mercredi 7 mars 2018

Des pions sur l’échiquier : une brève histoire de l’Amérique et des Kurdes

TRIBUNE LIBRE /  Ted Snider, Consortium News, 05-02- 2018

ARG KURDES US

Les Kurdes se retrouvent pris au milieu d’une lutte de pouvoir entre les États-Unis, la Russie, la Turquie, l’Iran et la Syrie – une situation familière qui fait suite à des décennies de conflits géopolitiques dans leur région, explique Ted Snider.

La seule chose qui ait jamais été fidèle aux Kurdes, c’est l’histoire : elle les a fidèlement, sans exception, trahis. Les Kurdes ont été plongés dans un rôle de pions dans les jeux d’échecs des pays puissants. Ils font une grande partie du dur boulot seulement pour être sacrifiés quand l’échec et mat est en vue.

Carte du Grand Kurdistan.

Plus récemment, les États-Unis ont redécouvert les Kurdes comme pions utiles dans la guerre contre l’État islamique. Mais, bien qu’étant l’une des forces les plus efficaces dans la lutte contre l’État islamique, maintenant que la fin est en vue, les Kurdes risquent à nouveau d’être abandonnés.

Contrairement à la Russie et à l’Iran, les États-Unis n’ont jamais été invités en Syrie. Les États-Unis ont toutefois insisté sur le fait qu’ils n’étaient là que pour sauver la Syrie de l’État islamique. Récemment, cependant, le secrétaire d’État Rex Tillerson a changé la donne américaine. L’Amérique n’a pas l’intention de quitter la Syrie une fois que l’État islamique sera maté, a-t-il dit. Les États-Unis resteront après la fin de la guerre, et ce séjour non sollicité concerne bien plus que le fait de contenir l’État islamique – il concerne le désir de tenir l’Iran à l’écart.

Conformément à l’axe stratégique actuel, qui va de la Syrie à l’Iran et au Hezbollah, le maintien des forces américaines en Syrie semble davantage orienté vers l’expulsion de l’Iran et son allié Bachar al-Assad hors de la Syrie plutôt que maintenir l’État islamique hors de la Syrie.

Mais pour faire échec à l’Ayatollah, l’Amérique doit employer ses pions, et ces pions, encore une fois, sont les Kurdes. La force frontalière de 30 000 soldats que les États-Unis déploieraient pour bloquer l’Iran serait composée principalement de Kurdes. Mais une présence kurde armée à la frontière nord avec la Turquie est une ligne rouge que, depuis longtemps, la Turquie a annoncé comme étant un pas qu’elle ne permettrait pas aux Kurdes de franchir. La décision américaine a donc provoqué la colère de la Turquie contre les Kurdes.

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Alors que la Turquie envahit et bombarde Afrin et les villages environnants, des experts de la région, comme Patrick Cockburn, préviennent que les villages kurdes seront « réduits à des amas de maçonnerie détruite ». Au fur et à mesure que le nombre de morts et de blessés augmente, et que les médecins de la région mettent en garde contre « une aggravation rapide de la situation humanitaire », le haut responsable politique kurde Aldar Khalil a déclaré que les États-Unis “doivent s’acquitter de leurs obligations envers cette force qui a coopéré avec eux”.

« Comment peuvent-ils rester là à regarder ? » a-t-il demandé.

Mais ce n’est pas la première fois que les Kurdes posent cette épineuse question. En mars 1975, les Kurdes désespérés ont supplié la Central Intelligence Agency : « Le sort de notre peuple fait face à un danger sans précédent. La destruction complète plane au-dessus de notre tête. Il n’y a aucune raison pour tout ça. Nous vous appelons, vous et le gouvernement américain, à intervenir selon vos promesses. »

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La promesse à laquelle ils faisaient référence était la promesse des États-Unis de soutenir les Kurdes s’ils fournissaient des troupes pour une action secrète contre Saddam Hussein – en fait s’ils seraient les pions du jeu des grandes puissances.

Dans les années 1970, l’Iran et l’Irak se querellaient à propos d’un certain nombre de litiges frontaliers. Dans l’espoir de garder les Irakiens préoccupés et occupés, le Shah a offert de l’argent et des armes aux Kurdes pour combattre Saddam Hussein. Mais les Kurdes, ne faisant pas confiance au Shah, ont subordonné leur acceptation à la garantie américaine que l’Iran ne détruirait pas la planche de salut du soulèvement kurde.

Selon l’expert iranien Trita Parsi, la CIA et le département d’État se sont prononcés contre cette action secrète en raison de l’inévitable trahison des Kurdes par le Shah. Mais Henry Kissinger a pris une position opposée et, à la suite d’une visite de Kissinger et du président Richard Nixon à Téhéran en 1972, les États-Unis ont promis le soutien des Américains au Shah pour les Kurdes : les Américains se sont engagés à soutenir les Kurdes.

Nixon a signé l’opération secrète le 1er août 1972; Kissinger a pris des dispositions pour cette guerre secrète et la CIA s’en est chargée. Le soutien a pris la forme de 5 millions de dollars et d’armes, mais l’année suivante, Kissinger a soutenu, et Nixon a approuvé, une aide accrue des États-Unis qui pourrait atteindre plus de 20 millions de dollars et plus de 1 250 tonnes d’armes et de munitions.

Mais en 1975, le soulèvement kurde soutenu par les États-Unis était en difficulté. Les États-Unis sont finalement arrivés à la conclusion que les Kurdes ne pouvaient être sauvés que par une intervention militaire iranienne. Le Shah fournissait beaucoup plus d’argent que les Américains, mais il n’était pas prêt à engager ses forces armées. Il a refusé et, au lieu de cela, a commencé à négocier un arrangement frontalier avec Saddam Hussein. Le Shah a reçu un territoire en échange de la fin du soutien aux Kurdes. Selon le journaliste d’investigation Robert Fisk, c’est Kissinger – l’un des garants de la promesse de soutien aux Kurdes – qui a forgé cet accord entre le Shah et Saddam, abandonnant ainsi les Kurdes.

L’aide financière et les armes ont cessé de parvenir aux Kurdes, et Saddam Hussein a massacré peut-être jusqu’à 182 000 Kurdes. Beaucoup d’autres se sont réfugiés en Iran. C’est alors que le premier appel kurde de 1975 a été lancé aux États-Unis. Le leader kurde, le mollah Mustapha Barzani ferait personnellement appel à Kissinger, l’un des auteurs de la garantie américaine, « nous estimons que les États-Unis ont une responsabilité morale et politique envers notre peuple qui s’est engagé envers la politique de votre pays ».

Kissinger n’a jamais répondu, cependant, selon l’expert de la CIA John Prados, son responsable en poste à Téhéran a fait valoir qu’il le devrait et lui a donné des choix. Kissinger a abandonné les Kurdes avec le fameux rappel que « l’action secrète ne doit pas être confondue avec un travail de missionnaire ».

Plusieurs années plus tard, lors de la première guerre du Golfe, les États-Unis ont demandé aux Kurdes de se soulever une deuxième fois contre Saddam Hussein. Cette fois, la demande venait de la CIA. Et, encore une fois, les Kurdes ont été abandonnés par les Américains. Et, encore une fois, des milliers d’entre eux sont morts sous les représailles de Saddam, et des dizaines de milliers d’entre eux ont été contraints de fuir.

Cette trahison des Kurdes fait suite à une longue histoire. Les Kurdes ont d’abord reçu leur propre terre lorsqu’un petit morceau de ce qui avait été la Turquie leur a été donné en 1920. Ils l’ont rapidement perdu en faveur d’Ataturk et des Turcs, et la communauté internationale les a délaissés. Les Kurdes se sont retrouvés dans la position vulnérable dans laquelle ils se trouvent aujourd’hui, dispersés à travers la Turquie, la Syrie, l’Iran et l’Irak.

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Depuis ces événements jusqu’à la situation actuelle en Syrie, l’Amérique utilise et abandonne ses pions kurdes dans un enchaînement continu. Des documents divulgués révèlent la volonté américaine d’acheter la coopération turque au détriment des intérêts et des vie kurdes.

Une fuite d’un câble de l’ambassade en 2006 a révélé que la secrétaire d’État Condoleezza Rice avait promis au gouvernement de Recep Tayyip Erdogan que « les États-Unis donneraient un nouvel élan aux discussions trilatérales (US-Turquie-Irak) sur la question (kurde) ». Le câble énumère plusieurs « efforts importants que le gouvernement américain entreprend pour améliorer la situation concernant la menace représentée par le PKK (Parti des Travailleurs du Kurdistan) ». Le câble s’enorgueillit de ce que « le partage de renseignements sensibles sur les activités du PKK en Turquie a permis le succès des opérations COIN (contre-insurrectionnelles). Il comprend également des opérations importantes telles que “les vols de surveillance au-dessus des camps du PKK dans le nord de l’Irak » et « une cellule de fusion des renseignements, qui se réunit chaque semaine à Ankara pour transmettre des informations aux militaires turcs sur les activités du PKK ». En d’autres termes, les États-Unis ont donné à la Turquie des renseignements à utiliser contre les Kurdes.

L’année suivante, en 2007, le président Bush « promettait de fournir à la Turquie des “renseignements exploitables” à utiliser contre le PKK » [Wikileaks CRS-RL34642]. Le même câble dit que les Turcs ont utilisé ce renseignement : « Depuis lors, les forces turques ont lancé des frappes aériennes et terrestres ciblées contre les camps du PKK et d’autres installations situées dans les montagnes du nord de l’Irak ». Il conclut avec cette phrase : « Ils se sont dits satisfaits des résultats. »

Selon John Prados, dès 1948, la CIA avait déclaré que « les tribus de montagne connues sous le nom de Kurdes sont et continueront d’être un facteur d’une certaine importance dans toute évaluation stratégique des événements au Proche-Orient ».

Soixante-dix ans plus tard, les Kurdes sont toujours déçus par la teneur des assurances américaines concernant les mesures prises sur la base de ces évaluations. On ne sait pas comment l’Amérique négociera d’être coincée entre son allié kurde dans la guerre en Syrie et son allié de l’OTAN en Turquie, mais l’histoire ne chuchote pas exactement des garanties à l’oreille des Kurdes.

Source : Ted Snider, Consortium News, 05-02- 2018

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

https://www.les-crises.fr/des-pions-sur-lechiquier-une-breve-histoire-de-lamerique-et-des-kurdes-par-ted-snider/

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Commentaires relévés sur le site d'Olivier Berruyer:

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« Rex Tillerson a changé la donne américaine. »

Il n’a rien changé, il a plutôt bêtement révélé ce qui avait toujours été prévu.

lire
Rex Tillerson a vendu la mèche

Rex Tillerson tipped the American hand
tip one’s hand, expression argotique, “to reveal a secret, often inadvertently”

La trahison US envers les Kurdes est en effet une constante, mais il y en a une autre qui n’est pas mentionée dans l’article: Le manque d’unité des Kurdes entre eux.
Entre les Kurdes des différents pays, les factions armées, les tendances politiques, les acronymes pleuvent. Parmis les YPG, Le PYD, Le PKK, les FDS, les PDK, les UPK, etc. on trouve un paquet de monde (armés pour beaucoup) qui ont un objectif commun mais qui ne se mettent jamais d’accord entre eux pour l’atteindre.
Alors évidemment que tous les autres protagonistes profitent de ces divisions.

@ sankukai. Accessoirement et même si ce n’est pas populaire de le dire on pourrait aussi mentionner les trahisons des kurdes eux mêmes envers leurs différents alliés de circonstance (les soldats syriens réfugiés à Afrin au début de la guerre et livrés aux jihadistes, les yazidis qu’une partie des kurdes à laissé crever avant qu’une faction concurrente fasse au contraire un exploit pour les sauver, sans compter le rôle joué par les kurdes d’Anatolie dans le génocide arménien). Il n’y a pas de gentils.

 

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samedi 10 février 2018

«Personne ne les a invités»: la présence militaire américaine en Syrie est illégale, rappelle Moscou

Lors d'une réunion à huis-clos du Conseil de sécurité, le 8 février, l'ambassadeur russe auprès des Nations unies (ONU), Vassili Nebenzia, a rappelé aux Etats-Unis que leur présence militaire en Syrie était illégale du point de vue du droit international.

ACT SYRIE CSONU

«Je leur ai demandé de se souvenir qu'ils étaient en Syrie de façon illégale. Personne ne les a invités», a-t-il déclaré devant des journalistes à la sortie de la réunion, d'après l'agence TASS. «Ils affirment en permanence qu'ils combattent là-bas contre le terrorisme, mais nous ne pouvons que constater qu'ils vont au-delà de ce cadre», a poursuivi le diplomate russe.

La déclaration faisait suite au raid de la coalition arabo-occidentale dirigée par Washington dans la province de Deir ez-Zor contre des forces pro-gouvernementales syriennes, dans la nuit du 7 au 8 février. Le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient a justifié l'opération, en affirmant que la coalition avait été contrainte de riposter à une attaque des forces pro-Damas contre le quartier général des forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance de rebelles dirigée par les Unités de protection du peuple kurdes (YPG), soutenues par les Etats-Unis.

Le 6 février, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, avait souligné le changement de discours et de stratégie des Etats-Unis en Syrie après la défaite de Daesh en 2017, estimant que Washington avait probablement pour but désormais de diviser le pays. Le chef de la diplomatie russe avait également averti que le soutien financier des Etats-Unis aux groupes rebelles armés de l’Armée syrienne libre (ASL) et des forces démocratiques syriennes (FDS) pouvait avoir «des conséquences très dangereuses».

Damas a également condamné les frappes de la nuit du 7 au 8 février, qui ont fait une centaine de morts selon les Etats-Unis, et dénoncé un «crime de guerre», tout en accusant Washington d'«intentions ignobles» à l’égard de la Syrie et de sa souveraineté.

https://francais.rt.com/international/47963-personne-ne-les-a-invites-etats-unis-syrie-moscou

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lundi 22 janvier 2018

Opération turque en Syrie : Moscou accuse Washington d'avoir mis de l'huile sur le feu

Le gouvernement russe accuse les Etats-Unis d'être en partie responsables de la crise dans le nord de la Syrie, après le déclenchement par Ankara d’une offensive sur la région d’Afrin, tenue par des milices kurdes soutenues par Washington.

ACT TURQUIE FRONTIERE

«Les livraisons incontrôlées d’armements modernes du Pentagone aux combattants pro-américains dans le nord de la Syrie […] ont contribué à l'escalade rapide des tensions et ont provoqué l'opération spéciale turque», a fait savoir le 20 janvier 2018 le ministère russe de la Défense dans un communiqué, au sujet de l'opération «Rameau d'olivier» lancée par la Turquie sur la région syrienne d'Afrin. Qualifiant les actions des Etats-Unis dans la région de «provocatrices», la Défense russe a en outre accusé la Maison Blanche de vouloir «l'anéantissement de la souveraineté syrienne».

Le gouvernement russe accuse les Etats-Unis d'être en partie responsables de la crise dans le nord de la Syrie, après le déclenchement par Ankara d’une offensive sur la région d’Afrin, tenue par des milices kurdes soutenues par Washington.

«Les livraisons incontrôlées d’armements modernes du Pentagone aux combattants pro-américains dans le nord de la Syrie […] ont contribué à l'escalade rapide des tensions et ont provoqué l'opération spéciale turque», a fait savoir le 20 janvier 2018 le ministère russe de la Défense dans un communiqué, au sujet de l'opération «Rameau d'olivier» lancée par la Turquie sur la région syrienne d'Afrin. Qualifiant les actions des Etats-Unis dans la région de «provocatrices», la Défense russe a en outre accusé la Maison Blanche de vouloir «l'anéantissement de la souveraineté syrienne».

Ce 20 janvier, le chef d'Etat turc a déclaré que l'opération militaire turque visant la ville syrienne d'Afrin – l'opération «Rameau d'olivier» – avait «de facto commencé sur le terrain».

https://francais.rt.com/international/47460-intervention-turque-syrie-moscou-accuse-washington-escalade

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jeudi 16 novembre 2017

Les rêves contrariés du Kurdistan, par Lawrence Davidson

Il y a presque un siècle, les puissances européennes promettaient aux Kurdes un état, mais sont vite revenues sur leur promesse, laissant les nationalistes Kurdes enrager pour des générations, et conduisant l’Irak à la capture militaire récente de Kirkuk, comme le rapporte Lawrence Davidson.

C’était en 1916, au milieu de la Première Guerre mondiale que l’Angleterre et la France ( opposés à l’Allemagne, à l’Autriche et aux Turcs Ottomans) ont signé leur infâme accord Sykes-Picot. Dans le grand style impérial, ils ont utilisé cet accord pour se partager le Moyen-Orient.

HIST MOYEN ORIENT KURDISTAN

C’était une décision osée, considérant que la guerre se trouvait dans une impasse et que les deux alliés ne savaient pas s’ils gagneraient le combat. Néanmoins, ils s’engagèrent dans cet accord et ce faisant, ils ont pris un nombre de décisions qui continuent encore à configurer la région aujourd’hui.

En plus d’apporter l’impérialisme traditionnel européen plus tard dans le vingtième siècle, ce qui rend tristement célèbre les accords Sykes-Picot est le fait qu’il brise une promesse faite précédemment aux Arabes. En 1916, les Arabes ont gagné des batailles contre les Turcs. En reconnaissance, les Anglais leur ont promis de soutenir la création d’un grand état arabe.

Mais cette promesse s’est toujours heurtée aux ambitions impérialistes de l’Angleterre et de la France, et donc, pour finir, ils ont conspiré secrètement pour trahir leurs alliés non-occidentaux. Parmi les conséquences finales de cette trahison, l’État Arabe s’est limité à ce qu’il est aujourd’hui, l’Arabie saoudite. La Palestine, (qui était originellement une partie de l’état arabe) deviendra « la patrie des Juifs » ; la Syrie revint aux Français, et la plus grande partie de la région a été donnée aux Britanniques.

Les accords Sykes-Picot ont permis un changement ultérieur. Ils ont rendu possible un Etat pour les Kurdes — un peuple constitué des quatre plus grandes ethnies du Moyen-Orient. Cet état connu sous le nom de Kurdistan, aurait du être taillé dans les territoires de l’Empire Ottoman finalement vaincu. Cette intention fut confirmée publiquement dans le Traité de Sèvres en 1920.

Les leaders Kurdes, qui entre temps ont réalisé que les puissances occidentales trahissaient les Arabes, n’auraient donc pas dû être surpris quand, malgré le traité, les Britanniques et les Français les ont aussi trahis. Le traité de Lucerne en 1923 a amendé le traité de Sèvres et, bien sûr, l’état du Kurdistan a été oublié. Les terres qui auraient dû composer la nation kurde, sont, au lieu de cela, devenues parties de la Turquie, de la Syrie et de l’Irak. Par conséquent, les Kurdes restèrent sans État. Cependant, ils n’ont jamais abandonné l’idée d’avoir une nation, comme but.

Maintenant, nous pouvons avancer jusqu’au 19 mars 2003, date à laquelle le Président George W. Bush a décidé d’envahir l’Irak. Bush avait un étalage de pauvres excuses pour le faire : les armes nucléaires de Saddam Hussein inexistantes, et autres armes de destruction massive, le soit-disant complot de Saddam visant à assassiner le père de Bush, le rêve (en fait le cauchemar) de « changement de régime » nécessaire comme moyen de rendre le Moyen-Orient plus sûr pour les États-Unis et Israël, ou peut-être juste l’offensive belliciste des néoconservateurs. Quelque soit la profondeur de l’ignorance du Président et où cela l’a amené, l’invasion a libéré des forces que Bush et ses successeurs à la Maison-Blanche ont été incapables de contrôler. Parmi lesquelles sont les conséquences qui ont suivi l’écroulement de l’Irak.

Le problème Kurde refait surface

Comme la destruction de l’Empire ottoman à la fin de la Première Guerre mondiale, la destruction de l’Irak qui a résulté de l’invasion américaine de 2003 a ouvert une boîte de Pandore de changements territoriaux potentiels. La création possible de l’Etat du Kurdistan n’était pas la moindre de ces choses.

Une carte montrant comment le « territoire » kurde déborde dans plusieurs nations du Moyen-Orient.

Comme les Arabes durant la Première Guerre mondiale, les Kurdes devinrent un allié combatif de l’Occident à la suite de l’invasion de l’Irak et de la guerre civile syrienne qui s’ensuivit. Le chaos de la région a permis l’émergence de « l’État islamique d’Irak et du Levant » (alias EI, ISIL et Daesh). L’EI s’est avéré être une manifestation sinistre et brutale du fanatisme religieux devenu incontrôlable. Sa montée menaçait à peu près tous les États de la région, ainsi que les citoyens de l’Union européenne et des États-Unis.

Si la stabilité devait finalement prévaloir, l’EI devait être vaincu avec les Kurdes jouant et continuant de jouer un rôle notable dans ce combat. Il y a peu de doute que l’un de leurs objectifs soit de créer des conditions favorables pour un État kurde.

Pour toutes ces puissances régionales (Turquie, Iran, Syrie, Irak) qui cherchent à rétablir le statu quo précédent, la perspective d’un état Kurde indépendant est un anathème. Chaque État a des minorités kurdes et craint qu’un Kurdistan indépendant, même si celui-ci est découpé dans le territoire d’un autre État, conduise à exacerber les insurrections kurdes dans leur propre pays. La possibilité qu’un tel État puisse à la place provoquer une diminution de l’animosité des Kurdes par l’immigration volontaire ne semble pas être évidente aux dirigeants de l’Iran, de la Turquie et de la Syrie.

Comme Jonathan Cook l’a récemment clarifié, la question de l’indépendance kurde a été compliquée par l’influence d’Israël sur le sujet. Les Israéliens sont depuis longtemps attachés à un Kurdistan indépendant, non pas parce que, comme certains de leurs politiciens le prétendent hypocritement, les Kurdes ont un « droit moral » à un État (les Palestiniens aussi). Au contraire, les Israéliens ont une politique non déclarée mais officielle visant à « balkaniser » les États arabes. Ils ont encouragé « la discorde sectaire et ethnique » afin de déstabiliser leurs voisins. En d’autres termes, le soutien israélien aux Kurdes est un effort pour affaiblir principalement l’Irak, et accessoirement, la Syrie et l’Iran (la Turquie n’étant qu’un « dommage collatéral » dans ce processus).

La meilleure option

On peut difficilement reprocher aux Kurdes d’accepter de l’aide là où ils peuvent en obtenir – en l’occurrence d’Israël – dans une lutte pour l’indépendance qui dure depuis des siècles. Néanmoins, on peut également comprendre que l’ingérence israélienne effraie sérieusement les autres États touchés.

Le président George W. Bush en combinaison de vol après avoir atterri sur l’USS Abraham Lincoln pour donner son discours « mission accomplie » sur la guerre en Irak le 1er mai 2003

Laissant de côté la question israélienne pour un moment, la question qui devrait guider la politique est la suivante : l’Irak peut-il être rétabli en tant qu’État viable? Posant la question de manière plus informelle, en 2003, un président américain plutôt stupide – travaillant sous l’influence de sionistes, de néo-conservateurs idiots et des nationalistes irakiens apportant de faux témoignages – a fait tomber le crâne d’œuf irakien de son mur précaire. Est-ce que l’Irak peut être restauré à nouveau ? La réponse est, eh bien, peut-être – mais il semble y avoir seulement deux façons de le faire. L’une est une guerre quasi-génocidaire menée par les puissances régionales contre les Kurdes. Alternativement, l’Irak pourrait être ressuscité si les Kurdes sont disposés à se contenter d’une demi-mesure sous la forme d’une partie autonome d’un état confédéré.

En ce moment, le futur est incertain. On a l’impression que les Turcs et les Irakiens (dont les forces ont attaqué la ville kurde de Kirkouk le 16 octobre) sont tout disposés à tenter de résoudre le problème par une guerre prolongée. Ce serait une grosse erreur. Cela conduirait à un Irak qui pourrait être techniquement réuni mais en vérité serait encore plus faible qu’il ne l’est actuellement, et pas vraiment indépendant du tout.

Sa région nord serait probablement sous le contrôle de facto de la Turquie et de l’Iran, et le reste du pays continuerait d’être dans un gâchis décentralisé expérimentant une guerre civile sectaire sans fin. D’un autre côté, un règlement pacifique de la question kurde pourrait conduire à la stabilisation du reste de l’Irak en tant qu’État confédéré. En outre, dans le cadre d’un Irak confédéré, l’autonomie du Kurdistan peut empêcher une politique étrangère indépendante, minimisant ainsi l’influence israélienne.

En dépit du vote récent des Kurdes pour l’indépendance, leurs chefs doivent savoir que cela ne peut être réalisé que s’ils peuvent gagner une guerre prolongée contre la Turquie, l’Iran et l’Irak. Israël n’est pas en position géographique pour les aider efficacement. Donc les Kurdes ne peuvent probablement pas supporter un tel combat. Cela les laisse avec seulement un choix rationnel.

Les Kurdes sont maintenant plus proches d’un statut d’indépendance qu’ils ne l’ont jamais été depuis les jours ratés de la Première Guerre mondiale. Leur meilleure stratégie est de tirer le meilleur parti (sinon le plus grand) de ce statut au sein d’un Irak confédéré et de mettre fin à leur interaction avec Israël. Cela doit être mieux qu’une guerre quasi-génocidaire dont ils seraient les victimes. Cependant – et c’est la question habituelle dans de telles situations – les émotions de tous les côtés vont-elles permettre à la raison de s’imposer ?

Lawrence Davidson est professeur d’histoire à l’Université West Chester en Pennsylvanie.

Source : Lawrence Davidson, Consortium News, 17-10-2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

lundi 9 octobre 2017

Le pipeline turco-kurde de la Russie à l’UE fait de Moscou le médiateur du Moyen-Orient

Rosneft a révélé qu’elle était en négociations avec le gouvernement du Kurdistan irakien pour construire un pipeline dans la région d’ici 2019, pour commencer à exporter du gaz vers la Turquie et vers l’Union européenne une année plus tard.

ARG KURDISTAN PIPELINECela éclaire ce que la compagnie russe, qui appartient au gouvernement, avait à l’esprit quand elle a signé un accord majeur avec la région autonome, en juin, lors du Forum économique international de Saint-Pétersbourg. L’itinéraire exact du pipeline est encore incertain, mais il progressera probablement par voie terrestre à travers la Turquie, puis se liera avec l’infrastructure du Turkish Stream près de la frontière de l’UE ou débouchera en Méditerranée orientale avec un terminal d’exportation de GNL, ce dernier pouvant faciliter les expéditions versIsraël dans un renforcement du partenariat déjà étroit de la Russie avec Tel-Aviv. Toutes ces possibilités sont très intéressantes et ajoutent une nouvelle couche de profondeur stratégique à la diplomatie énergétique russe au Moyen-Orient.  Il est cependant important de se concentrer sur le court terme pour savoir pourquoi cette annonce est intervenue exactement une semaine avant le vote controversé de l’indépendance des Kurdes et juste un jour après que la Russie a rétabli le service de vol direct avec l’Irak, dont le gouvernement régional kurde fait nominalement partie.

Rien de tout cela n’a été un hasard, car plusieurs messages forts ont été envoyés à la communauté internationale à un moment crucial de l’histoire du Moyen-Orient.

La première est que la Russie s’occupe du Kurdistan irakien comme s’il était déjà un pays indépendant, contournant Bagdad dans la conduite de sa diplomatie énergétique bilatérale avec cet « État » en rupture, en dépit de la reconnaissance officielle de la souveraineté du gouvernement central sur l’ensemble de l’Irak et de ses ressources. La raison pour laquelle la Russie semble le faire peut ressembler à une occasion irrésistible d’améliorer indirectement ses relations avec l’UE en fournissant du gaz venant du Kurdistan et transitant par la Turquie passant par le projet de Corridor gazier sud-européen qui pourrait fonctionner à la fois pour le bénéfice stratégique de Moscou et aussi de celui des Kurdes en donnant à deux de leurs adversaires une raison de reconnaître leur indépendance future. Cela conduit au prochain point, c’est-à-dire que les lourds investissements stratégiques de la Russie dans le secteur de l’énergie kurde font de Moscou un des principaux acteurs de l’avenir du territoire, ce qui permet à la Russie de mettre en scène une intervention diplomatique pour devenir le médiateur entre Erbil et Bagdad ainsi qu’entre les Kurdes et leurs trois voisins internationaux, dans le but de protéger leurs intérêts.

Cela s’harmonise avec la vision de politique étrangère des progressistes en Russie qui considèrent le rôle géostratégique de leur pays comme étant la force d’équilibrage suprême du supercontinent eurasien. À cette fin, ils ont cherché à « ranger » les alliés traditionnels américains de leur côté en encourageant leur « alignement multilatéral », ou la diversification de leur politique étrangère avec Moscou. Les Kurdes irakiens ne sont que le dernier exemple de ce qui se passe, après la Turquie, l’Azerbaïdjan, l’Arabie saoudite et le Pakistan, ce qui prouve que le « Pivot vers l’Asie » de la Russie est en fait un « Pivot vers la Oumma » alors que Moscou travaille activement à remplacer le vide de leadership laissé par des États-Unis sur le départ dans ce « Grand Moyen-Orient ».

Andrew Korybko | 25 septembre 2017

Article original en anglais : Oriental Review

Source: http://versouvaton.blogspot.ch/2017/10/le-pipeline-turco-kurde-de-la-russie.html

http://arretsurinfo.ch/le-pipeline-turco-kurde-de-la-russie-a-lue-fait-de-moscou-le-mediateur-du-moyen-orient/

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samedi 7 octobre 2017

Bernard-Henri Lévy, interlocuteur incontournable des présidents français ?

Les présidents sont éphémères à l'Elysée, pas Bernard-Henri Lévy. Le philosophe engagé a ainsi rencontré et éclairé de sa vision chaque président français depuis François Mitterrand. Retour non exhaustif sur ses visites à l'Elysée depuis 1993.

59708ea409fac254378b4567A l'occasion de la visite de Bernard-Henri Lévy, venu présenter en projection privée son dernier documentaire La Bataille de Mossoul à Emmanuel Macron, la rédaction de RT France vous propose un bref récapitulatif de la relation entre le philosophe, cinéaste et homme d'affaires avec les présidents français. 

Avec François Mitterrand


Au début des années 1990, alors que la guerre fait rage en ex-Yougoslavie, BHL, bien décidé à montrer qu'un philosophe peut aussi changer le cours de l'Histoire, essaie de convaincre François Mitterrand d'apporter son aide aux Bosniaques en se rendant lui-même sur place. Ce sera fait le 28 juin 1992, avec la visite surprise du président dans Sarajevo assiégée. Sur cet événement, Bernard kouchner dira selon France Info : «Bernard est allé voir le Président et l'a convaincu de ce que je n'avais pas réussi à faire».

Avec Jacques Chirac

Se positionnant lui-même à gauche à l'époque, BHL ne s'arrête pas à ces clivages lorsqu'il s'agit de défendre les causes qui lui tiennent à cœur. Il rencontre le président Chirac à l'Elysée en 2002 pour lui remettre un rapport sur l'Afghanistan, après une mission à Kaboul dont le président l'a chargé.

Avec Nicolas Sarkozy

En 2011, c'est sur l'affaire Libyenne que BHL aura été le plus influent auprès du président Nicolas Sarkozy. Sa plaidoirie pour l'intervention française contre Mouammar Kadhafi aurait, d'après l'intéressé dans son documentaire Le Serment de Tobrouk, été déterminante dans le choix du président. Modeste, BHL s'est cependant défendu d'être le seul artisan de cette intervention.

Avec François Hollande

L'urgence face aux problèmes d'un monde en perpétuel changement le contraignant à accélérer la cadence, nous retrouvons notre truculent intellectuel à l'Elysée en 2014 pour défendre le dossier Ukrainien. Le philosophe sera un soutien de poids pour les leaders des troubles d'Euromaïdan, qui ont provoqué le départ du président Viktor Ianoukovitch. François Hollande décidera de ne pas envoyer de ministre aux jeux paralympiques de Sotchi pour protester contre la position de la Russie dans cette crise.

Avec sa visite à l'Elysée du 18 juillet, BHL aura donc eu des relations officielles avec tous les présidents en exercice depuis François Mitterrand, sur des sujets géopolitiques très différents les uns des autres. Quel sera le prochain combat du philosophe auteur du livre La guerre sans l'aimer ? Le sait-il lui-même ?

https://francais.rt.com/france/41204-bernard-henri-levy-interlocuteur-incontournable-elysee


 Pour avoir une petite idée de la prochaine guerre, voir aussi:

Invité à l'Elysée, Bernard-Henri Lévy regarde son dernier documentaire avec Emmanuel Macron

Plusieurs personnalités ont pu assister à une projection en petit comité de La Bataille de Mossoul, dernier film en date du philosophe et cinéaste, acquis à la cause kurde. Etait notamment invité le chef de l'état-major particulier du président.

Dans la soirée du 18 juillet 2017, le dernier documentaire militant de Bernard-Henry Lévy, La Bataille de Mossoul, a eu les honneurs d'une projection privée à l'Elysée, en présence d'Emmanuel Macron et de quelques happy few triés sur le volet, selon L'Express.

Selon l'hebdomadaire, figuraient parmi les heureux élus invités à la leçon de géopolitique l'architecte Jean Nouvel, l'auteur de romans policiers Fred Vargas ainsi que Christine Angot, chantre de l'autofiction, contemptrice de François Fillon, et prochaine chroniqueuse de l'émission de Laurent RuquierOn n'est pas couché.

Outre ce beau monde étaient également invités une délégation de combattants kurdes authentiques, le neveu de Massoud Barzani, présenté comme président de la région autonome du Kurdistan irakien, ainsi que l'amiral Bernard Rogel, chef de l'état-major particulier d'Emmanuel Macron.

bhl kurdes

L'Express ne précise pas si, le chef d'état-major des armées Pierre de Villiers était invité à admirer ce documentaire sur l'épopée kurde. «Un film aux images magnifiques, porté par la voix off de l'écrivain philosophe, ode épique dédiée à la cause qu'il s'est choisie : celle des Kurdes d'Irak», écrivait Le Figaro en mars 2017, à l'occasion de la diffusion du documentaire sur Arte.

En 2016, la programmation du festival de Cannes avait été bousculée pour permettre la projection – hors compétition toutefois – du précédent documentaire du philosophe-cinéaste, Peshmergas.

https://francais.rt.com/france/41187-invite-elysee-bernard-henri-levy-projection


Rappel: le référendum kurde en Irak qui inquiète bon nombre d'Etats et d'observateurs, est soutenu par Israel. Voir à ce sujet les craintes formulées par Jean- Pierre Chevènement sur cette question (article précédent)   P.G.

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lundi 25 septembre 2017

Ankara et Paris main dans la main pour riposter au référendum kurde en Irak?

Sérieusement préoccupé par la perspective du référendum sur l’indépendance du Kurdistan irakien, Ankara, qui compte la plus importante communauté kurde dans la région, voit en Paris un allié.

21752243_278241462691125_2891968162251308029_nEmmanuel Macron et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan étudieront la possibilité d'une riposte commune face au référendum sur l'indépendance du Kurdistan irakien, relate lundi le journal Haberturk, citant de hauts responsables du ministère turc des Affaires étrangères.

Selon le quotidien turc, la question sera évoquée par les deux chefs d'État cette semaine, à l'Assemblée générale des Nations unies, et c'est là, à New York, que M. Erdogan envisage de proposer au Président français un plan d'action en trois étapes.

Les démarches concrètes à suivre en cas de victoire du «oui» au référendum kurde seront formulées par la Turquie fin septembre, lors d'une réunion du Conseil de la défense nationale. En attendant, le chef d'État turc compte proposer à Paris de s'unir pour appeler Erbil (capitale du Kurdistan irakien) à renoncer au vote prévu le 25 septembre. En cas de succès, Ankara et Paris se poseraient en médiateurs entre Bagdad et les Kurdes afin d'assurer le respect des droits constitutionnels de ces derniers, régler les problèmes des régions contestées et rédiger une feuille de route qui constituera la deuxième étape du plan turc.

Au cas où Erbil maintiendrait tout de même le référendum, la Turquie propose à Paris d'introduire un paquet de sanctions contre le Kurdistan irakien, soit la troisième étape du projet. Dans ce cas, estime Ankara, les mesures adoptées par la Turquie et la France à l'encontre d'Erbil doivent être similaires, voire identiques.

Le Parlement du Kurdistan irakien, qui ne s'était pas réuni depuis deux ans, s'est prononcé la semaine dernière à une très large majorité en faveur de la tenue de la consultation, que le gouvernement juge inconstitutionnelle. L'Iran et la Turquie, qui craignent qu'elle n'alimente les velléités séparatistes de leurs propres minorités kurdes, y sont également très hostiles.

Malgré les appels à renoncer, le dirigeant du Kurdistan autonome irakien Massoud Barzani a fait savoir vendredi dernier que le référendum aurait bel et bien lieu à la date prévue.

https://fr.sputniknews.com/international/201709181033096160-ankara-paris-kurdistan-referendum/

Voir aussi:

Kurdistan: l’Irak ne tolérera pas «un second Israël» à l’intérieur de ses frontières

Commentant le projet des Kurdes de tenir un référendum d’indépendance, le vice-président irakien a insisté sur la nécessité de l’annuler ou de le reporter, jugeant qu’il était contraire à la constitution du pays(...)

Bagdad ne tolérera pas la création d’un «second Israël» dans le nord de l’Irak, a déclaré le vice-président de ce pays, Nouri al-Maliki, commentant le référendum du 25 septembre sur l’indépendance du Kurdistan irakien.

Le parlement du Kurdistan irakien, qui ne s'était pas réuni depuis deux ans, s'est prononcé cette semaine à une très large majorité en faveur de la tenue de ce référendum, suscitant ainsi l’ire des pays de la région, dont l’Irak, l’Iran et la Turquie. La Ligue des pays arabes s’est également prononcée en défaveur de ce référendum. Israël, pays en conflit avec la plupart des pays arabes depuis sa création en 1948, soutient quant à lui cette initiative.   

Malgré les appels à renoncer, le dirigeant du Kurdistan autonome irakien Massoud Barzani a fait savoir vendredi que le référendum était aurait bel et bien lieu à la date prévue, c’est-à-dire le 25 septembre.

https://fr.sputniknews.com/international/201709171033093605-kurdistan-irak-mise-en-garde/

Voir aussi:

Si le Kurdistan irakien obtient l’indépendance, l’Iran menace de riposter

La perspective du référendum sur l’indépendance du Kurdistan irakien suscite la préoccupation chez son voisin iranien, qui menace de fermer sa frontière en cas de victoire du «oui».

Si le Kurdistan vote en faveur de l'indépendance, l'Iran menace de prendre des mesures de riposte. Ali Shamkhani, secrétaire du Conseil suprême national de sécurité de l'Iran, a mis en garde contre la possibilité de la fermeture des frontières et l'annulation des accords en matière de sécurité, relate le chaîne Al-Sumaria.

«Nous reconnaîtrons uniquement les accords signé avec Bagdad, a-t-il indiqué. L'indépendance de la région kurde suite au référendum annulera tous les accords en matière de sécurité ainsi que dans le domaine militaire, et marquera la fermeture de tous les points de passage avec l'Iran».

Le parlement du Kurdistan irakien, qui ne s'était pas réuni depuis deux ans, s'est prononcé cette semaine à une très large majorité en faveur de la tenue de la consultation, que le gouvernement juge inconstitutionnelle. L'Iran et la Turquie, qui craignent qu'elle n'alimente les velléités séparatistes de leurs propres minorités kurdes, y sont également très hostiles.

Malgré les appels à renoncer, le dirigeant du Kurdistan autonome irakien Massoud Barzani a fait savoir vendredi que le référendum était aurait bel et bien lieu à la date prévue.

https://fr.sputniknews.com/international/201709171033089103-kurdistan-irak-iran-referendum/

 

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