mardi 13 février 2018

AUTOROUTES : STOP au racket … NATIONALISATION

Le 1er février avec l’accord du régime Macron, les tarifs des péages sur privatisées ont augmenté de 0,87% à 2,04%. Une hausse encore plus forte que celle qui avait déjà eu lieu en 2017.

ACT AUTOROUTES PCF

Faut il rappeler que les autoroutes, patrimoine commun de la nation ont été bradées par le premier ministre De Villepin pour une bouchée de pain et que depuis les multinationales du BTP Vinci, Eiffage, Bouygues et compagnie se gavent en faisant payer toujours plus les usagers ?

Pire, Macron va augmenter le cadeau : en renouvellant encore pour de nombreuses années les concessions. En Effet, en avril 2015, Macron ministre de l’Economie de F Hollande a signé un accord secret avec les sociétés d’autoroutes – dénoncé par les députés PCF sous contrainte du Tribunal administratif – qui prévoit une clause d’allongement de la durée de concession pour compenser le gel des tarifs en 2015, et des hausses de tarifs additionnelles chaque année de 2019 à 2023. Merci qui  ? Merci Macron !

La conséquences de cette privatisation et de ce cadeau fait par Macron aux milliardaires, c’est l’explosion des bénéfices et dividendes des multinationales qui profitent de la rente : les actionnaires captent ainsi plus de 1,5 milliards de bénéfices qui si les autoroutes n’avaient pas été privatisées rentreraient dans les caisses de l’Etat. De quoi embaucher les personnels soignants qui manquent tant dans les maisons de retraites ! Depuis 2007, les dividendes versés aux actionnaires ont été multipliés par dix.

Même l’autorité gouvernementale en charge du contrôle des concessions autoroutières alerte contre les augmentations injustes et injustifiées de tarifs : “les augmentations des tarifs de péages prévues excèdent le juste niveau qu’il serait légitime de faire supporter aux usagers ", estimant que « le niveau de rémunération des sociétés concessionnaires devrait être plus conforme aux risques supportés ».

Dans ce contexte, les députés communistes du groupe PCF vont redéposer une proposition de loi sur la nationalisation des autoroutes.

A l’inverse, le régime Macron prévoit lui de réunir ce qui reste des nationales dans une agence, qui sera sans aucun doute vendues et privatisée à la découpe. De quoi satisfaire aux directives de Bruxelles qui veut toujours plus de privatisation, et ainsi aux appétits de cette toute petite oligarchie qui détient l’essentiel du pays et de qui Macron est le zélé serviteur.

Jbc pour www.initiative-communiste.fr

https://www.initiative-communiste.fr/articles/luttes/autoroutes-stop-racket-nationalisation/?ct=t(RSS_EMAIL_CAMPAIGN)

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La (re-)nationalisation des autoroutes fait partie du programme de l'UPR. Cependant, contrairement au PCF, nous ne soutenons pas la "construction européenne". Dans ce contexte, l'initiative du PCF est visiblement une manoeuvre politicienne destinée à rassurer son électorat.  P.G.

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samedi 16 décembre 2017

Jean-Luc Mélenchon : « Je suis un indépendantiste français »

INTERVIEW - (...) Jean-Luc Mélenchon tire la sonnette d'alarme et appelle à faire sauter les « verrous » sur l'harmonisation sociale, l'harmonisation fiscale et le changement de statut de la Banque centrale européenne. « Ma ligne, ce n'est pas le Frexit », plaide-t-il, comparant son « plan B » à la « dissuasion nucléaire ».

ACT MELUCH UE


Vous avez accru vos attaques contre l'Union européenne depuis quelques semaines. Comment qualifieriez-vous votre positionnement désormais sur l'Europe : souverainiste, eurosceptique voire europhobe ?

Le mot « souverainisme » nous aurait convenu s'il n'avait pas été utilisé dans un sens nationaliste qui ne convient pas à notre façon de voir. Si je suis souverainiste, c'est au sens de la souveraineté du peuple. Je suis plutôt un indépendantiste français.

La France ne serait donc pas indépendante ?

Non en effet. Proposer de le redevenir c'est dire qui commande. Si les transferts de souveraineté que nous avons opérés vers les instances européennes avaient été confiés à un Parlement européen ayant un réel pouvoir de décision, mon point de vue serait peut-être différent. Mais celui-ci n'est pas un vrai Parlement : 70 % de ses délibérations n'ont aucun effet concret. Dans les années 1990, je militais pour un vrai fédéralisme. J'appelais à une constituante européenne. Mais j'ai réalisé, en 2005 [lors du référendum sur la constitution européenne, NDLR], que cette voie était impossible.

A présent nous voici plus proche du modèle du saint empire romain germanique que de la marche vers la République universelle à laquelle je rêvais. De plus, la France roule à contresens. En quoi serions-nous plus proches des pays baltes que nous ne le sommes des pays francophones de la Méditerranée comme l'Algérie, le Maroc ou la Tunisie ?

Vous avez rejeté l'idée que la France puisse être contributeur net au budget européen en citant Margaret Thatcher (« I want my money back »). Les conservateurs britanniques deviendraient-ils un modèle pour vous ?

Dans l'art de faire payer les autres ils ont à nous apprendre ! Nous sommes l'un des derniers pays en procédure de déficit excessif, et dans le même temps nous versons 20 milliards au budget européen pour n'en récupérer que 14 milliards. 6 milliards de dons ! Cela s'appelle une dépense somptuaire. Payer des routes aux Roumains et des aéroports aux pays baltes, c'est utile, mais ce n'est pas dans nos moyens actuels. Dans les années où nous sommes en déficit excessif, nous devrions avoir le droit de garder nos 6 milliards.

Votre position est contradictoire : vous voulez une Europe plus solidaire et vous critiquez le budget européen, l'un des principaux outils de l'Europe en matière de solidarité...

Vous confondez solidarité et annexion. La vraie solidarité, c'est celle qui prendrait des mesures pour rompre le dumping social et fiscal dont l'Europe est en train de mourir. Car voila par où sont montés les nationalismes les plus obscurs en Hongrie, Slovaquie, en Autriche ou en Pologne. Mais qu'on ne caricature pas ma position : ma ligne, ce n'est pas le « Frexit ». Je crois à la puissance française. En Europe ses intérêts fondamentaux doivent être protégés. Faire l'Europe ? Oui si c'est sans défaire la France !

Mais le budget européen a aussi servi à lutter contre le dumping social, en accélérant le développement et le niveau de vie de pays comme l'Espagne après son entrée dans l'UE en 1986...

Vous trouvez que l'Espagne va mieux qu'il y a 30 ans ? 500.000 personnes l'ont quittée en quatre ans. Bruxelles trouve son niveau de vie excessif et lui a imposé des plans d'austérité liquidant des pans entiers de l'Etat jusqu'au point où, aujourd'hui, la Nation même finit par ne plus avoir de sens pour une partie de la population qui veut l'indépendance. L'Espagne va très mal. Pourtant elle était réputée naguère être le bon élève avec son modèle de développement par la dette et la bulle immobilière.

Votre « Plan A » de réforme de l'Europe comporte une longue liste de revendications. Là-dedans, quelles sont vos priorités ?

Il faut sortir des Traités, notamment des deux derniers budgétaires qui sont les pires, et passer à autre chose. Cette autre chose n'a rien de mystérieux : en économie, c'est une politique keynésienne. Si ce que je disais était aussi extravagant, comment comprenez-vous que les banquiers centraux aient fait tourner la planche à billets comme nous le préconisions ? Mario Draghi, qui n'est pas un mélenchoniste, a  offert 80 milliards tous les mois aux banques sans contrepartie. A la fin, un maigre ruissellement s'est opéré et on a vu la courbe déflationniste s'inverser. Mais ça ne suffit pas. Et pendant ce temps le système financier mondial est voué à l'explosion de nouvelles bulles. Le danger est partout. La vraie réponse passe par la fin de trois verrous : l'harmonisation sociale, l'harmonisation fiscale et le changement de statut de la BCE pour que celle-ci puisse prêter aux Etats.

Emmanuel Macron dit travailler à l'harmonisation sociale et met en avant la réforme des travailleurs détachés...

C'est de la blague : il n'y a eu aucune amélioration. On a réduit le temps d'utilisation du recours aux travailleurs détachés, mais on n'a rien touché au principe scandaleux du paiement de la cotisation dans le pays d'origine. On doit payer ses cotisations dans le pays d'accueil.

Pour faire bouger l'Europe, il faut des partenaires. Où les trouvez-vous ?

Nous les trouverons si nous savons ce que nous voulons. Et si nous décidons, déjà, de parler des problèmes essentiels. Il faut une conférence pour sécuriser les frontières. Et une autre sur la dette, qui doit devenir un sujet politique en Europe. Personne ne la payera, tout le monde le sait. Et on connaît les moyens qu'on peut utiliser. Cela passera par le rachat de la dette publique par la BCE. Au maximum, cela produira 5 à 6 points d'inflation ! Et alors ? Le vrai problème c'est la dette privée, elle aussi insolvable. Il faut sécuriser cette dette, empêcher les défaillances par la relance de l'activité des débiteurs.

Mais durant votre campagne, vous préconisiez aussi pour la dette française une solution plus radicale de « restructuration » de la dette illégitime...

Mon but, c'est de geler la dette. Si la banque centrale rachète les dettes des Etats, le problème est réglé. Elle peut en faire ce qu'elle veut ; il y a mille solutions techniques. Sinon, ce sera la pagaille et l'effondrement.

Comment changer les traités si les autres ne veulent pas ?

C'est comme pour la dissuasion nucléaire : le principe même fait que vous n'avez pas besoin d'alliés. Moi j'ai un bouton qui s'appelle « plan B ». Si - comme Emmanuel Macron - vous n'avez pas de dissuasion, vous n'avez pas de plan A qui tienne. La menace ne vaut que si elle existe. Avec moi, elle existe.

La sortie de l'Union est donc bien une option...

Je ne pars pas battu. Bon sang ! Tout ne dépend pas de la volonté des autres ! Voyez : Emmanuel Macron annonce l'interdiction du glyphosate dans trois ans malgré la décision européenne, il me donne raison. Mais il est sur le tapis roulant qui mène au plan B sans savoir comment le gérer. La France doit redevenir acteur et pas simplement être un « bon élève » de la volonté des autres. On ne peut pas faire l'Europe sans la France. J'adjure qu'on le comprenne : notre nation, sous toutes ses formes, est en danger. Si on ne réagit pas, l'Europe explosera ! La France, comme l'Allemagne, n'ont aucun intérêt à ce chaos.

Pourquoi Angela Merkel céderait-elle à votre menace ? Même l'ex-ministre des Finances grec Yanis Varoufakis, qui ne vous soutient plus, pense le contraire.

Monsieur Varoufakis vient d'un pays qui pèse 2 % de l'économie européenne. Sa vision de l'Union européenne est faussée par un rapport de forces qu'il a été incapable de construire. L'Europe ne pourrait donc qu'être allemande ? Moi je fais le pari qu'elle bougera. Parce que nous sommes à l'endroit qui met en péril sa priorité absolue. La rationalité du comportement du gouvernement allemand CDU-CSU, c'est la politique de la rente. Et dans une politique de rente, on ne se paye pas un conflit avec son principal voisin et client.

Le scepticisme ne vient pas simplement de l'Allemagne, mais du fait qu'on ne voit pas qui pourrait soutenir votre projet...

Il y a beaucoup de travail, en effet. Mais la politique est un art de réalisation et nous convaincrons. Ce que n'a pas su faire [le Premier ministre grec] Tsipras. Ce ne serait pas la première fois qu'en France, on réussit de grands tournants. Ce qu'a accompli le général de Gaulle après 1958 n'a pas été une mince affaire. La volonté ouvre des chemins à jamais inconnus des résignés.

Vos emportements, vos attaques contre les journalistes, votre style qui vous vaut d'être taxé de populisme n'entame-t-il pas aussi votre crédibilité ?

Il me rend crédible auprès de ceux dont j'ai besoin pour construire  un rapport de force . Si l'histoire n'était qu'un choc de raisonnements contradictoires, on vivrait dans un colloque savant. Non, c'est un choc d'intérêts. Ce que je propose heurte des intérêts très puissants. Après, il y a sans doute dans cette « théâtralité » un côté qui tient au Méditerranéen que je suis. Si j'étais président, je m'exprimerais sans doute différemment ; là, je suis le tribun du peuple - j'en suis fier. Car les barrières sont dans les têtes : on répète du matin au soir aux Français, notamment à ceux qui souffrent, qu'on ne peut pas faire autrement. Il y a un énorme effort à faire pour rompre le cercle de l'évidence médiatique.

Cela pourrait-il vous conduire à travailler, sur les questions européennes, avec des gens de l'autre rive ?

La ligne politique et mes objectifs n'ont rien à voir avec ceux du FN ou des nationalistes. Mais tous ces gens rament pour moi d'une certaine manière, en contribuant à la construction d'un champ culturel où nos mots d'ordre - l'Europe ne protège pas les Français mais les menace - sont en train de devenir dominants. Il faut capitaliser positivement cette colère qui peut être dangereuse.

Ne redoutez-vous pas que Laurent Wauquiez endosse, désormais, le costume de premier opposant ?

Au contraire, je m'en réjouirais car cela diviserait le socle électoral actuel de Macron.

https://www.lesechos.fr/politique-societe/politique/0301004330722-jean-luc-melenchon-je-suis-un-independantiste-francais-2137436.php#4rdt0kG4su0IgwxA.99

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"Si les transferts de souveraineté que nous avons opérés vers les instances européennes avaient été confiés à un Parlement européen ayant un réel pouvoir de décision, mon point de vue serait peut-être différent": traduire, la soumission de la France ne pose pas de poblème en soi, c'est une question de modalités "démocratiques"...JLM n'est pas un "indépendantiste français", c'est un fédéraliste européen...quoiqu'il en dise!
"la France roule à contresens. En quoi serions-nous plus proches des pays baltes que nous ne le sommes des pays francophones de la Méditerranée comme l'Algérie, le Maroc ou la Tunisie ?":[reprise d'un argument de l'UPR]  dans ce cas, pourquoi avoir milité pour un fédéralisme européen dans les années 90 comme il le reconnaît lui- même, et pourquoi regretter que le parlement européen actuel  ne soit pas décisionnel?
"Dans les années où nous sommes en déficit excessif, nous devrions avoir le droit de garder nos 6 milliards": comment compte-t-il faire fonctionner l'UE, lui qui veut une harmonisation sociale et fiscale en Europe?
"Faire l'Europe ? Oui si c'est sans défaire la France !": une autre version du "en même temps" macronien!
Conclusion: comme d'habitude, enfumage, contradictions, démagogie, théâtralité... 
A l'ancienne formule du PS, "l'Europe sociale passe par le oui" lors de la campagne de 2005, l'arme de dissuasion de Mélanchon, c'est "l'Europe sociale passe par le non", de quoi faire trembler l'oligarchie euro- atlantiste! Hollande, sors de ce corps!      P.G.

europe-sociale-francois-hollande

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mardi 10 octobre 2017

Ruffin rassure Bourdin sur la sortie de l'UE !

"Ça veut pas dire qu'on sort de l'union Européenne, hein, quand on enlève un symbole !". Merci M. Monsieur Ruffin pour ce petit rappel en effet très cohérent avec la ligne incohérente des Insoumis

VID RUFFIN BOURDIN

Ruffin rassure Bourdin sur la sortie de l'UE !

Ajoutée le 7 oct. 2017
https://www.youtube.com/watch?sns=fb&v=IxOoR7syGYc&app=desktop

 

meluch 4

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vendredi 6 octobre 2017

Théoriciens de la destruction des Etats- Nations (2)

Deuxième partie de notre exploration des précurseurs, théoriciens de la destruction des Etats- Nations

ARG DESTRUCTION NATIONSNorthcote Parkinson et Freddy Heineken

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Cyril Northcote Parkinson (1909-1993).

Par la suite, un autre haut fonctionnaire de l’empire britannique, l’historien de la marine anglaise Cyril Northcote Parkinson (1909-1993), reprendra à son compte la thèse de Kohr. Si ce dernier voyait d’un bon œil la multiplication des administrations permettant à plein de gens de se penser importants, Parkinson y voyait le contraire, affirmant que les grands états créent d’énormes bureaucraties (sa « loi de Parkinson ») à l’opposé de petites entités sous la coupe de monarques qui eux savent gérer avec peu de personnel.

(...)

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Le magnat néerlandais de la bière Freddy Heineken (1923-2002).

Ensuite, à un moment donné, le parcours de Parkinson a croisé celui du roi de la pub hollandais, le magnat de la bière Freddy Heineken (1923-2002), selon certains en bons termes avec François Mitterrand. Heineken raconte dans une lettre qu’après sa rencontre avec Cyril Northcote Parkinson, il décide d’engager une équipe de géographes hollandais pour redessiner la carte de l’Europe suivant les critères défendus par ce génie.

Quelques semaines après la signature des accords de Maastricht, Heineken publia d’ailleurs un pamphlet Les Etats-Unis d’Europe (une Eurotopia ?) où il préconise la division de l’Europe en 75 régions ou mini-états possédant une taille dite « optimale » d’environ 5 à 7 millions d’habitants, parfaitement fidèle à l’esprit de Kohr.

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La carte Heineken-Wesselink divisant l’Europe dans une myriade de mini-Etats d’environ 5 million d’habitants chaque.

 La carte Heineken-Wesselink

Ce projet provoqua beaucoup de bruit. Heineken s’est même vu dans l’obligation de faire redessiner sa carte après que le gouvernement grec, consterné par la taille inquiétante qu’avait pris la Macédoine sur sa carte, déclara un embargo sur sa bière.... Certains serbes restent eux aussi assez intrigués par la similitude frappante entre la carte de Heineken et les frontières actuelles tracées par les diplomates à la fin de la guerre des Balkans.

Dans son pays natal, la carte d’Heineken a également fait débat, car la Belgique n’y est même pas divisée entre Flamands et Wallons (à l’horizontale), mais la logique d’un retour à des « nations » anciennes imposerait la réunification (à la verticale) du Brabant néerlandais avec le Brabant belge et de la province néerlandaise de la Hollande avec les Flandres belges et les Flandres françaises...

 La globalisation à l’assaut de l’état-nation

Si jusqu’à ce jour des chefs d’états comme De Gaulle, ou d’autres, considéraient ses plans comme des foutaises maléfiques ou comme des simples hypothèses de lycéens attardés, les nouveaux facteurs économiques de la mondialisation font en sort que ce qui semblait loufoque et utopiste hier, risque malheureusement de se réaliser devant nos yeux.

D’abord, dans ses applications sur le terrain, la « mondialisation » a administré des véritables coups de bélier contre les états : les privatisations des grandes entreprises privées et publiques, les fusions acquisitions avec des groupes transnationaux et la politique des délocalisations effacent tout attachement sentimental qu’une population peut avoir avec l’état-nation qu’elle habite.

Ainsi, la Belgique, pour ne pas la nommer, a vu « s’évaporer » des secteurs nationaux entiers : Le groupe français Suez Lyonnaise des Eaux acquiert la totalité de la Société Générale, jadis le plus grand acteur économique du pays (à une époque 60 % de l’activité du pays). Le géant pétrolier anglo-français Total prend le contrôle de Petrofina, ING achète la Banque Brussel Lambert belge, le groupe français Usinor prend le contrôle de la société belge Cockerill Sambre, la banque française Dexia met la main sur le Crédit Communal et le géant français de l’assurance Axa acquiert la Royale Belge. Les forges de Clabecq sont fermées, les délocalisations font disparaître Renault Vilvoorde et la compagnie aérienne belge Sabena dépose le bilan après l’échec de l’alliance avec Swissair. Loin de faire naître des petits pays, et lors de l’occupation nazie, pendant qu’on promet aux crédules une « Flandre autonome » ou une « Wallonie indépendante » la mondialisation financière « évaporise » le plat pays.

Ensuite, jusqu’ici deux questions majeures avaient fortement retenu les candidats à la sécession : celle de frapper sa propre monnaie -une entreprise assez périlleuse, et la nécessité de pouvoir garantir l’accès à un grand marché pour pouvoir vendre ses produits. Cependant, il s’avère qu’aujourd’hui, si les candidats à l’indépendance font partie d’une « zone monétaire », tout devient possible -comme le disait Sarkozy.

 Robert Mundell et les zones monétaires optimales

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L’économiste canadien néo-Keynesien Robert Mundell.

En Europe, il est à remarquer qu’un des « pères de l’Euro » et donc de la banque centrale européenne a été l’économiste canadien néo-Keynesien Robert Mundell, né en 1932, prix Nobel d’économie en 1999, lui aussi sorti de la London School of Economics et actuellement professeur à l’Université Columbia à New York. Parmi les disciples de Mundell, on trouve le directeur actuel de la banque d’Italie Mario Draghi (champion des privatisations imaginées entre copains sur un yacht de luxe du nom de Britannica).

Pendant la gouvernance Berlusconi, Mario Draghi était un des hauts responsables de la banque d’affaires new-yorkaise Goldman Sachs pour l’Europe avant de redevenir le directeur de la banque centrale italienne sous Prodi. L’autre disciple de Mundell est l’ancien PDG de LTCM Alberto Giovannini, dont la firme spéculative, par sa faillite spectaculaire en septembre 1998, a failli conduire tout le système financier mondial à un « Tchernobyl financier ».

En « sciences économiques », Mundell a été avec Marcus Fleming à l’origine de « la théorie des zones monétaires optimales ». Dès 1960, donc trois ans après la création de la CEE et de la publication du livre de Kohr, Mundell affirme que pour que des zones économiques soient « optimales », il est nécessaire que les pays qui les composent n’aient pas de différentiel d’inflation, ne subissent pas de chocs asymétriques mais au contraire connaissent une libre circulation des individus (facteur travail) et des flux financiers (facteur capital).

Vous voyez d’où viennent aussi bien la directive Bolkestein (facteur travail) que les fameux « critères de convergence » purement monétaires (facteur capital) imposés préalablement à l’introduction de l’euro... et totalement contreproductifs du point de vue de l’économie réelle. Comme nous l’avons montré, le fait de faire partie d’une zone monétaire facilite fortement l’éventualité d’une sécession. Le deuxième facteur, implicite dans le premier, reste la question, pour un nouveau pays en rupture de ban, de disposer d’un marché autre qu’un marché domestique ou national. La transformation de l’Europe en une vaste zone de libre échange en osmose avec la mondialisation leur offre un marché Europe intégré dans un marché monde.

 Le cas de la Belgique

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Couverture du livre d’Alberto Alesina et Enrico Spolaore : "La taille des nations"

Ces thèses destructrices sont au cœur de la décomposition de la Belgique. Elles le sont à travers The Size of Nations, un livre provocateur publié en 2003 au MIT par deux économistes italiens de grand renom travaillant aux Etats-Unis : Alberto Alesina, chef de la section économie à Harvard et Enrico Spolaore de l’Université Tufts.

Tous deux ont travaillé pour le FMI et la Commission Européenne et ont des responsabilités au National Bureau for Economic Research(NBER) une institution privée financée exclusivement par les quatre fondations patriciennes directement mécènes de la secte néo-conservatrice américaine (Bradley, Scaife, Olin et Smith Richardson). Notez ici qu’en juin 2005, Alesina s’est rendu avec Mundell en Chine où ce dernier travaille comme conseiller auprès du gouvernement.

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L’économiste Alberto Alesina.

Faisant la synthèse entre Kohr et Mundell, les deux auteurs affirment que les frontières d’une nation ne résultent surtout pas d’un vouloir vivre en commun , essence de toute république, mais d’un simple marchandage pragmatique sur les avantages de la taille et le coût de la gestion d’un territoire hétérogène.En bref, on applique l’analyse coût/bénéfice utilisé (souvent stupidement) en entreprise à la gestion de ce qu’ils pensent être la bête humaine. Après avoir examiné les avantages qu’offre un grand pays (faible coût des services publics par tête, meilleure répartition de la pression fiscale, meilleure défense, etc.) les auteurs s’interrogent sur la richesse. Si un grand pays devrait en théorie être plus riche, ils affirment qu’en réalité « le volume des dépenses dans un pays dépend essentiellement de l’ouverture de ce pays au commerce ».

De là, évidemment, par pure logique aristotélicienne, découle l’argument qu’un pays « intégré dans le marché mondial possède le monde comme marché » et que, par conséquent écrivent-ils, « l’intégration économique conduit à la désintégration politique ». La chose est dite : la mondialisation (l’intégration économique et financière), conduit, par sa propre nature, à la décomposition des nations. On saisit mieux pourquoi TheSize of Nations est devenu en Belgique le livre de chevet des indépendantistes flamands.

Frans Crols, le directeur flamand de la revue économique influente Trends et indépendantiste de coeur résume assez bien les conclusions du livre :

En 2004 a été publié The Size of Nations d’Alberto Alesina et Enrico Spolaore, deux économistes italiens qui enseignent dans des grandes universités américaines. Spolaore a été chercheur pendant quelques années à l’Université Libre de Bruxelles. La question qui intriguait Alesina et Spolaore était : sur le fédéralisme et la décentralisation il y a des tas d’études et des textes. Sur le phénomène de l’apparition de plus en plus rapide de nouveaux états, aucun manuel n’existe, aucun texte qui puisse les guider. Voilà à quoi essaie de répondre le livre très bien accueilli The Size of Nations. Quelles en sont les conclusions :

  • Il existe plus de nations dans un monde démocratique que dans un monde non-démocratique (la démocratie fait tâche d’huile et le nombre de pays indépendants continuera à s’accroître. [En 1945 : 74 pays indépendant, en 2003 : 193]
  • Le nombre de pays va continuer à croître parce que des grandes zones de libre échange voient le jour comme l’Union Européenne et le Nafta (ALENA : Association de libre échange nord américain). Pour le Québec, rien ne changera avant ou après une séparation avec le Canada car il continuera à faire partie de l’Alena ; pour les Flandres, rien ne changera car, et la Flandre, et la Wallonie continueront de faire partie du marché unique européen et de l’UE ;
  1. Les coûts de l’hétérogénéité d’un pays peuvent devenir tellement élevé que les citoyens d’une sous division plus homogène décident de faire baisser les coûts en érigeant ensemble un low cost country basé sur plus de cohésion, plus de capital social, moins de disputes et moins de pertes de temps. »

Frans Crols est un des auteurs du Manifeste pour une Flandre indépendante en Europe, publié en décembre 2005 par le think-tank flamand In de Warande , qui exige, sur la base d’un argumentaire « purement économique », la dissolution de la Belgique à l’image du divorce de velours qui a dissout la Tchécoslovaquie « à l’amiable » en 1992. Pour ces indépendantistes, il est souhaitable que Flandres et Wallonie deviennent des nations indépendantes, tandis que Bruxelles - aujourd’hui enclave à prédominance francophone dans la région flamande - obtiendrait un statut... du type Washington D.C.

Nous avons documenté ailleurs la nature néo-conservatrice de leur projet qui vise surtout à mettre fin à un des meilleurs systèmes de protection sociale du monde. Si après 1960 le transfert d’argent (à ne pas confondre avec la richesse) s’est inversé entre les Wallons et les Flamands, l’argent a été essentiellement utilisé pour renflouer des grands groupes financiers au détriment des populations.

Retenons simplement ici le fait que, statistiques à l’appui, le manifeste de In de Warande étoffe l’argumentaire de The Size of Nations. Ce manifeste vient-il de simples militants indépendantistes flamands ? Non, le président du think-tank flamand est le banquier Rémi Vermeiren, ancien patron de la KBC Banque & Assurance, grand spécialiste des produits dérivés et administrateur d’une société minière spécialisée dans le cuivre, et ces membres sont des patrons plutôt de droite parfois membres investis dans des partis sécessionnistes.

Point étonnant donc qu’Enrico Spolaore, un des co-auteurs de The Size of Nations fut sollicité en juin 2005 à ouvrir les travaux d’un colloque au parlement flamand. Lors du débat, Bart de Wever, le président du parti indépendantiste Nieuw-Vlaamse Alliantie (ex-Volksunie), affirmait que « le romantisme est important, mais ne convainc pas les jeunes Flamands au XXIe siècle. Nous devons rationaliser notre discours », (c’est-à-dire parler à la cupidité bien moderne...).

Le drame de la Belgique est le fait que De Wever, un historien formé à l’Université de Leuven qui se réclame de l’idéologie du penseur réactionnaire Edmond Burke, fait aujourd’hui partie des négociateurs officiels chargés de former un gouvernement d’une Belgique dont il souhaite la mort... Sa présence à l’enterrement du fondateur de Vlaams Blok Karel Dillen en mai 2007, en présence de Jean-Marie Lepen, mérite également réflexion.

Le 6 septembre 2007, The Economist de Londres, qui avait publié les premiers articles de Northcote Parkinson et très bien accueilli The Size of Nations, constatant cyniquement l’impasse survenue après trois mois d’efforts en vue d’un nouveau gouvernement belge, affirme sans aucune honte dans un article « C’est le moment d’en finir » que :

Le pays est devenu une monstruosité de la nature, un Etat où le pouvoir est tellement sous-délégué que le gouvernement est un vide que l’on tient en horreur. En bref, la Belgique a servi son objectif. Un divorce praline est à l’ordre du jour. Les belges ne devraient pas se sentir tristes. Les pays viennent et s’en vont.

Comme sous l’occupation, les indépendantistes se font des grosses illusions en pensant que le diable va leur offrir une « belle petite république ». Nous leur donnons comme seul conseil de ne pas lire que les premières pages des œuvres de Kohr et d’Alesina, mais aussi les dernières...

http://www.solidariteetprogres.org/kohr-europe-regions

A suivre.

mercredi 4 octobre 2017

Les Insoumis ne veulent plus voir le drapeau européen à l'Assemblée

LE SCAN POLITIQUE - Les députés emmenés par Jean-Luc Mélenchon ont déposé un amendement pour modifier le règlement de l'Assemblée visant à ne permettre que la présence du drapeau national et de celui de l'ONU.

XVMf9114574-a84a-11e7-8269-811617cc40e3Lors de son arrivée dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale à la tête des députés de la France Insoumise nouvellement élus le 20 juin dernier, Jean-Luc Mélenchon a été pris d'un coup d'humeur. Au-dessus du perchoir du président de l'Assemblée sont alors mêlés le drapeau tricolore et celui de l'Union européenne. «Franchement, on est obligés de supporter ça? C'est la République française, c'est pas la vierge Marie là», s'emporte alors l'ancien sénateur socialiste, visiblement excédé devant ses collègues surpris. Le chef de file de la France Insoumise et ses députés ont décidé de ne «plus supporter ça» à l'avenir: ils ont déposé un amendement visant à modifier le règlement de l'Assemblée afin que l'emblème européen ne puisse plus figurer dans l'enceinte du Parlement.

Dans l'amendement CL25, déposé le 29 septembre dernier, on peut lire: «Seuls peuvent être présents dans l'hémicycle le drapeau tricolore de la République française, au titre de l'article 2 de la Constitution, et le drapeau de l'Organisation des Nations unies, symbole de l'engagement international de la France pour le multilatéralisme et la paix». «Cet amendement permet de préciser la symbolique actuelle présente dans l'hémicycle. En effet, s'il est bien évidemment fondamental que notre drapeau tricolore bleu, blanc, rouge (article 2 de la Constitution, qui le consacre comme emblème national) soit présent dans l'hémicycle, il apparaît tout aussi fondamental qu'il soit seulement complété par le drapeau de l'Organisation des Nations unies, là aussi en application de la Constitution, au titre du Préambule de 1946», précise l'exposé du texte.

Il s'agirait de permettre à la France de conserver son rayonnement international, en restant «en phase avec son projet politique historique d'indépendantisme et de promotion de la paix». Elle ne peut y parvenir «que si elle dépasse tout ancrage régional et zonal pour seulement aspirer à soutenir et construire la concorde mondiale», estiment les élus. «Seule cette double articulation: peuple français - peuples du monde, France - Organisation des nations unies, permet d'encadrer sereinement les débats de l'Assemblée nationale, dans cet esprit d'indépendance et de promotion de la paix qui, seul, fait honneur à nos valeurs républicaines», arguent encore les députés LFI.

La bête noire des souverainistes de tout poil

Il faut rappeler que ce n'est que durant la présidence Hollande que le drapeau bleu étoilé s'est durablement invité à l'intérieur du Sénat et de l'Assemblée nationale. Lorsqu'il était président de l'Assemblée, Bernard Accoyer avait essayé de l'introduire en vain. Le bureau du Palais Bourbon avait bloqué l'initiative, par le vote de deux PS et un UMP notamment. Un peu plus tard, en 2010, Nicolas Dupont-Aignan avait posé une question à l'Assemblée nationale pour demander que le drapeau européen soit retiré des édifices publics lors de la célébration des fêtes nationales. Le 2 juillet dernier sur France 3, ce dernier estimait encore que le drapeau étoilé n'avait pas sa place à l'Assemblée.

Ce rejet du drapeau européen n'est pas du tout l'apanage de la France Insoumise. En avril dernier, alors qu'il était encore numéro 2 du FN, Florian Philippot l'avait qualifié de «torchon oligarchique». En pleine présidentielle, lors d'un passage sur TF1, Marine Le Pen avait aussi exigé que soit retiré le drapeau européen prévu en arrière-plan. Elle avait également précisé au magazine Causeur qu'elle souhaitait «interdire le drapeau européen sur les bâtiments officiels». Ce que certains maires FN ont d'ores déjà anticipé en l'enlevant du fronton de leurs mairies, comme ce fut fait à Fréjus.

http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/2017/10/03/25001-20171003ARTFIG00205-les-insoumis-ne-veulent-plus-voir-le-drapeau-europeen-a-l-assemblee.php


 

OUTIL EMBLEEME NATIONAL

Contrairement aux "souverainistes" de gauche ou de droite, "radicales" ou pas, l'UPR considère que le drapeau européen ne doit apparaître nulle part parce qu'il est inconstitutionnel. Sans parler de la sortie effective de l'UE par l'article 50 du TFUE.

P.G

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vendredi 28 juillet 2017

A l'Assemblée, Mélenchon, sa conserve de haricots et son sachet de pâtes dénoncent la baisse des APL

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A l'Assemblée, Mélenchon, sa conserve de haricots et son sachet de pâtes dénoncent la baisse des APL

https://francais.rt.com/france/41392-a-assemblee-melenchon-conserve-haricots-sachet-pates-baisse-apl

 

Le député de la France insoumise Alexis Corbière a adressé une question à Edouard Philippe à l'Assemblée, pour dénoncer la baisse de cinq euros des APL prévue par le gouvernement. Pour l'accompagner, Jean-Luc Mélenchon s'est improvisé épicier.

La baisse de cinq euros par mois et par personne des APL suscite l'indignation de la gauche anti-majorité présidentielle. Décidés à monter au créneau ce 26 juillet contre ce qu'ils estiment être une mesure dirigée «contre les plus pauvres», les députés de la France insoumise ont eu l'idée d'une petite mise en scène dans l'hémicycle.

Alors que le député de Seine-Saint-Denis Alexis Corbière prenait la parole pour adresser une question au Premier ministre Edouard Philippe, Jean-Luc Mélenchon, assis derrière lui, présentait plusieurs produits de consommation courante disposés sur son bureau. «J'ai fait les courses, elles sont à votre disposition», a lancé Alexis Corbière tandis que le président du groupe de la France insoumise pointait du doigt une boîte de conserve de haricots verts, un sachet de pain de mie et un bocal de sauce tomate.

Objectif de la présentation cocasse des élus de la France insoumise : dénoncer la perte de pouvoir d'achat substantielle que représenterait cette diminution de cinq euros des APL pour les plus pauvres. Après cette intervention, Gérald Darmanin, ministre de l'Action et des comptes publics a réagi : «Personne n'a le monopole du cœur, mais certains semblent avoir le monopole de la démagogie».

De leur côté, les membres de La République en marche (LREM) maintiennent que les APL n'ont pas été réduites par décision d'Emmanuel Macron, mais que ces aides n'avaient tout simplement pas été provisionnées dans le budget par le gouvernement précédent et qu'il manque donc 150 millions d'euros pour les distribuer.

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avec jlm

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vendredi 7 juillet 2017

Jean-Claude Juncker : « J’ai une totale confiance en Alexis Tsipras »

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Les médias dominants raffolent des personnalités et organisations qui font « bouger les lignes ». Pour les commentateurs autorisés, il va sans dire que les lignes ne doivent bouger que dans une seule direction : celle qui est favorable aux grands détenteurs de capitaux. L’Union européenne, illustrant parfaitement cette tectonique libérale, nous offre régulièrement des situations cocasses dans lesquelles des dirigeants politiques de bords nominalement opposés communient dans l’européisme. Dernier exemple en date : un éloge vibrant d’Alexis Tsipras par Jean-Claude Juncker.

Le président de la Commission européenne a pris la défense du Premier ministre grec, attaqué par Manfred Weber, eurodéputé allemand de l’Union chrétienne-sociale en Bavière (CSU) et président du Parti populaire européen (PPE). Après une rencontre le 20 juin à Athènes avec Kyriakos Mitsotakis, le dirigeant de la Nouvelle Démocratie (droite conservatrice), principal parti d’opposition au gouvernement Syriza, M. Weber aurait déclaré à la presse grecque : « Nous avons besoin d’un gouvernement fiable qui fasse du bon travail pour la Grèce. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas, c’est pourquoi j’estime que M. Tsipras appartient au passé et que M. Mitsotakis est le futur. »

Formulée cinq jours après l’officialisation du difficile compromis trouvé par les créanciers d’Athènes pour débloquer un nouveau « plan d’aide », la remarque a été jugée particulièrement malvenue par M. Juncker. Surtout que le chef de file du PPE a ajouté : « Ils [les dirigeants de la Nouvelle Démocratie] coopèrent beaucoup avec nous au niveau européen, sous la houlette de Jean-Claude Juncker ».

« En ce qui concerne ma relation personnelle avec Alexis Tsipras, elle est caractérisée par le confort, l’estime et la confiance » – Jean-Claude Juncker

M. Weber, un eurolibéral du genre fanatique, fait manifestement partie des dernières personnes – avec Jean-Luc Mélenchon ? – à considérer qu’Alexis Tsipras représente une quelconque menace pour l’Union européenne et l’ordolibéralisme allemand. Il faut préciser que l’eurodéputé est allé jusqu’à déclarer, rompant avec la ligne officielle du PPE, que le FMI devrait se retirer du nouveau « plan de sauvetage » de la Grèce si l’institution insistait sur la nécessité d’un allègement de la dette.

Jean-Claude Juncker, outré que l’on rudoie ainsi celui qui l’avait qualifié de « grand ami de la Grèce », a tenu à démentir vigoureusement M. Weber auprès du site Euro2day  : « J’ai une totale confiance en Alexis Tsipras, c’est très clair ». Et il a ajouté : « La Grèce va beaucoup mieux que ce que nous pensions [en effet…]. Je reconnais les efforts considérables consentis par le gouvernement grec […]. En ce qui concerne ma relation personnelle avec Alexis Tsipras, elle est caractérisée par le confort, l’estime et la confiance ».

Des propos touchants. Et certains osent encore prétendre que la construction européenne ne rapproche pas les peuples…

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mardi 4 juillet 2017

L'opposition fustige Macron à Versailles

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«Sermon de télévangéliste», discours d'un «ennui mortel»... L'opposition fustige Macron à Versailles

https://francais.rt.com/france/40517-sermon-televangeliste-discours-d-ennui-macron-versailles

Qu'ils aient décidé d'assister au discours d'Emmanuel Macron au Congrès ou qu'ils l'aient boycotté, les parlementaires de l'opposition tirent à boulets rouges sur le président de la République après son discours d'une heure et demie.

L'intervention d'Emmanuel Macron devant le Congrès à Versailles aura permis de mettre d'accord les différentes forces d'opposition à l'Assemblée... contre lui. Des Républicains à la France insoumise, les parlementaires ont fustigé le discours du président. 

Les Républicains : «J'ai perdu mon temps»

«Le président de la République s'est fait plaisir [...] mais il ne nous a rien appris. Tout ça aura tout de même coûté 500 000 euros», a déclaré Daniel Fasquelle, député Les Républicains (LR) du Pas-de-Calais, qui estime avoir «perdu [son] temps». 

«Creux, pompeux, ennuyeux...», a simplement commenté sur Twitter le député des Alpes-Maritimes Eric Ciotti.

Front national : «Ça fait cher la conférence de presse»

«Il a fait un discours pour la presse [...] mais on n'en sait pas plus en entrant qu'en sortant et cela n'est pas bon signe pour la suite, [...] cela reste très vague», a déclaré Marine Le Pen. «Ce flou reste très inquiétant», a déclaré la députée des Hauts-de-France. 

«J'ai eu le sentiment d'assister à un sermon de télévangéliste. Ça fait cher la conférence de presse», a ajouté la présidente du Front national. 

La France insoumise : «Interminable pluie de truismes»

Jean-Luc Mélenchon, qui avait décidé de ne pas assister à l'intervention du président, a ironisé sur «l'interminable pluie de truismes» qui s'est selon lui abattue sur Versailles lors de l'allocution d'Emmanuel Macron devant le Parlement réuni en Congrès, provoquant son «ennui mortel».

«Interminable pluie de truismes à Versailles. Faux marbre, bonapartisme surjoué, européisme bêlant, ennui mortel», a commenté le leader de la France insoumise sur son compte Facebook.

Un sentiment partagé par le député Alexis Corbière, pour qui le président Jupiter a «laissé la place à Hypnos».

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Commentaires

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Les uns et les autres ont raison, mais c'est dans les actes qu'on jugera jusqu'au ira l'opposition: cette pitoyable mise en scène relève moins, à mon sens, du bonapartisme ou d'un quelconque "discours du Trône" que d'un "discours sur l'Etat de l'Union" sur le modèle américain...D'autant que le Président se dit "animé d'un esprit girondin"! Tout un programme.

P.G.

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samedi 1 juillet 2017

Entretien d'actualité & autres vidéos

PROJET ENTRETIEN ACTU FA

François Asselineau répond aux questions des internautes en direct sur YouTube

https://www.youtube.com/watch?v=IasrHJ5zN5g

Macron n'est pas arrivé par hasard

http://www.upr.world/Macron/Macron.html

Mélanchon, le Tsipras français

http://www.s434646298.onlinehome.fr/videos/Macron/10-Jean-Luc-Melanchon-le-Tsipras-Francais.mp4

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lundi 22 mai 2017

Revue de presse (sélection semaine du 15 au 21 mai 2017) 1° partie

MERKEL PAPATTE MONTAGE

Comme Hollande, Macron se précipite pour voir Merkel après son élection. L'observateur avisé remarquera la papatte de Merkel sur l'épaule de Macron, signifiant une relation de dominante à dominé.

France

Le grand nettoyage journalistique
Sièges éjectables pour Pujadas, Delamarche, Sotto, etc. Macron tient apparemment à s'assurer que tous les journalistes lui servent bien servilement la soupe... comme si ce n'avait pas été assez avant et pendant la campagne! La France n'aura bientôt plus rien à envier à la Corée du Nord sur la liberté de la presse?
L'Elysée veut trier les journalistes accompagnant Macron: la presse exprime ses craintes
De quoi jeter le trouble sur les relations pouvoirs-médias à venir pendant ce quinquennat.
Macron: cote de confiance à 45%
C'est un maximum car l'information vient de BFM. Dans tous les cas, Macron n'a donc même pas une majorité de Français qui le soutiennent alors qu'il vient d'être élu. Avec 13 points de moins que Hollande au même moment, on est en droit de se demander s'il va finir son quinquennat avec une cote de popularité négative.
Refonte du code du travail: ça va aller très vite
Macron commence à y travailler mardi, pour faire aboutir son projet pendant l'été. On connaît donc déjà le scénario: une série d'ordonnances placées en plein milieu de l'été alors que les Français sont en vacances et pourront difficilement se mobiliser contre ce recul sans précédent du code du travail.

France - Edouard Philippe

Manque de transparence sur sa déclaration de patrimoine
D'après Mediapart, il avait écopé d'un blâme de la Haute autorité de la transparence de la vie publique en 2014. Il feint notamment de ne pas comprendre une question sur ses rémunérations à la date de l'élection.
Un cancre de l'Assemblée
Edouard Philippe est intervenu par exemple seulement 10 fois dans le débat législatif pendant ses 5 ans de mandat. Il fait partie des 100 députés les moins assidus d'après le site nosdeputes.fr.
Issu de la French-American Foundation
Comme nombre de personnalités politiques françaises, Philippe est passé par le formatage de la French-American Foundation. Il y avait, en collègue de promo 2012, un certain Emmanuel Macron.

France - le gouvernement Philippe

François Asselineau décortique le gouvernement Philippe et les premiers jours de Macron
Pour en savoir un peu plus sur l'envers du décor des jeux de pouvoir gouvernementaux, ainsi que des premières tendances révélées par les nominations et attributions.
Muriel Pénicaud: le patronat s'invite au ministère du travail
Le démantèlement du code du travail va être un des premiers chantiers du gouvernement Philippe, notamment en faisant prévaloir les accords d'entreprise sur le code du travail dans de nombreux domaines. Quel meilleur profil qu'une ancienne DRH de Danone pour ce faire?
Sylvie Goulard, ministre des armées (et non de la Défense)
Gros changement de cap sur le ministère de la Défense: - ce n'est plus un ministère de la Défense mais des Armées (qui n'ont donc plus seulement un rôle de défense si on lit entre les lignes) - les Armées ont vocation à défendre le continent et non plus la France: sur la même lancée, va-t-on aussi bientôt céder la puissance nucléaire à l'UE ?
Gilles de Margerie: un assureur à la santé
C'est tout un symbole, et sans doute le début de la fin de la Sécurité sociale, instituée par le CNR pour assurer l'égalité de tous les Français devant les soins.
François Bayrou, le ministre de la justice mis en examen
Mis en examen dans une affaire de diffamation, c'est le même Bayrou qui veut être le fer de lance de la moralisation de la vie politique.
Pas de ministère pour la mer et la pêche
Pas plus de ministère pour le commerce extérieur, la Francophonie, les fonctionnaires, les TPE/PME, les anciens combattants... les absences montrent où sont les priorités pour ce gouvernement.

France - campagne législative

Jean-Marie le Pen envoie 150 à 200 candidats face à des candidats FN
Cacophonie totale dans les partis français traditionnels...
Mélenchon au PCF: "Vous êtes la mort et le néant"
La guerre des egos fait rage de l'extrême-gauche à l'extrême-droite. Pour un programme cohérent, constant, fiable, serein: intéressez vous à l'UPR.
Le petit journal de Londres n'invite pas l'UPR pour un débat à Londres
Dixit le candidat UPR: "Ceci est d'autant plus discriminatoire et anti-démocratique que (1) le débat sera animé par une journaliste de France 3, qui professe être spécialiste du Brexit, (2) d'autres médias (dont RFI) ont invité les candidat(e)s UPR à ce type d'événements dans les circonscriptions de l'étranger"
Harris Interactive interdit de voter pour l'UPR
Alors que l'UPR présente 574 candidats aux législatives, la censure est repartie de plus belle - ce ne sont que deux exemples parmi d'autres. A l'inverse, la promotion continue et tous azymuts d'En Marche se poursuit inexorablement.
Suite de la revue de presse demain.