lundi 15 janvier 2018

Classement Forbes 2018 : Le Royaume-Uni Nommé Meilleur Pays Pour Les Entreprises

Après le vote serré des Britanniques en faveur du Brexit l’année dernière, beaucoup ont pensé que l’économie du pays allait s’effondrer.

ACT BREXIT LIZ

Si la livre sterling a en effet reculé de 9 % par rapport au dollar, et reste plus basse qu’auparavant, l’économie dans son ensemble se porte plutôt bien. Le PIB a augmenté de 1,8 % en 2016, soit juste derrière l’Allemagne et sa croissance de 1,9 %, en tête du G7. La croissance économique s’est poursuivie en 2017, les prix de l’immobilier augmentent et le chômage, à 4,3 %, n’a jamais été aussi bas depuis 42 ans.

La sortie de l’Union Européenne (UE) est prévue pour mars 2019, mais beaucoup de choses sont encore incertaines. Certaines entreprises britanniques n’osent pas investir et attendent de voir comment le Brexit affectera les relations commerciales, et les prévisions de croissances sont plus basses pour 2018, mais le climat entrepreneurial anglais reste attractif. Le Royaume-Uni arrive pour la première fois en tête de ce 12ème classement Forbes annuel des Meilleurs Pays pour les Entreprises.

Il fait partie des 25 pays les mieux classés (sur 153) dans chacun des 15 paramètres mesurés, en dehors du risque politique où il arrive 28ème. Il arrivait 5ème au classement général en 2016.

Wells Fargo et Apple ont tous deux entrepris des mouvements importants vers Londres depuis l’annonce du Brexit. Le premier a ainsi dépensé 337 millions d’euros pour acquérir un nouveau siège social européen dans le quartier des affaires londonien. Quant à Apple, il a annoncé son intention d’ouvrir un nouveau campus londonien de presque 46 000 m² en 2021. Facebook est aussi sur le coup avec 65 000 m² à aménager pour 9 000 employés. « Ces engagements sont la preuve que les entreprises ont confiance en la stabilité économique à long-terme du Royaume-Uni », analyse Jeff Lessard, consultant pour Cushman & Wakefield, qui aide les entreprises à trouver des locaux.

Le pays du thé s’en est particulièrement bien sorti en termes de préparation technologique (4ème) et au niveau de la taille et de la formation de sa main d’œuvre (3ème). Son économie d’une valeur de 2 200 milliards d’euros est la 5ème du monde. La capitale bitannique est le centre des services financiers européens, et abrite des géants de la finance comme HSBC, Prudential et Barclays. « L’avantage du Royaume-Uni, c’est que Londres est l’un des trois plus grands centres financiers de la planète, explique M. Lessard. Après le Brexit, quelques villes européennes pourront concurrencer Londres, mais toutes ont leurs défauts ».

La domination de l’Angleterre sur ce classement pourrait être de courte durée avec la sortie de l’UE. Londres pourrait perdre 10 000 emplois liés au secteur bancaire, d’après le groupe de réflexion Bruegel. Citigroup, Morgan Stanley, Nomura et Standard Charter déménagent à Francfort, et Paris et Dublin font de l’œil aux autres banques qui ne veulent pas perdre l’accès au marché unique européen.

« Le plus gros problème du pays sera la facilité de la participation de jeunes talents européens à la croissance de son économie. Le talent est la clé qui mène à l’innovation, la croissance et la compétitivité », explique Matthew De Luca, consultant en stratégie chez Cushman & Wakefield.

Nous avons mis au point ce classement des Meilleurs pays pour les entreprises en évaluant 153 États selon 15 critères différents, notamment le droit à la propriété, l’innovation, la fiscalité, la technologie, la corruption, la liberté (liberté individuelle, liberté de commerce et liberté monétaire), la simplicité des démarches administratives et la protection des investisseurs. Tous ont le même coefficient.

Nous avons changé notre méthodologie pour la première fois cette année, après en avoir discuté avec plusieurs experts de choix de localisation pour entreprises. Nous ne prenons plus en compte les performances boursières, et nous avons ajouté la main d’œuvre, les infrastructures, la taille du marché, la qualité de vie et le risque politique à nos estimations pour mieux évaluer l’attractivité d’un pays pour les investisseurs. Ces données sont tirées de rapports publiés par Freedom House, Heritage Foundation, Property Rights Alliance, les Nations Unies, Transparency International, la Banque Mondiale, Aon, Marsh & McLennan et World Economic Forum (cliquez ici pour obtenir plus de détails notre méthodologie et les classements pas critères).

La Nouvelle-Zélande arrive en 2ème position au classement général pour la troisième année consécutive. Cette île d’Océanie ne compte que 4,5 millions d’habitants, mais son économie se porte comme un charme avec une croissance de 3,6 % en 2016. Parmi les 20 meilleurs pays du classement, seule l’économie irlandaise a obtenu un meilleur score.

Les Kiwis sont parvenus à passer d’une économie agraire à une économie industrielle et de libre marché en 40 ans. Ils ont privatisé des dizaines d’entreprises comme des compagnies d’aviations, des assurances, des banques ou des entreprises de télécommunication auparavant dirigée par l’État. Ce pays est le meilleur en matière de simplicité administrative, de corruption et de droits de propriété.

Les Pays-Bas, la Suède et le Canada complètent ce top 5.

Les États-Unis étaient sur une mauvaise pente depuis une dizaine d’années, passant de la première place en 2006 à la 23ème position en 2016 à cause de la multiplication des démarches administratives et bureaucratiques, ainsi que de moins bons résultats en termes de libertés commerciales et monétaires. Mais ce pays à 15 700 milliards d’euros remonte à la 11ème place cette année grâce à de meilleurs scores par rapport à ses concurrents en préparation technologique, en innovation et en liberté de commerce.

« Les États-Unis ont de très bons accès à la fois aux économies européennes et à celles du Pacifique, ils ont une main d’œuvre variée et bien formée, des entreprises à la pointe de l’innovation et un environnement économique stable, confie M. Lessard. Et la grande réforme fiscale de l’administration Trump ne va qu’augmenter l’intérêt qu’ont les entreprises à s’implanter sur le sol américain ».

Le changement de méthodologie avantage les Américains, avec la nouvelle prise en compte de la main d’œuvre (par sa taille et son niveau de formation) et de la taille du marché (produit national brut). Les U.S.A arrivent premiers dans ces deux catégories.

« Les investissements directs à l’étranger en direction des États-Unis sont importants ces dernières années car les multinationales cherchent à se rapprocher de leurs clients et mieux contrôler leur chaîne de production sur le plus marché le plus riche du monde », explique Jerry Szatan, consultant en choix d’installation d’entreprise, basé à Chicago.

Les deuxième et troisième économies mondiales, la Chine et le Japon, sont arrivées respectivement 66ème et 21ème dans notre classement. La Chine est handicapée par son manque de libertés commerciale et monétaire. Quand au Japon, il a beau avoir diminué la taxe sur les entreprises de 8 % depuis 2012, sa lourde fiscalité le laisse à la traîne derrière les autres pays développés, d’après la Banque Mondiale. Il fait tout de même partie du top 10 quand il est question d’innovation et d’infrastructures.

Les pays d’Afrique font partie des pires pays pour les entreprises, avec six d’entre eux parmi les dix derniers du classement (Haïti est le moins bien classé des pays non africains). La plupart de ces pays ont de mauvais résultats en innovation, en liberté commerciale et en protection des investisseurs. Le Tchad est bon dernier pour la troisième fois d’affilée. Les pays africains enclavés souffrent d’un manque d’infrastructure et du manque de formation de leur main d’œuvre, ainsi que d’une lourde bureaucratie et d’importants problèmes de corruption.

https://www.forbes.fr/classements/entreprises/classement-forbes-2018-le-royaume-uni-nomme-meilleur-pays-pour-les-entreprises/

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Si on prend en compte les critères retenus, voilà qui devrait faire réfléchir ceux qui prétendent que la France seule ne pourrait pas se défendre dans l'univers impitoyable de la mondialisation, et qu'elle aurait absolument besoin de l'Union européenne. L'argument de l'hostilité de principe des marchés ne tient pas face aux exigences concrètes des entreprises en terme d'environnement politique et commercial. Une politique économique indépendante nous ferait sans doute régresser sur certains critères, mais aussi augmenter sur d'autres (infrastructures, innovation, qualité de la main d'oeuvre...)   P.G.

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samedi 30 décembre 2017

.[RussEurope en Exil] Le BREXIT, les médias et un sondage

Depuis plusieurs semaines une petite musique, diffusée par des chaînes de télévision (France2, TF1, etc…) insinue que les britanniques regretteraient leur choix de juin 2016 et que le BREXIT n’aurait plus la côte outre-manche.

TL SAPIR BREXIT

Un bon exemple de cela est le sujet diffusé dans le journal de France2 le 22 décembre dernier[1]. On a tendance à se dire qu’une chaîne publique, comme France2 ne va pas nous mentir. Cela se saurait, non ? C’était comme Colin Powell brandissant les « preuves » des armes de destruction massive détenues par Saddam Hussein en Conseil de Sécurité de l’ONU[2]. Un Secrétaire d’Etat des Etats-Unis, cela ne ment pas, ou au mieux par omission…Bon, là, c’est loupé, car ces armes, nul ne les a trouvé et Colin Powell lui-même, dans une interview donnée à la chaîne ABC a reconnu que son discours devant le Conseil de Sécurité resterait comme une « tache » en raisons des mensonges qu’il avait été obligé de dire[3]. Colin Powell avait une excuse : il avait lu un texte préparé par le secrétariat du Vice-Président, le sinistre Dick Cheney. Seulement, sur la question du BREXIT, France2 n’a aucune excuse. Explications.

Les résultats du sondage YouGov

Un sondage réalisé par l’institut YouGov du 13 au 19 décembre, et portant sur 1692 personnes au Royaume-Uni[4], montre que 48 % des personnes interrogées sont en faveur du BREXIT et seulement 39 % lui sont opposées (avec 13% d’indécis ou de sans opinion). En fait, les opinions de 7 pays, dont 6 de l’Union européenne, ont été sondées (Royaume-Uni, Allemagne, France, Danemark, Suède, Finlande et Norvège). La comparaison de ces opinions est intéressante :

Tableau 1

Données en pourcentage

Vous préférez que le Royaume-Uni            
  Royaume-Uni Allemagne France Danemark Suède Finlande Norvège
Reste dans l’UE 39 55 37 62 59 54 37
Quite l’UE 48 21 36 15 18 23 34
Ne sait pas 13 24 27 23 23 23 29
                           

Source : https://d25d2506sfb94s.cloudfront.net/cumulus_uploads/document/xnnrrb0gi9/Euro track_December.pdf , p.3.

On constate que la France est le seul pays de l’UE a avoir une attitude relativement équilibrée sur le BREXIT. Les 4 autres pays de l’UE sont contre, et la Norvège, qui ne fait pas partie de l’UE, a une attitude relativement proche de la France.

Mais, c’est bien entendu le cas du Royaume-Uni qui nous importe ici. Avec un écart de 9 points, les partisans du BREXIT sont toujours largement en tête. Rappelons, cependant, que ces résultats ne sont que ceux d’un sondage, et qu’il n’y a pas eu de campagne. On ne peut en déduire mécaniquement le sens d’un vote, si par hasard on voulait forcer les britanniques à revoter.

Il reste que la nature de ce BREXIT est aussi un sujet important. Et de ce point de vue, le même sondage YouGov donne des résultats intéressants :

Tableau 2

Résultats en %

Si vous aviez à choisir préfèreriez vous que le Royaume-Uni quitte l’UE      
  Royaume-Uni Allemagne France Danemark Suède Finlande Norvège
Immédiatement

30

18 22 12 14 12 17
Après des négociations complètes 54 60 52 66 60 66 53
Ne sait pas 16 22 26 22 25 22 31

Source : Idem tableau 1

Une majorité se prononce pour un BREXIT « dans les règles » : mais, au Royaume-Uni, la proportion de ceux qui pensent que ces règles ne doivent pas être respectées et que le pays doit quitter l’UE immédiatement est particulièrement élevée, avec près d’un tiers des réponses.

Une opinion défavorable du fédéralisme européen

On peut alors interpréter ces résultats comme traduisant un certain euroscepticisme en France (et en Norvège). Mais, en fait, la question est bien plus complexe. Les pays d’Europe du Nord qui sont ceux qui désirent le plus que le Royaume-Uni reste dans l’UE sont aussi ceux qui sont le plus opposés à l’idée d’une Europe fédérale. En fait le « regret » par rapport au fait que le Royaume-Uni quitte l’UE semble bien traduire le fait que ces pays craignent de perdre un allié qui, lui aussi, refuserait la marche vers l’Europe fédérale.

Tableau 3

Résultats en %

Êtes-vous d’accord avec la proposition de M. Schulz pour transformer l’UE en des Etats-Unis d’Europe?    
  Royaume-Uni Allemagne France Danemark Suède Finlande Norvège
Oui 10 30 28 12 12 13 12

Non

43

33

26

48

48

56

55

Ni oui, ni non 18 21 27 15 13 11 12
Ne savent pas 28 17 19 24 27 20 20

Source : Idem tableau 1, p. 2.

En fait, à l’exception de la France et de l’Allemagne, les trois autres pays de l’Europe du Nord (et bien évidemment la Grande-Bretagne) sont fortement opposés à l’idée d’une transformation de l’Union européenne en des « Etats-Unis d’Europe ». En fait, on peut se demander si ce projet, qui est une partie importante de l’imaginaire de Bruxelles et des institutions européennes, n’a pas joué un rôle au moins aussi important que la question de l’immigration dans le vote britannique en faveur du BREXIT. Quoi qu’il en soit, et connaissant par ailleurs les positions des pays de l’Europe Centrale et Danubienne (Pologne, Hongrie, Slovaquie, République tchèque et maintenant Autriche), on peut penser que les opposants à ce projet d’Europe fédérale sont largement majoritaires. C’est un fait que notre Président de la République, M. Emmanuel Macron, ferait bien de prendre en compte et le plus rapidement possible.

Les Médias et le BREXIT

Il faut maintenant revenir sur la manière dont les médias comme France2 ou TF1 traitent le BREXIT. Ce sondage ayant eu lieu du 13 au 19 décembre, il était peut-être déjà connu quand France2 a fait son sujet, outrageusement orienté « anti-BREXIT » le 22 décembre. A tout le moins, on aurait pu s’attendre, dans une chaîne normalement « pluraliste » à ce que ce sondage bénéficie de la même couverture dans un journal suivant. Il n’en a rien été, et cela porte condamnation des méthodes de traitement et de présentation de l’information dans ces médias.

Dans le numéro 1 du Lab Eco sur RT France[5], Jean-Marc Sylvestre et moi-même n’avions pas connaissance de ce sondage quand l’émission fut tournée le 5 décembre. Rappelons qu’elle fut diffusée le lundi 18 décembre à 20h30. Il est clair que si nous en avions eu connaissance, nous l’aurions discuté et analysé.

Le « loupé » de France2 attire néanmoins l’attention sur la nécessité de faire des émissions pluralistes et qui ne soient pas à charge, sur un sujet ou sur un autre. C’est ce à quoi nous nous efforçons, et nous nous efforcerons avec Jean-Marc Sylvestre, n’en déplaise aux grincheux et aux jaloux[6], si prompt à parler de « propagande » quand il s’agit des autres et si satisfaits d’eux-mêmes…

Jacques Sapir

[1] https://mobile.francetvinfo.fr/monde/europe/la-grande-bretagne-et-l-ue/brexit-un-an-apres-le-doute-s-installe-chez-les-britanniques_2527547.html

[2] http://www.heraldtribune.com/news/20030605/bush-team-didnt-level-with-us

[3] Voir http://abcnews.go.com/2020/Politics/story?id=1105979&page=1

[4] https://d25d2506sfb94s.cloudfront.net/cumulus_uploads/document/xnnrrb0gi9/Euro track_December.pdf Sondage réalisé sur : 1692 adultes britanniques, 2032 adultes allemands, 1002 adultes français, 1018 adultes danois, 1018 adultes suédois, 974 adultes finlandais, 402 adultes norvégiens

[5] Voir l’émission à https://francais.rt.com/economie/46732-emission-ton-plus-libre-sylvestre-sapir-bousculent-economie-rt-france

[6] Voir https://francais.rt.com/france/46726-appel-interdire-chaine-rt-france-provoque-vive-levee-boucliers

https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-le-brexit-les-medias-et-un-sondage/

 

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vendredi 29 décembre 2017

Brexit : Fin de première manche

Entre le décès de Jean d’Ormesson et celui de Johny Halliday dans la même semaine, les cérémonies commémoratives1 diffusées ad nauseam sur les chaînes d’abrutissement en continu, les médias ne réservent que la portion congrue à la fin de la première partie des négociations entre le Royaume-Uni et les Vingt-Sept (représentés par la commission européenne) consacrées à la mise en œuvre concrète du « Brexit » (référendum du 23 juin 2016) conclue le 8 décembre 2017.

TL BREXIT

Négociation inédite s’agissant du départ d’un des membres de l’Union européenne, hypothèse qui paraissant invraisemblable il y a quelques années encore pour la bienpensance intellectuelle ! Une fois l’effet de sidération passé, il a bien fallu se rendre à l’évidence. La communauté réduite aux acquêts devait être traduite en procédure de divorce entre l’Ile et le continent2. Comme souvent dans la pratique des relations internationales, il existe deux niveaux d’analyse d’un évènement qui nous est présenté à travers quelques extraits choisis de Jean-Claude Juncker (le président de la commission européenne), Donald Tusk (le président du conseil européen) et de Theresa May (le premier ministre britannique). La fin de première partie de négociation au long cours (plus d’un an pour débroussailler le terrain) sur le « Brexit ». n’échappe pas à la règle3. Nous pouvons distinguer un niveau médiatique et un niveau diplomatique.

LE NIVEAU MÉDIATIQUE : L’EUROPE EN NOIR ET BLANC

Portés par les éléments de langage (E.D.L.) et la pensée rapide (le prêt à penser), les médias ont tôt fait de tirer des conclusions hâtives et manichéennes de cette première phase de la négociation comme si la vie internationale était manichéenne : les bons et les méchants, les gagnants et les perdants, la morale et l’immoralité… Comme dans un combat de boxe, l’Union européenne est déclarée vainqueur de la première manche par K.O. de la Perfide Albion4. Comment pourrait-il en être autrement avec l’as de la négociation diplomatique qui a pour nom, Michel Barnier (« qui a jusqu’ici réalisé un sans-faute et dont l’expertise et la maîtrise de la diplomatie ont été précieuses… ») ? Malgré ses esquives permanentes, son alter ego britannique, David Davis n’a rien vu venir. Il est encore groggy dans les cordes sonné par les coups des Vingt-Sept. Il a dû faire sienne toutes les exigences du continent. Et tous les médias de faire chorus pour reprendre les trois points principaux de l’accord (il comporte quinze pages qu’aucun de nos perroquets à carte de presse n’a pris le temps de lire) : montant de la facture du divorce (50 milliards d’euros), statut des ressortissants européens au Royaume-Uni (protégés par la Cour de Justice de l’Union européenne), statut de l’Irlande (pas de rétablissement des frontières entre la République d’Irlande et l’Irlande du Nord). Nous pouvons dormir sur nos deux oreilles tant les Britanniques ont dû aller à Canossa et arrivent en position de faiblesse pour aborder la deuxième phase de la négociation portant sur les relations futures entre Londres et les Vingt-Sept rescapés5.

LE NIVEAU DIPLOMATIQUE : L’EUROPE EN DEMI-TEINTE

Comme souvent dans les relations internationales, pour celui qui dispose d’un minimum de pratique de la diplomatie multilatérale, les choses se présentent rarement de manière aussi tranchée que l’on veut bien le prétendre. Même s’il s’agit d’une vérité d’évidence, rien n’est définitivement agréé tant que tout n’est pas agréé (le fameux rien n’est décidé avant que tout soit décidé que connaissent bien les diplomates). La négociation sur le « Brexit » constitue un tout et il est hasardeux de pouvoir la saucissonner artificiellement. La découpe en phases est un artifice théorique destiné à en faciliter l’approche mais ne correspond qu’approximativement à la réalité. À ce jour, la conclusion de la première phase doit être appréhendée comme le signe d’une volonté politique des négociateurs de démontrer que la négociation avance et ne fait pas du surplace. Ni plus, ni moins. Car, si nous entrons plus avant dans le détail de l’accord du 8 décembre 2017, la victoire des Vingt-Sept est moins écrasante qu’il n’y paraît tant elle est l’archétype de l’application de la théorie de « l’ambiguïté constructive »6. Bien connue des négociateurs chevronnés, elle consiste à masquer des désaccords substantiels derrière des formules vagues, évasives permettant de s’accorder et de botter en touche (renvoyer au lendemain le traitement des différends). La ficelle est grosse mais elle est aussi vieille que le monde. De quoi s’agit-il dans le cas d’espèce ? Pour ce qui est des 50 milliards d’euros que Londres doit à Bruxelles, à y regarder de plus près, le montant n’a pas encore été arrêté de manière aussi précise. Ce pourrait être 40 ou 45 milliards d’euros. Diantre. Pour ce qui est de la protection des ressortissants européens au Royaume-Uni par la CJUE, elle ne vaudra que pour huit ans, sera facultative et n’empêchera pas une intervention des tribunaux britanniques. Quant à l’Irlande rien n’est réglé – il est vrai que le problème est d’une rare complexité -, nous apprenons que l’accord conclu le 8 décembre 2018 formule deux promesses contradictoires : changer et rien changer au statu quo actuel. Bravo les artistes ! Comme le déclare Donald Tusk : « il reste moins d’un an pour négocier un arrangement transitoire et le cadre de nos futures relations ». En termes peu diplomatiques, cela signifie que nous ne sommes pas sortis de l’auberge tant les questions pendantes sont multiples et complexes. Le plus dur reste à faire en une petite année, jusqu’au mois de mars 2019 pour conclure la négociation. À titre de comparaison, l’accord sur le nucléaire entre l’Iran et les cinq – plus limité et plus simple – a été négocié sur une période de treize ans. On comprend mieux ainsi pourquoi les rodomontades de nos journalistes incultes n’étaient que des farces. Dans la diplomatie, chevaucher des chimères ne conduit nulle part, au mieux, mais plus souvent dans le mur, au pire. L’histoire des négociations diplomatiques des dernières décennies nous apprend pourtant une chose : il ne faut pas sous-estimer les Britanniques.

L’accord du 8 décembre 2017 est un excellent texte au sens où l’entendait François Mitterrand lorsqu’il déclarait en 1989 : « C’est un excellent texte, car il exprime les arrière-pensées de tout le monde ». Surtout lorsqu’il s’agit des Britanniques. Tout reste encore à faire. Comme cela était largement prévisible, Theresa May a fait au mieux, dans le contexte actuel, pour défendre les intérêts de la Couronne. Comme le soulignait justement Winston Churchill : « Les Anglais ne fixent jamais une limite sans l’estomper ». Négocier est un métier, pas une posture. Cela s’appelle précisément la diplomatie, et il semblerait que nos dirigeants en manquent fichtrement. Avant de passer à la deuxième phase de la négociation, ils devraient profiter de la trêve des confiseurs pour méditer cette réflexion d’un ambassadeur de France dignitaire, l’un des meilleurs de sa génération, Gabriel Robin : « Hors de cette réalité, il n’y a que des mots et si les mots à eux seuls peuvent suffire à masquer une contradiction, il est vain de leur demander de la surmonter ».



1 Patrick Garcia, L’inflation des hommages aux grandes figures de la nation, Le Monde, 10-11 décembre 2017, p. 23.
2 Cécile Ducourtieux, Brexit : accord sur les préalables au divorce. Fin du premier acte, Le Monde, 9 décembre 2017, pp. 1-2.
3 Jean-Jacques Mével, Brexit : Londres et Bruxelles ont fixé les termes du divorce, Le Figaro, 9-10 décembre 2017, p. 7.
4 Éditorial, Brexit : avantage Bruxelles, Le Monde, 10-11 décembre 2017, p. 26.
5 Marion L’Hour, Boris Johnson, le ministre cauchemar de Theresa May, www.mediapart.fr , 9 décembre 2017.
6 Philippe Bernard, Brexit : un accord mais des ambiguïtés, Le Monde, 10-11 décembre 2017, p. 5.

Source : Proche & Moyen-Orient, Guillaume Berlat

https://www.les-crises.fr/brexit-fin-de-premiere-manche-par-guillaume-berlat/

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mardi 28 novembre 2017

Brexit : l'absence d'accord commercial avec l'UE ne serait "pas la fin du monde" (OMC)

L'absence d'accord commercial avec l'Union européenne au moment du Brexit ne serait "pas la fin du monde" pour le Royaume-Uni, même si cela pourrait entraîner "des rigidités et des coûts" pour ce pays, a estimé dimanche le patron de l'OMC, Roberto Azevedo.

ACT BREXIT 2 DRAPEAUX

Des échanges soumis aux règles de l'OMC

Sans accord commercial au moment de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, celui-ci se verrait appliquer les règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), c'est-à-dire des barrières douanières et tarifaires.

"Environ la moitié du commerce du Royaume-Uni est déjà soumise aux règles de l'OMC - avec les États-Unis, la Chine et plusieurs grands pays émergents où l'UE ne dispose pas d'accords commerciaux", déclare M. Azevedo dans un entretien accordé au journal britannique The Sunday Telegraph"Ainsi, si le commerce du Royaume-Uni avec l'UE est régi par les règles de l'OMC, ce n'est pas la fin du monde", juge-t-il, tout en estimant préférable la conclusion d'un accord de libre-échange (ALE) entre les deux parties.

Le Royaume-Uni a prévu de quitter le marché unique européen et l'Union douanière en se retirant de l'UE le 29 mars 2019, tout en espérant pouvoir conclure d'ici là un accord de libre-échange avec Bruxelles.

"Un impact parfaitement gérable"

L'UE refuse d'entamer des négociations sur sa future relation commerciale avec le Royaume-Uni sans accord préalable sur trois dossiers qu'elle juge prioritaires, dont la facture du divorce et la frontière entre les deux Irlande, alimentant l'hypothèse de la possibilité d'une absence d'accord.

"Si vous ne disposiez pas d'un ALE totalement fonctionnel avec l'UE, il pourrait y avoir des rigidités et des coûts - mais ce n'est pas comme si le commerce entre le Royaume-Uni et l'UE allait s'arrêter. Il y aura un impact, mais je suppose qu'il est parfaitement gérable", estime M. Azevedo.

Avant le référendum britannique du 23 juin 2016 en faveur du Brexit, le patron de l'OMC avait averti qu'une sortie de l'UE risquait d'entraîner pour les exportateurs britanniques 5,6 milliards de livres par an de droits de douane supplémentaires. Il avait également prévu que Londres devrait négocier de nouveaux accords commerciaux avec les 58 pays liés au bloc européen par un accord de libre-échange. "Bien sûr, nous préférerions conclure un accord avec l'Union européenne mais nous ne craignons pas de ne pas en avoir", a déclaré sur la chaîne de télévision Sky News le ministre britannique du Commerce, Liam Fox.

(Avec AFP)

http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/brexit-l-absence-d-accord-commercial-avec-l-ue-ne-serait-pas-la-fin-du-monde-omc-759326.html


 

BASE 14 995X225Une illustration de plus que certaines affirmations péremptoires formulées avant le référendum n'avaient qu'un seul objectif réel: faire peur aux Britanniques!

P.G.

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jeudi 23 novembre 2017

Grande-Bretagne: L'industrie engrange ses plus fortes commandes depuis 1988

LONDRES (Reuters) - L'industrie britannique a enregistré en novembre ses plus fortes commandes depuis près de 30 ans, semblant montrer à son tour que la chute du sterling qui a suivi le vote en faveur du Brexit a été bénéfique aux usines.

ACT BREXIT EL

L'indice mensuel de la fédération patronale CBI (Confederation of British Industry) mesurant les commandes en carnet a bondi à +17 ce mois-ci, après -2 en octobre, à son plus haut niveau depuis août 1988. Des économistes interrogés par Reuters l'anticipaient à +3 seulement.

L'étude montre que les commandes à l'exportation ont également progressé, à leur niveau le plus élevé depuis juin 1995.

La Banque d'Angleterre (BoE) espère que les exportations de l'industrie manufacturière britannique pourront partiellement compenser la baisse des dépenses des ménages, pénalisées par une inflation importée imputable à la baisse du sterling.

Les entreprises britanniques ont également profité de la croissance dans la zone euro et ailleurs dans le monde.

"Les industriels britanniques ont une fois de plus enregistré une solide performance, la croissance mondiale et le faible niveau de la livre continuant à soutenir la demande. La croissance de la production a à nouveau accéléré et les commandes à l'exportation atteignent leurs plus hauts niveaux en plus de 20 ans", a déclaré Anna Leach, responsable du département de l'intelligence économique chez CBI.

"Toutefois, l'incertitude continue à peser sur l'investissement et les pressions sur les coûts restent fortes", souligne-t-elle.

L'indice des anticipations du secteur manufacturier pour les trois prochains mois ressort ainsi à son plus bas niveau depuis octobre 2016.

© 2017 Thomson Reuters. All rights reserved.

http://www.boursorama.com/actualites/grande-bretagne-l-industrie-engrange-ses-plus-fortes-commandes-depuis-1988-57e50fa372692cb71c191ce1ac18bacb

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Brexit : l'Autorité bancaire européenne... ira à ... Paris !

L'institution, qui emploie près de 200 personnes, quittera Londres pour la capitale française, qui l'a emporté lundi face à Dublin au troisième tour. Emmanuel Macron s'est félicité d'une décision qui reconnaît "l'attractivité de la France."

ACT GOLD SACHS EBA

 

Il n'y avait plus que trois villes candidates sur huit à l'issue du premier tour, dont Paris était sortie en tête avec 34 voix, soit deux de plus que Francfort et six de plus que Dublin. Puis la ville allemande, qui héberge déjà la Banque centrale européenne (BCE),  a été éliminée au deuxième tour, en ne récoltant que 4 voix, Dublin finissant en tête avec 13 voix contre 10 pour Paris. C'est finalement la capitale française qui l'a emporté lundi soir au troisième tour à l'issue d'un scrutin très serré : Paris a été tirée au sort après avoir obtenu autant de voix que sa rivale irlandaise.

L'Autorité bancaire européenne (ABE ou EBA en anglais) quittera son siège actuel de la tour One Canada Square du quartier d'affaires de Canary Wharf, à Londres, pour Paris avant la sortie officielle du Royaume-Uni de l'UE prévue fin mars 2019. Probablement entre janvier et mars 2019.

L'institution, qui réalise les fameux "tests de résistance" aux chocs (stress tests) des établissements bancaires européens, emploie 190 personnes. Ce qui n'est pas négligeable mais beaucoup moins que l'Agence européenne du médicament (EMA, près de 900 personnes) dont les ministres des Affaires européennes des Vingt-Sept réunis à Bruxelles avaient choisi Amsterdam comme futur siège quelques minutes plus tôt. Lille était candidate à l'accueil de l'EMA. Bruxelles, Luxembourg, Varsovie, Vienne et Prague étaient sur les rangs pour l'EBA.

"La Commission va à présent procéder aux travaux juridiques nécessaires en élaborant des propositions législatives visant à modifier les règlements fondateurs des deux agences. Ces propositions seront strictement limitées à la question de la relocalisation" a indiqué la Commission européenne dans un communiqué.

Quartier La Défense ou Opéra ?

La direction de l'ABE a immédiatement réagi favorablement dans un bref communiqué également publié sur Twitter :

"L'Autorité bancaire européenne se réjouit de la décision du Conseil (européen) de la relocaliser à Paris, au vu de l'intention du Royaume-Uni de se retirer de l'UE. C'est une importante décision pour l'Autorité qui garantit une continuation sans accrocs de ses activités, rassure les équipes actuelles et futures sur le nouveau siège et met un terme à une période d'incertitude.

L'EBA est confiante que la France saura lui apporter son soutien afin d'assurer une transition fluide, ce qui est crucial pour continuer à remplir sa mission de maintien de la stabilité financière de l'UE et préserver l'intégrité, l'efficacité et un fonctionnement ordonné du secteur bancaire."

La candidature de la capitale proposait deux options de quartiers très différents. L'une dans le centre de Paris, "l'équivalent de la City à Londres", se situe rive droite, entre la place de la Bourse (Palais Brongniart, reconverti en lieu d'événementiel) et la place de l'Etoile, non loin du siège de la Banque de France, de celui de l'Autorité des marchés financiers (AMF), ainsi que celui de la BNP. Selon une source ministérielle, il s'agit de l'immeuble Centorial, rue du 4-septembre, ex-siège du Crédit Lyonnais, où se trouvent actuellement le géant de la gestion d'actifs BlackRock, la chambre de compensation LCH et la société de capital-risque Sofinnova.

L'autre, moins chic et plus excentrée mais plus moderne, est à la Défense, "avec des tours de bureaux similaires à celles de Canary Wharf", non loin du siège de la Société Générale et d'Euronext, l'opérateur des Bourses de Paris, Bruxelles, Amsterdam et Lisbonne. Le gouvernement assurait que les propriétaires des immeubles envisagés s'étaient engagés unilatéralement à octroyer à l'EBA un droit exclusif jusqu'au 31 décembre 2017. Il avait aussi promis de soutenir financièrement l'installation de l'EBA à hauteur de 1,5 million d'euros.

Le dossier de Paris mettait en avant la qualité de vie, celles du système éducatif et du réseau de transport français et, bien sûr, la stature de la place financière de Paris, la première en Europe derrière Londres. L'Hexagone domine la liste des banques européennes d'importance systémique mondiale : sur les neuf (en excluant les quatre britanniques), quatre sont françaises (BNP Paribas, BPCE, Crédit Agricole, Société Générale). La Fédération bancaire française (FBF) s'est réjouie lundi soir de cette "excellente nouvelle pour l'attractivité de la France !"

"Reconnaissance de l'attractivité" pour Macron

C'est évidemment une victoire pour le gouvernement français qui avait mis son poids dans la balance. "C'est la reconnaissance de l'attractivité et de l'engagement européen de la France" s'est félicité le président de la République, Emmanuel Macron, peu après l'annonce, sur son compte Twitter.

Le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, qui avait défendu la candidature dans une vidéo en anglais, a remercié "nos partenaires européens de leur confiance". Le secrétaire d'Etat à Bercy Benjamin Grivaux a rappelé son travail de VRP dans plusieurs capitales

 "Cette décision va permettre de localiser plus de 150 emplois directs dans la capitale et de renforcer l'attractivité de Paris" ont déclaré les ministres Bruno Le Maire, Benjamin Grivaux et Nathalie Loiseau (Affaires européennes) dans un communiqué conjoint.

"C'est une victoire collective" qui "démontre une nouvelle fois l'attractivité de notre métropole et de sa place financière" a réagi de son côté Anne Hidalgo, la maire de Paris, sur le Twitter.

"Le succès de la candidature de Paris est le fruit d'un travail collectif mené conjointement par l'Etat français, la région Ile-de-France, la Ville de Paris, et Paris Europlace qui rassemble l'ensemble des acteurs de la place financière", a commenté l'organisation de lobbying de la place, présidée par Gérard Mestrallet.

Cette décision pourrait achever de convaincre les banques étrangères, notamment américaines, qui finalisent leur plan de relocalisation des équipes post-Brexit et hésitent entre plusieurs métropoles européennes. La proximité du régulateur bancaire peut en effet justifier d'implanter certaines fonctions, comme la conformité. Le patron de Goldman Sachs, Lloyd Blankfein, a confirmé lundi que la banque d'affaires américaine aurait deux centres européens post-Brexit : Francfort et Paris.

http://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/brexit-l-autorite-bancaire-europeenne-ira-a-paris-758656.html#xtor=EPR-2-[l-actu-du-jour]-20171121

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lundi 13 novembre 2017

Royaume-Uni : le Brexit aura officiellement lieu le 29 mars 2019 à 23 heures

L'amendement sera intégré au projet de loi de retrait de l'UE, qui doit faire l'objet d'un examen détaillé en commission à partir du mardi 14 novembre.

ACT BREXIT

Le gouvernement britannique a annoncé vendredi 10 novembre que le Brexit aurait lieu le 29 mars 2019 à 23 heures (minuit à Paris). Cette précision qui fera l'objet d'un amendement au projet de loi de retrait de l'UE, en cours d'élaboration au parlement.

(...)

L'heure choisie, une surprise

Après le vote des Britanniques en faveur du Brexit lors du référendum de juin 2016, la Première ministre Theresa May avait officiellement formalisé le 29 mars l'intention de son pays de quitter l'UE.

Elle avait ainsi ouvert une période de tractations de deux ans avant le retrait officiel du Royaume-Uni. Lors de son discours de Florence, le 22 septembre, elle avait répété son intention de voir le Brexit se concrétiser le 29 mars 2019, une date qui n'est donc pas une surprise.

Plus surprenante est l'heure choisie par le gouvernement britannique : les dirigeants européens s'attendaient à ce que le Brexit survienne à minuit heure de Londres. Il surviendra finalement à minuit heure de Bruxelles, et donc une heure plus tôt au Royaume-Uni.

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jeudi 26 octobre 2017

Le Brexit a la peau dure : les 7 types de sorties pour le Royaume-Uni

Theresa May agace de plus en plus outre-manche. Elle qui avait fait campagne pour le « Bremain » (comprenez, pour rester dans l’UE) en 2016 est en train de perdre les soutiens des conservateurs adeptes d’un Brexit dur mais aussi du soutien populaire qui, rappelons-le, a voté en faveur du Brexit et souhaite donc sortir de l’UE in fine.

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Les Français sont un peu perdus par rapport à ce qu’il se passe au Royaume-Uni depuis plusieurs mois. Il faut dire que la presse mainstream française couvre les informations de manière assez scandaleuse, s’emparant de chaque couac pour pointer les effets (supposés) catastrophiques d’un pays quittant l’UE. La réalité est toute autre, les Britanniques ont voté pour quitter l’organisation de Bruxelles, et il serait impensable aujoud’hui pour eux de revenir sur cette décision historique. Certains soutiens au Bremain commencent d’ailleurs à changer leur position par rapport au Brexit. De plus en plus de citoyens britanniques sont furieux du comportement agressif, pour ne pas dire insultant de la Commission et des leçons de son président, Jean-Claude Juncker.

L’UE a fait le choix d’une stratégie de négociation agressive et sans concession. L’agressivité dans des négociations de tout type, qu’elles soient commerciales ou politiques, est tout à fait contre-productive et ainsi abouti à des effets diamétralement opposés à ceux qui étaient attendus en première instance. Jean-Claude Juncker l’a répété plusieurs fois, le Royaume-Uni « doit payer » des sommes considérables pour sa sortie du fait du calendrier budgetaire de l’UE qui est quinquénnal et se terminera en 2020 mais la Grande-Bretagne doit également compenser le manque à gagner abyssal (environ 10 milliards d’euros par an !) au budget de l’UE. C’est le nœud du problème aujourd’hui, l’argent, mettant les négociations dans l’impasse. Le Royaume-Uni doit payer pour sortir mais doit aussi « payer » pour l’affront fait à la construction européenne. C’est le message clairement délivré par les européistes. Ils veulent à tout prix éviter un effet domino en Europe, qui pourrait avoir des conséquences apocalyptiques, non pas pour les pays déserteurs cette fois-ci mais pour Bruxelles et l’UE elle-même.

Quant à la stratégie britannique, eh bien, c’est le flou. La presse a parlé de hard Brexit et de soft Brexit. Theresa May a fait le choix de la seconde option, rendant fou de rage Boris Johnson, le secrétaire aux Affaires étrangères qui souhaiterait faire du Royaume-Uni, un pays libre et souverain pour aboutir à un modèle de type « libre-échange total ». Afin de clarifier au maximum la situation actuelle, résumons les différents types de Brexit envisagés. Il en existe sept (du plus « soft » au plus « hard ») :

1 – Un arrangement de transition : le Brexit repoussé.
C’est la voie entreprise par Theresa May depuis son discours de Florence. Les modalités donneraient plus de temps au Royaume-Uni pour avoir un meilleur accord. Cependant, cette phase de transition ajoute deux ans au processus de sortie, compromettant une sortie effective du Royaume-Uni, une fois le délai écoulé. Le pays continuerait de payer encore pour 4 ou 5 ans, ce dont les Britanniques ne veulent plus.

2 – Un accès au marché unique : le modèle norvégien.
Les États-membres à l’Espace Economique Européen (EEE) participent au marché unique. Des harmonisations législatives sont effectives mais les Etats dans cette situation doivent contribuer au budge de l’UE, une part certes relative mais de facto, c’est un assouplissement de l’appartenance du Royaume-Uni à l’UE.

3 – Un accès restreint au marché unique : le modèle suisse.
L’Association européenne de libre-échange (AELE) est une alternative à l’UE, les deux ont d’ailleurs des accords entre elles. La Suisse bénéficie d’un accès au marché unique grâce à une série de traités bilatéraux. La Suisse a choisi ce modèle, a un accès limité (ce qui est en soi pourrait être un point négatif pour le commerce britannique) ; les services financiers britanniques pourraient faire l’objet d’un traité bilatéral spécifique. L’inconvénient majeur est que la Suisse a adopté les « quatre libertés » et dans les faits a rejoint l’espace Schengen.

4 – Une union douanière : le modèle turc.
Les Etats-membres d’une telle union ne chargent pas les taxes sur l’import des produits négociés entre l’UE et l’Etat tiers. Un tarif commun est par ailleurs négocié. Seule la Turquie a ce type de profil. Les avantages sont certains : moins de bureaucratie et il n’y aurait pas de frontière « dure » entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande (objet de tensions certaines). Cependant, ce modèle ne couvre pas les services, les Etats-membres à une union douanière ne sont pas compétents pour négocier indépendamment des accords commerciaux.

5 – Un accord général de commerce : le modèle canadien.
Le CETA récemment signé entre l’UE et le Canada est un modèle à prendre en compte et une voie possible compte tenu de la flexibilité qu’un tel accord peut offrir. Le Royaume-Uni pourrait avoir accès au marché européen en signant un tel accord tout en restant libre de signer d’autres accords avec des pays tiers.

6 – Les règles de l’OMC : pas d’accord.
Sans accord avec l’UE, le Royaume-Uni redeviendrait un membre de l’OMC à part entière (l’UE a un siègle à l’OMC et parle au nom des 28), au même titre que les Etats-Unis, le Brésil ou encore la Russie. Le Royaume-Uni serait tout à fait libre pour négocier des accords commerciaux dans les limites (flexibles) des règles de l’OMC.

7 – Libre-échange total : le modèle singapourien.
Sans accord avec l’UE, le Royaume-Uni retourne aux règles de l’OMC puis baisse complètement ses droits de douane à l’import. Le pays devient ultra flexible sur le marché mondial, n’ayant aucune allégeance. Cependant, baisser ses droits de douane à l’import peut être asymétrique sur le marché mondial, ce qui engendrerait un démantelement de l’industrie manufacturière britannique.

Comme on l’a vu plus haut, l’impasse actuelle est dû au fait que l’UE demande au Royaume-Uni de payer certaines sommes considérables pour quitter l’Union. Les Britanniques jugent ces sommes extravagantes, l’UE campe sur ses positions. Nous sommes arrivés au moment critique dans le cycle des négociations, s’il y a un accord sur l’argent à payer, le Royaume-Uni et l’UE pourront passer à l’étape suivante : celle d’un nouvel accord commercial ou bien pas d’accord du tout.

https://www.soverain.fr/brexit-a-peau-dure-7-types-de-sorties-royaume-uni/

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mercredi 25 octobre 2017

Brexit : les banques lancent leurs pronostics sur un "no deal"

L'incertitude générée par la lenteur des négociations pousse plusieurs banques implantées à Londres à relocaliser leurs activités sur le continent. Certaines, à l'image de Rabobank et de JP Morgan tentent d'imaginer l'issue des négociations ainsi que le coût du Brexit pour l'économie britannique.

ACT BREXIT PEUR

Cinq sessions de discussions plus tard, Britanniques et Européens demeurent dans l'impasse. Vendredi, à l'occasion d'une deuxième partie de sommet européen sans le Royaume-Uni, à Bruxelles, les 27 devaient ajourner leur évaluation des progrès réalisés depuis l'ouverture des négociations, en juin. Et repousser l'ouverture de la deuxième phase des discussions, relative à la future relation entre les deux rives de la Manche, que les plus optimistes n'envisagent désormais pas avant décembre. Dans le même temps, le gouvernement britannique assure que le pays se prépare à quitter, s'il le faut, l'Union européenne sans accord.

Face à cette incertitude, plusieurs banques implantées à Londres ont d'ores et déjà annoncé la relocalisation de leurs services sur le continent. Certaines s'essaient d'ailleurs au "jeu" des pronostics, à l'image de JP Morgan. "La possibilité d'un 'no deal' ayant pris une part active du débat politique britannique ces deux dernières semaines, notre confiance (...) a été un peu ébranlée", explique Malcolm Barr, économiste de la banque américaine, dans une note à ses clients citée par l'agence Reuters. Résultat, alors que les négociations portent toujours sur les termes du divorce entre le Royaume-Uni et l'Union européenne, l'établissement bancaire estime la probabilité d'une absence d'accord à 25%, contre 15% auparavant.

"Trois mécanismes suggèrent cependant des limites à l'hypothèse que le Royaume-Uni emprunterait le chemin du 'no deal', tempère la note, publiée lundi.Tout d'abord les actions des entreprises, dans la manière dont elles anticipent un 'no deal'. Ensuite, la prise de conscience publique des implications d'un 'no deal', au moment où cette possibilité est de plus en plus discutée. Enfin, l'attitude des députés britanniques, étant donné qu'une majorité tend à adopter une approche pragmatique plutôt qu'idéologique face au Brexit."

Pour Rabobank, un "hard Brexit" coûterait 12.900 euros par habitant

De son côté, Rabobank a tenté, dans un rapport, d'anticiper l'impact des différents scénarios sur l'économie britannique. Selon les calculs de l'établissement néerlandais, un "hard Brexit" coûterait quelque 400 milliards de livres (18% de croissance du PIB) au Royaume-Uni d'ici à 2030, soit 11.500 livres (12.900 euros) par habitant. Un handicap dû en partie à des volumes d'exportations en baisse de 30% et à un capital de recherche et développement en diminution de 12%, affirme la banque. Les autres scénarios déboucheraient sur une perte de croissance de 12,5% du PIB (9.500 livres par habitant) dans le cas d'une signature d'accord de libre-échange d'ici au 29 mars 2019 et de 10% du PIB (7.500 livres) dans l'hypothèse d'un "soft Brexit", où le pays quitterait l'union douanière mais resterait dans le marché unique.

Pour l'heure, le gouvernement britannique a totalement exclu la troisième option, qui l'empêcherait de limiter la libre circulation des personnes et donc de réduire l'immigration.[???, source? ndr]

A noter par ailleurs que les conclusions de Rabobank sont beaucoup plus pessimistes que celles rendues par le think tank du Parlement européen, lundi. Après avoir établi une moyenne des résultats d'études menées par plusieurs organismes et institutions, dont l'OCDE qui appelle ce mardi à l'annulation du processus pour "sauver l'économie", le rapport conclut qu'un "soft Brexit" coûterait 33,8 milliard d'euros (1,3% du PIB) au Royaume-Uni d'ici à 2030 contre 108,6 milliards d'euros (4,21% du PIB) en cas de "hard Brexit". Le Trésor britannique, lui, se situe entre les deux. A en croire les estimations communiquées, une sortie sans accord coûterait 193 milliards d'euros (7,5% du PIB) au pays.

http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/brexit-les-banques-lancent-leurs-pronostics-sur-un-no-deal-754360.html#xtor=EPR-2-[l-actu-du-jour]-20171018


 

La guerre des pronostics fait rage et les pressions sont considérables sur le gouvernement britannique. Faute de pouvoir s'opposer au Brexit, il est crucial pour l'oligarchie d'obtenir un "soft brexit", comme pour le traité de Lisbonne qui avait remplacé avantageusement le traité constitutionnel rejeté par les Français et les Néerlandais...

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mardi 24 octobre 2017

Londres se paye Macron après ses critiques contre le Brexit : “il a totalement tort !”

Critique. Le ministre du Commerce britannique n'a pas tardé à réagir aux critiques d'Emmanuel Macron...

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Le ministre du Commerce britannique Liam Fox l'a affirmé hier : si les négociations pour le Brexit se font toujours avec autant de tensions entre le Royaume-Uni et l'Union européenne, alors le pays, qui souhaite redevenir souverain, sortira de l'UE... sans accord.

Jamais avare d'un commentaire, le président français Emmanuel Macron avait jugé cette hypothèse irréalisable, parlant de “bluff” et de “fausse information”.

Il fait la leçon à Theresa May

En conclusion de ce conseil européen qui s'est tenu le week-end dernier, Emmanuel Macron n'a pas hésité à déclarer : “Le problème aujourd'hui de Theresa May, c'est que celles et ceux qui ont prôné le Brexit n'ont jamais expliqué au peuple britannique quelles en étaient les conséquences (...) Qu'il y ait du bruit, du bluff, des fausses informations des uns et des autres acteurs secondaires ou spectateurs de cette discussion, c'est, si je puis dire, la vie des affaires ou la vie des médias”.

Le ministre du Commerce britannique se paie le président français

“Il a totalement tort” : c'est par ces mots que Liam Fox, invité de la télévision anglaise, a interprété les propos d'Emmanuel Macron, confirmant qu'une sortie sans accord était bien une option envisagée, tout en précisant que ce ne serait pas “un scénario catastrophe”.

https://www.valeursactuelles.com/monde/londres-se-paye-macron-apres-ses-critiques-contre-le-brexit-il-totalement-tort-89999

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