jeudi 5 juillet 2018

Accord migratoire en Allemagne : Merkel sauve sa coalition, mais reste fragilisée

Voilà Angela Merkel réjouie. La chancelière allemande est parvenue à préserver sa coalition en concluant, lundi soir, à l'arraché, un compromis avec son ministre de l'Intérieur (rebelle) Horst Seehofer sur la politique migratoire. Il prévoit la mise en place de "centres de transit" à la frontière entre l'Allemagne et l'Autriche afin d'y installer les demandeurs d'asile arrivant dans le pays, mais déjà enregistrés dans un autre État européen, en attendant leur expulsion vers le pays d'entrée en Europe.

ACT MERKEL MAINTIEN

Hier, l'Allemagne était au bord de la crise politique dès lors que Horst Seehofer, qui réclamait un durcissement des conditions d'accueil des migrants en Allemagne, a proposé de démissionner de son poste de ministre de l'Intérieur ainsi que de la présidence de la CSU. Cela aurait pu déclencher de nouvelles élections et mettre Angela Merkel sur la touche. Mais malgré cet accord, la chancelière reste fragilisée : les sociaux-démocrates, troisième force la coalition, hésitent encore à le soutenir.

Une victoire en demi-teinte

Contestée par son allié conservateur bavarois de la CSU, Angela Merkel a, en apparence, obtenu une victoire en sauvant son gouvernement - une coalition composée du centre-droit CDU, de la droite bavaroise CSU et des sociaux-démocrates -, et en se maintenant au pouvoir. Mais sur le fond, elle a accepté de fortes restrictions à l'immigration. Le compromis trouvé avec le chef de file de la droite conservatrice Horst Seehofer marque ni plus ni moins la fin de la politique migratoire généreuse inaugurée en 2015 par la chancelière. Cette année-là, Angela Merkel avait décidé de laisser entrer sur le territoire allemand des milliers de réfugiés syriens bloqués en Hongrie.

Pour l'un des proches du ministre de l'Intérieur, Markus Blume, l'accord conclu lundi constitue "un tournant de la politique d'asile" allemande. Si Horst Seehofer s'en est forcément félicité - "il s'agit d'un accord clair sur la façon d'empêcher l'immigration illégale aux frontières entre l'Allemagne et l'Autriche" -, le troisième partenaire de la coalition gouvernementale, le parti social-démocrate SPD, fait la moue. Ce dernier, hésitant, doit encore se prononcer en faveur ou non de cet accord. S'il le rejette, la coalition gouvernementale est à nouveau sérieusement menacée.

L'Autriche menace d'en faire de même avec ses frontières du Sud

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L'Autriche, première concernée par ce revirement de la politique migratoire allemande, a déjà fait savoir qu'elle ne se satisfaisait pas des termes du compromis.

Car en principe, les renvois de migrants doivent se faire en accord avec les pays d'entrée et non de manière unilatérale par l'Allemagne. Mais si des accords ne peuvent être trouvés, il est prévu de refouler les migrants vers l'Autriche. Le gouvernement autrichien, qui associe l'extrême-droite et les conservateurs, et qui vient de prendre la présidence tournante de l'Union européenne, a prévenu qu'en pareil cas, il prendrait des mesures identiques à ses propres frontières, notamment avec l'Italie et la Slovénie. Avec le risque d'un effet domino en Europe.

"Si l'Allemagne croit qu'ils peuvent simplement renvoyer des gens en Autriche, en bafouant le droit international, nous expliquerons aux Allemands que nous ne les accueillerons pas", a prévenu la semaine dernière le ministre de l'Intérieur autrichien Herbert Kickl.

 (avec AFP et Reuters)

OUTIL STRATAGEME

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dimanche 24 décembre 2017

Autriche: trois ministères régaliens pour l'extrême droite, pas de référendum sur l'UE

Le nouveau gouvernement autrichien formé par la droite et l'extrême droite, entrée en force avec trois ministères régaliens, a confirmé son "engagement européen" et exclu tout référendum sur une éventuelle sortie de l'UE, tout en revendiquant davantage de marge de manoeuvre pour les Etats membres.

ACT AUTRICHE ELECTIONS

La nouvelle majorité a "un engagement européen clair, avec l'objectif de renforcer la subsidiarité" au sein de l'Union européenne, a déclaré samedi le futur chancelier conservateur Sebastian Kurz (ÖVP), qui prendra ses fonctions lundi.

"Nous souhaitons une coopération européenne plus poussée dans les domaines où cela se justifie, comme la défense des frontières, mais davantage de compétences laissées aux Etats à chaque fois que c'est possible", a-t-il expliqué, lors de la présentation à Vienne du pacte de gouvernement scellé vendredi soir.

M. Kurz, 31 ans, qui deviendra le plus jeune dirigeant au monde, s'exprimait aux côtés du chef du parti d'extrême droite FPÖ, Heinz-Christian Strache, futur vice-chancelier.

Ce parti, qui signe son retour dans l'exécutif après une expérience mitigée dans les années 2000, décroche également les ministères régaliens de la Défense, des Affaires étrangères et de l'Intérieur. Ces deux derniers porte-feuilles lui avaient jusqu'à présent toujours échappé.

Cette alliance vient couronner une année faste pour l'extrême droite en Europe, avec une forte progression aux Pays-Bas, en France et en Allemagne, sans toutefois parvenir à s'y hisser au pouvoir.

- 'Evènement historique' -

"J'applaudis notre ami (Heinz-Christian Strache, ndlr)", a déclaré Geert Wilders, le patron du Parti néerlandais pour la Liberté, en marge d'une réunion des chefs de partis d'extrême droite européens à Prague. La Française Marine Le Pen a salué un "évènement véritablement historique".

M. Strache a toutefois admis qu'à la demande de M. Kurz, "la question d'une sortie de l'UE a été exclue" des points qui pourront être soumis à des consultations populaires, que le FPÖ souhaite promouvoir. " Nous aurions souhaité un champ plus large", a-t-il avoué.

Pour le politologue Anton Pelinka, même si le FPÖ, arrivé troisième aux législatives anticipées du 15 octobre, obtient davantage de prérogatives qu'il n'en a jamais eues jusqu'à présent, "l'ÖVP s'est imposée sur les points les plus importants, à commencer par la politique européenne".

M. Kurz conservera ainsi la haute main sur les dossiers européens alors que l'Autriche présidera l'UE au second semestre 2018.

Comme attendu, le programme de gouvernement comporte une série d'allégements fiscaux et de mesures destinées à combattre l'immigration illégale et à restreindre le bénéfice des aides sociales autrichiennes pour les étrangers.

"Nous voulons alléger la pression fiscale, nous voulons renforcer notre économie, ce qui améliorera notre système social", a promis M. Kurz. Mais "en premier lieu, nous voulons améliorer la sécurité dans notre pays, y compris en combattant l'immigration illégale".

Les questions de l'immigration et de l'islam ont dominé la campagne qui a mené à la victoire de M. Kurz aux législatives, deux ans après la grande vague de réfugiés en Europe en 2015.

Le jeune leader conservateur, qui se flatte d'être un des principaux artisans de la fermeture aux migrants de la route des Balkans en 2016, en tant que ministre des Affaires étrangères, s'est nettement rapproché des positions du FPÖ dans ce dossier, ouvrant la voie à la nouvelle coalition.

- Lieu de défaite des Ottomans -

La présentation du programme de gouvernement s'est déroulée sur le mont du Kahlenberg à Vienne, un site à haute portée symbolique car c'est de là que prit fin le siège de Vienne et que débuta la reconquête de l'Europe centrale par les forces chrétiennes contre les Ottomans en 1683.

Interrogé à ce sujet, M. Kurz a indiqué n'avoir "pas personnellement choisi le lieu", et estimé qu'il ne fallait "pas chercher à lui accorder une signification trop importante".

"Sans vouloir y accorder une importance disproportionnée", le choix de ce lieu "a une certaine signification, au moins pour le FPÖ", a toutefois souligné le politologue Thomas Hofer.

M. Strache avait durant sa campagne multiplié les allusions au risque d'"invasion de masse" et de "guerre civile" si l'immigration n'était pas jugulée. Il avait également estimé que "l'islam n'a pas sa place en Autriche".

Artisan d'une alliance du FPÖ avec le parti Russie unie de Vladimir Poutine, M. Strache est par ailleurs favorable à un rapprochement entre l'Autriche et le groupe de Visegrad, qui comprend des pays ouvertement eurosceptiques comme la Pologne et la Hongrie.

En 2000, l'entrée du FPÖ au gouvernement avait provoqué des sanctions européennes. Mais ce scénario est jugé très improbable aujourd'hui, dans un contexte général de montée des partis populistes et antimigrants, et alors que M. Strache, 48 ans, a veillé à lisser l'image de sa formation.

http://www.lavoixdunord.fr/282068/article/2017-12-16/autriche-trois-ministeres-regaliens-pour-l-extreme-droite-pas-de-referendum-sur#

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Les électeurs autrichiens vont pouvoir découvrir que les politiques migratoires ne dépendent pas des états membres mais de la Commission, avec sanctions à la clé en cas de désobéissance via la CJUE. Les politiciens de la nouvelle coalition le savent parfaitement, comme Marine Le pen d'ailleurs, mais l'important était de gagner les élections...  P.G.

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samedi 16 décembre 2017

Ca se passe en Europe : vent de fronde contre les routes payantes allemandes

Les Pays-Bas s'allient à l'Autriche pour contrecarrer le projet de Berlin d'instaurer des routes payantes outre-Rhin.

ACT AUTOROUTES ALLEMANDES UE

Après Vienne, La Haye monte à son tour au créneau. Faisant cause commune contre l'Allemagne, les Pays-Bas vont se rallier à la procédure entamée par l'Autriche pour obtenir gain de cause auprès de la justice européenne.

Provoquant la colère de ses voisins avec son projet d'instaurer un système de routes payantes pour les usagers particuliers, l'Allemagne va devoir répondre de cette mesure sujette à caution devant la Cour européenne de justice. Avec les deux tiers de ses frontières communes avec l'Allemagne, les Pays-Bas voient d'un mauvais oeil le projet de Berlin.

Système discriminatoire

Mais surtout, comme l'Autriche, les Pays-Bas mettent en avant les modalités discriminatoires du système que Berlin veut instaurer dès 2019. Dans le principe, tous les usagers des routes allemandes sont a priori assujettis à ce paiement via un système de repérage des plaques d'immatriculation.

Mais les automobilistes d'outre-Rhin pourront récupérer intégralement les sommes déboursées. Celles-ci seront en effet déduites du coût de leur « vignette ». « En réalité, seuls les conducteurs ayant une immatriculation étrangère devront acquitter ce péage », s'insurge Cora van Nieuwehuizen, ministre néerlandaise de l'Infrastructure.

Facture annuelle de 100 millions d'euros

Selon les chiffres avancés par le ministère, la facture pour les automobilistes néerlandais pourrait atteindre 100 millions d'euros par an. Au total, on compterait 90 millions de passages de véhicules néerlandais vers l'Allemagne chaque année.

En 2007, le gouvernement néerlandais avait pourtant envisagé de mettre en place un système d'utilisation du réseau routier. Il devait s'appliquer dès 2011 pour les camions et l'année suivante pour les véhicules particuliers. Mais la chute prématurée de la coalition s'était accompagnée de l'abandon du projet.

https://www.lesechos.fr/monde/europe/0301020996390-ca-se-passe-en-europe-vent-de-fronde-contre-les-routes-payantes-
allemandes-2138399.php

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Un nouveau transfert de compétences en perspective, sur fond de jurisprudence CJUE. En marche vers la souveraineté européenne!

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vendredi 27 octobre 2017

Les élections en Autriche ou le grand retour de l’Empire Austro Hongrois

Au moment où j’écris ces lignes, j’apprends la victoire de la Droite en Tchéquie. Voilà qui ne fait que renforcer la thèse que je développe ci-dessous.]

Par Charles Gave
23 octobre, 2017

ARG AUTRICHE HONGRIE

Nous venons d’avoir des élections en Autriche où la Droite l’a emporté de façon écrasante et bien entendu la presse française nous a ressorti sa bouillie habituelle : le fascisme, voir le nazisme était de retour, la bête immonde dont le ventre était encore fécond refaisait son apparition mais heureusement l’Europe était là qui allait intervenir pour que tout cela ne finisse pas trop mal… et que sais-je encore. De toute façon, continuent nos journalistes, l’Autriche est un petit pays et la seule chose qui compte ce sont les négociations entre les « grands » c’est-à-dire la France éternelle, représentée par notre Jupiter national et l’Allemagne impériale sous la direction de madame Merkel.

Pour remettre ces flagorneries en perspective, rappelons que Madame Merkel a subi une défaite historique lors des élections Outre Rhin et que les seuls qui font semblant de prendre au sérieux monsieur Macron sont les hommes de Davos et leurs stipendiés dans nos médias. Ce qu’il y a de merveilleux avec nos journalistes c’est d’abord à quel point ils sont prévisibles, ressortant à tout propos la grille de lecture qui leur a été imposée depuis les années Mitterrand par la gauche « intellectuelle », c’est-à-dire  celle  ne voyant de danger pour la démocratie que dans le catholicisme, mais aussi, comme ils sont historiquement ignares, on les voit incapables de décrire des bouleversements politiques ou géopolitiques qui se passent sous leurs yeux et auxquels ils ne comprennent rien.

Le lecteur devrait quand même se rendre compte qu’après 15 ans de crises et de mensonges d’une Europe menée par les Oints Du Seigneur et autres hommes de Davos que le couple franco-allemand n’a été jamais aussi faible et avec un prestige aussi entamé et que jamais l’Europe n’a été aussi divisée et de façon irréparable. J’en veux pour preuve les élections autrichiennes et maintenant les élections Tchèques.

Qu’annoncent-elles ?

Tout simplement la résurrection de l’Autriche-Hongrie (catholique) assassinée par la France (radicale) grâce au traité de Versailles en 1919.

Revenons à l’Autriche-Hongrie historique, celle d’avant 1919.

Quelle était son rôle dans l’Europe d’alors ?

La réponse est simple : elle n’avait pas un rôle mais deux.

1-Fédérer toutes les petites nationalités d’Europe centrale pour les protéger soit des Russes soit des Allemands, soit le plus souvent des deux à la fois.

2-Protéger l’Europe contre l’envahissement des Turcs. Si Vienne tombait, l’Italie tombait et avec elle Rome, centre de la Chrétienté.

Arrive le traité de Versailles et le démantèlement de l’Autriche-Hongrie, le rêve des diplomates français depuis Richelieu qui donc n’avaient que quelques siècles de retard en ce cas d’espèce, ce qui est peu pour le Quai d’Orsay.

Résultat ? Chacune des nations dans l’Est de l’Europe tombe d’abord sous la dictature Hitlérienne avant de passer sous la dictature communiste. Et après Hitler, ils se tapent Staline sans que les Européens disent un mot ou ne fassent un geste (Bien entendu, nous ne ferons rien…).

Arrive la chute du mur de Berlin.

Les Nations de l’est retrouvent leur indépendance et se précipitent vers l’Europe, persuadées qu’elles étaient que cela garantirait leur souveraineté.

Voilà qui se vérifia pendant quelques années, mais elles déchantèrent assez vite. Depuis l’arrivée du traité de Lisbonne et de ses abandons de souveraineté divers et variés, le jeu a changé. En fait, l’Europe telle qu’elle se bâtit à Bruxelles est devenue la principale menace pesant sur la souveraineté de ces pays. Et tous ces pays qui ont retrouvé leur liberté il y a à peine trente ans n’ont aucune, mais aucune envie de la voir disparaitre et d’être gouvernés à nouveau par des gens non élus. Ils ont déjà donné…

Certes ces technocrates sont à Bruxelles plutôt qu’à Moscou, mais non élus et non virables ils resteront. Voilà qui leur rappelle de fort mauvais souvenirs. Et, depuis le traité de Lisbonne, les partis pro-européens se ramassent claque sur claque en Pologne, en Hongrie, en Autriche et aux dernières nouvelles en Tchéquie, le bon élève de la classe.

Mais la coupe a vraiment débordé lors de la crise créée de toutes pièces par madame Merkel invitant tous les immigrés du monde entier à se précipiter en Allemagne et en Europe, ce qu’elle annonça sans aucune consultation et sans demander l’avis d’un seul autre pays Européen. Avoir un gouvernant allemand qui prend des décisions affectant l’ensemble du continent européen sans demander l’avis de quiconque, voilà qui a dû rappeler à tous ces pays de fort mauvais souvenirs.

Et du coup, ces pays ont créé un « sous- ensemble » qu’ils ont appelé le « groupe de Visegrad « qui comprend la Tchéquie, la Pologne, la Slovaquie et la Hongrie.

Imaginons que l’Autriche les rejoigne et hop revoilà l’Autriche Hongrie renaissant de ses cendres (que le lecteur regarde une carte), ce qui va bouleverser le paysage diplomatique un peu comme la chute du mur de Berlin l’a fait.

Rappelons quels étaient les objectifs de la diplomatie de l’ancienne Autriche-Hongrie.

Se protéger, et de ce fait protéger l’Europe, contre une invasion des Turcs. Remplacer Turc par Immigré et voilà qui explique la quasi-totalité des votes en Hongrie, en Pologne, en Tchéquie, en Autriche s’opposant au monopole sur le contrôle de l’immigration que s’est arrogé Bruxelles sans que personne ne lui en ait jamais donné le pouvoir de façon démocratique. Et tous de rappeler que l’Europe est chrétienne et qu’elle s’est constituée en partie au moins en se battant contre les musulmans. Quelque part, ces pays nous rappellent que le devoir de mémoire existe et que Turcs et Musulmans ont commis de bien grands crimes pendant des siècles en Europe, sans que s’ils ne s’en soient jamais excusés…

Se protéger contre les grandes puissances qui les cernait et qui avait une tendance certaine à piétiner à la moindre occasion leurs libertés, en se souvenant que la Prusse était Protestante et la Russie Orthodoxe, ce qui ne plaisait guère à toute cette région majoritairement Catholique. Une petite anecdote à ce sujet. Lors de son premier voyage en France, Jean- Paul II demanda à voir Robert d’Autriche (le frère d’Otto, héritier de la couronne des Habsbourg) qui y vivait. Robert accepta bien sûr et rendit visite au Pape. Jean Paul II voulait simplement lui remettre le sabre d’officier de son père qui avait servi dans l’armée Autrichienne pendant la première guerre mondiale. Voilà qui en dit long…Tous ces pays sont donc vent debout contre le coup d’état organisé à Bruxelles depuis la chute du mur de Berlin, non seulement contre leur souveraineté mais aussi contre leur identité dont ils aiment à rappeler qu’elle est en grande partie Catholique.

En termes pratiques qu’est que cela veut dire ?

1.-Tout d’abord que les élections autrichiennes et Tchèques sont un DÉSASTRE pour Bruxelles et pour la Commission. Il parait inévitable que ce monstre juridique ne rendant de compte à personne et mené par 27 individus que personne n’a élu et que personne ne peut virer va repasser sous le contrôle des Etats souverains d’une façon ou d’une autre.

2.-Le mythe d’un Droit Européen s’appliquant à tout le monde « de façon impériale, impérieuse et sans appel » va voler en éclats, puisque tous ces pays vont exiger que la souveraineté nationale soit seule légitime puisqu’elle seule repose sur le vote. Il n’y aucune légitimité dans un «projet historique» qui serait inéluctable comme l’ont montré le Reich de mille ans d’Hitler ou le cauchemar Marxiste de l’URSS. Le projet Européen de l’inévitable émergence d’une nation européenne est du même acabit et subira le même sort. Voici donc que se dessine enfin la fin d’un gouvernement des juges et des technocrates, aussi odieux que non démocratique.

3.-La vision du monde soutenue par les hommes de Davos et les Oints du Seigneur qui refusent l’idée même de Patrie et de Religion comme ciments de la volonté de ‘VIVRE ENSEMBLE » et qui haïssait les peuples européens au point même de vouloir procéder à leurs remplacements est en train de s’écrouler un peu comme l’URSS l’a fait avant elle. Nous arrivons peut-être à la fin de la pensée unique qui après tout n’est rien d’autre qu’une absence assez remarquable de pensée.

4.-En gros, l’Europe des Nations est de retour et c’est bien sûr le moment qu’a choisi la France, dont les élites sont toujours en retard d’une guerre pour élire (mais assez mal) un fanatique de la Nation Europe qui n’a jamais existé que dans leurs cerveaux embrumés de premier de la classe.

5.-Si l’idée même de Nation Européenne a pris un coup mortel, comme je le crois, alors, à quoi peut bien servir l’Euro qui après tout était le premier pas vers cette nation ?  L’Euro a toujours été une solution à la recherche d’un problème. Aujourd’hui, il n’a plus de raison d’être puisque l’Etat Européen n’existera jamais mais il reste bien sur le principal obstacle au retour de la démocratie en Europe …

Pour terminer sur une note financière, ce qui est mon péché mignon, je verrai bien les lecteurs de l’IDL ["institut des libertés" ndr] se constituer un portefeuille « Empire Austro Hongrois », dont le futur apparaît brillant et j’y mettrais les indices Hongrois, Autrichien, Tchèque, Polonais …

Et je me suis amusé à en calculer la performance depuis cinq ans …

Depuis le coup mortel porté par le Brexit à la Commission, il s’est plutôt bien comporté, ce qui n’étonnera que ceux qui lisent le FT ou le Monde.

Le génie a l’air d’être sorti de la bouteille. Allez François-Joseph !

Charles Gave | 23 octobre, 2017

Source: http://institutdeslibertes.org/les-elections-en-autriche-ou-le-grand-retour-de-lempire-austrois-hongrois/

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jeudi 19 octobre 2017

Elections en Autriche : encore des soucis pour Bruxelles

Pour Pierre Lévy, du magazine Ruptures, la victoire de la droite conservatrice et le score important du FPO aux élections législatives du 15 octobre, bien qu’attendus, n’en ont pas moins constitué une douche froide pour les dirigeants européens.

ARG AUTRICHE RUPTURESLes électeurs autrichiens étaient appelés aux urnes le 15 octobre pour des élections législatives anticipées. 70% des 6,4 millions d’inscrits s’y sont rendus, soit une participation en hausse de 2,4 points par rapport à 2013.

La forte progression du Parti populaire (ÖVP, droite conservatrice) et celle du FPÖ (généralement classé à l’extrême-droite) étaient attendues. Elles n’en ont pas moins constitué une douche froide pour les dirigeants européens qui, il y a quelques mois encore, fêtaient la victoire de l’ex-écologiste Alexander Van der Bellen (53,8%) sur son concurrent du FPÖ, Norbert Hofer (46,2%) lors du second tour de la présidentielle de décembre 2016. Tant à Bruxelles qu’à Paris et à Berlin, on avait alors fort imprudemment salué ce signal censé annoncer partout un retour de flamme populaire en faveur de l’UE et une baisse de l’«euroscepticisme»

Eurosceptique, le FPÖ l’est en réalité de manière très relative. Il ne demande pas la sortie de l’UE, ni même désormais un référendum sur l’euro, comme c’était encore le cas il y a deux ans. En revanche, il a imposé son hostilité à l’immigration, en réalité à l’«islamisation», thème qui a dominé toute la campagne. En obtenant 27,1% des suffrages, il progresse de 5,9 points par rapport à 2013, ce qui le laisse cependant en troisième position.

Son leader, Heinz-Christian Strache, triomphait au sortir du dépouillement, affirmant que ses idées avaient recueilli les faveurs de 60% des électeurs. Un chiffre obtenu en additionnant ses propres suffrages à ceux obtenus par l’ÖVP, tant la campagne menée par le jeune chef de ce parti a également été centrée sur l’immigration.

Avec 31,5% des voix (+7,6 points), Sebastian Kurz a en tout cas réussi le pari de sortir de l’ornière la vieille formation conservatrice, qui menaçait d’être engluée dans une «grande coalition» avec les sociaux-démocrates au pouvoir depuis dix ans (une configuration récurrente depuis la fin de la seconde guerre mondiale).

Monsieur Kurz, qui avait été nommé à 24 ans secrétaire d’Etat à l’intégration avant d’être promu ministre des Affaires étrangères à 27 ans, en 2013, a créé la surprise en prenant la tête de son parti en mai dernier. Il a alors choisi de rompre l’accord de coalition avec le SPÖ, ce qui a provoqué ces élections anticipées.

Si sa jeunesse et sa carrière fulgurante ont été largement commentées, c’est bien son orientation politique qui préoccupe les chancelleries européennes. Certes, officiellement, son parti est toujours membre du très européiste Parti populaire européen, où siègent notamment la CDU allemande et Les Républicains français.

Mais sur nombre de questions, il se rapprocherait volontiers des positions du «groupe de Visegrad» (Pologne, République tchéque, Slovaquie et Hongrie), soit exactement à l’opposé des velléités intégrationnistes affichées par Emmanuel Macron. Il n’a pas caché sa sympathie pour le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, bête noire de Bruxelles.

Quant au Parti social-démocrate (SPÖ), auquel appartient le chancelier sortant, Christian Kern, il limite les dégâts en rassemblant 26,8% des suffrages, soit un très léger recul de 0,3 point. Or il pouvait non seulement craindre de souffrir du discrédit d’une «grande coalition» arrivée à bout de souffle, mais aussi des scandales qui ont jalonné la campagne, où l’un de ses proches conseillers a été accusé de manœuvres sordides de diffamation contre ses adversaires.

Par ailleurs, le SPÖ lui-même a durci sa tonalité en matière migratoire. Il est vrai que, lors de la vague de 2015, ce pays de 8,7 millions d’habitants avait vu arriver 130 000 demandeurs d’asile – la deuxième plus forte proportion après la Suède.

Les Verts ont été la seule formation vantant l’accueil. Ils dégringolent de 11,6% en 2013 à 3,4% cette fois-ci, et sont ainsi éliminés du parlement. Il est vrai qu’ils ont subi la concurrence de listes dissidentes (4,1%). Enfin le parti Neos, «centriste» et ultralibéral, passe de 4,8% à 5%. 

Quelle nouvelle coalition ?

Les discussions commencent donc en vue de la formation d’une nouvelle coalition gouvernementale. Arrivé en tête, monsieur Kurz va entamer des pourparlers avec d’une part le FPÖ, d’autre part le SPÖ. L’éventualité de la reconduction d’une grande coalition étant fort peu probable, c’est la première hypothèse qui semble tenir la corde.

Sur le plan programmatique, aucune incompatibilité ne devrait se faire jour. Il est en revanche probable que des pressions européennes s’exerceront discrètement pour faire échouer cette tentative.

Cependant, la situation n’est plus du tout celle qui avait prévalu en 2000, lorsqu’une première alliance droite/extrême droite avait été conclue. L’UE (à quinze) avait alors mis l’Autriche en quarantaine, avant de constater que cette sanction contre un pays membre avait scandalisé nombre d’électeurs, pas seulement du FPÖ, et avait finalement renforcé celui-ci.

Les obstacles à une majorité ÖVP-FPÖ se situeraient plutôt du côté du FPÖ lui-même. Ce dernier peut être tenté de faire monter les enchères en exigeant nombre de postes ministériels important. Car il est dans une position clé : sans lui, l’ÖVP ne peut que renouveler la grande coalition sortante, ce qui serait interprété comme une trahison par beaucoup de ses électeurs ; ou bien former un gouvernement minoritaire, une hypothèse totalement contraire aux habitudes autrichiennes.

Si les pourparlers devaient s’enliser, il resterait alors une ultime hypothèse : une alliance entre le FPÖ et… le SPÖ. Elle serait décrite comme contre-nature par beaucoup de commentateurs européens, mais n’est pas impensable : les deux partis sont déjà associés au gouvernement régional du Burgenland, ainsi qu’au Conseil de la ville de Linz (capitale de la Haute-Autriche). Et, du point de vue des élus des deux formations, cela ne se passe pas si mal.

Du reste, des personnalités social-démocrates avaient plaidé pour ne pas exclure une telle configuration, notamment le président de la centrale syndicale unique, l’ÖGB.

Cet apparent paradoxe traduit peut-être le malaise qui règne dans le pays, qui s’est cristallisé sur la question migratoire, mais dont les véritables racines sont plus profondes. L’Autriche affiche certes des statistiques économiques plus flatteuses que la moyenne européenne (chômage officiel à 5,6%, croissance prévue à 2,8% en 2017), mais les inégalités sont montées en flèche depuis 2000. Désormais, 1% de la population possède 40% du PIB.

Ce débat a réussi à surgir pendant la campagne lorsque les sociaux-démocrates, pourtant au pouvoir depuis 2007, ont pensé qu’ils pouvaient en faire un thème électoral. Reste à savoir ce qu’il va devenir une fois l’échéance électorale passée.

Source : www.ruptures-presse.fr

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lundi 16 octobre 2017

Autriche : les populistes anti-immigration seraient troisièmes, la droite conservatrice l'emporte

Le parti conservateur du jeune Sebastian Kurz (31 ans) remporterait les élections législatives autrichiennes selon les sondages de sortie des urnes. Le parti eurosceptique et anti-immigration FPÖ*, troisième, pourrait faire son retour au gouvernement.

ARG AUTRICHE ELECTIONSSelon les sondages de sortie des urnes rapportés le 15 octobre par l'AFP, le parti de droite conservatrice OVP (Parti populaire autrichien), emmené par le jeune Sebastian Kurz remporterait les élections législatives avec 31,7% des voix.

La seconde place se jouerait entre le Parti de la liberté d'Autriche (FPÖ) de Heinz-Christian Strache, anti-immigration et eurosceptique, et les sociaux-démocrates, aux coudes à coudes.

Emmenés par le chancelier Christian Kern, ces derniers, qui avaient fait savoir qu'ils resteraient dans l'opposition s'ils ne remportaient pas le scrutin, sont crédités d'environ 27%, et arriveraient donc en deuxième position, toujours selon les premières estimations.

Le FPÖ, donné troisième avec 25,9% par les premières estimations, pourrait être en position de faire son retour au gouvernement, Sebastian Kurz n'ayant a priori écarté aucune option d'alliance. Le FPÖ avait en effet déjà gouverné aux côtés des conservateurs en 2000, après un score historique aux législatives, ce qui avait à l'époque entraîné des sanctions européennes.

De premiers résultats diffusés par l'agence de presse autrichienne APA avaient donné le FPÖ deuxième et les sociaux-démocrates troisièmes.

L'Autriche étant l'un des pays d'Europe à avoir accueilli en deux ans le plus de migrants au regard de sa population (1,5%), la campagne a été largement marquée par les débats sur l'immigration. Outre les positions radicalement anti-migrants et anti-islam du FPÖ sur la question, Sebastian Kurz, tenant de l'aile droite du parti conservateur, avait lui aussi adopté un ton dur à l'égard de l'accueil des réfugiés.

Actuel ministre fédéral de l'Europe, de l'Intégration et des Affaires étrangères, il avait notamment apporté son soutien à la fermeture de routes migratoires dans les Balkans, et avait pris position contre le port du voile intégral, une mesure entrée en vigueur en Autriche quelques semaines avant l'élection.

Sebastian Kurz s'était par ailleurs distingué en proposant la fermeture des crèches confessionnelles musulmanes.

C'est lui qui avait provoqué la tenue de ces élections législatives anticipées, en mettant fin à dix années de grande coalition avec les sociaux-démocrates du chancelier Christian Kern.

Une alliance anti-UE et anti-immigration ?

Sebastian Kurz devrait donc probablement s'allier avec le FPÖ afin de gouverner l'Autriche, ce qui pourrait infléchir la ligne jusqu'à présent europhile du pays.

La formation de Heinz-Christian Strache prône en effet un rapprochement avec le groupe de Visegrad, comprenant des pays comme la Pologne et la Hongrie, qui multiplient les bras de fer avec Bruxelles, en refusant notamment d'accueillir les quotas de migrants fixés par l'UE.

A l'automne 2015, l'actuel ministre des Affaires étrangères avait été l'un des premiers, sur la scène européenne, à critiquer la politique d'accueil des réfugiés de la chancelière allemande Angela Merkel. Il a depuis encore durci sa ligne, réclamant notamment une réduction des aides sociales pour les étrangers.

Selon les estimations, plusieurs petits partis (libéraux, Verts, Vert dissident) pourraient recueillir les 4% pour entrer au parlement, mais sans pouvoir constituer d'alternative de coalition.

https://francais.rt.com/international/44588-autriche-conservateurs-sebastian-kurz-remportent


 

*"Le parti eurosceptique et anti-immigration FPÖ", est étiqueté "populiste" dans le titre, ce qui, dans la novlangue journalistique signifie "infréquentable", alors que les autres, du simple fait qu'ils sont plus ou moins "europhiles", sont par définition respectables quelles que soient leurs magouilles (v. notre article sur les manoeuvres des sociaux- démocrates autrichiens pour tenter d'influencer la campagne électorale: Scandale des fausses pages Facebook racistes : la gauche autrichienne s'effondre à 7 jours du vote)

P.G.

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mardi 10 octobre 2017

Scandale des fausses pages Facebook racistes : la gauche autrichienne s'effondre à 7 jours du vote

Un homme d'affaires employé par le parti du chancelier autrichien (SPÖ) avait mis en place de fausses pages Facebook de soutien à son adversaire de droite. Entre théories du complot et révélations, ce scandale pourrait coûter cher à la gauche...

58a2d58cc36188722b8b47a0L'Autriche traverse une période politique des plus troublées. Un scandale sans précédent impliquant le Parti social-démocrate (SPÖ) devrait confirmer le triomphe annoncé du Parti populaire (ÖVP, droite libérale) et permettre au Parti de la liberté (FPÖ, droite radicale) d'obtenir la deuxième place lors des élections fédérales qui auront lieu le 15 octobre prochain.

Tout a commencé par des révélations choc parues dans le magazine Profil et le journal Die Presse en septembre dernier. Ces médias ont mis à jour une opération «sous faux drapeaux» imputée au Parti social-démocrate dont l'objectif était de discréditer le candidat du Parti populaire, Sebastian Kurz (ÖVP), en diffusant de fausses informations à son sujet.

Sur la page «Wir für Sebastian Kurz» («Nous soutenons Sebastian Kurz»), de nombreux propos racistes et antisémites ont été publiés afin de véhiculer une image xénophobe de l'électorat du Parti populaire et rebuter ainsi une bonne partie de l'électorat de droite.

Sur la page «Die Wahrheit über Sebastian Kurz» («La vérité sur Sebastian Kurz»), qui s'affichait comme appartenant à la mouvance identitaire, l'objectif était au contraire de dissuader les électeurs d'extrême droite de se rallier au Parti populaire, en diffusant de fausses informations destinées à faire passer le parti pour laxiste en matière d'immigration.

Mais derrière ses fausses pages Facebook de soutien au candidat du Parti populaire, Sebastian Kurz (ÖVP), se cachait en réalité un entrepreneur israélien du nom de Tal Silberstein, qui n'est autre qu'un ancien conseiller du chancelier social-démocrate Christian Kern (SPÖ), qui brigue un nouveau mandat.

La gauche reléguée à la troisième place selon les sondages

Sitôt le pot aux roses découvert, le scandale a pris une ampleur nationale contraignant, Georg Niedermühlbichler, le numéro 2 du Parti social-démocrate et directeur de campagne du chancelier-candidat Christian Kern, à démissionner le 2 octobre. Avant de quitter son poste, ce dernier avait néanmoins juré ne pas avoir été mis au courant de l'opération organisée par Tal Silberstein. «Notre parti n'a ni eu connaissance, ni commandé ni financé cette opération», avait-il déclaré lors d'une conférence de presse le jour même.

Le chancelier social-démocrate doit désormais affronter ce que la presse autrichienne n'a pas tardé à appeler «une catastrophe nucléaire». Sa candidature était déjà fortement fragilisée par le fait qu'il avait dû remplacer au pied levé son prédécesseur, démissionnaire après l'éviction de son parti du second tour de la présidentielle en 2016. Le voici désormais soupçonné d'avoir voulu combler son retard en ayant recours à des procédés malhonnêtes et illégaux en dépit de ses multiples déclarations précisant qu'il n'était au courant de rien.

Les tentatives de la gauche pour redresser la barre demeurent pour l'instant infructueuses. Un temps donné deuxième dans les sondages, le SPÖ a en effet amorcé un lent déclin dans les études d'opinion, perdant plusieurs points, pour se stabiliser autour de 22%. Un résultat inférieur à celui du Parti populaire (ÖVP) qui se situe aux alentours de 33% mais aussi à celui de la droite populiste du FPÖ qui receuille autour de 25% des intentions de vote.

Alors qu'elle visait au moins la seconde place, la gauche se retrouve désormais à batailler pour ne pas passer derrière le FPÖ, ce parti anti-immigration qui avait échoué de peu à s'emparer de la présidence en 2016. «Kern n’a plus aucune chance», commentait Wolfgang Bachmayer, patron d’un des principaux instituts de sondage autrichiens dans le quotidien Kurier du 6 octobre.

Contre-attaques et théories du complot : centre-gauche et droite libérale se déchirent

Depuis que cette affaire a été rendue publique, le SPÖ comme l'ÖVP n'ont pas de mots assez durs l'un envers l'autre. Au cours de la cinquantaine de débats organisés entre les différents candidats, Sebastian Kurz, celui de la droite libérale, a accusé à de multiples reprises le Chancelier-candidat d'avoir voulu «ruiner le processus démocratique».

De son côté, le SPÖ avait dans un premier temps pris soin de condamner et de se désolidariser de l'opération mise en place par Tal Silberstein. Mais depuis quelques jours, il semble avoir changé de stratégie. Il contre-attaque en sortant une autre affaire de sa manche, révélée le 5 octobre dernier par le Kurier : des membres du Parti populaire (ÖVP) auraient été mis au courant de l'existence de ces fausses pages Facebook et auraient proposé de l'argent à leurs administrateurs, encadrés par Tal Silberstein, pour révéler l'affaire.

Plusieurs membres du Parti social-démocrate vont même plus loin, dans ce que certains journaux autrichiens, à l'instar du Kronen Zeitung, qualifient de «théorie du complot». Ils s'étonnent en effet de ce que les pages Facebook incriminées aient continué à fonctionner jusqu'en septembre, alors que Tal Silberstein, arrêté pour des soupçons de blanchiment d'argent en Israël au mois d'août, avait été remercié par le SPÖ à cette époque. Pourquoi a-t-il continué à défendre les intérêts du Parti social démocrate ?

Le maire de Vienne, Michael Häupl, a été l'un des premiers membres du SPÖ à émettre des soupçons, s'interrogeant notamment le 2 octobre sur une déclaration de Sebastian Kurz. Au cours d'un ancien débat télévisé, ce dernier avait évoqué «les douze collaborateurs» de Tal Silbertein – un nombre qui n'avait alors encore jamais été relayé par la presse. «Il a l'air bien renseigné... Cela pose des questions», s'est étonné Michael Häupl.

Alors que près de 6,5 millions d'électeurs sont appelés aux urnes le 15 octobre prochain, la bataille entre les sociaux-démocrates (SPÖ) et le Parti populaire (ÖVP) réjouit le Parti de la liberté (FPÖ), qui a mené une campagne très discrète, se contentant de rappeler que gauche social-démocrate et droite libérale gouvernaient le pays ensemble au sein d'une même coalition.

Après leur éviction du second tour de la présidentielle en 2016 (elle avait opposé les candidats du FPÖ et des écologistes), le parti anti-immigration espère conforter sa position de nouveau parti incontournable. En arrachant la deuxième place, il pourrait même contraindre l'ÖVP à faire alliance avec lui pour former un gouvernement de coalition...

https://francais.rt.com/international/44338-scandale-fausses-pages-facebook-racistes-gauche-autrichienne-effondre-vote

Voir aussi:

Chancelier autrichien : des concessions à Londres sur le Brexit seront une «capitulation» pour l'UE

14 févr. 2017

En conférence de presse, le chancelier autrichien Christian Kern s'en est pris avec véhémence au Royaume-Uni, qui tenterait de négocier le Brexit pour obtenir des faveurs des pays de l'UE dans différents secteurs. Selon lui, cela n'arrivera pas.

«Les membre d'un club doivent avoir de meilleures conditions que ceux qui ne font pas partie de ce club. Nos amis britanniques doivent prendre conscience que rien ne sortira de ces négociations. Dans le cas contraire, ce serait une capitulation de l'Europe.»

Tels furent les mots prononcés par le chancelier autrichien Christian Kern lors d'une conférence de presse le 13 février.

Alors que le Premier ministre britannique Theresa May se prépare à faire valoir l'article 50 à la fin du mois de mars pour commencer les négociations de deux ans sur les termes d'un accord sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, les personnalités politiques de l'UE commencent à prendre positions sur ces pourparlers.

En effet, lors de la même conférence, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a mis en garde contre les tentatives du Royaume-Uni d'accéder à un  traitement spécial pour certaines industries telles que les télécommunications, les produits chimiques et l'acier, selon Bloomberg.

Pour Jean-Claude Juncker, de tels engagements pourraient compromettre l'unité de l'UE au cours des négociations sur le Brexit. «Il est dans notre intérêt commun qu'il n'y ait pas de dispositions spéciales», a-t-il ajouté.

La veille, sur les ondes de la radio allemande Deutschlandfunk radio, le président de la Commission européenne avait exhorté l'Europe à présenter un front uni dans les négociations avec le Royaume-Uni qui, selon lui, pourrait proposer des clauses différentes aux pays de l'UE.  

«Est-ce que les Hongrois et les Polonais veulent exactement la même chose que les Allemands et les Français? J'en doute sérieusement», a-t-il déclaré.

https://francais.rt.com/international/33952-chancelier-autrichien-sur-brexit-londres-doit-comprendre-que-toute-negociation-est-inutile

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vendredi 29 septembre 2017

Pour les dirigeants européens, le film d’horreur reprend…

Pour Pierre Lévy du mensuel Ruptures, la «refondation de l’Europe» promue par Emmanuel Macron va se transformer en cauchemar pour les dirigeants européens après le scrutin du 24 septembre outre-Rhin.

ARG RUPTURES MACRONLe marketing soit loué : le pitch était presque parfait, le story telling, prometteur, le narrative, bien au point.

Le scénario commençait il y a quelques années comme un film d’horreur ; mais, happy end, finissait en conte de fée. Résumons : crise financière, débâcle économique, tempête sur l’euro ; arrivée massive de migrants ; référendum approuvant le Brexit ; et même, pour les plus imaginatifs, menace d’invasion russe imminente. Il y a quelques mois, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, résumait même d’un mot la grande peur des élites européistes : une «polycrise» qui menaçait l’existence même de l’Union européenne.

Mais c’était sans compter les dieux de l’Olympe, capables des plus merveilleux rebondissements. En décembre 2016, le candidat «populiste» à la présidence de l’Autriche n’obtenait «que» 46%. Trois mois plus tard, les Néerlandais étaient miraculeusement sauvés de l’enfer, puisque le parti de Geert Wilders n’accédait pas au pouvoir (une hypothèse qu’on savait en réalité improbable).

Surtout, lors de la présidentielle française de mai 2017, le glorieux triomphe d’Emmanuel Macron terrassant le dragon Marine Le Pen (qui n’avait aucune chance d’arriver au pouvoir) achevait de combler d’aise les partisans de l’Union européenne. Cette dernière était sauvée. Sauvée ? Mieux que cela : elle marchait majestueusement vers la «refondation historique» annoncée, de la colline athénienne du Pnyx, par Jupiter déguisé en Périclès.

Las… le problème des gens de marketing est qu’il leur arrive de prendre leurs désirs pour des réalités. La méthode Coué prépare parfois des réveils difficiles. Pour le maître de l’Elysée, la gueule de bois a commencé au soir des élections allemandes.

Pendant des semaines, la grande presse a décrit la campagne outre-Rhin comme «ennuyeuse». Au moins n’a-t-on pas pu dire cela des résultats.

Les sociaux-démocrates du SPD tombent à leur plus bas niveau historique depuis… 1890 (à l’exception des années 1932-1933). Mention particulière pour leur chef de file, Martin Schulz, qui fut le flamboyant président de l’europarlement pendant cinq ans et entendait ainsi capitaliser sur les charmes de l’Europe. Décidément, l’UE enthousiasme les électeurs…

Les chrétiens-démocrates dégringolent à leur plus faible score de l’histoire de la République fédérale. Pris ensemble, les deux partis de la coalition sortante rassemblent à peine plus d’un électeur sur deux (contre 70% à 80% jusque dans les années 2000). 

Les (néo-)Libéraux du FDP opèrent une résurrection spectaculaire, derrière leur leader brandissant la société numérique en bandoulière. Mais c’est surtout la poussée de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) qui a créé un choc à Bruxelles et dans les capitales de l’UE. Avec 12,6%, cette formation gagne la troisième place au sein du Bundestag.

Dans la réalité, ni le FDP, ni l’AfD ne sont aussi «anti-intégration européenne» que la presse dominante se plaît à les décrire. Mais cette image, aussi approximative soit elle, a contribué à leur succès ; c’est en tout cas incontestable pour la seconde. C’est cela qui compte pour l’analyse du scrutin, et de ses conséquences pour la période qui s’annonce.

Celles-ci sont de trois ordres. La première dimension relève de la politique intérieure allemande. La configuration parlementaire sortie des urnes est totalement inédite. Elle laisse prévoir que les négociations pour une coalition quadripartite vont être laborieuses. Pendant des semaines, et peut-être des mois, Bruxelles, Paris et consorts vont devoir se passer d’Angela Merkel.

Et quand une majorité sera formée, on peut raisonnablement prédire qu’elle sera tout sauf stable, tant elle sera traversée de contradictions – notamment sur l’Europe. On ne peut même exclure qu’elle prendra fin avant terme.

C’est là la deuxième conséquence du 24 septembre : le scénario du conte de fée s’effondre. Onze jours plus tôt, monsieur Juncker, dans son «discours sur l’état de l’Union» (une marotte importée de Washington) déclamait : «LEurope a de nouveau le vent en poupe […], larguons les amarres et mettons les voiles.» Le capitaine de Bruxelles a été trahi par la météo. Sans l’impulsion dominante de Berlin, la galère européenne pourrait bien être prise dans une nouvelle tempête. 

D’autant que le séisme qu’ont provoqué les électeurs allemands risque d’avoir de prochaines répliques. Les Autrichiens votent à leur tour le 15 octobre. Le FPÖ, généralement classé parmi les populistes eurosceptiques, se voit promettre un score important. Et si tel n’était pas le cas, ce serait au profit du jeune chef qui a fait main basse sur la droite classique (ÖVP), Sebastian Kurz ; or celui-ci cite le Premier ministre hongrois, honni à Bruxelles, comme un modèle…

Et comme si tout cela ne suffisait pas, les élections italiennes sont prévues en 2018, et le Mouvement Cinq étoiles garde le vent en poupe.

La troisième conséquence concerne l’ancien banquier de chez Rothschild devenu le président français. Le 26 septembre encore, il pérorait à la Sorbonne devant un public d’étudiants bon chic bon genre (alors que des centaines de manifestants étaient vigoureusement tenus à l’extérieur, cela s’appelle la culture du débat). Il entendait préciser sa refondation de l’Europe (en particulier de la zone euro, moyennant des transferts financiers massifs entre Etats membres). Monsieur Macron a affirmé qu’il avait préparé son discours avant les élections allemandes, et ne l’avait pas modifié une fois celles-ci passées. Cela s’est vu, tant les perspectives qu’il a décrites paraissent désormais hautement fantaisistes. 

Quelques jours avant le 24 septembre, il confiait du reste à quelques proches : «Si le FDP entre au gouvernement fédéral, je suis mort.» Comprendre : l’UE est morte. Car le chef de l’Etat n’en faisait pas mystère : ses projets de «portée historique» ne peuvent se réaliser qu’en tandem avec l’Allemagne (le gouvernement français ne cache pas que les «réformes» du droit du travail, de même que l’austérité renforcée, visent, dans cet esprit, à complaire à Berlin).

Morte, l’Union européenne ? L’agonie peut – hélas – se prolonger quelque peu. Mais le délitement se confirme. Pour les oligarchies européennes, c’est le cauchemar qui rebondit.

Pour les peuples du Vieux continent, c’est, au contraire, une excellente nouvelle.

https://francais.rt.com/opinions/43895-pour-dirigeants-europeens-film-horreur-reprend


 

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