dimanche 21 janvier 2018

La Normandie bientôt dotée de sa propre monnaie

FIGARO DEMAIN - La première devise pour toute une région de France va voir le jour ce trimestre sur la terre des Vikings, nom qui pourrait être donné à cette future monnaie locale. Un moyen de favoriser les circuits courts et le commerce de proximité. Explications.

ACT NORMANDIE MONNAIE

Les Normands vont pouvoir payer leurs achats en «Normand», «Viking», «Drakkar» ou «Rollon» - du nom du premier duc de Normandie à avoir créé une devise à son effigie. Car la première monnaie de Normandie est sur les rails. Elle devrait être en circulation avant fin mars, une fois que les citoyens se seront notamment prononcés sur son nom.

Il existe une quarantaine de monnaies locales en France mais la création d'une devise complémentaire à l'échelle de toute une région est une première. Le futur moyen de paiement circulera en effet sur les cinq départements: le Calvados, l'Eure, la Manche, l'Orne et la Seine-Maritime.

Pour cela, «la région a alloué 400.000 euros au projet», assure Lynda Lahalle, conseillère régionale chargée du projet. «Une banque partenaire dotée d'un fonds de 100.000 euros garantira la valeur d'une monnaie normande pour un euro», souligne Gérard Heit, président de l'association Monnaie Normande qui assurera sa mise en circulation. La monnaie sera électronique et dotée d'une application, précise Gérard Heit.

L'objectif de cette devise locale? «C'est un moyen de valoriser la culture normande et de renforcer les liens entre les différents acteurs du territoire», répond Hervé Morin, président de la Région Normandie. «Cela a du sens dans le cadre de la réunification des deux Normandie», renchérit Lynda Lahalle.

Outre cette fierté régionale, comme les autres monnaies locales, elle vise à favoriser les circuits courts et le commerce de proximité. La nouvelle monnaie normande n'aura pas vocation à remplacer l'euro mais à circuler sur le territoire pour stimuler les échanges locaux. «Les monnaies locales complémentaires permettent d'intensifier les relations économiques dans l'espace local, elles concernent en premier lieu les échanges de biens alimentaires», indique Jérôme Blanc, économiste spécialisé dans les monnaies locales. Selon l'Ademe, les monnaies locales constituent des leviers pour orienter les comportements vers une consommation durable.

Seulement 2 % de la masse monétaire circule au sein de l'économie réelle. On estime qu'un euro est échangé 2,4 fois en moyenne avant de retourner en banque, contre 6 fois pour une monnaie locale. De fait, une monnaie complémentaire ne rapporte rien, elle est uniquement un moyen d'échanges. Inutile donc de détenir des milliards de Drakkars ou de Vikings sur son compte, leur valeur n'évoluera pas!

L'eusko au Pays basque, le WIR en Suisse, le Brixton Pound en Angleterre... des exemples de réussites

Ils pourront être en revanche très utiles pour payer des produits alimentaires made in Normandie! Mais tout dépendra des commerces qui l'accepteront. Des entreprises peuvent imaginer de payer leurs salariés ou leurs fournisseurs en monnaie locale. Des services publics pourront même être payés en monnaie locale, comme les billets d'entrée dans les piscines, confirme Lynda Lahalle.

L'exemple de «l'eusko», monnaie locale la plus développée en France, est souvent cité comme un modèle de réussite. Crée en 2013 au Pays basque, plus de 750.000 euskos sont aujourd'hui en circulation. Depuis 9 mois, des cartes de paiement digitales ont même été lancées. La devise est utilisée par 750 commerces, entreprises et associations ainsi que 3.000 particuliers sur 300.000 habitants. À chaque transaction, 3% d'eusko sont reversés à des associations et au total 15.000 euros de dons ont été distribués. Au point que la ville de Bayonne souhaite payer ses factures ou subventionner des associations en euskos. L'État s'y oppose. Pour l'heure, le tribunal administratif a prononcé un non-lieu sur ce sujet.

Ailleurs, d'autres monnaies complémentaires ont également connu un succès retentissant. Ainsi la «WIR» en Suisse est aujourd'hui utilisée par plus de 60.000 entreprises et permet aux habitants de s'autogérer financièrement, indépendamment des aléas économiques du pays. Elle est née en Suisse en 1934, en pleine crise économique: une quinzaine de petites entreprises se sont rassemblées pour pouvoir s'échanger leurs produits, alors même que, faute d'argent, le commerce était au point mort.

Autre réussite, le Brixton Pound qui circule dans le quartier de Brixton à Londres. Crime de lèse-majesté, les billets sont à l'effigie de David Bowie, l'enfant du quartier! Des centaines de commerces l'utilisent et elle a contribué à dynamiser le commerce local.

Mais toutes les monnaies locales n'affichent pas la même réussite. Par exemple, la monnaie «SoNantes» n'a pas rencontré le succès espéré. Depuis son lancement en avril 2015, la SoNantes a fait l'objet de 7500 transactions pour 280.000 euros échangés (une SoNantes pour un euro) avec 1500 adhérents particuliers et 180 professionnels contre 10.000 comptes de particuliers et 3000 d'entreprises escomptés. Pour réussir, le Drakkar ou le Viking devra donc avant tout conquérir le cœur des Normands!

http://www.lefigaro.fr/conso/2018/01/15/20010-20180115ARTFIG00010-la-normandie-bientot-dotee-de-sa-propre-monnaie.php

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Les monnaies locales sont un moyen pédagogique et économique qui a l'avantage de faire comprendre le rôle d'une monnaie et de contourner partiellement les traités européens. Mais il y a, hélas, un revers; ça ne résoud pas la question de la souveraineté et donc du pilotage politique de l'instrument monétaire. Et certains, comme on le voit ici, semblent vouloir s'appuyer sur le phénomène rendu nécessaire par le marasme provoqué par l'euro, pour renforcer une identité régionale au détriment de l'Etat- Nation. A surveiller donc de très près...   P.G.

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samedi 20 janvier 2018

A Nice, un citoyen peut devenir une caméra de surveillance

Grâce à une application venue d'Israël, 2 000 personnes pourront filmer pendant deux mois les incivilités dont ils sont témoins, dans une ville déjà surarmée de caméras de surveillance.

ACT ESTROSI SURVEILLANCE

De la vidéosurveillance, en veux-tu en voilà. La ville de Nice, déjà surveillée par 1 950 caméras, soit 27 au km2, va désormais être arpentée par des citoyens eux-mêmes équipés. Une application, Reporty, leur permet, depuis ce lundi, de filmer lorsqu’ils sont témoins d’une incivilité et de transmettre leur œuvre en direct au centre de vidéosurveillance de la police municipale.

«Vous êtes témoin d’une incivilité (nuisance sonore, tag, dépôt sauvage…) ou d’une situation critique (vol, agression, incendie, inondation…) par une simple pression sur le téléphone, l’application renvoie au Centre de supervision urbain la vidéo en direct de l’incident en haute qualité», explique un communiqué du maire de Nice. En appelant, la personne est géolocalisée, précise son cabinet, contacté par Libération. Ainsi, les caméras de vidéosurveillance peuvent cibler la zone concernée (pour le dire autrement : les caméras de la ville filment l’endroit où un citoyen filme) et une patrouille peut être dépêchée sur place.

«Pour l’instant, nous avons un panel de 2 000 citoyens. Il est composé de 1 000 agents de la ville de Nice et de la métropole, de membres de la réserve civile et citoyenne, de comités de quartiers et du groupe "voisins vigilants" [des habitants qui, par secteur, assurent une surveillance passive, ndlr]», explique-t-on à la mairie. Au bout de deux mois, si l’utilisation de l’application est jugée positive, elle sera généralisée à l’ensemble des habitants. Tout juste faudra-t-il remplir un formulaire de demande.

«Face aux défis que nous avons à relever, chacun d’entre nous doit devenir un citoyen engagé, acteur de sa propre sécurité et donc de la sécurité collective. Et lorsque les nouvelles technologies peuvent y contribuer, en rendant aujourd’hui possible ce qui, hier, relevait de la science-fiction, pourquoi s’en priver !» s’enthousiasme Christian Estrosi. L’opposition socialiste, de son côté, est plus sceptique. Elle dénonce «une démarche contestable sur le fond et inadmissible sur la forme […] qui ressemble à l’organisation d’un processus de délation généralisé». «On voit que le maire de la ville [de Nice, Christian Estrosi] ne se gêne pas d’expliquer à quel point c’est utile pour instaurer la délation dans toute la ville», a également jugé Benjamin Sonntag, cofondateur de l’association La Quadrature du Net, interrogé sur France Info. 

Le modèle israélien

Comme souvent en matière de sécurité, le maire de Nice, qui visiblement ne s’embarrasse pas de ces questionnements éthiques, est allé chercher cette application en Israël. Elle a été développée par la start-up de l’ancien Premier ministre Ehud Barak. «Le contact a été pris lors d’une visite de Christian Estrosi en Israël», explique-t-on à la mairie. Le voyage, organisé en décembre, avait fait grincer des dents, celui qui était alors président de la région Paca, ayant annoncé, avant son départ, un don de 50 000 euros au Fonds national juif, au frais de la collectivité.

En février 2016, déjà, il avait fait un déplacement en Israël et rencontré le PDG de la société de sécurité Eagle Security and Defense, par ailleurs ex-directeur du Conseil de sécurité national israélien, selon l’Express. Quelques mois plus tard, en septembre, il annonçait qu’un «bureau de sécurité israélien» étudiait des aménagements visant à renforcer la sécurité de la ville, et notamment de la promenade des Anglais. L’idée d’une association des citoyens dans le domaine de la sécurité avait, semble-t-il déjà germé. «Nous sommes confrontés à une guerre qui nous est faite à l’israélienne, et ne pas mener nous-mêmes cette guerre à l’israélienne, c’est-à-dire nous appuyer à la fois sur toutes les administrations, toutes les collectivités, et aussi les populations – car en Israël les populations, par des campagnes d’information et de communication, sont associées –, c’est une erreur», assurait le maire de Nice.

http://www.liberation.fr/france/2018/01/15/a-nice-un-citoyen-peut-devenir-une-camera-de-surveillance_1622571

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Au moins, en Israël, l'ennemi est identifié: toute personne "non- juive" est potentiellement suspecte pour certains.  Reste à définir l'ennemi en France... Quant au lien incivilités- terrorisme, il faudra qu'on m'explique...Et dire qu'il y a des gens qui vont se croire en sécurité avec de tels dispositifs...Lire et relire Orwell!  P.G.

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vendredi 19 janvier 2018

.[RussEurope en exil] Vichy, Londres, la France : contre la réécriture de l’Histoire

Bertrand Renouvin nous propose un petit livre[1], publié dans la collection des éditions du Cerf Le Poing sur la Table où il revisite la nature du régime de Vichy, la France Libre et l’idée de la France.

TL SAPIR VICHY

C’est un livre à lire de toute urgence tant il dit des choses essentielles sur notre temps et sur le projet politique de notre Président. C’est un livre ambitieux en cela qu’il se propose d’aborder des sujets capitaux. C’est aussi un livre qui montre, s’il en était besoin, qu’il n’est pas nécessairement besoin de s’étendre sur plusieurs centaines de pages pour aller à l’essentiel sans raccourcis ni imprécisions. Car ce livre expose méthodiquement, et dans une verve toute en retenue, le comportement d’une élite politique, de « …dirigeants français (qui) acceptent avec humilité les leçons allemandes, au nom d’une « Europe » régentée par Berlin ». Il dénonce des discours et des comportement qui « …poussent la soumission jusqu’à plaider la culpabilité de la France, pour mieux faire ressortir l’innocence allemande ». Il en tire alors cette forte conclusion : « Des criminels vaincus érigés en victimes. Des vainqueurs désignés comme coupables. Ce n’est de cette manière qu’on établira la paix entre les nations »[2].

C’est un livre précieux dans le débat actuel, car il permet de comprendre quelles sont les limites qu’il aurait fallu respecter, et quelles sont les conséquences une fois qu’on les a franchies. Ce livre de 65 pages mérite donc de figurer dans toute bibliothèque de qui veut penser la France et l’Europe. Et, si l’on peut se permettre un conseil, il faut courir l’acheter au plus vite[3].

Une histoire tragique

Le sujet est sensible, et tout particulièrement pour Bertrand Renouvin. Rappelons qu’il est le fils de Jacques Renouvin, le chef national des Groupes francs du mouvement Combat, un des hommes les plus recherchés de France par l’occupant et ses séides de la collaboration[4], qui fut arrêté le 29 janvier 1943 par la Gestapo en gare de Brive-la-Gaillarde en même temps que Mireille Tronchon, qu’il avait épousée dans la clandestinité. Bertrand ne connut jamais son père. Né en juin 1943 à la prison de la Santé, ce n’est que plus tard qu’il apprit le sort de ce dernier, torturé pendant des mois par l’occupant avant d’être déporté en Allemagne le 29 août 1943 à Mauthausen, où il mourut d’épuisement le 24 janvier 1944[5]. Jacques Renouvin sera fait compagnon de libération à titre posthume en janvier 1946[6]. Il faudra cependant attendre 2016 pour que la mémoire de Jacques Renouvin et de son épouse Mireille soit saluée à Paris, où leurs deux noms furent donnés à une place du VIème arrondissement[7].

Jacques Renouvin illustre bien cette droite profondément républicaine, et ce en dépit d’idées monarchistes, une droite qui refusa la défaite et l’occupation[8]. Il faut se souvenir qu’il avait quitté l’Action Française à la suite de la manifestation insurrectionnelle du 6 février 1934, et qu’il avait publiquement giflé Pierre-Etienne Flandin, en réaction au télégramme de félicitations que ce dernier avait envoyé à MM. Hitler, Daladier et Mussolini au lendemain de la signature des accords de Munich, des accords qui le révulsaient et qu’il ressentait, à juste raison, comme un abandon inacceptable. Bertrand Renouvin fut donc élevé dans une famille qui a fait de la Résistance, et non sans raisons, un des points cruciaux de la réflexion politique.

Mireille Renouvin, la mère de Bertrand Renouvin

Un monarchiste républicain

Bertrand Renouvin, il convient de le noter, est lui aussi monarchiste, animant un petit mouvement, la Nouvelle Action Royaliste, qui est devenu, au fil du temps, l’un des clubs de réflexion les plus actifs qu’il soit, accueillant ainsi dans ses fameux mercredi, des personnes très diverses. Plusieurs auteurs fermement enracinés à gauche, qu’il s’agisse de Daniel Bensaïd, d’Emmanuel Todd ou de votre serviteur, y furent invités. De ces entretiens, Bertrand Renouvin a d’ailleurs tiré un livre que je recommande très fortement à mes lecteurs[9]. Ils y trouveront un exemple de ce qu’une approche à mille lieux de tout sectarisme peut alors produire. J’en avais rendu compte dans mon carnet RussEurope, avant que celui-ci ne me soit retiré par un acte arbitraire de censure[10]. On comprend mieux à lire cet ouvrage, et je le dis hélas en sachant que parmi les personnes à qui s’adresse Bertrand Renouvin, il en est qui se laissent abuser par un langage sectaire, que Bertrand Renouvin fait partie de ce courant monarchiste qui fait passer les intérêts du peuple avant ceux de l’oligarchie, qui fait passer la question de l’unité avant les querelles. C’est un monarchiste très républicain ou, plus précisément, attaché à la notion de Res Publica, de cette chose commune sur laquelle on peut se rassembler.

C’est donc justement à cette gauche, trop souvent querelleuse sur des points secondaires, trop souvent prompte à des réflexes sectaires, incapable par moment de distinguer le principal de l’accessoire, que je conseille fermement de lire le dernier livre de Bertrand Renouvin : Vichy, Londres et la France.

La destruction de l’histoire

Ce livre démarre donc sur le discours prononcé par Jacques Chirac, alors Président de la République, lors de son discours du 16 juillet 1995, prononcé pour la commémoration de la rafle du Vel’ d’Hiv’. Jacques Chirac s’était contenté de reconnaître la « responsabilité de l’État français » concernant les persécutions racistes et antisémites de Vichy, parlant de « faute collective » mais aussi disant : « Cette France n’a jamais été à Vichy ». L’ambiguïté est née de ces formules. Le débat s’est ensuite approfondi[11].

Si Bertrand Renouvin note bien que Nicolas Sarkozy fut sur ce point d’une prudence qu’il ne manifesta pas sur d’autres sujets, il montre comment François Hollande et Emmanuel Macron ont repris et développé la position de Jacques Chirac pour en tirer une mise en accusation de la France. J’avais, moi-même, souligné les lourdes ambiguïtés du discours d’Emmanuel Macron dans une note sur RussEurope[12], montrant, dans une note suivante, que cette ambiguïté se doublait d’une ignorance crasse de la nature des combats de la France Libre[13].

Bertrand Renouvin montre bien comment la déclaration de Jacques Chirac de 1995 prépare l’arrêt, inouï, du Conseil d’Etat, condamnant l’Etat Français à payer une partie des peines financières de Maurice Papon. Mais il montre aussi que ce n’est pas parce que des juges ont failli, ont commis ce qu’il faut bien appeler une forfaiture, que cela change nécessairement le droit. C’est sur cette forfaiture qu’Emmanuel Macron a construit sa propre œuvre de déconstruction.

Qu’est-ce que la France ?

Bertrand Renouvin s’interroge alors sur ce qui fait la France. Il montre bien comment les pages écrites par Renan, mais aussi celles de Marc Bloch, furent outrageusement simplifiées. Les passages du livre qui analysent cela sont précieux[14]. Espérons que ces passages pousseront le lecteur à revenir aux textes fondateurs.

Bertrand Renouvin revient alors sur la querelle en légitimité du régime de Vichy. Il montre bien pourquoi et comment la France Libre a toujours refusé de se penser comme un groupe armé et s’est pensé comme la France. Cette attitude avait de profondes raisons, et s’enracinait dans toute une tradition du droit public en France[15]. Elle permet de comprendre et surtout de penser l’instauration du « régime de Vichy » comme un véritable Coup d’Etat. Il en découle, naturellement, la nullité, sauf exception, des actes juridiques de ce « régime » qui doit, et qui devrait toujours, être considéré comme un régime de fait et non de droit[16].

C’est donc l’illégitimité du régime de Vichy qui fonde l’illégalité de ses actes. Ce point est essentiel, et on ne saurait trop remercier Bertrand Renouvin de le rappeler avec force, mais aussi de l’établir avec une grande clarté[17]. Il en tire, dans les pages qui suivent, toutes les implications, dénonçant la double tyrannie, celle des députés qui votèrent les pleins pouvoirs et celle de Philippe Pétain qui en fit usage[18]. Cette distinction entre illégitimité et illégalité est essentielle, non seulement pour analyser le régime de fait de Vichy, mais aussi pour être capable de penser la République. Sur ce point aussi, Emmanuel Macron nous a donné la preuve que lui, le Président de la République, ne maîtrisait pas cette distinction entre Légalité et Légitimité. Or, c’est une distinction qui est pourtant au cœur même des principes du droit constitutionnel[19]. Il nous donne aussi une nouvelle preuve qu’il est prêt à sacrifier sur l’autel de la communication et de l’émotion ces dits principes. Ce faisant, Emmanuel Macron a commis une faute grave. Quand on ne sait pas distinguer le Tyrannus absque Titulo du Tyrannus ab Exertitio on court le risque, même si on est arrivé au pouvoir de manière légale et légitime, de se transformer en tyran.

La dynamique perverse du projet européiste

Il serait cependant faux d’attribuer cette erreur à une méconnaissance. Si Emmanuel Macron se révèle incapable de distinguer la légitimité de la légalité, c’est bien parce qu’il poursuit un projet politique, et que ce projet politique passe par la construction de la France en puissance criminelle, au contraire du droit. C’est là que se révèlent les aspects les plus pervers du projet européiste qui, pour se justifier, est obligé de changer l’histoire et de faire, selon la formule de Renouvin « Des criminels vaincus érigés en victimes. Des vainqueurs désignés comme coupables ».

L’enjeu du débat dépasse, et de loin, la seule querelle historique. C’est ce qui fait de ce petit livre une lecture absolument nécessaire pour qui veut penser la France et l’Europe.

Jacques Sapir

Notes

[1] Renouvin B., Vichy, Londres et la France, Paris, Editions du Cerf, 2018.

[2] Renouvin B., Vichy, Londres et la France, op.cit., p. 65.

[3] Il sera en librairie le 19 janvier.

[4] Fleutot F-M., Jacques Renouvin, esquisse biographique – Compagnie d’Artagnan, 2016.

[5] Doré-Rivé I. (Dir.) et Vivier M., (Coord. éditoriale), Une ville dans la guerre : Lyon 1939-1945, Lyon, Fage, 2012,

[6] https://www.ordredelaliberation.fr/fr/les-compagnons/821/jacques-renouvin

[7] Inauguration de la place Mireille-et-Jacques-Renouvin, le 26 mars 2016, visible sur Dailymotion (20 minutes)

[8] Fleutot F-M., Des Royalistes dans la Résistance, Paris, Flammarion, 2000.

[9] Renouvin B., La Nation et l’Universel – 40 ans de débats dans Royaliste, Paris, IFCCE, Col. Cité, 2015.

[10] Voir Sapir J., Royalistes en République, note postée sur RussEurope le 16 mai 2016, https://russeurope.hypotheses.org/4956

[11] Éric Conan, Henry Rousso, Vichy, un passé qui ne passe pas, éd. Fayard, Paris, 1994 ; nouvelle édition Gallimard, coll. « Folio histoire », Paris, 1996, 513 p. Ferro Marc, Pétain, Paris, Fayard, 2008, 789 p..

[12] Sapir J., « Le Vel d’Hiv et la faute d’Emmanuel Macron », note publiée sur RussEurope le 16 juillet 2017, https://russeurope.hypotheses.org/6148

[13] Sapir J., « Bir Hakeim, le Vel’ d’Hiv’ et Emmanuel Macron » note publiée sur RussEurope le 18 juillet 2017, https://russeurope.hypotheses.org/6150

[14] Renouvin B., Vichy, Londres et la France, op.cit., pp. 18-21.

[15] Cassin René, « Un coup d’État, la soi-disant Constitution de Vichy », La France Libre, Londres, vol. 1, n° 2, 16 décembre 1940 et n 3, janvier 1941.

[16] Berlia G, « La loi constitutionnelle du 10 juillet 1940 », Revue de Droit Public, 1944 ; G. Liet-Veaux, « La fraude à la Constitution », Revue de Droit Public, 1943 ; Nguyen Quoc Dinh, « La loi constitutionnelle du 2 novembre 1945 portant organisation provisoire des pouvoirs publics », Revue de Droit Public, 1946.

[17] Renouvin B., Vichy, Londres et la France, op.cit., pp. 45-47.

[18] Renouvin B., Vichy, Londres et la France, op.cit., pp. 49-51.

[19] Carré de Malberg R., Contribution à la théorie générale de l’État, Paris, CNRS Éditions, 1920, 1530 p.. Hauriou M., Précis de droit constitutionnel, Paris, Librairie de la Société du Recueil Sirey, 1923, VII-742 p..

https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-vichy-londres-la-france-contre-la-reecriture-de-lhistoire-par-jacques-sapir/

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jeudi 18 janvier 2018

Communiqué commun UPR & DLF

France 3 Bourgogne Franche-Comté a organisé le vendredi 12 janvier un débat rassemblant 6 des 10 candidats qui se présentent à l’élection législative partielle de la 1ère circonscription du Territoire de Belfort, dont le 1er tour est prévu le dimanche 28 janvier

COM UPR DLF

Ont été invités à ce débat les candidats suivants, avec les nuances politiques suivantes attribuées par le ministère de l’Intérieur : Ian Boucard (nuance LR), Christophe Grudler (nuance MDM), Arthur Courty (nuance SOC), Anaïs Beltran (nuance FI), Jean-Raphaël Sandri (nuance FN) et Sophie Montel (nuance EXD).

Les candidats soutenus par l’UPR (Jonathan Vallart, nuance DIV), DLF (Julie Kohlenberg, nuance DLF), Lutte ouvrière (Yves Fontanive, nuance EXG) et EELV (Vincent Jeudy, nuance ECO) n’ont pas été invités au débat. Ils n’ont eu droit qu’à des extraits de quelques secondes de leurs interviews séparées, diffusés durant l’émission.

Cette différence de traitement entre les candidats, à la fois en temps de parole (plusieurs minutes contre quelques secondes) et en qualité (débat sur le plateau contre enregistrement) est inacceptable. Une rédaction du service public prend parti de facto dans le débat politique, indiquant implicitement aux électeurs que certains candidats compteraient plus que les autres.

Déjà, durant la campagne présidentielle, la volonté de séparer les prétendus « grands » des prétendus « petits » candidats avait engendré sur TF1 un débat avec cinq candidats sur les onze qualifiés, constituant ainsi un véritable scandale démocratique, que l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) condamne d’ailleurs avec la plus grande virulence lorsqu’elle se produit sous d’autres cieux.

C’est la raison pour laquelle l’Union populaire républicaine et Debout la France ont décidé de saisir conjointement le Conseil supérieur de l’audiovisuel. Les autres formations politiques exclues du débat de France 3, Lutte ouvrière et EELV, n’ont pas été sensibles à cette approche commune.

François Asselineau et Nicolas Dupont-Aignan, respectivement présidents de l’UPR et de DLF et candidats à l’élection présidentielle de 2017 ont donc adressé un courrier conjoint à M. Olivier Schrameck, président du CSA afin que ce dernier impose à France 3 Bourgogne Franche-Comté des mesures compensatoires en faveur des candidats que la chaine a délibérément et arbitrairement discriminés (voir le courrier de François Asselineau et Nicolas Dupont-Aignan à la suite du présent communiqué).

L’UPR, DLF, Lutte ouvrière et EELV ont certes des programmes politiques très différents, l’UPR étant notamment le seul parti politique à proposer de faire sortir la France unilatéralement de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN.

Il est important, cependant, que des formations politiques différentes mais victimes de discriminations arbitraires de la part des médias audiovisuels sachent, ensemble, faire respecter leur droit à la parole, afin de sauvegarder la démocratie et l’expression pluraliste des opinions politiques à la télévision et dans les stations de radio, en France.

Contact médias :

presse@upr.fr

Lire la saisine commune de l’Union populaire républicaine et de Debout la France au CSA

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Election législative partielle dans le Territoire de Belfort : LE débat ! (L'UPR censurée!)

L'élection de Ian Boucard, Les Républicains, a été invalidée par le Conseil Constitutionnel. (Voir les motifs en fin d'article)
Les électeurs de la 1ère circonscription du Territoire de Belfort votent à nouveau pour leur député les dimanche 28 janvier et 4 février. Ils ont le choix entre 10 candidats en lice.(Voir la liste en fin d'article)

ACT UPR CENSURE JONATHAN



Nous organisons un débat entre 6 candidats :

  • Ian Boucard, Les Républicains
  • Christophe Grudler, MoDem, investi par La République En Marche
  • Jean-Raphaël Sandri, Front National
  • Sophie Montel, Les Patriotes
  • Anaïs Beltran, La France Insoumise, soutenue par le MRC et le PCF
  • Arthur Courty, Parti Socialiste

Suivez en direct l'enregistrement de l'émission

Vendredi 12 janvier à 15h30

Entre juin 2017 et janvier 2018, pas de changement pour les 4 premiers arrivés le 11 juin 2017. On retrouve Christophe Grudler, MoDem et LREM, qui a viré en tête avec presque 32 % des voix ; Ian Boucard, Les Républicains, qui avait totalisé 23, 7 % des suffrages ; Jean-Raphaël Sandri, FN, et ses 17,5 % ; Anaïs Beltran, de la France Insoumise, et 12 % des bulletins.

Rien n'a changé pour Messieurs Grudler et Boucard. En revanche, Jean-Raphaël Sandri est affaibli par la candidature de l'ex-FN et aujourd'hui "Patriotes" Sophie Montel. Quant à Anaïs Beltrand, elle part sous l'étiquette LFI, comme en juin, mais avec en plus le soutien du MRC et du PC... A savoir : le candidat MRC, Bastien Faudot avait recueilli 9 % des voix et Sabine Verdant, du PCF, 1,5 % des suffrages.
Autre modification : Bastien Faudot, MRC, avait le soutien du PS. Cette fois-ci, le PS présente Arthur Courty qui, en juin, avait retiré sa candidature pour soutenir Bastien Faudot.

Pourquoi cette élection partielle attire l'attention :

-  9 mois après l'élection d'Emmanuel Macron à l'Elysée, c'est un test électoral grandeur nature, plus fiable qu'un sondage !

- Christophe Grudler, MoDem et LREM, se présente à Belfort depuis plus de 20 ans. En juin, il n'incarnait pas vraiment le renouveau promis par le Président de République. Ce centriste arrivera-t-il à convertir en bulletins de vote la bonne cote de popularité du Président et de son Premier Ministre ?

- Ian Boucard payera-t-il sa "tricherie électorale " ? Sa faute est lourde même s'il a apporté la preuve qu'elle a été organisée par son parti et pas par lui, ce qui l'aurait rendu inéligible...

- Anaïs Beltran, une femme, jeune, parviendra-t-elle à capitaliser sur son nom les voix, en plus des siennes, du MRC et du PCF ? Cette "stratégie d'union de la gauche" sera-t-elle payante ? 12 + 9 + 1,5 % : avec plus de 22 % des voix, si l'addition est respectée, la présence au second tour est assurée... A gauche toujours, une question se pose :  que pèse encore électoralement le PS qui présente Arthur Courty ?

-  la bagarre entre FN et "Les Patriotes" sera intéressante à suivre. Qui arrivera en tête ? Le logo "FN" ou Sophie Montel qui a représenté le Front National durant 30 ans en Franche-Comté et qui bénéficie d'une certaine notoriété ? A la présidentielle, Marine Le Pen était arrivée largement en tête dans cette circonscription avec 28,4 % des voix, loin devant Emmanuel Macron, 20 %.

Le Débat avec France Bleu et l'Est Républicain

Plein de bonnes raisons pour observer cette élection partielle avec énormément d'attention... et de suivre notre débat.
Ce débat d'une heure sera co-animé par Catherine Eme-Ziri de France 3 Franche-comté et Emilie Pou de France Bleu Belfort. De plus, Philippe Piot, journaliste de l'Est Républicain à Belfort, interviendra pour apporter son éclairage.
Deux rendez-vous pour regarder ce débat : vendredi dès 15H30 avec la retransmission en direct sur notre site internet, Facebook et YouTube. puis dimanche à 10 h 50, sur France 3 Franche-comté.

https://france3-regions.francetvinfo.fr/bourgogne-franche-comte/election-legislative-partielle-territoire-belfort-debat-1397263.amp?__twitter_impression=true

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Parfait exemple, totalement HONTEUX, de déséquilibre dans un scrutin provoqué par les médias en différenciant les candidats.

Ici, pour l'élection législative partielle dans le Territoire de Belfort, c'est France 3 et plus particulièrement France 3 Bourgogne / France 3 Franche-Comté, en partenariat avec France Bleu Belfort Montbéliard et L'Est Républicain qui organisent un débat avec 6 candidats sur les 10 qui se présentent.

6 candidats vont donc bénéficier d'une fenêtre médiatique et d'une égalité de traitement entres eux, pendant que les 4 autres sont relégués au rang de candidat de 2nde zone, écartés du débat et éliminés d'office, avec pour seul droit un petit passage d'une interview préalablement enregistrée...!

C'est d'autant plus scandaleux que cela se passe sur une chaîne du service public...
Oui, ils respectent les règles (injustes) du Conseil supérieur de l'audiovisuel - CSA ! Et tout le monde ou presque trouve ça normal...

P.G.

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La voiture électrique, une impasse écologique

Dans une tribune publiée dans Le Monde, Stéphane Lhomme, le directeur de l’Observatoire du nucléaire, explique que « le cycle de vie d’un véhicule électrique le rend aussi polluant qu’un véhicule thermique » et que « le subventionner n’a pas de sens ».

TL VOITURE ELECTRIQUE

En effet, « contrairement à ce que croient la plupart des gens, soumis à une propagande continuelle des politiques et des industriels, la voiture électrique n’est pas plus vertueuse pour le climat que la voiture thermique, essence ou diesel », écrit Stéphane Lhomme qui cite « les conclusions d’une étude, déjà ancienne, de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), ignorées délibérément » par les gouvernements successifs (Elaboration selon les principes des ACV des bilans énergétiques, des émissions de gaz à effet de serre et des autres impacts environnementaux induits par l’ensemble des filières de véhicules électriques et de véhicules thermiques à l’horizon 2012 et 2020, novembre 2013).

L’expert dénonce :

« La donnée la plus cruciale est que la fabrication des batteries est tellement émettrice de CO2 qu’il faut avoir parcouru de 50 000 à 100 000 km en voiture électrique pour commencer à être moins producteur de CO2 qu’une voiture thermique. Soit 15 à 30 km par jour, 365 jours par an, pendant 10 ans !

Sachant que ces voitures servent essentiellement à des trajets courts, il est probable que le kilométrage nécessaire pour s’estimer « vertueux » ne sera jamais atteint. De plus, tout le CO2 émis par une voiture électrique est envoyé dans l’atmosphère avant même que ne soit parcouru le moindre kilomètre, alors que la voiture thermique émet son CO2 au fil des ans… »

Autre mensonge, « il est partout prétendu que la voiture électrique n’émet pas de particules fines. Mais comme le signale le magazine Science et Vie de janvier 2015, ‘les pneus, les freins et l’usure des routes émettent presque autant de microparticules que le diesel’. La voiture électrique émet certes moins de particules que la voiture thermique, puisqu’elle ne dispose pas d’un pot d’échappement, mais elle possède bien des freins, des pneus, et roule sur le goudron ! »

Dernier scandale, celui de « l’argent public consacré à son développement », et on parle là « de sommes astronomiques » dépensées pour installer 7 millions de bornes de rechargement à environ 10 000 euros pièce, soit un coût d’environ 70 milliards d’euros ou encore pour financer le bonus ‘écologique’ à l’achat d’une voiture électrique qui dépasse 10 000 euros par véhicule, souvent complété par une prime de la région. »

Stéphane Lhomme note enfin que « la quasi-totalité des acheteurs sont des ménages aisés : une fois de plus, l’argent de tous est offert aux plus privilégiés. »

http://alerte-environnement.fr/2017/07/19/la-voiture-electrique-une-impasse-ecologique/

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Petite leçon de sophistique à l'usage des bulots, par Monsieur Joffrin

Benoit Rittaud, mathématicien et président de l'Association des climato-réalistes était le 5 janvier dernier invité sur le plateau de l’émission l’Heure des Pros sur CNews. L'occasion pour l'éditocrate Laurent Joffrin d'endosser le rôle de Torquemada, et de nous servir quelques perles de sophistique.

TL CLIMAT DEBAT

Préambule

Soyons clair, le but de cet article n'est pas de traiter du fond, à savoir en somme si le réchauffement climatique bouleversement climatique est principalement d'origine anthropique, ce dont je doute, pour les mêmes raisons que Benoît Rittaud. D'ailleurs à aucun moment de l'émission l'aspect scientifique n'a été abordé. Non, dans le chef de Pascal Praud, il s'agissait de créer un clash, un effet de buzz en amenant sur le tapis un sujet hautement explosif, politiquement incorrect. Face à lui, six invités : Elisabeth Lévy, Benoît Rittaud, Jean-Louis Burgat, Clément Viktorovitch, Michel Chevalet et l'inénarrable Laurent Joffrin qu'on ne présente plus.

L'émission

Sur les six invités, vous l'aurez compris, deux se sont montrés particulièrement agressifs face à Benoît Rittaud : le petit Viktorovitch, qui s'est comporté comme tout bon chihuahua doit se comporter quand il voit passer des gens sous la fenêtre de l'appartement à sa mémère, aboyant ses « Monsieur » dégoulinants de mépris, sûr qu'il est d'être, lui, du bon côté de la fenêtre de la majorité, celui de la réconfortante bienpensance. Incapable d'apporter d'autre argument que l'effet Panurge, le principe de la « preuve sociale ». Ah mais « Monzieu », il y a des Nobel ! Ah que oui, j'ai vérifié moi-même et y ai trouvé aussi bien Albert Einstein que Winston Churchill (prix Nobel de littérature en 1953). Bon, d'accord, ils étaient déjà morts au moment où la pétition a été mise en ligne, mais cela n'est nullement rédhibitoire ! En pratique, c'est seulement si vous êtes mort et socialement infréquentable que vous risquez l'exclusion.

Exégèse de la pensée de Maître Joffrin

Afin de pouvoir mieux comprendre la pensée profonde de l'inquisiteur de service, je me suis livré au petit exercice qui consiste à retranscrire ses interventions, que nous analyserons plus bas.

Laurent Joffrin (6'44) : Laurent, j'ai l'impression d'être revenu vingt ans en arrière, parce que toutes ces discussions ont eu lieu il y a dix, quinze ans. L'idée que, soit il n'y a pas de réchauffement, soit elle (sic) est pas due à l'activité humaine, a été réfutée par l'ensemble des savants qui s'occupent de cette question, ou 98%, disons. Que la plupart de ceux qui émettaient des objections chiffrées, etc, on s'est aperçu que c'étaient des gens en général liés aux industries émettrices de carbone, ils étaient payés, et depuis, tous les chefs d'État de la planète ont (sic) des farfelus, à part Trump, 'fin, bon, ouais... Et Monsieur (Rittaud, ndlr), enfin, je sais pas, je ne connais pas ses arguments. Je, tout ça a été, eh euh, personne n'a jamais dit que le réchauffement provoquait immédiatement une augmentation du nombre d'ouragans ou des intensités plus fortes, personne n'a jamais dit ça. À chaque fois qu'on pose la question...

François Rittaud : Ah bon ?

Laurent Joffrin : Ben personne. À chaque fois qu'on fait une enquête journalistique pour dire « mais est-ce que cette tempête a un rapport avec le réchauffement », le journaliste scientifique qui s'occupe de ça revient en disant « Mais non, c'est pas prouvé. Peut-être, mais peut-être pas » . Donc on fait dire à la science des choses qu'elle ne dit pas, on dit « Voilà, la science dit qu'il y a plus de tempêtes à cause du réchauffement » Elle ne dit pas ça, donc déjà c'est un faux, heu, on met un faux...

Michel Chevalet : Non ça c'est l'interprétation qu'en donnent les journalistes, hein, ce n'est pas ce que dit Benoît Rittaud

Laurent Joffin : pas mes (sic) journalistes, moi ils m'ont jamais dit ça, à moi, ils m'ont toujours dit le contraire.

Laurent Joffin (16'42) : Je pense qu'on devrait faire un débat sur un scientifiquement correct insupportable, c'est la question de savoir si la terre tourne autour du soleil parce que, là-dessus, il y a une espèce de consensus, mais ça se discute beaucoup... Tous les médias disent la même chose sur la question, mais il y a des gens qui disent le contraire.

L'intervention de Laurent Joffrin se résume donc à deux arguments : l'argument de la majorité (ad populum), et un autre, sous forme de contrefeu : on n'a jamais prétendu que lorsqu'il se produisait un événement climatique on l'attribuait d'office au réchauffement climatique...

Argument ad-populum

En gros, la question a été tranchée une fois pour toutes, par des « savants » . Pas par de quelconques chercheurs, non, pas par des scientifiques, non, par des « savants » . Sauf que le principe même de la science c'est que rien n'est définitivement établi. Si demain quelqu'un vient en réfutant tel ou tel aspect de la théorie de la relativité ou des Principes de Newton et qu'il apporte la preuve de ce qu'il avance, eh bien la science s'en trouvera changée. L'argument de la majorité ne vaut rien, il suffit d'une seule preuve scientifiquement établie pour aller... contre la majorité s'il le faut ! Et avoir raison.

La boutade qu'il sert à 16'42 sur le fait de savoir si la terre tourne autour du soleil est, à cet égard, un exemple particulièrement mal choisi, puisqu'au moment du procès de Galilée, l'opinion qui prévalait chez les théologiens et la majorité des savants depuis Aristote était que la terre, immobile, était au centre de l'univers. Mauvaise pioche ! Pire, on retrouve aujourd'hui bon nombre des méthodes qui étaient utilisées à l'époque de Galilée pour faire taire toute voix dissidente : exclusion sociale, campagnes calomnieuses, menaces : c'est pour le moins étrange, quand on sait qu'une théorie scientifique n'a nullement besoin d'être « défendue » , elle est prouvée ou pas. Qui se soucie que les religions remettent régulièrement en question la théorie de l'évolution parce qu'elle télescope quelque peu leur propre chronologie du livre ?

Inversion accusatoire

Tranquille, Laurent Joffrin affirme que « personne n'a jamais dit que le réchauffement provoquait immédiatement une augmentation du nombre d'ouragans ou des intensités plus fortes, personne n'a jamais dit ça. À chaque fois qu'on pose la question... » Et se fait recadrer par Michel Chevalet, à qui on ne la fait pas : « Non ça c'est l'interprétation qu'en donnent les journalistes, hein, ce n'est pas ce que dit Benoît Rittaud » .

JournalDateContenu
Libération 06.09.2017

Cyclones et changement climatique : que dit la science ?

Face à la succession dans l’océan Atlantique d’ouragans d’intensité exceptionnelle, la responsabilité du dérèglement du climat est soulevée.

« [... ] Les gens veulent toujours savoir si des phénomènes particuliers sont causés par le réchauffement climatique, résume Katharine Hayhoe. La réponse n’est ni oui ni non, mais entre les deux (...) »

Libération 30.08.2017

Climat : Harvey met un vent à Trump

Trois mois après la sortie des Etats-Unis des accords de Paris, l’intensité de l’ouragan qui dévaste le sud du pays rappelle brutalement au président américain la réalité du dérèglement climatique.

Comme une ritournelle, la question revient à l’esprit à chaque catastrophe naturelle : le changement climatique, exacerbé par l’activité humaine, y est-il pour quelque chose ? Alors que le Texas et la Louisiane sont dévastés par l’ouragan Harvey, que Bombay (en Inde) est sous les eaux après une mousson particulièrement meurtrière et que Freetown (Sierra Leone) enterre toujours ses morts après d’énormes coulées de boue, cette interrogation prend tout son sens. « Nous vivons dans un monde où les humains ont altéré le système climatique, explique à Libération Andrew Dessler, climatologue à l’université Texas A&M. Nous devons maintenant envisager ce changement comme un possible facteur dans chaque événement catastrophique. »

Libération 29.08.2017

Ouragans Katrina et Harvey : circonstances différentes mais polémiques toujours présentes

Bien qu’ayant frappé des régions distantes de seulement 500 kilomètres, ces deux tempêtes monstrueuses ont peu de points communs. Si ce n'est l'impréparation à un tel événement.

[...] La tempête a, en revanche, refait émerger dans le débat national la question du changement climatique, et l’exposition des Etats-Unis à ces risques. Donald Trump va, sans nul doute, être confronté, dans les jours à venir, à des questions sur sa volonté de sortir le pays de l’accord de Paris sur le climat, annoncée le 1er juin

Libération 17.11.2017

Nouvelle-Calédonie: « Le changement climatique bouleverse notre mode de vie traditionnel »

A l'occasion de la 23e Conférence des Nations unies sur le climat, qui a débuté le 6 novembre à Bonn, « Libération » publie une série d'interviews-solutions pour limiter le changement climatique.

[...] On voit la montée des eaux, les cyclones deviennent de plus en plus intenses, durent plus longtemps. On ne peut plus parler d’adaptation parce que les tempêtes s’enchaînent. C’est impossible de vivre comme cela.

Libération 05.11.2015

Le changement climatique a amplifié des phénomènes météo extrêmes

Vagues de chaleur, cyclones et autres inondations sont accentués par l'activité humaine. Le lien n'est en revanche pas avéré concernant les fortes tempêtes de neige.

Le réchauffement planétaire induit par les activités humaines a amplifié un grand nombre de phénomènes météorologiques extrêmes en 2014, conclut jeudi l’Administration américaine océanique et atmosphérique (NOAA), un groupe international de recherche. Ces scientifiques ont analysé 28 de ces phénomènes dans le monde l’année dernière. Ils citent notamment des cyclones dans le centre du Pacifique, la sécheresse en Afrique de l’Est, des vagues de chaleur en Australie, en Asie et en Amérique du Sud, ou encore des inondations dans les Cévennes, dans le sud de la France

Libération 06.09.2016

Changement climatique : les océans dans la tourmente

Un rapport sur les conséquences du réchauffement des océans, publié lundi, exhorte les pays à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et à mettre en œuvre l'accord de la COP21.

[...] Enfin, les événements climatiques, comme les cyclones, risquent d’être plus importants.

Libération 07.09.17

Les îles du Pacifique ont besoin d'aide face au changement climatique

Un rapport de la Banque mondiale confirme que les îles du Pacifique vont être les plus frappées par les effets du changement climatique, menaçant même des populations entières de relocalisation.

[...] Le changement climatique est déjà visible dans la région, avec l’érosion côtière, la contamination des terres agricoles et l’eau potable par le sel, ainsi qu’une pluviométrie imprévisible qui provoque inondations et sécheresse.

[...] Le Pacifique est souvent frappé par des cyclones mais le rapport prévient que les tempêtes de catégorie 5, les plus destructrices, vont devenir plus fréquentes, affectant d’autant plus une région aux ressources économiques déjà faibles.

Libération 26.01.2017

L'Europe déjà durement touchée par le changement climatique

Une étude de l'Agence européenne de l'environnement, publiée mercredi, détaille les conséquences du réchauffement climatique sur le continent, des littoraux au tourisme, en passant par la santé publique.

« Le changement climatique a considérablement augmenté l’occurrence d’événements climatiques et météorologiques extrêmes en Europe », tranche l’étude Changement climatique, impacts et vulnérabilité en Europe, publiée mercredi, par l’Agence européenne de l’environnement (EEA).

Libération 28.09.2016

Le réchauffement, c’est maintenant

Alors que les records de chaleur s’enchaînent, le seuil critique de 2°C d’élévation des températures risque d’être atteint dès 2050, alerte un groupe de scientifiques. Quand bien même l’Accord de Paris serait respecté…

[...] Que la température moyenne du globe pourrait atteindre dès 2050 la fameuse limite des + 2 °C de réchauffement par rapport à l’ère préindustrielle, perçue par les climatologues comme un seuil à ne surtout pas dépasser sous peine de ne plus pouvoir contrôler l’emballement du climat et ses funestes conséquences (élévation du niveau des océans, aggravation et fréquence accrue des sécheresses, cyclones et inondations, chute des rendements agricoles, migrations massives, épidémies…).

Libération 30.12.2016

Brice Lalonde : « le changement climatique, c’est le changement aquatique »

Rareté, pollution, conflits... Comment répondre aux nouveaux défis de l'eau ?

[...] Or le changement climatique, c’est le changement aquatique. Sécheresse ici, déluge là, ce ne sont plus les mêmes pluies, ce n’est plus le même cycle. Absente ou torrentielle, L’eau devient violente. Les peuples devront s’y faire, ou migrer.

Libération 22.09.17

Le direct

Changement climatique : les îles dévastées par les ouragans demandent des comptes aux grandes puissances.

[...] « Nous sommes bien seuls » mais « il est impossible de faire abstraction des changements climatiques » qui provoquent « des épisodes météorologiques extrêmes », a-t-il dit.

Libération 14.10.2015

« Le lien entre changement climatique et conflits n'est ni à surévaluer ni à négliger »

Spécialisé dans les impacts géopolitiques du dérèglement climatique, le chercheur Bastien Alex souligne que celui-ci ne provoque pas directement les conflits mais qu'il en est un facteur aggravant.

[...] Mais à partir de quand peut-on attribuer cette sécheresse au changement climatique? C’est le travail des scientifiques du Giec. Ils nous disent que dans certaines régions du monde, les événements climatiques extrêmes vont se multiplier, soit en fréquence, soit en intensité, soit les deux.

Libération 15.03.2015

Après le cyclone Pam, l'appel à un « sursaut » face au réchauffement climatique

La Banque mondiale a estimé dimanche que les ambitions de la communauté internationale n'étaient pas à la hauteur de l'urgence de la situation.

[...] La Banque mondiale (BM) a appelé dimanche la communauté internationale à un sursaut face au changement climatique, après le passage du cyclone Pam sur le Vanuatu, pendant une conférence de l’Onu sur la prévention des catastrophes naturelles.

[...] Dans le cas du Vanuatu, « je ne prétends pas que le changement climatique soit à l’origine de Pam » - cyclone de catégorie 5 (la plus élevée) -, a nuancé la dirigeante de la BM. « Mais le fait est que ces trois à quatre dernières années, cette catégorie est revenue à une fréquence inédite. » « Et cela a un lien avec le changement climatique. Il est indéniable que cette partie de l’océan Pacifique s’est réchauffée, donc ces tempêtes s’intensifient. »

Libération 16.09.2016

Climat : Nicolas Sarkozy, dangereux marchand de doute

En confirmant son virage climato-sceptique sur France 2 jeudi soir dans « l’Emission politique », l'ex-président vient de saper des dizaines d’années de pédagogie et d’information menées par les scientifiques et les ONG.

[...] Et d’accentuer le message d’urgence, tant les conséquences des dérèglements climatiques se font, chaque année passant, plus durement sentir : notre printemps exceptionnellement pluvieux, notre été exceptionnellement chaud, et le flot des réfugiés climatiques jetés sur la route par ces dérèglements globaux ne nous le rappellent-ils pas au quotidien ?

Libération 10.09.2017

Irma : « peut-être » le réchauffement…

Pour le climatologue Jean Jouzel, la puissance dévastatrice des cyclones est liée au changement climatique. Pourtant, on préfère globalement entretenir la confusion et le flou scientifique.

Même si nous n’attribuons pas directement pour le moment, on ne peut pas le faire immédiatement en tout état de cause, ce cyclone aux activités humaines, il y a un lien avec le réchauffement, et ça risque de préfigurer ce vers quoi nous allons dans un climat plus chaud. D’où des phénomènes plus intenses, et donc « plus destructeurs ».

Vous avez bien lu ? Relisez. Pas de place pour le « peut-être ».

Voilà, on pourrait en trouver d'autres, sans doute, mais on a déjà là, me semble-t-il, un bon échantillon, et dans les deux sens : soit en attribuant la cause des phénomènes météorologiques au changement climatique, soit en présentant des « études » qui nous disent que les conséquences du réchauffement climatique seront une augmentation (en fréquence, puis, rétropédalage, en importance) de l'occurrence de ce type d'événements.

À cet égard, et toujours sur le même Libération, je ne puis que vous conseiller la lecture de l'article qu'avait publié le journaliste Olivier Postel-Vinay, le 18.10.2016 intitulé « Toujours plus de cyclones ? » . Dans cet article, on peut lire :

[...] On en est là. Contrairement à ce qu’on entend souvent répéter, le consensus scientifique actuel ne décèle pas de surcroît d’activité des cyclones. A vrai dire, la tendance est plutôt inverse. En 2014, Nature publiait une étude montrant que « l’activité des cyclones en Australie est plus faible qu’à aucune époque au cours des derniers 500 à 1 500 ans ».

Le Giec a admis s’être trompé sur l’évolution de la température moyenne globale de la Terre, qui aurait dû, selon les prévisions, continuer d’augmenter régulièrement après 1998, date d’un événement El Niño. Si l’on excepte le nouvel événement El Niño de 2015-2016, la température globale est restée pratiquement stable. Les scientifiques ignorent pourquoi l’activité cyclonique n’a pas augmenté. Ils ignorent pourquoi la température de la Terre est restée relativement stable entre 1998 et 2015. Ils ignorent aussi, soit dit en passant, la cause profonde des événements El Niño, qui viennent de temps à autre perturber le climat de la planète.

Ouch, ça pique un peu.

https://www.levilainpetitcanard.be/articles/actu/sophistique-a-lusage-des-bulots-par-monsieur-joffrin_1733290246

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Impôts : après la taxe d'habitation, voici la taxe inondation

Malgré la promesse de ne plus créer d'impôt, une nouvelle taxe locale a vu le jour.

ACT TAXE INONDATION

Le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, l'a juré via son compte Twitter : « Je le dis avec la plus grande clarté : il n'y aura PAS de nouvel impôt ! » Mais il omet de vous parler de la nouvelle taxe inondation ! Certes, celle-ci est née d'une loi votée en 2014 sous Hollande, mais elle est entrée en vigueur le 1er janvier et porte le doux nom de Gemapi pour « gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations ».

L'Etat, qui prenait en charge les aménagements liés aux crues, a transféré ces dépenses aux 1 266 établissements publics de coopération intercommunale (EPCI). Selon nos informations, près de 200 d'entre eux ont déjà voté la mise en place de la taxe inondation. Et la grande majorité des autres devraient le faire d'ici au 15 février,

Jusqu'où peut monter la facture ? L'Etat a institué un plafond de 40 euros par personne et par an. Mais chaque intercommunalité vote son tarif. Sur le papier, les élus doivent budgéter des travaux liés à la prévention des inondations. A Forbach (Moselle), chaque habitant devra payer 4,90 euros. A La Grande-Motte (Hérault), ce sera 5,90 euros . Et dans le bassin dunkerquois, « entre 14 euros et 17 euros », selon l'agglomération à laquelle vous appartenez.

«Ce nouvel impôt n'est ni social, ni juste, ni efficace !»

« Ce n'est pas du tout un impôt social, déplore Virginie Pradel de la Fondation Concorde, un think tank libéral. Une famille nombreuse qui vit avec un smic paiera plus cher qu'un célibataire qui gagne bien sa vie. » Cela va faire hurler les contribuables. Surtout que la taxe inondation arrive alors que le gouvernement claironne que les réformes fiscales vont booster le pouvoir d'achat des Français dès 2018. En fait, la taxe Gemapi sera ajoutée à votre taxe d'habitation ou votre taxe foncière.

Dans les intercommunalités, on ne parle plus que de cela, car c'est un fardeau politique à gérer. Contacté, Bercy se défausse sur le ministère de l'Intérieur, en charge de la sécurité. Ce dernier n'a pas donné suite à nos sollicitations. « Ce nouvel impôt n'est ni social, ni juste, ni efficace ! » tempête André Flajolet (LR), vice-président de l'Association des maires de France (AMF) et représentant des intercommunalités auprès de Matignon.

« Des intercommunalités ont demandé aux maires de baisser leurs taxes d'habitation et foncière pour neutraliser Gemapi, confie Viriginie Pradel. Mais la grande majorité n'aura d'autre choix que de la faire porter par les administrés. » Des élus ont aussi flairé l'occasion de faire entrer de l'argent dans les caisses. « Alors qu'il faut justifier de travaux précis liés au risque d'inondations pour voter la taxe, certaines intercommunalités ne s'embarrassent pas, s'inquiète André Flajolet. Elles l'ont mise en place pour financer je ne sais quel projet. »

« Les gens vont être très énervés »

Claude Duchesne, vice-présidente d'une intercommunalité de l'Hérault.

Vice-présidente (DVG) de l'intercommunalité du Pays de l'Or (Hérault), qui compte plus de 67 000 habitants, Claude Duchesne estime que les citoyens vont mal accepter cette nouvelle contribution.

A combien s'élève chez vous la taxe Gemapi ?
Claude Duchesne. 
Nous l'avons votée fin septembre après avoir évalué les travaux de prévention des inondations à 400 000 euros par an jusqu'en 2025. Cela revient à collecter 5,90 euros par habitant et par an. Les entreprises aussi sont concernées. Elle s'ajoutera à la taxe foncière ou à la taxe d'habitation.

Comment ferez-vous quand la taxe d'habitation sera supprimée en 2020 pour 80 % des Français ?
Ca va être compliqué ! Si la plupart de nos habitants ne paient plus la taxe d'habitation, il faudra trouver d'autres personnes ou d'autres moyens pour payer la facture car il faudra malgré tout collecter la Gemapi.

A quoi va servir cet argent ?
Nous avons des risques d'inondation, notamment après les orages cévenols. Il est impératif d'entretenir les rivières, d'enlever les obstacles, de rehausser les digues... Tout cela coûte cher et c'est une responsabilité immense. Car nous sommes désormais en première ligne s'il y a des accidents ou si quelqu'un meurt. Or, on nous coupe de plus en plus de subventions.

En voulez-vous à l'Etat pour ce transfert de responsabilité ?
Oui ! Localement, nous allons nous en prendre plein les dents par nos électeurs. Les gens vont être énervés. Ils vont avoir bien du mal à comprendre qu'on leur supprime la taxe d'habitation d'un côté pour leur imposer un nouvel impôt local de l'autre. D'autant que nous n'avons aucune garantie que le coût de la taxe par habitant reste à 5,90 euros. Le montant de la taxe peut être revu chaque année, en particulier si l'Etat nous impose d'autres responsabilités, comme la protection des populations contre la submersion marine.

http://www.leparisien.fr/economie/impots-apres-la-taxe-d-habitation-voici-la-taxe-inondation-15-01-2018-7501179.php#xtor=EREC-109-[NLalaune]---${_id_connect_hash}@1

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mercredi 17 janvier 2018

Elections européennes : le gouvernement se prépare à… diminuer le temps d’antenne de l’opposition !

Le gouvernement se prépare à modifier les règles du temps de propagande dans l'audiovisuel public pour les élections européennes. Surprise, LREM sortirait grand gagnant de la réforme, avec une augmentation de 155% du temps d'antenne ! A l'inverse, Jean-Luc Mélenchon et ses Insoumis perdraient de nombreuses minutes...

ACT EM ELECTIONS

Ça ne changera pas la face des élections européennes, mais c’est un bien mauvais tour que la République en Marche (LREM) s’apprête à jouer à l’opposition. De façon très discrète, le gouvernement se prépare à… augmenter son temps d’antenne pour ce scrutin, et à diminuer, par ricochet, celui de l’opposition parlementaire. Jean-Luc Mélenchon et ses Insoumis seront tout particulièrement touchés par cette réforme, qui sera discutée en commission des lois à l'Assemblée nationale le 17 janvier prochain.

La manœuvre concerne les spots de campagne diffusés sur l’ensemble des chaînes de l’audiovisuel public. Profitant de la réforme consensuelle du mode de scrutin aux élections européennes – les députés européens seront désormais élus sur l’ensemble du territoire français -, le gouvernement a inséré dans son projet de loi un article sur ces clips de propagande. Actuellement, ces spots sont diffusés pendant une durée totale de deux heures sur chaque média, répartis de façon parfaitement égale entre tous les partis représentés au Parlement. S’il existe six listes soutenues par des groupes parlementaires, elles se partageront chacune 20 minutes d’antenne. Quant aux partis qui ne disposent pas d’un groupe parlementaire, comme le FN ou Debout la France, ils se partagent égalitairement une heure, mais aucun ne peut parler plus de cinq minutes.

De 20 à... 51 minutes pour LREM

Plutôt que de chercher à atténuer ce déséquilibre, le gouvernement d’Edouard Philippe a choisi… de l’accentuer. Comme l’a remarqué la Lettre A, ce projet de loi prévoit en effet que ces deux heures réservées aux partis parlementaires seront désormais réparties… au prorata, selon le poids des groupes parlementaires. Ce qui avantagera mécaniquement les coalitions qui disposent des plus gros groupes parlementaires, la République en Marche-MoDem et Les Républicains. Selon nos calculs, LREM, allié au MoDem, passerait ainsi de 20 minutes à… 51 minutes de temps de propagande dans l’audiovisuel public. Soit une augmentation de temps de propagande de 155%, grâce à leurs 382 parlementaires. La bonne affaire ! Les Républicains passeraient eux de 20 à 32 minutes d’antenne.

Jean-Luc Mélenchon devrait en revanche hurler : avec cette réforme, le temps d’antenne des Insoumis via ces spots passerait de 20 minutes… à 2 minutes. Maigre consolation, la future loi prévoit d’octroyer 2 minutes supplémentaires… pour toutes les listes.

L'heure des petits partis supprimée

Quant à la seconde tranche d’une heure réservée aux partis qui ne comptent pas de groupe au Parlement, comme le FN, elle disparaît. A la place, le gouvernement veut mettre en place une heure de « correctif » démocratique. L’idée ? Atténuer les déséquilibres qui découleront… de sa propre réforme. Cette heure sera ainsi répartie entre toutes les listes candidates - dont LREM et LR - « afin que les durées respectives d’émission attribuées aux listes » ne soient pas « hors de proportion avec (leur) participation à la vie démocratique de la Nation ».

Concrètement, le CSA fixera la durée des clips des uns et des autres en veillant à ce que les partis qui comptent de nombreux électeurs mais peu de parlementaires, comme la France Insoumise, le Front national, voire Debout la France, ne soient pas trop désavantagés par cette réforme. Sauf qu’il n’y a pas besoin d’être docteur en mathématiques pour s’apercevoir qu’étant donné le nombre de listes – 25 en 2014 – ces partis ne pourront guère prétendre à plus de 5 ou 6 minutes. Et se trouveront donc les grands perdants de la nouvelle loi…

Réprimande du Conseil d'Etat

Sollicité en amont du texte, le Conseil d’Etat a d’ailleurs réprimandé le gouvernement. Courtoisement mais fermement, les sages du Palais-Royal ont fait savoir que ce critère du poids des groupes parlementaires nationaux n’était pas particulièrement pertinent pour déterminer le temps de parole à une élection européenne : « La différence entre les modes de scrutin, pour l’élection des députés et sénateurs d’une part, et pour l’élection des représentants au Parlement européen d’autre part, les spécificités du débat démocratique dans le cadre de la campagne pour le renouvellement du Parlement européen et, enfin, l’évolution potentiellement très rapide des courants d’idées et d’opinions, peuvent conduire à ce que l’attribution de la deuxième fraction de durée d’émission ne soit pas en adéquation avec la participation des partis et groupements politiques représentés au Parlement national, aux débats de la campagne électorale ».

Le Conseil d’Etat a donc conseillé au gouvernement de réduire ce temps d’antenne réservé aux partis représentés au Parlement à une heure et demie. Proposition royalement ignorée par Edouard Philippe et Gérard Collomb, qui portera le texte devant le Parlement. Le temps où En Marche saisissait le Conseil constitutionnel pour obtenir plus de temps pour ses clips aux élections législatives, au nom du pluralisme et de la représentation des partis sans groupe au Parlement (!), semble définitivement envolé…

Les clips ne font pas l'élection

Le gouvernement n’a en revanche pas osé toucher aux règles du temps de parole dans les émissions de télévision. Celui-ci reste défini par le CSA, selon un calcul compliqué mêlant résultats aux dernières élections, score dans les sondages et dynamisme du parti sur le terrain.

Les partis perdants de la réforme se rassureront encore en constatant que ce genre de clips ne font pas forcément l’élection. En 2014, le Front national est arrivé premier aux élections européennes, avec deux millions de voix de plus que le PS… malgré des clips de propagande dans l’audiovisuel public quatre fois moins longs.

https://www.marianne.net/politique/elections-europeennes-le-gouvernement-se-prepare-diminuer-le-temps-d-antenne-de-l

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Vous pariez combien qu'ils vont encore s'arranger pour que l'UPR n'obtienne aucune visibilité médiatique? Raison de plus pour se mobiliser sur le terrain le plus vite possible...  P.G.

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mardi 16 janvier 2018

Une fin d'année étrange et inquiétante à la France insoumise

Ou comment gauche bien-pensante et gauchisme sont un frein au rassemblement majoritaire.

tribune libre/Jacques COTTA

TL MIGRANTS

Alors que la parole du groupe parlementaire et particulièrement de Jean Luc Mélenchon est sans équivoque sur nombre de points, on voit ici ou là des prises de position contradictoires qui sèment le trouble et qui inévitablement tendent à la dislocation, à l’éclatement. Derrière cette réalité, la FI comme cadre de regroupement majoritaire est menacée. Dans un papier paru sur notre site il y a quelques semaines, « Réflexions sur mouvement vs parti » (http://la-sociale.viabloga.com/news/reflexions-sur-mouvement-vs-parti)  Tony Andreani posait les enjeux. Un peu plus tard, dans un papier concernant « l’émission politique » de France 2 dans laquelle Jean Luc Mélenchon était l’objet d’attaques violentes, je tentais d’illustrer le propos à partir de la question centrale de la laïcité et des contradictions entre les principes élémentaires définis par JLM et les positions défendues par Danièle Obono. On trouvera « La FI cible de l’oligarchie qui tape parfois là où ça fait mal » à l’adresse suivante (http://la-sociale.viabloga.com/news/la-fi-cible-de-l-oligarchie-qui-tape-parfois-la-ou-ca-fait-mal). Aujourd’hui, avec l’immigration et l’existence des migrants, c’est un autre sujet qui éclate à la figure de la FI et qui repose la même question : est-il possible de construire quelque chose de solide sur un socle défini comme « gazeux » ?

Quelle politique migratoire ?

La question n’est pas secondaire car les phénomènes auxquels on assiste aujourd’hui pourraient bien s’amplifier considérablement dans les temps qui viennent. Aussi la réponse politique qui y est apportée prend une place de premier plan.

Une manifestation avait lieu samedi 16 décembre à la frontière italienne en soutien aux migrants. Une initiative qui à priori pouvait être comprise comme une bataille contre l’Etat pour qu’il respecte la loi vis à vis des demandeurs d’asile : instruction des dossiers, traitement humain, prise en charge des mineurs isolés, hébergement en dur, soins, accueil le temps d’obtenir une réponse permettant soit de rester, soit de quitter le territoire, renforcement des services publics tant pour assumer ces tâches que pour aider l’ensemble de la population, unifier dans leur préoccupations migrants d’une part, salariés d’autre part à partir de leurs intérêts communs, etc… Bref, une initiative politique mettant l’état et le gouvernement face à leurs responsabilités à partir d’une préoccupation humanitaire bien légitime.

En réalité, il n’en n’a rien été. La « gauche de la gauche », dans la foulée de la « gauche » bien-pensante des beaux quartiers, préfère exonérer de leurs responsabilités les responsables de cette situation. Dans le compte rendu de cette initiative, on peut en effet lire : « Menton « perle de France » : « Nous détruirons toutes les frontières ! » Et un peu plus loin « Oui, les casseurs et les clandestins étaient là. Casseurs de frontières, briseurs des chaines de l’esclavage et de l’exploitation. ClandestinEs d’un ordre qui discrimine et qui tue, qui enferme et sépare. TouTEs  migrantEs ! ». Ainsi, sans se priver de l’écriture inclusive à la mode qui rend un peu plus ridicule la prose d’usage, voilà la « gauche de la gauche », forte de 800 manifestants venus de plusieurs coins de France, qui réclame la mise à bas des frontières, de l’Etat, et donc de fait, qui revendique comme seul moyen de régulation l’UE dont on connaît les penchants pour la destruction des Nations au nom d’un libéralisme à toute épreuve

Que le NPA, le PCF ou autres associations pour qui il y a là un fonds de commerce à défaut d’une politique réelle opposée à Macron et son gouvernement soient de la partie, pas grand-chose d’étonnant. Mais surprise, la FI des alpes maritimes fait partie du lot. Comment cela est-il possible ? Voilà où mène le rassemblement basé sur « l’homogénéité d’actions » et non sur « l’homogénéité de la pensée ». D’un côté Mélenchon à l’assemblée nationale qui défend une ligne claire, nette, et fort juste sur la souveraineté nationale, sur la Nation, sur la défense, sur l’UE et la rupture avec les traités, etc…* De l’autre, au nom de la FI, des groupes qui se retrouvent avec ce qu’il y a de plus décomposé politiquement sur une orientation opposée à celle de Mélenchon, qui aspirent à réaliser –sans même s’en rendre compte pour certains- les vœux de la finance et du capital financier dont les ambitions sont sans limites et qui définissent, pour atteindre leur objectif, l’état et les nations comme des obstacles à abattre.

La FI menacée

Il n’y a pas d’un côté les courants sensibles à la souffrance humaine, de l’autre ceux qui y seraient indifférents. Non, il y a deux positions diamétralement opposées sur la question migratoire qui recoupe les sujets de fond.

  •  D’une part la bataille politique qui dégage les responsabilités de cette situation et s’attaque aux causes des mouvements migratoires :

-la responsabilité de nos gouvernements successifs engagés dans des guerres à travers le monde qui jettent des millions d’êtres humains sur les routes ou les mers.

-la responsabilité de nos gouvernements qui font du commerce le but ultime de toute existence humaine, notamment avec l’UE, le CETA ou le TAFTA.

-la responsabilité de nos gouvernements qui ne disent mot sur les pillages de ressources qui impose l’exil à des populations entières.

-la responsabilité des gouvernements des grandes puissances qui tout en réprimant souvent nient le droit des peuples poussés à migrer à posséder leur propre nation, à décider, à diriger leurs affaires.

  • D’autre part la substitution d’un soit-disant « humanitarisme » en lieu et place de la bataille politique, comme si l’humanitaire pouvait tenir lieu de politique.

-Etrange « humanitarisme » qui clame que « les migrants sont une chance pour la France ». L’égoÏsme n’aurait donc aucune limite, puisque est ainsi transformé le malheur des immigrés en bonheur des français. Car pour eux, quelle est la chance de se retrouver ici ? Quel avenir sinon de renforcer les bataillons de chômeurs au profit d’une politique patronale qui cherche toujours les salaires à la baisse, sur les chantiers, dans le bâtiment, ou dans la cueillette de fruits par exemple ? Qui peut considérer sérieusement que « la porte de la chapelle » ou les trottoirs parisiens sont un avenir enviable, souhaitable ?

-Etrange humanitarisme qui fort égoïstement se retranche derrière ce que les migrants pourraient nous apporter, sans s’interroger une seconde sur le pillage intellectuel de leur nation que représentent ces mouvements migratoires, après d’ailleurs qu’aient été pillées sans retenue leurs ressources naturelles.

-Etrange humanitarisme qui refuse de lier les migrations à nos capacités en termes d’emplois décents et correctement rémunérés, à notre réindustrialisation, à notre politique de logement, au développement de nos services publics, à notre politique éducative et d’alphabétisation, etc… 

La question des frontières, de la nation, de notre souveraineté est bien centrale. Elle conditionne notre capacité à répondre comme nous l’entendons aux défis posés par les mouvements migratoires.

  • D’une part en appliquant les lois de la république, notamment en ce qui concerne l’accueil des mineurs isolés, et plus généralement en exigeant des conditions décentes pour ceux qui sont aujourd’hui arrivés sur notre sol. Les traiter comme des éléments du genre humain, ni plus, ni moins, le temps de l’instruction de leur dossier, et non comme des individus hostiles, pourchassés et menacés.

  • D’autre part en mettant en place une orientation qui s’oppose à la poursuite de ces mouvements migratoires dont les migrants sont en très grande majorité les premières victimes. Ces populations qui n’ont pas demandé de venir parcourir nos routes ou nos eaux aspirent souvent à pouvoir prendre le chemin du retour pour bâtir leur avenir, leur état, leur nation. 

L’immigration indique bien l’importance incontournable des questions liées à la Nation, à la souveraineté, aux frontières. La façon dont par exemple Djordje Kuzmanovic, le conseiller de JLM pour les affaires internationales, est pris à partie sur Internet, indique bien l’incompatibilité qui existe entre les positions contradictoires. Peut-on penser que la diversité, voire l’opposition des positions, serait une bonne chose pour permettre au plus grand nombre de se retrouver? Ou au contraire, les forces centripètes l’emportant, n’est-ce pas l’explosion qui guette. Comme les questions de la laïcité, celles qui concernent l’immigration sont sans doute centrales pour regrouper majoritairement, comme l’aspire la FI. La FI désire devenir le rassemblement majoritaire en vue de gouverner. Mais dans ce but est-il possible de faire l’économie de la clarté ? Gagner à une juste orientation en vue du pouvoir nécessite de retrouver des électeurs qui jusque-là se sont égarés sur la droite, voire l’extrême droite. Gagner une majorité nécessite de ramener à la politique des pans entiers de la société qui s’en sont peu à peu éloignés. Est-ce concevable dans le flou, l’incertitude, la contradiction des positions ? Question d’autant plus légitime que la politique revenant aux commandes, Emmanuel Macron et son gouvernement savent observer, analyser et utiliser les failles de ce qui constitue la principale opposition à son orientation.

Macron 2018

Le président de la république va faire en ce début 2018 de la question de l’immigration une des pierres angulaires de sa politique, cherchant à fracturer toutes les forces dont la FI. Au passage, il affiche une politique qui est une véritable claque à tous ceux qui durant les présidentielles ont voulu convaincre du bienfait du vote Macron pour faire barrage à Le Pen. Le ministre de l’intérieur de Macron, l’ancien socialiste Gérard Collomb, n’aurait en effet pas détonné dans un gouvernement frontiste. Du moins en témoignent les mesures qu’il met en avant. Avec la circulaire du 12 décembre autorisant les préfectures à recenser les migrants dans les centres d’hébergement d’urgence, c’est d’abord Jacques Toubon, défenseur des droits, qui exprime son opposition. Les associations à juste titre parlent de « traque des étrangers dans les centres d’hébergement », et indiquent le caractère dangereux de la mesure dont le premier effet sera de tenir à l’extérieur des centres des migrants qui craignent un traitement hostile. Et dans les rangs de la LREM, une députée prend fort justement à partie le ministre de l’intérieur au sein de l’Hémicycle. Au même moment on apprend que dans le briançonnais un migrant a été sauvé de justesse par les secours alors qu’il se trouvait à -17° dans la neige, pieds nus.

On voit bien la façon dont le pouvoir va tenter à travers une série de mesures de jouer sur les sentiments pour que surtout sa politique ne soit pas mise en cause. Tout devrait être cantonné à l’humanitaire évacuant la politique. La politique de Macron-Collomb n’a pas de sens autre que répressif. Les durcissements sur la question des migrants est absurde, car nul ne peut empêcher de fuir la misère et le la guerre lorsqu’elle frappe à sa porte. Une fois encore, la vraie question, une fois les mesures républicaines élémentaires respectées, est de savoir quelle politique pour enrayer les flux migratoires

Si fort justement le pape qui en appelle à l’hospitalité indique de son balcon à Rome que « dans beaucoup de cas, ce départ est chargé d’espérance, chargé d’avenir ; (…   )ce départ a un seul nom : la survie. Survivre aux Hérode de l’heure qui, pour imposer leur pouvoir et accroitre leurs richesses, nont aucun problème à verser du sang innocent », il conclut « Noel c’est le temps pour transformer la force de la peur en force de charité ». Le pape, la gauche bien-pensante, l’extrême gauche sur la même ligne. Pourtant, la charité n’a pas grand-chose à voir à cette affaire où la cause première est à tout point de vue dans la politique mise en œuvre par nos gouvernants et par les instances supra nationales qui portent la responsabilité de la situation.  

Dans ce contexte, la FI peut-elle faire l’économie à tous ses niveaux de la discussion politique sur le fond, histoire d’éviter les dérives de Menton, les injures faites à Djordje Kuzmanovic ? Peut-elle s’émanciper de la discussion démocratique permettant de décider, d’unifier, de réfléchir ? Et une fois les décisions prises dans le respect des points de vue de chacun, dans le respect des règles démocratiques, ne devrait-il pas y avoir nécessité de respecter les quelques textes qui font office de programme? Mais un mouvement basé sur l’action et non sur la pensée peut-il satisfaire ces nécessités ? La FI comme mouvement n’a-t’elle pas atteint des limites que l’organisation sous la « forme parti » serait à même de dépasser ? Car comment tolérer que la FI à travers un groupe ou un autre participe à une orientation basée sur la destruction des frontières, de l’état, des nations, alors que les textes de la FI sont pourtant sur ce point sans équivoque :

« L’immigration est une arme utilisée par le grand patronat pour faire pression à la baisse sur les salaires, c’est pourquoi elle doit être combattue à la racine (…) Il faut refuser les traités de libre-échange et en particulier le CETA et les traités européens, ainsi que l’avait clairement exigé le peuple français en mai 2005 en votant NON au Traité Constitutionnel Européen (…) Il faut arrêter les guerres par une diplomatie active et indépendante, en supprimant les accords commerciaux inégaux qui inondent les pays pauvres de produits agricoles européens, en cessant le pillage des ressources des pays en voie de développement par les multinationales prédatrices et en aidant les pays les plus vulnérables face au dérèglement climatique. Il faut instaurer le protectionnisme pour garder l’emploi en France, dénoncer les délocalisations et réindustrialiser notre pays. Soutenir l’adoption à l’ONU d’un cadre contraignant les multinationales à respecter un socle de normes sociales et environnementales (…) La France compte aujourd’hui plus de 6 millions de chômeurs, 9 millions de pauvres et 4 millions de mal-logés. Dans ces conditions, l’immigration économique est inacceptable (…) Il faut interdire les travailleurs détachés et sanctionner sévèrement tout entrepreneur qui embauche des travailleurs clandestins. Régularisation des sans-papiers déjà présents sur le territoire et n’ayant pas commis de crimes pour assurer l’égalité sociale entre les travailleurs en interdisant le dumping social intérieur. La traque des immigrés pris individuellement est non seulement inhumaine mais inefficace (…) Afin d’assurer l’intégration, la politique d’assimilation par l’école républicaine doit être réaffirmée (…) Il faut sortir des traités européens et des accords de Schengen qui imposent à la France une politique migratoire catastrophique pour les travailleurs ».

 
Jacques Cotta

Le 28 décembre 2017

http://la-sociale.viabloga.com/news/une-fin-d-annee-etrange-et-inquietante-pour-la-fi

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"D’un côté Mélenchon à l’assemblée nationale qui défend une ligne claire, nette, et fort juste sur la souveraineté nationale, sur la Nation, sur la défense, sur l’UE et la rupture avec les traités, etc…" Voilà un passage qui me semble fort discutable! J'aurais tendance à penser que sur la question des migrants comme sur la question européenne, JLM et la FI jouent sur tous les tableaux.

Dommage que certains qui nous sont pourtant parfois si proches, refusent d'admettre cette réalité. Aveuglement? Double jeu? Peu probable en ce qui concerne l'auteur. Peut- être quelques restes de préjugés issus du clivage droite- gauche? En tous cas, espérons que notre propre effort sur ces questions difficiles permettra d'engager le dialogue.  P.G.