lundi 25 décembre 2017

Malgré la mobilisation de la rue, les députés approuvent la réforme des retraites

Le Parlement argentin a adopté le très controversé projet de loi sur les retraites. La réforme, qui prévoit de réduire l’augmentation des pensions et de repousser l’âge de départ à la retraite, est destinée à faire 5 milliards d’euros d’économie.

ACT ARGENTINE

La réforme prévoit de réduire l’augmentation des pensions, en l’indexant sur l’indice officiel mesurant la hausse des prix, et de repousser l’âge de départ à la retraite de 65 à 70 ans pour les hommes et de 60 à 63 ans pour les femmes.

La forte mobilisation dans la rue n’y aura rien fait. Les députés de Cambiemos, la coalition au pouvoir, ont obtenu 128 voix en faveur du projet de loi, 116 ont voté contre et deux se sont abstenus.

La chaîne de télévision argentine Todo Noticias fait état de 162 blessés au cours des affrontements à Buenos Aires entre la police et les manifestants (...)

Selon le quotidien argentin La Nacion, il y a 88 policiers parmi les blessés.

La plupart des contestataires, rassemblés à l’appel de syndicats et de partis politiques d’opposition, ont manifesté pacifiquement, quand plusieurs centaines de casseurs ont attaqué les forces de l’ordre en leur jetant des pierres, des bouteilles et des fumigènes.

La police antiémeute a tiré des balles en caoutchouc et du gaz lacrymogène, après avoir éprouvé des difficultés à éloigner les manifestants les plus déterminés.

Au pouvoir depuis fin 2015 et net vainqueur des législatives partielles d’octobre, le président de centre-droit, Mauricio Macri, tenait à cette réforme pour assainir la situation budgétaire de la troisième économie d’Amérique latine. Il envisage deux autres réformes polémiques : une réforme du Code du travail et une autre fiscale.

Source :

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article158683

https://fr.sputniknews.com/international/201712191034391041-reforme-retraite-argentine-protestations/

http://www.france24.com/fr/20171219-argentine-reforme-retraites-manifestations-affrontements

https://aphadolie.com/2017/12/24/argentine-plus-de-160-blesses

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samedi 28 octobre 2017

Natacha Polony – Changer la vie, par Jacques Sapir

Le livre que vient d’écrire Natacha Polony a un double statut : il se veut programme tant économique que social, et cela explique le clin d’œil du titre aux années 1970, mais il se présente aussi sous la forme d’un dictionnaire, comme le fameux « dictionnaire des idées reçues » de Flaubert.

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Ce choix éditorial est assumé et justifié par l’auteur. Il s’inscrit dans une logique de combat culturel et politique qu’il convient de mener aujourd’hui. Sur ce point, Natacha Polony a parfaitement raison. Elle écrit ainsi dans l’introduction du livre : « Or, il n’est pas de projet politique véritable qui ne repose sur l’ambition de ‘changer la vie ‘. Telle est en fait la définition de la politique : l’idée qu’il est possible, par l’action collective des citoyens assemblés, de faire émerger les conditions d’une société qui mette réellement en œuvre les idéaux de liberté, d’égalité et de fraternité. Bref, le contraire absolu et radical de ce dogme selon lequel ‘il n’y a pas d’autre politique possible’ »[1]. Rien de plus juste. Contre l’idéologie ambiante, c’est bien d’un combat culturel dont il s’agit. Et, n’en doutons pas, ce livre de Natacha Polony apportera à ceux qui veulent le mener, explications, analyses et argument.

Mais, ce livre a aussi, dans sa forme, un double statut. Si cela ne pose pas de problèmes particulier à la lecture, et l’on sait que Natacha Polony écrit d’une plume enlevée, porte néanmoins en lui une tension qui conduit à s’interroger sur l’usage que l’on peut faire de cet ouvrage.

Les fondamentaux, le programme, et le plan de l’ouvrage

Ce livre est écrit en deux parties, intitulées « pour une société vivable » et « reconquérir nos vies ». Ce plan correspond bien au projet de faire programme. Mais, ces parties rassemblent des entrées alphabétiques. Ainsi, dans la première partie, l’entrée « Décroissance » se trouve prise en sandwich entre « Déclinisme » et « Démocratie ». Dans la seconde, qu’il est permis de trouver – en un sens – plus cohérente, l’entrée « S ‘empêcher » se trouve coincée entre « Rire » et « S’enraciner ». On mesure ici l’un des problèmes que soulève la lecture de ce livre. La juxtaposition des concepts et des champs peut nuire au développement de la pensée de Natacha Polony qui, pourtant, tisse sa toile avec une réelle unité du propos. Mais, c’est au lecteur de faire l’effort pour retrouver cette unité.

L’un des problèmes est que cette forme induit de nombreuses redites et répétitions. Un autre problème est que l’on saute ainsi fort souvent du coq à l’âne. C’est l’idée du dictionnaire qui veut cela. Mais, c’est aussi est en un sens regrettable, car le propos de l’ouvrage aurait mérité un plan, assurément plus conventionnel, permettant de mieux développer et approfondir certaines notions. On ressent en particulier cette tension dans la première partie de l’ouvrage.

L’idée du « dictionnaire des idées reçues » n’est pourtant pas sans mérites. L’acuité de la pensée de Natacha Polony et la vivacité de sa plume pouvaient s’y prêter. Mais, il aurait fallu, alors, faire des entrées courtes, afin de maintenir le lecteur dans un état de tension. Or, sur certains domaines, et là encore on le comprend parfaitement, voire on l’approuve, Natacha Polony a considéré qu’il lui fallait approfondir le sujet. L’entrée « Europe » fait donc plus de huit pages quand celle consacrée à « l’économie circulaire » en fait une et demie, et celle consacrée à la « globalisation » une un quart. Cela nuit à l’économie du texte. Ce livre hésite donc entre plusieurs registres, qui vont de l’analytique au pamphlétaire.

La question de l’autonomie

On l’a dit, le projet de Natacha Polony est estimable, et certainement nécessaire. Les réflexions qu’elle propose sont souvent très intéressantes. La longue discussion initiale sur l’entrée « Autonomie » l’illustre à merveille. Il en va de même avec l’entrée « Barbarie ». On notera que ces deux entrées font plus de six pages, et qu’elles auraient pu être étendues sans dommages. Car, l’un des points les plus intéressants de cet ouvrage est une forme de relecture du concept d’autonomie, et l’œuvre de Cornelius Castoriadis est ici largement évoquée. Natacha Polony montre bien la spécificité de ce concept, qui n’est nullement réductible à l’idée d’individus existants hors de toute société. Le concept d’autonomie cherche à articuler l’individualisme, à travers ses fondateurs qu’il s’agisse des philosophes grecs ou des théologiens chrétiens du Moyen-âge, et la notion d’animal social qui définit l’homme (mais qui, il faut l’ajouter, ne définit pas QUE l’homme car les grands primates sont tout autant que nous des animaux sociaux et donc politiques). Les références à Castoriadis, qu’elles soient explicites ou implicites, sont d’ailleurs assez nombreuses dans l’ouvrage. On peut cependant regretter qu’il ne soit pas fait mentions des travaux d’Agnès Heller et de Ferenc Feher, deux autres penseurs de cette importante notion d’autonomie.

Or, la question de l’autonomie débouche rapidement sur celle de la distinction nécessaires des sphères privées et publiques, et donc sur la question de la laïcité. C’est d’ailleurs une question fort ancienne. Les romains distinguaient ainsi entre les superstitio qui étaient les croyances de chaque individu et la religio qui définissait le corps de croyance que se devait d’avoir tous citoyen. On voit bien que la distinction entre sphère privée et sphère publique était connue. Les frontières entre ces sphères, ou ces espaces, n’étaient pas les mêmes qu’aujourd’hui. Et on peut considérer que ces frontières sont en constante évolution.

C’est donc une question de fond, et elle est traitée avec la profondeur qu’il convient. Ici, il m’est arrivé plus d’une fois de maudire le plan de l’ouvrage, qui casse un raisonnement au moment où ce dernier prenait une ampleur et une profondeur des plus intéressantes. Car, il y a une continuité dans les réflexions de Natacha Polony sur ces différentes questions. Au-delà, la question de la séparation entre les deux sphères (la « privée » et la « publique ») est aujourd’hui remise en cause par les usages nouveaux qui s’imposent dans la société d’innovations techniques. Natacha Polony aborde et cite le développement de postures narcissiques mais, là encore, en dit trop ou trop peu. Ou, du moins, elle en dit trop peu dans l’entrée concernée. Car, une lecture attentive trouvera des mentions, des réflexions, voire ce que l’on appelle en peinture des « remords » dans d’autres entrées. Ici encore, on est confronté au parti pris de la structure du livre.

Les enjeux de l’analyse de la « barbarie »

De même, la question de la « barbarie » permet des développements qui sont passionnants mais, hélas, ces développements sont trop courts et nous laissent un peu sur notre faim (et pourtant c’est l’une des entrées les plus importantes). La critique de l’attitude du Premier-ministre canadien, M. Justin Trudeau est à la fois juste et éclairante sur les complaisances qu’entretiennent certains secteurs de l’opinion, mais aussi certains secteurs de l’élite politique, sur les comportements « barbares » qui sont alors si ce n’est justifiés du moins tolérés au nom de la « différence des cultures ». La question de l’excision est ainsi abordée, mais principalement par le prisme canadien. Sur ce point, on peut regretter qu’une entrée traitant des mutilations sexuelles, qui frappent essentiellement les femmes, ne se trouve pas dans ce livre. Au-delà du fait, que l’on doit assimiler à une barbarie, une analyse de la construction des justifications de cette barbarie, qu’elles soient coutumières ou qu’elles soient religieuses, permettrait d’armer les militants associatifs qui luttent, au quotidien, contre ces pratiques. Et là, on serait typiquement dans le projet explicite de ce livre.

Un coup d’œil alors à l’entrée « Multiculturalisme » se révèle décevant. Cette entrée, assez longue, porte plus sur les effets politiques du multiculturalisme, disant d’ailleurs sur ce point des choses justes, que sur les racines et les causes de cette idéologie. Car si l’hybridation des cultures est une réalité, la construction du projet multiculturaliste relève de l’idéologie. Quand Natacha Polony argumente sur le fait qu’il y a deux lectures du terme, une lecture qui renvoie à l’altérité entre les cultures et les civilisations, et une lecture qui désigne en fait une dimension de sauvagerie, elle a entièrement raison. Mais, justement, la juxtaposition de ces deux usages du mot « barbarie », un usage savant et un usage courant, pose un problème de fond. Les discours justificateurs des comportements barbares (dans le sens courant du terme) en jouent à fond. Et c’est là où l’on se trouve en manque d’une explication qui serait un approfondissement.

 

Héritage, éducation et le combat pour la responsabilité

Comme on l’a dit, les entrées correspondants à la seconde partie du livre sont souvent plus homogènes. Elles sont aussi écrites d’une plume plus nerveuse, et dans un style qui correspond mieux au « dictionnaire ». De ces multiples entrées, on conseillera au futur lecteur de lire « Hériter » et « Eduquer » en premier. Ces deux entrées sont des merveilles de précision et de concision. L’entrée « Connaître » est aussi un petit régal, à travers la citation du Pantagruel de Rabelais.

L’entrée qui porte sur les « responsabilités » est elle aussi importante, et elle est particulièrement bien venue. La notion de responsabilité est centrale à la construction d’une personnalité démocratique, comme le rappelle avec justesse Natacha Polony. Elle implique un certain regard sur le rapport entre Soi et les Autres, entre l’individu et la société qui l’entoure. Mais, la notion de responsabilité est aussi inter-temporelle. On n’est pas seulement responsable envers les vivants, mais aussi envers ceux qui sont à naître. C’est un pivotement essentiel de la notion de responsabilité qui renvoie à la prudence, ou à ce que l’on appelle aujourd’hui le « principe de précaution ». On en voit très concrètement les effets, dans le rapport que les citoyens doivent avoir à l’usage industriel de certains produits (de l’amiante au glyphosate). Mais, cette notion de responsabilité aurait mérité d’être élargie à des entrées, hélas manquantes, sur la « prudence », comme une possible vertu contemporaine.

Si des entrées manquent, d’autres interpellent par leur extrême concision. Ainsi l’entrée « Combattre » ne fait que 6 lignes…Est-ce à dire qu’il est si facile de faire le tour de cette question ? J’avoue en douter. Car, il y a un petit tour de passe-passe. Quand Natacha Polony écrit « Nulle violence, nulle agressivité. Mais la certitude que nos vies ont un sens quand elles creusent un sillon, quand elles s’incarnent dans une cause »[2], on ne peut que partager. Mais dire une chose vraie ne signifie pas tout dire, et en particulier traiter du rôle de la violence dans l’histoire des sociétés. Combattre, c’est aussi se poser le problème du rapport à la violence, une entrée elle aussi manquante. On aurait pu admettre l’extrême concision de l’entrée « Combattre » si à cette entrée y avait répondu une autre, traitant de la question des formes d’oppressions et des formes de lutte, bref de ce rapport à la violence qui doit être maitrisée dans une société démocratique mais qui ne saurait être exclu, sous peine de tomber dans un discours simplificateur. Or, « Combattre » et « Eduquer », voire « Connaître » sont des entrées liées. La cause pour laquelle on combat, et sous quelques formes que puisse prendre ce combat, elle découle de notre éducation, de ce que l’on connaît, voire de ce que l’on a hérité.(sic)

Une lecture indispensable pour ceux qui veulent changer la vie

On l’aura compris, ce livre regorge de trouvailles édifiantes, de notations passionnantes, de réflexions pertinentes, mais aussi de non-dits irritants. Les 55 entrées de la première partie tout comme les 27 de la seconde constituent autant de vignettes traitant des points cruciaux de nos vies et de la société d’aujourd’hui. Il faut donc remercier Natacha Polony d’avoir tenté d’en faire la synthèse dans un format maniable et qui permet d’emporter le livre avec soi pour relire certaines des entrées au fur et à mesure de nos envies mais aussi des nécessités du combat culturel. Sous cet aspect, ce livre s’avère être une lecture indispensable. Au-delà des critiques que l’on peut faire sur la forme, et aussi sur les oublis ou sur ce qui manque en approfondissement justement dans cette forme de dictionnaire, la lecture de cet ouvrage s’impose pour tous ceux qui partent du constat que nous vivons aujourd’hui dans un monde abominable, et qui deviendra pire pour nos descendants si nous n’en changeons pas.

[1] Polony N., Changer la vie – Pour une reconquête démocratique, Paris, Editions de l’Observatoire, octobre 2017.

[2] Idem, p. 266.

https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-natacha-polony-changer-la-vie-par-jacques-sapir/


 

Le professeur Sapir note sévèrement l'élève Polony, sous couvert d'approbation, façon "élève méritante mais peut mieux faire", "devrait approfondir la réflexion" etc. Le genre de commentaire "pédagogique" qui me vient parfois en tête en le lisant, notamment quand il traite des questions européennes...Raison de plus, à mon avis, de s'intéresser à cet ouvrage. P.G.

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lundi 4 septembre 2017

L'Amérique Latine invisible

Temer est toujours président du Brésil sans avoir obtenu une seule voix dans les urnes. Le Macri* des « Panama’s Papers » détient Milagro Sala comme prisonnière politique. Santos est impliqué dans le scandale Odebrecht car il aurait touché 1 million de dollars pour le financement de sa campagne électorale de 2014 en Colombie. Pendant la gestion de Pena Neto, 36 journalistes ont été assassinés au Mexique pour avoir exercé leur travail d’information. L’an dernier, Luczynski gouverna le Pérou au moyen de 112 décrets, évitant ainsi de passer par le pouvoir législatif.

ARG AMERIQUE DU SUD

Et pourtant rien de tout cela ne paraît avoir d’importance. Le Venezuela est le seul pays qui attire l’attention. Tout le linge sale qui entache les démocraties du Brésil, de l’Argentine, de la Colombie, du Mexique et du Pérou sont blanchis par ce qu’on appelle la « Communauté Internationale ». Le bloc conservateur est dispensé de toute justification face à l’absence d’élections, la persécution politique, les scandales de corruption, l’absence de liberté de presse ou la violation de la séparation des pouvoirs. Ils peuvent faire ce qu’ils veulent car rien ne sera diffusé publiquement. Tout est étouffé par les grands médias pendant qu'un certain nombre d’autres organismes internationaux s’auto-proclament gardiens d’autrui. Et ce, sans avoir à se soumettre à aucune sorte de pression financière internationale, bien au contraire.

Dans ces pays, la démocratie montre trop de failles pour se permettre de donner des leçons à l’étranger. Leur conception d’une démocratie de basse intensité leur permet de banaliser toutes ces failles sans avoir à entrer dans de longues justifications. Et dans la plupart des cas, avec l’aval et la propagande que leur fournissent certains indicateurs énigmatiques sortis d’on ne sait où. Celui calculé par la « prestigieuse » Unité de renseignement du journal « The Economist » en est un bel exemple : il pond son « indice de démocratie » en se basant sur des réponses obtenues à partir « d’évaluations d’experts », sans que le rapport n’apporte les moindres détails ni précisions à leur sujet. La démocratie se retrouve ainsi réduite à une boite noire d’où sort gagnant celui qui a le plus de pouvoir médiatique.

Mais il y a plus : ce bloc conservateur ne peut pas se vanter non plus de faire étalage de démocratie dans le domaine économique. Une véritable démocratie ne peut exister dans des pays qui privent tant de personnes de la jouissance de leurs droits sociaux les plus élémentaires, les excluant ainsi d’une vie digne. La Colombie compte plus de 8 millions de pauvres ; le Pérou plus de 6,5 millions ; le Mexique, plus de 55 millions ; l’ère Macri a vu apparaître plus de 1,5 millions de nouveaux pauvres, et la gestion Temer, environ 3,5 millions.

Le plus curieux est que les ajustements imposés à la population ne les aident pas à proposer des modèles économiques efficaces. Toutes ces économies sont dans l’impasse et ne donnent aucun signe de reprise.

Cette Amérique Latine rendue invisible ne doit pas nous servir d’excuse pour éviter de répondre aux défis qui s’élèvent du sein des processus de changement. Cependant, à notre époque où se joue un grand bras de fer géopolitique, nous ne devons laisser l’invisible devenir synonyme d’inexistant. La réalité de cette Amérique Latine en faillite doit être visibilisée et problématisée.

Alfredo Serrano Mancilla

Source : http://www.celag.org/la-america-latina-invisible/

Traduction : Frédérique Buhl

https://www.levilainpetitcanard.be/articles/ailleurs/amerique-latine-invisible_830060522


 

*Mauricio Macri, né le 8 février 1959 à Tandil, est un homme d'affaires et homme d'État argentin, président de la Nation (président de la république) depuis le 10 décembre 2015.

Il est le fondateur du parti Compromiso para el Cambio (es), qui fait partie de la coalition Proposition républicaine (PRO), classée au centre droit de l'échiquier politique. Il est élu chef de gouvernement (maire) de Buenos Aires le 24 juin 2007, avec 61 % des voix, après avoir échoué face à Aníbal Ibarra en 2003. Il est élu président de la Nation argentine le 22 novembre 2015, avec 51,34 % des voix ; il succède le 10 décembre 2015 à Cristina Fernández de Kirchner, qui ne pouvait se représenter.

Homme d'affaires et président du club de football de la capitale Boca Juniors, Macri a été élu député en 2005, faisant campagne sur l'insécurité, en proposant d'accroître le nombre de policiers et d'augmenter leurs salaires. Il avait été victime, en 1991, d'un enlèvement orchestré par une bande d'anciens policiers. Fils d'une des familles les plus riches de l'Argentine, son père a été l'objet de plusieurs scandales de corruption.

(...) Il devient le premier président argentin à revendiquer son appartenance à la droite libérale et sa sympathie pour les marchés financiers. Il s'ancre également sur des positions conservatrices sur les sujets de « société », assimilant l’homosexualité à une « maladie » et l’avortement à une atteinte à la vie.

(...)

L'une de ses premières mesures est de revenir sur la loi de déconcentration des médias introduite par le gouvernement précédent, qui fixait un équilibre entre les médias privés, les médias communautaires et le service public, mais affectait les intérêts des groupes les plus puissants. Selon l'opposition péroniste, la nouvelle administration se lance dans une « chasse aux sorcières » sur motivations politiques ; des journalistes auraient été limogés sous la pression exercée par le gouvernement, des programmes de la télévision et de la radio publiques ont été supprimés et des dizaines de milliers d’employés auraient été renvoyés en raison de leur appartenance ou de leurs sympathies politiques présumées.

De manière générale, sa politique est jugée favorable au patronat, aux investisseurs étrangers et aux agriculteurs, mais éprouvante pour les classes moyennes et populaires. Certaines taxes sur les exportations sont levées et un décret d’amnistie pour les exilés fiscaux est promulgué. Pour réduire les dépenses publiques, les subventions accordées aux ménages sont supprimées, entrainant une augmentation de 400 à 700 % des prix de l’électricité, de l'eau et du gaz, et 200 000 emplois sont supprimés. En contraste avec ces mesures austéritaires, les salaires des parlementaires, du président et de ses ministres sont augmentés de 30 à 50 %. Après une première année de pouvoir le niveau de la dette de l'Argentine augmente fortement, soulevant l'inquiétude de certains milieux économiques qui lui étaient favorables. Les objectifs poursuivis par ces mesures seraient de permettre à l’Argentine de retrouver son statut sur les marchés internationaux et de gagner la confiance des investisseurs.

Il souhaite par ailleurs abaisser l'âge de responsabilité pénale de 16 à 14 ans.

Quatre mois après sa prise de fonction, début avril 2016, dans le cadre de l'affaire Panama Papers, il est cité par le quotidien argentin La Nación comme ayant fait partie, entre 1998 et janvier 2009, du directoire de la société écran Fleg Trading Ltd basée aux Bahamas. Il a répondu en fournissant à la justice des documents qui tendent à prouver que ce scandale concerne une société familiale dont il était le directeur jusqu'en 2008 mais pas un des actionnaires, n'ayant donc pas perçu de dividendes et ce de façon identique pour une autre société basée aux Bahamas. Sa popularité n'en est pas moins entamée. Au moins 30 sociétés offshore sont associées à la famille Macri. Son cousin Angelo Calcaterra pourrait être impliqué dans le scandale de corruption Odebrecht.

En 2017, un accord entre l'entreprise de son père et l’État argentin, conclu après son arrivée au pouvoir, provoque une controverse. Dénoncé comme « ruineux » pour l’État par la procureure chargée du dossier, il reviendrait quasiment à une annulation de la dette de l'entreprise. En mars 2017, une enquête est ouverte en raison de soupçons de trafic d'influence après l’attribution, au détriment de la compagnie nationale Aerolíneas Argentinas, de lignes à la compagnie aérienne colombienne Avianca juste après le rachat de celle-ci par le groupe Macri.

(...)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Mauricio_Macri

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