dimanche 17 juin 2018

L' "Occident" c’est du passé [réédition]

COMMUNICATION REEDITION

TRIBUNE LIBRE / Moon of Alabama

TL SOMMETS G7 OCS

Publié le 9 juin 2018 sous le titre The ‘West’ Is Past

Traduction : Dominique Muselet

(...)

Avant de se rendre au sommet, M. Trump a joué un mauvais tour à ses collègues en invitant la Russie à rejoindre le G-7/G-8 sans conditions. La Russie a été expulsée après que la Crimée a voté pour rejoindre sa patrie. Mme Merkel, qui avait négocié l’accord de Minsk avec la Russie, était furieuse. Elle veut utiliser cette invitation comme monnaie d’échange dans de futures négociations. (C’est idiot. La Russie n’a aucune envie de rejoindre le format du G-7/G-8).

Il y a maintenant de nombreux domaines dans lesquels les États-Unis et leurs alliés ne sont pas d’accord : le changement climatique, l’accord avec l’Iran et le commerce ne sont que les plus importants.

Avant de quitter le sommet, Trump a de nouveau parlé à tout le monde à la manière d’un chef mafieux:

Alors qu’il se préparait à quitter tôt le sommet du G-7 à Charlevoix, au Canada, pour se rendre à Singapour avant sa rencontre prévue avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, Trump a lancé un ultimatum aux dirigeants étrangers ; il a exigé que leurs pays réduisent les barrières commerciales qui gênent les États-Unis sous peine de perdre l’accès au marché de la plus grande économie mondiale.

« Ils n’ont pas le choix. Je vais être honnête avec vous, ils n’ont pas le choix », a déclaré M. Trump aux journalistes lors d’une conférence de presse, ajoutant que les entreprises et les emplois avaient quitté les États-Unis pour échapper aux barrières commerciales à l’étranger. « Nous allons régler cette situation. Et si nous n’y arrivons pas, alors, nous ne traiterons plus avec ces pays. »

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Les dissensions de la réunion du G-7 offraient un contraste saisissant avec l’autre réunion, plus importante, qui s’est tenue aujourd’hui, à savoir le 18ième sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) à Qingdao, en Chine :

Un feu d’artifice éblouissant a illuminé la ville de Qingdao et les visages des invités qui ont traversé le vaste continent eurasien jusqu’à la côte de la mer Jaune pour le 18e sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), samedi soir.

Il s’agit du premier sommet de ce type depuis que l’Inde et le Pakistan sont devenus membres à part entière de l’organisation en juin 2017. […]

L’esprit de Shangaï l’esprit de confiance mutuelle, d’intérêt commun, d’égalité, de concertation, de respect des diverses civilisations et de poursuite d’un développement commun a été affirmé dans la Charte de l’Organisation de Shanghai, une organisation régionale globale fondée en 2001 par la Chine, le Kazakhstan, le Kirghizistan, la Russie, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan, puis élargie à huit États membres.

Ce week-end, Xi présidait le sommet pour la première fois en tant que président chinois, en présence des dirigeants d’autres États membres de l’OCS et de quatre États observateurs, ainsi que des leaders de diverses organisations internationales.  […]

L’OCS est devenue une organisation couvrant plus de 60 % de la surface du continent eurasien, près de la moitié de la population mondiale et plus de 20 % du PIB mondial.

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Deux étasuniens « réalistes », Henry Kissinger et Zbigniew Brzezinski, ont toujours dit que l’Occident devait séparer la Chine de la Russie s’il voulait conserver sa position de leader mondial. Nixon s’était rendu en Chine dans ce but.

Des années plus tard, les États-Unis se sont imaginé qu’ils avaient « gagné » la guerre froide. Ils se sont sentis invincibles, la « seule superpuissance » et ont voulu « diriger le monde entier ». Ils se sont réveillés après l’invasion de l’Irak. La puissante armée américaine était battue à plat de couture par les « nègres du désert » qu’elle méprisait tant. Quelques années plus tard, les marchés financiers américains étaient en lambeaux.

La brutalité des efforts pour encercler toujours davantage la Russie a mené à l’alliance sino-russe qui dirige maintenant l’OCS et bientôt, peut-être, le monde. Il n’y aura pas de photo comme celles que j’ai postées ci-dessus du sommet de l’OCS. Le président chinois Xi appelle le président russe Poutine « mon meilleur ami ».

L’ « Occident » a perdu en Eurasie.

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Les États-Unis ne sont plus désormais qu’un petit caïd de cour d’école qui s’en prend aux membres de son gang parce que ses anciennes victimes sont devenues trop grosses.

Trump se rend à Singapour pour rencontrer Kim Jong-un. Contrairement à Trump, le leader suprême de la Corée du Nord sera bien préparé. Il est probable qu’il l’emportera facilement sur Trump pendant les négociations. Si Trump essaie de le menacer comme il menace ses « alliés », Kim fera ses valises et partira. Contrairement aux « alliés » des Etasuniens, il n’a pas besoin de ployer le genou devant Trump. Il peut compter sur la Chine et la Russie. Elles sont désormais les puissances qui peuvent diriger le monde.

L’ « occident » est fini. L’avenir est à l’est.

Moon of Alabama

Original en anglais

URL: https://arretsurinfo.ch/loccident-cest-du-passe/

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vendredi 15 juin 2018

Ce qu'implique l'humiliation du G7 par Donald Trump

TRIBUNE LIBRE / John Laughland

TL LAUGHLAND TRUMP

Revenant sur l'attitude de Trump face à ses alliés lors du G7, l'historien John Laughland explique que l'apaprente brutalité du président américain est une preuve de son talent diplomatique et traduit une volonté de rapprochement avec la Russie.

La proposition surprise lancée par Donald Trump, au moment où il s'apprêtait à monter dans l'avion pour se rendre au sommet du G7 au Canada, de réintégrer la Russie dans le système des sommets des plus grandes économies du monde, n'a qu'une explication possible. Agacé par le fait qu'il allait se trouver isolé face à ses collègues sur un grand nombre de sujets, et notamment sur les questions commerciales, Trump voulait exprimer, haut et fort, le mépris total qu'il ressent pour eux. 

De la brutalité en diplomatie

Ce mépris, qu'il a confirmé dans les tweets injurieux lancés à l'égard de son hôte canadien Justin Trudeau, ainsi qu'à l'égard de l'Allemagne, après son départ précipité du sommet, il l'a formulé aussi en dénigrant le G7 en tant que tel. Si la Russie n'est pas autour de la table, disait-il, alors les discussions ne servent à rien. Trump a donc attaqué non seulement ses partenaires en personne, mais aussi la structure dans laquelle ils se réunissent et à laquelle, visiblement, ils tiennent beaucoup. Pour Trump, leur sommet favori était une pure perte de temps.

Il ne faut pas commettre l'erreur de ne pas prendre Trump au sérieux ou de croire, avec le Guardian, que ses déclarations sont des simples mouvements d'humeur et la preuve de son narcissisme. Trump est d'ailleurs revenu en toute sérénité sur son idée de réintégrer la Russie pendant sa conférence de presse au Canada, avant son départ pour Singapour, expliquant son raisonnement plus longuement qu'il ne l'avait fait sur la pelouse de la Maison blanche la veille. 

Au contraire, pour le président américain, l'injure et le dédain affiché sont des instruments dans les épreuves de force qu'on appelle «négociations».  C'est la même tactique que celle déployée pendant la campagne des primaires en 2016, quand Trump a refusé de participer aux débats télévisés avec les autres candidats pour montrer sa déconsidération à leur égard. Cette impolitesse est une façon de manifester sa puissance et la conviction de sa propre supériorité, mettant ainsi ses interlocuteurs sur la défensive. L'essence de l'attaque, c'est la surprise, et l'imprévisible Trump en est un maître : le grand absent de ces débats est aujourd'hui le patron de la Maison blanche.

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Cette tactique a fonctionné aussi au sommet canadien. Malgré l'annonce faite par l'Elysée que les six autres pays membres du G7 auraient été «unanimes» dans leur refus de la proposition trumpienne de réintégrer la Russie, le fait est que le premier ministre italien l'a soutenue. C'est la preuve que Giuseppe Conte, que Trump a d'ailleurs chaleureusement félicité au Québec et qu'il va bientôt inviter au Etats-Unis, entend bien rompre avec la politique étrangère de ses prédécesseurs, comme il l'avait réaffirmé dans son discours d'investiture devant le Sénat italien le 5 juin.  Sur ce point, Trump n'était donc pas isolé comme veut nous le faire croire les commentaires dans les médias mainstream et certains gouvernements.

Divergences ou convergences occidentales sur l'Ukraine ? 

Bien au contraire, le tromblion trumpien a fait que les membres du G7 courent maintenant dans tous les sens. Même ceux qui refusent, pour le moment, la réintégration de la Russie sont justement divisés sur la question russe. Pour le Royaume-Uni, la ligne rouge, c'est la Crimée. Fidèle à son histoire de pays maritime, la consolidation de la présence de la flotte russe dans la Mer noire est le seul point névralgique qui compte. Cela rappelle la «Question d'Orient» qui a tant obsédé les géopoliticiens du 18e au 20e siècle. Par contre, les dirigeants britanniques d'aujourd'hui s'intéressent aussi peu aux coins perdus du continent eurasiatique, comme le Donbass, que leurs prédécesseurs s'intéressaient au Sudetenland en 1939.

À la différence de Londres, Paris et Berlin considèrent que la condition pour une normalisation des rapports avec la Russie, c'est «le processus de Minsk», c'est-à-dire le règlement du conflit à l'Est de l'Ukraine. Et ici, ils sont sur la même ligne que Trump, même s'ils ne s'en rendent pas compte. Dans sa conférence de presse à Charlevoix, Trump s'en est pris au président Obama pour avoir «permis» à la Russie de prendre la Crimée, réitérant ainsi sa conviction bien connue que tous les maux au monde sont la faute de ses prédécesseurs. Mais sa vantardise selon laquelle, s'il avait été au pouvoir en 2014, la Russie n'aurait pas repris la péninsule avait aussi un sous-texte: ce qui s'est passé, s'est passé, et il est trop tard pour revenir en arrière. Or, c'est justement l'annexion de la Crimée qui a provoqué l'expulsion de la Russie de ce qui était alors le G8. Si le monde est obligé de se plier devant le fait accompli, alors à quoi bon le maintien de l'exclusion? 

Paradoxalement, le communiqué du G7, quoique alambiqué car il s'agit d'un communiqué diplomatique rédigé par six pays, ne dit pas autre chose:

«Nous rappelons que le maintien des sanctions est clairement déterminé par l’incapacité de la Russie à démontrer la mise en œuvre complète de ses engagements pris dans le cadre des accords de Minsk et le respect de la souveraineté de l’Ukraine ; nous soutenons sans réserve les efforts déployés dans le cadre du Format Normandie et de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe afin de trouver une solution au conflit en Ukraine orientale.» 

Vers un sommet américano-russe ?

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En clair : le maintien des sanctions, dont l'exclusion du G8, dépendent donc du conflit en Ukraine orientale et non de la Crimée. Laissons de côté l'hypocrisie européenne qui consiste à toujours affirmer que c'est la Russie qui ne respecte pas les accords de Minsk, alors que c'est l'Ukraine qui, tout en étant censée trouver un accord politique avec les rebelles du Donbass, les traite de «terroristes» et de «Russes». Même si Trump a retiré sa signature de ce communiqué, sa propre position n'est pas si différente.

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Autrement dit, ce qu'on appelle l'idéalisme en relations internationales – la croyance, européenne notamment, en le multilatéralisme et dans les prétendues valeurs que seul l'Occident incarnerait – vient d'essuyer une rude défaite devant la brutalité du réalisme américain. Tout cela ne peut que faire les choux gras des Russes qui, depuis des années, ne demandent que deux choses : que ces pays arrêtent de se sermonner et qu'ils se mettent autour de la table pour régler leurs problèmes en commun. Quand Trump balaie d'un revers de main tous les dogmes du politiquement correct que le G7 a mis dans son communiqué – le changement climatique, la parité hommes-femmes – et quand Poutine emploie le mot «babillages» pour ridiculiser ce sommet, les présidents américain et russe chantent une même partition.

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Le sommet de Singapour avec la Corée du Nord l'a montré : Trump est un homme qui respecte le pouvoir et la force et qui n'a que du mépris pour le gauchisme mou et bobo que les Européens et le Canada incarnent. Dans son livre, L'art de la négociation, Trump avance plusieurs thèses pour la réussite dans le monde des affaires : «vise haut», «maximise tes options», «exploite ta puissance», «défend ta position quand elle est contestée» et «amuse-toi bien». Sa diplomatie emploie ces mêmes ruses au grand dam de ses partenaires plus habitués aux «règles»: le nouveau venu en politique veut justement briser les règles pour en écrire de nouvelles lui-même. 

«Je jongle toujours avec plusieurs ballons à la fois», écrivait-il en 1987, «car les meilleurs plans peuvent échouer.» Si Trump n'a pas obtenu la réintégration de la Russie dans le G7 – une réintégration qui serait purement symbolique, car le G7 est un sommet informel de chefs d'Etat et de gouvernement, sans aucun pouvoir législatif – il aura obtenu néanmoins, et avec tout le fracas d'un sommet raté, que le terrain vers une normalisation des rapports avec la Russie a été quelque peu déblayé. Un sommet américano-russe se profile très clairement à l'horizon.

https://francais.rt.com/opinions/51569-quimplique-humiliation-g7-par-donald-trump

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mercredi 13 juin 2018

«Parti néo-nazi et antisémite» : la venue d'Andry Parouby à Paris indigne des députés

Au micro de RT France, plusieurs députés ont commenté la venue en France du président du Parlement ukrainien, co-fondateur du Parti social-nationaliste d'Ukraine. Le président de l'Assemblée évoque de son côté un fonctionnement institutionnel normal.

ACT EUROPE EN MARCHE UKRAINE

L'affaire prend de l'ampleur, après que le rédacteur en chef du site Les Crises, Olivier Berruyer a interpellé le président de l'Assemblée nationale, François de Rugy, qui lui a à son tour répondu. La visite du président du Parlement ukrainien (la Rada), Andry Parouby à Paris ce 11 juin ne sera pas passée inaperçue.

Le responsable ukrainien reçu à l'Assemblée a en effet co-fondé en 1991 le Parti social-nationaliste d'Ukraine, un mouvement néonazi et antisémite qui a pris par la suite le nom de Svoboda. Le mouvement n'a pour autant pas renoncé à ses références historiques sulfureuses, à l'image de l'emblème nazi de la 2e division SS Das Reich, qu'il a longtemps repris.

 

Interviewé par RT France, le député de La France insoumise (LFI) Eric Coquerel a fait part de son étonnement. «Monsieur de Rugy aurait mieux fait de ne pas se lever ce matin», a-t-il lancé, ajoutant : «Accueillir quelqu'un qui est le responsable d'un parti néo-nazi et antisémite, ça fait tache.» Se disant sidéré, il s'est encore interrogé : «Est-ce qu'on aurait reçu le parti de monsieur Hitler dans les années 1930 ?»

«Monsieur Parouby n'a jamais rompu avec ce passé, n'est jamais revenu sur ses déclarations antisémites», note de son côté le député LFI Alexis Corbière. «Andry Parouby est un homme qui [...] il y a encore quelques années [s'affichait] avec uniforme, brassard [...] le pistolet à la ceinture», a-t-il souligné, ajoutant : «On ne peut pas tout justifier par une diplomatie qui reste discutable, d'ailleurs.»

«Quelqu'un qui prêche la haine dans son pays n'a pas à être reçu par le président de l'Assemblée», a déploré pour sa part Nicolas Dupont-Aignan, député de Debout la France. Et de poursuivre : «Simplement, comme il est Ukrainien et antirusse, on le reçoit.»

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En dépit de valeurs éloignées de celle de la République, François de Rugy n'a pas décliné la rencontre avec son homologue ukrainien. «Il est normal que je reçoive un homologue, élu à l’issue d’élections libres. La diplomatie parlementaire, c’est parler à tous les acteurs d’une crise : je vais ainsi reprendre les contacts avec la Douma de Russie interrompus depuis plusieurs années», s'est défendu dans un tweet François de Rugy, mettant sur le même plan les parlementaires russes et le fondateur d'un mouvement néo-nazi, par ailleurs fortement impliqué dans le coup d'Etat de l'Euromaïdan ayant abouti à la destitution du président ukrainien Viktor Yanoukovitch en 2014.

Au micro de RT France, le député LREM Aurélien Taché a repris les mêmes arguments que François de Rugy, évoquant une «relation inter-institutionnelle». «Il peut y avoir ensuite des appréciations politiques ou personnelles des uns ou des autres sur le mouvement auquel le président du Parlement ukrainien appartient», a-t-il concédé, soulignant selon lui un fonctionnement normal des institutions.

https://francais.rt.com/france/51498-parti-neo-nazi-antisemite-venue-andry-parouby-indigne-deputes

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lundi 11 juin 2018

Un «néonazi» à l'Assemblée nationale : de Rugy assume de recevoir le co-fondateur de Svoboda

Critiqué par Jean-Luc Mélenchon mais aussi par Olivier Berruyer, le président de l'Assemblée nationale française a réagi à la venue d'Andry Parouby à Paris. Président de la Rada ukrainienne, celui-ci a fondé le Parti social-nationaliste d'Ukraine.

ACT DE RUGY PAROUBY

«Il est normal que je reçoive un homologue, élu à l’issue d’élections libres», a commenté le président de l'Assemblée nationale François de Rugy, interpellé sur Twitter par le rédacteur en chef du site Les Crises, Olivier Berruyer, au sujet de la réception d'Andry Parouby à l'Assemblée nationale le 11 juin.

Co-fondateur en 1991 du Parti social-nationaliste d'Ukraine (mouvement néonazi et antisémite désormais appelé Svoboda) et actuel président de la chambre des députés ukrainiens (Rada), Andry Parouby sera en effet de passage dans la capitale française, où il devrait également s'entretenir avec Gérard Larcher, président du Sénat.

Une réception qu'Olivier Berruyer juge «scandaleuse». Répondant au tweet de ce dernier, François de Rugy a affirmé : «La diplomatie parlementaire, c’est parler à tous les acteurs d’une crise : je vais ainsi reprendre les contacts avec la Douma de Russie interrompus depuis plusieurs années.»

«Auriez-vous également reçu dans les années 30 Hermann Göring, élu président du Reichstag "à l'issue d'élections libres" ?», a rétorqué le blogueur.

Ce à quoi le président de l'Assemblée a répondu : «Allez-vous aussi me reprocher de relancer l’échange entre l’Assemblée nationale et la Douma ?»

ECHANGE DE RUGY BERRUYER

La France insoumise monte au créneau

Auparavant, Jean-Luc Mélenchon avait lui aussi reproché à François de Rugy de recevoir Andry Parouby. Sur Twitter, le 10 juin, le leader de La France insoumise a ainsi écrit : «Demain, de Rugy reçoit solennellement le néonazi antisémite ukrainien [fondateur de] Svoboda ! Voilà où mène l'atlantisme forcené.»

Le député LFI Alexis Corbière avait en outre demandé à François de Rugy d'annuler son rendez-vous.

Andry Parouby a quitté le Parti social-nationaliste d'Ukraine en 2004, année de son changement de nom pour devenir Svoboda, parti fasciste qui a participé au coup d'Etat de 2014 en Ukraine. Après son passage à Paris, Andry Parouby doit se rendre au Royaume-Uni pour rencontrer notamment le ministre de la Défense britannique.

https://francais.rt.com/france/51477-neonazi-assemblee-nationale-rugy-recoit-andry-parouby-cofondateur-svoboda

TWEET MARC PERE

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On attend avec imaptience les réactions indignées de BHL... 

Les "antifas" dénonceront- ils désormais la présence des écolos dans les cortèges?  P.G.

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mercredi 6 juin 2018

A Paris, des manifestants s'opposent à la venue du «criminel de guerre» Benjamin Netanyahou

Après Berlin, le Premier ministre israélien est en visite à Paris, où il s'entretient avec Emmanuel Macron afin de plaider notamment pour un durcissement vis-à-vis de l'Iran. Solidaires des Palestiniens, des protestataires se sont rassemblés.

ACT MANIF FRANCE ISRAEL

«Non à la venue du criminel de guerre Netanyahou en France !» : tel est le mot d'ordre de plusieurs collectifs pro-palestiniens qui ont appelé à manifester à Paris ce 5 juin 2018, jour de la rencontre entre le Premier ministre israélien et le président de la République, Emmanuel Macron. «Netanyahou, criminel de guerre ! A la cour pénale internationale !», scandaient des opposants, d'après un reporter de RT France présent sur les lieux. 

En raison d'une interdiction de manifester devant le Grand Palais, c'est finalement aux Invalides que se sont rassemblés les protestataires. Ceux-ci se sont vus interdire le franchissement de la Seine.

Un reporter de FranceInfo a estimé à 200 le nombre de manifestants.

Des élus de La France insoumise (LFI), parti dont une frange notable se montre critique à l'égard de la politique de l'Etat hébreu, ont annoncé leur venue. Outre Danielle Simonnet, conseillère de Paris, le député LFI Eric Coquerel a dénoncé sur Twitter la venue de Benjamin Netanyahou à Paris.

Macron ne reconnaîtra pas la Palestine

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Lors d'une conférence de presse au côté de Benjamin Netanyahou, Emmanuel Macron a répondu à un journaliste qu'il ne reconnaîtrait pas officiellement la Palestine, estimant que les décisions unilatérales causaient de la «violence». Il a pris comme exemple le retrait américain de l'accord sur le nucléaire iranien, estimant que celui-ci était «mieux que ce qu'on avait avant», sans pour autant être parfait.

Comme attendu, le Premier ministre israélien a pour sa part insisté sur la nécessité selon lui, de durcir le ton vis-à-vis de l'Iran. Il a estimé que l'accord sur le nucléaire avait permis à Téhéran, en levant les sanctions, de lui «donner l'argent pour construire cet empire». Evoquant les actions de Téhéran en Syrie comme une «agression iranienne», il a assuré que si Paris ne sévissait pas vis-à-vis de Téhéran, des réfugiés afflueraient vers l'Europe.

Les manifestants solidaires des Palestiniens

Alors qu'Emmanuel Macron et Benjamin Netanyahou doivent participer à l'inauguration d'une exposition sur Israël, les opposants à la venue du Premier ministre israélien réclament notamment l'«annulation de la saison France-Israël», un événement culturel censé renforcer les liens entre les deux pays. Ils apportent par ailleurs leur soutien à la «Marche du retour», un mouvement de revendication qui a débuté le 30 mars et qui vise à revendiquer, conformément au droit international, le droit au retour des réfugiés palestiniens chassés ou ayant fui leur terre à la création de l'Etat hébreu.

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Benjamin Netanyahou a été la cible de critiques ces derniers mois, alors que l'armée israélienne a causé la mort de plus de 120 manifestants palestiniens depuis le début d'un mouvement de protestation. Des milliers d'autres ont en outre été blessés par des tirs de soldats israéliens.

Lors de sa rencontre avec Emmanuel Macron, Benjamin Netanyahou devrait notamment plaider pour un durcissement des pays européens à l'égard de l'Iran, grand rival régional de Tel-Aviv, alors que ceux-ci tentent de préserver l'accord sur le nucléaire conclu en 2015, malgré le récent retrait des Etats-Unis. Le 4 juin, le Premier ministre israélien avait mis la pression sur l'Allemagne lors d'une rencontre avec Angela Merkel, l’exhortant à sévir davantage contre Téhéran. Il avait ainsi mis en garde la chancelière allemande contre une arrivée massive de réfugiés, si Berlin ne réintroduisait pas des sanctions contre l'Iran.

https://francais.rt.com/international/51329-paris-manifestation-contre-rencontre-macron-criminel-guerre-netanyahou

AFFICHE FL JUSTICE PALESTINE

Paris, le 30 mai 2018

Monsieur le Président de la République,

Nos organisations s’étonnent du maintien de l’invitation à Paris du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou pour l’inauguration de la saison culturelle croisée France-Israël le 5 juin 2018.

Cette visite ainsi que le maintien de la saison croisée nous semblent inappropriés dans le contexte actuel.

La répression militaire arbitraire et les violations du droit par les autorités israéliennes dans la Bande de Gaza, depuis le début de la « grande Marche du Retour », ont été condamnées par l’ensemble de la communauté internationale, y compris par la France. L’Elysée a « condamné les violences des forces armées israéliennes contre les manifestants » et le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères a, lui, « rappelé le devoir de protection des civils, en particulier des mineurs, et le droit des Palestiniens à manifester pacifiquement. Rien ne peut justifier des tirs systématiques à balles réelles contre des manifestants pacifiques et désarmés. » Le 18 mai 2018, à l’occasion de la session extraordinaire du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU, la France exprimait également son soutien à la création d’une commission d’enquête indépendante sur les violations des droits de l’Homme en Palestine, ce que nous saluons.

Dans le prolongement de ces déclarations, nous attendons que la France affirme plus fermement et concrètement son désaccord avec la politique répressive violente menée par l’Etat israélien.

En toute cohérence avec la position de la France sur la question palestinienne et son engagement en faveur des droits de l’Homme, nous vous demandons d’annuler la visite de B. Netanyahou à Paris prévue le 5 juin 2018 pour l’inauguration de la saison culturelle croisée France-Israël.

Si elle était maintenue le 5 juin prochain – date marquant les 51 ans du déclenchement de la guerre des Six-Jours et l’occupation de tout le territoire palestinien – elle serait perçue comme une provocation et une légitimation des violations du droit commises par les autorités israéliennes en Palestine et particulièrement à Gaza ces dernières semaines.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’assurance de notre profonde considération.

Mme Claude Léostic, Présidente de la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine

https://plateforme-palestine.org/La-visite-de-Benyamin-Netanyahou-a-Paris-le-5-juin-2018

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mardi 5 juin 2018

Gaza : «Il y a une tolérance presqu'infinie» envers Israël, selon l'ex-ambassadeur Michel Raimbaud

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A l'occasion de la visite de Netanyahou à Paris, un article qui dénonce le "deux poids deux mesures" en matière de droit international, alors que s'ouvre la "saison France Israël 2018" célébrant les liens entre les 2 pays dans les domaines culturel et scientifique (voir notre publication Pétition: "Nous demandons l’annulation de la saison France-Israël" )   P.G.

TL ISRAEL DROIT INTERNAT

Michel Raimbaud, ancien ambassadeur de France au Soudan et en Mauritanie, estime qu’Israël viole délibérément le droit international car il bénéficie de la protection américaine. Selon lui, tant que cette permissivité subsistera, rien ne changera.

Invité sur le plateau de RT France le 3 juin pour réagir sur le récent veto des Etats-Unis à une résolution de l'ONU visant à protéger les Palestiniens dans la bande de Gaza et en Cisjordanie occupée, l’ancien ambassadeur de France au Soudan et en Mauritanie, Michel Raimbaud, a estimé que l’Etat hébreu était exempté de toute condamnation grâce à l’appui de Washington.

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«Je pense qu’on supporte des comportements de la part d’Israël qu’on ne supporterait probablement pas de la part d'autres Etats. Il y a une tolérance presqu'infinie […] envers toutes les violations multiples du droit international, y compris du droit humanitaire, de la part d’Israël […] Il n y a pas beaucoup d’Etats dans le monde qui pourraient se permettre un tel comportement à part [les Etats-Unis d']Amérique», a-t-il déploré.

Interrogé sur la proposition de résolution américaine à l'ONU, visant à condamner les agissements du Hamas comme étant responsable de la récente vague de violences, Michel Raimbaud a estimé que l'attitude des Etats-Unis dans le conflit israélo-palestinien défiait tout «sens commun et toute intelligence diplomatique».

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«On dit que la pensée néoconservatrice qui est à l’œuvre en Amérique, en Israël et ailleurs dans le monde […] est le degré zéro de la pensée politique […] La vision qu’a Benjamin Netanyahou de l’avenir de la région et de ses dangers, c’est vraiment un degré zéro de la vision», a-t-il par ailleurs ajouté.

Pour l'ancien ambassadeur, il n’est pas nécessaire de chercher une logique dans le comportement d’Israël, qui selon lui, a décidé que «le droit [international] était fait pour les autres mais qu’il n’était pas fait pour [lui]».

Enfin, il s’est étonné que les appels à la retenue d’une partie de la communauté internationale soient également adressés aux Palestiniens : «C’est comme si l'on demandait lorsqu'il y a une situation de crime, la même retenue à celui qui tue et celui qui se fait tuer.»

https://francais.rt.com/international/51278-gaza-ex-ambassadeur-francais-michel-raimbaud-tolerance-israel-infinie

dimanche 3 juin 2018

Pétition: "Nous demandons l’annulation de la saison France-Israël"

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La saison 2018 célébrant les liens entre la France et Israël dans les domaines culturels et scientifiques risque d'être sérieusement perturbée cette année, vu le contexte; le plus sage serait sans doute de l'annuler, mais la sagesse n'est pas la qualité première de notre président jupiter!   P.G.

TRIBUNE LIBRE / La Campagne BDS France : www.bdsfrance.org et L'Aurdip: www.aurdip.fr

TL BDS PETITION MACRON

Monsieur le Président de la République,

Sous votre haut patronage, la République française s’apprête à lancer la « saison France-Israël 2018 ». Cet événement, lit-on,

« a […] pour ambition de montrer la vitalité de la relation bilatérale dans les domaines culturels et scientifiques, de marquer une nouvelle étape dans les relations économiques et de renouveler le regard que portent les Français sur Israël et les Israéliens sur la France ».

Bien plus,

« A travers plus de 400 événements dans les deux pays, la saison France-Israël 2018 résonnera dans une cinquantaine de villes en France et une vingtaine de villes en Israël autour de thèmes variés tels qu’innovation, sciences, économie, théâtre, danse, art contemporain, musique, éducation, cinéma, design, livre et débat d’idées ».

Cette inauguration aura lieu dans un contexte où le droit international dans les territoires palestiniens n’a jamais été aussi bafoué. L’extension des colonies se poursuit et l’ambassade des Etats-Unis a été transférée à Jérusalem. Que la « saison France-Israël 2018 » se déroule dans ces conditions est en soi inopportun, tant il est évident que cet événement participe d’une stratégie visant à redorer le blason d’un État dont la nature annexionniste n’est plus un secret pour personne.

Mais aujourd’hui, il serait inadmissible que cette « saison France-Israël » soit maintenue en dépit du dernier massacre de Gaza. Ce serait une atteinte irrémédiable à nos principes républicains et à nos valeurs de justice.

Citoyennes et citoyens français, nous ne pouvons accepter, dans les circonstances présentes, cette collaboration d’État à État entre la France et Israël. Nous ne pouvons nous soumettre à la normalisation avec un régime colonial bafouant les droits de l’Homme et les conventions internationales signées par la France.

Comment en effet pourrions-nous faire comme si de rien n’était ? Comme si des dizaines de jeunes gens n’avaient pas été assassinés de manière préméditée ? Comme si des centaines de manifestants demandant seulement le respect de leurs droits fondamentaux n’avaient pas été estropiés à vie ? Comme si le ghetto de Gaza ne courait pas le risque d’être purement et simplement liquidé, avec la complicité, active ou passive, de la communauté internationale ?

Pour cette raison, Monsieur le Président de la République, nous vous demandons de faire en sorte que la « saison France-Israël 2018 » n’ait pas lieu. Ne nous entretenons pas d’« éducation » ou d’« idées » avec un État qui a assassiné en quelques semaines plus de 110 jeunes gens épris de liberté et en a blessé ou mutilé plus de 8000. Envoyez un signal clair au gouvernement israélien en renonçant publiquement à la « saison France-Israël 2018 ». La société civile française ne saurait voir ces manifestations se tenir sans faire entendre sa désapprobation.

Pour signer la pétition

http://annulationfranceisrael.wesign.it/fr

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 http://www.librairie-tropiques.fr/2018/05/nous-demandons-l-annulation-de-la-saison-france-israel.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

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vendredi 1 juin 2018

Les guerres d’agression sont des infractions criminelles

Les personnes lançant une guerre d’agression sont personnellement passibles de poursuites

TL DROIT INTERNATIONAL

Publié par Zeit Fragen FR – N° 11/12, 28 mai 2018

Les attaques de troupes britanniques, françaises et américaines le 14 avril et celles de présumées unités militaires israéliennes le 2 mai contre la Syrie n’étaient pas légitimées par l’ONU. Ainsi, toutes les personnes et leurs commandants ayant participé à ces agressions belliqueuses sont donc personnellement passibles de poursuites. Cela correspond au droit en vigueur depuis 1945.

Il est carrément grotesque de constater comment dans les pays où ont précisément émergé d’importantes impulsions pour le développement des droits de l’homme et du droit international, des politiciens détiennent actuellement des positions dirigeantes avec des points de vue que l’on croyait dépassés depuis longtemps. Leur comportement irresponsable et injustifiable avec lequel ils traitent la vie ou la mort de personnes innocentes est en totale opposition avec les acquis de notre civilisation. Légalement, ils sont passibles de poursuites. Leurs actions sont contraires au droit international en vigueur, même si les médias grand public l’ignorent continuellement.

Prendre le «destin» entre ses propres mains

En tant qu’individus, nous avons toujours mené une vie partiellement déterminée par le destin. Dans le passé, l’accent était mis sur la question de savoir s’il y avait suffisamment à manger ou si l’on restait en bonne santé. En outre, s’ajoutait le «destin» sous forme de guerres. Pourtant, dans tous les domaines de la vie, les gens trouvaient et trouvent encore des moyens pour améliorer leur vie, pour mieux se protéger et prendre des précautions.

Maîtriser le fléau de la guerre

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Un des pires fléaux est celui de la guerre – engendré non pas par les forces de la nature mais par l’être humain lui-même. Après que le droit du plus fort et les anciennes querelles furent maîtrisées par la pacification dans les pays, la guerre ne fut plus acceptée en tant que destin. Pour mettre fin à ces comportements arbitraires, on a développé le droit international – progressivement, étape par étape, au fil des siècles. Cela a également changé notre conscience. La guerre n’est plus perçue comme un «coup de destin» mais plutôt comme un acte punissable qui, depuis le procès de Nuremberg (1945/1946), peut conduire à une condamnation à perpétuité, voire à la peine de mort à l’époque.

Les guerres d’agression d’Adolf Hitler n’ont plus été acceptées comme le «droit d’un Etat à la guerre» (ius ad bellum). Même si les procès ont l’odeur de la «justice des vainqueurs», il a été reconnu que la guerre d’agression ou des actes bellicistes similaires sont des crimes parce qu’ils impliquent la mort intentionnelle et négligente de personnes innocentes. Et même si les politiciens bellicistes se défendent avec des arguments peu convaincants contre la condamnation, il est prévisible qu’un jour leurs activités meurtrières auront des conséquences pénales.

Plus de 80 millions de morts en 40 ans de guerre

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Les procès de Nuremberg et la fondation de l’ONU ont été les conséquences des deux guerres mondiales: la Première Guerre mondiale (1914–1918) avec 17 millions de morts et, peu après, la Seconde Guerre mondiale (1939–1945) avec environ 60 millions de morts. A cela s’ajoutent les souffrances inouïes de dizaines de millions de veuves, d’orphelins, de traumatisés de guerre, de mutilés, d’apatrides, de personnes souffrantes de la faim, etc.

La guerre considérée comme un crime

Dans son discours d’ouverture du 21 novembre 1945, le procureur en chef, le juriste américain Robert H. Jackson résume ainsi l’objectif du procès de Nuremberg: «Que quatre grandes nations, animés par la victoire et douloureusement tourmentées par l’injustice commise, ne se vengent pas mais livrent volontairement leurs ennemis capturés au verdict de la loi est l’une des concessions les plus importantes que le pouvoir ait jamais accordées à la raison. […] Avec cette enquête judiciaire, quatre des nations puissantes, soutenues par 17 autres nations, veulent faire un usage pratique du droit international pour contrer la plus grande menace de notre temps: la guerre d’agression. La raison de l’humanité exige que la loi ne soit pas appliquée uniquement pour punir les crimes légers dont les petites gens se sont rendues coupables. La loi doit aussi atteindre les hommes, qui s’emparent d’un grand pouvoir et l’utilisent avec intention et en agissant avec d’autres pour faire des ravages ne laissant aucun foyer dans le monde intact.»1 Ainsi M. Jackson a exprimé le changement dans la compréhension générale de la guerre: la guerre est un crime devant être puni devant un tribunal civil.

Le Pacte Briand-Kellogg

Les Principes de Nuremberg et la Charte des Nations Unies font référence aux efforts du ministre français des Affaires étrangères Aristide Briand et du secrétaire d’Etat américain Frank Billings Kellogg, pour déclarer que les guerres d’agression sont contraires au droit international et pour régler les conflits futurs de façon pacifique. En 1928, onze pays ont signé le Pacte Briand-Kellogg. Ce fut une étape importante pour l’arrêt des tueries par des actes de guerres.

La Charte des Nations Unies

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Depuis 1945, la Charte des Nations Unies constitue le fondement pour les relations internationales. Elle représente l’accord constitutif de l’ONU. Ses buts et ses principes universels forment la Constitution de la communauté des Etats à laquelle appartiennent entre-temps 193 Etats membres. Le 26 juin 1945, la Charte fut signée par 50 Etats fondateurs à San Francisco et est entrée en vigueur le 24 octobre 1945. Ci-dessous, nous citons quelques extraits du préambule et des deux premiers chapitres en guise d’aide-mémoire.    •

1) Das internationale Militärtribunal von Nürnberg 1945/46. Die Reden der Hauptankläger. Ed. Nürnberger Menschenrechtszentrum, 2015, p. 61

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Charte des Nations Unies (extrait)

Préambule

Nous, peuples des Nations Unies, résolus

  • à préserver les générations futures du fléau de la guerre qui deux fois en l’espace d’une vie humaine a infligé à l’humanité d’indicibles souffrances,
  • à proclamer à nouveau notre foi dans les droits fondamentaux de l’homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l’égalité de droits des hommes et des femmes, ainsi que des nations, grandes et petites,
  • à créer les conditions nécessaires au maintien de la justice et du respect des obligations nées des traités et autres sources du droit international,
  • à favoriser le progrès social et instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande,

et à ces fins

  • à pratiquer la tolérance, à vivre en paix l’un avec l’autre dans un esprit de bon voisinage,
  • à unir nos forces pour maintenir la paix et la sécurité internationales,
  • à accepter des principes et instituer des méthodes garantissant qu’il ne sera pas fait usage de la force des armes, sauf dans l’intérêt commun,
  • à recourir aux institutions internationales pour favoriser le progrès économique et social de tous les peuples,

avons décidé d’associer nos efforts pour réaliser ces dessins. […]

CHAPITRE I:

Buts et principes

Article 1

Les buts des Nations Unies sont les suivants:

  1. Maintenir la paix et la sécurité internationales et à cette fin : prendre des mesures collectives efficaces en vue de prévenir et d’écarter les menaces à la paix et de réprimer tout acte d’agression ou autre rupture de la paix, et réaliser, par des moyens pacifiques, conformément aux principes de la justice et du droit international, l’ajustement ou le règlement de différends ou de situations, de caractère international, susceptibles de mener à une rupture de la paix;
  2. Développer entre les nations des relations amicales fondées sur le respect du principe de l‘égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d‘eux-mêmes, et prendre toutes autres mesures propres à consolider la paix du monde; […]

Article 2

L’Organisation des Nations Unies et ses Membres, dans la poursuite des buts énoncés à l’Article 1, doivent agir conformément aux principes suivants:

  1. L’Organisation est fondée sur le principe de l’égalité souveraine de tous ses Membres.
  2. Les Membres de l‘Organisation, afin d‘assurer à tous la jouissance des droits et avantages résultant de leur qualité de Membre, doivent remplir de bonne foi les obligations qu‘ils ont assumées aux termes de la présente Charte.
  3. Les Membres de l‘Organisation règlent leurs différends internationaux par des moyens pacifiques, de telle manière que la paix et la sécurité internationales ainsi que la justice ne soient pas mises en danger.
  4. Les Membres de l‘Organisation s‘abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l‘emploi de la force, soit contre l‘intégrité territoriale ou l‘indépendance politique de tout État, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations Unies. […!

Publié par Zeit Fragen – N° 11/12, 28 mai 2018  

https://arretsurinfo.ch/les-guerres-dagression-sont-des-infractions-criminelles/

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samedi 26 mai 2018

Tel-Aviv fait pression sur les USA pour qu'ils reconnaissent la souveraineté d'Israël sur le Golan

Les discussions iraient bon train concernant la reconnaissance par les Etats-Unis de la souveraineté israélienne sur le plateau occupé du Golan. Le ministre israélien du Renseignement pense que Washington accédera à cette demande d'ici quelques mois.

ACT ISRAEL GOLAN

Profitant des bonnes grâces du président américain Donald Trump qui vient de transférer l'ambassade des Etats-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem et de se retirer de l'accord sur le nucléaire iranien, l'Etat hébreu est entré dans des discussions pour que Washington reconnaisse sa souveraineté sur le plateau du Golan. Un territoire syrien dont une grande partie est occupée par Israël depuis la guerre des Six jours de 1967.

Le 23 mai, le ministre israélien du Renseignement, Israel Katz, a ainsi déclaré à l'agence Reuters que les deux pays avaient fait du Golan un de leurs principaux sujets de négociation. Il a même affirmé que Washington accéderait «avec une forte probabilité» à cette demande, et ce, «dans quelques mois environ».

La question avait déjà été abordée en février 2017 lors d'une première rencontre à la Maison Blanche entre le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, et Donald Trump. Pour Israel Katz, en rediscuter aujourd'hui est pertinent, peu de temps après de supposés tirs de missiles iraniens sur le plateau le 8 mai : «C'est le moment parfait pour prendre une telle décision. La réponse la plus douloureuse que l'on puisse infliger aux Iraniens serait de reconnaître la souveraineté d'Israël sur le Golan avec une déclaration américaine, une proclamation présidentielle gravée dans le marbre législatif.»

Si l'Etat hébreu estime que le plateau pourrait servir de base armée à l'Iran, une éventuelle reconnaissance pourrait à nouveau provoquer l'ire de la communauté internationale. 

Un plateau occupé par Israël, source de frictions depuis la guerre en Syrie

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Territoire initialement syrien, la majeure partie du plateau du Golan est sous contrôle d'Israël depuis la guerre des Six jours en 1967. Le territoire a été annexé en 1981 après un vote de la Knesset,  contre l'avis du Conseil de sécurité de l'ONU, qui considère l'annexion comme «nulle et non avenue et sans effet juridique sur le plan international». Cette zone d’environ 1 200 kilomètres carrés, de 12 à 25 kilomètres de large, 67 kilomètres de long, constitue la seule frontière entre Israël et la Syrie. Environ 510 kilomètres carrés restent sous contrôle syrien. Déstabilisée par la guerre en Syrie, la partie du plateau du Golan occupée par Israël concentre des tensions croissantes depuis quelques mois, après des décennies de calme relatif. L'Etat hébreu y mène régulièrement des attaques qu'il justifie en disant répondre à des tirs de roquettes, de missiles ou d'obus attribués qui à la Syrie, qui au Liban ou à l'Iran.

Dans la nuit du 9 au 10 mai 2018, l'Etat hébreu avait par exemple lancé de nombreux missiles sur plusieurs cibles iraniennes dans le sud de la Syrie, près de Damas, mais aussi de Kuneitra et de Homs, tuant trois personnes. Tsahal avait affirmé riposter à des tirs de roquettes opérés le 8 mai dans le Golan occupé et attribués à la brigade iranienne al-Qods. Moscou, qui a dressé un état des lieux après les frappes israéliennes, a souhaité que toutes les parties fassent preuve de «retenue» et s'ouvrent au «dialogue». Emmanuel Macron a, lui, appelé à la «désescalade». Le porte-parole iranien des Affaires étrangères, Bahram Ghassemi, a pour sa part déclaré le 11 mai que ces attaques menées par Israël l'avaient été «sous des prétextes inventés».

En juillet 2017, l'armée israélienne avait pris pour cible une position de l'armée syrienne après que deux projectiles en provenance du territoire syrien se sont abattus sur sa partie du plateau du Golan, comme cela arrive régulièrement par accident. Benjamin Netanyahou avait déclaré qu'il y aurait des représailles si des obus s'écrasaient, pour une quelconque raison, sur le territoire (y compris occupé) de l'Etat hébreu. Le 24 juin 2017, l'armée israélienne avait déjà mené d'autres raids contre des positions de l'armée syrienne, après que des projectiles en provenance de Syrie s'étaient abattus sur une partie du plateau du Golan, sans faire de blessés. Fin avril 2017, l'armée israélienne avait annoncé avoir abattu une «cible» au-dessus de la zone occupée, quelques heures après que la Syrie l'eut accusée d'avoir frappé une position militaire près de l'aéroport de Damas.

L'armée israélienne a en outre mené plusieurs frappes aériennes en Syrie depuis 2011, date du début de la crise, la plupart visant selon elle des convois ou entrepôts d'armes destinés au mouvement chiite libanais Hezbollah, allié de Damas.

https://francais.rt.com/international/50961-washington-reconnaitrait-souverainete-israelienne-sur-le-plateau-du-golan

Israel-frappe-l-artillerie-syrienne-en-riposte-a-un-tir-sur-le-Golan

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vendredi 25 mai 2018

Donald Trump annule sa rencontre prévue avec Kim Jong-un à Singapour

Alors que la Corée du Nord avait annoncé plus tôt dans la journée le démantèlement de son site d'essais nucléaires de Punggye-ri, le président américain Donald Trump a fait savoir ce 24 mai que sa rencontre prévue avec le chef d'Etat nord-coréen Kim Jong-un le 12 juin prochain à Singapour n'aurait pas lieu.

ACT ANNULATION TRUMP KIM

Dans une lettre publiée sur le compte Twitter de la Maison Blanche, Donald Trump estime «qu'il n'est pas opportun, à ce stade» de maintenir le sommet, soulignant qu'il était pourtant «très impatient» de rencontrer son homologue nord-coréen. «Malheureusement, au regard de l'énorme colère et de l'hostilité affichée dans votre dernière déclaration en date, je trouve qu'il serait inapproprié, à l'heure actuelle, de tenir cette rencontre prévue depuis longtemps», a-t-il poursuivi, s'adressant à Kim Jong-un. «Vous évoquez votre arsenal nucléaire, mais le nôtre est si massif et si puissant que je prie Dieu que nous n'ayons jamais à en faire usage», a encore écrit Donald Trump. Il qualifie cette «opportunité manquée» de «moment triste de l'histoire».

«Notre armée est prête» : Trump menace son homologue

S'exprimant un peu plus tard devant les journalistes, Donald Trump a assuré que les forces américaines étaient prêtes à agir en cas d'action «inconsidérée» de Kim Jong-un suite à l'annulation de la rencontre. «Notre armée, qui est de loin la plus puissante du monde, est prête», a mis en garde le président américain.

Après des mois de rapprochement et de détente diplomatique, la Corée du Nord a opéré la semaine dernière un spectaculaire retour à sa rhétorique traditionnelle, annulant une rencontre intercoréenne et évoquant la possibilité de remettre en cause le tête-à-tête très attendu.

La dernière banderille a été plantée ce 24 mai par la vice-ministre nord-coréenne des Affaires étrangères, Cheo Son Hui, qui a fustigé les propos tenus ce 21 mai par le vice-président américain Mike Pence, qui avait affirmé que la Corée du nord pourrait finir comme la Libye de Mouammar Kadhafi, tué lors du soulèvement de son pays après avoir renoncé à l'arme atomique, si Kim Jong-un ne parvient pas à un accord avec Washington sur la dénucléarisation.

«Je ne peux pas cacher ma surprise devant de telles remarques idiotes et stupides venant de la bouche du vice-président américain», avait rétorqué indiqué Cheo Son Hui, dans une déclaration publiée par l'agence officielle KCNA.

«Nous ne quémanderons pas un dialogue auprès des Etats-Unis, et nous ne nous donnerons pas non plus la peine de les persuader s'ils ne veulent pas discuter avec nous», avait-elle ajouté, en précisant qu'elle recommanderait à Kim Jong-un d'annuler le sommet si les Etats-Unis persistaient «dans des actes illégaux et insultants».

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres s'est dit ce 24 mai «profondément préoccupé» par l'annulation de ce sommet historique. «J'exhorte les parties à poursuivre leur dialogue pour trouver une voie vers une dénucléarisation pacifique et vérifiable de la péninsule coréenne», a-t-il poursuivi lors de la présentation de son agenda pour le désarmement à Genève en Suisse.

https://francais.rt.com/international/50962-donald-trump-declare-que-rencontre-kim-jong-un-aura-pas-lieu

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Les hypothèses vont bon train pour essayer de comprendre la situation: Kim- Jung- un serait- il en difficulté face à son "état profond"? Ou bien Trump sur ce dossier? Ou un mélange des deux...D'autres évoquent l'action de la Chine en coulisses. D'autres encore pensent que l'affaire était pliée depuis la sortie américaine de l'accord avec l'Iran. A suivre.   P.G.

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