samedi 26 mai 2018

Les grandes orientations des politiques économiques (GOPÉ) 2018-2019

La feuille de route économique et sociale d’« Emmanuel Macron » est mise à jour : les grandes orientations des politiques économiques (GOPÉ) 2018-2019

ARG GOPE 2018

Pendant toute la campagne présidentielle,  François Asselineau et l’UPR avaient annoncé quel serait le VRAI programme des dix autres candidats, qui refusaient tous les dix de proposer aux Français de faire sortir la France de l’UE par la mise en œuvre la plus rapide possible de l’article 50 du traité sur l’Union européenne (TUE). Les Français et des pseudo-spécialistes de l’analyse politique découvrent avec effroi les réformes anti-sociales qui ont lieu depuis le début du quinquennat (SNCF, casse droit du travail, rabotage de l’ISF, baisse de l’impôt sur les sociétés, hausse de la CSG, baisse de l’assurance chômage, stagnation du SMIC, etc.) alors qu’il suffisait de lire les GOPÉ 2016-2017 et 2017-2018.

Du fait de l’engagement de la France dans l’euro et dans l’Union européenne, toutes les grandes décisions de notre politique économique et sociale sont directement dictées par les « recommandations » de la Commission européenne, également intitulées « grandes orientations des politiques économiques (GOPÉ) », que l’institution technocratique bruxelloise publie chaque année à la mi-mai.

Or, la Commission européenne vient de publier, ce 23 mai 2018, la mise à jour annuelle de ces fameuses « recommandations » [1].

LE PRÉAMBULE DU RAPPORT DES « GOPÉ » 2018-2019

Notons tout d’abord trois éléments intéressants dans le préambule :

  • 1er élément du préambule

Le document précise que, « en tant qu’État membre dont la monnaie est l’euro, et compte tenu des liens étroits entre les économies de l’Union économique et monétaire, la France devrait veiller à mettre en œuvre intégralement et en temps utile la recommandation concernant la zone euro, qui est prise en compte dans les recommandations figurant aux points 1 et 2 ci-dessous ».

Il faut noter ici que les points 1 et 2 correspondent aux deux tiers des « recommandations ». Cette note du préambule tord en soi l’argumentaire des européistes (et des crédules) qui ont tendance à atténuer la portée des GOPÉ en expliquant qu’il ne s’agirait que de recommandations et non pas d’obligations.

Rappelons que cela est faux pour au moins deux raisons :

  • Depuis le pacte de stabilité et de croissance (PSC) de 1997 [2], et avec le «six-pack» [3], la Commission peut sanctionner financièrement les pays en cas de manquement ou de retard dans l’application des mesures préconisées. En cas d’« écarts importants », la Commission adresse à l’État membre un avertissement et sa situation est suivie tout au long de l’année. Si elle n’est pas « redressée », la Commission peut proposer la constitution d’un dépôt correspondant à 0,1 % du PIB. Pour la France, il s’agirait donc d’un dépôt de 2,2 milliards d’euros.  Les « recommandations » dans les textes se transforment donc, dans les faits, en obligations.
  • C’est aussi nier le fonctionnement des institutions européennes puisque la machine bruxelloise repose sur le concept de « soft law» et de « pression des pairs ». Le principe même de ces GOPÉ, c’est justement d’exercer constamment une pression sur les représentants d’un État.
    Certes, ils peuvent ne pas appliquer telle ou telle « recommandation », pendant un certain temps,  en échappant aux sanctions. Mais, concrètement, il leur est impossible de refuser d’appliquer toutes les mesures tout le temps.
    Du reste, le principe même des GOPÉ serait sinon vide de sens. En fait, il s’agit d’un étau intellectuel, juridique et moral qui se resserre peu à peu, et auquel il est impossible de se soustraire durablement.
  • 2e élément du préambule

Le document précise par ailleurs que, « le 25 avril 2018, la France a présenté son programme national de réforme et de stabilité pour 2018 ».

Il s’agit du mécanisme classique des GOPÉ où la France présente sa copie économique et sociale, tel l’élève qui rend sa copie au professeur.

C’est d’autant plus ahurissant pendant les années d’élection présidentielle comme l’année dernière puisque cela doit être appliqué sur les deux années en question, peu importe le résultat des élections. Le nouveau gouvernement italien se heurte et va se heurter à cela. Il n’y aura pas 36 issues :

  • ils rentrent dans le rang comme Tsipras et appliquent finalement les « recommandations » ;
  • ils n’appliquent pas les GOPÉ, vont à l’affrontement : soit ils rentrent dans le rang après le conflit, soit alors ils seront sanctionnés financièrement jusqu’à une sortie ;
  • ils décident quasiment d’emblée de sortir de l’Union européenne par l’article 50 du TUE et évitent les sanctions et les querelles avec les partenaires européens mais cela est peu probable étant donné que cela n’était au programme d’aucun des deux partis. Ils n’auront en aucun cas la légitimité démocratique nécessaire à un tel bouleversement géopolitique.
  • 3e élément du préambule

Le préambule du document indique enfin : « À la lumière des résultats du bilan approfondi de la Commission et de cette évaluation, le Conseil a examiné le programme national de réforme et le programme de stabilité. »

Nous avions montré dans un article précédent le lien direct entre les GOPÉ et le programme national de réforme ou PNR [4].

La preuve est ainsi apportée une nouvelle fois que, contrairement à ce que les médias et les dirigeants des partis politiciens veulent faire croire aux électeurs, le gouvernement français n’est pas libre de ses choix : les GOPÉ se retrouvent bien dans le PNR et sont donc bien la feuille de route économique et sociale du gouvernement français.

LE CONTENU DES « RECOMMANDATIONS » POUR 2018-2019

Il convient maintenant de lire ces « recommandations » et d’en décrypter les six principales.

En voici le texte qui était malheureusement dans un premier temps cette année uniquement disponible en anglais, preuve que le Brexit ne change absolument rien à la soumission intellectuelle de l’UE au monde anglo-saxon, américain en particulier. Nous avons mis à jour cet article, une fois le rapport publié en français.

Décryptage

1) Que signifie : « veiller à ce que le taux de croissance nominal des dépenses publiques primaires ne dépasse pas 1,4% en 2019 » ?

Cette formule pour initiés signifie que, comme tous les ans, la Commission européenne exige que la France poursuive une politique d’austérité renforcée.

La version du rapport de l’année 2015 [5] insistait sur le fait qu’ « il est impossible de dégager à court terme d’importantes économies sans ralentir considérablement la croissance des dépenses de sécurité sociale. […] Des économies de 11 milliards d’euros sur les dépenses de santé sont prévues pour 2015-2017, mais des efforts supplémentaires seront nécessaires pour limiter les hausses de dépenses dans ce domaine. »

En bref, les coupes sombres dans la santé, l’assurance-chômage et les retraites vont donc continuer et s’accentuer !

C’est d’ailleurs comme par hasard ce qu’a laissé entendre récemment Bruno Le Maire, comme si l’initiative venait de lui. [6]

2) Que signifie : « utiliser les recettes exceptionnelles pour accélérer la réduction du ratio d’endettement public »  ?

Cela veut tout simplement dire qu’il faut privatiser des biens publics pour réduire la dette publique. En effet, la croissance n’étant pas fabuleuse et les taxes mises en place telles que celles sur le diesel et l’essence, que les Français constatent au quotidien, étant établies pour durer, « les recettes exceptionnelles » ne peuvent être que des cessions d’actifs publics, ce qui est d’ailleurs cohérent avec l’article 106 du TFUE.

Il ne faut pas donc s’étonner de voir plus ou moins publiquement sur la table les privatisations des aéroports de Paris [7], de la Française des jeux [8] ou de la SNCF [9].

3) Que signifie : « uniformiser progressivement les règles des différents régimes de retraites » ?

Cette formule signifie, comme c’est habituellement le cas avec l’UE, harmoniser vers le moins-disant pour diminuer la dépense publique. Dans le préambule, il est d’ailleurs indiqué que cela pourrait faire économiser 5 milliards d’euros de dépenses publiques.

 

4) Que signifie : «  garantir  la compatibilité des évolutions du salaire minimum avec la création d’emplois et la compétitivité » ?

Cela signifie que, le taux de change de l’euro étant trop cher pour la compétitivité de l’économie française, il faut procéder à une « dévaluation interne », comme le disent les économistes ayant le goût de l’euphémisme.

En clair, cela veut dire qu’il faut geler le niveau du SMIC ou en tout cas arrêter tout coup de pouce, comme ce fut d’ailleurs déjà le cas cette année. Le salaire minimum en Bulgarie étant d’environ 235 euros par mois selon le cours de l’euro, ce n’est pas demain la veille que l’on verra la Commission européenne demander à la France de redonner du pouvoir d’achat aux Français en relevant substantiellement le SMIC.

En outre, va-t-on vers des SMIC variables comme en Allemagne ? Rappelons que là-bas, il n’y a pas de SMIC horaire dans l’agriculture, dans les secteurs concernés par les travailleurs détachés ou pour les chômeurs de longue durée.

5) Que signifie : « en supprimant les impôts inefficaces et en réduisant les impôts sur la production prélevés sur les entreprises » ?

Comme ce qui précède, c’est une reprise des GOPÉ 2016-2017/2017-2018 et c’est très simple à comprendre. Il s’agit de baisser l’impôt sur les sociétés et les cotisations sociales. Peut-être même d’augmenter la TVA et/ou à nouveau la CSG que paient tous les ménages, à commencer par les plus modestes. C’est Robin des Bois à l’envers puisqu’il s’agit de faire payer davantage les pauvres pour enrichir les très riches.

On pourrait imaginer un impôt sur les sociétés plus progressif avec une baisse du taux pour les artisans, PME et TPE qui sont les principaux créateurs d’emplois. Ce n’est pas du tout ce qui est demandé.

C’est à la fois une injustice morale, un scandale social et une stupidité économique insondable.

Cela peut aussi signifier supprimer entièrement l’ISF qui ne demeure plus que sur le patrimoine immobilier. Profitons-en pour dire que de ne laisser l’ISF que sur les biens immobiliers est aussi injuste car les très riches ont très peu d’immobilier en pourcentage de leur richesse. L’exonération n’a donc bénéficié quasiment exclusivement qu’aux ultra-riches et non pas à une classe moyenne supérieure qui aurait pu accumuler des biens immobiliers.

6) Que signifie : « réduire la charge réglementaire et administrative afin de renforcer la concurrence dans le secteur des services et favoriser la croissance des entreprises » ?

Cette formulation est particulièrement fourbe. Rappelons tout d’abord que, question normes, l’UE s’y connaît étant donné que le coût d’application des normes européennes pour l’économie française est de l’ordre de 38,7 milliards d’euros par an (30 milliards d’euros pour les entreprises/8,7 milliards d’euros pour les administrations publiques).

Quand on lit dans le détail le préambule, c’est en fait et encore, les professions réglementées qui sont dans l’œil du cyclone.

Parler à cet égard de renforcement de la concurrence est se moquer du monde car on sait très bien que les milliers de pharmaciens, médecins, dentistes, kinésithérapeutes, avocats, notaires, huissiers, géologues, artisans-taxis, architectes, ingénieurs, experts-comptables, etc. seront remplacés et concurrencés par quelques très grands groupes avec, pourquoi pas, des travailleurs détachés meilleur marché. Cela marche comme cela dans l’UE !

CONCLUSION

En conclusion, la feuille de route économique et sociale est dans la continuité des années précédentes. Il s’agit d’une politique économique inefficace dans son ensemble qui bénéficiera à quelques-uns (les fameux 1%) au détriment du plus grand nombre et de la France dans son ensemble.

Quoi qu’il en soit, la publication de ce rapport confirme encore une fois toutes les analyses de l’UPR et décrédibilise tous les pseudo-opposants, de Jean-Luc Mélenchon à Marine Le Pen, qui tapent sur Emmanuel Macron et s’indignent de sa politique, sans jamais nommer les causes.

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Si tous ces souverainistes d’opérette avaient fait le travail pédagogique de l’UPR depuis 30 ou 40 ans, nous n’en serions pas là. La seule façon d’éviter ce programme mortifère, c’est de sortir de l’UE et de l’euro. Rappelons à cet égard que « changer l’Union européenne », comme le proposent tous les tartuffes, implique de changer les traités, ce qui nécessite l’unanimité des États-membres. Cela n’arrivera jamais [10] !

Pour libérer la France des GOPÉ, il faut tout simplement sortir de l’UE, comme le proposent et l’expliquent François Asselineau et l’UPR depuis 11 ans. Il n’y a pas d’autre solution.

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Nous, nous répéterons inlassablement, notamment à l’occasion des élections européennes de 2019 (dans un an), que :

Oui, l’Union européenne est néfaste.

Non, elle n’est pas réformable.

Oui, il faut en sortir.

En d’autres termes : UE/ GOPÉ soumission, Frexit solution !

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Sources et Notes

[1] http://ec.europa.eu/transparency/regdoc/rep/1/2018/FR/COM-2018-409-F1-FR-MAIN-PART-1.PDF

[2]https://fr.wikipedia.org/wiki/Pacte_de_stabilit%C3%A9_et_de_croissance#Volet_d.C3.A9s.C3.A9quilibres_macro.C3.A9conomiques

[3] https://fr.wikipedia.org/wiki/Six-pack_(Union_europ%C3%A9enne)#Volet_correctif

[4] https://www.upr.fr/actualite/europe/gope-nos-gouvernements-subordonnes-a-commission-europeenne-preuve

[5] http://ec.europa.eu/europe2020/pdf/csr2015/csr2015_council_france_fr.pdf

[6]https://www.lesechos.fr/politique-societe/politique/0301699379052-bruno-le-maire-il-peut-etre-legitime-de-reduire-la-politique-sociale-sur-lemploi-2177254.php

[7] https://www.capital.fr/entreprises-marches/aeroports-de-paris-la-privatisation-sur-les-rails-1288952

[8] http://www.europe1.fr/societe/le-plan-du-gouvernement-pour-privatiser-la-francaise-des-jeux-3620846

[9] https://bfmbusiness.bfmtv.com/entreprise/sncf-un-document-interne-relance-l-hypothese-d-une-privatisation-1444439.html

[10] https://www.youtube.com/watch?v=8Y8EUaFmTyY

Trésorier et responsable national de l’Économie de l’UPR

https://www.upr.fr/actualite/france/la-feuille-de-route-economique-et-sociale-d-emmanuel-macron-est-mise-a-jour-les-grandes-orientations-des-politiques-economiques-gope-2018-2019

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jeudi 24 mai 2018

« Si l’Italie prend feu, on ne saura pas éteindre l’incendie »

Directeur de l’Institut Jacques-Delors et ancien journaliste à « La Croix », Sébastien Maillard décrypte les conséquences pour l’UE, et en particulier pour la zone euro, de l’imminente coalition gouvernementale, en Italie, entre la Ligue et le Mouvement 5 étoiles.

TL ITALIE ZONE EURO

La Croix : Une coalition anti-système et eurosceptique à la tête d’un des membres fondateurs de l’Union européenne, est-ce le « problème de trop » pour Bruxelles ?

Sébastien Maillard : C’est un problème de plus, qui survient à un moment où il n’y a pas de nouvelle dynamique véritablement imprimée à l’élan européen. Le moteur franco-allemand n’a pas retrouvé sa vigueur et à un an des élections européennes, ce gouvernement est facteur d’inquiétude supplémentaire. Il risque d’empêcher la timide relance. Heureusement, il ne survient pas à un moment de crise existentielle de l’Europe.

Pourrait-il toutefois causer une crise existentielle de la zone euro ?

S. M. : Oui, si l’Italie allait jusqu’au bout de ses projets funestes – à savoir la sortie de la zone euro initialement évoquée. L’Italie n’est pas seulement un membre fondateur de l’UE, mais aussi la troisième économie de la zone euro.

En France, Marine Le Pen a perdu sur cette question de l’euro qu’elle voulait quitter. Il est risqué, dangereux, de vouloir s’en émanciper. Pour l’Italie aussi, jouer avec cette appartenance est dommageable.

La sortie de la zone euro n’est finalement pas mentionnée dans le programme commun de Luigi Di Maio et Matteo Salvini…

S. M. : C’est une excellente nouvelle pour tous ceux qui sont attachés à l’euro et pour tous les partenaires de l’Italie, mais aussi pour les Italiens eux-mêmes : certes, ils ont une balance commerciale excédentaire, mais ils importent beaucoup. Personne ne peut leur souhaiter d’avoir une monnaie dévaluée, qui ne ferait qu’augmenter le coût de la dette.

Des projets coûteux comme un revenu universel et des impôts très bas viendraient à coup sûr violer le pacte de stabilité et de croissance. Que se passera-t-il si l’Italie enfreint les règles budgétaires de l’UE ?

S. M. : Jusqu’à un certain point, il peut ne pas se passer grand-chose : France et Allemagne pourraient fermer les yeux et la Commission, sortante, ne pas faire de zèle, car personne n’a intérêt à créer un trop gros « problème italien ». L’Italie en est consciente et pourrait abuser de sa situation pour pousser le bouchon. Le Pacte et la Commission joueront là leur crédibilité.

Pourquoi l’Italie a-t-elle abandonné l’idée de réclamer l’effacement des quelque 250 milliards d’euros de dette publique détenus par la Banque centrale européenne ?

La-pensée-unique

S. M. : En renégociant la dette, on perd la confiance des investisseurs. De tels signaux provoquent la panique, les taux d’intérêt augmentent. Le principe de réalité semble avoir repris le dessus. Il en va de même pour l’idée de sortir de la zone euro : il ne peut s’agir d’une vaste improvisation ! C’est bien là le problème des populistes : quand ils arrivent aux choses sérieuses, ils se rendent compte qu’il faut composer avec la réalité.

Serait-il vraiment impossible de « sauver » l’Italie, comme cela fut le cas avec la Grèce ?

S. M. : L’Italie n’est pas la Grèce, ni Portugal ou l’Irlande… C’est un pays du G7 ! C’est aussi pour cela qu’il ne faut pas que survienne un « problème italien » : si c’est cette maison-là qui prend feu, on ne saura pas éteindre l’incendie.

N’est-ce pas inquiétant au moment où la tendance, dans la zone euro, est à vouloir davantage partager les risques ?


S. M. : Partager les risques oui, notamment à travers un budget commun. Mais tant que l’Italie ne montre pas des signes en vue d’assainir son secteur bancaire et d’alléger sa dette, les Allemands, qui ont déjà du mal en théorie avec l’idée de la responsabilité collective, ne voudront jamais partager le risque. Ils redoutent, in fine, d’éponger les dégâts italiens. Le cas italien aggrave donc les difficultés auxquelles Emmanuel Macron fait face en matière de réforme de la zone euro, alors que traditionnellement, Rome était l’alliée de Paris sur beaucoup de ces questions.

Quel sera le premier message des dirigeants européens au nouveau premier ministre italien ?

interdits

S. M. : Que lorsqu’on est dans l’UE, on a des droits et des devoirs. Que ce club comporte un règlement intérieur – encore plus strict dans la zone euro. Et qu’il faut le respecter.

Recueilli par Céline Schoen (à Bruxelles)https://www.la-croix.com/Economie/Monde/Si-lItalie-prend-feu-saura-pas-eteindre-lincendie-2018-05-18-

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"sortir de la zone euro : il ne peut s’agir d’une vaste improvisation !": voilà au moins un point d'accord! En effet, sans sortie raisonnée et étudiée de l'euro (et de l'UE), le nouveau gouvernement italien court le risque de l'improvisation, ce qui, dans ces domaines, est facteur de catastrophes en chaîne...
Pour le reste, entre mensonges et éléments de langage relevant davantage de la propagande et de la "méthode Coué" que de la véritable argumentation, l'auteur semble mettre sur le dos des italiens l'échec prévisible de Macron et le refus allemand de "mutualiser" les risques, ce qui est un peu gonflé...   P.G.

Posté par UPR Creuse à 04:00 - - Permalien [#]
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mercredi 23 mai 2018

Et si les portions gratuites de l'A20 devenaient payantes ?

La gratuité de l’autoroute A20 reliant Vierzon (Cher) à Montauban (Tarn-et-Garonne) via Limoges dans la Haute-Vienne, pourrait être mise en péril. La ministre des transports a évoqué les grandes lignes de la nouvelle loi sur les mobilités (LOM), qui comprend la fin des autoroutes gratuites, pour financer les nouveaux aménagements.

ACT LIMOUSIN A20

Sur les 428 kilomètres de l’autoroute A20, entre Vierzon dans le Cher et Montauban dans le Tarn-et-Garonne, seuls 158 kilomètres sont payants : la portion entre Gignac, au sud de la Corrèze et Montauban. Une autoroute principalement gratuite que les usagers empruntent depuis les années 90. Mais la donne pourrait changer, suite aux déclarations de la ministre des Transports, Elisabeth Borne, qui devrait présenter la nouvelle loi sur les mobilités (LOM), avant cet été. 

Vignette payée par les poids lourds

Cette loi, c'est "l’orientation sur les mobilités" (LOM). Elle prévoit de développer les péages pour financer l'entretien des routes nationales et du réseau autoroutier non concédé, – c'est-à-dire gérée directement par l'Etat et non pas une société privée comme c'est le cas pour 75 % du réseau  – dont l'A20, entre Vierzon et Montauban.

Cette loi proposera « une stratégie d'ensemble ainsi qu'une programmation sincère de nos infrastructures sur les deux prochaines décennies », a-t-elle évoqué dans un entretien à l'AFP. « Cette programmation devra s'appuyer sur des ressources financières solides et pérennes, en privilégiant, chaque fois que c'est possible, le paiement par l'usager ou par le bénéficiaire final des projets. »

S0-autoroutes-pourquoi-les-peages-augmentent-encore-165811

Le paiement par l'usager, ce sont donc des péages. Et donc de nouveaux péages sur des routes et autoroutes jusqu'à présent gratuites. Si cette option n'est pas encore gravée dans le marbre, il existe cependant une autre option qui semble séduire le gouvernement : celle d'une vignette payée par les poids lourds, y compris les camions étrangers qui traversent le pays. Une solution qui pourrait générer jusqu'à 550 millions d’euros.

Pour ce plan gouvernemental, les dépenses pourraient aller jusqu’à 1 milliard d'euros par an pour l'entretien et la modernisation des routes, contre 800 millions cette année. Il comportera « des objectifs quantitatifs d'amélioration du réseau routier », fixés tous les cinq ans à partir de 2022, a précisé la ministre.

Driss Chaït

https://www.lepopulaire.fr/limoges/economie/transport/2018/05/19/et-si-les-portions-gratuites-de-l-a20-devenaient-payantes_12854416.html

Voir aussi:

Opération escargot sur l'A20 des agents de la DIRCO ce mardi 22 mai contre la possible mise en péage

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A l'appel de la CGT, les agents de la DIRCO ont bloqué le rond-point de la Croisière, mardi 22 mai, vers 9 heures, puis organisé une opération escargot sur l'A20.

L'annonce a été faite, vendredi, dans un communiqué, envoyé à la presse. Lors de la précédente journée d'action des fonctionnaires, le 22 mars, les personnels chargés de l'entretien des routes nationales et autoroutes non-concédées avaient déjà laissé entendre leur mécontentement. 

(...)

« Paiement par l'usager »

En cause, la loi LOM pour « Orientation de la mobilité » et la possible création d'un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC), baptisé « Routes nationales de France ». La structure réunirait dans son giron le réseau national concédé et non-concédé.

(...)

« Un début de privatisation »

Problème, selon la CGT, « ce dispositif prévoit :

• La possibilité de péages sur tout type d’infrastructures, routes nationales mais aussi départementales et communales ! Les sociétés autoroutières postulent déjà auprès des métropoles comme Paris.
• La mise en place de vignette-redevance Poids Lourds, étape préalable avant les voitures et les motos.
• Mise en place de la vidéo-verbalisation et du contrôle-sanction automatique.
• L’externalisation de l’entretien vers les sociétés autoroutières (Eiffage, Vinci, Abertis...) alors même que le coût de ces entreprises est de 230000€/km contre 90000€/km pour le service public des Directions Interdepartementales des Routes (DIR)! »

« On ne va pas se cacher derrières les intentions du gouvernement, c'est un début de privatisation, tance le représentant CGT. L'EPIC serait financé par les péages, les vignettes et la taxe sur les produits pétroliers. Alors pouquoi pas demain une privatisation complète.»

Pour Franck Robert, la création d'un EPIC pose également la question du statut des futurs embauchés. « Qui doit EPIC, dit statut privé et surtout des vacataires en fonction des besoins. Ca fait déjà plusieurs années qu'on embauche des CDD pour la viabilité hivernale. Depuis 10 ans, on a perdu 70 agents et sur le quinquennat, on prévoit 2,5 % d'agents en moins par an. Au final, on aura perdu une centaine de personnels.»

Actuellement, la DIRCO emploie 570 agents. « C'est simple, une fois que le gouvernement aura réglé son sort à la SNCF, il va s'occuper des routes, ajoute le syndicaliste. On parle aussi d'un possible recours aux ordonnances. Au niveau démocratique, ça nous inquiète beaucoup.»

P_20180322_103946Manifestation du 22 mars de la Fonction Publique à Limoges

Cette action correspond également à la journée d'action dans la fonction publique. (...)

Réforme de la SNCF, fin de la présence d'un recteur à Limoges, suppression de 120.000 postes dans la fonction publique, gel du point d'indice, difficultés dans le secteur sanitaire et hospitalier, possibilité d'un recours accru aux vacataires, réforme de l'enseignement supérieur : les raisons de la colère ne manquent pas. 

« Le gouvernement, son dogme, c’est d’attaquer les statuts », jugeait Michel Pouyaud (UNSA), lors la conférence de presse de l'intersyndicale, vendredi dernier. « Il faut que [le gouvernement] arrête de n’avoir qu’une approche budgétaire, tranche Jean-Christophe Bayard (CFDT). Le service public, c’est autre chose que ça. »

Sébastien Dubois

https://www.lepopulaire.fr/limoges/social/2018/05/21/operation-escargot-sur-l-a20-des-agents-de-la-dirco-ce-mardi-22-mai-contre-la-possible-mise-en-peage_12855522.html

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Et quand elle dit que le financement de la programmation des infrastructures « devra s'appuyer sur des ressources financières solides et pérennes, en privilégiant, chaque fois que c'est possible, le paiement par l'usager ou par le bénéficiaire final des projets. » a t-elle oublié qu'elle est au service des Français et que les impôts qu'ils payent pour la gestion du pays ne doivent servir qu'à la gestion du pays et non à la finance et aux multinationales ?

La France n'est pas une entreprise, c'est une Nation souveraine qui ne peut être, en aucun cas, privatisée  !!
  S.R.

OUTIL GOPE SILENCE

"Il n'y aura pas de remise en cause" du statut des fonctionnaires (Olivier Dussopt)

Alors que les fonctionnaires étaient appelés mardi à une journée de grève et de manifestations sur les salaires, le secrétaire d'Etat à la Fonction publique, Olivier Dussopt, assure que le gouvernement ne remettra pas en cause le statut des fonctionnaires.

ACT FP MANIF GOUV

Le secrétaire d'Etat à la Fonction publique, Olivier Dussopt, assure lundi dans Libération que le gouvernement ne remettra pas en cause le statut des fonctionnaires, à la veille de la troisième journée de grève depuis le début du quinquennat. "Il y aura des ajustements, une modernisation mais pas de remise en cause", a expliqué Olivier Dussopt.

A l'appel unitaire des syndicats de la fonction publique, les fonctionnaires étaient appelés mardi à une journée de grève et de manifestations sur les salaires, les effectifs et les réformes en cours. Les organisations syndicales dénoncent les orientations du gouvernement, qui constituent selon elles une "attaque" du statut de fonctionnaire: simplification du dialogue social, extension du recours aux contractuels, part accrue de rémunération au mérite et accompagnement des mobilités de carrière, y compris vers le secteur privé.

Un rapport explosif attendu

OUTIL GOPE SILENCE

Les orientations du gouvernement, qui doivent déboucher sur un projet de loi au 1er semestre 2019 et auxquels s'ajoutent les inquiétudes entourant le futur rapport d'experts CAP 22, qui dégagera  des pistes d'économies, ont continué d'attiser la tension qui règne depuis l'arrivée au pouvoir d'Emmanuel Macron. Concernant CAP 22, Olivier Dussopt s'attend à "un certain nombre de propositions, plus ou moins disruptives" mais "ce rapport n'engage pas le gouvernement et une phase de concertation avec les différentes parties prenantes s'ouvrira à la remise de celui-ci".

"Ces dernières années, à chaque fois qu'un gouvernement a initié une réforme de la fonction publique, il l'a fait uniquement avec un prisme budgétaire. Du coup, toute réforme en la matière devient anxiogène. Mais je le répète : nous ne remettrons pas en cause le statut des fonctionnaires", a martelé le ministre.

https://www.latribune.fr/economie/france/il-n-y-aura-pas-de-remise-en-cause-du-statut-des-fonctionnaires-olivier-dussopt-779070.html#xtor=EPR-2-[l-actu-du-jour]-20180521

lundi 21 mai 2018

La stabilité de la zone euro «menacée» : Bruno Le Maire s'inquiète du futur gouvernement italien

Le futur gouvernement italien prévoit un programme anti-austérité et envisage de demander une modification de la règle des 3% de déficit à Bruxelles. Bruno Le Maire met en garde Rome face au non-respect de «ses engagements sur la dette».

ACT LEMAIRE EURO ITALIE

Alors que le nouveau gouvernement italien n'est pas encore entré en fonction officiellement, les premières mesures annoncées par les partenaires de la Ligue et du Mouvement 5 étoiles (M5S) semblent déjà fortement inquiéter les Etats membres de l'Union européenne (UE). Ce 20 mai, le ministre de l'Economie français a été le premier à mettre en garde Rome de manière officielle.

Interrogé sur l'antenne d'Europe 1, Bruno Le Maire a en effet expliqué que «si le nouveau gouvernement prenait le risque de ne pas respecter ses engagements sur la dette, le déficit, mais aussi l'assainissement des banques, c'est toute la stabilité financière de la zone euro qui serait menacée». 

Ces propos témoignent de la fébrilité de l'UE face au futur gouvernement italien, qui fait bel et bien figure de cauchemar pour Bruxelles. Parmi les points sur lesquels le M5S et la Ligue, formations politiques eurosceptiques, sont parvenus à s'accorder : l'exigence de ne plus inclure les dépenses d'investissement dans le calcul du déficit des Etats (limité à 3% par Bruxelles).

GRILLO VA FANC

En outre, à rebours des politiques mises en place par les gouvernements italiens précédents et à contre-courant de la doctrine économique préconisée par Bruxelles, la Ligue et le Mouvement 5 étoiles se sont entendus sur des mesures anti-austérité assez ambitieuses. Le programme de gouvernement inclut ainsi la promesse d'un revenu minimum de 780 euros par personne et par mois, promesse de campagne du M5S, ou encore un abaissement de l'âge de départ à la retraite.

Il n'y a pas que sur le plan économique que le futur gouvernement italien s'attire la méfiance de Bruxelles. Dans l'accord de coalition rédigé par les deux partis antisystèmes figure la demande de levée des sanctions européennes contre la Russie, ou encore une politique migratoire beaucoup plus stricte que celle requise par Bruxelles.

https://francais.rt.com/international/50831-stabilite-zone-euro-menacee-bruno-le-maire-inquiete-futur-gouvernement-italien

OUTIL FREXIT URGENT

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Baisse des aides sociales : l'Etat lance-t-il une nouvelle offensive contre les plus démunis ?

Le rapport de la direction du budget, intitulé «transformer les prestations sociales», est une bombe politique. Le Monde a pu se procurer un document qui prévoit de nouvelles coupes dans les prestations sociales aux dépens des plus fragiles.

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Après la révélation par Le Parisien de l'avant-projet de loi sur la réforme du code du travail en juin 2017, la divulgation du rapport Spinetta en février 2018 pour une réforme drastique du ferroviaire, la publication en mai de la note interne pour privatiser la SNCF ou encore la fuite en janvier du projet de loi sur les fake news, le gouvernement cherche-t-il encore à tester l'opinion publique avant de lancer une nouvelle réforme explosive ? 

Ce 18 mai, Le Monde assure avoir en sa possession le document qui prépare un plan de réduction des dépenses dans les aides sociales. La direction du budget a ainsi délivré plusieurs pistes pour «transformer les prestations sociales». Si l'entourage du ministre du Budget Gérald Darmanin, contacté par le quotidien, atteste qu'il ne s'agit que de «travaux techniques», difficile de ne pas y voir un premier jet pour un futur projet politique de réduction des dépenses publiques. Depuis juin 2017, le gouvernement s'est effectivement lancé dans une vaste entreprise de réduction de ces dépenses, de l'ordre de 80 milliards d'euros d'ici 2022.

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Un défi de taille, puisque l'Etat a, par la même occasion, renoncé à plusieurs milliards d'euros de rentrées fiscales après ses mesures, décrites par l'opposition, «pour les riches» : par exemple, la transformation de l'impôt sur la fortune (ISF) entraîne une baisse de recettes pour l'Etat de près 4 milliards d'euros ; le coup de rabot sur l'imposition du capital produit un manque à gagner, de 1,5 milliard d'euros selon le gouvernement à 4 milliards d'euros selon l'OFCE ; la suppression de l'exit tax induit quant à elle un manque à gagner de près de 800 millions d'euros, selon un rapport du Conseil des prélèvements obligatoire daté de janvier 2018.

La facture pour les pauvres, démunis et handicapés ?

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L'Etat doit donc s'attaquer aux aides qu'il distribue s'il veut au moins compenser les «cadeaux fiscaux», «aux plus aisés», «aux plus riches», pour reprendre les termes des opposants à la politique «macronienne». Parmi les coupes économiques dans les aides sociales, l'Aide personnalisée au logement (APL) est, une fois encore, dans le collimateur des mandarins du budget. Ils proposent cette fois-ci d'intégrer les minima sociaux et les prestations familiales dans les ressources servant de base à leur calcul «à compter de 2020».

En outre, les bourses sur critères sociaux (BCS), accordées aux étudiants «issus de foyers modestes» seraient revues, gelées dans certains cas. Par ailleurs, l'allocation personnalisée pour l'autonomie (APA), pour les personnes âgées en difficulté physique, est jugée «trop diluée et insuffisamment redistributive», d'autant plus «dans un contexte de vieillissement démographique». Enfin, pour l'allocation adultes handicapés (AAH), il est proposé de «maîtriser les flux d’entrée en [révisant] les critères d’attribution». Sur toutes ces aides, la note conseille de mieux cibler, c'est-à-dire, en filigrane, de réserver les aides aux plus démunis, privant d'autres populations des aides auxquelles elles avaient jusqu'à présent droit. En effet, la direction du budget estime que les aides sociales constituent «un poids croissant» pour les finances publiques, de l'ordre de 26% des dépenses.

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Invité de RT France, Guillaume Duval, rédacteur en chef d'Alternatives Economiques, estime que «le plus simple [pour Emmanuel Macron] c'est effectivement de couper dans les aides sociales et les dépenses sociales dans la mesure où beaucoup d'efforts ont déjà été faits en termes d'austérité», en prenant l'exemple du gel, depuis plusieurs années, du salaire des fonctionnaires. Il juge d'ailleurs que «cela risque d'assez mal se passer pour les pauvres et les laissés-pour-compte de notre société» en comparant la politique «macronienne» à «la logique anglo-saxonne».

Après la hausse de la CSG pour les retraités et les fonctionnaires, la hausse des tarifs sur l'énergie (gaz et électricité) et l'essence, la baisse des APL, la promesse de durcir les sanctions à Pôle emploi et le renforcement des contrôles sur les chômeurs, l'étiquette «Emmanuel Macron, président des riches» ne risque-t-elle pas de coller à la peau de son quinquennat ?

https://francais.rt.com/france/50824-baisse-des-aides-sociales-le-gouvernement-lance-une-nouvelle-offensive-contre-les-plus-demunis

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Comme d'habitude, l'étiquette "président des riches", reprise par les médias et une certaine "opposition" est bien commode pour éviter de pointer du doigt les vrais commanditaires...   P.G.

OUTIL CHUT 3

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vendredi 18 mai 2018

Recours massif aux contractuels dans la fonction publique : le projet radical des "experts" du gouvernement

Chargé par l'exécutif de rendre un rapport sur la réforme de l'Etat, le Comité action publique 2022 s'apprête à rendre au gouvernement un projet qui devrait provoquer la fureur des syndicats de fonctionnaires : au programme, généralisation du recours aux contractuels, et une grande "rationalisation" des prestations sociales...

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Déjà considérablement dégradées, les relations entre le gouvernement et les syndicats de la fonction publique pourraient encore s'effilocher dans les prochaines semaines. En octobre dernier, le gouvernement a chargé un groupe de 34 personnalités d'imaginer la future réforme de l'Etat, des collectivités locales et de la sécurité sociale. Nom du collectif : le Comité action publique 2022 (Cap22). L'exécutif a fixé trois objectifs à ces "experts" : "passer d'une culture de contrôle à une culture de confiance" dans les services publics, "offrir un environnement de travail modernisé" aux fonctionnaires, et, bien sûr, "accompagner la baisse des dépenses publiques". Le tout avec la remise d'un rapport fin mai ou début juin - les premières pistes étant présentées dès ce mercredi 16 mai lors d'une réunion à Matignon.

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Libération a obtenu des premières informations sur le contenu dudit rapport. Et elles ne vont pas rassurer les fonctionnaires anxieux de savoir à quelle sauce ils vont être mangés : la mesure phare prônée par les "experts" consiste à généraliser le recours à des contractuels dans la fonction publique, c'est-à-dire à cesser tout bonnement d'embaucher des personnes bénéficiant du statut de fonctionnaire. Concrètement, cela signifie, comme l'imagine Libé, "des profs avec un CDD de cinq ans, des policiers embauchés pour seulement dix ans, des agents territoriaux en contrats de deux ou trois ans renouvelables"... Le quotidien de gauche qualifie cette piste d'"authentique casus belli" pour les syndicats de fonctionnaires, inquiets d'une remise en cause du statut de la fonction publique.

Ballon d'essai ?

Fin 2016, 16,5% des agents de la fonction publique étaient des contractuels, soit 940.200 personnes, principalement employées dans le secteur de l'école et de la santé. Lorsque le gouvernement a présenté ses premières pistes de réforme, en février dernier, il était alors question d'étendre le recours aux contractuels, une orientation que Gérald Darmanin et Olivier Dussopt, chargés de la réforme, ont confirmé cette semaine. Mais il ne s'agissait pas de "généraliser" cette pratique... Une mesure tellement radicale que Libé estime probable qu'elle sera écartée par le gouvernement "pour mieux promouvoir une simple 'extension' du recours au contrat". Ce procédé - lancer des pistes extrêmes pour faire accepter des réformes finalement perçues comme plus douces - est récurrent pour le gouvernement, qui l'a par exemple mis en œuvre s'agissant de la réforme de la SNCF ou de la révision constitutionnelle.

OUTIL FL EUROREGIONS

D'autres projets, également de nature à hérisser le poil des syndicats, sont présents dans le futur rapport du Cap22. Ainsi, de nouveaux transferts de compétences de l'Etat vers les collectivités locales sont évoqués. Tout comme "une grande révision des prestations sociales", qui d'après Les Echos consisterait en une "simplification et rationalisation" du système. Ce qui, généralement, ne rime pas vraiment avec "revalorisation". Les syndicats de fonctionnaires, déjà très remontés contre le gel du point d'indice et la hausse de la CSG (qui a pour eux un impact plus négatif que pour les salariés du privé), appellent déjà à manifester le 22 mai. D'ici là, le rapport sera peut-être sorti...

Par Hadrien Mathoux

https://www.marianne.net/politique/recours-massif-aux-contractuels-dans-la-fonction-publique-le-projet-radical-des-experts-du?_ope=eyJndWlkIjoiYWMyOWU1Y2FmYjA3MWM5ODc0NzFmNzZlMmM0NTQwMTgifQ==

 

jeudi 17 mai 2018

319 collectivités sommées de limiter à 1,2 % l’évolution de leurs dépenses de fonctionnement

Six présidents de conseils départementaux de Nouvelle-Aquitaine s’élèvent contre « la méthode » et « un contrat qui n’en est pas un ».

ACT ELUS COLLECTIVITES

Réunis à Bordeaux le 2 mai autour du président du conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, Alain Rousset (PS), les présidents de six départements de la nouvelle région (cinq de gauche et un de droite, la Charente) ne ménagent pas leurs critiques au sujet du "pacte de confiance" imaginé par le Gouvernement pour contenir l'évolution des dépenses de fonctionnement des 319 principales collectivités françaises, dont 29 en Nouvelle-Aquitaine : « En l'état, le projet du Gouvernement n'est tout simplement pas acceptable » estiment les présidents des départements de la Charente, de la Dordogne, de la Gironde, des Landes, du Lot-et-Garonne et de la Haute-Vienne.

MONTAGE REFORMES TERRITORIALES

« Ce sont les collectivités locales qui servent de variable d'ajustement pour permettre au Gouvernement de respecter l'objectif européen de déficit public » poursuivent-ils dans un communiqué commun daté du 3 mai. Pour eux, « ce contrat n'en est pas un car il ne constitue pas un accord entre deux parties, mais un cadrage financier imposé par Bercy, au mépris de quarante ans de décentralisation ininterrompue. »

Le "pacte de confiance" présenté par le Gouvernement en septembre dernier prévoit une limitation de l'évolution des dépenses de fonctionnement des collectivités concernées (régions, départements, villes de plus de 50.000 habitants, agglomérations) à +1,2 % par an, « alors, précise le communiqué, que l'État prévoit de son côté une hausse de ses dépenses de fonctionnement de 2,5 % ».

La-démocratie-et-la-liberté-dexpression-en-France-au-quotidien

Les six présidents signataires s'accordent sur « le principe d'une contribution des collectivités territoriales à l'effort de la Nation », mais rappellent que lesdites collectivités ont « déjà réalisé 90 % des 11 milliards d'euros d'économies exigées sur la période 2012-2017 par l'État qui ne réalisait pour sa part que 24 % des économies auxquelles il s'était engagé. »

Le président du conseil départemental de la Haute-Vienne, Jean-Claude Leblois (PS), ne décolère pas : « Que l'État nous donne déjà ce qu'il nous doit sur les allocations individuelles de solidarité (RSA, PCH, APA). Car nous, dans les départements, on n'a pas le choix et on doit même intégrer dans nos budgets des charges de fonctionnement supplémentaires imputables à des décisions de l'État. Quand il supprime les emplois aidés, il crée des allocataires du RSA, donc des dépenses supplémentaires pour les collectivités. Idem pour les mineurs non accompagnés dont nous avons la charge financière et qui sont de plus en plus nombreux. Là-dessus, comme sur les frais de fonctionnement des services de secours et d'incendie, on ne peut pas mégoter, non ? » s'indigne l'élu.

En conséquence, le président du conseil départemental de la Haute-Vienne l'affirme, il ne signera pas le "pacte de confiance" ainsi que sont appelées à le faire, avant le 30 juin, les 319 collectivités concernées, dont 29 en Nouvelle-Aquitaine : « Seul Alain Juppé, pour la ville et l'Agglo de Bordeaux, a annoncé qu'il signera ce pacte et la ville de Pau, dirigée par François Bayrou, dit y réfléchir », fait remarquer Jean-Claude Leblois, qui n'ignore pas que ce sont deux solides alliés du président de la République. Les conséquences si l'évolution des dépenses de fonctionnement dépasse 1,2 % en 2018 ? Une baisse annoncée des dotations de l'État et, par ricochet, des subventions aux associations, des aides aux communes et une limitation des frais de personnel : « Ce sont les seuls leviers que l'on peut encore actionner » fait remarquer Jean-Claude Leblois, entre fatalisme et agacement.

Marcel Oudot

https://www.lepopulaire.fr/limoges/politique/2018/05/11/319-collectivites-sommees-de-limiter-a-1-2-levolution-de-leurs-depenses-de-fonctionnement_12843639.html

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Quand tous ces élus qui protestent contre les mesures imposées par l'UE auront compris qu'un seul parti a la réponse à leurs problèmes,, la France pourra se permettre de reprendre son avenir en main !

Car, ils protestent, ils râlent, mais ne veulent pas couper les chaînes qui les emprisonnent !  S.R

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NON À LA PASTEURISATION DU CAMEMBERT DE NORMANDIE D’APPELLATION D’ORIGINE !

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Le plus populaire des fromages tricolores, le camembert, né dans les limbes de la Révolution française au cœur du bocage normand, va basculer dans la pasteurisation. Autant dire qu’il va perdre son caractère et sa typicité, pour devenir une vulgaire pâte molle sans goût. Ce n’est plus du camembert !

Honte, scandale, imposture… les mots ne sont pas assez forts pour dénoncer la forfaiture dont la France, créatrice du système des appellations d’origine qu’elle brandit partout en modèle, sera accusée d’avoir commis si les Français ne protestent pas. Au nom de la loi économique, fallait-il sacrifier le vrai camembert qui doit sa singularité au lait cru (non chauffé) et au moulage à la louche, seuls aptes à développer une intensité et une complexité aromatiques et à restituer le terroir normand ? Cela ressemble à un mauvais rêve qui se répète. Mais cette fois-ci, on se réveille avec la gueule de bois.

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Le 21 février dernier, sous l’égide de l’Institut national de l’origine et de la qualité (Inao), les poids lourds du secteur ont remporté le morceau. Un accord entre tous les fabricants a ouvert la voie à la pasteurisation et plus seulement au lait cru, dans un cahier des charges de l’appellation d’origine protégée (AOP) « Camembert de Normandie ».

Notre symbole national si populaire, le « véritable camembert de Normandie » sera un produit de luxe, réservé aux initiés, tandis que la masse des consommateurs devra se contenter d’un ersatz fabriqué selon les méthodes industrielles. Pour les uns, le lait cru, moulé à la louche, aux arômes complexes. Pour les autres, un plâtre pasteurisé mais pouvant néanmoins se réclamer d’une appellation d’origine protégée (AOP) Camembert de Normandie. Voilà ce que les « sages » de l’Inao appellent un bon accord !

À quoi sert l’Inao ?

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Il est en principe chargé d’être le garant des usages « ancestraux, loyaux et constants, », ces valeurs sont les piliers des signes de qualité. Le lait cru vivant et savoureux est de toute évidence un marqueur de ce patrimoine fromager à préserver. Or, sous couvert de protéger une zone géographique « Normandie », le compromis rédigé au burin techno-bureaucratique consacre deux versions de camembert. L’une respecte la tradition et le palais du consommateur ; l’autre, de piètre qualité gustative, a pour vertu essentielle d’être adaptée au modèle économique mortifère de la grande distribution, autant dire 9 camemberts sur 10 (60 000 tonnes contre 5 400 tonnes). L’original sera englouti dans un océan de médiocrité.

À quoi sert l’Inao si un signe de qualité cautionne l’original et sa copie ?

Tous les fromages d’appellation qui ont choisi la voie de la pasteurisation, ont dégradé la qualité tout en ne réglant rien à la question de la rémunération des producteurs laitiers. Seuls les grands groupes y ont prospéré. Certaines AOP ne comptent presque plus de fabrications artisanales. La cohabitation lait cru – lait pasteurisé, pratiquée dans plus de 50 % des AOP nationales – pont-l’évêque, neufchâtel, livarot, ossau-iraty, cantal, fourmes d’Ambert et de Montbrison, bleu d’Auvergne, époisses, maroilles, munster... Le bleu des Causses AOP ne compte plus aucun fermier. Demain, ce sera le brie de Meaux, l’autre pâte molle, qui pasteurisera sans états d’âme ! Puis le reblochon…

La France, reconnue comme le pays du fromage, serait-elle à contre-courant ? Le fromage au lait cru se développe partout, même aux États-Unis !

Si les géants industriels veulent bénéficier de l’image de l’appellation d’origine, qu’ils se mettent à faire de la qualité en fabriquant exclusivement au lait cru, l’incomparable exception française.

Nous réclamons le droit au bien-manger pour tous dans la République française.

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Le Véritable camembert au lait cru ne doit pas être réservé à une certaine catégorie de consommateurs, mais un produit fier de ses origines populaires et rustiques. Durant toute la Première Guerre mondiale, il nourrissait les soldats dans les tranchées, il était fabriqué dans toutes les régions de France, il trônait sur les tables paysannes et embaumait les cuisines. Les étiquettes en témoignent. Vouloir en faire un produit de luxe est une injustice et une insulte à l’histoire.

https://www.change.org/p/c-est-le-camembert-de-normandie-au-lait-cru-aop-que-l-on-assassine

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lundi 14 mai 2018

« Pas d’économies sur l’hôpital » selon Macron, mais 960 millions en moins selon Buzyn…

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Malgré la promesse d’Emmanuel Macron de ne pas réaliser d’économies sur le budget de l’hôpital pendant son quinquennat, une circulaire émanant du ministère de la Santé annonce au contraire une économie de 960 millions d’euros… Qu’en est-il ?

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Emmanuel Macron l’avait dit les yeux dans les yeux aux journalistes sur le plateau de BFMTV le 15 avril : « Il n’y aura pas d’économies sur l’hôpital dans ce quinquennat, je vous rassure. » Problème : selon une circulaire émanant des services de la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, une économie substantielle a bien été prévue dans le budget hospitalier. Celle-ci est même chiffrée à 960 millions d’euros.

Figurant en annexe de cette circulaire épaisse de 70 pages datée du mois d’avril, on la retrouve sous l’appellation… « Économies ». Il est précisé à ce titre : « 960 millions d’euros pèseront directement sur les établissements de santé en 2018.»

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Interrogés par RT France en novembre 2017, les membres du syndicat Sud-Santé sonnaient déjà l’alerte quant au budget annoncé dans le domaine de la santé hospitalière : « Agnès Buzyn n’a de toute façon pas le poids politique nécessaire pour défendre ses budgets et elle s’écrase devant les régaliens. Quoi qu’elle ait prévu, elle va devenir une communicante qui devra faire avaler des couleuvres à ses interlocuteurs sociaux. La preuve, elle a récemment fait de grandes déclarations, mais elle nous a pondu un budget catastrophique. »

 


 

« C’est comme si on nous demandait de supprimer 15 000 emplois »

 


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Pour Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France (FHF), interrogé par France info, cette annonce est inacceptable : « 960 millions d’euros d’économies, c’est comme si on nous demandait de supprimer 15 000 emplois, et je ne crois pas qu’il y ait des emplois en trop à l’hôpital. »

Comment cette économie sera-t-elle réalisée ? Tout simplement grâce à une moindre augmentation du budget des hôpitaux en 2018. Il devait progresser de 4% selon les premières prévisions de dépenses : il n’augmentera que de 2%.

Pas sûr que cette démarche convainque du côté des professionnels de santé qui dénoncent régulièrement le cruel manque de moyens dont souffre leur institution, à l’instar du syndicat Sud-Santé qui, au bilan 2017 de Martin Hirsch, le directeur général de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris, oppose le nombre de suicides professionnels dans son secteur : « Neuf suicides entre septembre 2016 et septembre 2017 à l’AH-HP. C’est sans compter les tentatives qu’on ignore, les burn-outs, les arrêts de travail… Ils n’entrent pas dans les statistiques, ceux-là. »

Source :

https://francais.rt.com/france/48965-hopitaux-patrick-pelloux-alerte-gouvernement-etat-services-durgence-entretien

https://francais.rt.com/france/50330-pas-deconomies-sur-hopital-selon-macron-mais-960-millions-moins-selon-buzyn-paradoxe

https://www.challenges.fr/economie/malgre-les-promesses-d-emmanuel-macron-l-hopital-fera-bien-pres-d-un-millard-d-economies-en-2018_584177

https://aphadolie.com/2018/05/09/pas-deconomies-sur-lhopital-selon-macron-mais-960-millions-en-moins-selon-buzyn-paradoxe/

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