vendredi 15 décembre 2017

Le fascinant texto d’Alexis Tsipras à Martin Schulz

Décidément, Alexis Tsipras est fascinant.

ACT TSIPRAS UE RUPTURES

A chaque fois, on croit qu’il ne pourra plus nous surprendre. Il y parvient pourtant, toujours et encore. Cette fois, le Premier ministre grec – que les grands médias, non sans humour involontaire, continuent à étiqueter « gauche radicale »… – vient d’envoyer un extraordinaire texto au chef du SPD allemand, Martin Schulz.

Mais avant d’apprécier la teneur de celui-ci, il faut rappeler que son parti, Syriza, gagna les élections de janvier 2015 en promettant de mettre fin à l’austérité dès qu’il arriverait au pouvoir. M. Tsipras précisait tout de même qu’il entendait que la Grèce reste dans l’Union européenne et dans la zone euro, ce qui constituait une contradiction absolue avec sa promesse.

Cela n’a pas manqué : après six mois de tensions avec les créanciers du pays placé sous la tutelle de la Troïka (UE, Banque centrale européenne, FMI), le chef du gouvernement acceptait officiellement le principe d’en passer par les exigences de Bruxelles. Les vannes des concessions étaient dès lors grandes ouvertes.

Pourtant, il organise début juillet 2015 un référendum portant sur le renforcement des coupes sociales et économiques massives que la Troïka veut imposer. Et appelle personnellement les électeurs à voter Non – ce qu’ils ont fait très massivement.

A peine quelques semaines plus tard, son gouvernement signe avec l’Union européenne et ses acolytes un mémorandum qui ouvre une phase de capitulations d’ampleur inégalée : les « économies » sur les salaires, les retraites et les minimas sociaux sont amplifiées à un degré jamais vu en Europe en temps de paix ; privatisations, dérèglementations, casse du code du travail sont au programme.

Le parlement, renouvelé en septembre 2015, ne cesse depuis lors d’enchaîner les votes d’aggravation des mesures, sous la menace de stopper les tranches de prêts accordées à Athènes.

C’est sans fin : la semaine dernière encore, les « partenaires » européens de la Grèce ont obtenu que quatre centrales du service public d’électricité soient privatisées. C’est donc dans ce contexte qu’on peut savourer le texto du chef du gouvernement hellène à son ami social-démocrate allemand pour l’implorer de ne pas rester au bord de la route « dans cette phase décisive pour l’UE ». En clair, d’accepter d’entrer à nouveau dans une grande coalition à Berlin sous l’égide d’Angela Merkel…

Dès le résultat des élections allemandes du 24 septembre, le SPD avait pourtant exclu cette hypothèse, tant la gifle que lui ont infligée les électeurs fut retentissante. Pas question, pour les sociaux-démocrates, de prolonger une expérience qui pourrait bien devenir suicidaire.

Las, l’échec des négociations entre les amis de la chancelière, les Verts et les Libéraux paralyse pour l’heure la politique allemande, et plonge de ce fait les dirigeants européens dans l’inquiétude et la fébrilité. Du coup, M. Schulz – de son propre aveu – reçoit continument des messages de toutes parts demandant au SPD de rempiler avec les conservateurs. Emmanuel Macron n’est pas le dernier à faire pression sur l’ancien président de l’europarlement.

Supplique pathétique

Mais la supplique d’Alexis Tsipras est la plus pathétique. Le chef du gouvernement grec martèle que la reconduction de la grande coalition allemande est « une condition indispensable aux réformes progressistes nécessaires et à la démocratisation de l’Europe ». Car, poursuit M. Tsipras, il y a désormais une chance « de mettre sur la table de l’Europe un agenda progressiste » permettant de sauver cette dernière.

On a donc la confirmation que, pour la « gauche radicale », en l’occurrence grecque, le sauvetage « progressiste » de l’Europe a la priorité sur tout autre préoccupation, et passe par la reconduction d’Angela Merkel dans une configuration analogue à celle qui prévaut depuis 2013 – celle-là même qui fit fleurir des caricatures de Mme Merkel et de l’actuel président du Bundestag, Wolfgang Schäuble, en nazis dans les manifestations populaires qui furent nombreuses dans le pays, des années durant…

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L’homme qui avait pourtant battu une « grande coalition » socialiste-droite dans son propre pays, estime désormais qu’« une véritable position de gauche consiste à s’engager pour des vrais changements et réformes, et non de garder propre son identité ».

On peut lui faire confiance : pour ce qui est de se salir les mains, Alexis Tsipras est, en trois ans, devenu champion toutes catégories. Mais puisque c’est pour sauver l’Europe…

https://ruptures-presse.fr/actu/tsipras-schulz-ue-grande-coalition/

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mercredi 6 décembre 2017

Grèce: nouvel accord avec ses créanciers

La Grèce a annoncé samedi être parvenue à un accord avec les représentants de ses créanciers dans le cadre de la troisième revue de l'actuel programme d'aide au pays, qui déterminera le versement de la prochaine tranche de prêts.

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"Nous sommes parvenus à un accord avec les représentants des institutions sur tous les sujets", a déclaré à la presse le ministre grec des Finances Euclide Tsakalotos.

M. Tsakalotos et son homologue de l'Economie Georges Stathakis discutaient depuis mardi à Athènes avec les représentants de l'Union européenne, de la Banque centrale européenne, du MES (Mécanisme européen de stabilité) et du Fonds monétaire international.

Afin d'obtenir le feu vert de ses créanciers pour le déblocage de prêts, la Grèce devait s'engager à respecter 95 engagements d'ici décembre, notamment une réforme de la fonction publique et le protection sociale, la libéralisation du marché de l'énergie et une accélération des privatisations.

La conclusion définitive de la "troisième évaluation" du programme grec est prévue à l'Eurogroupe du 22 janvier et doit ouvrir la voie pour le virement d'une nouvelle tranche de prêts au pays endetté, à condition que les réformes soient adoptées auparavant par le parlement grec.

La Grèce vit depuis 2010 sous perfusion de prêts internationaux consentis par les Européens et le FMI au travers de trois programmes, en échange de purges successives d'austérité et de dérégulation qui ont fait fondre d'un quart le PIB et propulsé le chômage à un niveau record dans la zone euro.

Le troisième programme, financé par les Etats membres de l'EU mais pas par le FMI, court jusqu'en août 2018, et Athènes espère ensuite se tourner vers les marchés pour se financer seule.

http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2017/12/02/97002-20171202FILWWW00162-grece-troisieme-accord-avec-ses-creanciers.php

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mercredi 13 septembre 2017

Sur la colline du Pnyx, Emmanuel Macron se livre à une escroquerie majeure

Lors de son discours d’Athènes, le président français a voulu s’inscrire dans l’histoire millénaire en détournant le concept de souveraineté, analyse Pierre Lévy, rédacteur en chef du mensuel Ruptures

ARG MACRON RUPTURESIl s’est posé en successeur de Périclès – l’un des hommes d’Etat les plus illustres de l’antique Athènes. C’est donc du haut de la colline du Pnyx qu’Emmanuel Macron a prononcé son appel à «refonder l’Europe», le 7 septembre, en ouverture de sa visite d’Etat en Grèce. Et il est reparti du pays décoré de la Grand-Croix de l’ordre du Sauveur, ce qui a dû constituer un affront effroyable à sa modestie naturelle.

Le président français n’a pas manqué de s’indigner du sort réservé au peuple grec lors de la crise de l’euro : «Nous avons […] commis des erreurs multiples, qui ont reposé sur des mensonges […]. Mais qui a-t-on fait payer ? Les responsables politiques qui avaient menti ? Non, le peuple qui avait cru des mensonges.» L’ancien ministre français de l’Economie n’a pas précisé qui était ce «nous», ce «on», mais on devine qu’il ne plaide pas coupable à titre personnel.

Il s’exprimait devant un parterre trié sur le volet. On ne sait jamais, des fois qu’un ouvrier du port privatisé du Pirée ou un chômeur ait modérément apprécié cet accès de compassion. En fait, son public de cœur, c’était la jeunesse (au sein de laquelle il se situe volontiers) : «Notre génération, a-t-il déclamé, peut choisir de refonder l'Europe aujourd'hui.» Angela Merkel, 63 ans et en passe de gagner un quatrième mandat à la tête de l’Allemagne, appréciera la galanterie.

L’humilité n’est pas seulement une qualité personnelle de l’ancien banquier de chez Rothschild. A de nombreuses reprises, il n’a pas manqué de souligner que son Europe était «le sel» du monde (une expression qu’il utilisera pas moins d’une demi-douzaine de fois : «le sel de [notre] goût pour la cohésion sociale», «retrouver le sel de cette zone euro», «retrouver le sel de cette démocratie européenne»…).

Ainsi, pour l’orateur, «l'Europe est un des derniers havres où nous continuons collectivement de nourrir une certaine idée de l'Humanité, du droit, de la liberté, de la justice» ; un peu plus tard, il vantera «cette Europe (…) d'une convivialité et d'une civilité qui n'existe nulle part ailleurs» ; et d’interpeller son public derechef : «Y a-t-il un autre continent avec un tel attachement pour la liberté, la démocratie, les équilibres sociaux qui nous tiennent ensemble ?» Nul ne sait comment ces saillies ont été accueillies à Montréal, Dakar ou Tokyo. En outre, force est de constater que l’art oratoire présidentiel ne lésine pas sur les répétitions.

C’est en particulier le cas pour l’idée principale que le président français entendait marteler ce soir là du haut de sa colline athénienne : il faudrait conquérir «la souveraineté européenne». Le mot de «souveraineté» apparaît pas moins de… 33 fois dans son texte. Une sorte de record d’Europe, avec des paragraphes entiers plusieurs fois réitérés presque à l’identique…

Emmanuel Macron croit sans doute à son destin jupitérien

Car pour Emmanuel Macron, nos «simples nations» sont désormais trop petites pour avoir quelque prétention en matière de souveraineté : cette dernière doit être «ouverte»…

Viser une «souveraineté européenne» relève de l’escroquerie politico-linguistique délibérée. En effet, l’expression est en réalité un oxymore, cette figure de style qui accole deux termes incompatibles, comme l’eau sèche ou l’obscurité lumineuse…

Car la capacité pour un peuple de décider collectivement ne peut exister que… s’il existe un peuple. Or il n’y a pas de peuple européen. Et, quoi qu’il en dise, monsieur Macron le sait fort bien. Il l’avoue du reste ingénument dans son propos puisqu’il martèle : «Nous ne nous battrons jamais assez pour que les Européens prennent conscience […] de ce socle commun». Manière de déplorer que les intéressés – les Italiens, les Allemands, les Français, les Espagnols, sans même évoquer les Slovènes… ou les Anglais – fassent preuve d’une mauvaise volonté désespérante à fusionner en un seul peuple (au sens politique du terme)…

Du coup, le président français propose d’organiser au premier semestre 2018 «des conventions démocratiques qui seront le temps durant lequel partout dans nos pays nos peuples discuteront de l'Europe dont ils veulent». Car pour lui, il est inacceptable qu’ils n’en veuillent aucune…

Reste que cette insistance repose sur une prise de conscience inquiète des classes dominantes : «Ce qui s'est passé en 2005, c'est qu'une page s'est tournée et nous ne l'avons pas vu tout de suite.» La référence est explicite aux «Non» français et néerlandais au projet de constitution européenne, de même qu’au choix du peuple britannique de quitter l’UE. Conclusion d’Emmanuel Macron : il faut une autre Europe.

Le problème est que la thèse, qui fait largement consensus au sein de la classe politique, est tout sauf nouvelle. Quelques semaines avant le référendum français de mai 2005, un certain Nicolas Sarkozy, qui allait entrer à l’Elysée deux ans plus tard, appelait à voter «Oui»… pour changer l’Europe.

Emmanuel Macron croit sans doute à son destin jupitérien. En attendant, en tentant de détourner le concept de souveraineté, il admet involontairement que l’attachement à cette dernière, au niveau national, reste fort parmi de nombreux peuples européens.

La Grand-Croix de l’ordre du Sauveur ne lui sera décidément pas de trop pour «sauver l’Europe»…

https://francais.rt.com/opinions/43094-sur-colline-pnyx-emmanuel-macron-livre-escroquerie-majeure

Par Pierre Lévy

Spécialiste des questions européennes, Pierre Lévy dirige la rédaction du mensuel Ruptures. Précédemment, il a été journaliste au sein du quotidien L’Humanité, ingénieur et syndicaliste. Il est l’auteur de deux essais et un roman.


 

J'ai reçu ce commentaire d'un de nos adhérents en Creuse, à la suite de ce discours édifiant de Macron en Grèce:

Je viens d'écouter le discours de Macron à Athènes qui est un chez-d'oeuvre de tartuferie. Pour faire court il superpose démocratie et Europe tout en reconnaissant que l'Europe est un ratage sur tous les plans (politique, social, économique, absence d'autonomie et de légitimité etc...) et il claironne qu'il n'y a pas d'avenir sans une Europe repensée et des traités européens modifiés, alors il se propose, lui, pour la refonder après une vaste consultation populaire avant qu'elle ne disparaisse. C'est ahurissant!!!
Que ce discours ait été prononcé sur fond d'Acropole en se référant de Périclès et de la Démocratie athénienne me fait particulièrement mal.
A bientôt.
Richard.
P.G.

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samedi 9 septembre 2017

Depuis Athènes, Emmanuel Macron confirme que la France n'est «pas réformable»

Le président français Emmanuel Macron a déclaré le 8 septembre à Athènes qu'il assumait les propos polémiques qu'il avait tenus fin août et selon lesquels la France «n'est pas un pays qui se réforme».

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S'exprimant le 8 septembre devant la communauté française à l'école française d'Athènes, Emmanuel Macron s'est référé à ses déclarations du 24 août à Bucarest, qui avaient soulevé de vives réactions sur les réseaux sociaux : «La France n'est pas réformable» et «les Français détestent les réformes». 

«Je l'ai souvent dit et je le disais il y a quelques semaines en Roumanie. D'aucuns faisaient semblant de découvrir cette forme de provocation que j'assume. La France n'est pas un pays qui se réforme», a-t-il déclaré au second jour de sa visite d'Etat en Grèce. «Il ne se réforme pas [...] parce qu'on se cabre, on résiste, on contourne. Nous sommes ainsi faits», a-t-il ajouté.

De toute façon, pour le président français, en France, l'heure n'est plus aux réformes, mais à «une transformation profonde». Et Emmanuel Macron d'invoquer notamment sa politique en matière de droit du travail : «Nous allons le faire sans brutalité, avec calme, avec explication, avec sens.»

«Je serai d'une détermination absolue et je ne céderai rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes. Et je vous demande d'avoir, chaque jour, la même détermination», a conclu le président de la République, s'adressant à ses concitoyens réunis dans le jardin de l'école française.

Le locataire de l'Elysée, actuellement en baisse dans les sondages, devait terminer dans l'après-midi du 8 septembre sa visite en Grèce, où il a plaidé pour une «refondation démocratique» de l'Europe et appelé les groupes français à investir en Grèce pour profiter du retour de la croissance.

https://francais.rt.com/international/42943-depuis-athenes-emmanuel-macron-confirme-france-pas-reformable


 

Tout y est: provocations, injures, le couplet de la "refondation de l'Europe", le tout depuis Athènes, tout un symbole! Macron sur les traces de Tsipras, en quelque sorte... P.G.

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vendredi 11 août 2017

La Grèce n'en finit pas de mourir

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La Grèce n'en finit pas de mourir

http://lebondosage.over-blog.fr/2017/05/la-grece-n-en-finit-pas-de-mourir.html

Comme nous venons d'élire un digne représentant du néolibéralisme européiste décomplexé et qu'il nous prépare avec son tuteur allemand un régime grec pour la France. Il me semblait opportun de faire un bilan sur la situation de ce pauvre pays coincé entre une extrême gauche préférant l’absence de frontière à la solidarité nationale et une construction européenne obsédées par la pratique de concepts économiques aussi erronés que néfastes. Les Grecs ne sont évidemment pas innocents dans cette affaire, après tout ils ont élu leurs bourreaux tout comme les Français ont élu Macron. Mais même en faisant cette remarque cela ne signifie pas pour autant que cette responsabilité nous dédouane de toute analyse sérieuse. En effet, bon nombre de personnes ne comprennent tout simplement pas les effets des politiques monétaires et des choix macro-économiques. Le simple fait que même le FN veuille abandonner la question de la sortie de l'euro montre toute l'incompréhension de ces questions y compris chez les principaux partis de l'anti-système*. Certes, les questions économiques peuvent sembler abstraites ou trop éloignées des préoccupations immédiates.

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*Point de vue de l'auteur, je ne pense pas que le FN soit un parti anti- système, si tant est que cela signifie quelque chose, d'ailleurs. P.G.

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L'économie est pourtant à la politique, ce que la logistique est à la stratégie militaire. La logistique n'est pas le cœur de l'action militaire, mais elle la rend possible en pratique. Combien d'armées puissantes sont-elles tombées par la faute d'une mauvaise logistique ? Il en va de même pour les questions économiques et monétaires. Elles ne sont pas le but réel de l'action que doit mener une politique alternative, mais elles sont le moyen par lequel s'exerce cette politique. Même de Gaulle faisait de l'économie non pas par intéressement particulier sur cette question, mais bien parce qu'il avait compris tout l’intérêt de la maîtrise de ces questions dans l'intérêt général de la France. Quand de Gaulle dévalue le franc de près de 30 % en deux fois en 1958 c'était pour résoudre les questions de déséquilibre commercial français. Et il a bien fait puisque la croissance s'est améliorée tout comme la situation du commerce et de l'emploi. Entre la rente et le travail productif, le général de Gaulle choisit alors le travail productif. Nous vivons encore sur les restes de ces politiques affreusement étatistes et interventionnistes.

La Grèce ne fait plus de politique économique

La nation grecque est un exemple particulièrement parlant des effets d'une absence de liberté monétaire et économique pour un pays. Voilà une nation qui a vendu son indépendance nationale pour pouvoir faire partie de la zone euro . Les gouvernements de « gauche » qui dirigent ce pays depuis la crise n'ont pas cessé de préférer l'euro à la lutte contre le chômage et la pauvreté. Ce qu'il faut bien comprendre c'est que la suppression de l'indépendance monétaire est en soi une politique. Ce n'est pas quelque chose de neutre, mais un choix qui va mécaniquement imposer une certaine répartition des richesses au sein d'un pays. Le grand ennemi de la rente c'est l'inflation et son corolaire la baisse du rendement des actions et des intérêts. Cette peur fondamentale de l'inflation qui a été érigée en pilier de la bonne gouvernance économique n'est pas le fruit du hasard. C'est la contre-réaction du capital et de la finance qui était naturellement rongée dans les années 70 par la baisse concomitante des gains de productivité et le ralentissement de la croissance démographique. Il leur a fallu faire peur sur la question de l'inflation pour défendre en réalité leurs intérêts.

Or comme l'a très bien démontré Keynes, l'inflation n'est pas du tout cette horreur que décrivent les libéraux. C'est au contraire le remède naturel qui se produit lorsque la richesse est trop concentrée. L'inflation fluidifie l'économie, elle ronge les rentes sous toutes leurs formes. Elle contrebalance la fameuse formule des taux d'intérêt composé qui tend naturellement à concentrer toutes les richesses entre quelques mains. Rappelons qu'il n'y a pas besoin de faire de marxisme pour comprendre la nature dangereuse du capitalisme. Les mathématiques suffisent puisque la formule des taux d'intérêt composé est une progression géométrique . L'utilité de l'inflation est de plus particulièrement vraie dans des pays où la gestion du personnel travailleur est difficile, là où les négociations sont mal organisées et la vie sociale relativement brutale. S'il est difficile de négocier avec ses salariés, l'inflation vient faciliter la tâche (...) De fait, l'inflation facilite la gestion des ressources humaines et la flexibilité des entreprises.

Vous voyez ici la source de la différence fondamentale entre un pays comme l'Allemagne par exemple et la Grèce ou dans une moindre mesure la France. La Grèce comme la plupart des pays du sud à besoin d'inflation pour que son corps social fonctionne correctement sans quoi la société se bloque et les rentes s'accumulent encore plus vite. La compétitivité s'essouffle et l'économie périclite. La gestion à l'allemande est inconcevable dans ce type de société, il était dès lors complètement absurde de donner la même monnaie à la Grèce et à l'Allemagne. Ajoutons à cela que les contraintes géopolitiques et les risques militaires obligent ce pays à maintenir des budgets de défense pour sa propre survie ce qui rajoute à l'incompatibilité avec la gestion à l'allemande de l'économie.

En regardant le taux d'inflation de l'économie grecque précédant la monnaie unique l'on voit que ce pays avait un taux naturel d'inflation très élevé. Il n'est dès lors pas très étonnant de voir que l'euro a eu des effets extrêmement mauvais pour l'emploi et la croissance dans ce pays. Mais pour les élites du pays, c'était certainement un objectif. La dépression n'est pas le résultat du hasard, mais l'effet voulu par les décisionnaires. On remarque d'ailleurs que depuis 2014 la Grèce est maintenant en déflation, la vie rêvée du rentier qui voit le coût de la production baisser pendant que ses actions et sa rente immobilière rapportent des intérêts positifs.

(...) le chômage en Grèce atteint des niveaux dramatiques . C'est d'autant plus grave que la population diminue comme en Espagne, les jeunes fuient un pays qui est pourtant extrêmement vieillissant. L'amélioration relative depuis 2014 tient aussi à la baisse de l'euro qui comme je l'ai signalé dans un texte récent, qui donne un petit souffle aux pays du sud y compris à la France (...)

Sous l'effet conjugué de la baisse de l'euro et des politiques de contrition salariale, la balance commerciale du pays s'est améliorée . Ces politiques ont encore fonctionné comme en Italie et en Espagne en attendant la France. Cette amélioration s'est faite surtout par la réduction de la demande intérieure comme dans les autres pays latins (...)

Le niveau actuel des importations et des exportations a rejoint en valeur le niveau de 1999 il y a 18 ans de cela. La Grèce a perdu près de vingt ans de développement. Mais grâce à sa monnaie en surévaluation, les rentiers locaux ont la belle vie. Encore une fois, il n'y a pas de bonne ou de mauvaise politique, il y a juste des choix qui sont faits et qui vont dans tel ou tel intérêt. Clairement, le choix de la Grèce est un choix de rentier comme en France. Peu importe que le pays soit plus pauvre, plus inégalitaire et globalement moins vivable tant que les intérêts de ceux qui dirigent sont gagnants.

(...) la vraie rupture entre les pays qui ont une politique monétaire propre, et ceux qui ont la monnaie unique, c'est que le taux de pauvreté n'a augmenté que chez les seconds. C'est-à-dire que là où la variable d'ajustement se fait sur la monnaie et la dévaluation, la pauvreté recule. Lorsque l'on ne peut pas dévaluer et faire augmenter l'inflation, la pauvreté et le chômage augmentent. (...) 

On voit très bien la baisse des salaires en Grèce. Or comme on l'a vu, la Grèce n'a pas de meilleur résultat que l'Islande par exemple, c'est même l'inverse. L'Islande n'a pas baissé ses salaires, mais sa monnaie. Les effets ont été plus forts sur la reprise et en plus il n'y a pas eu d'augmentation des inégalités contrairement à la Grèce. C'est donc bien un choix entre deux solutions, l'une favorable au travail, aux salariés, l'autre favorable à la rente et à la finance.

L'économie grecque n'est pas en bonne santé. Le pays connaît un appauvrissement majeur pour une partie croissante de sa population, tout ça pour éviter l'inflation et la dévaluation. Il ne s'agit pas de savoir ici s'il s'agit d'une bonne politique ou pas, mais bien de montrer quels intérêts se cachent derrière la façade la bonne gouvernance et de la gestion libérale. L'UE et l'euro sont les outils idéologiques et pratiques qui permettent la mise en oeuvre de ces politiques. C'est bien parce que la gauche pseudo-alternative aime l'euro qu’elle se permet de faire boire ce cocktail empoisonné mélangeant politique de l'offre et rigueur salariale suicidaire. La Grèce pourrait sortir de l'euro et dévaluer. Elle pourrait mettre en place une politique de réindustrialisation, un protectionnisme, etc.. Mais pour cela encore faut-il rompre avec la religion européenne. En attendant la Grèce meure à petit feu, elle fait de moins en moins d'enfants et fait partir sa jeunesse ou la paupérise. Leurs ancêtres se sont-ils battus pendant des siècles contre l'Empire ottoman pour mourir à nouveau tel Byzance en étant absorbé cette fois par un empire barbare peuplé de tyrans en costumes trois pièces? Jean Claude Juncker sera-t-il le Mehmet II de la Grèce moderne ? (...)

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jeudi 27 juillet 2017

Pour Moscovici, la Grèce entrevoit la «lumière au bout de l’obscurité»

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Pour Moscovici, la Grèce entrevoit la «lumière au bout de l’obscurité»

http://www.euractiv.fr/section/economie/news/pour-moscovici-la-grece-entrevoit-la-lumiere-au-bout-de-lobscurite/

 

Le commissaire européen aux Affaires économiques Pierre Moscovici a estimé lundi que la Grèce entrevoyait enfin la « lumière » après des années difficiles, estimant que les réformes imposées à Athènes avaient « sans doute été trop dures, mais nécessaires ».

« La Grèce a été au cœur d’une tempête économique et financière incroyable » mais « aujourd’hui, les choses vont nettement, nettement mieux », a déclaré M. Moscovici sur France Inter.

« Il y a un espoir pour la Grèce. La croissance est repartie, l’emploi repart, l’attractivité repart » et « l’investissement est revenu », a ajouté l’ancien ministre, disant se réjouir « qu’il y ait enfin une lumière au bout de l’obscurité ».

« Il fallait créer les conditions de la confiance, c’est ça qui a été fait. Est-ce que ça a été trop dur ? Sans doute. Est-ce que c’était nécessaire par ailleurs ? Aussi », a-t-il estimé.

Athènes a engrangé la semaine dernière deux bonnes nouvelles en vue d’un prochain retour sur les marchés, avec l’annonce de la participation du FMI à son plan d’aide et le relèvement de la perspective de sa dette à long terme par l’agence de notation SP Global Ratings.

La Grèce devrait par ailleurs bénéficier d’une croissance de 2,1% cette année, après huit ans de chute quasi-constante. Son taux de chômage reste toutefois le plus élevé d’Europe, à 21,7% en avril, même s’il a baissé de 1,9 point sur un an.

La Grèce a effectué « 140 réformes extrêmement courageuses », a souligné Pierre Moscovici, qui se rendra lundi soir à Athènes. « Il y a maintenant des perspectives pour trouver enfin une solution au problème de la dette », a-t-il ajouté.

Athènes, qui bénéficie depuis juillet 2015 d’un plan d’aide de 86 milliards d’euros, fait face à une dette colossale de 315 milliards d’euros, équivalant à près de 180 % de son PIB.

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Avec un tel succès, les Français attendent avec impatience la réalisation des “réformes” douloureuses, certes, mais nécessaires pour, à leur tour, sortir des ténèbres...

P.G.

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mardi 25 juillet 2017

Avec la crise grecque, l'Allemagne a gagné plus d'1,3 milliard d'euros grâce à ses prêts à Athènes

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Avec la crise grecque, l'Allemagne a gagné plus d'1,3 milliard d'euros grâce à ses prêts à Athènes

https://francais.rt.com/economie/41138-crise-grecque-allemagne-interets-dette-gain

A la suite d'une demande des Verts allemands, opposés à la politique intransigeante d'Angela Merkel à l'égard de la Grèce, le ministère des Finances allemand a dû rendre public les gains effectués en prêtant de l'argent à Athènes.

Les Grecs n'ont pas fini de se mordre les doigts d'être entrés dans la zone euro et de payer le maquillage de leurs comptes public que leurs dirigeants ont confié à la banque Goldman Sachs au début des années 2000. Grâce à une demande expresse des Verts allemands, très critiques quant à l'intransigeance de la chancelière allemande Angela Merkel à l'égard de la Grèce, le ministère des Finances allemand a été contraint de livrer les chiffres des intérêts perçus sur les prêts accordés à Athènes. Selon le quotidien Süddeutsche Zeitung, les gains s'élèvent à 1,34 milliard d'euros depuis 2009, année où la Grèce, frappée de plein fouet par la crise financière de 2007, demandait l'aide de l'Union européenne, invoquant la «solidarité» entre les Etats membres.

Aide conditionnée à l'obéissance

Une solidarité sur la base de laquelle, les Européens s'étaient engagés à reverser les intérêts des prêts accordés à la Grèce afin de tenir le pays la tête hors de l'eau. Mais, depuis le bras de fer entre la Troïka européenne et le Premier ministre grec Yanis Varoufakis, et le référendum de 2015, l'Allemagne refuse de les payer. La Kreditanstalt für Wiederbau (KfW), une institution financière publique, a ainsi touché depuis 2009 quelque 393 millions d'euros d'intérêts sur un prêt consenti à Athènes de 15,2 milliards d'euros

La Bundesbank – la Banque centrale allemande – a pour sa part a touché 952 millions d'euros dans le cadre du programme de rachat européen de titres de dette souveraine de pays dont les finances étaient exsangues après le renflouement public de banques privées.

Moyen de pression contre les Grecs

Dans ce qui ressemble fort à un chantage, Berlin conditionne la rétrocession des intérêts à l'assiduité avec laquelle la Grèce se conforme aux recommandations des ministres des Finances européens de l'Eurogroupe, et du Fonds monétaire international (FMI), un autre de ses créanciers dur en affaires. Et pourtant, après le baroud d'honneur de Syriza en 2015, la Grèce se montre bonne élève. En mai 2017, le Parlement grec adopte de nouvelles mesures de rigueur, afin de satisfaire ses créanciers, l'Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI). Et aussi dans l'espoir d'attendrir Angela Merkel et d'obtenir un allègement de sa dette, plus de 320 milliards d’euros, soit près de 180 % de son produit intérieur brut en 2017.

Sven Christian Kindler, représentant les Verts à la commission budgétaire du Parlement allemand résume ainsi la situation : «L'approche allemande de la crise grecque peut certes sembler légale. [Mais] elle est illégitime d'un point de vue moral et en terme de solidarité

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vendredi 7 juillet 2017

Jean-Claude Juncker : « J’ai une totale confiance en Alexis Tsipras »

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Les médias dominants raffolent des personnalités et organisations qui font « bouger les lignes ». Pour les commentateurs autorisés, il va sans dire que les lignes ne doivent bouger que dans une seule direction : celle qui est favorable aux grands détenteurs de capitaux. L’Union européenne, illustrant parfaitement cette tectonique libérale, nous offre régulièrement des situations cocasses dans lesquelles des dirigeants politiques de bords nominalement opposés communient dans l’européisme. Dernier exemple en date : un éloge vibrant d’Alexis Tsipras par Jean-Claude Juncker.

Le président de la Commission européenne a pris la défense du Premier ministre grec, attaqué par Manfred Weber, eurodéputé allemand de l’Union chrétienne-sociale en Bavière (CSU) et président du Parti populaire européen (PPE). Après une rencontre le 20 juin à Athènes avec Kyriakos Mitsotakis, le dirigeant de la Nouvelle Démocratie (droite conservatrice), principal parti d’opposition au gouvernement Syriza, M. Weber aurait déclaré à la presse grecque : « Nous avons besoin d’un gouvernement fiable qui fasse du bon travail pour la Grèce. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas, c’est pourquoi j’estime que M. Tsipras appartient au passé et que M. Mitsotakis est le futur. »

Formulée cinq jours après l’officialisation du difficile compromis trouvé par les créanciers d’Athènes pour débloquer un nouveau « plan d’aide », la remarque a été jugée particulièrement malvenue par M. Juncker. Surtout que le chef de file du PPE a ajouté : « Ils [les dirigeants de la Nouvelle Démocratie] coopèrent beaucoup avec nous au niveau européen, sous la houlette de Jean-Claude Juncker ».

« En ce qui concerne ma relation personnelle avec Alexis Tsipras, elle est caractérisée par le confort, l’estime et la confiance » – Jean-Claude Juncker

M. Weber, un eurolibéral du genre fanatique, fait manifestement partie des dernières personnes – avec Jean-Luc Mélenchon ? – à considérer qu’Alexis Tsipras représente une quelconque menace pour l’Union européenne et l’ordolibéralisme allemand. Il faut préciser que l’eurodéputé est allé jusqu’à déclarer, rompant avec la ligne officielle du PPE, que le FMI devrait se retirer du nouveau « plan de sauvetage » de la Grèce si l’institution insistait sur la nécessité d’un allègement de la dette.

Jean-Claude Juncker, outré que l’on rudoie ainsi celui qui l’avait qualifié de « grand ami de la Grèce », a tenu à démentir vigoureusement M. Weber auprès du site Euro2day  : « J’ai une totale confiance en Alexis Tsipras, c’est très clair ». Et il a ajouté : « La Grèce va beaucoup mieux que ce que nous pensions [en effet…]. Je reconnais les efforts considérables consentis par le gouvernement grec […]. En ce qui concerne ma relation personnelle avec Alexis Tsipras, elle est caractérisée par le confort, l’estime et la confiance ».

Des propos touchants. Et certains osent encore prétendre que la construction européenne ne rapproche pas les peuples…

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mardi 20 juin 2017

Actualités européennes (10)

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Après les législatives… attention à la Marche

Un parlement violet, si ce n’est ultra-violet. Une participation en chute libre (43%), constituant même un record absolu dans ce type de scrutin. Un Parti socialiste laminé, une droite classique en déroute et éclatée. Une France insoumise finalement ragaillardie puisque, à défaut de siéger à l’Elysée comme elle en avait fugacement caressé l’espoir, elle disposera d’un groupe au Palais-Bourbon. Et un Front national qui déjoue les pronostics de ses détracteurs en faisant élire, seul contre tous, une petite dizaine de ses représentants.

Mais au-delà de ce tableau largement commenté, le second tour des législatives confirme, voire amplifie, ce que les scrutins précédents ont marqué : un fossé social de plus en plus profond.

(...)

Ce clivage de classe se reflète dans la sociologie des nouveaux élus. Les candidats macronistes étaient à 70% issus des classes supérieures et dirigeantes. Du coup, En Marche ! est bel et bien en passe de « renouveler » la classe politique. Mais la question est : dans quel sens ? Certes, le Palais-Bourbon ne brillait pas par l’abondance d’ouvriers, de techniciens, de caissières de supermarché ou de chômeurs.

Mais les nouveaux marcheurs se recrutent essentiellement parmi les « entrepreneurs », les patrons de start-up, les conseils en management ou les directeurs de ressources humaines. Ce que le langage bruxellois nomme avec tendresse « la société civile ». Lors de la soirée électorale, il s’est du reste trouvé des invités pour saluer l’entrée en force d’« hommes et de femmes qui connaissent l’entreprise » (privée, de préférence). Autant de nobles représentants du peuple qui, n’en doutons pas, défendront bec et ongles un siècle de conquêtes ouvrières…

https://ruptures-presse.fr/actu/legislatives-resultats-macron-bruxelles/

Cette loi El Khomry puissance dix répond terme pour terme aux recommandations de Bruxelles

Car l’ordre du jour macronien est connu. Outre la loi dite « de confiance dans la vie démocratique » (un intitulé proprement orwellien…), c’est la loi d’habilitation permettant au futur gouvernement de démonter par ordonnances le code du travail qui tient le haut de l’affiche. Cette loi El Khomry puissance dix répond terme pour terme aux recommandations de Bruxelles. Emmanuel Macron n’a en outre pas caché que ces « réformes » au pas de charge exauceraient les souhaits de Berlin (Angela Merkel n’a pas attendu une heure après la fermeture des bureaux de vote pour envoyer un message de félicitations aux Marcheurs…) et positionneraient ainsi la France en bon élève européen.

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Les créanciers de la Grèce parviennent à un compromis en temporisant une nouvelle fois sur la question de l’allègement de la dette

Après de nombreux rebondissements et reports, les créanciers de la Grèce sont parvenus à un compromis pour permettre à Athènes d’honorer des remboursements dont l’échéance approchait dangereusement (juillet). L’Union européenne, le Fonds monétaire international et le Mécanisme européen de stabilité se sont entendus sur un prêt de 8,5 milliards d’euros – versé en deux fois par le MES – lors de la réunion de l’Eurogroupe du 15 juin à Luxembourg.

(...)

Berlin reste opposé à un allègement de la dette grecque, la fermeté de la position allemande étant accrue par l’approche des élections générales qui auront lieu en septembre.

Malgré des manifestations et une grève générale, le Parlement grec a adopté les nouvelles mesures d’austérité exigées par les créanciers. Le gouvernement Syriza de « gauche radicale » (on ne rit pas !), dont l’impopularité devient menaçante pour le Premier ministre, a du mal à cacher son impatience face aux tergiversations des institutions. Alexis Tsipras et Euclide Tsakalotos, le ministre des Finances (en photo avec Pierre Moscovici, commissaire européen aux Affaires économiques), tirent régulièrement la sonnette d’alarme tout en s’efforçant de ménager les créanciers.

https://ruptures-presse.fr/actu/creanciers-grece-compromis-allegement-dette-eurogroupe-fmi-mes-ue/

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Le Parlement européen adopte une définition de l’antisémitisme tendant à criminaliser la critique d’Israël

Le 1er juin, le Parlement européen a adopté une résolution « sur la lutte contre l’antisémitisme » appelant les États membres et les institutions bruxelloises à prendre des mesures supplémentaires pour combattre « les discours de haine et toutes les formes de violence à l’égard des citoyens juifs européens ».

Le texte, promu activement par le Congrès juif européen et approuvé à une écrasante majorité, demande que la définition canonique de l’antisémitisme prévalant au sein de l’Union européenne soit celle qu’utilise l’Alliance internationale pour la mémoire de la Shoah, qui tend à amalgamer critique d’Israël et antisémitisme.

https://ruptures-presse.fr/actu/parlement-europeen-adopte-definition-antisemitisme-criminalise-critique-israel-antisionisme/

 

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mercredi 7 juin 2017

Revue de presse (sélection semaine du 29 mai au 5 juin 2017) 3° partie

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Chine

Les dirigeants mondiaux réunis à Pékin alors que les Etats-Unis sombrent dans l'insignifiance
De nouvelles routes de la soie ont été discutées, pour bâtir un monde véritablement multipolaire. Les Etats-Unis et ses alliés ne sont plus du tout apparus au premier plan lors de ce grand rendez-vous de chefs d'Etat ou de leurs représentants.

Pays-Bas

Et voilà : le dernier référendum néerlandais est lui aussi piétiné par l'UE
Les néerlandais avaient par référendum rejeté l'accord d'association avec l'Ukraine. Leurs politiques viennent de les trahir en le ratifiant malgré tout. Encore une fois la dictature européenne qui se montre au grand jour.

Afghanistan

Avions non-identifiés qui approvisionnent Daech
Les forces de l'OTAN en Afghanistan n'ont pas vu ce qu'ont vu les russes: des hélicoptères anonymes alimentant Daech en armes...

Ukraine

Censure anti-russe de grande ampleur
L'Ukraine a bloqué les médias russes, plusieurs réseaux sociaux, les artistes et journalistes russes... Voilà donc à Kiev le type de régime dictatorial que nous soutenons avec l'argent de l'UE.
Donetsk à nouveau sous une pluie de projectiles malgré les accords de Minsk
500 tirs de projectiles en l'espace d'une seule journée : voilà ce que continue de subir la population de Donetsk de la part du régime de Kiev. Dans l'indifférence de nos médias...

Grèce

Désaccords entre les créanciers de la Grèce sur le prochain plan d'aide
Encore une fois, un "accord de la dernière chance" est nécessaire pour sauver la Grèce. Les minutes de l'eurogroupe expliquent que le FMI rechigne à un nouveau plan d'aide. En attendant, quel que soit le résultat, le peuple grec continue à souffrir profondément des décisions de la Troïka qui gouverne à leur place.

Union européenne

Dissension dans la zone euro autour des évolutions politiques à mener
Pendant ce temps, les soldes Target 2 continuent de diverger... avec au bout du chemin l'explosion inévitable de l'euro.

OTAN

Bombardiers à capacité nucléaire bientôt à la frontière russe
Les B-52 peuvent porter jusqu'à 31 tonnes de bombes. Les Etats-Unis de Trump continuent de considérer la Russie comme une menace, alors que la Russie n'a pourtant pas envoyé de bombardiers nucléaires près des frontières des Etats-Unis.

Corée du sud

Déploiement secret de 4 lance-missiles étatsuniens
Le président sud-coréen s'est dit choqué de n'en avoir pas été informé, alors qu'il s'était positionné contre le déploiement de ce système anti-missile THAAD.

Inde

Interdiction des voitures diesel et essence
Une info assez surprenante, mais qui montre qu'il est possible de prendre des décisions politiques drastiques à l'encontre des lobbies, quand il en va du bien-être de la population (en l'occurrence la pollution massive des grandes villes indiennes).

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