jeudi 14 décembre 2017

La «clause Molière» de Wauquiez retoquée par la justice, l'opposition locale jubile

Le tribunal de Lyon a annulé la «clause Molière» voulue par Laurent Wauquiez – une disposition qui aurait imposé l'usage du français sur les chantiers publics de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Des politiques ont réagi à cette décision de justice.

ACT WAUQUIEZ UE

Comme plusieurs autres régions, Auvergne-Rhône-Alpes avait voté le 9 février, sous la présidence de Laurent Wauquiez, la «clause Molière» imposant l'usage de la langue française sur les chantiers dont elle est maître d’œuvre

Saisi par l'opposition régionale, le préfet de région d'alors, Michel Delpuech, avait contesté la légalité de la délibération devant le tribunal administratif de Lyon. Ce dernier a annulé le 13 décembre la délibération du conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes, mettant en doute le motif de la sécurité des travailleurs avancé par la région. «Il résulte que [la clause Molière] a été adoptée non pour assurer la protection de la santé et de la sécurité des salariés, mais pour exclure les travailleurs détachés des marchés publics régionaux et favoriser les entreprises régionales», selon le jugement du tribunal.

Les premiers satisfaits sont évidemment les opposants à Laurent Wauquiez dans la région. Ainsi le conseiller régional du groupe socialiste et démocrate Johann Cesa évoque une victoire contre le nouveau président du Parti Les Républicains (LR).

Elle aussi conseillère régionale, mais du Parti de Gauche, Corinne Morel-Darleux note un «cumul [de] revers» pour Laurent Wauquiez.

Rare convergence entre la gauche et la majorité présidentielle, le député Olivier Véran de La République en marche (LREM) qualifie la clause Molière de «scandaleuse». Il se satisfait aussi du délibéré.

Hors de la région, le socialiste (exclu du Parti) Gérard Filoche, lui, mentionne la «grotesque "clause Molière" annulée en justice».

Si Laurent Wauquiez n'a pas encore réagi à cette annonce, la décision de justice en région Auvergne-Rhône-Alpes pourrait faire jurisprudence. Certaines régions comme l'Ile-de-France ont également mis en place la clause Molière.

https://francais.rt.com/france/46491-clause-moliere-de-wauquiez-retoquee-par-justice

BASE 14 995X225

"exclure les travailleurs détachés des marchés publics régionaux et favoriser les entreprises régionales": tout le monde avait bien compris les motifs réels de la "clause Molière", une manière hypocrite de tenter de contourner les traités européens, faute de vouloir en sortir. Le tribunal en a tiré les conclusions logiques et renvoyé Wauquiez à ses chimères alter- européistes. Pour le plus grand bonheur de son "opposition" unanime (du PS au parti de Gauche, en passant par LREM), soulagée de voir préservé le dogme libéral de la "libre circulation des travailleurs, des capitaux et des marchandises".  P.G

Posté par UPR Creuse à 06:38 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

mardi 12 décembre 2017

Quand la "coolitude" des start-up se transforme en prolétariat nouvelle génération

Dans Bienvenue dans le nouveau monde, comment j’ai survécu à la coolitude des start-up, Mathilde Ramadier livre une analyse au vitriol des conditions de travail d’un salarié de jeune pousse. Anglicismes à tout-va, contrôle permanent, culte de la flexibilité… Elle revient pour Challenges sur ces quatre ans de prolétariat nouvelle génération.


 

ARG STARTUP

« Dans ces structures, il y a la reproduction d’un même schéma avec un leader charismatique, incarné généralement par le fondateur de la société, autour duquel se crée un culte de la personnalité. »

Dans votre ouvrage, vous revenez sur quatre années passées au sein de start-up berlinoises entre 2011 et 2015. Des expériences desquelles vous tirez un tableau très noir tant en terme de management, de missions proposées que d’organisation. A quel moment avez-vous pris conscience que quelque chose clochait ?

Mathilde Ramadier : Le déclic est en réalité arrivé assez rapidement, dès l’un de mes premiers entretiens d’embauche en août 2011 à l’issue de mes études. Je postulais alors pour l’un des concurrents d’Airbnb en Allemagne au poste de « manager SEO ». Pour ce job, il fallait être diplômé d’un Bac+5, avoir déjà eu une expérience dans la communication, et maîtriser au moins trois langues. Autant dire un profil assez qualifié. A l’issue de l’entretien, mon interlocutrice m’annonce que le poste sera rémunéré 600 euros brut par mois. Naïve, j’ai demandé si c’était à temps partiel. Bien sûr que non, il s’agissait d’un temps plein. Ce fut mon premier grand choc, qui m’a rendue méfiante mais m’a aussi servi pour la suite.

Pourquoi avoir continué à évoluer dans cet univers si il vous rebutait presque d’entrée de jeu ?

A Berlin, 80% des offres d’emplois dans le secteur des services que je ciblais sont issues de start-up [Mathilde Ramadier a notamment travaillé en tant que graphiste, à la communication de sites internet ou encore dans le e-commerce, NDLR]. Difficile donc de passer à côté. Après, la prise de recul a été facilitée par le fait que je voulais d’abord vivre de mes scénarios de bande-dessinée. Travailler dans ces entreprises était donc plutôt un plan B. Pour autant, je prenais ces emplois très au sérieux. Cela représentait plus qu’un job d’appoint pour moi et je me suis dit à plusieurs reprises que si ça marchait dans l’une des start-up, je m’y investirais pleinement. Mais cela n’a pas été concluant.

Vous avez certes travaillé dans plusieurs start-up, mais seulement à Berlin. Ne faites-vous pas de quelques cas une généralité ?

Certes, mes expériences sont strictement berlinoises mais en quatre ans j’ai eu affaire avec une douzaine de start-up en tant que salariée et freelance. Pour la rédaction de l’ouvrage, j’ai par ailleurs mené mon enquête un peu partout à commencer par la France. Je peux vous affirmer que ce modèle de fonctionnement, qui trouve ses origines aux Etats-Unis, est complètement globalisé et se moque des frontières. A la différence près bien sûr, que le droit du travail n’offre pas le même niveau de protection aux salariés d’un pays à un autre. Quand j’ai commencé à travailler en Allemagne, le salaire minimum n’existait pas, par exemple. Les choses sont bien différentes en France sur ce point.

Dans votre livre, vous critiquez en particulier la quête extrême d’efficacité et de flexibilité demandée aux salariés, sous couvert d’une communication chaleureuse et d’un environnement de travail agréable. En quoi ce fonctionnement s’écarte-t-il vraiment de celui d’entreprises plus traditionnelles ?

Il existe bien sûr des entreprises plus traditionnelles qui reprennent ces codes en version, disons, bêta. Mais il s’agit bien là d’un modèle à part qui se nourrit de l’ère du tout dématérialisé, et d’une espèce d’utopie fondée sur la croyance selon laquelle avoir la bonne idée, la bonne équipe et le bon produit peut révolutionner le monde. Il faut dire que ce type d’idéal tombe à point nommé dans la période actuelle de morosité ambiante.

Selon vous, le vrai visage de ce « nouveau monde » incarné par les start-up d’aujourd’hui n’est en réalité que le reflet d’un « capitalisme sauvage ». Vous allez même jusqu’à comparer leur fonctionnement avec celui d’une « dictature totalitaire » et d’un « régime despotique ». C’est-à-dire ?

Tout à fait. C’est une forme d’organisation totalitaire, voire même sectaire. Dans ces structures, il y a la reproduction d’un même schéma avec un leader charismatique, incarné généralement par le fondateur de la société, autour duquel se crée un culte de la personnalité. Vous avez ensuite l’adoption d’un langage commun généralement bourré d’anglicismes, d’euphémismes et de superlatifs décuplés qui se propagent à une vitesse folle. Les titres de postes eux-mêmes [en référence à certains cités dans son livre : « office manager », « assistant talent recruiter », « growth hacker », NDLR] servent la plupart du temps soit à enjoliver un job banal, soit à masquer une précarité. Plusieurs process sont souvent rebaptisés avec des noms qui se veulent savants mais sont au final très creux. Ajoutés à cette novlangue, des rituels communs, des valeurs communes, une culture d’entreprise commune ou encore une surveillance omniprésente des résultats. Ce qui est assez proche selon moi d’un système totalitaire…. et d’autant plus hypocrite de la part d’entrepreneurs prônant la liberté à tous les étages et qui se révèlent dans les faits plus que liberticides.

Vos collègues partageaient-ils cette analyse à l’époque ?

Il y avait toujours quelques collègues qui partageaient mon avis. Il s’agissait souvent de personnes plus politisées, avec davantage d’expérience professionnelle, ou originaires d’un autre pays. Soyons honnêtes, nous restions minoritaires. Lors de la préparation du livre, j’ai rencontré plusieurs salariés de start-up, en France notamment. Toutes ces personnes se disaient très heureuses les trois premiers mois puis déchantaient généralement ensuite.

Comment expliquez-vous que l’on parle si peu du sujet ?

On ne veut pas le croire. On préfère se dire que ces start-up créent de l’emploi, plutôt que de fouiller du côté de leurs pratiques managériales. C’est une facilité politique et c’est bien dommage, car le phénomène ne fait que s’amplifier. J’en veux pour preuve la volonté d’un nombre grandissant de grands groupes à s’inspirer des pratiques soi-disant agiles des start-up. Avec l’ubérisation et l’explosion du travail indépendant, c’est encore pire.

Ce modèle de management est-il viable à long-terme selon vous ?

De ce que j’ai vu, je ne sais pas si c’est viable mais en tout cas je suis convaincue que ce n’est surtout pas souhaitable. Après la parution de mon livre, j’ai reçu un nombre conséquent de témoignages de salariés qui se reconnaissent dans cette situation et même de certains entrepreneurs très agacés par ce modèle ambiant. Pour faire bouger les choses, il faut continuer à en parler, qu’un maximum de personnes puisse apporter leur point de vue et leur analyse.

C’est ce que vous comptez continuer à faire ?

Oui, il y aura des suites à mon livre, potentiellement sous la forme de BD. Je ne lâche pas le morceau !

Source :

https://www.challenges.fr/start-up/quand-la-coolitude-des-start-up-se-transforme-en-proletariat-nouvelle-generation_477708

 

Ouvrage :

Titre : Bienvenue dans le nouveau monde – Comment j’ai survécu à la coolitude des start-ups 

Auteur : Mathilde Ramadier

Editeur : Premier Parallèle

https://aphadolie.com/2017/12/10/lenfer-des-start-ups/

lundi 11 décembre 2017

La querelle des sociologues

CANNIBALE LECTEUR de Pascal Vandenberghe

ARG REFLEXION DUEL

La querelle des sociologues

Depuis ses origines, la sociologie est tiraillée entre deux approches radicalement différentes: l'une déterministe et raisonnant sur le collectif (Émile Durkheim), l'autre imprédictible et individualiste (Max Weber). Depuis Bourdieu et ses héritiers, le fossé s'est creusé entre sociologie dite «critique» et sociologie dit «analytique». Mais à quoi sert la sociologie? À comprendre le monde ou à le changer?

Dès ses origines, la question de la sociologie comme «science» s'est posée. Les approches théoriques et méthodologiques de deux de ses principaux fondateurs, Émile Durkheim et Max Weber, s'opposèrent dès le départ. Le livre de Gérald Bronner et Étienne Géhin, Le danger sociologique (PUF, 2017) a rallumé le feu de la querelle. Plus récemment, la revue Le Débat[1] (n° 197, novembre-décembre 2017) revient sur les arguments des tenants de la sociologie analytique – par opposition à holistique – dans un dossier intitulé «La sociologie au risque d'un dévoiement». Outre les auteurs du livre cité précédemment, plusieurs autres sociologues s'y expriment: Olivier Galland, Nathalie Heinich, Pierre-Michel Menger et Dominique Schnapper. La charge contre la sociologie critique est forte et tout à fait recevable. Cette fracture met au jour la crise d'identité de la discipline et surtout l'influence néfaste de la sociologie critique, dominante et politisée.

Retour aux origines: à ma gauche[2], le Français Émile Durkheim (1858–1917), qui posa les bases du déterminisme social. Plus récemment, Pierre Bourdieu fut le grand gourou de la sociologie critique qui en est issue et ses nombreux héritiers dominent aujourd'hui le débat public et influencent la compréhension des faits sociaux. Pour faire simple, on pourra résumer cette forme de la sociologie de la façon suivante: c'est la sociologie de l'«excuse» (échec scolaire, islamisation des cités,...) et du déni.

À ma droite l'Allemand Max Weber (1864–1920). Inventeur de la méthode d'explication connue sous le nom d'«individualisme méthodologique», il fut le premier à soutenir que «la sociologie, elle aussi, ne peut se pratiquer qu'en partant de l'action d'un, de plusieurs ou d'un grand nombre d'individus, par conséquent de manière strictement "individualiste" quant à la méthode[3].» Avec l'apparition des neurosciences et la prise en compte des sciences cognitives, l'approche de Max Weber s'est trouvée renforcée et consolidée, alors que simultanément la sociologie critique se faisait de plus en plus dominante.

Issue des sciences de la nature – cette filiation étant censée prouver la scientificité de la sociologie – la théorie du déterminisme social affirme que le libre arbitre est une illusion: «Chaque individu est trop multisocialisé et trop surdéterminé pour qu'il puisse être conscient de ses déterminismes[4]». Ainsi, on fabrique un individu non responsable de ses actes: «Tel qu'il est décrit par les sociologues d'obédience déterministe, l'acteur social est moins un acteur qu'un agent dont les actions sont des comportements bien plus que des conduites, attendu que celles-ci sont, le plus souvent à l'insu de leur auteur, les effets des forces sociales qui s'exercent sur lui[5].» Les individus n'ont donc pas d'histoire, mais un destin, et tout est «la faute de la société»: je ne m'étendrai pas ici sur les dégâts que causent cette interprétation et la déresponsabilisation de l'individu et de ses actes qui en découle[6]. Depuis Pierre Bourdieu[7], la sociologie critique est devenue politique et militante. Cette obédience s'est érigée en grand défenseur des «opprimés», la victimisation découlant directement de la déresponsabilisation de l'individu: «Il est évident que si elle est défendue inconditionnellement, cette représentation du monde dévitalise les notions de mérite, de responsabilité ou de moralité. Même sous une forme affaiblie, elle pourrait promouvoir de facto une "culture de l'excuse" car elle offre un récit idéal pour tout individu tenté d'expliquer ses défaillances, ses fautes ou ses échecs par l'action fatale de causes (sociales, psychologiques ou biologiques) sur lesquelles il n'a pas de prise[8]».

La charge la plus acérée est signée Nathalie Heinich, sociologue spécialiste de l'art, en particulier contemporain. En 2009, elle avait publié un intéressant Bêtisier du sociologue (Klincksieck), dans lequel l'amateur de chausse-trappes de la pensée trouvera de nombreux exemples de cette bêtise et un répertoire de leurs causes. Sa contribution au dossier publié par la revue Le débat s'intitule «Misères de la sociologie critique». Tout un programme! Elle y dénonce d'abord «la doxa selon laquelle la seule sociologie qui vaille devrait être politiquement engagée » et affirme «qu'il est urgent de faire front face aux innombrables avatars de la sociologie critique qui gangrènent notre discipline dans une dérive potentiellement suicidaire. »

Ces dérives de la sociologie passent par un affranchissement des «règles de la rigueur qui devrait gouverner une discipline enseignée dans les universités, financée par les organismes de recherche.» À commencer par la reprise d'un vocabulaire militant, par exemple dans l'appel à communications publié sur le site de l'Association française de sociologie (AFD) pour son congrès de 2017. Une perle: «Alors même que les inégalités sociales de toutes sortes se cumulent et souvent s'accroissent, le rôle de la sociologie est ainsi plus que jamais de découvrir les processus par lesquels divers pouvoirs parviennent à les légitimer, voire à les renforcer, cela tout en préservant les apparences de la neutralité et de l'universalité

Dénonçant successivement le constructivisme naïf, l'aveuglement de la posture critique sur ses propres contradictions et le fonctionnement paranoïaque, et pour finir l'antiscientisme suicidaire de la sociologie critique, Nathalie Heinich se livre à un passage en revue de ses tares, dans un style enlevé et incisif: «[...] en voulant soustraire à l'ordre de la nature un fait que l'on estime critiquable, pour montrer qu'il n'est pas nécessaire, l'on sous-entend qu'il serait nécessaire s'il était naturel: tout ce qui est "social" serait forcément arbitraire, car la nécessité ne pourrait relever que de la nature. Par exemple, puisque (comme nous le serinent les "études de genre", malheureusement devenues pour une large part la poubelle internationale des médiocrités académiques) la différence des sexes est affaire de convention et non de nature, l'on pourrait parfaitement s'en passer, de même que de toutes ces "fictions" qui prétendent nous faire croire qu'un homme et une femme, ce n'est pas tout à fait pareil. En voulant jeter le bébé de la discrimination sexiste, l'on se débarrasse de l'eau du bain qu'est la différence des sexes, réduite à l'arbitraire supposé d'une "construction sociale", et l'on confond au passage un terme normatif – celui de "discrimination", qui appelle la critique – avec un terme factuel – celui de "différence", qui relève de la description.»

Si c'est sous la direction de Pierre Bourdieu que Nathalie Heinich réalisa sa thèse de doctorat, on peut dire qu'elle a su «tuer le père», puisqu'elle écrit que la devise du maître, à laquelle il était plus que fidèle, était: «Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais»!

Elle conclut sa contribution tout d'abord par un appel à ses collègues: «Autant dire qu'en s'en prenant à l'autonomie de la science, à son indépendance de principe envers les positions et opinions politiques, fût-ce les plus estimables, les zélateurs de la sociologie critique ne font que scier méthodiquement la branche sur laquelle ils sont assis – et nous aussi, malheureusement, avec eux. Alors mes chers collèges, de grâce: suicidez-vous, oui – mais sans nous!». Avant de poser «la» question fondamentale qui résume parfaitement cette fracture: «Est-ce vraiment au sociologue de dire aux acteurs comment doit être le monde? Non: son rôle est de dire comment il est.»

Malheureusement, comme le soulignent Gérald Bronner et Étienne Géhin, il suffit de regarder le nombre de requêtes effectuées sur Google pour constater que Pierre Bourdieu et Michel Foucault, deux des grandes figures de la sociologie critique, attirent les curieux en bien plus grand nombre que Raymond Boudon[9] ou James Coleman[10], deux des grands défenseurs de la sociologie analytique. Ce n'est pas neutre et cela influence démesurément la compréhension du monde et de la société telle que veulent nous l'imposer les tenants de cette sociologie «de combat», orientée et manipulatrice. Pour se prémunir de ces influences néfastes et souvent insidieuses, la lecture des sociologues de l'école analytique constitue un antidote efficace.

 NOTES
  1. Fondée en 1980 par Pierre Nora, qui la dirige toujours, le rédacteur en chef en est Marcel Gauchet. Sur le site de son éditeur, Gallimard, Pierre Nora explique le sens de la revue: «Pour qui avait, au début des années 80, le sentiment aigu d'un monde à tous égards nouveau, la tache était claire: lutter sur deux fronts, contre la réduction médiatique d'un côté, la spécialisation universitaire de l'autre; maintenir un espace de discussion publique; défendre et illustrer un travail intellectuel de réflexion et de critique. Ce travail, nous l'avons distribué autour de trois axes: histoire, politique, société
  2. C'est le cas de le dire! Pas pour Durkheim, certes, mais pour tous ses suiveurs, à commencer par Pierre Bourdieu.
  3. «Lettre à l'économiste Robert Liefmann», 9 mars 1920, Revue française de sociologie, 2005/4, vol. 46.
  4. Bernard Lahire, Pour la sociologie. Et pour en finir avec la prétendue "culture de l'excuse", La Découverte, 2016.
  5. Gérald Bronner et Étienne Géhin, Le danger sociologique (PUF, 2017).
  6. «Monsieur le Président, mon client a eu une enfance difficile. Son père le battait, sa mère était alcoolique; c'est pour cela qu'il vole des mobylettes. Ce n'est pas de sa faute. Je demande l'acquittement.» J'exagère... à peine!
  7. Et en particulier la parution de La misère du monde (Seuil, 1993, coll. «Points», 2007).
  8. Gérald Bronner, Étienne Géhin «Les prophéties autoréalisatrices de la sociologie déterministe», Le débat 197, novembre-décembre 2017.
  9. Parmi ses nombreuses publications, je recommande La place du désordre. Critique des théories du changement social (PUF, 1984, coll. «Quadrige», 1991).
  10. Dont l'œuvre n'a été que très peu traduite en français. L'individu dans la théorie politique et dans la pratique (PUF, 1998).

Source: Antipresse.

Posté par UPR Creuse à 06:48 - - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

vendredi 8 décembre 2017

Dominique Tian, fervent opposant à la fraude sociale, épinglé par le fisc

Le premier adjoint au maire de Marseille, Dominique Tian, a été jugé pour fraude fiscale en raison de comptes cachés en Suisse. L'homme politique avait fait de la fraude sociale un de ses champs de bataille.

ACT FRAUDEUR

Dominique Tian est le premier adjoint au maire de Marseiile, Jean-Claude Gaudin. Il est poursuivi par la justice pour omission dans sa déclaration de patrimoine et blanchiment de fraude fiscale, car il a caché l'existence de ses comptes en Suisse jusqu'en 2014. Ironie du sort, cet ancien député Les Républicains est célèbre pour sa lutte contre la fraude sociale qui, selon lui, "exaspère tout le monde, notamment la France qui travaille".

12 ans de prison, 300 000 euros d'amende et 5 ans d'inéligibilité requis

Lors d'une séance à l'Assemblée nationale, il avait notamment dénoncé le fait qu'une habitante de Suresnes (hauts-de-Seine) avait, en 2007, "réussi le tour de force de déclarer des quintuplés dans 17 caisses d'allocations familiales différentes et d'empocher plusieurs dizaines de milliers d'euros. Pour information, le montant des comptes en Suisse rapatriés par Dominique Tian s'élève à 2 millions d'euros, sur lesquels il a payé 664 000 euros d'amende.

Lors de l'audience, le 1er décembre, la présidente du tribunal lui a demandé : "N'y a-t-il pas une forme de schizophrénie à fustiger les petits fraudeurs au RSA et à dissimuler parallèlement des comptes en Suisse ? Douze mois de prison avec sursis, 300 000 euros d'amende et cinq ans d'inéligibilité ont été requis contre Dominique Tian. Le jugement sera rendu le 26 janvier prochain.

https://www.francetvinfo.fr/economie/fraude/comptes-en-suisse/dominique-tian-fervent-opposant-a-la-fraude-sociale-epingle-par-le-fisc_2498747.html

Posté par UPR Creuse à 07:36 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

Le gouvernement prépare les esprits à la réforme du SMIC !!

C’est une dépêche de l’agence Reuters que vous avez intérêt à bien retenir pour la suite des événements qui nous apprend que (suite au rapport d’économistes payés avec des fonds publics sur le salaire minimum) « le gouvernement prendra le temps de la réflexion sur l’évolution du SMIC, “pierre angulaire de notre modèle social français”, dont un groupe d’experts préconise la désindexation, a déclaré mercredi la ministre du Travail ».

ACT UE JOHNNY

« Un rapport d’économistes remis lundi au gouvernement, qui suscite l’inquiétude des syndicats, recommande de s’abstenir de tout “coup de pouce” au smic le 1er janvier 2018, pour tenir compte des “fragilités” de l’économie française, et de supprimer à l’avenir toute règle d’indexation obligatoire ».

« Je rappelle que le smic est la pierre angulaire de notre modèle social français. Nous sommes tous convaincus que le travail doit être rémunéré par un salaire juste et décent”, a déclaré Muriel Pénicaud lors de la séance des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale »…

A-t-elle rejeté pour autant ce rapport pas du tout et c’est là l’important d’ailleurs…

« Elle a ajouté que le rapport était “une contribution utile” et que les propositions sur l’indexation du smic allaient “s’intégrer dans les réflexions en cours dans deux autres chantiers” : le partage des fruits de la croissance et de la valeur ajoutée et le projet de la France pour la refondation de l’Europe ».

Et non seulement elle ne rejette pas l’idée, mais en réalité confirme la nécessité de l’étudier…

« Pour ces deux raisons, nous pensons que c’est un sujet d’importance, nous devons prendre le temps de la réflexion, de la concertation, nous ne devons pas nous précipiter mais nous devons pouvoir en discuter en toute sérénité, en maintenant le cap du caractère essentiel du smic pour le pouvoir d’achat et pour la cohésion sociale”, a dit la ministre ».

Nous allons vers un SMIC à plusieurs vitesses !

Le travail de préparation vient donc de démarrer. Un travail de préparation des masses qui va avoir pour objectif de vous faire détester le SMIC, de croire que le SMIC empêche la richesse et explique la pauvreté

Vous comprenez, comme le coût de la vie n’est pas le même partout en France et que certaines régions souffrent, pour les re-dynamiser on va vous proposer de faire plusieurs SMIC, un salaire minimum dans les grandes villes, puis un autre dans les petites villes ou dans les zones rurales… où il est moins coûteux par exemple de se loger.

Le patronat en rêve.

Le problème c’est que si le SMIC est baissé encore faut-il qu’il n’y ait pas de rupture d’égalité devant la loi ce qui risque d’être assez compliqué. Mais bon admettons que cela passe le conseil constitutionnel.

Vous imaginez un SMIC à 600€ et un RSA à 500 ? De vous à moi vous faites quoi vous ?

Donc évidemment, il est logique que le gouvernement « prenne le temps » de la « concertation », le problème de fonds c’est que toucher au SMIC c’est déstabiliser l’ensemble intellectuel sur lequel se construisent les décisions que prennent les agents économiques.

C’est déstabiliser également tout l’édifice de l’état providence français.

Nous étions prévenus. Macron et le gouvernement ne s’arrêteront pas à quelques ordonnances. En 5 ans c’est tout notre paysage économique qui sera bouleversé et la précarité augmentée. Il faudra vous y adapter et vite !

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

https://insolentiae.com/le-gouvernement-prepare-les-esprits-a-la-reforme-du-smic-ledito-de-charles-sannat/

BASE 14 995X225

« Je rappelle que le smic est la pierre angulaire de notre modèle social français. Nous sommes tous convaincus que le travail doit être rémunéré par un salaire juste et décent”, a déclaré Muriel Pénicaud lors de la séance des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale »…: un bel exemple d'inversion orwellienne!  P.G.

1984-de-Orwell

Posté par UPR Creuse à 06:27 - - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

mardi 5 décembre 2017

Euro-casse de l’hôpital public : refuser les mesures Buzyn et s’attaquer aux vraies causes !

Énorme coup de rabot macronien prévu contre la Sécu, près de quatre milliards d’euros en moins annoncés par la nouvelle ministre, Agnès Buzyn, pour rentrer dans les clous des maudits critères de Maastricht (« police financière » de la monnaie unique européenne) qui sont plus « sacrés » pour nos gouvernants successifs, LR, PS, ou LREM, que la santé de leurs électeurs.

ACT SANTE SERVICES PUBLICS

Surtout quand on sait que les économies principales porteraient de nouveau sur l’HÔPITAL PUBLIC, déjà exsangue, et où les personnels courent dans tous les sens en perdant parfois le sens de leur métier.

Un comble quand on sait que ce gouvernement n’a que la « compétitivité » à la bouche, l’hôpital est accusé par Mme Buzyn de « faire du chiffre », de provoquer « 30% de dépenses non pertinentes » et de « se comporter en entreprise »… Monstrueuse hypocrisie ! Depuis plus de vingt ans, c’est au nom de l’euro, c’est-à-dire de l’épuisant alignement du franc sur le Deutsche Mark et de la destructive « économie de marché ouverte sur le monde où la concurrence est libre et non faussée » (Traités européens) que les services publics, hôpital en tête, mais aussi Poste, SNCF, Education nationale, Equipement, etc., sont soumis à des critères de gestion qui exaltent la rentabilité, l’austérité, l’exploitation sans vergogne des personnels, leur précarisation avec en bout de course l’affaiblissement parfois grave du service rendu aux citoyens.

Bien évidemment, Buzyn va tenir un discours de gauche pour faire passer une politique de droite qui conduira à un surmenage insoutenable des personnels infirmiers (après quoi on multipliera hypocritement les émissions de télé pleurnichardes sur le « burn out » : serait-ce moins douloureux de le dire… en anglais !) et à une énième dégradation des soins hospitaliers : une fois de plus, amplifiant l’action désastreuse de Marisol Touraine (PS) et de ses prédécesseurs de droite, A. Buzyn appelle à supprimer en masse de nouveaux lits d’hôpital et à activer les soins « ambulatoires » pour aligner la France sur la désastreuse moyenne européenne de 7 personnes soignées en ambulatoire sur dix « clients » de l’hôpital. Déjà pourtant, chacun voit combien il est souvent scandaleux de renvoyer précipitamment chez lui (ou chez elle, s’agissant en particulier des accouchées virées fissa des maternités !) des personnes encore mal remises et titubantes dont certaines ne peuvent pas espérer de soutien familial à domicile, sans parler des responsabilités souvent indues qui pèsent alors sur l’entourage familial quand celui-ci existe…

Certes, les syndicats hospitaliers vont réagir. Mais nous leur posons publiquement une question : quand vont-ils enfin mettre en cause, au lieu de soupirer après l’imaginaire « Europe sociale », l’appartenance de la France à une UE et à une monnaie unique qui sont des colliers étrangleurs passés au cou de l’hôpital public et de ses usagers ?

Et plus globalement, que faire pour construire enfin le « tous ensemble et en même temps » des salariés du public et du privé (casse du code du travail, du produire en France, des conventions collectives, des retraites, des indemnités chômage, des statuts…) sans lequel on ne pourra pas stopper Macron-MEDEF, le petit proconsul de l’UE et d’Angela Merkel.

(...)

https://www.initiative-communiste.fr/articles/luttes/euro-casse-de-lhopital-public-refuser-mesures-buzyn-sattaquer-aux-vraies-causes/?ct=t(RSS_EMAIL_CAMPAIGN)

Posté par UPR Creuse à 07:38 - - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

lundi 4 décembre 2017

Délocalisations : les salariés de Castorama et Brico Dépôt nouvelles victimes de l’Union Européenne

Dans un département du Nord déjà ravagé par le après les délocalisations massives de l’industrie textile puis de l’automobile, c’est désormais les travailleurs des services qui sont victimes de l’, de ses délocalisations et de son .

ACT UE DUMPING

Ainsi plus de 750 emplois sont menacés au sein des magasins de bricolage biens connus Castorama et Brico Dépôt, dont plus de 250 au niveau de son siège de Templemars dans la banlieue lilloise. C’est que le groupe Kingfisher propriétaire des magasins a décidé de délocaliser ses services centraux à Cracovie en .

Au millieu de dizaines de délocalisations frappant chaque jour l’industrie en France, si celle-ci fait tant parler c’est aussi parceque que pour la première fois une massive concerne des cols blancs.

30 millions d’euros de CICE donnés par Macron au patron, 750 emplois supprimés

Les salariés du groupe expliquent clairement la situation :

 «C’est du dumping social, le groupe affiche sans vergogne sa volonté de faire des économies de main-d’œuvre» explique à la rédaction de Libération Jean-Paul Gathier, syndicaliste FO.
Plus de 500 emplois d’experts comptables et de contrôleurs de gestion son menacés à Castorama, et 250 pour l’enseigne sœur Brico Dépôt.
Le travailleurs se fera désormais en Pologne, à Cracovie pour permettre de gonfler les profits des capitalistes propriétaires du groupe en profitant des salaires bien moins élevés.
Le SMIC en France est de 1480 €, il est de 473 € en Pologne. en délocalisant 750 emplois, c’est 9 millions d’euros chaque années dans les coffres du patron de Castorama / Brico Dépôt !
Faut il rappeler que chaque année, avec le CICE (crédit d’impôts compétitivité emplois) censé permettre en faisant rembourser par les travailleurs de France une partie du salaire que devrait payer les patrons à leurs salariés, une invention de Hollande/Macron lors du dernier quinquenat, c’est 30 millions d’euros dont Macron a directement fait cadeau aux patrons de Castorama / Bricot Dépôt.
Soit disant cette diminution des salaires devait permettre de créer un million d’emplois d’après le MEDEF. Le chômage a continué d’augmenter. Le scandale Castorama vient ici confirmer ce que dénoncer les communistes du PRCF avant même que le CICE ne soit mis en place (lire ici) : il ne s’agit que d’un énorme cadeau payé par les travailleurs fait aux ultra riches !

Euro Délocalisations : chantage et méthodes de voyou légalisés par la Loi Travail

C’est par une vidéo que la directrice générale du groupe Véronique Laury a courageusement osé annoncer que “pour maintenir la compétitivé de Kingfisher, elle voulait réduire les couts. Traduction, pour que les actionnaires puissent recevoir encore plus de dividendes, la direction de Kingfisher a décidé de mettre sur la paille des centaines de travailleurs et de réduire les salaires versés à ceux restants.

Car faut il préciser que cette charrette de licenciement intervient non pas à cause de difficultés économiques puisque le groupe est largement bénéficiaire. Au troisième 2017, le chiffre d’affaire du groupe était en hausse de 3% . Le groupe a versé un dividende de 10,4 £ par action sur l’exercice 2016-2017, soit un retour sur investissement de 3,15% par action ! Et le groupe dégage un bénéfice avant impôt de près de 750 millions de livres en 2017 c’est à dire près de 850 millions d’euros, pour un chiffre d’affaire de 12,7 milliards d’euros. Cela signifie que chacun des 77 000 employés du groupe a en moyenne fait gagner plus de 11 000 € au groupe l’année dernière !

Faut il ici rappeler que cette délocalisation et ces centaines de suppressions d’emplois ne seraient pas possible sans les lois Macron, Loi travail et ordonances Macron ?* Kingfisher est bénéficiaire et n’aurait pas sans ces lois la possibilité de mener ces licenciements massifs.

Une vague de licenciement qui en annoncent d’autres, puisque les syndicats expliquent que pour réduire les coûts et alors que l’ensemble des services supports des deux enseignes seront désormais communs et situés à distance en Pologne, les deux marques Castorama et Brico Dépôt vont sans aucun doute être rapprochées.
JBC pour www.initiative-communiste.fr
https://www.initiative-communiste.fr/articles/europe-capital/delocalisations-salaries-de-castorama-brico-depot-nouvelles-victimes-de-lunion-europeenne/?ct=t(RSS_EMAIL_CAMPAIGN)

BASE 14 995X225

*"Faut il ici rappeler que cette délocalisation et ces centaines de suppressions d’emplois ne seraient pas possibles sans les lois Macron, Loi travail et ordonances Macron ?": en fait, une stricte application des GOPE (grandes orientations de politique économique) dans le cadre de l'article 121 du TFUE, et une mise en oeuvre de l'article 63 du TFUE interdisant toute restriction à la liberté de circulation des mouvements de capitaux. Macron n'est qu'un lampiste...
P.G.

Screen-Shot-10-28-17-at-10

samedi 2 décembre 2017

ALLEMAGNE: LA CRISE POLITIQUE FRAPPE AUSSI LE CŒUR DE L’UE

Le Monde titre : La crise politique en Allemagne est une très mauvaise nouvelle pour l’.

ARG ALLEMAGNE MERKEL CRISE

On pourrait donc légitimement se dire que c’est une bonne nouvelle pour les peuples d’ Europe.

Le Monde étant le porte-parole de la fraction la plus européiste du grand capital, et l’affaiblissement le l’impérialisme germanique étant en soi une bonne nouvelle, il est légitime de s’interroger.

Comme toujours les choses sont un peu plus complexes.

Première donnée : le pays donné comme modèle par tous les politiciens (vraie droite, fausse gauche, fachos confondus), les médias, les experts et autres “élites” auto-proclamées est en crise politique ouverte.

Cette crise qui s’exprime politiquement est déterminée en grande partie par la crise du capitalisme qui frappe aussi l’ Allemagne. Depuis Schröder, le chancelier social-démocrate qui a mis en œuvre les loi Hartz, le peuple allemand vit les conséquences de cette politique ultra-libérale : salaires bas, précarité, services publics en capilotade… Certes le grand capital allemand se porte bien mais certainement pas les travailleurs même si le “syndicalisme de service” qui fait saliver la CFDT permet à certains secteurs économiques, ceux dans lesquels est concentrée l’aristocratie ouvrière (elle-même de plus en plus « cernée ») d’atténuer la rigueur de la purge. Reste que cette société allemande connait des inégalités profondes, que la domination du grand capital y est aussi rapace qu’ailleurs, que tout l’Est du pays, les « Ossies » de l’ex-République démocratique allemande, reste profondément discriminé et marginalisé.

Deuxième donnée : l’affaiblissement du noyau dirigeant de l’ est en effet une bonne nouvelle. Il est vrai que l’ rejetée de plus en plus nettement par les peuples et que ses dirigeants cherchent des solutions à ce rejet massif. Macron et voudraient approfondir encore la dimension supranationale et antidémocratique de l’ et son intégration à l’ensemble euro-atlantique en particulier à travers l’ OTAN, l’armée européenne et le « gouvernement de la zone euro ».

Mais une telle politique nécessite l’assentiment d’une base de masse qui fait défaut autant au gouvernement allemand que français. En outre, toute une partie du grand patronat allemand – qui prêche la supranationalité aux autres pays mais qui campe sur des positions franchement nationalistes pour la RFA, refuse de payer le prix de ces « coopérations renforcées » et veut aggraver les asymétries existantes : à la RFA le pilotage global au nom de la « bonne gouvernance européenne », à chaque pays vassalisé l’obligation de régler par lui-même les énormes déséquilibres produits par l’alignement sur le mark des monnaies plus faibles, franc, lire, peseta, etc.. La crise politique de la CDU-CSU dans sa recherche d’alliances avec les Libéraux et les Verts démontre la difficulté de trouver un consensus même parmi la caste dirigeante qui reste encore sous la pression du vote des électeurs. Bref que Macron enrage de voir sa suzeraine Merkel obligée à des mois de négociations pour parvenir à former son gouvernement et accélérer la marche vers le Saint Empire Germanique est plutôt encourageant pour les progressistes internationalistes et patriotes : quand ceux d’en haut se disputent, des espaces s’ouvrent pour “ceux d’en bas”… et l’illusion mortifère d’une Europe “sociale”, “démocratique”, d’une “coopération à égalité entre Paris et Berlin”, recule d’autant dans les consciences.

Troisième donnée : une situation de crise n’ouvre pas nécessairement une perspective progressiste. Les dernières élections législatives ont été marquées par l’affirmation d’un courant d’extrême-droite, l’ AfD (Alternative für Deutschland) dont l’essentiel des députés sont de francs nostalgiques du Grand Reich. Et des élections législatives après cette période de crise politique pourraient favoriser l’ AfD. Mais ce raisonnement s’il peut avoir une traduction concrète, a la faiblesse de ne pas analyser le pourquoi d’une telle situation dans un pays aussi puissant et aussi riche que l’ Allemagne fédérale. Pourquoi la vraie gauche allemande et nos camarades communistes en première ligne ne parviennent-ils pas à construire une véritable alternative progressiste ? Pourquoi la colère sociale s’exprime-t-elle par un vote en faveur de l’ AfD ? La criminalisation du communisme, le flot de propagande déversée contre la RDA, la dérive droitière et opportuniste de Die Linke avec à sa tête des anti-communistes patentés comme Gisy, un syndicalisme de collaboration de classe, des communistes frappés depuis des décennies par une répression ouverte ou sournoise, la dépolitisation qu’entraînent les “grandes coalitions” SPD-CDU pour faire la même politique au service des intérêts du grand capital, tout cela créé un écosystème politique peu favorable aux forces progressistes.*

Reste qu’avant d’arriver aux élections il est possible d’assister, une fois encore, à la constitution d’une nouvelle “grand coalition” de la droite avec les sociaux-démocrates sous le prétexte fallacieux de barrer la route à l’ AfD. Ici aussi nous connaissons cette musique qui a amené des gogos mais aussi des capitulards, comme les dirigeants du PCF, à appeler à voter Macron pour, prétendument, barrer la route au FN… alors qu’à peine intronisé, Macron s’est empressé de perpétuer l’état d’urgence liberticide en l’inscrivant dans le marbre de la loi. Alors que c’est justement les politiques menées par les Macron, Schröder, Merkel qui aggravent chaque jour la fascisation et qui ouvrent les portes au fascisme.

(...)

Commission Internationale du PRCF – pour www.initiative-communiste.fr

https://www.initiative-communiste.fr/articles/europe-capital/allemagne-crise-politique-frappe-coeur-de-lue/?ct=t(RSS_EMAIL_CAMPAIGN)


 

BASE 14 995X225

*Il serait peut- être judicieux, si on veut éviter le piège du vote anti- fasciste, de cesser de relayer la propagande des partis européistes en taxant systématiquement l'AfD d'extrême droite...Surtout quand on porte, qu'on le veuille ou non, une histoire qui a laissé des traces dans la conscience des "progressistes"...Mais ça, c'est aux authentiques communistes de résoudre leurs propres contradictions! En tous cas, saluons leur lucidité sur la question euro- atlantiste.  P.G.

Posté par UPR Creuse à 09:09 - - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

vendredi 1 décembre 2017

Roumanie : le gouvernement annonce une baisse drastique des salaires

On savait déjà que l'Union européenne, c'était l'alignement salarial par le bas.

BASE 14 995X225

Mais que se passe-t-il quand un des pays de l'UE étant déjà dans les plus bas salaires, compte réduire ceux-ci d'encore 20% ? Soutenez le projet européen : il a pour nous de magnifiques lendemains d'esclavage moderne !  D.P.


La Roumanie est l'un des pays d'Europe où les salaires sont parmi les plus bas. Le gouvernement s'apprête pourtant à les faire baisser de 20% afin de faire payer les cotisations patronales aux employés. Les salariés roumains manifestent depuis plusieurs semaines.

ACT ROUMANIES MANIFS

Des manifestations devant tous les bâtiments officiels, contre une baisse drastique des salaires. Concerts de vuvuzela, chaîne humaine autour du Parlement à Bucarest. Des défilés de nuit dans les grandes villes roumaines, ou une grève massive, comme celle des ouvriers du constructeur automobile Dacia. Dans un pays où le salaire moyen est d'environ 520 euros, tous redoutent un bouleversement fiscal qui, selon eux, amputera leurs revenus.

Une réforme qui n'arrange que l'État roumain

En colère contre un gigantesque bouleversement fiscal. Actuellement, comme en France, les employeurs roumains paient des cotisations patronales en plus du salaire brut. Les salariés, eux, paient des cotisations salariales et conservent à la fin du mois le salaire net. La Roumanie veut supprimer presque la totalité des cotisations patronales et les faire payer par les salariés. Conséquence : une baisse du salaire net d'environ 20%. Pour éviter cette baisse, le gouvernement demande aux employeurs d'augmenter le salaire brut, mais il n'y a aucune obligation. Alors quel intérêt à toute cette réforme ? Pour ce patron roumain, aucun. Comme le syndicat, le patronat roumain est lui aussi contre ce bouleversement. Selon lui, c'est d'abord un cauchemar administratif.

Une réforme qui ne fait donc que des mécontents, sauf peut-être un bénéficiaire : les caisses de l'État roumain. Selon le patronat, le gouvernement pourrait profiter de ces changements pour réaugmenter certaines cotisations dans quelques mois et ainsi récupérer de l'argent. Selon Florin Iordache, député du Parti social-démocrate, "ce sont des peurs injustifiées". Une réponse laconique qui ne convainc ni les patrons ni les syndicats roumains.

https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/roumanie-le-gouvernement-annonce-une-baisse-drastique-des-salaires_2488457.html

Posté par UPR Creuse à 09:45 - - Permalien [#]
Tags : , , , ,

samedi 25 novembre 2017

Devenons des insoumis linguistiques !

, auteur du papier ci dessous, est Philosophe, secrétaire national du Pôle de Renaissance Communiste en France (P.R.C.F.), président du Collectif Unitaire Républicain pour l’Initiative, l’Émancipation et la Résistance Linguistiques (CO.U.R.R.I.E.L.). Auteur entre autres de Marxisme et universalisme, Delga, 2015, et de Lumières communes, traité de philosophie à la lumière du matérialisme dialectique (Delga, 2016).

une tribune publiée par le blog La Sociale


ARG LANGUE PRCF

« A chaque fois qu’affleure, d’une manière ou d’une autre, la question de la , cela signifie qu’une série d’autres problèmes est en train de s’imposer : la formation et l’élargissement de la classe dominante, la nécessité d’établir des rapports plus intimes entre groupes dirigeants et la masse nationale-populaire, c’est-à-dire de réorganiser l’hégémonie culturelle ».
Antonio Gramsci, linguiste, dirigeant communiste et antifasciste italien.

(...)

Alors que l’entreprise d’arrachage du français et des autres langues nationales au profit du Business Globish franchit un seuil critique en France et en Europe, force est de reconnaître que, jusqu’ici, la résistance des forces progressistes à cette inavouable politique oligarchique reste faible, retardataire, dispersée, voire… inexistante. Si l’on excepte le PRCF, qui en fait un pilier de sa proposition stratégique de Front Antifasciste, Patriotique, Populaire et Ecologiste, et l’association internationaliste CO.U.R.R.I.E.L. qui fournit en permanence un travail d’analyse et de mobilisation progressiste en matière de résistance linguistique, le mouvement ouvrier et populaire n’a pas encore vraiment saisi que cette stratégie linguistique d’arrachage des langues nationales d’Europe et de substitution du tout-anglais au français (et à l’allemand en Allemagne, à l’italien en Italie, etc.) constitue un enjeu stratégique, Gramsci dirait : « hégémonico-culturel », pour l’oligarchie euro-atlantique, pour le MEDEF, pour l’UE-OTAN, sans parler du « PMU », ce Parti Maastrichtien Unique polycéphale composé des LR, des Euro-Ecologistes « verts », des LREM macroniens et du parti « socialiste ».

Pourtant, l’attentat linguistique est systématique, visant tous les secteurs « de prestige » de la société :

  • Publicité et enseignes commerciales, les PME et TPME étant souvent « conseillés » en ce sens par les institutions patronales
  • Journaux, revues (« Society », « We demain », « So Foot »…)et médias, où les émissions et les chaînes illégalement titrées en anglais pullulent dans l’indifférence quasi-totale du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel,
  • Chanson,où les quotas radiophoniques de chanson francophone ont été récemment  abaissés (à la demande du CSA, censé pourtant protéger la chanson francophone !) et où la « France » officielle s’affiche le plus souvent en anglais ou plutôt, en franglais bas de gamme, au concours annuel de l’Eurovision,
  • Recherche scientifique, où certaines revues subventionnées par l’argent public ne se donnent même plus la peine de publier en français, voire excluent les articles en français alors que l’aptitude à lire et à comprendre ce qu’il finance de ses deniers est un droit élémentaire du citoyen-contribuable,
  • Ecole et Université où les gouvernants (ceux-là même qui, avec Claude Allègre, ont réduit les horaires de LV au lycée !) poussent à enseigner en anglais les disciplines les plus diverses et à pratiquer dès la Maternelle le « bain linguistique » anglophone alors qu’à cet âge, l’accès des bambins à la langue maternelle française n’est pas encore structuré (si bien que le seul résultat probable sera seulement de déstabiliser le français des jeunes francophones sans leur permettre d’accéder plus tard, par la connaissance approfondie de leur langue, et par l’apprentissage méthodique d’autres langues, un véritable plurilinguisme),
  • Entreprises privées et publiques, où nombre de cadres supérieurs sont cyniquement recrutés en tant que « English Mother Tongue » (« anglais langue maternelle », ce qui, soit dit en passant, institue une préférence nationale à l’envers lors de l’embauche !) et où, imitant Volkswagen, qui a renoncé à l’allemand, des multinationales comme Airbus, PSA, Renault, basculent carrément toute leur documentation interne à l’anglais avec la complicité manifeste du gouvernement français représenté, voire majoritaire, dans certains conseils d’administration.
  • Sport, avec l’entêtement du comité « Paris 2024», soutenu par Anne Hidalgo, de « vendre » « Paris-J.O. » en anglo-américain sans crainte de prostituer et d’humilier notre langue, notre capitale, notre pays et notre héritage culturel (dont fait partie la refondation des J.O. de l’ère moderne par un Français…),
  • Politique, avec Fillon, Hamon et Valls faisant assaut d’anglais devant les caméras se « se vendre » aux électeurs, avec Macron humiliant la France, l’Allemagne et leurs langues respectives en choisissant Berlin pour discourir en anglais dans le cadre de l’élection présidentielle française et truffant ses interventions publiques de toutes sortes de termes franglish incompréhensibles au commun des citoyens…
  • Défense « nationale » où, subordination totale à l’OTAN et à la « défense européenne » obligent, l’anglais devient la langue de travail officielle de l’armée « française » en violation flagrante de la Constitution !

Les enjeux de classe et géostratégiques de cet arrachage linguistique géant, qui induit déjà des effets structurels inquiétants sur notre langue (non seulement sur son vocabulaire mais sur sa syntaxe et sur sa phonétique), sont colossaux sur les plans politique, social et sociétal : il s’agit notamment pour la classe dominante mondiale de…

  • pulvériser les Etats-nations existants, dont la langue est l’identifiant le plus directement sensible aux citoyens, au profit d’un Empire euro-atlantique redistribué en « Grandes Régions » (où l’on feindrait de favoriser, tout en le maintenant dans le ghetto linguistique des activités « festives » et « domestiques »,une langue régionale ou « transfrontalière » pour mieux désétablir les langues nationales et pour, incidemment, installer le tout-anglais à l’entreprise et sur la place publique) ; et avec la casse des Etats-nations, c’est la production nationale (en France, en Italie, etc.), les acquis sociaux, les services publics nationaux, les statuts publics, l’Education nationale et les conventions collectives nationales construits dans le cadre national qui seraient arasés, sans parler de la capacité des mouvements ouvriers à construire, voire tout bonnement à dire, des mobilisations « tous ensemble et en même temps » contre les contre-réformes eurolibérales ;
  • durcir la stratification sociale européenne et mondiale avec, tout en haut, une « élite » oligarchique de P.-D.G., de grands actionnaires, d’hyper-rentiers, de « jet setters » et de très hauts cadres dont l’anglo-américain « langue maternelle » serait le code distinctif universel ; tout en bas de la pyramide, ceux qui ne parleraient « que » leur langue nationale de plus en plus déclassée, reléguée et « empatoisée », donc devenue de moins en moins capable de dire les évolutions technoscientifiques ; et au milieu, des couches moyennes se distinguant du bas peuple par leur accès minimal au globish, c’est-à-dire à une non-langue, voire à une novlangue « managériale » définitivement découplée de la culture des pays anglo-saxons*, sans être pour autant capables de rallier l’« élite » ; quant aux travailleurs immigrés venus de pays francophones d’Afrique, inutile de dire qu’ils seraient définitivement marginalisés et doublement pénalisés sur le plan linguistique…
  • installer une novlangue mondiale unique, vecteur de marché, de pensée, d’économie, de politique uniques : celles de l’UE, du CETA, du « TAFTA » (sous telle ou telle forme imprévisible) et de l’OTAN ; tant il est vrai qu’une langue ne sert pas seulement à communiquer mais qu’elle permet avant tout de structurer la pensée et l’échange des locuteurs. Or, rien de plus « marketé » et plus fortement porteur d’idéologie « managériale » et « consumériste » que le Business-Globish ! Quoi de plus sourdement « globalitaire », de plus « capitalo-formatant » et de plus sourdement exterministe qu’une telle entreprise européenne et mondiale, capable à terme de détruire l’un des fondements anthropologiques de l’humanisation, la pluralité des langues et des cultures et l’échange fécond qu’elle permet ou, du moins, qu’elle peut permettre en principe, en termes d’égalité et d’altérité ?

Pourtant, la pitoyable affaire du slogan olympique en anglais inscrit sur la Tour Eiffel en 2016 a tellement heurté l’opinion publique française que de nombreux média ont, par exception, relayé le communiqué commun que l’association CO.U.R.R.I.E.L. avait d’emblée proposé aux autres associations. Plus de 80% des citoyens sondés ont d’ailleurs condamné cet attentat linguistique qui insulte tous les Francophones du monde, sans parler des étrangers qui nous font l’honneur d’étudier notre langue sur les cinq continents ; à tous, Anne Hidalgo, maire de Paris, et Bernard Cazeneuve, l’ex-premier ministre qui a cautionné cette cérémonie néocoloniale, ont honteusement signifié qu’à leurs yeux, l’anglais, ou plutôt le Globish bas de gamme, est désormais la seule vraie « langue universelle ».

Mais la contrepartie de ce début d’insoumission linguistique populaire est aussi, hélas, que le FN, qui n’avait jamais aucun soutien actif à la langue française*, entend désormais dévoyer le patriotisme linguistique des Français et des autres Francophones au profit de sa sordide idéologie xénophobe. Raison de plus pour…

  •  …  ne pas abandonner ce sujet vital à l’extrême droite, comme d’autres sujets lui ont déjà été si longtemps délaissés en vertu d’un faux internationalisme : drapeau tricolore, Marseillaise, souveraineté nationale, Frexit progressiste…
  • … qu’ensemble, les militants progressistes, politiques, syndicaux ou associatifs, qui ont jusqu’ici fait fort peu de choses ensemble sur ce front du combat de classe, retrouvent l’élan politique, culturel et linguistique qui était celui de la gauche populaire à l’époque de Victor Hugo, puis à celle du Front populaire, des Lettres françaises, de Barbusse, de Prévert, d’Eluard, d’Aragon ou de Jean Ferrat.
  •   … que, sur des bases conjointement patriotiques et internationalistes, les mouvements progressistes, et d’abord ceux qui sont opposés à l’UE, au Pacte transatlantique et à l’OTAN, combattent la langue unique, vecteur de la destructive idéologie néolibérale unique dont le tout-globish est le « facilitateur » européen et mondial.
  • … que les syndicalistes de classe, s’emparent de cette question avant que des millions de salariés ne deviennent des parias linguistiques dans l’entreprise… ou à la porte des entreprises !
  • … que les militants de la vraie gauche cessent de marcher, à la suite d’Europe-Ecologie-les Verts, dans l’escroquerie antirépublicaine de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires, qui, sous couvert de défendre les langues régionales (ce patrimoine indivisible de toute la Nation), détruit la citoyenneté française universaliste, déstabilise l’officialité de la « langue de la République », met l’argent public à la disposition des euro-séparatismes réactionnaires… et continue chemin faisant d’ignorer l’apprentissage laïque de l’arabe première ou seconde langue dans nos collèges et lycées publics.
  •   … que les défenseurs de la nature et de sa foisonnante « biodiversité », défendent aussi la diversité des langues ébranlée par le tout-anglais et par la sous-culture capitaliste « made in Hollywood » dont il est l’un des vecteurs : car il n’y a de langue et de culture véritables que s’il existe des langues, des cultures, et des échanges équitables entre elles. Souvenons-nous de la parole réellement internationaliste et authentiquement européenne (et non pas européiste !) de feu le grand écrivain italien Umberto Eco : « la langue de l’Europe, c’est la traduction ! ».

Creuset du lien social, terrain et instance de clarification des affrontements de classes, « langue de la République » au titre de l’article II de la Constitution, sédimentation en devenir de toute notre histoire nationale dans ses contradictions, premier service public du pays et ciment de la Francophonie internationale, bien commun par excellence de la France, du Québec, des pays de l’Afrique francophone, d’Haïti, de la composante francophone de la Belgique et de la Suisse, trésor et ressource d’avenir de la culture mondiale, rempart national et mondial face à la barbarie de la novlangue et de la « non-langue » euro-mondialisée unique, la langue française est en grave danger. Ne prétextons plus jamais d’un pseudo-internationalisme, qui ne fait que repeindre en rose l’euro-mondialisme oligarchique au sein du mouvement ouvrier, pour délaisser cette grande question politique et sociale. Dans toutes nos luttes contre le MEDEF, contre l’UE et contre les gouvernements successifs qui les servent, « reprenons langue » et tendons aussi la main aux résistances linguistiques des pays voisins ; faute de quoi un jour prochain viendra où les mots nous manqueront pour crier d’une seule voix « Tous ensemble ! » face aux casseurs d’acquis et de peuples souverains !

Faux amis du français, de la République française et des francophones, les dirigeants et les députés FN, Marion Le Pen en tête, fréquentent assidument, de Bruxelles à Strasbourg en passant par Anvers, les nationalistes flamands qui persécutent les Francophones de Belgique et qui affichent arrogamment leurs visées irrédentistes sur la ci-devant Flandre française…

https://www.initiative-communiste.fr/articles/culture-debats/devenons-insoumis-linguistiques/?ct=t(RSS_EMAIL_CAMPAIGN)


 

BASE 14 995X225Bon courage pour convaincre le camp "progressiste"! Une petite suggestion à mes amis communistes: peut- être faudrait- il réinterroger le concept de progrès...A la lumière de Michéa, par exemple... Surtout quand on voit les résultats concrets!   P.G.

Posté par UPR Creuse à 09:46 - - Permalien [#]
Tags : , , , , ,