mercredi 18 octobre 2017

Pénurie de beurre : les entreprises en danger

Le prix du beurre flambe à cause d’une demande plus importante dans le monde et d’une production en baisse. Cette pénurie a mis au chômage technique des salariés dans plusieurs entreprises.

ARG BEURRELes étals, les chariots, les plans de travail, vides ou presque depuis la rentrée. Alors quand la livraison de beurre arrive le travail peut enfin commencer. Cette entreprise du Cher fabrique des pâtes haut de gamme, feuilletées, sablées, brisées. À cause de cette pénurie de beurre, la majorité des 10 employés est au chômage partiel depuis deux semaines déjà. La perte est nette pour les salariés. Conséquence directe : les clients ne sont plus approvisionnés. En janvier cette boutique parisienne a vendu les 1 500 pâtes livrées par l’entreprise du Cher. Le mois dernier, elle en a reçu tout juste 500.

Des causes multiples

En cause, plusieurs facteurs. La demande internationale pour le lait explose, du coup certaines coopératives exportent et fournissent moins les entreprises françaises. En cause aussi, une moins bonne production l’an dernier, et les éleveurs sont de moins en moins nombreux. Aujourd’hui, l’entreprise de pâte feuilletée François est en danger, comme beaucoup d’autres PME en France qui ont besoin de beurre pour travailler.

http://www.francetvinfo.fr/sante/alimentation/penurie-de-beurre-les-entreprises-en-danger_2419789.html


 

Voir aussi:

Pénurie de beurre dans les épinards… L’énorme mensonge que l’on vous cache !

par | 17 Oct 2017

Le prix du beurre flambe à cause d’une demande plus importante dans le monde et d’une production en baisse. Cette pénurie a mis au chômage technique des salariés dans plusieurs entreprises… Voilà ce que nous explique officiellement France Télévision dans son reportage ci-dessus.

Pourtant, à y regarder de plus près, je ne vois aucune donnée financière, je dis bien aucune qui impliquerait une pénurie de beurre.

Certes les cours du lait montent, mais ils ne sont pas plus élevés qu’il y a 3 ans, et s’il y avait véritablement pénurie de lait alors les prix monteraient beaucoup plus.

Alors question : pourquoi les rayons des supermarchés se vident-ils en beurre ?

À mon sens, les industriels préfèrent tout simplement vendre le beurre à l’étranger car cela rapporte plus.

Vous avez là sous les yeux des rayons vident faute à la “mondialisation” et à la libre circulation des produits.

Vous n’aurez plus de beurre parce qu’il est plus rentable de le vendre ailleurs. Voilà le bilan de politiques économiques absurdes menées depuis des décennies.

Mais on continuera à vous faire vomir le “protectionnisme” en hurlant au fascisme.

Voilà donc les graphiques que je voulais vous montrer et la source c’est le site Web-agri.fr ici.

Des cours du lait qui montent mais qui n’explosent pas… 

Des cours du beurre qui explosent… au niveau international !

Plus grave, ce qu’il se passe avec le beurre aujourd’hui se passera avec la viande, les volailles et tout ce qui constitue votre alimentation quotidienne, car si on laisse le marché totalement libre, y compris pour quelque chose d’aussi essentiel que l’alimentation, alors la nourriture ira forcément aux plus offrants… et vous n’aurez plus rien à manger.

Voici donc un autre signal faible mais réel de la fragilité de notre modèle et qui montre bien que nos systèmes sont au bord de la rupture.

Imaginez… Et si la famine n’était pas qu’un lointain souvenir ?

Charles SANNAT

https://insolentiae.com/penurie-de-beurre-dans-les-epinards-lenorme-mensonge-que-lon-vous-cache/

dimanche 15 octobre 2017

Un "plan d'action" sur le CETA présenté la semaine prochaine, annonce Macron

RUNGIS, Essonne (Reuters) - Un plan d'action traduisant "en actes" les recommandations de la commission d'experts sur le traité de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada (CETA) sera présenté la semaine prochaine, a déclaré mercredi Emmanuel Macron.

ACT CETACe traité, que l'UE et le Canada négocient depuis 2009, est entré provisoirement en vigueur le 21 septembre et devra être approuvé par les parlements nationaux pour être définitivement mis en oeuvre.

Lors de la campagne présidentielle, Emmanuel Macron, qui est favorable au CETA, s'était dit prêt à reconsidérer sa position si l'impact du traité était jugé négatif par la commission d'évaluation qui a été mise en place en juillet.

Dans un rapport publié le 8 septembre, cette dernière a estimé que le traité devrait avoir un impact "légèrement défavorable" sur le climat et a émis neuf recommandations au gouvernement.

"Toutes les conclusions sont en train d'être tirées et un plan d'action sera présenté par le Premier ministre et les ministres concernés la semaine prochaine", a déclaré Emmanuel Macron lors d'un discours au marché de Rungis (Essonne).

Ce plan comportera "des mesures très claires d'action, de contrôle, d'encadrement", a-t-il ajouté. "Toutes les réponses aux questions soulevées par les experts seront rapportées et traduites en actes".

"Je sais l'inquiétude que le CETA peut lever", a poursuivi le chef de l'Etat. "En temps voulu, la France aura à ratifier ce traité mais nous nous assurerons que toutes les préconisations du rapport seront suivies des faits".

La mise en oeuvre du CETA "sera parfaitement conforme aux normes européennes sur la santé et l'environnement pour empêcher toute concurrence déloyale sur le marché européen", a-t-il assuré.

Pour ses partisans, le traité constitue un tournant dans la défense du libre-échange face à une vague protectionniste et permet de faire disparaître les tarifs douaniers sur près de 99% des marchandises entre les deux partenaires.

Ses détracteurs estiment eux que ce traité constitue un risque de régression en matière de normes sociales et environnementales de l'Union européenne.

(Marine Pennetier, édité par Sophie Louet)

http://www.latribune.fr/depeches/reuters/KBN1CG2K4/un-plan-d-action-sur-le-ceta-presente-la-semaine-prochaine-annonce-macron.html#xtor=EPR-2-[l-actu-du-jour]-20171012

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jeudi 12 octobre 2017

Il est grand temps de réviser la directive sur les travailleurs détachés

Pour Patrick Bernasconi et Georges Dassis, du CESE, la révision de la directive sur les travailleurs détachés est urgente et et indispensable dans une union qui doit constamment viser une harmonisation vers le haut.

Patrick Bernasconi est le président du Conseil économique, social et environnemental (CESE). Georges Dassis est le président du Comité social et économique européen, le CES européen.

ARG TRAVAILLEURS DETACHESLa Commission européenne a mis sur la table du Parlement européen et du Conseil de l’Union, en mars 2016, une proposition de révision de la fameuse directive 96/71/CE concernant le détachement de travailleurs effectué dans le cadre d’une prestation de services.

En août 2017, Emmanuel Macron, le président de la République française, a remis cette question des travailleurs détachés au cœur du projet européen. Lors de son déplacement en Europe centrale, il a relancé le débat autour de la réforme de cette directive, une condition, selon lui, du maintien de « l’unité européenne ».

Comme représentants de la société civile organisée en France et en Europe, nous nous en réjouissons. Depuis 2015, le Conseil économique, social et environnemental français et le Comité économique et social européen n’ont cessé de se mobiliser pour encourager une refonte du statut des travailleurs détachés, en y consacrant deux avis, en septembre 2015 et  en décembre 2016.

Chaque année, le nombre de travailleurs détachés n’a cessé de croître, engendrant des dysfonctionnements entre pays. Le CESE français, notamment, a mis en évidence des fraudes massives, le recours à une main d’œuvre sous-payée et privée de droits ou encore la création de fausses entreprises.

La révision de cette directive est donc urgente et indispensable, mais s’oppose encore à une certaine résistance. Au niveau européen, elle divise les entreprises, notamment parce qu’elle effraye celles des États membres où les salaires sont les plus bas.

En 2016, plusieurs ministres du Travail ont d’ailleurs repris des propositions formulées par le CESE français dans une tribune en faveur de conditions de vie et de travail décentes pour tous, d’une rémunération équivalente à celle des travailleurs du pays d’accueil dès le premier jour du détachement, et d’une lutte contre les entreprises créées uniquement pour profiter des écarts de coûts salariaux entre les pays de l’UE.

Mais le projet n’a pas pu voir le jour en raison d’une opposition vigoureuse des chefs d’État et de gouvernement de onze pays, au motif qu’il s’agissait, pour eux, d’une question d’ordre national. C’est pourtant bien d’une directive européenne qu’il s’agit.*

L’Union doit tendre à une amélioration constante, pour tous. Elle doit viser une harmonisation, mais vers le haut. Jamais vers le bas.*

Nous avons donc la conviction qu’il faut mettre en place une meilleure protection des travailleurs et réduire le dumping social, qui engendre aussi un dumping entrepreneurial. Le principe selon lequel un même travail effectué au même endroit devrait être rémunéré de manière identique est la clef de voûte du socle des droits sociaux en Europe.*

Nous encourageons le Conseil de l’Union et le Parlement européen à aller plus loin. Les partenaires sociaux et les conventions collectives doivent servir de point de référence pour déterminer le niveau de rémunération des travailleurs concernés. Nous réclamons que soit assuré le caractère temporaire du détachement. Nous voulons davantage de coopération entre les États, avec mise en commun des données dont ils disposent afin de déjouer les fraudes et d’empêcher la concurrence déloyale. Nous insistons pour que la directive demeure applicable au secteur routier. Nous voulons que des mesures concrètes soient prises pour que les travailleurs détachés soient affiliés à un régime de sécurité sociale en temps utile, c’est-à-dire un certain temps avant le détachement, et nous pensons qu’il serait opportun de créer une « carte européenne du travailleur détaché » afin de faciliter les contrôles et de simplifier les procédures.

Les pouvoirs publics nationaux, y compris quand ils se réunissent au niveau européen, devraient répondre aux attentes de la société civile organisée. Une ambition : changer la perception de l’Union par les citoyens.

Elle doit en effet cesser d’apparaître comme responsable ici de la régression et là de la stagnation des conditions de vie et de travail, pour être perçue, à nouveau, comme un facteur efficace de progrès économique, social et environnemental pour tous.

http://www.euractiv.fr/section/economie/opinion/il-est-grand-temps-de-reviser-la-directive-sur-les-travailleurs-detaches/


 

OUTIL LOGO FREXIT LIMOUSINComme l'avait dit Bossuet, "Dieu se rit de ceux qui déplorent les malheurs publics dont ils chérissent les causes". Ce plaidoyer pour une Europe impossible est pathétique. Les dysfonctionnements reconnus ici et déplorés à juste titre auraient pour cause une forme d'égoïsme des Etats, ce qui est méconnaître la nature réelle de l'UE: une juxtaposition d'intérêts nationaux divergents censée aboutir à un compromis, ce qui n'arrive jamais, sauf sous une forme insatisfaisante pour toutes les parties. Ces appels désespérés sont d'autant plus pathétiques que leurs auteurs ont bien conscience des effets désastreux des politiques communautaires sur l'opinion publique dans les pays membres, mais faute d'imagination, ils persistent à déplorer la situation et à en appeler à la sagesse des institutions européennes. Ce qui n'arrivera pas, bien sûr. Et ils feront partie, en bout de course, de ceux qui nous expliqueront qu'il faut, d'urgence, une "autre Europe", enfin sociale! Comme le disait François Asselineau: "c'est dormir toute sa vie que de croire à ses rêves". Avec de telles protestations, l'oligarchie peut dormir tranquille...

P.G.

 

 

samedi 7 octobre 2017

Brexit : Quand ceux qui ont tout à perdre négocient avec ceux qui n’ont rien à gagner…

Les négociations sur le Brexit continuent et bien entendu la presse française continue à faire preuve de la remarquable objectivité dont elle est coutumière.

ARG BREXIT NEGOCIATIONSTout français qui chercherait à s’instruire sur le sujet en lisant les journaux de notre pays est en fait aussi bien informé qu’un lecteur de la Pravda dans les années 70 sur ce qui se passait alors à Prague, tant les consignes sont suivies avec diligence par ceux qui se disent journalistes. Comme me le disait un ami récemment : « Il y a deux sortes de journalistes en France : ceux qui sont compétents et honnêtes, qui sont au chômage, et les autres. »
J’ai donc décidé de consacrer ma chronique du Lundi à ces négociations simplement pour essayer d’expliquer aux lecteurs quels sont vraiment les enjeux.
Je vais essayer de faire simple.
Commençons par les deux parties qui négocient.

D’un coté, nous avons le gouvernement britannique de madame May, de l’autre la Commission Européenne emmenée par monsieur Barnier.
Le gouvernement Britannique est mené par Madame May, très affaiblie par sa dissolution ratée de la Chambre des Communes qui a été suivie par ce qui aurait pu être un désastre électoral puisque les Conservateurs sont passés d’une solide majorité à une quasi- minorité, ne gouvernant qu’avec l’aide des protestants de l’Irlande du Nord. Il n’est pas certain que Madame May reste au pouvoir. Elle pourrait être débarquée bientôt, ayant commis vraiment trop d’erreurs, ce qui ne changerait rien au fond du problème.

Dans ce gouvernement, deux groupes se font face : ceux qui ont fait campagne pour le Brexit, emmenés par Boris Johnson (le ministre des affaires étrangères) et David Davies (le ministre chargé des négociations avec la Commission), qui tous deux avaient milité pour le Brexit et de l’autre ceux qui avaient voté pour « Bremain » sous la conduite du ministre des finances monsieur Hanson, qui a le charisme d’une huitre et est l’esclave de son administration.

Les premiers veulent une sortie claire, rapide et franche, les seconds sont à la recherche d’une solution du type de celle que monsieur Sarkozy a imposé aux Français qui avaient refusé la Constitution Européenne soumise à referendum, en leur collant son frère jumeau à sa place, le Traité de Lisbonne, faisant ainsi fi de la décision du Peuple, ce qui n’a pas porté chance à monsieur Sarkozy.

Pour faire bref et pour utiliser ma propre terminologie, les premiers représentent les hommes des arbres, les deuxièmes les hommes de Davos et les ODS locaux. (Note de les-crises.fr : ODS = Oints du Seigneur[1] = incompétents médiatiques qui pensent détenir la vérité).

Et Madame May essaye, sans beaucoup de succès, de naviguer entre ces deux groupes en expliquant dans son discours de Florence la semaine dernière que tout cela prendrait un peu plus de temps que prévu et qu’elle était prête à faire des concessions financières pour que la Grande-Bretagne continue à avoir un accès « normal » à l’Europe etc. etc.….

Venons-en à la Commission Européenne.

A l’évidence monsieur Barnier se met dans la position du mari cocu que sa femme a abandonné et qui veut la punir de cette trahison. En général, et comme chacun le sait, ce genre de divorce se passe mal. Il faut cependant bien comprendre ici que monsieur Barnier, qui n’est pas complètement idiot, agit sur instruction.
Et les instructions sont très claires.

Le but de la négociation n’est en aucun cas d’arriver à une solution satisfaisant tout le monde mais de préserver l’idée que nul ne peut faire marche arrière dans le mouvement historique qui doit consacrer la fin des nations européennes et l’arrivée du Messie sur terre, je veux dire l’Etat Européen.

Or, et il faut s’en souvenir, le mouvement à marche forcée vers un état fédéral européen n’a aucune légitimité démocratique : Il a toujours été imposé de facto et de jure « par le haut » et chaque fois que l’on a demandé son avis à un Peuple, il a dit qu’il ne voulait pas de structure fédérale.

Et donc, il faut bien comprendre, que si la sortie de la Grande-Bretagne n’entrainait pas une catastrophe pour l’économie anglaise voila qui pourrait donner des idées à d’autres pays tels la Pologne, la Suède ou l’Italie (qui va voter prochainement et qui elle fait partie de l’Euro…).

Il s’ensuit que pour la Commission et quelque soient les répercussions défavorables sur les économies en Europe ou en Grande-Bretagne, il faut absolument que les négociations entre la Grande Bretagne et la Commission échouent pour maintenir en vie leur rêve d’un Etat Européen, et que crèvent les peuples n’a aucune importance.

Pour Bruxelles, créer de toutes pièces une catastrophe économique en Grande-Bretagne est une question de vie ou de mort. Et si cette catastrophe amène à une dépression en Europe, cela n’a aucune importance, seul compte le but final.

Passons maintenant aux différents sujets qu’il va falloir traiter lors de ces discussions et commençons par un point de Droit.
La Grande-Bretagne doit-elle payer une « soulte » pour pouvoir sortir de l’Europe ? La réponse est NON. Il n’y a strictement rien de prévu dans les traités. Que les Européens s’imaginent que la Chambre des Communes vote un « tribut « de plus de 20 milliards d’Euro sans aucune contrepartie prouve à quel point ces gens sont dans le rêve…

Venons-en aux questions économiques.

La Grande-Bretagne a un déficit extérieur dans le domaine des biens de …95 milliards avec la zone Euro et un surplus dans le domaine des services d’environ 30 milliards, l’Allemagne comptant pour 50 % du surplus Européen et ces surplus étant massivement dus à des ventes de matériel de transport (voitures, camions, pièces détachées). Préserver ce surplus est essentiel pour l’Allemagne.

La City, qui représente une part importante du PIB anglais est de fait et de droit la principale place financière mondiale et bien sûr la seule vraie place financière européenne.Le but du gouvernement Britannique est de préserver la City autant que faire se peut.
Il ne faut pas être très grand clerc pour comprendre que les accords sur lesquels tous les gens de bonne compagnie pourraient se retrouver devraient être le maintien de la prééminence de la City en Europe contre la libre importation de voitures allemandes et de champagne ou de Bordeaux français.

Mais voila qui n’est pas possible puisque cela voudrait dire que le Droit Anglais ne serait plus sous le contrôle du Droit Européen pour toutes les opérations de fusions et acquisitions concernant deux entreprises si celles-ci avaient lieu à Londres. Voila qui signifierait la fin de la Cour de Justice Européenne (CdJE) et donc la fin de la tentative de créer un Etat Européen.
Bruxelles HAIT la city puisque la City, par son contact avec le « grand large », lui échappe et lui a toujours échappé. Pour les Delors de ce monde, ne pas pénaliser la City, c’est détruire l’idée même d’un Etat Européen dont les fonctionnaires contrôleraient toutes les entreprises par l’intermédiaire du Droit et des réglementations. Ce qui voudrait dire la fin du capitalisme de connivence en Allemagne et en France, ce qui est moralement insupportable, chacun en conviendra.

Et donc, il va falloir que l’Allemagne choisisse : soutenir la CdJE et la Commission, ou fermer les usines de Wolfsburg et de Munich.
Je n’ai pas le moindre doute que les autorités françaises vont être jusqu’auboutistes, tant pour elles, la continuation de leur rêve européen est essentielle. Sans rentes à tirer sur Bruxelles, que ferait- on des politiciens battus en France et de tous nos seconds couteaux ? Ils seraient peut être obligés de travailler ! On imagine le désastre.
Mais pour Madame Merkel, fraichement réélue, voila qui va être une décision difficile…
Le deuxième problème pour l’Europe est encore plus compliqué.

Le départ de la Grande Bretagne va faire perdre 16 % de ses ressources au budget européen et s’imaginer que la Commission va couper ses coûts de 16 % est plaisant mais peu probable. Il va donc falloir augmenter massivement les prélèvements sur les pays restants dont beaucoup ont de fort importants déficits budgétaires et à un moment où Bruxelles est tout sauf populaire.
Ou bien alors, il faudra tailler dans les programmes d’infrastructures, ce qui plaira énormément aux Polonais, Tchèques ou Portugais… Le route des subventions va être coupée et monsieur Juncker sera peut être forcé de payer des impôts normaux sus sa consommation d’alcool journalière, ce qui contribuera un peu à combler le trou créé par le départ des anglais mais restera insuffisant. Quant à créer un nouvel impôt européen géré par un ministre des finances européen, la grande idée de monsieur Macron, voila un projet qui va déclencher un enthousiasme assourdissant à Berlin, Dublin ou Varsovie.

Dur, dur…
Quant à l’économie anglaise, je ne me fais guère de soucis. Les exportations anglaises vers le reste du monde connaissent une croissance très forte depuis plus d’une décennie (contre zéro pour les exportations vers l’Europe) et la Grande-Bretagne va recommencer à acheter ses produits agricoles au Canada, en Australie et en Nouvelle Zélande, ce qui fait que les prix alimentaires vont baisser très fortement ainsi que les factures pour les importations de nourriture. Une forte amélioration du commerce extérieur anglais est donc quasiment certaine.

Et, si par hasard, les choses se passaient plus mal que je ne le pense pour l’économie Britannique alors nul doute que la Livre- déjà très sous évaluée- ne plonge un peu plus, ce qui donnerait un violent coup d’accélérateur à un système productif ou le chômage est déjà à un plus bas et l’emploi à un plus haut (en particulier les emplois féminins). Et comme la Grande Bretagne produit plus de voitures que la France, remplacer des voitures allemandes, françaises, italiennes ou espagnoles par des voitures faites en Grande Bretagne ne serait pas extrêmement pénible, sauf pour quelques bobos snobs du coté de Hampstead , qui pourront continuer à se singulariser en achetant des véhicules Coréens ou Nippons tout en noyant leur chagrin en buvant des vins en provenance de l’Australie, de l’Afrique du Sud ou de la Nouvelle Zelande, tous pays qui jouent au rugby et avec lesquels on peut donc faire des affaires en toute confiance puisqu’ils utilisent le même Droit.

Conclusion

Dans le titre quelque peu énigmatique de cet article, ceux qui ont tout à perdre sont les Européens. Ceux qui n’ont rien à perdre sont les Anglais.
A lire la presse, contrôlée par les ODS et les hommes de Davos, on jurerait que le contraire correspondrait à la réalité.
Le but de cet article est donc tout simplement de rappeler que menacer des pires sévices le principal consommateur de vos produits est rarement une bonne idée. C’est ce qu’avait fait avec beaucoup de conviction Louis XIV quand il a supprimé l’Edit de Nantes, forçant les Protestants au départ, ou quand Napoléon institua le blocus continental. Tout le monde se souvient de l’effet heureux que ces brillantes idées ont eu sur la croissance économique respectivement en France et en Grande- Bretagne.
Plus ca change, plus c’est la même chose…
La seule chose immuable est la capacité des gouvernements français à faire la fortune de l’Angleterre.

Article de Charles Gave paru sur http://institutdeslibertes.org le 25 septembre 2017.

A propos de l’auteur

Charles Gave

Charles Gave : Economiste et financier, Charles Gave s’est fait connaitre du grand public en publiant un essai pamphlétaire en 2001 “ Des Lions menés par des ânes “(Éditions Robert Laffont) où il dénonçait l’Euro et ses fonctionnements monétaires. Son dernier ouvrage “Sire, surtout ne faîtes rien” aux Editions Jean-Cyrille Godefroy (2016) rassemble les meilleurs chroniques de l’IDL écrites ces dernières années. Il est fondateur et président de Gavekal Research [2].

 

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vendredi 6 octobre 2017

Vidéos du jour

François Asselineau invité au Sommet de l'élevage 2017 à Clermont-Ferrand

VID FA CLERMONT PYR RENTREE

https://www.youtube.com/watch?v=5Ud1zXnJCuY

Ajoutée le 4 oct. 2017

Débat public à Clermont-Ferrand sur la chaîne www.tvagri.info, présenté par Jean-Paul Hébrard.
Invités :
- Dominique Fayel, FDSEA Aveyron
- Jean-Marie Séronie, agro-économiste
- François Asselineau, président de l'Union Populaire Républicaine

Voir aussi:


 

Pierre Yves Rougeyron entretien de septembre 2017 partie 1

Cercle Aristote

https://www.youtube.com/watch?v=1KIpAxVEDFg


 

Enfin, je vous propose également:

invit pierre hillard

Pierre Hillard sur Radio Libertés (21 septembre 2017)

https://www.youtube.com/watch?v=15aTloEBpGA

Pierre Hillard dans l'émission de "Synthèse nationale" le 21 septembre 2017 sur Radio Libertés animée par Roland Hélie et Philippe Randa. La radio : https://www.tvlibertes.com/radio-libe... Son dernier ouvrage : « Atlas du mondialisme ». Disponible ici : http://bit.ly/2qwM06L

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samedi 30 septembre 2017

Code du travail : les routiers "effarés" après une rencontre avec patronat et ministère

Les ordonnances permettent la remise en cause, entreprise par entreprise, de "toutes les primes" qui jusqu'à présent étaient garanties par les conventions collectives.

deuxieme-journee-de-protestation-des-routiers(Crédits : Regis Duvignau) Les syndicats (CFDT, CGT, FO, CFTC, CFE-CGC) n'ont "rien obtenu de concret" après une réunion avec le ministre des Transports Elisabeth Borne, et, pire, ont appris "avec stupeur que les ordonnances venaient impacter les frais de route". Une nouvelle réunion est programmée le 4 octobre

Loin de résoudre les problèmes existant, la réunion en a amené d'autres. Les syndicats sont sortis "effarés" jeudi soir après s'être entretenus avec la ministre des Transports, Elisabeth Borne et les fédérations patronales, avec lesquelles les discussions ont été "très tendues", notamment sur l'application de la réforme du travail par ordonnances.

Les syndicats (CFDT, CGT, FO, CFTC, CFE-CGC) n'ont "rien obtenu de concret" et, pire, ont appris "avec stupeur que les ordonnances venaient impacter les frais de route", ce qui représente un "coup de tonnerre" pour la profession, selon Jérôme Vérité (CGT), qui s'est dit "effaré" à la sortie du ministère. Ces indemnités (repas, frais de découcher...) peuvent représenter jusqu'à "1.000 euros par mois sur la fiche de paie pour un conducteur zone longue", a-t-il expliqué à l'AFP, FO évoquant de son côté entre "600 et 1.200 euros par mois" selon le type de mission.

Les ordonnances permettent la remise en cause, entreprise par entreprise, de "toutes les primes" qui jusqu'à présent étaient garanties par les conventions collectives, c'est-à-dire les frais de route, primes d'ancienneté ou encore le 13e mois dans le transport routier de voyageurs, a indiqué à l'AFP Christian Cottaz pour la CFDT. Les syndicats ont demandé à ce que les primes soient sanctuarisées, mais "le patronat ne veut rien lâcher", selon Patrice Clos de FO. "Très énervée", la CFDT a claqué la porte au cours de la réunion qui a duré 5 heures.

Nouvelle réunion le 4 octobre

Une nouvelle rencontre est prévue le 4 octobre entre syndicats et fédérations patronales, qui ont quitté le ministère vers 21H00 sans commentaire. La rencontre pourra servir à "évoquer les éléments liés à la rémunération, sur lesquels il y a des inquiétudes, sur la question de l'ancienneté notamment", a déclaré plus tard à l'AFP Jean-Marc Rivera de l'OTRE.

Dans un communiqué publié à l'issue de la réunion, la ministre a "pris acte" du fait que "de nouveaux sujets sont apparus lors de la discussion". "Ces sujets vont être expertisés, et le dialogue doit se poursuivre dans un esprit constructif et responsable", a-t-elle indiqué.

L'expertise devra porter sur "les frais de déplacement spécifiques aux chauffeurs routiers", précise le communiqué, qui ajoute que Elisabeth Borne a "proposé par ailleurs que les accords d'entreprise sur les rémunérations dans le transport routier fassent l'objet d'un suivi par les observatoires de la négociation, prévus par les ordonnances, en lien avec les instances nationales de branche".

D'ici au 4 octobre, la CGT va faire "le tour des troupes" pour décider des suites à donner au mouvement reconductible qu'elle a lancé lundi avec FO, selon son représentant qui imagine "remettre un grand coup dès la semaine prochaine". FO "n'appelle pas à lever la grève" en cours, a indiqué pour sa part Patrice Clos. De leur côté, CFDT et CFTC laissent planer la menace d'une grève à partir du 10 octobre.

(avec AFP)

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jeudi 21 septembre 2017

Caterpillar va fermer son usine près d'Arras pour délocaliser

L'usine, qui emploie 70 personnes, va être délocalisée en Irlande du Nord et au Brésil. 

Caterpillar-va-fermer-son-usine-pres-d-Arras-pour-delocaliserLe groupe américain Caterpillar va fermer son usine de Monchy-le-Preux, dans le Pas-de-Calais. Le site, qui emploie 70 personnes près d'Arras, va délocaliser la production en Irlande du Nord et au Brésil, a-t-on appris lundi de source syndicale et auprès de la direction. Annoncée aux salariés jeudi en CE, selon son secrétaire Jean-François Pierrot (CGT), cette décision devrait entrer en vigueur "au quatrième trimestre 2017 pour s'achever vers la fin de 2018", d'après un communiqué de la direction du fabricant d'engins de chantier.

Un site américain également menacé. Le groupe, qui prévoit également la fermeture de son site de Dyersburg (Etats-Unis, 85 salariés), où sont également fabriqués des éléments de transmission et des boîtes de vitesse, assure que cette décision lui permettra de gagner "sur le plan des coûts pour ces composants, d'améliorer les temps de réaction, de réduire les surfaces de production excédentaires et de mieux utiliser ses outils industriels".

Un résultat net de l'ordre de 10%. Caterpillar ne nie pas cependant les "performances du personnel". De fait, souligne Jean-François Pierrot auprès de l'AFP, le site de Monchy-le-Preux a toujours dégagé un résultat net de l'ordre de 10%, pour un chiffre d'affaires oscillant entre 80 et 90 millions d'euros "ces dernières années". La production serait regroupée en Irlande du Nord et au Brésil, d'après le syndicaliste. 

"Cette annonce ne m'a pas surpris, car nous fournissions le site de Charleroi (Belgique), qui a fermé en juillet. On savait qu'on était sur la sellette. Mais l'entreprise se porte très bien et il s'agit de délocaliser uniquement pour gagner plus d'argent", dénonce Jean-François Pierrot. "Il y a beaucoup de colère, car cela va laisser sur le carreau des salariés à la seule fin de satisfaire Wall Street et la finance".

« Pour l’ONU, les emplois qualifiés sont menacés dans les pays développés »

L’édito de Charles SANNAT

ARG ROBOTSMes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Le débat sur les conséquences de la « robolution », c’est-à-dire de la révolution robotique qui en est à ses balbutiements, n’est pas près de se terminer ! Au contraire, il va s’amplifier et devenir de plus en plus violent, entre ceux qui pensent que les robots prennent le boulot, et ceux qui pensent qu’il n’y a rien de grave, que c’est aussi vieux que le monde, qu’il ne faut craindre ni les progrès ni le changement !

Que finalement les Canuts avaient déjà peur pour leur travail… Alors, pensez donc, les robots n’empêcheront pas l’homme d’avoir du travail.

En termes philosophiques, je reste persuadé que depuis que l’homme a été « chassé du paradis » et qu’il a été contraint au travail après avoir mangé une pomme… qu’il n’aurait pas dû croquer ou quelque chose de ce genre d’après quelques légendes partagées, tout le génie humain a été mis au service de son confort, avec à chaque fois comme objectif d’adoucir ses peines.

Il est donc logique, normal, et même souhaitable, qu’à un moment de notre évolution, nous n’ayons plus besoin de travailler pour produire ! C’est cela… le paradis perdu.

Le confort matériel sera assuré inévitablement par les machines. Cela n’est pas un problème, il n’y a pas à le redouter, il y a même à le souhaiter.

La question à mon sens n’est pas de savoir si les robots vont nous supprimer notre travail. Il faut que les robots suppriment le travail, car c’est le sens du progrès humain depuis la nuit des temps.

La véritable question porte sur les modes de partage des richesses quand cela ne peut plus passer par le salaire lié au travail… Voilà la véritable question.

L’une des réponses est le revenu universel. Idée séduisante, mais prématurée pour le moment. Il n’en demeure pas moins qu’un jour, il faudra soit réduire drastiquement la population humaine, soit donner à chacun les moyens de sa subsistance dans la dignité. Et cela passera par des modes de partage très différents.

D’ici-là et de manière plus prosaïque, nous vivons une période transitoire.

L’inconfort de la période transitoire

Durant cette période où l’on voit finir le monde ancien hérité de la révolution industrielle et de ce système de consommation de masse nécessitant des masses de bras pour assurer les productions nécessaires, et le passage au nouveau monde qui verra le règne absolu des machines, de l’intelligence artificielle pour assurer les tâches de production, les choses seront de plus en plus difficiles.

D’ailleurs, le dernier rapport de la CNUCED recommande « qu’une politique industrielle numérique soit mise en œuvre pour veiller à ce que la robotique contribue à un développement inclusif et non à l’entraver »…

Je ne sais pas ce que vous avez compris de cette phrase… Moi, rien !

« Dans son dernier rapport, la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (CNUCED) plaide en faveur de l’usage de robots collaboratifs dans l’industrie.
Les travailleurs qualifiés vont-ils se faire remplacer par des robots ? À l’heure où une compagnie d’assurance japonaise a remplacé 34 de ses salariés par des robots et des banques américaines testent des agences automatiques sans employés, les emplois qualifiés pourraient être de plus en plus menacés par l’automatisation du travail. Selon le dernier rapport de la CNUCED, ”la menace que fait peser la robotisation sur les bons emplois s’étend à certains pays en développement”. Le secrétaire général de l’organisation Mukhisa Kituyi a ajouté :

”L’utilisation de robots menace les emplois aussi bien dans les pays développés que dans les pays émergents, mais comme pour toute nouvelle technologie, cette situation offre des possibilités autant qu’elle présente des risques.” »

Tout le monde sait que ce sera un carnage sur l’emploi y compris qualifié !

Demain, plus d’ouvriers certes, mais plus non plus d’assureurs du coin ou de banquiers, tout se passera sur Internet, en ligne, et sur ces sujets, nous sommes déjà demain !
Après-demain, les femmes de ménage seront des robottes, les voitures et les camions se piloteront seuls, etc., etc. ; même les pilotes de ligne disparaîtront au profit de machines autonomes, de « drones » et les technologies sont déjà là.

L’agence de l’ONU pointe la notion de répartition

« La CNUCED pointe le risque d’une répartition inégalitaire des revenus issus de la production robotique. ”Si rien n’est fait, les effets distributifs de la robotisation accroîtraient la part du revenu revenant aux propriétaires des robots et aux détenteurs des droits de propriété intellectuelle qui y sont associés, ce qui aggraverait les inégalités existantes.” Elle recommande donc une certaine vigilance.
”Pour éviter cette situation, on pourrait mettre en place des dispositifs par lesquels les revenus des employés seraient liés à la rentabilité de leur entreprise et proviendraient donc pour une part substantielle de la détention de capital et non du travail.” »

Aïe, voici encore un changement de fiscalité qui se profile. Va-t-on taxer les robots ? Et si l’on taxe les robots chez nous, mais pas le voisin et que nous restons dans un monde sans frontière avec la libre circulation des biens… où les entreprises iront-elles produire ?

Il sera donc impossible de taxer unilatéralement les usines de robots dans un monde ouvert

Il s’agit donc là de redoutables questions, non pas sur les décennies qui viennent mais entre aujourd’hui et demain… La robolution c’est maintenant et le carnage sur l’emploi a déjà commencé, vous en voyez les conséquences tous les jours.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

« À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes » (JFK)

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur www.insolentiae.com. »

Source La Tribune ici

https://insolentiae.com/pour-lonu-les-emplois-qualifies-menaces-dans-les-pays-developpes-ledito-de-charles-sannat/


 

L'intérêt de cet article à mon sens est de mettre les pieds dans le plat: régulation ou libre- échange sans contraintes? Répartition des richesses ou explosion des inégalités? Maîtrise ou laisser- faire? Etc. P.G.

mercredi 20 septembre 2017

La «dédollarisation» est en marche

De nombreux pays ne veulent plus dépendre du dollar comme ils l'ont fait pendant des décennies.

1024499190Comme l'indique le portail Vestifinance, la Chine, la Russie et l'Inde signent des accords permettant d'utiliser leur monnaie nationale dans le cadre du commerce bilatéral, tandis que l'Europe considère l'euro comme un actif de réserve et un moyen d'échange international.

Et si, jusque là, la domination du dollar se maintenait, elle ne représentait pas une menace mortelle. Ce qui se produit ces derniers temps est bien plus grave, et le phénomène porte même un nom sinistre: la dédollarisation.

La Chine, de plus en plus soutenue par la Russie, entreprend des démarches déterminées pour créer une alternative très viable à la tyrannie du dollar américain dans le monde de la finance et le commerce international. «Wall Street et Washington ne sont pas surpris mais sont incapables de s'y opposer», écrit l'économiste américain Frederick William Engdahl.

Jusqu'à récemment, Washington et Wall Street pouvaient imprimer indéfiniment des dollars, qui n'étaient soutenus par rien d'autres que des chasseurs F-16 et des chars Abrams. La Chine, la Russie et les autres détenteurs d'obligations en dollars finançaient les guerres américaines dirigées contre eux en rachetant la dette des USA. Ils avaient alors peu d'alternatives réelles.

A présent, ironie du sort, les deux pays qui ont prolongé la vie du dollar après 1989 (la Chine et la Russie) dévoilent que la majorité craint la création d'une monnaie internationale viable basée sur l'or et, éventuellement, de plusieurs monnaies similaires capables d'atténuer l'hégémonie actuelle du dollar.

Ces dernières années, la Russie et la Chine ont acheté d'importantes quantités d'or — essentiellement pour remplir les réserves de change de leur banque centrale constituées, sinon, de dollars ou d'euros. Et on ignorait la profondeur de la stratégie qu'elles avaient mise en place en créant simplement une confiance dans les monnaies sur fond de sanctions économiques croissantes et de dispositions belliqueuses de Washington à une guerre commerciale.

Pékin et Moscou, se joignant à leurs principaux partenaires des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) et aux partenaires des pays eurasiatiques de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), comptent achever la création d'une nouvelle alternative monétaire au dollar.

A l'heure actuelle, hormis ses membres fondateurs — la Chine et la Russie — l'OCS compte parmi ses membres à part entière le Kazakhstan, le Kirghizstan, le Tadjikistan, l'Ouzbékistan, et depuis peu, l'Inde et le Pakistan. Cela représente plus de 3 milliards d'habitants, soit environ 42% de la population mondiale unie par une coopération économique et politique pacifique.

Sans oublier l'Amérique latine où la situation relative à l'abandon du dollar évolue rapidement.

Confirmant les avertissements du président Nicolas Maduro suite aux récentes sanctions américaines, The Wall Street Journal rapporte que le Venezuela a officiellement cessé d'accepter les dollars américains en tant que moyen de paiement pour les exportations de pétrole brut.

https://fr.sputniknews.com/presse/201709191033116194-dedollarisation-chine-russie-inde/

Voir aussi:

«Le volume bilatéral des échanges entre la Russie et la Chine a augmenté considérablement, ces sept premiers mois de 2017 il a atteint 46,62 milliards de dollars, soit 24,96% de plus par rapport à la même période de l'année dernière», a déclaré Li Hui (l'ambassadeur de Chine en Russie) se prononçant lors du forum russo-chinois.

Selon lui, la Chine reste le principal partenaire commercial de la Russie ces sept dernières années.

Le diplomate a également abordé le thème de la coopération énergétique.

«On effectue avec succès la réalisation du projet de gazoduc russo-chinois sur le trajet de l'est. La Chine et la Russie ont lancé la construction commune d'une usine de traitement de gaz Amur. La première phase du projet de gaz naturel liquéfié Yamal LNG sera mise en œuvre cette année», a ajouté l'ambassadeur.

https://fr.sputniknews.com/economie/201709181033100845-russie-chine-commerce-augmentation/

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lundi 18 septembre 2017

Pétrole: le Venezuela renonce au dollar au profit du yuan

Suivant la promesse du Président Maduro, le ministère vénézuélien du Pétrole a publié vendredi un bulletin dans lequel les prix de l'or noir figurent en yuan.

1021150412

Désireux de se libérer de la «tyrannie du dollar», le Venezuela a libellé vendredi ses ventes de pétrole en yuan chinois, a annoncé le Président du pays latino-américain Nicolas Maduro.

«Nous avons déjà commencé à vendre du pétrole en le libellant en yuan chinois», a fait savoir M.Maduro sur les ondes de la chaîne de télévision Telesur.

Selon lui, cette décision a été prise en raison de nouvelles sanctions financières adoptées par les États-Unis à l'encontre de Caracas.

«Ils nous ont causé un préjudice énorme, et nous sommes contraints à nous défendre», explique M.Maduro.

Les dernières sanctions américaines visant le Venezuela interdisent aux banques US de commercialiser de nouveaux bons du trésor émis par le gouvernement vénézuélien ou la compagnie pétrolière publique vénézuélienne PDVSA.

Selon les médias occidentaux, dans le bulletin hebdomadaire du ministère vénézuélien du Pétrole publié vendredi les prix pour le mois de septembre figurent en yuan.

https://fr.sputniknews.com/international/201709161033073341-venezuela-petrole-yuan/


 

Voir aussi (rappel) :

La Maison-Blanche n’exclut pas le recours à la force contre le Venezuela

26.08.2017

À court terme, les États-Unis n’envisagent aucune action militaire contre le Venezuela. Le recours potentiel à la force ne sera examiné qu’en cas d’une dégradation continue de la situation dans ce pays latino-américain, a déclaré vendredi le conseiller du Président américain sur la sécurité nationale, le général Herbert McMaster.

L’administration de la Maison-Blanche examine plusieurs scénarios pour le Venezuela, pays en proie, d’après Washington, à la dictature de Nicolas Maduro. Le recours à la force n’est pas exclu, mais seulement si la situation dans ce pays latino-américain continue de se dégrader, a fait savoir vendredi Herbert McMaster, conseiller du Président américain sur la sécurité nationale.

«Nous n’examinons pas que les possibilités purement politiques, purement économiques ou purement militaires. Nous tentons d’en faire la synthèse pour la soumettre au Président [Trump, ndlr]», a-t-il déclaré lors d’un point de presse, répondant à la question d’un journaliste visant à savoir si les États-Unis envisageaient une option militaire du règlement de la situation au Venezuela.

Le général a pourtant souligné qu’à court terme, Washington n’envisageait aucune opération militaire contre Caracas. «Toute décision sera prise conjointement avec nos partenaires dans la région», a-t-il dit, soulignant que le renversement des autorités dans ce pays n’était pas dans les projets des États-Unis.

La Maison-Blanche a imposé vendredi de nouvelles sanctions financières au Venezuela, parmi lesquelles l'interdiction d'acheter de nouvelles obligations émises par le gouvernement du Venezuela ou la compagnie pétrolière nationale PDVSA.

https://fr.sputniknews.com/international/201708261032792993-venezuela-etats-unis-intervention/

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