dimanche 12 août 2018

Ce dimanche sur FLB (Frexit-Limousin Blog)

L’impuissance de l’UE face aux sanctions américaines contre l’Iran

TL JL UE JUNCKER

Tribune libre / John Laughland Publié le sous le titre EU impotence against US sanctions on Iran expose Traduction : Dominique Muselet Le spectacle qu’a offert le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker au sommet de l’OTAN à Bruxelles le mois dernier en titubant tellement qu’il a fallu le soutenir, symbolise le statut de l’UE sur …

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lundi 6 août 2018

Terrain d’entente : Pour des élections sûres et une véritable sécurité nationale. Par Noam Chomsky, Michael Moore, Bill Richards

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TL APPEL CHOMSKY ET AL

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Obama sent le vent tourner et dénonce l’instrumentalisation de l’immigration par la « nouvelle élite internationale »

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TL OBAMA MIGRANTS

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samedi 4 août 2018

Selon Noam Chomsky, l’ingérence dans la politique américaine vient surtout d’Israël et non de Russie

Source: RT France

ACT CHOMSKY INFLUENCE ETRANGERE

Dans un récent entretien, le célèbre linguiste a exprimé ses doutes quant à l’ingérence russe présumée dans le processus électoral américain, qualifiant l’obsession des médias à ce sujet de «blague», avant d’accuser d’interférence… Israël.

«Est-ce que les Russes ont interféré dans nos élections ? Cette question a monopolisé l’attention des médias […] c’est une vaste blague», dénonce l’intellectuel américain Noam Chomsky, sympathisant du mouvement anarcho-syndicaliste, dans un long entretien accordé à Democracy Now, un média américain contestataire le 30 juillet. Il faisait alors références aux accusations d’ingérence russe dans l’élection présidentielle américaine de 2016, qui agitent toujours autant la presse américaine.

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Selon le penseur et linguiste, «quoi que les Russes aient fait [lors de la présidentielle américaine], cela compte à peine» à côté de ce qu’un autre Etat fait «ouvertement, effrontément et avec beaucoup de soutien».

«L’intervention israélienne dans le processus électoral américain dépasse largement ce qu’ont pu faire les Russes», a assuré Noam Chomsky. L’intellectuel a pointé du doigt le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, qu’il accuse notamment de s’être adressé directement au Congrès américain pour affaiblir les prérogatives du président américain en 2015, pendant le mandat de Barack Obama.

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«Est-ce que Vladimir Poutine est allé s’adresser au Congrès pour tenter d’infléchir la politique américaine, sans même en informer le président ?», a-t-il questionné.

Noam Chomsky fait référence à un déplacement du chef du gouvernement israélien répondant à l’invitation du président de la Chambre des représentants des Etats-Unis, John Boehner, en 2015. Benjamin Netanyahou s’était directement adressé au Congrès pour évoquer l’accord sur le nucléaire iranien, sans en référer officiellement à la Maison Blanche, déclenchant en conséquence la colère du président américain de l’époque.

«Voici juste une infime partie de cette influence écrasante. Si vous vous intéressez à l’influence étrangère dans les élections, certaines zones sont à observer», a affirmé Noam Chomsky. Il a conclu sa réflexion sur l’attention démesurée accordée par les médias à des sujets «marginaux» alors que de graves problèmes sont passés sous silence, comme les décisions de Donald Trump relatives au climat et au réchauffement climatique qu’il juge «réellement destructrices». «Voici le genre de choses dont on devrait discuter», a-t-il estimé.

Source: https://francais.rt.com/international/53077-selon-noam-chomsky-ingerence-dans-politique-americaine-vient-d-israel

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dimanche 22 juillet 2018

Brexit : les Européens appelés à se préparer à une "rupture brutale" avec Londres

Bruxelles a appelé jeudi les pays de l'Union européenne à "intensifier" leur préparation à tous les scénarios possibles pour le Brexit, dont celui d'une "rupture brutale" avec Londres, de plus en plus redoutée face aux incessantes turbulences politiques fragilisant le gouvernement britannique.

ACT BREXIT NEGOS

Londres et Bruxelles sont censés parvenir à un accord d'ici à octobre pour organiser leur divorce et jeter les bases de leur relation future. Mais les Européens s'inquiètent de l'enlisement des négociations et des remises en cause constantes au Royaume-Uni de la stratégie de la Première ministre, Theresa May.

Quel que soit le résultat des tractations, le Brexit "aura des répercussions sur les citoyens, les entreprises et les administrations, tant au Royaume-Uni que dans l'UE", a prévenu la Commission européenne dans un document publié jeudi.

Elle invite donc "les Etats membres et les acteurs privés à intensifier leurs préparatifs" en anticipant tous les scénarios possibles, y compris celui qualifié de "rupture brutale", c'est-à-dire sans accord de retrait ratifié avant le 30 mars 2019, date prévue du départ britannique.

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Dans ce cas de figure, les préparatifs sont d'autant plus nécessaires qu'"il n'y aura pas de période de transition" pour atténuer les effets du Brexit, souligne la Commission. Alors qu'un accord de retrait permettrait une transition jusqu'à fin 2020, avec des répercussions moins immédiates.

- Contestation -

Le gouvernement britannique se prépare lui aussi à tous les scénarios
, a réagi une porte-parole de Theresa May.

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"Nous avons toujours dit qu'en tant que gouvernement responsable, il est souhaitable de se préparer à un "no deal" et c'est ce que nous faisons", a-t-elle dit.

"Nous avons toujours dit que ce n'est pas quelque chose que nous voulons ou espérons, et les progrès des pourparlers jusqu'à présent suggèrent que ce n'est pas là où nous allons finir", a-t-elle ajouté.

Mais à Bruxelles et parmi les 27, l'inquiétude grandit face à la perspective d'une absence d'accord.

Les tractations ont connu des avancées décisives sur la question des droits des citoyens expatriés ou encore sur le "règlement financier" du divorce, mais elle achoppe toujours sur le sort de la frontière qui va séparer l'Irlande, entre le Nord, une province qui appartient au Royaume-uni, et le Sud, qui restera dans l'UE.

L'ancien ministre des Affaires étrangères, Boris Johnson, à la Chambre des communes à Londres le 18 juillet 2018 - Photo extraite d'une vidéo tournée par les services du Parlement (PRU) / © PRU/AFP / HO

La crainte d'un échec est accentuée par la contestation incessante au Royaume-Uni de la stratégie de Theresa May, qui a échappé mardi à une défaite au Parlement, avec le rejet de justesse d'un amendement contraire à ses objectifs pour la relation future avec l'UE, récemment formalisée dans un "Livre Blanc".

Mme May a aussi dû faire face aux récentes démissions de ses ministres des Affaires étrangères, Boris Johnson, et du Brexit, David Davis, dont le successeur, Dominic Raab, est attendu jeudi à Bruxelles pour y rencontrer le négociateur en chef du Brexit pour l'UE, le Français Michel Barnier.

- Situation "très volatile" -

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Boris Johnson, vu comme un candidat possible pour succéder à Mme May, lui a encore reproché mercredi d'avoir dévié vers un "Brexit qui n'en a que le nom" et lui a demandé de "changer de tactique" pour une rupture plus nette avec l'UE.

"La situation à Londres est très volatile", a jugé jeudi un responsable européen, estimant qu'il fallait "être prudent" côté européen et "ne pas jeter d'huile sur le feu". Mais les remises en cause de la stratégie de Mme May "sont un élément de complication" indéniable pour les négociations, a-t-il admis.

"Dans tous les cas, nous allons nous préparer pour qu'il n'y ait pas d'effondrement" en cas d'absence d'accord, a-t-il ajouté.

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"Faudra-t-il des visas pour aller de Bruxelles à Londres? Comment les avions continueront de voler entre l'UE et le Royaume-Uni si les règles actuelles ne s'appliquent plus d'un coup? Il faut préparer tout ça", a-t-il fait valoir.

Dans le document publié jeudi, la Commission européenne cite notamment la nécessité d'anticiper les conséquences du Brexit pour les contrôles aux frontières de l'UE, pour les échanges commerciaux, la reconnaissance des qualifications professionnelles de part et d'autre ou encore les échanges de données entre les deux entités.


(©AFP / 19 juillet 2018 16h07)

https://www.romandie.com/news/Brexit-les-Europ-ens-appel-s-se-pr-parer-une-rupture-brutale-avec-Londres/938034.rom

(...)

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C’est d’ailleurs dans ce contexte qu’il ne faut pas oublier la dernière sortie de Trump lors de son passage en Angleterre où il a expliqué qu’il n’y avait rien à négocier avec l’Union européenne, et qu’il fallait que les Anglais fassent un Brexit « dur ».

Et c’est d’ailleurs sans doute ce qu’il se passera au bout du compte.

Les jours de Thérésa May sont comptés.

Je me demande juste quand Boris Johnson rentrera au 10 Downing Street !

Ce jour-là, Bruxelles tremblera.

Charles SANNAT

https://insolentiae.com/bruxelles-invite-les-europeens-a-se-preparer-a-une-rupture-brutale-avec-londres/

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dimanche 8 juillet 2018

Le monde a changé et personne en Occident ne l’a remarqué

TRIBUNE LIBRE / par Martin Sieff
Paru sur Strategic Culture Foundation sous le titre The World Transformed and No One in America Noticed


TL OCS GEOPOLITIQUE

Le monde s’est transformé et personne ne l’a remarqué en Occident. L’Inde et le Pakistan ont rejoint l’Organisation de Coopération de Shanghai. L’organisme, depuis sa fondation le 15 juin 2001, s’est discrètement établi comme principale alliance et regroupement de nations à travers l’Eurasie. Aujourd’hui, elle se développe de six nations à huit, et les deux nouveaux membres sont les puissances régionales géantes dotées de l’arme nucléaire de l’Asie du Sud : l’Inde, avec une population de 1, 324 milliards d’habitants et le Pakistan, avec 193,2 millions d’habitants (chiffres pour 2016).

En d’autres termes, la population totale des puissances de l’OCS, qui s’élevait déjà à plus de 1, 5 milliards d’habitants, a été virtuellement doublée d’un trait de plume.

Les conséquences à long terme de ce développement sont énormes. C’était probablement le principal facteur de la paix et de la fin de toute menace de guerre atomique en Asie du Sud, donc auparavant pour 20% de la population mondiale. Aujourd’hui, les huit pays de l’OCS rassemblent 40% de la population mondiale, y compris l’une des deux premières puissances thermonucléaires mondiales (la Russie) et trois autres puissances nucléaires (la Chine, l’Inde et le Pakistan).

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Ce développement est un triomphe diplomatique, spécialement pour Moscou. La Russie cherche depuis des décennies à faire entrer son alliée stratégique, l’Inde, sous le parapluie de l’OCS. Cette vision avait été clairement articulée par l’un des plus brillants cerveaux stratégiques de la Russie du XXème siècle, l’ancien premier ministre et ministre des affaires étrangères Ievgueni Primakov, qui est mort en 2105. Dans le passé, la Chine bloquait discrètement mais fermement l’accession de l’Inde, mais avec l’arrivée parallèle du Pakistan allié de la Chine dans l’organisation, l’influence de Pékin et de Moscou est équilibrée.

La démarche ne peut que stimuler le rôle déjà prépondérant de la Russie dans la diplomatie et la sécurité nationale du continent asiatique. Pour Pékin et Delhi, la route vers de bonnes relations et la résolution de questions comme celles du partage de l’eau de l’Himalaya et les investissements dans le développement économique de l’Afrique passe désormais par Moscou. Le président Vladimir Poutine se trouve dans une position idéale d’interlocuteur des deux nations géantes de l’Asie.

La démarche doit également être vue comme une réaction significative de l’Inde à l’accroissement rapide de la volatilité et de l’imprévisibilité des États-Unis sur l’arène mondiale. A Washington et en Europe de l’Ouest, il est de rigueur et, de fait, inévitable que par réflexe idéologique, tout cela soit entièrement attribué à Donald Trump.

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Mais en réalité, cette tendance alarmante remonte au moins au bombardement de la Yougoslavie par les USA et leurs alliés de l’OTAN en 1999, à la suite du manque de sanctions qu’auraient dû amener cette action, à laquelle s’opposaient des pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU.

Depuis, sous quatre présidents successifs, l’appétence des USA pour des interventions militaires imprévisibles à travers la planète – généralement ratées, sans stratégie précise ou fin prévue – a infligé des souffrances et déstabilisé un large éventail de pays, principalement au Moyen-Orient (Irak, Syrie, Libye, Yémen) mais aussi en Eurasie (Ukraine) et en Asie du Sud (Afghanistan).

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L’accession de l’Inde et du Pakistan à l’OCS est donc également une répudiation nette et claire des USA.

Les relations entre les USA et le Pakistan se sont dégradées quand les États-Unis ont mené leur charge contre l’Afghanistan en novembre 2001, mais à travers toute cette période, les politiciens américains ont tenu pour acquis qu’Islamabad, en fin de compte, « resterait dans la réserve » et continuerait à danser au son de leur musique.

Les États-Unis courtisent l’Inde depuis 17 ans, une date marquée par la visite de Bill Clinton en 2000. Le premier ministre actuel, Narendra Modi a été invité à parler au cours d’une session du Congrès en 2017 ; de la part de l’appareil politique américain, c’est l’accolade approbatrice ultime à un leader étranger.

Les politiciens et experts américains pontifiaient interminablement sur l’Inde, une démocratie anglophone qui allait devenir la partenaire privilégiée de l’Amérique du Nord dans l’endiguement de l’inévitable montée de la Chine sur la scène mondiale. Cela s’est avéré une fantasmagorie. *

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Pendant l’ère de la Guerre froide, la « perte » d’une nation de la taille et de la stature de l’Inde ou du Pakistan aux mains d’un rival ou d’un camp idéologique indépendant regroupé aurait provoqué des ondes de choc, de rage, et même de l’effroi ouvertement exposé dans les médias des USA.

Mais ce à quoi nous assistons à la suite de ce dernier développement historique est beaucoup plus étrange. Les décisions de New Delhi et d’Islamabad n’ont été ni applaudies, ni condamnées, ni même remarquées par les médias grand public ou prises en compte dans les débats politiques et stratégiques américains. Elles ont été totalement ignorées. ** Voir les leaders et ceux qui façonnent l’opinion publique d’une super-puissance qui s’imagine encore dominer le monde conduire leurs affaires de cette façon est inquiétant, voire alarmant.

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La réalité est que nous vivons désormais dans un monde multipolaire – et c’est le cas depuis au moins 2001. Toutefois, l’évidente vérité continuera à faire l’objet d’un déni de Washington, Londres et Paris, au mépris de l’abondance et de la clarté des faits.

Traduction Entelekheia

Notes de la traduction :

* Pour marginaliser la Chine et flatter l’Inde, les USA avaient même rebaptisé la région Asie-Pacifique « Indo-Pacifique ». Cela n’aura donc servi à rien.

** Tout comme avaient été superbement ignorées les nouvelles super-armes russes présentées par Vladimir Poutine en mars dernier. Les USA sont-ils en train de réinventer la politique de l’autruche ?

http://www.entelekheia.fr/2018/06/24/le-monde-a-change-et-personne-en-occident-ne-la-remarque/

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"La réalité est que nous vivons désormais dans un monde multipolaire – et c’est le cas depuis au moins 2001. Toutefois, l’évidente vérité continuera à faire l’objet d’un déni de Washington, Londres et Paris, au mépris de l’abondance et de la clarté des faits.": voilà qui renforce d'autant le caractère obsolète de la "construction européenne", un projet impérial issu d'un monde qui n'existe plus...   P.G.

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vendredi 6 juillet 2018

L’hégémonie du cinéma américain en Europe et le rôle des accords Blum-Byrnes

Publication Frexit-Limousin 24 juillet 2017

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En quoi la signature de ces accords a permis l’influence culturelle américaine massive au lendemain de la seconde guerre mondiale ?
Il est important de replacer les accords Blum-Byrnes dans un contexte particulier et de comprendre les enjeux qui en découlent. La France a tenté de protéger son patrimoine cinématographique de la libéralisation souhaitée par les américains. Malheureusement, la stratégie américaine visant la propagation de son modèle culturel par le cinéma a balayé les espoirs de la France comme ceux des autres pays européens.

Contexte et enjeux de la signature des accords Blum-Byrnes

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1946, au lendemain de la seconde guerre mondiale, l’Europe est en ruine. Les états européens doivent répondre à deux problématiques majeures à cette époque : comment rembourser les prêts-bails (1) accordés par les américains pendant la guerre pour l’armement ? Et comment reconstruire le pays sans moyens financiers pour investir ?
Durant cette période, les pays européens, en commençant par le Royaume Uni, négocient avec les américains des accords permettant la reconstruction. Pour les américains, la signature de ces accords est stratégique puisqu’ils veulent enrayer la montée progressive du communisme en imposant le modèle culturel américain.


Le 28 mai 1946, Léon Blum, désigné négociateur et représentant des intérêts français et James Byrnes, alors secrétaire d’état des Etats-Unis, signent les accords Blum-Byrnes. Ces accords prévoient l’effacement d’une grande partie de la dette due au prêt-bail, soit 2 milliards de dollars, mais également une aide de 300 millions de dollars remboursables sur 35 ans ainsi qu’un nouveau prêt bancaire de 650 millions de dollars pour la reconstruction.

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En contrepartie des accords signés avec les pays européens, les Etats Unis demandent une large libéralisation des échanges, la réduction des tarifs douaniers et la suppression de la préférence nationale en matière de commerce. Le but est de faciliter l’entrée sur le marché européen des produits de grande consommation venant des Etats-Unis, ainsi que de la bibliothèque de plus de 2 000 films tournés pendant la guerre et prêts à déferler sur l’Europe.

L’échec du protectionnisme français


La réouverture des salles obscures à la concurrence internationale après les restrictions de guerre a lieu dès 1944:

Entre 1944 et 1946, 94 films français sortent sur les écrans contre 49 films américains et 33 films provenant d’autres pays. Cependant, ce résultat n’est pas représentatif de la diffusion effective puisque la programmation des salles d’exclusivités (qui détiennent par contrats les droits de diffusions des films dès leur sortie) propose à 71% des films américains, 21% des films français et à 9% d’autres films étrangers.

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A l’époque, la profession du cinéma ainsi que les élites françaises condamnent fermement l’ouverture à la concurrence non contrôlée des salles de cinéma. C’est la raison pour laquelle, à la demande de la France, un contingentement cinématographique est ajouté aux accords Blum-Byrnes pour tenter de protéger le cinéma français. Il prévoit de réserver 4 semaines par trimestre à la diffusion exclusive de films français. Il impose également que la diffusion des films français occupe 50% des écrans contre 50% pour la concurrence étrangère durant les autres semaines. Ceci aura pour effet de réduire l’exposition du cinéma américain de 17% par rapport à la situation d’avant guerre, et les films français devaient être avantagés par rapport à la concurrence étrangère.

Mais cela n’a pas été suffisant puisque que les salles d’exclusivités ont continué à privilégier illégalement le cinéma américain, le considérant de meilleure qualité. De plus, à cette période, le niveau de production du cinéma français a baissé de 28% par rapport à la situation d’avant-guerre. Ainsi de 1946 à 1948, le cinéma français a sorti en moyenne 84 films par an, contre 140 films américains en respectant le contingentement. Pour améliorer la situation, de nouveaux accords sont signés en 1948, pour réduire à 121 le nombre de films américains sortant sur les écrans français par an. Ces nouveaux accords prévoient également la création du Centre national de cinématographie (CNC) et d’une taxe sur le billet d’entrée des films étrangers au profit de la production des films français.

 

L’influence culturelle américaine en Europe

 

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Wim Wenders a écrit en 1997 : « Trouverait-on à travers le monde le rêve de l’Amérique sans le cinéma ? Aucun autre pays dans le monde ne s’est ainsi tant vendu, et n’a répandu ses images, l’image qu’il a de soi, avec une telle force, dans tous les pays. »


En 1942, Roosevelt convie à Washington les grands réalisateurs de l’époque comme John Ford et Franck Capra. Roosevelt leur demande de mettre leur talent au service de la mobilisation psychologique du pays. C’est ainsi que le Pentagone installe un bureau de liaison exclusivement pour le cinéma. Il est à la disposition des réalisateurs pour inspirer les thèmes de films patriotiques et fournit sur demande, du matériel, des conseillers et des figurants pour la réalisation. Les américains ont donc compris très tôt que le cinéma était un vecteur essentiel de la diffusion de leur modèle culturel.

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Le succès des films américains en France au lendemain de la guerre est instantané. Alors que les films français proposent des images rappelant les souffrances de la guerre, le cinéma américain redonne du rêve et de l’espoir aux populations. Ce n’est pas un hasard si le happy end est devenu caractéristique des films américains.

Depuis cette période, la recette du film américain pour conquérir le public est le cocktail « action, adventure, humor, love interest and special effects ». De plus, les films sont tournés de telle manière qu’ils indiquent au spectateur comment interpréter les images. La manipulation s’appuyant sur l’identification au personnage, l’omniprésence de la narration, l’influence du héros et le comportement des personnages secondaires (Reaction Shot) permet de contrôler la perception des spectateurs. C’est l’une des raisons principales de la puissante influence culturelle du cinéma américain.


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Aujourd’hui le cinéma américain domine le cinéma européen, seul le cinéma français parvient tant bien que mal à tirer son épingle du jeu, principalement en raison du contingentement prévu dans les accords Blum-Byrnes et de la création du CNC. Cependant, on peut dire que le rôle protecteur des accords Blum-Byrnes a échoué et il aurait sans doute fallu interdire la diffusion de films américains sur le sol français pour empêcher l’influence culturelle américaine.

On peut faire le parallèle avec la situation de la Corée, qui tente également de faire face aux assauts du cinéma américains. Une politique de quotas analogue à celle des accords Blum-Byrnes soutient le cinéma national coréen depuis 1985. Il prévoit au moins 146 jours par an réservés exclusivement aux films coréens. Les professionnels luttent pour préserver ces dispositions contre l’offensive américaine, et sont en cela soutenus par la France. Actuellement, la part de marché des films nationaux en Corée est supérieure à 50% ; performance dont seuls l’Inde et les Etats-Unis peuvent se vanter. Lee Chang-Dong, ministre de la culture coréen s’oppose en défenseur de son modèle culturel face aux pressions de l’industrie cinématographique américaine qu’il compare à un "dinosaure qui tue l'écosystème".

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Finalement, la question n’est pas de savoir si les accords Blum-Byrnes ont protégé ou condamné le cinéma français, mais bel et bien de constater la puissance de l’influence culturelle américaine. Malgré les tentatives pour enrayer le rouleau compresseur cinématographique américain au lendemain de la guerre, force est de constater qu’il s’est malgré tout imposé de façon hégémonique dans l’ensemble des pays européens.


Michel Vuillemin

  1. Le programme Prêt-Bail (programme "Lend-Lease" en anglais) était un programme d'armement mis en place par les États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale, afin de fournir les pays amis en matériel de guerre. Le programme prêt-bail s’appuie sur la loi Lend-Lease, signée le 11 mars1941, qui autorise le Président américain de « vendre, céder, échanger, louer, ou doter par d'autres moyens » tout matériel de défense à tout gouvernement. De 1941 à 1945, le montant total des prets-bails accordés est de 50,1 milliards de dollars. Les principaux bénéficiaires ont été le Royaume-Uni (31,4 milliards de dollars) et l'Union soviétique (11,3 milliards de dollars). La France libre du général de Gaulle ainsi que l’armée d’Afrique (Algérie française) ont perçu 3,2 milliards de dollars.

(...)

Lire la suite (avec bibliographie sur le sujet:

 http://www.infoguerre.fr/culture-et-influence/hegemonie-du-cinema-americain-en-europe-et-le-role-des-accords-blum-byrnes-4485

 Voir aussi:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Accord_Blum-Byrnes

Déclaration Sherman

dimanche 1 juillet 2018

LE CÉLÈBRE UNIVERSITAIRE AMÉRICAIN NOAM CHOMSKY EXPLIQUE QUE L’ACCUSATION « D’ANTIAMÉRICANISME » EST DE NATURE TOTALITAIRE.

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Professeur émérite de linguistique au Massachusetts Institute of Technology (MIT) de Harvard et auteur de nombreux ouvrages, Noam Chomsky est un penseur américain célèbre. C'est aussi un analyste et militant politique et un sympathisant anarcho-syndicaliste.

Dans un entretien publié par RT le 11 juillet 2017 ( https://francais.rt.com/…/40823-noam-chomsky-si-vous-critiq… ), il explique pourquoi le système américain prend de plus en plus des airs de totalitarisme depuis la transition vers le néolibéralisme adopté dans les années 1980.

Il relève en particulier que « l’antiaméricanisme est un concept très intéressant. Un concept de ‘‘traîtrise patriotique’’ qui n’existe que dans les États totalitaires. En dehors des États-Unis, je ne connais aucun pays non totalitaire et non autoritaire où ce concept existe. »

Et il précise : « Par exemple, si quiconque en Italie critique le gouvernement de Silvio Berlusconi – il n’est pas accusé d’être anti-italien. Sous l’ancienne Union soviétique vous pouviez être condamné pour antisoviétisme ; sous l'ancienne dictature militaire brésilienne vous pouviez être qualifié d’anti-brésilien. Mais, à part les Etats-Unis, je ne connais aucun pays non totalitaire et non autoritaire où ce concept existe. C'est tout à fait frappant. Si vous critiquez la politique du gouvernement, vous êtes antiaméricain. »
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COMMENTAIRES
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À l'appui de l'analyse de Noam Chomsky, j'ajoute que la majeure partie des grands médias français correspondent parfaitement à cette description et l’appliquent même quotidiennement dans notre pays.

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En effet, si un Français critique son gouvernement, il n’est pas qualifié d’anti-français. Mais si un Français critique sans complaisance le gouvernement et les dirigeants américains, il est alors rapidement qualifié « d’antiaméricain » par les grands médias français.

J’en sais quelque chose, comme le prouvent les quelques exemples suivants, pris parmi d’innombrables autres, dont j'ai été affublé à partir du moment où l'UPR a commencé à se présenter à des élections nationales :

=> Léa Salamé à l’émission ‘‘On n’est pas couché’’ sur France 2 le 20 septembre 2014 me reprochant de faire de « l'anti-américanisme primaire » ( https://www.upr.fr/…/lextrait-video-de-lechange-de-francois… )

[ Je signale à ce propos que la petite vidéo de 3 minutes ayant repris ce passage, en septembre 2016, cumule à ce jour 2 343 070 vues, 43030 partages, 28557 j'aime et 5100 commentaires... https://www.facebook.com/1622026158127891/videos/1637597533237420/ ]

=> France TV Info le 1er décembre 2015 : « Antiaméricanisme, théorie du complot et Space Mountain : qui est François Asselineau ? » ( http://www.francetvinfo.fr/…/antiamericanisme-theorie-du-co… )

=> Le Nouvel Obs du 10 mars 2017 : « L'europhobie de François Asselineau se conjugue avec un antiaméricanisme forcené. » ( http://tempsreel.nouvelobs.com/…/frexit-cia-wikipedia-10-ch… )

=> Le Lab Europe 1 du 13 mars 2017 : « Le candidat à l'élection présidentielle François Asselineau est un anti-américain convaincu. » (http://lelab.europe1.fr/en-direct-au-jt-de-tf1-francois-ass…)

=> Le Monde du 24 mars 2017 : « le leader de l'UPR, souvent taxé de complotiste et d'antiaméricanisme. » ( http://www.lemonde.fr/…/au-meeting-d-asselineau-on-chante-l…

=> Libération du 24 mars 2017 : « [François Asselineau est ] souverainiste et anti-américain » ( http://www.liberation.fr/…/sortie-de-l-ue-et-de-l-otan-nati… )

=> Gala de mars 2017 : « François Asselineau se déclare souverainiste et antiaméricain » ( http://www.gala.fr/stars_et_gotha/francois_asselineau )

=> Yahoo Actualités du 13 avril 2017 : « François Asselineau, farouchement anti-américain et en faveur de la sortie de la France de l'Union européenne » ( https://fr.news.yahoo.com/patrick-cohen-ironise-face-fran%C… )

Etc.

François ASSELINEAU
12 juillet 2017

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jeudi 28 juin 2018

Les îles militarisées en mer de Chine : la partie émergée de la puissance de frappe de Pékin

En dépit d’un semblant de détente en Asie entre Donald Trump et Kim Jong‑un, la « guerre d’influence en mer de Chine entre Pékin et Washington ne va pas cesser quels que soient les développements sur le dossier nord-coréen » notait le correspondant du journal Le Monde Gilles Paris, envoyé spécial à Singapour, lors d’un live avec les lecteurs du quotidien.

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Début juin, le sentiment était le même au sommet annuel du Shangri-La /Dialogue à Singapour sur les enjeux de sécurité en Asie-Pacifique.

La ministre française des Armées, Florence Parly avait particulièrement rappelé l’urgence au respect du droit international en mer de Chine du Sud et que la zone était marquée par la compétition entre pays plus que par la coopération régionale qu’il convenait, selon elle, de soutenir.

Une économie bleue pour la Chine

La Chine – historiquement plutôt tournée vers sa profondeur continentale – a en effet profondément modifié son rapport à la mer et à son littoral, et ce depuis l’avènement de Deng Xiaoping, l’homme de l’ouverture économique et des réformes.

Pékin a certes signé la convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM) en 1982 et a ratifié en 1996 (contrairement aux États-Unis), le texte autorisant l’exploitation de la zone économique exclusive. Mais ce faisant, son économie maritime n’a cessé alors de prendre de l’ampleur.

Les années 1980 avaient vu le lancement d’une politique de la mer qui s’est intensifiée dans les années 1990, notamment avec

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l’urbanisation accrue et la conteneurisation des activités portuaires (8 des plus grands ports au monde sont en Chine). Dans la décennie suivante et particulièrement depuis 2012, Pékin a ensuite accentué ses investissements dans l’économie maritime et la Marine chinoise.

Lors de son discours d’ouverture du 18ᵉ Congrès du Parti communiste chinois, le 8 novembre 2012, le président Hu Jintao avait ainsi déclaré : « Nous veillerons, dans le domaine maritime, à élever notre capacité d’exploitation des ressources, à développer l’économie et à protéger l’environnement écologique tout en sauvegardant fermement les droits et intérêts de notre État, tout cela afin d’accroître la puissance nationale en la matière », et à « défendre résolument ses droits et ses intérêts maritimes ».

Par la suite, en 2013, lors d’une réunion du bureau politique du PCC, Xi Jinping déclare : « faire de l’économie maritime l’un des piliers de l’économie nationale » puis en 2015 : « abandonner la mentalité terrienne pour devenir une puissance maritime […] afin de protéger la souveraineté nationale ».

La mer de Chine méridionale au cœur des tensions

La mer de Chine du Sud est l’objet de fortes tensions et d’enjeux sécuritaires opposant la Chine à ses voisins (en particulier vietnamien et philippin) et aux États-Unis. Sur cette mer bordée par 8 pays (les Philippines, la Chine, l’Indonésie, le Vietnam, Brunei, la Malaisie, Singapour et Taiwan), circule près d’un tiers du commerce maritime mondial. Dès les années 1970, l’armée chinoise occupe des îles et récifs des Paracels.

 

Îles militarisées - Mer de Chine

La Chine revendique une souveraineté sur plus de 80 % des 2,5 millions de km2 de la mer, délimitée par une ligne en dix traits (depuis 2015) incluant Taiwan. Cette ligne recoupe les ZEE des pays riverains de cette mer.

D’emblée, cette mer fait l’objet de disputes territoriales, en particulier pour l’exploitation des ressources halieutiques et en hydrocarbures. En 2014, la Chine installe une plate-forme pétrolière (Haiyang Shiyou 981) dans les eaux territoriales du Vietnam, avant de la démonter, provoquant un incident diplomatique assez vite réglé.

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Le principe de libre circulation dans les eaux internationales est perturbé par cette revendication et par la présence affirmée de la Chine, remettant en cause le droit maritime international.

La Chine pèse d’ailleurs de tout son poids économique et diplomatique pour ne pas laisser se créer d’opposition coordonnée par ces voisins désunis en Asie du sud-est. Or, le droit ne semble pas permettre de répondre aux tensions dans la zone, ce qui, pour l’instant, donne l’avantage à Pékin, notamment face à son voisin philippin.

Malgré des témoignages de « réchauffement » entre les deux pays, divers incidents montrent bien les limites d’une possible alliance maritime philippino-chinoise, comme l’ont révélé les témoignages de pêcheurs philippins, se disant harcelés par les garde-côtes chinois.

Moins d’un mois auparavant, le président Duterte a même déclaré qu’il « irait en guerre » si la Chine franchissait la ligne rouge de s’approprier unilatéralement les réserves d’hydrocarbures de la mer de Chine du sud.

Ces déclarations ont rapidement été tempérées par la réalité des liens économiques et diplomatiques entre la Chine et les Philippines (partage des ressources naturelles, commerce bilatéral en pleine expansion).

Occupation des îles

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La revendication chinoise (fondée sur une prétendue présence historique) se double d’une occupation très active des récifs et de la transformation de certains îlots et récifs en îles par poldérisation et artificialisation. C’est-à-dire, une création de territoire grâce à des travaux de bétonisation des récifs et hauts-fonds.

Cela permet alors à Pékin de requalifier juridiquement ces zones en îles et d’y associer une ZEE sur 200 milles nautiques, soit environ 370 km.

L’archipel des Spratleys (notamment l’île Woody, Subi, Fiery Cross et Mischief) rassemble le plus grand nombre d’artificialisations et devient un prolongement logistique pour la Chine dans la zone, parfois surnommée par les Américains la « Grande muraille de sable ».

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Directement administré par la province de Hainan, ce territoire maritime fait l’objet d’une militarisation croissante dénoncée par les États-Unis, mais aussi d’un développement touristique, voire immobilier, afin de marquer durablement la présence chinoise (plus d’une vingtaine d’avant-postes dans les Paracels).

La Chine a opéré plusieurs déploiements importants depuis le mois d’avril : 48 navires dans les eaux de mer de Chine du sud puis autour de l’île de Taiwan.

Puis, en mai dernier, plusieurs vols de bombardier stratégique chinois ont été opérés depuis l’île de Woody – archipel des Paracels (accompagnées du déploiement de missiles antinavires et antiaériens, de l’installation de systèmes de brouillage des communications). La Chine y développe ainsi des capacités militaires de type Anti-access (A2) et Acess-Denial (AD) (interdiction et déni d’accès) afin de faire la mer de Chine une zone tampon, pour protéger son territoire continental.

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Vue aérienne de la ville de Sansha, seule municipalité dans les archipels de Paracel, créée en 2012. AFP photo

La présence militaire se double d’une présence civile permanente par l’installation d’administration, d’activités économiques et de circuits touristiques encouragés par les autorités afin de promouvoir auprès de la population chinoise, patriotisme et « grandeur du territoire chinois ». Ce tourisme politique permet de faire connaître les enjeux stratégiques à la population chinoise, de peupler la zone avec des civils et de diversifier l’économie insulaire.

Une confrontation sino-américaine en mer ?

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La confrontation commerciale entre les deux grandes puissances se complexifie désormais par les tensions autour de la liberté de navigation et de la souveraineté en mer de Chine du sud.

L’intensité des activités militaires chinoises dans la zone reflète les missions de l’US Navy entre mars et juin afin de protéger le droit à la libre navigation. Le porte-avions USS Carl Vinson avait ainsi fait escale à Da Nang au Vietnam en mars, signalant le renforcement des liens stratégiques des États-Unis dans l’arrière-cour asiatique de la Chine.

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Les navires américains patrouillent durant une opération « liberté de naviguer » en mer de Chine du sud, en 2016

L’Amiral Davidson, futur commandant en chef du pacifique (devenu US Indo-Pacific Command depuis le 1er juin) a déclaré devant le Sénat que la militarisation des îlots contestés constituait « un sérieux défi pour les États-Unis ». Cette reconfiguration du dispositif stratégico- militaire fait écho au retour et au renforcement du concept « Indo-pacifique » dominé par les Américains.

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Dans le même temps, les États-Unis par la voix du nouveau chef de la diplomatie, Mike Pompeo, écartaient la Marine chinoise de l’exercice organisé tous les deux ans, RIMPAC(« Rim of the Pacific »), exercice aéronaval le plus important de la planète. Alors que cette dernière avait été invitée lors des sessions de 2014 et 2016.

Une force de frappe déjà prête

Pékin dispose désormais d’une Marine dont les capacités (navires de plus en plus sophistiqués, technologies avancées et armements modernisés) et les démonstrations de force ont considérablement cru depuis une décennie. L’ambition de devenir la première Marine de guerre dans la zone à horizon 2049 semble ainsi sur la bonne voie, en parallèle des objectifs du développement des « nouvelles routes de la soie ».

De plus, la Chine souhaite se doter d’une force de dissuasion nucléaire permanente à la mer et veut avoir accès aux eaux profondes du Pacifique afin de rivaliser avec les États-Unis.

Les risques d’escalades dans la zone ne sont donc pas exclus, d’autant plus que les récents événements dans la région testent aujourd’hui sa fragilité. Et que la Chine, elle, a montré qu’elle était capable de déployer (et de retirer) des systèmes d’arme à n’importe quel moment.

Porte-avion chinois

Le porte-avions Liaoning 

 


 

Source :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Îles_Paracels

https://edition.cnn.com/2016/05/13/politics/china-military-south-china-sea-report/index.html

https://www.theguardian.com/world/2018/feb/06/photos-beijings-militarisation-south-china-sea-philippines

https://www.nytimes.com/interactive/2015/07/30/world/asia/what-china-has-been-building-in-the-south-china-sea-cn.html

https://theconversation.com/les-iles-militarisees-en-mer-de-chine-du-sud-la-partie-emergee-de-la-puissance-de-frappe-de-pekin-97946

https://aphadolie.com/2018/06/25/les-iles-militarisees-en-mer-de-chine-la-partie-emergee-de-la-puissance-de-frappe-de-pekin/

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samedi 23 juin 2018

Migrations et droit d'ingérence humanitaire

Dans son célèbre discours devant l'Assemblée générale de l'Onu lors de sa 70ème session en septembre 2015, Vladimir Poutine avait rappelé aux européens, les conséquences auxquelles ils allaient s’exposer en continuant de s’aligner, comme ils l’ont fait pourtant, sur la politique unilatérale, impérialiste et belliciste des États Unis.

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« Nous comptons sur le fait que la communauté internationale parvienne à élaborer une stratégie globale de stabilisation politique et de rétablissement socio-économique au Proche-Orient. Alors, chers amis, il ne sera plus nécessaire de construire des camps pour les réfugiés. Les personnes contraintes de quitter leur terre natale ont d’abord afflué dans les pays alentour et ensuite en Europe. Ils se comptent par centaines de milliers, voire par millions. Il s’agit au fond d’une nouvelle grande migration amère et d’une dure leçon pour nous tous, y compris pour l’Europe.
J’aimerais souligner que les réfugiés ont évidemment besoin de compassion et de soutien.

Cependant, on ne pourra résoudre définitivement ce problème qu’en rétablissant la structure étatique là où elle a été détruite, en renforçant les institutions gouvernementales là où elles existent encore ou sont en train d’être reconstruites, et en fournissant une aide multiforme – militaire, économique et matérielle – aux pays en difficulté et, bien sûr, aux gens qui, malgré toutes les épreuves, ne sont pas partis de chez eux.

Il va sans dire que toute aide aux États souverains ne doit pas être imposée mais proposée, et ce dans le strict respect de la Charte de l’ONU. Tout ce qui est fait et sera fait dans ce domaine conformément aux normes du droit international doit être soutenu par notre organisation, et tout ce qui contreviendra à la Charte devra être rejeté.
Le plus important est, selon moi, de contribuer au rétablissement des structures étatiques en Libye, de soutenir le nouveau gouvernement irakien, et d’apporter une aide multilatérale au gouvernement syrien légitime.»

Vladimir Poutine devant l'AG des Nations Unies
28 septembre 2015

TRIBUNE LIBRE / Dominique Mazuet (Librairie Tropiques)

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La crise migratoire actuelle, se différencie des grands épisodes de transfert de population qui ont émaillé l’histoire et singulièrement l’histoire contemporaine, par le fait qu’elle n’est plus seulement occasionnée par l’appauvrissement misérable que subissent une grande partie des populations du globe mais qu’elle est volontairement provoquée et aggravée par un impérialisme qui prétend s’imposer à l’échelle mondiale et qui n’hésite devant aucun moyen, notamment la destruction physique des nations, pour asservir celles qu’il juge néfastes ou menaçantes pour ses intérêts économiques et politiques.

Le problème des vieilles nations européennes, désormais complètement aliénées aux intérêts capitalistes étasuniens, c’est que, comme l’annonçait Poutine tout ça finit évidemment par se retourner contre les fautifs mais que le principal responsable et coupable demeure tout aussi peu menacé qu’il le fut lors des deux grands conflits qui bouleversèrent le 20ème siècle.

Ainsi, les guerres de « proxy » que suscitent, soutiennent et arment les Etats Unis (et que finance leur déficit abyssal) ont un peu la même fonction et les mêmes avantages pour eux que les sanctions économiques dont ils accablent leurs adversaires désignés.

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Il s’agit toujours de détruire les peuples et les nations qui leur résistent où qu’ils jugent menaçants pour leurs intérêts mais... aux frais des autres.

Pour "eux" c’est sans grand risque puisque, hormis les mexicains, nulle population n’est susceptible de se déverser anarchiquement sur leur territoire, avec les conséquences que nous observons désormais à grande échelle et sur une durée qui sera longue. De même les sanctions économiques n’affectent nullement le business etasunien mais bien les populations des pays visés et symétriquement les nations européennes et leurs entreprises, travailleurs, agriculteurs, etc. qui commerçaient avantageusement avec les pays sanctionnés.

Avec l’affaire iranienne et celle des "migrants", il devient difficile de ne pas prendre la mesure de tout ça et des contradictions que doivent maintenant affronter les euro-atlantistes du fait de leur soumission intéressée à l’économie américaine et à son bras armé l’OTAN.

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Le seul moyen d’inverser ces flux migratoires irrépressibles, c’est évidemment d’en combattre la cause, mais la cause … c’est nous …notre politique, notre stratégie.

C’est d’abord la stratégie du chaos, dont nous fumes activement complices avec la destruction de la Lybie, de l’Irak, de la Syrie, de l’Ukraine, etc.

L' « avantage compétitif » fourgué en échange comme pacotille - encore assez bonne pour les classes dirigeantes et complaisantes des tribus de l’U.E.- était, sur le modèle américain des « wet back » mexicains, de se pourvoir en main d’œuvre docile et bon marché dans les secteurs où les européens désormais « manquent de bras » du fait de la forte pression sur le "coût du travail". Une variante de la traite occidentale, remise au goût du jour.

On voit le résultat …

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Le problème est d’autant plus impossible à évacuer qu’il n’a pas de solution, dans l’état de soumission politique, social, économique où se sont mises les nations de l’OTAN et de l’U.E. Vis à vis de leur « partenaire » américain.

Naturellement la crise migratoire est de loin la plus lourde des conséquences à court et moyen terme ; et les prétendues "plate-formes de triage" proposées par ces "conciles de Pampelune" européens , sont parfaitement insignifiantes. Chacun sait d'ailleurs qu'elles ont déjà été invalidées par les faits, en Lybie, comme en Turquie, en Italie, en Grèce et ailleurs.

On a vu par exemple ce que donnaient les « hot spots » les « pôles migrants »  et les diverses formules de gestion « créative et innovante » de cette nouvelle forme de traite d’esclaves, consistant à en sous-traiter l’intendance aux pires mafieux du moment …

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Quant à la "réintroduction temporaire des contrôles aux frontières intérieures" c'est simplement la reconnaissance de l'échec européen, désormais acté.

Mais, maintenant, impossible de faire marche arrière … car le mentor étasunien a brûlé nos vaisseaux ! Il abandonne ses alliés coalisés de la vieille Europe à leur triste sort démographique, économique et social ; et, tel Teddy Roosevelt, il ajoute un nouveau corollaire à la "Doctrine Monroe" : désormais, vu que les choses se compliquent, ce sera « chacun pour soi et Dieu pour tousmais nous d’abord. »

Résultat : nos appareils d’État naviguent sans boussole, et leurs Princes sont tels des rois nus, face à ce chaos devenu ingérable.

Les dirigeants européens sont en effet dans une impasse totale, contraints d’opérer un impossible et complet renversement d’alliances, de posture diplomatique, de stratégie militaire, de politique et de rhétorique économique et sociale, etc.

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Un renversement qui signerait leur fin, en même temps que celle de "l’Europe du Volapuk", celle des "cabris", c'est à dire l’Europe de Schengen et Maastricht, de la circulation libérale et de la concurrence totalement biaisée, de tous contre tous.

Un renversement qui, ultime outrage, accomplirait le triomphe du populisme et du totalitarisme honnis, du « repli sur soi » et de « l’insulte à l’avenir radieux » promis par l’Empire du bien et son nouvel ordre mondial…

Les responsables de ce gachis ont donc de sérieuses raisons d’être inquiets... et nous avec eux, car ce sont quand même... nos dirigeants, « démocratiquement élus »!


http://www.librairie-tropiques.fr/2018/06/migrations-et-esclavagisme-post-modernise.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail