mardi 14 novembre 2017

BAC et diplômes nationaux, statuts, université, code du travail, conventions collectives, salaires, sécu, retraite = même combat

Profitant de la riposte très insuffisante et routinière que lui opposent les états-majors syndicaux euro-formatés (journées « saute-mouton » sans perspective, dialogue social bidon avec le MEDEF et/ou avec son appendice jaune, la CFDT, allégeance à cette courroie de l’UE qu’est la C.E.S., refus d’organiser une manifestation nationale de combat ouverte à tous les militants (syndicaux, politiques et associatifs) du progrès social et appelant à la grève inter-pro reconductible…), Macron amplifie son offensive euro-thatchérienne ; son but est de mettre hors-de-combat le mouvement populaire pour liquider d’un coup tout ce qui subsiste des acquis sociaux et démocratiques conquis de haute lutte par les travailleurs au cours des deux derniers siècles…

ARG FREXIT EDUCATION PRCF

La destruction du BAC dans le viseur de MACRON UE MEDEF

Parmi ses cibles figure au premier rang le baccalauréat national, cette exception française très POSITIVE ; comme on sait, le « bac » est un examen national anonyme premier grade universitaire et qui, comme tel, donne directement accès à l’. C’est l’inverse dans nombre de pays européens, notamment en RFA et dans les pays de tradition anglo-saxonne, où un tri rigoureux à base d’hyper-sélection sociale et financière barre l’entrée du Supérieur à la majorité des ex-lycéens, dont beaucoup sont précocement envoyés vers la vie active, l’apprentissage sous domination patronale ou… le chômage. Voulue par Macron et par Blanquer, la prochaine « réforme » du bac, devrait s’adosser à celle, très proche, du lycée public. Alors qu’il faudrait consolider le bac et l’Université en donnant à la seconde les moyens d’accueillir dignement tous les étudiants qui le souhaitent et en rendant au bac sa vraie signification, érodée par des années de barèmes sciemment laxistes*, la réforme Blanquer visera clairement – seules certaines directions syndicales feignent encore de croire que « la discussion est possible » – à transformer le bac en diplôme local, totalement dévalué et distribué principalement sur contrôle continu établissement par établissement, ce qui en ferait en réalité un diplôme sans valeur nationale, pour ne pas dire stigmatisant (car un tel « examen » vaudrait ce que vaut, dans les classements médiatiques, l’établissement concerné sur le « marché » éducatif). De la sorte, il serait facile

  • d’engager en grand la dénationalisation de l’enseignement secondaire public, d’aggraver la concurrence entre lycées publics et entre système public et système privé, que d’ores et déjà, des « présidents de grande Région » comme le sinistre Wauquiez privilégient grossièrement ;
  • de détruire le statut national des professeurs et des autres personnels de l’Education nationale, statut qui est un héritage du CNR (très précisément, du ministre d’Etat et ancien mineur Maurice Thorez, auquel on doit aussi le statut des personnels du sous-sol…), autrement dit de priver les personnels de la sécurité de l’emploi, de les livrer à l’arbitraire total (recrutement, missions, renvoi…) de leur chef d’établissement et, par leur intermédiaire, de les soumettre à la bourgeoisie locale comme c’est déjà le cas en pays anglo-saxons où les associations réactionnaires de parents d’élèves font souvent la pluie et le beau temps dans les écoles : fin de la laïcité scolaire, chape de plomb idéologique tombant sur une école publique déjà largement en voie, hélas, de caporalisation par l’idéologie dominante quand ce n’est pas directement par le MEDEF; bref, le devoir des syndicalistes véritables est d’expliquer que diplôme national, statut national, Education nationale et laïcité scolaire garantissant au moins dans le principe l’accès aux « lumières communes », forment un bloc institutionnel progressiste (sinon dans leur réalité, très dégradée par des décennies d’attaques diverses, du moins dans leur « philosophie ») dont la cohérence clairement républicaine, laïque et nationale, doit être globalement défendue ; en réalité, certains dirigeants syndicaux enseignants se montrent plus soucieux de leur image bien-pensante et « européennement correcte » que de l’intérêt des personnels et, de ce fait, ils accompagnent la dissolution euro-maastrichtienne de l’Etat-nation français, socle des , des diplômes et de l’Education « nationale ». Une telle attitude voue les enseignants et la jeunesse à une défaite sociopolitique historique… du moins si rien n’est fait pour bousculer ces états-majors décaféinés qui confondent l’internationalisme des peuples avec l’allégeance à l’UE supranationale, patronale et atlantique ;
  • Ce sont en dernière analyse les salariés du privé, donc le prétendu « coût du travail », surtout les jeunes salariés et futurs salariés que cible la casse programmée du lycée et du . En effet, depuis le Front populaire, qui imposa les premières , et le gouvernement de la Libération issu de la Résistance, où le ministre communiste, ex-dirigeant de la fédération CGT de la Métallurgie Ambroise Croizat généralisa les conventions de branche, les contrats de travail du privé sont ancrés nationalement sur les diplômes et qualifications garantis par l’Education nationale et par l’Université (laquelle dispose encore du « monopole de la collation des grades », un principe qu’a déjà ébréché Sarkozy au profit des « universités » privées). Les conventions collectives sont en effet adossées aux grades scolaires et universitaires, CEP, CAP, brevet, bac, bac + 2, + 3, + 4, etc. et c’est à partir de cela que le salaire, lié à la qualification, est nationalement cadré, ce qui donne évidemment un avantage majeur aux travailleurs. Le lien à échelle nationale qualification/Salaire, que complète le principe de la cotisation sociale qui fonde la Sécu et les retraites par répartition (elles aussi instituées par Croizat) solidarise ainsi l’Education nationale, ses diplômes, les agents publics, notamment les enseignants, et par leur entremise, tous les agents publics, aux travailleurs du privé ; la destruction du bac national et, dans la foulée, n’en doutons pas, des statuts nationaux, serait un coup terrible pour tous les travailleurs. Elle serait aussi un coup majeur contre l’unité de combat des jeunes en formation et de la classe laborieuse (en France, cette unité est stratégique pour notre classe, comme on l’a vu en 68, en 86 ou lors des luttes anti-CPE de 2006) ; ce n’est donc pas pour rien que le MEDEF, la droite et le gouvernement ne cessent d’attaquer l’école, les diplômes, le bac, l’Université publique, les grandes écoles scientifiques et les classes préparatoires (issues, dans leur principe, de la Révolution française) pour instituer un système à l’anglo-saxonne de « compétences rechargeables tout au long de la vie » ; ce qui signifie en réalité une intense précarité pour les salariés auxquels plus rien ne serait d’emblée reconnu en terme de valeur professionnelle… pendant que ledit MEDEF bénéficie de la sollicitude de l’Etat-Providence… patronal ! Derrière le thème alléchant de la « formation tout au long de la vie », du retour à l’apprentissage « dès 16 ans » (13 ans, disait la constitution européenne…), on imagine la PRESSION permanente que les futurs salariés devront subir au détriment de leur santé, de leur vie privée, de leur capacité de dire non aux patrons et de leurs obligations familiales… surtout à l’heure de l’ « ubérisation » générale chère à Macron, de la « libéralisation du marché du travail » et de « l’économie de marché ouverte sur le monde où la concurrence est libre et non faussée » qui définit, de par ses traités, ce féroce empire patronal qui a nom Union Européenne !
  • Il n’est donc pas difficile d’articuler la casse scolaire massive qui s’annonce aux autres contre-réformes visant à casser le , DONC LES CONVENTIONS COLLECTIVES, DONC LES DES TRAVAILLEURS DE FRANCE, donc de la cotisation sociale et de la Sécu, des retraites et des indemnités chômage (de tout le salaire indirect des travailleurs !). Les directions de syndicats enseignants qui ne sonnent toujours pas clairement le tocsin contre la contre-réforme Blanquer du lycée (annoncée pour janvier !!!) et contre la casse du bac, qui ne font pas le lien entre la casse de l’école, de la fonction publique et les « lois Travail » successives, préparent ainsi, volontairement ou pas, le démantèlement du second degré français. Car ce dernier ne pourra pas être sauvé par les enseignants seuls, pas plus que les salariés du privé ne pourront seuls arrêter la casse du code du travail et des conventions collective qu’elle annonce.

Pour défendre les travailleurs, défendre le cadre national des conquêtes sociales contre les attaques de l’Union Européenne du Capital

Mais pourquoi, idéologiquement parlant, les directions euro-formatées des syndicats refusent-elles de dénoncer publiquement ce lien patent, évident, entre casse de l’école et casse du contrat de travail privé ? Serait-ce parce qu’elles n’ont pas le courage de défendre le cadre national, en voie d’euro-dissolution néolibérale avancée ? Il est vrai qu’une grande partie de la gauche politique, voire de l’ « extrême » gauche, refuse de distinguer, d’une part, entre le nationalisme raciste de Le Pen et la défense hautement légitime de la nation, cadre politique de la souveraineté populaire, d’autre part entre l’internationalisme populaire et le supranationalisme bourgeois que portent le Parti de la Gauche Européenne (auquel adhèrent le PCF et le PG), la Confédération Européenne des Syndicats, sans parler du Parti Socialiste Européen. Mais aussi et surtout, faire le lien que nous soulignons entre la défense de l’Education Nationale d’une part (et de tous ses appendices institutionnels énumérés ci-dessus) et la défense des conventions collectives et du Code du travail, ce serait montrer la dimension de CLASSE anticapitaliste d’une défense conséquente de l’école publique, et symétriquement, ce serait montrer qu’il est impossible de mettre le capital sur la défensive tant qu’on ose pas lier la défense des travailleurs à celle de l’indépendance nationale, comme osaient hier le faire le PCF ou la CGT d’Henri Krazucki. Bref, nos dirigeants euro-béats, qui n’ont à la bouche que le slogan suicidaire de l’ « Europe sociale » (pendant qu’on attend sans fin cette Arlésienne, l’UE détruit ICI ET MAINTENANT nos acquis ancrés dans l’histoire nationale et internationaliste du prolétariat !), ne veulent pas construire les conditions du tous ensemble des travailleurs du public, du privé, de ces travailleurs en formation que sont les lycéens et étudiants, de ces vieux travailleurs que sont les retraités, de ces travailleurs privés d’emploi que sont les chômeurs.

Pour cela il faut oser lier, comme le PRCF est quasiment le seul à le faire systématiquement en France, le drapeau rouge internationaliste du Travail au drapeau tricolore de la nation souveraine (comme ce fut le cas lors du Front populaire et de la Résistance, notamment à l’initiative de Jacques Duclos et de Benoît Frachon) pour démasquer l’euro-destructeur en chef de la France, E. Macron, dénoncer le dialogue social PERDANT et ses vecteurs délétères, CES et CFDT notamment, affronter durement l’UE du capital et l’euro, mettre en cause toutes les politiques (institutionnelles, territoriales, linguistiques…) qui désarticulent l’Etat-nation au profit de l’Union euro-atlantique des Grandes Régions, bref, retrouver la route GAGNANTE, même si nul ne prétend qu’elle soit semée de roses, du combat de classe contre le grand capital et son UE, ennemi commun des services publics, du « produire en France » industriel et agricole, et de l’émancipation intellectuelle et sociale de notre jeunesse.


*Quand un examen universitaire permet d’approcher d’année en année 90% de réussite, cela après que – sans réels moyens de rattrapage pour les jeunes en échec – on a quasiment supprimé les redoublements, cette pseudo-« bienveillance » envers les futurs bacheliers montre son vrai visage pervers : il s’agit de dévaluer totalement l’examen pour disqualifier le second degré, abaisser la culture et le savoir des jeunes générations, réserver le Supérieur aux enfants de la bourgeoisie. La vraie bienveillance est de doter le Second degré et le Supérieur (mais on peut ajouter l’école primaire) des moyens humains et pédagogiques leur permettant REELLEMENT de donner aux jeunes générations un haut niveau culturel. C’est cela la véritable démocratisation du lycée et de l’Université que nous défendons.

PRCF.

https://www.initiative-communiste.fr/articles/luttes/bac-diplomes-nationaux-statuts-universite-code-travail-conventions-collectives-salaires-secu-retraite-meme-combat/?ct=t(RSS_EMAIL_CAMPAIGN)


 

BASE 14 995X225Pour la reconstitution d'un CNR 2.0, on a déjà des communistes dignes de ce nom, ça fait plaisir. Et sur cette question du bac, nous sommes largement d'accord!

P.G.

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dimanche 8 octobre 2017

Le système de protection sociale en chantier

Mieux protéger les Français, en rationalisant le fonctionnement de la Sécurité sociale et en adaptant les droits à l'époque moderne : c'est le pari d'Emmanuel Macron. Il risque de bousculer les acteurs du secteur.

ARG FINANCE 1Attention aux secousses. Emmanuel Macron a promis de profondes transformations durant la campagne électorale. La Sécurité sociale, cette vieille dame de soixante-douze ans, doit tout simplement être « refondée ». Il s'agit de mettre un peu au carré l'architecture baroque d'un système qui se construit depuis des décennies. En s'attaquant d'abord aux maillons faibles - les régimes critiqués par leurs affiliés.

Ainsi, au mois de janvier, la « marque » Régime social des indépendants va disparaître. Le service des prestations et le calcul des cotisations des artisans, commerçants et libéraux seront progressivement transférés aux caisses d'assurance-maladie ou de retraite du régime général, en deux ans. Les droits n'ont pas été réformés, les risques d'exécution ne sont pas négligeables, bref, c'est l'aventure. Les mutuelles étudiantes qui ne sont pas encore adossées au régime des salariés du privé vont suivre le même chemin, contre leur gré.

Mais cela n'est rien en regard du big bang qui se prépare avec les retraites. Le futur haut-commissaire en charge de cette réforme monumentale aura pour objectif de faire adopter une loi-cadre dès 2018. Les régimes spéciaux comme ceux des cheminots ou des électriciens vont être supprimés. Oubliées, les annuités du régime général : tout le monde sera à la même enseigne dans le futur système par points, où 1 euro cotisé rapportera les mêmes droits à chacun, quelle que soit sa profession ou sa branche.

Un modèle plus universel

Reste à imaginer des bonifications pour les parents de familles nombreuses, pour les métiers harassants, etc. Quoi qu'il en soit, les privilèges des uns et la malchance des autres ne seront pas reproduits à l'identique dans le futur schéma. Il y aura une homogénéisation des droits, et pas seulement une rationalisation de l'organisation. On ira un cran plus loin que pour le RSI et les mutuelles étudiantes. Il y a là de quoi occuper les techniciens de la retraite pendant plus d'un quinquennat, mais aussi de quoi mettre le feu dans la société.

A côté de ces efforts pour rendre le système plus juste*, en gommant exceptions et imperfections héritées du passé, le chef d'Etat souhaite le moderniser. Les besoins de protection d'un Français du XXIe siècle ne sont pas les mêmes qu'en 1945. Alors que le modèle salarial unique s'efface, rendu plus flou par la multiplication des contrats précaires, les carrières heurtées, les passages d'un régime à l'autre, alors que les familles se désintègrent et se reforment à l'infini, il devient urgent de protéger les personnes et non plus les statuts. C'est pourquoi la protection sociale à la française navigue vers un modèle un peu moins assurantiel, un peu plus universel.

Ainsi, toutes les femmes doivent bénéficier d'un congé maternité aussi protecteur qu'au régime général. Par ailleurs, les salariés démissionnaires et les indépendants privés de travail auront droit aux allocations-chômage, eux aussi. Et tant qu'à rendre l'assurance-chômage universelle... pourquoi pas supprimer la part salariale des cotisations chômage ? Cela fait de toute façon partie des plans de l'exécutif, dans le cadre de l'opération de gain de pouvoir d'achat promise aux actifs pour 2018 : la contribution sociale généralisée, qui comme son nom l'indique pèse sur tous, y compris les retraités et même sur les revenus du capital, va augmenter. Cette hausse fera plus que compenser l'effacement des charges salariales chômage et maladie.

Le signal est on ne peut plus clair. Puisqu'il ne suffit pas de le vouloir pour réussir à gagner sa vie en travaillant, tout le monde doit payer pour ceux qui sont privés de travail ou d'une bonne santé. A vrai dire, la transition a déjà eu lieu en matière d'assurance-maladie. Ce droit est désormais « universel » et attaché à la personne, avec des cartes Vitale individuelles dès l'âge de 16 ans, voire 12 ans.

La prochaine conquête en matière de santé est l'accès à des droits qui demeurent en partie théoriques. Que signifie la protection universelle maladie quand le quart des assurés renoncent à se faire soigner, parce qu'il n'y a pas de médecin disponible, ou bien parce que les soins sont trop coûteux ? Le gouvernement précédent a commencé à apporter des réponses : aides à l'installation des professionnels dans les déserts médicaux ; plafonnement du prix des prothèses dentaires ; encadrement renforcé des tarifs des complémentaires santé ; extension de la couverture des salariés à travers la généralisation des contrats collectifs.

Une facture de 4,4 milliards d'euros

Les résultats sont mitigés. Il n'y a de toute façon pas assez de monde sur le pont pour soigner des patients plus nombreux, plus vieux, plus « chroniques ». On ne sait pas très bien encore si les plafonds auront un effet sur l'accès aux soins. Quant à la réforme des contrats collectifs, elle a permis de gagner 400.000 nouveaux assurés, mais en laissant sur le bord de la route les individus les plus fragiles.

Comment rectifier le tir ? Emmanuel Macron a défendu en campagne l'idée d'un reste à charge zéro sur les prothèses auditives et dentaires ainsi que sur les lunettes, parce que c'est là que le renoncement aux soins est le plus prégnant. Dans le viseur, non pas des catégories professionnelles (salariés, fonctionnaires, retraités...), mais des besoins concrets de l'individu. Pragmatique, cette façon de procéder va secouer tous les acteurs du secteur. Assurance-maladie obligatoire ou complémentaire, professionnels de santé, tout le monde devra mettre la main à la poche pour régler la facture. Cette dernière sera salée : 4,4 milliards d'euros... sans compter les soins supplémentaires devant lesquels les assurés ne reculeront plus.

Quel sera le degré de liberté de chacun pour y parvenir ? Cela fait partie des inconnues. L'Assurance-maladie va être au régime, avec plus de 4 milliards d'économies prévues dès 2018 par rapport à la croissance tendancielle des dépenses, et aura donc peu de marge de manoeuvre. Côté soignants, il ne suffira sans doute pas d'exhorter à modérer les tarifs pour qu'ils le fassent. Côté complémentaires, Emmanuel Macron a prévu d'encadrer leurs prestations avec des contrats types qui ressemblent fort aux contrats mis en place en 2015 pour les bénéficiaires de l'aide à la complémentaire santé (ACS). Ce énième changement des règles du jeu ne fera certainement pas le bonheur de tous.

Solveig Godeluck, Les Echos

https://www.lesechos.fr/thema/030548628491-le-systeme-de-protection-sociale-en-chantier-2113786.php


 

*"A côté de ces efforts pour rendre le système plus juste": cette présentation est logique compte tenu de l'orientation de ce journal, mais elle repose sur le fameux postulat néo- libéral: le fait qu'il y a des secteurs plus protecteurs pour certaines catégories de travailleurs est une injustice sociale! (La justice sociale étant bien entendu pour les plus extrémistes, d'aligner tout le monde sur le moins- disant social). Ce type d'argument a l'avantage de brouiller les pistes, mais ne trompe que ceux qui veulent y croire. Plus malin est l'argumentaire sur l'individu au détriment des statuts...

P.G.

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dimanche 25 juin 2017

Presse en Marche!

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=== De plus en plus grave : le verrouillage médiatique au profit de Macron est désormais dénoncé par des journalistes eux-mêmes ===
LE SNJ-CGT DÉNONCE PUBLIQUEMENT LA FAÇON DONT L'AFP A ÉTOUFFÉ LES AFFAIRES FERRAND ET BAYROU PENDANT L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE AFIN DE NE PAS NUIRE À MACRON.
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Le Syndicat national des journalistes CGT (SNJ-CGT) est le syndicat des journalistes affilié à la Confédération générale du travail, par ailleurs membre de la Fédération européenne des journalistes et de la Fédération internationale des journalistes.

Avec d'autres syndicats de l'Agence France-Presse, il considère que, depuis 2000, plusieurs actions politiques visent à remettre en cause l'indépendance de l'AFP. À cet égard, il soutient la pétition "SOS AFP" qui publie régulièrement des informations alarmantes sur l'évolution de l'AFP : http://www.sos-afp.org/fr

On notera en particulier que le SNJ-CGT, avec 3 autres syndicats, a dénoncé, en février 2015, comment les prétendues "mesures utiles" exigées par l'Union européenne et transposées en France par nos parlementaires revenaient à casser le statut protecteur de l'indépendance de l'AFP qui datait de 1957 : http://www.sos-afp.org/fr/2015_mesures_utiles

Le 20 juin 2017, le SNJ-CGT a publié un communiqué - actualisé le 22 juin - dans lequel il proteste contre le traitement partial dont l'Agence-France-Presse a fait silence sur l'affaire Ferrand pendant la campagne présidentielle.

Voici ce communiqué :
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COMMUNIQUÉ DU SNJ-CGT DE L’AFP
Quand l'AFP étouffe des informations gênantes pour le nouveau pouvoir
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L'affaire Richard Ferrand, sortie par le Canard Enchaîné dans son édition du 24 mai, aurait pu être révélée par l'AFP. Des journalistes de l'Agence étaient en effet en possession des informations, mais la rédaction en chef France n'a pas jugé le sujet digne d'intérêt.

Qu'un possible scoop sur une affaire politico-financière impliquant le numéro deux du nouveau parti au pouvoir ne soit pas jugé intéressant, voilà qui est troublant. Surtout après les affaires Fillon et Le Roux qui ont émaillé la campagne présidentielle, et alors que le nouveau président Emmanuel Macron affirme vouloir moraliser la vie politique.

Généralement, un média met les bouchées doubles pour enquêter sur ce type d'informations quand elles se présentent. Pas à l'AFP, où les courriels de journalistes adressés à la rédaction-en-chef France soit sont restés sans réponse, soit ont reçu une réponse peu encourageante.

Faute d'avoir pu donner l'affaire Ferrand en premier, ces mêmes journalistes de l'AFP ont eu la possibilité de sortir un nouveau scoop deux jours après l'article du Canard : le témoignage exclusif de l'avocat qui était au cœur de la vente de l'immeuble litigieux des Mutuelles de Bretagne en 2010-11.

Mais avant même qu'une dépêche ait été écrite, la rédaction en chef France a refusé le sujet. C'était pourtant la première fois qu'une source impliquée dans le dossier confirmait les informations du Canard et pointait la possibilité d'une infraction pénale de M. Ferrand.

L'AFP se contentera, quelques jours plus tard, de mentionner d'une phrase le témoignage de l'avocat interviewé par Le Parisien. Ce même témoignage qui conduira à l'ouverture d'une enquête par le parquet de Brest....

INTÉRÊT "TROP LIMITÉ"


Ce n'est pas tout : avant l'affaire Ferrand, le 17 mai, juste après la nomination du nouveau gouvernement, une dépêche annonce que François Bayrou, nouveau garde des Sceaux, devra lui-même faire face à des juges, dès le 19 mai, après son renvoi en correctionnelle pour diffamation. Mais la dépêche n'a pas été diffusée, la rédaction en chef France trouvant son intérêt "trop limité".

Deux jours plus tard, l'info sera en bonne place dans les médias nationaux. L'AFP décidera alors de la reprendre !

Interrogée jeudi par les syndicats lors de la réunion mensuelle des délégués du personnel, la direction de l'information de l'AFP s'est montrée incapable de justifier de manière argumentée les choix de sa rédaction en chef.

Tout cela fait beaucoup d'infos sensibles étouffées en quelques jours. Pour ceux qui ont travaillé sur le dossier, il y a de quoi être écœuré et découragé. L'Agence France Presse, l'une des trois grandes agences d'informations mondiales, dont le statut rappelle l'indépendance, a-t-elle peur de diffuser des
informations sensibles quand celles-ci risquent de nuire au nouveau pouvoir politique élu ?

Le SNJ-CGT appelle la direction et la rédaction en chef de l'AFP à s'expliquer sur le traitement incompréhensible de l'affaire Ferrand.

Le SNJ-CGT rappelle que l'AFP est et doit rester indépendante, que ses journalistes doivent pouvoir enquêter librement et publier toute information même si elle est gênante pour tout type de pouvoir, en particulier le pouvoir politique.

Le SNJ-CGT,
Paris le 20 juin 2017

Source : https://snjcgt.fr/2017/06/22/quand-lafp-etouffe-des-informations-genantes-pour-le-nouveau-pouvoir/

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COMMENTAIRES
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Ce communiqué du SNJ-CGT confirme ce que ne cesse de dénoncer (parmi d'autres) l'UPR depuis des années, à savoir que les grands médias français ne respectent plus la Charte de Munich de l'éthique du journalisme et se sont transformés en instruments de propagande euro-atlantiste, aux mains de milliardaires ou d'un appareil d’État partial.

Ce constat concerne au premier chef l'Agence-France-Presse, dont je rappelle qu'elle n'a jamais consacré la moindre dépêche à l'UPR pendant 10 ans, et cela malgré nos innombrables communiqués et malgré notre participation aux élections européennes de 2014 (où nous avons rassemblé plus de suffrages que le NPA), et aux élections régionales de 2015.

La situation de la liberté de la presse en France ne cesse de s'aggraver, comme le souligne le classement annuel de Reporters sans frontières.

Ainsi, en avril 2016, le classement de RSF sur la liberté de la presse dans le monde avait rétrogradé la France de 7 places, en la plaçant au honteux 45e rang mondial.

RSF avait accompagné ce classement en déplorant notamment qu' « une poignée d'hommes d'affaires ayant des intérêts extérieurs au champ des médias finissent par posséder la grande majorité des médias privés à vocation nationale » .
Source : http://www.francesoir.fr/culture-medias/liberte-de-la-presse-un-bilan-2015-amere

Dans son classement sur l'année 2016 (publié en avril 2017), RSF avait fait remonter la France au 39e rang mondial (on se demande bien pourquoi d'ailleurs). On attend avec intérêt ce que sera le classement 2017 publié en avril 2018..

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CONCLUSION
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Je rappelle que le programme de l'UPR - que j'ai présenté en décembre 2011 - prévoit précisément de rendre à l'AFP - et à la presse plus généralement - la liberté et l'indépendance que leur avait garanti le Conseil national de la Résistance en 1944.

S'agissant spécifiquement de l'AFP, notre programme précise ainsi :

"Restitution à l’Agence France-Presse de son rôle originel de service public de l’information, tel qu’il avait été conçu par le Conseil national de la Résistance.
Un financement correct de l’AFP doit être assuré par l’État afin de diffuser une vision française et impartiale des événements planétaires."
Source : Programme, page 21 :
https://www.upr.fr/wp-content/uploads/docs/Programme%20Presidentiel%20-%20Livret%20V10.pdf

Il y a urgence à ce que les Français se mobilisent en nombre de plus en plus important pour rétablir la liberté et l'indépendance de l'AFP et de tous les grands médias. Il ne suffit pas de s'indigner derrière son ordinateur. Il faut s'engager politiquement.

François Asselineau
23 juin 2017
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NOTA

Emmanuel Vire, responsable du SNJ-CGT, a cosigné une tribune pour voter Macron contre Le Pen lors de l'élection présidentielle ; mais, sauf erreur, ce n'était pas le SNJ-CGT en tant que tel qui avait lancé cet appel.

Il est plus que probable que des adhérents de ce syndicat n'étaient d'ailleurs pas d'accord avec cette position de M. Vire.

Quoi qu'il en soit, le SNJ-CGT est le 2e syndicat de journalistes en France par le nombre d'adhérents. Ce communiqué est donc intéressant en soi, même si ce syndicat est "pour-une-autre-Europe" comme la quasi-totalité des syndicats français.

INDEPENDANCE PRESSE PLN

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vendredi 6 janvier 2017

Syrie, le mythe médiatique des « rebelles modérés »

ALEP DESINFO

Syrie, le mythe médiatique des « rebelles modérés » (Ben Swann, 28.12.16)

Ajoutée le 3 janv. 2017

Le 28 décembre 2016, Ben Swann, journaliste & présentateur de l’émission "Reality Check" diffusée sur la chaîne CBS 46, revient sur les propos qu'il a tenu au cours de son émission du 20 décembre et dans laquelle il évoque les trois mensonges principaux qui concernent la guerre en Syrie, et la bataille d'Alep en particulier https://www.youtube.com/watch?v=l7bfX...

Le lien est ici:

https://www.youtube.com/watch?v=I4qTNGA7kHs

Non, vous ne rêvez pas, c'est bien d'un journaliste américain qu'il s'agit. La liberté d'expression et la liberté de la presse sont bien plus grandes dans certains pays anglo- saxons, on l'avait déjà constaté lors des débats sur le Brexit en Grande Bretagne. En France, pays des "droits de l'homme", c'est beaucoup plus difficile. C'est pourquoi l'UPR rétablira ce grand principe du Conseil national de la Résistance: l'éviction des "féodalités financières" des secteurs stratégiques, notamment des médias... 

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