dimanche 15 octobre 2017

Lafarge en Syrie : Fabius pourrait être entendu par la justice pour son «éventuelle responsabilité»

Des anciens salariés de Lafarge ont demandé que l’ancien ministre des Affaires étrangères français soit auditionné par la justice dans le cadre des affaires que le cimentier faisait avec Daesh en Syrie.

ACT FABIUS 1

Représentés par l’ONG Sherpa, qui a mis en lumière le scandale de la collaboration du cimentier franco-suisse Lafarge avec l’Etat islamique en Syrie, des anciens employés de l’entreprise ont demandé que Laurent Fabius, alors en responsabilité, soit entendu par la justice afin de déterminer son éventuelle implication dans ce dossier.

D’après France info, qui a révélé cette information, l’organisation souhaite aussi faire entendre deux anciens ambassadeurs de France en Syrie.

«La justice française ne doit oublier aucun acteur dans cette affaire. […] L’Etat doit être exemplaire, les juges doivent donc rechercher son éventuelle responsabilité», a déclaré Marie-Laure Guislain, à propos de l’ex-ministre des Affaires étrangères français.

Plusieurs responsables ont pointé la responsabilité de la diplomatie française dans le maintien du cimentier en Syrie après la prise de contrôle du territoire où se trouvait l’usine par l’Etat islamique. Lafarge aurait versé à l’organisation terroriste 20 000 euros par mois contre  un laisser-passer pour ses camions.

«Le quai d’Orsay nous dit qu’il faut tenir, que ça va se régler […] On allait voir, tous les six mois, l’ambassadeur de France pour la Syrie et personne ne nous a dit : « Maintenant il faut que vous partiez »», avait relevé devant les enquêteurs Christian Herrault, ex-directeur général adjoint opérationnel.

Mais, d’après France info, le ministère contesterait cette information. «Nous avons alerté le groupe Lafarge sur les risques encourus à rester en Syrie», a-t-on déclaré à la radio d’Etat.

L’information judiciaire ouverte pour financement d’une organisation terroriste devrait permettre d’y voir plus clair.

RT – 13 oct. 2017

http://arretsurinfo.ch/lafarge-en-syrie-fabius-pourrait-etre-entendu-par-la-justice-pour-son-eventuelle-responsabilite/

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lundi 2 octobre 2017

Le double jeu US en Syrie: pourquoi les actions s’écartent des discours

Alors que la Russie mène depuis deux ans une opération antiterroriste en Syrie, Washington affirme que la lutte contre le terrorisme est l’objectif primordial des États-Unis. Néanmoins, les déclarations du Pentagone diffèrent de ses actions. Les experts militaires reviennent sur ce sujet pour commenter à Sputnik ce «double jeu» américain en Syrie.

1033032989Prônant la lutte antiterroriste sur le territoire syrien comme étant l'une des priorités de la politique des États-Unis, Washington semble agir à l'inverse de ses déclarations. Moscou a maintes fois dénoncé le «double jeu» des autorités américaines en Syrie, notamment en publiant récemment des clichés attestant de la présence, confirmée par des photos aériennes prises dans la région de Deir ez-Zor, des Forces démocratiques syriennes (FDS) et d'unités spéciales américaines dans des zones contrôlées par Daech. À l'occasion des deux ans des opérations antiterroristes russes en Syrie, les experts militaires expliquent à Sputnik les raisons de cette politique de Washington.

«Amitié avec tout le monde»

«C'est la base de la politique américaine au Proche Orient, soutenir les uns et les autres. Le résultat, premièrement, c'est qu'ils créent un système de charges et de contrepoids lorsque les alliés sont bien tenus, tandis que les structures d'opposition ne gagnent pas en puissance. Dans le cas d'un soutien à l'opposition intérieure à un État, ils ne cherchent qu'une chose. Lorsque l'un de ces régimes tombe, ils ont déjà une certaine structure qui, étant favorable aux Américains, va prendre la relève et diriger le pays. Ce qui compte le plus pour eux, c'est la loyauté à leur égard dans la région», a expliqué à Sputnik le spécialiste de l'Académie russe de l'économie nationale, Sergueï Demidenko.

Cette même idée est partagée par la conseillère du directeur de l'Institut russe des recherches stratégiques, Elena Souponina.

«La Russie est beaucoup plus intéressée que les États-Unis par le règlement du conflit syrien, c'est évident. Officiellement, les Américains mènent également une lutte contre le terrorisme dans ce pays. Cependant, Washington n'a pas oublié l'objectif de renversement du pouvoir en Syrie. C'est pour cette raison que les Américains sont en coquetterie avec les autres forces, y compris radicales, en espérant les utiliser dans l'avenir contre le gouvernement de Bachar el-Assad», a-t-elle affirmé, à son tour.

«Avec la disparition de Daech, l'idée persiste toujours»

Malgré tous ces obstacles, qui compliquent le règlement de ce conflit de longue haleine, de plus en plus de Syriens reprennent le rythme normal de leur vie, oublié pendant toutes ces années, lorsque le pays était sous l'emprise de Daech.

Mais malgré le nombre de victoires significatives faisant reculer les djihadistes, les experts restent plutôt sceptiques à ce sujet.

Ainsi, selon Mme Souponina, la défaite de Daech ne mettra pas fin au terrorisme en Syrie.

«Il y a d'autres organisations terroristes comme le front al-Nosra qui garde le contrôle sur la province d'Idlib, la lutte avec ce groupe nécessitera des efforts supplémentaires», a-t-elle argumenté.

En outre, l'experte est persuadée que les djihadistes de Daech se sont préparés à ces défaites, en élaborant leur stratégie.

«Malheureusement, ce ne sont pas tous les terroristes de cette organisation qui vont être éliminés, beaucoup d'entre eux vont s'installer dans d'autres pays, y compris en Europe. L'organisation terroriste perd une partie de ses points stratégiques en Syrie mais, à mon avis, il serait encore trop optimiste de parler d'extermination totale», a-t-elle poursuivi.

C'est par ailleurs le même constat fait par Sergueï Demidenko, en soulignant que «si ce n'est pas Daech, ce sera bien quelqu'un d'autre».

«Même avec la disparition de Daech, son idéologie persistera toujours. L'islam radical attire des individus qui estiment que le monde n'est pas fait de la façon dont il devrait être…. Tous ces frustrés se regroupent sous les drapeaux de l'islam radical et plaident en faveur de leurs droits puisque l'islam officiel s'associe pour eux avec la corruption, la trahison, etc.», a-t-il relaté.

Dans le même temps, M.Demidenko n'exclut pas une nouvelle spirale de la guerre civile après «la défaite d'un ennemi commun en la personne de Daech».

«On ne peut pas encore, bien évidemment, parler de règlement politique total… Le Front al-Nosra, Ahrar al-Cham, Jaych al-Islam, ne pourront pas coexister avec le régime de Bachar el-Assad», a-t-il conclu.

Le 30 septembre 2015, les forces aérospatiales russes ont réalisé leurs premières frappes contre les positions du groupe terroriste Daech en Syrie. En deux ans, l'aviation russe a effectué plus de 30.000 sorties, portant plus de 92.000 frappes aériennes. Ceci a permis de libérer plus de 89% du territoire syrien.

https://fr.sputniknews.com/international/201709301033267761-syrie-daech-usa/

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mercredi 20 septembre 2017

Et si le «multilatéralisme» de Macron n'était qu'une version édulcorée de la ligne Trump ?

Nul doute que le discours d'Emmanuel Macron à l'Assemblée générale de l'ONU semble être l'antithèse de celui tenu par Donald Trump un peu plus d'une heure plus tôt. Pourtant, à bien y regarder, les divergences sont avant tout dans les apparences.

59c1647e09fac296168b4567S'exprimant peu de temps l'un après l'autre, Donald Trump et Emmanuel Macron ont chacun livré leur premier discours à l'Assemblée générale des Nations unies ce 19 septembre. Très attendues, les allocutions respectives des deux chefs d'Etat ont frappé par leurs dissonances.

Multipliant les références aux menaces futures et invoquant volontiers la force de l'armée américaine, Donald Trump a souhaité donner à son discours des accents quasi bellicistes. A l'inverse, évoquant à de multiples reprises des témoignages d'individus confrontés à l'exil, aux catastrophes naturelles ou à la guerre, Emmanuel Macron a misé sur la compassion et l'émotion.

Mais c'est surtout leurs visions respectives des relations internationales qui pourraient sembler, de prime abord, en opposition frontale. Tandis que Donald Trump a clairement donné le ton, réaffirmant la volonté claire des Etats-Unis de se défendre coûte que coûte, Emmanuel Macron a appelé au dialogue et à la négociation, allant jusqu'à citer la Chine et la Russie comme partenaires. Le président français a d'ailleurs répété à l'envi le mot «multilatéralisme», semblant vouloir poser les jalons d'une doctrine contrastant avec ce qui, dans les propos du président américain, a pu ressembler à une défense de l'unilatéralisme. Mais derrière les apparences et les discours, le clivage est-il aussi net et la vision des deux hommes si différente ?

Le «multilatéralisme» de Macron : un concept creux ?

C'est le mot que le président français a souhaité que les commentateurs retiennent. Avec des accents rappelant parfois Barack Obama, susceptibles de plaire à une frange anti-Trump de l'opinion américaine, Emmanuel Macron a martelé sa volonté de «dialoguer avec tous et toutes». S’appuyant sur l'exemple de 1945, convoqué à de nombreuses reprises au cours de son allocution pour évoquer les succès d'un monde capable de surmonter les déchirures de la guerre, il a posé un objectif clair : «Notre défi contemporain, celui de notre génération est de savoir refonder le multilatéralisme.»

D'emblée, la référence historique semble pourtant porteuse d'une certaine contradiction. En effet, l'après-guerre n'est pas la période de notre histoire pendant laquelle le multilatéralisme semble avoir le plus fait florès. Marquée par la constitution de deux blocs ennemis et d'une diplomatie pour le moins parcourue de tensions, elle fait bien plutôt figure d'ère de divisions et d'escalade verbale tant que militaire. Contresens dans la bouche d'Emmanuel Macron, la référence aurait en revanche parfaitement pu seoir à Donald Trump, qui a évoqué «les Etats voyous» et «les Etats vertueux», dans une véritable réactualisation de l'«axe du mal» cher à George W. Bush.

Au-delà des mots, l'ode au multilatéralisme d'Emmanuel Macron pose des questions concrètes. N'y a-t-il pas, en effet, une contradiction à vanter un monde multipolaire tout en regrettant que les Etats aient «trop souvent laissé entendre des dissonances» ? A quoi sert un concert de voix si tous doivent chanter en chœur ? «Nous avons besoin d'un Conseil de sécurité qui puisse prendre des décisions efficaces et ne pas rester enfermé dans le droit de veto quand des crimes de masse sont organisés», a même été jusqu'à affirmer le président français – de quoi rappeler... les propos tenus quelques minutes plus tôt par Donald Trump, qui annonçait vouloir «réformer l'ONU» pour la rendre «plus efficace et plus performante».

Opposés sur la forme, unis sur le fond ?

Loin de représenter une doctrine pacifiste, le multilatéralisme d'Emmanuel Macron «n'exclut pas le recours à guerre», a précisé celui-ci lors d'une conférence de presse tenue après son discours. Réciproquement, la vision des relations internationales défendue par Donald Trump, admettant de manière franche l'éventualité d'un conflit armé, n'était pas exempte d'égards et de prise en compte du dialogue diplomatique. «En Arabie saoudite, j'ai eu le grand honneur de m'adresser à plus de 50 chefs d'Etat de pays arabes ou musulmans», a par exemple souligné le président américain, soucieux de battre en brèche l'idée selon laquelle les Etats-Unis seraient isolés et en froid avec le monde musulman.

Un éloge du dialogue international n'excluant toutefois pas la possibilité d'une guerre est-il foncièrement moins belliciste qu'un discours admettant clairement la possibilité d'un conflit armé tout en appelant à la coopération? Certaines ressemblances entre la ligne d'Emmanuel Macron et celle de Donald Trump accroissent encore davantage le doute. Ainsi, alors que la Chine et la Russie appellent à un «double gel» des tensions dans la crise nord-coréenne, les présidents américains et français estiment à l'unisson que Pyongyang est responsable de l'escalade récente – «la Corée est à la poursuite effrénée de l'arme nucléaire» dans le lexique de Donald Trump, «Pyongyang a franchi un seuil majeur» dans celui d'Emmanuel Macron. Au sujet du Venezuela, difficile également de saisir la nuance entre la partition jouée par le chef d'Etat français et le chef d'Etat américain, si ce n'est que le premier parle de «tendances dictatoriales» quand l'autre parle de «dictature socialiste».

Demeurent bien sûr les différends, au premier chef desquels l'accord sur le climat, fustigé par Donald Trump mais au sujet duquel Emmanuel Macron a affirmé qu'il «ne reculerai[t] pas»... tout en prenant soin de rappeler qu'il s'assurerait qu'il reste toujours une «porte ouverte» pour les Etats-Unis. Faut-il voir là une volonté de la part du locataire de l'Elysée, sur les rares sujets où Washington et Paris sont en désaccord, de ne pas assumer d'opposition frontale vis-à-vis de son homologue américain ?

Pour trouver un début de réponse à cette question, il est utile de se pencher sur la manière dont Emmanuel Macron a abordé le second point de divergence profonde entre les deux chefs d'Etat : le traité de Vienne de 2015 sur la question du nucléaire iranien. De nombreux médias rapportent que le président français aurait déclaré : «Dénoncer l'accord sur le nucléaire iranien serait une grave erreur.»

A y regarder de plus près, les propos exacts d'Emmanuel Macron sont légèrement plus subtils : «Le dénoncer aujourd'hui, sans rien proposer d'autre, serait une lourde erreur». Y aurait-il, là aussi, une porte ouverte ?

https://francais.rt.com/international/43443-si-multilateralisme-macron-etait-version-edulcoree-ligne-trump

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mercredi 13 septembre 2017

Le Venezuela envoie 10 tonnes d’aide humanitaire à Saint-Martin, malgré la position de Paris

En dépit des propos de son homologue français, qui avait qualifié son gouvernement de dictature, le président vénézuélien Nicolas Maduro a annoncé l'envoi d'aide humanitaire à l’île française dévastée par l’ouragan Irma.

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Le gouvernement du Venezuela a annoncé le 10 septembre qu'il ferait parvenir 10 tonnes d'aide humanitaire à l'île de Saint-Martin, ravagée par l'ouragan Irma. Des biens de première nécessité tel que de l’eau, de l'équipement de secours, des vêtements ou encore des matelas seront envoyés sur place.

Le ministre des Relations intérieures, de la Justice et de la Paix Néstor Reverol a déclaré que ces aides seraient livrées par un avion des Forces armées nationales bolivariennes (FANB) selon le quotidien El Nacional.

Face au désastre humanitaire à Saint-Martin, le ministre vénézuélien des Relations extérieures, Jorge Arreaza, s'est exprimé sur Twitter : «Le Venezuela et l'ALBA [Alliance bolivarienne des peuples de notre Amérique] seront toujours présents pour tendre leur main fraternelle face à toute difficulté. Nous sommes encore en alerte dans les Caraïbes.»

Dix personnes sont mortes et plus d'une centaine ont été blessées dans la partie française de Saint-Martin à la suite du passage de l'ouragan Irma. On estime à 95% le pourcentage d’habitations détruites.

Couac diplomatique entre Macron et le Venezuela

L'annonce de l'aide apportée à l'île française par le gouvernement vénézuélien survient alors que les relations sont au plus bas entre le pays d'Amérique latine, qui traverse une grave crise, et Paris.

Le 29 août, dans un discours face aux ambassadeurs français, Emmanuel Macron avait notamment qualifié le Venezuela de «dictature qui tente de survivre au prix d'une détresse humanitaire sans précédent, alors même que les ressources de ce pays restent considérables».

Réponse dès le lendemain du ministre Jorge Arreaza dans un communiqué : «Les propos du président de la République française démontrent une profonde méconnaissance de la réalité.»

Le ministre vénézuélien avait alors appelé au «respect pour sa démocratie», estimant que l'intervention verbale du dirigeant français constituait une «ingérence» dans les affaires du Venezuela.

L'Alliance bolivarienne au secours d'une île française

Le ministre Néstor Reverol a souligné que l'initiative vénézuélienne faisait partie de la coopération internationale de l'ALBA, même si l'île de Saint-Martin n’en est pas membre.

Initiée en 2004 par Fidel Castro et Hugo Chavez, l'ALBA est une organisation politique, culturelle, sociale et économique vouée au renforcement de la coopération économique et écologique entre certains pays d’Amérique latine et des Caraïbes, comme Cuba, la Bolivie, le Venezuela ou encore Sainte-Lucie. Une alliance par ailleurs chère à Jean-Luc Mélenchon, qui souhaitait y faire adhérer la Guyane et les Antilles françaises.

https://francais.rt.com/international/43052-peu-rancunier-venezuela-humanitaire-saint-martin-ouragan-irma

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mardi 5 septembre 2017

Essai nucléaire nord-coréen : légitime et nécessaire

La République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) vient de réussir spectaculairement, dimanche 3 septembre, son sixième essai nucléaire. Le gotha des élites politico-médiatiques mondialisées redouble d’indignation contre ce qu’il qualifie de « nouvelle provocation ».

ARG RUPTURES COREE

Il convient de rappeler d’emblée que, contrairement à une affirmation ressassée, ce pays ne viole nullement le droit international, puisqu’il s’était retiré du traité de non-prolifération en 2003. Et il n’est au pouvoir légal de personne, fût-ce du Conseil de sécurité, d’interdire unilatéralement à un Etat de choisir son armement, dès lors qu’il n’en fait pas un usage d’agression.

Mal placés

Cette quasi-unanimité à elle seule, au sein de laquelle l’Union européenne entend prendre toute sa part comme vient de l’y inviter Emmanuel Macron, devrait inciter tout esprit raisonnable à la prudence critique face à ce consensus obligé. D’autant que ceux qui s’étranglent de colère et de menaces sont particulièrement mal placés pour condamner le programme atomique de Pyongyang : les cinq puissances membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU sont précisément celles qui détiennent l’arme nucléaire – et en quantité évidemment incomparable avec ce que prépare le gouvernement nord-coréen.

Parmi ces dernières, les trois pays occidentaux – la France, le Royaume-Uni, et bien sûr les Etats-Unis – sont bien connus pour leur comportement particulièrement pacifique et modéré. Jamais, au grand jamais, il n’est venu à l’idée de leurs dirigeants d’attaquer, de mener des actions hostiles, voire de menacer un pays tiers…

Quant aux autres puissances nucléaires « officieuses » – mais dont personne ne met en doute, ni en cause, qu’elles possèdent la bombe atomique – elles sont des modèles de pacifisme. Ainsi, il y a quelques jours encore, Inde et Pakistan étaient à deux doigts d’affrontements armés sur les territoires disputés du Cachemire. Quant à Israël, c’est bien simple : la simple évocation de la force militaire – contre ses voisins ou dans les territoires occupés – provoquerait un tollé général, tant au sein dU pouvoir que dans la population…

Irrationnel et imprévisible ?

Il n’y a donc que la Corée du Nord dont la nucléarisation représenterait une menace pour l’humanité… Et pour cause, nous explique-t-on : son dirigeant Kim Jong-un, comme ses prédécesseurs, est irrationnel et imprévisible.

On peut penser ce qu’on veut de la RPDC (et il est vivement conseillé de penser le plus grand mal d’un des derniers pays du monde même pas capable de créer une Bourse ou des marchés financiers), s’il y a bien un reproche qu’on ne peut certainement pas lui faire, c’est d’être irrationnelle. Depuis la fin de la guerre de Corée (1950-1953), ce pays a, en politique étrangère, un objectif majeur dont elle n’a pas bougé : obtenir des garanties de sécurité, et pour ce faire signer un Traité de paix avec, en particulier, les Etats-Unis.

Depuis plus d’un demi-siècle, Washington ne veut aucunement entendre parler d’un traité de paix

Et depuis plus d’un demi-siècle, Washington ne veut aucunement en entendre parler. Les quelques tentatives de dégel entre les deux puissances ont toutes été finalement sabotées par la partie américaine. A Pyongyang, on en est venu à la conclusion que la possession de la dissuasion nucléaire était le seul moyen d’écarter la menace d’agression.

Car – faut-il le rappeler ? – il n’est jamais venu à l’idée des dirigeants nord-coréens d’attaquer, d’envahir et d’occuper pas plus le Japon que les Etats-Unis… L’histoire montre que la réciproque n’est pas tout à fait exclue.

Si l’Afghanistan, l’Irak ou la Libye avaient détenu l’arme nucléaire, les stratèges occidentaux y auraient certainement regardé à deux fois avant de déchaîner leurs bombardiers et leurs fantassins…

Souffre-t-on de paranoïa dans les couloirs du pouvoir nord-coréen ? Il y a quelques années encore, les naïfs pouvaient soutenir cette thèse. Après l’invasion de l’Afghanistan, l’occupation de l’Irak, et l’attaque contre la Libye, force est pourtant de constater que si ces pays avaient détenu l’arme nucléaire, les stratèges occidentaux y auraient certainement regardé à deux fois avant de déchaîner leurs bombardiers et leurs fantassins… avec les résultats que l’on sait.

On peut certes souhaiter un monde débarrassé des armes et des guerres. Le moins qu’on puisse dire est qu’une telle perspective n’est pas à la veille de se réaliser. Dès lors, aussi insatisfaisant soit-il, l’« équilibre de la terreur » reste un facteur dissuasif contre les agressions extérieures. En ce sens, la possession effective et opérationnelle par la RPDC des charges nucléaires et de la balistique associée calmerait à l’évidence les velléités d’agression tournées contre elle. Et serait donc, aussi paradoxal que cela puisse paraître, un facteur d’apaisement.

https://ruptures-presse.fr/actu/rpdc-coree-nord-pyongyang-nucleaire/

Moscou évoque une «riposte militaire» face au bouclier antimissile US en Corée du Sud

Dénonçant une menace pour sa sécurité, la Russie a une fois de plus exprimé son attitude hostile à l’égard du bouclier antimissile américain Thaad que Séoul et Washington envisagent de renforcer suite au dernier essai nucléaire nord-coréen.

 

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La perspective d'un renforcement du bouclier antimissile américain Thaad en Corée du Sud suscite la préoccupation de Moscou, qui dénonce une menace pour la sécurité à proximité de ses frontières et évoque la possibilité d'une riposte.

«Au cas où la situation évoluerait à un rythme aussi inquiétant, il se posera inévitablement la question de notre réaction, dans le sens militaire», a indiqué ce lundi le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, évoquant la nécessité de créer des «contrepoids» au Thaad.

«Nous n'avons jamais caché notre attitude hostile à l'égard de ces projets», a-t-il ajouté.

Dans ce contexte, le diplomate a expliqué que les éléments du Thaad étaient susceptibles de s'intégrer à des boucliers antimissiles plus puissants et possédant un rayon d'action plus important. Par conséquent, le Thaad pourrait constituer une composante d'un vaste bouclier antimissile américain.

La Corée du Sud et les États-Unis ont exprimé dimanche leur intention de déployer davantage de systèmes de défense antimissile en réponse à l'essai nucléaire réalisé dimanche par la Corée du Nord. Deux lance-missiles du bouclier antimissile américain Thaad (Terminal High-Altitude Area Defense) ont déjà été installés en Corée du Sud et sont opérationnels. Mais Séoul avait ensuite gelé tout déploiement supplémentaire en raison des préoccupations des habitants quant à l'impact du système sur l'environnement.

https://fr.sputniknews.com/international/201709041032902411-russie-coree-sud-thaad-usa/

Le déploiement du THAAD en Corée du Sud sape la stabilité de la région, selon Pékin

La Chine s’est dite préoccupée du déploiement du bouclier dit antimissile THAAD que l’armée américaine a déjà entrepris mercredi sur un site en Corée du Sud, dans un contexte de tensions dans la région en raison du programme nucléaire et balistique de la Corée du Nord. Afin de protéger sa sécurité, Pékin «prendrait des mesures décisives».

Pékin a exprimé à Washington et à Séoul sa grave préoccupation du processus du déploiement du bouclier antimissile THAAD sur le site en Corée du Sud.

« Nous poursuivrons avec attention les communiqués sur le déploiement du THAAD. A cet égard, nous avons déjà exprimé aux Américains et aux Sud-Coréens notre vive inquiétude », a déclaré lors d'un briefing le représentant officiel de la diplomatie chinoise Geng Shuang.

Il a également indiqué que les actions des États-Unis et de la Corée du Sud nuisaient aux intérêts stratégiques chinois et provoquaient une escalade des tensions sur la péninsule coréenne.

« La Chine prendra toutes les mesures décisives nécessaires pour assurer la sécurité de ses intérêts », a-t-il ajouté.

M. Shuang a souligné que le déploiement du bouclier antimissile THAAD en Corée du Sud sapait l'équilibre stratégique, la dénucléarisation de la péninsule, ainsi que la paix et la stabilité dans la région. Il a appelé les États-Unis et la Corée du Sud à arrêter le processus du déploiement du bouclier antimissile.

Malgré les protestations acharnées de la population locale, les forces américaines ont livré mercredi les premiers éléments du bouclier antimissile THAAD sur le site où il sera installé en Corée du Sud, un projet destiné à contrer la menace nord-coréenne.

Les États-Unis et la Corée du Sud ont convenu en juillet dernier de déployer le système de défense antimissile pour faire face aux menaces de la Corée du Nord.

Le ministère de la Défense sud-coréen a précisé que des éléments du Terminal High Altitude Area Defense (THAAD) avaient été transférés vers le site retenu, qui était auparavant un parcours de golf, dans le comté de Seongju, dans le sud du pays.

https://fr.sputniknews.com/international/201704261031096828-deploiement-thaad-coree-du-sud-sape-stabilite-regionale-pekin/

Menace nord-coréenne: après la bombe à hydrogène, une arme électromagnétique?

Sans pouvoir reprendre leur souffle entre chaque essai nord-coréen, les États-Unis se trouvent maintenant confronté à une autre menace, affirme le Daily Mail. Il s'agit d'une possible impulsion électromagnétique (IEM) lancée par Pyongyang, capable de perturber le réseau électrique et les télécommunications sur le continent américain.

Le dernier test nord-coréen d'une bombe à hydrogène a éveillé l'inquiétude concernant une impulsion électromagnétique (IEM) capable de détruire les réseaux électriques aux États-Unis, indique le Daily Mail. Si la bombe testée dimanche pourrait rayer une ville de la carte, l'IEM est susceptible de semer le chaos sur une zone beaucoup plus vaste.

L'agence centrale de presse nord-coréenne (KCNA) a mis en garde contre l'utilisation d'une «bombe nucléaire possédant une énorme force destructrice, qui peut être déclenchée à de hautes altitudes pour une attaque superpuissante à impulsion électromagnétique».

L'IEM, une émission d'ondes électromagnétiques brève et de très forte amplitude, survenue haut dans l'atmosphère, par exemple, à une altitude de quelque 400 km, est capable de détruire de nombreux appareils électriques et électroniques à peu près partout sur le continent américain.

Ce qui laissera les hôpitaux sans électricité, les établissements civils et gouvernementaux incapables de se coordonner et fera se désagréger rapidement les structures sociales.

Des craintes quant à une impulsion électromagnétique possiblement effectuée par la Corée du Nord avaient déjà été émises. En mars dernier, l'ex-chef de la CIA (1993-1995) James Woolsey l'avait qualifiée de «principale menace, la plus importante et la plus dangereuse pour les États-Unis» dans une interview accordée au San Diego Union-Tribune.

«Si l'on examine le réseau électrique et ses capacités, il s'avère que nous nous retrouverons dans un monde sans livraison de nourriture, sans purification de l'eau, aucune opération bancaire possible, sans télécommunication et médecine», avait-il affirmé.

En cela, plus haut la bombe explose, plus vaste est la zone sinistrée.

La Corée du Nord a annoncé dimanche avoir mené un essai souterrain d'une bombe à hydrogène destinée à un missile à longue portée, relate la télévision nord-coréenne. Qualifiant l'essai de «réussite totale», Pyongyang a également affirmé que sa bombe H pouvait être montée sur un missile.

Le test a provoqué deux secousses de magnitude 6,3 et 4,6 respectivement. L'agence météorologique du Japon (JMA) a par la suite affirmé que celles-ci étaient d'une puissance au moins 10 fois supérieure à celle du dernier essai nucléaire nord-coréen mené l'an passé.

https://fr.sputniknews.com/international/201709041032908029-coree-nord-arme-electromagnetique/

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Les leçons à tirer du face à face indo-chinois à la frontière

L’affrontement entre la Chine et l’Inde à la jonction Donglang / Doklam (jonction de l’Inde, de la Chine et du Bouthan)*, a pris fin au bout de deux mois. Les deux camps ont crié victoire.

ARG INDE 1

L’Inde a souligné le double retrait, ou retrait simultané, (elle a utilisé le terme euphémique de « désengagement ») des deux camps de la zone contrôlée par la Chine (également revendiquée par le Bhoutan) dans laquelle les troupes indiennes avaient fait intrusion. En ce qui concerne la Chine, elle a confirmé que les 50 derniers soldats indiens avaient quitté la région, sans dire que les troupes chinoises s’étaient aussi retirées. Ce que Pékin a dit, c’est qu’il continuerait à «maintenir une présence militaire et à patrouiller » la région, et à « ajuster et déployer » ses forces en fonction de la situation.

Si victoire il y a, elle réside dans le fait que les deux camps ont reculé devant une nouvelle escarmouche frontalière, après la guerre de 1962. C’est en soi une raison tout à fait suffisante de pousser un soupir de soulagement. La perspective que deux puissances nucléaires qui représentent à elles seules plus d’un tiers de la population mondiale, entrent en guerre était vraiment effrayante.

C’est aussi une victoire pour la multipolarité émergente. Le choc des deux titans, tous deux membres de BRICS, pourrait affaiblir, sinon détruire, les BRICS tel que nous le connaissons.

New Delhi avait besoin de se sortir rapidement de cette impasse sans perdre la face tout autant que Pékin. Les chutes de neige imminentes et la baisse des températures en dessous de zéro allaient bientôt rendre intenable la situation des troupes indiennes stationnées sur le plateau de l’Himalaya. Modi avait réclamé publiquement un double retrait et l’accord chinois était le meilleur qu’il pouvait espérer. Il savait probablement depuis le début que l’Empire du Milieu ne renoncerait pas à construire sa route dans la zone sous contrôle chinois.

En vérité, le chantier de la route chinoise avait servi de prétexte, de feuille de vigne, à l’incursion de l’Inde dans une zone sur laquelle elle n’a aucun droit. L’ambassadeur chinois à New Delhi avait prévenu l’Inde de la construction de la route à l’avance. L’Inde a fait semblant de l’ignorer et a pris prétexte du prétendu changement du statu quo pour empiéter sur le territoire chinois, en prétendant qu’il venait défendre le Bhoutan en vertu d’un traité qui la lie à ce pays. Des sources à Thimphou ont affirmé que New Delhi mentait. Le Bhoutan n’avait pas sollicité l’aide de l’Inde. Leur traité d’amitié n’est pas un traité de défense et il ne comporte pas d’engagement de défense mutuelle.

Il est devenu évident pour beaucoup de Bhoutanais que l’aventurisme militaire indien à Donglang / Doklam avait pour but de nuire aux relations sino-bhoutanes pour empêcher le parti pro-Pékin de remporter les élections au Bhoutan l’année prochaine. Exactement comme l’Inde avait réussi à le faire dans l’élection précédente, en 2013, en réduisant les subventions indiennes sur l’essence et le gaz domestique pour le Bhoutan.

Ce qui a mis Pékin particulièrement en colère, c’est que les Indiens sont entrés dans la zone contrôlée par les Chinois sur laquelle New Delhi n’a aucun droit, et cela à partir du secteur de Sikkim où la frontière a été établie par un traité entre Qing China et l’Inde britannique en 1890.

Tandis que l’arrivée du mauvais temps sur le plateau de l’Himalaya préoccupait les troupes indiennes qui y avaient fait incursion, ce qui inquiétait Pékin était que Modi joue les « abonnés absents » au sommet des BRICS qui se tient à Xiamen, en Chine, du 3 au 5 septembre. Cela constitutiait un affront pour l’hôte chinois. La Chine attache beaucoup d’importance aux BRICS et à leur apparence d’unité. Pékin ne veut pas être vu comme celui qui a  causé une fracture, et encore moins une rupture, entre les BRICS. Après plus de deux mois de bataille verbale à travers l’Himalaya, la Chine a fait la concession tactique de la onzième heure pour garantir le succès du sommet des BRICS.

On est enfin sorti de l’impasse de la frontière, en dépit des cris nationalistes, et même chauvins et bellicistes, de ceux qui ne font que jacasser dans les deux pays. Quelles leçons la Chine et le Bhoutan peuvent-elles tirer de cet incident ?

Les Bhoutanais, en particulier les jeunes générations qui veulent un développement économique, doivent prendre leur destinée entre leurs propres mains. Cela implique de ne pas se laisser intimider par les menaces de New Delhi et de voter pour le parti qui peut obtenir de la Chine l’aide, les investissements et les touristes dont le pays a besoin. C’est seulement à ce prix qu’ils pourront se libérer du handicap d’être un protectorat de facto de l’Inde. Et il y a actuellement une opportunité à saisir avec le boom de la construction de la nouvelle route de la soie.

Les Chinois doivent se préparer à payer le prix de leur objection de principe à l’entrée de l’Inde dans le groupe des Fournisseurs nucléaires**. Il leur faut aussi prendre la mesure, et agir en conséquence, de l’opportunisme de l’Inde en matière de politique étrangère. l’Inde se fiche des traités bilatéraux et des conventions internationales, tout autant que de son nouveau Statut de meilleur ami de l’Amérique***.

Cela complique et rend plus difficile la défense chinoise de ses plus de 4 000 km de frontière avec l’Inde. La surveillance par satellite en temps réel des troupes indiennes tout au long de la longue frontière ainsi que le déploiement d’une force de réaction rapide pour prévenir toute intrusion sont devenus nécessaires.

GERRY BROWN | 30 juillet 2017 | Counterpunch

* http://www.la-croix.com/Monde/Asie-et-Oceanie/route-chinoise-Bhoutan-viseur-lInde-2017-07-30-1200866568

**https://asialyst.com/fr/2016/06/10/inde-candidature-de-new-delhi-bloquee-par-pekin-au-groupe-des-fournisseurs-nucleaires/

***http://www.firstpost.com/world/trump-gives-india-bff-status-praises-modi-at-hindu-american-gig-3054306.html

Article original: Lessons From the China-India Border Standoff

Traduction : Dominique Muselet

Source: http://arretsurinfo.ch/les-lecons-a-tirer-du-face-a-face-indo-chinois-a-la-frontiere/


 

Le parti pris pro- chinois de cet article est un peu excessif à mon goût, mais cela permet de comprendre un des multiples enjeux géopolitiques du moment et l'importance accordée par les uns et les autres au sommet des BRICS, actualité qui n'est absolument pas couverte par la presse française et "occidentale". P.G.

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lundi 4 septembre 2017

Une «farce illégale et insensée» : la Russie condamne la fouille de ses bâtiments diplomatiques

Alors que le FBI a pénétré dans différents bâtiments diplomatiques russes aux Etats-Unis pour procéder à des fouilles, la diplomatie russe a dénoncé une violation du droit international et un acte «insensé».

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La Russie a fermement condamné la fouille conduite par le FBI dans plusieurs de ses bâtiments diplomatiques aux Etats-Unis. La diplomatie russe a notamment publié plusieurs vidéos de ce qu'elle a qualifié de «simulacre de justice».

«Je suis en train de regarder les vidéos des fouilles conduites par le FBI dans nos missions, et je pense qu'il s'agit d'une terrible farce, à la fois stupide, illégale et insensée», a écrit Maria Zakharova, porte-parole de la diplomatie russe, sur son compte Facebook. Selon elle, il ne s'agirait que d'une mise en scène destinée à «démontrer la puissance des services spéciaux américains».

Sur sa page Facebook, le ministère russe des Affaires étrangères a quant à lui publié une vidéo intitulée «preuves en image des action illégales des autorités américaines».

Qualifiant les fouilles réalisées à New York, San Francisco et Washington d'«invasions», le ministère a souligné qu'elles constituaient une violation du droit international et du droit américain lui-même, les bâtiments diplomatiques étant «inviolables», d'après l'article 22 de la convention de Vienne sur les relations diplomatiques.

Les vidéos montrent des agents du FBI en train de procéder à des recherches, allant jusqu'à se rendre dans les combles et vérifier le système de ventilation.

Des fouilles annoncées en guise de représailles

La fouille du consulat à San Francisco et de deux bureaux situés à Washington et New York a débuté vers 14h (heure locale) le 2 septembre, après que le Département d'Etat américain a donné l'ordre d'évacuer les lieux au personnel diplomatique russe.

Le numéro deux de l'ambassade américaine à Moscou avait été convoqué par le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, en réaction à l'annonce de ces fouilles, déjà qualifiées d'«illégales» par Moscou le 31 août.

Washington avait en effet annoncé que la Russie avait jusqu'au 2 septembre pour fermer son consulat général à San Francisco, ainsi que ses missions commerciales à Washington et à New York. Cette mesure avait été décidée en représailles à la réduction drastique du personnel des représentations diplomatiques américaines en Russie, qui elle-même s'inscrit dans une série de vexations diplomatiques entre les Etats-Unis et la Russie.

https://francais.rt.com/international/42755-farce-illegale-insensee-russie-condamne-fouille-batiments-diplomatiques

Voir aussi:

La Russie accuse les Etats-Unis de menacer la sécurité de ses ressortissants

La porte-parole de la diplomatie russe a jugé que Washington menaçait la sécurité de ses concitoyens, en décidant de perquisitionner le 2 septembre le bâtiment du consulat général de Russie à San Francisco, que les diplomates sont sommés d'évacuer.

«La demande des autorités américaines [d'évacuer certains bâtiments diplomatiques russes aux Etats-Unis] crée une menace directe pour la sécurité de citoyens russes», a déclaré dans un communiqué, le 1er septembre, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova. Celle-ci réagissait à la décision des autorités américaines d'envoyer des services spéciaux perquisitionner la mission diplomatique de San Francisco et les logements de diplomates.

(...)

 

Qualifiant d'«invasion» cette opération dans les bureaux et les logements du personnel diplomatique russe, la diplomate a par ailleurs dénoncé le fait que les Etats-Unis n'avaient donné que deux jours à la Russie pour évacuer un consultat des plus importants dans le pays.

(...)

Une ribambelle de vexations et de représailles

Le 31 août, les Etats-Unis ont donné jusqu'au 2 septembre à la Russie pour évacuer son consulat général à San Francisco et deux autres bâtiments diplomatiques à Washington et à New York. La mesure a été annoncée comme une réponse à l'expulsion de 755 membres de la représentation diplomatique américaine en Russie qui était effective au 1er septembre. Une mesure décidée au lendemain du vote par le Congrès américain de nouvelles sanctions contre la Russie, à la fin du mois de juillet dernier.

En décembre 2016, Barack Obama avait déjà expulsé 35 diplomates russes et leurs familles, soit 98 personnes au total, en réponse à la supposée ingérence de Moscou dans les élections présidentielles américaines dénoncée par le renseignement américain. L'administration Obama avait par ailleurs décidé la fermeture de deux complexes résidentiels diplomatiques russes dans le nord-est des Etats-Unis.

A la suite de l'annonce américaine de fermer le consulat russe de San Francisco, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov a fait savoir à son homologue américain Rex Tillerson que Moscou répondrait de façon «dure».

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samedi 2 septembre 2017

Corée du Nord : «La Chine n'acceptera jamais une guerre ou le chaos à ses portes», prévient Pékin

D'après l'agence Reuters, le porte-parole du ministère de la Défense chinois Ren Guoqiang a affirmé lors d'une conférence de presse le 31 août que «la Chine n'acceptera[it] jamais une guerre ou le chaos à ses portes», en référence aux tensions liées à la Corée du Nord. 

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Ren Guoqiang a aussi réaffirmé la position chinoise selon laquelle la crise nord-coréenne devait être résolue par le dialogue, et a insisté sur la nécessité de dénucléariser la péninsule. Une position partagée par la Russie.

Le ministère des Affaires étrangères s'est aussi exprimé à ce sujet et à dénoncé le «rôle destructeur» de certains pays dans ce dossier. 

«La situation dans la péninsule coréenne est sérieuse et n'est pas un jeu d'ordinateur», a affirmé Hua Chunying, porte-parole de la diplomatie chinoise.

«Certains pays ignorent de façon sélective les exigences du dialogue et ne parlent que de sanctions [...] Leurs actions et leurs mots jouent un rôle destructeur au lieu d'un rôle constructif», a-t-elle poursuivi.

Ces déclarations tombent alors que deux bombardiers stratégiques américains capables de transporter des bombes nucléaires ont participé à une opération conjointe avec l'armée de l'air sud-coréenne, à la suite d'un tir de missile nord-coréen ayant survolé le Japon. De plus, le Japon a demandé aux Etats-Unis d'imposer un nouveau train de sanctions économiques à la Corée du Nord.

https://francais.rt.com/international/42634-coree-nord-chine-nacceptera-jamais-guerre

L'Allemagne ne soutiendra pas forcément les Etats-Unis en cas de conflit armé avec la Corée du Nord

La chancelière allemande a rappelé que toutes les solutions diplomatiques n'avaient pas été épuisées sur le dossier nord-coréen. Elle a précisé que Berlin ne soutiendrait pas automatiquement Washington en cas de conflit armé contre Pyongyang.

Angela Merkel a livré sans détour à la presse son opinion sur le dossier nord-coréen, lors d'un événement organisé par le quotidien allemand Handelsblatt, le 23 août : en cas de conflit armé entre les Etats-Unis et la Corée du Nord, l'Allemagne ne soutiendrait pas nécessairement les Etats-Unis.

La chancelière allemande a par ailleurs souligné que «tous les moyens diplomatiques» n'avaient pas encore été exploités pour résoudre la crise qui oppose Washington à Pyongyang et incité les parties à trouver une solution politique à leurs différends. Le chef de l'exécutif allemand a également rappelé qu'il convenait de ne pas oublier la raison des tensions dans cette région du monde : le programme nucléaire de Pyongyang – sur lequel la diplomatie coréenne a fait savoir, le 22 août, qu'elle ne reculerait pas «d'un pouce».

Le feu, la colère... et le nucléaire

Au paroxysme des tensions entre le président américain Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jung-Un, l'Allemagne avait marqué son désaccord avec la manière dont Washington traitait cette crise. Le 11 août, la chancelière allemande avait ainsi souligné que Berlin soutiendrait toutes les «solutions non militaires» à la crise nord-coréenne. Elle avait même qualifié l'escalade verbale entre les deux chefs d'Etat de «mauvaise réponse» à la situation.

Pour mémoire, le 8 août, Donald Trump avait promis le «feu» et la «colère» à la Corée du Nord, si Pyongyang continuait à menacer les Etats-Unis tout en poursuivant le développement de son arsenal nucléaire. Pour toute réponse, Pyongyang avait ensuite menacé d'effectuer des tirs à proximité d'une base militaire américaine située sur l'île de Guam.

La crise s'est légèrement atténuée mi-août, lorsque Kim Jong-un avait annoncé mettre en veille le projet de tir de missiles près de Guam. Une décision qualifiée comme «sage et raisonnée» par le locataire de la Maison Blanche.

https://francais.rt.com/international/42424-allemagne-ne-soutiendra-pas-forcement-lamerique-contre-pyongyang


 

On remarquera au passage que l'Allemagne fait de plus en plus entendre sa voix sur les dossiers internationaux, et non l'Union européenne, et que pendant ce temps, la diplomatie française apparait confuse (v. article précédent) et maladroite (v. l'affaire polonaise, que l'Allemagne s'est bien gardée de traiter directement...).   P.G.

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Syrie : Le Drian se replace sur la ligne de Hollande et demande le départ de Bachar el-Assad

Jean-Yves Le Drian est venu contredire Emmanuel Macron sur le dossier syrien, en affirmant qu'il était nécessaire que Bachar el-Assad quitte le pouvoir. Une position qui était celle... du président Hollande.

 

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Le président Bachar el-Assad «ne peut pas être la solution en Syrie» et la transition politique «ne va pas se faire avec lui», a déclaré le 1er septembre le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, contredisant ainsi la nouvelle position de la diplomatie française portée par Emmanuel Macron.

«Il ne peut pas être la solution. La solution, c'est de trouver avec l'ensemble des acteurs un calendrier de transition politique qui permettra d'aboutir à une nouvelle Constitution et des élections, et cette transition ne peut pas se faire avec Bachar el-Assad qui a assassiné une partie de son peuple», a précisé le ministre français des Affaires étrangères.

Le président Emmanuel Macron avait pourtant rappelé le 30 août, au cours d'un entretien donné au Point, qu'il ne faisait pas de la destitution de Bachar el-Assad «un préalable à tout». Au début de l'été, le locataire de l'Elysée avait même déclaré qu'il ne voyait pas de «successeur légitime» au président syrien.

Jean-Yves Le Drian nostalgique du quinquennat Hollande ? 

Le ministre des Affaires étrangères s'est replacé sur la ligne du quinquennat de François Hollande, qui exigeait clairement le départ du président syrien. L'ex-président de la République avait reconnu avoir livré des armes à des groupes rebelles prétendument «modérés» et planifié un raid aérien dans les environs de Damas, finalement avorté.

Lors de sa visite à Moscou en juin 2017, Jean-Yves Le Drian n'avait pas abordé le sujet du sort du président syrien avec son homologue russe, Sergueï Lavrov. Une attitude, dont certains ont estimé qu'elle trahissait le pragmatisme nouveau de Paris sur ce dossier. «Nous avons une compréhension mutuelle de la situation», avait même confirmé Sergueï Lavrov.

Le chef de la diplomatie française doit à nouveau rencontrer son homologue russe le 8 septembre à Moscou. Une occasion de clarifier sa nouvelle position.

https://francais.rt.com/france/42709-drian-se-replace-sur-ligne-hollande-syrie-assad


 

Que dire? Soit ce type est dingue, soit il se venge d'avoir été mis sur la touche par Macron dans l'affaire de l'Europe centrale. En tout cas, c'est consternant pour l'image de la France. Quant au fond, "le préalable du départ de Bachar", même les néo- cons américains se sont rendu compte que c'était plus facile à dire qu'à faire...Mais il est vrai que les dissensions à Washington peuvent alimenter des revirements au sein de différents réseaux d'influence en Europe, notamment en France. Affaire à suivre.  P.G.

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