vendredi 19 janvier 2018

Pourquoi les manifestations en Iran font-elles tant rêver l'Occident ?

Les stratèges américains poursuivent toujours le même agenda en Iran depuis 1953. L’historien John Laughland montre comment tous les éléments sont désormais rassemblés pour une nouvelle tentative de «révolution téléguidée» depuis les Etats-Unis.

Selon l'anthropologue René Girard, les hommes commencent à se ressembler quand ils se battent. Le désir mimétique, qui est à l'origine de tout conflit social, et dont l'évacuation est nécessaire pour la paix, fait que les ennemis deviennent presque identiques les uns aux autres.

TL IRAN LAUGHLAND

Lorsque des manifestations anti-régime ont éclaté en Iran fin décembre, elles ont reçu le soutien inconditionnel du gouvernement américain. L'ambassadrice américaine aux Nations unies, Nikki Haley, s'est exprimée avec véhémence sur ce sujet. Pour elle, «le peuple iranien» veut la liberté tandis que le régime étouffe toute opposition, y compris en tuant ses ennemis.

Dans ses interventions, madame Hailey a insisté sur le caractère «complètement spontané» des manifestations, et ceci pour réfuter l'affirmation de Téhéran qu'elles auraient été téléguidées par les ennemis de l'Iran à l'étranger. Le régime iranien accuse notamment le Conseil national de la résistance iranienne d'en être à l'origine — et de n'être rien d'autre que l'aile politique de l'Organisation des moudjahiddines du peuple iranien (OMPI ou MEK en persan), une milice armée qui s'oppose à la République islamique. Les deux organisations sont basées à Paris. L'OMPI a effectivement été classée comme terroriste par les Etats-Unis, le Royaume-Uni et le Conseil de l'Europe, à différentes reprises et selon l'humeur politique du moment.

Or, l'affirmation selon laquelle les manifestations auraient été dirigées par les ennemis de l'Iran n'est pas totalement sans fondement, d'autant plus que le département d'Etat lui-même se vante d'avoir communiqué avec les manifestants, pour exprimer son soutien, via ses comptes Twitter et Facebook.

Le sous-secrétaire d'Etat Steve Goldstein a affirmé le 2 janvier que les Etats-Unis voulaient «encourager les manifestants en Iran à continuer à se battre pour la justice en Iran et pour l'ouverture du pays.» Il poursuit : «Nous continuons à communiquer avec les gens en Iran par Facebook et Twitter, nous mettons constamment à jour nos deux sites en persan. Le peuple iranien peut accéder à ces sites par des réseaux virtuels privés.» Pour le Conseil national de la résistance iranienne, le but de cet accès aux réseaux sociaux est justement «de pouvoir continuer à avoir accès au monde extérieur...».

La tentative américaine de tourner en ridicule l'affirmation iranienne d'ingérence étrangère dans les manifestations est d'autant plus drôle que la quasi-totalité de la classe politico-médiatique américaine, y compris la partie la plus hostile à l'Iran, cherche, depuis bientôt un an, à prouver la même affirmation à l'égard d'une ingérence supposée de la Russie dans les élections présidentielles américaines de 2016. Les conspirationnistes américains affirment notamment que la Russie se serait servie des réseaux sociaux pour créer un soutien virtuel à la candidature de Donald Trump qui, soi-disant, n'aurait pas été victorieux sans cette ingérence. C'est très exactement ce que les Etats-Unis cherchent à faire actuellement en Iran

Tout cela ne serait finalement que l'hôpital qui se moque de la charité si l'histoire ne nous montrait pas que les Etats-Unis, et leurs alliés européens, se sont très clairement mêlés à des opérations clandestines de changement de régime depuis... 1953, en Iran. Le renversement du Premier ministre iranien, Mohammed Mossadegh, par un coup d'état en août 1953, est un cas d'école de changement de régime téléguidée par les services secrets étrangers, en l'occurrence américains et britanniques.

Cette opération, l'opération «Ajax», a été commandée par Churchill et Eisenhower mais l'initiative venait à l'origine de la Anglo-Persian Oil Company, qui s'appelle aujourd'hui BP (British Petroleum). Celle-ci s'opposait au programme de nationalisation de l'industrie pétrolière que Mossadegh voulait poursuivre. Le prétexte donné aux Américains pour les convaincre de s'y associer était le combat contre l'influence soviétique, qui, en réalité, était négligeable.

La réalisation du complot a été confiée à un officier de la CIA, Kermit Roosevelt, petit-fils du président Theodore Roosevelt. Cette opération a été très bien documentée, par les historiens comme par les acteurs eux-mêmes. Roosevelt, l'Américain Donald Wilber, le concepteur du plan, et C. M. Woodhouse – un ancien officier de la Direction des Opérations spéciales britanniques (SOE) en Grèce pendant la guerre, et un futur directeur général de Chatham House — qui assurait la liaison avec les Américains, ont tous rédigé des mémoires racontant leurs exploits. Celui de Wilber, un mémorandum officiel et interne, est disponible en ligne, grâce aux lois américaines sur la liberté d'accès aux documents administratifs. Celui de Roosevelt a été publié comme livre, Countercoup, après, toutefois, avoir vu une grande partie de son contenu être censurée par la CIA.

Les grandes lignes de cette opération clandestine relèvent du domaine public. Deux éléments étaient essentiels : le soutien d'une partie de l'Etat iranien, en l'occurrence le Shah, qui, avant le coup, régnait mais ne gouvernait pas, et la foule, mobilisée et payée par les Américains à raison d'un million de dollars pour donner l'impression d'un mouvement populaire. Le but en était de créer de l'instabilité pour provoquer une réaction démesurée de la part du gouvernement et pour ainsi engendrer les conditions propices pour le putsch. Pour «restaurer l'ordre», l'armée a été mobilisée contre le gouvernement, tout comme elle le fera par exemple vingt ans plus tard au Chili. La suite sera une dictature royale sous tutelle américaine, renversée dans le sang par la révolution islamique de 1979.

Cette histoire fait partie du récit national de la République islamique d'Iran, qui était une révolution non seulement islamique mais aussi nationale — tout comme les révolutions russe et française, elles aussi des soulèvements nationaux contre un monarque perçu, à tort ou à raison, comme appartenant au parti de l'étranger. Voilà pourquoi les mollahs au pouvoir aujourd'hui à Téhéran sont parfaitement conscients du danger d'une révolution téléguidée contre eux depuis l'Amérique.

Certains éléments du régime iranien en 1953 sont présents aujourd'hui, surtout l'existence de plusieurs centres de pouvoir. C'est la rivalité entre le gouvernement de Mossadegh et l'armée qui soutenait le Shah qui a rendu possible le coup d'état de 1953. Aujourd'hui, il est de notoriété publique que le régime islamique a toujours plusieurs centres de pouvoir — le gouvernement et le guide ont chacun leur «camp». Les aspirants architectes de la future révolution anti-islamique espèrent sans doute pouvoir profiter de ces tensions intérieures.

Ces architectes existent. En juin dernier, un des officiers de la CIA les plus notoires et les plus redoutés a été nommé pour diriger les opérations contre l'Iran. Michael D'Andrea, surnommé «le sombre prince» ou «le croque-mort», aurait inspiré le personnage de «Wolf» («Le Loup») dans le film Zero Dark Thirty (2012) sur l'assassinat d'Oussama ben Laden, car il a été un acteur clé du fameux programme de torture pratiqué par la CIA pendant les années 2000 en Afghanistan et condamné par le Sénat en 2014. Robert Baer, un ancien collègue de D'Andrea a commenté sa nomination ainsi: «Une guerre contre l'Iran est maintenant possible.» Le président Trump n'a pas tardé à faire ce qui ressemblait à une déclaration de guerre dans son discours aux Nations unies en septembre.

Autrement dit, il est ridicule d'accuser les Iraniens de paranoïa quand tous les éléments sont rassemblés pour une répétition des événements de 1953, au moins du point de vue américain. S'ajoute à cette situation dangereuse, du point de vue de la République islamique, le soutien inconditionnel accordé par les Etats-Unis à l'ennemi mortel de l'Iran dans la région, l'Arabie saoudite et, bien sûr, à Israël. Le commentaire de Robert Baer semble plausible.

https://francais.rt.com/opinions/47400-pourquoi-manifestation-iran-font-elles-rever-occident

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Pour Moscou, la loi ukrainienne sur la souveraineté a tout d'une préparation à la guerre

La Russie a accusé les autorités ukrainiennes de se préparer à «une nouvelle guerre», après le vote en Ukraine d'une loi qualifiant d'«occupation temporaire russe» le conflit armé en cours depuis quatre ans dans l'est du pays.

ACT UKRAINE GUERRE

Avec l'adoption de la «loi sur la souveraineté», autrement appelée «loi visant à réintégrer le Donbass», le président ukrainien Petro Porochenko «se dote de pouvoirs illimités proches de ceux d'un dictateur pour réprimer toute contestation», d'après le ministère russe des Affaires étrangères, qui a publié un communiqué le 18 janvier.

«On ne peut pas appeler ça autrement que des préparatifs pour une nouvelle guerre», s'inquiète le ministère, en mettant en garde contre une «escalade dangereuse» de la situation en Ukraine et des «conséquences imprévisibles pour la paix et la sécurité dans le monde».

«Kiev enterre ainsi les accords de Minsk et tous les mécanismes dont on dispose pour chercher des solutions mutuellement acceptables en vue de régler la crise ukrainienne», regrette la diplomatie russe.

La loi, approuvée le 18 janvier par 280 députés ukrainiens, dénonce une «agression de l'armée russe» et qualifie de «territoires temporairement occupés» les Républiques populaires autoproclamées de Donetsk (DNR) et de Lougansk (LNR), dans l'est de l'Ukraine – quand bien même les autorités russes ont toujours démenti les accusations ukrainiennes de présence militaire russe dans ces régions.

En outre, cette loi permet à Kiev d'accuser toutes les personnes travaillant actuellement dans les administrations des Républiques autoproclamées rebelles d'infractions pénales. Le texte précise aussi que le gouvernement ukrainien ne reconnaît aucun document délivré par les autorités des Républiques autoproclamées, à l'exception des certificats de naissance et de décès.

Enfin, il prévoit que l'armée ukrainienne prend désormais la direction des opérations dans la zone du conflit, qui était jusqu'alors confiée aux services de sécurité.

Le conflit, qui a éclaté dans l'est de l'Ukraine après la destitution du président Viktor Ianoukovitch à l'issue d'un coup d'Etat en 2014, a fait à ce jour plus de 10 000 morts.

Les accords de paix signés à Minsk en février 2015 avec la médiation de la Russie, de la France et de l'Allemagne, ont permis une baisse de l'intensité des combats, mais sans avancée tangible vers un règlement politique du conflit.

https://francais.rt.com/international/47392-pour-moscou-loi-sur-souverainete-ukrainienne-preparation-guerre

Pour Moscou, Washington a franchi une ligne rouge en annonçant être prêt à livrer des armes à Kiev

Les Etats-Unis ont annoncé le 22 décembre qu'ils allaient fournir à l'Ukraine des «capacités défensives renforcées». Pour les autorités russes, la livraison d'armes létales à Kiev pourrait conduire à «un nouveau bain de sang».

«Aujourd'hui, les Etats-Unis entraînent [les autorités ukrainiennes] vers un nouveau bain de sang», a déclaré dans un communiqué du 23 décembre le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergeï Ryabkov, en référence à une déclaration américaine de la veille. «Les armes américaines peuvent provoquer de nouvelles victimes chez notre voisin», a-t-il précisé.  

Selon le diplomate russe, les Etats-Unis ne peuvent plus prétendre jouer le rôle de médiateur dans le conflit ukrainien, dans la mesure où ils «attiseraient la guerre». Il a ajouté que Moscou considérait  vain de faire appel au bon sens des dirigeants américains, puisque nombre d'entre eux seraient actuellement «aveuglés par la russophobie et avides d'applaudir les bataillons nationalistes ukrainiens».

De même, pour Alexeï Pouchkov, ancien président du comité des Affaires étrangères de la Douma devenu sénateur, les Etats-Unis pourraient être entraînés dans une confrontation directe avec les rebelles ukrainiens. Selon lui, en effet, la livraison d'armements américains nécessitera une formation au sol des troupes du gouvernement ukrainien. Or, les conseillers américains qui participeraient à de telles formations pourraient être pris pour cible.

«[Washington] a déjà suffisamment de problèmes pour se permettre d'être impliqué dans les aventures du régime [ukrainien]», a déploré le sénateur, avant d'ajouter : «Et nous savons tous combien Kiev peut être aventureux.»

Une annonce américaine qui inquiète Moscou

La 22 décembre, Washington avait annoncé son souhait de livrer des armes «défensives» à l'Ukraine, afin que Kiev puisse assurer la «souveraineté» de son territoire.

«Les Etats-Unis ont décidé de fournir à l'Ukraine des capacités défensives renforcées [...] pour aider l'Ukraine à bâtir sa défense sur le long terme, défendre sa souveraineté, son intégrité territoriale et se prémunir de toute agression à venir», avait écrit dans un communiqué la porte-parole de la diplomatie américaine, Heather Nauert. Les armements en question inclueront des missiles anti-chars Javelin, selon Associated Press.

Plus tôt dans la semaine, des officiels américains avaient également confirmé que le secrétariat d'Etat avait approuvé une licence commerciale autorisant l'exportation d'équipements militaires pour snipers à destination de Kiev, pour un montant de 41,5 millions de dollars. Une décision que Moscou critique également. 

La précédente administration américaine, celle du président Barack Obama, s'était refusée à fournir à Kiev des armes létales, craignant vraisemblablement une extension du conflit, malgré les demandes répétées des autorités ukrainiennes depuis le coup d'Etat de février 2014.

https://francais.rt.com/international/46773-pour-moscou-washington-a-franchi-ligne-rouge-livrer-armes-ukraine

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mercredi 17 janvier 2018

Noam Chomsky : « Si vous critiquez la politique du gouvernement, vous êtes antiaméricain »

Pour l’émission de RT On Contact, le linguiste Noam Chomsky revient sur l’évolution politique des Etats-Unis à partir de la transition vers le néolibéralisme et explique pourquoi le système américain prend des airs de totalitarisme.

TL CHOMSKY RT

RT : Il existe dix principes de concentration de la richesse et du pouvoir que vous avez définis dans votre livre Requiem pour le rêve américain. Le premier principe dont vous parlez est la «réduction de la démocratie». Qu’entendez-vous par là ?

Noam Chomsky (C. N.) : Je dois d’abord dire que l’élaboration de ces dix principes est, vraiment, une contribution des éditeurs. Ils ont regroupé des heures et des heures d’entretiens et de discussions, qu’ils ont édités sous cette forme. La «réduction de la démocratie» signifie la marginalisation progressive de la population, la réduction du rôle de la population en général dans la prise de décision, dans l’opinion publique. C’est une conséquence attendue et prévisible de la transition vers les principes néolibéraux à partir des années 1970 et par la suite.

Il y a fondamentalement deux phases qu’on peut distinguer dans l’histoire socio-économique des Etats-Unis d’après-guerre. La première étape a été celle de ce qu’on appelle parfois le «capitalisme régulé» : le libéralisme intégré des années 50 et 60, une période de croissance très forte, une croissance égalitaire, quelques pas vers une plus grande justice sociale, une participation démocratique de la population. Il y a eu un véritable engagement de la population dans la vie publique. Tout cela a eu divers effets. Un de ces effets a été la réduction, la baisse du taux de profit, ce qui était problématique. Un autre effet a été que la population s’est retrouvée «trop» impliquée dans les affaires publiques.

RT : Ce que Samuel Huntington a qualifié d’«excès de démocratie», c’est cela ?

N. C. :Un «excès de démocratie», oui. Deux publications très importantes ont vu le jour au début des années 1970 et toutes deux étaient consacrées à cette théorie. Elles étaient intéressantes, parce qu’elles représentaient deux extrémités du spectre politique mais sont essentiellement arrivées à la même conclusion avec, certes, des rhétoriques quelque peu différentes. L’une était le Mémorandum Powell, rédigé par un juriste d’entreprise travaillant pour des entreprises de tabac, devenu par la suite juge à la Cour suprême sous Richard Nixon. Son mémorandum était censé être confidentiel, mais il a fuité vers un groupe d’affaires de la Chambre de commerce des Etats-Unis. Sa rhétorique était tout à fait fascinante : il exprimait un point de vue, qui n’est pas rare au sein de ceux qui possèdent vraiment le monde et selon lequel le contrôle de ces derniers avait été très légèrement réduit. Et, comme pour un enfant de trois ans pourri gâté qui n’a pas eu sa friandise, cela signifiait que le monde touchait à sa fin. Vous devriez vraiment lire ce document pour en apprécier toute la signification.

RT : Il entendait par là qu’il y avait une attaque contre le système américain de libre entreprise ?

N. C. : Il disait que le monde des affaires était la cible d’une sérieuse attaque menée par Ralph Nader et Herbert Marcuse. «Nous survivons à peine à cette attaque contre tout ce qui a de la valeur dans notre système américain», explique-t-il avant de dire : «Eh bien, écoutez, après tout, nous, les hommes d’affaires, possédons globalement tout. Nous administrons les universités. Nous ne devons pas laisser ces jeunes faire n’importe quoi. Et nous pouvons contrôler les médias, nous avons ce pouvoir.» Il appelait le monde des affaires à se mobiliser pour se défendre…

Cela a eu un impact important sur la croissance des think tanks de droite et l’idéologie d’extrême droite. Voilà pour l’extrémité droite du spectre. Ensuite, vous passez de l’autre côté, essentiellement le progressisme de l’administration Carter. Ou plutôt, de ceux qui composaient et influençaient l’administration de Jimmy Carter : la Commission trilatérale et ses représentants de démocraties industrielles (Europe, Japon, Etats-Unis)… fondamentalement, il s’agissait là d’internationalistes progressistes. Leur publication s’intitule La crise de la démocratie. Et la crise de la démocratie c’est… qu’il y a trop de démocratie. Dans les années 1960, trop de gens, qui étaient auparavant généralement passifs et indifférents, tels qu’ils sont censés l’être, ont commencé à se manifester dans l’arène politique avec leurs exigences, à mettre en avant ce qu’on appelle leurs «intérêts particuliers» : jeunes, vieux, agriculteurs, ouvriers… autrement dit, de tout le monde. A part le secteur des entreprises, qui n’est pas mentionné car représentant l’intérêt national. Ces intérêts particuliers mettaient trop de pression sur l’Etat. Donc, la conclusion était qu’il devait y avoir plus de modération dans notre démocratie. Les gens devaient redevenir passifs et indifférents… Samuel Huntington parle, avec une certaine nostalgie, de la période où, comme il le dit, Harry Truman était en mesure de diriger le pays en coopération avec quelques avocats et cadres de direction de Wall Street. Il n’y avait pas de crise de la démocratie.

RT : Et ils ont réussi à refouler ces aspirations… on en arrive au principe suivant, la formation de l’idéologie. Vous parlez de la différence entre Madison et Aristote. Les deux ont compris que si inégalités il y avait, il y aurait des tensions entre riches et pauvres. Madison appelait le gouvernement à limiter la démocratie et Aristote à réduire les inégalités. Votre deuxième principe est la formation de l’idéologie. Nous avons mentionné le Mémorandum Powell et la Commission trilatérale. Pour être précis, ils ont ciblé divers pans de la société. Vous parlez de la façon dont ils ont créé les plans architecturaux des universités pour que de grandes manifestations ne soient pas possibles, de la dette estudiantine comme méthode d’esclavage, de la destruction des institutions publiques… Pourriez-vous évoquer ce processus visant à refonder l’idéologie en une forme de néolibéralisme ?

N. C. : Je ne veux pas laisser entendre que la Commission trilatérale aurait contrôlé ces développements. Il s’agissait plus ou moins d’un consensus des élites progressistes sur ces questions. Pour cette raison, et c’est assez intéressant, «l’endoctrinement de la jeunesse», c’est en fait leur formule – la formule de leur consensus : les institutions responsables de l’endoctrinement des jeunes échouent dans leur mission.

RT : C’est une façon intéressante de décrire les universités…

N. C. : C’est un peu comme le commentaire nostalgique sur Harry Truman étant capable de diriger le pays ensemble avec quelques avocats d’entreprise, etc. Mais c’est l’idéal : il devrait y avoir endoctrinement, les étudiants ne devraient pas penser librement. Ils ne le disent évidemment pas ainsi, mais cela signifie que les étudiants ne devraient pas essayer d’obtenir plus d’informations, de penser, de contester. C’est exactement ce que les jeunes devraient être encouragés à faire dans un système éducatif de qualité. Mais c’est dangereux, parce qu’ils remettent en question trop de vérités éternelles, y compris celle selon laquelle les élites doivent dominer et contrôler. Cela se constate tout au long de l’histoire.

RT : Ont-ils réussi ?

N. C. : Leur consensus a induit plusieurs développements et ils ont rencontré un succès raisonnable. On a par exemple commencé à imposer une sorte de business model aux collèges et aux universités. On a assisté à une croissance énorme de la bureaucratie, faisant pencher la balance du contrôle du corps professoral vers celui de la bureaucratie. Les frais de scolarité ont été considérablement augmentés. Dans les années 1960, un jeune homme pouvait dire : «Bon, je vais prendre une année sabbatique pour m’impliquer dans un mouvement pacifiste ou dans un mouvement féministe, ou autre chose. Après cela, je reviendrai et reprendrai le cours de ma vie.» Or, vous ne pouvez pas faire cela si vous êtes endetté. Vous sortez de la fac de droit en pensant : «J’aimerais être un défenseur des causes publiques, mais j’ai 200 000 dollars de dette.» Il vous suffit de vous rendre dans un cabinet d’avocats servant les intérêts privés et de vous faire à cette culture. De telles mesures à effet disciplinaire sont imposées de multiples façons.

RT : Vous évoquez le fait que les critiques de l’empire américain, ou du capitalisme américain, sont étiquetés «anti-américanistes»…

N. C. : L’anti-américanisme est un concept très intéressant. Un concept de «traîtrise patriotique» qui n’existe que dans les Etats totalitaires. Par exemple, si quiconque en Italie critique le gouvernement de Silvio Berlusconi – il n’est pas accusé d’être anti-italien. Sous l’ancienne Union soviétique vous pouviez être condamné pour antisoviétisme ; sous l’ancienne dictature militaire brésilienne vous pouviez être qualifié d’anti-brésilien. Mais, à part les Etats-Unis, je ne connais aucun pays non totalitaire et non autoritaire où ce concept existe. C’est tout à fait frappant. Si vous critiquez la politique du gouvernement, vous êtes antiaméricain. En fait, tout cela a une origine biblique assez intéressante. Ce concept a été utilisé pour la première fois par le roi Akhab, roi du mal absolu dans la Bible. Il appela le prophète Elie qui critiquait ses actions et lui demanda pourquoi il détestait Israël. C’est un concept de base : si vous défiez le pouvoir, vous vous opposez en tout à la société, à la culture et à la communauté.

Source : Russia Today France, Noam Chomsky, 11-07-2017

https://www.les-crises.fr/noam-chomsky-si-vous-critiquez-la-politique-du-gouvernement-vous-etes-antiamericain/

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Milosevic innocenté par le tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie: les médias silencieux

Telesur : Milosevic innocenté par le tribunal pénal international pour
l’ex-Yougoslavie: les médias silencieux

ACT MILOSEVIC

traduction www.initiative-communiste.fr

Le dernier dirigeant communiste de Yougoslavie était comparé à Hitler alors que son pays subissait des sanctions, était démantelé et alors que des milliers de gens furent tués par les USA et l’OTAN

Le 24 mars dernier , le tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie a omis de tenir une conférence de presse ou d’annoncer que le président de la Yougoslavie puis de la Serbie Slobodan Milosevic n’avait aucune responsabilité pour les charges de crimes de guerre lors de la guerre de Bosnie de 1992-1995 dont il avait été accusé.

A la place, le tribunal  a commodément enterré cette déclaration d’innocence au milieu du verdict contre Radovan Karazic. L’ancien président des serbes de Bosnie a été prononcé coupable de crimes de
guerre et condamné à 40 ans de prison en même temps que le tribunal a trouvé à l’unanimité que “Le tribunal n’a pas pu trouver suffisamment de preuves prouvant que Milosevic était d’accord avec ce plan commun.”[ de nettoyage ethnique des musulmans et croates de Bosnie]

En réalité, le tribunal a trouvé que c’était exactement le contraire qui était vrai.

Tout comme lors du battage médiatique au sujet des “armes dedestruction de masse” menant en 2003 à l’invasion des USA en Irak, Milosevic était appelé le “Boucher des Balkans” lors du “procès du siècle” et a été accusé de “crimes de guerre” au milieu du bombardement de la Yougoslavie en 1999.

Arrêté en mars 2001, Milosevic a fait face à un procès de cinq ans, en se défendant et déterminé à le gagner,  quand il est mort en prison le 11 mars 2006, au milieu des rumeurs d’empoisonnement.

La décision du tribunal a fait part du fait que lors des rencontres entre Serbes et Serbes de Bosnie,  “Slobodan Milosevic déclara que tous les membres des autres nations et ethnies doivent être protégés. et que “l’intérêt national des serbes est de ne pas faire de discrimination. Milosevic déclara également que “tout crime doit être combattu avec détermination”.

Le tribunal déclara aussi que “Milosevic exprima également ses réserves sur une assemblée des serbes de Bosnie excluant les musulmans se déclarant pro-yougoslaves”.

Le tribunal TPIY continua en déclarant que “De 1990 à mi-1991, l’objectif politique de l’accusé Karadzic était la préservation de la Yougoslavie et d’empêcher la sécession de la Bosnie-Herzégovine, qui aurait pour résultat une séparation des serbes de Bosnie de la Serbie.”

C’est uniquement grâce aux recherches du journaliste Andy Wilcoxson, qui a découvert la décision du TPIY fin juillet , que le fait que Milosevic ait été innocenté a pu être connu, mais cependant les grands médias internationaux n’en parlent toujours pas.

Le dernier dirigeant socialiste de Yougoslavie fut démonisé et comparé sans cesse à Hitler par les grands médias pour justifier les sanctions des USA et de l’OTAN contre la Yougoslavie, la démanteler et y tuer
des milliers de gens.

Cette dernière révélation vient dix ans après la mort de Milosevic.

https://www.initiative-communiste.fr/articles/culture-debats/milosevic-innocente-tribunal-penal-international-lex-yougoslavie-information-censuree-medias/


 

decodeurs

Réponse du Ministère de la Vérité:

Non, Slobodan Milosevic n’a pas été « blanchi » par le Tribunal pénal international

Une campagne révisionniste lancée au début du mois d’août affirme, à tort, que la justice aurait innocenté le dictateur de l’ex-Yougoslavie.

Slobodan Milosevic aurait-il été « blanchi » par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) ? L’affirmation a largement circulé sur Internet depuis le début du mois d’août, jusqu’à des sites d’information comme celui de La Dépêche du Midi, dix ans après la mort, en détention, de l’ancien dictateur, qui avait signé la fin de son procès pour les crimes commis pendant les guerres en ex-Yougoslavie des années 1990. Cette information est pourtant complètement fausse. Explications.

COMMENT LA THÉORIE EST NÉE

Tout est parti d’un article publié le 1er août sur le site Internet américain CounterPunch.org, épinglé à plusieurs reprises pour avoir véhiculé de fausses informations (il a par exemple pris un pseudo-discours de Hillary Clinton devant la banque Goldman Sachs pour un vrai en février).

L’auteur de l’article, Andy Wilcoxson, affirme tenir la preuve, passée sous silence par les médias, de l’exonération de Slobodan Milosevic par le TPIY. Il a pour cela étudié les 2 590 pages du jugement de Radovan Karadzic, l’ancien chef politique des Serbes de Bosnie condamné à quarante ans de prison pour génocide le 24 mars.

Bien qu’il ne s’agisse pas de son procès, Slobodan Milosevic a son nom cité à des centaines de reprises dans le document, et l’article de CounterPunch.org a recensé des passages « favorables » à ce dernier. Le plus direct, extrait du paragraphe 3460 du jugement, dit ceci :

« La Chambre juge qu’il n’y a pas suffisamment de preuves dans ce dossier pour constater que Slobodan Milosevic avait donné son accord au plan commun qui visait à expulser définitivement les Musulmans et les Croates de Bosnie du territoire revendiqué par les Serbes de Bosnie. »

Cette présentation des faits a, depuis, été reprise par le site prorusse Russia Today, des sites d’extrême droite comme Breizh Info ou Egalité et Réconciliation et, plus surprenant, des sites d’information comme celui de La Dépêche du Midi. Des contributeurs de Wikipedia se sont même appuyés sur l’article du quotidien local pour ajouter l’« information » à la page de Slobodan Milosevic sur l’encyclopédie collaborative.

POURQUOI C’EST FAUX

Il suffit pourtant de se plonger dans le jugement pour comprendre qu’il s’agit en fait d’une présentation sélective des faits. Par exemple, si on lit le paragraphe 3460 du jugement dans son intégralité, on s’aperçoit que le texte incrimine également Slobodan Milosevic :

« La Chambre rappelle qu’il [Slobodan Milosevic] a partagé et approuvé l’objectif politique de l’accusé [Radovan Karadzic] et de l’état-major serbe de préserver la Yougoslavie et d’empêcher la séparation ou l’indépendance de la Bosnie-Herzégovine et coopéré étroitement avec l’accusé pendant cette période. La Chambre rappelle également que Milosevic a fourni une assistance sous la forme de personnel, de provisions et d’armes aux Serbes de Bosnie pendant le conflit. »
[Incroyable! Le président de la Yougoslavie approuvait le principe politique de "préserver la Yougoslavie", ce qui démontre sa culpabilité! NdR]

Passer sous silence un tel préambule à « l’exonération » de Slobodan Milosevic en dit long sur la méthode employée par le site américain pour appuyer son argumentaire.

Le procès de Karadzic n’était pas celui de Milosevic

L’autre tour de passe-passe de cette théorie visant à nier les crimes de l’ancien dictateur, c’est d’essayer de présenter le jugement de Radovan Karadzic comme étant celui de Slobodan Milosevic. Le nom de ce dernier a beau apparaître à de nombreuses reprises dans le dossier, de par ses fonctions de l’époque, ce n’est jamais lui que le terme « accusé » désigne dans le jugement.

Sollicité par Le Monde, le TPIY est catégorique :

« Le Tribunal n’a fait aucune détermination de culpabilité à l’égard de Slobodan Milosevic dans son verdict à l’encontre de Radovan Karadzic. En effet, Slobodan Milosevic n’a pas été inculpé ou accusé dans l’affaire Karadzic. Le fait qu’une personne se trouve être, ou non, membre d’une entreprise criminelle commune dans une affaire dans laquelle elle n’a pas été accusée n’a pas d’impact sur son propre cas ou sa propre responsabilité pénale. »
« Aucune conséquence sur l’affaire distincte qui concerne Slobodan Milosevic. »

Ainsi, seule une sous-partie de dix des quelque 2 500 pages du document est directement consacrée à Milosevic, dans une sous-section destinée à mettre en perspective la part de l’accusé Radovan Karadzic avec celle des autres membres de « l’entreprise criminelle commune » qui a meurtri la Bosnie de 1992 à 1995. Difficile de prétendre qu’un si court extrait, majoritairement basé sur des conversations entre Slobodan Milosevic et Radovan Karadzic, suffirait à explorer la longue liste des crimes pour lesquelles l’ex-dictateur avait été inculpé.

Malgré ces faits, Andy Wilcoxson a écrit un deuxième article, publié le 9 août sur son site Slobodan-Milosevic.org, où il affirme que « les charges contre Milosevic et Karadzic sont inexorablement liées ». Preuve, selon lui, que les extraits du jugement du deuxième qu’il a repérés exonèrent bien le premier.

Là aussi, la réponse du TPIY est ferme : « Non. Le procès contre Radovan Karadzic était seulement le sien, et n’a donc aucune conséquence sur l’affaire distincte qui concerne Slobodan Milosevic. »

Le procès de l’ex-dictateur a été officiellement clos mardi 14 mars 2006, trois jours après sa mort. Les statuts du TPIY ne permettent en effet pas de tenir un procès en l’absence prolongée d’un accusé. « Nous exprimons nos regrets pour sa mort et nous regrettons également que son décès le prive lui, ainsi que les autres parties concernées, d’un jugement sur les charges qui lui étaient reprochées », avait déclaré le juge Patrick Robinson, après plus de quatre ans de procédure.

 http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/08/24/non-slobodan-milosevic-n-a-pas-ete-blanchi-par-le-tribunal-penal-international_4987414_4355770.html#12c2HY93TfBqlVbp.99

La version de "Boulevard Voltaire":
Milošević innocenté par le TPIY, cela n’intéresse pas nos médias !

Tous les jugements du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie ne trouvent pas le même écho dans nos médias : celui qui condamne à perpétuité Ratko Mladić (ancien chef de l’armée des Serbes de Bosnie) pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide a fait l’objet d’une ample couverture ; en revanche, on chercherait en vain dans notre presse les gros titres faisant état de ce que le même tribunal (et dans le même jugement) innocente Slobodan Milošević (ancien président de Serbie) des mêmes crimes, dont les médias et la justice internationale l’ont pourtant accusé pendant vingt-cinq ans.

Le jugement Mladić, dans son quatrième volume, publié le 22 novembre 2017, stipule en toutes lettres que le TPIY n’a constaté « nulle preuve que Slobodan Milošević [sont cités aussi quelques autres accusés] ait de quelque façon contribué à la réalisation de l’entreprise criminelle [visant à faire de la République serbe de Bosnie une entité ethniquement pure]. » Il est à noter qu’il ne s’agit là que d’une confirmation, le tribunal ayant déjà formulé la même appréciation dans le jugement de Radovan Karadžić, condamné l’année précédente, innocentant Milošević une première fois (sans que cela intéresse davantage nos médias).

Est-ce à dire que, si le procès de Milošević n’avait pas été interrompu brutalement, il y a onze ans, par la mort de l’accusé, celui-ci aurait bénéficié d’un acquittement ou d’un non-lieu ? Peu probable car, à l’époque, Karadžić et Mladić étaient en fuite, et les commanditaires du TPIY avaient besoin à tout prix de la condamnation d’un bouc émissaire pour justifier leur appui aux sécessions de la Croatie, de la Slovénie, de la Bosnie et, enfin, du Kosovo, ainsi que l’embargo et le bombardement de l’OTAN sur la Serbie. Cependant, Milošević, qui assurait lui-même sa défense, le faisait tellement bien, en démontant pièce à pièce les absurdités de l’accusation, que le procès, de l’aveu général, tournait à la débâcle pour cette dernière. Le moins qu’on puisse dire, c’est que sa mort en cellule (d’une crise cardiaque qui aurait pu être évitée si on avait accédé à ses demandes d’hospitalisation) tombait opportunément. Le tribunal ne se trouvait plus devant le dilemme d’ou bien prononcer une lourde condamnation qui eût fait de lui un martyr, ou bien déclarer un non-lieu qui mettait à bas toute une stratégie politique fondée uniquement sur la diabolisation à outrance des dirigeants serbes.

On aurait pu penser que, pour nos médias, ce blanchissement posthume de leur « boucher des Balkans » serait un sujet d’étonnement digne de commentaire. C’est juste un non-événement. Il est vrai que le TPIY n’a pas donné beaucoup de publicité à sa mise hors de cause de Milošević. Le paragraphe en question se trouve dans la note 15357 d’un volume de 471 pages : seuls les spécialistes se sont donc donné la peine de le lire. Mais peut-on imaginer que, étant donné le caractère spectaculaire de la chose, lesdits spécialistes ne se soient pas empressés d’en informer les gens de presse ?

Émettre des doutes sur la culpabilité de Milosevic (notamment celle d’avoir ordonné le « génocide » de Srebrenica) a longtemps été qualifié de révisionnisme – et l’est encore ! – par des médias influents. Est-il permis, sans s’exposer au même anathème, de se demander si les certitudes infaillibles qui applaudissent à la condamnation de Mladic sont de la même eau que celles qui ont prévalu pendant 25 ans pour Milosevic ?

http://www.bvoltaire.fr/milosevic-innocente-tpiy-ninteresse-nos-medias/

 

mardi 16 janvier 2018

vidéo: les origines du carcan européen

Brexit, Frexit, Vallsit et Colegram 1 - Annie Lacroix-Riz

VID ALR CARCAN UE

https://www.youtube.com/watch?v=6KPZ1yGYOXE

Jean Monnet, Robert Shumann, une belle paire de pères fondateurs, agents américains après et avant/pendant la fidélité allemande...

L'UE depuis la 2° guerre mondiale, la tutelle américaine, relais de la tutelle allemande: l'objectif est vieux mais il prend des formes nouvelles...

Le rôle du Royaume- Uni et du Commonwealth. L'Europe centrale et orientale face au "monde européen libre".

Les élites françaises préparent l'avenir de la "pax americana" dès 1941...L'avenir européen de la France.

De Gaulle et la solution française: le cauchemar des Américains.

Les visées américaines sur l'Empire colonial français: le rôle de Jean Monnet.

Du "soft power" allemand au "soft power" américain.

Les historiens d'aujourd'hui et les "contraintes académiques", les sujets tabous, malgré les archives américaines...

La censure sur les questions européennes (quand on sort de la "doxa").

Le Brexit et la rivalité souvent méconnue entre le Royaume- Uni et les Etats- Unis.

Etc.


Tels sont les thèmes abordés par Annie Lacroix- Ritz, historienne communiste de talent.

3 parties à suivre sur You Tube, un moyen passionant de mieux comprendre comment est née la tyrannie que nous subissons et par quels moyens elle se maintient.

P.G.

 

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dimanche 14 janvier 2018

BIG BROTHER | Les vraies origines de Google

Vous souvenez-vous d’Archie? D’Alta Vista? De Lycos? De Yahoo! Non? C’est que vous êtes trop jeunes. Au début de l’internet, ces outils se partageaient le «marché» des annuaires de recherche. Puis Google a débarqué et ils ont tous disparu, comme des dinosaures, et avec la même mystérieuse rapidité.

ARG GOOGLE COMPLOT

Google est peut-être «né dans un garage» comme le répète mécaniquement la légende dorée de l’internet. Mais on s’est peu penché sur les vrais sponsors du garage en question. Et puis aussi sur les raisons et la manière dont l’algorithme de Page et Brin a réussi à effacer aussi définitivement la concurrence (un peu comme Facebook quelques années plus tard). Sa performance et sa qualité? Sans doute. Mais les étudiants à sweater de Stanford ont aussi reçu un petit coup de pouce venant des messieurs à cravate noire.

C’est ce parrainage qu’étudie Jeff Nesbit dans un passionnant article publié sur Quartz et dont le titre fait office de résumé: «La véritable origine de Google réside en partie dans les subsides de recherche octroyés par la CIA et la NSA pour la surveillance de masse».

Théorie du complot? Peut-être. Mais Jeff Nesbit n’est pas n’importe qui. Romancier, directeur d’ONG et essayiste, il fut aussi l’un des plus éminents mandarins du système de communication américain sous les administrations Bush et Obama.

Quel conspirationniste non agréé aurait osé, par exemple, écrire ceci:

«L’histoire de la création délibérée de l’Etat de surveillance de masse moderne comprend des éléments liés à l’origine surprenante, et largement méconnue, de Google. C’est une genèse un peu différente de celle dont le public a eu connaissance, et elle explique ce que les cofondateurs de Google, Sergey Brin et Larry Page, ont entrepris de construire et pourquoi.

Mais ce n’est pas seulement la genèse de Google: c’est la genèse de l’Etat espion lui-même, et de ce qui l’a financé.»

PS — Si vous ne tenez pas à être radiographiés jusqu’à votre dernier recoin de vie privée, vous pouvez toujours faire tourner des moteurs de recherche plus pudiques, comme DuckDuckGo ou le français Qwant...

http://log.antipresse.net/post/big-brother-les-vraies-origines-de-google?mc_cid=89c67c3bcb&mc_eid=3a5e263339

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Macron : la ligne des USA, d'Israël et de l'Arabie saoudite sur l'Iran «pourrait mener à la guerre»

Alors que les Etats-Unis voient dans les manifestations en Iran l'opportunité d'un changement de régime, Emmanuel Macron cherche une voie médiane pour la diplomatie française. Et met en garde contre les propos de certains pays hostiles à Téhéran.

ACT MACRON IRAN

En matière de politique étrangère, Emmanuel Macron chercherait-il une troisième voie, quitte à brouiller un peu son message ? Après avoir appelé à contrer l'«hégémonie» iranienne dans la région en novembre 2017, conformément aux objectifs affichés par Washington, le président de la République fait usage de sa rhétorique du «en même temps» et de la «pensée complexe», quitte à changer de ton sur le dossier iranien.

«On voit bien le discours officiel qui est porté par les Etats-Unis, Israël, l'Arabie saoudite», a-t-il encore noté, prenant toutefois le soin de modérer son propos en ajoutant : «Qui sont nos alliés à de nombreux égards». «C'est quasiment un discours qui va nous conduire à la guerre en Iran», a-t-il conclu sans ambages d'après l'AFP, s'exprimant en marge de son discours de présentation de vœux à la presse le 3 janvier

«Ce qui est en train de se jouer [en Iran], sinon, c'est qu'on est en train de subrepticement reconstruire un "axe du mal"», a-t-il déploré, en référence au slogan axis of evil forgé par les néo-conservateurs et repris par George W. Bush contre, entre autres, l'Irak et l'Iran dans les années 2000.

De là à qualifier Washington, Tel Aviv et Riyad de fauteurs de guerre, il n'y avait qu'un pas, qu'Emmanuel Macron n'a néanmoins pas franchi.

Ce pas a en revanche été franchi par les dirigeants iraniens, qui ont à plusieurs reprises dénoncé l'influence étrangère, voire même la présence d'«agents étrangers» dans les manifestations contre l'austérité et le gouvernement, largement relayées dans la presse occidentale. Le 2 janvier, le guide suprême de la Révolution Ali Khamenei avait affirmé que les manifestations violentes qui secouaient le pays avaient été soutenues par les «ennemis de l'Iran» et leurs «ressources, armes, politiques et appareil sécuritaire». Le lendemain, le président iranien Hassan Rohani avait pour sa part accusé nommément les rivaux saoudiens de vouloir déstabiliser le pays.

Une politique d'ingérence assumée par Washington ?

Si Emmanuel Macron n'a pas étayé davantage son analyse, certaines déclarations permettent néanmoins d'attester la volonté d'ingérence des Etats-Unis dans les affaires intérieures de l'Iran. En juin 2017, le secrétaire d'Etat Rex Tillerson n'avait pas caché que Washington encourageait la déstabilisation du gouvernement iranien. «Notre politique à l'égard de l'Iran est de repousser cette hégémonie, de contenir la capacité [de Téhéran] à développer [...] des armes nucléaires, et d'œuvrer à soutenir [les] éléments à l'intérieur de l'Iran qui mèneraient à une transition pacifique de gouvernement», avait ainsi affirmé sans gêne particulière le chef de la diplomatie américaine.

Outre sa dénonciation unilatérale de l'accord sur le nucléaire iranien, pierre angulaire d'une normalisation des relations entre l'Iran, frappé par des sanctions et le gel d'avoirs, et les puissances occidentales, Donald Trump n'a eu de cesse de prôner le changement de régime. En septembre 2017, lors de l'Assemblée générale des Nations unies, le président américain, pourtant élu sur un programme international relativement isolationniste, s'en était pris aux «Etats voyous», un autre élément de langage caractéristique des discours belliqueux de George W. Bush dans sa «guerre au terrorisme». «Le monde entier comprend que le bon peuple d'Iran veut le changement», avait-il ainsi martelé.

Le 3 janvier 2018, Donald Trump s'est fait encore plus clair sur ses intentions. «Tellement de respect pour le peuple iranien qui essaie de se débarrasser de son gouvernement corrompu. Vous aurez le soutien plein et entier des Etats-Unis le moment venu», a-t-il ainsi prophétisé sur Twitter.

En Israël, grand rival régional de Téhéran, le Premier ministre Benjamin Netanyahou a fait part le 1er janvier de son espoir que le régime iranien tombe «enfin», tout en prenant soin de démentir toute ingérence israélienne dans les troubles en cours en Iran.

Une «affaire intérieure qui attire l'attention de la communauté internationale», d'après Moscou

Les déclarations des Etats-Unis hostiles au gouvernement iranien, dans un contexte de crise, ont également fait réagir Moscou, sur une ligne assez comparable à celle d'Emmanuel Macron. «Nous avertissons les Etats-Unis de ne pas tenter d'intervenir dans les affaires intérieures de la République islamique d'Iran», a ainsi déclaré le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, dans une interview à l'agence de presse TASS, ce 4 janvier.  «Ce qui se passe est une affaire intérieure qui attire l'attention de la communauté internationale [...] je suis convaincu que notre voisin [l'Iran], dont le gouvernement est notre ami, saura surmonter les difficultés actuelles», a-t-il ajouté.

https://francais.rt.com/international/47023-manifestations-iran-macron-etats-unis-israel-fauteurs-guerre

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Facebook a versé des millions aux médias français: la stratégie «VIP-VRP» et ses effets

Source : European Journalism Observatory, Nicolas Becquet, 04-11-2017

TRIBUNE LIBRE

TL FACEBOOK REDACTIONS

On sait depuis 2016 que Facebook rémunère tant des personnalités que des médias pour produire des contenus sur son réseau social. Cette stratégie est désormais aussi à l’œuvre auprès des médias français (TF1, Le Figaro, Le Parisien, Le Monde, etc.) pour la production de vidéos, révèle l’enquête de Nicolas Becquet. Ces partenariats peuvent représenter jusqu’à 200 000 euros mensuels par titre. Une pratique qui pose la question de la dépendance des rédactions et ouvre la voie à un système à deux vitesses pénalisant les petits médias. Facebook assume, mais minimise l’importance de ce type de partenariat. (mise à jour du 16.11.17: lisez aussi l’interview d’Édouard Braud, responsable partenariats médias chez Facebook)

Facebook a gagné. Les médias français sont bel et bien devenus dépendants. Triplement dépendants, en fait : élargissement gratuit de l’audience, utilisation des outils de production et de diffusion et acquisition de revenus complémentaires. L’écosystème de publication du réseau social est devenu un outil vital pour le secteur médiatique.

De l’innocente et ludique chasse aux likes des débuts, à la production sur-mesure et rémunérée de formats vidéo aujourd’hui, le dealer d’audience a bien fait son travail. Dose après dose, les éditeurs ont scellé un pacte tacite avec la plateforme, un pacte aux allures de mariage de raison. Il faut dire que le trousseau de la mariée est bien garni avec ses deux milliards d’utilisateurs. Le marié désœuvré ne pouvait espérer mieux.

Asphyxiés financièrement et désertés par leur lectorat historique, les médias traditionnels ont en effet trouvé dans l’audience apportée par Facebook un ballon d’oxygène inespéré. À force de shoots aux statistiques flatteuses, les éditeurs se sont convaincus de leur succès naturel auprès d’une audience manifestement ultra réceptive à leurs contenus : l’eldorado providentiel des internautes.

Mais la descente est déjà en vue. Facebook a visiblement l’intention de faire éclater cette bulle enchantée en faisant passer à la caisse ses consommateurs les plus accros aux likes et au trafic généré sur leur site via le réseau social. Dans les rédactions, on travaille quotidiennement à la production de contenus conçus pour la plateforme de Mark Zuckerberg.

Quelles sont les implications d’une telle servitude volontaire pour le fonctionnement quotidien des rédactions, grandes ou petites ? Quelles sont les conséquences sur le travail des équipes chargées « d’alimenter » Facebook, notamment en vidéos et en lives ? Et surtout, comment le réseau social est-il parvenu à convaincre autant de médias économiquement à bout de souffle de travailler pour sa plateforme ? Zoom sur une redoutable stratégie qui met à l’épreuve l’agilité des rédactions.

La stratégie des VIP – VRP

Fin octobre, Facebook a donné un coup de semonce à ceux qui pensaient avoir trouvé une voie directe et gratuite vers une audience captive de masse. En testant la possibilité de créer un newsfeed séparé pour les publications non sponsorisées des pages professionnelles (en marge du newsfeed classique dédié aux posts des proches, aux contenus sponsorisés et aux publicités), Facebook a clairement lancé un avertissement aux marques, entreprises, institutions, ONG et médias en quête de visibilité : rien n’est gratuit.

Cette stratégie intervient alors que les éditeurs n’ont jamais autant travaillé pour le réseau social et jamais autant créé de contenus sur mesure venant alimenter les timelines des utilisateurs.

Les volumes d’audience en jeu n’expliquent pas à eux seuls cette productivité spontanée et inégalée. À partir de juin 2016, plusieurs grands médias américains ont été rémunérés pour inonder les newsfeeds de contenus originaux et servir de laboratoire technique et publicitaire à Facebook.

En effet, pour donner envie aux médias, Mark Zuckerberg a mis en place un véritable réseau de représentants VRP capables de faire la démonstration de l’incroyable efficacité des nouveaux formats mis sur le marché.

Le New York Times, CNN, le Huffington Post, Buzzfeed, Vox, Mashable ou encore Condé Nast… le fondateur de Facebook a rassemblé des représentants VIP dans sa « dream team ».

Modèles de réussite sur le marché digital, ces médias portent une solide réputation. Ils sont capables de produire à grande échelle et leurs contenus sont lus dans le monde entier.

Pour les convaincre, Facebook a dû se montrer très persuasif. Selon un document révélé par le Wall Street Journal en juin 2016, Mark Zuckerberg a ainsi fait un chèque de 50 millions de dollars répartis en 140 contrats de partenariats avec des médias et des célébrités, dont 17 de plus d’un million de dollars (près de 3 millions pour le New York Times et Buzzfeed, 2,5 millions pour CNN). Une goutte d’eau comparée aux 10 milliards de dollars de recettes trimestrielles de Facebook, soit 47% de plus qu’au même trimestre de l’année précédente.

Le deal est simple : en échange d’une certaine somme, le partenaire doit produire massivement des contenus à haute valeur ajoutée sur la plateforme : vidéos, Facebook Live, reportages à 360°, Instant Articles… Les grands médias américains ont donc été rémunérés pour inonder les newsfeeds de contenus originaux et ainsi convaincre l’ensemble des éditeurs d’en faire autant.

Des millions d’euros versés aux principaux médias français

Cette stratégie s’est avérée très efficace puisque la renommée des médias enrôlés, combinée à un puissant soutien des algorithmes, a contribué à imposer de nouveaux formats en moins d’un an et à l’échelle mondiale. Alléchés par la masse de clics, les éditeurs du monde entier se sont lancés dans l’aventure… couronnant de ce fait la stratégie de Facebook.

Un système spécifique aux États-Unis ? Pas du tout. En Europe, les grands médias français participent par exemple à cette manœuvre de séduction à grande échelle.

TF1, Le Figaro, Le Parisien ou les titres du groupe Le Monde font également partie des éditeurs qui touchent de l’argent pour produire des contenus vidéo pour Facebook. Et les sommes donnent le tournis, entre 100 000 et 200 000 euros par mois sur des périodes renouvelables de six mois, d’après les diverses sources interrogées.

Sachant que la plupart des médias cités (liste non exhaustive) ont déjà reconduit une fois leur partenariat, on parle ici de millions d’euros distribués aux médias hexagonaux par Facebook.

Il va sans dire que dans les rédactions contactées, on est peu disert sur les détails de ces accords confidentiels. Mais si les conditions varient d’un média à l’autre, le principe reste le même : en échange de l’argent versé, chaque média s’engage à produire un volume précis de vidéos et/ou de lives sur une période donnée, d’après les informations que nous avons pu récolter.

À LCI par exemple, la rédaction doit produire 14 heures de direct par mois et chaque live doit durer entre 6 et 20 minutes – Un timing précis qu’il vaut mieux respecter car les contrôles sont stricts, explique-t-on en interne.

Il faut dire que la chaîne a tout intérêt à garder de bonnes relations avec son mécène. Selon un salarié, l’argent de Facebook versé sur la période aurait financé les deux tiers de la rédaction web.

Mais les contributions financières de Facebook ne s’arrêtent pas là. Il a participé au financement d’un studio flambant neuf pour que la chaîne puisse réaliser des Facebook Live lors de la campagne présidentielle. Une dépendance financière qui s’ajoute à celle du trafic généré sur le site, via le réseau social, qui représente entre 30 et 40% des visites.

RTL a également bénéficié des euros de Facebook pour son studio dédié aux lives, au même titre qu’Europe 1 pour installer une Facebook Room et un Story Studio Instagram dans le bus qui a sillonné la France pendant la campagne électorale.

Enfin, la firme de Menlo Park apporte un soutien aux médias sous la forme de conseils techniques pour exploiter au mieux l’algorithme chargé de hiérarchiser les publications et comprendre les subtilités des statistiques d’audience, notamment avec la mise à disposition de CrowdTangle, une solution propriétaire d’analyse du trafic.

Du côté de Facebook, on assume ces contributions financières, mais on en minimise l’importance : « Voir les collaborations de Facebook uniquement à travers des partenariats rémunérés est réducteur. Notre rôle au quotidien est de travailler conjointement avec les médias au développement d’outils destinés à enrichir leur expérience sur Facebook. Cela passe par beaucoup d’échanges et des phases de tests durant lesquels il a pu nous arriver d’indemniser nos partenaires. Les médias prennent du temps pour utiliser nos nouveaux produits et partager leurs retours avec nous et il nous semble donc normal qu’ils obtiennent une compensation pour cela. Cela s’inscrit toujours dans un cadre temporaire le temps de l’expérimentation », explique Edouard Braud, le directeur des partenariats médias pour l’Europe du sud.

Un système gagnant-gagnant ?

Après des débuts laborieux, une communication maladroite et des cahiers des charges trop contraignants, Facebook a massivement investi dans ses relations avec les médias à partir de 2010. Désormais, la Media Partnership Team multiplie les initiatives comme le Facebook Journalism Project ou le Listening Tour, débuté en juin 2017, dans les rédactions.

Alors que la sphère médiatique s’alarme régulièrement de la dépendance aux « actionnaires milliardaires » ou de la proximité avec le pouvoir politique, la dépendance à Facebook ne semble pas émouvoir outre mesure. Au contraire, les partenariats sont vécus comme de belles opportunités pour expérimenter et se rapprocher de l’audience.

À L’Obs, Aurélien Viers, responsable du pôle visuel est très enthousiaste : « Ce partenariat nous permet d’aller plus loin dans nos expérimentations sans bouleverser notre organisation. Grâce aux outils fournis, nous avons pu créer des formats vidéo originaux qui connaissent de beaux succès en ligne. La pratique régulière du ‘Live social’, depuis le terrain, a instauré une nouvelle relation avec l’audience, plus spontanée et plus dynamique. On peut dire que Facebook condense tous les nouveaux défis liés à la vidéo, en termes de storytelling, de créativité et de capacité à se démarquer dans un environnement très concurrentiel ».

Mais en coulisses, dans les médias partenaires, les dents grincent, notamment du côté des régies publicitaires et des services commerciaux impliqués dans une lutte acharnée et vaine contre leur principal concurrent, l’ogre Facebook. « Devant les ‘valises de billets’ apportés par Facebook, les régies n’ont pas leur mot à dire, explique un journaliste en off. Et lorsque Facebook teste ses nouveaux formats publicitaires mid-roll sur nos propres productions, l’exaspération est à son comble ».

L’efficacité de la plateforme désespère les éditeurs englués dans des stratégies (trop) complexes de rétention de l’audience, comme l’explique ce cadre en charge du numérique: « Quand un internaute, avant de pouvoir finalement regarder une vidéo sur un site, doit cliquer sur un lien, attendre de longues secondes le chargement de la page puis fermer une ou deux fenêtres de pub pour finalement devoir patienter devant une publicité de trente secondes, le constat est sans appel, on ne peut pas rivaliser. On ne joue pas dans la même division que Facebook et son autoplayinstantanée ».

Michaël Szadkowski, rédacteur en chef du site et des réseaux sociaux du Monde, explique n’avoir fait aucune concession éditoriale et garder un contrôle total sur le contenu, une condition sine qua non du partenariat. « L’argent versé n’a pas fondamentalement changé notre façon de travailler. La production de vidéos était déjà une priorité pour nous, avec une équipe de quinze personnes dédiées. On poste plus de contenus qu’avant sur la plateforme, c’est sûr, mais je préfère que Facebook fasse vivre les médias plutôt qu’il se mette à créer et à imposer ses propres contenus. Facebook a changé de dimension, ses dirigeants ont compris qu’on ne pouvait plus demander aux médias de produire gratuitement des contenus et de la valeur, pour ensuite les monétiser auprès des annonceurs. » Un constat valable pour les seuls partenaires et pour une durée limitée.

Guillaume Lacroix, cofondateur de Brut, un média vidéo présent uniquement sur les réseaux sociaux, ne tarit pas d’éloges sur sa collaboration avec Facebook. Il s’agit d’un « partenariat de travail » qui ne comporte aucun volet financier. « Facebook nous donne beaucoup de conseils utiles pour faire décoller l’engagement sur nos vidéos. Il nous informe également sur les formats en vogue dans le monde entier. En septembre, nous avons par exemple été invités à Dublin pour participer à une conférence où étaient réunis 35 médias nés en ligne. Les échanges ont été très enrichissants. Enfin, Facebook met à notre disposition CrowdTangle, un outil très performant qui permet d’analyser l’engagement de l’audience sur les réseaux sociaux. Si on devait payer pour l’utiliser, pas sûr qu’on pourrait se le permettre. »

Comme pour Le Monde et L’Obs, Brut perçoit la collaboration avec Facebook comme un véritable avantage concurrentiel et croit à la pérennité de son modèle : « Cela ne nous fait pas peur d’être Facebook dépendant, pas plus qu’un producteur qui travaille avec une chaîne de télévision. Par ailleurs, il ne nous donne pas d’argent et pourtant Brut sera rentable en 2018, c’est qu’il existe bien un business model sur les réseaux sociaux ».

Edouard Braud l’affirme, Facebook fait tout pour donner le maximum d’autonomie aux médias : «Tous nos produits sont faits de telle sorte qu’ils ne créent pas de dépendance. Nous les concevons pour qu’ils enrichissent l’expérience des médias et les aident à créer de la valeur grâce à Facebook. Cela peut se faire à la fois au sein de notre environnement mais également en dehors. C’est pourquoi nous développons notamment des outils qui permettent de générer de la valeur dans les environnements propriétaires des médias comme sur Instant Articles avec les modules d’abonnement aux newsletters, de téléchargement d’applications… ».

Un miroir aux alouettes et un danger pour les « petits médias »

En dehors des médias partenaires, rares sont les rédactions disposant des ressources et de la flexibilité nécessaires pour faire face aux exigences de Facebook. En l’absence d’incitation financière ou de revenus récompensant les contenus produits pour le réseau social, les petits médias s’essoufflent à force de vouloir tirer profit de l’audience et des redoutables outils mis à disposition.

Résultat, un écosystème à deux vitesses s’est progressivement mis en place, doublé d’une stratégie kamikaze des médias, dont la production vidéo est un exemple éclairant. Passage en revue des raisons pour lesquelles la plupart des médias n’ont que peu d’intérêts à se lancer dans la production de vidéos sociales :

  • La production de vidéos est complexe, chronophage et coûteuse, surtout pour les titres de presse écrite dont ce n’est pas le métier. Mettre en place un workflow spécifique et former ou embaucher des journalistes capables de tourner et de monter des vidéos sociales représentent un coût considérable. Dans le domaine, la rentabilité reste souvent un concept.
  • La professionnalisation fulgurante des contenus. Les vidéos postées sur le réseau social ressemblent de plus en plus à des productions télévisuelles, ce qui tend à disqualifier les médias incapables de suivre les standards de qualité en vigueur. Aujourd’hui, la majorité des lives Facebook est réalisée avec plusieurs caméras, à l’aide d’une régie.
  • La versatilité des formats recommandés. Pendant 6 mois, Facebook nous incite à produire des vidéos de moins d’une minute consultable sans le son. Le mois suivant, il faut produire des séquences d’une minute trente minimum, sans quoi l’algorithme pourrait bouder nos contenus. Trente petites secondes de plus qui imposent de repenser les formats et réorganiser sa chaîne de production.
  • Le paradoxe de l’engagement. Par expérience, les contenus vidéos postés sur Facebook sont ceux qui apportent le moins de trafic sur les sites. Ils suscitent un fort engagement, mais sont consultés exclusivement dans le newsfeed, et peu sur les sites. Pourtant, les médias redoublent d’efforts pour produire des vidéos natives et non rentables. Enfin, comme sur YouTube, l’actualité est loin de faire partie des contenus les plus consultés sur Facebook.
  • La supercherie des données d’audience. Comprendre et analyser les chiffres d’engagement fournis par le réseau social demande de la patience et des compétences solides. Des chiffres dont la fiabilité est sujette à caution. En 2016, Facebook a admis avoir surévalué les statistiques de consultation des vidéos de 60 à 80%, et ce, pendant deux ans ! Une « erreur technique » a été invoquée. Une excuse grossière qui pourrait faire sourire si elle n’avait pas un impact énorme sur les investissements publicitaires et sur les moyens mis à disposition par les médias pour produire des vidéos. Quand on culmine à plusieurs centaines de milliers voire des millions de vues par vidéo, les marges d’erreur n’ont pas de grandes conséquences, mais lorsqu’une stratégie vidéo est évaluée sur la base de quelques milliers de clics, alors dans ce cas, les implications peuvent être sérieuses.
  • Le chantage au reach et la tentation du boost. La présence de tous les acteurs sur la plateforme engendre une course à l’attention inédite qui aboutit à une saturation des timelines et à une baisse de la visibilité des contenus, intelligemment orchestrée par Facebook. Une chute importante de la portée des publications peut contribuer à déstabiliser les fragiles business modèles des médias. Et la tentation de payer pour maintenir sa popularité, généreusement offerte par la plateforme, n’est plus une exception dans les rédactions. Les contenus sponsorisés se multiplient et les médias se transforment en client de la régie publicitaire de Facebook.

Facebook a gagné. Les nombreux paradoxes évoqués ci-dessus en sont les meilleures preuves. La servitude volontaire dont font preuve les médias peut être analysée au prisme de leur situation financière, mais difficile de dire quelles en seront les conséquences à long terme. Des sacrifices nécessaires sur l’autel de la transition numérique ? Peut-être, mais attention, la dépendance n’est pas seulement financière, elle est également technique pour l’accès aux outils de production et de diffusion de l’information, elle pèse aussi sur les contenus et contribue à l’uniformisation des formats à l’échelle mondiale et surtout, elle influence et rythme le quotidien et l’organisation des rédactions.

Le paysage médiatique français s’alarme régulièrement du manque d’indépendance des médias face aux actionnaires-industriels-milliardaires. Pourtant, ces mêmes médias permettent l’instauration progressive d’une menace tout aussi toxique pour l’avenir des médias et de la démocratie, celle du soft power, de l’argent et de l’écosystème des GAFA (Google, Amazon, Facebook et Apple).

Quelques lectures complémentaires ayant inspiré cet article:

Cet article est publié sous licence Creative Commons (CC BY-ND 4.0). Il peut être republié à condition que l’emplacement original (fr.ejo.ch) et l’auteur soient cités, mais le contenu ne peut pas être modifié.

Source : European Journalism Observatory, Nicolas Becquet, 04-11-2017

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Bon à savoir, mais l'utilisation intensive du "globish" en dit long sur l'imprégnation culturelle subie dans certains milieux, même quand ils se veulent critiques...  P.G.

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samedi 13 janvier 2018

Libérons-nous de nos liens avec Israël

Par PHILIP GIRALDI | Janvier 2, 2018 | The Unz review

L’année 2017 s’est terminée sans nouvelle catastrophe, et on peut maintenant se demander ce que la nouvelle année va nous apporter. La Corée du Nord, désormais équipée de l’arme nucléaire, est le point éclair d’une nouvelle guerre potentielle, mais, à moins que son leader Kim Jong-un n’ait vraiment envie de se suicider sur le plan personnel et national, il est peu probable que Pyongyang déclenche une escalade pour en provoquer une.

TL US MOYEN ORIENT

La Maison-Blanche de Trump est beaucoup plus dangereuse, car elle semble confondre la violence et la fermeté. Chaque fois que le secrétaire d’État Rex Tillerson parle de négociation, il est contredit par Nikki Haley ou par le président qui dit que la diplomatie n’est plus de mise, mais le fait est que la destruction de la péninsule coréenne et les centaines de milliers, voire millions de morts qu’une telle guerre engendrerait inévitablement, pourrait faire hésiter même les généraux et les psychopathes qui semblent mener la danse. Cela signifie qu’à un moment donné, les diplomates, peut-être dans le cadre d’un arrangement négocié par la Russie ou la Chine, seront bien obligés de prendre le relais. Espérons-le, en tout cas !

Et les Etats-Unis se sont également tirés une balle dans le pied en ce qui concerne la Russie, un adversaire avec lequel Donald Trump voulait autrefois améliorer les relations. Mais tout cela, c’était avant que ne soit lancé, pour des motifs politiques, un Russiagate qui a refait de Moscou l’ennemi numéro Un qu’il était pendant la guerre froide. Le grand négociateur Trump n’a pas compris qu’on ne peut pas améliorer les relations avec quelqu’un dont on menace les  intérêts vitaux. Les États-Unis et leurs alliés persistent à conduire des exercices militaires à la frontière russe sous le faux prétexte que le président Vladimir Poutine dirige une puissance expansionniste. La récente décision de vendre des armes offensives à l’Ukraine est un geste qui ne sert aucun intérêt américain, tout en menaçant les intérêts vitaux de Moscou puisque l’Ukraine est à sa porte. C’est une mauvaise décision qui garantit que les relations avec la Russie resteront glaciales dans les temps qui viennent.

Notez bien que les plus gros problèmes que l’Amérique a avec le reste du monde sont tous plus ou moins auto-infligés. À mon avis, à part la Russie et la Corée du Nord, les principaux problèmes de politique étrangère des États-Unis tournent autour du Moyen-Orient et découlent tous de l’instabilité délibérée générée par Israël qui a formé une alliance contre nature avec son ancien ennemi, l’Arabie saoudite. L’axe Tel-Aviv (pardon, Jérusalem) Riyad fait actuellement tout ce qu’il peut pour déclencher une nouvelle guerre au Moyen-Orient car ils veulent que l’armée américaine détruise l’Iran qui est une grande puissance régionale.

Quand on réfléchit, on voit bien que les États-Unis n’ont pas vraiment intérêt à s’investir dans les plans d’Israël ou de l’Arabie saoudite, leur seul intérêt est de ne pas laisser la région devenir un terreau fertile pour les groupes terroristes transnationaux et de protéger la circulation des produits énergétiques pour empêcher une flambée des prix qui nuirait à l’économie américaine qui dépend de cette énergie. C’est à peu près tout, et cela ne nécessite, ni ne justifie, le déclenchement d’une troisième guerre mondiale.

Le problème que nous avons avec Israël, c’est qu’Israël et son puissant lobby étasunien armé d’un milliard de dollars ont leurs harpons si profondément enfoncés dans le système politique américain et dans les médias nationaux que l’État hébreu est pratiquement intouchable. Plus récemment, nous avons appris que Facebook avait supprimé des comptes qui critiquent le gouvernement israélien à sa demande. Pendant ce temps, ce même gouvernement travaille dur à faire disparaître toute trace de la Palestine ou des Palestiniens. Il a obtenu récemment que la National Basketball Association supprime la référence à un site Web de Palestine que le ministre israélien des sports a qualifiée d’ « État imaginaire ». Le commissaire de la NBA, Adam Silver, a apparemment donné son accord. Même les récentes révélations qui ont fait le buzz, selon lesquelles c’était plutôt Israël que la Russie qui avait corrompu l’équipe de Trump, n’ont donné lieu qu’à quelques articles sur Israël avant d’être englouties dans le puits de l’oubli.

Israël a toujours réussi à faire danser au son de sa musique les locataires successifs de la Maison-Blanche sans en subir vraiment de conséquences. Avec Donald Trump, on pourrait même dire qu’il a réussi à tellement bien conditionner le président que ce dernier devance même les désirs de Benjamin Netanyahou. Le transfert de l’ambassade des États-Unis à Jérusalem est un magnifique cadeau qui plaît tellement à Israël qu’il va donner le nom du président à une gare ferroviaire, mais ce transfert ne cause que des problèmes aux États-Unis, aux citoyens américains et aux entreprises américaines à l’étranger.

Bien sûr, on pourrait soutenir que Trump n’a pas décidé de ça tout seul. Il est entouré de juifs orthodoxes ainsi que de sionistes chrétiens comme Mike Pence et Nikki Haley, qui semblent tous donner la priorité à Israël, ce qui n’est pas exactement la meilleure manière de « redonner sa grandeur à l’Amérique ». Les conseillers juifs ont également des liens financiers et commerciaux avec Israël, ce qui semblerait aussi indiquer que Robert Mueller devrait se tourner vers le Moyen-Orient s’il veut réellement détecter une ingérence étrangère dans la politique américaine.

Pour ne citer qu’un seul exemple récent de la façon dont la pression constante pour satisfaire Israël et minimiser ses transgressions s’opère dans la pratique, l’ambassadeur d’Israël aux Etats-Unis, David Friedman vient apparemment de jouer à qui pissera le plus loin avec le Département d’État concernant les terres palestiniennes qu’Israël a illégalement volées et « occupées ». Friedman, un fervent partisan des colons fanatiques qui ont été le fer de lance de l’occupation, préférerait au mot « occupé » un adjectif comme « amélioré » ou « retourné aux propriétaires d’origine ».

Et Friedman n’est rien qu’un sioniste excentrique si on le compare à Michael Makovsky qui dirige l’Institut Juif pour les Affaires de Sécurité Nationale (JINSA). Makovsky est obnubilé par les prétendues ambitions iraniennes et il veut les contrer en redessinant la plupart des frontières du Moyen-Orient. Il clame : « Maintenir la Syrie, l’Irak, le Liban et le Yémen sous leurs formes actuelles est contre-nature et sert les intérêts de l’Iran ». Makovsky voudrait recomposer toute la région à partir de critères tribaux, ethniques et religieux, en commençant par séparer la région kurde de l’Irak et diviser la Syrie en trois États distincts. Il ne dit pas que sa proposition n’a rien d’original puisqu’elle reprend le Plan Yinon israélien des années 1980 et la proposition néocon américaine « Clean Break (coupure nette) » qui a été rédigée par des génies comme Richard Perle, Doug Feith et David Wurmser et soumise à Netanyahou en 1996. Makovsky ne dit pas non plus que s’il y a un pays du Moyen-Orient qui a des frontières artificielles et de fortes divisions sectaires dans la région sur laquelle il règne, c’est Israël, mais, bien sûr, l’utilisation du mot « frontière » serait quelque peu inexacte car Israël est un état expansionniste qui n’ a pas de frontières déclarées.

Et les médias sont complices d’Israël. La tentative récente de lier le Hezbollah au trafic de drogue vers les États-Unis, en impliquant l’Iran par contrecoup, semble être complètement mensongère. Je pourrais détailler pendant des heures les raisons pour laquelle l’Amérique, si elle était attachée aux valeurs morales, ne devrait pas soutenir un régime d’apartheid qui regorge de voyous racistes qui sont dirigés par un gouvernement complètement cynique qui envoie ses « soldats » dans les territoires palestiniens pour tirer sur des hommes qui ont perdu leurs jambes et des enfants, mais cela ne ferait qu’exciter les agents de la propagande israélienne* qui descendent comme des hordes de vautours sur tous ceux qui osent écrire ou dire quelque chose de négatif sur la « seule démocratie du Moyen-Orient » et « le meilleur allié de l’Amérique »

Quand tout le reste a échoué, ceux qui font passer Israël avant tout** ont recours aux injures. Dimanche, il y avait dans le Washington Post une pleine page condamnant la chanteuse pop néo-zélandaise Lorde, dont le crime était qu’elle avait décidé d’annuler un spectacle en Israël pour des raisons politiques. La page, financée par « le rabbin de l’Amérique », Shmuley Boteach, qualifiait absurdement Lorde de bigote qui « hait les Juifs » et insinuait grossièrement qu’elle n’était pas étrangère aux meurtres de civils en Syrie, du fait qu’elle était prête à se produire en Russie. En effet, quiconque s’oppose à la politique d’Israël ou aux efforts acharnés que déploient des individus ou des groupes juifs pour la promouvoir est automatiquement qualifié d’« antisémite ». Idem pour les Américains qui s’opposent à ce que l’argent des contribuables serve à construire et à subventionner les musées de l’holocauste qui semblent pousser comme des champignons partout en Amérique. Ceux qui protestent sont qualifiés de « négationnistes de l’holocauste ».

Je demande sérieusement aux américains juifs et aux Chrétiens sionistes, qui adorent Israël et refusent de voir ses tortures, meurtres, trafic d’organes et vols, de me dire quand exactement Israël a fait quelque chose de bon pour les États-Unis et pour le peuple américain. Qu’est-ce qu’Israël nous donne il en échange de son ingérence constante dans le système politique et économique des États-Unis, en échange des milliards de dollars qu’il reçoit du Trésor américain, ajoutés aux milliards de dollars qu’il reçoit au titre des « contributions charitables », et aux milliards de dollars qu’il reçoit sous forme de coproductions et de concessions commerciales?

Que reçoit-on en dédommagement  de la mauvaise réputation que Washington se fait en protégeant Israël dans des enceintes internationales comme les Nations Unies, notamment depuis  l’arrivée de Nikki Haley ? Quand Israël a-t-il présenté des excuses ou fait amende honorable pour n’avoir pas cessé d’espionner les États-Unis et de voler des technologies américaines? Et qu’en est-il de l’attentat perpétré il y a cinquante ans contre l’USS Liberty, qui a tué 34 Américains? Les membres d’équipage encore en vie attendent toujours une enquête officielle pour savoir ce qu’Israël a fait ce jour de juin-là.

Et enfin, qu’est- ce que les États-Unis gagneraient exactement à se lancer dans une guerre contre l’Iran, où ils risqueraient fort vraisemblablement de perdre un porte-avions ou deux pendant que les voyageurs américains deviendraient des cibles de choix pour une nouvelle vague d’attentats terroristes? Le plus triste, c’est qu’il est peut-être déjà trop tard. Selon les médias israéliens les Trump et Netanyahou auraient signé un accord secret pour s’attaquer activement à l’Iran et à ses supposés programmes militaires. Une guerre dans laquelle les Américains se battront et mourront, mais pas les Israéliens, est certainement planifiée en coulisses.

Ce que je veux dire, c’est que, contrairement à ce qui se passe avec la Russie et la Corée du Nord, où les États-Unis se retrouvent dans une situation où de réels intérêts sont en jeu, il n’y a absolument aucun intérêt national qui justifie que Washington fasse quoi que ce soit pour Israël. Les États-Unis devraient débrancher la soi-disant « relation spéciale » avec Netanyahou et son nid de vipères. Prenons la résolution, en cette nouvelle année, de travailler dur pour y parvenir. Boycottons les entreprises et les chaînes de magasins de sport dont les propriétaires soutiennent activement les colonies israéliennes, pour faire passer le message que ce ne sera pas sans conséquences. Parlons d’Israël, mais sans s’autocensurer comme le font les médias, et sans passer par le canal des nombreux gardiens qui dirigent les soi-disant organisations pacifistes, ni par les vers de terre achetés et payés du Congrès. Ni depuis la Maison-Blanche, qui n’est rien d’autre aujourd’hui que l’écho des intérêts israéliens. Disons les choses telles qu’elles sont. Si les Américains connaissaient les crimes d’Israël, on a du mal à croire  qu’ils voudraient y être associés de quelque manière que ce soit. Coupons nos liens avec Israël et faisons-le tout de suite.

Par PHILIP GIRALDI

Philip M. Giraldi, Ph. D., est directeur exécutif du Council for the National Interest, une fondation éducative qui cherche à promouvoir une politique étrangère américaine plus conforme aux intérêts étasuniens au Moyen-Orient.

Son site Web est www.councilforthenationalinterest.org

Article original: http://www.unz.com/pgiraldi/lets-end-the-israeli-tie-that-binds/

Traduction : Dominique Muselet

*Hasbara en Hébreu

**Israel firsters

Source: https://arretsurinfo.ch/liberons-nous-de-nos-liens-avec-israel/

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Chronique de la décadence /Premier club pour enfants drag queens

Desmond, new-yorkais, n’a que dix ans mais il est déjà l’un des drag queens les plus célèbres. Icône LGBT, il a annoncé la création d’un club réservé aux… enfants travestis.

ACT DRAGKID

Sous le surnom « Desmond is Amazing », (Desmond est merveilleux), cet enfant travesti new-yorkais de 10 ans est officiellement le créateur de « House of Amazing » (« maison du merveilleux »), un club réservé aux « drag kids », les enfants adeptes de la culture travestie, ses tenues et ses références.

« La « drag house » sera réservée aux jeunes de moins de 20 ans, leurs membres pourront communiquer librement sans l’interférence et le jugement des adultes », peut-on lire sur le site de Desmond.

Face aux critiques, l’enfant perverti réplique « Vous ne m’arrêterez jamais, je suis l’avenir ».

Desmond s’est mis à s’habiller en femme ou à se déguiser en princesse dès l’âge de deux ans.

En 2014, il est apparu dans le clip de Jinkx Monsoon, The Bacon Shake, aux côtés de son héros RuPaul, chanteur, parolier et drag queen emblématique.

Mais sa médiatisation a débuté à l’occasion de son apparition en tutu aux couleurs de l’arc-en-ciel lors de la Gay pride de New York en juin 2015.

Son compte Instagram compte aujourd’hui quasiment 16.000 abonnés. Ses fans, les « amazies », peuvent aussi suivre ses frasques sur sa page Facebook.

Le lobby LGBT exulte…

Source :

http://www.medias-presse.info/chronique-de-la-decadence-premier-club-pour-enfants-drag-queens/85778/

https://francais.rt.com/international/47012-10-ans-cree-haus-amazing-premier-club-drag-queens-enfants-ados

http://www.independent.co.uk/life-style/drag-club-children-boy-founds-set-up-ten-year-old-desmond-napoles-haus-of-amazing-brooklyn-new-york-a8139956.html

https://aphadolie.com/2018/01/08/chronique-de-la-decadence-premier-club-pour-enfants-drag-queens/

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