mercredi 18 avril 2018

Frappes USA/France/GB en Syrie – Qui a gagné ?

TRIBUNE LIBRE /

TL TRUMP SYRIA

Publié le 14 avril 2018 sous le titre F.U.K.U.S. Strikes Syria – Who Won?
Traduit par Dominique Muselet

Hier soir, la France, le Royaume-Uni et les États-Unis ont lancé une attaque illégale contre la Syrie et ont bombardé plusieurs sites militaires et civils à l’intérieur du pays. Ils justifient leur attaque comme une punition pour une prétendue ‘attaque chimique’ qui a eu lieu une semaine plus tôt.

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L’’incident chimique’ du 7 avril à Douma a été fabriqué pour renverser la décision de Trump d’ordonner à l’armée américaine de quitter la Syrie. Les ‘rebelles’ salafistes de Douma financés par les saoudiens ont rassemblé des cadavres d’enfants, morts dans divers incidents, et les ont empilés dans un appartement pour faire de fausses vidéos d’une ‘attaque chimique’ qu’ils ont mensongèrement attribuée au gouvernement syrien.

Trump a fait semblant de prendre les vidéos pour argent comptant et a tweeté des menaces contre la Syrie et la Russie. La Russie a menacé de répondre fermement si une attaque des États-Unis touchait ses soldats ou ses intérêts en Syrie.

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Le Royaume-Uni et la France, qui, comme les États-Unis, ont reçu récemment la visite du prince clown saoudien et ont été inondés de milliards d’euros saoudiens, ont sauté sur l’occasion. La France admet aujourd’hui que ses ‘renseignements’ sur l’incident de Douma sont uniquement basés sur les vidéos youtube – de toute évidence mises en scène – et les affirmations d’organes de propagande financés par l’occident qui coopèrent avec les djihadistes.

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Hier, le ministère russe de la Défense a accusé la Grande-Bretagne d’avoir fabriqué l’’incident chimique’ :

Aujourd’hui, il y a d’autres preuves à la disposition du département militaire russe, qui témoignent de la participation directe de la Grande-Bretagne à la mise en œuvre de cette provocation dans la Ghouta orientale.

La Russie sait que du 3 au 6 avril, Londres a demandé aux Casques blancs de mettre rapidement en œuvre cette provocation qui avait été préparée à l’avance.

Les Casques blancs ont été informés que les militants de Jaysh al-Islam devaient mener une série de puissants bombardements d’artillerie sur Damas du 3 au 6 avril.

Ce qui entraînerait une réponse des troupes gouvernementales, que les représentants des Casques blancs devaient utiliser pour se livrer à des provocations avec des armes chimiques présumées.

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Les ‘Casques blancs’ sont financés par le gouvernement britannique et sont dirigés par un ‘ancien’ officier de renseignement militaire britannique. Les accusations directes de la Russie contre la Grande-Bretagne ont peut-être joué un rôle dans le déclenchement précipité de la frappe d’hier soir. L’arrivée de techniciens de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) à Damas aussi. Ces derniers enquêteront aujourd’hui sur l’incident présumé à Douma et constateront probablement qu’il ne s’est rien passé. Le fait que les trois pays n’ont même pas attendu les résultats préliminaires de l’enquête doit être considéré comme un aveu de culpabilité. Ils savent que l’attaque chimique n’a pas eu lieu.

L’armée américaine craignait un conflit potentiel avec la Russie. Des négociations intenses ont eu lieu la semaine dernière entre le Pentagone et le ministère russe de la défense. On pense que le secrétaire à la Défense Mattis a dissuadé Trump d’opérer une frappe plus importante. La troisième guerre mondiale a été évitée.

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La nuit dernière, quelque 107 missiles et missiles de croisière ont été tirés contre deux sites de recherche et huit aéroports militaires en Syrie par les forces américaines, françaises et britanniques. Les forces russes et syriennes ont été averties. Le personnel et les équipements avaient été évacués. Les forces russes n’ont pas réagi car leurs zones en Syrie n’étaient pas visées. La défense aérienne syrienne a réussi à abattre ou à détourner 71 missiles avant qu’ils n’atteignent leur cible. Le Pentagone prétend qu’aucun de ses missiles n’a été détruit ou détourné de son objectif. Un média d’opposition syrien bien connu n’est pas d’accord avec la revendication du Pentagone :

L’Observatoire syrien des droits de l’homme a réussi à documenter l’interception par les forces du régime de dizaines de missiles qui ont ciblé leurs positions et leurs bases militaires sur le territoire syrien ; plusieurs sources croisées ont confirmé à l’Observatoire syrien que le nombre de missiles abattus dépassait 65...

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Un taux de réussite de 60 à 70% pour la défense aérienne contre les missiles entrants est stupéfiant. La plupart d’entre eux auront été détruits par les systèmes Pantsir-S1 fournis par la Russie à la Syrie. Tous les aéroports militaires syriens sont désormais protégés par ces systèmes à courte portée et, alors que huit d’entre eux ont été ciblés, un seul a été touché.

L’une des cibles qui ont été touchées était le Centre de recherche scientifique de Barzah, non défendu, près de Damas. Le Pentagone prétend que des armes chimiques y sont fabriquées ou stockées. Cette affirmation est évidemment un mensonge :

  • En 2013, la Syrie a adhéré à la Convention sur la guerre chimique et a renoncé à toutes ses armes chimiques.
  • L’OIAC a vérifié tous les anciens sites d’armes chimiques accessibles en Syrie et a assisté à la destruction de l’équipement de production.
  • Le site de Barzah a été abandonné après que les équipements ont été enlevés.
  • On n’attaque pas un site avec des bombes normales si l’on sait que des armes chimiques y sont stockées. Les bombes diffuseraient les produits chimiques dangereux et tous ceux qui se trouveraient sous le vent seraient sérieusement affecté.
  • Après les frappes américaines, on pouvait voir des gens marcher dans les ruines. Aucun ne portait d’équipement de protection. Il n’y avait sûrement rien de ’chimique’.

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Il en va de même pour les installations de Jaramana touchées par les frappes. L’affirmation du Pentagone selon laquelle les frappes ont frappé les ‘installations de production et de stockage de produits chimiques’ de la Syrie est un mensonge.

Personne n’aurait été tué par les frappes. Selon le ministère russe de la Défense, trois personnes ont été blessées.

Quelles seront les conséquences de ces frappes ?

La pression des médias, des interventionnistes et des néoconservateurs en faveur d’une guerre plus large contre la Syrie (et la Russie) de ces dernières semaines, s’est calmée. Même John McCain, qui veut toujours plus de guerres, semble satisfait.

Le président de la Russie Vladimir Poutine n’a pas mâché ses mots :

Un acte d’agression contre un État souverain qui est sur la ligne de front du combat contre le terrorisme a été commis sans mandat du Conseil de sécurité de l’ONU et en violation de la Charte des Nations Unies et des normes et des principes du droit international.

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Le gouvernement chinois déplore également la violation du droit international et de la charte de l’ONU.

En ordonnant la frappe, le président Trump a également enfreint la loi étasunienne, en particulier la War Powers Resolution.

Une réunion du Conseil de sécurité aura lieu aujourd’hui, mais, comme les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France ont des vetos, cela n’aura aucune conséquence.

L’une des choses qui ne doit pas satisfaire les États-Unis, c’est le succès que les défenses aériennes russes ont remporté hier soir contre les frappes américaines. Cette annonce de la déclaration du ministère russe de la Défense va leur créer des maux de tête supplémentaires :

Il faut souligner qu’il y a plusieurs années, la Russie a cédé à la demande de nos partenaires occidentaux, et a accepté de ne pas fournir de systèmes S-300 AD à la Syrie. Compte tenu de l’incident récent, la Russie estime pouvoir réexaminer cette question non seulement en ce qui concerne la Syrie, mais aussi d’autres pays.

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Davantage de pays vont désormais pouvoir acheter du matériel de défense aérienne russe de pointe. Les ingérences des États-Unis et les frappes israéliennes contre la Syrie seront beaucoup plus risquées. Lorsque la Syrie aura les systèmes S-300, elle pourra détecter et attaquer tout avion israélien survolant le Liban. Israël a souvent utilisé l’espace aérien libanais pour attaquer des cibles en Syrie. Il n’aura bientôt plus ce luxe.

La Syrie, l’Iran et le Hezbollah ont tous publié des déclarations annonçant des représailles pour l’attaque. Elles auront lieu probablement sur le terrain contre des cibles et des actifs étasuniens en Irak, au Liban, en Syrie et en Israël. Le peuple syrien à Damas a constaté le succès des défenses aériennes et en a été très satisfait. Il répondra par un soutien accru à son gouvernement et à ses plans de libération de toute la Syrie.

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Trump a échappé à la pression publique créée par la fausse ‘attaque chimique’ grâce à une frappe aérienne plus ou moins symbolique. Il a tweeté ‘Mission accomplie !’ Je pense qu’il va continuer d’insister pour qu’il soit mis fin aux opérations américaines en Syrie. Celui qui a mis en scène la fausse attaque chimique n’y a rien gagné.

La réaction de Trump est aussi une invitation aux djihadistes et à ceux qui les influencent de monter des opérations sous faux drapeau chaque fois que ça leur chante.

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Le Pentagone a laissé la porte ouverte à de nouvelles ‘attaques chimiques’ et à d’autres frappes étasuniennes. Il a affirmé aujourd’hui que la Syrie dispose toujours d’installations d’armes chimiques. Si c’est vraiment le cas, pourquoi les États-Unis n’exigent-ils pas une inspection et un démantèlement de ces installations par l’OIAC ? La Syrie a signé la Convention sur les armes chimiques et serait obligée de l’accepter.

Le mépris évident des États-Unis pour le droit international et pour les organisations internationales comme l’ONU, l’OIAC et l’AIEA aura de graves conséquences. Les États-Unis peuvent maintenant sûrement faire leur deuil d’un accord de désarmement avec la Corée du Nord. La Russie, la Chine et d’autres pays utiliseront l’exemple des frappes de la nuit dernière pour ignorer le droit international quand cela leur conviendra. Il n’y aura plus de faveurs comme de ne pas vendre de systèmes S-300 à certains pays ou de s’associer aux sanctions américaines contre d’autres pays.

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En fin de compte, les instigateurs de la fausse attaque chimique, les États-Unis et leurs partenaires dans le crime se seront fait plus de mal à eux-mêmes, avec ces frappes, qu’ils n’en ont fait à la Syrie.

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Article original:http://www.moonofalabama.org/2018/04/fukus-strikes-syria-who-won.html
URL: https://arretsurinfo.ch/frappes-usa-france-gb-en-syrie-qui-a-gagne/

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mardi 17 avril 2018

Frappes en Syrie : le ridicule ne tue pas les puissants

TL JUSTICE US

Le délire inculte de Trump dans l’ordre international ne perturbe en rien les alliés des États-Unis qui ont « toujours raison » face à la Russie, à la Chine et à la plupart des peuples du Sud. Les conservateurs anglais dont la première ministre est empêtrée dans le Brexit, les Macronistes français, néo-bonapartistes au petit pied, dans l’ordre interne mais serviles « harkis » des Américains en politique étrangère, ont assisté l’intervention militaire des États-Unis en Syrie. Quoi de plus logique que de bombarder pour protéger les civils ? Quoi de plus cohérent que de violer le droit international pour en faire assurer le respect ?

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Nulle part les intérêts occidentaux ne supportent d’être évacués : la Russie est impardonnable de n’avoir pour renaître aucun besoin des moyens euraméricains et d’avoir réglé, sans les Occidentaux, la question de Daech en Syrie !

La Chine n’est pas supportable malgré ses yuans et ses créances : comment ose-t-elle rivaliser avec la première puissance mondiale, bénie par ses Églises évangéliques et ses valeurs « universelles » ?

En Syrie, comme ailleurs, le basculement du monde est nié : seul l’Occident est « démocratique », seul il défend la Civilisation, l’Unique, c’est-à-dire la sienne ! Quoi de plus « naturel » ? Voilà près de 400 ans qu’il exerce son hégémonie sur toute la planète s’y croyant tout permis, de la colonisation d’hier aux ingérences d’aujourd’hui.

Pour faire bonne mesure, l’Euramérique se présente à sa propre opinion comme victime menacée dans son existence même : en dépit du dollar et de l’euro qui régulent le commerce mondial, et de sa capacité d’exploiter la plupart des économies nationales, il se plaint de la concurrence « déloyale » des puissances émergentes alors qu’elle fait de la concurrence (toujours faussée) son principe d’action fondamental !

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En dépit de la puissance militaire des États-Unis (grâce à un budget 10 fois supérieur à celui de la Russie), l’Occident s’estime sur la défensive vis-à-vis de « l’agressivité » russe, tout comme l’armée israélienne d’occupation s’estime agressée par des Palestiniens « armés » de cailloux !

Le cynisme le plus pitoyable est l’invocation par le Ministre de la Défense français, suite au bombardement de la Syrie du 14 avril 2018, du droit international.

C’est que la philanthropie française n’a pas de limites : c’est au nom de l’Humanité qu’il faut punir les méchants syriens, monstres parmi les monstres ! Peu importe les dégâts de masse provoqués depuis des décennies par les multiples interventions armées en Afghanistan, en Irak, en Libye, au Yémen, par exemples, et les massacres de masse en Afrique subsaharienne qui m’émeuvent personne : tout le mal a pour origine la sinistre alliance russo-syrienne. Les liens étroits tissés entre les Salafistes, les Frères Musulmans et l’Occident ne sont rien ; la destruction de la plupart des pays du Moyen Orient n’a pas de signification…. Le Bien est définitivement du côté américain !

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Peu importe que l’on sanctionne avant de négocier, que l’on punisse avant de prouver malgré la sacro-sainte « présomption d’innocence » invoquée au profit de tous les escrocs patentés d’Europe et des États-Unis !!

En Syrie, en effet, la Commission d’Enquête internationale sur l’éventuelle utilisation de gaz toxiques n’a pas eu le temps d’arriver sur place : les missiles occidentaux ont été lancés avant ! C’était plus sûr. Le ridicule ne met pas à mort les puissants !

Un certain goût de la violence et de la répression ne cesse de monter au sein des oligarchies occidentales et de leurs commis politiques. Ces oligarchies instrumentalisent les crises des autres pour tenter de gommer leurs propres difficultés.

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L’extrême médiocrité des élites au pouvoir (quand ce n’est pas la vulgarité primitive d’un Trump !), sous couvert d’une personnalisation dénoncée seulement chez les autres, appuyée par une courtisanerie délirante des grands médias, conduit à une confusion croissante de l’opinion, entretenue par une pseudo-démocratie du bavardage incessant et du spectacle infantilisant des dirigeants, en état d’agitation chronique !

N’importe : les Occidentaux ont perdu leur guerre en Syrie ; l’endettement massif de l’Irak, sous couvert du FMI, y prépare des lendemains qui déchantent ; le peuple libyen ne restera pas toujours fragmenté ; les peuples africains ne seront pas toujours soumis !

Quant aux citoyens d’Occident, ils ont su, dans l’Histoire, malgré des temps morts, mettre à bas ceux qui leur faisaient les poches tout en voulant les abrutir !

Robert CHARVIN

https://www.investigaction.net/fr/frappes-en-syrie-le-ridicule-ne-tue-pas-les-puissants/

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lundi 16 avril 2018

Debriefing de l’état-major général russe sur les frappes occidentales en Syrie

Le chef de la principale direction opérationnelle de l’état-major général russe, le général Sergei Rudskoy, a réalisé ce briefing le 14 avril pour les médias.

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Transcription :

Bonjour.

Les États-Unis et leurs alliés ont mené une attaque de missiles par leurs transporteurs aériens et navals ciblant des installations militaires et civiles de la République Arabe Syrienne le 14 avril dans la période de 3h42 à 5h10 (heure de Moscou).

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Les systèmes de défense aérienne russes présents sur la base aérienne de Khmeimim et de Tartous ont localisé et contrôlé en direct tous les lancements navals et aériens effectués par les États-Unis et le Royaume-Uni.

Les avions français annoncés n’ont pas été enregistrés par les systèmes de défense aérienne russes.

Il a été signalé que des avions B-1B, F-15 et F-16 de l’aviation américaine ainsi que des avionsTornado de la Royal Air Force britannique au-dessus de la mer Méditerranée, ainsi que le destroyer USS Laboon et le porte-avions USS Monterey, localisés dans la mer Rouge, ont été utilisés durant l’opération.

Les bombardiers stratégiques B-1B ont approché des installations sur le territoire syrien près d’Al-Tanf, illégalement occupée par les Etats-Unis, pour effectuer leurs frappes.

Un certain nombre d’aérodromes militaires et d’installations industrielles et de recherche syriens ont subi la frappe de missiles.

Selon nos informations, il n’y a pas de victimes civiles ni de pertes parmi l’Armée Arabe Syrienne. Des informations plus détaillées seront rendues publiques par la suite.

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Comme l’indiquent les données disponibles, 103 missiles de croisière ont été lancés, y compris des missiles navals Tomahawk ainsi que des bombes aériennes guidées GBU-38 tirées du B-1B. Les avions F-15 et F-16 ont lancé des missiles air-sol.

Les avions Tornado de la RAF britannique ont lancé huit missiles Scalp-EG.

Les systèmes de défense antiaérienne syriens, qui sont principalement des systèmes de défense antiaérienne fabriqués par l’URSS, ont contré avec succès les frappes aériennes et navales.

Au total, 71 missiles de croisière ont été interceptés. Les systèmes de défense antiaérienne syriens  S-125, S-200, Buk, Kvadrat et Osa ont été impliqués pour contrer l’attaque.

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Cela prouve la haute efficacité de l’armement syrien et les compétences professionnelles des militaires syriens formés par les spécialistes russes.

Au cours des dix-huit derniers mois, la Russie a complètement restauré les systèmes de défense antiaérienne syriens, et leur développement se poursuit.

Il convient de souligner qu’il y a plusieurs années, étant donné la requête pressante de nos partenaires occidentaux, la Russie a choisi de ne pas fournir de systèmes de défense anti-aérienne S-300 à la Syrie. Compte tenu de cet incident, la Russie estime qu’il est possible de reconsidérer cette question non seulement en ce qui concerne la Syrie, mais également pour d’autres pays.

La frappe a également visé des bases aériennes syriennes. La Russie a enregistré les données suivantes.

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Quatre missiles ont visé l’aéroport international de Damas, et douze missiles ont visé l’aérodrome d’Al-Dumayr : tous ces missiles ont été interceptés.

Dix-huit missiles ont visé l’aérodrome de Blai, et tous ont été interceptés.

Douze missiles ont visé la base aérienne de Shayrat, et tous ont été interceptés. Les bases aériennes n’ont pas été affectées par les frappes.

Cinq missiles sur neuf ciblant l’aérodrome inoccupé de Mazzeh ont été interceptés.

Treize missiles sur seize ciblant l’aérodrome de Homs ont été interceptés. Il n’y a pas de destructions sérieuses.

Au total, trente missiles ont ciblé des installations près de Barzah et de Jaramana. Sept d’entre eux ont été interceptés. Ces installations prétendument liées au « programme chimique militaire de Damas » ont été partiellement détruites. Cependant, elles n’ont pas été utilisées depuis longtemps, et il n’y avait donc ni personnels ni équipements sur les lieux.

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Les systèmes de défense antiaérienne russes ont été alertés. Les avions de combat sont maintenant en patrouille aérienne de combat.

Aucun missile de croisière n’a pénétré dans la zone de responsabilité de défense antiaérienne russe. Les systèmes de défense antiaérienne russes n’ont pas été utilisés.

La Russie considère que les frappes constituent une réponse au succès des forces armées syriennes dans la lutte contre le terrorisme international et à la libération de leur territoire, plutôt que comme une réponse à la prétendue attaque chimique.

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En outre, l’attaque a eu lieu le jour où la mission spéciale de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) devait commencer à enquêter sur un incident survenu dans la ville de Douma où une attaque chimique aurait eu lieu.

Il convient de souligner qu’il n’y a pas d’installations de production d’armes chimiques en Syrie, ce que l’OIAC a documenté.

L’agression américaine prouve que les Etats-Unis n’ont aucun intérêt à l’objectivité de l’enquête en cours et cherchent à détruire le règlement pacifique de la situation  en Syrie et à déstabiliser l’environnement au Moyen-Orient, et tout cela n’a rien à voir avec les objectifs déclarés de lutte contre le terrorisme international.

Actuellement, la situation à Damas et dans les autres lieux habités est jugée stable. Vous pouvez le voir en temps réel sur les écrans [derrière moi]. L’environnement est surveillé.

Je vous remercie de votre attention.


Source : http://eng.mil.ru/en/news_page/country/more.htm?id=12171300@egNews

Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr

https://arretsurinfo.ch/debriefing-de-letat-major-general-russe-sur-les-frappes-occidentales-en-syrie/

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[RussEurope-en-Exil] Stupidité et irresponsabilité

TRIBUNE LIBRE / J. Sapir

TL SAPIR STUPIDITE FRAPPES

Stupidité ; c’est le mot qui semble le plus approprié pour décrire la frappe par missiles de croisière sur la Syrie à laquelle se sont livrés dans la nuit de vendredi à samedi trois pays, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et – hélas – la France. Cette frappe n’a eu, semble-t-il, que des effets très limités. Le gouvernement syrien et le gouvernement russe n’annoncent aucune victime. Ainsi, “selon des informations préliminaires, aucune victime [n’est à déplorer] au sein de la population civile ou de l’armée syrienne“, a déclaré un porte-parole de l’armée russe. De plus, selon une source officiel russe, un nombre important de missiles, 71 sur 103, auraient été abattus par la DCA syrienne[1]. Il est clair que cette frappe ne changera pas un iota dans la politique de Bachar-el-Assad.

Une action dont on ne mesure pas les conséquences peut-être qualifiée de stupide. Une action dont les conséquences vont à l’opposé des objectifs affichés est certainement stupide. Cette frappe se qualifie comme stupide sur ces deux terrains.

Stupidité tactique

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Relevons tout d’abord que, dans ses objectifs, cette frappe semble avoir été très limitée. On ne parle que d’un centre « clandestin » d’armes chimiques (ou supposées telles) et de deux lieux de fabrication. Les installations directement militaires, et où se trouvent de nombreux soldats et officiers russes, semblent avoir été soigneusement évitées. Les derniers contacts entre Macron et Vladimir Poutine semblent avoir eu pour but de confirmer aux russes qu’ils ne seraient pas visés. Cela démontre un effet de dissuasion certain de la présence russe face aux Etats-Unis et à leurs alliés. Cet effet sera certainement noté par différents observateurs et par des pays qui sont susceptibles de devenir des cibles de la puissance des Etats-Unis.

Il faut ensuite revenir sur le chiffre – hypothétique – de 71 missiles abattus sur 103. La défense anti-aérienne russe n’est pas entrée en action, car les troupes russes n’étaient pas susceptibles d’être visées. Ce chiffre est extrêmement élevé, et ce même s’il devait être réduit à une quarantaine de missiles, par rapport aux capacités des systèmes de DCA dont l’armée syrienne est équipée. Ces systèmes sont des armes achetées du temps de l’existence de l’Union soviétique, ou qui en sont largement dérivées. Alors, on peut raisonnablement penser qu’elles ont été modernisées dans le cadre d’accords avec la Russie. Mais, cela reste insuffisant pour expliquer cette forte proportion d’interceptions et de destructions, chose dont l’armée Syrienne n’avait pas été capable jusque là. Il est possible que les troupes russes, qui disposent de systèmes de détection et de désignation de cibles sophistiqués en Syrie, aient transmis des informations à la DCA syrienne lui permettant d’intervenir avec une efficacité étonnante à priori. Cela expliquerait le nombre important d’engins détruits.

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Ces engins, que Donald Trump décrivait dans un twitt comme « beaux et intelligents », et qui sont les lointains descendants des V-1 de l’Allemagne nazie[2], coûtent chers. Un missile britannique de type Storm Shadow est estimé à 800 000£. Si, pour faire exploser sur des cibles 32 missiles on doit en perdre 71, autrement dit si le taux de réussite n’est que de 31%, on s’interroge sur la capacité de pays comme les Etats-Unis et leurs alliés à mener une campagne de désarmement (comme celle menée contre l’Irak en 2003). Pour qu’une telle campagne soit efficace, il faut compter plusieurs centaines de missiles atteignant leurs cibles (de 400 à 1200 suivant la complexité du système de défense du pays). Cela reviendrait à tirer de 1300 à 4000 missiles, dans le cas d’une défense qui n’est clairement pas à la pointe du progrès, soit une dépense de 1,6 milliards de dollars à 4,8 milliards de dollars. On le comprend aisément, l’efficacité supposée de la DCA syrienne remet en question le modèle économique des frappes aériennes, modèle qui celui sur lequel les Etats-Unis vivent depuis la « guerre du Golfe » en 1991. Ils auraient fait par cette frappe, aidés par la Grande-Bretagne et par la France, la démonstration que leur modèle d’action militaire est ainsi périmé. S'ils croyaient rétablir à leur profit une forme de dissuasion, c’est évidemment raté ! Les trois pays ont en réalité affaibli leurs positions sur la question de la Syrie, et c’est une évidente stupidité.

Stupidité stratégique

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Mais, les conséquences de cette frappe vont naturellement plus loin. Jean-Luc Mélenchon a ainsi twitté :Les frappes contre la Syrie se font sans preuve, sans mandat de l’ONU et contre elle, sans accord européen et sans vote du Parlement français” (…)”C’est une aventure de revanche nord-américaine, une escalade irresponsable[3]. Et c’est là l’aspect peut-être principal. Une frappe militaire est un acte de guerre. Cet acte doit être encadré par le droit international ou alors cela signifie que la loi du plus fort et la seule valide. Aujourd’hui, les preuves de la réalité d’une attaque chimique et de la responsabilité du régime de Bachar-el-Assad dans cette attaque n’ont pas été fournies. Compte tenu du lourd passif de mensonges et de manipulations des dirigeants des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne, nul ne peut être cru sur parole.

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En décidant de commettre cette frappe de manière unilatérale et sans mandat, les dirigeants des trois pays concernés, Etats-Unis, Grande-Bretagne et France ont fait la démonstration du peu de cas qu’ils font du droit international et des Nations-Unies. Cela ne peut que renforcer toute une série de pays dans leur résolution à se doter de l’arme nucléaire afin de se préserver d’actions de cette nature. En d’autres termes, Donald Trump, Theresa May et Emmanuel Macron viennent de confirmer que la prolifération nucléaire est, pour certains pays, un choix logique et inévitable. Or, il convient de préciser que outre les puissances nucléaires légales, sont déjà actuellement en possession de l’arme nucléaire Israël (avec de 200 à 250 têtes), l’Inde, le Pakistan et la Corée du Nord. Cette frappe va donc conforter non seulement les dirigeants de ces pays dans leurs choix mais aussi persuader d’autres, et l’on pense à l’Iran, à l’Arabie Saoudite, mais aussi à l’Algérie, à la Turquie, et à un certain nombre de pays d’Asie qu’ils doivent imiter les pays « proliférateurs ». Ne pas se rendre compte de cela est bien faire preuve d’une incroyable stupidité stratégique.

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La frappe décidée par Donald Trump, Theresa May et Emmanuel Macron ne rendra pas le monde plus sûr ni plus juste. C’est en réalité tout le contraire. Elle accroit les risques d’instabilités internationales et plonge un peu plus le monde dans le chaos. Ce n’est plus simplement de la stupidité stratégique, mais de l’irresponsabilité crasse.

Cette frappe a été décidée pour des raisons sans doute différentes et divergentes par les trois dirigeants qui en portent la responsabilité. Les Etats-Unis pourraient bien considérer qu’il s’agit d’une « salve d’adieu » et se décider à abandonner le terrain Syrien. La Grande-Bretagne alors suivra. La France, elle, se retrouvera dans une situation plus que délicate, s’étant compromise avec les Etats-Unis, ayant perdu ce qui faisait sa crédibilité et son honneur sur la place internationale, en particulier la défense des principes du droit international et de la souveraineté des Etats.

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Très clairement, la France est le pays qui a, et de loin, le plus à perdre dans cet affaire. Qu’Emmanuel Macron ne l’ait pas compris est bien la preuve qu’il n’entend rien à la politique étrangère et qu’il se révèle inapte à sa fonction, tout comme l’avait été son prédécesseur, François Hollande.

[1] https://fr.sputniknews.com/international/201804141035942222-71-missiles-syrie-coalition-largues/?utm_source=https://t.co/tOGn6jizCw&utm_medium=short_url&utm_content=hp85&utm_campaign=URL_shortening

[2] Voir Werrell K.P., The Evolution of the Cruise Missile, Air University Press, Maxwell Air Force Base, Alabama, 1985.

[3] http://www.lepoint.fr/politique/syrie-melenchon-denonce-des-frappes-menees-sans-preuve-ni-mandat-de-l-onu-14-04-2018-2210618_20.php

https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-stupidite-et-irresponsabilite-par-jacques-sapir/

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Le Middle-Western spaghetti de Trump et Macron

TRIBUNE LIBRE /

TL WESTERN SYRIE

Pour quelques dollars de plus !

Par Badia Benjelloun

 

L’escouade d’Hollywood

Cette fois, l’Observatoire des Droits de l’Homme syrien qui, depuis 2011, à partir de son arrière boutique de Londres, a donné toute sorte d’informations sur les exactions de l’horrible dictateur Bachar Al Assad contre son peuple, n’a pas relayé l’attaque au gaz de Douma ce 7 avril 2018. Ni le Croissant Rouge syrien ni la coordination de l’ONU en Syrie, présents tous deux dans la Ghouta orientale, n’ont été en mesure de confirmer l’existence de victimes d’une intoxication aux armes chimiques.

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Seuls les Casques Blancs, primés par le cinématographe mondial d’Hollywood qui a reconnu là l’un des siens, ont diffusé des images de corps amoncelés et d’enfants dénudés avec un masque censé délivrer de l’oxygène en guise d’assistance ventilatoire. (1). Ils ont également fourni le film de la dévastation d’un appartement au toit défoncé par la chute d’un obus intact gisant dans un lit qui n’a pas souffert de dommages de la part d’une masse atterrie brutalement sur lui.(2) Il semble que dans ce cas, la mise en scène a choisi de présenter les effets de gaz suffocants non neurotoxiques. Ceux-ci sont doués d’un fort pouvoir rémanent, les symptômes cliniques qu’ils produisent sont difficiles à mimer et ils obligent de plus à une protection drastique des sauveteurs, jusque là négligée dans la post production des Casques Blancs. Le chlore et autres agents vésicants génèrent des risques de mort immédiate mais aussi des effets retardés de plusieurs heures redoutables liés à l’œdème résultant des brûlures de l’arbre respiratoire et des alvéoles pulmonaires. (3)

Le 7 avril, il aurait été dénombré 48 morts parmi les 500 personnes atteintes par les armes chimiques. La sincérité d’une telle allégation doit être mesurée à l’enquête sur le devenir des 452 personnes rescapées. Les observations diligentées par l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques devra s’y intéresser et exposer publiquement et de manière argumentée leur devenir. Plusieurs jours plus tard, les gaz même si plus denses que l’air prétendument utilisés auront été dispersés mais les lésions et séquelles inévitables des désordres anatomiques induits sont identifiables longtemps après.

L’opération faux drapeau prévue et non prévenue

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Quelques arguments militent en faveur d’une infiltration des agents de la propagande djihado-occidentales par le renseignement syrien et russe. Au cours du mois de mars, le gouvernement russe a annoncé être au courant d’une préparation en cours d’une provocation sous forme d’attaque chimique sous faux drapeau. Des citoyens syriens et des membres du personnel de l’hôpital de Douma témoignent de l’irruption d’inconnus dans la ville faisant irruption dans l’établissement munis de caméras et arrosant d’eau des personnes présentes.

(...)

La manipulation.

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Les Occidentaux comptent sur l’effet d’horreur déclenchée par l’évocation ‘gaz et armes chimiques’ et liée dans la construction d’un inconscient collectif autour de l’extermination nazie, toujours mise en avant dans les mass medias et les programmes scolaires comme la quintessence du Mal. Un tel effet de sidération n’a jamais obtenu avec les agents exfoliants fabriqués par Monsanto et délivrés par les bombardiers américains sur le Vietnam, tuant des civils par centaines de milliers et détruisant la végétation et stérilisant les sols pour des siècles. Ni avec l’usage d‘armes chimiques encore plus sophistiquées et non identifiées à Gaza en ce moment pour réprimer une population qui se révolte contre sa situation d’assiégée sous blocus. (5) Pas plus le phosphore blanc étasunien à Fallouja en 2004 (6) ni l’israélien à Gaza en 2009 n’ont ému en leur temps la communauté internationale de la même manière.

Propagande, l’ascension.

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L’attaque dans la nuit du 13 au 14 avril de la Syrie par la coalition des Usa et de ses vassaux britanniques et français est venue couronner celle de montée médiatique irrésistible contre le camp syrien et ses alliés. Le mois de mars a été marqué par les condamnations de la Russie dans l’affaire Skripal, dont le père, la fille ainsi que leur chat et leurs deux hamsters ont fait les frais. Les humains ont survécu à l’ingestion de moules contaminées par des saxitoxines (8) mais pas les animaux domestiques qui ont dépéri dans leur résidence mise sous scellés. Puis vint à point nommé le relais occasionné par les trois obus de chlore prétendument largués depuis des hélicoptères de l’armée arabe syrienne. Celle-ci était en voie d’achever la libération totale de la Ghouta orientale des mercenaires qui l’occupaient depuis 2012 (9) et la soumettaient à une économie de pénurie et de contrebande.

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La montée de la propagande et l’agencement des scénarios (devenus des "narratifs") ont encadré le long périple du successeur auto-désigné au trône du troisième royaume des Séoud en Ocident.

Du bruit.

La démonstration de force, menée depuis les bases étasuniennes dans ses quasi-colonies arabes du Golfe, s’est limitée à détruire des sites inoccupés et n’a pas fait de victimes humaines en dehors de quelques blessés.

Elle a pris un soin extrême à ne toucher aucune cible russe.

Elle a démontré l’efficacité de vieux systèmes anti-missiles soviétiques utilisés par l’armée syrienne avec un taux d’efficacité de 71 missiles détruits sur 103 .

NdE : on imagine ce que ça donnera quand les russes fourniront des S300 à l'armée syrienne...les S400 ( actuellement imparables) étant réservés à la sanctuarisation des bases russes... et turques.

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Elle se devait de punir le succès des forces syriennes qui ont chassé les mercenaires à l’Ouest de Damas, leurs bandes sont désormais cantonnées à Idlib.

Les trois pays concernés par les ventes d’armes aux pays arabes du Golfe ont offert ce spectacle comme garantie de leur engagement en faveur des pétro-monarques de moins en moins enclins à croire en l’efficacité de leur arsenal. Ils se sont ridiculisés. Mais en jouant ainsi leur piètre numéro, ils espèrent maintenir l’atmosphère de tension nécessaire à leur funeste commerce. Ils appliquent ainsi leur doctrine en adéquation avec leurs objectifs et leurs moyens, pas de conflagration mondiale, mais conflits régionaux de moyenne à faible intensité toujours en cours.

En attendant la chute du dollar, beaucoup de pays périphériques risquent encore de souffrir de cette confrontation entre une Eurasie en montée de puissance irrépressible et cet Occident fané et sans crédit, sinon celui du mensonge et de la tromperie terriblement difficiles à contrer tant leurs peuples sont ‘zombifiés’.

Badia Benjelloun

http://www.librairie-tropiques.fr/2018/04/le-middle-western-spaghetti-de-trump-et-macron.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

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Soyons justes: l'affaire du napalm au Vietnam avait suscité une émotion internationale et provoqué des manifestations gigantesques aux Etats- Unis et partout dans le monde, au point de provoquer des changements politiques importants à Washington, notamment.

Par contre, il est vrai que depuis, c'est le "2 poids 2 mesures" qui l'a emporté, selon la volonté des médias. On a même eu droit à de nouveaux éléments de langage du type "dommages collatéraux" ou "frappes chirurgicales"...   P.G.

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Après les sanctions américaines, les sénateurs russes proposent des représailles économiques fortes

Les sénateurs russes de la Douma d'Etat ont annoncé le 13 avril avoir rédigé un projet de loi proposant une restriction drastique des importations de biens et de services américains en réponse aux dernières sanctions de Washington.

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Face aux dernières sanctions américaines visant une série d'hommes d'affaires, d'entreprises et de responsables russes, des parlementaires russes ont proposé le 13 avril de prendre plusieurs mesures de rétorsion. Un projet de loi appelant à restreindre les importations de logiciels, de produits agricoles, de médicaments, de tabac et d’alcool en provenance des Etats-Unis sera débattu la semaine prochaine à la Douma d'Etat, chambre basse du parlement russe.

Des mesures qui pourraient «perturber» l’économie américaine

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Les sénateurs russes ont également suggéré de suspendre la coopération avec Washington dans divers domaines stratégiques à l’instar de l’énergie atomique et de l’aéronautique. Si ce projet de loi est adopté, la Russie suspendra notamment l’exportation de titane à destination de Boeing. Une décision qui aurait un impact très lourd sur le constructeur américain selon le porte-parole de la société publique industrielle russe Rostec, Viktor Kladov.

Dans une récente interview accordée au quotidien russe Rossiïskaïa Gazeta, il a indiqué que depuis l’année dernière, 40% des pièces d'avions en titane russe avaient été vendues à Boeing et 60% à son rival "européen" Airbus. De son côté, Piotr Pouchkariov, analyste en chef du groupe financier TeleTrade, a estimé que «la Russie ét[ait] capable de "perturber" l’économie des Etats-Unis en arrêtant ou en restreignant l’importation de ce précieux métal». 

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Enfin, les sénateurs russes ont appelé à lever l'autorisation faite aux entreprises américaines de participer aux privatisations russes. À l'heure actuelle, la liste des entités juridiques pouvant organiser des transactions de privatisation en Russie comprend Goldman Sachs, JP Morgan, Credit Suisse, Morgan Stanley, BNP Paribas, UBS, CITI et plusieurs autres banques étrangères.

Selon, les données officielles des douanes russes, la Russie a importé 12,5 milliards dollars de produits américains en 2017.

https://francais.rt.com/economie/49741-parlementaires-russes-proposent-mesures-sanctions

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ça ne va pas les tuer, mais c'est toujours bon à prendre, et surtout, ça va dans le bon sens: l'impérialisme US est aussi une domination économique, juridique, culturelle...

P.G.

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dimanche 15 avril 2018

Syrie : le projet de résolution russe à l'ONU pour faire condamner les frappes a été rejeté

La Russie n'a pas réussi le 14 avril à faire adopter par le Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations unies (ONU) une résolution condamnant les frappes américaines, françaises et britanniques en Syrie, ne recueillant pas les neuf voix nécessaires à son approbation.

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La Russie, la Bolivie et la Chine ont voté pour le texte, huit pays ont voté contre et quatre se sont abstenus. Le projet de texte, de cinq paragraphes, faisait part d'une «grande inquiétude» face à cette «agression» contre un Etat souverain, qui viole, selon Moscou, «le droit international et la Charte des Nations unies».

La France va proposer sa propre résolution

La France a quant à elle annoncé le dépôt prochain d'un nouveau projet de résolution à l'ONU pour sortir «de l'impasse syrienne» : «Nous présenterons dans les meilleurs délais un projet de résolution avec nos partenaires britanniques et américains», a déclaré l'ambassadeur français, François Delattre.

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Selon une source diplomatique française, la France compte avec son projet pousser en faveur de la création d'un mécanisme d'enquête sur le recours aux armes chimiques, favoriser un accès humanitaire sans limite et obtenir une nouvelle dynamique du processus de paix engagé à Genève.

Vassili Nebenzia tire à boulets rouges

Auparavant, l'ambassadeur de Russie auprès de l'ONU, Vassili Nebenzia, avait vivement dénoncé les attaques aériennes américaines, françaises et britanniques. «Vos agressions aggravent la situation humanitaire» en Syrie, a-t-il déploré. «Vous n'êtes pas sortis du néo-colonialisme», a-t-il ajouté, estimant que Washington, Londres et Paris avaient «foulé au pied la Charte de l'ONU».

Le projet de texte russe, de cinq paragraphes, dénonçait la survenance des frappes occidentales tôt le matin du 14 avril alors qu'une mission de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) se trouvait justement en Syrie pour réunir des éléments sur les attaques chimiques présumées du 7 avril à Douma.

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https://francais.rt.com/international/49836-syrie-resolution-russe-onu-pour-condamner-frappes-rejetee

L'objectif des frappes en Syrie était d'empêcher l'enquête de l'OIAC à Douma, selon Moscou

Le ministère russe des Affaires étrangères a qualifié le 14 avril les frappes aériennes en Syrie d'«acte d'intimidation» et a estimé dans un communiqué que cette opération aérienne de la part des Etats-Unis, de la France et du Royaume-Uni avait pour but d'empêcher l'enquête sur l'utilisation présumée d'armes chimiques par Damas : «Tout porte à croire que la raison de cette attaque sur la Syrie était d'empêcher le travail des inspecteurs de l'OIAC.»

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Selon le ministère russe des Affaires étrangères, le raid aérien occidental qui s'est déroulé dans la nuit du 13 au 14 avril a été lancé «sous le prétexte absolument fallacieux de l'utilisation présumée de l'arme chimique par les autorités syriennes à Douma le 7 avril, en banlieue de Damas.»

(...)

https://francais.rt.com/international/49823-objectif-frappes-syrie-etait-dempecher-la-tenue-enquete-douma-selon-moscou

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Syrie : les cibles visées, les armes employées et le rôle joué par le renseignement et les médias

Les Occidentaux ont mené plusieurs «frappes de précision» contre la Syrie. Washington a de nouveau martelé avoir des preuves de l'implication de Damas dans l'attaque chimique présumée de Douma, mais ne pas pouvoir publier des informations classifiées

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Dans la nuit du 13 au 14 avril, les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni ont attaqué plusieurs cibles en Syrie. Les frappes ont été menées en représailles à l'attaque chimique présumée de Douma, une semaine plus tôt, que les Occidentaux attribuent à Damas.

Washington a approuvé des «frappes de précision» contre la Syrie, en coordination avec ses deux alliés. Peu après la déclaration de Donald Trump annonçant le bombardement, des explosions ont été rapportées à Damas. La défense antiaérienne syrienne a réagi aux tirs, abattant 71 missiles sur 103, d'après le ministère russe de la DéfenseLa France participé à des tirs contre deux sites dans la région de Homs, mais pas à ceux près de DamasMoscou a par la suite confirmé qu'aucune frappe n'avait visé les abords de ses bases aérienne et navale situées dans le nord-ouest du pays.

Quelles étaient les cibles ?

Des frappes ont notamment concerné le complexe de Barzeh, au nord-est de Damas. La coalition occidentale affirme que ces installations sont impliquées dans la fabrication d'armes chimiques.

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Le gouvernement syrien a déclaré de son côté que le bombardement avait détruit un centre d'éducation, ainsi que des laboratoires scientifiques, mais qu'aucune victime n'était à déplorer.

Le ministère britannique de la Défense a fait savoir dans un communiqué que quatre jets Tornado de la Royal Air Force avaient également tiré des missiles dans les environs de Homs, à environ 170 kilomètres au nord de la capitale, Damas. Londres affirme que le gouvernement syrien y stockerait des produits de base utilisés dans la fabrication d'armes chimiques.

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«Notre action est proportionnée et vise spécifiquement à dégrader les capacités du régime à utiliser des armes chimiques», martèle le ministère britannique, bien qu'aucune preuve ne soit apportée pour l'heure, en dehors des allégations d'ONG pro-occidentales et anti-Damas, reprises par les médias occidentaux... Et reprises enfin par Paris, Londres et Washington. Une mission de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques devait arriver ce même jour à Douma pour enquêter sur l'attaque chimique présumée du 7 avril dernier.

Douze missiles ont également visé la base aérienne syrienne de Dumeir, dans le grand est de Damas. L'armée syrienne a répliqué en tirant des missiles antiaériens de fabrication soviétique, de type Bouk.

Quelles armes ont été utilisées ?

FOX NEWS SYRIA

L'armée américaine n'a pas précisé le type de missiles employés, mais lors de la frappe punitive d'avril 2017 contre la base aérienne syrienne d'Al-Chaaryate, Washington avait mis en œuvre des Tomahawks. Le secrétaire d'Etat à la Défense James Mattis a précisé ce 14 avril 2018, que deux fois plus de missiles avaient été utilisés que lors de la frappe d'avril 2017. «C'est une frappe massive», a-t-il souligné.  D'après Fox News, des bombardiers à long rayon d'action B-1 ont aussi été engagés.

Le ministère russe de la Défense a noté de son côté que les Etats-Unis et ses deux alliés avaient déployé des avions de combat, des navires de guerre et avaient tiré plus d'une centaine de missiles air-sol sur des infrastructures syriennes civiles et militaires. Ces frappes auraient notamment été menées depuis deux navires battant pavillon américain croisant en mer Rouge.

Dans le détail, d'après l'AFP, la France, qui a engagé cinq frégates de premier rang et neuf avions de chasse dont cinq Rafale, a annoncé avoir tiré pour la première fois des missiles de croisière navals, 3 sur les 12 missiles qu'elle a lancés parmi la centaine ayant visé la Syrie au total. Londres a pour sa part utilisé quatre avions de chasse Tornado GR4 de la Royal Air Force, équipés de missiles Storm Shadow

Médias, des réseaux sociaux et des informations classifiées occidentales, jugées «fiables»

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La chronologie des frappes occidentales est notable, à quelques heures de l'arrivée des enquêteurs de l'OIAC sur le site de Douma, dernier bastion tenu par Jaïch al-Islam à tomber dans la Ghouta orientale.

Lors de l'annonce des raids aériens, la Maison Blanche a mis en avant des informations «fiables du renseignement» américain. L'exécutif américain a également fait valoir comme preuves les réseaux sociaux et des ONG, comme les Casques blancs, nominés aux Oscars à Hollywood. «Le 7 avril, des utilisateurs de réseaux sociaux, des organisations non gouvernementales ainsi que d'autres publications en open-source ont rapporté un bombardement à l'arme chimique à Douma», a affirmé  Washington, cité par CNBC. Les Etats-Unis ont également martelé l'argument selon lequel le «régime syrien» aurait utilisé à plusieurs reprises des armes chimiques. La raison ? «Pour compenser sa faiblesse militaire», affirme encore Washington

Le 13 avril, le département d'Etat américain affirmait avoir des preuves de la culpabilité de Damas. La porte-parole de la diplomatie américaine, Heather Nauert, citée par Reuters, mettait en avant un «très haut niveau de confiance» des conclusions du renseignement américain, tout en se disant dans l'incapacité de les rendre publiques, faisant valoir que ces informations étaient classifiées... «C'est l'appréciation du gouvernement britannique, du gouvernement américain [et] du gouvernement français», a-t-elle encore avancé.

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Réagissant aux frappes occidentales, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Maria Zakharova a déploré que les Occidentaux ne se soient reposés que sur des présomptions. «Les médias américains et occidentaux devraient se rendre compte de leur responsabilité dans cet incident. Il y a 15 ans [en 2003, au moment de deuxième guerre en Irak], la Maison Blanche a eu recours à un tube à essais et à son secrétaire d'Etat [Colin Powell]. Aujourd'hui, Washington utilise les médias à la place d'un tube à essais», a-t-elle déclaré.

https://francais.rt.com/international/49815-syrie-cibles-visees-armes-role-medias-renseignement

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[RussEurope-en-Exil] Syrie : frappes à dingues ?

Article rédigé juste avant les frappes du trio US/UK/France

TL SAPIR PREUVES

TRIBUNE LIBRE / J. Sapir

L’attitude ce certains pays occidentaux, les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne au sujet de la Syrie soulève de nombreux problèmes. Ces pays, sur la base d’accusations d’emploi de gaz qui sont loin d’être prouvées, veulent faire des frappes sur des objectifs tant militaires que civils pour « punir » le régime syrien. Quand on connaît la cruauté et la brutalité du régime syrien, l’accusation est plausible*. Mais, il convient de rappeler que d’autres accusations précédentes le visant ont été démenties[1], et que les groupes s’opposant au régime, qui ne sont pas moins cruels ni moins brutaux que le régime et cela sans même parler de DAECH, ont développé et usé eux aussi d’armes chimiques. Ils portent la responsabilité de certaines des attaques chimiques qui ont été perpétrées durant cette guerre.

Cette attitude des trois pays occidentaux soulève, de plus, la question du respect du droit international. S’ils effectuaient des bombardements, dans la situation actuelle, cette action serait clairement illégale.

Les « preuves » et le précédant de 2003

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Les accusations concernant une attaque chimique dans le secteur de la ville de Douma se sont multipliées depuis ces derniers jours. Mais, des éléments irréfutables n’ont pas été présentés au public. La Russie prétend que cette attaque n’a pas existé, et qu’elle relève d’un montage de l’un des groupes combattant à Douma[2]. Il convient de rappeler que des soldats russes ont pu se rendre dans la ville de Douma, qui a été reprise par les forces de Bachar-el-Assad. Devant cette situation, Emmanuel Macron, lors de son interview de jeudi 12 avril, a affirmé détenir des preuves. Néanmoins, depuis le scandale des affirmations américaines et britanniques à l’ONU au sujet des armes de destruction massive soi-disant détenues par l’Irak, ce genre d’affirmation n’est plus recevable. L’ancien secrétaire d’Etat américain, M. Colin Powell a reconnu, depuis, le mensonge, et indiqué qu’il avait été manipulé par une frange des services secrets[3]. De même, il a été prouvé que Tony Blair, le Premier ministre britannique avait lui aussi menti[4].

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Ce précédent a durablement invalidé la parole publique des responsables politiques. Emmanuel Macron dispose peut-être de preuves irréfutables. Mais, il ne peut être cru sur parole. Ces preuves, il doit les montrer à l’opinion, et les soumettre à critique et discussion. Faute de faire cela, il ne pourra emporter aucune conviction. Nous en sommes donc là.

Or, c’est sur la base de cette accusation, dont on mesure la fragilité, que ces trois pays veulent attaquer un pays souverain. Il y a là un problème politique évident. C’est ce qui explique que d’autres pays européens, et en particulier l’Allemagne et l’Italie aient refusé de s’associer à cette attaque. Face à cette menace, la Russie a menacé d’abattre les missiles et de frapper les bases d’où ils auraient été tirés si des soldats russes étaient blessés lors de ces frappes. Non seulement nous sommes en présence d’un acte irréfléchi de la part de ces trois pays occidentaux, mais aussi d’un acte très dangereux.

Quelle rationalité ?

De nombreux commentateurs se sont étonnés que le régime de Bachar-el-Assad utilise ce type d’armes alors qu’il est en train de gagner la guerre, mi-civile, mi intervention étrangère. C’est un argument à prendre en compte. Aucune raison militaire ne militait pour l’emploi de gaz à Douma. Mais, il convient aussi de dire que l’on ne sait pas à quel point le régime syrien contrôle ses forces armées. De plus, le rôle politique de ces gaz peut être de terroriser une fraction de la population. La motivation qui sous-tendrait un possible usage de ces gaz par les forces de Bachar-el-Assad n’apparaît donc pas clairement[5]. Quels que soient les motifs possibles, le régime syrien savait que s’il commettait cet acte une riposte des Etats-Unis, comme en 2017, était probable. Par contre, s’il s’agit d’une provocation menée par les groupes combattant Assad, la motivation apparaît plus clairement. Aux abois, ces groupes n’ont guère d’autre choix que de chercher à tout prix à internationaliser le conflit. Il convient donc de garder cela en tête avant que de se précipiter dans une logique d’intervention et de bombardements.

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Car la guerre, et l’on se souvient de la formule de Clausewitz, aussi cruelle qu’elle soit, doit toujours servir une politique. La guerre est toujours la poursuite de la politique par d’autres moyens. Or, quelle est la politique des Etats-Unis et de leurs alliés ? La perspective d’un renversement pas la force de Bachar-el-Assad n’a plus aujourd’hui la moindre crédibilité. On voit bien ici que des frappes n’auraient pas d’autres justification que la vengeance et le fait de vouloir faire mal au régime. La stupidité de cette attitude est évidente.

Des voix protestataires

Il convient alors de revenir sur ce que seraient les « buts de guerre » des Etats-Unis et de leurs alliés. L’économiste Jeffrey D. Sachs, qui n’est pas un de mes amis et dont j’ai dénoncé la politique quand il conseillait Boris Eltsine et Yegor Gaïdar en Russie, décrit très bien les contradictions de la politique des Etats-Unis dans une vidéo[6]. Ce que dit Jeffrey Sachs est intéressant à plus d’un titre, et ne serait-ce que parce qu’il était bien placé auprès de l’appareil d’Etat américain[7]. Il commence à expliquer que les Etats-Unis ont fait une erreur stratégique il y a 7 ans de cela, et que la CIA (avec l’aide de l’Arabie Saoudite) cherchait à renverser Assad. Puis, pour décrire les réseaux qui poussaient (et qui poussent toujours) à la guerre il emploie la formule de « Permanent State ». C’est, en un sens, ce que l’on pourrait appeler la « bureaucratie », mais dans un sens plus pervers ; cette formule désigne en fait aussi ce que le Président Eisenhower appelait en son temps le « complexe-militaro-industriel »[8], mais un « complexe » où l’idéologie jouerait certainement un rôle plus important. Enfin il conclut en appelant Donald Trump à se fier à son instinct qui lui conseillait de se dégager au plus vite du bourbier Syrien.

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Les propos de Jeffrey Sachs sont à mettre en parallèle avec ceux de nombreux hommes politiques en Europe, de Jeremy Corbyn et Jean-Luc Mélenchon à gauche à Matteo Salvini ou Jacques Myard et Gérard Longuet à droite. De fait, l’intervention militaire que veulent nos hystériques va-t-en-guerre, que ce soit BHL, Hollande ou Macron et ses soutiens n’aurait pas d’autres résultats que de faire monter la tension jusqu’à des extrêmes et de nous mettre hors-jeu quant à l’avenir du Moyen-Orient.

La politique française : hors-jeu ou inclusion ?

Car, et il n’en faut pas douter, Bachar-el-Assad a gagné. Certains en seront soulagés, d’autres le regretteront, mais cette victoire est désormais incontestable. Il a gagné militairement cette guerre, mais il n’a pas encore gagné la paix. Et l’on peut douter qu’il soit en mesure de la faire, du moins tant qu’il restera dans la situation actuelle.

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Si la France a un objectif, ce devrait être justement celui-là : se réinsérer dans le jeu politique du Moyen-Orient pour pouvoir peser sur la paix qui vient, et garantir que le jihadisme soit réellement vaincu mais aussi qu’une situation acceptable soit faite aux minorités, tant cultuelles que politiques. On comprend bien que cela constituera – s’il est possible de le mettre en place – la meilleure garantie pour que le jihadisme ne puisse revenir. Contribuer à une paix réelle, à une paix qui passe par des compromis, mais aussi par la reconnaissance des droits des kurdes, envers qui nous avons une vieille dette, telle devrait être l’objectif de la France, car cette objectif est le seul qui associe tant les principes démocratiques que les conditions de notre sécurité. Cet objectif, de plus, est le seul qui soit compatible avec le droit international. Or ce droit, tout imparfait et limité qu’il soit, reste le meilleure garantie de stabilité au niveau mondial.

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Nous avons donc le choix entre une politique qui renforcera notre exclusion de la zone du Moyen-Orient, car nous n’avons pas les moyens de présence des Etats-Unis, et qui fragilisera notre sécurité, et une politique d’inclusion. Mais, cette dernière ne peut se mener que dans un dialogue avec la Russie et l’Iran. On peut d’ailleurs constater que l’attitude, bien plus prudente, de l’Allemagne, tend en réalité vers cela. Il convient donc de rouvrir un véritable dialogue politique tant avec la Russie qu’avec l’Iran, et pour cela commencer à se détacher du cadre de l’OTAN qui nous enferme et qui nous contraint. Il convient aussi d’apporter dans ce dialogue nos moyens et notre capacité économique pour la reconstruction de la Syrie et, au-delà, de l’Irak. Car, reconstruire un pays est une chose que nous savons faire et ce certainement mieux que les Etats-Unis.

Mais, choisir cette stratégie d’inclusion implique de fermer la porte aux options militaires irréfléchies et irresponsables. Il ne semble pas que notre Président, Emmanuel Macron l’ait compris.

Notes

[1] Voir l’analyse des déclarations du Secrétaire à la défense des Etats-Unis James Mattis, http://www.newsweek.com/now-mattis-admits-there-was-no-evidence-assad-using-poison-gas-his-people-801542

[2] Voir https://francais.rt.com/international/49727-moscou-detient-preuves-irrefutables-que-attaque-chimique-ghouta-mise-en-scene et https://fr.sputniknews.com/international/201804131035935022-moscou-attaque-presumee-douma/

[3] Voir http://www.nti.org/gsn/article/powell-blames-himself-iraqi-wmd-speech-un/ Voir aussi https://www.huffingtonpost.com/jonathan-schwarz/colin-powell-wmd-iraq-war_b_2624620.html

[4] Voir https://www.independent.co.uk/news/uk/politics/chilcot-report-inquiry-tony-blair-iraq-war-weapons-of-mass-destruction-evidence-verdict-a7122361.html

[5] Voir l’interview de Peter Ford, l’ancien ambassadeur de Grande-Bretagne en Syrie, https://www.youtube.com/watch?v=3j_Z1f84Ps8

[6] https://www.youtube.com/watch?v=-vwKk4pADCw&app=desktop

[7] Sur les liens de Sachs avec l’appareil d’Etat démocrate, voir le chapitre 1 de Sapir J., Les économistes contre la démocratie, Paris, Albin Michel, 2002.

[8] https://www.history.com/this-day-in-history/eisenhower-warns-of-military-industrial-complex

https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-syrie-frappes-a-dingues-par-jacques-sapir/

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*Commentaire relevé sur le site:

« Quand on connaît la cruauté et la brutalité du régime syrien » : bla-bla conformiste. Le pouvoir syrien résiste, et il incarne une nation qui résiste à l’impérialisme.
De toute façon, « Bachar al-Assad a gagné » ; quant à gagner la paix, les Russes notent que c’est au moment où se dessinait un avenir de paix que les agresseurs ont frappé la Syrie.
https://www.rt.com/news/424096-syria-strike-peaceful-future/

Après les diplomates : Haley, Pierce, Delattre, les dirigeants : Trump, May, Macron. Elle s’allonge, la liste des criminels contre la paix.

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«Nous sommes exceptionnels, la Russie non» : Pompeo justifie la pratique US de changement de régime

Le futur chef de la diplomatie américaine a fait une éclatante démonstration du sentiment d'exceptionnalisme qui règne à Washington lors de son audition au Congrès. Sans oublier de s'en prendre à la Russie, pour rassurer les sénateurs.*

ACT POMPEO FAUCON

Choisi par Donald Trump comme prochain secrétaire d'Etat américain à la place de Rex Tillerson, Mike Pompeo passait une audition devant la commission des Affaires étrangères du Sénat le 12 avril afin d'être confirmé dans ses fonctions. Pour s'attirer les bonnes grâces des sénateurs, celui que Donald Trump avait nommé à la tête de la CIA à son arrivée au pouvoir s'est lancé dans un exercice visant à les rassurer quant à sa vision géopolitique.

Dans cette optique, rien de mieux que de prendre pour cible la Russie. Mike Pompeo y a mis un soin tout particulier. Décrivant Moscou comme «un danger» pour les Etats-Unis, il a promis de «confronter les Russes dans tous les domaines», qu'ils soient cybernétiques, économiques ou autres. Sans évidemment oublier de mentionner le chef d'Etat russe : «Nous devons nous assurer que Vladimir Poutine ne réussisse pas.»

Pour achever de persuader son auditoire qu'il n'a pas l'intention de rompre avec la politique que suit Washington depuis des décennies, Mike Pompeo s'est employé à expliquer ce qui différenciait les Etats-Unis du reste du monde. Ainsi lorsque Tim Kaine, l'ancien colistier d'Hillary Clinton, lui a posé une question piège, cherchant à savoir si une politique de changement de régime était acceptable de la part d'autres pays que les Etats-Unis, le futur diplomate ne s'est pas démonté.

«[Les Etats-Unis] sont un pays unique, exceptionnel. La Russie est unique mais pas exceptionnelle», a-t-il fait valoir, appuyant sur l'argument phare de Washington pour justifier sa politique internationale. Poursuivant sur sa lancé, Mike Pompeo a expliqué qu'il n'existait pas d'équivalence morale entre ce que pouvait faire les Etats-Unis et la Russie parce que les actions de Washington sont par nature différentes. «Je pense que nous devrions être fier de la façon dont nous nous engageons dans le monde», a-t-il martelé, avant de conclure qu'il voulait que son pays continue «de rester de bon côté de la ligne».

https://francais.rt.com/international/49722-nous-sommes-exceptionnel-pas-russie-pompeo-justifie-politique-us-changement-regime

*Voir aussi:

Choisi par Trump pour diriger sa diplomatie, Mike Pompeo lisse son profil de « faucon » au Sénat

La confirmation au poste de secrétaire d’Etat de l’ancien représentant républicain du Kansas, âgé de 54 ans, qui dirigeait la CIA depuis un an, n’est pas acquise.

Mike Pompeo est en quête d’une majorité au Sénat pour accéder au poste de secrétaire d’Etat des Etats-Unis vacant depuis le limogeage de Rex Tillerson. Son audition par la commission des affaires étrangères, jeudi 12 avril, a cependant montré que ses marges de manœuvres sont étroites.

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Un an plus tôt, lors de la procédure de confirmation au poste de directeur de la CIA qu’il a occupé jusqu’à sa nomination par Donald Trump en mars, l’ancien représentant républicain du Kansas, âgé de 54 ans, avait pu compter sur le soutien de 15 voix démocrates. Tout donne à penser que sa marge sera beaucoup plus réduite cette fois-ci alors qu’un sénateur républicain, Rand Paul (Kentucky) a d’ores et déjà fait savoir qu’il s’opposerait à sa nomination, et qu’un second, John McCain (Arizona), ne pourrait pas prendre part au vote du fait de son état de santé.

Précédé par une réputation de « faucon » nourrie par de nombreuses prises de position contre l’Iran ou la Corée du Nord, Mike Pompeo a répété que « la guerre est toujours et doit toujours être en dernier ressort », en s’appuyant sur son expérience sous les drapeaux, au début de sa carrière.

Proximité incontestée avec le président

Il a tenté de mettre en évidence deux atouts qui ont cruellement manqué à son prédécesseur. Tout d’abord, une proximité incontestée avec le président des Etats-Unis. « Chaque ancien secrétaire d’Etat avec qui j’ai parlé a souligné l’importance de maintenir une relation étroite avec le président. J’ai travaillé à établir ce genre de relation avec le président Trump au cours des quinze derniers mois grâce à des centaines d’heures de briefings », a-t-il expliqué.

Dans une critique implicite envers Rex Tillerson, il a mis en avant une capacité à gérer une structure administrative dont il a fait la preuve, selon lui, à la CIA, alors que le département d’Etat a été affaibli par un exode sans précédent de hauts fonctionnaires démobilisés par son prédécesseur. « Il est primordial de renforcer le meilleur corps diplomatique au monde », a-t-il assuré.

Les sénateurs républicains qui ont plaidé pour sa nomination ont mis ces atouts en avant, tout comme son parcours de major de sa promotion de la prestigieuse académie militaire de West Point, devenu par la suite un homme d’affaires prospère, puis un élu pendant six ans à la Chambre des représentants.

Evasif sur l’Iran et la Corée du Nord

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D’autres, à commencer par le président républicain de la commission, Bob Corker (Tennessee), qui ne cache pas ses critiques vis-à-vis du président, se sont cependant interrogés sur la nature du lien noué avec Donald Trump. Bob Corker lui ainsi a demandé s’il serait capable de « donner des conseils au président qui lui permettent de voir une situation donnée de manière globale » quitte à le contredire, rappelant que le président n’a pas hésité à écarter les conseillers défendant des vues opposées aux siennes. Le vice-président démocrate de la commission Robert Menendez (New Jersey) a souligné l’importance de ce rôle face à une présidence « guidée par les coups de tête et pas par une stratégie ».

Autant l’ancien directeur s’est exprimé de manière claire sur le recours, vanté pendant la campagne par Donald Trump, à la torture, qu’il a jugée « interdite par la loi » ou bien sur la nécessité de la fermeté face à la Russie, autant il s’est montré plus évasif sur les deux sujets qu’il aura à traiter en priorité : le maintien des Etats-Unis dans l’accord sur le nucléaire iranien et le sommet annoncé entre M. Trump et le responsable de la Corée du Nord, Kim Jong-un.

Mansuétude d’élus démocrates

Pressé de questions, Mike Pompeo, qui avait milité activement contre l’accord iranien, a assuré que sa priorité consisterait à combler les lacunes supposées du compromis, et qu’un retrait des Etats-Unis à l’échéance fixée par le président, le 12 mai, ne refermerait pas, selon lui, la voie de la diplomatie.

« S’il s’avère qu’il n’y a aucune chance de l’améliorer, je recommanderai au président de faire de notre mieux avec nos alliés pour trouver un meilleur résultat et un meilleur accord. C’est ça l’objectif », a-t-il assuré, alors que les partenaires européens des Etats-Unis signataires du texte ont exclu toute réécriture, tout comme l’Iran, et prônent au contraire des dispositifs annexes pour répondre aux inquiétudes américaines sur l’influence iranienne au Moyen-Orient, ou sur ses activités balistiques.

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Conscient de la défiance que ses prises de position passées sur l’islam ou sur le mariage homosexuel ont alimentée chez les démocrates, Mike Pompeo a pris soin de rencontrer les deux anciens secrétaires d’Etat de Barack Obama, Hillary Clinton et John Kerry, pour solliciter leurs conseils. Il mise désormais sur la mansuétude d’élus démocrates engagés dans une campagne de réélection délicate dans des Etats républicains, en Virginie-Occidentale ou dans le Dakota du Nord, pour obtenir les voix nécessaires pour pouvoir prendre la tête de la diplomatie américaine.

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2018/04/12/choisi-par-trump-pour-diriger-sa-diplomatie-mike-pompeo-lisse-son-profil-de-faucon-au-senat_5284772_3222.html#lyZZzScJW88dcG4T.99

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