Pour ou contre un régime unique de retraite ?

Il existe en France pas moins de 37 régimes de retraite différents. Emmanuel Macron souhaite mener à bien une refonte radicale du système : trop complexe, illisible, il ne serait pas durable à cause du faible nombre d’actifs et du trop grand nombre de retraités. Selon une récente étude, 76% des Français seraient favorables à une réforme. C’est un système par répartition : les actifs ayant un emploi versent des cotisations à une caisse de retraite qui les utilise pour payer les pensions des retraités actuels. Or, en fonction de leur statut (indépendant, salarié du secteur public ou privé), les actifs cotisent auprès de caisses de retraite différentes. Êtes-vous pour ou contre la création d’un régime unique de retraite ? 

Les Pour :

Les Contre :

Une mesure de simplification

Terminés les 37 régimes et autant de modes de calcul ! La réforme esquissée par le président Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle vise à rendre le système plus lisible avec la disparition des régimes spéciaux et une unification des règles de calcul. Pour Marie-Anne Kraft, conseillère nationale du Modem, « Le système actuel de retraites est à bout de souffle : il est trop complexe, peu lisible, ses calculs reposent sur des indicateurs fixes pour tous et peu de choix individuels ».

Avec la création d’un régime unique, le système entier s’en trouverait simplifié et le fait pour un salarié de changer d’activité ou de secteur deviendra sans effet sur les droits à la retraite. Une mesure qui fait partie des recommandations de l’OCDE, qui constate que le maintien de régimes différents freine la mobilité des travailleurs. « En clair, détaille un article publié dans le Figaro, les fonctionnaires ne sont pas incités à passer dans le privé, pour ne pas perdre leurs avantages. Cela crée des rigidités dans la gestion des carrières, freine la capacité d'adaptation des fonctionnaires aux évolutions sectorielles et les décourage de saisir de nouvelles opportunités d'emploi qui s'offrent à eux ».

La simplification du système passerait également par la création d’une application sur smarthphone et d’un site internet afin de pouvoir consulter en temps réel sur son téléphone les droits accumulés et la pension correspondante.

Une mesure de justice sociale

LOUIS-XVI-macron

« Pour chaque euro cotisé, le même droit à pension pour tous » scande Emmanuel Macron pour défendre sa réforme. Actuellement, le niveau de la pension de retraite est calculé sur la base des six derniers mois de salaire dans le public et sur les 25 meilleures années de rémunération dans le privé. « Une différence jugée inéquitable depuis longtemps par la droite mais qui n’a jamais été résorbée, du moins pas complètement » souligne Simon Rabaté, économiste à l’Institut des politiques publiques, sur Europe 1

Il y aurait ainsi un fort sentiment d’inégalité qui persiste au sein de la population. Selon une étude réalisée en janvier 2017 pour la Fondation iFrap par Opinion Way, 76% des Français se déclarent favorables à l’alignement de la retraite du secteur public sur celle du secteur privé, 41% d’entre eux y étant même très favorables.

Un régime unique permettrait donc de replacer le principe d’égalité au cœur du système et de mettre fin aux inégalités de traitement.

Mise en place d’un système pérenne et souple

Une remise à plat du système assurerait l’avenir des pensions. Avec un seul régime de retraite universel, l’efficacité économique serait renforcée, notamment grâce aux économies d’échelle concernant la collecte des cotisations, la tenue des dossiers, et le paiement des prestations. La conseillère nationale du Modem Marie-Anne Kraft préconisait déjà en 2013 la mise en place d’un régime unifié avec une retraite à point sur le modèle suédois. « Un tel système, selon elle, permet un équilibre systématique même en cas d'évolution démographique. La personne choisit elle-même si elle souhaite cotiser plus ou travailler plus longtemps pour toucher une meilleure pension, voire se mettre progressivement en retraite ». On passerait donc à un système dans lequel le niveau des recettes fixe celui des prestations. « Dans la durée, la réforme aura bien un effet financier en garantissant un équilibre sur le long terme » indiquait alors le candidat Macron sur son site internet lors de la campagne présidentielle.

La Suède, souvent montrée en exemple en France, a réformé en profondeur ses retraites dans les années 90 pour parvenir à un système aujourd’hui excédentaire.

Une mesure qui ne règle pas les déséquilibres financiers

Les chiffres du ratio cotisants/retraités se dégradent sans cesse : c’est le papy-boom. Selon une étude de Bloomberg publiée en février 2017, la France serait un des pays au monde où le poids des retraités sur les actifs serait le plus élevé, en tête du classement avec Singapour, avec 2,2 actifs pour un retraité. Un chiffre qui n’ira pas en s’améliorant malgré la vigueur de la natalité française en Europe.

Si les partisans d’une uniformisation des régimes de retraite estiment que cette réforme permettra de s’adapter au vieillissement de la population, ses opposants estiment au contraire qu’elle ne permettra pas de régler les déséquilibres financiers qui minent les retraites françaises. La question du financement reste centrale. Selon un article publié dans La Tribune en mars 2017, qui cite le rapport de juin 2016 du Conseil d’orientation des retraites (COR), le solde financier des régimes de retraite actuellement déficitaire reviendrait à l’équilibre à l’horizon 2020, mais à la condition d’une croissance comprise entre 1,8 et 2%. À l’inverse, le système resterait durablement en besoin de financement en cas de croissance inférieure à 1,5% par an. Ainsi, « dire que la question du financement des retraites est réglée s’avère donc légèrement optimiste » avance l’article. Un coup porté à l’encontre de la réforme portée par le président Emmanuel Macron, qui ne s’attaque pas aux difficultés de financement.

Des gagnants et… des perdants

Selon cet article publié dans Le Point, les fonctionnaires d’État partent à la retraite, en moyenne, un an et demi plus tôt que les salariés du privé. Et le poids de la contribution de l’État, démesuré, représenterait près de 75% des dépenses du régime des salariés du public. Les fonctionnaires bénéficient donc d’un système particulièrement généreux. La réforme du système de retraite risque donc de mécontenter certains salariés qui perdraient au change, surtout s’il s’agit d’un alignement du public sur le privé. Pourtant, des réformes ont été engagées depuis 2003 pour faire converger les retraites du public et du privé, comme nous l’explique cet article publié dans Le Figaro, notamment concernant l’âge de départ et la durée de cotisation. Mais des différences significatives subsisteraient, notamment concernant les primes, qui sont prises en compte dans le privé mais pas dans le public pour le calcul des pensions. Les enseignants seraient les grands perdants d’une uniformisation des régimes de retraite : « ils seraient pénalisés par la règle des 25 années sans profiter significativement de la prise en compte des primes » explique le Huffington Post. La réforme de Macron ne ferait donc pas que des gagnants.

Le risque d’une baisse des pensions en cas de crise

Avec cette uniformisation des régimes, les retraités ne seraient pas à l’abri d’une baisse des pensions. C’est notamment la mise en garde du think tank Terra Nova, qui pointe les risques des comptes personnels par point dont les valeurs peuvent être modifiées en cours de route, entraînant ainsi une baisse des pensions.

Le modèle suédois sur lequel la réforme d’Emmanuel Macron semble vouloir se calquer a connu des limites. Selon Jean-Marie Harribey, économiste français et maître de conférence honoraire, l’expérience suédoise ne s’est pas révélée aussi concluante que ce que l’on veut nous faire croire. « Un système par points et un système par comptes notionnels, explique-t-il sur le blog Changez l’Europe!, ne sont pas préservés des évolutions démographiques et des secousses économiques. Quand la crise a frappé le monde entier, il a fallu modifier les conditions de versement des pensions en suspendant en 2009 le système et en programmant la baisse des pensions puisque le système est devenu déficitaire ». C’est le revers d’un système de retraite qui s’auto-équilibre, puisque c’est le montant des retraites qui constitue la variable d’ajustement. Les futurs retraités français auraient de quoi s’inquiéter.

https://www.capital.fr/polemik/pour-ou-contre-un-regime-unique-de-retraite-1230745


 

Vous noterez que la partie "arguments contre" est assez légère, ce qui est logique en faisant appel à... Terra Nova ou à la presse 'très hostile" comme le Figaro.

BASE 14 995X225

Voici donc la campagne politique et médiatique lancée officiellement, conformément au calendrier prévu par la Commission européenne. Pour ce qui concerne la France, on utilisera des éléments de langage susceptibles de plaire à ce peuple parfois encore turbulent mais, heureusement naïf : une égalité de traitement, la simplification, la liberté de choix, l'efficacité économique, le courage de Macron... on verra défiler tous les experts stipendiés du Régime, les mêmes qui nous ont "vendu" les "réformes indispensables" (lois Travail, SNCF...). On fera de la "concertation citoyenne" par internet comme il se doit, avec même les applications qui vont avec..On vous fera même avaler que si tout change, "en même temps" les principes fondamentaux ne changeront pas. Bref, attendez- vous à la panoplie complète des techniques de manipulation pour une réforme qui est un des éléments- clés du démantèlement programmé des acquis du Conseil national de la résistance.   P.G.

AFFICHE RETRAITE PROPAGANDE