination à l’embauche

La méthode commence à s’internationaliser. Depuis l’année dernière, la multinationale anglo-néerlandaise Unilever utilise également un système similaire pour la première étape de son processus de recrutement. Les candidats passent un entretien préliminaire automatisé, via leur smartphone ou leur tablette, avant une éventuelle rencontre avec un recruteur humain.

Le premier avantage pour les entreprises, ce sont les gains de coût et d’argent que ces technologies permettent : une intelligence artificielle peut analyser en quelques heures des milliers de CV et de lettres de motivation.

Selon leurs concepteurs, ces robots recruteurs permettraient aussi de réduire la discrimination à l’embauche : Unilever embaucherait ainsi des employés d’origines plus diverses depuis qu’elle a recours à ce système.

Penser comme un robot…

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En Corée du Sud, on évoque tout de même les inconvénients suscités par ces méthodes. « Des candidats interviewés par des robots racontent être mal à l’aise quand ils parlent à un ordinateur, et disent que l’expérience est ‘pénible et pas naturelle’. », souligne le quotidien sud-coréen Joongang Ilbo.

La Corée du Sud est aussi une société où la différence est peu valorisée, la pression pour agir et penser comme les autres est intense. On a du mal à voir comment un logiciel pourra évaluer positivement un candidat créatif, qui pense de façon originale. Pour se faire recruter, il faudra littéralement penser comme un robot.

Source :

https://www.ald.softbankrobotics.com/fr/robots/pepper

http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20180322-coree-sud-intelligence-artificielle

http://mashable.france24.com/tech-business/20180322-coree-du-sud-robots-recrutement-humains

https://www.theguardian.com/social-care-network/2017/oct/16/pepper-robot-southend-social-care-recruit

https://aphadolie.com/2018/03/24/coree-du-sud-quand-les-robots-recrutent-les-employes/

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La France vers le modèle colonial latino-américain

TRIBUNE LIBRE / Philippe Chapeli

Relire Eduardo Galeano

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Qualifier la Révolution française de « révolution bourgeoise » est un lieu commun mais qui exprime une réalité : la formation d’une bourgeoisie nationale porteuse d’idéaux libéraux et égalitaires. En France, c’est cette combinaison idéologique qui a caractérisé notre lutte des classes et notre histoire. Si au XIXe s. le prolétariat était en Angleterre et les classes en Prusse (dans la constitution prussienne), la lutte des classes était en France ! En France, la bourgeoisie nationale n’est pas complètement autonome et ne doit pas le devenir. Son comportement dépend des luttes et donc de l’articulation des rapports entre classes populaires et classes moyennes.

Que pourrait bien devenir notre pays sans l’idéal de la nation et la réalité d’une bourgeoisie nationale ? La France des années 2010 commence de se rapprocher dangereusement du modèle latino-américain si bien décrit par Eduardo Galeano.

Le délitement d’une nation

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La désindustrialisation de la France semble aujourd’hui coïncider avec la disparition de la démocratie. Depuis la mise en place de l’euro, la France s’est installée dans le déficit commercial, processus qui s’accompagne d’une décomposition de la vie politique. Voilà une entrée en matière économiste assez convenable pour s’interroger sur les liens entre économie et vitalité de la nation. Peut-on imaginer un pays développé sans industrie, sans capitalisme, et sans bourgeoisie ?

Revenons rapidement sur le passé et l’ascension, avant la chute.

En France comme ailleurs, le développement économique a largement reposé sur une collaboration entre l’Etat et la bourgeoisie nationale. Durant la Première révolution industrielle, le gouvernement a donné les impulsions et décidé des grands investissements, puis laissé les acteurs économiques capitalistes agir librement pour exploiter les infrastructures.

Cette période correspond, avec un peu de retard par rapport à l’Angleterre, au moment du développement des idéaux démocratiques. Des crises économiques ont commencé de survenir, à partir du Second empire, quand le capitalisme a prétendu se libérer des régulations étatiques. Mais ce capitalisme est resté national, avec des élites soucieuses de tempérer les politiques qui portaient atteinte aux branches industrielles. Une vie idéologique intense, initiée sous la Révolution française, a accompagné le développement industriel et permis de concilier capitalisme et amélioration du niveau de vie. L’affrontement entre des principes de liberté et d’autorité, d’égalité et d’inégalité a finalement favorisé la lutte des classes, la démocratie libérale et un contrôle national du capitalisme. Sa vie politique très riche a fait de la France, alors en position centrale, un modèle d’innovation.

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Même si la France n’a jamais été un très grand pays industriel, elle fut par excellence le pays de la lutte des classes et l’essai classique de Marx s’appelle en effet «Les luttes de classe en France ». Cette définition de la nation par des classes qui y sont en lutte a duré, tout en s’adoucissant, au XXe siècle. Une réelle inventivité sociale en a découlé, dont un système de ponction à la source de la plus-value du capital, le système des cotisations sociales, encore en vigueur.

Pris dans cette dynamique de long terme, le patronat, temporairement dompté en 1945, a depuis silencieusement reconstitué ses forces, pour finalement vouloir sortir de la dialectique des classes et de la nation, en mettant en place la « construction européenne ». Cette construction s’est révélée une arme de destruction massive de la démocratie libérale, par contournement du cadre national de la lutte des classes. La création de l’Union européenne fut l’aboutissement de ce processus : en 1992, en inventant l’euro, nos classes supérieures ont renoncé à conduire une politique économique indépendante. Les Français, en votant le traité de Maastricht, ont quant à eux renoncé à exister en tant que nation. Leur traditionnelle lutte des classes n’y est plus possible, leur monde ouvrier va redevenir force de travail atomisée.

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Mais un véritable désastre économique s’ensuit, révélé par l’apparition d’un déficit commercial structurel. Un « 1940 » de longue durée est inscrit dans les traités européens TUE et TFUE qui constitutionnalisent les politiques économiques. L’entrée dans l’ère post-nationale a certes débarrassé les classes supérieures de la démocratie et de la lutte des classes, mais le prix économique de cette victoire sociale aura été élevé : libéré de sa nation, notre capitalisme implose. On ne peut toutefois être sûr que notre régression industrielle soit un accident, une conséquence non désirée par des classes bourgeoise peu conscientes du lien entre vitalité de la Nation et force de l’économie. Car en effet, les politiques menées depuis 1992 s’apparentent vraiment à du sabotage. Le choix de Siemens contre Alstom, la destruction programmée de la SNCF, ne sont peut-être que les éléments planifiés d’un choix antinational en action.

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Faire de la politique et prétendre gouverner c’est donc aujourd’hui s’occuper de la « réduction des déficits » et de la gestion de la police. L’introduction du système de la Dette évoque le sort des pays du Tiers-Monde pressurés par le Fonds Monétaire International (FMI) dans les Années 1970. Les Français, par vanité peut-être, veulent continuer de croire qu’ils vivent dans l’une des démocraties du monde libre et dominant. Leur situation réelle est celle du maillon faible dans un nouveau genre de système colonial, cette Union européenne qui comprend des pays dominés et un pays dominant, l’Allemagne, qui impose ses règles et ses hommes.

Or, il existe un continent qui vit cette situation depuis deux cents ans, proche de la France culturellement, par la langue et le tempérament, l’Amérique latine dont l’étude peut nous renseigner sur notre futur.

Le nationalisme comme projet social : le cas de l’Amérique latine

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La société latino-américaine repose sur une dynamique portant des idéaux de liberté et d’égalité, comme la France. Ceux-ci s’incarnent dans des forces sociales qui prennent une forme assez différente de ce qui existe en Europe : les guérillas, les mouvements indigénistes, les cartels, les groupes paramilitaires. Ces dispositifs, dont le fonctionnement est horizontal, sont censés réguler le climat de violence inter-individuelle qui caractérise le continent, en l’absence d’Etat.

Tandis que l’Etat-nation s’est construit sur une longue durée en France, l’Amérique latine n’a ni l’Etat ni la nation. Le nationalisme, qui n’est pas un état, fait donc lui aussi partie de la dynamique générale : « la cause nationale latino-américaine est, avant tout, une cause sociale » affirme Eduardo Galeano1. Au XIXe s., l’Amérique latine s’est beaucoup inspirée des idées issues de la Révolution française. Les courants libéraux, indépendantistes, s’en réclamaient en opposition au système hiérarchique de la monarchie espagnole. Mais ce modèle antiautoritaire n’a pas permis d’organiser l’Etat : le rapport de l’individu à l’Etat est trop lâche.

Cette faiblesse structurelle de l’Etat a favorisé le maintien d’un modèle économique de type colonial et empêché la constitution de capitalismes nationaux. Elle a freiné la formation de bourgeoisies nationales capables, comme en France dans le prolongement de sa Révolution, de se sentir responsables de l’ensemble de la population, à l’imitation de la noblesse.

La description d’un continent qui a conservé son statut colonial en dépit des mouvements d’indépendance est au cœur de l’ouvrage « Les veines ouvertes de l’Amérique latine », d’Eduardo Galeano (1970), tableau surtout économiste de l’Histoire de ce continent.

L’histoire de l’Amérique latine s’oppose à celle des Etats-Unis, dont le modèle économique repose sur l’autonomie vis-à-vis de l’Europe, les richesses produites n’étant pas expatriées. Il semble que la valeur d’égalité, d’horizontalité, ait affaiblit le rapport d’autorité nécessaire à un minimum d’efficacité économique.

Ainsi, l’Amérique latine est restée peu développée, conservant son système de grande propriété : en 1910, à la veille de la réforme agraire impulsée par la Révolution, les terres mexicaines étaient détenues par environ 800 propriétaires, dont beaucoup étaient des étrangers vivant en Europe ou aux Etats-Unis. Sur 15 M. d’habitants, 12 M. travaillaient dans les haciendas2. En 1911, l’écrivain américain John Kenneth Turner déplorait que son pays ait vassalisé le dictateur Porfirio Diaz et transformé le pays en une colonie esclave3. Face au gouvernement nationaliste de Lazaro Cardenas, dont les réformes sociales sont comparables à celles du Front populaire en France, le cartel pétrolier US imposa un embargo entre 1939 et 1942 !!4. La Standard et la Shell s’étaient partagés le territoire mexicain. Cardenas nationalisa l’exploitation du pétrole. Plus au Sud, l’économie du Venezuela se répartit au XXe s. entre le pétrole et les latifundis traditionnels. Dans les années 1950, le Venezuela, considéré comme le grand lac de pétrole de la Standard Oil Company, était la plus grande base militaire américaine présente en Amérique latine. Déjà, au XIXe s. l’industrie en Amérique du Sud reposait sur le bon vouloir des capitalistes européens, qui contrôlaient le commerce.

Le libre-échange, comme le « bon » nationalisme, est un privilège des puissances dominantes. Les indépendances profitèrent ainsi aux grandes puissances commerciales organisant l’industrie et détruisant les productions locales traditionnelles. Pendant ce temps, les Etats-Unis consolidaient leur économie par le protectionnisme. L’exemple des Etats-Unis sortant de la Guerre civile révèle ainsi, souligne Galeano, l’existence de deux modèles historiques, l’un basé sur le libre-échange et l’esclavage, l’autre sur le protectionnisme et l’économie intensive, « deux conceptions du destin national ».

En Amérique latine, cette situation a empêché l’émergence de bourgeoisies nationales. Les bourgeois ne sont que les commissionnaires d’un capitalisme étranger dominateur (les marxistes parlent de « bourgeoisie comprador »). Pour eux, la nation n’est donc pas un objet à défendre :

« La nation n’est qu’un obstacle à franchir – car la dépendance indispose quelquefois – et un fruit délicieux à dévorer.(…) Le grand galop du capital impérialiste a trouvé l’industrie locale sans défense et sans conscience de son rôle historique. Quant à l’Etat, son influence sur l’économie latino-américaine, qui s’affaiblit depuis deux décennies [en 1970] a été réduite au minimum grâce aux bons offices du FMI. (…) En AL, le processus de dénationalisation a été beaucoup plus rapide et plus économique et a eu des conséquences incomparablement plus terribles. »5

Contrairement à l’Europe, dont la bourgeoisie industrielle était devenue hégémonique, l’entreprise fut en Amérique latine essentiellement le fait de l’Etat : « L’Etat occupa la place d’une classe sociale (…) : il incarna la nation et imposa l’accès politique et économique des masses populaires aux bénéfices de l’industrialisation. Dans cette matrice, œuvre des caudillos populistes, ne se forma pas une bourgeoisie industrielle radicalement différente des classes jusqu’alors dominantes ».6 Et, à l’exception du Mexique, les populistes tels que Péron en Argentine ne touchèrent pas à la structure latifundiste.

En Amérique latine, la bourgeoisie, subordonnée aux puissances économiques, redoute donc davantage la pression populaire que celle de l’impérialisme US. En Europe et aux Etats-Unis, elle se développa de manière fort différente.

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Cette réalité explique la capacité de la bourgeoisie en Amérique latine à saboter les économies de leur propre pays quand elles le jugent nécessaire, pour des raisons politiques, en général avec l’appui des Etats-Unis : l’histoire du continent est ainsi ponctuée de mouvements de déstabilisation économique interne, dans le but de s’opposer aux revendications populaires et à la démocratie libérale : au Mexique dans les années 1920, l’un des aspects de la guerre des Cristeros contre la réforme agraire est la mise en place d’un boycott économique pour renverser le gouvernement révolutionnaire. Au Chili, en 1973, un blocus économique interne portant notamment sur les produits de première nécessité, visait au renversement du gouvernement de Salvador Allende. Les déstabilisations de ce type ponctuent enfin l’histoire de la révolution bolivarienne au Venezuela depuis 1999.

Retour en Europe

Se livrer pieds et poings liés à une puissance dominante, au mépris d’un capitalisme national, qu’il s’agisse des Etats-Unis, pour l’Amérique latine ou de l’Allemagne, pour l’Europe, ne fait qu’entraîner les nations déjà constituées vers une situation de type colonial dans laquelle les bourgeoisies ex-nationales se retournent contre leurs peuples. L’idée de « nationalisme comme cause sociale », selon l’expression de Galeano, devra donc à nouveau faire son chemin.

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Ce détour par l’Amérique Latine révèle de manière empirique l’erreur fondamentale des idéologues de gauche qui prétendent que la sortie du capitalisme passerait par la destruction de l’Etat-nation.

Le paradoxe actuel, c’est que les convictions européennes des classes vraiment moyennes, qui incluent les professions intermédiaires et les professeurs de collège, sont très superficielles. En se contentant de stigmatiser, lors des mouvements sociaux ou dans leurs programmes politiques, le Président de la République ou la Constitution de la Ve République, , elles montrent qu’elles n’envisagent la lutte que dans le cadre national. S’agit-il d’une stratégie d’évitement de la question européenne ou simplement d’une viscérale incapacité à se projeter mentalement hors des frontières nationales pour analyser les mécanismes de domination ? Il semble en tout cas exister un sérieux “gap théorique” sur la question de l’insertion des luttes dans les relations internationales. Mais soyons optimistes. Il ne faudrait que peu de choses pour que les classes vraiment moyennes rejoignent les classes populaires, dans un rejet commun du démantèlement de l’Etat-nation.

Philippe Chapelin (historien)

Notes

1. Eduardo Galeano, Les veines ouvertes de l’Amérique latine, 1970, Pocket/Terre humaine, p. 330.
2. Ibid., p. 167.
3. John Kenneth Turner, « Mexico barbaro », 1911.
4. Eduardo Galeano, op. cit., p. 221.
5. Ibid., p. 289.
6.

Ibid., p. 291.

https://www.les-crises.fr/la-france-vers-le-modele-colonial-latino-americain-par-philippe-chapelin/

vendredi 23 mars 2018

Plusieurs milliers de personnes à la manifestation du 22 mars à Limoges

Etudiants, cheminots, fonctionnaires, agents de la DIRCO,... Nombreux étaient les Hauts-Viennois à se mobiliser ce jeudi contre la politique du gouvernement.

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La CGT Dirco (Direction Interdépartementale des Routes centre-ouest) s'est associée au mouvement de grève de ce jeudi 22 mars. Elle a bloqué le matin le rond-point de Grossereix, puis l'A20 (direction nord-sud). Les manifestants ont ensuite rejoint le cortège composé d'étudiants, lycéens et cheminots. Il est parti vers 10 h 30 du carrefour Tourny.

 A noter que le trafic SNCF était également perturbé ce jeudi en Limousin.

https://www.lepopulaire.fr/limoges/social/2018/03/22/plusieurs-milliers-de-personnes-a-la-manifestation-du-22-mars-a-limoges-diaporama_12783623.html

Voir aussi:

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Jean-Claude, militant à FO, est habitué à scander des slogans au mégaphone depuis des années. On l'a rencontré à l'occasion de la manif du 22 mars.

C'est un peu comme le haka des Neo-zélandais, une manière de se motiver, de se rassembler et de se jeter dans la mêlée du combat social. Les slogans sont aux manifs comme les soutanes aux curés : indispensables. [sic]

Jean-Claude, militant FO de Limoges est habitué à les scander au mégaphone depuis des années. « Sarko si tu savais », « Hollande si tu savais » ou encore « Macron si tu savais ».

A chaque manif et quel que soit le président, la même rengaine est entendue avec cette chute connue de tous : « ta réforme où on se l'a met... Aucu, aucu aucune hésitation. » Mais des slogans nouveaux sont apparus pour cette manif du 22 mars.  Pour Jean-Claude, ils évoluent au fil de l'humeur politique du moment, de la colère des participants.

https://www.lepopulaire.fr/limoges/social/2018/03/22/on-est-alle-ecouter-les-slogans-de-la-manif-du-22-mars-a-limoges_12783881.html

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Pour la plupart des manifestants et de leurs organisations, les slogans visaient Macron et le gouvernement. Seuls, les militants de l'UPR ont pointé les vrais responsables des réformes en cours, et notamment de la destruction des services publics, thème de la manifestation.

A noter que notre présence a été acceuillie avec bienveillance et parfois étonnement. Seuls, 2 excités sont venus nous traiter de "fascistes", et une de nos militantes a été (courageusement) bousculée par un grand "démocrate", provoquant l'indignation des manifestants alentour qui l'ont aidé à ramasser ses tracts tombés par terre. La police à proximité (car nous étions en fin de cortège) a évité tout débordement et de nombreux manifestants sont venus nous saluer et discuter. Nos tracts ont soulevé beaucoup d'intérêt, nous n'en avons trouvé pratiquement aucun jeté sur la voie publique. Un bilan globalement positif donc, et nul doute que notre présence sera de plus en plus appréciée au fil du temps et de l'augmentation de notre notoriété.   P.G.

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jeudi 22 mars 2018

Sanctions contre les chômeurs : le gouvernement annonce ses projets

Étape de la concertation avec les partenaires sociaux, le ministère du Travail a présenté le 19 mars de nouveaux axes de son projet de réforme de l’assurance chômage : plus de contrôles et des sanctions alourdies contre les chômeurs.

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Partenaires sociaux, organisations patronales et syndicats qui gèrent l’Unédic ont été reçus au ministère du Travail, ce 19 mars, pour prendre connaissance des arbitrages du gouvernement sur l’assurance-chômage.

Le cabinet de la ministre Muriel Pénicaud dévoilait les grandes lignes du projet de «Loi sur la liberté de choisir son avenir professionnel» qui doit être présenté mi-avril pour un vote au Parlement d’ici cet été. Il s’agissait principalement de notifier aux trois organisations patronales (Medef, CPME et U2P) et aux cinq syndicats (CGT, CFDT, CFE-CGC, CFTC et FO) un renforcement des mesures de contrôle des demandeurs d’emploi qui avaient été annoncées pendant la campagne.

Selon les projets du gouvernement, refuser une «offre raisonnable d’emploi» ou l’insuffisance de recherche d’emploi seront désormais passibles de suspension d’allocations pendant un mois la première fois, deux mois la deuxième fois et quatre mois la troisième fois. Au deuxième et troisième manquement, l’allocation ne sera pas seulement suspendue mais définitivement amputée. Il s’agit donc surtout de modifications rendant plus sévères les sanctions déjà prévues par la loi de 2008, adoptée sous le deuxième gouvernement Fillon, qui avait déjà introduit la notion d’ «offre raisonnable d’emploi».

Triplement des agents pour contrôler les demandeurs d’emploi

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Parmi les mesures phares chères à Muriel Pénicaud : le triplement des agents de Pôle Emploi affectés au contrôle des demandeurs d’emploi. Ils devraient passer de 200 actuellement à 600 selon le projet de loi. Mais est-ce à cause d’un manque de moyens ou d’un manque de cas correspondants que la loi prévoyant les radiations a donné jusqu’ici peu de résultats ? Interviewé le jour même sur la chaîne Public Sénat, Hervé Chapron, ancien directeur général adjoint de Pôle Emploi, a rappelé que «Toutes les études avaient montré que 90% à 92% des demandeurs d’emploi cherchaient vraiment un travail. »; avant d’analyser : « Se focaliser sur le contrôle des chômeurs est une chose qui peut être intéressante médiatiquement mais qui […] ne rapportera pas l’équilibre des comptes

Toutefois, de nombreux points restent à préciser, comme les critères définissant les «offres raisonnables» qui doivent en partie être définis avec le demandeur d’emploi et être personnalisés. Parmi eux, la distance entre le domicile et le lieu de travail, mais aussi le salaire en deçà duquel un demandeur d’emploi peut refuser une offre. Il doit, actuellement être d’au moins 85% du salaire précédent dans une fonction comparable après six mois d’inscription à Pôle Emploi.

 

Dans une interview exclusive accordée au Parisien, il y a environ un an, le candidat Macron annonçait déjà un durcissement, en prévoyant d’abaisser ce seuil à 80%, voire 75%, sans parler d’attendre six mois : «Si des emplois décents correspondent à votre qualification et que le salaire n’est pas inférieur de plus de 20-25 % à votre ancien poste, vous ne pourrez pas refuser plus de deux offres. Sinon, vos indemnités seront suspendues. C’est ça la vraie révolution de la flexi-sécurité.»

A l’époque, Emmanuel Macron présentait ces nouvelles contraintes comme une «contrepartie» de l’extension des droits à l’allocation aux démissionnaires, mais aussi aux indépendants. En effet, ces derniers, auraient désormais droit, en cas de liquidation judiciaire, à une allocation de 800 euros par mois durant six mois, sous certaines  conditions. Mais aucune cotisation supplémentaire ne serait prélevée pour financer ce nouveau droit qui devrait donc alourdir la charge de l’assurance chômage. La logique peine toutefois à expliquer le lien entre le durcissement des contrôles pour des salariés devenus chômeurs et de nouveaux droits accordés aux indépendants et non financés au préalable.

Cela fait les bons comptes du Medef puisque cette mesure permet de précariser davantage les travailleurs en les obligeant à accepter toute forme d’emploi au rabais, sans quoi ces derniers se verraient supprimer leurs allocations.

Une stratégie qui permet dés lors de flexibiliser davantage le marché du travail, et qui permet également de faire baisser la courbe du chômage en faisant tout bonnement disparaître nombre de chômeurs des statistiques officielles.

Une baisse du taux de chômage par la radiation ou la précarisation.

Source :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Muriel_Pénicaud

https://francais.rt.com/economie/48953-sanctions-contre-chomeurs-gouvernement-annonce-durcissement

https://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do;jsessionid=2002675F696E8AA92A78D674377C1C86.tplgfr30s_1?idArticle=LEGIARTI000006903813&cidTexte=LEGITEXT000006072050&dateTexte=20180319

https://aphadolie.com/2018/03/21/sanctions-contre-les-chomeurs-le-gouvernement-macron-annonce-ses-projets/

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ON NE SAUVERA PAS LES STATUTS SANS COMBATTRE L’U.E. ET SES DIRECTIVES DE MORT !

TRIBUNE LIBRE / PRCF

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Il est illusoire de prétendre sauver le des dans le cadre de l’euro-directive ferroviaire qui substitue à la logique de service public issue de 36 et du CNR la logique capitaliste de « l’économie de marché ouverte sur le monde où la concurrence est libre et non faussée » (traité de Maastricht).

Cheminots, fonctionnaires, électriciens, souvenez-vous que certains ont prétendu sauver le statut de France-Télécom dans le cadre de l’euro-privatisation Jospin-Gayssot… On sait ce qui est advenu ensuite des agents de FT resté sous statut : ils ont parfois été plus harcelés encore par leur direction que les personnels officiellement précaires…Avec pour conséquences les drames que l’on connait !

Pas plus qu’il n’est sérieux de prétendre sauver le bac national, le statut national des fonctionnaires, l’Éducation nationale et les diplômes nationaux, comme le prétendent presque tous les syndicats enseignants, en ménageant la vache sacrée de la « construction européenne » et en ne levant pas un doigt pour défendre la nation indépendante, le produire en France, la langue française et tout ce que l’euro-atlantisme dominant envoie à la déchetterie sur l’autel de la « mondialisation » (des profits !).

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Cessons de ménager le chef d’orchestre patronal européen dont Macron-MEDEF et Pépy ne sont que les petits proconsuls arrogants. Pour nationaliser les luttes, les étendre à l’Europe, brisons les chaînes de l’Union européenne !

https://www.initiative-communiste.fr/articles/europe-capital/%e2%80%a2on-ne-sauvera-pas-les-statuts-sans-combattre-lu-e-et-ses-directives-de-mort/?ct=t(RSS_EMAIL_CAMPAIGN)

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Casse sociale et tout anglais, une même politique dénoncée par les militants CGT d’Annecy

Dans le très intéressant journal de l’UL d’Annecy en ( lire ci-après), les militants font le lien entre la politique de et la politique de casse sociale accelérée . La langue n’est elle pas le premier service public des travailleurs ? leur premier outil pour s’unir et défendre leurs droits ?


ACT LANGUE CONSTITUTION

«In Annecy Mountains»

Dans le magazine de l’agglomération, le « Grand Annecy » N°3,  de décembre 2017, il faut lire l’éditorial du président du Grand Annecy, Jean-Luc Rigaut :

“«In Annecy Mountains»: c’est désormais en ces termes que notre territoire rayonnera au-delà de ses frontières !.. »….

et les pages « Tourisme » 18 et 19,

“Désormais, ce territoire parlera d’une seule voix”

Il faut lire ces pages qui nous éclairent sur l’ambition affichée de déposséder les citoyens de leur territoire. Alors que communes, cantons – et bientôt départements – issus de la Révolution française, perdent leur essence et leurs compétences au plus près des gens, nous voici projetés dans un nouveau « territoire » « In Annecy Mountains », des bords du lac aux cimes des Aravis, du Plateau des Glières au massif des Bauges…

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Après nous avoir dépossédés, de manière terriblement violente, de la démocratie de décider au niveau des communes, voilà qu’on nous impose de parler la langue de l’Empire, dans la négation complète de l’article II de la Constitution (« la langue de la République est le français ») et de la loi Toubon du 4 août 1994 (« la langue française « élément fondamental de la personnalité et du patrimoine de la France, langue de l’enseignement, du travail, des échanges et des services publics »)» Alors que le français est le premier service public de France et le lien du socle social déjà bien fragilisé dans notre pays, toutes sortes de décideurs politiques et économiques, dans une configuration générale de relégation systématique du français au profit du tout-anglais, choisissent de substituer le business globish aux expressions françaises : c’est la stratégie “communication” des chasseurs de profits.  Cette entreprise soustraite au débat citoyen par la réforme territoriale vise à instituer le Grand Marché Transatlantique avec sa langue des affaires et de l’entreprise, une « économie de marché ouverte sur le monde où la concurrence est libre et non faussée » (Maastricht).

Ces acteurs politiques et économiques locaux affichent très clairement leurs « ambitions internationales », un « pari audacieux ». Les décideurs haut-savoyards veulent mettre la barre très haut  pour que le « territoire » soit choisi par l’État comme « zone touristique internationale » à l’instar de celles déjà créées, à Paris, Nice, Cannes ou Deauville et où s’impose la déréglementation du travail, la caricature du « travailler plus pour gagner plus »…  Les commerces peuvent y ouvrir les dimanches et jusqu’à minuit, sur la base de compensations salariales sans garanties de contreparties minimales pour les salariés… contreparties négociées au cas par cas…

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Et pour arriver à leurs fins, les pouvoirs politiques et économiques sont prêts à vendre notre région comme une savonnette au travers d’ « une marque d’attractivité territoriale » !

Dans ce contexte imposé de pensée  et d’économie unique, d’uniformisation culturelle et de discrimination entre l’élite mondialisée et les dominés méprisés baragouinant le globish, la résistance organisée s’impose.

https://www.initiative-communiste.fr/articles/luttes/casse-sociale-et-tout-anglais-une-meme-politique-denoncee-par-les-militants-cgt-dannecy/?ct=t(RSS_EMAIL_CAMPAIGN)

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mercredi 21 mars 2018

« Sortir du nucléaire civil » ou … sortir de l’UE et de la « défense euro-atlantique » ?

TRIBUNE LIBRE / PRCF

TL FREXIT PRCF EELV FI

Quoi qu’on pense sur le fond de la question du civil en France (et le PRCF a pris position sur ce sujet dans le programme adopté à l’unanimité par la conférence nationale de 2011), est-il bien raisonnable pour nos camarades de la de centrer leur activité actuelle sur cette thématique alors que…

  • La destruction et la privatisation d’EDF battent leur plein au nom de la « construction européenne », et que la mise en place hautement discutable des compteurs « Linky » est inséparable de la casse du service public de l’ ? En particulier, est-il indispensable de faire chorus avec - les Verts, qui a toujours combattu en tant que tel sous l’égide d’un Cohn-Bendit ?
  • Macron est en train d’araser tout le socle social issu de 68, de 45 et de 36 en attaquant « tous ensemble et en même temps » le Code du travail, les statuts, l’hôpital public, la SNCF, le lycée, le bac national, l’enseignement professionnel public, les qualifs et les diplômes nationaux qui fondent les conventions collectives salariales, l’indemnisation du chômage, et qu’une grande manif se prépare le 22 mars à laquelle tous les militants progressistes – politiques ou syndicalistes – se doivent d’accorder une priorité absolue ?
  • Faire la cour à EELV, qui a sombré avec Hollande, après avoir littéralement aboyé pour l’intervention militaire et/ou pour les ingérences occidentales en Libye, en Syrie, en Ukraine, non sans avoir agoni d’injures le Venezuela bolivarien et Cuba. Flirter avec EELV est peut-être bon pour construire on ne sait quelle liste européenne (la faire gagner, c’est autre chose), mais cela ne peut qu’indisposer les dizaines de millions d’ouvriers et d’employés qui en ont plus qu’assez de la casse de la France et de la « construction » européenne que portent aux nues les EURO-FEDERALISTES prétendument « verts » ;
  • EELV est notoirement partisan d’une Europe des régions « dépassant » le cadre national et qui ressemble furieusement à l’euro-régionalisation de la France que Macron veut graver dans la constitution avec son « pacte girondin » et son inscription de la Corse dans la constitution.

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  • seule une France franchement insoumise à l’UE, s’engageant fermement dans la construction d’une République sociale, souveraine et fraternelle, pourrait fédérer la MAJORITE de notre peuple, offrir une véritable alternative à Macron et aux Le Pen, et mettre enfin « le monde du travail au centre de la vie nationale », comme y appelait le CNR*.
  • Certes, l’attitude ultra-européiste, des directions syndicales confédérales et du PCF-PGE n’aide pas à orienter l’ « insoumission » vers le Frexit progressiste et révolutionnaire. Raison de plus pour tous les militants franchement communistes, mais aussi pour les insoumis qui veulent vraiment stopper Macron, pour appeler ensemble – comme l’avait pourtant fait JLM au congrès de Clermont-Ferrand, à « briser les chaînes de l’Union européenne ».

Or, comme son nom l’indique, « Europe-Ecologie-les Verts » n’est rien d’autre, comme la Confédération européenne des syndicats ou comme le Parti de la gauche européenne, que conteste à juste titre le Parti de gauche, que l’une de ces chaînes !

 

 

https://www.initiative-communiste.fr/articles/europe-capital/sortir-du-nucleaire-civil-ou-sortir-de-lue-et-de-la-defense-euro-atlantique/?ct=t(RSS_EMAIL_CAMPAIGN)

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*"comme y appelait le CNR": le CNR rassemblait des mouvements au- delà du clivage "droite- gauche", seul moyen pour libérer la France! Sinon, je suis plutôt d'accord sur le diagnostic concernant les partis et syndicats européistes, en particulier EELV ou la CES....   P.G.

dimanche 18 mars 2018

SNCF: une grève longue peut mettre l'opinion du côté des cheminots, selon un historien

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IL n'y a pas de prime charbon et autres trucs souvent colportés à tort. D'ailleurs les cheminots ne roulent pas en Rolls et si un équipage d'avion est hébergé en escale dans un trois ou quatre étoiles ce n'est pas le cas des conducteurs de train qui doivent faire leur lit lorsqu'ils doivent découcher dans une gare externe. Certes le logement est gratuit mais ils doivent emporter leurs draps etc..
L'article présente un petit historique intéressant. Le statut ne date pas de l'après-guerre mais de l'avant-guerre. Les compagnies, à l'époque privées, souhaitaient conserver un personnel qualifié pour faire tourner la "machine". Donc on les chouchoutait.
L'article n'est pas très long, mais instructif.
Selon l'auteur, une grève longue et forte peut se retourner contre le gouvernement. Les propositions actuelles avaient déjà été avancées en 1953 et au vu de l'évolution du conflit, le gouvernement avait dû battre en retraite. Mais c'était sous la 4ème République. Or aujourd'hui le gouvernement et surtout le Président n'ont cure des français. Donc, ils iront jusqu'au bout.
D'ailleurs, mais les syndicats ne le disent pas : la réforme proposée est obligatoire en vertu des traités européens (articles 121 & 106 du TFUE). C.S.

Une grève "forte et dans la durée" peut mettre la population du côté des cheminots car, au-delà du mécontentement initial des usagers, elle peut favoriser le débat et retourner l'opinion, explique l'historien Michel Pigenet, spécialiste des mouvements sociaux.

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QUESTION: Les Français jugent "injustifiée" une éventuelle grève à la SNCF, selon un récent sondage. Lors de la grande grève de 1995, les cheminots avaient reçu le soutien de la population. Qu'est-ce qui peut mettre les usagers du côté des grévistes?

REPONSE: "Les grèves de cheminots ont souvent été longues. Si la grève dure, d'un côté elle peut exacerber le mécontentement des usagers, mais d'un autre côté elle est l'occasion d'un débat et, à ce moment-là, une argumentation peut être entendue. Et quand la grève se prolonge, l'obstination des gouvernants ou des dirigeants de la compagnie peut aussi être mise en cause. Cela s'est fréquemment passé dans l'histoire. C'était le cas en 1995. Dans un premier temps, il y avait une incompréhension, outre que les cheminots n'étaient pas seuls en cause.

La durée est une arme à double tranchant pour un pouvoir. En 1953, une grève éclate en plein mois d'août. Les gens ne comprennent pas, mais comme la grève dure, l'opinion se retourne contre le gouvernement. La grève se terminera par un succès puisque le gouvernement, qui avait tenté de passer par décrets-lois, l'équivalent des ordonnances d'aujourd'hui, ne les appliquera pas.

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Les grèves de cheminots sont corporatistes, professionnelles, mais en même temps touchent un service public. Il y a là indéniablement pour les cheminots un argument fort car la défense de leur statut renvoie à la notion de service public. Les deux sont liés. Cet argument fort se couple aujourd'hui avec l'arrivée de la concurrence. Pour le moment, les syndicats n'ont pas la main pour l'expliquer, mais une action forte et dans la durée peut modifier cela."

QUESTION: En 2008, Didier Le Reste, alors leader de la CGT Cheminots, avait dit que le statut était "le ciment de la famille cheminote". Ce "ciment" existe-t-il vraiment?

REPONSE: "Indéniablement le statut unifie le monde divers, hétérogène des cheminots. Le statut des cheminots en tant que tel date de 1920 et il y a eu ensuite différentes adaptations. Avant, il y avait déjà eu toute une série d'acquis donnés par les compagnies ferroviaires pour fidéliser, stabiliser un personnel compétent, en accordant un certain nombre d'avantages, comme la retraite, les congés payés.

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Le statut va plus loin car il a aussi les caractéristiques d'une convention collective, c'est-à-dire qu'il détermine les conditions d'embauche, d'avancement à l'ancienneté. Ce sont des protections tout à fait avantageuses, qui ont inspiré les revendications d'autres salariés.

Le monde des chemins de fer est professionnellement hétérogène, avec une bonne centaine de métiers différents entre les guichetiers, les conducteurs, les contrôleurs, les agents des voies... Le seul point commun de tous ces personnels, c'est de faire fonctionner les trains et rendre ce service qui est un facteur de fierté, d'attachement à la compagnie. Le statut contribue à cette unité, par-delà toutes les différences, professionnelles, régionales. Ce qui unifie tout cela, c'est une compagnie -la SNCF depuis 1938-, un statut et le service public. Tout cela est intimement lié."

QUESTION: La mise à l'index du statut comme source de privilèges date-t-elle de ses débuts?

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REPONSE: "C'est très ancien cet argument des privilèges. En 1909, Eugène Guérard, grande figure du syndicalisme cheminot et de la CGT, disait lui-même à ses camarades: "Vous ne pouvez nier que vous êtes privilégiés au point de vue de la retraite" Et il leur conseillait, "pour maintenir les avantages acquis, d'aider toutes les corporations à obtenir des conditions de retraite analogues".

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La première fois où cet argument est explicité à la radio, c'est en juin 1947. Une grève un peu inattendue démarre à Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne) et se propage très vite. Le ministre des Transports Jules Moch s'adresse aux Français à la radio. Il oppose les cheminots au reste de la population et les cheminots entre eux. On présente les grévistes comme des privilégiés égoïstes. Loin d'apaiser le conflit, ça le durcit. Cela reviendra par la suite. En 1953, "regardez le statut des uns et l'absence de statut des autres", c'était un leitmotiv."

http://www.boursorama.com/actualites/sncf-une-greve-longue-peut-mettre-l-opinion-du-cote-des-cheminots-selon-un-historien-6a19d1b41c31043df2bccc19c9a15f31

lundi 12 mars 2018

Grexit, un sentiment qui monte

TRIBUNE LIBRE / Fabien Perrier (Alternatives économiques)

« Plus de 50 % des Grecs sont pour la sortie de l’euro ! », assène Kostas. L’homme n’est pas sondeur mais menuisier. Il défend, coûte que coûte, l’idée d’un nécessaire Grexit. Pour cet Athénien, la Grèce ne peut s’en sortir dans le cadre monétaire actuel. Le Grexit ne représenterait-il pas un risque d’effondrement supplémentaire ? « Je suis déjà ruiné », répond Giorgos, un fabricant de fenêtres en aluminium.

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« Tout le monde a été emporté par la crise », poursuit Kostas. Son confrère embraye : « Depuis 2010, mon chiffre d’affaires a chuté de 70 %. Comme dans tout le secteur du bâtiment, d’ailleurs. » « Que les “partenaires européens” viennent voir la vraie vie des Grecs », s’agace l’un d’eux, alors que Bernard Cazeneuve était annoncé en visite à Athènes le 3 mars. Le message qu’entendait faire passer le Premier ministre est que la place de la Grèce est en Europe et dans la zone euro. « La Grèce est sur la bonne voie, la France reconnaît les efforts fournis », confie son entourage.

Trop d’austérité

Les deux artisans se disent « à bout ». Et ils ne sont pas les seuls. Les instituts de sondage officiels relaient ce nouveau sentiment de Grexit. Pour 53 % des Grecs interrogés par l’institut Alco en janvier dernier, l’euro est une erreur pour le pays. Ils ne sont plus que 45,5 % à vouloir rester dans l’euro. En dépit de leurs désillusions, ils sont encore minoritaires (42 %) à souhaiter un retour à la drachme. Mais le changement est tangible. En 2009, 64,5 % des personnes interrogées par Alco estimaient que le pays allait mieux grâce à l’euro. En début d’année, un autre institut de sondage, MRB, publiait des résultats plus tranchés, 54,8 % des Grecs déclarant que le pays devait songer à une sortie de l’euro.

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Pourquoi un tel revirement ? En 2015, les deux hommes, comme une majorité d’électeurs, avaient placé quelques espoirs en Syriza. Le parti de la gauche grecque mené par Alexis Tsipras, l’actuel Premier ministre, arrivait au pouvoir le 25 janvier avec le refus de l’austérité comme principe programmatique. Il voulait donc contrecarrer ces politiques appliquées en Grèce depuis 2010.

A l’époque, Athènes signe un premier accord avec ses créanciers. Ce « mémorandum » implique l’application de réformes structurelles (baisse des salaires et des pensions, coupes drastiques dans les dépenses publiques, réformes du marché du travail, hausses fiscales...) en échange d’un premier prêt pour éviter au pays le défaut de paiement. Alexis Tsipras et son gouvernement n’auront pas pu mettre en pratique leurs intentions. En juillet 2015, ils sont sommés par leurs « partenaires européens » de parapher un nouveau mémorandum, le troisième appliqué dans le pays.

Dette explosive

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Alors que le taux de chômage était d’à peine 10 % fin 2009, il frôle aujourd’hui les 23 %. Et 73,8 % des chômeurs sont de longue durée ; selon la législation en vigueur dans le pays, ils n’ont ni indemnité, ni couverture sociale. Quant à la dette du pays, elle reste explosive. Elle atteint actuellement 180 % du PIB et si elle n’est pas restructurée, elle pourrait représenter 275 % du PIB en 2060 selon le Fonds monétaire international (FMI). Et les créanciers continuent de réclamer leur dû. Alors que la Grèce n’a toujours pas perçu la dernière tranche de crédit (86 milliards) que lui avait promis la Troïka en juillet 2015, elle est tenue de rembourser 7 milliards d’euros avant l’été.

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« Moi, je soutiens Zoe Konstantopoulou et ses actions contre la dette », explique Giorgos. L’ancienne présidente de la Vouli, le Parlement grec, qui a rompu avec Syriza et créé son propre mouvement, a ses aficionados. Comme elle, ils estiment que l’économie hellène ne pourra pas redémarrer sans une véritable restructuration de la dette comportant l’effacement d’une part de son montant et le remboursement par l’Allemagne de sa dette historique envers la Grèce. « Tous les emprunts auxquels le pays a souscrit depuis 2010 ne servent qu’une chose : rembourser la dette aux banques européennes, souligne Kostas. Les Grecs n’en ont pas perçu le moindre centime... Au contraire, eux se serrent toujours plus la ceinture. »

Car chaque mémorandum est accompagné de son flot de mesures. Les salaires ont baissé de 40 % en moyenne depuis 2010 ; le salaire minimum (à temps plein) est de 586 euros brut, et même 510 euros brut pour les moins de 25 ans.

Retraites rabotées

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Alors même que les experts de la Troïka sont de retour à Athènes pour évaluer (tous les six mois) les programmes d’économies mis en place par le gouvernement, les négociateurs (Union européenne, Banque centrale européenne, FMI) exigent de la Grèce qu’elle prenne de nouvelles mesures. A l’issue de l’eurogroupe, fin février, Athènes s’est engagée à en voter « par anticipation ». Elle se plie ainsi à une exigence avancée par le FMI, qui considère que les prévisions européennes sur le cours de l’économie grecque sont trop optimistes.

La Grèce devrait donc consentir à une nouvelle baisse du seuil d’exemption fiscale (5 000 euros par an) dès 2019 et à de nouvelles coupes dans les pensions de retraite, déjà rabotées plus d’une dizaine de fois depuis le début de la crise en 2010. Aucun calendrier n’est encore fixé sur ce dossier des retraites, mais le souhait des négociateurs est que les mesures à venir puissent s’appliquer de manière rétroactive.

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Alexis Tsipras se targue d’avoir obtenu que ces sacrifices soient compensés, euro pour euro, par des mesures d’allègement, elles aussi à partir de 2019, comme par exemple des baisses de TVA. Mais Euclide Tsakalotos, le ministre des Finances, a reconnu la semaine dernière devant le Parlement qu’« il y aura des perdants et des gagnants ».

Les perdants ? « Ce sont toujours les mêmes ! », tranche Giorgos. « Avant, nous avions un salarié dans l’entreprise. Maintenant, nous n’arrivons même plus à vivre à trois, mon frère, mon fils et moi... » Dans le pays, la paupérisation est rampante.

Plus d’un tiers des Grecs sont aujourd’hui en risque de pauvreté ou d’exclusion sociale ; 21,4 % vivent déjà sous le seuil de pauvreté. Christos Triandafilou, chercheur à l’Institut grec du travail, souligne qu’avec les baisses successives des salaires, le seuil de pauvreté, de 6 120 euros en 2007 pour une personne seule, a baissé à 4 512 euros. Quinze ans après l’adoption de la monnaie unique par Athènes, le Grexit commence à s’imposer comme la seule porte de sortie pour une population à bout de nerfs.

https://www.alternatives-economiques.fr/grexit-un-sentiment-monte/00077796