jeudi 19 octobre 2017

Elections en Autriche : encore des soucis pour Bruxelles

Pour Pierre Lévy, du magazine Ruptures, la victoire de la droite conservatrice et le score important du FPO aux élections législatives du 15 octobre, bien qu’attendus, n’en ont pas moins constitué une douche froide pour les dirigeants européens.

ARG AUTRICHE RUPTURESLes électeurs autrichiens étaient appelés aux urnes le 15 octobre pour des élections législatives anticipées. 70% des 6,4 millions d’inscrits s’y sont rendus, soit une participation en hausse de 2,4 points par rapport à 2013.

La forte progression du Parti populaire (ÖVP, droite conservatrice) et celle du FPÖ (généralement classé à l’extrême-droite) étaient attendues. Elles n’en ont pas moins constitué une douche froide pour les dirigeants européens qui, il y a quelques mois encore, fêtaient la victoire de l’ex-écologiste Alexander Van der Bellen (53,8%) sur son concurrent du FPÖ, Norbert Hofer (46,2%) lors du second tour de la présidentielle de décembre 2016. Tant à Bruxelles qu’à Paris et à Berlin, on avait alors fort imprudemment salué ce signal censé annoncer partout un retour de flamme populaire en faveur de l’UE et une baisse de l’«euroscepticisme»

Eurosceptique, le FPÖ l’est en réalité de manière très relative. Il ne demande pas la sortie de l’UE, ni même désormais un référendum sur l’euro, comme c’était encore le cas il y a deux ans. En revanche, il a imposé son hostilité à l’immigration, en réalité à l’«islamisation», thème qui a dominé toute la campagne. En obtenant 27,1% des suffrages, il progresse de 5,9 points par rapport à 2013, ce qui le laisse cependant en troisième position.

Son leader, Heinz-Christian Strache, triomphait au sortir du dépouillement, affirmant que ses idées avaient recueilli les faveurs de 60% des électeurs. Un chiffre obtenu en additionnant ses propres suffrages à ceux obtenus par l’ÖVP, tant la campagne menée par le jeune chef de ce parti a également été centrée sur l’immigration.

Avec 31,5% des voix (+7,6 points), Sebastian Kurz a en tout cas réussi le pari de sortir de l’ornière la vieille formation conservatrice, qui menaçait d’être engluée dans une «grande coalition» avec les sociaux-démocrates au pouvoir depuis dix ans (une configuration récurrente depuis la fin de la seconde guerre mondiale).

Monsieur Kurz, qui avait été nommé à 24 ans secrétaire d’Etat à l’intégration avant d’être promu ministre des Affaires étrangères à 27 ans, en 2013, a créé la surprise en prenant la tête de son parti en mai dernier. Il a alors choisi de rompre l’accord de coalition avec le SPÖ, ce qui a provoqué ces élections anticipées.

Si sa jeunesse et sa carrière fulgurante ont été largement commentées, c’est bien son orientation politique qui préoccupe les chancelleries européennes. Certes, officiellement, son parti est toujours membre du très européiste Parti populaire européen, où siègent notamment la CDU allemande et Les Républicains français.

Mais sur nombre de questions, il se rapprocherait volontiers des positions du «groupe de Visegrad» (Pologne, République tchéque, Slovaquie et Hongrie), soit exactement à l’opposé des velléités intégrationnistes affichées par Emmanuel Macron. Il n’a pas caché sa sympathie pour le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, bête noire de Bruxelles.

Quant au Parti social-démocrate (SPÖ), auquel appartient le chancelier sortant, Christian Kern, il limite les dégâts en rassemblant 26,8% des suffrages, soit un très léger recul de 0,3 point. Or il pouvait non seulement craindre de souffrir du discrédit d’une «grande coalition» arrivée à bout de souffle, mais aussi des scandales qui ont jalonné la campagne, où l’un de ses proches conseillers a été accusé de manœuvres sordides de diffamation contre ses adversaires.

Par ailleurs, le SPÖ lui-même a durci sa tonalité en matière migratoire. Il est vrai que, lors de la vague de 2015, ce pays de 8,7 millions d’habitants avait vu arriver 130 000 demandeurs d’asile – la deuxième plus forte proportion après la Suède.

Les Verts ont été la seule formation vantant l’accueil. Ils dégringolent de 11,6% en 2013 à 3,4% cette fois-ci, et sont ainsi éliminés du parlement. Il est vrai qu’ils ont subi la concurrence de listes dissidentes (4,1%). Enfin le parti Neos, «centriste» et ultralibéral, passe de 4,8% à 5%. 

Quelle nouvelle coalition ?

Les discussions commencent donc en vue de la formation d’une nouvelle coalition gouvernementale. Arrivé en tête, monsieur Kurz va entamer des pourparlers avec d’une part le FPÖ, d’autre part le SPÖ. L’éventualité de la reconduction d’une grande coalition étant fort peu probable, c’est la première hypothèse qui semble tenir la corde.

Sur le plan programmatique, aucune incompatibilité ne devrait se faire jour. Il est en revanche probable que des pressions européennes s’exerceront discrètement pour faire échouer cette tentative.

Cependant, la situation n’est plus du tout celle qui avait prévalu en 2000, lorsqu’une première alliance droite/extrême droite avait été conclue. L’UE (à quinze) avait alors mis l’Autriche en quarantaine, avant de constater que cette sanction contre un pays membre avait scandalisé nombre d’électeurs, pas seulement du FPÖ, et avait finalement renforcé celui-ci.

Les obstacles à une majorité ÖVP-FPÖ se situeraient plutôt du côté du FPÖ lui-même. Ce dernier peut être tenté de faire monter les enchères en exigeant nombre de postes ministériels important. Car il est dans une position clé : sans lui, l’ÖVP ne peut que renouveler la grande coalition sortante, ce qui serait interprété comme une trahison par beaucoup de ses électeurs ; ou bien former un gouvernement minoritaire, une hypothèse totalement contraire aux habitudes autrichiennes.

Si les pourparlers devaient s’enliser, il resterait alors une ultime hypothèse : une alliance entre le FPÖ et… le SPÖ. Elle serait décrite comme contre-nature par beaucoup de commentateurs européens, mais n’est pas impensable : les deux partis sont déjà associés au gouvernement régional du Burgenland, ainsi qu’au Conseil de la ville de Linz (capitale de la Haute-Autriche). Et, du point de vue des élus des deux formations, cela ne se passe pas si mal.

Du reste, des personnalités social-démocrates avaient plaidé pour ne pas exclure une telle configuration, notamment le président de la centrale syndicale unique, l’ÖGB.

Cet apparent paradoxe traduit peut-être le malaise qui règne dans le pays, qui s’est cristallisé sur la question migratoire, mais dont les véritables racines sont plus profondes. L’Autriche affiche certes des statistiques économiques plus flatteuses que la moyenne européenne (chômage officiel à 5,6%, croissance prévue à 2,8% en 2017), mais les inégalités sont montées en flèche depuis 2000. Désormais, 1% de la population possède 40% du PIB.

Ce débat a réussi à surgir pendant la campagne lorsque les sociaux-démocrates, pourtant au pouvoir depuis 2007, ont pensé qu’ils pouvaient en faire un thème électoral. Reste à savoir ce qu’il va devenir une fois l’échéance électorale passée.

Source : www.ruptures-presse.fr

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lundi 16 octobre 2017

Autriche : les populistes anti-immigration seraient troisièmes, la droite conservatrice l'emporte

Le parti conservateur du jeune Sebastian Kurz (31 ans) remporterait les élections législatives autrichiennes selon les sondages de sortie des urnes. Le parti eurosceptique et anti-immigration FPÖ*, troisième, pourrait faire son retour au gouvernement.

ARG AUTRICHE ELECTIONSSelon les sondages de sortie des urnes rapportés le 15 octobre par l'AFP, le parti de droite conservatrice OVP (Parti populaire autrichien), emmené par le jeune Sebastian Kurz remporterait les élections législatives avec 31,7% des voix.

La seconde place se jouerait entre le Parti de la liberté d'Autriche (FPÖ) de Heinz-Christian Strache, anti-immigration et eurosceptique, et les sociaux-démocrates, aux coudes à coudes.

Emmenés par le chancelier Christian Kern, ces derniers, qui avaient fait savoir qu'ils resteraient dans l'opposition s'ils ne remportaient pas le scrutin, sont crédités d'environ 27%, et arriveraient donc en deuxième position, toujours selon les premières estimations.

Le FPÖ, donné troisième avec 25,9% par les premières estimations, pourrait être en position de faire son retour au gouvernement, Sebastian Kurz n'ayant a priori écarté aucune option d'alliance. Le FPÖ avait en effet déjà gouverné aux côtés des conservateurs en 2000, après un score historique aux législatives, ce qui avait à l'époque entraîné des sanctions européennes.

De premiers résultats diffusés par l'agence de presse autrichienne APA avaient donné le FPÖ deuxième et les sociaux-démocrates troisièmes.

L'Autriche étant l'un des pays d'Europe à avoir accueilli en deux ans le plus de migrants au regard de sa population (1,5%), la campagne a été largement marquée par les débats sur l'immigration. Outre les positions radicalement anti-migrants et anti-islam du FPÖ sur la question, Sebastian Kurz, tenant de l'aile droite du parti conservateur, avait lui aussi adopté un ton dur à l'égard de l'accueil des réfugiés.

Actuel ministre fédéral de l'Europe, de l'Intégration et des Affaires étrangères, il avait notamment apporté son soutien à la fermeture de routes migratoires dans les Balkans, et avait pris position contre le port du voile intégral, une mesure entrée en vigueur en Autriche quelques semaines avant l'élection.

Sebastian Kurz s'était par ailleurs distingué en proposant la fermeture des crèches confessionnelles musulmanes.

C'est lui qui avait provoqué la tenue de ces élections législatives anticipées, en mettant fin à dix années de grande coalition avec les sociaux-démocrates du chancelier Christian Kern.

Une alliance anti-UE et anti-immigration ?

Sebastian Kurz devrait donc probablement s'allier avec le FPÖ afin de gouverner l'Autriche, ce qui pourrait infléchir la ligne jusqu'à présent europhile du pays.

La formation de Heinz-Christian Strache prône en effet un rapprochement avec le groupe de Visegrad, comprenant des pays comme la Pologne et la Hongrie, qui multiplient les bras de fer avec Bruxelles, en refusant notamment d'accueillir les quotas de migrants fixés par l'UE.

A l'automne 2015, l'actuel ministre des Affaires étrangères avait été l'un des premiers, sur la scène européenne, à critiquer la politique d'accueil des réfugiés de la chancelière allemande Angela Merkel. Il a depuis encore durci sa ligne, réclamant notamment une réduction des aides sociales pour les étrangers.

Selon les estimations, plusieurs petits partis (libéraux, Verts, Vert dissident) pourraient recueillir les 4% pour entrer au parlement, mais sans pouvoir constituer d'alternative de coalition.

https://francais.rt.com/international/44588-autriche-conservateurs-sebastian-kurz-remportent


 

*"Le parti eurosceptique et anti-immigration FPÖ", est étiqueté "populiste" dans le titre, ce qui, dans la novlangue journalistique signifie "infréquentable", alors que les autres, du simple fait qu'ils sont plus ou moins "europhiles", sont par définition respectables quelles que soient leurs magouilles (v. notre article sur les manoeuvres des sociaux- démocrates autrichiens pour tenter d'influencer la campagne électorale: Scandale des fausses pages Facebook racistes : la gauche autrichienne s'effondre à 7 jours du vote)

P.G.

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mardi 10 octobre 2017

Scandale des fausses pages Facebook racistes : la gauche autrichienne s'effondre à 7 jours du vote

Un homme d'affaires employé par le parti du chancelier autrichien (SPÖ) avait mis en place de fausses pages Facebook de soutien à son adversaire de droite. Entre théories du complot et révélations, ce scandale pourrait coûter cher à la gauche...

58a2d58cc36188722b8b47a0L'Autriche traverse une période politique des plus troublées. Un scandale sans précédent impliquant le Parti social-démocrate (SPÖ) devrait confirmer le triomphe annoncé du Parti populaire (ÖVP, droite libérale) et permettre au Parti de la liberté (FPÖ, droite radicale) d'obtenir la deuxième place lors des élections fédérales qui auront lieu le 15 octobre prochain.

Tout a commencé par des révélations choc parues dans le magazine Profil et le journal Die Presse en septembre dernier. Ces médias ont mis à jour une opération «sous faux drapeaux» imputée au Parti social-démocrate dont l'objectif était de discréditer le candidat du Parti populaire, Sebastian Kurz (ÖVP), en diffusant de fausses informations à son sujet.

Sur la page «Wir für Sebastian Kurz» («Nous soutenons Sebastian Kurz»), de nombreux propos racistes et antisémites ont été publiés afin de véhiculer une image xénophobe de l'électorat du Parti populaire et rebuter ainsi une bonne partie de l'électorat de droite.

Sur la page «Die Wahrheit über Sebastian Kurz» («La vérité sur Sebastian Kurz»), qui s'affichait comme appartenant à la mouvance identitaire, l'objectif était au contraire de dissuader les électeurs d'extrême droite de se rallier au Parti populaire, en diffusant de fausses informations destinées à faire passer le parti pour laxiste en matière d'immigration.

Mais derrière ses fausses pages Facebook de soutien au candidat du Parti populaire, Sebastian Kurz (ÖVP), se cachait en réalité un entrepreneur israélien du nom de Tal Silberstein, qui n'est autre qu'un ancien conseiller du chancelier social-démocrate Christian Kern (SPÖ), qui brigue un nouveau mandat.

La gauche reléguée à la troisième place selon les sondages

Sitôt le pot aux roses découvert, le scandale a pris une ampleur nationale contraignant, Georg Niedermühlbichler, le numéro 2 du Parti social-démocrate et directeur de campagne du chancelier-candidat Christian Kern, à démissionner le 2 octobre. Avant de quitter son poste, ce dernier avait néanmoins juré ne pas avoir été mis au courant de l'opération organisée par Tal Silberstein. «Notre parti n'a ni eu connaissance, ni commandé ni financé cette opération», avait-il déclaré lors d'une conférence de presse le jour même.

Le chancelier social-démocrate doit désormais affronter ce que la presse autrichienne n'a pas tardé à appeler «une catastrophe nucléaire». Sa candidature était déjà fortement fragilisée par le fait qu'il avait dû remplacer au pied levé son prédécesseur, démissionnaire après l'éviction de son parti du second tour de la présidentielle en 2016. Le voici désormais soupçonné d'avoir voulu combler son retard en ayant recours à des procédés malhonnêtes et illégaux en dépit de ses multiples déclarations précisant qu'il n'était au courant de rien.

Les tentatives de la gauche pour redresser la barre demeurent pour l'instant infructueuses. Un temps donné deuxième dans les sondages, le SPÖ a en effet amorcé un lent déclin dans les études d'opinion, perdant plusieurs points, pour se stabiliser autour de 22%. Un résultat inférieur à celui du Parti populaire (ÖVP) qui se situe aux alentours de 33% mais aussi à celui de la droite populiste du FPÖ qui receuille autour de 25% des intentions de vote.

Alors qu'elle visait au moins la seconde place, la gauche se retrouve désormais à batailler pour ne pas passer derrière le FPÖ, ce parti anti-immigration qui avait échoué de peu à s'emparer de la présidence en 2016. «Kern n’a plus aucune chance», commentait Wolfgang Bachmayer, patron d’un des principaux instituts de sondage autrichiens dans le quotidien Kurier du 6 octobre.

Contre-attaques et théories du complot : centre-gauche et droite libérale se déchirent

Depuis que cette affaire a été rendue publique, le SPÖ comme l'ÖVP n'ont pas de mots assez durs l'un envers l'autre. Au cours de la cinquantaine de débats organisés entre les différents candidats, Sebastian Kurz, celui de la droite libérale, a accusé à de multiples reprises le Chancelier-candidat d'avoir voulu «ruiner le processus démocratique».

De son côté, le SPÖ avait dans un premier temps pris soin de condamner et de se désolidariser de l'opération mise en place par Tal Silberstein. Mais depuis quelques jours, il semble avoir changé de stratégie. Il contre-attaque en sortant une autre affaire de sa manche, révélée le 5 octobre dernier par le Kurier : des membres du Parti populaire (ÖVP) auraient été mis au courant de l'existence de ces fausses pages Facebook et auraient proposé de l'argent à leurs administrateurs, encadrés par Tal Silberstein, pour révéler l'affaire.

Plusieurs membres du Parti social-démocrate vont même plus loin, dans ce que certains journaux autrichiens, à l'instar du Kronen Zeitung, qualifient de «théorie du complot». Ils s'étonnent en effet de ce que les pages Facebook incriminées aient continué à fonctionner jusqu'en septembre, alors que Tal Silberstein, arrêté pour des soupçons de blanchiment d'argent en Israël au mois d'août, avait été remercié par le SPÖ à cette époque. Pourquoi a-t-il continué à défendre les intérêts du Parti social démocrate ?

Le maire de Vienne, Michael Häupl, a été l'un des premiers membres du SPÖ à émettre des soupçons, s'interrogeant notamment le 2 octobre sur une déclaration de Sebastian Kurz. Au cours d'un ancien débat télévisé, ce dernier avait évoqué «les douze collaborateurs» de Tal Silbertein – un nombre qui n'avait alors encore jamais été relayé par la presse. «Il a l'air bien renseigné... Cela pose des questions», s'est étonné Michael Häupl.

Alors que près de 6,5 millions d'électeurs sont appelés aux urnes le 15 octobre prochain, la bataille entre les sociaux-démocrates (SPÖ) et le Parti populaire (ÖVP) réjouit le Parti de la liberté (FPÖ), qui a mené une campagne très discrète, se contentant de rappeler que gauche social-démocrate et droite libérale gouvernaient le pays ensemble au sein d'une même coalition.

Après leur éviction du second tour de la présidentielle en 2016 (elle avait opposé les candidats du FPÖ et des écologistes), le parti anti-immigration espère conforter sa position de nouveau parti incontournable. En arrachant la deuxième place, il pourrait même contraindre l'ÖVP à faire alliance avec lui pour former un gouvernement de coalition...

https://francais.rt.com/international/44338-scandale-fausses-pages-facebook-racistes-gauche-autrichienne-effondre-vote

Voir aussi:

Chancelier autrichien : des concessions à Londres sur le Brexit seront une «capitulation» pour l'UE

14 févr. 2017

En conférence de presse, le chancelier autrichien Christian Kern s'en est pris avec véhémence au Royaume-Uni, qui tenterait de négocier le Brexit pour obtenir des faveurs des pays de l'UE dans différents secteurs. Selon lui, cela n'arrivera pas.

«Les membre d'un club doivent avoir de meilleures conditions que ceux qui ne font pas partie de ce club. Nos amis britanniques doivent prendre conscience que rien ne sortira de ces négociations. Dans le cas contraire, ce serait une capitulation de l'Europe.»

Tels furent les mots prononcés par le chancelier autrichien Christian Kern lors d'une conférence de presse le 13 février.

Alors que le Premier ministre britannique Theresa May se prépare à faire valoir l'article 50 à la fin du mois de mars pour commencer les négociations de deux ans sur les termes d'un accord sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, les personnalités politiques de l'UE commencent à prendre positions sur ces pourparlers.

En effet, lors de la même conférence, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a mis en garde contre les tentatives du Royaume-Uni d'accéder à un  traitement spécial pour certaines industries telles que les télécommunications, les produits chimiques et l'acier, selon Bloomberg.

Pour Jean-Claude Juncker, de tels engagements pourraient compromettre l'unité de l'UE au cours des négociations sur le Brexit. «Il est dans notre intérêt commun qu'il n'y ait pas de dispositions spéciales», a-t-il ajouté.

La veille, sur les ondes de la radio allemande Deutschlandfunk radio, le président de la Commission européenne avait exhorté l'Europe à présenter un front uni dans les négociations avec le Royaume-Uni qui, selon lui, pourrait proposer des clauses différentes aux pays de l'UE.  

«Est-ce que les Hongrois et les Polonais veulent exactement la même chose que les Allemands et les Français? J'en doute sérieusement», a-t-il déclaré.

https://francais.rt.com/international/33952-chancelier-autrichien-sur-brexit-londres-doit-comprendre-que-toute-negociation-est-inutile

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vendredi 29 septembre 2017

Pour les dirigeants européens, le film d’horreur reprend…

Pour Pierre Lévy du mensuel Ruptures, la «refondation de l’Europe» promue par Emmanuel Macron va se transformer en cauchemar pour les dirigeants européens après le scrutin du 24 septembre outre-Rhin.

ARG RUPTURES MACRONLe marketing soit loué : le pitch était presque parfait, le story telling, prometteur, le narrative, bien au point.

Le scénario commençait il y a quelques années comme un film d’horreur ; mais, happy end, finissait en conte de fée. Résumons : crise financière, débâcle économique, tempête sur l’euro ; arrivée massive de migrants ; référendum approuvant le Brexit ; et même, pour les plus imaginatifs, menace d’invasion russe imminente. Il y a quelques mois, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, résumait même d’un mot la grande peur des élites européistes : une «polycrise» qui menaçait l’existence même de l’Union européenne.

Mais c’était sans compter les dieux de l’Olympe, capables des plus merveilleux rebondissements. En décembre 2016, le candidat «populiste» à la présidence de l’Autriche n’obtenait «que» 46%. Trois mois plus tard, les Néerlandais étaient miraculeusement sauvés de l’enfer, puisque le parti de Geert Wilders n’accédait pas au pouvoir (une hypothèse qu’on savait en réalité improbable).

Surtout, lors de la présidentielle française de mai 2017, le glorieux triomphe d’Emmanuel Macron terrassant le dragon Marine Le Pen (qui n’avait aucune chance d’arriver au pouvoir) achevait de combler d’aise les partisans de l’Union européenne. Cette dernière était sauvée. Sauvée ? Mieux que cela : elle marchait majestueusement vers la «refondation historique» annoncée, de la colline athénienne du Pnyx, par Jupiter déguisé en Périclès.

Las… le problème des gens de marketing est qu’il leur arrive de prendre leurs désirs pour des réalités. La méthode Coué prépare parfois des réveils difficiles. Pour le maître de l’Elysée, la gueule de bois a commencé au soir des élections allemandes.

Pendant des semaines, la grande presse a décrit la campagne outre-Rhin comme «ennuyeuse». Au moins n’a-t-on pas pu dire cela des résultats.

Les sociaux-démocrates du SPD tombent à leur plus bas niveau historique depuis… 1890 (à l’exception des années 1932-1933). Mention particulière pour leur chef de file, Martin Schulz, qui fut le flamboyant président de l’europarlement pendant cinq ans et entendait ainsi capitaliser sur les charmes de l’Europe. Décidément, l’UE enthousiasme les électeurs…

Les chrétiens-démocrates dégringolent à leur plus faible score de l’histoire de la République fédérale. Pris ensemble, les deux partis de la coalition sortante rassemblent à peine plus d’un électeur sur deux (contre 70% à 80% jusque dans les années 2000). 

Les (néo-)Libéraux du FDP opèrent une résurrection spectaculaire, derrière leur leader brandissant la société numérique en bandoulière. Mais c’est surtout la poussée de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) qui a créé un choc à Bruxelles et dans les capitales de l’UE. Avec 12,6%, cette formation gagne la troisième place au sein du Bundestag.

Dans la réalité, ni le FDP, ni l’AfD ne sont aussi «anti-intégration européenne» que la presse dominante se plaît à les décrire. Mais cette image, aussi approximative soit elle, a contribué à leur succès ; c’est en tout cas incontestable pour la seconde. C’est cela qui compte pour l’analyse du scrutin, et de ses conséquences pour la période qui s’annonce.

Celles-ci sont de trois ordres. La première dimension relève de la politique intérieure allemande. La configuration parlementaire sortie des urnes est totalement inédite. Elle laisse prévoir que les négociations pour une coalition quadripartite vont être laborieuses. Pendant des semaines, et peut-être des mois, Bruxelles, Paris et consorts vont devoir se passer d’Angela Merkel.

Et quand une majorité sera formée, on peut raisonnablement prédire qu’elle sera tout sauf stable, tant elle sera traversée de contradictions – notamment sur l’Europe. On ne peut même exclure qu’elle prendra fin avant terme.

C’est là la deuxième conséquence du 24 septembre : le scénario du conte de fée s’effondre. Onze jours plus tôt, monsieur Juncker, dans son «discours sur l’état de l’Union» (une marotte importée de Washington) déclamait : «LEurope a de nouveau le vent en poupe […], larguons les amarres et mettons les voiles.» Le capitaine de Bruxelles a été trahi par la météo. Sans l’impulsion dominante de Berlin, la galère européenne pourrait bien être prise dans une nouvelle tempête. 

D’autant que le séisme qu’ont provoqué les électeurs allemands risque d’avoir de prochaines répliques. Les Autrichiens votent à leur tour le 15 octobre. Le FPÖ, généralement classé parmi les populistes eurosceptiques, se voit promettre un score important. Et si tel n’était pas le cas, ce serait au profit du jeune chef qui a fait main basse sur la droite classique (ÖVP), Sebastian Kurz ; or celui-ci cite le Premier ministre hongrois, honni à Bruxelles, comme un modèle…

Et comme si tout cela ne suffisait pas, les élections italiennes sont prévues en 2018, et le Mouvement Cinq étoiles garde le vent en poupe.

La troisième conséquence concerne l’ancien banquier de chez Rothschild devenu le président français. Le 26 septembre encore, il pérorait à la Sorbonne devant un public d’étudiants bon chic bon genre (alors que des centaines de manifestants étaient vigoureusement tenus à l’extérieur, cela s’appelle la culture du débat). Il entendait préciser sa refondation de l’Europe (en particulier de la zone euro, moyennant des transferts financiers massifs entre Etats membres). Monsieur Macron a affirmé qu’il avait préparé son discours avant les élections allemandes, et ne l’avait pas modifié une fois celles-ci passées. Cela s’est vu, tant les perspectives qu’il a décrites paraissent désormais hautement fantaisistes. 

Quelques jours avant le 24 septembre, il confiait du reste à quelques proches : «Si le FDP entre au gouvernement fédéral, je suis mort.» Comprendre : l’UE est morte. Car le chef de l’Etat n’en faisait pas mystère : ses projets de «portée historique» ne peuvent se réaliser qu’en tandem avec l’Allemagne (le gouvernement français ne cache pas que les «réformes» du droit du travail, de même que l’austérité renforcée, visent, dans cet esprit, à complaire à Berlin).

Morte, l’Union européenne ? L’agonie peut – hélas – se prolonger quelque peu. Mais le délitement se confirme. Pour les oligarchies européennes, c’est le cauchemar qui rebondit.

Pour les peuples du Vieux continent, c’est, au contraire, une excellente nouvelle.

https://francais.rt.com/opinions/43895-pour-dirigeants-europeens-film-horreur-reprend


 

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