samedi 4 août 2018

Limitation de la vitesse à 80km/h : les radars flashent deux fois plus

La mesure controversée d'abaissement de la limitation de la vitesse à 80 km/h sur les routes secondaires a produit ses premières prunes.

ACT RADARS 80 JUILLET

Un mois après l'instauration de cette mesure, le 1er juillet, le nombre d'automobilistes flashés a été multiplié par deux au mois de juillet 2018 par rapport à la même période en 2017, rapporte Europe 1.

Il y a eu 500.000 flashs sur l'ensemble des routes françaises ce mois-ci, soit 2,1 fois plus qu'en juillet l'an dernier. Contacté par RTL, Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la sécurité routière, a confirmé : "C'est 260.000 flashs de plus que l'an dernier". Mais selon lui, cette explosion est liée à un nécessaire temps d'adaptation des automobilistes : "C'est un chiffre qu'il faudra surtout suivre en tendance. Cette vitesse de 80 km/h, il faut encore que les Français se l'approprient".

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Les Français ont en effet eu du mal avec cette nouvelle contrainte : 400 dégradations de radars ont été recensées en ce mois de juillet, contre 100 habituellement, avance toujours Europe 1.

Le délégué à la sécurité routière explique que les forces de l'ordre se sont montrées tolérantes pour ce premier mois d'application, en proposant aux automobilistes soit de payer l'amende, soit d'accepter une explication sur le bien-fondé des 80 km/h. "Mais en août, la limitation doit être respectée", souligne le délégué dans Ouest-France.

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"Cela va déboucher sur des PV et des retraits de points, et c'est très grave. J'invite les pouvoirs publics à prendre leurs responsabilités et à retirer cette mesure qui n'a qu'une seule finalité : faire rentrer de l'argent dans les caisses de l'Etat", s'insurge auprès de Marianne Pierre-Olivier Cavey, directeur des études de la ligue de défense des conducteurs. Pour la ligue, "les 80 km/h ont un effet neutre voire contre-productif sur la sécurité routière car on se retrouve avec des voitures à la queue derrière des camions, ce qui mène à une conduite à risque et des problèmes de vigilance".

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Les chiffres de la mortalité sur les routes au mois de juillet ne sont pas encore connus. Dans Ouest-France, Emmanuel Barbe se montre optimiste : "Avec le 80 km/h, il y aura moins de victimes, c'est certain. Déjà en juin, il y a eu 30 morts de moins qu'en juin 2017. Parce que nous avons sensibilisé les automobilistes au 80 km/h".

https://www.marianne.net/societe/limitation-de-la-vitesse-80kmh-les-radars-flashent-deux-fois-plus?_ope=eyJndWlkIjoiYWMyOWU1Y2FmYjA3MWM5ODc0NzFmNzZlMmM0NTQwMTgifQ==

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Compte tenu du caractère peu convainquant et controversé du rapport initial sensé avoir justifié la réforme, on attend en effet avec impatience les prochains chiffres...  P.G.

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mercredi 1 août 2018

Tour de France : sur la route avec les "effaceurs", chargés de repeindre les graffitis gênants sur le bitume

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Voici pourquoi notre campagne pour le Tour de France a bien moins marché cette fois- ci: le gouvernement a fait appel à une société privée pour effacer les slogans, sous l'oeil ravi et avec la complicité des médias de l'oligarchie.  P.G.

ACT FREXIT TOUR DE FRANCE

Avant le passage du peloton (et des caméras), Patrick et Pierre parcourent à bord de leur camionnette le tracé de la Grande Boucle à la recherche d'inscriptions qui pourraient faire polémique pour les recouvrir. Franceinfo a passé une journée à leurs côtés.

Jeudi 19 juillet, 8 heures du matin. Le pied du col mythique de l'Alpe d'Huez, point d'orgue de la 12e étape du Tour de France, s'anime doucement. Quelques heures avant le passage du peloton, des anonymes s'essaient à l'ascension des 21 lacets. D'autres préfèrent la marche. Les supporters entassés dans les caravanes et les tentes se réveillent. Certains sont là depuis plusieurs jours pour trouver le bon spot pour voir les coureurs.

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Patrick et Pierre, eux, sont à pied d'œuvre depuis une bonne heure déjà. Dans leur camionnette siglée Doublet, du nom de la société qui les emploie, ils parcourent le col à la recherche de dessins obscènes, de messages politiques ou d'insultes. Le duo forme ce qu'on appelle l'"ambush" (car ils sont en "embuscade", à l'affût des tags gênants). "Mais on préfère 'effaceurs', c'est plus clair", corrige Patrick, 59 ans. Leur mission : nettoyer les routes de ses graffitis avant le passage de la caravane et des coureurs, grâce à 150 litres de peinture blanche et quelques rouleaux.

De l'art de détourner les graffitis

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"On remonte 100 km avant l'arrivée de l'étape en montagne et seulement 60 en plaine, puis on repart en sens inverse pour effacer les nouvelles inscriptions. Car on n'est pas à l'abri que les gens repeignent derrière nous", explique Patrick, un "effaceur" aguerri. Sous ses pinceaux, un tag "EPO" devient "888". Ni vu, ni connu. "On ajoute quelques traits, c'est facile", s'amuse-t-il. Ce Nordiste, passionné de vélo, cousin de l'ancien coureur Laurent Desbiens, n'en revient pas : c'est la première fois en huit ans sur la Grande Boucle que sa mission jouit d'une telle notoriété.

En lui réservant trois pages dans son édition annuelle, le magazine Pédale ! a mis en lumière ce rôle de l'ombre. Une publicité dont il se serait bien passé. "L'article nous a fait passer uniquement pour des 'effaceurs' de sexe, or ce n'est pas que cela", s'agace-t-il. D'ailleurs, en ce jour d'étape-reine dans les Alpes, Patrick et Pierre ne dissimuleront qu'un seul dessin de pénis dans les virages de l'Alpe d'Huez. Ils font parfois preuve d'originalité pour détourner les tags.

"Ça ne sert à rien de s'engueuler"

Pour Pierre, son accolyte, ce Tour de France est le premier. Et dix jours après le départ, ce Belge de 39 ans, féru de petite reine, ne souhaite qu'une chose : "Revenir l'année prochaine." Pour les deux hommes, ces trois semaines sont une parenthèse enchantée, malgré leur mission répétitive. "Ma plus grande joie, c'est de recevoir le mail en janvier où l'on me propose de faire le Tour", confie Patrick, croque-mort à Templeuve (Nord) le reste de l'année. "Onze mois par an, je travaille avec des gens allongés. Pendant un mois, je suis avec des bons vivants."

Pierre, 39 ans, vit son premier Tour de France en tant qu\'\"effaceur\".Pierre, 39 ans, vit son premier Tour de France en tant qu'"effaceur". (FRANCEINFO)

(...)

Dans les lacets du col de la Croix de Fer, ils repèrent un partisan de François Asselineau, président de l'Union populaire républicaine (UPR), en train de blanchir le bitume. "On s'arrêtera au retour, ça ne sert à rien de s'engueuler maintenant", tranche Patrick. Le duo fait son travail en tâchant d'éviter la confrontation avec le public. En huit ans, l'agent funéraire ne se souvient que d'une seule mésaventure avec un supporter mécontent de voir son graffiti effacé. "C'était avec un Basque dans les Pyrénées, se rappelle-t-il. Le pot de peinture a terminé sur mes chaussures."

Messages grivois, politiques et insultants

"La plupart du temps, les gens nous remercient et nous applaudissent", assure-t-il. Au restaurant situé dans la descente du col de la Croix de Fer, la serveuse se montre reconnaissante des coups de pinceaux du duo sur des inscriptions à la gloire du micro-parti de François Asselineau et du "Frexit" (la sortie de la France de l'Union européenne). Mais quand il faut choisir entre effacer le nom de Marine Le Pen ou celui du président de l'UPR, c'est la première qui gagne. "Lui, peu de gens le connaissent. Marine Le Pen, non", justifie Patrick.

\"Frexit\" est une des inscriptions les plus courantes sur la route de la 12e étape du Tour de France entre Bourg-Saint-Maurice et l\'Alpe d\'Huez."Frexit" est une des inscriptions les plus courantes sur la route de la 12e étape du Tour de France entre Bourg-Saint-Maurice et l'Alpe d'Huez. (FRANCEINFO)

Les deux hommes se veulent garants d'une certaine idée du Tour de France qui "doit rester une fête", selon eux. Ils saluent les spectateurs qui peignent des messages d'encouragements – au palmarès de l'asphalte, les Français Romain Bardet et Warren Barguil, ou le Slovaque Peter Sagan font figure de chouchous – et s'arrêtent à la demande pour effacer un tag.

(...)

"Cette année, les routes sont plutôt propres"

Cette année, le climat se révèle plus tendu que lors des dernières courses. "La présence de Chris Froome a mis le feu aux poudres", analyse Patrick. Dans les 21 lacets de l'Alpe d'Huez, la cote d'amour de l'équipe Sky et du coureur britannique, pourtant blanchi par l'Union cycliste internationale, n'est pas au plus haut. Noms d'oiseaux, allusions au dopage... La route devient une tribune à charge contre la formation, dont le leader est parfois pris à partie physiquement"L'idéal serait un Tour sans inscription, notamment celle faisant allusion au dopage car quand on aime le vélo, on ne veut pas de ça", regrette Pierre. Et de poursuivre, pragmatique :

En se rapprochant de la ligne d'arrivée, un "Sky tricheur" accompagné d'un dessin de seringue barre ainsi la route et fait tiquer les deux "effaceurs". "Ben non, il ne faut pas l'enlever !" insiste un spectateur, témoin de l'opération camouflage, à quelques heures du départ de l'étape. Pierre et Patrick préfèrent ne pas relever la remarque, effacent le message et remontent dans leur véhicule.

Pierre a maquillé un graffiti sur le barrage du Verney (Isère) et passe au suivant, jeudi 19 juillet 2018.Pierre a maquillé un graffiti sur le barrage du Verney (Isère) et passe au suivant, jeudi 19 juillet 2018. (FRANCEINFO)

Ce col mythique du Tour constitue LE rendez-vous des fous de vélo. Impatients, alcoolisés pour certains et sous un soleil de plomb, les spectateurs peuvent vite s'échauffer, ce qui complique leur mission. Avant que les coureurs ne s'élancent, le duo maquille des insultes envers Geraint Thomas, mais laisse de côté certains messages désobligeants.

Pour les messages laissés intacts, les "effaceurs" sont censés prévenir des endroits où ils ne sont pas intervenus. Le diffuseur de la course évite ensuite de les montrer à l'image, lors de la course. Ce jeudi-là, le bilan est celui d'une journée typique, estime Patrick: beaucoup de politique, du dopage et un seul dessin de pénis. "Cette année, les routes sont plutôt propres", constate le Nordiste. Un moindre mal pour un Tour de France mouvementé.

https://www.francetvinfo.fr/sports/tour-de-france/tour-de-france-sur-la-route-avec-les-effaceurs-charges-de-repeindre-les-graffitis-genants-sur-le-bitume_2857831.html

affiche france en marche

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samedi 28 juillet 2018

Comment les politiques de Haute-Vienne réagissent-ils à l'affaire Benalla?

Affaire d'été ou affaire d'Etat ? Alors que les travaux de la commission d'enquête parlementaire sur l'affaire Benalla se poursuivent, les députés En Marche de Haute-Vienne veulent en circonscrire l'importance quand l'opposition fait front commun contre le gouvernement et la présidence.

ACT DEPUTES LREM GORILLE

Sophie Beaudoin Hubiere :


"Fiers de notre Président, de notre majorité - Continuons la transformation du pays"
« Je crois hélas qu'il s'agit d'un comportement d'un homme, mais pas seulement. Pour le dire trivialement, il a pété les plombs et sa proximité avec Emmanuel Macron lui est montée à la tête. Cette personne était un subalterne et ce qui peut m'interpeller, c'est que certains ont accepté un certain nombre de choses. Aujourd'hui, j'ai plus de questions que de réponses. Qu'en est-il de ses dysfonctionnements ? Qu'en est-il de la guéguerre entre la police et la gendarmerie sur la sécurité du président ? »

Djebarri :

 

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Ce week-end, j'ai assisté avec consternation au blocage politique mis en place par l'opposition. On a quoi, dans cette affaire ? Un jeune homme de 26 ans atteint du syndrome de toute-puissance de l'Elysée. Quand on voit l'affaire Cahuzac ou des histoires comme le SAC, on en est quand même loin. »
« Il (macron) n'a pas à se laisser intimider par le contexte politique. Dire qu'il assume, c'est au contraire un courage politique qui me va bien. »
Fier d'appartenir à la majorité

Magne :


« Les faits reprochés sont graves et les différentes réactions de nos concitoyens sont totalement compréhensibles. Hier, notre Président a répondu avec courage à une partie des questions que nous pouvions nous poser. J'étais hier soir jusqu'à 1h en commission des finances sur l'examen du PJL de lutte contre la fraude, qui se poursuit aujourd'hui. Le travail parlementaire doit se poursuivre. Les Français nous ont élus sur la base de notre projet de réformes et nous attendront sur notre bilan. »

https://www.lepopulaire.fr/limoges/politique/2018/07/25/comment-les-politiques-de-haute-vienne-reagissent-ils-a-l-affaire-benalla_12933925.html

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Et ils sont fiers !!!!
Ne confondraient t-il pas cette association politique avec une secte ?!!!
Suivre inconditionnellement un homme qui accumule autant d'erreurs, de malversations, etc, c'est éminemment suspect !

Mais ce qui est le plus grave, c'est les accusations que l'un des députés porte sur la police et la gendarmerie !
Leur chef a fait quelque chose de très mal, son protégé a violé à plusieurs reprises la loi et elle accuse des dysfonctionnements chez les autres et détourne le sujet en parlant de la guéguerre entre gendarmes et policiers !

Et surtout quand elle dit "continuons la transformation du pays", je pense que sa langue a fourché et qu'elle aurait dû dire continuons la destruction de notre pays, cela aurait été plus juste !!!

En ce qui concerne l'autre député, ce n'est guère mieux !
Il compare cette affaire avec l'affaire Cahuzac
Cahuzac a planqué l'argent qu'il a gagné pour payer moins d'impôts, c'est grave mais cela n'a rien à voir avec les multiples infractions de Benalla et de Macron !

Quant au troisième député, et bien elle est fidèle à elle-même !!! Insignifiante et fuyarde !
Mais dire que les Français les ont élus sur la base d'un projet de réforme, là, ou elle est idiote ou elle nous prend pour des imbéciles !

On aurait pu attendre un peu plus d'honnêteté de la part de députés qui, rappelons-le, sont au service des Français et non d'une caste peu soucieuse de la légalité et de la droiture !  S.R.

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vendredi 27 juillet 2018

La république exemplaire...

Voici  un article publié sur notre site (et sur le site national upr.fr) il y a un an: les français commençaient à entrevoir le côté obscur de Macron et de ses copains. Intéressant à rappeler de nos jours où certains semblent découvrir le côté peu éthique de notre président "jupiter"...   P.G.

ARCHIVES 2

== « EN MARCHE » ARRIÈRE ! == Sur un signal envoyé par Richard Ferrand, la majorité macroniste à l’Assemblée nationale rejette l’obligation de casier judiciaire vierge pour être éligible.

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Alors que les députés préparaient l’examen du texte sur la prétendue « confiance dans la vie publique », présenté comme la première « réforme-phare » du quinquennat Macron, le gouvernement a finalement préféré renforcer le dispositif actuel des peines d’inéligibilité et de renoncer au principe du casier judiciaire vierge.
La ministre de la justice, Nicole Belloubet, a expliqué de façon emberlificotée que l’interdiction de se présenter à une élection si le casier n’est plus vierge « pourrait être interprétée » comme « une peine automatique », qui « contreviendrait au principe d’individualisation des peines garanti par la Constitution ».

Deux informations complémentaires spécialement scandaleuses sont à ajouter :

  • d’une part, c’est l’ex-ministre macroniste Richard Ferrand, limogé du gouvernement pour cause « d’affaires » et devenu président du groupe LREM à l’Assemblée nationale, actuellement visé par une plainte de l’association Anticor (anti-corruption) pour abus de confiance, qui a déposé l’amendement supprimant l’obligation d’avoir un casier judiciaire vierge…
  • d’autre part, les débats ont été quasiment interdits puiqu’une partie des parlementaires, notamment la PS Delphine Batho, n’ont même pas pu défendre leurs sous-amendements annulés par l’adoption de celui de Richard Ferrand.

Source : Le Figaro du 25 juillet 2017

Commentaires

L’excuse trouvée par Mme Belloubet est triplement inacceptable.

1°) Qui saisirait le Conseil Constitutionnel ?

Pour qu’inconstitutionnalité il y ait, encore faudrait-il que le Conseil Constitutionnel soit saisi pour la prononcer. Mais qui aurait l’audace de le saisir sur un tel sujet devant l’opinion publique ?

2°) à supposer que le Conseil Constitutionnel soit saisi, rien n’indique qu’il décide qu’une telle disposition serait contraire à la Constitution.
Ou alors, il faudrait qu’il explique pourquoi imposer un casier judiciaire vierge serait contraire à la Constitution si cela concerne un candidat à une élection mais serait autorisé par la même Constitution si cela concerne– comme c’est actuellement le cas – des dizaines de profession : policiers, gendarmes, artisans-taxis, candidats à des concours de la fonction publique, experts-comptables, commissaires aux comptes, huissiers, etc.,

De qui se moque le gouvernement ?

3°) un référendum peut aisément régler la question*

Enfin, même en supposant que le Conseil Constitutionnel soit saisi, et même en supposant qu’il décide qu’une telle disposition serait contraire à la Constitution dès lors qu’elle concernerait des élus, rien n’interdit le président de la République de présenter aux Français par référendum une réforme constitutionnelle proposant de transformer justement en obligation constitutionnelle le fait d’avoir un casier judiciaire vierge.

Conclusion

  • C’est une nouvelle promesse électorale de Macron qui passe à la trappe…
    Chaque jour qui passe révèle ainsi aux Français l’étendue des mensonges électoralistes dont ils ont été abreuvés par le candidat de l’oligarchie euro-atlantiste. Et ce n’est qu’un début !
  • L’UPR maintient, quant à elle, sa promesse d’imposer un casier judiciaire vierge à tout candidat à une élection et à tout élu de la République. Si nous arrivons au pouvoir, nous ferons adopter cette disposition par référendum.

 

François ASSELINEAU

25 juillet 2017

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*En plus, le scandale "Benalla" a éclaté alors qu'une réforme constitutionnelle était sur les rails, l'occasion aurait été parfaite pour revenir sur cet abandon de promesse électorale...Bien entendu, ce n'était pas au programme.   P.G.

AFFICHE SOUVENEZ VOUSDans un pays qui a perdu sa souveraineté, c'est le règne des bandes et des féodalités qui s'installe; d'autant plus rapidement que le chef de l'Etat lui- même est inexpérimenté, immature et narcissique. François Asselneau avait mis en garde contre ce côté inquiétant du personnage...

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Emmanuel Macron et le mépris de la République

TRIBUNE LIBRE / Jacques Sapir

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La déclaration faite le 24 juillet au soir par le Président de la République, M. Emmanuel Macron, est grave[1]. Elle est grave d’un point de vue constitutionnel. Elle est grave d’un point de vue politique. Elle est grave d’un point de vue moral. Nous devons toujours nous souvenir que le Président de la République est le premier magistrat. Sa parole est un acte. Si sa parole menace la Constitution, la mine ou la dévalue, c’est très exactement comme s’il avait agi pour subvertir cette Constitution. Si sa parole menace l’ordre politique, autrement dit la « Cité » dans laquelle nous vivons[2], car cet ordre politique est ce qui organise nos libertés, c’est très exactement comme s’il avait agi contre cet ordre, comme s’il avait pris des mesures niant la souveraineté du peuple. Si sa parole n’est pas morale, alors de quel exemple pourrons-nous tirer les forces de moralité qui sont nécessaires à la vie politique ?

Un acte contraire à la Constitution

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Emmanuel Macron a donc effectué une visite surprise à la réunion des élus de la majorité LREM organisée à la Maison de l’Amérique latine, réunion organisée pour la clôture de la session parlementaire, mardi 24 juillet. Ce faisant, il a visiblement oublié que, dans la Constitution, il n’est pas chef de parti. La Président de la République doit représenter tous les français. Reprenons les différents articles, sans intention d’exhaustivité, qui précisent son rôle de chef de l’Etat et non de chef de parti[3].

Article 5 « Le Président de la République veille au respect de la Constitution. Il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l’État. »

Article 14 : « Le Président de la République accrédite les ambassadeurs et les envoyés extraordinaires auprès des puissances étrangères ; les ambassadeurs et les envoyés extraordinaires étrangers sont accrédités auprès de lui. »

Article 16 : « Lorsque les institutions de la République, l’indépendance de la nation, l’intégrité de son territoire ou l’exécution de ses engagements internationaux sont menacées d’une manière grave et immédiate et que le fonctionnement régulier des pouvoirs publics constitutionnels est interrompu, le Président de la République prend les mesures exigées par ces circonstances, après consultation officielle du Premier ministre, des présidents des assemblées ainsi que du Conseil constitutionnel. »

Article 64 : « Le Président de la République est garant de l’indépendance de l’autorité judiciaire ».

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La fonction décrite soit directement soit indirectement par ces différents articles n’est pas compatible avec la fonction de chef de parti. Bien entendu, la pratique politique nous dit que le Président fait campagne soutenu par un parti ou une alliance de partis. Mais, il est de tradition qu’il abandonne toute position à l’intérieur d’un parti ou d’un mouvement, et qu’il s’abstienne de participer aux réunions du groupe parlementaire qui le soutient à l’Assemblée nationale. Cela participe du principe de division des pouvoirs. Quand ses prédécesseurs recevaient les « ténors » de leur majorité respective, ils le faisaient en privé. En venant dans cette réunion des députés LREM, réunion où la presse était en partie présente, Emmanuel Macron a consciemment et délibérément foulé aux pieds ce principe.

Une subversion de l’ordre politique

Il a aggravé son cas en faisant une déclaration dans cette réunion[4].

Il a ainsi dit, se référant au trouble et au scandale causé par l’affaire Benalla : « “S’ils cherchent un responsable, le seul responsable, c’est moi et moi seul. C’est moi qui ai fait confiance, c’est moi qui ai confirmé la sanction”. Tout d’abord il s’est avancé un peu vite sur la « sanction » qui aurait été prononcée contre M. Benalla le 4 mai. Les auditions devant la commission d’enquête sénatoriale montrent que Benalla est resté actif du 4 au 18 mai, et que son salaire lui a été intégralement versé[5]. Mais, il y a nettement plus grave.

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Cette manière de revendiquer la totalité de la responsabilité pourrait être considérée comme courageuse, si elle avait été faite devant l’ensemble des français. Mais, tel n’a pas été le cas. Emmanuel Macron a prononcé ces mots devant une assemblée de fidèles qui lui était entièrement acquise et ce alors que les français attendent de lui qu’il s’explique depuis le début de l’affaire. Or, jusqu’à présent, le Président n’a trouvé ni le temps ni le courage de venir s’expliquer devant les français. Ce n’est donc pas un discours de Chef de l’Etat, c’est un discours de chef de clan, de chef mafieux, qui parade devant ses obligés.

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Surtout, cette déclaration fait un lointain écho au discours que Benito Mussolini prononça le 3 janvier 1925, devant le Parlement italien, à la suite du meurtre du député Matteotti qui s’était élevé contre les fraudes électorales, les intimidations et les pressions lors des précédentes élections d’avril 1924[6] : « Je vous déclare ici en présence de cette assemblée et devant tout le peuple italien, que j’assume à moi tout seul la responsabilité politique, morale et historique de tout ce qui est arrivé… Si le fascisme n’a été qu’une affaire d’huile de ricin et de matraques, et non pas, au contraire, la superbe passion de l’élite de la jeunesse italienne, c’est à moi qu’en revient la faute !

Si le fascisme a été une association de délinquants, si toutes les violences ont été le résultat d’une certaine atmosphère historique, politique et morale, à moi la responsabilité de tout cela, parce que cette atmosphère historique, politique et morale, je l’ai créée par une propagande qui va de l’intervention dans la guerre jusqu’à aujourd’hui. »

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L’histoire jugera. Mais, la manière de revendiquer toute la responsabilité, comme si le Président était la seule source d’autorité, est profondément choquante au regard des traditions politiques et de la pratique de la République. La phrase prononcée par Emmanuel Macron subvertit, tant dans la forme que dans le fond, de manière tant directe qu’indirecte, l’ordre politique républicain actuel en France.

Une faute morale

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En aparté à cette réunion, Emmanuel Macron aurait alors déclaré : « qu’ils viennent me chercher »[7]. Mais, de qui parlait-il ? Des parlementaires de la France Insoumise qui souhaitent qu’il témoigne devant la commission d’enquête ? En réalité, on sait que ce n’est pas possible. Il suffit de regarder tant le texte de la Constitution que la pratique qui en a été faite. D’ailleurs, en vertu de l’article 67 de la Constitution, le Président de la République est irresponsable : « Le Président de la République n’est pas responsable des actes accomplis en cette qualité, sous réserve des dispositions des articles 53-2 et 68.

Il ne peut, durant son mandat et devant aucune juridiction ou autorité administrative française, être requis de témoigner non plus que faire l’objet d’une action, d’un acte d’information, d’instruction ou de poursuite. »

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La phrase d’Emmanuel Macron prend alors l’apparence d’une rodomontade, d’un défi sans risque. Ce n’est pas une attitude de Chef de l’Etat. Au mieux, c’est une attitude d’enfant en cours de récréation. On peut y voir le manque de sérieux qu’Emmanuel Macron porte tant à sa fonction qu’aux français. Quel que soit le bout par lequel on prend cette déclaration, elle apparaît bien comme une faute morale. Elle s’apparente aux mots qui furent prêtés à Marie-Antoinette : « ..s’ils n’ont pas de pain, qu’ils mangent de la brioche ». On en connaît les suites.

Et si Emmanuel Macron devait être pris au mot, si les français se décidaient – dans un mouvement insurrectionnel ou révolutionnaire – à venir le chercher à l’Elysée, sa provocation aurait des conséquences véritablement incalculables. Après avoir subverti l’ordre constitutionnel, après avoir subverti l’ordre politique, son comportement nous conduirait aux portes de la guerre civile.

Notes

[1] https://www.francetvinfo.fr/politique/emmanuel-macron/agression-d-un-manifestant-par-un-collaborateur-de-l-elysee/affaire-benalla-le-responsable-c-est-moi-declare-emmanuel-macron-face-a-la-majorite_2865345.html

[2] Car la Cité romaine n’est pas la ville, mais la communauté des citoyens. Cicéron, De res publica, (I-26-41). Voir Cicéron, La République, traduction d’Esther Breguet, T-1, Paris, Les Belles Lettres, 1980.

[3] http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/root/bank/pdf/conseil-constitutionnel-5074.pdf

[4] https://www.rtl.fr/actu/politique/qu-ils-viennent-me-chercher-de-qui-parle-emmanuel-macron-7794223998

[5] http://www.leparisien.fr/politique/benalla-a-finalement-touche-son-salaire-pendant-sa-suspension-25-07-2018-7833378.php

[6] http://www.gauchemip.org/spip.php?article8465

[7] https://www.rtl.fr/actu/politique/qu-ils-viennent-me-chercher-de-qui-parle-emmanuel-macron-7794223998

https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-emmanuel-macron-et-le-mepris-de-la-republique-par-jacques-sapir/

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