samedi 4 août 2018

Selon Noam Chomsky, l’ingérence dans la politique américaine vient surtout d’Israël et non de Russie

Source: RT France

ACT CHOMSKY INFLUENCE ETRANGERE

Dans un récent entretien, le célèbre linguiste a exprimé ses doutes quant à l’ingérence russe présumée dans le processus électoral américain, qualifiant l’obsession des médias à ce sujet de «blague», avant d’accuser d’interférence… Israël.

«Est-ce que les Russes ont interféré dans nos élections ? Cette question a monopolisé l’attention des médias […] c’est une vaste blague», dénonce l’intellectuel américain Noam Chomsky, sympathisant du mouvement anarcho-syndicaliste, dans un long entretien accordé à Democracy Now, un média américain contestataire le 30 juillet. Il faisait alors références aux accusations d’ingérence russe dans l’élection présidentielle américaine de 2016, qui agitent toujours autant la presse américaine.

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Selon le penseur et linguiste, «quoi que les Russes aient fait [lors de la présidentielle américaine], cela compte à peine» à côté de ce qu’un autre Etat fait «ouvertement, effrontément et avec beaucoup de soutien».

«L’intervention israélienne dans le processus électoral américain dépasse largement ce qu’ont pu faire les Russes», a assuré Noam Chomsky. L’intellectuel a pointé du doigt le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, qu’il accuse notamment de s’être adressé directement au Congrès américain pour affaiblir les prérogatives du président américain en 2015, pendant le mandat de Barack Obama.

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«Est-ce que Vladimir Poutine est allé s’adresser au Congrès pour tenter d’infléchir la politique américaine, sans même en informer le président ?», a-t-il questionné.

Noam Chomsky fait référence à un déplacement du chef du gouvernement israélien répondant à l’invitation du président de la Chambre des représentants des Etats-Unis, John Boehner, en 2015. Benjamin Netanyahou s’était directement adressé au Congrès pour évoquer l’accord sur le nucléaire iranien, sans en référer officiellement à la Maison Blanche, déclenchant en conséquence la colère du président américain de l’époque.

«Voici juste une infime partie de cette influence écrasante. Si vous vous intéressez à l’influence étrangère dans les élections, certaines zones sont à observer», a affirmé Noam Chomsky. Il a conclu sa réflexion sur l’attention démesurée accordée par les médias à des sujets «marginaux» alors que de graves problèmes sont passés sous silence, comme les décisions de Donald Trump relatives au climat et au réchauffement climatique qu’il juge «réellement destructrices». «Voici le genre de choses dont on devrait discuter», a-t-il estimé.

Source: https://francais.rt.com/international/53077-selon-noam-chomsky-ingerence-dans-politique-americaine-vient-d-israel

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mardi 19 juin 2018

Netanyahou à Paris : l’information très sélective du service public

TRIBUNE LIBRE / Source : ACRIMED, Pauline Perrenot, 08-06-2018

PROP MACRON NETANYAHOU

Alors que des massacres de Palestiniens ont été perpétrés par l’armée israélienne depuis fin mars [2] – on dénombre désormais plus de 120 morts – Benjamin Netanyahou était reçu par Emmanuel Macron à Paris mardi 5 juin. Cette rencontre a suscité de nombreuses critiques, dont l’indignation de trois syndicats de journalistes (SNJ, SNJ-CGT et CFDT Journalistes).

Les raisons de cette venue ? Faire valoir son point de vue diplomatique sur l’Iran (dans le cadre d’une « tournée » européenne et après une visite à Berlin), mais également lancer officiellement la saison culturelle France-Israël 2018 – un partenariat institutionnel – en inaugurant aux côtés du président français une exposition au Grand Palais dédiée aux innovations technologiques et scientifiques israéliennes [3].

Des appels à manifester dans toutes les grandes villes de France ont été lancés par plusieurs associations palestiniennes ou de solidarité avec la Palestine, réclamant l’annulation de la venue de Netanyahou et de la saison croisée France-Israël. Des rassemblements se sont effectivement tenus, comme en témoigne la couverture de plusieurs médias nationaux, régionaux ou locaux : on peut se référer, entre autres exemples, à L’Humanité pour la protestation de Paris, LyonMag pour celle de Lyon, et Ouest France, pour celles de Vannes et Quimper.

France Inter : la différence

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Sur ces trois informations, seule la première, c’est-à-dire la tenue de discussions sur l’Iran, a été traitée dans les bulletins d’information de France Inter tout au long de la journée du 5 juin. Sur les quatorze journaux ou flash info diffusés [4], les auditeurs de la chaîne de service public n’auront eu connaissance ni de la « saison culturelle » inaugurée au Grand Palais, ni des appels à manifester, pas plus que des rassemblements de contestation et des conditions dans lesquels ils se sont tenus. Une information pour le moins incomplète, si ce n’est biaisée, qui choisit de taire les aspects les plus polémiques de cette séquence diplomatique : d’une part, le lancement en grande pompe d’un évènement culturel franco-israélien quelques jours après les terribles massacres de Gaza [5], et d’autre part, les protestations de militants – dont certains proches ou s’inspirant du mouvement BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions) – que suscite désormais systématiquement tout partenariat institutionnel avec l’État israélien.

Oubli volontaire ? Ce ne sont pourtant pas les occasions qui ont manqué, puisque sur ces mêmes quatorze journaux, la venue de Netanyahou a été traitée pas moins de dix fois par la rédaction de France Inter. Ce n’est pas non plus faute de sources disponibles, puisque l’AFP et l’agence Reuters, ont mentionné l’inauguration de l’exposition du Grand Palais dans le cadre de la « saison croisée », comme les appels à manifester [6].

DEMORAND FRANCE INTER

L’omission journalistique, qui est aussi un parti pris, s’aggrave encore lorsque l’on écoute le journal de 8h du lendemain, le 6 juin. Dans cette édition en effet, deux minutes sur seize reviennent sur la visite de Netanyahou à Paris, introduite en ces termes par Nicolas Demorand : « Un peu de culture et beaucoup de diplomatie au menu de la visite de Benjamin Netanyahou en France. » Marc Fauvelle, à qui il donne la réplique, enchaîne sur un sujet réussissant l’exploit de passer à nouveau sous silence les manifestations organisées la veille partout en France [7], centrant plutôt le sujet sur les actions BDS en versant dans l’amalgame le plus crasse : assimiler, à la faveur d’une construction pour le moins douteuse, la critique d’Israël à de l’antisémitisme.

Marc Fauvelle : Hier soir le Premier ministre israélien et Emmanuel Macron ont donné le coup d’envoi de la saison croisée France-Israël, manifestation culturelle censée marquer l’entente entre les deux pays. Mais d’entente hier soir il n’y eut pas vraiment : les deux hommes ont constaté leur désaccord sur la question du nucléaire iranien. Et alors que Benyamin Netanyahou est à Paris, le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme s’inquiète d’une campagne de boycott menée en ce moment en France. Boycott des produits israéliens comme les dattes par exemple, retirées des rayons de certains supermarchés par des activistes, qui filment la scène et la diffusent ensuite sur Internet.

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Pour prolonger et illustrer cette présentation factuellement confuse, partielle et partiale, France Inter choisit de se référer et de donner la parole aux représentants de deux institutions connues pour leur alignement sur la droite et l’extrême droite israéliennes, et pour leurs attaques outrancières contre les mouvements de solidarité avec les Palestiniens : le Président du Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme, Sammy Ghozlan, qui affirmait en 2011 que « l’incitation à la solidarité palestinienne conduit à la haine d’Israël et pousse à l’acte anti-juif » [8], et le président du conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), Francis Kalifat, qui en appelle aux pouvoirs publics pour que soient réprimés les activistes du mouvement BDS (« Ils doivent être arrêtés, sanctionnés et le mouvement interdit. ») [9]. Et ce ne sont pas les quelques secondes d’interview d’Imen Habib, animatrice de la campagne BDS France, préalablement disqualifiée par le cadrage du sujet choisi par la rédaction de France Inter, qui permettront aux auditeurs de saisir ce qui se jouait autour de la venue à Paris du Premier ministre israélien [10].

Et dans les JT du service public ?

Si les auditeurs de France Inter, épris de service public, ont également regardé les JT de France 2 ou France 3 sur la tranche 12h-13h le mardi 5 juin [11], ils n’en auront pas appris davantage : les deux rédactions n’ont pas même mentionné la venue de Netanyahou à Paris. Leur conception de la hiérarchie de l’information leur a plutôt commandé des sujets sur les inondations, qui ont occupé un tiers du temps total du journal dans le cas de France 2 et un cinquième pour France 3 [12].

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Les livraisons nocturnes n’ont pas été plus brillantes : entre le 20h de France 2, le 19/20 de France 3 et le « Grand Soir 3 » de la même chaîne, aucune édition n’a ne serait-ce que mentionné l’inauguration de l’exposition, la « saison culturelle » ou encore les rassemblements de protestation. Et si le 19/20 de France 3 ne dit mot de la rencontre entre Benjamin Netanyahou et Emmanuel Macron, les deux autres journaux observés lui consacrent tout de même du temps d’antenne ; mais une nouvelle fois sous le seul prisme de la question iranienne, amputant ainsi une grande partie de l’information, au mépris du droit du public à être informé.

***

D’ordinaire suivistes de la communication et de l’agenda gouvernementaux, les médias dominants ont une nouvelle fois calqué leur discours sur celui de l’État, ayant préféré mettre en avant le rendez-vous diplomatique sur la question iranienne plutôt que la « saison France-Israël » (et ses partenariats culturels notamment) et les manifestations qu’elle a suscitées [13].

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Un suivisme que l’on peut supposer accru sur les questions relatives à Israël et à la Palestine, jugées d’ordinaire « épineuses » par les grands médias et qui pâtissent de biais systématiques conduisant à mal-informer [14].

Pour autant, et que l’on fasse l’hypothèse d’une auto-censure ou d’un suivisme assumé, les mouvements de protestation ont reçu un écho médiatique qui, quoique timoré et partiel, les ont rendus visibles. Ce constat rend d’autant plus problématique le silence de France Inter (et des JT du service public) sur le même sujet. Une radio qui, non contente d’avoir totalement invisibilisé des dizaines de manifestations en France – et leurs mots d’ordre – le 5 juin, a réussi le lendemain à disqualifier les mouvements politiques de solidarité avec la Palestine au gré d’amalgames fumeux.
Pauline Perrenot

Source : ACRIMED, Pauline Perrenot, 08-06-2018

https://www.les-crises.fr/netanyahou-a-paris-linformation-tres-selective-du-service-public-par-pauline-perrenot/

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jeudi 14 juin 2018

Guerre au Yémen : la France appelée par les ONG à cesser son double jeu

Riyad et ses alliés ont attaqué le 13 juin le port d'Hodeida, au Yémen, par lequel arrive la nourriture destinée à la population. Des ONG enjoignent Paris à annuler une conférence co-organisé avec l'Arabie saoudite et à faire pression sur celle-ci.

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Ce 13 juin, des forces pro-gouvernementales yéménites, appuyées par les Emiratis et les Saoudiens, ont lancé leur offensive sur le port stratégique de Hodeida, par lequel entre l'essentiel des importations du pays et de l'aide internationale.

[voir notre publication Yémen: Les États-Unis donnent leur feu vert au génocide ]

Le même jour, une quinzaine d'organisations humanitaires, dont la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH), ont écrit une lettre au président français pour l'exhorter à faire pression sur les Saoudiens et les Emiratis, membres de la coalition arabe impliquée dans la guerre au Yémen, au sujet de la situation dramatique de la population de ce pays. Pour ces organisations, il est «inconcevable de maintenir» la conférence humanitaire sur le Yémen prévue le 27 juin à Paris et co-organisée avec l'Arabie saoudite, alors même que le royaume wahhabite et ses alliés mènent une attaque sur le port d'Hodeida. 

La France et ses contradictions

Qualifiant d'un côté la situation au Yémen de «drame humain» et signant de l'autre main des contrats d'armement juteux avec l'Arabie saoudite, la France joue, pour nombre de commentateurs, un double jeu dans cette guerre aux conséquences humaines tragiques. Dans un rapport de mars 2018, Amnesty International avait mis en cause les livraisons d'armes françaises à l'Arabie saoudite, à l’origine, selon elle, de graves violations des droits de l'Homme dans le cadre de ce conflit. Selon un rapport parlementaire de 2017 sur les exportations d'armement de la France, le royaume wahhabite était entre 2007 et 2016 le second client des fabricants d’armes français. 

Guerre au Yémen : la France appelée par les ONG à cesser son double jeu© ministère des Armées

L'attaque nouvelle de la coalition menée par l'Arabie saoudite sur Hodeida vient aggraver la crise humanitaire extrême dans laquelle le pays en guerre est plongé. Ce port, indispensable à la sécurité alimentaire du Yémen, a été sous blocus de la coalition pendant plusieurs mois pour, officiellement, empêcher les rebelles houthis d'importer des armes. Sous la pression internationale, l'Arabie saoudite avait levé le blocus, mais renforcé les inspections de navires, ce qui ralentissait le fonctionnement du port. A tel point que des aliments pourrissaient avant même d’atteindre la terre ferme.

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Le 25 mai, l'ONU exhortait la coalition dirigée par l'Arabie saoudite à accélérer les importations de nourriture et de carburant, avertissant que 10 millions de Yéménites supplémentaires pourraient être menacés de famine avant la fin de l'année. Des exigences auxquelles ne se sont pas pliés les Saoudiens et leurs alliés.

La pire crise humanitaire au monde

Depuis 2015, un conflit fait rage entre d'une part le gouvernement yéménite, soutenu par la coalition de Riyad, armée et soutenue, notamment, par les Etats-Unis et la Royaume-Uni, et d'autre part des combattants rebelles houthis, proches de l'Iran. La coalition est intervenue militairement au Yémen en 2015 pour restaurer le gouvernement qui avait été chassé de la capitale Sanaa par les rebelles. Les bombardements saoudiens ont fait près de 10 000 morts et plus de 55 000 blessés, selon l'Organisation mondiale de la santé. Plus de 2 200 autres personnes sont mortes du choléra. Ces derniers mois, les Houthis ont intensifié les tirs de missiles contre l'Arabie saoudite qui accuse Téhéran, son grand rival régional, de leur fournir ce type d'équipement. L'Iran reconnaît soutenir politiquement les Houthis mais nie tout appui militaire.

Sans craindre les contradictions, le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a rappelé le 11 juin que l'aide internationale au Yémen devait continuer à passer par le port de Hodeida, mais il n'a pas mis en garde les Emiratis et les Saoudiens contre une éventuelle offensive sur la ville, alors que l'offensive était imminente. Martin Griffiths, le médiateur de l'ONU pour le Yémen, menait pour sa part début juin d'«intenses négociations» avec les Houthis, l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis afin d'«éviter une confrontation militaire à Hodeida».

Selon les Nations unies, la situation qui a cours actuellement au Yémen est la pire crise humanitaire au monde. Quelque 8,4 millions de personnes sont à court de nourriture et risquent de mourir de faim. Entre la guerre et les épidémies, le Yémen est l'un des pays les plus pauvres du monde et l'ONU affirme que plus de 22 millions de personnes ont besoin d'une aide humanitaire sur une population d'environ 25 millions d'habitants.

https://francais.rt.com/international/51573-yemen-france-appelee-cesser-son-double-jeu

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Le tout dans un "silence assourdissant" de nos médias, sans doute plus préoccupés par le lancement de la coupe du monde de football en Russie...      P.G.

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Bezons : une plaque commémorative de la «Nakba» suscite la fureur du Crif, qui exige son retrait

Une plaque commémorant ce que les Palestiniens appellent la «Catastrophe», c'est à dire l'exode qui a suivi la création de l'Etat d'Israël, suscite l'ire du Crif. En cause, le qualificatif de «criminel de guerre» dont est affublé David Ben Gourion.

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Dominique Lesparre, maire communiste de Bezons, en région parisienne, a inauguré ce 11 juin deux plaques temporaires, en français et en arabe, commémorant la Nakba («catastrophe» en arabe), synonyme d'exode pour des centaines de milliers de Palestiniens lors de la première guerre israélo-arabe qui a suivi la création d'Israël en 1948.

Cette inauguration symbolique, annoncée dans la revue municipale, s'est tenue à l'initiative de l'association bezonnaise West Bani Zaid (du nom d'une localité palestinienne avec laquelle Bezons est jumelé). Sur la plaque dévoilée est écrit : «En mémoire des 800 000 Palestiniens et de la destruction des 532 villages en 1948 par le criminel de guerre David Ben Gourion pour la création de l'Etat d'Israël».

Un encouragement à l'antisémitisme, selon le Crif

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Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) a vivement réagi ce 11 juin. Dans un communiqué publié sur son site, il qualifie de «choquantes et inacceptables» les inscriptions de la plaque et notamment la qualification de «criminel de guerre» employée pour désigner David Ben Gourion, l'un des fondateurs de l'Etat d'Israël. Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) estime également «historiquement faux» la description des événements de 1948 mentionnés sur la plaque. Pour son président Francis Kalifat, ces déclarations «encouragent les violences antisémites qui sévissent actuellement en les justifiant historiquement». Demandant son retrait immédiat, il a pris contact ce 12 juin avec le chef de cabinet du ministère de l'Intérieur. Le préfet du Val d'Oise a alors contacté le maire de Bezons, et lui a intimé de retirer les plaques dès la réception du courrier, au motif notamment qu'il a rompu avec le «principe de neutralité républicaine dans le domaine international». Le Crif fait savoir sur son site internet que les plaques seraient retirées dans l'après-midi.  

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Le député des Français de l'étranger Meyer Habib, dont la circonscription comprend Israël, a également partagé sur Facebook son indignation. Fustigeant l'insulte faite selon lui à David Ben Gourion, «père fondateur de l'Etat d'Israël», il explique dans une anaphore ce qu'est selon lui la Nakba. «La vraie Nakba [...] c’est cette gauche, mais aussi certains dans les rangs de LREM, qui flirte avec l’islamisme et exploite la détestation d’Israël à des fins électorales [...] C’est cette génération « Dieudonné » dans les quartiers, habitée par un imaginaire islamiste, antirépublicain et antisémite», lance-t-il.

«La vraie Nakba, c’est qu’un rappeur comme Médine qui s’auto-proclame "islamo-racaille" et titre son album Jihad puisse être programmé au Bataclan presque trois ans jour pour jour après que 90 innocents y ont été massacrés par la barbarie djihadiste», écrit-il encore, en référence à la polémique qui entoure la programmation du rappeur dans la salle de spectacle du Bataclan.

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Ces derniers mois, les Palestiniens ont manifesté pour le droit au retour des Palestiniens qui ont fui ou ont été chassés en 1948, alors qu'Israël célébrait les 70 ans de sa création. Depuis mars, cette «Marche du retour» a coûté la vie à plus de 120 Gazaouis, visés par des tirs israéliens. Des milliers de manifestants ont en outre été blessés par les balles de Tsahal.

https://francais.rt.com/france/51535-bezons-plaque-commemorative-nakba-fureur-crif-exige-retrait

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mercredi 13 juin 2018

Yémen: Les États-Unis donnent leur feu vert au génocide

TRIBUNE LIBRE / Moon of Alabama

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Publié le 11 juin 2018 sous le titre Yemen – U.S. Grants Approval For Genocide

Traduit de l’anglais par Dominique Muselet

Le génocide au Yémen va commencer demain. Huit millions de Yéménites sont déjà au bord de la famine. Dix-huit millions de Yéménites sur vingt-six vivent dans le centre montagneux (en vert) qui est sous le contrôle des Houthis et de leurs alliés. Ils sont encerclés par les forces saoudiennes, les forces des Émirats arabes unis et leurs mercenaires. Il y a peu d’agriculture. La seule ligne d’approvisionnement en provenance de l’extérieur sera bientôt coupée. Les gens vont mourir de faim.

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Même avant la guerre, le Yémen importait 90% de son alimentation de base. Trois années de bombardements saoudiens/EAU ont détruit les infrastructures et la production locales. La guerre a déjà provoqué une famine massive et une grande épidémie de choléra. La côte yéménite est bloquée par les forces navales saoudiennes et américaines. Les seuls ravitaillements qui arrivent sont les livraisons de l’ONU et les livraisons commerciales par le port de Hodeidah sur la Mer Rouge (Al Hudaydah sur la carte).

 

 

Les Émirats arabes unis lancent des mercenaires locaux et des gangs islamistes contre les Houthis et leurs alliés. Au cours des derniers mois, ces forces venues du sud ont remonté le long de la côte jusqu’à Hodeidah. Les combats sont féroces :

De violents combats au Yémen entre les forces pro-gouvernementales et les rebelles chiites ont tué plus de 600 personnes des deux côtés au cours des derniers jours, ont déclaré lundi des responsables de la sécurité.

Demain, lorsque les médias seront occupés avec les photos du sommet Kim-Trump, les forces des Émirats arabes unis lanceront leur attaque contre la ville.

L’ONU, qui supervise la distribution de l’aide qui arrive à Hodeidah, a tenté de jouer les intermédiaires entre les parties :

L’envoyé spécial de l’ONU pour le Yémen, Martin Griffiths, s’est rendu dans la capitale des Émirats arabes unis au cours du week-end pour tenter d’empêcher une attaque. M. Griffiths avait conclu un accord avec les rebelles Houthis qui contrôlent Hodeidah pour permettre à l’ONU de gérer le port conjointement. Mais selon des sources bien informées, il y a peu de chance que les Émirats arabes unis acceptent l’offre ou retardent l’assaut prévu.

Les sources bien informées ne se sont pas trompées. L’ONU est en train d’évacuer son personnel :

Lundi l’ONU évacuait son personnel de la ville portuaire yéménite assiégée d’Al Hudaydah, après que des pays membres de l’ONU ont appris qu’une attaque des forces dirigées par les Émirats arabes unis était imminente, selon deux diplomates. […]

Le Comité international de la Croix-Rouge a retiré son personnel de la ville pendant le week-end. […]

Les diplomates de la région disent qu’ils croient que seule une pression accrue de Washington pourrait empêcher l’assaut.

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Les États-Unis, par l’intermédiaire de leur secrétaire d’État Pompeo, viennent de donner le feu vert aux Émirats arabes unis pour lancer leur attaque :

Les États-Unis suivent de près l’évolution de la situation à Hudaydah, au Yémen. J’ai parlé avec les dirigeants émiratis et exprimé clairement notre désir de répondre à leurs préoccupations en matière de sécurité tout en préservant la libre circulation de l’aide humanitaire et des importations commerciales qui sauvent des vies. Nous attendons de toutes les parties qu’elles honorent leur engagement à travailler avec le Bureau de l’Envoyé spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour le Yémen sur cette question, à soutenir un processus politique pour résoudre ce conflit, à assurer l’accès humanitaire au peuple yéménite et à tracer un avenir politique stable pour le Yémen.

Ni les Émirats ni les Saoudiens n’ont intérêt à laisser entrer l’aide humanitaire. Ils sont absolument sans merci. Plus tôt aujourd’hui, ils ont bombardé un centre de traitement du choléra géré par Médecins sans frontières :

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« L’attaque de ce matin contre un centre de traitement du choléra @MSF à Abs par la coalition saoudienne et émiratie dénote un manque total de respect pour les installations médicales et les patients. Qu’elle soit intentionnelle ou que ce soit une bévue, c’est totalement inacceptable. »

La semaine dernière, les Saoudiens ont intentionnellement bombardé les installations du Conseil norvégien pour les réfugiés à Sanaa :

Le CNR a fourni à toutes les parties du conflit, y compris à la Coalition dirigée par l’Arabie saoudite, les détails et les coordonnées de nos opérations afin d’assurer la sécurité de notre personnel.

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Hodeidah, avec ses 600 000 habitants et ses centaines de milliers de réfugiés, sera difficile à prendre. Aucun ravitaillement ne transitera par le port tant que le combat se poursuivra. Si les forces des Émirats arabes unis prennent le port, elles ne laisseront pas l’aide entrer dans les zones contrôlées par les Houthis. Il y aura une énorme famine, des centaines de milliers sinon des millions de personnes mourront.

Il serait facile pour l’administration de Trump d’arrêter l’attaque des Émirats arabes unis. Les forces spéciales américaines sont sur le terrain au Yémen, travaillant en étroite collaboration avec les forces des Émirats arabes unis. Les avions américains ravitaillent les bombardiers saoudiens et ceux des Émirats arabes unis. Les renseignements américains sont utilisés pour le ciblage. Les États-Unis fournissent les bombes. Sans le ravitaillement en vol des États-Unis, les chasseurs des Émirats arabes unis ne pourraient pas soutenir leurs forces au sol. Ils ne pourraient pas lancer d’attaque.

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Dès le début, l’administration Trump est extrêmement proche des dirigeants israéliens, émiratis et saoudiens. Leur objectif commun est de contrer l’Iran. Mais l’Iran est peu impliqué au Yémen :

Il est très exagéré de prétendre que l’Iran a beaucoup d’influence sur les Houthis. Bien que les Houthis reçoivent un certain soutien de la part de l’Iran, il s’agit surtout d’un soutien politique, avec une aide financière et militaire minimale. Cependant, depuis que les Houthis ont pris le contrôle de Sanaa, le groupe est de plus en plus souvent présenté comme étant « soutenu par l’Iran » ou « chiite », ce qui suggère souvent une relation sectaire avec la République islamique. Pourtant, avant les bouleversements de 2011, le terme « chiite » n’était pas utilisé par les Yéménites pour désigner des groupes ou des individus yéménites. Les Houthis ne suivent pas la tradition du chiisme duodécimain prédominante en Iran, mais adhèrent au Zaydisme, qui dans la pratique est plus proche de l’islam sunnite, et n’a manifesté aucune solidarité avec d’autres communautés chiites.

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Les Saoudiens considèrent le Zaydisme comme un obstacle à leur influence au Yémen. Ils veulent contrôler le gouvernement yéménite. Les Émirats veulent contrôler le port d’Aden et les installations de stockage et de chargement du pétrole et du gaz du Yémen. L’administration Obama avait soutenu l’attaque saoudienne contre le Yémen pour que les Saoudiens acceptent l’accord nucléaire avec l’Iran. L’administration Trump soutient la guerre saoudo/UAE par ignorance. Elle croit au mythe iranien. Elle veut aussi vendre plus d’armes.

Des millions d’enfants et de civils paieront cette décision américaine de leur vie.

Moon of Alabama

Article original: Yemen – U.S. Grants Approval For Genocide

URL: https://arretsurinfo.ch/yemen-les-etats-unis-donnent-leur-feu-vert-au-genocide/

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jeudi 7 juin 2018

Sous Trump, le lobby israélien s’est mué en hydre à plusieurs têtes

TRIBUNE LIBRE / par Jonathan Cook

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Depuis l’arrivée au pouvoir de Trump, le lobby israélien a mobilisé quatre autres puissants lobbies : les évangéliques chrétiens, la droite alternative, le complexe militaro-industriel et l’Arabie saoudite.

Les récentes mesures prises par l’administration Trump dans le conflit israélo-palestinien vont à coup sûr dissiper le moindre doute quant à l’énormité et la dangerosité de l’influence du lobby israélien à Washington.

Sous Trump, ce lobby a démontré un pouvoir d’influence sans précédent – même par rapport à ses propres normes – au mépris flagrant de toutes les plus évidentes priorités américaines.

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On a d’abord eu droit, en mai, au déménagement de l’ambassade des États-Unis à Jérusalem, non pas dans la plus grande discrétion, mais lors du 70eanniversaire du jour le plus sensible du calendrier palestinien : la Nakba. Ce jour-là, les Palestiniens commémorent leur expulsion massive de leur patrie en 1948.

En déplaçant l’ambassade, Trump a donné la bénédiction officielle des États-Unis pour mettre en pièces un processus de paix de 25 ans – et en choisissant la date de la Nakba pour organiser le transfert, il a provoqué les Palestiniens et, par extension, le monde arabe tout entier, en leur rappelant cruellement leur défaite.

Puis, la Maison-Blanche en a rajouté en félicitant les tireurs d’élite israéliens qui, le même jour, venaient de massacrer des dizaines de Palestiniens sans armes, qui protestaient contre la clôture du périmètre autour de Gaza. Il n’est pas exclu qu’une série de déclarations émanant de la Maison-Blanche ait été dictée par le Premier ministre israélien d’extrême droite, Benyamin Netanyahou lui-même.

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Aux Nations unies, les États-Unis ont bloqué une résolution du Conseil de sécurité réclamant que ce massacre fasse l’objet d’une enquête, tandis que Nikki Haley, l’envoyé de Trump à l’ONU, faisait observer aux autres délégués : « Aucun pays dans cette assemblée n’agirait avec plus de retenue qu’Israël ».

Aucune de ces mesures ne servait la moindre priorité nationale américaine, pas plus que la décision prise par Trump la semaine précédente de déchirer l’accord nucléaire de 2015 avec l’Iran – depuis longtemps critiqué par le gouvernement israélien.

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En fait, c’est tout le contraire : ces actions risquent d’enflammer les tensions jusqu’à provoquer une guerre régionale entraînant rapidement les grandes puissances, ou motiver des attaques terroristes sur le sol américain.

Mur du silence

Rappelons-nous qu’il y a deux décennies, il était impossible de suggérer l’existence d’un lobby israélien à Washington sans être taxé d’antisémite.

Paradoxalement, les partisans d’Israël ont exercé ce pouvoir même dont ils niaient l’existence, et soumis leurs opposants par l’intimidation, tout en prétendant que toute évocation d’un lobby israélien ne reposait que sur des « tropes* » antisémites du pouvoir juif.

Le mur du silence n’a été brisé qu’avec la publication en 2006 d’un essai fondateur – publié en livre par la suite – de deux éminents universitaires américains, John Mearsheimer et Stephen Walt.

Or, ces deux auteurs n’ont pas réussi à trouver un seul éditeur aux États-Unis, ce qui atteste de l’implacable emprise de ce lobby, alors même qu’on venait de le sortir de l’ombre. Pour trouver ses lecteurs, l’essai a dû être publié de l’autre côté de l’Atlantique, par la prestigieuse, quoique confidentielle, London Review of Books. L’un de ces écrivains, Stephen Walt, a publiquement admis que sa carrière en avait pâti.

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Il se présente depuis une petite marge de manœuvre sur le sujet. Même le chroniqueur du New York Times, Thomas Friedman, ardent défenseur d’Israël, a reconnu l’existence du lobby.

En 2011, il a expliqué un rituel bien établi, quoique stupéfiant, de la politique américaine : à chaque visite aux États-Unis d’un Premier ministre israélien, le Congrès l’accueille avec plus de ferveur que le président américain lui-même. Friedman fit observer : « J’espère que le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, comprend que, s’il a été gratifié de l’ovation reçue au Congrès cette année, ce n’était pas pour sa politique. Son ovation a été achetée et payée par le lobby israélien ».

Intimidation du Congrès

Friedman faisait allusion au réseau d’organisations du leadership juif et des comités d’action politique aux États-Unis, tous agressivement pro-israéliens, qui, au moment des élections, envoient régulièrement d’importantes sommes d’argent pour soutenir ou desservir tel ou tel candidat du Congrès.

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Non que ces organisations pro-israéliennes contrôlent le Congrès, mais elles maîtrisent les techniques d’intimidation politique. Elles comprennent et exploitent les failles du système américain où s’engouffrent les lobbies et leurs moyens financiers pour dicter les programmes de la plupart des législateurs américains. Chacun des membres du Congrès est vulnérable – non seulement parce qu’il risque de perdre de généreux donateurs, mais de se retrouver aussi face à un adversaire généreusement financé.

Le principe de « suivre la trace de l’argent » ne trouve pas meilleure illustration que dans le cas de Trump. Au début de sa course vers l’investiture du parti républicain pour la présidentielle – dans laquelle si peu d’observateurs lui donnaient une chance qu’il en était réduit à financer sa campagne sur ses deniers personnels – il tenait des propos relativement critiques à l’égard d’Israël.

Aussi difficile à croire que cela puisse paraître aujourd’hui, il avait promis de rester « neutre » sur la question israélo-palestinienne. Il avait exprimé des doutes quant l’opportunité et la logique d’offrir à Israël des milliards de dollars par an en aide militaire, soutenu une solution à deux États et refusé de s’engager à reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël.

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Tout cela a été abandonné dès qu’il a eu besoin de gros bailleurs de fonds pour mener jusqu’au bout sa candidature présidentielle. Le faiseur de rois du parti républicain, c’est Sheldon Adelson, milliardaire des casinos et champion de la politique israélienne ultranationaliste et anti-arabe, dans laquelle excelle Netanyahou. Adelson aime tellement Netanyahou qu’il lui a même acheté un journal, Israel Hayom, qu’Adelson a développé au point d’en faire le quotidien le plus diffusé en Israël.

Tout compte fait, Adelson a soutenu la campagne électorale de Trump à hauteur de 35 millions de dollars. C’est parce qu’il avait besoin du soutien d’Adelson que Trump a nommé David Friedman – bienfaiteur de longue date des colonies juives illégales en Cisjordanie – au poste (supposé non partisan) d’ambassadeur des États-Unis en Israël. Et lors de l’ouverture de l’ambassade des États-Unis à Jérusalem la semaine dernière, Adelson faisait partie des invités d’honneur.

Le vilain petit canard de l’antisémitisme

Ceux qui accusent d’antisémitisme quiconque ose soulever la question du lobby israélien, soit comprennent de travers ce qui est revendiqué, soit en donnent, intentionnellement, une représentation fallacieuse.

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Personne, hormis les antisémites haineux, facilement identifiables, ne se livre à la réactualisation des Protocoles centenaires des Sages de Sion – un faux document célèbre rédigé par les partisans du tsar russe, censé prouver que ‘’les juifs’’ cherchaient à dominer le monde en faisant main basse sur banques et médias.

Pour commencer, l’argument sur l’existence d’un lobby israélien ne fait aucunement référence aux personnes juives. Est en cause un pays, Israël, et son influence démesurée sur les politiques nord-américaines.

D’autres pays ou groupes de citoyens américains tentent d’exercer ce genre d’influence, soit par le biais de lobbies similaires, soit en recourant à divers subterfuges.

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Personne n’oserait nier l’existence du lobby cubain – ce groupe de pression qui a contribué à orienter la politique américaine et cherché à évincer le leader révolutionnaire Fidel Castro. Encore actuellement, la quasi-totalité des législateurs américains écument de rage devant ce qu’ils interprètent comme des manœuvres occultes déployées par la Russie en vue d’orienter la politique américaine dans le sens de Moscou.

Pourquoi devrait-on croire qu’il en va tout autrement d’Israël ? La question n’est pas de savoir si le lobby existe, mais pourquoi le système politique américain ne fait rien pour se soustraire à son ingérence.

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Si la prétendue main invisible du leader russe Vladimir Poutine s’ingérant dans les affaires américaines fait peser une telle menace, pourquoi celle d’Israël serait-elle au-delà de tout soupçon ?

Cinq lobbies en un

Plutôt que démasquer et affronter le lobby israélien, les présidents américains se sont généralement volontiers ralliés à sa cause. Ce qui s’est clairement vu, entre autres, lorsque Barack Obama a rétropédalé lors de sa première confrontation avec Netanyahou, à qui il demandait de limiter l’expansion des colonies juives illégales en Cisjordanie.

Sous Trump, en revanche, le lobby israélien en est venu à exercer un pouvoir sans égal, parce qu’on a affaire désormais à bien plus qu’un seul et unique lobby. Il s’agit d’une hydre à cinq têtes, digne de la mythologie grecque, et une seule d’entre elles relève directement d’Israël ou des juifs américains organisés.

En fait, le pouvoir du lobby n’émane désormais plus d’Israël principalement. Depuis l’élection de Trump, le lobby israélien a réussi à absorber et à mobiliser quatre puissants lobbies supplémentaires – et ce dans des proportions inédites : les évangéliques chrétiens, la droite alternative, le complexe militaro-industriel et le lobby de l’Arabie saoudite.

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La victoire électorale de Trump dans son propre pays dépendait de sa capacité à rallier à sa cause deux groupes profondément engagés en faveur d’Israël, tout en étant largement indifférents, voire activement hostiles, aux juifs de ce pays.

Les dirigeants de l’extrême droite américaine – coalition peu structurée de groupes suprématistes blancs et néonazis – se sont entichés d’Israël, mais n’aiment généralement pas les juifs. Ce sentiment a été résumé par le leader d’extrême droite, Richard Spencer, qui se qualifie lui-même de « sioniste blanc ».

Bref, la droite alternative chérit Israël parce que ce pays a réussi à perpétuer un modèle, depuis longtemps décrié, de forteresse patriotique raciste et belliqueuse. Elle voudrait que les États-Unis deviennent un pays exclusivement réservé à une communauté « blanche » fantasmée, tout comme Israël se veut l’incarnation d’une communauté exclusivement juive.

Trump s’appuie sur le vote de l’extrême droite, comme en témoigne la nomination précipitée à son administration de plusieurs personnalités associées à ce courant, dont Steve Bannon, Stephen Miller, Michael Flynn, Julia Hahn et Sebastian Gorka.

Réaliser la prophétie divine

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Toutefois, le rôle des évangéliques est encore plus déterminant. C’est ainsi que le fervent chrétien Mike Pence a été désigné colistier de Trump. Son équipe avait compris que les voix de dizaines de millions d’Américains lui seraient acquises si Trump se conformait à leurs préjugés.

Pour le plus grand bonheur de Netanyahou, leur plus grand parti-pris se traduit par un soutien fanatique à Israël, non seulement à l’Israël restreint à l’intérieur de ses frontières actuelles internationalement reconnues, mais surtout au Grand Israël, qui englobe des dizaines de colonies juives illégales construites sur des terres palestiniennes.

Les sionistes chrétiens croient que les juifs doivent être regroupés au sein de leur patrie biblique afin que s’accomplisse la prophétie divine qui provoquera la seconde venue du Messie.

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C’est surtout par souci de plaire aux sionistes chrétiens que Trump a transféré l’ambassade des États-Unis à Jérusalem. Et c’est aussi pourquoi deux pasteurs évangéliques connus pour leurs propos antisémites, John Hagee et Robert Jeffress, ont été appelés à gratifier de leurs bénédictions la cérémonie d’ouverture.

Trump est redevable envers les évangéliques – on a donc motif à s’inquiéter de sa politique dans la région. Les sionistes chrétiens ne s’intéressent pas aux principes d’équité, de justice ou de droit international. Ils sont au contraire prêts à attiser les tensions au Moyen-Orient – et même à déclencher l’Armageddon lui-même – s’ils y voient un moyen de renforcer Israël et de réaliser la prophétie divine.

Mise en garde d’Eisenhower

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Le complexe militaro-industriel jouit d’une influence de bien plus longue date, quoique plus masquée, sur la politique américaine. Déjà en 1961, un ancien général de l’armée américaine devenu président, Dwight Eisenhower, avait mis en garde contre la menace imminente d’un secteur privé de plus en plus envahissant, et dont les marges bénéficiaires sont tributaires de l’ampleur des guerres.

Depuis, le pouvoir de ces grandes sociétés s’est accru et étendu, exactement comme le craignait Eisenhower. Pour le plus grand bonheur d’Israël.

Dans son livre The Fateful Triangle, publié au début des années 1980, Noam Chomsky, intellectuel américain dissident, observait qu’Israël et États-Unis ne partageaient pas les mêmes perceptions du Moyen-Orient.

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Les États-Unis incarnaient alors ce que Chomsky appelait le « pouvoir du statu quo », avant tout soucieux de préserver l’ordre régional existant. Israël, au contraire, s’employait à la déstabilisation de la région – sa balkanisation – et en a fait sa stratégie, en vue d’étendre son hégémonie sur des États voisins divisés, chacun d’entre eux en proie à de constantes querelles intestines.

On constate sans peine aujourd’hui quelle vision du Moyen-Orient a prévalu. Les industries de guerre dont le siège social est aux États-Unis font pression en faveur d’une « guerre mondiale permanente contre le terrorisme », gourmande en jouets meurtriers coûteux – dont elles ont déjà largement profité. L’Occident a même réussi à présenter ses guerres d’agression contre d’autres États souverains sous l’étiquette « humanitaire ».

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Les avantages qu’en retire le complexe militaro-industriel se traduisent par les profits exponentiels enregistrés ces dix dernières années par les grands marchands de canons américains comme Lockheed Martin ou Raytheon.

Entretenir les peurs

Israël n’a pas seulement bénéficié des sanctions contre ses rivaux régionaux et de leur démembrement – Syrie, Irak et Iran – mais a également saisi cette occasion pour se rendre indispensable à la prospérité de ces industries de guerre.

Il a, par exemple, été la cheville ouvrière du développement et du perfectionnement de nouvelles façons d’exploiter la culture de la peur – dont la plus importante, l’industrie toujours en pleine expansion de la « sécurité intérieure ».

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Israël se sert des territoires palestiniens occupés à des fins d’expérimentation et s’est spécialisé dans le développement de nombreuses technologies : surveillance et biométrie, méthodes létales et non létales de contrôle des foules, systèmes complexes d’incarcération, profilage psychologique des populations assujetties, et redéfinitions très douteuses du droit international visant à la levée des sanctions en vigueur en cas de crimes de guerre et guerres d’agression.

Cette situation s’avère incommensurablement bénéfique aux industries militaires qui cherchent à tirer profit des nouvelles guerres et occupations au Moyen-Orient. De plus, l’expertise d’Israël en la matière s’en trouve désormais très recherchée par les élites politiques et sécuritaires américaines qui souhaitent pacifier et contrôler des populations nationales agitées.

La déstabilisation du Moyen-Orient encouragée par Israël fait peser de nouvelles menaces sur les États-Unis – protestations, immigration et terrorisme – pour lesquelles Israël fournit alors des solutions clé en main.

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Israël a contribué à rationaliser la militarisation des forces de police aux États-Unis et ailleurs, et assure leur formation. Il a aussi progressivement introduit – aux États-Unis comme dans d’autres pays occidentaux – le type de profilage racial et politique qui est, depuis longtemps, la norme en Israël.

C’est la raison pour laquelle l’universitaire israélien Jeff Halper vient de tirer la sonnette d’alarme : la « guerre contre le terrorisme » pourrait, en fin de compte, faire de nous tous des Palestiniens.

Alliance avec l’Arabie saoudite

Mais le plus gros coup de pouce qui a renforcé la puissance d’Israël à Washington est sans doute sa nouvelle alliance, à peine dissimulée, avec l’Arabie saoudite.

Pendant des décennies, le lobby pétrolier américain fut perçu comme contrepoids au lobby israélien. C’est pourquoi les partisans d’Israël ont toujours conchié le Département d’État américain, perçu comme l’incarnation d’un avant-poste arabisant.

Plus maintenant. Trump, en homme d’affaire fidèle à lui-même, a cultivé des liens encore plus étroits avec les Saoudiens dans l’espoir que les ventes d’armes et de technologies revitaliseront l’économie des États-Unis et feront advenir leur renaissance politique.

Lors d’une visite du prince héritier Mohammed ben Salmane aux États-Unis en mars, M. Trump a précisé : « L’Arabie saoudite, nation très riche, va, nous l’espérons, faire bénéficier les États-Unis d’une partie de son abondance, sous la forme d’emplois et en acquérant les meilleurs équipements militaires au monde ».

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Or, les liens étroits qu’entretiennent Washington et les Saoudiens ressemblent de plus en plus à une aubaine pour Israël, plutôt qu’à un obstacle. Ces deux pays se sont trouvé une cause commune : ils s’opposent fébrilement à l’Iran et à ses alliés chiites en Syrie et au Liban, et ils sont déterminés à les empêcher d’acquérir encore plus de pouvoir dans la région.

Israël est en quête d’une hégémonie militaire sur le Moyen-Orient, et l’Iran risque de la compromettre. De son côté, Riyad a besoin d’une hégémonie idéologique et financière, que l’Iran a les moyens de contrarier.

Quant aux Palestiniens – la seule question qui continue de diviser profondément Israël et l’Arabie saoudite – ils sont de plus en plus perçus par ben Salmane comme une pièce de jeu d’échecs qu’il est tout disposé à sacrifier en échange de la destruction de l’Iran.

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Trump a déchiré, avec l’enthousiasme incendiaire que l’on sait, l’accord nucléaire conclu entre Obama et l’Iran parce que ses deux alliés du Moyen-Orient le lui ont conjointement réclamé.

Et tout indique qu’il pourrait faire pire encore – jusqu’à attaquer l’Iran – si la pression d’Israël et des Saoudiens atteignait une masse critique.

L’heure est à un peu plus d’humilité

Tous ces différents lobbies exercent depuis longtemps un pouvoir considérable à Washington, mais ils restent profondément divisés. Ces dernières années, en revanche, leurs intérêts se sont considérablement entremêlés, de sorte qu’Israël devient de plus en plus incontournable en politique américaine.

Sous Trump, leurs priorités ont si bien convergé que ce lobby multicéphale a capté la présidence sur les questions qui le concernent le plus, et d’autant plus efficacement qu’il joue collectif.

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Je ne dis pas que le lobby israélien est à l’avenir à l’abri de tout défi. D’autres menaces émergent en réaction au pouvoir irresponsable du lobby israélien : notamment, les voix progressistes sur la scène politique américaine qui, pour la première fois, rompent avec le caractère, de longue date, bipartisan du débat sur Israël.

La progression inattendue de Bernie Sanders dans la course à l’investiture démocrate pour la présidentielle, la montée en puissance du mouvement international Boycott, désinvestissement et sanction (BDS), la désaffection croissante des jeunes juifs américains envers Israël, et la dénonciation grandissante des crimes israéliens par l’opinion publique américaine sur les réseaux sociaux sont autant de signes révélateurs de tendances lourdes, qu’Israël aura du mal à contrer ou à inverser.

Israël est en train d’obtenir en ce moment ce qu’il recherche depuis toujours. Mais contre le péché d’orgueil, nous avons été mis en garde depuis l’époque de la Grèce antique.Israël pourrait en venir à un peu plus d’humilité – par la manière forte.

Jonathan Cook

Jonathan Cook est un journaliste anglais basé à Nazareth depuis 2001. Il a écrit trois ouvrages sur le conflit israélo-palestinien et remporté le prix spécial de journalisme Martha Gellhorn. Vous pouvez consulter son site web et son blog à l’adresse suivante : www.jonatthan-cook.net.

Article original traduit par Dominique Macabies.

https://arretsurinfo.ch/sous-trump-le-lobby-israelien-sest-mue-en-hydre-a-plusieurs-tetes/

*TROPE, subst. masc.

A. − RHÉTORIQUE

1. [Dans l'anc. rhét.] Figure par laquelle un mot prend une signification autre que son sens propre. Les Tropes sont certains sens plus ou moins différens du sens primitif, qu'offrent, dans l'expression de la pensée, les mots appliqués à de nouvelles idées (P. Fontanier, Les Figures du disc., Paris, Flammarion, 1968, [1821], p. 39). (...)http://www.cnrtl.fr/definition/trope

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mercredi 6 juin 2018

A Paris, des manifestants s'opposent à la venue du «criminel de guerre» Benjamin Netanyahou

Après Berlin, le Premier ministre israélien est en visite à Paris, où il s'entretient avec Emmanuel Macron afin de plaider notamment pour un durcissement vis-à-vis de l'Iran. Solidaires des Palestiniens, des protestataires se sont rassemblés.

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«Non à la venue du criminel de guerre Netanyahou en France !» : tel est le mot d'ordre de plusieurs collectifs pro-palestiniens qui ont appelé à manifester à Paris ce 5 juin 2018, jour de la rencontre entre le Premier ministre israélien et le président de la République, Emmanuel Macron. «Netanyahou, criminel de guerre ! A la cour pénale internationale !», scandaient des opposants, d'après un reporter de RT France présent sur les lieux. 

En raison d'une interdiction de manifester devant le Grand Palais, c'est finalement aux Invalides que se sont rassemblés les protestataires. Ceux-ci se sont vus interdire le franchissement de la Seine.

Un reporter de FranceInfo a estimé à 200 le nombre de manifestants.

Des élus de La France insoumise (LFI), parti dont une frange notable se montre critique à l'égard de la politique de l'Etat hébreu, ont annoncé leur venue. Outre Danielle Simonnet, conseillère de Paris, le député LFI Eric Coquerel a dénoncé sur Twitter la venue de Benjamin Netanyahou à Paris.

Macron ne reconnaîtra pas la Palestine

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Lors d'une conférence de presse au côté de Benjamin Netanyahou, Emmanuel Macron a répondu à un journaliste qu'il ne reconnaîtrait pas officiellement la Palestine, estimant que les décisions unilatérales causaient de la «violence». Il a pris comme exemple le retrait américain de l'accord sur le nucléaire iranien, estimant que celui-ci était «mieux que ce qu'on avait avant», sans pour autant être parfait.

Comme attendu, le Premier ministre israélien a pour sa part insisté sur la nécessité selon lui, de durcir le ton vis-à-vis de l'Iran. Il a estimé que l'accord sur le nucléaire avait permis à Téhéran, en levant les sanctions, de lui «donner l'argent pour construire cet empire». Evoquant les actions de Téhéran en Syrie comme une «agression iranienne», il a assuré que si Paris ne sévissait pas vis-à-vis de Téhéran, des réfugiés afflueraient vers l'Europe.

Les manifestants solidaires des Palestiniens

Alors qu'Emmanuel Macron et Benjamin Netanyahou doivent participer à l'inauguration d'une exposition sur Israël, les opposants à la venue du Premier ministre israélien réclament notamment l'«annulation de la saison France-Israël», un événement culturel censé renforcer les liens entre les deux pays. Ils apportent par ailleurs leur soutien à la «Marche du retour», un mouvement de revendication qui a débuté le 30 mars et qui vise à revendiquer, conformément au droit international, le droit au retour des réfugiés palestiniens chassés ou ayant fui leur terre à la création de l'Etat hébreu.

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Benjamin Netanyahou a été la cible de critiques ces derniers mois, alors que l'armée israélienne a causé la mort de plus de 120 manifestants palestiniens depuis le début d'un mouvement de protestation. Des milliers d'autres ont en outre été blessés par des tirs de soldats israéliens.

Lors de sa rencontre avec Emmanuel Macron, Benjamin Netanyahou devrait notamment plaider pour un durcissement des pays européens à l'égard de l'Iran, grand rival régional de Tel-Aviv, alors que ceux-ci tentent de préserver l'accord sur le nucléaire conclu en 2015, malgré le récent retrait des Etats-Unis. Le 4 juin, le Premier ministre israélien avait mis la pression sur l'Allemagne lors d'une rencontre avec Angela Merkel, l’exhortant à sévir davantage contre Téhéran. Il avait ainsi mis en garde la chancelière allemande contre une arrivée massive de réfugiés, si Berlin ne réintroduisait pas des sanctions contre l'Iran.

https://francais.rt.com/international/51329-paris-manifestation-contre-rencontre-macron-criminel-guerre-netanyahou

AFFICHE FL JUSTICE PALESTINE

Paris, le 30 mai 2018

Monsieur le Président de la République,

Nos organisations s’étonnent du maintien de l’invitation à Paris du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou pour l’inauguration de la saison culturelle croisée France-Israël le 5 juin 2018.

Cette visite ainsi que le maintien de la saison croisée nous semblent inappropriés dans le contexte actuel.

La répression militaire arbitraire et les violations du droit par les autorités israéliennes dans la Bande de Gaza, depuis le début de la « grande Marche du Retour », ont été condamnées par l’ensemble de la communauté internationale, y compris par la France. L’Elysée a « condamné les violences des forces armées israéliennes contre les manifestants » et le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères a, lui, « rappelé le devoir de protection des civils, en particulier des mineurs, et le droit des Palestiniens à manifester pacifiquement. Rien ne peut justifier des tirs systématiques à balles réelles contre des manifestants pacifiques et désarmés. » Le 18 mai 2018, à l’occasion de la session extraordinaire du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU, la France exprimait également son soutien à la création d’une commission d’enquête indépendante sur les violations des droits de l’Homme en Palestine, ce que nous saluons.

Dans le prolongement de ces déclarations, nous attendons que la France affirme plus fermement et concrètement son désaccord avec la politique répressive violente menée par l’Etat israélien.

En toute cohérence avec la position de la France sur la question palestinienne et son engagement en faveur des droits de l’Homme, nous vous demandons d’annuler la visite de B. Netanyahou à Paris prévue le 5 juin 2018 pour l’inauguration de la saison culturelle croisée France-Israël.

Si elle était maintenue le 5 juin prochain – date marquant les 51 ans du déclenchement de la guerre des Six-Jours et l’occupation de tout le territoire palestinien – elle serait perçue comme une provocation et une légitimation des violations du droit commises par les autorités israéliennes en Palestine et particulièrement à Gaza ces dernières semaines.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’assurance de notre profonde considération.

Mme Claude Léostic, Présidente de la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine

https://plateforme-palestine.org/La-visite-de-Benyamin-Netanyahou-a-Paris-le-5-juin-2018

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mardi 5 juin 2018

Gaza : «Il y a une tolérance presqu'infinie» envers Israël, selon l'ex-ambassadeur Michel Raimbaud

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A l'occasion de la visite de Netanyahou à Paris, un article qui dénonce le "deux poids deux mesures" en matière de droit international, alors que s'ouvre la "saison France Israël 2018" célébrant les liens entre les 2 pays dans les domaines culturel et scientifique (voir notre publication Pétition: "Nous demandons l’annulation de la saison France-Israël" )   P.G.

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Michel Raimbaud, ancien ambassadeur de France au Soudan et en Mauritanie, estime qu’Israël viole délibérément le droit international car il bénéficie de la protection américaine. Selon lui, tant que cette permissivité subsistera, rien ne changera.

Invité sur le plateau de RT France le 3 juin pour réagir sur le récent veto des Etats-Unis à une résolution de l'ONU visant à protéger les Palestiniens dans la bande de Gaza et en Cisjordanie occupée, l’ancien ambassadeur de France au Soudan et en Mauritanie, Michel Raimbaud, a estimé que l’Etat hébreu était exempté de toute condamnation grâce à l’appui de Washington.

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«Je pense qu’on supporte des comportements de la part d’Israël qu’on ne supporterait probablement pas de la part d'autres Etats. Il y a une tolérance presqu'infinie […] envers toutes les violations multiples du droit international, y compris du droit humanitaire, de la part d’Israël […] Il n y a pas beaucoup d’Etats dans le monde qui pourraient se permettre un tel comportement à part [les Etats-Unis d']Amérique», a-t-il déploré.

Interrogé sur la proposition de résolution américaine à l'ONU, visant à condamner les agissements du Hamas comme étant responsable de la récente vague de violences, Michel Raimbaud a estimé que l'attitude des Etats-Unis dans le conflit israélo-palestinien défiait tout «sens commun et toute intelligence diplomatique».

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«On dit que la pensée néoconservatrice qui est à l’œuvre en Amérique, en Israël et ailleurs dans le monde […] est le degré zéro de la pensée politique […] La vision qu’a Benjamin Netanyahou de l’avenir de la région et de ses dangers, c’est vraiment un degré zéro de la vision», a-t-il par ailleurs ajouté.

Pour l'ancien ambassadeur, il n’est pas nécessaire de chercher une logique dans le comportement d’Israël, qui selon lui, a décidé que «le droit [international] était fait pour les autres mais qu’il n’était pas fait pour [lui]».

Enfin, il s’est étonné que les appels à la retenue d’une partie de la communauté internationale soient également adressés aux Palestiniens : «C’est comme si l'on demandait lorsqu'il y a une situation de crime, la même retenue à celui qui tue et celui qui se fait tuer.»

https://francais.rt.com/international/51278-gaza-ex-ambassadeur-francais-michel-raimbaud-tolerance-israel-infinie

dimanche 3 juin 2018

Pétition: "Nous demandons l’annulation de la saison France-Israël"

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La saison 2018 célébrant les liens entre la France et Israël dans les domaines culturels et scientifiques risque d'être sérieusement perturbée cette année, vu le contexte; le plus sage serait sans doute de l'annuler, mais la sagesse n'est pas la qualité première de notre président jupiter!   P.G.

TRIBUNE LIBRE / La Campagne BDS France : www.bdsfrance.org et L'Aurdip: www.aurdip.fr

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Monsieur le Président de la République,

Sous votre haut patronage, la République française s’apprête à lancer la « saison France-Israël 2018 ». Cet événement, lit-on,

« a […] pour ambition de montrer la vitalité de la relation bilatérale dans les domaines culturels et scientifiques, de marquer une nouvelle étape dans les relations économiques et de renouveler le regard que portent les Français sur Israël et les Israéliens sur la France ».

Bien plus,

« A travers plus de 400 événements dans les deux pays, la saison France-Israël 2018 résonnera dans une cinquantaine de villes en France et une vingtaine de villes en Israël autour de thèmes variés tels qu’innovation, sciences, économie, théâtre, danse, art contemporain, musique, éducation, cinéma, design, livre et débat d’idées ».

Cette inauguration aura lieu dans un contexte où le droit international dans les territoires palestiniens n’a jamais été aussi bafoué. L’extension des colonies se poursuit et l’ambassade des Etats-Unis a été transférée à Jérusalem. Que la « saison France-Israël 2018 » se déroule dans ces conditions est en soi inopportun, tant il est évident que cet événement participe d’une stratégie visant à redorer le blason d’un État dont la nature annexionniste n’est plus un secret pour personne.

Mais aujourd’hui, il serait inadmissible que cette « saison France-Israël » soit maintenue en dépit du dernier massacre de Gaza. Ce serait une atteinte irrémédiable à nos principes républicains et à nos valeurs de justice.

Citoyennes et citoyens français, nous ne pouvons accepter, dans les circonstances présentes, cette collaboration d’État à État entre la France et Israël. Nous ne pouvons nous soumettre à la normalisation avec un régime colonial bafouant les droits de l’Homme et les conventions internationales signées par la France.

Comment en effet pourrions-nous faire comme si de rien n’était ? Comme si des dizaines de jeunes gens n’avaient pas été assassinés de manière préméditée ? Comme si des centaines de manifestants demandant seulement le respect de leurs droits fondamentaux n’avaient pas été estropiés à vie ? Comme si le ghetto de Gaza ne courait pas le risque d’être purement et simplement liquidé, avec la complicité, active ou passive, de la communauté internationale ?

Pour cette raison, Monsieur le Président de la République, nous vous demandons de faire en sorte que la « saison France-Israël 2018 » n’ait pas lieu. Ne nous entretenons pas d’« éducation » ou d’« idées » avec un État qui a assassiné en quelques semaines plus de 110 jeunes gens épris de liberté et en a blessé ou mutilé plus de 8000. Envoyez un signal clair au gouvernement israélien en renonçant publiquement à la « saison France-Israël 2018 ». La société civile française ne saurait voir ces manifestations se tenir sans faire entendre sa désapprobation.

Pour signer la pétition

http://annulationfranceisrael.wesign.it/fr

DdqD9HiUQAA8zAA

 http://www.librairie-tropiques.fr/2018/05/nous-demandons-l-annulation-de-la-saison-france-israel.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

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lundi 28 mai 2018

Gaza, de la Marche du retour à l’État unique

TRIBUNE LIBRE / Le chirurgien Christophe Oberlin a effectué à Gaza en avril 2018 une mission médicale.

TL OBERLIN GAZA

Avec les manifestations pacifiques le long de la frontière qui sépare Gaza d’Israël, les Palestiniens sont en passe de réussir une couteuse mais efficace campagne de communication. Alors qu’Israël réagit de manière disproportionnée et fait usage d’armes prohibées, se précise l’objectif à long terme d’un Etat unique et démocratique sur l’ensemble de la Palestine.

Liban, 1992

Il y a 25 ans, le 15 décembre 1992, Itzhak Rabin déportait au Sud Liban 400 sympathisants du Hamas et du Jihad islamique. Le Premier ministre pensait ainsi éloigner définitivement les plus fermes opposants aux futurs accords d’Oslo dont les négociations secrètes venaient de commencer. Mais les déportés refusaient d’entrer au Liban et s’installaient tant bien que mal à quelque distance en contrebas du dernier check point israélien (Israël occupait alors le Sud Liban). Désormais chaque semaine les déportés allaient s’ébranler symboliquement en « Marches du retour » depuis leurs camps de toile vers la frontière, manifestant pacifiquement la volonté des Palestiniens de revenir sur leur terre. Ils essuyaient alors des tirs des soldats israéliens, l’un eut le visage emporté. Mais, bien avant l’heure d’internet, les images de leur détresse faisaient un « buzz » mondial, l’illégalité de leur expulsion était clamée par l’ONU. Neuf mois plus tard Israël cédait et les déportés rentraient chez eux.

Palestinien handicapé - Balle explosive

 

Les Marches du retour, version 2018

En 2018, les déportés, les assiégés, ne sont pas quatre cent, mais près de deux millions. Sans drapeaux partisans et sans armes, ils manifestent dans un espace vital pour eux : la zone frontalière sur laquelle Israël s’arroge le droit de vie et de mort ; un kilomètre de large sur quarante kilomètres de long, et qui correspond aux dernières terres agricoles de l’enclave. En déclarant ce territoire « zone tampon », ce sont trois mille hectares de terres agricoles sur laquelle Israël tire à vue. Au cours de l’année 2017, vingt-cinq Palestiniens ont été les cibles. Et voilà que ce ne sont plus de jeunes agriculteurs qui sont là, mais des familles entières, hommes femmes et enfants, des poussettes. Tous les vendredis, après l’heure de la prière, on piquenique en famille. Du nord au sud de la Bande de Gaza, cinq villages de tentes sont dressés avec des stands, des buvettes, des falafels, des podiums. Pour un de mes amis Francilien : « C’est la fête de l’Humanité avec beaucoup plus de monde ! »

Israël aggrave son cas

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Mais voilà que des jeunes s’approchent de la barrière, cette fois-ci sous les yeux du monde entier. Des centaines de portables diffusent en direct les images. Une fois de plus Israël réagit de la pire des façons, blesse et tue sans honte : « Nous savons où va chaque balle ». Mais en face une autre défense est organisée, non violente celle-là. Sur le terrain, dans les postes de secours, les ambulances, à l’entrée des services d’urgences des hôpitaux, dans les blocs opératoires, c’est toute une escouade formée au recueil de preuves médicolégales qui s’active sans relâche. En décembre dernier Ibrahim Abu Thuraya, handicapé amputé des deux jambes, a été tué d’une balle en plein front. Mais les témoins ont témoigné, les films sont là, et la balle extraite du crane est bien israélienne. Au soir du premier vendredi des Marches du retour, qui a fait 17 morts, ce sont plus de deux cent mandats des familles qui ont été recueillis et abondent les signalements déjà parvenus à la Cour pénale internationale. A tel point que la Procureure, fait totalement inédit dans l’histoire de la Cour, a fait savoir publiquement que ces actes « étaient susceptibles de relever de sa compétence ». Mais les soldats israéliens n’utilisent pas seulement les fines balles qui transpercent des enfants ou des journalistes. Je peux en témoigner. J’ai opéré à l’hôpital Shifa, le principal hôpital de la Bande de Gaza, du 8 au 15 avril. Les soldats israéliens utilisent aussi les « soft-nose bullets », ces balles à effet explosif qui font éclater les os, transforment en une bouillie sanglante l’intérieur des cranes, broient les corps en y laissant des cratères où l’on peut passer le poing. Et ils utilisent aussi les gaz. Des attaques chimiques comme celles, simultanée sur le nord et le sud de la Bande de Gaza qui ont laissé au sol des dizaines de blessés inconscients et agités de convulsions pendant de longues minutes. Des convulsions qui se reproduisent régulièrement chez les victimes hospitalisées dans les services de soins intensifs. Des gaz neurotoxiques. D’autres gaz, de couleur différente, produisent vomissements et diarrhées sanglantes. A la Cour, le dossier israélien pèse de plus en plus lourd.

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Les commentaires habituellement lisses des médias occidentaux commencent à se fissurer. Certes persistent quelques rapports « équilibrés », présentant à égalité oppresseur et victime. On évoque le pathétique ou le dérisoire à la vue de ces jeunes qui jouent avec leur vie sans objectif réaliste, ou qui seraient « manipulés par le Hamas ». On se désole de ces images de violence qui se répandent sur internet et ne constitueraient que d’autres appels à la violence. Mais n’est-ce pas justement parce que la réaction israélienne provoque des morts qu’on en parle ? Quelle relation a-t-on fait des centaines de milliers de Gazaouis qui manifestent régulièrement contre ce siège ? Evoque-t-on la misère massive qui s’est abattue sur Gaza sans eau potable ni électricité ? Sont-ce les Palestiniens qui ont besoin de martyrs, ou les médias occidentaux qui ont besoin d’images de sang et de morts pour animer la Une ? Alors quelques journalistes occidentaux, très peu, s’enhardissent à se glisser dans la Bande de Gaza. Et voilà même que le discours de tel ou tel responsable politique du parti diabolisé, le Hamas, se retrouve sur nos ondes aux heures de grande écoute. Avec quelle revendication ? Un objectif à long terme qu’il est bien difficile d’argumenter en contre : un Etat unique sur toute la Palestine, où tous jouiraient des mêmes droits : juifs, chrétiens et musulmans. Mais combien de Marches d’ici là ?

Pr Christophe Oberlin

 

Pr Christophe Oberlin - 1

 


 

Source :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Christophe_Oberlin

https://blogs.mediapart.fr/christophe-oberlin/blog/220418/gaza-de-la-marche-du-retour-letat-unique

http://www.france-irak-actualite.com/2018/04/gaza-balles-a-effet-explosif-et-gaz-neurotoxiques-la-guerre-d-israel-contre-les-civils-pacifistes.html

https://aphadolie.com/2018/05/27/gaza-munitions-illegales-handicapantes-utilisees-par-larmee-israelienne-bullet-soft-nose-pr-christophe-oberlin/

Voir aussi la vidéo:

VIDEO OBERLIN GAZA

Gaza : Munitions illégales handicapantes utilisées par l’armée israélienne (Bullet Soft Nose) – Pr Christophe Oberlin

https://www.youtube.com/watch?v=ZeYEBkElx2Y