dimanche 15 avril 2018

«Nous sommes exceptionnels, la Russie non» : Pompeo justifie la pratique US de changement de régime

Le futur chef de la diplomatie américaine a fait une éclatante démonstration du sentiment d'exceptionnalisme qui règne à Washington lors de son audition au Congrès. Sans oublier de s'en prendre à la Russie, pour rassurer les sénateurs.*

ACT POMPEO FAUCON

Choisi par Donald Trump comme prochain secrétaire d'Etat américain à la place de Rex Tillerson, Mike Pompeo passait une audition devant la commission des Affaires étrangères du Sénat le 12 avril afin d'être confirmé dans ses fonctions. Pour s'attirer les bonnes grâces des sénateurs, celui que Donald Trump avait nommé à la tête de la CIA à son arrivée au pouvoir s'est lancé dans un exercice visant à les rassurer quant à sa vision géopolitique.

Dans cette optique, rien de mieux que de prendre pour cible la Russie. Mike Pompeo y a mis un soin tout particulier. Décrivant Moscou comme «un danger» pour les Etats-Unis, il a promis de «confronter les Russes dans tous les domaines», qu'ils soient cybernétiques, économiques ou autres. Sans évidemment oublier de mentionner le chef d'Etat russe : «Nous devons nous assurer que Vladimir Poutine ne réussisse pas.»

Pour achever de persuader son auditoire qu'il n'a pas l'intention de rompre avec la politique que suit Washington depuis des décennies, Mike Pompeo s'est employé à expliquer ce qui différenciait les Etats-Unis du reste du monde. Ainsi lorsque Tim Kaine, l'ancien colistier d'Hillary Clinton, lui a posé une question piège, cherchant à savoir si une politique de changement de régime était acceptable de la part d'autres pays que les Etats-Unis, le futur diplomate ne s'est pas démonté.

«[Les Etats-Unis] sont un pays unique, exceptionnel. La Russie est unique mais pas exceptionnelle», a-t-il fait valoir, appuyant sur l'argument phare de Washington pour justifier sa politique internationale. Poursuivant sur sa lancé, Mike Pompeo a expliqué qu'il n'existait pas d'équivalence morale entre ce que pouvait faire les Etats-Unis et la Russie parce que les actions de Washington sont par nature différentes. «Je pense que nous devrions être fier de la façon dont nous nous engageons dans le monde», a-t-il martelé, avant de conclure qu'il voulait que son pays continue «de rester de bon côté de la ligne».

https://francais.rt.com/international/49722-nous-sommes-exceptionnel-pas-russie-pompeo-justifie-politique-us-changement-regime

*Voir aussi:

Choisi par Trump pour diriger sa diplomatie, Mike Pompeo lisse son profil de « faucon » au Sénat

La confirmation au poste de secrétaire d’Etat de l’ancien représentant républicain du Kansas, âgé de 54 ans, qui dirigeait la CIA depuis un an, n’est pas acquise.

Mike Pompeo est en quête d’une majorité au Sénat pour accéder au poste de secrétaire d’Etat des Etats-Unis vacant depuis le limogeage de Rex Tillerson. Son audition par la commission des affaires étrangères, jeudi 12 avril, a cependant montré que ses marges de manœuvres sont étroites.

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Un an plus tôt, lors de la procédure de confirmation au poste de directeur de la CIA qu’il a occupé jusqu’à sa nomination par Donald Trump en mars, l’ancien représentant républicain du Kansas, âgé de 54 ans, avait pu compter sur le soutien de 15 voix démocrates. Tout donne à penser que sa marge sera beaucoup plus réduite cette fois-ci alors qu’un sénateur républicain, Rand Paul (Kentucky) a d’ores et déjà fait savoir qu’il s’opposerait à sa nomination, et qu’un second, John McCain (Arizona), ne pourrait pas prendre part au vote du fait de son état de santé.

Précédé par une réputation de « faucon » nourrie par de nombreuses prises de position contre l’Iran ou la Corée du Nord, Mike Pompeo a répété que « la guerre est toujours et doit toujours être en dernier ressort », en s’appuyant sur son expérience sous les drapeaux, au début de sa carrière.

Proximité incontestée avec le président

Il a tenté de mettre en évidence deux atouts qui ont cruellement manqué à son prédécesseur. Tout d’abord, une proximité incontestée avec le président des Etats-Unis. « Chaque ancien secrétaire d’Etat avec qui j’ai parlé a souligné l’importance de maintenir une relation étroite avec le président. J’ai travaillé à établir ce genre de relation avec le président Trump au cours des quinze derniers mois grâce à des centaines d’heures de briefings », a-t-il expliqué.

Dans une critique implicite envers Rex Tillerson, il a mis en avant une capacité à gérer une structure administrative dont il a fait la preuve, selon lui, à la CIA, alors que le département d’Etat a été affaibli par un exode sans précédent de hauts fonctionnaires démobilisés par son prédécesseur. « Il est primordial de renforcer le meilleur corps diplomatique au monde », a-t-il assuré.

Les sénateurs républicains qui ont plaidé pour sa nomination ont mis ces atouts en avant, tout comme son parcours de major de sa promotion de la prestigieuse académie militaire de West Point, devenu par la suite un homme d’affaires prospère, puis un élu pendant six ans à la Chambre des représentants.

Evasif sur l’Iran et la Corée du Nord

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D’autres, à commencer par le président républicain de la commission, Bob Corker (Tennessee), qui ne cache pas ses critiques vis-à-vis du président, se sont cependant interrogés sur la nature du lien noué avec Donald Trump. Bob Corker lui ainsi a demandé s’il serait capable de « donner des conseils au président qui lui permettent de voir une situation donnée de manière globale » quitte à le contredire, rappelant que le président n’a pas hésité à écarter les conseillers défendant des vues opposées aux siennes. Le vice-président démocrate de la commission Robert Menendez (New Jersey) a souligné l’importance de ce rôle face à une présidence « guidée par les coups de tête et pas par une stratégie ».

Autant l’ancien directeur s’est exprimé de manière claire sur le recours, vanté pendant la campagne par Donald Trump, à la torture, qu’il a jugée « interdite par la loi » ou bien sur la nécessité de la fermeté face à la Russie, autant il s’est montré plus évasif sur les deux sujets qu’il aura à traiter en priorité : le maintien des Etats-Unis dans l’accord sur le nucléaire iranien et le sommet annoncé entre M. Trump et le responsable de la Corée du Nord, Kim Jong-un.

Mansuétude d’élus démocrates

Pressé de questions, Mike Pompeo, qui avait milité activement contre l’accord iranien, a assuré que sa priorité consisterait à combler les lacunes supposées du compromis, et qu’un retrait des Etats-Unis à l’échéance fixée par le président, le 12 mai, ne refermerait pas, selon lui, la voie de la diplomatie.

« S’il s’avère qu’il n’y a aucune chance de l’améliorer, je recommanderai au président de faire de notre mieux avec nos alliés pour trouver un meilleur résultat et un meilleur accord. C’est ça l’objectif », a-t-il assuré, alors que les partenaires européens des Etats-Unis signataires du texte ont exclu toute réécriture, tout comme l’Iran, et prônent au contraire des dispositifs annexes pour répondre aux inquiétudes américaines sur l’influence iranienne au Moyen-Orient, ou sur ses activités balistiques.

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Conscient de la défiance que ses prises de position passées sur l’islam ou sur le mariage homosexuel ont alimentée chez les démocrates, Mike Pompeo a pris soin de rencontrer les deux anciens secrétaires d’Etat de Barack Obama, Hillary Clinton et John Kerry, pour solliciter leurs conseils. Il mise désormais sur la mansuétude d’élus démocrates engagés dans une campagne de réélection délicate dans des Etats républicains, en Virginie-Occidentale ou dans le Dakota du Nord, pour obtenir les voix nécessaires pour pouvoir prendre la tête de la diplomatie américaine.

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2018/04/12/choisi-par-trump-pour-diriger-sa-diplomatie-mike-pompeo-lisse-son-profil-de-faucon-au-senat_5284772_3222.html#lyZZzScJW88dcG4T.99

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samedi 17 mars 2018

Gina Haspel, première femme à la tête de la CIA

Conséquence directe de la nomination de Mike Pompeo au poste de secrétaire d’État, sa directrice adjointe à la CIA lui succède à la tête de l’agence.

ACT GINA CIA

Outre qu’elle est la première femme à occuper ce poste, elle est aussi une personnalité controversée, qui fut notamment accusée d’avoir couvert des actes de torture dans le passé.

Le nouveau secrétaire d’État Mike Pompeo cède sa place à la tête de la CIA à celle qui était sa directrice adjointe depuis février, Gina Haspel. « Une agent d’espionnage exemplaire et une patriote dévouée qui apporte plus de 30 ans d’expérience dans l’agence. Elle est aussi une dirigeante expérimentée avec une aptitude fantastique à faire les choses et inspirer ceux qui l’entourent », disait d’elle son prédécesseur, le mois dernier.

Responsable du Service national clandestin de la CIA

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Âgée de 61 ans, entrée à la CIA en 1985, Gina Haspel devient ainsi la première femme à la tête de l’agence, alors même que son parcours a déjà suscité de vives polémiques dans le passé.

Responsable, à partir de 2013, du Service national clandestin de la CIA, elle fut écartée, au bout de plusieurs semaines, en raison de doutes sur son implication, après le 11 Septembre, dans la mise en place de prisons secrètes à l’étranger, notamment en Thaïlande.

Selon le Washington Post, les détenus, membres présumés d’Al-Qaida, y étaient torturés lors de leurs interrogatoires, au cours desquels la méthode de la simulation de noyade était notamment employée, ainsi que « d’autres mauvais traitements ».

Le quotidien américain affirmait également que Gina Haspel avait aussi été impliquée dans la destruction en 2005 de vidéos compromettantes sur ces techniques « d’interrogatoire poussé » appliquées sur plusieurs détenus en Thaïlande. Des vidéos que les avocats de ces détenus – en particulier les Saoudiens Abou Zoubaydah, premier membre influent présumé du réseau islamiste capturé par les Américains après le 11-Septembre, et Abd al-Rahim al-Nashiri, considéré comme le cerveau de l’attentat contre le pétrolier Limburg en 2002 et de l’attaque contre le navire américain USS Cole en 2000 – souhaitaient récupérer pour les présenter devant les tribunaux.

« Son parcours fait qu’elle n’est pas adaptée pour ce poste »

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Ces accusations, qui refont surface outre-Atlantique à l’occasion de sa nomination à la tête de la CIA, pourraient singulièrement compliquer sa tâche pour diriger l’agence de renseignements, l’une des plus grandes du monde.

D’autant que si plusieurs anciens directeurs de la CIA et d’autres responsables du renseignement américain, dont James Clapper, ancien directeur, lui ont apporté leur soutien, deux élus démocrates, les sénateurs Ron Wyden et Martin Heinrich, avaient fait part de leurs réserves sur sa nomination, l’an passé, dans une lettre au président Donald Trump : « Son parcours fait qu’elle n’est pas adaptée pour ce poste », estimaient-ils.

Il existe sur ce programme de tortures de la CIA un rapport secret de 6 700 pages réalisé en 2014 par la commission du Renseignement du Sénat et détaillant les méthodes d’interrogatoire, les participants, les lieux, et les conditions de détention des suspects, visant à obtenir des aveux en utilisant des techniques interdites comme la simulation de noyade ou la privation de sommeil. Un résumé de 528 pages a été rendu public en décembre 2014. Mais la version complète est classifiée.

america propagande

Depuis plusieurs mois, le président actuel de cette commission, un Républicain, tente d’en rassembler les copies, assurant vouloir éviter des fuites. Les démocrates craignent de leur côté qu’il cherche surtout à détruire toutes ces copies, de sorte que la vérité sur ce programme de la CIA ne sorte jamais. Du moins pas de sitôt. L’ancien président Barack Obama en conserve en effet une copie pour sa librairie présidentielle de Chicago, qui restera classifiée jusqu’en 2029.

Jean-Yves Dana
https://www.la-croix.com/Monde/Ameriques/Gina-Haspel-premiere-femme-tete-CIA-2018-03-13-1200920498?utm_source=Newsletter&utm_medium=e-mail&utm_content=20180314&utm_campaign=newsletter__crx_alert&utm_term=952990&PMID=ac29e5cafb071c987471f76e2c454018

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mardi 20 février 2018

L'ancien directeur de la CIA reconnaît en bafouillant l'ingérence des USA dans des élections

Alors que Washington accuse sans preuves la Russie d'ingérence dans la présidentielle, l'ancien directeur de la CIA a été pris de cours lorsqu'on lui a demandé si son pays avait fait de même récemment. Il a assuré que c'était «pour la bonne cause».

ACT CIA DECLARATION

S'ingérer, certes, mais «pour la bonne cause». Voici l'argument de l'ancien directeur de la CIA, James Woolsey, pour justifier les ingérences des Etats-Unis dans les élections des autres Etats. Invité le 16 février sur la chaîne Fox News, le chef des renseignements américains sous la présidence de Bill Clinton a révélé ce secret de polichinelle alors que la justice américaine vient d'inculper 13 Russes et trois entités russes, les accusant d'ingérence dans les élections et le processus politique américains.

Alors que la journaliste Laura Ingraham lui demandait si les Etats-Unis s'étaient déjà immiscés dans les affaires d'autres Etats, James Woolsey a répondu : «Oh, probablement, mais c'était pour le bien du système afin d'éviter que les communistes ne prennent le dessus.» Tandis que l'ancien patron de l'agence de renseignement se penchait sur des exemples tirés de l'après-guerre ou de la guerre froide, la journaliste a voulu le ramener à l'actualité récente, lui demandant : «Mais nous [les Etats-Unis] ne le faisons plus maintenant ? Nous ne nous ingérons plus dans les élections des autres ?» En guise de réponse, le responsable américain s'est contenté de galimatias, lâchant : «Eh bien...» Il a finalement concédé, en souriant, que si Washington continuait à s'ingérer dans les élections d'autres Etats, c'était «seulement pour une très bonne cause».

Cette réaction n'est pas passée inaperçue du côté de l'ambassade de Russie au Royaume-Uni qui a repris dans un tweet la déclaration de James Woolsey en commentant : «Tout est dit.»

«Morts de rire à Moscou»

Si Washington n'a jamais fourni de preuves concernant la prétendue ingérence russe dans l'élection présidentielle américaine, les accusations continuent de faire parler d'elles aux Etats-Unis. 

Le président américain a encore tweeté à ce sujet le 18 février, se voulant plus réservé quant aux accusations contre Moscou : «Je n'ai jamais dit que la Russie ne s'était pas mêlée de l'élection, j'ai dit : "C'est peut-être la Russie, ou la Chine ou un autre pays ou groupe, ou cela peut être un génie de 180 kilos assis dans son lit et jouant avec son ordinateur." Le mensonge, c'était que l'équipe de campagne de Trump avait été complice de la Russie. Elle ne l'a jamais été !», a-t-il en outre déclaré sur Twitter.

(...)

https://francais.rt.com/international/48174-cia-ingerence-etats-unis

AFFICHE GUERRES OTAN

 

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jeudi 7 septembre 2017

Force Ouvrière, le syndicat inventé par la CIA !

Irving Brown était un agent de la CIA

 

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Wikipedia sur Irving Brown

Extrait :

Irving Brown, né en 1911 à New York, dans l’arrondissement du Bronx et mort en 1989 à Paris, est un syndicaliste américain membre de la Fédération américaine du travail, puis de l’American Federation of Labour - Congress of Industrials Organisations (AFL-CIO) qui joua un grand rôle en Europe de l’Ouest et en Afrique dans la lutte contre l’influence communiste au sein des syndicats. Il a simultanément mené une carrière d’agent de la CIA.

Selon Hugh Wilford, Brown « agissait plus ou moins de sa propre initiative lorsqu’il apportait le soutien américain aux syndicats "libres" ».

Biographie

Irving Brown est le fils d’un adjoint de Kerensky aux États-Unis. Kerensky, travailliste russe et ancien chef du gouvernement provisoire, avait émigré aux États-Unis après 1917. Brown est né à Chicago en 1911, y a été boxeur, puis est devenu syndicaliste et a affronté le syndicat des Teamsters (camionneurs américains) contrôlé par la mafia.

Lieutenant de l’armée américaine, il est chargé en 1944 par l’OSS de préparer le débarquement en Sicile, puis en Provence.

Aide à la scission de la CGT

Il s’attache ensuite à affaiblir les mouvements communistes en France et obtient en 1947 d’André Bergeron et Léon Jouhaux qu’ils quittent la CGT et créent la Confédération générale du travail - Force ouvrière (CGT-FO). C’est à ce titre qu’il est présent dès la création du syndicat à partir de 1946 et à tous ses congrès. Il est aussi l’un des créateurs de la Confédération internationale des syndicats libres.

À sa création, la CGT-FO reçoit le soutien logistique et financier de syndicats belges, allemands, et de l’AFL-CIO américaine sous l’égide de son tout récent FTUC (Free Trade Union Committee) et d’Irving Brown: la CIA, dont il est membre, souhaite « créer en France et en Italie des syndicats non communistes pour affaiblir la CGT et son homologue italienne, la CGIL ».

Participation au Congrès pour la liberté de la culture

Le Congrès pour la liberté de la culture (CILC) est fondé au Titania Palace à Berlin-Ouest le 26 juin 1950 pour lutter contre l’idéologie communiste en Europe de l’Ouest. Irving Brown était membre de la délégation américaine.

Installé en France, Irving Brown y dirige à partir de la fin des années 1950 les relations internationales de l’AFL-CIO depuis son bureau du 10, rue de la Paix. Il prend une part importante dans la lutte contre les communistes Grecs aussi bien que contre Salvador Allende au Chili.

Au cours de la guerre d’Algérie, il finance le Mouvement national algérien (MNA) et soutient certaines tendances du Front de libération nationale (FLN) afin de faire passer l’Algérie sous contrôle américain. Ce fut le plus grand échec de sa vie, et le secrétaire général de l’Élysée de l’époque, Bernard Tricot ne négocie pas avec lui un accord sur la crise algérienne.

Il organise en 1984 les manifestations qui, un peu partout dans le monde, ont accompagné la tournée internationale de Mikhaïl Gorbatchev et contribue ainsi à casser l’ultime tentative de maintenir en vie le régime soviétique. Dès 1985, il considérait que la partie était jouée, que l’Union soviétique avait perdu la partie et que sa chute n’était plus qu’une question de temps.

À partir de 1986, il est atteint de graves problèmes de santé. En 1988, il est décoré par Ronald Reagan de la médaille présidentielle de la Liberté.

Pour les liens et les notes indiqués par Wikipedia, aller sur leur site :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Irving_Brown

PDF - Irving Brown par Annie Lacroix Riz en 1990 :

http://mai68.org/spip2/IMG/pdf/Irving-Brown_Annie-Lacroix-Riz_1990.pdf

http://mai68.org/spip2/spip.php?article705

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mercredi 2 août 2017

Le compte à rebours de la guerre contre le Venezuela a commencé

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Le compte à rebours de la guerre contre le Venezuela a commencé

http://arretsurinfo.ch/le-compte-a-rebours-de-la-guerre-contre-le-venezuela-a-commence/

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Article du 28 juillet, l'article était visionnaire et présentait un point de vue intéressant, de mon point de vue, pour mieux comprendre les enjeux économiques, sociaux et géopolitiques de ce dossier.

P.G.

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Dimanche, le Venezuela tiendra une élection générale pour élire les participants à une assemblée constitutionnelle. La moitié des représentants seront élus dans les circonscriptions électorales ordinaires. L’autre moitié sera élue par et parmi huit groupes spécifiques de « travailleurs », « agriculteurs »,  « employeurs », etc. La deuxième méthode d’élection est peut être inhabituelle, mais elle n’est pas moins démocratique que le système américain qui donne plus de poids aux électeurs des états ruraux qu’aux électeurs citadins.

La nouvelle assemblée proposera des modifications à la constitution actuelle. Ces changements seront votés par tout le pays. Il est probable que les résultats viendront conforter les politiques que la grande majorité des gens et le gouvernement social-démocrate dirigé par le président Maduro privilégient.

La partie la plus riche de la population ainsi que les lobbies et les gouvernements étrangers ont essayé d’empêcher ou de saboter les prochaines élections. Les États-Unis ont utilisé divers modes de pression économique contre le gouvernement vénézuélien, y compris la guerre économique et l’augmentation des sanctions. L’opposition a organisé de violents rassemblements de rue, a attaqué des institutions et les partisans du gouvernement et a appelé à des grèves générales.

Mais les photos de propagande du NYT des rassemblements de l’opposition dans la capitale de Caracas ne montrent que de petits groupes de quelques dizaines à quelques centaines de jeunes souvent violents. Les appels de l’opposition à des grèves générales ont eu peu de résonance comme est obligé de le reconnaître même le Washington Post dont on connait la position fiévreusement anti-Maduro:

Dans la moitié la plus riche de l’est de la ville, la plupart des entreprises ont fermé pour soutenir la grève appelée par l’opposition, pour boycotter le vote et obtenir son annulation.
Les principales autoroutes de la capitale ont été en grande partie fermées au début de la matinée, et des rapports ont été publiés sur le fait que la police nationale envoyait des gaz lacrymogènes sur les grévistes dans le centre. Dans les quartiers les plus pauvres de l’ouest, la grève a semblé moins prononcée, avec plus d’entreprises ouvertes et plus de personnes dans les rues.

(Traduction de la propagande du WaPo: « Même les quartiers riches de la ville occupés par l’opposition n’ont pas été entièrement fermés. Les tentatives de l’opposition de bloquer les routes centrales ont été contrecarrées par la police. Dans les quartiers les plus pauvres de la ville, l’appel à la grève de l’opposition a tout simplement été ignoré. ») L’opposition n’est vivace que dans les couches les plus riches de la population et seulement dans quelques grandes villes. Les régions rurales pauvres ont vu leur situation s’améliorer sous les gouvernements sociaux-démocrates et elles continuent de les soutenir.

Dans une interview du New York Times d’hier, le lobby du «changement de régime» du Bureau de Washington sur l’Amérique latine (WOLA) a indiqué les étapes de la prochaine guerre contre le Venezuela:

Depuis le plébiscite, l’opposition au Venezuela a pris des mesures pour établir un gouvernement parallèle. Cela pourrait rester une initiative symbolique. Mais si l’opposition continue dans cette voie, elle recherchera prochainement la reconnaissance et le financement de l’étranger, et revendiquera, au moins implicitement, le monopole légitime de l’emploi de la force pour le gouvernement parallèle. Ensuite, elle cherchera à se procurer ce dont chaque gouvernement a besoin: des armes pour se défendre. Si elle réussit, le Venezuela pourrait s’enfoncer dans une guerre civile à côté de laquelle le conflit actuel apparaîtra comme une chamaillerie d’écoliers.

(Le WOLA a également participé au coup d’Etat de Hillary Clinton au Honduras).

La CIA ne fait pas mystère de ses plans:

Le directeur de la CIA, Mike Pompeo, a donné un indice des plus clairs de l’ingérence de Washington dans la politique de l’Amérique latine, en disant qu’il espérait qu’il pourrait y avoir une transition politique au Venezuela, et que la CIA faisait de son mieux pour comprendre la dynamique qui était à l’œuvre là-bas.
Il a ajouté: « J’étais à Mexico et à Bogota il y a quinze jours pour parler de cette question, et essayer de les aider à comprendre ce qu’ils pourraient faire pour obtenir de meilleurs résultats pour leur partie du monde et notre partie du monde. »

L’article explique :

Au Venezuela, [le gouvernement des États-Unis] a cherché à affaiblir les gouvernements élus de M. Maduro et de son prédécesseur, Hugo Chavez, qui a été chassé brièvement lors du coup d’Etat de 2002. Pour cela nous avons soit financé des groupes d’opposition par le biais d’organisations telles que la Fondation nationale pour la démocratie, soit seulement diffusé de la propagande.
En mai 2016, des responsables américains non identifiés ont déclaré à des journalistes, lors d’un briefing, que le Venezuela s’enfonçait dans une « crise » qui pourrait se terminer dans la violence.

On peut en conclure que la violence qui va éclater au Venezuela ne sera pas due à une action spontanée de l’opposition, mais à la mise en œuvre d’un plan qui a vu le jour depuis, au moins, mai 2016. Il suivra probablement le scénario des révolutions de couleur mises en oeuvre par la force, par les États-Unis, dans plusieurs pays au cours de la dernière décennie.

L’approvisionnement en armes et le soutien mercenaire de l’opposition arriveront par et à travers les pays voisins du Venezuela dans lesquels le responsable de la CIA vient de se rendre.

L’élection de l’assemblée constitutionnelle se déroulera comme prévu. L’opposition tentera de la saboter et, si elle n’y parvient pas, de recourir à la violence. Armes, conseils tactiques et soutien seront fournis par la CIA.

Le gouvernement vénézuélien est soutenu par beaucoup plus d’électeurs que l’opposition de droite alignée sur les États-Unis. L’armée n’a montré aucun signe de déloyauté envers le gouvernement. Normalement, toute tentative de renverser du gouvernement devrait échouer.

Les États-Unis peuvent nuire encore plus au Venezuela en interdisant l’importation de pétrole vénézuélien aux Etats-Unis. Mais cela augmenterait probablement le prix de l’essence aux États-Unis. Cela gênerait le Venezuela dans un premier temps, mais il y a de la demande pour le pétrole et il trouverait vite d’autres clients.

Il y a des tentatives pour renverser le gouvernement vénézuélien, depuis la première élection d’un gouvernement plus ou moins socialiste en 1999. Le coup d’État organisé par les États-Unis en 2002 a échoué parce que le peuple et l’armée se sont opposés à cette ingérence flagrante. Les méthodes de « changement de régime » ont évolué depuis, avec, maintenant, le soutien, à partir de l’extérieur, d’une « opposition démocratique » militante. Cette méthode a réussi en Libye et en Ukraine mais a échoué en Syrie. Je suis convaincu que le gouvernement du Venezuela a pris la mesure de ces précédents et s’est préparé à contrer une tentative similaire.

Les États-Unis  viennent d’ordonner aux familles des employés de leur ambassade de quitter le pays. Ils ne prennent ce genre de mesure que lorsqu’ils ont toutes les raisons de penser qu’il va se passer quelque chose de grave.

Moon of Alabama | Juillet 28, 2017

Article original en anglais: Countdown To War On Venezuela

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