mercredi 2 mai 2018

Aux grandes réformes les grands experts : le cas de Pascal Perri [réédition]

En raison de la mobilisation sociale et militante autour du 1° mai, l'équipe de Frexit-Limousin.fr représente des articles de fond publiés sur ce site à des fins d'argumentaire. Merci de votre compréhension. P.G.

AFFICHE ARG 1MAI

TRIBUNE LIBRE / ACRIMED

TL ACRIMED PERRI

Depuis l’annonce du projet de réforme de libéralisation du rail, Pascal Perri a un agenda médiatique très chargé. Régulièrement en plateau sur BFM et RMC – chaines pour lesquelles il travaille comme « consultant économique », « économiste » ou « grande gueule » selon les cas – mais également présent sur le service public, il déroule une partition bien connue qui se résume en un mot d’ordre : imposer la concurrence dans le secteur ferroviaire, ici et maintenant. Auteur d’un livre publié en 2009 intitulé SNCF : un scandale français, Pascal Perri est devenu, dans le circuit fermé des grands médias, l’un des « experts médiatiques » les plus en vue pour commenter la réforme du rail.

Précisons d’emblée que Pascal Perri n’est pas le seul « expert » ayant œuvré, depuis la mi-février, à la promotion du rapport Spinetta et de la réforme gouvernementale du secteur ferroviaire. Il est un exemple parmi d’autres de ce que nous avons appelé « les pros du commentaire » [1], au rang desquels Alain Duhamel, par exemple, défend toujours avec brio son rôle de chien de garde [2].

Un « expert » exemplaire

Mais Pascal Perri n’a rien à envier aux illustres anciens. Comme bon nombre d’experts épinglés dans le film Les Nouveaux Chiens de garde, il cumule tout à la fois les rôles d’éditocrate, d’expert et de communicant en se distinguant par des va-et-vient constants entre la sphère politique, les entreprises privées, les écoles de commerce [3] et les médias. Si nous nous attardons dans un premier temps sur ces éléments biographiques, c’est parce qu’ils éclairent cette catégorie d’éditorialistes qui, sous couvert d’« expertise », sont en réalité juges et partie : nombreux sont ceux qui, comme Pascal Perri, surfent sur leur exposition médiatique, défendent leurs intérêts personnels ainsi que ceux des dominants, en faisant la promotion des réformes qui leur profitent, directement ou indirectement.

Comme le résume la notice biographique du « Magazine économique de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Maine-et-Loire » (2014) :

Pascal Perri est économiste, spécialiste des questions de concurrence. Il a publié plusieurs ouvrages sur l’économie des prix, dont Toujours moins cher : low cost, discount et Cie en 2006. Il conseille par ailleurs des groupes industriels, des entreprises de la distribution et des fédérations professionnelles. Il a participé aux travaux de la commission Beigbeder « Le low-cost ; un levier pour le pouvoir d’achat » [4] et a été chargé, en 2005, par le ministre du Tourisme d’un rapport sur l’impact des compagnies aériennes à bas prix dans les territoires touristiques français. En 2009, il est nommé rapporteur de la commission « vie chère » des États Généraux de l’Outre-mer sous la responsabilité du Premier ministre [François Fillon, sous la présidence de Nicolas Sarkozy. NDLR]. Doctorat es Economie et Géographie et DEA de géopolitique (Paris VIII), Pascal Perri anime un cycle de formation pour Les Échos formation. Il est un des auteurs de la Fondation pour l’innovation politique [5]. Il dirige PNC, cabinet de conseil en stratégie low-cost.

Sa familiarité avec les cercles du pouvoir (quels que soient les gouvernements) l’ont également conduit à rédiger d’autres rapports publics, ainsi que nous l’apprend le « groupe de travail et de recherche Oui à l’innovation ! » dirigé par… Pascal Perri lui-même : « En 2014, [il] a rendu un rapport sur l’impact social du numérique en France (Pellerin, Hamon, Montebourg) puis une étude sur la régulation des grands moteurs de recherche (mai 2015) dans le cadre du débat parlementaire sur le projet de loi de modernisation de l’économie. Il [a été] membre du groupe de travail « compétitivité du sport français » au ministère des sports. [6] »

Comme le souligne Les Échos, « il a lui-même dirigé des entreprises de l’agro-alimentaire et du transport aérien » et « conseille également des collectivités pour leur politique touristique, des entreprises sportives et de loisir pour leur développement commercial. [7] » Le quotidien d’information économique et financière ne pouvait se passer d’un tel potentiel : Pascal Perri propose des études pour des prix modiques, devenant ainsi, auto-consécration oblige, un expert dévoué au service de « l’expertise des Échos  », elle-même « au service de votre stratégie » ! À bien consulter ses « états de service », il y a pourtant beaucoup à redire sur l’expertise de Pascal Perri [8]...

Un « expert » omniprésent

C’est donc tout naturellement que Pascal Perri a mis son talent au service du rapport Spinetta dès sa parution – probablement enivré par les potentialités de développement du « low-cost » qu’il promet. Il faut dire que la demande médiatique n’a pas manqué, à commencer par Les Échos bien sûr, où il a eu tout le loisir de publier trois tribunes en l’espace d’un peu plus d’un mois :



Le dernier article – initialement titré « SNCF : l’entreprise a su évoluer, aux cheminots de rattraper le train » – joue en trois temps la partition de l’ultra-libéralisme béat que Pascal Perri déroule dans l’ensemble de ses interventions. D’abord, les acquis sociaux sont un archaïsme, privilèges engoncés dans la tête de travailleurs et de grévistes s’obstinant à vouloir vivre à l’âge de pierre :

Jusqu’à une période récente, une partie de l’opinion française pensait encore naïvement que les statuts pouvaient protéger de l’évolution. Les mirages de l’idéologie ont duré une bonne partie du XXe siècle. Par la force des choses, les changements d’usage des consommateurs ont balayé cette croyance absurde que certains modèles seraient éternels.

Ensuite vient le temps pour l’expert de révéler à tous les bienfaits de la concurrence, en expliquant aux plus pauvres pourquoi le low-cost est – non pas un traitement de classe discriminant – mais une chance :

La compétition est darwinienne. Elle va permettre à la SNCF de démontrer tout son savoir-faire. Et elle n’en manque pas. La concurrence stimule l’innovation, y compris marketing et commerciale, elle est efficace pour gagner de la productivité, pour mieux servir les clients et elle impose aux entreprises d’être plus agiles et plus imaginatives. Enfin, la concurrence, si elle est sobrement et honnêtement régulée, fait baisser les prix et élargit la demande. OuiGo a montré qu’il y avait une véritable élasticité de la demande au prix dans le ferroviaire.

Enfin surgit la prescription bénie de l’expert, confiant dans l’avenir radieux que vient ouvrir la réforme :

Heureusement, dans une société de liberté, les usages finissent toujours par l’emporter car ils traduisent les aspirations humaines. Réjouissons-nous de l’arrivée de nouvelles offres ferroviaires. La SNCF est beaucoup plus solide qu’on ne l’imagine et c’est en situation de concurrence que les clients s’en apercevront. Dans le ferroviaire comme dans le transport aérien appliquons une formule simple qui a fait ses preuves partout ailleurs [9] ; le marché autant que possible, l’État autant que nécessaire.

Rideau !

Et à en croire ses multiples invitations médiatiques, c’est un discours qui a plu et flatté ses compères éditocrates. En particulier ceux de BFM-TV et de RMC – chaines pour lesquelles il officie régulièrement en tant que consultant économique et « grande gueule » – mais pas seulement : le service public lui accorde également ses faveurs. Sur la SNCF, mais aussi sur bien d’autres sujets, tant les médias sont avides et suscitent les vocations d’experts-à-tout-faire. Illustration en vidéo :

acrimed perri 2

https://www.youtube.com/watch?time_continue=7&v=UaGtEXHGPvc

 

Récapitulons les prestations médiatiques de Pascal Perri sur la SNCF (et ce n’est peut-être pas exhaustif !) :

- 18 février – « Week-end direct » sur BFM-TV – « Économiste, auteur de SNCF : un scandale français ».

- 19 février – « Focus première » sur BFM-TV – « Consultant économique de RMC, spécialiste des transports ».

- 19 février – « Les décodeurs de l’éco » sur BFM-TV – « Économiste, auteur de SNCF : un scandale français ».

- 19 février – JT de 20h sur France 2 – « Économiste » (interviewé dans un reportage).

- 26 février – « Les Grandes Gueules » sur RMC – « Économiste ». On lui doit une sortie des plus distinguées : « On ne meurt plus dans les chemins de fer à 60 ans intoxiqués par l’oxyde d’azote » [10].

- 27 février – « News et compagnie » sur BFM-TV – « Économiste ».

- 3 mars – « Priorité au décryptage » – « Économiste ».

- 15 mars – « C dans l’air » sur France 5.

- 22 mars : « Les décodeurs de l’éco » sur BFM Business.

Un chien de garde dans un vaste chenil

Pascal Perri n’est qu’un exemple d’une éditocratie en roue libre depuis l’annonce de la réforme, rivalisant d’arrogance et de mépris [11].

Alain Duhamel, déjà vent debout contre les grèves de 1995 (et contre toutes celles qui ont suivi !), squatte les plateaux de RTL, en compagnie notamment de Marc-Olivier Fogiel, pour dire tout le bien qu’il pense de la réforme. Le 19 et le 20 février, soit quelques jours après la publication du rapport Spinetta, il expliquait comme à son habitude que la réforme était « indispensable financièrement », qu’« on ne peut pas attendre », que pour les cheminots et « pour d’autres professions, la technique humaine et raisonnable, c’est pour les nouveaux contrats d’avoir des contrats qui ne soient plus dans le statut ». Un porte-parole gouvernemental des plus efficaces, soucieux de relayer la pédagogie macroniste : « [Macron essaie de] créer un choc, une dynamique, un mouvement, mais disons que c’est un pari sur la capacité des Français d’avaler autant de réformes. »

« Les Grandes Gueules », déjà épinglées sur le sujet choisissaient quant à elles une question élégante à poser à leurs auditeurs suite à l’annonce des grèves : « Les cheminots se foutent-ils du monde ? »

Éric Brunet, pour finir, n’hésite pas à tancer le gouvernement : « M. le Premier ministre, vous vous êtes couché devant les élus locaux : il fallait supprimer les petites lignes avec des TER quasiment vides et très coûteux ! » [12] Force de propositions, cet énième partisan du « ça-ne-va-pas-assez-loin » partage ses modèles sans réserve, lui qui baptisait Napoléon III le « vrai réformateur français » ! (Éditorial de Valeurs actuelles, 16 février) :

Quoi qu’il en soit, grâce à Napoléon III, la France fut, jusqu’en 1914, la première puissance économique du monde, au côté de la Grande-Bretagne. Alors oui, vive l’empereur !

 

***


Exemple édifiant de ces experts à gages, Pascal Perri saute à cloche-pied du monde des médias à celui de l’entreprise, en passant par la sphère politico-administrative et l’enseignement privé. Ces multiples casquettes lui confèrent une influence que décuplent les médias en lui déroulant le tapis rouge en plateau ou en tribune, afin qu’il fasse valoir un point de vue ultra-libéral, au diapason de l’engouement des éditocrates pour la réforme de la SNCF [13]. Un point de vue tranché et totalement partial que camouflent bien mal les titres fourre-tout dont il est affublé (comme « consultant économique ») et qui lui permettent de s’exprimer sur tout et n’importe quoi. En ce sens, l’omniprésence de Pascal Perri est le symptôme de l’anémie du pluralisme dans les grands médias. Elle rend compte de la circulation circulaire du discours dominant, et de la consécration médiatique des pseudo-experts qui en sont les porte-voix.


Pauline Perrenot et Frédéric Lemaire

http://www.acrimed.org/Aux-grandes-reformes-les-grands-experts-le-cas-de#top

Macron contre les services publics - Quel rôle pour l'Union européenne ? (vidéo) [réédition]

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AFFICHE ARG 1MAI

Comment les manifestants mobilisés contre les réformes visant les services publics voient-ils le rôle joué par l'Union européenne ?
Nous sommes allés à leur rencontre pour le savoir.

ALORS EUREUX SERVICES PUBLICS

Sur Youtube : https://youtu.be/zM3481Q90hA

== SOURCES ==
- Article du Monde mentionné en introduction : http://www.lemonde.fr/…/sncf-que-signif…
- Politique européenne des transports ferroviaires : https://fr.wikipedia.org/…/Politique_eu…
- Analyse de l'article 106 du TFUE : https://resume.uni.lu/…/article-1062-du…

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ART106 VERSION 2

 

 

 

 

 

 

 

 

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Il semblerait que la propagande "alter- européiste" ait affiné sa critique du Frexit: effectivement, l'alinéa 2 de l'article 106 prévoit une sorte de "clause de sauvegarde". Sauf que la formulation est tellement vague qu'elle ne tient pas la route en termes juridiques. Par ailleurs, le calendrier de mise en oeuvre des directives européennes est, lui, contraignant, comme le souligne fort justement notre "reporter". En outre, la simple mise en concurrence, avec ou sans limites, en admettant qu'on arrive à négocier ces dernières au terme d'un long et difficile procès,  est par nature contradictoire avec l'esprit même d'un service public "à la française": sans monopole, comment redistribuer les activités rentables vers celles qui, par définition, ne le sont pas, mais sont jugées nécessaires quand même pour des raisons supérieures d'intérêt national? En introduisant délibérément le "ver dans le fruit", l'article 106 nous contraint bel et bien au démantèlement de nos services publics. On notera d'ailleurs que ceux- ci sont rebaptisés en novlangue européenne "services d'intérêt économique général", ce qui n'est pas du tout la même chose...   P.G.

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1968 dans le monde: une année brûlante (réédition)

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L'année 1968 s'est traduite par une inflexion majeure dans l'hémisphère occidental comme dans l'hémisphère communiste. Gardons-nous de la réduire aux revendications sociétales des étudiants parisiens. À San Francisco, Berlin, Rome, Bruxelles, Pékin... comme à Paris, il y eut l'avant et l'après-68.

HIST 68 COHN BENDIT

En Europe comme en Amérique, l'opposition massive à la guerre du Vietnam domine la vie sociale et politique. Les États-Unis connaissent aussi, un siècle après l'abolition de l’esclavage, une soudaine exacerbation des tensions raciales. À l’Est, la contestation du communisme soviétique et la faillite du maoïsme ébranlent les régimes en place (*).

Brûlures

À l'aube de 1968, le monde entier bouillonne et frémit. Mais ce qui va déclencher les brûlures de 1968 tient principalement à un fait, la guerre du Viêt-nam

- Un tournant dans la guerre :

L'engagement américain au Viêt-nam s'est brutalement intensifié en 1966 avec le bombardement aérien des villes du Nord en 1966. Mais dans un premier temps, l'opposition à la guerre est restée cantonnée aux campus universitaires et auxmilieux intellectuels.

Capture d'un Vietcong près de l'ambassade américaine de Saigon (offensive du Têt, 1968) (DR)Tout bascule le 30 janvier 1968, quand les forces nord-vietnamiennes et vietcongs (communistes du sud-Viêt-nam) déclenchent l'offensive du Têt (Nouvel An vietnamien).

Une centaine de villes, dont Saigon et Hué, la capitale historique de l'Annam, sont simultanément assaillies par plusieurs centaines de milliers de combattants. Les Sud-Vietnamiens et leurs alliés américains se ressaisissent rapidement.

Échec militaire, l'offensive du Têt, menée en direct sous les caméras des journalistes occidentaux, n'en constitue pas moins pour les communistes un succès médiatique. Elle fait basculer l'opinion américaine contre la guerre. Les désertions se multiplient. Des dizaines de milliers de jeunes Américains s'établissent à l'étranger pour échapper à la conscription.

Les manifestations de protestation deviennent quasi-quotidiennes dans toutes les grandes villes étudiantes d'Amérique mais aussi d'Europe.

- L'opposition à la guerre traverse l'Atlantique :

En Italie, les étudiants dénoncent tout à la fois la guerre du Viêt-nam et la raréfaction des débouchés professionnels !... Ils se distinguent de leurs homologues français par le fait qu'ils réussissent dès le début de l'année 1968 la jonction avec les syndicats ouvriers et à mener de concert des grèves de solidarité autour de l'emploi et des conditions de travail.

Les premiers affrontements sérieux avec la police se produisent le 1er mars 1968 à Rome, dans le parc de la Villa Borghese, devant la faculté d'architecture dont les autorités ont ordonné la fermeture.

Cette agitation va faire plusieurs victimes et perdurer jusqu'à l'automne 1969, justifiant le qualificatif de « Mai rampant »...

À Berlin-ouest, l'opposition à la guerre  se manifeste dès le week-end des 16 et 17 février 1968 avec la tenue d'un Congrès international sur le sujet. Il rassemble trois mille délégués de différents pays à l'appel du syndicat des étudiants socialistes allemands (SDS) dirigé par Rudi Dutschke (28 ans), dit « Rudi le Rouge ».

Rudi Dutschke et Alain Krivine (à sa gauche) lors d'une manifestation à Berlin-Ouest les 16-17 février 1968 (DR)

Tout s'accélère le 11 avril 1968 quand Rudi Dutschke est atteint de deux balles dans la tête. Il va s'en tirer péniblement mais ses partisans mettent immédiatement en cause la presse populaire et conservatrice du groupe Axel Springer qui ne tarit pas d'insultes à son égard et a probablement influencé son meurtrier.

Dans toutes les villes allemandes se multiplent les manifestations dirigées contre le groupe de presse et les institutions américaines. Parmi les étudiants arrêtés par la police figure le fils du social-démocrate Willy Brandt, alors ministre des Affaires étrangères !

À Londres, le 17 mars 1968, 25 000 personnes marchent sur l'ambassade américaine en sautillant sur place et scandant : « Ho Ho Ho Chi Minh ! » Ils sont accueillis à coup de matraques par la police. Le meneur du mouvement est un étudiant pakistanais, Tariq Ali. 

Affiche de soutien au Vietnam (DR)Les manifestations vont se prolonger jusqu'à la fin de l'été, avec un facteur aggravant : la question raciale.

Le 20 avril 1968, en effet, Enoch Powell, un député conservateur de très grande érudition, prononce à Birmingham un discours magistral sur les méfaits présumés de l'immigration, resté connu sous le nom de Rivers of Blood speech (« Discours des Rivières de sang »).

En France, tout débute le 22 mars 1968 dans une faculté de la région parisienne, à Nanterre, avec l'arrestation de six militants du Comité Viêt-nam. La faculté est perturbée pendant quelques semaines, jusqu'à ce que son recteur prenne la décision de la fermer, le 2 mai 1968. Aussitôt, les étudiants se transportent au coeur de Paris, à la Sorbonne.

Les autorités, dans l'affolement, décident de fermer celle-ci. Il s'ensuit de violentes échauffourées avec la police. Le mouvement étudiant culmine en intensité et fait l'objet d'une tentative de récupération par l'opposition politique et les syndicats le 13 mai, dixième anniversaire du vrai-faux coup d'État qui a ramené le général de Gaulle au pouvoir.

Finalement, ce dernier, après avoir donné l'impression de défaillir, reprend les choses en main. Il annonce solennellement à la télévision la dissolution de l'Assemblée nationale. Aussitôt, le 30 mai, un million de ses partisans descendent en masse les Champs-Élysées. La fête est finie. On ne déplore que deux morts : un commissaire de police tué par un camion-bélier et un jeune manifestant tombé dans la Seine.

- La fracture raciale aux États-Unis :

La guerre du Viêt-nam a réveillé la fracture raciale aux États-Unis en dépit de l'abolition définitive des lois ségrégationnistes par le président Lyndon Baines Johnson.

C'est que les jeunes Noirs, du fait de leur condition modeste, sont en première ligne parmi les conscrits appelés à combattre en Indochine. Ils ont moins de facilités que les étudiants blancs des classes moyennes et supérieures à contourner la loi, se faire réformer ou  affecter dans la Garde nationale.

Martin Luther King pointe cette injustice. En avril 1967, devant une foule immense réunie à New York sur la place des Nations, il se demande pourquoi envoyer des jeunes Noirs défendre à 16 000 km de chez eux des libertés « qu'ils n'ont jamais connues dans le sud-ouest de la Géorgie et dans l'est de Harlem » et pourquoi envoyer des garçons blancs et noirs se battre côte à côte « pour un pays qui n'a pas été capable de les faire asseoir côte à côte sur les bancs des mêmes écoles » ?

C'est dans ce contexte que le pasteur est assassiné sur le balcon d'un motel à Memphis (Kentucky) un an plus tard, le 4 avril 1968. Son assassin se dénoncera plus tard. C'est un repris de justice blanc, James Earl Ray.

Révulsés par la mort du pasteur, les ghettos noirs des grandes villes américaines sombrent aussitôt dans des émeutes d'une extrême violence.

Cet Holy Week Uprising (« Soulèvement de la Semaine Sainte ») fait 39 morts et des dégâts comme les États-Unis n'en ont pas connu depuis la guerre de Sécession. Il est exploité par des extrémistes noirs adeptes de la violence et clairement racistes, tels les Black Panthers de Stokely Carmichael et Eldrige Cleaver.

Les enjeux raciaux prennent un tour inattendu aux Jeux Olympiques qui s'ouvrent à l'automne à Mexico.

Tommie Smith et John Carlos aux JO de Mexico le 17 octobre 1968 (DR)Le 17 octobre 1968, les athlètes américains Tommie Smith et John Carlos, respectivement 1er et 3e de l'épreuve du 200 mètres, baissent ostensiblement la tête et lèvent leur poing ganté de noir alors qu'ils sont sur le podium et que retentit l'hymne américain. Par ce geste de défi, ils affichent leur soutien aux Black Panthers !

Après Martin Luther King, voilà que les États-Unis pleurent également Robert Kennedy (43 ans).

Le populaire sénateur était donné favori pour les élections présidentielles de la fin de l'année. Le 5 juin 1968, alors qu'il sort d'un hôtel de Los Angeles où il vient de remporter les primaires démocrates de Californie pour les prochaines élections présidentielles, il est touché de deux balles tirées à bout portant par un jeune Palestinien, Sirhan Sirhan, qui lui reprochait son soutien à Israël.

- À l'Est et au Sud, ça bouge aussi mais pour d'autres raisons :

Au-delà du « rideau de fer » qui coupe l'Europe en deux, on ne se soucie ni du Viêt-nam ni des Afro-Américains mais l'on commence à penser que la tutelle soviétique a assez duré, d'autant que Moscou a perdu de sa superbe depuis la reculade de Cuba.

En Tchécoslovaquie, l'un des pays les plus étroitement soumis à Moscou depuis le « coup de Prague » de 1948, une révolution de palais survient le 5 janvier 1968 avec le remplacement d'Antonín Novotný par Alexander Dubcek (47 ans) au secrétariat général du Parti communiste tchécoslovaque.

Dès le mois d'avril, défiant les Soviétiques et poussé de l'avant par les milieux intellectuels, Dubcek tente d'instaurer un « socialisme à visage humain ». Il supprime la censure, autorise les voyages à l'étranger et fait même arrêter le chef de la police. Beaucoup de Tchécoslovaques se ruent à la découverte de l'Occident sans prendre garde aux manoeuvres prémonitoires du pacte de Varsovie.

Au matin du 21 août 1968, les Européens se réveillent en état de choc. Des troupes blindées d'un total de 300 000 hommes ont envahi le pays dans la nuit sur décision de l'autocrate soviétique Leonid Brejnev. Des dizaines de milliers de parachutistes ont aussi atterri sur l'aéroport de Prague. Fin du Printemps de Prague.

Sans qu'il y paraisse, les Polonais n'étaient pas en reste et les milieux intellectuels s'agitaient tout comme à Prague. Mais le secrétaire général du Parti ouvrier unifié polonais Władysław Gomułka ne se laisse pas faire. Classé comme réformateur et libéral à son accession au pouvoir en octobre 1956, il est prêt à toutes les compromissions pour conserver le soutien des Soviétiques. 

Le 30 janvier 1968, la police arrête à Varsovie une cinquantaine d'étudiants qui manifestaient contre l'interdiction d'une pièce du répertoire classique (Les Aïeux d'Adam Mickiewicz) pour cause d'allusions antirusses ! C'est le début d'une agitation estudiantine qui culmine en mars avec la grève des universités et des échauffourées dans les rues, tout cela pour réclamer des droits triviaux qu'au même moment les étudiants occidentaux vouent aux gémonies ! 

Dans un discours au Palais de la culture, le 19 mars, Gomulka organise la contre-offensive en mettant en cause les menées de quelques étudiants « sionistes » (juifs). Il va dès lors réveiller l'antisémitisme résiduel de la population polonaise en mettant à pied les professeurs juifs et en conseillant aux juifs qui « aimaient Israël » (autant dire tous les juifs) de quitter le pays. Enfin, en août, il participe à l'invasion de la Tchécoslovaquie. Ainsi sauve-t-il momentanément sa place.

Répression de Tlatelolco (Mexico, 2 octobre 1968)Le reste du monde n'est pas épargné par l'agitation, qu'il s'agisse du Japon ou du Mexique. C'est dans ce dernier pays que surviennent les événements les plus sanglants de l'année, guerres et invasions mises à part.

Le 2 octobre 1968, soit une dizaine de jours avant l'ouverture des Jeux Olympiques de Mexico (12-27 octobre), des étudiants manifestent au centre de la capitale mexicaine, sur la place des Trois Cultures et dans le quarter avoisinant, dit Tlatelolco.

Les policiers, de façon délibérée, ouvrent le feu. On compte une vingtaine de morts selon le gouvernement, plus sûrement quelques centaines. Par cette répression brutale, le président Díaz Ordaz a voulu mettre un terme aux manifestations estudiantines avant l'ouverture des Jeux.

Cendres brûlantes

L'amateur d'Histoire peut s'amuser d'un parallèle entre l'année 1848 et l'année 1968. La première a été marquée dans toute l'Europe par des révolutions autrement plus violentes et meurtrières qu'en 1968. Mais dans les deux cas, on retrouve les mêmes aspirations utopiques et généreuses... et les mêmes échecs. Partout le retour à l'ordre a prévalu.

Mais sous cet apparent retour à l'ordre, le « printemps des peuples » de 1848 a suscité des aspirations nationales inédites, autour du « droit des peuples à disposer d'eux-mêmes » et de la réinvention des langues et des identités nationales.

Les contestations étudiantes de l'année 1968 ont tout autant changé les sociétés européennes et dans une moindre mesure le reste du monde développé.

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L'individu-roi soucieux de ses droits a supplanté le citoyen pénétré de ses obligations sociales. Il a entraîné les institutions traditionnelles dans un irrésistible déclin, qu'il s'agisse des Églises, des syndicats ou des partis politiques. Il s'est aussi accommodé de l'émergence d'une nouvelle doctrine économique, née à Chicago autour du professeur Milton Friedman, qui va déboucher sur le néolibéralisme et le désengagement des États de la régulation économique...

https://www.herodote.net/Une_annee_brulante-synthese-226-20.php

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mardi 1 mai 2018

SNCF - Vers la fin des services publics [réédition]

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AFFICHE ARG 1MAI

Cet article date du 7 mars, mais est bien sûr de toute actualité!   P.G.

Sous la pression de Bruxelles, et dans le droit fil de la politique néolibérale désormais omniprésente, le président Macron entend mettre fin une fois pour toutes aux services publics en France.

TL TOUT DOIT PARTIR

TRIBUNE LIBRE /

Pour ou contre la grève SNCF, les usagers prennent parti [réédition]

ACT SNCF GREVE

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AFFICHE ARG 1MAI

Il y a les « pour » et bien sûr les « contre ». Mercredi 4 avril, après deux jours de grève éprouvants pour les usagers qui ont dû affronter les trains bondés ou tout simplement l’absence de trains, les avis divergent sur la suite de cette grève du personnel de la SNCF qui devrait reprendre dimanche 8 avril. D’un côté, certains usagers demandent à ce qu’on cesse de les prendre en otage ; de l’autre, certains sont prêts à mettre la main au porte-monnaie pour soutenir les grévistes.

 

 

L’association des usagers des transports d’Île-de-France réclame, par exemple, l’ouverture de « véritables négociations » entre gouvernement et syndicats de cheminot pour une fin rapide de la grève à la SNCF, dans un communiqué publié mercredi.

« Gêne insupportable pour les usagers »

« Les principales personnes touchées sont les plus vulnérables », a souligné auprès de l’AFP, Bernard Gobitz, le vice-président de cette association qui représente les usagers des transports en région parisienne, mais partage sur ce sujet les mêmes positions que sa fédération nationale (Fnaut).

L’association des usagers « attend du gouvernement et des syndicats qu’ils engagent de réelles négociations, en sortant d’une logique de surenchère, afin de limiter la durée de la grève et la gêne insupportable qu’elle entraîne pour de nombreux usagers », selon le communiqué.

 

 

« Nous considérons, comme les syndicats, qu’une reprise rapide de la dette ferroviaire est indispensable, pour permettre une baisse du niveau des péages (droit de passage payé à SNCF Réseau), un renforcement de l’offre ferroviaire et des investissements plus importants et plus rapides », explique aussi l’association.

L’association souligne que 70 % des voyageurs de la SNCF sont franciliens et que la région parisienne est donc particulièrement touchée par le mouvement social.

Près de 200 000 € récoltés pour soutenir les cheminots

D’autres usagers, eux, sont plus favorables à la perspective de maintenir le rapport de force avec le gouvernement. Leur soutien s’exprime notamment par une cagnotte en ligne, qui permet de soutenir financièrement les cheminots qui, faisant grève, ne touchent pas de revenu.

Lancée le 23 mars par une trentaine d’écrivains, réalisateurs ou encore universitaires, cette cagnotte avait presque atteint la barre des 200 000 €, mercredi en milieu de journée, avec plus de 5 800 contributeurs.

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« Tout l’argent déposé sur la cagnotte ira directement, sans intermédiaires, aux fédérations de cheminots », hors frais de transfert, a indiqué récemment le sociologue Jean-Marc Salmon, à l’origine du projet, sur la page Leetchi dédiée à la cagnotte.

D’autres cagnottes ont aussi été créées comme la traditionnelle « caisse de grève » lancée par SUD-rail (troisième syndicat à la SNCF) qui contenait près de 17 600 € à la même heure, avec environ 420 participants.

Des intellectuels en première ligne

« Nous avons de la sympathie pour les cheminots grévistes », ont écrit en mars, sur un blog de Mediapart, les fondateurs de la cagnotte, parmi lesquels figurent les écrivains Laurent Binet, Didier Daeninckx et Annie Ernaux, les philosophes Bernard Stiegler et Étienne Balibar, ou encore le réalisateur Robert Guédiguian.

« Ils défendent un de nos biens communs, une entreprise de service public que le gouvernement cherche à transformer en société anonyme », ont-ils écrit, en soulignant que « les journées de grève coûtent et que pour le succès de leurs revendications, il importe que le mouvement puisse durer ».

La Croix avec AFP
https://www.la-croix.com/Economie/Social/contre-greve-SNCF-usagers-prennent-parti-2018-04-04-1200929060?utm_source=Newsletter&utm_medium=e-mail&utm_content=20180404&utm_campaign=newsletter__crx_alert&utm_term=979156&PMID=ac29e5cafb071c987471f76e2c454018

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Rien à dire pour une fois sur un article de "La Croix" qui se contente d'informer. C'est reposant.
Une occasion pour rappeler que l'UPR invite à un grand rassemblement à Paris le 1°mai, pour la défense des services publics bien sûr, mais aussi pour expliquer et ré- expliquer encore et toujours l'origine des "réformes" et la nécessité du FREXIT.    P.G.

APPEL 1 MAI

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Lutte 2.0 : comment les cheminots veulent gagner la bataille de l'opinion publique [réédition]

En raison de la mobilisation sociale et militante autour du 1° mai, l'équipe de Frexit-Limousin.fr représente des articles de fond publiés sur ce site à des fins d'argumentaire. Merci de votre compréhension. P.G.

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Malgré les difficultés que subiront les usagers, les syndicats de cheminots veulent convaincre la population de la dimension collective du combat. En face, le gouvernement dénonce une grève que "personne ne peut comprendre". Sur les réseaux sociaux, les premiers sont pour l'heure beaucoup plus efficaces que les seconds.

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Quel que soit le camp, la conquête de l’opinion est une priorité. Souvent, c’est elle qui détermine le vainqueur du bras de fer. En 1995, alors que le Premier ministre Alain Juppé promet une réforme des régimes spéciaux de la SNCF, il est obligé de reculer face à une forte mobilisation des cheminots soutenue par deux Français sur trois. Pour remporter la bataille sociale, il faut donc mener - dans le même temps - une offensive de com' pour rallier la population à sa cause. Les organisations de cheminots l’ont bien compris. Ère des réseaux sociaux oblige, les syndicats et ses partenaires ont transformé la forme de leurs discours pour arriver à leurs fins. Jusqu’à voir, cette semaine, le hashtag “Je soutiens la grève des cheminots” au plus haut des sujets discutés sur Twitter. Faisant de la lutte une “tendance”.

“Face aux arguments fallacieux du gouvernement, il nous fallait mener une campagne ambitieuse”, explique à Marianne Gérald Briant, élu communiste mais aussi chargé de la communication du parti sur les réseaux sociaux. Le 22 mars, à l’occasion de la mobilisation nationale de la fonction publique et des cheminots, le Parti communiste lance la campagne “Mon train j’y tiens”. Le slogan sera repris en masse par les internautes, sous la forme d’un hashtag, évidemment.

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L'autre mot-clé très utilisé est #TeamSNCF, un hashtag "volé" à la SNCF qui, hors grève, avait l'habitude de l'utiliser pour communiquer sur ses services et tenter de se rendre sympathique et accessible. Pas de chance pour Guillaume Pépy, certains cheminots grévistes rompus à l’usage des réseaux sociaux s’en sont donc emparés dernièrement. A tel point qu’il est devenu une sorte de point d’information numérique sur les actions des cheminots lors de la dernière mobilisation. Amélie, plus connue sous le pseudo de @amelie_picardie sur Twitter, est cheffe de bord. Le 22 mars, elle était dans la rue pour manifester. Et ce 3 et 4 avril, elle ne travaillera pas. “J’utilise ce mot-clé pour faire preuve de pédagogie, pour expliquer notre action et nos revendications et, parfois, calmer les personnes les plus virulentes”, confie-t-elle à Marianne. Pour elle, les clichés et les idées reçues sont les ennemis numéro 1 du personnel de la SNCF. “Avec les annonces du gouvernement, les attaques ont été plus dures”, constate-t-elle. Alors, il a fallu ruser pour “montrer l’envers du décors”.

Parler d’un “choix de société” plutôt que d’un “statut”

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Car derrière l'outil, il y a surtout une stratégie : sortir d'un sujet très cheminots-centré et montrer qu'il concerne tout le monde. Selon Gérald Briant, le gouvernement a décidé “dès le départ” de prendre le parti d’un discours “dur” à l’encontre des cheminots “comme s’ils étaient la cause de tous les tourments de l’entreprise”. Avec, comme principal argument, leur statut “obsolète” et “coûteux” pour la SNCF. Une diabolisation des agents qui n’avait qu’un but selon lui : “jouer sur l’aversion des Français pour les privilèges”, de quelque nature qu’il soit. Il fallait alors jouer le contre-pied, choisir son “terrain de jeu” et “ses thèmes de débat”. Cette campagne a été la première pierre de cette stratégie.

“Sans statut, le train français est en danger. Il fallait alors remettre le train et ce qu’il représente au centre du jeu. Faire cesser ce cheminot bashing pour faire réfléchir la population sur la question du train comme service public.” Pour cela, quel meilleur outil que les réseaux sociaux ? “Le seul espace capable de rivaliser avec les médias traditionnels”, pour l’élu parisien.

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Un pari qu’assume François Grasa, secrétaire général de la fédération FO des cheminots. La stratégie du gouvernement était de réduire le sujet aux ‘avantages’ de travailleurs, déplore-t-il pour Marianne. Alors qu’il s’agit d’un sujet de société qui engage chaque citoyen.” Ainsi, plutôt que d’entrer dans le procès fait en égoïsme, les différents syndicats ont décidé de déplacer le curseur. En ouvrant les rails à la concurrence à partir de 2021 comme l’exige l’Union européenne, donc en soumettant le secteur ferroviaire aux lois du marché et de la productivité, c’est un service public que l’on va abîmer. Alors, en soutenant les cheminots, c’est d’une certaine façon tout le service public que l’on défend à son échelle. Un raccourci tiré par les cheveux, leur rétorque-t-on ? Qu’importe, pour François Grasa, c’est un argument qui “prend” dans l’opinion. “Les Français voient bien que le service public est attaqué de toute part. Pas un jour ne passe sans que les infirmiers, les surveillants de prison, les agents administratifs, ne fassent part de leurs difficultés face au manque de moyens et d’effectifs, rapporte le syndicaliste. La cause des cheminots doit devenir l’étendard de luttes annexes.”

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C’est pourquoi, sur les réseaux sociaux, les slogans de soutien aux cheminots sont désormais assortis à d’autres causes, même si peu de chose les relie. La Confédération nationale du logement (CNL) par exemple, a édité un tract “Mon train j’y tiens, mon HLM aussi”. Le syndicat “Solidaires” communique lui sur une “zone à défendre (ZAD) autour des services publics”, rattachant ainsi le sort des écoles ou des hôpitaux à celui des cheminots, montrés comme des éclaireurs. Difficile de dire si la méthode est efficace. Mais d’après un sondage Ifop pour le Journal du Dimanche, 46% des Français trouvent le mouvement de grève dans le ferroviaire “justifié”, contre 42% il y a deux semaines. “Quelque chose se passe”, se réjouit le représentant syndical. Il faudra cependant en juger sur la durée.

Du côté de la SNCF, on cale son discours dans les pas du gouvernement pour désamorcer un tel phénomène, toujours en insistant sur le tort causé aux usagers. Ce dimanche, à l’occasion d’une interview accordée au JDD, son président Guillaume Pépy a voulu se montrer ferme. Citant une “grève pénalisante” pour des usagers “choqués” par cette mobilisation perlée que “beaucoup de gens ne comprennent pas”. “Ils tentent de dresser les personnes les unes contre les autres alors que, nous, nous usons d’une communication inclusive. Tout le monde peut s’identifier à la cause des cheminots”, soutient Gérald Briant, à deux doigts de paraphraser la petite phrase d’Olivier Besancenot : “nous sommes tous le cheminot de quelqu’un d’autre.”

https://www.marianne.net/societe/lutte-20-comment-les-cheminots-veulent-gagner-la-bataille-de-l-opinion-publique?_ope=eyJndWlkIjoiYWMyOWU1Y2FmYjA3MWM5ODc0NzFmNzZlMmM0NTQwMTgifQ==

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"Faisant de la lutte une “tendance”": dans les médias de l'oligarchie euro- atlantiste, la tendance est toujours la même, et elle est constante...L'argumentaire des grévistes et ceux qui les soutiennent ne peut être qu'une ruse, une simple stratégie plus ou moins habile, de communication. Déformation professionnelle...    P.G.

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« Commémoration » et dépolitisation de mai 68 sur France Info

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TRIBUNE LIBRE / Acrimed, par Vincent Bollenot, mardi 3 avril 2018

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En 2008, la commémoration du 40e anniversaire de mai 68 avait été celle d’un mai 68 « consensuel », autrement dit « culturel » dont quelques figures (trop) bien connues avaient monopolisé l’interprétation. En ce début avril 2018, alors que Daniel Cohn-Bendit, Serge July ou Henri Weber ont à peine commencé leur marathon médiatique, la célébration s’annonce encore comme un océan de dépolitisation, de mièvreries et de récupération. « Sous les pavés 2018 », une série d’entretiens diffusés quotidiennement sur France Info n’est que l’une des vaguelettes de cet océan. Mais une vaguelette malheureusement représentative de biais récurrents lorsqu’il s’agit de traiter, dans les médias dominants, de la plus grande grève générale que la France ait connue depuis l’après-guerre.

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Du lundi au vendredi, Olivier de Lagarde propose dans « Un monde d’action », une interview de cinq minutes, diffusée cinq fois dans la journée, avec un « acteur de la vie publique qui vient défendre une idée, un projet ou une initiative pour changer le monde ». Le plus souvent des représentants de start-up branchés viennent présenter leur dernière application pour smartphone, à moins que ce ne soit un « associatif » perfusé de subventions publiques qui ne vienne expliquer comment il lance des actions en faveur du « développement durable » en partenariat avec des multinationales.

Une émission un peu convenue qui exalte donc la bonne-volonté et l’initiative individuelles pour « changer le monde »... Et comme mai 68 peut décidément être mangé à toutes les sauces médiatiques, nul ne sera surpris qu’Olivier de Lagarde rebaptise son entretien quotidien « Sous les pavés 2018 » et ajuste l’angle sous lequel il questionne son invité pour se demander : « S’il pouvait lancer un pavé, quel combat choisirait-il ? »

Cinquante ans après 68, en plein mouvement social, il n’était pas très difficile de dénicher des invités susceptibles d’entrer en résonnance avec les « évènements de mai ». Alors que de nombreuses universités sont bloquées, alors que les syndicalistes du rail, de la santé et de l’éducation s’organisent pour s’opposer dans la durée aux plans libéraux du gouvernement, alors que des collectifs organisent les luttes partout en France, on aurait pu penser – et ceci que l’on soit « pour » ou « contre » ces mouvements – qu’ils seraient les premiers invités pour évoquer des évènements qui représentent un acmé et une référence toujours vivante des luttes sociales en France.

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Mais alors que les opposants aux audacieux projets gouvernementaux n’ont pas vraiment le vent en poupe dans les médias, et que mai 68 y est tendanciellement ramené à une vaste kermesse de « la jeunesse », il ne fallait pas trop se prendre à rêver ! Et de fait, la première invitée avait beaucoup à dire sur les évènements de 68, mais depuis… l’autre côté de la barricade, puisqu’il s’agissait d’Élisabeth Lévy, directrice de la rédaction du magazine d’extrême-droite Causeur ! Un choix journalistique en forme de contre-pied (et de bras d’honneur), dont on ne saisit pas bien la logique sinon celle de la recherche de la polémique et du « buzz ».

L’émission se donne pour objectif d’inviter telle ou telle personnalité prestigieuse pousser un « coup de gueule », soi-disant digne de mai 68. Que mai 68 ait été un événement collectif, marqué par des partis, syndicats, associations, collectifs et coordinations en tous genre, que les événements n’aient rien eu d’un simple « coup de gueule » ou même d’un jet de « pavé » le journaliste s’en moque bien. Tout comme il n’a visiblement cure du rôle des organisations de gauche et d’extrême-gauche lorsqu’il multiplie les invitations de personnalités marquées par leur conservatisme.

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Ainsi de Nicolas Baverez, qui a commencé sa carrière dans des cabinets ministériels de droite, avant de la poursuivre comme avocat d’affaires, essayiste et médiacrate patenté, décoré de la légion d’honneur, dont l’un des principaux passe-temps est de diagnostiquer le « retard » français et de prescrire au pays « les réformes qui pourraient permettre de le combler […] pour réinventer un modèle français adapté au monde du XXIe siècle » [1]. Ainsi encore d’Alain Minc, économiste à gage, conseiller multicarte (mais toujours libéral), essayiste en tout genre et éditorialiste multiservice. Ainsi encore de Jacques Attali, dont le « pavé 2018 » consiste en un appel « à l’éducation des femmes à la création d’entreprises » (sic !) et dont le principal hobby est de profiter de son omniprésence médiatique pour faire la promotion du libéralisme économique. Que dire encore de l’invitation de Roselyne Bachelot, ministre des gouvernements Raffarin, Fillon et Sarkozy ?

Des invitations quelque peu saugrenues, à la pertinence journalistique plus que douteuse, mais qui témoignent d’un sens aigu du pluralisme dont on aimerait qu’il ait également cours lorsqu’il s’agit de rendre compte des mobilisations sociales ou de la politique du gouvernement… Quant au contenu des entretiens, on a grand peine à y retrouver ne serait-ce que l’écho des formes de politisation et de la radicalité qui imprégnaient les débats de mai 68.

De petites anecdotes moralisantes, des indignations toutes personnelles, ou au contraire si consensuelles qu’elles tournent à la platitude, sont montées en épingle, comme en témoignent les quelques titres qui suivent. Des phénomènes certes critiquables et préoccupants sont dénoncés par des invités qui prennent cependant bien soin de ne jamais sortir de la simple déploration et de ne jamais en évoquer les causes (politiques), ni les moyens (politiques) d’y mettre un terme :

On peine à voir ce qui dans ce robinet d’eau tiède pourrait évoquer en quoi que ce soit les évènements de mai 68… Alors même que certains de ces invités pouvaient avoir des choses plus percutantes et (im)pertinentes à dire, la titraille choisie par France Info révèle la ligne éditoriale d’une émission conçue pour être apolitique, individualisante et… consternante d’anachronisme !

***

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Les commémorations sont souvent l’occasion de construire des images ternes, dégradées puisque figées et mythifiées des évènements qu’elles célèbrent. Pire encore sont ces commémorations médiatiques de « mai 68 » qui chantent les louanges de l’ordre établi, qui s’approprient pour mieux le dissimuler un héritage de luttes collectives, et qui tendent le micro à des individus déjà ultra médiatisés, qui viennent clamer leur révolte face à la « censure », « la faim dans le monde », ou encore « les promesses politiques non-tenues »… Et que dire des promesses journalistiques non tenues d’un média de service public ?

Vincent Bollenot

http://www.acrimed.org/Commemoration-et-depolitisation-de-mai-68-sur

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Sébastien, 32 ans, BAC +6, raconte avec force sa vie de chômeur (réédition)

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En 2018, on estime qu’un Français sur 7 vit sous le seuil de pauvreté, soit avec moins de 1 015 euros par mois. C’est le cas de Sébastien.

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Sébastien, 32 ans, bac + 6 et deux masters en poche, est au chômage, tout comme un jeune sur quatre en France. Ayant grandi dans une famille modeste, il a financé lui-même ses études, convaincu qu’elles lui permettraient de décrocher facilement du travail à l’avenir. Une promesse qui se confronte à une sacrée désillusion.

Le 11 avril, France 5 diffusait le documentaire Pauvres de nous réalisé par Claire Lajeunie. En France, la pauvreté contemporaine revêt de nombreux visages. Une précarité qui influe très concrètement sur le quotidien de ces êtres humains victimes du système, de l’enfance à la retraite.

Comme Sébastien, surdiplômé, qui survit avec moins de 7 euros par jour et vit dans un logement social à Strasbourg, après avoir dormi 6 mois dans sa voiture.

SEBASTIEN CHOMEUR

« Je m’appelle Sébastien. J’ai 32 ans, 33 cette année. J’ai bac + 6. J’ai deux masters. Le premier en développement social, intervention et conflit. Et le deuxième, que j’ai fait à Sciences Po, en politiques européennes et affaires publiques.

 

Il y a trois ans, concrètement, j’étais chef de service, un service médico-social. Du jour au lendemain, je suis débarqué, voilà. Je sais pas pourquoi. Donc je perds mon emploi, et là les ennuis commencent.

Ce serait faux de dire qu’on sort de là indemne. C’est sûr que c’est pas la grosse joie. Être précaire, c’est être dans une espèce d’antichambre de la vie, c’est à dire que t’es pas vraiment dedans, mais t’es pas vraiment en dehors. Quand tu dois attendre la journée, parce que t’as pas de boulot, parce que tu peux rien faire, c’est un peu comme si t’avais le bracelet électronique quoi, en gros. T’es chez toi mais tu peux rien faire, t’as pas de liberté. Pas de boulot, pas d’argent, pas de vie sociale. Et à côté, la vie s’arrête en fait.

Y’a un moment, quand vous sortez avec des potes, ils disent bon bah on va se boire un coup ? Bah ouais mais non les gars, on va pas aller se boire un coup parce que je suis un peu ric-rac. On est dans une société de paraître, aujourd’hui on n’existe qu’à travers sa bagnole, à travers ses fringues, à travers son statut. Comment exister quand on n’est rien ?

(…)

Se coucher avec le ventre vide, ça m’est arrivé un bon paquet de fois quand même. Et ça m’arrive de temps en temps. Et puis des amis je pense. Quand ils me disent, t’as besoin de quelque chose, tu me le dis, je leur dis ‘ouais ouais t’inquiète, je te dirai’, je le dirai pas. Mais du coup, ils vont faire des courses ils vont dire, écoute j’ai fait ça. C’est un peu dur d’accepter, t’en parles pas, tu le dis pas.

(…)

Franchement, à choisir entre un copain qui te file 10 balles et un copain qui te file un paquet de pâtes, je préfère un pote qui te file un paquet de pâtes. »


 

Pour (re)voir le documentaire Pauvres de nous dans son intégralité, rendez-vous sur le replayde France TV.

 


 

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« La pauvreté n’est pas un accident. Comme l’esclavage et l’apartheid, elle a été faite par l’Homme et peut être supprimée par des actions communes de l’humanité. »

 

Nelson Mandela

 


 

Source :

https://positivr.fr/temoignage-pauvrete-precarite-chomage-documentaire-pauvres-de-nous/

https://aphadolie.com/2018/04/22/sebastien-32-ans-bac-6-raconte-avec-force-sa-vie-de-chomeur/

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Idéologique, injuste, infaisable: Parcoursup, largement refusé, va-t-il imploser? Réédition

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La plateforme « Parcoursup » d'admission à l'Université fait l’objet de fortes critiques. Au moment où les demandes sont transmises aux universités pour réponse sous 6 semaines, de nombreux universitaires, départements, UFR et même universités entières refusent de le mettre en œuvre, soutenus par la plupart des syndicats du secondaire et du supérieur. Pourquoi ? Et si « Parcoursup » implosait?

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La mise en place de la plateforme « Parcoursup » et de ses « critères d’orientation » par le gouvernement est présentée comme soutenue par trois arguments principaux :

  • il y a trop de demandes d’inscription dans certaines filières, localement ou nationalement, qui n’ont pas les « capacités d’accueil » suffisantes et que le gouvernement nomme « en tension » ;
  • du coup la plateforme précédente de préinscriptions nommée « Admission Post-Bac » (APB) aboutissait à ce que des bacheliers et bachelières ne trouvent pas de places, d’autres étant tiré·e·s au sort, procédés injustes ;
  • le taux d’inscrit·e·s en première année à l’université qui ne terminent pas cette première année est très élevé (environ 50% en moyenne) et on pourrait éviter ces inscriptions « erronées » ou « inutiles », pour réduire la charge des universités et « améliorer » l’orientation initiale des étudiant·e·s.

Or, cette analyse et le dispositif « Parcoursup » font l’objet de très fortes critiques, au point qu’aujourd’hui, au moment où les demandes sont transmises aux universités qui doivent constituer des commissions d’examens des vœux pour y répondre en six semaines maximum, de nombreux universitaires, départements, UFR et même certaines universités entières, refusent de le mettre en œuvre. La plupart des syndicats du secondaire et du supérieur ont d’ailleurs appelé à prendre cette position de refus.

 Pourquoi ?

 1. Une analyse de départ biaisée par l’idéologie : « en tension » ou « en manque de moyens » ?

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 Le fait d’avoir nommé « en tension » les filières où il y a plus, beaucoup plus, de demandes d’inscriptions que de possibilités de les accueillir est significatif d’un certain positionnement. En disant « en tension » on met l’accent sur l’inadéquation entre demandes et moyens, ce qui peut se régler soit en augmentant les moyens, soit en réduisant les demandes. En fait, au regard de la loi et de son esprit de démocratisation de la formation supérieure, avant sa modification fondamentale par la nouvelle loi nommée de façon un peu cynique « Orientation et Réussite des Étudiants » (ORE), le service public d’enseignement supérieur avait obligation d’accueillir les diplômé·e·s du bac et de fournir aux universités les moyens de les former, y compris d’accompagner leur réussite. Dès lors, l’ensemble du problème serait résolu par avance et ne se poserait même plus.

Mais l’idéologie néolibérale au pouvoir depuis plusieurs décennies a conduit les responsables politiques à ne pas donner aux universités publiques les moyens d’accueillir et d’accompagner suffisamment les étudiant·e·s, ni même, depuis la loi de 2007 dite « relative aux Libertés et Responsabilités des Universités » (LRU)[1] les moyens d’assurer ses missions de bases (enseignement et recherche) au point que nombre d’entre elles sont tombées en déficit, ont fermé des postes, des formations, des unités de recherche, etc.

La sélection à l’entrée de la licence vient compléter un système de réduction drastique de l’entrée en doctorat par instauration de quotas (depuis 2002 déjà...), puis de sélection à l’entrée en master. On voit bien le projet s’étendre à toute la formation universitaire.

2. Un projet profondément idéologique et pas uniquement technique

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Le fond du problème revenait donc (et reste de toute façon) un manque drastique de moyens, qui est la concrétisation d’une idéologie qu’on appelle communément « néolibérale » et qui consiste à détruire la société comme système de relations humaines et sociales de solidarité et de justice pour revenir en arrière, vers un état de jungle, où seule une compétition généralisée détermine qui est dominant et qui est dominé, qui réussit et qui est détruit. Avec en plus un point de départ faussé car les prédateurs ont déjà installé leur domination, leur captation des moyens économiques, politiques, éducatifs (précisément). Ils se sont préalablement assurés de vaincre (sauf quelques exceptions alibis) dans une société-jungle sur laquelle ils imposent déjà leur contrôle, y compris par les forces de leur ordre pour empêcher la contestation, voire le renversement, de leur domination.

Il ne faut pas se leurrer : la loi ORE et « Parcoursup » sont un élément d’un projet politique global que l’on voit déployer dans tous les domaines de ce qui est de moins en moins une société humaine. Mais c’est une stratégie commode et devenue courante de faire passer un dispositif politique sous un dispositif présenté comme technique. D’ailleurs, c’est sur l’aspect superficiel dit « technique » du dispositif que se concentrent les arguments et les pseudo-interrogations de ses partisan·e·s, à propos de « Parcoursup ». On se demande « comment on va le faire (bien) fonctionner » et pas, fondamentalement « si et pourquoi on va le faire fonctionner ou non ». Dans l’univers pyramidal et autoritaire qu’est devenu la société française, on n’est pas censé dire « non », mais seulement « oui » ou « oui si » aux grands chefs cravatés.

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Sauf que les universités sont autonomes et les universitaires statutairement indépendant·e·s... (mais le projet de les remplacer par des contractuel·le·s hors statut se développe depuis la LRU....). Sous APB, c’est le rectorat, donc le ministère de l’éducation, qui assumait une sélection moins sévère que sous « Parcoursup » et qui ne disait pas son nom. Aujourd’hui le gouvernement veut imposer aux universités et donc aux universitaires d’y collaborer. Mais voilà, soutenus par la quasi totalité des syndicats, beaucoup d’universitaires dont je suis (et d’enseignant·e·s du secondaire) refusent d’être des collabos d’un projet politique avec lequel ils et elles sont en désaccord absolu, parce qu’il est contraire à leurs missions, à leur déontologie, à leur intégrité intellectuelle (voir la question des critères ci-dessous). Et nous en avons le droit y compris sur le plan légal. 

3. Liberté de choix et droit au tâtonnement expérimental

 La loi ORE et le dispositif « Parcoursup » restreignent fortement la liberté de choix. Désormais, le bac n’est plus le diplôme d’entrée à l’Université. Du reste, la plupart ne l’a pas encore quand sa demande est examinée. Restriction parce que la possibilité d’inscription est subordonnée à un avis / accord du conseil de classe et du proviseur du lycée puis d’une commission d’examen des vœux à l’université (avis sur lesquels je reviendrai), d’autre part parce que si les « capacités d’accueil » de l’université de son secteur sont « saturées » et qu’on est refusé·e, on se verra proposer par le recteur d’académie et selon des critères flous dans les textes règlementaires, une autre affectation qu’on risque fortement de ne pas pouvoir accepter, parce que c’est une filière trop différente ou qu’elle est éloignée et occasionne un cout que les familles ne pourront pas supporter (dans mon université il y 40% de boursiers et boursières). En fait, c’est un « non » dissimulé sous un « oui ailleurs ». Et la saturation sera fréquente, probablement dans la moitié des départements des universités (par exemple dans la mienne, les vœux sont supérieurs et souvent de plusieurs centaines de %, dans presque tous les départements).

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Les nombreux inscrit·e·s qui ne terminent pas leur première année à l’université sont considéré·e·s comme « en échec ». C’est vite dit. Une partie se réoriente et poursuit à l’université ou ailleurs, une autre refait l’année, une autre reviendra plus tard après d’autres expériences, ce qui n’est pas forcément un échec, ni effectif ni ressenti. Célestin Freinet plaidait dans l’éducation pour un « tâtonnement expérimental », confirmé en cela par de nombreux travaux en psychologie cognitive (à la mode aujourd’hui au cabinet du ministre de l’éducation nationale), en sciences de l’éducation ou en didactique des disciplines. Ce tâtonnement, on doit y avoir droit aussi dans l’enseignement supérieur, dont on découvre à peu près tout en première année, y compris les disciplines souvent inexistantes ou très différentes dans le secondaire. On dira que « ça a un coût » (l’éternel argument économique à l’aune duquel on mesure tout dans l’idéologie néolibérale). On répondra, oui, mais proportionnellement très faible et quasi nul au regard des enjeux éducatifs pour les jeunes et pour le monde de demain. Mais pour les prédateurs économiques et les décideurs politiques à court terme, c’est autant d’argent qui resterait public pour une population de milieux moyens et populaires, et que l’on ne pourrait pas capter au profit des privilégié·e·s, dont l’éducation coute déjà énormément plus cher à la collectivité (voyez les dotations des grandes écoles...).

Bourdieu disait avec justesse que pour que les dominés consentent à leur domination, il faut qu’ils en tirent l’espoir d’un petit bénéfice. La loi ORE a prévu que les universités mettent en place un soutien pour les inscrit·e·s sous régime du « oui si », qui doivent le suivre obligatoirement. On prétend aider à réussir celles et ceux qu’on aura mieux orienté·e·s. C’est un leurre. Il ne concernera que les admis·e·s (dans mon département, il y a près de 2500 demandes et nous avons les moyens d’accueillir au maximum 400 personnes en L1 (dans des conditions déjà minimales) et les moyens octroyés pour ce soutien sont dérisoires : 10% des effectifs au maximum suivront l’année prochaine deux modules de 24h de soutien très général dont la moitié à distance (y compris des choses qui existaient déjà comme une présentation de la bibliothèque universitaire ou un renforcement en expression écrite), et l’année d’après 4 modules (idem) si le dispositif est maintenu (sachant qu’on manque presque partout d’enseignant·e·s pour les assurer).

4. Vous avez dit « orientation et réussite » ?

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Sur quels critères seraient donc mieux orienté·e·s les candidat·e·s pour recevoir un « oui » ou un « oui si » avec classement obligatoire (sauf quand les candidatures ne dépassent pas les capacités d’accueil, ce qui est rare), ou encore un « en attente » faute de place ? Via « Parcoursup », ils et elles fournissent :

  • un dossier administratif et de résultats scolaires,
  • une « fiche avenir » qui correspond en fait à un bulletin scolaire du lycée comportant un avis final sur la « cohérence du vœu avec le projet de formation » et sur la « capacité à réussir » donné par le chef d’établissement aux lycéens et lycéennes,
  • les notes de français aux épreuves anticipées du bac,
  • pour celles et ceux qui l’ont déjà (et qui ne sont plus au lycée), les résultats du bac ou du DAEU ou d’un diplôme étranger équivalent,
  • une lettre de motivation,
  • pour certaines formations seulement, un CV.

Ces informations doivent être évaluées par les commissions d’examen des vœux au regard d’« attendus » nationaux par discipline (qui ont été imposés par le ministère de l’enseignement supérieur après consultation opaque de « sociétés savantes » et non pas directement de la communauté universitaire (par exemple le Conseil National des Universités par discipline). Il y a également d’éventuels « attendus » locaux que beaucoup d’universités ont refusé d’établir pour ne pas collaborer à une sélection accrue et localement différenciée, donc plus inégalitaire, des candidat·e·s. De plus, de nombreux lycées ont refusé de donner des avis restrictifs à leurs élèves, soutenus par la quasi totalité des syndicats, et ont systématisés les avis favorables, par principe et par incapacité à « évaluer » a priori l’avenir possible de leur élève. Il y aussi des lycées où on saque les élèves et où on donne des assurances fausses aux parents d'élèves sur l'examen des dossiers à l'université; et des départements d'universités où on va faire un tri très sélectif, y compris sur critères douteux.

5. Orientation ou divination ? Entre algorithme absurde et boule de cristal

A l’examen, on s’aperçoit très vite de l’arbitraire et même de l’absurdité du dispositif, de ses critères et de sa mise en œuvre.

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Comme il est matériellement totalement impossible de traiter ces milliers de dossiers de façon précise dans les universités, le ministère de l’enseignement supérieur a élaboré un « outil d’aide à la décision » qui est un algorithme informatique. Si l’on estime à dix minutes l’examen de chaque dossier, ce qui est très peu et même bâclé, il faudrait par exemple dans mon département, environ 400h pour les 2400 dossiers transmis (pour 400 places), soit une semaine complète à plein temps pour dix personnes déjà épuisées (nous sommes 16 titulaires en tout et nous avons déjà 1300 étudiant·e·s cette année) qui doivent exactement sur la même période assurer les cours puis les examens et corriger les copies, dossiers et mémoires, recevoir les étudiant·e·s, tenir des jurys, faire fonctionner leur département et leur unité de recherche, participer aux commissions de recrutement des enseignant·e·s—chercheur·e·s, assurer leur mission de recherche, dormir quelques heures par jour, etc..., le tout avec un manque crucial de personnels administratifs et de moyens financiers et techniques (vieux ordinateurs souvent personnels, wifi saturé, mobilier non ergonomique, vu la pauvreté de nos universités...).

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Du coup, l’algorithme va « mouliner » les notes scolaires, des équivalents chiffrés des avis donnés par le lycée, et on l'envisage même de la lettre de motivation ramenée à un chiffre identique pour tous les dossiers (puisqu’évidemment son contenu qualitatif ne peut pas être mis en chiffres) et donc, au final, non prise en compte. Il en va de même pour le CV s’il est demandé. Et chaque commission de chaque département de chaque université peut paramétrer l’algorithme à sa guise, modifier les coefficients, annuler un ou plusieurs critères. L’examen des vœux sera donc vidé du peu de sens qu’il aurait pu avoir. Il sera injuste, inégal, inique, absurde.

Et ceci d’autant plus que les informations données sont peu fiables, inégalitaires et confinent à la divination. Jusqu’ici, les résultats étaient ceux du bac, qui valident une formation déjà reçue. Désormais, les résultats du bac seront inconnus, ce qui, soit dit en passant, conduira ensuite à ce que des personnes acceptées n’aient pas leur bac (donc ne pourront pas s’inscrire) et d’autres refusées l’obtiennent y compris brillamment (ce qui leur donnera une priorité d’admission a posteriori, autre inégalité). On sait que le CV et la lettre de motivation peuvent être rédigés par les parents ou des proches, et contenir davantage d’éléments favorables hors scolarité, dans les familles à plus fort capital culturel que d’autres.

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Il s’agira surtout d’une estimation a priori de la « cohérence du vœu avec le projet de formation » et sur la « capacité à réussir » sur la « fiche avenir ». Le problème, gravissime, c’est que personne n’est en mesure de déterminer de façon fiable ce que sera l’avenir... Il n’y a pas de prédictibilité rationnelle de la réussite éducative. On sait très bien que des lycéen·ne·s aux résultats scolaires médiocres se sont révélé·e·s en découvrant les disciplines et les contenus de l’enseignement supérieur. J’en ai parmi mes brillant·e·s collègues qui n’auraient pas franchi la barrière de « Parcoursup ». On sait tout aussi bien que de bons élèves du secondaires se sont retrouvé·e·s perdu·e·s face aux modalités non scolaires de travail et la méthode du doute scientifique à l’université. La seule chose dont on soit certain, hélas, c’est que tendanciellement les enfants de pauvres, de milieux populaires et d’immigrés sont mis en échec et souvent discriminés par le système éducatif français : va-t-on s’appuyer sur cette terrible tendance sociologique pour prévoir leur échec et les trier individuellement pour favoriser les enfants des milieux aisés de « bonnes familles françaises » ? Qui peut assumer de faire le pari de refuser quelqu’un·e qui aurait peut-être trouvé sa voie à l’université ? De refuser de donner une chance à quelqu’un·e qui le souhaite ? Et ceci d’autant plus que beaucoup de disciplines universitaires n’existent pas ou sous des formes très différentes dans le secondaire, sont inconnues des collègues du secondaire, qui disent ne pas savoir évaluer une « cohérence du projet » ni une « capacité de réussite » vers ces disciplines. Cela revient à lire dans une boule de cristal. Bref, c’est une loterie, un tirage au sort : on en prendrait 400 dont on a aucune assurance qu’ils et elles réussiront mieux que les 2000 autres qu’on n’aurait pas pris. On voit bien pourquoi la question technique (« comment faire ? » rejoint forcément la question politique (quoi faire ?) au croisement de la déontologie des enseignant·e·s.

6. « Parcoursup » va-t-il imploser ?

 

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Construit dans une grande précipitation, sans consultation, sans temps de discussion ni même d’expérimentation, fondé sur une analyse erronée et des critères inadaptés, biaisé par l’idéologie et l’arrogance, mis en place avant même que la loi l’y autorise, matériellement inutilisable et déontologiquement inacceptable, le dispositif « Parcoursup » va se retrouver confronté, et avec lui ses décideurs et décideuses, à son blocage dans les universités, où l’on refuse massivement d’y collaborer, à des recours très nombreux devant les tribunaux administratifs (voire au pénal pour discrimination). La règlementation prévoit que : « si les candidats en font la demande, l’établissement dispensant une formation de 1er cycle devra leur communiquer les informations relatives aux critères et modalités d’examen de leurs candidatures ainsi que les motifs pédagogiques qui ont justifié la décision prise ». Que va-t-on leur répondre ? Que c’est un algorithme neutralisant le contenu de leur dossier qui a décidé et qu’une commission fantoche a signé le PV ? Que les enseignant·e·s n’ont pas eu le temps d’étudier les dossiers et qu’on a tiré au sort? 

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Il va conduire à une rentrée chaotique en septembre prochain (qui pourra s’inscrire en première année, où et comment ?). Les départements qui refusent « Parcoursup » ont été menacés de fermeture de leur 1ère année à la rentrée prochaine, faute d’admissions / inscriptions. Comment pourrait-on fermer par exemple dans mon université, les licences de psychologie ou de communication qui attirent des milliers de demandes, qui sont parmi les trois ou quatre plus importantes en effectifs, dont il n’y a pas d’équivalent dans tout le grand ouest (communication), sans s’exposer à une crise majeure à haut risque pour le gouvernement ?

Beaucoup d’universitaires et d’étudiant·e·s, de collègues du secondaires et de lycéen·ne·s, le disent depuis le début de ce projet, en décembre dernier. On aura eu tort de ne pas les écouter. Ils et elles sont pourtant les mieux placé·e·s pour envisager la question.

Il est difficile (là aussi !) de prédire ce qui va se passer. Le gouvernement peut refuser de voir qu’on va dans le mur parce qu’il tient à son projet sur le fond et que l’idéologie aveugle. D’autres éléments portent d’ailleurs à penser qu’il veut continuer à détruire l’université comme service public ouvert avec l’ensemble des services publics. Il peut s’obstiner à vouloir détruire par tous les côtés l’ensemble d’un projet de société humaine et sociale, juste et solidaire, où l’éducation est offerte à toutes et à tous jusqu’au plus haut niveau, projet déjà bien mis à mal par les gouvernements précédents. Mais il peut aussi entendre les objections, faire valider toutes les demandes d'inscriptions de cette année, laisser les jeunes choisir, ajuster les moyens aux besoins à la rentrée, et reporter au moins d’un an l’élaboration d’un autre système d’inscription, plus juste et plus fonctionnel, acceptable pour tous et toutes, dans des universités correctement dotées des moyens de bien accompagner le plus grand monde possible vers la réussite.

7. Une fiche d’avenir à remplir?

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Le mouvement de protestation et de refus est en plein développement. On voir mal comment d’ici au 18 mai un changement complet de position pourrait intervenir. Dans tous les cas, l’avenir de « Parcoursup » est plus qu'incertain.

Et si pour l’instant on remplissait la « fiche avenir » du candidat nommé Parcoursup : « Avis défavorable, capacité à réussir très incertaine, projet incohérent » ? Ni « oui » , ni « oui si ». Vœu refusé. Il faut aussi savoir dire « NON », ça dépend à qui, à quoi et pourquoi.

 

 


[1] Autre nomination cynique, d’autant que la LRU a été médiatisée sous le nom d’« autonomie des universités », alors même que les universités étaient autonomes dans leurs missions depuis 1968 et 1984, que la LRU a réduit leur autonomie effective, et qu’il s’agissait juste de les abandonner en les laissant gérer des moyens inégaux et calculés de façon biaisée, moyens qu’on ne leur attribue pas de façon suffisante.

https://blogs.mediapart.fr/philippe-blanchet/blog/070418/ideologique-injuste-infaisable-parcoursup-largement-refuse-va-t-il-imploser#_ftn1

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Un point de vue très orienté idéologiquement (jusqu'à l'écriture inclusive!) mais qui a le mérite de refléter l'état d'esprit qui règne actuellement, au- delà des étudiants, avec un certain nombre d'arguments parfaitement recevables. Dommage que l'auteur ne mentionne pas une fois la responsabilité de l'Union européenne dans cette affaire, entre directives et lobbies, dont le célèbre lobby patronal ERT (European Round table), pourtant bien connu dans les milieux de gauche: voir les analyses remarquables de Nico Hirtt, et notamment Les Nouveaux Maîtres de l'École, l'enseignement européen sous la coupe des marchés, éditions EPO (Bruxelles) et VO-Éditions (Paris), 2000 (Disponible en ligne sur le site des Classiques des Sciences Sociales [archive]). Réédité en 2005 chez Aden, collection « La Petite Bibliothèque d'Aden », Bruxelles, 2005.   P.G.

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dimanche 29 avril 2018

TOUS MOBILISÉS POUR LA 1re GRANDE MANIFESTATION DE L’UPR LE 1er MAI À PARIS !

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TOUS MOBILISÉS POUR LA 1re GRANDE MANIFESTATION DE L’UPR LE 1er MAI À PARIS !
(Trajet de la place de la République à la place du Châtelet).
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L’Union populaire républicaine (UPR) appelle ses adhérents et sympathisants à se rassembler place de la République à Paris le 1er mai, à partir de 13h30, à l’occasion de la Fête du travail. Le cortège se mettra en marche à 14h30.
 
 
François Asselineau, entouré de plusieurs maires, prendra la tête du cortège de l’UPR qui défilera jusqu’à la place du Châtelet en scandant notamment le mot d’ordre « Fête du travail, faites le Frexit »
L’UPR souhaite rappeler par ce slogan que la création d’emplois durables en France et la suppression du chômage de masse passent inéluctablement par la sortie de l’euro et de l’UE – le « Frexit » – dont François Asselineau s’est imposé comme le représentant pendant l’élection présidentielle de 2017.
 
L’UPR rappellera aussi que le « Frexit » est la seule voie possible pour sauver et pour faire renaître nos services publics à la française, dont la SNCF, qui sont condamnés par les traités européens, notamment par l’article 106 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, et par les mesures d’austérité sans fin appliquées pour « sauver l’euro ».

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L’UPR défilera également pour demander aux médias audiovisuels de grande diffusion  et de presse papier nationale de donner à l’UPR l’espace d’expression auquel elle a légitimement droit. Les 6 élections législatives partielles auxquelles l’UPR a participé depuis juin 2017 ainsi que l’élection territoriale de Polynésie française ont confirmé que l’UPR représente un peu plus de 1 % des électeurs français. En application du droit, l’UPR a donc droit à une proportion équivalente d’espace d’expression dans les médias pour défendre le « Frexit », au lieu de 0,00 % comme c’est le cas aujourd’hui.
 
En organisant cette première grande manifestation sur la voie publique, l’UPR permettra d’ailleurs aux journalistes et à tous les observateurs de prendre la mesure de sa capacité de mobilisation et de la comparer avec objectivité à celle des autres partis politiques français.

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L’UPR défilera enfin pour s’opposer à la violation du droit international et de la Constitution française par M. Macron qui a décidé – seul et sans raison prouvée – d’aller bombarder la Syrie, sans l’aval du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies, ni vote du Parlement l’y autorisant. L’UPR demandera à nouveau, à l’occasion du 1er mai, la destitution de M. Macron par le Parlement en application de l’article 68 de la Constitution.
 
Pour le 1er mai, l’UPR a imprimé 30 000 tracts qui ont commencé à être distribués en amont de la manifestation, et a confectionné un char sur lequel se dérouleront de nombreuses animations pendant le défilé.
 
François Asselineau sera à la disposition des journalistes présents pour répondre à leurs questions, soit sur la place de la République entre 14h15 et 14h30 avant le départ du cortège, soit sur la place du Châtelet à la fin de la manifestation, aux alentours de 18h00.
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Pour interroger François Asselineau ou contacter le service presse : presse@upr.fr

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L'UPR Limousin sera bien sûr dans le cortège. Pour les covoiturages, contactez vos délégués départementaux!   P.G.

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