jeudi 19 avril 2018

Union de la gauche ou populisme ? La France insoumise hésite et se déchire

TRIBUNE LIBRE / Par Hadrien Mathoux

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Au sein du mouvement de Jean-Luc Mélenchon, deux lignes s'affrontent : quand les uns prônent l'union de la gauche en vue des échéances électorales, d'autres veulent faire de la France insoumise une force "populiste" qui renoncerait à toute référence à la gauche.

Il est très rare que Jean-Luc Mélenchon soit agacé par une référence empruntée à François Mitterrand. C'est pourtant arrivé le 7 avril, lors de la première assemblée représentative de la France insoumise (LFI), à La Chesnaie-du-Roy, en plein cœur du bois de Vincennes (Paris). Le mouvement social des opposants à la réforme de la SNCF a eu une conséquence politique visible, qui a forcé le chef de file des Insoumis à réagir : d'Olivier Besancenot à Benoît Hamon, en passant par Pierre Laurent, les têtes d'affiche de la gauche se retrouvent dans les cortèges… et s'affichent bras dessus bras dessous avec les députés Insoumis François Ruffin et Eric Cocquerel. De quoi faire ressusciter la fameuse "union de la gauche", qui avait permis à Mitterrand de prendre le pouvoir en 1981 ? Tout cela n'est pas du goût de Mélenchon, pourtant grand admirateur de "Tonton". Lui a fustigé la "gauche selfie" et tranché net : "L'unité comme prétexte à effacer les idées, c'est non."

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Une telle sortie, loin d'être anodine, reflète le bras de fer qui est en train de se nouer au sein de la France insoumise, où deux lignes s'affrontent en interne. Pour certains, la meilleure stratégie est celle qui a déjà fait ses preuves dans l'histoire : les Insoumis doivent chercher des convergences avec de potentiels alliés à gauche, comme le Parti communiste (PCF), Génération.s, voire le PS et les formations d'extrême gauche. Mais cette ligne ne convainc pas toute une mouvance, qui propose d'envoyer valdinguer le clivage gauche-droite ! L'idée serait de lui substituer une nouvelle manière d'envisager l'espace politique : pas à l'horizontale (gauche-droite), mais à la verticale. Le haut contre le bas, le peuple contre l'oligarchie. La France insoumise deviendrait, dans cette optique, un mouvement authentiquement "populiste" (le mot étant ici débarrassé de sa connotation péjorative), qui chercherait à agréger les suffrages d'actuels électeurs abstentionnistes, voire de soutiens du Front national.

Exit le drapeau rouge et l'Internationale

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De nombreux proches de Jean-Luc Mélenchon sont convaincus par cette deuxième stratégie, qui a déjà été largement mise en oeuvre lors de la campagne présidentielle de 2017. Première étape du raisonnement : la nécessité d'abandonner l'imagerie traditionnelle de l'extrême gauche, perçue comme contre-productive. "Nous voulons arrêter de revendiquer sans arrêt les codes de la gauche radicale", exposait le député Adrien Quattenens au JDD, considérant que "l'effet 'rassemblement de la gauche' est plutôt un repoussoir qu'une dynamique". Djordje Kuzmanovic, qui conseille Jean-Luc Mélenchon sur les questions de défense et d'international, est l'un des principaux tenants de cette stratégie populiste. Pour Marianne, il se fait incisif : "Toute une série de gens de gauche ont abandonné la réflexion sur l'accession et l'exercice du pouvoir pour se cantonner à une vision sans envergure de la politique, une posture de dénonciation, de témoignage. Cela consiste à tenir des discours toujours plus extravagants, qui se posent en incarnations absolues de l'émancipation et du progrès humain." Et qui, si on suit Djordje Kuzmanovic, tiendraient la France insoumise éloignée de son objectif ultime : prendre le pouvoir.

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Si le rejet est si violent, c'est parce que les partisans du dépassement populiste estiment que les codes traditionnels attachés à la gauche ont coûté cher à la France insoumise. Comme en témoigne cet extrait d'un article du Comptoir, une revue en ligne favorable aux Insoumis, et qui défend inlassablement la fin de l'union de la gauche : "C’est au nom de l’humanisme, du droit-de-l’hommisme, du progressisme, de l’internationalisme et de l’Europe que la gauche a choisi d’attaquer Mélenchon." D'après cet éditorial, pour améliorer "le quotidien des petites gens", les Insoumis devraient définitivement abandonner cet "humanisme déclaratif, abstrait et bourgeois". Et renoncer à toute alliance avec les communistes, trotskistes, socialistes en rupture de ban et autres progressistes. "Les gens n'attendent pas que du vieux bois mort se rassemble pour faire le radeau de la méduse, qu'on ait une soupe de logos et une belle guirlande colorée", argumente Adrien Quattenens.

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Loin d'être un simple mouvement d'humeur, la pensée "populiste" découle d'une réflexion théorique poussée. Dans le sillage de penseurs comme Chantal Mouffe ou Ernest Laclau, dont les écrits ont été popularisés ces dernières années, mais également du philosophe Jean-Claude Michéa, de nombreux hommes politiques ont fait le constat de l'essoufflement du clivage droite-gauche. L'un des premiers à l'avoir acté est Iñigo Errejón, l'un des leaders du parti Podemos en Espagne. "La principale frontière qui divise nos sociétés n’est pas celle qui sépare les sociaux-démocrates et les conservateurs, mais celle qui sépare ceux d’en haut du reste de la société", expose-t-il au média en ligne Le Vent Se Lève. "Ce reste de la société souffre du consensus néolibéral, des politiques technocratiques et des coupes budgétaires, appliquées tantôt par la gauche, tantôt par la droite." L'indifférenciation supposée entre centre-gauche et centre-droit une fois au pouvoir, voilà une thèse qui plaira à beaucoup d'Insoumis, qui se rêvent en parti représentant des classes populaires dans leur ensemble. "Le peuple, contrairement au peuple-de-gauche, n’est pas une abstraction, c’est une réalité sociologique, affirme Le Comptoir. Employés, ouvriers, chômeurs, artisans, petits commerçants, petits fonctionnaires, retraités et étudiants précaires, voilà le peuple." Et quoi de mieux pour les convaincre, donc, que le populisme, qui serait "d'une rare efficacité lorsqu’il s’agit de se débarrasser de ce boulet politique qu’est devenue la gôche (sic)".

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Concrètement, il s'agit d'abandonner les "grands discours théoriques" et politisés pour se concentrer sur les sujets du quotidien. "Plus qu'une question programmatique, le populisme est une méthode, nous explique Kévin Boucaud-Victoire, journaliste au Comptoir. Comment s'adresser à un nouveau public qui n'a pas les codes de la gauche, avec quelque chose de plus rassembleur que le marxisme, le drapeau rouge et l'Internationale". Autre volonté appuyée : mettre au second plan les sujets "sociétaux", qui auraient été "surinvestis par la social-démocratie pour faire oublier aux gagnants de la mondialisation qu'elle avait abandonné le social", d'après Djordje Kuzmanovic. La visée finale, évidemment, est sociologique et donc électorale. "Le populisme, c'est la gauche radicale qui essaie d'aligner la France de Johnny à celle de Booba, les classes populaires de la France périphérique à celle des banlieues", théorise Kévin Boucaud-Victoire.

Cela n'a pas échappé aux partisans du populisme : le "peuple" qu'ils invoquent vote aujourd'hui largement à l'extrême droite, ou boude les urnes. D'après les données d'Ipsos, lors de la présidentielle de 2017, 29% des employés et des ouvriers se sont abstenus au premier tour. Parmi ceux qui ont voté, 37% des ouvriers et 32% des employés ont déposé un bulletin Marine Le Pen. Autre statistique qui confortera les tenants du nouveau clivage : 37% des électeurs qui se définissent eux-mêmes comme "ni de gauche, ni de droite" ont voté pour la candidate frontiste. C'est bien plus que pour Emmanuel Macron (17%) et Jean-Luc Mélenchon (16%). Et la conclusion est limpide : si le réservoir de voix pour les Insoumis se situe parmi le "peuple", cela implique forcément qu'il faudra séduire un électorat en grande partie conservateur. De là à épouser ses thèses ? "Il s’agit d’un combat fondamental entre démocratie et oligarchie", argumente Iñigo Errejón au Figaro Vox. "Et ce combat peut rassembler beaucoup de gens qui s’associent traditionnellement aux valeurs de la droite, ou à des valeurs conservatrices, mais qui commencent à percevoir qu’il n’y a rien à espérer des élites traditionnelles de leurs pays." Lui-même n'hésite pas, incidemment, à parler de "divorce entre le pays réel et le pays officiel", ou "d'élite cosmopolite", et à clamer que le populisme doit récupérer des symboles comme "la nation", "l'ordre" ou "le mérite".

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Djordje Kuzmanovic revendique de "ne pas s'interdire de parler à qui que ce soit, si on veut prendre le pouvoir, atteindre les 51% de la population". Lui est justement chargé de faire la promotion des idées insoumises auprès de catégories sociales traditionnellement marquées à droite : les militaires ou les catholiques. En août dernier, lors de l'université d'été de LFI à Marseille, le porte-parole de Jean-Luc Mélenchon a fait un détour par la Sainte-Baume, pour y participer à un débat organisé par … le diocèse de Toulon-Fréjus, où il faisait notamment face à Christophe Billan, alors président de Sens Commun. "Je suis allé sur leurs bases à eux, en critiquant le libéralisme. Dans la Bible, le petit Jésus a l'air de préférer les pauvres aux riches ! A la fin, beaucoup de gens sont venus pour prendre contact avec moi." De cette expérience, Kuzmanovic tire un constat plus général : "Pour convaincre certaines personnes, cela implique d'aller sur le terrain de l'antilibéralisme, de la souveraineté, du patriotisme, des valeurs qui peuvent d'ailleurs être éminemment de gauche." L'éditorial du Comptoir va plus loin, appelant à "arrêter de se boucher le nez devant chaque revendication populaire qui ne serait pas de gauche", et même à "essayer de comprendre certaines demandes, notamment celles de l'électorat du FN".

Tensions dans la France insoumise

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C'est bien là le problème, pour tous ceux qui s'effraient d'un tel renversement populiste. En récupérant des valeurs d'habitude associées à la droite, en faisant des appels du pied à un électorat conservateur, en accordant des entretiens à des médias "de l'autre rive", les "populistes" braquent les partisans de l'union des gauches. "Ce qui pose problème à nombre de membres de La France insoumise, c’est de constater que Politis ou Libération sont plus mal vus au sein de la direction de leur mouvement que Causeur ou la revue Limite", synthétise le politologue Gaël Brustier dans Slate. C'est justement au magazine Politis que la députée LFI Clémentine Autain a accordé un entretien le 7 février dernier. En rupture avec la stratégie solitaire de Jean-Luc Mélenchon, elle y appelle à "agréger plus encore pour bâtir l’alternative à Macron". Et en creux, se dresse contre la stratégie populiste : "Une chose est de dire : on range les drapeaux rouges, c’est passé de mode. Une autre est de donner le sentiment qu’on jette dans les poubelles de l’histoire les acteurs et héritiers du mouvement ouvrier. Si le neuf doit dominer, l’histoire ne peut être balayée d’un revers de la main, et si l’on vise la constitution de majorités, aucune voix éprise de rupture sociale et écologiste ne peut manquer." Ces fortes réserves ont causé de sérieux remous au sein de la France insoumise, et Clémentine Autain, issue du PCF et du mouvement Ensemble !, serait de plus en plus isolée au sein du groupe de députés LFI.

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Certains sympathisants s'avouent franchement hostiles à un élargissement de la France insoumise qui irait au-delà de la gauche. C'est le cas de Jérémie Ferrer-Bartomeu, professeur d'histoire à l'université de Nanterre, qui suit de près les débats des Insoumis. "Le tournant populiste est une impasse, juge-t-il. Mélenchon est en train d'appauvrir la ligne de LFI. Il n'y a plus d'instance de consultation et de débats." Le chercheur s'inquiète surtout des nouveaux interlocuteurs récurrents des Insoumis, qu'il juge infréquentables : "Ils cherchent des alliés très à droite, la revue Limite, Natacha Polony, Olivier Berruyer (fondateur du site Les Crises, ndlr). Ce sont des signaux inquiétants." Les partisans inquiets de l'union des gauches observent également de près les choix éditoriaux du Média, la webtélé fondée par des proches de Jean-Luc Mélenchon. Récemment, l'essayiste Natacha Polony et le candidat à la présidentielle François Asselineau y ont été invités. L'économiste hostile à l'Union européenne Jacques Sapir a pris publiquement la défense de la web-TV. Autant de personnalités emblématiques du "dépassement populiste" pour les uns… et considérées comme infréquentables par les autres.

La crainte d'une jonction vers le FN

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La ligne de fracture la plus évidente entre les deux camps est ainsi celle sur laquelle s'écharpent depuis plusieurs mois Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon. Partisan de l'union de la gauche, Jérémie Ferrer Bartomeu fustige le fait que "les signaux envoyés par les Insoumis pour les élections européennes ne s'adressent pas à un électorat de gauche. Eux disent : 'nos buts convergent, on veut se débarrasser de la techno-structure européenne, peu importe si c'est avec le Front national." Et du côté des "populistes", Djordje Kuzmanovic répond que "ceux qui prétendent pouvoir appliquer leur très beau programme antilibéral dans le cadre des traités européens prennent les gens pour des imbéciles". On mesure le fossé. Un nouvel exemple en a été donné très récemment, puisque Benoît Hamon a choisi de soutenir l'intervention française en Syrie, quand Jean-Luc Mélenchon s'y est totalement opposé.

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La grande peur des militants d'une union de la gauche, qui analysent la politique à partir du clivage classique, est en fait que le tournant populiste de la France insoumise ne soit qu'une manière de camoufler une sorte de jonction des extrêmes : en somme, la France insoumise essaierait tant de répondre aux attentes d'un électorat tenté par le FN qu'elle en viendrait à furieusement ressembler au parti de Marine Le Pen. "Le problème de la stratégie de LFI, c'est qu'elle marche vite pour élargir son socle électoral, mais que pour aller plus loin, la transformation en Mouvement 5 étoiles (M5S) est la seule issue possible", tranche Jérémie Ferrer-Bartomeu. L'historien fait référence à la situation politique italienne, où le M5S, impossible à situer précisément sur l'échiquier droite-gauche, a fini premier des élections législatives… mais pourrait s'allier avec la Ligue, formation de droite dure, afin de gouverner. En Espagne, c'est Podemos, formation dont les cadres viennent de la gauche radicale, qui a expérimenté la stratégie populiste. Iñigo Errejón, son plus ardent défenseur, tient à distinguer les populismes "identifiés comme démocratiques ou progressistes" des "constructions populistes réactionnaires". Quand les premiers estiment que le peuple "repose sur une adhésion civique renouvelée de manière permanente", les seconds "se réfèrent à une forme d'identité essentielle et figée dans l'histoire". Une nuance pas forcément évidente pour le grand public, tout comme la stratégie populiste dans son ensemble. Difficile d'imposer une telle manière de voir la politique quand le clivage droite-gauche structure encore très largement les mentalités… "C'est là qu'est le défi politique, concède Djordje Kuzmanovic. Le but, c'est de montrer que le rôle de l'Etat, le rejet des politiques ultralibérales et le sens de l'universel peuvent parler à tout le monde". Aux partisans de Benoît Hamon, comme à ceux de Marine Le Pen. Il y a du boulot.

https://www.marianne.net/politique/union-de-la-gauche-ou-populisme-la-france-insoumise-hesite-et-se-dechire?_ope=eyJndWlkIjoiYWMyOWU1Y2FmYjA3MWM5ODc0NzFmNzZlMmM0NTQwMTgifQ==

samedi 7 avril 2018

Après la marche blanche pour Mireille Knoll, Jean-Luc Mélenchon allume le Crif, une "secte communautaire"

Le chef de file des Insoumis s'est lâché dans sa note de blog ce mercredi 4 avril : il y revient sur son départ forcé de la marche blanche contre l'antisémitisme, après les déclarations hostiles du président du Crif Francis Kalifat. Ce dernier est qualifié de "chef communautaire" par Jean-Luc Mélenchon, dans un texte particulièrement virulent.

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La vengeance est un plat qui se mange froid pour Jean-Luc Mélenchon. Le 27 mars dernier, à la veille de la marche blanche contre l'antisémitisme organisée en mémoire de Mireille Knoll - cette octogénaire juive assassinée - le président du Conseil représentatif des institutions juives (Crif), Francis Kalifat, prévenait que "ni Jean Luc Mélenchon et les insoumis ni Marine Le Pen et le FN" ne seraient "les bienvenus" au rassemblement. Une manière de désigner le chef de file de la France insoumise (FI) comme une personnalité illégitime pour défendre les juifs contre la haine (contre l'avis même du fils de Mirelle Knoll) qui avait beaucoup choqué, et surtout eu des conséquences : le lendemain, Jean-Luc Mélenchon avait dû quitter de manière précipitée le cortège de ce qui devait être un rassemblement consensuel, chassé par les insultes et les menaces.

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Le soir de la marche blanche, le chef du groupe insoumis à l'Assemblée avait calmé le jeu, estimant qu'il ne fallait "pas confondre 40 énergumènes avec des milliers de braves gens que compte ce pays". C'était pour mieux exprimer sa colère quelques jours plus tard, dans une note de blog décapante qu'il publie ce mercredi 4 avril. Celle-ci est quasiment intégralement consacrée à la controverse entre le Crif et les Insoumis à l'occasion de la marche blanche. Jean-Luc Mélenchon se dit scandalisé que "l’unité de la communauté républicaine" y ait été "déchirée par un particularisme communautariste arrogant et sans pudeur". L'exfiltration forcée des Insoumis présents dans le cortège l'a beaucoup choqué : il s'en prend à la Ligue de défense juive (LDJ), groupuscule ultra-violent et fortement soupçonné d'être à l'origine des heurts, qualifiée de "milice braillarde". Mais Jean-Luc Mélenchon reproche aussi aux "officiels", à la police, au cabinet du ministère de l'Intérieur d'avoir "abandonnés [les Insoumis] à la vindicte de la milice du Crif".

"Chef communautaire", "groupuscule ethnique"...

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Pour Mélenchon, les événements sont bien plus qu'un simple "incident de manif" ; des "digues symboliques essentielles" ont été rompues. "Vous avez accepté que nous soyons mis dans le même sac que l’extrême droite, dénonce-t-il. Vous avez accepté que les écharpes tricolores soient expulsées sur ordre des communautaristes." Si Richard Ferrand, le chef du groupe LREM à l'Assemblée, est salué pour avoir quitté la marche, le président de l'Assemblée François de Rugy est vilipendé pour avoir "détourné le regard", et qualifié de "tout petit bonhomme voué au parjure et aux coups bas".

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Mais c'est surtout le Crif et son président Francis Kalifat qui en prennent pour leur grade. Ce dernier serait un "chef communautaire", et l'organisation qualifiée de "secte communautaire", voire même de "groupuscule ethnique (...) se réclamant des intérêts d'un Etat étranger" ! Les positions du Crif, très favorables au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, sont en effet vilipendées par Jean-Luc Mélenchon : il estime que Francis Kalifat a "proclamé devant le pays une singularité communautaire radicale" ainsi qu'une "allégeance de principe à un gouvernement étranger et à sa politique quelle qu'elle soit". L'Insoumis va jusqu'à avancer que "Kalifat et la LDJ ont fait plus pour l’antisémitisme à cette occasion que des dizaines de basses besognes des vecteurs antisémites."

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En conclusion, Jean-Luc Mélenchon, qui avoue que "la blessure" que la polémique a ouverte en lui "ne cicatrisera pas de sitôt", se livre à une défense enflammée du modèle républicain. Réaffirmant "le soin particulier" qui doit protéger les citoyens français de confession juive contre les attaques dont ils font l'objet, il estime que "la République n’accepte pas que leur soit attribué une mise à part, même par ses propres chefs communautaires". Et réaffirme ses convictions : "L’universalisme a vaincu en France. La France n’est pas une collection d’indigènes."

Par Hadrien Mathoux

https://www.marianne.net/politique/apres-la-marche-blanche-pour-mireille-knoll-jean-luc-melenchon-allume-le-crif-une-secte?_ope=eyJndWlkIjoiYWMyOWU1Y2FmYjA3MWM5ODc0NzFmNzZlMmM0NTQwMTgifQ==

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En savoir plus sur la LDJ, un article du DECODEX, insoupçonnable par principe du moindre parti pris... :

 

La LDJ est née en France sous l’appellation « Liberté démocratie et judaïsme ». Créée sous le statut d’association en octobre 2000, elle s'est dissoute d'elle-même dès 2003, sans jamais cesser ses activités, même sans existence légale.

Essentiellement présente en région parisienne, forte de quelques dizaines de membres tout au plus, auxquels se greffent des « irréguliers » au fil des événements, elle s’inspire directement de la Jewish Defense League, créée aux Etats-Unis en 1968 par le rabbin Meir Kahane, aujourd’hui classée par le FBI comme un groupe terroriste et interdite suite à des tentatives d’attentat à la bombe contre une mosquée.

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La LDJ française a été fondée par des anciens du Betar, autre mouvement d’autodéfense juive plus ancien, dont elle a peu ou prou pris la succession. Comme la JDL, la LDJ se définit comme « une organisation sioniste, affirmant que la seule protection du peuple juif contre l’arbitraire et la violence, est Israël, état juif souverain ». Elle se donne pour mission de « protéger les juifs de France contre la violence tant verbale que physique de leurs ennemis ». Elle milite aussi pour éduquer les jeunes juifs au retour en terre d’Israël. 

En 2011, la LDJ fait polémique en proposant à ses militants de partir en Israël aider à défendre les colonies.

(...)

Comme son homologue américaine, la LDJ assume le recours à la violence. Dans sa charte, elle explique « vouloir défendre le peuple juif contre toutes les formes modernes de haine antijuive, antisémitisme, judéophobie, antijudaïsme et antisionisme », etce en maintenant « une veille tant idéologique que sportive afin de pouvoir parer à toutes menaces physiques des ennemis du peuple juif ».

Pour ce faire, la Ligue revendique donner à ses membres « un entraînement physique régulier de techniques d’autodéfense [leur] permettant de pouvoir se défendre et d’aider, le cas échéant, tout membre de la communauté en difficulté ».

Les militants, de jeunes hommes pour l’essentiel, pratiquent notamment le krav maga, technique d’autodéfense de l’armée israélienne. La LDJ ne dispose pas d’une structure très claire ni de responsables très identifiés, mais fonctionne plutôt comme une « marque » qui rallie de jeunes juifs désireux d’en découdre.

Et à plusieurs reprises, ces derniers ont été mêlés à des violences. En 2002, une dizaine de jeunes hommes sont arrêtés, porteurs d’armes blanches et de battes de base-ball, en marge d’une manifestation du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) au cours de laquelle un commissaire de police est grièvement blessé.  Le 30 décembre 2003, des étudiants d’une association propalestinienne sont attaqués au sein même du tribunal administratif de Paris par des militants proches de ce mouvement.

L'autodissolution de la LDJ, en 2003, ne l’empêche pas de poursuivre son activité. En 2009, deux lycéens d'origine maghrébine du prestigieux établissement Janson-de-Sailly, dans le XVIe arrondissement de la capitale, sont roués de coups lorsqu’ils refusent des tracts de la LDJ. La même année, une librairie qui soutenait la cause palestinienne est saccagée par des militants proches de la ligue. En 2011, une vingtaine de militants attaquent un cinéma parisien qui projette un film sur les exactions israéliennes à Gaza. La LDJ s’en est également prise à Stéphane Hessel ou à l’écrivain Jacob Cohen.

(...)

Outre les violences physiques, la LDJ développe une activité militante sur Internet. Dès 2001, le site Cpiaj (comité pour une information authentiquement juive), qui déverse caricatures et pamphlets anti-Arabes, mais aussi contre certaines personnalités de confession juive qualifiées de « vermines » pour leurs positions, est fermé suite à une série de plaintes.

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Cet aspect de l’activité de la LDJ ne va faire que s’amplifier au fil du temps. Il suffit d’aller sur la page Facebook de l’organisation pour lire des posts et des commentaires truffés de fautes d'orthographe qui qualifient les musulmans de « rats », de « racaille maghrébine » et autres propos injurieux.

Si la France n’a pas interdit la LDJ, ce n’est pas le cas, on l’a vu, des Etats-Unis, où la Jewish Defense League (JDL) est classée comme organisation terroriste. La Ligue est également interdite en Israël, suite notamment au massacre du tombeau des Patriarches : en 1994, un extrémiste israélo-américain, Baruch Kappel Goldstein, ancien de la JDL, avait tué 29 Palestiniens et blessé 125 personnes avant d’être lui-même tué.

De nombreuses organisations antiracistes, comme le MRAP, mais également des associations juives françaises demandent maintenant la dissolution de la LDJ, par exemple l’Union juive française pour la paix.

http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2014/07/23/au-fait-qu-est-ce-que-la-ligue-de-defense-juive_4461247_4355770.html

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vendredi 30 mars 2018

François Asselineau a été interrogé par Alexis Poulin sur Le Média

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Retrouvez François Asselineau en direct sur Le Media :
➡️ https://youtu.be/6siK0FTv_4o

ou sur le site upr.fr

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Un entretien cordial, sans questions- pièges, sans accusations de complotisme... Les sujets abordés: l'Union européenne, bien sûr, mais aussi l'affaire rocambolesque opposant le Royaume Uni à la Russie et le suivisme euro- atlantiste de Macron, la situation sociale en France, le rapport de la "gauche" au Frexit etc.   P.G.

 

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jeudi 29 mars 2018

Tweets sur la mort d'Arnaud Beltrame : Stéphane Poussier condamné à un an de prison avec sursis

Après ses tweets se réjouissant de la mort du gendarme Arnaud Beltrame à Trèbes, l'ex-candidat Insoumis aux législatives Stéphane Poussier a été condamné ce mardi 27 mars à un an de prison avec sursis pour apologie du terrorisme par le tribunal correctionnel de Lisieux (Calvados).

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L'affaire aura été rondement menée. Stéphane Poussier, l'ancien candidat de la France insoumise éjecté du mouvement après des tweets scandaleux se réjouissant de la mort du gendarme Arnaud Beltrame dans les attentats de Trèbes vendredi dernier, a été condamné ce mardi 27 mars à un an de prison avec sursis pour apologie du terrorisme par le tribunal correctionnel de Lisieux (Calvados).

L'homme avait été interpellé dès le lendemain des tweets en questions, dimanche à son domicile de Dives-sur-Mer, dans le Calvados. Au terme de sa garde à vue, il a été déféré devant la justice en procédure de comparution immédiate. Le tribunal a considéré que ses tweets contenaient une "présentation favorable voire très favorable" des "conséquences d'un acte terroriste", a indiqué son président Lionel Da Costa Roma. Il avait notamment écrit : "A chaque fois qu'un gendarme se fait buter (...) je pense à mon ami Rémi Fraisse (…) Là c'est un colonel, quel pied! Accessoirement, encore un électeur de Macron en moins".

Stéphane Poussier ne fera pas appel

Justice

"C'est une expression publique qui tombe sous le coup de la loi" y compris au regard de la convention européenne de droits de l'Homme, a ajouté le magistrat. Le tribunal a toutefois tenu compte du "caractère très limité dans le temps, ponctuel" de ces propos. Stéphane Poussier, ancien commercial dans la téléphonie âgé de 60 ans et aujourd'hui au RSA, a indiqué qu'il ne ferait "pas appel"de ce jugement qu'il dit "accepte(r) pleinement". A la barre comme devant la presse, il s'est excusé à plusieurs reprises auprès des proches et des collègues du gendarme pour ses propos "cruels".

Les tweets ont été unanimement condamnés par la France Insoumise, qui a indiqué l'avoir exclu dès samedi. De son côté, Jean-Luc Mélenchon a désavoué à plusieurs reprises avec force la sortie de l'ancien candidat LFI aux législatives, notamment lundi en marge d'une manifestation devant le ministère du Travail, en ces termes relayés par Le Huffington Post : "Cet abruti nous porte un dommage terrible, et c'est une souffrance pour nous que de voir quelqu'un usurper notre identité pour raconter des sottises de cette nature".

Hadrien Mathoux

https://www.marianne.net/societe/tweets-sur-la-mort-d-arnaud-beltrame-stephane-poussier-condamne-un-de-prison-avec-sursis?_ope=eyJndWlkIjoiYWMyOWU1Y2FmYjA3MWM5ODc0NzFmNzZlMmM0NTQwMTgifQ==

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mercredi 21 mars 2018

« Sortir du nucléaire civil » ou … sortir de l’UE et de la « défense euro-atlantique » ?

TRIBUNE LIBRE / PRCF

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Quoi qu’on pense sur le fond de la question du civil en France (et le PRCF a pris position sur ce sujet dans le programme adopté à l’unanimité par la conférence nationale de 2011), est-il bien raisonnable pour nos camarades de la de centrer leur activité actuelle sur cette thématique alors que…

  • La destruction et la privatisation d’EDF battent leur plein au nom de la « construction européenne », et que la mise en place hautement discutable des compteurs « Linky » est inséparable de la casse du service public de l’ ? En particulier, est-il indispensable de faire chorus avec - les Verts, qui a toujours combattu en tant que tel sous l’égide d’un Cohn-Bendit ?
  • Macron est en train d’araser tout le socle social issu de 68, de 45 et de 36 en attaquant « tous ensemble et en même temps » le Code du travail, les statuts, l’hôpital public, la SNCF, le lycée, le bac national, l’enseignement professionnel public, les qualifs et les diplômes nationaux qui fondent les conventions collectives salariales, l’indemnisation du chômage, et qu’une grande manif se prépare le 22 mars à laquelle tous les militants progressistes – politiques ou syndicalistes – se doivent d’accorder une priorité absolue ?
  • Faire la cour à EELV, qui a sombré avec Hollande, après avoir littéralement aboyé pour l’intervention militaire et/ou pour les ingérences occidentales en Libye, en Syrie, en Ukraine, non sans avoir agoni d’injures le Venezuela bolivarien et Cuba. Flirter avec EELV est peut-être bon pour construire on ne sait quelle liste européenne (la faire gagner, c’est autre chose), mais cela ne peut qu’indisposer les dizaines de millions d’ouvriers et d’employés qui en ont plus qu’assez de la casse de la France et de la « construction » européenne que portent aux nues les EURO-FEDERALISTES prétendument « verts » ;
  • EELV est notoirement partisan d’une Europe des régions « dépassant » le cadre national et qui ressemble furieusement à l’euro-régionalisation de la France que Macron veut graver dans la constitution avec son « pacte girondin » et son inscription de la Corse dans la constitution.

    pcnr

  • seule une France franchement insoumise à l’UE, s’engageant fermement dans la construction d’une République sociale, souveraine et fraternelle, pourrait fédérer la MAJORITE de notre peuple, offrir une véritable alternative à Macron et aux Le Pen, et mettre enfin « le monde du travail au centre de la vie nationale », comme y appelait le CNR*.
  • Certes, l’attitude ultra-européiste, des directions syndicales confédérales et du PCF-PGE n’aide pas à orienter l’ « insoumission » vers le Frexit progressiste et révolutionnaire. Raison de plus pour tous les militants franchement communistes, mais aussi pour les insoumis qui veulent vraiment stopper Macron, pour appeler ensemble – comme l’avait pourtant fait JLM au congrès de Clermont-Ferrand, à « briser les chaînes de l’Union européenne ».

Or, comme son nom l’indique, « Europe-Ecologie-les Verts » n’est rien d’autre, comme la Confédération européenne des syndicats ou comme le Parti de la gauche européenne, que conteste à juste titre le Parti de gauche, que l’une de ces chaînes !

 

 

https://www.initiative-communiste.fr/articles/europe-capital/sortir-du-nucleaire-civil-ou-sortir-de-lue-et-de-la-defense-euro-atlantique/?ct=t(RSS_EMAIL_CAMPAIGN)

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*"comme y appelait le CNR": le CNR rassemblait des mouvements au- delà du clivage "droite- gauche", seul moyen pour libérer la France! Sinon, je suis plutôt d'accord sur le diagnostic concernant les partis et syndicats européistes, en particulier EELV ou la CES....   P.G.

jeudi 8 mars 2018

Le Média peine à prouver son insoumission à la France insoumise de Mélenchon

Quand un salarié de "Le Média" fait tomber en direct un cache de son ordinateur, révélant des autocollants de la France insoumise, la scène est drôle mais pas seulement : elle est symptomatique de la difficulté pour l'équipe de la web-télé à gagner ses galons d'indépendance vis-à-vis du mouvement de Jean-Luc Mélenchon.

ACT LE MEDIA

La portée symbolique de cette scène cocasse saute aux yeux. Ce lundi 5 mars, l’équipe de "Le Média" répond en direct sur YouTube aux questions des "socios", les abonnés de cette web-télé de gauche lancée en janvier. Aux côtés de la présidente de l’entreprise, Sophia Chikirou, se trouve le responsable des réseaux sociaux, Mathias Enthoven. Et soudain, c'est le drame : un cache scotché au dos de l’ordinateur du jeune homme se décolle, laissant voir… des stickers de la France Insoumise. Flagrant délit, se sont amusés beaucoup d'observateurs sur les réseaux sociaux, qui y ont vu la preuve ultime de ce qu’ils clament depuis les débuts de Le Média : en fait de journalisme, ce n'est qu'un outil d’influence au service de Jean-Luc Mélenchon.

Si la drôlerie de la scène, notamment la mine du jeune homme quand il tente de retenir le cache de son ordinateur, ne peut qu’alimenter l’idée d’une dissimulation subitement percée à jour, les socios les plus investis ne manqueront pas de rappeler que les liens de Mathias Enthoven avec la France Insoumise n’ont rien de secret. Il fait en effet partie de l’équipe numérique de Jean-Luc Mélenchon depuis 2012. Pendant la campagne présidentielle de 2017, il a été un des responsables de sa campagne numérique, ce qu’il met bien en évidence sur son compte Twitter.

Reste que cette péripétie attire l’attention sur l’équilibre fragile qui soutient le projet depuis son manifeste de lancement, publié le 25 septembre dernier dans Le Monde. La web-télé se présente comme un média de toute la gauche, assure de son indépendance par rapport aux forces d’argent mais aussi aux partis politiques… tout en étant portée par des très proches de la France insoumise. Sophia Chikirou a été la directrice de communication de la campagne de Jean-Luc Mélenchon et n’imagine pas arrêter de militer, comme elle l’a récemment expliqué à Marianne. Quant à Gérard Miller, autre fondateur et président de l’association adossée au projet, il n’a jamais caché son soutien au député.

Assistante parlementaire FI et salariée du Média

Dans l’équipe logistique du Média, de nombreux autres noms sont également bien connus des suiveurs de la campagne Mélenchon : Manon Monmirel est la suppléante du député Eric Coquerel, dont elle est également assistante parlementaire à temps partiel ; Michel Mongkhoy, l’ingénieur informatique, est le suppléant de la députée Danièle Obono ; Maxime Viancin, chargé du graphisme, s’est auparavant occupé des logos du candidat à la présidentielle ; Julie Maury et Romain Spychala ont participé aux « Jours heureux », la web-radio des Insoumis. Si l’équipe journalistique, en revanche, n’a pas de liens connus avec la France insoumise, ces connexions peuvent expliquer l’exposition médiatique du "pure player", disproportionnée par rapport aux 20.000 vues quotidiennes que génère le Journal diffusé tous les jours à 20h.

De son côté, la France Insoumise peine à faire la preuve de son étanchéité vis-à-vis du Média. Ce lundi, le député FI Alexis Corbière, interrogé par BFMTV sur l’éviction de la présentatrice du Média Aude Rossigneux, a eu beau répéter n’avoir « rien à voir » avec cette web-télé "indépendante", il s'est contredit tout seul en se montrant prêt à entrer dans les détails du dossier pour défendre l’entreprise. Quand Jean-Jacques Bourdin a affirmé que l’ex-présentatrice avait travaillé cinq mois en n'étant payée qu’un mois, la réponse du député – « C’est le cas de toute l’équipe » – a ainsi témoigné d’une bonne connaissance de la cuisine interne du média, jusque dans ses ressources humaines !

Mail de soutien de Mélenchon

Selon Mediapart, Jean-Luc Mélenchon ne s'est d'ailleurs pas privé d'envoyer le 11 janvier dernier un email à l’ensemble des membres de la France Insoumise – 500.000 personnes, tout de même – pour les inciter à soutenir la web-télé. « Avec moi de nombreux Insoumis, femmes et hommes qui animent notre France insoumise se mobilisent pour le succès de cette initiative (…) Je vous propose de m’accompagner pour être dans les premiers à permettre que Le Média existe. Et nous y parviendrons, j’en suis certain. », écrivait-il.

Pour l'heure, le choix des invités confirme le tropisme mélenchonien. Les Insoumis Thomas Guénolé ou Adrien Quatennens ont ainsi déjà eu droit à leur interview en tête-à-tête, alors qu'aucun élu de La République en Marche ou de Les Républicains n’a encore été reçu. Dans la mesure où le débat d’idées figure parmi les marqueurs affichés de la chaîne, ce n'est pas anodin. Plus globalement, les premières semaines ont surtout donné à voir des confrontations idéologiques réduites à la gauche, voire à la seule gauche critique. Le 15 février, une émission animée par la journaliste Aude Lancelin a par exemple été consacrée à la réforme éducation du gouvernement, en présence de l’Insoumis Paul Vannier, d’Aurélie Filippetti – désormais coordinatrice du mouvement Génération.s de Benoît Hamon – et de Raphaël Giromini, professeur de mathématiques et membre… du Nouveau parti anticapitaliste (NPA).

Interrogée par Marianne à ce sujet, la direction du Média a expliqué vouloir recevoir prochainement des responsables de partis du centre et de la droite, ainsi que des éditorialistes libéraux. Eric Brunet aurait déjà donné son accord, tandis que l’invitation d’élus FN est encore en discussion. Selon Gérard Miller, une prochaine émission sera par ailleurs consacrée aux comptes de campagne de Jean-Luc Mélenchon… en présence de deux journalistes de Radio France auteurs d’une enquête sur le sujet. Les mêmes qui ont été récemment qualifiés de « bras cassés » et de « CIA médiatique » par le député de Marseille.

https://www.marianne.net/politique/le-media-une-insoumission-aux-insoumis-qui-reste-construire?_ope=eyJndWlkIjoiYWMyOWU1Y2FmYjA3MWM5ODc0NzFmNzZlMmM0NTQwMTgifQ==

fake-news ANNONCE

Après Eric Brunet et Marine Le Pen, ne manquez pas le prochain entretien "en tête à tête" de François Asselineau dans Le Média, suivi d'un débat entre le président de l'UPR et Jean- Luc Mélanchon sur le FREXIT.   P.G.

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Oligarques : La population ne doit pas se tromper d’adversaire

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Un exemple d'intelligence critique et "en même temps" de récupération politique en faveur de médias, syndicats et partis qui, concrètement, de mon point de vue, sont au moins objectivement complices des méfaits oligarchiques qu'ils dénoncent, de par leur refus de rompre avec l'Union européenne, premier vecteur de cet "antisocial" fort justement dénoncé ici. Le titre de l'article me semble donc éminemment trompeur!      P.G.


 

TL GUENOLE

Après La mondialisation malheureuse, le politologue et essayiste français Thomas Guénolé publie Antisocial, livre dans lequel il décrit le processus de destruction systématique du modèle social français au profit de 10 % de la population. Aussi percutant qu’inquiétant, son nouvel ouvrage dresse le bilan des politiques publiques de ces 30 dernières années et interroge : alors que les droits de 90 % des citoyens et des citoyennes reculent et continuent d’être attaqués, verra-t-on à nouveau étudiants, agriculteurs, ouvriers, cheminots, fonctionnaire etc. se tendre la main pour résister ?

L’Antisocial paraît ce 1er Mars 1er aux Editions Plon. Mr Mondialisation a échangé avec l’auteur.

Mr Mondialisation : Après « La Mondialisation malheureuse », vous publiez un nouvel ouvrage, consacré à la régression des droits sociaux en France. Qu’est-ce que l’« Antisocial » ?

Thomas Guénolé : L’Antisocial, c’est le processus politique actuel de destruction du modèle social français. C’est un travail au bulldozer. Les conditions d’indemnisation des chômeurs sont de plus en plus durcies. Les protections des salariés sont de plus en plus affaiblies. La possibilité réelle de manifester est amoindrie par diverses techniques policières. Le droit de grève est remis en cause, notamment en obligeant les fonctionnaires à se dénoncer quand ils comptent faire grève. L’accès aux soins de l’hôpital public pèse de plus en plus lourd dans le budget des plus pauvres. Les retraites baissent et l’âge auquel on peut les toucher recule. La machine éducative reproduit de plus en plus les inégalités sociales de départ. Les prélèvements obligatoires les plus équitables, c’est-à-dire plus lourds dans le budget des plus privilégiés, baissent, tandis que les prélèvements obligatoires les plus injustes, c’est-à-dire plus lourds dans le budget des plus démunis, augmentent. Les conditions de travail de nombreux fonctionnaires se dégradent au point de mettre en danger leur santé et de démolir la qualité du service. Le mal-logement s’enracine profondément dans notre société et frappe plus violemment les plus jeunes. Les habitants des banlieues pauvres sont systématiquement plus durement touchés que les autres par les maux du pays : en particulier le chômage, la précarité et la criminalité. La population rurale est lentement abandonnée à un inexorable isolement par la fermeture progressive des services publics et des commerces de proximité. Bref, l’Antisocial, c’est un grand mouvement « en marche arrière ».

 

 

Guerre sociale - 2

L’antisocial, c’est un grand mouvement « en marche arrière »

 

 

Mr Mondialisation : Les 10 chapitres de votre livre décrivent, dans différents secteurs – santé, éducation, retraites, chômage, etc. –, ces attaques successives contre les acquis sociaux. Ces attaques sont-elles toutes animées par une même idéologie ?

 

Thomas Guénolé : Oui. Cette idéologie est souvent appelée « néolibéralisme ». Je pense que c’est une erreur. D’abord, le préfixe « néo » est inapproprié, car il s’agit à chaque fois de revenir en arrière : revenir à moins de protections sociales, revenir à moins de droits des salariés, revenir à moins de services publics, revenir à moins d’entreprises publiques, revenir à moins d’Etat régulateur, revenir à moins de redistribution des richesses… Ensuite, tout cela n’est même pas « libéral » ! Car en fait, les pères du libéralisme n’ont jamais été pour la transformation de l’économie en un Monopoly géant entre une poignée d’oligarques. Dans sa Richesse des nations, Adam Smith s’insurge contre les coalitions de patrons pour maintenir bas le niveau des salaires et pour briser par la force les protestations des ouvriers. Quant à l’argument des bienfaits des privatisations et de la mise en concurrence, en réalité le père de cette théorie, Léon Walras, a écrit noir sur blanc que pour tout ce que l’Antisocial privatise en priorité – le rail, les routes, l’eau… – il vaut mieux un grand monopole d’Etat ! Autrement dit, il y a usurpation du vrai libéralisme. La véritable idéologie de l’Antisocial, c’est l’oligarchisme, au sens d’Aristote : gouverner la Cité au bénéfice d’une toute petite minorité, l’oligarchie, et au détriment de la grande majorité, c’est-à-dire tous les autres.

Car il faut bien comprendre que toutes ces grandes réformes ont en commun de profiter au petit nombre des oligarques et de nuire à l’intérêt du reste de la population. Moins de protection des salariés, plus de pression sur les chômeurs, cela leur donne une main d’œuvre moins coûteuse et plus facile à pressurer. Privatiser les services publics – hier l’aviation civile, aujourd’hui La Poste, demain la SNCF –, cela leur permet de s’y tailler des grands oligopoles en situation de rente : voyez ce qui s’est passé pour la téléphonie. Faire reculer la redistribution des richesses, cela leur permet de payer massivement moins d’impôts : voyez la réforme récente de l’ISF, qui leur rend des milliards. On a donc bien affaire à un régime politique de facto oligarchique.

Mr Mondilisation : Les différentes réformes que vous énumérez sont toujours accompagnées du même discours : celui de la modernité, celui de la nécessaire adaptation aux nouvelles conditions économiques nationales et mondiales. Un autre modèle – et vison du monde – est-il possible ?

Thomas Guénolé : L’Antisocial est un projet d’aggravation de l’injustice, d’aggravation des inégalités, et de dérive autoritaire de l’exercice du pouvoir. Il s’accompagne donc du mantra « Il n’y a pas d’alternative ». Ce mantra sert à prétendre que la montée de l’injustice serait inévitable, et à justifier les multiples passages en force par le fait que si vous n’êtes pas d’accord, c’est parce que vous n’avez pas compris. C’est d’ailleurs pour cela qu’invariablement, face aux contestations et aux mobilisations, les gouvernements successifs disent qu’ils vont faire de la « pédagogie ». Là encore ça signifie qu’il n’y aurait pas d’alternative, qu’il n’y a que le chemin de toujours plus d’inégalités, et que si vous refusez, c’est que vous n’êtes pas raisonnable.

 


 

« Si vous refusez, c’est que vous n’êtes pas raisonnable. »

 


 

Or, en réalité, un autre chemin est possible. Au lieu d’aller toujours plus loin dans les inégalités, on peut choisir d’aller toujours plus loin dans le partage. Au lieu d’aller toujours plus loin dans le pouvoir autoritaire, on peut choisir d’aller toujours plus loin vers la démocratie directe. Au lieu d’aller toujours plus loin dans le productivisme, on peut choisir d’aller toujours plus loin dans l’écologisme. Au lieu d’aller toujours plus loin dans l’intérêt de l’oligarchie, on peut choisir d’aller toujours plus loin dans l’intérêt du collectif. Je suis profondément convaincu que le grand face-à-face politique de notre siècle est entre d’un côté l’oligarchisme, et de l’autre une démocratie totale : démocratie directe politique, démocratie sociale sous la forme de services publics autogérés, démocratie économique sous la forme des coopératives ; le tout complété par une « règle verte » de transition écologique complète de l’économie du pays et un respect extrêmement exigent de la Déclaration universelle des droits de l’Homme.

Mr Mondialisation : On peut avoir le sentiment que les mouvements sociaux sont désormais désorganisés, qu’ouvriers, étudiants, agricultures, fonctionnaires etc. ont l’impression d’avoir des intérêts divergents à défendre, si bien que les divisions priment sur l’action collective. Qu’en pensez-vous ?

Thomas Guénolé : Il y a effectivement un manque de front commun social. Or, je montre dans Antisocial que l’histoire du 20ème siècle nous apprend ceci : à chaque fois qu’il y a un tel front commun, l’oligarchisme est battu et les conquêtes démocratiques avancent. C’est systématique. La journée de huit heures a été obtenue par une menace de grève générale en 1919. Les grandes conquêtes sociales des accords de Matignon, à l’époque du Front populaire, ont été obtenues par la grève générale de 1936. L’augmentation spectaculaire des salaires et les grandes libertés syndicales des accords de Grenelle ont été obtenues par la grève générale de Mai 68. C’est une leçon toujours d’actualité : deux ou trois semaines de grève générale suffisent pour vaincre sur le front social. A contrario, quand en 2016 ou en 2017 il y a des manifestations mais pas de grandes grèves massives, l’Antisocial gagne.

Mr Mondialisation : Cette division est-elle alimentée par les gouvernements successifs ?

Thomas Guénolé : Bien sûr. Les gouvernements successifs passent leur temps à monter les victimes de l’Antisocial les unes contre les autres. Ils opposent les salariés précaires aux « privilèges » des fonctionnaires, alors qu’en réalité le statut des fonctionnaires a été créé après Vichy pour que les administrations soient à l’abri des pressions du pouvoir politique pour garantir que la République reste RépubliqueIls opposent les salariés du privé au statut des cheminots, alors que c’est précisément leur statut qui a permis plusieurs fois aux cheminots de protéger nos droits à tous en lançant de grandes grèves ferroviaires. Ils opposent les « usagers pris en otages » aux grévistes qui sont accusés de défendre des privilèges, alors qu’en réalité souvent les grévistes défendent les droits des salariés du privé. Ils opposent les Français aux immigrés et aux réfugiés, alors que notre pays, sixième pays le plus riche du monde, est largement assez prospère pour bien traiter à la fois les autochtones et les immigrés. Cette technique est tellement ancienne qu’elle a son propre proverbe très ancien : « Diviser pour régner ». La grande masse de la population ne doit pas se tromper d’adversaire : le problème, ce sont les oligarques.

 


 

« Les gouvernements successifs passent leur temps à monter les victimes de l’antisocial les unes contre les autres. »

 


 

Mr Mondialisation : Vous estimez que les médias dominants sont également en cause et légitiment le discours « réformateur » ?

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Thomas Guénolé : Oui. Ces trois dernières décennies, les grands médias privés audiovisuels et de la presse écrite sont devenus un vaste oligopole tenu par une poignée de milliardaires. C’est un fait. Or, presque tous ces médias perdent de l’argent. Si ces oligarques les conservent, c’est donc qu’ils en attendent un retour sur investissement qui, s’il n’est pas financier, est nécessairement un pouvoir d’influence. De fait, qu’il s’agisse de leurs grandes chaînes d’information privées, de leurs grandes radios ou de leurs grands titres de presse, la ligne politique exprimée, par exemple par leurs éditorialistes et par les économistes qu’ils choisissent d’inviter en priorité, est toujours la même : il n’y a pas d’alternative, il faut enlever des protections aux salariés, il faut durcir le traitement des chômeurs, il faut privatiser les services publics, il faut que l’État régule moins l’activité économique, il faut moins de fonctionnaires, etcCe matraquage d’un catéchisme antisocial constitue un feu roulant de propagande pour obtenir la résignation du plus grand nombre à la démolition du modèle social français. C’est ce que Noam Chomsky et Edward Herman appellent le modèle de propagande dans La fabrication du consentement. Je fais mien ce cadrage théorique dans Antisocial.

 


 

« La ligne politique exprimée est toujours la même : il n’y a pas d’alternative. »

 


 

Mr Mondialisation : La précarisation touche 90 % de la population selon vous, pendant que les 10 % les plus riches profitent de l’ « Antisocial ». Malgré ce que vous décriviez précédemment, les conditions sont-elles réunies pour voir éclore un nouveau mouvement social d’ampleur ?

Thomas Guénolé : Les conditions objectives d’un changement de système politique, économique et social sont réunies, puisque les perdants de la mise en œuvre de l’Antisocial sont déjà majoritaires. Cela explique qu’au référendum français de 2005 sur le traité européen rendant obligatoire les politiques antisociales, ou sur le maintien du Royaume-Uni dans ces traités antisociaux, le peuple dans les deux cas ait voté majoritairement « Non ».

MANIF RETRAITES SEPT17

Sur le front social, les deux grands problèmes sont de combattre la résignation qui s’empare du plus grand nombre sous l’effet de la propagande médiatique, et de surmonter les divisions dans le monde syndical entre ceux qui sont prêts aux grandes grèves et ceux qui préfèrent négocier avec l’Antisocial – alors que ce dernier avance au bulldozer. Concernant la question médiatique, il faut développer de plus en plus massivement des médias généralistes d’alternative au système : Le Monde Diplomatique, Le Média, Arrêt sur images, Alternatives Economiques, Mister Mondialisation, notamment, sont des exemples pionniers. Concernant la question syndicale, les adhérents des syndicats doivent prendre leurs responsabilités : ils doivent porter à leur tête des équipes déterminées à orchestrer de grandes grèves comme celles de 1936 ou de 1968.

Sur le front politique, il faut développer de grands mouvements ouverts militant à la fois dans les batailles électorales, dans les batailles sociales de terrain, et dans la bataille des idées partout où il y a espace de débat public. Podemos en Espagne, la France Insoumise en France, la transformation en cours du Labour britannique de Jeremy Corbyn en mouvement à la fois politique et social, entre autres, sont des modèles de cette évolution nécessaire.

Source :

https://mrmondialisation.org/la-population-ne-doit-pas-se-tromper-dadversaire/

https://aphadolie.com/2018/03/07/oligarques-la-population-ne-doit-pas-se-tromper-dadversaire/

mardi 20 février 2018

« Un cas de tartufferie insoumise: quand Quatennens veut une autre Europe, avec ou sans Hamon »

TRIBUNE LIBRE / par Bruno Adrie

TL QUATENNENS MELUCH

Dans un tweet daté du 14 février, le petit coq Quatennens répond à Benoît Hamon qui l’a invité à le rejoindre sur le rafiot PS, à condition qu’il abandonne l’idée de sortir de l’Europe. Très touché par l’invitation mais décidé à ne pas jouer les seconds couteaux sur une embarcation prise dans les algues flottantes de la Mer des Sarcasmes, le député coupé en brosse – à reluire – l’a invité à son tour à monter à bord de l’arche insubmersible des Insoumis et à se placer, de facto, sous les ordres du capitaine Mélenchon le navigateur en eaux troubles,  en affirmant au “cher Benoît Hamon” que leur projet n’est pas de sortir de l’Europe mais de la refonder en l’extirpant “de la camisole des traités actuels”.
Photo : tweet daté du 14 février 2018 sur le compte d’Adrien Quatennens.
Adrien Quatennens semble à son aise au milieu des brumes stagnantes du mensonge! Il fallait oser joindre ses convictions de gosier au chant des sirènes d’une Europe sociale qui n’aura pas lieu. Car tout de même, comment peut-il omettre le fait que l’Europe est, à l’origine, un projet américain financé par les seuls Américains, que la monnaie unique européenne est un vieux rêve de Wall Street et que l’Europe est une grosse éponge imprégnée de tous les sucs du lobbying? Le tout, bien entendu hermétiquement emballé dans le cercueil de plomb d’une OTAN qui vient de réaffirmer sa volonté de régner nos destinées militaires c’est-à-dire sur nos destinées tout court. Mais Adrien Quatennens a peut-être un plan pour prendre le pouvoir au sein de cette organisation bienfaitrice, à l’image de son alter ego ibérique, catogan et barbichu, Pablo Iglesias…
En bon coq au plumage moiré ondoyant dans le faux jour d’une insoumission brevetée et confisquée aux insoumis authentiques, le caquetant Quatennens fait comme si rien n’avait jamais été écrit sur la question, comme si les traités pouvaient disparaître alors qu’ils ne disparaîtront pas (puisqu’il n’obtiendra jamais l’unanimité au sein de l’Union), comme si les banquiers et les hommes d’affaires allaient renoncer à leurs leviers du Transatlantic Business Dialogue ou de l’European Round Table, comme s’il allait pouvoir tordre le bras du libérateur américain, venu – faut-il le rappeler – un peu tard, en 1944, pour affronter les 32 divisions bancales qu’un Reich à bout de souffle avait éparpillées sur la façade atlantique (de la France à la Hollande), pendant que les Russes aplatissaient – à un rythme un peu trop soutenu – les 185 divisions que le Furax à visière originaire de Braunau-am-Inn leur avait destinées.
Sans vouloir le surcharger dans la tâche qui lui incombe de parler beaucoup et en vain sous les sunlights d’une assemblée prise dans les griffes d’une dictature de cinq ans renouvelables par gogos à mains coincées dans les urnes, je lui conseillerai de lire les travaux d’un Raoul-Marc Jennar par exemple, un monsieur qui en saura toujours plus que lui sur l’Europe et qui, contrairement à lui, ne cherchera jamais à nous faire prendre les vessies pour des lanternes.
Etant alors plus informé sur l’Europe, peut-être prendra-t-il conscience du caractère indécent d’une correspondance, même succincte, avec le timonier d’un PS tournoyant, privé de gouvernail et aspiré par les glouglous d’une politique de caniveau dans laquelle le surfeur d’argent Macron lui-même, pourtant spécialiste en aerials, cut-back et autres figurent retournantes et hawaïennes, est en train de s’enfoncer dangereusement.
En espérant que ces sportifs virevoltants plongeront un jour la tête la première dans les trous de coraux qui sans eux ne serviraient à rien et qu’ils rendront l’âme, leurs sales âmes asphyxiées, sous les vagues bleutées transpercées de rayons
Ah, le monde du silence…
 
Bruno Adrie
 http://www.librairie-tropiques.fr/2018/02/l-europe-des-cabris.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

dimanche 11 février 2018

Vidéo du jour: Frédéric Lordon et la ligne de l'UPR

F. Lordon sur la même ligne que l' UPR et M. Asselineau

https://www.youtube.com/watch?v=aWArJCAmiqw

VID LORDON UPR

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Dans ce montage, l'auteur nous montre les points de convergence entre les propos de l'économiste Frédéric Lordon et les objectifs de l'UPR, et c'est en effet saisissant. Toutefois, au risque de "refroidir" l'enthousiasme de certains, il convient de rester prudent, comme je l'ai montré dans cette publication sur Frexit-Limousin:

http://www.frexit-limousin.fr/archives/2017/11/22/35887701.html

Extraits de propos de M. Lordon:

"Seule une révision des traités propre à instituer un véritable parlement, auquel serait rendue l’intégralité des domaines de décision actuellement hors d’atteinte de toute redélibération souveraine, est à la hauteur du projet de rendre l’Europe démocratique"

ou encore

"oui, défaire un arrangement international, si désastreux soit-il, emporte la possibilité de la régression nationaliste, et s’il y a plusieurs façons de sortir de l’euro, toutes sont loin d’être également bonnes.

C’est bien pourquoi la stratégie de l’« union de tous les souverainismes » est le commencement de la perdition"

Extrait de mes commentaires:

[5] "la stratégie de l’« union de tous les souverainismes » est le commencement de la perdition" : voilà bien le fondement de cet article: faire obstacle à toute stratégie de type CNR (Conseil national de la Résistance), à savoir se donner réellement les moyens de libérer le pays, et par conséquent les classes populaires que l'auteur prétend défendre, par une stratégie d'alliance au- delà du clivage droite- gauche.

[6] "le Brexit, pourtant prototype d’une sortie par la droite, à forts relents nationalistes même": l'auteur donne des leçons aux électeurs de gauche en Grande Bretagne qui ont voté pour le BREXIT, sans compter les syndicats et une partie du Labour!

J'avais ajouté un commentaire trouvé sur le site "les crises", qui me paraissait bien résumer la teneur de cet article faussement "radical":

"Fascinant cet article dans lequel Lordon prétend à la fois critiquer le “réflexe épidermique que témoigne la persistante chimère de « l’autre Europe »”, tout en appelant lui-même de ses voeux “un « Nouveau projet européen »” quelques lignes plus bas."

P.G.

mardi 16 janvier 2018

Une fin d'année étrange et inquiétante à la France insoumise

Ou comment gauche bien-pensante et gauchisme sont un frein au rassemblement majoritaire.

tribune libre/Jacques COTTA

TL MIGRANTS

Alors que la parole du groupe parlementaire et particulièrement de Jean Luc Mélenchon est sans équivoque sur nombre de points, on voit ici ou là des prises de position contradictoires qui sèment le trouble et qui inévitablement tendent à la dislocation, à l’éclatement. Derrière cette réalité, la FI comme cadre de regroupement majoritaire est menacée. Dans un papier paru sur notre site il y a quelques semaines, « Réflexions sur mouvement vs parti » (http://la-sociale.viabloga.com/news/reflexions-sur-mouvement-vs-parti)  Tony Andreani posait les enjeux. Un peu plus tard, dans un papier concernant « l’émission politique » de France 2 dans laquelle Jean Luc Mélenchon était l’objet d’attaques violentes, je tentais d’illustrer le propos à partir de la question centrale de la laïcité et des contradictions entre les principes élémentaires définis par JLM et les positions défendues par Danièle Obono. On trouvera « La FI cible de l’oligarchie qui tape parfois là où ça fait mal » à l’adresse suivante (http://la-sociale.viabloga.com/news/la-fi-cible-de-l-oligarchie-qui-tape-parfois-la-ou-ca-fait-mal). Aujourd’hui, avec l’immigration et l’existence des migrants, c’est un autre sujet qui éclate à la figure de la FI et qui repose la même question : est-il possible de construire quelque chose de solide sur un socle défini comme « gazeux » ?

Quelle politique migratoire ?

La question n’est pas secondaire car les phénomènes auxquels on assiste aujourd’hui pourraient bien s’amplifier considérablement dans les temps qui viennent. Aussi la réponse politique qui y est apportée prend une place de premier plan.

Une manifestation avait lieu samedi 16 décembre à la frontière italienne en soutien aux migrants. Une initiative qui à priori pouvait être comprise comme une bataille contre l’Etat pour qu’il respecte la loi vis à vis des demandeurs d’asile : instruction des dossiers, traitement humain, prise en charge des mineurs isolés, hébergement en dur, soins, accueil le temps d’obtenir une réponse permettant soit de rester, soit de quitter le territoire, renforcement des services publics tant pour assumer ces tâches que pour aider l’ensemble de la population, unifier dans leur préoccupations migrants d’une part, salariés d’autre part à partir de leurs intérêts communs, etc… Bref, une initiative politique mettant l’état et le gouvernement face à leurs responsabilités à partir d’une préoccupation humanitaire bien légitime.

En réalité, il n’en n’a rien été. La « gauche de la gauche », dans la foulée de la « gauche » bien-pensante des beaux quartiers, préfère exonérer de leurs responsabilités les responsables de cette situation. Dans le compte rendu de cette initiative, on peut en effet lire : « Menton « perle de France » : « Nous détruirons toutes les frontières ! » Et un peu plus loin « Oui, les casseurs et les clandestins étaient là. Casseurs de frontières, briseurs des chaines de l’esclavage et de l’exploitation. ClandestinEs d’un ordre qui discrimine et qui tue, qui enferme et sépare. TouTEs  migrantEs ! ». Ainsi, sans se priver de l’écriture inclusive à la mode qui rend un peu plus ridicule la prose d’usage, voilà la « gauche de la gauche », forte de 800 manifestants venus de plusieurs coins de France, qui réclame la mise à bas des frontières, de l’Etat, et donc de fait, qui revendique comme seul moyen de régulation l’UE dont on connaît les penchants pour la destruction des Nations au nom d’un libéralisme à toute épreuve

Que le NPA, le PCF ou autres associations pour qui il y a là un fonds de commerce à défaut d’une politique réelle opposée à Macron et son gouvernement soient de la partie, pas grand-chose d’étonnant. Mais surprise, la FI des alpes maritimes fait partie du lot. Comment cela est-il possible ? Voilà où mène le rassemblement basé sur « l’homogénéité d’actions » et non sur « l’homogénéité de la pensée ». D’un côté Mélenchon à l’assemblée nationale qui défend une ligne claire, nette, et fort juste sur la souveraineté nationale, sur la Nation, sur la défense, sur l’UE et la rupture avec les traités, etc…* De l’autre, au nom de la FI, des groupes qui se retrouvent avec ce qu’il y a de plus décomposé politiquement sur une orientation opposée à celle de Mélenchon, qui aspirent à réaliser –sans même s’en rendre compte pour certains- les vœux de la finance et du capital financier dont les ambitions sont sans limites et qui définissent, pour atteindre leur objectif, l’état et les nations comme des obstacles à abattre.

La FI menacée

Il n’y a pas d’un côté les courants sensibles à la souffrance humaine, de l’autre ceux qui y seraient indifférents. Non, il y a deux positions diamétralement opposées sur la question migratoire qui recoupe les sujets de fond.

  •  D’une part la bataille politique qui dégage les responsabilités de cette situation et s’attaque aux causes des mouvements migratoires :

-la responsabilité de nos gouvernements successifs engagés dans des guerres à travers le monde qui jettent des millions d’êtres humains sur les routes ou les mers.

-la responsabilité de nos gouvernements qui font du commerce le but ultime de toute existence humaine, notamment avec l’UE, le CETA ou le TAFTA.

-la responsabilité de nos gouvernements qui ne disent mot sur les pillages de ressources qui impose l’exil à des populations entières.

-la responsabilité des gouvernements des grandes puissances qui tout en réprimant souvent nient le droit des peuples poussés à migrer à posséder leur propre nation, à décider, à diriger leurs affaires.

  • D’autre part la substitution d’un soit-disant « humanitarisme » en lieu et place de la bataille politique, comme si l’humanitaire pouvait tenir lieu de politique.

-Etrange « humanitarisme » qui clame que « les migrants sont une chance pour la France ». L’égoÏsme n’aurait donc aucune limite, puisque est ainsi transformé le malheur des immigrés en bonheur des français. Car pour eux, quelle est la chance de se retrouver ici ? Quel avenir sinon de renforcer les bataillons de chômeurs au profit d’une politique patronale qui cherche toujours les salaires à la baisse, sur les chantiers, dans le bâtiment, ou dans la cueillette de fruits par exemple ? Qui peut considérer sérieusement que « la porte de la chapelle » ou les trottoirs parisiens sont un avenir enviable, souhaitable ?

-Etrange humanitarisme qui fort égoïstement se retranche derrière ce que les migrants pourraient nous apporter, sans s’interroger une seconde sur le pillage intellectuel de leur nation que représentent ces mouvements migratoires, après d’ailleurs qu’aient été pillées sans retenue leurs ressources naturelles.

-Etrange humanitarisme qui refuse de lier les migrations à nos capacités en termes d’emplois décents et correctement rémunérés, à notre réindustrialisation, à notre politique de logement, au développement de nos services publics, à notre politique éducative et d’alphabétisation, etc… 

La question des frontières, de la nation, de notre souveraineté est bien centrale. Elle conditionne notre capacité à répondre comme nous l’entendons aux défis posés par les mouvements migratoires.

  • D’une part en appliquant les lois de la république, notamment en ce qui concerne l’accueil des mineurs isolés, et plus généralement en exigeant des conditions décentes pour ceux qui sont aujourd’hui arrivés sur notre sol. Les traiter comme des éléments du genre humain, ni plus, ni moins, le temps de l’instruction de leur dossier, et non comme des individus hostiles, pourchassés et menacés.

  • D’autre part en mettant en place une orientation qui s’oppose à la poursuite de ces mouvements migratoires dont les migrants sont en très grande majorité les premières victimes. Ces populations qui n’ont pas demandé de venir parcourir nos routes ou nos eaux aspirent souvent à pouvoir prendre le chemin du retour pour bâtir leur avenir, leur état, leur nation. 

L’immigration indique bien l’importance incontournable des questions liées à la Nation, à la souveraineté, aux frontières. La façon dont par exemple Djordje Kuzmanovic, le conseiller de JLM pour les affaires internationales, est pris à partie sur Internet, indique bien l’incompatibilité qui existe entre les positions contradictoires. Peut-on penser que la diversité, voire l’opposition des positions, serait une bonne chose pour permettre au plus grand nombre de se retrouver? Ou au contraire, les forces centripètes l’emportant, n’est-ce pas l’explosion qui guette. Comme les questions de la laïcité, celles qui concernent l’immigration sont sans doute centrales pour regrouper majoritairement, comme l’aspire la FI. La FI désire devenir le rassemblement majoritaire en vue de gouverner. Mais dans ce but est-il possible de faire l’économie de la clarté ? Gagner à une juste orientation en vue du pouvoir nécessite de retrouver des électeurs qui jusque-là se sont égarés sur la droite, voire l’extrême droite. Gagner une majorité nécessite de ramener à la politique des pans entiers de la société qui s’en sont peu à peu éloignés. Est-ce concevable dans le flou, l’incertitude, la contradiction des positions ? Question d’autant plus légitime que la politique revenant aux commandes, Emmanuel Macron et son gouvernement savent observer, analyser et utiliser les failles de ce qui constitue la principale opposition à son orientation.

Macron 2018

Le président de la république va faire en ce début 2018 de la question de l’immigration une des pierres angulaires de sa politique, cherchant à fracturer toutes les forces dont la FI. Au passage, il affiche une politique qui est une véritable claque à tous ceux qui durant les présidentielles ont voulu convaincre du bienfait du vote Macron pour faire barrage à Le Pen. Le ministre de l’intérieur de Macron, l’ancien socialiste Gérard Collomb, n’aurait en effet pas détonné dans un gouvernement frontiste. Du moins en témoignent les mesures qu’il met en avant. Avec la circulaire du 12 décembre autorisant les préfectures à recenser les migrants dans les centres d’hébergement d’urgence, c’est d’abord Jacques Toubon, défenseur des droits, qui exprime son opposition. Les associations à juste titre parlent de « traque des étrangers dans les centres d’hébergement », et indiquent le caractère dangereux de la mesure dont le premier effet sera de tenir à l’extérieur des centres des migrants qui craignent un traitement hostile. Et dans les rangs de la LREM, une députée prend fort justement à partie le ministre de l’intérieur au sein de l’Hémicycle. Au même moment on apprend que dans le briançonnais un migrant a été sauvé de justesse par les secours alors qu’il se trouvait à -17° dans la neige, pieds nus.

On voit bien la façon dont le pouvoir va tenter à travers une série de mesures de jouer sur les sentiments pour que surtout sa politique ne soit pas mise en cause. Tout devrait être cantonné à l’humanitaire évacuant la politique. La politique de Macron-Collomb n’a pas de sens autre que répressif. Les durcissements sur la question des migrants est absurde, car nul ne peut empêcher de fuir la misère et le la guerre lorsqu’elle frappe à sa porte. Une fois encore, la vraie question, une fois les mesures républicaines élémentaires respectées, est de savoir quelle politique pour enrayer les flux migratoires

Si fort justement le pape qui en appelle à l’hospitalité indique de son balcon à Rome que « dans beaucoup de cas, ce départ est chargé d’espérance, chargé d’avenir ; (…   )ce départ a un seul nom : la survie. Survivre aux Hérode de l’heure qui, pour imposer leur pouvoir et accroitre leurs richesses, nont aucun problème à verser du sang innocent », il conclut « Noel c’est le temps pour transformer la force de la peur en force de charité ». Le pape, la gauche bien-pensante, l’extrême gauche sur la même ligne. Pourtant, la charité n’a pas grand-chose à voir à cette affaire où la cause première est à tout point de vue dans la politique mise en œuvre par nos gouvernants et par les instances supra nationales qui portent la responsabilité de la situation.  

Dans ce contexte, la FI peut-elle faire l’économie à tous ses niveaux de la discussion politique sur le fond, histoire d’éviter les dérives de Menton, les injures faites à Djordje Kuzmanovic ? Peut-elle s’émanciper de la discussion démocratique permettant de décider, d’unifier, de réfléchir ? Et une fois les décisions prises dans le respect des points de vue de chacun, dans le respect des règles démocratiques, ne devrait-il pas y avoir nécessité de respecter les quelques textes qui font office de programme? Mais un mouvement basé sur l’action et non sur la pensée peut-il satisfaire ces nécessités ? La FI comme mouvement n’a-t’elle pas atteint des limites que l’organisation sous la « forme parti » serait à même de dépasser ? Car comment tolérer que la FI à travers un groupe ou un autre participe à une orientation basée sur la destruction des frontières, de l’état, des nations, alors que les textes de la FI sont pourtant sur ce point sans équivoque :

« L’immigration est une arme utilisée par le grand patronat pour faire pression à la baisse sur les salaires, c’est pourquoi elle doit être combattue à la racine (…) Il faut refuser les traités de libre-échange et en particulier le CETA et les traités européens, ainsi que l’avait clairement exigé le peuple français en mai 2005 en votant NON au Traité Constitutionnel Européen (…) Il faut arrêter les guerres par une diplomatie active et indépendante, en supprimant les accords commerciaux inégaux qui inondent les pays pauvres de produits agricoles européens, en cessant le pillage des ressources des pays en voie de développement par les multinationales prédatrices et en aidant les pays les plus vulnérables face au dérèglement climatique. Il faut instaurer le protectionnisme pour garder l’emploi en France, dénoncer les délocalisations et réindustrialiser notre pays. Soutenir l’adoption à l’ONU d’un cadre contraignant les multinationales à respecter un socle de normes sociales et environnementales (…) La France compte aujourd’hui plus de 6 millions de chômeurs, 9 millions de pauvres et 4 millions de mal-logés. Dans ces conditions, l’immigration économique est inacceptable (…) Il faut interdire les travailleurs détachés et sanctionner sévèrement tout entrepreneur qui embauche des travailleurs clandestins. Régularisation des sans-papiers déjà présents sur le territoire et n’ayant pas commis de crimes pour assurer l’égalité sociale entre les travailleurs en interdisant le dumping social intérieur. La traque des immigrés pris individuellement est non seulement inhumaine mais inefficace (…) Afin d’assurer l’intégration, la politique d’assimilation par l’école républicaine doit être réaffirmée (…) Il faut sortir des traités européens et des accords de Schengen qui imposent à la France une politique migratoire catastrophique pour les travailleurs ».

 
Jacques Cotta

Le 28 décembre 2017

http://la-sociale.viabloga.com/news/une-fin-d-annee-etrange-et-inquietante-pour-la-fi

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"D’un côté Mélenchon à l’assemblée nationale qui défend une ligne claire, nette, et fort juste sur la souveraineté nationale, sur la Nation, sur la défense, sur l’UE et la rupture avec les traités, etc…" Voilà un passage qui me semble fort discutable! J'aurais tendance à penser que sur la question des migrants comme sur la question européenne, JLM et la FI jouent sur tous les tableaux.

Dommage que certains qui nous sont pourtant parfois si proches, refusent d'admettre cette réalité. Aveuglement? Double jeu? Peu probable en ce qui concerne l'auteur. Peut- être quelques restes de préjugés issus du clivage droite- gauche? En tous cas, espérons que notre propre effort sur ces questions difficiles permettra d'engager le dialogue.  P.G.