vendredi 19 janvier 2018

«Mort aux Moscovites!» : cette Ukraine que Bruxelles tolère

Face aux critiques de Bruxelles de la marche nationaliste de Varsovie, l'historien John Laughland revient sur les manifestations nationalistes, rejetées lorsqu'elles ont lieu au sein de l'UE, favorisées lorsqu'elles sont dirigées contre la Russie.

TL UKRAINE LAUGHLAND

La marche nationaliste organisée à Varsovie le 11 novembre s'est attiré les foudres de la totalité de l'establishment européen et des médias qui le soutiennent. [voir notre publication http://www.frexit-limousin.fr/archives/2017/12/26/35988671.html, NdR]

Le député européen emblématique Guy Verhofstadt a qualifié les manifestants de «fascistes», provoquant la colère des députés polonais. Pour Le Point, cette marche était organisée par l'«extrême droite» et son slogan, «Nous voulons Dieu», était islamophobe. Pour d'autres médias, la marche avait des accents ouvertement racistesL'indignation des forces du politiquement correct était telle que même le président Andrzej Duda s'est senti obligé de condamner certains aspects de la marche qui a eu lieu en marge d'une commémoration officielle de la restauration de l'Etat polonais en 1918.

Quel contraste avec le silence de ces mêmes médias à l'égard de la marche nationaliste qui a eu lieu à Kiev le 14 octobre ! Seuls les médias russes comme Sputnik et RT ont évoqué celle-ci pour en exprimer leur désapprobation. Je ne trouve aucune référence à cette marche dans aucun média mainstream francophone ou anglophone. Die Zeit et Der Spiegel ont sauvé l'honneur de la presse allemande. Aucun discours n'a été prononcé au Parlement européen pour condamner cette marche ; aucune pression n'a été exercée sur le président Porochenko pour la condamner.

Bien au contraire. La marche de Kiev ne peut en aucun cas être considérée comme un événement qui irait à l'encontre de l'événement officiel, comme on peut, par contre, l'affirmer pour la marche à Varsovie, certains propos extrémistes tenus pendant celle-ci n'ayant rien à voir avec l'indépendance de la Pologne en 1918. A Kiev, la marche non officielle était en harmonie totale avec l'esprit et la lettre de la commémoration officielle, par le président Porochenko de la création de l'Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA) le 14 octobre 1942. Le président ukrainien, dans son discours devant l'armée, a loué l'UPA qui, pourtant, s'était illustrée dans le philo-nazisme et l'antisémitisme pendant la guerre. Il est allé jusqu'à dépeindre les soldats de l'UPA comme une inspiration pour la lutte nationale d'aujourd'hui

Le discours officiel du président d'un pays européen pour chanter les louanges d'une milice pro-nazie, celle créée par le nationaliste Stepan Bandera, n'offusque apparemment personne, à Bruxelles ou ailleurs. A la différence de la marche à Varsovie, où les débordements qui ont pu avoir eu lieu étaient parfaitement fortuits et sans rapport avec la fête officielle, la marche à Kiev faisait partie intégrante de la commémoration officielle de la création de l'armée bandériste. Elle a été organisée, entre autres, par le bataillon Azov, milice néonazie intégrée en 2014 dans les forces armées de l'Etat ukrainien. Elle s'inscrivait dans la droite ligne du discours prononcé par le président Porochenko devant ses militaires.

Cette indulgence à l'égard de la politique officielle de l'Etat ukrainien, qui consiste à encourager la mémoire d'une milice coupable d'atroces massacres pendant la Seconde Guerre mondiale et qui a collaboré avec les Einsatzgruppen allemands pour tuer des Juifs (même si elle se retournera plus tard contre l'occupant allemand) n'a qu'une explication. Tout comme pendant le Maïdan, quand l'Occident faisait la sourde oreille devant la présence de groupes armés parmi les manifestants, un nouveau petit flirt avec le néo-nazisme passe, aujourd'hui encore, sous le radar parce qu'il est dirigé contre la Russie.

Quelle serait la réaction de la classe politico-médiatique européenne si, en Europe, il y avait une milice armée d'extrême droite, comme le bataillon Azov qui organise chaque année un camp d'entrainement militaire pour enfants près de Kiev, où les petits Ukrainiens sont encouragés dès leur plus jeune âge à crier des slogans de haine et des appels au meurtre ? The Guardian est allé jusqu'à tourner une sympathique vidéo de ce camp d'été, se demandant s'il s'agissait vraiment d'une milice fasciste ou d'un simple camp de scouts. En 2015, le Congrès américain avait bloqué tout financement au bataillon Azov, qu'il qualifiait d'«ouvertement néo-nazi» et «fasciste», mais en 2016, en toute discrétion, ce même Congrès est revenu sur sa décision. Désormais, les dollars arrosent aussi cette partie des forces armées ukrainienneFaisant part de sa compréhension pour ceux qui veulent apprendre à leurs enfants à utiliser un fusil pour tuer des Russes, The Guardian ne fait que suivre la voix de son maître.

Les deux poids, deux mesures sont flagrants. Toute manifestation de nationalisme est rejetée au sein de l'Union européenne car incompatible avec le projet post-national de Bruxelles. Même les slogans chrétiens sont désapprouvés. Mais toute manifestation de nationalisme, y compris extrémiste, est tolérée dès lors qu'il est dirigé contre Moscou et Poutine. Les nazis ukrainiens ne représentent aucun danger pour le projet post-national européen : au contraire, ils en sont les alliés objectifs car ils partagent la même vision d'une Europe qui serait menacée par la grande puissance barbare et quasi-asiatique à l'Est

Cette hypocrisie s'inscrit dans la droite ligne de toute instrumentalisation du principe national. Marx, qui méprisait le nationalisme en tant que tel – comme Engels, il déployait le terme péjoratif Natiönchen pour établir une hiérarchie entre les grandes nations et les petites nations dont il considérait qu'elles n'avaient aucun rôle à jouer dans l'histoire – soutenait pourtant deux nationalismes qu'il jugeait légitimes : le polonais et l'irlandais, contre la Russie réactionnaire et le Royaume-Uni capitaliste respectivement.

Mais, au moins, les deux auteurs du Manifeste communiste, à la différence de leurs avatars européistes d'aujourd'hui, avaient vu juste, au moins sur un point. Ancrés dans des réalités historiques, religieuses et géographiques incontestables, ces deux nationalismes étaient basés sur un vrai socle sociologique. Ils visaient le vrai épanouissement de leurs peuples respectifs. Le nationalisme ukrainien, par contre, tout comme le sentiment pro-UE, est factice et inventé, d'où, sans doute, l'indulgence de Bruxelles à son égard. Dépourvu de tout vrai enracinement linguistique, géographique ou religieux, et, à la différence de la Pologne, de tout précédent historique comme Etat, l'Ukraine ne peut se définir que contre la Russie. Par conséquent, toute affirmation de l'identité ukrainienne se réduit, pour citer le titre du livre-programme du deuxième président de l'Ukraine indépendante, Leonid Kuchma, à «L'Ukraine n'est pas la Russie».  Voilà pourquoi le seul slogan que l'on entend dans la bouche du pauvre petit enfant endoctriné dans la vidéo précitée est «Smert, smert, Moskalyam!  Mort, mort aux Moscovites!» Voilà donc ce que Bruxelles envisage pour l'avenir de l'Europe

https://francais.rt.com/opinions/46755-mort-moscovites-ukraine-que-bruxelles-tolere

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mardi 16 janvier 2018

Une fin d'année étrange et inquiétante à la France insoumise

Ou comment gauche bien-pensante et gauchisme sont un frein au rassemblement majoritaire.

tribune libre/Jacques COTTA

TL MIGRANTS

Alors que la parole du groupe parlementaire et particulièrement de Jean Luc Mélenchon est sans équivoque sur nombre de points, on voit ici ou là des prises de position contradictoires qui sèment le trouble et qui inévitablement tendent à la dislocation, à l’éclatement. Derrière cette réalité, la FI comme cadre de regroupement majoritaire est menacée. Dans un papier paru sur notre site il y a quelques semaines, « Réflexions sur mouvement vs parti » (http://la-sociale.viabloga.com/news/reflexions-sur-mouvement-vs-parti)  Tony Andreani posait les enjeux. Un peu plus tard, dans un papier concernant « l’émission politique » de France 2 dans laquelle Jean Luc Mélenchon était l’objet d’attaques violentes, je tentais d’illustrer le propos à partir de la question centrale de la laïcité et des contradictions entre les principes élémentaires définis par JLM et les positions défendues par Danièle Obono. On trouvera « La FI cible de l’oligarchie qui tape parfois là où ça fait mal » à l’adresse suivante (http://la-sociale.viabloga.com/news/la-fi-cible-de-l-oligarchie-qui-tape-parfois-la-ou-ca-fait-mal). Aujourd’hui, avec l’immigration et l’existence des migrants, c’est un autre sujet qui éclate à la figure de la FI et qui repose la même question : est-il possible de construire quelque chose de solide sur un socle défini comme « gazeux » ?

Quelle politique migratoire ?

La question n’est pas secondaire car les phénomènes auxquels on assiste aujourd’hui pourraient bien s’amplifier considérablement dans les temps qui viennent. Aussi la réponse politique qui y est apportée prend une place de premier plan.

Une manifestation avait lieu samedi 16 décembre à la frontière italienne en soutien aux migrants. Une initiative qui à priori pouvait être comprise comme une bataille contre l’Etat pour qu’il respecte la loi vis à vis des demandeurs d’asile : instruction des dossiers, traitement humain, prise en charge des mineurs isolés, hébergement en dur, soins, accueil le temps d’obtenir une réponse permettant soit de rester, soit de quitter le territoire, renforcement des services publics tant pour assumer ces tâches que pour aider l’ensemble de la population, unifier dans leur préoccupations migrants d’une part, salariés d’autre part à partir de leurs intérêts communs, etc… Bref, une initiative politique mettant l’état et le gouvernement face à leurs responsabilités à partir d’une préoccupation humanitaire bien légitime.

En réalité, il n’en n’a rien été. La « gauche de la gauche », dans la foulée de la « gauche » bien-pensante des beaux quartiers, préfère exonérer de leurs responsabilités les responsables de cette situation. Dans le compte rendu de cette initiative, on peut en effet lire : « Menton « perle de France » : « Nous détruirons toutes les frontières ! » Et un peu plus loin « Oui, les casseurs et les clandestins étaient là. Casseurs de frontières, briseurs des chaines de l’esclavage et de l’exploitation. ClandestinEs d’un ordre qui discrimine et qui tue, qui enferme et sépare. TouTEs  migrantEs ! ». Ainsi, sans se priver de l’écriture inclusive à la mode qui rend un peu plus ridicule la prose d’usage, voilà la « gauche de la gauche », forte de 800 manifestants venus de plusieurs coins de France, qui réclame la mise à bas des frontières, de l’Etat, et donc de fait, qui revendique comme seul moyen de régulation l’UE dont on connaît les penchants pour la destruction des Nations au nom d’un libéralisme à toute épreuve

Que le NPA, le PCF ou autres associations pour qui il y a là un fonds de commerce à défaut d’une politique réelle opposée à Macron et son gouvernement soient de la partie, pas grand-chose d’étonnant. Mais surprise, la FI des alpes maritimes fait partie du lot. Comment cela est-il possible ? Voilà où mène le rassemblement basé sur « l’homogénéité d’actions » et non sur « l’homogénéité de la pensée ». D’un côté Mélenchon à l’assemblée nationale qui défend une ligne claire, nette, et fort juste sur la souveraineté nationale, sur la Nation, sur la défense, sur l’UE et la rupture avec les traités, etc…* De l’autre, au nom de la FI, des groupes qui se retrouvent avec ce qu’il y a de plus décomposé politiquement sur une orientation opposée à celle de Mélenchon, qui aspirent à réaliser –sans même s’en rendre compte pour certains- les vœux de la finance et du capital financier dont les ambitions sont sans limites et qui définissent, pour atteindre leur objectif, l’état et les nations comme des obstacles à abattre.

La FI menacée

Il n’y a pas d’un côté les courants sensibles à la souffrance humaine, de l’autre ceux qui y seraient indifférents. Non, il y a deux positions diamétralement opposées sur la question migratoire qui recoupe les sujets de fond.

  •  D’une part la bataille politique qui dégage les responsabilités de cette situation et s’attaque aux causes des mouvements migratoires :

-la responsabilité de nos gouvernements successifs engagés dans des guerres à travers le monde qui jettent des millions d’êtres humains sur les routes ou les mers.

-la responsabilité de nos gouvernements qui font du commerce le but ultime de toute existence humaine, notamment avec l’UE, le CETA ou le TAFTA.

-la responsabilité de nos gouvernements qui ne disent mot sur les pillages de ressources qui impose l’exil à des populations entières.

-la responsabilité des gouvernements des grandes puissances qui tout en réprimant souvent nient le droit des peuples poussés à migrer à posséder leur propre nation, à décider, à diriger leurs affaires.

  • D’autre part la substitution d’un soit-disant « humanitarisme » en lieu et place de la bataille politique, comme si l’humanitaire pouvait tenir lieu de politique.

-Etrange « humanitarisme » qui clame que « les migrants sont une chance pour la France ». L’égoÏsme n’aurait donc aucune limite, puisque est ainsi transformé le malheur des immigrés en bonheur des français. Car pour eux, quelle est la chance de se retrouver ici ? Quel avenir sinon de renforcer les bataillons de chômeurs au profit d’une politique patronale qui cherche toujours les salaires à la baisse, sur les chantiers, dans le bâtiment, ou dans la cueillette de fruits par exemple ? Qui peut considérer sérieusement que « la porte de la chapelle » ou les trottoirs parisiens sont un avenir enviable, souhaitable ?

-Etrange humanitarisme qui fort égoïstement se retranche derrière ce que les migrants pourraient nous apporter, sans s’interroger une seconde sur le pillage intellectuel de leur nation que représentent ces mouvements migratoires, après d’ailleurs qu’aient été pillées sans retenue leurs ressources naturelles.

-Etrange humanitarisme qui refuse de lier les migrations à nos capacités en termes d’emplois décents et correctement rémunérés, à notre réindustrialisation, à notre politique de logement, au développement de nos services publics, à notre politique éducative et d’alphabétisation, etc… 

La question des frontières, de la nation, de notre souveraineté est bien centrale. Elle conditionne notre capacité à répondre comme nous l’entendons aux défis posés par les mouvements migratoires.

  • D’une part en appliquant les lois de la république, notamment en ce qui concerne l’accueil des mineurs isolés, et plus généralement en exigeant des conditions décentes pour ceux qui sont aujourd’hui arrivés sur notre sol. Les traiter comme des éléments du genre humain, ni plus, ni moins, le temps de l’instruction de leur dossier, et non comme des individus hostiles, pourchassés et menacés.

  • D’autre part en mettant en place une orientation qui s’oppose à la poursuite de ces mouvements migratoires dont les migrants sont en très grande majorité les premières victimes. Ces populations qui n’ont pas demandé de venir parcourir nos routes ou nos eaux aspirent souvent à pouvoir prendre le chemin du retour pour bâtir leur avenir, leur état, leur nation. 

L’immigration indique bien l’importance incontournable des questions liées à la Nation, à la souveraineté, aux frontières. La façon dont par exemple Djordje Kuzmanovic, le conseiller de JLM pour les affaires internationales, est pris à partie sur Internet, indique bien l’incompatibilité qui existe entre les positions contradictoires. Peut-on penser que la diversité, voire l’opposition des positions, serait une bonne chose pour permettre au plus grand nombre de se retrouver? Ou au contraire, les forces centripètes l’emportant, n’est-ce pas l’explosion qui guette. Comme les questions de la laïcité, celles qui concernent l’immigration sont sans doute centrales pour regrouper majoritairement, comme l’aspire la FI. La FI désire devenir le rassemblement majoritaire en vue de gouverner. Mais dans ce but est-il possible de faire l’économie de la clarté ? Gagner à une juste orientation en vue du pouvoir nécessite de retrouver des électeurs qui jusque-là se sont égarés sur la droite, voire l’extrême droite. Gagner une majorité nécessite de ramener à la politique des pans entiers de la société qui s’en sont peu à peu éloignés. Est-ce concevable dans le flou, l’incertitude, la contradiction des positions ? Question d’autant plus légitime que la politique revenant aux commandes, Emmanuel Macron et son gouvernement savent observer, analyser et utiliser les failles de ce qui constitue la principale opposition à son orientation.

Macron 2018

Le président de la république va faire en ce début 2018 de la question de l’immigration une des pierres angulaires de sa politique, cherchant à fracturer toutes les forces dont la FI. Au passage, il affiche une politique qui est une véritable claque à tous ceux qui durant les présidentielles ont voulu convaincre du bienfait du vote Macron pour faire barrage à Le Pen. Le ministre de l’intérieur de Macron, l’ancien socialiste Gérard Collomb, n’aurait en effet pas détonné dans un gouvernement frontiste. Du moins en témoignent les mesures qu’il met en avant. Avec la circulaire du 12 décembre autorisant les préfectures à recenser les migrants dans les centres d’hébergement d’urgence, c’est d’abord Jacques Toubon, défenseur des droits, qui exprime son opposition. Les associations à juste titre parlent de « traque des étrangers dans les centres d’hébergement », et indiquent le caractère dangereux de la mesure dont le premier effet sera de tenir à l’extérieur des centres des migrants qui craignent un traitement hostile. Et dans les rangs de la LREM, une députée prend fort justement à partie le ministre de l’intérieur au sein de l’Hémicycle. Au même moment on apprend que dans le briançonnais un migrant a été sauvé de justesse par les secours alors qu’il se trouvait à -17° dans la neige, pieds nus.

On voit bien la façon dont le pouvoir va tenter à travers une série de mesures de jouer sur les sentiments pour que surtout sa politique ne soit pas mise en cause. Tout devrait être cantonné à l’humanitaire évacuant la politique. La politique de Macron-Collomb n’a pas de sens autre que répressif. Les durcissements sur la question des migrants est absurde, car nul ne peut empêcher de fuir la misère et le la guerre lorsqu’elle frappe à sa porte. Une fois encore, la vraie question, une fois les mesures républicaines élémentaires respectées, est de savoir quelle politique pour enrayer les flux migratoires

Si fort justement le pape qui en appelle à l’hospitalité indique de son balcon à Rome que « dans beaucoup de cas, ce départ est chargé d’espérance, chargé d’avenir ; (…   )ce départ a un seul nom : la survie. Survivre aux Hérode de l’heure qui, pour imposer leur pouvoir et accroitre leurs richesses, nont aucun problème à verser du sang innocent », il conclut « Noel c’est le temps pour transformer la force de la peur en force de charité ». Le pape, la gauche bien-pensante, l’extrême gauche sur la même ligne. Pourtant, la charité n’a pas grand-chose à voir à cette affaire où la cause première est à tout point de vue dans la politique mise en œuvre par nos gouvernants et par les instances supra nationales qui portent la responsabilité de la situation.  

Dans ce contexte, la FI peut-elle faire l’économie à tous ses niveaux de la discussion politique sur le fond, histoire d’éviter les dérives de Menton, les injures faites à Djordje Kuzmanovic ? Peut-elle s’émanciper de la discussion démocratique permettant de décider, d’unifier, de réfléchir ? Et une fois les décisions prises dans le respect des points de vue de chacun, dans le respect des règles démocratiques, ne devrait-il pas y avoir nécessité de respecter les quelques textes qui font office de programme? Mais un mouvement basé sur l’action et non sur la pensée peut-il satisfaire ces nécessités ? La FI comme mouvement n’a-t’elle pas atteint des limites que l’organisation sous la « forme parti » serait à même de dépasser ? Car comment tolérer que la FI à travers un groupe ou un autre participe à une orientation basée sur la destruction des frontières, de l’état, des nations, alors que les textes de la FI sont pourtant sur ce point sans équivoque :

« L’immigration est une arme utilisée par le grand patronat pour faire pression à la baisse sur les salaires, c’est pourquoi elle doit être combattue à la racine (…) Il faut refuser les traités de libre-échange et en particulier le CETA et les traités européens, ainsi que l’avait clairement exigé le peuple français en mai 2005 en votant NON au Traité Constitutionnel Européen (…) Il faut arrêter les guerres par une diplomatie active et indépendante, en supprimant les accords commerciaux inégaux qui inondent les pays pauvres de produits agricoles européens, en cessant le pillage des ressources des pays en voie de développement par les multinationales prédatrices et en aidant les pays les plus vulnérables face au dérèglement climatique. Il faut instaurer le protectionnisme pour garder l’emploi en France, dénoncer les délocalisations et réindustrialiser notre pays. Soutenir l’adoption à l’ONU d’un cadre contraignant les multinationales à respecter un socle de normes sociales et environnementales (…) La France compte aujourd’hui plus de 6 millions de chômeurs, 9 millions de pauvres et 4 millions de mal-logés. Dans ces conditions, l’immigration économique est inacceptable (…) Il faut interdire les travailleurs détachés et sanctionner sévèrement tout entrepreneur qui embauche des travailleurs clandestins. Régularisation des sans-papiers déjà présents sur le territoire et n’ayant pas commis de crimes pour assurer l’égalité sociale entre les travailleurs en interdisant le dumping social intérieur. La traque des immigrés pris individuellement est non seulement inhumaine mais inefficace (…) Afin d’assurer l’intégration, la politique d’assimilation par l’école républicaine doit être réaffirmée (…) Il faut sortir des traités européens et des accords de Schengen qui imposent à la France une politique migratoire catastrophique pour les travailleurs ».

 
Jacques Cotta

Le 28 décembre 2017

http://la-sociale.viabloga.com/news/une-fin-d-annee-etrange-et-inquietante-pour-la-fi

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"D’un côté Mélenchon à l’assemblée nationale qui défend une ligne claire, nette, et fort juste sur la souveraineté nationale, sur la Nation, sur la défense, sur l’UE et la rupture avec les traités, etc…" Voilà un passage qui me semble fort discutable! J'aurais tendance à penser que sur la question des migrants comme sur la question européenne, JLM et la FI jouent sur tous les tableaux.

Dommage que certains qui nous sont pourtant parfois si proches, refusent d'admettre cette réalité. Aveuglement? Double jeu? Peu probable en ce qui concerne l'auteur. Peut- être quelques restes de préjugés issus du clivage droite- gauche? En tous cas, espérons que notre propre effort sur ces questions difficiles permettra d'engager le dialogue.  P.G.

mardi 14 novembre 2017

En une semaine, six policiers et deux gendarmes ont mis fin à leurs jours

C’était une figure connue de la police et de la sécurité dans le sport. L’ancien chef de la division nationale de lutte contre le hooliganisme, Antoine Boutonnet, a mis fin à ses jours dans les locaux de la direction générale de la gendarmerie nationale, dimanche 12 novembre, à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine). Ce commissaire de police avait rejoint la gendarmerie en mars. D’après les informations que Le Monde a pu recueillir, il a utilisé une arme à feu pour se suicider.

ACT POLICE

Son décès a poussé le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, à s’exprimer dimanche soir : « Au cours de la semaine qui s’achève, cinq fonctionnaires de police et un militaire de la gendarmerie nationale ont volontairement mis fin à leurs jours, a-t-il fait savoir dans un communiqué. Ces suicides portent à 44 le nombre de policiers et à 16 le nombre de gendarmes qui se sont donné la mort depuis le début de l’année 2017. » Le suicide d’une policière de la région de Perpignan, plus tard dans la soirée, est venu aggraver le bilan.

M. Collomb a demandé aux patrons de la police et de la gendarmerie de lui présenter « une évaluation des mesures mises en œuvre pour prévenir les suicides ». A son tour, le premier ministre, Edouard Philippe, a annoncé lundi 13 novembre que M. Collomb allait recevoir « l’ensemble des organisations représentatives ».

Le suicide au sein de la police et de la gendarmerie est un sujet récurrent de préoccupation. Pour cause : il est surreprésenté dans la profession. Une étude épidémiologique de 2010, réalisée par l’Inserm et portant sur les suicides dans la police de 2005 à 2009, avait révélé que le risque de suicide dans la police était supérieur de 36 % par rapport au reste de la population.

Depuis dix ans, un peu moins de 27 gendarmes se suicident chaque année, sur une population d’environ 100 000 militaires. Au sein de la police, qui compte 150 000 agents, en moyenne 42 fonctionnaires se suicident chaque année. Les chiffres fluctuent d’une année sur l’autre : il y a eu 55 suicides de policiers en 2014, 44 en 2015 et 36 en 2016. Compte tenu des derniers chiffres connus, 2017 sera une année noire pour la police.

« Le sujet est complexe »

Les raisons structurelles de ce phénomène sont pourtant peu documentées, que ce soit par l’institution ou par la recherche. Interrogé sur le sujet en 2013, à travers une question au gouvernement, le ministre de l’intérieur, à l’époque Manuel Valls, avait déclaré : « Il est établi que les causes sont majoritairement d’ordre privé », en ajoutant toutefois que « la difficulté du métier de policier ne peut être niée dans les facteurs déclenchant le passage à l’acte ».

« Le sujet est complexe, corrobore une source au sein de la police. On a souvent des gens qui sont en situation de maladie, dans un contexte de séparation ou qui ont subi le décès d’un proche… On est rarement dans des cas d’imputabilité directe au travail, même si on ne peut pas l’exclure. » Les facteurs de risque sont potentiellement nombreux : possession d’une arme individuelle, stress au travail, phénomène de fatigue lié aux horaires atypiques et aux heures supplémentaires, éloignement des familles du fait du système de mutation, confrontation régulière à la mort et à la violence…

Lorsqu’il était ministre de l’intérieur, en 2014, Bernard Cazeneuve avait mis en place un baromètre social, un questionnaire annuel diffusé largement parmi les effectifs afin de « prendre le pouls des troupes pour comprendre le malaise policier et révéler d’éventuels risques psychosociaux ». Une mesure bien accueillie, mais pas suffisamment suivie d’effets, pour Unité-SGP Police FO, deuxième syndicat de gardiens de la paix. « Nos services de ressources sont déficients, dénonce son secrétaire général, Yves Lefebvre. Il faudrait arrêter la politique du chiffre mise en place par Nicolas Sarkozy, cesser le management infantilisant, permettre aux policiers d’avoir une vie de famille… Aujourd’hui, environ 50 000 policiers n’ont qu’un week-end de libre toutes les six semaines. A ce rythme, ils n’ont plus la capacité de se ressourcer. »

« Le malaise est ancré au plus profond »

Une négociation est actuellement en cours sur l’application au sein de l’institution d’une directive européenne encadrant le temps d’activité et de repos. Elle fixe notamment un repos minimal de onze heures consécutives par tranches de vingt-quatre heures et une durée hebdomadaire maximale de travail de quarante-huit heures. [1]

« Les cas de dérogations exceptionnelles deviennent peu à peu des pratiques coutumières », dénonçait l’UNSA Police, troisième syndicat de gardiens de la paix, dans un courrier transmis au comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) du réseau police nationale, le 10 novembre. Le syndicat attirait l’attention sur « le malaise ancré au plus profond de notre institution et le mal-être généralisé qui en découle ». Il évoquait certaines problématiques, comme la mauvaise prise en charge de l’« intempérance alcoolique » ou encore des « pathologie(s) mentale(s) ».

Dans un cas sur deux environ, les policiers ou gendarmes qui mettent fin à leurs jours le font au moyen d’une arme à feu, le plus souvent leur arme de service. Le passage à l’acte a majoritairement lieu en dehors du lieu de travail. [2]

 http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2017/11/12/collomb-veut-renforcer-les-mesures-de-prevention-du-suicide-chez-les-forces-de-l-ordre_5213854_1653578.html#KEJKeVYobsP6tb0L.99

BASE 14 995X225[1] Un petit coup de propagande UE au passage: la France maltraite ses policiers, l'UE tente d'imposer des normes plus raisonnables...

[2] Le reste de l'article se veut neutre et objectif: on ne sait pas trop si ces suicides sont une affaire privée(des "déséquilibrés mentaux" plus ou moins alcooliques!) ou structurelle. Bien des raisons du passage à l'acte ne sont pas mises en avant: la montée des incivilités et des violences dans la société et la perte progressive de tout esprit civique, le recul des figures d'autorité, à commencer bien sûr par l'autorité de l'Etat, la non application des décisions de justice, les injonctions contradictoires d'un management choisi sur sa docilité idéologique plutôt que sur ses compétences réelles, la suspicion systématique envers les personnels qui paralyse toute action efficace, la lâcheté d'une hiérarchie plus prompte à "ouvrir le parapluie" en cas de pépin que de traiter les problèmes de fond, etc.

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lundi 13 novembre 2017

Les députés En Marche organisent « une boum » à l’Assemblée nationale pendant l’examen du budget de la Sécu

Les députés Macronistes « transforment l’Assemblée Nationale en boîte de nuit pendant l’examen du budget de la Sécu », tels sont les mots d’une députée LR, outrée et atterrée en voyant les élus LREM improviser une « teuf » illégale durant laquelle ils ont dansé une bonne partie de la nuit pendant que leurs confrères étaient en train de travailler sur le projet de loi de finances 2018.

film-la-boum

Les députés LREM, ont investi le 27 octobre dernier la buvette du Palais Bourbon, la transformant en dancefloor pendant la séance de nuit consacrée au projet de loi de financement de la Sécurité Sociale. Une collaboratrice parlementaire raconte « un député LREM a mis de la musique à fond sur une enceinte et quelques autres ont dansé », son témoignage est confirmé par un président de groupe qui ajoute même que ce n’est pas une première « Ils avaient déjà fait la même chose à la fin de la première partie de la loi de Finances. ».

Les journaux, Marianne et France Soir, les seuls à avoir publié l’affaire, ce qui prouve bien la mainmise du gouvernement sur les médias, parlent même « de jeunes députés LREM qui se déhanchent en musique dans les couloirs de l’Assemblée » et pourquoi pas une soirée mousse, tant qu’on y est ? Dès lors l’affaire ne pouvant en rester là, les faits ont été rapportés à François de Rugy, le président de l’Assemblée Nationale, notamment lors d’une réunion du bureau de l’institution, la semaine dernière, où il fut déclaré

« On verra les suites qui seront données. Ça pourrait être l’occasion de rappeler un certain nombre de règles ». C’est un minimum, ces députés ont été élus pour légiférer et non faire le moonwalk au frais du contribuable !

Voilà, un exemple pathétique de ce que sont devenues nos institutions trustées par une orde de députés « issus du privé » boboïsants à souhait, inconscients de leurs responsabilités, plus habitués aux afterwork qu’à la chose publique car ne s’improvise pas politicien qui veut.

Sources :

http://www.francesoir.fr/politique-france/de-jeunes-deputes-lrem-se-dehanchent-dansent-musique-dans-les-couloirs-de-assemblee-securite-sociale-plf-2018

https://www.marianne.net/politique/de-jeunes-deputes-macronistes-improvisent-une-boum-la-buvette-de-l-assemblee


http://lagauchematuer.fr/2017/11/11/les-deputes-en-marche-organisent-une-boum-a-lassemblee-nationale-pendant-lexamen-du-budget-de-la-secu/

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samedi 11 novembre 2017

11 novembre : tombes dégradées, cérémonie boycottée !

Des anciens combattants et des associations patriotiques  boycottent les cérémonies du 11 novembre.

ACT 11NOV17

Notre confrère Valeurs actuelles a relayé, le 8 novembre, un article du Courrier picard paru le 6. Celui-ci rapporte que des anciens combattants et des associations patriotiques vont boycotter les cérémonies du 11 novembre. En cause : l’état déplorable des sépultures de la nécropole nationale de Montdidier, une nécropole majeure en France puisqu’elle rassemble pas moins de 7.500 dépouilles.

Les anciens combattants ont raison de manifester leur colère sur le désengagement de l’État quant à l’entretien des tombes qu’il a sous sa responsabilité. Ce dernier est réalisé soit directement par des personnels de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONACVG), soit par recours à des prestataires tels que des communes, des associations comme le Souvenir français qui s’occupent des carrés militaires communaux. Même quand il recourt à l’externalisation, c’est-à-dire à des entreprises de nettoyage privées, l’État doit toujours veiller à la bonne exécution de l’entretien des sépultures. Ici, l’État a, d’une manière ou d’une autre, défailli et il n’est pas acceptable que les soldats de France qui ont payé de leur vie la défense de notre pays et des symboles qui s’y rattachent meurent en quelque sorte une deuxième fois : « Une fois au champ d’honneur et une fois ici », s’insurge Gérard Karolczak, président de la section locale du Souvenir français de Montdidier.

Mais l’État, en « état de faillite », disait un Premier ministre en 2007, préfère donner ses priorités budgétaires à d’autres domaines d’action, plus médiatiques, photogéniques, et plus rentables sur le plan politique. Les tombes attendront. Les morts ne votent pas.

Une question se pose néanmoins. Existe-t-il un autre moyen, pour une association d’anciens combattants et des associations patriotiques de faire entendre leur voix que de boycotter une cérémonie d’hommage à nos soldats disparus ? N’est-ce pas faire mourir une troisième fois ces valeureux combattants en occultant leur mémoire par l’absence de leurs représentants ?

L’acte est, en tout cas, très fort et pourrait être interprété par les laudateurs comme un symbole de courage et par les contempteurs comme une marque de défiance et d’abandon, sinon un inutile baroud d’honneur.

Toujours est-il que l’État ne peut fuir ses responsabilités et que la France qu’il représente doit venir au secours de ces tombes dégradées. Car il est inadmissible que ceux qui ont donné leur sang pour la France tombent ainsi dans l’oubli.

Notre pays doit bien à ces poilus à qui nous devons tant un minimum de reconnaissance, la facture dût-elle s’élever à 900.000 euros selon M. Karolczak, qui peste d’être « trimballé » depuis 2008 par l’ONAC sur le toilettage des sépultures de Montdidier.

En France, il existe 265 nécropoles nationales où reposent environ 750.000 soldats, dont 240.000 en ossuaires. Sur l’ensemble des dépouilles des soldats, les neuf dixièmes sont celles des combattants de la Première Guerre mondiale. À ces nécropoles s’ajoutent les carrés militaires des cimetières publics. N’oublions pas tous ces soldats et honorons-les !

http://www.bvoltaire.fr/11-novembre-tombes-degradees-ceremonie-boycottee/

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lundi 11 septembre 2017

Prix des billets, racisme : polémiques autour des rapatriements provoqués par le passage d'Irma

Nombre de sinistrés cherchent à fuir Saint-Martin et Saint-Barthélemy après le passage de l'ouragan Irma. Or, des habitants des îles et des internautes ont accusé les autorités et les compagnies de transport de faire preuve de racisme ou de cupidité.

59b5864a488c7b44028b4567Dix décès, sept personnes portées disparues, des habitations démolies, des infrastructures défoncées : les ravages de l'ouragan Irma sur les îles françaises de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy, selon le dernier bilan du 10 janvier, sont d'une ampleur rare. Si bien que nombre d'habitants de ces lieux sinistrés et encore truffés de dangers souhaitent les fuir au plus vite, au moins temporairement.

Mais dans cet exode, par voies aériennes ou maritimes, la confusion règne et des accusations de racisme s'élèvent contre certaines compagnies de transport et les autorités locales.

 

Accusations de racisme et de favoritisme pro-américain

«C'est sélectif ! Le bateau arrive, on n'a vu que des métropolitains, que des Blancs», a par exemple déclaré une habitante de l'île de Saint-Martin au micro de France Info, après l'évacuation vers la Guadeloupe de touristes, majoritairement américains, par le navire Archipel 1.

Ce sentiment d'injustice a été partagé par un certain nombre d'internautes sur les réseaux sociaux.

Des utilisateurs de Twitter ont très précisément pointé du doigt le fait que de nombreuses personnes évacuées via le vaisseau Archipel 1, étaient de nationalité américaine.

La polémique née de cette évacuation a été attisée par la déclaration du capitaine du bateau, au média public (chaîne télévisée et radio) Guadeloupe 1ère. Il a confié avoir été missionné par le préfet de Guadeloupe pour conduire cette évacuation de touristes.

Néanmoins, sur Twitter, la préfecture de Guadeloupe a démenti l'information : «Le préfet n'a jamais donné d'ordre de rapatriement de touristes au navire Archipel 1. Le bateau devait se mettre à l'abri à l'annonce d'une forte houle», a-t-elle assuré.

Concernant les accusations de sélection raciste lors des évacuations, de manière générale, le préfet de Guadeloupe a souhaité mettre les points sur les «i» : «L'Etat a organisé l'évacuation de personnes vulnérables et de malades qui ne pouvaient plus être pris en charge à Saint-Martin. Ces personnes ont été désignées par les autorités sanitaires.» 

De même, Guadeloupe 1ère a déclaré que la «couleur de peau» n'était pas prise en compte dans l'organisation des vols sanitaires.

Une explosion des tarifs ? 

Autre polémique ayant enflé sur les réseaux sociaux : les tarifs des vols en partance des îles sinistrées de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy auraient explosé.

Le 9 septembre, un certain François Boquet, assurant relayer «une demande et un besoin des habitants de Saint-Martin et de Saint-Barth», publie une pétition sur le site Change.org. Son motif : convaincre Air France de mettre en vente des «billets à prix honnête». «Pour rentrer de Guadeloupe», affirme-t-il, la compagnie aérienne française exigerait entre «entre 1 150 euros et 3 500 euros».

«Merci à notre gouvernement de laisser ces superbes compagnies se faire du fric sur le dos des familles qui souhaitent évacuer, ayant tout perdu et n'ayant pas d'abris», vitupère l'auteur de la pétition en ligne dont le succès est phénoménal. Plus de 60 000 internautes lui ont en effet apporté leur soutien.

Auprès de France Info, néanmoins, Air France réfute imposer de tels prix pour des vols aller. La compagnie aérienne fait état de billets à 300 euros pour les victimes d'Irma, en classe économique, soit un prix nettement inférieur à celui du marché. En outre, Air France se déclare prête à affréter un avion supplémentaire pour évacuer les sinistrés, le 12 septembre, si les autorités devaient le décider.

Quoiqu'il en soit, les proportions de la crise qui règne dans les îles françaises des Antilles sont telles que l'opposition, de Jean-Luc Mélenchon à Marine Le Pen en passant par Eric Ciotti, a dénoncé une mauvaise anticipation de la part des autorités. Une situation dont la gravité n'échappe pas à l'exécutif, rétorque le pouvoir. Le président de la République, Emmanuel Macron, est d'ailleurs attendu à Saint-Martin le 11 septembre.

https://francais.rt.com/france/43014-prix-billets-accusations-racisme-polemiques-irma-saint-martin-saint-barthelemy


 

Pour aller davantage au fond des choses, et mieux comprendre les réponses insuffisantes de l'Etat face à une telle crise, voir l'article sur notre site national:

"Face au désastre qui a frappé Saint-Martin et Saint-Barthélemy, le départ de Martinique, il y a à peine plus de deux mois, du navire qui aurait été probablement le plus utile aujourd’hui apparaît comme un véritable scandale, et cela d’autant qu’il n’a pas de remplaçant pour cause de réductions budgétaires."

https://www.upr.fr/actualite/non-assistance-a-peuple-francais-danger-ravages-provoques-louragan-irma-aux-antilles-francaises-revelent-scandale-choix-budgetaires-de-macron

P.G.

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mercredi 6 septembre 2017

Résilience, par Eric Werner

Pourquoi nous exhorte-t-on désormais à «apprendre à vivre avec» le terrorisme, l’insécurité et autres fléaux, plutôt que de les combattre comme on l’a toujours fait?

ARG FRONTIERE SECURITE

On associe volontiers la tendance actuelle à l’effacement des frontières à la dérégulation néolibérale, avec à la clé un certain nombre de phénomènes qui, aujourd’hui, se sont banalisés: délocalisations, jungles de Calais et d’ailleurs, précarisation sociale, etc. Les débuts de la dérégulation néolibérale remontent aux années quatre-vingt du siècle dernier, et l’on peut dire aujourd’hui qu’elle a atteint son rythme de croisière. Sauf que certains voudraient l’accélérer encore. C’est le cas par exemple du président Macron quand il dit que le «monde ancien» fait de la résistance. Cela le gêne. Le «monde nouveau» dont il appelle l’avènement de ses vœux ne saurait trop attendre. En Suisse, une ministre socialiste a déclaré récemment que les gens devraient désormais s’habituer à devoir changer cinq ou six fois de métier dans leur vie. La tâche de l’école est d’aider les enfants à intérioriser cette idée dès leur plus jeune âge.

Dans son livre, L’Insécurité du territoire, paru il y a un quart de siècle, l’urbaniste et géopolitologue Paul Virilio écrivait: «En supprimant les frontières, la guerre totale abolit les franges protectrices des réalités nationales; ce qui se passait sur les fronts linéaires se passe à l’intérieur» [1]. Il se référait aux bombardements de masse de la Seconde guerre mondiale, bombardements, effectivement, qui avaient eu pour conséquence d’abolir la distinction entre «l’intérieur» et «l’extérieur». Personne, à l’époque, ne parlait encore de l’OMC. Sauf que, dans un cas comme dans l’autre, on assiste à l’effacement des «franges protectrices des réalités nationales». Les frontières disparaissent, et avec elles la protection qu’elles offraient autrefois aux populations.

En ce sens, loin de s’inscrire en rupture avec la période précédente, la dérégulation néolibérale en est un prolongement normal et naturel. Paul Virilio le précise en relevant qu’à notre époque, «paix et guerre s’identifient: elles sont toutes deux des systèmes de ruine» [2].

L’actuel ministère des armées, en France, s’appelait autrefois le ministère de la défense. Ce changement de nom n’est pas anodin. Chacun sait en effet que l’État ne nous protège plus aujourd’hui de rien. Et non seulement cela, mais qu’il n’entre même plus aujourd’hui dans ses intentions de le faire. Il ne le veut même plus. Car, selon lui, il n’est ni possible, ni partant raisonnable de le faire. Tel est le message qu’il cherche aujourd’hui à faire passer, aussi bien directement qu’au travers des grands médias qu’il contrôle. Rien ne sert, dit-il, de vouloir s’opposer au cours naturel des choses. Tout ce qu’on peut faire, c’est de l’accompagner. On peut éventuellement retarder certaines évolutions, non les empêcher. A quoi bon dès lors les frontières? Les frontières sont des barrières artificielles, autant donc les supprimer. Et c’est ce que fait l’État: il les supprime. Bien évidemment elles se reconstituent ensuite sous une autre forme à l’intérieur: aux limites, par exemple, de certaines zones de non-droit. Mais c’est un détail.

La sécurité ne se pense donc plus aujourd’hui en termes de protection, mais de résilience. Montrez-vous résilients, chers concitoyen(-ne)s, autrement dit acceptez la réalité telle qu’elle est (après suppression des frontières). Soit, ce n’est pas toujours très drôle. Mais essayez quand même. De toute manière vous n’avez pas le choix. On ne peut pas, par exemple, empêcher le terrorisme. Le terrorisme est quelque chose d’inéluctable. Il faut apprendre à vivre avec. Cela étant, des psys sont à votre disposition, ils vous aideront, si nécessaire, à récupérer après un attentat. A vous «reconstruire», comme ils disent. Vous aurez droit également à une aide financière. De même, nous ne pouvons pas empêcher les délocalisations. Elles sont dans l’ordre des choses. Nous avons signé des accords internationaux, il faut les respecter. Pour autant, personne, en France, ne mourra jamais de faim. Il y a le Samu social, les restos du cœur, etc.

C’est tout cela, la résilience. La résilience n’empêche donc rien, ne nous protège non plus de rien, en revanche elle nous aide à surmonter certaines épreuves, à leur survivre (physiquement et/ou psychiquement). Elle nous aide aussi à réparer certains dégâts. Si quelque chose de grave survenait aussi bien dans notre vie personnelle qu’autour de nous (attentat, catastrophe naturelle, invasion, je dis n’importe quoi), nous ne mourrions pas nécessairement. C’est toujours ça. De plus, l’État serait à nos côtés (ne serait-ce que pour veiller à ce que nous ne cédions pas à la tentation de nous défendre).

Traitant du marché unique européen et de sa «soumission», effectivement totale, à l’OMC, un spécialiste du développement local, Bernard Farinelli, relève: «L’Europe est moins protectrice que presque tout le reste du monde» [3]. Sous sa plume, c’est évidemment un reproche: l’Europe devrait avoir à cœur de se montrer protectrice. Mais l’Europe elle-même ne considérerait pas cette remarque comme un reproche. Elle la considérerait au contraire comme un compliment. Car que veut l’Europe? L’Europe n’a jamais voulu protéger personne. Cela n’a jamais été dans ses intentions. L’Europe est comme le président Macron: elle veut créer un «monde nouveau». D’où l’ouverture des frontières. Car l’ouverture des frontières a un effet accélérateur. C’est donc en soi quelque chose de positif. Assurément, cela se paye au prix fort: par la transformation en cauchemar de la vie de millions d’Européens. Mais ce n’est pas le sujet.

Par Eric Werner | Antipresse N° 92 | 3.9.2017

NOTES

  1. Paul Virilio, L’insécurité du territoire, Galilée, 1993, p. 35.
  2. Ibid., p. 30.
  3. Bernard Farinelli, La révolution de la proximité, Editions Libre & Solidaire, 2015, p. 96.

Source: http://www.antipresse.net/dons/

http://arretsurinfo.ch/resilience-par-eric-werner/


 

Cette approche m'a semblé intéressante, même si elle mériterait certains développements, à mon avis: quel est ce "monde nouveau"?  Quels en sont les acteurs? Pourquoi les états européens obéissent- ils à cette injonction d'ouverture des frontières?

Des réponses à trouver, entre autres, dans les conférences de François Asselineau... P.G.

Posté par ddupr à 08:17 - - Permalien [#]
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mercredi 2 août 2017

Incendies dans le sud de la France : au cœur de la crise, l’Etat décide de rogner encore sur les moyens

FEUX POMPIERS FORETS

 

Incendies dans le sud de la France : au cœur de la crise, l’Etat décide de rogner encore sur les moyens

http://www.pompiers.fr/presse/incendies-dans-le-sud-de-la-france-au-coeur-de-la-crise-letat-decide-de-rogner-encore-sur-les

Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France - Le 27 juillet 2017

[COMMUNIQUÉ] Les sapeurs-pompiers devaient déjà se débrouiller avec un parc de camions citernes vieillissant, des moyens aériens réduits, des ressources humaines épuisées… Ils apprennent au cœur de la crise qu’ils devront également se passer d’un Système informatique national de gestion opérationnelle ! Alors même que tout le monde s’émeut de voir nos forêts s’envoler en fumées, ce décalage entre réalité de terrain et décision de l’Etat est désespérant.

Annoncée en grande pompe par l’Etat au printemps dernier, la création de ce système de gestion opérationnelle (SGO) unifié, unique, pour tous les sapeurs-pompiers et la sécurité civile, avançait à grands pas.

Comme l’ensemble des ministères, l’Intérieur se doit de faire des coupes budgétaires. Première conséquence : les crédits d’1 million d’euros dévolus au lancement du projet sont annulés et les travaux suspendus sans garantie de reprise. L’annonce vient d’en être faite aujourd’hui.

La création de ce système dont le manque se fait déjà cruellement ressentir serait pourtant source de 40 millions d’euros annuels d’économies de gestion (1) : son coût pour les sapeurs-pompiers est estimé à 20 millions d’euros annuels, contre 60 millions d’euros actuellement pour une collection de systèmes disparates ne communiquant pas entre eux ni avec les services de l’Etat.

Le Colonel Grégory Allione, vice-président de la FNSPF, est atterré « L’État pouvait, grâce à cet outil, se montrer coordinateur et se résout pourtant à ne pas être le régulateur des grandes crises de notre pays ! Il laisse les collectivités dans une forme de schizophrénie entre la réduction des dépenses et toujours plus de responsabilités en matière de réponse pour les situations du quotidien comme de l’exceptionnel. »

L’intérêt d’un Système informatique national de gestion opérationnelle (SGO)

La crise actuelle dans le domaine des feux de forêt démontre en direct que le partage des informations entre les autorités devient stratégique et névralgique pour la prise de décision – mais cela est vrai toute l’année, pour les secours quotidien comme en situation exceptionnelle.

Ce système doit permettre d’optimiser l’engagement des sapeurs-pompiers dans chaque département et une meilleure coordination des renforts entre eux. En situation exceptionnelle il assure à la zone de défense et au ministère de l’Intérieur une vision en temps réel de la situation sur le terrain et ainsi un meilleur emploi des ressources là où elles seront les plus efficaces…. Comme en ce moment les avions bombardiers d’eau !

La police et la gendarmerie disposent déjà d’un tel système, la mise en oeuvre de celui des Samu est en cours.

Pour les sapeurs-pompiers, comment répondre à l’évolution des besoins en matière de la lutte contre les feux, et toute situation dans laquelle la coordination opérationnelle dépasse les frontières départementales, sans un tel outil ?

Un constat de plus en plus désespérant pour les sapeurs-pompiers

Les investissements ne cessent de baisser (-27% depuis 2010), avec des conséquences évidentes sur la rénovation et le nombre de casernes, l’âge moyen et l’état des véhicules et matériels… et l’entrée dans un cercle vicieux puisque les coûts de maintenance et fonctionnement augmentent et grèvent la capacité à investir.

La force humaine elle-aussi reste fragilisée, les sapeurs-pompiers professionnels partant en retraite n’étant pas remplacés et l’objectif de franchir le seuil de 200.000 sapeurs-pompiers volontaires fixé en 2013, n’étant toujours pas atteint.

Dans ce contexte, les sapeurs-pompiers de France via leur Fédération ont formulé plusieurs propositions auprès de tous les candidats à l’élection présidentielle, puis du nouveau gouvernement.

Autant dire que les déclarations de reconnaissance et de solidarité pour leur implication actuelle dans la lutte contre les feux de forêts ne suffisent pas à leur faire croire qu’ils sont écoutés et entendus.

 


(1) Selon l’étude de faisabilité réalisée par le ministère de l’Intérieur en décembre 2016.

Posté par ddupr à 09:04 - - Permalien [#]
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lundi 31 juillet 2017

Quand Patrice Quarteron donne une leçon de patriotisme à ceux qui haïssent la France

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Quand Patrice Quarteron donne une leçon de patriotisme à ceux qui haïssent la France

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2017/07/28/31003-20170728ARTFIG00241-quand-patrice-quarteron-donne-une-lecon-de-patriotisme-a-ceux-qui-haissent-la-france.php

 

FIGAROVOX/TRIBUNE - Drapé dans les couleurs de la France après sa victoire en boxe Muay thai, l'athlète Patrice Quarteron s'est attiré les foudres d'une partie des réseaux sociaux, qui l'ont qualifié de « traître » et de « bounty». Pour Fatiah Boudjahlat, cela révèle la haine de la France d'une partie des enfants d'immigrés.

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Fatiha Boudjahlat est cofondatrice avec Céline Pina du mouvement Viv(r)e la République. Elle est aussi l'auteur de l'essai à paraître aux éditions du Cerf: Féminisme, tolérance, culture: Le grand détournement.

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Patrice Quarteron a remporté une victoire importante dans la discipline de boxe Muay thai. Il a exprimé une joie légitime, en se revêtant du drapeau français. Mais selon ses détracteurs qui se sont déchaînés sur les réseaux sociaux, il a eu le tort de mêler les couleurs nationales à sa victoire, il a eu le tort d'afficher et de verbaliser son patriotisme. Il leur a répondu par un post des plus intéressants: «Quand vous portez un drapeau d'un pays où vous ne vivez pas, on vous dit «bravo, j'adore, c'est courageux, c'est un signe d'ouverture. Quand on porte le drapeau du pays dans lequel vous vivez, où vous payez vos impôts, avec lequel vous souffrez, aimez, combattez, on vous dit: «t'es un chien, un putain de facho». Je porte mon drapeau fièrement. Et j'emmerde les fils de putes qui préfèrent se sentir américains, marocains, russes etc tout ça parce qu'ils vont en vacances une semaine dans un autre pays et reviennent en se sentant étrangers à leur propre pays. Soyez patriotes et reconnaissant. Vous devez tout à la France.» Le ton virulent est propre aux réseaux sociaux, il est aussi dû au caractère de ce sportif, ainsi qu'à la nature et à la véhémence des insultes essuyées.

Afficher les couleurs nationales, aimer son pays, assumer sa fierté d'être français ont valu à Patrice Quarteron de se faire traiter de facho, mais aussi, et il y a plus à en dire, de «bounty» et de traître. Ces insultes sont devenues classiques quand il s'agit de désigner les enfants d'immigrés bien dans leurs baskets françaises et aimant la France. Elles sont complétées par celles de «harki», de «collabeur», de «nègre de maison», termes dont j'ai été moi-même gratifiée. Elles renvoient à une trahison supposée: celle de son vrai pays, celui des origines, au bénéfice de son faux pays, celui où l'on vit. Elles sont les manifestations des métastases indigénistes et gauchistes de l'identité qui n'ont rien à voir avec leurs symétriques identitaires.

La violence se déchaîne parce qu'il est noir. Et un bon noir, un vrai noir digne, qui s'assume, ou un bon arabe n'est pas censé aimer la France sauf à avoir une mentalité d'esclave. Il est question d'authenticité. On est un vrai arabe, un vrai musulman, un vrai enfant d'immigré etc quand on vante le bled et que l'on cultive l'indifférence voire le mépris à l'endroit de la France. Puisqu'eux brandissent l'accusation de trahison, il faut convenir que le vrai sujet est celui de I'allégeance, ce terme désuet qui désigne la fidélité que l'on doit au souverain. Et en République, c'est le peuple qui est souverain. Refuser l'allégeance au pays dans lequel on est né, dans lequel on vit et dans le même temps la réserver à celui dans lequel on ne va qu'en vacances, avec un pouvoir d'achat européen, c'est faire de la France un simple guichet de services.

Patrice Quarteron a raison de dénoncer l'hypocrisie de ses détracteurs.

Le patriotisme est brocardé, dénoncé, moqué, criminalisé quand il concerne la France, mais il est respecté, vanté, normalisé quand il concerne le pays d'origine. Houria Bouteldja, égérie du Parti des Indigènes de la République, écrit ainsi dans son ouvrage Les Blancs, les Juifs et Nous: «J'ai laissé mon pays libre, comme une étoile scintillante. Je suis allé au pays des impies, le pays de l'obscurité» , et plus loin, avec un talent poétique certain: «Ô mes frères, mes soeurs, Ô mes frères mes soeurs, des Français je suis dégoutée. J'accepte de ne porter qu'un tricot mais je ne veux pas qu'on m'appelle «bicot». O mon Dieu, ma foi est meilleure que la leur. Celui qui critique le pays [l'Algérie], que la rivière l'emporte.» Que n'entendrait-on pas si ces mêmes propos avaient été tenus à l'endroit de ceux qui critiquent la France! Et il faut être honnête, je n'ai jamais vu un élève asiatique afficher le drapeau du pays de ses parents, alors que tant de mes élèves affichent sur les écrans des ordinateurs du collège, sur leurs carnets de correspondance les drapeaux des pays du bled, Afrique du Nord et Afrique noire.

La nostalgie entretenue par les parents et par les pairs se vit sur le mode du combat, du conflit de loyauté. Cette volonté obsessionnelle de déraciner ces enfants est pourtant «la plus dangereuse maladie des sociétés humaines.» . Ce n'est pas anecdotique, c'est politique et c'est donc emblématique. Ceux là-mêmes qui voient du nationalisme quand il s'agit du drapeau français ne sont en rien gênés par l'esprit cocardier de ces jeunes, pourvu qu'il se fasse au bénéfice d'un pays autre que la France. Ce n'est donc pas le patriotisme en lui-même qui est rejeté, c'est la France.

J'ai pris l'habitude d'exiger de ces élèves qu'ils dessinent ou affichent un drapeau français de la même dimension que celui dessiné. Autant il est difficile de leur faire verbaliser le fait qu'ils sont français et que la France mérite tout autant d'être respectée et aimée que les pays du bled, autant ils réalisent combien leur attitude pose problème quand on inverse les pays: si une personne née et vivant en Algérie d'origine Française n'affichait que le drapeau français, clamait qu'elle n'était pas Algérienne, ne cessait de critiquer l'Algérie, tout cela en y vivant, comment régiraient les Algériens? Mal, les élèves en conviennent.

Patrice Quarteron a raison: c'est le drapeau Français qui est honni, quand ceux du bled ou de la Palestine fleurissent dans les manifestations festives, sportives ou politiques. Ce n'est pas le drapeau qui gène, c'est la France.

Quand c'est un autre pays, c'est un patriotisme sain et juste. Quand c'est la France, c'est l'expression d'un nationalisme destructeur d'altérité.

Quand c'est un autre pays, c'est un patriotisme sain et juste. Quand c'est la France, c'est l'expression d'un nationalisme destructeur d'altérité. 

Un élu de Saint-Denis, Madjid Messaoudène, a fait la promotion sur son compte twitter de boîtes de mouchoir aux couleurs de l'Algérie. Jamais il ne lui serait venu à l'esprit d'avoir le même esprit cocardier vis-à-vis de la France. Il se dit binational comme une immunité diplomatique, mais ne dit jamais de bien de la France, n'affiche jamais ses couleurs, au contraire de l'Algérie. La binationalité consiste dans son cas et dans le cas de beaucoup de ceux qui ont insulté Patrice Quarteron à lier une nationalité de raison, la nationalité française, celle que l'on subit, à une nationalité de cœur, celle du pays des parents, qui suscite tendresse et nostalgie. L'allégeance ou le patriotisme ne se vit pas sur le mode de l'alternative pourtant: on peut aimer les deux pays et on ne trahit pas l'un en aimant la France.

Les contempteurs de Patrice Quarteron se dépêchent de préciser qu'ils sont Français, comme une bravade. Qu'ils sont donc ici chez eux. Chiche. Qu'ils en tirent toutes les conséquences: être ici chez eux implique un sentiment d'appartenance, pas une rente viagère. Mais ils ajoutent qu'ils n'ont pas choisi d'être français, qu'ils n'ont pas choisi de naitre et de vivre en France. Ont-ils plus choisi d'avoir des parents algériens ou marocains? Cela ne les empêche pas d'afficher les couleurs de ces pays. Ils présentent le fait de vivre en France comme une fatalité, une souffrance. Mais il y a pourtant un opting out, un droit de sortie de la France: les frontières sont ouvertes. Pourquoi ne pas l'exercer, puisque la vision de Français d'origine étrangère et aimant la France les insupportent à ce point? Houria Bouteldja répond dans le même livre, à la page 109: «Ce sera notre éternel dilemme: rester et subir l'humiliation, partir et crever la dalle». Mais alors, leur patriotisme, leur amour de leur pays tient à peu de choses: au pouvoir d'achat et au standing. Il est vénal. Eux construisent le dilemme, l'alternative. Eux construisent un conflit de loyautés qui empoisonne la vie des jeunes.

C'est à eux de questionner leurs sentiments patriotiques à l'égard du pays de leurs parents, ce n'est pas à nous de remettre en cause ceux que nous éprouvons vis-à-vis de la France. Dans notre République, ce n'est pas la souche, l'ancienneté de la présence qui compte, c'est l'enracinement permis par le consentement. La communauté nationale repose sur deux éléments selon Renan: «L'une est la possession en commun d'un riche leg de souvenirs ; l'autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l'héritage que l'on à reçu indivis.» Indivis: le noble et l'ignoble, le glorieux et le honteux. C'est en se tenant sur ces deux pieds que naît le sentiment d'appartenance. On ne l'attend pas d'immigrés de travail, mais comment ne pas l'attendre de leurs enfants nés et vivant en France? Comment trouver normal l'appartenance à une communauté internationale comme l'oumma, ou à celle au pays de ses parents et rejeter l'appartenance à la communauté dans laquelle on vit?

Laissons le french bashing aux ennemis de la France, assumons d'aimer la France.

La République n'est pas qu'un cadre juridique, axiologiquement neutre. Il convient de nous interroger tous. Pourquoi n'afficher nos couleurs que lors des victoires sportives? Pourquoi ne tolérer et ne goûter l'hymne national que lors des rencontres sportives? Pourquoi a-t-il fallu attendre la série d'attentats meurtriers pour oser, timidement, pavoiser les façades de nos logements de nos couleurs? La République est aussi un contenu en termes de valeurs qu'une catégorie de l'imaginaire qui se nourrit de symboles. Il faut, comme l'écrit JP Salazar, convenir que «la République est une forme forte de politique, une violence même faite au vivre-ensemble». 

La République ne peut plus être le lieu neutre du «venez comme vous êtes». L'État a trop mis en avant sa neutralité. Au point de ne plus offrir de contenu éthique, de chemin vers la vie bonne*. Au point de ne plus offrir de vie collective riche, de ne plus constituer une transcendance. Celle là même qui permet de se dépasser et d'être meilleur. Il faut enseigner et assumer la vertu civique, dont Vauvenargues écrit qu'elle se confond avec «la préférence de l'intérêt général au particulier.» C'est l'exemple que nous offre la joie de Patrice Quarteron. La joie de faire gagner son pays. Mais il est vrai que l'État Français a été trop laïque vis-à-vis de lui-même, autorisant et protégeant tous les cultes sauf celui de l'État, et que, réduit à un guichet de prestations et à un ensemble de procédures, il ne peut susciter affection et allégeance. Laissons le french bashing aux ennemis de la France, assumons d'aimer la France. Le patriotisme républicain s'apprend, s'il s'enseigne. Associons-le à la bravoure, à la victoire. Il faut redonner le goût d'aimer la France, ailleurs que lors des veillées funéraires. Apprenons à servir plutôt qu'à se servir, au sens de Bernanos, c'est-à-dire en «gardant vis-à-vis de ce qu'on sert une indépendance d'esprit absolue. C'est la règle des fidélités sans conformisme, c'est-à-dire des fidélités vivantes.» Dans le même ordre d'idée, Mark Twain définissait le patriotisme comme le fait de «défendre son pays en toute circonstance, et son gouvernement, seulement quand il a raison.» Au final, soyons humbles. Contentons nous de demander pour la France ce que Houria Bouteldja ressent et exige pour l'Algérie.

Fatiha Boudjahlat

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* Sur la neutralité axiologique du libéralisme, v. Jean- Claude Michéa (in « l'Empire du moindre mal » par exemple).

Fatiha Boudjahlat met les pieds dans le plat: soit on accepte que l'Etat joue son rôle et rétablisse une morale publique, soit on accepte le recul de l'Etat au profit de l'économie et d'un libéralisme philosophique agressif, et on assistera à la destruction de la République. Le processus est déjà entamé...

P.G.

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jeudi 13 juillet 2017

=Destruction de l'Etat français=méthodes=responsables=...

PROJET REFLEXION

Source:

Pierre Yves Rougeyron Qui veut la peau de l'Etat français Partie 1

https://www.youtube.com/watch?v=Qi8AlVDE2QU

Pierre Yves Rougeyron Qui veut la peau de l'Etat français Partie 2

https://www.youtube.com/watch?v=wZbr70N1Dh4

Pierre Yves Rougeyron Qui veut la peau de l'Etat français Partie 3

https://www.youtube.com/watch?v=6z-uaHc2wu0

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§ Détruire le socle intellectuel de l'Etat et de ses symboles

§ Attaques sur les institutions (Villepin supprime le Plan, premières attaques sous VGE...) le Plan remplacé par les "clubs" (think tanks)

§ Les économistes à gages en première ligne (Michel Godet, Alain Minc...)

§ Les destructeurs:

- à droite: 

Le Club de l'Horloge

Surrenchère entre RPR et FN sur le libéralisme

- à gauche

La 2° gauche

Alliance des "démocrates- Chrétiens" (chrétiens "de gauche") et des progressistes gauchistes

La gauche "anti- totalitaire" (BHL, Glucksman...)

CFTC, CFDT... Delors...

1982 Fondation St Simon, Pierre Rosanvallon, François Furet, Jacques Julliard...

Manifeste: "la République du Centre".

Rocard, Jospin, Straus- Kahn (le plus décomplexé), néo- libéralisme.

§ Les évangélistes du Marché".

§ Les publicistes (la Presse se structure) vont attaquer l'Etat: Denis Olivennes, Nicolas Baverez...

§ Alain Minc, Michel Crozier, rapport Trilatérale, 1973.

-haine de l'inflation

-désengagement de l'Etat

§ Au cours des années 80, un autre groupe de "pantouflards": les Privatiseurs (Peyrelevade, Denis Kessler (ancien maoïste)...)

Dans les années 2000, vocabulaire de la gestion de fonds. La "compétitivité des territoires", cabinets d'audit et de conseil, ...

PROCEDURES

-échelon communautaire (cf. Asselineau)

-échelon national:

§ Jean Pisani- Ferry: utilisation de l'Europe à des fins d'ajustement structurel.

§ L'UE comme croyance religieuse (pour contrer la perte de confiance).

§ La magistrature au service du droit européen, les cours nationales se rangent (double éthique).

§ Les Hauts fonctionnaires se rangent (les diplomates représentent désormais l'UE)/

§ Le droit communautaire statue sur la règle ET sur le périmètre de juridiction.

§ CJCE (devenue la CJUE en 2009), arguties juridiques perverses...

§ Etat: en 1981, 700 Mds d'actifs contre 200 aujourd'hui.

EXTERNALISATIONS

§ Corruption intellectuelle et morale de nos élites, encouragée par l'UE qui se pense comme état fédéral.

METHODE MONNET

§ Théorie de l'engrenage, un pas après l'autre."Vous avez renoncé à votre monnaie? On vous prend votre budget" [logique].

§ Monnet a trouvé le moyen de tuer l'Etat: il doit s'auto- détruire!

TECHNIQUES

§ RGPP / LOLF "une nouvelle manière de gérer" [Jospin] / Partenariats public/privé, New Public Management, Evaluation

§ L'Etat- entreprise: missions, programmes, indicateurs de performance

§ Utilisation des Droits de l'Homme à des fins libérales ("le droit à..."), l'individu se substitue au citoyen.

LA DETTE

§ Destruction de l'Etat par l'endettement, théorie des "caisses vides": endetter l'Etat pour le contraindre. Logique de la dette et de la baisse d'impôts.

"la dette resserre l'emprise du Capital sur l'Etat".

TERRITOIRE: démantèlements

§ Destruction des territoires, réformes territoriales, euro- régions...

§ désinvestissement étatique

§ destruction des tissus sociaux- économiques, droit d'établissement européen...

§ Abandon de territoires (Outre- mer...)

Conclusion:

L'Etat a été une oeuvre patiente de nos monarques et de nos républiques.

Il faut une théorie de l'Etat pour le XXI° siècle. Si on ne pense pas l'Etat, on ne pense pas le Politique.

MONTAGE DELACROIX 2