samedi 24 février 2018

Agriculteurs en colère : blocages, pneus brûlés, défilés de tracteurs dans toute la France

Les agriculteurs ont mené des opérations de blocage et des actions coup de poing à travers toute la France le 21 février pour protester contre l'accord UE-Mercosur et les prix d'achat proposés par la grande distribution.

ACT AGRICULTEURS MERCOSUR

Les deux grands syndicats agricoles, la FNSEA (majoritaire) et les Jeunes agriculteurs avaient appelé à une mobilisation générale le 21 février : ils ont été écoutés. Blocages d'autoroutes, opérations escargot, entassements de mottes de paille, de fumier ou d'objets devant des supermarchés, incendies de pneus, simulacres d’enterrement ou encore défilés de tracteurs : les actions se sont succédé dans toute la France.

Le moment était choisi : Emmanuel Macron s'apprêtait à accueillir 1 000 jeunes agriculteurs le 22 février à l'Elysée, à la veille de l'ouverture du 55e Salon de l'agriculture à Paris. C'est le point d'orgue de protestations et manifestations du monde agricole qui se déroulent en France depuis plusieurs semaines.

C'est l'occasion pour les agriculteurs d'exposer une de leurs revendications phares, les prix d'achat au rabais pratiqués par les supermarchés qui les laissent exsangues. Dans la Vienne ou en Alsace, des actions de blocage ont eu lieu et des barrages dressés devant les grandes surfaces.

Le Mercosur dans le viseur des agriculteurs

Autre motif de colère pour les exploitants : le projet d'accord commercial européen de libre-échange avec les pays du Mercosur : le Brésil, l'Argentine, l'Uruguay et le Paraguay. Si la France l'accepte, entre 50 000 et 70 000 de tonnes de viande bovine, 80 000 tonnes de volailles et de grands volumes de sucre pourraient inonder le marché européen, et venir concurrencer des filières déjà très développées en France. La Vendée, le Puy-de-Dôme, l'Aquitaine, Nantes ou Dijon comptent parmi les lieux où des agriculteurs se sont mobilisés contre cet accord.

Cédric Mandin, secrétaire général de la Fédération nationale bovine a répondu aux questions de RT France sur l'accord du Mercosur qui fâche tant les agriculteurs. Il redoute des «pertes directes» pour leurs exploitations qui connaissent déjà «une difficulté de rentabilité». Il déplore «l'incohérence de la position du gouvernement à l'heure actuelle alors qu'on sort des Etats généraux de l'alimentation où on a émis la volonté de continuer à travailler dans le bon sens avec les consommateurs». Cédric Mandin fustige en outre le fait que ces accords internationaux vont autoriser la vente de viande produite avec des «antibiotiques, des farines animales, plein de produits totalement interdits en France et en Europe». «On va faire venir ça sous prétexte que c'est pas cher. Et nous on le refuse», a-t-il tonné.

https://francais.rt.com/france/48236-agriculteurs-colere-blocages-pneus-brules

BASE 14 995X225

"Si la France l'accepte", "ils ont été écoutés": des éléments de propagande que l'on pourrait qualifier de "fake news": ce n'est pas la France qui négocie les traités de libre- échange, mais l'Union européenne. Faut- il rappeler que le CETA (accord UE/Canada) est mis en oeuvre pour l'essentiel sans même attendre la ratification des parlements nationaux des états membres? En quoi les agriculteurs ont- ils été écoutés?  P.G.

Posté par UPR Creuse à 04:45 - - Permalien [#]
Tags : , , , ,

Retraites : attention au bonus-malus à partir de 2019

A compter du 1er janvier prochain, les salariés nés après 1956 voient les règles de leur retraite évoluer. Le point sur la réforme.

ACT RETRAITES BONUS MALUS

Dur, dur pour les générations de l'après-baby-boom. Aujourd'hui les salariés qui prennent leur retraite à l'âge légal et qui ont la durée d'assurance requise (42 ans) touchent leurs pensions complémentaires intégralement. Tout va changer à compter du 1er janvier 2019. L'accord d'octobre 2015 signé par les partenaires sociaux pour renflouer les caisses des régimes de retraite complémentaire (Agirc-Arrco) va instaurer un système de bonus-malus. Objectif : inciter les personnes nées à partir de 1957 à travailler plus longtemps.

La pension va en prendre un coup

métro-boulot-caveau-retraités-manifestations

Tous les salariés nés après 1956 qui demanderont à bénéficier de leur retraite avant 67 ans, dès lors qu'ils sont munis de tous leurs trimestres, subiront automatiquement une minoration de 10 % sur leurs pensions complémentaires. Ce malus sera appliqué durant trois ans et ce au plus tard jusqu'à 67 ans, âge à partir duquel il ne s'applique plus.

Les grands perdants

Plus la retraite complémentaire pèse dans le montant total de la pension, plus l'impact sera lourd. C'est pourquoi les cadres seront particulièrement impactés. Prenons l'exemple d'un cadre né en 1957, dont le montant de la retraite complémentaire est estimé à 2 000 euros. S'il part à 62 ans (avec le taux plein), il se verra appliquer une décote de 10 % pendant trois ans, soit 200 euros de moins par mois pendant trente-six mois. Le manque à gagner total pour lui sera de 7 200 euros. Pour un non-cadre, dont le montant de la retraite complémentaire est estimé à 500 euros, la perte totale représentera 1 800 euros. Autres grands perdants en vue, les chômeurs : beaucoup de seniors finissent leur carrière comme demandeur d'emploi. Dès lors qu'ils remplissent les conditions d'une retraite à taux plein, Pôle emploi cesse de les indemniser. Ils devront solder leur retraite et subiront de plein fouet la décote.

manifestation-retraitc3a9s-cgt

Un bonus en contrepartie

Ceux qui décideront de travailler un an de plus (à partir de la date où ils peuvent obtenir le taux plein) seront exemptés de la décote. S'ils travaillent deux ans de plus que prévu, ils obtiendront, pendant un an, une majoration de 10 % des pensions complémentaires. Majoration qui grimpera à 20 % s'ils travaillent trois ans de plus et à 30 % s'ils restent en activité quatre ans de plus. A signaler : les salariés prenant leur retraite anticipée au titre d'une carrière longue seront concernés par ce bonus-malus, qui s'appliquera jusqu'à l'âge de 67 ans maximum.

Des salariés épargnés

les-retraites-mobilises-contre-la-hausse-de-la-csg

Les retraités à très faibles revenus, exonérés de CSG (contribution sociale généralisée), échapperont au dispositif, et ceux qui, un peu moins mal lotis financièrement, bénéficieront d'un taux réduit de CSG ne subiront qu'une décote de 5 %. Autres exemptions prévues par les textes : les handicapés avec au moins 50 % de taux d'incapacité, les aidants familiaux (ayant un enfant handicapé), les assurés bénéficiaires du régime de base dans le cadre du dispositif amiante, les personnes reconnues inaptes au travail, les mères ouvrières ayant élevé au moins trois enfants.

Quant aux salariés qui n'ont pas tous leurs trimestres pour pouvoir bénéficier d'une retraite à taux plein avant 67 ans, ce dispositif ne s'applique pas pour eux. C'est le système de décote habituel qui sera alors mis en oeuvre : jusqu'à 22 % de décote possible s'il manque des trimestres pour obtenir le taux plein.

Vérifiez bien votre dossier

« La méfiance est la plus sûre compagne de la sagesse... » Le montant de votre pension de retraite a-t-il été bien calculé ? Les futurs retraités se posent souvent cette question lorsqu'ils reçoivent leurs avis de notification, ces fameux documents envoyés par les différents régimes indiquant, par des projections, les montants qu'ils verseront au retraité le jour J. Et si une erreur s'était glissée en leur défaveur...

Le montant des pensions est calculé à partir des données transmises au fil de votre carrière par vos employeurs et différents organismes (Pôle emploi, Assurance maladie...). Les erreurs peuvent survenir à deux niveaux : lors du calcul du montant de votre pension, effectué par les régimes au moment de la retraite, et au cours de votre carrière, lors de l'enregistrement de vos droits. Risques de pertes de données, oublis, erreurs de calcul... personne n'est à l'abri surtout lorsque les parcours professionnels sont hachurés (chômage, licenciement à la suite d'une faillite...), ou ponctués de multiples employeurs. Attention aussi aux changements de statut, en cas de passage du public au privé (ou vice versa). Autant d'éventuelles anomalies qui doivent inciter les futurs retraités à vérifier régulièrement les droits inscrits dans leur dossier retraite, afin de repérer et signaler le plus tôt possible tout oubli ou erreur. Une préoccupation bien légitime, si l'on en croit la Cour des comptes.

Chaque année, en effet, les Sages de la rue Cambon livrent (dans le rapport de certification des comptes de la Sécu) un indicateur de « qualité des dossiers validés ». Sur un échantillon d'environ 10 000 dossiers passés au crible, la part de ceux entachés d'une erreur financière est passée de 8 % à un peu plus de 11 % entre 2015 et 2016. Plus d'un tiers de cette hausse tient à des changements dans la procédure de contrôle, note la Cour des comptes.

Le reste résulte d'« une détérioration de la qualité de la liquidation ».

L'Assurance retraite (du régime général) a, de son côté, mis en place une procédure d'évaluation : chaque mois, 50 dossiers (déjà notifiés), tirés au hasard, sont examinés à la loupe par la caisse. « La plupart sont de très faible montant, 14 % représentent moins de 10 euros par an et 51 % moins de 100 euros », affirme l'Assurance retraite.

Mieux vaut faire preuve de vigilance car une fois que la retraite sera officielle (soldée avec notification de la pension), il vous restera deux mois seulement pour rectifier le tir. Passé ce délai, il sera trop tard.

http://www.leparisien.fr/vie-quotidienne/argent/retraites-attention-au-bonus-malus-a-partir-de-2019-20-02-2018-7568835.php

BASE 14 995X225

De Hollande à Macron, avec la complicité des "partenaires sociaux", dont les syndicats membres de la Confédération européenne des Syndicats (CES), la mise en oeuvre des GOPE (grandes orientations de politique économique) imposées par la Commission européenne.  P.G.

23674896_10155892770337612_4971545130397341684_o

Posté par UPR Creuse à 04:30 - - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

mardi 20 février 2018

« Un cas de tartufferie insoumise: quand Quatennens veut une autre Europe, avec ou sans Hamon »

TRIBUNE LIBRE / par Bruno Adrie

TL QUATENNENS MELUCH

Dans un tweet daté du 14 février, le petit coq Quatennens répond à Benoît Hamon qui l’a invité à le rejoindre sur le rafiot PS, à condition qu’il abandonne l’idée de sortir de l’Europe. Très touché par l’invitation mais décidé à ne pas jouer les seconds couteaux sur une embarcation prise dans les algues flottantes de la Mer des Sarcasmes, le député coupé en brosse – à reluire – l’a invité à son tour à monter à bord de l’arche insubmersible des Insoumis et à se placer, de facto, sous les ordres du capitaine Mélenchon le navigateur en eaux troubles,  en affirmant au “cher Benoît Hamon” que leur projet n’est pas de sortir de l’Europe mais de la refonder en l’extirpant “de la camisole des traités actuels”.
Photo : tweet daté du 14 février 2018 sur le compte d’Adrien Quatennens.
Adrien Quatennens semble à son aise au milieu des brumes stagnantes du mensonge! Il fallait oser joindre ses convictions de gosier au chant des sirènes d’une Europe sociale qui n’aura pas lieu. Car tout de même, comment peut-il omettre le fait que l’Europe est, à l’origine, un projet américain financé par les seuls Américains, que la monnaie unique européenne est un vieux rêve de Wall Street et que l’Europe est une grosse éponge imprégnée de tous les sucs du lobbying? Le tout, bien entendu hermétiquement emballé dans le cercueil de plomb d’une OTAN qui vient de réaffirmer sa volonté de régner nos destinées militaires c’est-à-dire sur nos destinées tout court. Mais Adrien Quatennens a peut-être un plan pour prendre le pouvoir au sein de cette organisation bienfaitrice, à l’image de son alter ego ibérique, catogan et barbichu, Pablo Iglesias…
En bon coq au plumage moiré ondoyant dans le faux jour d’une insoumission brevetée et confisquée aux insoumis authentiques, le caquetant Quatennens fait comme si rien n’avait jamais été écrit sur la question, comme si les traités pouvaient disparaître alors qu’ils ne disparaîtront pas (puisqu’il n’obtiendra jamais l’unanimité au sein de l’Union), comme si les banquiers et les hommes d’affaires allaient renoncer à leurs leviers du Transatlantic Business Dialogue ou de l’European Round Table, comme s’il allait pouvoir tordre le bras du libérateur américain, venu – faut-il le rappeler – un peu tard, en 1944, pour affronter les 32 divisions bancales qu’un Reich à bout de souffle avait éparpillées sur la façade atlantique (de la France à la Hollande), pendant que les Russes aplatissaient – à un rythme un peu trop soutenu – les 185 divisions que le Furax à visière originaire de Braunau-am-Inn leur avait destinées.
Sans vouloir le surcharger dans la tâche qui lui incombe de parler beaucoup et en vain sous les sunlights d’une assemblée prise dans les griffes d’une dictature de cinq ans renouvelables par gogos à mains coincées dans les urnes, je lui conseillerai de lire les travaux d’un Raoul-Marc Jennar par exemple, un monsieur qui en saura toujours plus que lui sur l’Europe et qui, contrairement à lui, ne cherchera jamais à nous faire prendre les vessies pour des lanternes.
Etant alors plus informé sur l’Europe, peut-être prendra-t-il conscience du caractère indécent d’une correspondance, même succincte, avec le timonier d’un PS tournoyant, privé de gouvernail et aspiré par les glouglous d’une politique de caniveau dans laquelle le surfeur d’argent Macron lui-même, pourtant spécialiste en aerials, cut-back et autres figurent retournantes et hawaïennes, est en train de s’enfoncer dangereusement.
En espérant que ces sportifs virevoltants plongeront un jour la tête la première dans les trous de coraux qui sans eux ne serviraient à rien et qu’ils rendront l’âme, leurs sales âmes asphyxiées, sous les vagues bleutées transpercées de rayons
Ah, le monde du silence…
 
Bruno Adrie
 http://www.librairie-tropiques.fr/2018/02/l-europe-des-cabris.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

samedi 17 février 2018

1968: comment une révolution gauchiste a aidé le capitalisme à l'emporter

TRIBUNE LIBRE  / 

Slavoj Žižek

ARG 68 1

Le mouvement contestataire de mai 1968 a transformé le monde occidental. Aujourd'hui, presque 50 ans plus tard, il est clair qu'un mouvement supposément gauchiste a finalement aidé le capitalisme à poursuivre sa domination.

Bien qu'un immense abîme sépare la révolution sociale des années 1960 des protestations d'aujourd'hui, nous assistons à une réappropriation analogue de l'énergie de la révolte par le système capitaliste.

L'un des slogans bien connus apparus sur les murs de Paris de 1968 était: «les structures ne marchent pas dans les rues », ce qui signifiait que l'on ne pouvait rendre compte des grandes manifestations étudiantes et ouvrières de 68 par le structuralisme. Et c'est pourquoi certains historiens situent même 1968 comme la date qui marque le passage du structuralisme au post-structuralisme qui, ainsi va l'histoire, aurait été beaucoup plus dynamique et propice à des interventions politiques actives.

La réponse du psychanalyste français Jacques Lacan fut qu'en réalité c'est précisément ce qui s'était passé en 1968: "les structures sont effectivement descendues dans la rue" - les explosions spectaculaires n'étaient finalement que le résultat d'un changement structurel de la texture sociale et symbolique fondamentale de l'Europe moderne.

"Baby, light my fire"

Les conséquences de l'explosion de 1968 le prouvent bien. Ce qui s'est effectivement passé au lendemain des années 68, c'est la montée d'une nouvelle figure de «l' esprit du capitalisme». En effet, le système dut abandonner la structure centralisée fordiste du processus de production au profit d'une forme d'organisation meiux adaptée à ses contraintes d'alors, basée sur les réseaux et fondée sur l'initiative des employés et l'autonomie sur le lieu de travail.

Ainsi, au lieu de chaînes de commandement hiérarchisées-centralisées, nous avions maintenant des réseaux avec une multitude de participants, organisant le travail sous la forme d'équipes ou de projets. Des "rapports sociaux de production" désormais axés sur la satisfaction du client, et une mobilisation générale des travailleurs sous la houlette  bienveillante et visionnaire de leur nouvelle classe dirigeante. Ce nouvel « esprit du capitalisme » (1) a triomphalement récupéré la rhétorique égalitaire et anti-hiérarchique de 1968, se présentant comme une révolte libertaire réussie contre les organisations sociales oppressives du capitalisme d'entreprise ET du socialisme « réellement existant ».

Les deux phases de ce nouveau « capitalisme culturel » sont clairement perceptibles dans les changements stylistiques au sein de la publicité. Dans les années 1980 et 1990, c'était la référence directe à l'authenticité personnelle ou à la qualité de l'expérience qui prédominait, tandis que plus tard, on note de plus en plus la mobilisation de motifs socio-idéologiques (écologie et solidarité sociale). En fait, l'expérience concrète sollicitée est celle de l'adhésion ou participation à un mouvement collectif plus large, du "souci" de la nature et du bien-être des "souffrants", des pauvres et des démunis, toutes préoccupations qui invitaient à "faire quelque chose pour eux".

Donner un coup main ?

Citons par exemple un cas de ce « capitalisme éthique » porté à l'extrême : Toms Shoes, une société fondée en 2006 sur un principe: avec chaque paire que vous achetez, TOMS donnera une paire de chaussures neuves à un enfant dans le besoin. " Un pour un. "  (...)

Parce que parmi les 7,6 milliards d'habitants de la planète, quatre milliards vivent dans des conditions inconcevables pour ceux qui vivent au sommet de la hiérarchie sociale. Mais désormais, le péché du consumérisme (l'achat d'une nouvelle paire de chaussures) va pouvoir être expié et effacé par la consolation que l'un de ceux qui ont vraiment besoin de chaussures en aura reçu une autre paire gratuitement. Ce qui signifie que l'acte même de participer à des activités consuméristes est simultanément présenté comme participant "au final" à la lutte contre les méfaits sociaux du consumérisme capitaliste.

De même, beaucoup d'autres aspects de '68' ont été acculturés avec succès dans l'idéologie capitaliste hégémonique et sont aujourd'hui mobilisés non seulement par les libéraux, mais aussi par la droite contemporaine, dans leur lutte contre toute forme de « socialisme ». Par exemple : la "liberté de choix "est utilisée comme un argument valorisant les avantages du travail précaire. Donc, oubliez l'angoisse de ne pas savoir comment vous allez survivre les prochaines années et concentrez-vous plutôt sur le "présent" : le fait que vous vous "émancipez" par cette liberté de vous «réinventer» encore et encore, qui vous épargne d'être englué dans le même travail monotone.

"Bouleversement complet"

La protestation de 1968 a concentré sa lutte contre (ce qui était perçu comme) les trois piliers du capitalisme: l'usine, l'école et la famille. Par conséquent, chaque domaine a été soumis à une transformation post-industrielle. Le travail en usine devient de plus en plus externalisé ou, dans le monde développé, réorganisé en travail d'équipe interactif non hiérarchique post-fordiste. Pendant ce temps, l'éducation permanente, flexible et privatisée remplaçait de plus en plus l'éducation publique universaliste et de multiples formes d'arrangements sexuels flexibles remplaçaient la famille traditionnelle.

Dans le même temps, la gauche perdit le bénéfice de ses propres succès : l'ennemi désigné était vaincu, mais remplacé par une nouvelle forme de domination capitaliste encore plus directe. Dans le capitalisme « postmoderne », le marché envahit de nouvelles sphères considérées jusqu'à présent comme le domaine privilégié de l'État, de l'éducation aux prisons et à la sécurité.

Quand le « travail immatériel » (comme l'éducation) est célébré comme le travail qui produit directement des relations sociales, il ne faut pas oublier ce que cela signifie dans une économie marchande. Que de nouveaux domaines, jusqu'alors exclus du marché, sont maintenant marchandisés. Donc, quand nous sommes en difficulté, nous ne parlons plus à un ami mais payons un psychiatre ou un conseiller pour s'occuper du problème. Et à la place des parents, des baby-sitters rémunérés et des éducateurs prennent soin des enfants.

Lourd fardeau

Bien sûr, il ne faut pas oublier les véritables réalisations de '68'. Le mouvement a ouvert un changement radical dans la façon dont nous considérons les droits des femmes, l'homosexualité et le racisme. Depuis les glorieuses années 60, nous ne pouvons tout simplement plus nous livrer au racisme public et à l'homophobie comme nous le pouvions encore dans les années 1950. Ainsi, '68' n'était pas un événement univoque mais un événement ambigu dans lequel différentes tendances politiques étaient confondues, c'est pourquoi il est également resté une épine dans le pied de nombreux conservateurs.

Nicolas Sarkozy l'a avoué quand il a dit dans sa campagne électorale en 2007 que sa grande tâche était de faire en sorte que la France finisse par surmonter 68. L’ironie de cette remarque c'est évidemment le fait que Sarkozy, avec ses débordements clownesques et son mariage avec Carla Bruni, puisse devenir président de la Républque française est en soi l'un des résultats des changements d' "us et coutumes" qui furent les seuls effets "positifs" de mai 68.

Nous avons donc à confronter, selon les "mémoires", l'héritage de « leur » mai 68 et de « notre » mai 68. Pour la mémoire collective prédominante d'aujourd'hui il faut que soit oubliée « notre » idée de base des manifestations de mai à Paris :  le lien entre les manifestations étudiantes et les grèves ouvrières .
Le véritable héritage de 1968 réside dans son rejet du système libéral-capitaliste, dans un NON à la totalité de celui-ci , ce qu'exprimait la formule : "Soyons réalistes, demandons l'impossible ! ".
Inversement, la véritable utopie est la croyance que le système global existant peut se reproduire indéfiniment et que la seule façon d'être vraiment « réaliste » est d'approuver ce qui, dans les perspectives de ce système, ne peut qu'apparaître comme impossible.
La fidélité à Mai 68 s'exprime donc le mieux par la question: comment préparer ce changement radical et en poser les fondements?

1 NdT : Dans "Le nouvel esprit du capitalisme" publié en 1999 , soit 25 ans après les livres de Michel Clouscard, Luc Boltanski et Ève Chiapello découvraient la lune...

[Plusieurs sections de cet article ont été extraites de publications antérieures de Slavoj Žižek.]

traduit de l'anglais par Tropiques

Tag(s) : #politique, #histoire, #slavoj zizek

http://www.librairie-tropiques.fr/2018/02/zizek-sur-1968.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

BASE 14 995X225

2018 est aussi l'année des commémorations de 1968. Nous publierons bien sûr plusieurs argumentaires et "tribunes libres" sur ce thème. J'invite chacun à proposer des analyses. Il suffit d'envoyer vos articles (sans omettre les sources) à la délégation régionale UPR.  P.G.

Posté par UPR Creuse à 04:45 - - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

« Un raz-de-marée de la misère »

BASE 14 995X225

Dans une grande indifférence, des personnes âgées souffrent en France, et la pauvreté s'étend. La misère sociale est absente des médias, et donc n'existe pas pour nombre de nos concitoyens à l'écoute des "experts" qui leur expliquent que la situation s'améliore, que la croissance est de retour et que les "réformes indispensables", imposées par Bruxelles, commencent à porter leurs fruits. Petit rappel:


 

Alors que les retraités manifestaient contre la hausse de la CSG en septembre, Julien Lauprêtre, président du Secours populaire, témoignait sur franceinfo de l’augmentation du nombre de personnes âgées touchées par la misère en France.

ACT MISERE RETRAITES

En marge de la manifestation des retraités contre la hausse de la CSG, Julien Lauprêtre, président du Secours populaire, a témoigné jeudi 28 septembre sur franceinfo du « drame » des personnes âgées touchées par la pauvreté. Celui qui le touche « le plus ».

« Un raz-de-marée de la misère »

« Le nombre de personnes âgées qui viennent demander de l’aide au Secours populaire français est en augmentation croissante », a-t-il détaillé. « L’année dernière, nous avons aidé trois millions de personnes en France et il y avait parmi elles de nombreux retraités. C’est un raz-de-marée de la misère. »

 


 

« C’est le drame qui me touche le plus, voir des retraités qui ont travaillé toute leur vie et qui viennent demander à manger au Secours populaire, c’est vraiment douloureux. »

Julien Lauprêtre a également pointé « Le drame de l’accès aux soins » qui est « difficile ». « Nous avons créé les médecins du Secours populaire. Nous avons passé un partenariat avec l’Ordre national des médecins pour essayer de soigner les personnes qui n’ont pas les moyens de le faire », a-t-il expliqué.

(...)

L’augmentation du minimum vieillesse est « Un geste dans la bonne direction » mais, selon lui, « La situation est beaucoup plus grave qu’une augmentation de quelques euros. »

Source :

http://www.journaldunet.com/management/guide-du-management/1200567-la-retraite-minimum-quels-montants-en-2018/

https://www.francetvinfo.fr/economie/retraite/un-raz-de-maree-de-la-misere-le-president-du-secours-populaire-particulierement-touche-par-les-retraites-qui-demandent-a-manger_2393236.html

voir la vidéo:

https://www.dailymotion.com/video/x62d4td

https://aphadolie.com/2018/02/16/un-raz-de-maree-de-la-misere-secours-populaire/

Posté par UPR Creuse à 04:30 - - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

samedi 10 février 2018

+46 % en un an : le nombre de travailleurs détachés s'envole

Rien ne semble pouvoir freiner l'afflux de travailleurs détachés en France. Selon le Bilan intermédiaire du plan national de lutte contre le travail illégal, que Le Monde a pu consulter, leur nombre a augmenté de 46 % l'an dernier pour atteindre 516.000, hors transport routier. Observée sur dix ans, la hausse est encore plus spectaculaire : en 2007, on en dénombrait tout juste 96.000.

 

ACT TRAVAIL DETACHE

charges sociales au rabais

Le travail détaché est une directive européenne qui permet à une entreprise d'envoyer ses salariés travailler dans un autre pays d'Europe. Tant qu'ils sont « détachés », ces salariés bénéficient des conditions de travail locales : temps de travail, salaire minimal, conditions de sécurité, etc. En revanche, leur employeur paye les charges sociales et patronales du pays d'origine. Le problème, c'est que ce mécanisme a créé une forme de « dumping social » : des milliers de salariés venus de pays où le coût du travail est faible travaillent en France, en Allemagne ou en Belgique, où il est beaucoup plus élevé.

C'est ainsi que les trois premiers contingents de travailleurs détachés en France sont les Portugais (un peu plus de 74.000), suivis des Polonais (61.000) et des Roumains (44.000). Paradoxe, le rapport dénombre également 37.000 travailleurs détachés originaires de… France. Pour diminuer leurs frais, de nombreuses sociétés d'intérim s'installent en effet à l'étranger, au Luxembourg notamment, d'où elles fournissent de la main d'œuvre tricolore à des entreprises françaises, plombant au passage les comptes de la sécurité sociale.

De moins en moins de contrôles

Face à cela, l'inspection du travail peine à exercer ses missions de contrôle. L'an dernier, ses enquêteurs ont effectué un peu moins d'un millier de contrôles, contre 1330 en 2016. Et si les amendes en cas d'abus se multiplient, les montants restent dérisoires, et certainement pas de nature à faire changer les comportements : un peu moins de 6 millions d'euros ont été recouvrés l'an dernier.

http://www.valeursactuelles.com/economie/46-en-un-le-nombre-de-travailleurs-detaches-senvole-93017

23674896_10155892770337612_4971545130397341684_o

 

Posté par UPR Creuse à 08:03 - - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

128 mineurs isolés dormiraient dehors à Paris en pleine vague de froid, selon un collectif d'avocats

Tandis que Paris est sous la neige et que les températures sont glaciales, plusieurs avocats se sont émus de la situation de plusieurs dizaines de mineurs isolés, dont ils évaluent le nombre à 128.

 

ACT SDF FROID

«De nombreux mineurs non accompagnés [...] se trouvent actuellement livrés à eux-mêmes dans les rues de Paris, sans abri, par des températures négatives, et de ce fait exposés à un danger grave et immédiat pour leur santé physique et psychique», alertent-ils dans un courrier adressé ce 8 février au procureur de Paris François Molins, ainsi qu'au parquet en charge des mineurs, et cité par l'AFP.

D'après Emmanuel Daoud, l'un des avocats du collectif, les mineurs isolés qui ont été identifiés et recensés la semaine passée sont âgés de 13 à 17 ans, des garçons pour la plupart. «Mais ce n'est qu'une partie de l'iceberg», précise-t-il. Le collectif demande en outre au procureur que ces mineurs soient mis «en sécurité de toute urgence», arguant qu'ils n'ont pas accès aux dispositifs de mise à l'abri classiques du 115 réservés aux majeurs.

(...)

https://francais.rt.com/france/47950-128-mineurs-dormiraient-dehors-paris

L'«immense majorité» des SDF dormiraient à la rue «par choix» : un député LREM enfonce le clou

La polémique a fini par rebondir après la déclaration controversée de Julien Denormandie, secrétaire d'État auprès du ministre de la Cohésion des territoires, qui avait estimé à 50 le nombre de SDF dormant dans la rue cet hiver en Ile-de-France. Le député La République en marche (LREM) Sylvain Maillard, élu de Paris, a estimé sur RFI le 5 février que «même dans les cas de grand froid, certains SDF ne souhait[aient] pas être mis à l'abri».

(...)

L'animateur de RFI a alors rétorqué qu’il y avait bien plus de démunis que cela dans les rues. Mais Sylvain Maillard a disculpé d’emblée le gouvernement. Il a fait valoir que pour «l'immense majorité» des sans-abri qui restent dans la rue, c'était «leur choix». «C'est très important de proposer une solution à tous ceux qui veulent être mis à l'abri, mais il y a plein de raisons pour lesquelles un SDF refuse d'être mis à l'abri», a affirmé le député. Sylvain Maillard a égrené les raisons : parce qu’ils seraient en couple, parce qu'ils sont dans des situations psychiques compliquées, qu’ils ont un animal… «Rien ne les oblige à être mis à l'abri», a-t-il en outre fait valoir. 

«Sylvain Maillard ne vit pas sur Terre mais sur Jupiter» : indignation sur Twitter

Ces propos ont déclenché un tollé chez les politiques à droite comme à gauche. (...)

Posté par UPR Creuse à 05:00 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

vendredi 9 février 2018

Oui, Tsipras est un salaud. Démonstration

TRIBUNE LIBRE / Par Joël Périchaud
Publié le 22 janvier 2018 dans Pardem

Quelques-uns se sont indignés lors de la publication de notre article intitulé « Tsipras : magnifique salaud ». Ils ont eu tort… la réalité est pire que ce qu’ils semblent croire. Le qualificatif n’est pas exagéré ! Petite revue des méfaits subis par les Grecs sacrifiés sur l’autel des « valeurs de l’Union européenne « .

TL GRECE TSIPRAS SALAUD

Le gouvernement Tsipras a déjà porté la TVA à 24 %, diminué les retraites de 40 %, augmenté les impôts (notamment fonciers), décidé de nouvelles taxes sur les voitures, les télécommunications, les télévisions, l’essence, les cigarettes, le café, la bière, amputé de 5,6 milliards les salaires publics.

Le bilan des politiques grecques, de l’Union européenne et de ses complices

En sept ans, le PIB de la Grèce a chuté du tiers. Le chômage touche 25 % de la population (40 % des jeunes entre 15 et 25 ans). Un tiers des entreprises a disparu en cinq ans. Les coupes successives imposées au nom de l’austérité paupérisent toutes les régions. Il n’y a plus de trains, plus de bus dans des parties entières du pays. Plus d’écoles non plus. Beaucoup d’établissements secondaires des campagnes éloignées sont fermés, faute de financements. Les dépenses de santé par habitant ont diminué d’un tiers depuis 2009. Plus de 25 000 médecins ont été renvoyés. Les hôpitaux manquent de personnel, de médicaments, de tout. 20% de la population vit sans chauffage ou sans téléphone. 15 % de la population est tombée dans la grande pauvreté (contre 2 % en 2009). Selon la banque de Grèce, 13 % de la population est exclue de tout soin médical ; 11,5 % des patients ne peuvent acheter les médicaments prescrits ; les personnes souffrant de maladies chroniques sont en hausse de 24,2 %. Suicides, dépressions, maladies mentales enregistrent des hausses exponentielles. Pire : alors que la natalité a baissé de 22 % depuis le début de la crise, le taux de mortalité infantile a quasiment doublé en quelques-années pour atteindre 3,75 % en 2014.

Encore plus

Mais les « responsables européens » s’en fichent… Rien n’est trop beau pour le capital et pour les banques, rien ne rassasie les vautours. Après avoir commencé à dépecer la Grèce en vendant ses ports et ses aéroports (La Grèce vache à lait de l’Allemagne et jackpot pour Fraport), les « créanciers » et Tsipras dépouillent les Grecs eux-mêmes.
Des centaines de familles, touchées par la crise et le chômage, sont jetées à la rue après la saisie et l’expulsion de leur logement. Ces « biens immobiliers » sont vendus aux enchères mais ne peuvent être achetés par les familles elles-mêmes… Des militants politiques et/ou associatifs grecs parviennent souvent à empêcher, par des manifestations ou « l’envahissement des tribunaux », les ventes de maisons des familles endettées.

Le combat et les succès de ces militants agacent les vautours et leur garde-chiourme. Désormais, ceux qui s’opposeront « par la force » à ces ventes indignes, ou menaceront simplement de le faire, seront passibles de peines de prison et les ventes aux enchères se feront exclusivement par voie électronique à partir du 21 février.

Servilité sans limite à la Troïka

Mais ça ne suffit encore pas… Maintenant, Tsipras et son gouvernement à la solde de la Troïka (UE, BCE, FMI) s’attaque au droit de grève.
A la demande des « créanciers », le gouvernement de « gauche radicale » Syriza-Anel a, le 19 décembre dernier, fait adopter par le parlement grec la loi de finances 2018 prévoyant de nouvelles coupes budgétaires massives dans la santé et l’éducation. Par la même occasion, l’application des conventions collectives (suspendues depuis 2015) sera reportée à l’automne 2018.

Les désirs des maîtres sont des ordres

Le 15 janvier dernier, l’exécutif dirigé par Alexis Tsipras est allé encore plus loin dans la mise en œuvre de l’austérité voulue par la Troïka. Non content d’écraser son peuple, il veut le contraindre à accepter sans réagir en limitant (avant de le supprimer ?) le droit de grève.

Les créanciers en ont rêvé: le droit de grève est un « insurmontable obstacle à l’investissement » ou même une véritable « injure à la productivité », Tsipras l’a fait : Les désirs des maîtres sont des ordres. Peu importe que le droit de grève soit constitutionnel depuis 1974, année du retour à la démocratie après la chute de la dictature des colonels.
Il faut dire que plus d’une cinquantaine de grèves générales ont eu lieu depuis l’adoption du premier mémorandum d’austérité en 2010…
Quand le peuple n’est pas d’accord, ça énerve la gauche radicalement europiomane.

Droit de grève remis en cause

Jusqu’au 19 janvier 2018 (loi Papandreou de 1982) une grève pouvait être décidée suite à son approbation par un tiers de syndiqués. La loi adoptée par les 154 députés collabos grecs (sur 300), porte cette approbation à au moins 50 % de syndiqués.

La Grèce est, pour l’UE, un laboratoire. Les Grecs des cobayes. L’application des mesures d’austérité et des reculs antisociaux est testée par le servile Tsipras puis sera étendue ensuite aux autres pays de « l’Union… ». La disparition programmée des libertés syndicales en Grèce est le prélude à la disparition des nôtres.

L’espoir ?

Depuis le 19 janvier, les rues grecques sont remplies de manifestants, c’est un bon début. Mais ils sont seuls. Où est la solidarité internationale ?

Oui, Alexis Tsipras et Syriza-Anel sont les petites mains de l’Union européenne, et du FMI mais tous les gouvernements européistes de droite comme de gauche, sont responsables de l’austérité et de son coût humain et social.

L’appétit du néolibéralisme n’a pas de limite. Croire que l’amadouer « de l’intérieur » est possible est une illusion créée de toutes pièces pour asservir les peuples et les nations. Le pire aujourd’hui est, sans doute, de constater que le piège tendu par la secte des néolibéraux fonctionne à plein régime. Les Grecs paient le prix fort. Sacrifiés, ils sont désespérément abandonnés par les gauches de tout poil qui préfèrent vénérer les « valeurs de l’Union européenne » et fermer les yeux devant les crimes sociaux, économiques et humains qui frappent d’abord les classes populaires.
Le seul espoir du peuple grec est pourtant de recouvrer sa souveraineté nationale, économique et politique en sortant unilatéralement et sans délai de l’euro et de l’Union européenne, de refuser de payer la dette illégitime. C’est aussi la seule voie des autres peuples européens pour éviter la catastrophe en cours. Encore faut-il être assez lucides pour le comprendre et agir en conséquence.

Joël Périchaud

Joël Périchaud est secrétaire national du Parti de la démondialisation, chargé des relations internationales.

Source: http://www.pardem.org/actualite/en-bref/781-oui-tsipras-est-un-salaud-demonstration

https://arretsurinfo.ch/oui-tsipras-est-un-salaud-demonstration/

Posté par UPR Creuse à 05:00 - - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

mardi 6 février 2018

Amazon veut équiper ses salariés de bracelets électroniques

L'objectif de ces bracelets : surveiller les endroits où les employés posent leurs mains et se mettre à vibrer quand ils saisissent le mauvais objet, résume Mashable.

ACT AMAZON BRACELETS

Amazon espère que ces bracelets permettront à ses employés de gagner du temps. Mais pour le site spécialisé GeekWire (lien en anglais)ce futur dispositif est plutôt inquiétant. Mardi 30 janvier, il a révélé que l'entreprise américaine venait de faire breveter un système de bracelets pour les salariés de ses entrepôts.

"Si le brevet présente cette technologie comme un système qui permet de gagner du temps, surveiller les employés de cette façon paraît dystopique", a commenté Geekwire, inquiet. "C'est particulièrement vrai pour Amazon, une entreprise accusée d'imposer des conditions de travail intolérables dans ses entrepôts, comme des pauses toilettes chronométrées [une allégation contestée par Amazon], des semaines de travail de 55 heures, et des chronomètres qui permettent de s'assurer qu'un employé remplit assez de boîtes heure par heure", liste le site, traduit par Mashable.

https://mobile.francetvinfo.fr/internet/amazon/amazon-veut-equiper-ses-salaries-de-bracelets-electroniques_2591282.html#xtref=http://m.facebook.com/

Voir aussi:

Faut-il s'inquiéter des bracelets électroniques développés par Amazon pour suivre ses salariés ?

"Est-ce qu'il y aura aussi le boulet au pied ?", s'est interrogée la secrétaire générale de la Confédération générale italienne du travail.

générale de la Confédération générale italienne du travail.

Amazon veut-elle transformer ses salariés en robots ? Mardi 30 janvier, l'entreprise américaine a fait breveter un bracelet électronique lui permettant de détecter les mouvements des mains de ses salariés dans ses entrepôts. L'objectif : suivre leur travail et améliorer (encore) leur productivité. Un projet qui a rapidement provoqué un tollé. Alors, faut-il s'inquiéter ? [sic]

L'idée : des bracelets électroniques pour guider les salariés avec des vibrations

En mars 2016, Amazon a déposé deux brevets sur ces bracelets électroniques, révèle le site spécialisé GeekWire (en anglais). Mais c'est seulement le 30 janvier 2018 que le bureau américain des brevets et des marques de commerce les a validés. Schémas à l'appui, ces documents détaillent le fonctionnement de ces bracelets vibrants.

Schéma de l\'utilisation du bracelet electronique développé par Amazon.Schéma de l'utilisation du bracelet electronique développé par Amazon. (UNITED STATES PATENT AND TRADEMARK OFFICE)

Ce système de "traçage (...) des mouvements des mains d'un employé (...) pourrait être utilisé pour surveiller la réalisation de tâches assignées" comme l'inventaire et la préparation des commandes, expliquent les documents officiels relatifs à ce brevet. L'appareil est "prévu pour être porté (...) près de la main et pour émettre des vibrations".

Concrètement, si un employé place ses mains au mauvais endroit ou ne touche pas le bon objet au moment de la collecte dans les entrepôts, le bracelet pourra se mettre à vibrer par ultrason. Un moyen de guider, mais aussi de surveiller, tous les mouvements des salariés logistiques de l'entreprise.

Le contexte : des conditions de travail déjà difficiles

La polémique autour de ces bracelets est d'autant plus vive qu'Amazon est très critiquée à propos des conditions de travail de ses employés, dans certains entrepôts. Entre cadences minutées, troubles musculo-squelettiques et lettres recommandées au moindre fléchissement du salarié, franceinfo avait enquêté, en octobre 2017, sur l'envers du décor d'Amazon.

Dans les allées des entrepôts d'Amazon, tout est déjà minuté, codifié, scruté, grâce aux scanners utilisés à chaque étape du traitement des colis"Avec ça, ils savent exactement où vous vous trouvez et se servent de ces informations pour calculer votre temps d'arrêt", accusait alors Alain Jeault, employé sur le site de Sevrey (Saône-et-Loire) et délégué CGT.

Dans ce contexte, ces bracelets inquiètent, mais ne semblent pas surprendre les salariés du groupe. D'anciens et actuels employés d'Amazon ont ainsi déclaré au New York Times (en anglais) que "l'entreprise utilisait déjà une technologie de suivi similaire dans ses entrepôts", et qu'ils ne "seraient pas surpris si elle mettait ces brevets en pratique", relève Slate.

C'est une illustration de plus de l'obsession des dirigeants d'Amazon qui veulent avoir un contrôle total et une vision panoramique de tout ce qu'il se passe dans l’entrepôt.

"Ce bracelet n'est pas étonnant, c'est une continuité de la discipline de fer qui règne chez Amazon, estime aussi Jean-Baptiste Malet, journaliste et auteur d'En Amazonie, infiltré dans le "meilleur des mondes" (Ed. Fayard), à franceinfo. Ca a déjà cours dans les entrepôts, avec les scanners. Les employés sont tracés et ne font que obéir à des normes définies aux Etats-Unis."

Les réactions : "Est-ce qu'il y aura aussi le boulet au pied ?", s'inquiète-t-on en Italie

Peu après la publication de ces brevets, l'Italie s'est enflammée autour de ces bracelets électroniques. La polémique est remontée jusqu'au chef du gouvernement italien, Paolo Gentiloni, qui a estimé que "le défi, c'est un travail de qualité et non pas le travail avec un bracelet". "Homme ou esclave ? Je veux restituer la dignité du travail, certaines multinationales exploitent, pressent et ensuite mettent au rebut. Ça suffit !" a réagi de son côté le leader de la Ligue du Nord, Matteo Salvini.

Les syndicats italiens ont aussi fait part de leur inquiétude. "Est-ce qu'il y aura aussi le boulet au pied ?", s'est interrogée la secrétaire générale de la Confédération générale italienne du travail, Susanna Camusso, dans 24 Ore. "Des plateformes numériques sont en train de créer une nouvelle forme d'exploitation", a renchéri Carmelo Barbagallo, secrétaire général de l'Union italienne du travail. En France, cette annonce n'a pas (encore) provoqué de réactions politiques.

On arrive à la robotisation de l'être humain.

"Ce qui est rassurant, c'est que ce bracelet provoque un tollé mondial, commente Jean-Baptiste Malet à franceinfo. J'espère que ça ne vas pas s'arrêter à une indignation morale. Ce n'est pas digne du progrès. On peut imaginer ce genre de bracelets vibrants pour un chien, et encore..."

La défense d'Amazon : "Des spéculations erronées"

Face au tollé, Amazon a décidé de réagir. "La spéculation à propos de ce brevet est erronée, a réagi une porte-parole d'Amazon. Chaque jour, dans n'importe quelle entreprise dans le monde, les employés se servent de scanners à main pour faire l'inventaire et préparer les commandes". 

L'entreprise vante même les bienfaits que pourraient avoir ces bracelets pour les salariés. "Placer ces équipements plutôt sur le poignet des employés leur permettrait d'avoir les mains libres et ne pas avoir les yeux rivés sur des écrans", fait valoir Amazon, estimant que si cette idée devait être un jour mise en œuvre, elle améliorerait l'organisation pour les employés travaillant dans la préparation des commandes.

https://mobile.francetvinfo.fr/internet/amazon/faut-il-s-inquieter-des-bracelets-electroniques-developpes-par-amazon-pour-suivre-ses-salaries_2592472.html

vendredi 2 février 2018

Marseille : des dealers squattent le ministère de la Justice

Les éducateurs de la PJJ, excédés, sont en grève.

ACT MARSEILLE PJJ

Un culot ou un sentiment d'impunité hors du commun : depuis cinq mois, c'est jusque dans l'enceinte du ministère de la Justice qu'un réseau de stupéfiants a pris ses habitudes, dans le quartier des Chutes-Lavie. En l'occurrence, sur les 9 hectares du verdoyant domaine de l'unité éducative de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ). On trouve notamment dans cet ancien espace bastidaire du 13e un Centre éducatif fermé tout neuf, un foyer, des services d'insertion, etc.. Près de 80 éducateurs et autres intervenants, placés sous la tutelle du ministère de la Justice, y travaillent chaque jour auprès d'un public de mineurs délinquants.

Nombre d'entre eux ont justement connu le trafic de stupéfiants : le domaine de la traverse Sylvestre devrait être un havre où ils tentent de redresser des vies qui ont dévissé. Mais c'est justement dans cet espace de repli et de reconstruction que les dealers viennent "tenter de recruter les plus jeunes, livre, accablée, Isabelle Audureau, pour la CGT-PJJ. Ceux qui vendent sur ce plan stups ont sorti des braseros, des fauteuils, ils font comme s'ils étaient chez eux. Des clients débarquent carrément en voiture, en groupe, sur le site", s'étrangle la syndicaliste. Dans cette proximité avec le réseau et ses petits lieutenants, les fonctionnaires disent vivre "une contradiction insupportable entre leurs missions d'éducation, d'insertion et de prévention de la récidive, et le fait de laisser les jeunes témoins voire acteurs de ce trafic".

Ils seront en grève aujourd'hui pour le dire haut et fort.

Des hommes cagoulés encerclent l'éducatrice

Si cette situation est connue "de longue date", elle s'est dernièrement envenimée : "Les allées et venues des agents de la PJJ et des usagers du service sont désormais contrôlées par des personnes postées sur le site", décrit la CGT. Qui cite le cas de cette éducatrice, qui s'est ainsi vue cernée, un soir, par plusieurs hommes cagoulés. "À un autre collègue, ils ont dit, en gros : 'Ici, t'es chez nous'. On a dépassé là le sentiment d'insécurité. Les éducateurs ont la trouille, ils sont prêts à exercer leur droit de retrait", martèle Isabelle Audureau. Si la police n'a pas, pour sa part, constaté d'enracinement du trafic sur le site, elle reconnaît une situation de "porosité" avec les cités voisines, où les plans stups sont bien connus.

Le communiqué de la CGT PJJ ne mâche, en tout cas, pas ses mots : "Les personnels ont le sentiment d'être abandonnés au coeur d'un conflit de territoire et sont condamnés à l'immobilisme par peur de représailles." Le CHSCT de la PJJ va d'ailleurs être saisi "en urgence" par les syndicats, jugeant que "les risques psychosociaux n'ont jamais été aussi élevés sur le site".

Mesures de sécurité

Au plus haut de leur hiérarchie, avec qui les organisations syndicales ont eu plusieurs rencontres la semaine dernière, ces alertes sont prises "très au sérieux". Ouvert aux quatre vents, le portail, "point de fragilité", sera ainsi "fermé et gardienné", promet Franck Arnal, directeur interrégional adjoint de la PJJ. Le mur d'enceinte sera aussi relevé à deux mètres. Enfin, la tolérance accordée aux habitants de la cité mitoyenne et très enclavée des Marronniers, de traverser le domaine, sera retirée. "Je ne découvre pas les difficultés des quartiers Nord, souffle Franck Arnal. Cependant, nous n'avons pas la maîtrise de ces manifestations de violence et de territoire.Il nous faut pourtant réagir, sinon c'est l'État qui recule." Le symbole, en ce lieu, "serait fort" : un terrible constat d'échec dans la lutte pour reprendre le terrain et les jeunes au trafic de drogue.

http://www.laprovence.com/article/edition-marseille/4814129/des-dealers-squattent-le-ministere-de-la-justice.html

Posté par UPR Creuse à 04:45 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,