samedi 13 janvier 2018

Libérons-nous de nos liens avec Israël

Par PHILIP GIRALDI | Janvier 2, 2018 | The Unz review

L’année 2017 s’est terminée sans nouvelle catastrophe, et on peut maintenant se demander ce que la nouvelle année va nous apporter. La Corée du Nord, désormais équipée de l’arme nucléaire, est le point éclair d’une nouvelle guerre potentielle, mais, à moins que son leader Kim Jong-un n’ait vraiment envie de se suicider sur le plan personnel et national, il est peu probable que Pyongyang déclenche une escalade pour en provoquer une.

TL US MOYEN ORIENT

La Maison-Blanche de Trump est beaucoup plus dangereuse, car elle semble confondre la violence et la fermeté. Chaque fois que le secrétaire d’État Rex Tillerson parle de négociation, il est contredit par Nikki Haley ou par le président qui dit que la diplomatie n’est plus de mise, mais le fait est que la destruction de la péninsule coréenne et les centaines de milliers, voire millions de morts qu’une telle guerre engendrerait inévitablement, pourrait faire hésiter même les généraux et les psychopathes qui semblent mener la danse. Cela signifie qu’à un moment donné, les diplomates, peut-être dans le cadre d’un arrangement négocié par la Russie ou la Chine, seront bien obligés de prendre le relais. Espérons-le, en tout cas !

Et les Etats-Unis se sont également tirés une balle dans le pied en ce qui concerne la Russie, un adversaire avec lequel Donald Trump voulait autrefois améliorer les relations. Mais tout cela, c’était avant que ne soit lancé, pour des motifs politiques, un Russiagate qui a refait de Moscou l’ennemi numéro Un qu’il était pendant la guerre froide. Le grand négociateur Trump n’a pas compris qu’on ne peut pas améliorer les relations avec quelqu’un dont on menace les  intérêts vitaux. Les États-Unis et leurs alliés persistent à conduire des exercices militaires à la frontière russe sous le faux prétexte que le président Vladimir Poutine dirige une puissance expansionniste. La récente décision de vendre des armes offensives à l’Ukraine est un geste qui ne sert aucun intérêt américain, tout en menaçant les intérêts vitaux de Moscou puisque l’Ukraine est à sa porte. C’est une mauvaise décision qui garantit que les relations avec la Russie resteront glaciales dans les temps qui viennent.

Notez bien que les plus gros problèmes que l’Amérique a avec le reste du monde sont tous plus ou moins auto-infligés. À mon avis, à part la Russie et la Corée du Nord, les principaux problèmes de politique étrangère des États-Unis tournent autour du Moyen-Orient et découlent tous de l’instabilité délibérée générée par Israël qui a formé une alliance contre nature avec son ancien ennemi, l’Arabie saoudite. L’axe Tel-Aviv (pardon, Jérusalem) Riyad fait actuellement tout ce qu’il peut pour déclencher une nouvelle guerre au Moyen-Orient car ils veulent que l’armée américaine détruise l’Iran qui est une grande puissance régionale.

Quand on réfléchit, on voit bien que les États-Unis n’ont pas vraiment intérêt à s’investir dans les plans d’Israël ou de l’Arabie saoudite, leur seul intérêt est de ne pas laisser la région devenir un terreau fertile pour les groupes terroristes transnationaux et de protéger la circulation des produits énergétiques pour empêcher une flambée des prix qui nuirait à l’économie américaine qui dépend de cette énergie. C’est à peu près tout, et cela ne nécessite, ni ne justifie, le déclenchement d’une troisième guerre mondiale.

Le problème que nous avons avec Israël, c’est qu’Israël et son puissant lobby étasunien armé d’un milliard de dollars ont leurs harpons si profondément enfoncés dans le système politique américain et dans les médias nationaux que l’État hébreu est pratiquement intouchable. Plus récemment, nous avons appris que Facebook avait supprimé des comptes qui critiquent le gouvernement israélien à sa demande. Pendant ce temps, ce même gouvernement travaille dur à faire disparaître toute trace de la Palestine ou des Palestiniens. Il a obtenu récemment que la National Basketball Association supprime la référence à un site Web de Palestine que le ministre israélien des sports a qualifiée d’ « État imaginaire ». Le commissaire de la NBA, Adam Silver, a apparemment donné son accord. Même les récentes révélations qui ont fait le buzz, selon lesquelles c’était plutôt Israël que la Russie qui avait corrompu l’équipe de Trump, n’ont donné lieu qu’à quelques articles sur Israël avant d’être englouties dans le puits de l’oubli.

Israël a toujours réussi à faire danser au son de sa musique les locataires successifs de la Maison-Blanche sans en subir vraiment de conséquences. Avec Donald Trump, on pourrait même dire qu’il a réussi à tellement bien conditionner le président que ce dernier devance même les désirs de Benjamin Netanyahou. Le transfert de l’ambassade des États-Unis à Jérusalem est un magnifique cadeau qui plaît tellement à Israël qu’il va donner le nom du président à une gare ferroviaire, mais ce transfert ne cause que des problèmes aux États-Unis, aux citoyens américains et aux entreprises américaines à l’étranger.

Bien sûr, on pourrait soutenir que Trump n’a pas décidé de ça tout seul. Il est entouré de juifs orthodoxes ainsi que de sionistes chrétiens comme Mike Pence et Nikki Haley, qui semblent tous donner la priorité à Israël, ce qui n’est pas exactement la meilleure manière de « redonner sa grandeur à l’Amérique ». Les conseillers juifs ont également des liens financiers et commerciaux avec Israël, ce qui semblerait aussi indiquer que Robert Mueller devrait se tourner vers le Moyen-Orient s’il veut réellement détecter une ingérence étrangère dans la politique américaine.

Pour ne citer qu’un seul exemple récent de la façon dont la pression constante pour satisfaire Israël et minimiser ses transgressions s’opère dans la pratique, l’ambassadeur d’Israël aux Etats-Unis, David Friedman vient apparemment de jouer à qui pissera le plus loin avec le Département d’État concernant les terres palestiniennes qu’Israël a illégalement volées et « occupées ». Friedman, un fervent partisan des colons fanatiques qui ont été le fer de lance de l’occupation, préférerait au mot « occupé » un adjectif comme « amélioré » ou « retourné aux propriétaires d’origine ».

Et Friedman n’est rien qu’un sioniste excentrique si on le compare à Michael Makovsky qui dirige l’Institut Juif pour les Affaires de Sécurité Nationale (JINSA). Makovsky est obnubilé par les prétendues ambitions iraniennes et il veut les contrer en redessinant la plupart des frontières du Moyen-Orient. Il clame : « Maintenir la Syrie, l’Irak, le Liban et le Yémen sous leurs formes actuelles est contre-nature et sert les intérêts de l’Iran ». Makovsky voudrait recomposer toute la région à partir de critères tribaux, ethniques et religieux, en commençant par séparer la région kurde de l’Irak et diviser la Syrie en trois États distincts. Il ne dit pas que sa proposition n’a rien d’original puisqu’elle reprend le Plan Yinon israélien des années 1980 et la proposition néocon américaine « Clean Break (coupure nette) » qui a été rédigée par des génies comme Richard Perle, Doug Feith et David Wurmser et soumise à Netanyahou en 1996. Makovsky ne dit pas non plus que s’il y a un pays du Moyen-Orient qui a des frontières artificielles et de fortes divisions sectaires dans la région sur laquelle il règne, c’est Israël, mais, bien sûr, l’utilisation du mot « frontière » serait quelque peu inexacte car Israël est un état expansionniste qui n’ a pas de frontières déclarées.

Et les médias sont complices d’Israël. La tentative récente de lier le Hezbollah au trafic de drogue vers les États-Unis, en impliquant l’Iran par contrecoup, semble être complètement mensongère. Je pourrais détailler pendant des heures les raisons pour laquelle l’Amérique, si elle était attachée aux valeurs morales, ne devrait pas soutenir un régime d’apartheid qui regorge de voyous racistes qui sont dirigés par un gouvernement complètement cynique qui envoie ses « soldats » dans les territoires palestiniens pour tirer sur des hommes qui ont perdu leurs jambes et des enfants, mais cela ne ferait qu’exciter les agents de la propagande israélienne* qui descendent comme des hordes de vautours sur tous ceux qui osent écrire ou dire quelque chose de négatif sur la « seule démocratie du Moyen-Orient » et « le meilleur allié de l’Amérique »

Quand tout le reste a échoué, ceux qui font passer Israël avant tout** ont recours aux injures. Dimanche, il y avait dans le Washington Post une pleine page condamnant la chanteuse pop néo-zélandaise Lorde, dont le crime était qu’elle avait décidé d’annuler un spectacle en Israël pour des raisons politiques. La page, financée par « le rabbin de l’Amérique », Shmuley Boteach, qualifiait absurdement Lorde de bigote qui « hait les Juifs » et insinuait grossièrement qu’elle n’était pas étrangère aux meurtres de civils en Syrie, du fait qu’elle était prête à se produire en Russie. En effet, quiconque s’oppose à la politique d’Israël ou aux efforts acharnés que déploient des individus ou des groupes juifs pour la promouvoir est automatiquement qualifié d’« antisémite ». Idem pour les Américains qui s’opposent à ce que l’argent des contribuables serve à construire et à subventionner les musées de l’holocauste qui semblent pousser comme des champignons partout en Amérique. Ceux qui protestent sont qualifiés de « négationnistes de l’holocauste ».

Je demande sérieusement aux américains juifs et aux Chrétiens sionistes, qui adorent Israël et refusent de voir ses tortures, meurtres, trafic d’organes et vols, de me dire quand exactement Israël a fait quelque chose de bon pour les États-Unis et pour le peuple américain. Qu’est-ce qu’Israël nous donne il en échange de son ingérence constante dans le système politique et économique des États-Unis, en échange des milliards de dollars qu’il reçoit du Trésor américain, ajoutés aux milliards de dollars qu’il reçoit au titre des « contributions charitables », et aux milliards de dollars qu’il reçoit sous forme de coproductions et de concessions commerciales?

Que reçoit-on en dédommagement  de la mauvaise réputation que Washington se fait en protégeant Israël dans des enceintes internationales comme les Nations Unies, notamment depuis  l’arrivée de Nikki Haley ? Quand Israël a-t-il présenté des excuses ou fait amende honorable pour n’avoir pas cessé d’espionner les États-Unis et de voler des technologies américaines? Et qu’en est-il de l’attentat perpétré il y a cinquante ans contre l’USS Liberty, qui a tué 34 Américains? Les membres d’équipage encore en vie attendent toujours une enquête officielle pour savoir ce qu’Israël a fait ce jour de juin-là.

Et enfin, qu’est- ce que les États-Unis gagneraient exactement à se lancer dans une guerre contre l’Iran, où ils risqueraient fort vraisemblablement de perdre un porte-avions ou deux pendant que les voyageurs américains deviendraient des cibles de choix pour une nouvelle vague d’attentats terroristes? Le plus triste, c’est qu’il est peut-être déjà trop tard. Selon les médias israéliens les Trump et Netanyahou auraient signé un accord secret pour s’attaquer activement à l’Iran et à ses supposés programmes militaires. Une guerre dans laquelle les Américains se battront et mourront, mais pas les Israéliens, est certainement planifiée en coulisses.

Ce que je veux dire, c’est que, contrairement à ce qui se passe avec la Russie et la Corée du Nord, où les États-Unis se retrouvent dans une situation où de réels intérêts sont en jeu, il n’y a absolument aucun intérêt national qui justifie que Washington fasse quoi que ce soit pour Israël. Les États-Unis devraient débrancher la soi-disant « relation spéciale » avec Netanyahou et son nid de vipères. Prenons la résolution, en cette nouvelle année, de travailler dur pour y parvenir. Boycottons les entreprises et les chaînes de magasins de sport dont les propriétaires soutiennent activement les colonies israéliennes, pour faire passer le message que ce ne sera pas sans conséquences. Parlons d’Israël, mais sans s’autocensurer comme le font les médias, et sans passer par le canal des nombreux gardiens qui dirigent les soi-disant organisations pacifistes, ni par les vers de terre achetés et payés du Congrès. Ni depuis la Maison-Blanche, qui n’est rien d’autre aujourd’hui que l’écho des intérêts israéliens. Disons les choses telles qu’elles sont. Si les Américains connaissaient les crimes d’Israël, on a du mal à croire  qu’ils voudraient y être associés de quelque manière que ce soit. Coupons nos liens avec Israël et faisons-le tout de suite.

Par PHILIP GIRALDI

Philip M. Giraldi, Ph. D., est directeur exécutif du Council for the National Interest, une fondation éducative qui cherche à promouvoir une politique étrangère américaine plus conforme aux intérêts étasuniens au Moyen-Orient.

Son site Web est www.councilforthenationalinterest.org

Article original: http://www.unz.com/pgiraldi/lets-end-the-israeli-tie-that-binds/

Traduction : Dominique Muselet

*Hasbara en Hébreu

**Israel firsters

Source: https://arretsurinfo.ch/liberons-nous-de-nos-liens-avec-israel/

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vendredi 12 janvier 2018

Dieu aime-t-il la guerre ?

À l'encontre des lieux communs qui ont cours en Europe, soulignons que les religions n'ont pas de responsabilité directe dans la plupart des grandes tragédies qui ont ensanglanté la planète jusqu'à l'aube du IIIe millénaire.

TL GUERRE RELIGIONS

Quant à l'intégrisme islamiste d'al-Qaida et Daech, qui cristallise aujourd'hui notre attention, il tue principalement des musulmans par centaines de milliers (Algérie, Syrie, Irak...) et n'a encore fait « que » 4 000 morts parmi les Occidentaux. Cette idéologie nauséeuse instrumentalise la religion mais se nourrit principalement des frustrations du monde arabe, en peine de s'adapter à la modernité.

La guerre (vers 1894, Henri Rousseau, dit Le douanier Rousseau, musée d'Orsay, Paris)

Le massacre de la Saint-Barthélemy (François Dubois, musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne)Les atrocités mises en scène par Daech rappellent d'autres mises en scène dans les guerres de religion, il y a cinq cents ans, les guerres de Vendée, il y a deux cents ans, ou plus près de nous les guerres de Yougoslavie.

Les décapitations et la réduction de jeunes filles en esclavage rivalisent dans l'horreur avec les éviscérations, empalements, bûchers, viols collectifs et scènes de cannibalisme d'autrefois.

Les guerres de religion et plus généralement les guerres civiles dressent en effet les uns contre les autres des gens ordinairement très proches, citoyens du même pays et parfois du même village.

D'où le besoin pour chaque camp de se justifier de ses crimes en déshumanisant l'adversaire et en niant sa qualité d'alter ego. C'est hélas ce qui fait toute la différence avec les guerres conventionnelles qui voient des armées régulières s'affronter sur un champ de bataille.

Les hommes n'ont pas besoin de Dieu pour s'entretuer

Il est temps ici de rappeler un fait statistique essentiel qui va à l'encontre des idées reçues : les conflits proprement religieux (Kerbela, Saint-Barthélemy, guerre de Trente Ans, hindous contre musulmans...) tuent beaucoup moins de gens que les guerres d'État à État, les guerres civiles et les dictatures !

Un acteur simule le martyr de l'imam Hussein à Kerbela (fête chiite de Moubarram), DR La religion a été totalement absente des grands drames du XXe siècle (plus de 100 millions de victimes), exception faite de la scission Inde-Pakistan :

Elle n'a aucune responsabilité dans les guerres mondiales, les répressions nazies et communistes et les génocides (les Juifs, comme les Arméniens et les Tutsis, n'ont pas été exterminés en raison de leur religion mais de leur prétendue « race »).

D'une exceptionnelle ampleur ont été les méfaits commis par les régimes athées à l'oeuvre en Allemagne mais aussi en URSS et au Mexique des années 1910 aux années 1940, plus tard en Chine et au Cambodge. 

Guidés par le désir de faire table rase du passé et en particulier du fait religieux, Lénine, Hitler, Staline, Mao, Pol Pot... ont massacré des dizaines de millions d'innocents, soit par exemple beaucoup plus que tous les souverains européens depuis l'An Mil et en tout cas beaucoup plus que tous les fanatiques religieux de l'Histoire.

N'oublions pas la rébellion des Taiping, en Chine, au milieu du XIXe siècle, une guerre civile sans doute beaucoup plus meurtrière que la Première Guerre mondiale.

Il n'y a sans doute que les Mongols de Gengis Khan et Tamerlan qui peuvent rivaliser avec le triste record du XXe siècle avec à leur actif la disparition de près d'un quart de l'humanité (environ 50 millions de victimes). Qu'ils fussent chamanistes, chrétiens nestoriens, bouddhistes ou musulmans, ce n'est pas au nom d'une religion ou d'une idéologie quelconque qu'ils ont tué mais seulement « pour le plaisir ».

Exécution en 1927, au Jalisco, du père Francisco Vera, coupable d'avoir célébré la messe

Si nous remontons dans le temps, les préoccupations religieuses sont absentes des guerres de l'Antiquité, tant dans la sphère méditerranéenne que dans le reste du monde. Les cités grecques vénéraient les mêmes divinités mais s'affrontaient avec une extrême sauvagerie et n'hésitaient jamais à passer par le fil de l'épée les populations vaincues. Même chose en Afrique jusqu'à l'aube des temps modernes : Chaka a pu fonder l'État zoulou au début du XIXe siècle par des méthodes qui n'ont rien à envier à Staline et Pol Pot.

Au Moyen Âge, notons que les croisades apparaissent comme des guerres défensives bien plus que des guerres de religion ou des guerres saintes. Leur objectif premier était de restaurer la sécurité des pèlerinages en Terre sainte, mise à mal par l'irruption des nomades turcs. Si les croisés ont combattu avec la brutalité habituelle de l'époque, ils ne se sont pas pour autant souciés de convertir les infidèles musulmans, encore moins de les exterminer

Plus près de nous, la guerre d'Irlande, le conflit israélo-palestinien et également la guerre d'Algérie sont assimilables à des conflits coloniaux entre occupants plus ou moins anciens d'une même terre. Les guerres plus récentes, avant l'éruption islamiste, ont opposé des gens de même religion (Darfour, Congo, Irak-Iran...) au nom de préjugés raciaux ou nationaux.

Cela signifierait-il que Dieu n'a rien à voir avec les guerres ? Que nenni... mais pas toujours de la façon dont on l'imagine. (...)

https://www.herodote.net/histoire/synthese.php?ID=2077&ID_dossier=220

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mardi 9 janvier 2018

Echec total de Minsk II - C’est au peuple du Donbass de décider de son avenir

Fin décembre, plusieurs déclarations importantes ont été faites en République Populaire de Donetsk (RPD) et en Russie concernant l’avenir du Donbass.

TL DONBASS UKR

Actant les déclarations venant de Kiev qui annoncent plus ou moins officiellement la mort des accords de Minsk, et les actes du Canada et des États-Unis qui jettent de l’huile sur le feu du conflit, il semble que la Russie, la RPD et la RPL (République Populaire de Lougansk), devant l’évidence d’une reprise plus ou moins rapide de la guerre, ont décidé d’officialiser le fait que le Donbass ne retournera pas sous le giron ukrainien.

Le premier à ouvrir le bal fut le secrétaire d'État, et ministre adjoint des Affaires étrangères de la fédération de Russie, Grigori Karassine, qui a déclaré, lors d’une interview pour RIA Novosti, que les habitants de la RPD et de la RPL doivent déterminer eux-mêmes la forme de leur nouvelle coexistence avec leurs voisins.

« Quant à l'avenir des Républiques de Donetsk et de Lougansk, cela devrait être, tout d’abord,le choix des personnes qui y vivent. Ce sont les habitants qui doivent décider des formes de coexistence étatique, politique, économique et sociale avec leurs voisins qui seront acceptables et confortables pour eux », a déclaré monsieur Karassine.

Cette réponse a été faite à la question de savoir si au vu de l’échec patent des accords de Minsk depuis plusieurs années, la Russie ne devrait pas purement et simplement reconnaître l’indépendance de la RPD et de la RPL.

Le fait que le journaliste de RIA Novosti pose cette question en premier, est un bon indicateur du fait que celle-ci se pose de plus en plus dans la société russe.

Après avoir rappelé l’attachement de la Russie au respect des accords de Minsk, Grigori Karassine ne peut qu’énoncer une vérité dite à de nombreuses reprises ces deux dernières années, à savoir que l’Ukraine sabote totalement ces accords.

Et même pire, il a rappelé que les autorités ukrainiennes faisaient tout pour pousser le Donbass hors du pays au lieu de réintégrer la région.

« Au lieu de la réintégration de la région dans un espace politico-économique commun, les dirigeants ukrainiens repoussent en fait de leurs propres mains le Sud-Est du pays. Kiev utilise tous les moyens possibles, y compris en ne dédaignant pas des méthodes franchement cruelles et cyniques, allant de la cessation des paiements sociaux et des pensions de retraite, à la coupure de l'eau, de l'électricité et jusqu'aux tentatives d'isoler le Donbass en introduisant un blocus presque total. Tout est fait dans un seul but : provoquer un mécontentement généralisé et forcer la région à se rendre, quelle que soit l'opinion de la majorité de sa population qui ne veut pas accepter la politique de Kiev », a déclaré monsieur Karassine.

Juste après cette déclaration, c’est Alexandre Zakhartchenko, le chef de la RPD, qui a déclaré lors d’une émission télévisée, que les actions de Kiev contre le Donbass sont loin de susciter l’envie de retourner sous le contrôle du gouvernement ukrainien.

« L’État qui, par tous les moyens, essaye d’occuper, de détruire, d’encercler avec du fil de fer barbelé, envoie des chars d’assaut, l’aviation, des unités de l’armée régulière pour détruire un peuple qui ne reconnaît pas le pouvoir de Kiev, vous pensez qu’il est possible de retourner dans ce pays ? D’y retourner par une sorte d’obligation contractuelle ? Non. L’abîme qui est entre nous est un gouffre creusé dans le sang de notre peuple, » a déclaré Zakhartchenko.

Il a ensuite poursuivi en répondant à la question d’une éventuelle intégration de la RPD et de la RPL au sein de la fédération de Russie, en rappelant que cela devait se faire avec l’aval du peuple.

« Nous devons avoir gagné notre indépendance. Et nous l’avons gagnée. Seul un peuple indépendant peut être libre. Mais avec qui nous voulons vivre ensemble, rejoindre la fédération de Russie, comme la Crimée l’a fait, cela sera décidé par notre peuple lors d’un référendum général, » a-t-il souligné.

Grigori Karassine, tout comme Alexandre Zakhartchenko ont rappelé un principe démocratique qui paraît évident, mais qu’il semble nécessaire de rappeler à la « communauté internationale ».

Dans une démocratie, c’est au peuple de choisir comment il veut vivre. Ce n’est pas à Kiev ou à Washington de décider si le Donbass doit retourner au sein de l’Ukraine ou non. C’est à la population du Donbass de décider pour elle-même, comme l’indique très clairement la charte de l’ONU, dans son deuxième point de l’article 1, sur le droit à l’autodétermination des peuples.

Et au vu de la guerre que Kiev a lancée contre le Donbass depuis bientôt quatre ans, et des menaces constantes de génocide formulées par des officiels ukrainiens, il serait criminel d’obliger le Donbass à retourner sous le giron ukrainien, sous prétexte que la région a fait partie de l’Ukraine durant une courte période (à l’échelle historique).

Le précédent yougoslave, avalisé par l’Occident celui-là, car il convenait à leurs plans, sera très certainement rappelé par la Russie le moment venu pour rendre la mémoire aux représentants occidentaux amnésiques adeptes du deux poids deux mesures, qui crient à la sainteté de l’intégrité territoriale ou au droit à l’indépendance de telle ou telle région selon ce qui les arrange.

Le peuple du Donbass a payé le prix du sang et sacrifié des milliers de vies, pour faire valoir son droit inaliénable à décider de la façon dont il veut vivre. L’obliger à retourner sous le giron ukrainien, sous prétexte d’inviolabilité des frontières, reviendrait à cracher sur ceux qui sont morts pour avoir réclamé et défendu le droit du peuple à décider de son avenir.

Christelle Néant

https://dnipress.com/fr/posts/eventuelle-integration-federation-de-russie-face-a-echec-total-de-minsk-ii-c-est-au-peuple-du-donbass-de-decider-de-son-avenir/

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dimanche 7 janvier 2018

Pas de «regime change» à Téhéran

Donald Trump a beau assurer que « l’Iran échoue à tous les niveaux », que « le grand peuple iranien est réprimé depuis des années », qu’il a « faim de nourriture et de liberté », qu’il est « temps que ça change » et qu’il « soutiendra le peuple iranien le moment venu », c’est peine perdue. Ces proclamations grandiloquentes n’auront aucun effet sur le cours des choses. Déchaîné contre Téhéran, Washington veut saisir le conseil de sécurité. Mais la Chine et la Russie s’opposeront à toute forme d’ingérence. Il n’y aura ni mandat onusien torpillant un Etat souverain au nom des « droits de l’homme », ni « zone d’interdiction aérienne », ni « droit de protéger ». Que les bellicistes se fassent une raison : l’Iran ne connaîtra pas le sort de la Libye, détruite par l’OTAN en 2011.

tl bg IRAN TRUMP

Le châtiment venu du ciel étant décidément impraticable, Washington a joué la carte de la déstabilisation interne. Pour y parvenir, ses stratèges ont déployé toute la gamme des moyens disponibles : avalanche de propagande antigouvernementale financée par la CIA (notamment par les stations de radio émettant en persan vers l’Iran), agents de tous poils infiltrés dans les manifestations populaires, appui donné à toutes les oppositions sur place ou en exil. Incapable de procéder au « regime change » par le haut, la Maison-Blanche a tenté de l’obtenir par le bas. Prémuni contre le « hard power » US par sa propre force militaire (et par ses alliances) le « régime des mollahs » a été directement ciblé par le « soft power » made in USA. La Maison-Blanche a fait tourner les rotatives de la désinformation, mais le résultat n’était pas garanti sur facture. C’est le moins qu’on puisse dire.

Pour abattre un régime qui leur déplaît, les « neocons » de Washington ont classiquement besoin de différents types de munitions. L’expérience montre qu’il leur faut détenir au moins deux des trois atouts suivants : une forte opposition interne chez l’adversaire, une soldatesque de supplétifs, une capacité d’intervention directe. En Iran, ils ne disposaient clairement d’aucun de ces trois atouts. L’opposition interne existe, mais c’est moins une opposition au régime qu’une opposition au gouvernement. Le système politique lui donne libre cours à travers le processus électoral. La dialectique entre « conservateurs » et « réformateurs » structure le débat, favorisant l’expression des contradictions internes sans mettre en péril le régime issu de la révolution de 1979.

C’est pourquoi les masses n’ont pas investi la rue, et la grogne qui s’y exprime pour des raisons économiques ne génère pas, sauf exception, une contestation du régime politique. Il est significatif que la propagande occidentale se livre, une fois de plus, à de grossières manipulations. On a même vu le directeur général de « Human rights Watch », Kenneth Roth, utiliser une photo des manifestations pro-gouvernementales pour illustrer le « soulèvement populaire » contre le régime. En croyant voir dans des rassemblements de mécontents le prélude à un changement de régime, Washington a pris deux fois ses désirs pour des réalités : la première, en confondant mécontentement et subversion dans les manifestations antigouvernementales ; la seconde, en refusant de voir que les manifestations pro-gouvernementales étaient au moins aussi importantes.

Cet espoir d’un « regime change » à Téhéran est d’autant plus illusoire que Washington ne détient pas davantage le deuxième atout : des hordes de mercenaires pour faire le sale boulot. Les frontières étant surveillées de près par l’armée iranienne, la réédition d’un scénario à la syrienne est impossible. En Syrie, les miliciens wahhabites furent importés en masse avec la complicité de l’OTAN, et il a fallu six ans au peuple syrien pour s’en débarrasser sérieusement. En Iran, aucun indice ne permet de penser qu’une telle invasion ait seulement eu lieu. Quelques individus ont dû passer à travers les mailles du filet, mais leur capacité de nuisance est limitée. Depuis la déroute de Daech, l’internationale takfiriste est aux abois. Le dernier carré d’Al-Qaida finira coincé dans la poche d’Idlib. L’armée syrienne avance, elle reconquiert le territoire national, et le « regime change » à Damas n’est plus à l’ordre du jour.

Pour détruire le « régime des mollahs », Washington ne peut compter ni sur l’opposition interne, ni sur le mercenariat externe, ni sur une intervention militaire directe. L’opposition interne ne partage pas ses objectifs, le mercenariat étranger est une ressource en voie de disparition, et l’intervention militaire vouée à l’échec. Le « regime change » a réussi en Libye grâce au bombardement aérien. Il a échoué en Syrie malgré des hordes de mercenaires. Mais il n’a aucune chance de réussir en Iran. Le peuple iranien subit surtout les sanctions infligées par un Etat étranger qui lui donne des leçons de « droits de l’homme ». Que certaines couches sociales aspirent au changement est naturel, et tout dépendra de la réponse du pouvoir à leurs revendications. Le président Rohani a condamné les violences. Mais il a aussi admis la légitimité du mécontentement social, des mesures impopulaires ont été annulées, et le peuple iranien n’a pas l’intention de s’étriper pour faire plaisir au locataire de la Maison-Blanche.

La situation est difficile pour les plus pauvres, mais l’Iran est tout sauf un pays au bord de la faillite. Malgré les sanctions imposées par Washington, le pays a connu un développement notable en 2016. Son économie affiche un taux de croissance de 6,5% et l’endettement public est particulièrement faible (35% du PIB). Mais le taux de chômage est élevé (12,5%) et il frappe surtout les jeunes. Le pays connaît une crise de croissance qui avive les tensions sociales, soulignant les privilèges de la bourgeoisie marchande accentués par les réformes libérales voulues par le gouvernement. L’Iran exporte son pétrole, mais il manque de capitaux extérieurs. A l’affût de la moindre faiblesse, Washington rêvait d’un mouvement de grande ampleur, capable de faire vaciller le pouvoir. Visiblement, c’est raté, et l’agression US a manqué son objectif. Elle ne cessera pas pour autant, car l’Iran est depuis longtemps dans la ligne de mire des fauteurs de guerre.

Obsession des « neocons », la lutte contre Téhéran remonte aux origines de la République islamique (1979). Elle fut inaugurée par une attaque irakienne dont l’Occident fournit les armes et les pétromonarchies les moyens financiers (1980-1988). Elle s’est poursuivie avec les attentats du Mossad et de la CIA, infligeant aux Iraniens ce même « terrorisme » dont les accuse la propagande occidentale. Puis elle s’est amplifiée avec l’invention de la « menace nucléaire iranienne » au début des années 2000. Il est évident que Trump se soucie comme d’une guigne des droits de l’homme et que la question nucléaire est l’arrière-plan de la crise actuelle. A Washington, l’union sacrée s’est miraculeusement reconstituée contre l’Iran. Ce pays n’a jamais agressé ses voisins, mais la possibilité qu’il se dote d’un parapluie nucléaire entamant le monopole israélien dans la région est jugée intolérable. Le « regime change » a avorté, mais il est clair que Trump torpillera l’accord de 2015.

Article original sur la page Facebook de Bruno Guigue

https://www.levilainpetitcanard.be/articles/ailleurs/pas-de-regime-change-a-teheran_859404085

samedi 6 janvier 2018

Salah Hamouri a été transféré dans une nouvelle prison

L’avocat franco-palestinien, en détention administrative depuis le 23 août, a été déplacé ce dimanche 31 décembre de la prison du Negev à celle de Megiddo au sud-est de Haïfa, de sinistre réputation.

ACT SALAH MACRON

(...)
Selon l'association de défense des prisonniers, Addameer, il s’agirait rien moins que d’une « punition ». L’information de son transfert a été confirmée indirectement par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) en charge des visites aux prisonniers palestiniens et qui a annoncé que la famille de Salah ne pourrait le voir le lendemain, 1er janvier, la rencontre étant annulée.
Il y a deux semaines environ, des hommes - peut-être des services de renseignements - ont fait irruption dans la cellule de Salah Hamouri avec, dans leurs mains, un exemplaire de « l’Humanité ». On sait que, par l’intermédiaire de ses avocats, nous avions publié une interview de Salah Hamouri le 30 novembre dernier. Ces agents ont alors indiqué à Salah Hamouri qu’il allait être placé à l’isolement. Une forme de punition régulièrement utilisée par les autorités israéliennes contre les détenus palestiniens (...)
Salah Hamouri se trouve incarcéré dans le cadre d’une détention administrative depuis le 23 août. Pour six mois, renouvelable autant de fois qu’en décide l’arbitraire de la « justice » israélienne. L’ordre a été donné par le ministre de la Défense, Avigdor Lieberman, qui mentionnait déjà la prison de Megiddo. La détention administrative est, en soi, un acte de torture mentale. Le témoignage d’un prisonnier est cité dans un livre (1). Il adressait alors - c’était en décembre 1996 - une lettre à l’écrivain nigérian Wole Soyinka. « Si je dois décrire ce que nous sommes, je dirais que nous sommes des otages politiques, écrivait-il. Nous ne pouvons jamais savoir à quel moment nous allons rentrer chez nous. Ce jeu cruel du « espoir/pas d’espoir » je l’ai une fois décrit comme un mélange de roulette russe « elle m’aime/elle ne m’aime pas » et (…) une variante du thème familier « En entrant ici, abandonnez tout espoir ». Rien ne permet d’espérer une libération prochaine puisque l’arbitraire règne. Développer l’espoir s’est s’exposer à une terrible désillusion en cas de renouvellement de la détention administrative. Ce cercle vicieux s’apparente bien à de la torture, ce qu’avait souligné en 1998 puis en 2003 le Comité des Nations unies pour les droits de l’homme qui s’était penché plus précisément sur la détention administrative pratiquée par Israël.
Contacté dimanche par « l’Humanité » concernant le sort de Salah Hamouri, le service de presse de l’Elysée n’a toujours pas répondu. La question est simple: le président de la république française intervient-il personnellement auprès des autorités israéliennes et plus particulièrement auprès de Benjamin Netanyahu, pour exiger la libération de notre compatriote comme le lui demandent des dizaines de parlementaires nationaux et européens et tout autant de conseils municipaux dans l’Hexagone? Emmanuel Macron qui a le verbe haut s’agissant d’autres pays est bien silencieux dans ce dossier. Or, la diplomatie discrète a ses limites. Il a maintenant le devoir d’informer les Français: oui ou non intervient-il?
 
(1) « Threat. Palestinian political prisoners in Israel ». Beer Baker et Anat Matar. PlutoPress Editions.
https://humanite.fr/salah-hamouri-ete-transfere-dans-une-nouvelle-prison-647988

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dimanche 31 décembre 2017

Les USA entraîneraient des anciens combattants de l’Etat islamique afin de déstabiliser la Syrie

Par Jason Ditz le 27 décembre 2017 | Antiwar

Pendant longtemps, la Russie et les États-Unis ont divergé sur les stratégies en Syrie et se sont vus tenter délibérément de saper les efforts de l’autre. Le chef d’état-major de Russie, le général Valery Gerassimov, voit un tel effort de la part des États-Unis à partir de la base frontalière d’Al-Tanf.

TL GUERRE SYRIE US

Lors d’une interview, le général Gerassimov a accusé les Etats-Unis d’utiliser la base de Tanf comme un « trou noir » pour que les anciens combattants de l’Etat islamique soient formés par les Etats-Unis en tant que membres de nouvelles factions militantes islamistes.

La base du Tanf a longtemps été un mystère, les Etats-Unis déployant de grands efforts pour établir une base à la frontière entre la Jordanie, l’Irak et la Syrie, y installant une faction rebelle qui n’est pratiquement présente nulle part ailleurs que dans cette base. Cette faction sort parfois pour attaquer les forces syriennes qui se trouvent près de la zone.

À un moment donné, les États-Unis présentaient la base comme leur base d’opérations contre l’Etat islamique, mais depuis que ce dernier a été expulsé de la quasi-totalité du territoire syrien, Tanf est à la limite du territoire tenu par le gouvernement syrien.

Il n’est pas rare que les Russes accusent les Etats-Unis de « soutenir l’Etat islamique » ou d’anciens membres […]; les opérations de contrebande d’armes de la CIA ont donné à l’Etat islamique une énorme puissance de feu […]

Cela cadre parfaitement avec la stratégie américaine pour la Syrie, mise au point par l’administration Obama, qui consistait à maintenir la guerre en soutenant suffisamment de rebelles pour empêcher la victoire d’Assad, mais pas assez pour qu’ils puissent l’emporter face aux troupes du gouvernement syrien.

Depuis que le président Trump a pris ses fonctions, les déclarations sur la stratégie syrienne ont toujours été axées sur la « victoire », même si ce n’est pas toujours clair. Cependant, si ce que le commandant russe dit est vrai, la stratégie américaine pourrait être celle d’une guerre permanente.

Original:http://news.antiwar.com/2017/12/27/russia-us-training-former-isis-fighters-to-destabilize-syria/

Traduit en français par: La gazette du citoyen

http://arretsurinfo.ch/les-usa-entraineraient-des-anciens-combattants-de-letat-islamique-afin-de-destabiliser-la-syrie/

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De bien sombres perspectives pour 2018. Espérons que des hommes d'Etat d'envergure sauront faire prévaloir la sagesse et le respect du droit international, c 'est en tous cas le souhait que nous formulons en ce dernier jour de 2017.

Bonne année à tous!   P.G.

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Les Etats-Unis et Israël quittent l’UNESCO. Bon débarras !

TRIBUNE LIBRE   Jeremy Salt | 25 décembre 2017 | The Palestine Chronicle

Main dans la main, les Etats-Unis et Israël ont décidé de quitter l’UNESCO.

TL US ISRAEL ONU

On ne pouvait rien espérer de mieux ! Deux états voyous dirigés par deux dangereux bouffons ! Deux États qui ont semé une violence inouïe au Moyen-Orient depuis l’implantation d’ « Israël » en Palestine. En plus de la Palestine, les Etats-Unis ont lancé des guerres génocidaires contre trois pays depuis 1990, l’Irak (deux fois), la Libye et la Syrie, et ils continuent de soutenir l’Arabie Saoudite dans sa guerre tout aussi génocidaire contre le Yémen.

Quant à Israël, vivre en permanence en dehors du droit international est une condition nécessaire à son existence. Ce pays aurait dû être exclu de l’ONU il y a longtemps, ou, au moins, suspendu jusqu’ à ce qu’il change de comportement. Après tout, quel club continue d’accepter un adhérent qui n’obéit pas aux règles, qui a été mis en garde une fois, une, deux, trois, voire 50 fois, mais refuse toujours d’obéir aux règles? Mais Israël n’a pas à modifier ses manières pour rester membre de la « communauté internationale » parce qu’un autre État qui ne respecte pas davantage les règles, ni même le droit international, les États-Unis, le protège à tous les niveaux et de toutes les manières, provoquant ainsi toujours plus de violence.

L’UNESCO a fait de son mieux pour protéger le patrimoine culturel palestinien. Rien de ce qui n’est pas juif n’a d’intérêt pour les Sionistes et il y a si peu de traces juives en Palestine que la Palestine musulmane et chrétienne a été ravagée, pas une seule fois (1948) ou deux fois (1967), mais sans arrêt. La destruction de la Palestine est la condition nécessaire à la création de l’ « État juif » de Netanyahou. C’est tout ou rien: il ne peut y avoir de compromis, ni d’alternative. Les Palestiniens ont proposé plusieurs options, un État séculier, deux États vivant côte à côte, mais la seule option acceptable pour Israël, c’est toute la Palestine pour nous et rien pour vous.

L’élimination des Palestiniens en 1948 s’est accompagnée de la destruction de près de 500 villages ou hameaux palestiniens, en dépit de leur valeur historique et culturelle. D’autres destructions ont suivi celles de 1967, à commencer par la démolition du quartier de Magharibah en 1967 pour faire place à une « plaza » autour de Haram al Sharif (dôme du Rocher), et se sont poursuivies dans les années suivantes. La guerre a également permis de chasser d’autres Palestiniens de leur patrie, plus précisément, cette fois-ci, de Cisjordanie, où beaucoup s’étaient réfugiés pendant l’agression sioniste de 1948.

La guerre a été une autre occasion de repousser la Palestine plus loin dans l’histoire en détruisant toutes les preuves matérielles de présence palestinienne, ce qui permet aux sionistes de dire: « Quelle Palestine? Il n’y a jamais eu de Palestine ici. » C’est d’ailleurs en fait ce qu’ils disent depuis le début, sans convaincre qui que ce soit en dehors de leurs propres rangs parce que les Palestiniens ne sont pas partis, parce que leur nombre augmente (il y a peut-être maintenant plus de Palestiniens entre la Méditerranée et le Jourdain que de colons sionistes) et parce que trop de traces de leur histoire peuvent encore se voir dans le paysage. Et si le danger qui menace Al Aqsa qui resplendit sur Jérusalem, est si grand, c’est parce que l’esplanade des Mosquées est le symbole éclatant des mensonges que racontent les sionistes.

A ce propos, il est tout à la fois incompréhensible et frustrant pour les sionistes que, malgré le demi-siècle, de fouilles intensives qu’ils mènent sous et autour d’Haram al Sharif, ils n’aient trouvé aucun objet prouvant qu’il y a bien eu un temple là. On trouve aujourd’hui des ruines et des vertiges d’époques beaucoup plus anciennes dans le monde. La Turquie en est pleine : le temple de Gobeklitepe, dans le sud-est de la Turquie, est vieux de 12 000 ans. Comment se fait-il alors qu’il ne reste rien de la structure grandiose qui aurait été construite par Salomon, là où se trouve actuellement l’esplanade d’Al Aqsa? La Bible parle d’un bâtiment de plus de 60 mètres de haut, une construction de bois (les cèdres du Liban) et d’énormes blocs de pierre. Des matériaux similaires auraient été utilisés dans la construction du second temple, achevé en 515 avant JC. et détruit par les Romains en 70 après JC. On dit qu’il aurait eu les mêmes dimensions massives et pourtant rien n’a été trouvé, aucun vestige des colonnades ou des piliers, aucun bol votif, absolument rien ; cela signifie que si le temple se trouvait bien sur ce site, sa description biblique était terriblement exagérée (ce qui n’est pas surprenant dans un livre plein d’exagérations fantastiques).

De plus, les Sionistes d’aujourd’hui ne sont liés à l’ancien Israël que par leur religion. Leurs premiers colons n’avaient aucun lien vivant avec la terre et aucun lien ethnique avec les gens qui y vivaient. Les sionistes s’appuient sur la relation vivante des Juifs avec la Palestine au cours des siècles mais se gardent bien de dire que les Juifs qui étaient là quand leurs ancêtres sont arrivés considéraient le sionisme comme une hérésie. L’affirmation de Netanyahou selon laquelle Jérusalem est la capitale d’Israël depuis 3000 ans ne pouvait convaincre que les idiots, vu qu’Israël n’a que 70 ans et que le dernier État juif de Palestine s’est effondré au sixième siècle avant JC.

De toute façon et quoi qu’il en soit, une ancienne présence juive en Palestine ne saurait justifier la destruction de ce qui était là quand les colons sionistes sont arrivés à la fin du XIXe siècle.

Les Sionistes partagent avec les Croisés la distinction peu recommandable d’être responsables, en Palestine, de la plus grande œuvre de destruction de l’histoire moderne. Après avoir conquis la Palestine à la fin du XIe siècle, les Croisés massacrèrent ou chassèrent de Jérusalem tous les musulmans et les juifs. Le retour de la domination musulmane fut suivi, dès le début du XVIe siècle, par quatre siècles d’une longue paix ottomane jusqu’ à la prise de Jérusalem par les Britanniques en décembre 1917. Depuis lors, la Palestine n’a pas connu un seul jour de paix. La violence et la répression dont se sont rendus coupables les occupants britanniques ont été suivies par encore plus de violence, de répression et de dépossession du fait des Sionistes, et cela se poursuit aujourdhui.

Jérusalem a toujours été une cible privilégiée. Les massacres et les saisies de biens palestiniens de 1948 ont recommencé après l’occupation de la moitié orientale de la ville en 1967, elle-même suivie d’une perpétuelle guerre démographique raciste menée en violation totale du droit international et des lois de n’importe quel pays qui se prétend civilisé.

Ce que cela montre, c’est qu’Israël n’est pas un État moderne, mais une communauté tribale atavique qui vit selon ses propres normes brutales, en tout cas en ce qui concerne les Palestiniens, et qui est indifférente à ce que le reste du monde pense, quand elle ne se montre pas carrément insultante.

Le fait que les Sionistes pensent qu’ils peuvent s’en tirer indéfiniment est un signe évident de leur folie et de leur délire.

Les États-Unis sont maintenant allés jusqu’à « reconnaître » Jérusalem comme la capitale d’Israël alors qu’en droit international Jérusalem est une ville occupée, et pas seulement la moitié orientale qui a été capturée par la force des armes et colonisée en violation directe du droit et des lois de la guerre. Commentant le vote de l’Assemblée générale des Nations Unies qui a rejeté la déclaration de Trump, Nikki Haley, l’ambassadrice américaine, a ouvertement menacé ceux qui avaient voté pour. Des noms ont été relevés et des châtiments seront infligés au moment opportun. En votant pour la résolution, les membres de l’ONU ont fait preuve d’un manque de respect pour les États-Unis, selon Haley : on pourrait se demander à quel moment les États-Unis ont eux-mêmes manifesté le moindre respect pour le droit international et le droit des membres de l’ONU à prendre des décisions indépendantes en vertu de ce même droit international!

La déclaration de Trump sur Jérusalem a fait l’effet d’une bombe dans tout le Moyen-Orient et chez les musulmans du monde entier. Il faut la saluer parce qu’elle arrache le dernier voile de l’imposture connue sous le nom de processus de paix. Le nez de Mahmoud Abbas a été mis dans son caca. Les gouvernements saoudien et qatari, qui traitaient en cachette avec les sionistes, ont dû s’aligner sur la question de Jérusalem. La déclaration de Trump a uni les musulmans au-delà de toutes leurs divisions.

Par eux-mêmes et tout seul, malgré le courage, la force et la fermeté dont ils ont toujours fait preuve, les Palestiniens n’auraient jamais pu vaincre leurs ennemis. Ils étaient bien trop puissants. Comme George Habash l’a écrit dans les années 1950, le chemin du retour vers la Palestine a toujours dû passer par le monde arabe qui s’étend maintenant, vu l’essor de l’Iran, à tout le monde islamique. Nasser a enflammé le peuple arabe dans les années 1950 et, à eux deux, le Hezbollah et l’Iran sont une fois de plus le fer de lance de l‘opposition aux États-Unis et à Israël, au point qu’Israël est maintenant bien engagé dans les préparatifs de la guerre destinée à les détruire une fois pour toutes.

C’est une guerre existentielle, une guerre pour sa survie, une guerre extrêmement violente, à laquelle Israël se prépare intensivement. Israël menace son ennemi de destruction totale et Hasan Nasrallah répond que le Hezbollah est prêt et a des missiles qui peuvent atteindre n’importe quel endroit de la Palestine occupée. La menace de guerre au Moyen-Orient n’a jamais été aussi grande, ses conséquences éventuelles n’ont jamais été aussi dramatiques pour ne pas dire cataclysmiques. Les conséquences de la déclaration de Trump étaient si faciles à prévoir qu’il semble vain de la qualifier de stupide. Peut-être avait-il pour but de déclencher la guerre avec l’Iran dont les Etats-Unis et Israël rêvent depuis longtemps.

Traduction : Dominique Muselet/ Chronique de Palestine

http://arretsurinfo.ch/les-etats-unis-et-israel-quittent-lunesco-bon-debarras/

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vendredi 29 décembre 2017

VIDEO. Les noms des collabos de la seconde guerre mondiale déclassifiés

Dans le fameux fichier des collabos, on trouve 100 000 noms. Cette liste secrète dressée à la Libération dormait dans le silence des archives depuis soixante-dix ans.

VID COLLABOS NOEL

Aujourd'hui, ce fichier déclassifié révèle l'ampleur de la collaboration avec l'occupant allemand pendant la guerre. Tout commence par la poignée de main du 30 octobre 1940 entre Pétain et Hitler. Dans le fichier, il y a le nom de ces miliciens qui ont soutenu le Reich.

Quelque 95 000 collabos jugés

Il y a aussi beaucoup d'industriels dont la production partait en Allemagne. Le monde du cinéma est aussi présent. Parmi ces collabos, beaucoup d'anonymes et quelques noms bien connus : Maurice Papon ou René Bousquet. Le père du magistrat Philippe Bilger figure aussi dans ce fichier. Il était préfet. L'ouverture de cette boîte de Pandore met mal à l'aise le magistrat honoraire. Ces collaborateurs, considérés comme des traîtres, ont connu l'épuration à la Libération. Plus de 95 000 d'entre eux ont été jugés et condamnés à des peines de prison plus ou moins lourdes. 791 ont été exécutés.

https://www.francetvinfo.fr/culture/livres/le-nom-des-collabos-de-la-seconde-guerre-mondiale-declassifie_2533329.html#xtor=EPR-502-[newslettervideo]-20171228-[video1]

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On n'en saura pas plus et la vidéo est bien courte, mais bon, c'est France Infos...L'intérêt ici est de constater que 1/la collaboration était massive (c'est confirmé) et 2/ que le rappel du passé met certains mal à l'aise... C'est déjà ça!  P.G.

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Jerusalem : Merci à Donald Trump !

Donc, Donald Trump a signé l’ordre de transfert de l’ambassade des Etats-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem en flagrante violation du droit international et plus particulièrement des résolutions 242 (1967) et 338 (1973) du Conseil de sécurité des Nations unies.

TL TRUMP NETANYAOU

Produits de l’histoire d’un conflit qui remonte au démantèlement de l’empire ottoman, ces deux textes correspondent aux réalités du terrain. Depuis les choses se sont, ô combien, dégradées et les accords d’Oslo n’y ont rien changé. A l’époque déjà, le Conseil de sécurité considérait que l’occupation israélienne mettait en péril la paix et la sécurité mondiale :

    • Il déclarait nulles et non avenues les mesures prises par Israël pour changer le statut de Jérusalem.
  • Il appelait à la cessation des colonies israéliennes, qu’il condamnait comme étant sans valeur légale.
  • Il réaffirmait l’applicabilité de la Quatrième convention de Genève aux territoires arabes et palestiniens occupés par Israël depuis 1967, Jérusalem incluse.
  • Il appelait au retour des réfugiés palestiniens.

De façon répétée, le Conseil de sécurité a appelé aussi à la reprise immédiate des négociations dans le cadre du processus de paix au Moyen-Orient, l’objectif étant d’aboutir, sans tarder, à un règlement définitif entre les parties israélienne et palestinienne, c’est-à-dire à la coexistence de deux Etats (Israël et Palestine) avec Jérusalem pour capitale pour les deux Etats.

QUAND WASHINGTON DESUNIT LES NATIONS

Par conséquent, la décision du président américain piétine allègrement ces évidences principielles du droit international. Curieux ? Les Etats-Unis disposent pourtant d’un siège permanent au sein de l’instance exécutive d’une organisation internationale dont ils contredisent les décisions… alors qu’ils devraient donner l’exemple ! Dernière péripétie en 2016 : celle de la résolution 23341 qui condamne de nouveau la colonisation israélienne, adoptée par 14 voix et une abstention : celle des Etats-Unis – qui n’usent pas de leur veto au grand dam d’Israël !

Une chose est certaine : au moins cette décision a le mérite de la clarté. En effet, elle correspond à une loi votée par le Congrès républicain en 1995 – dont la mise en application a été ajournée par les présidents Clinton, Bush et Obama – illustrant l’évidence même que le conflit israélo-palestinien est une question de politique intérieure américaine. En effet, cette loi est soutenue par les Evangélistes qui représentent 25% de la population. Elle est aussi le résultat de l’incessant lobbying de l’AIPAC (le CRIF américain) pour imposer ses vues à la politique étrangère de la soi-disant plus grande démocratie du monde. Quand on songe que le CRIF tente de faire pression sur le président français Emmanuel Macron pour qu’il adopte la position américaine, il y a vraiment de quoi être scandalisé ! C’est le moins que l’on puisse dire…

Donc, les Etats-Unis piétinent le droit international qu’ils veulent imposer aux autres, et au nom duquel ils bombardent régulièrement bien des pays, tuent des populations civiles innocentes, et décrètent aussi sanctions économiques, boycotts et embargos… Mais le plus bel effet de vérité de ce paradoxe est de lever – enfin – l’illusion, sinon l’imposture d’une médiation américaine dans le conflit israélo-palestinien. Merci Monsieur Trump : on a enfin compris que la diplomatie américaine ne réglera jamais – jamais – le conflit israélo-palestinien par la création de deux Etats avec Jérusalem pour capitale, parce que ce n’est pas son intérêt. Dans cette affaire, les Etats-Unis sont juge et partie prenante et ce n’est pas eux qui peuvent favoriser une sortie de crise crédible. Il conviendrait mieux de se tourner vers les BRICS, vers un pays, par exemple comme le Brésil, dont la politique étrangère privilégie les approches sud-sud au détriment des rapports classiques de puissances et de guerres.

Et pourquoi pas la France ? « C’est une décision regrettable, que la France n’approuve pas et qui contrevient au droit international et aux résolutions du Conseil de sécurité de l’Onu », a déclaré le président de la République lors d’une conférence de presse à Alger, « le statut de Jérusalem est une question de sécurité internationale qui concerne toute la communauté internationale, le statut de Jérusalem devra être déterminé par les Israéliens et les Palestiniens dans le cadre de négociations sous l’égide des Nations unies », a-t-il ajouté. Le chef de l’État a rappelé « l’attachement de la France et de l’Europe à la solution de deux États, Israël et la Palestine, vivant côte-à-côte en paix et en sécurité dans des frontières internationalement reconnues avec Jérusalem comme capitale des deux États ».

Après sa médiation réussie dans le cadre de l’enlèvement du premier ministre libanais Saad Hariri par les Saoudiens, Emmanuel Macron pourrait signer le retour de la diplomatie française aux Proche et Moyen-Orient dans trois perspectives : 1) en poursuivant l’effort de stabilisation du Liban ; 2) en s’interposant dans la fracture Arabie saoudite/Iran ; 3) enfin, en réactivant l’initiative de paix israélo-palestinienne proposée par feu le roi Abdallah ben Abdelaziz al-Saoud lors du sommet de la Ligue arabe de 2002 à Beyrouth.*

DEUX AUTRES DEVOILEMENTS

Donc, le simulacre de la médiation américaine, c’est fini et bel et bien fini ! Le deuxième effet de dévoilement de la décision de Donald Trump redonne au conflit israélo-palestinien sa vraie dimension – épicentre de l’arc des crises proche et moyen-orientales – sonnant ainsi le glas de l’idéologie néo-conservatrice qui a TOUT fait, depuis vingt ans, pour le marginaliser et le réduire à une simple question de sécurité et de lutte contre le terrorisme.

On voit bien, avec le triste anniversaire de la déclaration Balfour et des découpages frontaliers de Sykes-Picot, que les questions de Palestine et de la colonisation israélienne constituent l’origine essentielle des guerres récurrentes qui ravagent les Proche et Moyen-Orient depuis 1948. On voit aussi que cet épicentre nourrit le terrorisme contemporain. Même s’il n’en n’est pas la seule cause, tant s’en faut, il demeure l’une des principales références des jihadistes sur l’air connu du « deux poids deux mesures ». Comment justifier aux yeux du monde que l’Occident puisse bombarder Belgrade et bien d’autres pays au prétexte qu’ils violent les résolutions du Conseil de sécurité alors qu’Israël n’en a respecté aucune depuis la création de son Etat ? Depuis 1948, plus de 400 résolutions du Conseil de sécurité, de l’Assemblée générale et du Conseil des droits de l’homme de l’ONU ont été adoptées pour tenter de régler le conflit israélo-palestinien. Pas une seule n’a été respectée ni appliquée par Tel-Aviv !

Enfin, troisième effet de maïeutique salutaire : la décision de Donald Trump signe la perte d’influence, sinon la régression de la diplomatie américaine. Durant la Guerre froide et jusqu’à récemment, les décisions et les politiques américaines s’imposaient presque mécaniquement à l’ensemble du monde occidental. Dernièrement, on a vu la volonté de la Maison Blanche de vouloir défaire l’accord sur le nucléaire iranien fortement contestée par les alliés les plus fidèles de Washington : Londres, Berlin et Paris. Les trois M (Theresa May, Angela Merkel et Emmanuel Macron) se sont clairement dissociés de l’approche américaine pour rappeler que les nécessités de la sécurité européenne ne correspondaient pas forcément aux options idéologiques de la Maison Blanche.

Il en va de même aujourd’hui pour la décision de transférer l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem. La décision est condamnée par la plupart des 193 Etats membres des Nations unies, parce que chacun sait que cette folie va causer de nouvelles morts de jeunes Palestiniens, inspirer de nouveaux attentats terroristes et discréditer encore un peu plus l’Organisation des Nations unies !

DES CHRETIENS SOUS OCCUPATION MILITAIRE

Le mercredi 6 décembre, depuis le Vatican, le pape François a lancé un « appel vibrant pour que tous s’engagent à respecter le statu quo de la ville, en conformité avec les résolutions de l’ONU », rappelant la position ininterrompue du Saint-Siège sur le sujet depuis 1947 en demandant « sagesse et prudence, pour éviter d’ajouter de nouveaux éléments de tension dans un panorama mondial déjà convulsif et marqué par tant de conflits cruels ».

En 2000, l’Accord fondamental signé entre le Saint-Siège et l’OLP affirmait des « principes de justice », rappelant la nécessité d’« un statut spécial pour Jérusalem », « garanti internationalement » et assurant « la liberté de religion et de conscience », « l’égalité devant la loi des trois religions monothéistes, de leurs institutions et de leurs fidèles dans la ville », « l’identité propre et le caractère sacré de la ville », « la signification universelle de son héritage religieux et culturel » et « la liberté d’accès et de culte pour les Lieux Saints ».

Pour autant, le Vatican ne défendait pas un simple principe d’« extraterritorialité des Lieux Saints, avec l’assurance que les pèlerins aient la liberté de les visiter sans entraves ». Pour lui, en effet, le « caractère sacré » de Jérusalem ne se restreint pas aux monuments « comme s’ils étaient séparés les uns des autres ou isolés dans leur communauté respective » mais « affecte Jérusalem dans sa totalité, ses Lieux Saints comme ses communautés avec leurs écoles, leurs hôpitaux, leurs activités culturelles, sociales et économiques », insistait alors le Vatican.

Mercredi, les dirigeants de l’Église de Jérusalem ont averti le président américain que modifier le statut de Jérusalem porterait un « préjudice irréparable » à la Ville sainte et à ses habitants. Dans une lettre signée par douze patriarches orthodoxes ainsi que des évêques de la ville, ces hauts responsables religieux ont expliqué au président américain que déclarer Jérusalem comme capitale d’Israël « favoriserait la haine, les conflits, la violence et la souffrance ». En conclusion : « nous vous demandons, Monsieur le Président, de nous aider à avancer vers plus d’amour et vers une paix définitive, qui ne pourra être atteinte si Jérusalem n’appartient pas à tous », concluent les patriarches.

Il est vrai qu’on ne voit pas pourquoi les Chrétiens – qui veulent aller se recueillir au Saint Sépulcre, à Bethléem ou Abou Gosh – devraient être condamnés à répondre, souvent pendant des heures, aux questions humiliantes du Mossad à l’aéroport Ben Gourion ou au pont Allenby ! Comme l’écrivent Corinne et Laurent Mérer2 dans leur dernier livre : « ici, l’occupation dure depuis maintenant cinquante ans. Le seul horizon de ces jeunes, ce sont les murs, les check-points, les barbelés, l’humiliation des fouilles au corps et les colons qui paradent, armés jusqu’aux dents ». Alors qu’on ne vienne plus comparer – comme on l’a beaucoup fait hélas ces dernières années en France – les actes de la résistance palestinienne avec le terrorisme jihadiste qui a ensanglanté nos rues et celles d’autres capitales européennes !

UNE TÂCHE SUR LA CONSCIENCE UNIVERSELLE

Si la décision de Donald Trump a le mérite de dévoiler la nudité du roi, elle n’en n’est pas moins criminelle. Après le démantèlement de l’apartheid sud-africaine, l’occupation et la colonisation israéliennes demeurent l’une des injustices les plus criantes de notre histoire contemporaine, une tâche sur la conscience universelle… une question récurrente qui se pose à chacun d’entre nous.

« Je discute presque tous les jours avec les soldats ; hier l’un d’entre eux m’a dit que ses ordres étaient de tirer dans les genoux des enfants s’il se sentait menacé ; je lui ai demandé : pourquoi les genoux ? Il m’a répondu : comme ça on ne les tue pas, ils ne deviennent pas des martyrs pour leur copains mais ils ne pourront plus jamais marcher, ça dissuadera les autres de lancer des pierres – Vous trouvez normal de tirer dans les genoux des enfants ? Oui, ce sont des Arabes ».

Ces terribles propos sont rapportés dans le livre-événement des Mérer3. Ils ont passé trois mois en Palestine entre février et mai 2016, dans le cadre d’un programme international du Conseil Œcuménique des Eglises, lancé à la suite de la deuxième Intifada à l’initiative des Eglises chrétiennes de Palestine. Venez, partagez un moment de notre vie, et retournez chez vous pour raconter, telle est la mission ! Les volontaires se relaient tous les trois mois, une trentaine à chaque fois et vivent au cœur des Territoires occupés, par équipe de quatre ou cinq, dans les zones les plus sensibles.

Le moins que l’on puisse dire est que pour Corinne et Laurent Mérer, la mission est accomplie et bien accomplie : sans scorie moralisante ni idéologique, la vie quotidienne dans les Territoires palestiniens occupés par la soldatesque israélienne est restituée réellement, cliniquement à la manière d’une leçon d’anatomie. On y vit la répression ordinaire et le racisme quotidien de l’occupation, de la colonisation et de la répression dans un système d’Apartheid que le nouveau président américain a décidé de légaliser, de cautionner et de favoriser.

Cet imparable constat n’est pas le fait d’excités ou d’idéologues. Laurent Mérer est officier de marine. Il a commandé les forces navales françaises de l’océan Indien. Vice-amiral d’escadre, il a été préfet maritime de l’Atlantique. Sa femme, Corinne, est une grande voyageuse et auteure de plusieurs ouvrages, dont la plupart ont été couronnés de prix littéraires dont un Grand Prix de l’Académie française. Plus qu’un engagement de simple espoir, leur livre ouvre des perspectives d’intelligence, d’espérance et de vie.

Les suivre sur ces chemins, c’est non seulement contribuer à répondre à la bêtise morbide et mortifère de la politique étrangère de Donald Trump, mais aussi mieux comprendre et aimer les terres qui ont vu se développer les trois religions du Livre. En ces temps troublés et afin de choisir des cadeaux intelligents pour les fêtes de Noël et de fin d’année, il est recommandé d’offrir aux amis le livre des Mérer.

Bonne lecture et à la semaine prochaine.

Richard Labévière

1 La résolution 2334 a été adoptée le 23 décembre 2016. Relative à la question de Palestine, rappelant les résolutions 242, 338, 446, 452, 465, 476, 478, 1397, 1515 et 1850, elle « exige de nouveau d’Israël qu’il arrête immédiatement et complètement toutes ses activités de peuplement dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est ». Le texte est présenté au vote par la Nouvelle-Zélande, le Sénégal, la Malaisie et le Venezuela, après que l’Égypte qui l’avait proposé dans un premier temps eut demandé un report du vote à la veille de sa tenue à la suite d’un entretien du général-président Abdel Fattah al-Sissi avec Benyamin Netanyahou et Donald Trump. Après une dernière tentative de le faire ajourner par l’intermédiaire de la Russie, le texte est mis au vote, avec la voix favorable de l’Égypte. La résolution est adoptée par 14 voix pour, aucune opposition, les États-Unis présidés par Barack Obama s’étant abstenus. Israël annonce cependant qu’il ne se conformera pas au vote du Conseil de sécurité.
2 Corinne et Laurent Mérer : S’ils se taisent, les pierres crieront… Trois mois en Palestine au service de la paix. Editions Balland, septembre 2017.
3 Ibid.

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Source : Proche & Moyen-Orient, Richard Labévière, 11-12-2017

https://www.les-crises.fr/jerusalem-merci-a-donald-trump-par-richard-labeviere/

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*L'idée d'une médiation de la France est intéressante, mais une vue de l'esprit dans le cadre actuel (traités européens) , avec de surcroît un président français attaché à la "souveraineté européenne". Idem pour la "solution à deux états" comme le relève ce commentaire sur le site:

"Oui, l’illusion d’une médiation américaine dans le conflit israélo-palestinien est dissipée. On ne peut être “à la fois juge et partie prenante”, mais il a fallu l’élection du candidat indésirable à la Maison Blanche pour le découvrir ! Si Clinton avait été élue, la farce continuerait de plus belle…

Cela dit, je reste sceptique sur la position officielle des “deux États vivant côte à côte dans la paix et la sécurité” entre la Mer et le Jourdain. Après tant de haine, et au point où en est la colonisation israélienne, cette solution est-elle réalisable ? L’État palestinien croupion serait-il viable ?

La droite israélienne soutient que c’est la Jordanie qui constitue l’État palestinien (la Transjordanie avait été détachée de la Palestine par les Anglais), ce qui est injuste mais assez réaliste. Une autre solution serait : un seul État sur l’ensemble de la Palestine, qui serait vraiment la patrie de tous, Juifs, Chrétiens et Musulmans. Mais c’est une vue de l’esprit."

A méditer... P.G.

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jeudi 28 décembre 2017

La Syrie enjoint les troupes américaines et turques à quitter le pays au plus vite

L’ambassadeur de Syrie auprès des Nations unies, Bachar al-Jaafari, a demandé le 22 décembre aux troupes américaines et turques de quitter le pays au plus vite. Damas n'a jamais autorisé Washington ni Ankara à y déployer des forces militaires au sol.

ACT SYRIE US

Présent à Astana (Kazakhstan) le 22 décembre, afin de participer aux discussions sur le règlement politique à la crise syrienne, Bachar al-Jaafari, l'ambassadeur de la Syrie auprès de l'ONU, a prié les troupes américaines et turques de quitter le territoire syrien dans les plus brefs délais.

Damas dénonce en effet régulièrement leur déploiement qui n'a pas été autorisé par les autorités syriennes.

Le 17 mars, le président syrien Bachar el-Assad avait par exemple déclaré à l’agence chinoise Phoenix TV, citée par l'agence syrienne Sana : «Tous les militaires étrangers qui gagnent la Syrie sans invitation, consultation ou permission, qu’ils soient américains, turcs ou autres, sont des envahisseurs

En réaction au lancement d'une opération militaire turque en Syrie incluant des chars, le 12 octobre 2017, Mohamed Ramez Torjmane, le ministère syrien de l'Information, avait réclamé le départ immédiat de ces forces, invoquant une agression flagrante contre la souveraineté et l'intégrité territoriale du pays. La Turquie avait assuré opérer dans le cadre de la mise en application d'une «zone de désescalade», conformément aux accords d'Astana – une justification contestée par Damas. 

En ce qui concerne les troupes américaines présentes sur le sol syrien – dont le nombre ne semble pas clair même pour les officiels américains – le secrétaire américain à la Défense, James Mattis, a fait savoir qu'il n'était pas prévu qu'elles partent pour l'instant. Selon lui, les forces de la coalition attendront pour se retirer que le processus de Genève – au point mort depuis plusieurs années – «ait progressé».

Les forces russes commencent à quitter le pays

L'appel de l'ambassadeur syrien à l'ONU intervient alors que la Russie a entamé, le 12 décembre, le retrait des troupes qu'elle avait commencé à déployer pour combattre Daesh il y a deux ans, à la demande du gouvernement syrien.

Sergueï Choïgou, ministre russe de la Défense, a annoncé ce jour que le retrait de ses unités des forces aériennes, de ses médecins militaires, de ses démineurs, d'un bataillon de police militaire, de 36 avions et de quatre hélicoptères était achevé.

Le 11 décembre, le président russe avait annoncé le début de ce retrait lors de sa visite surprise sur la base militaire de Hmeimim, estimant terminée la mission de soutien des troupes russes au gouvernement syrien. Quelques jours plus tôt, le 6 décembre, Moscou avait annoncé la libération totale de la Syrie des terroristes de Daesh.

La Russie va néanmoins conserver en Syrie son Centre de réconciliation des belligérants, trois bataillons de police militaire, la base aérienne de Hmeimim et la base militaire navale de Tartous, selon des déclarations du 22 décembre du ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou. La veille, les députés russes avaient d'ailleurs ratifié un accord entre Moscou et Damas prévoyant l'agrandissement des installations portuaires militaires russes à Tartous.

https://francais.rt.com/international/46765-syrie-exhorte-troupes-us-turques-quitter-territoire

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