dimanche 8 juillet 2018

Le monde a changé et personne en Occident ne l’a remarqué

TRIBUNE LIBRE / par Martin Sieff
Paru sur Strategic Culture Foundation sous le titre The World Transformed and No One in America Noticed


TL OCS GEOPOLITIQUE

Le monde s’est transformé et personne ne l’a remarqué en Occident. L’Inde et le Pakistan ont rejoint l’Organisation de Coopération de Shanghai. L’organisme, depuis sa fondation le 15 juin 2001, s’est discrètement établi comme principale alliance et regroupement de nations à travers l’Eurasie. Aujourd’hui, elle se développe de six nations à huit, et les deux nouveaux membres sont les puissances régionales géantes dotées de l’arme nucléaire de l’Asie du Sud : l’Inde, avec une population de 1, 324 milliards d’habitants et le Pakistan, avec 193,2 millions d’habitants (chiffres pour 2016).

En d’autres termes, la population totale des puissances de l’OCS, qui s’élevait déjà à plus de 1, 5 milliards d’habitants, a été virtuellement doublée d’un trait de plume.

Les conséquences à long terme de ce développement sont énormes. C’était probablement le principal facteur de la paix et de la fin de toute menace de guerre atomique en Asie du Sud, donc auparavant pour 20% de la population mondiale. Aujourd’hui, les huit pays de l’OCS rassemblent 40% de la population mondiale, y compris l’une des deux premières puissances thermonucléaires mondiales (la Russie) et trois autres puissances nucléaires (la Chine, l’Inde et le Pakistan).

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Ce développement est un triomphe diplomatique, spécialement pour Moscou. La Russie cherche depuis des décennies à faire entrer son alliée stratégique, l’Inde, sous le parapluie de l’OCS. Cette vision avait été clairement articulée par l’un des plus brillants cerveaux stratégiques de la Russie du XXème siècle, l’ancien premier ministre et ministre des affaires étrangères Ievgueni Primakov, qui est mort en 2105. Dans le passé, la Chine bloquait discrètement mais fermement l’accession de l’Inde, mais avec l’arrivée parallèle du Pakistan allié de la Chine dans l’organisation, l’influence de Pékin et de Moscou est équilibrée.

La démarche ne peut que stimuler le rôle déjà prépondérant de la Russie dans la diplomatie et la sécurité nationale du continent asiatique. Pour Pékin et Delhi, la route vers de bonnes relations et la résolution de questions comme celles du partage de l’eau de l’Himalaya et les investissements dans le développement économique de l’Afrique passe désormais par Moscou. Le président Vladimir Poutine se trouve dans une position idéale d’interlocuteur des deux nations géantes de l’Asie.

La démarche doit également être vue comme une réaction significative de l’Inde à l’accroissement rapide de la volatilité et de l’imprévisibilité des États-Unis sur l’arène mondiale. A Washington et en Europe de l’Ouest, il est de rigueur et, de fait, inévitable que par réflexe idéologique, tout cela soit entièrement attribué à Donald Trump.

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Mais en réalité, cette tendance alarmante remonte au moins au bombardement de la Yougoslavie par les USA et leurs alliés de l’OTAN en 1999, à la suite du manque de sanctions qu’auraient dû amener cette action, à laquelle s’opposaient des pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU.

Depuis, sous quatre présidents successifs, l’appétence des USA pour des interventions militaires imprévisibles à travers la planète – généralement ratées, sans stratégie précise ou fin prévue – a infligé des souffrances et déstabilisé un large éventail de pays, principalement au Moyen-Orient (Irak, Syrie, Libye, Yémen) mais aussi en Eurasie (Ukraine) et en Asie du Sud (Afghanistan).

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L’accession de l’Inde et du Pakistan à l’OCS est donc également une répudiation nette et claire des USA.

Les relations entre les USA et le Pakistan se sont dégradées quand les États-Unis ont mené leur charge contre l’Afghanistan en novembre 2001, mais à travers toute cette période, les politiciens américains ont tenu pour acquis qu’Islamabad, en fin de compte, « resterait dans la réserve » et continuerait à danser au son de leur musique.

Les États-Unis courtisent l’Inde depuis 17 ans, une date marquée par la visite de Bill Clinton en 2000. Le premier ministre actuel, Narendra Modi a été invité à parler au cours d’une session du Congrès en 2017 ; de la part de l’appareil politique américain, c’est l’accolade approbatrice ultime à un leader étranger.

Les politiciens et experts américains pontifiaient interminablement sur l’Inde, une démocratie anglophone qui allait devenir la partenaire privilégiée de l’Amérique du Nord dans l’endiguement de l’inévitable montée de la Chine sur la scène mondiale. Cela s’est avéré une fantasmagorie. *

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Pendant l’ère de la Guerre froide, la « perte » d’une nation de la taille et de la stature de l’Inde ou du Pakistan aux mains d’un rival ou d’un camp idéologique indépendant regroupé aurait provoqué des ondes de choc, de rage, et même de l’effroi ouvertement exposé dans les médias des USA.

Mais ce à quoi nous assistons à la suite de ce dernier développement historique est beaucoup plus étrange. Les décisions de New Delhi et d’Islamabad n’ont été ni applaudies, ni condamnées, ni même remarquées par les médias grand public ou prises en compte dans les débats politiques et stratégiques américains. Elles ont été totalement ignorées. ** Voir les leaders et ceux qui façonnent l’opinion publique d’une super-puissance qui s’imagine encore dominer le monde conduire leurs affaires de cette façon est inquiétant, voire alarmant.

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La réalité est que nous vivons désormais dans un monde multipolaire – et c’est le cas depuis au moins 2001. Toutefois, l’évidente vérité continuera à faire l’objet d’un déni de Washington, Londres et Paris, au mépris de l’abondance et de la clarté des faits.

Traduction Entelekheia

Notes de la traduction :

* Pour marginaliser la Chine et flatter l’Inde, les USA avaient même rebaptisé la région Asie-Pacifique « Indo-Pacifique ». Cela n’aura donc servi à rien.

** Tout comme avaient été superbement ignorées les nouvelles super-armes russes présentées par Vladimir Poutine en mars dernier. Les USA sont-ils en train de réinventer la politique de l’autruche ?

http://www.entelekheia.fr/2018/06/24/le-monde-a-change-et-personne-en-occident-ne-la-remarque/

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"La réalité est que nous vivons désormais dans un monde multipolaire – et c’est le cas depuis au moins 2001. Toutefois, l’évidente vérité continuera à faire l’objet d’un déni de Washington, Londres et Paris, au mépris de l’abondance et de la clarté des faits.": voilà qui renforce d'autant le caractère obsolète de la "construction européenne", un projet impérial issu d'un monde qui n'existe plus...   P.G.

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mercredi 14 février 2018

Saint-Valentin: les jeunes couples indiens face aux traditionnalistes

Chaque 14 février c'est la même rengaine en Inde. Plusieurs organisations hindouistes  pour certaines totalement obscures – montent au créneau, menaçant de s'en prendre aux jeunes couples. Une des plus importantes, le Bajrang Dal, réputé pour ses actions violentes, a déconseillé les restaurants et les bars de la ville d'organiser des évènements « spécial Saint-Valentin ».

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Ces derniers jours, l'université de Lucknow, la capitale régionale de l'Uttar Pradesh, a même annoncé qu'elle fermerait ses portes ce mercredi. Dans une directive pour le moins étrange, elle évoque « l'influence de la culture occidentale sur les jeunes Indiens qui célèbrent la Saint-Valentin » et a interdit  à ses étudiants de se rendre sur le campus.

Résistance

Mais depuis plusieurs années, la résistance s'organise. Abhijeet Kamble a fondé l'ONG Right to Love ou « droit à l'amour » en 2015, révolté par le passage à tabac d'un couple la même année dans sa région du Maharashtra. Il a récemment fait une demande inédite : la création d'un parc réservé aux couples.

« Il y a des gens en Inde qui s'indignent même lorsqu'un frère et une soeur ou un couple marié marchent ensemble dans la rue ! s'indigne-t-il. Mais l'amour n'est pas un crime. Nous voulons un parc ou les garçons et filles qui sont amoureux peuvent passer du temps ensemble en paix et apprendre à se connaître. »

Depuis trois ans, Right to Love a conseillé plus de 50 couples, les aidant à s'installer ensemble alors que leurs familles respectives s'y opposaient. Selon Abhijeet Kamble, la plupart de ces couples sont intercastes ou interreligieux, ce qui reste un énorme tabou en Inde et donne régulièrement lieu à des crimes d'honneur.

http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20180214-inde-saint-valentin-jeunes-couples-face-traditionnalistes-right-love

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Roméo et Juliette version Bollywood? Difficile en tous cas pour des sociétés en mutation accélérée de trouver leur propre voie vers la modernité, dans un contexte de mondialisation forcée, mais aussi de relations internationales tendues avec tentatives d'infiltration culturelle de certains. Espérons que les couples d'amoureux pourront s'aimer en paix en Inde comme ailleurs sans être forcés d'adopter un modèle culturel imposé. Bonne St Valentin à tous.   P.G.

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jeudi 2 novembre 2017

Bilan critique du communisme

Marx concevait le communisme comme l’état futur - et terminal - des sociétés humaines. Toute exploitation de l’homme par l’homme ayant disparu, la répartition des ressources obéirait au principe : « de chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins ».

ARG COMMUNISME

Lointain horizon assigné à l’action révolutionnaire, ce communisme idéal n’existe nulle part. C’est une idée régulatrice, une utopie qui a fourni son étendard à la fraction la plus résolue du mouvement ouvrier depuis la seconde moitié du XIXème siècle.Selon la théorie, le prolétariat était voué à s’emparer du pouvoir « dans les pays capitalistes avancés ». A un certain niveau de développement, les forces productives devaient entrer en contradiction avec les rapports sociaux capitalistes. En s’exacerbant, cette contradiction devait précipiter la révolution prolétarienne. Liquidant les vestiges du vieux monde, cette révolution instaurerait alors le socialisme, auquel succèderait le communisme une fois atteint le stade de « l’abondance ». En réalité, le mouvement communiste a triomphé dans des « pays arriérés » et non dans des « pays avancés ». En 1917, la révolution bolchevique a porté au pouvoir des communistes russes décidés à propager l’incendie révolutionnaire. Lénine avait compris que la guerre impérialiste déchaînée en 1914 provoquerait une révolution en Russie, « maillon faible » de la chaîne des Etats capitalistes. Mais il pensait aussi que cette révolution serait l’étincelle qui mettrait le feu aux poudres du capitalisme « avancé ».L’échec de la révolution allemande ayant dissipé cette illusion au début des années 1920, la jeune république des soviets fut condamnée à se battre pour survivre. Assiégée par les forces expéditionnaires de 14 pays, prise d’assaut par les armées blanches décidées à restaurer le tsarisme, elle parvint à les vaincre au prix d’une militarisation du parti et du pouvoir (1918-1922). Le régime bolchevique emprunta largement ses traits à ce « communisme de guerre » qui devait beaucoup moins à l’idéologie qu’aux circonstances. A peine la paix revenue, le communisme russe fut confronté à un défi gigantesque. A sa fondation en 1922, l’URSS était un pays affamé et dévasté par la guerre, et sa  reconstruction au forceps ne pouvait attendre. Pour nourrir la population et développer le pays, il fallait mettre sur pieds une économie viable. Au terme d’une lutte pour le pouvoir qui vit triompher Staline, Moscou fit son deuil de la révolution mondiale et opta pour la construction du « socialisme dans un seul pays ». Sous Lénine le parti était encore un parti révolutionnaire, mais sous Staline il se transforma en un parti bureaucratique et monolithique. Il devint l’organe dirigeant de la société, favorisant la promotion sociale de larges couches issues de la paysannerie tout en soumettant l’ensemble du pays à un régime de terreur qui culmina au milieu des années 1930. Le parti bolchevique n’était pas tendre avec les opposants, mais la férocité de la répression stalinienne n’eut aucun précédent sous Lénine. Multiforme, la brutalité du régime stalinien s’exerça contre une partie de la paysannerie lors de la collectivisation forcée de l’agriculture, puis contre les opposants ou supposés tels au sein du parti, enfin contre les officiers de l’Armée rouge (1936-1938). Ajoutées aux cruautés du « goulag », ces purges sanglantes ont durablement entaché le mot de « communisme ». Brouillant la mémoire historique, la terreur stalinienne a favorisé une confusion entre communisme et stalinisme dont l’idéologie dominante a tiré profit pour disqualifier l’idée communiste elle-même.La situation était d’autant plus paradoxale que le régime stalinien accomplissait au même moment une industrialisation du pays sans laquelle il n’aurait pas encaissé le choc de l’invasion hitlérienne. Les chars T34 fabriqués par l’industrie soviétique repoussèrent Guderian aux portes de Moscou en décembre 1941.

Sous l’autorité de Staline, l’Armée rouge infligea à la Wehrmacht 90% des pertes allemandes de la Seconde guerre mondiale.

Que cela plaise ou non, c’est l’URSS qui élimina le nazisme au prix de 25 millions de morts et qui expédia ses plans de domination raciale dans les poubelles de l’histoire.

Mais un autre front était ouvert par le communisme. Après le coup d’envoi de 1917, l’offensive principale du prolétariat devait se dérouler à l’Ouest. L’agonie de la révolution allemande ayant dissipé cette illusion, Lénine en modifia l’axe géographique et prophétisa son irruption dans les pays du Sud. A peine créée, l’Internationale communiste appela à la révolte les peuples colonisés. Le bolchevisme donna son élan à la lutte anticoloniale et le « congrès des peuples de l’Orient » (1919) inaugura un processus de libération qui est l’événement majeur du XXème siècle.

Après avoir transformé le plus grand pays de la planète (la Russie), le communisme triompha dans le pays le plus peuplé (la Chine). Mettant fin à un siècle de chaos, de famines et de pillage colonial, Mao Ze Dong unifia le pays et restaura la souveraineté chinoise. Pour sortir du sous-développement, la Chine communiste consentit des efforts colossaux. Au prix de multiples contradictions et de nombreuses erreurs, le maoïsme équipa le pays, le dota d’une industrie lourde et l’éleva au rang de puissance nucléaire.

Ajouté aux « crimes » du stalinisme, le coût humain de la révolution chinoise donna lieu à une lecture anhistorique du communisme, considéré hâtivement par certains analystes comme le fruit amer d’un délire d’intellectuels. Réduisant l’histoire à un théâtre d’ombres idéologiques, cette lecture partisane passe sous silence les contradictions de l’histoire réelle. Refusant toute contextualisation, c’est une interprétation du communisme qui en occulte la réalité historique : la réponse des masses révolutionnaires à la crise paroxystique de sociétés arriérées.

Dans la même veine, le décompte des « victimes du communisme » se prête à une inflation grotesque.

On empile sans nuance les victimes de la guerre civile russe, de la guerre civile chinoise, de la collectivisation forcée, du goulag, du « grand bond en avant » et de la « révolution culturelle », et on leur applique un coefficient multiplicateur.

Nier la réalité des violences commises au nom du « communisme » est absurde, refuser d’en tirer les leçons est idiot, mais ces compilations de chiffres qui l’identifient à une entreprise criminelle ne valent pas mieux : elles interdisent toute compréhension historique.Cette supercherie occulte évidemment la contribution du capitalisme aux horreurs du siècle.

Elle s’affranchit d’une série de faits massifs : les massacres coloniaux, les guerres impérialistes et la paupérisation de populations entières par le capitalisme sont directement responsables de dizaines de millions de morts.

Les massacres perpétrés en 1965 par la dictature militaire indonésienne avec l’aide de la CIA, par exemple, ont fait autant de victimes que la terreur stalinienne (1934-38).

Manifestement, les deux événements ne sont pas traités de la même façon dans nos manuels d’histoire.

Les critères d'appréciation que l'on applique aux crimes commis au nom du communisme deviendraient-ils sans objet lorsqu'on veut les appliquer aux crimes capitalistes ? Des atrocités commises par les démocraties occidentales, pourquoi ne déduit-on pas le caractère criminogène du libéralisme ? La violence du siècle est partagée, mais à tout prendre, le communisme a fait beaucoup moins de victimes que le capitalisme et l’impérialisme, dont on chante pourtant les louanges en Occident.Le communisme a inspiré des luttes de classes qui ont contribué à forger la physionomie des sociétés capitalistes développées.

Si les Français bénéficient de la sécurité sociale, il le doivent à un ministre communiste, Ambroise Croizat, qui fut une figure de la Résistance avant de devenir ministre du général de Gaulle en 1944. Les avancées sociales du monde développé ne sont pas le fruit de la générosité patronale, mais des conquêtes arrachées de haute lutte, et les communistes y ont joué un rôle majeur.

Pour les communistes, le droit de survivre après la naissance est le premier des droits de l’homme. C’est pourquoi à Cuba le taux de mortalité infantile qui était de 79 pour 1000  avant la révolution est tombé aujourd’hui à 4,3 pour 1000. Chaque année, le communisme cubain sauve 74 enfants sur 1000. Ce n’est pas un hasard : malgré les effets désastreux du blocus impérialiste, Cuba a obtenu le Prix de l’OMS pour son système de santé, et son système éducatif est le plus démocratique des pays d’Amérique latine.

Au sein de l’Union indienne, l’Etat fédéré ayant de loin l’indice de développement le plus élevé (IDH) est le Kérala. Cet Etat de 33 millions d’habitants est dirigé par les communistes et leurs alliés depuis les années 1950. Les femmes y jouent un rôle social et politique de premier plan, et le niveau de formation y est très supérieur à la moyenne indienne. A l’évidence, les réussites du communisme dans les rares pays en développement qui ont su résister aux vents dominants sont riches d’enseignement.Le communisme du XXème siècle est souvent qualifié de « totalitaire ». Peut-être pertinent pour désigner le stalinisme durant la grande terreur (1934-38), ce terme n’a aucun sens pour qualifier le régime soviétique de 1917 à 1991. Lors de son effondrement, les prisons étaient vides. Si l’URSS était ce monstre totalitaire décrit en Occident, comment a-t-elle pu s’évanouir sans coup férir ?

La dissolution de l’URSS eut lieu quasiment sans effusion de sang, et c’est l’élite dirigeante elle-même qui a sifflé la fin de la partie.En Chine, le maoïsme a restauré la souveraineté nationale et créé les conditions du développement des forces productives de 1950 à 1975. Les réformes libérales de Deng Xiao Ping engagées en 1978 ont favorisé une injection massive de capital marchand qui a généré des taux de croissance faramineux. Mais la Chine n’est pas subitement devenue capitaliste après avoir été communiste. Elle réalise plutôt une sorte de synthèse dialectique, qui a sorti 700 millions de Chinois de la pauvreté en quelques années.

Au terme d’un siècle d’existence, le « communisme » paraît à des années-lumière de la théorie. Il n’a aboli ni la division interne de la société, ni le poids de la contrainte étatique. Mais il a conjuré les affres du sous-développement, vaincu la malnutrition, éradiqué l’analphabétisme, élevé le niveau d’éducation et libéré la femme du patriarcat.

Il vaut mieux naître en Chine qu’en Inde : le taux de mortalité infantile y est quatre fois plus faible.

Non, le « communisme » n’était pas l’avènement d’une société sans classes. C’était surtout une voie d’accès au développement pour des pays que leur retard condamnait à l’alternative suivante : le rattrapage ou la dépendance. 

Article original sur la page Facebook de Bruno Guigue

https://www.levilainpetitcanard.be/articles/thema/vingt-theses-sur-le-communisme_977191095

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lundi 23 octobre 2017

Pourquoi les États-Unis et l’Arabie Saoudite soutiennent les Rohingyas du Myanmar

Ce matin sur France Inter, les auditeurs subisssent un nouveau reportage sur la situation des Rohingyas en Birmanie (Myanmar), suivi d'un entretien entre Léa Salamé et l'incontournable Bernard- Henri Lévy qui s'insurge contre "l'abandon des Kurdes" par les "démocraties occidentales" et soutient l'indépendance du Kurdistan en Irak ("c'est bon pour Israel").

Je change de station et je tombe sur RMC où on nous explique que le Brexit est lié au populisme et à l'extrême droite anti- UE et anti- euro...

BASE 14 995X225La propagande euro- atlantiste fait rage en continu sur les ondes françaises, radios de "service public" ou non. Raison de plus pour faire de la contre- information. Je vous propose ici un article récapitulatif sur l'affaire des Rohingyas et ses dessous géopolitiques. Histoire d'avoir un autre son de cloches...    P.G.


 

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Des manifestations, des protestations et des pétitions en ligne sont apparues dans le monde entier pour défendre la lutte des Rohingyas expulsés du Myanmar. Ce qui est préoccupant, c’est que des forces politiques qui n’ont jamais défendu les droits des opprimés et n’ayant aucun intérêt à les défendre, y compris les régimes américain et saoudien, se sont joints à cet effort.

Alors qu’il menaçait la Corée, l’Iran et le Venezuela lors de son discours aux Nations Unies, le président américain Donald Trump a également exigé que le Conseil de sécurité des États-Unis prenne des mesures énergiques pour mettre fin à la violence contre la population rohingya du Myanmar.

Des représentants du gouvernement américain, dont l’ambassadeur des États-Unis auprès de l’ONU, Nikki Haley, le secrétaire d’État Rex Tillerson et le vice-président Mike Pence, ont appelé à une action immédiate et à l’acheminement d’une aide humanitaire aux Rohingyas.

Depuis que Washington et Riyad ont infligé une guerre meurtrière à des millions de personnes au Yémen, sans parler des autres parties du monde, les mouvements ouvriers et les forces anti-impérialistes du monde entier se demandent ce qui se cache derrière leur inquiétude soudaine pour un petit groupe ethnique d’Asie du Sud-Est. Cela pourrait-il avoir quelque chose à voir avec les manœuvres géopolitiques au Myanmar qui opposent la Chine aux États-Unis?

En tant qu’économie en plein essor dotée d’une planification centrale, d’une participation importante de l’État et de réserves de liquidités, la Chine est en mesure d’offrir un vaste développement des infrastructures. Le projet chinois One Belt One Road et d’autres plans économiques suscitent un grand intérêt (voir:http://lagazetteducitoyen.over-blog.com/2017/09/myanmar/birmanie-le-gaz-le-petrole-et-les-tentatives-de-soros-pour-faire-imploser-un-etat-nation.html).

La politique américaine est de plus en plus axée sur le sabotage de ces plans de développement avec une militarisation considérablement élargie et des guerres régionales. C’est la stratégie majeure du « Pivot vers l’Asie » du Pentagone. Un réseau occidental d’organisations non gouvernementales et d’extrémistes soutenus par les Saoudiens font parties du plan de déstabilisation.

Le Myanmar et les Rohingyas

Le Myanmar, anciennement appelé Birmanie, est un pays autrefois colonisé, sous-développé et extrêmement diversifié de 51 millions de personnes. Il compte 135 groupes ethniques distincts parmi ses huit nationalités.

Le Myanmar est un pays riche en ressources et stratégiquement important qui borde la Chine, le Bangladesh, l’Inde, la Thaïlande et le Laos. Il est stratégiquement important pour les banques de Wall Street et les décideurs américains car c’est un grand exportateur de gaz naturel et il est prévu d’en faire un nouveau fournisseur de pétrole.

Au Myanmar, le peuple rohingya est un groupe ethnique opprimé d’environ un million de personnes. La majorité des Rohingyas sont musulmans, bien qu’ils représentent moins de la moitié de la population musulmane du Myanmar qui est dispersée dans tout ce pays majoritairement bouddhiste.

Les Rohingyas sont considérés comme apatrides. Ils vivent dans l’État Rakhine situé dans la baie du Bengale et qui partage une longue frontière commune avec le Bangladesh.

Dans des articles sur le Myanmar et les Rohingyas, Reuters News (https://www.reuters.com/article/us-myanmar-rohingya/myanmars-rohingya-insurgency-has-links-to-saudi-pakistan-report-idUSKBN1450Y7, publié le 16 décembre 2016), le Chicago Tribune (http://www.chicagotribune.com/news/nationworld/sns-bc-as–ap-explains-myanmar-rohingya-insurgency-20170831-story.html, publié le 31 août 2017), le Wall Street Journal (https://www.wsj.com/articles/myanmar-conflict-puts-rebel-group-at-center-of-crisis-1505338893, publié le 13 septembre 2017) et le Centre de réflexion sur les études stratégiques et internationales (https://www.csis.org/analysis/myanmar-and-its-rohingya-muslim-insurgency, publié le 7 septembre 2017), ont tous rapporté le soutien saoudien à la lutte des Rohingyas.

Le groupe menant la résistance armée au Myanmar, connue sous le nom de Harakah al-Yaqin (HaY, mouvement de foi en arabe) et maintenant appelé l’Armée Rohingya pour le Salut de l’Arakan (ARSA), a son siège à La Mecque, en Arabie Saoudite. Ataullah abu Ammar Junjuni, ressortissant pakistanais qui vivait en Arabie saoudite, est le chef de l’ARSA. Ce groupe a mené une attaque coordonnée contre 30 postes militaires du Myanmar le 25 août dernier.

L’armée du Myanmar a répondu par une vague de contre-attaques répressives contre les Rohingyas, ce qui a poussé des dizaines de milliers de personnes à franchir la frontière.

Crimes américains et saoudiens au Yémen

Pendant ce temps, le royaume saoudien mène une guerre génocidaire contre le Yémen, imposant un blocus de nourriture et d’aide contre le pays le plus pauvre de l’Asie du Sud-Ouest. Cette guerre n’est possible qu’en utilisant des avions à réaction et des bombes fabriqués aux États-Unis. L’armée saoudienne ne peut pas piloter ses propres avions à réaction ou effectuer des bombardements sans l’aide directe et le ravitaillement en vol des États-Unis. En outre, le Pentagone effectue actuellement au moins une frappe secrète tous les deux jours au Yémen.

Le Yémen est en train de subir « la plus grave crise de la faim dans le monde », « causée par l’homme » et qui affame « toute une génération ». (Washington Post, 19 mai 2017). Selon les chiffres américains, plus de 7 millions de Yéménites soufrent de la famine.

L’Organisation mondiale de la santé a mis en garde contre « la pire épidémie de choléra du monde » au Yémen (CNN, 4 octobre). Les États-Unis ont dénombré 777,229 cas de choléra le 2 octobre denier, dont beaucoup parmi les enfants.

Les bombardements saoudiens des infrastructures d’assainissement et d’égouts dans ce pays appauvri sont la cause majeure de cette mortelle épidémie. Pourtant, cette crise désespérée n’était pas à l’ordre du jour de l’ONU et est à peine mentionnée dans les médias alors que les dirigeants du monde se sont rencontrés à New York en septembre. L’accent médiatique a été mis sur le discours de Trump promettant d’aider les Rohingyas.

Le Département d’État américain a promis de fournir « des abris d’urgence, la sécurité alimentaire, une assistance nutritionnelle, une assistance psychosociale, de l’eau, l’assainissement et l’hygiène, des moyens de subsistance, une inclusion sociale, des articles non alimentaires, une réduction des risques de catastrophe et de crise, le rétablissement des liens familiaux, et la protection aux plus de 400,000 personnes déplacées en Birmanie et au Bangladesh » (https://www.state.gov/r/pa/prs/ps/2017/09/274283.htm).

Rappelez-vous que l’armée américaine est engagée dans des bombardements, des attaques de drones, des assassinats ciblés et des sanctions causant la famine contre au moins huit pays musulmans: la Syrie, la Libye, le Yémen, l’Irak, l’Afghanistan, le Pakistan, la Somalie et le Soudan.

Le Royaume d’Arabie Saoudite n’accorde aucun droit aux peuples vivant à l’intérieur de ses frontières. Les communautés religieuses minoritaires et les millions de travailleurs immigrés, même après y avoir vécu pendant des générations, ne sont pas considérés comme des citoyens. Sa vaste richesse pétrolière appartient à une seule famille: la maison des Saoud.

L’Arabie saoudite a joué un rôle réactionnaire en finançant des groupes extrémistes, souvent avec le soutien discret des États-Unis, en Afghanistan, en Syrie et à travers le Moyen-Orient. De plus en plus en Asie du Sud-est, l’extrémisme politique et religieux influencé par l’Arabie Saoudite a un impact.

L’Arabie Saoudite dépense plus de 1 milliard de dollars pour financer 560 mosquées wahhabites et centres islamiques au Bangladesh, un pays frontalier du Myanmar. Cela signifie la création d’un nouveau centre de réaction dans presque tous les villages et villes du Bangladesh. Un financement similaire est en cours depuis longtemps en Inde et au Pakistan.

Le pivot vers l’Asie des États-Unis

Le soutien américain et saoudien aux Rohingyas musulmans sert la stratégie de « pivot vers l’Asie » des États-Unis. Pour les stratèges américains, c’est un moyen de bloquer l’influence chinoise dans une région stratégique.

Quatre-vingt pour cent du pétrole dont la Chine a besoin et une grande partie de son commerce passent par le détroit de Malacca – un point d’étranglement étroit entre l’Indonésie et Singapour – et dans la mer de Chine du Sud ou la situation est de plus en plus tendue. La flotte de combat américaine, composée de porte-avions, stationnée là-bas pourrait facilement bloquer cet important point de passage des ressources nécessaires.

Pour contrer les mesures agressives des États-Unis, les programmes de développement de la Chine visent à diversifier et à trouver des solutions autres qu’une confrontation directe avec la puissance militaire américaine.

La Chine construit un port en eau profonde, un parc industriel et des gazoducs et oléoducs à Kyauk Pyu, au Myanmar, dans le golfe du Bengale. Cela offrira à la Chine une voie alternative pour les importations d’énergie en provenance du Moyen-Orient qui évitera le détroit de Malacca. Le projet de construction de plusieurs milliards de dollars est également extrêmement bénéfique pour l’économie du Myanmar, contribuant ainsi au développement de ses gisements de gaz. L’intervention américaine et saoudienne dans l’escalade de la lutte contre les Rohingyas menace ce projet de développement.

Il n’y a pas de région dans le monde en développement, que ce soit en Asie, en Afrique ou en Amérique latine, où l’impérialisme américain, pourtant actuellement dans un stade de décrépitude, prévoit de contribuer au développement économique dont le besoin est criant. L’économie américaine est axée sur les super profits obtenus par la guerre, la vente d’armes et les onéreuses dettes. L’impérialisme américain ne peut continuer à dominer qu’en perturbant le développement de tout concurrent potentiel ou bloc économique de concurrents.

Tactiques de diviser pour régner

En soutenant consciemment et en enflammant les deux camps d’une lutte nationale, les cyniques puissances impérialistes occidentales emploient la vieille tactique de diviser pour mieux régner, ceci dans le but de dominer toute une région en devenant l’arbitre extérieur.

Les impérialistes américains ont fait cela lors de nombreuses crises internationales. En Irak, les États-Unis ont construit des bases dans la région kurde tout en prétendant soutenir l’unité de l’État irakien. Jouer sur cette division a renforcé l’implication ruineuse du Pentagone dans la région.

Aux Philippines, l’insurrection soudaine d’une population musulmane minoritaire sur l’île de Mindanao est devenue la dernière excuse des États-Unis pour offrir une formation conjointe et le stationnement de ses troupes là-bas.

Les camps de réfugiés du Myanmar au Bangladesh pourraient devenir des zones de recrutement et des bases d’intervention futures pour le groupe État islamique (ISIS), a déclaré Forbes, un magazine sur les finances des entreprises, le 11 juillet dernier.

Les plans du Pentagone pour une intervention élargie, coordonnée avec l’organisation et le financement saoudiens, peuvent être vus comme un avertissement par le Centre d’études stratégiques et internationales: « Il existe une préoccupation légitime comme quoi la violence attirera des forces extérieures. Maintenant que des milliers de combattants étrangers de l’Etat islamique sont à la recherche de nouvelles missions au-delà de l’Etat islamique en Syrie et en Irak, de nouvelles opportunités pour défendre les musulmans les intéresseront inévitablement »(https://www.csis.org/analysis/myanmar-and-its-rohingya-muslim-insurgency publié le 7 septembre 2017).

Tous les pays de la région, y compris le Bangladesh, le Myanmar et la Chine, ont tout intérêt à une réconciliation pacifique avec le peuple rohingya. La région a besoin d’un développement coordonné, pas de l’énorme perturbation produite par la guerre.

Par Sara Floundersworkers.org | 10 octobre 2017

Article original en anglais: https://www.workers.org/2017/10/10/why-u-s-and-saudi-arabia-back-rohingya-in-myanmar/

Traduit par La Gazette du Citoyen

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samedi 23 septembre 2017

Un nouveau « Kosovo » se prépare-t-il au Myanmar (Birmanie) ?

Chaque fois que les gouvernements occidentaux et les médias grand public commencent à verser des larmes de crocodile à propos d’une communauté minoritaire persécutée par un méchant gouvernement quelque part, et demandent que la « communauté internationale » fasse quelque chose, cela devrait être pris avec une bonne grosse dose de scepticisme: on nous en a tellement raconté! Vous avez pu lire sur ce site l'histoire de ce type de propagande en Yougoslavie et en Syrie. L'article qui suit argumente que nous assistons à une nouvelle "fabrique du consentement", jugeons sur pièces! P.G.

ARG BIRMANIE 2En cause en ce moment, les Rohingyas, dont à peu près un million forment une importante minorité dans l’État de Rakhine (anciennement Arakan) au Myanmar (autrefois la Birmanie). Selon des articles dans des médias prestigieux et des groupes de défense des droits de l’homme (financés par des gouvernements), le gouvernement du Myanmar opprime les Rohingyas, dont beaucoup ont fui vers le Bangladesh majoritairement musulman.

On nous dit que les Rohingyas, « souvent décrits comme la minorité la plus persécutée au monde », aux mains des bouddhistes de Rakhine incités par des moines fanatiques et soutenus par le gouvernement national, font face à un génocide et à un nettoyage ethnique. La communauté internationale doit faire quelque chose ! (...)

Si tout cela vous semble familier, c’est que ça l’est. Presque mot pour mot, ce qui précède pourrait décrire le récit occidental et médiatique officiel sur la province serbe du Kosovo et Metohija à la fin des années 1990. Il suffit de remplacer « musulmans Rohingya » par« musulmans albanais », « Rakhine » par « serbe », « bouddistes Theravada » par « chrétiens orthodoxes ».

Bien sûr, le récit officiel sur le Kosovo était et reste une perversion presque totale de la vérité. À la fin des années 1990, les services de renseignement occidentaux et leurs amis dans le monde islamique, notamment l’Arabie saoudite, les États du Golfe et la Turquie, ainsi que les « organismes de bienfaisance » islamiques liés à al-Qaïda, ont fait pénétrer des armes au Kosovo pour soutenir des groupes terroristes armés connus comme l’« Armée de libération du Kosovo » (UCK). Dirigée par des barons de la mafia albanaise, l’UCK a attaqué des fonctionnaires et des civils serbes, assassinant aussi des Albanais insuffisamment militants, dans le but de provoquer une répression du gouvernement qui servirait de prétexte à une intervention de la communauté internationale, c’est-à-dire les États-Unis et l’OTAN, pour faire cesser un génocide serbe fictif d’Albanais. Comme je l’ai souligné dans un rapport au Sénat américain en août 1998 des mois avant le massacre supposé qui « justifiait » l’attaque de l’Otan sur la Serbie, l’intervention militaire avait déjà été décidée et n’attendait qu’un « élément déclencheur » adéquat.

« Au moment de la rédaction de ce rapport, le projet d’une intervention de l’OTAN dirigée par les États-Unis au Kosovo est déjà largement en place, alors que la volonté apparente de l’administration Clinton d’intervenir s’est réduite et a coulé à un rythme presque hebdomadaire. Le seul élément manquant semble être un événement – avec une couverture médiatique adéquate – qui rendrait l’intervention politiquement vendable, et même impérative, de la même manière qu’une administration hésitante a finalement décidé une intervention en Bosnie en 1995, après qu’une série de « tirs de mortier » a coûté la vie à des douzaines de civils – des attaques qui, après un examen plus approfondi, pourraient en fait avoir été l’œuvre du régime musulman à Sarajevo, le principal bénéficiaire de l’intervention. [Pour plus de détails, principalement des articles des médias européens, voir Clinton-Approved Iranian Arms Transfers Help Turn Bosnia into Militant Islamic Base, 1/16/97]. Que l’administration attende un « élément déclencheur » similaire au Kosovo est de plus en plus évident : « Un haut responsable du département de la Défense américain qui a informé des journalistes le 15 juillet a relevé que‘nous ne sommes pas près de prendre une décision pour une intervention armée au Kosovo en ce moment’. Il n’a cité qu’une seule chose qui pourrait provoquer un changement politique : ‘Je pense que si un certain niveau d’atrocités devait être atteint, ce serait intolérable et ce serait probablement un élément déclencheur’. » [Washington Post, 8/4/98]. Les récents rapports contradictoires concernant une fosse commune contenant (suivant les rapports) des centaines de civils albanais assassinés ou des douzaines de combattants de l’UCK tués dans la bataille devraient être vus dans cette optique. [Tiré de Bosnia II: The Clinton Administration Sets Course for NATO Intervention in Kosovo, août 1998]. »

Relever les similitudes entre les responsables officiels et les médias à propos des Rohingyas en 2017 et des « Kosovars » en 1998-1999 ne veut pas dire qu’une intervention armée extérieure contre le Myanmar est imminente ni même dans les tiroirs. Cela ne réfute pas non plus l’affirmation que les Rohingyas, ou certains d’entre eux, pourraient en effet souffrir de persécution. Cela ne fait que suggérer que lorsque les manipulateurs habituels dans les médias et dans la communauté internationale autoproclamée enfourchent le cheval du génocide, la prudence est de mise. Il faut se demander quel est l’autre côté de l’histoire.

Par exemple, comme l’a analysé Moon of Alabama :

« L’attention des médias se focalise sur une violence ethnique mineure au Myanmar, l’ancienne Birmanie. L’histoire dans la presse « occidentale » est que les musulmans Rohingya sont injustement diffamés, pourchassés et tués par des foules bouddhistes et l’armée dans l’État de Rakhine à proximité de la frontière du Bangladesh. Les interventionnistes « libéraux »comme Human Rights Watch se joignent à des islamistes comme le président turc Erdogan pour déplorer bruyamment la détresse des Rohingyas.

Cette curieuse alliance s’est aussi produite pendant les guerres de Libye et de Syrie. [JGJ : et au Kosovo.] C’est un avertissement. Pourrait-il y avoir derrière tout cela plus qu’un conflit local au Myanmar? Quelqu’un attise-t-il le feu ?

En effet.

Alors que le conflit ethnique dans l’État de Rakhine est très ancien, il s’est transformé ces dernières années en une guérilla djihadiste financée et dirigée depuis l’Arabie saoudite. La zone a un grand intérêt géostratégique :

« Rakhine joue un rôle important dans [l’initiative chinoise Une Ceinture Une Route] OBOR, car c’est une sortie sur l’océan Indien et l’emplacement de projets chinois de plusieurs milliards de dollars – le projet d’une zone économique sur l’île de Ramree et le port en eaux profondes de Kyaukphyu, dont les pipelines de gaz naturel sont reliés à Kunming, dans la province du Yunnan. »

Les pipelines allant de la côte occidentale de Myanmar à l’est de la Chine permettent des importations d’hydrocarbures du golfe Persique en Chine, tout en évitant le goulet du détroit de Malacca et les parties contestées en mer de Chine.

C’est dans l’« intérêt occidental » d’entraver les projets de la Chine au Myanmar. Inciter le djihad à Rakhine pourrait aider à y parvenir. (…) Une insurrection clairement islamique a été fabriquée dans la région. Elle agit sous le nom d’Arakan Rohingya Salvation Army (ARSA) [Armée pour le salut des Rohingya d’Arakan] et est dirigée par Ataullah abu Ammar Junjuni, un djihadiste du Pakistan. (ARSA opérait auparavant sous le nom de Harakah al-Yakin, ou Mouvement de la foi.) Ataullah est né dans la grande communauté Rohingya de Karachi, au Pakistan. (…) Reuters a signalé à la fin de 2016 que le groupe djihadiste est entraîné, dirigé et financé par le Pakistan et l’Arabie saoudite :

« Un groupe de musulmans Rohingya qui a attaqué des gardes-frontière en octobre est dirigé par des gens liés à l’Arabie saoudite et au Pakistan, a déclaré l’International Crisis Group (ICG) jeudi, citant des membres du groupe. (…) ‘Bien que ce ne soit pas confirmé, il y a des indications que [Ataullah] est allé au Pakistan et peut-être ailleurs, et qu’il a reçu une formation pratique à la guerre de guérilla moderne’, a dit le groupe. Il a noté qu’Ataullah était l’un des 20 Rohingyas d’Arabie saoudite qui dirigent les opérations dans l’État de Rakhine. Par ailleurs, un comité de 20 émigrés plus âgés supervise le groupe, dont le siège est à La Mecque, a déclaré l’ICG. »

Les djihadistes de l’ARSA affirment n’attaquer que les forces gouvernementales, mais des civils bouddhistes d’Arakana ont aussi été pris dans des embuscades et massacrés. Des hameaux bouddhistes ont également été incendiés.

Enfin, il faut noter que montrer de la sympathie, réelle ou feinte, pour des victimes musulmanes comporte plusieurs attraits pour les gouvernements et les médias occidentaux :

-Cela plaît aux amis des élites occidentales à Riyad, Ankara, Islamabad, etc., de voir les veules post-chrétiens prendre le parti de musulmans d’une manière dont aucun d’entre eux ne défendrait des chrétiens. Comme c’est agréable de voir à quel point les infidèles sont faibles, corrompus et lâches ! (Combien de protestations avons-nous entendues de la part de nos prétendus amis saoudiens, turcs, pakistanais à propos des souffrances des chrétiens en Syrie et en Irak aux mains d’al-Qaïda et Daech ? À ce propos, qu’avons-nous entendu à ce sujet de la part des gouvernements occidentaux ? Quand les gouvernements et les médias occidentaux ont-ils demandé que la soi-disant communauté internationale « fasse quelque chose » pour sauver une population non musulmane – où que ce soit ?).

-Cela permet aux élites occidentales d’éliminer le soupçon que quelque part le moindre indice de préoccupation à propos du terrorisme islamique ou de la migration musulmane de masse en Europe est une preuve de « racisme » et d’« islamophobie ». Soutenir les musulmans persécutés comme les Rohingyas et les Albanais du Kosovo montre que l’Occident n’admet pas ce genre de préjugés.

-Plus important encore, peut-être, défendre des minorités musulmanes supposément persécutées permet aux gouvernements et aux médias occidentaux de détourner toute accusation pour les centaines de milliers – vraisemblablement des millions – de musulmans tués dans le processus de « promotion de la démocratie » dans des pays à majorité musulmane comme l’Afghanistan, l’Irak la Syrie, le Yémen, la Somalie et ailleurs. Ou les plus nombreux encore qui seraient tués dans le projet visant à « apporter la liberté » à l’Iran. C’est vrai, de nombreux non-musulmans ont aussi été tués dans ces efforts humanitaires, mais leurs morts ne sont pas politiquement exploitables – aucun gouvernement ou mouvement terroriste ne menacera de les venger.

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samedi 9 septembre 2017

Myanmar/Birmanie: Le gaz, le pétrole et les tentatives de Soros pour faire imploser un Etat-nation

Par Christof Lehmann (NDT: cet article écrit en 2013 est toujours essentiel aujourd'hui pour comprendre ce qui se passe en Birmanie)

ARG BIRMANIE

Des affrontements violents entre les Rohingyas musulmans et les bouddhistes, remontant à 2012, se sont intensifié au Myanmar dans l'État de Rakhine qui est frontalier avec le Bangladesh. En 2011, la Birmanie a mis fin à 49 ans de règne militaire. Cela implique à la longue des réformes politiques, sociales, juridiques et économiques. Ces réformes ont été troublées par des conflits supposés ethniques pendant des décennies; en fait il s'agissait des restes de la stratégie britannique de division et de conquête, aggravée par la Deuxième guerre mondiale et les influences post-coloniales. La Birmanie est le pays le plus riche de la grande région du Mékong en termes de ressources naturelles. Pourtant, il figure aussi parmi les classements les plus bas sur l'indice de développement social.

La fin du règne des militaires a ouvert les portes aux sociétés occidentales, aux ONG, aux groupes de réflexion, aux organisations de défense des droits de l'homme et à une plus grande influence des agences des Nations Unies. Beaucoup de ces ONG et agences des Nations Unies sont associés et parrainés par l'autoproclamé philanthrope et le multi-milliardaire George Soros. Ensemble, elles ont établi un réseau plus ou moins associé, composé de nouveaux acteurs locaux et de joueurs internationaux bien établis qui sont célèbres pour exploiter les nations ciblées en utilisant la violence ethnique. Leur philanthropie et leur plaidoyer pour la liberté, la démocratie et les droits de l'homme ont partout laissé des trainées de violence ethnique, de mort et de dévastation, de la Bosnie et du Kosovo au Népal. L'emplacement géo-stratégiquement significatif du Myanmar (Birmanie), un gazoduc planifié et sa richesse en ressources ont-ils transformé le Myanmar en la prochaine cible de la mondialisation et de l'encerclement stratégique de la Chine?

L'indépendance et les dénominateurs communs du néo-colonialisme

La Birmanie (Myanmar) est devenue indépendante du régime colonial britannique en 1948. Deux guerres de portée mondiale avaient épuisé les nations et les économies européennes. Le maintien des administrations coloniales était devenu trop coûteux, lourd et irréalisable. La stratégie de division et de conquête du colonialisme a laissé le Myanmar nouvellement indépendant faire face à des conflits internes qui continuent de détériorer la cohérence nationale, la stabilité, la paix ainsi que le développement économique, social et politique. Les 49 ans de règne militaire au Myanmar étaient en fait un produit du néo-colonialisme occidental et une défense des nations contre une subversion prolongée.

Après la fin de la guerre froide, le transfert pacifique de Hong-Kong à la Chine, la transformation progressive et l'expansion de l'économie chinoise sur les marchés des anciennes colonies occidentales en Afrique et en Asie, les conflits internes du Myanmar ont acquis de nouvelles perspectives: les ambitions américaines via l'OTAN pour une complète dominance mondiale, l'importance des ressources naturelles du Myanmar, un méga projet de gazoducs et la perspective du Myanmar en tant que nation ciblée comme devant devenir une partie de l'encerclement stratégique américano/OTAN de la Chine.

Tous les dénominateurs communs de subversion sont soutenus par l'Ouest. La participation des nations étrangères, l'instrumentation des éléments locaux et l'objectif de contrôler les ressources, l'économie et la géopolitique ainsi que les sites stratégiquement significatifs. Le produit est un conflit interne basé sur la diversité et la fabrication d'une crise qui apporte une légitimité apparente aux appels à des interventions politiques, économiques ou militaires. Les médias occidentaux s'occupent d'obtenir le consentement populaire pour les interventions en suscitant un légendaire plaidoyer pour la stabilité, les droits de l'homme et la démocratie. La stabilité et les droits de l'homme sont l'outil moderne de propagande pour la légitimité apparente de la fabrication pour une subversion, une invasion, une présence et un contrôle militaires à long terme. La stratégie a été mise en œuvre avec succès en Bosnie et au Kosovo. En 2010 et 2011, elle a été appliquée avec succès en Côte d'Ivoire et en Libye. Elle est actuellement utilisée contre la Syrie et fermentée au Népal. Elle a été fermentée au Myanmar pendant des décennies et les récents affrontements violents entre les musulmans Rohingya et les bouddhistes signalent qu'une autre tentative est faite pour discréditer le pays.

La violence ethnique ou religieuse entre les Rohigyas et les Bouddhistes est, comme on le verra plus loin, un outil des impérialistes occidentaux afin de déstabiliser la réconciliation nationale birmane et de faire échouer une solution birmane et asiatique pour les problèmes de Myanmar au sein du cadre régional de l'ASEAN. La politique d'entrave à une solution négociée par l'ASEAN, le Myanmar, la Thaïlande et la Chine a commencé à être mise en œuvre par les États-Unis pendant l'administration de G.W. Bush. Comme nous le verrons plus loin, l'administration Bush a participé à une tentative de subversion dans l'État de Rakhine en collusion avec les services de renseignement du Bangladesh et du Pakistan. Bien que la nation entière soit ciblée par la subversion, la fonction spécifique des affrontements est cependant de prendre le contrôle de l'État de Rakhine et de ses abondantes ressources pétrolières et gazières.

(...)

Le Myanmar possède une histoire de plus d'un millier d'années en tant qu'empire et nation. En fait, on peut soutenir que le Myanmar, même si plusieurs groupes ethniques y sont représentés, a développé une véritable identité nationale et une prise de conscience nationale bien avant que les premiers États nations européens ne soient créés. Une conscience nationale basée sur l'appartenance ethnique s'est ensuite développée pendant les années de domination coloniale britannique. Elle a été fermentée et aggravée par la Grande-Bretagne qui s'en servait comme un instrument colonialiste standard pour le contrôle social et politique.

Les premiers à développer une prise de conscience nationale basée sur la soi-disant appartenance ethnique ont été les Birmans et les Karens au début des années 1900. Le développement a conduit les groupes ethniques à exiger une représentation dans les diverses institutions coloniales qui avaient été mises en place par les Britanniques. On peut noter la géniale stratégie britannique qui a fait que le peuple birman ait exigé lui-même l'institutionnalisation des premiers instruments de contrôle colonialistes.

La sensibilisation nationale selon les lignes ethniques a été renforcée au cours des années 1930 par le développement de l'ultra-nationalisme en Allemagne, en Italie et au Japon et durant l'occupation japonaise et thaïlandaise du Myanmar. Les développements au cours du colonialisme et de la deuxième guerre mondiale ont entraîné une opposition entre le nationalisme partiellement antichinois et anti-occidental encouragé par les Japonais et qui avait la faveur des Birmans, Shans et Rakhines et un nationalisme fondé sur l'ethnicité et encouragé par les alliés et que préféraient les Karens et les Kachins.

Dans l'État Karen, la majorité des membres de l'élite dirigeante sont soit des chrétiens, soit ont des liens étroits avec les communautés chrétiennes et la Grande-Bretagne. Beaucoup de Birmans considéraient les Karens comme des collaborateurs des colonialistes et pendant l'occupation japonaise et thaïlandaise du Myanmar, beaucoup d'entres-eux ont été persécutés. Cette situation a été exacerbée en raison du fait que les Britanniques, en quittant le Myanmar, ont négocié un règlement avec les anciens alliés des Japonais non communistes. Cela a conduit à des affrontements armés entre les Karens et les milices birmanes. La guerre civile a commencé comme une conséquence du colonialisme et de l'occupation du Myanmar par le Japon. La réalité tragique du Myanmar post-colonial et de l'après-guerre est que la violence toujours en cours dans l'État de Karen et dans d'autres régions n'a rien à voir avec le nationalisme ethnique ou basé sur l'ethnie.

Le conflit et ses innombrables morts et mutilés, les décennies de souffrance des Karens dans les camps de réfugiés en Thaïlande, l'impact dévastateur du conflit sur le développement social et politique et pour la cohérence nationale et la sécurité du Myanmar sont une conséquence directe de la colonisation et de l'occupation étrangère qui ont favorisé l'utilisation cynique de la stratégie de division et de conquête. Une note positive cependant, il se pourrait bien que la reconnaissance de ce fait soit la clé de la réconciliation nationale.

Il ne fait aucun doute que des atrocités, des violations des droits de l'homme et des crimes graves ont été commis par tous les protagonistes de ces conflits qui durent depuis des décennies. Les critiques occidentales unilatérales du gouvernement militaire et du nouveau gouvernement civil au Myanmar ne contribuent pas à la résolution des conflits et à la réconciliation nationale. Il semble de plus en plus clair que cette critique ne vise pas à contribuer à la réconciliation. Au contraire, comme cela deviendra évident ci-dessous, d'autres conflits sont fermentés avec l'aide d'intérêts étrangers, d'acteurs nationaux, d'agences des Nations Unies, y compris l'équipe cadre de l'ONU pour l'action préventive financée par Soros et des ONG financées par l'Occident qui sont connues pour justifier les sanctions et les interventions occidentales sur la base des conflits mêmes qu'ils entretiennent et aggravent.

Les pipelines de gaz et de pétrole du Myanmar

Le Myanmar est actuellement impliqué dans deux projets internationaux de pipelines qui, dans une certaine mesure, sont en concurrence entre eux. Le projet pipelinier Myanmar-Bangladesh-Inde (MBI) qui transportera le gaz du Myanmar au Bangladesh et en Inde, et les pipelines Dual Oil & Gas China-Myanmar (deux pipelines, l'un transportant du pétrole, l'autre du gaz, de la Birmanie vers la Chine).

Les pipelines Dual Oil & Gas China-Myanmar

Les pipelines Dual Oil & Gas China-Myanmar

En raison du manque de convergence dans les besoins énergétiques et sécuritaires de l'Inde et du Bangladesh, le projet MBI a d'abord été confronté à une résistance considérable du Bangladesh. Le Bangladesh a estimé que les livraisons de gaz à l'Inde menaçaient les besoins énergétiques et sécuritaires du Bangladesh. Le Bangladesh a ensuite accepté le projet en 2010, après avoir engrangé des estimations nouvelles et plus précises des réserves de gaz disponibles et après la négociation d'un nouveau contrat.

Un autre facteur de motivation pour le Bangladesh dans sa décision d'accepter enfin le projet MBI en 2010 est le fait que le projet de pipeline Chine-Myanmar a réduit le montant disponible des réserves de gaz pour l'exportation vers le Bangladesh et l'Inde. Alors que le premier projet, le MBI a des implications à prédominance régionale, le second projet, le gazoduc du projet Dual Oil & Gas China-Myanmar, n'est pas bien perçu par les cartels occidentaux de l'énergie et aussi par l'administration américaine car ce projet cause de graves préoccupations vis-à-vis de la stratégie des États-Unis et de l'OTAN d'encerclement stratégique de la Chine.

En 2012, des affrontements violents ont éclaté dans l'État de Rakhine; supposément entre les Rohingya majoritairement musulmans exigeant de n'être plus considérés comme des étrangers et des réfugiés, et pour que le Myanmar leur accorde la citoyenneté birmane, et les Bouddhistes qui, prétendument, s'opposeraient aux aspirations légitimes des Rohingya. Parmi les victimes de la violence figurent des Rohingya, des bouddhistes ainsi que des policiers et des membres des forces de sécurité birmanes.

Comme nous l'avons déjà mentionné ci-dessus, aucun des conflits prétendus ethniques qui ont déstabilisé le Myanmar pendant des décennies n'ont été ou sont des conflits ethniques. Une analyse du conflit supposé religieux et ethnique entre les Rohingya et les Bouddhistes montrera que les causes de la violence et des conflits n'ont rien à voir avec la religion ou l'appartenance ethnique et que ce conflit partage un dénominateur commun avec tous les autres conflits internes au Myanmar; les influences étrangères qui utilisent des facteurs internes pour déstabiliser le pays.

Pour acquérir une compréhension approfondie de la soi-disant violence entre Rohingyas et Bouddhistes, il faut examiner brièvement l'histoire récente du Bangladesh, sa transformation d'État laïc en État islamique, l'interaction entre les développements internes et la guerre américaine de la CIA contre l'URSS, la montée de l'extrémisme islamique en Afghanistan et au Bangladesh, et la position des Rohingyas dans ce contexte.

L'élaboration d'un modèle applicable pour la résolution des conflits, qui doit nécessairement tenir compte des préoccupations culturelles, humanitaires et de sécurité du Myanmar, n'est pas possible sans une analyse préalable de ce contexte.

Injustice sociale au Bangladesh, la fabrique américaine de terroristes, l'utilisation des Rohingyas pour la subversion en Birmanie et le stratégique encerclement de la Chine

Après une longue guerre avec le Pakistan, les forces essentiellement laïques et nationalistes du Bangladesh ont gagné leur indépendance en 1971. En 1972, le Bangladesh a reçu sa première constitution. Elle reposait sur des principes démocratiques, le nationalisme, les droits de l'homme et la laïcité. De puissantes forces au sein de l'armée du Bangladesh ont toutefois entrepris un projet de transformer l'État laïc en un état islamique despotique. Le projet a été contesté par la majorité des nationalistes, des laïcistes, ainsi que par les nombreuses communautés religieuses du pays.

Au cours du XXème siècle, le Bangladesh a connu des conflits internes fondés sur des problèmes sociaux. Les conflits se sont transformés en conflits ethniques, raciaux et religieux. Le pays avait déjà connu des violences considérables fondées sur des questions ethniques, religieuses et sociales.

La violence raciale, ethnique et religieuse a entraîné l'encouragement de la migration ainsi que le déplacement forcé d'importants segments de la population. Les élites islamiques anti-laïcisme de cette période se sont répandues dans l'armée de la libération après la libération ainsi que dans la politique intérieure de l'état nouvellement créé du Bangladesh. Comme d'habitude dans de telles situations, ni les peuples pacifiques, les hindous, les séculiers ou les autres segments de la population n'ont eu une quelconque influence sur ce développement. En fait, la laïcité et la tolérance pour la diversité religieuse ont été pratiquées dans la région pendant des siècles.

Les dictateurs et les politiciens nationalistes ont commencé à abuser de l'islam comme instrument de contrôle social et politique et à consolider les structures de pouvoir. L'abus de l'islam pour la consolidation du pouvoir politique et une insurrection maoïste de dix ans dans l'ouest du Bangladesh ont créés une base pour le développement de mouvements musulmans radicaux dans les districts ruraux.

Les mouvements islamistes radicalisés ont commencé à recevoir un financement substantiel de la part de l'Arabie saoudite et des milliardaires pétroliers qui ont financé la propagation de la branche radicale et extrémiste wahabite de l'islam. De plus, l'aile internationale basée au Qatar des Fraternités musulmanes est devenue bientôt active au Bangladesh, finançant, recrutant, armant et formant des jeunes pour le Jihad.

Le Bangladesh s'est transformé en terreau des mouvements musulmans militants et en un grand exportateur d'idéalistes et de mercenaires jihadis. Au cours de la guerre contre la République démocratique d'Afghanistan soutenue par l'URSS, des milliers de jeunes bangladais ont été recrutés pour la guerre sainte contre "les infidèles". Beaucoup d'entre eux ont été recrutés dans le réseau Al-Qaïda de la CIA, dirigé par Osama ben Laden. Les facilitateurs du recrutement étaient la CIA, l'ISI pakistanaise ainsi que le Service de renseignement militaire du Bangladesh, la DGFI.

Le potentiel de recrutement de jeunes "Combattants de la Liberté" au Bangladesh était énorme. Étant l'un des pays les moins bien classés sur l'indice de développement social, un énorme taux de chômage et un manque d'accès à une éducation adéquate pour les socio-économiquement défavorisés, le Bangladesh devait devenir l'un des principaux exportateurs d'opérateurs et de mercenaires d'Al-Qaïda. Beaucoup d'entre eux étaient alors, et sont toujours, involontairement recrutés dans des guerres de combat au nom de l'impérialisme américain et de l'OTAN.

La participation de la DGFI en Afghanistan a commencé à accumuler de vastes sommes de revenus lucratifs provenant de la drogue et du commerce des armes. En 1978, s'attendant à ce que le gouvernement militaire du Myanmar voisin soit affaibli par des conflits internes, conscient du fait que l'État voisin de Rakhine était riche en ressources naturelles en gaz naturel et en pétrole et conscient du fait que la population Rohingya, auparavant très peu importante dans l'État Rakhine, avait augmenté en nombre en raison d'un afflux important de Rohingyas qui avait été déplacé pendant les conflits internes au Bangladesh en 1943, la DGFI a entrepris la mission de radicaliser les Rohingyas dans l'État Rakhine. L'objectif était la création d'un État Rohingya avec un gouvernement indirect contrôlé par le Bangladesh qui donnerait au Bangladesh l'accès aux riches réserves de pétrole et de gaz du Myanmar dans la région.

L'abus criminel de la population Rohingya déplacée du Bangladesh vers l'État de Rakhine avait l'approbation directe des États-Unis.

Le plan a été conçu par le chef militaire du Bangladesh, le général Ziaur Rahman, avec l'aide de la CIA. L'exécution de la subversion a été déléguée au général de brigade Nurul Islam Shishu. Les liens diplomatiques entre le Myanmar et le Bangladesh se sont gelés lorsque le Myanmar a expulsé l'attaché militaire du Bangladesh et les militaires birmanes ont forcé un grand nombre de militants rohingyas à retourner au Bangladesh. Des atrocités ont été commises par les deux camps. Cependant, le gouvernement de Myanmar a été montré du doigt comme étant le méchant par les gouvernements occidentaux et est devenu le point central d'une couverture médiatique occidentale qui, au mieux, peut être décrite comme de la propagande bien conçue pour couvrir le fait que les États-Unis et le Bangladesh avaient utilisé une population de réfugiés pour fabriquer une subversion. La situation s'est aggravée avec des affrontements frontaliers.

Si le Bangladesh était un lit pour le terrorisme alors, après la soi-disant guerre contre le terrorisme et la guerre contre l'Afghanistan, ce pays est devenu l'une des principales bases d'opérations d'Al-Qaïda. Les agents d'Al-Qaïda et les mercenaires du Bangladesh étaient impliqués, parmi d'autres, dans des missions dans la province d'Aceh en Indonésie ainsi qu'en Afghanistan, en Bosnie, au Myanmar, en Tchétchénie, en Egypte, en Inde, au Cachemire et au Tadjikistan.

La coordination est principalement organisée par le réseau Harkat-ul-Jihad-al-Islam (HuJI). Outre ces opérations, les combattants d'Al-Qaïda recrutés via le Bangladesh ont participé à la subversion réussie de 2011 en Lybie organisée par l'OTAN et participent actuellement à la subversion en cours dans la République arabe syrienne. Aussi bien la CIA et la DIA des États-Unis, l'ISI du Pakistan et la DGFI jouent un rôle important dans la coordination des opérations d'Al-Qaïda via le Bangladesh, bien que la détérioration des liens entre le Pakistan et les États-Unis ait réduit le rôle de l'ISI et contribué à l'afflux de membres d'Al -Qaïda au Bangladesh.

La fermentation d'une nouvelle subversion dans l'État Rakhine au Myanmar est organisée dans les camps rohingyas, par l'intermédiaire de la très militante Organisation de Solidarité Rohingya (RSO) supervisée par les services de renseignement du Bangladesh. Les camps ont connu un afflux important d'organisations et de combattants islamistes associés à Al-Qaïda. La violence dans l'État Rakhine ne peut être comprise indépendamment de ses causes. Les dimensions susmentionnées sont également une condition préalable à la compréhension complète du rôle d'Aung San Suu Kyi, des médias internationaux et birmans, des ONG et des agences des Nations Unies dans la tentative de subversion.

Myanmar: Les réformes politiques dans une nation ciblée

Le problème principal pour l'ancien gouvernement civil militaire et actuel au Myanmar pourrait être réduit à ce qui suit. Le manque de réforme et de développement politique, social, juridique et économique renforce la subversion. Ces réformes très nécessaires augmentent la probabilité d'une subversion réussie. Le manque de processus politiques pluralistes ou plus représentatifs a entraîné l'imprégnation des systèmes politiques, administratifs, juridiques, économiques et autres par les cartels militaires et leurs associés. Les réformes seront confrontées à l'inertie de ceux qui sont bénéficiaires de ces structures. L'influence politique de l'armée se situe entre une subversion réussie et la souveraineté nationale, l'intégrité, la sécurité et la véritable réforme. La mise en œuvre de réformes politiques dans de telles circonstances n'est pas seulement extrêmement difficile, mais aussi intrinsèquement dangereuse pour la sécurité nationale.

Le cas d'Aung San Suu Kyi est un excellent exemple pour savoir comment la tentative de subversion d'une nation entraîne une opposition politique dans le camp de la subversion et comment la subversion influe sur une opposition politique. Aucun autre cas de l'histoire récente n'est en fait plus exemplaire pour cette interaction. La perspective de mettre en œuvre des réformes politiques pacifiques au Myanmar en a considérablement souffert depuis des décennies. En Occident, Aung San Suu Kyi était la militante la plus proéminente de la démocratie et des droits de l'homme. Les gouvernements occidentaux et les médias l'avaient transformée en une icône de la liberté. Une héroïne en résidence surveillée, la Nobel de la paix et une "balise d'espoir" pour la liberté et la démocratie au Myanmar.

Aung San Suu Kyi

Aung San Suu Kyi

En fait, Suu Kyi avait été développée en une icône sous la bannière de laquelle il était possible de positionner le gouvernement du Myanmar comme des méchants tout en menant une guerre non déclarée contre ce pays. Du point de vue des relations publiques, c'était un désastre pour le gouvernement militaire de garder Suu Kyi en résidence surveillée. Du point de vue de la sécurité nationale, elle aurait été un grave danger pour la cohérence, la stabilité et la sécurité nationale du pays si elle avait été libérée avant qu'une transition pacifique vers un gouvernement civil puisse être mise en œuvre en toute sécurité. À moins que Suu Kyi et son parti ne soient disposés et capables de s'adapter aux réformes en réorientant leur politique vers la souveraineté nationale et l'intégration régionale du Myanmar, Suu Kyi et le parti resteront une menace pour la souveraineté nationale ainsi que pour la sécurité nationale et régionale.

Qu'on l'appuie ou non, Aung San Suu Kyi a été et jouera un rôle important dans la politique du Myanmar. Sa position, sa fonction et son influence ne peuvent être comprises et utilisées que pour le bénéfice de Myanmar lorsqu'il est pris en compte qu'elle représente à la fois un consortium de courtiers en puissance qui essaie de déstabiliser le Myanmar et qu'elle en est une victime volontaire, mais plus ou moins une victime des circonstances. La circonstance d'être une politicienne prolifique dans un pays qui a eu un gouvernement répressif parce qu'il était attaqué. La circonstance d'avoir été ciblée comme atout d'autant qu'elle avait besoin de ceux dont l'intérêt est de déstabiliser le Myanmar.

Les prochaines années à venir montreront si Suu Kyi est capable et désireuse d'abandonner certains des plus subversifs des alliés qui l'ont soutenue au cours des dernières décennies. Ses décisions seront cruciales pour la manière dont des réformes rapides et complètes pourront être mises en œuvre en toute sécurité. Malheureusement, il semble que le réseau subversif, allant du Département des États-Unis à la Fondation des Nations Unies pour la démocratie, d'Human Rights Watch à une cohorte d'autres ONG financées par Soros, aient un tel contrôle sur Suu Kyi et son parti, qu'il leur sera pratiquement impossible de travailler pour le meilleur intérêt du Myanmar, de son intégrité et de sa sécurité nationales, même si elle le voulait.

L'intervention de Soros

Le sponsor principal de Suu Kyi au cours des dernières décennies est George Soros. En 2012, George Soros a ouvert son premier bureau au Myanmar. Soros a déclaré qu'il avait eu des entretiens avec la "dirigeante pro-démocratie Suu Kyi" et qu'ils s'étaient mis d'accord pour ouvrir ce bureau. La signification de cet "accord" devient évidente lorsqu'on regarde la gamme des organisations, des initiatives et des agences en Birmanie qui sont financées par Soros.

George Soros

George Soros

Les organisations financées par Soros au Myanmar incluent, la Fondation Open Society, Mizzima News, Birmanie International, Human Rights Watch, Initiatives pour promouvoir l'éducation des jeunes journalistes, les bourses d'études pour les étudiants, les bourses dans les instituts qui sont notoires pour leur participation à la subversion et, à ne pas oublier, les agences de l'ONU.

Parmi les autres organisations qui soutenaient Suu Kyi, il y avait Amnesty International, dont la directrice d'Amnesty International USA, Suzanne Nozzel, était la conseillère des États-Unis et d'Hilary Clinton pour les ONG, les relations gouvernementales, Clinton Global Initiative et la Burma Campaign UK, dont Le rapport de 2006 montre clairement qu'elle est financé par les forces très globalistes qui visent à déstabiliser la Birmanie.

La manière dont tout ce réseau globaliste anti-Myanmar, principalement financé par Soros, agit et comment il s'interface avec la radicalisation des Rohingya par le Bangladesh, un pays qui a supervisé et parrainé des agents et des mercenaires d'Al-Qaïda, devient évidente lorsqu'on regarde de plus près les antécédents de l'Équipe de coordination inter organisations des Nations Unies pour une action préventive (FT) financée par Soros.

L'équipe cadre financée par Soros est une agence des Nations Unies qui supervise la coopération des agences de l'ONU aux niveaux international, régional et national. Elle supervise et coordonne également l'interaction et la coopération entre les agences des Nations Unies et les ONG telles que Human Rights Watch, la Fondation Open Society, Amnesty International, la Campagne de Birmanie et bien d'autres. FT a contribué à la fermentation et à l'explosion de la violence ethnique en Bosnie-Herzégovine. Aujourd'hui, FT participe activement à la fermentation de la violence ethnique et religieuse au Népal, au Myanmar et dans de nombreux autres pays ciblés.

L'exemple du Népal

Pour comprendre comment l'équipe-cadre de l'ONU pour l'action préventive est complice de la fermentation et de l'explosion de la violence ethnique et religieuse dans les pays ciblés, le Népal est un excellent exemple et il convient de l'étudier avec beaucoup de détails.

En 2006, une lutte populaire armée prolongée pour les réformes politiques au Népal a fini avec la victoire du Parti communiste unifié népalais - maoïste contre la monarchie népalaise. Une forme de gouvernement pluraliste et représentative a été installée, les élections ont eu lieu, où ce parti a remporté plus de 40% des sièges parlementaires. D'autres partis communistes étaient représentés dans un gouvernement de coalition. Les anciennes structures gouvernementales centralistes devraient être réformées, le pouvoir délégué aux régions et aux communautés. Une commission a été formée et l'équipe cadre de l'ONU s'est impliquée. Le nombre d'agences des Nations Unies et d'ONG qui ont participé au Népal a augmenté de façon exponentielle.

Le Népal a une histoire de centaines d'années de coexistence tolérante et pacifique entre les différentes communautés ethniques et religieuses. Plus de 100 religions et 300 castes sont représentées dans le pays. Avec l'aide de l'équipe-cadre de l'ONU pour les actions préventives et des ONG qui ont exercé des pressions pour une "répartition équitable de la propriété foncière" fondée sur l'appartenance ethnique et religieuse, comme le NEFIN, ces différentes communautés ont commencé à se soupçonner entres elles et à être envieuse les unes envers les autres. En fait, le dirigeant de FT au Népal, Ian Martin, est la même personne qui était responsable de la même stratégie de subversion en Bosnie-Herzégovine, où elle a entraîné de graves violences ethniques et une guerre civile.

Un plan initialement planifié de six districts pour le Népal a été refusé. Onze régions ont été suggérées. Le problème est que, peu importe comment on divise le Népal le long des lignes ethniques et religieuses, il y aura toujours des éléments d'un groupe qui seront une minorité dans le territoire de l'autre. La violence ethnique a éclaté au Népal, mis en œuvre avec l'aide des extrémistes islamiques associés à la CIA et en collusion avec l'Agence des Nations Unies pour les Narcotiques. C'est précisément le même modèle, et précisément le même réseau financé par Soros d'agences des Nations Unies et d'ONG associées, ainsi que le réseau d'extrémistes islamiques associé à Al-Qaïda qui est derrière l'éruption de la violence dans l'État Rakhine et la subversion prévue du Myanmar.

Les violences de 2012 dans l'État Rakhine et l'implication des employés de l'ONU

La violence dans l'État Rakhine, supposément entre les Rohingyas musulmans et les Bouddhistes, a été planifiée et exécutée en collusion avec Harkat-ul-Jihad-al-Islam (HuJI) et l'Organisation de Solidarité Rohingya associée à Al-Qaïda. La base des opérations pour ces organisations et pour la violence sont les camps rohingyas au Bangladesh. Les organisations ainsi que les camps sont sous la supervision du service de renseignement du Bangladesh, la DGFI. La violence a été incitée pour tenter de déstabiliser les projets régionaux de gazoducs qui contredisent la politique énergétique du Bangladesh et l'encerclement stratégique de la Chine par les américains et l'OTAN.

En juillet 2012 les autorités de l'Etat Rakhine ont arrêté deux employés de l'ONU. Bien que la raison de leur arrestation soit maintenue aussi discrète que possible par les Nations Unies et le gouvernement du Myanmar pour éviter un scandale diplomatique, il est bien établi que le HCR et les employés du WFP travaillaient comme agents de renseignement pour une nation étrangère et que ces deux employés étaient directement impliqués dans la fabrication et l'aggravation des soi-disant affrontements ethniques.

Le 27 août 2012, les deux employés ont été condamnés par un tribunal de Maungdaw, au Myanmar. Les Nations Unies insistent sur le fait qu'ils sont traités conformément à toutes les conventions et immunités internationales applicables auxquelles ils peuvent avoir droit. Cependant, l'immunité n'est pas applicable lorsque le personnel de l'ONU a abusé des privilèges accordés aux Nations Unies pour l'espionnage et la subversion de la souveraineté territoriale d'une nation. L'arrestation et la condamnation subséquente des fonctionnaires de l'ONU indiquent que le gouvernement du Myanmar a confiance en lui et signale qu'il n'acceptera pas une subversion de la souveraineté nationale en fabriquant des violences ethniques ou religieuses comme en Bosnie-Herzégovine ou au Népal. C'est aussi une indication saine du fonctionnement du Myanmar dans les structures antiterroristes et contre-insurrectionnelles. Après tout, le pays a eu à faire face pendant des décennies avec le terrorisme soutenu par l'étranger et la subversion pour les développer.

Même de nombreux intellectuels progressistes occidentaux, pourtant conscients de la complexité des opérations de terrorisme internationales et parrainées par l'État, comme l'arabiste et l'islamologue Kevin Barret, font des déclarations générales sur "les affrontements entre musulmans et bouddhistes", "les Rohingyas" ou encore sur " le régime brutal ". Dans un article récent intitulé "Les Etats-Unis récompensent le Myanmar pour avoir massacré des musulmans", publiés par le média iranien Press TV le 26 août 2012, Kevin Barret a écrit: "Les Rohingya devraient simplement avoir droit à la citoyenneté dont ils ont droit selon la loi internationale. Cela résoudra le problème pour les Rohingyas et le Myanmar. Les Musulmans et les Bouddhistes doivent s'unir contre le nationalisme du régime et le fanatisme". Les déclarations, les demandes et les appels subséquents à l'action publique contre le gouvernement du Myanmar, comme ceux du professeur Barret, sont symptomatiques d'un public américain et occidental mal informé et représentatifs des nombreuses approches simplistes occidentales pour la résolution des conflits. En outre, ces énoncés et exigences renforcent le problème plutôt que d'offrir des solutions constructives et réalisables.

Les considérations essentielles pour un modèle de résolution des conflits

Cela fait des siècles qu'il y a une population de Rohingyas musulmans dans l'état Rakhine du Myanmar. La grande majorité de ces Rohingyas sont bien intégrés dans la société du Myanmar et jouissent des droits qui vont avec la citoyenneté du Myanmar, y compris la liberté religieuse. Cette population souffre autant que tous les autres citoyens de Myanmar des conséquences politiques, sociales et économiques de décennies de conflits et de sanctions.

Les autres Rohingyas, ceux qui ont fui au Myanmar pendant la violence sociale, ethnique et religieuse au Bangladesh au cours des années 1940 ont été partiellement intégrés dans la société civile du Myanmar. La majorité, cependant, vit dans des camps de réfugiés formels et informels dans l'État Rakhine. Ils jouissent d'une protection en vertu du droit international ainsi que de la loi birmane en tant que réfugiés. Le Myanmar n'a aucune obligation en vertu du droit international de donner sa citoyenneté à cette population. Il ne fait aucun doute que la condition de nombreuses populations de réfugiés dans le monde est tragique, mais le problème des déplacements causés par la violence ne sera jamais résolu par des mesures radicales telles que l'octroi automatique de la citoyenneté dans les pays hôtes.

Compte tenu du fait que Bangladesh a précédemment tenté d'établir un État Rohingya sur le territoire du Myanmar et d'installer un gouvernement par procuration afin de contrôler les ressources pétrolières et gazières de Myanmar, les considérations sur le statut de la population réfugiée Rohingya au Myanmar sont particulièrement complexes et difficile.

Il n'est certainement pas utile au réfugié Rohingya moyen du Myanmar de lui imposer des difficultés supplémentaires en déclenchant une insurrection Al-Qaïda supervisée par la CIA et la DGFI qui oblige le gouvernement de Myanmar à mettre en place des contrôles plus stricts de la population réfugiée. L'abus éthique et criminel des droits de l'homme par les gouvernements occidentaux, les agences des Nations Unies et les ONG pour couvrir les insurrections et la subversion et pour justifier les sanctions et les interventions ne résout pas les problèmes des Rohingyas et impose le danger de les victimiser en tant que pions dans une guerre secrète les utilisant.

Une résolution du problème des Rohingyas au Myanmar ne pourra être trouvée sans clarifier le rôle du Bangladesh, des Nations Unies, des services de renseignement des Occidentaux et du terrorisme parrainé par l'État au Bangladesh. Toute suggestion constructive pour résoudre les problèmes des Rohingyas doit tenir compte des causes sous-jacentes de leur situation. Le fait de ne pas tenir compte de ces causes sous-jacentes serait un échec pour les Rohingyas et le peuple du Myanmar.

Le professeur Christof Lehmann est le fondateur et rédacteur en chef de nsnbc. Il est psychologue et ancien consultant politique indépendant sur les conflits, la résolution des conflits et un large éventail d'autres questions politiques. En mars 2013, il a créé nsnbc en tant que journal quotidien, indépendant et international en ligne. Il peut être contacté chez nsnbc international à nsnbc.wordpress@gmail.com

Article original en anglais:

https://nsnbc.me/2012/09/08/myanmar-gas-and-the-soros-funded-explosion-of-a-nation-state/

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mardi 5 septembre 2017

Les leçons à tirer du face à face indo-chinois à la frontière

L’affrontement entre la Chine et l’Inde à la jonction Donglang / Doklam (jonction de l’Inde, de la Chine et du Bouthan)*, a pris fin au bout de deux mois. Les deux camps ont crié victoire.

ARG INDE 1

L’Inde a souligné le double retrait, ou retrait simultané, (elle a utilisé le terme euphémique de « désengagement ») des deux camps de la zone contrôlée par la Chine (également revendiquée par le Bhoutan) dans laquelle les troupes indiennes avaient fait intrusion. En ce qui concerne la Chine, elle a confirmé que les 50 derniers soldats indiens avaient quitté la région, sans dire que les troupes chinoises s’étaient aussi retirées. Ce que Pékin a dit, c’est qu’il continuerait à «maintenir une présence militaire et à patrouiller » la région, et à « ajuster et déployer » ses forces en fonction de la situation.

Si victoire il y a, elle réside dans le fait que les deux camps ont reculé devant une nouvelle escarmouche frontalière, après la guerre de 1962. C’est en soi une raison tout à fait suffisante de pousser un soupir de soulagement. La perspective que deux puissances nucléaires qui représentent à elles seules plus d’un tiers de la population mondiale, entrent en guerre était vraiment effrayante.

C’est aussi une victoire pour la multipolarité émergente. Le choc des deux titans, tous deux membres de BRICS, pourrait affaiblir, sinon détruire, les BRICS tel que nous le connaissons.

New Delhi avait besoin de se sortir rapidement de cette impasse sans perdre la face tout autant que Pékin. Les chutes de neige imminentes et la baisse des températures en dessous de zéro allaient bientôt rendre intenable la situation des troupes indiennes stationnées sur le plateau de l’Himalaya. Modi avait réclamé publiquement un double retrait et l’accord chinois était le meilleur qu’il pouvait espérer. Il savait probablement depuis le début que l’Empire du Milieu ne renoncerait pas à construire sa route dans la zone sous contrôle chinois.

En vérité, le chantier de la route chinoise avait servi de prétexte, de feuille de vigne, à l’incursion de l’Inde dans une zone sur laquelle elle n’a aucun droit. L’ambassadeur chinois à New Delhi avait prévenu l’Inde de la construction de la route à l’avance. L’Inde a fait semblant de l’ignorer et a pris prétexte du prétendu changement du statu quo pour empiéter sur le territoire chinois, en prétendant qu’il venait défendre le Bhoutan en vertu d’un traité qui la lie à ce pays. Des sources à Thimphou ont affirmé que New Delhi mentait. Le Bhoutan n’avait pas sollicité l’aide de l’Inde. Leur traité d’amitié n’est pas un traité de défense et il ne comporte pas d’engagement de défense mutuelle.

Il est devenu évident pour beaucoup de Bhoutanais que l’aventurisme militaire indien à Donglang / Doklam avait pour but de nuire aux relations sino-bhoutanes pour empêcher le parti pro-Pékin de remporter les élections au Bhoutan l’année prochaine. Exactement comme l’Inde avait réussi à le faire dans l’élection précédente, en 2013, en réduisant les subventions indiennes sur l’essence et le gaz domestique pour le Bhoutan.

Ce qui a mis Pékin particulièrement en colère, c’est que les Indiens sont entrés dans la zone contrôlée par les Chinois sur laquelle New Delhi n’a aucun droit, et cela à partir du secteur de Sikkim où la frontière a été établie par un traité entre Qing China et l’Inde britannique en 1890.

Tandis que l’arrivée du mauvais temps sur le plateau de l’Himalaya préoccupait les troupes indiennes qui y avaient fait incursion, ce qui inquiétait Pékin était que Modi joue les « abonnés absents » au sommet des BRICS qui se tient à Xiamen, en Chine, du 3 au 5 septembre. Cela constitutiait un affront pour l’hôte chinois. La Chine attache beaucoup d’importance aux BRICS et à leur apparence d’unité. Pékin ne veut pas être vu comme celui qui a  causé une fracture, et encore moins une rupture, entre les BRICS. Après plus de deux mois de bataille verbale à travers l’Himalaya, la Chine a fait la concession tactique de la onzième heure pour garantir le succès du sommet des BRICS.

On est enfin sorti de l’impasse de la frontière, en dépit des cris nationalistes, et même chauvins et bellicistes, de ceux qui ne font que jacasser dans les deux pays. Quelles leçons la Chine et le Bhoutan peuvent-elles tirer de cet incident ?

Les Bhoutanais, en particulier les jeunes générations qui veulent un développement économique, doivent prendre leur destinée entre leurs propres mains. Cela implique de ne pas se laisser intimider par les menaces de New Delhi et de voter pour le parti qui peut obtenir de la Chine l’aide, les investissements et les touristes dont le pays a besoin. C’est seulement à ce prix qu’ils pourront se libérer du handicap d’être un protectorat de facto de l’Inde. Et il y a actuellement une opportunité à saisir avec le boom de la construction de la nouvelle route de la soie.

Les Chinois doivent se préparer à payer le prix de leur objection de principe à l’entrée de l’Inde dans le groupe des Fournisseurs nucléaires**. Il leur faut aussi prendre la mesure, et agir en conséquence, de l’opportunisme de l’Inde en matière de politique étrangère. l’Inde se fiche des traités bilatéraux et des conventions internationales, tout autant que de son nouveau Statut de meilleur ami de l’Amérique***.

Cela complique et rend plus difficile la défense chinoise de ses plus de 4 000 km de frontière avec l’Inde. La surveillance par satellite en temps réel des troupes indiennes tout au long de la longue frontière ainsi que le déploiement d’une force de réaction rapide pour prévenir toute intrusion sont devenus nécessaires.

GERRY BROWN | 30 juillet 2017 | Counterpunch

* http://www.la-croix.com/Monde/Asie-et-Oceanie/route-chinoise-Bhoutan-viseur-lInde-2017-07-30-1200866568

**https://asialyst.com/fr/2016/06/10/inde-candidature-de-new-delhi-bloquee-par-pekin-au-groupe-des-fournisseurs-nucleaires/

***http://www.firstpost.com/world/trump-gives-india-bff-status-praises-modi-at-hindu-american-gig-3054306.html

Article original: Lessons From the China-India Border Standoff

Traduction : Dominique Muselet

Source: http://arretsurinfo.ch/les-lecons-a-tirer-du-face-a-face-indo-chinois-a-la-frontiere/


 

Le parti pris pro- chinois de cet article est un peu excessif à mon goût, mais cela permet de comprendre un des multiples enjeux géopolitiques du moment et l'importance accordée par les uns et les autres au sommet des BRICS, actualité qui n'est absolument pas couverte par la presse française et "occidentale". P.G.

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samedi 5 août 2017

L'Inde et la Chine au seuil d'une guerre

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L'Inde et la Chine au seuil d'une guerre

https://fr.sputniknews.com/presse/201707281032434626-inde-chine-guerre/

 Sur la plateforme du groupe des Brics, les représentants de l'Inde et de la Chine tenteront aujourd'hui de stopper le conflit qui les oppose - et commence à prendre une tournure inquiétante - dans l'Himalaya.

Le ministère chinois de la Défense a menacé hier son voisin de guerre et appelé les militaires indiens à cesser d'entraver la construction, par les Chinois, d'une route dans la région contestée à la frontière entre la Chine et le Bhoutan. Pékin et New Delhi ne sont pas seulement membres des Brics mais également partenaires au sein de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) depuis juin 2017. Cependant, la situation ne s'est pas encore apaisée pour le moment. Les deux États sont actuellement menés par des dirigeants puissants qui sont prêts à aller plus loin que leurs prédécesseurs pour défendre les intérêts nationaux. Selon le quotidien Kommersant.

«Je voudrais rappeler à l'Inde: ne jouez pas avec le feu et ne prenez pas de décisions en vous basant sur des fantaisies, a déclaré hier le porte-parole du ministère chinois de la Défense Wu Qian. Toute l'histoire de l'armée populaire de libération de la Chine démontre une chose: nos militaires défendront la souveraineté et l'intégrité territoriale du pays. Il est plus aisé d'ébranler une montagne que de faire reculer notre armée». Wu Qian a également promis que la Chine renforcerait son contingent tout le long de la frontière et organiserait davantage d'exercices. Pékin tient de tels propos depuis un mois: par exemple, la revue nationaliste publique Huánqiú Shíbào a publié un article intitulé «New Delhi n'a pas tiré les leçons de la guerre de 1962» qui note que «l'économie chinoise est cinq fois plus grande que l'économie indienne», et qu'une guerre conduirait au déclin de cette dernière. Rappelons qu'en 1962 Pékin avait remporté la victoire contre New Delhi dans une guerre rapide dans les régions frontalières d'Aksai Chin et d'Arunachal Pradesh.

Le cycle de conflit actuel entre l'Inde et le Bhoutan, d'une part, et la Chine de l'autre, a commencé début juin quand des ingénieurs militaires chinois sont entrés sur le territoire du plateau du Doklam (Donglang en chinois) contesté par la Chine et le Bhoutan et ont commencé à construire une route en direction du Bhoutan. Les autorités de ce pays ont exprimé une protestation qui a été ignorée par les Chinois. L'Inde est alors intervenue: alliée du Bhoutan, elle a envoyé ses troupes sur le territoire du royaume et repoussé les constructeurs chinois d'une partie du plateau. Pékin a réagi en renforçant son contingent dans la zone et désormais, les militaires chinois et indiens, écrit la presse, «se font face à la distance d'un bras tendu». Le ministère chinois des Affaires étrangères exhorte New Delhi à «retirer immédiatement ses troupes du territoire chinois». La ministre indienne des Affaires étrangères Sushma Swaraj répond qu'elle n'acceptera qu'à condition que les Chinois retirent également leur contingent. En effet, l'Inde considère ce territoire comme appartenant au Bhoutan.

Le plateau du Doklam est une zone de montagne stratégique à la frontière des trois pays concernés. Le Bhoutan est l'unique voisin de la Chine qui n'entretient pas de relations diplomatiques avec cette dernière, tout en ayant des liens étroits avec l'Inde. Depuis les années 1970, la Chine mène dans la région des travaux pour construire une route depuis la capitale du Tibet, Lhassa, en direction de la jonction des frontières. Via cette route, en cas de conflit avec l'Inde, l'armée chinoise pourrait arriver sur les lieux en environ 8 heures. New Delhi craint qu'en prenant le contrôle du plateau du Doklam la Chine menace le corridor de Siliguri, une bande de territoire indien entre le Népal et le Bangladesh qui relie le territoire principal du pays à sept États de l'est.

 Pour revendiquer le Doklam, Pékin se réfère à l'accord de 1890 entre le Sikkim (alors sous protectorat britannique et qui est aujourd'hui un État indien) et le Tibet (actuellement un territoire de la Chine), qui indique que le Doklam fait bien partie du Tibet. Cependant, ni l'Inde ni le Bhoutan n'ont jamais reconnu cette démarcation. En 1988 et en 1998, le Bhoutan et la Chine ont signé plusieurs accords dans lesquels ils s'engageaient à régler pacifiquement le litige territorial et à s'abstenir de toute construction militaire dans la région. D'après les autorités de l'Inde et du Bhoutan, la Chine a enfreint ces accords en lançant la construction de la route sur le plateau du Doklam.

«La situation est d'autant plus difficile que le Bhoutan est l'un des pays les plus loyaux envers l'Inde en Asie du Sud, rappelle Piotr Topytchkanov, expert du centre Carnegie de Moscou. Le Pakistan est le principal ennemi potentiel de New Delhi, et les Maldives et le Sri Lanka coopèrent de plus en plus étroitement avec Pékin. Un redémarrage des relations avec le Népal était attendu après l'arrivée au pouvoir du premier ministre Narendra Modi mais il n'a pas eu lieu. L'Inde est surtout irritée par le corridor économique sino-pakistanais qui rattachera pour longtemps Islamabad à Pékin. La patience des Indiens a atteint sa limite, et ils ont décidé d'intervenir.» Piotr Topytchkanov qualifie la confrontation de «très grave» et n'écarte pas la possibilité d'un conflit militaire ouvert.

L'Inde et la Chine pourront aborder leurs différends aujourd'hui à Pékin à l'occasion de la 7e réunion des représentants du groupe des Brics sur la sécurité. Le conseiller du premier ministre indien, Ajit Doval, y rencontrera le conseiller d'État chinois Yang Jiechi. Au début de l'été, l'Inde a rejoint la Chine au sein de l'OCS mais cela n'a pas permis de réduire la tension entre les deux pays.

«L'OCS et les Brics ne peuvent pas être considérés comme des blocs militaro-politiques. Ils sont basés sur un consensus. Ils ne pourront certainement pas jouer un rôle de limiteur ou de médiateur dans ce conflit. On espérait qu'une implication commune dans les projets économiques de l'OCS rapprocherait Pékin et New Delhi. Cependant, les problèmes dans leurs relations sont peu liés à l'économie et même un niveau élevé de coopération commerciale et économique ne peut pas les protéger contre l'aggravation des conflits dans les régions contestées», estime Igor Denissov du Centre d'études de l'Asie de l'Est et de l'OCS à l'Institut des relations internationales de Moscou (MGIMO). Selon lui, «il serait possible de régler ce problème en renforçant la confiance politique ainsi qu'en exerçant un contrôle sur les partisans de la ligne dure dans les deux pays, qui exacerbent considérablement les moindres frictions en se menaçant mutuellement de guerre».

Toutefois, les dirigeants chinois et indien Xi Jinping et Narendra Modi bâtissent eux-mêmes leur plateforme politique sur le nationalisme, et il leur sera difficile de faire marche-arrière concernant le plateau du Doklam.

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mercredi 7 juin 2017

Revue de presse (sélection semaine du 29 mai au 5 juin 2017) 3° partie

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Chine

Les dirigeants mondiaux réunis à Pékin alors que les Etats-Unis sombrent dans l'insignifiance
De nouvelles routes de la soie ont été discutées, pour bâtir un monde véritablement multipolaire. Les Etats-Unis et ses alliés ne sont plus du tout apparus au premier plan lors de ce grand rendez-vous de chefs d'Etat ou de leurs représentants.

Pays-Bas

Et voilà : le dernier référendum néerlandais est lui aussi piétiné par l'UE
Les néerlandais avaient par référendum rejeté l'accord d'association avec l'Ukraine. Leurs politiques viennent de les trahir en le ratifiant malgré tout. Encore une fois la dictature européenne qui se montre au grand jour.

Afghanistan

Avions non-identifiés qui approvisionnent Daech
Les forces de l'OTAN en Afghanistan n'ont pas vu ce qu'ont vu les russes: des hélicoptères anonymes alimentant Daech en armes...

Ukraine

Censure anti-russe de grande ampleur
L'Ukraine a bloqué les médias russes, plusieurs réseaux sociaux, les artistes et journalistes russes... Voilà donc à Kiev le type de régime dictatorial que nous soutenons avec l'argent de l'UE.
Donetsk à nouveau sous une pluie de projectiles malgré les accords de Minsk
500 tirs de projectiles en l'espace d'une seule journée : voilà ce que continue de subir la population de Donetsk de la part du régime de Kiev. Dans l'indifférence de nos médias...

Grèce

Désaccords entre les créanciers de la Grèce sur le prochain plan d'aide
Encore une fois, un "accord de la dernière chance" est nécessaire pour sauver la Grèce. Les minutes de l'eurogroupe expliquent que le FMI rechigne à un nouveau plan d'aide. En attendant, quel que soit le résultat, le peuple grec continue à souffrir profondément des décisions de la Troïka qui gouverne à leur place.

Union européenne

Dissension dans la zone euro autour des évolutions politiques à mener
Pendant ce temps, les soldes Target 2 continuent de diverger... avec au bout du chemin l'explosion inévitable de l'euro.

OTAN

Bombardiers à capacité nucléaire bientôt à la frontière russe
Les B-52 peuvent porter jusqu'à 31 tonnes de bombes. Les Etats-Unis de Trump continuent de considérer la Russie comme une menace, alors que la Russie n'a pourtant pas envoyé de bombardiers nucléaires près des frontières des Etats-Unis.

Corée du sud

Déploiement secret de 4 lance-missiles étatsuniens
Le président sud-coréen s'est dit choqué de n'en avoir pas été informé, alors qu'il s'était positionné contre le déploiement de ce système anti-missile THAAD.

Inde

Interdiction des voitures diesel et essence
Une info assez surprenante, mais qui montre qu'il est possible de prendre des décisions politiques drastiques à l'encontre des lobbies, quand il en va du bien-être de la population (en l'occurrence la pollution massive des grandes villes indiennes).

Posté par ddupr à 07:03 - - Permalien [#]
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