mercredi 18 octobre 2017

Uber über alles !

La revue Eléments mérite vraiment qu’on en parle.

ARG ELEMENTS ROBOTSMieux, elle mérite d’être lue, partagée, et relue. Collectionnée peut-être. Alain de Benoist, le philosophe anarchiste*, bon bougre et mauvais coucheur, qui veille sur sa destinée et y produit tous les deux mois des éditos vengeurs et des articles ravageurs (et vice versa), a bien voulu répondre à quelques questions à peine orientées, suscitées par le solide dossier du dernier numéro sur l’ubérisation à marches forcées à laquelle on soumet aujourd’hui la société française mondialisée, et qui nous prépare de jolis lendemains qui chanteront faux.

Jean-Paul Brighelli. Voilà que vous détournez le « grand remplacement » ethnique cher à Renaud Camus par un « grand remplacement » économique : l’ubérisation de l’ensemble des sociétés libérales — française, entre autres. Pouvez-vous expliquer en quoi consiste cette mutation ?

Alain de Benoist. Le « grand remplacement économique », ce n’est pas tant l’ubérisation que le remplacement de l’homme par la machine, voire par l’intelligence artificielle, à laquelle conduit l’évolution même du travail, évolution dont l’ubérisation ne représente qu’un aspect.

« On l’oublie trop souvent : le capitalisme, ce n’est pas seulement le capital, c’est également le salariat. C’est aussi le système qui repose sur la force de travail, base de la valorisation du capital, et la transformation du travail concret en travail abstrait, concomitante de la transformation de la valeur d’usage en valeur d’échange. La transsubstantiation du travail en argent, puis de l’argent en capital, produit l’autovalorisation de la valeur. Le travail au sens moderne est une catégorie capitaliste. La généralisation du salariat fut une révolution silencieuse, mais une mutation énorme. Hier on avait un métier, aujourd’hui on cherche un emploi. Le métier et l’emploi, ce n’est pas la même chose. L’avènement du marché où l’on peut vendre et acheter contre salaire de la force de travail implique à la fois la destruction des anciennes formes sociales et la séparation du travailleur d’avec les moyens de production.

« La contradiction principale à laquelle se heurte aujourd’hui le capitalisme est directement liée à l’évolution de la productivité. Cette contradiction est la suivante. D’un côté, le capital recherche en permanence des gains de productivité lui permettant de faire face à la concurrence, ce qui entraîne des suppressions d’emploi et une diminution du temps de travail global (on produit de plus en plus de choses avec de moins en moins d’hommes). De l’autre, il pose le temps de travail comme seule source et seule mesure de la valeur. La contradiction tient au fait que les gains de productivité aboutissent à supprimer des emplois, alors que c’est justement la forme « emploi » qui a permis au travail d’être le moteur de l’expansion du capital. La contradiction entre le marché actuel du travail et la production réelle de survaleur fait que le système capitaliste est aujourd’hui menacé, non pas seulement d’une baisse tendancielle du taux de profit, mais d’une dévalorisation généralisée de la valeur.

« Avec la révolution informatique et le développement de la robotique, la production de richesses se découple par ailleurs toujours davantage de la force de travail humaine, et pour la première fois on supprime davantage de travail qu’on ne peut en réabsorber par l’extension des marchés.

« L’argument libéral classique est de dire que tout cela n’a rien de nouveau, que le progrès technique a toujours détruit des emplois, mais qu’il en a créé d’autres. On cite l’exemple de la révolte des canuts lyonnais contre les métiers à tisser, celui des luddites anglais ou celui des tisserands silésiens de 1844. On rappelle aussi la façon dont les emplois du secteur tertiaire ont remplacé ceux des secteurs primaire et secondaire. C’est oublier qu’aujourd’hui tous les emplois ne sont pas substituables, et qu’ils le sont même de moins en moins compte tenu de l’importance prise par les connaissances et de l’inégale distribution des capacités cognitives. Si dans le passé un paysan a pu se reconvertir en ouvrier sans grand problème, un ouvrier du bâtiment aura beaucoup plus de mal à se reconvertir en programmateur informatique. C’est pourquoi la robotique détruit aujourd’hui plus d’emplois qu’elle n’en crée.

« Mais c’est oublier surtout que nous sommes en train de sortir de l’époque où les machines faisaient les choses aussi bien que l’homme pour entrer dans celle où les machines font beaucoup mieux. Cela change tout, car cela signifie que les machines peuvent désormais entrer en compétition avec des fonctions qui ne sont plus seulement manuelles ou répétitives, ce qui pose le problème de la décision : la machine est mieux placée pour décider puisqu’elle peut traiter mieux qu’un humain les informations dont elle dispose. C’est ce qu’avaient déjà biens vu Hannah Arendt et Günther Anders. Voilà pour le « grand remplacement » !

JPB. Vous reprenez le terme de « précariat », introduit en économie alternative par des alter-mondialistes et des anarchistes (italiens à l’origine) à la fin des années 1970 — quelques années à peine après le départ de la crise structurelle dont se nourrit depuis cette époque le libéralisme. En quoi consiste-t-il ?

AdB. La précarité, aujourd’hui, tout le monde la constate autour de soi. Face à la montée d’un chômage devenu structurel (et non plus seulement conjoncturel), la tendance actuelle, parallèlement au remplacement des activités productives par des emplois inutiles, qui sont en dernière analyse des emplois de contrôle, destinés à désamorcer les velléités de révolte sociale[1], est de chercher à diminuer le chômage en augmentant la précarité. C’est la mise en application du principe libéral : « Mieux vaut un mauvais travail que pas de travail du tout ». D’où l’idée de « flexi-sécurité », qu’il faut comprendre ainsi : la flexibilité c’est pour tout de suite, pour la sécurité on verra plus tard. Le refrain mille fois répété par le Medef est bien connu : plus on pourra licencier facilement, moins on hésitera à embaucher. Mais comment expliquer alors que la précarité ait constamment progressé en même temps que le chômage ?

« C’est cette montée de la précarité qui a abouti en Angleterre à la multiplication des « travailleurs pauvres » (working poors) et aux contrats « à zéro heure » (on en compte aujourd’hui plus de 1, 4 million), et en Allemagne, depuis les réformes Harz, aux « minijobs » (450 euros sans cotisations et sans couverture sociale) qui, en 2013, concernaient 7 millions de travailleurs, soit près de 20% de la population allemande active, parmi lesquels un grand nombre de retraités.

« Mais la précarisation, c’est aussi de façon beaucoup plus générale la destruction de tout ce qui dans le passé était solide et durable, et se trouve aujourd’hui remplacé par de l’éphémère et du transitoire. Dans ce que Zygmunt Bauman a très justement appelé la société liquide, tout est à la fois liquéfié et liquidé. Que ce soit dans le domaine professionnel, sentimental, sexuel, éducatif, politique, social ou autre, nous vivons à l’ère du zapping : on « zappe » d’un partenaire à l’autre, d’un métier à l’autre, d’un parti politique à l’autre, comme on « zappe » d’une chaîne de télévision à une autre. Et dans tous les cas, le changement n’aboutit qu’à donner le spectacle du même. On est toujours déçu parce que, sous diverses guises, c’est toujours le même chose qui se donne à voir. L’idéologie du progrès joue évidemment son rôle : avant, par définition, c’était moins bien. Le politiquement correct (qu’il vaudrait mieux appeler l’idéologiquement conforme) joue le sien : en transformant les mots, la « novlangue » transforme les pensées. L’individualisme ambiant fait le reste.

JPB. Un chauffeur de taxi « ubérisé » gagne fort mal sa vie, en moyenne. Serait-ce là l’un de ces « bullshit jobs » nommés pour la première fois par David Graeber pour désigner des « boulots à la con » dans la sphère administrative (privée ou publique) et désormais étendus à l’ensemble de la sphère économique ? À une époque où les employés des grandes surfaces ne sont plus jamais embauchés à temps plein, afin de les tenir en laisse en les faisant vivre avec 800 euros par mois, où un prof débutant touche après 5 à 6 ans d’études 1400 euros par mois, en quoi la précarité concertée est-elle la solution la plus adaptée trouvée par le néo-libéralisme contemporain ?

AdB. Les promesses du « travail indépendant » (l’« ubérisation » de la société) sont de leur côté trompeuses, car la précarité y est la règle plus encore que dans le salariat. Dans le monde post-industriel, qui privilégie les connaissances plus que les machines, chacun se voit convié à « devenir sa propre entreprise » (à être « entrepreneur de soi-même ») pour valoriser ses « actifs incorporels », quitte pour les anciens salariés à devenir des travailleurs multitâches, courant d’une activité à l’autre, cherchant de nouveaux clients tout en s’improvisant juristes ou comptables. L’ubérisation n’est alors qu’un nouveau nom de la parcellisation et de l’atomisation du travail. La précarité devient la règle, car les résultats recherchés se situent sur un horizon de temps de plus en plus court. Plus que jamais, on perd sa vie en tentant de la gagner.
« Sous couvert de « flexibilité » on recherche des hommes taillables et corvéables à merci, qui doivent sans cesse s’adapter aux exigences d’une économie dont on estime qu’ils doivent être les serviteurs, sinon les esclaves. La généralisation de la précarité, c’est l’avènement de l’homme substituable, interchangeable, flexible, mobile, jetable. C’est l’entière réduction de la personne à sa force de travail, c’est-à-dire à cette part de lui-même qui peut être traitée comme une marchandise. C’est la soumission à l’impératif de rendement, la vente de soi s’étendant à tous les aspects de l’existence.

JPB. Sur l’ensemble du dossier présenté par votre revue, je vous trouve terriblement marxiste — « le facteur économique est bien déterminant en dernière instance ». Peut-on cependant tisser un lien entre la réalité économique à laquelle on est en train de convertir l’ensemble de l’économie mondialisée, et l’homo festivus inventé par Philippe Muray ? Ou si vous préférez, dans quelle mesure l’ubérisation tous azimuts se conforte-t-elle de la société du spectacle — et vice versa ?

AdB. Pas du tout marxiste, mais marxien pourquoi pas ! Deux cents ans après sa naissance, il serait peut-être temps de lire Marx en étant capable de faire le tri entre les nombreuses facettes de sa pensée – en oubliant les « marxismes » et les « antimarxismes » qui n’ont fait qu’accumuler les contresens sur son œuvre. La philosophie de l’histoire de Marx est assez faible, mais il n’y a pas besoin d’être marxiste pour constater, avec lui, que notre époque est tout entière plongée dans les « eaux glacées du calcul égoïste ». Marx est à la fois l’héritier d’Aristote et celui de Hegel. Il a tort de ramener toute l’histoire humaine aux luttes de classes, mais il décrit à merveille celles de son temps. Ce qu’il écrit sur le fétichisme de la marchandise, sur la « réification » des rapports sociaux, sur l’essence de la logique du Capital (sa propension à l’illimitation, au « toujours plus », qui n’est pas sans évoquer le Gestell heideggérien), sur la théorie de la valeur, va très au-delà de ce qu’on a généralement retenu chez lui.

« L’homo festivus dont parlait le cher Philippe Muray est en effet comme un poisson dans l’eau dans l’économie libérale aujourd’hui déployée à l’échelle mondiale. L’homo festivus ne cherche pas seulement à faire la fête tout en aspirant à se vider le crâne (il ne faut pas se prendre la tête !) grâce aux mille formes de distraction contemporaine, au sens pascalien du terme. Il est aussi celui qui a remplacé le désir de révolution par la révolution du désir, et qui pense que les pouvoirs publics doivent faire droit, y compris institutionnellement, à toute forme de désir, car c’est en manifestant ses désirs, quels qu’ils soient, que l’homme manifeste pleinement sa nature.

« Cela s’accorde parfaitement à l’idéologie libérale, qui conçoit l’homme comme un être présocial, cherchant à maximiser en permanence son seul intérêt personnel et privé. Comme l’a si bien montré Jean-Claude Michéa, c’est parce que le libéralisme économique et le libéralisme « sociétal » (ou libertaire) sont issus du même socle anthropologique qu’ils ne peuvent à un moment donné que se rejoindre. La société du spectacle, où le vrai n’est plus qu’un moment du faux et où lêtre s’efface totalement derrière le paraître, est le cadre idéal de cette rencontre.

C’est la société de l’aliénation volontaire, qui croit que les rapports sociaux peuvent être régulés seulement par le contrat juridique et l’échange marchand, mais qui ne débouche que sur la guerre de tous contre tous, c’est-à-dire sur le chaos.

JPB. Vous notez qu’Emmanuel Macron est le chantre de cette ubérisation généralisée. Mais comment diable l’a-t-on élu ? Par un malentendu ? Grâce à l’écran de fumée médiatique ? Par un désir profond d’en arriver à un salaire universel garanti (le seul candidat qui le proposait était Benoît Hamon : un hasard ?) qui permettrait de vivoter dans la précarité sans plus poser de problème à un capitalisme financiarisé qui pourrait alors s’épanouir ? Mais alors, qui achètera les merveilleux produits fabriqués demain par les quelques travailleurs encore en exercice et une noria de machines « intelligentes » ? Bref, l’ubérisation serait-elle le premier pas vers la fin du libéralisme — l’ultime contradiction interne du système ?

AdB. Dans une démocratie devenue elle aussi liquide, Macron a su instrumentaliser à son profit l’épuisement du clivage droite-gauche et l’aspiration au « dégagisme » d’un électorat qui ne supportait plus la vieille classe politique. Il a également compris que l’alternance des deux anciens grands partis de gouvernement ne mettait plus en présence que des différences cosmétiques, et que l’heure était venue de les réunir en un seul. C’est ce qui lui a permis de l’emporter avec au premier tour moins d’un quart des suffrages exprimés.

« Macron est avant tout un contre-populiste au tempérament autoritaire et à l’ego hypertrophié. Il reprend à son compte le clivage « conservateurs » contre « progressistes », mais c’est pour choisir la seconde branche de l’alternative : réunir les partisans de l’« ouverture » (en clair : les élites libérales de tous bords) contre les tenants de la « fermeture » (en clair : ceux qui s’opposent, instinctivement ou intellectuellement, à l’idéologie dominante). Contre ceux « d’en bas », il est le représentant de la Caste « d’en haut ». On voit bien aujourd’hui qu’il ne supporte pas qu’on lui résiste, qu’il n’aime pas les corps intermédiaires, qu’il est insensible aux aspirations populaires, qu’il n’a rien à dire à la France qui va mal. A un moment où les classes moyennes, menacées de déclassement et de paupérisation, sont en train de rejoindre les classes populaires, il démontre ainsi son intention de construire une « start up nation », en parfaite conformité avec une religion économique qui exige l’absorption du politique par la gouvernance. Cela augure plutôt mal de l’avenir. »

Alain de Benoist et Jean-Paul Brighelli

http://blog.causeur.fr/bonnetdane/


 

OUTIL LOGO FREXIT LIMOUSIN*"le philosophe anarchiste", voilà une étiquette audacieuse pour Alain de Benoist, qui ne me serait pas venue à l'idée de prime abord...Mais bon, comme je ne cesse de le répéter, les articles sont choisis pour leur intérêt, leur niveau académique, leur apport intellectuel sur des thématiques qui nous intéressent etc, quelles que soient les orientations idéologiques des auteurs, mais ils n'engagent que ceux- ci, dont nous respectons, par principe, le point de vue, dès lors qu'il est argumenté.

Par souci d'honnêteté envers nos lecteurs, surtout ceux qui ne connaîtraient pas cette école de pensée appelée "nouvelle droite" par la bien- pensance officielle, nous recommandons la fiche "wikipedia" d'Alain de Benoist (source qu'on ne pourra pas caractériser comme proche de nous), dont voici un extrait:

Parmi les fondateurs, en 1968, du Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne (GRECE), principal mouvement du courant que les médias ont baptisé « Nouvelle Droite », il a, entre autres, collaboré aux revues Nouvelle École, Éléments, Krisis (revue qu'il fonde en 1988 et se définissant7 comme « de gauche, de droite, du fond des choses et du milieu du monde », celle-ci pratiquant en effet l'ouverture vers plusieurs courants d'idées et penseurs extérieurs au milieu néodroitier, comme Jean Baudrillard, Régis Debray, Jean-François Kahn ou Michel Jobert, voire engagés au sein de la gauche antilibérale, tels Bernard Langlois et Ignacio Ramonet), ainsi qu'au Figaro magazine, qu'il dut quitter au début des années 1980.

Son livre Vu de droite obtient le grand prix de l'Essai en juin 1978 par l'Académie française.

De 1970 à 1982, il travaille également au Spectacle du Monde, et y collabore de nouveau épisodiquement depuis les années 2000. Alain de Benoist s'est aussi fait connaître en participant à l'émission Panorama sur France Culture de 1980 à 1992.

En 1986, le « chef de file » de la Nouvelle Droite publie Europe, Tiers monde, même combat — dont le bandeau donne à lire : « Décoloniser jusqu'au bout ! » —, ouvrage qui prône le soutien aux luttes pour l'autonomie des peuples du Tiers monde et l'alliance avec celui-ci8 contre l'impérialisme. Une vision déjà en germe dans les écrits antérieurs de l'auteur9 et qui restera la sienne. Pour Christian Savés (du CNRS), Alain de Benoist a en effet conduit une « remarquable entreprise de démystification » de l'« idéologie ethnocidaire de l'Occident10. »[pas clair] Il a par ailleurs été fortement influencé par les penseurs liés à la Révolution conservatrice allemande comme Ernst Jünger et Armin Mohler11."

 


 

[1] " remplacement des activités productives par des emplois inutiles, qui sont en dernière analyse des emplois de contrôle, destinés à désamorcer les velléités de révolte sociale": un des reproches majeurs que l'on peut faire à cette approche plus "marxiste" que "marxienne": une conception strictement utilitaire (et pas seulement en terme de "classes sociales") de l'économie: facile de tomber dans le piège de l'"économisme" sans parfois s'en rendre compte, et c'est de surcroît un point commun avec les libéraux (le "même socle anthropologique", comme dirait Michéa), qui m'a améné personnellement, à prendre mes distances avec ce type d'approche, même si c'est parfaitement valide à un certain niveau. Question bête, c'est quoi, un emploi inutile? Le débat est ouvert, à vos plumes les amis!

P.G.

Pénurie de beurre : les entreprises en danger

Le prix du beurre flambe à cause d’une demande plus importante dans le monde et d’une production en baisse. Cette pénurie a mis au chômage technique des salariés dans plusieurs entreprises.

ARG BEURRELes étals, les chariots, les plans de travail, vides ou presque depuis la rentrée. Alors quand la livraison de beurre arrive le travail peut enfin commencer. Cette entreprise du Cher fabrique des pâtes haut de gamme, feuilletées, sablées, brisées. À cause de cette pénurie de beurre, la majorité des 10 employés est au chômage partiel depuis deux semaines déjà. La perte est nette pour les salariés. Conséquence directe : les clients ne sont plus approvisionnés. En janvier cette boutique parisienne a vendu les 1 500 pâtes livrées par l’entreprise du Cher. Le mois dernier, elle en a reçu tout juste 500.

Des causes multiples

En cause, plusieurs facteurs. La demande internationale pour le lait explose, du coup certaines coopératives exportent et fournissent moins les entreprises françaises. En cause aussi, une moins bonne production l’an dernier, et les éleveurs sont de moins en moins nombreux. Aujourd’hui, l’entreprise de pâte feuilletée François est en danger, comme beaucoup d’autres PME en France qui ont besoin de beurre pour travailler.

http://www.francetvinfo.fr/sante/alimentation/penurie-de-beurre-les-entreprises-en-danger_2419789.html


 

Voir aussi:

Pénurie de beurre dans les épinards… L’énorme mensonge que l’on vous cache !

par | 17 Oct 2017

Le prix du beurre flambe à cause d’une demande plus importante dans le monde et d’une production en baisse. Cette pénurie a mis au chômage technique des salariés dans plusieurs entreprises… Voilà ce que nous explique officiellement France Télévision dans son reportage ci-dessus.

Pourtant, à y regarder de plus près, je ne vois aucune donnée financière, je dis bien aucune qui impliquerait une pénurie de beurre.

Certes les cours du lait montent, mais ils ne sont pas plus élevés qu’il y a 3 ans, et s’il y avait véritablement pénurie de lait alors les prix monteraient beaucoup plus.

Alors question : pourquoi les rayons des supermarchés se vident-ils en beurre ?

À mon sens, les industriels préfèrent tout simplement vendre le beurre à l’étranger car cela rapporte plus.

Vous avez là sous les yeux des rayons vident faute à la “mondialisation” et à la libre circulation des produits.

Vous n’aurez plus de beurre parce qu’il est plus rentable de le vendre ailleurs. Voilà le bilan de politiques économiques absurdes menées depuis des décennies.

Mais on continuera à vous faire vomir le “protectionnisme” en hurlant au fascisme.

Voilà donc les graphiques que je voulais vous montrer et la source c’est le site Web-agri.fr ici.

Des cours du lait qui montent mais qui n’explosent pas… 

Des cours du beurre qui explosent… au niveau international !

Plus grave, ce qu’il se passe avec le beurre aujourd’hui se passera avec la viande, les volailles et tout ce qui constitue votre alimentation quotidienne, car si on laisse le marché totalement libre, y compris pour quelque chose d’aussi essentiel que l’alimentation, alors la nourriture ira forcément aux plus offrants… et vous n’aurez plus rien à manger.

Voici donc un autre signal faible mais réel de la fragilité de notre modèle et qui montre bien que nos systèmes sont au bord de la rupture.

Imaginez… Et si la famine n’était pas qu’un lointain souvenir ?

Charles SANNAT

https://insolentiae.com/penurie-de-beurre-dans-les-epinards-lenorme-mensonge-que-lon-vous-cache/

mardi 17 octobre 2017

Ecoles de commerce : formatage de la pensée et mépris de classe

Les écoles de commerce sont souvent présentées comme les piliers de la société contemporaine, leurs élèves comme “l'élite de la nation”. Elles permettent aux étudiants de s'initier à l'art mystérieux et sacré du “management, de devenir des “acteurs du changement” pour “libérer les formidables opportunités” que contient notre “start-up nation”. Derrière cette novlangue managériale se cache une bien triste réalité : les écoles de commerce ont pour fonction de préparer leurs élèves à devenir des rouages du système économique dominant. Pour cette raison, toute forme de réflexion critique ou de remise en question doit être écartée; il s'agit de convertir les élèves en agents dociles du néolibéralisme. 

ARG ECOLE COMMERCE1) Le contenu des cours : du vide…et beaucoup de propagande

La plupart des élèves venant de classes préparatoires qui entrent en école de commerce sont déçus par le manque de stimulation intellectuelle des cours qu'ils reçoivent. Entre les cours de mathématiques financières de niveau terminale, les cours de « management » vide de sens et l'apprentissage du “globbish” visant davantage à acclimater les élèves au jargon « managérial » qu’à leur transmettre une connaissance approfondie des langues anglaise, irlandaise ou américaine, beaucoup jugent le niveau très décevant par rapport aux cours des classes préparatoires dont ils sont issus. À titre d'exemple, un cours d’anglais de première année intitulé « english words to manage a french meeting » (mots en anglais pour animer une réunion avec des français) vise à faire apprendre aux élèves une série de concepts tels qu'«efficient disrupter » , « notable practise » ou « change entrepreneur ».

2) La fonction des écoles de commerce: convertir les futurs entrepreneurs au dogme néolibéral


Au-delà de ce manque d’intérêt pédagogique, la fonction de ces cours est de pousser les futurs cadres à adhérer à l’idéologie du marché roi et du capitalisme financier. Nulle part il ne sera question de pousser les élève à développer une réflexion critique. En dépit du discours officiel des écoles de commerce qui prétend qu'elles « [apprennent] aux élèves à remettre en cause les modèles existants », leurs cours visent à enseigner aux élèves la manière de créer de la valeur pour les actionnaires dans les cours de finance, à manipuler les consommateurs pour les faire acheter en cours de marketing ou à « apprendre à motiver les équipes » via des techniques de manipulation (présentées en cours comme des « théories de la motivation »). Il s’agit d’étudier ces techniques uniquement sur le mode du par coeur et sous l'angle de l'efficacité, sans aucune mise en perspective théorique ou réflexion critique sur les conséquences de ces méthodes. Dans un cours d’économie intitulé « la formidable aventure de l’économie collaborative », les entreprises comme Uber et Deliveroo sont présentées comme des « entreprises socialement responsables et permettant une meilleure solidarité entre les citoyens »… plutôt comique, quand on sait les conditions dans lesquelles travaillent les chauffeurs Uber...
Ainsi, l’entreprise est systématiquement présentée sous un angle positif, les stages proposés aux étudiants sont souvent décrits comme de « formidables opportunités » et absolument rien n’est dit sur la violence suscitée par ces méthodes, sur l’explosion des burn out (dont sont aussi pourtant victimes les anciens élèves d’école de commerce actuellement cadres), ou sur des modèles d’entreprises alternatives comme les SCOP.
Les écoles de commerce prétendent préparer les élèves à « être acteurs de changement ». Très concrètement, il s'agit simplement de préparer l'adaptation des entreprises face à « un monde qui change » autrement dit s’adapter au changement sans remettre sa nature en question (“tout changer pour que rien ne change”). Ainsi, la « digitalisation » est systématiquement présentée comme une “formidable opportunité; pas un mot n'est dit de la disparition à venir de dizaines de métiers qu'elle entraînera.

 

3) Les écoles de commerce sont un rouage du système économique et financier dont elles font l'apologie

Il faut comprendre que les écoles de commerce entreprennent ce formatage à la demande des entreprises dont une large majorité est issue du Cac 40; en effet, ces entreprises d’une part proposent nombre de stages et d’emplois aux étudiants et, d'autre part, financent les écoles de commerce via les chambres de commerce et d’industrie. Il ne faudrait tout de même pas que les futurs cadres remettent en cause le pouvoir des actionnaires sur les décisions qu’ils auront  à prendre !

Ce formatage idéologique fonctionne également très bien car les écoles de commerce poussent à un  entre-soi; pendant la période extra-scolaire, les étudiants d’école de commerce sortent bien souvent entre eux, et ne fréquentent que rarement les élèves issus de l'université. Cet entre-soi est favorisé par les dirigeants des écoles de commerce; j’avais surpris une conversation entre plusieurs membres de la direction, expliquant que les horaires de déjeuner du midi étaient pensés pour que les élèves ne croisent pas trop les étudiants de la FAC au restaurant universitaire...

4) Les écoles de commerce et le mépris de classe


Enfin, on ne peut qu'être frappés par le mépris social à peine masqué de la part de certains professeurs, en particulier lors des cours de relation sociales et de droit du travail. Les adhérents de la CGT et de FO sont désignés comme des tire-au flanc tout juste bons à « faire des barbecues lors des manifestations ». Un professeur de droit du travail se vantait en ces termes d’avoir défendu des employeurs ayant licencié des femmes enceintes : « il faut parfois être malin pour se débarrasser de certains éléments et monter des dossiers pour les licencier »... La dernière loi travail El Khomri a par ailleurs cyniquement été présentée comme « une formidable avancée pour les employeurs »...

En conclusion, le formatage de la pensée opérée par les cours qui diffuse cette idéologie selon laquelle « le monde, c’est le management, et uniquement le management » (vision qu'affectionne notre directeur lorsqu'il évoque notre « start-up nation ») et l'entre-soi qu'induisent les écoles de commerce permettent de façonner l'esprit de la plupart des étudiants, allant jusqu'à leur faire oublier cette faculté de penser de manière autonome qu'ils avaient acquis en classes préparatoires...

Henry Baskerville
(Henry Baskerville est étudiant en école de commerce)

http://la-sociale.viabloga.com/news/ecoles-de-commerce-formatage-de-la-pensee-et-mepris-de-classe

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samedi 14 octobre 2017

GM&S : Retrouver du travail à 150km ? Gérard Collomb ne voit «pas le problème» grâce au TGV

Venu sur le plateau de BFMTV en TGV, le ministre de l'Intérieur a estimé que les longues distances ne sont pas problématiques. Si les salariés de GM&S ne peuvent parcourir 150km pour un nouvel emploi, ce serait avant tout une question de «liaison».

ACT COLLOMB GMSCela partait sans doute d'une bonne intention : afin d'amortir le choc qu'avait pu susciter la sortie d'Emmanuel Macron le 5 octobre dernier au sujet du «bordel» causé par des manifestants de GM&S, Gérard Collomb, ministre de l'Intérieur, a voulu livrer son analyse de la situation dans laquelle se trouvent les salariés du groupe sur le plateau de BFMTV le 8 octobre. Quelque peu maladroit, son commentaire a réamorcé une polémique qui était en train de s'estomper.

«Il y a des endroits où on ferme les usines, mais des endroits où on crée des emplois, et ces emplois ne sont pas pourvus. Pourquoi ils ne sont pas pourvus ?», s'est interrogé le ministre en évoquant le sort des salariés de GM&S à La Souterraine (Creuse), qui devront retrouver du travail, quand la fonderie Constellum d'Ussel (Corrèze) peine à recruter. «Pour plusieurs raisons [...] ici, c'est vraisemblablement un manque de liaison», a-t-il poursuivi.

Derrière le terme un peu vague de «liaison», le ministre de l'Intérieur voulait en réalité évoquer la question de la mobilité. Le département de la Creuse, où se trouve le site de GM&S, est en effet mal connecté aux autres régions françaises par le réseau de transports publics. C'est là qu'il faudrait, selon Gérard Collomb, chercher l'une des racines du problème du chômage. 

Pour étayer son propos, l'ancien maire de Lyon ajoute : «Ce n'est pas le problème de 180 kilomètres. Si vous êtes reliés par une autoroute ou une voie ferrée qui vous permet d'y aller... Je viens de Lyon, je n'ai pas de problème pour venir chez vous parce qu'effectivement, il y a des liaisons.»

Le ministre ne précise cependant pas que les billets de TGV comme les péages d'autoroutes coûtent parfois cher et que, s'il est venu donner une interview un dimanche à Paris en sa qualité de ministre, les salariés de GM&S devront faire au moins dix trajets par semaine pour aller travailler quotidiennement. Son analyse ne prend pas non plus en compte le fait que, même performant, un réseau de transport ne résout pas le problème de l'extrême concentration des activités économiques et particulièrement industrielles dans certaines villes.

Une réaction jugée «déconnectée des réalités»

Pour de nombreux internautes, la solution proposée par Gérard Collomb tendrait à prouver que ce dernier serait «déconnecté des réalités».

Pour d'autres, c'est surtout la question du coût de la solution proposée par le ministre qui interroge sur ses propres pratiques.

L'indignation est partagée par plusieurs internautes qui soulignent les conditions avantageuses dont jouit Gérard Collomb en tant que ministre pour se déplacer.

Pour ironiser sur la sortie du ministre, d'autres feignent de le prendre au pied de la lettre et se prennent à rêver d'une ligne de TGV entre Creuse et Corrèze.

La ville d'Ussel, où se trouve la fonderie Constellium, est distante de 150 kilomètres de La Souterraine, comme le rappellent d'autres internautes irrités par la déclaration de Gérard Collomb.

Retrouver du travail à 150km : un sacrifice nécessaire?

Le commentaire de Gérard Collomb s'inscrit dans la droite ligne de la remarque faite par Emmanuel Macron qui, au-delà de la polémique qu'elle a provoquée, révélait surtout une vision du monde du travail que le président de la République s'emploie à défendre. Selon celle-ci, le fait que la fonderie Constellium, située en haute Corrèze, peine à pourvoir quelques 18 postes vacants rend difficilement compréhensibles les plaintes des salariés de GM&S qui, dans le département voisin, se retrouvent au chômage.

«Il reste 18 postes à pourvoir à Ussel. Nous sommes prêts à examiner tous les CV, y compris ceux qui viendraient de GM&S», confirme à La Montagne Jean-Baptiste Foisel, responsable de la fonderie corrézienne Constellium. Son carnet de commandes tourne pourtant à plein régime et un plan d'investissement de 3,5 millions d'euros, qui devrait permettre d'augmenter les capacités de production, a déjà été annoncé. Constatant une inadéquation entre offre et demande au sein d'une même région, Gérard Collomb comme Emmanuel Macron en conclut donc logiquement que l'absence de mobilité des salariés est un frein au développement économique et un facteur du chômage.

Cette question de fond semble éludée par la polémique à laquelle se livrent Emmanuel Macron et Gérard Collomb d'un côté, et de l'autre, ceux que leurs propos ont choqué. Pour ces derniers, la mobilité a ses limites et refuser de faire 300 kilomètres de trajet par jour n'est pas un caprice. D'autant que le problème est loin de se limiter à la seule question du transport. «On peut proposer des choses à des gens qui sont à 140 km d’Ussel, mais pour eux, c’est souvent très difficile d’envisager un déménagement... Il faut se pencher sur leur mobilité : l’hébergement, la scolarisation des enfants, le travail du conjoint... », concède Jean-Baptiste Foisel.

Néanmoins, Constellium a d'ores et déjà entamé des discussions avec les collectivités locales et la région, afin de permettre à des salariés de travailler sur le site, même s'ils devaient venir d'un autre département. La mise à disposition par la commune d'Ussel, hors saison touristique, de logements situés à proximité de l'usine est même à l'étude. De telles solutions résoudraient le problème du transport : reste à savoir si les salariés de GM&S consentiront à concevoir leur lieu de résidence comme une contingence pouvant s'adapter aux nécessités de la production ou s'ils préféreront encourager une meilleure répartition de l'activité économique dans leur région.

https://francais.rt.com/economie/44357-gms-retrouver-travail-150km-gerard-collomb-voit-probleme-tgv

 

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jeudi 12 octobre 2017

Il est grand temps de réviser la directive sur les travailleurs détachés

Pour Patrick Bernasconi et Georges Dassis, du CESE, la révision de la directive sur les travailleurs détachés est urgente et et indispensable dans une union qui doit constamment viser une harmonisation vers le haut.

Patrick Bernasconi est le président du Conseil économique, social et environnemental (CESE). Georges Dassis est le président du Comité social et économique européen, le CES européen.

ARG TRAVAILLEURS DETACHESLa Commission européenne a mis sur la table du Parlement européen et du Conseil de l’Union, en mars 2016, une proposition de révision de la fameuse directive 96/71/CE concernant le détachement de travailleurs effectué dans le cadre d’une prestation de services.

En août 2017, Emmanuel Macron, le président de la République française, a remis cette question des travailleurs détachés au cœur du projet européen. Lors de son déplacement en Europe centrale, il a relancé le débat autour de la réforme de cette directive, une condition, selon lui, du maintien de « l’unité européenne ».

Comme représentants de la société civile organisée en France et en Europe, nous nous en réjouissons. Depuis 2015, le Conseil économique, social et environnemental français et le Comité économique et social européen n’ont cessé de se mobiliser pour encourager une refonte du statut des travailleurs détachés, en y consacrant deux avis, en septembre 2015 et  en décembre 2016.

Chaque année, le nombre de travailleurs détachés n’a cessé de croître, engendrant des dysfonctionnements entre pays. Le CESE français, notamment, a mis en évidence des fraudes massives, le recours à une main d’œuvre sous-payée et privée de droits ou encore la création de fausses entreprises.

La révision de cette directive est donc urgente et indispensable, mais s’oppose encore à une certaine résistance. Au niveau européen, elle divise les entreprises, notamment parce qu’elle effraye celles des États membres où les salaires sont les plus bas.

En 2016, plusieurs ministres du Travail ont d’ailleurs repris des propositions formulées par le CESE français dans une tribune en faveur de conditions de vie et de travail décentes pour tous, d’une rémunération équivalente à celle des travailleurs du pays d’accueil dès le premier jour du détachement, et d’une lutte contre les entreprises créées uniquement pour profiter des écarts de coûts salariaux entre les pays de l’UE.

Mais le projet n’a pas pu voir le jour en raison d’une opposition vigoureuse des chefs d’État et de gouvernement de onze pays, au motif qu’il s’agissait, pour eux, d’une question d’ordre national. C’est pourtant bien d’une directive européenne qu’il s’agit.*

L’Union doit tendre à une amélioration constante, pour tous. Elle doit viser une harmonisation, mais vers le haut. Jamais vers le bas.*

Nous avons donc la conviction qu’il faut mettre en place une meilleure protection des travailleurs et réduire le dumping social, qui engendre aussi un dumping entrepreneurial. Le principe selon lequel un même travail effectué au même endroit devrait être rémunéré de manière identique est la clef de voûte du socle des droits sociaux en Europe.*

Nous encourageons le Conseil de l’Union et le Parlement européen à aller plus loin. Les partenaires sociaux et les conventions collectives doivent servir de point de référence pour déterminer le niveau de rémunération des travailleurs concernés. Nous réclamons que soit assuré le caractère temporaire du détachement. Nous voulons davantage de coopération entre les États, avec mise en commun des données dont ils disposent afin de déjouer les fraudes et d’empêcher la concurrence déloyale. Nous insistons pour que la directive demeure applicable au secteur routier. Nous voulons que des mesures concrètes soient prises pour que les travailleurs détachés soient affiliés à un régime de sécurité sociale en temps utile, c’est-à-dire un certain temps avant le détachement, et nous pensons qu’il serait opportun de créer une « carte européenne du travailleur détaché » afin de faciliter les contrôles et de simplifier les procédures.

Les pouvoirs publics nationaux, y compris quand ils se réunissent au niveau européen, devraient répondre aux attentes de la société civile organisée. Une ambition : changer la perception de l’Union par les citoyens.

Elle doit en effet cesser d’apparaître comme responsable ici de la régression et là de la stagnation des conditions de vie et de travail, pour être perçue, à nouveau, comme un facteur efficace de progrès économique, social et environnemental pour tous.

http://www.euractiv.fr/section/economie/opinion/il-est-grand-temps-de-reviser-la-directive-sur-les-travailleurs-detaches/


 

OUTIL LOGO FREXIT LIMOUSINComme l'avait dit Bossuet, "Dieu se rit de ceux qui déplorent les malheurs publics dont ils chérissent les causes". Ce plaidoyer pour une Europe impossible est pathétique. Les dysfonctionnements reconnus ici et déplorés à juste titre auraient pour cause une forme d'égoïsme des Etats, ce qui est méconnaître la nature réelle de l'UE: une juxtaposition d'intérêts nationaux divergents censée aboutir à un compromis, ce qui n'arrive jamais, sauf sous une forme insatisfaisante pour toutes les parties. Ces appels désespérés sont d'autant plus pathétiques que leurs auteurs ont bien conscience des effets désastreux des politiques communautaires sur l'opinion publique dans les pays membres, mais faute d'imagination, ils persistent à déplorer la situation et à en appeler à la sagesse des institutions européennes. Ce qui n'arrivera pas, bien sûr. Et ils feront partie, en bout de course, de ceux qui nous expliqueront qu'il faut, d'urgence, une "autre Europe", enfin sociale! Comme le disait François Asselineau: "c'est dormir toute sa vie que de croire à ses rêves". Avec de telles protestations, l'oligarchie peut dormir tranquille...

P.G.

 

 

mercredi 4 octobre 2017

Ça gaze pour les personnels de l’APHP !

Cela faisait 11 jours que les personnels de l’APHP, soignant-es, administratifs-ives, techniques et ouvrier-es marchaient pour dénoncer le nème plan d’économie fait au dépens des personnels et de la qualité des soins. Cette marche pacifique avait relié pendant deux semaines les établissements de l’APHP, fleuron de la Fonction Publique Hospitalière (bien mal en point aujourd’hui), pour alerter la population sur le démantèlement à l’œuvre de ce bien commun qu’est le service public hospitalier

 

ARG SUD PERSONNEL HOSPITALIERCommuniqué de SUD Santé APHP Gazés mais toujours debout !

Ce matin lundi 2 octobre, la marche des hospitaliers rejoignait l’hôpital Bichat au siège central de l’APHP avenue Victoria. Martin Hirsch y réunissait le comité technique d’établissement central pour présenter son bilan social de l’année. La date était trop bonne de lui faire connaître notre propre bilan d’un an de la nouvelle organisation de travail à commencer par les 5 suicides de professionnels mettant en cause les conditions de travail. La manifestation qui se voulait à la fois pacifiste et solennelle, mettait en scène les 5 cercueils devant l’entrée du siège central. Les manifestants décidant alors de symboliquement brûler les photocopies du bilan social comme un refus de celui-ci.

 

Les forces de police, prendront ce prétexte pour bousculer et vaporiser à bout portant de gaz lacrymogènes les manifestants. Les violences policières sont sans communes mesures avec l’esprit de la manifestation. Une de nos camarades sera hospitalisée aux urgences de Cochin qu’elle quittera du reste sans avoir été examinée par un médecin.

Le syndicat Sud-Santé APHP dénonce la répression policière comme seule réponse aux légitimes revendications des hospitaliers de l’APHP. Le dialogue social n’est définitivement plus de pratique ni par le gouvernement ni par la direction générale de l’institution.

Sud-Santé APHP ne se laissera pas intimider par de tels agissements, les revendications portées par la marche des hospitaliers ont vocation à s’étendre sur l’ensemble du territoire. C’est pour le moins l’objectif que les organisateurs se donnent.

Secoués, gazés, meurtris, mais toujours déterminés, Sud-Santé ne lâchera rien !

Les marches vont reprendre à n’en pas douter…allez !!!

La Fédération SUD Santé Sociaux appelle toutes ses équipes, ses adhérent-es et plus largement les personnels hospitaliers et médico-sociaux à une heure de débrayage en signe de protestation, lundi 9 octobre de 12h à 13h, dans tous les établissements. Cette initiative sera reconduite tous les lundi tant que des excuses officielles n’auront pas été exprimées par les responsables politiques.

http://www.sudsantesociaux.org/ca-gaze-pour-les-personnels-de-l.html

lundi 2 octobre 2017

Après la victoire du «oui», les indépendantistes catalans en appellent à l'UE et à la grève

Alors que le «oui» l'a emporté à 90% lors du référendum illégal organisé par les autorités catalanes, syndicats et indépendantistes ont appelé à la grève. De son côté, Madrid estime que la répression policière était«proportionnée».

59d1daa2488c7bac648b4567Le gouvernement catalan, majoritairement composé d’indépendantistes, a affirmé dans la nuit du 1er au 2 octobre que le «oui» à l'avait emporté avec 90% des voix à l'issue d'un référendum d'autodétermination illégal. Après une journée marquée par des violences policières, par ailleurs considérées comme «proportionnées» par le ministre des Affaires étrangères Alfonso Dastis, interrogé par SkyNews. C'est désormais un bras-de-fer politique qui s'engage entre l'Etat espagnol et les autorités catalanes.

Selon les affirmations de l'exécutif catalan, la participation atteindrait 42,3%. Le porte-parole du gouvernement régional, Jordi Turull, a assuré que 2,26 millions de personnes auraient participé au scrutin dimanche et que 2,02 millions d'entre eux auraient voté «oui», malgré les tentatives des autorités espagnoles pour empêcher la tenue du scrutin, ainsi que les nombreuses violences policières ayant fait environ 800 blessés le jour du vote.

Les électeurs devaient répondre à la question «voulez-vous que la Catalogne devienne un Etat indépendant sous forme de République?». Le référendum était néanmoins organisé dans des conditions qui ne pouvaient garantir la fiabilité des résultats : absence de listes électorales transparentes, de commission électorale indépendante, ou d'assurance du secret du vote. En outre, la totalité des organisations et mouvements politiques opposés à l'indépendance de la Catalogne avaient appelé à ne pas participer à ce qu'ils considéraient comme une parodie de référendum.

Selon plusieurs sondages récents, la Catalans seraient divisés sur la question de l'indépendance, qui agite le Nord de l'Espagne depuis de nombreuses années. Néanmoins, ils sont près de 80% à se prononcer en faveur de la tenue d'un référendum légal, reconnu par l'Etat espagnol, qui permettrait de trancher la question.

Deux camps divisés et un appel à la grève générale

L'intervention de police, ayant donné lieu à des débordements violents, a eu pour principal effet d'unir les opposants au gouvernement madrilène. Au lendemain du vote, 44 organisations - dont les principaux syndicats catalans et deux associations indépendantistes - ont appelé à une journée de grève générale et de mobilisations le 3 octobre en Catalogne.

En outre, les deux camps assurent être dans la légitimité et refusent pour le moment toute conciliation. «Nous avons gagné le droit d'avoir un Etat indépendant qui prenne la forme d'une République», a assuré Carles Puigdemont, président de la Catalogne et leader séparatiste. Face à la situation de blocage qui s'annonce, cet ancien maire de Gérone en a appelé à l'Union européenne, l'enjoignant à «ne plus regarder ailleurs» et à prendre en compte les velléités d'indépendance de cette région représentant 20% du PIB espagnol à elle seule.

En face, le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a au contraire estimé qu'il n'y avait «pas eu de référendum d'autodétermination en Catalogne» et que cette consultation n'a été qu'une «simple mise en scène». Le Premier ministre a accusé Carles Puigdemont d'avoir promu «la violation de la loi et la rupture du vivre-ensemble». «Ne cherchez pas d'autre coupables, il n'y en a pas», a-t-il en outre assuré après l'annonce des résultats.

https://francais.rt.com/international/44050-catalogne-independantistes-appellent-ue-greve-madrid-mise-scene


 L'avantage de cet appel à la grève générale, notamment des syndicats catalans, est que personne ne souhaitant une révolution sociale, et surtout pas les commanditaires, amoureux de la construction européenne, la portée de cette action devrait être limitée...

P.G.

Le bilan sur le terrain:

Les heurts qui ont opposé dimanche la police et les partisans du référendum catalan ont fait 844 blessés, d’après le gouvernement de la communauté autonome.

844 personnes ont été blessés dimanche dans les heurts entre la police et les partisans du référendum sur l'autodétermination de la Catalogne, a annoncé le département catalan de la Santé publique.

«Au total, 844 personnes ont eu besoin de soins médicaux», a indiqué le département.

Le bilan précédent faisait état de 765 blessés.

Selon le ministère espagnol de l'Intérieur, 12 policiers ont été blessés dans les heurts.

https://fr.sputniknews.com/international/201710011033287637-catalogne-blesses-nouveau-bilan-844/

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Le gouvernement envisagerait d'introduire les interdictions de manifester dans le droit commun

Selon plusieurs sources, le ministère de l'Intérieur aurait l'intention d'introduire dans le droit ordinaire une disposition prévue par l'état d'urgence permettant d'interdire à certains individus de manifester.

59cf507d09fac2af4f8b4567C'est une mesure d'exception que permettait la loi relative à l'état d'urgence : elle pourrait à l'avenir être intégrée au droit commun, selon des informations du Figaro et du Monde. Le ministère de l'Intérieur aurait en effet émis un avis favorable à l'instauration d'interdictions administratives de manifester.

Si Le Monde évoque des «pistes de réflexion» suivies par la place Beauvau, Le Figaro rapporte, selon des sources au sein du ministère, que le projet serait déjà bien avancé. Il viserait prioritairement des individus faisant déjà l'objet d'un signalement pour des faits de violence. Cette mesure, qui contraint les fauteurs de trouble à émarger dans un commissariat à l'heure du rassemblement auquel ils n'ont pas le droit de participer, est déjà régulièrement utilisée depuis mai 2016, principalement pour des individus issus de la mouvance antifasciste.

Cependant, un tel dispositif n'est permis que par l'article 5 de la loi relative à l'état d'urgence, qui autorise le préfet à «interdire la circulation des personnes ou des véhicules dans les lieux et aux heures fixés par arrêté» ainsi qu'à «interdire le séjour dans tout ou partie du département à toute personne à l'égard de laquelle il existe des raisons sérieuses de penser que son comportement constitue une menace pour la sécurité et l'ordre publics». Son introduction dans le droit commun serait donc une nouveauté de taille. Elle conforterait sans doute dans leurs critiques les voix qui se font entendre depuis quelques semaines pour dénoncer une «dérive» lors de l'étude par les parlementaires de la loi antiterroriste, qui a suscité jusqu'aux inquiétudes de l'ONU.

 

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samedi 30 septembre 2017

Vidéos du jour: manifester pour dénoncer quoi?

Les manifestations se multiplient; logique, Macron met en oeuvre la feuille de route imposée par Bruxelles et les mesures anti- sociales provoquent la colère populaire. Mais défiler derrière des organisations qui ne désignent pas les vrais responsables pose problème...

VID MANIFS MACRON

JE NE MANIFESTERAI PAS CONTRE MACRON !!

https://www.youtube.com/watch?v=INTtkLrt8wE&feature=share

Ajoutée le 26 sept. 2017

Voir également, la dénonciation de Yannick de ceux qui ne veulent pas voir l'UE derrière ce que fait Macron:

Pourquoi Macron prend aux pauvres pour donner aux riches ?

https://www.youtube.com/watch?v=ry_cF829li4

Ajoutée le 30 juil. 2017
"Comme on le sait tous, les hommes politiques sont méchants et ils font le mal par plaisir de faire le mal. Ou bien est-ce que l'explication est un poil plus compliquée que ça et qu'il y a une logique à l'oeuvre dans ces décisions ? Et si en fait Macron n'était pas le vrai responsable de cette politique austère ? Dans cette vidéo, nous allons voir qu'en fait c'est pas de la gentillesse de nos élus qu'il est question, mais surtout on va le faire sans remettre en doute l'idée que Macron soit un connard, parce que faut pas déconner non plus.
/!\ Attention /!\ : A priori il y a eu une confusion de ma part sur la réforme des APL, il s'agit d'une baisse de 5€ (unique) sur le montant mensuel et non pas d'une baisse de 5€ chaque mois comme l'a laissé entendre la formulation communiquée dans les médias. Donc mon reproche adressé aux journaliste est injustifié sur cet exemple, en revanche ça n'invalide pas le reste de mon propos."

Code du travail : les routiers "effarés" après une rencontre avec patronat et ministère

Les ordonnances permettent la remise en cause, entreprise par entreprise, de "toutes les primes" qui jusqu'à présent étaient garanties par les conventions collectives.

deuxieme-journee-de-protestation-des-routiers(Crédits : Regis Duvignau) Les syndicats (CFDT, CGT, FO, CFTC, CFE-CGC) n'ont "rien obtenu de concret" après une réunion avec le ministre des Transports Elisabeth Borne, et, pire, ont appris "avec stupeur que les ordonnances venaient impacter les frais de route". Une nouvelle réunion est programmée le 4 octobre

Loin de résoudre les problèmes existant, la réunion en a amené d'autres. Les syndicats sont sortis "effarés" jeudi soir après s'être entretenus avec la ministre des Transports, Elisabeth Borne et les fédérations patronales, avec lesquelles les discussions ont été "très tendues", notamment sur l'application de la réforme du travail par ordonnances.

Les syndicats (CFDT, CGT, FO, CFTC, CFE-CGC) n'ont "rien obtenu de concret" et, pire, ont appris "avec stupeur que les ordonnances venaient impacter les frais de route", ce qui représente un "coup de tonnerre" pour la profession, selon Jérôme Vérité (CGT), qui s'est dit "effaré" à la sortie du ministère. Ces indemnités (repas, frais de découcher...) peuvent représenter jusqu'à "1.000 euros par mois sur la fiche de paie pour un conducteur zone longue", a-t-il expliqué à l'AFP, FO évoquant de son côté entre "600 et 1.200 euros par mois" selon le type de mission.

Les ordonnances permettent la remise en cause, entreprise par entreprise, de "toutes les primes" qui jusqu'à présent étaient garanties par les conventions collectives, c'est-à-dire les frais de route, primes d'ancienneté ou encore le 13e mois dans le transport routier de voyageurs, a indiqué à l'AFP Christian Cottaz pour la CFDT. Les syndicats ont demandé à ce que les primes soient sanctuarisées, mais "le patronat ne veut rien lâcher", selon Patrice Clos de FO. "Très énervée", la CFDT a claqué la porte au cours de la réunion qui a duré 5 heures.

Nouvelle réunion le 4 octobre

Une nouvelle rencontre est prévue le 4 octobre entre syndicats et fédérations patronales, qui ont quitté le ministère vers 21H00 sans commentaire. La rencontre pourra servir à "évoquer les éléments liés à la rémunération, sur lesquels il y a des inquiétudes, sur la question de l'ancienneté notamment", a déclaré plus tard à l'AFP Jean-Marc Rivera de l'OTRE.

Dans un communiqué publié à l'issue de la réunion, la ministre a "pris acte" du fait que "de nouveaux sujets sont apparus lors de la discussion". "Ces sujets vont être expertisés, et le dialogue doit se poursuivre dans un esprit constructif et responsable", a-t-elle indiqué.

L'expertise devra porter sur "les frais de déplacement spécifiques aux chauffeurs routiers", précise le communiqué, qui ajoute que Elisabeth Borne a "proposé par ailleurs que les accords d'entreprise sur les rémunérations dans le transport routier fassent l'objet d'un suivi par les observatoires de la négociation, prévus par les ordonnances, en lien avec les instances nationales de branche".

D'ici au 4 octobre, la CGT va faire "le tour des troupes" pour décider des suites à donner au mouvement reconductible qu'elle a lancé lundi avec FO, selon son représentant qui imagine "remettre un grand coup dès la semaine prochaine". FO "n'appelle pas à lever la grève" en cours, a indiqué pour sa part Patrice Clos. De leur côté, CFDT et CFTC laissent planer la menace d'une grève à partir du 10 octobre.

(avec AFP)

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